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 Ce petit chemin qui sent la noisette...

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Tylia
Inwillissien
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MessageSujet: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Jeu 5 Aoû - 17:22

Quelques rayons de soleil perçaient difficilement à travers le feuillage des imposants arbres de la forêt d'Iricht... la nature, si belle, si douce, et pourtant dangereuse, et empli de secret... Derrière un buisson, par-delà un tronc d'arbre... quel prédateur, quel proie ?... Un bruissement de feuille peut dire temps de chose ; est-ce le vent, ou un animal qui guette le moment propice pour surgir sur ça proie ? Une symphonie de sons et d'odeur ayant plusieurs sens, qu'un rien peut modifier... Peut-être était-ce pour différencier ces infimes détails dans les sons que les Elfes avaient les oreilles plus longues...
En parlant d'Elfe, une forme féminine aux oreilles pointus, dont seul les cheveux dorées se distinguait dans la végétation, arpentait en silence la forêt... A peine quelques craquements de brindilles, bruissement de feuilles discret... Il aurait fallu poser son regard sur elle pour la voir, tant elle semblait dans son élément...
Elle arriva près d'une clairière, et se cacha dans les buissons. Un cerf, magnifique, majestueux, en train de brouter paisiblement... il ne se doutait pas qu'une chasseresse le guettait... Elle était face au vent, il ne pouvait le voir... elle allait enfin pouvoir prendre son repas...

"Ah, voila le repas !" Dit-elle à voix basse, pour elle-même

*C'est pas trop tôt !* Maugréa une voix dans son esprit.

Une petite tête de Dragon sortit de sous ses vêtements pour venir sur son cou, tatoué à sa peau... Il était à l'origine du commentaire télépathique qui résonna dans le crâne de la jeune Elfe, car la tatouage était vivant... La jeune Elfe ria à voix basse. Il n'était pas concerner par la faim, mais il râlait quand même... en fait, il râlait tout le temps, et ça la faisait rire, ce qui lui donnait encore plus envie de rire...
Elle était accroupi, mais se baissa un peu plus, retirant une dague cachée dans sa botte. La jeune Elfe s'apprêtait à bondir, car elle avait faim, et son repas n'allait pas l'attendre... Tout ses muscles crispées, attendant le moment propice, elle allait bondir, quand un bruit se fit entendre, un peu plus loin, et le cerf, effrayé, partit en courant, ruinant les efforts de la jeune chasseuse, qui bondit hors du buisson, regardant, très énervée, son repas partir...

*Plutôt que de regarder vaguement ta proie déguerpir, tourne-toi voir qui l'a fait fuir...*

"Eh ! Vous ! On vous a pas appris à faire gaffe ? Mon repas vient de s'enfuir, et je l'ai traqué pendant toute la journée ! Alors je vous préviens, vous avez intérêt à avoir quelque chose à me donner pour compenser !"

*Ouah, je t'avais jamais vu aussi énervée...*

*J'ai faim.*

*Ça explique tout...*
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Sirgris de Heurteloup
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Dim 10 Oct - 18:52

Chevauchant à bonne allure, sans doute fois faire galoper sa monture, Sirgris s'était engagé dans la forêt d'Iricht après avoir quitté Dangweth. De Heurteloup était retourné s'occuper de son petit domaine dans le Nord, et visiter les tombes de sa famille.
L'andain avait pris la route de Celebalda au début de la matinée. Monté sur un des ses chevaux nés dans les élevages du Sud, l'animal était grand, et avait la robe aussi noire que la chevelure de son cavalier. Ses affaires devaient déjà être arrivées à Aériaplume depuis quelques jours. Ses appartements à Fainros avaient été soigneusement vidés, et le contenu envoyé à Dangweth, dans sa petite maison familiale, ou bien à Celebalda, où l'attendait son poste à Aériaplume. Il avait envoyé un oiseau, le matin même, pour signaler qu'il arriverait dans la soirée.
Le soleil peinait parfois à percer à travers les feuillages de la forêt, là où ils se faisaient plus denses. Sur son passage, certaines feuilles brunirent, et tombèrent. Sirgris se maitrisa, diminuant son influence, en y pensant simplement. S'il n'y prenait pas garde, les plantes finissaient par prendre des teintes automnales quand se tenaient près d'elles.
Un cerf se dressait sur son chemin, un peu plus loin. L'animal redressa la tête, et le fixa de ses grands yeux bruns. Il s'écoula quelques secondes, avant qu'il ne détale, comme s'il avait une meute à ses trousses. Sirgris avait ralenti l'allure, il y avait quelqu'un d'autre ici. Les feuilles le lui murmuraient. Il ne fut pas surpris quand une tête blonde jaillit des buissons un peu plus loin.
L'andain repoussa la large capuche de sa cape verte. L'elfin en colère, le rabroua, elle venait de perdre son repas avec son arrivée. Les yeux verts de Sirgris se posèrent sur la jeune elfe, la toisant, et la jugeant.

-Vous êtes une piètre chasseresse, si vous ne parvenez pas à attraper une proie au bout de quelques heures, fit-il moqueur, mais qu'à cela ne tienne, puisque je suis la cause de sa fuite, je vous donnerai une compensation.

Sa monture était arrivé jusqu'à l'elfe, d'un pas tranquille. Sirgris s'immobilisa, tirant à peine sur les rênes. Il ne descendit pas, et avait gardé quelque distance, afin que l'elfe ne se dévisse pas le cou pour le regarder, mais il était suffisamment près, pour qu'elle soit obligée de lever les yeux. Une lueur amusée dansant brièvement dans ses prunelles, avant de disparaitre. L'elfe semblait bien inconsciente pour sortir ainsi de sa cachette, sans savoir qui venait. Il aurait très bien pu être animé de mauvaises intentions. Cependant, sa colère était amusante. Et offrir un repas à une inconnue ne lui coûterait pas sa bourse.



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Tylia
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Mar 19 Oct - 18:33

Une fois que la jeune Elfe eut dit -ou plutôt crié- tout ce qu'elle avait sur le cœur, et qu'elle reprit le contrôle de sa respiration qui s'était légèrement emballé à cause de ses nerfs un peu surchauffé par l'intervention de l'inconnu qui avait fait décamper son repas, elle prit le temps de le regarder, de le dévisager, et elle devina au premier coup d'œil que le gêneur en question était soit au service de quelqu'un de riche et noble, soit riche et noble, mais au vu de l'air avec lequel il semblait la jauger, et la manière qu'il eut de la regarder de haut, elle pencha pour la seconde option... Mais Tylia ne prit pas la mouche, si l'homme en face d'elle prenait plaisir à signaler qu'il valait mieux qu'elle en comparant la quantité d'or qu'ils avaient dans les poches, elle se disait que le plus important, c'était de savoir qui se débrouillerait le mieux, lâché en pleine nature.
D'ailleurs la jeune Elfe sentit à nouveau son cœur et sa respiration s'emballer quand il lui dit qu'elle devait être une mauvaise chasseresse à mettre tant de temps à attraper une proie...

*C'est facile de nous traiter de minable et de nous regarder comme ça, juché sur son poney ! Il ferait moins le malin, les bottes dans la fange, monsieur je-donne-des-leçons-de-chasse !* Pesta Servahn.

Tylia se montra moins direct dans sa réaction que son ami qui lui montra les crocs, la tête dans le cou de l'Elfe dirigeant son regard énervé vers l'objet de son mécontentement. La chasseresse se contenta de la toiser longuement, son regard de saphir soutenant celui d'émeraude de son interlocuteur, les mains sur les hanches, elle ne semblait pas vraiment contente... Elle soupira, se baissa, et sortit de sa botte un couteau, qu'elle empoigna de façon à le lancer, ce qu'elle fit, la lame venant se ficher... juste devant le cheval de l'homme qui semblait croire valoir mieux qu'elle.

"Allez-y, partez donc chasser, voir si vous êtes plus douée que moi. Rapportez donc un magnifique cerf, armé de cette dague, en le prenant par surprise pour que la viande reste tendre. Allez-y, et on verra si vous y mettez moins de temps. Ah, et sans utiliser de pouvoir, ce serait trop facile. Elle croisa les bras en jetant un regard qui aurait pu foudroyer l'homme en face d'elle. Vous voulez me donner une compensation ? D'accord, allez me chercher un cerf. Tout de suite !"

La jeune Elfe ne se démonta pas. Il la regardait peut-être de haut, mais elle campait sur ses positions, les bras croisés et ses yeux bleus assassinant du regard le cavalier qui avait débarqué comme une fleur, et qui après avoir fait déguerpir sa proie et traité de mauvaise chasseuse, il voulait jouer les héros en lui offrant le repas qu'il venait de lui voler... Et bien il jouera les héros, il pouvait en être sûr. Servahn, lui, continuait de regarder le gêneur, mais en riant bien bas... La réaction de l'Elfe l'amusait, il adorait la voir s'enflammer ainsi, et commençait à se dire que la tournure que la situation allait prendre pourrait devenir très intéressante...
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Sirgris de Heurteloup
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Jeu 21 Oct - 22:49

Les yeux verts étincelèrent un instant, et son sourire s'élargit. Sirgris réprima son envie de rire, qui la vexerait sans doute plus encore. Il regarda sans broncher le couteau se ficher dans le sol, son cheval fit de même. Seule une de ses oreilles bougea, chassant une mouche. Une elfe chassant à la dague. Adolescent, il avait chassé avec son arc sur les flancs de la Grande du Nord. Son regard se fit clame, et son visage détendu, un léger sourire flottant sur ses lèvres.

-Fort bien jeune elfin, puisque tel est votre choix.

D'un geste souple, il passa une longue jambe pardessus la salle, descendant avec élégance de sa monture. Quand ses pieds touchèrent le sol, l'herbe et les feuilles encore verts prirent aussitôt les teintes de l'automne.
Il en flatta l'encolure, récompense pour avoir si bien voyagé jusque là. Cette halte pour une petite partie de chasse, serait une pause bienvenue pour son cheval. D'un autre geste économe, mais gracieux, Sirgris se pencha pour ramasser la dague fichée dans le sol meuble. Il la soupesa, la faisant tourner entre ses doigts longs et fins, appréciant la qualité et l'équilibre de la lame. Il eut un sourire. Cette dague n'était pas vraiment faite pour un homme, la prise en main était différente. Il n'aurait qu'à s'adapter, comme il avait appris à le faire dans sa jeunesse, chez Aériaplume. Avant d'être messager, il fallait être capable de survivre avec peu de choses et avoir une grande capacité d'adaptation. L'elfe pensait peut être avoir à faire avec un noble de peu d'éducation, et non pas quelqu'un qui n'avait aucune appartenance à une grande famille d'aristocrates, et qui était incapable de subvenir à ses besoins dans l'impossibilité de sortir de l'or de sa bourse.
De Heurteloup chuchota quelques mots à l'oreille de sa monture, lui enjoignant à rester calme, et de profiter de ce moment de répit. En réponse l'étalon frotta sa tête dans la paume ouverte de l'andain. Ce dernier plongea la main dans une des sacoches accrochées à sa selle, et en sortit une belle pomme, qu'il coupa avec la dague. Il en éprouva ainsi le tranchant. La pomme fut destinée au cheval.

-Si votre faim ne vous tenaille que trop, il y a de quoi vous sustenter dans cette sacoche, en attendant mon retour. Ce devrait être l'affaire de moins de deux heures.

Sirgris désigna la sacoche dans laquelle il venait de prendre la pomme. Le pas assuré, et surtout sans faire un seul bruit, il se glissa jusque dans les fourrés, suivant la piste du cerf qui avait décampé. Ce dernier devait se trouver à proximité d'une harde de femelles en cette saison. Celles des amours. Il suffisait de savoir où chercher.
Glissant entre les arbres, il était dans son élément, héritage de son divin père. Il avançait sans que la moindre brindille ou feuille ne craque sous ses pas. Il le savait, ses yeux prirent une couleur intense, encore plus vert que d'ordinaire. L'excitation monta doucement. Ses pas feutrés n'alertant rien qui ne vivent dans ses bois. A moins qu'il rencontre son père en personne, ou bien le seigneur des Animaux, Cùan. Chasser le cerf pouvait être fatal, si l'on s'en prenait au dieu des animaux. Enfin, celui-ci devait avoir un signe distinctif. Le brame résonna un peu plus loin. Sirgris ne s'était pas trompé. En général les cerfs mâles vivent en petit groupe, ou bien solitaire, ou encore à la tête d'une harde. L'elfin lui en voudrait-elle, s'il lui ramenait une biche plutôt qu'un cerf ? Tuer un cerf dominant une harde, mettait en danger la pérennité de l'espèce, surtout en ce début de saison.
Sirgris grimpa dans l'arbre le plus proche, sa progression se ferait maintenant sous le couvert des arbres. Il n'avait pas vraiment besoin de masquer son odeur, celle de l'automne l'accompagnait toujours. En revanche, sauter sur une proie s'avérait plus simple pour la capturer. Les animaux ne regardent pas en l'air quand la menace vient plutôt du sol.

Son avancée se fit plus lente, autant éviter de tomber comme un débutant, et de faire détaler le petit troupeau qui broutait paisiblement sous l'égide du mâle dominant. Sirgris repéra le jeune cerf qu'il avait fait fuir un peu plus tôt. Il semblait s'être remis de sa frayeur, et comme tout jeune mâle, les femelles accaparaient toute son attention. Comment l'avait-il reconnu ? A son pelage, et à sa ramure moins impressionnante que celle du dominant. Sirgris avait une bonne vue, et gardait en mémoire tout ce qu'il voyait. Un ranger et un messager devait savoir repérer rapidement les éléments qui marquaient son chemin, si jamais il devait faire demi-tour.
De Heurteloup se laissa tomber sur le jeune cerf, dague bien en main. Il la plongea dans la gorge de l'animal, tranchant net la jugulaire. Le cerf s'effondra dans un râle d'agonie. La harde détala à peine le corps de l'animal affaissait-il sous le poids de l'andain, et aussi parce que la vie le quittait.
Sirgris n'eut aucun sourire de satisfaction. Le retour fut moins rapide que l'allée, avec le poids de son fardeau.

Pourtant, quand Sirgris fut en vue de l'elfe et de sa monture, il sut qu'il n'avait pas dépasser la limite de temps qu'il avait donné. Il déposa la bête aux pieds de l'elfe, et lui tendit sa dague, le manche vers elle.
-Cela vous convient-il ?





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Tylia
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Lun 1 Nov - 3:48

Il s'exécuta. L'homme qui faisait face à la jeune Elfe descendit, prit la dague, et se décida à le faire. La jeune fille ne pensait pas qu'il le ferait, mais elle était plutôt contente qu'il le fasse, pour voir s'il avait une bonne raison de la regarder de haut où s'il n'était qu'un noble de plus qui se croyait mieux que tout les autres... Descendant de son destrier, l'homme attrapa le couteau, l'examinant comme l'aurait fait sans doute un vrai guerrier avec l'acquisition d'une nouvelle arme... puis il s'adressa à son cheval, qui lui témoigna en retour de l'affection. Tylia commençait à se dire qu'elle se trompait sans doute sur le compte de cette homme, peut-être semblait-il de noble lignée mais ce n'était pas l'un de ces nobles Elfe avec leur air hautain et leurs manières qui suggéraient qu'ils étaient meilleurs que les autres...
L'homme aux allures un brin suffisant prit une pomme qu'il découpa, autant pour essayer la lame que pour offrir une petite douceur à son compagnon de voyage, avant de l'inviter à se servir, avant de partir, prédisant un retour aux alentours de deux heures. Un temps raisonnable pour attraper ledit animal, et elle acquiesça, restant toujours aussi impassible ; mais une fois que cet homme qu'elle venait à peine de rencontrer, elle relâcha ses traits et afficha une légère touche de honte en plus de la fatigue... Sa traque et son appétit lui laissait l'envie de somnoler.
Elle pouvait bien sûr commencer par manger avant d'aller s'adosser sous un arbre, mais même si elle trouvait que cet inconnu n'était pas aussi suffisant que ça finalement, elle était bien décidé à ne pas quémander la nourriture, et l'obtenir elle-même ! Bon, il était en train d'aller chasser un cerf pour elle, mais ça ne comptait pas, puisqu'il avait fait fuir une de ses proies il devait lui en trouver une équivalente. Elle inspira profondément, bien résolu à ne pas prendre de quoi manger en attendant que son nouvel "ami" revienne, et alla s'allonger à l'ombre d'un arbre, regardant le cheval brouter. Elle espérait vivement que le noble ne lui tienne pas vraiment rigueur de s'être un peu enflammé, elle ne voulait pas se fâcher avec quelqu'un à cause d'une histoire aussi bête...

Servhan lui, grommela, mécontent de ne pas les avoir vu s'énerver. Il aurait trouvé ça particulièrement amusant, mais ça partait en réconciliation... ou pas, mais il doutait qu'ils recommencent à se disputer, vu que la jeune Elfe semblait désirer vouloir repartir du bon pied avec cet inconnu. C'était vrai qu'avoir un ami noble pouvait être utile des fois... Le Dragon finit par sourire, et il glissa de l'épaule de Tylia jusqu'à son ventre, pour pouvoir dormir dissimulé sous le haut de la jeune Elfe...

La jeune chasseresse ouvrit les yeux quand elle entendit quelqu'un approcher. Elle vit alors son ami revenir avec le cerf qu'elle avait traqué plus tôt, et après s'être étiré souplement elle se releva, elle reprit le couteau qu'il lui tendait. Il était sans doute dans les temps, elle ne savait pas vraiment, mais de toute façon il lui avait rapporté un cerf alors elle n'avait aucune raison de se montra désagréable... d'ailleurs elle se décida à afficher l'esquisse d'un sourire, et de le regarder normalement plutôt qu'avec un peu de mépris parce qu'il la regardait de haut.
Tandis qu'elle se penchait sur le cerf pour admirer la bête qu'elle allait manger, elle lui lança :

"Désolé de m'être un peu emporté, mais j'ai pensé que vous étiez comme ces nobles Elfes de Celebalda... avec leurs manières raffinés et leurs airs suffisant, à se croire meilleurs que les autres... à me regarder comme un animal de foire... Un peu de colère parut sur son visage, mais elle l'effaça assez vite. Enfin, je me suis trompé, et je m'en excuse. Bon... je vais manger. Si vous voulez rester je n'y vois aucun inconvénient, il y a bien assez de viande pour deux..."

*Héhé, dis donc, tu serais pas en train d'inviter cet homme à manger en tête-à-tête avec toi ?...*

*Non, il y a juste un peu trop de viande pour moi.*

*C'est pour ça que tes joues sont un peu plus rouges qu'à l'accoutumé ?...*

*Tais-toi...* Conclut la jeune Elfe, qui avait en effet un peu rougis.


Dernière édition par Tylia le Mer 3 Nov - 4:08, édité 1 fois
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Sirgris de Heurteloup
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Lun 1 Nov - 14:46

L'andain ayant déposé son fardeau, et rendu la dague, il joua des épaules, évitant à ses muscles de rester crispés. L'elfin fit quelques excuses. Il se contenta d'incliner la tête, le sourire aux lèvres, tandis qu'elle parlait, avant de lui répondre, sans la moindre arrogance dans ses paroles. Lui aussi, enfant, on l'avait regardé comme un sauvageon, un joli monstre dont on peut se moquer. Être le fils du Seigneur de l'Automne n'avait rien de plaisant.

-Je ne suis noble que parce qu'on ma donné un titre. J'ai passé mon enfance dans les montagnes de Dangweth. Et je suppose que ces nobles suffisants auxquels vous faites références, ne sont autres que le prince Lyuden et sa clique.

D'un claquement de doigts, son cheval qui l'avait sagement attendu s'avança jusqu'à lui. Sirgris le gratifia d'une nouvelle caresse, et d'une légère grattouille sur le museau. Il délia de sa selle, la gourde et la sacoche contenant ses provisions, ainsi qu'un nécessaire à faire du feu. Bien qu'il porta le nom de loup, la viande crue, il n'en raffolait pas tellement. Avec des gestes précis, il délesta son cheval de sa selle, la laissant près d'un arbre.
-Ne t'éloigne pas trop, recommanda-t-il à l'animal.
Un regard intelligent lui répondit, avant qu'il ne fourre son museau sous les feuilles, à la recherche de quelques à grignoter. De Heurteloup reporta en suite son attention sur l'elfe, à qui, il n'avait pas totalement répondu.

-Un peu de gibier frai me changera des lanières de viande d'Earthaë séchées. J'en mange depuis que je suis parti de Fainros, heureusement Dangweth m'a permis de goûter à autre chose. J'accepte donc avec joie, votre invitation à déjeuné.

Du pouce, il déboucha sa gourde, et avala une bonne rasade d'eau. Il la tendit en suite à l'elfe, qui semblait déjà saliver à la perspective de manger.
-Je manque cruellement à mes manières. Je me nomme Sirgris de Heurteloup, puis-je connaitre votre nom, jeune elfin ?



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Tylia
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Mer 3 Nov - 5:28

Tylia écouta la réponse de son ami, et sourit en se disant qu'il était bel et bien différent de ceux qu'il avait connu ; mais il lui demanda s'il s'agissait d'un certain Prince, et il lui sembla qu'il devait faire partie de ceux, outre les mages et les érudits, qui voulait voir le Dragon serpentant sur sa peau... Son sourire s'effaça, et elle répondit simplement :

"Ils ne prenaient la peine de se présenter qu'à mes parents, avant de venir me regarder comme un objet, une curiosité..."

Tandis qu'il libérait son destrier du poids qu'il portait, elle lui emprunta ce qu'il fallait pour faire du feu et s'attela à la tâche de faire partir un petit feu de camp pour leur repas. Elle le regarda parler avec son cheval et ce dernier comprendre, et elle esquissa un sourire en se disant qu'eux ne parlaient pas le même langage mais se comprenait, tandis qu'elle et Servhan ne s'accordaient pas toujours alors qu'ils communiquaient avec les même mots... Puis son nouvel ami vint à poser de nouveau son regard sur elle pour accepter sa proposition, ce qu'elle avait déjà comprit vu qu'il avait délesté son compagnon de voyage, mais elle fit de même en lui confirmant oralement ce qu'un chaleureux sourire indiquait clairement.

"Alors mangeons."

Alors qu'elle allait s'attaquer au corps sans vie mais à la viande succulente du cerf, salivant d'avance de son goût sans aucun doute délicieux, son ami but un peu d'eau et lui en proposa, et elle n'hésita pas à boire ; après tout il proposait. Alors qu'elle lui rendait la gourde, il se présenta. Sirgris, un nom qui lui allait bien trouvait-elle, et elle sourit, sans savoir vraiment pourquoi. Il lui demanda le siens, et dès lors son sourire s'effaça un peu... Elle prit son couteau, s'approcha de la bête, et après ce petit moment de silence, elle se décida à répondre simplement.

"Tylia Myr'alvar, mais appelle-moi juste Tylia. Elle s'arrêta, regardant le corps du cerf en réfléchissant. Je... j'ai pas appris comment faire à partir de là, je voulais essayer toute seule, mais... si vous savez allez-y, montrez-moi comment faire... Elle soupira. Mes parents n'ont pas voulu que j'apprenne plus que les bases de la chasse, j'ai du me perfectionner seule... à cause de Lui j'étais différente, et ils pensaient que j'étais aussi plus fragile..."

*Je n'ai pas choisi ça tu sais.*

*Je sais, mais les faits sont là.*

*Au fait, pourquoi ne m'as-tu pas présenté ?*

La jeune Elfe soupira, avant de reprendre la parole :

"Je manque moi aussi de politesse il faut croire ; j'ai oublié de te présenter Servahn..."

A ces mots le Dragon Noir passa la tête hors du haut de la jeune Elfe, regardant l'homme en face d'elle, avant de glisser le long de son cou pour venir loger sa tête au niveau de sa joue pour bien faire remarquer sa présence. Une fois chose faite, il adressa par télépathie à Sirgris :

*Salut, ravi de te connaitre !*
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Sirgris de Heurteloup
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Dim 7 Nov - 16:23

L'elfe semblait avoir eu une enfance plus dur que la sienne. Sirgris n'en pouvait en connaitre la raison, la seule chose qu'il voyait, était une elfe ayant le physique typique, peut être avec une poitrine plus abondante, mais rien ne constituant un quelconque élément pour en faire un objet de curiosité malsaine.
Rebouchant sa gourde, l'andain se laissa en suite choir sur le sol avec élégance. Les feuilles craquelèrent en brunissant doucement. Certaines déjà jaunies, devinrent brunes, ou bien lie-de-vin.
-Enchanté, jeune Tylia.

Sirgris avait la fâcheuse tendance à appliquer le qualificatif de jeune, à nombre de ses connaissances, et des gens qu'ils croisaient, qui n'étaient visiblement pas aussi vieux que lui. Un qualificatif qui se perdait s'il se liait d'amitié.
Il la regarda hésiter, couteau en main, penchée sur le cerf qu'il avait tué. Et de nouvelles paroles sibyllines, qui cependant avouèrent qu'elle était débutante dans la chasse au cerf.
Sirgris se déplaça afin de lui montrer comment procéder. Il le fit presque silencieusement, une habitude de ranger d'Aériaplume. Ne jamais faire plus de bruit que nécessaire. Et rester silencieux si l'on voulait survivre. Des règles établies durant les guerres, mais qui s'avéraient fort utiles, en cas de danger.
Il releva la tête, oublié de lui présenter un dénommé Servahn ? Ses yeux verts virent alors émerger, doucement, glissant sur sa peau, un dragon noir, qui vint s'immobiliser sur sa joue. Le phénomène ne lui était pas étranger. Sauf que le dragon noir était bien plus élégant que le dragon de la haute prêtresse Sliabh, qui se contentait de boursouffler sa chair, boursoufflures en forme de dragon sinueux, l'aveuglant partiellement, se contentant de vivre sur son visage. Servahn était autrement plus beau. Passant presque pour un de ses tatouages mouvants qu'on trouvaient sur le dos des gens, du coté de Fendassë. Sauf qu'il était visiblement doté d'une volonté propre. Et d'une vie propre, et d'une existence à lui seul. La voix du dragon dans son crâne le lui confirma. Il répondit de la même façon que le dragon, s'adressant directement à lui.
"Ravi de te connaitre également."

-Je comprends mieux vos allusions aux regards des autres, elfin Tylia. Vous êtes la seconde femme de ma connaissance à avoir un tel compagnon. Encore que le votre, soit autrement plus beau. Et vos parents se sont lourdement trompés, en pensant qu'il vous rendrait fragile. Permettez que je vous montre donc comme vous occuper de ce cerf.

Il se déplaça jusqu'à se retrouver derrière elle, penché par dessus son épaule. Le geste sûr, il lui fit saisir la peau du cerf, pendant qu'il guida la main de Tylia qui tenait la dague.

-Faite en sorte de ne pas trancher dans la viande, c'est plus dur de séparer la peau après, et autrement plus dur que de manger une viande pleine de poil.. Il faut faire une large incision, et retirer la peau, avant de tailler dans la viande. Inutile de vous embarrasser avec les entrailles de la bête pour l'instant, quand vous mangez sur place. Car je doute qu'à nous deux, nous mangions toute cette viande. Le mieux sera de tout cuir petit à petit, pour mieux conserver votre viande. A moins que vous n'ayez un lieu où la conserver, avec une Froidure...



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Tylia
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Dim 14 Nov - 22:21

Sigris s'était approché d'elle pour lui montrer comment fait quand Servahn se présenta, et il sembla surpris, mais pas totalement, et elle sut que son familier avait reçut une réponse quand il lui signala, s'étonnant que quelqu'un lui réponde sans hésitation par télépathie, au lieu de le regarder curieusement avec un air un peu bêta... C'en était presque flatteur. Puis Sirgris répondit à la question silencieuse de la jeune Elfe, soit qu'il avait déjà vu pareil phénomène... elle parla quand à elle totalement surprise, elle n'avait jamais entendu parler de quelqu'un partageant cette particularité, même si elle se doutait bien qu'elle ne devait pas y avoir qu'elle ayant un tel présent des Dieux à la naissance...
Et si Tylia fut surprise par ces mots, Servahn lui...

*Tu as entendu ? Je suis beau. C'est vrai que j'ai toujours eu de magnifiques écailles et des ailes majestueuse...*

Mais l'Elfin n'écouta pas son compagnon, elle écoutait plutôt Sirgris avec un sourire fané. Oui, Servahn lui facilitait beaucoup la vie, mais ça lui a couté d'avoir des parents surprotecteur, comme prisonnière d'une cage dorée, dont elle a cherché à fuir... et maintenant elle était là, toue seule dans la forêt ; enfin pas seule vu qu'il y avait Servahn, et il y avait son nouvel ami, mais il partira et elle se retrouvera avec le Dragon tatoué à sa peau, et la nature... Elle aurait voulu avoir des amis...
Sirgis vint se placer dans son dos, et elle ne réagit pas, le laissant faire. Quand il prit ses mains, sa tête par-dessus son épaule, la guidant en étant quasiment collé contre elle... Involontairement elle rougit, il fallait dire que peu de personne osait s'approcher d'elle à cause du "truc qui bouge et qui insulte"... Elle fit du mieux qu'elle put pour paraitre détendue, et se concentra sur les paroles de son mentor en matière de cuisine, malgré quelques remarques déplacées de la part du Dragon noir qui s'était lové dans son cou...

*Pourquoi tu rougis Tylia ?... Tu en pinces pour lui ?... Allez, avoue-le...*

*Tais-toi Servahn.*

*D'accord... mais j'ai raison...*

Ignorant donc les insinuations de son familier, elle s'appliqua à faire comme Sirgris le lui soufflait, et finalement avec un grand sourire elle put préparer leur futur repas. Tylia se sentait fière d'elle-même, et prit soin de bien retenir comment faire... Maintenant la seconde étape était de faire un feu pour faire cuire cette délicieuse viande qui promettait un succulent repas. Sans se retourner, car la jeune Elfe était toujours un peu rouge à cause de la proximité de Sirgris, et d'une voix ou un fond de gêne perçait elle demanda :

"J'espère que ça ira... il faut faire du feu à présent, à moins que tu n'aimes la viande cru..."
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Sam 20 Nov - 0:07

-La Haute Prêtresse, Sliabh, a un dragon sous sa peau. Il est très différent. Elle même est assez spéciale. Quand la peau coince, donnez simplement un petit coup de couteau, la lame inclinée, comme pour la tanner.

"Assez spéciale" était un bel euphémisme pour décrire Sliabh, qui pour une prêtresse, ayant fait son apprentissage chez Ning, frappait ceux qui la contrariaient, et qui picolaient comme un trou, et qui était capable de foutre une dérouiller à un guerrier chevronné. Sirgris se contenta de taire ces détails, parler d'elle risquait d'attirer son attention, surtout aussi près du Sanctuaire.
Il se concentra sur sa tâche, à savoir guider Tylia, qui apprit rapidement. En revanche sa réponse lui confirma ce qu'il pensait, elle n'avait pas de Froidure, et il faudrait s'occuper rapidement de la conservation de la viande.
Mais d'abord, il faudrait du feu, pour cuire ce qu'ils allaient manger. L'andain s'écarta, laissant le champ libre à l'Elfin de continuer.

-Je m'occupe de faire une flambée. Continuez, jusqu'à ce qu'il y ait assez de place, pour que vous puissiez découper des morceaux.

De Heurteloup se leva, et balayant les alentours d'un regard circulaire. S'éloignant un peu, pour trouver de quoi délimiter un foyer, et surtout des brindilles sèches, ou presque, et prévoir un tas de morceaux de bois plus gros. Cela lui prit quelques instants. Il installa les brindilles en petit tas, à l'intérieur d'un cercle grossier de pierres, et alla chercher le briquet qui accompagnait les éléments d'Aériaplume pendant leurs voyages.
Du pouce, il ouvrit le couvercle, et actionna la molette, avec un nouveau coup de pouce. Le Sortilège fusa sur les brindilles, les enflammant presque subitement. Sirgris rangea le briquet dans sa poche. Soufflant sur le feu qui prenait bien, il put y ajouter des branches moyennes. Choisissant une grosse pierre plate, il la nettoya avec un pan de cape et un peu d'eau venue d'une de la gourde réservée à la boisson de sa monture.
Et il la plaça rapidement au milieu des flammes. Cela lui évitait de devoir tailler du bois pour mettre en place une broche.

-Il suffit d'attendre que la pierre chauffe, pour mettre la viande dessus. La cuisson dépend des goûts. J'ai à vous proposer un peu de fromage, et peut être un fruit pour accompagner cette viande, ainsi qu'un peu de pain. Et bien sûr, quelques épices afin de relever le goût de cette viande. Nous ferrons cuire le reste, cela sera plus pratique pour l'emporter. A moins que vous ne vouliez en vendre une partie en ville ?



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Tylia
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Mer 1 Déc - 23:12

Tylia continua sur les conseils de son ami, et sous les yeux attentifs de son familier, pour pouvoir enlever la peau et leur permettre de consommer la viande qui avait l'air délicieuse... elle en avait l'eau à la bouche... Elle écouta Sirgris lui dire tout ce qu'il avait à lui proposer pour accompagner la viande, et ça lui donna encore plus de cœur à l'ouvrage, ses papilles un peu titillées à l'idée d'un repas aussi bon, après avoir passé un peu de temps à manger ce qu'elle trouvait... Quand il lui parla de ville, sans se détourner de ce qu'elle faisait, elle répondit à son ami :

"Non je ne compte pas en vendre. Je ne compte pas de toute façon aller en ville... mes parents pourraient avoir lancé une récompense à ceux qui pourrait retrouver leur pauvres petites filles sans défenses... Elle marqua une pause, l'air un peu triste. Merci de m'aider et de m'offrir un repas aussi bon ; j'ai beau être à l'aise dans la nature, comme dans mon élément, je suis encore jeune et c'est assez dur de se retrouver livrée à soi-même..."

Elle rougit un peu, son regard se fixant sur la pierre qui chauffait, un sourire triste sur le visage. Tylia aurait tant voulu que ses parents comprennent... qu'ils la voient comme elle était et non pas comme une petite fille qui était née avec un problème grave... elle qui faisait tout pour qu'ils soient fiers d'elle, avait fini par en conclure que fuir pour revenir, un jour, en leur prouvant qu'elle était forte, était la meilleure option... Servahn glissa le long de son dos, pour venir se lover au-dessus de ses hanches, se disant que la suite ne le concernerait pas...

*Réveille-moi quand il se passera des choses plus intéressantes... ou intimes...*

"Servahn !" S'écria-t-elle à voix haute.

La jeune Elfe venait de devenir brusquement rouge pivoine, un air gêné sur le regard, alors qu'elle sentait sur sa peau les lèvres de Servahn s'étirer en un fin sourire amusé... Tylia retourna à son ouvrage, après avoir mis à nu sa proie, elle tailla du mieux qu'elle pu pour commencer deux beaux morceaux, tout en se demandant pourquoi son tatouage lui parlait de choses intimes ; peut-être parce qu'elle n'était pas insensible à la gentillesse de Sirgris, qui était le premier homme à ne pas la regarder comme une bête curieuse, et qui l'aidait gratuitement... ça la troublait, elle ne pouvait pas ne pas être touché par ce geste...

"Tu... tu pourras mettre la viande sur la pierre j'ai... j'ai peur du feu..." Dit-elle timidement, sans oser regarder Sirgris dans les yeux.
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Dim 5 Déc - 15:15

Vérifiant le contenu de sa sacoche, et la quantité de nourriture, Sirgris écouta Tylia sans vraiment répondre. Elle ne le regardait pas, absorbée par sa tâche. Mais la réponse à sa question en disait long sur sa situation. Sa première réaction fut purement pratique, il faudra dépecer le cerf complétement, et faire cuire le plus rapidement possible la viande. L'odeur devait déjà allécher les prédateurs des bois, loups, ours, voire certains tigres, et d'autres choses plus ou moins répertoriées par les bestiaires d'Inwilis. Et pour cuire autant de viande, il n'y avait d'autre choix de confectionner une broche, pour la rôtir, encore que, l'elfe pourrait toujours faire du jambon pour éviter d'avoir le même goût à chaque fois qu'elle en mangerait. Ses yeux cherchèrent des branches suffisamment épaisses pour servir.
Réfléchissant, il comprit un peu mieux pourquoi elle avait semblé si frustrée d'avoir perdu sa proie tout à l'heure. Et que de ne pas chercher à vendre un peu de gibier, signifiait qu'elle finirait par manquer de certains produits qu'on ne trouvait pas en forêt.
Sa demande le ramena à la réalité. Sirgris se demanda alors pourquoi il se sentait aussi concerné, par la situation d'une elfe qu'il connaissait à peine.

-Bien sûr.

Tirant son propre poignard de sa botte, il piqua les morceaux un à un pour les déposer sur la pierre plate. Il sortit deux petits sachets, et jeta du sel et du poivre sur les deux morceaux de viande, avant d'ajouter une poignée d'herbes aromatiques. Il laissa son sac ouvert entre l'elfe et lui.

-Il doit me rester des pommes, fit-il en s'occupant de l'assaisonnement, et du fromage qu'on m'a donné ce matin. Servez-vous. Vendre la viande vous aurez permis de vous acheter un peu de confort, comme une tente, ou bien une couverture. La saison froide se rapproche, et les arbres sans feuilles ne protègent guère de la pluie, ni de la neige. Et ce n'est pas une peau de cerf qui vous aidera.

Il rangea les sachets, et se déplaça pour aller chercher les branches qu'il avait repéré. Il s'entreprit de tailler une extrémité en pointe, afin d'embrocher le gros de la viande. Une fois cela fait, il retourna s'assoir. La viande n'avait pas besoin d'être trop cuite. Il retira de son sac la miche de pain soigneusement emballée. Sans demander, il prit la dague de Tylia, et en coupa une large tranche, sur laquelle il déposa la viande encore saignante. Le jus imbiberait le pain.

-Tenez, mangez tant que c'est chaud. C'est normalement assez tendre pour que vous n'ayez pas à découper la viande.

Sigris fit de même pour lui. Il rendit sa dague à l'elfe, et mordit à son tour dans la viande. Chaude, et délicieuse, en plus d'avoir du goût, de Heurteloup apprécia, malgré le jus qui coula un peu sur ses doigts. Et puis, son regard se posa sur les flammes.

-Dites moi Tylia, puisque vous avez peur du feu, comment comptez-vous survivre cet hiver ? Ou même cuir votre prochaine prise ?



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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Lun 13 Déc - 2:59

Son ami sembla réfléchir alors qu'elle finissait de préparer la viande, essayant de se montrer bonne élève et s'appliquant à faire de son mieux... Sirgris sortit un couteau et piqua la viande pour la mettre à cuire. Elle rougit en se trouvant un peu gamine avec une peur comme celle-ci, et détourna le regard et s'écartant de la carcasse du cerf ; inutile de manger près de l'animal... Approchant du feu avec un peu d'appréhension, elle attendit, les joues un peu rosis, en regardant leur repas qu'ils allaient bientôt tout deux partager... elle trouvait cela assez bizarre, après tout ce temps où les gens étaient polis avec elle mais en ce tenant à quelques distances d'elle, et aujourd'hui, quelqu'un partageait volontiers son repas avec elle, et ça lui réchauffait le cœur plus sûrement qu'un feu de camp...
Le Dragon dormait paisiblement sur sa peau, elle pouvait sentir sur sa peau l'infime mouvement de son minuscule poitrail sous sa lente respiration, qui était bien sûr illusoire puisqu'il ne respirait pas vraiment, tout comme il ne vivait pas vraiment, mais le tatouage était particulièrement réaliste... elle pensa un instant à ce Dragon similaire au sien, sur le visage d'une prêtresse quelque part... avait-elle les mêmes dons, le même Dragon au caractère si particulier ; mais la prêtresse était particulière aussi, donc peut-être que le Dragon lui était normal, même si "normal" était un terme assez vague. Elle aurait voulu la rencontrer...
Elle écouta alors Sirgris, pendant qu'il assaisonnait la viande pour la rendre encore plus goûteuse, tout en lui proposant de prendre de ses provisions... L'Elfe n'osa pas, et resta à regarder ce qu'il faisait, sa main venant attraper son autre bras, se sentant nerveuse, alors qu'il parlait de la ville, de l'argent qui lui rendrait la vie un peu plus facile... Il avait raison, parfaitement raison, mais elle n'arrivait pas à se convaincre de le faire...
Il lui emprunta sa dague à elle, et Tylia le laissa faire ; il ne coupant que du pain, où il fourra la viande, ce qui serait plus facile pour manger sans couvert, et pour ne perdre aucune goutte de jus... Il lui donna et elle s'empressa d'enfourner la délicieuse viande dans la bouche, mâchant lentement la viande goûteuse, assaisonnée à la perfection, et si tendre... elle fondait presque dans la bouche, et le pain, imbibé de jus, était lui aussi délicieux... Elle rangea la dague quand il lui tendit, et alors qu'elle finissait sa première bouchée, il lui posa une question, qui la laissa un instant bloquée, le regard plongé dans les flammes... un instant plus tard elle se reprit et finit par déclarer :

"Je... je... j'aviserai en tant voulu !"

Tylia était toujours aussi rouge, et prenait soin d'éviter le regard de Sirgris, continuant à manger tout en gardant cet air fier et noble qui caractérisait les Elfes, et qui devait être naturel chez ce peuple apparemment... Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de faire glisser son regard vers Sirgris, espérant voir sa réaction sans se faire remarquer... et elle finit par soupirer, baissant les yeux, se sentant idiote de ne pas y avoir penser, de ne pas avoir prévu quoi que ce soit, d'être simplement parti, sans se retourner...

"Je suis un peu parti sur un coup de tête, et je n'ai pas pensé à tout ça... Elle marqua une pause. Je ne retournerai pas chez moi. Jamais... Je pourrai sans doute aller dans une ville si elle est loin de chez moi, pour être sûre de ne pas être retrouver par mes parents, mais... j'ai peur de m'éloigner de cette forêt, de m'éloigner... de chez moi... Tylia ria nerveusement, passant sa main dans ses cheveux. Je veux devenir indépendante, mais je n'arrive pas à aller trop loin de là où j'ai grandi, c'est assez..."

*... paradoxal.* Fini Servahn pour elle.

"C'est délicieux..." Dit-elle après un instant, pour essayer de se détendre.
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Dim 26 Déc - 21:36

Un éclat de rire lui échappa en entendant la réponse de Tylia. Son regard se posa sur l'elfe aux joues rouges, qu'il venait de plonger dans un grand embarras. Il lui laissa le temps de se reprendre, s'absorbant à terminer son déjeuné improvisé. Ce qui fut fait en quelques bouchées. Il se rinça la bouche avec une longue gorgée d'eau, après s'être consciencieusement lécher les doigts afin de parer à toutes traces éventuelles de jus ayant coulé. Le tout fait en observant Tylia du coin de l'œil. Il croisa son regard, et l'elfe se détourna rapidement. Un sourire en coin releva imperceptiblement un des coins de sa bouche.
La détente souple, De Heurteloup se remit debout, et se déplaça presque sans bruits jusqu'à la carcasse refroidie du cerf. Ressortant sa propre dague, il entreprit de terminer ce que Tylia avait commencé. L'elfe à l'étrange compagnon décida de continuer à parler.
Ses mains et ses yeux concentrés sur ce qu'il faisait, Sirgris termina de dépecer l'animal, prenant soin à ne pas trouer la peau. Il préleva d'autres tranches, plus larges que celles qu'ils venaient juste de manger.

-Vous vous êtes, ainsi, lancée à l'aventure, sans penser à ce qui pourrait vous arriver. C'était téméraire, mais totalement imprudent. Content que ce modeste repas vous plaise Tylia.

Sirgris secoua ses boucles de geai, et ne put s'empêcher de penser aux galopins qui étaient venus chaque année, frapper aux portes d'Aériaplume, n'ayant nulle part ailleurs où aller, fuyant des parents, un maître... Et cherchant à prouver, bien souvent, leur valeur aux yeux de quelqu'un d'autre. Certains réussissaient, d'autres devaient parfois patienter un peu plus longtemps avant de voir ce jour arriver. Lui même avait été une véritable teigne avant de se retrouver à choisir entre la prison et l'armée. Le choix avait été facile pour le jeune andain qu'il avait été. Sirgris entreprit de détacher une cuisse au cerf.

-D'où mon conseil, d'aller vendre une partie de votre prise. Vous pourriez acquérir ce qui vous manque. Et vous n'aurez pas à chercher un abri, voire à être obligée de rentrer chez vous. Et si vous voulez éviter Celebalda, il y a le Sanctuaire d'Or Blanc, personne ne vous demandera qui vous êtes. Et si on vous demande, dîtes que c'est moi qui vous envoie. Ou demandez à voir Sliabh, la haute prêtresse - celle qui a un dragon à votre façon - doit être rentrée de Fainros. Vous pourrez y trouver un abri où vous réchauffer quand le temps sera moins clément. Alors, que fait-on de cette viande ? Vente ou bien cuisson pour que vous puissiez la manger plus tard ?

L'andain désigna la carcasse bien entamée de la pointe de sa dague. Comme s'il y avait besoin de spécifier de quelle viande il parlait. Il se demanda s'il devait lui dire de venir le trouver en cas de problème, ou de dire qu'elle venait de sa part en cas d'absence de sa part, si elle devait se présenter aux portes d'Aériaplume, afin d'échapper à ce qu'elle fuyait. Sirgris se retint. La charité n'était pas son fort, pas plus que cette soudaine compréhension, à défaut de totale compassion. Là dessus, pensa-t-il, il tenait bien de son père, incapable de véritables sentiments. Et depuis la mort de Miwako et Izan, Sirgris n'entretenait que quelques relations, sans plus. A l'exception du drow, Zephriel, qu'il avait longtemps côtoyé à la Cour de Fainros. L'elfe semblait en connaitre assez, mais aussi trop peu, sur la façon de vivre indépendamment dans les bois. Elle devait venir d'une famille aisée. Mais la preuve était faite qu'elle savait s'en sortir, puisqu'elle n'était ni blessée, ni morte.
Sirgris chercha le soleil, pour connaitre l'heure. S'il avait en retard, Munir se ferait un plaisir de ruiner sa réputation d'inflexible ponctuel.



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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Dim 13 Fév - 20:37

Bien qu'elle eut essayer de se détendre, Tylia recommença à rougir, pendant que Sirgris s'occupait de la viande, et même s'il ne la regardait pas en parlant elle fut incapable de poser ses yeux sur lui, se sentant... idiote ? Oui, elle se rendait compte de l'inconscience dont elle avait fait preuve ; mais jamais on ne l'aurait laissé prendre des cours de survie... déjà qu'elle avait du insister pour apprendre la chasse... ce n'était donc pas vraiment de sa faute, même si elle aurait du y penser avant de se lancer à l'aventure... Sirgris se tourna finalement vers elle, lui demandant que faire de la viande. Elle se tourna vivement vers lui, les joues rouges car elle était en train de se perdre dans les pensées et qu'il l'avait un peu rappelé à la réalité...
Elle pesa le pour et le contre, ne sachant pas trop quoi choisir... aller en ville ou se montrer borner ? Tylia regarda dans le vide, méditant sur ce qu'elle allait choisir... au bout de quelques instants, la jeune Elfe soupira, et se laissa tomber dans l'herbe, allongé sur le sol, bras étendu, les yeux plongé vers la cime des arbres, se détendant un peu avant de répondre, murmurant presque :

"Je suis une bonne chasseuse, mais je n'ai jamais appris à vraiment me débrouiller seule, mes parents n'en voyait pas l'utilité, parce que... Elle soupira. ... aucune importance. Merci pour tout Sirgris, ton aide et tes conseils me sont précieuse ; fait cuir la viande s'il te plait, je pense que je vais filer vers le Sanctuaire sans m'arrêter... j'ai été idiote de me lancer ainsi, sans même penser à ce qu'il se passera quand Athanasius règnera et que l'air sera glacé..."

Le Dragon, qui s'était vaguement réveillé quand la jeune Elfe parla de la prêtresse ayant des similitudes avec elle, et Servahn attendit qu'elle eut finit de parler pour lui poser une question, glissant jusqu'à son oreille pour lui murmurer, et aussi parce qu'il avait l'impression qu'ils allaient bientôt repartir puisqu'elle semblait dire à demi-mot au revoir à l'homme qui leur avait offert un repas -qui n'avait pas profité au Dragon d'ailleurs- , mais lui ce qu'il intéressait était surtout le choix de leur future destination...

*Tu penses qu'elle pourra m'aider, n'est-ce pas ?*

*Sans doute... nous verront bien.* Répondit-elle, pensive.

La jeune Elfe se tourna sur le ventre, et croisa les bras, posant sa tête sur son oreiller de fortune, réfléchissant à tout ce qu'elle venait d'apprendre, de ce que son nouvel ami venait de lui dire... Elle qui se sentait libre d'avoir enfin gagné son indépendance, se rendait compte qu'elle avait peut-être fait erreur tout compte fait ; mais plutôt qu'avoir peur et craindre ce qu'il pourrait lui arriver, Tylia préférait suivre les conseils pour pouvoir enfin vivre sans dépendre de quelqu'un, même si... même si elle se rendait compte qu'elle ne devait peut-être pas rester toute seule -même s'il y avait Servhan- et admettre qu'elle avait besoin d'aide et aller en ville malgré sa crainte de revenir à la case départ...

"Sirgris... demanda-t-elle timidement, fermant les yeux et essayant de ne pas rougir. Tu... je... personne ne m'a jamais aidé comme ça... je veux dire, on m'a toujours couvé, mais pas aidé pour que je devienne... indépendante... je... j'aimerai savoir co... comment je pourrais te retrouver, parce que... je me sens redevable..."

Elle paraissait calme, posé sur l'humus et semblant endormie, sauf qu'elle parlait et d'une voix calme, essayant de ne pas se mettre à rougir et éviter d'avoir la gorge nouée ; la jeune chasseuse était habituée à dire crument ce qu'elle pensait, ne s'encombrant pas vraiment des civilités idiotes dont on avait essayé de lui farcir la tête, mais là... elle voulait utiliser les bons mots, parce qu'elle ne savait pas vraiment comment réagir, c'était nouveau qu'on l'aide ainsi à avancer au lieu de la couver...
Le tatouage sembla rouler des yeux quand à lui, s'attendant à quelque chose de moins... ramolli, et glissa vers le bas de son dos pour retourner dormir, se roulant en boule au creux des reins de sa protégée, et un peu comme elle Servahn se détendit comme s'il dormait, mais plus par ennui que pour essayer de paraitre détendu...
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Sirgris de Heurteloup
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Ven 18 Fév - 22:49

Détacher l'os n'était pas chose facile, et De Heurteloup dut employer un peu de sa force d'Andain, pour insister, jusqu'à ce qu'il ait un craquement distinct. Il fit de même pour les autres pattes, sans trop d'efforts. Il tailla de larges tranches, conservant os et peau. Il songea que le mieux aurait été de mettre les os à bouillir dans de l'eau, pour détacher la viande. Les bijoux en os se faisaient toujours, de même que les boutons, peignes... Là aussi Tylia pourrait en tirer un bon prix. Et la peau, et bien le cuir ça pouvait servir.
Tout en s'affairant, il écouta l'elfe et eut un petit sourire. Sliabh aurait du pain sur la planche.
Ce que Sirgris n'avait pas mentionné, c'était de le Dieu que priait Sliabh : Ceallach. Si Tylia avait besoin d'apprendre à se débrouiller, la prêtresse du Dieu de la Guerre se ferait un plaisir de lui enseigner comment faire. Un léger sourire flotta sur ses lèvres, alors qu'il mettait la viande à cuire, avant de continuer sa besogne. Et rester à vider le jeune cerf de ses entrailles. D'un coup de dague, il ouvrit la peau tendre du ventre, et commença à en sortir les différents organes.

-Sliabh aime toujours accueillir les jeunes femmes qui veulent être indépendantes, fit-il de son ton monocorde, et si vous apportez votre prise au temple, l'accueil sera encore plus chaleureux. Gardez les os, nettoyés ils font de bons matériaux pour des petits articles.

Il fronça le nez, l'odeur n'était pas forcément du meilleur goût, mais c'était supportable. Il jeta les organes plus loin. Les mains rougies de sang, il remercia son bon sens pour s'être vêtu de couleur sombre, comme à son habitude. Il s'arrêta pour regarder Tylia, qui rougissait doucement en lui demandant où elle pourrait le trouver.
Retournant à ses œuvres, à savoir finir de dépecer l'animal, et découper les côtes, De Heurteloup répondit toujours sur le même ton.

-Ne me remerciez pas. Je ne fais que ce qu'on m'appris à faire. Ce que l'on m'a enseigné quand je n'ai plus voulu dépendre de personne. Vous me trouverez facilement à Aériaplume. Si jamais vous sentez qu'il est temps de quitter Sliabh, et que vous ne savez pas où aller, sachez qu'Aériaplume est toujours ravie d'accueillir de nouveaux membres. Pouvez-vous retirez la viande du feu quand elle sera cuite ? Je crains de ne pouvoir le faire, mes mains étant occupées.

Il ne mentionna pas que souvent, les Rangers, ou les Messagers étaient portés disparus, quand ils passaient dans une contrée hostile. Malgré la facilité des transports, Aéronefs, navires, caravanes... Les dangers n'étaient pourtant pas moindres. Il le savait pour avoir parcouru des lieues et lieues de routes aussi bien terrestres qu'aériennes ou maritimes. Une vie de solitaire, qui lui conviendrait très bien. Être loin de la cour de Fainros lui ôtait un poids. Et retrouver ce qu'il avait chéri avant d'être anobli, lui procurait une sérénité qu'il n'avait pas ressentie depuis longtemps. Depuis le temps où il pouvait envoyer une partie de son solde à sa mère restée à Dangweth.
Vivre dans sa propriété à Dangweth aurait été douloureux. Mais Aériaplume était ce qu'il considérait comme ce qu'il avait le plus proche d'un foyer.
Une côte fit de la résistance, mais un crac sonore signala qu'elle avait perdu. Devant lui, ne restait qu'une partie du cou et la tête. Le geste sûr, il balança les restes en direction des entrailles lancées un peu plus tôt. Les charognards auraient un festin de roi.
Il se déplaça, peau en main, pour aller la nettoyer. Il fallait retirer les derniers morceaux de muscles accrochés dessus, en passant le fil de la lame contre la peau. Sous ses pieds, les feuilles encore vertes virèrent au brun.

-La peau servira à mettre la viande et les os dedans. Ce sera plus pratique pour vous. Encore une chose Jeune Tylia, Sirgris regarda l'elfe, arrêtant le va et vient de sa lame contre la peau étendue sur le sol, acceptez que je vous dépose à Or Blanc. Le Sanctuaire se trouve sur la rive opposée à ma destination, mais c'est la rive du Lac la plus proche. Et mon trajet ne différa en rien pour rejoindre Celebalda.



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Tylia
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Mar 15 Mar - 12:30

Sang, os et organes, Tylia y était habitué et n'y porta pas attention. Son père était un grand chasseur, et malgré le soin que ses parents avaient apportés pour qu'elle reste sous leur protection, à cause de la peur lié à son curieux héritage cutané, elle avait montré un grand intérêt pour l'art de la chasse, ce pourquoi elle prit des cours, mais n'allant pas plus loin que la traque ; cependant elle avait l'habitude de voir son maître à l'oeuvre sur les dépouilles fraîchement chassées, même s'il ne lui avait jamais appris les techniques, et pas même les bases...
C'était encourageant, Sirgris semblait penser que sa rencontre avec Sliabh serait prometteuse... cela fit sourire l'Elfette, qui attendait beaucoup de cette rencontre ; Servahn aussi d'ailleurs, qui malgré son attitude désinvolte face à l'actuelle situation, à savoir une Tylia qui ne savait pas trop où elle en était même si elle essayait de paraître calme et détendue... il la conseilla ensuite sur ce qu'elle pouvait faire quand elle songera à prendre son indépendance, et si l'idée n'était pas mauvaise, la jeune Elfe voulait suivre la même voix que celle dont elle avait toujours rêvé : la chasse, la vie dans la nature. Mais il fallait avouer que coursier pour Aériaplume était aussi un moyen de vivre ainsi et découvrir le monde... c'était à méditer.
Alors que l'Elfette regardait Sirgris finir de s'occuper de la bête, ce dernier lui donna encore un conseil, dont elle se souviendrait, avant de lui proposer de la déposer près du lac. C'était une bonne idée, puisqu'elle ne savait pas où se trouvait ledit lac, elle avait bien sûr étudié la géographie mais n'avait pas eu le temps de développer un grand sens de l'orientation. Tylia n'avait jamais monté de cheval non plus, et toisa le quadrupède de son ami avec un air indécis. Puis la fin de la phrase lui fit comme un choc, une gifle, qui la laissa brusquement sans défense.

"Celebalda..." murmura-t-elle sans vraiment s'en rendre compte.

Elle revit défilé devant ses yeux quelques souvenirs, lié à sa citée natal, dont elle s'était que très peu éloigné jusqu'à présent, et même si elle n'écoutait pas ce sentiment il était présent, cette peur du monde extérieur ; désormais elle n'avait plus de logis, d'endroit à appeler chez elle, et la sensation de commencer un nouveau chapitre de sa vie se glissait en elle et s'imprégnait dans chaque fibre de son corps. Tylia resta un instant sans bouger, l'air toujours un peu abattu. Les poings serrés, elle avait les yeux fermés et ses muscles frémissaient légèrement ; oui elle avait peur, c'était franchir une nouvelle étape pour elle, comme ouvrir une porte sans savoir ce qu'il y a derrière, et savoir qu'elle se refermera derrière soi une fois passé le seuil...
Ses paupières se rouvrirent brusquement et elle releva la tête, affichait une détermination plus tranchante que l'acier. Pas question de faire marche arrière, elle était capable d'avancer, et de voir le monde comme elle le souhaitait, plutôt que vivre dans une prison dorée ; elle s'avança vers Sirgris, un léger sourire sur le visage, paraissant brusquement moins... perdu qu'elle aurait pu le laisser croire quelques instants auparavant. Ses idées étaient maintenant claires, et elle était bien décidé à aller vers le Sanctuaire et devenir une vraie chasseur, comme elle en rêvait depuis toute petite, ainsi qu'en apprendre plus sur les origines de son ami qui lui collait à la peau...

"Allons-y alors ! Et si tu passes par Celebalda, je compte sur ta discrétion ; tu ne m'as jamais vu..."
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Sirgris de Heurteloup
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Lun 28 Mar - 6:32

De Heurteloup leva les yeux en la voyant approcher. Tylia semblait bien jeune, et peut être un peu perdue. Mais à cet instant précis, il put sentir sa détermination. Elle en aurait besoin face à Sliabh, qui pouvait se montrer aussi éreintante qu'un tortionnaire acharné. Il espéra ne pas se tromper en pensant que la Haute Prêtresse pourrait aider la jeune Elfin et le Dragon qui courait sur et sous peau.
Tylia semblait être plus harmonieuse, plus "finie" que Sliabh dont la fusion avec Rhaego s'était mal passée, au point de toujours en souffrir quand le Dragon décidait de bouger.
Il en termina avec la carcasse, et il essuya sa dague en la plantant dans la terre, avant de la ressortir pour la passer sur son pantalon, afin d'enlever les traces de terre noire et riche de la forêt d'Iricht. Il se releva, et prit la gourde, l'ouvrant du pouce, il versa l'eau dans sa main gauche, reposa l'outre, et se frotta les mains pour enlever le sang. Il répéta l'opération jusqu'à ce qu'il n'ait plus que les mains légèrement rosies par rapport à son teint pâle.

-Pouvez-vous mettre la viande dans la peau de cerf Jeune Tylia ? Je dois seller mon cheval, et nous pourrons partir. Et bien sûr, je ne vous ai jamais vu si on me pose des questions au sujet d'une elfe avec un dragon.

Joignant le geste à la parole, Sirgris attrapa la selle, et l'animal vint se placer devant lui pour se faire arnacher. Le tapis de selle, un peu élimé, mais de bonne qualité, et puis la selle, en cuir sombre, frappée de des Sept Ailes en étoile, ou en soleil, d'Aériaplume. Il boucla les sangles, et tapota en suite l'encolure du cheval, qui piaffa d'impatience.
Celui-là était un coursier endurant, appréciant les pauses méritées, mais aimant tout autant avaler lieues après lieues. Une bonne monture de messager. Sirgris ramassa sa besace, celle qui contenait le reste de ses provisions, avant d'aider Tylia à fermer le sac improvisé pour la viande. Il lui tendit une lanière de cuir tressée.

-Servez-vous de ça pour maintenir les bords fermés, cela devrait suffire.

Le geste expert, Sirgris ouvrit son briquet, et l'approcha des flammes. Celles-ci semblèrent se tendre vers lui, avant d'hésiter, d'onduler, et finalement de rentrer dans le briquet. Du feu ronflant, il ne restait que des cendres, qu'il éparpilla de son pied botté.
Il prit le sac en peau, et l'arnacha à la selle, afin d'éviter que le contenu se renverse et tombe sur le sol. Il jeta un dernier coup d'oeil à la carcasse désossée. Il ne restait qu'entrailles et os du jeune cerf qu'il avait chassé et tué. Les charognards feraient un festin de ces restes dès qu'ils seraient certains que le couple de deux-pattes serait assez loin.
Le passage de Sirgris était marqué par des trainées d'herbes et de feuilles roussies, comme lors de la Saison de Meirion, comme des griffures dans la végétation verdoyante. Il s'était relâché. Il ferma les yeux un instant, et quand il les rouvrit, il avait ravaler son pouvoir. Inutile de monter en selle, pour voir le cuir et l'animal pourrir, n'est ce pas ?
Le geste souple, il se hissa en selle, et s'installa, avant de tendre la main à l'elfe.

-Prenez appui sur l'étrier, et laissez moi vous hisser. Voila, comme ça.

Tylia était loin d'être une demoiselle engoncée dans des jupes volumineuses, ce qui facilita la tâche. L'Elfin fut hissée sans le moindre effort, devant Sirgris, dont la monture baissa la tête, pour que Tylia puisse faire passer sa jambe de l'autre coté, et ainsi l'enfourcher. Après quelques ajustements, afin que les deux cavaliers aient de la place pour chevaucher confortablement. De Heurteloup donna un petit coup de talons, sa monture docile, et impatiente, se remit en route, faisant craquer feuilles et brindilles sous ses sabots.



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Tylia
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Lun 4 Avr - 21:30

Attentive à ses gestes, le jeune Elfe regarda Sirgris se débarrasser du sang sur la dague et se laver les mains, précaution pour ne pas trop garder sur soi l'odeur qui pourrait attirer des prédateurs. Elle faisait de même ; du moins projetait de le faire, vu que la première proie qu'elle avait l'opportunité d'attraper pour la manger lui avait filé entre les doigts, mais ça lui avait au moins permis de faire une rencontre, qui avait apporté plus qu'elle ne l'avait espéré aux premiers abords. Tylia ne pouvait que remercier Cùan d'avoir croiser quelqu'un qui l'avait tant aidé à avancer sur le chemin qui la conduiras à devenir une chasseuse ; et lui permettre de faire une rencontre qui lui en apprendra peut-être un peu plus sur Servahn, qui pour l'instant dormait toujours au même endroit.
Elle acquiesça avec enthousiasme quand Sirgris lui demanda de s'occuper de ranger pendant qu'il préparait sa monture, et sourit plus encore quand il lui assura qu'il ne parlerait pas d'elle, bien qu'elle était certaine que ces parents se passerait sans doute de préciser qu'elle avait un Dragon, eut qui était si complexé par l'existence du tatouage... quoi que, retrouver leur fille était sans doute plus important, et c'était ce que Tylia espérait, agacé d'être surprotégé à cause de sa différence, elle voulait leur montrer qu'elle n'était pas une petite fille fragile, et qu'ils soient fiers d'avoir une enfant aussi forte !
Elle approcha de la peau de l'animal, et ramassant tout les os pour les mettre dedans. La viande était encore sur la pierre, bien cuite et encore chaude avec le feu en dessous qui crépitait doucement. Elle sortit sa dague et, un peu hésitante, retira un à un les morceaux pour les placer sur les os, eux-même sur la peau du cerf. Une fois fait, il ne restait qu'à fermer le sac, et son ami choisi ce moment pour venir l'aider à ficeler les restes de l'animal solidement et les emporter avec eux. Elle le regarda ensuite s'occuper des flammes d'une façon fort étonnante, qui la laissa surprise quelques instants ; la jeune Elfe n'avait jamais vu un objet pareil.
Vint alors le moment de monter à cheval, et après s'être juché sur l'animal en galant homme Sirgris lui tendit la main. Un peu hésitante au début, elle posa le pied dans l'étrier, lui donna la main et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle se retrouva sur l'animal, derrière son ami. Au moins ce n'avait pas été trop dur de la hisser, elle qui était plutôt athlétique et svelte, ce qui était utile pour courir vite quand la proie échappait au tranchant de sa dague. En tout cas l'Elfette sembla peu à l'aise, non pas à cause de ses mains posé au niveau de la taille de son ami pour ne pas tomber, mais...

"Je suis jamais monté à cheval." Déclara Tylia. "A dire vrai, à part pour la chasse mes parent ne voulaient pas que j'approche des animaux ; ils craignaient sans doute ma réaction à cause de Servahn... c'est pas parce que je suis lié à un Dragon que je vais manger de la viande crue !" Lança-t-elle, plus pour elle que pour Sirgris.

La chevauché commença, et à mesure que la monture prenait de la vitesse l'Elfe se cramponna un peu plus à l'homme devant elle, ce qui ne manqua pas de faire réagir le Dragon, qui sentit le malaise de sa compagne, ce qui l'amusa fortement.

*Vu comment tu le serres, il doit se dire qu'en cas de chute tu possèdes de quoi amortir le choc !*

*Ferme-la Servahn, ferme-la !*
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Sirgris de Heurteloup
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MessageSujet: Re: Ce petit chemin qui sent la noisette...   Lun 25 Avr - 23:50

De Heurteloup réprima un sourire en l'entendant pester contre ses parents. Tylia semblait avoir été surprotégée, bien que cela inutile... Il ne pouvait pas imaginer Sliabh et Rhaego dans cette situation, vu leurs tempéraments. Sous la tutelle de Sliabh, Tylia ne devrait avoir aucun problème à devenir aussi forte et terrifiante qu'une Dragonne.

-Je crois que vos parents ne savaient pas vraiment comme faire. Votre situation est plutôt rare. Et mis à part Sliabh, je ne connais guère d'autres femmes ayant un dragon dans leurs corps. Ne soyez pas aussi raide jeune Tylia, détendez-vous, ou vous risquez d'avoir mal.

Guidant sa monture avec de légère pression des talons contre ses flans, et en se servant de légère traction à droite ou à gauche avec la bride, Sirgris de Heurteloup opta pour une allure modérée. Son cheval avait à porter plus de poids, et sur une distance, qui bien que courte, était néanmoins considérable. Il fallait savoir ménager sa monture, quand on parcourait de longues distances, chargé de courrier. Être messager ne se résumait pas à acheminer des lettres, des paquets d'un endroit à un autre. Il fallait connaitre les chemins, se connaitre soi, et aimer la solitude des routes et des paysages qui s'étendent à l'infini.
Autour d'eux, il n'y avait pour l'instant que des arbres, l'odeur de la viande repoussait sans doute les autres animaux, percevant le danger. Quand aux prédateurs, il ne fallait pas se leurrer, c'était plutôt eux qui leur faisaient peur. Ils avaient laissé suffisamment de restes derrière eux, pour que les carnivores et les charognards puissent s'offrir un véritable festin.
Le plus difficile était de faire slalomer le cheval entre les arbres, sans perdre de la vitesse, et gagner un sentier de forestier, pour pouvoir avancer plus vite, plus sûrement.
Les feuilles et les brindilles craquaient sous les sabots du cheval, guidé habilement. Sirgris connaissait la forêt
d'Iricht presque comme sa poche, et de vieux souvenirs remontèrent à la surface. C'était là qu'il avait fait son apprentissage de ranger, après avoir été jugé assez responsable, vu son travail à la Grande Volière. Il avait en suite choisi de porter le courrier, aimant visiter quelques villes, plutôt que d'être toujours à patauger dans la boue, et tailler des sentiers pour les messagers.
Il sentit les bras de Tylia se resserrer autour de sa taille. Rien de très grave, son épouse s'était cramponné à lui, la première fois qu'ils avaient monté ensembles. Elle lui avait presque coupée le souffle. Il avait fait passé Miwako devant lui, pour la rassurer. Assise devant lui, elle avait cessé de paniquer à l'idée d'être juchée sur un animal aussi grand que l'étalon qu'ils montaient alors. Le souvenir s'évanouit comme neige au soleil, alors que Sirgris le chassait, l'enferment là où il devait rester. Penser à elle, à leur fils lui faisaient toujours mal, malgré le fait qu'il ait lui même pourchassé et tué leurs assassins.

La forêt d'Iricht avait une odeur particulière. C'était une des plus vieilles forêts d'Inwilis, et il n'était guère étonnant que les premiers elfes, et feys, aient décidé de bâtir Celebalda dans les Géants Gris, des arbres gigantesques. La forêt était un abris sûr, et à l'exception du feu, et de la tempête, rien ne pouvait la détruire. Et ceux qui ne la connaissaient pas, risquaient surtout de se perdre, et d'y mourir.
Sirgris donna un petit coup de ses talons, et sa monture accéléra. Il devait arriver à Celebalda avant la fin de l'après-midi, où sa réputation d'andain inflexible serait entachée à jamais.
Au sortir des fourrés, il retrouva un des chemins de Ranger, et il n'y eut plus qu'à le suivre. Tous les chemins de cette forêt menaient à Celebalda et au lac d'Or Blanc.



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