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 Le Paladin Silencieux

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Nat MacFragan
Inwillissien
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Ven 7 Mai - 21:53

Nat nettoya son assiette à l'aide d'un morceau de pain frai. Du pain et de la crème chaude, il n'y avait rien de meilleur.
Il regarda l'homme à qui Demyx venait de répondre. Tiens, le cheminant n'avait pas l'air dans son assiette. Comme Tanalda quand elle avait fait un coup tordu avec Scout, et que papa le savait rien qu'en la regardant. Papa était parfois trop fort pour Nat et sa soeur. Enfin surtout Tanalda, parce que... c'était une fille. Demyx manqua de se ramasser parce que le monsieur venait de lui donner une petite tape dans le dos.
Mâchant pensivement son morceau de pain, et écoutant Zee d'une oreille distraite, le môme ouvrit de grands yeux quand le monsieur se mit à rire.
Gros chat ? Zee s'indigna, protestant fermement qu'il n'avait rien d'une boule de poils ronronnante. Ce à quoi Nat aurait pu répliquer avec de sérieux arguments, qui contredirait cette opinion. Mais Zee se prenait pour un grand chasseur, Nat aussi parfois, mais il n'avait jamais plus essayé de chasser les chèvres après ce regrettable incident sur le marché. Ses fesses étaient parfois encore un peu douloureuses. Celles de Zee aussi, il avait même eu droit à quelques points de suture ce jour là.
Ravi de pouvoir parler, Nat s'accouda au bar, et regarda le mercenaire comme s'il était son égal. Même pas peur.

-Zee dit qu'il n'est pas un "gros chat " ni une "peluche".
Nat prit un air de confidence.
-Il le croit vraiment, c'est pas de sa faute, y comprendra quand y'sera grand. Mais c'est un brave tigre. Dommage que le votre soit pas venu, ils auraient pu faire connaissance. Mais s'il aime pas voyager. Ce qu'est bizarre pour un tigre, ça doit pas être vrai. Zee veut tout le temps sortir. Même s'il prétendra le contraire. C'est pas facile d'être avec lui tous les jours, j'espère que le votre il était pas comme ça...
Il allait reprendre quand son père posa dans son assiette une patte d'ours, encore chaude. Nat ne put résister à l'appel de la gourmandise. Se saisissant de la pâtisserie fourrée aux pommes, il mordit à pleine dents. La pâte feuilletée croustilla, la pomme chaude était presque à l'état de compote. Un délice.


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Valas
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Sam 8 Mai - 11:48

Alors qu'il attendait une réponse de la part de l'enfant, une odeur alléchante parvint à ses narines. De la nourriture. Valas n'était pas difficile, à dire vrai il mangeait tout ce qui passait devant sous nez avec une odeur alléchante... mieux valait avoir la panse bien rempli quand on part à l'aventure !
Une assiette des plus belle et bien garni apparut devant lui, et il salivait rien qu'en voyant son contenu... Il remercia rapidement l'aubergiste, et commença à élaborer une stratégie pour pouvoir dévorer le contenu de son plat en un temps record...
Son regard vert se posa sur les couverts de chaque côté de l'assiette. Avec un grand sourire il regarda ses mains. Comment pouvait-il faire pour s'en servir avec de pareilles mimines ? Facile, il ne s'en servirai pas. D'une griffe adroite, il piqua une pomme de terre de son index et la porta à la bouche. Ce n'était certes pas la façon la plus correct de manger, mais au vu de la situation, c'était ce qu'il avait de mieux à offrir...
Valas écouta le gamin parler de et avec sa peluche, non sans se départir de son sourire. Ça lui rappelait vraiment lui et son chat en peluche, Svil, quand il étai jeune... C'est donc d'une oreille attentive qu'il écouta l'enfant en mangeant -ou plutôt dévorant- le contenu de l'assiette, se servant par moment de son autre index en guise de couteau... Une fois qu'il eut tout fini, il répondit au jeune garçon et à son compagnon félin :


-Je dois avouer que Svil était un peu comme ça, mais je suppose que s'ils nous taquinent c'est parce qu'ils nous aiment bien. Svil n'était pas un tigre, mais un chat justement. Et les chats préfèrent se rouler en boule devant un feu de cheminée, au lieu de m'accompagner attraper des vilains...

Une fois cela fait, le mercenaire entreprit de finir son assiette alors que l'enfant prenait son dessert... il semblait avoir moins de mal avec ça qu'avec les légumes... L'Eldarin posa son regard sur le plus triste des spectacles : une assiette vide. Se retournant vers le patron avec un grand sourire, il lui lança :

-Sympa ce petit amuse-bouche, mais j'aimerai passer à l'entrée si possible ! Il marqua une pause, puis ajouta : Vous inquiétez pas, je m'arrêterai au dessert, je ne voudrai pas que vous ayez à refaire votre stock par ma faute !

Puis il retourna vers la charmante tablée, avec un air amusé, et il entreprit de vider son verre. Ah, le Moretum... délicieux alcool que celui-ci, et le mercenaire trouvait dommage que peu d'établissement en propose. Tat pis pour eux ! Il vida son verre d'un trait, savourant le goût exquis du breuvage, avant de s'en resservir un verre.

-Si vous ne connaissez pas, je vous conseille d'y goûter, lança-t-il au cheminant. Je dois avouer que je n'ai jamais trouver l'ambroisie qui allait avec ce nectar ! Allez, sert-en un verre, que l'on puisse trinquer à notre début d'amitié !


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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Dim 9 Mai - 14:31

Le mercenaire semblait assez... enjoué, d'être embauché par Demyx. Ce dernier faillit faire encore plus ample connaissance avec son assiette et son sontenu quand une grande tape dans le dos, amicale heureusement, lui fut administrée. Il faudrait qu'une fois sur la route, il lui demande d'être moins expansif. Au moins dans ses manière de montrer son amitié... La conversation de Valas se tourna vers Zee, le tigre du fils de l'aubergiste. La réaction de Nat fit sourire le cheminant. Il enviait parfois les enfants, qui pouvaient encore s'imaginer un monde de peluches vivantes, et leur parler à loisir. Lui enfant, il parlait avec les naïades, les sirènes et les bleus qui vivaient près du bord de mer, là où était sa maison.
Voyant que le mercenaire mangeait avec une féroce appétit une assiette rempli plus que généreusement, puis qu'il en réclamait encore, l'andain se dit qu'il vaudrait mieux acheter le plus de vivre possible, s'ils voulaient tenir plus d'une semaine sur la route. Il y aurait toujours la chasse ou bien la pêche, mais ce n'était pas toujours couronné de succès, sauf pour la deuxième activité dans laquelle il avait plus qu'un don.
Il allait demander à l'aubergiste s'il avait le droit de faire une petite rapia dans ses vivres de voyage quand son nouveau compagnon de route lui ordonna presque de se servir un verre de Moretum. Pourquoi pas. Il se servit un verre, et le leva.
-A notre début d'amitié, qu'elle dure le plus longtemps possible.

Demyx avala doucement l'alcool, goûtant avec lenteur le liquide qui coulait sur sa langue. C'était excellent, en effet, mais le plus grand des nectar pour lui, resterait son élément naturel, l'eau. Il ne la sentait pas comme tout le monde, pour lui chaque eau avait un goût et une odeur différente. Mais ça, c'était un peu normal quand sa mère est la déesse même de l'eau.
Demyx attendit gentiment qu'Aeon repasse vers lui pour lui apporter son dessert, pour lui demander s'il pourrait lui prendre ensuite de quoi voyager pendant une semaine avec le mercenaire.
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Aeon MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Dim 16 Mai - 0:38

-Fallait le dire maitre mercenaire que vous vouliez un vrai repas d'Eldarin.

En fait, Aeon ne se donna pas la peine de préciser d'Eldarin qui avait son coté dragon de sorti. Les quelques Eldarins qu'il avait pu croiser dans sa vie d'aubergiste, ou de forgeron, avaient tous eu l'air plus ou moins humains, ou elfique, ou ce que vous voudrez sans écailles. Il en avait vu se transformer par contre, les écailles avaient poussées, subitement, couvrant le corps comme une sorte d'armure, les pattes s'étaient allongées, les ergots s'étaient formés, et queues et ailes avaient poussées. C'était un spectacle parfois effrayant, surtout quand l'eldarin en question essayait de bouffer quelqu'un.
Il n'en restait plus beaucoup depuis la fin de la Grande Guerre, et ce peuple n'avait jamais retrouvé le prestige d'antan. A l'instar des dragons, ils devaient surtout choisir des endroits qu'ils aimaient pour vivre. Les dragons avaient parfois leur lieux de prédilection, gibier de prédilection -deux pattes compris- ça devait être pareil pour ceux qu'on appelait le chainon manquant entre les grands volants et les deux pattes.
Aeon fut généreux. Il alla directement chercher le rôti, et échangea le plat avec l'assiette vide. Il ajouta même un saladier de pommes de terre. Et autant dire que le rôti d'Earthaë, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus petit... Énorme, et enroulé dans la pâte, pour maintenir l'assaisonnement fait de moutarde et d'herbes. La viande serait encore saignante à l'intérieur.

-Et nous en faites pas pour mes réserves, quand un dragonnier passe dans le coin, on est parfois obligé de nourrir la bestiole qui va avec. Et ça revient au même quand un groupe venant d'une caravane allant vers le Nord ou l'Sud passe.
L'aubergiste posa une petite assiette avec le dessert de Demyx, et lui resservit un grand verre d'eau de fraises. Le cheminant avait les joues rougies par l'effet de l'alcool. Aeon trouva ça plutôt comique, Demyx était de petite constitution, et pour quelqu'un qui avait rasé les murs de son auberge pendant son séjour, il le trouvait plutôt détendu à parler comme ça avec un mercenaire qui ressemblait à lézard, ou un dragon à deux pattes sans ailes. Bien sûr, parler avec Veltan ou Nat, c'était différent, Veltan était du genre à discuter nonchalamment, et Nat... du genre à discuter avec n'importe qui. Tanalda manquait à l'appel. Mais sa fille, elle, aurait sûrement demandé une chanson.
-Va pour les vivres, là par contre, la quantité sera un peu plus limitée, il y a d'autres voyageurs qui passeront dans la journée. Vous allez devoir vous ravitailler sur le chemin.


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Valas
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Mar 25 Mai - 11:57

-Haha, alors dans ce cas, amenez les victuailles, je meurs de faim !

Évidemment, dès que l'aubergiste eut fait part de son stock qui serait suffisant à l'Eldarin, se dernier si dit de façon presque automatique "Pourquoi s'en priver", et avec un air enjoué et affamé il attendit le repas promis par son nouvel ami -quelqu'un qui lui rempli l'assiette aussi généreusement devient de façon immédiate son ami- en le regardant faire...
Mais l'espace d'un instant son esprit vagabonda vers un sujet qu'il n'avait pas effleuré depuis longtemps : les autres Eldarins. Le mercenaire en avait croisé peu, et souvent de loin... en même temps, la terre de ses ancêtres se trouvait par-delà l'océan, et pour le mercenaire hors de question de traverser une telle étendue d'eau...
Une assiette des plus généreuse vint se poser devant lui, et le fumet si appétissant du rôti chassant bien vite ses mornes pensées... sans couteau, difficile de couper pareil morceau, et ses griffes n'étaient pas assez longue... qu'à cela ne tienne, il se passerait de couper sa viande ! Les cinq griffes de sa main droite se plantèrent dans la viande chaude et cuite juste comme il fallait, et il porta le rôti à ses crocs... c'était délicieux, rares furent les plats que le mercenaire goûtèrent et qui avait un goût, un fumet qui rivalisait avec cette viande si bien assaisonné... les griffes de son autre main rencontrèrent aussi la garniture, qu'il dévora avec tout autant de plaisir...
Valas engloutit son repas à une vitesse effarante, puis il s'affala sur sa chaise avec un grand sourire satisfait. Puis il lança à son ami le tenancier :


-Ce fut un régal ! Il resta un instant sans rien dire, avant de rajouter : Vous avez déjà servi d'autres Eldarins ? Je dois avouer avec regret ne jamais avoir rencontré d'autres membres de ma race... il parait qu'ils ont une apparence plus... normal que la mienne, mais je suis né comme ça, avec un physique un peu plus "draconique" que mes pairs... Quand aux provisions, vous en faites pas, j'aime chasser, je suis plutôt doué ! Il se tourna vers le cheminant. Cela ne vous dérange pas j'espère, de manger du gibier ? Parce que j'ai déjà accompagné un homme qui avait la chasse en horreur... et même une fois un bouffeur de salade ! Obligé de manger des légumes pendant tout le voyage...

Valas fit une grimace en repensant à ce désagréable contrat. Il avait tellement faim à la fin qu'il avait faillit bouffer son client... avec toute la verdure consommé par ce dernier, au moins l'Eldarin aurait été certain que la viande était saine, mais comme manger les clients donnait une mauvaise image et que c'était tout de même contraire à l'éthique, il ne l'avait pas fait... et il espérait aussi que son nouveau protégé le laisserait manger à sa guise...


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Aeon MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Mer 23 Juin - 14:19

L'aubergiste jeta un coup d'œil amusé à l'eldarin. D'abord parce qu'il dévorait ce qu'il venait de lui servir à une vitesse hallucinante, et parce qu'il semblait un peu ignorant des autres eldarins.

-Vous en avez peut être croisé plus que ce que vous croyez. Ils peuvent avoir l'air tout à fait lisse, me ressemblant, ou ressemblant à un elfe, un humain, un drow... Peu importe, ils savent se faire discrets, mais ils vous ressemblent quand ils se mettent en rogne. Durant ma jeunesse sur les routes, j'en ai vu s'énerver, et croyez moi, c'était bel et bien un dragon-né. Un peu comme vous.

Aeon regarda son fils, qui dévorait du regard l'eldarin. Ses yeux agrandis par la curiosité, brillants, fascinés. Nat était impressionnable, encore un peu jeune pour ne plus l'être. L'aubergiste roula des yeux, et tapota sur le bord de l'assiette de son fils, qui retourna à son dessert. Demyx semblait un peu hagard, ça allait peut être un peu vite pour quelqu'un d'aussi timide. Ses yeux dévièrent jusqu'à la pendule accrochée sur un des murs. Tanalda ne reviendrait pas avant deux ou trois heures, elle était sortie manger dehors avec Scout. Enfin, Rosa de son vrai prénom. Même si Scout lui allait beaucoup mieux, en raison de ses bras musclés, et sa grandeur. Pour tout dire, elle venait parfois donner un coup demain à l'auberge.
-Je vais vous préparer un sac de provisions.

Aeon se détourna, et regagna sa cuisine. Il ouvrit la porte qui donnait sur le cellier, et se saisit d'un sac en toile brune, épaisse. L'ouvrant en grand, il fit glisser quatre pains de voyages, du pain brun, à la mie dense. Il y ajouta un peu de viande séchée, des fruits secs, du fromage à la pâte dure, chaque chose étant emballée dans du papier, le sac de toile ne protégeant pas de la pluie. Il ajouta du riz, et autres denrées sachets pouvant se cuir simplement dans de l'eau. Il glissa une bouteille de moretum, et une autre d'eau de fraises. Il referma le sac, tirant sur les lanières, et faisant un nœud bien serré. C'était plutôt lourd, mais ils étaient deux, et l'eldarin, s'il était capable de manger autant, serait sans doute capable de porter le sac sans problème, s'ils ne prenaient pas de montures. Demyx voyageait à pied, son cithare sur le dos, il le avait raconté, quand il était arrivé trempé comme une soupe, il y a de ça un moment déjà.
Aeon posa le sac à l'entrée de la cuisine. Son fils avait sauté de son tabouret, et avait embarqué Zee, pour aller jouer là où il y avait plus d'espace.
L'aubergiste débarrassa le comptoir, et alla faire un tour de salle, retourner quelques broches, et remplir quelques assiettes et verres.


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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Jeu 24 Juin - 21:34

Demyx reprit un peu d’eau. Le mercenaire avalait son repas avec un appétit féroce, et une rapidité déconcertante. Lui-même aimait pas mal la viande rouge, mais de là à pouvoir s’enfiler à une telle vitesse, une telle quantité de viande… Il n’aurait jamais du l’embaucher en fait, il allait se retrouver ruiné en peu de temps à cause de la nourriture. Et regarda l’aubergiste avec un air conciliant.
-Je comprends bien, et vu l’appétit de mon nouveau compagnon de route, je crains que même si vous me donniez toutes vos vivres de voyage,elles ne soient quand même très rapidement consommées.

L’eldarin fit alors la remarque qu’il savait chasser et plutôt bien, et lui fit également comprendre qu’il espérait que manger un gibier venant d’être tué –ou de la viande tout court semblait-il- ne le dérangeais pas. L’andain lui répondit de manière franche.
-Tant que je ne dois pas dépecer et vider le gibier, et qu’on le fait pas sous mon nez, le faire cuire et le manger ne me dérange pas le moins du monde. C’est juste la vue des entrailles, et toutes autres choses de ce genre que je trouve peu ragoutant qui m’empêcherait d’y toucher… Par contre je préviens, j’aime beaucoup les légumes. Et je n'apprécie pas la viande crue également.

Il termina alors apidement son dessert, et remarqua alors le sac que l'aubergiste avait posé. Il était assez gros tout de même, et semblait peser son poids. il coup d'oeil rapide à son compagnon de voyage lui tira un sourire. S'il voualit de quoi manger, il lui faudrait porter le sac donc. Une compensation pour la bourse de Demyx qui -à défaut de payer son repas à lui offert par Veltan qui lui était rentré dedans- devrait payer au moins celui du mercenaire, et le reste de son séjour. Il plongea la main dans son sac de voyage, et tira sa bourse, puis une pièce d'or, et quelques petites pièces. Il devait y en avoir trop... Haussant les épaules, il rangea sa bourse et referma le sac. Il avait séjourné quelques temps à l'auberge, et l'aubergiste était impeccable, il ne mourrait pas de lui donner trop, au contraire.
-Valas ? Est-ce que vous pourriez prendre le sac marron là bas, il y a la nourriture dedans. Je payes ce que je dois, et nous partons. On va dans le sud, pas mal de rumeurs circulent alors, j'aimerais bien voir ce qu'il en est.

Il se dirigea vers Aeon, et tendit sa main contenant l'argent, il débitat un beau flot de paroles, remerciant l'aubergiste pour tout, lui demandant de transmettre son au revoir à Veltan. Tout en parlant il le paya, et après un "et gardez la monnaie", et un "au plaisir de vous revoir quand je remontrais", le cheminant s'en alla de l'auberge, faisant un signe de la main à Nat.
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Valas
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Dim 4 Juil - 15:23

Valas avait bien mangé. C'était son meilleur repas depuis des jours, fallait dire aussi qu'il ne mangeant pas beaucoup -comparer à ce repas bien entendu- quand il était sur les routes, et il s'offrait quelques petits plaisirs quand il était à l'auberge... et il fallait avouer que le Paladin Silencieux venait de lui offrir un repas des plus délicieux, dans une ambiance fort agréable. Il ne manquerait pas de le recommander à ses futurs clients...
Le mercenaire sentait bien que son nouvel ami Demys devait s'inquiéter pour la nourriture. Après tout, vu le repas qu'il venait de faire... mais en même temps, le fait qu'il utilise ses griffes pour manger et que ces bouchées soient monstrueuses a du beaucoup rajouter à l'effet qu'il donnait... voir un lézard géant dévorer ainsi tout un gigot fait bien plus peur quand à la note que s'il avait tout avaler en se servant des couverts... chose peu aisé à faire quand on a des paluches comme les siennes...
Mais Valas ne s'en faisait pas. Son compagnon se rendra bien compte qu'il n'avait pas affaire à un ventre-à-pattes comme il semblait le penser, et il riait même en imaginant la tête que ferait le cheminant en voyant les repas frugale -comparer à celui-ci évidemment- qu'il faisait quand il était en voyage... Il regarda attentivement et avec un brin d'intérêt le tavernier remplir un sac de provisions... encore un peu et il bavait...
Les paroles de Demyx le rappelèrent à la réalité, et il répondit avec entrain à son employeur :


-T'inquiètes pas mon ami, j'ai beau ressembler à un lézard, je mange comme tout le monde, y a que les quantités qui changent un peu... je fais cuire ma viande et j'aime les légumes, alors pas de souci pour le menu... Il se leva et alla empoigner le sac. Allons-y, l'aventure nous attend !

Le mercenaire se leva, avant d'aller prendre le sac de nourriture, appréciant l'odeur alléchante, et il le passa derrière l'épaule, puis attendit que son ami paie l'aubergiste pour son repas pour le moins délicieux. Il passa à sa suite remercier l'agréable tenancier, lui serrant la main -un peu fort peut-être- avant de le gratifier d'une petite tape dans le dos, et même si l'homme était loin d'être aussi frêle que Demyx, dut avoir le souffle coupé un bref instant... Valas avait du mal avec sa force pour le moins hors du commun.
Alors qu'il quittait l'établissement pour partir à nouveau vers l'aventure, il repensa aux paroles du tenancier. Les gens de sa race avait donc l'apparence des êtres de d'autres races ?... Il en aurait donc sans doute rencontré sans le savoir... Et lui alors, pourquoi était-il plus proche du Dragon que d'une autre race ? Était-ce à cause de ces que ses parents l'avait abandonné ?... Plein de question commençait à tourner dans la tête de Valas, mais il les chassa. Il avait un contrat à remplir : accompagner Demyx. Pourquoi, il ne le savait pas, mais il avait la vague impression qu'il n'était pas au bout de ses surprises...


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Nat MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Dim 2 Oct - 23:51

Nat s'ennuyait de pied ferme.
Caled était puni, il avait essayé de mordre le bras du professeur d'éducation physique la veille, et il avait plutôt bien réussi, mais maintenant, sa mère, Kalie, l'avait privé de sorties, et ô comble de l'horreur, de desserts pendant une semaine. Nat songea que si son père le privait de dessert, ce serait de la torture trop douloureuse, alors, il prendrait Zee, et irait quémander une pâtisserie à la boulangerie du coin de la rue. Et tant pis s'il devait payé avec les sous de sa tirelire.
Assis à une table, près de la cheminée de la grande salle, Nat avait croisé les bras sur la table, et posé sa tête dessus. Zee était assis à coté, sur la table. Zee était trop petit pour voir correctement, une fois assis sur une chaise. Seules ses oreilles dépassaient la table. Et puis, un tigre ça avait toujours besoin d'un poste d'observation. Si possible en hauteur. Et comme papa ne voulait pas d'un tigre au milieu des verres sur l'étagère, ben... Zee devait se contenter d'être sur la table. Il devait en descendre quand Nat mangeait -au risque de se retrouver éclaboussé de soupe, ou pire avec un haricot vert en travers de la truffe !

Soupirant bruyamment, Nat pensa que le monde était trop injuste. Caled avait mordu l'autre grand imbécile, parce qu'il s'était moqué d'une fille. Bon d'accord Lina n'arrêtait pas de tomber dès qu'elle se mettait à courir, mais ça n'était pas une raison pour être méchant. Et puis, il fallait être galant et courtois avec les dames. C'était Tanalda qui le disait. Nat lui répondait invariablement, qu'elle n'était pas une dame, mais sa sœur. Ce qui la faisait soit enrager, soit rire, dépendant de son humeur.
Pour l'instant, son humeur à lui était au niveau moins quatre vingt-dix neuf de la barre des degrés de l'humeur. Il changea de coté, pour reposer sa tête sur ses bras. Lui qui contemplait depuis un moment la petite flambée, se retrouva maintenant avec la vue sur la salle. En plein après-midi, et sans pluie, la salle n'était occupée que par les habitués, et quelques voyageurs qui jouaient aux cartes. De là où il était, Nat pouvait voir le large dos de son père, qui d'après le torchon qu'il pouvait voir, essuyait de la vaisselle. Nat aimait bien le regarder travailler, surtout quand il faisait la cuisine, papa était un vrai cuisinier, surtout quand découpait très vite les légumes, ou quand il fallait assaisonner une sauce, ou une soupe. Et le plus drôle, c'était quand il fallait faire les pattes d'Ours. C'était de la pâte qui se feuillette, fourrée avec de la pomme et de la cannelle, en forme de patte d'ours. Papa faisait ça en deux temps trois mouvements. Après, il les saupoudrait de sucre, et badigeonnait le dessus avec de l'oeuf, ça caramélisait dans le four, et c'était bon chaud comme froid. Nat avait fait des ravages avec ça, une fois, pendant un goûter. Il avait été fier que ses copains en redemande.

Nat aimait mieux les jours où il y avait école finalement. Pas parce que l'école l'intéressait - de toute façon, quand il serait grand, il serait dompteur de tigres alors les maths et l'écriture ça servaient à rien devant un fauve - mais parce qu'il était avec ses copains toute la journée. Le meilleur moment de l'école s'était la récré, ou les sorties dans les collines. Caled disait toujours qu'il connaissait les collines par coeur. Jusqu'à jour, où môssieur s'était paumé, et où Nat avait dû courir chercher Tanalda et surtout son amie Rosa. Elles l'avaient retrouvé tout crotté. Il s'était cassé la binette dans une grosse marre bien vaseuse, celles où ils pêchaient tous les deux des grenouilles maintenant. Tanalda avait nettoyé les vêtements de Caled, pendant que lui même profitait d'un bain. Et il était rentré, ni vu ni connu, sa bêtise gardée sous le sceau du secret de croix de bois, croix de fer, vous connaissez la suite.

Nat aussi en avait fait des bêtises. Comme la fois où il était sorti avec les poches tellement pleines de bonbons, qu'on pouvait le suivre à la trace. Ou encore la fois où c'était Kalie, la jolie maman de Caled, qui était aller le chercher, parce qu'il avait voulu faire son malin, et qu'il était resté coincé en haut du toit de la maison abandonné, après avoir prouvé à Caled qu'il pouvait grimper. Et ça sûr, il avait grimpé, comme un champion de l'escalade. Mais redescendre... il avait pas su. Maman Caled n'avait rien dit.
Penser à tout ça, donna envie d'aventures à Nat, qui se relevant d'un bon, attrapa Zee, et s'en alla courir sus aux monstres dans le petit jardin derrière l'auberge.


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Kyeral
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Sam 27 Oct - 16:31

La discussion s’enchaîna assez vite, et le Drow ailé se retrouva prit au dépourvu quand Darena et l'autre l'Elfe noir le laissèrent, sans avoir le temps, ou plutôt le courage, de dire quoi que ce soit. Il resta donc silencieux, un peu déconfit, en les regardant tout deux disparaître derrière les portes du palais. Ses yeux papillonnèrent alors qu'il prenait conscience de sa soudaine solitude, si l'on exceptait les gardes austères qui ne le laisseraient pas passer. Il avait quelques sous en mains, et comprit qu'ils se retrouveraient à l'auberge quand le soir serait venu ; en effet, Kyeral ne désirait pas rester ainsi seul devant les portes du palais en attendant la couturière, non par manque de patience mais plutôt d'aise, il ne voulait pas attirer l'attention, et les regards durs des gardes lui pesaient.
Pire, il aurait suffit que quelqu'un d'important succombe à son charme, et s'en serait fini de lui. Le semi-incube connaissait la chanson, l'attirance lié et ses instincts plongeraient le Tieffelin et une éventuelle victime dans une étreinte sanglante... il avait cru comprendre que l'endroit était en agitation à cause d'un crime, et il ne voulait pas en rajouter. Se retournant, il déploya ses ailes, courut sur quelques mètres en commençant à déplacer de l'air, avant de prendre son envol, dans le but d'atterrir sur un toit. Voler bien haut au-dessus de la capitale aurait quelque chose de louche, mais de se déplacer à même les toits l'était moins, et un bon compromis qui l'empêcherait de faire montre de son joli minois aux badauds qui pourraient avoir le coup de foudre, ou plutôt... de sang...

Pendant une bonne heure il avait tourné en rond, ayant fini par devoir descendre, Kyeral avait erré, un peu comme une âme en peine, ne sachant que faire, où aller, et sentant le regard des gens planté sur lui. Ce n'était peut-être pas le cas, mais il croisait parfois des regards en disant long, et il se sentait beau dans ses nouveaux atours ; beau, séduisant, et donc tentant. Au bout d'une heure assez tendue à ne pas savoir quoi faire, la solution vint comme si c'était l'œuvre de la divine providence, en apercevant au gré de ses pérégrinations un panneau suspendu signalant l'entrée du Paladin Silencieux. L'espèce d'un instant, le semi-Drow se demanda quel Dieu pourrait bien lui venir en aide, si cela avait été le cas.
Aucun sans doute, pensa-t-il un peu amèrement, ne pouvant croire qu'une divinité ne puisse se pencher sur un assassin victime d'une volonté qu'il ne pouvait dompter.
Il poussa la porte de l'établissement, en ce milieu d'après-midi, et tomba sur une grande salle chaleureuse mais peu remplie. Peu de gens se tournèrent vers lui car il n'y avait presque personne, et pour cause, l'heure du déjeuner avait vite filé, et le diner n'était pas pour tout de suite. Cela n'empêchait pourtant pas qu'il y ait quelques personnes, mais tout de suite le Drow se calma, sentant sa tension baissée et les muscles de ses ailes, jusqu'ici crispés, se détendre d'un seul coup, les laissant légèrement se déployer, sans grandement dépasser de son dos. Kyeral réajusta sa chemise, et, après une courte hésitation -et soulagé de constater qu'il n'y avait aucune serveuse- il s'avança plus en avant d'en l'établissement, replaçant correctement ses ailes, qu'il n'avait qu'à peine senti se décontracter tant il s'était entièrement laissé lui-même allé à un sentiment de sérénité.
Le Tieffelin aimait énormément ses ailes, il en prenait grand soin, appréciant plus que de raison l'ivresse que lui procurait le vol qu'elles lui permettaient. En conséquence il avait bien du mal dans de nombreuses situations, notamment pour dormir ou s'adosser, car contrairement à celle de plume des Harpies ou des Aérials, les siennes avait une membrane très fragile. Il alla donc s'asseoir au bar, sur un tabouret, pour éviter ce genre de problème. Une moue assez morose déformant élégamment le coin de ses lèvres, sans qu'il ait réellement conscience du charme que ça lui donnait, Kyeral regarda de ses yeux rouges le tavernier et lui demanda poliment, exposant en parlant ses longues canines effilés et ses dents, comme des perles blanches contrastant avec sa peau de cendre :

-Auriez-vous quelque chose avec de la pomme, ou des pommes, s'il vous plait ?

Hum, quel délice que ses fruits sucrés, si croquant, juteux, appétissant... Un plaisir qu'il avait découvert avec sa liberté, sa mère ne l'ayant principalement nourri que de viande, et de légumes pour sa ligne. Étonnement, il avait découvert par la suite que qu'importe les quantités qu'il ingurgitait, son corps restait svelte ; un autre héritage de sa vile parenté, sans doute. L'Incube ferma un instant les yeux, et se lécha les lèvres en se remémorant le délicieux goût des pommes vertes acidulés, et se rendit compte que cela faisait un moment qu'il n'avait pas mangé, justifiant sa fin. Il se redressa, rouvrant les paupières, et eut un sourire gêné à l'adresse du tavernier.


"Le baiser frappe comme la foudre, l'amour passe comme un orage,
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Aeon MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Mer 31 Oct - 22:04

Son fils partit en trombe, tigre en peluche en main, le poing en avant, sus à un ennemi invisible, en direction, de ce qu'Aeon espérait être le jardin derrière la bâtisse. A l'origine, le Paladin Silencieux n'était pas une auberge, mais une grande maison mitoyenne. D'où le jardin, même petit, derrière. Il suivit Nat du regard, et retourna à sa tâche, quand il fut assuré que son garçon n'allait pas semer la pagaille dans les couloirs. Le Paladin Silencieux jouissait d'une réputation d'établissement calme, où les clients étaient rarement gênés par le bruit, malgré quelques couacs, avec ses enfants. Tanalda piquait parfois des crises, et Nat... Nat s'imaginait parfois que l'auberge était un terrible labyrinthe mortel, ou bien un endroit issu de son imagination débordante, mais toujours plein de dangers à surmonter. Parfois, il était épuisant, de gérer sa famille, et son établissement. C'était à ce moment là, que Mina lui manquait cruellement. Sa femme aurait su, avec quelques mots apaiser les tensions, ou calmer leurs enfants. Mais Mina était morte et enterrée dans le petit village, sur la côte Maëldanaise. Aeon sourit au souvenir de sa charmante et petite épouse, avant de remettre la main à la pâte. Une pâte qu'il devait malaxer, pour y faire entrer le beurre, la pliant et la repliant, tout en ajoutant du sucre. La recette de ce dessert était simple, aussi simple que ses Pattes d'Ours, mais le résultat était succulent. Le spectacle qu'il offrait devait être assez, saisissant.

Aeon MacFragan était un Maëldanais, et comme beaucoup de Maëldanais, il était grand, aux épaules larges, taillé en V, et doté de muscles impressionnants. Muscles qu'il avait développé avec son métier de forgeron, mais aussi, occasionnellement, en s'adonnant aux travaux des champs, ou encore à l'abattage d'arbres. Aeon était doué avec ses mains, abattant des travaux grossiers, mais réalisant aussi des œuvres de finesses. Les quelques bibelots en bois ou en métal que l'on pouvait trouver dans l'auberge, jusqu'aux pieds de tables, ou de chaises, étaient ses œuvres. Bref, ce grand mastodonte, - bien qu'il y ait plus grand et costaud que lui- s'adonnait maintenant à la cuisine, y excellent, notamment grâce aux conseils de consœur aubergiste, Mogweed Fardale. Aeon avait découvert le réseau des aubergistes, et avait connecté sa cheminée avec celle du Cercles des Fées, mais également avec celle de Lindir à Dangweth, et celle de Finarfin à Celebalda. Les deux femmes, Lindir et Mogweed, l'avaient beaucoup aidé lorsqu'il avait commencé, autant que les autres boutiquiers du coin. La famille de Rosa, les Shakeel, qui tenait une des forges, avaient donné de sérieux coup de main au MacFragan. En retour, Aeon avait distribué quelques tonneaux de la bière qu'il brassait lui même, dans une salle à l'arrière.

Bref, Aeon profitait du calme qui régnait à cette heure de la journée. Il surveillait du coin de l’œil le feu dans sa cheminée, le crépitement des flammes et du bois, animant la salle. Les flammes projetaient des reflets rouges et orangés sur le sol et les murs. En salle, quelques clients discutaient presque à voix basse, réclamant parfois un nouveau pichet de vin, ou bien une pinte de bière. Mais la salle était plutôt vide, si bien qu'Aeon en profitait, après avoir nettoyer sa vaisselle, et l'avoir rangé, pour faire un peu de cuisine. Il leva les yeux quand la porte s'ouvrit, le tintement de la cloche fixée juste au dessus de celle-ci, retentissant doucement. S'il était étonné par l'apparence de l'homme qui venait d'entrer, cela n'apparut pas sur son visage, ni même dans sa physionomie. Il continua de replier sa pâte, encore et encore. Pourtant, quelque chose l'empêcha de détourner le regard, pendant un instant, jusqu'à ce qu'il sert le pendentif en fer froid sous sa tunique. Le pendentif en question était, à l'origine, fait pour sa défunte femme, le fer était forgé de façon à ce qu'une silhouette ailée, prenne son envol, prenant appui sur un petit cristal de roche, pour la protection. L'esprit plus clair, Aeon fronça légèrement les sourcils, regardant sa pâte, qu'il fourra dans un moule, s'essuyant les mains sur son tablier. L'homme ailé s'installa au bar, non loin de lui, et demanda quelque chose avec des pommes. Aeon lui jeta un regard un peu surpris cette fois, s'attendant à ce qu'il demande plutôt un pichet de vin. L'homme semblait presque... timide ? Non pas que MacFragan ne le lui reproche, lui même n'était pas très communicatif, même avec ses clients. Il hocha simplement la tête, et sans dire un mot, alla chercher des pattes d'Ours fraîches. Il revint avec deux pâtes feuilletées fourrées à la pomme avec une pointe de cannelle.

-Erm, Aeon se racla la gorge, ce sont des pattes d'Ours, je... je vous sers quelque chose à boire ? Pour aller avec.


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Kyeral
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Jeu 1 Nov - 12:26

Évitant de regarder le tavernier, comme il le faisait généralement avec tout le monde, il l'écouta cependant attentivement, alors que devant lui se trouvait désormais deux pâtisseries ayant un aspect lui étant inconnu. Il se releva, fasciné par la forme qu'il trouvait étrange, et surtout le nom, qui lui rappela les rares mentions qu'il eut entendu des ours. En effet, il n'avait que très peu eu de contact avec les animaux sauvages, à peine quelques uns avec des bestioles domestiques, qui étaient souvent hostiles avec sa tieffeline personne...
L'homme de l'autre côté du comptoir montrait de discrets signes dévoilant un léger manque de confiance face à l'Incube, qui ne se rendit compte de rien. Il n'avait jamais été capable de se rendre compte de l'effet qu'il pouvait avoir sur les autres, et son instinct lui faisant souvent agir sans qu'il ne mesure la portée de ses actes, ne l'aidait pas non plus.

Il étudia d'abord l'une des Pattes d'Ours du regard, avant de la prendre entre deux doigts, et de la renifler. Cela sentait bon la pomme, et une épice sucré, qu'il ne connaissait pas, mais qui ne l'empêcha pas de mordre dans la pâtisserie, faisant naître sur son visage un grand sourire, et un "mmmh" clairement approbateur. Kyeral résista à l'envie de dévorer cette petite douceur d'une seule bouchée, et prit sur lui de la terminer en prenant un temps raisonnable de dégustation de ce goût si particulier, y retrouvant la saveur de pomme qu'il aimait tant, mais sous un jour nouveau.
Le jeune homme à la peau d'ébène offrit un grand sourire au tavernier, visiblement enchanté par le goût de ces pâtisseries, et avant d'entamer la seconde, il suivit le conseil de celui qui les avait cuisiné, et demanda alors à boire, se penchant un peu au-dessus du comptoir, afin de se rapprocher un peu du tavernier, ses lèvres se pinçant en un légère rictus de réflexion, avant qu'elles ne s'étirent en un sourire doux, presque naïf, ses yeux se fermant en lui donnant une expression assez enfantine et craquante.

-Servez-moi ce que vous trouvez le plus pertinent, mais non-alcoolisé, ça me fait un peu... perdre la tête...

Kyeral lâcha un petit rire cristallin. Il n'avait jamais aimé l'alcool, qu'il ne supportait pas le moins du monde. Le jeune homme avait tendance à faire n'importe quoi, et vomir tout le contenu de son estomac. Ce n'était vraiment pas très élégant, et même s'il détestait ce charme qui lui collait de façon malsaine à la peau, il n'aimait pas pour autant faire preuve de mauvais goût. Et le vomi, ça avait mauvais goût.
En regardant sa seconde Patte d'Ours, qu'il s'impatientait de déguster, il lui vint une question, n'ayant que très peu d'information et une très vague idée sur l'animal donnant le nom à ce délice, et il se demanda si cette pâtisserie avait vraiment la forme de la patte d'un ours ; il s'empressa alors d'avoir une réponse de la part du tavernier, qui, maintenant qu'il posait plus avant ces yeux sur lui, avait plus l'air d'un homme rodé à des métiers plus physique ; ce que Kyeral se surprit à trouver plutôt viril et, quelque part, un peu séduisant, pensée qu'il chassa car pour lui les hommes ne pouvaient pas lui plaire, et inversement.

-Je n'ai jamais vu d'ours. Comment sont-ils en vrai ?


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Aeon MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Ven 2 Nov - 0:08

Nouveau froncement de sourcils léger. Aeon se sentit un peu déstabilisé par l'attitude du jeune homme, qui semblait ne rien avoir mangé de meilleur de sa vie, que ses Pattes d'Ours. Il secoua la tête, touchant à nouveau le pendentif de sa défunte épouse, chassant son malaise, et l'étrange sensation qui engourdissait un peu son esprit. L'engourdissement n'était pas forcément le terme exact pour décrire ce que le Maëldanais ressentait, mais il ne voulait pas s’appesantir là dessus. Ni chercher à savoir de quoi il s'agissait. Dans l'auberge, deux clients s'étaient retournés, l'un était une était une métissée elfe, à la peau lunaire et aux cheveux d'argent, l'autre était un des gaillards d'une bande de mercenaires qui venaient régulièrement au Paladin, lorsqu'ils étaient dans le coin. Aeon avisa aussi le regard avide d'un boutiquier qui avait une échoppe vendant du tissus, dans une des rues donnant sur la place des Trois Griffons. Nouveau froncement de sourcils, cette fois plus prononcé, avant que le boutiquier n'avise le regard contrarié du tavernier. Il détourna le regard, baissant les yeux, trouvant soudainement sa chopine plus intéressante que tout autre chose au monde. La métisse se dandina sur sa chaise, tandis que le mercenaire recevait une joyeuse claque dans le dos. Le dit mercenaire était un Drow, à la peau aussi sombre que son client qui mangeait d'une façon qu'Aeon trouvait dérangeante, son gâteau. Le Drow grimaça sous le coup du Thuatann mal rasé, alors que la magicienne qui voyageait avec eux éclatait de rire.
Aeon soupira, alors que chacun retournait à sa conversation, ou à sa boisson, il faillit avoir un mouvement de recul, lorsque le Drow ailé qu'il avait en face de lui, envahit son espace vital.
Il se demanda où était sa fille quand on avait besoin d'elle, avant de se rappeler qu'elle commençait aujourd'hui son apprentissage avec Una, la guérisseuse de la rue des Orangers. Il calma sa panique, rougissant légèrement, avant de déglutir, de bégayer un peu sur le début de sa phrase, avant de sortir précipitamment :


-B-bien sûr ! Tout de suite. Je vais voir ce que j'ai...

Battant en retraite, Aeon effectua un repli stratégique dans sa cuisine, se soustrayant à la vue du Drow, touchant une fois de plus le pendentif en fer froid. Il soupira, se frictionna la tête entre ses deux mains, et s'exhorta à reprendre ses esprits. Carrant les épaules, inspirant un grand coup, Aeon MacFragan repartit au front. Il prépara un lait chaud, épais, vanillé et au thé venu de l'Empire de Morna, ayant une saveur fruitée, mais aussi caramélisée. Il revint avec une large tasse, fumante, quelques mintues après son départ précipité. Aeon était plus calme, et il déposa presque sans bruit la tasse fumante devant le jeune homme ailé.

-C'est un lait chaud vanillé, avec un peu de thé venant de l'Empire. C'est un peu épais, mais ça ira très bien avec les Pattes d'Ours. Il n'y a pas d'alcool.

La question qui vint en suite le fit sourire. Un sourire qui illumina son visage, chassant les signes de fatigue, ou de l'air mélancolique et calme qui entourait Aeon. Les petites rides aux coins de ses yeux se creusèrent, alors que son sourire ravageur lui donnait un air plus jeune, plus ouvert.

-En vrai, un ours c'est beaucoup plus gros que ça. Et c'est plus poilu, et ça a plus de dents et de griffes.

La voix d'Aeon n'était pas forte, bien qu'il sache donner de la voix lorsqu'il le fallait, mais le grand gaillard qu'il était répugnait à le faire. Il releva la tête, alors que la magicienne se retournait sur sa chaise, l'appelant en levant simplement la main. Aeon indiqua qu'il l'avait vu, d'un simplement hochement de tête. Elle désigna sa théière, et l'aubergiste hocha la tête une nouvelle fois. Il s'éclipsa de nouveau, s'excusant dans un murmure, le sourire disparut. Il revint, dépassa le jeune homme, et se rendit en salle pour remplir à nouveau d'eau bouillante la théière, avant d'y mettre du thé à infuser. La magicienne lui tapota le bras et lui glissa quelques mots à propos du Drow ailé, un sourire narquois sur les lèvres, alors que le Drow de son groupe plongeait le nez dans sa propre tasse, malgré le fait qu'elle soit vide. Le Thuatann ricana, et en profita pour lui demander une seconde pinte de sa bière brune. Aeon s'occupa de ça, et encaissa au passage le boutiquier, qui sortit, non sans jeter un dernier regard au client du comptoir, avant de sortir. Aeon regarda de plus près son étrange client, ne comprenant pas vraiment les regards qu'il s'attirait, ni pourquoi, jusqu'à que la magicienne hausse les sourcils de manière équivoque. Le tavernier, prit en faute, se mit à rougir, et préféra baisser la tête, se cachant derrière ses cheveux, pourtant suffisamment court. Il se gratta distraitement la barbe, cherchant rapidement de quoi s'occuper.


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Kyeral
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Ven 2 Nov - 18:30

Il sembla au jeune homme ailé que le tavernier s'en fut allé très rapidement dans sa cuisine, bégayant très légèrement. Quelque chose l'aurait gêné ? Le Drow n'aurait su le dire. Il avait toujours été ignorant des gestes des gens, des signes qui permettait de détecter leurs humeurs, l'esquisse de leurs pensées, au travers de leur façon d'être.
Lui-même agissait sans avoir connaissance des effets qu'il avait sur les autres parfois, agissant avec une pure innocence cultivé par les siens. Naturellement un irrésistible instinct tendait à rendre une grâce et un charme certain à tout ce qu'il faisait. Pour lui, il agissait normalement. Cela le conduisit à penser que tout son être était simplement irrésistible, ce qui n'était pas nécessairement faux.
Et puis il s'efforçait d'être doux et gentil, d'aller contre sa nature de débauché dès qu'il sentait le parfum d'une alléchante demoiselle, comme une façon de se repentir en se montrant sous le jour d'un garçon mignon, loin de ces origines faisant de lui un Tieffelin ; mais ça ne faisait que le desservir, cette pieuse attention ayant plutôt un effet inverse sur les autres, lui octroyant un certain charisme.

Quand il plongea ses lèvres dans la liquide blanc et crémeux, délicieusement parfumé que lui servit le tenancier, il lâcha un gémissement de plaisir, appréciant la douceur délicatement relevé par le goût sucré, qui se mêlait délicieusement bien. Kyeral acquiesça, reconnaissant grâce à son fin palais le goût des ingrédients, et content qu'il n'y ait pas d'alcool. Il sourit au tavernier, un sourire amical, signifiant simplement "merci".
Il avait l'air plus enjoué, ce tavernier, parlant fièrement mais brièvement des ours, sous le regard admiratif du Drow citadin, que cet inconnu fascinait, cette obscure nature si dangereuse et attirante. Mais il fut appelé ailleurs, et se contenta alors de boire, alternant avec une bouchée de Patte d'Ours, se disant que cette façon de préparer son fruit préféré était vraiment exquise, et qu'il devrait s'en souvenir.
Kyeral se préoccupa bien peu des troubles qu'il y avait derrière lui, seul son léger encas avait de l'importance, et pourtant... Il regarda du coin de l'œil le tavernier, qui réglait une commande, et sembla brusquement gêné. Se retournant, l'Incube capta le regard de la belle Elfe, et il comprit dès lors, pour avoir déjà vu ce genre d'étincelle dans le regard. Rougissant brusquement -même si sur sa peau noir cela ne se vit pas beaucoup- il se crispa, et tenta tant bien que mal de faire bonne figure, malgré qu'il soit à l'origine apparemment d'un certain malaise, notamment chez le tavernier.

-Excusez-moi, j'ai la sensation de troubler la quiétude de votre établissement. Ma présence semble vous déranger, je ferais peut-être tout aussi bien de partir...

De bonne famille, la Drow avait hérité d'un langage assez soutenu, poussé par la fonction que sa mère souhaitait, qui était de charmer des femmes de bonne famille parmi celles de Cemenwin, de Morna, et une fois même à Freyr, afin de profiter aux intérêts des siens ; il ne faisait pourtant pas vraiment parti d'une famille, tout juste avait-il été un instrument à peine assimilé à une personne. En conséquence, il n'aimait pas dérangé, et bien souvent, préférait être discret, invisible comme souvent. Sauf qu'il ne l'était jamais, malheureusement.
Une moue triste sur le visage, il se courba, signe d'une culpabilité qui n'avait pas lieu d'être, mais bien présente, se sentant quelque peu désappointé par l'atmosphère qui semblait s'appesantir à mesure qu'il restait, sans rien faire de plus qu'être lui ; mais c'était peut-être ça le problème.


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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Sam 3 Nov - 21:52

Relevant vivement la tête, Aeon se prit à rougir, légèrement, de honte. C'était la première fois qu'il mettait quelqu'un aussi mal à l'aise, et bien qu'il ne soit pas le plus populaire des taverniers de Fainros, il n'était pas du genre à faire sentir à un client, qu'il était de trop. Surtout quand cela n'était pas le cas. Alors il avisa l'elfe, qui dévorait des yeux le jeune homme, alors que le groupe de mercenaire s'agrandissait, rejoint par un troisième homme, un Mornien à la fière allure. Le Drow du groupe ne faisait plus attention au Drow ailé, les commentaires de ses camarades l'ayant sans doute suffisamment refroidi. En revanche, l'elfe regardait le jeune homme comme s'il avait été la meilleure friandise du monde. Ce qui mit mal à l'aise Aeon, qui s'empressa de retenir son client, qui semblait être sur le point de se lever pour partir. Il lui attrapa le poignet, contrôlant sa force pour ne pas le lui écraser.

-Non, non, je vous en prie, restez. Vous venez juste d'arriver, et puis, il fait mauvais dehors. Je ne.. n'avais pas l'intention d'être aussi impoli, restez. Prenez le temps de finir ce que vous avez commandé au moins.

Aeon lui tapota maladroitement le dessus de la main, la nuque rouge. En général, il n'était pas tactile avec les clients, et les clientes trop entreprenantes lui fichaient carrément la trouille. Mais le jeune Drow n'avait rien fait d'autre que de s'assoir pour manger. Il s'éloigna, ajoutant au passage une troisième Patte d'Ours, pour se faire pardonner. Il repassa en salle, se porta jusqu'à l'elfe, se plaçant entre elle et le jeune homme troublé. De là où il était, ce dernier ne pouvait pas entendre ce qu'Aeon disait, mais sitôt qu'il eut fini, l'elfe se leva, furieuse, et quitta sa table, sous l'air peiné du tenancier. Aeon soupira, ses grosses épaules basses. La magicienne à la table d'à coté, lui lança qu'on ne pouvait pas être gagnant à tous les coups, mais qu'elle reprendrait bien des sablés, pour aller avec le reste de son thé. Le Mornien demanda lui aussi du thé, et de quoi grignoter. Aeon précisa qu'ils avaient remplis leurs fontes de provisions, et qu'elles attendaient dans le magasin en bas. Il fit un énième aller-retour, rapportant sablés et thé, et la compagnie trinqua joyeuse et bruyamment, avant de se lancer dans des discussions passionnées. Lorsqu'il revint au bar, il sentit le malaise, venant surtout de lui, ne sachant pas trop quoi dire. Si bien qu'il fit comme à son habitude, il resta silencieux, honorant le nom de son auberge, retournant à la pâte qu'il travaillait avant que le jeune homme aux ailes membraneuses n'entre. Il grimaça en la sentant dure sous ses doigts.


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Kyeral
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Lun 5 Nov - 12:39

Kyeral tressaillit en sentant l'homme grand et fort l'empoigner pour le retenir, faisant naître sur le moment une envie pressente de se soustraire à cette étreinte, qui l'effrayait plus que ne le rassurait. Objet de désir, il avait souvent été malmené, même si ses instincts reprenant le dessus il avait su renverser la tendance et, croire sa volonté, mis fin à sa tourmente à grand renfort de ses canines. Mais aussi sa génitrice qui s'était occupé de façon fort féroce de son éducation, n'arrangeait en rien la réaction instinctive de peur qu'éprouva le jeune Drow lorsque le tavernier le retint.
Mais il entendit les mots prononcés, l'homme le retenait, il voulait qu'il reste. Un acte de pur charité ? Le dos de sa main reçut un tapotement qui se voulait rassurant, et un sourire gêné. L'Incube sentit son estomac se contracter étrangement, et il se sentit un peu perdu, restant bouche mi-ouverte sans rien trouver à redire. Il s'assit donc, ses lèvres se retrouvant l'une contre l'autre, sans se départir de son air hébété par ce qui venait de se passer, et tendu de surcroît alors que l'aubergiste passa en salle, ce qui se conclut par le départ de la belle Elfe qui la mirait avec une certaine envie. Cela n'aida pas Kyeral à se sentir mieux, bien au contraire.

Il mordait à pleine dent dans la Patte d'Ours alors que le tenancier du Paladin Silencieux revint vers la pâte qui l'occupait quand le jeune Drow était entré, et semblait un peu... crispé ? Peut-être, en tout cas l'ambiance était un peu lourde trouvait-il, en se sachant de surcroît à la base du malaise, à moins que ce ne soit l'endroit qui soit ainsi, ce dont il doutait. Lui-même se sentait un peu étrange depuis que le tavernier l'avait empoigné, il n'aurait su dire pourquoi. Il n'avait jamais songé que les hommes pouvaient vraiment s'intéresser à lui, outre l'admirer pour son physique. Y avait-il plus que ça dans le regard de ces hommes qui parfois le reluquait ?
En tout cas, l'aubergiste semblait mal à l'aise, sans pour autant vouloir le voir partir. C'était étrange, et le silence devint plus lourd, et le regard de Kyeral furetait un peu partout, sa main passant derrière sa nuque, une expression de gêne barrant son élégant visage. Gêné d'être la cause de cela. Gêné d'imaginé qu'un homme puisse avoir de l'intérêt pour lui. Gêné de subitement trouver que ce tavernier si bien bâti avait quelque chose de... Il chassa promptement ses pensées, manquant d'avaler de travers. Il n'aimait pas que ses pensées ainsi dérapent, que ses instincts à la moindre occasion n'obscurcisse son jugement et n'envisage que le plaisir des sens, et du sang. Non, cet homme avait un quelque chose qui lui faisait détourner le regard, ne pas assumer de porter ses yeux sur lui, comme si... comme s'il ne pouvait pas se permettre de le faire, qu'il ne le méritait peut-être pas.
Il soupira, trouvant ses émotions trop embrouillés pour y démêler quoi que ce soit.

-Vous n'avez pas été impoli, c'est moi qui suis... spécial... Lâcha-t-il, détournant le regard vers la porte, l'air un peu triste.

Il posa son coude sur la table, et posa son menton sur sa paume, les doigts sur la joue. Son buste un peu tourné sur le côté, Ses ailes étaient visible depuis l'autre côté du bar, n'étant pas collé contre son dos, bien que replié. L'aubergiste pouvait alors voir les longues phalanges composant ses ailes, et les membranes les reliant, légèrement duveteuse, et où l'on pouvait voir si il les déployait les vaisseaux sanguins les parcourant. Assis ainsi, il avait un air étrange, une certaine mélancolie dans le regard, ses ailes donnant un côté nocturne, et il n'aurait sans doute manqué que la douce lumière de la lune pour brosser un tableau des plus magnifique. Mais peut-être y avait-il un peu de son propre charme qui donnait à sa pose autant de cette prestance si involontaire, et pourtant bien réelle...


"Le baiser frappe comme la foudre, l'amour passe comme un orage,
puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu'avant.

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Aeon MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Lun 5 Nov - 23:38

Le problème d'Aeon MacFragan était sa timidité, bien qu'il sache gérer ses clients, il regretta l'absence d'un de ses aides de camp, que se soit sa propre fille, son fils, Rosa, ou même Veltan. Ce dernier était parti flâner il ne savait où, ou bien devait-il trainer chez la centaure, Lye, qui avait installé sa boutique dans une rue un peu plus bas, et sans doute, lui comptait-il fleurette. C'était là tout à faire le genre de Veltan. Il était aussi extraverti et exubérant, qu'Aeon se montrait discret et silencieux. Dans cette situation, il s'était montré audacieux lorsqu'il avait retenu le jeune Drow aux ailes membraneuses, faisant ce qu'il n'aurait jamais fait en temps normal.
La pâte sous ses doigts finit par se détendre à nouveau, alors qu'il la repliait une dernière fois, terminant d'ajouter du beurre et du sucre entre cette dernière couche, avant de faire entrer la pâte dans un moule rond, n'ayant pas besoin de badigeonner le dessus d’œuf, ou de beurre fondu, pour le faire briller, le beurre à l'intérieur suffirait. C'était le cinquième gâteau qu'il faisait, il le servirait encore tiède, ce soir. Le moule alla rejoindre le quatre autre, et Aeon reprit de la pâte feuilletée, laissée à température ambiance pour pouvoir être travaillée. Le pâton fut rapidement malaxé entre ses grandes mains, alors qu'il jeta un regard surpris au Drow assis non loin de lui.
Aeon s'était marié avec une Fey, aussi pouvait-il comprendre ce que le Drow disait en parlant d'avoir un certain effet. Aeon le qualifiait de Drow, mais les ailes dans son dos le désignait comme un métis. Mina avait souvent utilisé son glamour, elle en faisait usage autant pour changer son apparence, que pour influer, parfois, sur l'humeur des autres. Elle s'en était servie pour calmer Tanalda, lorsque malade, sa fille ne cessait de pleurer, souffrant de la fièvre.


-C'est pas de votre faute. Les feys sont pareils. Ma femme était parfois comme ça, fit Aeon d'un ton bourru masquant sa gêne.

Le geste expert et fluide, en dépit de ses grosses paluches, le Maëldanais repliait sa pâte, sans oublier d'ajouter, entre chaque couche, beurre et sucre, qui rendraient le gâteau fondant, avec un goût léger de caramel, mais qui lui donnerait aussi un aspect doré appétissant. Ce gâteau là partait toujours rapidement. Il lui restait encore fort à faire, et ce soir, il devait encore embrocher, au moins une heure avant, l'énorme cochon de lait, farci, qui attendait dans la cuisine. Celui-là serait dévoré jusqu'à ce qu'il ne reste que les os.

-Quelqu'un qui mange mes pâtisseries comme vous le faites, à le droit de rester autant de temps qu'il veut dans mon auberge. Sans être dérangé.

Vite fait bien fait, la pâte retrouva ses consœurs prêtes à être enfournées. Aeon s'essuya un peu les mains, avant de recommencer. Tanalda ayant commencé son apprentissage, elle n'avait pas pu l'aider ce matin, et Aeon savait que son exubérante de fille rentrerait sur les rotules après cette journée avec Una. Aeon leva le nez de sa pâte, en entendant un raclement de chaise, la magicienne de la tablée s'était levée. C'était une grande femme, à la peau pâle, aux lèvres rouges. Ses cheveux noirs coupés au dessus de ses épaules cachaient une partie de son visage, dissimulant un œil à l'iris de feu, sa paupière, et une vilaine cicatrice. Elle séjournait ici depuis une semaine, en attendant d'avoir réuni une équipe de mercenaires, pour se rendre Aeon ne savait où. Belphoebe était son nom, et elle s'était montrée sympathique, et avenante avec... Tanalda. Et l'avait en suite été avec Aeon.

-Notre cinquième larron va avoir du retard, le Mornien vient de me le dire. On va rester encore quelques jours.

Aeon hocha la tête, et la magicienne, dans ses robes violettes s'accouda au bar, le menton dans sa main. Son oeil bleu reluqua de haut en bas le métis, avant de sourire, et de se retourner vers Aeon.

-Et tu peux ajouter un cinquième sac de provisions ? Je te le paye quand tu voudras, avec les nuits suivantes pour les chambres. Tu connaitrais pas une boutique où j'pourrais aller chercher des plantes, des graines, enfin, ce genre de chose ?

Aeon eut un petit sourire.

-Il y a une centaure qui a ouvert, ça s'appelle aux Milles Onguents, elle devrait venir ce soir. Avec Veltan. Tu pourras lui demander où elle se fournit.

-Je savais bien que c'était une bonne idée de venir, le sourire de Belphoebe s'élargit, ta fille chérie nous fera-t-elle l'honneur de sa présence ce soir ?

Aeon eut un air bizarre, avant de secouer la tête, en se demandant si la magicienne ne serait plutôt orienté vers les femmes, ce qui serait juste, vu que le jeune métis ne semblait lui faire aucun effet, contrairement à l'elfe, ou au Drow de son groupe. Il se promit de garder un œil sur elle quand Tanalda serait dans les parages. Sa fille était trop jeune pour s'embarquer avec une magicienne de la trempe de Belphoebe.

-Sans doute, si elle ne s'endort pas en passant la porte. Rosa est passée tout à l'heure, l'épée de Tyanos est réparée.

-Je transmettrai. Merci bien Aeon.

Belphoebe se décolla du bar, faisant un dernier clin d’œil au tavernier, avant de retourner à sa table, où ses trois complices l'attendaient. Aeon plongea de nouveau dans ses gâteaux, avant de s'adresser à nouveau au métis.

-Navré, mais Belphoebe est comme ça.


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Kyeral
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Mer 14 Nov - 17:22

Le commentaire sur les Feys fit rougir le jeune homme, car il n'en était pas un. Bon, le tavernier ne l'avait pas supposé, juste fait remarqué que le peuple mentionné avait aussi cette attirance parfois, mais elle était beaucoup plus innocente que la sienne. Si les Feys étaient beaux, le jeune homme lui était attirant, là où eux étaient des œuvres que l'on se plaisait à admirer, lui serait bien plus un fruit dans lequel l'on voudrait croquer...
Kyeral se sentit ensuite flatté par la remarque qui suivit, et qui dissipa sa légère gêne. Il sourit alors, et mordit à pleine dent dans la Patte d'Ours avec entrain, avant d'avaler la dernière bouchée, la tenant du bout des doigts, il fit glisser par dessous sa langue, qui fit comme une cuillère qui lui permit de mettre en bouche la petite gâterie, avant qu'il ne la mâche lentement, avec un regard un peu langoureux, se délectant autant du succulent goût qui chatouillait ses papilles, que de s'amuser, en tout bien tout honneur, du charme qui semblait délicatement titiller le grand tavernier. Le Drow ailé prit la dernière Patte avec un sourire plein de malice, pouffant légèrement de rire, mais avec un éclat sincère dans le regard qu'il posa sur le tenancier.

-Vos pâtisseries le valent largement.

Puis une femme plutôt étrange, d'une démarche assurée, vint au comptoir non loin de lui pour discuter avec le tenancier. Kyeral s'évertua à détourner le regard, rougissant un brin en sachant qu'elle l'avait par moment regarder, même s'il ne brillait pas dans son regard la même lueur qui avait dansé dans les yeux de l'Elfe et du Drow qui de la salle l'avait miré. Mais elle ne lui prêta pas tout de suite son attention, laissant la conversation dérivé de la composition de son groupe et de leur besoin, à savoir si une fille finirait par venir, la fille de l'homme bien bâti, qui semblait assez perturbé par ces propos. Le semi-Drow quant à lui, eu un sourire en coin en voyant l'expression dans le regard de la dénommée Belpheobe. Mais il se ravisa bien vite quand elle porta son regard sur lui...
Il n'appréciait en général pas trop de se faire détailler l'anatomie, mais étrangement il se sentit rougir et un peu déboussolé par l'assurance de la demoiselle, qui semblait plus observer une pâtisserie pour son glaçage, sans vouloir y croquer voir quel goût elle avait. Cela "plu" au sang-mêlé, qui pour une fois eu l'impression que son physique était apprécié pour ce qu'il était, et nous pour un charme qui le rendait séduisant. Certes il savait que sans son apparence de toute façon très largement favorisé par Nevaeh -ou plutôt Lyuben songea-t-il- son charme serait bien moindre, mais cela ne faisait pas démordre l'impression que c'était ledit son charisme la source des regards et non pas ce qu'il était.

-Ne vous excusez pas, je la trouve... plutôt honnête avec elle-même, autant qu'avec les autres. C'est même plutôt charmant. On ne doit pas s'ennuyer avec elle.

Répondant aux excuses qui n'avaient pas lieu d'être du tenancier, je glissais alors un aimable sourire, avant d'entamer en silence la Patte d'Ours qui m'était offerte, ne me délestant pas de l'expression enjouée qui ornait avec joie et élégance mes fines lèvres qui se posèrent avec délicatesse sur la pâte délicieusement sucrée de la friandise. Il resta un moment à observer de ses yeux rouges et curieux ce que faisait le tavernier, mâchant doucement pour savourer son dernier gâteau ; en reprendre aurait été de la pure gourmandise, alors il faisait durer le plaisir. Puis vint fatalement la dernière bouchée, et avala pour faire passer le tout la dernière gorgée de ce que lui avait offert le tenancier, ce lait crémeux et parfumé qui enchantait ses sens.
Une pensée le troubla tout de même, alors qu'il patientait calmement, balançant doucement ses pieds sous son tabouret, et sa tête se pencha délicatement sur le côté, son regard pétillant de curiosité alors qu'il toisait le tenancier. La question était posé sans arrière-pensée, si ce n'est savoir pour quelle raison il troublait tant l'homme en face de lui, raison pour laquelle il s'interrogeait et en venait à prononcer ces quelques mots :

-Dîtes-moi, si ce n'est pas trop indiscret... vous me trouvez comment ?


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Aeon MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Dim 18 Nov - 0:05

Belphoebe ? Honnête ? Franche et brut de décoffrage auraient mieux convenu. L'honnêteté, c'était encore autre chose, mais le Maëldanais ne s'en formalisa pas plus. Secouant doucement la pâte, qu'il saupoudra à nouveau de sucre, avant de remettre des petits carrés de beurre mou, et de replier le tout, pour faire pénétrer beurre et sucre, qui donneraient un goût délicieux à la pâte, faisant fondre le feuilletage.

-L'ennui ne fait pas partie de son vocabulaire. Mais ce n'est pas à elle la pire. Le grand mercenaire, le Thuatann, Tyanos, celui-là est un joyeux drille, lorsqu'il a eu suffisamment de bière ou d'eau de vie.

Aeon eut un sourire, les yeux toujours baisser sur le travail qu'effectuaient ses mains, il lui restait encore à faire une fournée complète, afin d'être en mesure de pouvoir les servir ce soir. En général, sa clientèle était plutôt du coin, il n'y avait que les mercenaires et les voyageurs habitués, qui venaient au Paladin Silencieux. Aeon devait rarement jongler, entre la salle et la cuisine, une fois son plat du jour mis en service, la plupart des gens s'y tenaient. D'où la quantité de gâteaux, puisqu'il savait qu'ils seraient mangés. Et puis finalement, il y eu à nouveau le silence, seulement troublé par les voix de la tablée de mercenaires.

Le rouge et la chaleur colorèrent brutalement et instantanément les joues d'Aeon MacFragan, ce grand gaillard de Maëldanais, dont les énormes pognes se refermèrent sur la pâte, la fourrant un peu précipitamment dans un énième moule. Il se risqua à un coup d’œil en direction du Drow, puis en direction de Belphoebe, qui ne faisait plus attention à lui, conversant avec ses compagnons de tablée. Son regard se posa à nouveau sur le Drow, hésitant. Il ouvrit la bouche, et la referma, incapable de donner une réponse immédiate. En général, on ne lui demandait pas ce genre de chose. Sauf quand Veltan ou Tanalda venaient de faire l'acquisition d'un nouveau vêtement, et lui demandaient de quoi ils avaient l'air. Sa fille partageait l'amour des emplettes avec Veltan, qui se révélait, en plus d'être un fieffé charmeur, un homme plutôt élégant, lorsqu'il y mettait du sien. Si non, le paladin était crotté, voir miteux, les trois quart du temps. Les gens n'y faisaient d'ailleurs, pas vraiment attention. Aeon se secoua, et balbutia tant bien que mal un mot :


-F-fringuant ?

N'étant pas sûr de lui même, l'aubergiste se donna une contenance en jetant à nouveau de la farine sur son plan de travail, prenant la dernière boule de pâte, qui fut aussitôt malaxée, avant d'être saupoudrée et beurrée.

-Je veux dire, reprit-il rapidement toujours perturbé, que je ne regarde pas vraiment ce genre de chose. J'ai toute sorte de clients, je ne fais pas très attention. Non pas que je ne fasse pas attention à vous, enfin...

Aeon secoua la tête, exécutant mécaniquement ses gestes, pour éviter de perdre totalement les pédales. La question l'avait pris au dépourvu. Totalement. C'était même étrange. L'elfe l'avait regardé, l'autre Drow aussi, et il s'était senti bizarre depuis l'entrée du l'elfe ailé dans son auberge. Encore plus bizarre quand il avait mangé ses Pattes d'Ours comme si c'était une véritable jouissance que de les avoir en bouche. Le visage en feu, Aeon avait la gorge qui s'asséchait, et ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Et cette fois, Belphoebe ne viendrait pas le sauver. La porte du Paladin resterait désespérément close.

-Jusque là, personne ne m'avait posé cette question. S-sauf ma fille, quand elle me montre une de ses nouvelles robes. Enfin vous savez, ce genre de chose.

Parler de Tanalda, l'évoquer, permit à Aeon de retrouver un semblant de calme. Tanalda, sa fille chérie, était une aide précieuse, et une jeune fille épanouie, rieuse, tenant surtout de sa mère. Ouverte et souriante, il n'était pas étonné que Belphoebe, ne cherche à fricoter avec elle. Même s'il réprouvait qu'une magicienne, quelque peu tordue sur les bords, ne tourne autour de son adolescente de fille. Ses gestes furent moins hâtifs, et il perdit un peu de sa rougeur, reprenant son calme.


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Kyeral
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Jeu 29 Nov - 21:21

Son visage neutre, ses yeux perçants fixant le propriétaire des lieux alors qu'il l'écoutait bafouiller, visiblement mal à l'aise. Quelque part, il aimait ça, inconsciemment il en tirait une certaine fierté, un sentiment troublant d'être... séduisant oui, plus flagrant que celui qui se manifestait à cause de son origine. Il le troublait, lui faisait perdre ses mots et s'empourprer ses joues. Il avait toujours aimé cette sensation, lorsqu'il charmait ses "victimes", mais la suite en revanche...
Il écouta alors, se rattraper de justesse l'homme bien bâti, cherchant à ne pas perdre contenance, et y parvenant. Le Drow fixa alors un moment le tavernier, une expression indéchiffrable dans son regard à l'éclat rougeoyant, comme s'il jaugeait la réponse, se demandant s'il devait ou non s'en offenser ; mais il n'en avait pas l'intention, il tentait juste de décrypter les paroles du tenancier, avant de soupirer, et d'à nouveau détourner les yeux, l'air un peu... abattu ?...

-Oui, vous avez fait attention à moi...

Il murmura ces quelques mots, mais ils furent bien assez audible pour que son interlocuteur les entende, les comprenne. Ils étaient, après tout, à son attention, même si le jeune homme avait l'air perdu dans ses pensées, un peu tourmenté tant par la réponse que par la gêne qu'il venait d'infliger au tavernier. Il se mordit la lèvre inférieur d'une de ses longues canines à l'aspect vampirique, détournant le regard avec lui aussi un soupçon de honte, essentiellement dirigée vers lui-même.

-J'aurai sans doute dut ne rien dire, excusez-moi. Je ne voulais pas vous gêner, c'est juste que... on ne cesse de me regarder, me dévisager...

Il aurait pu choisir meilleur endroit, et meilleur moment pour ce genre de question, mais maintenant qu'il était libre, maintenant qu'il découvrait le monde, il découvrait aussi à quel point il était... et bien, comme il était. Kyeral eut comme une bouffée de chaleur qui parcourut tout son corps, l'envie brusque et impérieuse de percer à jour cet homme, qui semblait lui résister, sentant déjà sa langue sur ses crocs...
Mais il se retint, soupirant longuement. Il n'aimait pas être ainsi, assailli de ce genre de pensée. Sa tête lui tournait, mais le Drow ailé ne laissa rien paraître, et se contenta de se détourner du tavernier, sans pour autant lui épargner quelques mots.

-J'ignore comment sont les Feys, mais je sais juste comment moi je suis. Et je préférerais ne pas être né ainsi...


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Nat MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Jeu 6 Déc - 13:31

Le plus gros problème de Nat MacFragan n'était pas vraiment qu'il était petit, et pas très fort, c'était surtout que Zee, son tigre, n'en faisait qu'à sa tête. Parfois, il boudait pour rien. Parfois, ils se disputaient pour rien, et Nat le laissait seul, jusqu'à ce qu'ils arrêtent, tous les deux, de faire leur tête d'Earthaë. Nat en avait vu en vrai, et s'était souvent demander comment il pouvait faire une telle tête, avant de comprendre que c'était surtout parce que l'animal, ce gros bovin à poils longs, était plus têtu qu'une mule. Et ça n'était pas peu dire. Présentement, après avoir donné sus aux forces du terrible Seigneur Vieux Tronc, Nat s'était retrouvé seul, Zee ayant préféré faire la sieste. Le jeu s'était interrompu, Nat, poings sur les hanches, dépités, c'était excusé auprès de son ennemi habituel, qu'il n'arrivait jamais à escalader.
Debout au milieu de la petite cour, devant le vieille arbre, qui servait de poteau pour le fil qui servait à faire sécher le linge. Le fil était accroché à l'autre bout, au mur de l'auberge. En ce moment, le fil était nu, son père faisait sécher les grands draps colorés à l'intérieur. Nat se sentit très seul, et les joues rougies, commençant à avoir froid, il lâcha son épée en bois, retira son casque, frotta ses mains, souffla sur ses doigts engourdis. Il huma l'air comme lui avait appris Zee, et décida qu'il était temps de rentrer, et de prendre une boisson chaude. Peut être même une pâtisserie. Il jeta un air empli de dégout à Zee, qui se prélassait toujours. Vil traitre l'ayant abandonné au moment crucial, ou enfin, il allait vaincre Vieux Tronc. Mais non, non, môssieur s'était endormi. Il mériterait bien qu'il le laisse là tiens ! Mais si Nat redoutait le bain, Zee redoutait la pluie. Il s'empara de son tigre en peluche, traversa rapidement la cour, grimpa les marches du perron deux part deux, exercice périlleux, tourna la grosse poignée froide de la porte en bois, avant de... Ah. Oui. Nat poussa, s'aidant de son épaule, la lourde porte, qui grinça un peu. Il avait oublié, que parfois, elle était un peu trop dure à ouvrir. A l'intérieur, il s'essuya les pieds, mais retira ses bottes, pour enfiler ses gros chaussons fourrés. Il se réchauffait déjà. Il retira son écharpe et son manteau, les accrocha à une patère, récupéra Zee qui se réveillait.
Il se recoiffa un peu, lissant ses cheveux sur le haut de son crâne, désespérant à l'idée qu'ils rebiquaient quand même. Il soupira, et traversa l'arrière cuisine, et entra dans la cuisine. La cuisine était un endroit qui sentait toujours bon, qui était toujours chaud, et toujours plein de merveilles ! Le mieux c'était quand son père y travaillait, Nat avait toujours le droit de goûter. Des fois il aimait bien, des fois, non. Mais c'était pas la faute de son papa, Nat était pas trop copain avec les légumes, surtout les verts. Les légumes verts étaient des sbires de Vieux Tronc, mais bon, pour l'instant, ils se tenaient tranquilles dans les paniers tressés sur les étagères, avec les autres légumes. Dessous, les délicieux jambons fumés et saucisses sèches, pendaient, attendant d'être entamés. Mais pour l'instant, il y avait des gâteaux partout, et Nat se hissa sur la pointe des pieds pour voir. Hm. Il aimait bien ceux là, le dessous croustillait, le dedans était tout fondant avec le beurre, et bien bon avec le sucre. Il laissa Zee voir. Mais Zee préférait la viande. Les tigres ne mangeaient pas de dessert. Ou en cachette, si non, ça faisait pas très féroce.
Serrant sa peluche contre lui, Nat fit le tour du bar, et alla s'assoir devant son père. Son père était trèèès grand, et un jour, lui aussi serait grand comme ça. Du moins, il l'espérait. Pour dompter des tigres, c'était mieux d'être grand. Grimper sur le tabouret relevait de l'escalade, mais Nat avait l'habitude. Entre le moment où il se hissait sur le tabouret et celui où il s'asseyait, il posait Zee sur la table. Une fois assis, Nat se redressa, tout fier.

-Aubergiste ! Un lait chaud et un gâteau ! clama-t-il un sourire sur les lèvres, dévoilant une dent de lait en moins.

Il regarda Zee, et eut l'air de celui qui se rappelle quelque chose d'important.

-Et rien pour Zee, il va continuer de dormir. Tu sais qu'il m'a enc-

Nat s'interrompit. Zee redressa les oreilles, et chercha ce qui l'avait perturbé. Du moins, c'était ce que Nat imaginait, la peluche était juste posée à coté de lui. Il dévisagea le monsieur à coté de lui, bouche bée. D'abord, il avait une peau de couleur, comme d'autres gens, mais celle là était grise. Il avait les cheveux couleur neige, et puis surtout...

-Woaaa ! J'en avais jamais vu des comme celles là ! Elles doivent être trop bien tes ailes !

Les grands yeux de Nat réelétaient la curiosité, l'envie, mais aussi l'extase. Pour lui, les gens qui venaient manger et, ou, dormir chez son père, étaient des gens à qui il pouvait parler, sans avoir à passer par les formules de politesse. Les ailes membraneuses étaient impressionnantes, comme celles des dragons ! Nat n'en avait jamais vu, de dragon, mais là, le monsieur était carrément excellent du pouvoir du génial de la chance ! Il avait des ailes comme celles des dragons ! Il se tortilla sur son tabouret, et continua, exprimant ses pensées :

-Elles sont comme celles des dragons ! C'est comme ça hein, des ailes de dragons ? Pas vrai ? Tu peux voler haut ? C'est pratique ça ! Mais ça te gêne pas ? Désolé... Je dois poser trop de questions...




Dernière édition par Nat le Sam 19 Jan - 21:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Lun 31 Déc - 9:24

La centaure ne pu que rosir un peu en souriant quand Veltan lui parla de ses jolis cheveux bouclées, et surtout quand il entortilla l'une de ses mèche sortie du chignon lâche qu'elle avait fait. C'est vrai qu'elle faisait très attention à ses cheveux, à ses sabots, aux crins de sa queue et aussi à son pelage, et qu'elle appréciait qu'on le remarque. Surtout lorsqu'il s'agissait de quelqu'un comme Veltan, même si ce dernier était toujours un peu charmeur, et qu'elle faisait attention à ne pas toujours tomber dans le piège des compliments.
Mais il lui confirma aussi qu'une rentrée d'argent plus importante n'était pas à négliger. Lye se faisait déjà une sorte de plan d'action en tête. Il faudrait qu'elle garde son idée en fait que lorsue l'activité baisserait un peu, pas trop attendre, mais pas sortir ça immédiatment, sinon qu'aurait-elle pour faire venir les gens ? A part sa gentillesse qui faisait d'elle quelqu'un d'agréable, mais qui ne payait pas.
Regardant Gwynn lorsque Veltan la siffla, la centaurette savait qu'en un rien de temps, ce serait elle le perchoir. Elle ne se vantait pas d'être l'amie de toutes les bêtes mais au moins d'avoir un peu "domptée" cette boule de poil ci. Et dompté dans le sens où Gwynn l'aimait bien, point, car elle n'était pas un animal apprivoisé.

Ni une ni deux, Ce fut un éclair qui passa devant ses yeux et qui alla se coucher sur sa croupe. Elle avait aussi finit par s'y habituer, comme les vêtements, mais pour l'instant il n'y avait que Gwynn qui osait lui monter dessus, et qu'elle tolerait. Lye avait toujours refusé à Nat de la chevaucher, car elle n'était pas une centaure qui se laissait monter comme un vulgaire cheval, ça non. Enfin pas pour le moment, peut-être qu'avec le temps, et dépendant de la personne...
Ses yeux glissèrent sur Veltan avant de se poser sur la porte de l'auberge qu'elle poussa afin d'entrer. Elle respira profondément, sentant toutes les odeurs plus ou moins réjouissantes de l'auberge. Rapidement elle détailla tout ce qu'elle voyait.
Nat était au bar parlant avec un être ailé, lui posant vraissemblablement des questions. Aeon était derrière ce même bar, l'air toujours aussi timide. Une bande de mercenaire se trouvait là aussi, comme depuis quelques temps, apportant une touche d'ambiance avec eux. Des pattes d'ours se trouvaient devant le voyageur harcelé de questions par Nat, donnant envie d'un dessert avant le repas à la centaurette. Le voyageur devant qui elles étaient, affichait un air aussi timide que l'aubergiste qui lui conférait un air assez mignon qui donnait envie de l'approcher et de le prendre dans ses bras, tendrement.
La centaurette secoua vigoureusement ses boucles à cette pensée et tapa du sabot. Mais quelle idée, il avait l'air bien trop faible pour être un mâle, enfin comme elle l'entendait. Mais justement, cette faiblesse apparente rappelait celle du poulain qui avait besoin de la protection de sa mère...
Contrariée par ses pensées peu concordantes à sa manière d'être habituelle, Lye avança d'abord pour aller vers une table, mais sa route dévia vers Nat et l'étranger, et elle s'obligea à s'assoir à coté du petit garçon.

-Coucou Nat, ça va ? Bonour Aeon. Elle regarda le drow avec qui il parlait. Et bonjour à vous aussi, monsieur.


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Kyeral
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Dim 6 Jan - 20:51

Le silence s'étiolait, et l'hybride se demanda pourquoi il avait voulu poser cette question. Il se sentait toujours mal quand un garçon semblait s'intéresser à lui, mais là, encore plus qu'à l'accoutumé. Kyeral s'en voulait, se sentait assez mal, et gardait finalement le silence, tout comme son interlocuteur. S'il avait pu, le Drow aurait disparu, mais... il ne pouvait pas, puisqu'il attendait Darena. Il allait donc devoir attendre, sur ce tabouret, jusqu'à ce que son amie arrive. Ce qui pouvait être long, et par conséquent, désagréable. Cependant, cela ne dura que peu de temps, puisqu'un Dieu décida apparemment d'être clément en faisant arriver quelqu'un qui saurait remonter un brin le moral du Tieffelin.
C'était un enfant, qu'il avait à peine entendu arriver, plonger qu'il était dans ses pensées. Le jeune homme avait toujours apprécié les enfants, qui étaient aussi curieux qu'émerveillé que lui qui goûtait enfin à la liberté ; mais ils étaient aussi parfaitement insensible au charme involontaire qu'il projetait autour de lui. Mais, même sans ce dernier point, le Drow ailé avait toujours apprécié les enfants, lui qui en était un grand s'entendait assez bien avec eux en général. Il remarqua la présence du jeune garçon quand celui-ci remarqua la sienne, s'extasiant à la vue des ailes qui lui sortaient des omoplates. Le sang-mêlé tourna son regard rougeoyant vers le garçon, qui semblait poser les questions au fur et à mesure qu'elles lui venaient, et le Tieffelin l'écouta jusqu'au bout sans rien dire, sans afficher la moindre expression, le regardant juste avec attention, et réfléchissant sans en donner l'air à ce qu'il pourrait rétorquer pour satisfaire cette débordante curiosité.
L'enfant sembla gêné par son enthousiasme si spontané, et s'en excusa, mais Kyeral était évidemment loin de s'en offenser. Au contraire, il gratifia le garçon d'un sourire radieux, et lui ébouriffa amicalement les cheveux, en laissant s'échapper quelques éclats de rire.

"Je ne vois pas de mal à être si curieux. Oui, les ailes de Dragon ressemblent à cela, en bien plus grand. Je peux en effet voler haut, mais je préfère éviter car plus on monte, plus il fait froid ; et ce n'est pas gênant, sauf pour trouver des chemises..."

Il finit sa phrase en baissant d'un ton, comme sur le ton d'une confidence, et ponctua le tout d'un clin d'œil, un sourire malicieux collé sur le visage. Kyeral ne prêta que peu attention à la porte qui venait de s'ouvrir. Ni même à ceux qui venaient de rentrer dans l'auberge, attendant avec un petit sourire de voir si l'enfant avait d'autres questions à soumettre au Drow, et à sa paire d'ailes.
Mais une personne s'adressa à eux, faisant se détourner l'attention du jeune Tieffelin, qui la regarda, la bouche légèrement entrouverte, cette Centaure qui lui avait dit bonjour. Il était... surpris, car il n'avait jamais vu de représentant de sa race. A dire vraie, il avait vu très peu de choses dans sa vie, et s'émerveillait souvent d'un rien. Sauf que là... c'était quelque chose.

"B-bonjour..."

Kyeral se sentait intimidé, il ne pouvait pas s'empêcher de la dévisager, de regarder ce corps si étrange. Oh il ne portait aucun jugement, lui-même était une hybridation étrange et ailé, alors... il rougit, se trouvant idiot de poser ainsi ses yeux sur elle, alors se retourna en se disant que le contenu de sa tasse vide était autrement plus intéressant.
Mais c'était un peu tard, il était convaincu d'avoir assez rougit que pour malgré la couleur de sa peau cela soit visible. Et, si ce n'était pas le cas, il était suffisamment crispé pour que cela se remarque, et raide aussi. Non, pas raide comme ça, voyons... S'il avait pu, il se serait cacher derrière ses ailes, mais le comptoir le gênerait, et puis il n'avait guère la place. Et cela ne ferait que confirmer son malaise... celui qu'il se déclenchait tout seul, sans raison, sinon à cause de sa timidité.
Alala, être lui n'était pas de tout repos...


"Le baiser frappe comme la foudre, l'amour passe comme un orage,
puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu'avant.

Se souvient-on d'un nuage ?"


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Nat MacFragan
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Sam 19 Jan - 21:30

Nat eut un sourire énorme en entendant la réponse de l'étranger. Enfin étranger, y'avait des étrangers qui venaient tous les jours à l'auberge, et Nat allait parfois discuter avec ceux qui lui plaisait. Mais encore jamais y'avait eu de monsieur à ailes de dragons. Et mieux encore, il avait l'air d'être content de lui parler, chose assez rare. Nat avait toujours l'impression d'embêter les adultes parfois. Mais c'était une passion à laquelle il s'adonnait, histoire de s'amuser un peu. Zee trouvait que c'était les petits tigres qui faisaient ça, embêter les adultes, mais Nat y trouvait son plaisir.
Cette fois, pas besoin de jouer les casse-pieds, le monsieur avait l'air ravi de discuter avec lui. Nat se tourna donc complètement vers lui, en entamant à grosses bouchées, la patte d'ours que son père venait de lui servir.

-Merchi 'pa, fit-il entre deux mastications buvant les paroles du Drow.

Pour faire passer tout ça, Nat but une longue goulée de lait chaud vanille, pas trop sucré, et s'essuya la bouche d'un revers de manche. Son estomac ne criait désormais plus famine, et Zee pouvait aller se brosser. Il attendrait le repas de ce soir.

-J'savais pas qu'il faisait froid quand on montait dans l'ciel, mais j'aurai pu deviner, les dragonniers, et y'en a pas mal dans l'coin avec Turin Valdis, ils sont tous des capes avec de la fourrure, et des lunettes, des Goggles pour se protéger les yeux. Les Griffons d'Argent font pareil aussi. Mais c'est trop cool de savoir voler soit même, sans avoir besoin d'un dragon.

Nat examina en suite de plus près le dos de son nouvel ami, et hocha la tête, compatissant.

-Dur pour les chemises, ou même les manteaux, quand il pleut ça doit pas être trop pratique. Et voler avec un parapluie ça doit pas être pratique non plus. Mon papa a l'même problème j'grandis trop vite.

Le fils d'Aeon leva une jambe, pour montrer son pantalon qui commençait à être un peu court, dévoilant une chaussette rouge vif en laine épaisse.

-Mais pour jouer dehors, c'est pas grave, vu que j'ai des grosses bottes.

Nat vit Lye arriver, il pensa qu'elle ferait comme d'habitude, qu'elle s'installerait avec tonton Veltan à une table. Les filles adoraient toutes tonton Veltan. Lui aussi il l'aimait bien, mais Nat ne comprenait pas pourquoi les filles gloussaient, rougissaient, ou riaient dès qu'il disait quelque chose de gentil. Enfin bon. Lye choisit de venir le voir, et Nat sentit l'anguille sous la roche comme disaient les grands. Le petit garçon plissa le nez, ses yeux verts brillant légèrement. Zee redressa sa tête, sur ses gardes. Lye lui dit d'abord bonjour, puis à Papa, et enfin à l'elfe noir. Quand l'elfe regarda Lye, il avait des yeux comme des soucoupes, et la bouche faisant presque un o. Nat croisa les bras, contrarié. Et puis finalement, le Drow sembla gêné, mais c'était compréhensible, Lye lui avait fait du rentre dedans, y'avait qu'à voir comment elle le regardait. Sa sœur, Tanalda, avait l'même regard dégoulinant d'amour pour le frère de Scout. Bleh.

-J'allais bien jusqu'à ce que tu me piques mon copain, lança Nat à la centaure volant au secours du Drow.

Le pauvre n'avait pas l'air dans son assiette. Nat en déduisit qu'il était pas doué avec les filles, comme son père. Veltan répétait tout le temps que papa avait des tas de femmes qui rêveraient de l'épouser, mais qu'il était trop timide, et que décidément, il savait jamais y faire. Nat pensa donc que le Drow était comme ça.

-En plus, on me dit toujours que c'est pas poli d'interrompre les conversations, et t'es en plein milieu. Littéralement, articula Nat, très fier de connaitre ce mot.

En effet, la centaure s'était carrément immiscée entre lui et son nouveau copain, qui avait alors paru aller mieux quand Nat lui avait parlé -enfin harcelé de questions -, et qui avait bien voulu lui parler. C'était franchement pas gentil. Des fois, Nat, il comprenait vraiment, mais alors vraiment pas, les filles. Prenant un air désapprobateur, digne du plus grand comédien, il secoua la tête.

-Les filles... pfff. En plus, tu vois pas que tu l'embêtes ?


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Veltan Talfort
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MessageSujet: Re: Le Paladin Silencieux   Lun 21 Jan - 17:29

Le métissée Fey soupira et tint la porte pour que la centaure puisse entrer. Elle semblait imperméable à ses compliments. Aeon lui avait dit que Lye avait dû bien le cerner, beau parleur qu'il était. Même son sourire le plus ravageur n'avait pas vraiment d'autre effet que de la faire rougir. Cela ne fonctionnait qu'à moitié. Mais le paladin ne pouvait s'en prendre qu'à lui même, quand il était en compagnie de jolies filles, il ne pouvait s'empêcher d'être galant, et, eh bien, de tester ses capacités à charmer. Il y avait bien sûr Lye, mais il y avait eu cette charmante elfe qui venait régulièrement, et avec qui il passait parfois un peu de bon temps. Et il avait joué à des joutes verbales avec Belphoebe, la mercenaire, qui était arrivée la première, et qui attendaient patiemment que son groupe se constitue. Contrairement à des gars comme Aeon, Veltan n'était pas prêt à se marier, ni même à avoir une quelconque forme de relation sérieuse.
Il referma la porte de l'auberge, et salua Belphoebe et ses acolytes, qui sirotaient leurs boissons autour d'une table, et d'assiettes dument nettoyées et saucées à coup de morceaux de pain brun. La salle embaumait la cannelle, l'odeur du sucre et du beurre caramélisant, des relents du cochon de lait laqué au miel et romarin de ce midi, et une légère odeur d'herbes fraiches, signifiant qu'Aeon avait été livré. La petite Fey qui lui apportait ses herbes aromatiques en pinçait pour le grand aubergiste, mais celui-ci était aussi aveugle qu'un simple humain dans le noir.

Nat était assis au bar, Zee posé à coté de lui, et il discutait avec animation, avec un Drow ailé, qui semblait aussi passionné que le petite garçon. Aeon n'avait pas franchement l'air à l'aise, mais c'était son air habituel. Veltan put sentir son soulagement quand leurs regards se croisèrent. Ce qui fit froncer les sourcils du paladin, qui emboita le pas à la centaure. Lye avait l'air d'avoir choisi sa table, mais elle se rendit au comptoir, et le regard qu'elle posa sur le Drow n'échappa pas à Veltan. Et ce "bonjour à vous aussi, monsieur". Veltan en frissonna, ça dégoulinait de gentillesse et de... de. Brrr. Était il jaloux ? La jalousie n'était pas vraiment un trait de son caractère. Non, c'était plutôt ce changement dans l'attitude de Lye qui ne semblait pas tout à fait normal. Elle était timide, pas du genre à s'incruster au milieu d'une conversation de cette façon.
Veltan laissa glisser un regard soupçonneux sur le Drow, celui-ci ne pouvant le voir, puisque Veltan avait vue sur son dos aux ailes membraneuses. Gwyn descendit de sur Lye, allant se percher sur le comptoir, allant même renifler la tasse vide du Drow.

-Gwyn, la rappela à l'ordre Veltan, ça ne se fait pas.

Le paladin passa du coté du Nat, et son furet alla jusqu'au fils d'Aeon, lui chipant un morceau de pâtisserie au passage, avant de remonter le long du bras de Veltan. Le métis avait l'air gêné d'être ainsi le centre de l'attention, et Nat, eh bien, Nat avait encore fait preuve d'une franchise brutale. Avant qu'Aeon ne puisse gronder son fils pour son attitude, Veltan éclata de rire, et attrapant Nat par le cou, il lui ébouriffa les cheveux. Gwyn quitta son bras, gênée par ce soudain accès de gaieté, mais parfois, ce que disait Nat, n'avait pas de prix.

-Franchement Nat ! Je te jure, tu pourrais être plus aimable. Et Lye n'a sans doute pas voulu vous interrompre, elle n'a pas du faire exprès.

Relâchant le garçon, Veltan eut un sourire plein de dents, un sourire joyeux. Le sourire que la plupart des mercenaires affichaient, le genre qui avec Veltan, faisait craquer les filles. Mais présentement, il n'y avait que peu de filles à part Lye et Belphoebe. Et Belphoebe n'était pas intéressée par la gente masculine. Non, elle préférait la gracile fille ainée d'Aeon.

-Aeon, je prendrai une bière brune, commanda Veltan se tournant vers Aeon, un morceau de pain et du fromage, s'il te plait, il est encore trop tôt pour diner à ce que j'vois.

Veltan regarda par dessus la tête aux cheveux, désormais en bataille de Nat, et interrogea la centaure du regard.

-Lye ?



Gwyn, fidèle compagne.
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