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 Sous-sols.

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Isil
Guérisseur
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Peuple : Humaine. Myope.
Second(s) Métier(s) : Samildanach
Localisation : Dans le Sud, avec les psychopathes de l'Arène.
Nombre de messages : 600
Date d'inscription : 01/10/2006

MessageSujet: Sous-sols.   Ven 7 Nov - 15:07

Ses yeux étaient brûlants, à la limite du supportable. Le reste de son corps n'était qu'engourdissement massif, courbatures et spasmes musculaires violents, entre deux saignements de nez. La samildanach avait du mal à respirer, la gravité n'avait jamais autant exercé de pression sur elle. Chaque particule de son être semblait être écrasée, comprimée jusqu'à la limite du possible. Elle sentait sa peau se hérisser à chaque fois que le courrant d'air froid venait du minable soupirail de sa cellule l'atteignait. Elle avait eu le temps de l'observer, et à loisir. Une pièce froide, de taille moyenne, aux murs de pierres suintant d'humidité, et un tout petit soupirail pour laisser passer de l'air, sans compter la lourde porte qui craquait à longueur de temps, c'était lugubre.
Après, elle n'y était pas restée très longtemps, on l'avait traînée dans une pièce asceptisée, blanche, avec une floppée de types en blanc. Et elle, elle n'avait même pas pu se débattre, ou tenter quoi que se soit. Son corps ne répondait pas, il était flasque, sans vie, et elle, elle était coincée à l'intérieur. La lumière trop blanche lui avait fait mal aux yeux, et elle voyait des points de toutes les couleurs sur les visages des hommes en blancs. Ca sentait la javel, et elle entendait les gants en latex claquer, le bruit d'instruments dans lesquels on fouille, avant de sentir une douleur aigue, dans le creux de son bras, et d'avoir mal. Mal à s'en rouler sur le sol, à en hurler, à s'en arracher la peau, à s'en faire mal pour oublier cette douleur infernale. Incapable de bouger, ses yeux commencèrent à la brûler. Elle avait réussi à ouvrir la bouche dans un hurlement muet, en voyant ses veines gonfler sous sa peau translucide, elles prennaient une vilaine teinte verte, luisant doucement. Isil se prit à se dire qu'être brûlée vive devait ressembler à ça. Sauf que là, c'était interminable. Au bord de l'inconscience, elle avait pourtant pleinement vécu le reste des opérations. De délicates incisions furent pratiquées à des points stratégiques, morsures de serpent, et ses liens resserrés alors qu'elle commençait à trembler violement sur la table. Différentes pressions et son sang se mit à couler, et ce fut pire. Il y avait cette lueur verte partout. Et à l'intérieur, son pouvoir tournait, de plus en plus vite, tempête insatiable, qui remontait à la surface, comme un jeyser. Malgré tous ses efforts pour le retenir, il s'échappait, comme de l'eau entre ses doigts, et c'était tellement douloureux qu'à chaque fois qu'elle se sentait sombrer, une nouvelle vague la réveillait. Tout ses efforts physiques pour exorciser la douleur ne servaient à rien, parce qu'ils n'aboutissaient jamais.
Son crâne menaçait d'exploser, c'était comme si quelqu'un s'amusait à malaxer son cerveau, juste à la base du crâne, transpirer, pleurer, était douloureux. Elle se répèta plusieurs fois qu'elle allait mourir.
Sa vie était comme aspirée, et la lueur verte s'intensifiait, Isil avait préfèré fermer les yeux.
Là, elle se savait de retour dans la cellule, dans la salle blanche, elle avait entre-apperçu différentes pierres, comme celles que possèdaient les dragonniers, ou les combattants pour conserver du mana en réserve. Là, pour l'instant, elle se sentait nue et dépouillée. Vide. Elle ignorait ce qu'ils lui avaient fait, pourquoi ils l'avaient fait, mais dans son crâne, lorsqu'elle réussissait à dormir un peu, deux yeux avides l'observaient, et elle se réveillait pour y échapper. Alors la solitude, et le froid lui répondaient. Le vent avait au moins l'avantage d'être une présence naturellement rassurante, mais... Le vide qu'elle éprouvait, était comme si elle avait fait un marathon magique, et qu'elle y avait épuisé toutes ses forces... Et elle avait pour résultat une fatigue enivrante, l'ammenant dans un état second, léthargie qui atténuait un peu la douleur de ses membres. Les larmes sur ses joues avaient séché, et sa peau tirait, sa bouche réclamait de l'eau, et son nez coulait. Et elle était incapable de s'en occuper, rien que le fait de penser était épuisant, alors bouger était presque impossible.
Elle sentit une nouvelle douleur, aigue, venant de sa main. On venait de la piquer encore une fois. Elle ferma les yeux, incapables de faire autre chose, comme si, ne pas voir pourrait la sauver. Elle sentit le liquide parcourir ses veines, et des fourmis au niveau de la langue et de la machoire. Ses yeux s'agitèrent sous ses paupières fermées, comme si elle convulsait, avant de sombrer.
Puis se fut comme si on venait de plonger une main dans les fils de son cerveau, et qu'on tirait dessus pour tout faire sortir. Ses muscles se contractèrent violement, alors qu'elle s'arcboutait sur la table.
Le marquage fut comme la douleur d'un fer chauffé à blanc, défaisant tout ce qu'elle avait appris jusque là, l'obligeant à ne plus pouvoir utiliser ses connaissances. Elle les aurait toujours, mais serait totalement incapable de les mettres en pratique. Elle se remit à pleurer. On lui arrachait tout ce qu'elle était, tout ce qui faisait qu'elle s'était construit de cette manière. Elle sentait qu'ils étaient plusieurs à y travailler, la colère et la rage s'emparèrent d'elle. Elle se jeta sur ses bourreaux, les ravageants comme elle avait ravagés les Sceaux. Il était hors de question qu'elle se laisse anéantir de cette façon. Qu'ils pourrissent tous autant qu'ils étaient.
Une deuxième injection.
Elle eut la nausée, et fut coupée dans son élan meutrier.
-Putain de merde, la garce...
-Elle... elle a réussi à en tuer deux !
-Impossible ! Elle était sous contrôle !
-Evacuez moi ça, j'veux pas de cadavres pissant le sang dans ma salle d'opération.
Elle entre-ouvrit brièvement les yeux pour voir qu'on retirait un homme et une femme qui étaient tombés sur elle. Deux de ses boureaux. La voix si dure qui avait demandé à ce qu'on retire ses deux assaillants morts eut enfin une identité, elle pu voir le visage dur qui se pencha sur elle. Une main à la poigne de fer lui attrapa le visage.
-On va se tenir bien tranquille à partir de maintenant, où je ne répond de rien si ton ami se fait tuer à ta place, où même si toi tu crève comme la pauvre petite merdeuse que tu es. Ce serait dommage, mais les accidents arrivent si vite... Compris ?
Isil sentit son sang bouillir, avec l'envie irrésistible de bouffer jusqu'à la moelle cet homme.
-Mettez lui une dose plus forte.
-Mais ça risque que de...
-Dois-je répèter ?
Cette fois si, ce fut douloureux, et de nouveaux ses yeux papillionnèrent frénétiquement pour rester ouverts, ne pas dormir. En vain. L'assaut redoubla, la laissant impuissante. Ses barrières mentales s'écroulaient les unes après les autres, et ils piètinaient tout ce qu'ils n'avaient pas déjà dévasté. Elle venait de perdre. Et cette fois, il n'y avait personne pour la sauver. Et tout ce déversait sans qu'elle puisse intervenir, elle perdait toutes ses capacités, chaque articulation de son pouvoir était brisé, ce qu'Elle lui avait légué était brisé, et tout souvenir d'Elle fut repoussé, craquelé, puis effacé. Il ne restait plus qu'un vide douloureux, béant, pulsant doucement, l'affaiblissant encore. Leur permettant d'aller plus loin.
Elle avait beau réfléchir, elle ne trouvait pas de solution pour que ça s'arrête. Elle se mit à hurler à plein poumons, ça faisait trop mal, elle avait du mal à respirer, elle lutta pour reprendre son souffle, se remit à hurler, à se débattre à s'en faire mal, elle sentait les sangles mordre jusqu'au sang dans sa chair, sa vie s'échappait, coulant comme du sable. Les souvenirs qui défilaient n'étaient pas toujours les siens, certains la laissaient glacée, et d'autres effondrée. Tout tourbillonait si fort, qu'elle en avait la nausée, elle se sentit vomir. Elle s'étouffa, mais le tourbillon ne cessait pas. Elle sentit son contrôle sur son corps partir en fumée.
Arrêt brutal.


Elle hoqueta, et se réveilla en sursaut. Le sifflement du vent lui répondit, la faisait frissoner. Elle déglutit péniblèment, sa gorge était douloureuse. Une odeur écoeurante de savon lui chatouilla les narines. Elle entrouvrit les yeux, et vit qu'on l'avait changée et lavée. Déjà un progrès. Plusieurs morceaux de sparadra maintenaient les morceaux de cotons imbibés de désinfectant là où les différentes aiguilles l'avaient piquée.
Elle se déplaça avec précautions jusqu'au pichet d'eau qui trônait non loin de la porte. Elle ne tenta pas de marcher, elle se savait trop faible, et s'étaler sur le sol de sa cellule serait trop douloureux. Elle avala avidement l'eau glacée, en gardant un peu. Isil tira sur un des couvertures miteuses de la paillasse qui lui servait de lit pour s'envelopper dedans. L'espèce de sac à patates blanc dont ils l'avaient vêtue, était fort peu pratique pour se protéger des courrants d'air. La couverture sentait le propre, à sa grande surprise. Elle grimpa sur la paillasse, s'enfonçant dans le matelat complètement défoncé.
Bouger l'avait fatigué, aussi s'appuya-t-elle dans l'angle du mur, fermant les yeux. Il fallait qu'elle mange quelque chose si non elle allait tourner de l'oeil.
Se rendant compte qu'elle avait dormi quand le panneau de la porte s'ouvrit, elle se redressa. Quelqu'un jeta une assiette en feraille sur le sol. Une espèce de bouillie infâme glougloutait dedans, mais à l'odeur elle pensa que ça ne devait pas être trop mauvais.
En réalité, c'était une soupe mal passée, la faim l'emporta, et elle dévora le tout sans se soucier du gout ni du contenu. Une fois ça fait, elle se sentit mieux, avec l'esprit plus clair.
Isil se demanda ce qui l'attendait après ça.
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Sous-sols.

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