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 Une planque pour la nuit. Et que faire ?

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MessageSujet: Une planque pour la nuit. Et que faire ?   Jeu 10 Juil - 15:13

Loger dans ce lieu insulaire qu'était son Manoir. Non c'était plus que cela, plus qu'y vivre et y dormir. Être coupé du monde, gérer cet îlot peu abordé, où se perdaient ceux qui ne méritaient que ce que leur mauvaise étoile avait bien voulu leur offrir. En quatre ans, pas un seul captif recueilli par Ceris n'avait pas souffert des griffes empoisonnées de la veuve noire gracile. Malgré tout, l'isolement feint de la jeune femme perdurait, la rendait peu à peu plus folle, ou plus coriace dans ses décisions. Aussi certainement que sa cascade d'ébène de cheveux lisses était invraisemblablement longue, elle ressentait toujours cette glaciation, une froidure de damnée qui la prenait, comme franchir le pas d'une porte invisible, traverser un monde, le sien, pour entrer dans un autre, s'engouffrer hors de tout contrôle. L'inquiétude à son paroxysme dans le paradoxal.

Ceris resserra autour de son cou les pans de sa cape violine qui plus bas, rapait le sol et claquait sous les bourrasques qui s'enfuyaient gaiment derrière elle, l'incitant vicieusement à faire demi-tour. Autant dire, une fin d'été des plus fades, venteuse et cracheuse d'eau giclant avec violence et vous trempant en quelques instants.
C'était bien la première fois qu'elle devait quitter son domaine de toute urgence.
A l'accoutumée, son pas était plus vif, elle n'aurait pas souhaité perdre son temps parmi tous ces individus répugnants, la bousculant parfois sa silhouette pâle encapuchonnée, en zigzaguant, pressés, entre étalages et vitrines.
L'elfe noire, appuyée de presque tout son poids sur son épaule, avançait péniblement, on l'entendait respirer difficilement, elle était déjà essoufflée par la descente de la colline, ses genoux flageolant sous elle. La main de Ceris la soutenait du mieux qu'elle pouvait. Le précieux flacon d'huile de graine de caris qui aurait pu la rétablir tout à fait le temps du trajet, s'était brisé par la faute de cette maladroite, cette bougresse noiraude. Il avait coûté à l'empoisonneuse une petite fortune, et Ceris n'était pas prête de l'oublier. Quand les choses se calmeraient elle lui ferait payer. Luttant de front avec les rafales insidieuses qui se glissaient par le cou et les manches de sa cape sous ses vêtements pour lui donner la chair de poule, Ceris se demandait s'il ne serait pas bientôt nécessaire de consulter un médecin de la ville, maintenant qu'elles s'y trouvait. Les boutiques qu'elles dépassaient pourrait leur offrir peut être même bien plus de confort que ce que le Manoir détenait.

Ceris baissa la tête, et accentua la pression dans le dos de l'elfe pour la pousser tout en la soutenant. Contre toute attente, l'elfe parût se réveiller à peine, se redressant tandis que les deux silhouettes féminines longeaient une échoppe.
Le coin était connu de l'empoisonneuse, c'était le seul endroit qu'elle avait jamais arpenté, hormis la bute où reposait le Manoir Macabre, pendant toute son enfance. Elle connaissait le moindre recoin, le moindre conduit, pour s'y être caché pendant que sa harpie de mère la cherchait pour l'habiller pour ses soirées.
Un passant ralentit le pas et ouvrit la bouche pour leur offrir son aide, la tête de l'elfe penchait bizarrement, appuyée sur la tempe de Ceris, et malgré la cape au teint de feuillage foncé qu'elle lui avait fait enfiler, la démarche était trop incertaine pour inspirer la normalité.
Ceris commença à avoir chaud, elle détestait se faire remarquer. Elle contourna l'homme avant qu'il parle assez fort pour qu'une autre personne pose les yeux sur elles.
« Merci, tout va très bien, elle est simplement fatiguée. » Ces mots lui écorchèrent les lèvres. Elle aurait préféré lui cracher au visage pour l'importuner comme ça.
Les hommes ne valaient rien, incapables de vivre ensemble.
Elle ne savait même plus pourquoi elle soutenait cette elfe dans ses bras, ni pour avancer où... La chaleur, la fatigue, les deux dernières nuits, tout cela formait un cocktail qui lui brouillait l'esprit.

Elle continua d'avancer, ses chaussons lustrés bifurquant derrière une arche vers la seule auberge qu'elle pouvait fréquenter, et encore...
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MessageSujet: Re: Une planque pour la nuit. Et que faire ?   Mer 24 Sep - 1:01

Delorfiwiel repris des couleurs au fur et à mesure que Ceris s'éloignait de sa demeure. Ses yeux s'ouvrirent légèrement laissant luire un peu la lune sur le blanc de ses yeux. Le sol défilait sous elle, la chaleur du corps de sa porteuse la réconfortait bien qu'elle l'ait séquestré et enchaîné. La bouche fébrile, elle tenta d'articuler quelques mots. Ses blessures la brûlaient encore, La fatigue l'avait usé.

-Pourquoi faites vous ça après nous avoir maltraité? Vous auriez pu me laisser crever là bas, sans avoir de remords. Cette réaction m'étonne et je ne comprends pas... Mais merci.

Delorfiwiel reposa sa tête contre la joue de Ceris. Son souffle réchauffant l'oreille de Ceris, comme un doux vent du sud. Les bras de l'elfe noire se reserrèrent comme pour montrer de l'affection pour cette femme. Delorfiwiel ne pouvait faire que ça pour le moment, elle espérait que cela donnerait un peu de réconfort à cette femme.
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