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 Esclavage et déraison [Warning AC & PV]

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Thallys
Guérisseur


Nombre de messages : 66
Date d'inscription : 24/06/2007

MessageSujet: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Dim 15 Juin - 7:01


Là ou il était il flottait dans l’inconstant, là où rien n’avait de signification ou d’importance, là où tout n’était que liquide, bleu azur et vert chatoyant; se reflétant derrière ses paupières. Pourtant il commençait à se réveiller, tout doucement. Et l’espace de quelques secondes, ou quelques minutes il ne savait pas, il n’arrivait pas à rendre raison de ce qui défilait sous ses yeux. C’est avec un certain choc qu’il prit conscience que c’était le sol, plus précisément l’herbe baignée par le soleil cuisant qu’il voyait.
Son corps se reprenait tout doucement lui aussi, protestant l'abus qu'il avait subit durant son sommeil drogué. Surtout son ventre, c'était la partie la plus douloureuse.
L'odeur de transpiration et de bon cuir emplissait ses narines. Comme celle immanquable de cheval, pas moins que la corne de la selle qui lui rentrait dans les côtes, ni les cordes trop serrées qui mordaient dans la peau de ses poignets et avait fini par lui rendre les mains bleus. La langue pâteuse il essaya d'humecter sa bouche. La chaleur était vraiment accablante, et perché là où il était il n‘en était que plus facilement la victime.
Le cheysuli leva la tête clignant répétitivement pour protéger ses rétines qui protestaient la lumière. Tout ce qu’il voyait avait une teinte blanchie, mais pas impossible à voir au contraire. Beaucoup de verdure, un bois, et sous les sabots du cheval sur lequel on l’avait flanqué, le craquement des cailloux. C’était des détails sans importance, pourtant ils lui semblait que c’était des choses très importantes, mais il avait oublié aussi vite qu’il en avait prit conscience.
Le cheval sous lui s’arrêta et dans la périphérie de sa vision il fixa sur une paire de bottes. Il remonta son regard et passa sa langue sur ses lèvres, ouvrant la bouche un trait pour la rafraichir. L’homme aux bottes avait débouché la gourde à sa taille, et semblait vouloir la vider sans même prendre la peine de respirer. Il fallait qu’il combatte l’impression de coton, de guimauve gluante qui semblait avoir assaillit son esprit, et au bout de quelques secondes il réussît à connecter avec sa bouche.
-De-de l’eau, s’il vous -- s'il vous plait.

L'homme en question jeta un regard sur la petite forme recroquevillée sur la selle de son cheval. Hartigan, son capitaine, lui avait demandé d'accompagner cette petite chez ces nouveaux propriétaires à durée déterminée. Il avait accepté sans trop de difficultés. Entre ça : un peu de marche, ou devoir s'occuper avec les marchandises illégales qu'il fallait charger et décharger il n'y avait même pas eu besoin de réfléchir. C'est comme ça qu'il s'était retrouvé là, avec deux autres types. Chiants d'ailleurs, d'une parce qu'il ne les connaissait ni d'une ni deux (ces messieurs étant là de la part d'autres capitaines pour faire commerce) mais aussi parce qu'ils passaient leur temps à reluquer la petite. Pas qu'il était contre, lui même ne s'en privait pas, mais les ordres étaient strictes. Pas de lambinage, et surtout pas touche. Mais rien ne l’empêchait de jouer au salaud s’il en avait envie. Les deux autres gars avaient procédé de la même façon que lui, sauf qu’eux ils étaient au cidre depuis le début du voyage un deux jours et demi plus tôt. N’empêche qu’elle avait été efficace cette drogue, elle avait pioncé tout le long.
-Hum…Je ne crois pas non. Même pas avec de jolis mots sortant de cette jolie p’tite bouche. Boucle là et estime toi heureuse on est presque arrivés.

Presque voulait traduire encore toute l’après-midi, et Thallys avait été ignoré à partir de ce moment là alors qu’il ne faisait que de demander de l’eau, ce qui vraiment aurait dût être la moindre des choses.
En fin d’après midi ils s’arrêtèrent sur la berge calme d’un petit fleuve, déchargeant le cheysuli comme un vulgaire sac à patates et s’occupant des chevaux avant même de poser un œil sur lui. D’un côté il en était reconnaissant, dans son état actuel de déshydratation il y avait peu qu’il pouvait faire. L’homme aux bottes déclara qu’il allait attraper quelques poissons, se déchaussa et remonta les jambes de son pantalon, s’immisçant dans l’eau jusqu’aux genoux, se penchant les bras tendus dans l’eau avec un regard alerte. Thallys, lui, en profitait pour essayer de dégager ses poignets des cordes. Il avait eu tout l’après midi pour réveiller son esprit mais il était physiquement fatigué et un puits de désespoir face à l’inconnu manquait de l’englober depuis. Il ne savait vraiment pas ce qu’on avait en réserve pour lui et pour tout dire il était terrifié.
Une main se posa sur son bras et le souleva du sol comme autant de bois mort, Thallys fixa un des deux autres hommes avec des yeux écarquillés.
-Je-les cordes -- c’est-c’est trop serré…
Le type leva un sourcil pas du tout impressionné, comme si en réalité il mentait, ce qui n’était pas tout à fait faux, mais c’est vrai que les cordes étaient trop serrées.
-Tu te plaint beaucoup toi. T’as toujours soif je suppose ?
Il n’aimait pas du tout le ton qu’il venait d’employer, son ventre se crispant en tout un tas de nœuds, mais il savait qu’il valait mieux qu’il réponde, la question lui avait été directement adressée.
-O-Oui.
Son visage prit soudainement une expression terrifiée, l’homme souriant très largement, expression peut rassurante. En quelques foulées, ses pieds trainant par terre, on le balança facilement et littéralement. Le cheysuli s’écrasa dans l’eau glacée du fleuve.
Un court instant il était tellement choqué qu’il n’eut aucune réaction, et la seconde d’après il avait avalé plusieurs gorgées d’eau gelée. Quelque chose le tira en arrière et il refit surface, crachant et toussant, tétanisé et tremblant. Les trois hommes riaient et l’homme aux bottes qui l’avait repêché transféra la prise sur sa chemise trempé à ses poignets l’autre main attrapant le devant de son col et tirant pour dégager les boutons.
Il ne lui fit rien. Rien d’autre à part ramasser du sable dans le lit de la rivière et le frictionner avec en office de savon. Mais c’était quand même un viol, même si ce n’était que de son intimité, de pudeur.
Après il se poussa hors de l’eau et dans l’herbe, lui balançant une couverture et une chemise au visage pour ensuite devoir lui couper les cordes parce qu’il ne pouvait rien faire. Le sang re-circulant soudainement dans ses doigts bleus le laissa gémissant de douleur, et quand il pût enfin plier les doigts il essaya avec ses doigts engourdis de se débarrasser de ses vêtements déchirés et de s’enrouler dans la couverture pour chasser le froid dans ses os. Il tremblait, par intermittences et les trois hommes bien qu’hilares précédemment ne lui dirent rien quand il se rapprocha doucement du feu qui n’avait pu être allumé que par magie pour crépiter aussi rapidement. Misérable, il les regardât manger leur poisson et boire. Fuir ne servait à rien, il se ferrait attraper tout de suite, et il était sûr de ne pas aller bien loin même s’il arrivait à se convaincre de se jeter dans la rivière. On lui balança une gourde et une miche de pain qu’il dévora en un clin d’œil tellement il avait faim.
Pour le reste de la soirée il le laissèrent tranquille, s’organisant entre eux pour les veillées durant la nuit. Ca n’empêcha pas l’homme aux bottes de lui rattacher les poignets même si cette fois il ne sera pas autant que ça, mais -après quelques essais sous le couvert de la couverture- si elles l’étaient, assez pour pas qu’il s’en dégage.
Thallys enfila la chemise qu’on lui avait donné et se ré-enroula la couverture avec le vague espoir d’avoir moins froid, et resta éveillé toute la nuit à se poser toute sortes de questions sur ce qui allait se passer, il savait très bien que ça ne serrait pas plaisant du tout. Les quelques semaines qu’il avait passé en liberté l’avait fait oublier, un peu, ce qu’il avait subi aux mains de ce malade. Mais la marque au fer rouge dans son dos moins que la malédiction qui le forçait toujours à genoux était restée un rappel constant dont il ne pourrait jamais se débarrasser. Le pire était aussi de savoir comment il pourrait un jour revenir à lui-même, retrouver un semblant de normalité, mais il ne pouvait rien dire. Cette connaissance le désespérait, parce qu’il ne pourrait jamais s’amener… non il se tuerait avant. S’il en avait le cran. Et s’il le pouvait aussi, puisqu’on semblait vouloir le garder en vie coûte que coûte.


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Thallys
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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Mer 29 Avr - 3:10

Au lever du jour le froid était mordant et il n’avait pas fermé l’œil de la nuit, ce qui semblait déplaire aux trois qui ronchonnèrent, sans doute déçus de ne pas pouvoir lui tirer sa couette pour le réveiller rudement. Le chef du groupe lui ordonna de s’occuper du camp de fortune, et tandis qu’il roulait les couvertures et les attachait avec des lanières de cuir, l’autre réarrangeait son paquetage ce qui laissait les deux autres qui avaient disparu, l’un vers la rivière, l’autre s’occupait des chevaux. Il faisait le nœud du dernier rouleau quand le chef aux bottes lui envoya un peigne sur les genoux.
-Démêle-toi les cheveux, t’as l’air crade.
Il se mordit la langue pour ne pas répondre, aucune raison de toute façon. Assis les jambes repliées sous lui il s’attaqua à la masse de nœuds qui avait séché sur sa tête durant la nuit. Ils étaient longs, beaucoup trop longs et lui chatouillait maintenant facilement la taille alors qu’il les avait toujours gardés aux épaules pas plus. Quand il travaillait dans l’auberge-bordel de Paddy il ne les avait pas coupés, on lui avait même dit que ce serrait dommage. Alors il ne l’avait pas fait et il avait oublié, les tresser devenait un automatisme. Mais en vérité il détestait ses cheveux longs comme ils l’étaient, ça ajoutait à l’illusion du féminin. Il arracha rageusement un nœud, comme il l’aurait fait pour démêler et affiner la crinière d’un cheval, seulement c’était ses cheveux et pas une crinière alors il se faisait mal en même temps mais il n’en avait rien à faire, c’était tellement emmêlé qu’il avait envie d’y mettre un coup de ciseau, ou à défaut un couteau.
Puis il réussi finalement, le scalp brulant un peu et juste à temps pour que grosses bottes signale leur départ dans un beuglement tonitruant auquel il sursauta à moitié. Chacun attrapa sont barda et il enfila précipitamment ses bottes avant de se lever. Il serra ses bras autour de sa poitrine se rendant soudainement compte qu’il était nu sous la chemise qui laissait dépasser un peu trop de cuisse à son goût.
-On va pas t’attendre toute la journée ! En route, bordel !
Thallys regarda grosses bottes qui s’était déjà mis en selle, un peu éberlué, il allait le faire marcher à peine habillé comme il l’était ? Le cheval partant à un pas actif le fît bouger et il avança encore plus vite quand un des deux autres le poussa en avant. Regardant par-dessus son épaule avec des yeux larges il pressa le pas pour rattraper le bai de grosses bottes plutôt que de rester derrière avec les deux autres qui se mirent à rire amusés par sa réaction. Se mordant la lèvre et tenant le bas de sa chemise pour que rien ne dépasse plus que ça ne le faisait déjà il accéléra et resta collé au flan du bai.

Ce fût une longue matinée et ils s’arrêtèrent un moment à côté d’une petite mare aux rochers couverts de mousse, pour boire et souffler un peu. Après une autre heure ou deux le chef mît pied à terre et marcha sa monture plus profondément dans les bois avant de s’arrêter et de donner les rênes à l’un des deux autres.
-Attendez là vous deux, toi tu viens, on marche.
Thallys n’eût d’autre choix que de suivre, mais il jeta un coup d’œil curieux en arrière avant de suivre l’autre. Il fronça les sourcils avançant silencieusement dans le paillis le long du chemin. Il n’aimait pas poser la question, par peur de la réponse mais il la posa quand même.
-Où allons-nous ? demanda-t-il levant les yeux sur les grands arbres droits, leur feuillage clairsemé, et vert profond vers le haut.
-Tu le sauras bien assez tôt, maintenant la ferme.
Bientôt il sentit des présences autre que celles des deux laissés derrière et il regarda autour de lui remarquant une ombre dans celle des arbres, non deux, pas plus. Le mouvement d’hommes sous les feuillages. Il se faufila près de l’autre pas du tout rassuré et chuchota.
-On - on est pas seuls…
L’autre s’arrêta mains profondément enfoncé dans ses poches et lui adressa un sourire en coin qui draina tout le sang de son visage et le gela jusqu’aux orteils.
-Je sais. Hallo freund.
Des formes émergèrent des bois, de grands hommes aux pantalons et aux semelles épaisses, pas rasés ou barbus, leurs larges visages durs et graves. Certains portaient des haches, d’autres portaient simplement des gros couteaux de chasse à la ceinture. Il étaient cinq, deux paires qui pouvaient être des frères, et un autre, brun, au nez de rapace qui arborait un large rictus.
Grosses bottes n’avait pas l’air phasé, le regard indifférent tandis qu’ils étaient encerclés, la sensation de danger courant le long de sa colonne vertébrale dans la brize. Il sursauta quand l’un d’eux leva sa hache sur une de ses épaules, un type au crâne rasé avec une barbe et des yeux pleins de spéculation.
-Freund, acquiesça celui-ci tandis qu’une main agrippait le bras de Thallys par derrière, et qu’une autre entourait son cou quand il essaya d’y échapper. Deux hommes, quatre à cinq fois sa taille et son poids l’agrippèrent fermement, lui tordant les bras dans le dos. Grosses bottes et le crâne rasé échangèrent quelques mots gutturaux, trop rapidement pour qu’il comprenne.
-Voyons c’qu’on nous donne là, l’un d’eux dit en faisant sauter les boutons de sa chemise et la lui enlevant avec l’aide des deux qui agrippaient ses bras. Thallys se débattit désespérément, venant de comprendre avec une clarté sans précédent ce qui allait se passer, qu’on allait l’abandonner ici avec eux.
-Non !
-Foutez lui un bâillon, putain, grogna l’un d’eux et une boule de tissu fut logé dans sa bouche, une autre autour de sa bouche et attachée à la nuque. Ils lui attachèrent aussi les poignets dans le dos, le soulevant à moitié du sol ce faisant.
-Joli, commenta l’un des frères chauve. Celui-ci avait un ventre énorme qui pendouillait par-dessus sa ceinture et des poils dépassaient du col de sa chemise à moitié ouvert. Il traça une main énorme sur le ventre nu de Thallys, elle descendit encore plus bas pour agripper son entrejambe d’une poigne ferme.
-Regardez moi ça, aussi doux que des fesses de bébé.
Celui au ventre plat et qui semblait plus vieux adressa quelques derniers mots avec grosses bottes et changea de langue pour qu’il puisse sans doute comprendre.
-T’en fais pas, nous ne sommes pas à court de gros bras ici.
Le brun agrippa son visage, forçant sa tête en arrière, l’inclinant sur les côtés pour l’inspecter sous toutes les coutures.
-Jolie p’tite chose. On a besoin d’un p’tit jouet dans son genre à la cabane, l’apprendra sa place bien assez vite.
Grosses bottes vint se placer devant lui et pencha la tête sur le côté le scrutant de haut en bas avant de tourner les talons et de partir, lançant un vague au revoir par-dessus son épaule.
-Tschüs !
Il fut propulsé en avant par les mains sur ses bras, entre les deux bucherons sur le chemin opposé à celui que venait de prendre l’autre. Plus profondément dans la forêt avec ses drôles d’arbres qui recouvraient le sol de leurs feuilles-aiguilles. Il passèrent une clairière où un grand nombre d’arbres avaient étés abattus, leurs souches saignant dans leur sève. Un peu plus loin ils arrivèrent près d’une collection de bâtiments en gros bois. Une cabane avec un gros chien endormi sous le couvert du porche, de petites écuries avec un corral vide, une remise et un dépôt. Les arbres avaient étés dégagés aux alentours pour que l’herbe ai suffisamment de lumière pour pousser sur la butte où était la cabane; Mais il n’y avait que quelques carrés qui arrivaient à survivre, entouré de terre et de boue. En passant à côté de l’écurie Thallys pu voir une ligne de pattes d’animaux ballants. Chevreuil, renard, loup, et quelque chose d’assez large pour être un ours. Le côté de la cabane et de la remise étaient décorés de crânes d’animaux, principalement les bois de cervidés, mais certains étaient d’origine moins évident à discerner.
Les masques de mort lui donnait peu d’optimisme sur la nature de cet endroit et il frissonna, enfonçant ses talons dans la terre tandis qu’il le forçait jusqu’à la cabane. Ils lui tordirent les bras et le forcèrent la distance restante, s’arrêtant seulement pour lui arracher les bottes qu’il avait encore aux pieds. Un des plus jeunes aux cheveux châtain-roux et aux sourcils proéminents arriva avec un collier en cuir de trois doigts d’épaisseur avec une grosse boucle, qu‘il fixa autour de son cou.
Dans la cabane, un espace jonché avec une grande pièce contenant une cuisine, un foyer et une petite alcôve sur le côté où il pouvait voir des couchettes superposées. Il y avait une table en bois avec des bancs, un comptoir avec des placards au dessus. Une antique cuisinière, caisses, commode et coffres, et des outils divers étaient entassés près des murs. La seule partie dégagée c’était devant la cheminé où il avait une peau d’ours et cinq fauteuils au bords. Il y avait aussi une cage de trois pieds de haut et quatre pieds de long vers laquelle il le menèrent. Le plus vieux au crâne rasé ouvrit la porte tandis que les autres détachaient Thallys, l’agrippèrent par les cheveux et le fourrèrent tête la première dans la cage. Quelqu’un poussa ses pieds à l’intérieur, la porte claqua et la serrure cliqua, fermée.


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Thallys
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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Jeu 11 Juin - 6:25

Ils l’eurent à peine enfermé dans sa cage que Thallys arrachait la bande de tissu accroché à sa nuque et recrachait la boule de tissu sur sa langue, avec une irrépressible envie de vomir. Il humecta sa bouche en s’enfonçant le plus possible dans sa cage, remontant ses jambes sous son menton, ne quittant pas d’un instant les cinq brutes qui s’étaient installés à table et nettoyaient les lames de leurs haches ou les affutaient à l’aide de pierre aussi grosses qu’un de ses poings. Puis finalement ils rangèrent leur matériel nettoyé de sciure et de sève, et l’un d’eux sortit un seau de fricot et versa dans deux larges bols le gruau cartilagineux. L’un il posa sur le porche sifflant le chien. L’autre, il mit dans la cage aux pieds de Thallys. Il se tassa au fond de sa cage, son expression un mélange de dégoût et de nausée. Ça puait, mais ça avait l’air pire. Des morceaux coupés d’intestins d’animaux mélangés avec ce qui étaient sûrement des restes des repas passés. Le chien avalait avec avidité. Thallys lui se retenait de vomir.
-Si tu ne mange pas maintenant tu n’auras rien jusqu’à demain. Le gros chauve le regardait avec des yeux froids et avisés, un ou deux cheveux gris disséminés dans sa barbe. Thallys agrippa les barres de sa cage le regard furieux et sa bouche allant plus vite que son sens de préservation.
-Je ne suis pas un animal ku’reshtin ! Je ne manges pas dans un bol par terre.
L’homme pencha la tête et les autres dérivèrent jusqu’à la cage. Deux chauves avec des barbes, l’un avec les muscles cordés, l’autre avec un large ventre protubérant. Deux plus jeune hommes presque identiques aux cheveux bruns-roux, de petits yeux et des épais sourcils surplombants, et un homme aux épaules larges, au nez de rapace, les cheveux noirs et des mains anormalement larges.
-T’as entendu ça Karl, c’est pas un animal -railla le gros avec dédain. Karl leva un sourcil et s’accroupit à côté de la cage à hauteur d’yeux du cheysuli.
-Quoique t’es été tu n’es plus rien alors tu as tout intérêt à faire ce qu’on te dit si tu ne veux pas qu’on t’atterrisse dessus. T’es plus qu’un esclave, et tu ferrais mieux de t’y faire.
Thallys lui cracha au visage, il ne pût as s’en empêcher et réalisa trop tard son erreur. Karl s’essuya le visage d’un revers de main et recula, laissant les autres ouvrir la cage. Mes mains s’engouffrèrent à l’intérieur et l’agrippant par le premier membre disponible par lequel ils le trainèrent hors de la cage lui se débattant frénétiquement. Un poing s’abattit sur son ventre et tout l’air contenu dans ses poumons se déversa dans un souffle. Quand il se plia en deux ils l’abattirent sur le sol, tordant ses bras dans son dos et les attachant ensemble des poignets jusqu’aux coudes. Paniqué il donnait des coups de pieds et accrocha quelqu’un au visage, la réponse fût extrêmement rapide et douloureuse et un botte connecta durement avec son estomac.
Il essaya de se replier sur lui-même mais on le relevait par ses bras pour ensuite le jeter à terre avec les bras tendus en l’air, si bien qu’il se retrouva à genoux la joue enfoncé contre le parquet.
-Eh ben, si ça c’est pas un joli p’tit cul qui demande de l’attention ! -dit le gros.
-On va lui chauffer un peu.
Ils se mirent à le frapper avec une fine branche assez souple pour agir comme un fouet et suspendu par ses bras comme il l’était il restait vulnérable à la douleur mordante. Il essayait de se dégager au début, aux premières six-sept coups. Mais quand le supplice continua il sanglota, ses reins, fesses et cuisses devenant un centre de douleur cuisante. Celui qui manipulait la branche le faisait avec précision et ne laissa aucune zone y échapper. Puis ça s’arrêta enfin quand il en avait été réduit à gémir et supplier. Le bol de gruau fût poussé sous son nez, il ne pouvait à peine le voir au travers de ses larmes. Karl leva sa tête en agrippant ses cheveux, glissa le bol sous son nez et lui enfonça le nez dedans.
-Bouffe salope !
Thallys releva le visage , s’étouffant, ayant inhalé des morceau du gruau. Karl ne lui donna pas la moindre chance de reprendre son souffle que sa botte s’abattait sur son cou et qu’il lui replongeait la tête de nouveau dans le contenu du bol. Il se noyait dedans et la branche mordait de nouveau dans sa peau, et ils riaient. Jusqu’à ce qu’il commence à se sentir partir, une douleur cuisante s’étant emparé de ses poumons. Alors la pression sur sa nuque se retira et on lui souleva de nouveau le visage par les cheveux.
Des morceaux de viande et de nourriture rance dégoulinaient sur son visage, coulant de son nez tandis qu’il essayait de reprendre son souffle, toussant pour dégager les morceaux qui s’étaient bloqués dans sa gorge. Sven le laissa faire, le laissa tousser et reprendre son souffle et calmer ses poumons puis il s’accroupit près de lui et lui dit doucement.
-Maintenant tu mange tout salope. Chaque petit morceau.
Et il le fit, choqué au-delà du défi, il enfonça son visage dans le bol et aspira le liquide rance, avala les morceaux flottant entiers dans un effort pour s’en débarrasser le plus rapidement possible. Ils le firent lécher le bol et le sol ou ça s’était renversé. C’était impeccable une fois qu’il eût fini. Le brun, Sven, lui nettoya ensuite la bouche avec un linge humide, le ramassa et le renferma dans sa cage toujours attaché.
Il se recroquevilla sur le côté grilles du fond de cage rentrant dans sa peau nue, estomac protestant ce qui l‘emplissait. Son dos, ses fesses et haut de cuisses étaient bouillants, il sentait le mince filet de sang qui coulait de dizaines de fines coupures. Leur conversation un bourdonnement maussade juste hors de sa concentration.


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Thallys
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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Jeu 11 Juin - 6:26

Il y eût le bruit de pieds de chaises frottant contre le sol quand ils se levèrent de table, le fracas de la vaisselle, puis le bruits des placards s’ouvrant et se fermant. Des bruits de pas, lourds et fatidiques. Peut-être que s’il faisait semblant de dormir ils le laisseraient tranquille ?
-Il est temps d’apprendre ta place ici l’esclave. 
Peut-être pas.
La porte de sa cage s’ouvrit à la volée et comme avant ils l’attrapèrent par les jambes, et le tirèrent jusque sur la peau d’ours devant le feu, où ils le laissèrent momentanément le temps qu’ils se déchaussent et enlèvent leurs chemises. Les jumeaux, eux, jetant leurs pantalons avec et s’agenouillant aussi nu que lui. Ils détachèrent ses poignets mais à cinq sur lui, tous plus grands et plus lourds il y avait peu qu’il puisse faire pour se débattre. Ils le forcèrent à se mettre à quatre pattes, mains sur ses poignets et jambes, le forçant à se tenir tranquille tandis que le gros chauve déboutonnait son pantalon et pressait son membre long et dur contre ses lèvres.
-Ouvre bien grand et avale, salope -encouragea t-il, attrapant une poignée de ses cheveux et tordant son cou en arrière pour mieux s’aligner.
-Tu vas lui briser la mâchoire avec cette chose Stein ! -prédit l’un des jumeaux en riant.
-Ça passera -répondit-il, comme si c’était la chose la plus évidente du monde.
-Ouvre-la -Karl agenouillé à son coté lui attrapa la mâchoire et pressa ses doigts contre les articulations, forçant sa mâchoire à s’ouvrir. Le membre de Stein s’insinua dans sa bouche, l’ouvrant de façon alarmante, rencontra le fond de sa gorge, stoppée par sa trachée spasmante.
Des mains inquisitrices attrapèrent les globes de ses fesses, les séparant, et touchèrent son intimité.
-Belle vue -quelqu’un fit la remarque.
Un doigt le pénétra, la pénétra, entra dans sa chair. Thallys hoqueta et Stein en profita pour s’enfoncer plus loin dans sa gorge qui se contractait. Le doigt bougeait, une parodie de ce qu’ils allaient faire.
-En fait, je paris qu’elle va mouiller.
Le doigt se retira un peu, pour aller plus bas, frotter entre les lèvres de son intimité. Tout son corps trembla, tressauta, parcouru de frissons involontaires et ses reins se cambrèrent de leur propre accord. A l’intérieur de ses cuisses, les nœuds semblaient brûler comme les braseros de l’enfer. Un bruit étranglé lui échappa, et l’homme dans son dos se mit à rire tout en en retirant ses doigts. Un corps bougea derrière lui, écartant encore plus ses cuisses et tenant ses hanches d’une main de fer. Quelque chose de beaucoup plus large qu’un doigt frotta entre elles, puis s’arrêta trouvant sa marque, pénétra un peu pour mieux s’enfoncer d’un coup d’un seul. Son cri s’étouffa contre la chair dans sa bouche.
Maintenant embroché des deux cotés, les autres mains relâchèrent leurs prises pour errer sur le reste de son corps et pincer ses mamelons. Elle gémissait, et non de plaisir, corps secoué d’avant en arrière par les rythmes jumelés des deux hommes qui l’envahissaient. Tout ce qu’elle pouvait voir c’était les poils rugueux et la chair molle de l’entrejambe de l’homme dans sa bouche.
De sa gorge émettait de petits bruits, des sanglots gémissants qui se perdaient dans les claquements de chair contre son visage, et ses cuisses tandis que l’homme derrière elle donnait coup de boutoir l’un après l’autre.
-Verdamnt…elle est tellement étroite, ça en fait presque mal.
-Pas pour longtemps,  un autre pouffa, Allez les gars, dépêchez-vous.
Un des jumeaux se mit à hauteur de son visage, se frottant contre sa joue, laissant des traces mouillées et scintillantes. Stein agrippa une poignée de ses cheveux dans chaque main et tira en avant son visage, dans ses poils rugueux, essayant de se forcer encore plus loin dans sa gorge tandis qu’il venait, répandait flot après flot de jus âcre.
Dépensé, il s’ôta de sa bouche. Thallys n’eut pas le temps de refermer sa mâchoire que celui derrière elle agrippait ses cheveux et la tirait en arrière, la forçant à genoux, lui tordant la nuque douloureusement.
Corps tordu, courbé en arrière, mains griffant l’air pour finalement s’enfoncer dans la chair de ses propres bras, Thallys serrait la mâchoire dans la vague tentative de garder ses cris à l'intérieur. Son bas ventre était douloureux, chaque coup de boutoir frappant son cervix, remontée électrique dans tout son corps. Et forçait quand même des cris à jaillir entre ses dents et la faisait s’enfoncer ses ongles encore plus loin dans ses bras, pour fixer son attention sur une autre douleur.
Le rythme changea, devenant plus dur, rapide, un peu plus désordonné. Un bras s’enroula autour de sa taille, la ramenant contre un torse, un râle rauque dans son oreille la fît frissonner. Des dents qui pinçaient la base de son cou, puis s’enfoncèrent dans la chair cicatrisée lui arrachant un cri plus aigu, dégouté, et plus fort que les autres.
Les hanches de l’homme derrière elle avaient pris ce rythme effréné, et le bras autour de sa taille était un vrai étau. Toute vraisemblance de contrôle s’était envolée, ses cris avaient redoublés d’eux même, suppliants. Ça faisait trop mal, chaque coup répété dans son fondement violent faisaient jaillir ses sanglots d’eux même.
Jusqu’à ce que l’homme ne se tende, s’enfonçant une dernière fois, la mâchoire serrée sur son épaule. Son bras semblant vouloir briser ses côtes, et la prise sur ses cheveux assez forte pour lui arracher des poignées entières.
Sven la lâcha, la poussa en avant, satisfait. Thallys s’écroula sur la fourrure tentant de s’enrouler sur elle-même. Une main se posa sur son bras, et la cheysulie leva des yeux larmoyants et suppliants sur le visage de l’un des jumeaux. Sa gorge lui brûlait et sa voix était terriblement rauque, au vu de l’assaut qu’elle venait de subir, elle arrivait à peine à parler, ses dents s’entrechoquaient.
-S’il vous plait…
Sa réponse fût l’esquisse d’un sourire qui n’avait rien d’amical, féral dans son intensité. Le jumeau la tira vers lui, agrippant ses bras, la mettant et maintenant à genoux contre sa poitrine. Thallys essaya vainement de repousser la masse devant elle mais la prise sur ses bras se resserra en avertissement. C’était dur de ne pas se débattre alors que son cœur semblait vouloir sortir de sa poitrine et ça le fût encore plus lorsqu’une langue traçait de façon très subjective la ligne de sa mâchoire.
Subitement tout bascula, et elle tomba en avant, atterrissant sur le large torse parsemé de poils du jumeau. Paniqué elle essaya de battre en retraite seulement pour se retrouver à califourchon sur lui, mais ses bras étaient toujours coincés et elle se retrouva tirée en avant une fois de plus. La poigne se transféra à ses poignets, tenus dans une grosse main. Bras tendus au dessus de sa tête, elle se retrouvait à le fixer droit dans les yeux mais de sa main libre le jumeau poussa son visage vers le côté.
Exposé dans une telle position Thallys sursauta violemment, au grand amusement des observateurs, quand une autre paire de mains rugueuses agrippa ses hanches. Le jumeau grogna, agrippant l’arrière de son genou avec sa main de libre et lui remontant la jambe, puis la dite main glissa entre ses cuisses. Elle trembla quand le jumeau sous elle la pénétra, mais celui-ci ne bougea pas immédiatement, grogna par-dessus une de ses épaules.
-Verdamnt Olaf, dépêche toi. Il resserra son emprise sur ses poignets.
Thallys trembla, un frisson remontant le long de sa colonne vertébrale, trépidation peureuse coursant dans ses veines, le sang battait dans ses tempes et le nœud dans son ventre se resserra d’un cran. Elle poussa un cri et tenta de se relever une fois de plus quand les mains sur ses hanches agrippèrent sans préambule les globes de ses fesses. Olaf la repoussa en avant avec un coup sec entre les omoplates, et elle se retrouva de nouveau à regarder le jumeau, Bo, dans les yeux. Les siens grands ouverts, cerclés de blanc tellement la peur la nouait en entier.
Son souffle se coinça dans sa gorge, les mains étant revenus à leur premier objectif. Un doigt traça de ses reins jusqu’à son intimité. Bo grogna, un avertissement qui ne lui était pas adressé, les doigts trempèrent de son essence, puis remontèrent, caressant autour de son anus.
Thallys secoua la tête paniquée, suppliant avec ses yeux, Bo qui la regardait, murmurant rapidement presque contre les lèvres de celui-ci. Le jumeau agrippa une poignée de ses cheveux à son front et lui écarta le visage du sien.
-Sheisse, Olaf !
Un doigt plongea enduisant sans attention, trop rapidement, puis Olaf bougea entre ses cuisses, Bo remuant pour qu’il s’accommode. L’autre jumeau re-agrippa son derrière, écartant les globes pour mieux s’y insinuer, et se centrant sur sa cible plongea sans préambule. Rien n’aurait pu la préparer à la douleur.
Bo lâcha ses poignets, ses mains agrippant ses hanches avec celles de son jumeau. Bouche ouverte sur un cri silencieux, et larmes jaillissant d’entre ses paupières closes, Thallys agrippait, elle, une poignée de poils bruns dans chaque main. Écroulée contre Bo, front posé sur une de ses épaules elle ne pouvait qu’endurer.
-Maintenant tu comprends hein salope. T’es rien de mieux qu’une putain, une pute qui vaut rien à par ses trous.
Pour la énième fois on lui agrippa les cheveux, et cette fois ci le visage de Karl la fixait.
-Vas-y, dis le. Que t’es rien de mieux qu’une pute, des trous, que t’es une merde, un déchet ! Dis le !
-…J’- - Je - - Je suis- -gasp - - gasp - - une pute - - des trous. Ahhh - - je suis - - gasp - - un déchet…rien de m - - ahhh - - qu’un - - déchet…
Karl la repoussa en avant, le rythme des jumeaux devenant frénétique. Olaf convulsa, ses doigts se crispant sur ses hanches, et se retira pour éjaculer sur son dos. Une fois son frère retiré Bo les bascula en arrière avec un grognement, donnant quelques rapides coups de reins avant de se vider avec un râle satisfait. Les deux l’abandonnèrent alors sur la fourrure.

C’est fini, c’est fini. Cette pensée tournait dans sa tête, elle était à peine consciente de ce qu’il se passait autour d'elle dans la cabane, douloureuse, sur le sol, à peine consciente d’eux circulant dans le cabanon. Il y eût le grincement d’un fauteuil, et le parfum du tabac qui brûle.
Des mains attrapèrent ses jambes et la tirèrent vers le bas. Elle cligna ses yeux fatigués et étourdis sur Karl penché au dessus d'elle, qui passait les mains sous ses genoux et les poussait vers sa poitrine, glissant son membre entre ses cuisses, pénétrant le premier orifice. Il s’insinua, s’appuyant sur l’arrière de ses genoux et donnant de vigoureux roulements de hanches, tandis que Thallys sanglotait et gémissait épuisée. Brisée.
Ils s’amusèrent avec elle bien dans la nuit, dans la lumière oscillante du feu de cheminé, à tour de rôle, à un ou à deux. Elle les entendit dire que ça faisait plus d’une saison qu’ils avaient baisés, autrement que la variété à cinq doigts. En fait ils dépensèrent leurs frustrations sur elle.
Pendant une grande majorité de la soirée elle avait été inconsciente, retrouvant ses esprits que dans la douleur ou dans des instants de suffocation imminente. Et ils finirent quand même par se lasser. Lorsque son épuisement était tel qu’elle n’esquissait plus le moindre mouvement. Ils la fourrèrent alors dans sa cage où elle s’endormit immédiatement. Un profond et noir sommeil plus près d’un coma qu’autre chose.


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Thallys
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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Mer 27 Jan - 16:46

Thallys ne comptait plus les jours, cela faisait...le temps avait filé de jours en semaines. Elle ne se rebellait plus à présent, et bien qu’au fin fond un tel abandon la dégoutait elle était aussi rassurée du fait qu’elle ne leur donnait plus de raisons de la battre. Elle n’avait eu qu’à le faire une fois, et ils n’y étaient pas allés de main morte. C’était le lendemain de son arrivé, elle avait retrouvé un peu sa langue acérée et une maigre partie de sa fierté. Sacré fierté cheysulie, ça ne l‘avait pas tant aidé au final.
L’un d’eux lui avait mit un balais entre les mains et indiqué tout les nécessaire pour nettoyer, ils avaient tellement étés sûrs de son obéissance qu’ils avaient littéralement rugi quand elle avait violemment connecté le balais avec la tête du gros. Elle avait ensuite pris ses jambes à son cou, le temps qu’ils se lèvent et se ruent dehors elle avait dépassé l’étable. Malheureusement pour elle ils avaient lâché le chien plutôt que de s’entêter à la suivre. King avait bondi comme seul soixante-dix kilos de muscles savent le faire, l’avait dépassé et barré sa route en bavant et grognant comme s’il avait la rage. Pris comme un vulgaire lapin elle s‘était arrêté net, pendant une fraction de seconde seulement. Elle ne s’était pas attendu à ce que l’un d’eux soit dehors avant les autres, elle ne s’en était aperçue que quand elle avait pris un rondin de bois dans le dos et presque immédiatement après elle avait été plaquée au sol. Ils avaient hurlé, furibonds, et l’avait ensuite pendue au porche par les pieds. L’avait frappée avec leurs poings, leurs genoux, puis fouetté avec des jeunes branches et des coups de bâtons, ils avaient même pris la peine de lui brûler la plante des pieds, suffisamment pour qu'elle ne puisse marcher normalement. Pour qu'elle comprenne qu'ils n'hésiteraient pas à aller plus loin si elle tentait encore de s'échapper, et qu'elle devrait marcher à quatre pattes comme l'animal qu'elle était jusqu'à ce qu'elle comprenne sa place. Il avaient ensuite laissé le chien monter la garde et l’avait abandonné là pour la journée. Thallys avait hurlé à s’en péter les cordes vocales et avait plusieurs fois perdu connaissance au fil de la journée. Il était nuit quand ils rentrèrent, et le chef, celui qui lui faisait le plus peur en vérité, l’avait décroché, lui avait gentiment tenu les cheveux quand elle avait vomi tout son saoul et l’avait ensuite ramenée à l’intérieur. Elle s’était retrouvée comme la nuit précédente sur la peau d’ours devant le feux, sauf que cette fois ils avaient appelé le chien. Karl lui avait simplement dit qu’il faudrait mieux qu’elle ne bouge pas d’un poil, et lui avait jeté le chien dessus. King l’avait alors prit pour cible, visant immédiatement sa gorge. Karl l’avait arrêté avec un seul mot, et Thallys s’était fait baver et grogner dessus jusqu’à ce que Karl ne tire la bête en arrière par son gros collier. Il avait recommencé, plusieurs fois. Jusqu’à ce que Thallys soit tellement terrifiée et King tellement excité par le jeu qu’elle se fasse mordre. Une fois qu’elle avait retrouvé la sécurité de sa cage et qu’ils étaient allés se coucher, elle s’effondra sur elle-même, elle avait réussi à tenir jusque là mais une fois qu’elle laissa toute la boule d’émotions sortir elle ne pouvait plus s’arrêter, c’était trop.

L’hiver était arrivé sur cette partie de l’île, la neige avait décidé de tomber et donc de les coincer dans la cabane. C’était la première fois qu’elle ne les voyait pas partir dans les bois pour travailler. Sa cage ouverte par Karl, elle se dépêcha de s’attaquer à ses taches journalières, eux s‘installèrent à la table avec un paquet de cartes. Se faisant toute petite elle récupéra le balais dans un coin et balaya le sol. Ils étaient absorbés par leur jeu et l’ignorait. King dormait près du feu, une patte arrière battant l’air de temps en temps. Le nœud dans son ventre se desserra un peu.
La pièce balayée elle prit le seau et se pressa le remplir de neige, ses orteils se crispant misérablement dans le froid. Les hivers chez elle étaient de vagues souvenirs presque tous effacés, mais elle savait instinctivement qu’avec une fourrure elle ne craindrait pas le froid. Elle trembla, serrant sa mâchoire pour ne pas claquer des dents. Contournant largement King elle mit le seau près du feu pour fondre la neige, et s’affaira à nettoyer la partie cuisine, et à ranger ce qui trainait. Quand suffisamment de neige avait fondu elle fit la vaisselle, et aurait normalement nettoyé l’âtre mais comme ils avait déplacé la table de la cuisine jusque là bas elle n’osa pas s’y aventurer.
Karl gagna la dernière partie du jeu car ils s’écrièrent tous jovialement dégoutés, sauf lui qui balança avec un cri triomphant ses cartes sur la table.
-Glânons le fruit de nos efforts, dit-il frappant dans ses mains pour les frotter ensemble ensuite. Toi, viens là !
Thallys se figea à quatre pattes, elle avait été en train de frotter le sol de la cuisine. Elle rangea doucement la brosse dans le seau, s’approcha prudemment de Karl la tête basse et les yeux au sol. Elle resta là, fixant les bottes jusqu’à ce que le silence qui commençait à peser soit interrompu.
-Allez, tu l’as gagnée pour la journée, qu’est-ce que tu vas en faire ?
-Je réfléchis, dit Karl en agitant sa grosse main, l‘autre frottant son menton. Laisse moi le temps d’être créatif tu veux ?
Il y eu quelques rires à ça, Stein, Sven et Bo s’enfonçant dans leur fauteuils en attendant le spectacle pendant qu’Olaf gigotait d’un pied à l’autre d’anticipation. Sven était le plus créatif avec ses jouets, mais Karl arrivait toujours à trouver les plus cruelles pénitences. Enfin, Karl hocha la tête, comme s’il concrétisait son idée et demanda à Olaf d’aller chercher les cordes qui trainaient dans le coin avec le reste de leur matériel. Thallys il l’attrapa et la poussa sur la table après l’avoir balayé les cartes qui y trainaient. Il la tira par les chevilles jusqu’à ce que ses jambes pendent dans le vide et hocha la tête satisfait. Avec la corde qu’Olaf venait de ramener il lui attacha les poignets ensemble et les remonta par-dessus sa tête lançant le surplus à Olaf qui venait de comprendre ce qu’il voulait faire. La corde fut sécurisé avec les supports sous la table. Karl la tira encore vers lui, jusqu’à ce que ses reins soient sur le bord de la table. Olaf lui envoya la corde de sous la table à Karl qui la passa autour d’un de ses genoux et la força à remonter, pressant son genou contre la surface de la table près de son épaule et pliant Thallys en deux. Il lança de nouveau la corde sous la table et Olaf la lui rendit de l’autre côté où il fit de même avec l’autre jambe, serrant la corde autour de son genou et la coinçant dans cette position de contorsionniste qui lui donnait des difficultés pour respirer. Elle gisait là, mains attachés au dessus de sa tête, les genoux attachés et écartés, vulnérable et à la vue de Karl. Ses pieds spammèrent nerveusement, ses orteils se crispant. Le rebords de la table s’enfonçant dans son dos, et elle luttait un peu à chaque inspiration.
Karl passa une main rugueuse sur la chair exposée d’une fesse, puis remonta l’arrière de sa cuisse. Il se pencha en avant, fixant son visage, le tissu râpeux de son pantalon grattant son entre-jambe. Si Karl allait juste la prendre comme ça sur la table alors ses peurs étaient infondées, être attachée et prise n’était rien dans le grand schéma des choses. Être attachée et prise était plutôt une bonne chose si ça remplaçait toutes les autres horreurs qu’ils pourraient lui faire.
Karl recula une main et passa ses doigts entre ses jambes écartées, un tremblement de peur remonta le long de son échine, peur et terreur qu’ils avaient réussi à lui graver dans le corps, peur qui se montra dans le blanc de ses yeux, le changement subit du rythme de sa respiration et qui prouva qu’elle était complètement terrifiée.
Karl se redressa, sortant une cigarette roulée et craquant une allumette. Il sortit dehors pendant que son frère, ses cousins et Sven attendait près du feu enfoncés dans leur sièges tapotant leurs genoux ou roulant leur tabac. La porte resta ouverte jusqu’à ce que Karl revienne avec le seau remplit de neige qu’il posa sur un banc qu’il traina jusqu’à la table. Il attrapa une bougie dans le placard même s’il faisait suffisamment clair pour y voir, le feu aidant. Il l’alluma à l’aide de sa cigarette et s’installa sur le banc, les quatre autres devenant des spectateurs attentifs.
La bougie disparu de son champ de vision, elle ne savait pas ce que Karl avait fait avec jusqu’à ce qu’elle sente la chaleur de la flamme entre ses jambes, elle sentie la flamme écorcher sa peau et cria. La flamme revint de nouveau, une rapide brûlure puis elle partait, et encore, et encore, et encore. La douleur pulsait, comme les brûlures le font. Puis ce fut la brûlure torride de la cire versée qui la fit crier. Thallys tressauta et gémit, ses jambes se crispant dans leur étau pour essayer d’échapper à la flamme et la douleur. Karl attendit que la cire durcisse puis la pela avec un ongle. Puis il repassa la flamme sur la même zone.
Le soulagement vint soudainement. Une boule de neige fut pressé sur son entrejambe, le froid si choquant qu’elle en perdit le rythme de son souffle. Karl y pressa la boule de neige jusqu’à ce que la chaleur fantôme de la brûlure soit remplacée par un froid engourdissant. Puis il enleva la boule et ramena la flamme, faisant couler de nouveau de la cire sur la même zone, flamme brûlante fondant froid engourdi à l’extrême. Thallys hurla, tirant désespérément sur les cordes, mais le mou de celle-ci lui laissait peu de liberté de mouvement. Karl moula une autre boule de neige compacte et la pressa contre son entrejambe, cette fois y appliquant de la pression, forçant la neige à rentrer et remonter dans son corps. Aucun froid à l’extérieur de son corps, même le plus glacial, n’aurait pu la préparer au choc de la neige à l’intérieur. Thallys sanglota, se tordant sur la table tandis que Karl moulait une autre boule de neige qu’il inséra aussi. Il continua jusqu’à ce qu’il ne puisse plus, l’engourdissant de l’intérieur.
Satisfait Karl se leva, emmenant la bougie avec lui et fit couler la cire sur sa poitrine inexistante. Une fois que ses tétons furent recouverts il pela la cire dure, et joua entre neige et cire comme il l’avait fait avec son entrejambe. Engourdir la chair avec le froid pour la ramener à la vie avec une chaleur cuisante. Elle sanglotait, geignait, se tordait et la neige avait presque totalement fondu à l’intérieur. Karl colla la bougie à la cire semi dure sur sa poitrine. Il contourna de nouveau la table, et sans préambule ouvrit son pantalon et la pénétra.
Engourdie de l’intérieur elle ne sentait pratiquement rien, mais la chaleur naturelle de Karl à l’intérieur était une intrusion bienvenue. Pour un peu ça aurait fait du bien, une source de chaleur qui chassait le froid. Elle gémissait, se cambrant, plus un réflexe animal qu’autre chose, voulant que la chaleur aille plus loin. Karl agrippa ses cuisses et adressa un sourire malin aux autres.
-Elle est plus froide que le téton d’une sorcière.
Il prit son temps, donnant les coups de reins lents mais puissant qu’il préférait. Le temps qu’il finisse Thallys avait presque l’impression qu’à l’intérieur elle n’était plus si engourdie, même si elle grelottait.
Olaf supplia Karl de lui laisser essayer et comme ils avaient une journée à tuer Karl acquiesça, allant chercher une nouvelle bougie pour recommencer tout depuis le début. Thallys n’avait plus la force de faire quoi que ce soit, en choc, tout n’étant plus qu’une distante sensation.
Quand Olaf eut fini ils la détachèrent et lui ordonnèrent de tout nettoyer avec une claque sur les fesses. Elle gratta la cire qui avait coulé sur la table et lava le sol de tous les fluides. Puis elle rampa doucement et se recroquevilla dans le fond de sa cage.


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Fiera



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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Mar 24 Mai - 3:28

Fiera filait sur le vent du nord, il poussait sous ses ailes et la poussait vers le sud comme si Tuuli lui-même les aidait. Peut-être bien que c'était le cas, la dragonne ne pouvait en être complètement sûre. Néanmoins elle avait plusieurs fois soufflé des prières au dieu ailé et quand une bourrasque d'air chaud la poussait plus vite elle était persuadée de sentir sa présence divine souffler dans ses membranes.
Lorsqu'Ashenga'ar était venue la trouver dans les montagnes, où elle demeurait depuis bientôt dix ans parmi des dragons sauvages, c'était pour lui demander son aide. Ça l'avait prit de court parce qu'elle s'était attendue à une de ses habituelles visites de courtoisie, et jamais dans sa vie de dragon aurait-elle jamais cru voir un jour cet homme là lui demander son assistance à elle. Bien-sûr il ne lui demandait simplement que de faire ce que les dragons faisaient de mieux, néanmoins elle avait accepté. Elle lui devait la vie de son dragonnier et il lui avait apporté beaucoup de réconfort quand elle l'avait déniché pour le remercier. Elle considèrerait toujours qu'elle avait une dette envers lui et elle le considérait aussi comme un de ses plus grands amis.
Il lui avait expliqué les tribulations du monde des deux-pattes, surtout du monde des deux-pattes enfants des dieux. Il lui avait confié plus qu'il ne l'avait fait auparavant et Fiera s'était faite la réflexion que dans un autre temps et un autre monde ils auraient pu être dragonne et dragonnier. Malgré cela, sa loyauté et ses sentiments les plus profonds appartenait à Munir. Il lui avait dit de voler vers le nord et elle l'y avait attendu. Elle ne s'était pas attendue à le voir arriver en compagnie d'une jeune femme, Atrazine avait-il dit, avec cette attitude faussement enjouée dont elle savait maintenant qu'il l'utilisait pour cacher ses inquiétudes. Il avait beau être plus vieux qu'elle ne pensait jamais l'être, elle ne se sentait plus aussi humble devant lui que quand elle avait été jeune et terrifiée à l'idée de perdre son dragonnier.
Les deux Andains étaient montés sur son dos et elle avait prit les airs pour ce qui allait s'avérer être un long vol. Après presque dix ans de vie sauvage c'était dur de s'habituer de nouveau à porter des deux-pattes mais cet hiatus parmi son espèce lui avait enseigné la véritable nature de ses instincts un peu plus que les maitres dragons du collège de Turin l'avait jamais fait. Pareillement lorsqu'elle avait approché le groupe de dragons sauvages qui était devenu son clan elle avait suscité beaucoup de curiosité. D'autres n'avaient pu comprendre pourquoi elle avait accepté de porter selle et cavalier comme un cheval. Elle avait toujours été fière mais la fierté de certains des dragons sauvages dépassait largement la sienne. Mais la curiosité avait pris le pas au final, et de la part de quelques femelles une pointe de jalousie. Pour tout qu'elle soit une dragonne 'apprivoisée' elle était extrêmement gracieuse dans les airs. Fiera avait toujours été obsédée par les danses humaines, et Munir l'avait souvent regardée imiter des heures durant des mouvements de danse Andanoriëns et Falassostiens. Fiera s'était entrainée rigoureusement, appliquant ses connaissances au vol, au combat et à l'art de faire l'amour. Grâce à cela elle était aussi gracieuse et silencieuse qu'un souffle d'air. Et c'était pour cette raison qu'elle était persuadée d'avoir les faveurs de Tuuli. Elle n'avait jamais effectué une traversée du nord aussi rapide. Quand tout serrait fini elle pourrait se gorger de viande, mais pour l'heure elle devait pousser plus loin, et elle avait largement puisée dans ses forces, elle avait surtout envie de boire.
Fiera survola le sud de l'ile et l'esprit ancien mais froid d'Atrazine lui indiqua le chemin, Fiera frissonna. Ash était silencieux et avait complètement fermé son esprit au sien, néanmoins Fiera lui envoya l'équivalent d'une étreinte mentale avec toute la douceur d'une amante. Elle repéra d'abord la fumée au dessus de la cime des arbres, puis quand elle fut plus près, le toit d'une cabane. Les arbres tout autour avait étés abattus et le terrain était suffisement dégagé pour qu'elle puisse s'y poser confortablement. Elle survola encore la zone puis piqua et atterrit en courant sur quelques foulées. Ash sauta de son dos très rapidement, suivit d'Atrazine. Fiera les suivit aussi déterminé qu'eux mais avec une pointe d'inquiétude pour le deux-patte qu'elle aimait beaucoup, et aussi pour l'autre qu'elle ne connaissait pas mais appréciait tout de même.
-Méfiez-vous.


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Atrazine
Soeur de la Douleur


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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Dim 5 Juin - 23:52

Fiera se posa gracieusement, comme si elle ne pesait qu'une plume, bien qu'en réalité, Atrazine était sûre que l'impact se répercuterait encore quand elle mettrait pied à terre. La Dragonne était la célérité personnifiée : il lui avait fallu moins de trois jours pour atteindre l'île solitaire, perdue en plein océan. Le vent cessa de siffler à ses oreilles, et Atrazine eut l'impression, un court instant, d'être devenue sourde.

-Il faut faire vite. Avec l'atterrissage de Fiera, nous n'avons pas d'effet de surprise.

Ashenga'ar lui jeta un regard signifiant qu'il n'était pas né de la dernier pluie. Elle lui adressa un sourire railleur.

-Pour le cas où tu serais véritablement devenu sénile, grand-père.

Il se contenta d'un reniflement de dédain pour lui répondre. Il se glissa à bas de la dragonne, souplement. Atrazine eut un rire bref, avant de le suivre, Fiera facilitant leur descente en se couchant presque au sol. Il l'attendit à peine. Elle le sentait en colère, plus que jamais. Elle en frissonnait presque, autant d'excitation que d'appréhension. Elle ne l'avait jamais vu faire étalage de sa puissance, mais le fait qu'il soit encore en vie après tant de siècles, lui laissait penser qu'il valait mieux pour elle qu'elle soit de son côté, plutôt que contre lui. Fiera leur lança un avertissement. Elle se retourna pour lui offrir son plus beau sourire, avant de se mettre à courir derrière Ashenga'ar.

-Oh je suis certaine que tu nous apporteras ton aide si le besoin s'en fait sentir...

Elle généra immédiatement deux dagues de glaces, acérées et brillantes, fumantes, dont les poignées se logèrent parfaitement entre ses doigts. Elle percevait déjà des éclats de voix, et les aboiements frénétique d'un chien. L'atterrissage de Fiera avait fait sortir les rats. Elle ignorait si sa réputation la précéderait, elle n'avait pas fauché des vies de manières aussi spectaculaire depuis de longues années. Elle savait qu'elle n'aurait pas le temps de se montrer créative. Elle n'était pas ici pour faire parler d'elle. L'excitation la gagna quand même. Elle se sentit frissonner, et de la vapeur s'échappa de sa bouche, alors qu'elle sentait son pouvoir courir dans ses veines. Elle savait aussi que ses cicatrices devaient briller, luisant de cette lueur glacée et malsaine, alors qu'un sourire carnassier étirait ses lèvres cyanosées. Elle ne perdait pas leur objectif de vue pour autant. Elle étudia le terrain, brièvement, un simple regard circulaire lui suffit, alors qu'elle avançait, sur les talons de Ash. La forêt avait été défrichée, le sol était comme miné par les souches qui se dressaient encore là. Les quelques arbres encore debout se trouvaient autour de la bicoque branlante sur pilotis, en bois, qui trônait au milieu de toute cette dévastation. Trois hommes étaient sortis par la porte ouverte, seule entrée visible depuis sa position. Elle devina que d'autres attendaient à l'intérieur. Trois hommes ne pouvaient pas avoir abattu autant de travail. Elle remarqua plus d'outils qu'il n'en fallait pour trois hommes près des derniers arbres abattus, confirmant son hypothèse.

Elle courait maintenant, derrière Ashenga'ar, bifurquant sur la gauche, alors qu'il prenait vers la droite. Elle pouvait le sentir, il était de plus en plus furieux. Elle nota dans un coin de sa tête qu'elle devrait faire sortir Thallys et le protéger si Ash laissait libre cours à sa rage. Elle voyait le lien que celui qu'ils cherchaient partageant avec Galadan. Ici, le filin était net, formant un petit faisceau lumineux, qui partait depuis l'intérieur de la maison. Les trois hommes descendaient à leur rencontre. L'un deux les apostropha, et elle ne l'entendit même pas, alors qu'elle accélérait encore, son corps vibrant à l'idée que du sang allait couler.
Ils avaient jugé Ashenga'ar plus dangereux qu'elle. Elle n'avait qu'un seul adversaire. Ce dernier fonçait vers elle, armé d'une machette. Les deux autres, semblablement armés, brandissaient leurs armes, se dirigeant sur Ashenga'ar. Son assaillant eut un temps d'hésitation en voyant son visage. Elle eut un sourire mauvais. Elle évita sans peine la machette, et la dague dans sa main gauche transperça la gorge offerte. Elle eut le temps de sentir l'odeur de crasse et d'alcool de l'homme qui s'effondra en s'étouffant dans son propre sang, tentant de retenir le flot carmin qui s'échappait de son cou perforé dans une vaine tentative de rester en vie. C'était inutile, Atrazine savait que la glace avait cautérisé les bords de la plaie. Elle continua son chemin vers la cabane de bois. Un énorme chien courait vers elle, la bave aux lèvres, menaçant. Elle se contenta de le geler, se servant de ses pieds pour générer de la glace sur le sol, qui frappa le mastiff d'un éclair rampant au sol. Les grognements et aboiements se figèrent dans un couinement pathétique. Elle n'était plus qu'à quelques mètres de la cabane. Elle roula au sol quand un quatrième homme sortit par la porte, la visant avec un fusil. Elle ne s'attendait pas à ce que l'un deux possèdent ce genre d'armes. Elles valaient une fortune. Les balles ne la tueraient pas, mais elle lui ferait mal. Elle savait qu'elle disposait de quelques secondes de répit, le temps que l'homme, qui venait de gâcher ses munitions, recharge son arme. Elle atteignit les marches faites de planches grossières, les montant deux par deux. Elle lança la dague qu'elle tenait dans sa main droite. L'homme la dévia avec le canon de son arme. L'impact fit exploser la dague. Les éclats de glace le perturbèrent, et Atrazine gagna quelques précieuses secondes de plus. Elle percuta l'homme. La dague ensanglantée de sa main gauche se ficha dans la panse du tireur, sa main droite se posa sur son visage. Elle vit son regard paniqué quand la glace se mit à geler à ses chaires, alors qu'ils tombaient tous les deux sur le plancher. Un cri de rage détourna son attention, et elle évita le coup de hache d'un cheveux. Un cinquième homme se dressait à quelques pas devant elle, maintenant les mains vides. Il attrapa ce qui devait être un tison. Atrazine se coucha au sol, roulant sur le côté, sentant le sol trembler sous les pas de Fiera.

-Espèce de garce ! Si tu crois que tes petits t-

Il n'eut pas le temps de finir, percuté par le corps disloqué de son compagnon qui défonça le chambranle de la porte. Ce ne pouvait être que Fiera qui avait lancé ce projectile incongru. Atrazine roula hors de portée. Le corps du tireur gisait à ses pieds, la glace continuant de geler son corps. Ses cris étaient étouffés par la glace qui lui recouvrait le visage. Il avait tenté de retirer la glace de son visage en grattant avec ses ongles, et ses mains étaient maintenant prises elles aussi. Le dernier homme avait réussi à survivre, ayant sans doute eut le réflexe de se jeter au sol ou de se pousser. Il enjamba les décombres, en râlant et en gémissant. Atrazine s'écarta un peu plus, Fiera arrivait vers la maison. Elle décida d'en faire le tour, la dragonne s'occuperait du dernier homme debout. Elle avait écrasé le chien gelé sous des pattes.

Atrazine se fraya un passage par une fenêtre, enfin, ce qui servait de fenêtre. Elle entra dans une pièce dévastée par l'impact du corps projeté par Fiera. Le cadavre gisait, disloqué et ensanglanté, comme un patin désarticulé à qui il manquerait des morceaux, au milieu de ce qui restait d'une table, de chaises, et d'ustensiles. La pièce était la seule de la cabane, des paillasse odorantes indiquaient que les cinq hommes dormaient tous ici, vivant dans cette unique pièce. Probablement des itinérants travaillant pour le compte d'un hors la loi quelconque ayant besoin de bois. La salle n'était pas aussi crasseuse que ce qu'elle aurait pu imaginer, vu l'odeur que dégageait ces messieurs. La pièce était plongée dans la pénombre, et le temps sentait la vieille cendre, la vieille sueur, et des relents de cuisine. La lumière malsaine émanant de son front lacéré projetait une faible lueur auréolant sa tête. Un rictus dégouté tordit ses lèvres quand ses yeux luisants se posèrent sur la cage au fond de la pièce. Un expression douloureuse passa en suite sur son visage quand elle vit la forme recroquevillée, tremblante de terreur, qui se trouvait au fond. Puis, elle eut une bouffée de rage. Elle se maitrisa, et entreprit d'approcher, doucement, sans agressivité aucune, se voulant rassurante. La chose était peut-être difficile vu son visage, mais elle devait sortir Thallys de sa cage, la faire sortir d'ici, et l'emmener dans le Nord. Le lien qui le reliait à Galadan brillait d'un éclat intense, enroulé autour de lui. Elle en aurait presque été aveuglée. Atrazine cligna des yeux, et la pièce n'en devint que plus sombre, quand elle cessa de voir le lien qui reliait Thallys à Galadan. La cage était fermée. Elle se pencha pour être à la hauteur du verrou. Elle souffla dessus, doucement. La serrure et les barreaux autour gelèrent, jusqu'à se fendre dans une série de cracs et de crissements. Elle donna un petit coup, du revers de la main, comme pour frapper sur une porte, et le métal tomba en se désagrégeant.


-Thallys ?appela-t-elle doucement.

N'étant pas sûre qu'elle obtiendrait une réaction, elle s'accroupit un peu plus, ouvrant ce qui restait de la porte, délicatement, pour ne pas l'effrayer plus encore. Thallys était nue, à l'exception d'une loque qui devait lui servir de couverture. Et de là où elle était, Atrazine pouvait voir son entre jambe. Elle, lui. Les deux. Elle pouvait sentir la peur, la presque folie, la résignation, le désespoir, tout ça dans le regard aux yeux exorbités que lui lançait Thallys par dessus son épaule.


-Thallys, répéta-t-elle doucement, c'est fini. C'est Galadan qui nous envoie.





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Fiera



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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Jeu 27 Oct - 0:18

De sa vie, Fiera n'avait jamais vu quelqu'un aussi hors de lui. Ashenga'ar avait littéralement pété les plombs, et c'était peu dire sachant qui était son dragonnier. Jamais auparavant avait-elle eu peur de lui. Mais là, face à sa furie, elle ne pu que se dire qu'elle ferrait tout pour que jamais son ire soit dirigée contre elle. Atrazine, par comparaison, était aussi calme qu'une pleine enneigée. Glaciale. Immuable.
Des hommes sortirent du chalet qui dominait le terrain, trois en même temps, puis un autre qui resta en retrait. En deux foulées la dragonne avait rejoint ses compagnons de route, aussi incongrus soient-ils. Atrazine dominant son adversaire sans aucun soucis Fiera se tourna vers l'un des deux semblables qui étaient aux prises avec Ash. Elle ne se faisait aucun soucis pour lui, il était largement capable de combattre plusieurs ennemis à la fois. Et des lourdaud pareils, il y avait de quoi s'esclaffer. Mais elle n'avait pas non plus envie de le laisser prendre de risques inutiles dans son état d'agitation actuel. Un coup de patte bien placé et l'un des deux semblables se retrouvait fauché et projeté dans les airs. Tournant sur ses pattes elle ramena son arrière-train vers l'avant et le projeta, dans sa descente, d'un coup de queue puissant. A la vitesse à laquelle il vola, la question de s'il respirerait encore à l’atterrissage relevait d'une évidence morbide.
Elle reporta son attention sur ses compagnons deux-pattes et vit Ash se défouler sur l'autre semblable. Atrazine, elle, gelait un de ses deux adversaires d'un souffle, l'autre gisait au sol déjà prit dans la glace. Fiera ne chercha pas à savoir si ce dernier était vivant ou non et l'écrasa au passage. Elle fit de même avec le second sur le porche, juste à temps pour réceptionner celui qui vola par la porte dans une bouffée d'odeurs nauséabondes qui la fit gronder et grimacer. Baissant le museau pour se retrouver à même hauteur avec le lourdaud, elle le fixa d'un œil mordoré. Il avait beau être un deux-pattes d'une taille et musculature tout à fait honorables, elle le vit littéralement se décomposer sous ses yeux.

-Ne t'inquiète pas, je ne mange pas n'importe quoi. Bien qu'il m'arrive de faire des exceptions.

Ouvrant grand la gueule elle le goba jusqu'aux épaules, et se mit à secouer la tête de droite à gauche tout en serrant les mâchoires jusqu'à ce que ce corps pourri jusqu'à la moelle, cède. Complètement flasque il pendait entre ses dents, elle le laissa s'écraser au sol où il s'étala d'un bruit sourd, bras et jambes rebondissant puis retombant mollement à des angles impossibles.

Comme elle ne pouvait pas passer sa tête par la porte, Fiera tourna la tête pour coller son œil par l'ouverture.

-Atrazine ? Thallys ? appela t-elle de la voix la plus douce possible.


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Atrazine
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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Dim 18 Mar - 23:04

L'Andain se retourna pour voir, entendant crier, le sol trembla, et une grosse patte écailleuse et griffue s'écrasa sur le porche de la maison, écrasant l'homme qu'elle avait gelé, défonçant le bois qui craqua, laissant la maison à moitié démolie, le mur menaçant s'effondrer. La lumière inonda la pièce, alors que l'homme encore en vie, sans doute le dernier à l'être était en train de glapir. Elle entendit clairement Fiera, et vit tout aussi clairement ce que la dragonne fit au dernier tortionnaire de Thallys. Les hurlements de l'homme s'éteignirent brutalement quand son corps tout entier se disloqua, alors qu'il se trouvait entre les mâchoires de Fiera, qui secouait violemment la tête. La position d'Atrazine cachait la vue de la scène à Thallys, et elle songea que c'était probablement aussi bien. Elle soupira, fermant les yeux un bref instant. Elle se retourna en suite vers Thallys, qui n'avait pas bougé. Elle ignorait si Thallys était encore capable de parler. S'il était encore là ou si ce qui était devant elle n'était plus qu'une simple enveloppe charnelle régie par un instinct animal.

Atrazine resta ainsi, plongée en pleine réflexion, n'osant pas brusquer Thallys. Elle avait conscience de ne pas être la personne la plus réconfortante et chaleureuse au monde. Que Thallys avait sans doute plus besoin de quelqu'un comme Piri ou Galadan, qui savaient instinctivement quoi faire, quoi dire. Mais là, elle se demanda si ces deux là auraient vraiment su comment s'y prendre. Elle se demanda, si Thallys pourrait vivre normalement après ça, et si elle pourrait faire face au monde extérieur, sans avoir envie de retourner ce cacher. Il y avait les marques partout sur le corps pâle et maigre de la jeune femme recroquevillée devant elle : traces violacées évidentes de doigts qui s'étaient refermés sur ses poignets, ses bras, et ses chevilles, de longues traces rougeâtres de brûlures plus ou moins graves, et marques dues à des cordes, de longues marbrures dues à des coups de bâtons... Elle s'étonna de voir que la jeune femme ne semblait à priori ne rien avoir de cassé. Son visage était épargné en comparaison du reste de son corps, à part un coquard, une lèvre fendue, et des croûtes ensanglantées autour d'une narine. Thallys la regardait derrière un rideau de cheveux blonds, sales et emmêlés. Atrazine entreprit de défaire complétement la porte, pour lui faciliter la tâche, réprimant la haine et la rage féroces qui montaient en elle. Elle les réprima parce qu'elle s'était déjà vengée. Elle regrettait seulement de ne pas avoir pu prendre son temps, et d'offrir convenablement ses hommes à Nuru. Elle gela les gonds, jusqu'à ce qu'ils crissent et se fendent. Elle arracha sans mal la porte, la déposant doucement au sol. En suite, elle défit la lourde cape qu'elle portait, plus par coquetterie que par réel besoin, le froid ne l'éteignait pas. Elle prit son temps, ses gestes furent mesurés, et pendant tout ce temps, elle ne cessa de parler à Thallys, certaine qu'elle l'écoutait :


-Tout est fini. Ils ne te toucheront plus jamais. Nous nous en sommes assurés. Galadan regrette de n'avoir pu venir lui-même te chercher, mais il te maintient en vie depuis le Nord d'Inwilis. Tu devrais le voir, lui, ce grand seigneur, alité comme un gamin avec une mauvaise grippe... Nous allons te ramener, jusqu'à lui, jusqu'à chez toi quand tu voudras. Mais il faut d'abord que tu sortes de là. Nous devons aussi te soigner...

N'obtenant aucune réaction, et n'osant pas la toucher, Atrazine se contenta de la regarder, sans être hostile, continuant de parler, même en ayant l'impression de déblatérer des idioties. Elle devait être douce, et attendre l'autorisation tacite de la victime qu'était Thallys pour enfin lui porter véritablement secours. Elle l'envelopperait dans sa cape, elle ne serait pas forcément douce, mais elle serait chaude, propre, et elle la couvrirait sans peine, lui donnant un endroit où se réfugier. Atrazine écoutait aussi ce qui se passait dehors. Le sol ne tremblait plus, signe que Fiera s'était immobilisée, et elle s'attendait à entendre Ashenga'ar d'ici peu. Il n'y avait plus que les craquements du bois, le souffle du vent, et la chaleur étouffante et moite de l'île, une chaleur qui ne devait pourtant pas réchauffer Thallys. Elle décida de faire une nouvelle tentative.

-Il y a une dragonne qui est venue rien que pour toi dehors. Et un ami, Ashenga'ar, il est venu pour toi aussi. Pour t'emmener loin d'ici. Tu sais, là où est Galadan, c'est vraiment charmant, c'est paisible et calme. Chaleureux. Personne ne pourra t'y faire du mal. Plus personne. Je te le jure. Il veut que nous te ramenions près de lui. Il te prête de sa force en ce moment, mais il a besoin de toi. Et toi, tu ne veux certainement pas rester ici. Regarde, je te prête mon manteau, c'est peu pour être habillé, mais le voyage ne durera pas longtemps, et personne ne nous verra dans le ciel. Je te protégerai du froid. Tu peux sortir ? Est ce que tu peux marcher ? Je te porterai s'il faut. Tu ne dois pas peser plus lourd qu'une plume...

Un lourd bruissement derrière elle. Atrazine savait que s'était Fiera qui s'était mise à hauteur du trou béant dans le mur. La dragonne les appela, et elle fut certaine que Thallys pouvait l'entendre aussi. Jusque là, l'Andain avait parlé avec une voix douce, calme, presque enjouée, une voix qui se voulait rassurante. Elle éleva un peu la voix, signalant leur position à Fiera, et où elles en étaient.

-N'aies pas peur, ça c'est Fiera, tu sais la dragonne. Elle est là pour t'emmener retrouver le Nord. Galadan m'a dit que tu avais une famille là bas. Lui aussi, il est là bas. Et on est jamais plus en sûreté qu'avec un dragon, crois moi.

Atrazine poussa plus loin cette troisième tentative, voyant qu'un oeil attentif la regardait. Elle percevait la folie, la peur, un regard qui ne trompait pas. Elle obtenait enfin une réaction, Thallys devant se tourner pour la regarder, même d'un seul oeil. Atrazine s'était trompée. Même son visage était tuméfié, du coté qu'elle n'avait pas pu voir. S'avançant, sa cape dans les mains, elle le posa sur Thallys.

-Tu veux de l'aide pour t'enrouler dedans ? Ce sera mieux pour voyager.





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Thallys
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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Lun 9 Juin - 3:26

Thallys était gelée, recroquevillée dans le fond de sa cage et enroulé autant que possible par la couverture trouée, mais tremblant malgré tous ses efforts pour se couvrir. Dormir lui était impossible, dès que ses yeux se fermaient il sursautait au moindre petit bruit. Alors il laissait son esprit vagabonder hors de l'enceinte du chalet, loin des esprits et des pensées lubriques de ses geoliers qui, en cet journée de repos, jouaient aux cartes et fumaient leurs cigarettes et pipes près de la cheminée. Depuis qu'il avait été séparé de Serri son empathie était incontrolable, son conscient et subconsient une véritable plaie ouverte qui s'était infectée de jour en jour. Son esprit avait failli se coller à celui du chien, King, mais c'était à croire que l'animal était aussi mauvais que ses maîtres. Plusieurs fois il s'était fait mordre par l'animal quand on lui sommait de nettoyer, ses tortionnaires avaient trouvé ça drôle et par la suite ordonné l'animal de l'attaquer quand ils trouvaient qu'il ne travaillait pas assez vite, ou bien. Ce n'était pas la faute de l'animal, mais Thallys répugnait l'esprit de ce chie autant qu'il le craignait. Alors son esprit s'était collé à celui des quelques animaux de la grange. Les pensées des poules -si seulement on pouvait les appeler pensées- contrairement à ceux des autres volatiles qui entraient dans son rayon de perception, ne l'attiraient pas. Mais les pensées reposées des juments broutant leur foin l'apaisait. Thallys s'y perdait régulièrement. Dans l'odeur du foin, d'avoine, de paille, de crottin, d'ammoniaque et de bois.
Il s'était vue une seule fois dans un miroir qu'il avait trouvé dans un fond de tiroir un jour de rangement, il n'avait pas cherché à voir de nouveau son reflet. Ce n'était pas le teint terne et gris, ni les cernes, ni les contusions qui lui mangeaient le visage qui lui avait fait peur, mais la lueur de folie qui rodait dans son regard. Il lui était arrivé de penser à se tuer, il y avait toute sorte d'objets qu'il pourrait utiliser pour en finir. Mais quelque chose l'en empêchait, lui soufflait qu'il était bien plus fort que ça, pour prendre une sortie si facile. Dans tous les cas ses bourreaux le terrorisaient tellement qu'il n'osait jamais laisser ses mains traîner là où on ne les lui demandaient pas.
Parfois des sons, des odeurs et des images venaient perturber ses sens sans qu'il puisse expliquer leurs origines. D'autres fois s'était une présence faite de crocs et de fourrure qui protégeait son sommeil quand il était trop épuisé, lui permettant de fermer les yeux ne serrait-ce que quelques minutes. Mais ce n'était jamais un repos complètement réparateur. Malgré la bienveillance qu'il ressentait au fond de lui même, le grondement guttural, la sensation de fourrure contre ses jambes lui rappelait le chien. Les bûcherons pensaient qu'il était vraiment devenu fou parce qu'il ne réagissait plus du tout à tout ce qu'ils pouvaient bien lui faire. Thallys aussi pensait qu'il avait perdu la raison, renfermé dans sa douleur il avait l'impression de ne plus arriver à ressentir quoi que ce soit sauf par le biais des autres.

Les juments avaient arrêtées de brouter assez soudainement, et à présent ronflaient tout en frappant des sabots de manière inquiète. Leurs oreilles tournaient dans tous les sens, et plus elles s’inquiétaient plus elles s'agitaient. Au départ Thallys ne l'entendait pas comme elles, mais leurs panique la submergea. Elle se mit à geindre en se tenant les oreilles, entendant finalement un crissement continu d'ongles sur une ardoise. Le chien se mit à aboyer, et le sol se mit à trembler sous leurs pieds.
Tout ensuite semblait se passer très vite. Les cinq hommes sortirent tour à tour en trombe, et tour à tour périrent. Sauf que Thallys ne le vit pas avec ses yeux mais le ressenti, dans sa tête et dans son corps, comme si il aussi mourrait à chaque fois, en même temps qu'eux. Quatre morts différentes dont les auteurs étaient de véritables fantômes tant leurs esprits lui étaient verrouillés. Frappé, gelé, piétiné, fracassé, dévoré ; plus ça allait plus Thallys se ratatinait, genoux sous le menton et mains sur les oreilles.
Puis plus rien. Et une voix dont il ne voyait de l'esprit que le crissement de blocs de glace craquant les uns contre les autres, et la seconde voix qui lui donnait l'impression que ses oreilles allaient saigner. Quelque part dans sa tête un filin s'occulta remplacé par un sifflement continu.
La porte de la cage fut brisée sous ses yeux. Thallys baissa ses mains de ses oreilles et lorgna l'inconnue qui se tenait devant lui et l’œil reptilien qui bloquait sa seule porte de sortie avec une appréhension grandissante. Pris au piège. Pris au piège encore une fois. La femme aux cheveux comme une cascade bleue lui promettait tout ce dont il rêvait depuis...depuis combien de temps? Mais c'était trop beau pour être vrai, ça l'était forcément. Galadan? Le nom lui rappelait vaguement quelque chose, mais il perdait le fil de sa pensée parce qu'un second nom l’interpella, Ashenga'ar? Oncle Ash, ici? Thallys ne l'avait pas vu depuis des années, pas depuis la dernière fois qu'il était allé à la guilde pour lui rendre visite et que ce dernier y avait été. Non, Oncle Ash n'était pas là, c'était plus qu'improbable. Il voulait y croire, il voulait tellement y croire!
Thallys regarda le manteau de la femme bleue approcher doucement, ses yeux fixés sur ses mains. Et c'était de belles mains, les doigts longs et fins avec des ongles fuselés, parfaitement manucurés et peints en bleu, précisément la couleur de ses longues boucles. Mais ces mains aussi rassurantes se voulaient-elles l'acculait dans sa cage. Thallys n'eut aucune réflexion. Un instant il se reculai le plus possible pour éviter tout contact, l'autre il claquait des crocs à quelques centimètres de ces doigts en jappant avant de sauter hors de sa cage à quatre pattes. L'instinct animal prit le contrôle, la femme était dans son dos, il ne fallait surtout pas lui tourner le dos, mais devant il y avait ce dragon qui bloquait ce qui restait de la porte. Le loup se rua et sauta par la seule fenêtre.

Thallys s'écrasa au sol, dans l'herbe parmi le bois et le verre. Le loup se leva, glapi et se rua de côté quand une main gantée s'approcha de son museau, la queue repliée entre les pattes arrières. Et cligna plusieurs fois les yeux avec gémissement étonné quand il reconnu sous tout ce sang...
"Grand oncle Ash?"

Un gémissement de douleur captiva son attention, occultant complètement tout ce qui se passait. Sans que Thallys puisse expliquer pourquoi il se leva sur deux jambes -quand est-ce qu'il avait perdu ses pattes et sa fourrure tant manqué?- et indifférent au verre s'approcha du corps qui bougeait encore mollement. Un de ses geôlier, couvert de sang et les mains qui tentaient désespérément de rassembler ses intestins qui semblaient sortir de son corps coupé en deux.
Thallys observa le chef de cette salle bande avec un regard détaché, il détourna les yeux suffisement longtemps pour ramasser le premier objet au sol, c'était lourd mais l'adrénaline le submergea et avec un hurlement il abattit la hache de toute ses forces sur le sale visage de celui qui avait aidé à la torturer. La hache se planta avec un bruit sourd à travers sa face et éclata sus la pression, le recouvrant de sang et de matière grise. Thallys lâcha le manche et recula avec révulsion, comme si ça l'avait brûlé. La bile lui monta à la bouche et il se mit à vomir dans l'herbe, tombant à genoux et pleurant essayant de ravaler ses larmes et de respirer sans avoir l'impression qu'il réussirait à s'arrêter un jour.


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Atrazine
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MessageSujet: Re: Esclavage et déraison [Warning AC & PV]   Dim 20 Nov - 18:49

Un œil méfiant la regarda à travers le rideau de cheveux sales qui pendaient lamentablement sur son visage tuméfié. Malgré une approche qu'elle pensa, douce, Thallys eut la même réaction qu'un animal, claquant des dents, dans un mouvement lui rappelant le loup. Elle se demanda si l'état de Galadan n'influait pas sur l'esprit de l'Ai-Esu devant elle, et si cette influence ne se traduisait pas par ce comportement lupin. Il avait reculé comme si les barreaux de la cage avaient pu s'étirer pour agrandir la distance entre eux, et l'instant d'après, ses dents étaient passées à quelques millimètres de ses doigts. Atrazine se recula, doucement, sans mouvements brusques. Elle se retourna pour appeler Ashenga'ar, peut être que lui, pourrait la faire sortir de là sans la faire paniquer plus.
Thallys était au bord de la folie. Elle avait été traitée comme un animal, et pire que ça. Elle avait vu les animaux, dans l'écurie, le chien, qu'elle avait abattu d'un stalactite planté en travers du crâne, ils avaient eu l'air d'être mieux traités qu'elle. Réduite à l'état de loque, à peine vivante. Elle n'avait que la peau sur les os, et sans Galadan, Atrazine était persuadée qu'elle aurait succombé aux mauvais traitements bien avant. Elle avait survécu, maintenue en vie. Mais avec quelles conséquences ? Thallys la bouscula, se ruant hors de la cage.
Atrazine tenta de la rattraper, mais n'eut des lambeaux de couverture crasseuse entre les doigts. Elle le regarda, abasourdie, presque ahurie, sauter par la fenêtre, brisant le montant et les vitres, sans se soucier de sa nudité partielle, de la douleur, du sang qui gouttait maintenant. Atrazine se releva, son manteau dans les mains, se penchant par la fenêtre, prenant garde à ne pas se couper.

Thallys atterrit dans l'herbe dans une roulade contrôlée, dans un gémissement de douleur, s'immobilisant. Il était déjà surprenant qu'elle ait réussi ce tour de force. Mais elle avait vu ce que la peur, la frayeur, pouvait faire faire. La stupidité aussi. Elle faillit toucher les cicatrices qui balafraient ses yeux, qui luisaient autant qu'eux, d'une lueur bleutée, comme si sa peau s'était ouverte sur des glaciers illuminés de l'intérieur. Elle, elle avait été stupide. Et jeune. Longtemps auparavant.
Ashenga'ar traversa l'espace qui le séparait de Thallys en quelques élégantes et énergiques enjambées. Il était couvert de sang, mais semblait aussi à l'aise au milieu des cadavres qu'au milieu d'une taverne. Elle le regarda refermer sa main sur le visage de Thallys, qui s'était écarté d'un mouvement encore trop lupin pour son corps... Thallys se raidit, se releva. Et Atrazine le regarda planter la hache avec une force insoupçonnée dans le crâne d'un des hommes agonisant. Il s’aspergea de sang et de cervelle. L'arme tomba dans l'herbe, et comme s'il venait de réaliser ce qu'il venait de faire, elle le vit reculer, et se mettre à vider ses tripes. Elle se détourna du spectacle, sortant de la maison, à laquelle elle ne jeta pas un regard. Elle descendit la volée de marches de bois du porche. Thallys vomissait toujours.
Elle déposa son manteau sur les frêles épaules tressautant de l'Ai-Esu, avant de ramener ses cheveux, délicatement, pour éviter qu'elle ne vomisse dessus, dedans. Elle resta silencieuse. Elle avait eu moins de scrupules, d'états d'âme quand elle avait tué pour la première fois. Autre temps, autre mœurs. Mais Thallys... Elle avait cru comprendre que Thallys n'avait pas connu la mort, le sang, la brutalité d'un champ de bataille, avant aujourd'hui. Elle eut pitié de l'Ai-Esu, un bref instant. Son sort n'était pas enviable. Elle ne le souhaitait à personne. Elle resta silencieuse, jeta simplement un regard à Ashenga'ar, qui se tenait accroupi à coté de Thallys lui aussi.



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Esclavage et déraison [Warning AC & PV]

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