AccueilPortailGalerieFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Maison d'Haldamir

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant
AuteurMessage
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Sam 14 Aoû - 19:47

Haldamir referma la porte derrière lui. Autant éviter que le sable et la chaleur entre en ce début d'après midi. Le désert n'est jamais clément. Et Alatairë n'était plus une ville clémente depuis près d'un siècle. Le plus drôle fut qu'Aillil n'émit absolument aucun commentaire sur son changement d'apparence. Quand à Axel, le pauvre semblait complètement absent. Ulrike fila dans la cuisine à la vitesse de l'éclair.
Elle était passée près de Dämons. Sa robe était encore tâchée de sang. Lui même était encore tâché de sang. Haldamir contourna Sidwell et Aillil, pour aller dans sa chambre. Il se débarrassa de ses vêtements, et passa de la chambre à la salle de bain, se nettoyer. Il regarda l'eau prendre une teinte rosée quand elle coula sur le blanc de la baignoire. Il examina son reflet. La bouche fermée, ce n'était pas trop choquant. On ne voyait pas, du premier coup, sa superbe et nouvelle dentition digne d'un dragon. Pas plus qu'on ne remarquait les os apparents de sa colonne vertébrale au niveau de sa gorge. Cela confirma ce qu'il savait déjà. Il avait perdu toute mortalité. Il était devenu un Gardien à part entière.

Une fois propre, il repassa dans la chambre, et se vêtit rapidement. Il enfila une longue tunique écrue, avec des broderies sombres sur le col, et les poignets. Le col cachait une partie de son cou. Il enfila un pantalon ample noir, et entendit le bruit de verre brisé dans la cuisine. Haldamir termina de fermer son pantalon sur le chemin de la cuisine. A l'intérieur, Ulrike cachée derrière un mur opaque, et un Sidwell interloqué devant un plateau au contenu renversé. Haldamir repoussa ses cheveux aux pointes mouillées. La barrière fragile, se volatilisa. Le Gardian attrapa la petite prêtresse par une épaule.
-Tu sauras bien te débrouiller Sidwell. Si non, demande donc à Aillil, elle squatte depuis deux jours.

Sans attendre, il prit Ulrike dans ses bras, et la porta jusqu'à la salle de bain. Là, il la posa sur le sol.
-Tu ne bouges pas d'ici.
Il laissa ses doigts caresser sa joue, et sortit. Il monta chercher des vêtements propres pour elle. Il prit une robe écrue elle aussi, assortie à sa propre tunique. Kallen en avait une aussi. Il prit un châle violine. Il faisait peut être chaud, mais Ulrike était en état de choc, et le châle, elle le mettait la nuit, quand la température descendait trop. Il redescendit, et retourna dans la salle de bain. Il referma soigneusement la porte, et boucla le verrou.
Haldamir posa les vêtements sur le haut du meubles à serviettes. Et il s'attaqua à la tenue qu'Ulrike portait. Il retira le tablier, la robe couverte de sang, tout. Il n'épargna même pas la petite culotte, qui avait eu droit d'être tachée elle aussi. Amara l'avait transpercée, et elle avait baignée dans son sang jusqu'à ce qu'Isil la soigne. Ni une ni deux, Haldamir remonta ses manches, fit couler l'eau, prit Ulrike, la mit dans la baignoire, et lui envoya le jet d'eau pour la nettoyer.
-Tu te savonnes toi même, où je le fais ?

Haldamir n'attendit pas la réponse, il avait déjà le savon et le gant dans ses mains. Il frictionna Ulrike, des pieds à la tête, de la tête aux pieds, n'épargnant pas ses cheveux. Couverte de mousse, elle protesta un peu, mais pas plus que Kallen refusant de se laver. Le jet d'eau fit son retour, chassant savon et mousse. Haldamir fit une pause, pour prendre le menton d'Ulrike entre ses doigts.
-Il faut d'abord penser à toi dans ce genre de situation. Quelle idée de rester habillée avec tes vêtements plein de sang... Tu te sens mieux ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Ven 8 Oct - 21:46

La barrière se désagrégea rapidement, le regard fixé devant elle, le dos contre du bois la protégeant Ulrike n'émit qu'une vague plainte quand Haldamir la prit dans ses bras, puis elle agrippa ce qu'elle pouvait de sa tunique quand elle fut contre lui. La petite prêtresse tremblait, apeurée, sûre que quelqu'un était venu lui planter de nouveau une épée dans le dos. Haldamir ne les laisserait pas faire, il ne permettrait plus cela. Tant qu'il était là, elle serait protégée oui.
Le contact du sol lui fit resserer sa prise sur le Gardien, mais il lui demanda doucement de ne pas bouger, et lui caressa la joue.
Ses doigts crispés lachèrent le tissu et elle ne détacha pas pour autant son regard de la porte tout le temps qu'il était partit. Elle se retournait de temps en temps, rapidement, pour être sûre de ne plus être surprise par qui que ce soit.

Quand Haldamir fut de retour, elle tremblait déjà moins, et commençait à comprendre ce qui s'était passé dans la cuisine. Sidwell était simplement entré, sûrement pour savoir où en était les boissons, ou même pour l'aider, peu importait. Les verres étaient cassés à présent, il fallait nettoyer et ranger, avant que quelqu'un se blesse.
Elle fut déshabillée sans ménagement. Ses vêtements pleins de sang se virent mit tous ensemble, formant un petit tas. Elle, elle était sur ses jambes, et nue par la même occasion. Mise par le Gardien d'Alataïre dans la baignoire, elle commença à protester parce qu'elle devait aller en cuisine, sinon elle savait que les autres nettoirait alors que c'était à elle de le faire, pas aux invités.
-Je peux me...

Sa phrase ne trouva ni fin, ni oreille. Haldamir s'activait déjà pour la savonner partout, retirant le rouge de sur elle. Ses pieds, son ventre, son dos, ses cheveux, tout passa au savon. Elle gémit comme une enfant en essayant d'arrêter le jet de ses mains quand il repassa pour la 'démousser'. Une fois propre, plus détendue par l'eau chaude sur elle, et bien plus à l'aise Ulrike souffla longuement, comme si un poids partait de sur sa poitrine.
-Ca va, oui... Je, je dois aller nettoyer les verres, je les ai fait tomber, ce n'est pas aux autres de le faire...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Sam 30 Oct - 19:47

-Bien sûr, et donc tu vas y aller toute nue ? Bien que ça ne me dérange pas de te voir penchée, sans rien du tout, pour ramasser quelque chose par terre, il me semble que cela n'est pas très judicieux, quand il s'agit de morceaux de verre.

Haldamir était mi-sarcastique mi-sérieux, il lâcha le menton d'Ulrike, avant de l'asperger une dernière fois, histoire de chasser toute trace de savon. Sans attendre qu'elle proteste une fois de plus - ce qui était bon signe, cela signifiait qu'elle allait mieux si elle pouvait penser à se comporter comme une fée du logis. Le Gardien attrapa une des serviettes soigneusement pliées sur le haut d'un petit meuble, et en drapa Ulrike. Il la frictionna, avant de faire en sorte, que sa longue chevelure humide soit enturbannée dans une autre serviette.
-On a un super samildanach a disposition, il doit bien connaitre des sorts de réparation et de nettoyage rapides. Il saura se débrouiller.

Haldamir eut un sourire, au rendu carnassier par sa nouvelle dentition, bien que le but était simplement d'être un sourire d'hilarité. Il souleva Ulrike enveloppée dans les draps de bain, et la posa sur le sol frai de la salle de bain.
-Et puis, c'est pas comme si on tenait un hotel de luxe non plus. T'es pas à leur service, ajouta-t-il en achevant de la frictionner.
Le Gardien décida de jouer sa dernière carte, pour qu'elle reprenne un peu du poil de la bête. Délicatement, il se saisit de la petite culotte qu'il avait apporté. Du bout des doigts, comme s'il s'agissait d'une relique. D'un air solennel, et pourtant fasciné, il observa le petit morceau de tissus. Haldamir l'examina, et fronça légèrement les sourcils.

-Je la connaissais pas celle-là. C'est une nouvelle ? Jolie couleur.

La petite culotte en question était d'un beau bleu pastel, avec des petites fleurs violettes brodées dessus. Il la lui mit entre les mains, avant de saisir d'une petite brassière tout à faire semblable à la culotte.
-Eh mais, j'avais pas vu, mais c'est coordonné. Dis moi, ça fait combien de temps que tu attendais d'avoir un semblant d'oeufs aux plats, pour pouvoir porter ça ?




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Lun 15 Nov - 21:55

Haldamir avait raison, elle ne devrait pas en faire autant. Mais Ulrike se sentait tout de même gênée qu'on doive faire les choses qu'elle faisait d'habitude. C'était un peu la maîtresse de maison, malgré sa jeune apparence, et on ne faisait pas faire le ménage par les autres. Même si en l'occurenc,e c'était vrai que les autres n'étaient pas vraiment des invités, mais une sorte de bande de squatteurs originaux.
Avec un turban en serviette éponge sur la tête, une grande serviette la tenant au chaud et la séchant doucement sur elle, et un gardine pour la frictionner, elle n'eu pas vraiment le temps de songer au fait qu'il faudrait qu'elle fasse plus à manger ce soir encore. Il faudrait bietôt retourner chercher de quoi manger de nouveau à Fendassë. Les visiteurs de ces derniers jours se faisaient plus présent, et ça se ressentait sur les reserves. Elle qui pouvait se vanter de nourrir trois personne pendant au moins un mois et demi avec un seul approvisionnement bien conservé dans les froidures du sous-sol, se retrouvait un peu à court après seulement deux semaines et quart. Haldamir serait enchanté de ce petit voyage... Et elle l'accompagnerait.
Elle avait du rester une fois, une seule fois seule dans la ville lorsque Kallen était malade après avoir décidée qu'elle engloutirait tout ce qui restait de bonbons, et qu'il était grand temps d'acheter des vivres. Et la prêtresse n'avait pas osée ni ouvrir la porte de nuit ou de jour, ni vraiment sortir de la chambre de sa soeur.

Dans ce corps enfantin, elle était comprimée, ses pouvoirs n'était plus qu'un semblant d'une vague idée de ce qu'ils avaient été. Elle ne savait même plus si elle serait capable de faire les prouesses qu'elle accomplissait avant, quand lors de certaines cérémonies pour certains dieux il falalit offrir aux croyants presque un spectacle. Ulrike se sentit un peu sombre en songeant à cela.
Ses réflexions un peu noires furent éclatées comme des bulles quand Haldamir parla de sa culotte, puis qu'il la lui mit dans les mains. Là, ulrike se sentait elle même, revenue dans la maison du séduisant pervers qui l'avait reccueillit avec sa soeur alors qu'elles étaient à deux doigts de se faire jeter dans le désert à cause des farces de mauvais goût de sa petite soeur. Ses joues rougirent, et ses sourcils se froncèrent avec vigueur quand Haldamir fit une reflexion sur sa nouvelle petite poitrine, et surtout, le fait qu'elle ai attendue longtemps avec des sous vêtements assortis, de l'avoir cette poitrine pour les enfiler. Elle leva un doigt en l'air posa sa culotte dessus, et après avoir tendu l'élastique, l'envoya dans la tête du Gardien, droit entre les deux yeux.
-Ca s'appelle de la prévoyance ! Et garder espoir jusqu'au bout, môssieur Grandes dents. Semblant d'oeufs au plat ou non, une poitrine reste une preuve de croissance. Et par Nevaeh, ils sont très bien mes sous vêtements. Rend moi ça, espèce d'espèce, ou je dis à Kallen que tu cache des bonbons dans ta chambre.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Dim 12 Déc - 15:44

Haldamir se prit un retour de culotte en pleine tête. Rien de très douloureux. Ulrike avait déjà la voix plus assurée. Mais, on ne se remettait pas aussi facilement d'une attaque aussi brutale que soudaine, qui vous laissait sur le carreau, à vous vider de votre sang, vos entrailles perforées. Un charmant tableau. Le Gardien en savait quelque chose.
Haldamir la regarda, carrément amusé de sa réaction.

-Oh quelle insulte ! Quelle menace ! Tu n'oserais pas ? demanda-t-il faussement offusqué, allons, réfléchis, si Kallen investit ma chambre, où irais-je ? Certainement droit dans la tienne. Et qui sait ce que je pourrais faire à ton tiroir de sous-vêtements, hmm ?

Culotte et brassière en mains, il les déposa délicatement, sur la petite robe qu'il avait pris, qui était encore bien pliée, à coté d'eux, sur le haut du meuble. Son hilarité céda la place à son habituelle expression de taquinerie, qu'il se plaisait à avoir quand il savait qu'il la mettrait au pied du mur.
Ses mains s'accrochèrent aux rebords de la baignoire, ses bras entourant la petite prêtresse. Toujours à genoux devant elle, il se redressa, de façon à ce que son visage soit à la hauteur du sien. Il réduisit ainsi, considérablement la distance entre eux. Haldamir pencha légèrement la tête sur le coté.

-Certes, une poitrine, même petite, reste une preuve de croissance.

Ses yeux se baissèrent sur la serviette, qui enveloppait la dite poitrine. Yeux qui remontèrent pour rencontrer ceux d'Ulrike. Yeux qui furent illuminés par un large sourire moqueur, qui pour le coup, lui arrivait littéralement jusqu'aux oreilles.

-Il parait que les masser régulièrement permet d'en avoir de plus gros. En plus de faire beaucoup de bien. On pourrait peut être essayer, qu'est ce que tu en dis ? Après tout, tu as un expert en face de toi. Et imagine, si tu mets ta menace à exécution, être dans ta chambre permettra de le faire tous les soirs. Et tu verras, tu pourras remplir rapidement tes brassières, et soutient-gorges, que tu as gardé en prévision. Et si tu lâches cette serviette maintenant, je peux même commencer tout de suite.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Lun 10 Jan - 22:23

Haldamir avait, encore une fois pour son plus grand malheur à elle, raison.
Dire à Kallen que des bonbons se trouvaient dans la chambre du gardien signifiait bien qu'elle ne quitterait les lieux qu'une fois les trésors plein de sucre trouvés et dévorés. Et donc une utilisation de la chambre impossible durant un long moment car elle avait la tête plus dure que du granit, et bien entendu Haldamir ne louperait jamais la moindre petite occasion de la faire tourner en bourrique. Surtout s'il pouvait obtenir l'accès à son tiroir de sous vêtements de manière illimitée. Elle mit par intinct une main sur la jointure de la serviette, pour le cas où elle tomberait rien que par la volonté de son pervers de logeur. Il se releva, ses bras l'encerclant et la contraignant à rester près de son bord de baignoire. Elle ne pu s'empêcher de rougir en le voyant si près d'elle.
C'était très tendancieux.

Elle pouvait presque sentir le souffle tiède de sa respiration la toucher, elle pouvait l'entendre assez bien déjà. M-mais qu'est-ce qu'elle pensait là ? La nature perverse d'Haldamir devait l'atteindre à cette distance peu élevée. Et ce qu'il rajouta, sa proposition, ses insinuations et son ton, tout cela la fit rougir jusqu'aux racines de sa chevelure blanche. Quelle idée de proposer ça, là, d'un coup... Quasiment de but en blanc. Ses yeux verts allèrent regarder le sol, mais elle ne pu le voir. A la place elle voyait un peu l'ouverture de la tunique du Gardien, plus bas son pantalon, et sans savoir pourquoi, elle eu l'impression que ses oreilles chauffaient.
-I-idiot...

Ulrike n'osa pas regarder dans les yeux en parlant. Mais rapidement son regard alla se planter fermement dans celui du Gardien quand elle bougea la main sur la jointure de la serviette. Dans son regard, pas de défi, de rage, ou autre, plus une sorte de demande timide. Elle tira un peu la dénouant... Et lâcha la serviette qui tomba dans un bruit mat. Nue, avec ses semblants d'oeufs au plat, elle ne se sentait pas forcément à l'aise. Qu'est-ce qu'elle n'aurait pas donné pour son corps réel encore une fois, elle aurait plus de confiance en elle. Ou en son apparence, là, elle ressemblait trop à une jeune adolescente à son goût...
Elle mit rapidement ses bras autour du cou d'Haldamir, et l'embrassa comme il l'avait fait la veille, même si elle devait être un peu moins douée que lui.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Dim 16 Jan - 18:44

Ses yeux suivirent la chute de la serviette, avant de revenir se plonger dans les yeux presque larmoyants d'Ulrike. Il n'aurait jamais cru qu'elle le prendrait au mot. Il l'avait bien cherché. Ne laissant rien transparaitre de sa surprise, il se contenta de regarder le corps frêle d'Ulrike. Tout au plus celui d'une gamine de douze ans, une poitrine légèrement renflée, et l'entre jambe découverte sans la moindre pudeur. Un des petits pieds blanc bougea, et Haldamir ne fit aucun geste pour l'arrêter. Ses bras furent passés autour de son cou, et elle lui donne un baiser timide. Fixant le visage d'Ulrike pendant qu'elle l'embrassait, lui et ses grandes dents.
Ouvrant la bouche, et laissant passer sa langue, Haldamir la glissa entre les lèvres d'Ulrike, sans avoir besoin de forcer. Explorant sa bouche, d'abord doucement, puis fougueusement. Ses mains quittèrent le rebord de la baignoire, pour attraper les deux fesses rebondies. Ses mains n'eurent aucun mal à les englober. Il pressa, en appréciant la fermeté et la douceur. Sa bouche quitta celle d'Ulrike pour aller dévorer sa gorge délicate, traçant des sillons de baisers brûlants.
Ses mains remontèrent lentement le long des hanches étroites, jusqu'à se glisser à la hauteur de la petite poitrine. Sa bouche trouva son chemin jusqu'à un petit téton, qui eut droit à toute son attention, pendant que ses mains massaient vraiment les deux petits seins. Sa bouche s'occupa du sein qu'elle avait délaissé. Haldamir n'avait pas pris le soin de verrouiller la porte, mais personne ne viendrait les chercher sans frapper. Après tout, s'était une salle de bain.
De la blessure qu'elle avait reçu, il ne restait plus d'autres traces que le sang sur ses vêtements jetés en boule dans un coin. Haldamir releva la tête, pour embrasser la prêtresse encore une fois. Ses doigts tracèrent des cercles sur sa poitrine, avant de pincer légèrement. Ulrike ne restait pas muette, et cela lui arracha un sourire entre deux baisers. Enfouissant son nez dans son cou, Haldamir poussa le vice jusqu'à lui mordiller l'oreille, rien que pour le plaisir de l'entendre.

-Je me demande, susurra-t-il, si mains devraient s'aventurer plus bas ?



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Mer 2 Mar - 22:20

La petite prêtresse trouva -naturellement se dit-elle- un Haldamir tout à fait ouvert à sa propre proposition. Il l'embrassait avec fougue, sa langue explorant les moindres recoins de sa bouche et s'enroulant autour de la sienne. Des frissons la parcourait, la faisant s'accrocher un peu plus au Gardien, et referme ses orteils sur le carrelage de la salle de bain.
Deux grandes mains quittèrent leur appui, pour venir attraper ses deux fesses les entourant avec facilité. Son cou se retrouva assaillit par les baisers d'Haldamir, sa gorge laissa transparaitre quelques soupires chauds accompagnés de légers sons. Ce qu'il faisait à ses fesses la fit se mettre un peu sur la pointe des pieds, ce quelle fit totalement lorsque mains et bouche convergèrent vers sa poitrine. Un petit hoquet de surprise et de plaisir s'échappa de la bouche d'Ulrike alors que celle d'Haldamir embrassait, mordillait et léchait l'extrémité d'un de ses seins. Une sensation chaude, humide légèrement engourdissante la saisie. En plus de ce qu'il faisait à son téton, ses deux mains s'occupaient réellement de masser ses seins. Elle avait l'impression d'avoir un peu plus chaud au fur et à mesure, et que de petites vagues de chaleur trouvaient leur naissance en un point précis de son bas ventre. La bouche changea de sein, les mains continuèrent à masser de même qu'Ulrike continuait d'émettre de petits son de plaisir face à cette attention particulière qu'avait le gardien pour sa poitrine.
Ca s'arrêta temporairement, pour les mordillements tout du moins, car Haldamir se redressa pour revenir l'embrasser. Elle répondit à ses baisers, de manière un peu moins timide. En sentant les extrémités de ses seins se faire pincer, elle recommença à émettre des sons. Et ce également quand son oreille se vit mordre doucement. Oreille qui sembla s'embraser sous la question du Gardien. Elle essaya de répondre mais n'émit qu'un bruit étouffé.
Ulrike déglutit.
-S-si elles le veulent, je ne dis pas non....

Pour toute réponse, les dites mains caressèrent sa poitrine et ses cotes, tout en descendant doucement. Elle sentait une sorte de nervosité envieuse l'envahir en sentant la lente descente des mains d'Haldamir. En fait, la petite prêtresse ne savait pas si elle aimait cette lenteur ou si elle voulait qu'au contraire il se presse d'aller à destination. Un doigt traça le léger creux formé sur son corps par le passage de son bas ventre à la jambe, se rapprochant de l'entrée de sa féminité, qui était nue à l'âge de son corps. Elle écarta un peu les jambes, et la main glissa sur son entrejambe. Les muscles de son bas ventre se contractèrent, son regard afficha une expression fiévreuse, soulignée par des soupires bruyants et gémissant.
Ulrike osa lâcher le cou d’Haldamir, pour elle aussi toucher sa peau, son corps, sous la tunique ample qu'il avait passé. Les muscles roulaient sous la peau pâle du Gardien, elle sentait sa chaleur sous ses doigts et l'épiderme frissonner légèrement sous ses effleurements. Peu à peu Haldamir se trouva dans la même tenue qu'elle.
Ce qui avait été un passage dans la salle de bain pour la laver de son sang, se termina d'une tout autre manière que prévu.

Après cet imprévu, Ulrike avait reprit un douche, en se débrouillant seule. Une fois habillée et totalement propre, elle était repartie dans le salon où Axel et Aillil discutaient. Elle avait préparé de quoi manger pour le soir, sans pouvoir être d'une extrême générosité au vu des réserves. Pendant le repas, les deux jeunes gens qui s'étaient battu à grand renfort de shampoing à sec en début d'après midi avaient annoncés leur départ le lendemain matin. La prêtresse leur avait fait du pain de voyage à l'elfique pour la route, et leur avait aussi mit quelques fruits secs en plus d'un outre d'eau conséquente. Ce serait suffisant jusqu'à la prochaine ville, elle ne pouvait faire plus sans risquer de tomber en rade de nourriture pour les habitants permanents de la maison.
Sidwell aussi s'en alla le soir, quand la route serait plus fraiche et le soleil plus clément. Il eu lui aussi le droit à son pain de voyage, son outre d'eau et des fruits secs. A chaque départ Ulrike prononça quelques prières à l'attention de Tuuli, d'Aelius et de Cùan, pour que leur voyage se passe au mieux.
Kallen fut étrangement sage, elle était même venue s'excuser de son comportement jusque lors. Avoir cru qu'elle ne grandirait pas elle, alors que sa soeur oui, l'avait faite réfléchir, et dès lors, elle fut plus sage, et aida sa soeur dans ses travaux de ménage et de vaisselle. Ulrike avait pas mal de douleur un peu partout sur et dans le corps, et avait passé une nuit peu reposante la veille. Pourtant elle faisait un rêve assez agréable, repassant très souvent en boucle ce qui s'était passé dans la salle de bain d'Haldamir, sensations incluses. Elle s'était surprise à se demander quand cela recommencerait. Mais elle s'était surtout surprise à ne plus pouvoir approcher un couteau.

Quand il avait fallu préparer à manger, et couper quelque chose, en ouvrant le tiroir contenant les couverts et en posant les yeux dedans, elle s'était mise à trembler de tout son corps. A chaque fois cette même sensation d'acier mordant sa chaire, éclair froid dans la chaleur de son organisme, la couvrant de sang et faisant que son esprit semble s'envole hors de son corps. Elle avait donc profité de la bonne volonté de sa soeur pour lui demander de couper quelques petites choses le temps qu'elle s'occupe du linge. Elle en profita le lendemain également. Kallen croyait sûrement qu'il s'agissait d'une marque de confiance d'Ulrike que de lui demander de l'aide pour la préparation de la nourriture. La prêtresse quand à elle passa encore deux jours et trois nuits à avoir mal partout, sans pour autant faillir à l'entretien de la maison.
Ce matin elle fut réveillée par la lumière d'Aelius qui se levait. Elle était tellement fatiguée la veille au soir, qu'elle avait oublié de fermer les rideaux. Ulrike s'étira longuement. Les courbatures étaient toujours là. Grimaçant un peu elle remua les épaules, tout en baillant également. Elle avait l'impression de ne pas avoir dormi du tout, et il était tôt. Mais elle ne se rendormirait pas, même avec la meilleure volonté du monde, et un discours de "l'ancienne" Kallen sur le bienfondé du gavage aux sucreries. Elle se leva sans bruit, et descendit les escaliers, la vue embuée, les sens engourdit et la bouche pâteuse. Elle se ferait un café une fois en bas, pas trop, la tolérance en caféine de son corps version mini était limitée, si elle voulait tout de même pouvoir fermer les yeux cette nuit.
Ulrike mit de l'eau à chauffer, et se dirigea vers la salle de bain sans bruit, pour au moins se passer de l'eau sur le visage et se réveiller. L'eau fraiche était délicieuse, une fois les picotements au niveau des yeux passé la première fois qu'elle en mit, les deuxièmes et troisièmes fois faisaient un bien fou.

Elle attrapa en tâtonnant la petite serviette qu'elle avait préparée, et s'essuya le visage puis regarda dans le miroir pour voir si elle n'avait pas des cernes immenses sous les yeux, ce qui ne serait pas très étonnant. Son souffle resta coincé dans sa gorge quand elle se vit.
Déjà elle pouvait se voir, dans le miroir au dessus de l'évier, presque jusqu'à la taille. Ensuite celle ci de taille était découverte, le t-shirt large qu'avait mit la prêtresse laissait voir une bonne douzaine de centimètre de son ventre. Tout cela à cause de l'autre taille, sa hauteur, qui avait bien augmentée elle aussi, faisant que son pantalon lui arrivait à mi-mollet et en taille basse. Dans le t-shirt également, ne se trouvaient plus des débuts d'œufs au plat, ça non, plus du tout. Sans se vanter elle pouvait dire que les œufs n'étaient pas au plat, mais entier, et qu'ils devaient être aussi gros que des œufs de Reith. Son visage était ovale, bien ovale, sans rondeur enfantine, ses lèvres roses, ses cheveux n'avaient plus l'air de faire serpillère derrière elle car ils trainaient par terre. Ses hanches étaient marquéesn ses formes bien là, ses doigts longs.
Des larmes lui montèrent aux yeux.
Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas vu, elle, la vraie elle, son vrai corps. Elle avait presque envie de hurler, sauter de joie partout, remercier les dieux, embrasser Haldamir, faire le tour de la ville au pas de course...

Haldamir, oui... Il serait bien surprit de la voir comme ça. Ulrike eu la soudaine et irrepressible envie de lui faire une surprise, et un petit plaisir. Toujours vêtue de son pyjama, qui était en fait un peu trop petit mais pas comprimant non plus, elle s'affaira en cuisine. Elle prit le restant de pain de la veille, il restait encore un peu de confiture dans un pot qu'elle prit aussi, prépara deux tasses de café et posa le tout avec quelques dattes séchées. Il était vraiment temps de faire des courses...
La prêtresse -qui n'était plus petite- frappa très doucement à la porte du Gardien. Elle ouvrit rapidement, et s'engouffra dans la chambre avec son plateau.
-Haldamir ?

Même sa voix avait changée. Moins aigue, elle était plus douce et profonde que celle qu'elle avait autrefois. Elle se retint de rire. Rien que le fait de pouvoir atteindre chaque placard la mettait dans une joie immense.
-Debout, j'ai le petit déjeuner. Et une petite surprise.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Sam 9 Avr - 22:33

Haldamir faisait l'étoile dans son lit. Une sale habitude quand il aimait trainer, sachant qu'il n'y avait plus aucun emmerdeur de présent dans la maison.
S'il ne comptait pas Kallen.
Il profitait donc d'un repos bien mérité, après une nuit courte, à patrouiller dans sa ville fantôme. Depuis qu'il avait tenté de se réfugier ici, quand il était encore mortel, il avait bien vite compris que ça avait été une erreur d'entrer en pleine nuit.
Maintenant il était un Gardien. Mais son corps avait toujours besoin de nourriture et de sommeil. Il lui arrivait de le quitter, mais il y avait une limite de temps. Sous peine que les tissus commencent à pourrir. Et la nécrose des tissus, c'était douloureux à enlever. Il avait bien connu ça au début.
Il s'était fait à sa nouvelle condition depuis longtemps. Il avait choisi de servir Dämons dans cette citée désolée. Et il avait aussi, par la même occasion, choisi de servir Mei, déesse de la vie. C'était elle, qui lui avait dit d'aller chercher les sœurs Staola à Fendassë, lui faisant miroiter leur physique avantageux.
Sauf qu'il avait récupéré des gamines.
Elles vivaient avec lui depuis. Et depuis deux semaines, il y avait eu les resquilleurs. Aillil, Axel, et le reste. Il allait devoir partir pour Fendassë, toucher à ses coffres, et racheter ce que Alatairë ne lui fournissait pas. Enfin, ce que le petit jardin entretenu par Ulrike fournissait. Lui il se chargeait d'apporter l'eau, et de retourner la terre quand il y avait besoin. Cela dit, vu à la vitesse où les deux frangines grandissaient, il faudra certainement faire quelques achats pour qu'elles aient de quoi se vêtir. Bien qu'Alatairë soit encore pleine des vêtements des habitants qui avaient fuis, ou qui étaient morts ici. Il y avait de quoi faire.
Quand il avait besoin d'un meuble, il lui suffisait de piocher dans les maisons désertées, à l'exception des Abominations.

-Laisse moi deviner. Kallen a encore fait une bêtise, marmonna-t-il à l'intention d'Ulrike qui venait d'entrer dans sa chambre.

Elle venait de couper le fil de ses pensées. Le tirant de sa rêverie, et de son sommeil léger. Il ne dormait toujours que d'un œil.
Le soleil perçait à travers les interstices des volets. Il n'avait pas tiré les rideaux. Et une douce lueur lui indiquait qu'il était temps qu'il se lève. Les oiseaux chantaient, eux qui se taisaient dès la nuit tombée sur Alatairë. Haldamir se retourna. Et ouvrit les yeux. Il se redressa sur ses coudes, et tourna la tête. Là, il vit quelqu'un qu'il n'avait jamais vu de ses yeux, qui tenait un plateau entre ses mains. Rayonnante.
La dernière fois qu'il avait vu cette femme là, s'était quand Mei lui avait ordonné d'aller la chercher. La Mort seule ne pouvait exister sans la vie. Ulrike et Kallen étaient sensées représentées la Vie Sacrée à Alatairë, tandis que lui, il évoluait dans le monde des Morts.
Il se redressa complètement, pour être sûr de ne pas avoir la berlue. Ce qui était tout à fait impossible pour un Gardien. Les illusions n'avaient pas d'effet sur lui. Et il avait une bonne vue.

-Eh ben. Viens là que je vois ça de plus près...



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Dim 2 Oct - 16:37

-Mmmh, pour une fois non, mais ça pourrait être une surprise en effet. Même si ce n'est pas ça.

Haldamir se plaça sur ses coudes et la regarda à la lumière. Et radieuse, Ulrike pu lire de manière visible, la surprise sur le visage du Gardien d'Alatairë.
Elle eu un petit rire en le voyant cligner des yeux et se relever complètement, comme s'il pensait être sujet d'une hallucination. Il lui demanda alors de s'approcher, comprenant que sous ses yeux, se trouvait bien une vraie Ulrike, dans son véritable corps, grande même et très heureuse de l'être enfin de nouveau. La prêtresse s'éxecuta et posa alors son plateau sur une commode libre de tout objet afin depouvoir s'assoir sur le lit, avant de se rapprocher un peu plus en se penchant vers Haldamir.
Elle mit une main fine près d'un bras du Gardien, l'autre simplement posée sur les draps, ainsi penchée elle mettait en avant sa poitrine de manière avantageuse et valorisante. Elle montrait aussi la belle cambrure qu'avaitses hanche et sa chute de rein. Elle plongea son regard dans celui d'Haldamir, en souriant doucement. Ses réflexions passées étaient vraies, elle se sentait bien plus sûre d'elle et de son corps dans sa forme adulte, sa forme réelle.

-Je dois te dire merci, j'avoue avoir douté de ta parole quand tu avais dis que masser aidait à la croissance. Mais je peux constater que c'est plus vrai que ça en avait l'air. Merci.

Ulrike se pencha plus, passant son autre main au dessus du Gardien et la posant de l'autre coté afin d'avoir un bon appuit. Puis elle l'embrassa doucement, effleurant du même coup de sa poitrine son torse, d'une manière plus provoquée qu'accidentelle.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Lun 17 Oct - 17:33

Le visage impassible, le Gardien la regarda poser le plateau sur la commode, avant de s’asseoir sur son lit. Il poussa ses jambes, pour lui faire de la place. Il remonta sa jambe droite, et ramena la gauche vers lui. Il admira pour la première fois Ulrike telle qu'elle aurait dû être lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Il se demanda un bref instant si Kallen avait elle aussi retrouver son corps d'origine. Était-il possible que son intérêt particulier pour Ulrike, autant charnel que mental, ait pu la libérer de la malédiction ? Ou le lanceur du sortilège l'avait-il défait ? Ou bien était-il mort, et annulant ainsi l'effet permanent de la malédiction, qui s'était résorbée au fur et à mesure des semaines, où Ulrike et Kallen avaient grandi de façon accélérée, jusqu'à ce matin, où au moins Ulrike avait retrouvé son corps d’adulte. Les réponses à ses questions attendraient bien quelques minutes supplémentaires, fussent-elles longues.
Les vêtements d'Ulrike étaient trop petits pour elle, moulant délicieusement son corps. Il admira sa poitrine serrée, la peau blanche de son ventre, de ses hanches, la lisière de son pantalon comme une invitation. Un sourire en coin étira les lèvres du Gardien, alors qu'il la laissait s'approcher. Il ne bougea pas, après tout, il avait jusqu'ici fait tout le travail. Ulrike l'embrassa presque timidement, jusqu'à ce qu'il sente le moelleux de sa poitrine contre la sienne. Il sourit sous les lèvres d'Ulrike, l'embrassant en retour. Elle avait effectivement plus de confiance en elle, puisqu'il sentit sa langue passer sur ses lèvres, Haldamir ouvrit sa bouche pleine de dents pour la laisser entrer. Profitant de sa proximité, les deux mains froides du Gardien glissèrent aisément sur la peau nue du ventre d'Ulrike, glissant de son nombril, vers ses hanches, avant de remontrer de chaque coté de celles-ci. La tunique trop petite n'arrêta pas sa progression, puisque ses doigts passèrent dessous, remontant jusque sous les seins d'Ulrike, avant de glisser sur eux, les englobant dans de ses paumes et ses doigts.

-Ne me remercie pas trop vite.

L'embrassant de nouveau, la course de ses mains reprit, effleurant de ses pouces la pointe des seins ronds d'Ulrike, ses mains continuèrent dans son dos, descendant vers ses reins. L'attirant au plus près de lui, sa main droite dévia, et remonta pour écarter une mèche de cheveux de son visage. Ses doigts s'attardant sur sa joue, effleurant l'os de sa mâchoire, avant de se poser sur les lèvres d'Ulrike, dont il se détacha, gravant son visage dans sa mémoire. Haldamir sentit cet instant comme étant un peu trop solennel, alors son index appuya, vif comme l'éclair sur le petit nez d'Ulrike. Avant que sa main gauche qui caressait toujours la chute de reins de la plantureuse prêtresse, s'en aille prendre les mesures d'une fesse galbée.

-Je dois dire que te préfère comme ça. Même si jusqu'à hier tu étais quand même très charmante.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Dim 15 Avr - 15:16

Ulrike frissonna un peu quand elle sentit les mains d'Haldamir -plutôt froides comparées à elle- passer sur son ventre puis remonter le long de son corps alors qu'ils s'embrassaient.
Le contact des mains sur sa poitrine lui donna la chaire de poule, et remonta sa tunique qui ne cachait plus le dessous de sa poitrine, ne couvrant pudiquement que le haut qui pressait toujours contre le torse du Gardien. Les mains d'Haldamir réussirent à englober en grande partie ses seins, et la prêtresse eu un petit rire quand il lui dit de ne pas le remercier trop vite.
Une légère carresse sur la pointe durcie de ses seins, et le baiser interrompu peu de temps avant reprit de plus belle. Elle s'avança, guidée par Haldamir, montant plus sur le lit et se collant à lui. Il la regarda longuement, lui caressant la joue, alors qu'elle était à demi à genoux sur le lit, le regardant à son tour dans les yeux. Son nez se retroussa quand, comme pour couper le trop sérieux du moment, le Gardien lui appuya dessus.
Elle l'écouta pendant qu'il tâtait avec soin l'une de ses fesses, la complimentant.

-Oui, mais jusqu'à hier, je ne me sentais toujours pas moi, cher Gardien. Et quoi que tu dise, je ne changerais pas d'avis sur le fait qu'avant, je n'étais pas charmante, mais diminuée.

Elle s'avança un peu plus finissant totalement sur le lit, à genou sur ses jambes. La prêtresse se pencha, et déposa ses lèvres sur le coin des lèvres du gardien, après sur sa joue, puis sur le coté de sa machoire dans son cou. Deux doigts allèrent courir sur le torse du gardien, appréciant la dureté des pectoraux, puis la parfaite définition des abdominaux de l'homme sous elle. Sa main glissa pour aller un peu plus bas, sensiblement au même endroit que la main d'Haldamir, mais sur le Gardien.
Puis elle mit son index sur les lèvres d'Haldamir, le regardant intensément, et se mordant un peu la lèvre inférieure avant de parler.

-Il nous reste si peu de choses à manger que je ferais bien de toi mon petit déjeuner. Mais je crois qu'il serait plus raisonnable de grignoter un peu de pain, avec quelques fruits, puis qu'on se rende jusqu'à Iskandar faire quelques courses, car je n'ai pas très envie de me mettre au cannibalisme. Alors levez vous cher Gardien, mangez, et dites moi quand vous ètes près à partir mmh ?

La prêtresse retira la main de ses fesses, remit son haut un peu trop serré et se leva hors du lit, et envoya un baiser de la main au gardien avant de sortir de la chambre, légère.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Ven 17 Aoû - 0:06

-Non, tu étais très charmante, je t'assure. Même si j'ai un gros faible pour les poitrines où j'peux enfouir ma tête dedans, tes petits té- Ah...

Il éprouva une intense satisfaction de sentir les mains de la prêtresse sur son corps, dont il avait toujours pris soin, et qui garderait ce physique d'athlète jusqu'à ce que Dämons décide de le rappeler. En attendant, il comptait profiter des plaisirs que Mei offrait à tous les vivants. Et Ulrike ne se privait pas pour le toucher, autant lui rendre la pareille.

-Oh oh, on s'enhardit à ce que je vois, murmura-t-il moqueur à l'oreille d'Ulrike, il faut dire que tu as eu droit à des leçons avec un maître en la matière. Sans vouloir me vanter.

Haldamir décala un de ses genoux pour venir le placer entre les jambes de la jeune femme, imprimant un léger mouvement de friction, auquel vint s'ajouter sa main droite, qui s'enfonça dans le pantalon trop petit, glissant sur la peau tendre du ventre, avant d'aller savourer la chaleur et la moiteur, profitant de l'avoir à sa merci, pour un court instant, qu'Ulrike brisa allégrement. Le Gardien grogna, sous l'index qu'elle posa sur sa bouche, le repoussant un peu. Il roula des yeux.

-Et ça peut pas attendre non ? On pourrait manger Kallen. Bien grillée, ça devrait être mangeable. Nan ? Nan.

Bien que flatté de pouvoir éventuellement servir de petit déjeuné, une partie de lui, qui avait été mortelle, lui rappela que s'il pouvait tenir des jours sans manger, ce n'était pas le cas d'Ulrike, ni de Kallen. Et avec les touristes qui étaient venus les emmerder durant ses derniers jours, ses réserves avaient été pillées. Les produits frais, puis les produits qui étaient conservés à l'abri de la lumière, dans de l'huile ou du sel, dans des jarres, bien rangées sous le sol de la cuisine. Ulrike se déroba, et il se retrouva tout seul avec un plateau, et une belle érection, dont il devrait s'occuper, si la pensée de devoir aller à Iskandar ne le faisait pas redescendre immédiatement de son nuage, ou plutôt de l'image d'Ulrike complétement dévêtue, et haletante. Haldamir fit en sorte de pouvoir rentrer dans son pantalon sans s'y sentir à l'étroit, et avala ce qu'Ulrike lui avait préparer, avant de s'habiller, et de sortir de la chambre, ramenant son plateau dans la cuisine. Il était encore tôt, et au moins, ils n'avaient pas aller jusqu'à Fendassë, qu'Haldamir n'appréciait guère, pour une raison qui lui échappait. Sans doute une influence de la citée. Iskandar en revanche, jeune citée, construite après la Chute d'Alatairë, lui plaisait plus. Et on y trouvait sensiblement les mêmes choses. Attrapant la paire de bottes souples à coté de la porte, Haldamir les enfila.

-Je suppose que des vêtements plus grands, ça serait pas du luxe, lança-t-il à Ulrike qu'il entendit arriver dans son dos, même si la petite tunique couvrant à peine ton énorme poitrine, rendait le tout franchement prometteur. Tu as pris l'argent ? Et j'imagine que tu as une liste longue comme le b-

Le Gardien d'Alatairë s'interrompit brusquement, se figeant, semblant écouter un bruit que lui seul pouvait entendre. Tout son être venait d'être averti par le lien qui l'unissait à la ville. Une des raisons qui faisaient qu'Haldamir ne s'éloignait guère d'Alatairë pendant plus de deux jours. Les voyageurs étaient protégés des Abominations par la Piste Brune, mais personne ne pouvait les protéger d'eux même. Il arrivait parfois que certains tentent leur chance, venant piller les trésors abandonnés de la cité fantôme, ou bien à la suite d'un pari, ou pour des raisons que le Gardien trouvait mortellement stupides. La cité faisait subir un enfer à ceux dont elle ne voulait pas. Doté d'une mémoire qui lui était propre, il arrivait parfois que la cité s'anime, se remplissant de vie, comme si la guerre n'avait jamais eu lieu. Ses projections de souvenirs étaient inoffensives, jusqu'à que la cité décide de faire revivre la guerre aux aventuriers inconscients, les piégeant parfois dans ce monde chimérique, dont l'histoire n'était qu'un cercle sans fin. Le plus étrange pour le Gardien, était lorsque la cité s'animait en sa présence, lorsqu'il en arpentait les rues. Les projections qui habituellement, répétaient encore et encore les même actions, changeaient leur routine pour lui parler.
C'était là un des dangers d'Alatairë. L'autre venait de ses résidents plus ou moins permanents : les Abominations. Amalgames de métal et de chair, ou bien de chair et de sang, ces créatures issues du mélange des cadavres et des débris, coagulés par la magie, se nourrissaient avec plaisir des vivants qui tombaient entre leurs griffes. Le Gardien était là autant pour préserver le tombeau qu'était devenu la ville, que pour empêcher les visiteurs trop curieux et voyageurs imprudents d'entrer dans le royaume de Dämons. Les rares personnes acceptées par la ville étaient ses anciens habitants, et les invités d'Haldamir. Ulrike et Kallen ayant été acceptées depuis leur arrivées, Ulrike arrivait même à faire pousser des légumes dans un carré de jardin derrière la maison.

Aujourd'hui s'était différent. L'intrusion ne venait pas de l'extérieur. Que quelqu'un passe les portes, et le Gardien en était averti. Là, Alatairë lui envoyait les images, les sons, les sensations, qu'elle percevait, depuis... Depuis le quartier Nord de la Marche. A quelques rues de sa propre maison, une Abomination venait de mourir. Sitôt qu'il eut réalisé et assimilé l'information, un concert de hurlements, de claquements, de grincements, et de voix en colère retentis. Les sœurs de celle qui venait de rejoindre Dämons l'avaient senti, et leur colère n'avait pas de limite. On était pourtant en plein jour, et les Abominations préféraient la faveur de la nuit pour chasser. Il perçut autre chose. Un habitant, éveillé, marchant et respirant. Des images se succédèrent devant ses yeux, alors que son corps prenait une forme nébuleuse et noire. Haldamir braqua son regard opaque sur Ulrike.

-Il y a quelqu'un dans la ville. Une Abomination est morte. Les courses attendront. Attend moi ici. Ne sors pas.

Le corps d'Haldamir disparut entièrement dans cette masse noire et nébuleuse, lourde et collante, et à la fois aérienne. Rampant au sol, ce qui était le Gardien s'infiltra par les interstices de la porte, s'enfonçant dans les rues qu'il connaissait par coeur.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Dim 7 Oct - 22:27

Ulrike était sortie de la chambre non sans un peu de mal, mais aussi pas sans sourire. Elle était à présent suffisament grande, et sure d'elle pour aller jusqu'à le taquiner, voir l'emmerder royalement, comme lui avait su le faire tant de fois quand elle avait son corps enfantin. Trotinant d'un pas léger, elle était partie sans bruit jusque dans sa chambre, trouver quelques choses de plus pratique à mette. Tout ce qu'elle trouva fut une longue robe blanche assez ample qui lui alla plutot bien, si tant est qu'elle devait lui arriver jusqu'au chevilles et que là... C'état aux genoux qu'elle était. Un foulard coloré orna ses hanches pour marquer sa taille et tenir la robe, un autre d'une couleur proche se mit sur ses épaules et servirait à cacher sa tête des rayons d'Aelius, et une paire de chaussure ayant appartenue à l'un de leur invité alla a ses pieds, légèrement trops grandes, mais bon elle ne pouvais faire la fine bouche. D'autant que celles d'Haldamir seraient pires.
Après cet habillage vint le moment de dresser la liste des courses. Ingrédient de base, farine, sucre, blé orge, et autres céréales seraient à prendre, il faudrait aussi des épices, des plantes médicinales, des arome, de la viande et des poissons séchés. Ah et les bonbons de Kallen sépuisaient aussi il fallait les noter, des pains de savon parfumés ne seraient pas de trop, ainsi que de l'huile pour les cheveux et de quoi protéger la peau des rayons du soleil. Bien sur elle avait aussi noté des vêtements, tant pour elle que pour sa soeur qui à présent ne rentrerait plus dans des vêtements d'enfant. Elle savait qu'alentour les maison regorgeaient de biens non utilisé, mais même si la cité tolérait quelques empreint, elle ne se sentait pas à l'aise à l'idée d'empreinter à des morts qui pouvaient se manifester sous ses yeux. Quelques fois, il ne se passait rien, mais d'autre, ils lui faisait coucou, et ça, ça lui faisait peur.
Haldamir sortait de sa chambre et mettait ses bottes quand elle terminait de préparer les sacs. Déjà le petit sac qu'elle garderait avec elle, dans lequel, argent, liste et sphère de parlotte resterait, et ceux qu'ils emportaient pour y faire tenir les courses. Il commença à lui faire un commentaire sur sa poitrine, sur sa liste quand il se figea avec cette tête qu'elle n'aimait pas lui voir avoir. Et il lui parla de quelqu'un d'une abomination et de ne pas sortir.

-Que, quoi ?

Ses mots n'avaient pas été prononcés qu'il était déjà partit. Il n'avait pas ouvert la porte mais un courant d'air assez brusque l'ouvrit, surement le passage d'abominations, la prêtresse, les joues gonflées de colère, alla la fermer les pieds tambourinants le sol. Ils n'allaient jamais pouvoir avoir leur courses, mais quelles idées avaient les gens venant se perdre ici, ils devaient savoir que ce n'était pas une charmante petite citée pleine de vie et de calme. Se saisissant de la poignée de la porte, elle regarda au loin et émit un grognement de colère qui trouva écho dans le bruit inhumain fait par une abomination à qui elle cria.

-Ah vous c'est pas l'moment !

Puis elle claqua la porte et jeta presque son sac par terre alors qu'elle posait ses fesses sur un pouf, devant donc attendre Haldamir à cause de l'idiot ou l'idiote qui était venu vérifier si la cité était un bon lieu pour des vacances. Quand la porte d'entrée s'ouvrit, elle détaillait avec minutie une frange du tapis

-Bon on peut y all-Ah ! Oh non, pas encore.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Jeu 11 Oct - 16:56

Le Gardien d'Alatairë allait continuer de parler, mais décida de se taire en voyant le visage de Jacyek devenir pâle. Il put voir le métis tenter de comprendre, d'appréhender pleinement ce qui s'était passé. Il n'était ni le premier, ni ne serait le dernier à s'éveiller ainsi. De temps en temps, Mei sortait les figés de leur torpeur, certains se transformaient en Abominations, quand au début, le Gardien maîtrisait mal ses pouvoirs. Aujourd'hui, Haldamir arrivait à sauver ses âmes qui n'étaient pas mortes, mais qui avaient flotté entre vie et mort, jusqu'à ce qu'un élément ne déclenchent leur éveil. La raison de la présence d'Ulrike, outre le fait que la déesse ait ordonné qu'il aille la chercher, elle et sa soeur, était qu'elle pouvait stabiliser les corps, empêcher l'influence de la ville, qui essaierait de reprendre la vie tentait de la quitter. Un mécanisme de défense dut aux sortilèges qui firent d'Alatairë une citée fantôme, et qui ne faiblissait pas malgré les années. Jacyek s'effondra sans que le Gardien en fasse rien pour l'en empêcher. Après tout, il ne tomberait pas plus bas. La partie de lui qui avait été un jeune homme, un être vivant, fougueux, arrogant, et puissant, se disait que Jacyek n'était un faible. Il ne comprenait pas ses gens qui s'évanouissaient pour si peu. Cela aurait pu être pire que quelques années de sommeil. Il comprenait que le monde que connaissait Jacyek n'existait plus, qu'il pensait ne rien retrouver de familier, mais ceux qui avaient vécu ses années dans le monde extérieur, ne s'étaient pas perdus, et ne s'étaient pas évanouis au moindre changement. Le Gardien restait indifférent la réaction du Fey. Si bien que physiquement, cette dualité, se traduisit par un soupir las et un roulement des yeux entièrement blancs de Haldamir, dont le corps acheva de se matérialiser complètement. Ce qui ennuyait le Gardien, était qu'il devrait porter l'homme jusqu'à l'intérieur, qu'il était encore dérangé, alors qu'il venait à peine de véritablement retrouver Ulrike, celle qu'on lui avait dit d'aller chercher. Que les vivres qu'Urlike, Kallen, et une partie de lui, étaient en voie de disparition, après les nombreuses visites de vivants qu'il avait reçu. Il s'était apprêté à partir pour Iskandar, mais voilà que Mei se décidait à lui envoyer un vivant de plus. Haldamir grogna de frustration, mais finit par se pencher, empoignant l'autre figé par ses vêtements, le hissant sans ménagement, le balançant presque, sur une de ses épaules, sans faire d'efforts. Il aurait pu le trainer, mais il doutait que l'autre apprécie ce genre de traitement, même pour quelques mètres, jusqu'à ce qu'il pousse la porte de sa maison.

Celle-ci était le sol endroit véritablement ancré dans le monde des vivants, les Abominations n'étaient pas tentées d'y pénétrer. C'était sa demeure, sa marque y était imprimée. Derrière, il y avait même un jardin, où Ulrike et lui même avaient réussi à faire pousser quelques légumes et arbres fruitiers, qui leur offraient de quoi manger régulièrement. Le tout était de faire pousser les plantes dans une certaine harmonie, d'après Ulrike. Celle-ci eut une mine aussi ennuyée que la sienne en voyant le paquet que se trimballait Haldamir.

-Ben si. Il s'est réveillé. C'était un des figés. J'ai besoin que tu le stabilises. Il s'est battu avec une Abomination avant que j'arrive. Et il a rejoint le royaume des rêves quand je lui ai dit qu'il avait fait une sieste de presque un siècle.

Il referma la porte du pied, et déchargea son fardeau dans le fauteuil le plus proche. Le Gardien avait reprit une forme moins agressive que lorsqu'il s'était présenté à Jacyek. Il présentait une forme moins cadavérique, sans pourtant se départir de cette aura spécifique, qui lui était propre. Il regarda Ulrike, qui semblait plus en colère qu'ennuyée.

-Quoi ? Je ne décide pas quand l'un se réveille. Celui-là aurait quand même pu attendre que nous soyons allés à Iskandar, je suis d'accord. Plus vite il pourra rester seul.. Enfin, Kallen reste ici, inutile qu'elle reprenne ses activités de voleuses rapidement, mieux ce sera pour nous. Il voulait déjà repartir à peine éveiller. Nous ne le retiendrons pas.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jacyek
Cheminant
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Mar 16 Oct - 21:51

Je ne sentis pas le Gardien quand il m'emporta, plongé dans cette transe me protégeant du choc de la nouvelle. Le noir, l'obscurité, l'essence même d'une certaine solitude réconfortante, d'un oubli palpable et accueillant, me saisit en son sein, m'enveloppa, et j'y étais bien moi, parmi ces pommes où j'avais chus. Mais quelque chose m'en tira bien malgré moi. Il y eut un bourdonnement électrique, et mes yeux s'ouvrirent brusquement alors que je me mis à crier, une douleur insoutenable me parcourant, de l'énergie me vrillant de la tête aux pieds, ne pouvant que me faire hurler tant cela faisait mal.
Mais bien rapidement mon corps réagit, autant par instinct face au danger que pour mettre fin à ce calvaire, et ma peau ainsi que mes vêtements et mon sac, ayant pour cause le phénomène qu'aucun n'avait jamais expliqué, et très intéressant, faisait que la pétrification touchait aussi les habits ainsi que, accessoirement, les chapeaux, bijoux, armes, et autres ustensiles que pouvait posséder la gargouille sur elle. Certains pensent qu'il s'agit de l'effet Lego, en hommage au scientomage Elfe Lego dit "le las", ayant supposé que tout l'être changeait d'un bloc, et que la matière s'assemblait donc pour toucher ce qui entourait la Gargouille. Mais les nôtres ont toujours estimé que nous changeons ce que nous estimons faire partie de nous, ce qui englobe aussi nos effets personnels directement fichus sur nous.
Le corps changé en pierre, la décharge faiblit en intensité, et pour cause, le granit n'est pas le meilleur des conducteurs électrique. Mais ce devait plutôt être du mana, mais là encore je n'étais pas ce qu'il y avait de plus adapté sous cette forme à être le vecteur d'un quelconque sortilège. Un moment passa avant que je ne permute à nouveau sous une forme plus chair à mon cœur, le regard un peu paniqué, essoufflé, et franchement effrayé par ce qui venait de se passer. J'avais un trou, qu'est-ce que je faisais ici ? La suite d'évènement me rattrapa. La guerre, mon sommeil, l'abominable monstre des sables, le Gardien. Un siècle. Et un profond malêtre qui me saisit brusquement à la gorge. Tout, j'avais tout perdu. Mon nom avait du être rayé du registre du Qillaq, mes parents étaient morts, je n'avais plus rien, pas de foyer, pas d'avenir. Ou plutôt si, un avenir, incertain, pleins de possibilités, mais pas celle de reprendre cette vie ma vie, qui me plaisait tel quel.

Je me détendis dans le fauteuil, soupirant. En plus du Gardien, il y avait une femme, assez mignonne je dois dire, mais je ne prêtai pas trop attention à ça. Je ne prêtai attention à rien en fait, trop... préoccupé par mon radical changement d'époque. Une pensée me traversa l'esprit. Au moins la nouvelle génération profiterait de mon art. Cela me tira un demi-sourire sur les lèvres, avec un petit arrière-goût amer. Cela avait aussi quelque chose de vexant dans le fond, avoir été entreposé pendant un siècle dans une cave, selon le bon vouloir d'une ville qui me conservait comme une... statue ? J'oubliais parfois que j'étais une Gargouille avant tout, à force de jouer divers rôles. Je passais la main dans mes cheveux violets mi-longs, l'esprit perdus dans nombres de questions et interrogations qui germaient à présent dans mon esprit.
Mais la plus importante, "Que faire maintenant ?", avait une réponse toute trouvée.

-Je suis désolé de vous imposer ma présence, Gardien, ainsi qu'à vous ,belle demoiselle. Dès que je le pourrais je partirais à Freyr afin de faire mon rapport, même avec un siècle de retard. D'ailleurs Meadh est toujours sur le trône, n'est-ce pas ? Oh, il doit y avoir tant de choses changées, et tant de nouvelles pièces à apprendre...
Je me tournais sur mon siège, reposant mes jambes sur un accoudoir et courbant mon échine sur l'autre, la main posée sur le front, un air de désespoir des plus convaincant, du moins il l'aurait été si je n'avais pas été aussi théâtrale. Mais ça faisait partie du lot, il y avait un jeu à y mettre, une certaine élégance, une finesse qui faisait que l'on savait que c'était du théâtre. Car finalement je sentais une vive curiosité se saisir de moi, après l'amertume d'avoir perdu tout ce que j'avais, ce qui n'était pas grand-chose. Je vivais après tout, je vivais.
Je jetais un regard sur mon public, mais je n'avais pas le sentiment d'avoir fait sensation. Je n'étais pas vêtu en circonstance après tout, et c'était de l'improvisation. Réalisé avec brio ceci dit, je n'avais pas à rougir. D'un mouvement expert du bassin je me tins droit à nouveau, et me levais avec un sourire amical, réconfortant. Après tout je n'était pas quelqu'un de nuisible, juste un acteur, un voyageur, et plus récemment -bien que le temps fut une notion encore assez relative avec ce trou de cent ans dans ma mémoire- un espion, quelqu'un qui savait y faire avec les gens. Pour peu que je sache qui j'avais en face de moi.
C'était pas gagné.

-Mais j'en oublie presque la bienséance. Je courbais une fois de plus l'échine, pour m'incliner respectueusement. Deskora, Jacyek Deskora, acteur au service de la cour de Freyr. Même s'ils n'ont plus vu ma frimousse depuis tout ce temps. Un siècle... j'ai du mal à y croire...
Mais je devais bel et bien y croire, d'autant qu'une nouvelle douleur m'étreignit la poitrine, le bourdonnement résonna à nouveaux dans mes oreilles, et je lâchai un grognement tout en m'effondrant sur le sol. Mais la sensation disparut aussi vite qu'elle fut apparu, et, avec un rire gêné, je tentai de ne pas inquiéter mon auditoire, alors que j'étais plié en deux, allongé sur le sol.
-Le sol est bas par ici...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Mer 14 Nov - 9:09

Ulrike soupira de frustration, d'énervement, mais aussi de lassitude. Oui, c'était son devoir de stabiliser les nouveaux éveiller, sinon elle ne serait pas ici, mais tout demême, quelques fois c'était assez... Puis elle alla vers Haldamir et le nouvel éveillé dont elle pouvait sentir l'âme voler entre deux mondes, cherchant vers lequel aller. Il faudrait qu'elle stabilise cette âme dans ce monde vu qu'elle avait une nouvelle chance de le fouler. Mais vraiment, Mei aurait pu attendre que les courses soient faites au moins.
Une fois l'homme posé sur un fauteuil proche, Ulrike commença alors le rituel. Le médeillon de la Déesse de la vie en main, mais aussi celui de la déesse de la Terre et du dieu de la Mort, elle laissa leur énérgie passer d'elle à l'étranger par le biai de ses mains. Récitant une sorte de prière demandant à Mei de laisser l'âme venir dans son monde, à Eartha de le laisser fouler ses terres, et à Dämons de laisser l'âme fuir son monde pour le moment, la prêtresse fut agréablement surprise de voir que cela prenait bien moins de temps qu'avant où elle devait officier des heures durant pour que ses pouvoirs fassent effet.
Une réaction de pétrification se fit alors qu'elle officiait, mais Ulrike ne s'en alarma pas, elle sentait que c'était naturel, surtout que l'être sous ses mains était une gargouille qui devait ressentir sa magie comme une sorte d'agression. L'éveillé était stabilisé, son être resterait dans le monde de la Vie et ça suffisait amplement pour elle. Même s'il lui faudrait après le réveil de la gargouille, rester avec elle et l'apaiser, puis lui expliquer avec douceur les changements du monde, avant de l'y préparer avec le peu de vivre qui leur restait et Haldamir raccompagnerait le Fey jusqu'à la ville la plus proche, Alataire rejetant systématiquement les vivants de ses murs.
La femme regarda le Gardien et l'interrogea brièvement du regard. Alors que faisaient-ils maintenant ? Le vieller ? Laisser à Kallen le soin de le faire?

Haldamir n'eu pas vraiment le temps de répondre à cette interrogation silencieuse que, brièvement paniqué, la gargouille reprenait une texture de peau plus molle. Et elle le trouva vite plutôt détendu pour une personne venant de s'éveiller, l'état de panique montré à sa sortie de pétrifiction étant aussi rapidement partit que Kallen dévorait une douceur. Et ses premiers mots n'étaient pas ceux qu'elle entendait le plus souvent au second réveil d'un éveillé. D'habitude les questions fusaient. Où suis-je, la Guerre est-elle finie, qui ètes vous, où est ma femme... C'était les premiers mots plus habituellement prononcés par ceux qui se réveillaient après le siecle de sommeil.
Devant l'étalage fait par la gargouille, Ulrike ne pu s'empêcher de le trouver bizarre, et surtout contradictoire. Il s'était évanouit d'après Haldamir dès qu'il avait su que cent ans c'étaient passés, visiblement sous le choc, et là..
Il tombait sur le sol après leur avoir fait une sorte de discours théatral. Le plus sérieusement du monde, la prêtresse prit la peine de prendre la parole.

-En effet lorsqu'on tombe le sol est toujours bas. Et en effet il est vrai que dormir un siecle est quelque chose d'incroyable mais que voulez vous c'est ainsi.

Elle lissa quelque chose sur sa cuisse et se redressa un peu, avec un sourire presque doux et enjoué. Elle se devait tout de même de réconforter un peu cette pauvre gargouille effrayé par ce qui lui arrivait. Sans blague.

-Mais d'après vos frasques, sieur Jacyek, je peux voir que tout va tout de même pour le mieux, j'ai rarement vu quelqu'un qui s'éveille au bout d'un siècle capable d'être si théatral et presque si enjoué au bout d'à peine cinq minutes. Bon je suppose qu'il vaut mieux mieux en rire qu'en pleurer, mais après un évanouissement j'avais peur que vous soyez plus effondré que cela.

Ulrike posa une main sur son opulente poitrine afin de se désigner, ne se départissant pas de son expression enjouée, qui semblait à présent à la limite de la narquoiserie. On opouvait sentir que quelque chose en elle, craquait.

-Je me nomme pour ma part Ulrike Staola, et l'homme qui vous a sauvé n'est autre qu'Haldamir, Gardien de cette ville dévastée et si accueillante, il vous a sauvé la vie, vous auriez du être dévoré par un tas de pauvres Abominations affamées. Et ça ne sert à rien de faire un rapport aussi tardif, vous croyez bien qu'il y a eu des milliers de rapports, des fouilles de la ville et un tas de trucs fait pour qu'on ai pas besoin de votre rapport en retard. D'ailleurs un acteur de théatre n'a pas besoin de faire de rapport, et de toute manière même si c'était le cas, Meadh est mort. Tout le monde est mort, le monde est devenu un désert brûlant remplit de créatures mutantes, toutes menée par un Lapin de six metre de haut avec des ailes de dragon !

S'emportant un peu sur la fin, Ulrike laissa s'exprimer sa frustration. Ils n'avaient plus rien à manger, elle était dans des vêtements trop petits qu'elle avait hâte de changer, un invité de plus voulait dire du temps en moins seule avec Haldamir -oui, Kallen ne comptait pas trop car elle était facile à occuper surtout pour sa soeur qui pouvait presque la mener par le bout du nez-, et dire qu'elle s'en était fait pour l'homme face à elle qui jouait les idiots, pour pas grand chose même si au fond il était sûrement perdu ce n'était pas le moment de s'amuser.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Dim 18 Nov - 22:17

Finalement, la gargouille s'éveilla plus facilement qu'Haldamir ne l'aurait cru.

Normalement, il fallait plus de temps à un corps revenu subitement à la vie, pour qu'il s'habitue à celle-ci. Les éveillés, une fois stabilisés, passaient quelques jours, parfois plus, dans sa maison, avant que le Gardien ne les reconduisent jusqu'à la Piste Brune, d'où ils pouvaient partir pour rejoindre une quelconque destination. Jacyek semblait même très en forme, malgré une stabilisation qu'il aurait cru difficile, la Gargouille s'était changée en pierre pendant qu'Ulrike resserrait les attaches maintenant son âme à son corps. Haldamir pouvait voir comment le pouvoir d'Ulrike agissait, comme si elle renforçait une armure, à coup de rivets et plaques de métal, qui finissaient par se fondre dans le métal d'origine.
Ulrike l'interrogeait du regard. Aller à Iskandar était urgent, leur jardin ne suffirait pas à les sustenter, même si Haldamir se privait de manger, en restant dans un état qui le ferait passer à moitié dans les souvenirs d'Alatairë. Cela lui permettait d'être dispenser de devoir se nourrir, et ce pendant des mois, voire même des années. Il n'avait réellement commencé à remanger, comme un mortel, lorsque Mei l'avait envoyé chercher Ulrike et Kallen, alors sous le coup d'une malédiction, ayant figée les deux sœurs dans un état pré-pubère, ce qui n'avait pas empêcher le Gardien de poser ses mains sur Ulrike. Aujourd'hui aussi, il avait pu poser ses mains sur ce nouveau corps, sans aller plus loin, parce qu'il fallait aller à Iskandar. Les olives vertes et tomates séchées, conservées dans les jarres sous le sol de la cuisine, ainsi que les quelques jarres de farines, ne suffiraient pas à nourrir sa maisonnée, et encore moins Jacyek, si celui-ci restait plus longtemps. Fallait-il le laisser avec Kallen ? Haldamir répugnait à laisser un étranger dans leur maison, et Kallen était la personne la plus irresponsable et la moins fiable au monde. Fort heureusement, Jacyek lui épargna d'avoir à prendre une décision, en se réveillant, très en forme.

Jacyek était acteur, et Haldamir se demanda s'il avait jamais réussi à faire carrière... Vu sa prestation on ne pouvait plus médiocre. Même si oui, Haldamir se souvenait en tant qu'Haldamir et en tant que Gardien dépositaire de la mémoire de la citée, d'avoir vu pire. Le Gardien s'assombrit lorsqu'il qualifia Ulrike de belle demoiselle. Ulrike était sa belle demoiselle à lui, toute entière à lui. Et à personne d'autre. Il dut réprimer l'envie de botter le train du comédien, et de le foutre sur la Piste Brune, direction plein Sud, pour Freyr, où il semblait impatient de retourner. Le Gardien fit un pas en avant, alors que Jacyek était prostré sur le sol, il en avait visiblement trop fait. Ce pas n'était pas forcément pour aider le Gargouille, mais plutôt pour pouvoir mettre Ulrike derrière lui, si jamais Alatairë décidait finalement que Jacyek lui appartenait. Pourtant, la haute prêtresse prit les devant, passablement irritée. Haldamir songea que Jacyek ferait mieux de se mettre aux abris. Son éveil, même s'il n'en était pas responsable, avait contrarié les plans de la jeune femme. Et Haldamir savait qu'une Ulrike contrariée, signifiait l'arrêt de mort de celui qui avait osé l'importuné. Le Gardien choisit de rester silencieux, regardant Jacyek se décomposer, alors qu'Ulrike montait crescendo dans l'irritation, laissant libre cours à une imagination motivée par sa frustration. Haldamir finit par rire en entendant l'histoire du lapin de six mètres à ailes de dragon, et en voyant la tête du Gargouille. Tentant de reprendre son sérieux, il trouva un intérêt soudain aux murs, songeant qu'il faudra réparer une lézarde apparue au plafond.

-Ulrike...

Haldamir ne put que laisser transparaitre son amusement, malgré le ton réprobateur qu'il prit, secouant la tête. Peut être Jacyek prendrait-il ce qu'elle lui avait dit au sérieux, ou pas. Toujours est-il qu'Ulrike venait de pointer un détail intéressant. Il avait parlé de rapport. Les comédiens ne faisaient pas de rapport à Meadh. Le Gardien perdit son hilarité, qui lui donnait un air de joyeux cadavre, en se demandant ce qu'Alatairë avait réellement laissé s'échapper. Non pas que Jacyek puisse causer le moindre mal. Après un siècle à être resté figé, ses informations seraient sans doute plus qu'erronées. A supposer qu'on l'attende encore à Zeichen, et qu'il n'ait pas été compté parmi les innombrables morts de la Grande Guerre.

-Soit gentille s'il te plait, termina-t-il.

Les doigts osseux du Gardien caressèrent la joue douce et rougie par la colère d'Ulrike, avant d'aller entortiller une mèche de cheveux blancs. Haldamir déposa un baiser sur le haut du crâne de la prêtresse, tentant de la calmer. Il s'écarta, avant de prendre un revers, ne pouvant pas placer ses doigts ailleurs pour désamorcer la colère d'Ulrike. Le Gardien se pencha sur Jacyek, le prenant par l'épaule pour le redresser, et le faire s'assoir dans le fauteuil.

-Vous devriez éviter de jouer la comédie. Vous n'êtes pas suffisamment en forme pour ça. Et pensez-y, après cent ans... Zeichen ne vous a pas attendu. Meadh non plus. La guerre est terminée, mais l'adage veut que le Sud soit un volcan prêt à entrer en éruption. Votre éveil tombe mal, vous ne pouvez rester, je n'ai pas grand chose à offrir à un mortel. En revanche, vous pourrez nous accompagner jusqu'à Iskandar, une jeune citée, et trouver un moyen de regagner Freyr. Iskandar est plus prêt d'ici qu'Emaine Macha - Bois Blanche. Je peux nous transporter de la façon que vous savez jusqu'à un certain point, en suite, Alatairë n'a plus d'influence. Ou si peu.

Le Gardien se retourna vers celle qui était sa compagne. La voir enfin libérée de la malédiction, même en colère, le ravissait. Il était peut être moins ravi, maintenant qu'ils n'étaient plus seuls, mais ils auraient l'occasion de l'être. Bientôt. A moins que Mei ne décide de placer des vivants sur leur chemin, ce qui serait du goût du mauvais humour des divins.

-Il n'a pas d'autre choix que de venir avec nous. Nous n'avons plus assez de réserve. Et on ne va pas le confier à Kallen.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jacyek
Cheminant
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Lun 19 Nov - 14:14

Quel public difficile ! Et j'en avais pourtant affronter, des auditeurs qui auraient rebutés plus d'un bleu dans le métier, comme la cour de Cemenwin, à se faire dévisager par des prédateurs nocturnes aux longues canines, enclin à manger quelqu'un à l'entracte si le spectacle promis n'était pas des plus plaisant. Au moins le sarcasme de la dame allait de pair avec la déconfiture affiché alors que je me sentais des plus idiot, encore sonné au niveau du sol, et les frasques comme elle dit que j'avais déclamé. Seulement, le sourire qu'elle affichait, était de ceux que je ne connaissais que trop bien, chez les demoiselles qui n'avait qu'une envie, celle de vous foutre dehors à coup de pied, mais ayant trop de savoir-vivre pour le faire de but en blanc. J'optais pour la solution de ne pas bouger, de peur que l'idée de me faire passer par la fenêtre ne lui vienne soudainement une option viable.
Si son cynisme à l'égard de mes prouesse théâtrale de laissèrent de marbre... pas le nom qu'elle évoqua en présentant le Gardien. Haldamir. Le Haldamir, de la Marche du Sanctuaire. Il m'avait déjà donné son nom, plus tôt, mais je n'avais pas fait le rapprochement, pressé par les évènements. L'espace d'un instant, je me trouvais totalement désemparé, puisqu'il s'agissait d'un ennemi !... Mais seulement le temps que je me souvienne que ça n'avait plus vraiment d'importance. Ulrike enchaîna avec l'absence de rapport à faire, et elle n'avait pas tort. Cela ajoutait à l'abattement qui s'était abattu sur moi. Mon existence était réellement insignifiante désormais, c'était une réalité que je tentais de masquer derrière mon devoir, auquel je ne pouvais que me raccrocher désespérément comme la dernière parcelle tangible de mon existence passé dans ce présent qui m'en coupait...

Promis, je n'ai rien fait pour mériter la colère de cette femme. Rien de plus que ce que je fais d'habitude. Suis-je aussi agaçant quand je joue la comédie sans costume ni scène ? Probablement, mais il semblerait que d'autres raisons aient poussé sa colère. Heureusement sieur Haldamir tenta de la calmer, et je pus constater que même les élus divins en charge de la mémoire d'une cité pouvait craindre la colère d'une femme. C'était une chose qui était bien souvent enseigné dans le théâtre, rien ne saurait être plus mortel que cela.
Mais je fus bien vite remis sur pied par le Gardien, qui m'expliqua dès lors que je devrais leur épargner d'autres usages abusifs de mes talents. Je doutais que ce fusse vraiment pour éviter de me fatiguer, mais je ne dis mot. J'eus connaissance du véritable sort de Freyr, et confirmation que comme je le pensais aucun lapin hyperbolique n'avait tenté de dominer le monde, ce qui aurait relevé du pire navet qui soit, même mit en prose. Ceci dit, je commençais à comprendre, au regard qu'Haldamir lui portait, que j'étais mal tombé pour ainsi dire. Ils voulaient me voir partir au plus vite, au mépris du fait que je puisse avoir faim, soif, et besoin de me reposer. Oui j'avais envie de partir vite, mais pas tout de suite pour autant !
-Il est bien aimable à vous de me permettre d'accomplir mon devoir envers ma nation sans attendre, mais je ne suis pas pour autant en état, je le crains, d'entreprendre le voyage. Je ne tiens pas à périr en route après avoir survécu si longtemps, ce serait vraiment... stupide, oui. Je pourrais très bien patienter jusqu'à votre retour sous forme minérale, Et puis...
Calmement, je me relevais, dardant sur la jeune femme un regard sombre, presque agressif.
-... j'ajouterais que je suis désolé de ne pas me montrer aussi désespéré et désenchanté que vous l'escomptiez. Et plus encore d'avoir survécu à cet enfer, puisque visiblement cela vous ennuie tellement. Vous voulez quoi, que je vous dise que ma famille va me manquer ? J'étais mort pour eux avant même d'entrer en Alatairë. La seule personne que j'aimais était avec moi, je lui tenais la main alors que la cité mourrait, et c'est suffisamment douloureux de penser que j'ai survécu alors que lui a été soufflé avec cette maudite cité !!
J'avais fait un pas vers elle alors que je criais ces derniers mots, serrant à présent les dents, la fixant avec rage de mes yeux violets. Mes cheveux se teintèrent de noir, mon héritage Sidhe se faisant dès lors ressentir alors que j'exprimais furieusement ce que j'avais ravalé. Mes yeux se firent humides, et la colère se teinta de tristesse.
-J'aurai voulu être ailleurs quand ça c'est produit, mais je n'ai pas eu le choix... nous ne l'avions pas eu. Oui, un acteur n'a pas à faire de rapport, mais un espion, si. Il ne me reste rien de ma vie, sinon mon devoir, et je préfère m'y raccrocher plutôt que... que de pleurer ce que j'ai perdu...
Et pourtant, des larmes perlèrent sur mes joues. Je baissais la tête, et les laissa glisser jusqu'à ce qu'elle finisse sur le sol. Quelques pas en arrière, et je me retrouvais à nouveau assis, ma chevelure reprenant sa teinte habituelle, et mes larmes se tarissant alors que j'étouffais un sanglot, mes poings se resserrant sur mon pantalon de toile miteux, que je fixais obstinément.

Et un sourire en coin se dessina sur mes lèvres. Toute trace de tristesse ou de colère avait été balayé de mon visage aux traits encore quelque peu adolescent, alors que j'affichais la mine d'un enfant réjoui, regardant de mes yeux pétillants le couple qui se trouvait devant moi, et qui devait se demander si j'avais joué la comédie, ou si j'étais en train de le faire. Cette perspective me motivait à sourire de plus belle, avant de me lever, et de les regarder à tour de rôle. Mes mains se joignirent dans mon dos, ou plutôt je pris dans ma main droite la gauche, qui était toujours fêlée et en cours de régénération.
-Mais sinon, je ne peux vraiment pas partir tout de suite, l'une de mes mains est cassée et il me faudra bien une bonne nuit de sommeil pour qu'elle se répare d'elle-même. Je souhaite ardemment quitter ces lieux mais pas au mépris de ma santé, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
J'arborais à présent ce sourire si commun à ceux qui savent embobiner, qui de leurs belles frimousses ont l'art de se montrer convaincant. Pour ma part je l'étais peut-être, et j'aurai pu être plus franc en souriant si ces deux-là n'avait pas l'air si pressé de me voir déguerpir. Surtout cette Ulrike qui dors et déjà me tapait sur les nerfs... Je n'avais qu'une hâte : pouvoir partir, repu et en forme.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Ven 23 Nov - 20:50

Haldamir fit un pas en avant lorsque l'éveillé se mit à crier sur la prêtresse qui venait de le sauver. Il aurait suffit de quelques minutes pour que Jacyek devienne une Abomination. Chose qu'il ignorait, puisqu'il n'avait rien entendu, rien vu de l'acte que venait de pratiquer Ulrike. Pas plus qu'il n'aurait de souvenirs de ce qu'il avait pu voir, quand il avait voyagé dans la dimension du Gardien. Il retint la prêtresse par le bras, l'empêchant de noyer le Gargouille sous ses imprécations, puisqu'elle pourrait le maudire en l'espace d'une seconde.Il comprenait, la partie de lui qui avait été Haldamir, comprenait le devoir, le besoin de se raccrocher à quelque chose. La mémoire d'Alatairë l'avait investi, du moins, le Sil'ura qu'il avait été, il avait fusionné avec Haldamir, avec la ville. Il était devenue cette entité, le Gardien, celui qui passait d'un monde à l'autre, qui éveillait les souvenirs de la cité morte sur son passage, ses souvenirs agissant comme des vivants, le saluant, jouant et parlant avec lui. Il était Haldamir tout en ne l'étant pas. Pourtant, il s'y était fait, après de longues années d'errance dans la cité, à pleurer des gens qui n'étaient plus, à revivre leur morts, à abattre les abominations, jusqu'à ce qu'il s'installe dans la maison d'Haldamir de la Marche, un des rares endroits à repousser les Abominations qui veillaient sur les trésors d'Alatairë. Il avait, petit à petit, fait des voyages jusqu'à Iskandar, la jeune cité, qui n'était qu'un fort en bois dans les souvenirs d'Haldamir, une ville aux murs rouges dans ceux de Islwyn Fardale. Il y avait trouvé Ulrike et sa sœur, Kallen, et Alatairë avait retrouvé un semblant de vie, en plein jour du moins. Récemment, les vivants semblaient être attiré par la cité. Il en y avait toujours eux, des perdus, des inconscients, des pilleurs, pour venir franchir les remparts de la cité, dont les portes étaient toutes closes. Haldamir n'avait pas toujours empêcher les Abominations de les tuer, la vengeance étant parfois plus forte, mais ces vivants venant de temps à autre, lui apportaient des nouvelles du monde. Les éveillés, ils n'avaient pas pu les sauver, seule Ulrike avait été capable de le faire. Enfermée dans un corps d'enfant, stabiliser l'âme avait pris du temps, parfois des jours entiers, où Haldamir avait appris à la relayer. Adulte, elle disposait de ces pleins pouvoirs, et stabiliser le comédien n'avait pris que quelques minutes, si bien que le Gardien mesurait pleinement la puissance dont disposait la haute prêtresse.
Finalement, Jacyek s'assit à nouveau, en proie à des sentiments de le Gardien comprenait, sans pour autant penser qu'il n'avait rien écouté de ce qu'il lui avait dit. Il refusait de partir, et cette fois, le Gardien se redressa, de marbre devant le jeu du comédien, ne sachant pas vraiment si les larmes qu'il avait versé étaient vraie, pas plus que le sourire qu'il affichait, tentant de rester à Alatairë. Le visage morbide du Gardien n'exprimait rien, la fureur d'Alatairë montant en lui.

-Si vous m'aviez écouté, Jacyek, vous auriez compris que je n'ai rien à vous offrir. Vous êtes le dernier vivant, d'une longue série. Mei a trouvé plaisant que Alatairë soit habitée, pendant un temps. Votre éveil tombe au plus mal. Je n'ai rien à vous offrir. Rien pour vous sustenter. Je n'avais jamais eu autant de monde, pas depuis des années. Voila pourquoi, je ne proposais de partir avec nous, jusqu'à la jeune citée d'Iskandar, le voyage sera court, je peux nous porter jusqu'à une certaine distance.

Le Gardien retrouva son corps fait de cette matière noire, vaporeuse et à la fois visqueuse, les yeux morts et blancs d'Haldamir accrochèrent ceux de Jacyek, alors qu'il se penchait sur lui. Dans ce regard, les cris d'agonie et de souffrance de ceux qui avaient survécu à l'explosion, à ceux qui étaient devenus des Abominations. Le grincement et les cliquetis des corps des Abominations retentissant soudain dans la pièce.

-Vous êtes ici chez moi, cette citée n'accepte pas les vivants. Vous n'avez pas votre place ici. J'ignore quel rôle vous jouez, et peu m'importe, Jacyek de Freyr. J'ai un rôle à jouer ici, et je ne peux laisser un vivant, même figé, sans surveillance. Je n'ai pas envie que vous restiez. Ulrike a fait en sorte que vous ne deveniez pas une Abomination, une de ses créatures uniquement motivées par la vengeance. Manquez lui encore de respect, et j'aurai plaisir à vous renvoyer à l'état de simple souvenir. Je sais qui vous êtes Jacyek, Alatairë me l'a dit. Vous venez avec nous à Iskandar, vous pourrez y manger, et vous reposer. Vous ne pouvez rester ici.

La décision d'Haldamir était sans appel. Il ne pouvait rien offrir, à part de l'eau et des olives au Gargouille, peut être un peu de pain plat, restant de la veille. Mais il était urgent qu'ils aillent se ravitailler à Iskandar, Ulrike et Kallen ne tiendraient pas sans manger, la faim, et les émotions fortes attiraient les morts, avides de vie. Islwyn Fardale s'en souvenait, il était mort ici. Le Gardien se calma, s'éloignant du Gargouille, sombre et implacable.

-Vous ne pouvez rester, mais pour votre bras, Ulrike peut le soigner. Si elle a fixé votre âme à votre corps, une fracture ne devrait pas le poser de problème. Une fois à Iskandar, vous serez libre de vos mouvements. Je peux vous donner de quoi payer votre voyage jusqu'à Freyr. L'argent n'a aucune valeur pour moi. Et Alatairë m'en laisse suffisamment. Mais je le répète encore une fois, c'est impossible que vous puissiez rester, malgré votre état. Je ne peux pas vous laisser. Vous n'êtes plus le bienvenu depuis que vous vous êtes éveillé. La cité cherchera toujours à vous rattraper, si vous restez. Elle vous rendra fou, jusqu'à vous vous abandonniez. Cela peut très bien ne prendre que quelques heures. Alors vous pouvez vous lever, et suivre sans faire de difficulté, ou bien je vous y contraindrais.

C'était un ultimatum, mais Haldamir n'avait pas la patience de traiter avec des espions, avec des ennemis d'Alatairë. C'était ainsi que le chevalier de la Marche percevait le Gargouille. Islwyn compatissait. Le Gardien répugnait à le laisser seul. Il répugnait déjà à laisser Kallen, mais transporter deux personnes, au plus près d'Iskandar lui coûterait, parce qu'il serait alors loin de son lieu d'influence. La mort s'arrêtait à ce que les mortels appelaient la Limite Désertique, là où la magie s'était arrêtée, scellant le destin de milliers de soldats et de civils. Les yeux morts du Gardien croisèrent ceux de la prêtresse, y cherchant du réconfort, alors que les cris de terreur et de souffrance n'en finissaient pas de se rappeler à lui.

-En chemin, je vous dirais ce qu'il faut vous savoir. Un espion et un comédien devraient savoir s'adapter facilement, et rapidement. Vous y avez été formé. Avez vous compris, cette fois, Jacyek ? Je ne vous chasse pas, je vous rend à la vie. La vie a déserté ce lieu depuis longtemps, et brutalement. Vous avez souffert. Je le sais.

Cette fois, Haldamir dut faire un effort pour chasser les souvenirs des autres, ces souvenirs qu'il revivait. Le chevalier de la Marche avait agonisé pendant des jours, deux de ses camarades étaient morts, tout en le protégeant de la déferlante de magie. Il avait agonisé, jusqu'à partiellement se transformer, jusqu'à qu'Islwyn Fardale n'entre dans la cité, et qu'il le tue. Le Gardien avait choisi de s'appeler Haldamir, parce que la famille d'Haldamir de la Marche avait été emportée comme le reste de la vie de la citée. Celle d'Islwyn Fardale avait longtemps continué à le chercher.
Le Gardien se reprit, redevenant Haldamir, son corps retrouvant une certaine tangibilité.

-Soigne sa main, je vais voir ce qu'il peut manger avant qu'on parte.

Cela prit peu de temps, la cuisine d'Haldamir était aussi vide que certaines maisons ayant subis les assauts des légions. Il restait deux moitiés de galettes de pains plats, les olives, et un peu d'eau. Haldamir fit l'effort d'y ajouter du citron, et de prendre les dernières tomates cerises du jardin d'Ulrike. Il revint avec ce maigre repas, et le déposa sur la table basse de style Andanoréen, du salon.

-Comme je vous le disais, je n'ai pas grand chose à vous offrir.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Ven 4 Jan - 21:47

Elle resta de glace face à tout l'étalage de frustration et de peine fait par Jacyek. Non pas qu'Ulrike était sans coeur, mais elle en avait vu des gens désespérés, pleurer des jours et des nuits sans quasiment s'arrêter, ou même s'enfermer dans le mutisme le plus total, refusant les soins et la nourriture proposé. Il y avait eu aussi ceux qui avait perdus l'esprit, essayant de dévaster la maison, de tuer les occupants. Kallen et elle avaient faillit se retrouver gravement blessées sans l'intervention d'Haldamir. Et pour finir, ceux qui semblaient aller bien, accepter, et qui un soir avaient finis par sortir se jeter dans la gueule des abominations. Des Eveillés repartant à la vie actuelle, il n'y en avait pas eu tant que ça, et elle espérait de tout coeur qu'ils se soient acclimatés, et que leur vie passée ait disparue.
Alors un comédien peu cohérent criant sur elle et pleurant, ça ne l'émouvait plus. Ne pas s'attacher à eux était quelque chose qu'elle avait apprit, on ne sait jamais comment les Eveillés réagissent et ce qu'il va leur advenir. La prêtresse avait juste pitié de ces personnes ayant tout perdu, se réveillant comme si une seconde s'était écoulée entre le moment où ils se sont endormit, et ayant pour les accueillir une ville morte, un Gardien à l'aspect peu engageant, et une fillette.
Haldamir la retint, sachant qu'elle était capable de jeter une malédiction sur l'Acteur en un rien de temps. Un léger sourire s'esquissa sur ses lèvres. Elle était incroyablement impulsive, mais paradoxalement très prévisible, même si pour une fois elle laissait tomber d'elle même. Jacyek ne valait pas la peine d'user de ses pouvoirs pour le maudire, vu que le jeter dehors aurait largement suffist les abominations rôdant encore dehors.

Une image de Kallen lui arriva en tête en voyant l'air enfantin qu'avait la gargouille en les regardant, faisant valoir qu'elle devait rester dans la citée de toute manière, elle était blessée, et avait besoin de repos. Dormir. Il avait dormit un siècle durant, ça ne lui suffisait pas ? La prêtresse attendit qu'Haldamir lui dise que c'était bon, pour se lever et demander sa main à Jacyek. Avant de faire quoi que ce soit elle l'examina, passant une onde douce de mana pour ressentir. La main semblait de pierre, et felée comme l'était cet élément.
Mais elle pouvait sentir de la chaleur, du sang pulser à un rythme très très lent dans cette partie du corps prouvant que ce n'était pas vraiment de la pierre, pas vraiment le vrai minéral qu'on pouvait trouver dans les montagnes, ça non. Même si ce n'était plus vraiment de la chaire, ou plutôt une sorte de chaire compacte, dure et solide, parcourue de magie, endormie et rigide comme la chaire d'un mort sans que la vie ne la quitte. Une pierre vivante en clair, qui pouvait se régénéere, et donc être régénérée. Rien d'impossible à soigner, même si ça consommerait beaucoup d'energie.

-Prenez place dans le fauteuil, il va me falloir un peu de temps, mais je vais le faire. Nous ne sommes plus à dix ou vingt minutes près.

Se mettant sur le sol, jambes repliées sous elle, Ulrike commença alors la guérison. Ca se ferait bien plus lentement qu'une guérison normale, une plaie de ce genre, plutôt nette bien que profonde, n'était pas extrèmement longue et difficile à guérir d'habitude, mais là, elle travaillerais avec un organisme ralentit au point de paraître totalement inerte. Sentant sa magie allez dans le sang, elle en accelera la venue, multipliant en son sein les organismes réparant les blessures. Les cellules parresseuses durent se réveiller pour se reformer à une vitesse qui n'tait pas la leur habituellement, mais sans pour autant être brusquée. Ne pas se presser, ne pas aller trop vite, en guérison ça n'était pas plu mal, car une mauvaise guérison était parfois pire que la blessure. Une infection cachée sous la peau conduisait à l'amputation, dans le meilleur des cas. Sinn elle pouvait conduire au royaume de Dämons.
Quand Haldamir arriva avec de quoi manger, elle venait à peine de finir de ressouder la peau, recouvrant ainsi la blessure qui aurait plus de facilité a se refermer, car le sang à l'air libre sèche trop vite. Elle s'adresse à Jacyek sans le regarder ou se déconcenter de son travail, l'invitant à manger pendant qu'elle travaillait, de l'autre main. Sentant ses jambes s'engourdir sous le poids de son corps et l'effort qui aspirait son énergie, Ulrike souffla lentement. Elle ramolissait, au temple les scéances de prières durant des heures pour les apprendre, ou les scéances d'entrainement et de chasse étaient bien plus difficiles que de se tenir sur les genoux plus de dix minutes d'affilé.
Quand ce fut terminé -au bout d'une bonne demi heure-, et qu'elle en fut certaine en sondant de nouveau le bras, toute la tention et l'attention de la prêtresse se relâcha et elle déplaça en grimaçant ses jambes pour les tendre en face d'elle, respirant profondément comme pour reprendre son souffle. Elle essuya son front qui perlait de sueur et couvert d'un peu de poussière et entreprit de se relever.

-Sieur Jacyek, vous ètes la première gargouille que j'ai du soigner, enfin sous forme petrifiée voulais-je dire, il y a peut-être eu d'autres gargouilles qui sont passées sous mes soins. Par le bouclier de Ceallach, jamais plus. Mais au moins nous vous rendrons à la vie, sain et sans blessure. apprivoiser le monde alors qu'on est blessé n'est pas la meilleur des choses non ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jacyek
Cheminant
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Sam 26 Jan - 1:00

Les soins magiques n'avaient jamais été ma tasse de thé. Une constitution robuste et un système de guérison pouvant me permettre de me faire briser un bras et le voir se régénérer -pour peu que cela soit sous ma forme minérale- ne laissait que peu de conviction en la nécessité de quérir l'aide de prêtre de Mei. Oh non pas que je ne les apprécie pas, eux ou leur Déesse, au contraire c'est une divinité des plus charmante, mais entre respecter et confier sa santé, il y a une différence nos négligeable. Et puis, soigner de la roche, était dans mon esprit, et celui de nombre de Gargouilles à ma connaissance, une chose étrange. Mais il faut avouer que, après tout... derrière cette roche il y avait de la vie. De quoi mettre à l'épreuve une fidèle de cette chère Mei, ce qu'elle s'appliqua à faire avec une certaine diligence, eu égard à mon scepticisme.
Je m'assis donc et la laissa entreprendre son art, même si j'étais peu convaincu qu'elle puisse y faire grand-chose. Après tout, cela se serait guéri tout seul, une blessure de ce genre. Dix heures tout au plus.
Mais, cela pris bien moins longtemps...

J'ai raison finalement de la laisser essayer. D'abord perdu dans mes pensées, je constatais avec surprise, au bout d'un moment, que ma main se réparait, que cette Ulrike avait pu trouver en elle la force d’accélérer le processus de guérison. Et je la regardais, fasciné, accomplir ce miracle, car aucun autre mot à mes yeux ne pouvait décrire un tel exploit. Je ne pouvais guère m'en détourner, aussi long cela fusse-t-il, car je ne me rendais pas bien compte du temps que cela lui pris, obnubilé par cet étrange spectacle, qui me semblait relativement irréel.
Mais à la voir une fois son œuvre achevée, cela avait nécessité une énergie considérable. Elle l'avait cherché me dis-je, et elle semblait vraiment épuisée. Pour ma part, mon poing de roche repris sa forme originel, redevenant chair. Cela était fascinant, de me voir si vite recouvrer l'usage de mon membre, et je répondit assez distraitement à ce qu'elle me dit.
-Certes, certes... Je vous remercie infiniment. Sincèrement je ne pensais pas que vous y arriveriez.
Ce n'était pas dit méchamment, au contraire, je me montrait admiratif, surpris, de cette guérison inespérée, et si rapide. Et que j'allais pouvoir partir... partir... mon visage peinait à garder affiché les traits liés à ce sentiment de surprise. Non, cela fondit comme la neige sous le feu d'Aelius, affichant une certaine décontenance. Mes épaules s’affaissant, mes yeux ternes, collé au sol.
Je réalisais que, finalement, peut-être qu'en effet je n'avais, dans le fond, tout simplement, sous couverts de prétexte, et bien... ne pas partir. Et oui, aussi stupide que cela paraisse... je me retrouvais plus précipitamment que je ne l'aurais souhaité à devoir traverser le miroir, métaphore illustrant que je me trouvais devant le reflet du monde tel que je le connaissais, pour le voir, de l'autre côté, bien différemment. Et je m'étais montré si désireux de rester, malgré que je puisse gêner...
Ah, je réalisais m'être montré bien malhabile, et plus affecté que je ne le croyais -ou voulais le croire- , et je m'en voulais...

-Je... je suis désolé. Faut croire que j'ai peur, quelque part, d'être lâché dans la nature, avec plus personne pour savoir qui je suis. Je doute même que Alkyone soit encore en vie... je suis mort pour le Qilaq...
Une fois encore, la mort m'avait fait perdre mon emploi, même si en l'occurrence c'était ma mort, et non celle de mon employeur. Et puis mon meilleur ami, compagnon de toujours, n'était plus. Nous ne pourrions plus rejouer les scènes classiques que nous affectionnons tant, ou les scènes comiques, où nous avons ris et ris sans arrêt pendant les répétitions, surtout quand cela impliquait des costumes ridicules.
Tout cela était bien fini.
Je m'avachis finalement dans mon siège, me massant les tempes, en proie à ces souvenirs, qui étaient passé en quelques dizaines de minutes pour moi -des décennies pour le reste du monde- d'anecdotes idiotes à moments précieux avec un être cher. Un soupir, mais aucune larme, sans pour autant me départir de ce sentiment, cette expression, d'immense perte qui me ravageait l'esprit, à mesure que l'idée se frayait un chemin dans mon esprit, comme une réalité que je refusai obstinément d'affronter, mais qui était justement, une réalité.
Ma langue se délia, et quelques unes de mes craintes me revenaient, alors que je me demandais pourquoi j'étais encore là, survivant, alors que j'aurais du mourir...
-Vous savez, quand une Gargouille meurt, sa chair se change en pierre de façon définitive. De vieilles légendes disent que c'est ce que nous sommes, de la roche parcourut de magie qui a pris forme humaine...
Les Ents n'avaient pas ce genre de problème. Ils étaient un astucieux et savant dosage d'animal et de végétal, oscillant entre le statut de plantes ayant imité les autres races, et de faune ayant voulu devenir flore ; mais entremêlé avec une certaine poésie. Nous, Gargouilles, sommes tantôt chair, tantôt roche. Né entre deux mondes, oscillant entre deux états jusqu'à ce que la vie nous quitte et que le minéral ne nous emprisonne, comme si cela avait toujours été ce que nous étions dans le fond, des bloc de pierre qui avaient appris à devenir vivant.
Et moi, j'étais une énigme encore plus curieuse, un des rares hybrides, du moins le pensais-je, car j'en connaissais très peu. Ou plutôt, aucun. La chance avait souri à mon père, qui n'avait pas un mauvais physique, comme certains de mes pairs, et je tenais beaucoup aussi de ma chère mère. Et, j'avais survécu à la mort. Mon corps s'était changé en pierre, et la magie en avait fait un état permanent, emprisonnant la vie qui y avait élu domicile jusqu'à ce que le sort s'estompe et me permettre de réinvestir mon enveloppe charnelle. Je n'ai gardé aucun souvenir de ce qui s'était passé entre temps, pas même de rêve, ou d'obscurité, comme si je n'avais que cligner un moment des yeux. Le vertige m'étreint un instant, alors que je me demandais, ce qui avait pu advenir de mon esprit, mon âme, durant cette mort séculaire, qui semblait n'avoir duré qu'un temps infime...

Je déglutis, et repoussai au fond de moi mon malaise. Ce n'était ni le lieu, ni le moment. Le prêtresse en avait fini de ma blessure, et je devais faire face au fait accomplit : il me fallait partir, continuer à vivre comme avant. Prendre des nouvelles du monde, étudier les pièces récentes... et trouver un emploi, pour ne pas me retrouver à nouveau à la rue. Retourner à Zeichen semblait une bonne idée, mais en y réfléchissant, je n'étais plus personne. Même pas un souvenir, car nous étions de ceux de l'ombre, les espions de sa Majesté... plus personne ne se souviendrait de moi...
-Bien, allons-y puisqu'il le faut. Dis-je, déterminé, mais peu convaincu.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Sam 11 Avr - 0:37

Haldamir leur avait fait quitter le monde dans lequel il évoluait, celui des morts, a quelques pas des remparts de la cité. Il informa Ulrike qu'elle pouvait ouvrir à nouveau les yeux, même s'il n'ignorait pas qu'il lui arrivait de regarder pendant le voyage. Les poules endormies par Ulrike se remirent à piailler et à battre des ailes dans leurs cages de bois, comme si elles avaient attendu elle aussi, perturbées, malgré la nuit tombante. Haldamir soupira. Les volatiles ne seraient pas vraiment ses amis. Ils étaient au pied des portes marquant l'entrée Nord-Ouest d'Altare. Elles pendaient de leur gonds, défoncées, intouchées depuis l'issue fatale de la guerre, le sable s'était accumulé au pied des grandes portes, recouvrant le bélier qui les avaient ouvertes. Elles portaient des traces de feu, en plus de marques profondes. Haldamir se souvenait avoir trouvé les motifs qu'on pouvait encore voir dans le bois abîmé, fascinant. Valorn avait été excité à la vue des remparts de la cité, et plus encore lorsqu'il était entré. Cela lui avait coûté.

Il leva les yeux sur sa cité. Sur son Altare. Le Gardien était de retour chez lui, et il le sentait, Altare l'accueillait pas bras ouverts. Il sentait entier, ce qui était étrange. C'était son domaine, son royaume sur lequel il veillait jalousement. Il se sentait investi de sa mission, entier, ayant un but, une tâche à accomplir. Altare à la nuit tombante, se détachait, sombre, sur le ciel devenant progressivement sombre était rougi à l'horizon. Il était fier, et sa joie était prête à déborder. Altare était joyeuse, heureuse de les savoir de retour. Haldamir dut le dire à haute voix, puisque Ulrike le regarda. Sous leurs yeux, Altare prit vie, leur souhaitant la bienvenue en fanfare. La cité redevint sous l'impulsion de ses souvenirs, celle qu'elle avait été. Remparts et portes redevinrent intacts, la cité s'illumina, et aux portes, la vie se mit à grouiller. Ils ne furent plus les seuls à passer les portes, et les gardes de chaque côté des portes les saluèrent joyeusement.

-Allons-y... souffla-t-il les yeux rivés sur sa bien aimée cité.

Il aurait sourit s'il avait pu. Il éclata d'un rire joyeux lorsqu'ils passèrent les portes, et qu'il découvrit l'animation dans les rues. Des guirlandes de tissus colorés, de fleurs, pendaient un peu partout, les gens dansaient au son de la musique jouée par des cheminants perchés sur une estrade. Les lampes de la cité brillaient de milles feux. Des enfants couraient dans tous les sens en riant, leur tournant autour. Deux jeunes femmes leur jetèrent des fleurs, partant en riant. Plus loin, des femmes et des hommes cuisaient de la nourriture autour de grand feux, tandis qu'on apportait des plats à de grandes tablées. Haldamir pouvait presque sentir les odeurs des épices et de la viande grillée. Chaque habitant avaient le sourire aux lèvres. Lui se mit à rire, éclatant d'un rire joyeux, alors qu'ils progressaient au milieu des vies passées pour rejoindre la maison qui avait été celle de Karaj de la Marche. Les airs de fête d'Altare lui tournaient presque la tête. Il se souvenait avoir participé à ce genre de festivités, mais sans les apprécier autant qu'aujourd'hui. Au milieu de l'effervescence générale, avancer était presque difficile, il avait envie de participer lui aussi, mais les souvenirs d'Altare, n'étaient que cela, des souvenirs, ils ne duraient qu'un temps.

-Si nous n'étions pas aussi chargés, nous aurions pu en profiter, lança-t-il songeur avant de rire à nouveau, alors qu'ils traversaient un groupe de danseurs aux tenues chatoyantes.

Haldamir se laissait gagner par l'ambiance, aussi sûrement que Valorn Fardale avait dansé et bu avec allégresse dans sa cité froide et venteuse du Nord, mais il n'oubliait pas qu'il portait trois lourds paniers, et deux cages, il était chargé comme un mulet et harnaché comme tel. Ulrike était plus affectée par la chaleur, et pas des besoins de vivants, comme manger et dormir. Après un voyage en une journée, elle devait avoir faim, et avoir envie de s'écrouler dans un lit. Elle était aussi couverte de poussière rouge et de sable, mais c'était inévitable en Esgal. Il se souvenait parfois des champs verdoyants d'autrefois. Karaj s'était beaucoup lamenté sur le sort de son royaume, avant que Aakhamen ne décide que Valorn serait un parfait remplaçant, sans pour autant le priver de l'expérience et des souvenirs de Karaj.
Ils remontèrent les rues courbes de la cité, jusqu'au quartier où ils vivaient. Là aussi, la fête battait son plein. Et la vue de sa demeure lui apporta une autre forme de sérénité. Aucune abomination ne rôdait ce soir, il n'en sentait aucune. Altare devait les avoir éloignées, oubliant pour ce soir sa colère et sa rancœur.

La porte de sa demeure se finit par se refermer derrière eux, étouffant les sons des souvenirs joyeux. Ils furent momentanément plongés dans la pénombre jusqu'à ce que Ulrike ne se charge d'allumer la lampe à huile près de la porte. Loin des souvenirs d'Altare, il faisait froid. La nuit était plus que froide, parfois glaciale en Esgal. Il faudrait allumer un feu pour réchauffer l'atmosphère et pour qu'Ulrike passe une nuit décente. Haldamir fit quelques pas, déposant deux des lourds paniers qu'il portait. Il se tourna alors vers sa compagne, celle que Memun lui avait choisi.

-Si tu m'aidais à ôter ses volatiles, je pourrais allumer un feu, et mettre de l'eau à bouillir pour te faire un thé. J'ai oublié qu'il faisait froid... pour toi.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Ven 2 Oct - 16:45

Cette fois-ci, elle avait sagement fermé les yeux durant la traversée. Les poules et le coq, elle les avait endormi, et avait recouvert les cages d’un morceau de tissu, juste au cas où. Elle avait senti qu’Haldamir n’avait pas très envie de voir les volatiles envahir leur arrière-cour, et elle devait avouer que les poules n’étaient pas ses animaux préférés, mais elle voulait diversifier leur nourriture, avoir de bons œufs frais, du poulet aussi, lorsqu’il y aura assez d’animaux pour se le permettre. Et c’était aussi un moyen de voir si Altare acceptait d’avoir un peu plus de vie entre ses murs, si insignifiantes soient-elles. La prêtresse de Memun ouvrit les yeux quand son compagnon lui signala qu’elle le pouvait. Elle les ouvrit doucement pour ne pas se faire mal à cause de la luminosité.
Devant eux Altare se détachait du paysage. La cité était toujours figée au jour où la mort avait cueilli les âmes de ceux y vivant, certains se figeant comme la cité. Il arrivait régulièrement qu’Ulrike fasse le tour de la citée, visitant les statues qui s’éveilleraient peut-être un jour. Elle restait quelques temps auprès d’elles et parlait quelque fois à certaines d’entre elle, se demandant si elles allaient s’éveiller bientôt, si elle sauverait ou si elles se perdraient dans le passé. Il n’y avait pas que des êtres humanoïdes, mais aussi des chats, des chiens, des chevaux… Tout être vivant qui se serait trouvé dans la vague de mana. Les poules et le coq caquetèrent, alors qu’Haldamir et elle regardaient la cité. Le Gardien se mit à réfléchir à voix haute.


-Altare est joyeuse. Elle est heureuse de nous savoir de retour.

La prêtresse le regarda, et lui fit un sourire. Elle n’avait pas lâché le bras du Gardien d’Aakhamen durant la traversée, et ne le lâcha pas alors qu’ils reprirent la route. Ils avancèrent alors, et même Ulrike sentit la joie de la cité à retrouver son Gardien et elle aussi. Elle était touchée que la cité les accueille à chaque fois, heureuse de les retrouver, comme si elle avait imaginé qu’ils allaient l’abandonner, que leur départ serait définitif. Au début elle avait trouvé étrange de penser à la cité comme une entité à part entière, avec des sentiments, mais toutes les âmes piégées et soufflée à cause de la Guerre de Lys étaient restée dans la cité, et lui donnait vie. Une vie qui s’anima dès qu’ils furent assez proches de la cité. Terminées les marques indélébiles de la guerre, les portes arrachées, les marques de feu, d’impact. La cité redevint telle qu’elle avait été avant la guerre, et Ulrike était la seule personne de sa génération à pouvoir admirer ce qu’avait été la cité lorsqu’elle était encore pleine de vie. Et c’était magnifique à voir.

-Allons-y... souffla Haldamir.

Elle fit coucou au gardes les saluant, répondit aux sourires de la foule et rit quand elle entendit le rire de son compagnon. Ce rire qui glacerait n’importe qui d’autre, mais qui faisait bondir son cœur dans sa poitrine, et la réchauffait. Il faisait froid, et elle avait faim, mais de voir toute cette agitation, les visages radieux des habitants, la liesse et la musique qui envahissaient les rues, elle n’y pensait plus trop. Les rues étaient pleines de couleur, et des enfants courraient partout, se poursuivant, tournant en rond dans un simulé de danse. La vue de la nourriture qui cuisait lui donnait l’eau à la bouche, et elle était certaine de sentir l’odeur des viandes et des épices qui cuisaient sur le feu, et celle des plats et des pâtisseries qui abondaient sur de longues tablées. Son estomac émit un léger grondement.  Les danses emplissaient les rues de vie, mais au fond de son cœur Ulrike savait que cette vie n’était qu’une ombre éphémère, qui disparaîtrait d’un coup, laissant derrière elle qu’un silence rompu par les cris des abominations.

-Si nous n'étions pas aussi chargés, nous aurions pu en profiter, lança Haldamir.

-Oui, c’est dommage. Mais sans le besoin de ce chargement, nous ne serions pas partit. Et donc nous n’aurions pas eu ce bel accueil.  Mais c’est dommage aussi.

Ils marchaient vers leur chez eux, rencontrant des scènes de joie partout dans les rues. D’autres jeunes femmes leur lancèrent des fleurs, parfois du haut de balcon. Ulrike replaçait bien ses paquets, les trouvant de plus en plus lourd. Elle était fatiguée du voyage, de la journée. Il avait fait chaud comme d’habitude, elle avait transpiré et le sable s’était collé à elle. De plus, la femme avait perdu l’habitude du bruit constant qu’avait une ville, les conversations des habitants, le bruit des pats, des marchandises posées, des animaux…  Sa tête bourdonnait encore. Mais les bruit d’Altare lui semblaient doux comparés à ceux d’Iskandar.
Elle ouvrit la porte, laissant Haldamir entrer, et la referma. Les sons furent étouffés. Avant de disparaître quand elle alluma la lampe à huile, leur rappelant qu’ils étaient seuls ici. Enfin, les poules se rappelèrent à eux par des caquètements quand Haldamir se tourna vers elle. Elle avait posé son barda dans un coin, et resserré sa cape sur elle. Il lui demanda un coup de main pour se débarrasser des cages dans son dos, et du dernier panier, puis qu’il aille allumer de quoi réchauffer la maison et lui préparer un thé chaud. Elle lui adressa un sourire tendre.

-C’est gentil merci, je m’agiterais pour ranger le plus de choses possibles en attendant ce thé, histoire de me réchauffer.

Elle s’était avancé et avait doucement déposé les cages au sol, tirant quelques caquètements de peur eux volatiles. Elle les rassura en leur parlant doucement et ils se calmèrent. Il lui faudrait faire un abri dès demain, elles supporteront bien de passer une nuit dans leur cage, mais dès le petit matin, elle s’activerait à la création d’une barrière et d’un poulailler. Une fois Haldamir débarrassé du panier dans son dos et des volatiles, le Gardien alla donc allumer un feu. Ulrike s’activa. Elle mit un vieux morceau de tissu sous les cages, et remit le morceau de tissu qui avait servi à la traversée sur les cages, forçant les animaux à s’endormir. Puis elle déchargea les courses qu’ils avaient faites.  Les sacs de fèves, haricots, cacahuètes et noisettes, les moins lourds, allèrent dans un large placard de la cuisine. Elle mit une jarre d’huile à côté de l’ancienne, qui avait encore un fond d’huile, et vida le fond du sac de farine dans un nouveau. Elle eut le temps de remplir la jarre à thé avec une partie du sac qu’ils avaient acheté quand Haldamir arriva dans la cuisine, lui annonçant qu’ils avaient un feu dans la cheminée du séjour. Il l’envoya se reposer pendant qu’il lui préparait un thé et qu’il rangeait le reste. Elle l’embrassa à l’emplacement de la pommette, le faisant se baisser pour pouvoir le faire et termina alors de se débarrasser de sa cape, de ses chaussures, et de son foulard.
Avec ce dernier, elle s’essuya un peu le visage, avant de prendre son courage à deux mains et d’aller se débarbouiller la figure dans la salle de bain. Ce fut rapide, de l’eau, un peu de savon, un coup de serviette, et elle se dépêcha de revenir devant l’âtre bien chaud, le visage et les mains propres, ses babouches aux pieds. Affalée assez peu élégamment dans la causeuse, la fatigue lui retomba dessus un peu plus sévèrement et elle somnola un peu. Elle s’endormit même, avant d’être réveillée par l’odeur du thé. Elle le trouva légèrement fumant sur la table basse, avec une assiette contenant des figues un peu de miel et un pain plat. Jetant un œil alentour, elle put voir que les courses alimentaires n’étaient plus là, Haldamir devant les ranger  dans la cave, au frais. Ulrike eut un sourire ensommeillé, elle n’avait même pas entendu Haldamir passer, il avait dû faire le moindre bruit possible en la voyant endormie. Elle prit une figue qu’elle trempa dans le miel, avant de serrer sa tasse entre ses mains et de respirer l’odeur du thé. Il était à la menthe, ils en avaient pris un autre, aux épices celui-là, mais celui qu’elle préférait pour le soir était celui à la menthe. Elle dévora trois autres figues et le pain plat, et finit son thé, avant de s’étirer longuement et de se lever. La prêtresse trouva en effet Haldamir entrain de ranger les lourds sacs dans la cave. Elle se tint dans l’encadrement de la trappe, descendant un peu.

-Merci pour le thé et les figues. C’était très bon. Tu sais combien de temps j'ai dormis ?




Dernière édition par Ulrike le Mar 6 Sep - 16:39, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Maison d'Haldamir   Lun 26 Oct - 23:14

Une simple lampe à huile éclairait la cave où le Gardien entreposait ses vivres. La lumière n'était pas vive, mais cela lui suffisait, il y voyait suffisamment. Il aurait pu ranger les vivres sans la moindre lueur, mais Ulrike, comme lui, pensaient que garder des habitudes de mortels lui permettrait de garder un peu de son humanité. C'était aussi pour cela qu'il s'efforçait de manger, même si la nourriture du royaume de Thuata n'avait pas vraiment de goût sur sa langue, mais il y prenait parfois plaisir, puisque son corps se souvenait encore des simples plaisirs charnels. Tout comme il se souvenait des plaisirs plus passionnés. Valorn Fardale avait aimé la vie, bien plus que Karaj de la Marche. Haldamir se basait souvent sur les souvenirs de Valorn pour savoir comment se comporter, mais parfois, c'était simplement lui qui ressentait. Comme ce soir, la vue d'Altare fêtant leur retour l'avait empli de joie, et s'il n'y avait eu la fatigue d'Ulrike et les vivres, il aurait probablement passé la nuit dans les rues de sa ville euphorique. Mais la prêtresse était mortelle, et le voyage était épuisant pour elle, c'était toujours le cas, puisque Haldamir se refusait à abandonner Altare plus de quelques heures, plus d'une journée, et faisait subir à Ulrike deux voyages dans le monde d'Altare dans la même journée. Il avait d'ailleurs laissé la jeune femme affalée dans un fauteuil moelleux, face au feu qu'il avait allumé. Il avait déposé un petit plateau avec un thé fumant, et une assiette contenant figues, coupelle de miel, et pain plat. Il savait qu'elle mangerait en se réveillant. Cela, il l'avait fait sans avoir recours aux souvenirs de qui que se soit, Haldamir avait simplement pensé qu'elle aurait faim, et que manger lui ferait du bien. Il avait été généreux en miel, sachant combien Ulrike aimait en manger. Elle s'était même achetée des pâtisseries Iskandaroises, fourrées d'une pâte de pistaches et noisettes à la cannelle, et arrosée de sirop de miel. Haldamir avait d'ailleurs laissée le coffret de bois les contenants dans la cuisine.

Il s'était en suite attelé à une tâche qu'Ulrike n'appréciait guère, le rangement. Il avait commencé par ôter les sacs de toile ne contenant que des fonds de farine ou de céréales, les quelques jarres d'huile, d'olives et de tomates séchées, qui seraient à consommer avant celles qu'ils avaient ramené. Il avait en suite descendu jarres, sacs, boites, et paniers garnis de victuailles dans la cave, avant d'y redescendre à son tour. Il avait entreprit de ranger méticuleusement les denrées. La plupart étaient des denrées qui se conservaient longtemps, tomates séchées ou olives conservées dans de l'huile, viandes fumées et séchées, sacs de céréales, farines, du sucre aussi, des jarres de sirop d'agave, des pots de miel, des fruits secs, des jarres d'huiles et de vinaigre... La réserve qui avait été vidée par les nombreux séjours de vivants était à nouveau garnie, et pour Haldamir, c'était comme si tout était enfin en ordre.
Quitter Altare était toujours une déchirure pour lui, mais étrangement, si son environnement changeait, même de façon infime, cela le gênait. Il devait presque maniaque à ce sujet, comme si chaque détails faisaient partie de son devoir de protection, de préservation. C'était difficile à expliquer, difficile pour lui de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Cela s'apparentait à de la satisfaction, de la sérénité aussi. Il entendit des bruits de bas, et savait simplement qu'Ulrike approchait. Il leva son visage osseux aux yeux luisants vers elle.

-Au moins un siècle, répondit-il avec le plus grand sérieux, et le monde a été envahi par des ours-abeilles, mais Altare tient toujours.

S'il avait pu sourire, il l'aurait fait. Au lieu de cela, il désigna, d'un mouvement d'une de ses grandes mains aux longs doigts squelettique, la cave.

-J'ai mis chaque chose à sa place, et ici - un index tortueux désigna le bas de l'escalier - j'ai mis les vivres qui restaient. Ce qui vient d'Iskandar est sur les étagères. Maintenant, si tu permets, j'aimerai pouvoir remonter.

En vérité, maintenant qu'il en avait terminé avec ses tâches de mortel, il n'aspirait qu'à une seule chose, arpenter Altare. Peut-être n'était-il pas trop tard pour profiter de l'euphorie de la cité, et il n'était pas trop tard pour profiter de la cité la nuit. Haldamir avait un amour immodéré pour les sorties nocturnes et le ciel étoilé. Ses longues promenades dans les rues d'Altare était un moment d'intimité qu'il appréciait, qu'il recherchait, et qui l'apaisait. Il avait parfois emmené Ulrike avec lui, mais dans son corps d'enfant, la prêtresse s'était souvent endormie, et il l'avait souvent ramenée chez eux pour la déposer dans son lit. Il ignorait si elle parvenait à saisir ce que cela représentait pour lui, tout comme lui ne comprenait pas tout parfois quand il s'agissait de ses émotions à elle, mais il essayait d'apprendre et de faire attention à elle. Toujours. Thuata l'avait envoyée à lui, et Mordorun la tolérait, alors Haldamir en prenait soin.

-Tu devrais aller dormir, tu dois encore être épuisée...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Maison d'Haldamir

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Maison de Nara
» Maison de Riiko
» La maison de Evans Paul vandalisee par les siens
» Maison de retraite
» Cherchons une bonne "maison" pour un bouc nain
Page 9 sur 10Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inwilis :: Les Royaumes du Sud-Ouest :: Esgal :: Altare la Cité Morte-
Sauter vers: