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 Entrez dans le Cercle des Fées !

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Dierdre Fardale
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Peuple : Versipellis
Second(s) Métier(s) : Serveuse par intérim au Cercles des Fées
Nombre de messages : 132
Localisation : Armenelos
Date d'inscription : 02/10/2006

MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Mer 2 Juil - 21:01

Être occupée lui évitait de penser. Le sommeil la fuyait, si bien qu'elle était éveillée deux heures, parfois moins quand elle avait de la chance, avant l'aube. Dierdre se levait alors, faisait un brin de toilette, se vêtait, et descendait aux cuisines prendre ce dont elle avait besoin pour manger. Elle quittait, à la faveur d'un ciel encore drapé du manteau étoilé de Mizuki, le Cercle des Fées, et se rendait sur les remparts qui ceignait le port d'Armenelos. Là, elle mangeait du bout des dents, regardant Aelius se lever. C'était devenu un rituel. Elle se retrouvait seule, avec elle-même, perchée sur le haut du parapet en granit, à contempler la mer et le ciel se teinter de couleurs alors que le soleil apparaissait au loin. Elle aimait entendre les oiseaux piailler, les mouettes lancer leurs cris plaintifs, le ressac de la mer. Elle aimait l'odeur iodée, le vent qui jouait dans ses cheveux, apportant le gout du sel sur sa langue. C'était un moment de paix, un moment où elle oubliait tout. Elle avait commencé à sortir ainsi chaque matin. Au début, elle l'avait fait pour prendre l'air sans avoir à affronter la foule habituelle qui engorgeait les rues de la capitale. Elle l'avait fait pour être à nouveau capable de mettre le nez dehors. Puis, c'était devenu une habitude, et elle sortait ainsi regarder Aelius s'éveiller chaque matin, même lorsque le ciel se couvrait des nuages de Virva et que la déesse entrait dans ses légendaires colères. La mer déchainée était belle à voir. Dans ce cas, Dierdre mangeait en rentrant au Cercle des Fées. Lorsqu'elle rentrait, elle trouvait Mogweed derrière les fourneaux, déjà occupée à faire bouillir de l'eau, cuire de savoureux petits pains, découper de larges tranches dans de grosses miches de pain craquantes, apportées par Haleth, la boulangère du haut de la rue. Elle savait que sa soeur avait nettoyé les bains à coup de magie domestique. Quand Dierdre le faisait, elle utilisait les parchemins de nettoyage, car aucune des deux n'avaient vraiment le temps de nettoyer à la main, sauf une fois par mois, où sa soeur prenait le temps de le faire. Les bains étant propre, Dierdre allait les fournis en serviettes, et aller vérifier que les corbeilles contenant le nécessaire pour la toilette, étaient toutes bien fournies. Elle remontait en suite, avec les serviettes sales, et s'occupait de les nettoyer. Plus tard dans la matinée, après que les clients soient partis, elle s'occuperait des chambres. Elle aimait vers la lessive, c'était répétitif, et étendre le linge lui plaisait. Cette activité lui rappelait son enfance, lorsqu'ils avaient vécu dans la petite maison près du port. Elle l'avait aussi fait lorsqu'elle avait suivi Mogweed dans ses voyages. Il y avait là quelque chose de rassurant. Entre deux, Dierdre réveillait Maëlle, s'occupait de sa fille, et l'accompagnait jusqu'à l'école. Elles étaient escortées par Reineen, qui faisait là sa première promenade matinale. Le loup s'empâtait depuis qu'il n'avait plus autant d'activité, mais il servait de chien de garde durant la nuit.

En milieu de matinée, si elle en avait fini avec les chambres, elle donnait un coup de main en cuisines, préparant le repas du midi. Éplucher des légumes ou écaler des œufs étaient des tâches répétitives, mais elles tenaient son esprit occupé. Dierdre se plaisait aussi dans les cuisines surchauffées du Cercle des Fées, assise derrière la massive table en bois de chêne qui servait de plan de travail central. Elle aimait les odeurs qui se dégageaient des plats, la chaleur qui la baignait, tout lui rappelait aussi son enfance dans les cuisines d'Aeguishor. Ici, elle se sentait en sécurité, et un peu comme sur le port, elle retrouvait une certaine sérénité. Maëlle rentrait manger, et elles déjeunaient dans la cour quand il faisait beau, ou bien dans la cuisine, ou au bar. Sa fille, et cela sonnait toujours bizarre à ses oreilles quand elle le disait, lui racontait alors sa matinée, tirant ses premiers vrais sourires de la journée à Dierdre. Depuis quelques jours, elle riait même à nouveau. Une fois le repas terminé, elle apprenait quelques petites choses en cuisine à Maëlle, puis la ramenait à l'école, Reineen sur leurs talons. L'après midi, Dierdre et Mogweed refaisaient les lits des chambres, et passaient à nouveau dans les bains. L'après midi, alors que sa soeur refourbissait son stock de bellicornes ou de confitures. Des odeurs de sucre et de fruits s'échappaient alors des cuisines, pour le plus grand plaisir du nez de Dierdre. L'après midi, elle s'installait dans l'arrière cour quand il faisait beau, ou bien dans sa chambre lorsque la pluie battait les pavés et le granit d'Armenelos. Elle se mettait alors à jouer, son lutte sur les genoux. Elle avait mis du temps à reprendre son instrument, comme si ce qui c'était passé l'avait empêchée de faire ce qu'elle aimait. Elle avait mis encore plus de temps pour à nouveau chanter, d'abord doucement, avant d'y aller franchement, comme avant. Avec la musique, ses sentiments se mirent à déborder, à s'écouler comme l'eau fracasse ou passe par dessus une digue. Son chagrin se mua peu à peu en colère. Une colère qui jaillissait depuis ses tripes. Elle en vint à se demander si elle pourrait jamais lui pardonner d'être parti. Dierdre jouait alors jusqu'à en avoir mal aux doigts pour s'apaiser. Puis, elle se levait, et allait généralement chercher Maëlle, emmenant Reineen avec elle. Elle rentrait alors avec sa fille, faisant parfois un détour par le port ou par le marché d'Hossë. Elle s'était cru rétablie, mais quand une gamine aux oreilles et à la queue de louve lui sauta dessus, elle se remit à paniquer. Une erreur qui lui rappela subitement qu'elle ne serait jamais plus en sécurité, que tout pouvait arriver. Elle se renferma alors de nouveau sur elle-même. Renvoyée au point de départ.

Le soir, elle aidait à nouveau en cuisine. Comme ce soir. L'arrivée des Alaric avait triplé sa charge de travail, et elle se savait coincée pour le restant de la soirée. Jusqu'à ce qu'une aide inespérée ne vienne. Sa soeur entra dans la cuisine dans son habituel tourbillon d'étincelles dorées, suivie d'une jeune femme blonde, vêtue d'une cape et portant un lourd paquetage dans son dos. Clairement, elle n'était pas Alaric, et Dierdre reconnut en elle, une soeur Versipellis. Elle lui sourit un peu, alors que Mogweed la présenta en passant. Elle se demanda un instant si la jeune femme allait rester travailler ici, bien que Mogweed ne lui en ait pas parlé. Elle entendit la conversation, ayant de bonnes oreilles, quoi de plus normal pour une barde, et une magicienne. Anya travaillerait ici pour la soirée, ce qui la soulagea, elle n'aurait pas à faire le service. Elle n'était pas particulièrement à l'aise... Du moins maintenant, avec cette tâche. Elle se demandait même si elle serait capable de chanter et de jouer sa musique devant eux. Pourtant, elle appréciait les Alaric, mais il était difficile pour elle d'être en présence d'autant d'hommes, malgré le nombre de femmes au nombre des rangs des mercenaires. Enfin, il allait bien falloir qu'elle sorte à nouveau, et qu'elle se confronte à un public, ses meubles ou Reineen n'étaient pas vraiment réactif. Sa soeur et la serveuse pour la soirée revinrent dans la cuisine. Mogweed donna ses instructions, et sortant dans un tourbillon de jupes et d'étincelles, Dierdre l'apostropha :


-J'adore quand tu parles comme si je n'étais pas là !

Seul les battements des portes lui répondirent. Dierdre roula des yeux soupirant, posant le couteau qu'elle tenait et jetant des carottes débitées en tronçons dans une jatte.

-Autant parler à un mur quand elle est comme ça.

La jeune femme se leva portant sa planche à découper pleine d'épluchures, pelures de carottes et de pommes de terre, mais aussi fanes de radis et feuilles vertes de poireaux. Elle garda les fanes et les feuilles de poireaux, les jetant dans un faitout près de l'évier. Le reste fut débarrasser dans une poubelle. Tout en rinçant sa planche et son couteau, Dierdre s'adressa à Anya :

-Tu peux prendre le jambon juste devant toi, en suite, je crois qu'on pourra servir les tourtes d'ici quelques minutes. Si tu veux je peux monter tes affaires ou te montrer ta chambre, les Alaric attendront bien deux minutes que tu t'installes. Parce que je pense qu'une fois que le service sera fini, tu n'auras qu'une envie, celle de dormir. Et si le plan de ma soeur fonctionne, tu n'auras pas beaucoup d'heure de sommeil... Les Alaric repartant demain à l'aube.

La planche fut reposée sur la table, et elle s'essuya les mains sur un torchon prévu à cet effet.

-Le plus difficile a convaincre sera sans doute Mavrag, leur chef, mais si tu vois un Aérial de flammes entrer, sympathise avec lui. Il convaincra Mavrag mieux que personne.




Dernière édition par Dierdre Fardale le Sam 6 Déc - 15:48, édité 1 fois
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Anya
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Sam 5 Juil - 23:43

Suivant Mogweed et enregistrant les informations, Anya avait l'impression de marcher du bout des pieds sur un nuage. Bon, peut-être pas un autel à la gloire de l'aubergiste étincelante, mais ce qui était sur, c'est qu'elle n'oublierait jamais ce que la patronne du Cercle des fées avait fait pour elle. Qu'elle ouvre une auberge grâce à elle ou non, l'envie de l'aider était sincère et ça la touchait. Lorsqu'elle lui donna des instructions, et lui expliqua qu'elle serait payée pour la soirée, Anya répondit simplement par des "oui", ou des "hmm" approbateurs. La soirée serait peut-être décisive pour son avenir, mais elle connaissait son métier, et resterait elle même durant son service. Elle n'allait pas jouer les serveuses professionnelles et guindées qu'on peut trouver dans certains établissements de luxe ou les châteaux, c'était tout l'inverse de sa philosophie.
Là où Mogweed lui expliqua qu'elle pouvait mettre ses affaires, elle déposa son sac de voyage et accrocha sa veste. Se faisant, elle dévoila sa poitrine mise en valeur dans une chemise blanche à manches un peu bouffantes et s'arrêtant à mi-bras, au col bateau. Mais aussi par un gilet de cuir s'arrêtant juste en dessous d'elle, accentuant le marquage de sa taille et son ventre plat, et de ce fait la générosité de ses atouts purement féminins. Une fois sa coiffure un peu retouchée grâce à son reflet dans une vitre, et son sourcil visible un peu lissé, l'aubergiste terminait de lui expliquer ce qu'elle devait faire, tout en se tapant les mains, retirant de la farine du pain qu'elle venait de découper. Et ces instructions étaient claires, nourrir les Alarics en priorité, servir à boire à tout le monde. D'abord du jambon fumé pour les faire patienter, la suite du repas arriverait bientôt. Lorsque les portes se refermèrent sur quelques étincelles, Dierdre, la sœur de Mogweed prit un air exaspéré.
Elle avait essayé de lui parler, mais n'y était pas parvenue. Alors qu'elle tirait de l'eau pour se laver les mains, ce fut à elle que Dierdre s'adressa. Ça lui tira un sourire. Elle était fille unique, enfin presque, et aurait adoré avoir une sœur ou bien un frère avec qui se chamailler de temps à autre. Elle écouta tout aussi attentivement que lorsque c'était l'aubergiste qui lui avait parlé, frottant ses mains et ses avant bras à l'eau et au savon, sans oublier le dessous de ses ongles. Ne jamais lésiner sur son hygiène personnelle, c'était un principe de base dans ce métier, et même dans la vie de tous les jours, qu'elle appliquait soigneusement. Elle agita ça tignasse blonde tout en se saisissant de l’essuie main.


-Ça ira, même si nous n'avons jamais eu de horde de Alaric où je travaillais avant, j'ai l'habitude des grosses soirées, et des nuits relativement courte. Et j'avoue que je n'ai qu'une hâte, retourner en salle servir tous ces charmants messieurs, et ces dames.

Oui, les Alarics étaient de fiers et beaux guerriers, mais ils étaient aussi mixes, partant du principe qu'aucun n'est inférieur, il y avait alors des femmes à leur table, et pas que de beaux hommes. Mais peu importait, même si les hommes l'attiraient, les femmes étaient elles aussi ses clientes. C'était avec un large sourire, et surement une expression pleine d'entrain qu'elle avait poliment refusé la proposition de Dierdre.

-Mais merci de l'offre, et surtout du conseil. Dès qu'un aérial enflammé arrivera, je saurait quoi faire.

Une petite exclamation amusée ponctua sa phrase alors qu'elle s'était saisit du jambon, plutôt conséquent, devant elle. Il était posé sur une planche de bois brute, déjà découpé en tranches semi épaisses, et dégageait un parfum appétissant. S'ils étaient affamés, les Alarics pourraient patienter quelques minutes avec ça sous la main, et quelques boissons prolongeraient leur patience. Elle se saisit d'un large plateau rond, conçu pour accueillir pas mal de chopes à la fois, et le tint avec sa main libre. Elle inspira un grand coup.

-Souhaite moi bonne chance ! Et à dans quelques minutes.

Elle sortit, poussant d'un coude les portes à double battant, et mettant le pied dans la salle en tant que serveuse officielle. Pour un soir certes, mais c'était toujours ça de prit. La tablée, sa tablée, eu un petit moment d'hésitation en la voyant sortir, un jambon dans les mains, mais quand elle leur offrit un sourire éclatant en s'avançant droit vers eux, une acclamation l'accueillit. Ça faisait chaud au cœur, même si c'était sûrement le jambon qui les inspiraient plus qu'elle. Arrivée au premier d'entre eux, elle déposa le jambon, non pas sur la table, mais dans ses mains. La blonde lui fit un clin d’œil discret en le faisant. Puis s’exclama assez fort pour qu'une bonne partie de la tablée l'entende, se doutant que ceux n'ayant pas entendu seraient renseignés par ceux qui l'avait entendue.

-Je me doute qu'il sera passé de main en mains, alors ça ne sert pas à grand chose de le déposer sur la table. Je m'appelle Anya, et pour ce soir au moins, je suis votre serveuse presque exclusive, donc si vous voulez quelques choses, n'hésitez pas.

A peine sa phrase finie, plusieurs chopes se levèrent. Elle prit les commandes qui allaient avec et ses longues jambes la portèrent jusque derrière le bar. Le côté pratique de chaque bar, était que sur la tirette des robinets, était inscrit ce qu'il y avait dedans. Les quatre pintes de bière brune, les trois de blonde, et les deux de rouges furent servies rapidement, ainsi qu'un pichet d'eau amené par la nièce de Mogweed, qu'Anya trouvait décidément trop mignonne.
Les pintes remises sur le plateau se retrouvèrent vite entre les mains de leur propriétaires d'un soir. Anya les donna à chacun d'entre eux, et du se coller à quelques hommes pour en donner certaines. L'un d'entre eux eu même un léger rosissement en sentant sa poitrine dans son dos, mais ne s'en plaignit pas. Elle eu le droit à quelques questions de quelques un de ses clients, qui eurent la gentillesse et la politesse de se présenter avant de lui parler. D'où elle venait, si elle travaillait ici définitivement...


-Je suis née et j'ai grandis ici, mais on a déménagés pour Halvardheim lorsque j'étais enfant. Et non, je ne travaille que ce soir ici, Mogweed n'a pas besoin d'aide à long terme...

Lorsque l'un de ses auditeurs, Morthag, un gars avec des cheveux très courts, blond foncés, une une superbe balafre traversant son visage de part en part, émit un "dommage" en entendant sa réponse Anya se rapprocha un peu plus de lui, la moue attristée.

-Oui, comme tu dis, mais bon, on ne peut pas lui en vouloir, elle était vraiment désolée. Je trouverais bien une place ailleurs, elle m'a promit de m'y aider.

-Et sinon, t'as quel âge dis ?

La question émanait du gars à sa droite, qui lui n'avait plus de cheveux, et de fines cicatrices sur le crâne qui prouvait que malgré les coups, il avait la tête dures. Et des yeux d'un gris intense. Elle se colla à lui, l'air un peu taquine. Sa poitrine était collée à son bras et elle avait la joue proche de son épaule.

-Non mais dis donc, ce n'est pas très poli de demander ça à une demoiselle, Merlock. Je pourrais mal le prendre... Elle s'approcha encore plus et lui murmura à l'oreille, J'ai vingt-six ans, mais chut...

Son petit geste provoqua une petite vague de jalousie, mais rien de virulent ou de méchant. Quelques Alarics firent valoir leur droit à des confidences, et d'autres essayaient de faire dire à Merlock ce qu'elle avait put dire, alors qu'elle se dirigeait vers une table qui n'avait plus d'eau. Elle les servit, en servant quelques autres en boissons diverses dans la foulée, et passa en cuisine vérifier si les tourtes étaient prêtes.


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Mavrag
Mercenaire
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Peuple : Thuatann
Second(s) Métier(s) : Chef du clan Alaric
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Localisation : Là où les Alaric vont.
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Mer 23 Juil - 18:54

Il n'avait qu'à tendre son gobelet pour qu'il soit rempli de nouveau. Bières et vins coulaient à flot, et la nourriture commençait à envahir leur tablée. Cette dernière était immense, bruyante. Il n'y avait pas moins d'une vingtaine de Alaric attablés, et ces derniers laissaient éclater leur joie d'être de retour. Les traces de fatigue disparaissaient des visages alors qu'ils s'illuminaient de sourire, et que chacun se détendait après un énième verre. Chez Mogweed, ils commençaient des festivités qui ne s'achèveraient qu'après un ultime banquet chez eux, à Miervaldis, pour célébrer leur retour. Il y avait presque une année entière qu'ils étaient partis. Pour l'instant, ceux qui dormiraient au chaud n'étaient pas encore tous là, et Mavrag savait que d'ici deux heures, les bancs qui jalonnaient les côtés des grandes tables mises bout à bout, finiraient par ployer légèrement sur le poids des guerriers, et qu'il serait difficile de manger sans avoir à jouer des coudes. Cela dit, cela ne le dérangeait pas. Deux autres Alaric entrèrent d'ailleurs à ce moment là, passant la porte, et se faisant accueillir par de bruyants et joyeux vivats. Les deux femmes eurent des sourires pour leurs compagnons d'armes. La première, Merideth, était une des rares à porter une armure intégrale. Aussi grande que n'importe quel homme du clan, elle avait une carrure plus fine que ses pairs de sexe masculin. Son beau visage était balafré, des traces de griffes, partant du coté droit de son front, traversant de biais jusqu'à sa joue gauche. Son oeil droit était d'ailleurs voilé, entièrement blanc, tandis que le gauche était d'un magnifique gris. Sa longue chevelure noire était rabattue sur son œil, bien qu'elle ne fasse pas vraiment d'effort pour le cacher. La seconde était plus petite, plus fine, n'ayant pas la carrure d'une guerrière, et Miela n'en était d'ailleurs pas une. C'était une de leur guérisseuses, bien qu'elle ait elle-même subi plus de mutilations qu'aucune autre femmes du clan. Adoptée par les Alaric après qu'ils l'ait découverte, il y avait huit ans de cela, lors de la guerre entre Hors la Loi et l'Andanorië, Miela avait décidé de rester avec les mercenaires. Elle avait appris les arts de la guérison, mais trop tard pour pouvoir se soigner elle-même. Elle portait un cache nez, littéralement, une bande cuir piqueté de minuscules trous couvrait son visage là où son nez aurait du se trouver. Ce dernier avait été coupé. Quand à sa poitrine, elle était inexistante, et elle n'en aurait jamais, puisqu'elle avait privé de ses atouts féminins. C'était Mahadev qui l'avait découverte laissée pour morte, dans un petit village côtier qui venait d'être pillé. Ses frères et soeurs Alaric l'avaient rapidement adoptées, et depuis, elle voyageait avec eux. Merideth et elle s'installèrent à coté de Marban, un autre de leurs guérisseurs, mais aussi guerrier de son état. Il portait un anneau d'argent au milieu de sa lèvre inférieure. Lui aussi avait les yeux gris des Alaric, mais sa chevelure était d'un blond platine. Une balafre marquait sa joue droite. Il eut un sourire, large et chaleureux, alors qu'il poussait un de ses compagnons pour faire de la place. Merideth se pencha pour qu'on remplisse deux gobelets, beuglant pardessus le tumulte pour lui parler :

-Alors, cette épouse Fingal ?!

-Tu l'croiras jamais, cria quelqu'un qu'il ne pouvait voir, mais il regretterait presque de ne pas être venu pour le mariage !

Merideth sourit de toutes ses dents, éclatant de rires :
-C'est vrai ?

Mavrag se contenta de hocher la tête, ce qui la fit rire de plus belle. Les portes de la cuisine s'ouvrirent pour laisser sortir Mogweed qui apporta un pain tranché dans une corbeille à la taille conséquente. A peine fut-elle posée que des mains se saisirent des tranches, et firent tourner le panier. Le pain était encore tiède, un délice dans lequel il mordit à bonnes dents. Les odeurs qui embaumaient la salle étaient prometteuses, et Mavrag devait admettre qu'il en salivait d'avance. La cuisine du Maëldan lui manquait souvent durant les voyages, et celui dont il revenait avait été particulièrement long. Le chemin du retour n'avait pas été de tout repos, et Virva ne les avait pas épargnés durant la traversée, jusqu'à ce que les côtes du Maëldan ne soient en vue. Maintenant qu'il n'avait plus personne à aller saluer, et encore moins à devoir bouger, il pouvait manger et boire jusqu'à plus faim et plus soif, et peut-être même au delà. Il trinqua avec Murdag qui s'était levé pour ce faire. Celui-là comptait parmi ses hommes les plus ombrageux et taciturnes, lui aussi avait les cheveux noirs et les yeux gris, comme la plupart des Alaric, et la carrure et la taille imposantes qui allaient avec. Il ne l'avait pas vu arriver, mais la blonde qui avait discuté avec Mogweed revenait, cette fois démunie de ses affaires de voyage, mais pourvue d'un jambon, se trouvait à un bout de la tablée. Elle se présenta. Anya hein ? Des paires d'yeux gris se tournèrent vers elle, et la tablée se calma un peu, histoire d'entendre ce qu'elle disait. Quand elle eut fini, les trois quart d'entre eux levèrent leurs gobelets ou leurs chopes, l'acclamant comme si elle venait d'annoncer qu'ils avaient gagné un tournois. Mavrag secoua la tête, mettez leur une jolie fille, et ils ne voyaient soudainement par plus loin que le bout de leur nez. Il devait l'admettre, leur serveuse de ce soir avait des arguments à faire valoir, ce qui ne manqua pas de commenter tout haut Merein, assis à deux pas de lui. Le manège de la blonde ne lui échappa pas, et Mavrag faillit rire en voyant la tête de Merlock qui ne semblait plus savoir où donner de la tête, ni même avoir la force de détacher ses yeux de l'opulente poitrine qu'il avait sous le nez.



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Kalem
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Lun 4 Aoû - 5:50

Mogweed vint jusqu'à moi en voyant que j'arrivais, afin de me guider vers une table. Je devais avoir l'air particulièrement perdu en arrivant dans la salle bondée. Des grand Maëldanais taillés comme des armoires se mangeaient avec enthousiasme ce qui se trouvait sur leurs tables tout en parlant assez fort. La tenancière me fit une remarque sur ma tenue, et je lui rendis avec un sourire radieux ; cela faisait du bien en effet d'être enfin propre avec de bons habits bien chaud.
Elle avait remarqué donc que je n'étais pas des plus à l'aise à me frotter comme cela au brouhaha et l'animation ambiante. Elle me suggéra donc une table à l'écart, ou de m'amener un repas directement à ma chambre au cas où je sois vraiment intimidé. C'était une charmante proposition que je décidais de décliner, car même si cela me rebutait quelque peu, j'avais envie d'être dépaysé et quoi de plus enrichissant que de partager, même de loin, la franche camaraderie des guerriers du Nord ? Et puis il faudrait bien m'habituer au fait que je ne suis plus à Cemenwin.
Avec un sourire aimable, je remerciais Mogweed pour la table qu'elle m'avait indiquée.

"Oui, je n'osais pas le demander. Et ne prenez pas cette peine, j'apprécie ce genre d'ambiance plus... conviviale que ce à quoi je suis habitué."

Ceci dit je n'avais pas tant que ça l'habitude. Autant lorsque j'avais déjeuné chez les pirates avec mon ami et son drôle de compagnon l'ambiance était si électrique et dangereuse que j'étais aux aguets, prêt à agir et réagir... cet instinct commun à tout ceux qui arpentent les quartiers dangereux de Cemenwin. En y repensant, tout les quartiers de Cemenwin étaient à leurs manières dangereux...
Mais ici j'étais en un lieu plus décontracté, plus apaisant, presque familial, je n'avais pas le réflexe de me tenir prêt à sortir mon arme, que j'avais laissé dans ma chambre qui plus est. Seulement la table que l'on m'avait indiquée était plus que convenable, un peu en retrait et si le bruit était présent dans toute la pièce, ici il se faisait moins fort, plus à même de me laisser en paix.

Avec un soupir de satisfaction, je me laissais tomber mollement sur ma chaise. Enfin je me sentais en paix, propre et frais. Cemenwin était derrière moi, plus aucun danger ne me pourchassait ; du moins dans l'immédiat. Et l'on viendrait prendre ma commande pour que je puisse me remplir l'estomac, puis je dormirais en paix. Une bonne soirée en perspective, du moins si tout pouvait se dérouler comme je le désirais...
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Mogweed Fardale
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Mer 6 Aoû - 22:13

Elle avait vu juste en installant Kalem un peu à l'écart. Elle lui sourit, éclatant d'un rire bref et joyeux en entendant son commentaire. Elle était toujours fière et satisfaite lorsque quelqu'un parlait de l'ambiance qui régnait dans son auberge. Oh bien sûr, ce n'était pas toujours aussi survolté, mais la chaleur et la bonne humeur régnaient ici tous les soirs. Ici, les gens qui venaient, savaient qu'ils trouveraient des plats savoureux, une salle chauffée, et qu'ils passeraient un bon moment de détente. Le Drow venait du Sud, et visiblement, il n'avait pas eu l'occasion de fréquenter des établissements comme le sien.

-Il faudrait vous y faire à ce genre d'ambiance, chez nous, c'est souvent comme ça. Enfin, ce n'est pas tous les soirs la fête comme ça.


Entendant la porte s'ouvrir à nouveau, Mogweed se retourna pour découvrir que deux Alaric venaient d'entrer, ajoutant encore du nombre à la large tablée. Celle-ci disposait de quelques places en vide, notamment aux extrémités, signe que d'autres devaient encore arriver, dont Mahadev, l'aérial du feu, qui serait certainement le dernier, comme à son habitude. L'aubergiste n'ignorait pas que le frère de Mavrag avait une passion pour les livres, et qu'il trainait le plus longtemps possible dans les rayonnages de la grande bibliothèque de l'université. Elle se retourna vers Kalem, s'excusant avec un nouveau sourire :  


-Je reviens tout de suite.  


Elle avisa Anya qui semblait avoir déjà été acceptée par les Alaric. La jeune femme n'hésitait pas, et elle était même déjà collée à un des guerriers, dont les oreilles étaient d'un beau rouge pivoine. La tablée éclata de rire, et le guerrier eut l'air embarrassé. Mogweed n'était pas forcément une partisane de la méthode séduction, n'en ayant pas vraiment eu besoin, mais Anya avait plus de chance d'avoir des voix en sa faveur, s'il y avait une place à prendre à Miervaldis. Et c'était de son âge aussi. Et visiblement, cela plaisait aux guerriers, et elle semblait à l'aise avec eux. Son expérience à Halvardheim devait lui servir. Et il était vrai que Mogweed avait commencé en jouissant de sa réputation de coureuse de tournois. Anya devait faire face avec ses propres moyens. Des nouveaux éclats de rire retentirent, et Mogweed jugea que les Alaric n'avaient peut être pas suffisamment à manger pour contrebalancer toute la boisson qu'ils ingurgitaient. Elle savait aussi que certains et certaines termineraient la soirée beaucoup plus tôt, roulant sous la table, et se faisant porter dans leurs chambres par leurs camarades. Les deux femmes Alaric s'étaient installées, et elles se faisaient servir par leurs compagnons. Mogweed vit le pain et le jambon circuler presque autant que le pichet de vins et ceux de bières. Elle se détourna pour entrer en cuisine. Dierdre lui signala qu'il était temps pour elle de sortir ses tourtes. Elles s'empressèrent de le faire, les sortant des énormes fours qui faisaient régner dans la cuisine une chaleur presque infernal. Elles les démoulèrent rapidement, se brûlant un peu les doigts au passage. Elle les laissa sur une planche, le temps qu'elles refroidissent un peu. Mogweed s'empara alors de pains plus petits, qu'elle trancha rapidement, tandis que sa soeur remuait d'énormes poêles emplies de légumes qui doraient dans du beurre. Elle ressortit avec plusieurs petites panières, et deux bouteilles de cidres. Anya entra au moment où elle allait ressortir.


-Ah ! On vient  juste de sortir les tourtes, elles sont très chaudes, mais on peut déjà couper les parts avant d'aller les servir. Il y en a quatre à la viandes, et quatre aux légumes, je reviens t'aider pour servir tout ça, parce que vu leur taille, tu ne pourras les servir que deux par deux.  


Dans une nouvelle gerbe d'étincelles, Mogweed sortit à nouveau de sa cuisine surchauffée, et se dirigea vers les tables à l'écart de la grande tablée de Alaric. Elle déposa deux corbeilles et les bouteilles sur une tablée plus modeste de six personnes, des pêcheurs du quoi qui fêtaient la naissance du second fils du plus jeune d'entre eux. Elle garda une corbeille en main, et la déposa sur la table de Kalem.


-Voila pour vous, fit-elle en la posant sur la table.

L'aubergiste jeta un rapide coup d’œil à la ronde, repérant des mains levées, ou d'autres clients cherchant son attention. Elle en revint rapidement à Kalem, et lui énonça ce qu'elle servait ce soir :


-En attendant que je revienne avec votre commande. Le soir, comme l'auberge est souvent pleine, ou très pleine comme ce soir, je n'ai que quelques plats à vous proposer. Earthaë rôti et laqué, ou bien du sanglier aux oignons, ou bien de la biche grillée, nous avons aussi du poissons grillé, et en accompagnement ce soir, pommes de terre rissolées ou bien des carottes au miel, des brocolis et du chou-fleurs avec une sauce au fromage, et enfin, nous avons aussi une poêlée de haricots mange tout et de champignons revenus dans du beurre, avec un peu de persil. Et il y aura des tartes en desserts, pommes ou bien myrtilles. Oh, j'oubliais, nous avons aussi des tourtes pour votre repas, viandes, poissons ou encore poulet, ou simplement légumes. Je vous laisse peut-être quelques minutes pour réfléchir ?


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Dierdre Fardale
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Dim 10 Aoû - 16:28

-Alors bonne chance !

Dierdre regarda Anya filer comme une flèche. La jeune femme débordait d'enthousiasme, était pleine d'énergie, et semblait excitée à l'idée d'aller servir les Alaric. D'un coté, elle jouait gros ce soir, puisqu'elle misait sur la qualité de son service pour se trouver un travail à plein temps. A coté d'Anya, elle sentit... molle. Elle manquait d'énergie, d'envie. Il n'y avait pas si longtemps, elle aurait pris une part active au service, autant qu'en cuisine. Elle serait sans doute déjà en train de chanter, s'accompagnant au luth ou au tambourin, faisant patienter les clients en les distrayant. Avant. Aujourd'hui, elle se cachait presque dans les cuisines, malgré la chaleur étouffante qui y régnait, et qui la faisait transpirer, elle avait presque peur d'aller dans la salle.

Elle se leva de sa chaise, emportant les épluchures sur sa planche en bois, où elle avait patiemment épluchés des carottes et des pommes de terre supplémentaires, avant de les jeter dans la poubelle, placée à coté de la porte ouverte sur l'arrière cour. Un vent frai et iodé glissa sur sa peau, la rafraichissant, la calmant aussi. A Armenelos personne ne viendrait s'en prendre à elle, pas chez Mogweed, pas avec une trentaine de Alaric en salle, pas avec les patrouilles régulières de la garde. Elle raffermit sa prise sur le manche du couteau qu'elle tenait, calmant les tremblements qui avaient commencés à l'agiter. Elle ressentit même une bouffée de colère envers elle. Elle était devenue une trouillarde. Elle n'allait quand même pas passer le restant de ses jours à trembler et à se cacher. Sa sœur ne serait pas toujours là pour elle. Elle devait aussi songer à Maëlle, elle ne pouvait pas se permettre d'être dans cet état. Elle devait surmonter son traumatisme, arrêter de penser que ce qui lui était arrivé, était de sa faute. Elle avait affronté seule Galrak et sa bande, et elle avait eu de la chance. Elle les avait su esclavagiste, et elle s'estimait chanceuse, par Nevaeh, de ne pas avoir terminé sur un marché à Iskandar, un collier autour du cou. Elle s'était bien défendue. Et ce n'était pas elle qu'ils avaient pris pour cible, mais Sithys. Dierdre ressentit à nouveau de la colère. Sithys les avait abandonnées quand elles auraient eu le plus besoin de lui. Elle se demandait même s'il avait pensé à elle avant de s'enfuir. Ses mains se remirent à trembler, mais pour une raison différente cette fois-ci. Elle refoula les larmes qui lui montaient aux yeux quand elle pensait à Sithys, et retourna dans la cuisine. Elle se mit à découper les pommes de terre qu'elle venait d'éplucher en cubes grossièrement taillés, et les carottes en tronçons. Elle déposa ses découpes dans des saladiers vides. D'autres saladiers étaient déjà occupés par d'autres légumes, têtes de brocolis et chou-fleurs, haricots mange tout, champignons, et carottes jaunes attendaient. Dans les grosses poêles derrière elle, des pommes de terre rissolaient doucement, devenant brunes et croustillantes, les carottes seraient servies avec une sauce au miel et au cumin, les brocolis et les chou-fleurs avec une crème onctueuse au fromage, les haricots et les champignons avec du persil et du beurre. Tout ça crépitait joyeusement derrière elle. Elle savait qu'il y avait aussi des purées de céleri rave au fromage frai et parfumée d'un peu de muscade qui attendaient d'être servie. Dierdre se pencha pour ouvrir les énormes fours. Sa sœur choisit le bon moment pour revenir en cuisine :


-Il est temps de les sortir, où elles seront trop cuites.

Elles avaient confectionnées les tourtes avec les restes des repas faits pour le déjeuner. Il y en avait plusieurs, huit étaient destinées aux Alaric, quatre étaient faites avec le ragoût de viande d'Earthaës, les quatre autres avec des petits légumes. Les autres tourtes étaient faites avec des restes de viandes, de poissons, et celles que préféraient Dierdre alliaient poulet et petits légumes encore croquants. A elles deux, elles eurent vite fait de les sortir des fours brûlants, les déposant sur les planches à découpées débarrassées et propres.

-Je m'occuperai de couper les parts, fais ce que tu as faire. J'enfournerai les tartes pour le dessert, ne t'en fais pas.

Sa sœur hocha la tête, alors qu'elle découpait avec une rapidité presque déconcertante, deux miches de pain. Elle allait ressortir, laissant Dierdre gérer les fourneaux, quand Anya entra à son tour. Dierdre s'empara de deux couteaux et en tendit un à la blonde :

-Voila pour toi. Ces huit là sont pour les Alaric, les autres seront pour les autres clients. Elles ne sont pas à découper tout de suite.




Dernière édition par Dierdre Fardale le Sam 6 Déc - 15:42, édité 1 fois
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Anya
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Mer 17 Sep - 19:46

Elle entra dans la cuisine pile au moment où Mogweed en ressortait. Elles ne se rentrèrent pas dedans, ayant l’habitude de travailler à plusieurs, et l’aubergiste lui donna quelques instruction. Elle arrivait au bon moment pour les tourtes, elles venaient d’être sorties du four. La blonde hocha la tête avec un sourire, terminant d’entrer et attrapant la couteau tendu par Dierdre. Elle regarda les tourtes désignées, et hocha la tête.

-D’accord, et bien découpons celles de nos amis Alarics.

La fumée claire et vaporeuse qui s’échappait de leur croûte témoignait de la chaleur qu’elles dégageaient, et diffusait une odeur délicieuse qui donnait envie de croquer un bout. Elle se donna le défi intérieur de faire en sorte qu’un Alaric lui fasse gouter, mais sans trop d’espoir, ils avaient l’air affamés ces gaillards et peut-être que les regarder avec un air curieux et mignon ne serait pas suffisant. Mais elle essayerait quand même.
Elle découpa alors avec Dierdre, coupant de bonnes parts dans ces tourtes au diamètre assez imposant. Elle découpa d’un geste assuré et expert, faisant des parts égales en grosseur, pas trop grosses mais pas minuscules non plus, les écartants légèrement les unes des autres pour permettre qu’elles refroidissent un peu. Tout fut découpé en quelques minutes, et elle n’attendit pas le retour de Mogweed pour aller servir les deux premières, l’aubergiste aurait encore de quoi l’aider avec les six suivantes, une à la viande et une aux légumes, les tenants sous le plat grâce à un torchon bien épais, pour éviter de se brûler les doigts. Dierdre lui ouvrit la porte et elle la remercia. Quelques secondes après qu’elle eut passé la porte, de nouveau des vivats retentir, élargissant son sourire et lui tirant un rire léger. Quelques guerriers s’écartèrent galament pour lui laisser accès à la table.


-Faites attention c’est chaud, ce serait dommage de vous brûler. Les autres arrivent très vite.

Quelques merci s’élevèrent autour d’elle, et elle croisa le regard de Merlock qui semblait toujours aussi rouge, et surtout bloqué sur sa poitrine. Elle eut pour lui un immense sourire qui le déstabilisa encore plus. Il n’avait pas un prénom très beau, mais le physique était tout à fait à son goût, comme celui de tous les hommes de la tablée. Deux femmes étaient arrivées d’en l’entre fait et elle leur adressa aussi un sourire. Ses longues jambes la portèrent de nouveau en cuisine, où elle reçu l’aide de Mogweed cette fois pour amener quatre tourtes d’un coup, puis les deux autres. Elle se fit alors un peu plus discrète pendant qu’ils mangeaient, respectant le fait qu’ils soient affamés. Morthag lui parla, et elle osa lui demander si elle pouvait goûter un peu. Elle eu sa bouchée de tourte à la viande et la trouva à tomber par terre. C’était chaud, juteux, moelleux, croustillant, tout à la fois. Elle le remercia d’une bise ce qui donna envie à plus d’un homme de partager avec elle. Elle refusa poliment, elle n’allait pas tous leur retirer le pain de la bouche.
Elle veilla à ce qu’ils ne manquent ni de pain, ni de quoi boire. Elle engagea la conversation avec l’une de femme, Merideth, qui avait perdu l'usage de l'un de ses yeux et des cicatrices sur le visage. Etrangement, Anya se dit que si elle devait se mettre à aimer les femmes, ce serait son premier choix, l’œil gris qu’elle avait était magnifique, et son sourire tout autant. La jeune femme à coté d’elle, plus fine, et semblant un peu décallée par rapport au reste, fut assez silencieuse pendant cet échange. Anya remarqua bien vite que la vie n’avait pas été tendre avec elle, et eu immédiatement un élan de compassion.

Quand les tourtes furent englouties, laissant des Alarics un peu rassasiés, mais pas encore totalement, il y eu de nouveau un peu de jambons, de saucissons, du paté, en bref des charcuteries qui virent arriver encore cinq personnes. Sa tablée s’agrandit encore lorsqu’avec l’aide de Mogweed toujours, elle leur apporta viande grillées et accompagnement de légumes. Elle profita du calme relatif de la tablée pour en servir d’autre en boissons, prenant même la commande de dessert de l’une d’entre elle, en même temps que de leur ramener de l’eau. Tout se passait bien, enfin elle en avait l’impression. Sa tablée eu vite besoin d’elle, et elle reprit le ballet des chopes de bierre de différentes couleur, des pichets d’hydromel, d’hippocras, d’eau aussi. Elle allait rapidement d’un point à un autre, demandait en cuisine quand elle avait besoin de quelque chose de spécifique, et plaisantait avec quelques uns des Alarics. Si jamais ça ne collait pas à la fin de la soirée, elle n’aurait pas de regret, elle s’activait tout autant que d’habitude, et pour une fois avait totalement confiance en son travail.
Lorsque des musiciens commencèrent à mettre un peu s’ambiance, sa grande tablée, qui se remplissait encore, se mit à chanter, ou beugler selon le point de vue, quelques chansons Maëldanaises. Ca dura le temps de deux ou trois chansons, et quand Dierdre sortit de la cuisine, et se mit à chanter, on n’entendit plus que sa voix, ce qui fit du bien aux oreilles de tous, malgré toute l’attirance qu’elle pouvait avoir pour eux, beaucoup ne devraient s’en tenir qu’aux arts guerriers, et ne pas penser à se mettre à la chanson.
Après des plateau de formages bien garmis, qui ne furent plus que des plateaux sans fromage, arrivèrent les tartes. Aux pommes, aux fruits rouges, à la rhubarbe, elles étaiten moins conséquentes que les tourtes du début, mais plus nombreuses. La tablée Alaric aussi était plus nombreuse qu’au début. C’était avec un plateau dans chaque main, contenant trois belles tartes chacun, qu’elle retourna à la tablée après son tour en cuisine.


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Mahadev
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Dim 9 Nov - 23:11

Mereddyd était appuyé contre un mur, drapé dans les amples pans de son épaisse cape doublée de fourrure. Le règne de Meirion avait commencé dans le Nord, un règne qui n'atteignait pas les contrées du Sud d'où les Alaric revenaient. Pire encore, le chasseur pouvait sentir l'odeur d'Athanasius dans le vent qui soufflait depuis le Nord, charriant les promesses d'un hiver neigeux et humide. Une pluie drue d'Automne tombait sur Armenelos, faisant comme un voile qui donnaient aux lumières de la cité, des allures de feu follets, des lueurs vacillantes et tremblotantes. Des cloches sonnèrent l'heure, et le Alaric leva le nez vers les tourelles de l'université. L'heure était tardive, et ses frères et soeurs devaient déjà festoyer, s'enivrant et se régalant des plats de la délicieuse Mogweed Fardale. Il les enviait, et il pesta contre ce putain de Feu Follet qu'il attendait depuis une bonne heure maintenant. Mahalaith sa soeur, fit coulisser son épée dans son fourreau, une habitude de mercenaire. Elle était aussi blonde que lui, avec des yeux gris perçant, qui scrutaient sa relâche l'esplanade qui s'étendait devant eux. Celle-ci était vide, à l'exception de quelques silhouettes encapuchonnées pressées de gagner un abris.

-Il en met un temps... marmonna sa soeur.

Mereddyd se contenta de hausser les épaules. Mahadev, lorsqu'il était en temps libre, n'était pas un modèle de ponctualité. Il se gratta la barbe, chassant en suite l'eau qui ruisselaient dans celle-ci.

-On va finir aussi trempé que si Virva elle-même était venue nous arroser...

-Oh, Mahalaith, une grande fille comme toi n'a quand même pas peur d'un petit peu d'eau ?

La Nordique sursauta, et leva le nez.

-Descend de là espèce d'emplumé que je te botte le derrière.

Si l'Andain avait pu, il aurait souri. Mais étant dénué de bouche, il se contenta d'avoir un petit rire. Mahadev était penché par dessus le mur d'enceinte de l'Université, dans toute sa splendeur. Il illuminait les alentours d'une lumière blanche, ses flammes à peine affectées par la pluie qui continuait de tomber drue. Chaque goutte s'évaporait en crépitant, nimbant l'étrange Andain d'une sorte de brume mouvante, qui lui donnait l'air d'être tout droit sorti de l'Ether, ou d'être une une étrange créature fantomatique. Ses amples ailes se déployèrent, et il atterrit souplement devant eux.

-Tu es en retard, se contenta de lâcher Mereddyd alors qu'il se décollait du mur contre lequel il s'était appuyé.

-J'ai fait une heureuse rencontre, tu ne m'en voudras pas ?

-Moi non, mais Mahalaith c'est moins sûr.

-Me pardonneras-tu alors, chère Mahalaith, si je paie ta part ce soir ?

-Ça se pourrait, mais si on ne se met pas en route maintenant, on n'aura plus que des miettes. Et je t'en voudrais vraiment.

La grande Nordique était aussi musclée que son frère, et quand elle souriait, l'extrémité de la balafre qui barrait verticalement son visage, faisait que sa lèvre supérieure se tordait, lui donnant un air sauvage. Elle portait le même genre d'armure que son frère, en cuir souple et de fourrures par dessus de la maille, avec le tartan du clan comme kilt. Mereddyd avait aussi aussi son lot de balafres, horizontales, sur le côté droit de son visage, une barbe entretenue lui mangeait le menton et les joues. Ses cheveux blonds sombres dépassaient de sous sa capuche. Il était le Chasseur du clan, celui qui pistait et traquait, et sa soeur l'épaulait généralement, effectuant des missions d'éclaireurs. Mahadev travaillait souvent avec eux depuis le ciel.

A l'approche l'auberge, ils avaient entendus les chansons et les voix, parfois discordantes, de leurs frères et soeurs. Mahalaith avait juré. S'ils en étaient aux chansons, c'était que le repas était déjà bien entamé. Mereddyd se contenta de sourire. Ce n'était pas comme si les cuisines de Mogweed étaient vides. Ils auraient de quoi se rattraper. De plus, et il désigna quatre silhouettes qui arrivaient dans la direction opposée, ils n'étaient pas les seuls retardataires. Ce fut une compagnie de sept Alaric qui poussèrent la porte de l'auberge. Ils furent accueillis par des vivats sonores, et on leur fit de la place à la grande tablée couvertes d'assiettes, verres, chopes, pichets, bouteilles, plats et corbeilles. L'odeur de la viande rôtie, des plats savoureux qu'ils tardaient aux six trempés de gouter. Mahadev lui, n'avait pas vraiment de goût, sa façon de manger étant  un peu particulière. Il avisa son frère, Mavrag, bien entouré. Leur table était la plus bruyante. Il avisa une jeune femme blonde qui apportait des plats, et qu'il n'avait jamais encore vu travailler pour Mogweed. Cette dernière n'était pas bien loin, servant un Drow solitaire, sa chevelure brune toujours ornées d'étincelles qui s'en échappaient lorsqu'elle bougeait. Il avisa la jeune Dierdre assise dans un coin, réparant une des cordes cassées de son luth. Elle avait coupé ses longs cheveux, et les portaient au dessus de ses épaules. Son visage constellé de tâches de rousseurs affichait une expression concentrée. Il fit signe à Marban qu'il arrivait, d'un petit geste de la main. Il contourna la tablée, et s'approcha de sa démarche flottante de la jeune Versipellis. Elle leva la tête à son approche.

-Je suis content de te voir jeune Barde.

Les flammes qui composaient son corps semblèrent alors se raviver, montrant sa joie. Mahadev appréciait la plus jeune soeur des Fardale, qui, comme lui, avait un amour immodéré pour les histoires et les chansons. Il se souvenait d'elle comme d'une jeune fille enjouée. Cela faisant bien trois ans qu'il ne l'avait vue, elle ne séjournait pas toujours dans la capitale, prenant la route comme le lui dictait son métier de barde. Elle leva vers lui ses yeux de biche. Elle ne sourit pas immédiatement mais finit par le faire.

Mereddyd avait laissé de la place entre lui et Marban, il s'était assis sans gêne entre lui et Miela. L'Andanoréenne devenue leur soeur lui passa une assiette remplie de tranches de jambon, de saucisses sèches, de pain, d'un morceau de viande braisé à souhait, d'une tranche d'Earthaë rôti nappé d'une sauce brune et épaisse, de purées de légumes divers, et de légumes revenus dans du beurre. Il sourit de toutes ses dents, et embrassa la jeune fille sur le haut du crâne.

-Tu es un amour !  

Mahalaith avait choisi de s'installer à coté de Merlock dont le visage avait une belle teinte pivoine. Mereddyd avisa alors la blonde à forte poitrine qui servait généreusement la tablée. Sa soeur se moquait déjà du pauvre Merlock, riant à gorge déployée, comme la moitié des Alaric qui les entouraient. Morthag, le compère de Merlock lui servit, pour le faire se remettre de ses émotions, une bonne dose d'alcool.

Mahalaith avait pu suspendre sa cape devant la grande cheminée de la salle commune ou une petite fille faisant tourner la broche, sur laquelle était accrochée un morceau bien entamé d'Earthaë qui rôtissait doucement. Elle s'était assise à côté de Merlock, évitant le bout de la table où siégeait Murdag, l'homme le plus sombre de la compagnie à n'en pas douter, et pas le genre avec qui passer une soirée à rire et à boire. Elle avisa la tête rouge comme une tomate bien mûre de Merlock.

-Pourquoi t'es rouge comme ça ?

-A ta droite Maha' !

La Alaric vit alors la serveuse et éclata de rire. Aussitôt, ce fut le signal pour que les autres se mettre à chambrer leur pauvre compagnon d'armes. La guerrière apostropha alors la jeune femme dont la poitrine volumineuse semblait donner des vapeurs à ce pauvre Merlock.

-Hé ma jolie !  Est ce qu'il te reste une assiette dans le genre de celle que mon frère se tape en se moment même ?

Elle désigna son frère qui mangeait de bon cœur, la narguant.



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Mavrag
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Dim 23 Nov - 23:15

L'arrivée des énormes tourtes sonna le début du festin et la fin de toute discipline chez les Alaric. Les tourtes, posées sur leurs planches de bois rondes, étaient déjà découpées, laissant des filets de fumée s'échapper d'entre chaque part. Elles furent accueillies avec de nouveaux vivats. La bière et le vin se remirent à couler à flots, et la serveuse qui ne s'occupait que de leur très longue et surtout très bruyante tablée, ne cessait de faire des allées et venues, apportant chaque fois de nouvelles brassées de chopes mousseuses ou de pichets débordant d'hypocras. Verres, chopes, et cornes - certains Alaric ne buvaient que dans leur corne personnelle - s'entrechoquèrent, alors qu'ils trinquaient tous bruyamment. Leur tablée s'agrandit encore, et deux de ses hommes durent porter une table supplémentaire pour la caler au bout, tandis que les nouveaux arrivants déplaçaient chaises et bancs. Le ballet des plats reprit, la jeune Anya, que Merlock ne cessait de dévorer des yeux, rougissant de plus belle lorsqu'elle revenait vers lui, se mit à apporter des jambons, des terrines et des rillettes, et de grandes miches de pains. Mavrag ne put s'empêcher d'admirer la diligence de la serveuse, et le professionnalisme de Mogweed. Cette dernière ne paniquait même pas l'idée de recevoir autant de monde sans avoir été prévenue, et ne semblait même pas inquiète à l'idée qu'ils videraient les caves et les réserves de l'auberge. Les Alaric étaient capables de manger beaucoup et sur la durée, la soirée s'annonçait donc aussi longue que festive. La boisson aidant à les détendre, il ne faudrait pas attendre longtemps avant qu'ils ne deviennent tous encore plus bruyant, pour les plus fêtards d'entre eux du moins. Jamais le sombre Murdag ne se laisserait complétement aller, de même que Miela ne boirait jusqu'à être soule, pas plus que lui. Si Mavrag tenait l'alcool, il ne buvait jamais jusqu'à ne plus pouvoir être capable de faire attention à ce qui l'entourait. Jamais il n'émousserait ses réflexes et ses sens ainsi, pas même ici, pas même à Miervaldis. Autant dire qu'il ne roulerait pas sous la table ce soir. D'autres le feraient à la sa place de toute façon.

Une fillette faisait tourner l'énorme pièce de viande qui grillait lentement dans l'âtre, les mains sous un torchon, pour tourner la broche de métal avec précaution. La tâche avait été initialement confiée à Meinard, mais ce dernier était occupé à manger. Mihaila, une des guerrières les plus jeunes, à la chevelure sombre et aux yeux gris, se proposa de l'aider, avec un sourire ravissant, qui la rendait engageante, malgré une cicatrice sur sa pommette gauche - la pointe d'une lance était passée au dessus de son bouclier. Elle faisait partie de ceux qui aidaient souvent et volontiers lorsqu'il fallait monter le camp. Les discussions allaient bons trains, et les rires fusaient ça et là, quelques braillements aussi, certains vite calmés par les regards noirs des plus sages. Mavrag engagea la conversation avec Marban, qui était assis à quelques têtes de lui. Miela, assise à côté du guérisseur - et Marban avait la lourde tâche de les soigner sans user de la moindre magie, les Alaric y étant pour la plupart allergiques - se joignit à la conversation. Sa voix portait malgré son apparente timidité. Mavrag mettait son attitude réservée sur le compte de ce qui lui était arrivée, mais la jeune Andanoréenne avait été patiente, calme et souvent pédagogue avec les autres. Elle n'était pas l'apprentie de Marban pour rien. Ce dernier lui demandait de pouvoir prendre Miela avec lui, et de filer jusqu'à Or Blanc, après qu'ils aient fait une escale à Miervaldis. La jeune femme n'avait jamais encore mis les pieds en Inwerin, et à Or Blanc, on soignait autant avec la magie qu'à l'ancienne. Les serviteurs de Primula en savaient longs, presque autant que les Ai-Esu en matière de soins. Et puis le voyage les changeraient, ils ne partaient pas pour faire la guerre. De plus, Mavrag ne comptait pas repartir tout de suite, ils étaient trop nombreux à avoir laissés une famille derrière eux. Tandis qu'ils discutaient ainsi, les premières jattes de terre cuite contenant des légumes arrivèrent. Pommes de terres, poireaux, carottes et navets se disputaient la place avec les purées de céleris et de courges. Des pichets de sauce brune arrivèrent avec les premiers plats de viandes. L'énorme morceaux d'Earthaë qui rôtissait fut découpé, et des chapons et des épaules d'Earthaux vinrent rejoindre la tablée, qui paraissaient trop petite, malgré sa longueur, pour contenir tout ceci. Les plus affamés se jetèrent sur les plats, tandis que d'autres les faisaient passer, ou servaient leurs voisins. Mavrag fut servi sans qu'il ait à le demander, et c'était là  un des privilèges quand on était le chef d'une telle compagnie. Ou simplement chef de clan. Son assiette fut garnie de tranches de viande encore rouge, d'une montagne de légumes et de dômes de purées nappées de la sauce brune et savoureuse qui était le secret de Mogweed.  Il mangea de bon appétit, ravi de goûter aux saveurs qu'il aimait tant. Cela lui changeait du moutons, du lézards, de riz et des autres céréales qu'on cultivait dans les royaumes du Sud.

De la musique s'éleva d'un coin de la salle, et les siens reprirent en coeur des chansons qu'ils connaissaient depuis leur tendre enfance. Certains chantaient mieux que d'autres, et parfois l'alcool faisait des miracles sur ceux dont les voix étaient d'ordinaires discordantes. Finalement, la plus jeune des Fardale arriva avec son luth. Alors qu'elle se perchait sur le comptoir, et qu'elle accordait son instrument, le silence se fit peu à peu dans la salle. Les premières notes qui s'échappèrent de son instrument firent taire les derniers chuchotements. C'est dans un silence quasi-religieux qu'ils l'écoutèrent. Dierdre réussissait l’exploit d'avoir une voix claire et jeune, mais chaude et envoûtante. Elle chanta de très vieilles chansons Maëldanaises, dans la vieille langue qu'on parlait encore parfois, parlant d'une époque où le Maëldan était encore une terre de légendes, et où les clans se tapaient dessus régulièrement. Et puis Dierdre enchaina sur un chant d'Halvardheim, où une jeune femme s'en va quérir une chemise qui n'est pas couverte de charbon, et elle termina sur la chanson de Malharan le Cruel, une des pires figures qui ait jamais existé dans tout le Nord. Et un des Alaric de renoms, qui donna du fil à retordre à la royauté, avant de devenir Malharan le Sage quand il gagna le Tournois des Rois. La fin de la chanson fut repris en coeur par les Alaric, dont le silence religieux n'avait donc duré que le temps de quelques chansons. Les musiciens se joignirent eux aussi à la chorale improvisée, et Dierdre joua comme une forcenée. La chanson se termina sur des applaudissements, sifflements et vivats, alors que le fromage arrivait sur leur table. Les Alaric étaient plus d'une trentaine maintenant, et à l'oeil, Mavrag jugeait qu'ils en manquaient encore. Son frère Mahadev faisait d'ailleurs partie des absents. Les tartes arrivèrent, presque aussi grosses que les tourtes servies au début du festin, et avec elles, de nouvelles chansons. Son frère choisit cet instant pour entrer, escortés de six des leurs. Mavrag hocha la tête, son frère l'avait vu, mais il ne se dirigea pas vers la tablée. Marban, qui avait commencé à se pousser pour lui faire de la place, grommela quand l'Aérial enflammé lui fit signe qu'il viendrait plus tard. Son frère se dirigea vers Dierdre qui, penchée sur son luth, tentait de remplacer une corde qui avait cassée. Les deux chasseurs et éclaireurs en chef de la compagnie de mercenaire étaient trempés comme des soupes, mais on leur fit de la place, comme aux quatre autres. Mavrag se cacha derrière son verre quand Mahalaith posa la question qu'il ne fallait pas, déchainant les Alaric dans une série de moqueries ayant pour cible l'attrait de Merlock pour la jeune Anya.



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Dierdre Fardale
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Sam 6 Déc - 15:46

Une fois les dernières tartes aux fruits, mais aussi les tartes au lait, enfournées, Dierdre avait défait son tablier. Dans les cuisines surchauffées, elle avait transpirée, et s'était démenée pour aider son aubergiste de soeur. La barde était rodée, elle aidait Mogweed depuis qu'elle avait l'âge de le faire, et elle avait aussi, plus jeune, géré les tensions entre ses deux soeurs ainées. Elle avait bien souvent amené Liadan à être plus docile, et Mogweed a moins camper sur ses positions. L'effervescence qui régnait ce soir lui rappelait ses années d'adolescence, quand elle passait son temps dans les cuisines du Manoir d'Aeguishor, que sa soeur y soit, ou bien qu'elle soit en train de s'entrainer en douce. Une époque où elle ne se souciait peu de l'extérieur, et où elle se sentait en sécurité. Aujourd'hui... elle savait que la sécurité était un sentiment qui était vite écrasé, vite oublié. Elle sursautait toujours parfois la nuit, et elle se réveillait en tremblant. Elle se fustigeait et se maudissait pour sa faiblesse, elle détestait avoir peur, et elle ne comprenait pas pourquoi elle continuait de ressentir cette terreur profonde. Elle se protégeait du mieux qu'elle le pouvait. Mais elle savait qu'elle ne pourrait pas éternellement rester entre les murs de l'auberge de sa soeur. Ni même rester toujours à Armenelos. Avant, elle parcourait Inwilis pendant des mois, sans jamais avoir subi d'attaques, ou avoir été blessée. Jamais. Elle avait parfois eu peur, comme n'importe quelle femme voyageant seule, mais son métier de barde avait toujours agi comme un bouclier. Jusqu'à maintenant. Mais elle n'était pas Dierdre la Barde quand les mercenaires avaient attaqués le petit manoir perdu dans les landes où elle avait élu domicile avec Sithys. Elle avait été sa compagne, et un appât. Elle avait été vaincue, malgré toute la résistance qu'elle avait pu opposer. Elle se consolait en disant qu'elle avait au moins pu préserver Maëlle. Elle lui avait épargné ce qu'elle avait ressenti et vécu ce soir là. C'était peut-être la seule chose qui réussissait à lui faire penser qu'elle n'était peut-être pas si faible que ça. Pourtant, sortir était une épreuve. Les voix qui provenaient de la salle, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elles pourraient appartenir à un ou des ennemis. Que ce sentiment d'être à l'abri pouvait très bien annoncer le pire.

Alors quand elle travaillait, elle oubliait, se concentrant uniquement sur les tâches qu'elle avait à accomplir. Éplucher et tailler des légumes étaient une tâche mécanique, qui lui faisait tout oublier. Surveiller des plats qui cuisaient demandait toute son attention. Mais elle ne pourrait pas se terrer ici pour le restant de ses jours. Quand elle entendit les premières notes de musique, son coeur se serra. La nostalgie d'un temps révolu s'emparra d'elle, lui soufflant que tout n'était pas si lointain. Elle s'acquitta alors de la fastidieuse tâche qu'était celle de disposer des fruits en rang compact sur de la pâte saupoudrée de sucre. Elle mangea pendant que sa soeur et Anya, la serveuse embauchée pour la soirée, entraient et sortaient, emportant les plats et ramenant des couverts. Dierdre avait mangé une part de tourte revenue de la salle et rescapée de la tablée de Alaric. Elle avait adoré sentir le poulet juteux, le moelleux de la farce, avec quelques oignons grelots encore croquants, le croustillant de la pâte. Elle s'était enfilée une rasade de bière brune, brassée dans la campagne environnante, et avec laquelle Mogweed cuisinait parfois de délicieux ragoûts, dont les restes finissaient généralement en tourte le lendemain. Et puis, elle s'était défait de son tablier, et avait regagné sa chambre. Là, Dierdre s'était fait une toilette rapide, essuyant la sueur qui coulait sur son front à cause de la chaleur étouffante qui régnait en cuisine. Elle se débarrassa de ce qu'elle avait de coincé sous les ongles, et elle se recoiffa, brossant ses cheveux qu'elle portait courts à présent. Elle se farda légèrement, des couleurs discrètes et plutôt terreuses. Elle passa aussi une tenue plus appropriée, une longue robe de velours ocre rouge, au bustier agrémenté d'un plastron en trapèze ivoire aux broderies florales couleurs bronze, et dont les jupes étaient fendues sur toute la longueur, sur le devant. Elle avait enfilé, en dessous, des chausses brunes, et des bottes qui lui montaient aux genoux, parfaitement lustrées. Les manches de sa robe pendaient jusqu'à ses genoux, dévoilant des manches serrées, qui recouvraient jusqu'au dessus de ses mains, de couleur ivoire. Dierdre s’empara alors de son luth, qui ne quittait plus beaucoup le coin de sa chambre où elle le posait. Elle prit le temps de l'accorder, et de chauffer sa voix, avant de descendre et d'entrer dans la salle bondée.
Les Alaric occupaient beaucoup de place, et pas seulement physiquement, mais aussi vocalement. Certains chantaient extrêmement faux, ce qui avait le don de la faire rire. D'autres avaient des voix magnifiques. Les Maëldanais accordaient beaucoup d'importance aux chansons. Pas de la même manière qu'en Inwerin, où les chansons portaient la mémoire des temps passés comme des reliques, pas comme pour les Lios dont chaque facette de la vie avait ses chansons... Le Maëldan chantait ses batailles et ses héros, ses morts glorieux, des rois anciens, mais aussi des héroïnes, et puis il y avait les chansons populaires, celles où des femmes de marin attendaient le retour de leurs époux, celles des légendes... Les cheminants qui jouaient, jouaient, avaient plutôt opté pour des chansons à boire. Pourtant, quand elle s'installa, attendant la fin de la chanson, quelques paires d'yeux étaient déjà braquées sur elle. Et puis les cheminants lui laissèrent la place. Elle tira quelques notes de son luth, et ce fut comme si elle n'avait jamais rien vécu d'autre que cela, jouer et chanter. Ses doigts coururent sur les cordes, et sa voix s'éleva. Elle commença par la chanson d'une jeune femme qui pour offrir une épée à son fiancé, vend tout ce qu'elle a. Elle chanta la chanson d'Aeguishor, celle d'Alasdair, et enfin celle de Malharan le Cruel. Une chanson longue, tenant de l'épique. Quelques uns des cheminants se joignirent à elle, accompagnant son luth, avec un tambour, un violon, et quelques notes aiguës et presque douloureuses de flûte Maëldanaise. A sa voix se mêla celle des chanteurs professionnels, lors des refrains, ou pour les passages les plus sombres, et puis enfin, la salle, surtout la tablée de Alaric, reprit en coeur la fin de la chanson, où Malharan le Cruel pour sauver son royaume, se lança dans une ultime bataille. Alors que le rythme s'accélérait, les doigts de Dierdre coururent plus vite sur les cordes. Si elle avait débuté, elle s'en serait certainement fait saigner les doigts. Une corde cassa, et elle l'ignora, compensant en jouant autrement, et en chantant plus fort. Elle tint la note finale, longtemps, et quand elle se tut, la tablée Alaric explosa en vivats, applaudissements, et sifflements.

Comme tirée d'une transe, Dierdre cligna des yeux, et s'autorisa un large sourire. Elle se leva, et salua son public. Sa soeur choisit ce moment opportun pour apporter les nombreuses tartes, parfois encore tièdes, qu'elles avaient toutes deux confectionnées. Elle se sentait bien. Et pour la première fois depuis des mois, elle se sentait entière, n'ayant plus cette horrible sensation de vide à l'intérieur d'elle. Elle était presque essoufflée, comme si elle venait de courir sur des lieues. Elle s'autorisa alors un vrai sourire, qui lui monta spontanément aux lèvres. Elle remercia les cheminants qui s'étaient joints à elle. Elle leur proposa de jouer avec eux plus tard, quand elle aurait réparé son luth. En attendant, elle leur servit à boire, et se retira pour réparer son instrument. Elle n'entendit, ni ne vit la porte s'ouvrir. Elle ne perçut la présence de quelqu'un d'autre qu'à la chaleur soudaine et à la lumière qui envahit son champ de vision. Elle releva vivement la tête, interloquée et surprise. Elle n'aimait pas qu'on la surprenne ainsi, et il lui fallut quelques secondes pour réaliser que c'était Mahadev en face d'elle. Elle finit par lui sourire.


-Excuse moi, j'étais perdue dans mes pensées. Je suis heureuse de te voir aussi. Mais tu arrives tard.

Elle regarda derrière lui.

-Pour le dessert, et tu as loupé toute ma performance.

Dierdre perçut aussi l'éclat d'une chemise de nuit bleu pâle, dans les escaliers. Elle remarqua alors que sa fille était assise dans les marches. Maëlle aurait dû être au lit, mais Dierdre savait combien elle était curieuse, et elle avait dû la suivre quand elle l'avait entendue redescendre. Elle lui fit signe qu'elle l'avait vue, et signe aussi d'approcher. Dierdre leva de nouveau la tête pour regarder l'Aérial en flammes.

-Tu n'as pas beaucoup changé, finit-elle par lâcher, toujours fidèle à toi même. Et si c'est bien le cas, je te demanderai bien un service.

Elle retourna sa corde cassée, et prenant des airs de conspiratrice, continua :

-Tu vois la serveuse blonde ? Elle voulait travailler ici, mais Mogweed ne peut pas la prendre. Je crois me souvenir que vous cherchez toujours du monde pour venir à Miervaldis... Je crois qu'elle serait vraiment intéressée, et elle est apprécié de tes compagnons d'armes. Tu pourrais en toucher deux mots à ton frère ? Ah !

C'est une Maëlle contrite d'avoir été prise en flagrant délit, qui s'approcha dans sa petite chemise de nuit. Dierdre lui fit les gros yeux - ce qui n'avait rien de très crédible venant d'elle - et elle lui présenta Mahadev :

-Ma chérie, voici Mahadev, c'est un ami.

Et avant que l'Aérial puisse poser des questions, elle ajouta :

-Je te présente ma fille, Maëlle.

Elle faillit rire en voyant les yeux entièrement blancs de l'Aérial s'écarquiller jusqu'à l'impossible. Et elle se contenta d'arborer un sourire malicieux.


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Maëlle
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Jeu 15 Jan - 8:23

Normalement Maëlle aurait du être au lit.
Elle avait apporté des affaires en cuisine, et sa maman lui avait préparé un plateau pour qu'elle aille manger, parce qu'elle avait école demain. Elle avait regardé maman mettre dans une assiette une part de tourte à la viande, nappée d'une sauce brune chaude et appétissante qu'elle avait aussi mise sur les légumes grillés sur demande de la fillette. L'assiette fut mise sur un plateau, pas trop large pour que Maëlle puisse le porter, mais suffisament pour contenir son plat, un morceau de pain moelleux pour saucer, des bellicornes pour le dessert, et une petite cruche d'eau. Sans compter son verre et ses couverts, elle ne mangeait pas avec les doigts quand même. Comme à son habitude, elle avait mangé au comptoir, retirant ses ballerines pour poser ses pieds dans la fourrure de Reineen qui s'était posé sous son tabouret. Tout le bruit de la salle le rendait nerveux, mais il commençait à en avoir l'habitude, et se tint bien. Il eut même le droit à un petit bout de pain.
Une fois son repas finit, elle était partie embrasser sa mère et sa tante, puis avait fait des signes d'au revoir à des clients dans la salle avant de monter. Une petite toilette pour se débarbouiller et se laver les dents, et elle avait enfilé une robe de nuit bleue pâle, en coton doux, qui avait des manches longues. Le temps de faire un câlin à son loup et elle s'était glissé sous les draps.

Elle avait dormit, jusqu'à entendre du bruit dans la chambre à coté, celle de sa mère. Reineen avait juste levé la tête, mais en comprenant qui était entrain de faire un petit peu de bruit, il s'était remit en position pour dormir. Maëlle avait alors regardé par la porte de sa chambre entr'ouverte, et quand sa mère était descendue, elle était sortie. Sur la pointe des pieds, elle était partie se mettre dans les escaliers. Dierdre était changée, elle avait mit une nouvelle robe, et elle avait même mit du maquillage et tenait un instrument de musique. Interloquée, et bien mise sur sa marche, la fillette avait observé sa mère s'installer, puis se mettre à chanter et jouer.
Dierdre chantait bien, et jouait tout aussi bien, et tout le monde l'écoutait. D'autre cheminants se joignirent à elle, et la musique envahie la salle. Maëlle se dandina bien vite sur le bois sombre de l'escalier, chantonnant doucement pour ne pas être repérée. C'était superbe, Maëlle n'avait jamais vu sa maman comme ça, aussi sûre d'elle, radieuse, c'était comme si son père n'était jamais partit, comme s'il n'avait pas disparu, laissant sa maman triste, en colère et apeurée. Dierdre lui cachait ce qu'elle ressentait, mais la fillette n'était pas dupe, pas autant qu'elle le montrait, la fillette avait remarqué que sa mère ne l'accompagnait plus à l'école, qu'elle n'allait plus la chercher, et qu'elle ne mettait les pieds dehors que quand Mogweed l'envoyait de force faire une course.
Une part de la fillette était persuadée d'y être pour quelque chose: elle n'aurait peut-être pas du partir et laisser sa mère toute seule les méchants hommes venus un jour à la maison, elle aurait peut-être du retenir son père quand il était venu la border la veille de son départ et qui lui avait dit qu'il devrait s'en aller et qu'il était désolé de ne pas pouvoir rester pour la protéger, elle devrait peut-être montrer à sa mère qu'elle était grande à présent et qu'elle n'avait plus à s'en faire pour elle. Alors elle avait prit la descision de sourire tout le temps, de faire ses devoirs sans qu'on lui demande, de ne plus pinailler sur les choses, d'obéir et d'aider dès qu'elle le pouvait. Maëlle deviendrait une petite fille modèle et ne poserait jamais de problème à sa maman, qui souffrait déjà assez comme ça. La musique s'arrêta, la petite fille allait remonter quand quelqu'un d'étrange arriva.

C'était quelqu'un, elle en était sûr, mais quelqu'un en feu, sans nez ou bouche, et avec des ailes. Oh, et il flottait. Elle n'avait jamais vu quelqu'un comme ça, et sa mère la vit elle, et lui fit signe de venir. Prise en flagrant déli, Maëlle descendit doucement, un peu nerveuse de la réaction de sa mère. Réaction qui fut de gros yeux -peu convainquants-, puis une présentation dans les règles de l'être étrange et enflammé. D'ailleurs comment faisait-il pour ne pas mettre le feu à l'auberge ?
Elle offrit un grand sourire à Mahadev alors que ce dernier avait ses yeux qui s'agrandissaient sur le coup de la surprise en entendant qu'elle était la fille de Dierdre. Beaucoup de gens réagissaient comme ça, et Maëlle ne se l'expliquait pas.

-Bonsoir monsieur...

Maëlle n'était pas connue pour être une grande timide qui avait peur de parler, même aux adultes. Tout le monde la connaissait maintenant à Armenelos et elle n'hésitait jamais à dire ce qu'elle pensait, surtout lorsque c'était des questions auxquelles elle voulait vraiment des réponses. Mais elle hésita quelques secondes avant de poser celle qu'elle avait en tête. Sa maman n'aimerait peut-être pas qu'elle harcèle le nouveau venu de questions, mais c'était plus fort qu'elle.

-Monsieur... Pourquoi vous êtes en feu ? Et elles sont où vos jambes ? Comment vous pouvez parler sans une bouche ? Et pourquoi votre feu il fait pas chaud comme le feu de la cheminée ?


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Kalem
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Lun 19 Jan - 20:52

La salle était bien remplie et surtout très animée, et ce n'était pas déplaisant de profiter de cette ambiance, le temps que Mogweed ne revienne prendre ma commande. C'était même étrangement reposant -bien plus que dans une tavenre pirate- de voir la vie, l'animation dans l'établissement au rythme du grand port qu'était Armenelos. Cela me faisait plaisir, et avait quelque chose d'assez satisfaisant d'avoir l'impression d'être à sa place, dans cette salle, avec ces beaux habits bien loin de mes anciens atours de travail.

Cependant mon estomac fut plutôt satisfait lorsque la tenancière m'arracha à ma contemplation de la salle pour la reporter sur une corbeille de pain. De quoi patienter, comme elle le dit si bien, ce à quoi j'opinais du chef avec approbation. La journée avait été longue et il me ferait plaisir de manger, même si ce pain n'était qu'un avant-goût.
Et j'en avais du choix, non sans une certaine hâte d'y goûter la liste de toutes les merveilles qui pourraient me sustenter. Il était assez dur de m'arrêter sur quelque chose en particulier, au vu du délice que pouvait composer chacun des plats à la carte. Un doigt sur les lèvres, dans une moue de réflexion, je faisais le tour de mes options en me demandant ce qui serait parfait pour conclure cette soirée.

"Je serais bien tenté par de l'Earthaë laqué, avec des pommes de terre rissolés, si cela ne vous dérange pas. Et ne vous pressé pas pour ma commande, vu le monde que vous avez ; je peux profiter de l'ambiance en attendant, cette ville et votre établissement sont si charmants !"

Avec un sourire, je remerciai d'un geste de la tête Mogweed, puis plongeai mes mains dans la corbeille pour en extraire un morceau de bon pain frais. Un goût plein de promesse pour le repas à venir... tout comme l'avenir en lui-même. Je repensais aux raisons de mon voyage, et plus particulièrement de ce qui l'avait initié. Une raison rangée en tas, dans un coin de ma chambre fermée à clef. Et j'étais dans une auberge, l'endroit parfait pour glaner des informations sur la suite des opérations... car arriver jusqu'aux royaumes du Nord n'en était que la première étape.

Je n'ai pas à attendre bien longtemps pour voir revenir vers moi la charmante Mogweed, les bras chargés de présents pour mon ventre qui gargouillait d'envie à leurs vues, encore sous le charme du repas de mi-journée. Après l'avoir grandement et chaleureusement remercié, je me raclais la gorge afin de m'éclaircir la voix, autant que pour me donner un peu de courage pour poser une question qui, à mes yeux, pouvait paraître étrange.

"Dites-moi, j'aurais voulu savoir quelque chose... savez-vous où se trouve le siège de l'alliance du Nord ? L'endroit où je pourrais parler à un responsable..." Je me sentis quelque peu mal, et je détournais la tête. "Non, oubliez. Je... je ne veux pas vous faire perdre du temps sur votre service pour épancher ma curiosité..."

Je n'aimais pas trop ce que transmettait comme image de moi cette question. Vu ma provenance, et ma compagne des plus singulière toute de métal, on pouvait se demander ce que je pouvais vouloir à la coalition des royaumes du Nord. Ceux qui s'étaient levés, cent ans auparavant, durant la grande guerre dont on ne pouvait ignorer les récits... et dont j'espérais quelque chose. Quelque chose de fou, du genre qui pouvait pousser un technomage à s'enfuir avec un prototype qu'il avait lui-même commencé à développer...
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Mogweed Fardale
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Lun 16 Fév - 16:39

-Oh ne vous en faîtes pas pour ça, j'ai de l'aide pour ce soir ! fit-elle en élevant la voix pour se faire entendre, mais je reviens dès que je peux.

Les Alaric s'étaient lancés dans les chants à boire, et si certains savaient chanter, les autres braillaient ou beuglaient plus qu'autres choses. Elle les regarda se prendre bras dessus bras dessous, levant chopes et coupes, buvant entre deux braillements. Mogweed quitta la table de Kalem pour s'occuper des tablées qui n'étaient pas Alaric, laissant à Anya le soin de gérer l'énorme tablée pleines de guerriers affamés. La jeune femme semblait parfaitement se débrouiller, s'étant adapté en quelques minutes. Un bon point pour elle. Mogweed en vint presque à regretter qu'elle ne puisse l'embaucher à temps plein. Elle aurait peut-être pu si Anya était passée par Aeguishor, mais ce n'était pas le cas. L'aubergiste devait laisser la place vacante pour une apprentie qui viendrait de la part de la guilde, puisqu'elle en faisait partie. Si sa salle était majoritairement occupée par les Alaric, Mogweed ne refusait jamais d'accueillir du monde en plus, et les autres tablées étaient tout aussi bondées. Elle commença à faire de nombreux aller-retour, entre la salle, la cuisine, et le bar. A l'instar d'Anya qu'elle croisait, elle ne cessa d'aller et venir, les bras chargés. Elle finit par revenir à la table du Drow, qui semblait plus à l'aise que ce matin, malgré le bruit ambiant, maintenant accompagné de musique. Un petit groupe de cheminants s'étaient à jouer, voyant là une occasion de se faire un plus d'argent, en divertissant une salle bondée. Mogweed déposa devant Kalem une large assiette garnie de plusieurs tranches fines d'ëarthaë, d'un petit plat de pommes de terre revenues dans du beurre salé, et d'un petit pot en terre cuite contenant une sauce à la couleur rouge sombre, faites d'airelles et relevées d’échalotes, de sucre et de miel, ainsi que d'un peu d'alcool. Elle dut se pencher pour entendre ce que Kalem disait.

-Si vous avez pu attendre, les autres clients le peuvent aussi. J'aurais été plus en mesure de vous répondre demain, poursuivit-elle en élevant de nouveau la voix pour qu'il puisse l'entendre par dessus le bruit, mais si vous voulez savoir, le siège de l'Alliance se trouve à Fainros, la capitale du Falast. Je ne peux pas vraiment vous en dire plus, j'ignore comment elle fonctionne, en dehors des accords commerciaux et militaires. J'imagine que vous pourrez toujours vous rendre là bas, et avoir des réponses à vos questions !

La Versipellis se redressa, faisant jaillir des étincelles colorées de ses épaisses boucles noires. Elle finit signe qu'elle avait vu qu'on la réclamait. Elle termina de libérer le plateau qu'elle porte en déposa un pichet de cidre rosé sur la table.

-J'arrive ! Une seconde ! hurla-t-elle presque avant de reprendre, pour vous rendre à Fainros, vous pouvez reprendre la mer, ou prendre la route. Si vous êtes pressé, je pourrais toujours m'arranger avec le chef des Alaric pour qu'il vous emmène jusqu'à Miervaldis. La cité Alaric se trouve à la frontière avec le Falast. Je reviens !

Sans laisser lui laisser le temps de répondre, Mogweed fila, s'approchant des tables près de la porte. Elle reprit alors son manège, revenant vers les tablées dont elle avait la charge, avec un plateau débordant de cruches et de pichets pleins, qu'elle troqua contre les vides sur la table. Elle jeta un oeil à la tablée Alaric, et aida alors Anya à servir les nombreux plats qui constituaient le repas, chapons, épaules d'ëartheaux rôties avec des herbes, jattes contenant divers légumes cuits à l'eau salée ou rissolés, sauce brune ou blanche. Elle se chargea aussi de découper l'énorme gigot d'ëarthaë qui avait lentement cuit à la broche dans la grande cheminée de la salle, avec l'aide d'une jeune Alaric. Elle avait alors pu envoyer Maëlle se coucher, malgré les protestations de la petite fille, qui lui assurait qu'elle saurait se lever. Les cheminants continuèrent de jouer, et quand Mogweed trouva enfin le temps de se mettre quelque chose sous la dent, avisant qu'elle avait oublié Kalem, elle vit sa soeur descendre les escaliers, vêtue d'une de ses somptueuses robes de représentations, son luth à la main. Dierdre s'installa, et quand elle commença à pincer les cordes de son instrument, le bruit dans la salle finit par s'évanouir. C'est dans un silencieux quasi-religieux que sa soeur commença à chanter. Elle enchaina les vieilles chansons Maëldanaises, celle de l'amante vendant sa laine et son rouet pour acheter une épée à son amant, la femme du mineur d'Halvardheim cherchant désespérément à acquérir une chemise immaculée, celle d'Aeguishor... Les cheminants se joignirent à elle, connaissant bien évidemment le répertoire. Et quand ce fut le tour de la chanson de Malharan le Cruel, les Alaric se mirent à beugler les paroles. Le rythme effréné de la chanson se termina sur une longue note chantée par sa soeur, avant de s'achever dans un tonnerre d’applaudissements, de vivats, et de sifflements. Anya et elle apportèrent alors des jattes de fromages frais aux herbes, aux fruits secs, mais aussi des plateaux de fromages plus faits et odorants, bols de beurre, et corbeilles de pain. La table des Alaric semblait trop petite pour autant de monde, mais aussi pour autant de plats. Mogweed s'en retourna à la partie de la salle dont elle s'occupait initialement, avisa Maëlle dans les escaliers. Elle fit les gros yeux - ayant plus l'air de faire une grimace comique qu'autre chose - à sa nièce, avant de hausser les épaules. Si Maëlle tombait de sommeil demain, elle ne pourrait s'en prendre qu'à elle-même. Mogweed servit alors les tartes, et revint finalement vers Kalem, profitant d'une accalmie momentanée.

-Navrée, s'excusa-t-elle en déposant une copieuse part de tarte aux pommes sur lit de confiture de lait et un nouveau pichet de cidre, je n'ai pas pu revenir vers vous avant. Vous avez décidé de ce que vous voulez faire ? Je peux aussi, moyennant le prix, vous donner des provisions pour la route.
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Mahadev
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Jeu 19 Fév - 7:40

-Tu es toute excusée, j'aurai peut être dû m'annoncer, mais je n'ai pas l'habitude que l'on ne me voit pas, plaisanta-t-il.

L'Aérial pivota légèrement, pour regarder la tablée Alaric que venait de lui désigner Dierdre. La moitié du clan était déjà passablement éméchée, mais tous mangeaient de bon coeur, les tartes encore tiède qu'apportaient Mogweed et la serveuse blonde. Les Alaric avec qui il était arrivé se faisaient servir de copieuses assiettes avec ce qui restait des plats précédents. Leurs chopes étaient déjà remplies. Mahadev haussa les épaules.

-Ce n'est pas comme si j'avais vraiment besoin de manger. Et j'ai pu entendre la fin depuis l'extérieur, mais tu chanteras plus tard n'est ce pas ?

L'Andain se retourna encore une fois pour voir à quoi elle faisait signe. Une petite fille à la chevelure brune défaite, vêtue d'une chemise de nuit bleu pâle, et de petits chaussons fourrés, eut l'air d'avoir été prise la main dans le sac. Elle se leva, ramassant ses jupes autour d'elle, pour descendre les escaliers dans lesquels elle s'était installée. Mahadev se mit à rire en entendant le commentaire de Dierdre.

-Non je ne change pas vraiment, mais le temps ne semble pas avoir la même emprise sur moi que sur les autres. Oh ? Un service ? Ce que tu voudras, si tu me pardonnes d'avoir loupé ton numéro.

Il écouta ce qu'elle avait à lui dire. Il aima l'air de conspirationniste qu'elle prit, et la façon dont son nez se plissa. Mahadev adorait Dierdre, et quand elle passait à Miervaldis, et qu'il y était, il ne manquait jamais d'aller la voir et de profiter de ses talents de barde. Il partageait avec elle son amour des histoires, surtout les longues qui pouvaient durer des heures, et son amour de l'Histoire. Il fit semblant de réfléchir, avant de hocher la tête, faisant bouger les flammes blanches et vaporeuses qui lui faisaient office de chevelure.

-Je peux toujours essayer. Mavrag n'est pas si dur à convaincre. Mais s'il dit oui, elle devrait être prête à partir aux aurores, la route est longue jusqu'à Miervaldis.

Maëlle, puisque c'était ainsi qu'elle s'appelait, arriva sur ses entrefaites. Elle se triturait les doigts, comme gênée d'avoir été surprise. Mahadev inclina légèrement le buste quand Dierdre le présenta, avant d'être surpris. Il écarquilla les yeux, seule trace de sa surprise quand elle présenta la fillette comme étant sa fille. Il regarda Dierdre, puis Maëlle. Il aurait plutôt pensé avoir devant lui la fille de Mogweed, pas celle de la plus jeune des soeurs Fardale. Il se reprit bien vite, surtout face au sourire radieux qui illuminait le visage de l'enfant.

-Bonsoir jeune fille.

Il y eut un moment de flottement, où elle le dévisagea et où elle réfléchit, hésitante. Finalement ce fut la déferlante de questions. Mahadev avait l'habitude qu'on lui pose des questions sur ce qu'il était. Les enfants étaient souvent fascinés par son apparence. Certains adultes aussi, comme Kyna à l'université, qu'il avait dû quitter pour rejoindre son clan. Un rire chaud s'échappa de sa gorge.

-Je suis le fils du Soleil, expliqua-t-il, voilà pourquoi je suis en feu. Je n'ai pas besoin de jambes, la magie de mes flammes me porte. Et puis j'ai mes ailes pour aller plus vite. Je peux parler sans bouche parce qu'encore une fois, la magie me permet de le faire. J'ai une gorge, mais pas de bouche. Le son sort de là.

L'Andain pointa un doigt vers son cou.

-Et mon feu est différent de celui que tu allumes dans une cheminée. Je pourrais devenir aussi chaud que le Soleil mon père, mais ce ne serait pas agréable pour les gens autour de moi, conclut-il avant de riposter, et toi, tu ne devrais pas être lit à l'heure qu'il est ? Normalement les enfants ne veillent pas si tard. Et ils se cachent pas non plus dans les escaliers.



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Dierdre Fardale
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Sam 7 Mar - 23:24

Dierdre se frotta les doigts, dont la peau s'était attendrie, et était maintenant rougie par les cordes. Peut-être aurait-elle dû y aller plus doucement pour cette première représentation. Elle sourit intérieurement en repensant à ses premiers pas dans le monde des bardes, se souvenant qu'elle s'était parfois écorché les doigts sur les cordes de son luth, avant que la peau ne finisse par durcir. Cela faisait des mois qu'elle n'avait pas joué sérieusement, pas autant qu'avant. Avant sa mésaventure, qu'elle préférait reléguer dans un coin de sa tête pour ne plus y penser, elle prenait le temps de jouer tous les jours. Elle s'était relâchée, et voilà ce qui arrivait. Mais c'était une bonne douleur. Tout elle était certaine qu'elle aurait des courbatures dans les épaules et les bras demain, après les heures passées à aider sa soeur en cuisine, et surtout pour avoir porter de lourds sacs de farines, de fruits, et des caisses de légumes. Elle devrait sans doute recommencer demain, vu que les réserves seraient pillées sans vergogne par les Alaric. Cependant, avec l'énorme tablée, les chambrées, puis les écuries et provisions de route, Mogweed gagnerait le double, voire même le triple, de ce qu'elle gagnait habituellement en un mois. Une bonne chose, puisqu'il lui faudrait payer Anya pour le service de ce soir. La blonde à longues jambes semblait parfaitement à l'aise, et n'avait commis aucun impair. Dierdre, elle, avait cassé une des cordes de son instrument, preuve qu'elle ne l'avait pas très bien entretenu non plus. Elle grimaça pour elle même, alors qu'elle resserrait une cheville, achevant de retendre la corde cassée. Parler avec Mahadev lui fit se rendre compte qu'elle appréciait le fait qu'il ignorait ce qui lui était arrivé. Il lui parlait comme d'ordinaire, sans qu'elle ne sente la pitié dans sa voix. Dierdre avait failli devenir folle à force d'entendre les gens la plaindre, murmurer qu'elle avait eu de la chance dans son malheur, elle aurait pu finir sur un navire, puis sur les marchés aux esclaves du Sud. Mahadev ne savait pas, et ne lui parlait pas comme si elle risquait de tomber en mille morceaux. Pas plus que les autres Alaric, ou même les Cheminants avec qui elle avait joué. Maëlle arriva, chaussée de ses petits chaussons fourrés. Elle ne portait que sa chemise de nuit, elle avait quand même pris le temps de se chausser pour ne pas avoir froid aux pieds. La salle était peut-être surchauffée, le sol dallé n'en restait pas moins froid. Dierdre accueillit sa fille en faisant de gros yeux, ce qui n'était pas vraiment convaincant, puisqu'elle présenta Maëlle à Mahadev. Elle préféra rester en retrait, regardant sa fille s'émerveiller du physique particulier de l'Andain. Elle sourit, hilare, en entendant le flot de questions qui franchissait ses lèvres.

Maëlle n'était ni timide, ni farouche. Elle posait des questions, disait tout haut ce qu'elle pensait, parfois avec une franchise brutale, toujours innocente et ne pensant pas à mal. Elle montrait aussi un petit côté roublard, quand il s'agissait d'obtenir un gâteau aux myrtilles ou au miel supplémentaire. Ce soir, Dierdre, s'en rendit compte, elle devait l'avoir entendu jouer et chanter pour la première fois. Elle n'avait jamais répété dans l'auberge, le faisant plutôt sur les quais, au petit matin, lorsqu'ils étaient presque déserts. Dierdre rit en voyant que Mahadev ne se démontait pas non plus, répondant sans la moindre réticence aux questions. Elle rit de plus belle en voyant la tête de Maëlle lorsqu'il lui demanda si elle ne devait pas être au lit. Dierdre se pencha vers Maëlle, amusée.


-Hmmm ? C'est une bonne question je crois ? Les petites filles ne sont pas non plus sensées se promener en chemise de nuit ? A moins que je ne me trompe, et que ce soit une nouvelle coutume ?

Dierdre posa délicatement son luth à côté d'elle, l'appuyant contre la chaise sur laquelle elle était assise. Elle fit la moue.

-Mais j'imagine que tu m'as entendue, et que tu n'as pas pu te retenir ? Comme Reineen devant un os d'Earthaë.


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Maëlle
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Sam 5 Déc - 15:34

Les bras dans le dos, Maëlle écouta avec la plus grande attention les réponses qu'apportait Mahadev à ses questions. Elle avait donc devant elle le fils du soleil, c'est pour ça qu'il était en feu. Elle savait qu'on disait "il" pour le soleil, donc que l'astre et le dieu qui lui était lié -ou l'inverse- était un monsieur, et qu'il était alors le papa de Mahadev. Mais alors, qui était la maman de Mahadev ? Et est-ce que elle aussi était faite de feu comme lui ? Sinon est-ce qu'elle avait eu chaud au ventre pendant qu'il était dedans ? Mais est ce qu'il était comme ça depuis qu'il était tout petit bébé en fait ? Si oui, comment ils faisaient pour les langes ? Est-ce qu'il lui arrivait d'oublier de pas être chaud, et donc de faire brûler des choses autour de lui ? Dès fois il lui arrivait à elle d'oublier qu'elle devait faire doucement pour boire ou manger, et elle en collait partout. Manger. Comment faisait-il pour manger ? Il n'avait pas de bouche ? Il n'avait pas de langue non plus, alors il n'avait pas de goût ? La fillette eu un immense élan de compassion envers le fils du soleil, qui ne pouvait pas goûter le goût des bellicornes de Tata Mogweed...
Mais elle n’eut pas vraiment le temps de poser ses nouvelles questions, et d'exprimer sa profonde tristesse et son empathie envers Mahadev, que celui-ci mit le doigt sur un point assez important. Elle devrait être dans son lit, à rêver, plutôt que de se cacher dans les escaliers en robe de nuit.


-Euh...

Les lèvres de la fillette se plissèrent un peu, puis rentrèrent un peu dans sa bouche alors qu'elle cherchait quoi répondre pour se justifier. Est-ce qu'elle devait dire que si elle était là c'était parce qu'elle s'était un peu inquiété d'entendre sa maman entrer et ressortir de sa chambre, et qu'elle avait pensé qu'elle allait faire comme son papa, ne plus revenir. Ce n'était pas gentil de penser ça, ça voulait dire qu'elle n'avait pas confiance en sa maman, mais ça c'était passé si vite qu'elle n'avait pas eu le temps de vraiment comprendre pourquoi et comment ça s'était passé.
Dierdre souleva un point qui n'était pas faux. Oui, si elle l'avait un peu suivit par crainte au départ, elle était resté parce qu'elle avait entendu sa maman chanter et jouer de la musique.


-Oui. C'est à cause de la musique, c'était trop bien. Tu joues trop bien maman ! Tu devrais jouer tout le temps, enfin non parce qu'il faut que tu mange et que tu dorme aussi, et parce que ça peut te faire mal aux doigts, mais ça serait génial si il y avait de la musique comme ça très très souvent dans l'auberge ce serait plus joyeux.

Maëlle se tourna de nouveau vers le fils du soleil, oubliant qu'elle se trouvait en pyjama, et qu'on venait de lui reprocher parce qu'elle n'avait pas vraiment grand chose à faire si tard hors de son lit.

-Dommage que vous étiez pas là, c'était beau, elle a une très jolie voix maman, mais si vous êtes amis depuis longtemps vous devez le savoir en fait. Et dites moi, si tu as pas de bouche, et donc pas de dents, et pas de langue, comment vous faite pour manger ? Et sans langue vous devez pas sentir le goût ? C'est trop dommage si vous sentez pas le goût, parce que les bellicornes de tata c'est la meilleure chose du monde entier ! Et c'est triste, et...

Maëlle s'arrêta d'elle même et sembla réfléchir quelques secondes. Elle n'avait pas réellement oublié qu'elle devrait être au lit, et si sa maman ne l'avait pas vraiment grondée, elle ne devait pas abuser non plus.

-Mais bon, j'arrête les questions, parce que demain j'ai école. Et puis les enfants ça doit faire dodo la nuit. Les adultes aussi, mais moins que les enfants, et puis il ont pas écoles le lendemain. Du travail, mais c'est différent. Enfin pas vraiment. Mais ils grandissent plus et c'est l'important, parce que c'est surtout ça la différence. On vous reverra à l'auberge ? Comme ça je pourrait vous dire les autres questions sans que ce soit la nuit ?


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Mahadev
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Dim 13 Mar - 23:55

Avec amusement, Mahadev écouta une nouvelle déferlente de questions que lui adressa la petite fille en chemise de nuit. Des têtes curieuses les regardaient, et souriaient de l'échange entre l'Andain et la fille de Dierdre. Une appellation qu'il aurait peut être du mal à prononcer. Il était étrange que la plus jeune des soeurs Fardale aient une fille. Et plus étrange encore qu'elle soit si vieille alors que le dernier passage des Alaric à Armenelos, datait de presque cinq ans, et que Dierdre n'était pas enceinte la dernière fois où ils s'étaient vus. Cette fois, c'était lui qui avait des questions. Un rire bruyant s'échappa de sa gorge, ses flammes redoublèrent d'intensité, alors que pour la première fois, quelqu'un s'inquiétait de savoir s'il était capable de sentir le goût des aliments. Il allait répondre, quand la fillette s'interrompit d'elle-même, tentant d'être raisonnable.

-Ah ! C'eut été avec plaisir que j'aurai répondu à toutes tes questions, mais je crains de ne plus être là ton réveil. Ah ! Tu es déçue ! Tu peux t'en prendre à mon charmant frère que tu vois assis là bas, c'est lui qui a pris la décision de nous faire partir au petit matin, à l'heure où les petites filles dorment encore.

L'Aérial de feu désigna le chef de son clan, assis au milieu des siens, bruyante et exubérante tablée, buvant et mangeant, souriant et même riant parfois. La fillette regarda Mavrag, puis le jeta un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait. Mahadev songea qu'on la lui faisait pas à elle. Il s'inclina légèrement.

-Sur ce mesdames, permettez que je rejoigne mon clan, on dirait que ça s'impatiente, et même si je ne peux pas gouter comme toi les aliments chère Maëlle, je prends tout de même du plaisir à manger, et mes frères et soeurs étant des goinfres, si je ne veux pas me contenter de miettes, je vais devoir prendre place.

Poursuivant sur cette note théâtrale, le fils du Soleil salua comme s'il avait porté une de ses chapeaux emplumés de nobles Falastois, laissant la mère et la fille. Il prit place non loin de Mavrag, qui le salua simplement en levant sa corne qui débordait de ce que Mahadev identifia comme  de la bière brune. Des grognements de protestations s'élevèrent de chaque coté de sa place, alors qu'il envoyait ses ailes chatouiller les côtes de deux guerriers, pour se faire plus de place. Les conversations allaient bon train, la table était couverte de plats plus ou moins vides, de pichets, et la serveuse blonde à la poitrine opulente qui semblait être le centre de l'attention d'une partie des Alaric arrivaient avec une brassée de bouteilles de cidre Maëldanais, probablement issus des vergers de Fingal, ce clan faisait le meilleur cidre de tout le pays. Merlock était rouge jusqu'aux oreilles, et le rire tonitruant de Mahalaith devait lui sonner les oreilles. La serveuse fit le tour de la tablée, et les bouteilles pleines prirent la place de pichets vides. Mahadev l'apostropha avant qu'elle ne reparte.

-Navré de devoir gêner votre travail, mais pourriez vous m'apporter une assiette similaire à celle que cette brave Mahalaith dévore ?

Il se serait bien fendu d'un sourire aimable, mais c'était impossible.


***

La soirée se poursuivit, animée d'abord. Les tartes aux fruits furent acclamées comme si elles avaient remporté une grande victoire, à moins que ce fut Anya que les Alaric acclamèrent. Mahadev, quant à lui, l'avait chaudement remercier, sans mauvais jeux de mots, pour son service. Il avait absorber les aliments à sa façon, ses flammes consumant les plats et faisant s'évaporer l'eau. Il repensa à Maëlle qui avait trouvé triste qu'il ne puisse pas savourer les Bellicornes de sa tante. Mogweed passa elle aussi à la tablée, même si elle s'occupait pour l'essentiel du restant de la salle. Les Cheminants jouèrent des rythmes endiablés, et quelques Alaric se piquèrent d'une folle envie de danser, certains réussirent mieux que d'autres, et il y eut quelques moqueries. La boisson coulait à flots, et les toasts se multipliaient. Bientôt, certains roulèrent sous la table, d'autres allèrent se coucher en tanguant ou en valsant, et bientôt, l'immense tablée fut réduite à quelques rares survivants, et la salle devint presque silencieuse, à l'exception du crincrin d'un violoniste, qui jouait en sourdine, tenant toujours la distance, semblant s'accorder avec le crépitement des flammes de l'immense cheminée de la salle. Mavrag semblait parfaitement sobre, de même que Marban, leur druide qui souriait, discutant paisiblement avec Mereddyd. Miela était affalée contre leur éclaireur, dormant à moitié. Au l'autre bout de la table, le nez dans une chope, Murdag l'Ombrageux semblait plongé dans ses pensées. Le restant de la salle était à peu près aussi vide que leur tablée. Mahadev en profita pour se pencher pardessus la table, pour discuter avec Anya, histoire de voir quels arguments il pouvait imposer à son frère pour la blonde les rejoignent et fassent route avec eux.

-Tu t'en sors bien pour une première soirée en notre compagnie. Je gage que si la moitié du clan n'était pas à l'heure actuelle, complétement torchée, et l'autre moitié dormant à poings fermés, il pleuverait des demandes en mariage. Anya c'est ça ? Moi c'est Mahadev, mais j'imagine que notre entremetteuse, Dierdre, a dû déjà faire ses recommandations. Alors comme ça, Miervaldis te tenterait ?



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Anya
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Mer 16 Mar - 13:17

Le silence était presque aussi réconfortant que l’animation joyeuse qui avait régnée en maître durant toute la soirée. Anya avait débuté son service sur les chapeaux de roues, prenant à peine le temps de poser correctement ses affaires dans une chambre. Bien sûr, Dierdre l’avait invité à le faire, mais l’excitation et l’exaltation de servir autant de beaux hommes, et de peut-être  pouvoir avoir une place chez eux si elle faisait l’affaire, lui avait donné des ailes, et elle s’était mise à travailler immédiatement. Au diable la route qu’elle avait faite pour arriver jusqu’ici et qui lui collait aux pattes, au diable le fait que ce ne serait peut-être qu’une seule soirée, le plaisir de servir était bien là, et celui de charmer en passant aussi. Elle s’était amusé des réactions de certains Alaric, et certains autres l’avaient aussi aidé à les chambrer avec douceur et presque avec amour. Elle aimait qu’on la regarde, qu’on la complimente, qu’on la questionne sur elle. C’était peut-être un défaut pour beaucoup de gens, qu’elle flirte et joue de ses charmes pour obtenir des paroles douces et gentilles, et capter l’attention, mais c’était sa nature, et elle emmerdait les gens qui n’étaient pas capables de voir plus loin qu’une fille charmeuse et superficielle. Les Alaric semblaient l’apprécier pour beaucoup, que ce soit pour son physique, les quelques petites conversations qu’elle avait pu avoir avec certains d’entre eux ou même la nourriture qu’elle leur apportait.
Lorsqu’était arrivé un nouveau groupe, comprenant le fameux aérial enflammé dont lui avait parlé Dierdre, le dessert était presque prêt à être servit. Le pauvre Merlock avait été de nouveau chambré par les nouveaux venus. Une des Alaric, qui s’appelait Mahalaith, l’accosta pour lui demander à manger, l’appelant ma jolie. Anya eut un sourire radieux à cette appellation.


-Bien sûr que je vais avoir ça pour toi. Je te l’apporte, Anya lui décocha un léger clin d’œil et se retourna pour regarder les différents groupes auxquels elle s’adressait, vous deux je vous apporte du cidre rosé, trois pintes de brune ici, une blonde par là-bas, du pain et du fromage pour vous, encore deux assiettes ici. Ce sera tout ?

Après avoir reçu la confirmation que c’était bien tout, la versipellis slaloma entre les tables, les autres clients présents dans l’auberge et alla donc servir ses clients d’un soir. Enfin, elle croisait les doigts pour que ça puisse durer plus qu’un soir. Elle revenait avec tout ça quand ce fut au tour de l’aérial, venant de s’installer avec les autres, de lui passer commande. Elle eut un léger rire en l’entendant la vouvoyer, mais lui répondit de la même manière, après tout, certains clients n’appréciaient que peu le tutoiement, et elle était polie. Elle vit les coins de ses yeux se plisser un peu et en déduisit seule qu’il souriait d’une certaine manière.

-Demandée avec autant de politesse cette assiette va arriver au galop. Et vous ne me dérangez pas du tout, après tout ça fait aussi partit de mon travail ! J’arrive.

N’ayant pas d’autres demandes, elle alla préparer une belle assiette garnie de viande, de légumes, de purée. Une grande assiette bien chargée qui faisait saliver rien qu’à regarder. Elle la posa devant l’aérial qui la remercia. Le physique de Mahadev était singulier, couvert de flammes sans jambe ou bouche, mais ça ne la marqua pas plus que ça. Certains Versipellis avaient de drôle de goût en termes d’apparence, elle avait vu d’autres choses plus ou moins belles.
Le pauvre Merlock finit par s’endormir au milieu des taquineries de ses camarades, ayant bien bu et mangé. Son beau teint rouge ne l’avait pas quitté depuis le début de la soirée, et ne s’était pas amélioré avec la boisson. C’était d’autres Alaric qui l’avaient monté dans sa chambre, allant eux aussi se coucher. Elle avait alors accordé un petit caprice de Mahalaith en déposant un baiser, bien marqué à l’aide d’un beau rouge à lèvre, sur la joue de l’endormi, histoire qu’il se demande ce qui avait pu lui arriver vers la fin de soirée. Et qu’il se sente encore plus gêné.
La serveuse avait alors continué de servir les quelques Alaric restant en boisson, quelques fois en nourriture, et elle avait aussi débarrassé tout ce qu’elle pouvait prendre ; chopes vides, assiettes, planches où avaient été quelques jambons, couverts, panetières vides ou remplies de miettes. La salle s’était vidé du clan de guerrier, certains restants en bas, plus ou moins vaillants à cette heure avancée de la nuit. Il y avait aussi un violoniste qui bravait le sommeil, jouant doucement de son instrument, faisant une agréable musique de fond. Anya s’était rapprochée de Mahadev et celui-ci se pencha sur la table pour lui parler. Elle se demandait si son intention de lui parler s’était autant vu, ou si Dierdre, avec qui il avait aussi parlé, lui avait demandé d’intercéder en sa faveur, comme elle lui avait conseillé de le convaincre pour obtenir une bonne approbation du chef.


-Tu t'en sors bien pour une première soirée en notre compagnie. Je gage que si la moitié du clan n'était pas à l'heure actuelle, complétement torchée, et l'autre moitié dormant à poings fermés, il pleuvrait des demandes en mariage.

-Merci. Et je gage que j’aurais du mal à refuser ma main à tout le monde. Tes camarades sont tous charmants à leur manière, même Murdag, bien qu’il n’ait pas dit de véritables phrases pendant cette soirée.

Elle n’ajouta pas l’évidence qu’ils ne se connaissaient pas assez, et qu’elle ne pouvait pas se marier avec le premier venu non plus. Si elle charmait, elle n’était pas du genre à s’engager dans quelque chose à la légère pour autant. Elle se fendit d’un nouveau sourire à la mention de son prénom et du fait que Dierdre avait déjà dû le recommander.

-Anya c'est ça ? Moi c'est Mahadev, mais j'imagine que notre entremetteuse, Dierdre, a dû déjà faire ses recommandations.

-Oui, c’est bien ça. Pour mon prénom et pour Dierdre.

Elle continua à rassembler les miettes et autres morceaux de nourritures sur la table tout en parlant, le faisant un peu plus doucement.

-Alors comme ça, Miervaldis te tenterait ?

-Oh oui ! J’avoue qu’au départ j’étais venue ici dans l’espoir de travailler pour Mogweed, mes lettres de recommandations lui avaient été envoyées depuis quelques semaines et mes espoirs étaient tournés vers elle. Mais elle a toute l’aide qu’il lui faut, enfin pour des soirées normales, et ne pouvait pas m’embaucher pour plus que la soirée.

Elle eut un petit sourire désolée et haussa légèrement les épaules. C’était dommage dans un sens, mais certainement un mal pour un bien dans ce cas-là. Voir un très bien.

-Puis, elle m’a expliqué qu’il y avait de grandes chances que vous cherchiez du monde à Miervaldis, et que c’était peuplé d’Alaric, alors je me suis dit « Pourquoi pas ». Et maintenant que je viens de passer cette soirée avec vous tous je me demande même comment j’ai fait pour ne pas y avoir pensé plus tôt toute seule. J’adore cette ambiance de fête et les gens qui ont un bon appétit.

Et pour avoir un bon appétit, les Alaric en avaient un. Ils dévoraient les denrées avec plaisir, et avait fait honneur à tous ce qui avait été servi, commentant le fait que ce soit bon, en demandant encore, sans oublier de faire passer les plats aux autres. Elle avait été impressionné des liens qu’ils avaient les uns les autres, elle avait eu l’impression de voir en face d’elle une immense tablée de frères et sœurs qui se chamaillaient, riaient ensemble, et s’entraidaient.

-Bien sûr, j’aime aussi les moments de calmes, tant que l’atmosphère est conviviale et vous avez tous l’air soudés, comme une immense famille. En même temps vous vous appelez tous frères et sœurs, ce qui renforce l’impression. C’est quelque chose que je trouve formidable, et qui donne envie d’en faire un peu partie, même si ce n’est que pour remplir les panses et abroger la soif.
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Dernière édition par Anya le Lun 12 Sep - 19:56, édité 1 fois
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Mahadev
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Dim 10 Avr - 22:27

Le regard de Mahadev glissa jusqu'au bout de la table, où Murdag semblait broyer du noir, avec le visage de celui voulant littéralement broyer quelque chose. Si Mavrag n'avait ni l'air ouvert, ni avenant, son frère avait au moins l'air d'être plus accessible et moins prompt à distribuer des coups ou à tailler dans le tas... Quoi que. L'Aérial pencha la tête, regardant de nouveau la serveuse à la généreuse poitrine qui en avait fait loucher plus d'un ce soir.

-Murdag charmant ?

Il secoua la tête, ricanant doucement.

-C'est bien la première fois que j'entends ça.

Si l'ambiance n'avait pas été si calme et l'heure si tardive, il aurait beuglé qu'elle trouvait Murdag charmant, ce qui n'aurait pas manqué de tirer quelques fous rires à ses frères et soeurs. Au lieu de ça, il se contenta de rire pour lui-même, même si avec le presque silence qui régnait, il était certain que les Alaric restant de la tablée entendaient toute leur conversation. Ses flammes s'étendirent pour glisser jusqu'à la chope qu'il tenait, plongeant à l'intérieur pour en évaporer le contenu, une bière brune, typiquement Maëldanaise, qu'il ne pouvait peut-être pas goûter comme le restant du monde, mais qu'il appréciait quand même. Il écouta Anya, qui si elle avait l'air de commencer à fatiguer, sembla de nouveau prête pour une nouvelle tournée, alors qu'elle s'exprimait, soudain passionnée. Il hocha la tête.

-On cherche toujours du monde à Miervaldis. Comme les deux tiers du clan sont sur les routes, et que ces deux tiers grossissent de plus en plus, il faut des gens pour faire tourner notre fief et aider le tiers restant.

Mahadev se mit à rire, un rire trahit par l'agitation et la couleur plus vive de ses flammes.
-D'habitude, les aubergistes sont soulagés de nous voir partir. Quand on revient dans le Nord, nous avons tendance à piller les gardes mangers, réserves et autres greniers... Et l'ambiance n'est pas toujours à la fête.

Surtout lorsque nous revenons avec les cendres ou les corps de frères et soeurs tombés au combat, songea l'Aérial qui ne prit pas la peine de le dire à voix haute. La réputation des Alaric n'était plus à faire, même si leur mode de vie échappait à la compréhension de certains. Après tout, le Maëldan était grand, et les clans étaient tous plus ou moins guerriers à quelques exception près, comme celle des Fingal, qui s'ils savaient se défendre, comptaient sur leurs alliances pour être protégés et défendus. Le mariage d'une Fingal avec le roi du Maëldan, un Fearghas, leur assurait protection et sécurité pour un temps qui dépasserait la durée de vie de ce mariage ou même du loup qui siégeait sur le trône. Les loups étaient alliés fidèles, les Alaric le savaient. Mais les Alaric savaient aussi qu'ils étaient les seuls à traverser la mer pour louer leurs épées dans les royaumes du Sud. Certains le leur reprochaient, puisque Miervaldis se tenant à la frontière des trois royaumes continentaux de l'Alliance, certains disaient qu'il vaudrait mieux qu'ils soient prêts à défendre cette frontière, même s'il n'y avait eu aucune guerre entre les royaumes de l'Alliance depuis des centaines d'années. Ils avaient défendu frontière lors du dernier soulèvement centaures en date, empêchant ces derniers d'étendre le conflit en Maëldan, mais les Alaric qui séjournaient en permanence à Miervaldis avaient été capables de le faire sans leur aide.

-Mais ce soir nous avons célébré notre retour, et disons que nous avons aussi célébré, avec un certain retard, le mariage de notre souverain. Mon frère - et l'Aérial désigna Mavrag d'un mouvement rapide du pouce - n'est pas un mondain, et ce genre de cérémonie l'ennuie. Même si le mariage est celui d'un ami.

Ses yeux pâles se posèrent avec une certaine gravité sur Anya, alors qu'il perdait son attitude désinvolte, semblant se tenir plus droit.

-Nous Alaric ne considérons pas que nourrir et abreuver les autres soit un métier ou une activité de moindre valeur. Un guerrier ne peut pas frapper son ennemi avec force et rapidité s'il n'a pas le ventre le plein et le gosier humide. Nous avons des frères et des soeurs qui cultivent nos terres, d'autres qui confectionnent les tissus pour nos vêtements et nos lits. Et si certains de mes frères et soeurs sont à bannir des fourneaux ou des feux de camps, et je ne citerai aucuns noms, il y en a d'autres sans qui notre survie serait compromise. Les chansons font rarement états des exploits de ceux qui ne combattent pas, mais nous Alaric nous ne les oublions pas.

Le blond Mereddyd, éclaireur du clan, Marban leur druide et son apprentie Miela, qui étaient les plus proches d'eux, hochèrent la tête, appuyant ses dires. La jeune Miela, les yeux embués par le sommeil fut celle qui hocha le plus vigoureusement la tête. Elle se rapprocha un peu. La jeune femme portait une bande de cuir piquetée de trous sur son nez absent, et d'amples vêtements qui cachaient sa poitrine mutilée.

-Même sans être née Alaric, on peut en devenir une et devenir une soeur de sang. Je sais de quoi je parle, la jeune femme eut un sourire son fort accent Andanoréen lui faisait rouler les r trahissant ses origines, les Alaric attachent plus d'importance à la valeur et la portée des actes de chacun, qu'au statut, ou au métier qu'on exerce.

-Enfin, vu que la moitié de la tablée voulait te demander en mariage, lança Mereddyd, devenir une Alaric par alliance te serait tout à fait possible.

La tirade tira quelques rires, avant que Miela n'enfonce son index dans le ventre de l'éclaireur, et de lui demande d'arrêter de dire des bêtises grosses comme lui, et que Anya pouvait bien devenir une Alaric sans ça.

-Mon frère aura le dernier mot, mais tu as toutes tes chances pour au moins venir jusqu'à Miervaldis avec nous.



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Kalem
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Jeu 14 Avr - 22:35

La cuisine du Maëldan me donnait décidément l'impression d'être la meilleure de tout Inwiliss, à moins que cela ne soit uniquement dû à la cuisinière. La viande ne fit pas long feu sous les assaut de mon couteau, pas plus que les pommes de terre ne résistèrent à mon bon coup de fourchette. Mes péripéties aux marchés m'avaient ouvert l'appétit et celui-ci fut satisfait.
Mais il n'y avait pas que mes papilles qui furent ravies, car l'endroit était bien vivant et cela était plaisant à voir ; bien différent de ce que je pus vivre dans la gargote de Tolceleg que j'eus le malheur de visiter. Les hommes que m'avait désigné Mogweed comme étant susceptible de pouvoir m'accompagner pour un bout de chemin était très expansif et cela faisait plaisir à voir. Cet esprit de franche camaraderie et de beuverie conviviale. Je ne regrettais pas d'avoir quitté Cemenwin, pas plus que je ne regretterais, pensais-je, d'accepter de partir avec eux, du moins si la charmante Versipellis arrivait à les convaincre.
Cette dernière revint justement, ayant vu que j'avais fini mon assiette et profitait de l'ambiance, avec au passage de la boisson et une part de tarte aux pommes, accompagnée d'un rappel de cette généreuse offre de s'adresser à ces braves mercenaires, que je m'empressais d'accepter avec un certain enthousiasme.

"Je pense qu'il me serait utile d'être guidé au moins une partie du voyage. En plus, ces gens ont l'air des plus charmants ! Mais je vais plutôt attendre une occasion pour leur demander moi-même, je trouve cela plus correct vu que c'est moi qui les accompagnerait ; et je vous prendrais des vivres pour le voyage, quoi qu'il arrive... votre cuisine est tout simplement dé-li-cieuse et je ne saurais m'en passer !"

Cela ne m'enchantait guère de quitter cet endroit chaleureux, mais j'avais une mission à accomplir... et une bourse presque vide. Il était temps de reprendre la route et livrer Aeril à l'alliance du Nord. Tout se déciderait à Fainros et il n'y avait plus moyen de revenir en arrière. Pas après avoir trahi ma patrie avec le vol d'un prototype militaire et la destruction des données s'y référant.
J'avais l'impression que cela appartenait à une autre vie, alors que cela ne faisait que quelques jours à peine que je m'étais enfuis. Et j'allais de nouveau repartir. Peut-être que, plus tard, je pourrais enfin me poser, reprendre une petite boutique... si la Légion ne me retrouvait pas d'ici-là.

Mon verre rempli de cidre et la cuillère prête à attaquer ma part de tarte, j'écartais les pensées négatives. Cette soirée se passait trop bien pour que je la gâche avec ce genre de choses. Mais malgré mes efforts, les pommes de ma tarte avait un léger arrière-goût amer...

***

La soirée c'était passé sans heurts, jusqu'à tard, et je m'étais régalé de quelques autres douceurs que pouvait offrir la cuisine de l'établissement, sans trop en faire pour épargner les maigres économies que j'avais pu obtenir d'un coupe-jarret, bien plus tôt dans la journée.
L'ambiance se fit plus calme, les gens partaient et j'étais dans mon coin, à siroter un fond de thé quand je me décidais à considérer que je pouvais enfin tenter ma chance. Les festivités de la joyeuse tablée s'étaient taries et leurs effectifs avaient bien fondus. Une serveuse discutait avec eux, sur le sujet justement du voyage. Le moment parfait pour me lever l'air de rien et m'avancer vers la demoiselle nonchalamment, dans une tentative de faire comme si je n'arrivais pas comme un cheveu sur la soupe, tout en ayant l'air avenant.

"Excusez-moi, mais Mogweed m'a dit que vous pourriez peut-être m'aider. Je cherche à atteindre Fainros et c'est la première fois que je débarque dans le Nord, donc si on pouvait m'accompagner au moins jusqu'à la frontière... j'en serais très reconnaissant."
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Mavrag
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Lun 25 Juil - 0:22

L'énorme tablée des Alaric s'étaient vidées, et seule une poignée d'entre eux étaient encore éveillée. Son frère avait même atténué la lumière de ses flammes, comme pour s'adapter à cette atmosphère calme et presque feutrée. Le contraste avec la bruyante soirée qu'ils venaient de passer était saisissant. On s'affairait pour que la salle soit prête au petit matin, qui arriverait maintenant dans seulement quelques heures. La plupart des chaises avaient été relevées sur les tables débarrassées. La leur étaient encore encombrée, mais il y avait eu plus d'une trentaine de Alaric ce soir. Le chef des Alaric était enfoncé dans son siège, sa corne personnelle à demi-remplie dans sa main gauche, la fatigue et l'alcool commençaient à peser sur ses épaules, mais il était encore suffisamment alerte pour observer et écouter. Il n'était pas le seul. Murdag écoutait attentivement ce qui se disait, comme la poignée de ses frères et sœurs encore debout, même s'il ne releva pas les plaisanteries à son sujet. Elles étaient monnaie courante, et il avait l'habitude. Miela avait l'air de somnoler sur l'épaule de Marban. Leur ayant véritablement l'air alerte était Mereddyd. L'éclaireur avait l'air encore frai, et souriait de toutes ses dents.
Mavrag écouta donc l'échange entre son frère et la serveuse avec attention. C'était étrange comme les gens allaient volontiers vers Mahadev, ou plutôt, passaient par Mahadev pour avoir ses faveurs. Leur jeune sœur d'adoption se redressa même par la suite, et s'exprima. Une bouffée de fierté monta des Alaric présents, alors que leur sœur faisait leur éloge. Un plus efficace encore que les paroles de Mahadev. Miela revenait de loin, mais elle avait fini par s'intégrer, et faisait désormais partie du clan, comme si elle y était née. Les membres de son clan vendaient bien la vie à Miervaldis, mais chacun restait honnête. Le sort de la jeune femme, Anya, semblait avoir été décidé d'un commun accord par les Alaric encore debout. Et Mogweed était venue lui parler de son cas durant la soirée, quand la jeune femme était repassée en cuisine. Mavrag avait accepté. Il n'allait pas refuser. Miervaldis avait été une puissante cité, mais les siècles avaient fini par la vider, malgré le don de Thuata. Du sang neuf ne leur ferait pas de mal. Il avait pu constater son efficacité durant la soirée, et elle avait plu à ses frères et sœurs, et Mereddyd n'avait pas tort en disant que la moitié du clan lui avait proposé un mariage, dans des élans avinés. Elle avait refusé poliment, riant ç chaque fois. Elle serait capable de survivre à un clan qui n'était pas loin d'une bande de mercenaires sans foi ni loi, même si leur terre natale, ils se comportaient comme des êtres civilisés. Son frère tourna sa tête enflammée vers lui. Effectivement, il aurait le dernier mot.

Il allait s'apprêter à répondre quand une voix presque timide, et certainement mal à l'aise les interpella. Ah. La seconde personne que cette chère Mogweed lui envoyait. Elle avait également demandé s'ils pouvaient prendre avec eux le Drow, Kalem, qui voyageait avec une armure animée, et qui souhaitait se rendre à Fainros. Miervaldis se situait près de la frontière, et devait sa survie aux nombreux convois qui passaient par elle et ses hautes murailles, ainsi à son prêt des nombreux moulins appartenant au clan.
Le silence se fit autour de la table, et les regards se tournèrent vers lui. Mavrag avala d'un trait ce qui restait dans sa corne personnelle. Il s'essuya la bouche d'un revers de main, avant de passer une main dans son épaisse tignasse brune.

-En effet, je serais celui qui aura le dernier mot. Mogweed a plaidé votre cause à tous les deux. Et je ne peux rien refuser à celle qui nourrit notre clan d'affamés chaque fois que nous revenons sur ses rivages.

Il se leva, appuyant en suite ses poings sur la table, regardant tour à tour la jeune femme et le Drow.

-Mahadev a dit vrai, nous cherchons toujours du monde à Miervaldis. Si tu comptes réellement rester parmi nous, je ne peux pas t'empêcher de venir. Mes frères et sœurs semblent déjà t'avoir adoptée, mais il ne leur faut pas grand chose d'autre qu'un sourire et de quoi leur remplir la panse. Surtout quand la cuisine est bonne. Quant à vous, maître Drow, nous ne pouvons vous emmener que jusqu'à Miervaldis, mais vous trouverez certainement un convois en partance pour Fainros. Si vous n'en trouvez pas, vous trouverez certainement une monture et une carte pour vous y rendre.

Il embrassa du regard ce qui restait de la tablée.

-Il est temps de nous retirer. Demain, soyez prêt à l'aube, quand les cloches sonneront l'éveil de Haul. Nous nous retrouvons devant la porte Nord de la cité. Si vous avez peur de nous louper, certains d'entre nous dorment ici cette nuit. Vous n'aurez qu'à les suivre. Murdag.

Le guerrier morose se leva, prêt à suivre son chef, qui devait regagner le camp Alaric monté aux portes de la cité. Les Alaric se déplaçaient sur de puissants destriers, mais ils se déplaçaient aussi avec des chariots contenant suffisamment de matériel pour pouvoir établir des camps fortifiés, transporter des vivres et de quoi entretenir leur équipement. La plupart des conducteurs de chariots et de ceux qui suivaient les guerriers étaient des Alaric, ayant l'habitude de travailler en soutient de ceux qui se retrouvaient au front. Ne pouvant rester à stationner dans la capitale, ils avaient monté un camp à l'extérieur des murs, et la plupart des Alaric - ceux qui n'avaient pas été assez rapides pour prendre une chambre dans une auberge - y dormiraient cette nuit. Miela et Marban avaient loué une chambre. La jeune femme au nez coupé masqué par un bandeau de cuir se leva à son tour, prenant la parole avec son accent chantant Andanoréen.

-Marban et moi, et elle désigna le Alaric dans la fleur de l'âge aux cheveux pâles et à la lèvre inférieur ornée d'un anneau à coté d'elle, nous faisons partie des chanceux, je peux vous réveiller demain matin pour que vous ne loupiez pas le départ ?

Elle jeta un coup d’œil à Mavrag, n'étant pas certaine que sa proposition était bien accueillie ou plutôt approuvée. Mavrag hocha imperceptiblement la tête, approuvant. Il se retourna pour prendre sa cape bordée de fourrure, la posant sur une épaule.

-Si la question est réglée, j'aimerai pouvoir payer notre hôtesse et retourner au camp.

Les Alaric encore assis se levèrent, saluant leur chef. Sauf Mahadev. Son frère de sang n'avait pas besoin de se lever, Mahadev n'était d'ailleurs pas véritablement assis, il flottait légèrement au dessus du banc. Mavrag posa une main sur son épaule, en guise de bonne nuit. Il se dirigea d'un pas plus pesant qu'il ne l'aurait voulu vers les cuisines, où Mogweed devait se trouver. Murdag lui emboîta le pas, il était son escorte pour ce soir. La tablée commença à se disperser. Mereddyd s'approcha du Drow, lui tendant une main.

-J'espère que nos manières bourrues ne vous ont pas offensé, mais on est comme ça. Le voyage sera gratuit, nous pouvons transporter quelques personnes de plus sans que cela nous coûte. Nous avons cru comprendre que vous aviez une armure animée avec vous... Je vais devoir retourner au camp pour demander à ce qu'on lui fasse de la place dans un chariot.

Miela s'était, elle, approchée d'Anya, un large sourire sur le visage, elle avait pris les mains de la serveuse.

-Bienvenue parmi nous ! J'espère que tu resteras ! Je ne suis jamais restée longtemps à Miervaldis, mais c'est superbe ! Tu verras !



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Anya
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Lun 12 Sep - 19:57

Elle était assez impatiente de savoir ce qu’il pouvait penser d’elle, ce qu’il déciderait vis à vis de la demande qu’elle et Mogweed avaient formulées. Elle était loin d’être certaine qu’il dirait oui, il n’aurait peut-être pas besoin de quelqu’un finalement, il ne l’appréciait peut-être pas, ses talents n’étaient peut-être pas à la hauteur pour lui. Ou tout simplement il n’avait pas envie de s’encombrer d’elle, tout était possible après tout. Elle préférait se dire que rien n’était gagné, plutôt que de crier victoire trop tôt.
Anya retint à grand peine un sourire large d’excitation en entendant « Et je ne peux rien refuser à ». Rien que ce quelques mots étaient une introduction parfaite à une acceptation et signifiait qu’il voulait bien d’elle. Mais comme tous étaient silencieux, elle n’osa pas laisser éclater sa joie par anticipation même si après une telle déclaration il ne pouvait pas dire non tout de même. Mais ses yeux devaient briller de mille étoiles avec ce début de phrase.
Elle laissa éclater sa joie une fois que Mavrag formula clairement qu’elle pouvait venir avec eux.


-Merci ! Merci beaucoup ! Je te promets de te montrer que je mérite d’avoir la place et la chance que tu m’offres chez vous ! Je suis bien déterminée à faire mes preuves auprès de toi et bien sûr de tes frères et sœurs !

Le fait qu’il ait dit qu’il ne fallait pas plus qu’un sourire et de la nourriture pour que le reste de son clan l’accepte aurait peut-être vexé quelqu’un d’autre, lui faisant sentir que pour le moment Mavrag acceptait par compassion envers ses frères et sœurs mais qu’il n’avait pas encore d’estime pour la jeune femme. Mais Anya le voyait autrement, elle le voyait comme une sorte de défi pour prouver qu’elle avait envie d’être là, qu’elle avait ce qu’il fallait pour faire partie de leur clan et qu’il attendait des preuves qu’il faisait bien de faire confiance à l’instinct des siens. Et elle relèverait ce défi, elle montrerait à Mavrag qu’elle méritait cette chance qu’il lui offrait. Si elle s’était changée en oiseau à cet instant précis, elle serait sûrement un paon gonflé d’orgueil ou bien un coq.

Anya se contenta de hocher la tête quand Mavrag donna ses quelques instructions à son attention et à celle du Drow qui avait demandé une escorte, le visage toujours irradié d’un large sourire.
Anya offrit son sourire à Miela qui se proposait de les réveiller afin d’être sûr qu’ils ne loupent pas le départ des Alarics demain à l’aube. Décidément, elle aimait ce clan depuis la première seconde où elle les avait vu et chaque seconde passé avec eux lui donnait raison de les aimer. Bon, elle se doutait parfaitement que tous ne devaient pas être aussi idylliques qu’elle les imaginait. C’était même certain tout le monde avait sa part sombre plus ou moins prononcée. Mais cette soirée avait fait partir sa relation avec eux sur de très bonnes bases.


-Ce n’est pas de refus, je préfère être sûre de ne pas rater le départ.

La versipellis fut éblouit de la discipline qui régnait dans les rangs Alaric quand ils se levèrent presque d’un bloc pour saluer leur chef. Elle-même lui fit un discret signe de tête, peu sûre d’elle quant à ce qu’elle devait faire, après tout elle venait avec eux mais n’était pas encore réellement de leur clan.
Ses mains dans celles de Miela, Anya ne put que rendre son sourire éclatant à la jeune femme à l’accent chantant et chaud. Elle venait sûrement du sud, d’où précisément elle n’en avait aucune idée, mais ce qui était sûr c’est qu’elle ne venait pas d’ici à la base. Elle avait dû être adoptée –vu qu’ils se désignaient comme une immense famille c’était sûrement le bon terme- par le clan.


-J’espère rester aussi ! Ce serait vraiment formidable ! J’espère que tu me montreras les quelques coins que tu connais là-bas !

Elle espérait surtout bien s’entendre avec l’aubergiste des Alarics chez qui elle travaillerait. Est-ce que c’était un homme ou bien une femme d’ailleurs ? Peu importait, elle ferait de son mieux pour s’intégrer à l’établissement et pour qu’il y ait une bonne entente entre eux. Ce dont elle était assez sûre par contre, c’est que l’établissement devait être assez grand, et avoir de bonnes cuisines. Elle en ferait de la marche de la salle aux cuisines, pour servir tous ces hommes musclés et aux visages couturés de cicatrices et parfois mangé par de la barbe. Ce serait un véritable délice ! Elle savait que ceux qu’elle venait de rencontrer étaient ceux des mercenaires. Le Maëldan entier savait que les Alarics vendaient leurs épées et voyageaient partout. Elle se demandait si elle ne pourrait pas les suivre, ayant une affection naissante pour cette bande de « nomades ».
Elle dégagea ses mains avec douceur de l’étreinte de celles de l’Alaric.


-Allez ! Il faut que je finisse d’aider Mogweed à débarrasser puis à nettoyer la salle ! Je ne vais pas lui faire faux bond en toute fin de soirée quand même ! Surtout que sans elle je ne pourrais peut-être pas venir avec vous tous demain. Je te souhaite une bonne nuit si tu vas te coucher ! Regardant les autres Alarics encore présent elle s’adressa aussi à eux, Je vous laisse, j’ai un travail à terminer, une très bonne nuit et à demain !

Elle décocha un clin d’œil joyeux tout à l’intention de Mahadev, puis attrapa ce qui restait sur la table d’assiettes vides et de pintes vides aussi, abandonnées par des propriétaires qui étaient partis se coucher ou au camp. D’un geste expert de la jambe elle tira quelques chaises en silence sur son passage, prévoyant pour le balai qui allait passer en dessous, et pour les mettre ensuite sur les tables une fois celles-ci nettoyées. Elle avait l’impression de sautiller, malgré la lourde vaisselle qu’elle portait. Elle passa auprès de Mogweed, Murdag et Mavrag qui étaient au comptoir, et entra en cuisine. Dierdre s’y trouvait encore, affairée visiblement à faire la vaisselle. La serveuse déposa sa vaisselle, vida les quelques reste des assiettes, et prit un torchon propre afin de sécher la vaisselle qui venait d’être faite par Dierdre, faisant de la place.

-Mavrag a accepté ! Je pars avec eux demain !

La versipellis déposa les assiettes au fur et à mesure dans le placard qui leur était dédié. Elle les enchaina avec rapidité et adroitement, continuant d’expliquer brièvement la soirée à Dierdre qui n’était pas tellement sortie durant la soirée, à part pour chanter. Et quelle belle voix elle avait.

-Je sais que mon travail leur a plu et qu’ils m’ont appréciée, mais sincèrement je le dois aussi à ta sœur et toi. Vous êtes mes bonnes fées de la soirée ! Je pense qu’il y aura peut-être un véritable petit autel dédiée à vous deux quelques part chez moi !

Après avoir essuyée la vaisselle qui venait d’être faite et s’être assurée que la suite de la vaisselle aurait la place nécessaire pour sécher tranquillement,  Anya retourna aider Mogweed en salle. Une fois que tout fut rangé, nettoyé, et que la soirée fut bel et bien finie, la serveuse monta dans sa chambre, guidée par l’aubergiste. Elle prit le temps de faire une bonne toilette et de masser un peu ses pieds, ayant pas mal crapahuté partout depuis le début de la journée, puis de se brosser les cheveux avant d’aller se coucher. Les Alarics remplirent alors ses rêves.


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Mogweed Fardale
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Dim 13 Nov - 19:12

Sa nuit avait été courte, mais elle avait l'habitude depuis les quelques années où elle gérait son auberge. Elle avait dormi trois heures, peut-être moins, mais elle pourrait faire un somme durant les heures creuses de l'après midi. L'auberge était encore silencieuse à cette heure matinale, le jour pointait à peine à l'horizon, mais elle savait que les Alaric ne tarderaient pas à se lever pour gagner les portes d'Armenelos et se mettre en route pour Miervaldis.
Hier soir, Mavrag le chef des Alaric l'avaient généreusement payées, et elle avait empochée l'équivalent d'un mois de recette, avec le repas et les quelques sacs de provisions que des Alaric miraculeusement encore capable de tenir debout et de marcher sans tituber avaient emporté hier dans la nuit. Après le départ des derniers membres du clan, la salle était devenue silencieuse, presque trop après cette soirée bruyante. Elle avait envoyé sa soeur et Anya se coucher après avoir barré la porte et vérifier que toutes les fenêtres étaient bien fermées. Le nettoyage de la salle, elle l'avait fait en déchirant un parchemin récurant, avant de monter se coucher elle aussi.
Elle s'était éveillée à son heure habituelle, s'extirpant pourtant à contre cœur de ses draps chauds. Une toilette rapide, et elle avait enfilé des vêtements propres, une robe en laine épaisse teinte en prune, pardessus laquelle elle portait une cote ouverte safran, aux broderies brunes. Elle avait brossé son épaisse chevelure noir corbeau, et était descendu. Son premier geste fut de raviver les feux, ceux de la cuisine et celui de la grande cheminée dans la salle. Elle avait en suite mis de l'eau à bouillir, et avait attendu les coups discrets à la porte de son arrière cuisine. Elle ouvrit à l'apprentie de la boulangerie, une jeune Maëldanaise à le chevelure rousse, au visage constellé de tâches de rousseurs et aux yeux bruns.


-Bon matin Mogweed !

-Bon matin Lena, entre, entre.

L'adolescente sourit, entra dans la cuisine, portant une hote en osier dans son dos, et deux paniers dans ses mains. Elle prenait toute la place, si bien que Mogweed dut s'écarter pour la laisser entrer, se mettre dans un coin, pour qu'elle puisse refermer la porte.

-Tout est parti hier soir, et j'ai des clients qui partent d'ici une heure, voire moins, tu ne pouvais pas mieux tomber.

-Aha ! C'est tout moi ça, je tombe à pique.

Lena déposa les paniers, emplis de pains frais, que Mogweed s'empressa de transférer dans ses propres panières. Lena déposa en suite son fardeau le plus lourd sur le sol, et dans un rituel bien rôdé, elle et Mogweed rangèrent les différents pains que contenaient la hote. Comme chaque matin, l'apprentie et l'aubergiste s'installèrent à table, déjeunant de tartines de beurre frai et de confitures. Lena prit un thé, et Mogweed choisit du café.

-Tu manges beaucoup ce matin.

-Ma nuit a été courte, j'ai besoin d'énergie.

-Ah ?

-Alaric.

-Oh. Ils sont de retour ?

Mogweed hocha la tête alors qu'elle mordait à nouveau dans le pain frai généreusement beurré et confituré. Elles discutèrent brièvement des clans, Lena n'en appartenait à aucun, elle était née ici, son père faisait partie des ouvriers des chantiers navals, et sa mère faisaient parties des fileuses de laine. C'était une brave fille, et Mogweed ne doutait pas qu'elle s'en sortirait. Une partie des pains qu'elle amenait était fait par elle, et elle était douée. Elle n'avait pas son pareil pour faire les pains briochés au fromage frai, c'était un délice. Lena repartit avec ses paniers et sa hote vides, disparaissant dans le petit matin. Du bruit à l'étage lui indiqua que les Alaric s'éveillaient. Anya ne tarderait pas à descendre elle aussi, prête à partir. Mogweed prépara des pots de cafés, et se mit à trancher du pain, avant d'apporter le tout sur des grands plateaux et de les déposer sur une des grandes tables. Elle retourna en suite vers son comptoir, préparant une petite bourse, qui contiendrait le salaire d'Anya pour son service. Elle y glissa aussi une petite lettre pliée en quatre, faisant les louanges de la serveuse, même si les témoignages des Alaric auraient sans doute plus de poids. Un sac de provisions pour Kalem attendait aussi derrière le comptoir, et elle en ajouta un, après un aller retour dans sa réserve, pour Anya.
Mogweed ouvrit volets et la porte, l'air était frai au dehors, signe que l'hiver ne tarderait pas à s'abattre sur le Nord. Les tempêtes d'automne apportaient déjà une pluie glaciale, et un temps morne, une mer grise. Pourtant, elle ne quitterait cette ville pour rien au monde. Elle avait encore quelques minutes devant elle, du moins elle l'espérait. Elle referma sa porte, empêchant l'air froid de s'engouffrer dans l'auberge.

Elle déposait des pots de confitures et une jatte de beurre sur la table quand des pas dans les escaliers lui firent tourner la tête.


-Bien le bonjour ? Cette nuit a été courte pas vrai ?

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Anya
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Sam 28 Jan - 11:07

La nuit n'avait pas été très longue. Ses yeux et le bas de son dos le lui faisaient sentir : après une bonne journée de voyage, une grosse soirée de travail n'était pas la meilleure chose à faire. Mais malgré  les courbatures au niveau de ses reins et des ses bras, ses yeux piquants et ses pieds à peine remis, Anya se sentait assez légère et comblée. Les Alarics l'emmèneraient avec eux jusqu'à Miervaldis où elle travaillerait. Du moins elle l'espérait, elle n'était pas à l'abri d'essuyer un refus de la part du ou des aubergistes une fois sur place. Mais elle préférait ne pas y penser. Elle se passa de l'eau fraîche sur le visage, tapota ses joues pour se réveiller, et s'habilla.
Elle enfila tout d'abord des collants en laine bordé de cotes à l'arrière de ses jambes et d'un beige clair, puis une jupe légèrement évasée en laine d'un rouge profond lui arrivant juste au dessus des genoux. La jeune femme passa ensuite une tunique couleur lin aux manches longues par dessus, couvrant par le même coup la moitié de la jupe, une ceinture en cuir noir et large pour marquer sa taille et mis un foulard aux motifs maëldanais dans les teintes rouge, dorées, beige et quelques petites touche de vert autour de son cou. Elle prépara son épais manteau de voyage, un gilet et enfila ses bottines à talons en cuir. La versipellis regarda si elle avait bien mis les lettres de recommandation de ses précédents employeurs dans son sac. Elle vérifia ce qu'elle avait en terme d'argent dans sa bourse et regarda quelques instants la petite plume qu'elle avait toujours à l'intérieur.
Elle regardait une dernière fois la chambre pour vérifier qu'elle n'avait rien oublié, quand un léger tapotement se fit entendre à la porte.


-Anya ? C'est Miela, il est bientôt l'heure, tu es réveillée ?

La voix de Miela s'éleva alors doucement pour lui demander si elle était réveillée, et la blonde ouvrit alors la porte et lui offrit un sourire sincère, bien qu'encore un peu ensommeillé. Elle chuchota à son tour.

-Oui, je suis debout, bien que j'avoue que je serais bien restée encore quelques heures de plus au lit. Mais bon, c'est pour la bonne cause. J'allais descendre, tu m'accompagnes ?

-Non, elle eut un petit rire, mes frères ont autant dormis que nous mais ont la gueule de bois en prime, je vais aller les aider pour éviter de trop faire attendre les autres. Mais on se retrouve dans pas longtemps en bas.

Après un rire assez bref Anya hocha la tête et laissa repartir la Alaric avant de prendre son sac, son manteau et son gilet. Elle referma soigneusement la porte derrière elle et de descendit les escaliers en essayant de faire le moins de bruit possible, même si on entendait déjà le clan Alaric se réveiller et s'agiter dans les chambres. Ce fut Mogweed qui l'accueillit sans trop de surprise. Anya posa son sac près d'une table et ses vêtements sur le dossier d'une chaise.

-Bonjour à toi aussi. Courte c'est bien le mot, à se demander si elle s'est même passée cette nuit. Mais bon, le travail avant tout, ou le voyage pour ma part.

La jeune femme étira ses bras vers le ciel, fermant les yeux et se penchant un peu en arrière pour étirer son dos également, contenant un bâillement qui n'avait qu'une envie, sortir de sa bouche. Elle se détendit dans un souffle. Quand elle ouvrit les yeux rien ne paraissait de sa fatigue qu'elle sentait pourtant dans chaque mouvements qu'elle faisait. C'était une professionnelle, elle savait ne pas montrer quand elle était un peu trop fatiguée. Elle pourrait sûrement somnoler pendant le voyage, ou du moins essayer.

-Je sais que je l'ai déjà dit hier soir, et plus d'une fois, mais encore merci pour ce que tu as fais pour moi. Même si je le dois aussi à moi même ; sans tes informations, ton intervention et celle de ta sœur, je ne sais pas si j'aurais une chance de trouver un travail chez les Alarics. Hyllyn a guidé mes pas jusqu'ici au bon moment, un jour plus tôt ou plus tard et je n'aurais pas eu cette opportunité !


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Mogweed Fardale
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MessageSujet: Re: Entrez dans le Cercle des Fées !   Ven 24 Fév - 0:57

-Je te rassure, ce n'est pas toujours comme ça. Du moins je l'espère pour toi. Entre nous, ça n'arrive que lors de petites fêtes comme celle-ci ou les jours de célébrations. Et en général, je suis fermée le lendemain jusqu'au soir... Mais les Alaric sont un cas exceptionnel. Mais je n'ai pas besoin de te convaincre sur ce point.

La Versipellis sourit à Anna, sourire de connivence. Elle avait remarqué la veille que Anya avait adoré être aux centres des attentions des gros bourrins bourrus du clan Alaric. Ces estomacs sur jambes étaient sympathiques, et Mogweed les estimait suffisamment pour accepter de confectionner un banquet le soir même de leur retour en Maëldan. Elle indiqua la table où attendait une tasse, la jatte de beurre, les pots de confitures encore ouvert et le pain frai apporté par Lena.

-Il y a aussi de l'eau chaude pour un thé et du café dans les pots sur la cuisinière. Tu peux manger maintenant, ou manger sur le chemin avec les Alaric. Comme tu n'as pas de monture, tu voyageras probablement dans un de leurs chariots.

Mogweed recommença à s'affairer.

-Nul besoin de te soucier du service, j'ai déjà mis ce qu'il fallait sur la grande table. Je vais remplir un petit sac de scones pour ceux qui descendront trop tard pour manger.

Elle jeta un coup d'oeil à la fenêtre.

-Vous avez moins d'une heure pour rejoindre les portes et le reste du clan. Je doute que Mavrag parte sans ceux qui sont là, mais sait-on jamais. Ne me remercie pas, si j'avais pu je t'aurais embauchée, mais oui, remercie les dieux de t'avoir mis sur leur chemin. Et Dierdre. Elle a l'oreille de Mahadev qui a celle de son frère. Je crois qu'il en pince un peu pour elle.

Ouvrant un des nombreux placard, elle se saisit d'un petit sac de toile, qu'elle remplit rapidement de scones frai du matin, apporté aussi par Lena. Elle hésita un instant, et ajouta des petits pains aux herbes à la croûte au miel.

-Si tu préfères manger sur la route, tu peux prendre un des sacs et de faire une réserve. Tu peux même le faire même si tu manges ici. La route est longue jusqu'à Miervaldis et Mavrag déteste les bateaux, aucune chance que le voyage soit la simple remontée du fleuve jusqu'à Glathuil. Mais tu dois déjà être passée par là, vu que tu viens du Nord.

Sur ces paroles, Mogweed sortit de la cuisine pour déposer le sac de scones et de petits pains à coté du sac de provisions pour Kalem. Elle revint avec la bourse qu'elle avait préparée pour Anya. Elle la lui tendit.

-Pour ton dur labeur d'hier soir. J'y ai glissé une lettre de recommandation. Je ne sais pas combien il y a d'auberges à Miervaldis, mais tu trouveras probablement ton bonheur là bas. Les Alaric manquent toujours de gens, en tout cas c'est qu'on dit. Dierdre aurait pu te le dire, pour les auberges, elle a déjà séjourné à Miervaldis, quand elle voyageait encore. Peut-être reprendra-t-elle un jour la route et qu'elle passera par le fief Alaric.

Du bruit lui fit lever la tête.

-On dirait que le troupeau qui sert de clan à Mavrag est debout. J'espère que Miela a pris soin de réveiller Kalem.
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