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 Fuite

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Balafre
Guerrier
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Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
Localisation : En mission pour sa suzeraine.
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Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Fuite   Mer 25 Oct - 18:17

Les mines désaffectées de Vasundhara étaient sinistres. Elles tenaient encore debout, mais l’air empestait à la fois le renfermé et l’humidité. Cette dernière montait du fleuve, dont les eaux étaient nauséabondes autour des anciens pontons de bois pourri, envahi par les algues qui grimpaient le long des parois rocheuses. A l’intérieur, les algues cédaient à la moisissure qui recouvraient les poutres et les murs. L’ancien réseau de lampes ne fonctionnait plus depuis longtemps, dépouillé de ses pierres de lumière. Ne restait que les rails, de vieux wagons, et des outils dont le métal, s’il n’avait été récupéré, rouillaient, abandonnés comme tout le reste. Les galeries formaient des boyaux sombres et suintants, dans lesquels il était facile de se perdre. C’était pourtant leur seule chance de pouvoir sortir de Vasundhara, de mettre dans la distance entre eux et le Passe-Muraille.
Leur mission avait rapidement tournée au désastre, depuis leur traversée de l’Empire, jusqu’à ici, tout n’avait fait qu’aller de mal en pis. Ils avaient remonté la piste de l’or frappé du profil de feu l’Empereur Forbesii, celui qui semblait rendre fous tous ceux qui en possédaient. Ils avaient trouvé des convois de nourriture ou de matériaux qui partaient d’un peu partout, de Cemenwin, de l’Empire, de Cyriaca, et même de l’Ouest. Ces convois revenaient sans leurs cargaisons, les marchands les poches pleines de cet or. Les informations qu’ils avaient rassemblées, les avaient menés jusqu’à Vasundhara, l’incroyable cité minière se dressant au milieu d’un énorme canyon empli d’eau. Mais sur leur chemin, le mauvais temps les avaient ralentis, deux de leurs contacts dans l’Empire étaient morts, un troisième était introuvable. Ils ne s’étaient aperçus que trop tard qu’ils étaient découverts et qu’on leur coupait toute retraite, toute possibilité d’en apprendre plus et d’éviter ce qui leur étaient arrivés. De toute sa vie de légionnaire, Balafre n’avait jamais vu un truc pareil. La cruauté, il connaissait. La folie aussi. La violence, il la connaissait depuis gamin. Il en portait des traces sur sa gueule cassée. Mais ça ? Il n’avait que rarement vu de ces êtres qui commettaient sans ciller des atrocités, alors que le miel de leur parole continuait de s’écouler de leurs lèvres. Il n’avait que rarement connu des êtres capables de prévoir ses moindres gestes, la moindre de ses réactions, et peu encore qui échappaient à sa force écrasante. Il était certain d’avoir broyé le bras de foutu clown, mais impossible d’en avoir la certitude. Il lui avait échappé comme il s’était amusé à passer à travers le sol et les murs. Et ça sans qu’il ne cesse de sourire, comme si Balafre et Nemu avaient été la cible d’une farce dont il avait été le seul à connaître les tenants et les aboutissants. Ils s’étaient foutus dans un sacré merdier. Tout ça pour pas grand-chose.

Avec Nemu, ils avaient trouvé un marchand, un de ceux qui s’enrichissaient avec ces mystérieux convois. Un de ceux qui devenaient agressif et violent quand l’or venait à manquer.
La couronne de Cemenwin s’inquiétait de cet or après avoir fait le lien entre plusieurs incidents, allant parfois jusqu’au meurtre, pour la possession de quelques pièces. Nemu s’était servie de ses pouvoirs pour interroger le marchand, pour fouiller sans son crâne, cherchant les souvenirs qui ne parvenaient pas à sortir de sa bouche. Elle avait trouvé ça bizarre, mais elle avait mis ça sur le compte des pièces. L’enchantement qu’elles contenaient, empêchait quiconque les posséder d’en divulguer la provenance.
Après cela, ils avaient pris la place du marchand, tout ça pour tomber dans un vulgaire traquenard. Il avait trouvé le Passe-Muraille, l’homme qui se cachait derrière l’or et les convois. Ils s’étaient battus. Nemu, déjà épuisée, s’était pris une râclée. Lui ? Il s’était fait proprement botter le cul. Il n’y avait pas d’autre mot. Son état était meilleur que celui de la magicienne. Il était blessé mais pas autant qu’elle. Alors qu’ils avaient cru avoir réussi à le fuir et le semer, lui et ses sbires, Balafre avait vu le corps de Nemu être emporté, à moitié, dans un mur. La magicienne s’était dégagée, à un prix terrible. Le Passe-Muraille l’avait poignardée à plusieurs reprises, lui glissant sa lame entre les côtes et dans les reins, et en le repoussant, elle avait seulement réussi à s’arracher entièrement la peau du bras. Elle avait utilisé ses dernières réserves de mana pour limiter le gros des dégâts : autrement dit pour éviter de crever là en se vidant de son sang. Balafre s’en était sorti avec quelques entailles, des bleus, et probablement une ou deux côtes fêlées. Il avait couru avec la magicienne jetée sur son épaule. Le Passe-Muraille les avaient pourchassés, jusqu’à être lassé, ou appelé ailleurs. Balafre avait compris que cette enflure ne payait pas des marchands simplement pour le plaisir d’acquérir de quoi soutenir un siège. Il travaillait pour quelqu’un. Seulement il n’avait pas le loisir de s’en préoccuper, ni de poursuivre. La tête pensante, celle qu’il était censé protéger : c’était Nemu. Et la magicienne n’était pas en état. Balafre l’avait trainée jusque dans le fond d’une ruelle crasseuse et avait bandé son bras qui ressemblait à de la bouillie avec des lambeaux de sa chemise, et il l’avait enveloppé dans sa cape. Elle grelottait et oscillait entre inconscience et un éveille fiévreux.
Nemu ne devait sa survie qu’à un étrange être qui avait proposé son aide. Balafre l’avait trouvé quand il avait pris une barque pour s’éloigner des murs. Le Farfadet comme lui, avait besoin d’une embarcation et n’avait pas le temps d’en acquérir une ni de de demander la permission pour en emprunter une. Sur l’eau, le Passe-Muraille ne pouvait pas les atteindre. Le Farfadet, ainsi qu’il l’avait surnommé, avait paniqué, puis quand il avait vu Nemu, avait proposé son aide, sans réfléchir. Avant de reconnaitre les blessures. Le monde était petit. Le Passe-Muraille avait déjà sévi. Tale, puisque s’était là son nom, avait eu une étrange réaction en voyant le bras de Nemu, maladroitement bandé pour préserver tant bien que mal les chairs à vif. Balafre était couvert de sang. Le sien et celui de la magicienne qui agonisait.

Le Farfadet l’avait soignée, enfin, avait stabilisé son état dans la barque, tant bien que mal. Balafre savait que le Farfadet, maintenant qu’il était impliqué, ne pourrait pas partir. Il n’avait pas l’air de le vouloir. Ils s’étaient cachés, dans un des pires quartiers de la ville, tombant à moitié à ruines, dans une maison qui tenait plus du taudis que du logis. Balafre avait repris la barque, pour un quartier plus aisé, où il avait volé ou simplement pris à sa façon, ce qui lui fallait. Impossible de récupérer leurs affaires, le Passe-Muraille devait savoir où ils avaient logé avec la magicienne. Balafre n’avait pas tenu à le revoir, et ne tenait pas à se retrouver en tête à tête avec lui. Il était revenu avec de quoi manger, boire, et quelques vêtements. Rien d’extraordinaire. Il avait attendu deux jours après ça pour ressortir, chercher ce qu’il leur faudrait pour sortir de Vasundhara. Cemenwin était loin. Il fallait des semaines pour atteindre la frontière Sud en passant par Himrain. Tale n’avait pas dit grand-chose, pas plus que Balafre.
Tale avait l’air humain, mais ça n’était pas vraiment le cas. Il avait une apparence étrange, mais pas autant que celle d’un Sluagh ou de certains Andains, et ce qu’il faisait, avait l’air d’améliorer l’état de la magicienne. Celle-ci ne se réveillait que lorsqu’il fallait qu’elle mange ou boive. Pour sa deuxième sortie, Tale avait confié une liste à Balafre, que semi-orc avait mémorisé. De quoi les soigner. De quoi tenir jusqu’à… jusqu’à quoi ? Balafre refusait de repasser par Akash. Par l’itinéraire qu’ils avaient pris pour venir jusqu’ici. Il allait passer par l’Ouest, par Qungorim, et il remonterait jusqu’à Morangorim avant de se planquer dans les montagnes et de gagner Himrain. Jayashi était une escale possible. Et ensuite, ils atteindraient Shennoris et Balafre pourrait alors espérer être en sécurité. Il n’avait senti, ni vu, ni même aperçu le moindre espion. Personne ne l’avait suivi. Il s’était grossièrement grimé, en se collant de la terre noire sur la gueule, se roulant dans la poussière, il avait l’air d’un mineur. Il espérait que ça suffisait pour éviter qu’on le repère. Personne ne les avaient attaqués, mais après sa dernière sortie, Balafre ne voulait pas tenter le destin.
Il avait dit qu’il fallait qu’ils sortent, qu’ils quittent Vasundhara. Tale avait un peu protesté. Nemu n’était pas en état de voyager. Tant pis. Balafre la porterait, mais ils ne pouvaient pas rester. Le Passe-Muraille finirait par les trouver. Tale n’avait pu qu’acquiescer, il ne s’était pas étendu sur le sujet, mais sa rencontre avec leur ennemi commun ne lui avait pas laissé la meilleure des impressions.

Le Semi-Orc avait expliqué son plan au Farfadet, dessinant une carte grossière dans la poussière et la crasse du sol pour lui montrer le trajet. A Qungorim, Balafre avait des contacts. Aucun rapport avec la Légion Noire, il connaissait simplement du monde. Ils pourraient se reposer une fois qu’ils y seraient. A pied, ça ne serait pas une partie de plaisir de gagner la cité. Peut-être deux semaines de marche ? Plus ? Il n’en savait rien. En chemin, ils trouveraient peut-être des montures.
Ils avaient repris la barque, à la faveur de la nuit, embarquant tout ce qu’ils jugèrent utile. Balafre navigua loin des falaises, loin des pontons, ne s’arrêtant pas, même quand le jour commença à poindre et qu’ils avaient laissé Vasundhara derrière eux. Le lac Yrun tapissait tout le fond du canyon, rejoindre les mines les plus éloignées prenaient des heures. Balafre voulait gagner celles qui avaient été rapidement abandonnées, tout à l’Ouest. Ils débarquèrent comme ils purent, prenant garde à ne pas traverser les planches pourries, se hâtant de gagner les boyaux de roches des mines. Balafre détacha la barque et faillit s’enfoncer dans la vase et le bois pourri en revenant vers la terre ferme. Ils s’étaient alors enfoncés dans les mines. Balafre comptait remonter à la surface en passant par un des puits qu’on creusait depuis les hauteurs pour faire circuler l’air, ou évacuer des mineurs quand des boyaux s’écroulaient. Ils avançaient lentement à la lueur de cristaux qu’il fallait cogner l’un contre l’autre pour les allumer. Ils éclairaient les parois d’une lumière bleutée maladive. Tale se chargeait d’éclairer le chemin et de porter, visiblement sans efforts, leurs sacs, tandis que Balafre portait la magicienne sur son dos. Il avançait légèrement courbé, pour mieux répartir le poids, non pas que Nemu ait pesé très lourd, mais sur la distance, il valait mieux se ménager. Quand ils seraient de nouveau en haut, à l’air libre, il confectionnerait un brancard qu’il pourrait trainer. Ils passeraient peut-être deux jours à l’intérieur des mines avant de devoir remonter. Balafre comptait sur le fait que l’air deviendrait plus sec, préservant mieux les installations, si non… ils devraient rebrousser chemin et remonter autrement.

-Retape les Farfadet, fit-il doucement en parlant des cristaux, si non ils vont s’éteindre. Tu veux qu’on fasse une pause, que tu puisses voir si elle tient le coup ?



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Tale
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Peuple : Être Artificiel
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MessageSujet: Re: Fuite   Sam 28 Oct - 12:54

L'air des mines était humide, peut-être un peu trop pour les plaies de sa blessée. L'humidité favorisait les germes, les microbes, les champignons, tout ça pourrait empirer l'état de la Ai-Esu qu'il soignait à présent depuis quelques jours. Elle n'était plus aussi fiévreuse qu'au début, mais ses chaires étaient encore à vif, elle était épuisée autant physiquement que magiquement et ses blessures internes étaient fragilement consolidées. Tale sogeait que des mines n'étaient en rien idéales pour sa convalescence, il n'avait pas été d'accord pour partir, mais Balafre lui avait expliqué qu'en restant là où ils étaient, le risque de se voir retrouvé par le passe-muraille était bien trop grand. Cet argument avait fait ressurgir la peur panique, et il n'avait plus eu d'objection à leur départ. Avec le recul, cette décision lui semblait irrationnelle pour l'état de Nemu. Il les avait rencontré Balafre et elle d'une manière assez étrange, pour ne pas dire complètement irréelle d'un point de vu rationnel.

C'était un soir, alors que lui même fuyait.
Il fuyait le laboratoire dans lequel il avait vécu toutes ces années, dans lequel il avait évolué et grandit dans le seul but de devenir un Gardien. Le laboratoire où il avait vu le professeur Hatori Masahiro mourir. Son créateur avait été tué par un passe muraille lui ayant fait traverser le mur, l'égorgeant et le laissant mourir à demi coincé dans la pierre. Le professeur avait hurlé, gémit, ses cris s'étaient terminés dans un gargouillis chaud et écœurant. La peau de son visage avait été arrachée, seule une main n'avait rien eu. L’homme l’avait vu lui, caché dans un coin de la pièce, et lui avait souri, d’un sourire qui était tout sauf amical ou tendre. Tale avait alors vivement ressentit la peur en voyant ce sourire. Une peur panique, viscérale, qu'il n'avait jamais ressentie jusqu'à présent. Il ne se sentait plus à l'abri chez lui, dans ce lieu où tous le monde avait veillé à son bien être. Les paroles du tueur avaient été claires : il allait partir, mais Tale, lui, resterait ici, et tout le monde le croirait responsable de la mort de Hatori Masahiro. Après tout, il avait une raison, celle de ne plus vouloir accomplir son but, celle de se rebeller contre ceux qui l'avaient crée. Alors, pour faire un exemple, il serait sûrement exécuté sans autre forme de procès. Tué, pour avoir voulu vivre. Pauvre, pauvre petite créature...
Il s'était approché de lui, et dans un reflexe incontrôlé Tale avait relâché une vague de mana qui avait envoyé le passe muraille au loin.
Il avait alors vu le corps du professeur, et les paroles prononcées plus tôt ne l’avaient pas vraiment atteint, car il n’arrivait pas à détacher son regard du corps de Masahiro, ses émotions reprirent le dessus sur sa logiques et sa réflexion. Il s’était sentit comme après la mort de Milligan, celui qui avait été son compagnon durant quelques années, vide, le cœur serré et brisé, la gorge nouée. Il ne se sentait pas bien, comme malade. Il était resté plusieurs minutes auprès du professeur, lui tenant la main, quelques larmes réussissant à couler le long de ses joues. Son esprit avait alors fini par reprendre le dessus sur ses émotions comme d'habitude, les effaçant pour réfléchir de manière logique et détachée à ce qui venait de se passer. Il avait pris quelques instants pour repenser aux paroles du passe muraille, et leur réalisme l'avait frappé. Qui le croirait, qui croirait qu'une personne complètement inconnue était venue juste pour tuer le professeur ? Quel était le but du passe-muraille à la base ? Sans un minimum de preuves, il serait désigné coupable. Il avait alors décidé de partir pour qu'on ne l’exécute pas, car il était innocent. Peu de gens l'appréciaient dans le palais. Les gardes se méfiaient de lui, les servants et servantes l'évitaient. Il ne devait pas approcher des nobles non plus. Seuls ceux du laboratoire où il avait passé sa vie, l'aimaient, et il n'était pas certain de leur pouvoir au sein du palais.  
C'était sans plus aucune trace de la peine profonde qu'il avait eu qu'il avait pris le temps de détacher avec soin la main du professeur qu'il avait tenu. Il voulait avoir un bout du professeur avec lui, comme il avait un bout de Milligan dans sa chambre. Il avait placé la main dans un bocal de formol solide et suffisament étroit pour que la main ne bouge pas, l'avait fermé avec autant de soin qu'il avait détaché cette partie de corps, et avait posé une étiquette dessus : "Professeur Hatori Masahiro". Puis il avait pris ses affaires les plus précieuses : Il changea le cœur de Milligan de bocal pour un bocal plus solide et étroit et l'emporta, il prit aussi celui contenant la main du professeur, et les enveloppa dans deux de ses blouses. Il prit deux livres de médecine qu’il n’avait pas encore terminé, et ses gants spéciaux lui servant à manier son mana. Il avait aussi pris une pleine boîte de fioles de Mana liquide. Il avait trouvé un sac très large dans le laboratoire, servant usuellement à mettre les contenants de liquide à garder au frais, le temps de leur transport d'une salle à une autre, et avait disposé ses affaires avec minutie, faisant en sorte que rien ne bouge, rien ne cogne, rien ne puisse être abimé. Il était partit sans autres vêtements que ceux qu'il avait sur le dos ce soir là : Sa tunique, une blouse de laboratoire, le pantalon serré qu'il avait au dessous et les bottes renforcées qu'il avait en permanence dans le laboratoire.

Comment il était sortit du palais ? Il n'était plus sûr de se souvenir, la peur panique l'ayant reprit en voyant une ombre se mouvoir sur un mur, il avait couru dans la direction opposée. Il se souvenait d'une servante le croyant perdu. Mais c'était un souvenir flou car son esprit n'arrivait plus trop à réfléchir à ce qu'il faisait où voyait, ayant peur d'être pris dans un mur à son tour. Une fois dehors, il avait marché sur un chemin de pierre, et avait fait beaucoup de tours et détours, avant de passer les portes de la ville. Une fois sur un chemin un peu plus terreux, il avait suivit des marchands jusqu'à la prochaine ville. L'une des marchandes lui avait donné une carte pour lui indiquer où se trouvait Vasundhara, il avait eu du mal à la suivre, n'ayant pas l'habitude de suivre un plan géographique.

Une fois arrivée à destination, Tale avait pu se procurer une lanterne pour évoluer dans la nuit et une cape pour avoir moins froid. Il lui avait suffit de donner les deux pinces ornementales qui tenaient normalement ses cheveux en arrière lorsqu'il travaillait. Il n'en avait plus besoin pour le moment, mais cela l'avait dérangé au départ de les troquer comme ça. Ses cheveux étaient longs, ils pourraient le gêner. Le marchand lui avait alors fournit une lanière de cuir en plus pour s'attacher les cheveux s'il donner en plus sa carte. Il était allé vers le port. C'était par là qu'il pourrait aller plus loin, mais il fallait payer, et de l'argent il n'en avait pas. Il n'avait jamais eu cette notion d'argent, de bien à donner contre un autre. Pour la lanterne, la cape et la lanière de cuir, c'était l'homme à qui il avait demandé qui lui avait dit que ses pinces et la carte suffiraient. Le sourire de l'homme lui avait fait sentir que ce dernier avait gagné au change. Mais il n'avait rien dit, et il avait prit la lanterne et la cape, il ne voyait pas dans le noir et il faisait froid la nuit. Si il lui avait suffit d'échanger une fois, il pourrait le refaire pour aller sur un bateau. Mais la cape ou la lanterne suffiraient ? Ou il faudrait autre chose ? Il ne voulait pas se séparer de la lanière qui lui servait à empêcher ses cheveux de se coincer partout, et il était hors de question de donner quoi que ce soit venant du reste de ses affaires.
Alors il avait cherché d'autres objets à échanger. Aidé de la lanterne, il regardait sur les caisses, dans les barques qu'il pouvait atteindre. Il avait trouvé des choses, mais n'était pas sûr de leur possible valeur. Panier, bouteille vide, il ne savait pas si ça suffirait ou non. Les barques étaient laissées seules, peut-être pouvait-il en prendre une ?

C'est quand il s'était posé cette question que Balafre était sortit d'une ruelle, sa compagne dans ses bras. Au départ il ne les avait pas vu et s'était imaginé le passe muraille. Il avait paniqué, d'autant que Balafre lui même n'avait pas été ravi de voir quelqu'un là où il pensait ne trouver personne. Mais un coup d’œil à l'Ai-Esu que le semi-orc tenait et il avait immédiatement cessé d'avoir peur. Il s'était alors avancé en expliquant qu'il pouvait l'aider, qu'elle risquait de mourir si personne ne lui prodiguait les premiers soins. Le métissé n'avait pas eu trop le choix et l'avait prit avec eux dans la barque. Tale avait examiné d'abord visuellement les blessures, et, quand il vit le bras de Nemu, avait expliqué qu'il avait déjà vu se type de blessures. C'était du à un passe muraille. Balafre avait été surpris quelques instants, puis lui avait expliqué ce qui s'était passé. Tale raconta alors sa propre expérience, enfilant ses gants et laissant les filaments de mana s'échapper de ses doigts afin de sonder de l'intérieur le corps de la magicienne. Il arrêta les saignements hémorragiques en priorité, reconstruisant délicatement les vaisseaux sanguins. Cette partie ne sollicitait que peu le corps de la patiente, il recousait simplement de ses fils. Ce qui sollicita le corps de Nemu fut ses actions pour diminuer la fièvre et le début d'infection qui commençait au niveau de ses reins. Il ne put la pousser de trop, sans la tuer.
Il lui fallait des outils, des compresses, des onguents, des antalgiques, du désinfectant... Et ils n'avaient rien de tout cela.
Il pu faire une liste de ce dont il avait besoin lorsqu'ils firent une halte dans une maison à l'hygiène douteuse. La création fit tout ce qu'elle put pour empêcher les miasmes d'atteindre sa patiente dont l'état était stable pour le moment. Il avait eu des craintes lors du départ, mais les arguments de Balafre l'avaient convaincus du bienfait de ne pas rester trop longtemps.

Tale avait alors porté les sacs et portait également la lumière, passant devant afin d'éclairer le chemin. Balafre le suivait de près, mais les dirigeait, soutenant Nemu qui était encore endormie. Dans son sac l'être artificiel sentait le clapotis rassurant diu formol et des fioles de mana. Il en avait d'ailleurs ouverte une, afin de rendre un peu de son pouvoir et donc de ses forces à Nemu. Il le diluait dans son eau le matin, quelques gouttes à la fois, pour éviter un surdosage et une mauvaise réaction. Pour l'instant ça ne semblait pas être néfaste sur son organisme, il pouvait un peu plus la solliciter pour que son corps combatte mieux les microbes cherchant à profiter de son état, pour qu'il guérisse aussi un peu plus vite, la fièvre avait un peu baissée grâce aux antalgiques. Mais les conditions faisaient qu'un rien pouvait refaire pencher la balance vers le mauvais côté. Car même dans un bon lit, dans des draps propres, une pièce nettoyée, avec des pansements changés plus régulièrement et une nourriture plus riche, son état n'était pas des meilleurs pour être certains de sa survie.

-Retape les Farfadet, si non ils vont s’éteindre.

Tale sortit de ses réflexions et tapa machinalement les cristaux qui émirent une lumière bleue plus vive après qu'il l'eut fait. Les parois humides furent plus éclairées, montrant un peu de lichen sur la roche et les poutres.

-Tu veux qu’on fasse une pause, que tu puisses voir si elle tient le coup ?

La création pris le temps de regarder le sol et les murs avant de répondre, cherchant un emplacement où ils pourraient pose la magicienne le plus à plat possible, et le plus loin des murs et des poutres également. Un croisement un peu plus loin lui sembla être la meilleure solution, il le pointa du doigt.

-Oui. Il faudrait aussi la faire boire un peu, qu'elle ne se déshydrate pas. Là bas ça sera bien. Je vais étendre une couverture.

Allongeant le pas, il déposa doucement les sacs qu'il portait à même le sol poussiéreux. Il prit le sien un peu plus près et déplia l'une des couvertures afin que Balafre puisse y allonger Nemu. Il prit une gourde d'eau, un gobelet et sortit la fiole de son sac, faisant tomber une goutte du liquide brillant à l'intérieur du récipient. Il reposa la fiole soigneusement refermée puis versa d'abord un fond d'eau.
La magicienne gémit un peu d'être manipulée et ouvrit les yeux, le semi orc la posa avec douceur sur la couverture et la soutint le temps que Tale profite de son accès de conscience pour la faire boire. Après avoir touché de sa main le front de sa patiente, il rajouta un peu de poudre blanche à l'eau, mélangeant d'un doigt. Petite gorgées par petites gorgées, le gobelet fut presque vidé. La création demanda à Balafre de la garder dans une position mi-assise, mi allongée. Ce serait mieux pour que l'eau aille jusqu'à l'estomac sans que Nemu n'ai de reflux.
Il enfila ses gants et se concentra.
Des centaines de filament de mana s'échappèrent alors de ses doigts, chacun étant sensible, chacun étant invisible seul. Ils étaient encore plus fin qu'un cheveux, et entrèrent dans le corps de Nemu sans la blesser, sans alerter son système immunitaire, sans trop de sensation. Ils passaient au travers de sa peau sans toucher un seul vaisseau capillaires, sans toucher de nerfs importants, chatouillant à peine ceux qu'ils ne pouvaient éviter. Il atteignirent tous leur destination, qui étaient différentes selon ce dont avait besoin Tale ; Ils sondaient les lésions des reins, celles du bras, mais aussi les glandes lymphatiques, les organes proches des reins, les nerfs ayant été touchés alentour, les tendons, les vaisseaux sanguins, la moelle épinière. Quand ils avaient fini, ils allaient sonder le reste du corps, afin de vérifier que rien de nouveau ne se manifeste. Tale ressentait tout à la fois et arrivait à tout analyser. Il ne fit que consolider certaines coutures microscopiques qu'il avait pratiqué le premier soir où il avait soigné la magicienne. Il n’accélérerait pas le processus de guérison maintenant. Ce soir peut-être, mais là le repos était de mise, d'autant qu'il préférait que l'organisme retrouve quelque forces pour le cas où des bactéries s'infiltraient sous les bandages.
En tout cas l'antalgique ferait du bien, la fièvre était un peu revenue.


-Je pense que ça va aller. Mais l'environnement... C'est plein de bactéries et de miasmes ici. Ça risque de faire empirer son état même en étant prudents. Il y a encore trop de plaies ouvertes, trop de choses à gérer pour son organisme pour combattre une éventuelle infection, ou même un rhume... Il faudrait atteindre une partie plus sèche.
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