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 Letty

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Letty
Anamchara
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Nombre de messages : 83
Date d'inscription : 01/05/2007

MessageSujet: Letty   Lun 7 Aoû - 22:06

I - Identité



NOM, PRÉNOMS, SURNOMS : Letty.  

AGE : Seize ans.
CASTE/MÉTIERS : Esclave.
PEUPLE : Fey, avec des éléments de chats dans son physique.
SEXE : Masculin.


II - Description



o PHYSIQUE :

Letty est loin d’être grand, il mesure près d’un mètre cinquante. Il a des cheveux mi long de couleur blonds-dorés qui cachent de petites oreilles rondes, dont la droite qui a le bas coupé. Cette coupure est récente et présente encore une légère boursoufflure rosâtre, elle n’est pas très nette. En plus de cacher ses oreilles humaines, ses cheveux cachent ce qui reste de ses oreilles de chat. Il n’en reste que la base, coupée le plus court possible pour qu’elle soit presque invisible. Il a pris l’habitude de soigneusement coiffer ses cheveux pour cacher les petits trous menant au conduit auditif. Il a des yeux verts fendus d'une pupille semblable à celles des félins, s’éclaircissant selon la lumière et le temps, avec des cils courts de la même couleur que ses cheveux et de légers sourcils d’un blond un peu plus foncé.
Fin -sans paraître maigre pour autant, ayant pris du poids depuis qu’il est arrivé chez Skye et Geneus-, il ressemble un peu à une fille, notamment à cause des traits fins de son visage et de ses grands yeux verts. Ses traits harmonieux sont un peu brisés par un nez qui a visiblement été cassé plus d’une fois, et les cernes légères qu’il a sous les yeux. Cachées, il a sur le corps plusieurs cicatrices témoignant des années de maltraitance qu’il a subi. Son dos est zébré de marques de fouet et de coupures de verre. Il a été brulé sur les bras et le torse, griffé sur tout le bras, mordu aux jambes et à la clavicule, et plus généralement coupé un peu partout. Seul son visage ne porte presque aucune marque à par son nez et quelques griffure fines sur la joue droite.  
Il possède des mains assez fines, un peu abimées par le travail, mais douces quand même. Il trouve ses pieds un peu petits, mais comme il n’est pas grand, ce serait bizarre qu’ils soient immenses. Pour finir, il a la peau assez claire, n’ayant pas souvent vu le soleil, de petites canines pointues et une queue de chat tricolore, avec le bout cassé. Niveau vêtements, il n’a que quelques pièces de couleur passée et à la coupe simple.



o CARACTÈRE :

Letty est un adolescent assez craintif. Soumis et effacé, il n’ose que peu dire ce qu’il pense réellement, voir parler tout court, même si le contact avec Geneus et surtout avec Skye, l’a rendu un peu plus ouvert et causant. En soit il est assez doux et soucieux de bien faire et de plaire, mais au fond il ne se berce pas d’illusion et est assez pessimiste. Il n’attend rien des autres et préfère compter sur lui. Néanmoins il essaye de rester le plus souriant possible, pour passer à autre chose et tirer un trait sur son passé, mais ça n’est pas aussi simple et il lui arrive souvent de paniquer pour de petites choses. Il a peur qu’on puisse lui reprocher quelque chose, et donc qu’on le punisse pour sa faute. L’adolescent a aussi du mal à faire confiance et ne s’ouvre pas facilement aux autres.  

o ARMEMENT : 

Letty n’a pas d’autres armes que les animaux qu’il invoque et Brand qui est son Loach.


o POUVOIRS :

Il a des pouvoirs de Sciath, renforçant son Loach par leur lien, grâce à il ne sait quoi. Les rares livrant parlant du sujet ne semblent pas savoir eux même dans quoi est puisé la force du lien, si c’est la mana, la force brute, la force mentale... Ce qu’il sait pour sûr, c’est qu’en tant que Sciath il recevra les coups et les blessures de son Loach en plus de décupler ses forces et se aptitudes.  
Il est aussi un Rêveur, assez puissant d’après Geneus. Il imagine des choses et des êtres qui prennent corps dans la réalité, les modelant à sa guise et leur donnant vie. Il invoque régulièrement des animaux étranges. Au départ il s’aidait de dessin et d’illustration pour imaginer autre chose que de petites créatures gribouillées, maintenant il peut tout penser dans les moindres détails. Il doit simplement éviter de penser définitif, car la création de la vie demande une énergie et une mana importante, chose qu’il n’a pas actuellement. D’après Geneus et les livres –plus nombreux sur les rêveurs que sur les Anamcharas- seuls quelques Rêveurs ont pu ancrer leurs créations définitivement : un seul n’a pas subi en retour la perte pure et simple de ses pouvoirs ou la mort. Les autres ont soit été destitués de leur pouvoir ou tués.



o PASSIONS & PHOBIES :

Letty est passionné par ses propres pouvoirs. Grace à eux il peut faire apparaitre ce qu’il veut, quand il le veut, il n’est plus seul et se sent protégé. Mais en dehors de ça il n’a pas d’autres passions. Il aime beaucoup de petites choses, toutes simples : les gâteaux, l’anguille grillée, les étoiles qui brillent dans la nuit noire, le vent et le bruit de la pluie. Toutes ces petites choses lui rappellent qu’il est bien vivant, et loin très loin de son ancienne vie.  
Il a toujours peur que cette dernière le rattrape, que ses maîtres finissent par le retrouver et décide de lui faire payer son évasion et le meurtre qu’il a commis. Il a peur des chiens et des loups, quelques soit leur taille ou leur attitude, même un chien endormi lui fera peur et faire un détour. Il lui arrive fréquemment d’avoir des terreurs nocturnes assez violentes. Les gestes brusques ou larges fait près de Letty lui font craindre une ruée de coup, le faisant se recroqueviller sur lui-même.



III - Histoire


-Tu ne m’amuses plus…

Letty regardait son maître qui lui tournait le dos, déglutissant. L’homme avait moins d’une trentaine d’année, mais ses traits donnaient l’impression qu’il venait à peine de dépasser la vingtaine. Ses cheveux noirs étaient soigneusement attachés en catogan dans son dos, il s’affairait à ouvrir un tiroir de sa commode pendant qu’il s’adressait à l’adolescent. Letty tremblait un peu, ne sachant pas ce que voulait dire son maître par ces quelques mots. Il craignait l’un de ses accès de colère, de ceux survenant quand l’adolescent ne faisait pas les choses exactement comme son maître le voulait, et qui le laissait blessé et meurtri. Ces accès de rage étaient pourtant toujours plus enviables que d’autres accès… L’homme l’avait réveillé au beau milieu de la nuit et ordonné de rester là.

-Ça fait trop longtemps que je m’amuse avec toi, tu es trop vieux, trop habituel, trop habitué.

Ichiro Kwan Pham se retourna, une dague superbement ouvragée dans les mains, regardant l’adolescent avec un sourire tordu et une lueur de folie dans les yeux qui contrastaient avec son ton calme et mesuré. Letty recula alors de plusieurs pas, son cœur s’accélérant. Il buta contre le mur. L’adolescent regarda la porte et les fenêtres d’un coup d’œil désespéré.

-Il est temps de te jeter !

L’homme se lança vers lui. L’adolescent parti sur le côté, réussissant de justesse à éviter la poigne de son maître. Ichiro évita le mur, s’appuyant contre lui pour repartir de plus belle, lui ordonnant de revenir immédiatement dans un large éclat de rire. Letty cogna dans une table d’appoint la reversant. Ichiro donna un grand coup de lame qui déchira la manche de l’adolescent et agrippa son bras. Letty butta contre la table, entrainant Ichiro avec lui, se coupant les mains sur les morceaux d’un vase cassé. Son maître lâcha son arme dans sa chute, lui broyant toujours le bras. Il tira Letty, se redressant, l’écrasant de tout son poids avant de commencer à l’étrangler. Le rire qui avait saisi Ichiro quelques instants plus tôt revint, plus fort, plus fou, il s’allongea presque sur l’adolescent et ondula son bassin contre lui. Il avait une érection.

-Une fois que tu seras mort, peut-être que je jouerais une dernière fois avec toi.

La gorge de l’adolescent semblait être broyée. Les pouces d’Ichiro s’enfonçait dans sa chaire, ses ongles le coupèrent. Letty serrait de toutes ses forces les poignets de son maître, mais il ne le lâchait pas. Sa vue se brouilla un peu, ses oreilles bourdonnaient. Son esprit vibra.

-N’essaye pas de le faire lâcher !! Enfonce tes doigts dans ses yeux !!

Letty lâcha les poignets qu’il tenait pour atteindre le visage de son maître. Il enfonça ses pouces dans les orbites d’Ichiro. Criant, ce dernier lâcha sa prise, reculant pour se soustraire à Letty et se redressa, cherchant à reculer encore plus. Letty rassembla ses jambes et en donna un coup vigoureux dans le ventre de son maître. Son maître bascula en arrière, se prenant la table dans les jambes. Son maître se redressait déjà en grognant, suffoquant, luttant pour sortir ses jambes des pieds de la table. Letty attrapa que qui restait du vase et lui lança à la tête. L’adolescent se releva le plus rapidement possible.

-La table vises son flanc.

Letty se saisi de la table d’appoint, l’attrapant par les pieds, sans laisser à Magnild le temps de vraiment finir sa phrase. Il l’abattît sur son maître. Sur le côté au début, puis il la leva au dessus de lui et l'abattit sur le dos de son maître quand il s'effondra : une fois, deux fois, trois fois… Il hurla à chaque coup porté. Les cris de douleur et les grognements d'Ichiro laissèrent place à des gémissements plaintifs, puis à rien.

-Prends son arme et frappe-le dans le bas du dos. Soit sûr qu’il ne se relèvera pas.

Letty attrapa la dague, la tenant à deux mains. Ses mains ne tremblaient plus, il ne tremblait plus, ses yeux étaient froids. L’homme au sol était lui secoué de spasmes, il avait même vomit. Il sentait son sang bouillir dans ses veines. Il se positionna au-dessus de son maître et frappa dans les reins. Le bruit sourd de la lame s’enfonçant dans la peau lui donna l’impression de faire un fracas immense. Du sang se mis à couler. Il frappa une seconde fois, l’enfonçant encore plus loin. Le sang gicla. La troisième il laissa la lame enfoncée et l’enfonça à coup de pied, la remuant, la faisant déchirer la chaire. Il n’y eut plus aucun bruit dans la pièce, seul son cœur qui cognait furieusement contre la poitrine lui brisait les tympans. Un léger rire le secoua, nerveux, ironique. Son maître avait voulu le tuer puis s’amuser, au final s’était lui qui était mort et Letty qui avait le dernier rire. La main de l’adolescent se remit à trembler quand il prit la dague couverte de sang et l’enleva du corps.
Il regarda alors devant lui pour voir s’approcher un homme immense, aux contours un peu grossiers, comme s’il avait été dessiné avec un pinceau et de l’encre. Il n’eut aucune crainte lorsque l’homme mit une main sur son épaule, puis sur sa joue.


-C’est fini

Les yeux de Letty changèrent, passant de l’expression glaciale qui l’avait animé à celle d’un enfant se réveillant d’un cauchemar. Les yeux embués il se serra contre l’homme qui était apparu dans la pièce quand son maître avait commencé à l’étrangler, n’apparaissant que pour lui. Il avait compris depuis quelques temps que seul lui arrivait à le voir, le toucher et à lui parler. Mais cela faisait des années qu’il ne l’avait pas vu.

-Magnild…

Une grande main était posée contre l’arrière de sa tête le serrant brièvement contre le guerrier qui lui fit arrêter l’étreinte, le regardant dans les yeux.

-Il faut partir et vite.


Dernière édition par Letty le Lun 7 Aoû - 23:20, édité 8 fois
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Letty
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MessageSujet: Re: Letty   Lun 7 Aoû - 22:09

Il courrait depuis des heures, la dague toujours en main. Magnild le suivant l’encourageant à ne pas baisser les bras, à aller plus vite. L’adolescent avait eu tellement peur rien qu’à l’idée de mettre un pied dehors que ses jambes avaient cédées au bout de trois foulées, c’était le guerrier qui l’avait relevé, qui lui avait donné la force de reprendre sa course. Il s’accrochait du mieux qu’il pouvait, cherchant à mettre le plus de distance possible entre lui et la demeure de ses anciens maîtres. L’esclave portait encore la robe mornienne presqu’informe qu’on lui avait donnée à porter dormir. Celle qu’il avait depuis près de cinq ans. L’air était frais, et pour rajouter au froid, il pleuvait légèrement. Derrière eux, au loin, Letty jurait entendre des grognements de chiens, des bruits de pas, des hurlements. Ils avaient dû s’apercevoir de ce qui s’était passé, de sa fuite, de la mort du jeune maître. Letty se mit à pleurer, tremblant, fléchissant une nouvelle fois sur ses jambes endolories.  

C’était sans espoir, la meute de chiens de chasse des maîtres traquait les fuyards et à chaque fois ils les rattrapaient. Il serait tué, ou laissé en pâture aux chiens puis trainé jusqu’à la demeure. Là-bas il serait tué, plus ou moins lentement, pour ce qu’il venait de faire.  
Magnild redoubla de vigueur et força l’allure, comme poussé par le désespoir qui envahissait le jeune esclave. Malgré la pluie battante et la distance déjà parcourue, ses pas s’allongèrent et se firent plus assurés. Il s’adressa à Letty, criant dans l’effort : ils n’allaient pas abandonner, pas maintenant, ils n’étaient pas loin du prochain village où ils trouveraient une monture et désorienterait les chiens qui auraient un peu plus de mal à les suivre. Letty se demanda comment l’homme pouvait savoir qu’un village viendrait sur leur route. Mais il se contenta d’hocher la tête, incapable de parler, respirant plus vite alors qu’il cherchait à calquer les pas de sa course sur ceux de Magnild.

Le village apparu enfin devant eux, ses lumières vacillantes sous les gouttes de pluie. Il était trempé et tremblait de plus belle.  Letty prit le temps de reprendre son souffle, sans s’asseoir. Il était sûr de ne plus pouvoir se lever s’il s’asseyait. L’homme attendit patiemment que l’adolescent se redresse un peu, le visage rouge et le souffle encore un peu court. Magnild lui indiqua alors qu’il fallait prendre une monture. Sans bruits, ils se dirigèrent vers une écurie. La porte n’était pas fermée, les équipements à portée de main. Le guerrier lui indiqua de prendre deux couvertures, une selle légère et une sacoche. Magnild s’avança alors, regardant dans les stalles avant de s’arrêter devant une et d’entrer à l’intérieur. Doucement, tendu, Letty le suivit. Il ouvrit la porte sans trop faire de bruit. Le cheval à l’intérieur lui paraissait grand, mais comparé à Magnild il ne l’était pas tant que ça. L’homme lui indiqua comment seller l’animal, vérifiant que tout était bien mis, il prit quelques instants pour observer Letty, examinant ses bras, ses pieds nus et ses jambes, avant de reporter son attention sur son visage. Il remarqua la boucle d’oreille, en forme de ronce enserrant tout le bas de son oreille droite. Le guerrier jura entre ses dents tout en tirant légèrement sur la boucle dans l’espoir de la retirer, mais elle réagit en s’enfonçant plus profondément dans la chaire. Magnild lui expliqua qu’il fallait retirer cette boucle qui devait servir de traceur s’ils voulaient avoir une chance, et elle ne serait pas retirée sans qu’il ne se coupe l’oreille. L’adolescent déglutit et sortit de la stalle tout en sortant la dague de la sacoche dans laquelle il l’avait mise. Le sang coagulait déjà dessus et sa vue lui donna presque un haut le cœur. Sous les conseils de Magnild, il passa la dague sous l’eau pour retirer le sang.  Il serra les dents sur la lanière de cuir de la sacoche et ferma les yeux, retenant un cri quand le métal déchira son oreille. Cette fois ce fut son sang qui tâche la lame. Il laissa le morceau de chaire dans la paille, lava de nouveau la lame et se banda l’oreille avec un pan de son vêtement. Le guerrier lui indiqua comment monter sur la selle et l’aida à sortir de l’écurie avant de lui faire prendre un chemin dans la forêt. Enveloppé dans la couverture qui n’était pas sous la selle, Letty reçu les dernières instructions de Magnild avant que celui-ci ne disparaisse.  

* * *  

Le cheval avait galopé longtemps, Letty le dirigeant au mieux pour suivre la direction pointée par Magnild, puis ils avaient plus marché jusqu’à atteindre la rivière dont lui avait parlé le guerrier. L’animal s’était abreuvé longtemps, puis l’avait traversé sans trop rechigner, l’adolescent descendant de selle pour le guider. La douleur de son oreille s’était rappelée à lui, ainsi que celle de ses jambes et son postérieur quand il était descendu de cheval. Il n’était jamais monté à cheval, mais c’était supportable. Du moins, il avait connu bien pire. Ils traversèrent une partie de la rivière en long avant de ressortir de l’autre côté. L’adolescent poussa la marche jusqu’à un bosquet d’arbres plus loin et attacha le cheval pour qu’il ne parte pas. S’adossant à un arbre, il finit par s’endormir, épuisé.  

Magnild le réveilla alors que la nuit commençait à tomber. Il lui demanda comment il se sentait, Letty lui expliqua qu’il n’arrivait pas encore à assimiler qu’il était réellement dehors, que son cauchemar était derrière lui pour l’instant. Il n’avait plus la boucle qui le marquait comme esclave, il n’y avait plus de maître à servir, il n’avait rien à subir aujourd’hui. Ils repartirent ensemble, le cheval s’étant reposé et nourrit. La faim tenailla l’adolescent assez rapidement, il s’arrêta pour manger des mûres sur le bord d’un chemin et boire à la rivière. Magnild lui avait dit de la suivre, de suivre son courant dans le bon sens. Il passa aux abords d’une ferme dans la fin de l’après-midi. Son propriétaire le vit prendre quelques légumes en abord de son champ. Plutôt que de le chasser, il l’invita à venir manger chez lui. Il leur proposa tout de même de passer au moins une nuit chez lui, pour se reposer, prendre un bain, et d’autres vêtements. Il avait une famille assez nombreuse, deux fils et trois filles, certains ayant plus ou moins l’âge de Letty. L’adolescent se referma sur lui-même à mesure où plus de monde s’intéressait à lui, à son nom, son âge, d’où il venait, pourquoi ses cheveux étaient dorés… La fermière, Charisse, remarqua sous trouble et chassa ses enfants de la pièce à vivre en leur ordonnant d’aller s’occuper du cheval de leur invité. Elle lui demanda d’excuser la curiosité de ses petits qui ne voyaient que peu souvent des étrangers venus du Nord, elle nettoya et banda l’oreille blessée de l’adolescent, passant un onguent frais dessus et lui servit un repas copieux et bien chaud. Le fermier, Datu,  lui prépara une bassine d’eau chaude dans la grange, avec de vieux vêtements propres, pour qu’il puisse se laver et se changer.

Magnild lui était apparu depuis que le fermier l’avait mené jusque chez lui et le suivit jusqu’à la grange. Il ne fallait pas qu’ils laissent retomber leur vigilance. On pouvait continuer à les chercher, à les suivre, et si on les trouvait chez les fermiers ces derniers auraient de gros ennuis. L’adolescent profita rapidement du bain, se changea puis reparti aussi vite, trouvant son cheval étrillé et nourri. Letty attendit qu’ils soient loin de la ferme pour demander à Magnild s’il pensait que les fermiers auraient aussi pu le dénoncer pour toucher de l’argent, l’homme répondit par l’affirmative. L’adolescent se refrogna un peu, déçu par la réponse bien qu’elle ne l’étonnât pas du tout.

Il mit plusieurs jours avant d’arriver dans une grande ville, que Magnild lui désigna comme Hitokage, la capitale. Il avait évité les grands axes, les convois marchands et les gens en général. Mais là il ne pouvait pas éviter la foule, c’était le soir mais il restait encore beaucoup d’activité. Ils avaient fait une halte rapide avant d’entrer dans la ville, pendant laquelle Letty avait retiré son bandage et cachait son oreille sous ses cheveux un peu trop longs et un peu sales aussi. Quand ils entrèrent dans la ville, l’adolescent se cacha presque entre le cheval et le guerrier, mal à l’aise dans la foule. Magnild l’avait tenu par l’épaule le long du chemin, le laissant se couvrir avec une partie de son manteau.
Avant de pouvoir aller dans une auberge, ils s’arrêtèrent dans une forge, où Letty revendit la dague qu’il avait gardée avec lui depuis le début de sa fuite. Elle était de très bonne facture, fabriquée par un artisan reconnu pour son excellent travail. Il négocia avec le forgeron, aidé par Magnild qui lui donnait les arguments à mettre en avant, et une somme fut convenue. Il revendit également les couvertures et la selle dans une boutique de seconde main. L’argent en main, il se renseigna pour trouver une auberge correcte et pas trop chère, et fut aiguillés vers l’auberge La Fiancée du Tigre.  
Devant l’auberge, une jeune fille arriva pour prendre en charge son cheval et l’emmener à l’écurie. Letty eu du mal à le laisser partir, l’animal le rassurant au milieu de la foule. Comme s’il lisait dans ses pensées et sentait ses émotions, Magnild le serra un peu plus contre lui pour le rassurer : il était là et ne le laisserait pas seul au milieu de tous.  

La salle était bondée. Les bras autour de lui comme s’il avait froid, Magnild marchant auprès de lui une main sur son épaule- invisible aux yeux de tous-, Letty regardait autour de lui, inquiet. il y avait un peu trop de monde, trop de bruit, de mouvements. Une jeune femme arriva à sa rencontre, presque lumineuse, aux cheveux blonds, pourvue d’un large sourire qui mit un peu plus en confiance l’adolescent, et lui demanda ce qu’il désirait. Il lui demanda une chambre simple, peu chère, et si c’était possible qu’on lui monte son repas. Elle accepta avec un sourire et lui expliqua que le repas ne serait pas apporté avant une trentaine de minutes. Il hocha la tête et pris sa clef.  
La chambre était au troisième étage, simple, mais il y avait un bon lit, de quoi s’assoir et surtout personne. Il posa sa sacoche Magnild l’accompagna jusqu’à la salle d’eau à l’étage en dessous. Seul, Letty pris un peu de temps pour s’observer dans le miroir, et constater qu’il avait un peu maigri, que son oreille, bien que rougie, ne semblait pas infectée ou autre, et qu’il avait bien l’air de ce qu’il était : de quelqu’un enfermé depuis longtemps étant en fuite depuis des jours, et ne dormant et mangeant presque pas depuis. L’eau lui parut brulante bien que tiède, à présent habitué à se laver dans l’eau des rivières. Le fait de se sentir propre lui fit réaliser que c’était fini, il s’était échappé, il n’y retournait plus. Il s’effondra sous la douche, laissant ses sanglots sortir, le soulageant de la peur, de l’angoisse, de la douleur qu’il avait ressentie jusqu’à présent. Les yeux rouges, la respiration encore tremblante, il s’était changé et ressorti, courant presque et sans bruit pour retourner dans la chambre, de peur de croiser quelqu’un.

Magnild l’attendait là-haut, le plateau était arrivé, couverte d’une cloche le maintenant au chaud. Le guerrier lui expliqua que l'aubergiste était venue et avait déposée ça là. L’odeur de la nourriture rappela à l’adolescent qu’il était affamé. Il mangea pendant que Magnild le regardait. Ube fois son repas avalé, un silence un peu gêné s’installa entre Letty et le guerrier. L’adolescent le brisa au bout de quelques minutes.

-Pourquoi tu n’étais plus là Magnild ? Pendant tout ce temps, tu n’es plus apparu, tu ne m’as plus parlé… J’ai cru que tu m’en voulais, ou pire, que je t’avais vraiment juste imaginé…

Le guerrier eut l’air mal à l’aise, du moins Letty le devinait dans ses traits. L’homme soupira avant de lui répondre.

-Disons que je me suis perdu moi-même. Et honnêtement, je ne me souviens pas de toi, pas vraiment. Tu m’as appelé par mon nom d’avant comme si nous nous connaissions depuis toujours, mais je ne sais pas qui tu es. Et on ne m'appelle plus Magnild depuis longtemps. Je m'appelle Brand à présent.

Son cœur se serra un peu en entendant qu'il ne se souvenait plus de lui. Letty supposa que ça pouvait expliquer pourquoi le guerrier ne lui était plus venu en vision ou en rêve depuis si longtemps. Magnild, enfin Brand, semblait désolé de lui dire ça, au moins il était franc avec lui et continua de parler.

-J’ai quelques impressions, mais pas de choses vraiment concrètes comme des souvenirs. J’ai l’impression, par exemple, qu’il te manque quelque chose non ? Sur la tête.

L’adolescent posa une main sur ses cheveux, à l’emplacement où se trouvait avant l’une de ses oreilles de chat, qui n’était en effet plus là. Il baissa les yeux et la voix lorsqu’il répondit, et sortit d’une main sa queue de chat de l’intérieur de son pantalon, saisissant doucement le bout qui était cassé et le caressant.

-Oui, mes oreilles…

Brand se mit en tailleur sur le sol, juste devant lui, et posa ses mains sur ses genoux, le dos droit.

-Et si tu m’expliquais tout depuis le début ? Que je comprenne mieux ce qui s'est passé...

Letty hésita plusieurs minutes. Avant d'hocher la tête et commença alors son récit.


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MessageSujet: Re: Letty   Lun 7 Aoû - 22:12

-Je viens d’un village dans le Nord, pas très loin d’une frontière. Je ne me souviens pas vraiment de son nom, ou même de ce à quoi il ressemble. Je n’ai pas trop de souvenir de ma famille, de mon enfance. Je me souviens des yeux de ma mère, que mon frère était à demi couvert de fourrure noire sur une partie du visage et que je rêvais presque toutes les nuits de toi. Je ne sais pas pourquoi je rêvais de toi, ni même qui tu étais, mais ça me paraissait normal vu que ça avait toujours été le cas.  Au début j’étais trop petit pour que tu me remarque je pense, parce que tu vivais ta vie normalement. Mais quand j’ai su je t’ai parlé. Tu es passé de mes rêves à ma vie, apparaissant quelques fois pendant la journée. Je t’obligeais à jouer avec moi, tu te prêtais plus ou moins au jeu. Ma mère t’appelait mon ami imaginaire mais je savais que tu ne l’étais pas. Imaginaire. Tu faisais partie de ma vie, tu étais un ami pour moi, même si je ne connaissais que ton nom en fait, et rien d’autre.
Je jouais aussi avec de petites créatures, qui ressemblaient à des dessins gribouillés. Je les faisais sortir de mes mains, mon frère trouvait ça impressionnant, ma mère s'inquiétait que ça me fatigue trop. Elle ne connaissait rien en magie et avait prévu d'aller en ville pour trouver quelqu'un pour m'aider et m'apprendre. Elle n'a pas eu le temps de le faire. Il y avait des falaises à quelques kilomètres de chez nous. Je me souviens que ma mère nous y emmenait et on y retournait souvent avec mon grand-frère, pour ramasser des plantes médicinales et des fleurs comestibles. Beaucoup d’enfants du village faisaient ça, pour passer le temps et aussi aider leurs parents. C’est là-bas que j’ai été raflé et à ce moment-là aussi que j’ai arrêté de te voir.  
On n’a pas vraiment eu le temps de comprendre ce qui se passait, on a vu des cavaliers arriver, mais parfois il y avait des patrouilles de gardes au loin, donc on ne s’est pas méfiés. On n’avait jamais vu de Rafleurs. C’est quand ils ont été proches que Ian, mon grand-frère, a compris que ça n’était pas normal et a essayé de nous faire partir, mais c’était beaucoup trop tard. Ils ont attrapé les premiers enfants à la volée, puis d’autre sont descendus. Ian a bien essayé de me protéger et de les empêcher de nous emmener, mais face à un adulte entraîné, il n’a rien pu faire. La dernière fois que je l’ai vu, il était à terre : sa tête avait cognée contre une pierre et il y avait beaucoup de sang…


Letty se rappelait encore de la douleur dans ses bras quand un homme à cheval le tirait alors que son frère tirait de toutes ses forces dans le sens contraire. Le petit garçon avait crié en ayant l’impression que ses bras se déchiraient, Ian avait alors relâchée un peu sa prise de peur de lui faire trop mal, et l’homme avait donné un coup de pied dans le torse de l’adolescent, le projetant au sol et contre le rocher.

-On a été jetés dans un chariot. On nous en a laissé sortir que le soir, certains d’entre nous pleuraient encore, d’autres avaient trop peur pour bouger. J’étais des deux, j’étais terrorisé par ce qui se passait, j’avais peur pour mon grand-frère, j’avais envie de hurler pour que ma mère m’entende mais tout ce que je faisais était de rester dans un coin à pleurer sans faire de bruit. Quand il y avait trop de bruit l’un des hommes hurlait et frappait contre le bois. On s’était tous fait dessus et l’odeur était horrible, mais ils ont juste pris le temps de regarder combien on était, combien il y avait de filles, de garçons. Ceux qui pleuraient bruyamment étaient menacés, et ceux comme moi qui étaient tétanisés brutalisés pour qu’ils puissent nous observer rapidement. Ils nous ont donné une ration de pain et un verre d’eau avant de nous remettre dans le chariot. Ils l’avaient lavé, enfin lancé un seau d’eau sur le plancher pour retirer le plus gros, mais on portait les mêmes vêtements puants. On les a gardés longtemps sur nous, que ce soit dans le chariot ou dans les cales de l’aéronef dans lesquelles on a été parqués par la suite.  
J’ai vu mourir Rhylo, une fillette de mon âge avec qui je jouais le matin pendant le marché. Elle était attachée à côté de moi et vomissait tout ce qu’on pouvait lui donner à boire ou à manger. Elle a fini par devenir très pâle et par beaucoup maigrir, et pour finir un matin elle ne gémissait plus. A chaque mouvement du bateau sa tête se tournait vers moi et elle me regardait, ses yeux étaient ouverts et j’ai dû lui fermer parce qu’ils me faisaient peur.  Ils l’ont laissée deux jours comme ça, avant de la retirer et de la jeter à l’eau. Je n’ai presque pas dormi de sa mort à notre arrivée. Ses yeux me hantaient tout le temps. 


Letty frissonna, glacé en repensant aux yeux vitreux de Rhylo, fixés sur lui à chaque roulis, cerclés de violet et de vert, comme si on l’avait frappée. Il avait posé ses doigts sur ses paupières pour les clore et avait touché la peau glacée et humide de la petite fille. Il avait retiré sa main le plus rapidement possible, dégoûté et effrayé. Il n’avait jamais touché de mort avant.

-Une fois débarqué, on a été pris en charge par des esclavagistes. Je ne savais pas qui ils étaient à ce moment-là, mais j’ai bien vite compris après avoir vu l’échange d’argent et d’informations entre l’un des Rafleurs et un homme qui devait être un marchand. On a été déshabillés, lavés, examinés. J’avais perdu du poids, et j’avais des problèmes de peau, surtout au niveau de mes jambes. On est resté quelques jours dans des cellules, tous ensembles. Nous n’étions plus que sept. On nous a soigné, mis des tuniques et des pantalons propres. Puis on nous a vendu.
C’était impressionnant, d’être sur une estrade, debout, avec des chaines aux mains et aux pieds. Tout le monde nous regardait, nous jugeait et on nous forçait à avancer quand c’était notre tour. Je ne comprenais rien de ce qui était dit, on soulevait mes bras, on me faisait me tourner, on montrait mes dents. Les gens levaient les bras et criait quelque chose en ma direction. J’ai eu du mal à saisir que c’était des enchères. Et au final une femme a parlé en dernier, et j’étais vendu.


C’était à peu près à ce moment qu’il avait compris qu’il allait partir avec la femme qui avait hurlé en dernier, remportant donc les enchères. Il avait été envoyé aux côtés de la petite fille passée devant lui. Ils s’étaient tenu la main jusqu’à ce que leur vente soit finalisée, un geste simple qui avait pour but de les rassurer. Ils n’osaient pas parler et tremblaient tous deux, mais au moins ils n’avaient pas eu l’impression d’être seuls. Letty se demanda brièvement ce qu’elle était devenue.

-On est partit avec nos acheteurs à la fin de la vente, on a tous été séparés. Moi j’avais été acheté par une famille bourgeoise, j’ai appris plus tard qu’ils voulaient un nouvel esclave pas trop cher pour préparer le remplacement de celle qu’ils avaient déjà. J’ai donc été emporté sans comprendre un traitre mot de ce qu’on me disait, tiré par une chaine qui passait trop lourd pour mes bras, par celle qui était en fait la maîtresse de maison. Une fois arrivé, j’ai été pris en charge pas une dame d’un certain âge qui avait quelques rides et des cheveux gris commençant un peu à blanchir, et qui m’a fait peur de prime abord. Je n’ai pas voulu la suivre, elle a dû me traîner jusqu’à la chambre que je partagerais avec elle. Elle ne semblait pas du tout apprécier que je ne la suive pas malgré ce qu’elle semblait me dire, donc elle devenait un peu brusque, s’emportant.
Elle a essayé de me dire des choses, mais quand j’ai osé parler pour lui répondre répondu elle a vu que je ne parlais pas du tout la même langue et elle s’est adoucie d’un coup. Je commençais à pleurer, alors elle m’a pris contre elle quelques instants, le temps que je me calme. Elle m’a fait comprendre par des gestes la désignant qu’elle s’appelait Saki, et m’a demandé mon nom. Elle m’a montré le matelas qu’il y avait sur le sol et j’ai compris que je dormirais là. Elle m’a montré un broc et une bassine dans un coin et j’ai compris que je me laverais là. Elle a pris un balai et m’a indiqué de la suivre, et j’ai compris que j’allais rester là pour travailler. Elle était plus gentille que ce que je m’étais imaginé au début, on ne se comprenait pas, mais quand elle m’entendait pleurer la nuit elle se mettait à chantonner pour me calmer et se mettait sur le bord de son lit pour poser sa main sur ma tête.


Il s’agita un peu sur le lit, ayant l’air de la comptine que chantait Saki en tête. Elle n’avait jamais dit les paroles alors il ne savait pas le nom de la comptine, mais elle avait bercé ses premières années d’esclavage, le rassurant étrangement. Elle avait été patiente avec lui, un peu brusque des fois et un peu aigrie, mais jamais elle n’avait été méchante. Il l’avait considéré assez vite comme une grand-mère, lui apprenant tout ce qu’elle pouvait.

-Les premiers mois dans la maison ont surtout servit à m’apprendre les bases de la langue, qu’on puisse communiquer. J’ai fait vite des progrès, et j’ai pu me concentrer sur l’apprentissage des tâches ménagères qu’on me demanderait de faire seul lorsque Saki ne pourrait plus. Elle avait presque soixante-dix ans, et avait toujours servie dans cette maisonnée. Nos maîtres n’étaient pas extrêmement riches, c’était pour ça qu’ils m’avaient acheté. Un enfant est une marchandise fragile, qui ne peut pas travailler aussi durement que les adultes, donc peu chère.  
Ils n’étaient pas de mauvais maîtres en soit, ils ne nous considéraient pas vraiment, comme si nous étions invisibles jusqu’à ce qu’ils aient besoin de nous, mais Saki m’avait expliqué que certains esclaves n’avaient pas un sort très enviable, battus et parfois affamés dès la moindre erreur. Au moins M. et Mme. Zhulgyen n’avaient été qu’agacés par mes erreurs du début. Jouer me manquait, ma mère me manquait, mon frère aussi, mais j’ai fini par me faire à ma vie. Saki était ce que j’avais de plus proche d’une mère, même si je l’appelais Obaasan vu son âge. Elle était heureuse d’avoir quelqu’un avec elle, elle aussi. Elle m’a expliqué qu’elle avait été vendue par sa famille quand elle était jeune fille. Elle avait connu deux autres familles avant celle-ci, et travaillait pour les Zhulgyen depuis plus de trente-cinq ans à présent. Elle n’avait pas eu d’amants, pas d’enfants. J’avais été triste pour elle, mais elle m’avait dit qu’on s’y faisait, et qu’elle ne regrettait pas tellement vu que ça lui avait permis de me connaître. Elle espérait simplement qu’un jour les maîtres prenne un nouvel esclave quand elle ne serait plus là, pour que je ne sois pas tout seul comme elle si longtemps. Quand je lui aie montré que j'arrivais à faire sortir de petites créatures imaginées de mes mains, elle m'a dit que c'était quelque chose d'inutile pour faire le ménage, mais de précieux pour que je ne me sente pas seul.
Elle vieillissait de plus en plus, je la remplaçais dans les travaux d’aiguille, ceux où il fallait se baisser ou porter aussi. J’abattais presque plus de boulot qu’elle lorsque j’étais arrivé. Elle est tombé dans les escaliers un soir et j’ai cru qu’elle n’arriverait pas à survivre quand elle n’a pas pu bouger pendant près de trois heures. M. Zhulgyen a fini par passer par là et m’a aidé à la monter jusqu’à notre chambre. Il a même appelé un médecin. C’était la première fois que je le voyais s’intéresser à nous, il m’a même demandé mon prénom. Ils nous appelaient tous par des ordres en fait.
Elle a mis du temps à récupérer, et alors que je pensais que ce serait sa mort suite à cette chute qui nous aurait séparés, ça a été tout autre chose. Les dettes de nos maîtres étaient telles qu’ils ont décidés de nous revendre, pour les éponger un peu. Et même si elle ne le montrait pas, je savais qu’Obaasan était très inquiète de son devenir.


Il n’oublierait jamais les yeux inquiets et brillants de Saki quand ils attendaient tout deux que le marchand mandaté par la famille vienne pour les emmener jusqu’au marché. La vieille femme avait beau avoir toute sa tête, sa chute l’avait affaiblie, ses mains tremblaient, ses os la faisaient souffrir. Elle ne valait plus rien comme travailleuse, elle ne pouvait encore faire que la cuisine et quelques menus travaux. Letty lui-même avait eu peur pour elle, et pour eux. Il savait qu’ils seraient séparés, il avait une douzaine d’année, peut-être un peu moins, il avait plus d’intérêt et de valeur marchande qu’elle. Il avait essayé de ne pas montrer qu’il avait peur, mais comme ils s’étaient tenu les mains en attendant d’être emmené, elle l’avait bien senti.

-Au final c’est elle qui m’a rassuré, en me disant que même si elle était vieille, elle pouvait encore être utile. Et qu’au pire, nos maîtres n’auraient pas d’autres choix que de l’affranchir si elle n’était pas vendue. Elle me parla alors de moi, me souhaitant de tomber dans une bonne famille, avec d’autres esclaves pour que je ne sois pas seul et peut-être tomber amoureux qui sait. Elle serait heureuse si je trouvais quelqu’un, certains maîtres acceptaient que leurs esclaves soient en couple.
Nous avons été emmenés séparément, Saki devant passer devant un médecin pour des examens approfondis alors que moi je pouvais être rapidement examiné. Je n'ai pas su si elle on l'avait vendu ou non, moi j'ai été emmené et ils n'ont rien trouvé à redire sur moi, à part le fait que le bout de ma queue était tordu, un léger défaut esthétique qui ne devrait pas changer grand-chose à ma vente. On me demanda mon âge, ce que je savais faire, et on me mit un panneau autour du cou. La vente me parut moins impressionnante que la première, cette fois-ci j'ai compris chaque mot qui était dit, chaque enchère. Je suis partit pour quatre-vingt pièces d'or, mes acheteurs étaient bien habillés, c'étaient une femme et son fils. Ils semblaient nobles, ou en tout cas bien plus riches que mes précédents maîtres. Le fils avait l'air jeune, pas plus de vingt ans, et me regardait fixement en souriant. Un sourire qui m'avait mis très mal à l'aise. Il ne m'a pas lâché du regard pendant la finalisation de ma vente, pendant la route vers leur voiture. Il a même demandé à sa mère si on pouvait me faire monter à l'intérieur. Elle a refusé et j'ai voyagé sur le banc du conducteur.


L'adolescent fit une pause, le temps de boire un peu d'eau et de reprendre un peu de courage. Il ignorait complètement ce qu'il était advenu d'Obaasan, si elle avait été vendue, affranchie, où elle était à présent et si elle était décédée. Il priait pour elle certains soirs, lui souhaitant tout ce qu'elle avait pu vouloir, une fin de vie paisible et tranquille. Maintenant il arrivait dans la partie de son histoire qu'il avait envie d'oublier et d'effacer, purement et simplement. Mais jamais il ne pourrait, même avec le temps, il garderait ces souvenirs profondément ancrés en lui...Le guerrier face à lui attendit patiemment qu'il reprenne.


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MessageSujet: Re: Letty   Lun 7 Aoû - 22:15

-La maison était grande, et à l'extérieur de la ville. Elle avait plus l'air d'une maison de campagne que d'une vraie demeure. J'ai été pris en charge à notre arrivée par celui qui était en charge de tous les domestiques, M. Thien. Il m'a donné des vêtements neufs, fait me laver, et il m'a expliqué ce que je ferais. J'allais être au service du fils, celui que j'avais vu à l'enchère, Ichiro Kwan Pham. Je devrais l'appeler maître ou seigneur, son père, Kazuko Kwan Pham également. J'appellerais maîtresse de maison, Aasara Kwan Pham, maîtresse ou ma dame. Mes tâches allaient du ménage de ses appartements, à sa lessive, ses repas et tous ce que m'ordonnerait mon maître. Rien de si différent de mon ancienne maisonnée. Sauf que je serais au service d'une personne en particulier. Et que Saki ne serait plus avec moi pour me conseiller et m'aider. Je demandais où j'allais dormir, on me répondit que ce serait dans les appartements de mon maître. Ça m'a perturbé mais je n'ai rien dit, les maîtres ordonnes et les esclaves doivent subir. On m'a posé une boucle d'oreille sur mon oreille humaine droite avant de m'envoyer au service.
Le premier soir je n'ai pas vu mon maître aller se coucher. Les premiers jours il m'a donné des ordres banals et m'a souvent regardé aussi fixement que lors de la vente. Ça me mettait mal à l'aise, mais j'exécutais ce qu'on me disait sans rien dire. Je dormais dans ce qui avait été un grand placard de rangement. Il y avait de quoi mettre un lit et une table pour que je fasse ma toilette. C'était petit, la porte ne fermait pas entièrement et l'absence de Saki me peinait, mais je devrais m'y faire, je le savais. Un soir où je me lavais j'ai cru voir le maître regarder par la porte entr'ouverte. Je n'ai pas osé me tourner, mais j'avais clairement senti son regard. Je me suis dépêché de finir pour m'habiller. J'ai eu cette impression plusieurs fois les jours et semaines qui ont suivis.  
Le maître me paraissait de plus en plus bizarre. Il y avait ces impressions, et des ordres de plus en plus en dehors des tâches d'un esclave domestique. Il voulait que je retire ses chaussures. Puis que je l'aide à se déshabiller pour se changer. Si les premières fois il gardait ses sous-vêtements, il a fini par me faire le déshabiller entièrement pour aller se laver. Il avait toujours des gestes que je ne savais pas comment interpréter à ce moment-là... Dès fois ça s'apparentait à une caresse sur la joue, d'autres une main posée dans le bas de mon dos qui m'effleurait plus bas. Quelques fois il me rapprochait de lui un peu plus, prenait mon bras et avançait le bassin pour que j'effleure son intimité... Ça paraît si évident à présent, si horrible à comprendre. Mais je n'avais même pas douze ans, et personne ne m'avais parlé de ça. Qui aurait pensé me parler de ça ? Obaasan n'aurait jamais pu imaginer que je pourrais en avoir besoin dans mon ancienne maisonnée.


Saki aurait été dévastée si elle avait su où il avait atterri, ce qu'avait fait son nouveau maître. L'adolescent savait que d'une manière ou d'une autre elle s'en serait voulu, même si elle n'aurait rien pu faire pour changer quoi que ce soit.

-Un soir qu'il était dans sa salle de bain, il m'a appelé en hurlant, me demandant de le laver. Il était assis sur son tabouret et a attendu que je vienne le laver. Je suis arrivé, il me tournait le dos, j'ai pris la brosse douce pour le dos, l'ai mouillée et j'ai commencé à lui frotter le dos, cherchant à faire mousser le savon, sans y aller fort pour ne pas lui faire mal où le blesser. Il a commencé à s'énerver, me demandant d'y aller plus fort. Je n'ai pas osé au début, puis j'ai été de plus en plus fort à mesure où il me demandait. Sa peau rougissait sous la brosse, il a hurlé d'un coup. Il a bondit et m'a frappé au visage. Pieds nus, j'ai glissé sur le sol, cognant dans le tabouret, l'envoyant sur lui par accident. Ça l'a mis dans une rage folle, il m'a lancé le tabouret, le baquet d'eau, je n'ai pas pu les éviter alors j'ai protégé mon visage. Une main m'a agrippé par une oreille et soulevé du sol Je n'avais jamais eu aussi mal. Il a hurlé que je ne devrais plus jamais faire ça comme ça et qu'il ne voulait pas me voir habillé quand je venais le laver, si je recommençais, il m'arracherait l'oreille. Il m'a lâché aussi brusquement qu'il m'avait attrapé, j'ai cru me briser le bas du dos sur le carrelage. Il s'est séché et habillé, repartant comme si rien ne s'était passé.  
Je n'ai pas pu me relever avant une heure au moins. J'avais la joue qui avait gonflée, mes jambes parcourues de fourmillement, la base de ma queue me faisait tellement mal que j'étais sûr qu'elle était cassée ou fêlée. Mon oreille saignait un peu, elle avait été un peu déchirée à la base. J'avais envie de hurler de douleur, mais je restais tétanisé, pleurant sans bruit et sans sanglots. Quand j'ai réussis à me lever, j'ai d'abord rangé avant de repartir. Je ne voulais pas qu'il s'énerve de nouveau parce que j'avais tout laissé tel quel. Quand je suis retourné dans mon lit je ne l'ai pas croisé. Tout redevint comme avant pour quelques temps. Comme si rien ne s'était passé. Pour lui en tout cas, moi je craignais qu'il ne s'emporte quand il m'ordonnait quelque chose.  
Il m'a rappelé depuis la salle de bain, de nouveau pour le laver. J'ai appréhendé. Je suis resté quelques secondes devant la porte avant de me rappeler sa menace de 'arracher l'oreille si j'étais habillé une prochaine fois. J'ai retiré mes vêtements et je suis entré, mal à l'aise. Il me tournait le dos encore une fois. Revoyant la brosse douce j'ai préféré commencer à le laver avec une lavette. Il me demanda de nouveau de frotter plus fort. J'ai frotté plus fort, mais je me suis arrêté quand j'ai vu que sa peau rosissait un peu trop. Il a eu un rire alors que je prenais l'un de ses bras pour le frotter à son tour. Son bras se déroba à a prise et s'enroula autour de ma taille. Il me fit basculer devant lui, dos à lui. Il riait encore et attrapa la base de ma queue de son autre main, la tirant d'un coup sec. J'ai crié, et ça lui a plu.  
"Oh ? Je t'ai fait mal ? Elle est encore douloureuse de la dernière fois ? Bien" C'était les mots exacts qu'il avait prononcé son mettre juste après mon cri. Il a tiré encore une fois et encore une autre, tirant de plus en plus fort et longtemps. A chaque fois il émettait un bruit d'appréciation. J'ai essayé de partir, par instinct, comprenant qu'il jouerait à ce jeu jusqu'à ce qu'il se lasse. Il m'a serré plus fort d'un coup sec au niveau de la taille, me coupant presque le souffle. Il m'a soulevé en tirant sur ma queue. Sa main est descendue plus bas et... Sa. Sa bouche aussi...


Les jointures blanchies et l'expression furieuse de Brand lui firent comprendre qu'il n'avait pas besoin de détailler plus ce qui s'était passé. Letty resserra un peu les jambes.

-Il m'a redemandé après ça, de venir le laver. Il me touchait à chaque fois. Il attendait plusieurs jours, parfois des semaines avant de le faire. Entre temps, il s'énervait plus facilement contre moi. Tout ce que je faisais depuis le début de mon service auprès de lui ne lui convenait plus, il voulait que je change de manière de faire, que je change de vêtements, que j'arrête de trembler en le voyant. Un jour il voulait que je baisse les yeux devant lui, l'autre que je le regarde manger, dormir, lire, compter et recompter des cartes. Une nuit il m'a réveillé en plein milieu de la nuit pour que je vienne le regarder se toucher comme il me touchait.
Une fois j'ai refusé de venir. Je ne voulais pas qu'il me touche, je ne voulais pas qu'il se colle à moi, qu'il rit en m'entendant crier, qu'il me tire la queue ou les oreilles. Il me disait qu'il ne les aimait pas mes oreilles en les mordant. Je suis resté dans ma pièce, je me suis caché comme je pouvais dans un coin, la tête entre mes genoux, espérant que ses hurlements pour me faire venir s'arrêterait et qu'il se laverait seul. Il s'est tut d'un coup. J'ai soupiré en croyant que j'y avait échappé. Mais il est arrivé dans ma pièce et j'ai compris que je n'aurais jamais du le faire.
Il m'a arraché au sol par l'oreille, comme il en avait l'habitude, et trainé dans ses appartements, me brûlant les genoux sur les tapis. Il m'a lancé au milieu de la chambre. Il a crié, beaucoup crié, frappé avec sa boucle de ceinture. Il m'a arraché l'oreille à force de tirer dessus. Il m'a tiré par les cheveux pour me mettre à son niveau et m'a demandé si je savais pourquoi sa mère m'avait acheté.
Il m'a expliqué que j'étais son jouet, sa chose, qu'on m'avait acheté exprès pour ça. Que ses parents savaient parfaitement ses penchants violents et sexuels envers les jeunes garçons. Ils le savaient, ils avaient déjà couvert ses crimes passés, avec trois autres enfants. Mais eux il avait dû les tuer, car ils seraient rentrés chez eux et l'auraient dénoncé. Moi j'étais en vie uniquement parce que personne n'accorderait de l'importance à un esclave, un jouet. Et que si je voulais rester en vie je ferais mieux de ne plus jamais refuser de venir.


Letty inspira un grand coup. Il s'était mis à trembler et cherchait à se calmer. Tout ça ne lui arriverait plus, il s'était libéré, Ichiro était mort, le bas do dos déchiré et ne pourrais plus rien lui faire, à lui ou à d'autres.

-Suite à ça, je n'ai plus jamais refusé. On a dû me couper l'oreille complètement car elle s'infectait. Il a fait couper l'autre aussi car il ne les aimait pas et qu'avec une seule oreille j'étais laid selon lui. Moi je n'avais rien à dire, j'étais le "jouet". Il est passé des attouchements, à l'étape supérieure, détestant quand je ne faisais aucun bruit parce que j'avais appris à juste attendre que ça se finisse. Il voulait que je crie, alors il m'écorchait, me frappait, me brûlait, me tordait. Tout pour m'entendre crier ou pleurer de douleur. Je pense que c'est inutile de dire que je n'en pouvais plus, que je n'en dormais plus, que chaque partie de mon corps était douloureuse. Sans parler de mon épuisement mental, de ma peur constante, de l'envie de vomir que je ressentais dès que je le voyais, qu'il me touchait, mon impression d'être dégoutant et sale... Je savais que je n'étais pour rien dans tout ça, mais je m'en voulais de ne rien faire, tout en sachant que si je luttais ce serait pire. Alors essayé de m'enfuir.  
J'ai attendu un des soirs où mon maître restait avec ses parents, sûrement pour donner le change. Car si sa mère semblait vouloir tout faire pour lui, comme m'offrir pour qu'il soit sagement chez eux à faire ces atrocités sans avoir l'air concernée par le fait que son fils était un malade, son père n'avait pas l'air du même avis. Du moins c'est l'impression que j'en avais. Je suis allé en cuisine, rapportant un peu tard le plateau de pâtisseries qu'avait mangé le maître en collation. Il y avait les domestiques de la maison, mais comme à leur habitude ils ne me prêtaient pas vraiment d'attention. Ils savaient tous ce que j'étais, ce qu'on me faisait, et avait reçu l'interdiction de m'aider. C'était mon maître qui le leur avait dit, certainement pour me laisser encore plus seul. J'ai attendu que la pièce se vide, pour passer par la porte menant à la buanderie, puis à l'arrière-cour. J'ai tendu l'oreille pour être sûr que personne n'était là. Le soleil commençait à peine à se coucher. Je suis parti en courant, droit devant moi, sans m'arrêter. La nuit était tombée depuis quelques temps quand je me suis arrêté. J'étais certain de l'avoir fait, d'avoir réussi, d'être très loin, alors je me suis reposé.  
J'ai été réveillé par des aboiements et des hurlements de chiens. Je n'ai pas eu le temps de repartir que l'un d'entre eux m'a mordu au bras. Les autres sont arrivés et m'ont mordu les jambes, la queue. Mon maître était là aussi, monté à cheval il riait en regardant ses chiens me broyer les bras et les chevilles sous leur dents, aboyant, grognant et s'acharnant sur tout ce qu'ils avaient à portée de mâchoires.  
D'un sifflement il les a arrêtés. Il est alors descendu, de monture et s'est accroupis près de moi. J'étais couvert de morsures, de sang et je n'osais pas faire un geste. Même respirer me faisait peur. S'ils n'étaient plus sur moi, les chiens continuaient de grogner d'aboyer, de s'énerver. Mais la meute de chasse de mon maître lui obéissait au doigt et à l'œil et elle ne bougea pas. Il m'a attrapé par la gorge et m'a dit d'un ton mesuré que la prochaine fois il les laisserait me dévorer vivant. J'ai dû revenir à pied, suivant le maître sur sa monture, suivi des chiens qui courraient autour de moi. Je savais que le maître s'amusait de la situation. Ça l'a d'ailleurs tellement amusé qu'il a ajouté ses meilleurs limiers à ses jeux, les laissant dormir plusieurs jours dans ses appartements. Il trouvait ça amusant de les voir essayer de me déchiqueter alors qu'il me violait.


Les chiens le détestaient. Il ne savait pas si c'était parce qu'ils n'avaient l'air de tolérer que leur maître, si c'était parce qu'il était en partie chat, ou par ordre du maître. Mais à chaque fois qu'il lui fallait travailler dans une pièce, un chien finissait toujours par le menacer, grognant, bavant, aboyant. Il avait été mordu plus d'une fois. Le maître avait voulu essayer de voir s'ils pouvaient trouver un autre intérêt à Letty, l'obligeant à attendre au milieu de la meute, nu et à quatre pattes. Heureusement pour l'adolescent, les chiens n'avaient comme envie envers lui que celle de l'attaquer.

-Mais au fil des années il a fini par se lasser de m'entendre hurler, supplier pour qu'il l'arrête, sursauter au moindre bruit et essayer de me soustraire aux attaques de ses chiens. Je suis aussi devenu plus vieux, j'avais grandi, je n'étais plus vraiment un enfant. Alors il a voulu me "jeter" comme il l'a dit... La suite tu la connais, tu étais là...

Un nouveau silence se fit. Letty ramena ses jambes devant lui, blottissant un peu contre elles. Il se dandina un peu, ne se sentant pas à l'aise après ce qu'il venait de dire au guerrier. C'était quelque chose d'extrêmement difficile et intime que de se confier, de confier sa vie sans rien cacher, et il venait de le faire devant un inconnu. Un inconnu qu'il connaissait en fait depuis tout petit, mais dont il ne savait rien en réalité. Il regarda un peu autour de lui, attendant que son interlocuteur prenne la parole.

-Je suis désolé de ne pas avoir été là pour t'aider.

L'adolescent ne s'était pas attendu à ça. Il sursauta presque en l'entendant s'excuser. Brand regardait le sol devant lui, comme quelqu'un se sentant coupable. Letty eut un pincement au cœur, rien de ce qui lui était arrivé n'était de la faute du guerrier...

-Tu m'as aidé, sans toi je serais mort... Si tu ne m'avais pas dit ce que je devais faire pour l'empêcher de continuer, il m'aurait étranglé... Et joué une dernière fois avec moi. J'aurais été jeté dans une fosse commune ou un bucher et il y aurait eu quelqu'un d'autre qui aurait pris ma place. Je ne t'en veux pas Mag-Brand, tu es arrivé quand j'ai eu besoin de toi, tu n'aurais sûrement rien pu faire de plus avant...

L'homme s'était redressé et l'attira contre lui, l'étreignant simplement. Letty lui rendit son étreinte, peut-être un peu plus fort que ce qu'il le voulait, mais le guerrier ne sembla pas s'en formaliser.  
L'adolescent ne dormit que peu cette nuit-là, et les deux nuits suivantes, hanté par la peur. Il ne descendait que tôt le matin, mangeait et demandait à ce qu'on lui monte les autres repas. Il passait alors toute la journée dans sa chambre, attendant le soir de voir si Brand revenait. L'homme ne revint pas, pas immédiatement.

Un soir où l'adolescent rassembla son plateau et alla le descendre, par habitude. Il croisa l'aubergiste dans les escaliers. Elle le remercia pour son aide en prenant le plateau et le regarda quelques instants avant d'ajouter avec un sourire tendre et d'une voix un peu basse qu'il ne devait pas s'en faire, ici il serait à l'abri autant de temps qu'il en avait besoin. Il voulut lui répondre, un peu surprit, mais elle le renvoya à sa chambre, lui demandant de venir la trouver demain matin dans la cuisine, lui indiquant qu'elle était derrière le bar. Ils parleraient un peu, mais ce soir elle était un peu trop occupée. Quand il revint dans sa chambre il se demanda alors quoi faire. Est-ce qu'il devait partir comme avec les fermiers ou rester pour la nuit et voir le lendemain ? Si l'aubergiste faisait en sorte de le ramener chez ses maîtres ? Mais si elle voulait vraiment juste lui parler et qu'il était réellement en sécurité ici. Brand ne vint pas et il dû prendre une décision, seul. Il descendit au milieu de la nuit, sans faire de bruit, décidant de partir.


Dernière édition par Letty le Lun 7 Aoû - 23:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Letty   Lun 7 Aoû - 22:18

-Est-ce que tu es sûr que tu dois faire ça ?

La voix n'était pas celle de Brand, mais d'un homme qui était au pied de l'escalier, caché dans l'ombre. Les cheveux noirs, un tatouage complexe sur le front et ses yeux aussi noir que ses cheveux il le regarda avec une apparente froideur. Letty se demanda s'il l'attendait. C'était peu probable, qui resterait là en attendant que quelqu'un finisse par descendre. L'adolescent s'était figé dans son mouvement d'aller vers la porte pour sortir.

-Les rues ne sont pas sûres à cette heure de la nuit. Les factions se disputant le contrôle des bas quartiers s'égorgent à chaque coin de rue et la milice contrôle toute personne suspecte. Si tu es recherché tu seras arrêté, si tu croise un gang tu risques d'être tué. Sans compter ceux profitant de l'obscurité pour chercher leur proie.

-Geneus ! Tu lui fais peur ! Excuse-le, viens.

L'aubergiste aux cheveux dorés était sortie de sa cuisine. Elle était vêtue d'une robe de chambre et semblait avoir été réveillée il y a peu. Contrairement à l'homme qui l'avait stoppé qui était habillé et n'avait aucune trace de sommeil restant sur son visage. L'aubergiste s'approcha de Letty et lui avait pris la main, pour l'emmener dans la cuisine. L'adolescent la suivit sans trop savoir quoi faire. Est-ce qu'il devait trouver un moyen de s'échapper ? Sans Brand il lui semblait qu'il lui était impossible de prendre une décision. Il y avait deux tasses de café posée sur un plan de travail et deux chaises, montrant qu'ils attendaient vraiment en fait, au moins pour l'homme, Geneus, s'était sûr. L'aubergiste semblait elle avoir été réveillée il y a peu de temps. Elle l'invita à s'assoir d'un signe de main, il obéit.

-Je m'appelle Skye. Est-ce que tu veux boire quelque chose ? Ou manger un peu ?

Letty secoua négativement la tête. Si elle lui semblait gentille il préférait se méfier. Skye prit place face à lui. Geneus était derrière elle, en retrait. L'adolescent risqua un coup d'œil vers la porte d'où ils venaient. Elle lui adressa un sourire tendre et un peu peiné.

-Tu te méfies hein ? C'est normal. Je voulais attendre demain matin pour t'en parler, mais Geneus a senti que tu essayerais de partir cette nuit. Il a une intuition à toute épreuve. J'ai bien vu que tu n'es pas un simple client, que tu fuis quelque chose ou quelqu'un. Je crois que n'importe qui faisant un peu attention peut le voir.

Il recula un peu sur sa chaise et baissa la tête, cherchant à se cacher un peu derrière ses cheveux, mal à l'aise devant cette affirmation.

-La bourse que tu m'as donné lorsque tu es arrivé ne pourra pas couvrir ton séjour plus de deux jours supplémentaires. Mais je pense que si tu es resté c'est que tu n'as nulle part où aller je me trompe ?

L'adolescent secoua négativement la tête. Il n'avait aucun endroit où se rendre, la seule personne qu'il connaissait était Brand, et il ne savait pas où il était, qui il était. Il ne revenait pas le voir. Soit parce qu'il l'avait encore oublié, soit parce qu'il ne le pouvait plus. Il ne savait même pas comment il faisait pour le faire venir, lui parler, le voir. Il re demanda de nouveau s'il ne l'avait pas juste imaginé. Après tout, seul lui semblait le voir et pouvoir le toucher.

-Je peux te proposer de travailler ici si tu le veux. En échange du gite et du couvert. Tu y seras à l'abri.

* * *

Il était remonté juste après, lui demandant le temps de réfléchir à ce qu'elle lui avait proposé. Comme s'il avait senti la détresse de l'adolescent, il retrouva Brand dans ses rêves la nuit suivante. Leur "lieu" de rencontre fut différent. Ils étaient dans le noir, puis une lande se dessina, agrémentée de bruyère aux fleurs violettes, et se terminant en falaises blanches. Ça n'était pas comme d'habitude. En voyant la grande silhouette de Brand se découper dans le paysage, il se précipita vers lui, mais la réaction du guerrier l'arrêta dans son élan.


-Qui es-tu ? Où sommes-nous?

Letty s'était arrêté à quelques mètre de l'homme. Il ne le voyait plus dessiné au pinceau, il voyait une silhouette noire, immense. Il avait alors baissé la tête, comprenant qu'encore une fois Brand l'avait oublié. Il ne comprenait pas comment ça se faisait, et ça le blessait un peu. Tout ce qu'il lui avait dit s'était envolé. Mais ça n'était pas de sa faut si Brand oubliait. Et cette fois semblait différente, le ressentit qu'il avait au fond de lui en voyant le guerrier. Alors Letty reprit depuis le début, comme s'ils ne s'étaient jamais vu.

-Je m'appelle Letty.

Il montra tout autour de lui et haussa les épaules avec un petit sourire.

-Et là c'est... C'est dans notre tête je crois... Je ne sais pas vraiment comment ça marche. Je sais juste qu'en réalité je suis dans une chambre d'auberge. Je suis endormi.

La silhouette de Brand regardait autour d'eux, jaugeant ce qu'il voyait, l'étudiant même. L'adolescent le laissa faire, le regardant aussi. Il y avait quelque chose de différent dans cette rencontre. Jamais un tel paysage n'avait été là. Et surtout Brand avait l'air vrai. Avant il était fait de peinture, il était un rêve une image, un reflet. Letty l'imaginait et ne pouvait pas vraiment dire qu'il était quelqu'un de tangible. Cette fois il était vraiment là et Letty en était sûr. Il le ressentait au fond de lui.

-Je me m'appelle Brand.

Le vent se mit à souffler un peu plus. L'adolescent pouvait voir que Brand était à l'origine de ce changement. Celle-ci se matérialisa sous ses pieds, s'étendant à perte de vue, sans fin. En regardant le sol, l'homme fit apparaitre des coquelicots entre les bruyères soufflées par le vent. Le guerrier le regarda de nouveau et s'approcha, semblant un peu désemparé.

-Est-ce que tu sais pourquoi nous sommes là ? Pourquoi j'ai l'impression de te connaître ?

Letty prit le temps de réfléchir à ses mots avant de répondre.

-Je... J'ai cette impression moi aussi. Et je... Je pense que nous sommes là parce que j'étais, enfin parce que je suis préoccupé. Je suppose.

-Par quoi ?


-Parce que je ne sais pas quoi faire, quoi décider. Je... Quelqu'un m'aidait pour savoir ce que je devais faire avant mais il n'est plus là et tout seul je ne sais pas quoi faire.

Une vague d'inquiétude vibra dans le lieu quand il énonça qu'il était seul. Le vent faisait écho de leur ressenti, de leurs sentiments et L'adolescent remarqua qu'il y avait aussi sa propre angoisse qui s'était mêlée au vent.

-Tu es seul ?

-Oui et non... Je suis dans une auberge actuellement, mais je ne peux pas rester. Enfin si je pourrais, la propriétaire m'a proposé de travailler pour elle, mais je ne peux pas rester pour toujours...

-Tu n'as pas un endroit où aller ?

Letty secoua la tête. Il ne savait pas s'il arriverait à lui réexpliquer si Brand lui demandait ce qui s'était passé pour qu'il en arrive là. Il avait eu un peu de mal à le faire la première fois et n'avait pas aimé revivre ses souvenirs, trop frais pour certains. Mais comment Brand pourrait comprendre pourquoi il n'avait nulle part qu'il avait besoin qu'on l'aide. Il n'avait pas confiance en Skye et Geneus, il ne les connaissait pas, mais c'était la même chose pour la ville où il était, l'Empire. Même s'il décidait de partir de l'auberge, comment pourrait-il vivre sans argent ? Il ne voulait pas de nouveau être esclave, il ne voulait pas tomber de nouveau sur des maîtres comme ceux qu'il fuyait. La vague d'angoisse s'amplifia alors que ses pensées se bousculaient dans sa tête.

-Du calme. Je te sens en détresse. C'est un peu nouveau pour moi.

L'adolescent déglutit et respira profondément.

-Où est ce que tu te trouves exactement ? L'auberge a bien un nom, la ville où elle se trouve aussi ?

-Oui. C'est l'auberge La Fiancée du Tigre, à Hitokage. Pourquoi ?

-Je ne te promets pas d'arriver dans la seconde qui suit. Mais je vais t'aider, si c'est en mon pouvoir. J'ai... J'ai l'impression que c'est-ce que je dois faire. Je dois te retrouver, alors je vais venir.

* * *

Il était resté à l'auberge, acceptant la proposition de Skye, au moins le temps que Brand vienne le chercher. Geneus lui avait donné un collier contenant un glamour, pour modifier un peu son apparence. Il avait des cheveux noirs et ses yeux avaient l'air humains. Sa queue était aussi effacée et il avait quelques couleurs, comme s'il avait été un peu au soleil. Cette apparence lui donna la confiance nécessaire pour quelques fois oser aller en salle servir. Mais il restait surtout à l'arrière et dans les chambres, à changer les draps, laver les sanitaires et les salles d'eaux communes. Skye lui demandait gentiment de faire les choses, elle l'appelait par son prénom, s'inquiétait quand il n'avait pas l'air bien. Il n'avait plus eu l'habitude d'une telle sollicitude, plus depuis Saki. Il avait eu un peu de mal à s'y habituer au départ. Geneus s'était, lui, un peu plus intéressé à l'adolescent lorsqu'il l'avait trouvé s'amusant avec les petites créatures qu'il invoquait. Il les faisait aller à la file indienne ranger les petites cuillères. Letty lui avait donc expliqué qu'il avait toujours su le faire, mais qu'il n'avait jamais vraiment pris le temps de voir s'il pouvait faire plus que les petites boules noires. Alors l'aubergiste avait décidé de lui apprendre, puisant son savoir dans les livres. Geneus prit aussi le temps de lui apprendre des rudiments de lecture pour qu'il puisse approfondir seul ses connaissances.
Les progrès de Letty furent rapides et surprirent autant son professeur improvisé que lui-même. Bientôt, il imaginait des créatures complexes, dotées d'une partie de sa personnalité, mais aussi de particularités physiques pour certaines, lui rappelant les personnes qui avaient comptées dans sa vie : sa mère, Saki, Ian... Il a fait en sorte que ses créatures ne reflètent pas son mal-être extérieurement, leur donnant des couleurs vibrantes et quelque fois des motifs changeant, mais elles reflètent son humeur, et si lui-même n'arrive pas à se convaincre de donner le change, elles seront ternes et lugubres.

Il fut régulièrement pris de terreurs nocturnes, entendant son maître l'appeler pour venir dans la salle de bain ou ses chiens aboyer pour venir le chercher. Il se précipitait alors jusqu'au box de son cheval. L'animal semblait comprendre et le laissait se cacher derrière lui, refusant de partir de son box quand l'adolescent cherchait à s'enfuir réellement. Letty finissait alors blottit dans la paille. Le matin, Geneus passait dans l'écurie, et le réveillait doucement, lui indiquant que c'était le jour, qu'il était toujours à l'auberge et que tout allait bien. Ce petit rituel qui s'était installé entre eux achevait de le rassurer. Il pouvait alors se lever, retourner à sa chambre pour se préparer pour la journée à venir. Jamais il ne disait à Geneus pour quelle raison il était dans l'écurie, et l'aubergiste ne lui demandait pas d'explication.

Il revit Brand dans leur monde quelques fois durant son séjour à l'auberge. A chaque rencontre, la conviction qu'elles étaient réelles et différentes de toutes celles qu'ils avaient pu avoir avant frappait Letty. Et à chaque fois il avait une envie grandissante d'être auprès du guerrier, de le toucher, de l'avoir avec lui physiquement. Envies partagées par Brand qui lui confiait devoir s'armer de patience pour ne pas foncer nuit et jour afin d'arriver le plus tôt possible. Ce fut le guerrier qui évoqua le lien d'Anamchara, un lien puissant et fusionnel entre deux êtres, les poussant l'un vers l'autre, et leur servant à être bien plus fort.
Geneus chercha des ouvrages concernant ce lien, mais n'en trouva que peu, et au contenu succin. Personne ne semblait en mesure de définir l'étendu du lien d'Anamchara, son origine, sa puissance. L'idée s'installa dans l'esprit de Letty qu'il lui faudrait essayer d'écrire sur ce lien, si lui-même était un Sciath, un Bouclier, dans le lien les unissant il serait le mieux placé pour expliquer ce qui se passait entre eux. Il pourrait écrire son propre livre sur le sujet. Même si ça ne devait pas être si simple, il y avait d'autres Anamchara et aucun d'entre eux ne semblait avoir pris le temps ou réussit à faire ça.

Finalement Brand arriva, accompagné de l'homme dont il était le lige, un jour de pluie. L'adolescent était sorti de la cuisine, retirant le collier dissimulant sa véritable apparence, dès qu'il eut senti que le guerrier franchissait la porte de l'auberge. Lorsqu'ils purent enfin se toucher, Letty ressentit une vague de mana le traverser. Leur monde se superposa quelques instants au monde réel, et le Sciath se demanda comment il avait pu faire pour vivre aussi loin de Brand aussi longtemps, comment il avait pu être sans le guerrier, sans son Loach.


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MessageSujet: Re: Letty   Mar 8 Aoû - 0:39

Une lecture épique...

Bienvenue à nouveau Letty, que le destin (et ton auteure sadique) te soit plus clément.



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MessageSujet: Re: Letty   Mar 8 Aoû - 18:38

Bienvenue encore une fois Letty.

Tu ne m'en voudras pas mais j'ai raflé la palme de la présentation la plus longue.
Mais je te cède celle de l'histoire la moins enviable.


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MessageSujet: Re: Letty   Mar 8 Aoû - 18:44

Quel reboot...
Épique comme dirait Isil.

Et oui rebienvenue à toi !


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Brand
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MessageSujet: Re: Letty   Dim 13 Aoû - 14:09

Bienvenue à toi Letty, puissions nous continuer longtemps.


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Letty

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