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 Densham Menel'Wileen, prince régent de la couronne du Falast

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Densham
Prince/Princesse
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Peuple : Sidhe
Second(s) Métier(s) : Régent du royaume du Falast
Localisation : Fainros
Nombre de messages : 56
Date d'inscription : 22/06/2008

MessageSujet: Densham Menel'Wileen, prince régent de la couronne du Falast   Mer 21 Juin - 16:05

I - Identité

NOM, PRÉNOMS, SURNOMS : Densham Denniel Menel’Wileen

AGE : Approche des 543 ans
CASTE/MÉTIERS : Prince régent du Falast
PEUPLE : Sidhe
SEXE : Homme


II - Description


o PHYSIQUE :

Densham est d’une taille moyenne pour un sidhe, mesurant dans les 1 m 70. Peu musclé, il est svelte et sa silhouette est assez élancée. Ses cheveux sont d’un rose plus ou moins clair selon l’éclairage, et sont longs, s’arrêtant bien au-dessous des omoplates, avec quelques mèches formant une frange semblant peu organisée. Son visage est long, et fin, avec des pommettes assez effacées et des lèvres toujours légèrement souriantes. Sa peau est assez claire, ses yeux sont en amandes et ont les paupières légèrement tombantes. Ils reflètent parfaitement ses émotions en privé, il a appris à masquer cette expressivité en publique. Par ailleurs, ses yeux sont de couleur verte, déclinée bien sûr en trois cercles de couleur comme chez tout sidhe –dans l’ordre de l’extérieur à l’intérieur de la pupille- : vert anis, vert émeraude, et vert malachite. Il souligne parfois ses paupières d’un trait de couleur, le plus souvent prune, marron ou or. Quelque fois un trait noir allonge son regard.
Densham est aussi un fervent partisan des couleurs, portant rarement du noir ou du gris, les trouvant trop endeuillés, ternes ou tristes. En général il porte des chemises en lin aux manches bouffantes serrées aux poignets. Elles sont complétées d’un pourpoint coloré, souvent de couleur vive l’été et pastel l’hiver, parfois à la coupe un peu originale et souvent brodé, marque de fabrique de sa couturière dont il est le client privilégié. Bien sûr lorsque c'est l'hiver et que le froid s'invite, il a une foule de fourrure à porter sous divers aspect. Ses pantalons sont simples en comparaison, et peuvent être assortis au pourpoint du jour, complétés par des chaussures élégantes ou même des bottines, des ceintures stylisées, et toujours par des bijoux. Qu’ils soient d’oreilles, de tête, bracelets, colliers ou même bagues, ses bijoux sont toujours finement travaillés, et il en possède une belle collection. En fait, pour faire court le Prince aime les vêtements, et met un point d’honneur à être toujours bien apprêté. Et c’est tout naturellement avec un manteau long, et épais, assortit à tout le reste, que sort Densham par temps froid, quand il sort.


o CARACTÈRE :
Densham est d'humeur égale, il n’aura pas de violentes sautes d’humeur comme de changement marquant de ton et ses marques d’attention seront toujours discrètes. C’est quelqu’un de réservé, se sentant un peu dans l’ombre de son père et de son grand frère, qu’il admire et respecte énormément. Il se sent toujours obligé de se comparer à son frère, ce qui cause en lui un sentiment d'infériorité. Pourtant, ce n’est que récemment que son père a commencé à le comparer à Mélies, sa mère et ceux qui lui sont proches ne l’ont, eux, jamais comparé à son frère.
Son ton est toujours mesuré, parfois avec une tonalité un peu en colère quand il est furieux, mais plus souvent joyeux avec un fond tout de même mélancolique. Souvent on peut avoir l’impression que son esprit est ailleurs, mais ça n'est pas le cas. Il questionne sans cesse ses capacités de souverain, une insécurité qu'il prend garde à ne pas dévoiler, certain que personne ne l'écouterait s'ils savaient la vérité. Il faut savoir que sa bonne humeur et son léger sourire ne font que masquer ses angoisses, ses incertitudes, son inconfort, mais surtout la mélancolie qui ne le quitte plus depuis que son frère est à Or blanc. En publique, il essaye d'être conforme à l'idée qu'il se fait d'un bon souverain, restant le plus juste, le plus droit et respectueux possible.


o ARMEMENT :  
Il manie le fleuret, mais n’a pas pris la peine de s’entraîner depuis un long moment donc à dû en perdre depuis l’époque où il en a appris le maniement. Le fleuret qu'il porte, offert par son frère, est une arme efficace, malgré sa garde à la décoration végétale remarquable, laissant croire à une arme d’apparat.

o POUVOIRS :
Sa main gauche lui permet de communier avec la nature. Son pouvoir ne se limite pas qu’à faire pousser des fleurs et des arbres, mais il peut aussi écouter ce que la nature a à dire. Et il faut dire que les arbres, plantes et autres mousses entendent beaucoup de chose, rares sont les gens conscient qu’ils ont une âme qui les comprend, et grâce à cela Densham peut se tenir au courant de beaucoup de choses, du moment que la rumeur parvient jusqu’à ses jardins. La droite possède un pouvoir qu’il n’a jamais utilisé jusqu’à présent, il l’a découvert lors d’un moment de détresse profonde et ne l’a dévoilé à personne.

o PASSIONS & PHOBIES :
Il a une passion et un don pour les Arts sous toutes leurs formes, lorsqu'il a du temps libre, il aime à mettre les mains dans l'argile et à lui donner la forme qu'il désire, comme il aime écrire, peindre ou créer de belles enluminures. Densham est aussi un joueur, aimant se divertir, rien ne lui fait plus plaisir que de se lancer dans de longues parties de cartes ou dans des parties d'échec, de conquérants ou d'autre jeu de société. Il ne se vante pas d’être un grand écrivain, pas du tout, ses poèmes sont justes des moyens de décompresser et d’exprimer ses sentiments tout simplement. Il aime aussi l’horticulture, mais là il n’a pas de mérite. Il adore se faire faire de nouvelles tenues et de nouveaux bijoux, ayant déjà une garde-robe et une collection impressionnante qu'il exhibe lors des mondanités qu'il affectionne également. Il aime à la folie, au sens premier, Araal.
Ce qu'il n'aime pas, ce qu'il déteste même, ce sont les oiseaux. Leurs petits yeux, leurs serres tranchantes, leur bec pointus et coupant. Il en est phobique, et s'il tolère qu'ils volent dans le ciel, il n'arrive pas à supporter qu'ils se posent près de lui. Ses peurs sont de ne pas être à la hauteur de son frère et son père. Il sait que pour le moment il ne fait pas du mauvais travail, mais n'attend que le retour de son Mélies pour en finir avec la pression qu'il s'inflige.





III - Histoire



Daerion Menel’Wileen fut le plus jeune héritier au trône de sa lignée. Ne devant pas au départ hériter de la charge royale, il en devint l’héritier lors de la mort de sa sœur aînée Malria, morte au combat, puis lors de la mort de son aîné frère Escan, qui lui succomba à la maladie.
Son père, le roi Airion, fut profondément affecté par les disparitions de deux de ses trois enfants, et les suivit au royaume des morts après avoir appris à Daerion à être un roi, et lui avoir cédé le trône. Daerion avait alors 250 années, et était déjà marié depuis près d’un siècle. Son épouse, Nwiméa, était issue d'une noble famille de l'Esgal, dont les ancêtres avaient du sang Falastois dans les veines, datant du temps où le Falast possédait encore des colonies dans le Sud-Ouest d'Inwilis.
La sidhe avait été désignée pour épouser Daerion, afin de renouveler les vieilles alliances, et d’en forger de nouvelles sur la base d’accords commerciaux entre Esgal et Falast. Ils se virent pour la première fois lors de leurs noces. Une amitié réelle, profonde et teintée d'affection naquit rapidement entre les deux époux. Cette affection se changea au fil du temps en amour sincère, faisant de ce mariage arrangé un mariage d'amour. Ce mariage porta ses fruits, quand plusieurs décennies plus tard, Nwiméa mit au monde Mélies, leur premier fils. Une dizaine d’année passèrent avant que son époux, Daerion, soit couronné à la mort de son père. Nwiméa et son époux devinrent le plus jeune couple royal que le Falast ai connu. Densham quand à lui, vint au monde un peu moins d’un siècle après son frère.

Son enfance, Densham la passa toute entière auprès de sa mère la reine. Son frère ainé, Mélies, Prince héritier, avait depuis longtemps pris le chemin que leur père et sa naissance avaient tracé pour lui. Dès son plus jeune âge, Mélies avait été instruit, autant par le roi que par ses précepteurs, de tous les aspects de la charge de la royauté. Son frère avait donc rapidement quitté le giron de leur mère qui s’en sentait seule. Nwiméa était certes entourée de sa cour, voyait aussi souvent que possible son époux et son fils aîné, mais se sentait dépossédée de son rôle de mère. Elle avait alors reporté son amour maternel sur Densham, son plus jeune fils.
Jamais Densham ne connut de nourrice. Sa mère le gardait toujours auprès d’elle, quelle que soit la situation ou le lieu. Enfant, il était la coqueluche des dames de la cour, qui aimaient son côté sage, poli. Elles aimaient aussi beaucoup son côté timide, qui le faisait se cacher dans les jupes de sa mère quand il y avait trop de monde, trouvant cela positivement craquant. Il fut de toutes les réceptions organisées par les nobles résidant ou non à la cour où la reine se rendait.
Là-bas il apprit à bien parler, la courtoisie, à observer aussi, et que ses cheveux étaient une source continue de compliments. Ce fut grâce à cette proximité avec sa mère que le jeune prince rencontra Maylane, une métissée sidhe. Elle était la fille de l’une des dames de compagnie de la reine, et ils grandirent presque ensemble. Expressive, débordante d’énergie et légère, leur entente fut d’abord tout juste cordiale. Densham était assez intimidée par le tempérament bien plus extraverti que le sien de Maylane, et elle-même trouvait qu’il était trop calme, pas assez amusant. Mais au fur et à mesure du temps, Densham prit un peu plus d’assurance, curieux de suivre la petite fille. Maylane découvrit que Densham avait plus d’imagination qu’elle se l’imaginait, et le trouvait très gentil. Ils s’influencèrent l’un l’autre, le prince sortant de sa coquille, la petite noble devenant moins turbulente. Elle est naturellement devenue sa confidente et sa meilleure amie au fil du temps, et ce fut l’une des premières à remarquer que le Prince ne s’intéressait pas vraiment à la gente féminine pour autre chose que leur vêtement ou leurs bijoux lorsqu’ils furent adolescents.
Il apprit à jouer à toutes sortes de jeux de société durant ses jeunes années. Jeu de cartes, de tables, de dés, mais aussi de croquet, d’échec. Adolescent, il commença à devenir un adversaire redoutable et renommé auprès de la cour. Sa réputation devint celle d’un maître des jeux quand il atteint le quart de siècle. Il ne perdait presque jamais, sauf lors de jeu de pur hasard, où il ne pouvait pas réellement contrôler tout, ce qui était beaucoup plus amusant. En grandissant, il était moins collé sa mère, sortant de son giron petit à petit. Mais les moments passés l’un avec l’autre étaient quand même nombreux. Ce fut lui qui entraîna sa mère dans ses nouvelles activités, comme elle l’avait emmené dans les siennes durant toutes ces années. Ensemble ils peignirent des heures entières sur les balcons du palais, dans la cour et depuis l’intérieur du palais lorsque le temps n’était pas clément à l’extérieur. Ils mirent les mains dans l’argile afin de lui donner des formes gracieuses, fines et élégantes, les peignant par la suite lorsque leurs créations étaient sèches. Mère et fils manièrent marteau et burin, afin de tailler la pierre, pour lui donner la forme qu’ils imaginaient pour elle. Ils s’armèrent de patience, munis de plumes et d’encres colorées, afin de faire des enluminures, venant parer les débuts des poèmes qu’ils écrivaient au fil de leurs inspirations. Les soirées étaient égayées de leur musique.
Un peu moins de deux siècles passèrent, pendant lesquels le Prince s’adonna à l’Art sous toutes ses formes, allant même jusqu’à souffler le verre et créer ses propres porcelaines. Beaucoup de ce que lui et sa mère créèrent, décorent encore le palais de Fainros et celui d’Olmbryn à ce jour. Densham profita des bals et réceptions donnés par la couronne et se fit lors de ceux-ci sa seconde véritable amie, Jaspe. C’était une elfin assez discrète, passionnée de danses et par la guérison. Il l’avait remarqué au bord de la piste de danse, semblant avoir très envie d’y aller, mais n’osant visiblement pas demander à quelqu’un. Personne n’avait semblé la remarquer, alors il était venu l’inviter à danser. Ils avaient alors parlé un peu lorsqu’ils avaient fait une pause et Maylane était arrivée sur ces entrefaites. La métissée semblait avoir un pouvoir magique sur les personnes réservées, car au fur et à mesure de la soirée, Jaspe se détendit et ce fut comme s’ils s’étaient toujours connus tous les trois.

S’il était proche de sa mère, Densham ne pouvait en dire autant vis-à-vis de son père. Ce dernier gérant un royaume, le prince pouvait comprendre qu’il n’était pas tout le temps disponible, mais Daerion passait presque tout son temps avec Mélies. Petit Densham n’avait pas compris pourquoi il ne pouvait pas avoir lui aussi une journée entière avec son père comme son grand frère. Sa mère lui avait simplement répondu qu’il était très occupé et que le Dauphin apprenait du roi. Maintenant qu’il était adulte, il avait compris qu’il lui fallait faire les efforts pour se rapprocher de son père, comme de son frère. Il lui arrivait donc de quitter son monde pour endosser le costume de prince. Son père n’avait pas refusé qu’il les accompagne dans leur journée sans faire plus de commentaires, son frère en fut surpris et le lui montra. C’était vrai que jamais Densham n’avait montré d’intérêt pour son rôle et titre princier, qu’il décide de suivre les enseignements de Daerion avait de quoi étonner d’un point de vue extérieur. Ce fut grâce à cette décision qu’il se rapprocha un peu de son grand frère et noua une relation complice et sincère avec lui en dépit de leur différence d’âge.

Ce fut durant cette période que le Prince fit la connaissance de Tevan Di Ferranti, un Sidhe d’une maison noble ayant perdu de sa superbe à cause de choix peu judicieux par le passé. Il travaillait dans l’administration dans l’une des ambassades de la couronne en Esgal, aux cheveux d’un noir profond aux reflets violacés, aux yeux aux trois couleurs d’améthyste et à la peau dorée par le soleil. Leur première rencontre fut assez rapide, le noble et lui se croisant au détour d’un couloir et échangeant de simples salutations, leur seconde fut moins protocolaire et plus maladroite. Densham s’était levé aux aurores afin d’utiliser la forge. Il voulait terminer des pièces de ferronnerie commencée depuis quelques jours déjà. Il s’agissait de candélabres, dans un style elfique léger et floral, fait dans un métal argenté. Ils viendraient apporter une touche de lumière supplémentaire au salon de sa mère. Il avait revêtu une tenue de travail adaptée, bien loin des tenues élégantes et raffinées qu’il portait en temps normal. Il avait un pantalon de tissu blanc -roussi par endroit- épais, une tunique aux manches longues dans les mêmes coloris, un large tablier de cuir sombre, de longs gants en cuir également et ses cheveux, courts à l’époque, étaient cachés sous un bandeau de tissu et de cuir. Quiconque passait sans vraiment le regarder n’aurait pu deviner qu’il s’agissait du Prince.
Le seigneur Di Ferranti vint à la forge afin de demander à ce qu’on change les fers de sa monture et le demanda à Densham qui fut le premier à être devant lui. Reconnaissant l’ambassadeur bien que lui n’eut pas cette chance, il écouta la demande en souriant et ce fut l’un des forgerons qui s’empressa de se porter volontaire pour ce travail. Le seigneur Di Ferranti, étonné, demanda pourquoi l’homme à qui il venait de demander ne pourrait s’en charger, le maréchal-ferrant balbutia que ce n’était pas une tâche à demander à un Prince et que ce dernier ne savait pas ferrer les chevaux. L’expression de Tevan à la mention qu’il était le Prince tira un rire sincère à Densham. Ce dernier coupa court aux excuses du noble comprenant qu’on ne pouvait le reconnaitre facilement dans cette tenue, surtout en ne l’ayant vu qu’une fois et si rapidement. Tevan fut curieux de savoir ce que faisait le prince à la forge et Densham lui expliqua alors ses travaux. Le sidhe passa le reste de la matinée avec le prince oscillant entre conversation et observation.
Les candélabres furent terminés avant le déjeuner, Densham laissa le soin à un ferronnier du palais de les nettoyer et de les envoyer au polissage. Ils se séparèrent, Densham  retournant au palais et le Tevan rentrant dans sa famille aux abords de Fainros. Le noble n’était pas là pour longtemps, il ne passait que quelques semaines dans sa famille, devant repartir à Fendassë dans les jours qui viennent.
Le prince fut agréablement surpris de recevoir une invitation à déjeuner de la part du seigneur Di Ferranti, afin que ce dernier se fasse pardonner sa maladroite méprise. Il accepta l’invitation. Quelques jours plus tard il se trouvait dans la résidence des Di Ferranti, accompagné de quelques gardes et de deux amis. Les petits plats avaient été mis dans les grands afin de les accueillir dans la demeure assez humble des Di Ferranti. La demeure avait sûrement connu des jours meilleurs : l’une des ailes de l’habitation étant en partie noircie et fermée pour cause de sécurité, les jardins n’étaient pas non plus excessivement bien entretenus. Le prince n’en apprécia que plus les efforts fournis pour lui. Tevan fut un hôte agréable. Densham fit la connaissance des parents de Tevan : son oncle et de sa tante, ainsi que de ses deux jeunes sœurs, Valentina et Aurora, âgée d’une trentaine et d’une vingtaine d’années. Les parents de Tevan n’étaient plus de ce monde depuis quelques temps, c’était donc lui qui dirigeait la maison, même à distance. Densham s’intéressa beaucoup à la vie en Esgal, sur ce que pouvait voir Tevan lorsqu’il était là-bas. Ce dernier lui proposa alors qu’ils gardent contact, ainsi il pourrait lui raconter ce qui se faisait et ce disait dans cette partie du monde.

Le prince repartit dans sa routine de banquet, de bal et de cercles de jeux, correspondant avec le noble qui lui racontait les habitudes qu’avaient les gens de Fendassë, ses journées loin du Falast. Certaines lettres contenaient un peu plus que des descriptions de journées et de coutumes : il y avait quelques fois un paquet contenant des objets typiques de la région, mais aussi esquisses des lieux, des habits traditionnellement portés là-bas. Densham découvrit que Tevan aimait lui aussi dessiner, ils échangèrent des pages de lettres sur le sujet, s’échangeant des esquisses, commentant celles de l’autres. Dans ses courriers Tevan émettait aussi des souhaits de rentrer, de retrouver ses sœurs, un certain mal du pays… Une certaine envie de revoir également le prince, de peindre ensemble ou tout simplement d’être un peu seuls tous les deux. Mais Tevan était missionné pour au moins quatre années là-bas et ne pourrait rentrer entre temps que très brièvement, surtout qu’il avait besoin de cette rentrée d’argent car sa famille ne faisait pas partie des maisons nobles les plus aisées. Densham fut touché par la détresse qu’il sentait émaner des lettres de Tevan. Avec le temps, et les nombreux courriers, le prince en était venu à le considérer comme un ami, l’un des rares qu’il avait et sur lesquels il sentait qu’il pouvait compter. Tevan lui-même lui avait confessé n’avoir que peu de proches amis, et qu’il osait considérer qu’ils en étaient.

Le prince parla un peu avec sa mère de la situation du noble. Il ne suffit que de quelques mois à Densham, pour qu’il réussisse à convaincre Nwiméa de faire ce qu’il fallait pour faire revenir le noble en Falast. Il prendrait une place au duché d’Olmbryn. Son ami lui fut reconnaissant de ce qu’il venait de faire pour lui, et lui promis de faire en sorte de le remercier dignement lorsqu’ils se reverraient en chair et en os. Ils se revirent lorsque la cour déménagea pour le duché d’Olmbryn pour l’hiver. Tevan était à présent chargé de l’intendance du personnel du palais d’hiver. Son ami tint sa promesse et l’invita à déjeuner afin de le remercier en bon et due forme. Cette fois-ci ce fut dans un restaurant d’Olmbryn. Son ami lui demanda s’il pouvait venir seul pour cette fois, Densham ne fut alors flanqué que de ses gardes, qu’il avait en permanence derrière lui. Le déjeuner fut un vrai plaisir. Si le prince avait aimé converser avec Tevan par écrit, il adora l’entendre de vive voix et voir son sourire. Son ami lui raconta son périple pour rentrer, et les assauts de ses sœurs, le suppliant de les laisser venir jusqu’à Olmbryn avec lui pour qu’elles puissent remercier le prince. Densham rit en imaginant Valentina et Aurora harceler leur grand frère, lui tirant les manches, pour qu’elles puissent venir à Olmbryn afin de lui présenter elle-même leur remerciement. Le prince promit d’envoyer une lettre à la demeure des Di Ferranti pour attester qu’il avait reçu les remerciements des jeunes filles via Tevan. Ils terminèrent leur journée ensemble, Densham guidant le noble dans Olmbryn qu’il connaissait par cœur. Il montra à son ami les endroits qu’il affectionnait particulièrement, racontant de temps à autre une petite anecdote.

Ils se revirent très régulièrement durant les semaines qui suivirent, que ce soit dans les couloirs du palais ou par invitation l’un de l’autre. Tevan et lui peignirent ensemble certains jours, son ami essaya même d’apprendre le piano en sa compagnie, mais s’avéra meilleur auditoire que joueur. Tevan lui offrit un portrait de lui esquissé à la sanguine. Sur ce portrait, le prince regardait au loin, l’air un peu mélancolique, dans son monde. Son ami lui expliqua qu’il avait souvent ce regard, que c’était à la fois beau et un peu triste car on sentait que même s’il était entouré de la cour du Falast, il semblait seul. Tevan avait alors posé sa main sur la sienne, et lui avait dit qu’il ferait tout ce qu’il pourrait pour qu’il ne soit plus si seul. Les semaines passèrent et ils cherchaient la compagnie l’un de l’autre de plus en plus souvent. Son ami faisait tout pour tenir sa promesse de ne pas le laisser se sentir seul, multipliant les attentions, les compliments, les rendez-vous. Au fur et à mesure, les compliments devinrent un peu plus personnel, intimes, les rendez-vous se firent en privé, discrets.
Densham avait déjà été abordé, que ce soit par des hommes ou des femmes, mais à chaque fois l’attraction n’avait pas été réciproque, leur cour avait été bien trop abrupte voire déplacée -certains n’hésitants pas à le courtiser alors qu’ils ne le connaissaient pas le moins du monde-. Généralement, il y avait Maylane qui l’aidait à éconduire avec plus ou moins de douceur, ses prétendants et prétendantes. Cette fois-ci il n’eut pas besoin de son amie, appréciant que Tevan lui fasse la cour. Il était attentionné, tactile, il l’écoutait. Lui-même avait envie de plaire au noble, de lui faire plaisir, d’être avec lui.
Ils se tournèrent autour quelques temps, chacun voyant parfaitement que l’autre voulait un peu plus qu’une amitié. Quelques fois ils faisaient semblant  de ne pas remarquer l’intérêt de l’un pour l’autre, riant ensemble de ces moments légers pendants lesquels leur monde ne tournait presque qu’autour d’eux. Ils s’amusèrent de cet état près de deux mois, avant de franchir le pas.
Leur relation fut d’abord officieuse, connue de quelques personnes proches d’eux, les deux hommes se cachant un peu, afin d’avoir leur intimité et de ne pas être pris dans le tourbillon des intrigues de la cour. Quand cette dernière fut revenue au palais de Fainros, le couple se vit beaucoup dans la demeure des Di Ferranti, plus rarement à Olmbryn. Densham put ainsi apprendre à connaître un peu mieux la famille de son compagnon. Il savait déjà que Valentina était une jeune femme dynamique, gracieuse et pleine de vie ; il découvrit qu’elle rêvait de pouvoir séjourner à la cour où tout se passait, de pouvoir assister à toutes sortes de bals et de réceptions. Aurora, elle, était coquette, très curieuse et ambitieuse. Il lui trouva des ambitions plus guerrières que celle de sa sœur : elle était passionnée par les armes de guerre, par  l’ingénierie qui les créaient et les améliorait. Elle avait envie d’aider à ces créations. Tevan essayait de tout faire pour elles, mais il ne pouvait pas grand-chose, les Di Ferranti avaient perdus de leur influence il y avait des siècles. Il ne pouvait pas leur offrir ce qu’elles désiraient. Elles étaient actuellement préceptrices auprès de jeunes enfants, issus de familles bourgeoises. Leur avenir était un sujet de discussion et d’inquiétude pour Tevan, qui en parlait régulièrement au prince durant leurs après-midi. Densham était touché de voir que Tevan s’inquiétait énormément pour l’avenir de ses sœurs. Il pouvait comprendre cette inquiétude, bien que lui n’ait pas de jeunes frère ou sœurs, il avait Mélies qui s’inquiétait pour lui. Malgré leurs vies plutôt remplies, l’un des leçons et réunions avec le roi, l’autre entre ses passions, ses amis et son compagnon, ils trouvaient le temps de se voir un peu. Si Mélies s’inquiétait pour lui, Densham ne s’en faisait pas pour son frère. Le Dauphin était proche de leur père et ce dernier lui transmettait tout son savoir. Tout en Mélies transpirait le charisme, la justice et l’âme d’un meneur qui serait respecté. Densham savait déjà que son frère serait un grand roi, là où lui n’avait rien des qualités de meneur de son aîné. Peut-être que s’il les avait son père serait plus enclin à lui témoigner de l’intérêt.

Le prince décida alors de faire jouer ses amitiés et relations, trouvant à Valentina une place de dame de compagnie auprès de la fille du Marquis de Pern, ce qui permettait à la jeune fille de faire ses entrées à la cour tout en lui assurant des relations avec une famille bien plus titrée que la sienne. Pour Aurora il la fit entrer en école d’ingénieur de l’armée, lui ouvrant les portes de la voie qu’elle voulait emprunter en tant qu’armurière. Il n’appartenait qu’à la jeune femme de faire ses preuves à présent. Tevan lui en fut reconnaissant.
Lorsque les beaux jours commencèrent à décliner ils officialisèrent leur relation, qui n’était plus vraiment secrète, les gens spéculant et répandant la rumeur que l’on voyait beaucoup le prince avec Tevan Di Ferranti. Il y en avait d’autres sur le favoritisme que portait Densham à la famille Di Ferranti, mais le Prince ne s’en préoccupa guère, ne trouvant pas qu’il leur accordait tant de faveur, il n’avait fait qu’aider un peu les sœurs de Tevan. Il avait aussi fait en sorte de pouvoir voir plus souvent celui qui était devenu son compagnon, sans cela ils ne se seraient pas rapproché et ils n’auraient eu de relation ensemble. Alors qu’importait les avis de quelques jaloux.
Tevan, au contraire, était gêné qu’on puisse le voir comme un profiteur. Lorsqu’ils en parlaient, Densham le rassurait. Il connaissait les rumeurs, celles qui disaient que le noble profitait du prince, que Densham était trop généreux avec une petite famille noble qui était passée proche d’être complètement désargentée. Mais il n’y faisait pas attention : la cour était friande de rumeurs, de « on-dit », de scandales et n’aimait pas les nouvelles personnes, elle voyait des concurrents dans chaque nouvelle tête et cherchait à tout prix à les écarter. Le prince rassura son compagnon sur le fait que seul comptait pour lui l’avis de sa mère et de ses amis, et qu’ils savaient tous deux que le noble ne profitait en rien de lui.

Le temps passa, Tevan était passé d’intendant du personnel, à l’intendance générale d’Olmbryn. Le noble avait longuement refusé cette charge, avant de céder devant les sourires de Densham. Tevan ne souhaitait pas que l’on puisse l’accuser une nouvelle fois de profiter de sa position et de celle du prince, mais s’était laissé convaincre au final. Densham et Tevan ne pouvaient pas se voir très souvent et ils passaient du temps loin l’un de l’autre, mais cela ne dérangeait pas le noble qui était donc loin des intrigues de la cour.
Ils correspondaient toujours cependant, le prince donnant à son compagnon de ses nouvelles. Densham donnait aussi à Tevan des nouvelles de ses sœurs. Il était toujours en contact avec elles, à l’instar de son compagnon qui ne les voyait plus aussi souvent qu’autrefois. Valentina s’était parfaitement intégrée à la cour, se faisant une amie de la fille du marquis de Pern, Khenna, et elle était courtisée de toutes parts. Elle faisait partie du cercle d’amis proche du Prince, avec Maylane et Jaspe. Aurora était entrée en apprentissage parmi les armuriers de l’armée et s’épanouissait dans ce qu’elle faisait. Elle s’était rapprochée d’une lieutenant parmi les fantassins, d’une manière plus qu’amicale, et remerciait régulièrement Densham pour ce qu’il avait fait pour eux lorsqu’il venait à la rencontrer, le tenant pour responsable de son bonheur et de toutes les bonnes choses qui avait pu arriver à leur famille. Grace au travail de Tevan, mais surtout à l’influence du prince, les Di Ferranti devinrent plus influents, plus riches. Leur demeure historique fut entièrement rénovée, l’oncle et la tante de Tevan investirent une partie de leur fortune dans des forges et des armureries, apportant une meilleure source de revenue. Aurora fut rejointe dans l’armée par sa cousine Camillia, qui passa rapidement les échelons, devenant officier, puis sergent et enfin capitaine. Les Di Ferranti retrouvaient peu à peu la superbe qu’ils avaient perdue.

Tout semblait sourire à Densham, mais seuls ses amis, sa mère et son compagnon savaient que le prince n’était pas aussi assuré et heureux que la cour semblait le dépeindre. Lorsqu’il lui arrivait parfois de passer plus de temps auprès de son frère et de son père, en les suivant, il en revenait toujours un peu plus replié sur lui-même. Il réalisait que si ces moments privilégiés avec son frère étaient une source d'enseignements et de rapprochement entre eux, ils étaient aussi une source d'éloignement. Un fossé se creusait un peu plus entre eux, créée par Densham qui plaçait seul cette distance entre lui et son frère. Tout comme le prince sentait que son père n’avait pas réellement de temps à lui consacrer. Il avait beau être son père, le roi ne lui semblait pas moins un étranger qui ne s’intéressait pas à lui. Cela le peinait et il ressentait le besoin d’en parler régulièrement à Tevan qui était –en tout cas il en avait l’impression- le seul à pouvoir comprendre ce qu’il ressentait. Ce dernier lui conseillait de ne pas s’en faire, qu’il n’avait rien à envier à son frère et qu’il devait tout faire pour rester proche de lui malgré tout. Après tout la famille était d’importante pour le Prince, et même s’il avait l’impression de ne pas marcher sur le même plan que son aîné, il ne fallait pas s’enfermer dans un complexe d’infériorité. Concernant son père, son compagnon n’avait pas d’autres choses à dire que « le roi ne sait pas qui il manque ». Mais si le fait d’être avec le noble galvanisait Densham en privé, cette confiance n’arrivait pas à s’affirmer en présence de son père.

Densham pris la décision de demander Tevan en mariage au bout de huit années de relation, lors d’un bal donné à Olmbryn. La couronne invitait chaque haut gradés et les familles nobles du royaume à fêter le passage à la nouvelle année autour d’un banquet fastueux, entourés de cheminants et de musiciens, et en dansant. Souvent le bal était masqué ou déguisé, le thème changeant d’une année sur l’autre : animaux, saisons, fleurs, arts… Beaucoup de thème étaient abordés et environ tous les dix ans les thèmes revenaient. Il était à chaque fois de bon ton de ne pas porter la même tenue, même si le dernier bal ayant le thème y correspondant s’était passé il y a dix ans.
Ces derniers temps Tevan et Densham n’avaient pas pu beaucoup se voir. Ce dernier avait eu l’impression que son compagnon avait été réticent à venir au bal tant il avait fait le difficile concernant sa tenue. Il ne se passait pas une journée sans que Tevan ne reçoive des regards froids et entende parler dans son sillage. La cour n’oubliait jamais le noble et les faveurs qu’avait pu lui accorder le Prince. Les rumeurs ne disparaissaient pas, s’amplifiant et quelques fois s’adoucissant, mais elles étaient toujours présentes, et dès que Densham souhaitait lui en parler, son compagnon se braquait. Le prince pensait emmener Tevan avec lui en voyage prochainement, loin de tout cela pendant quelques temps. Il lui avait tout de même fallut obtenir l’aval de ses parents vis-à-vis de son engagement. Il avait beau ne pas être l’héritier direct, il n’en restait pas moins prince et devait se plier aux règles de la monarchie. Sa mère fut enchantée d’apprendre la nouvelle. Elle appréciait beaucoup le noble, surtout qu’il le rendait heureux. Comme il n’était pas l’héritier direct, et surtout comme les alliances n’avaient nulles besoin d’être forgées par mariage car ratifiées lors du Conseil, elle ne voyait pas pourquoi elle ne pourrait accepter qu’il se marie avec Di Ferranti si ce dernier acceptait. Son père fut plus avare de paroles et d’émotions. Il n’avait jamais dit ce qu’il pensait de Tevan et ne le dit pas plus lorsque Densham lui expliqua que le noble venait de lui demander sa main. Le roi n’eut pas l’air emballé par la nouvelle, mais lui dit simplement qu’il faisait ce qu’il voulait, cela ne l’importait pas. Il était alors reparti vaquer à ses occupations. L’enthousiasme du Prince retomba. S’il ne s’attendait pas à une effusion de joie de la part de Daerion, la réaction froide et plus que distante de son père le dévasta. Mélies fut plus joyeux lorsqu’il apprit la nouvelle. Il le félicita et lui expliqua que tant que c’était ce qui le rendait heureux, il était heureux pour lui. Son frère lui tira un fou rire lorsqu’il parla –en plaisantant- de faire l’une de ces fêtes populaires, célébrant les derniers jours de vie non maritale, dans lesquelles tant de gens perdaient leur dignité. Ce fut l’un des premiers moments de complicité que Densham et son frère purent partager depuis longtemps.
Densham commanda alors un magnifique solitaire sur une chevalière d’or blanc pour le soir du bal.
Cette année les saisons étaient à l’honneur. Densham avait choisi de venir en « automne ». Sa tenue cuivrée était brodée en filigrane, laissant paraître des feuilles d’érable et de chêne pour qui regardait bien. Elle était moirée, il revêtait une cape semblant fait elle aussi de feuilles agglomérées dans les camaïeux de brun, de cuivre et d’or, avec une impression de lichen sur les bords et le bas. Quelques perles finement brodées donnaient l’illusion de gouttes d’eau perlant le long de sa cape et de sa tenue. Il était également couronné de branches faite d’un métal léger arborant quelques châtaignes et pommes de pins fait dans le même matériau. Son maquillage, son masque et ses bijoux étaient tout aussi assortit, et il reçut nombres de compliments durant la soirée, ceux lui important le plus venant de sa mère et de Tevan. La reine était habillée en hiver, son compagnon lui était en « été ». Le Prince lui avait offert sa tenue et il brillait comme les rayons d’Aelius.
Le bal fut l’un des plus amusants qu’avait connu Densham jusqu’à présent. Les convives s’amusaient, Tevan était superbe. Il entraina son compagnon sur la piste de danse, le volant à presque toutes les danses qui se présentaient. Il allait lui chercher de quoi boire, de quoi manger, il le fit rire en commentant les attitudes et tenues des invités. Il le fit aussi rougir en lui murmurant au milieu de la foule quelques compliments, quelques propositions intimes. Quelque chose était un peu différent chez Tevan, mais Densham mit cette attitude sur le compte de la présence de la cour. Il n’attendit pas que les festivités s’arrêtent, dérobant Tevan à la fête pour qu’ils puissent être seuls. Cette soirée s’était alors terminée dans la chambre du prince, par un moment intime.
Densham ne pris pas la peine de se revêtir quand il tira du tiroir d’une table de chevet l’écrin contenant la chevalière et demanda à Tevan de partager le restant de leurs jours ensemble. Le prince ne s’était certainement pas attendu à voir une expression mêlant la surprise, la peine et de l’appréhension sur le visage de Tevan alors qu’il venait de finir sa demande.

Le noble se mit sur le bord du lit avant de commencer à parler. Tevan ne s’était pas du tout attendu à ce que Densham lui demande sa main, et avait voulu attendre un peu plus tard, quand ils seraient réellement seuls –pas avec toute la cour et les souverains dans le même lieu- pour lui parler. Il ne se sentait plus à l’aise dans leur relation, pas comme au début. Densham n’avait pas complètement à voir avec ça, pas en tant qu’Être mais en tant que prince.
Le noble lui assura qu’il l’aimait, de tout son cœur : Densham était doux, prévenant, passionné, altruiste, c’était un artiste plein de talents… Mais il y avait tout le protocole royal avec lui. Il y avait la cour, toutes ces personnes qui les épiaient quand ils étaient ensemble, qui médisaient, qui cherchaient à leur nuire par pure méchanceté ou jalousie. Il n’aimait pas être le centre des regards et des attentions parce qu’il était avec le prince, il n’avait pas envie que ce genre de choses le suivent toute sa vie. Il avait tenu car il n’avait pas eu envie de laisser tomber aussi facilement et parce qu’il était loin des intrigues durant une grande partie de l’année. Mais il s’était rendu compte qu’il ne pourrait sûrement jamais franchir la prochaine étape. Il ne pourrait pas devenir son époux et vivre avec lui. Pas avec tout ce qui entourait Densham parce qu’il était prince de la couronne du Falast. Le noble aspirait à quelque chose de plus simple, de moins en vue. Il lui avoua même avoir manqué de le tromper avec l’un des gardes d’Olmbryn, mais il s’était arrêté juste avant de faire quoi que ce soit, ayant du respect pour lui et des sentiments forts. Mais le fait qu’il ait failli le faire, démontrait qu’il n’était plus aussi épanoui dans leur relation qu’avant, il préférait donc que ça s’arrête là, avant que ce ne soit pire et qu’ils en souffrent plus.
Tevan avait voulu attendre que la cour reparte, car Densham avait prévu de rester quelques semaines de plus, pour qu’ils puissent en parler ensemble… Il se sentait assez mal de devoir le faire juste après que le prince le demande en mariage.

Densham n’avait pas su quoi faire, quoi dire pendant les explications de son compagnon. Il était resté assis, sa boîte en main, l’ayant doucement refermée au fur et à mesure qu’il comprenait où voulait en venir Tevan. Il inspira un grand coup, contenant les larmes qui lui venait aux yeux, et il demanda à son compagnon s’il était vraiment sûr de lui, s’il voulait réellement qu’ils se séparent. Peut-être y avait-il une solution, ils pouvaient ne pas se marier même si c’était l’envie du prince, ils pourraient garder leur relation telle qu’elle l’était déjà. Densham pourrait s’éloigner un peu plus de la cour, de Fainros, s’éloigner des responsabilités qu’il avait en tant que membre de la famille royale. Il demanderait à ses parents de ne plus prendre part aux évènements organisés par la couronne, il demanderait à ne plus-
Tevan l’interrompit avec fermeté. Densham ne pourrait pas cesser d’être prince juste en le voulant ou le demandant. Même en imaginant qu’il soit possible que la couronne le rejette et qu’elle puisse ne plus faire de lui un prince de titre en claquant des doigts, Densham n’en serait pas heureux. Sa vie était rythmée par la cour : il aimait vivre au sein d’elle, ses amis en faisaient partie, les mondanités qu’il adorait, les réceptions qu’il affectionnait, tout cela faisait partit de sa vie. Il y avait aussi sa mère, son frère même son père, qu’il souffrirait de ne plus voir. Il était né prince, et ne pourrait pas ne plus en être un, surtout pas pour simplement vivre une histoire d’amour. Tevan continua en insistant sur le fait que ça n’était en rien la faute de Densham, c’était au noble de s’adapter à la responsabilité de son compagnon. Il savait qui il était depuis le début. Mais il ne le pouvait pas, il n’y arrivait pas. Tevan quitta la chambre après s’être habillé, laissant le prince seul. L’écrin de la bague toujours entre les mains, il fallut plusieurs minutes à Densham pour assimiler complètement ce qu’il venait d’entendre, ses larmes coulant sans sanglots le long de ses joues.  

Le lendemain matin, les appartements de Tevan furent vidés et il était déjà en route pour la demeure des Di Ferranti. La cour s’interrogea bien vite sur ce départ et sur l’absence remarquée du prince, qui n’était pas sorti de ses appartements. Pour s’épargner les questions et nouvelles rumeurs de la cour, mais aussi pour s’éviter la douleur de se voir appeler qu’il n’avait pas réussis à faire perdurer sa relation, Densham parti pour Fainros peu de temps après le départ de Tevan. Il fut entouré de ses meilleures amies mais aussi de Khenna et Valentina, qui n’avait aucune envie que l’on harcèle Valentina au sujet de son frère. Ils seraient presque seuls là-bas durant un mois, de quoi aider la douleur à s’effacer un peu, de quoi laisser le temps au prince pour se préparer aux réactions. Densham ne comprenait toujours pas ce qui s’était passé, pourquoi ça s’était passé. Il passa tout son temps enfermé dans un quasi mutisme et à se mettre à pleurer sans évidente raison. Durant tout le temps qu’il avait pour se remettre au mieux, il fit une dépression, perdant du poids et l’envie de s’occuper. Il découvrit également sa première main de pouvoir, la droite, dont il ne parla à personne.
Il réussit à reprendre et à se préparer à toute remarque qu’il entendrait. Les dames de compagnies de sa mère furent adorables, ne lui parlant presque pas de sa séparation et ses connaissances du cercle de jeu ne dirent rien. Sa mère et son frère furent inquiets de le voir maigri, et Mélies réussit à être plus présent le temps que Densham retrouve une meilleure forme. Son père n’eut pas l’air de remarquer quoi que ce soit.

Il mit longtemps à ne plus penser à ce qu’il ressentait pour Tevan, et encore plus longtemps pour ne plus avoir aussi mal lorsque quelque chose lui rappelait le noble. Tevan était reparti en Esgal, à un poste d’archiviste dans une annexe de l’ambassade, loin de tout ce qui avait ruiné leur relation. Le prince ne risquait pas de le rencontrer de manière inopinée. Quelques fois le souvenir des moments heureux lui revenait violement en mémoire le faisant amèrement regretter de ne pas avoir su déceler plus tôt la détresse de son ancien compagnon. Il songea au voyage qu’il avait pensé faire avec lui, Maylane lui suggéra à un moment d’en faire un lui aussi pour se changer les idées. Densham trouva que c’était une assez bonne idée. Il en discuta longuement avec Nwiméa, qui ne vit aucune opposition à ce qu’il parte un peu. Il souhaitait se rendre dans nombre d’endroits, l’Inwerin, les montagnes du nord, le Maëldan, l’Esgal. Mais le regard de Densham se porta en premier sur l'Archipel Galaedor. Pour le côté ancestral et sauvage de l’archipel. Là-bas il songeait à se recueillir dans les temples pour profiter de la solitude afin de continuer à se remettre de sa séparation, mais aussi s’éloigner du sentiment d’infériorité qu’il s’infligeait face à son frère.

Les préparatifs du voyage commencèrent. Cela prit quelques mois et absorba toutes les pensées de Densham, le temps que des messages soient envoyés afin de prévenir les différents Jarls de la venue du prince sur leurs îles. Densham invita quelques amis à se joindre à lui. Il y avait –bien sûr- Maylane, Manérian et son épouse Dyna. Manérian était un métissé elfe et humain, et Dyna une sidhe. Si lui possédait des cheveux noir, des yeux d’un bleu très sombre et une stature assez carré, elle avait des cheveux d’un blond pâle, des yeux violets clairs et un corps tout en finesse. Ils s'étaient rencontrés après les fiançailles du couple. C’était Manérian, l’artiste, et ses toiles tournaient toutes autour de Dyna. Ils avaient alors peint souvent aux mêmes endroits, et le Prince et eux étaient devenus amis avec le temps. Si Maylane souhaitait juste voir du pays, les intentions du couple étaient avant tout artistiques, ce qui faisait qu’ils passeraient un moment tous les quatre en Galaedor, afin de satisfaire les envies de chacun.

Le départ se fit un matin de printemps. Densham, Maylane et le couple partirent sous bonne escorte, quatre soldats de la garde et quatre griffons supervisés par la capitaine Ataya, mais aussi avec leurs serviteurs. La troupe partit tranquillement pour rallier le port de Serelval. Le cortège se composait de deux voitures, les soldats et les griffons étant à cheval, et les chevaux des nobles et du Prince suivant le cortège. Quand il décidait de quitter la voiture pour chevaucher Plume, sa Laurëcaras couleur sable, le Prince détaillait non seulement la flore alentour, mais aussi leur escorte. La présence des Griffons d’argent avait quelque chose de rassurant, comme celle des soldats, et son regard ne se lassait pas de les épier, aussi discrètement que possible. Il débriefait souvent le soir avec Maylane, sur ce qu’ils avaient vu sur le chemin. Observer les soldats et les griffons d’argent étaient un vrai plaisir, les hommes étaient musclés et légèrement tendus de par leur vigilance constante, et chacun d’entre eux avait quelque chose de plaisant. Il y avait notamment un drow parmi eux, parmi les griffons d’argent plus exactement. Ce dernier se détachait du lot de par sa peau noire, et ses cheveux neige, lot de tous les drow, mais il y avait quelque chose qui attirait son regard en dehors de la peau sombre et des muscles bien dessinés, mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Le soldat Griffon fut le centre de beaucoup des discutions entre le sidhe et son amie, l’un comme l’autre lui trouvant un petit truc qu’ils ne savaient pas expliquer. Maylane lui fit aussi remarquer que c’était la première fois depuis Tevan qu’ils observaient ensemble des hommes musclés et des postérieurs galbés.
Les premières îles qu’il put voir depuis le bateau, laissèrent sans voix Densham. Elles étaient d’une blancheur presque immaculée, souvent inhabitée ou très peu peuplées. Les habitations étaient très simples, brutes et la marque du froid se faisait sentir sur les bâtiments et les gens. Cette première vision de l’Archipel confirma à Densham qu’il avait bien choisit la destination de son premier voyage. Enfin ils atteignirent l’île d’Hirador, la plus grosse île, de tout l’archipel elle en était le cœur.

Densham se faisait l’effet d’être un enfant. Il avait envie de tout voir, partout, en même temps car il se sentait impatient, mais ce n’était pas lui qui l’extériorisait, mais Maylane et Manérian, qui pointaient tout du doigt. Celle qui leur servait de guide principale n’était autre qu’Ataya, la capitaine de Griffons d’argent parti avec eux. Elle était originaire de Galaedor, et était partit de l’archipel lorsqu’elle était enfant, trouvant ensuite sa voie à Valin, tout d’abord dans la garde, puis chez les Griffons. Lorsqu’elle fut transférée à Fainros. Le drow qui était la source des nombreuses œillades dérobées de Densham et son amie, avait lui aussi de la famille en Galaedor, le Prince le nota dans un coin de sa tête.
Hirador était assez grande, et en faire le tour, et découvrir ses recoins même les plus sauvage prit du temps, mais un temps que le Prince ne jugea pas de perdu, au vu de la beauté que lui offrait l’île. La neige ne lui était pas étrangère, lorsque l’hiver recouvrait le royaume, il en tombait, mais jamais il n’avait vu de neige aussi persistante, et de véritable glacier et iceberg. La faune était toujours touffue, recouverte d’une fourrure dense ou de plumes ébouriffées, presque exclusivement de couleur blanche, et quelques fois mouchetée. Densham pu dessiner et même peindre de superbes paysages à différent moment de la journée, et eu tout le loisir d’étudier les animaux et d’effectuer un grand nombre de croquis de lagopèdes, de phoques, d’élans et de rennes, de renards blancs... Manérian pu peindre Dyna dans différentes tenues d’hiver, plus ou moins locales, et Maylane elle-même se prêta au jeu de modèle, ajoutant à leurs bagages plusieurs malles de fourrure et de robes. Au bout de quelques mois, ils se dirigèrent vers l’île d’Urdor, après avoir remercié le Jarl d’Hirador pour son hospitalité.
Urdor était le lieu où se trouvait les plus vieux temples d’Inwilis, et un lieu de pèlerinage très prisé. Les temples de vieilles pierres étaient magnifiques. Leurs murs extérieurs, imposant et s’élevant haut, étaient rongés et polis par le froid, effaçant partiellement certains bas-reliefs qui étaient visibles. D’autres bas-reliefs étaient partiellement sous la neige et la glace, d’autre encore étaient gravé à flanc de montagne, à même la roche dure. Les immenses portes, sculptées dans un bois dur et sombre, étaient percées de portes plus petites, permettant qu’on ne les ouvre pas entièrement. L’intérieur même des temples, semblait hors du temps, le silence lui-même était chargé d'histoire, et même Maylane et Manérian s’étaient tus lorsqu’ils étaient entrés.

De retour de son voyage en Galaedor, Densham n’échappa pas aux questions sur ce qu’il avait vu dans l’Archipel. Etant partit pendant près de dix mois, le Prince avait de quoi raconter. Il avait ramené de nombreux souvenir, pour sa famille, pour lui, pour ses amis également.
Il ramena pour sa mère, une demi-douzaine de corsets d’apparat, brodés avec des motifs Galaedoriens et garnis de fanons de baleine. Certains étaient en cuir d’élan, d’autres en peau douce de daim ou de phoque. Plusieurs éventails en fanons de baleine, normalement fait pour être décoratifs, mais pouvant tout de même être utilisés. Des pinces, des peignes et des ornements de cheveux en os de baleine, ivoire et or, une capeline de fourrure blanche fine, et une flute taillée dans de l’os de baleine.
Son frère eut une dague, à la garde taillée dans du bois d’élan, gravé et signé par l’artisan qui l’avait fabriquée. Une canne épée faite en fanons de baleine, avec un pommeau à tête de renard blanc, et un manche-fourreau gravé de motifs animaliers. Deux manteaux de fourrure à la peau tannée, l’un simple de couleur beige, l’autre beige et brodé, et un jeu d’échec aux pièces en ivoire et os de baleine, et au plateau en vielle pierre gravée.
Et il offrit à son père, une dague du même artisan que celle de son frère, mais au manche en os de baleine et orné de cuir de daim tressé, toujours signé par l’artisan. Il eut aussi une canne-épée en fanons de baleine, mais à la tête de lagopède et aux motifs représentant un décor de montagne, et également un manteau de fourrure à peau tannée, mais de couleur brun, et deux paires de bottes en peau de phoque.

Sa soif d’aventures et de découvertes fut étanchée pendant quelques années durant lesquelles il s’appliqua à bien classer ses notes, ses dessins, ses souvenirs... Il se fit aussi construire une résidence, près de Valin, où il entreposa la plupart des objets d’arts Galaedoriens qu’il avait ramené. Il fit de ses croquis et de ses dessins, des livres reliés en cuir, qu’il plaça dans ses bibliothèques, se promettant de la compléter d’autres ouvrages. Il savait qu’il ne repartirait pas immédiatement, mais qu’un jour il irait dans d’autres royaumes, et que là-bas il referait des dessins, des observations, et il comptait faire des sortes de journaux de voyage.

Quand il lui vint à nouveau l’envie de bouger, il décida que cette fois ci, ce serait l’Inwerin, plus précisément le royaume de la forêt d’Iricht, qui serait sa destination. Lorsqu’il l’invita, Maylane déclina l’invitation, elle était à présent mariée et son époux n’avait pas envie qu’elle voyage loin de lui pour le moment. Cette fois-ci, ce fut Jaspe, souhaitant se rendre à Or Blanc, Telion, son grand frère, qui voulaient l’accompagner et découvrir la forêt d’Iricht, qui l’accompagnèrent. Ainsi que Lioren, le petit-fils d’une dame de compagnie de sa mère, qui souhaita lui aussi faire partie de l’expédition. Son escorte de gardes et de Griffon d’argent s’agrandit, vu qu’ils étaient un peu plus nombreux que pour Galaedor. Mais à part l’ajout de deux soldats supplémentaires, son escorte armée fut la même que lors de son premier voyage, pour son plus grand plaisir. Il avait un peu conversé avec ses protecteurs en Galaedor, et avait toute confiance en eux, donc les savoir de nouveau du voyage lui plut, surtout qu’il y aurait le drow. Mais une ombre noircit légèrement le tableau, il n’y aurait pas de Maylane cette fois pour délibérer et observer avec lui.
Comme pour Galaedor, l’Inwerin fut averti de l’arrivée du Prince et de ses amis en visite. Ainsi quand ils arrivèrent à la frontière, un petit groupe armée les accueillit, venant renforcer leur escorte existante, et le seigneur Llewelyn Belestari, les accueillit au nom de la royauté.
La forêt était magnifique, c’était l’automne et les feuilles étaient alors ornées de superbes couleurs. Des camaïeux d’or scintillants, de jaune clair au jaune teinté de marron, de rouge vif au pourpre. Des couleurs chaudes et vibrantes, annonçant pourtant l’arrivée d’une saison froide et blanche. Les géants gris, tirant leur nom de leur tronc à l’écorce grise, gardaient leurs feuilles imposantes qui devenaient dorées, les autres arbres perdant leurs feuilles. Le Prince en ramassa plusieurs, comptant en faire un herbier de retour chez lui.
La première illumination qu’il vit de la capitale, Celebalda, resta gravée dans sa mémoire. Chaque illumination qui suivit fut tout aussi belles que la première, et le Prince ne se lassait pas de l’admirer depuis les jardins suspendus. Quelques fois Jaspe et Telion se joignaient à lui, mais le plus souvent Densham appréciait d’être seul, accompagné de deux griffons pour sa sécurité. Cette envie de « solitude » s’expliquait par ce qu’il avait découvert lors de la traversée de la forêt. Il avait ressenti sa seconde main de pouvoir lorsqu’il avait touché le tronc d’un géant gris. Il avait senti au fond de lui sa magie, et l’avait laissée couler jusqu’à sa main gauche, qui s’était veinée d’un vert légèrement brillant et doré, et il avait alors entendu les murmures de la forêt. Elle parlait, et quand elle avait vu qu’il l’entendait, elle lui avait parlé. Ces moments passés dans les jardins étaient l’occasion pour le Prince de laisser libre court à son pouvoir, et de voir ce qu’il pouvait faire en plus de parler aux arbres et aux plantes. Il découvrit qu’il avait plus qu’un lien de parole le liant aux végétaux, il pouvait également ressentir leur maux et les guérir, tout comme il pouvait accélérer leur pousse s’il le voulait. Au fur et à mesure du séjour, Lioren vint lui aussi dans les jardins suspendus, le soir pour assister à l’illumination.
Le noble n’était pas quelqu’un de désagréable. Poli et cultivé, il recherchait de plus en plus la présence du Prince. Ce dernier en était flatté au début, mais lorsqu’il apparut clairement que Lioren avait autre chose en tête qu’une simple amitié, l’avis de Densham changea. Si le noble n’était pas désagréable à regarder, ils n’avaient pas beaucoup de points communs, et le coté trop libre et volage du noble n’était pas pour plaire à Densham. Bien au contraire. Densham se demanda également si son titre princier n’était pas aussi ce que convoitait le seigneur Lioren. Il commença alors à esquiver habilement le noble, se rendant à Or blanc avec Jaspe, celle-ci désirant devenir prêtresse là-bas, multipliant les sorties en groupe et regardant l’illumination depuis ses appartements ou en discutant avec les griffons qui restaient avec lui. C’est en partie ainsi qu’il fit plus ample connaissance avec le drow qu’il se plaisait à observer du coin de l’œil, engageant la conversation au départ pour simplement paraître occupé. Un soir, au dîner, Densham ne put éviter que le noble s’installe près de lui. Si Lioren ne sembla pas presser Densham de ses avances, ne lui adressant la parole qu’afin de parler de la journée qui venait de passer, la jambe du noble vint se coller à celle de Densham, et sa main arriva quelques secondes après sur sa cuisse. Le prince se leva subitement, et balbutia quelque chose à propos d’un mal de tête affreux et virulent, et se dirigea vers l’extérieur. Ne pouvant partir seul, un Griffon d'argent le suivit à quelques pas de lui. Il s'agissait d'Araal, le drow. Après de longues minutes de silence, où Densham s’était accoudé à la rambarde et regardait la ville en dessous, il commença à parler, au départ sans forcément attendre de réponse du guerrier. Et alors que Densham commençait à vider son sac concernant Lioren et le fait que ce dernier ne l’intéressait absolument pas, mais qu’il ne savait pas comment s’en défaire sans le froisser, Araal proposa de manière sérieuse de l’arrêter dès qu’il serait à moins deux mètres du prince en prétextant une augmentation de la sécurité. Le sidhe était alors partit dans un fou rire sincère, imaginant Lioren se faire plaquer au sol la bouche en cœur.
Ils ne rentrèrent à l’ilmarin qu’occupait toute la délégation que tard quand la nuit fut bien entamée. Dès lors, quand Densham s’adressa à Araal, ce n’était plus avec l’idée de simplement éviter quelqu’un, mais bien car il voyait dans le drow un nouvel ami.

Durant plusieurs années le prince continua de voyager dans le nord, ramenant à présent des plantes et fleurs de chacun des endroits qu’il visitait. Chacune de ses nouvelles acquisitions trouva sa place dans les jardins de sa résidence particulière près de Valin. Il retourna sur quelques îles de l’Archipel Galaedor, visita pour la première fois les montagnes d’Inwerin, repassant avec plaisir par Celebalda et Or Blanc, il se rendit aussi en Maëldan.
Lors de ce dernier voyage, il fit une rencontre dont il aurait largement préféré se passer. Il était dans les landes avec son escorte et ses amis, chevauchant près de la forêt et profitant du beau temps. Rien n'annonçait qu'une cocatrix nichait dans la forêt environnante, et surtout que celle-ci était agressive envers quiconque passait trop près de son nid. Alors que le cortège passait le long du bosquet où nichait l'animal, ils subirent une attaque venue des arbres. Chassant les intrus à coup de cris stridents, de griffes et de bec, elle affola les montures qui cherchèrent à s’enfuir en galopant, créant une cohue générale. Dans la cohue formée par les animaux ruant en cherchant à fuir, Densham fut désarçonné de son Laurëcaras et se démit l'épaule droite en ayant le réflexe malheureux de s’agripper aux rennes. Alors au sol, la cocatrix le repéra et se jeta sur lui. Ne pouvant se défendre avec un seul bras, Densham eut le réflexe de protéger d'abord son visage, puis de se mettre en boule le plus près possible du sol. Il n'eut pas à subir longtemps les attaques de la cocatrix, Araal et Tëhernëtar avaient réussi à percer la cohue pour fondre sur l'animal. Ses compagnons d'armes arrivèrent bien vite pour l'aider. Ils durent mettre fin aux jours de la bête qui n'en démordait pas, et ne cherchait même pas à fuir, alors qu'elle était à demi morte. De retour aux appartements qu'il occupait, Densham, gravement blessé au bras et aux côtes, fut rapidement pris en charge par un guérisseur. Aucune blessure n’attentait à sa vie, et elles étaient suffisamment nettes pour guérir sans laisser d’autre chose que de très fines cicatrices, mais le sidhe refusa de sortir de ses appartements, refusant même d’ouvrir les rideaux, de peur que ce qu’il prenait pour des oiseaux ne soit en fait la cocatrix venant finir de le tuer, malgré qu’il ait vu cette dernière mourir des mains du drow. Il n’accepta de sortir que lorsqu'Araal lui jura de ne pas le quitter d’une semelle à l’extérieur, et qu’il le défendrait encore s’il y avait le moindre danger. Ce que le drow fit, ne le laissant seul que lorsque Densham le lui demandait.
Quelques mois après leur retour du Maëldan, l’ambiance fut à la célébration. Araal recevait sa promotion en tant que lieutenant au sein des griffons. Il avait été choisi car ses états de fonctions étaient irréprochables, et qu’il avait une personnalité suffisamment forte afin de superviser plusieurs soldats, Ataya avait elle-même recommandé le drow, et personne n’avait vu d’objections pour empêcher le drow d’être promu. L'évènement n'était pas anodin, et ce qui dans d'autres factions de l’armée n'était qu'une cérémonie entre soldats, était, pour les Griffons d'Argent, quelque chose de bien plus important. Ce fut Daerion en personne qui donna à Araal ses nouveaux gallons, et l'épée traditionnelle offertes aux hauts officiers des Griffons. Mélies et Densham furent de la cérémonie, et le prince avait senti son cœur s’envoler pour son ami et sauveur, fier de voir ses efforts récompensés à leur juste valeur. Il était heureux, et le sourire qu’eut Araal pour lui en le voyant auprès du roi, acheva de combler son bonheur. Il prit quelques minutes du temps du Drow pour le féliciter lors de la fête moins officielle qu’avaient organisés les Griffons pour leur nouveau lieutenant.  

Cette promotion fit que le Prince et le Griffon se virent moins, Araal étant beaucoup plus prit par ses responsabilités qu’auparavant, et Densham n’ayant pas d’autres excuses pour le voir que de simplement voir un ami. Et ce manque se fit ressentir pour ce dernier, lorsqu’il planifia son voyage pour se rendre en Esgal. Ce voyage serait l’un des derniers avant longtemps, et l’un des plus longs qu’il ferait, l'Esgal ne se rejoignant pas qu'en quelques jours. Ce serait le prétexte à de longues escales en Andanorië. Comme d’habitude il ne partit pas seul. Son escorte de gardes et griffons fut la même, excepté pour Araal qui ne pouvait être du voyage, quant à ceux l’accompagnant, il y eu dame Eerina, une des suivantes de sa mère. Son mari Gareth et sa fille Alenia l’accompagnaient. Il y aurait également le seigneur Lioren, au grand plaisir d’Alenia, au plaisir plus mitigé de Densham. Depuis Celebalda, le noble n’était plus aussi collant, et ils ne se voyaient que peu, mais le Prince redoutait une rechute, et là, aucun Araal ne serait présent pour le « protéger ».


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Densham
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Peuple : Sidhe
Second(s) Métier(s) : Régent du royaume du Falast
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Date d'inscription : 22/06/2008

MessageSujet: Re: Densham Menel'Wileen, prince régent de la couronne du Falast   Mer 21 Juin - 16:06

La première étape de son voyage fut la capitale même de l’Andanorië, Fendassë, où il fut reçu par la reine Neijaya Al’Nerin en personne. La beauté de la capitale portuaire et l’avenance de la reine, adoucir la peine qu’avait Densham à ne pas avoir son ami à ses côtés, et le séjour commença sous les meilleurs hospices. S’il avait des inquiétudes vis-à-vis du comportement de Lioren, Densham fut rassuré de voir qu’à Fendassë, ce dernier se tint bien, ne lui faisant aucuns sous-entendus, ou de si légers que le Prince se dit qu’il avait mal comprit. Ses tenues Falastoises laissèrent place à des tenues bien plus légères à porter, riches de broderies et typiquement Andoréennes, et à mi séjour, il avait déjà fait partir un navire contenant des tenues du même genre. Il y en avait pour sa mère, Maylane, quelques dames de la cour qui lui avait passé commande, et bien sur son père et son frère. Il avait aussi pris des objets décoratifs pour orner sa résidence de Valin. Il fit aussi envoyer quelques cadeaux pour Araal, trouvant des chemises en soie plutôt sobre, de bonne facture et qu’il voyait parfaitement s’accorder à la peau sombre du drow, et un sabre d’ornement. Il avait aussi trouvé d’autres présents, mais avait plutôt envie de les lui offrir en main propre, comme prétexte pour lui prendre un peu de son temps. Il avait hâte de revoir le drow pour lui montrer les dessins de la ville, du port, de la mer et des scènes de vie qu’il avait peinte. Pour lui parler de ce qu’il avait pu manger, toucher, faire. Plus d’une fois il avait trouvé dommage que le drow ne soit pas là, il aurait aimé la capitale Andanoréenne.
Son étape en Andanorië fut longue, autant qu’un vrai voyage en fait, mais il en repartit le teint hâlé, les bras chargés de cadeaux, de dessins, et la tête pleine de souvenirs. Sur la route le menant à Dhaval, il prit le temps d’écrire à sa mère et à Araal, pour leur donner des nouvelles. En Esgal, il fut accueilli par le roi Orallen, et son époux Delkhad. Le couple eut d’emblée la sympathie de Densham. Une sympathie toute égoïste, car elle était d’abord motivée par le fait que Densham pouvait quelque peu s’identifier aux époux. Orallen était de la famille royale, tout comme lui-même était Prince, et le fait que ce soit deux hommes lui rappelait ses propres préférences. Cependant, lui-même n’aurait très certainement pas à gérer un royaume, à moins qu’il n’y ait un problème vis-à-vis de son frère. On lui en demandait beaucoup moins qu’à Mélies, il le savait et en était quelque peu soulagé, grâce à cela il pouvait voyager et se passionner pour beaucoup de choses sans que cela ne dérange, mais tout de même, il pouvait y avoir des histoires d’alliances ayant finalement besoin d’un mariage, de descendance, même si ses enfants ne seraient pas les héritiers directs, et tout ça le tourmentait toujours. La situation n’était plus la même qu’il un a plus de deux siècles, lorsqu’il aurait pu se marier, il se pouvait que s’il trouvait quelqu’un on ne l’autorise pas à l’épouser pour des raisons politiques.
Sa mère aimerait être grand-mère, mais elle lui avait dit que ce n’était pas grave elle n’en avait pas de sa part. Malgré tout, la nature plutôt anxieuse et soucieuse de plaire de Densham le faisait encore s’inquiéter de tout, un trait que son ami drow lui reprochait, car Densham n’osait jamais réellement s’affirmer à cause de ça.
Une amitié se tissa naturellement entre le Prince et le souverain au fil des mois, et Densham pu lui confier quelques-unes de ses inquiétudes. Pour beaucoup elles avaient été aussi celles du roi avant son couronnement, et quelques temps après, et il avait lui-même décidé de vivre heureux et serein. Si lui la question de la descendance avait été primordiale, il avait aussi réfléchi au fait que dans sa famille proche, il y avait déjà des enfants, et il était en train de réfléchir au fait de nommer l’un d’entre eux à sa succession. Tant qu’il faisait partie de sa famille, son hériter, ou son héritière, ne serait pas contesté et totalement légitime. Et le peuple se fichait de savoir avec qui il était marié, tant que le royaume restait sa priorité. Ces discussions avaient apporté un certain réconfort à Densham. L’entendre de la part de quelqu’un de plus objectif lui avait fait du bien, et il se demanda s’il ne pourrait pas réussir à laisser sa chance à quelqu’un une nouvelle fois, tout le monde n’avait pas forcément peur d’être projeté au centre des attentions. Il pourrait tout à fait trouver quelqu’un avec qui il pourrait vivre heureux, même s’il était prince. C’était durant cette période que Lioren revint doucement à la charge, le sentant sûrement un peu plus sûr de lui. Mais il ne fut pas aussi abrupt qu’en Inwerin. Si au début, Densham ne dit rien, se demandant s’il ne pouvait pas donner sa chance au noble au final, au moins en essayant de le connaître plus profondément, il se sentit rapidement mal au sujet de cette décision. Son esprit substitua rapidement l’image de Lioren, comme possible compagnon, pour celle d’Araal. Si au départ le sidhe ne savait pas trop si c’était parce qu’il cherchait juste l’image de quelqu’un de qui il était proche, à mesure que le temps passait il fut sûr qu’en fait il voulait réellement que Araal partage sa vie autrement qu’en tant qu’ami.
Il avait accepté depuis plusieurs jours de passer l’après-midi avec Lioren, ils avaient déjeuné ensemble, et avaient profité des terrasses suspendues du palais, où ils étaient au calme et avait parlé de tout et de rien, passant de ce qu’ils avaient aimé à Fendassë et ses environs, à ce qu’ils comptaient faire dans les prochains jours et pourquoi pas dans quelques années. Leurs projets concernant ce dernier point étaient radicalement différents. Si Densham était sûr de vouloir une vie plutôt rangée, Lioren était certain qu’il ne voulait pas de ce genre de vie. Il ne se voyait pas fidèle à une seule personne, ce qui ne voulait pas dire qu’il n’aimait pas réellement ceux avec qui il voudrait être plus intime. Au contraire, son cœur était assez grand pour aimer plusieurs personnes à la fois. Densham n’avait pas apprécié du tout ce point de vue et lui avait répondu que pour lui s’était différent, s’il aimait quelqu’un, il n’aurait aucunement envie de voir ailleurs. Lioren s’était approché en expliquant qu’actuellement le Prince n’avait personne, et qu’à sa connaissance son cœur n’appartenait encore à personne, donc il n’irait pas « voir ailleurs » si jamais il se passait quelque chose entre eux. Lui-même n’avait personne en ce moment, donc ce ne serait pas tromper non plus du côté du noble. Le plaisir pouvait laisser sa place quelques instants aux sentiments, le temps d’une nuit ou de quelques mois. Alors que le noble se rapprochait, Densham sut que depuis le fameux soir à Celebalda, il avait quelqu’un à qui il voulait donner son cœur. Depuis, il avait cherché la compagnie de Araal, qui lui avait même été indispensable après l’incident avec la cocatrix. Le drow l’intriguait depuis son premier voyage dans l’archipel Galaedor où il avait passé tout le séjour à l’observer en coin avec Maylane, il avait aimé son physique, son sourire quand il l’avait vu, et ne s’était pas privé pour le regarder sous toutes les coutures à son insu, rendant le voyage encore plus agréable. Mais il avait appris depuis à aimer sa personnalité et ce qu’il était réellement, à Celebalda. Et il avait aimé ce qu’il avait découvert, il avait aimé chaque moment passé avec le drow depuis, se sentant bien en sa compagnie. Et quand il n’était pas avec lui, il aurait aimé qu’il le soit. Il s’était déjà surpris à être un peu jaloux de certains des griffons d’argent, femme ou homme, mais avait cru que c’était juste parce qu’il aurait aimé avoir l’exclusive amitié du drow qu’il ressentait ça, et s’était alors sentit incroyablement égoïste. Mais en réalité il aimait Araal.
Il avait alors repoussé Lioren, lui expliquant qu’il ne voulait pas de son aventure sans lendemain. Il n’était pas et ne serait jamais ce genre de personne. Le noble décida d’ignorer la main qui le repoussait et le força à l’embrasser malgré tout. La main qui ne le repoussait pas le frappa alors en pleine figure, le faisant reculer et basculer. Le poing encore fermé, Densham lui expliqua alors que lorsqu’il disait non, c’était non, et pas peut-être et encore moins oui. Il ne voulait plus le voir pour ce soir, et ne voulait plus entendre parler de plaisir, d’aventure, ou de quoi que ce soit d’autre concernant une possible chose entre eux deux. Le lendemain, Lioren se tint à carreau. Il se contenta de le saluer et de lui demander comment il se portait, mais il ne chercha plus à lui faire comprendre qu’un moment seul en tête à tête lui plairait. Il expliqua l’énorme bleu sous son œil par une chute dans sa salle d’eau. Ils le crurent tous, sauf peut-être Delkhad, qui fit comprendre à demi-mot à Densham qu’il se doutait de comment était réellement arrivé ce bleu, expliquant qu’il trouvait étrange qu’un carreau de carrelage porte des bagues. Mais il ne lui demanda jamais de confirmer ou d’infirmer les conclusions qu’il avait tirées.

Bien que ce soit lui qui avait voulu partir jusqu’en Esgal, et qu’il était heureux d’être là-bas, Densham se mit à compter les jours le séparant du retour à Fainros. Le Prince faisait toujours de longs voyages, et souvent il trouvait que même s’ils duraient de longs mois, ils étaient plutôt courts dans une vie Sidhe. Mais là, depuis qu’il avait réalisé ses vrais sentiments pour Araal, il n’avait qu’une hâte, le revoir, et pourquoi pas, lui avouer tout. Cette hâte ne l’empêcha pas d’être triste et ému lorsqu’il du partir, promettant au Orallen et Delkhad de leur donner des nouvelles. Il dit également au revoir à dame Eerina et son mari, qui avaient décidés de rester en Esgal, d’où venait Eerina. Le voyage du retour se fit en plus petit comité qu’à l’aller, et avec un Lioren qui se tenait bien, le Prince n’eut que son ami drow en tête.
Sa première déception quand il rentra, fut que Araal n’était pas là. Le Griffon, élevé au rang de capitaine durant l'absence du Prince, avait dû partir en patrouille, et ne serait de retour que dans quelques jours. Densham fit donc le déballage des cadeaux pour sa famille, qu’ils viennent de lui ou des souverains et nobles qu’il avait rencontré lors de son voyage. Il fit acheminer ses propres affaires à sa résidence de Valin, de la décoration, ses dessins et poèmes, des feuilles et fleurs séchées en herbier, mais également des fleurs et plantes vivantes qu’il ferait repiquer et pousser dans ses jardins. Il avait déjà ramené d’autres plantes de ses précédents voyages, elles trouveraient leur place à leur côté. Sa seconde déception fut envers lui-même quand il n’arriva pas à dire à Araal ce qu’il ressentait. Le Griffon d'Argent était revenu, et il avait attendu le surlendemain de son retour pour se l’approprier un peu, le laissant faire son rapport, et se remettre un peu. Il l’avait alors invité à déjeuner, comme il faisait souvent, avec la ferme intention de lui dire tout après lui avoir offert ses cadeaux. Mais rien n’était venu, ils n’avaient fait qu’échanger sur le voyage, le nouveau grade de Araal, les différents présents, ils s’étaient retrouvés avec plaisir, mais Densham ne réussit pas à dire au capitaine ce qu’il ressentait, qu’il avait découvert qu’il l’aimait en allant a des milliers de kilomètres loin de lui. Il se donna alors le défi de réussir à lui dire tout ça un jour, et essaya presque à chaque fois où il le vit. Maylane devint sa complice d’aveux, puis Jaspe, revenue d’Or Blanc depuis peu, devint elle aussi sa complice.
Le temps passa sans qu’il n’y arrive, et il entra dans une routine qui lui convint. Il se rendait parfois plusieurs semaines à sa résidence d’Olmbryn, où il prenait soin de ses plantes avec qui il conversait également. Il avait aussi quelque fois Maylane et sa famille de passage pour quelques jours. Son mari était rarement là, mais ses enfants toujours. Il dut batailler pour qu’Hectior, le fils de Maylane, l’appelle par son prénom lorsqu’ils étaient loin de la cour, et expliquer à Mieline pourquoi il avait plus de bijoux que toutes les dames de la cour réunies. Les enfants de Maylane étaient vifs et très curieux, et ils ne se lassèrent jamais d’entendre les récits de ses voyages, ponctués des dessins qu’il avait faits. Mieline adora ses dessins, et elle vint prendre quelques cours auprès de lui en grandissant. Elle lui suggéra, lorsqu’elle commença à devenir une vraie petite femme et qu’elle s’intéressa presque autant que lui aux bijoux, de voir s’il ne pouvait pas dessiner ses propres bijoux. Le Prince trouva l’idée intéressante, et même très bonne, et il ne s’arrêta pas au dessin de bijoux, dessinant aussi pour des vêtements et même des chaussures. Sa première création de bijou il l’offrit d’ailleurs à Mieline, pour la remercier de son idée, c’était une parure d’or jaune comprenant boucle d’oreilles, bracelet et collier, paré de topaze et d’ambre, sertit sur des chaînes aux mailles fines, qu’il avait nommé douceur de miel.
Lorsqu’Aurora et sa lieutenant, Callistège Meggen, décidèrent –enfin- de se marier, il leur dessina deux parures assorties et se complétant. C’était son cadeau de mariage. Elles étaient composées d’un collier divisé en trois longues chaînes d’or blanc aux mailles fines, serties d’améthystes, de quartz rose et de turquoises faisant comme de petites gouttes perlant le long des chaînes. De boucles d’oreille pendantes dans les mêmes matériaux, et d’un bracelet. Ce dernier n’était pas qu’en deux exemplaires pour Aurora et Callistège, mais aussi pour leurs deux filles, Camil et Sirine, et leur fils Alligern. Pour ce dernier, les mailles étaient plus larges pour ne pas trop contraster avec ses poignets assez larges eux aussi.

Quelques années après son retour d'Esgal, il apprit avec tristesse la mort d'Orallen, et fit un voyage rapide jusqu'en Esgal, afin de présenter lui-même se condoléances à sa famille et à Delkhad. Le compagnon du roi avait eu le temps de se préparer à l'idée de la mort du roi, mais malgré tout, le deuil lui fut difficile. Densham correspond encore avec lui aujourd'hui, pour prendre des nouvelles de son ami.
Le prince aurait pu vivre ainsi jusqu’à la fin de sa longue vie ; entre les réceptions qu’il organisait où auxquelles il était invité, Araal, ses jardins, les parties de jeux, ses peintures, ses autres activités artistiques, sa mère… Rien n’aurait pu lui faire croire que tout basculerait du jour au lendemain.

La souveraineté du Falast avait depuis toujours, des accords avec les hardes de centaures parcourant les plaines. C’était des accords stipulant les territoires alloués aux quadrupèdes, le fait qu’ils ne pouvaient rendre justice par eux même comme il est d’usage au sein d’une harde, et le respect des terres agricoles. En échange, les seigneurs Falastois les laissaient vivre dans leur royaume. Mais certaines Hardes voyaient depuis toujours ces accords d'un mauvais œil, souhaitant plutôt réinstaurer le mode de vie de leurs ancêtres, considérant que les Falastois n'avaient fait que les oppresser avec des lois qui n'étaient pas celles des centaures. Les terres cultivées des Falastois furent saccagées un peu partout dans le nord du royaume. Des paysans et éleveurs retrouvèrent leurs champs piétinés et pillés, leur bétail massacré. Puis les hardes qui étaient à l’origine de ces crimes refusèrent de se rendre en justice.
Le coup de grâce fut porté lorsque l’un des seigneurs, venu afin d’appliquer la justice du roi, fut massacré avec toute son escorte. Les hardes qu’il était venu arrêter refusèrent de se rendre, et se lancèrent contre les gardes et soldats. Aucun n’en réchappa, et les villages alentours furent également pillés et incendiés, les centaures voulant montrer leur force, assoir leur volonté et prouver qu’ils n’accepteraient pas d’autres voies que celle de la guerre.

Cet acte signa le début d’une guerre ouverte entre les troupeaux libres et la souveraineté. Beaucoup de centaures furent stigmatisés, et Mélies dut jouer sur deux fronts. D’un côté il devait mâter les hardes qui se dressaient contre lui, de l’autre protéger les centaures fidèles aux accords passés avec la couronne. Densham resta à Fainros durant cette période, il valait mieux pour le Prince ne pas s’exposer aux centaures en se rendant à sa résidence, même protégé. L'armée Falastoise devait, chaque jour, faire face à de nouvelles attaques. Et lors des batailles auxquelles il savait qu’Araal participait, Densham priait ardemment tous dieux susceptibles de garder le drow en vie, de lui éviter d'être blessé, d'être fait prisonnier ou pire.
La situation s'aggravant encore, les centaures continuant d'incendier et ravager le nord du royaume, Mélies prit la décision de se rendre sur le front. Son frère clama qu’un roi devait montrer l’exemple, et prouvant que les seigneurs Falastois n’étaient pas des couards se cachant derrière leurs armées. Les journées devinrent encore plus longues et tendues, tant pour Densham que pour sa mère. À chaque estafette venant du champ de bataille, leur cœur se serrait, et ils étaient angoissés à l’idée d’entendre de mauvaises nouvelles. La plupart de leurs journées se passaient silencieusement. En l’absence de Mélies, Densham prit en main les affaires courantes, déchargeant ainsi son frère, et lui permettant de se consacrer entièrement à la guerre civile qui menaçait le royaume. Nwiméa l’aida à traiter les affaires, et Densham prit vite le pli. Son frère le remerciait chaque fois qu’il rentrait au château pour quelques temps. Il prenait des nouvelles de Araal par les biais des blessés rentrant pour se faire soigner, des lettres qu’il lui écrivait auxquelles la réponse était toujours longue à venir, mais également par celui de Jaspe, qui faisait partie des guérisseurs apportant bénévolement leur aide sur le front. Densham savait qu’au moindre souci elle le ferait prévenir, mais il ne pouvait pas s’empêcher d'attendre fébrilement les messages du Griffon d'Argent. Ces jours d’angoisse le faisaient amèrement regretter de ne pas avoir su confesser ses sentiments au drow, et il se jura de le faire lorsque tout irait mieux. S’ils vivraient encore longtemps, Araal et lui, ils n’étaient pas immortels pour autant, et cette guerre civile venait de le lui rappeler. Qu’importait sa timidité, la peur de se voir rejeter en bloc et de peut-être même perdre un ami, s’il arrivait quoi que ce soit au capitaine, le Prince regretterait tout le reste de sa vie de ne jamais lui avoir dit qu’il l’aimait.

La guerre civile eut une fin brutale, comme c'est souvent le cas avec les guerres. Son frère qui se battait aux côtés de ses soldats, fut isolé, désarçonné, puis piétiné par les centaures, avant que les Griffons d'Argent ne puissent le secourir. Ses officiers supérieurs subirent le même sort. Densham devrait apprendre plus tard que les Griffons d'Argent s'en remirent à Araal pour les commander au cœur de la bataille, et que ce dernier leur permit de tenir bon jusqu'à l'arrivée du vieux roi. Daerion venait de remporter une victoire en repoussant une partie des Hardes vers son fils, enfonça le flanc droit des Hardes, rejoignant les Griffons d'Argent qui se battaient au centre, tenant fermement leur position. Le flanc gauche fut enfoncé par les dragonniers de Valin, écrasant les Hardes. Ces dernières débandèrent, et finirent par donner leur reddition alors que Mélies était emporté à Fainros. Ce fut Daerion qui accepta leur reddition à la place de son fils. Les chefs de Hardes rebelles furent exécutés, payant pour avoir brisés les accords royaux, attentés à la vie du roi, et pour avoir mis le pays à feu et à sang. Mélies ne devrait jamais se remettre. Les guérisseurs se relayaient à son chevet. Si le roi était en vie, il n'était pas conscient, et n'avait pas repris conscience depuis que les Griffons l'avaient secouru. Le royaume tout entier retenait son souffle, dans la crainte qu'il ne se réveille jamais. Mélies ne pouvait gouverner, du moins pas tant que son état ne montrerait pas de signe d'amélioration.
Daerion ayant abdiqué au profit de son fils ainé, ne souhaitait pas plus aujourd'hui qu'hier, d'avoir à porter à nouveau le poids de la royauté. Son choix et celui de la noblesse dirigeante Falastoise se porta alors sur Densham, Mélies n'ayant aucun descendant direct, pour assumer la fonction de roi. Densham fut alors propulsé à la position de Prince Régent, se retrouvant à devoir régner dans l'attente que son frère ne guérisse ou ne meure un jour.

Peu de temps après sa nomination en tant que Prince Régent, Densham se rendit alors sur ce qui avait été le dernier champ de bataille de cette guerre civile. L'armée de son frère, ou plutôt, son armée à présent, y était encore stationnée, soignant ses blessés et enterrant ses morts. A peine arrivé, il rendit visite à son frère. Mélies était étendu sur un lit, couverts de bandages, d’ecchymoses. Les guérisseurs lui expliquèrent alors l’étendu des blessures qu’avait le roi. Il avait eu le crâne enfoncé, presque tous ses os brisés, ses organes internes avaient beaucoup soufferts, et il avait subi plusieurs hémorragies à la fois. Même après cinq jours de soins intensifs, si la plupart des blessures n’étaient pas encore guéries, le roi n'avait jamais repris conscience depuis qu’on l’avait amené, et ne montrait aucun signe allant dans ce sens. Tout ça ne lui donna que l’envie de pleurer. Il se retint. Il parla à son frère, espérant qu’il l’entendait, lui demandant de tenir bon, pour lui, pour leurs parents, mais aussi pour le peuple. Il n’avait pas l’impression de pouvoir être à la hauteur, et de pouvoir faire un aussi bon roi que Mélies.
Puis il fut entouré des officiers supérieurs et des nobles ayant participés à la guerre. Il fallait décider de ce qu’il convenait de faire avec les prisonniers centaures qu’ils avaient fait, et de comment renouveler les accords, si Densham acceptait aussi la reddition des hardes, ou s’il fallait faire un exemple drastique. Après un long après-midi de discussion, la décision fut prise de laisser les centaures prisonniers élire de nouveaux chefs de Hardes. En échange de leur vie, les Centaures devraient jurer sur leur honneur, allégeance à la couronne Falastoise, Densham ne voulait plus voir couler de sang de manière inutile.
Jaspe l’attendait à la sortie de sa réunion avec les officiers. Dans un premier temps, elle s’excusa de ne pas avoir pu lui transmettre le message par rapport au fait que Araal était blessé, elle avait été dans les premières à se rendre au chevet du roi et avait comme les autres épuisé ses forces et sa magie à maintenir le roi en vie, et à tenter de le guérir. Il l’excusa tout naturellement, et elle le guida jusqu’à la tente où était soigné le capitaine. Densham put voir Araal avec quelques bandages, remonter le moral des soldats blessés l’entourant. Cette vision réussit à lui tirer un léger sourire, si tout semblait s’emballer et aller trop vite, et dans un mauvais sens, voir le Griffon d'Argent en bonne forme fut une bouffée d’air frais. Il s’occupa par la suite des accords de paix, son père le conseillant, et accepta officiellement la reddition des centaures.  
Les centaures virent déposer leurs armes à ses pieds. Densham les attendait, avec l’armée derrière lui. Entouré des officiers supérieurs et de la noblesse Falastoise, il avait attendu que les nouveaux chefs des Hardes, Rheel’Gar, Unt’Oso, et Yones’Aash, viennent, armes en main, et s’inclinent devant lui, posant les armes au pied de sa monture, et jurant alors allégeance et loyauté à la couronne du Falast.

Plus de sept ans ont passé depuis la fin de la guerre civile. L'état de Mélies n'a pas évolué, passant simplement de la mort imminente à une certaine stabilité, sans montrer pour autant d'amélioration. Densham, en tant que Prince Régent, s'est retrouvé avec une charge de travail considérable, et nouvelle. Devoir gérer un royaume entier, même avec l'appui des Ducs et des autres nobles, et les conseils de son père, était un changement énorme par rapport au train de vie qu'il menait avant. C'était vers lui que l'on regardait dans l'attente d'une décision, lui qu’on questionnait et lui qu’on suivait. Il reprenait les rennes d’un royaume qui avait été gouverné d’une main de maître avant lui, et malgré qu’il n’ait jamais entendu dire de mal de ce qu’il faisait, il se sentait gauche et maladroit par rapport à son frère. Le peuple appréciait grandement Mélies, et même si le roi n’était pas mort lors de la dernière bataille, il avait longtemps été en deuil de son souverain. Le Prince Régent ne s’en sentait que plus regardé, épié et jugé. Son père était à ses côtés, et s’il l’aidait beaucoup dans la compréhension de ce qu’était gérer un royaume. Il le soutenait dans ces fonctions royales, mais Densham voyait bien que le vieux roi s’en voulait que Mélies ne puisse plus assurer ses fonctions. Le fils qu’il avait élevé et préparé toute sa vie lui était enlevée, et ne reviendrait peut-être plus jamais. Le roi s’excusait quelques fois, en marmonnant qu’il aurait dû rester aux côtés de son fils aîné. Il n’eut pas le soutient d’un père à son fils -après tout il s’agissait de son frère qui était plus que mal en point- mais il n’avait plus aucune d’attente vis-à-vis d’un quelconque amour paternel.
L'une des plus importantes missions qu'avait eues Densham, avait été d'apaiser les esprits, et continuer le travail de Mélies sur la protection des centaures, qui se voyaient exclus. La méfiance était encore présente, la trahison trop fraîche dans les esprits, et elles mettraient bien plus de temps à s’effacer que les dégâts matériels qui avait été causés par les Hardes.  
Il avait également fallu enterrer les morts des deux camps, laisser les deuils se faire un peu, puis commencer la reconstruction du royaume. Heureusement que les ducs pouvaient gérer en grande partie les rénovations sur leurs terres, Densham ne leur donnant que directives et aval. Il avait déjà fort à faire à Fainros même. Il lui fallait distribuer médailles d'honneur et promotions au sein de l'armée. Nombreux avaient été les soldats courageux, et leur officiers supérieurs compétents et habiles. Parmi eux se trouvait Araal qui fut nommé Général. Sans ses aptitudes à prendre de rapides décisions et sa ténacité au combat, la guerre serait peut-être encore d'actualité. Comme pour la promotion au rang de lieutenant. Il n’y eut pas de célébration cette fois-ci, l’ambiance n’était pas à la fête.

Densham n'a toujours pas osé avouer ses sentiments pour Araal. Le prince régent s'est dit qu'il le ferait plus tard, qu'il aurait d'autres occasions. Mais il n'avait pas pris en compte le fait que le Griffon d'Argent, maintenant général, aurait un emploi du temps tout aussi chargé que lui, et que ces emplois du temps n'étaient pas forcément compatibles, surtout si peu de temps après la guerre civile. Ils commencent à pouvoir se revoir plus aisément depuis peu, les stigmates de la guerre s'effaçant.


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Isil
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MessageSujet: Re: Densham Menel'Wileen, prince régent de la couronne du Falast   Sam 24 Juin - 22:38

Bienvenue à nouveau Densham !

Bonne continuation !
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Araal Nerevar Vanarden
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MessageSujet: Re: Densham Menel'Wileen, prince régent de la couronne du Falast   Dim 25 Juin - 0:41

Au plaisir de continuer notre danse mon prince.


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Densham Menel'Wileen, prince régent de la couronne du Falast

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