AccueilPortailGalerieFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Au retour d'une promenade

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nueonia
Souverain
avatar

Peuple : Dryade
Second(s) Métier(s) : Ancienne cultivatrice
Nombre de messages : 47
Date d'inscription : 01/06/2009

MessageSujet: Au retour d'une promenade   Jeu 20 Avr - 16:34

Le sourire de Parthalan lui semblait chaque fois plus radieux. Il avait beau avoir des crocs à la place des canines du bas, il avait beau avoir un visage trop taillé à la serpe pour être réellement agréable à regarder selon beaucoup, elle le trouvait de plus en plus beau, de plus en plus parfait. Elle aimait ces crocs et le visage qui allait avec : ce nez aquilin, cette bouche large autour de laquelle des rides se formaient quand le roi souriait, ces yeux d'un rouge parsemés d'or. Lorsque son époux se baissa pour flatter sa monture, ses sourcils se froncèrent légèrement, creusant de nouvelles petites rides.
Nueonia sursauta un peu en se rendant compte qu'elle n'avait pas du tout écouté ce qu'il venait de lui dire et qu'elle avait passé son temps à le regarder, ce qui n'était pas forcément très poli. Tout juste avait-elle saisit quelques mots au sujet d'une revanche.

-Oui, bien sûr ! Je vous accorderais volontiers une revanche, je n'ai pas été très équitable en partant à peine ma phrase terminée. Mais j'ai tout de même gagné.

Elle se rabrouait intérieurement tout en disant ça. Il était évident que si elle commençait à apprécier le roi, peut-être même un peu plus qu'apprécier, elle n'avait pas à le regarder aussi fixement, surtout en détaillant son visage. De quoi avait-elle l'air ? Et s'il pensait qu'elle le regardait parce qu'elle se moquait de lui, ou qu'elle le jugeait mal, ou le trouvait apeurant comme la première fois où elle l'avait vu ? Et si Parthalan ne la trouvait pas du tout à son goût et que ça expliquait sa gêne en sa présence. C'était ça, il l'aimait bien mais sans plus, il ne savait pas comment lui dire ou lui montrer. Et peut-être avait-il remarqué que la dryade commençait à l'apprécier, ce qui ajoutait à son malaise. Après tout, face à dame Iseabel elle était si fade : avec ses cheveux qu'elle arrivait tout juste à démêler et qu'elle ne pouvait coiffer, ses yeux bleus quelconques, ses mains un peu caleuses aux ongles abimés à vie par le travail, ses épaules un peu trop carrées, ses genoux noueux...
Dame Iseabel était magnifique : toujours bien apprêtée, avec des cheveux blonds soyeux qu'elle coiffait comme elle le désirait, des mains fines et délicates, sa famille prestigieuse, elle était impétueuse et chassait aussi tout comme le roi, elle avait sa prestance et son assurance. Elle qui osait à peine parler lors des repas, qui ne connaissait le roi que depuis peu et qui ne venait qu'une d'une simple famille de paysans ; elle ne pouvait rien face à la noble qui le connaissait depuis bien plus longtemps et avec qui il semblait bien plus à l'aise.
Nueonia lui offrit tout de même un sourire sincère lorsqu'il évoqua de venir avec elle dans les landes une prochaine fois qu'elle s'y rendrait.

-Et je serais ravie que vous veniez avec moi lors d'une prochaine ballade dans les landes. Vous pourriez avoir votre revanche dans les formes à ce moment là, avec des témoins et des règles définies. Comme ça je ne pourrais plus vous prendre de cour. En plus la bruyère est en pleine floraison, il y a des endroits où c'est intégralement recouvert de leur fleurs violette et bleues c'est splendide !

***

Si elle avait eu un petit coup de mou au tout début de leur visite d'Armenelos en se rappelant à quel point elle avait du paraître idiote à fixer le roi, ce sentiment s'était bien vite envolé avec la traversée des premiers quartiers.
Au début calme, la promenade avait passée un cap lorsque quelques personnes les reconnurent, puis un peu plus, et si certains regardaient de loin quelques uns leur lancèrent des salutations, des compliments pour leur mariage et des félicitations. Elle entendit aussi quelques compliments sur elle, parfois échappés à voix haute et en rougit. Elle n'était pas sûre de mériter ces compliments et l'attention. Après tout elle était que l'épouse du roi, elle n'avait pas -ou pas encore- de véritable rôle politique. Mais elle accorda de larges sourires aux gens, rendit quelques signes de main et remercia ceux qui s'approchaient pour les complimenter. Le roi semblait à l'aise avec cet exercice.

Ils mirent bientôt pied à terre et elle pu s'approcher des vitrines.
Ce qu'elle y voyait la fascinait, que ce soit la vitrine d'un horloger ou celle d'un chocolatier, elle trouvait que tout était superbe et que le travail accompli sur certaines pièces était remarquable. Nueonia commenta tout ce qu'elle voyait à l'intention du roi, enthousiaste. Elle n'était venu que peu de fois dans la ville d'Armenelos, deux ou trois fois peut-être, et lorsqu'elle était enfant. Elle n'avait que peu de souvenirs et surtout n'avait pas visité, les voyages en ville étant surtout fait pour faire affaire et non pas pour flâner dans les rues. Elle demanda timidement à entrer dans une première boutique de foulards et d'accessoires pour dames. Elle prit le temps de regarder chaque article, suivit par le boutiquier qui commentait chacune des pièces qu'elle examinait.
Si certaines étoffes étaient en soie ou en cachemire, Nueonia préféra acheter une pièce un peu plus modeste, bien que superbe. C'était une écharpe en laine et cachemire mélangés, d'un bleu ciel doux, avec de très fines rayures d'un bleu un peu plus soutenu et une petite broderie de nuage à chaque bout de l'écharpe. Le marchand commenta que ça lui irait bien, elle répondit timidement que c'était pour offrir. Sans se démonter, le boutiquier répliqua alors qu'elle avait beaucoup de goût et que son attention ferait plaisir.

Elle demanda à entrer dans d'autres boutiques par la suite. Un confiseur chez qui elle acheta un assortiment de ses produits ; elle acheta une boîte à musique pourvue d'un automate représentant un enfant sautant à la corde chez un marchand de jouet ; une canne ouvragée taillée dans un bois solide, une pipe qui y était étrangement assortie et une blague à tabac en cuir chez un maroquinier ; chez un coutelier elle fit graver les initiales de son frère sur le manche en os d'un set de couteaux : un pour cueillir les champignons, un pour dépecer et un autre multifonction.
Ils visitèrent aussi la ville, Parthalan lui donnant les noms de certaines places, de certaines rues. Il connaissait beaucoup de choses sur la ville. Et beaucoup de gens également. Il avait connu ou reconnu nombre d'artisan chez qui ils étaient entré, notamment le coutelier avec qui il avait longuement discuté pendant qu'elle regardait. Ils avaient même pris quelques fameuses Bélicornes à emporter. Nueonia les trouva excellentes.
Le temps de faire un dernier tour du côté des boutiquiers, durant lequel Nueonia resta bloquée quelques temps sur un peigne ornemental à coincer dans les cheveux en bois clair sculpté d'étoiles, et ils repartirent.

De retour à Fort le Heaume, la dryade amena sa jument jusqu'à l'écurie. Elle la dé-sella et lui servit de quoi boire et manger, avant de la confier aux soins d'un palefrenier pour qu'elle soit correctement étrillée. En retournant au fort, elle gratifia la monture de son époux de quelques caresses. Grendel était immense, elle se prit à imaginer essayer de monter en selle et rit un peu.
Ce fut aux côtés de Parthalan qu'elle retourna à l'intérieur même du fort, portant elle même ses achats.

-Et cette fontaine était vraiment superbe, surtout le soleil qui se reflétait dans l'eau et qui faisait tout ces petits arc-en-ciel sur les pierres alentour. Et j'aime beaucoup l'histoire autour de la fondation de l'université, et le bâtiment aussi, il est presque aussi grand que le fort, j'aimerais en voir l'intérieur une prochaine fois, si c'est possible bien sûr ! Oh, oh ! Et les Bélicornes ! Je crois que je pourrais en manger tout les jours s'en m'en lasser ! Maman m'en avait acheté quand j'étais venue petite, mais je ne me souvenais pas du tout que c'était aussi bon !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Parthalan
Souverain
avatar

Peuple : Lycanthrope, Maëldanais.
Second(s) Métier(s) : Guerrier, chef de meute et de clan des Fearghas.
Nombre de messages : 45
Localisation : Préoccupé, autant par son royaume, que par son épouse
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Au retour d'une promenade   Sam 30 Sep - 15:27

La journée touchait à sa fin lorsqu’ils passèrent à nouveau sous la herse du second mur d’enceinte. Le soleil commençait à décliner à l’horizon, mais sa chaleur, dernière trace de l’été avant l’automne, réchauffait encore les vieilles pierres de Fort le Heaume. De là, le bruit du ressac était moins présent, même si le vent poussait l’odeur saline de la mer jusqu’à eux. Ils furent accueillis par un petit groupe de serviteurs, qui accoururent à leur rencontre. Sous lui, Grendel était insatisfait. Le monstrueux équidé aurait sans doute mieux aimé une longue course dans les landes, plutôt que d’arpenter les rues d’Armenelos, si vaste soit la capitale. Parthalan avait, au contraire, trouvé satisfaction dans cette journée ô combien intéressante et distrayante.
On vint prendre sa bride alors qu’il démontait souplement. Son épouse refusa que l’on s’occupe d’elle et de Lamrei. La reine tenait à prendre soin de sa superbe monture elle-même. Décontenancés, les palefreniers se regardèrent, avant de regarder le roi, attendant sans doute qu’il intervienne. Parthalan se contenta de hausser très légèrement les épaules. Nueonia était sa reine. Elle pouvait bien faire ce qu’elle voulait. Cela n’empêcha pas l’un des palefreniers de la suivre, en se tordant les mains, l’air inquiet.

Après la course folle d’où Nueonia était sortir vainqueur, ils avaient quitté Fort le Heaume à un rythme plus décent, escorté de deux Fearghas en armes, Ronan et Maeve, et de quatre membres de la Garde d’Armenelos. Les Fearghas étaient montés, les hommes d’armes étaient à pieds. Parthalan avait tenu à ce que son épouse voit la mer de près, même si le panorama offert par le port n’était pas le plus attrayant, pas plus que la forte odeur qui, à sa connaissance, régnait dans tous les ports du monde. Armenelos était vaste, s’étalant sur l’embouchure du Dairine, elle occupait depuis plusieurs siècles la rive Est, et seulement depuis plus de deux siècles, les rives Est et Ouest du fleuve, bien que la rive Ouest soit moins développée. Parthalan promit à Nueonia qu’ils s’y rendraient une autre fois, il y avait déjà fort à faire avec Armenelos sur la rive Est. Fort le Heaume étendait son ombre sur la colline qu’il surmontait. Du premier mur d’enceinte jusqu’au second, le terrain était occupé par des bâtisses de pierre servant à loger le personnel, une partie des jardins et de petits enclos pour les quelques animaux que l’on élevait sur place. Au second mur d’enceinte, épais comme six hommes, on débouchait sur un quartier ancien, aux bâtisses hautes et nobles, pourvues de jardins particuliers, au Nord, on apercevait les toits de l’Université. Vers le Sud, les nobles maisons et hôtels particuliers laissaient progressivement la place à un quartier moins aisé, au centre duquel trônait le fort de la garde d’Armenelos. Depuis le fort, les rues menaient jusqu’aux docks, le port et le front de mer bordant la quasi-totalité de la limite Sud de la capitale. Ils n’emprunteraient pas cette partie de la cité, continuant plutôt sur l’avenue des Rois, qui les mèneraient au cœur de la cité. Et seulement là prendraient-ils le chemin des reines pour gagner le port. Le calme des beaux quartiers céderait alors la place à une activité frénétique à l’approche du marché d’Hossë et des quartiers commerçants. Centre nerveux de la capitale, le négoce et l’échange de biens constituaient la principale activité de ce quartier.
Parthalan obliqua au Nord, faisant passer leur petit groupe dans les quartiers les plus aisés, les menant jusqu’à l’Université, dont ils purent admirer l’architecture. Elle avait été construite à l’initiative de la reine Céanne du clan Uinesch, ayant à l’origine pour but d’offrir une bibliothèque digne de ce nom, ouverte à tous, à Armenelos, faisant gagner en prestige la capitale. Le bâtiment fut dessiné et construit par un architecte Falastois du nom d’Arlathan. L’Université détonnait alors avec le style architectural maëldanais, s’élevant gracieuse, composée de quatre ailes, orientées autour d’un patio ornementé, avec ses hautes fenêtres, et ses étages s’achevant en tourelles. Le toit de tuiles bleu-gris contrastait avec les toits de tuiles brunes de la capitale. Les façades du bâtiment étaient magnifiquement décorées de motifs abstraits taillés dans la pierre. La légende disait qu’Arlathan avait protégé le lieu avec des sortilèges ainsi gravés dans la pierre. Parthalan ignorait si c’était là la vérité. L’université sembla produire un fort effet sur Nueonia. Il allait sans dire, que le cadre verdoyant qui l’entourait aidait à anoblir encore le lieu. Suite à un incendie, les bâtiments autour de l’université furent abattus et remplacés par un parc, qui forme une enceinte verte autour de ce lieu de savoir. Des résidences pour les étudiants furent construites autour. Ils prirent alors l’avenue des Clans, qui les ramena vers le centre. Leur allure modérée devint lente, alors qu’ils côtoyaient passants, marchands, habitants, chariots et bestiaux. Du doigt, Parthalan pointa la fumée qui surplombait la capitale vers l’Ouest, indiquant que là se trouvait le quartier des artisans, et derrière encore, hors des murailles, se trouvait le chantier naval.
Jouant son rôle de guide, il expliquait, outre le chemin, les histoires qui se cachaient derrière le nom d’une rue, celle de la construction de l’université, poursuivant ce qu’il avait déjà commencé en contant quelques anecdotes sur Fort le Heaume.
Ils gagnèrent le port, assaillis par les cris des mouettes, les grincements du bois, les cris des marins et des dockers, et par les odeurs marines et d’autres moins agréables, provenant de ce lieu. Parthalan avait choisi la partie du port où accostaient les navires en provenance du Sud, celle qui n’était pas bordée par de longues lignes d’entrepôts et de tavernes tenant plus du boui-boui que de l’auberge, comme à l’Est, quand on repartait vers le Fort de la Garde. Même si à l’Est, on trouvait aussi les navires de pêches, dont les prises alimentaient la capitale et une partie des villes environnantes.
Parthalan laissa tout le temps à Nueonia d’observer. Il n’était pas un expert en navigation, ni même en navire. Il put tout de même nommer les jonques Morniennes et les deux Pharazra Andanoréens, dont les figures de proue étaient vivantes, ainsi que les élégants navires Falastois aux coques dorées.
Ils firent demi-tour, et regagnèrent le centre. Sur la place de la Roue d’Or, ainsi nommée en raison du grand nombre d’échoppes et d’étals proposant des tourtes et des tartes de toutes sortes, ils prirent une rapide collation en guise de déjeuner. Ne voulant pas faire de favoritisme, les souverains durent acheter plusieurs petites tourtes et tartelettes à différents étals. Parthalan en fit également profiter leur escorte, qui put alors se restaurer. Ils burent de l’eau pétillante accommodée avec des fruits et du sucre.

La suite de leur périple fut plus longue, alors que Nueonia commença à s’aventurer dans les boutiques qui attiraient son attention. Parthalan finit par tenir Lamrei et Grendel par la bride, quand il ne confiait pas leurs montures à l’un des Fearghas pour suivre son épouse à l’intérieur des échoppes. Ils restèrent longtemps dans celle de Celtchar, un forgeron, dont les couteaux décoraient presque entièrement la vitrine de son échoppe. Celtchar était connu pour forger les meilleurs Sgian Dubh de tout le Maëldan, ces couteaux de petite taille portés par les hommes des clans, glissés dans leurs bottes ou chausses, servant à manger autant qu’à se défendre. Sa femme, Boan, travaillait le cuir des fourreaux. Le sgian dubh de Parthalan provenait de l’échoppe, et le souverain discuta longuement avec le couple d’artisans alors que son épouse choisissait un présent pour son frère, et que Celtchar gravait, sur les manches en os les initiales de Kalani, le frère de son épouse. Cette dernière n’en était pas à son premier achat, ayant déjà acquis au fil de leur promenade, d’autres présents. Alors qu’elle prenait soin de choisir un présent pour les siens, Parthalan quitta doucement son rôle de guide, ne répondant plus que lorsqu’elle lui posait une question.
Au lieu de parler, il se prit à l’observer. D’abord réservée et timide, il la vit rougir plusieurs fois quand on la complimentait ou qu’on la félicitait. Elle s’enthousiasmait pour beaucoup de chose, et quand son œil était attiré par un objet, un pièce de tissus ou une quelconque pièce d’artisanat, elle la fixait, la manipulait parfois, prenant un air concentré et sérieux, évaluant ce qu’elle tenait entre ses mains. Elle sembla même parfois hésiter quand on lui annonçait le prix. Parthalan se contentait de hocher la tête quand elle semblait lui demander si elle pouvait se le permettre. Il payait. Au début. Puis il avait fini par lui confier sa bourse. A présent, l’argent qu’elle contenait était autant à elle qu’à lui. Elle avait semblé en être embarrassée. Il avait simplement rétorqué qu’elle était son épouse et qu’elle avait le droit, en tant que reine, à une certaine somme. Le roi pensa qu’il lui faudrait prévoir une somme qui serait allouée à la reine, chaque mois, pour qu’elle la dépense ou non, comme bon lui semblerait.

Cette journée aurait pu être celle d’un couple en voyage de noce, visitant une ville inconnue, s’il n’avait pas serré tant de mains et rendus tant de saluts, que s’en fut presque éreintant. En quittant le quartier des artisans, non sans être passés devant le Manoir d’Aeguishor, siège de la guilde qui s’occupait de mettre en relation maîtres et apprentis à l’échelle du royaume, ils remontèrent vers la place centrale. Là, Parthalan envoya Ronan acheter des Bélicornes au Cercle des Fées, alors que Nueonia dévalisait un confiseur. Le roi du Maëdan avait une préférence pour les confiseries confectionnées par Mogweed Fardale, dont la réputation n’était plus à faire. Les Bélicornes se vendaient partout en Maëldan et chacun y allait de sa recette. La confiserie se présentait sous la forme suivante : celle d’une petite corne d’Earthaë, blanche, recouverte de sucre, et fourrée d’une pâte fondante, parfois un peu élastique, aux parfums variés.
Ils se permirent une bolée de cidre ou un verre de vin épicé, pour manger avec les Bélicornes, les dégustant au pied d’une fontaine à l’effigie du roi Maglor des Alaric, figure impressionnante et stoïque, tenant à deux mains son énorme épée, dont la pointe était plantée dans le sol. Autrefois, il y avait eu des crânes à ses pieds. Avec le temps, les crânes avaient plus ou moins disparus, se transformant en globes lisses. Les pieds du roi étaient mangés par une mousse verte qui montait du bassin. L’eau jaillissait depuis la garde de l’épée et depuis de petites ouvertures sur le pourtour du socle de la statue.
Après cela, Nueonia hésita devant l’étal d’une marchande proposant des bijoux et autres ornements féminins. Elle ne prit pas le peigne qu’elle regardait avec intensité, et cela signa la fin de leur journée.

Le chemin du retour fut animé par la conversation de la Reine qui parlait de leur journée, demandait parfois des précisions, posaient d’autres questions. Charmé par cet enthousiasme teinté de candeur et d’une spontanéité rafraîchissante, Parthalan se fit un plaisir d’y répondre. C’est dans une joyeuse conservation qu’ils entrèrent dans la cour.
Parthalan attendit son épouse, qui refusa également qu’on l’aide à porter ses achats, au grand désarroi des serviteurs qui s’agitaient depuis leur retour. Quand elle arriva à sa hauteur, portant sur elle l’odeur des écuries, il lui prit quelques paquets, notamment la canne enveloppée de papier brun, qui glissait sous son bras.

-Vous venez de décontenancer la moitié du personnel de Fort le Heaume, vous le savez ? demanda-t-il sur un ton clairement amusé.

En voyant l’expression qui passa sur son visage, Parthalan ne se retint pas et éclata de rire.

-Personne ne vous en voudra. J’ai mis plusieurs années avant de ne plus faire tout moi-même. Avant de découvrir qu’avec les responsabilités et devoirs qui accompagnent le titre de roi, je ne pouvais plus préparer moi-même mon repas, ou m’occuper de Grendel. J’imagine qu’avec le temps, on finit par y prendre goût…

Ils montèrent la volée de larges marches menant à l’ancien hall, dont les colonnades étaient soigneusement préservées. Sur chacune d’elle était gravé un morceau de l’Histoire du Maëldan, depuis l’arrivée de Maël et des Norrois, migrants, fuyant, leur royaume englouti par les flots jusqu’à la fin des premières rébellions centaures, en passant les guerres claniques et Aeguishor. Le vieux Hall avait autrefois vu les assemblées de clans, avant que le roi Dairine n’ordonne la construction de l’actuelle salle du trône, plus lumineuse et spacieuse, à la fin de son règne. Il n’en profita guère et ne le vit jamais achevé.
Les portes de la salle du trône était ouverte et à présent dépourvue de guirlandes de fleurs et de tissus colorés, elle paraissait presque austère et aurait pu l’être si les bannières représentants les différents clans ne pendaient pas depuis le plafond, ornant colonnes et murs. Derrière le trône, le loup des Fearghas occupait l’espace, tête noire sur fond gris, dont les yeux gris semblaient pourvoir tout voir. Ils n’entrèrent pas, prenant le petit escalier menant aux pièces communes, et desservant un large couloir qui menaient aux étages.
L’enthousiasme de Nueonia n’avait pas faibli à en croire ses paroles. Parthalan ne put s’empêcher de la trouver ravissante avec ses joues rougies et ses yeux encore emplis de l’éclat de l’admiration qu’elle avait eu pour l’université, la fontaine du roi Maglor…

-L’université est ouverte à tous. Et même si elle ne l’était pas, je crois que les érudits feraient une exception pour la reine du Maëldan.

Elle exagérait quand elle disait l’université aussi grande que le Fort. L’architecture grandiose y était sans doute pour beaucoup dans cette impression. Le doute le saisit un instant. Fort le Heaume n’était pas petit, loin de là mais la surface qu’occupait l’Université n’était pas non plus négligeable, surtout si l’on y ajoutait le quartier estudiantin qui avait poussé tout autour.

-Et jamais je n’aurai cru entendre dire de la statue du roi Maglor des Alaric qu’elle était superbe… Impressionnante oui, mais superbe… Si les Alaric étaient encore dans les parages, j’imagine que vous auriez encore gagné des points auprès d’eux.

Ils croisèrent le chemin d’un couple de servantes, portant du linge. Elles s’arrêtèrent pour leur demander si elles pouvaient leur être utile, comme faire mander quelqu’un pour qu’il puisse porter leurs fardeaux. Parthalan répondit que cela n’était pas utile, les congédiant en suite gentiment.

-Vous étiez donc déjà venue ? Avant notre rencontre... Pour le négoce j’imagine ? Quand les Fingal descendent le fleuve, c’est souvent pour marchander, que ce soit pour vendre ou pour acheter.

Il se rendit compte qu'il ne la connaissait pas, s'il ignorait qu'elle était déjà venue à Armenelos. Et pourquoi cela n'aurait-il pas été le cas ? Il fut soulagé, au fond de lui. Sa première impression de la capitale n'avait donc rien à voir avec celle du mariage qu'elle avait été, sans aucun doute, obligée d'accepter. Elle n'avait rien à voir avec cette première fois ils s'étaient rencontrés, où elle était venue se présenter, accompagnée de son clan, tremblante et réservée. Horrifiée à sa vue, alors qu'il se tenait presque trop sévèrement sur son trône, tout aussi peu désireux qu'elle d'avoir à se marier et se sentant finalement désolé pour elle. Une sensation qui revenait souvent, surtout qu'elle parlait de sa famille. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il l'avait arrachée à sa vie juste pour de la politique, pour son propre confort...
Ruminant ces réflexions peu joyeuses, le roi s’aperçut qu’ils prenaient le chemin des appartements royaux, toujours encombrés des présents.

-Je ne sais pas où vous voulez euh… déposer vos présents. Je me suis dirigé naturellement vers vos appartements mais peut-être auriez-vous voulu les faire porter dès à présent à votre clan ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Au retour d'une promenade

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Retour aux bercailles [Qui veut]
» L'homme est de retour ...
» Jean-Bertrand Aristide : Un comité pour son anniversaire et son retour
» retour de la droite dure en Suisse
» Jacques Bernard , un retour avec le plein pouvoir ou presque...
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inwilis :: Royaumes du Nord :: Maëldan :: Armenelos Capitale des Clans :: Fort Le Heaume-
Sauter vers: