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 Le Taman, les jardins suspendus

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Eshan
Artisan
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Peuple : Métissé Ai-Esu
Nombre de messages : 33
Localisation : Le Jardin
Date d'inscription : 30/11/2008

MessageSujet: Le Taman, les jardins suspendus   Mer 29 Mar - 18:55

Lorsque ceux qui le connaissent, que ce soit pour y avoir été ou pour en avoir entendu parler, parlent de cet endroit, ils l'appellent "Le Jardin" ou "le Taman". Mais en réalité, le Taman est plutôt un jardin constitué d'autres jardins en étages, tous semblants suspendus dans les airs grâce à la dissimulation des piliers les soutenant.
Lorsqu’on entre, on peut voir une étendue verte de gazon mêlé par endroit de thym et de marjolaine, apportant leur parfum délicieux. Des allées tortueuses mènent à des lieux de repos, dans lesquels bancs, pierres et souches peuvent accueillir un ou plusieurs visiteurs, qu’ils viennent lire ou manger. Certains dorment aussi, d’autres profitent de la discrétion des lieux pour s’ébattre en pleine nature.  Dans ces lieux buissons colorés, buis, Altéa, arbustes, hortensia bleues et roses, arbres, frênes, oliviers apportent leurs ombres. Les cosmos violacés, capucines orangées, œillets en pompon multicolores, pensées chatoyantes, géranium pourpre, arum blancs et toutes les autres fleurs se trouvant dans le jardin tâchent le jardin de couleur vibrantes. Au printemps les fleurs des nombreux arbres fruitiers colorent elles aussi les jardins de blanc et de rose, le vent charriant les pétales pour les faire tomber comme de la neige. Les fleurs et plantes aromatiques laissent exhaler leur senteur délicate ou entêtante. L'automne le vert des arbres caduc laisse place à des tons de rouge, d'ambre, de brun et de jaune, recouvrant le Taman des couleurs d'un soleil couchant. Les nuances des verts des arbres à feuillages persistants et des écorces nues des autres arbres offrent un spectacle tout aussi beau lorsque vient l'hiver.
Au-dessus de cet océan de vert moucheté l’été et le printemps de fleurs mauves, blanches et jaunes, se trouvent des étages
de verdures, soutenues par plusieurs piliers, desquels s’écoulent des cascades d’eau mais aussi de lierre, de lianes, de racines, de rosiers rouges et blancs tombants et de branches de saule pleureur. Tout semble flotter dans les airs par magie, les étages étant reliés les uns aux autres par des ponts et des escaliers fait de marbre à l’allure droite ; En réalité des lierres helix, cultivar et glacier, ainsi que des rosiers santana, meilland, liane et de Ronsard s’enroulent autour des piliers portant les étages, les dissimulant aux yeux des visiteurs, ajoutant à la sensation que les jardins sont suspendus dans le vide. Là-haut aussi se trouvent des chemins, des aires de repos, des points de vue sur les niveaux en dessous et les paysages qu’ils offrent. Chaque point de vue est unique, donnant une impression différente selon le moment de la journée ou la saison. Les étages ne sont pas tous régulier dans l'agencement qu'ils ont, donnant au Taman un côté labyrinthique.

Dans le jardin, des oiseaux égayent les lieux de leur chant et les colorent de leurs plumages. Les rossignols et mésanges bleue chantent avec ferveur, les paons s’appellent en déployant leur plumage chatoyant, les cailles courent au sol dès qu’un bruit les effraient, et cygnes, canards colverts, foulques et  grue peuplent les étangs artificiels et les rivières. Au même titre que des carpes colorées et poissons de rivière, qui maintiennent la propreté des cours d’eau.
C’est là où je vis, au milieu des plantes qui semblent sauvages mais qui sont taillées et plantées selon un ordre, une tâche précise. Certaines décorent, colorent, d’autres couvrent, camouflent, dissimulent ou abritent. Il y a aussi des associations de senteurs et de formes, de couleur, de taille. Elles sont plantées aussi selon leurs affinités et leur besoins en terre, lumière, humidité...
J’habite dans le Taman, au fond de cet endroit qui, malgré les apparences, est clôt. Là où se trouvent les serres, cachées par la végétation  pour plus d’esthétisme.
 
Je n’échangerais cette vie pour rien au monde. Le Taman est ma maison, mais aussi mon confident, mon âme-sœur. Je suis en quelques sorte son gardien, son soigneur, son ami. Mes Enfants veillent avec moi sur le jardin, le parcourant doucement pour ceux pouvant se déplacer, le gardant à l’œil pour ceux pouvant voir, m’alertant dès que quelque chose ne va pas. Le Taman ne juge pas les gens venu pour le voir et passer du temps là-bas, et il ne m’a donc jamais jugé sur ce que je suis ou non.

 
-Où l’ai-je posé… Ah, le voilà !
 
J’attrapais un panier en osier assez large, me servant d’habitude à cueillir des fleurs, à mettre des fagots de bois mort, des bouquets d’herbes et plantes aromatiques qui iraient dans les cuisines du palais ou la mienne, qui était posé sous une grande table à semi.
Je secouais le panier dehors, retirant ce qu’il pouvait rester de végétal des fibres d’osier, avant de revenir à l’intérieur de chez moi.
Sur la table m’attendaient plusieurs choses à manger. Des sandwichs garnis de légumes grillés, de fromage frais avec quelques brins de persil et de ciboulette étaient enveloppés dans des feuilles de bananiers. Le pain était un pain plat que je faisais moi-même, quelques-uns étaient vides et emballé dans des feuilles à part. J’avais mis des œufs durs sans leur coquille dans un grand bocal en verre, et des sauces pour tremper œufs et pains dedans dans de petits bocaux : fromage frais, mayonnaise, houmous, tapenade de tomates cerise et tapenade d’olives noire. Un grand bocal de légume mariné était là ainsi qu’un autre bocal de verre contenait des fruits frais, découpés en morceaux et baignant dans un peu d’eau pétillante et leur propre jus. Il y avait des couverts enveloppés dans des torchons servant de serviette de table, des bols, et des gobelets en terre cuite.
Je mettais tout cela dans le panier et ouvrit ma petite froidure d’où je tirais deux bouteille en verre. La condensation fit apparaître de la buée sur elles. Dans l’une d’elle, il y avait une citronnade faite maison, dans l’autre de l’eau dans laquelle flottaient des myrtilles, de groseille et des fraises. Ces dernières avaient colorées l’eau d’un rose foncé et laissé leur goût acidulé. J’y avais mis une pointe de sucre pour casser l’acidité. Après avoir enveloppé les deux bouteilles dans quelques feuilles, le les plaçaient debout dans le panier.

 
-Ah, en avance, enfin, le temps  d’arriver là-bas peut-être pas.
 
La personne que j’attendais pour manger ce repas venait de passer devant Œil de Fée, la saluant avec plaisir et se laissant effleurer en guise de bonjour. Il fallait que je me dépêche un peu alors. Je me regardais alors dans le miroir un peu terni sur les bords qui était posé dans un coin de la serre.  J’avais une tunique légère aux manches trois quarts de couleur café au lait, descendant un légèrement sur mes fesses. Je le réajustais un peu, remettais un peu d’ordre dans mes cheveux qui étaient  simplement attachés en un chignon un peu lâche, faisait travaillé et négligé à la fois. Le pantalon de tissu noir à la coupe droite que j’avais était un peu passé, mais là je n’avais pas forcément mieux, d’autant que j’allais surement m’assoir dans l’herbe et dons avoir un peu de terre dessus, je n’allais pas mettre un pantalon neuf. Puis il n’était pas si abimé comparé à d’autres.  J’hésitais par contre à retirer la ceinture tressée en cuir brun  et lâche qui soulignait mes hanches, me demandant si ça n’était pas trop finalement, avant de hausser les épaules et de me dire que c’était joli. Bien sûr je n’avais pas de chaussures, je n’en portais presque jamais.
 
Je pris le panier -qui était un peu plus lourd que je le pensais-, posais une grande couverture pliée dessus et sortit. Dyomée se mis à courir vers moi, me suivant comme les canetons suivant leur mère. Je ris en essayant de courir à mon tour, histoire de l’embêter un peu, mais le panier me ralentissait alors elle me rattrapa bien vite et émis des bruits de glapissement insistant.  


 -Non je ne peux pas te porter, c’est assez lourd comme ça.

Elle émit un couinement peu satisfait, mais je ne cédais pas. Elle trottina à côté de moi un petit moment, rejointe quelques instants après par Lion d’Epine, et elle m’abandonna au profit d’une course aux canards quand nous arrivâmes au premier escalier. Lion d’Epine me débarrassa de mon panier, le prenant dans sa gueule épineuse et grimpant l’escalier quatre à quatre. J’observais visuellement les plantes autour de moi et notais ce qu’il me faudrait faire après ce déjeuner. Il me fallait tailler les buissons de la plateforme Est et vérifier aussi la population de chenille dans cette zone. Beaucoup trop de feuilles semblaient grignotées, si les chenilles étaient quelque chose que je ne pouvais pas empêcher et qui était naturel, mais une plaie pour les plantes si je en régulais pas un peu la population. Surtout qu’elles pouvaient transmettre des maladies.
En l’occurrence je ne sentais rien d’infectieux, ce serait juste un problème pour les feuilles et les boutons du coup.
 
J’arrivais au lieu de rendez-vous et offrais un grand sourire à la reine et à la dame de compagnie qui la suivait un peu plus loin. Lion d’Epine était déjà là et avait déposé on précieux fardeau sur l’herbe. Il était alors assit aux côtés de la jeune reine.  


-Bonjour votre Majesté ! Vous êtes toujours aussi ponctuelle.  Nous avons bien fait de prévoir notre pique-nique aujourd’hui, il fait un temps magnifique !


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