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 Le Taman, les jardins suspendus

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Eshan
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Peuple : Métissé Ai-Esu
Localisation : Le Jardin
Nombre de messages : 33
Date d'inscription : 30/11/2008

MessageSujet: Le Taman, les jardins suspendus   Mer 29 Mar - 18:55

Lorsque ceux qui le connaissent, que ce soit pour y avoir été ou pour en avoir entendu parler, parlent de cet endroit, ils l'appellent "Le Jardin" ou "le Taman". Mais en réalité, le Taman est plutôt un jardin constitué d'autres jardins en étages, tous semblants suspendus dans les airs grâce à la dissimulation des piliers les soutenant.
Lorsqu’on entre, on peut voir une étendue verte de gazon mêlé par endroit de thym et de marjolaine, apportant leur parfum délicieux. Des allées tortueuses mènent à des lieux de repos, dans lesquels bancs, pierres et souches peuvent accueillir un ou plusieurs visiteurs, qu’ils viennent lire ou manger. Certains dorment aussi, d’autres profitent de la discrétion des lieux pour s’ébattre en pleine nature.  Dans ces lieux buissons colorés, buis, Altéa, arbustes, hortensia bleues et roses, arbres, frênes, oliviers apportent leurs ombres. Les cosmos violacés, capucines orangées, œillets en pompon multicolores, pensées chatoyantes, géranium pourpre, arum blancs et toutes les autres fleurs se trouvant dans le jardin tâchent le jardin de couleur vibrantes. Au printemps les fleurs des nombreux arbres fruitiers colorent elles aussi les jardins de blanc et de rose, le vent charriant les pétales pour les faire tomber comme de la neige. Les fleurs et plantes aromatiques laissent exhaler leur senteur délicate ou entêtante. L'automne le vert des arbres caduc laisse place à des tons de rouge, d'ambre, de brun et de jaune, recouvrant le Taman des couleurs d'un soleil couchant. Les nuances des verts des arbres à feuillages persistants et des écorces nues des autres arbres offrent un spectacle tout aussi beau lorsque vient l'hiver.
Au-dessus de cet océan de vert moucheté l’été et le printemps de fleurs mauves, blanches et jaunes, se trouvent des étages
de verdures, soutenues par plusieurs piliers, desquels s’écoulent des cascades d’eau mais aussi de lierre, de lianes, de racines, de rosiers rouges et blancs tombants et de branches de saule pleureur. Tout semble flotter dans les airs par magie, les étages étant reliés les uns aux autres par des ponts et des escaliers fait de marbre à l’allure droite ; En réalité des lierres helix, cultivar et glacier, ainsi que des rosiers santana, meilland, liane et de Ronsard s’enroulent autour des piliers portant les étages, les dissimulant aux yeux des visiteurs, ajoutant à la sensation que les jardins sont suspendus dans le vide. Là-haut aussi se trouvent des chemins, des aires de repos, des points de vue sur les niveaux en dessous et les paysages qu’ils offrent. Chaque point de vue est unique, donnant une impression différente selon le moment de la journée ou la saison. Les étages ne sont pas tous régulier dans l'agencement qu'ils ont, donnant au Taman un côté labyrinthique.

Dans le jardin, des oiseaux égayent les lieux de leur chant et les colorent de leurs plumages. Les rossignols et mésanges bleue chantent avec ferveur, les paons s’appellent en déployant leur plumage chatoyant, les cailles courent au sol dès qu’un bruit les effraient, et cygnes, canards colverts, foulques et  grue peuplent les étangs artificiels et les rivières. Au même titre que des carpes colorées et poissons de rivière, qui maintiennent la propreté des cours d’eau.
C’est là où je vis, au milieu des plantes qui semblent sauvages mais qui sont taillées et plantées selon un ordre, une tâche précise. Certaines décorent, colorent, d’autres couvrent, camouflent, dissimulent ou abritent. Il y a aussi des associations de senteurs et de formes, de couleur, de taille. Elles sont plantées aussi selon leurs affinités et leur besoins en terre, lumière, humidité...
J’habite dans le Taman, au fond de cet endroit qui, malgré les apparences, est clôt. Là où se trouvent les serres, cachées par la végétation  pour plus d’esthétisme.
 
Je n’échangerais cette vie pour rien au monde. Le Taman est ma maison, mais aussi mon confident, mon âme-sœur. Je suis en quelques sorte son gardien, son soigneur, son ami. Mes Enfants veillent avec moi sur le jardin, le parcourant doucement pour ceux pouvant se déplacer, le gardant à l’œil pour ceux pouvant voir, m’alertant dès que quelque chose ne va pas. Le Taman ne juge pas les gens venu pour le voir et passer du temps là-bas, et il ne m’a donc jamais jugé sur ce que je suis ou non.

 
-Où l’ai-je posé… Ah, le voilà !
 
J’attrapais un panier en osier assez large, me servant d’habitude à cueillir des fleurs, à mettre des fagots de bois mort, des bouquets d’herbes et plantes aromatiques qui iraient dans les cuisines du palais ou la mienne, qui était posé sous une grande table à semi.
Je secouais le panier dehors, retirant ce qu’il pouvait rester de végétal des fibres d’osier, avant de revenir à l’intérieur de chez moi.
Sur la table m’attendaient plusieurs choses à manger. Des sandwichs garnis de légumes grillés, de fromage frais avec quelques brins de persil et de ciboulette étaient enveloppés dans des feuilles de bananiers. Le pain était un pain plat que je faisais moi-même, quelques-uns étaient vides et emballé dans des feuilles à part. J’avais mis des œufs durs sans leur coquille dans un grand bocal en verre, et des sauces pour tremper œufs et pains dedans dans de petits bocaux : fromage frais, mayonnaise, houmous, tapenade de tomates cerise et tapenade d’olives noire. Un grand bocal de légume mariné était là ainsi qu’un autre bocal de verre contenait des fruits frais, découpés en morceaux et baignant dans un peu d’eau pétillante et leur propre jus. Il y avait des couverts enveloppés dans des torchons servant de serviette de table, des bols, et des gobelets en terre cuite.
Je mettais tout cela dans le panier et ouvrit ma petite froidure d’où je tirais deux bouteille en verre. La condensation fit apparaître de la buée sur elles. Dans l’une d’elle, il y avait une citronnade faite maison, dans l’autre de l’eau dans laquelle flottaient des myrtilles, de groseille et des fraises. Ces dernières avaient colorées l’eau d’un rose foncé et laissé leur goût acidulé. J’y avais mis une pointe de sucre pour casser l’acidité. Après avoir enveloppé les deux bouteilles dans quelques feuilles, le les plaçaient debout dans le panier.

 
-Ah, en avance, enfin, le temps  d’arriver là-bas peut-être pas.
 
La personne que j’attendais pour manger ce repas venait de passer devant Œil de Fée, la saluant avec plaisir et se laissant effleurer en guise de bonjour. Il fallait que je me dépêche un peu alors. Je me regardais alors dans le miroir un peu terni sur les bords qui était posé dans un coin de la serre.  J’avais une tunique légère aux manches trois quarts de couleur café au lait, descendant un légèrement sur mes fesses. Je le réajustais un peu, remettais un peu d’ordre dans mes cheveux qui étaient  simplement attachés en un chignon un peu lâche, faisait travaillé et négligé à la fois. Le pantalon de tissu noir à la coupe droite que j’avais était un peu passé, mais là je n’avais pas forcément mieux, d’autant que j’allais surement m’assoir dans l’herbe et dons avoir un peu de terre dessus, je n’allais pas mettre un pantalon neuf. Puis il n’était pas si abimé comparé à d’autres.  J’hésitais par contre à retirer la ceinture tressée en cuir brun  et lâche qui soulignait mes hanches, me demandant si ça n’était pas trop finalement, avant de hausser les épaules et de me dire que c’était joli. Bien sûr je n’avais pas de chaussures, je n’en portais presque jamais.
 
Je pris le panier -qui était un peu plus lourd que je le pensais-, posais une grande couverture pliée dessus et sortit. Dyomée se mis à courir vers moi, me suivant comme les canetons suivant leur mère. Je ris en essayant de courir à mon tour, histoire de l’embêter un peu, mais le panier me ralentissait alors elle me rattrapa bien vite et émis des bruits de glapissement insistant.  


 -Non je ne peux pas te porter, c’est assez lourd comme ça.

Elle émit un couinement peu satisfait, mais je ne cédais pas. Elle trottina à côté de moi un petit moment, rejointe quelques instants après par Lion d’Epine, et elle m’abandonna au profit d’une course aux canards quand nous arrivâmes au premier escalier. Lion d’Epine me débarrassa de mon panier, le prenant dans sa gueule épineuse et grimpant l’escalier quatre à quatre. J’observais visuellement les plantes autour de moi et notais ce qu’il me faudrait faire après ce déjeuner. Il me fallait tailler les buissons de la plateforme Est et vérifier aussi la population de chenille dans cette zone. Beaucoup trop de feuilles semblaient grignotées, si les chenilles étaient quelque chose que je ne pouvais pas empêcher et qui était naturel, mais une plaie pour les plantes si je en régulais pas un peu la population. Surtout qu’elles pouvaient transmettre des maladies.
En l’occurrence je ne sentais rien d’infectieux, ce serait juste un problème pour les feuilles et les boutons du coup.
 
J’arrivais au lieu de rendez-vous et offrais un grand sourire à la reine et à la dame de compagnie qui la suivait un peu plus loin. Lion d’Epine était déjà là et avait déposé on précieux fardeau sur l’herbe. Il était alors assit aux côtés de la jeune reine.  


-Bonjour votre Majesté ! Vous êtes toujours aussi ponctuelle.  Nous avons bien fait de prévoir notre pique-nique aujourd’hui, il fait un temps magnifique !


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Eire
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MessageSujet: Re: Le Taman, les jardins suspendus   Sam 4 Nov - 23:27

Comme chaque matin, son reflet lui avait renvoyé une image qu’elle avait encore du mal à reconnaître comme la sienne. Elle se voyait encore avec son crâne rasé, sa tunique couleur terre, ses sandales de pailles, et l’anneau de fer autour de sa cheville marquant sa condition d’esclave. De l’anneau, il ne restait plus qu’une fine cicatrice à peine visible. Sa chevelure avait poussé au fil des années passées ici. Elle était à présent longue et soyeuse, épaisse, ondulante. Elle battait ses reins quand elle marchait, tombait sur ses épaules, et quand il y avait du vent, elle était gênée. Elle était parée de bijoux en or, vêtue de blanc, elle portait des robes légères, dénudant ses épaules, mettant en valeur ses hanches étroites. Ses vêtements étaient taillés dans les plus raffinées des étoffes. Sa peau était parfumée par l’odeur subtile d’huiles précieuses. Parfois, on appliquait sur son visage un maquillage raffiné, souvent sophistiqué, parfois extravagants lorsque Gildinim était en fête. Les célébrations, paraître en public, cela l’avait terrorisée. Aujourd’hui, elle ressentait toujours de l’appréhension, craignant de faire honte à son divin époux.

Elle avait été sacrée Reine, elle avait appris à répondre au nom Eire, au son des majesté, des altesses, et des vôtre grâce. Elle aimait surtout quand son nom sortait de sa bouche, à lui, même quand elle provenait de sous son masque. Elle craignait toujours de n’être qu’une esclave gauche et trop jeune. Il lui vouait une adoration sans pareille. Elle était celle qu’il avait toujours aimé. Le roi immortel de Cyriaca vivait, connaissant la souffrance, le chagrin et le deuil chaque fois que sa bienaimée et mortelle épouse quittait le monde des vivants. Il attendait alors qu’elle apparaisse à nouveau. Elle était cette épouse bien aimée. Ses visages, ceux de ses multiples incarnations, ornaient des façades, des fontaines, des bas-reliefs, des tableaux. Elle ne se souvenait d’aucune de ses vies passées. Mais elle avait tout appris son histoire. Et de son histoire à lui. Elle n’avait osé lui avouer qu’elle ne se souvenait pas. A dire vrai, elle se demandait parfois si elle était vraiment Eire.
Elle avait porté un autre nom, avant. Elle avait porté de l’eau, des sacs de farines, elle avait abimé ses mains en travaillant dans les champs pour le compte d’un maître qui la nourrissait et la logeait. Un maître qui l’avait payée, comme on payait pour de la nourriture, des meubles, une propriété. Et puis, les prêtres étaient venus et l’avait désignée.
Elle n’avait jamais connu pareille frayeur. Elle était devenue Eire. Il fallait qu’elle soit elle. Ils ne commettaient jamais d’erreur. Elle ne se souvenait pas. Elle avait été couronnée par la personne sacrée du roi. Les premiers jours, pendant les premiers mois, peut-être même les deux premières années, elle avait craint que son absence de souvenirs ne la fasse renvoyée ou pire. Il n’avait jamais rien fait d’autre que de la chérir. Mais elle ne le voyait pas beaucoup, et elle, elle s’ennuyait beaucoup. Elle ne savait pas si elle l’aimait. Elle était trop jeune quand la couronne d’argent et de pierres blanches et vertes avait ceint sa tête alors encore nue, dépourvue de cheveux. Et même maintenant, ces six années, elle ignorait si elle éprouvait pour lui de l’amour. Meadharan était le Roi Immortel. Une figure divine, révérée, adorée par Cyriaca. Il l’intimidait et pourtant, elle éprouvait toujours une certaine chaleur en sa présence. Il ne s’offusqua jamais de ses maladresses. Elle qui n’avait jamais connu d’autre que le labeur et la simplicité. Le raffinement et le luxe de Gildinim la mettaient parfois toujours mal à l’aise, comme si elle portait une paire de sandales trop grandes, où tellement abîmées que la paille se détressait. Elle avait eu du mal à se glisser dans le carcan des rites quotidiens, et surtout à trouver à s’occuper quand elle n’étudiait pas.
Il lui avait montré le jardin quand elle lui avait dit qu’elle s’ennuyait un peu. Elle n’avait alors pas vraiment eu le temps de s’ouvrir aux autres. De tisser des liens. Et elle se sentait profondément seule quand elle se retrouvait désœuvrée. Meadharan lui avait montré le Taman, un jardin merveilleux, suspendu, luxuriant, foisonnant. Elle y avait noué sa première vraie amitié, celle avec Eshan, le jardinier. Il s’occupait quasiment seul de l’endroit. Quasiment seul parce qu’il avait avec lui des plantes qui marchaient, bougeaient, et se comportaient parfois comme des animaux. Elle s’était émerveillée, extasiée sur le jardin, et s’était prise d’affection pour ces étranges créatures. Et Eshan était, malgré son obstination à l’appeler par son titre, la seule personne avec qui elle avait pu parler sans craindre de faire une erreur. Elle avait pu être totalement naturelle avec lui. Elle avait probablement fait le lien entre son travail et celui qu’elle effectuait dans les champs. Plus tard, il y avait eu Doriana, à la fois garde du corps et dame de compagnie. Elle avait trouvé en elle une figure amicale, presque celle d’une grande sœur. Eire avait eu du mal à se faire à l’idée qu’elle aurait souvent, presque toujours, quelqu’un sur ses talons. A sa porte. Tout cela pour veiller sur elle, à sa sécurité. Il y avait aussi les Gardiens. Elle en avait eu peur au début. Et puis, il y avait eu Kallias le Beau. Aucun des Gardiens ne parlaient. Pas avec des mots. Mais elle avait touché par Kallias. Il était celui qui veillait le plus souvent sur elle, même quand Doriana était avec elle.

Son horizon s’était élargi, son cercle d’intimité avec. Elle connaissait nombre de généraux, nombres de nobles, courtisans. Elle avait aussi pris soin de retenir les noms des serviteurs qui s’occupaient de ses quartiers, de sa garde-robe, de sa personne, de ses repas. Elle avait toujours pour eux un mot gentil, une parole agréable. Elle qui avait grandi au service d’un maitre avait eu des difficultés à l’idée de se faire servir. Mais pas autant que celle d’être vêtue, et même lavée au début, par des mains étrangères. Sa pudeur avait été malmenée les deux premières années, jusqu’à ce qu’elle soit à même de s’occuper de ses ablutions seules. Elle avait aussi découvert le plaisir des bains, seule ou en compagnie de nobles dames et demoiselles. Elle s’était faite à cette vie, reléguant bien loin la crainte d’être renvoyée d’où elle venait. Et puis, elle avait montré des velléités d’indépendance, quand lassée par ses journées rythmées par un emploi du temps précis, elle avait voulu qu’on lui accorde plus de liberté.
Voilà pourquoi, elle se permettait de déjeuner dans le Taman, chaque fois dans un endroit différent, avec Eshan. Elle adorait le Taman, elle y passait des heures. Elle n’était pas la seule. Les officiers, les nobles, s’y promenaient, venaient s’y détendre. Elle, elle aimait y lire. Elle aimait aussi quand avec Meadharan, ils trouvaient une intime alcôve, et qu’aucun courtisan, qu’aucun messager, et surtout par Mordarai Jardatis, ne venaient troubler leur tranquillité. Mais elle était la seule, du moins, à sa connaissance, à prendre ainsi des repas avec le jardinier. Doriana l’accompagnait, parfois Kallias. Eire ne déjeunait avec Eshan que si l’un des deux l’accompagnait. Si son escorte changeait, elle se refusait à y aller. Kallias et la mage de guerre étaient les deux seuls à qui elle faisait suffisamment confiance pour ne pas ébruiter ce qu’ils entendraient. Et elle avait le sentiment qu’Eshan avait lui aussi besoin d’être préservé. Elle avait besoin de préserver ces moments de paix, où elle faisait fi des manières et mangeait sans façon, parlait sans craindre d’offenser personne ou de ne favoriser personne.

Doriana l’accompagnait. La mage de guerre ne mangeait que du bout des lèvres quand elle veillait sur sa souveraine. Mais Eire espérait qu’elle appréciait autant qu’elle ces moments. Eire s’était donc rendue dans les jardins suspendus de Gildinim, empruntant ses couloirs aux colonnes dorées et de marbre blanc, aux mosaïques décorant le sol des intersections. Elle avait cru se perdre dans l’immensité du lieu. Mais comme elle n’était que rarement seule, jamais personne ne l’avait perdue au détour d’un angle ou d’une porte. Elle connaissait maintenant la plupart des chemins pour rejoindre la destination de son choix.
Le Taman était presque désert à cette heure. Eire était arrivée bien avant l’heure de son rendez-vous. Elle avait voulu se promener. Elle le fit, admirant les fleurs, les plantes, s’arrêtant au bord d’une cascade artificielle, mais élégamment agencée, avec ses pierres sombres, son lit de sable blanc, et ses fleurs roses. Puis, elle avait décrété qu’il était temps qu’elle se rende là où ils avaient convenu de se rejoindre.
Elle en fit le tour aussi, pour patienter. Elle vit d’abord Lion d’Epine, portant un panier qui devait contenir leur pique-nique. Elle s’avança jusqu’à la créature florale, qui déposa son fardeau, et se mit à tourner autour d’elles, bondissante, joyeuse. Lion d’Epine lui faisait régulièrement la fête, chaque fois qu’il la voyait en vérité. Il finit par s’assoir à ses pieds. Doriana lui indiqua qu’Eshan arrivait. Eire vit en effet la tête brune du jardinier qui arrivait d’un pas énergique.

-Eshan ! le salua-t-elle joyeusement en retour avant de rire, il fait souvent un temps superbe ici.

Elle leva pourtant le nez vers le ciel. Elle le baissa en suite pour s’agenouiller à coté de Lion d’Epine et du panier. Elle entreprit d’en sortir le contenu.

-Non, ne proteste pas, je peux au moins faire ça. Oh ! tu t’es donné du mal !

Eire découvrait les mets qu’Eshan avait préparé. Les petites bouchées pain, fromage frai et légumes grillés, découpées en triangles, le pain plat et l’houmous, la petite bouteille d’huile d’olives, les bouteilles d’eau pétillante aux fruits.

-Tu vois Doriana, il y a bien assez pour nous trois, constata-t-elle.


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Doriana d'Aegesiles
Samildanach
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MessageSujet: Re: Le Taman, les jardins suspendus   Ven 1 Déc - 9:58

Ce matin Doriana avait encore mit plusieurs minutes avant de se décider sur la tenue qu'elle porterait afin d'accompagner sa reine tout au long de cette journée. Au final elle avait choisit une robe longue, fluide, un peu comme celles dont on vêtait la reine. La sienne avait la couleur des feuilles d'automne, dans les tons orangés et aux reflets moirés. Elle était composé de deux couche de tissus, une plus épaisse et une plus légère et transparente.
Les tissus étant rassemblés au niveau des épaules par de longues perles dorées, ils les laissaient presque nues. Le drapé de son large col cachait habillement sa poitrine, ne dévoilant que quelques fines parcelles de peau dans de gracieux mouvements. La jupe de sa robe était fendue des deux côté, mais ne dévoilait pas ses jambe pour autant, laissant simplement apercevoir un bref instants ses mollets lacés du cuir de ses sandales. Elle également avait ceint une large ceinture en cuir brun, brodé de fil doré et orné de pierres formant une élégante branche de vigne tout du long de sa taille. Des brassard élégant dans le même cuir couvrait ses avants bras, portant deux pierres plus larges que celle de sa ceinture.
Doriana adorait le mouvement fluide et léger du tissu transparent quand elle marchait, et le tombé de l'autre tissu qui mettait en valeur ses hanches et ses fesses galbées.

Elle n'oubliait jamais qu'elle était non seulement la dame de compagnie, mais aussi la garde de la reine et était toujours prête à réagir même si ses tenues pouvaient tendre à penser le contraire. En l’occurrence, les pierres de sa ceinture étaient des pierres chargées en mana, et celles se trouvant sur ses brassard lui servaient de conducteurs de foudre. Elle pouvait alors frapper de ses poings et choquer quiconque essayerait de s'en prendre à sa souveraine sans nécessiter de bâton. Et sous sa robe elle portait plastron et corsaire de cuir souple, couvrant sa poitrine, son ventre et ses jambes jusqu'aux genoux.

Après avoir glisser quelques gouttes de parfum dans le creux de son cou et à la base de ses paumes, et rehaussé son regard d'un trait de khôl, elle était partie rejoindre la reine.

A présent elles étaient toutes deux dans le Taman. L'immense plante grimpante d'Eshan, Œil de de Fée les avait salué, les caressant doucement du bout de ses branches. La reine avait un peu rit, elle même avait sourit à l’œil, même si ça faisait toujours bizarre de voir une plante la regarder réellement. Elles s'étaient promenées, avaient discutées. Lorsqu'elles n'étaient que toutes les deux la noble n'hésitait pas à tutoyer la souveraine et à laisser tomber le "Majesté". Elle l'avait fait plutôt naturellement. Eire était jeune, elle avait été un peu apeurée quand elle était arrivée à Gildinim, et quand l'Aegesiles avait été nommée parmi ses dames de compagnies et gardes, elle avait eu beaucoup d'empathie pour sa nouvelle reine. Une fois qu'une amitié naissante était arrivée entre elles, et qu'Eire s'était un peu ouverte à la mage, Doriana avait lâché les "vous" et les "altesse" et ça avait fait visiblement plaisir à sa reine. Elle en avait alors gardé l'habitude, l'important pour elle étant de mener sa mission de compagnie et de protection au mieux.
Bien sûr, quand il y avait des oreilles trop proches ou en réception, la noble reprenait le vouvoiement de circonstance.

Leur promenade fut calme, entrecoupée de rires, de contemplation, de quelques tours de magie aussi.
Lorsqu'elles avaient fait une halte à la cascade, Doriana avait fait apparaitre des mandalas dans le sable blanc, les faisant changer doucement, naturellement, dans un ballet presque hypnotique. Ses cercles s'étaient lentement éloignés, pour former une rosace aux boucles longilignes, qui se sépara en pétales de fleur en forme de goutte d'eau. Les pétales s'étaient rassemblés en fleur, puis mélangés pour reformer des cercles... Une fois sa petite représentation terminée, elles étaient reparties. Direction le point de rendez-vous avec Eshan, le jardinier du Taman, pour le déjeuner. Elles arrivèrent les premières. Eire fit le tour du lieu en patientant, Doriana elle en avait profité pour étudier un peu le terrain, voir où se trouvaient les autres visiteurs du jardin. Si elle riait et s'amusait avec sa souveraine, elle restait sur le qui vive, même s'il était peu probable que quelqu'un ose un jour s'en prendre à la reine au cœur même du palais, c'était son travail que de la protéger si ce cas de figure se produisait.
La noble repéra du coin de l’œil la créature de vignes et de ronces qui tenait un panier, Lion d’Épines. Elle évitait assez d'être trop proche d'elle, par peur de faire des accros à ses vêtements. Sinon la créature lui était sympathique.
Eshan arriva peu de temps après le félin végétal, et Eire entreprit de sortir le contenu du panier.

Si le jardinier commença à s'en formaliser, Doriana regarda Eire faire avec un léger sourire bienveillant. La reine était une exception parmi les personnes de sang royal, ou même les nobles en général, elle aimait faire les choses seule, ne pas dépendre des autres pour tout et n'importe quoi. Sortir des victuailles des paniers n'était pas quelque chose qu'Eire rechignait à faire.
En voyant tout ce qu'il y avait dans le panier, la garde admit sa défaite.


-En effet, désolée d'avoir douté de vous Eshan, mais je me suis demandée si il y aurait de quoi être rassasiés tout les trois. Et je vois bien qu'en fait il vous en restera peut-être après déjeuner.

Doriana prit la couverture et la déplia d'un mouvement habile, la faisant claquer dans les airs pour qu'elle atterrisse parfaitement déployée sur l'herbe. Eire déposa alors au centre les victuailles, Eshan l'aida et dressa un semblant de table, puis ils prirent tout trois place autour de la couverture, fesses sur le tissu. Doriana avait les jambes mises de côté, rassemblées et sa robe doucement lissée.

-Évite quand même de te tâcher cette fois Eire, dit elle d'un sourire malicieux, mes compétences en sort ménager ne sont pas aussi au point que celles de mon frère, et cette robe est sublime, ce serait dommage qu'elle soit immettable après une tâche d'huile mal retirée...


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