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 Au petit matin, aux portes d'Armenelos

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Mavrag
Mercenaire
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Peuple : Thuatann
Second(s) Métier(s) : Chef du clan Alaric
Nombre de messages : 12
Localisation : Là où les Alaric vont.
Date d'inscription : 03/07/2007

MessageSujet: Au petit matin, aux portes d'Armenelos   Sam 11 Mar - 15:12

Le camp Alaric avait été monté dans la soirée, aux portes ouest d'Armenelos, hors les murs. Avec la rigueur et surtout la force de l'habitude, les chariots qui transportaient vivres et matériels furent placés en cercles, et les tentes furent montées près d'eux, formant de petits îlots. Nul besoin de démonter les chariots pour qu'ils servent de palissade, nul besoin de creuser une tranchée et de la garnir de piques taillées dans le tronc de jeunes arbres. Les Alaric savaient qu'ils ne seraient pas attaqués, pas chez eux. Il n'y avait que dans le Sud où l'on n'hésitait pas à s'en prendre à eux, pillards, clans nomades devenus renégats, bandes d'esclaves en fuite n'ayant rien à perdre ou déserteurs des légions. Ici, les luttes étaient politiques, les clans n'osaient plus s'affronter qu'à coup de négociations ou d'embargo. Cela n'empêcha pas Mordyn, responsable des Alaric qui n'étaient pas partis en ville se rincer le gosier et se remplir la panse, de mettre en place un tour de garde, ne serait-ce que pour veiller sur leurs bêtes de traits et sur leurs nombreuses montures. Le clan se déplaçait sur des montures simples, mais possédaient aussi des destriers, des montures entraînées et faites pour la guerre, qu'ils ne montaient que lors de bataille nécessitant une cavalerie. Il fallait en prendre soin, ces bestioles là coûtaient une fortune. Une fortune qu'ils gagnaient, certes, mais qu'ils dépensaient en fourrage, en matériel. Voyager avec un groupe aussi important sur de longues distances nécessitaient des ressources qui finissaient par s'épuiser et qui devaient être renouvelées. À leur retour au pays, les réserves de vivres étaient au plus bas, et Mordyn, accompagnés d'une demi-douzaine de membres de clans avaient écumé le marché d'Hossë, pour avoir de quoi tenir jusqu'à Glasthuil, où ils pourraient faire le plein de fourrage et une brève escale avant de s'enfoncer dans les landes et de gagner Miervaldis. L'itinéraire était simple et souvent le même quand ils rentraient dans le Nord, en accostant à Armenelos. Mordyn était fourbu, mais la tâche de nourricier lui était revenue après que le nourricier du clan soit mort de la Putricide. Cet imbécile n'avait pas pu s'empêcher de vouloir piller des tombes et le résultat avait été fatal. Il avait parcouru le marché, choisi, parant au plus pressé, payant chaque fois, et il avait passé le reste de la journée à attendre que les boutiquiers envoient leurs commis effectuer les livraisons jusqu'au camp Alaric. Il n'avait pas été le seul à attendre, les plus fatigués d'entre eux avaient passé la journée à se traîner, à fourbir leurs armes ou à dormir pour récupérer, puis à crapahuter dans la gadoue et à creuser des tranchées autour des tentes quand une pluie drue s'était mise à tomber en fin de soirée. Mordyn déplorait parfois sa condition de Alaric, avec un mage ou deux, ils auraient tous pu avoir les pieds au sec en moins de temps qu'il ne lui en fallait pour brailler son cri de guerre. Mais ce n'était pas le cas. Il songea brièvement aux Alaric qui se trouvaient en ville, les pieds au sec, eux. Cependant, il jugeait les Alaric restés au camp comme les plus intelligents. Les autres dormiraient debout demain, après une soirée de festivités.  La majorité des Alaric irait festoyer, y compris leur chef, mais Mavrag était une vraie force de la nature et une soirée d'excès n'aurait aucune conséquence pour lui. Et chez Mahadev, eh bien, rien ne transparaissait jamais chez l'Andain. Dans la soirée, au milieu d'une accalmie, des âmes charitables leur apportèrent un vrai festin, probablement sur l'ordre de leur chef :  Tranches d'ëarthaë braisées, tourtes aux poissons, pains croustillants, fromages crémeux, bouchées sucrées à la crème, fruits secs au miel, pommes, le tout arrosé de cidre et de vins doux. Le tout fut servi sous un pavillon commun, celui qui accueillait généralement le mess pendant leurs campagnes à l'étranger. Les feux du camp avaient brillé jusque tard dans la nuit, alimentés par des gardes bougons et mouillés, mais nécessaire pour quiconque souhaitant retrouver sa tente ou se sécher un peu. Mordyn avait, durant la nuit, vaguement entendu les Alaric éméchés se jeter dans leurs couchages.
Le petit matin vint bien assez tôt, en rais de lumière pâle perçant par l'ouverture de sa tente. Il en sortit, moins reposé qu'il ne l'aurait souhaité et pris un petit déjeuné se composant des restes de leur veillée. Il beugla en suite quelques ordres, et alla trouver Mavrag. Le nourricier se gratta la barbe, qu'il avait drue et noire. Son chef se tenait debout, ayant l'air d'avoir passé une nuit complète. Mais Mordyn l'avait vu dormir sur le navire. Un sourire amusé sur les lèvres, Mavrag regardait les Alaric finir de manger sur le pouce, démonter le campement, atteler les chariots ou leurs montures. Lui avait quelqu'un pour s'occuper de ça, privilège du chef, même si son destrier était une saloperie, le genre à vous piétiner jusque parce que votre trogne lui revenait pas. L'animal était d'humeur aussi sombre que Murdag, qui était connu pour être le plus taciturne d'entre eux.

-Ah ! Mordyn ! Frai et dispo.

-Toujours, répondit Mordyn à la salutation de son chef, j'ai passé l'âge de rouler sous la table à la moindre occasion.

-Sages paroles.

-Et ça m'évite d'avoir une gueule de bois énorme et d'être ballotté sur la route, et de vomir mes tripes.

Un œil clair comme un ciel d'hiver se posa sur lui. Mavrag éclata d'un rire bref, secouant la tête.

-Tous ne sont pas aussi intelligents que toi.

-J'ai vu. Mahalaith est en train de vomir ses tripes. Il manque encore des nôtres.

-Je sais. J'ai laissé Miela et Marban se charger de rassembler nos brebis égarées.

Le nourricier grogna son assentiment. Le guérisseur et son apprentie étaient sérieux, portés sur la ponctualité et capable de botter des culs. Enfin Marban en était capable. Miela s'y prenait autrement pour tenir les Alaric.

-Nous aurons deux invités pour le voyage.

-Je sais, j'ai prévu une place pour… l'armure. Et vos invités n'auront qu'à s'asseoir à l'avant d'un chariot ou de se choisir une monture...

-Ils viennent avec leurs propres provisions.

-Ah.

-A Glasthuil, il nous faudra aussi une cargaison de céréales, quelques têtes de bétail, et des tonneaux de chou en saumure.

-J'ai les tonneaux de poissons séchés et salés ou en saumure comme demandé.

-Mév devrait être ravie.

Le convois était imposant. Ils ramenaient avec eux des rouleaux de soie du Sud, des piquants et fourrures de wurthu, des peaux de lézards huilées et soigneusement enfermées dans des caisses,  des tissus teints d'Erzarmar, de jarres d'huile d'olive et d'argan, et des épices précieusement empaquetées dans des peaux pour préserver les contenants de verre et de terre de cuite d'une éventuelle casse. Ils avaient vendu quelques armes de leur fabrication, qui valait une fortune dans le Sud. Les Alaric étaient connu pour leur art de la forge, une réputation venant de leurs épées dont les lames et les gardes peuvent se moduler grâce à des mécanismes dont les secrets de fabrication étaient bien gardés. Miervaldis n'avait pas ses propres mines, et les Alaric devaient faire venir le minerai du Nord du Maëldan ou bien des mines du marquisat de Pern pour alimenter les forges. Le prix des convois de minerai était couvert par les expéditions, les contrats de mercenaire, et les transactions commerciales. Les Alaric ne forgeaient pas que leurs armes si particulières, ils forgeaient aussi des outils, des pièces nécessaires au cerclage des tonneaux, aux bardages des portes, et même des bijoux dont la finesse et la délicatesse étaient souvent une surprise pour ceux qui ne connaissent que l'aspect guerrier du clan. Alors chaque contrat dans le Sud était l'occasion de vendre à prix d'or et de rentrer avec ce que Mév, l'Intendante de Miervaldis, réclamait pour le clan. Il leur arrivait aussi de rapporter vivres, matériaux, et autres biens, qu'ils achetaient sur le chemin du retour, généralement, l'achat de vivres alimentaires avait lieu à Glasthuil, car même si Miervaldis disposait de ses propres champs et verges, ils étaient moins productifs que ceux sous l'autorité du clan Fingal. Les mercenaires se changeaient alors en commerçants, artisans et agriculteurs une fois de retour chez eux. Les Alaric étaient un clan puissant mais petit en comparaison des autres clans possédant des terres et un fief. La vie de nomade menée par la moitié des Alaric, les combats, réduisaient leur nombre, et Miervaldis semblait se vider à leur départ, voilà pourquoi, les Alaric se reposaient sur la venue d'autres clans, de Maëldanais qui n'en appartenait à aucun, pour faire vivre Miervaldis. Mév avait la tâche d'assumer le rôle d'intendante en l'absence de Mavrag, laird légitime de Miervaldis et de ses terres. Elle avait longtemps fait partie des guerriers louant leur service mais avait était choisie par Mavrag pour tenir Miervaldis. Si Mév avait été une archère et une éclaireuse redoutable, elle était intraitable et remarquablement habile en matière de gestion et de négociations. Compétente, capable d'organiser une défense, et gestionnaire avisée, elle tenait avec conscience son rôle, quitte à donner des ordres à son laird, en lui envoyant par messager une liste de ce qu'il fallait à Miervaldis.

Le campement fut démonté aussi vite qu'il avait été installé, et les chariots commencèrent à se placer dans leur ordre de succession habituel, tandis que les guerriers s'occupaient de vérifier leurs fontes, leur selle, et d'inspecter leurs montures une dernière fois, chacun ayant la responsabilité de son destrier pour ceux qui en possédaient un. Le regard de Mavrag se porta vers les portes, déjà ouverte à cette matinale, laissant sortir des travailleurs des champs, des chasseurs qui ne reviendraient qu'à la nuit tombée. Derrière les murailles, les premiers navires de pêcheurs rentraient de leur pêche nocturne, croisant ceux qui sortaient au petit matin. Un vent venu de la mer portait son odeur saline jusqu'à eux, malgré les hauts remparts de la ville. Fort le Heaume s'élevait au-dessus de la capitale, et Mavrag attendait qu'un Drow, une armure vivante, et une jeune femme aspirant à faire partie du clan passent eux aussi les portes pour les rejoindre.

-J'imagine que s'ils sont en retard, c'est parce que tous les Alaric ne sont pas encore sortis du lit, lança Mordyn avant de s'en aller pour prendre possession de son chariot.



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Kalem
Technomage
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Peuple : Elfe noir
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Localisation : Loin de Cemenwin...
Date d'inscription : 18/01/2011

MessageSujet: Re: Au petit matin, aux portes d'Armenelos   Lun 31 Juil - 5:29

Sans même un sac d'affaire sur moi, il n'avait pas été difficile d'être sur le pied de guerre et de filer avec ma compagne Aeril vers de nouveaux horizons. Attendre les autres Alarics m'avait semblé risquer être en retard et m'étais dit pouvoir au moins avertir les joyeux mercenaires de l'arrivées des derniers effectifs. J'avais toujours été assez matinal et même si ma nuit m'avait semblé courte, je me satisfaisais à apprécier mes nouveaux vêtements, confortables et plutôt agréables à porter, loin des tenues soignées et parfois fragiles de Cemenwin pour les clients dont la classe du vendeur était d'une importance capitale pour choisir une boutique ; il ne fallait pas en fréquenter une de peu de goût.

A mes côtés, l'amure violette se déplaçait de son pas lourd et rapide, le casque et une partie du torse toujours déformés par le combat d'à peine quelques jours auparavant. Cela semblait déjà si lointain... Les réparations devraient attendre, car un voyage nous attendait, et les Alarics aussi. Avec entrain je suivais l'itinéraire décrit par Mogweed avant de sortir de l'auberge, quand certains Alarics émergeaient à peine avec une mine pâteuse. La veille avait été à la fête, après tout.

Les mercenaires étaient tassés près de la porte en un convoi assez impressionnant. Cela me dépaysait et je jubilais d'un tel voyage. Je devais avoir l'air d'un enfant avec de grands yeux, à chercher partout si je pouvais voir un signe de technomagie auquel m'intéresser, discuter avec quelqu'un. Et si nous étions attendus, Aeril et moi, nous fûmes repérés par nos compagnons de route très rapidement. L'imposante armure violette y était pour beaucoup, sans doute.
Je m'approchais alors du dénommé Mavrag avec un franc sourire et sûrement de l'impatience sur le visage. J'avais hâte de me rapprocher de ma destination. Les choses se passaient bien et espérait voir cela continuer.

"Vos compagnons ne devraient pas tarder, sire Mavrag," commençais-je avec entrain. "Le réveil semblait... compliqué. Bien, je... je suis à vos ordres, je suppose... J'avoue n'avoir jamais participé à pareille expédition. Dites-moi où je me met, quoi ne pas toucher ou faire et je m'exécuterais. Et Aeril aussi. Aeril, obéit aux ordres de cet homme comme s'il parlait avec ma voix."

Je pus sentir un léger tressaillement, signe du traitement de l'information par le cristal. Celui-ci prenait l'emprunte éthérique de la nouvelle personne à laquelle elle obéirait et l'enregistrait pour garantir de toujours le reconnaître. Les choses ne semblaient définitivement pas pouvoir se passer mal, désormais.


Nouvel ordre du créateur : Aeril, obéit aux ordres de cet homme comme s'il parlait avec ma voix. Prise de l'emp//

/!\ ERREUR /!\ AUCUNE EMPREINTE DÉTECTÉE /!\ ABSENCE D'OMBRE DANS L’ÉTHER /!\

[ANALYSE EN COURS] Existence physique de la cible détectée [TRAITEMENT EN COURS . . .] Nouveau protocole à déterminer /!\ [TRAITEMENT EN COURS . . .] Analyse de l'empreinte vocale ? Satisfaisant. [IMPLANTATION NOUVEAU PROTOCOLE . . .]

[PROTOCOLE MIS A JOUR AVEC SUCCÈS]


Dernière édition par Kalem le Lun 28 Aoû - 13:50, édité 1 fois
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Anya
Serveur/Serveuse
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Date d'inscription : 14/08/2011

MessageSujet: Re: Au petit matin, aux portes d'Armenelos   Mer 23 Aoû - 23:00

Anya avait remerciée Mogweed -encore une fois- lorsque cette dernière lui montra le petit déjeuner attendant d'être mangé et aussi lorsqu'elle lui donna son salaire d'hier soir. Sans oublier la lettre de recommandation. La jeune femme pris le temps de ranger précieusement sa lettre avec les autres, et son argent dans une poche à l'intérieur de son sac de voyage. Elle lirait la lettre sur le chemin menant à Miervaldis, sûrement une fois qu'elle aurait pu rattraper un peu de la nuit.
La serveuse s'installa à table, posant son sac sous sa chaise, et tartina de beurre un long morceau de pain, rajoutant une pointe de confiture d'abricot dessus par pure gourmandise. Mâchant avec plaisir la tartine, elle se servit une tasse de café, rajoutant un fond de lait et un sucre. Elle servit aussi une tasse de café bien noir à Merideth qui descendait et qui le lui demanda d’une voix basse mais parfaitement audible. Lui tendant la tasse, Anya lui demanda si elle avait bien dormi. Le grognement d'animal mourant que Merideth lui fit en attrapant sa tasse, et son affalement sur la chaise lui apprirent qu'elle avait sûrement passé de meilleure nuit, ce qui tira un léger rire à la blonde. Son interlocutrice se plongea dans le liquide noir plusieurs secondes. D'autres Alarics arrivèrent, certains plus frais que d'autres. Un bourdonnement plus calme que la veille se fit autour de la table. Merlock eut les joues un peu rouges en la voyant, le fait que la trace de rouge à lèvre avait été effacée suggérait qu'il l'avait vu et qu'il se demandait ce qui s'était passé.

Elle lui offrit un sourire simple et sincère, décidant de ne pas l'embêter plus longtemps, même si ça n'était pas un jeu méchant. Quand elle eut terminé de manger la blonde se glissa entre les Alarics pour prendre un des sacs. Elle le rempli de petites pâtisseries mais surtout de pain qui pouvait être mangé un peu plus tard. Elle espérait bien croiser la route du sans-abri d'hier soir en se rendant aux portes pour pouvoir lui donner le sac, ou d’un autre. Au pire elle aurait de quoi grignoter pendant la route si elle ne croisait personne.
 
* * *

Elle était restée avec Miela pour rassembler les retardataires. La guérisseuse les fit se lever et se dépêcher de main de maître, sachant visiblement comment les mener à la baguette pour les tirer du lit et les faire marcher presque au pas de course. Ils étaient en retard et Miela lui avait dit que Mavrag ne serait pas du tout content. Mais certains avaient beaucoup trop forcés sur la boisson hier soir, et c'étaient avec des tête de mourant qu'ils se dépêchaient de rallier les portes. La guérisseuse semblait anxieuse de la réaction de leur chef, et Anya était anxieuse de ne pas avoir vu le troll et son chien.
La versipellis fut soulagée en voyant les portes. Et encore plus lorsqu'elle vit Erchzim, le sans abri, et Irz, son chien, qui semblait regarder rêveusement le convois des Alarics. Le Troll avait été un combattant plus jeune, cela se voyait, cela se sentait dans ses mouvements et sa manière de marcher. Mais sans gloire, il n'y avait plus d'argent. Anya s'excusa auprès de Miela et couru pour devancer les Alarics et avoir quelques instants d'avance. Le vieux Troll sans défenses la reconnu et lui sourit. Elle sourit en retour.


-J'avais peur de ne pas tomber sur toi ce matin !

Il regarda le sac sur les épaules de la jeune fille après avoir été happé quelques instants par ses longues jambes. Il afficha un air surprit et se tordit les mains. Une vieux réflexe qu'il avait quand il parlait, ayant peur de déranger lorsqu'il demandait quelque chose.

-Tu pars toi aussi ? D'aussi bonne heure ? T'voulais pas rester à l'auberge pour y travailler ?

-Mogweed n'avait pas plus de travail à m'offrir que la soirée d'hier. Mais je pars avec ces charmants messieurs et ces charmantes dames jusqu'à Miervaldis où on aura sûrement besoin de moi !

-Ah... Dommage mais bien quand même alors, faudra juste faire l'voyage jusqu'là bas... Mais pourquoi tu voulais m'voir ?

Elle lui tendit un sac de papier plein et qui sentait bon. Il l'ouvrit et en sortit un scone frai.Il le fourra sans vergogne dans sa bouche et sortit un pain pour son chien. Il allait rendre le sac à Anya qui leva les mains, secouant la tête pour refuser de reprendre le sac. Ça faisait deux fois qu'elle lui donnait à manger, et des provisions de voyages. Il hésita quelque secondes et lui donna une brève étreinte. Il la remercia, lui rappelant que si elle devait revenir elle pourrait toujours compter sur lui si il pouvait l'aider. Irz lui mangeait et ne faisait que remuer la queue. Un sourire supplémentaire et la versipellis du courir pour rejoindre le groupe qui l'avait dépassé, adressant un grand geste de la main à Erchzim avant de franchir les portes.

Ils arrivèrent aux chariots de voyage dans lesquels Anya reconnu certains !alarics qu'elle salua de la main ou de vive voix pour les plus proches.


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Mavrag
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MessageSujet: Re: Au petit matin, aux portes d'Armenelos   Sam 23 Sep - 23:05

Le Drow et l’armure furent les premiers à se pointer, avec quelques Alarics ayant l’air à peu près frai. Mordyn jeta un coup d’œil à l’engin animé. Les armures animées, c’était des trucs de Nains, et enfin, il l’avait cru jusqu’ici. Pas des trucs de Drows. Mais visiblement, celui-là était pas du coin – vu l’accent à couper au couteau et les quelques fautes de grammaire dans son parlé – mais il était ponctuel. Et poli. Mordyn fit le tour de la carcasse métallique, jetant un coup d’œil appréciateur à l’alliage de métaux et aux pièces qui la composaient.
Mavrag regarda son nourricier se montrer curieux. Il eut un semblant de sourire en s’entendant appeler « sire ». Il n’y avait que les Sudistes pour lui donner du « Sire », du « Messer », du « Messera ». Dans le Nord, on lui donnait volontiers du « Laird » parfois du « Mon Seigneur » mais c’était rare. Son regard pâle et froid se posa sur le Drow. Il était vêtu à la mode Nordique, autrement dit, avec de quoi avoir chaud si le temps se gâtait. Il voyageait léger, pas de sac. Seulement celui de provisions, fournis par Mogweed. Léger était tout de même un terme bien relatif quand on regardait l’armure. Le Alaric songea que Kalem avait été judicieusement conseillé pour pouvoir survivre dans le Nord. Les températures restaient clémentes, les Alaric ne se rendraient pas sur la côte déchirée, mais le Nord pouvait paraître froid pour tout individu provenant du Sud. Même pour les Alaric, il leur fallait se rappeler ce que c’était, après des mois passés en Andanorië ou dans l’Empire.
Mavrag inclina légèrement la tête en guise de salutation.

-Juste Mavrag, ça ira. Et je sais déjà pour mon clan. Mon druide et son apprentie seraient capables de réveiller nos morts s’il le fallait.

A ces mots, Mordyn leva le nez.

-Sérieusement chef ? J’savais pas que Marban versait dans la nécromancie.

Ignorant le commentaire du nourricier du clan, Mavrag le désigna cependant du doigt.

-C’est à lui que vous devez demander ça. Je ne m’occupe pas de l’organisation des chariots. Juste de tenir mes frères et sœurs dans un semblant d’ordre.

Le nourricier s’était penché sur le métal enfoncé de l’armure, là où elle avait dû recevoir un coup magistral, qui n’avait cependant pas percé de trou. En vérité, si un être de chair et de sang s’était trouvé à l’intérieur, il aurait probablement eu les os broyés et serait mort sur le coup ou après quand on aurait tenté de lui enlever l’armure. Le nourricier se souvenait de l’histoire d’un grand prince dont le casque avait été enfoncé par un coup de masse lors d’un affrontement judiciaire. Quand on avait retiré le casque, le grand prince s’était effondré, sa cervelle s’éparpillant sur le sol. Les armures, même enchantées, ne sauvaient pas toujours ceux qui les portaient.
Mordyn se releva et replaça les petites lunettes rondes sur son nez, après les avoir frottées contre son tartan. Le nourricier des Alaric approchait de la soixantaine. Grand et à la carrure large comme tous les Alaric, il portait ses cheveux longs jusqu’aux épaules, dont le noir était strié de gris et de blanc, une barbe drue encore noire. Derrière les deux petits cercles de verre de son pince-nez, Mordyn avait les yeux bleu glacier de son clan. Avec l’âge, son tour de taille s’était élargi, mais les manches remontées de sa chemise laissaient encore voir des muscles noueux et vigoureux. Il portait le tartan bleu du clan, jeté en travers de son épaule et enserrant sa taille. A son ceinturon pendait un jeu de clefs et une sacoche de cuir rectangulaire, usée par le temps.

-Elle a pris un sacré coup. Un bon armurier pourrait vous redresser tout ça. J’vous aurai bien dit que Mider aurait pu vous redresser ça, mais votre golem est putain de magique, alors ça marchera pas bien si c’est un Alaric de sang qui s’en occupe. Hywel devrait pouvoir le faire à Miervaldis.

-S’il n’est pas parti à Bédélia, coupa Mavrag.

-On verra bien en arrivant. Y’aura bien une de ses filles. Si non, y’aurait p’t’être quelqu’un à Glasthuil pour le faire. Cela dit mon gars, j’ferais gaffe. Ton armure là, elle pue la magie. Et les Alaric et la magie, ça fait pas bon ménage. Pas vrai chef ?

-Non en effet.

Comme Mavrag n’ajoutait rien, Mordyn prit sur lui d’expliquer au Drow de quoi il retournait :

-Nous autres les Alaric, on est des Thuatanns un peu spéciaux. La magie marche pas sur nous, et elle fonctionne pas des masses quand on est nombreux. Y’a que Mahadev, l’emplumé en feu, et deux ou trois autres, qui s’en sortent sans casse. On est pas seulement immunisé, on détraque tous les sortilèges qui sont à portée.

Mordyn venait d’énoncer une des principales raisons qui garantissaient aux Alaric d’être embauchés en tant que mercenaires. Leur capacité innée à perturber magie, à la rendre inutilisable, couplé à une résistance quasi immune, en faisait des adversaires redoutables. Elle les empêchait pourtant de pouvoir produire une descendance, ou avec beaucoup de difficulté, avec quiconque doué de magie, d’où le besoin régulier du clan d’aller chercher des membres ailleurs et de les adopter, pour pouvoir survivre. Le nourricier avait les mains sur les hanches, pensif. Il haussa finalement les épaules.

-J’vous dirai bien de la… euh, mettre en veille ? Mais j’sais pas comment marche votre truc. Je lui ai gardé une place dans un de nos chariots à votre armure. Pour vous, soit vous prenez place sur le banc, à côté d’un conducteur, soit vous prenez une de nos montures.

Comme tous les descendants des Norrois, les Alaric ne faisaient pas exception à la génétique Norroise : hommes et femmes étaient tous grands et plus ou moins charpentés. Ces caractéristiques faisaient que les montures des clans descendants du royaume nordique englouti par les flots des siècles auparavant, devaient être robuste et d’une taille conséquente. Les destriers de Alaric étaient d’énormes bêtes, entraînées à la guerre, et qui côtoyaient d’autres équidés, plus calmes, mais également capable de supporter le poids d’un Alaric et de son paquetage. Les chariots étaient tirés par des chevaux, des ëarthaës au pas lourd, et par quelques wurthus. Mavrag songea qu’il vaudrait pour Kalem de voyager sur un chariot, plutôt que de tenter de voyager sur le dos d’un de leurs chevaux, surtout si le Drow était peu habitué à la monte et au voyage sur le dos d’un cheval. Les courbatures pouvaient être douloureuses et l’assise sur la selle pouvait vite devenir un calvaire.

L’attention de Mavrag fut attirée par de l’agitation en direction des portes.

-Maître Kalem, nous nous reverrons plus tard. Je vous laisse entre de bonnes mains.

Le chef Alaric s’éloigna, après avoir donné une légère accolade à Mordyn, voyant arriver le reste de son Clan qui avait passé la nuit en ville. Mordyn montrerait, ou demanderait à un ou une Alaric de le faire, le chariot réservé à l’armure et sa place à Kalem. Le convoi peinait encore à prendre forme, mais le camp était complètement démonté. Les chariots étaient encore en train d’être chargés avec les dernières toiles de tentes enroulées et chaudrons encore humides après avoir été utilisés et lavés. Les Alaric qui avaient passé la nuit au pied des murs d’Armenelos accueillirent leurs camarades sous une pluie de moqueries et de sourire goguenards. La gueule de bois se lisait plus ou moins sur le visage de chacun. Les excès de la veille en laisseraient plus d’un nauséeux dès qu’ils commenceraient à être ballottés sur la route.
Miela accompagnait la serveuse, Anya. Elle lui désignait du doigt, les différents chariots. Marban menait le groupe, attendant, comme une mère poule, que ses poussins soient tous passés pour avancer. Le druide était en forme, il beuglait, sans aucune pitié, arrachant des grimaces à ceux dont l’alcool martelait encore les tempes.

-Ils sont presque tous là, annonça le druide, les autres devront nous courir après. Je ne vois pas ton flamboyant frère.

-Mahadev nous volera après. Ce n’est pas comme s’il avait besoin d’une monture pour être rapide.

L’Andain était un cas particulier dans le clan. Bien qu’il soit lié par un serment de sang, faisant de lui et Mavrag de véritable frères, Mahadev avait une certaine indépendance, qu’il prenait de temps à autre. Il compensait en étant un des rares atouts doués de magie du clan, et ne semblait en rien affecté par les capacités de détraction des Alaric.

-Je vois que Miela a pris les choses en main.

-Merlock est pas seul à être tombé sous le charme d’Anya, observa le Marban, j’imagine qu’elle est juste contente d’avoir une nouvelle à qui tout apprendre, comme on l’a fait pour elle.

Mavrag jeta un regard en biais au druide.

-J’ignorai que Anya était déjà une Alaric.

Le Druide le regarda comme si c’était pour l’évidence même.


***

Miela effleura du bout de ses doigts le bandeau de cuir qui masquait son absence de nez. Un geste qu’elle faisait souvent, sans plus s’en rendre compte. Son appendice manquant ne dérangeait personne chez les Alaric, qui arboraient cicatrices, doigts en moins, oreilles coupées, visages partiellement défigurés, comme des trophées. Anya ne semblait pas y faire attention non plus. Miela aimait déjà beaucoup la jeune femme. Anya était enjouée, joueuse, et vive d’esprit. Miela l’avait aussi découverte comme pleine de compassion et pleine de gentillesse. Elle ne s’était pas attendue à la voir donner de la nourriture au vieux troll accompagné de son chien qui trainait dans les rues d’Armenelos. Son capital sympathie tripla probablement à ce moment-là. Et Miela aurait juré que les yeux de Merlock n’aurait pas pu plus ressembler à ceux d’un chiot énamouré.
Elle guetta la réaction d’Anya quand elles arrivèrent en vue du convoi.

-Bah quoi ? Tu croyais quand même pas qu’on était qu’une vingtaine ?

Il n’y avait pas moins de soixante-dix guerriers Alaric et d’une vingtaine de Alaric dévolus au bon fonctionnement du convoi et du campement. Une véritable petite armée s’étendait sous les yeux d’Anya. Miela repéra Mavrag qui s’avançait vers eux. Le Drow à l’armure était plus loin, avec Mordyn. Elle désigna se dernier à Anya.

-Ça, c’est notre nourricier, Mordyn. Il s’occupe de la nourriture et des questions de logistiques. Normalement, il a dû prévoir une place pour toi, mais y’en a dans notre chariot à Marban et moi, si ça te dit de faire la route en notre compagnie.

***

Il fallut une heure de plus que pour le convoi soit prêt à partir. Mordyn et ses aides beuglèrent pendant pratiquement une heure pour que rien ne soit laissé au hasard. Les derniers Alaric ayant passés la nuit en ville, arrivèrent encore débraillés, le souffle court, prenant leurs places sous les sifflements et applaudissement du clan. Quand tout fut en ordre, le nourricier grimpa à bord de son chariot, et on sonna le cor. Le son du cor se répercuta sur tout la ligne formée par les chariots et dans les rangs des cavaliers. Le convoi se mit en branle, lentement, s’étirant doucement, à la manière d’une chenille, avant de devenir un long serpent qui avançait sûrement.
Mavrag faisait partie des cavaliers, prenant la tête de ceux qui formaient l’escorte du convoi. En territoire Maëldanais, il ne craignait pas d’attaque, mais les habitudes avaient la vie dure, et même se sachant en paix, les Alaric gardaient leur formation martiale.
Le convoi piqua doucement, lourdement, vers le Nord, pour remonter le fleuve Dairine, en direction de Glasthuil qui marquait la première étape de leur voyage de retour. Mavrag voyait déjà le paysage de ce chemin familier glisser sous ses yeux. La route était pavée jusqu’à Glasthuil, elle serpentait à travers les cultures qui épousaient les bordures du fleuve. Des fermes, villages et hameaux avaient poussés avec les champs, vergers et pâturages. Ils n’auraient aucun mal à se procurer le fourrage nécessaire pour les bêtes de trait et pour leurs montures, ni n’auraient à se poser la question de choisir un terrain idéal pour établir un campement qui soit aisément défendable. Mavrag savait que son clan serait bien accueilli. Il savait aussi que l’argent que le clan dépenserait ferait la fortune de ceux à qui ils achèteraient grain, fourrage et nourriture à chaque fois qu’ils feraient étape.
Après Glasthuil, ils obliqueraient vers Eithne, à l’Ouest, et la route serait probablement moins bonne. A moins qu’ils coupent à travers les landes pour gagner Miervaldis, empruntant des routes qui ressemblaient plus à des sentiers, aux sillons creusés par les quelques convois qui passaient par là, par les clans nomades, où chaque carrefour était marqué d’une pierre levée peinte en blanc, autour de laquelle se croisaient les sillons. Le tout serait comme perdu, presque invisible, au milieu du paysage sauvage.




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Au petit matin, aux portes d'Armenelos

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