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 Au petit matin, aux portes d'Armenelos

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Mavrag
Mercenaire
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Peuple : Thuatann
Second(s) Métier(s) : Chef du clan Alaric
Nombre de messages : 11
Localisation : Là où les Alaric vont.
Date d'inscription : 03/07/2007

MessageSujet: Au petit matin, aux portes d'Armenelos   Sam 11 Mar - 15:12

Le camp Alaric avait été monté dans la soirée, aux portes ouest d'Armenelos, hors les murs. Avec la rigueur et surtout la force de l'habitude, les chariots qui transportaient vivres et matériels furent placés en cercles, et les tentes furent montées près d'eux, formant de petits îlots. Nul besoin de démonter les chariots pour qu'ils servent de palissade, nul besoin de creuser une tranchée et de la garnir de piques taillées dans le tronc de jeunes arbres. Les Alaric savaient qu'ils ne seraient pas attaqués, pas chez eux. Il n'y avait que dans le Sud où l'on n'hésitait pas à s'en prendre à eux, pillards, clans nomades devenus renégats, bandes d'esclaves en fuite n'ayant rien à perdre ou déserteurs des légions. Ici, les luttes étaient politiques, les clans n'osaient plus s'affronter qu'à coup de négociations ou d'embargo. Cela n'empêcha pas Mordyn, responsable des Alaric qui n'étaient pas partis en ville se rincer le gosier et se remplir la panse, de mettre en place un tour de garde, ne serait-ce que pour veiller sur leurs bêtes de traits et sur leurs nombreuses montures. Le clan se déplaçait sur des montures simples, mais possédaient aussi des destriers, des montures entraînées et faites pour la guerre, qu'ils ne montaient que lors de bataille nécessitant une cavalerie. Il fallait en prendre soin, ces bestioles là coûtaient une fortune. Une fortune qu'ils gagnaient, certes, mais qu'ils dépensaient en fourrage, en matériel. Voyager avec un groupe aussi important sur de longues distances nécessitaient des ressources qui finissaient par s'épuiser et qui devaient être renouvelées. À leur retour au pays, les réserves de vivres étaient au plus bas, et Mordyn, accompagnés d'une demi-douzaine de membres de clans avaient écumé le marché d'Hossë, pour avoir de quoi tenir jusqu'à Glasthuil, où ils pourraient faire le plein de fourrage et une brève escale avant de s'enfoncer dans les landes et de gagner Miervaldis. L'itinéraire était simple et souvent le même quand ils rentraient dans le Nord, en accostant à Armenelos. Mordyn était fourbu, mais la tâche de nourricier lui était revenue après que le nourricier du clan soit mort de la Putricide. Cet imbécile n'avait pas pu s'empêcher de vouloir piller des tombes et le résultat avait été fatal. Il avait parcouru le marché, choisi, parant au plus pressé, payant chaque fois, et il avait passé le reste de la journée à attendre que les boutiquiers envoient leurs commis effectuer les livraisons jusqu'au camp Alaric. Il n'avait pas été le seul à attendre, les plus fatigués d'entre eux avaient passé la journée à se traîner, à fourbir leurs armes ou à dormir pour récupérer, puis à crapahuter dans la gadoue et à creuser des tranchées autour des tentes quand une pluie drue s'était mise à tomber en fin de soirée. Mordyn déplorait parfois sa condition de Alaric, avec un mage ou deux, ils auraient tous pu avoir les pieds au sec en moins de temps qu'il ne lui en fallait pour brailler son cri de guerre. Mais ce n'était pas le cas. Il songea brièvement aux Alaric qui se trouvaient en ville, les pieds au sec, eux. Cependant, il jugeait les Alaric restés au camp comme les plus intelligents. Les autres dormiraient debout demain, après une soirée de festivités.  La majorité des Alaric irait festoyer, y compris leur chef, mais Mavrag était une vraie force de la nature et une soirée d'excès n'aurait aucune conséquence pour lui. Et chez Mahadev, eh bien, rien ne transparaissait jamais chez l'Andain. Dans la soirée, au milieu d'une accalmie, des âmes charitables leur apportèrent un vrai festin, probablement sur l'ordre de leur chef :  Tranches d'ëarthaë braisées, tourtes aux poissons, pains croustillants, fromages crémeux, bouchées sucrées à la crème, fruits secs au miel, pommes, le tout arrosé de cidre et de vins doux. Le tout fut servi sous un pavillon commun, celui qui accueillait généralement le mess pendant leurs campagnes à l'étranger. Les feux du camp avaient brillé jusque tard dans la nuit, alimentés par des gardes bougons et mouillés, mais nécessaire pour quiconque souhaitant retrouver sa tente ou se sécher un peu. Mordyn avait, durant la nuit, vaguement entendu les Alaric éméchés se jeter dans leurs couchages.
Le petit matin vint bien assez tôt, en rais de lumière pâle perçant par l'ouverture de sa tente. Il en sortit, moins reposé qu'il ne l'aurait souhaité et pris un petit déjeuné se composant des restes de leur veillée. Il beugla en suite quelques ordres, et alla trouver Mavrag. Le nourricier se gratta la barbe, qu'il avait drue et noire. Son chef se tenait debout, ayant l'air d'avoir passé une nuit complète. Mais Mordyn l'avait vu dormir sur le navire. Un sourire amusé sur les lèvres, Mavrag regardait les Alaric finir de manger sur le pouce, démonter le campement, atteler les chariots ou leurs montures. Lui avait quelqu'un pour s'occuper de ça, privilège du chef, même si son destrier était une saloperie, le genre à vous piétiner jusque parce que votre trogne lui revenait pas. L'animal était d'humeur aussi sombre que Murdag, qui était connu pour être le plus taciturne d'entre eux.

-Ah ! Mordyn ! Frai et dispo.

-Toujours, répondit Mordyn à la salutation de son chef, j'ai passé l'âge de rouler sous la table à la moindre occasion.

-Sages paroles.

-Et ça m'évite d'avoir une gueule de bois énorme et d'être ballotté sur la route, et de vomir mes tripes.

Un œil clair comme un ciel d'hiver se posa sur lui. Mavrag éclata d'un rire bref, secouant la tête.

-Tous ne sont pas aussi intelligents que toi.

-J'ai vu. Mahalaith est en train de vomir ses tripes. Il manque encore des nôtres.

-Je sais. J'ai laissé Miela et Marban se charger de rassembler nos brebis égarées.

Le nourricier grogna son assentiment. Le guérisseur et son apprentie étaient sérieux, portés sur la ponctualité et capable de botter des culs. Enfin Marban en était capable. Miela s'y prenait autrement pour tenir les Alaric.

-Nous aurons deux invités pour le voyage.

-Je sais, j'ai prévu une place pour… l'armure. Et vos invités n'auront qu'à s'asseoir à l'avant d'un chariot ou de se choisir une monture...

-Ils viennent avec leurs propres provisions.

-Ah.

-A Glasthuil, il nous faudra aussi une cargaison de céréales, quelques têtes de bétail, et des tonneaux de chou en saumure.

-J'ai les tonneaux de poissons séchés et salés ou en saumure comme demandé.

-Mév devrait être ravie.

Le convois était imposant. Ils ramenaient avec eux des rouleaux de soie du Sud, des piquants et fourrures de wurthu, des peaux de lézards huilées et soigneusement enfermées dans des caisses,  des tissus teints d'Erzarmar, de jarres d'huile d'olive et d'argan, et des épices précieusement empaquetées dans des peaux pour préserver les contenants de verre et de terre de cuite d'une éventuelle casse. Ils avaient vendu quelques armes de leur fabrication, qui valait une fortune dans le Sud. Les Alaric étaient connu pour leur art de la forge, une réputation venant de leurs épées dont les lames et les gardes peuvent se moduler grâce à des mécanismes dont les secrets de fabrication étaient bien gardés. Miervaldis n'avait pas ses propres mines, et les Alaric devaient faire venir le minerai du Nord du Maëldan ou bien des mines du marquisat de Pern pour alimenter les forges. Le prix des convois de minerai était couvert par les expéditions, les contrats de mercenaire, et les transactions commerciales. Les Alaric ne forgeaient pas que leurs armes si particulières, ils forgeaient aussi des outils, des pièces nécessaires au cerclage des tonneaux, aux bardages des portes, et même des bijoux dont la finesse et la délicatesse étaient souvent une surprise pour ceux qui ne connaissent que l'aspect guerrier du clan. Alors chaque contrat dans le Sud était l'occasion de vendre à prix d'or et de rentrer avec ce que Mév, l'Intendante de Miervaldis, réclamait pour le clan. Il leur arrivait aussi de rapporter vivres, matériaux, et autres biens, qu'ils achetaient sur le chemin du retour, généralement, l'achat de vivres alimentaires avait lieu à Glasthuil, car même si Miervaldis disposait de ses propres champs et verges, ils étaient moins productifs que ceux sous l'autorité du clan Fingal. Les mercenaires se changeaient alors en commerçants, artisans et agriculteurs une fois de retour chez eux. Les Alaric étaient un clan puissant mais petit en comparaison des autres clans possédant des terres et un fief. La vie de nomade menée par la moitié des Alaric, les combats, réduisaient leur nombre, et Miervaldis semblait se vider à leur départ, voilà pourquoi, les Alaric se reposaient sur la venue d'autres clans, de Maëldanais qui n'en appartenait à aucun, pour faire vivre Miervaldis. Mév avait la tâche d'assumer le rôle d'intendante en l'absence de Mavrag, laird légitime de Miervaldis et de ses terres. Elle avait longtemps fait partie des guerriers louant leur service mais avait était choisie par Mavrag pour tenir Miervaldis. Si Mév avait été une archère et une éclaireuse redoutable, elle était intraitable et remarquablement habile en matière de gestion et de négociations. Compétente, capable d'organiser une défense, et gestionnaire avisée, elle tenait avec conscience son rôle, quitte à donner des ordres à son laird, en lui envoyant par messager une liste de ce qu'il fallait à Miervaldis.

Le campement fut démonté aussi vite qu'il avait été installé, et les chariots commencèrent à se placer dans leur ordre de succession habituel, tandis que les guerriers s'occupaient de vérifier leurs fontes, leur selle, et d'inspecter leurs montures une dernière fois, chacun ayant la responsabilité de son destrier pour ceux qui en possédaient un. Le regard de Mavrag se porta vers les portes, déjà ouverte à cette matinale, laissant sortir des travailleurs des champs, des chasseurs qui ne reviendraient qu'à la nuit tombée. Derrière les murailles, les premiers navires de pêcheurs rentraient de leur pêche nocturne, croisant ceux qui sortaient au petit matin. Un vent venu de la mer portait son odeur saline jusqu'à eux, malgré les hauts remparts de la ville. Fort le Heaume s'élevait au-dessus de la capitale, et Mavrag attendait qu'un Drow, une armure vivante, et une jeune femme aspirant à faire partie du clan passent eux aussi les portes pour les rejoindre.

-J'imagine que s'ils sont en retard, c'est parce que tous les Alaric ne sont pas encore sortis du lit, lança Mordyn avant de s'en aller pour prendre possession de son chariot.



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