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 Histoire d'Inwilis vol. 3 : L'Âge Guerrier

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MessageSujet: Histoire d'Inwilis vol. 3 : L'Âge Guerrier   Ven 23 Déc - 17:04

L'Âge Guerrier

Cité royale de Bois-Blanche, Esgal.

" Les flammes du culte de l’Unique ont ravagé l’Andanorië, et elles se propagent à nos terres, à celles de nos alliés du Nord et leurs enclaves. Les cultistes ont levé de véritables armées, et les Andains ont été surpris, il est trop tard pour les arrêter. Ils sont partout, et des cités entières sont la proie des flammes.  Il y a des cadavres calcinés sur le bord des routes.  Sur la route qui mène à Necuatica, il n’y a plus rien, le fleuve est rouge. Des corps gonflés y flottent jusqu’à l’embouchure. Fendassë tient à peine face aux flammes, et rien ne semble pouvoir arrêter la folie de ce Dieu Unique et de ses partisans. L’Andanorië n’existe plus, ils sont des centaines, des milliers à fuir le pays, à fuir la guerre, à fuir les flammes. Les plus chanceux traversent la mer, à bord du moindre navire, cales et ponts bondés. Les malchanceux fuient par voie de terre, au risque d’être rattrapés et brûlés.  Ils brûlent même des prêtres et des temples. Une tribu entière de Ai-Esus a été trouvée calcinée. Le roi d’Altare a envoyé ses troupes protéger les terres qui sont encore son influence, mais comme les Andains, il est débordé, et de nombreux Altarois fuient eux aussi vers le Nord ou l’Est. Pourtant, nous entendons aussi parler de la Marche, un ordre qui rassembleraient des religieux, des guerriers, et tous volontaires, pour contrer le Culte de l’Unique… "

" A Bois-Blanche, nous tenons. Les réfugiés ne cessent d'affluer, et les murs de la cité ne sont pas assez grands pour contenir autant de monde. Nous avons appelé la couronne à l’aide, et Fainros a répondu. Nous devrions apercevoir nos navires d’ici quelques semaines. Mais nous devons tenir. Nous sommes seuls. Les cultistes ont isolés les enclaves falastoises, elles les ont isolées d’elles-mêmes et nos alliés Esgalois. Les frontières de l’Empire sont closes, les Morniens patrouillent et barrent la route aux cultistes, ils les ont empalés, laissés bien en vue. Nous avons eu vent de traques à l’intérieur de l’Empire, mais aussi en Cyriaca. "

" Le Culte de l’Unique a atteint le Nord. Des bûchers se sont allumés là bas aussi. Les couronnes du Falast et du Maëldan, ainsi que l’Assemblée de l’Inwerin se sont alliées pour contrer la menace de la Purge."
 Extrait des journaux de Jorlinda, gouveneure de Bois-Blanche.



Hameau, île de Sylfaed.

" Nous avons pris ce que nous pouvions, et nous nous sommes embarqués sur le premier bateau que nous avons trouvé. Nous avons fuit par la mer. Nous  avons pris par le Nord, désireux d’échapper à cette folie. Nous n’y avions pas cru, et quand les flammes ont léché de près mon visage, j’ai su qu’il était trop tard pour sauver ce que je possédais. Les Blathanae et les Primys nous ont aidés. J’avais entendu parler des habitants de Dol Blathan, de leur île entièrement coupée du  reste du monde, je ne m’attendais pas à voir leurs navires sillonner les Mers pour nous aider. Les autres Nordiques ont envoyé eux aussi des navires. Nous sommes nombreux à partir par la mer, peu importe l’embarcation. Tant pis si elle chavire. La noyade, la soif ou la faim, me semble préférable à la mort par le feu. "

" Après avoir refusé l’offre des Blathanae, nous avons poursuivi notre route. Ils nous ont donné des vivres, de quoi nous vêtir. Les températures ne sont pas les mêmes. Nous en sommes presque à crever de froid. Mais la neige. Je n’avais jamais vu la neige. Si blanche, et qui recouvre tout. Lorsque je respire, mon souffle forme des volutes chaudes dans l’air devant moi. Nous avons longé les côtes du Falast, et nous avons contourné la pointe de l’Inwerin, et nous avons accosté dans l’Archipel de Norkemar. Les Norkemarois sont… très différents. Ils sont grands, pâles, avec des cheveux blonds ou roux, parfois châtains. Nous, nous sommes bruns, brunis par l’action du soleil. Celui-ci ne réchauffe rien ici. "

" Les Norkemarois nous ont aidés eux aussi. Ils ont pris soin de nous, nous ont montrés comment survivre ici. La pêche est presque la même, la chasse aussi. Mais il a fallu nous habituer au froid, au vent, à la glace, à la neige humide. Certains ont perdu des doigts à cause du froid. Je n’avais jamais vu ça. Les réfugiés continuent d’affluer, nous les aidons comme nous avons été aidés. A présent, il y a des villes qui sortent de terre. Brynjolf me racontait qu’il n’y avait que les chasseurs pour vivre six mois de l’année sur Sylfaed, et que maintenant, il y a des villages partout sur la côte. Des villes sortent de terre sur Farwynd et Somerhild. Et sur Eldjorn, des villages se construisent, accueillant les réfugiés venus du Sud et leurs protecteurs Norrois. D'autres sont retournés en Inwerin, dans les enclaves Norroises, enfin Montagnardes. Les navires font des allers-retours fréquents entre les territoires des Montagnards et les îles. Les Montagnards apportent des vivres, surtout ce qui ne pousse pas sur les îles, et les îles leurs donnent de la graisse, des peaux... "

" La viande de renne ce n’est pas si mauvais. Mais je ne me ferais jamais aux aboiements de tous ces chiens que nous utilisons pour nous déplacer. "
Journal de Unjara fille de Nahualt, réfugiée Andanoréenne. 


Sanctuaire de la Marche, Altare.

"La Purge. C’est ainsi que l’on nomma la destruction de l’Andanorië, les centaines de bûcher qui embrasèrent ses terres, celles de l’Esgal. Des brasiers qui atteignirent le Nord, mais qui n’y prirent pas. L’Esgal survécut, contrairement à l’Andanorië, dont il ne reste que des ruines calcinées. Les Andains sont partis, les autres peuples ont fuit. Le Culte de l’Unique a tout détruit, et de ses partisans il ne reste que des cadavres. Nous les avons traqués. Longtemps. Pendant des années. Nous la Marche, nous avons poursuivis les sympathisants de ce Boucher Divin, nous avons brûlé leurs livres, abattu leurs lieux de cultes. Eux aussi ont été purgés. Les têtes des prêcheurs sont fichés sur les piques à l’entrée de nos cités, simple avertissement."

" Nous, la Marche, nous veillerons jusqu’à la fin des temps. Jamais l’Unique ne doit revenir. Jamais plus. Nous devons veiller à ce que ces paroles restent oubliées de tous. A ce que les prêcheurs ne puissent plus jamais parler et empoisonner les esprits. Nous devons veiller à ce que cette horreur ne se reproduise plus. Nous, les membres de la Marche, nous avons pour sanctuaire Altare la magnifique. Nous sommes des prêtres, des guerriers, mais aussi des prêcheurs, car nous portons la parole des Dieux. Nous portons leurs préceptes et nous les partageons. Les alliances sont le seul rempart qui a pu endiguer les flammes de l’Unique. Nous resterons unis, et nous rappellerons aux royaumes qu’ils ont eux aussi prêté serment. Nous, la Marche, nous veillons."
Manuscrit trouvé dans les ruines du Sanctuaire, après la Chute.


Amunritis, Andanorië.

"Il est revenu. Le sang et la guerre l'attirent comme les cadavres attirent les charognards. Il a coulé les deux tiers de la flotte, et s'en est pris en suite à nos ennemis. La mer d'Ysmyr est rouge, il y flotte des débris des carcasses des navires envoyés par le fond. La mer avait toujours été notre amie, et la créature n'aurait pas dû se trouver si loin au Sud. Il n'y avait que les Nordiques pour en parler, mais il semblerait que le monstre de Nibi ne se cantonne plus qu'à un territoire. Les Virviennes ont disparu, personne n'a vu leurs écailles dorées depuis des mois. Pas depuis que la guerre a commencé. "

"Les navires ennemis battent des pavillons inconnus, arborent des figures de proues plus ou moins grotesques, parfois effrayantes. Ils ont comme surgi de nulle part, et il se murmure qu'ils seraient de ceux qui ont disparu durant la Purge. Ils auraient trouvé refuge dans les méandres marécageux de Skeljiren, et on parle même d'une île abandonnée, oubliée, qu'ils auraient trouvé sur leur chemin, comme un cadeau des Dieux. Une ultime tentative pour les sauver. Il y a des Andains parmi eux, plus que parmi nous. Ils prennent en chasse nos navires, et ils s'aventurent de plus en plus loin, filant le train aux navires cyriacans, et même à ceux des nordiques. Il n'y a guère plus de navires morniens sur les mers. L'Empire semble inaccessible depuis la Purge. Nous sommes seuls face à eux. Nous avons à peine mis la tête hors de l'eau. "

"Deux noms flottent sur les lèvres. Tolceleg et Muina."

"Les pirates ne sont plus seulement sur les mers. Il y en a dans le Sud du royaume, et dans l'Esgal. Les Esgalois rapportent des attaques de pillards, sur des caravanes. Il semble qu'un nouveau fléau se soit abattu sur le Sud."
Journal de bord du capitaine marchand, Barak Fahara'jad.


Falast.

"Nous étions fiers. Nous étions forts. Nous étions libres. Nous étions puissants. Aujourd'hui, voyez ce qu'il reste de nous mes frères ! Des clans étriqués, réduits à vivre aux crochets des sédentaires ! Des immobiles ! Des stagnants ! Ils ont pris nos plaines pour les transformer en champ. Ils bâtissent des villes et abattent des forêts. Ils nous forcent à nous plier à leurs règles, à courber l'échine devant leur couronne ! Jamais nous ne reconnaîtrons l'autorité de leurs rois et reines ! Nous ne sommes pas les bienvenus dans leurs villes, mais nous ne pouvons pas non plus vivre hors de celles-ci, sans avoir à demander la permission pour traverser les terres de leurs petits seigneurs ou de leurs faibles fermiers. Mes frères ! L'Ancienne Voie s'ouvre à nous ! Nous ne devons pas oublier qui nous étions ! Ce que nous sommes ! Nous sommes des Centaures et nous vivons selon l'Ancienne Voie ! "
Discours de Erek'agos, chef centaure.


Campagne autour de  Glasthuil, Maëldan.

"Entre les centaures qui s'imaginent pouvoir vivre comme des Sidhes des temps d'jadis, les Maëldanais qui s'tapent dessus, pis les Montagnards, là, les Norrois de l'Inwerin, qui tapent sur les Elfes, et les Elfes qui leur tapent dessus.  On s'en sort pas. Et qui, hein, qui, pour penser à nous ? Les petites gens. Sans nous,  y boufferaient pas ces grands seigneurs et ces guerriers. Sauf que quand y s'battent, faut toujours qu'ils passent tout au fil de l'épée et qu'ils usent de la torche. Des fermes entières réduites en cendres, du bétail tué. Ces imbéciles sont même pas capable de voir que sans les moutons qu'ils ont même pas fini de bouffer, y'aura pas de laine pour couvrir leurs précieuses miches. J'voudrais bien les y voir moi cet hiver, à se geler l'cul parce qu'ils auront été trop occupés à se battre. Pardon, à guerroyer comme y disent. Moi j'comprends pas. Non vraiment pas. Et y'a personne pour penser à nous. D'où qu'on soit et d'où qu'on aille. J'vous jure. J'ai croisé des Falastois, un brave gars qui était parti avec sa famille, tous à moitié mort de faim sur la route, ils fuyaient les Centaures qui s'en prennent aux villages. Ben, j'y ai dit de prendre la mer, ou de pas rester. Nous, c'est les clans qui s'tapent dessus. Mon clan à moi, la guerre ça l'intéresse pas. Nous tout ce qu'on veut, c'est faire pousser nos légumes, faire nos récoltes, et profiter un peu. Pis y'a la laine en hiver. Mais nan, faut qu'ils se battent. Pourquoi ? J'en sais rien. Pour des histoires de terres. Ou des histoires de mariages et de remariages. Des fois, ils se souviennent même plus pourquoi ils ont commencé à se battre. Et si y'avait que ça, j'dis pas. Mais les autres là, les Norfendrois, et les Tiernois, ben, ils se tapent dessus aussi. Mais eux au moins, ils font ça chez eux. Pas comme les centaures qui traversent la frontière. Enfin y'en a aussi par chez nous. Et y font pareil. Je vous jure. Mais c'est pas des mauvais bougres, y sont sympas quand ils brandissent pas des haches et des torches en vous fonçant dessus. On arrive à s'entendre des fois. Surtout quand on échange des biens. Mais là, v'là ti pas qu'ils se comportent pareil que ceux du Falast. Une vraie folie. Et l'pire dans tout ça, c'est qu'il y a plus grand monde pour les empêcher de tout piller, de tout saccager. On enterrait encore les morts, ceux de la Crayeuse, y'a pas si longtemps. Et les Dieux savent qu'il y en a eu des Morts. Nombreux. On a enterré les cousins de ma femme, et la moitié du village, y'a même pas un an... J'crois bien qu'on a enterré la moitié du Nord. Z'avez eu de la chance par chez vous, la Crayeuse est pas sortie de vos ports."
Jorik du Clan Fingal à Tydeus Melanctha, marchand Cyriacan.



Remparts de Calithes, Cyriaca.

"Il y a toujours de la fumée dans le ciel de l'Empire. C'est ce que l'adage dit. C'est ce que Altinos me disait toujours. Hm ? Altinos, un vieux compagnon. Il est mort lors de la dernière guerre entre Cyriaca et l'Empire pour la possession des Gorges. Ahah ! Non, c'était avant la Purge. Quoi ? Tu ne me savais pas aussi vieux ? Je suis un Kariathi mon ami, nous restons jeunes longtemps, et nous vieillissons lentement. Après tout, nous sommes des sortes d'Elfes. Non, nous n'avons rien de commun avec ceux du Nord, sauf peut-être que notre peuple vit essentiellement dans la forêt, même si le terme jungle est plus exact. Nous sommes originaires de ces terres, ou plutôt, le berceau de mes ancêtres sont les terres autour du Mont et de la jungle dont nous tirons notre nom, Kariath. Nous vivions là bien avant que le royaume de Cyriaca existe. Nous sommes toujours un peu à part, différents de vous autres, les Cyriacans, pour preuve, nous portons toujours le nom de notre peuple, tandis que toi, jeune Draemorog, tu es certes, un Draemorog, tes cornes et ta peau épaisse couleur ocre te désigne comme tel, mais tu es un Cyriacan. Tu es même un citoyen d'Aetides, si je ne me trompe. C'est ton accent qui te trahit. Nous autres, Kariathi, avons de bonnes oreilles. Ah. Pourquoi ai-je rejoins le Bahram si je suis un Kariathi et pas un Cyriacan ? Et ben, je fais partie de ce royaume, et ce depuis ma naissance. A Suyeros, Kariathi et Cyriacan vivent en paix. Et, plus jeune, j'avais soif de bataille. Aujourd'hui ? Disons, que je suis plus sage.
Mais tu me parlais de nuages noirs. Il y en a toujours dans le ciel de l'Empire. Les Morniennes aiment brûler leurs villes. Peut-être parce que leurs maçons et charpentiers adorent les reconstruire ? Je n'en sais rien. La guerre est presque plus courante que la paix  là bas. Et depuis la Purge, les frontières de l'Empire sont fermées, mais on dirait bien que les choses sont sur le point de changer.  Qui sait ce qui peut bien se passer dans la tête des Morniens. Si nous Kariathi, te semblons mystérieux, il n'a rien de plus impénétrable que l'esprit d'un Mornien. Voilà pourquoi il y a de si nombreuses trahisons dans leurs histoires. Elles finissent généralement mal. Il doit donc y avoir un fond de vérité. Et si Morna brûle, le changement s'annonce. L'Empire est en proie à des guerres civiles depuis une histoire de mariage. Voilà pourquoi ils ne se préoccupent pas de leurs frontières, ils sont occupés à s'entre-tuer. Et j'étais à Eris, quand ils ont décidé d'attaquer les Gorges. Crois moi, je n'aimerai pas que leur nouvelle tête couronnée se tourne vers nous. Altinos disait qu'il passait son temps à attendre les Morniens. Mais qu'une fois qu'ils étaient là, on souhaitait qu'ils ne soient jamais arrivés. Là. Qu'est ce que je te disais. Tu entends les cors ? Les sonneries. Les cloches. Les Morniens ont fini de s'entre-tuer, ils viennent à présent vers nous. Les nuages étaient pour nous finalement. Arme toi de courage. Ou au moins de bon sens, et tu survivras peut-être. Ahah. Rester près de moi ? Pourquoi pas... chacun veillera sur les arrières de l'autre. Et ne fais pas comme ce vieux fou d'Altinos, ne joue pas aux héros. "
Mathara'thaes, vétéran Kariathi de la Première Guerre des Gorges de Dragica, à une nouvelle recrue, au début de la Deuxième Guerre pour la possession des gorges.



Statue d'Aeguishor, cour du Manoir éponyme, Armenelos, Maëldan.

"Les frères de sang de ne se déchireront plus. Ils enverront leurs enfants chez leurs frères et sœurs. Les enfants grandiront loin des parents, mais apprendront à aimer les leurs. Jamais plus la guerre ne déchirera les entrailles du Maëldan."

"Tu vois ça, c'est les paroles du prêtre de Ceallach, Aeguishor. Ouais mon gars, un guerrier qui prêche la paix. Mais faut dire qu'à l'époque, les clans passaient leurs temps à se faire la guerre. La goutte de trop, ça a été quand le clan Crannog a fait alliance avec une harde centaure renégate. Mais si tu sais, une des hardes qui n'a jamais accepté les accords passés avec la couronne Falastoise, et qui s'permet de passer par là où ça lui dit, sans faire grand cas des autres. Ouais, ta grand-mère dirait qu'ils se prennent pour les Sidhes des temps jadis. Et eux-mêmes se prenaient parfois pour des Dieux. Alors quand ta grand-mère dit ça, c'est que c'est pas peu dire. Bref. Aeguishor, en voyant ça, il s'est dit que c'était plus possible. Et le roi Dairine, paix à son âme, c'était un bon roi, il s'est dit la même chose. Alors tous les deux, ils ont fait en sorte que les clans arrêtent de se battre. Et crois moi, ça n'a pas été facile. Les querelles remontaient parfois à tellement loin, qu'en fait, ces bandes d'imbéciles se souvenaient même plus d'pourquoi ils se faisaient la guerre. Nan, moi et Ronnall c'est pas pareil. On s'bat pas, on s'explique. Et c'est mon frère. Alors ça reste une querelle familiale, pas une guerre de clan. Aeguishor, en tout cas, il est arrivé à calmer tout le monde, et le roi Dairine, il a monté la garde d'Armenelos, avec des gens venus de partout, qui n'avait pas d'allégeance à un clan, et crois moi que quand un clan sortait du rang, la garde, elle allait le remettre dans le droit chemin. Y'en a qui ont pas été très contents, mais moi j'dis que c'est quand même mieux quand un Fingal veut aller vendre ses vaches ou sa récolte, qu'il se fasse pas tomber dessus par un An'Craith, ou un Fearghas. Ouais, ou qu'un Erskine se fasse pas éventrer chaque fois qu'il veut aller travailler sur ses navires.  Et pis, le roi et le prêtre, ils se sont dit que c'était bien gentil de leur taper dessus à tous pour les empêcher de se battre, mais que c'était quand même pas très pratique, et surtout, quand on prône la paix, ben, ça serait bien de le faire de manière un peu pacifique. Alors le prêtre, il a eu une idée. Il s'est dit, si les clans se tapent dessus, c'est parce que souvent, ils ne se connaissent pas, sauf quand il s'agit de raconter des crasses. Genre que les Fearghas ils boufferaient leurs enfants, ou que les Beathan sont toujours prêts à vous poignarder dans le dos. Et j'te parle pas de ce qu'on dit sur les Alaric. Enfin bon. Bref. Le prêtre, il a expliqué ça au roi, et ils ont décidé d'ériger des manoirs comme celui-là dans toutes les grandes villes, y'en a même à Osgar, alors que bon, à part se peler les miches, on fait pas grand chose là bas. Quoi la guerre ? Oui, oh, parfois, la guerre entre Tiern et Norfendre se rapproche un peu trop de nos côtes, mais bon, on est neutre. Hm ? Oui ben ton oncle, je voudrais bien l'voir se battre sur un navire, on rigolerait un peu tiens. Eux aussi, ils auraient bien besoin d'un Aeguishor, je me rappelle même pas de pourquoi ils se battent.  Peut-être bien que même eux ils le savent pas, ça m'étonnerait pas, c'est des Norrois, comme nous. Enfin, ils auront quand même réussi à détruire Entragues. Une cité entière. Quoi ? Oui je radote. Je radote.
J'en étais où ? Ah oui. Aeguishor. Le roi. Tous les deux, ils ont décidé de mettre les apprentissages en place. Oui, c'est pour ça qu'on est là. Pendant longtemps, tous les mômes devaient en passer par là. A l'âge de dix ans, ils devaient se faire enregistrer dans les manoirs d'Aeguishor les plus proches de leurs clans. A onze ans, ils recevaient une convocation, comme toi. Et en suite, un membre de la guilde d'Aeguishor - oui parce que tu crois quand même pas que l'prêtre il allait faire tout, tout seul ? - emmenait le gamin dans son clan d'adoption pour y apprendre un métier. Et toi mon grand, t'as demandé à être forgeron. Sauf que chez nous, les Erskine, on est plutôt des pêcheurs, des navigateurs, ou des charpentiers. Tu dois tenir ça de ton foutu père, et pour sûr, t'as une vraie gueule de An'Craith. Pas étonnant que t'es la forge dans le sang. Nan mon grand, on t'enverra pas dans le clan de ton père. Je pencherai plutôt pour les Alaric, ils ont aussi la forge dans le sang. Ou peut-être un des clans de Bédélia, ou de Crinoc... Et qui sait, tu feras peut-être comme ton père, tu choisiras de rester parce qu'une fille ou un gars t'aura tapé dans l’œil là bas. Qui sait ? Moi en tout cas, j'suis sûr d'une chose, c'est que ce foutu prêtre, il était pas prêtre de Ceallach. Non. Il devait être prêtre de Marach. J'te parie qu'il savait qu'en mettant en place ce système, que les gens finiraient par tomber amoureux. Et que quand un clan fait partie de la famille, c'est plus difficile d'aller lui faire cracher ses boyaux..."
Ranald des Erskine, à son petit fils, Rorik, le lendemain de de ses onze ans.



Falaises Blanches, côtes du Falast.

"Nous avons brûlé leur navire, nous les avons pendus, et laissés leurs cadavres pendre du haut des falaises. Nous avons pu secourir une dizaine d'enfants, âgés de cinq à quatorze ans. Six adultes, tous Falastois. Quatre cheminants venus de l'Inwerin. Trois oeufs de dragons, et  sept de griffons. Ce raid est le seizième du mois. Cette fois, nous les avons pris sur le fait, grâce aux dragons de Valin. C'est une bonne chose que le collège ait été fondé au dessus de Valin. Les dragonniers nous sont d'une aide précieuse depuis quelques mois. Les esclavagistes deviennent de plus en plus audacieux, leurs raids vont de plus en plus loin à l'intérieur des terres. Et pas seulement depuis nos côtes. Il y a des raids partout sur les côtes du Nord, et tous n'ont pas la chance d'avoir un collège de dragonnier à proximité. Les Maëldanais ont doublés leurs patrouilles en mer, et sur terre, les enfants des clans sont entraînés plus jeunes au maniement des armes, ou bien à savoir où se cacher. En Inwerin, les Montagnards et les Inwers ont redoublé de vigilance. Quant à Norkemar, l'archipel est toujours en guerre contre Somerhild, le blocus empêche tout navire de passer. Seules les îles d'Ingvaul et Eldjorn accueillent les navires venus du continent. Les autres sont occupées à couper Somerhild du reste du monde, tout en négociant une future paix. J'ignore si les esclavagistes peuvent passer le blocus là bas. "

"J'ignore si je peux faire un lien, entre ces raids, et les nombreux échanges entre les deux continents, avec l'apparition des aéronefs, qui facilitent les transports. "

"Il semblerait que le Falast soit maudit. Nous avons trouvés des cadavres, atteints de la Crayeuse. Tous entassés dans des caisses, dissimulées dans une grotte creusée dans la falaise. Une autre planque d'esclavagistes. Ils sont morts eux aussi. Mon escadron tout entier a dû prendre l'infâme remède contre une éventuelle contagion. Le seul remède pour prévenir cet étrange fléau.  Ce sont les Primys de Dol Blathan qui l'ont découvert, quand ils ont daigné sortir leurs têtes de leur... [Ces mots sont suivis de ratures] quand la Crayeuse les a atteint eux aussi. Cependant, le remède n'est pas totalement efficace, et nous sommes confinés en attendant la fin de la cure. J'espère qu'elle fonctionnera, et que nous saurons sortis d'ici une lune, à temps pour ma permission. Je dois me rendre dans le Sud, à Lointaine Terre, pour aider ma sœur à rentrer. Il était temps. Lointaine Terre n'appartient plus au Falast depuis des années. Comme les autres colonies. La couronne n'a ni assez de colons, ni assez de moyens pour pouvoir les maintenir. Avec les guerres dans le Sud, plus personne ne voulait prendre le risque. Pas avec les esclavagistes, les renégats, et le Kraken dont les cadavres et le sang semblent l'attirer. J'ai loué les services d'une dragonnière, Shani. Elle s'est spécialisée dans le transport de marchandises. Elle a accepté de m'aider contre une somme dérisoire. Je crois que je lui plais. "
Journal du lieutenant Berand de Pern, griffon d'argent stationné à Valin.



Hotel du Consortium Marchand, Cirthcalen, Dol Blathan.

"Si l'Andanorië n'est plus ce qu'elle a été, ceux qui la peuplent à présent ont retrouvé des trésors des Andains. Les Pharazras. Des navires dotés d'une volonté et d'une personnalité propre, capable de communiquer par pensée et voix avec son capitaine, capable de communiquer de vive voix avec son équipage, capable de fonctionner d'eux mêmes, dans une certaine limite. Nous possédons quelques pharazras, arrivés pendant la Purge, alors que les Andains et tous ceux menacés par les flammes fuyaient leur royaume. La plupart d'entre eux sont allés au Nord, s'installant à Norkemar, mais d'autres... D'autres ont choisi de venir avec les Primys qui règnent sur Dol Blathan. Leurs navires sont restés en cale sèche depuis tout ce temps. Mais à présent, d'autres Pharazras sont reparus sur les mers, sortant des ports de l'Andanorië à nouveau debout. Mais il n'a guère fallu de temps pour que les renégats des cités de Muina et Tolceleg aient leur propre Pharazras, probablement des reliques venues avec ceux fuyant la Purge. Ils cherchent à agrandir leur flotte, attaquant les autres Pharazras. Les Andanoréens ont fait appel à notre aide. Dol Blathan a autorisé ses navires à sillonner les mers, et à aider les Andanoréens. "

"Le secret de la fabrication des Pharazras a refait surface, avec une dizaine d'Andains réfugiés ici, à Cirthcalen. Ils ont pris la mer pour l'Andanorië, ayant partagé avec nous leurs secret. Ils ont l'intention de l'offrir à la nouvelle couronne de l'Andanorië, dans l'espoir de pouvoir retrouver une place dans leur pays. Nous pensons que c'est une idée désastreuse, mais nous ne pouvons pas aller à l'encontre de leur décision. Nous leur avons offert notre aide. "

"Nous avons appris que nos navires avaient été attaqués, et l'un des Andains capables de fabriquer des Pharazras est sensé avoir péri. Nous n'y croyons guère. Les renégats l'ont emportés. Ce qui signifie qu'ils seront capables d'avoir leurs propres navires vivants. Les Andanoréens craignent une seconde guerre ouverte sur les mers du Sud.  La dernière n'a pas permis de les neutraliser. Leurs cités sont introuvables, probablement protégées par la magie, et quiconque en indique le chemin, les trahissant, subit une attaque qui le laisse dans un état proche de celui d'un nouveau-né humain. Les Andanoréens ont pourtant chercher à détruire ces cités. Aucune tentative n'a aboutie. La redécouverte des Pharazras laisse présager un futur conflit. "

"La délégation a passé plusieurs mois à Fendassë. Nous avons appris que si certains étaient restés, les autres ont décidé de se rendre à Norkemar, et certains reviennent à présent vers nous."

"Le Consortium s'inquiète. Les pharazras n'ont jamais été nombreux. Leur fabrication est ardue, longue, fastidieuse. Elle demande une magie que la plupart des individus n'ont pas N'ont plus. Plus depuis la Purge qui s'est chargée d'eux. Ceux qui sont encore capable ne sont plus qu'une vingtaine. Cinq se trouve en Andanorië, trois à Norkemar, et la dizaine d'autres se trouvent à Cirthcalen. Sans compter l'Andain capturé par les Renégats."
Journal de maître Abelaeron d'Ilthuryn, membre du Consortium Marchand de Dol Blathan.



Port de Dùnheim, île de Sylfaed, Norkemar.

"Trois putain de mois pour arriver jusqu'ici. Trois putains de mois. Par les tétons glacés de Fordaëtha !  Au Nord, comme au Sud, c'est pareil. La guerre. Partout. On se tape dix ans, vingt ans de paix, et c'est reparti, du sang, de la merde, des larmes et encore plus de merde ! C'est comme si on pouvait pas s'en empêcher. Et je l'ai vu. Oh oui, je l'ai vu. Ce putain de monstre que la charogne attire. Je l'ai vu. Il a coulé deux navires qui se tiraient dessus à bout portant. Les canons l'ont touché lui aussi, et il s'est mis à gueuler, nous vrillant les tympans. On a pris la fuite. Je l'ai vu casser les navires en deux, comme moi je te casse des brindilles pour faire un feu, et il a emmené les morceaux sous l'eau. La mer est rouge de sang. Hein ? Ils se battent pour des navires qui parlent. Des navires qui parlent !  Mais c'est pas le pire. L'Empire a marché sur les gorges, et Cyriaca est en train de se battre. Parait que ça tourne mal pour les Morniens, mais j'ai pas tes de rouleaux de laines de Vasundhara, on a pas pu approcher. Et les prix ont flambés partout dans le Sud. Je t'ai pris de la laine d'Altare, et de l'huile d'argan. J'ai aussi pris de la poudre de Coranthe, pour que tu puisses les teindre, comme tu voulais. Enfin, c'est pas tout, après avoir éviter les renégats, les Andanoréens et le Kraken, en arrivant à Valin, on a découvert que c'était pas mieux. Trois mois. Cinq mois pour faire Valin, Norkemar. Après être resté coincé pendant un mois et demi à Marlevaur. Les centaures ont remis ça. Ils pillent, et le Falast est en flammes. A moins que les flammes ne soient la faute des dragons. J'en sais rien. Et j'veux pas savoir. La prochaine fois qu'il me prend l'envie d'aller chercher des épices, de l'huile, et toutes ces conneries, rappelle moi ce voyage. Et je t'emmènerai avec plaisir à Britheva ou Caerlion ou Irithyl pour trouver ce que tu veux. Je paierai, mais par la grâce d'Asti, rappelle moi de ne jamais entreprendre un tel voyage une nouvelle fois. "
Gundir Eilfheim, à Ygerne, son épouse.



Taverne de Suyeros, Cyriaca.

"Ah ! Mon ami ! Si je m'attendais à ta visite ! Tu viens voir ce vieil aveugle de Mathara'thaes ! Assied toi ! Ce vieux Kariathi n'y voit peut-être plus rien, mais il peut encore sentir quand un compagnon à soif. On dirait que tu as pris du muscles et des cicatrices... Quoi ? Je suis peut-être aveugle, mais je sais encore ce que je touche mon grand. Eh ben, on dirait aussi que t'es devenu plus téméraire... Je pensais pas qu'une vieille chose comme moi te plairait encore. Vil flatteur. Je n'ai plus la beauté de ma folle jeunesse. Si tu le - ... Ouais, vraiment plus téméraire. J'imagine que la moitié de la taverne nous regarde avec des sourires énormes et que l'autre moitié a l'air d'avoir le mal de mer. Tu viens de rouler une pelle monumentale à une légende locale. Oui mes chevilles vont bien. Je t'aurais cru sur la frontière, à Pirastra ou Eris. Ou Calithes. Non, je ne suis pas à Suyeros depuis longtemps. Je me demande même comment tu as su que j'étais là. Je vois. Mon neveu parle trop. La guerre est finie ? Tu es sûr ? Depuis quand ? Trente ans ? Déjà ? Le temps passe vite. Non, je suis retourné dans ma jungle natale, et je n'ai plus voulu entendre le reste du monde. Le temps passe différemment pour nous, Kariathi. Et ne pas voir... Vous avez perdu les gorges ? Non, ce n'est pas une honte. Moi-même je ne suis pas resté. J'aurai pu, mais un soldat aveugle et blessé ne sert pas à grand chose. On m'a dit que je pouvais rentrer. Je l'ai fait. Un massacre hein ? Le fils de la Sanglante est à prendre au sérieux. Oh. Il est empereur maintenant ? La vieille carne est morte donc ? Empoisonnée. Hé. Voilà un juste retour des choses. Son défunt mari avait essayé de ne plus se comporter comme un sauvage. Pendant un temps, l'Empire s'est comporté comme un être civilisé. Mais elle... Elle. Sa sauvagerie n'avait pas si limite. Si comme tu le dis, c'est sa fille qui a mis un terme à tout cas en la tuant, je ne la blâmerai pas.
Eire est morte ? Tuée là bas. Je vois... Voilà pourquoi les cloches ont sonné. Je suis navré de l'apprendre. Moi ? Moi je vais bien. Mieux. Mais toi, toi, mon cher et tendre, tu ne me dis pas tout... Tu restes un peu ? Ah. Tu ne comptes pas repartir. J'imagine alors que ce baiser était une proposition ? "
Mathara'thaes, vétéran des guerres des Gorges de Dragica, sauveur de Eire l'Impétueuse, Kariathi, à son futur époux, Sundaran d'Aetides.



Ruines.

"Lys Paavali est morte. Assassinée. La colère de l'Empire va s'abattre sur nous. Nous étions en paix. Nous vivions en paix. Il y avait de l'espoir. Et tout est mort. Le tocsin sonne, mais il est trop tard."
Morceau de missive n'ayant jamais été envoyée.


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Histoire d'Inwilis vol. 3 : L'Âge Guerrier

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