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 Entrevue

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Auril
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MessageSujet: Entrevue   Ven 27 Avr - 21:53

Rares sont les occasions qui valent que je sorte de notre demeure, et plus encore que j'y aille de ma propre initiative, avec excitation et une pointe de peur. La réponse à la missive que j'avais envoyé, après beaucoup d'hésitation, ne tarda pas, ce qui me surpris. Je n'étais qu'une jeune femme de la noblesse, ma requête n'était pas une affaire des plus urgentes. Et ne valait probablement pas une audience privée. Allais-je m'en plaindre ? Non.
Pourtant, j'avais un peu peur. Phaedra se montra bien plus joyeuse que moi, mais à l'idée de choisir la robe qui irait avec cette grande occasion. Elle fut noire et en tissu léger, bras nue et serrée, dissimulant tout juste ma poitrine, descendant jusqu'à mes chevilles, et ornées de fin motif élégants et discrets visible qu'en y prêtant attention.
C'était peut-être un peu trop dénudée, mais elle insistait pour que je porte des vêtements léger, pour montrer mon indifférence au froid qui m'entoure. Elle avait sans doute raison, en plus d'être intelligente et très organisée, Phaedra avait beaucoup de goût. Pour cette occasion elle viendrait avec moi, vêtue plus sobrement, de même que mon fidèle arde du corps Arhell.
Nous avions audience auprès de sa Majesté Marquise.

Dans la rue, je pus constater que les passants s'écartaient à notre vue. Je pouvais y trouver plusieurs de raisons : mon ascendance noble évidente, l'allure peu engageante d'Arhell... mais je savais qu'une seule chose provoquait cette effets, mon aura de glace les faisait fuir, la morsure du froid, de la mort, les intimidait. Malgré la présence de ma suivante et de mon cher garde du corps, je me sentais malgré tout seule...

Je fus accueillie comme l'exigeait mon rang, bien que n'étant pas la plus emblématique figure de l'aristocratie de Cemenwin. Néanmoins, l'on évite d'ignorer l'héritière d'une lignée servant les intérêts de la citée depuis sa fondation, bien que je ne méritais pas autant d'égard. Je laissai cependant faire, et jouai mon rôle, exigeant que mon garde du corps nous suive, et ce, malgré les réticences des soldats en charge de la protection du palais. Qui finance l'organisme versant leur paye ? Ils n'avaient rien à y redire.
Cependant, je n'étais pas si confiante qu'il pouvait y paraître, et mon angoisse augmentait avec le temps que je passais dans ce palais. Comment aurais-je pu croire un seul instant qu'un tel privilège me serait accordé, qu'un jour je puisse me retrouver seule avec sa Majesté ? Pouvoir contribuer à l'amélioration de notre belle citée, et faire prospérer les miens était déjà un honneur, et cela... je doute de l'avoir mérité, moi qui suis souillée par la mort et le froid, ne devrait pas connaitre pareil privilège, pourtant, je le devais, car sans aide je ne pourrai rien...
Phaedra remarqua sans nul doute la tension qui m'animait, comme à son habitude elle tenta de me rassurer, posant une main mon bras, et de l'autre sortant un mouchoir en dentelle afin d'essuyer la sueur qui perlait.


-Calmez-vous ma dame, vous ne voudriez pas donner une mauvaise image des Loviatar en étant aussi intimidée que n'importe qui, n'est-ce pas ?

Ah, que serais-je devenu sans elle à mes côtés ?... Je l'ignore, mais je souhaite que ça ne change jamais.

-Oui, tu as raison. Je dois me montrer digne du rang qui est mien.

Une grande inspiration, et un sourire de ma suivante, suffirent à chasser l'anxiété de mon visage. Pour un temps. L'on nous conduit au cabinet particulier de sa Majesté, et mes mains se resserrèrent sur ma robe, alors que je me mordais la lèvre. Ma suivante tenta à nouveau de faire baisser mon anxiété, mais ce fut vain.
Elle m'attendait, la souveraine de Cemenwin, moi qui n'était jamais qu'une erreur. Mais je devais le faire, c'était ainsi. Un regard suffit à faire entendre à Arhell qu'il devait attendre sans interférer d'une quelconque manière. Il répondait à mon sang, aucune parole n'était nécessaire. Ma suivante aussi savait ce qu'elle devait faire, mais c'était son intelligence qui parlait et non ma volonté.
Ma main hésita avant de frapper à la porte. Trois coups. Je représente les Loviatars, je ne dois pas reculer. Jamais.




Dernière édition par Auril le Sam 28 Avr - 23:54, édité 1 fois
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Morwen Nil'Dae
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MessageSujet: Re: Entrevue   Sam 28 Avr - 0:21

Le Cabinet Particulier de Morween Nil'Dae, situé dans une des tours de l'aile Sud du palais, était une vaste pièce, à la forme octogonale. Trois murs étaient percés de trois fenêtres, et deux autres d'une seule, offrant ainsi à la souveraine une large vue sur sa citée, et sur ses terres, jusque dans une certaine mesure. Les fenêtres étaient hautes, à avec une pointe en ogive, et leurs cadres, de facture excellente, étaient délicatement recouvert de dorures. De lourds rideaux du plus riche des velours, tombaient de chaque coté, offrant aux yeux des visiteurs la couleur d'un rouge sombre, aux reflets plus clairs. Il était de notoriété publique que Marquise aimait le rouge. Ses surnoms de Marquise Écarlate, Marquise Rouge, ou bien, simplement la Rouge, comme l'appelait le peuple, ne lui venaient pas seulement de l'intense couleur de ses cheveux. Mais également des tenues qu'elle portait, lorsqu'elle n'était que la mystérieuse Marquise, arrivée à la modeste cour d'Elayne De Rossa, cousine éloignée de sa défunte mère, l'Impératrice Méssara. Depuis lors, même lorsqu'elle s'était fait connaître sous le nom de Morween Nil'Dae, la populace, comme la noblesse, continuaient de l'appeler Marquise, et ce titre était devenu comme un prénom pour la reine qu'elle était. Ce qui n'en diminuait pas moins son pouvoir, le dissimulant sous un titre de noblesse, faisant parfois oublier à ses ennemis comme à ses pairs, qu'elle portait la couronne. Et dans ce cas, elle prenait un malin plaisir à faire couler le sang, de ce rouge si riche, renvoyant les comploteurs sur leurs bancs, bien sagement, humiliés et incapables de la moindre riposte, ou désir de vengeance.
Elle caressa du bout des doigts, les faisant glisser, le bois doré des somptueuses fenêtres qui étaient de véritables objets de décorations. Elle aimait le luxe, comme en témoignaient les murs peints d'un blanc crème. Ce blanc crème éclairait la pièce, et dessus, des motifs avaient été peints, rappelant les branches et les fleurs des pruniers et cerisiers de l'Empire de Morna, et qui fleurissaient également à Cemenwin. Les fleurs roses, rouges, et d'un violet presque parme, décoraient d'élégantes touches de couleurs les murs, le cœur des fleurs, doré, faisait écho aux fleurs. Les branches d'un brun presque noir, formaient d'étranges et pourtant délicats et gracieux, motifs sur ces murs blancs. Lorsqu'on levait le nez, on pouvait admirer le superbe plafond d'un bois presque rouge. Le bois était, formant des carrés, avec en leur centre des rosaces complexes. Le sol, en écho du plafond, était de bois lui aussi, d'une marquèterie de qualité, avec la reproduction des petites rosaces du plafond, en une rosace massive en son centre. Autre écho aux fenêtres, les portes doubles aux sculptures ciselées et dorées à la feuille d'or, perçaient les murs intérieurs : la première donnant sur le couloir, où ses invités, plaignants, demandeurs, et autres, attendaient patiemment qu'on les introduise, et la deuxième plus petite, donnant sur ses appartements privés, où elle seule était habilité à entrer. En dehors du personnel chargé de l'entretient.

Le mobilier était riche et opulent, majoritairement fait de bois de rose. Une large table ovale trônait, quelque peu décentrée, juste sur la droite, après être entré dans la pièce, ses pieds recourbés sculptés à l'effigie de nymphes, allongées, s'étirant, pour supporter le plateau de la table. Celui-ci en marbre blanc, veiné de gris et d'or, était partiellement couvert par les affaires nécessaires à la souveraine pour être en mesure de mener ses affaires. Un imposant siège, rappelant un trône, se dressait derrière cette table, recouvert de dorures, et reprenant les motifs de ses nymphes démesurément allongées, qui formaient une arche pour le dossier, des ponts pour les accoudoirs, et plongeaient vers le sol pour les pieds. Le fauteuil était recouvert d'un tissus riche, soyeux, d'un rose poudré, brodés d'entrelacs blancs et bruns. Devant la table, deux sièges, plus petits, moins imposants, en bois de rose, reprenant le motif des nymphes, et tapissés du même tissus rose poudré, sans les broderies.

Assis dans ces fauteuils, on trouvait dans son dos, une haute et large bibliothèque. Celle-ci comprenait trois grands panneaux, celui du centre était doté de tiroirs, et d'un petit cabinet, pouvant se fermer à clef. Les étagères croulaient presque sur les livres, et certains s'entassaient même jusqu'au plafond. Les ouvrages étaient de tous les genres, des registres, en passant par des romans, ou bien des chroniques historiques, comme aux livres compilant cartes géographiques, ou bien des reproductions d’œuvres d'art célèbre en Inwilis, jusqu'aux recueils de chansons et poésies. Derrière le fauteuil de Marquise, des coffres de bois blancs, aux entrelacs gris, noirs, et bronze, dotés de serrures enchantées, contenant ses nombreuses correspondances. Ces coffres occupants l'espace bas du mur, sans couper la vue des fenêtres, et pouvant à l'occasion servir de siège ou d'appui.
Entre la bibliothèque, et les doubles portes menant aux appartements de Marquise, était bâtie une cheminée en marbre d'un gris tirant sur le vert, veiné d’anthracite, et de surprenantes veines de bronze. Son manteau était surmonté d'un miroir d'argent, suspendu au mur. Posé sur le manteau de marbre, deux chandeliers d'argent, ornés de perles blanches et bronzes, ainsi que quelques bibelots : un petit coffre en bois blanc, matelassé de soie rose à l'intérieur, un héron sculpté dans du cristal, et un œuf de dragon, orné de pierres précieuses, ainsi qu'un peigne en or, incrusté d'émeraude. Tous des cadeaux qui lui avaient été fait, qui retournaient parfois dans leurs boîtes, lorsqu'elle voulait changer, ou bien qui passaient dans d'autres mains, lorsqu'elle les offrait. Il n'y avait que le héron en cristal qui ne changeait jamais de place, car il était un cadeau d'Hereward Hale.
Au fond de cette pièce aux huit murs, encastré dans le mur, pour pouvoir jouir de la vue, le long de deux murs, une large banquette délicieusement rembourrées, et croulant presque sur ses nombreux coussins. En face, offrant son dos à la table ovale, un imposant sofa, dont le tissus de tapissage avait été récemment refait. Le tissus était précieux, riches, aux motifs floraux, reprenant les couleurs de la pièce, chaque coté, pour les accoudoirs, sculptés en forme de griffons orgueilleux, une patte levée, le poitrail bombé, de sorte que la personne assise au bout du dit sofa, pouvait poser sa main sur la tête de la noble bête, dont ne voyait que le derrière, depuis le bureau. Leurs queues s'entrelaçant pour former le haut du cadre du dossier. Le sofa n'échappait pas aux coussins de soie chamarrée, ornés parfois de perles ou de liserés dorés, bronzes ou encore argentés, parfois brodés.

Marquise se détourna de la fenêtre, et de la vue qu'elle lui offrait sur sa citée, qui s'épanouissait sur un dôme magique, dont les piliers trônaient, statues glorieuses, de géants ailés, montés à cheval, ou bien brandissant une lame vers le ciel, ou encore gracieuses nymphes du vent, ou triste figure pleurant, à intervalle régulier, derrière les hauts remparts de sa glorieuse citée. Elle avait fait érigé le dôme peu de temps après que Cemenwin eut pris de l'importance, grâce à sa position stratégique, et qui offrait un autre chemin à tous ceux voulant entrer dans l'Empire, avec son col montagneux, que Marquise ne pouvait voir depuis son cabinet particulier. Un nom dérisoire, vu qu'il ne représentait pas exactement, la taille du dit cabinet.
Le feu crépitait dans la pièce, la proximité des montagnes faisait qu'Athanasius n'était jamais bien loin, et surtout, Hereward Hale somnolait presque, silhouette maigre, emmitouflée dans d'épaisses couvertures, appuyé contre une des fenêtres, assis sur la banquette. Revenu d'entre les morts depuis quelques moins, son premier grand amour, mais aussi espion contre sa volonté d'Uranach le Renégat, ne semblait pas goûter sa nouvelle vie, il mangeait peu, et restait une ombre maigre du bel homme qu'il avait été. Sa voix si douce, n'avait rien perdu de son charme, et ses yeux aux pupilles si claires, que Marquise parvenait à peine à en discerner la couleur, n'avaient pas perdu de la douceur et de la paix, qui faisait toute l'emprunte de son regard. Ses cheveux, d'un blond autrefois éclatant, étaient maintenant gris, voire blancs, tout comme ses sourcils. Son visage était émacié, ses mains osseuses, mais le cœur de Morween serait toujours submergé d'un amour profond pour Hereward Hale. Du temps où elle n'était qu'une princesse de l'Empire, il s'était refusé à cet amour, et en suite, elle avait du le tuer, pour satisfaire l'Impératrice sa mère, qui refusait qu'elle puisse s'attacher. Elle avait du comprendre que rien ne durait. Distraite, elle joua avec une mèche blanche, appréciant la douceur des cheveux, presque trop cassants d'Hereward. Elle lui sourit.

La matinée avait été longue, ponctuée par des pétitionnaires, la visite de nobles, et celle de l'ambassadeur de l'Empire, un chien qui avait léché les bottes de Kaal'Athmn, et qui maintenant, léchait celles du nouvel Empereur, Tar Sùrion,couvertes du sang de Chyrrlion. Elle s'en était d'abord amusée, avant de comprendre que le dit ambassadeur devenait gênant, puisqu'il persistait à lui dire que l'Empire n'enterait sûrement pas en guerre. Elle, elle savait déjà tout, et laissait donc ce petit insecte bourdonner inutilement à ses oreilles, n'ayant d'autre effet que de l'agacer. Hereward Hale était devenu l'ombre sur ses talons, et il s'était glissé dans la pièce, par la porte qui donnait sur sa chambre, avant de venir s'installer à la même place, pas très loin de la cheminée, regagnant les couvertures qu'elle avait fait monter pour lui. Une fourrure de renard à neufs queues, qui appartenait jadis à Elayne De Rossa, la femme qu'elle avait tué pour prendre Cemenwin, servait au moins à quelqu'un. L'objet était rare, car s'était une peau de Kitsune, un de ses feys. Morween savait que cela offensait grandement l'ambassadeur Mornien, dont l'épouse était de ceux là. Fort charmante, elle prenait garde à ne jamais se déplacer seule, de peur que sa peau ne se retrouve à couvrir les genoux d'Hereward, ou bien à orner la capuche du nouveau manteau de la reine.
Elle avait déjeuné dans son cabinet, en compagnie de Hereward. Elle s'était contenté d'avaler les mets succulents préparer pour elle, bien qu'ils ne remplacent pas le goût, ni même le plaisir, qu'elle avait à assouvir sa nature vampirique, en se nourrissant sur ceux qui étaient littéralement son repas. Mais comme Morween pouvait également se nourrir comme le commun des mortels, si vieux qu'ils vivent pour certains, elle le fit, encourageant Hereward à terminer son petit bouillon, avec les morceaux de légumes. En suite, elle avait tendu son poignet au Dunpeal, qui avait allégrement mordu dans sa chair pâle. Elle en avait gémi d'extase, alors que les doigts osseux, mais à la poigne de fer, se refermaient sur son bras. Les dents avaient déchiré sa peau, et Hereward avait bu longuement, doucement. Lorsqu'il en eut terminé, Morween était pantelante, mais c'était un des seuls moyens qu'elle avait pour le garder en vie. S'il mourait, elle était certaine qu'Uranach le saura, et qu'il mettrait ses menaces à exécution, avant même que la guerre n'ait commencé. Il ne devait pas savoir, qu'elle avait envoyé prévenir Meadh l'Immortel. La mort du Hale ne ferait qu'attirer l'attention, et alors, il saurait.

Son après-midi, Morween la passa à dormir, emmitouflée elle aussi, dans la fourrure de Kitsune, profitant du calme qui régnait. Un répit mérité, puisqu'elle vivait autant de nuit que de jour, et que la lumière du jour, malgré le dôme, finissait par l'épuiser. Elle était Vampire, et malgré les métissages dans sa lignée familiale, elle ne pouvait échapper à la nature des pures vampires. Hereward souffrait moins, bien qu'il usa de sa nature vampirique, il était Dunpeal. La souveraine de Cemenwin dormait de toute façon, généralement l'après-midi, ne se réveillant que lorsque Aelius descendait déjà, et que le ciel se teintait des couleurs de Mizuki. Elle vivait alors la nuit, car Cemenwin ne s'endormait presque jamais, pas même pendant l'heure du loup.
Lorsqu'elle s'était éveillée, elle avait laissé Hereward dormir, repus de son sang. Le soleil était déjà bien descendu, et elle était allée se changer. Elle avait accepté de recevoir Auril Loviatar, une jeune noble, dont les mésaventures avaient déchainées les passions et les langues, à sa cour. Son intérêt pour la jeune femme s'était éveillé, non pas parce que les Liovatar avaient toujours soutenu financièrement la Légion Noire, et Cemenwin, depuis que la Marquise Rouge avait pris la décision d'en faire une citée resplendissante, mais parce qu'elle avait développé des pouvoirs, et qu'elle s'était imposée, tuant son oncle, qui avait fait un bref séjour parmi les nobles de sa cour. Elle ne prêtait guère attention aux ragots, mais Morween Nil'Dae, comme son personnage de Marquise, restaient attentifs, aux affaires et guerres internes entre maisons nobles, ou au sein de celles-ci. Il en allait du bien de la citée, et également de la domination qu'elle exerçait sur sa Cour. Ceux là, plus frivoles, étaient plus enclin, à la trahir, que les soldats qu'elle payait généreusement, et qui étaient totalement dévoués à sa cause, voir à sa personne pour certains. Et si ce n'était pas pour elle, ils se battaient pour la gloire de Cemenwin.

Somptueusement vêtue, Marquise était reparue dans l'opulence de son cabinet. Ses tenues, bien que plus sobres en couleurs que son intérieur, n'étaient portées que pour la mettre en valeur. Sa robe était composée d'un corset de soie crème, rehaussé de fines et délicates broderies noires, et fermé dans son dos, par un lacet de soie noire. Sa poitrine menaçait presque de déborder, et la pâleur de nacre de sa peau, rivalisait avec la qualité de la soie. Sa gorge était nue, offrant une vue imprenable sur la naissance de ses seins, et leur renflement opulent. Sa jupe était de cette même soie couleur crème, droite, moulant superbement ses cuisses, le tissus était immaculé, à l'exception d'une partie qui commençait au niveau de son entrejambe, sous le corset, descendant en s'évasant jusqu'au bas de sa jupe, reprenant les gracieux motifs noirs du corset. Sa longue chevelure rouge la drapait, cascadant sur ses épaules, jusqu'à ses reins, frôlant ses fesses, et rendant plus éclatantes et pâles, sa peau et sa tenue. Le rouge se retrouvait sur ses yeux, de ce maquillage rouge, lui faisant comme un masque, mettant en valeur ses yeux. Sa bouche pulpeuse, aux lèvres charnues mais bien dessinées, était elle aussi peinte de rouge. A ses poignets, des bracelets dorés et bronzes, qui étaient les seuls bijoux qu'elle portait. Elle réveilla doucement Hereward, qui la complimenta sur sa tenue, la femme qu'elle était, flattée, parti de ce rire de gorge chaleureux, qu'ont les femmes lorsqu'elles veulent séduire.
On toqua à sa porte, et une jeune femme vêtue de l'uniforme de la Légion Noire, lui annonça que Auril Loviatar et sa suite, venaient d'entrer dans le palais. Marquise acquiesça et congédia la jeune légionnaire, sans renvoyer les deux gardes Drows, aux muscles imposants, qui gardaient ses portes. Stoïques, ils ne bronchaient jamais, restant comme deux statues d'ébène. Statues fort dangereuses cela dit en passant. Someya, son intendant, n'étant pas encore en état de faire entrer ses invités, et parce qu'elle pensa, que pour cette fois, ce serait plus simple sans intermédiaire, Marquise attendit, près de sa table de marbre, que Auril Liovatar vienne à elle.
Trois coups furent frappés, et Marquise eut un sourire. Elle l'avait entendu hésiter avant de toquer. Son ouïe développée lui permettait d'entendre ce genre de chose. Elle aimait sentir cette nervosité, cette tension, qui émanaient de derrière les doubles portes. Elle attendit quelques secondes, et avant que la jeune Loviatar n'eut à frapper de nouveau, la souveraine se fendit d'un :

-Entrez.

Ce simple mot fut suffisamment sonore, pour qu'un de ses serviteurs dans le vestibule ne se mette à annoncer la jeune Auril, dont il présenta le titre, et l'historique de sa famille. Les battants des doubles portes s'ouvrirent alors d'eux même, par la volonté de l'occupante de la pièce. Morween nota que Hereward avait à nouveau les yeux biens ouverts, tout comme devaient l'être ses oreilles. Bien qu'il fut à son insu, l'instrument d'Uranach, il n'en restait pas moins le précieux conseiller, qui avait su, l'aider dans ses choix, lorsqu'elle était encore une enfant.
Et une enfant fut précisément ce qui entra dans la pièce. Une jeune fille aux cheveux noirs passa la porte, et la souveraine ressentit le froid, comme la délicieuse morsure du vent, lorsqu'on a la peau rougie par l'effort, ou par les coups d'un partenaire particulièrement virulent, sauvage. Le froid fut repoussé par la vague d'excitation qu'elle ressentit. Après avoir été émoustillée par la morsure de Hereward, Marquise, malgré sa sieste, n'en ressentait pas moins les effets. Les doubles portes se refermèrent dans un cliquetis feutré.




Dernière édition par Marquise le Dim 29 Avr - 19:27, édité 1 fois
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Auril
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MessageSujet: Re: Entrevue   Sam 28 Avr - 23:55

Ma main se serra, tout comme mon estomac, pour frapper à nouveau, quand je l'entendis. Sa Majesté était bel et bien en train de m'attendre, et à cette idée mes joues s'empourprèrent. Comment pourrais-je décrire cette sensation qui me tenaillait, partagée que j'étais entre l'euphorie qu'une personne de ce rang puisse accorder à ma vie de l'importance, l'impatience et la satisfaction de présenter cette requête qui depuis tellement de temps le tient à coeur, et la peur car, après tout, je n'en restais pas moins une jeune femme qui s'en tenait à son humble rôle dans la vie de la cité, comme le faisait depuis toujours ma famille.
Après ce fut un malaise qui s'empara de moi, en entendant clamer l'héritage laissé par mon père, ce titre que j'avais repris des mains souillées d'un assassin, mais que je ne méritais pas pour autant. Mon père me détestait et il avait bien raison. "Dame Auril de la lignée des Loviatar, hauts dignitaires et fervents défenseurs de Cemenwin." Oui, depuis toujours les miens avaient soutenu cette cité, le nom des Loviatars étaient moins connus du peuple que les Hale ou d'autres grandes figures de l'aristocratie, car depuis toujours notre force avait été de savoir gérer l'argent, sachant jouer avec la politique pour amasser les fonds et honorer notre allégeance envers la cité-état de Cemenwin.
C'était mon héritage, et je ne pouvais le renier. En être digne ? Je ne pense pas l'être, pas après tout ce qui fut arrivé. Respecter ce qui a toujours fait la grandeur des miens ? C'était dans mes cordes, et je le devais bien à feu mon père. Malgré tout, il me manquait. La tête haute, l'air digne, je tournais mon regard une dernière fois vers Phaedra, qui m'encouragea d'un signe de tête. Les portes s'ouvrirent, et je m'avançai, déterminée.

Tout était si beau dans cette pièce si somptueuse, qui reflétait la grandeur de la dirigeante de cette splendide cité. Les meubles décorés avec élégance, le nombre d'ouvrages n'avant rien à envier à une bibliothèque universitaire, et même les objets les plus anodins semblaient avoir une histoire et un prix inestimable. Je me sentais si petite face à cette pièce imposante, mais ce devait être sa fonction, resplendir autant que la cité visible par les fenêtres, la cité-état qu'elle servait.
Mais ce n'était rien comparé à Marquise. Même les plus simple des vêtements ne pourraient empêcher cette femme de faire ressentir cette impression de noblesse, cette beauté qui d'une main de fer paré de soie gérait un royaume. Je l'admirai et me sentait si fragile, insignifiante en face d'elle, que je faillis reculer, mais je tins bon. Ce n'était pas le moment de faillir. Néanmoins, elle était une belle femme accomplie, dans une salle resplendissant autant que celle qui occupait les lieux, et moi, vêtue de ma simple robe, la peau pâle et les cheveux bien peignée, n'était qu'une poupée de porcelaine, tout juste mignonne et terriblement fragile.
Les portes se refermèrent, et je remarquai les deux gardes les encadrant, deux Drows imposant aux visages fermés, sentinelles impassible veillant à la sécurité de sa Majesté. Un léger sourire s'esquissa au bord de mes lèvres, mais je le réprimai très vite. Mes pensées allèrent à Arhell, et aux autres serviteurs guerriers qui étaient à mon service, mué par une dévotion sans faille envers celle leur ayant rendit la vie. Aussi courageux et fort étaient ces soldats, ils ne feraient probablement pas le poids face à ceux.
Ils ne tressaillirent cependant pas à mon approche, et pas même alors que j'étais proche d'eux. Mais je savais que mon aura les caressait de sa présence glacée. Marquise aussi devait le sentir, et je regrettais de ne pouvoir faire autrement. Envoyer Phaedra aurait été un manque de respect plus flagrant qu'imposer ma morsure à sa Majesté. Il me fallait être brève.


-Mes hommages, Majesté, je suis honorée que vous m'ayez accordé cette audience.

C'était la vérité, et je ponctuai d'une révérence ma phrase, tel que l'exigeait le protocole. C'est ainsi que doit se comporter une Loviatar, et c'est ainsi que je me comportai, alors que j'avançais avec une assurance feinte, car intérieurement je bouillonnais. Trop d'émotions, de sensations, se bousculaient en moi, et mon regard devait sûrement le trahir. Pourtant je faisais tel que l'on m'avait appris, la tête haute, avec élégance, et vint jusqu'au bureau, faisant face à Marquise. Je tirai l'une des deux chaises qui se présentait à moi -la auche- et m'y installai.
Mon regard fureta un moment alors que je cherchai mes mots, et je remarquais un homme, assis dans un divan, chaudement installé et me regardant. Il avait l'air âgé, et surtout très fatigué. Mes mains glissèrent sous la table, la droite venant enserre le poignet de sa jumelle, faisant glisser en un geste presque mécanique mon pouce sur les veines qui pulsait au rythme de mon coeur. Un réflexe pour m'assurer que j'étais toujours vivante, moi qui projetai un froid de mort partout, quand je me sentais tendu. Sentir ce coeur si faible, et ses coups accélérés faisant circuler le sang glacé dans mon corps; m'aidait étrangement à me calmer.
Une nouvelle fois je pris une grande inspiration, et quittai l'homme des yeux, essayant de confronter mon regard à celui de Marquise, ce que je ne parvins pas à faire, fixant la table devant moi. Mes mains furent à nouveau visible, posé sur la table, et me retenant de croiser les bras. Je devais essayer de paraître détendue, même si des signes m'avaient dors et déjà trahi. Il me fallait aussi trouver les mots justes pour exprimer ma demande, et vite.


-Je présume que vous n'êtes pas sans connaître les troubles qui ont secoué ma famille ces dernières années, ma Reine, et le mal qu'à pu faire ce traître à son propre sang...

Un léger sourire se dessina sur mon visage, en repensant aux rumeurs qui avaient circulé après la reprise de mon titre des mains ensanglantés de mon oncle. Tout le monde s'était demandé justement ce qu'il était advenu de cet usurpateur, car l'on ne retrouva aucune trace de lui, et je savais que dans mon dos les théories les plus folles avaient vu le jour, et devait occasionnellement circuler à nouveau lors des rares fois où je sortais.

-Mais je ne suis pas vraiment là pour cela. Son cas à été réglé définitivement. Pourtant...

Ma gorge se noua, alors que quelques souvenirs affluèrent. Pas de larmes, je devais me montrer forte, mais à nouveau mes mains plongèrent sous le bois, tentant de dissimuler ma tension, pour finalement la rendre plus flagrante encore. Mes phalanges se resserrèrent sur le tissu, et ma respiration fut un peu plus difficile. C'était assez dur pour moi, il... il me manquait tellement, comment ne pas me sentir paniquer vu ce que je souhaitais demander ?
Je déglutis, et tentai de calmer un peu ma respiration.


-... je crains que tout ses actes à l'encontre de notre famille n'aient pas trouver justice. A l'époque j'étais jeune, mon père n'était que l'ombre de lui-même, et je ne comprenais pas la situation. Avec le recul, je... je me rends compte qu'il avait prévu bien avant le meurtre de mon père de reprendre les rênes de la famille en... en faisant... disparaître mon frère.

Les mots sortaient difficilement, et de légers frissons me parcoururent. Comment ne pas repenser au jour où mon frère avait disparu, à ce dernier sourire qu'il m'avait adressé ?... Après son départ j'avais été seule, à affronter la colère de notre père, pour ce crime que je n'avais jamais voulu commettre... Non, je ne devrais pas pleurer, et je baissais les yeux pour éviter que sa Majesté ne me voit en proie aux larmes...
Je laissai échapper un sanglot, que j'avais pourtant voulu retenir, avant de relever la tête. Mes yeux étaient humides et quelques larmes commencèrent à couler, mais mon regard soutint celui de Marquise, avec rage. Qu'importe mes larmes, mes titres ou le reste. Je voulais revoir mon frère.


-Il n'est pas mort, je le sais, et il faut le retrouver. Il est l'héritier légitime des Loviatar ; il est mon frère.

Je ne cillais pas. Peut-être étais-je aller trop loin, mais je m'en fichais. Ma voix avait été emprunte d'une légère colère, d'un désir impérieux, celui de retrouver le seul être cher à mon coeur, et malgré les larmes la tristesse se perdait dans ma détermination. Mon regard ne quitta pas de celui de Marquise, attendant sa réponse.


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Morwen Nil'Dae
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MessageSujet: Re: Entrevue   Dim 29 Avr - 19:26

Levant un sourcil parfaitement dessiné, Marquise s'amusa de voir Auril Loviatar s'assoir avant elle, et sans qu'elle l'ait invité à le faire. La jeune femme n'était pas une des habituées de sa Cour, ni même des audiences privées avec sa souveraine, à en juger par le cruel manquement au protocole qu'elle venait de faire. Cependant, elle n'avait rien dit sur la présence d'Hereward Hale, pas plus qu'elle ne l'avait salué. Un autre manquement. Un mince sourire étira subrepticement ses lèvres carmins, alors que ses doigts longs et fins, caressèrent la surface de son bureau en marbre blanc, dans un geste gracieux, tandis qu'elle se déplaçait jusqu'à son fauteuil, parfaite réplique - en plus confortable - de son trône, dans la grande salle.

Silencieuse, mais le regard vif et pétillant, Marquise s'installa, semblant à peine écouter la jeune Liovatar, occupée à éviter de s'assoir sur son opulente chevelure, ce qui se révélait être tout un art, qu'elle maîtrisait à la perfection, depuis sa jeunesse. Le dos droit, la souveraine était maintenant assise, ses bras à la peau pâle reposant sur les accoudoirs, elle croisa les jambes, révélant que la jupe était fendue en trois par le milieu, jusqu'en haut. Dévoilant une jambe à la peau satinée, aussi crémeuse que la couleur de la soie qu'elle portait, Marquise, en toutes circonstances, faisaient de son corps une arme. Face à ces messieurs de sexe fort, elle les affolait toujours, lorsqu'ils pouvaient s'imaginer entre ses cuisses galbées, leurs mains sur sa poitrine rebondie. Chacune de ses tenues avaient leurs petits effets, sauf si bien sûr, ces messieurs, jouaient avec d'autres messieurs. Face aux femmes, l'invitation, la promesse de tant de sensualité, pour ne pas dire de sexualité débridée, qu'avait chaque mouvement, chaque regard de Morween, ne faisaient que les intimider, ou bien de les rendre jalouses, et parfois, de les aguicher également. Marquise avait une préférence marquée pour les hommes, mais elle aimait parfois aller trouver son plaisir ailleurs, assouvissant ses moindres fantasmes. En regardant Auril Loviatar, Morween se dit qu'elle n'avait jamais eu le plaisir de connaître l'extase et le feu, elle qui était froide comme la mort depuis sa naissance. Une image lui passa brièvement en tête, avec cette jeune femme, dont la peau sous ses vêtements simples, promettait d'être exquise, surtout entravée, et à la merci d'un de ces élémentalistes du feu, ou d'un membre affilié à la chaleur. Quel dommage qu'elle ne puisse trouver de prétexte pour faire réalité de son imagination à l'instant même. Mais Marquise n'avait pas de mage de feu, d'Eldarin ou d'un andain fils d'Azar ou d'Aelius, pour voir comment cette jeune femme on ne pouvait plus frigide, se comporterait. Son regard glissa sans équivoque sur Auril, qui semblait plus jeune que son âge, tout juste jeune fille.

Marquise cligna des yeux, et se détourna de ces pensées dédiées aux plus grandes prouesses artistiques de l'Art de Lyuben, observant la suivante d'Auril. Une banale roturière aux cheveux de feu, qui était restée debout, derrière sa maîtresse. Lorsque enfin, cette dernière en vint au sujet qui l'amenait dans l'antre de la Marquise Rouge, Morween eut la surprise de voir que la glaciale jeune femme, recelait peut être une flamme dont elle n'avait, elle même, peut être même connaissance. Un sourire s'épanouit sur les lèvres de Marquise, et ses lèvres rouges furent ourlées de dents semblables à des perles blanches, si l'on exceptait ses canines.

-Je sais évidemment ce qui se passe au sein de mon propre royaume, Dame Loviatar. Bien que les querelles internes des nobles maisons qui composent ma Cour, m'ennuient parfois profondément. Ces querelles alimentent pourtant les sujets de discussion, et votre famille n'y a pas fait exception. Je n'ai d'ailleurs pas pour habitude d'intervenir, tant que l'intégrité de mon royaume n'est pas menacée. Et vous vous en êtes admirablement sortie.

Après tout, pensa-t-elle, elle même avait été bien souvent seule, une fois Hereward mort, lorsque toute jeune fille, était la chose de sa mère. Elle s'était montrée obéissante, presque servile, se montrant inoffensive, jusqu'à elle puisse empoisonner la despotique impératrice, la regardant agoniser, s'étouffant dans le sang dut à l'hémorragie interne provoquée par le poison. Marquise pencha la tête vers la droite, une partie de sa chevelure rouge cascada alors sur son bras droit, dans une caresse sensuelle.

-Et vous venez maintenant solliciter mon aide ? Je n'ignore pas que les Liovatar ont toujours été de généreux contributeurs, et que ce n'est pas la fortune qui vous manque, ni même les moyens pour retrouver votre frère. Ah peut être que si... vous devez parfois, rencontrer quelques problèmes de logistique. Comme nous tous ici. Je gage que votre oncle a largement payé sa félonie, puisqu'il ne s'est pas infligé la disgrâce de reparaître à ma cour. Je ne puis vous blâmer, de vous être rendu justice, mais lui seul, savait ce qu'il en était de votre frère. Héritier légitime, dites-vous. Mais vous Auril Loviatar, que ferez-vous, lorsque vous aurez retrouvé ce frère disparu ? Vous qui jusque là, avait admirablement maintenu le statu de votre ingrate famille... Alors que lui... Qui sait ce qu'il a bien pu devenir. Quoi qu'il en soit, si je puis vous apportez mon aide, je le ferais, mais encore faut-il que vous me disiez en quoi, vous avez tant besoin que je participe, que j'approuve, la recherche de... Comment s'appelait-il ?



[HRP : Ma chère, je puis voir quelques fautes flagrantes dans vos écrits, attention à votre conjugaison.]


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Auril
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MessageSujet: Re: Entrevue   Dim 29 Avr - 22:01

Je m'en étais doutée, une souveraine comme elle ne pouvait que prêter oreilles aux intrigues qui se tramaient parmi les élites de sa société, et avait parfaitement raison quant au fait de n'intervenir que quand il était nécessaire de le faire. Elle me félicita d'ailleurs pour m'être tirer du guêpier tendu par mon oncle, ce qui me fit rougir et fuir un moment son regard. Je n'avais aucun mérite, sinon celui d'avoir eu de la chance.
Cela aurait pu sonner comme une excuse, qu'elle évoque son impartialité pour les frasques des conflits d'intérêt au sein de sa Cour, et qu'elle n'ait rien fait pour aider une jeune adolescente qui fut jeter ainsi dans des geôles où elle n'avait rien à y faire, et pendant près de dix années. Ce n'était pas la faute de sa Majesté si mon oncle était un monstre, et puis j'aurais mérité ce sort pour avoir pris la vie de ma mère ; je ne m'en étais sorti que pour venger mon père.
Mais peut-être qu'elle ne s'en excusait pas à demi-mot en fait, et expliquait simplement les faits. Je n'en savais rien, mon esprit était un peu confus et me contentais d'écouter en silence, tentant de garder ma conviction. Je ne devais pas paraître faible.

Le pourpre me monta à nouveau aux joues, et mon regard s'écarta un peu de celui de Marquise. La façon dont elle me fixa, la tête penchée sur le côté, me fit quelque chose. Elle était belle, jusque dans sa façon de poser ses yeux sur moi. J'avais l'impression qu'elle me rappelait que je n'étais qu'une jeune femme venant quérir de l'aide, et elle la souveraine accomplie qui jugeait mes arguments pour décider de sa réponse.
C'était ce qu'elle fit, en revenant à ma famille, et l'argent qu'elle avait su amasser, vantant ses moyens mais, comme elle le souligna, les fonds ne faisait pas tout... si j'avais pu, je me serais débrouillée seule, et n'aurai pas cherché l'aide de la femme la plus influente qui soit, et que j'admirais, même si je n'oserais sans doute jamais le lui avouer. Je l'écoutai alors peser le pour et le contre, exposer les faits et décortiquer ma demande.
A nouveau un sourire fendit mon visage, et comment m'en empêcher alors que le simple souvenir du sort réservé à mon oncle m'emplissait d'une fierté, celle d'avoir repris de droit ce que l'on m'avait arraché ? Cependant, ce qu'elle dit ensuite me fit vite déchanter. Marquise avait hélas raison, il aurait pu être la seule piste valable pour retrouver mon frère, et maintenant avait rejoint Dämons...
Je m'enfonçai dans mon siège lorsqu'elle en vint à parler de ce que j'avais fait en étant à la tête des affaires familiales. En effet les Loviatar ne se portaient que mieux depuis que je prenais les décisions, et cela aurait du me réjouir d'entendre ma souveraine me le confirmer, mais... ce droit ne me revenait pas. Je ne le faisais qu'en raison de l'absence de mon père, et espérais que mon frère reprendrait le flambeau. Mais en réalité, je m'en fichais un peu, c'était surtout retrouver mon frère qui m'importait...
Mais c'était une chose que je préférais taire, tout comme je ne souhaitais rien ajouter à ce propos. C'était mon fardeau, après tout, et tant que mes actions étaient bénéfique pour Cemenwin, et pour les miens... Mes désirs, mes envies, se devaient d'être tus, de ne pas interférer avec la loyauté que je devais à ma lignée. Je déglutis et essayai à nouveau de reprendre contenance.
Marquise attendait une réponse, et je me devais d'en formuler une, sans la faire attendre, et en étant sûre de moi, ce qui n'était pas pourtant pas vraiment le cas...


-Je n'avais pas mesuré, lorsque j'ai fait justice, l'implication que ce traître aurait pu avoir avec la disparition de mon frère, et je n'ai même aucune certitude là dessus. Mon... mon père aurait lui-même pu... je... que...

Père aurait pu lui-même l'abandonner parce qu'il me défendait lorsqu'il me punissait d'avoir ôter la vie de sa femme, mais l'envisager était plus douloureux que rejeter la faute sur mon oncle. Mon regard s'éloigna de celui de Marquise, alors que je perdais beaucoup de la confiance que j'avais affichée. Revoir mon frère m'effrayait malgré tout. J'aurai du faire quelque chose, j'aurai pu réagir, mais je suis resté à ma place...
Je repris malgré tout, la voix tremblante. Tant pis pour les apparences...


-Cela doit remonter à vingt ans, il a en effet sûrement beaucoup changé, physiquement, mentalement, et malgré les fonds dont nous disposons... j'ignore comment faire pour retrouver mon frère...

C'était hélas la triste vérité. Il pouvait avoir changé jusqu'à son nom, et dans l'immensité d'Inwilis les recherches prendraient des années pour espérer tomber sur lui, en espérant... qu'il se souvienne de moi... J'avais mal au coeur à cette idée, celle que mon frère que je chérissais tant ait pu m'avoir oubliée, tout comme je n'avais de lui que de vieilles images flétries par le temps.
Mes yeux rouges se perdaient vers la fenêtre, vers l'horizon et l'immensité du monde. Pas un seul échantillon de cheveux ou d'ongle, rien ne lui appartenant n'avait été conservé, il ne restait que ma mémoire et la trace écrite de sa naissance. Je rougis légèrement, et baissai la tête, me sentant honteuse de n'avoir rien qui puisse aider plus concrètement à ma recherche. A part peut-être...


-Il n'y aurait que mon sang, comme nous partageons la même parenté... Je vous en prie Majesté, si vous avez la moindre idée... ! Je ferais n'importe quoi pour retrouver Gareth...

Son nom, je l'entendais encore résonner, hurler par mon père avant de le corriger pour l'avoir empêcher de me gifler une nouvelle fois. Malgré les coups qu'il recevait, Gareth continuait à me défendre, parce qu'il était mon frère, parce que... parce qu'il m'aimait... Ma vision fut troublée par quelques larmes, à nouveau. Je devais paraître pitoyable, à quémander de l'aide, mais j'y tenais, et étais prête à tout les sacrifices pour cela.


[HRP : Pardonnez-moi, je ferais plus attention à l'avenir, j'avais écrit à la hâte.]


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Morwen Nil'Dae
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MessageSujet: Re: Entrevue   Jeu 3 Mai - 17:29

-Ainsi s'appelle-t-il Gareth...

Marquise se fit pensive. Elle même avait voué un amour illimité et quasi - pour ne pas dire totalement- incestueux envers son frère, qui lui ressemblait si peu. Forbesii avait toujours eu une allure altière, une noblesse de cœur, une façon si particulière d'évoluer dans ce monde. Elle avait été plus qu'admirative, et avait adoré ce frère jusqu'à le rendre fou de douleur, en commanditant l'assassinat de sa fiancée. Elle avait alors rêvé, que c'était elle, qui tuait Lys, en refermant ses doigts sur sa gorge, ou bien rougissant ses mains de son sang, la regardant passer dans le royaume des morts. Mais elle comprenait le désir d'Auril, sans doute mieux que personne. Mais la jeune femme n'était pas assez intime avec elle, trop innocente encore, malgré les dures épreuves qu'elle avait enduré, pour entendre cela. Et elle même, se refusait à en parler, plus maintenant. Pas aujourd'hui. Pas depuis que son frère était mort à Alatairë. Elle le savait de nouveau en vie, grâce à la perfidie du Samildanach sournois qui était alors toujours sur les talons de l'Empereur. Elle savait également Lys en vie. Sa propre nièce, marchait, respirait, se mouvait. Et sur ce point, la souveraine était encore indécise. Ne sachant guère quoi faire d'elle. Pas plus qu'elle ne saurait comment réagir si elle se retrouvait confronté aux deux amants maudits, d'une des plus célèbres histoires d'Inwilis, dont l'amour éternel était dans toutes les bouches des pucelles. Elle faillit avoir une grimace dégoût. Elle n'était plus si jeune, et il était étrange de savoir qu'après presque cent ans passés, le monde n'avait pas tellement changé. Le temps s'était comme arrêté depuis que les vertes cultures bordant la majestueuse citée d'Alatairë, étaient devenues poussières, et qu'Alatairë n'était plus qu'un fantôme, aux souvenirs jalousement protégé par un Gardien. Mais depuis peu, le temps semblait avoir repris sa course, et la face du monde se mouvait, pour changer. Le changement arrivait avec l'Orage. Une terrible tempête allait balayer Inwilis, et elle devrait y résister, de toutes ses forces. Les Loviatar comptaient dans ses forces, pour maintenir le niveau d’excellence de la Légion Noire, qui avait fait la réputation de Cemenwin. Une cité-état défendue par une redoutable force de frappe digne des Légions Impériales dont la Légion Noire était issue.

-Je ne suis guère versée dans l'art de retrouver les choses. Ou les gens. Je charge généralement quelque personne de le faire pour moi. Je suis instruite dans l'art de la magie, mais pas pour ce genre de chose. J'ignore si votre sang permettrait de le retrouver. Peut-être a-t-il été trop dénaturé par les circonstances de votre naissance, ou peut-être pas.

Marquise aperçut les larmes qui perlaient aux grands yeux d'Auril, à peine dissimulées par ses longs cils. Elle avait encore un visage juvénile, elle était encore vêtue comme une jeune fille, et pas comme une jeune femme pleinement épanouie. Son manque d'assurance, de confiance, et surtout d'amour envers elle même était plus que flagrant. A moins que sa mise très simple, ne soit là que parce que la demoiselle avait des goûts d'ascète ? Elle contrastait avec le faste et l'opulence que Marquise étalait avec goût dans cette pièce. La souveraine se leva dans le bruissement de la soie, les pans de sa jupe glissant sur ses jambes, les dissimulant à nouveau, jusqu'à ce qu'elle marche. Sa chevelure rouge ondula lorsqu'elle marcha jusqu'à Auril. Gracieusement, la souveraine, à l'expression emprunte de douceur et de calme, releva la tête de la jeune femme, prenant son menton entre son pouce et son index. La main de Marquise exerça une petite pression, y mettant suffisamment de force et de douceur, pour faire réagir Auril, sans l'effrayer.

-Séchez vos larmes Auril Loviatar. Je mets mes meilleurs scientomages à votre disposition, et s'il le faut, j'enverrai solliciter l'aide de ces guildes de mages, qui se prétendent être versées dans les arts de la magie, à un niveau tel, qu'ils pourraient détruire la moitié de ce monde, rien qu'en levant le petit doigt. Après tout, si l'un d'entre eux, a réussi à faire que mon propre frère et sa défunte promise arpentent -parait-il - ce monde à nouveau, retrouver votre frère devrait être un jeu d'enfant.

Le geste vif, et pourtant très doux, Marquise recueillit une larme sur le haut de son index, alors qu'elle roulait sur la joue pâle d'Auril. Le contact de sa peau était froid, et le froid se répandait autour de Marquise, malgré la chaleur qui régnait dans la pièce. Les doigts qui avaient tenu le menton de la noble étaient froids, mais Marquise y imprima ses lèvres, léchant vivement la larme salée.

-Chez les Svarts, chaque fluide corporel est précieux, n'allez pas perdre vos précieuses larmes pour si peu. Vous êtes une des femmes à la tête des plus grandes maisons nobles de mon modeste royaume, et vous menez vos affaires comme votre père le menait avant que votre mère ne s'en aille dans les bras de Dämons. Je n'ignore pas non plus qu'il n'a pas été un véritable père, et n'ignore pas que son fils a disparu, et qu'à peine quelques années plus tard, sa fille a été injustement enfermée. Mais vous Auril, ne pensez pas que le retour de votre frère vous dispensera de vos devoirs. Si Gareth est vivant, peut être ne voudra-t-il pas entendre parler de sa famille qu'il l'a abandonné. Et sans doute ne saura-t-il que faire d'une telle fortune, ou même comment la gérer. Mais peu importe, je ferais en sorte que vous sachiez où se trouve votre frère, fut-il déjà auprès de votre mère. Quand à ce que vous ferez en échange, nous verrons cela quand nous saurons où est votre Gareth.


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MessageSujet: Re: Entrevue   Mer 8 Aoû - 20:31

Un tressaillement accueillit le geste de Marquise, alors qu'elle passa son doigt contre ma peau glacé pour recueillir l'une de mes larmes. Mon cœur se serra étrangement, c'était si... maternel... Elle me laissa échapper à son étreinte pour consommer cette perle qu'elle avait ramassé avec tant de douceur, et mes yeux se détournèrent d'elle. Trop de choses, de sensations étranges, tourbillonnaient en moi, mais sa voix me fit échapper à ces pensées désordonnées.
J'aurai du me sentir flattée, au vue des paroles que prononça ma souveraine, me félicitant presque de ce que j'avais accompli. Mais je n'en tirais aucune fierté, ce n'aurait pas du être moi portant la charge d'une telle responsabilité, même s'il fallait avouer que je m'en sortais très bien, je n'en étais pas digne pour autant. Je le faisais par loyauté. Mes yeux se plongèrent dans les siens, incertaine, à l'évocation de mon père, puis de mon passé. C'était toujours douloureux, d'autant qu'à l'entendre, j'avais l'impression qu'elle avait pu connaitre mon père avant que... que je ne détruise sa vie, sans même le vouloir...
Sa Majesté ne manqua pas de me rappeler que j'avais des obligations, et que mon frère ne devait pas être une excuse pour passer outre. Je dus paraître un peu choquée, car jamais je ne l'avais envisagé, et mes motivations étaient toutes autres... mais elle n'avait malheureusement pas tout à fait tord, même si à nouveau cela me peinait d'y penser. Il me semblait avoir paru faible et pitoyable durant tout notre entretien, pourtant je ne cachai pas ma surprise et la joie qui illumina son visage alors qu'elle acceptait de me venir en aide. Qu'importe le prix à payer, je pourrais offrir ma vie contre celle de mon frère, lui méritait de vivre et retrouver sa place. 


-Je n'espère pas me soustraire à ma condition, Majesté, mais retrouver... une personne à laquelle je tiens énormément... il s'agit de la seule vraie famille qu'il me reste... Et puis, les Loviatars ont besoin de quelqu'un de plus "chaleureux" pour les représenter.

Un rire qui sonnait un peu faux s'échappa d'entre mes lèvres, face à l'ironie de ma remarque. Je n'arrivais pas à supporter les fastes de la Cour, je n'avais jamais été très sociable, sauf avec mes serviteurs, et ma chère Phaedra... alors que, autant que je me souvienne, mon frère était gentil, il pouvait me faire sourire même quand je ne pouvais plus contrôler mes larmes... Il méritait ma place, celle évoquée par Marquise, être à la tête de la plus respectée des maisons nobles, avoir le luxe que je me refusais, allez se pavaner à la cour comme elle détestait le faire... Il était le fils aimé, le jeune héritier, qui était né chanceux, alors qu'elle avait juste eu de la chance d'être né...
La détermination dut à nouveau se lire dans mon regard. Je ne devais pas faillir, s'il me fallait payer pour réparer les tords de feu les miens pour que mon frère adoré puisse revenir, il en serait ainsi. Je n'étais jamais qu'une enfant dans un corps mort, à une place qui n'aurait pas du être la sienne, une femme glaciale à l'aise qu'avec des défunts, au sang maudit par Dämons pour m'être échappé d'entre ses griffes...


-Je n'ignore pas les enseignements de mes ancêtres, et garderais ces larmes pour Gareth, le jour où franchira à nouveau le seuil de notre manoir. Car il est en vie, je le sais, et mon sang n'a pas été dénaturé, n'ayez crainte. Peu le savent mais mon frère et moi devons à notre mère un héritage particulier, qui s'est inscrit dans notre sang. Je plantai mes yeux, la flamme d'une détermination sans faille y brûlant, dans ceux de ma souveraine. Je serais prête à m'offrir à vous corps et âme s'il le faut, du moindre de mes cheveux, à la dernière goutte de mon sang, si vous pouvez le retrouver. Ma vie en échange de la sienne est un prix que je payerai sans hésiter.

-Ma dame... Commença Phaedra.

-Tais-toi ! Lui crachais-je, avant de reprendre, l'air plus triste. Notre famille vous est dévoué et le sera toujours, mais c'est comme si ma vie déjà si glaciale avait perdue le peu de chaleur qui lui subsistait lorsqu'il a disparu... je vous en prie Majesté, retrouvez-le...

Phaedra resta silencieuse, toujours en retrait, et baissant les yeux. Elle était ma suivante et s'inquiétait beaucoup pour moi et cela la faisait parfois outrepasser ses droits, comme elle avait voulu le faire en discutant mes paroles devant Marquise. Mais c'est pour cela que je l'aimais bien, et qu'elle était un peu comme une amie pour moi, et sans doute un peu plus. Unique oui... mais ces pensées n'avaient rien à faire dans mon esprit, pour l'instant mes yeux ne souhaitaient pas quitter ceux de ma Souveraine. J'étais partagée entre une ancienne peine, et l'impatience de la voir s'effacer.
Car je savais que tôt ou tard, je reverrais enfin mon frère que j'aimais tant...


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Morwen Nil'Dae
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MessageSujet: Re: Entrevue   Jeu 16 Aoû - 23:11

Comme elle s'y attendait, la jeune Loviatar éprouva de la confusion face à son geste. Marquise en eut un sourire, malgré ses deux doigts qui avaient subi le froid mortel que dégageait Auril. Les Dieux étaient parfois bien cruels. Mais les mortels l'étaient bien plus encore. Elle-même était capable d'une grande cruauté, d'être dénuée de la moindre compassion. Son règne, elle l'avait bâti à la force du poignet, quitte à faire couler le sang. Aujourd'hui, elle régnait encore de cette main de maître, une poigne de fer, qui avait manqué de se desserrer pour les beaux yeux de son capitaine général, avant que celui-ci ne prenne congé, la laissant dans le désarroi le plus total. Désarroi qui s'était mué en colère, puis en froide indifférence. Placer quelqu'un de confiance à la tête de la Légion Noire était difficile, et Rabastan Hale, bien qu'encore peu habitué à son poste, pouvait toujours être remplacé, si les autres généraux cessaient de l'épauler. Évidemment, ses généraux appartenaient tous à des familles fidèles à la sienne, majoritairement des Hale. Les Loviatar eux, étaient originaires de la région de Cemenwin, et cette famille s'était rangée à ses cotés, dès son arrivée, alors qu'elle n'était encore qu'une mystérieuse Marquise. Titre et sobriquet, c'était devenu son nom. Devant elle, la descendante des Loviatar, qui l'appelait à l'aide. Ce n'était qu'un juste retour des choses. Ce ne serait pas gratuit, mais ça, Auril l'avait bien compris.

-Je trouve ma chère, que vous vous en sortez à merveille. Nul besoin d'entretenir des relations courtoises, lorsqu'elles n'ont guère d'utilité. Bien qu'il soit agréable de compter sur une fidèle et loyale amitié entre deux familles. Je comprend pourtant votre point de vue, mais votre frère devra compter sur vous. Je doute qu'il soit habitué aux fastes de la Cour. Vous êtes plus à même de remplir cette tâche pendant quelques années encore. Bien que vous puissiez déléguer, si vous aviez quelqu'un de confiance. Si cela vous manque, je dois bien pouvoir vous présenter à quelques personnes qui pourront faire votre affaire. Voyez-y un gage de la longue amitié que ma royale majesté entretient depuis son arrivée ici, avec votre noble famille.

Marquise se détourna, le temps de scruter le visage de Hereward Hale, où il se dessinait un petit sourire. Elle le lui rendit. Hereward était trop important pour que Marquise s'en sépare, mais lui, n'aurait pas craint le froid d'Auril Loviatar. Il était déjà mort, et aussi froid que les plaines glacées du Royaume de Dämons. Mais peut être pourrait-elle envoyer quelqu'un de plus chaleureux. Comme le voulait la jeune Auril. Et Marquise pourrait peut être assouvir le fantasme qui l'avait assaillie quelques minutes plus tôt. Tournant toujours le dos à la jeune femme, son sourire s'élargit en entendant qu'elle s'offrait corps et âme en échange de son frère. Voila qui servait bien ses intentions fantasques, qui ne seraient peut être jamais assouvies. Ou pas. Elle se retourna, au moment où la dame de compagnie de la jeune noble protesta. Une amie fidèle qu'elle avait là. Marquise eut un sourire indulgent.

-Je ne demanderai pas votre vie Auril, j'ai déjà votre loyauté. Gaspiller une vie, que votre mère s'est donné tant de mal à sauver... Voila qui n’honorerait pas sa mémoire. Et si votre frère revenu, vous mourriez, les Loviatar en profiteraient pour l'écarter une nouvelle fois. Je n'ai pas pour habitude de m'immiscer dans les affaires de famille, à moins qu'elle ne menace l'équilibre de mon royaume. Et je ne pourrais donc empêcher d'autres membres peu scrupuleux d'en faire à leur guise. Sauf si bien sûr, cela portait atteinte à l'amitié que nous nous vouons mutuellement. J'en serais cruellement déçue. Restez donc en vie, pour le bien être de ce frère disparu tant aimé.

La reine de Cemenwin s'interrompit, lorsqu'on frappa discrètement à la porte. La double porte de son cabinet s'ouvrit sur le visage familier d'une des servantes, après que Marquise eut lancé un "entrez" sonore. Celle-ci apportait des rafraîchissements, une carafe de vin fruité, venue des vignobles du Sud de la cité, ainsi que le fortifiant que devait prendre plusieurs fois par jour Hereward. Le goût étant exécrable, les cuisines prévoyaient toujours une douceur pour le Hale. Preste et silencieuse, la servante servit deux verres, avant de se retirer.

-Ce vin vient de mes vignobles. Doux et sucré, il n'agresse pas. Après tout, nous ne sommes qu'en fin début de soirée, il est encore un peu tôt pour s'enivrer.

Marquise en but une lampée, plongeant ses lèvres rouges dans le liquide, qui à la lumière des lampes, ressemblait furieusement à du sang. Elle s'était nourrie, et la faim ne reviendrait pas la hanter tout de suite. Pas avant demain. En attendant, elle pouvait profiter d'autres plaisirs ayant attrait à son palais délicat. Elle avait elle même tendu le verre à Auril, lui présentant le pied, tenant le verre par le haut, entre ses longs doigts pâles.

-Il faudra quelques jours pour trouver quelqu'un qui puisse satisfaire votre demande. J'ai parmi mes troupes quelques fins limiers, mais une piste refroidie depuis des années, demandera sans doute un peu plus que ça. Je devrais néanmoins être en mesure d'accéder pleinement à votre requête. Ainsi, que si vous le voulez, vous envoyer quelqu'un, afin de représenter les Loviatar avec plus de chaleur. S'il était dans votre intention de renforcer les liens avec d'anciennes amitiés.




Dernière édition par Marquise le Mer 28 Nov - 22:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Entrevue   Ven 17 Aoû - 15:25

Marquise semblait trouver assez peu utile d'être proche de la Cour et avoir de bonnes relations avec les autres familles, et cela ne m'étonnait guère. Elle avait à elle seule, et avec certain soutien comme celui de ma famille certes, bâtie la cité qu'était devenue Cemenwin, elle en était devenue la Souveraine et avait un règne sans égal. Comme elle le dit, les fastes de la Cour avait peu d'intérêt pour elle, mais je tins à m'exprimer sur un point qui était pour moi important, concernant ces-dites relations qui étaient plus lourdes de sens que de simple ententes entre gens de la noblesses.

-Les relations et la courtoisie sont pourtant l'élément clé qui a permis aux miens de placer avec justesse leur richesses et faire que nous restons un soutien fortuné. Et j'ai beau m'acquitter de cette tâche, je sais que mon cher frère saurait faire bien mieux... ce n'est pas dur... et puis il avait un don pour cela, pour faire sourire ainsi que captiver n'importe qui, il était difficile d'être triste avec lui tant il débordait de gentillesse. Moi, je ne sais que jeter un froid partout où je passe... mais je serais là pour l'accompagner et le guider, cela va de soi.

Quelqu'un vint à frapper et avec l'accord de sa Majesté une servante apporta à boire, du vin. Bien que je paraisse très jeune, il arrivait que je boive quelques gorgées d'alcool en de rares occasions, même si la sensation étrange que cela me procure ait quelque chose de troublant ; non pas celle d'être ivre, ce qui ne m'était jamais arrivé, mais ce qui pouvait peut-être s'apparenter à de la chaleur qui se diffusait en moi, avant de s'effacer, refroidis par le mana qui circule dans mon sang. C'en était dérangeant, et intriguant, et je n'allait pas refuser un vin si généreusement offert, d'autant plus que cela sonnait comme une faveur que Marquise me faisait au vu des mots qu'elle prononça, et de la coupe qu'elle me tendit.
J'esquissai le mouvement pour me saisir délicatement de la coupe, mais je sentis, à peine mes doigts se tendant vers le verre, que le froid commençait à agir sur la surface cristalline. Si je les y apposais, il ne faudrait que quelques instants pour que le vin gèle, et c'aurait été un affront que je ne me serais difficilement pardonnée. Je dus paraître troublée, car Phaedra vint sans se faire prier accomplir son devoir, prenant avec une infinie délicatesse la coupe entre ses doigts, remerciant Marquise, et j'entrouvris les lèvres en basculant légèrement la tête pour que ma chère suivante puisse venir presser le verre contre mes lèvres et puisse déverser le vin sans que mon contact ne risque de le faire geler trop vite.
Sans rien dire je savourai le goût délicat de l'alcool -ou plutôt du nectar- que m'avait offert ma Souveraine, qui était un ravissement pour mes papilles, choses peu surprenante, à n'en pas douter dame Marquise avait un grand raffinement qui se ressentait jusque dans le choix de ses vins. Je pris quelque gorgée et signifie sans mot dire à ma douce servante de cesser de me faire boire, et elle s'écarta, gardant le verre en main. Dans le même temps, j'avais écouté ce qui allait être fait pour espérer retrouver mon cher frère, et la proposition. Une certaine neutralité devait se lire sur mon visage, ce que je ressentais était assez confus et pourtant... je ne savais pas vraiment quoi exprimer. J'allais très certainement revoir mon frère...


-J'ai peu souvent l'occasion de consommer du vin, et avec un goût aussi délicat et fruité je le regrette. Avec plaisir j'accepte votre offre, je n'ai guère confiance en les membres de ma famille, mais en vous Majesté elle est absolue, et il en sera de même pour la personne que vous jugerez apte à m'assister dans la noble tâche qu'est celle de contribuer à la grandeur de Cemenwin. Je vous suis infiniment reconnaissante de cette aide que vous m'apportez...

Phaedra s'avança à nouveau pour permettre à mes lèvres de sentir à nouveau ce liquide rouge et si délicieux venir ravir mon palais. Je n'en avais pas espérer tant en venant jusqu'ici, et j'avais peut-être trouvé bien plus que ce que j'espérais. Le soutien d'une femme que j'admirais, et qui semblait croire en moi, plus que moi-même en tout cas. Ça avait quelque chose de réconfortant, et j'avais envie d'être forte, de me surpasser, me montrer à la hauteur de la confiance qu'elle m'accordait. Et comme toujours, je le ferais, pour honorer la mémoire de mon père, pour espérer revoir mon frère, et pour Cemenwin...


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Morwen Nil'Dae
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MessageSujet: Re: Entrevue   Ven 24 Aoû - 22:52

-Gardez à l'esprit que votre frère ne voudra peut être pas de votre famille. Peut être en a-t-il complètement oublié l'existence. S'il est encore parmi nous autres mortels, répéta Marquise.

Le ton qu'elle employait n'était pas cassant, mais plutôt très doux. La jeune femme assise en face d'elle avait beau être une arme mortelle, elle était aussi fragile qu'un stalactite de glace. Un choc trop violent pourrait lui faire plus mal que n'importe quelle blessure physique. Elle avait subi bien des abus, son corps seulement épargné parce que son contact apportait à coup sûr la mort, et les mains de Dämons se refermait sur l'âme du l'infortuné qui prétendait lui faire du mal. Pourtant, certains avaient dû s'y essayer tout le temps que dura la captivité et l'enfermement dans ce sordide cul de basse fosse d'Auril Loviatar. Forte et fragile, la jeune noble avait du amasser tout son courage avant de se présenter devant elle. L'amour qu'elle portait à son frère était autant sincère qu'il était également un moyen pour elle, de pouvoir un jour échapper au poids de sa famille. Marquise ne devinait que trop, qu'une fois son rôle de mentor terminé, Auril aurait tôt fait de se retirer, et de laisser son frère manœuvrer. Du moins, c'était ce qu'elle espérait. La souveraine de Cemenwin savait pourtant qu'elle devait aussi se préparer à l'autre éventualité, celle que son frère ne veuille pas revenir. Ou pire. La fortune des Loviatar était un soutien plus qu'important, pas ou point d'être indispensable, Marquise mettait toujours un point d'honneur à ne dépendre de personne, du moins pas entièrement, mais une telle fortune entre de mauvaise main... Elle n'osait imaginer. Une telle fortune pouvait donner la folie des grandeurs, de grandes familles avaient déjà comploté contre leur infernale souveraine. Elles en avaient payé le prix fort, et Marquise avait fait des exemples qui avaient calmés les ardeurs de ceux qui la désapprouvaient.
Perdre les Loviatar s’apparenteraient à un échec. Elle était suffisamment informée pour savoir que la famille qui entourait Auril était pire que des requins autour d'un blessé dans les mers chaudes de l'Andanorië. Le choix de lui accorder de l'aide, une aide sous la forme d'une personne de confiance, avait deux but, empêcher les Loviatar d'assassiner Auril pour mettre main basse sur la fortune familiale, lorsqu'ils apprendraient l'éventuel retour du frère prodigue qui consoliderait la position d'Auril. Mais également de tisser des liens avec d'autres familles. Si Auril avait des amis puissants, outre Marquise elle-même, sa position serait renforcée, mais elle pourrait également compter sur des amis loyaux et fidèles. Il était plus qu'évident que Morween Nil'Dae devait la mettre en relation avec la première famille la plus puissante de son royaume, les Hale. Ils étaient suivi de près par les Telrunya, et les Vasco, qui formaient la triade de grandes familles sur lesquelles s'appuyaient Marquise. Ses pensées défilaient rapidement, le cerveau de la souveraine était en ébullition, et elle sentait peser sur son dos, le regard pénétrant d'Hereward qui restait silencieux, emmitouflé dans ses larges vêtements et couvertures.

-Mais avec un tel tempérament, votre frère sera évidemment le bienvenue. Et cela fera une nouvelle tête à ma cours. Il en y a si peu. Et il ne m'ennuiera pas, contrairement aux Ilcrio, qui ne cessent de se plaindre. Mais peu importe...

Elle s'interrompit un instant pour regarder la jeune femme boire, à la coupe que sa servante inclinait pour elle. Quel enfer devait être sa vie. Marquise soupira, mais se fendit d'un sourire en entendant la réponse bien polie d'Auril. Elle eut même un léger rire.

-Ma cave vous est ouverte Auril Loviatar. Je vous ferais porter quelques caisses de mes meilleurs crus. Vous le méritait amplement. Ou bien la Duchesse Sherilyn Hale se chargera-t-elle de vous les apporter elle-même. C'est là la personne de confiance que je vous ai choisi. Au palais elle est connu comme le loup blanc, bien que ce titre revienne officiellement au Seigneur des Andains que j'ai le plaisir de connaitre. Sherilyn est avenante, et n'aura pas peur de vous fréquenter. A dire vrai, elle n'a peur de rien. Elle ose ce que bien des dames jugeraient inconvenant. Mais vous même êtes hors convention chère Auril. Mais c'est une bonne amie, elle vous sera fidèle, en plus de vous apporter l'amitié des Hale. Son frère, Amadeus Hale occupe le poste de capitaine des Frontaliers, mais ils sont amis avec Ethelred Telrunya, Amiral de la Deuxième Légion. Et je vous épargnerai le reste des amitiés qu'entretiennent Sherilyn et son frère.

La souveraine termina son verre de vin, le breuvage glissant entre ses lèvres carmin. Elle reposa d'un geste élégant le verre à coté de la carafe. Elle fit la moue en voyant que Hereward chipotait sur son traitement. Elle eut un sourire tendre et charmeur.

-Allons Hereward, le gourmanda la puissante reine de Cemenwin, ne fait pas l'enfant. Tu sais que c'est pour ton bien.

Elle eut un petit rire de gorge en voyant son regard à la fois réprobateur, mais également allumé par une lueur de malice qu'elle ne lui avait plus vu depuis qu'il veillait sur elle, alors qu'elle était encore enfant. La complicité qu'elle avait brisé en le tuant de ses propres mains, commençait à se reconstruire doucement, la présence du Hale rachitique et doux à ses cotés était devenue habituelle, comme une douceur lorsque Marquise sentait tout le poids du pouvoir peser sur ses épaules.

-Je sais combien tenir un rôle est épuisant Auril, fit-elle doucement, aussi, si les mondanités ne sont pas indispensables, nouer de solides amitiés l'est. Vous avez la mienne, et ne doutez pas qu'avec un peu d'aide, vous en acquerrait d'autres. Car si je ne peux me mêler des affaires des nobles familles de mon royaume, une grande famille peut intervenir plus librement. Vous comprenez, je suis liée par un certain devoir de neutralité, mais s'il est bien connu que les Hale, les Vasco et les Telrunya sont mes chiens de gardes, comme les appellent mes détracteurs.




Dernière édition par Marquise le Mer 28 Nov - 12:10, édité 1 fois
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Auril
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MessageSujet: Re: Entrevue   Mar 6 Nov - 23:54

Pas de faux espoirs, je le comprenais. En aucun cas je ne m'offusquais des paroles de ma Souveraine, même si l'éventualité de leur véracité ne pouvait que me miner, malheureusement. Pourtant, en mon for intérieur, je savais qu'il était vivant, que Gareth était là quelque part, si près et si loin en même temps. Je me souvins alors fugacement de ce que nous racontait notre grand-père, peu avant sa mort -naturelle, il était très vieux- , sur la famille de notre mère, sur le sang qui coulait dans nos veines. Et je ne pouvais qu'en être certaine, je sentais que quelque part il vivait encore, son cœur battant au rythme du mieux. Mais peut-être me trompais-je...
Il avait toutes les raisons de refuser de retrouver les siens, c'était tout aussi vrai. La famille qui l'avait abandonné, que ce soit notre oncle assoiffé de pouvoir ou... ou parce qu'il osait me défendre... Oui, il aurait peut-être changé, mais je doutais que ce soit vrai. Jamais il n'aurait pu perdre ce sourire si chaleureux, qui me faisait presque oublier à quel point j'avais froid... Mais il y avait aussi les Autres, qui pouvaient bien préférer me garder à la tête de la maison, eux que je savais faire ce que bon leur semblait puisque je ne pouvais vraiment influer sur la cours, sinon financièrement, alors que Gareth lui, le pourrait...

Mon regard dut briller d'excitation à l'idée de pouvoir plus souvent goûter à un si bon vin ; car il l'était vraiment, ce divin nectar, digne de Marquise, à n'en pas douter. Mais si se faire offrir du vin ne pouvait que me ravir, la nouvelle que subrepticement dame Marquise me fit passer ne manqua pas de m'estomaquer... la Duchesse Sherilyn Hale ! Je ne la connaissais moi-même que vaguement de réputation, mais même sans cela la seule idée de côtoyer une Hale était en soi quelque chose... d'inespéré...
Lorsque Cemenwin n'en était qu'à ses balbutiements, les Loviatar s'étaient avant tout illustré non pas par leur fortune, amassé lors de pillages antérieurs, mais par la gestion et l'audace qu'ils prodiguèrent à leurs finances, injectant de leurs fonds dans les commerces naissants dont ils tirèrent bénéfices.
Mes ancêtres démontrèrent un indéniable talent, que je perpétue encore aujourd'hui. Quelque part, nous étions les comptables de la cité, notre argent était instillé un peu partout dans la ville, nous nous faisions autant prêteur sur gage qu'huissier, gérant les surplus de nombreuses familles désirant faire fructifier leurs fortunes en prenant part aux placements judicieux des nôtres, Loviatar, les hommes et femmes de l'ombre, dont l'argent nourrissait l'impétueuse bête qu'est notre cité bien-aimée.
Mais les Hale faisaient figure d'exception, parmi certaines grandes familles l'on se passait bien de mes services et de ceux des miens. Ils se suffisaient à eux-mêmes, tout comme pourrait le faire tout Cemenwin, même si nos talents étaient un indéniable plus. A cette pensée, je rougis fugacement, me demandant si une dame aussi importante, n'ayant aucunement l'utilité de mes talents, s'abaisserait vraiment à fouler le sol de ma demeure. Les Hale étaient parmi les figures emblématiques de notre cité, alors que les Loviatar, qui n'apportaient qu'un soutien logistique en quelque sorte. Je baissais la tête, partagée entre humilité face à mon rang, à ma condition que je ne méritais pas, et une indéniable admiration pour Sherilyn, qui était une femme comme j'aurai aimé l'être, au lieu de la pâle caricature que j'étais, rien de moins qu'une jeune fille dont même Dämons ne voulait pas...

Mais ma Suzeraine me tira des pensées qui rongeait le peu d'estime qui pouvait subsister de moi, alors qu'elle s'occupa un instant de cet homme que je n'avais pas remarqué en entrant. Je ressentis une brève lueur d'intérêt, mes pensées cheminant bien loin des sujets évoqués dans cette salle... vers des lieux dont je préférais éviter d'évoquer, voir même de ne serais-ce qu'y penser. Ces choses ne regardaient que moi, et ne devait pas interférer avec cette entrevue déjà si... mouvementée. J'étais entrée hésitante, j'avais trouvé la force de parler, d'aller jusqu'au bout, même si cette fragilité, cette faiblesse qui était mienne, me brisa quelque peu. Que je pouvais être sotte !
Mais je le faisais pour qu'il revienne, mon frère chéri. Et il reviendra.
Amitié. un mot assez étrange qui résonna un instant dans mon esprit. Elle était ma Reine, la Marquise Rouge, mais elle était... mon amie, était-ce bien cela ? J'avais eu l'impression d'être si pitoyable à côté d'elle, ma Souveraine était si belle, si pleine d'assurance et de charme, face à moi, pauvre fille dans sa petite robe. Une impression de chaleur m'enlaça le cœur. Et je compris ce qu'elle me dit, elle m'aiderait comme elle pourrait, au travers de ses "chiens de garde", dont je faisais parti de par la dévotion des Loviatar et surtout la mienne à sa personne, malgré un devoir de neutralité que nous nous devions d'avoir, et que nous avions, vis-à-vis de l'argent.


-Je ne saurai assez vous remerciez, Majesté, sinon par mon indéfectible loyauté, qui vous sera toujours acquise. Mon regard se posa un moment sur l'homme qu'en entrant je n'avais pas remarqué, et qui pourtant avait toujours été là, avant de revenir à ma souveraine. Et pardonnez-moi les manquements que je pus avoir à l'encontre du protocole, j'y... j'y suis trop peu accoutumée...

Je me levais, et m'inclinais bien bas. L'émotion étreignait ma voix, et je dus paraître bien fragile, bouleversé par tout ce qui m'étais arrivé, après cette entrevue que j'avais tant redouté, souvent repoussé dans mon esprit, avant d'y trouver la force. Phaedra s'avança à mes côtés, comme toujours en retrait, et je ne pus voir le regard qu'elle lança à Marquise, un regard lourd de sens, qui semblait signifier que malgré tout ce qui pouvaient les séparer dans leurs vies respectives, la suivante qu'elle était prendrait sur elle de tuer la Souveraine si jamais il m'arrivait malheur.
Ce ne devait pas être par méchanceté, ou comme une menace ; je suppose qu'elle le fit par loyauté, la même qui pouvait animer mon cœur à l'encontre de la Marquise Rouge, à qui j'offrais désormais un sourire radieux, tremblant légèrement et retenant des larmes, de joies ou de tristesses peu importait, mon esprit croulait sous de multiples raisons de le faire qui se bousculaient pour s'exprimer.


-Si vous n'y voyez aucun inconvénient, je crains de devoir prendre congé, les affaires de Cemenwin ne sauraient attendre plus longtemps ; je ne veux pas faillir à mon devoir envers vous, Majesté.


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Morwen Nil'Dae
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MessageSujet: Re: Entrevue   Mer 28 Nov - 22:59

Le regard d'émeraude de Morween était toujours posé sur Hereward. Le Dunpeal fraîchement revenu des royaumes glacés de Dämons, était trop faible, pour pouvoir être dispenser du breuvage qu'il rechignait à boire, mais sans lui, et sans le sang de Morween, il pouvait à nouveau basculer dans ses royaumes glacés. Et Marquise avait plus jamais que besoin d'amis, fussent-ils ressuscité par des traîtres, depuis que Alexander Hale avait totalement disparu. Une faiblesse qu'elle n'admettrait jamais. Fort heureusement, les Hale étaient légions, et cette illustre famille, du moins, la branche de Cemenwin, la soutenait sans conditions. Quand le verre fut vide, bien que fumant encore de l'immonde breuvage préparés par ses scientomages. Un rictus de dégout passa furtivement sur le visage de la souveraine, en partie dissimulé par sa chevelure, alors qu'elle était tournée vers son vieil ami. Les yeux pâles de Hereward croisèrent les siens, et la lueur de malice n'avait pas disparu, malgré la pâleur de son teint, malgré le breuvage qui devait avoir un goût amère, qu'il venait d'avaler. Il ne bougeait presque pas, sous ses couvertures. Marquise tourna complètement son visage aux traits sculpturaux vers Auril, alors que les yeux d'Hereward se posait sur la jeune Loviatar, celle-ci, le remarquant enfin.
Un sourire étira les lèvres pulpeuses et peinte de rouge, de la souveraine, dévoilant presque ses crocs. Presque, car Marquise n'était pas vulgaire au point de les exhiber, et n'avait pas non plus l'intention d'être agressive envers Auril. Celle-ci n'avait rien fait pour, au contraire. Elle était une jeune fille intéressante, qui avait su s'attirer un vif intérêt de la part de sa souveraine. Ce qui expliquait que Marquise l'ait reçu en personne, plutôt que d'avoir envoyé un de ses chiens de garde traiter avec elle. En désignant Sherilyn Hale, Marquise faisait entrer les Loviatar dans un cercle entièrement différent, celui des collaborateurs, alliés, et amis les plus proches de la reine écarlate de Cemenwin. Sherilyn ferait de la pâle jeune fille qui se tenait devant elle, une femme redoutable. Morween Nil'Dae n'en doutait pas.

-Je crois pas que Hereward vous en veuille de ce manquement. Il est lui même... assez discret. Mais j'aime à l'avoir près de moi. Il est un ami, un conseiller précieux et éclairé.

Peut être Auril pouvait-elle apercevoir ce qu'elle ressentait à propos d'Hereward. Son vieux mentor, son vieil ami, le seul qui fut assez fou pour aller à l'encontre des ordres de sa mère, feu l'Impératrice Méssara, pour qui, toute jeune fille, elle avait éprouvé un amour inconditionnel. Elle avait été forcée de le tuer de ses propres mains, obéissant à sa mère. Si elle voulait survivre, elle ne devait pas avoir de faiblesse. C'était trop tard. Cet amour était resté aussi vivace, et aussi platonique que lorsqu'elle était encore trop jeune pour connaître les plaisirs de la chaire. Et pour satisfaire ses envies, Marquise n'avait que l'embarras du choix.

-Et si j'avais voulu, reprit-elle, être protocolaire, je ne vous aurais pas fait entrer ici, ni ne vous aurais reçu si rapidement. Certains attendent des mois avant de pouvoir me voir, et peut être plus avant de me parler. Quand au protocole, je suis certaine que si vous lui demandez, et même si vous ne le faites pas, Sherilyn se chargera de vous instruire.

Marquise eut un autre sourire, un sourire doux, sincère, adoucissant son visage, la rendant plus accessible, moins souveraine, moins distante. Elle pouvait sincèrement dire qu'elle s'était prise d'affection pour Auril Loviatar, mais qui ne l'aurait pas été ? Pauvre créature fragile, ou si peu. Marquise aimait cette dualité, entre fragilité et force. Auril faisait partie de ceux qui savent survivre. Marquise se reconnaissait un peu en cette jeune femme à qui Mei n'avait fait aucun cadeau. La jeune Loviatar se leva, et s'inclina bien bas, peut être trop, mais Marquise appréciait le respect et la déférence, sans doute teintée de crainte, ou de soulagement, peut-être les deux, qui étaient traduit dans ce geste. La souveraine inclina simplement la tête, donnant des allures de flammes à sa chevelure rouge, éclairée par les lumières de la pièce. Marquise rendit froidement son regard à la jeune servante, lui signifiant clairement qu'elle pouvait lui déchiqueter la gorge et se repaitre du sang chaud, délicieux, et si plein de vie de la servante. Elle n'était que servante, et devait savoir rester à sa place. Un tel regard de la part de ses propres servantes, et s'était la punition assurée. Marquise punissait, mais elle récompensait aussi. Elle ne prétendait pas être juste, loin de là. Mais si Auril n'avait guère l'habitude du protocole, une simple fille du peuple, devait savoir rester dans la fange où elle était née. Finalement, les lèvres rouges découvrirent à nouveau ses dents, un sourire cruel, un sourire de pitié. La menace planant toujours sur ses lèvres faites pour l'amour, sur un visage, dont les yeux étaient aussi froid que la jeune fille qui se tenait devant elle. La lourdeur dans l'air s'allégea, quand Auril offrit un sourire, le regard de verre de Marquise se réchauffa.

-Votre servante aura bien besoin, elle aussi de ses leçons de protocole, il serait dommage que vous soyez privé de ses services, parce qu'elle n'aura pas su se tenir face à la noblesse qu'elle ait sensé servir. C'est un conseil d'amie, Auril Loviatar. Vous pouvez vous retirer. Attendez-vous à la visite de Sherilyn un jour prochain.

Les portes des appartements de la reine s'ouvrirent d'elles-même, signifiant le congé de la noble et sa suite, telle que Auril l'avait demandé. Les deux guerriers Drows se tenaient toujours immobiles de chaque coté, impassibles. Pourtant, deux autres soldats arrivèrent, vêtus de l'uniforme rutilant de la Légion Noire, une Thuatann, et un Eldarin. Tous deux étaient armés jusqu'aux dents, et leurs visages durs, suffiraient à dissuader n'importe qui de s'approcher d'Auril et sa modeste suite.

-Ils vous escorteront jusqu'à votre demeure. Qui sait ce qui pourrait vous attendre hors de ces murs.

Marquise faisait référence aux autres Loviatar, qui briguaient tous la place qu'occupait Auril. Ces charognards n'attendaient qu'une faiblesse de la part de la jeune femme. Son entrevue avec Marquise ne devait pas être un secret, et Hikmat seule savait ce qu'ils pouvaient en penser... Et quelles en seraient les conséquences. Marquise voulait éviter un éventuel assassinat, voire bain de sang à peine Auril aurait-elle franchi les grilles du palais.

-Je vous ferais porter des nouvelles à propre de votre frère, si nous en avons.


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