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 Nouvelle captivité

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Isil
Guérisseur
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Peuple : Humaine. Myope.
Second(s) Métier(s) : Samildanach
Nombre de messages : 597
Localisation : Dans le Sud, avec les psychopathes de l'Arène.
Date d'inscription : 01/10/2006

MessageSujet: Nouvelle captivité    Ven 5 Fév - 22:27

Elle ne s'était pas débattue quand ils étaient entrés dans sa cellule, elle n'en avait plus la force depuis longtemps. Les deux gardes l'avaient immobilisée en la tenant par les bras et les épaules, et le scientomage avait enfoncé une seringue dans son cou. La morsure de l'aiguille avait été aiguë, et un liquide brûlant s'était répandu dans son corps, la chaleur l'avait enveloppée. L'engourdissement s'était vite fait sentir, sensation familière et bienvenue de ses derniers jours, lui évitant de souffrir pendant qu'ils la brisaient. Quand elle s'éveillait, elle était souvent assise sur une chaise, sa tunique crasseuse, tâchée de son sang, et d'autres substances. Ses jambes et ses bras étaient alors immobilisés par des attaches de métal. De ses bras partaient des fils transparents, son sang et un liquide phosphorescent s'écoulaient. Dans son dos, elle sentait d'autres aiguilles, enfoncées dans sa chaire, là aussi, ses fluides vitaux devaient s'écouler. Le moindre tremblement était une souffrance, d'abord une morsure aiguë, brève, remontant le long de sa colonne, jusqu'à exploser sous son crâne. Une douleur insupportable, comme si son crâne était broyé par des mains. Trop faible pour hurler, elle s'étouffait parfois, vomissait ce qu'elle avait pu avaler, ou ne vomissait rien quand, elle n'avait plus à rien vomir, les contractions de son estomac vide étaient douloureuses, le goût amer et écœurant de la bile se rappelait alors toujours à son bon souvenir. Elle avait la plupart du temps, la gorge sèche. Alors pour éviter ses sursauts, ses contractions, ils la piquaient, et son corps se détendait, la chaleur se répandait en picotements, et quand ils atteignaient sa langue, elle savait qu'elle s'endormait. Un sommeil sans rêve, artificiel, ou la douleur était absente.  Quand les scientomages s’apercevaient qu'elle était éveillée, ils la rendormaient, la piquant à nouveau. Au début, elle s'était beaucoup débattue, mais chaque séance sur la chaise la laissait plus faible à chaque fois. Elle avait fini par devenir presque amorphe, l'esprit éteint, docile. Elle n'arrivait même plus à marcher, ses bras étaient couverts de trous d'aiguilles, son corps entier était meurtri. La nuit, elle avait parfois eu du répit, mangeant sans appétit la nourriture qu'ils lui donnaient, dans une écuelle, comme pour un animal. Elle arrivait alors à dormir, dans sa cellule exiguë et crasseuse. La nuit, il y avait parfois des cris, venant d'autres cellules. Une fois, elle avait même entendu le chant d'un Lios, un chant désespéré. Il n'avait plus jamais chanté les nuits suivantes. Elle en avait déduit qu'ils avaient dû lui couper la langue, ou le priver de ses cordes vocales, de sa voix. Ou bien que le Lios était mort. Parfois, son esprit comateux lui jouait des tours, des silhouettes familières apparaissaient devant elle, puis d'autres monstrueuses, qu'elle n'avait jamais vu. Parfois, elle entendait des voix, parfois, les silhouettes monstrueuses se penchaient sur elle, l'une d'elle la prenait alors dans ses bras, et la berçait. Quand, la porte de sa cellule s'ouvrait, le bruit des clefs dans la serrure la faisait sursauter, et elle constatait qu'elle était alors seule. Les rêves de la nuit s'évanouissaient, et la brume qui engluait son cerveau continuait. Une nouvelle piqûre, et de nouveau, elle était sur la chaise. Parfois, la douleur était telle, qu'elle redevenait ce qu'elle avait été, entrant dans une colère noire, se débattant comme une furie, jusqu'à ce qu'ils la replongent dans un état second. Elle ne souvenait parfois même plus de son nom. Ses rêves de la nuit se chargeaient de lui rappeler, ce qu'elle avait été, ce qu'elle avait fait, comment elle était arrivée ici, tout cela semblait important. La nuit, elle aussi se mettait parfois à hurler. Et puis un jour, elle les avait entendu, ils avaient échoué. Plus de chaise, mais toujours les piqûres. Les bleus sur ses bras avaient fini par s'estomper, ses poignets et ses chevilles cisaillés par les attaches de métal aussi. Elle avait eu le droit de se laver, un luxe qu'elle n'avait pas eu jusqu'ici. Une fois, ils l'avaient replacée sur la chaise, une fois, et ils avaient eu l'air contrarié quand ils l'avaient renvoyée à sa cellule. Ce matin, car oui, après le dernier repas, les longues heures, la porte qui s'ouvrait signifiait le matin, elle allait mourir. Elle en était convaincue. Elle les avait déçu, et maintenant il fallait se débarrasser d'elle. Les deux gardes la soulevèrent, ses pieds raclèrent le sol, et dans le couloir, un homme qu'elle n'avait jamais vu l'examina. Il le fit comme on le fait avant d'acquérir un cheval, il palpa sa peau, examina ses yeux, ses dents, puis il hocha la tête.

Le soleil l'aveugla. Cela faisait des jours qu'elle vivait à la lueur artificielles des torches, des cristaux, ou le plus souvent, elle avait vécu dans le noir. Le soleil était trop fort. Elle ferma les yeux, retenant un gémissement. Des chaînes, leur bruit caractéristique la fit sursauter. Des fers furent refermés autour de ses chevilles, de ses poignets, elle sentit le froid du métal. Il y avait quelqu'un à coté d'elle, d'autres personnes autour d'elle. Quand Isil fut suffisamment habituée à la lumière, et malgré son état, elle parvint à ouvrir les yeux, comme sortant d'un long sommeil. Elle sentait poindre la migraine, le sang dans ses tempes battaient à un rythme infernal. La première chose qu'elle vit fut un Lios, la peau pâle, des cheveux fins et clairs, le regard hanté. Une elfe fut jetée à coté de lui, violemment, elle aussi enchainée. Le lios ouvrit la bouche, rien ne sortit de sa gorge, et Isil eut le temps de voir le moignon de sa langue. Elle comprit alors que les scientomages se débarrassaient de leurs cobayes. Elle avait cru qu'ils la tueraient. A coté d'elle, un autre sujet, un humain, qui lui jeta un regard mauvais. De toute façon, sa vision était brouillée. Elle était brouillée depuis qu'ils lui avaient retiré ses lunettes. Sa myopie s'était fait cruellement sentir, durant... Durant quoi ? Depuis combien de temps était-elle là ? Elle songea, un instant, à Inu. Le jeune homme, ancien esclave, qui l'avait suivie. Elle espérait qu'il ne soit pas mort. Quelqu'un à coté d'elle, puis encore deux autres dans la charrette, menottés eux aussi. Elle ne les regarda pas, son sang lui battait toujours les tempes, et la douleur ne refluait pas. Des ordres furent aboyés, et une odeur de menthe la fit frémir. L'homme qui l'avait examiné monta à l'avant, passant juste derrière elle, c'était lui qui avait cette odeur, elle agressait ses narines, tout comme le soleil agressait sa peau. Le véhicule s'ébranla, et chaque cahot de la route fut une torture. Isil serra les dents, tentant vainement de rassembler ses esprits. Il faisait chaud, le soleil tapait sur son crâne, et, pire encore, elle ignorait ce qu'ils allaient devenir. Inccapable de penser à autre chose que sa douleur, elle tenta de trouver une position confortable, et finit par se plier en deux, les mains sur sa nuque. Le trajet dura longtemps, elle ignora ce qui se passait autour d'elle, il n'y eut que le changement d'odeur qui lui signala qu'ils étaient loin de l'antre des scientomages. L'air était empli d'odeur familières, l'odeur des arbres, des fleurs, l'odeur du grand air.  Elle avait l'impression d'avoir l'odorat d'un thérianthrope, mais en réalité, les jours passés enfermés sous terre, dans une atmosphère confinée, saturée des mêmes odeurs, faisaient que chaque odeur semblait nouvelle, plus forte. Elle respirait enfin, et subir les assauts de Haul était un moindre mal.
La route était à présent droite et plane, bien que les pavés secouaient toujours autant les passagers forcés du chariot. Le cliquetis des chaînes était presque assourdissant, personne ne parlait. C'était sans doute mieux ainsi. Elle finit par se redresser, sans pour autant ouvrir les yeux, gardant la tête baissée, dans l'espoir d'être moins indisposée par le soleil. Rien n'y fit, et elle n'était sans doute pas la seule à être incommodée. Pourtant, l'air frai et le soleil étaient les bienvenus. Elle tirailla le col de sa tunique, trop près de sa gorge à son goût, le tissus était rêche. La tunique était la seule chose qu'elle portait, mais au moins, celle-ci était propre. C'était sans doute la première fois qu'elle était aussi propre d'ailleurs, autant elle que ce qu'elle portait.
Ils devaient passer au milieu d'arbres, puisque le soleil se succédait à l'ombre de façon régulière, de brefs moments de fraîcheur sur sa peau. Puis, il y eu à nouveau le soleil, brutal, et des voix, du bruit. Isil releva la tête. Devant eux, un bâtiment qu'elle n'avait jamais vu en dehors des gravures dans les livres d'architectures : immense, massif, presque écrasant, aux façades blanches et or, visiblement de forme ovale. La porte principale semblait gigantesque, et des piliers, auxquels pendaient des bannières colorées, encadraient la route qui menait jusqu'à la porte en question. L'immense porte s'ouvrait, comme si elle menait une lutte acharnée, faisant trembler le sol, raclant celui-ci, dans un bruit terrible. A moins que le bruit ne vienne du mécanisme d'ouverture. Personne ne sortait discrètement par ce genre de porte, songea-t-elle. A coté d'elle, l'humain prononça le nom Arène, et Isil sut qu'elle était alors toujours à Cyriaca, mais qu'Eiren était derrière eux. L'Arène. L'appréhension la gagna. Ils auraient mieux fait de les tuer sur le champ. A l'Arène, le résultat serait le même, il n'y avait que le temps avant la mort qui changeait. Au moins, elle ne serait pas abattue froidement, et son cadavre ne serait pas jeté dans une fosse commune ou dans un bûcher funéraire. Les autres s'agitèrent aussi, d'ici quelques mètres, ils entreraient dans le ventre du monstre, et ce serait une  captivité différente qui commencerait ici.

Quand quelqu'un en Inwilis parlait de combats, l'Arène finissait toujours pas être mentionnée. Célèbre dans tous les royaumes, l'Arène attirait chaque jour des guerriers désireux d'en affronter d'autres devant un publique. Les combats étaient spectaculaires, attirant aussi les foules, les paris, et l'Arène recueillait alors l'argent des paris, mettant un point d'honneur à n'avoir aucun dû à un quelconque mécène. L'énorme bâtisse était une véritable ville, et faisait sans doute la taille d'une ville, avec ses districts, ses différentes cours, ses arènes justement, ouvertes ou non au public. Indépendante, malgré le fait qu'elle soit sur le sol de Cyriaca, et proche de la capitale, Eiren, l'Arène était un monde fermé. Cyriaca s'en servait, y envoyant ses criminels, ou bien visiblement, les gens dont il fallait se débarrasser, et en échange, l'Arène gardait sa suprématie. Ce qui se passait à l'intérieur de l'Arène n'était l'affaire que de l'Arène. Bien sûr, certains combattants recevaient des cadeaux, toute sorte de cadeaux, certains payaient même pour qu'ils affrontent d'autres combattants, chaque combat était une source de revenus, mais pas seulement. La population de l'Arène évoluait sous la surveillance des chefs de districts et leurs acolytes. Ces derniers faisaient régner l'ordre, et chaque infraction aux règles, aux lois de l'Arène, se soldaient par une punition. Il y avait des morts chaque années, mais cela n’entachait en rien la réputation de l'Arène. Rien que d'y penser, Isil frissonna. Elle le savait, elle n'avait plus aucun moyen de contrôler ses pouvoirs. Quand elle avait pensé pouvoir s'en sortir, s'échapper, elle avait essayé de s'en servir, appelant sa mana, quand elle avait presque réussi, quelque chose s'était brisé en elle, et son énergie avait volée en éclat. Vers la fin, il ne lui restait presque rien à mobiliser, et elle n'avait plus jamais essayé. Et pire encore, ses connaissances de Samildanach n'étaient plus dans son esprit, elle était incapable de se battre, autrefois, la magie lui aurait fourni un moyen, copiant même son adversaire. Il suffisait à un Samildanach d'assimiler une théorie, ou bien d'en voir la pratique, et il était alors capable de le refaire. Isil ne pouvait plus utiliser ce genre de pouvoir, elle n'était plus une multiple-artisane, et sa force physique était loin, très loin, d'être suffisante pour survivre.

Ils passèrent les portes, immenses, épaisses, et la muraille était aussi épaisse que celle qui entourait les plus grandes villes fortifiées du Nord. Il y faisait frai, et à l'intérieur, le soleil ne l'aveuglait plus, bien que la migraine soit toujours là. Leur chariot s'immobilisa, l'homme à l'odeur de menthe sauta à terre, tandis qu'un métisse, Taltos et Draemorog, reconnaissable à sa très haute taille et à cette silhouette longiligne et noueuse pourvue de deux imposantes cornes qui poussaient de chaque coté de son crâne, venait à sa rencontre. Ils échangèrent quelques mots, et finalement, le Cornu prononça quelques mots, et quatres membres de l'Arène vinrent aider à descendre les prisonniers. Maintenant qu'elle y voyait, quoique pas très bien, si non des tâches floues  et des silhouettes plus ou moins distinctes - celle du Métisse était tout à faire reconnaissable, sa démarche souple et élégante également - elle constata que le groupe qu'ils formaient, était fait de cinq hommes, et trois femmes, elle comprise. Il y avait l'elfe blonde, une Versipellis, reconnaissable à ses cheveux violets, et elle même, une humaine. L'elfe semblait aussi perdue et esseulée qu'elle, la Versipellis avait un air farouche. Quand aux cinq autres, l'humain qui avait voyagé à coté d'elle avait toujours l'air aussi mauvais, le Lios semblait abattu et frêle, notamment en comparaison du Sluagh à coté de lui, les deux autres étaient des Svarts. La chaine qui les reliaient entre eux fut retirée, et on les fit descendre un à un. Le Lios fut aidé par les deux guerriers musclés qui les faisaient descendre, il semblait mal en point. Quand ce fut son tour, Isil s'appuya sur un des guerriers, tentant en suite de mettre un pied devant l'autre, ses jambes se dérobèrent sous elle. Le combattant la retint par la taille.


-Peux pas marcher, désolée.

Sa voix n'était plus qu'un filet rauque, et l'entendre fut bizarre. Elle n'avait pas beaucoup parlé ses derniers temps, n'ayant guère d'interlocuteurs. Et sa gorge était sèche, elle avait soif. Son crâne se rappela à elle, dans une douleur qui faillit la faire gémir. Elle entendit à peine ce que l'homme lui répondit, mais elle vit le sourire, et des dents blanches, au milieu d'une barbe de trois jours. Celui qui la tenait sentait l'huile, le cuir, et la sueur. C'en était presque réconfortant, rien avoir avec l'odeur de crasse, du sang, des produits qu'ils avaient utilisé sur elle. Le bras vigoureux la soutint jusqu'à ce qu'elle puisse s'assoir sur un banc, à coté du Lios. Lui non plus ne tenait pas debout, sans doute était-il sédaté, lui aussi. Ils furent tous regroupés dans un coin, et un adolescent apporta un seau d'eau, donnant une louche d'eau tiède à boire aux nouveaux arrivants. Le Lios fut le seul  à en renverser. Isil put en suite observer leur environnement, enfin du peu qu'elle voyait. Haute de plafond, ils devaient seulement être dans l'entrée, là où le public affluait lors des combats, tout semblait démesurément grand. Le chariot fit demi-tour, l'homme mentholé avec. Le Métisse s'approcha alors d'eux, et ils eurent droit à un examen minutieux. Ses longs doigts noueux  allèrent jusqu'à palper l'endroit où elle avait été piquée avant son départ. Les doigts étaient froids,  anthracites, comme le reste de ses mains, pourvus d'ongles longs, plus proches de griffes que d'ongles d'ailleurs. Elle croisa son regard, deux yeux jaunes, froids et calculateurs, sous deux paupières lourdes et tombantes. Elle détourna les yeux, ayant le temps de voir un infime sourire tordre ses lèvres pleines.
Après quelques minutes de délibérations internes, le Métisse finit par se mettre d'accord avec lui même. Ils furent scindés en deux groupes. Le Sluagh, les Svarts, l'humain et la Versipellis d'un coté, l'elfe, le lios et elle-même de l'autre. Des combattants d'un coté, les inutiles de l’autre. Le premier groupe suivit une Eldarin à la peau noire et aux écailles dorées, armée d'un sabre. Le groupe d'Isil, avec l'elfe et le Lios, fut aidé par deux combattants. Ils suivirent le métisse Taltos, dont les longs cheveux dorés battaient la mesure de son pas. Ils pénétrèrent dans un couloir au plafond arrondi, tout en pierres couleur sable, percé de portes, assez large pour laisser passer un chariot. Certaines portes étaient ouvertes, laissant voir des gens en tenues blanc et or, à l'image de l'Arène, s'affairer. Rien avoir avec les combattants, ou les hommes qui leur servaient de béquilles, eux portaient clairement l'attirail des guerriers. Le métissé portait un mélange des deux. Il finit par pousser une porte, et Isil et ses compagnons d'infortunes entrèrent à sa suite. La pièce était sobre, voire dépouillée, mais il y avait des bancs pour s'assoir, une table avec un pichet et des gobelets en terre cuite. Des fenêtres rectangulaires, à l'horizontale perçaient les murs, laissant entrer la lumière. Le guerrier qui la portait déposa alors son fardeau sur un banc. Le Métisse retira en suite les fers qui les entravaient, refermant juste après, autour de leur cheville, un bracelet de métal blanc, qui une fois fermé, ne semblait avoir aucune attache.  Son officie accomplie, il se redressa de toute sa hauteur, les deux guerriers se postèrent derrière lui, bras croisés sur leurs poitrails musculeux. Les yeux perçants du métissé passa sur les deux femmes et sur le Lios.


-Bienvenue à l'Arène, commença-t-il d'une voix dépourvue de toute chaleur, vous avez été vendus, et vous êtes maintenant la propriété de l'Arène. Vous n'êtes pas des combattants, et vous n'en aurez jamais l'étoffe. Mais pour fonctionner l'Arène a besoin de serviteurs, c'est ce que vous serez. Vous serez affecté à un district, ou bien à un gladiateur, peu importe. On viendra vous chercher. Et inutile de chercher à fuir, personne ne vous aidera. Les bracelets à vos chevilles vous identifient comme propriété de l'Arène , et si vous tentez de vous échapper, inutile de vous préciser que l'Arène vous retrouvera très vite.

Isil songea alors que le bracelet devait être un genre de traceur, qui permettrait à l'Arène de la retrouver si jamais elle s'échappait. Le sortilège devait être inscrit sur la face interne. Dans son état, elle était déjà incapable de marcher droit, alors essayer de fuir une véritable forteresse remplies de types capables de la broyer à mains nues... Tant qu'elle n'en saurait pas plus, inutile de tenter une évasion. Elle ne se faisait pas non plus d'illusions sur ce qui l'attendait. Le métissé et les deux guerriers sortirent de la pièce, les laissant seuls. Ils ne prirent même pas la peine de fermer la porte. Du couloir, des bruits leur parvenaient, des conversations, des rires, du papier qu'on manipule. Des fenêtres, enfin des ouvertures, l'air chaud de l'extérieur s'infiltrait dans la pièce, aussi d'autres voix, des grognements, des encouragements, le bruit des armes qui s'entrechoquent, les foulées d'une dizaine de pieds, les exhortations d'un instructeur. Le changement était brutal, bruyant, plein de vie. Isil avait passé ses derniers jours ? mois ? Enfermée dans une cellule, ou le silence se disputait aux cris d'agonie des autres prisonniers. C'était presque une joie de se retrouver ici, au milieu des vivants. Le Lios toussa à coté d'elle. Maintenant qu'elle le voyait de plus près, elle vit son visage en sueur, son regard hagard et quelque peu vitreux. Il devait être malade, ou bien il n'avait pas supporté l'enfermement. Et elle avait vu qu'il n'avait plus de langue. L'elfe à coté d'elle ne bougeait pas beaucoup plus qu'elle. Le silence devint presque oppressant. Isil se leva, marqua une pause, le temps de savoir si elle n'allait pas retomber, et elle clopina jusqu'à la table où attendait le pichet et les gobelets. Elle en prit trois, et prit le pichet. Elle prit alors la parole d'une voix mal assurée :

-Je me disais que puisqu'on risque de passer un moment ici... Qu'on devrait peut être faire connaissance.

Elle posa les trois gobelets sur le banc, et les remplit d'eau, elle tendit le premier à l'elfe, puis le second au Lios, qui le prit entre ses mains tremblantes. Le troisième fut pour elle, et elle se rassit sur le banc, comme épuisée par ce qu'elle venait de faire. Elle avala une gorgée d'eau. Elle était tiède, mais s'était mieux que rien, et surtout, elle n'avait pas l'arrière goût métallique de l'eau qu'elle avait bu ces derniers temps.

-Je m'appelle Isil.



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Nivarel
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MessageSujet: Re: Nouvelle captivité    Mer 10 Aoû - 18:33

L’elfin s’était réveillée dans une cellule, allongée sur une sorte de lit de camp sans aucun souvenir de comment et pourquoi elle avait atterrit là avec pour seule lumière la lumière d’un couloir filtrant légèrement à travers la fenêtre de la porte. Rien ne lui était familier, les lieux, les vêtements qu’elle portait, l’odeur. Son cœur s’emballa. Où était-elle ? Pourquoi sa tête lui semblait lourde et brumeuse ? Elle prit quelques secondes pour se mettre en position assise. Elle soupira et se concentra pour rentrer en contact avec ses esprits. Ils auraient des réponses à ce qui se passait, ils savaient toujours tout.
Mais rien ne se passa.
Elle respira profondément, et expira profondément plusieurs fois avant de recommencer.
Toujours rien.
Elle qui avait passé sa vie à être entourée d’esprits, à les voir et à communiquer avec eux depuis sa naissance n’arrivait pas à entrer « dans leur monde » dans lequel elle évoluait pourtant tout le temps. Son cœur commença à s’emballer un peu. Elle avait peut-être un moment de vide, ça pouvait arriver lui avait dit Nakhoma, même si ça ne lui était jamais arrivé jusque lors. Les mains tremblantes, elle les posa sur ses tempes et chercha alors à se souvenir seule en fermant les yeux.

La première chose dont elle se souvint fut Dareth. Ses yeux vairons, sa voix douce, son sourire, ses mains... Le métissé était son compagnon, elle s’en souvenait clairement. Elle se souvint aussi des mains du métissé sur son ventre rond. La sensation d’un léger coup porté de l’intérieur de ce dernier. Elle eut un choc. Elle était enceinte.
Elle posa immédiatement les mains sur son ventre en rouvrant les yeux : il n’y avait rien.
Nivarel laissa la panique l’envahir.
Où était son enfant ?
Où était Dareth ?
Où était-elle ?
Pourquoi elle ne pouvait plus contacter ses esprits ?
Qu’est-ce qui était arrivé à son compagnon et à leur enfant ?
L’elfin s’était relevée d’un coup, les jambes tremblantes et frappa à la porte en hurlant de la laisser sortir d’ici, hurlant le nom de Dareth.

La porte s’ouvrit, violement, la projetant en arrière, la poussant violement sur le sol. Elle se cogna. Deux hommes étaient alors entrés, se parlant, parlant à la garde, la regardant. Elle n’y comprenait toujours rien et les larmes lui étaient monté aux yeux. Elle avait accroché le regard de l’un des hommes, en essayant de se relever. Mais ses jambes ne voulaient pas répondre.


-Q-qui êtes-vous ? Où on est?

-Air mata itu dibuka kembali, mengapa dia gelisah seperti itu juga ?

L’homme détourna le regard d’elle, ne semblant même pas l’avoir entendu, s’adressant de nouveau à la garde. Elle avança un peu, des éclairs de douleur fusèrent devant ses yeux. Elle s’était cogné l’arrière de la tête et ça saignait. Elle attrapa le pantalon du second homme.

-Qu’est-ce qui se passe !? En quoi vous parlez ? Hey, vous m’entendez ?!

Le second homme retira sa jambe pour qu’elle le lâche comme si elle avait une maladie grave, ayant l’air de jurer en le faisant. L’elfe s’étala sur le sol de pierre froid. Sa tête lui fit encore plus mal. Ils remarquèrent le sang qui coulait de l’arrière de sa tête

-Longgar saya jalang kotor!

Cette fois-ci l’elfin pleurait franchement. Elle souffrait, elle était complètement perdue, elle ne comprenait rien, elle ne se souvenait de rien. Pourquoi était-elle là ? Pourquoi ces hommes ne parlaient pas sa langue ? Pourquoi est-ce que Dareth n’était pas là ? Où était l’enfant qu’elle attendait ? Elle voulait voir un visage familier, un visage amical et rassurant... Elle voulait voir ses esprits, elle voulait que quelqu’un la rassure, qu’on lui dise ce qui se passait ce qui était arrivé. Où était son enfant, où est-ce qu’elle se trouvait !?

- Où est-ce que je suis… Où est Dareth… Où est mon bébé ! Dites-moi ce qui se passe ! Qu’est-ce que vous avez fait d’eux !

Le premier homme s’adressa à la garde qui répondit par un simple hochement de tête. Personne ne semblait prendre en compte qu’elle existait, qu’elle ressentait quelque chose et la fureur se mêlait à la perdition et au vide qu’elle ressentait.

-Akan mengingatkan Perawat, itu dibawa.

Ils l’avaient attrapé sous les bras pour la faire se relever, ayant l’air de le lui ordonner. Elle s’était rebellée, mais un élancement encore pire que les autres l’arrêta net. Elle s’était alors laissée faire, prenant le parti de la douleur la moins forte et comprenant que seule contre tous elle ne pourrait pas grand-chose.
Ils étaient sortis, l’avaient fait marcher quelques mètres dans un couloir un peu plus éclairé, mais avec les mêmes pierres sombres sur les murs et le sol. Rien ne lui était familier. Elle essaya de voir si dans l’une des cellules Dareth était là, mais rien. On l’emmena dans une pièce plus claire, propre. Un homme semblant être guérisseur était là et se mit à lui parler, semblant la questionner. Mais bien sûr elle ne comprit rien, comme pour les deux autres hommes. Quand elle lui répondit qu’elle ne comprenait pas, qu’elle voulait qu’on lui explique ce qui se passait, qu’elle voulait savoir où était son enfant et son compagnon. Il regarda les gardes et leur parla à eux, l’ignorant. Ils sortirent de la pièce, le guérisseur la fit s’assoir sur un lit d’un geste du bras. Il lui offrit un sourire rassurant, l’un des derniers qu’elle aurait avant un long moment.

Il regarda alors l’arrière de sa tête. Elle lui avait posé les mêmes questions qu’aux gardes. Demandant où était Dareth, où était leur enfant, ce qu’ils lui voulaient, ce qu’ils avaient fait d’eux, pourquoi elle n’était plus enceinte. Nivarel n’avait plus rien dit quand elle avait compris que la barrière de la langue n’était pas qu’à sens unique.
Il appliqua un liquide sur sa tête, tamponna le sang et lui banda la tête. Il passa de l’eau sur les longueurs de ses cheveux, retirant le sang qui y avait été. Elle gardait les mains sur son ventre, silencieuse.
Un des gardes qui était partit frappa, puis entra visiblement autorisé par le guérisseur.


-Perawat, Anda pikir itu adalah dalam kondisi untuk diinterogasi?

C’est à partir de ce moment qu’elle fut de nouveau emmenée, dans une autre pièce qui n’était pas sa cellule pour autant. Un homme et une femme étaient déjà à l’intérieur. Ils l’interrogèrent alors dans sa langue : ils lui demandèrent d’emblée où étaient les enfants, où se cachait l’homme qui était avec elle et son nom. Elle répondit qu’elle ne savait pas où était l’enfant, que c’était à eux de lui dire où il se trouvait, pourquoi elle n’était plus enceinte et où était son compagnon. Ils ne répondirent pas à ses interrogations et lui posèrent inlassablement les mêmes questions. Au bout de plusieurs heures, on la remit dans sa cellule.
Le lendemain ou peut-être deux ou trois jours plus tard, elle ne savait pas trop car elle n’avait aucun repère temporel, le même schéma se produisit, on lui demandait où étaient les enfants, elle répondait qu’elle ne savait pas, et posait à son tour ses questions. Elle essayait de contacter ses esprits dès qu’elle était dans sa cellule et de se rappeler ce qu’il était arrivé. Mais ses souvenirs étaient assez flous, voire inexistant. Elle se souvenait qu’ils étaient allé au Sud, mais pourquoi ? Est-ce qu’elle avait accouché ? Est-ce qu’elle avait perdu le bébé ? Dareth était partit ou est-ce qu’ils l’avaient aussi ? Mais pourquoi lui demander où il était et comment il s’appelait dans ce cas. Ou c’était pour avoir son nom, et là où ils vivaient ? Elle n’avait jamais répondu à cette question et n’y répondrait pas.
Les interrogations durèrent sur cinq séances étalées sur ce qui semblait des semaines, mais qui pouvait être des jours tout comme des mois. Elle n’eut aucune réponse à ses questions et les questions qu’eux lui posaient ne trouvaient pas de réponse satisfaisante.

Elle voyait le guérisseur entre temps pour voir sa blessure et quand cette dernière fut guérie elle ne le vit plus. Elle n’eut plus le droit à une douche régulière, sa nourriture devint de plus en plus fade et était donnée dans une sorte d’écuelle. Elle n’avait toujours pas de repère chronologique, ne voyant plus la lumière du jour, ne sachant pas si les repas étaient donnés à heure fixes car quelques fois elle avait extrêmement faim quand ils arrivaient, d’autre fois elle avait l’impression qu’on les lui donnait en suivant.

Elle pleurait tout le temps, n’arrivant pas à se rappeler, ayant peur de ce qui allait lui arriver, de ce qui était arrivé, tant à Dareth qu’à ses enfants. Oui, ses enfants car ses geôliers lui demandaient où étaient ses enfants. Ils étaient peut-être morts, ou enfermés ici aussi… Le fait de l’avoir coupé de sa magie lui faisait ressentir un vide immense, tout comme celui de ne plus sentir la vie dans son ventre… Mais au moins s’était-elle convaincue qu’elle n’avait pas perdu ses enfants, et qu’elle leur avait donné naissance un jour…

Les interrogatoires changèrent du tout au tout. On ne lui posa plus de questions. Après l’avoir attachée à une chaise, on lui avait injecté des produit dans les veines, et laissée engourdie de longues minutes avant que quelqu’un s’introduise directement dans son esprit pour fouiller à l’intérieur, sans égard pour ses souvenirs, sans faire attention à la douleur qu’il lui causait à ravager sa psyché ainsi. De toute manière elle ne disait rien, ne criait pas alors qu’elle aurait dû, engourdie et amorphe qu’elle était à cause du produit.
Son esprit était déjà confus avant l’intrusion, après elle n’était même plus sûre que ses souvenirs étaient dans l’ordre et surtout réels. A ceux dont elle se rappelait s’était ajouté le souvenir fugace d’un homme aux cheveux blancs avec un œil bandé. Mais rien de plus. Elle subit ces agressions mentales plus longtemps que les interrogatoires classiques. Sans qu’elle ou ses interrogateurs n’aient de réponse sur ses enfants et son compagnon.

Ses geôliers semblèrent se lasser d’elle, ou plutôt du fait qu’ils ne trouvent aucunes réponses dans sa tête. Ils ne l’interrogèrent plus pendant un long moment, on la laissa seule avec ses doutes, ses angoisses et ses questions dans sa cellule. Elle attendit alors. Des heures, des jours, des mois.

Ils arrivèrent dans sa cellule et elle crut qu’ils allaient reprendre leur exploration de sa tête après cette longue pause. Mais on l’emmena dans une salle blanche, avec un dispositif étrange, une chaise et des hommes en blouses blanches. On la sangla à la chaise et lui enfonça des aiguilles dans les bras et le cou. Quelqu’un arracha quelque chose de sa nuque, et elle revit ses esprits devant elle, paniqués, angoissés. Mais ça ne dura que quelques secondes, elle eut à peine le temps de leur demander ce qui s’était passé qu’on aspira littéralement sa magie hors d’elle. Ils s’effacèrent devant elle alors qu’elle se sentait vidée de tout. Ils auraient pris tout son sang qu’elle aurait eu cette même sensation de froid, de mal être, de faiblesse et de fatigue. Elle n’eut même plus l’impression qu’il y avait de temps autour d’elle depuis cette séance. Séance qui fut suivit par d’autres. L’elfin ne put jamais retrouver une sensation normale, se sentant à chaque fois fatiguée, vidée et perdue. Elle ne revit jamais non plus ses esprits et même quand ils cessèrent d’aspirer sa mana, -sûrement parce qu’elle n’en produisait plus- elle n’arriva pas à revoir ses totems et les esprits. Pourtant ils ne remirent pas en place son bloqueur.

On lui mit les mains dans le dos, on l’enchaina et elle comprit que là elle n’allait pas être drainée de nouveau. Elle n’avait aucune force dans les bras ou les jambes, ayant maigrie depuis qu’elle était arrivée et n’essaya pas de leur résister. Ils l’emmenèrent dehors où la lumière l’aveugla tant qu’elle garda les yeux fermés jusqu’à ce qu’elle sente une main sur son visage. Elle fut jetée dans une charrette, en plein sur un pauvre lios qui n’émit aucun son. Elle s’excusa à voix basse, peut-être trop basse pour qu’il l’entende. Une fois qu’ils furent tous entassés, ils partirent. La route fut longue, la lumière l’agressait au début, puis ses yeux s’habituèrent et elle put revoir ce qu’elle n’avait plus vu depuis si longtemps. Des arbres, des animaux, quelques fois des gens. Si elle n’était pas sûre de se faire tuer elle aurait crié pour appeler à l’aide. Mais il y avait quelque chose qui lui faisait aussi se dire que personne ne les aiderait car tout cela était normal pour eux.

Ils finirent par passer d’immenses portes, qui laissaient entrer dans d’épaisses murailles. L’écart de température fut saisissant, elle frissonna dans la robe râpeuse qu’elle portait. On les débarqua comme du bétail, elle fut suivit du pauvre lios qui avait à peine la force de se tenir debout. Elle-même n’était pas vaillante sur ses jambes, mais elle fit en sorte de rester droite. Elle ne savait pas ce qu’était cet endroit, mais ce qu’elle ressentait, c’était qu’il valait mieux essayer de ne pas se montrer trop faible. Et sa fierté l’obligeait à se conduire ainsi. Une humaine plissant les yeux manqua de tomber et se rattrapa à un des guerriers qui les débarquaient. Elle était dans un sale état physique, amaigrie comme elle, perdue et tout aussi pâle. Nivarel eut une pointe de sympathie pour elle. Assise sur un banc, le lios à sa droite, elle attendit comme tout le monde. On leur apporta une louchée d’eau, elle prit grand soin de ne pas en renverser. Sa gorge l’irrita un peu moins après ça, elle sentait que ça lui faisait du bien mais aurait bien bu plus.

Un homme grand et pourvu de cornes, qu’elle n’avait pas vu –pourtant il était remarquable-, s’avança. Ils furent tous examinés. Il toucha ses bras, son cou, lui fit ouvrir la bouche et sembler analyser chaque centimètre de sa peau. Il avait les doigts glacés, sombres et ne lui inspirait absolument pas confiance. Mais il semblait qu’ils lui appartenaient tous ? Ou qu’il avait une sorte de pouvoir décisionnaire sur eux. Elle avait vu juste, ils furent scindés en deux groupe, elle se retrouva avec l’humaine et le lios. Ils suivirent celui qui venait de les examiner. On aida le lios et l’humaine à marcher, et ils arpentèrent des couloirs. Le schéma lui semblait étrangement familier. Entourées de gardes, marchant dans un couloir inconnu, dans un lieu inconnu, sans savoir ce qu’on allait faire d’elle et aussi de ses compagnons de route à présent.
On déposa l’humaine et le lios sur un banc, elle s’assit elle aussi. Les fers retirés elle se massa les poignets avec douceur et regarda le bracelet blanc à sa cheville. Le métissé leur parla.


-Selamat datang di Arena, Anda terjual, dan Anda sekarang milik Arena. Anda tidak pejuang, dan Anda tidak akan pernah memiliki barang-barang itu. Tapi untuk menjalankan Arena kebutuhan pegawai, itu adalah apa yang Anda akan. Anda akan ditugaskan ke kabupaten, atau gladiator, apa pun. Pick up. Dan berguna untuk mencoba melarikan diri, tidak ada yang akan membantu Anda. Gelang untuk pergelangan kaki Anda mengidentifikasi, Anda sebagai milik arena, dan jika Anda mencoba untuk melarikan diri, perlu untuk mengatakan bahwa Arena akan segera bertemu.

Elle ne sut pas s’il remarqua son air perdu, s’il remarqua qu’elle ne comprenait rien du tout à ce qu’il lui disait. Lui et les deux guerriers sortirent tout bonnement de la pièce après son long discours, les laissant seuls en laissant la porte ouverte. Elle avait l’air plus en forme que ses compagnon, elle remarqua pourtant les marques sur les bras de l’humaine. Elle avait les même qu’elle, même si elles n’étaient plus que de vague souvenir sur ses bras à elle. Il avait dû se passer des mois depuis sa dernière séance de ponction de mana. Le Lios toussa brisant un peu le silence. Elle n’osait pas bouger. Personne ne la comprenait quand elle parlait, elle ne comprenait personne, cela ne servait à rien d’essayer de parler, de dire quelque chose. Elle allait finir ici sans savoir ce qu’était ici et ce qu’on voulait d’elle. L’humaine se leva et alla vers la table le pas peu sûr. Elle prit trois gobelets et le pichet d’eau. Elle revint vers eux et parla.

-Je me disais que puisqu'on risque de passer un moment ici... Qu'on devrait peut-être faire connaissance.

Nivarel sursauta brusquement, ce qui lui causa un léger tournis. Mais elle avait bien entendu, la jeune femme qui lui parlait, la brunette, venait de leur parler dans sa langue. Elle la comprenait parfaitement. Ces quelques mots dits d’une voix peu sûre lui serrèrent le cœur et la gorge. Elle n’avait pas entendu quelqu’un parler cette langue depuis… Depuis des mois, des années ? Elle n’avait pas eu de repère de temps dans sa cellule, elle ne savait donc pas vraiment.

-Je m'appelle Isil.

Elle prit le gobelet qu’elle lui tendit, le lios à côté d’elle le prit aussi avec des mains tremblantes et un air de gratitude sur le visage. L’elfin se racla un peu la gorge avant de parler à son tour.

-T-Tu parles ma langue… Tu es la première depuis… Depuis trop longtemps qui parle ma langue. Je m’appelle Nivarel, je… Tu, tu comprends ce que je dis n’est-ce pas ?




Dernière édition par Nivarel le Ven 21 Avr - 15:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nouvelle captivité    Dim 21 Aoû - 18:48

Elle avait inconsciemment parlé en employant le Maëldanais. Dans le Nord, l'influence des Norrois s'était répercutée sur la langues de chaque royaume, altérant, modifiant, les langues officielles de ce qui deviendraient le Falast, l'Inwerin, Norfendre, Tiern, Norkëmar. Avant cela, l'Empire de Tiern et le Dominion Sidhe avaient déjà commencé à unifier les langues du Nord. Depuis l'Alliance, les officielles étaient très similaires, à quelques différences près dans la prononciation, dans l'écriture. Des différences qui n'empêchaient pas de se comprendre quand on parlait les langues officielles du Nord. Il y avait bien sûr des dialectes, des langues par peuple, par région... Mais chacun  était capable de se comprendre, suffisamment pour éviter de commencer un guerre sur un malentendu. A l'exception des conversations entre Tiernois et Norfendrois. Celles là finissaient toujours mal. Une pointe de violente nostalgie, d'envie, de mal du pays, des sentiments violents qui secouèrent presque sa poitrine, soulevant un cri, des pleurs, qu'elle ravala. Elle devait se calmer. Entendre quelqu'un lui parler. Lui demander si elle la comprenait. Elle n'avait pas parlé cette langue depuis que Asgeir et Rochel étaient morts. Mais elle l'avait entendue. Sous une forme ancienne, bâtarde. Elle fronça les sourcils. Eladris et ses assistants, les gardes, aucun d'eux n'avait parlé une langue du Nord, seulement le Cyriacan, parfois l'Esgaléen dans le cas d'Eladris. Elle comprenait encore quand on lui parlait dans une langue ou une autre, elle était même capable de répondre. Elle réfléchit, son esprit fonctionnant à toute allure. Eladris n'avait pas remarqué qu'elle était encore capable de parler, de comprendre. Elle avait appris des langues, des dialectes variés pendant ses premières années à Izkaal, peut-être que cela expliquait pourquoi elle avait encore ces connaissances, même si elle n'avait pas conscience de les utiliser. Peut-être. Elle avait appris avec ses pouvoirs de Samildanach, elle n'aurait pas dû être capable de comprendre tout ce qu'on lui disait. Elle regarda ses mains. Si elle était capable de parler, de comprendre, alors peut-être que...
Elle se rendit compte qu'elle était restée silencieuse un peu trop longtemps, elle finit par hocher la tête.


-Je comprends ce que tu dis.

Avec cette soudaine réalisation, elle avait conscience qu'elle parlait en Inwer. Elle eut un sourire hésitant. Elle jeta un coup d'oeil au Lios, qui avait fini son verre. Il le tenait à deux mains, mais cela ne l'empêchait pas de trembler. Frêle, la peau blafarde, plus blafarde encore que la sienne, parfois couverte de contusions aux couleurs sombres, allant du violet au brun. Même si son visage. Quelques cicatrices. Ses cheveux pendaient lamentablement sur son front en sueur. L'elfe semblait en meilleure forme, plus alerte. Isil eut presque mal pour elle à voir son air soulagé. A sa place, elle ne serait pas soulagée. Pas après le discours du métis. Mais elle ne devait pas l'avoir compris. Isil resservit le lios, qui la remercia d'un faible hochement de tête. Avant de boire, il ouvrit la bouche, pointant sa langue coupée. Elle ne put retenir une grimace.

-J'imagine que tu me comprends aussi, mais qu'on ne saura pas ton nom...

L'ombre d'un sourire passa sur le visage creusé, presque exsangue du Lios. Isil resservit aussi l'elfe, avant de verser encore un peu d'eau dans son propre gobelet. Elle gratta machinalement le bracelet qui ornait à présent sa cheville, leurs frères ornant également les chevilles de ses deux compagnons d'infortunes.

-Je... si je comprends bien, reprit-elle en s'adressant à l'elfe, tu... tu ne parles que l'Inwer ? Si c'est le cas, tu n'as pas dû comprendre ce que le métis a dit avant de partir...

Un gémissement s'échappa de la gorge du Lios, lui avait dû comprendre, et parfaitement, toutes les implications du discours du métis. Isil se mordit l'intérieur des lèvres, nerveuse, incertaine. Elle se balança un peu sur elle même. En voyant le regard de l'elfe, elle sut qu'elle avait deviné juste.

-Pour faire simple, on nous a vendu. Nous sommes la propriété de l'Arène, et ça...

Elle leva le pied pour désigner le bracelet sans attache apparente à sa cheville.

-Est la preuve que nous sommes des esclaves. Je crois que le bracelet peut aussi nous... empêcher de partir, je ne sais pas trop comment. Ou peut servir à nous retrouver. Et, nous serons des serviteurs, pas des gladiateurs. Il a parlé d'une affectation à un district.

Elle allait ajouter ce qu'elle connaissait sur le fonctionnement de l'Arène. Elle l'avait lu. Appris. C'était connu. Mais Nivarel, puisque c'était là son nom, et le Lios muet, devaient aussi savoir ce qui les attendaient. Elle redoutait ce qui les attendait. L'Arène était peuplée, certes par des gladiateurs, mais surtout par des criminels de tout bord, à l'exception probablement du métis et de véritables gardes, mais rien était sûr. Son estomac se noua. Elle avait quitté une prison pour une autre, qui serait peut-être pire par certains aspects. Elle se sentait perdue. Elle était née libre. Personne ne savait où elle était. Ceux qui savaient étaient morts, ou bien du côté de ceux qui l'avaient envoyée pourrir ici. Elle ignorait si Inu était vivant. Elle aurait dû trouver Sidwell dès qu'elle avait eu un autre Samildanach dans la tête. Elle avait été stupide. Et maintenant, elle se retrouvait dans une situation qui la dépassait, incertaine, lui laissant un estomac noué par la peur et un goût amer. Elle resserra sa prise autour de son gobelet pour empêcher ses mains de trembler.



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MessageSujet: Re: Nouvelle captivité    Lun 6 Mar - 0:19

-La petite maline...

Il aurait pu sourire, mais n'en avait pas vraiment envie. Il avait entendu depuis le couloir. Ici à l'Arène, on parlait un mélange de langues formant parfois une véritable soupe indigeste. Si le Cyriacan était majoritaire, le Mornien et les dialectes Esgaléens le suivaient de près, et en suite, les autres langues étaient plus ou moins parlées, dépendant des districts et des gens. L'avantage de celle du Nord, c'était que le Norrois avait influencé toutes les autres. Sorchan parlait l'Inwer, comme tous les gars de son district en fait. Zian le parlait parce que son propre chez de district traînait avec l'elfe balafré. Enfin, le parlait, c'était un bien grand mot, il arrivait à se faire comprendre, c'était l'essentiel. Et il avait aussi compris que l'Humaine était plus futée qu'elle n'en avait eu l'air quand Syrège les avait séparés des autres. Le métissé Taltos avait pris son temps pour l'examiner. Plus que pour les autres. À présent qu'il les voyait de plus près, il pouvait pour l'état lamentable dans lequel il se trouvait. Le lios semblait malade. L'humaine avait les bras couverts de bleus, des traces qu'il connaissait bien, les drogués des bas fonds avaient les mêmes, et l'elfe, elle avait l'air d'avoir vécu l'enfer. En vérité, les trois avaient l'air tout droit sorti du trou du cul de Meskesh. Zian les avait regardés descendre du chariot, et de loin, ils avaient juste eu l'air faible. Certains de ses camarades avaient déjà fait leur marché, depuis les balustrades. C'était toujours un événement de voir qui avait le malheur de se retrouver enfermé ici. Le joli nom d'Arène cachait un monde carcéral violent et régit par ses propres règles, supervisé par le premier district, celui de la Garde, dont les membres aux tenues blanche et or avaient tout pouvoir. Ou presque. La Garde comptait sur les chefs des districts pour maintenir l'ordre et régler les problèmes. Elle n'était là que pour rassurer le public qui venaient regarder condamnés et esclaves s’entre-tuer pour les divertir. Il fallait être bon pour pouvoir combattre devant un public, encore meilleur pour pouvoir survivre. Et en survivant suffisamment longtemps, on pouvait atteindre la consécration et être placé à la tête d'un district. Ou encore, d'être choisi comme acolyte. Zian avait l'honneur d'en être un, après avoir suriné deux gars qui pensaient pouvoir prendre le butin d'un autre. On ne se pillait pas à l'Arène, surtout pas entre membres de district. L'Arène comptait des combattants de toute sorte, même des foutus mages. Et aussi des serviteurs, une bonne grosse palanquée de filles et de gars, qui s'occupaient des chambres, des parties communes, du linge, de la nourriture, sans compter les divertissements. Zian était descendu de son perchoir, délaissant Laohû, venu lui aussi voir à quoi ressemblait les nouveaux. Le Versipellis ou quoi qu'il soit vraiment, avait été de ses commentaires. Zian avait surtout regardé comment s'était comporté Syrège. Le métis Draemorog et Taltos étaient celui qui choisissait la place de chacun ici. Même son invincible chef de district se méfiait de cette vipère.


-Même des esclaves ont plus de chance que vous.

Il secoua la tête, n'entrant dans la pièce que pour s'appuyer sur le chambranle de la porte. Il croisa les bras, nonchalant.

-L'anneau est un traceur, mais si vous cherchez à vous échapper, il réduira votre cheville en bouillie et c'est boiteux que l'arène viendra vous récupérer. Cela dit, vous avez déjà l'air de l'être. Boiteux je veux dire. Je me demande si vous serez de taille pour survivre ici.


Il vit l'effet de ses paroles sur leurs visages. Le désarrois, le désespoir, et la résignation aussi, mais peut-être, plus fugace, une lueur de rébellion. Le bruissement du tissus. Une main aux longs doigts, aux ongles vernis, se posa sur son bras. La femme qui venait de surgir s'adressa à lui en cyriacan.

-Zian, Zian, mon cher, sois aimable. Ne leur fais donc pas si peur.

Il s'écarta laissant entrer Mazatecli, s'inclinant même. Elle rit et lui tapota la joue.

-Comme tu es délicieux.

Mazatecli était une Esgaléenne, ayant probablement du sang de Draemorog dans les veines ou d'Orc, elle était grande et massive, mais pourvue de courbes plus que généreuses et alléchantes. Sa très lourde et opulente poitrine tendait le tissus de sa robe blanche et or à la mode cyriacanne. Une jambe musclée dépassait de ses jupes fendues, le mollet enclacé par les lacets de cuir fin de ses sandales. Sa peau mate dégageait l'odeur délicate de l'huile qu'elle avait utilisée pour la faire briller. A moins que le parfum ne vienne de sa sombre chevelure, dont la longueur frôlait sa chute de rein. Son visage ovale présentait des traits délicats, légèrement altéré par l'âge. Mazatecli n'était pas une jeune première, loin de là. D'aussi loin que remonte ses souvenirs à l'Arène, Zian l'avait toujours connue. Parfaitement maquillée, ses yeux entièrement blancs, soulignés de khôl, semblaient luire, un effet accentué lors qu'il faisait nuit. A ces oreilles, son cou et ses poignets, pendaient des bijoux de cuivre, ornés de plumes et de lapis lazuli. Elle se mouvait avec grâce, mais aussi un maintient et une puissance voilée, qui trahissait un passé guerrier. En son temps, elle avait été une des gladiateurs les plus célèbres. Aujourd'hui, elle faisait partie du premier district, qui s'il abritait la garde, était aussi celui des serviteurs de l'Arène. Mazatecli était à la tête de cette armée de petites mains et agissait dans l'ombre. Elle était sans doute la seule personne à ne pas craindre Syrège, son influence était appuyée par des mécènes qui ne se lassaient pas d'elle, même si elle ne combattait plus. Zian l'aimait bien, mais n'était pas stupide au point de se mettre sur sa route. Elle prit son bras, comme un amante, s'appuyant sur lui. Derrière elle se tenait Dague, son assistant, drapé lui aussi de blanc, mais à la mode andanoréenne. Dague était Andanoréen, parlait peu, était aussi apprêté et fardé que sa maîtresse, il tenait le registre du Premier District sous son bras, un encrier et une plume dans la main. Mazatecli lui fit signe, et l'assistant déposa son fardeau sur la table, l'ouvrant. Elle contempla les trois esclaves qui lui étaient dévolus.

-Par la douce Yaolt,
fit-elle pensive en cyriacan mais mentionnant le vieux nom de la déesse de la vie en Esgal, Zian n'avait pas tort, vous avez tous l'air d'être... Celui-là est-il malade ?

-Maza, intervint le Drow aux cheveux roses, l'elfe ne parle pas le cyriacan. Mais la brune peut traduire. Elle sait parler plusieurs langues.

Les yeux sans iris ni pupilles de la métisse se braquèrent sur l'humaine.

-Vraiment ? Voilà qui est intéressant.

Zian ne put s'empêcher de sourire.

-Bah ! Qu'elle traduise. Tu m'as bien comprise ma chérie ? Bien, bien. Dague, vérifie si Syrège ne m'a pas volé sur la marchandise.

L'assistant se déplaça jusqu'aux esclaves et leur demanda de montrer leurs chevilles. Il passa ses doigts sur les anneaux qui les enserraient, tout en silence. Il finit par se relever et par hocher la tête.

-Tout est en ordre.

Il alla annoter le registre. Zian savait qu'il venait seulement de confirmer la présence des trois esclaves dans le Premier District. Le gladiateur savait aussi que Mazatecli jaugeait ce nouvel arrivage depuis son entrée dans la pièce. A sa moue, il savait que le lios malade ne lui plaisait pas. Ce serait une perte de temps pour elle, mais elle prenait ce que Syrège lui donnait. Elle lâcha le bras du Drow, et tout à fait charmante se tourna vers lui.

-Lesquels ne peuvent pas marcher seuls ?

-L'humaine et le lios, l'elfe arrive à se débrouiller.

-Mon petit Zian, tu seras bien aimable d'aller chercher ton ami poilu pour venir m'aider. Ces trois là ont besoin d'un... bain. Et de se changer. Mais pour cela, ils doivent arriver jusqu'à mon district et il y a des escaliers.

-Avec plaisir madame.

Elle eut un nouveau petit rire et quand il fut parti, il l'entendit taper dans ses mains et passer aux choses sérieuses.

-Les bracelets que vous portez ne sont pas seulement un moyen de vous empêcher de fuir, mais vous désigne aussi comme m'appartenant. Ou plus exactement comme appartenant au Premier District. Vous y travaillerez les premiers jours et nous verrons où vous envoyer selon les besoins, quand vous vous serez habitué à vos nouvelles fonctions. Je suis Mazatecli et suis à la tête de vos futurs collègues. Et voici Dague, à qui vous pourrez vous adresser si je ne suis pas disponible. Dorénavant, vous faites partie de l'Arène et vous allez la servir. Ce sera peut-être difficile, mais avec moi, vous aurez un lit, de quoi manger et de quoi vous occuper. A condition de ne pas déroger aux règles. Elles sont faciles à suivre, il suffit de m'obéir.


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Nivarel
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MessageSujet: Re: Nouvelle captivité    Lun 24 Avr - 19:15

-Je comprends ce que tu dis.

Ces quelques mots prononcés en signe d’une mutuelle compréhension lui donna presque envie de pleurer de joie. C’était un véritable soulagement de savoir qu’enfin quelqu’un pouvait la comprendre, que quelqu’un l’aiderait à comprendre, elle ne serait plus perdue et seule, au moins avait-elle quelqu’un avec qui communiquer, avec qui rester… Si Isil acceptait qu’elles restent ensemble, si là où elles se trouvaient acceptait qu’elles restent ensemble.  Les quelques mots prononcés par l’humaine la faisait se sentir bien moins seule et avoir ne serait-ce qu’un repère dans ce nouvel endroit. Le sourire qu’Isil lui offrit était peut-être hésitant, mais il n’en resta pas moins une lueur d’espoir. Nivarel lui offrit un sourire elle aussi, le cœur un peu plus léger.
Le lios auprès d’elles ne parlait pas et en dévoila la raison après un second verre d’eau. L’elfin ne put qu’être révoltée intérieurement de voir la langue coupée de leur compagnon d’infortune. Ce qu’il lui avait été fait était ignoble, surtout qu’il était connu que les lios n’étaient plus que l’ombre d’eux même s’ils ne pouvaient plus parler ou chanter. Il eut un sourire faible et désabusé quand Isil lui adressa la parole. Elles ne sauraient pas son nom, mais l’elfin voulait aussi rester auprès de lui, l’aider comme elle le pourrait. Si elle avait vécu un véritable enfer depuis des mois ou des années –elle n’arrivait vraiment pas à savoir- ils étaient tous arrivés ensemble et avaient chacun du vivre quelque chose d’horrible. Isil était marquée physiquement, tout comme elle l’avait été il y a de cela un long moment : peut-être l’avait-on drainée elle aussi de sa magie. Et qu’avait fait le lios pour finir muet…
Elle remercia Isil quand cette dernière la resservit en haut et bu doucement.


-Je... si je comprends bien, tu... tu ne parles que l'Inwer ? Si c'est le cas, tu n'as pas dû comprendre ce que le métis a dit avant de partir...

Elle regarda Isil en redescendant son gobelet à demi vide. Le lios gémit, indiquant que lui avait compris le discours. Nivarel n’avait bien entendu rien compris du tout, mais l’intonation du gémissement qu’avait émis leur compagnon l’inquiétait. Ca n'indiquait rien de bon. Tout comme l'expression d'Isil lorsqu'elle lui avait demandé si elle n'avait rien compris.

-En effet, je n’ai rien compris du tout…

-Pour faire simple, on nous a vendu. Nous sommes la propriété de l'Arène, et ça... Est la preuve que nous sommes des esclaves.

L’elfin regarda son pied en même temps qu’Isil pointait le bracelet de sa cheville. Si elle n‘avait pas compris les mots, elle avait bien compris que cette chose n’avait rien de décoratif. Après avoir été prisonnière et cobaye, elle était esclave. Donc toujours prisonnière… Au moins on ne l’interrogera et ne la drainera plus… Il n’y avait de toute manière plus rien à drainer apparemment…

-Je crois que le bracelet peut aussi nous... empêcher de partir, je ne sais pas trop comment. Ou peut servir à nous retrouver. Et, nous serons des serviteurs, pas des gladiateurs. Il a parlé d'une affectation à un district.

Nivarel avala sa salive, peut-être un peu bruyamment. Elle venait peut-être du Nord, mais le concept d’esclave lui était connu bien qu’interdit chez elle. Et l’Arène était connue partout, même si elle se doutait qu’elle ne savait pas tout sur cette institution carcérale aux allures de place de divertissement. Le public adorait voir des gens s’entretuer dans le Sud. Mais rien que savoir où elle était, ce qu’elle était, lui disait qu’on s’était bien débarrassé d’elle, purement et simplement. Des larmes de rage perlèrent à ses yeux. S’ils n’avaient plus utilité d’elle, pourquoi ne pas l’avoir tuée, ou mieux jetée dans la rue tout simplement ? Elle aurait pu essayer de retrouver ses enfants et Dareth. Ou les rejoindre dans la mort si c’était ce qui leur était arrivé. Si elle restait en vie ici, si elle avait une infime chance de sortir, elle ferait tout pour venger sa famille qu’elle n’avait pas eu le temps de réellement avoir, de connaitre. Une voix la fit sursauter.

-La petite maline... Même des esclaves ont plus de chance que vous.

La voix venait d’un drow aux cheveux roses, se tenant dans l’encadrement de la porte, adossé au chambranle, les bras croisé et une expression à mi-chemin entre l’amusement et la lassitude. Un mélange étrange.

-L'anneau est un traceur, mais si vous cherchez à vous échapper, il réduira votre cheville en bouillie et c'est boiteux que l'arène viendra vous récupérer. Cela dit, vous avez déjà l'air de l'être. Boiteux je veux dire. Je me demande si vous serez de taille pour survivre ici.

Elle ne l’aimait pas. Quelques mots de prononcés, dans sa langue pour qu’elle comprenne, suffisamment pour qu’elle n’aime pas la personne qu’elle avait sous les yeux. Nivarel doutait peut-être de ses chances de survie ici, surtout sans pouvoir appeler ses totems et amis à son secours, mais elle avait la ferme intention de rester en vie. Et elle avait l’intention de faire en sorte qu’Isil et le lios aussi restent en vie. Ils étaient arrivés ensemble, ils avaient suffisamment soufferts comme ça, ils s’en sortiraient. Du moins, elle l’espérait. Elle n’était pas une guerrière sans sa magie, et n’était pas en forme. Isil et le lios non plus.

-Zian, Zian, priy khud sahamat. Unhen itana to dar nahin hai. Aap svaadisht hain ke.

Une autre voix et de nouveau l’elfin ne compris plus rien de ce qui était dit. C’était une femme cette fois-ci qui parlait. Elle était grande, à la peau mate, et une musculature impressionnante. Elle les regarda, ses yeux étant dépourvus d’iris et de pupille. Nivarel se sentait un peu mal à l’aise sous ce regard qui semblait -et devait- la jauger et la juger. Elle prononça encore une phrase, toujours dans cette langue incompréhensible.

-Mulaayam dvaara Yaolt, galat nahin tha aap Zian, sabhee hone lagatee... Yah beemaar hai ki tiin ?

-Maza, Vaelef chaal baat nahin Karata...

Cette fois Nivarel décida d’arrêter d’écouter. Elle n’entendrait que d’une oreille, quelque fois que quelqu’un parle Norrois ou Inwer, mais ça ne lui servait à rien de focaliser son attention. Elle ne savait même pas si elle entendait les bons mots, si elle les devinait bien ou pas. Elle croisa le regard du lios qui sembla compatir un peu avec elle. Au moins il comprenait lui, ça ferait toujours deux personnes sur trois. De toute manière elle en avait presque l’habitude. Elle ne comprenait pas ce qui se disait, on ne prenait pas la peine de se demander si ça importait, on l’excluait volontairement. Ça ne changeait pas tant de sa cellule, elle était seule et ne savait pas ce qui se passait. La différence était qu’elle était entourée de gens. Et au moins Isil parlait Inwer et Norrois, elle pourrait peut-être lui expliquer. Oui, elle lui demanderait de lui expliquer ce qui s’était dit. Ça avait surement à voir avec eux, vu les regards jetés, le drow aurait au moins pu faire lui-même la traduction, il parlait Norrois et savait parfaitement qu’elle ne comprenait pas vu qu’il les avait surpris pendant qu’Isil lui expliquait ce qui avait été dit.
La grande métissée regarda alors Isil justement, intéressée, suite à l’intervention dudit drow. L’elfin se rapprocha très légèrement de l’humaine. Elle ne savait pas ce qui s’était dit avant ni ce que signifiait ce regard, mais elle n’aimait pas ça. Peut-être faisaient-ils leur marché et que le drow souhaitait se garder Isil ? Ou c’était la femme qui la souhaitait. Quoi qu’il en fût, elle n’aimait pas ce regard.

Une troisième personne entra. Ou bien avait-il toujours été là ? Il se déplaça jusqu’à eux et demanda quelque chose au lios qui lui tendit sa cheville. Il passa ses doigts sur l’anneau qui l’enserrait sans dire un mot. Il lui demanda la même chose. Elle ne comprit pas la phrase mais leva la jambe d’un signe du lios à côté d’elle et regarda les doigts passer sur son anneau. L’homme finit par se relever une fois qu’il eut fait de même avec Isil.


-Sab kuchh kram hai.

Nivarel continua de regarder ses chevilles. Elle soupira doucement, attendant que tout se passe. C’est tout ce qu’elle avait à faire à présent, attendre.
Comme elle avait attendu entre ses premiers interrogatoires.
Comme elle avait attendu qu’on lui donne des réponses sur ce qui se passait.
Comme elle avait attendu qu’un jour Dareth arrive.
Comme elle avait attendu qu’on lui rende ses enfants.
Comme elle avait attendu, amorphe, qu’on la draine et la pique.
Comme elle avait attendu allongée sur le sol pour apercevoir un peu de lumière ou un bout de chaussure passer devant la trappe où on lui jetait sa nourriture…
Elle n’entendit quasiment pas le rire de la grande métissée, et sursauta un peu trop vivement à son goût au claquement de main.


-Kangan pahanate na keval aap bhaag se rokane ke lie ek tarah, lekin aap yah bhee mere lie sambandhit ke roop bheja...

Elle n’osait pas demander tout de suite à l’humaine de lui faire une rapide traduction, un point sur tout ce qui se passait. Ça n’était pas le moment de parler, d’autant que le discours semblait aussi important que celui du métissé taltos qui leur annonçait ce qu’ils étaient à présent. Et elle n’allait pas empêcher Isil de bien comprendre. Elle n’allait pas l’empêcher de savoir juste parce qu’elle-même ne comprenait rien.

-…Main Mazatecli aur apane bhavishy sahayogiyon ke sir hoon. Aur yahaan Dague, jo sampark kiya ja sakata hai, to main upalabdh nahin hoon…

Mazatecli et Dague avaient été prononcés un peu plus distinctement. C’étaient des noms ? Les leurs ? Elle avait désigné la troisième personne en disant Dague, c’était peut-être lui ? Et elle était Mazatecli ? Ou peut-être que ça voulait dire tout autre chose, qu’elle travaillait à un endroit qui s’appelait Mazatecli ou lui à Dague ?

-Ve ka paalan karane ke. Lie aasaan kar rahe hain, bas mujhe ka paalan karana.


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Isil
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MessageSujet: Re: Nouvelle captivité    Mar 11 Juil - 0:45

Elles sursautèrent toutes les deux. Isil se sentit rougir, comme si elle venait d'être prise en faute. Elle n'était pas sûre qu'être "une petite maline" était une bonne chose ici. Elle en avait sans doute trop dit et sans faire attention à qui pouvait l'entendre. Elle aurait dû mieux cacher son jeu. Elle réfléchissait encore comme si elle avait ses pouvoirs, comme si le fait de ne plus être dans la cellule qu'elle avait occupée pendant... combien de temps ? Elle l'ignorait, mais elle sentait que le temps passé là bas, était plus qu'une affaire de semaines ou de mois. Elle se morigéna. Elle avait, encore une fois, été complètement stupide. Ne plus être un cobaye ne signifiait pas qu'elle allait redevenir comme avant. Loin de là. N'avait-elle donc rien appris ? Elle se contenta alors de relever bravement le menton. Elle n'était peut-être plus une samildanach, et elle allait passer le restant de ses jours à servir une bande de brutes, mais elle le ferait sans avoir honte d'avoir un minimum de cervelle.
Sa velléité ne résista pourtant pas à la suite. Douchée, Isil sentit une certaine panique monter en elle, et elle serra la toile épaisse qui lui servait de vêtement pour masquer ses tremblements. Elle avait vu juste. Plus que ça même. Dans le mille. Et elle voyait déjà sa cheville brisée par la magie de l'anneau. Le Drow était arrogant, sûr de lui, cynique et mauvais ? Mais elle ne pouvait pas lui donner tort. Vu leur état, elle n'était pas certaine qu'ils puissent survivre. Elle se garda de répliquer, incertaine de ce que cachait les paroles du Drow. Était-il là pour faire son marché ? Un silence gênant aurait pu s'installer mais une femme à la musculature puissante et aux courbes généreuses entra comme une panthère dans la salle. Son regard croisa brièvement le sien, aveugle. Supposément aveugle. Derrière ses yeux blancs, légèrement baignés d'une lueur blanchâtre, Isil savait que la femme devant elle pouvait la voir. Pire, elle avait la désagréable sensation d'être mise à nue par se regard. La pudeur avait été le cadet de ses soucis, et c'était tout aussi stupide de se sentir gêner que d'avoir pensé comme si elle était en pleine possession de ses moyens. Elle pouvait à peine marcher, l'homme qui l'avait amenée jusqu'à ce banc l'avait tenue contre lui, et elle avait eu une proximité physique si brusque, et en même temps bienvenue, qu'elle en aurait presque pleurée d'avoir eu droit à un contact qui ne visait pas à la blesser. Elle essaya de détourner le regard, mais la conversation prit une tournure qui ne lui plut pas. Décidément, elle n'aimait pas ce Drow aux cheveux roses. Non vraiment. Savoir parler plusieurs langues, plus ou moins bien, et avoir un cerveau, semblaient être une source de danger ici. Le regard blanc se fit plus intense. Isil s'efforça de regarder ailleurs, mais son regard se contenta de glisser sur les muscles puissants qui roulaient sous la peau brune de la femme. Maza ? C'était son nom ? Le Drow l'avait appelée ainsi. Son regard s'attarda en suite sur... sur le reste. Isil avait des courbes généreuses, quoi qu'un peu moins avec ce qu'elle avait subi, mais cette femme était... au dessus de tout ce qu'elle avait pu voir dans sa vie. Et des femmes dénudées, peu vêtues, Isil en avait connu. Elle eut un brève pensée pour les femmes de petites vertus de son enfance, qui avaient tant pris soin d'elle, autant par envie que par affection pour son vieux maître. Si elle avait pu, si elle avait été moins sûre d'elle, elle aurait appelé Sidwell. Et jamais elle n'aurait atterri ici. Trop tard maintenant, songea-t-elle, personne ne sait où tu es, personne ne viendra de te chercher.

Isil hocha la tête avec raideur. Oui, elle allait traduire. Elle aurait pu être plus aimable, mais le terme de "marchandise" qui avait suivi ne lui avait pas plu. Son dédain et sa colère durent se voir, puisque la femme la gratifia d'un sourire qui manqua de lui arracher un frisson. Elle regarda à peine celui qu'elle avait appelé Dague et qui passa les doigts sur les bracelets enserrant leurs chevilles. La femme renvoya le Drow chercher de l'aide. Les esclaves traînant la patte ou incapable de tenir correctement sur leurs jambes devaient être courant pour qu'elle pose directement la question. Cela dit, mis à part Nivarel, ils n'avaient guère l'air en forme. Le lios plus qu'elles.
Elle s'appelait Mazatecli, et elle allait devoir la servir. A son regard interrogateur à l'issue de sa tirade, Isil sut que le service commençait maintenant. Sans pour autant la quitter des yeux, elle traduisit pour Nivarel qui ne semblait plus rien entendre.


-Les bracelets ne sont pas que de simples traceurs, ils montrent aussi que nous appartenons à Mazatecli. C'est son nom. Elle dit que nous allons être des serviteurs. Affectés au premier district. Elle est assistée de Dague. Nous devons nous adresser à eux. Et les règles pour survivre sont simpled, il suffit de lui obéir.

Isil osait à peine croiser le regard de Nivarel. Les paroles de Mazatecli avaient plus d'impact sur elle qu'elle ne l'aurait cru. Elle réalisait à l'instant que sa vie ne lui appartiendrait plus. Elle ne lui appartenait plus depuis Eladris. Depuis avant même, depuis Len Wë. Un vide immense s'ouvrit dans sa poitrine, et elle se demanda si elle pourrait vraiment survivre ici. Le Lios se mit à tousser à coté d'elle, violemment. Il porta ses mains devant sa bouche, tout son corps se crispa, se repliant sur lui-même, alors que la toux rauque semblait lui déchirer la gorge. Isil eut le réflexe de vouloir le toucher pour l'apaiser. Elle avait su faire ça, soigner par le toucher. Elle eut mal quand elle se souvint qu'elle ne pourrait plus jamais le faire. Elle ne pourrait plus jamais l'aider. Elle se contenta alors de lui tendre son gobelet encore plein d'eau, attendant que la crise passe. Le soupir agacé de Mazatecli lui fit relever les yeux.

-Dague, va chercher un des médecins. Je doute que celui là passe le mois parmi nous si nous ne faisons rien.

L'homme sortit d'un pas pressé, après s'être brièvement incliné. Mazatecli, elle, se déplaça et ses muscles roulèrent à nouveau sous sa peau, ses mouvements étaient presque hypnotiques. Isil la regarda s'accroupir et écarter fermement les mains du Lios. Comme le métissé Draemorog, Mazatecli examina le Lios qui se retenait de lui tousser dans la figure. Elle lui fit ouvrir la bouche et eut un grimace de dégoût en voyant la langue coupée.

-Quel gâchis.

Isil se demanda si elle était désolée pour le Lios, ou si l'absence de sa langue, l'empêchant de chanter comme il aurait dû, était un manque à gagner pour elle.

-Ne me regarde pas ainsi ma chérie, c'est toujours triste quand une de leurs voix s'éteind.


-Il n'est pas encore mort.

Si elle ne s'était pas aperçue qu'elle dévisageait celle qui serait quoi ? Sa patronne ? Sa maîtresse ? Isil identifia, en revanche, parfaitement l'expression de son visage à cet instant. Cette femme la regardait comme on regardait les gens qui n'avaient pas tous leurs esprits, avec une indulgence teintée de pitié.

-Non, en effet, concéda-t-elle finalement.  

Isil soutint le regard pâle. Soudainement, Mazatecli fronça le nez, s'approcha d'elle si brusquement qu'elle recula, se cognant dans Nivarel. La gladiatrice -pour avoir une musculature pareille, elle ne pouvait avoir été autre chose qu'une guerrière - se releva en pestant, secouant la tête, faisant tinter ses bijoux et onduler son épaisse chevelure.

-Par la grâce de Nanuaxiuitl ! On vous a trempé dans un bain de désinfectant ?

Un bruit de dégoût sorti de sa gorge.

-Maza ?

Le visage fardé de Dague apparut dans l'encadrement de la porte, suivit du visage plus grave de ce qui devait être un médecin. Mazatecli s'emporta, utilisant un dialecte qu'Isil eut du mal à comprendre, ne saisissant que quelques bribes. Elle sortit de la salle, furieuse, laissant Dague derrière elle. Isil saisit le nom de Syrège. Le médecin lui fit signe de s'écarter, ce qu'elle fit, lui laissant de la place. Isil ne put s'empêcher de se renifler. Son nez était tellement habitué à l'odeur, qu'elle se demanda d'où venait le problème. Elle haussa les épaules aux questions muettes de Nivarel.


-Je suis aussi perdue que toi.


***

Peu importait la colère de Mazatecli. Pour la première depuis des mois, Isil se sentait propre. Vraiment propre. Ils avaient patientés dans un silence presque gênant, seulement interrompu par les directives du médecin examinant le Lios, sous le regard de Dague, à qui rien ne semblait échapper. Finalement, Zian, puisque l'exécrable Drow s'appelait ainsi, revint accompagné d'un Thérianthrope, ou d'un Versipellis, ayant choisi de garder une forme à mi-chemin entre l'humanoïde et le tigre. Cet état d'entre deux était peu commun, mais possible. Elle comprenait maintenant la référence à l'ami poilu. Le tigre présentait une fine fourrure qui le recouvrait de la tête aux pieds - quoi qu'elle ne puisse en être certaine -, des oreilles et une queue balançant derrière lui. Sous la supervision de Dague, elles avaient été emmenées hors de la pièce. Zian avait préféré resté avec le Lios, si bien que ce fut le Tigre qui se chargea de l'aider. Le lios ne les suivrait pas. Isil ne put s'empêcher de jeter un regard en arrière, par dessus le bras qui la maintenait depuis. Ses jambes ne la portaient pas vraiment, elles dérapaient, comme si ses pieds ne pouvaient plus se poser sans glisser. Nivarel marchait, mais elle n'était pas en grande forme non plus.
Elles étaient passées dans une enfilade de couloirs et d'escaliers. Ces derniers furent pénibles, et le Tigre la souleva chaque fois qu'ils rencontraient des marches pour ne pas perdre de temps. Il aida également l'elfe à se remettre debout chaque fois qu'elle en eut besoin. Ils croisèrent du monde et Isil ne put retenir tous les visages. Elle retint surtout les corps en livrées claires, qui s'arrêtèrent chaque fois pour les regarder. Dague en siffla deux sur le chemin, et deux femmes leur emboîtèrent le pas. Finalement, le Tigre la déposa sur le banc d'une salle commune. Ce ne fut pas la fin du voyage.

Prendre un bain fut délicieux, merveilleux. Peu importait alors qu'elle soit prisonnière, qu'un bracelet pouvant potentiellement l'handicaper à vie orne sa cheville, et qu'elle ne reverrait probablement jamais le Nord, se plonger dans l'eau chaude, débarrassée des bandages qui la couvraient du buste à la taille fut un véritable bonheur. Elle apprécia moins quand une des deux femmes insista pour l'aider à se laver, mais dû se rendre à l'évidence quand elle réussit à peine à lever ses bras. Elle avait mal. La femme posa ses doigts dans son dos, palpant sa peau. Isil serra les dents. C'était douloureux. Encore. Le savon coulant dans ses cheveux lorsqu'elle lui frictionna la tête fut une partie de plaisir à côté de cet examen. La salle d'eau était énorme, vide de monde à part elles, mais énorme. Les odeurs étaient si douces, chaudes et sucrées, parfois vivifiantes et florales, que son nez en était saturé. Presque écœurée, Isil se rappela alors que le monde des vivants avaient ses odeurs.
Après ce bain, elle eut droit à une coupe de cheveux, bien qu'elle n'ait pas eu son mot à dire. Ses cheveux qui avaient poussé furent coupés à hauteur de sa mâchoire avant d'être séchés. Elle dût retourner dans l'eau pour se débarrasser des cheveux qui collaient à la peau de sa nuque et de son dos. Sa laveuse revint d'ailleurs à la charge. Isil laissa échapper un hoquet quand elle lui appliqua ce qui devait être un onguent dans le dos, avant qu'on bande à nouveau son corps. Elle grimaça en sentant qu'on serrait les bandages. Elle dût en suite revêtir la même tenue que celles des deux femmes qui s'étaient occupées d'elle : une longue robe blanche, cintrée par une bande de cuir d'un brun caramel, sans manches et tombant jusqu'aux chevilles. Une paire de sandales compléta l'ensemble. En suite, elles furent ramenées dans la salle commune, où on leur servit un repas simple, composé d'un bol de soupe de légumes agrémenté de grains de blé et d'un second bol de fromage blanc avec du miel et des fruits. Isil mangea de bon appétit. Cela valait milles fois ce qu'elle avait pu avaler ces derniers temps. Ce repas lui sembla être le meilleur du monde. Quand elle fut repue, on lui servit une tasse de thé. Et bien qu'elle n'aimait pas vraiment ce breuvage, elle se força à le boire, en évitant de faire la grimace. Aucun mot ou presque ne fut échangé pendant tout ce temps. Isil s'étonna qu'on prenne autant soin d'elles. Nivarel avait eu droit au même traitement.

Dague prit place en face d'elles, croisant ses mains sur la table. Une des femmes lui servit également une tasse de thé. Il prit le temps d'en boire un peu.

-Aucune de vous ne porte les marques des esclaves. Pas de tatouages. Mais ça...


Il désigna les bandages qui couvraient également une partie des bras d'Isil.

-Et ce que Panthea et Thetis viennent de me rapporter m'inquiète.

Le regard fardé de Dague scruta Isil qui but du thé pour échapper à cet examen.

-Les esclaves vendus par les scientomages ne font pas long feu. Votre ami ne passera certainement pas la semaine. Vous...

Il haussa les épaules. Isil se demanda si elle devait ressentir de la colère. Pour lui, ce devait être son quotidien de voir de nouveaux visages arriver comme de les voir disparaître. Elle n'était ni plus ni moins qu'un visage parmi les autres.

-Mais Mazatecli prend soin de ceux qui lui appartiennent. Notre rôle permet à l'Arène de fonctionner. Les gladiateurs font peut-être entrer l'argent dans les caisses, mais aucun d'entre eux n'est capable de gérer sa lessive, ses repas, ou même de veiller à la propreté des lieux. Ce sera votre rôle.

Dague les toisa toutes les deux, s'assurant qu'elles l'écoutaient.
Isil apprit qu'elle serait une servante, avec de faibles gages, mais avec des vêtements sur le dos, un toit sur la tête et de la nourriture dans le ventre.  Elles devaient obéissance et loyauté à Mazatecli. A Dague. Aux autres chefs de district et à leurs seconds. Et il valait mieux pour elles qu'elles obéissent aux membres vétérans de l'Arène. Isil songea qu'en gros, il leur demandait de se coucher chaque fois que quiconque en donnerait l'ordre. Dague insista sur leurs rôles et sur le fait qu'elles représentaient Mazatecli, avant de passer aux détails des tâches. Selon les rotations, elles seraient amener à faire les cellules des gladiateurs, à travailler aux cuisines, au service dans un des réfectoires, à la lessive, à l'entretien des parties communes... Elles devaient prendre soin de leur tenue, être soignées, et garder leurs cellules propres.

-Vos jolies mains ne le resterons probablement pas longtemps.

Le regard de Dague était posé sur Nivarel. Isil regarda les siennes. Ses ongles étaient rongés, les bouts de ses doigts pelaient, parfois encroûtés. Elle ne se souvenait pas, mais elle avait dû gratter pour sortir de sa prison. Elle serra les poings, cachant ses doigts.
Quand Dague fut parti, Thetis ouvrit la bouche.

-Peut-être qu'elles seront moins jolies, mais ça veut pas dire qu'on peut pas prendre soin de nous. Au contraire. Je m'appelle Thetis.

-Et moi Panthea, ajouta la seconde.

Isil s'attarda alors sur elles, comme si elle les voyait pour la première fois. Clairement, malgré leurs noms Cyriacans, aucune ne provenait de ce royaume. Panthea venait probablement de l'Empire, avec sa peau dorée et ses yeux sombres bridés, ses cheveux noirs et raides coupés au carré. Panthea était petite mais il se dégageait d'elle une rigueur et de vigueur incroyables. Thetis venait du Nord, à n'en pas douter, avec sa peau rosée, ses cheveux blonds et bouclés relevés en un coquette coiffure sur sa nuque. Sa silhouette généreuse dégageait de la douceur. Toutes les deux portaient le bracelet à leurs chevilles. Panthea portait un tatouage sur la nuque, des idéogrammes de l'Empire. Thetis portait tatoué sur le creux de poignet, une série de chiffres à bâtonnet des Cyriacans. Toutes les deux étaient esclavages. Isil ignorait si elles l'étaient depuis leurs naissances, où si elles avaient été raflées. Le poids du bracelet à sa cheville fut soudain plus lourd.
Elle s'efforça de sourire pour se présenter.


-Isil.



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Nouvelle captivité

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