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 Confinement

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Blaithin
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Peuple : Dunpeal et homonculus
Armée/Guilde/Institution : Légion Noire
Localisation : Dans l'ombre de Cemenwin
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MessageSujet: Confinement    Sam 12 Déc - 1:10

Cemenwin ne s'arrêtait jamais de vivre, même pas pour une poignée d'heures. Elle vivait des accalmies, toujours à l'heure où la nuit prend fin mais traine encore, alors que le jour commence à peine à poindre. Si la nuit était tombée depuis quelques heures déjà, les rues étaient animées, chaque façade ou presque, illuminée, et pour les diurnes, Blaithin songeait que le bruit devait être insupportable durant la nuit. Elle, elle dormait durant le jour, dans ses quartiers, éloignés des rues bondées et bruyantes. Les passants s'écartaient ou bien s'arrêtaient sur le passage de l'héritière mendiante et de son escorte. Des regards curieux dévisageaient la Drow et le dragon de cristal, leurs yeux s'attardant, pour mieux se détourner en suite. Ils avaient traversé la grande esplanade que surplombait la tour de Rouge Aiguille, dont le sommet pointu, et la couleur de la pierre lui valaient son nom. Bondée de monde, les terrasses des commerces étaient occupées par des étudiants, des magistères, et des experts dans leur domaine, autochtones et voyageurs. Ils avaient en suite emprunté une des artères principales de la cité, attisant les murmures comme le vent attise les braises d'un feu. Ils s'engagèrent dans des quartiers aux riches façades, où les étudiants se mêlaient à une population aisée particulièrement bien vêtue. La tension était alors palpable, comme une sorte de chape oppressante qui les enveloppaient. Le silence uniquement brisé par le martèlement régulier des bottes et des hampes ferrées sur les pavés. Blaithin s'était surprise à se sentir tendue, à un point où elle n'avait même pas réalisé qu'elle s'était glissée dans une posture défensive, prête à réagir. Elle se rendit compte qu'elle avait bataillé avec le Doyen, sans pour autant que la guerre n'ait été ouverte. Elle roula un peu des épaules, tentant de dénouer ses muscles. Elle se sentit lasse, et s'il n'y avait eu ses invités, elle serait rentrée pour se terrer dans ses quartiers pour n'en sortir que plus tard. Le légionnaire qui l'escortait se tenait à quelques pas derrière elle, légèrement sur sa droite, puis venaient Aranea et Thurinion, juste derrière elle. La capitaine Risys Hale ouvrait la marche, et le sergent Riarlias Hale, marchait à sa gauche, légèrement en retrait lui aussi. Autour d'eux, les légionnaires de la patrouille du sergent et ceux de l'escorte de la capitaine s'étaient déployés autour d'eux.
Blaithin remarqua distraitement, quelques révérences sur son passage, peu nombreuses. Cemenwin savait qu'elle existait, mais elle passait inaperçu la plupart du temps. Surtout dans ce genre de quartier. Elle avait une préférence pour les lieux plus simples. Elle ne visitait Rougeaiguille que pour ses livres et son calme relatif. Elle répondit aux révérences par de légères inclinaisons du buste. Chaque fois. Cela ne la gênait pas particulièrement que des foules entières ne ploient pas sur son passage. Elle n'avait rien fait qui méritait que l'on s'incline devant elle. La musique de cheminants venus de l'Esgal ou de l'Andanorië se déversait dans la rue. Ils passèrent devant un groupe de trois musiciens, accompagnées de deux danseuses, dont les mains battaient le rythme, alors que les perles de leurs costumes colorés s'entrechoquaient. Si elle avait pu, elle se serait arrêté, pour les regarder danser et écouter la musique. L'atmosphère sembla se détendre à partir de cet instant.


-Dommage que nous ne puissions nous arrêter, vous ne pouvez pas vraiment profiter de la cité.

Elle s'adressa de la sorte à Thurinion, plutôt qu'à Aranea qui semblait à nouveau perdue dans les méandres de son esprit. Le sergent suggéra qu'ils auraient le temps de visiter et d'admirer les splendeurs de Cemenwin une autre fois. Rysis Hale se garda de tout commentaire, se concentrant sur sa tâche, tout comme les autres légionnaires. Blaithin fit aimablement la conversation, dépeignant parfois la cité pour le dragon, répondant aux questions ponctuelles d'Aranea, quoi qu'elles concernent. La Drow était un curieux personnage. Vraiment.

Ils traversèrent encore plusieurs rues, Rysis faisant le choix d'emprunter des rues moins fréquentées, où les révérences furent plus nombreuses sur le passage de Blaithin. Eviter les rues principales leur fit gagner du temps. Les grandes artères de Cemenwin étaient conçues, subtilement, pour rendre l'accès au château fastidieux pour une armée, et particulièrement long pour quiconque désirait s'y rendre. Des passages, des rues plus discrètes, offraient la possibilité de prendre des raccourcis. L'étroitesse de certaines rues obligea les légionnaires à changer de formation, sans pour autant qu'ils aient à s'arrêter, comme s'ils suivaient une progression parfaitement réglée. Comme une chanson connue sur le bout des doigts. Ils gagnèrent finalement le pied des murailles du château, qui se dressait loin derrière les baraquements de la légion noire qui envahissait tout le paysage. En pierres grises, sombres et suintantes, les baraquements étaient ceints d'une muraille, et l'imposant portail de l'entrée Sud-Ouest s'ouvrit largement pour les laisser entrer. Chaque portail était fait pour en imposer, outre les deux herses et les épaisses portes bardées de fer, statues et sentinelles armées se côtoyaient, les bannières de l’œil au trois larmes, emblème de la reine, claquaient au vent, flottant haut. Autour des portes pendaient la bannière sombre de la légion. Aux yeux de Blaithin l'étendard de la légion n'était une simple pièce de tissus entièrement noir.
Ils passèrent le goulet du portail, débouchant sur la cour ouest. Les baraquements s'étalaient sous leurs yeux. Une sorte de petit château aux diverses extensions trônait au centre, abritant l'état major, et autour s'étalaient dans un ordre parfait, des bâtiments rectangulaires abritant la soldatesque, les salles d'entrainements. Divers terrains avaient été aménagés. A chaque portail se trouvait un porte de garde, des écuries garnies, et une salle d'armes. L'endroit fourmillait d'activité, nouvelles recrues faisant des tours de terrain, soldats prenant la relève d'autres... Une partie seulement des soldats de la légion vivaient ici en permanence, les autres rentraient chez eux à la fin de leur service. La légion n'était d'ailleurs pas uniquement concentrée en un seul lieu. La légion avait des postes avancés dans chaque quartier, d'où partait les patrouilleurs de la cité. A cela s'ajoutait les camps militaires disséminés dans le royaume. Un détachement rentrait par la porte Nord-Est, monté sur les chevaux à la robe sombre de la légion. Sa tante n'avait rien laissé au hasard. Manifestation de la puissance militaire de Cemenwin, du bras armé de la reine, le Quartier de la Légion s'était étendu au fil des ans, englobant même les rues extérieures à la muraille. Cette partie de la cité était composée de légionnaires et de tous ceux qui travaillaient à faire fonctionner la mécanique bien huilée de l'armée de Cemenwin. Rysis Hale poursuivit sa route, traversant les rues droits formées par les logements, jusqu'à gagner le point central. Le manoir de l'état major n'était beau que de loin. De près, les extensions en faisaient une bâtisse difforme et bossue, tordue. Blaithin aimait l'endroit. Là aussi, il y a régnait parfois un calme relatif. Enfant, elle avait aimé y passer des heures, sous l'égide d'un officier ou bien d'un simple légionnaire. Comme partout ailleurs à Cemenwin, deux des trois cerbères de la reine occupaient les postes important, Hale et Varadnur dirigeaient la légion noire pour leur reine. Les Telrunya n'avaient guère d'intérêt militaire, à l'exception de la marine sur les côtes de Merialeth.


-Vous séjournerez ici, nos... invités de marque sont parfois confinés dans une des tours que vous voyez là, en attendant que leur sort soit tranché, expliqua l'héritière du trône.

Sur les marches menant aux portes de la bâtisse se tenaient des légionnaires en armure rutilantes, en faction, impassibles, montant la garde. Les portes s'ouvrirent sur deux individus, et une poignée de légionnaires. Aucun des deux individus ne portaient d'armure. L'un portait l'uniforme noir de la Légion, avait le teint mate, une chevelure sombre, et une barbe taillée en pointe. L'autre portait des vêtements de civil, à l'instar de Blaithin et Aranea, à ceci prêt qu'ils étaient de noble qualité, et de couleurs claires. L'homme avait le teint pâle, et une chevelure pâle elle aussi. Blaithin marchait depuis quelques temps à la même hauteur que la scientomage et la chimère. A la vue des deux hommes, elle donna quelques indications sur leur identité :

-L'homme aux cheveux clairs est Sibri Hale, le général de la Légion Noire, mon oncle. Le second, Sadaranth Tyrgeirn, est le secrétaire général de la légion. On dirait que votre demande d'asil a été prise très au sérieux...





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Aranea Myndil
Nécromancien
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MessageSujet: Re: Confinement    Sam 12 Déc - 5:53

L'escorte arrivait. Le martèlement sourd des bottes résonnant sur le parquet avec quelque chose de musical et le déploiement tenait presque de la chorégraphie. Ce détail amusa d'autant plus Thurinion que les légionnaires semblaient fort solennels en s’exécutant, La capitaine à leur tête. Il eut pourtant du mal à cacher son soulagement alors qu'il quittait la tour en compagnie de sa maîtresse et de l'héritière du trône. Il lui pesait d'être le sujet de curiosité à étudier des mages, et il reconnu volontiers ressentir une certaine antipathie envers le Doyen qui, de toute évidence, souhaitait probablement le voir sur une table de dissection. La chimère ne lui accorda d'ailleurs plus aucune attention lorsque le groupe se mit en branle pour rejoindre leurs futurs quartiers.

Aranea, quant à elle, ne prêta pour ainsi dire jamais attention au Doyen. Dans les méandre de son esprit, le personnage avait déjà été relégué aux oubliettes, ses pensées toutes tournées vers les nouvelles données extérieures. Le regard placide de l'eldarin sembla s'illuminer d'un certain intérêt alors qu'elle se déplaçait en ville. La vie nocturne de la cité la fascina et plus d'une fois Thurinion du la tirer par la manche pour qu'elle continue de suivre la procession. Oublieuse de l'atmosphère, la scientomage ne semblait nullement affectée par la tension palpable du groupe, ni par les regards inquisiteurs qu'elle et son familier récoltaient. Cependant, elle fut prise d'une vive nostalgie lorsque les premières notes des cheminants de sa terre natales lui parvinrent. Un bref instant, elle aurait cru être de retour à Dhaval, un soir de fête. Son regard croisa celui d'une des danseuses qui lui fit un sourire éclatant. La nécromancienne lui fit un salut typique qu'on échangeait en Esgal et, après un léger instant de surprise, la danseuse le lui rendit gracieusement, dans un concert de cliquetis. Elle ne put s'arrêter pour parler davantage, leur groupe devait s'engouffrer dans les ruelles plus discrètes.

L'Eldarin continua cependant d'observer avec curiosité les alentours, malgré l'expression rêveuse et calme qu'elle affichait sur son visage anguleux. Thurinion affichait davantage son intérêt pour la cité, profitant de Blaithin pour répondre à ses questions. La plupart étaient de nature bénignes, plutôt historiques et touristiques dans leur majorité. Parfois, un détail magique accrochait le regard luminescent d'Aranea et elle interrompait la chimère pour à son tour avoir une information, nettement plus saugrenue. Elle remarquait des détails que quelqu'un de distrait et d'absent ne verrait normalement jamais et ignorait complètement d'autres manifestations plus imposantes.

Il fallu un certain temps pour que le groupe arrive à destination. La scientomage ne tiqua pas devant l'imposant portail, ni devant la rigueur militaire évidente de l'endroit. Pensivement, l'eldarin se demanda si ses quartiers seraient propres… Et revint brièvement sur terre pour comprendre ce qui se passait. Apparemment, ils avaient aboutis dans un espèce de manoir dans le quartier militaire. Deux hommes, des hauts gradés de toute évidence, les attendaient. Blaithin leur fit une description sommaire des deux individus. Thurinion remua un peu, mal à l'aise. Il ne s'attendait pas à être reçu par les grosses pointures de la cité. Il ne put s'empêcher de blaguer à demi :

Disons que j'aurais préféré un peu moins de sérieux, mais on va faire avec. J'espère qu'ils ont le même sens de l'humour que vous, votre altesse.

Sa maîtresse s'avança, impassible, avec la princesse pour être présentée, le dragon-chimère préféra rester un peu en retrait. Il avait assez eu d'attention comme ça. Puis, comme à son habitude, Aranea se prit les pieds dans on ne sait trop quoi et s'étala de façon fort disgracieuse devant le général et le secrétaire. Thurinion soupira :

Tu aurais pu faire mieux comme entrée

Hein?

De toute évidence, la nécromancienne n'avait pas trop compris comment elle s'était retrouvée sur le plancher froid. Clignant des yeux, elle resta quelques instants immobile, tentant de saisir ce qui s'était produit. Puis, elle se releva prestement, s'épousseta un peu, et fit une révérence polie, comme si rien de gênant n'était arrivé. Elle eut un sourire discret et attendit, un peu gauche, que Blaithin l’introduise.
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Sibri Hale
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Peuple : Dunpeal, mère Ethérie
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MessageSujet: Re: Confinement    Jeu 17 Déc - 23:35

L'atmosphère autour de Sibri Hale était particulière. Le calme régnait en maître autour de lui, et quiconque s'approchait de sa personne semblait se retrouver dans le cadre d'un paysage enneigé, où le moindre son est étouffé, où la neige moelleuse absorbe les pas, et où le froid engourdi progressivement le corps. Un paysage où l’œil n'est attiré par aucune couleur à l'instar de la personne de Sibri, dont le gris de ses vêtements se confondait avec le gris de ses cheveux et de sa peau. Gris, tout était gris chez lui, jusqu'à ses yeux.  Une fine cicatrice barrait le coté droit de sa bouche, seule marque sur son visage sculptural de Hale. Les signes de l'âge ne l'affectaient pas, et il semblait toujours la fleur de l'âge, alors qu'il avait vu passer bien des saisons. Élancé et androgyne, Sibri Hale n'était pas ce que l'on se fait de l'image d'un général, d'un homme détenant au creux de sa main le pouvoir militaire. N'élevant jamais la voix, qu'il avait douce et feutrée, il était pourtant respecté, apprécié, parfois craint. Rien n'échappait à ses yeux opaques et gris. Sa présence n'était remarquée que s'il le voulait, et lorsqu'elle l'était, elle était semblable à celle de Pamon dont le froid s'insinue doucement et finit par s'étendre sur tout le continent. Emprunt d'une certaine douceur, Sibri Hale n'avait que des gestes mesurés et gracieux. Son poste, il le devait à sa loyauté et à sa fidélité incontestables envers sa reine. Il jouissait d'ailleurs d'une position comme aucun autre à la cour, ayant autant l'amour que le respect de la Marquise Écarlate. Il était le seul qu'elle ne chassait jamais. Et Sibri Hale était tel que s'il suscitait probablement des jalousies, personne n'osait lui chercher querelle. Cela il le devait à sa propre personne, dotée d'un pouvoir redoutable, celui de la magie du sang, et de son esprit de fin stratège. Sibri Hale avait régulièrement une longueur d'avance. Mais pas cette fois.

Lorsqu'un légionnaire en livrée noire et écarlate était venu le trouver dans son bureau, il n'en avait pas cru ses oreilles. Il était rare qu'une scientomage et son dragon s'écrasent à Rougeaiguille, et plus rare encore que Blaithin Nil'Dae, pourtant héritière du trône, prenne ouvertement position. Il avait levé son corps raidi par les heures passées assis, et avait donné, ou plutôt confirmé la série d'ordres déjà prévus et donnés en conséquence par son secrétaire général. Sardaranth était un homme taciturne, à l'humeur ombrageuse, mais plus que compétent. L'administration de la Légion Noire tournait parfaitement sous son égide, et Sibri Hale savait que le secrétaire possédait une solution à chaque problème logistique. Lorsqu'il sortit de son antre, il trouva Sardaranth en pleine discussion avec un légionnaire, un patrouilleur en armure, qui semblait pâlir sous son casque, à mesure que le secrétaire en livrée noire aux touches écarlates posait des questions. Sibri Hale resta silencieux, écoutant les réponses. Il prit bonne note de quelques informations importantes, et n'eut pas à demander qu'on aille vérifier auprès de leurs espions l'histoire de la scientomage. Sardaranth finit par s'apercevoir de sa présence, et Sibri hocha imperceptiblement la tête. Quelques minutes plus tard, ils étaient tous les deux autour de son bureau, l'un détaillant les mesures prises à l'autre. La première étant d'avoir fait prévenir la reine, la seconde l'envoie d'une escorte à Rougeaiguille, la troisième de vérifier que la légion pouvait accueillir les invites de la princesse. Le Manoir de la Légion trônait au milieu du quartier de la Légion, centre névralgique de l'endroit, il servait aussi de prison aux condamnés de marque. Aranea Myndil n'était peut-être coupable de rien en Cemenwin, mais la couronne ne pouvait se permettre de la laisser en liberté tant qu'elle n'en saurait pas plus. Blaithin Nil'Dae avait géré la situation, mais la décision finale reviendrait à la reine, et à elle seule. Sibri Hale et Sardaranth s'entendirent sur plusieurs points.

L'escorte remontait l'allée quand les portes du Manoir s'ouvrir sur lui et sur son secrétaire, ainsi que sur une paire de légionnaires en armure, qui se tenaient derrière eux. De chaque coté des lourdes portes de bois renforcées de métal, se tenaient d'autres légionnaires, en faction pour leur quart. Sibri Hale s'avança sur le perron, lentement, et ne descendit que quelques marches. Blaithin avait toujours l'air d'une mendiante. Il ne pouvait lui jeter le blâme, et l'écharpe élimée que lui-même portait n'avait rien à envier à la tenue de l'héritière du trône. Aranea Myndil était une Drow, à première vue, et elle aussi, portait une tenue qui avait vu des jours meilleurs. Elle semblait tout droit sortie de son laboratoire. A coté d'elle, rutilant et resplendissant se tenait le dragon. Un dragon artificiel lui avait-il été rapporté dans le détail. Mais un dragon semblant fait de cristaux. L'escorte était  nombreuse, composée de la patrouille sur sergent Riarlias Hale - un membre éloigné de sa branche de la famille - et de l'escorte du capitaine Rysis Hale. Il entendit le commentaire de Sardaranth sur la scientomage. Sibri Hale se contenta d'afficher un fin sourire. Finalement, l'escorte arriva au pied de la volée de marches menant à la porte. Le capitaine se détacha, retirant son heaume, le calant dans le creux de son bras. L'officier le salua d'un poing frappé sur sa poitrine, et Sibri Hale répondit avec le même geste.

-Capitaine Rysis Hale au rapport !

Hochement de tête. Les yeux gris couraient déjà sur l'héritière dissimulée sous ses amples frusques, puis sur le dragon de cristal, et enfin sur la scientomage qui présentait un regard similaire au sien. Il écouta à peine le rapport du capitaine, qui sembla hésiter un instant en le voyant si peu attentif, mais un "continuez" presque murmurer l'enjoignit à terminer. Elle avait visiblement accompli la tâche qu'on lui avait confié.


-Rompez Capitaine, je présume que si Maitresse Myndil est ici, c'est de son plein gré, et je présume qu'elle ne cherchera pas à s'échapper. Si c'est le cas, je tiens à préciser qu'elle pourrait peut être le faire la porte, plutôt que par la fenêtre.

Son regard uniforme brilla d'amusement, avant qu'il ne s'incline respectueusement, une main sur le coeur, et l'autre dans le dos.

-Altesse.

Si Blaithin  Nil'Dae avait l'air d'une vagabonde, elle restait une princesse et à se titre, Sibri Hale ne dérogerait jamais à l'étiquette. Derrière lui, les légionnaires avaient salués militairement. Lui, se permettait une révérence.

-Ne sommes-nous pas suffisamment occupé pour que vous nous fournissiez d'autres tâches à accomplir ? Soit. Nous allons nous plier à vos volontés. Sardaranth.

Sibri Hale s'était légèrement retourné, pour laisser le secrétaire général expliquer autant à la princesse qu'à la scientomage et sa chimère, en quoi consisterait le confinement de ces derniers. Il était prévu qu'ils séjournent dans la tour Nord, dans un des appartements qui ne dépareillerait pas dans l'hôtel particulier d'un Hale, et n'auraient le droit de sortir que dans le quartier des légionnaires. En dehors de demandes concernant le confort ou la nourriture, toutes autres requêtes devraient être examinées avant d'être ou non acceptées...
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Sardaranth Tyr'Geirn
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MessageSujet: Re: Confinement    Mar 5 Jan - 13:48

Sardaranth n'était pas connu pour être quelqu'un d'affable et de très agréable. Secrétaire général de la légion, il était assez occupé par ses fonctions, l'armée de Marquise étant importante, tant en nombre qu'en responsabilité, il avait toujours quelque chose à faire ou à se préoccuper. Il n'aimait pas non plus déléguer de tâches à des subalternes, étant déçu la plupart du temps par le travail accompli par ces derniers. Il y en avait qu'un ou deux à qui il confiait quelques fois des responsabilités, sachant qu'ils les accompliraient comme lui l'aurait fait. Il avait donc toujours quelque chose à faire, quelque chose à penser, il valait mieux être bref avec lui. De toute manière, il expédiait assez vite les conversations lorsque le rang ou la fonction de la personne en face de lui le permettait, sachant parfaitement prendre son temps et apporter de la considération lorsqu'il s'agissait de personnes plus importantes ou gradées que lui.
Ces derniers temps, il était encore plus acerbe qu'à son habitude, et les gens sous ses ordres le ressentaient. Il avait des préoccupations personnelles en plus de celles qu'il avait d'habitude avec son travail, et ces préoccupations le tenaient éveillé jusque tard la nuit.Bien entendu nul ne savait ou ne se doutait de la nature de ses préoccupations, et surtout nul ne chercherait à le savoir. Chacun se contentait de faire son travail et de laisser le secrétaire tranquille. Tant qu'on ne le dérangeait pas outre mesure, Sardaranth n'était sarcastique avec personne.

Alors lorsqu'un légionnaire vint lui apporter la nouvelle de l'arrivée impromptue d'une scientomage drow et de son dragon, et surtout de l'arrivée imminente de la princesse Blaithin avec ces intrus, il dû sortir le nez des comptes minutieux qu'il effectuait, non sans un air peu affable. Le légionnaire lui avait alors expliqué ce qui s'était passé, dit et fait... Il était alors sortit, s'appuyant sur sa canne épée afin de soulager sa jambe droite, à jamais mutilée, douloureuse et affaiblie. Alors que le légionnaire n'avait pas encore totalement terminé de lui donner les quelques détails, Tyr'Geirn lui donna une série d'ordres sur ce qu'il fallait faire en priorité. Voir si les importuns, qui étaient à présents les invités de la princesse, pouvaient bien être accueillis au sein du manoir de la légion, et faire préparer le cas échéant leurs appartements. Mais surtout prévenir la souveraine de ce qui s'était passé, l'informer de décisions prises par l'héritière du trône et les préparations faites par la légion. Il fallait aussi détacher une escorte pour aller les accueillir et les escorter jusqu'ici. Sans compter qu'il faudrait d'autres hommes affiliés à la garde desdits appartements, car malgré qu'ils ne soient pas prisonniers de la couronne, les importuns n'étaient pas non plus les bienvenus. Ils seraient ici en attendant de connaître leur sort définitif.

Il demanda ensuite les détails que le légionnaire n'avait pas eu le temps de lui dire, le questionnant. L'homme lui répondit, mais sur quelques réponses, le secrétaire ne le trouvait pas assez précis, et insista sur certains points. La taille du dragon-chimère, sa nature, le fait qu'on ai ou non retiré des armes de sur les importuns, autant de petits points qui étaient importants si l'on voulait assurer la bonne sécurité de tous, notamment de la princesse.
La princesse, cette dernière semblait s'être déjà attachée à la drow et à sa chimère, pour avoir prit position et les choses en main. Sardaranth, lui, se méfiait d'emblée. On ne savait jamais ce que pouvait manigancer ceux qui chercheraient à nuire à Cemenwin, il existait d'excellents acteurs, les meilleurs assassins étaient de ceux là. Peu importait les frasques et lubies de la princesse, il préférait rester méfiant, plutôt que de risquer de voir une assassin s'infiltrer parmi eux. A mesure qu'il posai des questions, et obtenait des réponses plus ou moins satisfaisante, il sentait le malaise poindre chez le patrouilleur. Cela lui apprendrait à l'avenir, à prendre note de tout les détails, afin d'être sûr que rien ne lui échappe. Le secrétaire remarqua alors la présence de Sibri Hale, qui était quelqu'un de toujours très discret. Un signe de tête, et le secrétaire renvoya le patrouilleur à ses fonctions, et suivit le général jusqu'à son bureau. Tyr'Geirn fit donc le point avec le général, sur les mesures qui avaient été prises, et s'entendirent sur quelques points. Déjà, Aranea Myndil ne pouvait être vue comme une prisonnière, mais pas non plus comme une invité de marque. Son histoire était étrange, et les autorité Esgaléenne allaient peut-être remonter sa trace jusque dans leur royaume, et la leur réclamer. Tant que la reine ne prenait pas position, elle ne serait pas libre, sans être enfermée dans une geôle. Ensuite, le fait que le dragon soit une chimère semblait intéresser les gens de rougeaiguille, il faudrait les tenir éloignés, comme le suggérait habilement les ordres de la princesse.

Le temps de se rendre devant les portes, et l'escorte arrivait. Elle était composée de beaucoup de légionnaire, l'escorte d'une princesse ne pouvant être prise à la légère. Si le général Hale descendit quelques marches, Saradaranth n'alla que jusqu'à la première. Il eut un léger froncement de narine en voyant la dégaine de la scientomage.

-Et bien, en effet, elle ne peut qu'avoir traversé une fenêtre après un incendie...

Le capitaine Rysis Hale s'avança hors de l'escorte, retirant le heaume qui couvrait sa tête. Il le maintint contre lui grâce à un bras, tandis qu'il saluait militairement. Le secrétaire savait que ce salut ne lui était pas directement destiné, mais il y répondit tout de même par le même salut. Sardaranth prit note du rapport que faisait Rysis. Lorsque le général le renvoya ce dernier, non sans une pointe d'humour envers la scientomage, Saradaranth prit la peine de descendre pour se mettre à une marche de Sibri Hale. Il salua militairement la princesse, vêtue plus comme une mendiante que comme une héritière du trône. Si Sardaranth n'appréciait pas la tenue dépenaillée de la scientomage, il savait que la princesse n'était en rien ordinaire, et que son physique n'était pas flatteur. La princesse se cachait derrière ces guenilles, et ça, étrangement, le secrétaire l'acceptait. Le général lui laissa alors la parole, et le soin d'expliquer ce qui allait se passer à présent. Le secrétaire commença tout d'abord par réaffirmer correctement son appui sur sa canne.

-Altesse. Nous avons les capacités de loger nos, visiteurs, dans nos baraquements. Leur logement devrait être fonctionnel d'ici quelques minutes.

Le secrétaire tourna son regard vers la scientomage qui semblait étrangement absente en dépit du fait qu'elle soit bien là devant lui. La chimère, elle, semblait bien plus à l'écoute, et le secrétaire prit la peine de passer son regard de l'un à l'autre tandis qu'il s'adressait a eux. Autant s'assurer qu'ils comprennent bien qce qu'il leur disait, et il n'était plus si sur que la soit disant scientomage soit si éclairée que cela.

-L'appartement qui vous est réservé se trouve dans la tour nord de nos baraquements, et il jouit de toutes les fonctionnalités vous permettant d'y séjourner confortablement.

Tyr'Geirn songea que c'était peut-être trop confortable pour une scientomage dépenaillée et n'ayant pas l'air d'avoir les deux pieds sur terre. Il pouvait parier sa seconde jambe qu'elle pouvait largement se contenter d'un lit rudimentaire dans une simple chambre, et que déjà cela lui semblerait luxueux.

-Vous ne pourrez sortir que dans le quartiers des légionnaires, et toute infraction à cette règle élémentaire se verra suivie d'un confinement définitif dans vos appartements. Si vous n'êtes pas prisonniers, tant que votre sort n'aura pas été décidé par la reine, nous ne pouvons vous laisser vous promener à droite et gauche impunément.

Cette dernière partie de phrase avait été dite avec un léger ton sarcastique.

-S'il venait à vous manquer quelques chose, je vais faire détacher un légionnaire qui fera en sorte que l'on vous fournisse ce qu'il vous manque. En dehors des demandes concernant votre confort ou, bien sûr, la nourriture, toutes les autres requêtes seront au préalable examinées avant d'être accepter ou non. Avez vous des questions ?
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Blaithin
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MessageSujet: Re: Confinement    Lun 18 Jan - 23:00


-Malheureusement cher Thurinion, je crains que la Légion Noire ne soit guère prompte à la détente dans un cas comme le vôtre, chuchota-t-elle presque, cela dit, c'est une bonne chose...

Blaithin n'ajouta pas que ni Aranea, ni la chimère ne seraient exposés aux caprices de qui que se soit maintenant qu'elle les avait placé sous l'autorité de la Légion, et plus exactement de sa royale tante. Elle-même n'avait que peu de pouvoir à Cemenwin, elle était héritière, et le titre, le rang, lui conférait de nombreux privilèges, mais elle ne détenait pas les rennes du pouvoir. Cependant, elle possédait un peu d'influence, et visiblement, elle savait s'en servir utilement.

-Mais vous pourriez être surpris. Cela dit, n'attendez rien de la part de Sardaranth. Il sera professionnel, mais n'escomptez aucune sympathie. Vous aurez plus de chance avec mon oncle.

Elle ne précisa pas non plus que tout les Hale étaient des oncles et des tantes, plus ou moins éloignés, mais si le séjour de la scientomage et de son compagnon se prolongeait de manière définitive, ils auraient le temps de se faire à la politique et aux jeux compliqués des liens du sang entre les trois grandes familles nobles de Cemenwin. Le chemin prit fin devant les marches menant aux portes du manoir qui contenait l'état major, et les ailes réservées aux invités indésirables, ou bien aux invités nécessitant une certaine surveillance. Les légionnaires s'immobilisèrent dans un dernier claquement de bottes très martial, saluant dans une synchronisation parfaite leur général et le secrétaire, qui saluèrent en retour. Rysis Hale, heaume à tête de loup sous le bras, entama son rapport, et sa voix hésita quand elle remarqua que son supérieur ne semblait guère attentif à ses paroles, occupé à scruter les nouveaux arrivants. La capitaine continua cependant, de nouveau imperturbable. Si son général ne l'écoutait pas, le secrétaire le faisait lui. Sardaranth avait l'air d'avoir avalé du vinaigre, peut-être même encore plus que d'habitude. Finalement, la tirade de Sibri tira un sourire à Blaithin, invisible sous l'écharpe qui masquait le bas de son visage. Aranea s'étala misérablement en s'avançant. Personne ne fit le moindre commentaire, même si un légionnaire esquissa un geste pour l'aider à se remettre debout, se ravisant quand elle commença se relever seule. Blaithin ne se demandait plus comment Aranea avait fait pour ne pas voir la tour de Rougeaiguille à présent. La maladresse de la scientomage était avérée. Finalement son oncle la salua, et les légionnaires saluèrent à nouveau, alors que leur officier se fendait d'une révérence. Elle inclina légèrement le buste, le poing sur le coeur.

-Il faut bien vous distraire des tâches routinières mon oncle. Je pensai que auriez apprécié cette distraction.

Blaithin pencha la tête, amusée, sous son ample capuche. Sardaranth prit en suite la parole, sur ordre du Hale, qu'on surnommait dans son dos l'éminence grise. Il l'informa, presque aimablement mais avec sa raideur habituelle, que les dispositions demandées avaient été prises. Cependant, on devait encore s'activer à rendre les lieux présentables. Tyr'Geirn en profita pour rappeler les règles auxquelles étaient soumises la scientomage et la chimère. Blaithin le laissa terminer. Aranea ne se rendrait peut-être pas compte que ses déplacements étaient restreints à un lieu précis, et le quartier de la Légion était grand, presque autant qu'un quartier normal de la cité, étant simplement délimité par une épaisse muraille, mais des murailles similaires traversaient la cité toute entière. Les fortifications de Cemenwin dénotait d'une certaine paranoïa, relative à une attaque possible de l'Empire dont le royaume s'était détaché. Elle jeta un coup d’œil, successivement, au dragon, puis la Drow, attendant leur réaction.



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Aranea Myndil
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MessageSujet: Re: Confinement    Ven 5 Fév - 0:54

Aranea n'écoutait que distraitement les explications du secrétaire, étant davantage intriguée par le général. L'énergie qu'il dégageait la fascinait. Il était plutôt rare de rencontrer quelqu'un possédant un véritable potentiel pour la magie du sang, et la nécromancienne fut plutôt rassurée de constater que si jamais elle était expulsée, ça ne serait probablement pas par ignorance et par préjugé envers ses travaux. Thurinion la rabroua télépathiquement pour la ramener à la réalité, c'est-à-dire dans un manoir militaire de Cemenwin en face de deux hauts gradés à l'air sérieux. Avec un soupir mental, il s'attela à lui résumer les instructions de l'individu acerbe qui se cramponnait à sa cane. Elle baissa les yeux vers les jambes de Sardaranth. Elle songea un instant à lui demander la nature de son handicap, mais quelque chose lui disait de contenter d’acquiescer poliment et de quitter la pièce après une courte révérence.

Je vous remercie pour votre accueil, bien que forcé par les circonstances… Je vous assure que je ne ferai rien qui puisse contrevenir à vos conditions.

Cela va sans dire que c'est sous bonne garde qu'elle et sa chimère furent conduits à leur appartements, dans une rigueur militaire exacerbée, sous le regard intrigué des passants. La nouvelle de leur arrivée n'allait sûrement pas passer inaperçue… Au grand dam de Thurinion et à l'amusement de sa maîtresse.

Le groupe finit par atteindre leur destination. On leur ouvrit simplement la porte et on les invita à entrer. Le parquet de bois sombre protesta quelque peu sous le poids du dragon cristallin alors qu'il se glissa par la porte en abaissant sa lourde tête. Aranea pénétra à sa suite dans un espèce de petit salon. De toute évidence, l'endroit était ce qui se rapprochait le plus d'une cage dorée, sans le luxe ostentatoire. Les meubles à la facture soignée agrémentaient la place, garnis ça et là de dorures discrètes ou de gravures géométriques complexes. Les tissus était simples, mais on devinait aisément leur valeur à leur évidente qualité. L'ensemble plu d'ailleurs beaucoup à la nécromancienne qui affichait un sourire satisfait. Elle sembla être absorbée un moment dans la contemplation des motifs sur l'ammeublement. Thurinion jeta un coup d'oeil furtif aux barreaux qui ornaient les fenêtres. Cage dorée, cet endroit l'était assurément… Cependant, le dragon tenta de se rassurer. Tout ça n'était que temporaire… N'est-ce-pas?

Son examen des lieux se prolongea dans la salle de bain. Il ne put s'empêcher de se réjouir en découvrant la baignoire. Avec un peu de chance, il pourrait profiter d'un peu d'intimité pour revêtir son autre forme, celle qu'il gardait jalousement secrète, et se plonger voluptueusement dans l'eau chaude… Une petite vasque d'eau, un miroir… un curieux pot chambre qu'il n'osa pas examiner de plus près, son odorat sensible protestant contre les odeurs résiduelles qui en émanaient.. La nécromancienne sembla une fois de plus satisfaite par la propreté des lieux. La dernière pièce à découvrir était la chambre où avait été aménagée une place pour que la chimère puisse s'étendre confortablement, près du lit. Une coiffeuse traînait dans un coin de la pièce ainsi qu'une imposante armoire de bois sombre. Après avoir fait le tour de leurs quartiers, la nécromancienne et son familier retournèrent dans le salon ou quelques membres de leur escorte ainsi que la princesse étaient restés, probablement pour s'assurer que tout était bel et bien terminé pour ce soir. Aranea déposa sa lourde besace à côté du canapé avant de s'y laisser tomber, épuisée par toute cette agitation et ces évènements. Elle piqua du nez très rapidement, sous le regard inquiet de Thurinion, qui s'excusa auprès de Blaithin pour le manquement aux règles de bienséance dont sa maîtresse l'embarrassait.

Il y a-t-il d'autres informations que nous devrions savoir?


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Sibri Hale
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MessageSujet: Re: Confinement    Jeu 18 Fév - 23:17

-Ah ma chère nièce, nous t'en remercions, nous nous savions en proie à un ennui qui aurait pu nous être mortel.

Sibri Hale porta la main à son coeur et s'inclina légèrement, moqueur. Ils pouvaient être deux à jouer à ce petit jeu là. Un lueur de malice éclairait son regard, un léger sourire étirant ses lèvres. Il écouta en suite poliment le secrétaire général exposer les conditions de leur séjour à la scientomage et sa chimère. La scientomage semblait d'ailleurs plus intéressée par sa personne plutôt que par les propos du légionnaire. Il était clair que Sardaranth avait une autre idée du séjour dont aurait dû bénéficier les invités de la princesse, mais en professionnel, le légionnaire savait garder ses opinions pour lui, même s'il n'en pensait pas moins. D'un léger mouvement de la tête, accompagné d'un regard, Sibri Hale indiqua à la scientomage d'être attentive. Sa chimère semblait avoir suffisamment d'attention pour deux. Finalement, elle sembla sortir de la stupeur dans laquelle elle était plongée, et elle écouta le reste du discours de Sardaranth. Tout ceci sur le parvis du Manoir.
De Manoir, l’édifice n'en avait que le nom. Le bâtiment présentait un étrange mélange de styles architecturaux, dénotant des différentes époques auxquelles les différentes ailes avaient été construites. Aranea serait conduite dans l'aile Nord, dans des appartements qui n'avaient vu que sur les pans escarpés du mont où était bâti le palais, qui surplombait tout le quartier de la Légion Noire.
Quand la scientomage les remercia pour leur accueil, il vit le visage de Sardaranth changer. Le secrétaire avait l'air d'avoir avalé la plus mauvaise piquette de toute sa vie.


-Nous ne remerciez pas. Nous ne faisons qu'obéir aux ordres de notre estimée princesse héritière. De plus, la durée de votre séjour dépendra entièrement du temps que prendre le traitement de votre affaire, et l'attente pourra s'avérer longue.

Elle le serait sans doute. Il faudrait du temps à la Légion pour rassembler toutes les informations pouvant l'être sur la scientomage, de ses activités jusqu'au moindre faits de sa vie personnelle. Espions et contacts seraient alors mis à contribution, et tous les différents éléments tomberaient entre les mains de leur Maitre Espion, avant d'être transmis aux autorités compétentes, puis finalement, à leur souveraine. Sibri Hale invita d'un geste de la main les hôtes de la Légion à entrer. Sardaranth s'écarta, alors que les portes s'ouvraient pour les laisser entrer. Les légionnaires qui les avaient escortés dehors, pivotèrent dans un claquement de bottes, pour refermer la marche une fois qu'ils eurent passés les portes. Celles-ci se refermèrent. Le Hall du Manoir de la Légion était énorme, soutenu par d'imposante poutres en bois rouge sombre, torsadées, et les murs étaient parés de bannières noir et carmin, aux couleurs de la légion et de la couronne, frappé de l’œil aux trois larmes, symbole la couronne. Sibri se contenta de congédier d'un simple geste le secrétaire général, avec qui il s'entretiendrait plus tard, lui épargnant la marche et surtout les escaliers pour atteindre l'aile Nord. Les légionnaires présents sur leur chemin avaient jetés des regards curieux, mais les plus affairés n'avaient même pas daignés lever le nez de leurs rapports, si ce n'était pour s'incliner devant la princesse et saluer leur supérieur. Les entrées de ce genre, il y en avait eu fréquemment à une époque, et il y en avait toujours, lorsqu'un noble un peu trop entreprenant ou enthousiaste, avait la mauvaise idée de déplaire à leur souveraine ou à quelqu'un ayant suffisamment de pouvoir pour que la pauvre victime fasse un séjour dans le Quartier de la Légion. Dépendant de la gravité du forfait commis, tous n'avaient pas la chance d'être conduit dans les quartiers de détentions destinés aux longs séjours qui n'étaient pas du genre punitifs.

Deux légionnaires en faction les attendaient, et ils ouvrirent la marche, les conduisant jusqu'aux portes des appartements qu'allaient occuper la scientomage et le dragon. L'aile Nord était semblable aux autres, à ceci près que des grilles barraient parfois les couloirs, et que les fenêtres étaient bardées de barreaux, sans compter que l'aile entière était imprégnée de runes empêchant quiconque d'utiliser la magie dans le but de délivrer un prisonnier, ou bien de pouvoir sortir. Il était arrivé que quelques mécontents de l'emprisonnement d'un parent ou d'un ami tentent ce genre de folie. Bien mal leur en avait pris. Sibri Hale se contenta de rester silencieux, sa chère nièce, étrangement sociable, entretenait la conversation avec la chimère, qui était dotée d'un esprit vif et intelligent pour une telle créature. Finalement, l'un des deux légionnaires, des gardes donc, ouvrit la porte des appartements. Ce n'étaient pas les seuls sur l'étage, mais Aranea et Thurinion seraient les seuls à y séjourner.
Aranea explora les lieux, semblant enthousiaste, tandis que le dragon de cristal jetait des regards circonspects. Finalement, l'elfe noire s'installa dans un des sofas recouvert de velours noir, s'y laissant tomber comme si le poids du monde venait de quitter ses épaules. Ce qui était presque le cas à en juger par le bruit sourd que fit son sac en atterrissant sur le sol.


-Vous êtes les seuls à séjourner dans l'aile nord. Les grilles resteront ouvertes, de même que la porte de vos appartements. Les gardes ici présent, et ceux que vous rencontrerez dans l'aile peuvent nous transmettre vos exigences ou pour répondre à vos questions si vous en avez. Comme vous le savez, vous êtes confinés au Quartier de la Légion Noire, cela comprend ce manoir, les baraquements, et tout ce qui se situe derrière les murailles que vous avez franchies pour entrer.

Sibri Hale sembla réfléchir quelques secondes avant de poursuivre.

-Sardaranth n'a pas jugé nécessaire de vous le préciser, mais votre séjour ne doit pas être une interférence dans les affaires de la Légion, si bien qu'il est préférable que vous vous teniez à distance des bâtiments et des lieux réservés aux activités militaires. Il va de soit que l'accès vous en sera refusé vu votre situation. Vous avez cependant libre accès au jardin intérieur, et aux zones de quartier libre des légionnaires.

Il s'interrompit à nouveau, laissant le temps à la chimère de prendre la mesure des informations, avant d'ajouter :

-Oh. Et chose qui vous intéressera sûrement, vos repas seront servi ici, à heures fixes.
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Blaithin
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MessageSujet: Re: Confinement    Ven 4 Mar - 22:34

L'aile Nord du Manoir de la légion était réputée pour avoir abrité nombres de dissidents aux nobles origines, ayant déplu à la couronne, ou bien des criminels dont le lignage ou la valeur ne pouvaient leur valoir d'être incarcéré dans les prisons ordinaires de Cemenwin. D'épaisses grilles de métal sombre marquaient les paliers de chaque étages, scindaient en deux, ou en trois, les corridors au sol sombre et lustrés, barraient les fenêtres, et barraient parfois les portes de certains appartements. Ce n'était pas le cas pour celui qu'occuperaient Thurinion et Aranea. Le dragon semblait mal à l'aise, et Blaithin entreprit de maintenir la conversation entre eux durant les quelques minutes que durèrent leur trajet, depuis le perron du manoir, jusqu'aux appartements. Elle ne répondit alors que distraitement aux saluts respectueux qui lui étaient adressés. Au sein de la Légion Noire, nul n'ignorait qui elle était.
Cette partie là du Manoir était calme, tranquille, peut-être un peu oppressante. Les couloirs étaient moins tordus et courbés que ceux des archives, situés dans l'aile la plus vieille, mais les barreaux et l'air fermé des gardes qu'ils croisèrent, l'absence de toute agitation, faisaient planer une atmosphère presque froide. Elle savait qu'ailleurs, le Manoir grouillait d'activité, et que des légionnaires côtoyaient des secrétaires et du personnel administratif affairé, pressé, et que tous s'écartaient sur le passage des officiers de hauts rangs. Les sons étaient comme étouffés, et rien ne laissait supposer que le Manoir était plein de vie. Blaithin ne s'était jamais attardée ici. Enfant, elle avait tout exploré, mais elle avait préféré les archives et leurs parquets grinçants, ou les baraquements, ou encore le bureau du capitaine Rabastan Hale, quand elle avait eu besoin de lieux où passer du temps sans être inquiéter. En grandissant, elle avait fini par venir moins souvent, et aujourd'hui, elle passait plus volontiers son temps dans des bibliothèques aux rayonnages plus ou moins poussiéreux.

Les appartements dont jouiraient les Esgaléens étaient sobres mais de bonne facture. Il n'y avait rien d'ostentatoire, à par peut-être un ou deux bibelots un peu trop chargés en dorures, mais rien qui ne transpirait le luxe comme à Rougeaiguille. Après tout, le bâtiment était au coeur d'un quartier exclusivement militaire. Les militaires s'embarrassaient rarement de fioritures. Scientomage et chimère explorèrent les pièces, et Aranea semblait satisfaite. Blaithin avait même l'impression qu'elle approuvait quand elle découvrait quelque élément à son goût. Elle s'en amusa, sans rien en laisser paraitre, seul ses yeux rouges suivaient les déplacements de ses deux hôtes. Finalement, Aranea laissa choir sa besace sur le sol, qui tomba dans un choc sourd, avant qu'elle même ne se laisse tomber dans un des sofa. Blaithin avait, elle, pris place dans un fauteuil profond. Son oncle était resté debout. Il affichait un air sérieux, mais elle avait vu l'éclat rieur et malicieux animait parfois ses yeux. Thurinion s'excusa, une énième fois, du comportement de sa maîtresse, qui s'endormit, comme assommée. Blaithin leva une main, l'interrompant.


-Nous excusez pas. Votre voyage a dû être éreintant, sans compter votre atterrissage qui aura fait grand bruit. Je gage que vous vous écroulerez vous aussi une fois que nous aurons pris congé.

Finalement, le dragon de cristal s'enquit des précisions qu'il lui fallait connaître. Le général se chargea de le lui dire, prenant le relais de son secrétaire, qui ne les avaient pas suivi, eut égard à sa jambe. La montée des escaliers auraient été pénible, surtout pour un si cours laps de temps. Finalement, les explications supplémentaires vinrent à se conclure.

-J'essayerai de vous rendre visite aussi souvent que possible, après tout, c'est moi qui ait choisi de vous convier ici, si je puis m'exprimer ainsi...

Blaithin s'interrompit un instant, regard Aranea qui dormait. Son visage avait les traits tirés par la fatigue, mais elle semblait détendue, et oublieuse du reste du monde, affalée ainsi.

-Je vous ferais parvenir quelques affaires, afin qu'elle puisse se vêtir, et s'occuper. Je crains de ne pouvoir vous donner accès à un laboratoire ou une salle de recherche tant que votre affaire ne sera pas tranchée par la reine.  

La scientomage et la chimère ne seraient pas libres de leurs mouvements, ni libres de choisir leurs activités. Le moins qu'elle puisse faire était de fournir des vêtements, peut-être quelques distractions, tels que quelques livres, jeux solitaires... Elle avait choisi de les épargner, de les écouter, alors qu'elle aurait pu les faire exécuter sur le champ, ou bien les laisser entre les mains des mages de Rougeaiguille, mais Blaithin ne pensait pas que cela aurait été d'un quelconque bénéfice. En revanche, si les travaux d'Aranea Myndil étaient aussi réputés qu'elle le présumait, elle ne doutait pas qu'intégrer une scientomage de valeur dans leurs rangs étaient un bénéfice qui n'était pas négligeable. Pas après le fiasco de l'expérience des immortels, ces soldats modifiés par la magie, conçus pour être de véritable machine de guerre, obéissant aveuglément aux ordres. Blaithin n'avait fait que lire les différents rapports, après que quelques têtes soient tombées, et que d'autres soient tombées en disgrâce. La disgrâce semblait être ce qui était tombée sur la scientomage et sa chimère.

-Je plaiderai votre cause, mais comme mon cher oncle l'a laissé entendre, cela pourra prendre du temps. Nous devons déjà attendre le retour de maître Loghlan, et j'ignore combien de temps cela prendra réellement. Pour parler franc...

L'homonculus secoua la tête sous son large capuchon.

-Je crains que votre situation ne soit pas mieux qu'à votre départ de l'Esgal...



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Confinement

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