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 Mauvaise rencontre

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Nemu Oro Ji
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Peuple : Ai-Esu
Second(s) Métier(s) : Mage, Assassin.
Grade : Haut Mage.
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MessageSujet: Mauvaise rencontre   Dim 25 Oct - 21:44

La lumière jaune qui filtrait par les fenêtres et la porte de la taverne faisaient danser des ombres et des couleurs malsaines sur les murs, le sol, ivrognes et prostituées du coin. L'endroit était mal famé, puant autant la graisse que le poisson et l'eau croupie qui stagnait près des pontons. Le crincrin d'un violon mal accordé passait par dessus le bruit des barques cognant contre les pontons, des beuglements, cris, et rires. Les bas fonds de Vasundhara n'avaient pas l'élégance des quartiers bâtis le plus haut. Ici, même l'eau vive du fleuve Eroeshos ne suffisait pas à charrier toutes les odeurs, et la puanteur cohabitait avec une chaude moiteur. Si le vent s'y mettait, on pouvait même sentir l'odeur de souffre provenant des mines.
Un bras autour de sa taille, une main glissée sous sa courte tunique à l'encolure si profonde qu'elle aurait très pu se promener à moitié nue, Nemu gloussa, et agita la bouteille qu'elle tenait dans sa main. Son compagnon, un Draemorog deux fois plus grands qu'elle, la tenait fermement, son désir frottant contre ses hanches. Il lui mordilla l'oreille, avide.


-Et en bas, t'es comment ? Deux trous bien chauds et humides, ou un seul ? Si t'as une queue, je serais ravi de la branler, je te donnerai tellement de plaisir qu'on t'entendra crier jusque dans les beaux quartiers...

Elle se tortilla, cherchant à échapper à une main inquisitrice, qui tentait de trouver la réponse à sa question. Elle rit, un rire d'ivrogne, se dégageant. Elle se retourna pour faire face au Draemorog, qui avait généreusement payé son repas et la gnôle. Elle lui sourit, trébuchant à moitié, gloussant de plus belle, avant de s'enfiler une bonne rasade d'alcool, et d'être prise d'un rire nerveux.

-T'aimerais bien savoir hein ? gloussa-t-elle en se caressant de sa main libre.

Des sifflements et des encouragements obscènes fusèrent, alors que Draemorog l'attrapait à nouveau par la taille. Elle posa une main sur son entrejambe, imprimant un mouvement ferme, tirant un râle aviné à son compagnon. Elle gloussa encore, avant de lui susurrer :

-J'ai envie que tu m'prennes bien profond, j'connais un coin tranquille...


-T'es une vraie salope toi...

-Tu n'as encore rien vu...

La pression sur l'entrejambe du Draemorog s'accentua, alors qu'elle l'embrassait à pleine bouche, déclenchant une nouvelle vague de sifflements. Le Draemorog leva son majeur en direction de la taverne. Sa bouche avait le goût du plat épicé qu'ils avaient partagé avant de se souler, avant qu'elle ne lui fasse des avances, et que moyennant finance, elle lui promette d'ouvrir la bouche et d'écarter les jambes. Il la repoussa, le temps de boire à la bouteille qu'elle tenait. L'alcool dégoulina sur son menton et sur sa chemise. Elle l'entraina vers les pontons, continuant de l'agacer, se dérobant quand ses mains se faisaient trop aventureuses.


-C'est encore loin ? J'crois pas que j'tiendrais encore bien longtemps, t'as un cul irrésistible ma belle.

Une main claqua ses fesses, et elle glapit, avant de le repousser, boudeuse. Riant, le Draemorog l'embrassa encore une fois à pleine bouche, la plaquant contre un mur, coinçant un genoux entre ses jambes. D'une main, il commença à déboucler sa ceinture, et de l'autre à se glisser sous sa jupe. Se frottant contre son genoux, elle l'aida à se défaire de son pantalon, avant de lui mordre sauvagement la lèvre inférieure, et de le repousser.

-Putain ! Espèce de garce ! Je vais te -

Balafre asséna deux coups violents du manche de sa hallebarde, un à l'arrière des genoux, l'autre sur le crâne du Draemorog. Nemu eut le temps de voir la surprise se peindre sur le visage à la bouche ensanglantée du Draemorog, avant de le voir s'effondrer la tête la première sur le ponton. Elle se rinça la bouche avec l'alcool, cracha par terre, et s'essuya d'un revers de main.

-Tu nous as trouvé un coin tranquille ?

Le légionnaire eut un sourire, avant d'avoir un regard pour sa tenue débraillée. La courtisane baissa les yeux, et vit que sa jupe était remontée jusqu'à ses hanches, et que sa tunique plus qu'échancrée ne laissait plus rien à l'imagination. Elle fit redescendre la jupe et remit la tunique en place.

-Tu en profiteras plus tard.


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Balafre
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Dim 25 Oct - 22:24

Leur piste les avaient mené jusqu'à Vasundhara. Balafre détestait cette putain de ville. Comme il détestait Dakgorim. Il avait les étendues d'eau en horreur, et Vasundhara n'était qu'escaliers et ponts. En bas, ça puait la crasse et l'eau croupie, en haut ça puait presque pareil, mais avec du parfum, pour rendre ça plus supportable pour ceux vivaient sur la misère de ceux d'en bas. Ils avaient mis trois semaines pour trouver un conducteur de chariot un peu trop bavard. La dernière, Nemu l'avait passée sous les traits d'une prostituée, trainant dans le quartier où le Draemorog avait ses habitudes. Le bougre avait miraculeusement touché le pactole, et il s'en ventait un peu trop. A Akaash, ils avaient eu vent de convois en partance pour Zulbajin, et avait appris qu'ils n'atteignaient jamais leur destination. Leur informateur, qu'il avait gentiment craché le morceau après une sérieuse conversation avec les poings de Balafre, avait fini par leur lâcher quelques noms. Il n'avait fait que recruter les conducteurs, une liste, mais il ignorait qui avait été sélectionné. Nemu avait en suite fait en sorte que leur informateur ne puisse plus parler de ce qu'il avait vu. A Vasundhara s'était différent. Le Draemorog était connu, si bien que Balafre ne pouvait pas simplement l'attraper et le passer à tabac. Et le vantard s'était montré prudent finalement. Nemu avait alors dit qu'elle s'en chargeait. Il avait quand même pu le cogner finalement.

Le Draemorog gisait par terre, et la magicienne était presque dans son plus simple appareil. Il ne put s'empêcher de la dévorer des yeux. L'Ai-Esu avait un corps anguleux, presque masculin, mais délicat, avec des cuisses et des hanches suffisamment charnues pour exciter n'importe qui. Balafre savait aussi que sa peau était douce, et qu'elle se parfumait légèrement en mettant quelques gouttes d'huile dans ses cheveux. Son sourire et son regard en avaient dit suffisamment long pour qu'elle le rabroue. Cela ne chassa pas sa bonne humeur.

-J'y compte bien... Je t'ai trouvé un coin tranquille oui.

Le légionnaire asséna un second sur le crâne du Draemorog.

-Juste pour être sûr. On ne sait jamais. Ils ont l'crâne dur normalement.

Il se pencha, pour attraper le Draemorog inconscient par une cheville, le trainant sur le ponton, alors qu'il laissait la courtisane lui emboiter le bas. Balafre avait dénicher un débarcadère inutilisé, avec une impasse au bout, contenant de vieilles caisses et des cordages en train de pourrir. Un endroit charmant, et suffisamment éloigné pour que la magicienne puisse obtenir les informations dont elle avait besoin. Balafre n'appréciait pas vraiment quand elle faisait une démonstration de ces talents là, ça pouvait rapidement devenir assez sale. Nemu s'assura que personne ne les avait vu, que personne n'ait envie de les suivre. Balafre laissa le corps du Draemorog dans l'impasse, derrière une pile de caisses, et retourna se poster, dans l'ombre, à l'entrée, ayant vu sur tout le quai et sur les différents pontons.

Bientôt, il entendit la voix de la magicienne. Nemu psalmodiait à voix basse, probablement assise à califourchon sur le Draemorog, les mains sur les tempes de sa victime. La mélopée qui s'élevait était malsaine, inquiétante, les incantations chuchotées ne devenant parfois plus que murmurent, parfois de simples sifflements. En tendant l'oreille, d'autres bruits plus étranges et plus inquiétants se mêlaient aux murmures, comme ceux de bêtes grondantes, ou gémissantes. Il se refusa à regarder vers elle, quand il entendit glapir et gémir. Les gémissements trahissaient la panique du Draemorog, et Balafre avait presque pitié de lui. Il aurait peut-être mieux fait de lui casser un bras ou une jambe pour le faire parler.
Un petit feu follet attira son attention. Une petite silhouette encapuchonnée portant une lanterne venait vers eux. Pressée, elle prenait le temps de soulever sa lanterne pour observer les débarcadères, elle fourragea dans quelques baraques, avant de reprendre son chemin.

-Nemu, appela-t-il, il s'agirait que tu accélères, on a de la visite.

La mélopée se fit plus insistante, et finalement, le Draemorog lâcha un cri d'horreur. Balafre vit le Draemorog traverser les caisses de bois pourries, les explosant sur son passage, le regard fou. Il trébucha, s'effondra sur le quai de bois, en proie à la panique. Une paire de mains ombrageuses sortit de l'impasse, rattrapant le Draemorog, le tirant en arrière. Le Draemorog recommença à hurler, et son hurlement fut étouffé par une main d'ombre qui glissa ses doigts dans sa bouche ouverte, le faisant hoqueter. Balafre bondit par dessus le corps du Draemorog, s'élançant pour rattraper la petite silhouette qui avait pris la fuite. La rattraper fut aisé, Balafre n'eut qu'à plonger pour la ceinturer et plaquer une de ses grandes mains sur sa bouche. Le légionnaire recula en scrutant les alentours, cherchant à se renfoncer dans les ombres le plus vite possible. Il resserra sa prise sur sa proie.

-Arrête de bouger bordel, si tu continues je t'étripes, et j'serais sûr comme ça tu ne raconteras à personne ce que tu viens de voir.


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Tale
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Mer 28 Oct - 23:23

Tale se sentait perdu. Il ne ressentait cette émotion que depuis qu’il était partit du laboratoire, partit du château. L’extérieur, un monde qu’il n’avait jamais connu qu’au travers des livres fantaisistes qu’il avait lu et qu’il n’affectionnait pas plus que ça. Et ce qu'il avait lu n'était pas si réaliste que ça. Les premières heures avaient été difficiles. Lui qui n’avait jamais parcouru la ville, s’était perdu, errant sans savoir autre chose que le fait qu’il devait partir, partir loin, et ne jamais revenir.
Pourquoi ? Il n’en était pas sûr, car le sentiment de panique qu'il avait ressentit était partit rapidement, les décisions prises en urgence ne semblaient plus si justifiées, même si elles contenaient un fond de vérité.

Il avait vu le professeur Hatori Masahiro mourir, tué par un passe muraille qui lui avait fait traverser le mur et qui l'avait également égorgé. L’homme l’avait vu lui, et lui avait souri, d’un sourire qui était tout sauf amical ou tendre. Tale avait alors vivement ressentit la peur en voyant le sourire. Puis voir le corps du professeur l'avait rendu désespérément triste. Les paroles du tueur avaient été claires : il allait partir, mais Tale, lui, resterait ici, et tout le monde le croirait responsable de la mort de Hatori Masahiro. Alors, pour faire un exemple, il serait sûrement exécuté. Pauvre, pauvre petite créature...
Les paroles ne l’avaient pas vraiment atteint au début, car il n’arrivait pas à détacher son regard du corps de Masahiro. Il s’était sentit comme après la mort de Milligan, celui qui avait été son compagnon durant quelques années, vide, le cœur serré et brisé, la gorge nouée. Il était resté plusieurs minutes auprès du professeur, lui tenant la main, quelques larmes réussissant à couler le long de ses joues. Son esprit avait alors fini par reprendre le dessus sur ses émotions, il avait pris quelques instants pour repenser aux paroles du passe muraille. Il avait alors décidé de partir pour qu'on ne l’exécute pas, car il était innocent. Peu de gens l'appréciaient dans le palais. Les gardes se méfiaient de lui, les servants et servantes l'évitaient. Il ne devait pas approcher des nobles non plus. Seuls ceux du laboratoire où il avait passé sa vie, l'aimaient, et il n'était pas certain de leur pouvoir au sein du palais. C'était sans plus aucune trace de la tristesse profonde qu'il avait eu qu'il avait pris le temps de détacher avec soin la main du professeur qu'il avait tenu. Il voulait avoir un bout du professeur avec lui, comme il avait un bout de Milligan. Il avait placé la main dans un bocal de formol solide, l'avait fermé avec autant de soin qu'il avait détaché cette partie de corps, et avait posé une étiquette dessus.Puis il avait pris ses affaires les plus précieuses : le bocal contenant le cœur de Milligan, celui contenant la main du professeur Masahiro, enveloppés dans deux de ses toges, et deux livres qu’il n’avait pas encore terminé. Il avait aussi pris une pleine boite de fioles de Mana liquide. Il avait trouvé un sac très large dans le laboratoire, servant usuellement à mettre les contenants de liquide à garder au frais, le temps de leur transport d'une salle à une autre. Il était partit sans autre vêtements que la toge qu'il avait sur le dos ce soir là, le pantalon serré qu'il avait au dessous et les bottes renforcées qu'il avait en permanence dans le laboratoire.

Comment il était sortit du palais ? Il n'était plus sûr de se souvenir, la panique l'ayant reprit en voyant une ombre se mouvoir sur un mur, il avait couru dans la direction opposée. Il avait l'impression qu'une servante avait cru qu'il s'était perdu, et l'avait alors mené à la sortie. Mais c'était quelque chose de flou. Il s'était souvenu avoir marché sur un chemin de pierre, et avoir fait beaucoup de tours et détours, avant de passer les portes de la ville. Une fois sur un chemin un peu plus terreux, il avait croisé une aveugle et son renard. Et avait passé le reste de son temps a tenter de les fuir eux. Il avait ressentit un profond agacement pour la première fois de sa courte vie.

Tale avait pu se procurer une lanterne pour évoluer dans la nuit, et une cape pour avoir moins froid. Il lui avait suffit de donner les deux pinces ornementales qu'il avait eu au milieu des deux épaisses mèches de cheveux encadrant son visage. Il lui restait celles du haut et celles du bas, qui suffisaient amplement à maintenir sa chevelure. Il était allé vers le port. C'était par là qu'il pourrait aller plus loin, mais il fallait payer, et de l'argent il n'en avait pas. Il n'avait jamais eu cette notion d'argent, de bien à donner contre un autre. Pour la lanterne et la cape, c'était l'homme à qui il avait demandé qui lui avait dit que ses pinces suffiraient. Le sourire de l'homme lui avait fait sentir que ce dernier avait gagné au change. Mais il n'avait rien dit, et il avait prit la lanterne et la cape, il ne voyait pas dans le noir et il faisait froid la nuit. Si il lui avait suffit d'échanger une fois, il pourrait le refaire pour aller sur un bateau. Mais la cape ou la lanterne suffiraient ? Ou il faudrait deux autres pinces ? Il ne voulait pas se séparer des autres, elles lui servaient beaucoup, elles empêchaient ses cheveux de trainer sur les échantillons, ou sur les plaies des patients.
Alors il avait cherché d'autres objets à échanger. Aidé de la lanterne, il regardait sur les caisses, dans les barques qu'il pouvait atteindre. Il avait trouvé des choses, mais n'était pas sûr de leur possible valeur. Panier, bouteille vide, il les prenait pour voir si cela suffirait ou non. Il avait un pas rapide, au cas où l'aveugle le retrouverait, même s'il pensait l'avoir semée bien avant cette ville.

Alors qu'il regardait dans une barque, il y eut des hurlements. Un grand homme, de la race de Draemorog, surgit d'une allée, explosant des caisses de bois. Il s'effondra bien vite sur le sol, semblant avoir une crise de folie. Tale le regarda avec une apparente indifférence, mais une réelle curiosité. Est-ce que l'homme présentait les syndromes d'une consommation excessive de substances hallucinogènes ou addictives, était-il souffrant, ayant une pathologie neurologique quelconque ? Il eut à peine le temps d'esquisser un pas vers le souffrant, que des mains d'ombres se saisirent de lui, le tirant vers la ruelle qu'il venait de quitter, lui tirant encore plus de hurlements.
Tale cru reconnaître là le passe muraille. Ce dernier l'aurait-il suivit ? Allait-il encore faire en sorte qu'on le croit coupable de nouveau d'un meurtre ? Personne ne le connaissait dans cette ville, et il est aisé de rejeter la faute sur l'inconnu plutôt que de chercher le véritable responsable. Les habitants et villageois avaient souvent ce genre de réactions dans les livres, souvent raisonnés par le héros desdits ouvrages. Tale se rappela que dans presque chaque récit de ce genre, le héros devait prouver de lui même son innocence, au prix d'une solitude et d'une quête durant de longs moments. Quand les hurlements furent étouffés, la panique primaire qui l'avait saisit au palais empêcha son esprit de réfléchir plus longuement, et il chercha à fuir dans le sens opposé.
Il fut soulevé de terre sans difficulté, et une main qui était de chaire et non d'ombres se posa sur son visage, l'empêchant de produire le moindre son. Mais il n'avait pas eu le réflexe de hurler, ou l'intention de le faire. Si personne n'avait entendu le Draemorog, qui allait l'entendre lui ? L'expérience remua alors dans les bras de celui qui l'entrainait vers la ruelle.


-Arrête de bouger bordel, si tu continues je t'étripes, et j'serais sûr comme ça tu ne raconteras à personne ce que tu viens de voir.

Tale remua encore, tortillant ses bras, et sa tête. Mais il le faisait simplement pour dégager son nez. Et aussi pour mettre son sac devant lui, afin d'éviter que son contenu ne soit écrasé entre lui et celui qui le tenait. Du moment où il pu le faire, il cessa de bouger. Il plaça son sac devant lui, étant certain que son contenu était donc sauf, il arrêta de bouger ses bras et les laissa tel qu'ils étaient. Quand son nez fut dégagé de la grande main, il expira puis se mit à respirer tout à fait normalement. Il cessa alors de bouger sa tête pour se dégager. La panique le quitta totalement à partir de ce moment là, laissant derrière elle un Tale tout à fait calme, presque comme s'il attendait juste quelque chose.
L'expérience songea qu'il valait mieux qu'il obéisse sagement à ce que venait de lui demander le propriétaire des bras qui le ceinturaient. Comme il avait cessé de bouger comme il le lui avait ordonné, l'homme n'aurait aucune raisons de le tuer comme il venait de le menacer. Donc il n'avait en fait aucunes raison de céder à la panique, d'autant plus qu'il n'avait rien à voir avec le passe muraille squelettique qui avait tué le professeur, cherchant à le faire accuser lui. Il entendait toujours d'étranges sons dans la ruelle. On semblait faire subir une sorte de torture au Draemorog, sûrement afin de lui extorquer des informations, quelles qu'elles soient. Songeur, Tale aurait bien aimé savoir ce qu'ils lui faisaient. Oui, ils, l'homme ne pouvait pas le tenir et s'occuper du Draemorog dans le même temps, à moins d'avoir plus de deux bras. Peut-être qu'ils usaient totalement de magie, ou bien qu'ils utilisaient des connaissances quelconque ne médecine pour effectuer leur interrogatoire. Comme couper certains tendons, certains nerfs, qui causaient de vive douleur, où sur-stimulaient certaine régions du cerveau. Mains sur son sac, là où les avait laissées pour s'assurer que les bocaux n'étaient pas maltraités, il attendait que les bruits s'arrêtent, soit à cause de la mort de celui qui les faisait, ou par son évanouissement. Et aussi de savoir ce que comptait faire celui qui le tenait, par rapport au fait qu'il ait vu le Draemorog se faire trainer dans la ruelle.




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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Sam 14 Nov - 22:19

Elle avait délicatement tracé, au charbon, un cercle, qu'elle avait fermé avec une goutte de son sang. Elle avait en suite tracé d'autres symboles, marquant les bordures du cercle d'un mélange de runes et d'idéogrammes Mornien. Balafre avait en suite déplacé le corps pour le mettre dans le cercle, prenant soin de ne pas abîmer ses dessins. Le semi-orc l'avait en suite laissée seule. Elle avait entaillé les bras du Draemorog, trempant ses doigts dans le sang, dessinant sur ses propres bras à la peau pâle, puis sur la peau épaisse du Draemorog, avant d'apposer ses doigts sur ses tempes, un peu avant ses cornes.
Assise à califourchon sur lui, elle avait fermé les yeux, avant de respirer profondément, sur un rythme lent. Un rythme sur lequel se calèrent les battements de son coeur, alors qu'elle commençait à se balancer doucement. Nemu se replia sur elle-même, son esprit se retirant au plus profond de son univers mental et psychique, elle y trouva ce que tous les Oro Ji trouvaient, les ombres et les cauchemars des pactes passés par des générations entières. Le cercle était là pour l'aider à les lier à sa volonté. Un simple contact lui avait permis de comprendre quelqu'un avait déjà joué avec la tête du Draemorog, et qu'elle ne pourrait accéder facilement aux informations dont ils avaient besoin. Le rythme de sa respiration, son coeur battant, eurent un écho. Un écho qui s'accompagna d'ombres enveloppantes, alors qu'elle commençait à psalmodier à voix basse. Elle concentra sa volonté sur les élémentaires tapis au fond de son être. A ses paroles incompréhensibles s'ajoutèrent des respirations, des grincements, des grognements. Elle savait que ce bout de ruelle devenait plus sombre, que l'air devenait oppressant, collant à sa peau, déclenchant des sueurs froides. Elle ne percevait plus que les créatures qui s'éveillaient, répondant à son appel. Elle les sentait tourner, une voix fit écho à la sienne.

Elle sentit sous ses doigts, le Draemorog s'agiter, son corps secoué de spasmes nerveux. Elle sentit une main se poser sur son épaule, comme si quelqu'un se penchait par dessus pour voir sa victime. Un grognement, semblable au bruit creux et inquiétant que produisaient parfois les navires ballotés par la houle et le vent. Elle n'articulait parfois même plus, sifflant simplement, murmurant parfois à peine, avant d'articuler à nouveau, à voix basse, des mots distincts.
Elle sentait la sueur perler sur son front, dans son dos, et la désagréable sensation qu'on se pressait contre elle. Elle les accueillit, maintenant qu'ils ne pouvaient pas échapper à son contrôle. Elle ressentit de la joie, malgré le malaise oppressant qui lui serrait le coeur. On chuchotait à son oreille, d'autres grognements, des grincements. Elle put alors se focaliser sur l'esprit du Draemorog. Elle y pénétra, ou plutôt ils pénétrèrent, écartant les protections comme on écarte doucement des ronces pour ne pas être piqué. Délicatement, continuant son étrange incantation, penchée sur sa victime. La mémoire du Draemorog avait été modifiée, altérée. Elle faillit s'y laisser prendre, avant qu'ils ne lui montrent l'incohérence. Elle commença à remonter le fil des souvenirs, avant de remonter jusqu'à la magie qui avait manipulé le conducteur de chariot.

La voix de Balafre lui parvint. Surprise, elle lâcha son contrôle. Le Draemorog ouvrit les yeux, ce qu'il vit le fit hurler. Il la repoussa violemment, et elle faillit rompre le cercle. Le Draemorog détala, défonçant les caisses devant lui, trébuchant, s'affalant sur le sol. Elle réagit presque immédiatement, pour leur plus grande joie. Des mains d'ombre coururent depuis le cercle, jusqu'au Draemorog, le saisissant. Il se remit à hurler, et une main s'engouffra dans sa bouche, étouffant son cri, l'étouffant tout court. Il fut tiré en arrière. Elle nota que Balafre était parti. Elle l'oublia rapidement, se concentrant sur le Draemorog revenu dans le cercle. Elle ne fut pas tendre. Elle les laissa le dévorer. Elle obtint ce qu'elle voulait. Finalement, le Draemorog avait cessé de crier, n'émettant plus que des petits sons étouffés. Elle dut en suite faire l'effort de les faire reculer, de les faire refluer, de les enfermer à nouveau. Elle reprit son étrange mélopée, alors qu'ils lui proposaient de le dévorer tout entier, de les laisser sortir. Elle finit par les calmer. Il y aurait d'autres proies, plus tard. Finalement, les grognements s'estompèrent, les grincements cessèrent, l'écho murmurant s'évanouit, et il n'y eut plus qu'elle, murmurant toujours. L'écho à sa respiration cessa, et son coeur se remit à battre normalement. Elle exhala profondément, avant de briser son cercle en effaçant à moitié figures et runes, d'un revers de main. Elle se releva, pantelante, moite, comme si elle avait couru sous la pluie, les poumons en feu, le coeur battant la chamade. Elle chancela, et prit quelques secondes pour s'assurer de son équilibre. Le Draemorog s'était recroquevillé en position fœtale, tremblant, pathétique. Elle esquissa un petit geste, et les traces de charbon s'évaporèrent.

Au petit matin le Draemorog se réveillerait avec une migraine intense, la sensation d'avoir cauchemardé toute la nuit, et l'odeur fétide de son urine. Sa vessie s'était vidée sous l'effet de la terreur. Pour camoufler son crime, elle lui vida les poches. Il penserait alors simplement que la Ai-Esu prostituée l'avait drogué et volé, avant de le laisser là.
Elle enjamba le corps. Nemu avait retrouvé suffisamment de contenance. Elle fit sauter la bourse du Draemorog. Celle-ci était rebondie, bien fournie. Elle n'avait pas besoin de l'argent. Elle ne prit qu'une seule pièce d'or. Elle dépassa Balafre qui tenait ce qui semblait être une enfant, avant de jeter la bourse dans l'eau du canal. Inutile de la conserver. Les pièces puaient la magie, un moyen d'ensorceler le porteur des pièces, et de le plier à sa volonté, de le rendre fidèle, lui donnant envie d'amasser encore et toujours plus d'or. Un sortilège complexe, loin d'être amateur. C'était ces pièces qui les avaient conduits jusqu'ici, outre les rumeurs et leur ordre de mission. Elle se planta en suite devant le Semi-Orc et son otage. Elle prit le temps d'observer l'otage, donc la capuche avait à moitié glissé, découvrant une masse de cheveux clairs, et un regard pâle. Ses mains serraient son sac, Nemu haussa un sourcil.

-Qu'avons-nous là ? Un fouineur ?

La dernière question était pour Balafre. Le Semi-Orc se contenta de hausser les épaules, faisant la moue. Nemu soupira.

-Tu ne m'aurais pas distraite, il n'aurait jamais vu le Draemorog. Mais c'est trop tard maintenant. J'ai fait trop de bruits, il faut partir d'ici. La question est, qu'allons-nous faire de toi petit curieux ?


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Balafre
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Dim 6 Déc - 22:24

Le farfadet se tortilla un petit moment, malgré la menace, avant de s'immobiliser, après qu'il ait mis son sac devant lui. Un geste que le Semi-Orc remarqua, et trouva étrange. Le gamin ou la gamine, ne pesait pas lourd, il ou elle était même plus léger ou légère que Poids-Plume avec qui ils avaient voyagé. Dans l'impasse, Nemu continuait de psalmodier, et Balafre ne put s'empêcher de frémir en entendant les grognements et les grincements. La magicienne n'était pas toute seule avec le Draemorog, il en était certain. Les mains d'ombres, ils les avaient déjà vu, elles avaient déjà fait pire que d'attraper un homme hurlant pour le faire taire et le trainer. Il se contenta d'ignorer les bruits, en guettant d'autres. Le fracas et les cris avaient probablement attiré l'attention de quelqu'un, et ça n'était maintenant qu'une question de temps avant que le quai ne soit inondé de curieux. Le canal était crasseux, puant l'eau croupie, le bois pourrissant. Les barques à flot cognaient de temps en temps contre les pontons, les cordes grinçaient. Balafre ne percevait toujours pas de bruits de course, ni la lumière des torches brandies. Il restait néanmoins sur ses gardes, tenant fermement son témoin gênant, qui était parfaitement immobile. Finalement, tout redevint silencieux, murmures, chuintements et sifflements se turent, les grognements et les grincements, le raclement de griffes sur le bois s'arrêtèrent eux aussi. Ce fut comme si l'atmosphère devenait moins oppressante, et que l'air devenait à nouveau respirable. La magicienne prit son temps pour émerger de derrière les caisses brisées. Il la regarda jeter une bourse dans le canal. Elle prit son temps. Balafre jugea qu'extirper les informations dont ils avaient besoin au Draemorog lui avait coûté plus que d'ordinaire. Elle avait eu besoin d'être théâtrale pour se pouvoir se redonner une contenance. Quand elle posa sa question, le Semi-Orc se contenta de hausser les épaules, en grognant.

-Si tu m'avais laissé faire, on sera déjà parti, asséna le Semi-Orc qui croyait plutôt à la force physique et à la puissance de la douleur de quelques os brisés pour faire parler n'importe qui, et on se posera la question plus tard, il faut partir d'ici sans attendre.

La magicienne lui jeta un regard furieux, qu'il ignora superbement. Il regarda autour d'eux, considérant leurs options. Hors de question d'emprunter le même chemin qu'à l'allée, et le ponton se terminait sur un cul de sac. Les barques étaient un chemin possible. Valait mieux ça que la nage.

-On ne peut pas rebrousser simplement chemin, monte dans cette barque, on accostera dans un autre canal. Je peux nous guider.

Balafre connaissait Vasundhara, il y avait effectué des missions, à plusieurs reprises, quand Morween Nil'Dae avait cherché à semer le trouble entre Cyriaca et l'Empire, pour distraire l'Empereur, et l'empêcher de voir ce qu'elle était en train de lui prendre un morceau d'Empire pour en faire son propre royaume. Nemu s'exécuta, un peu maladroitement, mais elle grimpa dans une des barques amarrées au ponton le plus proche. Balafre la suivit non sans scruter les ombres autour d'eux, avant de jeter son fardeau dans la barque, d'y sauter et de défaire l'amarre, il prit en suite appui contre le bord du ponton, poussa, et envoya la barque de cette impulsion, rejoindre le courant. Il s'empara d'une perche au passage, et poussa à nouveau, pour les diriger à contre-courant, vers l'Est de la cité minière.
Pendant quelques minutes, il n'y eut que le bruit discret de la barque filant sur l'eau, des clapotis, et les bruits provenant de la ville qui les entouraient, à moitié étouffés. Quand ils furent suffisamment loin, Balafre considéra le farfadet, qui semblait bien trop calme dans une situation pareille.

-On dirait que ça le dérange pas d'être pris en otage. En fait, il avait plus l'air intéressé qu'effrayer. Mais j'imagine qu'il cherchait à fuir lui aussi, il lorgnait dans les barques quand ton Draemorog a craqué.

Le Semi-Orc ne s'en faisait pas vraiment. Le sort du farfadet l'intéressait pas vraiment. S'ils décidaient qu'il fallait s'en débarrasser, il le ferait. S'il fallait le libérer, il le ferait aussi. Il laissait la décision à la magicienne, qui était toujours furieuse, mais qu'il savait trop épuisée pour avoir l'énergie de se mettre en colère.

-J'parierai que le farfadet cherchait à partir d'ici discrètement et rapidement lui aussi.



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Tale
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Ven 1 Avr - 10:17

Tale restait immobile alors que l’homme qui le tenait fermement et au dessus du sol, se tournait vers la seconde personne qui était avec lui, et qui s’était donc occupée du Draemorog. Tale reconnu immédiatement un Ai-esu, même une Ai-esu au vu des vêtements. Et elle parla d’elle-même en disant le mot « distraite », confirmant à Tale que cet Ai-esu là se considérait comme plus fille que garçon.

Elle l’avait regardé, enfin ce qu’elle pouvait voir de lui, avec de l’intérêt. Il lui aurait bien sourit, sachant que c’était quelque chose qui était bien vu que d’offrir un sourire à quelqu’un qui vous regarde, mais la main devant sa bouche l’en empêchait, alors il se contenta d’attendre. Ils ne semblaient pas très contents qu’il soit là, mais après, lui-même n’avait pas demandé à être là. Il n’avait fait que chercher des choses à échanger pour pouvoir partir dans un bateau. Il n’avait pas demandé que le Draemorog sorte en hurlant, d’avoir l’impression que le Passe-murailles était là, d’être tenu fermement dans des bras sans pouvoir continuer à chercher quelque chose à échanger contre le droit de monter en bateau. L’ai-esu demanda ce qu’ils allaient faire de lui. Les mains sur son sac, Tale haussa les épaules. Il ne savait pas ce qu’ils allaient faire, et il semblait que c’était à eux de décider en fait.
S’ils le relâchaient ici ou plus loin, s’ils voulaient lui poser des questions d’abord ou non. Son geste ne sembla pas avoir été remarqué, celui qui le tenait répondit, de vive voix, à sa place. Même si il ne répondit pas vraiment en fait, repoussant la décision à plus tard.

Après quelques secondes sans rien, l’homme qui le maintenait demanda à l’Ai-esu de monter dans une des barques sur le côté. Ils allaient partir avec.Ca n’était pas bête, il aurait peut-être lui-même du faire ça, plutôt que de chercher à échanger des objets contre un billet pour prendre le bateau. Mais n’est-ce pas du vol en fait ? Il fut lâché dans la barque alors qu’il se posait la question. Les fesses sur le fond, il avait toujours son sac devant lui. Il se releva pour se poser sur l’une des planches servant de siège, en face de l’ai-esu qui avait l’air un peu fatiguée.
C’était elle qui avait fait subir des choses au Draemorog, sûrement dans le but de se venger, ou d’obtenir quelque chose. Ce quelque chose n’était pas son argent, vu qu’elle avait lancé la bourse pleine dans l’eau. Des informations, un nom ? Il aurait beaucoup aimé savoir comment ils avaient essayés de les obtenir ces informations, avec des connaissances médicales, de la magie, du chantage ? Mais quelque chose lui disait qu’il valait mieux qu’il ne demande pas. Si l’ai-esu et l’homme qui l’avait maintenu –qui avait du sang Orc dans les veines Tale en était sûr- l’avaient pris avec eux, c’était que ce qui s’était passé dans la ruelle ne devait pas se savoir. De toute manière il n’avait pas un besoin vital de le savoir, même si il en avait envie. Beaucoup de traités philosophiques exprimaient que l’envie n’était pas toujours quelque chose de bon pour l’Être, et qu’il fallait savoir faire la différence entre le besoin et l’envie de quelqu’un.
D’autres parlaient du contraire, mais l’avis de Tale allait plus du côté des premiers.

Assit, la barque glissant sur l’eau, il sentait sous ses doigts le tissu de son sac, et devinait la forme d’un des bocaux qu’il avait avec lui. Il eut un léger soupire de contentement. Au moins le Professeur et Milligan allaient bien et n’étaient pas abimés. Peut-être qu’une fuite serait à déplorer au niveau des couvercles malgré ses précautions. Il vérifierait quand il on lui en laisserait le temps.
Il ne se rendit compte que le semi-Orc parlait de lui que lorsqu’il parlait de regarder à l’intérieur des barques. Tale releva la tête et poussa d’une main une des longues mèches qui encarraient son visage. Il écouta le semi-Orc jusqu’au bout, avant de répondre, même si on ne lui adressait pas directement la parole.


-Je cherchais des objets à échanger afin de pouvoir embarquer sur un bateau dès demain matin. Je n’avais pas pensé au fait de prendre une barque moi-même. C’est plus simple et plus rapide, même si on peut apparenter ça à du vol je n’aurais pas gardé la barque à jamais.

Il se remit un peu mieux sur la planche, bougeant son sac pour qu’il soit précautionneusement mit sur ses genoux. Il pouvait entendre un léger clapotis venant du sac, un peu différent de celui de l’eau sur laquelle il glissait, celui du liquide dans les bocaux.

-En tout cas je cherchais à partir le plus vite possible oui. Discrètement je ne suis pas sûr, je n’ai pas fait attention à savoir si j’étais discret ou non, je ne veux juste pas rester près d’Eiren trop longtemps. Donc si je ne cherchais pas vraiment à l’être, je pense qu’on peut dire que je ne cherchais pas à être discret, même si je ne cherchais pas à être voyant non plus.

Il se demandait d’ailleurs s’il n’aurait pas mieux fait de faire plus attention à ne pas être vu. Si on le cherchait pour la mort du professeur, il était reconnaissable non ? Il n’avait vu personne avec des mains de métal bleu comme les siennes, une collerette dorée, des plaques de métal sur les joues. C’était normal, il était créé, et au laboratoire comme au palais personne ne lui ressemblait vraiment, le fait que ça soit pareil à l’extérieur était évident. Mais il avait mis une cape et elle le cachait beaucoup, on ne voyait que ses doigts, et sa collerette était cachée par ses cheveux et le tissu. Peut-être était-il passé inaperçu.

-Mais pourquoi m’appelez-vous farfadet ? J’ai un nom, et je ne pense pas ressembler à une créature folklorique…




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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Sam 16 Avr - 23:57

La réponse à sa question lui déplut. Nemu pinça les lèvres, jetant un regard noir au Semi-Orc. Elle choisit de se taire, Balafre ne faisait visiblement aucun cas de ses sentiments. Elle croisa les bras, se contenant pour retenir les paroles acerbes qui menaçaient de sortir de sa bouche. De mauvaise grâce, elle le laissa prendre les commandes, alors qu'il lui désignait les barques amarrées au ponton. Elle obéit. Il avait raison, ils ne pouvaient pas rester ici, et elle sentait déjà venir le contrecoup de son sortilège d'invocation. Elle monta maladroitement dans l'embarcation sommaire, prise de légers tremblements. Balafre déposa en suite le petit curieux, sans le jeter, mais sans grande douceur non plus. Elle le regarda défaire les amares et pousser la barque, qui rejoignit le courant tranquille du canal. Elle s'installa en se recroquevillant presque sur elle-même, maitrisant les tremblements qui secouaient son corps. Elle devait se concentrer et remplir à nouveau ses réserves de mana. Ses oreilles bourdonnaient encore des sifflements, grognements et chuchotements qui avaient répondu à son appel dans la ruelle. Elle avait failli perdre le contrôle. Elle aurait pu être à la place du Draemorog. De nombreux Oro Ji étaient morts ainsi.

La magicienne soupira, se frottant les tempes. Contrôler les élémentaires avaient un prix. Surtout ceux avec qui les Oro Ji avaient passé un pacte ancestral. Ces créatures étaient loin d'être dociles. Elle se sentait vidée et épuisée, même si elle détenait de précieuses informations. Elle aurait voulu en parler, mais elle ignorait encore ce qu'ils allaient faire du jeune garçon qu'ils avaient pris avec eux. Inutile d'aggraver son cas, en faisant de lui le témoin de leur plan, c'eut été signé son arrêt de mort. Elle rechignait à tuer quiconque ne figurait pas sur son ordre de mission, et celle qu'ils tentaient de remplir ne faisait mention d'aucun nom. Leur objectif était clair. Découvrir la destination de convois entier qui disparaissaient dans l'Empire. Cemenwin soupçonnait que la mobilisation des légions impériales avaient un lien avec ces convois, et dans l'intérêt du royaume, la couronne désirait connaître les intentions de l'Empire. Cemenwin était capable de résister à une guerre, mais elle avait gagné la précédente grâce à de nombreuses missions d'infiltration, de sabotage, et surtout de renseignement. C'était précisément ce qu'ils devaient faire. Les pièces ensorcelées étaient une piste, de même que le contact du Draemorog. Le contact leur permettrait de trouver un de ses mystérieux convois. C'était ce qu'ils devraient faire. La voix basse de Balafre la tira de ses pensées. Elle jeta un regard autour d'elle, légèrement désorientée. Elle ignorait depuis combien de temps elle s'était murée dans le silence. Elle s'était crispée. Elle sentait ses muscles protester comme après une séance d'entrainement trop intensive. Elle se décrispa doucement, bougeant lentement pour changer de position. Elle était presque prostrée, avec ses bras croisés sur ses genoux, son buste penché. Elle se redressa donc doucement. Elle observa le jeune garçon, dont la capuche tenait encore en place sur sa tête. Elle avait vu un visage délicat, encadré par une masse de cheveux platine. l était assis, le dos droit, sur le banc devant elle, son sac posé sur ses genoux. Si sage. Comme si sa situation ne l'affectait pas. Elle ne percevait que le calme. L'attente.

-On dirait en effet.

Elle s'interrogea. L'être en face d'elle dégageait quelque chose d'étrange. Elle ne l'avait pas senti avant, parce qu'elle n'avait pas fait attention. Mais il y avait quelque chose qui, elle n'arrivait pas exactement à mettre le doigt dessus, rendait l'atmosphère trop calme autour de lui. Sa colère revint. Elle se souvint de la raison pour laquelle ce garçon était assis là. Une erreur. Balafre avait tendance a embarquer trop de gens extérieur à cette mission. D'abord la jeune bretteuse, qu'ils avaient laissé dans un village Mornien, et maintenant lui. Elle ne sentit aucune peur provenir de leur otage quand il répondit, presque naturellement, posément. Elle choisit de se taire. Elle n'arrivait toujours pas à savoir ce qui n'allait pas chez lui, outre son attitude étrange.


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Balafre
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Dim 1 Mai - 22:28

Leur embarcation glissait presque silencieusement sur le canal qu'ils empruntaient. D'une impulsion régulière, le balafré poussait la barque, gardant un oeil sur les alentours. Si tard dans la nuit, et de ce côté-ci de la cité minière, ils ne croiseraient probablement personne, jusqu'à atteindre une partie plus prospère. Si Balafre levait le nez, il avait vue sur les parois rocheuses dans lesquelles étaient creusées des quartiers entiers, sur les passerelles les reliant. Plus on montait, plus les parois s'illuminaient. En bas, les seules lumières provenaient de quelques fenêtres, et des embarcadères signalés par un piquet à glyphe lumineuse au bout. Des sons étouffés leurs parvenaient d'en haut. En tendant bien l'oreille, on pouvait même entendre les mineurs de nuit, à l'autre bout du canyon qui accueillait Vasundhara et ses mines. Balafre n'appréciait pas vraiment cette cité à la géographie particulière. Il leur faudrait monter jusqu'en haut, pour pouvoir partir. Balafre n'aimait pas la chaleur humide qui y régnait, l'odeur de souffre qui planait parfois dans l'air. Vasundhara était la cité idéale pour les contrebandiers et les hors la loi, de nombreux tunnels étaient abandonnés, devenant des repères et des caches. Il en avait parfois emprunté, la garde montée sur wyvernes en ayant eu après ses miches pendant plusieurs jours.
La magicienne était assise l'extrémité opposée à la sienne, et semblait souffrir. Balafre songea qu'elle s'était probablement vidée de sa magie, et que ses interventions l'avaient aussi contrariée. Il restait persuadé que sa méthode était plus rapide que celle de la magicienne, surtout quand il s'agissait de menu fretin comme ce Draemorog. Ils auraient déjà pu être loin d'ici, avec les informations qu'ils cherchaient. D'un coup de perche, il repoussa la barque qui s'approchait trop d'une des parois.

Il jeta un regard surpris au gamin qui tenait son sac sur ses genoux, assis bien proprement, comme une jeune et noble demoiselle de la cité impériale. Balafre jeta un regard incrédule à Nemu, qui se contenta de bouder. Le semi-orc faillit lever les yeux au ciel, mais la magicienne avait l'air hagard. Il décida de ne pas la titiller, portant son attention sur la brindille à cheveux longs en face de lui.

-Du vol hein ? Je suppose qu'on peut appeler ça comme ça. Moi j'vois ça comme un emprunt, lâcha-t-il finalement.

Nouveau coup de perche.

-Loin d'Eiren ? T'es déjà loin de la capitale farfadet. Mais si tu veux t'en éloigner encore plus, c'est que quelqu'un te cherche pas vrai ? Et je t'appelle farfadet parce que tu es aussi petit qu'eux. Mais j'aurai pu t'appeler autrement, blondinette, brindille, feu follet, gamin... Mais farfadet sonnait mieux. T'as pas l'air de te sentir menacé. Même après ce que t'as vu. Mais bon, si t'es en cavale, ça peut s'expliquer. Et tu dois fuir quelqu'un ou quelqu'un chose de sacrément effrayant pour ne pas avoir peur de nous.

Balafre donna un nouvel impulsion, poussant la barque vers une des parois, glissant là où le canal n'était pas éclairé. Vigilant, il prit soin de pas cogner le bois contre la roche, et de laisser sa perche dans l'eau, pour éviter de faire du bruit. Le semi-orc intima le silence à ses passagers, jusqu'à ce qu'il s'éloigne à nouveau de la paroi, poussant cette fois de sa main contre la roche. Le légionnaire avait un embarcadère bien précis en tête, qui leur permettrait d'atteindre une habitation qui en était seulement une en façade. Ils devraient faire une halte pour que Nemu tisse un sort d'illusion juste avant de débarquer. Autant éviter qu'on puisse les reconnaitre ou qu'on les regarde à cause de leurs vêtements. Nemu ressemblait à une fille de joie dans ses vêtements vaporeux, à la couleur rouge, et lui, tout en noir, avec sa gueule en vrac, ne faisait pas vraiment habitant du coin. Sans compter le farfadet qui était attifé bizarrement.

-J'imagine, reprit-il un peu songeur, qu'on pourrait s'arranger pour te faire traverser la frontière. Nous aussi, on tient à mettre de la distance entre Cyriaca et nous. En échange, tu fermerais simplement ton clapet...


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Tale
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Jeu 11 Aoû - 15:45

Tale écoutait sagement ce que lui répondait le grand métissé orc qui les menait sur l’eau, gardant ses jambes droites pour tenir son sace tout aussi droit. Il voyait la prise de la barque comme un emprunt, ça n’était pas faux en effet, s’ils ne conservaient pas la barque on ne pouvait pas dire qu’ils l’avaient volé à son propriétaire. Il aurait peut-être du mal à la retrouver par contre, mais en cherchant il récupèrerait son bien.
C’était logique oui.
L’expérience fut surprise d’apprendre qu’il était déjà loin de la ville dont il souhaitait s’éloigner, donc loin des ennuis qui le poursuivaient peut-être. Mais il savait grâce aux livres que souvent les ennuis suivaient le héros jusque très loin, alors il valait mieux qu’il s’en aille encore plus loin. Mais jusqu’où ? Devait-il partir des royaumes du sud ? Ou lui suffirait-il de changer de royaume pour être en parfaite sécurité ? Il faudrait qu’il prenne le temps d’y réfléchir.


-Oui on me cherche. Enfin il y a de fortes probabilités pour. C’est pour quelque chose que je n’ai pas fait, mais je n’ai pas de preuves que je ne l’ai pas fait et le meurtrier a disparu dans un mur donc j’étais seul à ce moment-là. Les soupçons se sont certainement portés sur moi. Alors j’ai préféré partir avant qu’on ne m’attrape.

L’expérience remua un peu pour se remettre bien, glissant légèrement vers l’arrière. Les fioles émirent un petit son. Elles devaient avoir un peu bougées avec tous ses mouvements. Il ouvrit la petite poche dans laquelle était la boite, et referma simplement le couvercle, avant de refermer la poche tout en continuant de parler.

-Mais il faut que je réfléchisse maintenant jusqu’où il me faudrait m’éloigner avant d’être vraiment en sécurité.

Il reposa ses mains sur son sac, reprenant sa position. L’eau clapotait sur leur embarcation, et il sentait les même clapotis dans son sac. Heureusement que les bocaux étaient bien scellé, Milligan et le Professeur ne souffriraient pas trop du voyage. Tale songea qu’il faudrait trouver le temps de vérifier qu’ils allaient bien. Il faudrait aussi qu’il s’injecte un peu de mana, il aurait dû recevoir une injection depuis au moins deux jours, mais il avait été trop occupé à marcher loin d’Eiren. Il se doutait que l’expérience était plus que compromise, qu’on ne le changerait plus en Gardien, surtout s’il n’était plus au laboratoire, mais il tenait à continuer le travail du professeur.
L’orc lui expliqua alors pourquoi il avait décidé de l’appeler Farfadet.


-Et je trouve que cette comparaison est bien limitée, les farfadets ne sont pas que des créatures de petite taille, elles sont aussi malicieuses, farceuses et magiques.

Pouvait-il se compter dans les êtres magiques ? Théoriquement non, il n'avait pas vraiment de pouvoirs à lui malgré qu'il en ait grâce à la mana dans ses veines, mais elle n'était pas originellement à lui.

-Quant aux brindilles elles ne me ressemblent pas non plus, ce sont des végétaux et elles ne possèdent pas de conscience qui leur est propre. Il vous serait plus simple et plus logique de m’appeler par mon nom en fait.

D’un doigt sur sa bouche, son interlocuteur lui fit signe de se taire. Tale ne dit alors plus un mot, attendant qu’on lui dise quand il pourrait parler. Il n’avait pas eu le temps de donner son nom à l’orc qui poussait la barque avec la main, se servant de la pierre des quais, alors ce dernier ne pourrait pas encore l’appeler par son nom. D’autant plus que lui-même ne connaissait pas le nom de l’orc, ou de la femme qui était avec eux. L’expérience la regarda. Elle avait l’air épuisée, et le regardait elle aussi. Il mit quelques secondes à réfléchir  ce qu’il pourrait faire silencieusement dans cette situation. Il lui offrit alors un simple sourire, signe qu’il était amical, c’est bien ce que les gens faisaient dans ce genre de cas non ? Et puis il n’avait pas pu lui sourire tout à l’heure quand elle le regardait et que l’orc le tenait au-dessus du sol. Il espérait qu’elle puisse le voir même si il n’y avait pas beaucoup de lumière.
Le métissé orc reprit la parole, doucement pour qu’on ne l’entende pas trop sur la rive, s’il souhaitait être discret. Il lui proposait de lui faire passer la frontière car eux aussi s’y rendaient pour s’éloigner du royaume, et en échange Tale devait se taire. Il trouvait cet échange étrange, peut-être qu’il était quelqu’un de désagréable à entendre parler et c’était pour son confort auditif que le semi-orc souhaitait qu’il se taise ? L’Ai-Esu avec eux pensait-elle la même chose ? En tout cas elle semblait laisser l’orc décider pour eux deux.


-Ce serait gentil de votre part, comme je ne sais pas vraiment où est cette frontière je ne sais pas comment m’y rendre. Je me tairais si c’est ce que vous souhaitez, mais cela rendra la communication entre nous un peu plus compliquée si je ne peux rien dire.




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Balafre
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Mar 30 Aoû - 23:10

-Si tu l'dis... Farfadet. Et j'te disais pas de te taire, mais de garder le secret sur ce que tu as vu sur les quais, et en échange, on te fait sortir d'ici. C'est un arrangement comme un autre.

Balafre s'était fendu d'un sourire, ce qui n'eut pas pour effet de le rendre plus rassurant, au contraire. Il s'était rendu compte que si son étrange interlocuteur était étonnamment franc, il lui manquait, et ce cruellement, une sacrée dose de second degré. Il avait failli lui demander s'il plaisantait, mais le gamin, à la peau étrange et aux yeux de biche bleus le regardait avec un tel sérieux, qu'il avait retenu son rire. Il s'était contenté de secouer la tête, incertain. Son dialogue n'avait pas vraiment de sens. C'était comme de discuter avec quelqu'un à qui il manquait... une vie sociabilité. Quelqu'un de tellement sérieux qu'il prenait tout au pied de la lettre. Il se demanda d'où sortait le môme pour être ainsi, plus que son apparence ou sa tenue qui n'étaient pas communes, son comportement était le plus étrange chez lui. Il eut un haussement d'épaules mental, et se contenta d'avancer.
Le Semi-Orc poussait sa barque à coups de perche réguliers maintenant. L'embarcation filait sur l'eau sombre du canal. La cité formait une masse d'ombres et de lumières, et une fine brume montait de l'eau, couvrant le canal et les quais qui le bordaient. Les lumières marquant les emplacements à barques étaient floues, presque tremblotantes. Le ciel était encore sombre, ils pourraient quitter Vasundhara sans encombre. Nemu semblait perdue dans ses pensées, trop occupée à recouvrer ses forces, de l'énergie pour pouvoir lancer le sortilège d'illusion qui les envelopperait avant qu'ils accostent. Il ne put échanger un regard avec elle, puisqu'elle s'était repliée sur elle-même. Balafre restait perplexe, il inspira, en proie à une réflexion, qui finalement donna lieu à une remarque :

-Tu devrais éviter de dire tout haut et aux premiers venus que tu fuis parce que tu es probablement recherché pour meurtre mon gars... Vrai ou non, et je m'en contrefous, faut avoir un peu plus de bon sens que ça l'Farfadet. Si on était pas nous même dans l'obligation de rester discrets, on aurait très bien pu te cuisiner et te ramener là d'où tu venais. Les gens recherchés, en général, y'a un prix sur leurs têtes. Et t'es parti sans savoir où tu devais aller ? C'est pas franchement futé.

Cela dit, cela ne l'était pas non plus d'embarquer tous ceux qu'ils croisaient. Il avait presque pu entendre la réflexion de la magicienne. L'air se troubla autour d'eux, et la brume qui montait de l'eau fit comme un voile autour de chacun d'eux, de la barque. Quiconque regarderait sans trop insister ne verrait rien que le canal brumeux. La perche de Balafre les poussa vers un canal creusé dans la roche. La barque s'immobilisa doucement contre un ponton. Le bois du ponton était délabré, des caisses pourries, des cordes et filets vermoulus encombraient les espaces libres. Les façades des bâtiments creusés dans la roche étaient en piteux état, et l'endroit semblait malfamé, malsain. L'eau croupissait un peu, et Balafre écrasa un moustique sur sa nuque. Il grimpa sur le ponton, alors que celui-ci aurait pu s'écrouler sous son poids, le Semi-Orc n'étant pas un poids-plume. Il amarra la barque après avoir reposé la perche dedans. Il aida le Farfadet à grimper lui aussi, puis la magicienne. Nemu se dirigea vers une des portes aux gonds rouillés, d'un pas léger.

-Gaffe ou tu mets les pieds.

Balafre dénoua l'amarre, et repoussa l'embarcation du pied. Poussant légèrement le Farfadet devant lui, ils suivirent Nemu à l'intérieur de la bâtisse, dont la porte ne fit aucun bruit lorsqu'elle l'ouvrit. La bâtisse délabrée, aux murs fissurés et aux fenêtres bardées de planches, donnait sur un couloir, qu'ils empruntèrent, jusqu'à une porte blindée. Des lumières s'allumaient sur leur passage, et s'éteignaient après celui-ci. Des glyphes brillèrent brièvement sur la porte, au contact de Nemu. Balafre fermait la marche. La porte donnait sur une pièce inoccupée, mais qui avait tout de la planque, ou du relais. De quoi dormir, se nourrir, et s'équiper. Au fond de la pièce se trouvait un escalier qui grimpait.
Nemu tituba.

-T'es trop crevée pour qu'on parte maintenant. La frontière est pas loin, mais suffisamment vu ton état pour qu'on risque de se faire choper. Autant partir demain.

Le Semi-Orc entreprit d'allumer le foyer, rien de compliqué, puisqu'il s'agissait de passer son pouce sur une glyphe gravée sur fronton de la cheminée.

-Farfadet, rend toi utile, remplir cette bouilloire d'eau. La pompe se trouve sur ta droite.

Un repas chaud et des heures de sommeil ne seraient pas de trop. Une fois sur la route, ils devraient passer la frontière Mornienne, et la région était fortement défendue. Ceux qui traversaient étaient contrôlés avec attention. Ils leur faudrait passer par un chemin détourné, cela prendrait du temps de passer par les montagnes pour repasser par... par où ? Il haussa à nouveau les épaules pour signifier que peu lui importait. Mais le voyage ne se terminait pas là. Pas après leur entrevue avec le Draemorog. Leur mission n'était pas finie, autant éviter de se faire prendre à cause de la fatigue.


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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Dim 4 Sep - 22:11

Elle s'était coupée du monde extérieur pour la fin du trajet en barque. Utiliser les pouvoirs maudits de sa famille lui avait coûté, elle avait même failli perdre le contrôle, elle aurait pu se tuer elle, le Draemorog, Balafre et même l'être étrange que le Semi-Orc avait ramassé. Elle était vidée de toute magie, et elle savait qu'ils allaient avoir besoin d'un sort de couverture, un sort simple, visant simplement à détourner l'attention de quiconque les regardait sans trop insister. Elle se replia sur elle même, se calmant, rassemblant un filet de mana, en puisant doucement dans l’éther résiduel présent dans l'eau du canal. Elle sentit à peine la barque s'arrêter lorsque Balafre attendit avant de reprendre la lente glissade jusqu'à ce qui servait de planque aux espions Cemenwinites. Alors qu'ils arrivaient à proximité, elle le enveloppa, s'aidant de la brume montant du canal. Elle lia le sort à la brume, un simple sortilège de miroir, et Balafre les mena jusqu'à un ponton semblant pourri, devant des bâtiments délabrés, abandonné. L'odeur d'eau croupie était forte ici. Elle fronça le nez. Elle vit Balafre écraser un moustique sur sa nuque. D'un simple sort venteux, elle chassa les insectes. Elle n'avait pas besoin de ça.

Elle entra la première dans le bâtiment, suivie par Tale, l'Orc fermant la marche. Le silence qui régnait était anormal, mais toute la bâtisse était imprégnée de magie, des sorts de réflexion, de discrétion, étouffant le son de leurs pas, de leur respiration, contribuant à faire du bâtiment un endroit insignifiant. Un mage sentirait les sorts, mais le bâtiment n'était pas le seul à puer la magie. De nombreux entrepôts et maisons de Vasundhara étaient ensorcelés ou avaient des objets ensorcelés à l'intérieur. Le bâtiment ressemblait à un ancien bureau d'une compagnie minière ayant mis la clef sous la porte. En entrant, il n'y avait qu'un couloir sombre, qui s'éclaira et s'assombrit sur leur passage. Nemu poussa une seconde porte, celle-ci était en parfait état, blindée, qui réagit à sa mana, s'ouvrant sans bruit.
La pièce portait toutes les traces des anciennes activités qui avaient eu lieu ici, mais elle avait été transformée pour pouvoir servir de lieu de sûr et de ravitaillement. L'escalier au fond grimpait, menant aux quartiers du dessus, pour pouvoir en suite partir par voie de terre. Une fois la porte refermée, elle sentit une nouvelle vague de fatigue s'abattre sur elle. Elle tituba jusqu'à une des couches - les leurs - et s'étala presque en voulant s’asseoir. Elle hocha simplement la tête aux paroles de Balafre, se contentant de mieux s'installer, appuyant son dos contre le mur. Elle croisa les doigts, empêchant ses mains de trembler sous le coup de l'épuisement. Elle ferma les yeux, entendant le légionnaire donner des instructions à Tale.
Bientôt, elle sentit les odeurs du feu, d'un thé fort aux épices, de la bouillie de riz qu'on réchauffe. Son ventre gronda. Elle ouvrit un œil. Balafre s'affairait autour du foyer, remuant la bouillie de riz, et découpant des lamelles de poisson et y ajoutant des pousses de bambou, des herbes et quelques cacahuètes réduites en poudre. Elle eut bientôt un bol et une cuillère entre les mains, et un tasse de thé posée à coté de son couchage. Quand elle eut manger un peu, elle finit par prendre la parole.

-On ne peut pas partir comme ça. Nous devons mettre la main sur celui qui distribue l'or ensorcelé aux charretiers et aux marchands. Revenir avec une simple pièce ne prouvera rien, et n'apportera rien...

Elle jeta un coup d'oeil à Tale.

-Tu ne manges pas ?


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Tale
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Lun 5 Sep - 18:08

-Je n’avais pas compris que vous ne parliez pas de me taire définitivement. Et je me rends compte que je ne vous aie pas donné mon nom, je suis Tale.
 
Aucune des deux personnes présente dans l’embarcation ne sembla relever qu’il s’était présenté, et aucun d’eux ne se présenta à son tour, mais peu lui importait. S’il lui semblait évident de donner son nom, ça n’était ni par politesse, ni par socialisation, mais plus par pragmatisme. Il avait demandé au Métissé qu’il serait plus simple de l’appeler par son prénom et ce dernier avait donc besoin de la connaitre si il souhaiter mettre en application une nouvelle appellation. Il réfléchit aussi à ce que venais de lui dire le conducteur de la barque.
C’était vrai que dire ce qui le poussait à partir aux autres n’étaient pas une bonne idée, les gens n’étaient pas tous dotés de bonnes intentions, certains, comme le professeur Eladris, n’avait aucune considération pour les autres et leur bien-être. A présent il serait plus prudent sur ce qu’il dirait et à qui il le dirait.
 
-Je ferais plus attention à l’avenir, je ne dirais pas à n’importe qui pourquoi je fuis quelque part.

Tale regarda le métissé Orc monter sur un ponton qui ne semblait pas solide, mais qui l’était plus que ce qu’on pouvait croire vu qu’il ne s’effondra pas sous le poids du meneur de la barque. L’expérience songea que cette solidité était peut-être dû à de la magie, une magie faisant en sorte que malgré les planches pourries et l’ensemble semblant précaire, le tout tienne parfaitement bien. Il ne s’était jamais penché sur le sujet de l’architecture et de la physique appliquée, mais il ne lui semblait pas possible que l’ensemble tienne autrement.
Le colosse l’aida à sortir de la barque un peu comme il l’avait aidé à y monter, l’attrapant par le col de sa capuche qui resta encore en place malgré cela. Il sentait le tissu se tendre sur les tiges qui étaient noyées dans ses cheveux, agrippé par elles. Du coup ses mains n’avaient pas quitté son sac et ses précieux bocaux. Ses affaires bougeaient à chacun de ses pas et maintenant qu’il ne devait plus fuir en courant il faisait alors attention à elles. Pendant que le métissé aidait la magicienne, Tale souleva un peu un pan de son sac pour en vérifier l’intérieur.
Tout allait pour le mieux, les fioles avaient bougées, certaines étaient sorties mais rien n'était cassé. Les bocaux ne fuyaient pas non plus sinon l’odeur du formol aurait été insupportable. Il remettait le pan quand le métissé le poussa un peu pour qu’il avance, suivant l’Ai-Esu qui les menait à présent.
 
Là où ils allaient tout semblait abandonné et vieux, mais aucun bruit ne se fit entendre lorsque la porte fut ouverte. De la magie étouffait les bruits et rendait tout silencieux, Tale la sentait presque lui chatouiller la peau. C’était étrange de ne pas entendre les bruits de ses pas sur le sol. La lumière s’alluma sur leur passage, s’éteignant après. Comme dans certaines parties du laboratoire. Une fois à l’intérieur d’une pièce ressemblant à la fois à une chambre et à une pièce de vie, la magicienne se mit sur un lit et ferma les yeux, assise contre le mur.


-Farfadet, rend toi utile, remplit cette bouilloire d'eau. La pompe se trouve sur ta droite.
 
A l’évidence, le métissé continuerait par l’appeler par un autre nom que le sien. Cela le perturbait, on ne l’avait jamais appelé autrement que Tale depuis qu’on lui avait donné cette identité. Les assistants s’étaient parfois donné d’autres noms entre eux, mais il n’en avait jamais eu un pour sa part. Il en avait un à présent comme le colosse ne semblait pas vouloir le nommer correctement.
Il prit la bouilloire désignée et s’exécuta, la remplissant à l’eau de la pompe. Il revint vers la cheminé par la suite, donnant le récipient plein d’eau au métissé Orc qui la fit chauffer sur le feu. Il lui demanda ensuite de lui donner quelques ustensiles, puis s’occupa sans bruits de réchauffer quelque chose à manger.


De son côté Tale retira son sac en bandoulière, le posant avec douceur à côté de lui sur une chaise. Il l’épousseta un peu et se demanda si ses nouveaux compagnons de route le laisseraient ranger les fioles, et peut-être s’injecter un peu de mana ? Enfin, ça n’était pas ce qu’il voulait faire en premier, il voulait d’abord regarder le Professeur et Milligan qu’il n’avait pas fait sortir depuis un long moment à présent. Il se demanda s’il devait retirer sa capuche, mais ne le fit pas, il n’était pas gêné de l’avoir sur la tête.
Le colosse qu’était le métissé Orc donna de quoi manger à l’Ai-Esu qui avait ouvertes les yeux, sûrement attirée par l’odeur de ce qui se réchauffait dans le feu. Le bruit qu’avait fait son ventre confirma cette hypothèse.  Une fois cela fait il lui mit entre les mains un bol contenant la même chose que celui de la magicienne, et posa aussi une tasse de thé près de lui. L’expérience regarda le contenu de son bol, sachant qu’il ne le mangerait pas. C’était étrange qu’on lui donne à manger, non ? Jamais on ne l’avait fait au laboratoire. Mais au laboratoire ils savaient tous qu’il n’était pas comme eux comme c’était eux qui l’avaient engendré. Peut-être n’était-ce pas évident à voir qu’il était si différent lorsqu’on n’était pas du laboratoire ? L’Ai-Esu ouvrit la bouche et se mit à parler, chose qu’elle n’avait pratiquement pas faite au contraire de son compagnon métissé.

Le fait qu’on ne remarque pas qu’il n’avait aucune possibilité de manger était l’hypothèse la plus probable. Il fallait qu’il l’explique alors, et surtout qu’il rende sa nourriture à l’orc, elle ne lui était d’aucune utilité à lui, les deux compagnons en avaient plus besoin que lui. Il allait le dire quand la magicienne le regarda et lui posa une question ayant justement rapport à la nourriture qu’il tenait.


-Tu ne manges pas ?
 
L’expérience secoua  négativement sa tête encapuchonnée, gardant le bol de nourriture entre ses mains.
 
-Non, je n’ai pas besoin de manger. Je ne suis plus fait biologiquement pour manger. Mon système digestif m’a été retiré bien avant ma « venue au monde ».
 
Tale tendit dans le même temps son bol vers le métissé Orc qui était plus proche de lui que l’était la magicienne. La nourriture dégageait encore un peu de vapeur, elle n’avait pas trop refroidit. Le thé non plus.
 
-Vous en aurez un meilleur usage que moi.




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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Dim 2 Oct - 22:12

Elle plissa doucement les yeux, méfiante. Tale, puisqu'il avait dit s'appeler ainsi, tendait bol et tasse de thé à Balafre. Nemu suspendit son geste, reposant sa cuillère dans le bol de bouillie de riz. Sa réponse était étrange. Mais tout son comportement était étrange. N'importe qui d'autre de sensé n'aurait pas engagé amicalement la conversation avec deux individus plutôt louches, voire dangereux. Quelqu'un de sensé aurait tenté de négocier, de se débattre, de fuir, mais quelqu'un de sensé se serait aussi débarrasser de tout témoin gênant... Elle échangea un regard avec Balafre, un regard qui en disait long. Le semi-orc était surpris, ne sachant que faire. Elle, elle était plus méfiante, plus prudente. Elle en appela, discrètement, à sa magie, le peu qu'elle avait réussi à reconstituer durant ces quelques minutes de répit. Elle réfléchissait, Tale semblait, à première vue, inoffensif, mais elle aussi, pouvait avoir l'air de ne pas y toucher. Et si, ceux qu'ils cherchaient les avaient trouvés avant qu'eux ne les trouvent ? Si Tale était dangereux ? Balafre aurait dû lui briser la nuque. Elle avait désapprouvé la décision du légionnaire. La dernière fois que quelqu'un avait voyagé avec eux, ils avaient dû affronter un détachement Mornien, qui avait failli les laisser sur le carreau.
Tout chez Tale criait l'étrangeté. Comme si... Et elle mit enfin le doigt dessus. Tale se comportait de façon étrange, mais rien ne laissait penser qu'il manquait d'intelligence. Au contraire. Son discours, sa façon de se mouvoir, d'être, tout ressemblait à une mécanique bien huilée. Des phrases apprises par coeur. Un comportement à la fois familier et étranger. Quelque chose la dérangeait chez lui depuis le début. Et c'était cela. C'était comme si Tale essayait de reproduire par imitation, par connaissance, le comportement des autres. Mais qu'il était trop... étranger à cela pour y arriver parfaitement. Elle avait été trop épuisée pour y réfléchir convenable, occupée à ne pas tomber de fatigue, à ne pas laisser les ombres avec qui sa famille avait passé un pacte, la dévorer. Elle avait senti l'espèce d'aura, comme une auréole de mana qui flottait autour de Tale, piquant légèrement sa langue. Mais certains praticiens ou élus dégageaient le même genre d'énergie. Mais chez Tale, la mana ne provenait pas de lui. Ou plus exactement d'une cause naturelle.

Un silence pesant planait dans la pièce, la sensation de malaise grandissant. Nemu fit un geste du poignet. L'ombre de sa main s'étira, celle de son bras la suivant, et un bras fin aux doigts beaucoup trop longs, et beaucoup trop tangibles pour des ombres fila jusqu'à Tale, rabattant sans douceur, mais sans grande brutalité non plus, sa capuche. Une masse de cheveux clairs, s'échappa alors, encadrant un visage ni masculin ni féminin. Nemu pensa d'abord à un Ai-Esu, mais la peau de Tale démentait cette hypothèse. Sa peau ressemblait aussi à du métal, claire, irisée, presque marbrée parfois, et surtout couvertes de runes, non pas tatouée, mais gravée, à l'instar de la rune encastrée dans la roche du foyer. Ces runes formaient des lignes, des courbes, sur son visage, descendaient sur son cou, disparaissaient sous le col de ses vêtements. Des lignes sombres, presque ternes. Nemu ne s'était pas attendu à ça. Elle se projeta autrement, regarda autrement, et Tale était... presque comme une lampe au milieu des sortilèges qui imprégnaient et défendaient cet endroit. Il ne brillait pas fortement, comme s'il lui manquait quelque chose, comme un feu dont l'intensité baisse, et qui n'attend qu'une bûche pour repartir.
Il y avait de la lumière dans le sac. Elle cligna des yeux, se débarrassant de la vision. Elle se redressa, posant son repas au sol. Elle s'aida des ombres pour se remettre debout. Elle fit quelques pas.

-Balafre, son sac. Il y a quelque chose dedans. Oh non ! Si j'étais toi, je ne bougerai pas. J'ai moins de scrupule que lui à ôter des vies.

La main d'ombre avait enserrer ses doigts autour de la gorge de Tale, y exerçant une légère pression, dissuasive. Nemu n'hésiterait pas à serrer, à broyer la trachée de Tale, voire de lui arracher la tête si nécessaire.

-Qui es tu ? Ou plutôt, qu'est ce que tu es ?


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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Dim 2 Oct - 22:36

Il servit un bol généreux de bouillie de riz améliorée à Tale, et s'apprêtait à se servi quand Nemu l'interpella. Balafre fut satisfait de voir qu'avec quelques cuillerées de nourriture chaude, la magicienne semblait avoir repris des couleurs. Elle avait été plus que pâle durant leur trajet en barque, silencieuse au point qu'il avait failli s'en inquiéter. Mais Balafre ne comprenait pas grand chose à ces histoires de magie, et ne savait pas trop ce qu'elle était capable de faire. En revanche, il savait que cela lui coûtait, qu'il y avait des risques. Il n'était peut-être pas suffisamment intelligent pour décider de la suite de l'opération, mais il l'était pour savoir quand il fallait s'arrêter pour se reposer. Ils avaient été envoyés pour trouver un campement, n'avait trouvé qu'une piste, bien mince, mais qui selon Nemu menait aux réponses que ce posait leur souveraine. Lui, n'y entendait rien à tout cela. Il faisait ce pourquoi on l'avait formé. Cogner et s'occuper des aspects pratiques, trouver un abri pour la nuit, de la nourriture, des montures, un chemin sans patrouille... Il se savait trop stupide pour le reste. Tout comme il était trop stupide pour pouvoir entrer dans les jeux de pouvoir de Cemenwin. Il avait toujours refusé d'user de sa place de favori, préférant de loin, mener sa vie de légionnaire. Sans intrigue compliquée.
Il haussa les épaules, signifiant qu'il ferait ce qu'elle voulait. S'il fallait battre la campagne pour retrouver des chariots, et un mystérieux acheteur qui se déplaçait de cités en cités, alors il le ferait. Elle décidait. Il allait lui dire que l'employeur du conducteur de chariot n'était probablement pas à Cyriaca, mais soit... Quand elle posa une question à Tale. Il faillit lui demander, sur le ton de la plaisanterie, si sa cuisine n'était pas bonne, quand il entendit la réponse.
Le semi-orc se figea, fronçant les sourcils. Avait-il bien entendu ? Tale lui tendit bol et tasse. Qu'il prit, machinalement.

-Elle est bien bonne celle-là, dis plutôt que t'aime pas ça...

Il posa la nourriture sur la table, attendant une protestation, puisque Tale semblait tout prendre au pied de la lettre, mais le silence se prolongea. Cela n'annonçait rien de bon. Il secoua la tête, et incertain, regarda Tale, puis la magicienne. Tous les deux avaient l'air sérieux. Nemu avait même l'air méfiante. Balafre décida qu'il ferait mieux de la boucler. Puis, il ressentit le frisson de malaise habituel quand Nemu utilisa sa magie. Elle lui avait un jour expliqué que les ombres qu'elle utilisait avait été des gens, comme elle. Des Oro Ji. Elle finirait comme ça elle aussi. Balafre n'avait pas rien compris, sauf qu'elle servirait d'arme à une future Oro Ji. Un jour. Une main ombreuse, difforme, dévoila ce qu'il avait entrevu sous la lourde capuche du Farfadet.
Balafre resta immobile, attendant un ordre. Tale ressemblait à un Ai-Esu taillé dans du métal, un métal dans lequel on aurait gravé des runes. Balafre n'avait jamais rien vu de tel. Il dévisagea Tale, mais fut sorti de sa transe par un ordre. Il hocha la tête. L'imposant Semi-orc contourna Tale, Nemu coupant court à toute tentative de protestation. Il jeta un regard désolé au Farfadet qui semblait clairement en détresse maintenant. Quand il prit la sacoche, les objets à l'intérieur firent le même bruit que des verres qu'on cogne pour trinquer. Il ouvrit rapidement le rabat. Il sortit deux bocaux. Le premier contenait une main d'homme, le second un cœur. Les deux trempaient dans du liquide, probablement pour les conserver. Il sortit aussi d'autres objets, dont quelques livres, et une boîte contenant des petites fioles de liquide brillant.

-Bordel... Nemu, regarde.

Balafre souleva le bocal contenant la main, le montrant à la magicienne dont le regard se durcit, pour se poser, presque furieux, sur Tale. Le légionnaire se tourna vers le Farfadet.

-Putain... Me dis pas qu'on te cherche à cause de ça ? T'en as buté combien comme ça...



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Tale
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Lun 3 Oct - 12:40

Il y eut un silence pesant. Tale ne savait pas vraiment pourquoi tout le monde se taisait. Peut-être que sa formulation était un peu trop étrange ? Pourtant ça n’était que la vérité, il n’avait pas de système digestif, il ne pouvait donc pas manger quelque chose, vu que la nourriture ne pourrait pas être digérée. Elle irait dans son larynx et son œsophage, mais elle ne pourrait pas continuer, donc devrait ressortir. Est-ce qu’il fallait qu’il leur explique mieux ce qu’il était alors ? Ça ne devait pas être clair pour des êtres normaux ce qu’il venait de dire.
Il sentit quelque chose, une sensation qui lui picota le bout du nez. Il ne savait pas trop ce que c’était, à part qu’il avait le même picotement lors des injections de mana qu’il avait eu au laboratoire. Le temps qu’il se demande ce que c’était et sa capuche tombait de sa tête d’une manière peu naturelle. Ses  cheveux s’échappèrent et les regards de Nemu et du métissé orc lui firent comprendre que ce qu’ils voyaient ne leur disait rien, qu’il ne leur inspirait pas confiance et peut-être autre chose… Il ressentit un pincement au cœur, ils avaient le même regard que certains gardes affectés spécialement à la surveillance des laboratoires avaient eu en le voyant.
L’expérience, vexée, allait dire quelque chose, leur demander ce qu’ils avaient, pourquoi le regarder comme ça alors qu’il avait juste une apparence différente de la leur.


-Balafre, son sac. Il y a quelque chose dedans.

Dès que Nemu eut dit le mot sac, sa sensation d’être vexé fut balayée pour laisser place à une panique semblable à celle qu’il avait ressentie quand il avait cru que le passe muraille l’avait retrouvé. Ou comme quand il avait vu le professeur mourir et qu’il n’avait rien pu faire. S’ils regardaient dans son sac et qu’ils cassaient les bocaux ou les fioles ?! Il essaya de reprendre son sac contre lui, mais quelque chose lui serra la gorge.

-Oh non ! Si j'étais toi, je ne bougerai pas. J'ai moins de scrupule que lui à ôter des vies.

Le métissé orc le regarda, avec un air désolé, Tale lui ne savait pas quoi faire. Il avait du mal à faire le rapprochement des évènements des derières secondes. Ils étaient en lieu sûr, avaient passé un marché et maintenant une main qu'il ne pouvait voir enserrait sa gorge, menaçant de lui broyer la trachée. La panique l'empêchait de réfléchir convenablement. Il ne voulait pas mourir, mais il ne voulait pas qu’ils fassent du mal au Professeur ou à Milligan. Les organes étaient bien conservés, mais ils n’en restaient pas moins fragiles. Il ne voulait pas qu’ils prennent trop la lumière, il ne fallait pas sinon il pouvait y avoir des lésions. Et les fioles de mana étaient précieuses aussi, mais sentimentalement bien moins que les bocaux.
En voyant le bocal soulevé hors du sac, le cœur de Tale s’accéléra. Il sentit le cristal de quartz vibrer dans sa poitrine, ses runes émettant une très faibles lueur, mais il retint cette sensation de trop plein cette fois. Non, s’il le laissait imploser comme la dernière fois il briserait les bocaux. La main avait un peu plus serrée sa gorge


-Putain... Me dis pas qu'on te cherche à cause de ça ? T'en as buté combien comme ça...

Il réagit d’une voix suppliante.

-Je n’ai tué personne, je vous l’ai dit ! Faites attention, vous allez l’abimer, il ne faut pas que vous l’abimiez, c’est tout ce qu’il me reste d’eux, faites attention s’il vous plait ! Reposez-le…

-Qui es-tu ? Ou plutôt, qu'est-ce que tu es ?

Tale comprit que si il ne répondait pas il risquait de perdre la vie, ou de voir le Professeur et Milligan se faire détruire par le métissé Orc. Alors il expliqua tout ce qu’il savait sur lui, en espérant que ça leur suffise pour lui rendre son sac et ne plus le menacer alors qu’il n’avait rien eu contre eux depuis le début. C’était eux qui l’avaient emmené, pas lui qui avait décidé de les suivre…

-Je suis un sujet de laboratoire né d'une expérience, j’ai été créé dans un laboratoire, j’ai été généré grâce à la fusion de cellules provenant de différents Gardiens et j’aurais dû en devenir un jusqu’à ce qu’un Passe Muraille ressemblant à un cadavre tue le Professeur Masahiro, celui qui m’a créé avec le Professeur Dhritarash, et qu’il me dise que tout le monde allait croire que c’était moi qui l’avait tué parce qu’il était partit et qu’il n’y avait donc que moi dans la même pièce que le professeur et qui aurait donc pu le tuer.

Il reprit sa respiration après cette phrase bien trop longue dite d’une voix paniquée et pleine de supplique. Son cœur ralentit un peu, mais la panique ne le quitta pas encore, pas tant qu’il n’aurait pas son sac avec lui, contre lui. Pas tant que le Professeur et Milligan ne seraient pas en parfait sécurité dans son sac. Il fallait qu’il explique ce qu’étaient les bocaux, qui ils étaient, les fioles aussi.

-Je suis alors partit et j’ai pris un morceau du Professeur Masahiro pour pouvoir le garder auprès de moi, mais comme je ne pouvais pas tout prendre pour des raisons évidentes de taille, de masse et de conservation, j’ai juste pris sa main. Le cœur c’est celui de Milligan, c’était une expérience comme moi, mais il est mort parce qu’il n’a pas supporté une des injections de mana qu’on nous a faite, il avait une allergie latente à la composite de la mana sous forme liquide qui s’est réveillée.

Il sentait son cœur battre moins vite, conservant tout de même une course plus rapide qu’à l’habitude. Il avait donné les informations qu’ils demandaient et il expliquait la présence des organes dans son sac. Il fallait juste qu’il explique les fioles, qu’il leur dise ce qu’elles étaient et ça devrait leur aller, ils allaient le lâcher et lui laisser reprendre ses affaires.

-J’ai trouvé le bocal avec son cœur dans le laboratoire et j’ai voulu le garder parce que depuis son décès je n’avais plus rien de lui, ses affaires avaient été détruites. Quand je suis partit je l’ai pris aussi pour qu’il reste avec moi comme pour le Professeur Masahiro. J’ai aussi pris des fioles de mana liquide, parce que je veux continuer à mener l'expérience qui a rythmé ma vie, même si je n’atteindrais pas la dernière étape car je ne connais pas tous les tenants de l’expérience et que j’ignore comment ils comptaient faire pour me changer...

Il osa un léger mouvement de sa main droite, lentement exécuté pour ne pas surprendre la magicienne ou le métissé Orc qui étaient aussi tendus que lui était paniqué, tendant juste la main vers ses affaires posées sur la table. Il regardait la magicienne qui semblait être celle qui prenait les décisions.

-Est-ce que je peux les récupérer… S’il vous plait…




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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Dim 19 Fév - 21:02

Balafre lui montra les bocaux et chaque objets conservés dans le sac de Tale qu'elle tenait toujours fermement. Les ombres lui chuchotaient de l'étrangler, mais elle les ignora. Elles étaient toujours assoiffées de meurtre et jamais apaisées. Elles ne le seraient jamais. C'était la malédiction de sa famille. Elle écouta les explications précipitées, attentive, réfléchissant, remettant les pièces du puzzle en place.
Elle relâcha son étreinte et les ombres sifflèrent. Elle regarda Balafre et hocha la tête. Oui, il pouvait récupérer ses trésors.

-Tu fuis ceux qui ont demandé ta création.

Ce n'était pas une question mais bien une affirmation. Si Tale venait de Cyriaca, il fuyait le Roi Immortel et sa reine. Elle réalisait aussi que des scientomages, dont un mornien, avaient été prêt du but, que Tale n'avait pas été leur seule créature. Et surtout, créer des Gardiens ne devrait pas être possible. La création des gardiens était une histoire sanglante, où des mortels se sacrifiaient à un dieu oublié pour protéger son épouse durant les guerres divines. Ils mourraient jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une poignée d'entre eux. Les Gardiens étaient réels, l'Empire en avait abattu un durant la dernière guerre. Nemu fit rapidement le lien avec les rapports provenant de l'Empire, huit ans auparavant, quand Argental Tar Sùrion avait déclenché une nouvelle guerre civile, s'emparant de la capitale et plantant sur des piques les têtes de Kaliciar, son entourage et mettant à mort des dizaines de scientomages et leurs assistants. Les espions de Morwen Nil'Dae avait glané des informations sur les laboratoires fermés et rasés par le nouvel empereur, découvrant des fosses contenants des cadavres d'être difformes. Chyrlion Kaliciar avait essayé de créer des Gardiens. Cyriaca avait essayé de grossir les rangs de ceux qu'elle possédait déjà. Et quand elle avait été sur le point de réussir, quelqu'un avait fait assassiner la tête pensante du projet.

-Le passe-muraille. Il avait l'air d'un cadavre n'est ce pas ?

Les souvenirs du Draemorog dont elle avait envahi l'esprit s'imposaient à elle. C'était un peu trop gros pour qu'il y ait plusieurs passes-murailles en activité dans le royaume divin. Surtout un dont les affaires arrangeait l'Empire. Qui était-il ? Pire encore... et si les scientomages de l'Empire avaient réussi ? Que l'Empire avait des Gardiens ? Ils devaient rentrer. Mais ils avaient une mission pour laquelle ils avaient été mandatés. Ils devaient retrouver la piste de ce que l'état major de la légion noire soupçonnait être une armée en mouvement. Et si la réponse de celui que Balafre appelait Farfadet était positive, alors il était impératif de savoir ce qui se tramait. Il en allait peut-être de la sécurité de Cemenwin. Le royaume s'était battu pour son indépendance, et l'avait gagnée en payant le prix fort et en faisant jouer des alliances avec d'autres. Mais si une guerre avec deux cotés possédants des Gardiens éclataient, elle n'était pas certaine que le vainqueur s'arrête à une seule victoire.
L'expression sur le visage de Tale lui donna sa réponse avant même qu'il prononce un mot.

-Nous le cherchons, pour une autre raison. Tu comprends notre méfiance. Il semblerait que ce passe-muraille ait des agents partout. Et nous n'avons pas vraiment de moyen de faire la distinction entre eux et les autres.

Ses pensées continuaient de défiler, et il lui vint à l'esprit que le Farfadet qui tenait tant à ses bocaux, était probablement la chose la plus précieuse de cette pièce. Cemenwin pourrait trouver un intérêt à avoir... le Farfadet dans ses frontières. Elle hésita. Devait-elle continuer sa mission ou simplement le ramener ? Étaient-ils de taille ? C'était une chose d'infiltrer Cyriaca et l'Empire, une autre de servir d'escorte à un fugitif qui avait probablement le Qillaq à ses trousses et dont le signalement devait avoir été transmis. Il avait été chanceux jusqu'ici. Il avait dû éviter les villes et villages, les routes pour pouvoir arriver jusqu'ici. Son plan avait cependant eu une faille, il n'aurait jamais pu s'enfuir de Vasundhara en prenant une barque. Le lac Yrun ne menait qu'au Naeros qui descendait jusque dans les mers du Sud, et Tale n'aurait fait que rebrousser chemin. Sauf si le navire qu'il avait cherché était pour gagner une partie moins fréquentée des gorges, grimper et passer dans l'Empire. Elle songea que les Dieux avaient bien d'étranges desseins pour qu'ils se soient croisés.


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Balafre
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Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Dim 19 Fév - 21:27

Un long silence plana suite aux révélations du Farfadet. Balafre regarda la magicienne, se sentant complètement paumé. Qu'est ce que c'était que cette putain d'histoire ? Encore un putain de bourbier qui leur tombait sur le coin de la gueule. Le Farfadet était probablement rechercher si ce qu'il disait, était vrai. Et Balafre n'avait pas le sentiment qu'il était capable de mentir. Il n'avait même pas de second degré. Le légionnaire reposa soigneusement le bocal qu'il tenait, éloignant même l'autre du bord de la table. Il croisa en suite ses bras musclés sur son poitrail, perplexe. S'il avait compris au moins une chose, c'était le besoin d'emporter le souvenir des morts. Des tas d'époux de légionnaires portaient les plaques militaires de ceux tombés au combat pour se consoler. Il ignorait si ça fonctionnait vraiment, mais ça avait l'air important pour ces gens autant que pour le... le quoi ? Le Farfadet n'était même pas naturel. Il n'était pas né de deux êtres mais des expériences de scientomages suffisamment siphonnés pour se prendre pour des Dieux. Balafre lâcha une série de jurons impliquant la déesse du savoir et de la magie dans des positions sexuelles. Il passa une main sur son crâne où il put sentir ses cheveux repousser, avant de la passer sur son visage.
Nemu semblait avoir pigé plus vite, mais elle avait accès à des informations qu'il n'avait pas. Il n'était pas un espion, du tout moins pas un espion du même degré qu'elle. La magicienne s'occupait bien plus de politique que lui. Balafre se contentait de l'escorter, il était ses muscles. Quant il était espion son rôle s'apparentait plus à celui d'un éclaireur. Il repérait le terrain, prenait contact avec les locaux, se fondait quelques temps parmi eux, apprenait ce qu'il fallait savoir sur le coin, et repartait, pour revenir avec une force armée plus grande. Balafre ne s'occupait pas de politique, une raison pour laquelle il avait accès au lit de la reine, il ne risquait pas de se servir de ça pour obtenir des faveurs ou vendre des informations à quiconque. Il était trop borné et trop loyal pour ça. Et s'il ne savait rien : on pouvait bien fouiller dans son crâne, il n'y aurait rien à trouver.
Visiblement, la magicienne avait une vraie longueur d'avance. Balafre ne posa pas de questions, mais lui aussi savait additionner deux et deux. Il avait parfaitement compris la partie sur la création de plusieurs êtres pour en faire des Gardiens, et compris aussi que quelqu'un avait mis fin au projet de façon brutale. Nemu pouvait faire des saloperies avec ses ombres, mais Balafre éprouvait une aversion violente envers les gens qui pensaient pouvoir jouer aux Dieux. Pire, il avait croisé la route d'un illuminé qui voulait devenir un Dieu. Celui là n'avait probablement pas réussi, puisque aucune nouvelle figure n'était apparue au panthéon.

-Récupère tes affaires. Dans le bouquin, il y a quoi ?

L'Orc se déplaça pour simplement reprendre sa pitance. Aucune raison de ne pas manger maintenant que l'incident était clos. Le Farfadet n'était pas un ennemi, c'était même le contraire. Il avait croisé la route de celui qu'ils cherchaient, apparemment. Il assit son imposant corps et entreprit de manger.

-Avant de continuer à bavasser, je voudrais simplement te faire remarquer, Farfadet, que tu as probablement un plus gros problème que nous, ou le passe-muraille. Tu as probablement tout le Bahram à tes trousses, ce qui veut dire qu'il va falloir faire profil bas jusqu'à que nous soyons sorti de Vasundhara.

Il mangea une grosse bouchée, s'essuya d'un revers de poignet.


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Tale
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Date d'inscription : 29/05/2009

MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre   Lun 27 Fév - 19:33

Lorsqu'il sentit la main sur sa gorge se desserrer puis le lâcher, le cœur de Tale ralentit encore plus sa course. Ses explications avaient suffis, elles leur convenaient et ils acceptaient qu'il récupère ses affaires. Main toujours tendue pour sa part, il alla vers les bocaux qu'avait soigneusement posé le métissé orc sur la table. Dès qu'il posa un doigt sur celui contenant le cœur de Miligan, sa panique se changea instantanément en une vague de tendresse. Il eut un grand sourire et serra le bocal contre lui, sentant les battements de son propre cœur imprimer son rythme sur le verre. Il reposa soigneusement le bocal sur la table, et fit la même chose avec celui du professeur Masahiro. Ils étaient saufs, ils le resteraient. Leurs bocaux n'étaient pas abîmés, leurs organes non plus. Malgré le voyage ils n’avaient rien. C’était dû aux précautions de Tale, mais aussi aux bocaux étroits qui maintenaient les organes correctement.

Lorsque la magicienne lui demanda si le passe muraille ressemblait à un cadavre, il la regarda en se demandant comment elle pouvait le savoir ? Le connaissait-elle ? Ou bien elle avait usé de magie pour lire dans son esprit ? Non, ce dernier point n'était pas possible, les professeurs avaient fait en sorte qu'il défende son esprit en permanence. Il ne pouvait pas entrer dans l'esprit des autres, mais savait parfaitement protéger le sien, car non seulement ses connaissances personnelles étaient précieuses, mais aussi le peu qu’il savait de l’expérience dont il était l’élément central. Il revint aux bocaux en répondant.


-Oui.

-Nous le cherchons, pour une autre raison. Tu comprends notre méfiance. Il semblerait que ce passe-muraille ait des agents partout. Et nous n'avons pas vraiment de moyen de faire la distinction entre eux et les autres.

L’expérience hocha la tête tout en restant concentré sur la recherche d’éventuelles micros fissures sur les bocaux en les effleurant du bout des doigts et en jouant avec la lumière.

-Je comprends oui. Il est vrai que moi-même j’ai cru que vous étiez le passe muraille lorsqu’il y a eu du bruit et des ombres dans la ruelle, alors que si vous le cherchez, vous n’êtes pas avec lui. Et mon physique atypique ne doit pas aider à faire que l’on me fasse confiance d’emblée, après tout c’est mon apparence qui dans un premier temps vous a fait réagir. Cela et le fait qu’à la différence de tous je ne mange pas.

Tale pris son sac et l'ouvrit assez grand. Il posa au fond une veste, mit avec tendresse les bocaux dessus et les enveloppa avec une seconde veste. Il allait prendre le gros livre qu'il avait pris avec lui lors de sa fuite quand le métissé orc lui posa alors une question sur son contenu.

-C'est un recueil de traités sur les différentes étapes à mener pour soigner une nécrose des organes internes, sur les différentes façons d'arriver à ce diagnostic sans avoir à procéder à une opération risquée pour le patient, sur la greffe d'organes sains, et la prévention à mettre en place pour que ça ne se produise pas lorsqu'on reçoit un blessé grave.

Tout en énonçant le contenu du livre, il le rangeait, calant les bocaux avec lui d'un côté, et laissant un espace de l'autre côté pour pouvoir mettre la mallette de fiole. Il fallait d'ailleurs qu'il en vérifie le contenu. Il l’attrapa, la faisant glisser sur la table et l’ouvrit complètement. Un des deux loquets n’avait pas tenu, il s’était ouvert laissant les fioles partir des petits écrins fait exprès pour elles.

-Il y a aussi quelques rapports d’interventions chirurgicales à but médical qui ont été faites dans les laboratoires.

Il prit chaque fiole afin de vérifier comme pour les bocaux leur état. Il en repéra quatre fissurées, mais ça n’était que superficiel. Il les replaça toutes correctement, ses gestes étant mesurés et précis. Il referma les loquets et cala la mallette dans son sac. Le sac revint à sa juste place, sur son épaule, et ce fut comme si rien ne s’était passé. Sa capuche, la poigne de l’Ai-esu, ses précieux bocaux exposés et en danger, sa panique et ses supplications pour qu’on lui rende ses biens et défendre son innocence. Il prit même le temps de revenir s’assoir exactement là où il se trouvait avant de finir de répondre à Balafre. Ce dernier lui avait aussi fait remarquer qu’il avait sûrement plus d’ennuis que prévus, il avait l’armée qui le rechercherait.  

-Le passe-muraille me l’a dit avant de disparaitre, que l’armée viendrait pour m’arrêter et pour me tuer à cause de mon implication présumée dans le meurtre du professeur. C’est pour cela que j’avais ma capuche, pour qu’on ne me voie pas. J’ai aussi beaucoup marché la nuit car je n’ai pas la nécessité de dormir. Je peux le faire si je le désire mais ça n’est pas une obligation comme pour les autres êtres vivants. Après pour le bateau je n’étais pas sur de ce que je devais faire ou non. Je ne suis jamais sortie, je n’ai pas non plus pris la peine d’étudier la géographie du royaume, j’ai juste suivit la route sortant d’Eiren au début, puis quand j’ai vu les montagnes je suis allé vers elle en suivant quelques marchands de loin.

Une réflexion lui vint à l’esprit. S’il avait une armée à ses trousses, Nemu et Balafre ne voudraient sûrement pas s’encombrer plus longtemps de lui. Ils avaient l’air de vouloir être discrets et ils cherchaient le passe-muraille que lui fuyait d’une certaine manière. La promesse de l’emmener à la frontière lui sembla caduc et avec raison. Qui voudrait risquer de se faire avoir avec un fuyard recherché pour meurtre.

-Après, si vous ne souhaitez plus m’emmener à la frontière et que je parte dès à présent je peux le comprendre, c’est aussi dangereux pour vous que pour moi si je reste. Vous pourriez être pris pour mes complices sans avoir réussis à avoir trouvé le passe-muraille. Je promets quand même de ne rien dire sur vous et de ne pas divulguer ce que j’aurais pu voir ce soir.




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Mauvaise rencontre

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