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Aranea Myndil
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MessageSujet: Oups...   Dim 20 Sep - 11:42

Le soleil se couchait au-delà du dôme de Cemenwin. Une brise fraîche faisait frissonner la cime des arbres perchés dans les montagnes avoisinantes. Parmis les nuages cramoisis, poupres et violets, les aéronefs flottent gracieusement vers leurs différentes destinations, formant un ballet aérien des plus aléatoires. Si à ce moment précis, un passant avait admiré le spectacle, peut-être aurait-il aperçu deux lueurs bleutées, presque fantomatiques, passer dans le ciel. En effet, dans les cieux qui se voilaient d'obscurité, deux dragons à l'apparence exotique volaient. Enfin, le terme exact serait davantage «tentait de poursuivre sa route» dans le cas du plus imposant des deux. La trajectoire de ce dernier périclitait, tanguant dangereusement dans les airs. Le deuxième dragon, de taille nettement plus modeste, s'en inquiéta.


* Mère? Est-ce que tout va bien? *


La dragonne, enfin l'Eldarine, tentait de battre tant bien que mal ses majestueuses ailes plumeuses. Rien, mis à part sa trajectoire cahoteuse, ne trahissait la fatigue dans son corps écailleux et cristallin. Néanmoins, épuisée, Aranea l'était assurément. La fuite avait été longue depuis Dhaval. Heureusement pour elle et Thurinion, leur objectif était enfin à portée.


* Ne t'inquiète pas pour moi… Ce ne sont que les turbulences aérienne.

Nous y sommes presque. *


Alors qu'elle poursuivait obstinément sa route, la nécromancienne percuta violemment une aéronef. L'impact la sonna, mais l'envoya surtout valdinguer beaucoup plus loin. Tentant avec plus ou moins de succès de se rétablir, l'Edarine toujours sous sa forme draconique zigzaguait erratiquement au-dessus du dôme, Thurinion paniqué à sa suite. Ce qui devait arriver se produisit : Aranea chuta, trop étourdie pour continuer de voler correctement. Son familier ne pouvait que la regarder, impuissant, alors qu'elle défenestrait une haute tour toute de pierres sanguines. Avec un soupir, il partit à sa suite, priant pour que l'événement ne les mette pas déjà dans les mauvaises dispositions des Cemenwiniens. Au milieu des éclats de verre, la nécromancienne reprit sa forme originelle, celle d'une drow malingre aux traits tirés par la fatigue, avec un gémissement de douleur. Confuse, elle resta ainsi, à plat ventre, durant plusieurs longues minutes, jusqu'à ce qu'un mouvement en dehors de son champ de vision la force à se redresser péniblement. Sa vision, d'abords floue, s'ajusta finalement. Son regard inexpressif et calme se posa vers la source du bruit. Les commissures de ses lèvres montèrent légèrement pour tenter un sourire, mais ses yeux hagards lui donnèrent plutôt l'air étrange, surtout si on considérait qu'elle était agenouillée au beau milieu du verre éclaté, un dragon de la taille d'un cheval derrière elle.


Oh… Bb-bonsoir. Aranea Mm-myndil, pour vous servir.


Malgré son bégaiement, sa voix restait étrangement calme, presque détachée, aucun signe de nervosité ne se lisant sur son visage.
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Blaithin
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MessageSujet: Re: Oups...   Lun 21 Sep - 0:02

Le crépuscule tombait sur Cemenwin et sur Rougeaiguille. L'ombre de la haute tour aux pierres cramoisies s'étiraient sur l'esplanade qui s'étendait au pied des marches qui entouraient sa base. Autour de l'esplanade, les différentes bâtisses bourdonnaient encore d'activité, leurs fenêtres déjà illuminées. La foule, si dense durant la journée, était maintenant plus clairsemée autour des nombreuses fontaines qui ornaient la grande place. A cette haute, elle voyait clairement le motif que formait le dallage de la place, les dalles plus sombres se détachant des dalles claires. Elle avait aussi une vue imprenable sur le restant de la cité. Cemenwin était baignée de rouge et d'orangé. Les flèches des hautes tours du palais de la reine se découpait dans le ciel. Les baraquements de la Légion formaient une structure d'une rigueur géométrique presque excessive, au pied de la colline sur laquelle se dressait le palais. Autour, les différents quartiers s'étendaient, formant des cercles concentriques, aux chemins tortueux, rendant l'accès difficile pour toute armée ennemie qui tenterait de prendre d'assaut la capitale. Elle voyait parfaitement le but défensif de l'architecture. Après tout, Cemenwin avait été bâtie en prévision d'une guerre. Elle voyait aussi les murs d'enceintes, les anciens, qui formaient un anneau au milieu des quartiers, puis les nouveaux, des remparts épais, qui ceignaient toute la cité. Plus loin encore, avant que l'horizon ne devienne flou, elle pouvait voir un morceau du pays. Elle percevait aussi la légère démarcation magique du Dôme qui protégeait les Nocturnes de la lumière de Naran. Le Dôme, s'il était regardé sous le bon angle, et avec la bonne lumière, formait des motifs complexes, manifestation physique du sortilège à l'origine de sa création et de son maintient.

Elle s'arracha à sa contemplation. Elle cligna des yeux. Ses yeux rougis, injectés de sang. Elle vérifia, dans un geste machinal, qu'elle portait bien l'étui de ses lunettes aux verres teintés sur elle. Elle passa sa langue sur ses lèvres sèches. Elle resta tournée vers la fenêtre pour sortir un petit écrin rond et métallique de son son épais vêtement sombre. Dévissant le couvercle, elle trempa un doigt dans le baume graisseux et parfumé, avant de s'enduire les lèvres. Elle referma l'écrin, qui disparu dans un éclat dans les replis de sa tenue. Elle remonta en suite le foulard qu'elle portait, cachant le bas de son visage. Elle vérifia aussi que sa capuche cachait son crâne à la chevelure presque inexistante. Blaithin aimait cet instant, où le temps semblait suspendu, et où ses yeux ne souffraient plus sous la lumière vive. Elle pouvait alors remiser ses lunettes dans leur étuis. Elle referma le lourd volume ouvert sur la table devant elle. Les pages jaunies eurent un mouvement d’éventail, avant que le poids de l'épaisse couverture de cuir les aplatisse. Elle promena son regard sur les rayonnages de la salle. Elle était dans une des nombreuses salles de lecture de la tour. Les livres étaient accessibles à tous, et chacun pouvait venir lire les ouvrages. Elle aimait l'odeur des livres, et la paix qui régnait dans les hauteurs de la tour, un silence feutré qui lui convenait. Les bibliothécaires de Rougeaiguille ne prêtaient plus attention à la haute et fine silhouette encapuchonnée, elle venait depuis qu'elle était enfant, et plus souvent, régulièrement depuis qu'elle était en âge de venir seule. Ou presque. A la porte, un légionnaire en uniforme noir veillait sur le couloir, la salle, sur elle. Même si elle était capable de se défendre. Le poids rassurant des dagues et couteaux qu'elle portait, la réconfortait. En outre, elle avait plus l'air d'une mendiante maladive que d'une princesse impériale.
Un éclat bleuté attira son œil.
Elle regarda de nouveau par la haute fenêtre. Elle fixa longuement le ciel, à la recherche de l'éclat bleuté. Rien. Elle se détourna, ramassa l'épais volume qui l'avait distraite pendant une poignée d'heures. Elle l'inséra soigneusement entre deux autres volumes, à la place où elle l'avait pris. Le mouvement tira le légionnaire qui l'escortait de son immobilité. Elle lui fit un petit signe de la tête, confirmant qu'il était temps pour elle de partir.
Un geste à peine perceptible sous son épaisse capuche.

Le fracas du bois et du verre brisé fut retentissant. Quelque chose venait d'entrer en collision avec la Tour. Blaithin resta interdite, les sens en alerte. Elle, comme le légionnaire qui l'escortait pour ce soir, restèrent immobiles. Le silence qui régna par la suite fut comme du plomb. Elle échangea un regard avec le Légionnaire, qui raffermit la prise sur sa lance à la hampe noire. Quant à elle, elle avait déjà une de ses dagues dans le creux de la main. Ils sortirent prudemment de la salle, débouchant sur le pallier. A chaque étage, les escaliers donnaient sur un pallier aussi grand qu'un petit hall, dallé de marbre rose, et éclairé à deux endroits par de hautes fenêtres. La configuration changeait selon l'étage. Il n'y avait rien au sien. Elle s'immobilisa près des escaliers, tendant l'oreille. Du mouvement, des gémissements, provenaient de l'étage supérieur. Sans attendre les protestations du légionnaire, elle grimpa les marches. La dernière la conduisit à un pallier presque identique à celui qu'elle venait de quitter. Du verre et du bois brisés étaient éparpillés partout sur sol. Les battants de la fenêtre pendaient sur leurs gonds, branlant. Au milieu, gisait une Drow, qui se relevait tant bien que mal, et derrière elle se tenait une dragon d'une taille proche de celle d'un équidé.
Le légionnaire derrière était prêt à attaquer, ou bien à la défendre. Elle même, tenait toujours sa dague dans sa main gauche.
La surprise la cueillit quand la Drow choisit de se présenter, ne semblant pas affectée par le décor. Il lui fallut quelques longues secondes pour comprendre ce qu'elle venait d'entendre.


-Aranea Myndil, répéta-t-elle de sa voix feutrée, vous devez une fenêtre à la couronne de Cemenwin.

Des éclats de voix montèrent depuis l'escalier. La légion arrivait déjà, les lourdes bottes ferrées des soldats de la garde martelaient les marches. Quelqu'un avait dû les prévenir, mais il aurait aussi été facile pour une patrouille de voir le sinistre depuis l'extérieur.

-J'espère que vous avez une bonne explication. La légion noire est plutôt du genre à poser les questions après.



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Aranea Myndil
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MessageSujet: Re: Oups...   Lun 21 Sep - 3:41

Curieusement, Aranea ne manifesta pas la moindre émotion visible. Elle se contenta de hocher la tête poliment avant de se relever lentement, époussetant sa vieille robe miteuse et son tablier usé pour les débarrasser des débris. La nécromancienne regarda la femme avec curiosité alors qu'elle lui proférait ce qui semblait être une menace polie. Une fois debout, l'eldarin regarda l'étendue des dégâts que sa réception disgracieuse et chaotique avait causé. Sa seule réaction fut d'hausser légèrement un sourcil. Son regard luminescent revint à son interlocutrice.



Mm-ma foi, vvv-voilà qui est en-ennuyeux… Mais S-soyez assurée, madame, que j'apporterai rép-p-paration au mieux de mes com-compétences.


Encore une fois, malgré le bégaiement prononcé, le trimbre de voix n'indiquait aucune nervosité. La drow fit une révérence et continua sur sa lancée, devant la femme encapuchonnée :



Je ten-tentais de rallier Cem-menwin à dos de dragon et nous avons ma-malencontreusement en-entré en collision av-vec une aéronef juste avant d'arriver à bon p-port. Nous n-n'avons pas pu reprendre le con-controle de no-notre trajectoire et-et nous nous sommes é-écrasés ici...


Après tout, c'était la vérité à peu de chose près. L'inconnue n'avait cependant pas besoin de connaître sa véritable nature à elle. Son regard paisible rencontra celui rougi de la dame. Il fallait admettre qu'Aranea ne payait pas vraiment de mine; son visage était légèrement émacié, les traits tirés par l'épuisement; sa silhouette filliforme et fragile semblait gauche, voire chancelante; son accoutrement modeste et élimé qui trahissait sa provenance de l'Esgal par la coupe des vêtements. La seule chose qui trahissait sa profession était son sac de médecine, dans lequel reposait ses deux livres les plus précieux ainsi que son matériel. Thurinion fit claquer ses mâchoires quand les légionnaires entrèrent en trombe dans la pièce, l'air prêt à passer sa maîtresse au fil de l'épée. Les militaires s'arrêtèrent, incrédules, alors qu'Aranea leur souhaita bonsoir de façon tout aussi sereine que s'ils venaient pour prendre le thé.


Sans faire plus de cas de leur présence, elle retourna à son interlocutrice qui la dévisageait bizarrement. Le dragon poussa un soupir et secoua la tête. Il grommela à voix haute, à l'intention de la nécromancienne :


Tu as le chic de te mettre dans la mouise… Je te signale qu'ils sont là pour te casser la figure.


Ah? Vraiment? C'est b-bien dom-m-mage… je p-penensais pourtant qu'une gu-guérisseuse de mon talent se-serait la bi-bienvenue ici.



Une émotions brève passa discrètement sur le visage d'Aranea, peut-être de la déception. Elle semblait pensive alors qu'elle contemplait de nouveau, presque rêveusement, le dallage scintillant de verre brisé. Elle ne prêtait plus du tout attention à ce qui se passait, anormalement paisible dans le silence oppressant qui était tombé dans la pièce. Thurinion regarda la silhouette féminine devant eux :



Il faut l'excuser… Elle n'est pas très douée pour les interactions sociales. Par contre, si vous voulez d'une des mages qui a créé la Piste Brune en Esgal et qui travaillait sur un remède contre les Abominations, vous ne trouverez pas mieux.

La Chimère-dragon avait une singulière apparence.  Ses écailles semblaient faites de cristal bleuté luminescent et translucide.  Elles en avaient également le relief par endroit, si bien qu'il semblait construit d'aglommérations minérales.  Ses ailes, bien que serties de plumes, étaient constituées d'un matériel semblable à celui des écailles, mais en plus fin, ce qui leur conférait une allure plus accérée que le reste.  Les cornes se résumaient à un ensemble de pics cristallins. Légèrement incurvées vers le haut, on pouvait en compter deux paires à l'arrière de la tête et une frontale.  La forme de sa gueule lui donnait un faciès plutôt avenant, car elle s'incuvait délicatement vers le haut, ce qui rendait canaille son regard d'un bleu profond.  On pouvait deviner, par endroit, de petites veines sous s'épaisse carapace luisante.  Thurinion remua un peu, inconfortable sous le regard des légionnaires à l'air patibulaire et l'inconnue.
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Blaithin
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MessageSujet: Re: Oups...   Sam 26 Sep - 23:34

La curieuse impassibilité de la Drow était déstabilisante, au point qu'elle se demanda si celle-ci ne se moquait pas d'elle. Blaithin n'esquissa pas un geste, pas plus que le légionnaire derrière elle. Elle nota les vêtements élimés, plutôt coupés pour être fonctionnels que décoratifs. Son odorat ne lui rapportait aucune odeur sanguine, malgré les nombreux bris de verre et éclats de bois. La cavalière ne semblait pas blessée, et sa présence ici semblait aussi naturelle que celles d'arbres dans une forêt, comme si elle ne venait pas de s'écraser dans la tour. La créature de cristaux derrière elle semblait aux aguets, plus alerte. Les explications tombèrent aussi simplement que si elle racontait qu'elle venait de faire des emplettes au marché. Blaithin ne savait pas vraiment si elle devait prendre au sérieux son interlocutrice, ayant plutôt l'impression que quelque chose clochait chez elle. La nervosité du légionnaire derrière elle lui fit se racler la gorge, et changer de pied d'appui. Le martèlement des bottes ferrées des légionnaires dans les escaliers se rapprochèrent.
Sept légionnaires débouchèrent à leur tour sur le pallier, se déployant dans une formation toute militaire, mais s'immobilisant devant la scène. La femme leur souhaita le bonsoir, et Blaithin faillit vraiment conclure à la folie de cette dernière. Blaithin leva le bras, barrant le passage aux légionnaires. Elle secoua la tête de gauche à droite, un geste difficile à réaliser avec la large et épaisse capuche qui couvrait sa tête.


-Vous êtes sûre ?

Elle pencha la tête sur le côté, la tournant pour regarder celui qui devait être le sergent à la tête de la patrouille. Un Dunpeal, comme elle, à la peau d'albâtre et aux cheveux noirs, épais et bouclés qui dépassaient de son heaume. Elle en ressentit un brin de jalousie, une petite pointe habituelle.

-Certaine, répondit-elle en regardant de nouveau l'étrange couple.

Sur un geste du sergent, les six légionnaires sous ses ordres, dans un même mouvement, relevèrent leurs lances, et changèrent de position leurs boucliers. Finalement, elle regarda, toujours curieuse, et peut-être un peu abasourdie, l'échange entre le dragon et la Drow, discutant comme s'ils n'étaient pas là. La situation tenait de l'absurde. Elle avait pris envie de rire. Finalement, la magnifique créature qui scintillait presque autant que le verre brisé sur sol, s'adressa à elle. Le dragon était fascinant, elle n'en avait jamais vu de semblable, et n'avait aucune idée si son physique était caractéristique d'une race, ou ordinaire chez ces nobles êtres.


-En voilà de beaux euphémismes messire dragon.

Un fin sourire étirait les lèvres de la Dunpeal, invisible sous l'écharpe qui dissimulait le bas de son visage. Les coins de ses yeux se plissèrent légèrement sous l'effet de l'hilarité. Un léger rire s'échappa de sa bouche.

-Je ne trouverai peut-être pas mieux, mais on serait en droit d'attendre une entrée plus soignée. Démolir une propriété de la couronne tout en espérant la servir est quelque peu paradoxal.

-Altesse, je vous en prie, vous ne pouvez pas... l'interrompit le sergent avec un accent d'indignation dans la voix.

-Je le peux, le coupa-t-elle à son tour lui jetant un regard sans équivoque, sergent. Si ces personnes avaient voulu intenter une quelconque action contre la couronne, ou même étaient motivées dans un but criminel, ils auraient fait une entrée plus discrète. Il n'y a pas d'autres blessés que leur fierté, et une fenêtre peut-être changée. Cependant, je ne suis ni naïve, ni stupide, et il serait bon de vérifier l'identité de cette personne.

Blaithin ne sentait aucune animosité, aucune intention belliqueuse émaner du dragon, comme de sa cavalière. Mais cela ne l'empêchait pas d'être prudente.

-Je suis navrée, mais je ne puis vous laisser sans surveillance, ou vous croire sur parole. Auriez une preuve de ce que vous avancez ?





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Aranea Myndil
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MessageSujet: Re: Oups...   Dim 27 Sep - 3:33

Aranea esquissa un sourire discret en commençant à fouiller dans son sac. Elle en extirpa deux tomes au volume impressionnant. C'était son traité de biologie d'Inwilis, encore en cours de rédaction. Il y avait de fortes chances que Rougeaiguille en ait un exemplaire, étant donné que ses recherches étaient de loin les plus exhaustives à l'époques où le premier ouvrage parut.  Elle avait acquis une réputation dans le domaine et rares étaient les médecins et les scientomages qui n'avaient jamais consulté ses travaux.  Son grimoire était cependant toujours dans sa trousse. Elle ne tenait pas spécialement à ce que quelqu'un fouille dans les sortilèges et les rituels qu'elle avait soigneusement élaborés au fil des ans. D'autant plus qu'entre de mauvaises mains, ils pourraient avoir des conséquences catastrophiques.

Tentant de ne pas trébucher, elle s'approcha de l'inconnue. De ce qu'elle avait compris en observant le comportement de la garde, son interlocutrice était quelqu'un d'influent à Cemenwin. C'était fort curieux, car elle ne correspondait pas à ce qu'on pouvait imaginer d'une personne d'importance, avec sa robe sombre et modeste. Un fois arrivée devant la femme, l'eldarin remarqua ses yeux rougis. Une forte odeur de médicaments émmanait de sa personne, qui couvraient une autre senteur plus discrète et étrangement familière.  Fascinée, elle offrit les deux volumes distraitement, étudiant l'homonculus devant elle.  Elle lui offrit un aperçu des outils de médecines et des innombrables flacons de remèdes qui encombraient le sac. Son grimoire était soigneusement installé au fond du sac, dissimulé sous tout le bric à brac. Elle resta là, les bras pendants, la tête légèrement penchée de côté, jusqu'à ce que Thurinion la rappelle à l'ordre :


Je crois que tu l'indisposes, là. Recule un peu avant que les gardes ne t'embrochent.

La nécromancienne recula docilement, mais s'étala de tout son long. La chimère-dragon eut tout juste le temps de l'attraper par le col avant qu'elle ne s'écrase sur le verre. On entendit distinctement la créature pester entre ses crocs, en aidant sa maîtresse à se remettre sur ses pieds. Elle lui fit un sourire presque naturel… presque.


Merci, Thurinion.

Tu pourrais au moins faire l'effort d'être embarrassée. Tu viens de te planter devant public.

Ah b-bon? P-pourquoi est-ce g-grave?

Le dragon grommela de nouveau et secoua la tête. Aranea était un cas désespéré. Ses études l'obnubilaient tellement qu'il fallait lui rappeler de manger et dormir, sans compter de lui dire comment réagir en société. Dans l'ensemble, il essayait de le faire discrètement, mais pour le moment il ignorait si quelqu'un d'autre dans l'assemblée pouvait entendre les conversations télépathiques. S'interrogeant sur ce qui avait bien pu intriguer sa créatrice à ce point, il retourna son attention sur l'inconnue. Son odeur était nécrotique, peu naturelle. Il remarqua à son tour le sceau cramoisi. Croisant de ce fait le regard de la dame, il fit ce qui semblait être une révérence. Du moins, autant qu'il était possible pour un être quadrupède de le faire. De sa voix profonde, il s'adressa à l'homonculus :



Votre altesse, puis-je vous demander votre nom? Il semble que les présentations soient faites de notre côté...


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Blaithin
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MessageSujet: Re: Oups...   Dim 4 Oct - 19:54

[HRP : Blaithin n'a aucun sceau ou signe visible au premier coup d’œil la désignant comme une homonculus sur elle. Les homonculii d'Inwilis ne sont pas ceux de Full Metal Alchemist ;p Mais c'est en cours de discussion avec l'admin en chef pour poser des critères  définis et mon personnage est en réédition. Mais je tenais juste à te le préciser. Et si Aranea et Thurinion conversent télépathiquement, indique le moi, que je sache ce que je peux entendre ou non, j'ai l'impression d'avoir fait une bourde dans le rp d'avant]

A sa question, la Drow eut un sourire, avant de s'empresser de fouiller dans l'énorme sacoche qu'elle portait. Elles avaient presque l'air aussi misérable l'une que l'autre. Les vêtements de la Drow étaient usés, et sa tenue à elle était digne d'une mendiante. Il n'y avait rien pour marquer une quelconque appartenance à la noblesse chez elle, à par peut-être les inflexions de sa voix, et la façon qu'elle avait parfois de se tenir. Sans compter les lunettes hors de prix aux verres fumés qu'elle portait lorsque la lumière du jour était trop vive. Inutile pour elle de porter de somptueuses robes et des bijoux brillants, elle n'avait jamais aimé ça, préférant les tenues d'une extrème simplicité, sans le moindre ornements. Comme aujourd'hui, où elle portait un pantalon sombre, enfoncé dans ses bottes souples brunes, une tunique aux manches longues, et sa robe qui n'était pas sans rappeler les robes de certains prêtres, avec son lourd capuchon. Elle portait ses gantelets de cuir, et seuls l'extrémités de ses doigts étaient visibles. Blaithin ne dévoilait des centimètres de peau que si nécessaire : seuls ses doigts et le haut de son visage n'étaient pas couverts. Encore qu'avec son capuchon rabattu sur son crâne aux mèches brunes disparates... ce ne soit pas vraiment le cas.

La femme extirpa deux lourds volumes de son sac, s'approchant pour les lui tendre. Les légionnaires eurent un mouvement trahissant leur tension. Sans y prêter la moindre attention, Blaithin se contenta de recevoir entre ses mains ce que la femme lui tendait. Cette dernière la dévisageait avec une fascination presque dérangeante. Ses yeux maladifs glissèrent jusqu'à l'ouverture du sac. Elle put apercevoir des flacons, des instruments, des feuillets, un capharnaüm dont certains éléments ne lui étaient pas inconnus. Son regard croisa celui de la Drow sans que celle-ci semble la voir. Finalement ce fut le dragon qui sauva la tête de sa cavalière alors que les légionnaires devenaient de plus en plus nerveux. Blaithin regarda l'étrange manège avec une certaine curiosité, mais aussi une certaine pitié. La Drow recula, trébucha, et fut rattrapée par le dragon de cristal qui l'aida à garder son équilibre. Le verre brisé sur leurs pieds et pattes crissa désagréablement. Semblant à nouveau dans son monde, la Drow ne semblait pas vraiment réaliser la situation dans laquelle elle était. Les cliquetis des armures lui indiquèrent que le légionnaire qui l'escortait venait se placer à coté d'elle. Elle lui tendit le second volume.


-Vérifie. Demande à un des bibliothécaires, il devrait trouver les exemplaires que nous possédons.

Un claque de bottes, et le légionnaire s'étant saisit délicatement du livre, s'en retourna par les escaliers, les descendant d'un pas énergique. Le sergent se racla la gorge. Elle l'ignora superbement, se contentant de feuilleter un peu l'ouvrage qu'elle avait entre les mains. Écritures et figures défilèrent devant ses yeux. Elle ne prit pas le temps de vraiment lire, ne repérant que quelques mots. Elle releva les yeux et ferma le livre en sentant le regard inquisiteur du dragon, qui finit par s'incliner.

-Vous avez l'honneur de vous adresser à Blaithin Nil'Dae, héritière de la couronne de Cemenwin, déclama solennellement le sergent à ses côtés.

Le beau visage du Dunpeal avait l'expression de quelqu'un ayant avalé du vinaigre. Il jaugea les deux intrus. La Drow n'avait pas l'air d'être la grande scientomage qu'elle semblait être, autant qu'il puisse en juger, il la pensait folle. Quant à la créature draconnique, elle était intelligente et possiblement dangereuse. Jusqu'ici, jamais personne ne s'était écrasé dans Rougeaiguille, et avoir l'héritière du trône au même endroit lui posait problème. Il était mécontent, nerveux, et déstabilisé.


-Altesse, je vous en prie, des livres ne constituent pas une preuve...

Il était presque suppliant, tentant de raisonner l'excentrique princesse de Cemenwin. Cette dernière regardait, silencieuse, le dragon, dont la cavalière semblait être totalement ailleurs. Les doigts blancs de Blaithin pianotèrent sur la couverture du livre qu'elle tenait. Elle soupira, se tournant vers lui. Il était toujours gêné par ses yeux rougis, malades. Il se racontait qu'elle avait le visage d'un vampire assoiffé, ses lèvres couvrant à peine ses crocs. Elle couvrait son visage pour éviter d'attirer les regards.

-Je crois de toute façon sergent qu'il n'y a personne dans cette pièce qui puisse jurer de leur identité.

Les yeux de Blaithin s'écarquillèrent légèrement, alors qu'une idée traversait à l'instant son esprit. Elle se tourna de nouveau vers la Drow et le Dragon.

-Si vous êtes celle que vous prétendez être, je suppose qu'un confrère pourrait vous reconnaître ? Peut-être avons-nous en nos murs un scientomage capable de confirmer votre identité.



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Aranea Myndil
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MessageSujet: Re: Oups...   Lun 5 Oct - 1:11

Aranea eut un léger froncement de sourcil, apparemment en pleine réflexion. Il lui semblait avoir connu quelqu'un qui l'avait autrefois invité à lui rendre visite en Cemenwin. Comment s'appelait-il, déjà? Si sa mémoire était bonne, il s'agissait d'un dragonnier humain d'un certain âge, avec une petite dragonne au caractère bien trempé… Avant qu'elle puisse retracer exactement l'identité de son collègue, Thurinion prit de nouveau la parole à sa place :


Nous venions rendre visite à Maître Loghlan. Il nous avait invité autrefois à venir le voir si jamais la fantaisie nous prenait de quitter l'Esgal. Je suis certain qu'il se porterait garant de notre identité.

La drow se contenta d’acquiescer aux dires de sa chimère avec son sourire étrange et son air absent. Elle se tenait là, les bras ballants . Elle observait enfin avec une bonne dose de curiosité son environnement. L'architecture était certes grandiose, avec cette pierre rose veinée de noir qui semblait constitué le principal matériau de l'endroit. L'endroit sentait le vieux parchemin, une odeur que la nécromancienne affectionnait particulièrement. Elle n'avait pas eu l'occasion de mettre les pieds dans une bibliothèque depuis ce qui lui semblait être une éternité. Sa fuite depuis l'Esgal ne lui avait guère laissé le loisir de s'arrêter dans un de ces havres tranquilles d'érudition qu'elle appréciait tant.

Voyant que sa maîtresse semblait vouloir partir dan ses pensées de nouveau, Thurinion soupira. La chimère-dragon pensait s'être habituée à la nature distraite de sa créatrice depuis de temps, mais ça ne semblait guère être le cas… Avec un certain agacement, le dragon aux écailles cristallines rappela Aranea à l'ordre pour ce qui lui semblait être la millième fois. D'un coup de museau insistant, il tenta de la ramener sur terre. La nécromancienne lui caressa affectueusement l'arrière des naseaux en guise de réponse.

* J'aimerais bien que tu sois plus attentive parfois… Je sais que les échanges sociaux ne sont pas ta tasse de thé, mais ça reste étrange que tu te fies sur moi pour les contacts externes… *

* Pardon… *

L'Eldarin enlaça le cou musculeux du dragon avec une tendresse palpable. Il y avait une douceur visible dans son regard alors qu'elle s'appuyait sur lui, en proie à l'épuisement. Sa maladresse et son bégaiement n'étaient pas si prononcés d'habitude, sans compter le détachement étrange qu'elle affichait depuis le début. Il ne fallu pas longtemps avant qu'Aranea ne cède, exténuée, au sommeil qui la réclamait. Elle tomba endormie, pendue au cou de Thurinion, assise dans le verre. Le dragon de cristal plaça une patte protectrice autour de sa maîtresse assoupie et balaya le sol sous lui avant de s'asseoir simplement, guettant la réponse des étrangers devant eux.  Thurinion sembla soucieux alors qu'il observa un instant le visage osseux et tiré de la drow.

Il faut croire que le voyage l'a fatiguée plus que je ne le pensais...
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Blaithin
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MessageSujet: Re: Oups...   Dim 11 Oct - 18:17

[HRP : j'ai choisi d'avancer, je n'ai rien indiqué sur Aranea et Thurinion, de leurs positions, si elle est réveillée, etc, pour que tu puisses faire ça librement.]

Ce fut le dragon qui répondit à la place de sa maîtresse, dont le comportement étrange semblait n'avoir aucune logique. Ce comportement étrange la gênait un peu, elle se demandait comment s'y prendre, et quoi faire. La situation comme les deux personnages étaient inhabituels. Blaithin détenait toujours le lourd volume entre ses mains, mais la Drow, Aranea, ne semblait plus la regarder, semblant être absente... Impossible alors pour Blaithin de faire le moindre geste dans sa direction pour lui rendre l'ouvrage. Elle se contenta donc de le garder, ne sachant qu'en faire, ne sachant quoi faire alors que son interlocuteur était un dragon, et que sa précédente interlocutrice semblait oublieuse du monde qui l'entourait.
Finalement, ce fut le sergent qui la sauva de son embarras, et Blaithin n'aurait pas cru pouvoir lui être reconnaissante. Elle l'entendit consulter ses hommes, avant de se lancer :


-Le magistère Loghlan enseigne bien à Rougeaiguille, il sera facile de confirmer leurs identités.

L'héritière du trône le regarda à peine, son regard fixé sur l'étrange scientomage, puisque c'était ce qu'elle était sans nul doute, qui enlaça son dragon. Puis finalement, elle ne bougea plus, endormie. Le dragon balaya le verre brisé pour s'assoir, soutenant sa compagne d'une patte. L'embarras de Blaithin se changea en consternation, alors que légionnaires et sergent restèrent un instant interdit. Elle échangea un regard avec le sergent, qui ne savait pas plus qu'elle quoi faire dans une situation pareille. Elle poussa un profond soupir. Les gens s'endormaient rarement aussi vite, et surtout pas en présence d'une demi-douzaine d'hommes en armes.

-Vous avez une bien étrange maîtresse, Thurinion.

Blaithin secoua la tête, ne sachant pas vraiment si elle devait les faire enfermer, ne serait-ce que parce qu'elle pensait la scientomage légèrement folle, ou bien simplement par mesure de précaution.

-Je dois avouer qu'il n'y a nul précédent à une situation comme celle-ci, j'ignore ce que je dois faire, mais il me semble inconvenable de la laisser dormir au milieu du verre brisé, et nous pourrons difficilement confirmer votre identité en restant ici.

Elle échangea un regard avec le sergent, un Hale, elle s'en souvenait maintenant. Il n'y avait que les Hale pour avoir des traits aussi sculpturaux et une chevelure comme la sienne. Le sergent n'eut pas besoin d'explications, il aboya quelques ordres, ordonnant que l'on sécurise une des salles de réceptions se trouvant au rez de chaussé, et que l'on aille lui chercher le magistère Loghlan et le doyen de Rougeaiguille, à qui ils devaient une explication.


***

-Le magistère Loghlan a quitté Cemenwin, voilà quatre semaines, expliquait le doyen de Rougeaiguille, avec son disciple...

Le doyen de Rougeaiguille portait des robes indiquant sa fonction et sa richesse. Le tissus était de couleur rouge, brodé d'or, et son manteau étaient même brodés de motifs baroques ton sur ton. Grand et large d'épaules, il avait un visage à la mâchoire virile, carrée. Son âge se voyait par quelques rides et par ses tempes grisonnantes. Un cercle d'or ceignait son front. Il ne portait pas le bâton inhérent à sa fonction. Blaithin ne l'avait d'ailleurs jamais vu avec. Ancien mage de guerre, Dakath Mersorth, s'était illustré lors de la guerre d'indépendance de Cemenwin, mais aussi lors de la guerre de Lys. Lui et le sergent s'affrontaient presque. Une disciple de Rougeaiguille dans une tenue plus sobre que celle du doyen, accompagnait ce dernier, effacée et discrète. Blaithin quant à elle, avec ses vêtements d'une encore plus grande sobriété ne semblait pas à sa place.
La salle de réception n'était pas très grande, servant certainement au conseil de l'institution, entre membres du collège. Mais elle était aussi luxueuse que n'importe qu'elle autre ici à Rougeaiguille. Blaithin avait pris place dans un siège au dossier haut et droit, sculpté, et à l'assise matelassée et recouverte de cuir de la couleur du vin. Des sièges semblables au sien encadraient la table qui se dressait devant elle, sur toute sa longueur. Le plateau du meuble était en ébène, ce bois d'un noir profond, vernis et lustré,  les lumières des splendides lustres qui pendaient au haut plafond se reflétaient dessus. Elles faisaient aussi briller les trois carafes et les verres de cristal posés là, attendant d'être utilisé. Un long buffet occupait un mur de la pièce, chargé de carafes et de verres semblables, de coupes de fruits, et décorés de bougeoirs en or blanc. La pièce était froide, impersonnelle, respirant surtout le luxe et le pouvoir. Pourtant, une légère odeur de cire flottait dans l'air.


-J'espère que vous avez un moyen de parler à vos ouailles Doyen.  

Blaithin écoutait d'une oreille distraite le sergent, Riarlias Hale, et le doyen, le magistère Mersorth, argumenter. Son regard se portait sur la nuit au dehors. Mizuki avait continué à prendre sa place dans le ciel, et l'horizon s'assombrissait depuis quelques minutes. Les hautes fenêtres donnaient sur l'esplanade maintenant complétement illuminées. De lourdes tentures de velours encadraient les fenêtres. Les murs étaient fait du même matériaux que le reste de la tour, ce marbre d'un rose presque rouge, veiné de blanc. Le sol était recouvert d'un parquet rutilant, à la marquèterie fine et élégante. Les motifs clairs contrastaient avec le sol sombre. Elle regardait tour à tour l'extérieur, et le parquet aux motifs hypnotiques.

-Mais nous pouvons le contacter facilement, assurait le doyen, nos magistères sont toujours joignables. Il saura sans nul doute vous confirmer les dires de vos invités.

Les légionnaires avaient pris place dans la salle, se postant aux endroits stratégiques, en bons professionnels. L'escorte de Blaithin avait repris sa place à ses côtés. Le légionnaire avait dans un murmure, confirmé l'existence d'exemplaires des livres de la Drow. Ces derniers étaient posés sur la table, à portée de main de l'homonculus. Les jambes croisées, Blaithin eut un geste d'impatience, agitant le pied au rythme d'une chanson connue d'elle seule. Son regard rouge glissa jusqu'au dragon, puis sur la Drow. De curieux personnages, qui ne jureraient pas forcément avec les individus déjà présents à Cemenwin. Rien qu'elle, elle était une anomalie.

-Faites donc doyen Mersorth, commanda le sergent, son altesse ne va pas passer la nuit ici.

Blaithin n'entendit pas la réponse du magistère, mais elle vit la disciple sortir discrètement de la salle. Finalement, le magistère prit place à son tour autour de la table, alors que Riarlias Hale restait debout, préférant garder un oeil sur leurs "invités".  Le magistère posa un regard sévère sur ceux qui avaient abîmé sa tour. Le silence s'installa, oppressant.



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Aranea Myndil
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MessageSujet: Re: Oups...   Lun 12 Oct - 3:42

Les commissures des lèvres écailleuses de Thurinion semblèrent se relever en un sourire d'excuse aux paroles de la princesse. Il était malheureusement vraie que bon nombre de personnes restent interloquées devant les comportements incongrus de sa maîtresse. Le dragon inclina la tête respectueusement en entendant les propos du sergent. Il saisit délicatement Aranea dans sa gueule pour la déposer sur son dos, avant de suivre docilement l'homonculus, escorté par les gardes aux aguets.


Elle est étrange, je vous l'accorde. Je me retrouve, bien souvent malgré moi, à jouer les médiateurs entre elle et le monde extérieur. C'est assez épuisant à la longue...


Le luxe de l'endroit acheva de le rendre mal à l'aise. Cela ne correspondait en rien à ce qu'il avait connu tout au long de son existence de chimère, dans le laboratoire de la nécromancienne. Cette dernière était, juste à voir l'état de son accoutrement, peu soucieuse des richesses matérielles et des démonstration de pouvoir. Elle avait toujours préféré laisser ses compétences et ses connaissances parler pour elle et, jusqu'à tout récemment, cela lui avait réussi. À part ce dernier incident catastrophique…


Le dragon-chimère chassa les pensées mornes de son esprit. Ce n'était guère le moment de ressasser les événements qui avaient conduit à leur fuite inopinée, bien qu'il faudrait, en temps et lieu, avouer les véritables motifs de leur visite improvisée en Cemenwin. Ses serres translucides raclaient le sol marbré de façon régulière alors que Thurinion et sa maîtresse étaient escortés jusqu'à la salle de réception. Son malaise s'accentua alors que l'orgie d'abondance l'assaillit de nouveau en entrant dans la pièce. Trop ostentatoire, trop clinquant pour ses goûts de créature quadrupède inadaptée au décors. Il déposa néanmoins Aranea dans un fauteuil rembourré, lui donnant un dernier coup de museau affectueux pour s'assurer de son confort avant de s'étendre à ses côtés avec la désinvolture d'un fauve sur le parquet luisant. Il ne prêta aucune attention aux gardes qui le toisaient avec méfiance, pas plus qu'il n'accorda aucune attention au magistère à l'air peu avenant qui les étudiaient, lui et sa compagne. Il ressemblait davantage à une statue dégrossie dans le cristal qu'à un actuel dragon vivant, ainsi posté aux pieds de sa maîtresse, mais personne présent dans la salle n'auraient fait l'erreur de le croire inerte, la lueur surnaturelle qui émanait de lui étant une indication assez claire de sa nature magique.


Il discuta plutôt avec son altesse, faisant montre d'un grand raffinement et d'une étonnante érudition pour un représentant de son espèce présumée. Gardant un œil attentif sur la nécromancienne qui dormait paisiblement, vautrée dans le fauteuil, il patienta le temps que le doyen contacte leur vieille connaissance.  Sa maîtresse s'agita au bout d'un moment, attirant son attention.  Elle s'étira lentement, pas tout à fait encore éveillée.  Avec un bâillement, elle se redressa dans son siège, avant de se figer, confuse.  Aranea observa son nouvel environnement avec curiosité, remarquant son familier à proximité.  Les gardes semblaient rafermir leur prise sur leur arme, ce qui la laissa perplexe.

Devant l'air interrogateur de sa créatrice, Thurinion fit simplement :

Tu t'es endormie d'épuisement tout à l'heure.  Nous avons été escorté jusqu'ici le temps qu'on puisse entrer en contact avec maître Loghlan.


Ah!  D'accord.

Et ce fut tout.  Pas de questionnement supplémentaire, pas de discussion superflue.  Seulement la nécromancienne qui dévisageait avec intérêt Blaithin, ses mains osseuses reposant sagement sur ses genoux, ses épaules légèrement affaissées et son sourire maladroit scotché sur son visage.  En bref, elle semblait hors de son élément.

*Essaie donc de dire quelque chose.  Ça commence à être inconfortable*


*Ah bon...  Et de quoi devrais-je parler*


*Qu'est-ce que j'en sais moi!  Trouve quelque chose, n'importe quoi du moment que ça soit neutre.*

Aranea scruta la pièce, n'étant nullement impressionnée par la démonstration de richesse ambiante.   Ce qui sortit de sa bouche eut le mérite de mériter un grognement d'exaspération de la part de son familier :


C'est vraiment très propre ici.

*T'as pas trouvé mieux?*


*J'ai pensé à évoquer l'envie de dissection que la couleur du marbre m'inspire, penses-tu que c'est assez neutre?*

Bien entendu, aucune ironie dans le ton, ce qui acheva de consterner Thurinion.  Il se frotta le visage avec une patte, apparement contrarié.
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Blaithin
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MessageSujet: Re: Oups...   Dim 18 Oct - 23:18

Dans le silence, l'éveil de la Drow fut comme le boucan causé par l’atterrissage d'un dragon. Aussitôt, une vague de tension passa dans la pièce, alors que les légionnaires raffermissaient leur prise sur leurs lances. Le sergent Hale changea de pied d'appui, posant une main nonchalante sur la garde de son épée. Malgré son air détendu, il était facile de deviner qu'il donnait seulement le change. Mais Blaithin songea que la crispation du Dunpeal venait plus probablement de sa joute verbale avec le doyen que de la présence d'Aranea et Thurinion. Le Doyen se contenta de dévisager la Drow, avec une expression, qui rappela à Blaithin celle de certains nobles quand ils sentaient une mauvaise odeur, ou qu'ils devaient éviter un tas de déjections dans les rues de Cemenwin. Mersorth avait cependant l'air moins ridicule que certains nobliaux fardés qui semblaient presque danser sur le pointe des pieds pour éviter de salir leurs vêtements. Blaithin elle, se crottait régulièrement, et n'en avait pas grand chose à faire.
Aranea sembla avoir du mal à situer l'endroit où elle était, jusqu'à ce que Thurinion lui rappelle les derniers événements. Le Dragon se comportait comme un parent devant constamment surveiller et remettre sur le bon chemin un enfant plus que distrait. La Drow ne fit aucun autre commentaire, et le silence retomba dans la pièce, seulement perturbé par quelques cliquetis d'armures. Elle ne semblait pas pleinement saisir la gravité de la situation, ni même dans quoi elle s'était fourrée. L'inconscience ou l'extrème distraction dont elle semblait faire preuve, n'enlevait sans doute rien à son génie, puisqu'elle semblait être certaine de ses capacités. Thurinion était moins déroutant que sa compagne. La conversation polie qu'elle avait entretenue avec le dragon, lui avait permis de voir que ce dernier était aussi capable que n'importe qui d'autre entre ces murs. Il était doté d'une grande culture, et probablement d'assez de bon sens pour deux. Leur conversation avait fini par mourir quand la joute verbale entre le doyen et le sergent avait pris de l'ampleur. L'atmosphère était électrique dans le silence qui s'éternisait à présent.

Sous l'écharpe qui lui cachait la moitié du visage, Blaithin mordilla ses lèvres sèches, avant de se raviser en sentant un léger goût métallique sur sa langue. Le dossier du siège était un peu trop raide à son goût, et si elle affichait un certain détachement, elle ne pouvait s'empêcher de penser à son inconfort. Finalement, Aranea lâcha un commentaire. Toutes les têtes se tournèrent vers elle. Blaithin resta, durant un bref instant, interloquée, avant de se mettre à rire. Son rire fut d'abord à peine perceptible, jusqu'à ce qu'elle s'y mette franchement. Elle n'avait jamais entendu personne dire de la Tour qu'elle était "vraiment très propre". Son hilarité redoubla en voyant la tête du doyen, qui devait se demander si la scientomage avait toute sa tête. Dakath Mersorth avait l'air de quelqu'un ayant avalé un verre de vinaigre. Quant au sergent, il semblait indécis, ne sachant pas vraiment quoi penser de ce commentaire inattendu. Thurinion semblait lui, gêné, de cette intervention.


-Vous trouvez ? demanda Blaithin avec une trace de rire encore présente dans la voix, je n'y fais pas vraiment attention. Mais j'imagine que la lumière et les matériaux y sont pour beaucoup. Après tout, le lieu a été construit pour impressionner les visiteurs. Les bibliothèques sont moins clinquantes.

Aranea jurait autant qu'elle dans ce décor rutilant, avec ses vêtements élimés. Blaithin put se redresser, et pousser vers la scientomage les deux volumes qu'elle lui avait précédemment donné.

-Je crois que c'est à vous. Ah !

La porte s'ouvrit à nouveau sur la disciple, suivit par deux autres poussant un chariot. Les trois disciples en robes cramoisies s'agitèrent autour de la grande table. Une large vasque en argent fut installée au milieu de la table, le poids de l'objet nécessitait deux paires de bras pour le porte. La troisième disciple prit une sorte de carafe fait du même métal, et versa un liquide clair dans la vasque. Une fois cela fait, les trois disciples allèrent se ranger contre les murs, tandis que le doyen se levait de son siège.

-Nous avons avertis le magistère Loghlan, informa une des disciples,il devrait répondre à votre appel Doyen Mersorth.

Le mage se leva, presque trop solennel. Il s'arrêta devant la vasque, attendant l'aval de Blaithin. L'homoncule s'était renfoncée dans son siège au dossier trop droit. D'un geste de la main, elle autorisa le doyen à procéder. Avec un hochement de tête guindé, il passa simplement une main sur le pourtour du bord de la vasque. Des runes prirent vie sur le métal, et le liquide à l'intérieur s'agita, forma une pique, en retombant, forma le corps du mage Loghlan.



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Amsellem Loghlan
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MessageSujet: Re: Oups...   Mer 21 Oct - 12:01

Amsellem Loghlan rouvrit les yeux dans une des grandes salles de Rougeaiguille. Le faste des lieux contrastait avec l’arrière cuisine qu’il venait de quitter, et il sentait toujours l’odeur des plats de Sachiko qui embaumait les lieux. Il se savait fait d’un liquide transparent, magique, animé par les runes que le Doyen et lui avait activées. Mais cette caractéristique n’entravait en rien ses sens, et il pouvait voir la salle aussi nettement que s’il y était réellement. Les sensations de toucher, et d’odorat par contre, étaient encore chez Sachiko, un petit défaut qui serait sûrement corrigé plus tard, lorsque des mages se pencheront sur le perfectionnement du système. Khonyca se redressa sur son épaule, s’asseyant et arquant gracieusement son cou et déployant à demi ses ailes, pour montrer qu’elle était bien là. Devant eux se tenaient le Doyen Mersorth et quelques disciples, mais aussi des gardes de la Légion. Le mage reconnu la princesse héritière Blaithin, toujours couverte de pied en cape, assise sur une chaise, et finalement celle qui prétendait être Aranea Myndil. Khonyca lui fit remarquer ce qui semblait être un dragon aux côté de la drow, qui avait l’air un peu absente.
Le magistère s’inclina devant Blaithin, puis le Doyen.


-Majesté. Doyen.

Mersorth le salua à son tour d’une inclinaison de la tête. Il avait l’air assez contrit, mais rien d’étonnant si on avait détruit une fenêtre. Et la présence de la princesse semblait indiquer que, comme à son habitude, elle était présente lors de cet évènement, ce qui ne pouvait que contrarier un peu plus le Doyen.

-Magistère Loghlan, pardon de vous faire déranger pendant votre déplacement. On vous a expliqué la raison de cette convocation ?

-Oui, on m’a expliqué l’incident et qu’il me fallait confirmer de l’identité de la personne ayant fait un entrée si fracassante.

-C’est bien ça.

Amsellem regarda alors la Drow. Il se souvenait d’Aranea comme d’une personne distraite, très distraite, comme coupée du monde réel. Sauf lorsqu’elle travaillait. Il était partit la voir, car dans le monde de la magie elle était tout de même une référence. Elle avait aidé à créer la Piste Brune, fait faire quelques progrès significatifs dans la compréhension des abominations et de leur nature. Enfin, ce dernier point, il le savait délicat, et l’avait su que lorsqu’il était venu lui rendre visite en toute curiosité. Elle l’avait accueillis avec amabilité, et avait semblé évoluer dans un tout autre monde que celui de la réalité, sauf lorsqu’elle parlait de son travail. Là elle était tout à fait présente, et passionnée, fascinée par ce qu’elle expliquait. Elle était certes bègue, mais on oubliait rapidement ce handicap quand elle expliquait ses travaux, et comment elle les menait à bien. Le reste du temps, pour tout ce qui était interactions normales, c’était le dragon qui prenait le relais.
Le dragon qui, en réalité, n’en était pas un. Chimère crée par Aranea elle-même, le dragon n’en avait que l’apparence, et cela Khonyca l’avait remarqué dès le premier regard. L’odeur de la chimère s’approchait de celle des écailleux, mais elle était différente, artificielle et teintée d’une magie de sang et d’âme, lui avait dit sa dragonne. Il y avait aussi des caractéristiques physiques plus discrètes qui les différenciaient, et ce serait de cette manière qu’elle devrait démêler le vrai du faux dans le dragon aux côtés de la drow. Amsellem, quant à lui, devrait voir si la scientomage était la vraie, en lui posant quelques questions, vu que sa dragonne ne pourrait sentir l’odeur caractéristique des dragons sur elle aussi. Il ne manquerait plus qu’il se fie à la seule ressemblance pour dire que c’était bien eux, et que ce ne soit pas le cas. Ce serait fâcheux, autant pour lui, que pour Rougeaiguille. Et même s’il savait que c’était normalement la chimère qui lui répondrait le plus souvent, il regardait la drow. Autant ne pas donner d’indice à d’éventuels imposteurs.


-Mademoiselle Myndil, Thurinion. C’est un plaisir de vous revoir, même si je ne suis pas en chair et en os, et malgré les évènements qui font que je suis devant vous. Pourquoi ne pas m’avoir envoyé de note, ou de lettre afin de m’avertir de votre venue ? J’aurais décalé mon déplacement pour vous accueillir.

Le mage se plaça avec les mains derrière le dos, Khonyca ne lâcha pas de ses yeux dorés le dragon semblant taillé dans le cristal qui se trouvait aux côtés de la drow. La petite dragonne n’avait jamais été impressionnée par plus grand et gros qu’elle, qu’il s’agisse d’animaux, ou d’autre dragon. Ca étonnait souvent les gens de voir que malgré sa taille, elle ne craignait pas un animal de la taille de Thurinion. Et même, lorsqu’ils étaient passés les voir, elle n’avait pas hésité un seul instant à affirmer sa supériorité sur la chimère.


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Aranea Myndil
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MessageSujet: Re: Oups...   Sam 24 Oct - 0:37

Thurinion secoua la tête, agacé. Les bipèdes étaient si prétentieux… Il put cependant noter qu'ironiquement, la seule à faire preuve d'humilité était celle qui avait le statut le plus important du groupe. Les commissures de sa gueule s'étirèrent légèrement lorsqu'il fit cette constatation. La chimère porta son attention sur les trois disciples qui s'affairaient d'un air important autour de la vasque. Il retint un soupir de soulagement en voyant le vénérable mage-dragonnier apparaître. La bête au corps écailleux et cristallin se redressa pour le saluer. Aranea inspectait le rebords de la vasque, semblait n'accorder aucune attention à son collègue. Thurinion commença par lui jeter un regard réprobateur, sans résultat, avant de lui donner un coup de museau insistant. La drow parut revenir sur terre et regarda avec un sourire distrait le maître Loghlan.

Bbbonsoir. Je-je suis contente de v-vous v-v-v-voir aussi, m-maître Loghlan.

Pareil pour moi. Nous sommes navrés de nous être présentés de façon si impromptue, mais nous avons du fuir l'Esgal d'urgence. Il y a eu un incident grave et les autorités ont tenu ma créatrice pour responsable. Nous avons volé jusqu'ici le plus vite que nous pouvions.

Le dragon inclina sa tête après s'être exprimé. Il s’attendait à voir la minuscule dragonne faire son apparition. Sa férocité l'avait toujours amusé, malgré le mépris évident qu'elle avait manifesté à son égard. Son regard profond se posa sur l'Edarine qui s'était contenté jusque là de rester silencieuse, un sourire serein sur ses lèvres. Elle commença à babiller avec le mage.

J-je m'étais p-procurée quelques ab-b-bominations pour tester ma théorie sur la c-corruption magique. Il semb-b-blerait que l'une d'elles soit p-parvenu à massacrer m-m-mes chimères et à sortir de mon lab-b-boratoire durant mon absence. Un vrai g-g-gâchis… mes notes sont parties en fumée quand m-m-mon lab-b-boratoire a brûlé. Certaines ob-b-bservation que j'ai pu faire durant m-m-mes recherches me semb-b-blent néanmoins très p-p-prometteuses et j'ai d-d-désiré vous en f-f-faire part, étant d-d-donné l'intérêt que vous avez m-m-manifesté pour mon travail aup-p-paravant.

Tandis qu'Aranea parlait, une passion semblait avoir teinté son regard. Et s'était mise à gesticuler avec enthousiasme, à tel point que Thurinion du esquiver habillement ses mains plus d'un fois pour éviter de se les prendre dans la figure. Puis, le contenu magico-technique et scientifique fit surface et la plupart des auditeurs eurent du mal à comprendre quoi que ce soit, entre le bégaiement et la complexité du sujet. Elle avait d'ailleurs complètement oublié où elle se trouvait, continuant de disserter gaiement sur ses travaux chimériques et sur les abominations. Elle aurait pu rester là des heures durant si Thurinion ne l'avait pas interrompu gentiment.

Je crois que ce n'est pas le moment, il venait essentiellement pour confirmer ton identité.

Aranea eu l'air très déçue. On aurait juré voir une enfant qui s'était fait grondée.

Ah...
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Blaithin
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MessageSujet: Re: Oups...   Lun 26 Oct - 0:08

Blaithin s'était légèrement redressée, fascinée par le liquide qui alors que le mage semblait mieux établir sa connexion, semblait prendre vie avec la formation de détail. La petite bosse sur son épaule prit la forme d'une petite dragonne. Khonyca participerait donc à la conversation. La relation entre eux deux était un sujet d'amusement et d'exaspération au sein de Rougeaiguille, mais Blaithin n'avait que peu eu l'occasion de voir les caprices de la dragonne. Il fallut quelques secondes pour que l'image se stabilise complètement. Le mage la salua en premier, et elle se contenta de hocher la tête en réponse, sa main droite sur son coeur, comme un salut de légionnaire mais en moins militaire et en plus élégant. Elle nota le pincement de lèvre du sergent Hale, que le mage omit de saluer après avoir saluer le Doyen Mersorth. Ce dernier jeta un regard qui en disait long au Hale. Blaithin faillit rouler des yeux, les mâles et leurs problèmes d'égo... Si elle le voulait, elle pouvait les envoyer récurer les égouts de Cemenwin, histoire de leur apprendre que les concours de ce genre n'avait pas leur place ici. Mais soit. Elle se contenta d'observer l'échange entre le Doyen et le mage. Elle nota que le Doyen était moins guindé en s'adressant à Loghlan, étant passé à une certaine familiarité.
Finalement, le vieux mage et sa dragonne se tournèrent d'un même mouvement vers Aranea et Thurinion. Le mage les appela par leurs noms. Blaithin vit le soulagement passer sur le visage du sergent, qui croisant son regard, se reprit bien vite. Elle sourit sous son écharpe, le légionnaire non plus n'était pas si guindé que ça. Elle comprenait son tourment. Si Amsellem Loghlan n'avait pu identifier la Drow et le Dragon, il aurait fallu trouver quoi faire d'eux. N'ayant commis d'autre crime que d'avoir brisé une fenêtre, difficile de les enfermer pour ça. Mais difficile de les laisser aller libre également.
Aranea était penchée sur la vasque, dont les runes brillaient, semblant fascinée. Thurinion dut lui donner un petit coup pour qu'elle réagisse. Elle n'avait même pas remarqué le mage aqueux sortant de la vasque. Elle reconnut le mage, mais ce fut Thurinion qui donna un début d'explication.

Blaithin écouta alors avec intérêt, et elle finit au sergent de se calmer. Dépendant de l'endroit d'où ils venaient, si l'incident avait été grave, les autorités Esgaléennes concernées pourraient enquêter et demander à ce qu'Aranea et Thurinion leur soient remis pour être jugés. A l'issue de cette conversation, elle serait fixée sur le sort de la Drow et de son dragon. Elle ne pouvait pas prendre la décision d'abriter des criminels, en tout cas pas sans avoir écouter le conseil d'un autre, ou d'en avoir toucher un mot ou deux à sa reine. Cemenwin était en mesure d'accueillir la scientomage et son dragon, et même de les protéger, encore fallait-il que le jeu en vaille la chandelle. Elle se pinça l'arrête du nez. Une simple fenêtre brisée devenait presque une affaire d'état. Finalement, Aranea se mit à parler, plus qu'elle ne l'avait fait dans l'heure qui venait de passer, semblant totalement oublieuse de l'endroit où elle se trouvait. Blaithin vit le visage du Doyen se décomposer à la mention d'Abominations, chimères, et sa bouche prit un pli vraiment bizarre quand il fut question de massacre. Blaithin prit une profonde inspiration, réfléchissant à toute allure. Le flot de paroles de la scientomage semblait intarissable alors qu'elle se perdait en détails. Le mage Loghlan afficha un air que Blaithin connaissait bien, pour avoir eu le même quelques instants auparavant. L'air incrédule, indulgent, et trahissant un peu de pitié. Thurinion l'interrompit, et Aranea eut l'air d'une enfant prise en faute.


-Des Abominations ? lâcha alors le Doyen, un massacre et un incendie ! Altesse !

Blaithin s'attendait à être prise à partie immédiatement. Elle se renfonça dans son fauteuil, haussant les épaules, les avant-bras posés sur les accoudoirs.

-Et ?

-Altesse !

Cette fois c'était le sergent qui protestait, l'air outré. Blaithin coupa court, leva la main. Elle en avait assez. Elle avait espérer passer une soirée paisible, et celle-ci tournait au cauchemar diplomatique.

-Je ne suis pas habilité à juger s'il s'agit d'un crime ou non. Cependant, magistère Loghlan, nous confirmez-vous que devant vous se tiennent Aranea Myndil et son dragon Thurinion ? Si c'est le cas, Sergent, je vous saurais gré d'aller faire prévenir sa majesté la reine, ainsi que le Général de la Légion. Tout de suite. Doyen Mersorth, nous comptons bien sûr sur votre opinion, mais vous ne l'exprimerez que lorsque sa majesté ou moi-même la solliciteront. Ce n'est pas comme si Cemenwin n'avait jamais abrité de fugitifs. Suis-je assez claire ?

Les deux hommes avaient pâli, le sergent eut l'ombre d'un sourire cependant. Il fut le premier à réagir, frappant sa poitrine de son poing ganté, et aboyant des ordres. Deux légionnaires sortirent au pas de course. Le Doyen s'inclina lui, avec une certaine raideur.

-Très claire, votre Altesse.

Blaithin porta alors ses yeux rouges sur les deux fugitifs.

-Vous avez tout deux fuit l'Esgal, je vous saurais gré de ne pas chercher à fuir Cemenwin, et de me donner le nom de la cité ou du village dans lequel vous viviez. Cemenwin n'a pas vocation à entrer en guerre pour vous protéger. Cependant, s'il s'avère que nous puissions le faire, vous serez les bienvenus. Je n'ai pas le pouvoir de décision sur ce genre de question. Seule sa majesté la reine l'a. Aranea Myndil et Thurinion, le temps cette histoire entièrement tirée au clair, vous serez confinés dans le donjon Nord de la Légion Noire. Ce n'est pas une prise, et vous jouirez d'appartements et d'une certaine liberté de mouvements. Je vous garantis qu'aucun mal ne vous sera fait. Je ne doute pas que la Légion enverra une escorte, nous allons donc patienter ici jusqu'à son arrivée. Mage Loghlan, puisque vous semblez avoir eu connaissance des travaux d'Aranea Myndil, la couronne vous demande de rentrer à Cemenwin dès que vous le pourrez. Nous pourrions avoir besoin de votre opinion




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Amsellem Loghlan
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MessageSujet: Re: Oups...   Mar 3 Nov - 18:01

Aranea avait fini par lever les yeux de la coupe sous l’impulsion de Thurinion. Les deux protagonistes ressemblaient traits pour traits à la scientomage et sa chimère, même dans leur gestuelle. Il répondit avec douceur au sourire de la drow-eldarin par un autre sourire. Le dragon commença alors à expliquer pourquoi ils n’avaient pris le temps de le prévenir de leur venue. La scientomage entreprit alors de continuer ces explications, bégayant comme il s’en souvenait, et apportant pas mal de précisions. Apparemment les expériences d’Aranea n’avaient pas pris une bonne tournure.
Il tiqua comme les autres au mot « massacre ». Le fait que ce soit une abomination ne le « dérangeait » pas, il connaissait la nature des recherches de la drow, et savait donc qu’il y avait des abominations dans lesdites expériences. Etudier les abominations afin de trouver un moyen de leur rendre une apparence humaine était quelque chose de complexe et dangereux, et un tel incident n’avait rien de tellement étonnant. Même si cela demeurait quelque chose de tragique en soit. Il la regardait parler avec un regard compatissant. Elle avait tout de même tout perdu, son foyer, son laboratoire. Il espérait qu’elle ait pu garder quelques notes, quelques résultats écris, toutes ces années de recherches n’allaient pas s’envoler comme ça. Mais ça n’avait pas l’air d’être le cas. C’était du gâchis.

 
-Des Abominations ? Un massacre et un incendie ! Altesse !

Amsellem se doutait qu’une telle réaction allait survenir. Elle venait présentement du Doyen Mersorth qui était scandalisé des informations qu’il venait d’avoir. La princesse, elle, ne semblait pas choquée, et semblait même agacée de la réaction et du fait qu’on la prenne immédiatement à parti.

-Et ?

-Altesse !

La protestation vint cette fois du légionnaire aux côtés de Blaithin. Amsellem se rendit compte qu’il avait omis de le saluer, ne l’ayant pas forcément remarqué de prime abord. Le sergent lui en voulait certainement. L’homoncule montra ouvertement son agacement cette fois, faisant taire toute autre protestation possible d’un geste de la main.
 
-Je ne suis pas habilitée à juger s'il s'agit d'un crime ou non. Cependant, magistère Loghlan, nous confirmez-vous que devant vous se tiennent Aranea Myndil et son dragon Thurinion ? Si c'est le cas, Sergent, je vous saurais gré d'aller faire prévenir sa majesté la reine, ainsi que le Général de la Légion. Tout de suite.  
 
-Je peux vous confirmer, Altesse, qu’il s’agit bien d’Aranea Myndil, et de Thurinion.
 
Thurinion n’est pas un dragon, il ne l’a jamais été malgré son apparence. Ce n’est qu’une chimère imitant mes semblables, et elle est liée à sa créatrice. C’est aussi pour cela que nous pouvons affirmer qu’il s’agit bien d’eux.
 
Le sergent eut un léger sourire malgré qu’il eut également légèrement pâlit. Il frappa sa poitrine de son poing ganté, et aboya des ordres envers deux légionnaires qui sortirent au pas de course.
Le mage continua un peu son monologue, se sentant le besoin de défendre les intérêts de la drow, sachant qu’elle-même ne devait pas se rendre compte de la polémique qui l’entourait à présent. Il s’adressa à l’assemblé, portant son regard tantôt sur le Doyen, tantôt sur la princesse. Il sentait qu’il aurait certainement l’appui de cette dernière, et les méfiances du Doyen.

 
-Je connais les travaux de mademoiselle Myndil, ils portent, entre autres, sur les abominations. Mais grâce à ses travaux l’Esgal a pu construire la célèbre Piste Brune, où les abominations ne peuvent aller, et où les marchands et voyageur peuvent circuler sans craindre de finir dévorer. Pour ce que je connais d’elle, je peux affirmer que quoi qu’il se soit passé, son but n’était pas le massacre et la destruction. Au contraire, elle cherche à inverser l’état des abominations, à les faire de nouveau devenir ce qu’elles étaient avant d’être corrompues par la magie.  
 
-Magistère Loghlan, nous parlons tout de même d’abominations ! D’un massacre et d’un incendie ! Ce n’est pas rien !
 
-Je ne dis pas que je ne déplore pas ce qui s’est passé, loin de là, mais il y a toujours des risques. Les élèves de Rougeaiguille ont déjà mis le feu par inadvertance, blessés certains de leur camarades, gelé nos jardins en été. Mais c’est à ce prix qu’ils ont pu progresser et apprendre de leurs erreurs. Aranea avait besoin de ces abominations pour en apprendre plus sur elles et leur état, le fait qu’elles se soient échappées n’est pas entièrement de son dû.
 
-Mais elle est sûrement recherchée par les autorités Esgaléennes !
 
Le magistère se tourna alors vers la princesse.
 
-Je suis certain qu’elle pourrait être un atout pour la couronne Altesse.
 
-Doyen Mersorth, nous comptons bien sûr sur votre opinion, mais vous ne l'exprimerez que lorsque sa majesté ou moi-même la solliciteront. Ce n'est pas comme si Cemenwin n'avait jamais abrité de fugitifs. Suis-je assez claire ?

Le Doyen s'inclina d’une manière plutôt raide. Amsellem se sentit, lui, soulagé de cette réponse. Blaithin allait donner une chance à Aranea. Khonyca gronda très doucement, lui seul pouvant l’entendre. Elle n’appréciait visiblement pas la tournure que commençait à prendre les évènements, et le mage n’aurait su dire pourquoi.

-Très clair, votre Altesse.
 
-Mage Loghlan, puisque vous semblez avoir eu connaissance des travaux d'Aranea Myndil, la couronne vous demande de rentrer à Cemenwin dès que vous le pourrez. Nous pourrions avoir besoin de votre opinion.
 
Il s’inclina devant la princesse Blaithin avec un large sourire, posant son poing sur son cœur. Khonyca elle garda le cou bien droit, fière. Il sentit sa réticence à accès à la demande de la princesse, mais cette dernière venait de leur donner un ordre déguisé. Ils n’avaient pas le choix de rentrer. Les Baozis, les nouilles et le thé de Nargoryth durerait une journée et une soirée. Il devrait voir au plus vite le père ou l’oncle de Sachiko, afin de leur confier Jacob. Il comprit alors que c’était ça qu’avait senti venir la dragonne dorée.
 
-Alors nous partirons dès demain altesse, nous prendrons un aéronef et devrons pouvoir rallier, en se dépêchant, notre cité sous un peu moins de deux semaines.


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Aranea Myndil
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MessageSujet: Re: Oups...   Jeu 5 Nov - 3:19

Maître Loghlan ainsi que sa dragonne, au soulagement mal dissimulé de Thurinion, confirmèrent finalement l'identité de sa maîtresse et la sienne par la même occasion. Cependant, le point soulevé sur sa véritable nature par la petite peste aux écailles dorées le contraria légèrement. Il savait qu'il allait être ausculté par les mages de la tour sitôt que toute cette histoire se serait calmée. Les pratiquants des arts arcanes n'y manquaient jamais en apprenant l'existence d'une chimère dotée d'une intelligence complexe. En tout cas, Khonyca semblait prendre un malin plaisir à divulguer l'information... À son humble avis, c'était parce qu'elle ne supportait pas qu'un faux dragon se balade incognito. La chimère remarqua que les gardes et les acolytes de la tour le dévisageaient avec un peu trop d'intérêt. Il secoua la tête, contrarié.


On dirait que nous allons avoir le «plaisir» de se côtoyer très bientôt, la petite.


La pique avait fusé presque toute seule. La dragonne était si bouffie d'orgueil qu'il s'étonnait que son corps puisse la contenir en entier. Et, curieusement, Aranea avait senti l'agacement de son familier. Elle tapota gentiment sa croupe pour le ramener à l'ordre. Elle semblait plutôt satisfaite de la tournure que prenait les événements jusqu'à présent. Elle reporta son attention sur son collègue, avec un sourire serein bien que son expression était encore lointaine.


J-je vous rem-m-mercie, M-m-maître Loghlan. Tu vois, T-t-thurinion, il n'y avait pas lieu d-de s'inquiéter. T-tout va b-bien.



Je te signale qu'ils voulaient nous embrocher il y a pas longtemps.


Tu est b-bien p-pessimiste, les gens ne sont p-p-pas tous des b-barb-b-bares écervelés.


Alors que la chimère se renfrognait, l'Eldarin se tourna vers la princesse pour continuer :


Je viens de D-dhaval, où j'ai habité d-d-depuis la chute d'Altare. Je vous rem-m-mercie p-p-pour votre magnanimité, v-v-votre altesse. Mon familier et m-m-moi sauront être coopératifs.


Ces quelques phrases, pourtant parfaitement sensées venant de n'importe qui d'autre, surprirent légèrement l'assemblée. Elles avaient été prononcées avec le même visage placide un peu distrait que toutes les autres prononcées auparavant par Aranea. Mais il fallait admettre que l'on ne devenait pas conseillère facilement en Esgal quand on venait d'un milieu modeste comme le sien. Elle avait un minimum de savoir-vivre et savait en théorie quand l'utiliser. Bien entendu, elle avait, selon sa vision des choses, toujours été courtoise tout au long des événements de la soirée. Le sergent et le doyen la fixait, éberlués la ce qui semblait être la première vraie démonstration de bon sens de sa part depuis son arrivée. Elle se contenta d'esquisser un sourire subtil et bref avant de retourner s'asseoir dans son siège, prête à patienter jusqu'à ce que l'escorte arrive. Elle s'épousseta machinalement, triturant son vieux tablier usé. Une petite moue contrariée passa alors qu'elle gratta légèrement une vieille tache récalcitrante pour ce qui lui semblait être la millième fois. Pourquoi est-ce que le sang tachait autant? La liste des composantes de l'hémoglobine commença à défiler dans son esprit presque automatiquement. Thurinion sut assez rapidement qu'elle était de nouveau retombée dans les méandres compliqués de son esprit et s'attela à faire la conversation de nouveau. Il racla légèrement le sol avec ses griffes de cristal luminescent. Il sentait qu'il allait devoir répondre à un interrogatoire complet sur le pourquoi du comment il se faisait qu'il existait dans un avenir très rapproché...
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Blaithin
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MessageSujet: Re: Oups...   Dim 6 Déc - 23:12

-Vous embrocher !  Comme vous y allez maitre Thurinion,s'amusa Blaithin entendant la réflexion de la chimère draconnique, votre maitresse à raison, nous sommes pas tous des barbares écervelés.

Elle avait noté les regards de surprises, de curiosité, mais aussi de convoitises, de la part des acolytes de la tour, et même dans celui du Doyen, quand la petite dragonne avait mention de la nature du dragon de cristal. Blaithin avait ainsi la réponse à sa question. Elle n'avait jamais vu de dragon de cette nature, puisqu'il n'y en avait peut-être pas qui exista de ce genre dans la nature. Cela n'ôtait en rien à la beauté de Thurinion, ou même à son existence. Elle tiqua tout de même. Ces regards là, elle les connaissait. Elle les subissait encore parfois. Elle nota qu'elle interdirait à tout membre de la Tour de s'approcher des quartiers de la scientomage et sa chimère, sauf sur ordre de la couronne. La légion saurait y veiller. Le sergent Hale y veillerait, rien que pour pouvoir chier métaphoriquement parlant sur les bottes du Doyen, et le voir afficher une tête qui se rapprocherait de celle de quelqu'un ayant avalé un verre de vinaigre. Elle adressa un hochement de tête fantaisiste au dragon, toujours assise royalement dans son siège. Aranea les surprit tous, mais Blaithin aurait trouvé étonnant qu'une telle scientomage soit complétement inapte socialement. Elle eut un énième hochement de la tête, trahissant son amusement.

-Je n'en doute pas Mage, et je vous garantis qu'aucun mal ne vous saura fait, et que rien ne saura être exigé de vous contre votre gré.  

Elle vit le tic nerveux du Doyen, qui serra les mâchoires. Elle venait de lui barrer définitivement la route, pour ce soir et quelques jours en tout cas. Et il lui vint une idée, qui ajouterait au mécontentement du Doyen.

-Maitre Loghlan, j'ai ouïe dire qu'à Nargoryth se trouvait la guilde Narazyl, je serais étonnée d'apprendre que Rougeaiguille n'aurait pas de relation avec la guilde, si bien, que je me demandai, et le Doyen Mersorth me contredira ou non, s'il serait possible de vous faire venir par un portail ? La couronne, se doit de traiter cette affaire avec célérité.

Et, songea Blaithin, Aranea et Thurinion avaient bien besoin d'alliés supplémentaires. Sa voix aurait certainement du poids, mais la décision finale ne lui revenant pas, elle devait faire en sorte que la balance penche en faveur de la scientomage. Et plus tôt le mage serait là, moins le Doyen aurait le temps de s'acheter des voix. Mersorth était doué, très doué. Mais ambitieux. Il ne devait pas son poste qu'à son talent pour la magie, ni même à son intelligence ou à ses prouesses. Il nageait comme un poisson dans l'eau dans les intrigues de la Cour. Ses ennemis et rivaux avaient été bien souvent balayés.

-Bien sûr, je gage que votre visite à Nargoryth est due à quelque affaire qui requierait votre attention, je ne vous demande pas de revenir ce soir. De plus, ce serait effroyablement discourtois vis à vis de la guilde Narazyl, mais peut-être pourriez-vous vous arranger pour faire ouvrir et connecter un portail d'ici demain, ou deux jours ?

La demande était polie, sans la moindre inflexion royale dans la voix, mais Blaithin savait qu'aucun des deux mages ne pourraient refuser. Le doyen s'inclina avec respect mais toujours avec une certaine raideur.

-Il nous est possible d'ouvrir un portail, à condition que la guilde de Nargoryth puisse en ouvrir un de son côté. Votre altesse n'est pas sans savoir que ce royaume tient à sa sécurité.

-Tout comme le nôtre doyen. Mais soit, si la demande ne peut aboutir, vous ferez comme vous le pourrez maitre Loghlan.

Après un nouvel échange de civilité, la conversation fut rompue, et l'image aqueuse du mage et de sa dragonne retomba dans la vasque, sans la moindre éclaboussure, comme une sculpture de glace fondant rapidement au soleil, ou un château de sable s'écoulant sur lui même. Elle soupira discrètement. Ce genre de situation n'était pas son fort. Elle irait mieux quand l'escorte de la légion noire arriverait. Cela ne prendrait pas plus d'un quart d'heure, peut-être une vingtaine de minutes. Thurinion se chargea de lui faire la conversation, ignorant le doyen et le sergent, alors que sa compagne était retombée dans les méandres de son esprit tortueux.

Un légionnaire finit par entrer, se frappant la poitrine du poing, annonçant l'arrivée imminente de l'escorte. Blaithin se leva de son siège, enjoignant Aranea à faire de même.


-Je suggère que nous sortions à leur rencontre. Nous ne voudrions point abuser de votre hospitalité Doyen.

Elle nota le sourire ironique sur le visage du sergent Hale, et éprouva un peu plus de sympathie pour lui. Le doyen se contenta de s'incliner.

-Comme il plaira à votre altesse.

-En effet, Doyen, comme il me plaira.

Les légionnaires se mirent en marche d'un même mouvement, encadra à la fois l'héritière du trône aux allures de mendiante, la scientomage dépenaillée et le dragon de cristal rutilant. Thurinion était le seul a avoir les allures d'un prince ici. Le sergent se plaça à sa hauteur. Elle approuva sa présence d'un hochement de tête. Leur petite équipée traversa le hall d'entrée de Rougeaguille, presque désert. Les têtes se tournèrent sur leur passage. Les portes s'ouvrirent pour les laisser passer. Sur l'esplanade, Blaithin put voir deux colonnes de légionnaires en armure noire, les étendards de la légion et de Cemenwin flottants au dessus d'eux, arriver en bon ordre, avec un officier tout aussi resplendissant à leur tête. Elle attendit patiemment qu'ils gravissent les marches. Dans une démonstration de discipline et de pouvoir, les légionnaires se déployèrent, s'intégrant, ou plutôt intégrant la petite escorte de Blaithin, dans une formation parfaite. L'officier s'inclina, après avoir salué en frappant sa poitrine de son poing.

-Votre Altesse, le général Sibri Hale vous prie de l'excuser, il se joindra à vous lorsque vous aurez atteint nos baraquements.  Je suis le capitaine Risys Hale, pour vous servir.

Risys Hale était une femme, de haute taille, avec les même traits fins et sculpturaux, la peau d'albâtre et la luxuriante chevelure d'ébène des Hale. Elle portait l'amure de la légion, avec ses galons marquant son rang sur ses épaulettes. Elle tenait son casque sous son bras, ayant la forme d'une tête de loup.

-Si votre Altesse...

D'un geste, elle l'enjoignit  à avancer. Blaithin ne se fit pas prier.



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