AccueilPortailGalerieFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Inu
Esclave
avatar

Nombre de messages : 139
Date d'inscription : 23/08/2007

MessageSujet: Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois   Dim 30 Aoû - 22:55

Il s’était à peine remit dans le lit, que Jahangir l’avait attrapé, et entrainé contre lui. Si cela surprit Inu qui ne s’était pas attendu à ça, l’esclave se laissa faire, n’ayant pas d’autre réaction qu’un léger sursaut de surprise quand il avait senti le bras autour de sa taille. Le limier avait l’habitude d’être prit dans les bras, caressé au niveau de la tête, tenu par le bras ou la main, et il appréciait toujours les contacts de ce genre. Si ce contact était bien plus intime que ceux qu’il avait pu avoir avec son précédent maître, il n’était pas désagréable pour autant.
Il assista avec un sourire à la petite dispute entre Oshia et Jahangir. L’élémentaire semblait s’être mieux remit des évènements d’hier soir que son maître, qui ne semblait n’avoir qu’une volonté, celle de dormir encore. Lui n’avait pas fait grand-chose en fait, mais il était à mi-chemin entre l’élémentaire et son maître, réveillé et endormit à la fois. Il avait eu du mal à se remettre des visions qui avaient tournées dans son esprit, le faisant tomber dans une spirale de pensées négatives, puis il avait eu du mal à se réchauffer suite à ça, mais physiquement, il n’était pas courbaturé ou fatigué. Il commençait simplement à avoir un peu faim. Mais Jahangir le tenait et le câlinait, alors l’esclave s’était contenté de poser sa main sur les longs cheveux du noble, ne sachant pas trop où la mettre. Puis il caressa un peu la tête du noble. Si lui aimait qu’on lui fasse ça, comment quelqu’un pourrait ne pas aimer.

Oshia plaida la cause de l’estomac d’Inu qui en effet commençait à se réveiller aussi. Jahangir desserra un peu sa prise, il lui adressa un petit sourire, se demandant si le noble pouvait le voir, ou s’il avait les yeux fermés. Doucement, le lios se glissa hors des bras, et posa un pied nu sur le sol sans trop de bruit. L’élémentaire fit alors ce qu’il avait dit, il le guida. Enfin le corrigea lorsqu’il se trompait de route, lui tenant compagnie en lui parlant, faisant des commentaires sur Jahangir. Inu passa par sa chambre, pour s’habiller. Il plia avec soin la grande veste que Jahangir lui avait prêté hier soir, et avait choisi ses vêtements. Basiquement, ils étaient tous les mêmes, unis, fait dans la même matière, seules les manches, les longueurs du bas et la couleur changeait. Il prit un pantalon blanc, une tunique bleue claire et une ceinture bleue foncée pour aller avec. Le fait d’avoir tout mit dans un certain ordre, et sur des étagères différentes faisait qu’il savait où tout trouver. Une fois habillé, ils s’étaient donc dirigés vers le pavillon des serviteurs. Sur le chemin Oshia railla le noble absent, déplorant sa vieillesse actuelle, il n'était clairement plus fait pour de l'action comme celle qu'il y avait eu hier soir, il avait trop de mal à s'en remettre. Il était à parier qu'il se réveillerait grognon de sa sieste matinale, et qu'il ne décocherait pas un mot du repas, à cause des courbatures et peut-être même de l'arthrose. Le limier ne dit mot, hochant simplement la tête pour marquer qu'il écoutait. Il ne savait pas si le noble était trop vieux ou non, s'il se réveillerait de mauvaise humeur, et n'avait pas vraiment d'avis là-dessus. Il n'était pas tenu d'avoir son propre avis, sauf celui que son maître, quoi qu'il dise ou fasse, resterait son maître et qu'il lui obéirait, même si il se faisait vieux.

Lorsqu'ils arrivèrent à la fin du pavillon principal dégageaient beaucoup d’odeur à la fois, elles devaient commencer à s’activer pour le repas du midi. La farine de riz et le riz lui-même, embaumaient le plus, envahissant le nez du limier en premier. Après eux suivirent les huiles et le nirin, ce vinaigre de riz qui se mettait dans beaucoup de plats à base de riz les rendant un peu plus aigre, mais les aidant à mélanger les saveurs des légumes, des viandes marinées. Puis les épices, riches, variées, relevées ou simplement piquante, aigre ou douces, elles se complétaient et se divisaient à la fois, chaque odeur cherchant à s’harmoniser avec l’autre tout en la dépassant.
Il sentait tout, l’odeur légère d’huile chaude, parfois un peu brûlée, qui crépitait dans les wok et les poêles, la friture des tempuras, leur panure qui expulsait sa saveur et son odeur après le bain d’huile. Les brioches laquées et fourrées qui gonflaient et cuisaient au four ou à la vapeur, la viande de bœuf, de canard et de porc, qui dorait sur les plaques, sa graisse fondant doucement et crépitant lorsqu'elle touchait la surface de cuisson libérant tous les arômes qu'elle avait. Les herbes fraîches, humides, coupées à l'instant, laissant une traînée odorante sur le métal des couteaux qui devaient s'activer. Les poissons bien sûr, odorants, iodés, gras, ils avaient une odeur d'algue, de sel et d'eau, c'étaient des poissons d'eau de mer, un luxe dans les terres, mais un luxe que pouvait s'offrir les Quiang Sung.
Toutes ces odeurs achevèrent de donner faim à Inu qui avançait d’un pas assuré, mais peu rapide. Il n’était réveillé que depuis quelques minutes et ne voulait pas chuter à cause d’une faute dans le comptage de ses pas.

Il y avait beaucoup d’activité. Le sol tremblait presque sous les pas des serviteurs s’activant dans tous les sens. Oshia le dépassa, odeur d’eau vive et fraîche, et fit coulisser la porte, et Le bruit, qui n’était qu’étouffé, s’amplifia. Les odeurs lui arrivèrent presque en pleine figure tant elles étaient intenses. Il mit sa main sur son nez quelques secondes, le temps de s’y habituer, trop d’odeurs, même agréables et délicieuses, étaient écœurant. L'un des cuisinier, Gosha, éleva la voix en le remarquant.


-Ah ! C’est toi petit, viens donc, on va te faire une place. Seigneur Oshia.

Le froissement du tissu du tablier indiqua à Inu que le cuisinier s’inclinait sûrement devant l’élémentaire, suivit par d'autres. Une main vint prendre son poignet, sans y aller fort et lui faire du mal, et on posa sa main sur une chaise. S’asseyant, il entendit d’autres voix lui dire bonjour et le saluer. A chaque fois, il sourit et hocha la tête en guise de réponse, se tournant vers la source du salut. Mains sagement mise devant lui, il attendit. Une odeur différente des autres s’infiltra dans la cuisine. Une odeur chaude, délicate et envoutante, mêlée de savon, de bois et de peinture. Le parfum de Sheeban arriva avant elle en cuisine, apportée par un courant d’air, et elle salua tout le monde également. Le voyant elle s’approcha de lui et posa sa main sur son épaule avec douceur, il se tourna vers elle avec plaisir.

-Bonjour Inu.

[Bonjour Sheeban. ]

-Je venais chercher notre petit déjeuner à Sheeshon et moi. Si vous le voulez nous pouvons en prendre un pour vous, et vous pourriez venir dans l’atelier avec nous ? Sheeshon en serait ravie.

Le limier hocha positivement la tête. Oshia lui déclara donc qu'il n'avait plus besoin de lui, et qu'il se retirait, avant de disparaître. On prépara alors Sur son plateau, il avait un bol de riz bien chaud, recouvert d’un petit couvercle, tout comme la soupe miso que Gosha lui avait assuré avoir bien garni de champignons et tofu frais. Il y avait aussi des légumes croquants marinés, une brioche laquée fourrée au bœuf et champignons noirs, des tranches de poissons cru, un verre de jus de fruit et un de thé au jasmin qu’il avait demandé sucré par le biais de Sheeban. Cette dernière portait un plateau semblable, et ils étaient suivit par un autre serviteur qui portait le plateau destinée à Sheeshon. Sheeban menait le petit cortège, disant à voix haute lorsqu'il y avait une marche à monter ou descendre, histoire qu'Inu ne trébuche pas. Ce ne fut pas si long pour atteidre le pavillon du jardin où se trouvait l'atelier de la jeune noble.
La pièce sentait surtout le bois. Le bois sec, un peu poussiéreux, qui devait être râpeux sous les doigts, de différente essence, comme de l’orme, du bouleau, mais aussi de l’acajou et un peu de chêne. Ces bois cohabitaient avec l’odeur de vernis, de la peinture, de la sueur et du métal des outils utilisé pour les travailler. Un bruit de tissus se froissant contre le sol, d’une main qui se pose et d’un objet fin posé sur la table ou le sol, Sheeshon devait se tourner vers eux. Il eut alors un large sourire, sincèrement heureux de la voir.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sheeshon
Noble
avatar

Peuple : Mornienne, probablement métisse
Second(s) Métier(s) : Chaman, télépathe puissante
Nombre de messages : 31
Localisation : En tête à tête avec un Empereur, si si si.
Date d'inscription : 24/08/2007

MessageSujet: Re: Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois   Sam 3 Oct - 0:08

L'odeur de la peinture lui prenait le nez, qu'elle fronçait légèrement, donnant une expression presque agressive à son visage concentré. Les pigments argentés étaient magnifique, la couleur était riche, presque comme en fusion, aux multiples éclats. Le bout de son pinceau, si fin, soulignait chaque écaille du dragon qu'elle avait minutieusement sculpté, puis peint en noir. Après cela, elle devrait encore vernir sa sculpture, comme elle l'avait fait pour les autres. A l'abri dans son sanctuaire d'artiste, elle avait attaché sa longue chevelure, la relevant et la maintenant avec des pinces en os, sans fioritures. Son visage à moitié brûlé était entièrement découvert, de même que son bras, puisqu'elle avait relevé ses manches. La ceinture de son kimono était attachée de telle sorte qu'elle maintenait ses manches en place. Elle se tenait, perchée sur un tabouret, le dos courbé, le visage presque collé à sa sculpture. A ses pieds, des copeaux de bois, plus ou moins gros, des rouleaux de papier, des morceaux de papier de soie colorés. Sur sa table, autour de la sculpture, étaient éparpillés de petits pots de verre contenant de la peinture, quelques pinceaux qui n'étaient pas rangés dans leurs pots, et un chiffon taché de peinture. La lampe qu'elle utilisait lorsqu'elle manquait de lumière était éteinte, elle n'était qu'une grosse sphère posée sur le bord, qu'elle rapprochait ou allumait quand elle en avait le besoin. Au dessus d'elle, sur tout le pourtour du mur, des étagères, remplis de pots, peintures, encres, poudres, huiles... Boites contenants plumes, pinceaux, et outils. Et puis aussi, ses trésors, cailloux, cristaux, sculptures inachevées, ou poteries à peine terminée. Son pavillon n'était pas très grand, deux pièces. Celle où elle peignait, et celle qui servait de séchoir pour ses céramiques. A l'extérieur, se trouvait le four pour ses bols, tasses et autres objets qu'elle fabriquait.

Ce pavillon était son jardin secret, un endroit où elle pouvait passer des heures. Enfant, elle n'avait jamais vraiment aimer être seule, en grandissant, elle aimait avoir le sentiment qu'une fois la porte fermée, personne ne pouvait entrer dans son royaume. Elle savait que Sheeban n'était jamais loin. Souvent, elle s'essayait sur une des confortables banquettes qui croulaient sous les innombrables coussins et couvertures, et lisait un des lourds volumes qu'elle prenait dans les bibliothèques du pavillon principal. Elles prenaient leurs repas dans ce coin là, devant le petit âtre, dont elle ne s'approchait jamais vraiment, mais qui était indispensable pour chauffer la pièce lorsque le temps se refroidissait. C'était Sheeban qui s'en occupait, tout comme elle s'occupait d'aller chercher les repas, quand elles les prenaient ici. Comme ce matin.

Sheeshon s'était levée aux lueurs de l'aube, comme à son habitude. Elle avait pris soin de ne pas réveiller Sheeban, et s’était vêtue simplement, et avait rejoint son pavillon. Elle avait croisé quelques serviteurs en chemin, tout aussi discrets qu'elle. Son père n'était revenu de sa virée nocturne que tard dans la nuit, et la maison serait silencieuse pendant quelques longues heures encore. Dehors, elle avait senti les odeurs émanant du pavillon des serviteurs. Elle n'avait pas pu s'empêcher de sourire. Ces odeurs familières étaient rassurantes, réconfortantes, tout comme celles de son pavillon. L'odeur du bois, des peintures et des vernis prenaient aussitôt les narines. Des odeurs qui signifiaient beaucoup pour elle, c'était son monde où rien ne pouvaient l'atteindre. En arrivant, elle avait soigneusement retiré ses chaussures, relevé ses manches et cheveux. Avec automatisme, elle avait allumé les lampes en cristaux, et s'était assise à son plan de travail. Absorbée par sa peinture, elle avait à peine prêté attention au message télépathique de Sheeban. Elle ne leva la tête qu'à l'approche de la voix de Sheeban. Son amie discutait joyeusement, mais ne semblait pas obtenir de réponse. Un sourire s'épanouissait déjà sur ses lèvres. La porte du pavillon coulissa.
Sheeban portait un plateau, et Inu un second. Les bonnes odeurs firent gronder son estomac. Elle posa son pinceau, l'essuyant soigneusement sur un chiffon, et reboucha le petit flacon de peinture précieuse.
Inu était vêtu très simplement, mais elle trouvait qu'il avait meilleure mine qu'à son arrivée. L'esclave n'était pas vraiment aveugle, mais il ne retirait jamais le bandeau qu'il portait sur les yeux. Son père y était étrangement attaché, il l'avait ramené de son dernier voyage en Cyriaca, et Inu était loin d'être traité comme un simple esclave. Elle n'ignorait pas non plus qu'il avait participé à la sortie nocturne de son père.

-Ha ! Des baozi !

-Au porc laqué et au chou mornien. J'ai choisi du thé noir, et nous avons aussi du riz gluant, des légumes sautés, de la soupe, des légumes marinés...

-Nous sommes gâtés !

Tout en parlant à voix haute, Sheeshon tenait une autre conversation avec Inu. Pour communiquer avec les autres avec ce qu'elle appelait la voix des rêves, s'était comme se glisser dans des draps chauds et doux, et pour entrer en connexion, elle aimait le faire en douceur. Elle établit le contact avec l'esprit d'Inu rapidement. L'esclave n'avait aucune défense mentale. Cela lui fit froncer son nez, son père devait déjà le savoir, et avait déjà dû penser à une solution.

"Bonjour Inu ! J'ignorai que tu te joindrais à nous ! Et j'aurai plutôt pensé que tu tiendrais compagnie à mon père."

Sheeshon descendit de son tabouret, ses pieds glissant sur le sol de lattes vernies. Elle se dirigea vers les divans qui occupaient un coin de la pièce, un coin relativement petit, et paraissant plus petit encore avec la cascade de coussins et de plaids. Elle déblaya rapidement la petite table encombrée de papiers, de livres, et d'un plateau contenant les reliefs de leur thé d'hier. Sheeban déposa son plateau, et se retourna pour prendre celui que portait Inu. Sheeshon prit Inu par la main, et l'aida à circuler dans l'espace encombré, pour le faire s'assoir. Elle s'assit à coté de lui, tandis que Sheeban s'affairait avec efficacité, mettant la table.

"J'aurai même pensé que tu profiterais de ces heures pour dormir un peu. Votre escapade n'a pas dû être de tout repos. Quand père emmène même Lysanthir, c'est qu'il y a du grabuge"

-Oh ! Et même des sashimis ! s'exclama-t-elle ravie.

Le poisson frai coûtait une fortune. Une bagatelle pour les Qiang Sung. Sheeban continuait de disposer les plats, débarrassant les plateaux de la table. Elle servit en suite le thé.

-Merci, ça sent divinement bon !

-Le jour où les cuisines de la maison sentiront mauvais, sera un jour de mauvais augure, prophétisa presque la Lios avant de demander, Inu, as-tu besoin d'aide pour manger ?
"J'imagine que oui, répondit mentalement Sheeshon, mais il suffira que nous placions les plats devant toi ? Et tu te repéreras à ton nez. J'ai remarqué que tu reniflais les aliments avant de les manger. Je fais pareil."


Sheeshon se pencha pour attraper un bol à couvercle, sur lequel était posée une cuiller à fond plat. Se saisissant de la cuiller, elle retira le couvercle pour le placer sous le bol. La soupe miso était agrémenté de ciboule et de champignons tranchés finement. Elle remua le liquide fumant, découvrant de petits cubes de tofu. Elle inspira, aimant cette odeur qui serait pour elle toujours associée à celle du petit déjeuné.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Inu
Esclave
avatar

Nombre de messages : 139
Date d'inscription : 23/08/2007

MessageSujet: Re: Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois   Mer 4 Mai - 17:12

Les odeurs dans le pavillon étaient très nombreuses et son cerveau  les analysait toutes.
Il y avait des bois de toutes les sortes, de tous les âges. Certains étaient bruts, d’autres avait une légère odeur de chaud, ayant été travaillés. Il sentait aussi les vernis : laqués ou mats, neuf ou un peu plus vieux, plus ou moins sec. Il y avait également plusieurs sortes de peintures : de différentes factures, sûrement de différentes couleur chacune étant fabriquée différemment de l’autre. Les pinceaux n’avaient pas les mêmes poils d’animaux : blaireau, écureuil, sanglier, c’était une faune très diverse qui pouvait être sentie ici.
Les émanations de peau, de savon, de sueur, de cheveux, de fusains, de crayons, de linge, la poussière, la terre, l’herbe.
La nourriture qu’ils avaient ramené, les odeurs de l’extérieur, l’herbe, l’eau, les fleurs et les bambous. Un serviteur était passé derrière eux tandis qu’ils entraient, le vent avait apporté son odeur : il avait utilisé un savon à la lavande et un autre au musc pour sa barbe, ses vêtements dataient de la veille sans être trop sales, il avait mangé du riz et de l’omelette, il fumait occasionnellement du tabac léger, il s’occupait des chevaux ici car il sentait l’équidé, il avait aussi un souci de cors au pied.

Toutes ces odeurs se mélangeaient, tournaient et retournaient dans son nez. Son cerveau analysait, lui donnait les informations sur tout ce qu’il sentait, regroupant tout pour former une histoire, un passif à chaque odeur, à chaque personnage de cette fable invisible. C’était excitant, c’était assourdissant, ça stimulait son odorat et l’agressait aussi.
Inu songea qu’il était peut-être plus fatigué qu’il ne l’aurait cru, d’habitude il contrôlait ce processus d’analyse, son odorat, sans s’en rendre compte. Là il aurait presque des vertiges et la tête qui tourne à tout ressentir et à ne pas faire de distinction entre les informations primordiales et celles qui ne lui étaient d’aucune utilité.
Il inspira et bloqua sa respiration une seconde le temps de se reprendre, de calmer ses sensations. La voix de Sheeshon s’éleva tant en vrai que dans son esprit.


"Bonjour Inu ! J'ignorai que tu te joindrais à nous ! Et j'aurai plutôt pensé que tu tiendrais compagnie à mon père."


Bonjour à vous Sheeshon ! Je l’ignorais aussi, jusqu’à ce que Sheeban m’invite à vous rejoindre, j’espère que cela nous vous dérange pas ?


Quand il reprit une respiration normale, les odeurs qu’il ressentit furent tout de suite moins présentes, moins agressives. Il se concentra sur une seule d’être elle,  l’odeur de la soupe miso qu’il y avait sur les plateaux, pour ne pas se perdre dans la spirale d’odeur qu’il y avait dans la pièce.  Un bruit de papier qui s’entasse, le plisse, se pose. Des livres qui se ferment et qui sont mis sur le sol. Sheeshon déblayait une place. Le plateau de Sheeban fut déposé dans un bruit de bois et de porcelaine, et elle prit le sien, l’avertissant d’une voix douce.
La main de Sheeshon vint attraper son bras. Vive et pleine d’entrain elle le guida au milieu de cette pièce qu’il ne connaissait pas du tout, pour l’inviter à s’asseoir sur un divan moelleux

J’avais l’habitude des courtes nuits, donc quand je me suis réveillé je n’ai pas pensé à rester couché.

Le limier ne répondit pas sur le fait qu’il y avait eu ou non du grabuge. Il n’avait aucune idée de ce que savait réellement la fille de son maître, et ce qu’il avait le droit de lui dire. Dans le doute, il préférait se taire. Sheeshon avait, de toute manière, l’air d’avoir déjà sa propre opinion sur le sujet.
Il la sentait agitée à côté de lui, montrant sa bonne humeur par des gestes en plus de sa voix joyeuse. La table résonnait des bruits des plats qu’on y pose, Sheeban s’affairait dans un discret bruissement de tissu. Trois contenants vides furent posés dans un bruit creux, de l’eau clapota dans un récipient réveillant l’odeur du thé qui fut versé.
Il répondit aux deux jeunes femmes.

Oui, je pense que les mettre devant moi suffira pour que je me serve, je ferais bien attention en changeant de plat à ne rien renverser.

Le fait que Sheeshon parle de renifler sa nourriture avant de la manger lui fit avoir une image en tête. Il ne savait pas à quoi ressemblait la jeune femme, alors c’était l’image de la fille de son ancien maître, pourtant bien plus jeune que Sheeshon, en train de tenir un morceau de poisson au bout des doigts et de le sentir avec un nez froncé qui s’imposa dans son esprit. Inu se doutait qu’elle ne grimaçait sûrement pas comme ça en sentant sa nourriture, mais c’était amusant de se l’imaginer.

Et si vous m’autorisez à prendre ce que je peux avec mes doigts ou une cuillère, je peux manger seul, sinon il me faudra un peu d’aide pour les manger si cela ne dérange pas.

Sheeban lui indiqua alors qu’elle plaçait du riz, des sashimis, quelques poissons grillés également, et de la soupe devant lui, ainsi qu’une tasse de thé vers sa gauche. Sheeshon l’autorisa à manger comme il le voulait, elle ne se formaliserait pas de le voir saisir des choses avec les doigts. La soupe avait une cuillère de posée sur le dessus du couvercle néanmoins, il pourrait l’utiliser, ou boire au bol. Il la sentit bouger de nouveau et se servir la soupe en question.

Le dos de sa main alla doucement à la rencontre du bois de la table. Il toucha l’arrête du meuble, et pu alors connaître la distance qui les séparait et la hauteur du plateau. Il se pencha un peu pour pouvoir distinguer les plats, et se saisi d’une sorte de coupelle laquée dans laquelle il y avait des tranches de poisson cru. L’odeur du poisson se fit plus forte alors qu’il en  portait une tranche vers son nez de son autre main. De l’iode, du sel, de l’eau. Un côté frais et marin, et là, très légère, une odeur de métal. Elle devait être imperceptible pour les autres, ne laissant aucun goût ou aucune trace, mais il la sentait, l’odeur du couteau qui avait tranché le poisson en de fines tranches. C’était du thon rouge bien frais, qui se mit à fondre dans sa bouche quand il l’y déposa. La qualité du poisson était indéniable, et sa fraicheur non plus. Jahangir était un noble possédant une fortune assez conséquente pour pouvoir se permettre d’avoir des mets de cette qualité même pour le petit déjeuner.

C’est votre pièce ici n’est-ce pas ? Votre odeur imprègne les murs, et celle des murs vous imprègne également, vous devez y passer de très nombreuses heures à sculpter et peindre.

Inu prit un peu de wasabi, qui était dans la soucoupe avec les tranches, sur le bout de son petit doigt. Il étala ce peu sur quelques sashimis, faisant en sorte qu’il n’y en ait pas trop pour ne pas agresser son goût, mais quand même suffisamment pour le sentir. Il se saisit alors d’une de ces tranches pour la manger. Le goût du wasabi lui picota très légèrement le nez, il eut un léger sourire en le sentant.

Et qu’est-ce que vous sculptez ? Des animaux, des objets ? Et vous peignez vos sculpture ou vous faites également de la peinture à côté


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sheeshon
Noble
avatar

Peuple : Mornienne, probablement métisse
Second(s) Métier(s) : Chaman, télépathe puissante
Nombre de messages : 31
Localisation : En tête à tête avec un Empereur, si si si.
Date d'inscription : 24/08/2007

MessageSujet: Re: Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois   Dim 24 Juil - 15:24

Leur petit déjeuné pouvait sembler gargantuesque, mais chaque plat contenait la quantité nécessaire pour trois personnes. Les cuisines savaient parfaitement doser, connaissant bien les habitudes de ceux qu'elles nourrissaient. Sheeshon avait un appétit d'ogre, si bien, qu'elle avait déjà enfourné du poisson grillé et du riz dans sa bouche, usant des baguettes pour pousser la nourriture dans sa bouche, portant son bol de riz jusqu'à la hauteur de ses lèvres. Elle mâcha, poussant un petit soupir de contentement. C'était délicieux. Son ventre gronda, signe qu'il était temps qu'elle mange. Elle était debout depuis trois heures, s'étant éveillée au petit matin, et elle sculptait et peignait depuis. Elle fit descendre l'énorme bouchée qu'elle venait de prendre en avalant une gorgée de soupe miso.

-Cela ne me pose pas de problème que tu manges avec tes doigts ou la cuillère. Je mangeai avec mes doigts aussi avant. Et je le fais toujours parfois...

Elle adressa un sourire à Sheeban. Sa demoiselle de compagnie lui répondit d'un regard complice. Sheeshon se comportait parfois comme une sauvage, quand il s'agissait de repousser des demandes en mariage, ou bien d'effrayer ou de rebuter certains nobles qui mettaient ses nerfs à rude épreuve. Elle avait partagé ce secret avec Sheeban depuis leur enfance, et l'esclave avait été dans la confidence bien avant son propre père.

-Et des fois, je fais même exprès d'en mettre partout, poursuivit-elle avec une trace de rire dans la voix, mais mange comme tu veux, ce n'est pas moi qui vait te dire comment faire. En plus, on ne peut que manger les baozi à la main.

Joignant le geste à la parole, elle déchira une des trois petites brioches en deux. De la fumée en sortit, et à  l'intérieur, la farce luisait. Le porc avait été confit, puis finement haché, le chou avait été haché puis simplement mélangé au porc, avant d'avoir été fourré dans la pâte, qui avait cuir à la vapeur. Sheeshon mordit dans une première moitié, et s'agita sur son siège, se balançant de droite à gauche, en émettant des bruits de gorge traduisant son plaisir. Elle adorait manger, et sa silhouette rebondie le laissait deviner. Son père insistait pour qu'elle fasse un peu d'exercice, mais elle ne lui concédait que quelques heures de chevauchée, préférant de loin s'occuper dans son atelier. Elle s'était étirée en grandissant, et en s'étirant, elle avait gagné des courbes, et d'ennuyeuses demandes en mariage. Son cœur était pris depuis cette fameuse nuit, et si elle manœuvrait bien, elle aurait celui qu'elle voulait. Elle avait pris cette décision depuis longtemps. Même si longtemps était un bien grand mot pour son jeune âge. Elle termina sa moitié entamée, se léchant les doigts. En suite, elle prit un morceau d'algues séchées, rectangulaire, qu'elle posa dans son bol, avec ses baguettes, elle y plaça un peu de riz, des légumes marinés, et un morceau de poisson. Avec habilité et précision, elle referma le rectangle d'algues séchées, le roulant avec ses baguettes avant de le déposer dans sa bouche. Le morceau était un peu gros, si bien qu'elle avait l'air d'un rongeur. Elle répondit à Inu par la pensée, pouvant ainsi éviter d'en mettre partout en lui répondant à voix haute.

"Oui, c'est mon chez moi ici. J'y passe des heures. Mon père m'a donné ce petit pavillon quand j'ai commencé à peindre et à sculpter... Mais c'était surtout pour éviter les copeaux, les traces et odeurs de peintures dans le pavillon principal..."

Sheeshon avala, et ricana, continuant à voix haute :

-Depuis, je ne peux plus surgir pleine de peintures et la chevelure pleine de bois pour faire fuir mes prétendants. Mais cela fait au moins deux ans, qu'ils sont moins nombreux...

Sheeban acquiesça en hochant la tête, avant de se rappeler que Inu ne pouvait pas la voir.


-Trois ans, rectifia la demoiselle de compagnie, après que vous ayez effrayé la moitié des invités de votre père en venant couverte de peinture rouge fraîche. Tout le monde a cru voir du sang.

-Hm, papa m'avait passé un savon ce soir là. Mais depuis, il n'y que les plus hardis qui s'y essayent. Ou ceux dont les parents convoitent la fortune de mon père. Mais je ne me marierai qu'avec mon dragon, ou personne. Mon père le sait.

Elle ponctua cette déclaration en buvant un peu de thé, et s'adressa de nouveau à Inu par la pensée.

"Je sculpte et je peins ce que je sculpte, parfois pas tout le temps. Et non, je ne fais pas de peinture sur toile ou sur papier. Je trouve cela terriblement ennuyeux, ça ressemble trop aux exercices de calligraphies... Je vous montrerai tout à l'heure ce que je sculpte. J'ai quelque chose pour vous, j'ai commencé quand vous êtes arrivé..."


***


Sheeban se chargea de débarrasser le petit déjeuné, empilant les bols, rassemblant leurs tasses et assiettes. Elle signala à Inu qu'elle n'avait pas besoin d'aide, quand elle sentit qu'il voulait l'aider. Sheeshon ouvrit plusieurs battants de son atelier, profitant de l'air frai, pour chasser les odeurs de peinture plus que prenant, et pour faire sécher ses sculptures plus vite. La jeune noble avait pris la main de l'esclave aveugle, le guidant dans son ateliers, l'avertissant mentalement quand il risquait de marcher sur du bois, ou bien de faire tomber des objets.

-Je m'essaye aussi à la céramique depuis quelques temps, lui racontait-elle enjouée et déplaçant ses premières créations, papa a fait venir un maître artisan pour m'y former. J'aime les résultats que l'on obtient avec les couleurs après la cuisson, j'aime aussi peindre les finitions. Mais le plus long, c'est d'attendre qu'elle cuise et qu'elle sèche.

Elle l'amena devant les étagères qui couvraient ses murs, ornés de ses sculptures. Les étagères étaient simples, en bois, avec de longs plateaux, exposant ses œuvres, finies ou non. Elle en abandonnait certaines, et n'y revenait parfois jamais. Sheeshon les regarda avec amour. C'était son univers qui se trouvait là. Certaines sculptures étaient vieilles, mal taillées, les premières qu'elle avait réalisées.

-J'ai commencé à sculpter quand j'avais neuf ans, et je n'ai jamais cessé depuis. Je sculpte essentiellement des dragons. Et c'est pire depuis que j'ai rencontré le mien. Mais je sculpte aussi ce que j'ai envie, ce que je retiens de mes rêves. Ah, les voilà.

Elle lâcha la main d'Inu, pour se hisser sur ses pieds nus. Elle prit délicatement une boîte en bois, sans ornements et simplement vernie. Elle épousseta un peu le couvercle, avant de l'ouvrir. A l'intérieur se trouvait une collection de poissons aux formes différentes, et aux couleurs vives. Sheeshon tapota des ses doigts les côtés de la boite, selon un rythme particuliers. Les poissons s'animèrent, et se mirent à voler autour d'eux.

-Papa les avait fait enchanter pour moi, il m'arrive encore de les sortir de leur boîte. Ce sont des poissons. Je les ai sculptés et peints, un par un, ils ne sont pas très réussis, mais j'avais onze ans. Je venais de voir la mer pour la première fois. Papa m'avait emmenée avec lui, à Dakgorim.

Elle observa Inu, autour de qui les poissons de bois colorés flottaient paresseusement. Elle eut un sourire satisfait. Elle avait vu juste.

"Je le savais. Tu es capable de percevoir la magie n'est ce pas ? Tu es comme moi."

Elle ne prit la peine d'expliquer à Inu, en quoi ils étaient similaires, et elle le fit s'approcher son établi. Un très long bureau, au plateau large, et reposant sur des colonnes à tiroirs. La surface était encombrée, et autour de sa chaise, des copeaux parsemaient le sol. Le dragon qu'elle peignait depuis ce matin était là, mais il y avait une seconde sculpture. L'animal sculpté reposait sur un socle, et présentait une forme étrange. Il était assis, mais restait haut sur pattes. Mince, il était presque étroit. L'animal était un renard stylisé, dont l'anatomie pouvait aussi faire penser à celle d'un grand chien maigre. La tête était tournée vers eux, avec son long museau, et ses oreilles hautes en triangles. Son épaisse queue s'élevait en une courbe interrogative. Il manquait des finitions, et de la peinture. Sheeshon prévoyait de le peindre en blanc et en argent, mais Inu ne le verrait pas. Elle lui plaça l'objet entre les mains.

"Celle là, elle sera pour toi. C'est comme ça je te vois. Tu ne le verras pas, mais je compte le peindre de la même couleur tes cheveux.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Inu
Esclave
avatar

Nombre de messages : 139
Date d'inscription : 23/08/2007

MessageSujet: Re: Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois   Mer 24 Aoû - 13:47

Inu eut un sourire en l’entendant dire ainsi qu’elle-même mangeait avec les mains quelques fois, tout en prenant le soin d’en mettre le plus possible partout. Il ne savait pas pourquoi la jeune femme se sentait obligée de faire ça, lui préfèrerait savoir manger sans avoir l’air d’un rustre, mais elle était sa maîtresse, elle pouvait mettre son visage dans un saladier de riz si elle le voulait, elle avait tous les droits. L’odeur de la brioche emplit brièvement l’air quand Sheeshon l’ouvrit en deux. Inu songea qu’il fallait qu’il y goûte rapidement, vu la bonne odeur qu’il s’en dégageait ce devait être quelque chose de vraiment délicieux

Ah, c’était pour faire fuir des prétendants que Sheeshon décidait de manger avec les mains. En plus, pour être certaine de les faire détaler, elle arrivait aussi barbouillée de peinture. C’était une méthode autrement plus originale que de dire non. Elle parla ensuite de, son dragon ? Il n’osa pas lui demander de qui il s’agissait, d’un véritable dragon ou d’un homme portant ce « titre ».

***

Inu avait commencé à essayer de rassembler ce dont il s’était servi pour manger, mais Sheeban le remercia en lui indiquant qu’elle s’en chargeait et qu’elle n’avait pas besoin d’aide. Alors il avait placé ses mains sur ses genoux en attendant la suite ou des ordres. L’une d’entre elles les quitta bien vite, prise par la main de Sheeshon qui venait d’ouvrir des fenêtres pour laisser l’air de l’extérieur entrer et se mêler à la peinture et au bois.
Elle le guida dans son atelier, l’informant quand il devait lever un peu plus les pieds, ou faire attention à ses gestes pour ne rien bousculer et faire tomber.

Elle lui parla de ce qu’elle faisait ici, de ce qu’elle essayait de nouveau, ayant dans la voix se timbre si particulier qu’ont les gens parlant de quelque chose ou quelqu’un qui leur était cher et qui les passionnait. Réellement, elle lui rappelait la fille de son ancien maître dans certains aspects, même si cette dernière était bien plus jeune.

[Je suis sûr que vous devez faire de grands progrès avec ce maître pour vous enseigner et votre passion. Lorsqu’on aime faire quelque chose, tout va plus vite et on apprend plus rapidement.]

Lui-même avait très rapidement apprit à monter à cheval, il avait tellement aimé cette nouvelle expérience, comme il avait aimé faire plaisir au dresseur en exécutant ses ordres.
Sous ses paupières et le bandeau, il vit la magie s’activer et les poissons voler sous ses yeux. Instinctivement, il ouvrit les yeux et suivit du regard les poissons de bois, bougeant la tête pour suivre la trajectoire douce qu’ils empruntaient. C’était apaisant et amusant comme objet, la jeune femme avait eu de beaux cadeaux durant son enfance.


"Je le savais. Tu es capable de percevoir la magie n'est-ce pas ? Tu es comme moi."

Le limier se demanda ce qu’elle voulait dire par « Tu es comme moi » mais ne lui posa pas la question, car ce n’était pas à lui de demander mais à Sheeshon de lui expliquer si elle le souhaitait.

Les doigts d’Inu se refermèrent sur l’objet de bois brut que venait de lui donner la jeune femme. Il les plaça autour de l’objet, pressant avec douceur pour en appréhender la forme générale, la fragilité, la taille. Ça n’était pas fragile. Il y avait un socle, sur lequel reposait une forme qu’il découvrit du plat de la paume, puis du bout des doigts.

Il remonta du socle pour sentir deux piliers fins sous la pulpe de ses doigts, et deux autre qui n’étaient pas droit, mais tordus. C’était les pattes d’un animal fin. Près des pattes tordues il y avait un épais cylindre, se finissant comme un pinceau, dans une jolie courbe. C’était une queue, l’animal était donc assis. Un ventre fin, un poitrail tout aussi fin et un cou proportionnel le menèrent à une tête au museau long, aux oreilles pointues un peu grandes, triangulaires et dressées comme si elles étaient attentives aux bruits alentour. La tête était tournée légèrement, le regard était un peu de côté, comme s’il les regardait avec un air interrogatif. L’esclave mit quelques caresses de plus à comprendre qu’il s’agissait d’un renard fin, assit, avec une longue queue en panache. Ça avait l’air très joli, en tout cas ça l’était sous ses doigts.


"Celle-là, elle sera pour toi. C'est comme ça je te vois. Tu ne le verras pas, mais je compte le peindre de la même couleur tes cheveux. "

Inu suspendit son exploration sensorielle de la statuette. Le limier sentit son cœur se serrer un peu et ses yeux s’humidifier.
Quand Sheeshon lui avait dit qu’elle avait quelque chose pour lui, il n’avait pas compris que c’était pour lui, qu’elle comptait le lui offrir. Il pensait qu'elle voulait simplement lui montrer quelque chose. Il n’avait jamais eu de réels présents, pas de la part de ses maîtres en tout cas. C’était un présent décoratif, qui n’aurait pas de réelle utilité, surtout en sachant qu’il ne pouvait le voir, ça n’avait rien à voir avec un objet essentiel. Et puis, il était un esclave, lui-même était un bien matériel. Le fait que Sheeshon pense à lui et prenne le temps de créer quelque chose qu’elle lui destinait le touchait beaucoup, autant que ça le surprenait. Il prendrait soin de cette statuette, il la poserait sur l’une des petites tables auprès de son lit, et veillerait chaque jour qu’elle y soit toujours. Il la regardait des mains avant de s’endormir, pour s’assurer qu’elle n’était pas abimée et se rappellerait que la jeune femme avait pris du temps pour le simple esclave qu’il était.

[Je vous remercie beaucoup pour ce présent. Quand vous l’aurez terminé j’en prendrais le plus grand soin.]


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sheeshon
Noble
avatar

Peuple : Mornienne, probablement métisse
Second(s) Métier(s) : Chaman, télépathe puissante
Nombre de messages : 31
Localisation : En tête à tête avec un Empereur, si si si.
Date d'inscription : 24/08/2007

MessageSujet: Re: Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois   Sam 25 Fév - 0:31

Elle observa attentivement Inu lorsqu'il examina la statuette qu'elle avait sculpté pour lui. Elle se demanda ce qu'il ressentait, comment il percevait les formes ? S'il était né aveugle ? D'ailleurs l'était-il réellement ? Il avait parfois des réactions propres aux gens capables de voir. Et elle savait déjà qu'il percevait la magie, il avait suivi les mouvements des poissons comme elle le faisait ou comme Sheeban l'avait fait quand elle lui avait montré pour la première fois. Elle se demanda s'il pouvait savoir ce que c'était, rien qu'à la forme sous ses doigts. Inu toucha l'élancé renard en bois pendant quelques minutes, où elle resta silencieuse, un brin distraite par le fil de ses pensées. Elle se songea qu'Inu pourrait probablement sentir les couches de peinture qu'elle appliquerait dessus. Elle devrait utiliser différentes teintes de blanc et d'argent pour colorer le renard de la couleur des cheveux de l'esclave. La voix d'Inu dans sa tête interrompit le fil de ses pensées. Sheeshon referma ses mains sur les siennes qui tenaient toujours le renard en bois.

-On dirait que tu n'as jamais eu beaucoup de cadeaux dans ta vie.

Délicatement, elle défit ses doigts pour lui reprendre la statuette. Sheeshon la remit là où elle l'avait pris. Elle choisirait les couleurs pour la peindre plus tard.

-Mais elle n'est pas encore finie. Et la peindre...

Elle toucha une mèche de cheveux d'Inu, soyeuse sous ses doigts.

-Avec les mêmes nuances, cela va me prendre du temps.

Elle soupira.

-Papa dirait que j'en fais trop, Mais il a gardé tous les cadeaux que je lui ai fait, même ceux dont j'ai honte à présent. Ceux qui ressemblent maintenant à tout sauf ce qu'ils sont sensés représenter.

Un petit rire l'agita.

-Mais j'ai progressé depuis. Comme tu as pu le constater.

Le renard de bois n'était pas simplement finement sculpté dans sa forme, Sheeshon avait pris soin de tracer de fines rainures pour la fourrure, de ciseler certaines formes, comme sur le poitrail, où la fourrure est sensée être bouffante ou sur le panache. Les poissons que Inu avait pu suivre à leur trace magique et toucher, étaient de simple petits morceaux de bois de tailles différentes ayant simplement la forme de poissons simplistes. En revanche, ils étaient peints, certes pas aussi bien que les dessins qu'elle faisait sur les céramiques ou la peinture de ses plus récentes créations, mais assez bien pour la fillette de neuf ans qui les avaient faits. Sheeshon prit une inspiration soudaine, alors que lui venait une idée, et un flot de paroles commença à s'échapper de ses lèvres :

-Je me disais que je pourrais t'aider à décorer ta chambre, si tu en as envie. Elle n'est pas très grande, mais ce n'est pas un chez toi non plus. Je sais que tu n'y dors pas souvent. Tu sais, papa n'est pas du genre... à acheter des esclaves, encore moi à dormir avec. Je me demande si tu n'es pas spécial. Papa t'aime beaucoup en tout cas. Mais parfois, il n'est pas toujours là, alors c'est bien d'avoir un endroit à soi, où on peut se retrouver. Moi, j'ai mon atelier et mes quartiers pour ça. Même si je passe probablement plus de temps ici. Cela dit, je sais que papa t'a emmené avec lui hier soir.

Un nouveau rire la secoua.

-Enfant, je ne faisais pas vraiment attention, mais maintenant, quand papa se lève tard, je sais que c'est parce qu'il est sorti. Et je le sais aussi parce que je vous ai rentrer tard dans la nuit. Ou était-ce tôt le matin ?

Elle eut un haussement d'épaules.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Baozi, thé noir, peintures et copeaux de bois
» Sortie de Gringotts ... fracassante [PV Alan]
» Listes fixant les objetifs de peintures, de 1000 à 3000 pts
» Santiagoriccardo VS Alais - Escroquerie - Vente illégale de bois - Verdict rendu
» [RP] Du bois pour le Maistre.
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inwilis :: Les Royaumes du Sud-Est :: L'Empire de Morna :: Hitokage la Capitale Impériale :: Quartiers :: Pavillons des Qiang Sung-
Sauter vers: