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 Camp de mercenaire

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Variel
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MessageSujet: Camp de mercenaire   Lun 20 Juil - 23:55

Nous étions partit depuis quelques heures déjà. Comme prévu nous l'avions fait à la faveur du départ des marchands ambulants vers la fin d'après midi, nous nous étions fondu dans la foule sans problèmes, et n'avions pas cherché à être les plus discret au monde, sans pour autant attirer tout les regards. Non, nous avions eu l'air tout à fait normaux, des étrangers ne semblant pas réellement l'être, repartant quelques temps après leur arrivée. Trois sableus étaient harnachés, et un Garman qui portait pas mal de nos affaires, Vallene, et, à présent, Emric. Ce dernier avait eu la charge de marcher à coté du convoi pendant une partie du voyage, portant sur son dos, un grand panier tressé au contenu précieux. Dedans, nous avions placé délicatement Soar, endormie cela va de soit.
Je n'avais pas confiance en notre chère prisonnière pour garder le silence et le calme juste parce que je le lui avait gentiment demandé. Surtout que celle-ci m'avait chargée, m'offrant un masque au yaourt et figues improvisé. La rébellion n'avait pas durée longtemps, l'inconscient de la légionnaire cherchant à utiliser son armure, bloquée par un artefact soigneusement enchanté par Vallene, Soar s'était retrouvée le corps pris entre sa magie cherchant à revenir, et le puissant sortilège qui la repoussait violement. J'avais gardé la jeune femme saisie de tremblements contre moi, le temps que tout cela se calme, et que le yaourt dégouline bien le long de mon visage. La légionnaire calmée, elle n'avait pas rendue son repas -dieux merci- et s'était laissé allonger sans faire plus d'histoires. Reyhan m'avait alors tendu une serviette, avec l'un de ses sourires qui me donnaient envie de serre mes doigts très fort autour de sa gorge. Les filles avaient choisis le bon moment pour rentrer de leur après midi de détente, et j'avais eu le droit aux gentilles moqueries de mes compagnons. Gheniel m'avait défendu, du moins au début, soutenant qu'au moins, j'aurais une belle peau grâce à ce masque nourrissant. Nous avions alors terminé de rassembler les quelques affaires qui nous restaient, tout en prenant soin de préparer et de cacher soigneusement nos armes. Oh, bien sûr, nous gardions quelques unes de visibles, personne ne sortait sans être armé. Notre adorable mage avait lancé quelques sortilèges pour effacer nos traces dans la maison, et avait fait en sorte que celui évitant que Soar soit détecté, nous suive tout le long de notre route. J'étais revenu dans la chambre pour donner le feu vert à Vallene pour endormir la légionnaire, et avait alors souhaité la bonne nuit à notre prisonnière.

A présent sur la piste brune, nous avions sortit Soar de son panier pour lui éviter les engourdissements, d'étouffer, et pour soulager le dos d'Emric, qui n'avait certes pas bronché pendant la route, mais qui méritait de s'asseoir sur une selle. La ville était derrière nous, et nous avions sortit notre invitée à l'abri des regards. J'avais pris la légionnaire sur mon sableu, elle était dans mon dos, couverte car la nuit commençait à tomber, et son équilibre était assuré non seulement par le fait qu'elle était affalée sur moi, mais aussi par Leylian qui était derrière moi. Je lui avais collé la responsabilité de la bonne tenue de Soar sur le dos, même si Aélior avait voulu le faire à tout prix. Je le voyais du coin de l'œil faire la moue, sur son sableu qu'il partageait avec Reyhan. Celui là, plus je le laissais loin des filles, mieux c'était, surtout loin de Soar. Il avait déjà faillit me la griller, alors si en plus il fallait que je le laisse la toucher. Rien qu'à cette pensé j'eus une moue qui fit sourire Gheniel, juchée sur le troisième sableu avec Melse. Cette dernière remarqua ma tête, et décida de se la payer.


-Bah, alors Var' ? T'as l'air contrarié ?

-T'as toujours pas digéré ton p'tit masque ? M'emmerda Aélior.

-Beaucoup de gens tolèrent mal le lait lors de la digestion. Ajouta Emric avec le plus grand sérieux.

-Surtout les familles moches et nombreuses n'ayant pas fait d'études.

Les visages se tournèrent tous vers Vallene qui éclatait de rire à la fin de sa phrase, qui était une de ses blagues apparemment. Comme d'habitude personne n'avait comprit, et Leylian se força à rire un peu. Le gamin craquait sur la mage, qui était tellement dans son petit monde que je me demandais si elle le remarquait un peu. Je secouais la tête, profondément affligé.

-Franchement, y a des jours je me demande ce que je peux bien fiche à traîner avec une bande pareille. J'en aurais presque honte, ressortir cette histoire vielle d'au moins cinq, six heures ? Vous n'êtes pas pros.

Melse secoua la tête, avec l'air tout aussi affligé que je l'avais eu.


-Il a pas digéré son masque aux figues.

Nous partîmes tous d'un fou rire sincère. Même Reyhan, ce qui était assez rare pour être souligné. J'ajoutais alors que je trouvais ma peau plus belle et souple, et que de toutes manières ils étaient simplement jaloux de mon teint lumineux. Aélior ajouta qu'il était surtout jaloux de ma passagère, et qu'il voulait bien soulager mon dos de sa présence, le sien étant tout aussi confortable. Je lui décochais un regard qui lui fit comprendre que je le défiais d'approcher la main, et Melse mit son sabeu au même niveau que le sien, et lui donna une grande tape dans le dos, clamant qu'il était si maigrichon comparé à moi, que la pauvre prisonnière aurait l'impression d'être sur un tas de cailloux pointus en mouvements. C'était sur les bougonnements protestateurs d'Aélior que nous avons avancé encore une demi heure, avant de partir sur un côté de la piste Brune pour monter notre camp.
A l'abri d'un groupe de rochers, qui protégerait notre installation de la vue des personnes venant de la ville. Le camps fut monté avec rapidité, sans mon aide, vu que j'avais toujours une Soar profondément endormie, et bien sur poings liés, sur le dos. Cinq tentes furent montées en demi cercle autour d'un feu de camp allumé avec brio et sans magie par Leylian. Les trois sableus étaient laissés près de nos tente, du coté du feu pour qu'ils profitent aussi de sa chaleur. Les affaires les moins importantes étaient déchargées près du garman, situé lui de l'autre coté, et les plus vitales étaient dans les tentes même. Je sentais s'agiter dans mon dos, l'effet du sortilège de Vallene se dissipait, et j'avais une brève prière envers tous dieux qui auraient l'amabilité de m'entendre et de m'exaucer, pour que l'endormie ne vomisse pas en se réveillant.

-Bien le bonjour, bien que ce soit la nuit. J'espère que le voyage n'a pas été trop inconfortable ?


Dernière édition par Variel le Lun 21 Mar - 18:10, édité 1 fois
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Soar Orombre
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Mer 12 Aoû - 23:33

Sa souffrance avait pris fin lorsqu'elle avait cessé de lutter, mais son corps lui hurlait que la situation ne pouvait pas durer. Elle n'avait pas besoin de réfléchir pour savoir que si elle persistait à vouloir utiliser sa magie sans que le sortilège de blocage ne soit neutralisé, elle finirait par en crever. Le bloqueur neutralisait sa magie interne et rendait son corps fou, et plus rien ne répondait aux ordres de son cerveau. Les convulsions étaient le pire, puisqu'elle avait l'impression que les contractions nerveuses duraient encore après. Elle avait été secouée. Elle s'était sentie misérable, honteuse. Et surtout furieuse. Elle avait l'impression d'être un fauve en cage, tournant sans relâche, cherchant une issue, alors qu'il n'y avait même pas de porte à sa cage. Le regard du Cornu fut pire que tout. Elle crut y lire de la pitié. Et un certain agacement, couplé à autre chose. Il l'avait simplement tenue jusqu'à ce que ses membres cessent de vouloir danser seuls et séparément, et elle avait continué de s'agripper à lui, lui ayant sans doute enfoncé ses ongles dans la peau de ses bras au passage. Il l'avait allongée sur le lit, et elle avait fixé le mur devant elle, après s'être tournée sur le côté, épuisée. Elle supportait difficilement ce sentiment d'impuissance. Elle s'était rarement sentie aussi vulnérable, même à moitié devant des spectateurs, alors qu'elle avait toujours la possibilité d'accéder à sa magie, même avant qu'elle n'acquiert l'artefact incrusté dans sa cuisse, elle n'avait jamais eu peur. Elle avait été si sûre de sa puissance, de sa capacité à se défendre. Elle le pouvait encore, mais c'était trop tôt. Bien trop tôt. Et son impulsivité les ferait redoubler de vigilance à son égard. Elle maudissait sa propre bêtise. Mais quelque chose la gênait. Elle avait envie de fuir. Elle n'avait plus envie quelqu'un la touche sans sa permission. Elle voulait retrouver un semblant de dignité, et pouvoir pisser tranquille sans être surveillée. Elle ne pensait même plus à la mission qui l'avait amenée jusqu'ici, celle-ci était secondaire. Elle devait s'échapper, avant qu'il ne lui arrive vraiment quelque chose de grave. Quelqu'un pourrait sans doute briser ce putain de sortilège chez les Lionnes. Elle avait envie de hurler sa rage et sa frustration. Son impuissance la rendait folle. Et il n'y avait personne pour la sortir de là. Pourtant, elle regagna un semblant d'espoir en obtenant une information essentielle. Au milieu de ce qu'elle pensait être l'après midi, elle entendit quelques notes de musique, semblant lointaines, des notes lascives et presque douloureuses, tirées d'un instrument à cordes. Elle n'eut pas vraiment le loisir d'apprécier la mélodie, percevant des éclats de voix, puis du silence. Mais la musique avait suffit à lui confirmer qu'elle était encore en Esgal, ou bien en Andanorië.
En fin d'après midi, la porte de sa chambre s'ouvrit, elle décida de rester amorphe et morose. Le Cornu avait soupiré en disant qu'elle ne lui facilitait vraiment pas la tâche. Pourtant, il ne voulait pas lui faire de mal. L'affirmation avait de tels accents de sincérité que Soar aurait pu y croire. Et c'était peut-être vrai. Elle ne représentait pas grand chose, et pourtant, il la gardait en vie, il la nourrissait. Elle trouvait ça étrange. Et elle avait beau retourner ses pensées dans tous les sens, elle ne parvenait pas à comprendre ce qui motiverait un groupe de mercenaires à la capturer et à la garder en vie. Soar s'était retournée, pour voir cette salope de magicienne s'avancer. Elle avait reculé, instinctivement, pour se mettre hors de portée. Le sortilège de sommeil avait d'abord glissé sur elle, et elle avait lutté pour ne pas fermer les yeux, ne pas céder. Le combat était perdu d'avance. Elle était épuisée à cause de son erreur, et son état mental n'était pas au beau fixe. Elle lutta autant qu'elle le put. Elle sentit, dans un demi-sommeil, qu'on lui liait à nouveau les poids. Elle chercha à ouvrir les yeux, et ne parvint qu'à les soulever à peine, percevant l'elfe musclé au cheveux blancs qui lui liait les poings devant. Elle sentit quand on la souleva de son lit. Et puis elle cessa de lutter un instant. Elle se réveilla à cause d'une désagréable sensation de frottement contre la peau de son visage. Elle parvint à cligner des yeux. Sa vision trouble lui transmit des informations dont elle ne tint pas compte. Ses oreilles revanches, lui transmirent les sons d'une place bondée, animée. Son corps lui disait qu'on la portait. Elle se rendormit. Elle s'éveilla une troisième fois, suite à un choc. C'est molle et ensommeillée qu'elle comprit à la lisière de sa conscience, qu'on la soulevait à nouveau, et qu'on la hissait. Son corps s'affala contre quelque chose. Elle y posa sa tête, incapable de maintenir cet espèce d'état de conscience instinctive.
Son corps s'éveillait, encore. Mais cette fois, l'engourdissement était moindre. Mais douloureux. Un peu comme un muscle après une crampe, ou un muscle sollicité après être resté fixe pendant plusieurs heures. Des picotements parcouraient ses jambes. Elle sentait sa bouche pâteuse. Elle songea que son haleine devait probablement sentir la charogne. Elle refusait de se réveiller. C'était trop pénible. Elle garda les yeux fermés, cherchant une position plus confortable. Son visage frotta contre la surface chaude sur laquelle il était posé. Elle finit par y poser sa joue. Son corps avachi. Elle prit une profonde inspiration. Sa sentait le feu de bois. Mais aussi autre chose. Elle tourna encore la tête, posant son front sur la surface contre laquelle elle était appuyée. Elle sentit les liens qui enserraient ses poignets. Ses doigts remuèrent, et elle sentit les textures du cuir et du tissus. La surface sur laquelle elle était appuyée était chaude. Elle avait chaud. Mais ses pieds lui disaient que l'air était froid. Elle prit une seconde inspiration. Émerger était difficile. Finalement, elle se força à ouvrir les yeux, les clignant à plusieurs reprises. Elle se frotta le nez, puis ses yeux un peu crottés. Elle passa une langue gonflée sur ses lèvres. Elle aurait besoin de boire. Elle eut la confirmation que sa bouche était pâteuse. En dehors de l'intimité de son propre corps, elle se sentait désorientée.
Finalement, une voix familière lui souhaita un bon retour parmi les éveillés. Elle se retint de le cogner de la tête. Soar s'aperçut qu'elle était appuyée contre le dos du Cornu, et qu'elle avait certainement passé "le voyage" ainsi, affalée contre lui. Elle se redressa légèrement, nauséeuse. Ainsi, ils avaient bougé. Elle s'efforça de regarder autour d'elle. Elle était juchée sur un lézard, et elle déduisit rapidement à la fraîcheur de l'air qu'ils étaient encore en Esgal. Elle aurait confirmation en voyant le sol et les alentours. Elle reposa son front contre le dos de Variel, refermant les yeux.

-J'ai la gerbe et j'ai soif, parvint-elle à articuler d'une voix enrouée, et j'ai mal partout.

Elle le sentit se tendre, légèrement. Elle parvint à ricaner, un exploit.

-T'inquiète, je te gerberai pas dessus. J'ai suffisamment gerbé comme ça ces derniers temps. Et j'risquerais de m'asperger. Même si c'est tentant de te repeindre le dos.

Elle tenta de faire venir un peu de salive pour humidifier sa bouche. Elle prit une nouvelle inspiration pour calmer sa nausée.

-J'imagine que ce "voyage" est le dernier que je fais en votre compagnie ? Quel dommage, j'appréciais tellement vos petits tours de magie, qu'on me regarde quand j'pisse aussi.


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Variel
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Mar 29 Sep - 10:46

Ma passagère reposa son front sur mon dos et articula quelques mots. Je me raidis instantanément en entendant qu'elle avait envie de "gerber". Ça ne me disait rien de sentir l'odeur de la bile et de la semoule digérée, et d'avoir une sensation de liquide visqueux et chaud dans le dos, même si pour l'odeur et le côté salissant, Valenne pouvait toujours nettoyer mes vêtements avec un parchemin ménager. Elle me rassura, riant de ma réaction, en m'expliquant qu'elle ne vomirait pas, elle avait pas envie de renouveler l’expérience, même si elle gagnerait en bonus le droit de teindre ma cape, elle risquait de se repeindre elle aussi.

-Même si je pense que tu ne le feras pas surtout pour toi, merci de ne pas me vomir dessus. Moi qui commençais à te trouver bien confortable ainsi mise sur mon dos, j'ai eu une seconde de regret de l'avoir pensé.

J'appelais alors notre mage de foudre qui semblait ne pas être trop occupé. Voir pas occupé du tout.

-Aélior, apporte nous de l'eau, sans en foutre partout tu seras gentil. Je regardais Soar autant que possible, tirant ma tête vers l'arrière,
Enfin, tu m'étonnes que tu ais soif, tu n'as pas bu depuis des heures, navré qu'on ai pas pensé à te réveiller avant.

Je vis le drow s'agiter, apparemment tout content de faire ce que je venais de lui demander. Je me demandais d'un coup si j'avais bien de le demander à lui, mais les autres étaient occupés alors... Les tentes finissaient juste d'être montées, elles nous faisaient face, faisant également face aux rochers que nous avions dans le dos. Mon lézard était allongé, dans une position rappelant les chats, avec les pattes devant lui. Les autres se doraient devant le feu qui était devant nous au même titre que les tentes. J'étais seul encore en selle, mais nous n'allions pas débarquer Soar sur une couverture pour vaquer aux préparatif du camp, la laissant au froid, et surtout lui donnant une possibilité de partir même si son état semblait compromettre sa capacité à courir un 100 mètre dans le sable pour nous fuir. Ne jamais sous estimer un adversaire ou une proie, jamais. Quand Aélior amena l'eau, il la donna directement à Soar, et je la laissais alors boire tout ce qu'elle voulait. Comme elle s'était légèrement décollé je la voyais mieux. Elle avait une trace de pli sur la joue, sûrement une marque laissée par ma cape. Je souris en la remarquant.

-Tu as une pliure sur a joue. Et oui, c'est notre dernier voyage ensemble. Tu nous manqueras aussi, j'aime qu'on me recouvre de yaourt, qu'on me bave dans le dos et qu'on m'invective. Par contre tes vomissements ne nous manqueront pas, ça, soit en sûr. Aélior, échange avec Emric qu'il vienne l'aider à descendre, on va pas rester perchés toute la nuit.

Je vis une lueur passer dans les yeux du mage de foudre et levais la main pour l'empêcher de parler. J'avais l'impression de le connaître comme si je l'avais mis au monde -ce qui faisait relativement peur en y songeant-, et je me doutais qu'il voulait bien aider Soar à descendre lui même. Sauf qu'elle essayerait sûrement de lui arracher la carotide à coup de dents, qu'il risquait de la faire tomber parce que niveau muscles il ne valait pas Emric, et que je laisserait Soar lui arracher la carotide si elle essayait. Et hors de question qu'il la touche aussi. Je le regardais avec un air mauvais.

-Et n'y pense même pas, c'est lui qui le fera pas toi.

Je ne compris pas trop ce qu'il me dit en repartant. Il pestait sans doute sur le fait qu'il pouvait le faire, que j'étais pas juste.. Je n'en savais trop rien et je m'en fichais un peu. Je préférais confier Soar aux soins d'Emric, qui n'avait jamais de gestes déplacés, et qui ne profiterait pas du tout de la situation, même pour toucher innocemment. Chose qu'Aélior n'aurait pas fait. Ou même moi, je devais l'avouer, Soar est une belle femme, généreuse dans ses formes et je regrettais tellement qu'elle ne sois qu'un contrat. Notre colosse arriva pour aider Soar à descendre doucement, la soulevant en dehors de la selle avec précautions.
Je profitais d'être sans personne sur le dos pour le faire craquer et m'étirer avant de démonter souplement. La nuit dévoilait déjà quelques étoiles, le jour tombait vite, même si il y avait encore le soleil à l'horizon. J'amenais Soar sur une couverture, pas trop loin du feu, et Gehniel prit le relais avec Valenne. Elles lui demandèrent si la légionnaire avait envie de manger maintenant, trop chaud, encore soif, peut-être une envie pressante. Je regardais ça de loin et me disais qu'on aurait pu prendre la scène pour une simple prise de nouvelles entre amies. Reyhan me tendit une outre d'eau, je le remerciais et bu. Le métissé drow revint près du feu après cela, étant de corvée de repas avec Aélior. Leylian lui terminait de panser les bêtes, s'occupant à présent de mon lézard. Toujours éloigner le gamin du repas, c'était une règle d'or, sinon on risquait de finir mort empoisonné. Ce soir, Aélior et Reyahn nous préparait de l'Aghroum Bougtouri, un pain plat cuit sous la cendre qu'ils fourreraient de viande de mouton bouillie puis grillée L'odeur de la viande de mouton qui grillait sur une large pierre plate commença à se répandre, comme l'odeur du pain qui cuisait. Une soupe était préparée dans le bouillon du mouton, agrémentée de morceau de courge, de carottes, de pois-chiche et de persil plat. Le dessert serait simple, le reste de pain plat agrémenté de miel et de figues séchées. Je m'installais autours du feu, prenant place à côté de Soar, après tout, nous avions déjà passé une bonne partie de la journée ensemble, autant continuer.

-Ca te dérange que je m'installe ici ? Remarque, je peux m'installer où bon me semble après tout tu vas me dire. Le feu te vas très bien au teint tu sais ?

Je lui fit alors la conversation pendant que ça terminait de cuire. Valenne nous apporta entre temps une outre d'eau, et du pain plat nature qui accompagnerait la soupe. Pour ma part j'avais assez faim, et je me faisais patienter en conversant avec Soar. Je lui expliquais en quoi elle allait me manquer. Son entêtement, mon masque, ses piques, mine de rien ça faisait de l'animation. Et une animation plus calme que lors de nos autres missions qui consistait surtout à rester en vie le temps de faire ce qu'on nous avait demander. Elle essaya subtilement de me faire parler du contrat qu'on avait pour elle, je lui rétorquais que ça ne la regardait pas, et qu'elle ferait mieux de tendre les mains. Je desserrais les liens, allongeant la corde entre les deux mains pour qu'elle puisse tenir sa gamelle d'une main et porter l'autre à sa bouche. Bien sur, je lui déconseillais de penser utiliser cet espace autrement que pour manger, je m'en voudrais qu'une de nos dernières soirées se termine mal. J’eus un fou rire quand elle parla d'un bon masque bien chaud à la soupe.
Gehniel béni notre repas avec quelques mots, puis nous entamions tous la nourriture. Une scène banale de compagnons de route rompant le pain tous ensemble, enfin, si Soar n'avait pas eu les mains attachées pour manger ça ferait une scène banale de compagnon de route. Je trouvais la viande grillée grasse à souhait et fondante, en plus de craquer un peu sous la dent. La soupe réchauffait bien, et les légumes fondants faisaient plaisir à avaler. Alors que j'en tais encore à manger la fin de ma soupe, et que Gehniel commençait, elle, à distribuer les galettes de mil, un petit bol de miel et des figues à chacun, Reyhan s’éclaircit la gorge, et commença à chanter, dans une langue de l'est Esgaléen, d'où il venait.

Bir yolculuğa, bir toplantı ve bir çağın Hikayesi.

Uzak bir çölde eşgal dağlarda,
Daha fazla toprak vardı göçebe insanlar, yaşadığı.


Il commença à battre la mesure avec les mains.

Kız eski, o yirmi yıldan fazla oldu,
O klana hayatta kalmak için, onunla evlenmek zorunda

Şehir uzak olduğunu ve kötü hava, gezi zorlu ve yavaş, çok yavaş oldu.
Büyükbaba onları oğlu atayan açtı

Kız duygularını gizlemeye çarşaflı edildi.


Melse et Emric suivirent le rythme des mains de Reyhan, frappant dans les leurs  dans le même rythme, eux aussi suivit rapidement par Leylian.

O evlenmek istemedi, onun çocukluk bozkırlarında, ücretsiz çalıştırmak için ücretsiz ve av olmak istedim.
Onun atı, eksikti onun kalbi onun çocukluk bozkırlarında bulundu nerede, orada kaldı.
Büyük Muru baba, seyahat dördüncü gün.

Kertenkele panikledi BIR talihsizlik oluştu. Bir yılan ortaya, ve bit, bit, bit.

Ve harika bir hayata küsmüş bir baba, uzakta küfrederek gitti.
Yani baba kızı yalvarıyor, gitti.


Je rejoignit le mouvement des mains, chantonnant aussi, connaissant depuis longtemps cette chanson que Reyhan aimait chanter. Je regardais Soar, et pointais d'une corne le chanteur, invitant la légionnaire à suivre le rythme d'un sourire.

Hayatımızın, evimizin yolunu Reprenont.
Ben, kardeşlerim daha hızlı ve daha çok çalışmak istiyorum

Bana, hepsi değil, size bir eş olarak sayılır.
Benim hava mahrum etmez evlilik kendimi kilit etmeyin, ben iyi olurdu yemin, babamı yalvarıyorum ...

Yırtık hüzün gözyaşları baba kabul etti,
Kızını boğdu, hem de geri döndü taşır.

Kız, sert, güçlü ve gururlu çalıştı ve
Klan yirmi tam yıl için zenginleşti



La chanson terminée, ce fut à Melse de se lever, et de chanter. Cette fois-ci, un chant elfique, venant de notre Inwerin natal. Cette fois je chantais avec elle, sans quitter ma place. Si la chanson de Reyhan parlait d'une jeune femme devant être mariée de force, et ayant réussit à éviter ce destin et à faire prospérer son clan, La chanson de Melse racontait l'histoire de la création de Celebalda. Les mythes entourant les arbres géants servant d'habitations et de ville étaient très nombreux. Celui chanté par Melse et moi même, parlait d'un elfe de taille modeste, qui avait prié la déesse de la nature, de lui donner le moyen de fuir ses ennemis, et de se protéger des bêtes rôdant dans la forêt. La déesse lui donna alors une graine qu'il du défendre durant un an, avant que l'arbre ne pousse, géant et gris. D'autre elfes arrivèrent à l'arbre, et il planta d'autres graines, et fonda la cité elfique.
Les chants s'enchainèrent, venant de chez nous, de nos pays. Nous étions tous différents, Reyhan venait d'un village d l'est de l'Esgal, Melse et moi venions d'Inwerin, de Celebalda plus précisément, Leylian avait du sang irichtani et nous régala d'un chant des chamans de chez lui, Valenne chanta une complainte de Zulbajin où elle avait grandit, Emric un chant Maëldanais, et Aélior ne souhaita pas chanter. Il nous expliqua qu'il ne souhaitait pas nous percer les tympans de sa belle voix, nous respectâmes donc son choix.
Le dessert était terminé depuis longtemps, la nuit était déjà entamée. Je me tournais vers ma compagne de feu de camp, qui avait participé à quelques chansons, tapant dans ses mains, ou marmonnant au rythme de la mélodie. Me relevant, je l'aidais à se lever elle aussi, prenant garde à ce qu'elle ne bascule pas.

-Bon, je vais te laisser entre les mains de Gehniel à présent. Promis ça va être l'une des dernières fois où tu n'auras pas d'intimité.

Je ponctuais ma phrase d'une légère pression sur son épaule avant de laisser effectivement Gehniel s'occuper de Soar. a présent, chacun avait ses instructions et commençait à les suivre. L'organisation de la nuit était tout aussi primordiale que celle du jour. Ce soir Melse était de garde le premier quart, surveillant que personne ne vienne nous voler nos montures ou nos affaires, Soar comprise. Cette dernière dormirait dans la tente du milieu, avec Gehniel justeement, celle à leur droite serait occupé par Emric et Valenne, celle à Gauche par Aélior et moi même, et pour finir Leylian et Reyhan dans la tente la plus proche des lézards. Après le tour de Melse, ce serait celui de Reyhan, puis le mien. Souvent je finissais les quarts, n'ayant pas tant besoin de dormir pour me sentir en forme, et voyant tout comme Reyhan, parfaitement dans la nuit.
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Shurayev Livjatar
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Lun 5 Oct - 22:18

Une forte odeur de brûlé emplissait l'air. L'espionne avait un genou à terre, la main posée à coté d'un dessin noirci. Elle avait soigneusement tracé les cercles et lignes du diagramme avec une fine poudre brune aux éclats verts. Elle avait en suite planté la dague de Soar dans le plus petit cercle qui se trouvait au milieu, les cheveux rouges de la légionnaire enroulés autour de la garde. Elle avait enflammé un petit morceau de parchemin tellement recouvert de runes qu'il en était noir, et l'avait jeté dans l'espace créé par son dessin. La poudre marquant le diagramme s'était enflammée. Une seule ligne transversal ne s'étaient pas enflammée au contact du parchemin. Elle retint un sourire, retira la dague, se releva, et balaya son sort de localisation d'un geste ample du pied. Le vent se chargeait de chasser l'odeur et d'effacer les dernières traces.

-Ils se dirigent vers le Sud-Ouest. Ils avancent vite, mais j'imagine qu'ils n'ont aucune raison de penser qu'ils sont suivis. Ils se sont donnés beaucoup de mal pour qu'on ne les trouve pas...

Elle rangea la dague dans un fourreau pendant à sa hanche, et traversa les deux mètres qui la séparait de son lézard que l'elfe tenait par la bride. L'animal essaya de chiquer la métissée Sluagh, qui lui envoya son poingt ganté dans la mâchoire. Le gros reptile renâcla, mais se tint tranquille. Livjatar grimpa souplement en selle, reprenant les rennes de sa monture.


-Il y a moins de traces à présent, ce sera sans doute plus facile de les rattraper dans les heures qui suivront.

Elle informait l'elfe chaque fois qu'elles s'arrêtaient pour qu'elle lance son sort, s'assurant d'être dans la bonne direction. Elles étaient parties d'Iskandar sous un soleil de plomb, qui était plus accablant encore sur la Piste Brune. A mesure qu'elles s'étaient éloignées de la cité franche, le paysage avait changé. Le sol rocheux et les rouges rouges et ocres d'Iskandar avaient laissé la place aux étendues sablonneuses du désert. Au milieu, la Piste Brune formait un lacet de pavés plus sombres, jalonné par des piliers de pierres balisant le tracé de la route, quand celle-ci était totalement recouverte par le sable. Des espaces avaient été aménagés pour que les caravanes, voyageurs, puissent se reposer de nuit sans craindre d'être attaqués par des Abominations. Juchées sur leurs lézards, elles avaient dépassé de nombreuses caravanes, allant dans les deux sens. Elles avaient fini par croiser des groupes de voyageurs plus petits, légèrement chargé, puis il n'y eut plus qu'elles, et les traces dans le sable. Shurayev en avait rapidement déduit que les mercenaires étaient montés, sur des lézards au moins aussi rapide que les leurs, et qu'ils avançaient vite, très vite.

-Ils devraient s'arrêter quand la nuit tombera. Du moins je l'espère.

Shurayev fronça légèrement ses sourcils parfaitement dessinés. Elle se retourna sur sa selle. Elle avait perçu, ressenti, cette sensation familière de danger. Son instinct lui soufflait qu'on les observait. Elle ressentait la même chose quand un autre espion pointait sur elle une flèche depuis les ombres, espérant l'atteindre entre les omoplates. Elle scruta les alentours. Et opta pour la solution de facilité. Elle plongea la main dans une des bourses qui pendaient à sa ceinture, en tira un petit sachet en papier. Elle l'alluma aussi, et le jeta derrière elle. Le sachet explosa dans une gerbe d'étincelles violet et or. Elle fut satisfaite du résultat.

-Ton ami nous suit. J'imagine qu'il nous rattrapera bien assez tôt. Continuons.


***

L'horizon avait rougi, s'était assombri, et à présent, il faisait nuit. Les rayons de la lune donnaient au sable une couleur blanche, plongeaient le désert dans une atmosphère bleutée. Le ciel était clair, scintillant d'étoiles. Elles avaient ralentis l'allure, alors que Shurayev avait suivi les traces laissés par plusieurs lézards. Elle avait pu distinguer deux pistes, et l'une d'elle venait d'être écartée. Elles avaient dépassée un petit groupe de mercenaires Trolls qui avaient presque dégainés à leur approche. Au bout de deux heures de chevauchée supplémentaire, elle ralentit encore l'allure, s'arrêta complètement. Elle sortit de son étui un longue vue. Elle la déplia délicatement, et scruta ce qui se trouvaient devant elle, nullement gênée par le fait qu'il fasse nuit. Les piliers de pierres balisant la route traçaient une courbe.

-Il y a une formation rocheuse devant nous. Si je peux la voir, ceux qui ont fait un feu derrière celle-ci, peuvent nous voir aussi. Il va falloir sortir de la Piste et se dissimuler dans les dunes. Ne t'en fais pas, nous ne sommes pas des proies alléchantes pour les Abominations.

Quelques minutes plus tard, Shurayev leur fit quitter la Piste. Elles s'enfoncèrent dans le désert, au milieu des dunes, tenant leurs lézards par la bride. Quand elles furent suffisamment dissimulées par une dune imposante, et par un des étranges monuments en pierre qui parsemaient le désert de l'Esgal. Il y en avait plusieurs de la sorte, outre les ruines de villes et villages, d'étranges piliers de pierres sortaient du sol, comme des lances aux hampes brisées enfoncées dans le sol. Il y en avait partout autour d'Altare. Elles serviraient les desseins de Shurayev pour ce soir. Profitant du calme ambiant, elle abreuva son lézard et lui donna quelques lanières de viande séchée. Le silence ne la gênait pas, mais il était clair que Ilory ne l'appréciait pas. De son côté Shurayev la voyait comme un témoin potentiellement utile, mais aussi un pion sacrifiable. Cependant, il était encore trop tôt pour sacrifier Ilory. Et peut-être n'aurait-elle pas à le faire. Elle la regarda longuement, comme si elle la jugeait, ce qui était sans doute le cas. Après un énième silence, Shurayev prit sa décision.

-Je vais te laisser ici avec nos montures. Je vais me contenter de jeter un coup d’œil au campement, si se sont eux, je reviendrais te chercher si j'ai besoin d'aide pour récupérer Soar. En tous les cas, tiens toi prête à partir rapidement.

L'espionne prit le temps de changer de cape, s'enveloppant dans un cape ayant une couleur semblable à celle du sable sous le clair de lune. Ainsi drapée, elle s'en fut d'un pas léger, courbée, discrète. Arriver jusqu'à la formation rocheuse lui prit du temps. Elle avançait prudemment, lentement, s'immobilisant parfois. A mesure qu'elle approchait, elle se courba de plus en plus, et finit même pas presque ramper au sol. Mais ramper laisserait des traces plus visibles encore que les légères traces de pas qu'elle laissait dans le sable. La lueur des flammes filtrant entre les roches teintaient les alentours de rouge et d'orange, et nourrissaient aussi des ombres. C'était parfait. Arrivée à une certaine distance, elle plongea à nouveau les doigts dans une des bourses pendues à sa ceinture. Elle les trempa dans une substance visqueuse et épaisse. Elle apposa ses doigts sur ses paupières, quand elle rouvrit les yeux, la magie faisait effet. Elle détecta les corps de neuf personnes. Huit d'entres elles se trouvaient divisées par deux, possiblement dans différentes tentes. Une seule montait la garde. Ils n'étaient pas prudents. Impossible de savoir si Soar était parmi eux de cette manière. Allongée dans le sable, elle observa le camp de longues minutes. Les les couples ne bougeaient pas, probablement plongés dans le sommeil. Quant à la personne de garde, elle faisait régulièrement le tour du camp. Shurayev entreprit elle aussi d'en faire le tour. La Piste Brune se trouvait à sa droite, et à sa gauche, elle ne pouvait le voir, mais elle savait que l'Eredmorn se dressait après les étendues désertiques. Elle dégaina la dague de Soar, et se saisit simplement des cheveux rouges enroulés autour de la garde. Elle souffla dessous, marmonnant dans son souffle. Une vague verte ondula sur la surface des cheveux, et ceux-ci s'agitèrent, violemment, avant de tomber inertes. Elle retint le sourire de triomphe qui faillit lui fendre le visage. Elle était trop proche de la cible pour que son sortilège ne la détecte pas. La magicienne du groupe ne devait plus être aussi vigilante non plus. Ils étaient confiants. Ce serait sans doute leur perte.
L'espionne rebroussa alors chemin. Seule, elle avait peu de chance contre huit personnes.
Une heure, peut-être plus, s'était écoulé depuis qu'elle était partie. Elle retrouva Ilory où elle l'avait laissée. Sur le chemin du retour, elle s'était montrée tout aussi prudente, ne tournant pas le dos à l'ennemi tant qu'elle s'était estimée à portée de tire. Puis, elle était restée discrète, jusqu'à atteindre l'elfe et les lézards.

-Ce sont eux. La magie qui m'empêchait de trouver Soar a faibli, et j'étais trop près pour que mon sort ne réagisse pas. Ils sont huit. Sept dorment, probablement pas sur leurs deux oreilles, mais il n'y en a qu'un qui monte la garde. Je peux approcher le camp, trouver la tente que je cherche, mais je doute pouvoir partir en passant inaperçue.

Livjatar vérifiait les différentes bourses de cuir qui pendaient à son ceinturon tout en parlant. Elle s'assurait d'avoir de quoi faire mal, distraire...

-J'aurais pensé que ton ami, notre suiveur, nous aurait rejointes, nous n'aurions pas été trop de trois... Je vais avoir besoin que tu fasses diversion. La magicienne ne manquera pas de s'apercevoir que son sort est brisé. Elle donnera l'alerte. Il faudra que tu la blesses, au mieux que tu la tues, avant qu'elle ne puisse nous emmerder. Tu devras probablement neutraliser la sentinelle avant. Tu sais te battre ?


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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Lun 2 Nov - 23:17

Quitter Iskandar lui avait fait du bien. Les gens, le bruit et la nourriture lui avaient donné le mal de la ville. Et même la lumière, artificielle et presque permanente, avait suffi à la dégoûtée des bâtiments pour quelques années. En sortant de la ville, un poids avait quitté ses épaules à la simple vue des plaines vides et immenses, lui faisant réaliser à quel point les grands espaces lui avaient manqué. Même la présence de Shurayev à ses côtés ne la dérangeait plus autant. Elle gardait quand même une distance sécuritaire, mais elle se sentait bien moins prisonnière qu’en ville.
Elles voyagèrent quelques heures sur la Piste Brune, s’arrêtant parfois pour permettre à la légionnaire de s’assurer qu’elles suivaient la bonne piste, mais Ilory n’en avait que faire : la ville était loin derrière, les étoiles brillaient au-dessus de leur tête et le silence bourdonnait dans ses oreilles. Rien n’aurait pu altérer sa bonne humeur. Oui, elles discutèrent quelque peu, et ce, sans animosité quelconque, mais si ce n’est pour l’informer que le groupe n’était pas loin ou lui confirmer que Sellan les suivait – ce dont elle ne fut pas surprise, Soar lui ayant clairement ordonné de la surveiller  –, elles restèrent silencieuses.
Jusqu'à ce qu’elles quittent la Piste. Voyant Shurayev s’aventurer dans le désert, Ilory lui partagea ses doutes, le souvenir du coup qu’avait reçu Merkan étant encore bien frais sur son visage, mais Shurayev lui affirma qu’elles n’intéresseraient pas les abominations, réplique qui lui fit marmonner que Merkan n’était visiblement pas non plus une proie de qualité. Bougonnant toujours de façon inaudible, elle suivit malgré tout la légionnaire non sans constamment sursauter ou se retourner sur sa selle au moindre petit bruissement.

Mais lorsqu'elle l'abandonna carrément à son sort pour aller inspecter un campement qu’elle soupçonnait être celui qu'elles cherchaient, sa bonne humeur s'envola définitivement. Regardant la légionnaire s’éloigner, elle eut subitement un doute : et si elle la laissait ici pour s’en débarrasser? Non, elle ne lui aurait pas laissé son lézard et, surtout, ne serait pas partit toute seule, avec seulement une cape, en plein désert. S’installant contre le monolithe près duquel elles s’étaient arrêtées, elle croisa les bras, marmonna pour elle-même quelques insanités à l’égard de la légionnaire irréfléchie qui avait décidé de s’aventurer dans le désert, avant de s'intéresser au décor qui l'entourait.
Les dunes étaient hautes et impressionnantes, mais la lumière de la lune qui se reflétait sur leurs sommets adoucissait leur arrête. Les étoiles ajoutaient à ce spectacle un aspect d'infini et apaisaient la brutalité avec laquelle le fond noir du ciel jurait avec la clarté du sable. Cela lui rappela les nombreuses nuits qu’elle et Merkan avaient passé à dormir dehors.
Cherchant à se débarrasser de cette pensée qui avait réveillée en elle le douloureux souvenir de son compagnon perdu, elle s’avança vers son lézard, non sans oublier de regarder autour pour s’assurer qu’aucune abomination n’était tapie dans l'ombre, et fouilla dans ses sacs afin d’en sortir un petit encas.

Elle mordait dans un pain lorsque Shurayev revint et lui fit un résumé de la situation. Ce n'est qu'à ce moment qu'elle sentit une vague d'incertitude l'envahir : Soar était bien là, mais elle avait huit ravisseurs et au moins une magicienne pour la garder. Rien ni personne ne l'avait préparée à une telle situation. Elle savait que Soar avait été enlevée, oui, mais elle ne s'était jamais imaginée avoir à attaquer un campement bourré de mercenaires pour la secourir.
Pour elle qui avait passé sa vie à éviter les conflits, elle avait choisi le bon moment pour aller jouer les touristes à Cemenwin.
La question de la légionnaire la laissa un moment hésitante et sa réponse ne lui permit certainement pas d'avoir l'air plus sûr d'elle.
 
- Me battre? Un peu… Le glaive, mais ça fait longtemps. J'suis meilleure en infiltration et discrétion… C'était surtout Merkan qui tuait. Mais je n’ai pas d’arme. Et comment est-ce que je suis sensé savoir c’est qui la magicienne?
 
Shurayev, visiblement peu satisfaite par sa réponse, lui lança une bourse. D'un poids respectable pour un objet de cette taille, elle contenait diverses babioles dont Ilory ignorait totalement l’utilisation. La légionnaire lui expliqua leurs divers usages, spécifiant qu'il lui serrait utile afin de faire distraction.
Autrement dit, c'était elle, la distraction.
Elle lui passa aussi une lame. Bien peu connaisseuse en la matière, elle ignorait totalement son type, mais elle était courte, comme un glaive, et sa lame était courbe et n'avait qu'un seul tranchant. Elle lui expliqua sommairement comment l'utiliser avant de promptement l'enjoindre à la suivre. Elles laissèrent leurs lézards sur place et s'engagèrent dans les sables du désert. Dissimulée sous sa cape claire et marchant lentement sans faire trop de trace, Ilory suivait la légionnaire, suivant le moindre de ses ordres muets et faisant de son mieux pour ne pas penser à ce qui allait suivre.

Mais c'était plus fort qu'elle. Son cœur battait la chamade et elle s’imaginait les pires scénarios. Dominant ces idées parasites, elle tenta de rappeler en sa mémoire l'époque de sa formation. Ça datait et même à l'époque elle n’avait pas été très assidue pour ce qui en était de l'aspect militaire. Merkan s’y était plu, abattant mannequin après mannequin, mais elle n'avait jamais vu l'intérêt de la chose. Elle était née sur une ferme et n'avait jamais vraiment eu l'intention d'en sortir, alors échouer à sa formation et s'enfuir avant la fin avait été sa façon de faire payer ses parents.

Bientôt le campement fut en vue et elles se séparèrent. Shurayev le contourna, se rapprochant ainsi de la tente dans laquelle était retenue Soar. Ilory quant à elle se tapie dans l'ombre et fouilla le campement à la recherche de la sentinelle. Elle la trouva finalement, sortant de l'arrière des tentes autour desquelles elle patrouillait. Ilory la laissa faire quatre tours avant de déterminer qu'il s'agissait là de la seule chose qu'elle faisait ainsi que des meilleurs moments pour intervenir : lorsqu'elle passait devant la première tente, elle était totalement dos à elle, alors que lorsqu'elle passait derrière, elle survolait systématiquement tout le campement du regard ; il y avait aussi d'autres fenêtres, très mince, lorsqu’elle passait près du feu, lequel l'aveuglait légèrement, et lorsqu'elle inspectait les alentours des lézards. Observant ceux-ci, elle cru tenir là le moyen de distraire la sentinelle.

Séparée de son Compagnon, Ilory s'était jusqu'alors soumise à ce qu'on lui avait demandé, que ce soit Soar ou Shurayev, et elle avait suivit leurs ordres sans rechigner, mais ça ne s'était pas bien passé pour la première. Choisissant alors de faire fi des suggestions faites par la légionnaire, elle décida de faire ce que Merkan lui aurait dit de faire en pareille situation.
Elle recula donc à une distance sécuritaire, où elle était certaine que le bruit de ses pas serrait camoufler par le bruissement du vent et que la lumière du feu ne dévoile pas sa présence, et s'avança lentement, mais surement vers les lézards. Déterminant la direction du vent, elle se plaça sous celui-ci et s’assura que son odeur parvienne jusqu'aux bêtes. Ça n'eut pas l'effet escompté, les lézards restant obstinément immobiles. Se souvenant alors des babioles de distractions données par Shurayev, elle fouilla dans la bourse et trouva celle qu’elle cherchait : une bombe puante. L’ouvrant plutôt que la lançant, elle en répandit le contenu près d'elle avant de le recouvrir légèrement de sable. Satisfaite, elle renfourna le contenant dans sa bourse et se traina hors de la trajectoire odorante.
Elle resta tout de même près des lézards, dans l'ombre et immobile, et observa discrètement les lézards et la sentinelle avec appréhension. Cette dernière fit deux tours sans que les lézards ne réagissent. Puis trois et quatre. Avait-elle mit trop de sable sur le liquide? Au point où l'odeur soit camouflée? Impossible, elle s’en était mis sur les mains et l'odeur était atroce, il était impossible que le sable ait pu cachée une odeur aussi immonde. Et pourtant, les lézards ne réagissaient pas. Peut-être parce qu'ils n'étaient pas aussi sensibles du nez qu'elle l'avait cru, peut-être n'en avaient-ils absolument rien à faire.
Elle était sur le point de chercher une alternative lorsqu’enfin, les lézards choisirent leur moment pour réagir. Pas avec autant d’alarme qu'elle l'aurait souhaité, mais au moins suffisamment pour attirer l'attention de la sentinelle et ne pas réveiller les autres.
Les lézards étaient devant elle et le vent provenait de leur droite, la sentinelle ne pouvait donc pas suspecter que ce qui les perturbait venait de sa direction, mais Ilory se trouvait trop près des bêtes pour que la sentinelle ne la voie pas si elle esquissait le moindre mouvement. S’immobilisant donc totalement, elle observa les effets de sa distraction et se vit satisfaite lorsqu’elle aperçu un léger mouvement entre deux tentes.

Shurayev venait d’agir. Ce n'était maintenant plus qu'une question de minutes avant que le sort ne soit rompu et que la magicienne sonne l'alerte. Serrant la poignée de son couteau d'une main, elle sentait son cœur dans ses tempes. Les secondes passèrent, puis les minutes. Ou ne s'était-il passé qu'une trentaine de seconde? Elle n'en avait pas la moindre idée, le temps ne semblait plus avoir la moindre consistance. Ramenant son attention à la sentinelle qui cherchait toujours à calmer les lézards tout en scrutant les environs, elle jugea la mince fenêtre qu'elle aurait pour pouvoir agir, laquelle serrait bien mince étant donné qu'il regardait souvent dans sa direction.

Le cri de la magicienne accéléra les choses. Le campement se mit soudainement en vie, d'autres cris explosant et le chuintement des lames résonnant. La sentinelle se détourna brusquement de la pénombre du désert, ce qui offrit à Ilory l'ouverture parfaite. Serrant à nouveau sa lame, elle se mit sur ses pieds et bondit vers le mercenaire aussi silencieusement que possible. Il semblait sur le point de se précipiter vers le centre du campement lorsqu'il se retourna pour bloquer le coup d’Ilory et la pousser au sol. Y perdant même sa lame, elle sentit la panique l'envahir et tenta de remettre la main sur sa lame, mais l'homme la poussa du pied et elle alla se perdre dans le sable, entre les pattes des lézards.
Il sortit sa propre lame et fit un mouvement vers elle, mais il arrêta brusquement son mouvement et leva les yeux vers quelque chose se trouvant derrière elle.
Une forme noire passa soudainement au-dessus d'Ilory et atterrit violemment sur le mercenaire. La force de l'impact permit à ce dernier de se défaire de la chose et à se lever debout, mais au grognement qu'elle poussa, il n'en avait visiblement pas terminé.
Merkan se tenait dans la lumière des flammes, visiblement amaigri, blessé et une lueur de folie dans l'œil.


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Shurayev Livjatar
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Dim 6 Déc - 17:36

La réponse de l'humaine déplut à l'espionne. Sa bouche devint un pli, comme si elle avait avalé du vinaigre. Elle se redemanda pour la énième fois comment Orombre avait pu accepter de prendre avec deux énergumènes, dont un incapable de se battre. Elle soupira. Tant pis, elle n'avait qu'elle sous la main, et elle ferait l'affaire. Shura adressa une brève prière à Siavash pour que Soar n'éprouve pas l'envie de sauver l'humaine quand elle apprendrait ce que Shura en avait fait.

-J'te demande pas de foncer dans le tas, juste de semer la confusion, de tuer si tu le peux, grogna presque Shurayev en se défaisant d'une de ses nombreuses dagues et d'une bourse rebondie accrochée à sa ceinture, attrape.

Elle lança la bourse, et tendit la dague longue, qu'elle gardait généralement entre ses omoplates, à l'humaine, qui la prit avec une certaine maladresse.

-La magicienne sera celle qui donnera l'alerte. Elle le sentira immédiatement quand le sort sera brisé, pas les autres. Dans la bourse, il y a différentes bombes, fumigènes, poisons, paralysants, puantes...Quoi ? Tout est bon à prendre. Tu les reconnaitras au toucher, au nombre d'entailles sur les sphères. Sers t'en comme bon te semblera.

Elle la regarda accrocher la bourse à sa propre ceinture, tout en lui indiquant le nombre d'encoches pour chaque type de bombes, celles-ci se présentaient sous la forme de petites sphères, fermées par des bouchons. Pour la plupart, il suffisait de briser la sphère contre une surface dure, pour d'autres, d'ôter le bouchon et de laisser le contenu s'échapper. Shurayev la jaugea du regard, continuant ses explications :

-Pour la lame, vise avec le bout pointu, ce sera plus efficace de d'essayer de trancher dans une armure avec. Sauf si tu as une gorge offerte. Le métal est suffisamment résistant pour que tu puisses parer des coups, pense seulement à placer la lame sur la trajectoire de l'autre. Évite de te faire tuer ou d'aller à la confrontation dans la mesure du possible.

Shurayev vérifia en suite les attaches de leurs lézards, suffisamment solides pour éviter que les reptiles s'échappent, et suffisamment simples pour pouvoir partir rapidement en cas de besoin. Elle rabattit sa large capuche sur sa tête, pour mieux se fondre dans le paysage. Le vent s'était levé, soufflant sur les dunes, balayant le sable et les ruine qui parsemaient le paysage. Elles se mirent en route, Livjatar en tête, marchant à vive allure, leurs bruits de pas couvert par le souffle du vent. La métissé Sluagh releva son écharpe sur son visage pour se protéger du sable. Ce trajet-ci fut moins long pour l'assassin, qui s'assurait que l'humaine la suivait, ne peinait pas à maintenir le rythme. A l'approche du campement, Shurayev s'accroupit, et continua d'avancer à moitié baissé, faisant signe à Ilory de faire de même. Hors de portée d'oreilles et d'yeux, elle laissa l'humaine la rattraper. Elle lui répéta le plan, avant de la laisser là.
Elle se demanda si ce n'était pas voué à l'échec, mais elle entreprit de contourner le camp, restant à bonne distance, hors de vue, hors de portée, avançant lentement, prudemment. Elle soupçonnait la mage d'avoir négligé les défenses magiques, du type sentinelle, mais elle préférait sonder à coup de sortilèges simples le périmètre, évitant les veilleuses magiques, qui n'étaient pas nombreuses, après tout, ils n'avaient aucune raison de penser qu'on les pistait, et leur captive s'était débrouillée pour qu'on puisse la retrouver. Son approche fut assez lente, mais elle parvint à la hauteur des tentes. Le feu jetait des ombres dansantes sur les toiles, elle s'immobilisa, invisible, observant la ronde du mercenaire de garde. Elle jeta une dernière fois le sortilège de détection en utilisant les cheveux de Soar. Ces derniers furent réduits en cendres, elle était certaine de l'emplacement de la légionnaire, mais elle n'aurait qu'une seule chance. Elle repéra la tente qui était sa cible, et dégaina deux dagues, toutes deux courtes, parfaitement aiguisées. La première était simple, elle lui servirait à découper une entrée dans le tissus de la tente, la seconde était triangulaire, faite pour perforer. Elle attendit quelques minutes, observant le garde en faction qui faisait le tour du feu de camp, scrutant les ombres. Les lézards des mercenaires s'agitèrent. La sentinelle se dirigea à pas rapides vers les animaux.
Shurayev se glissa presque en rampant jusqu'à la tente, s'immobilisant une fois proche de celle-ci. Elle écouta attentivement, et aucun son ne lui parvint. Elle découpa sans bruit, avec fluidité et rapidité la toile de la tente. Elle avait peu de temps devant elle. L'agitation des lézards pourraient réveiller le camp, et mettre les mercenaires sur leur garde. Elle entra dans la tente plongée dans une demi-pénombre. Elle planta sa lame triangulaire dans la jugulaire de la mercenaire qui s'était redressée, ne lui laissant ni le temps de crier, ni de faire le moindre geste. Elle regarda sa victime, une elfe chauve, aux grands yeux suppliants. La laissant s'étouffer dans son sang, elle lui maintint la tête contre ses couvertures, étouffant les bruits d'étranglement qu'elle émettait et les bruits des spasmes qui parcouraient son corps à l'agonie. Une fois certaine que la vie avait quitté l'elfe, elle retira sa lame et l'essuya. Elle s'approcha de Soar qui était éveillée et redressée. Elle était ligotée, de façon à ne pouvoir faire aucun geste, mais pas bâillonnée. Shurayev eut un sourire attendrit. Elle était si mignonne sans défense et à sa merci. Elle lui caressa une joue, et la légionnaire retira vivement sa tête. Elle aurait ri si elle n'avait pas eu besoin d'être discrète. Elle trancha les liens qui retenaient la légionnaire. Soar lui indiqua sa cuisse. Shurayev y posa les doigts, sentant l'artefact qui contenait l'armure de la légionnaire. Elle découpa le tissus de son pantalon, dénudant sa jambe. Elle grimaça. Les veines de Soar ressortaient, violacées, noires, autour du cercle de bronze qu'était l'artefact, la peau était gonflée, brûlante, mais toujours pâle.
Elle leva les yeux vers la légionnaire. Celle-ci hocha la tête. Shurayev plongea une main dans son pourpoint de cuir souple et de tissus. Elle en tira une minuscule bourse de cuir, dont elle défit prudemment les cordons, l'ouvrant délicatement. Elle retourna la bourse,déversa son contenu sur l'artefact. La poudre brune se heurta au sortilège qui empêchait Soar d'utiliser son armure, avant de le dévorer, dans des éclats de braises rougeoyantes. La poudre corrosive rongea le sortilège. Faite des os broyés d'un mage mort et incinéré, la poudre était dévastatrice. Shurayev s'en était aussi servie pour empoisonner certaines de ses lames, pour infliger des dégâts, voire la mort, aux praticiens du groupe. Elle avait également laissé à Ilory, une petite portion de cette poudre.
Shurayev recula prestement, faisant presque un bond quand la magie de Soar explosa, et que dehors, une voix féminine donnait l'alarme. Les lézards s'agitèrent, meuglant. Les mercenaires s'éveillaient, dégainaient, le chuintement des lames que l'on tire des fourreaux, d'autres cris.

-On se retrouve dehors. N'essaye pas de te venger. Sors simplement d'ici, et prend au Nord-Est. Je couvrirais ta fuite.

L'espionne doublée d'une assassin ressortit par là où elle était entrée, tentant d'être discrète. Elle devait faire le tour, et grimper sur les rochers qui dissimulaient le campement.


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Soar Orombre
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Dim 13 Déc - 22:46

Elle avait la gerbe. Pas parce qu'elle avait la nausée, mais parce que la sollicitude de ses geôliers lui hérissait le poil. Les deux femmes, la grande rousse et la magicienne s'étaient enquis de son bien être. Soar décida simplement de répondre par oui ou non, en les regardant d'un oeil noir. Si elle s'était pissée dessus pendant le voyage, ça ne les auraient pas déranger, tout comme ça ne les avaient pas déranger de la laisser crever de soif. Peut-être avait-elle la nausée parce qu'elle avait bu trop d'eau, trop vite, finalement ? Installée sur une couverture à même le sol, face à un feu de camp déjà bien parti, elle les regarda s'agiter, le dos voûté, épuisée, maussade. Elle en profita pour évaluer sa situation. Elle était perdue en plein désert de l'Esgal, comme elle avait pu le constater avec le sable qui crissait sous les bottes. Ils avaient choisi un endroit rocheux pour monter leur camp. Les odeurs de cuisine lui donnèrent faim, mais elle fit taire son ventre. Variel avait décidé de lui faire la conversation. Pour patienter. Sans doute pour l'emmerder. Elle le trouvait bavard, elle essaye de le faire parler, sans succès. Laconique, elle ne desserra par la suite vraiment les dents que pour lui envoyer des piques bien senties, qui ne semblaient pas le gêner, ni même l'offenser. Difficile d'irriter quelqu'un qui ne semblait même pas atteint parce que vous pouviez dire. Elle se contenta de l'écouter, ne lâchant plus que des grognements. Manger avec les mains liées fut une corvée, et elle se sentit humiliée quand Variel l'aida à ne pas en mettre partout. Elle suggèra qu'elle pouvait difficilement s'échapper, et qu'elle pouvait au moins manger avec les mains libres. Il s'en amusa, et lui refusa sa requête. Il se souvenait de sa petite tentative colérique. Soar en fut vexée. Elle fut surprise en entendant chanter, et ce qui commença comme une simple chanson se termina presque en spectacle. Variel l'invita même à taper des mains en rythme. Elle lui fit son plus beau sourire, avant de lui montrer ses poignets liés, et de faire une grimace traduisant tout le bien qu'elle pensait de cette représentation et leur humeur à la fête. L'elfe rousse poussa aussi la chansonnette, et le Cornu s'y mit lui aussi. Soar roula des yeux. Par les Dieux, quelle jolie démonstration de camaraderie. Elle avait juste envie de leur briser les dents. Surtout à l'autre saloperie de magicienne.
La soirée fut longue. Trop longue. Elle se contenta de rester imperméable à toute tentative pour la dérider. Elle aussi, elle pouvait jouer au même jeu que lui. Difficile de vexer quelqu'un qui ne réagit pas n'est ce pas ? Finalement, le Cornu la fit se relever, la saisissant par le bras. Elle ne flageola par sur ses jambes, mais ce fut tout juste. Il la confia en suite à la prêtresse bleue, qui l'accompagna tandis qu'elle allait pisser. Génial. Après cela, elle se retrouva sous une tente, avec pour chaperon, la prêtresse. Son chaperon changerait probablement avec les tours de garde. Elle s'allongea sur le dos, raide, cherchant une position confortable. La prêtresse tenta de lui parler, et elle se contenta de ne pas répondre. Elle se demanda où elle allait se retrouver demain. Ce qu'ils devaient faire. Elle n'avait réussi à glaner aucune information sur leur fameuse mission dont elle était l'objet.

La prêtresse mourut sous ses yeux, alors qu'elle restait immobile. Shurayev était entrée, silencieux, même après qu'elle ait découpé la toile de la tente. Elle avait poignardé l'elfe, Soar put voit la pointe de la lame ressortir de l'autre coté de sa gorge. Shurayev prit soin de laisser mourir l'elfe, étouffant les sons étranglés qui s'échappaient de sa gorge noyée dans le sang. Le corps de la mercenaire agité de spasme finit par se calmer. L'agitation des lézards avaient couvert tout le bruit que pouvait avoir fait Shurayev ou l'elfe. Soar se redressa doucement, fixant celle qui avait été ta tutrice, ta mentor. Elle eut un rictus et un mouvement de recul quand Shura voulut la toucher. Elle la défia du regard. La métissée Sluagh avait un drôle de sens de l'humour. Pire encore que celui de Valenne. Finalement, ses liens furent tranchés. Elle ne massa même pas ses poignets endoloris, pointant directement l'artefact encastré dans sa jambe. Shurayev découpa le tissus de son pantalon, et palpa la peau autour du cercle de bronze. Soar se contint pour ne pas se dérober. Accrochant le regard de Shurayev, elle hocha la tête. L'espionne déversa une poudre au dessus de l'artefact. La magie de elfique forma une sorte de bouclier au dessus de l'artefact, avant d'être grignotée par la poudre.
Elle vit à peine Shurayev reculer. Soar se plia en deux alors que l'énergie déferlait en elle. Ca n'était pas sans lui rappeler sa petite expérience avec l'électricité. C'était douloureux, très douloureux. Mais la sensation était incomparable. Elle sentait l'énergie vibrer, traverser chaque fibre de son corps. C'était comme jouir. Ses muscles se contractaient, mais elle n'e retirait que du plaisir. Elle lâcha un énorme soupir, galvanisée. Elle se sentit mieux. Elle se sentait puissante. Son armure eut tôt fait de la recouvrir, plaques, mailles et cuir couvrirent sa peau, se déployant.
Elle n'entendit par le premier cri d'alarme. Seulement le second, puis les autres. Et l'instruction de Shurayev. Elle aurait pu la suivre. Elle aurait pu. Elle aurait eu le temps. Soar passa par dessus le cadavre de l'elfe, se propulsant avec l'aide de sa magie retrouvée et de son artefact, au moment où le rabat de la tente se soulevait. Elle percuta de plein fouet son adversaire, usant de son épaule protégée par une énorme spalière pour donner le coup dans l'abdomen de celui ou celle qui s'était dressé devant elle. La force du mouvement le projeta à terre tous les deux, et sans vraiment regarder qui c'était, elle lui colla son poing ganté de fer dans la figure, avant de rouler sur le coté, se redressant arme à la main. L'armure lui avait fourni un genre de hallebarde, qui serait idéal pour faucher des têtes. La situation devant elle était chaotique. Elle vit ce qui ressemblait à un Merkan tout droit sorti des royaumes de Mekesh, protégeant ou non, Ilory des mercenaires. Soar repéra alors le Cornu. Elle lui fit un sourire. Finalement, elle pourrait sans doute casser quelques dents.


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Sellan
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Jeu 17 Déc - 15:07

Allongée sur le sable, l'expérience guettait le bon moment. Seul le haut de sa tête dépassait de la dune sur laquelle il s'était installé, à bonne distance du campement jusqu'où il avait suivi les autres ; bien que la nuit ait été clair, l'on aurait eu du mal à discerner quoi que ce soit de là où il se trouvait, mais ce n'était pas un problème pour Sellan. Après tout il avait été conçu pour être génétiquement le meilleur sur bien des aspects et sa vue faisait honneur à cette ambition.
La lumière des étoiles était suffisante pour lui et la distance raisonnable pour qu'il puisse repérer les ennemis, mais aussi ses alliés agir.

L'expérience ignorait si Ilory et l'autre femme avaient conscience de sa présence et donc si l'on attendait hypothétiquement quelque chose de lui. Cela n'avait cependant pas grande importance puisqu'il éprouvait quelque chose d'assez négatif à leur égard ; depuis le début cette chasse semblait curieuse. La chasseuse et son chat les avait trahis, Soar avait été capturée et une nouvelle venue leur offre son aide... et partait avec Ilory.
Pendant tout le voyage il y avait pensé. Peut-être étaient-elles responsables de l'enlèvement de Soar et tenté de le duper pour disparaître sans qu'il ne se doute de rien. Ou peut-être qu'elles étaient juste parti chercher Soar sans lui. La deuxième hypothèse était celle qu'il appréciait le moins, car elle lui donnait l'impression d'avoir été mis à l'écart alors que des jours étaient passés dans l'ennui le plus total ; et puis il n'aurait pas d'excuse pour tuer Ilory.

Lorsque les deux femmes se séparèrent pour aborder le campement, il comprit qu'elle ne rejoignait pas des amis. En conséquence, Sellan commença à ramper prestement sur le sable pour se rapprocher. Quand le moment viendra, il pourrait venir leur prêter main forte avec un effet de surprise en plus du leur lorsqu'elles frapperaient.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que l'alarme soit donnée et que le campement soit en ébullition. L'expérience était encore loin mais progressait à grands pas, courant ventre à terre en espérant retarder le plus possible le moment où on le verrait. Quand il vit Soar surgir d'une tente et frapper quelqu'un, un large sourire se dessina. Les hommes tirés du réveil commençaient à peine à comprendre ce qui leur arrivait que Sellan bondissait prestement pour arriver au niveau de la première tente à sa portée.
Ses griffes s'étirèrent sans même qu'il n'y pense et il taillada un pan de tissu pour surgir à l'intérieur et surprendre un ennemi qui sortait son arme ; malgré qu'il l'ait au poing, la surprise laisse le temps à l'expérience de lui fracasser le crâne avec le sien, plus épais et plus résistant, laissant l'homme s'effondrer dans l'inconscience alors que Sellan n'éprouvait qu'une petite sensation dérangeante au front.
D'une griffe il coupa le lien qui maintenait sa cape en place pour qu'elle ne gêne pas ses mouvement, avant qu'il ne bondisse hors de la tente, prêt à frapper le premier adversaire qui voudrait se mesurer à lui.



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Variel
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Lun 21 Mar - 18:11

La prêtresse mercenaire avait un peu parlé à Soar avant de s’endormir. Elle n’avait aucune haine envers la légionnaire qui n’était qu’un contrat. La femme aux cheveux rouges n’était pas destinée à mourir, juste à être déposée auprès d’une autre ville, amnésique sur ce qu’elle venait faire dans cette partie du monde et ce qu’elle y avait apprit. L’elfe chauve avait eu pitié de la légionnaire lorsqu’ils l’avaient enlevée ; la femme avait été électrocutée bien trop violemment par le jeune Aélior, et avait donc souffert de manière inutile de longs jours durant, ayant de violentes nausées, la peau à vif, le crâne vrillé de douleur. Aélior avait alors échappé de peu à l’écorchement dans les règles que voulait lui faire subir Variel. Geh’Niel et les autres filles, ainsi qu’Emric et bien sûr Variel, avaient fait au mieux pour rendre l’épreuve moins horrible pour la légionnaire, la soignant et l’accompagnant le plus possible. Bien sûr, ils n’avaient pas oublié que si Soar était en piteux état, elle n’en était pas moins une légionnaire avec de la ressource, et la vigilance était aussi constante pour sa santé que pour les possibles tentatives d’évasions qu’elle pourrait faire.  
Mais il n’y avait rien eu de tel, et Soar s’était alors remise de l’erreur commise par l’élémentaliste de foudre de leur groupe. Il avait alors fallut bouger, car rester dans la ville où était Soar était bien trop dangereux pour qu’ils prolongent l’expérience trop longtemps. Ça avait été nécessaire pour éviter la mort ou d’horribles séquelles à la légionnaire, et à présent qu’elle ne mourrait pas lors du trajet, il fallait partir vite. Le groupe avait alors pliés bagages et s’était dirigé vers Dhaval. Ils laisseraient Soar auprès d’un petit village et leur mission serait complète.
Sauf que rien ne se passerait comme prévu, et que jamais Geh’Niel ne reverrait la lumière du jour. Ce qui la réveilla cette nuit-là, fut un léger bruit, puis la pointe d’un poignard passant de part et d’autre de sa gorge. Une main étouffa tout bruit qu’elle tenta de faire, sentant la morsure de la lame lui brûler l’œsophage et la noyer dans son sang. Quelques spasmes et sa vue troublée s’éteignit.

Valenne, elle, ouvrit l’œil à la seconde même où quelque chose se mit à ronger l’artefact qu’elle avait apposé à Soar pour l’empêcher d’utiliser son armure, bloquant cette dernière. Sa magie fut rongée vite, violement, sans possibilité qu’elle intervienne à distance. Ce fut assez douloureux pour elle aussi de sentir l’artefact se dissoudre comme si quelqu’un  avait mis un puissant acide dessus. Alors elle hurla de douleur, mais surtout elle hurla en elfique qu’il y avait un intrus et le nom de Suricate, et retira sa couverture d’un revers du bras tandis que Melse était déjà sortie de la tente, vif et alerte. La magicienne passa alors un bras dans l’ouverture pour voir le camp. Un second cri retentit dans le même temps, poussé par Variel celui-là. Leur réaction devrait être rapide, quelqu’un venait certainement leur enlever Soar.

Melse fut littéralement écartée du chemin de Soar alors qu’elle avait à peine ouvert le rabat de la tente. Elle s’était dirigée vers celle que la prisonnière partageait avec Geh’Niel immédiatement après avoir senti le sursaut de Valenne. La guerrière avait senti que l’ambiance était un peu trop détendue et que tout se passait trop bien depuis le début de cette mission. Souvent elle avait cette impression quand une mission se passait trop bien, mais jusque lors elle n’avait eu raison que très peu de fois. Sauf que là, c’était en train de tourner au vinaigre, et le coup de spalière et la femme qu’elle venait de prendre dans le ventre le lui confirmait.  
Elle s’était braquée et avait encaissé au mieux, mais son peu d’équilibre suite à ce premier coup fut rompu par un gant de fer frappant sa tempe et son oreille. L’elfe s’était rétamée au sol, les oreilles bourdonnant d’un bruit sourd, et son oreille interne faisant tanguer le monde en dessous d’elle.  Quand le camp lui fut visible, Valenne pu voir Melse qui se faisait propulser au sol par un coup violent de Soar, qui avait retrouvé son armure, mais aussi toute sa hargne.
C’était un état tout à fait naturel pour quelqu’un qui venait de passer des jours et des jours dans un état de faiblesse intense alors qu’elle avait l’habitude de tout maîtriser et dominer, elle était enragée et ça se voyait dans chaque traits de son visage et dans chaque muscles qu’elle tendait. La magicienne chercha des yeux leur sentinelle, se demandant où il se trouvait Emric.

Ce dernier avait tout d’abord été alerté par l’agitation des lézards qui n’était pas habituelle et s’était dirigé vers eux enfin de les calmer et de repérer ce qui causait cette sorte de peur qui les avait saisi. Il regarda autour de lui, vers le camp, mais n’eut pas l’impression de voir grand-chose. C’était peut-être normal, après tout, un prédateur pouvait passer tout près. Puis Valenne avait hurlé en elfique qu’il y avait un intrus et le nom Suricate. Il était donc repartit vers le camp en courant, mais un léger mouvement avait alors attiré son regard, et il avait réagis avec rapidité. La jeune femme qui avait sauté vers lui avec une petite lame, avait presque glapit quand il l’avait repoussée et désarmée. D’un coup de pied la lame vola plus loin pour se perdre dans le sable. Même si la jeune femme semblait paniquée et ne pas savoir ce qu’elle devait faire, elle n’était pas là par hasard et ne devait pas être prise à la légère.  Emric détacha alors une des haches à double tranchant qu’il avaient accrochées dans son dos, tirant une expression d’horreur à l’intruse. Il allait lui assener un coup, quand un éclair noir passa devant lui.  

De mon côté j’avais répondu au hurlement de Valenne, en criant à mon tour de se mettre en position, étant tout de même le chef de cette troupe, utilisant toujours de l’elfique. Je savais bien qu’on pouvait très bien me comprendre, que les intrus étaient peut-être des elfes, ou connaissaient la langue, ce n’était pas quelque chose d’exceptionnel, mais les mots étaient souvent plus courts, c’était une langue que nous maîtrisions tous, et avec de la chance on ne nous comprenait pas. Et surtout c’était un réflexe de jurer dans sa langue natale.  
Pendant que je donnais mon ordre, j’avais saisi des tonfas à lame, de ceux permettant une protection efficace, et un combat bien rapproché, et m’étais redressé. Reyhan était déjà sorti de la tente, mais par derrière. Il savait ce qu’il faisait et je lui faisais entièrement confiance.  

Leylian avait commencé à enfiler un gilet de cuir afin d’avoir un minimum de protection à l’extérieur après s’être réveillé en sursaut en entendant le cri de Valenne, puis celui de Variel. Il avait mis ses armes devant lui, une épée courte et une arbalète, dans le but de les saisir avant de bondir à l’extérieur, et se rendre le plus utile possible. Mais le tissu de sa tente fut déchiré de part en part par de longues griffes. Le temps de se retourner, lame à la main et il fut assommé par un coup de crâne porté par une créature avec de longues oreilles comme certains elfes avaient. Laissé sur le carreau, tête la première dans ses couvertures, un filet de sang coulant de son front, l’elfe poussait quelques gémissements sans trop comprendre ce qui venait de se passer. Le tissu de sa tente lui tomba un peu dessus. Son assaillant lui était déjà sorti de la tente.

Je pu voir ce qui ressemblait à un Elfe griffu sortir de la tente de Leylian. J’essayais de ne pas songer à ce qui était arrivé dans la tente, aucune pensée ne devait venir parasiter ma concentration. Notre camp était attaqué, nous nous étions relâchés, nous avions été de parfaits abrutis. Moi le premier, vu que c’était moi qui étais censé les recentrer quand mes hommes se dispersaient. La personne sortant de la tente de Leylian sembla me repérer et feula presque en ma direction, commençant à esquisser un mouvement vers moi.

Melse avait remarqué le mouvement dans la tente de Leylian, et savait que ce n’était pas lui qui avait arraché le tissu, Elle était donc arrivée bien vite auprès de la tente quand une créature grisâtre et griffue était sorti. Sa chance avait été que Variel était en plein dans la ligne de mire de la créature, et que cette dernière ne l’avait pas vu. Sûrement grâce à Variel mais aussi à l’odeur de boule puante dans le camp et l’agitation un peu partout. La femme à cheveux rouges n’attendit pas sagement que la créature se jette sur Variel pour la frapper dans le dos.

Il ne vit pas le marteau de guerre de Melse qui lui arriva en plein dans le dos lui retirant cet air de défis qu’il venait de prendre, et lui amochant du même coup le dos. Mon regard et celui de Melse se croisèrent et je compris l’intention de ma camarade à cheveux rouges en une fraction de seconde.  

La guerrière releva aussitôt son marteau, l’attrapant bien au bout du manche et faisant balancier avec ses hanches et son ventre qui imprimeraient bien plus de force dans son arme. Celui qu’elle avait frappé se retournais à peine qu’elle relâchait son mouvement dans l’autre sens avec toute la force qu’elle avait dans les bras, le dos, et son abdomen.  L’elfe griffu réussit néanmoins à lui griffer largement le bras dans un mouvement rapide, mais ça n’entrava pas la force qu’avait mise la guerrière dans son coup. Souriant avec dédain, Melse vit la chose griffue décoller du sol, et avoir le souffle coupé par le coup qu’elle venait de lui porter. Elle sentait presque les côtes se fêler et se briser sur le plat de son marteau. Déjà, elle les entendait, et c’était ça qui la faisait sourire avec un certain plaisir. Une légère impulsion de plus et la créature s’envola en direction de Variel qui avait déjà baissé la tête. Melse vite Valenne de loin et de douta qu’elle l’avait aidée sur cette envolée.

Je ne pus bien voir ce que faisait Melse avec son petit camarade de jeu, mais j’entendis de là où j’étais les os craquer et le bruit sourd et mat du coup de marteau enfonçant une cage thoracique. J’avançais, rapide, la tête baissée, menton contre mon torse prêt à encaisser. Je sentis une onde de choc quand j’empalais finalement la créature dans le dos, une de mes cornes traversant de part en part son cœur, l’autre touchant le bas de sa colonne vertébrale et ressortant au niveau du bas ventre.  Je pris un appui plus conséquent sur mes jambes, m’accroupissant un peu, faisant descendre un peu plus la créature sur mes cornes, me préparant à l’expulser de là-haut.  
Je relevais la tête suffisamment pour voir Soar qui me regardait, avec une expression sur le visage qui voulait tout dire. Je souriais de toutes mes dents, comprenant qu’elle n’attendait que moi. La créature s’agitant au-dessus de moi ne pesait pas lourd pour le semi-draemorog que j’étais. Je jouissais d’une force bien supérieure à celle d’un elfe lambda en plus de ma superbe paire de cornes, et d’un geste sec mais violent, je relevais la tête, me débarrassant du poids mort que j’avais sur mes cornes en l’envoyant  loin derrière moi. Je pu entendre le bruit du corps s’écraser contre les rochers dans de nouveaux craquements. J’espérais bien que  les côtes qu’il avait eu de broyées, le souffle coupé, mes cornes plantées, et cette rencontre brutale avec les rocher serait suffisant pour le tuer, ou au moins le mettre hors d’état de nuire assez longtemps pour que je puisse profiter de la danse que j’allais mener avec ma cavalière à la chevelure rougeoyante.

La guerrière campa sur ses jambes, regardant Variel puis Soar qui n’avait d’yeux que pour l’autre. Melse allait pour se placer aux côtés de Variel, quand elle sentit Valenne arriver avec force dans son esprit.


Non ! Va aider Leylian puis Emric ! Je vais seconder Variel, il veut s’occuper de Soar et ce n’est pas elle le plus grand danger, Emric a une panthère géante et complètement folle à gérer et ma magie ne lui pas si utile !

Et Geh’Niel ?

Je n’ai plus accès à son esprit.


La guerrière jura en se détournant de leur ancienne captive et de son chef. Valenne serait plus utile à Variel en distordant le temps qu’à emric elle le savait. Et Geh’Niel… Bordel qu’est-ce que cette Légionnaire avait pu lui faire ? Elle ou ses complices. Une fois au niveau de l’ouverture, elle envoya valser le tissu de la tente de Leylian. De toutes manières elle était complètement fichue. Le gamin était là, gémissant dans ses couvertures, l’arcade explosée  par une belle plaie s’étendant jusqu’au haut de son front. Elle le releva sans ménagement d’un bras.

-Leylian ! Tu m’entends ? Dis-moi une phrase, n’importe quoi !

-Un truc m’a explosé la tête, ça tourne comme dans un tonneau qui dévale une colline.

Melse soupira de soulagement. Si Leylian pouvait parler et dire des choses cohérentes, c’était qu’il était simplement sonné et que ça n’était pas plus grave que cela. Pas de traumatisme crânien. Elle lui colla une outre dans les mains, puis épongea son front avec une couverture pendant qu’il buvait.  

Dans l’outre un liquide amère et un peu piquant. Leylian connaissait ce goût, c’était une décoction de plantes qui réveillait et  aidait à la cicatrisation. Il eut l’impression qu’une vague électrique lui parcours le corps alors qu’il retrouvait tous ses esprits. Il ouvrit les yeux plus grands et Melse arrêta d’éponger le sang qu’il avait sur la figure. Elle lui colla son arbalète entre les mains et il lui colla au train. Elle lui beugla quelque chose à propos d’une panthère et d’Emric qui avait besoin d’aide, et pu rapidement constater de visu que l’elfe géant avait en effet un gros chat sur les bras.

L’éclair noir qui était passé devant Emric était une énorme panthère noire. Visiblement amaigrie, blessée et complètement folle, elle l’attaquait de part en part, et jusqu’à présent il n’avait eu qu’une simple griffure dans le dos. Longue, mais simple. Valenne était à quelques tentes de là, et déviait quelques coups de l’animal grâce à des boucliers qu’elle érigeait au moment opportun. Mais il comptait surtout sur lui et ses réflexes pour affronter l’animal. Enfin, là il n’attaquait personne, il gardait l’animal à distance des autres et de lui, cherchant avant tout à jouer sur la défensive.


Melse et Leylian arrivent, tiens bon!

-Je fais c’que j’peux!

Un coup de patte rageur toutes griffes dehors lui frôla le visage alors qu’il répondait à Valenne en hurlant. Son nez le piqua, la panthère venait de le griffer dessus. Sa sueur glissa dans la plaie, l’irritant encore plus. Il en avait assez de ce jeu du chat et de la souris avec cette bête, il sentait son sang bouillonner dans ses veines et ses muscles se tendres, frustrés de ne pas agir plus. Emric rentra la tête dans ses épaules et banda ses muscles, semblant prendre doubler de volume. Son visage tordu dans une expression féroce, il émit un hurlement digne d’un ours, et sa hache fendit vers l’animal. Acculé, la bête feula et recula, son poil hérissé et  son dos arrondit dans une tentative d’impressionner à son tour. L’elfe profita de la surprise pour porter un coup de hache vers la tête de l’animal et un autre vers les pattes dans le même temps, mouvant ses deux haches avec une précision instinctive.

Valenne fut soulagée en voyant arriver Melse et Leylian vers Emric qui commençait à s’énerver pour de bon, laissant la défensive pour l’offensive. La magicienne n’en avait pas l’air, mais elle était de tous les fronts, transmettant ce qu’elle savait de la position de chacun à Variel, faisant passer ses ordres, ou en donnant elle-même. Elle n’était pas taillée pour de vrais combats physiques, et son domaines de compétence magique était plus la défense et la tactique que l’attaque, alors elle s’était placée un peu en retrait,  s’entourant elle-même de charmes protecteurs et détecteurs.
Elle cessa de protéger Emric quand Melse et Leylian furent réellement à ses côtés, gardant un œil sur eux tout de même. Elle ne relâcha pas son attention de la blessure de Leylian, qu’elle soignait doucement à distance. Déjà la décoction donnée par Melse l’aidait, et elle pourrait relâcher totalement son attention du pisteur. Elle lui avait déjà évité une blessure pire quand elle l’avait senti en danger, en protégeant son cerveau du choc.  Elle savait Reyhan auprès d’elle, quelque part, mais elle ne pouvait détecter où il était. Imprévisible et invisible, elle savait qu’il était quelque part dans les ombres pour s’assurer qu’on ne viendrait pas la déranger.

Ce dernier avait bien vu la femme s’éloignant du campement sans demander son reste. Il aurait pu la pourchasser dans les ombres et la mettre hors d’état de nuire, mais il avait bien vu qu’elle était venue libérer Soar, mais pas la chercher et la ramener à tout prix. Il avait d’autres préoccupations que de courir après quelqu’un qui fuyait le combat, qui l’évitait même. Ils étaient loin de la ville, et le groupe s’en prenant à eux n’était pas nombreux, sinon ils les auraient repérés. Reyhan ne s’en faisait pas trop pour la fuyarde, si elle allait chercher de l’aide, elle ne la trouverait pas avant un moment.

Soar et moi, nous nous regardions depuis quelques secondes, nous jaugeant tout en nous tournant un peu autour, comme deux prédateurs cherchant la faille l’un de l’autre. Qui deviendrait la proie entre nous ? Ca n’était pas sûr que ce soit elle, mais je ne me laisserais pas faire non plus, loin de là. Ses yeux me foudroyaient et toute son attitude hurlait à la vengeance. Mais il y avait quelque chose en plus, une petite chose qui faisait qu’en plus de la haine qu’il y avait entre nous en ce moment même, il y avait aussi une sorte de respect mutuel.
Elle bondit, rapide. Je relevai un bras, relevai ma tête. Sa lame rafla contre celle de l’un de mes tonfas, créant des étincelles. Je stoppai sa spalière de ma corne, offrant ma gorge, mais sa lame était bloquée, et je ne restai pas longtemps dans cette position. Le crissement de mon second tonfa sur son armure déchira le quasi silence, et je la repoussai violement d’un coup de coude. Je profitai du mouvement de recul pour lui asséner un coup de crâne, son armure réagit à la vitesse de l’éclair, protégeant sa tête. Je senti l’onde du choc se diffuser sur mon front jusqu’à la pointe de mes cornes. Je repoussai sa lame d’un revers et frappai son bras. Un second crissement fendit l’air. Sa lame revint et je la déviai de justesse d’une corne. J’eu un sourire carnassier.

–Tu récupère vite pour quelqu’un qui allait me vomir dessus.

Des runes apparurent sur ma peau, signe d’un sortilège de Valenne. Je sentais mes mouvements plus rapides qu’ils l’étaient, mon corps plus léger. Un sort d’accélération. J’enchaînais les coups de tonfas, mes lames crissant, étincelant contre l’armure qui se défendait, acculant Soar et la faisant encore reculer, sur la défensive.

-N’empêche, tu es bien plus virulente quand tu balance du yaourt.
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Shurayev Livjatar
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Sam 9 Avr - 0:16

Le camp était en proie à la confusion la plus totale. Les mercenaires vociféraient, les lames chuintaient en sortant de leurs fourreaux, l'air crépitait de magie, et les montures poussaient des mugissements affolées, piétinant nerveusement le sol. C'était l'instant parfait pour s'éclipser le plus rapidement possible, regagner les ruines, reprendre les montures qu'elle avait laissées là bas, et filer, non pas vers Iskandar, mais vers Dhaval, ou l'Eredmorn pour brouiller les pistes. Shurayev fit profil bas alors qu'elle sortait de la tente, l'obscurité n'était plus aussi dense, la mage avait dû raviver les torches et le feu de camp. L'espionne se glissa rapidement, de son pas souple, jusqu'aux rochers qui lui avaient masqué la vue du campement, gagnant les ombres. Elle s'attendait à ce que Soar la suive, mais ce ne fut pas le cas.

La métissée Sluagh pesta, et jura par trois fois par Siavash, déesse de la Souffrance et de la Vengeance, de faire comprendre à Soar son erreur, si la légionnaire était encore en vie après ça. Livjatar avait escompté que sa disciple ait encore un peu de bon sens, mais celui-ci semblait avoir disparu à partir du moment où elle avait quitté Cemenwin en acceptant cette mission. L'expression du visage de la métissée Sluagh ne devait pas être belle à voir, et elle serra les manches de ses dagues courbes à s'en faire blanchir les jointures. Les actes de Soar auraient des conséquences qui s'avéreraient sans doute lourdes, si la légionnaire ne finissait pas derrière des barreaux, expulsée de la Légion, ou pire. Son degré d'implication, et surtout d'idiotie restait à déterminer, même si Shurayev commençait à en appréhender la profondeur depuis qu'elle avait remonté la piste de légionnaire. Elle pesta encore une fois, mais la légionnaire ne la suivait pas, ayant opté pour le combat. Elle secoua la tête. Elle n'était pas là pour sauver ses miches, et Ilory aurait dû être une distraction suffisante pour leur permette de partir. L'humaine était quantité négligeable. Tant pis. Shurayev viendrait ramasser les miettes. Si elle était espionne, c'était qu'elle préférait opérer discrètement, et non pas ouvertement. Soar Orombre n'aurait jamais été son premier choix pour former une espionne, mais jusqu'ici, la légionnaire avait suivi les ordres et n'avait jamais dépassé les limites. Cependant, elle semblait avoir perdu toutes notions de ce qu'était être une espionne, d'être un agent des ombres. C'était trop tard pour elle.

Elle repéra du mouvement du coin de l’œil. Ah. Quelqu'un l'avait remarqué. Sans doute du même acabit qu'elle. Non, elle ne se mêlerait pas de ce combat. Elle avait fait sa part, le reste attendrait. Elle devait contacter à nouveau la Légion, et elle ramènerait à Cemenwin quiconque pourrait lui permettre de tirer au clair cette histoire, peu importait qui. Elle lâcha les poignées de ses dagues, et s'éloigna du camp, prenant soin de dissimuler son visage et silhouette sous son ample cape à la capuche relevée sur sa tête. Shurayev s'orienta en levant brièvement le nez vers le ciel, repérant les étoiles qu'elle avait suivies pour venir jusqu'ici. Elle se retourna pour voir si on la suivait, lança un sort de détection, se frottant les yeux avec un onguent lui permettant de détecter les formes de vie, mais elle ne perçut que les silhouettes de petits lézards et de poissons des sables. L'espionne poursuivit alors son chemin de son pas souple et alerte.


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Sellan
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Lun 11 Avr - 3:30

Cela faisait des jours que Sellan attendait sans rien faire et bouillonnait intérieurement. Enfin il pouvait laisser sa furie se déchaîner et montrer le combattant qu'il était, conçu pour être le meilleur. Jusqu'ici il n'avait eu aucun doute sur ses capacités et toute la puissance qui résidait dans son sang.
Quand ce dernier commençait à s'écouler par la plaie faite dans son dos, il commença à avoir des doutes, bien que ceux-ci furent assez discret dans la cacophonie qui résonnait dans le peu de conscience qui lui restait.

Il s'apprêtait à attaquer la première cible qui lui passait sous les griffes. Les muscles bandés, les ongles s'allongeant, l'expérience était prête à l'attaquer, quand quelque chose lui percuta le dos. Un autre aurait sans doute finit à genoux, le souffle coupé sous la violence du choc ; l'être artificiel eut seulement les poumons qui se vidèrent d'un seul coup et ses jambes tremblèrent en encaissant le choc.
Ce fut comme une tape sur l'épaule, en plus douloureuse, et eut comme effet d'attirer l'attention de l'expérience qui se retourna, une lueur de meurtre et de rage dans le regard. On avait osé le frapper...

Et on recommença, alors qu'il se jetait sur son adversaire toutes griffes dehors, l'arme s'abattit avec force en plein torse. L'expérience avait sous-estimé le choc que cela pouvait être et finit cette fois-ci avec le souffle coupé. Ses os illustrèrent une fois de plus leur résistance et ses côtes ne cédèrent pas toutes ; il eut tout de même une intense douleur, couplé à l'impression que sa cage thoracique s'était faite réduire...
Il ne comprit plus ce qui lui arrivait lorsqu'il percuta quelque chose, la douleur le subjugua totalement. Et pour cause, quelque chose venait de s'insérer entre deux de ses vertèbres ; entre deux côtes aussi, venant lui embrocher le cœur et perforer un poumon, mais son système nerveux était déjà bien occupé.

A présent il sombrait dans l'inconscience, incapable de penser par-dessus la douleur. Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui était arrivé, où il se trouvait... il n'y avait qu'un lointain sentiment amer d'échec qui planait au-dessus de tout ça. Il n'avait plus la force de respirer et de la plaie de son dos s'écoulait un flot carmin qui le vidait de ses forces plus vite que son pouvoir de régénération n'essayait de réparer un cœur déjà mort...



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Dosiän Damador
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Sam 21 Mai - 17:29

Suite de ceci

La ville fut rapidement derrière lui, ses bâtiments cédant leur place au sable, ses lumières aux étoiles et sa cacophonie nocturne au sifflement du vent dans ses plumes. Il vivait cette expérience comme s’il l’avait vécu cent fois, mais il dut réaliser que ce n’était pas le cas lorsqu’il se souvint ne pas être Dosiän. C’était assez difficile de se convaincre que le souvenir qu’il était persuadé de revivre n’était pas le sien. Il tenta dès lors de se forger ses propres souvenirs, mais la sensation de déjà-vu persista. C’était une occasion perdue que de ne pas réellement vivre cela pour la première fois. Sentir les rafales dans ses plumes, la différence de pression qui le gardait en vol, les colonnes d’air chaud qui lui permettaient de s’élever…

La douleur d’une lame déchirant son épaule…
La surprise lui fit perdre aile et il tomba en chute libre, tourbillonnant dangereusement et rapidement vers le sol. Il tenta de se récupérer, mais ce fut en vain pour lui. Écartant le Marcheur, Dosiän prit le pas et, trouvant une bourrasque, parvint à se redresser à temps. Trop près du sol pour reprendre de l’altitude cependant, il dut manœuvrer pour atterrir à une vitesse bien supérieure à la normale, car même ouvrir ses ailes pour pratiquer un arrêt complet pourrait lui arracher une aile. Son talon toucha violemment le sable, l’obligeant à exécuter une roulade pour ne pas se casser une jambe.
Il n’arrêta complètement de bouger que lorsqu’il buta contre un monolithe. Lâchant un grognement mélangeant colère et douleur, il resta un moment immobile, pestant au nom d’Ilmatar et reprenant ses esprits et son souffle. Une fois le calme retrouvé, il déplia ses ailes dans lesquelles il s’était enroulé pour protéger son visage et se remit difficilement debout.

Astaronn ne savait plus où donner de la tête. Littéralement. Il se savait dans le désert, dans une plaine rocailleuse, à quelques heures d’Iskandar et ayant de justesse évité un écrasement, mais il ne pouvait pourtant pas s’empêcher de se croire au sommet d’une dune et entouré d’assaillants, de lézards effrayés et d’un compagnon enragé. Les informations lui provenant d’Ilory étaient atténuées par le fait qu’elle ne possédait pas une part importante de son être, mais les émotions violentes qui prenaient son esprit et les menaces potentielles qui planaient maintenant sur son intégrité étaient plus puissantes que l’inconfort et l’irritation de Dosiän, contrebalançant ainsi son ubiquité et brouillant les limites.

Qu’est-ce qui s’est passé, bon sang ?!
J’ai senti une lame me frapper l’épaule. Non, pas la tienne, dit-il lorsque Dosiän inspecta ledit membre à la recherche d’une blessure.
Ilory ? Est-elle morte ?
Non, mais tu ne peux rien faire. Il est trop tard. Elle est encore beaucoup trop loin et…

Merkan !
Le chaos régnait autour de lui : le feu s’était répandu aux tentes, les lézards grognaient et ruaient en tentant de se défaire de leurs liens, Soar et Merkan étaient chacun aux prises avec deux assaillants, Sellan avait été gravement blessé, Livjatar n’était nulle part en vue… et un elfe peu amène venait vers lui, une lame courte à la main.
Son regard voyagea rapidement de son compagnon à son assaillant, mais il réalisa bien vite qu’il ne pouvait lui venir en aide. Il leva ses mains dans une vaine tentative de protection.


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Ilory Falo et Merkan
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Ven 24 Juin - 0:17

La douleur ne le quittait pas. Son corps n'était plus qu'une plaie ambulante, prête à s'effondrer à tout moment. Pourquoi ne le faisait-il pas ? Pourquoi continuait-il à courir alors qu'il souffrait ? La raison lui échappait totalement, mais il savait qu'il devait continuer. Que quelque chose l'obligeait à porter ses pattes en avant, à aller toujours plus loin. Une sensation d'urgence, un besoin viscéral, l'y poussait.
Ses pattes frappaient le sol de façon régulière. Boum… Boum… Boum… La vibration voyageait dans ses os, éprouvant ses épaules, comprimant ses poumons, expulsant l'air, et remontant jusqu'à son crâne qui battait à ce rythme constant et hypnotique. Il ne pouvait tout simplement pas arrêter, c'était une impossibilité, non pas seulement mentale, mais physique. Il en était tout simplement incapable.

Sa course semblait interminable. Le sol avait changé de texture à plusieurs reprises, passant de la pierre coupante au sable brulant, alors que le ciel était passé à de nombreuses reprises du bleu au noir et du noir au bleu. Des choses avaient même semblé le prendre en chasse. Cela lui importait peu, ce n'était que distractions inutiles…
Son objectif avait jusqu'à présent été facile à suivre ; en ligne droite au travers du désert (même s’il lui avait fallu faire demi-tour à un moment). Mais, alors qu'il arrivait au pied des murs d'une grande cité, les choses se compliquèrent. Il entreprit d'abord de la contourner, mais, en réalisant que son « phare » se déplaçait en fonction de ladite cité, il comprit que sa proie se trouvait à l'intérieur et, au vu des hauts murs qui l'entouraient, y entrer ne s’annonçait pas comme étant une tâche aisée. Il poursuivit donc sa course à la recherche d'une entrée quelconque…

Jusqu'à ce qu’une nouvelle distraction vienne le déranger. Présentée comme une seconde mission par sa compagne, cette distraction, qui n'était au départ qu’une gêne dans un coin de son esprit, devint rapidement un malaise physique qui lui parut étrangement familier. Comme un mal-être, une impression de danger.
Il s’arrêta donc un moment, car une grande confusion le prit et il ne sut momentanément plus laquelle de ses deux missions il devait accomplir. Il tourna en rond, fit des aller-retours entre les deux, indécis et déchiré. L’urgence qu’insufflait sa compagne à la seconde cependant devint si insistante qu'elle fit passer son phare pour une luciole, l'englobant et le forçant à l'oublier. Comprenant ainsi qu’un danger imminent menaçait sa compagne, il tourna le dos à la ville et repartit dans le désert.
La douleur diminua, mais l'impression de danger grandissait avec les minutes. Si au départ ce n'était qu'une appréhension gênante, c'était désormais une peur réelle qui le prenait. L’image d'une Abomination le frappant s'empreignit subitement dans son esprit et passa près de le faire trébucher, mais il poursuivit sa course, la menace planant au-dessus de lui l'entrainant toujours plus en avant.
Il doubla des voyageurs de nuit, passa près ou traversa des campements, fut chassé de d'autres et quitta la route à de nombreuses reprises, mais il ne dévia jamais de sa trajectoire.

La peur s'accapara son esprit au moment où, dans la pâle lueur d'un feu, il aperçut sa compagne s'avancer vers un être insouciant. Un être plus grand et plus puissant qui n'eut aucun mal à la repousser. Il sentit la panique l’envahir et exigea de son corps un effort supplémentaire qui lui permit de venir à une distance suffisante pour attirer l’attention de l'être… sur lequel il se propulsa, toute griffe et dent dehors.
Il parvint à s'agripper à lui, ses griffes se plantant dans ses vêtements, mais ils tombèrent à la renverse et l’être se défit de lui. Il roula dans le sable, mais se remit rapidement sur ses pattes et fit face à celui qui menaçait sa compagne, ses oreilles rabattues, ses crocs bien en vue et un grondement menaçant forçant son chemin hors de sa gorge.
L’être lui fit face et il put alors juger la menace qu'il représentait ; gros, grand et portant une hache dans chaque main, il ne semblait pas redouter leur affrontement à venir, se tenant devant lui et s'attendant visiblement à ce qu'il passe à l'attaque. Le compagnon fit quelques provocations, testant ainsi la validité de son affront en frappant le sol de ses pattes, rugissant, exposant ses crocs et feignant de bondir, mais il comprit que l'être n'avait pas l'intention de reculer. Ses provocations devinrent dès lors des attaques franches, ses coups de pattes visant ses jambes et ses dents cherchant un moyen de lui arracher le visage. Chacune de ses attaques fut cependant repoussées, soit par une hache soit par un bouclier qu'il ne voyait pas.
Un moment de distraction lui permit cependant de lui envoyer sa patte au visage. Il recula juste à temps pour éviter d'y perdre son nez, mais revint vers lui, plus gros et plus menaçant. Le compagnon recula, évaluant cette nouvelle menace et se faisant gros à son tour. Le ballet d'intimidation fut cependant de courte durée, car l'être lui envoya tour à tour ses armes vers sa tête et ses pattes. Le compagnon fit un bond de côté et tenta de profiter de sa vulnérabilité suite à son élan, mais il s'était déjà replié vers une position plus sécuritaire.
Là, il fut rejoint par deux alliés, ce qui changea subitement la dynamique du combat, forçant le compagnon à troquer son offensive pour sa défensive. Ses trois ennemis tentèrent dès lors, au mieux, de le faire fuir, au pire, de le tuer, l'obligeant par des coups vicieux à reculer de plus en plus vers le désert. Il donna des coups de pattes et rugit en exposant ses crocs, mais ses menaces étaient maintenant bien moins effectives, amincissant ses chances de vaincre de minute en minute, mais il n'en avait cure.

Sa compagne était sauve… pour l'instant.




¤ ¤ ¤



Ilory se sentait complètement dépassée par les événements. D'abord Merkan qui débarquait de nulle part, la surprenant elle-même au passage, et qui affrontait un assaillant qui, au vu de la faiblesse de son compagnon, allait très certainement le supplanter et le forcer à fuir. Ensuite, Livjatar qui se poussait en catimini, l'abandonnant à son sort. Quoi qu’elle s'était douté depuis le début qu'elle servirait de distraction, elle ne s'attendait clairement pas à ce qu'elle soit aussi sacrifiée pour la cause. Une cause qui, visiblement, ne souhaitait pas être secourue, Soar s’étant attardée pour faire face à ses ravisseurs (elle ne restait clairement pas pour la sauver, fallait pas déconner). Et pour ce qui était de Sellan… elle n'avait pas trop d'espoirs, le peu qu'elle avait entraperçu de son altercation lui faisant présager le pire.

L'irréalisme de la situation la prenait au dépourvue. Elle reprit rapidement sur elle-même cependant, réalisant que l'intervention de Merkan lui permettait de fuir, mais elle déchanta rapidement lorsque deux mercenaires se détachèrent du lot pour se diriger vers lui. Craignant dès lors pour la survie de son compagnon, elle se mise frénétiquement à la recherche du couteau qu’elle avait échappé et le repéra par les flammes qui se reflétaient sur sa lame, sous l'un des lézards agités. Comprenant qu'elle ne pourrait clairement pas approcher sans se faire mordre ou piétiner, elle chercha une alternative. Ses yeux tombèrent alors sur leurs liens et, après avoir observé le comportement des bêtes, sauta sur la première opportunité qui se présenta, se glissa entre elles et envoya son pied dans la structure qui les retenaient. Les nœuds sautèrent et les bêtes ne se firent pas prier pour décamper.

Une douleur horrible lui déchira brutalement l'épaule et elle sauta à l'écart avant de se retourner. L'un des assaillants de Merkan s'était détourné de lui et lui faisait maintenant face, une lame courte à la main. Désarmée et blessée, Ilory se savait prise au pied du mur et son adversaire, qui le savait aussi visiblement, savoura sa future victoire en l'attaquant mollement. L’humaine s'avéra cependant beaucoup plus agile que prévue et se déroba à sa lame, se glissant sous celle-ci. Elle essaya ainsi de le désarmer, mais l'elfe se braqua et, dans sa tentative de se défaire de sa main, se propulsa contre son épaule, envoyant l'humaine rouler dans le sable.
Ilory chercha à se relever, mais comprit rapidement qu'elle n’en aurait pas le temps avant que l'elfe ne soit sur elle. Un malaise la prit soudainement. La peur ou l'appréhension, elle n'aurait su le dire, mais cela lui donna un étrange regain d'espoir alors même que sa situation en était clairement dépourvue. Elle appela son compagnon à l'aide, mais savait que c'était peine perdue, les assaillants de son compagnon se trouvant entre eux. Elle leva ses mains dans une vaine tentative de protection…

Et du sable vola dans le visage du mercenaire.
Surpris, il recula, mais Ilory suivit son mouvement et le frappa la poitrine. Elle ne le toucha jamais cependant, le sable explosant autour d’elle, créant ainsi un mur presqu’aussi dur que la pierre qui percuta l'elfe si violemment qu’il fut projeté à plusieurs mètres d’elle, l'envoyant rouler dans une tente.


Autour d'Ilory, le sable resta en suspens, mais sembla subitement prendre vie, volant tel un liquide et formant une sphère mouvante. Celle-ci s’éclaircit graduellement pour laisser transparaitre la forme flou d'Ilory qui se tenait maintenant debout en son centre. Le sable ne retombait pas cependant, s'agglutinant en sphères plus compactes et libérant graduellement l'humaine de la chape qui l'entourait.
Son visage, maintenant couvert de marbrures rouges noires, était figé dans une expression stoïque, ce qui la rendait étonnement plus menaçante, alors que de son esprit avait disparue toute peur et insécurité, mais Ilory elle-même n'y trouvait rien d'étrange. Tout comme être soudainement capable de manipuler la matière. Elle ignorait l'origine de cette capacité, mais elle savait quoi faire et comment le faire… ce qui l'effraya d'autant plus.
Voyant l’elfe se trainer avec peine hors du carcan des toiles, elle décida sans plus de procès de l'achever. Faisant cette fois exploser le sable autour de lui, elle le fit entrer dans le moindre de ses orifices faciaux. Il se retrouva rapidement incapable de respirer et, malgré ses tentatives manuelles pour libérer ses voies respiratoires, il suffoqua rapidement.
Elle regarda un instant son corps inerte sans ressentir le moindre remords, ce qui lui parut pour le moins étrange.

L'une de ses sphères de sable se durcit brutalement à sa gauche pour encaisser une attaque électrique qui la fit exploser. Décontenancée, Ilory chercha rapidement la source de cet événement. Désormais consciente de la matière qui l’entourait, elle parvenait à « sentir » les choses autour d’elle. Elle pouvait ainsi savoir que Merkan avait profité de la distraction qu'elle avait causée pour sauter sur son assaillant et le renverser sur le dos ; que celui-ci avait levé le manche de sa hache à temps pour éviter d’avoir des crocs plantés dans la gorge ; que Soar affrontait vicieusement son adversaire malgré son évidente faiblesse ; que cet adversaire reculait devant elle...
Et qu’un elfe se tenait face à elle, une main couverte de filaments électrifiés levée dans le vide.




Dernière édition par Ilory Falo et Merkan le Jeu 29 Juin - 5:50, édité 1 fois
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Aélior Mélies
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Ven 24 Juin - 22:47

La soirée avait pourtant si bien commencé. Un bon repas, suivis de chants et la promesse d’une fin de mission facile.
Aélior n'en était qu'à sa troisième mission et celle-ci était de loin la plus intéressante : travailler pour une organisation si influente que Variel refusait de la nommer et qui leur demandait de capturer et de déporter une femme qui, visiblement, n’en était pas à son premier accrochage. Le mystère de la chose avait de quoi le griser, mais Variel lui avait appris à s'en tenir à ce qu'on consentait à lui dire lorsqu'il avait tenté d’écouter une conversation (apprendre dans le sens de lui filer une bonne mornifle). Il s'était depuis contenté de ce qu’il avait pu glaner et observer chez leur captive.
Et il avait compris que cette aventure ne pouvait pas bien se finir lorsqu'il avait su qu'elle impliquait quelqu'un de haut-placé dans un gouvernement. Les trucs politiques, en général, même si ça commençait bien, ça finissait toujours par partir en sucette (il était bien placé pour le savoir, étant lui-même l'un de ces trucs politiques).

Et, comme de fait, alors qu’ils dormaient, bien tranquille, Vallene sonna l'alarme. Bondissant hors de la tente qu'il partageait avec Variel, il jeta d'abord un regard autour afin d'évaluer la situation. Ça ne s'annonçait pas si mal en fait ; oui Emric se démenait avec une panthère et, oui, Melse et Variel venaient de s'occuper d'un étrange drow, mais pour le reste leurs ennemis semblaient peu nombreux et peu organisé. Il ravala ses mots cependant lorsque, du coin de l'œil, il aperçut Soar qui n'avait apparemment pas envie de fuir. Provoquant visuellement Variel, elle l'invitait visiblement à danser. Il sentit l'esprit de Vallene s'insinuer dans le sien et lui ordonner de se tenir à l'écart, mais en restant disponible si jamais le duel tournait au vinaigre. Ce qu'il fit… jusqu'à ce que Leylian se retrouve dans le décor.

Ayant d'abord été envoyé afin de prêter main forte à Emric, Leylian avait, selon son dernier coup d'œil dans sa direction, changé de cible lorsqu’une femme avait fait fuir leurs lézards. Aélior n'y avait pas porté plus attention jusqu'à ce qu’un bruit ressemblant à un boulet de canon traversant l'air se fasse entendre. Il se retourna juste à temps pour voir Leylian voler sur quelques mètres pour venir s'écraser dans ce qui restait de leurs tentes. Portant le regard à son lieu de décollage, il resta un moment figé de stupeur.
La femme, dont le visage semblait couvert de tatouages tribaux, se tenait au milieu d'un nuage de sable. Son regard placide et vide rivé sur Leylian, lequel tentait tant bien que mal de se défaire de la toile qui l’empêtrait, la femme n'en avait visiblement pas terminé avec lui et, avant même qu'il n'ait pu réagir ou réaliser ce qu'elle comptait faire, elle le « noya » avec du sable.

C'était horrible de voir son ami, le seul compagnon avec lequel il avait pu sentir une réelle affinité depuis son enrôlement dans le groupe, mourir sous ses yeux d’une manière aussi affreuse. Il sentit la colère monter en lui, non pas seulement envers sa meurtrière, mais aussi envers sa propre inaction. Colère qui se manifesta par des filaments électrifiés qui lui parcoururent les bras et le dos et une amer envie de vengeance qui lui tapissa rapidement la bouche. Poser ses yeux sur la coupable la fit exploser.
Une sphère de plasma se généra promptement dans sa main et il la projeta sur la femme, non sans ponctuer son attaque d'un puissant cri de douleur. Elle fut stoppée dans son élan par une sphère de sable durcit qui explosa à son contact, mais la femme ne sembla même pas le réaliser. Comme surprise, elle en chercha la source et lorsqu'elle posa les yeux sur lui, pas même une furtive expression de satisfaction ne para son visage. Il n'y avait rien, rien à haïr, rien à détruire. Son stoïcisme lui donna envie de vomir.
Il l'attaqua de nouveau, lui envoyant une nouvelle sphère de plasma d'une main et, de l'autre, générant un courant de filaments, lesquels elle sembla stopper sans trop d'effort, le plasma se fracassant de nouveau contre la pierre et la poussière de celle-ci servant de nuage diffusif contre les filaments. Il la voyait toujours au travers son nuage et son manque de réaction nourrit d'avantage son besoin de lui faire mal.

Un nuage de sable explosa autour de lui et, réalisant qu’il tentait de le suffoquer à son tour, il réagit promptement en générant une aura électrique autour de lui. Le sable fut repoussé, mais, s’il tombait dès qu’il entrait en contact avec sa foudre, il était clair qu’il manquerait de charge avant qu’elle ne manque de sable.
L'attaque cessa soudainement, mais il ne baissa pas sa défense, croyant qu’elle réitérerait son affront. Il réalisa cependant qu'elle s'était trouvé un autre ennemi en l'état de Vallene. Il ignorait totalement ce que la magicienne faisait, mais l'humaine semblait peiner à contrer son attaque, le sable volant au ralentit autour d'elle, tel un essaim d’insecte, et agissant comme si elle cherchait à repousser un ennemi invisible.
Voyant une ouverture, il envoya une nouvelle sphère de plasma et elle fit mouche. Le sable tomba et l’humaine fut projetée en arrière et roula au sol, mais elle se remit promptement debout, comme si la foudre n'avait fait que la pousser, et se résigna enfin à laisser transparaitre une émotion ; une fierté blessée. Elle recréa sa sphère de sable et tenta de l’attaquer, mais son sable resta obstinément sans effet et prisonnier autour d'elle.
Poussé par une colère aveugle, Aélior n'y réfléchit pas à deux fois avant d'en profiter pour l’électrocuter, mais si la majorité de ses filaments furent détournés de justesse par le sable, elles firent mouches à de nombreuses reprises, la forçant à reculer.

Quelque chose le percuta violement, enfonçant ses griffes dans sa peau et le poussant au sol. Il avait vu la panthère s'éloigner d’Emric du coin de l'œil, mais n'avait pas cru qu'elle était si près de lui et qu'il n'aurait pas le temps de réagir avant qu'elle n'intervienne. À cheval sur lui, elle cherchait à lui arracher le visage, ses crocs à quelques centimètres à peine de lui, claquant près de sa joue et bavant sur lui, ses griffes plantées dans ses épaules et ses pattes arrières lui déchirant les cuisses dans leur tentative de pousser contre ses bras levés, seules protections de l'elfe contre la folie du félin. Une folie qui, visiblement, n'avait que faire de la foudre qui charcutait son corps. Explosant autour d'eux, les filaments bleus le frappaient à répétition, mais c’était comme s'ils n'avaient pas le moindre effet sur lui ou, tout le moins, qu'il n’en avait cure.
Du sang commença à perler autour de lui, sur son visage et ses bras, rendant ces derniers poisseux et réduisant leur poigne. Le grognement de l'animal résonnait dans sa poitrine, les claquements de sa mâchoire assourdissaient ses oreilles et le craquement de la foudre sonnait comme un décompte.
Son regard croisa soudainement celui de l'animal, mais il n'y vit que du vide, une envie viscérale de le tuer. Ses yeux jaunes étaient ternes et leur pupille dilatée, lui faisant bien comprendre qu'il n'avait pas l'intention de relâcher sa proie.
Une proie qui perdit bientôt sa prise, tant à cause du sang que de sa faiblesse face à un prédateur bien plus puissant. Aélior sentit ses crocs s'enfoncer dans sa gorge et un dernier sursaut électrique parcourir son corps.


Les femmes c'est comme le tonnerre...
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Soar Orombre
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Lun 18 Juil - 22:19

Elle raffermit sa prise sur le manche de sa hallebarde mornienne. Plus courte que ceux des hallebardes nordiques, avec une lame plus proche de celle du sabre. Lame qui était ornée d'une plume rouge, attachée à un anneau. Elle utilisait ses deux mains pour manier l'arme, étant capable de faire des passes. Elle profitait de l'avantage que lui conférait l'allonge du manche, contrairement à Variel, armé de tonfas dotés de lames, qui n'avait pas autant de portée qu'elle. Ils se jaugèrent, s'évaluèrent. Le Cornu savait qu'elle venait de passer des semaines sans activité physique, à se remettre de l'attaque d'un élémentaliste trop zélé. Lui, était éreinté par le voyage sous le soleil, mais bien plus en forme qu'elle. La partie la plus prudente de son être commença à penser qu'elle aurait mieux fait de suivre Livjatar. Alors qu'ils se tournaient autour, elle eut un aperçu du corps de Sellan, ce dernier ressemblait à un pantin désarticulé, mais en plus macabre, avec sang et boyaux. Elle ne pouvait pas voir où était Ilory, mais elle voyait la confusion qui régnait autour des montures affolées, et aperçu une panthère décharnée. Finalement, avant que l'un des mercenaires ne décident d'aider son chef, elle passa à l'attaque. Elle s'avança, et sa lance décrivit une suite de mouvements, visant à le lacérer de la pointe de l'arme, avant qu'elle ne décrive un large mouvement lourd et brusque, pour lui sectionner un membre. Variel dévia avec adresse, d'un tonfa. La lame de l'arme du Cornu glissa sur la sienne, glissa sur le manche dans un crissement effroyable. Il glissa avec, repoussant son arme et combla l'espace qui les séparait, lui faisant perdre l'avantage de l'allonge. Elle riposta d'un coup d'épaule, sa spalière soudainement ornée d'une pique longue de plusieurs centimètres, à l'instar des chanfreins des chevaux de guerre. Un coup de coude. L'armure encaissa. Et para le vicieux coup de tête qui suivait, Variel continuant d'avancer. L'artefact lui fournit un casque, doté lui aussi de cornes. Leurs deux têtes cognèrent, et l'impact résonna à l'intérieur de son crâne. Elle tenta de dégager son arme, qui fut repoussée une fois de plus, un tonfa vola vers son bras. Elle laissa tomber la tête de l'arme, recula, retourna la lame, et remonta la lance, pour trancher, dans un coup vicieux. Variel se contorsionna et dévia avec ses cornes.

-T'as encore rien vu...

Sa fanfaronnade tomba à plat, alors la magie crépitait dans l'air. Ce qui suivit fut brutal, violent, rapide, et brouillon. Elle dut se cantonner à des parades de plus en plus précipitées, pour dévier des coups qui pleuvaient de plus en plus rapidement. Variel était aidé par la magie de la salope de magicienne qui avait neutralisé son armure. La colère refit surface. Soar retint les cris de rage qui montaient dans sa gorge. Elle reculait, manquant parfois de s'empêtrer dans le sable. Nouvelle pique de la part du Cornu, qui semblait parfaitement à l'aise, et très satisfait. Parfait. Elle eut un sourire qu'il ne vit pas, puisqu'elle était toujours casquée, intégralement. L'armure généra une série de lames, des épées à la lame fine, sombre, à double tranchant. Il n'y avait qu'une seule lame au début, puis les autres se déployèrent dans un mouvement ressemblant à celui d'un éventail qu'on ouvre. En plus violent, en plus rapide. Les lames visèrent le bras, les flancs du Cornu, qui fut obligé de reculer tout en se protégeant. Ce répit, lui permit de récupérer son avantage. Sa hallebarde mornienne s'abattit, dans un mouvement visant à lui fendre le torse en diagonale, pendant que l'éventail de lames visait sa gorge. Cependant, elle savait qu'elle ne tiendrait pas si le combat s'éternisait. Elle n'aurait pas la moindre chance si les autres se débarrassaient de Merkan. Elle ignorait si Ilory était encore en vie. Pour Sellan, elle doutait de ses chances. Shurayev avait prévu depuis le départ de sacrifier l'humaine, pour la récupérer. Mais... la part encore raisonnable de Soar lui criait qu'Ilory était la seule à détenir des réponses à ses questions, plus encore que ce qu'elle avait commencé à avouer à Iskandar. Variel dévia ses lames, aidé par la magie.

-Oh le vilain tricheur, lança-t-elle à travers le métal de son casque, mais moi aussi je peux tricher...

La hallebarde qu'elle tenait eut soudain des sœurs, et à l'instar de l’éventail de lames, les hallebardes s'en prirent au Cornu. L'éventail de lames noires se déploya, non pas pour foncer sur Variel, mais sur Valenne, et sur l'elfe sournois qui tenait de se glisser dans son dos. En se déployant, les lames eurent des jumelles. Oh oui, elle aussi, elle pouvait jouer. Nouvel échange de coups. De nouvelles runes sur le corps du Cornu. Mais quelques secondes de latence, elle savait que ses épées harcelaient la magicienne et le Drow tapis dans l'ombre. Elle profita d'une ouverture. Variel avait ouvert les bras pour dévier ses hallebardes. Celle que Soar tenait se transforma en bouclier épais, qu'elle cogna contre le Cornu, le chargeant, le percutant de plein fouet. Les bords larges du bouclier lui épargnèrent d'être coupée en deux par les tonfas, son armure faisant le reste. Son armure se hérissa de piques, et le bouclier se changea en larme courte. Sa lame manquant de se ficher dans la gorge du Cornu. N'eut été l'explosion de magie sur son flanc, elle l'aurait fait. De la foudre. Beaucoup de foudre. Son armure réagit d'instinct, passant du métal au cuir, et elle recula d'un bond, roulant presque. Tenant dans sa main une épée longue. Ce qu'elle vit la laissa sans voix.
Ilory se tenait debout, au milieu du chaos. Merkan semblant tout droit revenir de chez Siavash tentait de labourer le dos du grand elfe musclé - Emric -, Melse, l'elfe rousse, se relevait avec peine. Les tentes étaient par terre, les montures parties. L'élémentaliste, Aélior, passa de nouveau à l'attaque. Ilory avait le visage couvert de... Elle répliqua en manipulant du sable. L'électricité éclairait presque le ciel comme un plein jour. Aélior vidait toute sa mana sur Ilory, qui ne semblait même pas inquiète.

-Qu'est ce que c'est que ce putain de bordel ?

Soar aurait pu le cracher, mais elle se contenta de le prononcer lentement, presque dans un murmure. L'humaine n'avait jamais fait montre de ce genre de talent. L'amure réagit pour elle, élevant un bouclier pour dévier un trait de magie de la part de la magicienne. Elle croisa le regard de Variel. C'était trop. L'échange entre l'elfe et Ilory fut de plus en plus violent. Soar profita d'une plus grande liberté de mouvement, offert par les explosions qui, déviées, menaçaient de tout toucher autour d'elles, pour reculer jusqu'au corps de Sellan, se protégeant derrière un bouclier, tenant fermement son épée dans l'autre. Cette mission était une catastrophe. Et elle sentait que ce merdier n'était pas encore fini, loin de là. Elle pouvait encore creuser, qu'elle savait que de la merde jaillirait encore. Un éclair passa près d'elle, elle l'évita. Les mercenaires devaient aussi éviter les éclairs, sans compter le sable qui volait partout, rendant la scène encore plus chaotique. Elle sentit Sellan remuer à coté d'elle. Impossible. Elle lui jeta un bref coup d’œil, oubliant les mercenaires un instant.


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Sellan
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Mar 19 Juil - 18:55

La dernière tentative de respiration de l'expérience se solda par le vomissement du flot carmin qui envahissait son poumon perforé. Il était trop faible pour continuer à se noyer dans son propre sang, le peu de force encore en lui se tournait vers ses capacités régénératrices. Seulement, ce qui lui restait de conscience commença à sombrer, abandonnant la lutte. A quoi bon tenter de se battre après avoir essuyé une telle défaite aussi brutale ?
Il avait échoué...

Sellan ne sentait plus la douleur. Il ne sentait plus rien, ni son environnement, ni son corps. Ses pensées confuses s'effacèrent et ne laissèrent place qu'à un néant cotonneux. Il était en train de mourir, mais cela ne l'inquiétait plus réellement. Sa vie disparaissait, une vie courte et désagréable, à laquelle il n'avait pas compris grand-chose. S'éteindre était presque un soulagement. L'être artificiel regrettait toutefois un peu Soar, il l'aimait bien et aurait voulu la sauver.
Son état fit refluer le peu de souvenirs qu'il avait du temps passé avec ses créateurs. Les tests, l'apprentissage du combat, les vérifications de ses capacités... Il revoyait les murs blancs et la lumière agressive, ainsi que les vitres derrière lesquelles les créateurs se tenaient, pendant qu'une voix venant du plafond lui dictait ce qu'il devait faire. Sellan se souvint même de la cuve dans laquelle il avait grandi, flottant en douceur sans se préoccuper de rien. C'était assez semblable à ce qu'il était en train de vivre ; sa mort ressemblait beaucoup à sa naissance, sauf que...

"Numéro 7 est stable, il devrait bientôt sortir."

Une voix retentit au loin, de l'autre côté du tube de verre. Des paroles qui n'avaient eu aucun sens à l'époque et dont l'expérience ne s'était pas souvenu... jusqu'à maintenant.

"Espérons que ce prototype vous fournira de quoi perfectionner le processus," commença une autre personne. "Il nous faut des résultats."

"La viabilité de ce spécimen en sera un."

"Il sera exploitable ?"

"Non. Il combine des gênes peu intéressantes, mais stables. Ce n'est que la première étape. Les prochains seront plus perfectionnés. Vous pourrez toujours vous servir de ceux-ci comme vous l'entendez."

"Nous ne voulons pas de prototypes, seulement la perfection. Faites ce que vous voulez avec vos déchets, ça ne nous regarde pas."

Sellan ne savait pas quoi penser de ce souvenir. Avait-il toujours su au fond de lui qu'il n'était qu'une étape vers ce que ses créateurs voulaient réaliser ? Lui et l'autre expérience, pour laquelle il s'était révolté contre les scientomages... on leur avait fait croire qu'ils étaient ces guerriers parfaits, mais ils n'étaient parfaits que pour les aider à arriver à leurs fins.
Ce n'était pas étonnant qu'il ait échoué. Il n'était pas un guerrier, juste un déchet... et il ne pouvait pas accepter cela. La douleur revint en force, avec une détermination qu'il ne se connaissait pas. Aux portes de la mort, l'expérience ne voulait pas laisser le dernier mot à ses créateurs. Il se relèverait et parviendrait à se battre...

Il essaya de nouveau de respirer, crachant le sang qui remplissait son poumon. Le plus important était de réparer son système nerveux ; pas complètement, juste assez pour se lever. Sellan pouvait le faire, endurer la douleur et continuer à cracher le sang qui dégoulinait de sa plaie, directement dans la perforation... Il en perdait beaucoup, mais cela restait acceptable. D'un geste peu assuré, il arracha un morceau de son pantalon et l'enfonça comme il put dans la blessure, afin de limiter la perte.
Il vomit un peu de sang, en se redressant maladroitement. L'expérience ne sentait toujours pas ses jambes et sa colonne vertébrale lui donnait l'impression d'avoir quelque chose de très douloureux encore planté dedans ; ce n'était qu'un léger désagrément, comme le sang qui coulait le long de son menton et de son torse. Avec un grognement il se concentra pour guérir son poumon. Il avait conscience d'épuiser son potentiel de régénération en peu de temps. Il mettrait beaucoup de temps pour se remettre après ce combat...

Avec un rugissement féroce, il fit une charge maladroite, allongeant ses griffes pour découper le premier combattant arrivant à sa portée. Sa seule certitude était qu'il ne s'agissait pas de Soar. Haletant, Sellan chercha des yeux un autre adversaire, mais sa vision était trouble et son esprit confus. Il ne sentit pas ses jambes céder et le faire tomber à genoux. Du sang continuait à couler le long de son menton et de son torse, tout comme du chiffon imbibé dans son dos, en lieu et place de son cœur réduit en charpie.
Une grimace se dessina sur son visage. Son pouvoir de régénération avait atteint ses limites. Son système nerveux défaillait... Il voulait survivre et avait jeté ses dernières forces dans la bataille... tout ce qu'il avait... mais ça n'était pas suffisant... Sellan avait atteint ses limites et manquait de sang. Avec un cri de désespoir, il brandit ses griffes et se mit à repousser tout ce qui aurait pu l'approcher, une lueur de folie dans le regard.
Il ne devait pas mourir... prouver qu'il n'était pas un déchet...



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Variel
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Jeu 23 Mar - 14:48

Emric ne réfléchissait presque plus à ce qu’il faisait : maîtrisant ses haches comme si elles étaient l’extension de ses mains il avait simplement à éviter les coups que lui envoyait son adversaire. Il esquivait, grognait, hurlait, frappait, acculant l’animal, le faisant reculer vers le désert d’où il était arrivé. Il avait clairement l’intention de la tuer, la panthère était bien trop dangereuse pour être simplement envoyée au loin. Elle l’avait frappé à plusieurs endroits et elle avait une claire intention de le tuer aussi, c’était œil pour œil et dent pour dent.

Melse était arrivée auprès d’Emric qui, même s’il semblait maîtriser la situation, avait besoin d’aide. La bête était énorme, un peu décharnée, avec le poil terne et une lueur folle dans les yeux. Vu comment elle se déchainait pour protéger la petite silhouette de femme qui tremblait un peu plus loin, l’elfin fit le rapprochement entre les deux. Elle penchait pour des compagnons liés, aucun animal même fidèle ne se mettrait dans cet état pour son propriétaire.  Il lui fallait la femme pour pouvoir maîtriser l’animal, en espérant que ce soit bien un lien de compagnonnage. Mais il lui fallait aussi empêcher la panthère de pouvoir réagir également. La gamine semblait tremblante et cherchait quelque chose, elle ne devait pas être un danger.


-Chope la femme, mais ne la tue pas, cette bestiole doit être liée à elle vu comment elle essaye de la protéger !

Leylian acquiesça alors qu’il tirait un autre carreau dans la patte arrière de l’animal.
Il lâcha son arbalète quand les lézards, lâchés par la femme qu’il devait attraper, foncèrent un peu partout. L’un d’eux manqua de le renverser, il jura. Variel allait être encore plus furieux maintenant qu’ils avaient perdus leurs montures, il faudrait les rappeler et attendre pour qu’elles reviennent…
Il se jeta sur l’humaine. Il visa sa cuisse, mais un coup de queue le fit radicalement changer de direction et il la toucha profondément à l’épaule.  Il se releva derechef et ne montra aucunement que ça ne s’était pas passé comme il l’avait prévu. Il lui faisait face, anticipant ses mouvements et vérifiant en l’observant qu’elle ne présentait aucun réel danger. L’humaine était désemparée, ça se lisait dans ses yeux, il se jeta de nouveau sur elle avec pour but de la maîtriser.

Elle attrapa la main qui tenait sa dague et essaya de la lui faire lâcher, lui donnant un violent coup dans l’épaule qui la fit crier de douleur et tomber dans le sable, roulant comme un poids mort. Elle essayait de se relever, prenant appui sur le bras non blessé qui lui restait. Elle appela visiblement l’animal qui luttait contre Melse et Emric, et leva les mains dans une vaine tentative de protection.
Du sable frappa son visage, irritant. Leylian fut coupé net dans son élan et s’essuya le visage tout en sentant des larmes monter pour essayer de le débarrasser de ce qu’il venait de recevoir dans les yeux. Les yeux rougis et la vue brouillée il recula, essayant de voir si c’était bien l’humaine qui venait de faire ça.  C’était étrange, elle semblait tout aussi surprise que lui pendant une demi-seconde, avant d’avancer pendant qu’il faisait un pas en arrière.

Melse et Emric formaient un duo assez efficace. Tous deux peu délicats dans leur manière de se battre, ils enchainaient chacun les coups pour ne laisser aucun répit à l’animal face à eux. Quand les haches d’Emric terminaient leur danse rapide, le marteau de Melse y mettait un point final. Elle toucha à plusieurs reprises une patte, la déviant de son objectif. Mais ils n’allaient pas tous deux jouer encore longtemps avec l’animal, il faudrait approcher pour l’achever, et là ça n’était pas gagné. L’elfin rousse se demandait ce que faisait Leylian, sans se douter que celui-ci avait rencontré plus de difficultés que ce qu’ils avaient imaginés.
Emric chargea, Melse assurant ses arrières, déviant un nouveau coup de griffe.

Leylian eut à peine le temps d’assimiler qu’un mur de sable venait sur lui.
Son souffle fut coupé net. Son cœur s’arrêta quelques secondes. Il fut arraché du sol et son dos percuta quelques instants après une tente, puis une seconde. Il roula sur le sol, la peau de son dos brûla sous le frottement et celle de ses coudes, de son front et de ses genoux se mit à saigner.  
Sa tête tournait et semblait lourde, tout son corps était endolorit. Il toussa. Il avait avalé du sable quand le mur lui était arrivé dessus. Il essaya de sortir de l’enchevêtrement de toiles, sentant les piquets et les tiges dans son dos. Leylian réussit difficilement à sortir de son carcan en se traînant un peu et se relevait quand le sable autour de lui explosa. Une vague de poussière et de grain de sable le frappa de plein fouet, cinglant son visage, entrant par son nez, sa bouche, ses oreilles et ses yeux. Il essaya de le cracher, de tousser, de hurler, repousser la vague en agitant les bras et les mains. Il entendait Valenne hurler, autant dans son esprit que de vive voix.


Leylian ! Cours ! Va-t-en !

Il n’arrivait à rien faire, son esprit était engourdi, il respirait du sable et que du sable. Dans un réflexe complètement idiot il respirait plus vite, plus fort. Il ne pouvait même plus fermer la bouche quand il s’effondra sur le sol.

L’elfe musclé avait entendu le hurlement de Valenne, le bruit du sable crissant, d’un impact violent, l’explosion de la foudre chargeant l’air d’électricité statique. Ils avaient détournés Melse et lui leur attention quelques secondes à peine, juste le temps de voir Leylian finir de tomber, du sable ressortant de tous ses orifices, l’humaine couverte de runes, et Aélior furieux envoyer une sphère électrique vers elle.


-Put-

Quelques secondes et la panthère le plaqua au sol, une patte griffue s’enfonçant dans son torse tandis que l’autre patte balaya Melse d’un revers rageur. Emric eu juste le temps de  coincer le manche d’une hache entre les crocs supérieurs de l’animal, l’empêchant de lui arracher la gorge. L’elfin rousse n’eut pas de chance dans sa chute, sa tête choqua contre le roche, la laissant à demi consciente plusieurs minutes, un filet de sang brouillant sa vision et le monde semblant bouger sous elle qui était immobile.

Son adversaire avait commencée à sortir le grand jeu à son tour. Parfait. Il aimait se battre avec quelqu’un donnant tout son potentiel, ça rendait la chose plus excitante qu’un combat monotone et gagné d’avance. Même s’il ne doutait pas un instant de gagner celui-là, Soar ne pourrait tenir indéfiniment.
Elle visa les points les plus vulnérables qu’il avait, changeant la danse. Elle menait, il subissait et reculait tout en esquivant les lames qui se multipliaient. Elle tentait de le toucher aux flancs et aux bras, mais visait aussi sa gorge. Valenne le soutint, érigeant des boucliers puissants et localisés, renforçant les runes de rapidité qu’elle avait apposée


-Oh le vilain tricheur, lui lança-t-elle, mais moi aussi je peux tricher...

-Si je triche, tu le fais depuis le début avec ton armure. J’utilise les armes que je peux avoir à mon avantage c’est tout !

Des hallebardes remplacèrent les lames, lames qui foncèrent sur Valenne derrière lui et sur Reyhan qui venait d’apparaitre dans le dos de la légionnaire. Reyhan n’eut aucun mal à dévier la poignée de lames lui fonçant dessus, mais elles revinrent et furent aussi combatives que s’il y avait une main pour les diriger.

Valenne du relâcher beaucoup de ses sorts pour ériger un bouclier la protégeant de celles lui fonçant dessus. Elle délaissa donc Variel, laissant ses runes de rapidité et sa propre force l’aider contre Soar. La légionnaire était coriace mais il ne fallait pas oublier qu’elle était affaibli et qu’elle ne tarderait pas à s’effondrer seule, l’adrénaline et la rage ne pouvant rester constantes pendant trop longtemps. Mais tandis qu’elle déviait comme elle le pouvait les attaques physiques de la légionnaire, elle sentit que Leylian était en danger.
Mais elle ne put rien pu faire quand elle avait senti l’esprit du jeune elfe s’éteindre en luttant. Elle avait érigé un bouclier, tenté de repousser le sable, mais elle était trop partagée entre la communication mentale, sa mana qui s’épuisait doucement, mais surtout les attaques de Soar dirigée clairement contre elle pour la déstabiliser et l’empêcher d’agir pour soutenir qui que ce soit…
Elle n’avait pu que  hurler à Leylian de fuir, autant dans son esprit qu’à haute voix. Mais ce qu’elle avait fait n’avait pas eu plus d’impact que si elle avait lancé un petit caillou vers l’humaine responsable du sort de son ami. Elle avait les yeux embués de larmes et décida d’aider Aélior qui se jetait à corps perdu contre celle qui venait de tuer Leylian.  Elle supprima tous les autres sorts qu’elle maintenait.
Un bouclier l’entoura complètement, empêchant les lames, le sable, ou la foudre de la toucher.

Elle se saisit d’une pierre qu’elle avait dans sa poche et en absorba toute la mana. Ça n’était pas énorme comparé à ce qu’elle dépensait, mais ça lui redonna de l’énergie. Des runes se dessinèrent aux pieds de l’humaine, ralentissant le temps du sable autour d’elle. Les grains volèrent donc plus lentement, ralentis. Ne comprenant pas ce qui se passait l’humaine essayait de le faire réagir, de le bouger, donnant au sable des mouvements étranges et erratiques. Elle sentait l’humaine peiner et essayer de la repousser.
Aélior chargea une sphère de plasma, qui frappa l’humaine de plein fouet. Son sort de ralentissement manqua de s’effacer mais elle le reforma. Il était diminué comparé à son premier, mais fonctionnait toujours.


-Qu'est-ce que c'est que ce putain de bordel ?

Variel n’aurait pas pu mieux résumer ce qu’il pensait. Tout autour d’eux était un bordel sans nom. L’humaine couverte de runes maniait du sable au ralentit, Aélior se déchargeait complètement contre elle sans qu’elle ne semble s’en inquiéter. Emric luttait toujours contre la panthère, Melse se relevait en titubant, du sang sur le visage. Aucune trace de Leylian, Valenne était en train d’épuiser ses forces contre l’humaine elle aussi. Tout ça sans que cette dernière ne semble trop en souffrir.
Un rapide coup d’œil aux tentes, et ce fut comme un coup de poignard glacé reçu en pleine cœur. Leylian était là, inerte, et sa mort ne faisait aucun doute.

Ils s’étaient arrêté avec Soar et se regardèrent quelques secondes. La situation était trop grave pour continuer à se fiche l’un sur l’autre, il y avait un élément incontrôlable qui avait tué l’un de ses hommes, ils ne savaient pas ce qui se passait, la légionnaire elle-même semblait surprise et presque trahie. Un éclair manqua de le frapper, Reyhan le tira en arrière. Soar recula et se mis en position défensive devant le corps de celui que Variel avait envoyé au loin, tandis qu’Aélior était plaqué au sol par la panthère qui avait franchi d’un bond la distance entre Emric et l’élémentaire de foudre.

L’elfe musclé s’était reçu une décharge qui lui avait presque fait lâcher son arme. Sa gorge avait été offerte à la panthère quelques secondes, mais cette dernière se détourna brutalement de lui, la gueule ouverte, feulant et grondant. Elle sauta et Emric pu voir que c’était sur Aélior. Engourdit il se redressa, Melse allant frapper la panthère d’un coup de masse, mais des éclairs et des filaments de foudres parsemais l’endroit, plus proche encore vers Aélior. Ils durent reculer vivement, Melse lâchant son arme frappée par la foudre, et Emric manquant de tomber. La panthère lacera le torse d’Aélior dans des bruits atroces.

Variel jura rapidement avant de hurler, relayé par la pensé par Valenne qui maintenait tant bien que mal ses sorts, ralentissant l’humaine.


-Neïlwern ! On bat en retraite !

Reyhan se plaçait déjà à côté de Valenne qui serait dans les derniers à partir, retenant l’humaine. Elle avait imprimé un charme de gravité, gravant les runes dans des pierres alentour, l’empêchant de se mouvoir comme elle le souhaitait, la pression écrasant ses membres. Melse prit son arme et assena un coup violent dans le flanc de la panthère qui venait d’arracher la gorge d’Aélior. L’animal vola sur quelques mètres, des côtes craquèrent, il geignit. Un œil sur Aélior et l’elfin comprit que pour lui aussi c’était finit. Elle prononça un simple « Désolée » en se mettant à courir.

Variel et Emric se dirigèrent vers Soar et le corps de son ami. De nouveau leurs regards se croisèrent. Il n’y avait plus de mercenaire et de contrat, de proie, d’assaillant, d’adversaire. Ce qui était en train de se passer était hors de leur contrôle et il leur fallait se barrer. Mais elle n’était pas au meilleur de sa forme.  Le Cornu n’attendit pas vraiment son accord pour lui attraper le poignet, la relever et l’aider à courir. Emric lui prit le corps respirant difficilement  de l’ami griffu de Soar, et le maintint le plus possible pour qu’il ne soit pas trop secoué pendant sa course. Il s’excusa d’avance de le secouer mais qu’il fallait fuir sans tarder.

Au loin Melse agitait un appeau aux sons aigus devant faire revenir leurs montures.

Valenne était secondée par Reyhan de qui elle prenait de la mana. Ils s‘éloignaient doucement, la magicienne préparant un ultime sort, aidée d’un parchemin. Les lézards finirent par revenir en partie, deux d’entre eux manquant encore à l’appel. Chacun s’harnacha et monta sur un lézard, Variel faisant monter Soar derrière lui, Emric gardant l’ami blessé de Soar devant lui, Melse montant sur un lézard seule et tenant les rennes du dernier lézard pour Reyhan et Valenne.


Nous sommes prêt, tu peux y aller

Valenne inspira profondément et lut alors le parchemin qu’elle avait en main d’un trait. Elle le déchira lorsqu’elle en eu finit, dissipant son bouclier ainsi que les sorts qu’elle avait imprimés sur l’humaine, Reyhan l’attrapa par la taille et l’entraîna dans les ombres en une fraction de seconde. Reyhan ressortit dans l’ombre du lézard à l’instant où une tornade frappait le sol où se trouvait l’humaine. Les tentes furent aspirées, les roches et les corps sans vie de leurs camarades.  
Le groupe monté cavala alors à toute vitesse, aidé une ultime fois par Valenne qui s’évanouit d’épuisement par la suite. La magicienne imprima des runes de vitesse sur les lézards qui s’éloignèrent plus rapidement, en direction d’Iskandar car la dernière chose à faire serait de se perdre dans le désert. Ils s’arrêteraient bien avant la ville et laisseraient repartir Soar et le griffu. Il y avait déjà eu trop de morts pour cette mission et aucun des mercenaires n’avait l’envie de la mener à bien. C’était bien la première fois que cela tournait aussi mal…

Soar dans son dos, Variel marmonnait une prière pour les morts. Il était furieux de ce qui s’était passé et désolé de n’avoir pas pu emmener avec eux Geh’Niel, Leylian et Aélior pour leur offrir une sépulture descente. Peut-être reviendraient-ils plus tard les chercher.
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Ilory Falo et Merkan
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Jeu 29 Juin - 5:46

Ilory était confuse. Non pas à cause de ce qu'elle faisait, mais plutôt parce que, justement, ce qu'elle faisait ne la surprenait pas. Manipuler le sable, tuer un homme, comprendre et concevoir la matière et la magie alors même qu'elle avait toujours boudé les leçons de sa mère. Tout cela ne la surprenait ni ne la dérangeait alors même qu'elle n’avait jamais tué qui que ce soit ou comprit ne serait-ce que ce qu'était le mana.

La panique semblait prendre ceux qui se trouvaient autour d'elle. Ça criait, ça courrait. Mais la seule personne qui intéressait réellement Ilory était la magicienne. Celle-ci avait lancé sur elle des runes qui l'entravaient et Ilory tentait de les défaire, mais aussitôt parvenait-elle à les effacer, que la magicienne en faisait apparaitre d'autres. Ilory était ainsi paralysée, incapable de ne serait-ce qu'envoyer un grain de sable dans sa direction. Son sable protestait, mais il était comme prisonnier d'une sphère invisible qui l'entourait.
Une douleur atroce la frappa soudainement au côté et Ilory tomba à genoux, le souffle coupé. Son sable se figea quelques secondes, mais reprit sa danse lancinante. Portant une main à ses côtes, Ilory se rendit compte que la douleur n'était pas sienne, mais plutôt celle de Merkan. Frappé au flanc par un traitre coup de marteau, son Compagnon avait fait un vol plané de quelques mètres avant de s'effondrer dans le sable et de s'immobiliser. La douleur qu’Ilory ressentait était celle de ses côtes cassées.
Un bruit suraigu attira soudainement son attention. C’était celui d'un appeau, utilisé pour rappeler les lézards. Ils fuyaient. Parfait, mais la magicienne n'avait toujours pas levé ses sorts. Sentant toujours une menace planer sur elle, Ilory se releva et attendit son offensive. Celle-ci ne vint que lorsque tous furent montés en selle et prêts à partir. La magicienne leva soudainement ses runes, permettant ainsi à Ilory de reprendre le contrôle sur son sable et de reconstruire sa sphère mouvante.

Mais celle-ci s'avéra bien inutile face à ce que la magicienne fit tomber sur elle. Une fois le parchemin lu et détruit, un vent étrange s'éleva autour d’Ilory. Elle tenta de le combattre, mais sa puissance devint rapidement incontrôlable et Ilory n'en comprit la nature que lorsqu'elle leva les yeux : une tornade. Sachant pertinemment qu'elle ne pourrait jamais empêcher le sort de se réaliser, Ilory abandonna rapidement toutes tentatives et courut vers son compagnon à terre.
Visiblement trop faible pour bouger, elle ne pouvait pas décemment penser qu'ils pourraient fuir à temps. Elle vit du coin de l'œil quelques effets des mercenaires s'envoler et comprit que le temps était compté. Elle éleva alors une sphère de sable, mais la fit se durcir au point où elle pouvait être confondue avec de la pierre. La tornade s'abattit sur eux et les détritus qu'elle avait amassés érodaient la faible protection d’Ilory, mais à mesure qu'elle partait au vent, du nouveau sable venait le remplacer, en assurant ainsi la solidité.
La faiblesse gagnait l’humaine à une vitesse fulgurante, le vent s'infiltrant maintenant par des interstices qu'elle ne parvenait plus à colmater, mais l'intégrité de la structure tint bon et, une fois le sort dissiper, Ilory put enfin laisser le sable retomber.

L’étrange manifestation qui avait pris le contrôle de son corps se dissipa en même temps et Ilory fut assailli par une vague de panique et d'incompréhension. Prise d’une crise d’hyperventilation, elle respira avec peine pendant de longues secondes alors que son esprit tentait d'assimiler la chose. Lorsque ses yeux se posèrent sur son Compagnon cependant, elle décida qu'elle n'y parviendrait pas et se pencha sur la panthère pour évaluer son état.
Ilory s'horrifia de tout ce qui l'affligeait et osait à peine lui toucher ; blessures ouvertes, émaciation, respiration difficile, côtes brisées, déshydratation et malnutrition. Rien ne lui avait été épargné. Elle ne retint pas ses larmes tant le voir ainsi lui arrachait le cœur. Elle porta sa main à la tête de son Compagnon et lui caressa la joue, tout juste sous les trois profondes cicatrices que lui avait laissées l'Abomination le jour de leur séparation.


- Par Galdan, qu’est-ce que je t'ai fait ?

Ilory posa délicatement sa tête sur l'épaule de son ami, prenant soin d'éviter ses blessures, comme si entendre son cœur battre allait régler tous leurs problèmes. Elle continua de lui caresser le visage, tentant par le même coup d'apaiser ses propres incertitudes. Car à plusieurs heures de marches d’Iskandar, sans eau ni nourriture, ils ne tiendraient pas longtemps sous le soleil du jour qui viendrait.

Ilory ne se faisait pas d’illusion quant à leurs chances de survie. Livjatar les avait abandonnés, c'était certain, et Soar était parti avec les mercenaires. En supposant que Soar croyait que l’humaine avait survécu et qu'elle avait toujours son utilité dans sa mission, Livjatar la retrouverait bien avant qu'elle puisse la rejoindre. La seule chance qui leur restait était d'espérer que des voyageurs passent par là. Mais Merkan allait-il seulement tenir jusque-là ?
Et elle ? Allait-elle survivre à… l'évidence ? Son lien allait-il l’entrainer avec lui ?


- Galdan…, gémit-elle faiblement dans la fourrure noire de son Compagnon. Je vous en prie, sauvez votre Créature. J’ai été ingrate de tenir votre don pour acquis… mais ne le punissez pas pour mes erreurs. Je ne le laisserai plus jamais seul. Je ne laisserai plus jamais quiconque nous séparer, nous utiliser, murmura-t-elle en se tournant vers le ciel étoilé. Dites-moi ce que vous voulez que je fasse de mon don…

Seul le silence lui répondit et elle ramena ses yeux humides vers Merkan. Elle ne retint pas les sanglots qui lui tordirent le corps. Durant de longues minutes, ce fut tout ce qui pouvait être entendu. Des sanglots profonds qui ralentissaient parfois, mais qui reprenaient de plus belle dès que la réalité rattrapait la Compagne.

Ce n'est que lorsqu’un froissement étrange retentit pour une troisième fois qu’Ilory daigna lever les yeux de sur Merkan. Elle souleva sa tête et promena son regard sur les lieux. Sous le clair de lune, elle vit que le camp des mercenaires avait été dévasté par la tornade. Des morceaux de tentes se trouvaient un peu partout, des sacs de voyage avaient été éventrés et leur contenu dispersé et un… corps était à moitié ensevelis sous le sable, loin de l'endroit où il avait expiré son dernier souffle.
Le froissement se fit entendre de nouveau, mais elle n'en trouva pas l'origine si ce n'est qu'il se trouvait à l'extérieur de ce que la lune lui permettait de voir. Elle se leva et chercha à voir, en vain, au travers les ombres. Encore une fois, le froissement retentit, mais il fut rapidement suivi par un bruit mat, comme quelque chose qui tombe sur le sable. Cette fois, elle savait d'où cela provenait et elle fouilla à nouveau les ombres. Une grande forme sombre s'y tenait et au bruit régulier qui en venait, elle comprit que l'être avançait vers elle.
Elle retint son souffle.


- Ga… Galdan ?

Mais lorsque l'être fut enfin visible, Ilory sentit un effroi plus grand encore que s'il s'était agi du dieu. Figée de stupeur, elle ne savait que dire, que faire. Seul un nom parvint à se frayer un chemin hors de sa bouche.

- Dosiän…


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Dosiän Damador
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MessageSujet: Re: Camp de mercenaire   Ven 7 Juil - 8:03

La douleur qui prenait Dosiän était réelle. Ce n'était pas qu'une attaque mentale qui ne l'affectait que sommairement. C'était son corps, sa peau déchirée et son dos perclus, des maux causés de leur atterrissage forcé. Il les accueillait avec plaisir cependant, car c'était enfin quelque chose en laquelle il avait une expertise. Protéger son esprit était quelque chose de beaucoup plus complexe, mais comme son parasite était incomplet et ne connaissait pas les tenants d'un corps physique, il avait un faible avantage.

Assis dans le sable, le dos appuyé contre le monolithe qui avait arrêté sa roulade, Dosiän porta sa main au poignet de son aile d'où une coulisse de sang prenait naissance. Il ne sut s'il devait trouver étrange que son sang soit noir. Il inspecta brièvement sa plaie, mais décida qu'elle ne représentait qu'une égratignure. Il se concentra plutôt sur Astaronn, lequel avait subitement cessé sa tirade.
Son parasite était étrangement amorphe. Comme immobilisé par une pensée ou tétanisé par un évènement, il ne réagissait pas. Dosiän avait beau tenter de le secouer pour obtenir plus d'informations sur la situation d'Ilory, rien n'y faisait. Son esprit ne bougeait pas, ne répondait pas aux stimulus. Dosiän en aurait été satisfait si ça n'avait été de l'importance que représentait Ilory, autant dans l'existence d’Astaronn que dans ses propres chances de survie. Ne sachant pas ce qu'une telle immobilité représentait, Dosiän choisit de se hâter et rappela à lui la dernière localisation de la jeune femme avant de s'envoler.

Le vent fut la première chose qui lui fit comprendre que la situation avait dégénéré. D'abord légère brise, il devint violent, turbulent. Trop brusquement pour ce soit normal. Dosiän ne comprit de quoi il s'agissait que lorsque le clair de lune se refléta sur une colonne de sable. Comprenant le danger, Dosiän changea rapidement de trajectoire et s’éloigna du site. Gardant la tornade à distance respectable, il vola autour de la manifestation jusqu'à ce que les vents se calment.
Ce qui se fit au moment où Astaronn sembla retrouver ses esprits. Son Énergie explosa dans son crâne. Dérouté, ses pensées allaient dans tous les sens, brouillant le peu qu'ils étaient parvenus à remettre dans l'ordre. Il reprit éventuellement forme, mais il revenait visiblement perturbé par une telle expérience.

Que s'est-il passé ?
Cette question ne venait, à nouveau, pas d'une inquiétude quelconque, mais d'un besoin d'information concernant la situation dans laquelle il allait se retrouver.
La fille… elle était en danger. Et elle a monopolisé mes pouvoirs comme dernier recours. Je ne savais même pas qu'elle pouvait faire ça.
Quelle est la situation ?
Ils ont fui. Elle est seule. Tu peux y aller. Dépêche-toi, son Compagnon se meurt.
Dosiän orienta son corps dans la bonne direction et vola aussi rapidement que possible.

Le campement avait été dévasté par la tornade et plus rien ne bougeait. Il localisa rapidement une grosse masse sombre un peu à l'écart et, comprenant qu'il s'agissait de Merkan, alla atterrir tout proche. Ilory, qui avait jusqu'alors été couché contre son Compagnon, se leva et le regarda approcher avec ce même regard terrifié qu'elle avait eu lorsque… l'un d'eux l'avait vu la dernière fois.
Si séparer leurs souvenirs d'avant leur fusion était relativement difficile, séparer ceux d'après l'était d'autant plus. Qui avait détruit leur cellule ? Qui avait brisé leurs chaines ? Qui avait… fait ça à Ilory ? Qui s'était évadé ? Simplement se poser ces questions lui donna un mal de crâne.

Ce tri devrait cependant attendre, car l’urgence prit Astaronn lorsque Dosiän posa le regard sur Merkan. Le Compagnon était inerte, couché sur le flanc et sa respiration était difficile.

- Dosiän…
L’aérial ramena son attention sur la jeune femme, visiblement troublée de le voir.
- Ilory, la salua-t-il d'un hochement de tête.

Il n'attendit pas de réponse et coupa court à leur échange visuel en s'avançant vers Merkan. S’accroupissant auprès du félin, il jaugea ses blessures. Celles-ci étaient nombreuses, mais seules ses côtes brisées et l'infection de ses plaies au visage étaient de réelles menaces à sa survie. Le reste ne nécessitait que du repos et de copieux repas.

- Tu sais qui je suis ?
Dosiän amena son regard sur Ilory. Celle-ci s'était rapprochée en le voyant s’intéresser à son Compagnon, mais fit un pas en arrière lorsqu'elle vit que son regard était partagé entre la surprise et la colère.
- Tu sembles sous-entendre que je ne devrais pas.
- La… la dernière que je t’ai vue… tu n'étais plus toi-même. Es-tu… es-tu vraiment revenu ?
- Non.


Dosiän revint à Merkan sans lui laisser le temps ou l'occasion de répondre.
Peux-tu faire quelque chose ?
Va falloir que tu me laisses devant.
Fais ce qu’il faut.
Propulsé en avant-plan, Astaronn fut à nouveau assailli par des sensations auxquelles il n'avait pas l'habitude alors que les lignes noires habituelles apparaissaient sur son corps. Il les mit rapidement de côté cependant et se concentra sur la tâche qui se présentait à lui. Prisonnier de cette forme physique, il lui fallut toucher le félin pour interagir, chose qu'il n'aurait jamais eu à faire sous sa forme éthérée. Il détecta rapidement les lésions à risque et répara les tissus déchirés ou malades. Cela lui coûta cher en Énergie et il faiblit rapidement. L’animal eut un soudain soubresaut, se redressa sur le ventre et feula de douleur. Il ne resta pas ainsi cependant et se recoucha rapidement sur son flanc. Sa respiration était plus claire et régulière. Astaronn inspecta à nouveau son corps, mais ne trouva rien qui nécessitait son attention. L'animal dormait.

Il entendit derrière lui un bruit mat et dut se retourner pour voir Ilory qui était tombée à genoux. Liée mentalement à son Compagnon, elle avait visiblement perçu les effets de sa magie. Astaronn croisa son regard et vit soudainement la peur y naitre. Ilory se releva prestement, mais Astaronn lui saisit le bras.
Ce fut pour lui une sensation particulière, car il sentit un poids disparaitre de son torse. Son esprit retrouva également un état plus serein, ses idées se recombinèrent, un brouillard se retira et il put dès lors formuler sa pensée la plus claire depuis sa malheureuse rencontre avec le vampire.

- Je suis désolé.
Ilory ne s'était pas débattue quand Astaronn l’avait saisi. Non pas tant parce qu’elle ne le pouvait pas, mais parce qu’une partie de son esprit l’en avait empêché. Comme si elle avait secrètement eu envie qu'il la touche. Quelque chose de puissant la retenait sur place. La surprise remplaça cependant rapidement la peur dans son regard.
Ils restèrent ainsi de longues secondes, mais Astaronn savait qu'il lui faudrait la lâcher bientôt. Il savait ne pas avoir le pouvoir de retrouver son intégrité. Il savoura malgré tout l'instant.
Astaronn. Ça suffit.
Le Marcheur laissa un tic d'irritation le parcourir avant de céder sa place à Dosiän. Dès que celui-ci eut repris le pas, il lâcha la jeune femme qui recula et se prit les pieds dans une toile. Elle tomba à nouveau, mais ne tenta pas de se relever. Elle resta penaude un instant, n'ayant visiblement pas compris ce qui venait de se passer. Dosiän quant à lui s'était attendu à plus de résistance de la part d'Astaronn, mais celui-ci n'avait fait que glisser docilement derrière lui et était maintenant tout aussi inerte que la jeune femme.
Maintenant que le cas de Merkan était réglé, un autre problème devait être abordé.


- Ilory. Tu dois me ramener à Cemenwin. Tu dois me ramener au vampire.
- Qu… quoi ?

La jeune femme, toujours confuse, ramena prestement son regard vert sur lui. Elle le jaugea, réalisa que les marques noires avaient disparu et parut encore plus désemparée. Elle dut ensuite s’y reprendre à deux fois avant de comprendre ce qu'il venait de lui dire.
- Pourquoi ? Après ce qu’il t’a fait…
- Il est aussi le seul à pouvoir finir ce qu'il a commencé.
- Tu veux qu'il finisse ? Je comprends pas, Dosiän. Tu as souffert pendant des mois. Pourquoi tu veux y retourner ? Non, je ne vais pas le faire. Tu dois t'en aller.
- Ilory. Je n'ai pas le choix. J’ai toujours des crises et je sens mon esprit qui disparait lentement. S’il ne termine pas notre fusion, je ne donne pas cher de la peau de Myrdanos.

Ilory garda le silence un moment. Ayant vu de quoi Dosiän était capable durant ses crises, elle était bien placée pour mesurer la portance d'un tel sous-entendu. Elle acquiesça finalement, bien que ce soit contre son propre gré. Dosiän se leva sur ses entrefaites et commença à fouiller les débris du campement, retournant les toiles et vidant les sacs.

- Pourquoi t’y es pas retourné seul ?
- C'est la première fois que je suis réellement lucide. Et je ne le resterai pas longtemps. C’est pour ça que j’ai besoin de toi. Myrdanos n'a aucune idée de ce qu'il est et il n'ira jamais à Cemenwin de son propre chef. Tu devras le convaincre de te suivre. Volontairement,
dit-il en désignant les cordes de tente qu'il avait trouvées, ou pas.
- J'arriverai jamais à t'obliger à me suivre !
s’exclama-t-elle en se levant à son tour. T’as vu comment gringalet je suis !?
- Tu n’es pas venue seule. Tu n'as pas les ressources pour venir ici et me trouver par toi-même. Ce qui veut dire que soit tu es accompagnée, soit tu as des contacts dans la Légion.

Il avait énoncé cela comme une évidence, mais son silence fit comprendre à Ilory qu'il attendait une réponse.
- Les deux, lâcha-t-elle prestement. La légionnaire qui m'a accompagnée était ici, mais elle a fui avant la… tornade. Je ne sais pas où elle est. Et ça m'étonnerait qu'elle revienne; une autre légionnaire est venue pour l'arrêter. Elle était pas loin, non plus.
- Tu sous-estimes la Légion. Si tu avais le moindre atout pour la première, elle va revenir. Sinon, Iskandar n’est pas loin et si Myrdanos résiste, il y retournera. Informe la Légion que je suis chez les Al-Husayn et elle viendra d'elle-même. À leurs yeux, je suis… un déserteur avec beaucoup d'informations.

Dosiän s'arrêta un instant, comme frappé par une pensée soudaine. Un déserteur… Rien que d'y penser, ça lui levait le cœur. Il donnerait sa vie pour Morween, pour Cemenwin. Seulement penser que sa souveraine le soupçonnait d'une telle bassesse lui serra la gorge. Il osa cependant espérer qu'elle serait clémente, mais ses espoirs étaient minces. Les déserteurs ne vivaient jamais longtemps. Surtout pas les hauts gradés.

Aurait-il seulement la chance de revoir sa chevelure rousse avant d'être exécuté ?


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Camp de mercenaire

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