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 Décisions et appartement

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Densham
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Peuple : Sidhe
Second(s) Métier(s) : Régent du royaume du Falast
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Localisation : Fainros
Date d'inscription : 22/06/2008

MessageSujet: Décisions et appartement   Jeu 2 Juil - 1:14

Le bureau n’était plus le même depuis qu’il avait prit ses fonctions de prince régent. Si lorsque Mélies régnait, et habitait ce bureau afin de traiter les affaires du royaumes, l’ordre et la sobriété régnait, on sentait que Densham avait ressentit le besoin de se sentir comme chez lui dans les lieux. Sur les murs, le prince avait fait accrocher différents tableaux de paysage qu’il avait peint, ce qui faisait que quand il levait le regard, il pouvait d’un coup d’œil voyager à Fendassë, dans le souk coloré qui grouillait de vie dès le petit matin, ou bien chez les irichtanis, dans leurs villages à fleur de forêt, où ils vénéraient chaque être vivant tout en cultivant l’harmonie avec la nature, ou bien encore au Maëldan, près des falaises donnant sur la mer. Aux pieds des tableaux, se trouvaient des plantes en pot, des plantes d’une belle taille. Coleus, Dracaena, Cerisier d’Hitokage en bonsaï, Lys de l’empire, Cèdre nain, Buis, Lierre tombant, Myrtillier, toutes ces plantes cohabitaient harmonieusement, formant une sorte de petit jardin dans le bureau, qui lui donnait une note plus chaleureuse, plus vivante.
Le bureau massif en bois clair vernis, était envahi de papiers, de livres dont les pages semblaient gonflées tant il y avait de notes glissées entre elles. Certaines piles de papiers étaient surmontées de pierres minérales brillantes à l’intérieur.
Les épais rideaux étaient toujours ouverts, laissant la lumière du soleil baigner la pièce et éclairer les plantes, et là, la fenêtre était ouverte, laissant une légère brise agiter les feuilles et fleurs qui appréciaient cette touche de vent.
Densham était assit derrière le bureau, une sensation toujours aussi étrange malgré les sept années écoulées durant lesquelles il avait été de ce côté ci du bureau. Face à lui, se trouvait deux de ses conseillers, Delsaran et Asuriel, le capitaine de la garde du palais, Alrid, celle des gardes de la ville, Vendelyne, et la gérante du personnel du palais, Davanelle. A l’ordre du jour, comme à ceux des jours précédents, le Grand Conseil. Son organisation, les personne s’y déplaçant, le programme des réunions, des banquets, le menu, les draps, la couleur des fleurs dans les vases, tout devait être passé en revue et validé pour que la semaine durant laquelle se déroulait le conseil se déroule le mieux possible, sans autre imprévu qu’un verre renversé.
C’était Delsaran qui avait la parole, il avait en main la liste de ceux qui avait répondu à l’invitation qui était envoyée pour le Conseil.


-Les dernières réponses définitives ont été reçues ce matin même. Il nous reste quelques réponses en suspend, mais globalement nous savons qui viendra en personne et qui enverra un représentant.

-Oui. Par ailleurs, pour Nargoryth le roi ne se déplacera pas cette fois, ce sera sa sœur aînée qui viendra pour la première fois dans notre royaume.

Il semblait important pour Asuriel de soulever ce point, car par habitude c’était le roi du royaume de Nargoryth qui se déplaçait au conseil, ou leur ambassadeur lors des années où il ne souhaitait pas se déplacer lui-même. Davanelle eut l’air enthousiaste à cette annonce.

-Ce serait peut-être pas mal de l’impressionner pour sa première venue non ? Nous avons déjà nos renseignements sur ce que la reine aime. Il faudrait lui donner une des meilleures suite, la mettre à coté du roi lors des dîners, lui organiser des visites spéciales de notre ville, faire d’elle l’invitée d’honneur de l’un des banquets organisés, peut-être même lui-

-Non, non, Asuriel secoua la tête vivement, allant couper la parole à Davanelle, même si ça semble une bonne idée, si nous la chouchoutons juste parce que c’est sa toute première fois, les autres se sentiront lésés parce que ça n’est pas leur première venue ! Ça risque de faire polémique et de donner une mauvaise image de nous au sein des autres royaumes.

-Oui, mais je concède que cela donnerait une image positive vis-à-vis de Nargoryth que l’on prenne bien en compte que c’est la première venue de leur reine…

-C’est la reine tout de même, pas une simple représentante. Tout de même. Elle est de sang royal, et si nous lui faisons forte impression, elle ira ramener une image d’un conseil grandiose, sachant honorer ses invités. Le roi étant un habitué, il était forcément un peu blasé de ses venues, c’est l’occasion de rafraichir nos liens avec Nargoryth ! Je dis ça, je dis rien. Mais je le dis quand même.

-Certes, certes, mais concédez qu’après, qui dit traitement spécial, dis jalousie et dis aussi organisation spéciale, et les gardes risquent d’être déjà bien occupés avec l’organisation habituelle, est-ce qu’ils pourraient supporter de devoir détacher un petit groupe pour la défense de la reine si jamais nous faisions quelque chose de spécial juste pour elle?

-Et bien, ça risque d’être un peu tendu, mais pas infaisable, je ne vais pas alléger la sécurité quelque part juste pour des virés spéciales…

-Je pourrais renforcer l’effectif que tu pourras détacher avec quelques uns de mes hommes s’il le faut..

Comme d’habitude, le prince régent les regardait échanger. Il notait avec attention les points soulevés, griffonnant quelques fois à coté de ses notes quand ce qui était dit n’avait pas réellement d’importance. Ils avaient tous plus d’expérience que lui, alors il avait à cœur de les écouter et d’entendre leur point de vue avant de se faire une opinion.
Et comme d’habitude, quand personne n’était réellement d’accord avec personne, ils braquèrent leur regard droit sur lui. Heureusement qu’ils fixaient son visage, il me purent voir la crispation qu’avait eu Densham en les voyant se tourner d’un bloc vers lui, se retrouvant face à un mur de regards avides de réponses, et qui s’était traduite par une pression accrue sur sa plume. Cette dernière avait crissé, et laissé un trait sur sa feuille, mais personne ne l’avait remarqué. En plus, ses cinq observateurs étaient à contre jour, assombrissant la perception qu’il avait d’eux.


-Qu’est-ce que vous en pensez votre altesse ? Croyez vous qu’il faille faire quelque chose de spécial pour la première venue de la reine de Nargoryth ?

-Oui, qu’en pensez vous ?

Le prince prit une inspiration, prenant le temps de la réflexion pour se calmer un peu, et savoir quelle était la réponse à donner selon lui. Aujourd’hui, Daerion, son père, n’était pas là pour le seconder et se tenir avec lui dans la pièce afin de donner une premier avis, c’était lui seul qui devait prendre la décision. Il pesa consciencieusement le pour et le contre, avant de prendre la parole.

-Je pense qu’il faudrait faire un petit quelque chose de spécial. Sans pour autant organiser un défilé dans les rues, ou un spectacle son et lumière uniquement pour la reine Pwyll. Il ne faut pas laisser de coté nos autres invités pour le bien être d’un seul.Surtout que d'après ce que nous savons elle n'est pas friande de mondanité.

Les cinq têtes se baissèrent et se relevèrent en même temps, hochant d’approbation, les regards restant fixement sur lui. Densham posa sa plume, et mit ses mains dans le creux de ses coudes, bras sur le bureau. Il eut un léger sourire en s’imaginant Araal derrière les cinq personnes face à lui, signifiant son ennui et le fait que ce genre de réunion le gonflait au plus haut point, par un regard lourd de sens que lui seul pourrait voir.

-Nous pourrions, dans un premier temps, décorer sa suite selon nos renseignement et ses goûts. Puis lui proposer une visite de la ville par la suite, en mettant un point d'honneur à lui montrer ce qu'elle apprécie. Pour lui montrer que sa sécurité importe, nous pourrions demander un ou deux Griffons d’argent pour l’escorter. Croyez bien qu’elle aura ses propres gardes, donc nul besoin de détacher un bataillon afin de l’entourer, ayons confiance en sa protection rapprochée, mais ne négligeons pas sa sécurité pour autant en lui offrant la protection de deux ou trois soldats d’élites, qui pourraient, dans le même temps, servir de guide.

Les têtes furent hochées avec plus de conviction et pas dans le même temps. Davanelle commença à dire que l’idée était très bonne, il était vrai que quelques petites attentions pourraient suffire, surtout si elles faisaient mouche. L’idée des Griffons plut aux capitaines des gardes, leur organisation ne bougerait pas d’un iota, tout au plus. Bien sur Densham devrait en parler à Araal, ou à un autre général des troupes d’élite, mais il savait qu’emprunter deux ou trois hommes une ou deux journées ne devrait pas être trop problématique. Ce point éclaircit, Densham se demanda s’il pouvait lever leur petit conciliabule. Il fallait juste que les différentes garnison de garde s’organisent entre elles, lui remette un rapport, qu’il validerai. Davanelle avait reçu ses prévisions de convives et verrait avec l’intendance pour commander la quantité de nourriture adéquat et établir des menus, qu’il validerait ensuite. En fait, ils pourraient se passer de lui, tant qu’il avait un rapport à lire et qu’il pourrait valider.
Le prince se leva, et ses interlocuteurs en firent de même, un peu intrigués.


-Nous avons beaucoup avancé aujourd’hui. L’heure avance et je sais que chacun de vous a d’autres tâches en plus de celles incombant à l’organisation de ce Conseil. Je vous laisse donc vaquer à ces tâches, afin de ne pas vous faire perdre trop de temps dans vos devoirs habituels. Je compte bien entendu sur vos différents rapports, devis et remarques par écrit concernant le Conseil, si j’ai le besoin de plus de précision je vous ferais convoquer afin que nous en discutions.

Ils rassemblèrent tous les cinq les différents papiers dont ils avaient besoin. Densham s’était déplacé et avait fait le tour de son bureau. Ce fut Davanelle qui lui ouvrit la porte. Le prince régent leur souhaita une bonne journée, avant de sortir de son bureau. Il n’avait pas besoin d’attendre qu’ils sortent, et lui avait besoin de sortir.
Ses talons claquaient sur le parquet, la queue de cheval haute qu’il avait faite aujourd’hui volait dans le vent. Repoussant une fine mèche rebelle de sur son épaule, il fit cliqueter ses bracelets. Il fallait qu’il se recoiffe, le vent avait maltraité sa coiffure, il constata dans le reflet d’une vitre  que plusieurs petites mèches étaient parties, il constata également que ces petits cheveux s'étaient pris dans ses boucles d'oreilles, et que son maquillage s'était un peu effacé. Il soupira, et décida d'aller remettre de l'ordre là dedans avant d'aller où que ce soit d'autre. Il regagna avec rapidité ses appartements. Ils étaient tous aussi rempli de verdure que son bureau, les arbustes et les fleurs en pot apportant leur parfum et leur couleur à l'ensemble. Il passa dans sa chambre afin d'atteindre la salle de bain, chambre qui avait une décoration dans le style elfique de l'Inwerin, aux motifs végétaux et aériens. Son lit était à baldaquin, les barres étant des entrelacs délicats s'élevant vers le ciel, entouré de voilages dans les camaïeu de vert. Sur la barre du bout, quelques attrape rêves irichtanis voletaient au fil des courant d'air qu'il y avait. Il ne s'attarda pas et poussa la porte menant à la salle de bain

Sa salle de bain elle, ressemblait aux riches salle de bain qu'il avait utilisé à Fendassë et qu'il avait beaucoup aimées. Les murs recouvert d'une mosaïque en petit carreaux, dans les tons bruns chaud, avec des motifs dorés dessiné à mi-hauteur des murs. Ses appartements se trouvant en réez de chaussé du palais, il avait le luxe d'avoir au milieu de la pièce une baignoire creusée à même le sol. Large et de forme carrée, elle pourrait accueillir facilement cinq personnes en dedans, et sa profondeur augmentait au milieu, grâce à un système de marche se trouvant sous l'eau. Sur le bord se trouvant vers le fond de la pièce, un paravent, aussi large que la baignoire, et allant jusqu'au plafond, en bois foncé et aux motifs percés, donnait une certaine touche d'intimité, permettant de se changer derrière lui à l'abri des regards, et de trouver serviette, gants et lavettes. Sur tout un mur, celui de droite, se trouvait un long meuble sur lequel reposait une grande vasque en porcelaine, dans laquelle un robinet de cuivre déversait de l'eau.
Le prince se regarda quelques secondes dans le large miroir biseauté qui surplombait la vasque, et détacha ses cheveux. Utilisant un peigne en os, il prit soin de bien les démêler et de les lisser avant de les laisser tomber en cascade sur ses épaules. Il retira ses boucles et bijoux d'oreilles, les posant sur le marbre brun du meuble. Ses doigts s'agitèrent alors qu'ils passaient devant plusieurs pot en terre cuite. Densham en prit trois, et un flacon. L'un des pots contenait une sorte de crème veloutée blanche dont il se servit pour retirer la fine poudre brune qu'il avait sous les yeux, avec un morceau de coton prit dans un autre pot. Le troisième contenait une poudre pressée dorée qu'il appliqua légèrement sur ses paupières. Pour finir, il mit très peu de l'huile du flacon sur ses mains, pour ensuite les passer dans ses cheveux, leur redonnant un peu de brillance. Il remit ses boucles d'oreilles, et rangea dans un tiroir la pince qui avait jusque là tenu sa chevelure en queue haute. Tiroir qui était rempli d'accessoires pour cheveux, tous bien rangés. Tournant deux mèches dans ses doigts, il fit une sorte de tresse tournée, et la fit tenir à la base, au milieu et au bout, avec des perles dorées. Content du résultat, le prince régent sortit de sa salle de bain, après s'être assuré que le reste de sa personne n'avait pas besoin de réajustements. Une fois dans son salon, décoré avec un savant mélange de Galadoreén et de Maëldanais, l'air s'engouffrant doucement par la grande baie l'attira au dehors. Sa baie vitrée n'était pas constituée de grandes vitres blanches et claires, mais de carreaux d'une quarantaine de centimètres, entrecoupé pour certains de plus petits carreaux colorés. Les voilage de couleur vert clair pouvait être couvert par de plus lourds rideaux, aux motifs claniques, et rappelant les tartans des Maëldanais.
Ses jardins eux, étaient une profusion de nature qui pouvait sembler sauvage, mais qui était en réalité savamment ordonnée. Le prince se déchaussa, posant ses chaussures sur une dalle de pierre polie, et ferma les yeux en soupirant d'aise quand ses doigts de pieds se posèrent dans l'herbe au bout de quelques pas. Son bras gauche se veina de vert, même si on ne pu le voir que sur sa main et son poignet, et il écouta alors toutes les voix qui s'élevèrent dans son jardin. Passant cette même main sur le feuillage, il salua chaque buisson, chaque arbuste et chaque fleur. L'espace qu'il avait pour lui, n'était pas si grand, compte tenu de la grandeur des jardins du palais, mais elle était largement suffisante pour qu'il puisse avoir une grande variété de plantes et fleurs, de taille, couleur et densité différentes. Lors de la floraison, les couleurs chatoyantes recouvraient harmonieusement tout le jardin, et le reste de l'année, les différent feuillages apportaient déjà beaucoup de contraste car chacun avait sa tonalité de vert. L'hiver, certaine plantes gardaient de feuillage, tandis que d'autres laissaient voir uniquement le bois et les tiges se trouvant en dessous. Il y avait des carillons émettant un son léger de part et d'autre du jardin, accroché au branches des arbres, quelques bancs et pierres pour s'assoir, et des sphères de lumières, éclairant dans les branchages la nuit tombée. Le jardin de Densham, était relié au reste des jardin par une petite porte dérobée, cachée entre les glycines et les lierres, en bois et fer forgé. Il soupira encore, tournant son regard vers sa baie vitrée un bref instant. De dehors il pu voir le chevalet sur lequel était posé une toile entamée depuis plus de deux ans, qu'il prenait à peine le temps de continuer, les lettres tenues par une boule de verre colorée, contenant des nouvelles de Jaspe et donc de son frère. Rien ne changeait, ses parents et lui avaient peu d'espoir de le revoir éveillé un jour, mais il arrivait à certains de se réveiller, alors ils priaient les dieux de le leur rendre. Mais ils avaient été sourds à leur demande jusque lors.
Arrivant à un baquet large rempli de fleurs vivaces, il effleura les pétales de l'une d'elle, tournant le dos à ses appartements.




Dernière édition par Densham le Jeu 13 Avr - 12:03, édité 1 fois
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Araal Nerevar Vanarden
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MessageSujet: Re: Décisions et appartement   Mar 11 Aoû - 23:32

Le soleil réchauffait doucement sa peau. Ce n'était encore qu'un timide soleil de début de printemps. Sa peau était aussi balayée par une légère brise. La même qui agitaient les carillons accrochés dans les branches des arbres. Les feuillages bruissaient doucement, composant une mélopée ressemblant au ressac des vagues contre la côte, le genre de bruit qui le détendait presque autant que d'écouter les battements réguliers du coeur de Tëhernëtar. Le sol était encore un peu froid, un peu humide aussi peut-être, mais cela ne les avait pas empêché de s'affaler dans l'herbe verdoyante. Le fond de l'air avait encore cette odeur de frai, souvenirs fugaces de l'hiver, Araal pouvait le sentir à chacune de ses profondes inspirations. L'air était aussi chargé du pollen des fleurs, certaines ayant déjà commencés à fleurir, d'autres bourgeonnaient à peine.  Le jardinage, Araal n'y connaissait pas grand chose, mais il devait reconnaître que les jardins privés de Densham était un lieu où il était facile de se laisser happer, et d'avoir envie de rester à se prélasser pendant des heures. Il était également parfaitement au courant qu'une banquette moelleuse était placée nom loin de la baie vitrée, mais il lui préférait Tëhernëtar.
Le griffon était allongé de tout son long, sur le flanc, les ailes déployées, posées sur le sol. L'énorme bête s'était couchée là, après avoir tourner trois fois sur elle-même, histoire d'être certaine de l'emplacement. Son cavalier avait patienté, le temps qu'il avait fallu pour que  sa monture s'installe confortablement. Araal s'était allongé, étalant ses jambes devant lui, ayant même retiré ses bottes. Sa tête reposait contre le flanc chaud de Tëhernëtar, qui se soulevait au rythme régulier de sa respiration. Le griffon dormait profondément. Une sieste bien méritée après qu'il se soit rempli allégrement la panse. Araal l'avait tout de même un peu pressé, puisqu'il était hors de question que son le lieutenant Célène, ne lui trouve subitement quelque tâche à accomplir, alors qu'il avait quartier libre. Araal n'avait jamais été autant sollicité quand il était soldat. Etre général n'offrait pas que les avantages de plus grand quartier, d'une armure coûteuse, et d'une solde conséquente. Et Célène était un obsédé de l'ordre et de l'efficacité. Araal avait aussi évité Nogaris, la cible préférée du lieutenant. Nogaris l'utilisait parfois pour détourner l'attention de Célène et lui échapper. Mais pas cette fois. Araal comptait bien profiter de son temps libre pour ne rien faire. Le meilleur endroit du palais était les jardins privé du prince régent, où personne ne mettait les pieds sans son invitation. Pour Araal, le cas était un peu différent, puisqu'il y allait et venait à sa guise.
Les jardins étaient faussement sauvages, mais cela suffisait à lui donner l'illusion d'être dans la nature. Tëhernëtar avait bien choisi l'endroit. Des peupliers faux-trembles trônaient devant la partie du mur prise d'assaut par du lierre. Du chèvrefeuille, des buissons de bleuets venus du Duché de Serelval, du cornouiller... Et puis des fleurs sauvages. Ce coin du jardin n'était pas sans lui rappeler le Nord du royaume, avec un soupçon de Maëldan. Le chèvrefeuille embaumait l'endroit, mais cela ne le dérangeait pas. Pas plus que l'agaçant piaillement particulièrement d'un oiseau perché dans un des arbres. Les sons extérieurs ne parvenaient pas jusqu'ici. Densham en avait fait son jardin secret, un havre de paix. Araal se réfugiait parfois ici, quand il n'avait pas envie d'être général pour quelques heures. Quelque que soit le temps, il venait toujours ici, même quand la neige recouvrait tout et tant pis s'il devait sécher Tëhernëtar en suite. Le griffon ne se plaignait jamais, ne montrait jamais de signe d'ennui ou d'impatience quand ils étaient ici, et il supportait, ou Araal le supposait, il appréciait la présence de Densham. Tëhernëtar paradait toujours plus ou moins fièrement devant le Sidhe, pour l'impressionner, ou pour recevoir une friandise. Araal penchait pour la seconde option.
Il somnolait, quand il sentit Tëhernëtar se tendre, à l'affût. Il ne se redressa pas pour autant. Il arrivait que des serviteurs entre dans les appartements du régent pour y faire le ménage, changer la literie, ou bien apporter de nouveaux paquets provenant de parfumeurs, tailleurs... Densham n'avait jamais renoncé à ses beaux atours, et il prenait toujours le temps de s'apprêter avant de paraître en publique. C'était là son armure à lui. Et il aimait ça, les beaux atours et le maquillage exquis, étaient une part de lui. Araal tendit lui aussi l'oreille, pour n'entendre que quelques bruits étouffés. Tëhernëtar finit par se détendre, reposant sa tête sur le sol. Araal tapota une de ses grosses pattes, dans un geste rassurant. En arrivant, il s'était glissé dans le salon au style nordique, avait appelé, doucement, mais personne ne lui avait répondu. Densham n'était pas là, et les griffons d'argent n'étaient en faction qu'aux portes, dans le couloir. Le prince régent tenait à son intimité, aucun Griffon n'entrait sans son autorisation. Un caprice que les Griffons d'Argent respectaient. Après tout, c'était Araal qui les dirigeait, du moins pour ceux de Fainros. Au bout de quelques minutes, alors qu'il commençait à somnoler de nouveau, il entendit des pas, un bruissement différent. Celui du tissus qui glisse sur le sol. Le bruit de quelqu'un se déplaçant dans le jardin. Tëhernëtar ne bougea pas, Araal devina sans mal l'identité du visiteur. Le propriétaire des lieux s'accordaient une pause lui aussi. La matinée avait dû être éprouvante. Araal s'arracha à l'étreinte du sommeil, et finit par se relever souplement. Il s'étira un peu, et chercha une tête aux cheveux roses parmi les feuillages. Tëhernëtar se redressa légèrement interrogatif. Araal lui fit un petit signe de la main. Tout allait bien. Il ne prit pas la peine de remettre ses bottes ou son manteau. Densham avait l'habitude de le voir débraillé, et il ne lui en tenait pas rigueur. La tunique en soie rouge sang qu'il portait était largement ouverte sur son torse, dévoilant même une partie de la glyphe blanche tatouée sur son torse. Sortie de son pantalon, elle retombait jusqu'à mi-cuisse. Il ne prit pas non plus la peine de boucler sa ceinture, la laissant même près de ses bottes. Ses pieds s'enfoncèrent dans le tapis moelleux de l'herbe fraîche, sans faire de bruit. Araal se guida aux sons, jusqu'à ce qu'un éclat rosé attire son oeil.
Comme à son habitude, la tenue de Desham était impeccable, jusqu'à sa coiffure et son maquillage sophistiqués. La silhouette svelte du Sidhe se découpait contre le vert des feuilles, et Araal ne put s'empêcher de penser que les fleurs auréolaient ses hanches. Depuis plusieurs mois, le rêve qu'il avait fait suite à sa dispute avec Fiaren revenait le hanter, s'imposant à lui au moment les moins importuns. Les propos du guérisseur tournaient aussi parfois dans sa tête. Et les premières semaines, il n'avait pu s'empêcher d'observer Densham à la dérobée, de noter chacune de ses réactions. Jusqu'à ce que Densham lui demande ce qui le tracassait. Araal avait habilement esquivé, prenant pour prétexte quelques problèmes de logistiques. Il s'était alors efforcé d'être plus discret. Mais selon lui, Densham ne montrait rien d'autres que les signes habituels d'affection qui ponctuaient leur amitié.


-Déjà ? Je suis arrivé il y a près d'une heure, et je m'étonne de voir que tu as réussi un tour de force en leur échappant aussi vite.

Araal leva les mains en signe de paix, se disant qu'il l'avait sans doute surpris. Son arrivée avait sans doute était trop discrète, et elle s'était faite alors qu'il lui tournait le dos, pour se pencher vers les fleurs.

-Navré, je pensais qu'elles t'avaient prévenu que nous étions là.


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Densham
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MessageSujet: Re: Décisions et appartement   Mer 12 Aoû - 21:18

La voix des fleurs étaient une mélodie douce, fluette pour celles qu'il caressait du bout des doigts, et qui s'éveillaient à peine en ce début de printemps. Il aimait les entendre parler, et il n'avait pas besoin de converser avec elles pour apprécier leur voix et leur compagnie. Les bleuets et les pensées, les jonquilles et les tulipes, les œillets et les arums, tous ces plants de fleurs conversaient entre eux formant un joyeux brouhaha bien plus apaisant que celui qu’il entendait tout au long de la journée, venant des êtres humains. Elles avaient également été ses confidentes pendantes de nombreuses années, lorsque Maylane ou Jaspe n'étaient pas à la cour, et qu'il n'avait pas encore le plaisir d'avoir de longues conversations, de jour ou de nuit, avec Araal. Il les écoutait parler entre elles, et s’adresser quelques fois à lui, leur insouciance le réconfortait et le détendait autant que de peindre et de laisser son esprit libre de toutes préoccupations. Le vent était encore un peu frais, mais sa fraîcheur était bienvenue, elle portait le parfum des plantes de ses jardins, et la brise le caressait doucement. Il entendit à peine les bruits de pas d’Araal qui le surprit en parlant.

-Déjà ? Je suis arrivé il y a près d'une heure, et je m'étonne de voir que tu as réussi un tour de force en leur échappant aussi vite.

S’il n’eut qu’un léger sursaut de surprise en entendant la voix du drow s’élever d’un seul coup, il eut aussi un rire léger, ponctuant sa surprise de ne pas avoir remarqué qu’il s’approchait de lui. Mais le drow avait une démarche souple, et il ne faisait pas de bruit lorsqu’il marchait pieds nus. Ce qu’il devait être, vu qu’il était dans le jardin. Il tourna son regard vers Araal qui avait levé les mains.

-Navré, je pensais qu'elles t'avaient prévenu que nous étions là.

-Ne t’excuse pas pour ça, je crois qu’elles ont tellement l’habitude de vous voir maintenant, qu’elles ne doivent plus trouver d’utilité à me dire que Tëhernëtar et toi êtes ici. Remarquant l’absence de ce dernier, le prince régent ajouta il est en train de dormir je suppose ?

Densham se tourna alors complètement vers le drow qui, comme à son habitude, était dans une tenue quelque peu débraillée. Le prince en avait l’habitude, respectant l’envie du drow d’être à l’aise comme il le souhaitait. Il lui arrivait à lui aussi de rester dans ses jardins dans des tenues plus simples que celles qu’il vêtait en public, notamment lorsqu’il prenait soin de ses fleurs et qu’il jardinait.
La tenue actuelle d’Araal laissait voir la peau sombre de son torse, et apparaître les muscles qui roulaient en dessous, ainsi que le début d’un tatouage blanc. Les yeux verts de Densham ne s’attardèrent pas, de peur de paraitre inconvenant. Le prince se demandait si Araal avait remarqué qu’il l’observait quelques fois du coin de l’œil. Récemment, il avait remarqué aussi que le drow le regardait, sûrement pour voir si Densham l’observait. Même si le drow avait prétendu que des histoires de logistique le troublaient. Alors le régent avait fait en sorte d’être plus discret, voire d’essayer d’arrêter quelques temps, même si comme aujourd’hui, la tentation était très forte. Il accrocha le regard du drow, même si celui-ci n’avait plus qu’un œil. Il lui sourit.


-Et tu as beau trouver que ce fut rapide,  j’ai eu du  mal à me soustraire à cette réunion. Alors que nous allions en avoir terminé il a fallu qu’ils se mettent à lancer un débat, sur l’importance que l’on devait donner au fait que la reine de Nargoryth, pour la toute première fois, allait se déplacer pour le Conseil. Ça leur semblait aussi important que de décider de l’avenir du monde de connaître la réponse immédiatement.

Revoir les airs avides de ses interlocuteurs à ce moment-là lui tira une légère grimace. Le temps avait beau passer, et il avait beau avoir ce genre de réaction assez régulièrement, il ne s’y faisait pas. Méliès devait avoir un moral d’acier et une volonté de fer pour réussir à supporter ce genre de regards.

-Au moins, la question tranchée, j’ai trouvé l’ouverture pour mettre fin à toutes ces discutions qui ne nécessitaient pas forcément ma présence en plus. Tu es bien plus habile que moi pour t’éclipser je pense, je vais finir par te demander de me donner ton astuce.

Le drow avait l’air serein. Araal affichait toujours cet air calme, et doux qu’il avait quand il était dans les jardins, et qu’il pouvait, tout comme lui, laisser derrière lui son uniforme de décisionnaire, et être simplement lui. Actuellement, il avait beaucoup d’allure dans cette chemise parfaitement ajustée, légèrement ouverte, et le regard du sidhe ne put s’empêcher de glisser un peu vers l’ouverture de la chemise. Fermant les yeux tout en baissant le regard, Densham sentit ses épaules s’affaisser un peu et son rythme cardiaque s’accélérer légèrement, et il prit appuis sur le baquet derrière lui. Il rouvrit les yeux. Les carillons tintèrent autour d’eux. Ils n’étaient que tous les deux, seuls, personne ne pouvait les entendre parler à cet endroit assez intime d’une certaine manière, vu que c’était ses jardins privés. Vas-y, lance toi,  il entendit la voix de Maylane dans son esprit, comme bien souvent quand ils étaient ici avec Araal. Se lancer, oui, il en avait envie depuis un moment, mais rien que de regarder le guerrier lui ôtait la confiance en lui qu’il pouvait avoir. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait, que d’ouvrir la bouche, et de trouver les mots justes, pour lui faire part de ce qu’il ressentait, en espérant trouver un écho, même infime, de ses sentiments chez le drow. Mais comme il le lui avait déjà dit il y a longtemps, parler de sentiments était une des choses qui le mettait en difficulté.Courage, dis le lui, tu le regretteras sinon, oui, il regrettait déjà toutes les occasions qu’il n’avait pas saisies avant. Depuis plusieurs mois, ils se voyaient à l’abri des regards et oreilles indiscrètes, ils avaient de longues discutions n’ayant pas forcément de sujet de prédilection. Ils avaient appris à mieux se connaître, et ce que connaissait déjà Densham pour s’être intéressé à Araal de loin, s’était vu étoffé et confirmé, et il était tombé de nouveau amoureux du Griffon d’Argent. Mais c’était aussi à cause de ça qu’il lui était devenu encore plus dur de le lui dire. Il appréciait l’amitié qu’il y avait entre eux, et n’avait aucune envie de la perdre à cause de ça, parce que le drow ne partageait pas ses sentiments. Jamais il n’avait vu de signes lui montrant une quelconque réciprocité, ou bien il n’était pas assez attentif, ou juste aveugle.

-Enfin, j’aurais finit par trouver un moyen de venir ici, profiter un peu de quelques heures de calme, et du soleil. Le monde sait tourner sans que je lui en donne l'approbation.

Et profite de ta chance, saisit la !. La Maylane créée par son esprit n’avait pas tout à fait tort, tout semblait avoir été fait pour qu’il puisse se confesser. Ils avaient du temps devant eux, le ciel était clément et le soleil présent, l’atmosphère même du jardin était douce et propice. Il y avait déjà eu d’autres jours tout aussi propices, pendant lesquels il n’avait rien dit. Il eut un long soupire, semblant juste profiter de l’air extérieur. Le régent qui surprenait tout le monde, lui comprit, en sachant prendre des décisions fermes et en sachant tenir tête à ceux que ces décisions n’arrangeaient pas, n’était pas capable d’aligner trois mots si simples à prononcer. Il redressa la tête.

-Tu sais, je…

Il s’arrêta quelques secondes, laissant sa phrase en suspend alors qu'il regardait Araal. Bien sûr, ce dernier attendait la suite, mais elle ne vint pas. Sa bravoure le quitta bien vite, et il termina sa phrase avec un peu moins d'entrain qu'il l'avait commencé, repartant un peu vers les fleurs derrière lui.

-Je pense déjeuner ici, tout à l'heure, sur la terrasse. Te joindrais-tu à moi ?


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Araal Nerevar Vanarden
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MessageSujet: Re: Décisions et appartement   Mar 18 Aoû - 0:08

Il avait baissé les bras, et les avait croisés sur sa poitrine musclée. Le froid ne le dérangeait pas, mais depuis qu'il n'était plus à se chauffer au soleil l'abri du vent, il pouvait sentir le fond frai de l'air. Il songea qu'il était peut-être encore un peu tôt dans la saison pour qu'il se promène en simple chemise de soie dans les jardins. Avant de se dire que à Serelval, on se moquerait gentiment de lui. Pour un habitant du Nord du Falast, le temps actuel de Fainros équivalait au début de l'été. Cela faisait trop longtemps qu'il n'était pas retourné à Ynis, ou à Pern, où il avait maintenant ses entrées. Mais s'il s'absentait maintenant, ce serait sans doute problématique pour ses officiers, d'autant que le palais était entré en effervescence avec les préparatifs du Conseil. Ce dernier n'avait lieu qu'à la fin de l'été, mais les préparatifs se faisaient des mois à l'avance. L'évènement était important, générant autant de problèmes que de revenus : l'évènement attirait du monde, et Fainros en profitait économiquement parlant, mais la semaine était longue pour la garde, les domestiques... d'un point de vue logistique et sécurité. Pour sa part, les Griffons d'Argent se contentaient de continuer d'assurer la sécurité de la famille royale, et de détacher quelques éléments à la sécurité des têtes couronnées séjournant à Fainros. Rien qui ne nécessitait qu'Araal ait à s'en soucier outre mesure.

-Grands Dieux, passerais-je donc autant de temps ici qu'elles ne jugent plus utiles te prévenir ? Je fais un bien piètre général on dirait... Et votre altesse suppose bien. Ce gros chat se prélasse au soleil, dans la partie du jardin qui a le plus de flore nordique.

Densham se retourna complétement, et Araal ne put s'empêcher d'observer le regard du prince qui glissait sur sa tenue. Rien de vraiment étonnant, ni de particulier à ce qu'il le fasse, puisque lui-même venait de le faire. Araal se fustigea. Les paroles de Fiaren avaient beaucoup trop d'influence sur lui. Le guérisseur lui avait vraiment retourné la tête, et Araal ne pouvait s'en ouvrir à personne. Et certainement pas à l'intéressé. Il aurait l'air fin si Densham ne s'intéressait pas du tout à lui de cette manière. Leur relation deviendrait alors maladroite, tendue, et Araal ne pourrait s'en prendre qu'à lui même. Densham était particulièrement bien habillé, et son maquillage était assorti à sa tenue. Un maquillage impeccable. Araal fit quelques pas, pour se donner une contenance et ne pas rester là les bras croisés, et le vent lui porta l'odeur des cosmétiques utilisés par le Sidhe. Le prince venait tout juste de se refaire une beauté. Araal afficha une moue méprisante, roulant des yeux.

-C'est de notoriété public que la reine Pwyll n'est pas une adepte des mondanités. Tes conseillers feraient mieux de la laisser tranquille, ou ils risqueraient de finir le cul dans une fontaine. C'est ce qui arrive aux gens qui lui portent un peu trop sur les nerfs. Vous devriez bien vous entendre. Elle balance des gens par dessus des balustrades et dans des fontaines, et toi tu colles des pains... Elle pourrait même te donner un conseil ou deux je pense.

Il acheva sa tirade avec un grand sourire malicieux qui découvrait ses dents parfaitement blanches, l’œil brillant de malice lui aussi, le regard équivoque. Il dépassa Densham pour se pencher vers les fleurs qu'il regarda brièvement, avant d'appuyer ses reins contre la vasque à demi-renversée en pierre qui leur servait de jardinière, faisant attention à n'en écraser aucune. Araal y appuya également ses mains, pour garder son équilibre sans se fatiguer, croisant les jambes au niveau des chevilles. L'herbe était aussi encore un peu humide ici.

-Mon astuce est simple : j'ai un griffon qui peut s'assoir sur les importuns ou m'emmener hors de portée. Et si non, je donne des ordres. Ça fait toujours son petit effet.

Il remarqua que la posture de Densham avait changé. Le régent semblait comme abattu. Araal fronça le sourcil qui lui restait. Il se demanda si tout cette agitation autour du Conseil ne pesait pas un peu trop sur ses épaules. Le régent avait vu bien pire, et côté pression, il avait résisté durant les années difficiles qui suivirent la guerre civile contre les Hardes. Mais peut-être était-ce la goutte de trop ? Araal lui adressa un sourire un peu hésitant, cherchant à accrocher son regard, se voulant rassurant, mais Densham avait les yeux baissés, comme perdu dans son propre monde. Il perdit son sourire, et se contenta de répondre en essayant de faire un peu d'humour :

-Tu sais qu'en tant que Prince Régent tu peux dire à toute cette bande de flagorneurs d'aller se faire voir ? Ou prétexter une affaire d'état plus urgente.

Densham ne semblait pas l'avoir entendu. Le prince se redressa presque brusquement, pour le regarder. Quelque chose passa entre eux. Araal se demanda si ses soupçons allaient se confirmer, si les paroles de Fiaren seraient avérées ? Il attendit, sentant l'hésitation, et la suite le laissa supposer que son imagination s'enflammait parce qu'il était seul depuis trop longtemps.

-Si Célène ne me retrouve pas d'ici là... fit-il lentement en réfléchissant, ou n'insiste pas pour que je remplisse les devoirs inhérents à ma fonction, alors oui, je pourrais me joindre à toi. Et si tu m'en donnes l'ordre, j'imagine que Célène n'y trouvera rien à redire lorsqu'il me mettra la main dessus. Enfin, nous pourrions. Si on oublie le gros chat, il risquerait de bouder.

Araal leva le nez vers le ciel, avant de reporter son attention sur Densham. Il avait l'air déçu. La pause qu'il avait marqué entre le commencement de sa phrase et sa proposition le laissait supposer qu'il avait tenté de lui quelque chose d'important, mais qu'il avait renoncé. Les paroles de Fiaren et les taquineries d'Ataya lui revinrent en tête, mais Araal supposait que le régent avait plus de sujets de préoccupations que de penser à lui.

-Il reste encore deux heures avant le déjeuné, tu comptes rester ici, ou retourner dans l'Arène ? Enfin j'imagine que dans cette tenue te rouler dans l'herbe avec nous n'est pas vraiment approprié. D'autant que si mon nez ne me trompe pas, tu viens juste de te repoudrer le nez et de te recoiffer.


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Densham
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MessageSujet: Re: Décisions et appartement   Ven 21 Aoû - 18:22

Le prince hocha doucement la tête en apprenant que Tëhernëtar était bien entrain de dormir. S’était une évidence si le griffon n’était pas aux côtés du drow, ou entrain de parader fièrement face au sidhe, cherchant sûrement compliments et friandises. Il le caresserait quand il sera éveillé, s’il restait suffisamment longtemps pour assister à son réveil.  Face à la petite remarque et au sourire éclatant que lui offrit Araal, Densham prit un air faussement outré, main sur le cœur, il leva le nez un peu en l’air, pinçant les lèvres dans une grimace de repentit.

-Général Vanarden, je ne vous permets pas. Je n’ai « collé des pains », comme vous dites, qu’une seule fois lors de ma longue vie, et c’était clairement un cas de légitime défense. Je plaide non coupable face à  cette horrible accusation votre honneur.

Un rire léger secoua ses épaules, trouvant un écho dans les carillons dans les arbres, alors qu’il reprenait un air tout à fait normal, sachant pertinemment qu’il n’était pas crédible en interprétant ce personnage. Les fleurs se moquèrent d’ailleurs gentiment de lui, leur rire n’étant pas sans rappeler un mélange entre le chant du rossignol et un petit grelot tremblant.  Puis elles reparlèrent entre elles du vent soufflant un air un peu frais, de la terre nourricière encore un peu durcie par l’hiver et du soleil qui les baignait de ses rayons. Il regarda Araal s’approcher de lui, et ne put retenir un léger frisson en le sentant un peu plus proche. Il avait encore regardé par l’ouverture de la chemise en soie, mais aussi la nuque du drow qui était visible sous la queue de cheval impeccable qui maintenait ses cheveux blancs. Un autre frisson le parcouru et il décida alors de regarder un peu plus ses pieds, avant qu’Araal se rende compte de quelque chose.  Puis il regarda de nouveau le drow dans l’œil, alors que ce dernier lui donnait donc la fameuse astuce qu’il lui avait demandé de dévoiler.

-Ton astuce s’appelle Tëhernëtar. Soit, il me faudrait un griffon à moi aussi alors. En plus ce sont de mignonnes boules de plumes et de poils quand ils sont petits, pour devenir de superbes créatures majestueuses à l’âge adulte.

Il se souvenait avoir déjà visité les couveuses des griffons d’argent, et avoir vu les jeunes griffoneaux, sortis de l’œuf depuis quelques jours. Tout petits, tout ronds, recouverts d’un duvet cotonneux et de poils ébouriffés et léger, ils poussaient de petits piaillements de poussin et il les avait trouvé tout simplement adorables. Il avait réprimé l’envie d’en prendre un dans ses mains pour le couvrir de caresses, le serrer contre lui et même le ramener avec lui. Il s’était contenté de caresser celui qu’on lui avait présenté, et de savourer l’instant.

-Cela pourrait faire son effet pour un prince que d’avoir son propre griffon. Et cela garderait intacte ma petite réputation d’excentrique que d’en vouloir un.

Le prince était tout à fait au courant qu’à la cour, comme auprès de ses sujets et des soldats, il était considéré comme quelqu’un d’excentrique. Ses tenues colorées et toujours impeccables,  ses nombreux bijoux, le maquillage qu’il se mettait, rien que son apparence lui donnait cette réputation. Puis venait ses hobbies, les jeux de cartes, les arts et les voyages. Il n’avait rien en commun avec son frère Mélies, qui était un roi exemplaire, et qui avant de devenir roi, était un prince exemplaire. Mais bon, à l’époque personne n’aurait pu dire qu’il lui faudrait remplacer son frère le temps de sa convalescence. Quelques fois, Densham se demandait ce que les gens pensaient réellement du fait que l’excentrique mondain qu’il était, devienne régent et gère le royaume, alors qu’il était connu pour les réceptions, les voyages qu’il faisait, et son désintérêt pour les affaires de la couronne.  Ces moments d’introspection le laissait souvent anxieux, alors il préféra éviter de se poser encore une fois la question.

-Bon, après c’est beaucoup de temps et de travail de s’en occuper, et du temps je n’en ai pas autant que je le désirerai. Quel dommage, cela m’aurait plu de pouvoir avoir un griffon, quand je vous vois avec Tëhernëtar, je suis un peu jaloux. Il va falloir me résoudre à donner des ordres donc, ou à te demander de me prêter Tëhernëtar lorsque je souhaiterais m’éclipser.

Réfléchissant, Densham n’entendit pas ensuite qu’Araal lui suggérait qu’il pouvait demander à ceux qui lui prenaient un peu trop la tête d’aller voir ailleurs. Enfin il entendit, mais n’y prêta pas vraiment d’attention, préférant rester concentré sur ce qu’il avait eu l’intention de dire. Il avait rassemblé ses mots, son courage, et avait commencé, mais encore une fois, il avait échoué, ne réussissant pas à se confesser. A présent il écoutait la réponse d’Araal à son invitation à déjeuner donc, une réponse plus facile à entendre que celle qu’il aurait dû attendre d’une confession. Ce qui le bloquait à chaque fois, était qu’il avait peur de ce qui se passerait après qu’il ait avoué ses sentiments. Est-ce qu’Araal aurait ri, lui expliquant qu’il n’avait jamais imaginé les choses ainsi et que jamais il ne comptait voir le prince que comme un ami, ou est-ce qu’il aurait maladroitement cherché à fuir subitement leur face à face, se trouvant dérouté, et peut-être même mal à l’aise, de savoir que Densham le voyait comme quelqu’un avec qui il souhaitait être bien plus qu’un simple ami ? Il y avait peut-être une chance qu’il lui aurait dit, soulagé, que lui-même ne savait comment lui annoncer son propre intérêt, mais cette dernière option relevait du fantasme, plus que d’une réelle possibilité. Tant pis, ce sera encore remit à plus tard se dit-il. Il regardait donc Araal réfléchir à voix haute, se demandant s’il pouvait donc déjeuner avec le prince régent tout à l’heure, si ses subordonnées ne le harcèleraient pas pour qu’il travaille au lieu de trainasser ici, même s’ils ignoraient qu’Araal se trouvait dans ses jardins lorsqu’ils ne réussissaient pas à le trouver ailleurs.

-Si tu le désire, je peux toujours faire en sorte que l’on te croit en train d’accomplir une tâche importante sous mon ordre. Ou même, si je vois le lieutenant Célène traîner dans les couloirs, je peux lui trouver quelque chose à faire qui l’empêchera de te chercher. Je suis sûr que l’envoyer me trouver dans les archives les dépenses incombant aux Griffon d’Argent des quatre dernières années, afin de les comparer et de voir si il y a eu une évolution significative des dépenses, et si oui, dans quels secteurs, pourrait lui prendre une partie de la matinée et de l’après-midi. Comme ça tu pourras tranquillement attendre le déjeuner ici, si ton gros chat et toi n’avez, en effet, rien d’autre à faire. Vous qui prenez racine dans mes jardins.

Le sidhe eut un léger sourire, ponctuant la fin de sa phrase d’un léger sous-entendu. Il savait qu’Araal ne ferait pas passer son bien être au détriment  de ses devoirs, il avait suffisamment d’honneur et de principes pour se charger de son travail en temps et en heure, même s’il n’était pas tout le temps à son bureau à tout régler, mais le sidhe aimait bien le taquiner sur le fait qu’en effet, il le trouvait souvent dans ses jardins, sans jamais lui faire de véritables reproches. C’était au grand plaisir du prince qu’ils étaient là, qui pouvait le voir seul à seul, sans tout le protocole qui incombait à leurs rangs de général et prince régent, sans yeux et oreilles indiscret qui auraient tôt fait de les agacer et de ne pas leur laisser d’intimité. Il eut une petite moue de réflexion.

-C’est tentant, de rester, et de me prélasser avec vous, même si il fait relativement frais. Sans penser à rien, juste quelques heures, redevenir simple prince et non pas le Régent, sur qui on compte pour tout et surtout n’importe quoi. Il me suffirait d’aller changer de vêtements afin de ne pas laisser de traces vertes sur ceux-là.

Il soupira profondément, esquissant un léger sourire d’aisance, les imaginant allongés côte à côte, leur tête reposant sur le flanc de Tëhernëtar qui leur tiendrait chaud et les bercerait d’un ronronnement puissant.

-Mais en effet, je viens de me recoiffer, d’arranger mon maquillage. Sans compter que je n’ai pas dit que je m’accordais une pause… Mais bon, si on me cherche, ils savent bien où me trouver si je ne suis pas dans le bureau. Quel dilemme.


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Araal Nerevar Vanarden
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MessageSujet: Re: Décisions et appartement   Mer 26 Aoû - 0:23

Il gratta son menton imberbe, jouant avec l'idée que Densham pourrait effectivement donner un ordre à son capitaine. Araal était à moitié amusé et à moitié sérieux, mais il réfléchit cependant. Un sourire complice étira ses lèvres.

-Si le prince régent donne un ordre au lieutenant Célène, nul doute que ce dernier ne viendra pas me chercher noises, tout occupé qu'il sera à satisfaire ton excellence. Et bien loin sera de lui l'idée que le Prince Régent puisse le tenir occuper à dessin. Voilà qui est bien pensé mon cher.

Son oeil bleu brillait de malice, et son sourire se teinta de satisfaction. Mais il fit à nouveau la moue, prenant quelques secondes de réflexions supplémentaires. Il finit par secouer la tête, décidant de décliner l'offre.

-Mais je préfèrerai ne pas jouer mon va-tout dès maintenant, ce serait un comble, moi le général, si je ne trouvais pas une stratégie capable de mettre en échec ce brave Célène. Et je peux toujours utiliser Nogaris comme diversion. Ou envoyer Célène en manœuvre avec des jeunes recrues, ça fonctionne toujours, je joue la carte du lieutenant responsable dont l'enseignement est indispensable. Même si je suppose que ça doit être une torture que de l'écouter pendant des heures déclamer le règlement et l’illustrer avec force d'anecdotes et cas pratiques.

Un petit rire secoua la poitrine du Drow, qui se releva, essuyant ses mains sur son postérieur.

-Mais il est compétent, et il tient Nogaris à l’œil, Araal s'interrompit pour grimacer avant de soupirer, je n'aurais pas dû m'appuyer là, c'était encore un peu humide. Autant pour le grand stratège tiens.

Araal prit un air vexé en voyant l'amusement chez Densham, avant de rire de nouveau. Le prince reprit son sérieux, mais ne répondit pas pour autant réellement à la question qu'il venait de lui poser. Rester dans ses jardins jusqu'à l'heure du déjeuner semblait difficile, surtout lorsqu'il n'avait pas spécifier qu'on ne vienne pas le déranger, ou qu'il s'accordait quelques heures. Mais il n'avait pas non plus dit que ça n'était pas possible. Une expression étrange passa sur le visage d'Araal, signalant qu'il mijotait quelque chose. Il prit son temps pour contourner Densham, lentement, levant le nez pour regarder le ciel, les mains jointes derrière son dos.

-Ces explications ne répondent pourtant pas à ma question, commença-t-il avec l'air le plus sérieux du monde, je me dois donc de prendre une décision. Mais avant cela, j'aurai besoin de quelques réponses. Mettons, par exemple, qu'un certain Griffon ait envie de se promener. Bien sûr, il n'a pas envie de le faire seul. Que se passerait-il, et c'est purement hypothétique, s'il emmenait une autre personne avec lui, par la voie des airs ? Cette personne serait bien sûr introuvable pendant le temps de cette promenade, mais elle réapparaitrait mystérieusement à une heure convenue. Sachant que cette personne a le pouvoir de refuser de dire où elle était. Tout ceci n'est qu'une hypothèse, soyons clairs.

Araal cessa de tourner autour du prince, pour venir se camper devant lui. Au fur et à mesure de son discours, son air sérieux s'était changé en air de conspirateur, et à présent qu'il se tenait immobile, il leva un sourcil évocateur, un sourire complice sur les lèvres. Puis, la suite de son idée fit son chemin, et il ajouta :

-Bien sûr, cette personne ne souffrirait aucunement de dommages quant à sa tenue, le Griffon y veillerait, car après tout, il a juré de protéger et de servir. Encore une fois, c'est seulement pour être tout à fait clair.

Il leva un index, signalant qu'il n'avait pas tout à fait fini, alors qu'il achevait d'échafauder son plan.

-Oh et, encore une chose, cette personne et ce Griffon pourraient tout à faire manger durant cette promenade. Le Griffon a ses contacts en ville. Je crois que c'est suffisamment clair à présent.

L'idée d'emmener Densham hors des murs pouvait être risqué, et si quelque chose de crucial arrivait durant leur absence, et qu'on les cherchait sans les trouver, les conséquences pourraient être désastreuses... Mais Araal pensait aussi que Densham avait peut-être besoin de retrouver un semblant de simplicité, même pour une heure ou deux. Une promenade dans la campagne environnant Fainros les laissait suffisamment proches de la ville. Et pour les provisions, ils n'auraient qu'à s'arrêter dans la cour du Paladin Silencieux, personne n'irait les chercher là, et l'aubergiste, Aeon, était d'une discrétion absolue, en plus d'être un formidable cuisinier. Ses plats étaient simples, mais ils étaient délicieux et réchauffaient le coeur. Le genre de cuisine chaleureuse qu'Araal aimait, le genre qui lui rappelait de bons souvenirs. Le genre de cuisine qui se partageait, et que Densham n'avait probablement jamais goûté. Ce serait sans doute moins raffinés que les plats qu'on lui servait ici, mais Araal songeait que Densham n'aurait aucun mal à s'en accommoder.  

-Alors, que me répond ta majesté ?


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MessageSujet: Re: Décisions et appartement   Lun 7 Déc - 23:03

-Mais je préfèrerai ne pas jouer mon va-tout dès maintenant, ce serait un comble, moi le général, si je ne trouvais pas une stratégie capable de mettre en échec ce brave Célène. Et je peux toujours utiliser Nogaris comme diversion. Ou envoyer Célène en manœuvre avec des jeunes recrues, ça fonctionne toujours, je joue la carte du lieutenant responsable dont l'enseignement est indispensable. Même si je suppose que ça doit être une torture que de l'écouter pendant des heures déclamer le règlement et l’illustrer avec force d'anecdotes et cas pratiques.

-Oh je ne dirais pas que ce serait un comble de ne pas trouver une stratégie de toi-même. Après tout, les batailles ne se gagnent pas à la force d'un seul homme, mais à celle de plusieurs se combinant les unes aux autres, et on a jamais entendu qu'un seul homme prenait réellement toutes les décisions, il réunit une assemblées pour trouver la meilleurs stratégie. Mais soit, j'accepte avec honneur d'être l'atout que tu sortiras de ta manche lorsque la situation l’exigera.

Le prince Régent suivit le drow des yeux alors qu'il se relevait et essuyait l'arrière de son pantalon.

-Mais il est compétent, et il tient Nogaris à l’œil.

Une courte pause fut marquée par Araal, le temps de grimacer en constatant que ce n'était pas une très bonne idée que de s'être appuyé sur le bac encore mouillé. Le vent secoua un peu les carillons, donnant l'impression que c'était le bruit que faisait la réflexion intérieur que se faisait le drow, avant qu'il ne l'exprime à voix haute par la suite.

-Je n'aurais pas dû m'appuyer là, c'était encore un peu humide. Autant pour le grand stratège tiens.

Un léger rire franchi les lèvres du Sidhe. Densham n'ajouta pas qu'il y avait à présent une ligne humide de dessinée sur le haut des fesses du drow. Son regard s'attarda peut-être un peu trop sur cette ligne, qui s'étendait un peu, le tissu buvant l'humidité. Le fessier du général était bien dessiné, et étrangement le ligne mouillée soulignait bien sa forme galbée et ferme. Il redressa les yeux bien vite, quand il se rendit compte qu'il était à deux doigts de laisser sa mâchoire pendre. Puis il répondit sans vraiment répondre aux questions du général, qui le remarqua et le souligna. Avant d'avoir un air que Densham connaissait pour être celui du comploteur. Une idée germait dans l'esprit du général, croissant à une vitesse rapide.

-Ces explications ne répondent pourtant pas à ma question, je me dois donc de prendre une décision. Mais avant cela, j'aurai besoin de quelques réponses.

Si Densham n'avait cessé de sourire depuis le début, son sourire devint un peu plus amusé, se sentant comme un enfant ou un adolescent, à qui son ami s'apprêtait à lui faire une folle proposition. Le sidhe se pencha légèrement en avant, quelques mèches roses s'échappèrent de ses épaules pour pendre et se balancer avec langueur au gré du vent.

-Mettons, par exemple, qu'un certain Griffon ait envie de se promener. Bien sûr, il n'a pas envie de le faire seul. Que se passerait-il, et c'est purement hypothétique, s'il emmenait une autre personne avec lui, par la voie des airs ? Cette personne serait bien sûr introuvable pendant le temps de cette promenade, mais elle réapparaitrait mystérieusement à une heure convenue. Sachant que cette personne a le pouvoir de refuser de dire où elle était. Tout ceci n'est qu'une hypothèse, soyons clairs.

La tête aux cheveux roses hocha doucement. Bien sur, tout ceci n'était qu'une simple hypothèse. Après tout, il y avait-il eut une quelconque mention de nom jusque lors ? Il pouvait s'agir de n'importe quel Griffon, et de n'importe qu'elle autre personne non ? Le prince régent se sentait un peu plus joyeux à chaque mots, et assez amusé, attendant impatiemment la suite du plan fou -et déguisé- que lui proposait son ami. Et le plan était des plus simple : Faire le mur et s'envoler loin du château, loin de la cour et des détracteurs, qui n'attendaient qu'un signe, un geste de lui pour vivre, qui l'observaient dans l'attente de le voir échouer quelque part, ou simplement trébucher, pour certainement le comparer avec son frère. Chose qu'ils faisaient très certainement sans qu'il ait besoin de rater quelque chose.
Le fait que le drow se campe devant lui étira ses lèvres de plus en plus, laissant apparaître un sourire blanc. Araal précisa que Tëhernëtar et lui feraient bien sur attention à sa tenue, c'était quelque chose d’inhérent à ses devoirs que de veiller à ce qu'il ne soit pas dépenaillé durant le vol.
L'idée lui plaisait beaucoup, il y avait longtemps qu'il n'avait pas prit le temps de simplement laisser passer le temps, sans rien faire, sans se creuser la tête et s'essorer l'esprit. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas mangé quelque chose de simple, quelques chose qu'on mange lors des voyages, qui ne nécessitait pas trois fourchettes différentes, et un couteau selon si on mangeait de la viande, du poisson, du fromage, une tarte... Il n'avait jamais goûté la nourriture des auberges de sa propre contrée, et se sentait honteux d'un seul coup. Il avait mangé des plats dans des auberges un peu partout, mais pas dans son propre pays. Il sentait les fleurs et les plantes répondre à son enthousiasme intérieur et attendit qu'Araal le questionne sur son avis avant que de le donner.


-Alors, que me répond ta majesté ?

-Ma foi, dans l'hypothèse où ce Griffon proposerait à ma majesté ce genre de petite escapade, je ne pourrais qu'approuver et être impatient à l'idée de cette promenade. Je ne pourrais laisser le Griffon errer seul dans la campagne, et m'empresserai naturellement de venir avec lui. Surtout s'il me jure de veiller à ce que je reste bien apprêté même après un vol. Enfin, je m'attacherais au moins les cheveux, c'est un minimum.

Se redressant, et prenant la peine d'esquisser un pas vers Araal, Densham se campa devant lui, tout comme le drow venait de le faire. Regardant l’œil d'un beau bleu glacier qui le regardait, le prince sentit son cœur battre un peu plus fort. Ils seraient seuls, rien que eux deux, enfin et Tëhernëtar mais il était un peu comme une extension d'Araal, l'un n'allait jamais sans l'autre. Le sidhe se rendit compte qu'alors, il devrait être très près d'Araal durant le vol, il devrait se tenir à lui pour ne pas tomber ou ne pas gêner le griffon pendant qu'il volait. Il du rougir légèrement, sentant ses joues chauffer un peu, mais essaya de faire comme si rien ne l'avait vraiment perturbé. Il remit d'un geste doux ses cheveux derrière une oreille, et réfléchit quelques secondes.

-Je pense qu'en plus de m'attacher les cheveux, je ferais bien de mettre au moins une cape qui me rendra un peu moins voyant. Je reviens dans cinq minutes, tu en profite pour réveiller le gros chat ? Et oui, juré, cinq minutes.

Après avoir reçu l'aval du drow, Densham retourna dans ses appartements, non sans presser un peu le pas. Il ne remit pas ses chaussures immédiatement, et se rendit dans la salle de bain afin d'essuyer ses pied de la rosée, et des quelques brins d'herbe qu'ils avaient de collés sur eux. Une fois cela fit, il passa de nouveau ses chaussures, se lava les mains, et entreprit de faire deux petites tresses tournées supplémentaires. Il se retrouva avec deux tresses de chaque côtés de sa tête, qu'il rassembla avec le reste de sa chevelure, pour faire une queue de cheval basse, maintenue par une épaisse pince en bois d'acajou sculptée dans le style Inwerinien. Passant quelques secondes de plus à se regarder sourire un peu niaisement dans le miroir, en repensant à la réflexion qu'il s'était faite sur le vol, il finit par décoller de la salle de bain pour passer prendre une cape d'un gris clair brodée discrètement le longe des coutures. Il la fit tenir sur son épaule grâce à une broche en bois d'acajou représentant un bois de cerf. Il prit également une besace qui s'accrochait à la ceinture, dans laquelle se trouvait toujours de l'argent. Oh pas une fortune, mais quelques fois il prenait à Densham d'aller dans les beaux quartiers-avec une escorte et quelques amis-, commander de nouvelles chaussures, de nouveaux vêtements, même si ces derniers temps il ne le faisait plus aussi souvent qu'avant. Il y avait même plusieurs mois qu'il l'avait fait.
Retournant dans le jardin, il vit Tëhernëtar et Araal arriver auprès de sa terrasse. Le griffon le salua, et lui même ne manqua pas de caresser la tête de l'animal, le grattant en dessous du bec, et flattant son encolure de caresses.


-Bien le bonjour Tëhernëtar. Relevant la tête il regarda le Général des Griffon, tu vois, cinq minutes. Bon peut-être six, ou sept, mais je n'ai pas mis trop de temps.

-Je vois qu'il y a du progrès en effet.

Après un large sourire, Araal désigna alors le dos de Tëhernëtar d'un coup de tête, et fit une courbette qui ne manquait pas de grâce et d'élégance. L'un de ses bras désignait le dos du griffon, comme l'avait fait la tête quelques secondes auparavant. Densham eut encore un sourire.

-Après toi, ton altesse.

Densham répondit à la courbette par une légère révérence, puis monta alors sur le dos du griffon. Il n'y avait pas de selle, mais cela ne sembla déranger ni l'animal, ni le prince. Densham montait à cheval depuis fort longtemps, et il avait déjà monté plus d'une fois à cru. Si Tëhernëtar était un griffon, le monter à cru n'était pas si différent des équidés. Après qu'il soit installé, Araal monta à son tour sur son griffon. Ce fut à ce moment que le cœur de Densham commença à battre encore un peu plus vite. Sa course s’accéléra encore plus quand Araal lui rappela qu'il fallait qu'il mette ses bras autour de sa taille afin d'avoir une bonne prise, et être sur de ne pas tomber. Densham essaya de ne pas hésiter, mais aussi de ne pas se précipiter pour se serrer contre le drow. Il eut un léger frisson en sentant le dos d'Araal un peu plus contre lui lorsque Tëhernëtar ouvrit ses ailes et donna une impulsion pour s'envoler.


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Araal Nerevar Vanarden
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MessageSujet: Re: Décisions et appartement   Lun 25 Jan - 23:35

Il considéra un bref instant la tenu du Régent, pensif. Densham était toujours vêtu avec soin, avec une certaine extravagance parfois, moins qu'à l'époque où il passait son temps à voyager, étant devenu plus sobre avec le temps passé à la tête du royaume.

-Tu devrais aussi enfiler quelque chose de moins salissant, ajouta-t-il quand Densham mentionna vouloir s'attacher les cheveux et mettre une cape, les couleurs claires ne sont pas vraiment indiquées pour aller follâtrer dans la campagne... Si tu veux rester discret, autant éviter de salir des beaux atours. Avec tout le respect que je dois à ta majesté.

Araal se fendit d'un nouveau sourire et d'une courbette. Il suivit des yeux Densham, dont les cheveux étaient déjà attachés, mais en une coiffure compliquée, qui disparaitrait sans nul doute après quelques minutes de vol. Son oeil s'attarda jusqu'à ce que le dernier éclat de chevelure fuschia ait disparu. Il soupira, et fit rouler ses épaules, détendant ses muscles. Il considéra aussi ses pieds nus, maculés d'une légère boue, par endroit, ou bien verdit par l'herbe humide. Il grimaça. Oui autant pour le grand stratège. Il fit demi-tour, regagnant le coin que s'était choisi Tëhernëtar pour dormir, et où il avait laissé ses affaires. Son griffon était allongé de son long, niché entre des buissons, profitant d'une flaque de soleil. Les affaires d'Araal étaient disposées en tas juste à coté. L'énorme animal ouvrit un oeil mordoré, interrogeant silencieusement son cavalier. Araal entreprit de ramasser ses affaires, et la tâche périlleuse de remettre chaussettes et bottes.

-On part en ballade. Avec Densham.

Tëhernëtar soupira, et commença à se redresser. Il s'étira longuement, ses griffes raclant le sol, dans un énorme bâillement. Il agita ses ailes, avant de s'assoir sur son postérieur, et de regarder, non sans un certain amusement, son cavalier. Araal sautillait sur un pied, tâchant de les essuyer avant d'enfiler chaussette puis botte, passant en suite à l'autre pied.

-Te moque pas, j'ai pas envie de foutre le pied dans l'herbe mouillée. Y'a rien de pire que d'avoir une chaussette mouillée dans une botte...

En guise de réponse le Griffon se contenta de soulever une aile, pour aller se gratter le dessous d'un coup de bec, avant de s'ébrouer. Araal grogna, et continua de remettre de l'ordre dans sa tenue. Il boucla son ceinturon pardessus sa tunique rouge sang, vérifia que sa bourse y était toujours accrochée, avant d'enfiler son manteau, qu'il ne prit par la peine de fermer.  Il attacha ses cheveux à l'aide d'un lien de cuir usé, les ramenant un genre de chignon lâche. Avoir les cheveux longs pouvait être problématique quand il s'agissait de voler sur le dos d'un griffon, mais Araal ne les avait coupés que lorsqu'il était une recrue, et avait cessé de le faire une poignée d'années après être devenu soldat. Tëhernëtar le précéda, et ils attendirent Densham pendant quelques minutes. Le Sidhe ressortit coiffé plus simplement, vêtu tout aussi simplement, et drapé dans une cape, et défait de quelques bijoux. Tëhernëtar gonfla légèrement le potrail, ébouriffant pelage et plumes, paradant presque. Araal leva l'oeil au ciel, alors que Densham saluait son griffon, qui se délecta des caresses, ululant doucement.  Le Régent mentionna son temps de préparation, dont la durée était un record.

-Je vois qu'il y a du progrès en effet.

Araal fit le tour du Régent, examina sa tenue.

-Pour un peu, tu pourrais passer incognito.

Il eut un large sourire. Tëhernëtar les regarda un bref instant, et dut juger que son cavalier était un imbécile fini, le Griffon lui donna un coup d'aile, comme presser d'aller prendre l'air. Araal rabroua son compagnon à quatre pattes, excusant son comportement déplacé. Cessant de cabotiner, il désigna son griffon qui s'était mis en position, s'inclinant, et tendant le bras en direction de Tëhernëtar.

-Après toi ton Altesse.

Densham monta avec souplesse sur le dos de Tëhernëtar qui ne broncha pas. Araal hésita un bref instant, devait-il monter derrière Densham afin de vraiment éviter que le Régent ne tombe en plein vol ? Ou bien devant lui, et faire confiance aux capacités de Densham, ce dernier n'étant pas un cavalier débutant. Les paroles de Fiaren lui revinrent en mémoire, et s'il avait à passer ses bras autour du Régent, cela ne ferait que lui rappeler les sensations plus que réalistes de son rêve. Il fit son choix, montant devant, Densham se poussant pour lui laisser de la place, son Griffon baissant la tête pour lui permettre de passer sa longue jambe plus facilement. Araal grattouilla l'énorme tête de sa monture, et bougea jusqu'à trouver la position adéquate, derrière lui, Densham faisait de même.

-Tes bras autour de ma taille, je n'aimerai pas être celui qui a laissé tomber le Régent. Célène m'écorcherait vif. La nation entière m'écorcherait vif. Voilà, comme ça.

Une fois certain que Densham et lui étaient installés comme il le fallait, Araal pressa légèrement ses genoux contre les flancs de son griffon. Tëhernëtar piétina un peu, étendit ses larges ailes, poussant un petit cri, avant de pousser sur ses puissantes pattes. Il décolla, battant puissamment des ailes, alors qu'ils s'élevaient de plus en plus haut. Il leur faudrait aller suffisamment haut pour ne pas trop attirer l'attention. Les bras de Densham étaient enroulés autour de sa taille, mais Araal prit le temps de les resserrer un peu plus, s'assurant qu'il ne le lâcherait pas. L'air était plus vif là haut. Les fleurs du jardin formaient des tâches de couleurs au milieu de la verdure. Les hauts murs qui le ceignaient étaient parfaitement visible. Tëhernëtar prit encore de l'altitude, avant sur sous l'impulsion d'une nouvelle pression des genoux de son cavalier, il vire doucement, prenant vers l'ouest.

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Décisions et appartement

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