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 Il est passé par ici, et repassera par là...

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Liam Ailedargent
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MessageSujet: Il est passé par ici, et repassera par là...   Mer 5 Nov - 22:22

Le sol filait à toute vitesse sous nos yeux, le relief changeant alors qu’il défilait. L’air était froid quand nous montions, et se réchauffait auprès du sol. Un nuage de poussière de craie et de terre vola vers moi grâce à Ailord, et mes ailes en furent couvertes, dissimulant leur couleur flamboyante pour un aspect plus terne, plus dans les tonalité des ailes des aigles. Je rassemblais ma longue tresse pour la dissimuler sous une perruque que je sortais du sac.
Ailord m’aida à retirer ma veste aux manches courtes, de couleur vert foncé, et brodée d’argent, je retirais aussi les différents bijoux que je portais, histoire de compléter la discrétion. Je glissais donc dans mon sac plusieurs colliers, bagues et bracelets, tout en gardant trois ou quatre sur moi, je n’aimais pas être complètement sans bijoux. Je retirais aussi ma ceinture de cuir, finement travaillée, pour la remplacer par une sorte de foulard aux couleurs oranges, rouges et brunes. Ailord finissais d’agrafer une cape couleur lin sur mes épaules, et j’étais fin prêt, bien plus discret que dans mes habits royaux. Je portais des bottes en cuir brun clair, mi haute, dans lesquelles j’avais d’enfoncé un pantalon de toile noir, ma ceinture un peu coloré dans les tons chauds, ma chemise à manches courtes, de style esgaléen, ouverte sur mon torse, mes abdominaux et mes bijoux. Je n’avais plus de cheveux flamboyants, couverts par une perruque de qualité aux cheveux noirs mi long légèrement ondulés, tenue parfaitement en place grâce au vent, et à un foulard noué dedans de couleur grise. Je descendais pour me mettre au niveau d’autres aérials. Ils me saluèrent chaleureusement d’un signe de main, j’en fis de même, et nous fîmes un bout de route ensemble, dans les airs, tandis qu’en tout discrétion, Ailord aller déposer mes affaires sur l’un des toits du palais.
D’en haut, nous avions une vue imprenable sur ma cité. A flanc de montagne, elle avait été construite de cette manière par tout ceux qui avaient fuit la guerre, beaucoup d’habitations étant troglodytes, creusées dans les flancs de la montagne par des élémentaires de roche. Certaines ruelles menant à ces maisons portaient d’ailleurs les noms de ces bâtisseurs. Le palais surplombait tout, vestige de Bois-Blanche encore intact. Il y avait aussi des pans de roches, immenses, qui semblaient flotter dans les airs, une chose unique, n’existant que dans notre cité. Sur ces immenses blocs, d’autres habitations, même de petits marchés et de petites places. Pour rendre tout cela possible, il avait fallut des années, et des centaines d’élémentaires et de magiciens, pour insuffler la magie et la faire tenir à l’aide de runes les structures de pierre et leurs étaies. Il y avait toujours des mages et élémentaires de nos jours, vérifiant constamment les sorts, les renforçant et les améliorants. C’était une charge importante, et dont la cité ne pouvait se passer.

Mes compagnons de vol temporaires habitaient dans les quartiers suspendus. Ils se rendaient en bas de la cité, travailler dans le marché, où y faire un tour. Je les remerciaient pour leur compagnie lorsque nous nous séparâmes, et m’incrustais dans la masse des marchands montant la dans la cité par le large chemin pavé. Ah, c’était des fruits et légumes, des viandes et du fromage qu’ils apportaient, et l’odeur m’allécha d’emblée. J’en abordais un et lui achetais un petit melon et du raisin, à l’autre je pris un morceau de fromage, et un dernier se vit délester d’un peu de jambon sec. Ailord s’amusait à mêler agréablement les odeurs, soufflant une douce brise, et un peu de sable. Je montais à pied avec mes achats et trouvais une boulangerie où acheter un  pain pour aller avec tout ça, mais je ne mangeais pas, me contentant de le mettre dans un sac en attendant.
Je me promenais près des boutiques, mes pas claquants sur les roches taillées du sol, regardant le contenu des vitrines avec Ailord, commentant quelques fois les tenues ou attitudes des gens dans la rue avec mon élémentaire, laissant le soin à Ailord de créer un champ insonorisé autour de nous, qu’on ne soit pas entendu. Certains portaient vraiment des choses improbables ressemblant à des tas de foins mouillés, des théières, et une dame ressemblait même à si méprendre à un vieil Earthaë, déguisé en fille de joie.
Mais même si je faisais ces critiques vestimentaires, je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir fier de ma cité. Je savais que tout n’était pas rose, il y avait comme n’importe où de la pauvreté, des injustices, il ne fallait pas se leurrer, la citée était immense, et mobiliser des moyens pour éradiquer tout ça couterait bien trop cher, et laisserait sur le carreau les autres besoins de la cité, mais nous faisions en sorte que ce soit le moins possible, et d’aider les personnes les plus pauvres. Quand je venais en ville, officiellement ou officieusement, je faisais en sorte d’avoir assez sur moi pour en donner aux mendiants que je pouvais croiser. Je me prenais souvent à me rappeler d’Isil dans ces cas là, même si elle n’était pas à la rue, je ne pouvais m’empêcher de me demander ce que devenait la petite conteuse d’Armenelos, avec sa panetière devant elle.
Je glissais sans bruit dans une ruelle, faisant mine de m’intéresser à une poterie, le temps de laisser passer des gardes, au cas où ils me reconnaitraient. Je ne me cachais pas vraiment, surtout comparé à d’autres fois où je faisais presque des roulades pour me mettre sous des charrettes. Le propriétaire de la poterie m’aborda alors, me demandant ce que j’en pensais. Quand je lui disait que je recherchais quelque chose d’un peu plus travaillé pour décorer ma maison, il me donna l’adresse de son fils, potier aussi, qui faisait dans les poteries de décorations. Je passais quelques minutes à discuter avec le vieil homme de son travail et de sa famille. Lorsqu’il me demanda si j’étais marié, je grimaçais que non. Il dut croire que c’était une grimace de dépit, car il me tapota l’épaule en me disant que je finirais bien par trouver, les grands gaillards attiraient toujours les jeunes femmes. Moi j’avais grimacé, parce que je ne savais que trop, quelles jeunes femmes voulaient se marier à moi. Ailord fit une imitation grotesque de mes cousines, et j’eus un frisson. Jamais je ne me marierais. En tout cas pas avec l’une d’elles.


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Barahir Liel de Falathrim
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MessageSujet: Re: Il est passé par ici, et repassera par là...   Mar 11 Nov - 23:12

La métissée Orc avait repérée le souverain depuis dix bonnes minutes. Elle savait que là haut,  à Bois-Blanche, on s'affolait, alors que le roi avait disparu, encore une fois. C'était bien la première fois que Dhaval avait un souverain fugueur. D'ailleurs, c'était sans doute le seul roi de tout Inwilis qui s'échappait ainsi. Durga avait entendu parler des escapades impériales, des rendez-vous secrets des grands de ce monde, mais jamais de roi qui aimait autant fausser compagnie à ses gardes que Liam Ailedargent. En huit années de règnes, elle avait fini par cesser de compter le nombre de ses petites fugues. Au début, il l'avait fait pour échapper à une tâche trop lourde pour quelqu'un d'aussi jeune et qui n'avait pas été élevé dans le but de devenir un héritier au trône afin de monter sur celui-ci. Mais l'espionne savait aussi que les rois Maëldanais montaient sur leur trône sans jamais y avoir été préparés. Et ces derniers s'en accommodaient très bien. Mais leur couronnement avait quelque chose de divin. Une légende qu'elle aimait entendre quand des bardes du Nord faisaient le voyage jusqu'ici, même si Dhaval avait plus de lien avec le Falast que le Maëldan. La métisse, elle, n'avait pas vraiment vu du pays, en tout cas, pas ceux du Nord. Le plus loin où elle s'était rendue pour le compte du Duc de Falathrim, était la cité de Zulbajin, berceau des Nil'Dae, la dernière dynastie impériale. Il était remonté aux oreilles du Duc qu'une armée se constituait quelque part près des montagnes de Tiemeth, celles qu'on disait s'être formées sur le squelette d'un dragon géant, tué par les divins pendant les âges Fondateurs d'Inwilis. Durga n'avait pas pu prouver que la légende était vraie, et elle n'avait pas trouvé le camp en question, malgré de longs mois à fouiller le coin, et à pister des convois qui l'avaient bien souvent menée tout sauf là où elle aurait voulu aller. Depuis, elle était rentrée à Dhaval, lorsque la guerre civile avait grondé dans l'Empire, rappelée par le Duc, qui n'avait pas voulu l'exposer d'avantage. Il y avait trop longtemps qu'elle trainait dans la région de Zulbajin. Elle travaillait alors à Dhaval, effectuant de petites infiltrations dans la populace, pour démanteler un réseau de contrebande de minerai, ou encore quelques affaires de pots de vins entre marchands... Rien de bien excitant, mais elle connaissait Dhaval par cœur, et savait se déplacer rapidement dans la cité suspendue, même sans être pourvue d'une paire d'ailes. Les emplumés loupaient parfois bien des choses depuis le ciel, où ils se croyaient tout puissants. Non, Durga n'avait pas de problèmes avec les Aérials, pas tant qu'ils ne la cherchaient pas.

Elle fit tourner la pierre translucide qui pendait à son poignet, au bout d'un petit cylindre de métal ouvragé, couvert de minuscules runes. Elle signalait ainsi sa position au Duc et celle du souverain. Elle avait pris le temps de s'assurer que c'était bien lui, et en avait eu la confirmation en voyant que ses ailes perdaient de leur camouflage aux extrémités, et par en dessous, là où elles étaient les plus exposées aux caprices de Tuuli. Et il y avait aussi la silhouette enfantine qui le suivait, et qui n'apparaissait pas en permanence. L'espionne les suivraient alors à bonne distance, évitant de se faire repérer. Elle passerait le relais à un autre lorsque sa position deviendrait trop dangereuse. Le Duc ne tarderait d'ailleurs pas à débouler, elle était partie avant que Bois-Blanche n'entre en ébullition, prévenue par le capitaine de la garde, mais elle avait pris le temps de revêtir des atours de mineur. Les Nargoryths n'étaient pas les seuls à exploiter la montagne, les Dhavalans le faisaient aussi. Elle était un peu sale, couverte de poussière, vêtue d'une tunique brune toute simple, avec une cordelette en crin autour de la taille, d'un pantalon rapiécé, et de solides chaussures de cuir, qui si elles avaient vu des jours meilleurs, étaient entretenues. A l'exception du bracelet dissimulé sous une paire de gants, rien ne la différenciait des autres mineurs. Ses cheveux tressés étaient retenus par une bande de tissus rouge, dégageant son visage aux traits ciselés, avec d'épaisses et hautes pommettes proéminentes, qui contrastaient avec une forme de visage ovale et un menton fin.  Elle se déplaçait en jetant, elle aussi, à l'instar du souverain, des coups d’œil aux étales et aux boutiques. Le pendentif s'agita dans son gant, et le nuage de poussière et de sable soulevé par des cavaliers, quelques rues plus hauts, lui indiqua que le Duc avait fait plus que vite. Elle continua de suivre son roi jusqu'à que les cavaliers à dos de lézard soit en vue.


Barahir fut informé en chemin qu'on avait retrouvé le souverain. Ce dernier n'avait pas encore perfectionné sa technique de camouflage pour ses ailes, et elles étaient particulières. Et même avec l'aide de son élémentaire que le Duc trouvait parfois tout bonnement insupportable, la poudre colorée qu'il jetait sur ses ailes, ne résistait pas bien au vol et au vent. Sans compter qu'il n'y avait qu'une poignée d'Aérials avec un élémentaire ayant l'air d'un enfant dans la ville. Avec demi douzaine d'hommes à dos de lézards, ils étaient sortis en trombe par le portail de Bois-Blanche, et avait traversé le pont qui reliait la cité royale au reste de la ville. Ils dévalèrent les rues, avalant rapidement les mètres, et faisant fi des obstacles que les lézards contournaient ou escaladaient avec célérité. Ils n'étaient pas discrets, et n'avaient pas besoin de l'être. Ils étaient une vision courante pour les citoyens de Dhaval qui avaient fini par s'habituer à ce genre de sortie. De plus, ils n'étaient ni lourdement armés, ni vêtus pour aller se colleter avec de quelconque adversaire. Le Duc était toujours vêtu de ses beaux atours rutilants, et n'avait pas revêtu l'armure, ce qui signifiait qu'il allait simplement à la pêche au souverain. Son second, Oracle, une Taltos au visage poupin, portait à ses longs bras et poignets osseux, des bracelets ornées de petits cylindres ouvragés, et tous pourvus d'une pierre pouvant tourner à leur extrémité. L'un d'eux, brillait et s'agitait, signe que Durga, un de ses meilleurs éléments, avait déjà retrouvé la piste du souverain. Ce dernier n'était pas allé bien loin. Collada avait peut-être raison lorsqu'elle lui avait suggéré que le souverain voulait qu'il le retrouve rapidement. Barahir n'osait y croire. Généralement, il fallait au moins une heure, si Lior était avec eux, pour qu'ils retrouvent la trace du roi.

-Il est des les bas niveaux, l'informa Oracle.

La Taltos avait l'air sévère, en dépits de son visage juvénile. C'était un mélange étrange sur une Taltos avec leur corps long et noueux, tout en os. Pourtant, sa peau était lisse, pictée de petites tâches brunes. Son visage était mangé par de grands yeux d'un bleu aussi limpide que celui qu'auraient les eaux d'un lagon. Sa chevelure blond platine flottait librement derrière elle. Elle était vêtue aux couleurs du la Maison Falathrim, d'une tenue de cuir brun et de tissus couleurs ocre et rouge. Barahir se dit d'ailleurs qu'elle devait avoir chaud à être ainsi vêtue, mais elle ne semblait même pas suer. Les cinq autres soldats qui les accompagnaient étaient vêtus de l'uniforme régulier des armées de Dhaval, portant les couleurs royales.

-Bordel ! jura le Duc, déjà ? Meqirith l'a poussé au cul ou quoi ?

Cela devait bien faire la septième fois qu'il jurait depuis qu'il avait franchi le pont. Il trouvait bien trop étrange que le roi l'ait fait prévenir. Cela ne lui ressemblait pas. Son second lui jeta un regard à moitié blasé et à moitié désapprobateur. Oracle n’appréciait pas ses écarts de langage. Barahir eut un sourire torve, qui dévoila ses dents. Les citoyens de Dhaval s'écartaient sur leur passage, ceux venus de la campagne environnante et du désert, qui n'avaient jamais vu tel spectacle se contentaient de lancer des regards affolés, étonnés voire stupéfaits. L'équipage soulevait sable et poussière, et ils coupèrent à travers les rues en passant par les toits terrasses, les griffes des lézards s'accrochant sans mal à la pierre des bâtiments. Il leur fallut trente minutes pour atteindre la limite des bas quartiers, quinze de plus, le temps qu'Oracle s'oriente et qu'ils rejoignent le souverain en maraude. Barahir l'attendit au bout de la rue bordée d’échoppes qu'il traversait, tirant sur les rênes de Shelkys. Le gros lézard s'arrêta, ses griffes raclant sur les pavés, sa lourde queue couverte de piquants fouettant l'air. Il secoua sa grosse tête, et Barahir ne retint les rennes que grâce à sa longue expérience et à sa force, sans quoi, le geste du lézard les lui auraient arrachés. Main sur une hanche, il attendit que le souverain arrive jusqu'à lui, à une portée de voix raisonnable.

-Je n'ai rien contre vos petits jeux, mais cette nouveauté là, celle de me prévenir, me laissait penser que vous étiez parti pour Galaedor. Au lieu de ça, je vous trouve à flâner dans le quartier des potiers. Si vous vouliez faire des emplettes, il aurait été plus simple de le dire et de passer par la grande porte, votre majesté.




Dernière édition par Barahir Liel de Falathrim le Mer 25 Mar - 9:11, édité 1 fois
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Liam Ailedargent
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MessageSujet: Re: Il est passé par ici, et repassera par là...   Lun 16 Fév - 23:45

Finalement, j’étais allé voir le fils de ce si sympathique potier, qui m’avait un peu caché des quelques gardes lambda patrouillant dans Dhaval. Et en effet, les poteries décoratives effectué par le fils valaient le détour que m’avait conseillé le père. Elles étaient finement décorées à la main, lissées avec patience, cuites avec douceur, et leur couleur rappelait le sable chaud du désert, qui n’était pas loin, alors que le soleil se couchait. En flânant j’avais remarqué un petit lot discret et féminin, un set de cinq contenants à maquillage. Deux petits pots au couvercle ouvragé pour la poudre des yeux, un flacon pour l’huile de corps, un autre flacon pour le parfum et un troisième servant de poudrier, dans un camaïeu de brun, décorés de petites fleurs peintes en noires et rouge. J’avais pris les pots en main, et avais été pensif un long moment, en oubliant presque que j’étais déguisé, incognito et sensé échapper à la garde. L’anniversaire d’Oyalenka arrivait, et je trouvais que l’idée n’était pas si mal, même si j’avais le temps de voir venir et d’avoir d’autres idées de présent. Je les faisait mettre de coté par le marchand. Je n’allais pas les prendre aujourd’hui, pas à demi en fuite, il suffisait que le naturel me reprenne et que je file à tire d'aile en estimant que tout compte fait, je n'avais plus tellement envie de voir le duc.
Ailord, lui, disparaissait et réapparaissait quelques fois à mes cotés, vaquant à ses propres occupations, me faisant quelques commentaires en passant. Je savais qu’il allait regarder un peu partout pour voir s’il pouvait embêter quelqu’un, ou voir si quelqu’un nous était familier. Il avait repéré une femme qu’il soupçonnait d’être amie du duc. Pourquoi ? Parce que ça n’était pas notre première fugue et qu’il l’avait remarqué fouinant auprès de nous et nous suivant quelques minutes avant que de Flathrim arrive. Si d’habitude j’essayais de disparaitre de la circulation, pas aujourd’hui. Je fis comme ci de rien était, et Ailord, surexcité à l’idée qu’on allait bientôt être rejoind, repéra bien vite les cavalier à dos de lézard qui nous recherchaient. C’était étrange de se dire que l'on était pressé d'être rejoins, retrouvé par les hommes avec qui on faisait des partie de cache cache pendant des heures. Collada avait été rapide à prévenir mon poursuivant habituel. Ailord volait sous forme venteuse dans la poussière des lézard, riant au éclat en envoyant quelques brises poussiéreuses dans les yeux de l'un d'entre eux.
Je riais avant de répondre à mon interlocuteur.

-Galaedor ? Il y ferait bien trop froid pour moi voyons, et avant d’y aller j’enverrais mes chères cousines, voir si je pourrais m’y acclimater. Ou bien y finir leur vie en prétextant je ne sais que décret, ce serait merveilleux que de pouvoir les y envoyer une bonne fois pour toute sans passer pour un goujat.

Ailord me rejoignit, toujours invisible pour des yeux qui n'étaient pas les miens. Il souriait à pleine dents, et ça me rendais tout aussi joyeux de le voir dans cet état d'esprit. C'était une bonne journée en fait, très bonne.

-Sinon figurez vous que les emplettes n'étaient pas réellement au programme de ma ballade, mais ça me l'a agréablement ponctuée en vous attendant.

J'avançais doucement en direction d'un muret, qui était là pour séparer la rue du vide en dessous. Je sentais les soldats accompagnant le duc me regarder, tendus, prêt à faire de nouveau courir leurs montures si je me jetais dans le vide pour m'envoler au loin. La tentation fut grande, rien que pour pouvoir rire de leur tête plus tard, mais je ne fis que me hisser sur ce muret, posant mon séant sur les pierres poussiéreuses du dessus. Ailord apparut alors, debout à mes coté, marchant comme un funambule sur les pierres. Je levais alors le sac de toile contenant mes vivres.

-Allons, cher Duc, profitons d'être tout deux à cet endroit, en ce moment précis, et avec de quoi manger pour nous poser et discuter simplement, sans tous ces lézards et ces hommes attirant l'attention sur nous, juste vous et moi. Et Ailord, bien entendu.

Je cru desceller un air suspicieux chez mon interlocuteur. Je pris alors un air innocent, et outré, avant d'esquisser un sourire amusé, et de poser ma main libre sur mon cœur, tandis que l'autre se levait, tenant l'anse de mon sac entre le pouce et l'index. Ailord en fit de même, m'imitant.

-Je jure sur mes royales plumes que je ne vous ferais pas faux bond, et que je tiendrais Ailord tranquille. Ce dernier eut un sourire bien trop large pour qu'il laisse présagé qu'il se tiendrait tranquille Enfin autant que possible, là dessus je ne peux jurer de rien.


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Barahir Liel de Falathrim
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MessageSujet: Re: Il est passé par ici, et repassera par là...   Ven 20 Fév - 15:27

Ailord était une plaie. Un des cavaliers pesta alors que l'élémentaire lui envoyait de la poussière et du sable dans les yeux, ce qui faisait rire l'abominable petit garçon fait de vent. Barahir ne pouvait que penser que son roi et lui formaient un couple assortis, qui devaient secrètement travailler pour Argagibaal, la déesse de la discorde. L'humour de l'élémentaire flirtait carrément avec la méchanceté, et le Duc ne pouvait s'empêcher d'avoir envie de l'étrangler. Surtout dans un moment pareil. Le sourire qu'affichait sa altesse royale lui donna envie de le jeter lui même par dessus le parapet. Mais leur foutu roi était un putain d'Aérial, et la gravité n'était pas réellement un problème pour Liam Ailedargent. Fort heureusement, et au grand soulagement d'Olayenka et de lui-même, ainsi que de sa famille, il savait quand même se comporter en roi lorsqu'il le fallait, et son affreux compagnon aérien savait aussi se tenir, afin d'éviter le moindre incident diplomatique. Cela ne les empêchaient pas de martyriser la garder. Ses soldats eurent tous le même mouvement quand ils crurent que le roi allait leur échapper, comme il le faisait parfois, pour mieux les narguer une fois dans les airs. Barahir devait alors lancer les unités aériennes à la poursuite du souverain. Difficile d'ailleurs de l'appréhender, puisque, étant leur roi, les soldats avaient juré leur allégeance, mais ils avaient aussi fait le serment de défendre leur souverain, et non pas de lui couler du plomb sur les ailes pour qu'il reste tranquille. Inutile de dire que Barahir s'était parfois senti désavantagé, lui ne pouvait voler pour se rendre d'un endroit à un autre. Il avait eu vite fait de compenser en postant des hommes à lui partout, en permanence dans la cité. Sans compter sa propre connaissance des lieux, jusqu'aux égouts, et aux lieux les plus mal famés, ou même leur téméraire et capricieux roi ne se rendrait de lui même, même avec un élémentaire aussi puissant qu'Ailord. A chaque cité sa vermine, et Dhaval n'y échappait pas. Barahir s'était d'ailleurs bien souvent complu dans la fange et avait partagé bien des verres avec la lie de la cité, dans sa jeunesse.

-Galaedor aurait au moins le mérite de refroidir vos ardeurs, grommela le Duc tout en faisant avancer Shelkys hors des rangs, sans vouloir vous offenser, votre majesté.

Oracle pinça les lèvres et serra les mâchoires. La Taltos désapprouvait totalement le comportement de son supérieur, mais elle ne pouvait pas non plus affirmer qu'il avait tort. Liam Ailedargent, était selon elle, comme le Duc, un irresponsable doublé d'un cador. Cependant, le Duc de Falathrim avait fait ses preuves depuis longtemps, et il était passé maître dans l'art de rattraper leur capricieux souverain. Les frasques de ce dernier ne manquaient jamais d'amuser le peuple, qui avaient une affection toute particulière pour ce royal fugueur. Oracle ne désapprouvait pourtant pas moins ce comportement. Elle redoutait toujours le pire. Elle nota la méfiance du Duc face à la proposition du roi. Barahir regardait son souverain avec un air sceptique, se demandant ce qui pouvait bien lui être passé par la tête. Il plissa les yeux, fixant son souverain, en se disant qu'il y avait clairement anguille sous roche. Même cette mascarade de serment ne le convainquit pas totalement. Il leva un sourcil quand son roi jura, clairement amusé. Il s'amusait bien trop pour que Barahir soit totalement à l'aise. Finalement, il ne pouvait pas vraiment s'opposer aux désirs de son souverain sans avoir le ligoter et le trainer de force jusqu'à la cité royale.

-Très bien, soupira-t-il en se résignant et en se demandant si ce n'était pas un piège pour se débarrasser de lui en le jetant dans le vide après tout, si lui avait eu l'idée, les deux disciples d'Argagibaal pouvaient avoir eu la même idée.

Barahir se contenta de regarder son bras droit, lui signifiant d'un regard qu'il n'avait pas vraiment le choix. Il fit un simple geste de la main pour les congédier. La Taltos se servit de sa télépathie innée pour signifier au Duc qu'ils ne seraient pas loin. Tandis que Barahir démontait souplement, les cinq cavaliers firent demi-tour, s'éloignant dans un nouveau nuage de poussière.

-Bien évidemment, ne comptez pas sur moi pour les renvoyer jusqu'à Bois-Blanche. Je sais ce dont vous êtes capable. Encore une fois, n'y voyez là aucune offense mon roi.

Le Duc dévoila ses dents blanches dans un sourire sarcastique, alors qu'il nouait les rennes de Shelkys au poteau d'une lampe nocturne. Il gratifia la lézard d'une grattouille sous le menton, là où les écailles et la peau était la plus tendre. Un étrange ronronnement s'échappa de la bouche du reptile, qui roula des yeux de plaisir.

-J'ose espérer que votre majesté ne m'a fait pas fait traverser Dhaval toute entière pour un simple pique-nique, poursuivit-il en franchisant les quelques pas qui les séparaient. D'autant que si sa majesté voulait déjeuner en tête à tête avec moi, il aurait suffi qu'elle me fasse part de ce désir. Plutôt que de mettre la garde dans tous ses états pour la énième fois. Attendez vous à ce que Olayenka ne vous fasse encore la morale, elle n'était pas fraichement ravie lorsque je suis parti.

L'intendante avait vu rouge, et Barahir lui même avait filé avant qu'elle ne réussisse à lui mettre la main dessus. Il s'était empressé de partir et de quitter la cité royale avant que ses cris ne résonnent dans les couloirs. Olayenka était une femme à la poigne de fer, et si elle aussi, avait juré allégeance à son roi, elle n'en demeurait pas moins la seule capable de pouvoir - parfois - lui faire entendre raison. Ce qui n'empêchait pas Liam de s'adonner à des escapades de ce genre. Barahir avait abandonné depuis longtemps l'idée de lui faire comprendre que sortir ainsi pouvait être dangereux pour lui. N'importe quel assassin à l'affût aurait là une excellente occasion de s'en prendre au roi de Dhaval. Non pas que le danger soit immédiat, mais il suffisait d'une contrariété pour quelqu'un mette à prix la tête d'un autre individu. L'assassinat n'était pas un passe temps uniquement Morniens, loin de là.

-Mais soit, concéda-t-il, peut-être que cette fois j'intercéderai en votre faveur, dépendant de la raison qui me fait me tenir ici, en plein milieu d'une rue. Cela dit, sans vos petits jeux, Dhaval serait d'un ennui mortel. Je vous dois bien ça. Et ça entretient la forme et la réactivité de la garde... Donc, venons-en aux faits, de quoi s'agit-il ?



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Liam Ailedargent
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MessageSujet: Re: Il est passé par ici, et repassera par là...   Mer 4 Mai - 17:40

-Je ne m’en sens aucunement offensé, voyez-vous, je crois que je ne me ferais pas confiance moi-même en une telle situation.

Ailord eu un rire franc qui ne parvint qu’à mes oreilles, et jusqu’à celles du Duc. C’était vrai que même nous, nous nous étonnions de nos propres réactions et décisions. La différence, c’était que nous étions en accord avec nous même quand nous les prenions, et nous savions les assumer. Les cavaliers s’éloignèrent donc, sans pour autant rentrer au bercail, toujours aussi méfiants. Mon élémentaire apparu juste pour faire un signe d’au revoir au pauvre cavalier à qui il avait envoyé du sable dans les yeux. Il l’aimait bien étrangement, alors qu’il l’avait aveuglé de sable, rien de très étrange en fait pour le roi, après tout, il avait bien manqué d’envoyer Liam en plein milieu de la mer lors de leur première rencontre, et à présent ils ne se quittaient plus.


-Allons cher duc, vous me connaissez, j’ai horreur d’être aussi conventionnel qu’une simple invitation à déjeuner en tête à tête, surtout avec vous. Ce serait étrange que de vous inviter à déjeuner d’ailleurs, on me croirait malade. Et de plus, je dirais que c’est plus une collation qu’un vrai déjeuné au vu de l’heure n’est-ce pas ?

Ailord, qui était debout à côté de moi, dos au vide, hocha longuement la tête, approuvant mes paroles. Le vent souffla, sans qu’il intervienne, vers le parapet, retirant un peu de craie sur mes ailes. Je les secouais alors un peu pour retirer l’excédent qui voudrait partir, et mon élémentaire passa derrière moi, pieds dans le vide, pour tapoter mes plumes avec douceur et retirer tout ce qui restait avec application. Il se rendit de nouveau invisible pour le faire, seule la craie qui partait en petits nuages trahissait sa présence.
J’eu un air un peu plus sérieux, ce qui m’arrivait rarement. Pas d’être sérieux, mais d’en avoir l’air.


-Il s’agit surtout de passer un peu de temps en dehors de mon cher palais, et à l’abri de nobles oreilles indiscrètes, qui pourraient vouloir intervenir dans mes idées. Idées qui ne sont pas encore claires et qui ont besoin d’être éclaircies. Et d’un avis franc surtout, ce que je sais trouver chez vous. Vous êtes peut-être le seul à oser dire tout haut ce qu’il pense, et j’aime beaucoup ça.

Ailord avait déjà créé autour de nous une fine paroi de vide, faisant comme une bulle invisible aux yeux de tous, empêchant le son de se propager ailleurs que dans cette bulle. J’avais eu une idée, des projets pour Dhaval, des projets qui étaient assez ambitieux pour que je doute. Pas des projets en eux-mêmes, non eux je les trouvais plutôt bons en soit, mais de moi. Cela faisait un peu plus de sept ans que j’étais roi, et si je ne pensais pas être un mauvais roi et ne pas savoir gérer les affaires courantes du royaume, je n’avais encore jamais eu de réelles initiatives, et je souhaitais avoir un avis extérieur sur mon idée, savoir si elle était réalisable. Je savais que le Duc ne me ménagerait pas, ce n’était pas dans nos habitudes de se faire des courbettes -sans qu’elles ne soient justifiées-, même s’il enrobait ses paroles devant Olayenka. Il fallait que je trouve les mots justes pour définir ce que j’avais en tête, des arguments pertinents pour le mettre en avant, car même si j’étais roi, il me fallait tout de même obtenir un certain aval des nobles de ma cité, pour que mon projet aboutisse.
Je sortais notre pique-nique de son sac de toile, et posait les victuailles sur ce dernier pour les protéger. Le melon embaumait délicieusement, le fromage semblait tout aussi délicieux, sans parler du jambon sec. Je coupais habilement le melon en tranche, et le fromage en morceaux. Le jambon déjà tranché reposait dans une sorte de feuille de papier. J’attrapais une des tranches de melon et coupais un morceau de chaire que je mangeais du bout de mon couteau, je désignais les victuailles à l’intention du Duc.

-Prenez cher duc, il est sucré à souhait, et a un parfum exquis.

Je prenais alors un morceau de jambon sec, et le mâchais un peu plus consciencieusement que le melon, savourant le mélange des goûts dans ma bouche. J’émis même un petit bruit de contentement. C’était bien moins raffiné que ce qu’on servait aux cuisines, je devais bien l’admettre, mais j’aimais aussi ce côté rustique de la nourriture. Je terminais ma bouchée avant de reprendre.

-J’aime ces produits cultivés de par chez nous, c’est vraiment délicieux. Je n’échangerais pas ces mets même contre les fameuses Bellicornes des sœurs Fardale à Armenelos. Que j’ai déjà gouté. Et qui sont sublimes en effet. Les sœurs aussi.

Je repris une nouvelle bouchée, meublant par là même le silence qui allait suivre. Si je savais de quoi je voulais parler au Duc, je devais avouer ne pas savoir comment l’amener sans avoir l’air de passer du coq à l’âne, ou sans avoir l’air idiot. Je cherchais dans ma tête une manière d’amener en douceur mon idée, de l’argumenter un peu dans le même temps, autant avoir l’air d’être certain de ce que j’avançais. Même si je me doutais qu’il était visible que je prenais mon temps, j’espérais que le Monsieur le Duc s’imaginerai que je ménageais mes effets afin de le faire enrager un brin. Alors que mon esprit s’agitait, Ailord interrompit le fil de mes pensées.

Pourquoi chercher à souffler une gentille petite brise, alors que tu sais que ton idée aurait l’effet d’un ouragan ? Fonce, après tout, tu es le roi, on s’en fiche que tu ais l’air idiot quelques minutes.

Ceci est sensé m’aider Ailord ? Je n’aime pas avoir l’air idiot comme tu dis, et surtout pas devant ma nourrice préférée.

Bon, au pire, s’il se moque tout bonnement de toi, tu peux toujours le faire mettre au cachot pour crime de lèse-majesté ?

Ce n’est pas aussi simple. Et je suis pas sûr qu’on qualifiera sa moquerie de  «crime de lèse-majesté »


Je continuais de réfléchir rapidement. Ce que venait de me dire Ailord n’était pas tellement faux, aller à l’essentiel serait certainement ce qu’il y avait de plus simple. Et si jamais le De Falathrim se moquait ouvertement de moi, et bien j’userai de mes pouvoirs, et je l’enverrais sûrement faire une inspection détaillée de chaque poste de garde se trouvant sur le territoire, avec un rapport détaillé de l’états des parements extérieur. Pas besoin de l’envoyer aux cachots, il serait plus utile dehors quand même. Oui, c’était une très bonne idée, une excellente idée même. Cette dernière me permis de me lancer.

-Vous n’ignorez pas que Dhaval est ancrée dans la montagne et sa vallée, ancrée dans les terres, avec de nombreuses routes commerciales allant vers l’Empire, le reste de l’Esgal, le Royaume Divin, dont quelques-unes passant par la voie des airs.

J’essuyais mes doigts sur un mouchoir qu’Ailord, toujours invisible pour tous, pris dans ma poche. Je le remerciais silencieusement. Mon élémentaire alla flâner sans brusquerie autour du duc.

-Dhaval a longtemps crût et prospérée, mais actuellement, nous sommes dans une période où nous n’évoluons plus réellement. Nous sommes assez limités par notre position actuelle. Géographiquement parlant bien sûr.


Je voyais dans le regard du duc qu’il n’attendait que la suite, mais j’avais personnellement besoin de ce petit discours d’introduction pour terminer de mettre dans le bon ordre mon véritable but, l’idée que j’avais eu. Et j’aimais bien voir qu’il s’interrogeait sur mes intentions, se demandant si je ne lui faisait pas juste perdre royalement son temps.


-J’aimerais, comment dire. «Agrandir ? » le royaume. Utiliser les terres que nous avons aux bords de la mer du sud, pour accroître notre pouvoir de commerce, mais aussi les ressources exploitables. Il y a déjà quelques petits villages, mais je souhaite faire émerger une vraie ville, important. Une place forte qui serait un port de pêche, de commerce et d’échange qui enrichirait considérablement le royaume, et nous renforcerait également.


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Barahir Liel de Falathrim
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MessageSujet: Re: Il est passé par ici, et repassera par là...   Mer 27 Juil - 23:12

Le Duc s'accouda au parapet, étant toute ouïe. Il eut un sourire, couplé à un grognement, quand suzerain avoua que lui non plus ne se ferait pas confiance. Barahir songea que si quelqu'un voulait attenter à la vie du roi de Dhaval, ce serait facile d'attendre une de ses escapades, et de s'en prendre à lui. S'il avait à le faire, il s'y prendrait de cette manière. Fort heureusement pour Liam Ailedargent, le Duc de Falathrim le servait. Son regard se porta sur la rue, et les gens s'écartaient soigneusement d'eux, leur jetant des coups d’œil. Ses hommes s'étaient dispersés, pour couvrir la rue. Barahir ne pouvait s'empêcher se ressentir une pointe de méfiance. Finalement, le jeune roi en fait aux faits, alors que des nuages de craies s'élevaient de ses ailes qui redevenaient brunes. Le maître espion roula des yeux, soupirant :

-Sérieusement, la prochaine fois que vous voulez me parler seul à seul, envoyez moi une missive. J'aimerai éviter de sonner la charge chaque fois que ça vous prendre, et ça sauvera des années de vie à Olayenka, et des frayeurs à vos serviteurs.

Un changement dans l'air, un changement de pression, un léger "pop" dans ses oreilles, lui indiqua que l'élémentaire avait placé un champ, une sorte de bulle qui empêcherait leurs paroles d'être audibles par d'autres qu'eux. Barahir haussa un sourcil.

-Vous savez, avec ça, vous auriez pu rester à Bois-Blanche pour me parler. Et je suis surtout le seul qui n'a pas de faveurs à vous demander, ou à avoir besoin d'entrer dans vos bonnes grâces.

Le Duc eut un sourire éclatant, ses dents blanches contrastant avec sa peau noire. Barahir Liel de Falathrim devait sa place à ses faits d'armes, à ses capacités, à une certaine dose d'ambition, mais pas à des courbettes. Son poste n'avait pas été acquis grâce au bon vouloir d'un puissant et surtout pas d'une tête couronnée. Même si sa nomination avait été approuvée par la couronne. Il le regarda sortir les victuailles de son panier, et faire le service. Le melon et le fromage étaient chacun enveloppés dans un torchon, et le jambon dans du papier ciré. Il attendit prudemment que le roi se serve, signe que la nourriture n'était pas une entourloupe de plus, avant de prendre un morceau de melon.

-Merci votre majesté. Oui, je gage que le jambon et le fromage ont été cultivés avec patience.

Le Duc eut un sourire hilare. Il leva une jambe, la repliant, pour se saisir d'une petite lame dissimulée dans sa botte. Il s'en servit pour découper quelques morceaux de fromages, avant d'en piquer un de bout de la lame. Le roi ne releva pas, semblant plongé dans ses pensées. Barahir se demanda s'il n'était pas encore dans une ces conversations privée et mentale avec son élémentaire. Cela lui arrivait parfois en pleine réunion de son conseil, et cela laissait place à de grands moments de solitudes comme celui-ci, ou un silence gêné régnait alors dans la pièce. Pour sa part, Barahir en profita pour manger, grignotant un peu, ses yeux balayant régulièrement la rue, et même la rue en contrebas et le ciel.

-Je ne l'ignore pas, en effet.

Cette entière en matière avait piqué la curiosité et l'intérêt du Duc. Ce dernier se demanda ce que son roi avait en tête pour parler ainsi, lui exposant des faits que chacun à la cour et se préoccupant de politique, de commerce, ou simplement du royaume connaissaient. Son roi semblait hésitant, mais il semblait aussi avoir longuement réfléchi. Barahir acquiesça à ses propos, avant de les corriger, légèrement :

-Notre position limite nos possibilités, encore cela dépend de ce que vous mettez dans ce mot. Mais c'est elle aussi qui a permis à Dhaval d'échapper aux effets les plus néfastes de la Chute. Mais continuez.

Ah. Une expansion. De Falathrim sut que le sujet était vraiment sérieux. Rien avoir avec un quelconque refus - un énième refus - pour une proposition de mariage ou d'alliance, ou d'une demande stupide d'un nobliau trop enthousiaste. Il hocha la tête très lentement, réfléchissant :

-Ce ne serait pas... impossible à réaliser. Le Littoral Sud n'est plus affecté par la magie corruptrice d'Altare. Il y a des villages oui. Enfin se sont plutôt des hameaux amassés autour de puits. Cela dit, les clans y passent régulièrement. Mais cela reste fragile.

Il secoua la tête.

-Vous n'ignorez pas Majesté, que l'Esgal est parasité par les Abominations, et que nous ignorons leur nombre exacte. Elles deviennent hardies. Et les gens deviennent imprudents. Je me permets de vous rappeler le dernier incident en ville avec l'une d'elles. Sa "découverte" a provoqué la panique et un incendie. Mais... une ville portuaire fortifiée devrait pouvoir parer à ce genre de problèmes et à ceux des pirates et des pillards. Mais si nous mettons ce projet en branle, Iskandar ne restera pas sans réagir. Construire une cité serait comme de déclarer que l'Esgal est à la couronne de Dhaval, alors que...

Le Duc haussa ses larges épaules.

-L'Esgal en tant que royaume n'existe plus depuis la Chute. Il nous faudra être prudents pour ne pas offenser notre aimable rivale.

Son visage se tordit un en rictus peu flatteur, trahissant tout ce qu'il pensait de la cité-état d'Iskandar. Pour Barahir, elle était le berceau de la lie de l'Esgal, une citée pourrissante sous le soleil, fleurant bon le cadavre, rongée par les vers et attirant les mouches.

-Mais les échanges avec les ports du Sud seraient directs, sans avoir besoin de passer par les cimes de l'Eredmorn. Et nos marchandises pourraient transiter par le fleuve, comme cela se fait ailleurs. Cela demandera aussi beaucoup de nos ressources, de la main d'oeuvre, et majesté, je ne suis qu'un de vos humbles serviteurs, mais nous sommes quelque peu limités aussi de ce côté là. Pour mener à bien votre projet, et pour qu'il soit viable, vous devrez forcément emprunter ou faire importer.



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Liam Ailedargent
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MessageSujet: Re: Il est passé par ici, et repassera par là...   Lun 8 Aoû - 18:16

-Olayenka est bien moins fragile que ce que vous semblez l’imaginer mon cher Duc. Et je croyais que vous trouviez ces petites alertes impromptues plutôt bonnes pour éviter que vos hommes ne rouillent ?

Le souverain répondit  avec un léger sourire, sachant très bien que tout le monde s’en faisait pour lui dès qu’il disparaissait. Pour quelqu’un qui avait passé son enfance à vadrouiller partout sans que ses parents -un peu trop occupés pour s’occuper réellement de lui- ne s’en inquiètent, la première fois qu’on s’était inquiété de ne pas le voir lui avait fait tout drôle. Adulte, il lui arrivait parfois de s’en étonner encore, voir même de ressentir une pointe de culpabilité. Mais il avait passé son enfance à aller où bon lui semblait, quand il en avait envie. Il s’était fait des connaissances, avait vu beaucoup de choses différentes, apprit des choses différente, connu de nombreux lieux non officiels tout aussi ou bien plus intéressant que les palais et temple où ils étaient reçu avec ses parents. Il avait connu tant de belles choses, il avait rencontré Isil...
Ces escapades étaient plus dangereuses depuis sa nomination au titre d’héritier et son couronnement, mais elles lui apportaient tant qu’il n’y renoncerait pas. Ca semblait égoïste, et ça l’était sûrement, mais aller anonymement dans les rues faisait partit entièrement de ce qu’il était.
Agitant les ailes pour les dégourdir un peu, Liam eut de nouveau un sourire, plus franc.


-Vous savez que même avec ça, le roi désigna d’un geste léger de la main l’air autour d’eux, il s’en trouvera toujours un ou deux qui tentera de s’approcher pour entrer dans cette bulle, ou de me déranger purement et simplement. Et le Sacro-Saint pouvoir royal m’empêche d’envoyer voir ailleurs tout le monde à chaque fois. Si j’en froisse un, un autre s’en réjouira, et l’on dira que je favorise telle ou telle famille ou personne. Puis je devrais dire que non, mais on dira que oui et que je les protège, et je vais me retrouver avec une petite guerre civile au sein du palais pleine de commérages et totalement inutile. Bref, je trouve cela bien plus simple d’être loin d’eux.

La noblesse était souvent capricieuse, surtout celle qui s’étalait depuis des générations et des générations. Et encore plus lorsque ces générations s’étaient reposées sur le fait qu’en tant que noble ils pensaient être mieux que les autres, et qu’ils avaient oubliés d’où ils venaient. Mais souvent la paix d’un royaume reposait sur ces nobles capricieux et il fallait jouer de tact pour n’en froisser aucun.
Le roi fronça le nez en entendant la moquerie du duc, comme un nobliau froncerait le sien en voyant de la boue sur ses nouvelles chaussures, un tic qu’il avait lorsqu’il était un peu contrarié. Son ton ne fut pas froid pour autant, au contraire il fut amusé.


-Ah, ah, ah, jouez donc sur les mots Barahir, vous avez très bien compris ce que je voulais dire. Et évitez de trop vous gausser en mangeant, vous risquez de vous étouffer avec un morceau de jambon patiemment cultivé.

Je peux l’y aider si tu veux ? Il s’est moqué de toi après tout.

Liam découpa avec application un fin morceau de jambon qu’il plaça dans sa bouche avec un léger sourire à la réflexion de son élémentaire. Heureusement qu’il n’était pas aussi susceptible que pouvait l’être son élémentaire d’air, il aurait tant de monde à dos et quelques meurtre sur les mains.

C’est gentil de le proposer, mais qu’est-ce que j’ai déjà dit sur le fait d’envoyer des membres de mon entourage chez un guérisseur ou pire ?

Ailord se tint quelques secondes sans bouger et se mit à virevolter autour de lui, toujours aussi invisible, avec un grand rire audible uniquement du roi. Puis il leva le doigt et prit un air d’érudit expliquant sa science à un publique de néophytes, flottant dans les airs.

Que si ça ne sont pas tes cousines -et suffisamment bien camouflé en accident-, c’est non !

Parfaitement !


Liam se rendit compte que, vu de l’extérieur, il souriait à pleine dent à du vide et il se reprit, plongeant dans ses réflexions et le masticage de son morceau de melon, qui débouchèrent sur un long silence, coupé pour lui par son dialogue intérieur avec Ailord.

Une fois son idée exposée à son interlocuteur, de manière plus succincte que ce qu’il aurait voulu faire à a base, il attendit la réaction  du Duc. Pas de rire, c’était déjà une bonne chose, son idée n’était pas idiote ou ridicule. Au contraire, de Falathrim réfléchissait en parlant, cherchant à organiser quelques idées lui aussi dans la foulée. Il approuva l’idée en exprimant qu’elle n’était pas impossible à réaliser. Rien que cela le soulagea. Son idée n’avait rien d’excentrique, d’une lubie ou d’un coup de folie, elle était même faisable.
Le fait que le Duc soulève les points qui pourraient empêcher que l’idée ne se fasse montrait qu’il la considérait réellement. Il souleva des points que le souverain avait déjà notés dans son esprit. L’aérial avait longtemps planché sur ce qu’il souhaitait faire, sur comment le faire, sans forcément être sûr d’avoir pensé à tout ou qu’il ne s’embarquait pas seul dans un projet semblant bien trop ambitieux et impossible à réaliser. Liam l’écouta avec attention, même Ailord avait cessé de créer de petites tornades de poussière sur le sol.


-En effet, je ne l’ignore pas. Et c’est ces deux points qui noircissent le plus le tableau dans ce que j’aimerais faire. Et bien sûr que je n’ai pas oublié cet incendie, heureusement ça ne s’est limité qu’à cela, il n’y a pas eu de morts et les blessés s’en sont bien remis.

La responsable de tout ce chaos n’avait pas été retrouvée. Ils recherchaient la chercheuse activement dans le royaume. Elle et son dragon. Elle devait rendre des comptes, payer pour les dégâts, expliquer ce que fichaient ces abominations dans son laboratoire. Il ne savait pas encore si elle subirait une peine de prison pour cela, attendant d’avoir des explications pour ce qui s’était passé. Il n’ignorait pas que ladite chercheuse avait contribué à la construction de la piste Brune, elle devait avoir une idée en tête pour que cette Abomination soit là.

-Ces Abominations sont une véritable plaie. J’ignore comment s’en débarrasser de manière définitive et si même cela sera un jour possible, mais la magie de la piste brune peut les repousser. Il nous faudra solliciter l’aide d’une guilde de mage afin d’en reproduire les effets le long de la future citée et peut-être de la route y menant. Sans compter quelques postes de garde. Cela devrait assurer la sécurité et le calme là-bas.

Le tout était de trouver une guilde capable de mener à bien ce projet. Il ne doutait pas des mages de sa citée, mais ils s’occupaient déjà de tâches importantes comme le maintien des quartiers suspendus. Il ne pourrait pas tous les mobiliser pour accomplir ce travail, surtout loin de Dhaval.  

-Vous avez aussi raison sur le fait que l’Esgal n’a plus d’existence que dans l’Histoire du Monde et Iskandar n’est qu’une petite citée persistant au milieu d’un désert de vie pullulant d’Abominations.

Il pianota sur le muret du bout de ses ongles l’air d’une chanson qu’il avait entendu un peu plus tôt dans la journée.

-Mais Iskandar est, et ce serait en effet une grave erreur que de ne pas la prendre en considération. Je ne souhaite pas déclencher au mieux des tensions, au pire une guerre. Il nous faudra sûrement envoyer quelques émissaires, en rencontrer certains avant de commencer à construire, afin de leur expliquer ce que nous comptons faire et que cela n’a rien d’une invasion.

Il eut un léger rire en réponse au rictus qu’avait eu Barahir.

-Sincèrement, que ferions-nous d’un désert, même s’il a des routes commerciales empruntées par des clans et des nomades. C’est l’ouverture sur la mer que je vise.

Le Duc en vint à la question des ressources, tant matérielles que financières. La citée de Dhaval n’avait pas de ressources illimitées, et chaque chantier avait son coût. Créer une citée, ou en renforcer une déjà existantes, aurait un coût pour la couronne.

-Oui, c’est vrai que le royaume n’a pas accès tous les matériaux nécessaires à un projet de cette envergure. Et la Couronne ne dispose pas non plus d’un budget illimité afin de mener cela à bien. Les dépenses annuelles sont assez conséquentes pour entretenir le royaume, et même en grignotant de-ci de-là quelques sommes, il n’est pas possible de réunir de quoi commencer et achever le projet.  

Liam prit le temps de couper un morceau de jambon, un morceau de fromage et de les mâcher tous deux avec lenteur, puis de les avaler.

-Même si le commencer est financièrement tout à fait faisable, les ressources et les matériaux finiraient par manquer inexorablement. Mais pour ce qui est des matériaux et d’une partie du financement, j’ai déjà commencé à prendre quelques renseignements et contacts. Je crains que l’issue ne soit pas forcément à mon avantage personnel, mais bon, croyez-le ou non, je serais prêt à beaucoup de choses pour Dhaval. [/color]


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Barahir Liel de Falathrim
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MessageSujet: Re: Il est passé par ici, et repassera par là...   Jeu 18 Aoû - 0:38

-N'importe qui ayant sa charge finirait par devenir "fragile". Mais certes, cela nous maintient en forme, même si vôtre majesté doit savoir que mes hommes sont avant tout des espions, et que généralement, nous opérons rarement en plein jour.

Olayenka avait la lourde charge d'être à la tête du conseil royal, et elle exerçait entre autre, un rôle proche de celui de bras de droit. Intendante, elle avait fini par déléguer les tâches relatives à la gestion de la cité royale de Bois-Blanche, quand elle avait peu à peu eu ce rôle de première conseillère du royaume. Barahir siégeait au conseil royal, en tant que maître espion et pair du royaume. Les escapades de Liam, les premières, avaient eu l'effet d'un ras de marée, et Bois-Blanche, puis Dhaval toute entière était entrée en ébullition. Les escapades suivantes avaient été... gérées de façon plus discrètes. Comme aujourd'hui. Mais le Duc de Falathrim savait qu'une partie de la population savait parfaitement ce qui se passait quand les hommes de Barahir se déversaient dans la cité, soulevant des nuages de poussière sur le dos de leurs lézards.

-Si votre majesté ne disparaissait pas pendant la moitié des audiences royales, peut-être que certains s'enhardiraient moins.

Barahir lui décocha un sourire, avant d'engloutir un morceau de melon. Puis son souverain lui exposa son idée, et lui même se mit à y réfléchir, sérieusement. Finalement, Liam Ailedargent avait de la suite dans les idées, et le Duc estima qu'il était... non pas touchant, mais marquant une certaine forme de respect mutuel, pour que ce soit lui que son roi ait attiré ici. Il n'ignorait pas la confiance qui lui était accordée ici. On venait de lui confier une idée, un projet, et mais il avait noté qu'on était peu sûr de sa réaction. Barahir était prompt à l'humour, un humour parfois douteux, mais sa loyauté était indéfectible, et son respect l'était également. Il n'oubliait jamais son serment, et encore moins à qui il s'adressait. Même si Liam se comportait parfois comme un sale gamin capricieux, il avait parfois des fulgurances comme celle-là. Barahir secoua la tête.

-Je suis navré de l'apprendre à votre majesté, mais deux hommes ont péri, suite à leurs brûlures. J'imagine que la cour de sa majesté voulait le préserver, mais... l'incendie a ravagé une partie d'un quartier inférieur, c'est un des pires incidents qu'ait connu Dhaval depuis... Depuis la tentative d'assassinat sur la famille royale par les seigneurs marchands d'Iskandar.

Le Duc secoua à nouveau la tête.

-La Piste Brune... est la somme et le résultat d'un travail colossal. L'égaler, et l'étendre à la largeur d'une ville, qui, si les Dieux le veulent, s'étendra avec les années, relèverait d'un miracle. Pour construire la piste, il a fallu pas moins de trois guildes de mage, dont l'une à été détruite lors de la guerre entre Cemenwin et l'Empire, et des mages renommés. Cela demande des fonds, beaucoup de fonds, pour faire venir autant de mages. Sachant qu'il faudrait étendre le sortilège chaque fois que la cité s'agrandira. Non votre majesté, la magie n'est pas une option. Tout comme pour votre belle cité, celle-ci pourra être dotée de solides remparts, et de défenseurs. Des patrouilles régulières, comme ici, suffiront à dissuader les abominations, ou à éliminer celles qui tenteraient de s'approcher.

Barahir prit le temps de manger un morceau de jambon, se rinçant la bouche avec un autre morceau de melon juteux.

-Proposez une exclusivité sur certaines marchandises à Iskandar, les marchands seront ravis de faire affaire avec vous. Il suffit de pratiquer des taux plus bas que ceux de l'Andanorië. Mais il vous faudra négocier avec la couronne andanoréenne... Après tout, les ports andanoréens étaient les seuls à fonctionner de ce côté-ci du continent après la Chute.

Il grimaça en suite. Il était né noble, mais ses missions l'avaient amené à fréquenter les clans de l'Esgal, de l'Andanorië. Les clans étaient une part de la population à prendre en compte. A largement prendre en compte. Iskandar, Erzamar, et Dhaval étaient peuplées, presque parfois trop, mais la majorité de la population qui restait du royaume déchu était sur les routes, à vivre dans le désert ou les montagnes. Cela le fit tiquer d'entendre son souverain parler ainsi d'une population qui si elle n'était pas directement sujette à à la couronne, était parfois sous l'influence de Dhaval. Elle était ce qui restait de l'Esgal. Quant au désert, s'il était apparemment vide, il recelait encore des vestiges, mais il était aussi plein de vie. Les clans vivaient dans le désert, avec leur bétail, et ce bétail était une source de revenus, de produits, dont profitait Dhaval. Les clans étaient aussi connus pour fabriquer de nombreux objets, tissus, armes, baumes... Entendre son roi dénigrer tout ceci le hérissait un peu. Il se fit plus dur lorsqu'il répondit :

-Ne négligez pas les clans, majesté, le désert est ce qui fait aussi notre richesse. Les clans passent par Dhaval parce qu'ils vivent justement dans le désert. L'ouverture sur la mer, c'est très bien, mais ce qui transitera pas votre port, une fois que les chargements auront remontés le fleuve, où iront-ils ? par où passeront-ils ? qui les achètera ? et contre quoi ? La Piste Brune certes, mais les clans transportent aussi nos marchandises jusque dans l'Eredmorn, dans l'Empire, en Cyriaca... Nous profitons de ce qu'ils offrent. Et surtout, ils ne craignent pas non plus les Abominations, il y a peut-être là matière à réflexion ne croyez-vous pas ?

Il délaissa la nourriture, s'appuyant franchement contre le mur, croisant les bras, regardant le sol. Il lui fallait réfléchir, et il avait devait lui son souverain qui, s'il lui exposait son idée, cherchait aussi son avis, son soutient. Du bout du pied, il dessina des cercles dans la poussière et le sable des pavés. Finalement, dans une inspiration, il se redressa :

-Commencez petit. Commencez par un fort et un port fortifié, peut-être un petit bourg. Et servez vous du profit que rapporteront les marchandises, les voyageurs, pour étendre la ville, développer ses infrastructures... Pour la défense, je le répète, de hauts murs, des défenseurs, et peut-être quelques défenses magiques, qui seront plus abordables que la construction d'un sortilège semblable à celui de la Piste Brune. Ce sera long, mais cela coûtera moins à la couronne, et  à votre majesté. Je sais que vous êtes prêt à vous sacrifier pour Dhaval, mais attendez de le faire quand vous aurez désigné un héritier, que votre sacrifice de ne soit pas vain, et que votre héritier puisse poursuivre votre grande oeuvre.

Son regard se promena sur la rue, les passants qui les reconnaissaient s'inclinaient devant le roi, et saluait poliment le Duc. D'autres se contentaient de vaquer à leurs affaires, ou bien n'osaient pas faire de signe. Une petite fille les pointa du doigt, et son frère nerveux, sembla s'excuser, s'inclinant maladroitement, avant de tirer sa sœur par le bras.  

-Profitez des accords que vous passerez avec Iskandar, Fendassë, avec Cyriaca ou Nargoryth si ça vous chante, pour négocier des prix, des échanges, pour couvrir une partie du financement. Une cité ne pousse pas de terre au bout d'une poignée d'année. Regardez Dhaval, les débuts étaient loin d'être parfaits, il a fallu un siècle pour en arriver là où nous en sommes aujourd'hui.

Un large sourire éclaira son visage, une idée supplémentaire lui venant à l'esprit. Une idée qui devrait ravir son souverain, qui apporterait une solution à l'une des plaintes qu'il avait émis précédemment.

-C'est un projet ambitieux. Et ça donnera de quoi faire à la noblesse. N'oubliez pas la noblesse de Dhaval. Elle aussi a de l'argent, et des intérêts à voir une cité portuaire. Et vous éviterez ainsi qu'une noblesse oisive s'adonne à des petites guerres de réputation et de faveurs.


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