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 Quelques heures de veillée nocturne

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Jahangir Qiang Sung
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Peuple : Mornien, Humain.
Second(s) Métier(s) : Elémentaliste (eau) ; télépathe de moyenne intensité.
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MessageSujet: Quelques heures de veillée nocturne   Mar 23 Sep - 0:26

Les portes de l'énorme portail de la demeure des Qiang Sung s'ouvrirent silencieusement, glissant parfaitement sur leurs gonds. Les lourds battants de bois renforcés de métal s'ouvrirent juste assez pour les laisser entrer. Jahangir renvoya son escorte de quatre hommes d'un geste de la main, s'engouffrant entre les battants, qui se refermèrent derrière lui, toujours sans bruit, à l'exception des verrous qui claquèrent. Miharna, son palefrenier, arriva les yeux encore bouffis de sommeil, portant une petite lanterne. Silencieux, il aida Inu à descendre, avant de prendre la bride de la monture de son maître. Jahangir eut un simple hochement de tête, que le vieil homme lui rendit, avant qui'l ne dirige l'équidé vers les écuries. Inu semblait encore sous le choc, Oshia l'avait encore réchauffé durant le trajet, une opération plus délicate à faire sur le dos d'un animal en mouvement. Jahangir prit doucement l'esclave par le bras, alors que la porte du pavillon principal s'ouvrait, et qu'on les laissait entrer. Jahangir échangea quelques mots avec le serviteur qui venait de lui ouvrir, lui signalant que Lysanthir ne reviendrait qu'à l'aube.

Fei Long avait confié à son bras droit la mission délicate d'interroger, sans plus de violence que nécessaire, les hommes qui avaient combattus pour Judong. Sur le chemin du retour, le trajet lui avait paru long, et il n'avait pu s'empêcher de scruter les alentours, s'attendant à une autre embuscade. Ursa avait manipulé Judong, et il était possible que ce vieux renard décati ait eu plus d'une corde à son arc. Lysanthir avait constamment balayé le sol avec Siadnur, tandis que les faucons des chasseurs de Wan avaient tourné en cercles concentriques au dessus d'eux, puis les devançant à l'approche des murailles de la capitale. Ils passèrent par une autre porte, prenant plusieurs heures pour faire un détour, et entrer par la porte Sud, qui s'ouvrit pour eux. L'homme qui leur avait ouvert leur fit un signe, auquel il répondit, et Jahangir se sentit plus à l'aise, une fois qu'ils eurent regagnés le quartier sur lesquels Fei Long régnait en maître. Lysanthir, Wan, ses hommes et les prisonniers prirent un chemin différent du sien, gagnant des lieux sûrs, où ils pourraient garder les onzes hommes de Judong. Jahangir avait donné l'ordre qu'ils restent tous en vie, et d'éviter les violences. Vu le carnage, ces hommes n'avaient pas l'habitude de se battre, confirmant ses soupçons quant à l'appât du gain et la promesses qu'une vie meilleure. Hitokage était riche, mais pas pour tout le monde. Jahangir s'en était rapidement rendu compte quand il avait commencé à prendre le nom de Fei Long et à se battre avec des types encore plus paumés que ceux là. Il savait déjà ce qu'ils raconteraient, la plupart devait avoir une famille, et ils avaient sans doute espéré pouvoir s'en sortir en jouant les gros bras. Leurs vêtements étaient ceux des agriculteurs qui passaient la moitié de l'année dans les rizières à l'Ouest, ou bien dans les champs au bord du fleuve. Un vrai gâchis. Ursa avait couvert ses arrières en envoyant Judong recruter ailleurs que dans les quartiers où tous les gangs trouvaient leurs membres. Jahangir n'appréciait pas franchement qu'un ancien se serve des ambitions d'un jeune fou pour tenter de prendre le contrôle, pas après tout le temps où ils s'étaient tapés dessus, et où Hitokage avait été secouée par leurs petites guerres, rendant certains quartiers mortels et peu sûrs pendant des mois. Ils s'étaient mis d'accord, avant que les hommes de Chyrrlion ne mettent le nez dans leurs affaires, et avaient conclu une trêve. Ursa avait visiblement un peu trop de temps pour s'ennuyer pour avoir penser pouvoir monter sa petite affaire. L'oisiveté lui était visiblement nocive. C'est en ruminant ses pensées que Jahangir traversa Hitokage le plus silencieusement possible, pour regagner le luxueux quartier où il vivait.

Jahangir renvoya Len dormir, il savait se dévêtir seul, et il pouvait s'occuper sans problème d'Inu. Le pavillon était silencieux, plongé dans la pénombre, mais au passage du maître de maison et de son esclave, les lampes s'allumèrent juste assez pour ne pas les éblouir. Discret, Jahangir ne tenait pas à ce que sa fille ne sorte de sa chambre, en curieuse qu'elle était, si jamais elle les entendait. Il avançait en faisant le moins de bruit possible, mais ayant hâte de regagner sa chambre. Inu n'avait pas décroché un mot depuis leur départ, Jahangir ne le renvoya pas dans la chambre qu'il occupait, le gardant avec lui. Oshia lui signalait que l'esclave était perturbé, et peut-être son pouvoir était-il à double tranchant. Inu avait parlé de douleur suite à son utilisation. Jahangir n'avait pas vraiment fait attention, mais son élémentaire si. La porte de sa chambre refermée derrière eux, il lâcha Inu. Il prit le temps de se défaire de quelques couches de vêtements, s'apercevant qu'ils étaient couverts de boue à moitié séchée. Il se massa la nuque, ses muscles lui faisaient mal, et il était certain que sa peau serait couverte de bleus demain, et qu'il aurait probablement des courbatures.

-Je me fais trop vieux pour ces conneries, jura-t-il à mi-voix.

Il se retourna vers Inu, après avoir donné un coup de pied dans son tas de vêtements, le repoussant dans un coin. L'esclave était aussi couvert de terre, avec quelques brins d'herbes en plus. Inu semblait aussi vulnérable que lors de ce fameux jour, au marché des esclaves d'Eiren. Jahangir prit son visage entre ses mains, et le trouva froid. Rien d'anormal après une chevauchée d'une heure dans la fraîcheur nocturne. Jahangir envoya Oshia faire bouillir l'eau contenue dans une petite théière en fonte couleur bronze. Le Mornien délaissa un instant l'esclave, silencieux, il prit le temps de raviver le feu dans la cheminée en tisonnant les braises et en ajoutant une petite bûche.

-Un bain chaud ne te ferait pas de mal, tu es glacé. J'ai essayé, ou plutôt, Oshia a essayé, de te réchauffer, mais ça n'a pas suffit. Viens, il faut que tu te réchauffes. C'est un effet de ton pouvoir j'imagine... Tu as dit que l'utiliser était douloureux, je n'imaginai pas que ça l'était autant pour toi pour que celui que tu vises.

Oshia se glissa dans une des petites boites de thé en métal, en soulevant le couvercle, prenant quelques feuilles dans son corps, avant de les lâcher dans l'eau bouillante de la théière. Il laisserait à Jahangir le soin de servir Inu. L'élémentaire se dirigea jusque dans la salle de bain que seul son maître utilisait. La salle d'eau étant attenante à la chambre, Oshia n'avait pas à se soucier de faire ça discrètement. L'eau coula dans la baignoire en émail et en cuivre, chauffant doucement. En quelques minutes, Jahangir débarrassa Inu de ses vêtements, et l'emmena dans la salle de bain, l'aidant à se glisser dans l'eau bien chaude. Jahangir en profita pour détacher ses cheveux, et se dévêtir complétement.

-J'ai de la boue jusque dans les cheveux, tu m'excuseras, mais je n'ai qu'une envie, c'est de profiter de ce bain moi aussi.

Le Mornien se glissa plus souplement qu'il ne l'aurait cru dans la baignoire, et il savoura l'eau un peu trop chaude sur sa peau, délaissant déjà les muscles de ses jambes endolories. Un râle de satisfaction s'échappa de ses lèvres, un peu après le grognement à cause d'une certaine raideur dans ses membres. Oshia contint l'eau, évitant que la baignoire ne déborde. Elle était suffisamment grande pour deux, mais Oshia avait vu large sur la quantité d'eau. L'élémentaire commençait à fatiguer lui aussi. Ce dernier avait regagné l'étrange artefact où il séjournait lorsque Jahangir dormait, la mettant veilleuse pour conserver ses forces. Jahangir soupira, fermant un instant les yeux. Il se mit à rire doucement.

-J'ai mal partout, ça m'apprendra à vouloir en remontrer, j'aurai mieux fait d'en finir rapidement. Inu... Tu peux m'aider, je crois bien que je ne vais pas pouvoir me laver les cheveux seul.

C'était un mensonge, Jahangir avait envie de se faire dorloter, ne serait-ce qu'un instant, et il pensait aussi qu'occuper Inu le distrairait suffisamment pour qu'il sorte de son état de choc. A moins que le traumatisme ne vienne de plus loin. Il avait dans l'idée que ce n'était pas la première fois qu'un homme devait mourir après avoir croiser son regard. Il avait à peine été ému ou eu de réaction quand Lysanthir avait mis fin aux souffrances de Darshan. Jahangir se replaça et se pencha pour faciliter la tâche à Inu.


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Inu
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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Mar 23 Sep - 16:35

Le retour avait été très silencieux. Que ce soit Inu ou Jahangir, aucun des deux n’émit de paroles durant la traversée. Pour Inu la raison résidait dans son esprit, il avait toujours l’eccho des cris de Rosy, des pleurs des esclaves en fuite qu’ils ratrappaient... Le froid l’avait ratrappé alors qu’il avait réussit, grace à Oshia, à se réchauffer un peu. Ce dernier avait encore essayé de lui tenir chaud, mais ça n’avait pas été simple de le faire tout en chevauchant. Inu avait tenu la selle, le long de la route, qui lui avait semblée plus longue qu’à l’aller.
Ses cheveux couleur neige avaient voleté dans le vent nocturne, et le froid s’était glissé jusque sous son bandeau, glaçant ses yeux fermés. Mais surtout, le vent avait frappé sa gorge, le faisant déglutir plus d’une fois. Il avait mit sa main sur sa gorge pour la protéger. Il se rappela alors qu’il avait été malade une fois, tellement qu’il avait manqué de perdre la vie à cause de l’infection et de la fievre, et qu’il avait fallut sacrifier sa voix pour le sauver. Il déglutit. Il savait qu’il ne fallait pas qu’il se rappelle de ça. Il savait qu’il ne devait pas essayer de chanter quand il en ressentait l’envie ou le besoin. Il savait que c’était irreversible et qu’il ne s’entendrait plus jamais. Il trembla alors que les portes du pavillon s’ouvrait. Il n’avait pas du tout été attentif au retour, il n’avait pas sentit qu’ils étaient entré en ville, qu’ils avaient passés plusieurs quartiers avant de se trouver là. Miharna arriva auprès d’eux et l’aida à descendre. Une aide bienvenue pour Inu qui n’arrivait plus vraiment à situer où il se trouvait. Dans la cour sûrement, ils venaient d’entrer. Quand Jahangir prit son bras avec douceur, l’esclave posa sa main sur celle du noble. C’était un point de repère tangible, et le contact le rassura. Il ne fit aucun bruit lors de la traversée des couloirs, comprenant qu’il fallait être discret. Il réussit à se repérer uniquement quand Jahangir ouvrit la porte de sa chambre. Une fois la main partie de son bras, il laissa la sienne au même endroit. Il eut de nouveau un frisson, et cligna des yeux sous son bandeau, les laissant fermés juste après. Le bruit de tissu tombant au sol lui indiqua que Jahangir se déshabillait, peut-être pour dormir. Il pourrait peut-être dormir de nouveau avec lui cette nuit ?

Deux mains encadrèrent son visage. Sa peau sembla en absorber la chaleur avidement. L’esclave ne s’était pas rendu compte qu’il avait aussi froid, pas avant d’avoir la comparaison avec les mains de Jahangir. Ce dernier raviva le feu. L’odeur d’écorce brûlée, de cendre et de sève sèche titilla le nez d’Inu. L’odeur lui plaisait car elle annonçait le chaud, comme celle de l’eau qui bouillait quelque part dans la chambre. L’odeur de thé s’éleva. L’esclave commençait à sortir de son propre esprit, et l’odeur de terre séchée, d’herbe et d’un peu de sang lui parvint. Ils étaient sales en fait, en touchant ses autres doigts de son pouce il remarqua la couche terreuse qu’il avait dessus.
Quand Jahangir parla de bain, il faisait eccho à ses propres pensées. Ses vêtements, il les retira avec l’aide de Jahangir, ne réussisant pas à coordonner ses mains pour qu’elles retire sa ceinture de tissu. Finalement ce fut le noble qui le déshabilla presque tout seul, l’esclave ne l’aidant qu’en bougeant. Inu le suivit après avoir simplement hoché la tête, son pouce ne cessant pas de toucher le bout de ses doigts, passant sous ses ongles. Il enjamba la baignoire et plongea dans une eau bien plus chaude que lui. C’était entre l’agréable et le désagréable, mais il ne s’en plaint pas. C’était mieux d’avoir chaud. Il retira son bandeau pour le pas le mouiller, le posant là où se trouvait les produits de bain, et s’enfonça jusqu’au cou pour se mouiller entièrement. Il recula pour laisser la place à Jahangir qui le rejoignit dans l’eau. Il était tard, et le noble devait vouloir tout faire vite pour pouvoir aller dormir tout aussi rapidement. Le râle de soulagement de Jahangir lui tira un léger sourire. C’était vrai que celui qui en avait fait le plus ce soir c’était lui, sous le pseudonyme de Fei Long, il s’était battu, et avait faillit mourir. La demande qui suivit surpris Inu. L’aider à se laver les cheveux. Si ça le surprit, il attendit que Jahangir ait fini de bien se placer, et se penche un peu pour accéder à sa demande.

Il effleura d’abord les cheveux, puis le crâne de Jahangir pour bien voir comment il était. De dos, légèrement penché l’esclave prit note de la disance à parcourir à ses mains pour arriver au début de l’implantation des cheveux du noble. Il procéda doucement, se doutant que son maître avait besoin de se détendre. Il mouilla la longue chevelure d’une main, s’assurant de l’autre que l’eau ne lui arrive pas dans les yeux. Il n’eut pas beacoup à faire, les cheveux de Jahangir flottant déjà dans l’eau. Il mit du shampoing dans les paumes de ses mains, et l’appliqua sur le crâne du noble. Il frotta doucement, pour faire un peu mousser, puis enfonça ses doigts pour atteindre le cuir chevelu. Appliquant une légère pression, le bout de ses doigts décrivirent des petits cercles sur le sommet du crâne de son maître, puis ils descendirent vers la nuque pour répartir le shampoing. Il repartit vers le sommet et une nouvelle fois vers la nuque, avant d’arrêter, et de remettre du shampoing dans ses mains. Il s’attaqua à la longueur, et la frotta entre ses mains pour tout laver. Etre utile à Jahangir le fit sourire durablement. Ca lui rappelait les années au service du Dresseur, quand il aidait son maître en le laissant lui caresser les cheveux et en l’écoutant pendant des heures jusqu’à ce qu’il s’endorme.

[Est-ce que ça va comme ça ?]

Il rinça le premier shampoing avec autant de parcimonie que la première fois, évitant à la mousse d’aller dans les yeux de Jahangir, et recommença son rituel. Alors qu’il massait le cuir chevelu de Jahangir, il laissa affluer dans sa main gauche, cette magie qui apaisait toujours le Dresseur, qui le détendait. Une sorte de douce chaleur, qui se diffusait du bout des doigts de sa main gauche, à la peau de Jahangir. L’esclave ne savait pas vraiment comment ça marchait, mais ce qu’il savait, c’était que ça fonctionnait toujours. Une fois le second shampoing rincé, Inu recommança à masser son maître, ne quittant jamais sa peau de sa main gauche. Il dépassa des cheveux pour aller un peu sur les tempes du noble, faisant toujours de petits cercles.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Ven 26 Sep - 22:17

L'eau chaude lui mordait la peau, la chauffant jusqu'à ce qu'elle devienne rouge, mais elle délaissait ses muscles, chassant momentanément la fatigue et les douleurs qui s'étaient abattus sur lui. Jahangir s'était placé de façon à faciliter la tâche d'Inu, lui tournant le dos, et ayant penché la tête en arrière. La position n'était pas idéale, et Inu bougea derrière lui, sans doute pour s'agenouiller et être ainsi mieux positionner pour pouvoir lui laver les cheveux. Jahangir avait ouvert les bras, et les avait posé sur les rebords de la baignoire, du moins autant que possible, pour se retenir de tomber en arrière. Ce n'était pas l'idéal, et il sentait que son dos finirait par protester. Ce soir, il se sentait vieux, et il se rendait compte que son corps ne tiendrait certainement plus le rythme, du moins, pas celui qu'il avait eu plus jeune. Ses quarante années pensaient sur lui, et bien que sa magie, ou plutôt celle d'Oshia, lui concèdent une certaine jeunesse, vitalité et une vie plus longue que celle d'un humain dépourvu de magie... Une vie à malmener son corps, malgré une discipline de fer, finissait par se faire ressentir. Ou bien peut-être n'était-il pas aussi discipliné qu'il ne voulait bien le croire, peut-être se reposait-il trop sur Lysanthir ou sur ses autres hommes... Les doigts sur son crâne le tirèrent de ses réflexions. Inu procédait délicatement, comme si ses cheveux allaient se casser ou tomber, s'il y allait trop fort. L'esclave mouilla son crâne d'une main, l'autre étant placée juste sous l'implantation de ses cheveux, pour empêcher l'eau de ruisseler sur son visage. Oshia aurait pu aider Inu, mais Jahangir l'en avait empêcher. L'aveugle avait besoin d'être occupé pour se remettre de ce qu'il venait de vivre. De plus, l'élémentaire était à peu près dans le même état que lui. Et Jahangir avait besoin de savoir qu'Oshia était capable de rester à l'affût. Bien qu'il faudrait être extrêmement stupide pour attaquer les Qiang Sung. Sa sœur était là, rentrée de son propre voyage. Il avait vu la lumière qui filtrait par ses volets à demi-fermés, en entrant dans la cours. Elle laissait toujours sa fenêtre ouverte, pour faire entrer l'air. Sa sœur avait le sang chaud, et même au cœur de l'hiver, elle ne pouvait s'empêcher de laisser l'air entrer. Jahangir ne la comprenait pas. Lui n'appréciait pas le vent froid, et les bourrasques neigeuses qui pouvaient entrer.
Les doigts d'Inu coururent sur son crâne, avant de se poser, insistant doucement mais fermement sur certaines zones. Jahangir le laissa faire, appréciant le massage, et le moment. Il n'aurait pas cru que Inu saurait autant y faire, ni même qu'il prenne l'initiative de lui masser le crâne. Jahangir eut un petit rire.

-J'ignorai que tu étais aussi doué de tes mains.

Décidément, il avait payé la vie de l'esclave pour une bouchée de pain, et Inu ne cessait de démontrer que Jahangir l'avait payé bien en dessous de son prix.

-Je ne peux m'empêcher de penser que celui qui t'a vendu à moi, a perdu au change, finit-il par lâché amusé.

Le marchand avait voulu se débarrasser de l'esclave, s'était évident, il avait même accepté le rabais outrageux demandé par Jahangir, sous le prétexte fallacieux que les écorchures dues aux fers, augmentaient les risques d'infections. C'était vrai, mais il était également vrai qu'il prenait soin de ce qui lui appartenait, objets comme êtres vivants. Oshia lui souffla qu'il n'était jamais allé aussi loin pour un esclave, et que Inu l'obsédait peut-être un peu trop. L'élémentaire avait réagi à la présence de magie, mais avait rapidement informé son Mornien qu'Inu utilisait de la mana, et qu'il transmettait à Jahangir celle-ci, sous forme de chaleur. Jahangir pouvait le sentir, il y avait quelque chose qui le faisait se détendre, le berçant presque, lui rappelant la sensation qu'on peut avoir enfant, lorsqu'on se sent en sécurité et que rien ne peut nous atteindre. Un soupir s'échappa de ses lèvres, signifiant son contentement. Inu rinça une nouvelle fois ses cheveux, et Jahangir ne s'aperçut que s'était la seconde fois uniquement parce que Oshia, moqueur, le lui signala. Il avait fermé les yeux, et s'était vraiment détendu, et pour un peu, il se serait affalé dans la baignoire, et sur Inu derrière lui. Le gabarit plus que frêle de l'esclave n'était pas vraiment fait pour qu'il s'allonge dessus, ou s'en serve de dossier. La chaleur de l'eau, combinée à celle sur son crâne, et aux massages, lui laissait une sensation de bien être et de calme, chassant les dernières traces d'adrénaline, de tension en lui. Jahangir se fit la réflexion que l'esclave détenait un pouvoir terrible, pas seulement parce qu'il pouvait rendre fous ceux qui croisaient son regard. L'endormissement de sa méfiance était par bien des aspects, pire, que s'il était devenu fou. Qu'il laisse tomber ses barrières, et sa vigilance ne lui ressemblait pas. Les yeux toujours fermés, un sourire narquois se dessina sur ses lèvres.

-Si tu continues, fit-il doucement l'amusement perçant dans sa voix, je risque de m'endormir, et si je me laisse aller, tu risques de finir écraser sous mon poids... Et m'endormir dans cette position ne ferait que me donner plus de courbatures.

Il laissa pourtant Inu continuer, tout en veillant à ne pas se laisser tomber en arrière. Au bout de quelques longues minutes, trouvant que l'eau refroidissait, Jahangir se saisit des mains d'Inu, doucement, les écartant de ses épaules sur lesquelles étaient descendues. Il pivota de nouveau, et vérifia que Inu était bien aussi propre que lui.

-Inutile que tu recommences à avoir froid, expliqua-t-il tout en enveloppant l'aveugle dans une épaisse serviette.

Il l'aida en suite à sortir de la baignoire, et chacun prit le temps de bien se sécher. Jahangir tendit à Inu un de ses pantalons en coton, ainsi qu'une tunique. Le pantalon pouvait se resserrer grâce à des cordons, mais la tunique serait sans doute trop grande. Lui-même se vêtit de la même façon, enfilant même une robe par dessus, qu'il ferma à l'aide de la ceinture qu'il noua de façon négligée autour de ses hanches. Dans la chambre, Jahangir installa Inu dans un des fauteuils qui trônaient devant l'âtre. Le feu flambait joyeusement, projetant des ombres dansantes sur les murs. Jahangir jeta une des fourrures qui couvraient le dessus de son lit, sur les jambes maigres d'Inu, avant de lui coller une tasse de tisane fumante entre les mains. Boire du thé à cette heure était à coup sûr, le meilleur moyen pour ne pas pouvoir dormir. Oshia avait choisi une des infusions que Jahangir buvait parfois, lorsqu'il ne trouvait pas le sommeil, ou qu'il était trop tard pour boire un thé. Lui-même s'affala dans le fauteuil d'en face, étendant ses longues jambes devant lui, de manière à pouvoir glisser ses pieds nus sous la fourrure qui couvraient ceux d'Inu.

-Bois, ça te fera du bien.

Lui-même apprécia le breuvage chaud, qu'il lui sembla sentir couler dans son corps, achevant de le détendre. Jahangir fit rapidement un sort au contenu de sa tasse, et il se pencha sur le coté pour poser celle-ci sur le sol, comme il en avait l'habitude. Un bras sur l’accoudoir, sa main droite pendait dans le vide, tandis que sa main gauche, à demi-fermée, soutenait sa tête. Ses yeux sombres regardaient Inu, qui recelait bien plus de secrets qu'un espion impérial. Pensif, Jahangir l'observait. Le bruit familier d'Oshia roulant dans sa sphère de métal lui signala que l'élémentaire "dormait" bien que ce dernier ne dorme jamais complétement. Jahangir ouvrit la bouche, prit une inspiration, et il s'écoula quelques secondes avant qu'il ne parle :

-Jusqu'à cette nuit, et sa voix était presque un murmure, j'ignorai de quoi tu étais véritablement capable. Y-a-t-il autre chose que je devrais savoir ? Non pas que je n'aime pas les surprises...


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Inu
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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Lun 29 Sep - 23:20

Inu continua de masser Jahangir, sans trop user de son pouvoir apaisant, ne l’utilisant que pour dénouer un peu les muscles des épaules du noble. Ce dernier avait dit qu’il allait finir par s’endormir, ce qui signifiait que ce que faisait Inu n’était pas inutile, il se détendait. C’était avec beaucoup de douceur et d’application qu’il s’activait, content d’être utile à quelque chose. Même s’il avait dévié le sort de foudre tout à l’heure, il était devenu inutile après. Dans son esprit, plus de traces de ce qui s’était passé, plus de Rosy lui hurlant dessus, plus de cris, il était en paix avec lui-même.
Jahangir écarta ses mains au bout d’un moment, et l’agitation et le bruit de l’eau lui indiquèrent qu’il s’était tourné vers lui. Puis ils sortirent de l’eau une fois complètement propres. L’esclave fut enveloppé dans une épaisse serviette, il remit son bandeau sur ses yeux une fois ses cheveux frottés et séchés. Il retrouva, avec un certain plaisir, les vêtements trop grands de Jahangir. Il resserra bien le haut du pantalon, lui fit un ourlet bien gonflé, et remonta les manches de la tunique. Un fauteuil devant le feu, une fourrure sur ses jambes, et une tasse entre les mains, et il était bien au chaud. Il n’avait plus de chance d’attraper froid, sauf si on glaçait la pièce d’un coup. L’odeur de l’infusion réchauffa son nez. C’était une infusion avec un peu de verveine, de camomille et de menthe douce rehaussée d’une note presque imperceptible, voire imperceptible pour qui n’était pas Inu, de mélisse. Il en but une petite gorgée. Le goût était intense et d'une certaine fraicheur.
Un temps passa sans que quiconque ne parle, pendant ce temps, le feu continua de crépita, et la fatigue commença à tomber sur les épaules d'Inu. Il était tard. La remarque de Jahangir, soufflée dans un quasi murmure, le tira de la brume qui commençait à envahir son esprit.

[Ce que vous devez savoir...]

L'esclave se remit un peu plus droit dans le fauteuil, prenant soin de ne pas renverser de liquide. Il savait déjà ce que son nouveau maître savait. Enfin pensait savoir, il n'avait pas pu tout deviner.

[Vous savez déjà dans quel état deviennent les gens qui croisent mon regard. Mes yeux, enfin, mon pouvoir leur fait vivre et revivre les pires souvenir et les pires émotions qu’ils ont pu avoir dans leur vie. Ils voient, ressentent et entendent tout, et moi aussi. Je vois et je ressens ce qu'ils voient et ressentent, mais ça ne m'affecte pas vraiment quand c'es leur passé, ce sont mes propres souvenirs qui finissent par arriver qui me font mal...]

Inu fit une pause, le temps de boire un peu, mais surtout de rassembler ses esprits. La tasse dans ses mains les chauffait agréablement, tout comme la couverture, et s'il ne parlait pas, et donc ne devait pas réfléchir, il aurait posé la tasse, et se serait sûrement endormit devant le feu.

[Ils ne font pas que ça. Pour une raison que j'ignore, je peux voir la magie avec eux. Je n'avais pas senti le sort tout à l'heure, je l'ai vu se former, la magie se concentrer. Si je n'avais pas ce don là, je n'aurais peut-être pas réagis assez vite]

Que savait-il faire, de quoi était-il capable, c’était la question, ça ne devait pas concerner uniquement d’éventuels pouvoirs qu’il possédait, mais des aptitudes. Et ces aptitudes ne devaient pas avoir que à avoir avec la traque de personnes et d’esclaves. Même si la majorité des choses qu'il savait, avaient rapport avec ça. C'était son but, son éducation que celle d'un limier.

[Je peux apaiser quelqu'un avec ma main, il me suffis de le vouloir, et de laisser la magie couler en elle. C'est ce que j'ai fais tout à l'heure.]

Il ne savait pas si Jahangir avait remarqué, si oui il aurait peut-être plus d'information sur ce qui était arrivé. Sinon, il apprendrait quelque chose de plus sur lui. La liste de ses aptitudes semblait à la fois courte et longue pour le limier, qui se demandait s'il devait résumer ou au contraire, détailler. Il prit le parti de la première option, et détaillerai pour son maître s'il le lui demandait.

[J'ai l'odorat et le goût très développés. Rien que par l'odeur je peux reconstituer un parfum, déceler la plupart des poisons. Par le goût je les décèle presque tous, il ne me faut pas plus d'une goutte au bout de la langue. Je peux courir vite, et longtemps. Lorsque je n’étais pas en Traque, je restais auprès de mon Maître comme le ferait un esclave de compagnie. Je restais à ses côtés, et je l'écoutais. Souvent le soir il me demandait de l'apaiser, alors je le faisais avec le pouvoir de ma main. Je n'ai pas vraiment appris à masser, je le fais d'instinct. Aussi, quand il me le demandait je chan-]

Il s’arrêta net. Sa prise sur sa tasse se fit moins ferme, et il la sentit glisser, il la ressaisit, et évita au contenu de se renverser alors qu'il déglutissait une ou deux fois. Ne jamais se rappeler de cette partie de son passé, c'était une de ses règles. Mais comment y arriver quand le chant était pour vous aussi naturel que de respirer, et tout aussi vital.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Mer 15 Oct - 17:11

Le noble s'étonnait toujours du comportement des esclaves. Certains d'entre eux avaient encore un peu de libre arbitre. Ce n'était pas rare d'entendre qu'un esclave ou deux s'étaient échappés, fuyant leur servitude. Un état que Jahangir aurait fui lui aussi. Ceux là étaient souvent nés libres, ou bien ils avaient côtoyés des esclaves qui étaient nés libres. Devenir esclave était un sort qu'il ne souhaiterait même pas à son pire ennemi. Et puis il y avait ceux comme Inu qui devaient avoir été asservis dès leur plus jeunes âges, parfois même nés d'une mère esclave. Ceux là étaient conditionnés et éduquer pour n'avoir aucune volonté, aucune initiative. En rassemblant les différents éléments qu'il avait retenu de leurs conversations, et de ce qu'il avait pu voir, Jahangir devinait aisément qu'Inu appartenait à la seconde catégorie. La marque sur sa cuisse, et il n'avait plus aucun doute là dessus, était bien celle du Dresseur. L'homme était connu pour façonner les esclaves à la demande. Jahangir savait combien des esprits jeunes étaient facilement influençables, surtout quand on était capable de les manipuler par la pensée. Inu avait été conditionné pour répondre aux ordres, quels qu'ils soient, et pour être loyal à son maître. L'esclave était aussi dépendant des autres. Il avait été dépendant de son partenaire de traque, celui qu'il avait défendu quand Jahangir avait sous entendu que ce dernier n'était pas la hauteur. Inu avait aussitôt pris la faute sur lui. Pourtant, il avait aussi fait preuve d'initiative en le protégeant du sort de foudre qui avait failli lui coûter la vie. Oshia lui souffla qu'en effet, il le répétait, la loyauté de l'esclave n'était plus à prouver. Et l'initiative d'Inu avait été prise dans le cadre de sa relation avec celui qui était son nouveau maître. Jahangir songea un bref instant à ce qui se passerait si Inu était confronté à un choix entre lui et son ancien maître.

De ce qu'il entendait, Jahangir estimait que ce dernier n'aurait jamais délaissé Inu, ni même revendu. L'esclave était un de ceux dont le prix valait bien plus que la modeste somme qu'il avait déboursé pour son achat. Le plus étrange était qu'Inu avait le pouvoir de se libérer de sa servitude, et ce d'un seul regard. Un seul regard serait suffisant pour lui permettre de reprendre sa liberté, et de fuir l'Empire. Avec ses aptitudes, il pourrait survivre sans mal, même aveugle. Pourtant, Jahangir ne percevait chez lui aucune volonté de liberté. Sur l'estrade où il avait été exposé, il avait eu cet air résigné qui en disait long. Une infinie tristesse qu'il avait déjà vu. Un air que Inu avait peu à peu perdu. Ce dernier semblait avoir désespérément besoin d'un guide, et peu importait qu'il doive sacrifier sa liberté pour cela. Même s'il se montrait parfois audacieux, faisant des commentaires, comme sur le parfum que Jahangir avait ramené d'Eiren pour Sheeban, ou bien le vin qu'ils avaient bu au Baiser de la Reine. Mais ces élans d'audaces disparaissaient aussi vite qu'ils étaient apparus.

Jahangir resta silencieux tout le temps qu'Inu parla, il aurait pu lui faire part de ses réflexions, mais il était intéressant de l'écouter sans l'interrompre. Ses yeux bleus restaient posés sur l'esclave qui avait la tête baissée vers la tasse de tisane qu'il tenait entre ses mains. Jahangir s'était redressé, attentif, se penchant vers Inu pour l'observer de plus près. Un peu comme l'aurait fait Oshia, lorsque l'élémentaire tournait autour de ses interlocuteurs pour les scruter, percevoir leurs émotions. Jahangir posa ses coudes sur ses genoux, posant en suite son menton sur ses mains jointes. Il eut un sourire en coin. Il n'avait pas rêvé quand il avait senti de la magie, une magie subtile, glisser en lui lorsque Inu l'avait massé. L'esclave n'était pas qu'un Limier, il était aussi capable d'apaiser. Il tiqua cependant lorsque ce dernier mentionna son maître. Ce dernier avait traité Inu comme un chien, et Jahangir réalisa que jusque dans son nom, son maître lui avait imprimé l'idée qu'il était à son service. Nul doute qu'Inu courait vers lui à son appel. On caressait la tête d'un chien, pas celle d'un humain... Alors qu'une certaine colère montait en lui, Jahangir allait se renfoncer dans son fauteuil, dans un geste semblable à celui que l'on peut avoir quand par frustration et dépit, on jette l'objet qu'on a entre les mains. L'exaspération jouait peut-être aussi. Et Oshia lui souffla qu'il y avait sans doute une petite pointe de jalousie. L'élémentaire lui fit remarquer qu'il s'agaçait chaque fois qu'Inu parlait de quelqu'un d'autre. Avant de lui souffler de nouveau que son comportement était étrange. Jahangir chassa Oshia de son esprit, et faillit manquer la dernière phrase d'Inu qui s'interrompit brusquement dans son esprit, comme une corde cassant subitement. Oshia perçut la vive souffrance qui jaillit alors de l'esclave, alors que la communication télépathique se rompait. Jahangir mit quelques secondes à comprendre. Il avait vu l'esclave nu. Et s'il avait vu la marque au fer rouge à l'intérieur de sa cuisse, il avait aussi vu les autres cicatrices.

Chanter.

-Je me demandais, fit-il doucement, depuis que je t'ai acheté, de quel peuple tu étais issu. Ceux qui t'ont vendu à moi n'avaient aucune idée de ton prix, et aucune information sur tes origines. Ces imbéciles n'avaient même pas vu la marque sur ta cuisse. Mais tes cheveux et ta peau, et ce que tu ne dis pas... Tu es un lios n'est ce pas ?

La mère de Sheeban était une lios. La nourrice de sa fille avait souvent apaisé Sheeshon par ses chansons. Les Lios étaient connus pour être les meilleurs chanteurs d'Inwilis. Il n'y avait que de rares personnes bénies de Nevaeh capables de les surpasser. Avec leurs voix, ils étaient capables de bien des prouesses. Il y avait même des légendes racontant comment des Lios avaient défait des armées entières rien qu'en chantant. Il y avait aussi ceux qui disaient que les Lios mouraient s'ils étaient incapables de chanter. Oshia tourna plus vite dans l'artefact où il reposait, marquant sa curiosité. Jahangir révisa encore une fois son jugement sur Inu. Malgré une apparence fragile, qui faisait qu'il était difficile pour le noble de concevoir que l'esclave ait pu être un chasseur, Inu était doté d'une capacité de résilience incroyable. Jahangir se leva, en profita pour aller reposer sa tasse à coté de la théière. Il retourna près du feu, se plaçant devant Inu. Il lui retira la tasse qu'il tenait toujours entre ses mains pâles, avec délicatesse.

-Inutile que tu la renverses. Tu as bien failli le faire à l'instant.

Le noble se retourna pour poser la tasse sur le linteau de la cheminée. De nouveau face à Inu, il lui souleva délicatement le menton de sa main droite, et fit courir ses doigts sur la cicatrice qui courait sur la gorge d'Inu. Celle-ci n'était pas très jolie, mais elle était estompée, ancienne.

-Tu n'es donc pas né muet. J'imagine que cette cicatrice y est pour quelque chose.


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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Ven 7 Nov - 11:48

Inu tenait sa tasse un peu plus fort, ses mains tremblant autour de la porcelaine réchauffée par la tisane. Ne pas y penser, il le savait. S’il y pensait, il ressentait ce vide glacé, dans sa gorge et sa poitrine, ce morceau d’âme qu’on lui avait enlevé par sa propre bêtise. C’était sa faute s’il ne pouvait plus chanter, s’était sa faute s’il n’était plus vraiment lui-même. Il eut un frisson le parcourant le long de sa colonne vertebrale, et remonta d’une main le plaid sur ses jambes, l’autre tenant le plus fermement possible la tasse. Il avait de nouveau froid, ou c’était dans sa tête, ce qui était possible. Il avait l’impression que la chaleur de la cheminée s’évanouissait avant d’arriver jusqu’à lui.
La voix de Jahangir s’éleva doucement, et il l’écouta, se forçant à l’écouter, comme on pouvait se forcer à se réveiller quand le sommeil ne voulait pas nous lâcher. C’était son nouveau maître, c’était à lui à présent qu’il devait la vie. Sans le noble, personne n’aurait acheté l’esclave, et on on aurait finit par le tuer, comme on jette un fruit invendu depuis trop longtemps et qui gâche l’étal. Il devait vivre pour Jahangir, lui obéir, et lui être fidèle, car il lui appartenait à présent, et lui devait tout. Il avait une dette de vie envers le noble, il devrait lui consacrer la sienne à présent. Pendant que son esprit lui répétait cette phrase, son attention fut entièrement dévouée à Jahangir qui continuait de parler. Il l’écoutait, chassant sa souffrance au plus profond de lui, l’étouffant, comme à chaque fois qu’elle venait, car s’il la laissait parler, elle ne se tairait plus, l’empêchant de manger, de boire, de dormir, de vouloir vivre. Le Dresseur lui avait interdit de mourir à cause de sa dette envers lui, maintenant, il ne devait pas mourir à cause de la dette qu’il avait envers le noble d’Hitokage. Ce dernier parlait doucement, le questionnant avec parcimonie, comme pour éviter qu’il ne souffre encore plus à cause d’une parole blessante ou mal formulée. Son maître le questionna sur son origine, même s’il affirmait la réponse dans la question en elle-même, Inu hocha la tête affirmativement. Même s’il n’était pas sûr de ses origines du coté de son père, ne l’ayant jamais vu ou connu, il savait que sa mère était lios, et lui-même s’était toujours sentit plus proche de cette part de lui. Etrangement, surtout depuis qu’il ne pouvait plus chanter.

[Oui, j’en suis un]

Sa tasse s’en alla de ses mains, enlevée par le noble. Il eut tout de même le réflexe d’essayer de la ratrapper, avant que Jahangir ne parle, croyant qu’elle tombait. Ses mains vides gardèrent toutefois la même position, comme si elles avaient toujours la tasse entre elles. Son menton se releva sous les doigts de Jahangir, et le fait qu’il touche la fine cicatrice qu’il avait sur la gorge, lui tira un frisson, entre le déplaisant et le plaisant.

[C’était de ma faute.]

Même s’il souffrait de s’en rappeler, Jahangir lui avait demandé de tout lui dire il y a quelques minutes, afin de savoir à qui il avait affaire. Il devait donc tout dire, même si c’était douloureux, ou personnel.

[Lors de mon entrainement je suis tombé malade, j’avais de plus en plus mal à la gorge, j’ai minimisé ma maladie en pensant qu’elle passerait, mais elle a empirée d’un seul coup, et mon ancien maître à du faire le choix entre ma vie ou ma voix. Je ne me souviens pas vraiment de la période où j’étais malade, ce n’est que quand je me suis réveillé que j’ai vu que je ne pouvais plus parler, ni.Il marqua une pause, le temps de réussir à formuler ce mot plutôt simple Chanter.]

Ses doigts se serrèrent les uns les autres, l’empêchant de trembler plus. Ils se lâchèrent cependant, et une de ses mains se posa avec douceur le poignet de la main de Jahangir, poussant et éloignant le noble de sa cicatrice qui semblait le démanger et le piquer. Le fait de rompre le contact ne fit pas cesser l’envie, mais elle lui sembla moins désagréable. Il ne lâcha pas pour autant la main, restant quelques secondes dans la même position, tenant la main du noble dans un geste suspendu. Il avait envie de garder ce contact, le trouvant rassurant car il l’ancrait dans la réalité, mais d’un autre coté il ne savait pas ce qu’accepterait Jahangir, même si jusqu’à présent il l’avait laissé faire lorsqu'il ressentait le besoin de le toucher, et que lui même le touchait.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Ven 14 Nov - 23:25

L'ancienneté de la cicatrice faisait qu'elle était douce et lisse sous ses doigts, pourtant, elle se voyait comme si elle était récente. Jahangir songea qu'Inu avait dû porter une cicatrice boursoufflée et énorme pendant des années. Elle était aussi plus foncée que le restant de sa peau à la blancheur opaline. Ceux qui l'avaient opéré étaient des bouchers pour laisser une marque aussi énorme. Ses doigts continuaient de caresser la gorge d'Inu, à peine un effleurement. Sa peau était redevenue glacée sous ses doigts. Il écouta attentivement Inu, s'immobilisant alors, le temps qu'il obtienne l'histoire qui se cachait derrière la cicatrice. Finalement, une main froide, légèrement tremblante, vint saisir la sienne, et Jahangir le regarda faire avec une certaine fascination. Il sentait, voyait à son expression, qu'Inu était gêné, que le contact de ses doigts sur sa gorge lui était déplaisant. Il admira l'audace don l'esclave faisait preuve, une fois de plus. Un léger sourire amusé étira ses lèvres, c'était sans doute déplacé, Inu semblait véritablement souffrir au souvenir de la perte de sa voix, mais il ne pouvait s'en empêcher. Oshia lui souffla qu'il était vraiment complétement tordu. Cela faillit le faire rire. Des Qiang Sung, il n'y avait que sa fille qui n'était pas... atteinte par la tare familiale qui faisaient d'eux des gens peu recommandables en dépit de leur richesse et de noblesse. Une fois plus, alors qu'il regardait les doigts pâles refermés sur les siens, il se dit qu'Inu était vraiment très maigre, et si pâle à coté de sa peau couleur caramel. Ses doigts semblaient si fragiles, délicats comme ceux d'un musicien. Ceux de Jahangir n'étaient pas particulierement grossiers, ils étaient même plutôt fins pour les doigts de quelqu'un qui se battait régulièrement, oh, il avait bien quelques petites coupures, et présentement, les jointures de ses doigts étaient abîmées. Demain, il souffrirait sans doute au moindre mouvement.

Sa main resta suspendue, tenue par celle d'Inu. Jahangir s'amusa de voir l'expression d'appréhension qui passa sur son visage. L'esclave devait sans doute se demander s'il était allé trop loin. Oshia lui souffla qu'il avait laissé beaucoup de latitude à l'esclave, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Le noble rétorqua qu'il n'était pas non plus dans ses habitudes d'acheter des esclaves et encore moins du genre d'Inu. Son acquisition hasardeuse se révélait toujours plus satisfaisante et surtout surprenante. C'était un divertissement plus que bienvenue, une source d'étonnement et d'amusement. Mais pas seulement, ... D'un geste souple et doux du poignet, il se dégagea de l'étreinte d'Inu, lui laissant encore le temps de se demander quelle pouvait être sa réaction. Ses doigts se refermèrent alors sur ceux qui avaient tenu sa main quelques secondes auparavant. Ils étaient toujours froids.

-Tes doigts sont froids...

Jahangir défit alors son étreinte, laissant les doigts d'Inu glisser hors des siens. Un bref instant, il songea que si Inu avait été au nombre de ses amants et amantes, il aurait sans doute embrasser ses doigts glacés pour les réchauffer. Il chassa cette image de son crâne, et se contenta de venir effleurer une mèche de cheveux blanche, puis une joue, elle aussi pâle et froide.

-Tu es glacé, souffla-t-il dans un murmure, et si pâle...

Oshia le tança vertement dans un coin de son crâne. Avec ses questions, il avait réduit à néant tous les efforts qu'il avait fait pour réchauffer Inu. Ce fut à Jahangir de se moquer, remarquant que l'élémentaire semblait beaucoup tenir au bien être de l'esclave. Jahangir poursuivit plus haut :

-Je pensais pourtant que tu étais finalement réchauffé après tout ça.

Il se retourna, reprenant la tasse qu'il venait de poser. L'infusion était tiède.

- Et on dirait que ton précédent maître t'a tellement bien dressé, que tu ne penses qu'à t'excuser pour des événements qui ne sont pas de ton fait. Je serais d'avis de penser qu'il a été un bien mauvais maître de ne pas avoir remarqué que tu étais malade... Après tout, un esclave n'est pas fait pour se plaindre. Surtout pas toi...

Ce fut une tasse à nouveau fumante, réchauffée par les soins d'Oshia, que Jahangir glissa entre les mains d'Inu. Le noble en profita pour remettre le plaid correctement, veillant à ce qu'il couvre bien ses pieds nus. Eux aussi devaient être glacés.

-Oh inutile de le défendre comme tu as défendu ton Mikhail, ajouta-t-il devançant la réponse attendue de l'esclave, ton maître est la main qui t'a soigné et nourri, je ne dis pas le contraire. Seulement il est difficile d'aller à l'encontre de quelqu'un capable de pénétrer vos pensées et de vous manipuler... Termine ton thé et nous pourrons dormir.

Jahangir eut un rire léger, bas et profond.

-Non je ne te reverrais pas dans ta chambre dans cet état. Oshia ne cesse de m'injurier parce que je n'ai pas été délicat avec toi... Alors que tu as fait en sorte, avec ton étrange pouvoir de Sidhe, que je me sente mieux. Autant te rendre la pareille. Esclave ou non, je suis conscient que je te dois la vie ce soir. Te garder au chaud est le moins que je puisse faire.

Son amusement s'envola, remplacé, brièvement, par la sombre et sérieuse pensée qu'un tel geste valait à Inu sa liberté. L'esclave pourrait être libre. La réticence que lui inspirait cette idée le laissa perplexe. Jahangir contourna le fauteuil dans lequel était assis son improbable sauveur, hésitant. Devrait-il lui proposer d'être libre ? Il fit le choix de se taire.

-Bois, répéta-t-il.

D'un pas mesuré, le noble alla ouvrir son lit, pour que les draps s'imprègnent de la chaleur du feu, comme si le froid qui glaçait l'esclave, l'avait saisi lui aussi. Il revint en suite vers Inu, et surtout vers le feu, qu'il tisonna avant d'ajouter une nouvelle bûche. La chaleur dégagée par les flammes lui chauffa le visage.


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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Jeu 19 Fév - 0:16

Il appréhendait. Jahangir venait de dégager son poignet, et là il ne savait pas ce qu'allait faire le noble. L'esclave songea en se grondant seul, qu'il aurait du laisser son maître le toucher, même si c'était désagréable, même si ça ravivait d'horribles souvenir. Son maître avait tout les droits, et ils prévalaient sur le bien être de l'esclave qu'il était. Il allait s'excuser quand il sentait les doigts de Jahangir sur les siens. Si chaud, et plus grands aussi, ils lui rappelaient qu'il avait de nouveau froid, malgré le feu, malgré la tisane et le plaid sur ses jambes. Le noble en fit la remarque, et après relâché ses doigts, il lui effleura le visage. Inu eut un léger frisson, une vague un peu tiède qui le traversa. Le contact lui faisait du bien, et il baissa le regard, enfin la tête, quand Jahangir dit qu'il pensait qu'il s'était réchauffé depuis le temps. De nouveau il eut sa tasse entre les mains, chaude, et lui brûlant presque délicieusement les doigts qui se positionnèrent bien autour d'elle pour profiter de la chaleur. Il la mit aussi quelques seconde contre lui, profitant pour réchauffer un peu son torse, et laisser la vapeur chaude lui lécher le visage.
Il prit une gorgée qu'il sentit descendre dans son corps, puis une seconde plus longue qui lui tira un souffle pour refroidir un peu sa langue. Il allait répondre que son maître était débordé en journée, et qu'il lui avait demandé comment il se sentait, et que c'était lui, Inu, qui avait mentit en disant que ça allait mieux. Le Maître ne lui avait pas apprit à se plaindre, mais il lui devait obéissance, et vérité, et là il avait mentit. C'était donc réellement entièrement sa faute, et son Maître avait été bon en le laissant vivre, malgré ce qu'il avait du faire. Mais l'esclave aux cheveux neige n'eut pas le temps de répondre, le seigneur Qiang Sung avait prit les devants, s'attendant à sa réaction qui semblait donc bien prévisible. Il lui parla en remettant bien le plaid sur lui, le bordant sous ses cuisses, et sous se pieds, pour l'envelopper bien dedans. Quand il énonça qu'après son infusion, ils iraient dormir, le lios eut un léger sourire et hocha la tête, en réponse à l'ordre de boire qu'il venait de recevoir.

[Merci.

Il ne dormirait pas seul ce soir, il repoussait l'échéance encore une petite nuit, ça le soulagea. Jahangir le faisait pour le remercier de ce qu'il avait fait, se sentant apparemment quelque peu redevable. L'esclave ne s'était pas attendu à être remercier ou autre, il n'avait pas vraiment pensé quand il était partit en courant sur l'homme qui préparait son sort. Le noble était un maître bon, et gentil, cela se gravait petit à petit dans son esprit, un autre maître n'aurait pas forcément prit la peine de le réchauffer, de lui servir une boisson chaude, de parler avec lui, et l'aurait renvoyé dans sa chambre. Il était chanceux.
Il bu donc son infusion en faisant attention à ne pas se brûler la gorge, avalant doucement et en continu le liquide chaud et parfumé. Il sentait la chaleur du feu s'intensifier, ainsi que l'odeur de cendre, de brûlé et de braise. Mais aussi la pierre chaude, le métal froid qui se réchauffait en tisonnant les buche de bois sec, du hêtre pour la plupart. La nouvelle bûche embaumait, et l'odeur qu'elle dégagea en s'enflammant envahi ses narines. Le thé, le savon, le feu, le plaid, il recommençait à sentir, ou plutôt, son esprit se réveillait et analysait de nouveau tout ce qu'il sentait. Sa tasse vide, il la posa contre sa joue quelques seconde, et en profita pour la sentir aussi. Une infusion légère et épicée, peu sucrée, une porcelaine travaillée et sûrement peinte à la main, tiédie par l'eau chaude, réchauffée par un peu de magie, et l'odeur de ses propres doigts qui avaient entourés la tasse. Il avait encore froid, mais déjà, en dedans, il allait un peu mieux.
Après avoir dormit, il ne resterait plus rien de ses sombres pensées et de la nuit.

Jahangir du remarquer qu'il avait finit, car il reprit la tasse vide qu'Inu avait retirée de sa joue et qu'il tenait simplement sur ses genoux. Inu replia lui même le plaid, consciencieusement, il le reposa sur l'assise du fauteuil où il était, avant de marcher vers le lit. Il savait à quelle distance il était du feu et des fauteuils et pu s'assoir sans vérifier de ses mains si le matelas était bien présent où il le pensait. Il essaya de se rappeler que demain soir, il devrait dormir ailleurs qu'ici, il ne fallait pas qu'il en garde l'habitude. Il s'allongea alors, attendant que Jahangir en fasse de même, complètement tourné vers le côté où son maître s'allongerai. Il voulait attendre que ce dernier s'assoupisse, pour faire comme d'habitude, pour lui prendre le bras, et sentir une peau contre la sienne, caler sa joue dessus, et s'endormir à son tour. Mais même si il se sentait un peu mieux, son esprit et même son corps lui soufflaient qu'il avait besoin de ce contact, de cette sensation de bien être, de chaleur. Ses doigts saisirent le draps, comme pour essayer de pallier à ce qu'il ne voulait pas faire immédiatement. Il n'allait pas prendre le bras de Jahangir immédiatement, alors que celui-ci l'autorisait déjà à dormir encore une fois avec lui.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Mar 10 Mar - 8:53

Son corps était lourd et engourdi. Jahangir eut un sourire désabusé. Il n'avait plus l'âge de battre la campagne en pleine nuit, encore moins de se colleter avec un autre élémentaliste. Il savait que les muscles de ses épaules et de son dos se mettraient à protester si tôt qu'il essaierait de bouger. Dans un coin de son esprit, Oshia se remettait encore de la nuit qu'il venait de passer. Dans l'état de semi-conscience dans lequel il se trouvait, il pouvait sentir le poids d'Inu accroché à son bras, son souffle chaud sur la peau de son bras, et ce dernier qui ne manquerait pas d'être parcouru de fourmillements si tôt qu'il se serait dégagé de l'étreinte de l'esclave. Il faillit rire, trouvant la situation comique. Il n'y avait aucun maître de sa connaissance pour seulement dormir avec un esclave, à l'exception des jeunes enfants, qui dormaient parfois avec leur nourrice ou un esclave chargé de les réconforter durant la nuit. Sa propre fille avait souvent dormi avec Sheeban, et il arrivait encore qu'elles partagent le même lit pour une nuit. Enfant, il était arrivé que Acyanhua se glisse dans son lit, et qu'ils partagent des histoires fantastiques avant de dormir ensemble, et jusqu'à ce qu'il commence à sortir, elle avait toujours pris soin d'aller le voir au réveil. Une habitude qu'ils avaient perdu depuis longtemps, bien qu'il arrive encore à sa soeur d'aimer coiffer ses cheveux. Enfant, il se souvenait parfaitement qu'elle avait toujours été fascinée par sa longue chevelure, quitte à négliger sa propre coiffure, se comportant plus comme une petite sauvageonne que comme une jeune noble. Un souvenir qui le fit sourire. Mais même pour lui, dormir avec un esclave était plus qu'excentrique, d'autant qu'il traitait Inu comme une petite chose fragile, qui risquait de tomber en morceaux au moindre geste brusque, alors qu'il avait clairement le pouvoir de se défaire de la servitude et de vivre comme il l'entendait. Un paradoxe que Jahangir trouvait intriguant, réalisant à chaque fois qu'il y pensait, à quel point le précédent maître d'Inu l'avait endoctriné au point de le rendre dépendant. A tel point qu'il supportait difficilement de dormir seul.
Jahangir se tourna, grognant doucement en sentant ses muscles récalcitrant, se dégangeant de l'étreinte autour de son bras. Il fut à présent certain que ses muscles se mettraient à protester au moindre geste lorsqu'il aurait le courage de sortir de son lit. Les yeux à demi-ouverts, il perçut les braises rougeoyantes dans l'âtre - par dessus la tête d'Inu, dont le visage était niché contre son bras, la tête à moitié sous les couvertures - , signe qu'il n'avait dormi très longtemps, en dépit des quelques rayons de pâle lumière matinale qui commençaient à filtrer à travers les volets qui occultaient les fenêtres. Il soupira, refermant les yeux pour chercher à nouveau le sommeil. Il tenta de trouver une position confortable, appréciant la chaleur qui soulageait son corps. Les cheveux soyeux d'Inu dégageaient encore le parfum du savon utilisé pour les laver, et il ne put s'empêcher d'y mettre son nez, alors qu'il était tourné vers lui. D'une main, il prit soin de redisposer, sans trop y regarder, les épaisses couvertures sur eux, se souvenant qu'Inu, était encore froid lorsqu'il s'était glissé dans les draps.
Jahangir adressa une brève prière à Ning, lui demandant de le laisser en paix et de pouvoir dormir sans que quelqu'un ne vienne le déranger. Ses escapades nocturnes d'autrefois ne l'auraient pas empêché de se lever, mais autrefois, il s'arrangeait aussi pour qu'elles ne durent pas toute la nuit, et encore moins pour qu'elles aient lieu à l'extérieur de la ville. Seulement, il ne pouvait plus se permettre d'apporter le conflit à l'intérieur d'Hitokage, plus maintenant, même pour des questions de commodité. Oshia protesta dans un coin de son crâne, lui demandant d'arrêter de penser et de dormir. L'élémentaire avait fourni beaucoup d'efforts, et était au moins aussi épuisé que lui. Lorsqu'ils se battaient ensemble, Oshia répondait immédiatement, devançant parfois même les pensées de Jahangir. Une preuve que l'entrainement drastique qu'ils s'imposaient, payait. Il se retourna, ne résistant pas à l'impulsion et à l'envie de dormir sur le ventre, finissant par passer un bras par dessus Inu, ne le privant pas du contact physique dont il semblait avoir besoin. Inu était toujours frêle, continuant d'être maigre, peut-être mois que lorsqu'il avait fait son acquisition, ou l'esclave n'était plus qu'un sac d'os, mais pas loin. A côté, Jahangir se faisait l'effet d'être un Maëldanais, si bien qu'il fit attention à ne pas l'écraser de tout son poids, du moins tant qu'il fut suffisamment conscient pour le faire.

Plus tard, il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir, un grognement d'ours mal léché, un coup d’œil furibond sous une masse de cheveux emmêlés et un geste de la main, suffirent à le faire comprendre. L’intrus referma la porte, la faisant doucement glisser, presque silencieuse. Jahangir grogna de nouveau, pour approuver, avant de se laisser retomber. Il sentit ses épaules le tirailler, mais il choisit de les ignorer. Il put aussi sentir Inu bouger, mais ne fit aucun effort, ni aucun mouvement pour lui permettre de se lever. Il savait que si Inu sortait du lit, il ferait froid, ce qui serait déplaisant. Il fit un effort surhumain pour parler, sa voix étouffée par le sommeil et parce qu'il avait la tête dans les oreillers :

-Pas maintenant.

Son corps était trop lourd pour qu'il puisse bouger, et il avait encore envie de dormir. Un luxe qu'il ne s'accordait que peu, préférant généralement se lever pour profiter d'une journée plus longue. Pas aujourd'hui. Lysanthir ou même Sheeshon ou Sheeban seraient tout à fait capables de s'occuper de la maisonnée sans qu'il ait besoin de s'en occuper. A dire vrai, sa maisonnée savait ce qu'elle avait à faire, et fonctionnait parfaitement toute seule, n'ayant pas besoin qu'il la dirige. Loin de là. Jahangir inspira profondément avant de soupirer, se laissant aller à nouveau sommeil, ayant vaguement conscience qu'il clouait Inu au lit avec lui.


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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Lun 27 Avr - 22:08

Les yeux fermés, l’esprit encore embué de la nuit, Inu écoutait ce qui se passait autour de lui. La respiration lente et apaisée de Jahangir lui indiqua que son maître dormait encore, malgré les quelques bruits feutrés qu’il percevait, et qui lui indiquait que le jour était levé. Depuis peut-être plusieurs minutes ou heures. Ca le limier n’aurait su le dire, ne pouvant pas s’extirper de sous les couvertures pour aller à une fenêtre, sentir les rayons du soleil sur lui, et il n’y avait que de faibles odeurs de nourriture qui filtraient jusqu’à la chambre, couvertes par les odeurs corporelles d'Inu et Jahangir qui avait empli la pièce. Rien de très instructif.
Il s’était réveillé depuis un moment, mais avait sentit le bras de son maître sur lui et n’avait trop osé bouger, de peur de le réveiller. Il avait juste tourné sa tête vers le noble, les yeux clos. S’il avait pu voir, il l’aurait observé, regardé de quoi il avait l'air endormit. Il avait aimé faire ça, observer la personne avec qui il dormait, sous le couvert de la nuit quand ses yeux ne souffraient pas de la lumière, et qu'ils y voyaient également. Il avait pu voir que si Rosy était quelqu'un de léger et de souriant généralement, la nuit, elle avait un air bien plus triste, plus grave. Mikhaïl avait eu l'air d'un enfant quelques fois, avec la bouche entr'ouverte, et le corps totalement détendu. Il n'avait cet air qu'au Manoir, en mission, ils dormaient peut, et restaient alertes. Une légère boule se forma dans sa gorge. Il se déplaça de façon à être sur le coté, bougeant avec douceur le bras de Jahangir en même temps que lui. Il avait la main du noble près de sa gorge, son coude au niveau de son ventre. D'une main douce il vérifia que la position n'était pas improbable pour le membre du noble. Il remonta du poignet jusqu'à l'épaule, utilisant son pouvoir apaisant pour éviter de gêner Jahangir durant son sommeil. Le bras formait un V tout à fait naturel. Sa main resta quelques instants sur l'épaule, avant de rejoindre l'autre qui tenait la main du seigneur Qiang Sung.

Les doigts lisses du limier glissaient sur la paume un peu rugueuse du noble. Cette rugosité prouvait que son maître n'hésitait pas à donner de lui même, et elle avait un petit coté apaisant. Jahangir était quelqu'un de fort, il ne disparaitrait pas du jour au lendemain. les doigts coururent sur la peau tendre du poignet, et effleurèrent également le dos des longues main de son maître. Avec toujours autant de douceur, il porta la main à son visage et en pressa la paume sur son front. Il n'avait plus froid, et avait la même température que Jahangir. Baissant la main il chatouilla la paume du bout de son nez. Lui était un peu plus froid, ce qui le fit sourire. Il resta dans cette position plusieurs secondes, aimant sentir la chaleur de la main de son maître réchauffer le bout de son nez.
Jahangir avait beau s'être lavé, il portait encore sur lui l'odeur de la terre et du cheval qu'ils avaient chevauchés hier, en plus de celle de l'eau, du savon, de la serviette et des draps. Chaque odeur s'imprimait dans son esprit comme étant celle de son maître aujourd'hui. L'odeur d'un individu changeait légèrement chaque jour, en fonction de la nourriture, de si on se lavait, avec quoi. Le noble avait son odeur de fond, qui lui était propre, et par dessus s'ajoutaient les autres, comme des vêtements qu'on change chaque jour. Relâchant la main, il la laissa se caler naturellement sur sa joue alors qu'il s'étirait avec une grâce toute féline. Ses muscles protestaient un peu, il n'avait pas bien si dormit au début de la nuit, mais moins que lors de ses premiers vrais entrainements à la course. Il avait un eu soif, et besoin de se rendre à la salle de bain. Il hésita à se lever, avant de se dire que Jahangir ne lui avait jamais tenu rigueur de ce genre de décisions. Elles étaient validées par son maître, donc il en avait le droit.
Il déposa la main avec précaution, et se glissa en dehors des couvertures. Il trouva son bandeau sur le coté, et le mit. Sans aucune hésitation, il se dirigea vers la salle d'eau. Il marcha sur une serviette, et la repoussa du bout du pied afin d'être sur de ne plus la retrouver sur son chemin. Après s'être soulagé, et lavé les mains, il revint dans la chambre, et alla pour se remettre dans le lit, et attendre que Jahangir se réveille


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Quelques heures de veillée nocturne   Mer 29 Avr - 10:56

Inu bougea à coté de lui. Encore plongé dans un demi-sommeil, Jahangir le laissa faire, sentant que le métis utilisait son pouvoir apaisant sur lui, se contenta de le regarder faire, les yeux mis-clos, maitrisant son souffle, avant de refermer les yeux.  Inu le touchait généralement quand il sentait qu'il était endormi, comme si Jahangir n'allait ni sentir ni remarquer que l'esclave le touchait, s'accrochant le plus souvent à son bras. Il avait remarqué qu'Inu aimait aussi enfouir son nez dans la paume de ses mains, comme pourrait le faire un petit animal cherchant des caresses. Lui-même ne cessait de chercher le contact physique avec Inu, Oshia le lui faisait remarquer chaque fois qu'il apposait ses mains sur une partie du corps de l'esclave. Ce dernier ne pouvait pas vraiment le refuser, il était son maître, et Inu était véritablement tout dévoué à celui qui le possédait, quitte à mettre sa propre vie en danger, sans penser qu'il pourrait retrouver sa liberté si son maître venait à mourir. L'esclave avait été parfaitement conditionné.
Jahangir ne put s'empêcher, un bref instant, d'aller fourrer son nez dans les cheveux d'Inu. La chevelure de neige de l'esclave était douce, et sentait encore le savon. Il y respira un bref instant, avant de s'écarter, songeant qu'il l'écrasait de toute sa masse. Oshia s'éveillait lentement, comme engourdi lui aussi. Élémentaire et maître avaient donné de leurs personnes durant la nuit, et l'un comme l'autre se sentaient vieux. Jahangir était en excellente forme pour un humain. Sans exercice physique, le noble était pratiquement certain de devenir fou, et de ne plus pouvoir se contenir lorsqu'il se retrouverait face à un autre membre de la noblesse de l'Empire qui aurait tendance à lui courir sur les nerfs. Cela maintenait également son excellente forme physique, faisant de son corps un objet agréable à regarder. Il avouait même qu'il avait un côté narcissique, mais c'était ce qui faisait son charme. Du moins le pensait-il. Dans sa folle jeunesse, les filles des quartiers s'étaient souvent jetées sur lui après qu'il ait remporté ses combats, puis après, lorsqu'il avait choisi de s'investir pleinement dans ses activités clandestines. Et quand un noble donnait une réception, les jeunes femmes bien élevées ne faisaient pas exception à la règle. Les jeunes hommes des deux milieux non plus. Il avait maintenant passé l'âge des folles nuits de débauche qui avaient rythmé son quotidien pendant son adolescence et même après qu'il soit passé à la tête des Qiang Sung. Mais ce matin, après une nuit agitée, et un combat violent, il se sentait fourbu. Peut-être s'était-il relâché ? Ou bien peut-être que l'âge finissait par le rattraper, en dépit de son lien avec son élémentaire. Il le voyait, lorsqu'il se retrouvait face à son reflet plus jeune, chaque fois qu'Oshia choisissait de se manifester sous cette forme.
Le fil de ses pensées fut interrompu lorsque Inu se dégagea doucement, sortant du lui. L'air était frai sans les couvertures. Sans esquisser le moindre geste pour l'aider, Jahangir se contenta de le regarder, rouvrant les yeux, jusqu'à ce qu'Inu ne soit plus dans son champ de vision. Au bout de quelques instants, il l'entendit revenir, alors qu'Oshia continuait de s'éveiller doucement, tournant maintenant dans l'artefact qui le contenait durant la nuit. 

-Si tu ne rabats pas les couvertures... 

Jahangir se contenta alors de passer se bras en travers de la taille d'Inu, pour le rapprocher, le tirant vers lui. Inu ne pesait rien, ou presque. L'esclave avait été d'une maigreur effrayante lorsqu'il l'avait acheté, au point que Sheeshon lui avait rapporté que les cuisines s'en inquiétaient, et ne manquaient jamais une occasion d'offrir un petit quelque chose à manger à l'esclave, brioche fourrée au porc laqué ou aux légumes, bouchées à la ciboulette, mochis... Le noble doutait qu'Inu ait jamais été autrement que maigre, mais la maigreur cachait des muscles noueux. Il savait de quoi il était capable, la preuve en avait été faite hier soir. Le noble avait la tête à la hauteur du bassin d'Inu.

-On dirait bien que tu n'as plus froid. 

Oshia lui fit remarquer qu'il se comportait comme un amant jaloux, ce qui faillit le faire tiquer, mais Jahangir se contenta de repousser l'élémentaire. Ce dernier sortit de l'artefact, dont le couvercle sphérique s'ouvrit dans un "clic". Oshia s'étira, prenant à moitié la forme d'un Jahangir encore jeune, portant encore les traces de l'adolescence. Il se glissa jusqu'au lit, contenant sa forme, évitant de mouiller draps, couvertures, et occupants. Il tourna autour d'Inu, l'inspectant. L'esclave semblait s'être remis de leur escapade nocturne.

-On dirait bien oui, répéta à voix haute l'élémentaire, et on dirait que tu n'auras que quelques bleus. 

Oshia inspecta encore un peu Inu, se plaquant contre la peau de l'esclave, réchauffant sa matière, comme une seconde couche de peau, sans pour autant être humide. Un petit tour qu'il faisait souvent, et qu'il avait déjà fait hier soir sur le chemin du retour.

-Quelle nuit ! Et regarde moi cette loque, est-ce vraiment mon maître ?

Jahangir réitéra le grognement d'ours mal léché, avant de marmonner que s'il était trop vieux pour les conneries de la nuit dernière, il l'était aussi pour se faire emmerder par son propre élémentaire. Oshia ricana, et s'installa à hauteur de la tête d'Inu. Il désigna le bras de Jahangir avant de parler :

-On dirait aussi qu'il devient gâteux, il te prend pour un oreiller...

-Oshia...

-Oh ça va ! Ne t'énerve pas mon maître. Et tu serais fort aimable de relâcher ce pauvre Inu, qui, je le sens, commence à avoir faim. Alors si tu le permets, j'aimerai l'emmener en bas, pendant que toi, tu continueras de faire la loque...


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