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 Au milieu de la nuit

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Brand
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Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
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MessageSujet: Au milieu de la nuit    Mer 18 Juin - 22:03


A ses yeux, Letty était véritablement un être exceptionnel. Brand se rendit à peine compte qu'il buvait les paroles du jeune garçon, même ses propos les plus banals. Il se rendit compte qu'il était avide d'en apprendre plus sur son Sciath, parce qu'ainsi, il lui appartiendrait plus vite. Letty était à lui, et il se devait de tout connaître. Il s'aperçut de ce qu'il faisait, en voyant le sourire à peine contenu d'Emaine. Son maître et ami s'amusait de la situation. Et il y avait de quoi rire. Lui, le guerrier, se comportant presque comme adolescent énamouré... Il songea brièvement que ses frères seraient en train de rires aux éclats s'ils le voyaient, avant de se rappeler que cette vie était loin derrière lui. Morte et enterrée pour ainsi dire, mais Brand ne pouvait s'empêcher d'y repenser, parfois, dans des moments comme celui-là. Letty se plaisait vraiment à l'auberge, et l'aubergiste, Skye, lios magnifique, et son... associé, Geneus, avaient vraiment pris soin de Letty. Ils formaient un couple étrange. Elle, elle rayonnait, et lui, semblait aussi sombre que Feardorcha lui-même. Pourtant, il avait pris le temps d'apprendre quelques rudiments de base à Letty. C'était lui qui lui avait appris ce qu'était la magie. Brand en fut pendant un court instant, un instant fugace, jaloux. Il découvrit que Letty était du genre travailleur, et il était même gêné de ne rien avoir à faire. Emaine posa de justes questions, s'intéressant, non pas par simple politesse, mais par curiosité, à la vie qu'il menait ici. Brand se sentit alors coupable d'arracher Letty à ce qui semblait être le premier havre de paix qu'il ait connu depuis longtemps. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à l'abandonner où l'y laisser, rien d'y penser, tout son être se rebellait, devenait réticent, il sentait sa volonté s'arcbouter, un profond malaise, une profonde gêne s'emparait alors de lui. Non, Letty devait venir. Il devait être avec lui. Jamais plus il n'avait envie de subir ce qu'il avait enduré ses derniers mois avant d'arriver ici. Brand l'avait parfois touché, comme pour vérifier qu'il était bien là, effleurant le dos de sa main, ou écartant une mèche blonde de son visage. Le soir vint trop vite à son goût. Ils eurent l'occasion de se restaurer convenablement, avalant du porc et du poulet hachés et cuit dans une sauce sucrée et épicée, accompagnée de riz. Il découvrit que son Sciath aimait manger, mangeant presque autant que lui, ce qui ne manqua pas de le faire rire. Puis, il les guida jusqu'à leurs chambres, avant de redescendre. Il ne pouvait pas laisser Skye faire tout le travail toute seule, surtout que s'il partait bientôt, il voulait faire son possible pour l'aider. Brand avait approuvé, malgré le petit déchirement qu'il ressentit. Il avait regardé sa tête blonde dévaler les escaliers, presque joyeux. Il avait souri et avait en suite envoyer paître Emaine qui s'était gentiment moqué de lui. Non vraiment, il se comportait comme un gamin amoureux.


La chambre qu'il occupait, à deux pas de celle d'Emaine, était plutôt petite, mais cela était sans doute dû à sa grande taille. Le lit serait sans doute un peu juste pour lui, mais il s'y ferait. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre, et vit qu'il avait vu sur la rue opposée, celle derrière l'auberge. Dehors, il faisait nuit, mais au loin, le ciel était encore clair, Aelius trainait encore, comme récalcitrant. Brand déposa sa selle et son paquetage près de son lit. Il sentit que les draps étaient lavés de frai, ils avaient cette odeur de lessive qui sentait bon le propre. La chambre tout entière, était propre constata-t-il. Le mobilier était simple et sobre, mais cela lui convenait. Brand n'ayant jamais eut véritablement d'endroit qu'il ait pu appeler sa maison, il n'attachait guère d'importance au matériel. Il se sentit soudain fourbu, mais aussi crasseux. La poussière de la route, la pluie, tout se mit à coller sur sa peau. Il passa une main dans ses courts cheveux argentés, les trouvant eux aussi poisseux, les ébouriffant un peu au passage. Sa main passa en suite sur son visage. Sous ses doigts, il sentit sa barbe naissante le picoter. Une toilette ne serait pas de trop décida-t-il. Il ouvrit son paquetage, en tira quelques vêtements propres, de quoi se laver et se raser. Il réfléchit un instant, assis au bord du lit, puis sortit la dague qu'il portait dans sa botte pour la glisser sous l'oreiller. Question de prudence. Il défit en suite ses bottes de voyage, les rangeant presque soigneusement dans un coin, au pied du lit. Il se releva en suite, se défaisant de son pourpoint de cuir, dont les sangles grincèrent un peu sous ses doigts. Il se défit en suite de la chemise de coton qu'il portait. Brand fit rouler ses muscles, les dénouant peu à peu, faisant craquer aussi quelques os au passage. Sous ses pieds, le sol en bois était frai et doux. La fatigue s'abattit d'un coup sur lui, il se frotta les yeux. Il ne s'était pas rendu compte à quel point il avait été tendu ces derniers jours. Il ouvrit une petite porte de bois, étroite, qui se trouvait juste à coté de l'armoire. A l'intérieur, une lumière à cristaux s'alluma, lui révélant un lavabo.
Emaine et lui avaient pris des chambres séparées, mais ils n'avaient pas pris les plus chères, choisissant plutôt les intermédiaires. Elles étaient plus sobre que les luxueuses et spacieuses chambres du premier - Letty lui avait expliqué que les chambres les moins chères se trouvaient au dernier étage - mais elles étaient quand même pourvue d'un petit cabinet de toilette privée. Après avoir passé ses doigts sur les runes d'activation, l'eau se mit à couler, claire et tiède dans la cuvette. Brand s'aspergea le visage et le torse, avant de nettoyer aussi ses cheveux. Il ne se rasa pas, songeant qu'il aurait le temps demain matin. Il laissa ses affaires sur la petite étagère à coté. Il se défit en suite de son pantalon et continua sa toilette. L'eau et le savon lui firent un bien fou, chassant la lourde fatigue qui s'était abattue sur lui, la remplaçant par une sensation plus appréciable. Il était fatigué, mais n'avait plus l'impression de porter le poids du monde sur ses épaules. Brand fit un tour aux latrines, au bout du couloir avant d'aller se coucher. Le lit était moelleux, et pour une fois, Brand apprécia de ne pas avoir à dormir sur le sol, avec la toile de sa tente pour seul toit.



Un pied sur un rocher, son frère souriait de toutes ses dents. L'adolescent tenait un énorme poisson au bout de sa ligne. Aelius brillait de mille feux, mais l'eau sur sa peau nue était fraîche. La mer du milieu n'était pas particulièrement chaude, mais ça ne les empêchaient pas, lui, ses frères et soeurs, d'aller se mouiller, nageant pendant des heures, jouant dans l'eau. Le clan campait un peu plus haut, dans la lande. Le poisson s'agita, les éclaboussant tous les deux. Ils éclatèrent de rires. Virva avait été moins clémente avec Magnhild, le jeune homme avait cassé sa ligne trois fois, et n'avait rien attrapé. Heureusement, dans un panier posé à l'ombre, et maintenu fermé par un gros caillou, il avait attrapé des crabes en fouinant dans les rochers. Avec le poisson de Mavrag, et ce que les autres ramèneraient, ils auraient de quoi se faire un véritable festin. Ils essayèrent encore d'attraper d'autres poissons, mais rien ne vint. Le son d'un cor leur indiqua qu'il fallait rentrer. Ramassant leur butin, ils escaladèrent les rochers qu'ils avaient du descendre pour venir jusqu'ici. Une fois de retour sur le sentier qui courait le long du littoral, leur pieds retrouvèrent le plat de la terre. Ils se dirigèrent vers le camp. Le soleil couchant baignait les tentes et les chevaux de rouge. Magnhild fronça les sourcils. C'était bizarre, il semblait n'y avoir personne d'autres qu'eux. Le cor sonna à nouveau, un cor qui n'était pas un cor Alaric. Il se retourna, et vit une troupe d'impériaux lui foncer dessus. Mavrag empala un cavalier sur la lance qu'il venait de lancer. Il lui cria quelque chose, mais il comprit à peine. Il réagit de lui-même, il se décala, évitant la monture qui allait lui fracasser le crâne, son sabre entailla la chair de l'animal, l'aspergeant de sang chaud. Un hennissement terrible résonna à ses oreilles. Le rouge ne venait pas du soleil, mais du village en flammes derrière eux. Comment était-il arrivé là ? Il ne se souvenait plus. Dans ses oreilles, les cris des hommes et des bêtes, l'acier s'entrechoquant, les incantations, le bruit des sorts lancés contre eux, les sifflements stridents des sortilèges mourant avant même d'avoir pu les toucher, tout cela le rendaient sourd. Il n'entendait plus rien. Dans ses mains, sa lourde épée devenait dure à manier, son poids semblant avoir triplé. Le sang rendait sa prise sur la garde glissante. La fumée lui encombrait le nez et la gorge, le sang imprégnait l'air de son odeur métallique, écœurante. Il glissa, perdit son équilibre, il se retrouva avec un genoux dans le sol rendu boueux par le sang. Une mer de sang. Là, sous les sabots d'un cheval, il vit une silhouette courir. Un visage terrorisé. Son cœur fit un bond.
Le sang lui battait les tempes, sans s'en rendre compte, il s'était redressé, la dague dégainée. Haletant, suant, il regarda autour de lui. Dans la pénombre, il mit un peu de temps à se souvenir qu'il était Brand, homme lige d'Emaine Nevaeril, et qu'il était dans une chambre de la Fiancée du Tigre. Il était... Il avait peur. Lentement, il baissa son arme, se rendant compte que ce n'était pas lui qui avait peur. Son lien d'Anamchara était affolé, et c'était cela qui l'avait fait... Letty. Le guerrier repoussa ses couvertures et se leva d'un bond. Les sens en alerte, il se demanda ce qui faisait peur à son Sciath, qui pouvait bien le menacer ? Une colère salvatrice balaya la peur qu'il ressentait, et Brand fut à nouveau maître de lui même. Il sentit que quelqu'un se tenait derrière sa porte. Il raffermit sa prise sur le manche de sa dague, son autre main se posa sur la poignée. Il ouvrit un peu violemment la porte, pour tomber sur Letty. L'homme lige n'y comprit plus rien.

-Letty ? souffla-t-il surpris.

Il s'empressa de poser la dague sur le meuble le plus proche, et d'allumer une des lampes, en passant sa main devant. La chambre fut alors plongée dans une lumière tamisée et douce, qui éclaira aussi le couloir. Letty avait les yeux écarquillés de terreur, et il se tenait là, emmitouflé dans un plaid. La lumière rendait son visage presque blafard. Le couloir était plongé dans l'obscurité. Le guerrier plissa les yeux pour percer les ténèbres, tendant aussi l'oreille, alors qu'il faisait entrer son Sciath effrayé. Il prit Letty par l'épaule, doucement mais fermement, le faisant passer derrière lui. Brand resta quelques secondes sur le pas de sa porte, avant de refermer celle-ci. Il se retourna, et se pencha vers son Sciath. Il prit son petit visage entre ses grandes mains, le scrutant de ses yeux clairs, comme s'il vérifiait que Letty n'avait rien. Il avait froid, son visage était frai sous ses doigts. Il caressa la peau douce, dans un geste qui se voulait rassurant.

-Est ce que ça va ? murmura-t-il




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Letty
Anamchara
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MessageSujet: Re: Au milieu de la nuit    Jeu 19 Juin - 13:05

Il regardait fixement la poignée, n’arrivant pas à bouger ou à réfléchir, sentant son cœur battre à tout rompre, si fort qu’il allait réveiller tout le monde. Il entendait un grognement, de l’autre côté du couloir, un grognement chaud qui lui glaçait le sang, un grognement qui fasait qu’il n’osait même pas vérifier s’il y avait quelqu’un ou non. Ses mains tenaient son plaid, elles l’agrippaient par devant lui, le serrant autour de ses épaules comme pour l’empêcher de s’enfuir, ou de se liquéfier sur place. Si il entrait, si il entrait il y aurait Brand dans la chambre, et Brand saurait le protéger. Mais le possesseur du grognement attaquerait sûrement son Loach, il le ferait pour le reprendre et le ramener, et au prix de la vie de Brand et ça il ne le voulait pas. Il ne voulait pas perdre Brand alors ‘uil venait de le retrouver, il ne voulait pas perdre la liberté qu’il venait juste de recouvrer. Des bruit de pas, ou de pattes, s’approchèrent. Sans qu’il ne la touche, la porte s’ouvrit, le faisant reculer de deux pas et relever la tête. La silhouette massive lui causa une seconde frayeurs le temps qu’il entende la voix qui elle lui donna qu’une envie, se jeter sur la silhouette pour échapper à ce qui était dans le couloir, dehors, et tout autour d’eux.  
La lumière ne le fit pas cligner des yeux. Si ils étaient là, si ils le regardaient, ils n’entendaient que ça, qu’il ne regarde plus. Il tremblait de tous ses membres en ne s’en rendit compte que lorsque la main de Brand le toucha. Il sursauta d’ailelrus, quand il le fit passer derrière lui. Derrière les rideaux, derrière la fenêtre, quelqu’un les regardait. On le regardait. Il tourna le dos à la fenêtre, regardant le sol, geste puéril et inutile car celui qui le regardait était toujours là, mais au moins, on ne voyait pas son visage, il ne pourrait pas voir son visage. Visage qui se retrouva encadré de deux grandes mains brûlantes, l’empêchant de reculer, ou de partir.
Non, il ne voulait pas partir en fait, il était venu, oui il était venu ici pour ça, pour que Brand le protège, pour qu’il les empêche de le prendre, c’étaient sûrement eux cette fois, c’était sûrement eux qui venait le reprendre alors que son bonheur était enfin parfait. Avant il n’aurait pas été tellement détruit d’être ramené, mais là, là il avait tout ce qui lui fallait alors, ils le détruirait complètement en lui arrachant son bonheur. Il releva les yeux.

-J-Je suis, je suis, je suis venu parce que… Pour… Je, j’avais pensé aller, à l’écurie, avec le… Le cheval, dans le box, attendre… Si il fallait m’enfuir, ils arrivent, parce qu-qu’ils ils…Je suis venu…

Il n’arrivait pas à former une pensée cohérente dans sa tête. Il savait ce qu’il avait voulu faire, il savait qu’ils étaient là, et qu’il devait le dire à Brand. Mais il n’y arrivait pas, il n’arrivait pas à refléchir à autre chose que la panique qui l’envahissait. Il entendait, il les entendait derrière la porte, les bruits sinistres des griffes de la Cabale sur le parquet, leur souffle chaud, leur muscles tendus. Elle savait qu’il était là, et surtout que c’était le moment pour le briser, pour briser son cœur et son esprit avant de le traîner au maître qui briserait son corps pour s’être enfuit.
Les mains de Brand lui semblèrent encore plus chaude et son corps encore plus froid.

-Ils sont… Dehors… Dehors je les entends, les… Ils savent, ils savent que, que, que… Je suis venu pour… Va mieux… Tu, tu, tu…

Il essaya de reprendre le fil de sa pensé en respirant un peu plus lentement, mais n’y arrivait pas. L’un des membres de la Cabale gratta lentement le long de la porte, faisant craquer le bois et crisser la clanche. Les muscles de Letty se crispèrent encore plus, lui faisant monter les larmes aux yeux, baisser les oreilles et fléchir les genoux.

-Peux pas, doit pas… Partir, il faut, par-… Pas que tu… Que tu… Je suis venu… P-prot-…

Il se baissa un peu plus, se glissant doucement hors des grandes mains du guerrier, posant ses propres mains sur ses oreilles noires tremblantes pour les cacher. Accroupit, il posa sa tête sur ses genoux, et les entoura de ses bras. Ils en venait encore, les pattes griffaient sur le plancher, traduisant l’exitation de lycans forcés à rester sous forme de loup. L’un d’eux hurla à la lune, suivit par les autres, et un rire qu’il ne connaissait que trop s’éleva, dément, derrière la fenêtre.

-Protège… Protège …Moi.


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Brand
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MessageSujet: Re: Au milieu de la nuit    Jeu 19 Juin - 17:56

Presque bouche bée, Brand regarda Letty balbutier des phrases qui n'avaient aucun sens. La panique se lisait dans ses yeux affolés, dans son comportement. Le Loach réfléchissait à toute allure, se demandant ce qui se passait. Il saisissait les mots, et son lien d'Anamchara lui transmettait toute la panique et la terreur incontrôlée qui s'étaient emparées de Letty. Il sentait de la confusion, peut-être était-ce la sienne ? Car il n'y comprenait pas grand chose. Dans le couloir, il n'avait rien vu, rien entendu. S'il y avait eu de la magie, il l'aurait sentie, parce que la magie lui hérissait les poils, et provoquait chez lui une sensation de malaise. Si quelqu'un avait été suffisamment proche, la magie se serait annulée d'elle-même. Avec ces origines Ethéries, cette caractéristique de résistance était moins forte chez lui, que chez... Brand repoussa les souvenirs de sa vie passée.

-Letty regarde moi.

Il tenait fermement le petit visage entre ses grandes mains, mais les yeux de Letty était affolé, regardant partout. Sa respiration haletante. Il ne semblait même pas le voir. Il continua de parler, tentant de former des phrases. Brand se sentit soudain impuissant. Letty affaissa, échappant à ses mains. Le garçon se recroquevilla sur lui-même, jusqu'à ce qu'il donne un ordre qui l'électrifia, lui arrachant un râle. Une décharge parcourut son corps, enflammant son lien d'Anamchara. Brand serra les dents. Il ne pouvait qu'obéir, satisfaire son Sciath. Son Sciath se sentait en danger, oui, il devait le protéger. Son corps semblait vibrer de cet instinct de protection, comme il aurait tremblé de rage face à un ennemi. Pourtant, ses sens de guerrier n'étaient pas affolé. Son instinct lui signalait qu'il n'y avait rien d'étrange. Il ne sentait pas, le picotement familier sur sa nuque, lui indiquant qu'il était surveillé. Il n'avait pas non plus cette sensation qui lui prenait les tripes lorsque l'ennemi était là, et qu'il le savait. Il reconnut, dans la panique de Letty, ses propres crises. Il ne comprenait que trop bien. Il le savait. Les souvenirs avaient parfois plus de pouvoir que les blessures physiques. Les siens étaient souvent revenus le hanter, le tourmenter. Comme ils tourmentaient Letty à présent. Brand dut lutter contre le lien d'Anamchara qui lui aurait fait prendre sa dague et saccager la chambre pour trouver ce qui menaçait Letty. Au lieu de cela, il s'agenouilla, pliant sa grande carcasse. Avec des gestes calmes et doux, il repoussa les bras de Letty, pour lui faire lever la tête vers lui. Brand prit à nouveau son visage entre ses doigts, plantant son regard dans le sien.

-Letty, il n'y a personne. Je n'entend rien. Personne ne vient pour te prendre.

Ses yeux étaient fuyant. Brand appuya plus fort, glissant ses doigts dans les cheveux blonds de son Sciath, l'empêchant de se dégager.

-Letty. Regarde moi, fit-il fermement, personne ne te fera de mal. C'est fini. Il n'y a que toi et moi dans cette chambre. S'il y avait quelqu'un d'autre je le sentirais.

Brand fixait Letty dans les yeux, le rappelant à l'ordre d'une pression de ses doigts pour qu'il le regarde. Il espérait qu'il se calmerait. Le lien qu'ils partageaient ne cessait de lui intimer de trouver le danger. Tout à l'heure, il avait été à deux doigts de perdre totalement le contrôle de lui-même, rendu aveugle et sourd par l'ordre que son Sciath lui avait donné.

-Tout va bien, non, regarde moi, il n'y a que toi et moi.

La colère le submergea à nouveau. Si Letty était dans cet état, c'était bien la faute de quelqu'un. La colère, ce sentiment l'avait empêcher de paniquer tout à l'heure, alors qu'il était submergée par la panique de Letty. Brand fit alors un effort, une chose qu'il n'aurait pas cru être capable de faire. Il n'avait jamais essayé durant tout le temps qu'avait duré son voyage pour venir jusqu'ici. C'était toujours Letty qui avait établi le contact le premier. Brand se força d'abord à se calmer lui-même, ne laissant que la paix et la tranquillité. Il remonta le lien, et entra en contact avec l'esprit de Letty, que sa voix en parvenait pas à atteindre, enfermé qu'il était dans ses angoisses. Brand projeta alors l'image de cette lande fleurie sur laquelle ils s'étaient tant de fois retrouvés. Il ajouta, comme Letty le faisait à chaque fois, des falaises et la mer. Les cris des mouettes et le bruit du ressac. Il ajouta l'odeur du vent iodé et des fleurs sauvages. La sensation de l'herbe fraîche, parfois un peu rêche sous leurs pieds, la fraîcheur du vent sur leur peau, le soleil d'Aelius. Ici, rien ne pouvait les atteindre. S'il y avait eu le moindre danger, il n'aurait pas été capable de s'y rendre.

-Letty.


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Letty
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MessageSujet: Re: Au milieu de la nuit    Jeu 19 Juin - 21:52

Il pleurait, contre ses genoux, il pleurait, attendant qu'ils viennent, les entendant venir, entendant le rire du maître. Il avait l'impression d'étouffer, il les sentait venir autour de lui, ils l'encerclaient, ils le laissaient attendre, s'apeurer, se demander quand ils mettraient fin à ça. Ils s'en prendrait à lui, à Brand, à Skye, ils s'en prendraient à tout ceux qui lui avait permit de retrouver une vie normale, ils le détruiraient, ils les briseraient, ils l'anéantiraient avant de le battre. Il recevrait des coups de crocs, il se ferait dévorer, dévorer vivant comme la pauvre fille qu'il avait vue mourir devant lui les premiers temps. Ou pas, il serait battu par le maître, battu, puis violé, et encore battu, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un tas de chair aux os broyés, jusqu'à ce que le maître se lasse de l'entendre crier. Il fallait qu'il meure vite, il préférait mourir vite, dévoré et déchiré par la Cabale, il ne voulait pas revivre l'enfer qu'il avait vécu avec le maître, revivre le coup, les viols, la peur, la peur qu'il avait à chaque instant qu'il ne surgisse.
On le toucha et il gémit, comme un animal blessé suppliant qu'on l'achève. Puis le contact lui rappela Brand. Brand, il était là, il était là et il le protégerait. Mais ils étaient si nombreux, trop nombreux, Brand ne pourrait pas, non, il ferait tout mais ne pourrait pas les vaincre. Ils allaient tuer Brand, tuer brand, ils allaient le dévorer sous ses yeux et le faire hurler, et il revivrait la mort d'un Loach, l'horrible mort de son Loach. Un nouveau gémissement plus plaintif s'échappa de sa bouche quand les mains de Brand se saisirent de son visage, cherchant à le faire regarder le guerrier. Il croisa ses yeux, mais regardait sans cesse derrière l'homme. Il regardait la porte. Elle craquait, elle craquait sous les pattes des lycans, ils grognaient, ils aboyaient, il sautaient dessus. Ils allaient entrer, ils allaient entrer. Brand l'obligea à le regarder plus fermement. La pression des doigts faisait qu'il ne pouvait pas s'enfuir.
Pourtant il fallait qu'ils s'en aillent, tous les deux, il fallait partir d'ici, et courir, il fallait qu'ils prennent le cheval, il l'avait déjà emmené au loin, il l'avait déjà fait, il pourrait le refaire. Il commença à se dandiner, cherchant sans réussir à mettre de force, à partir des mains, à retrouver une liberté, il ne voulait pas perdre sa liberté.

-Ils... Ils... La porte... Cheval... Cheval... Veux, je veux pas....

Encore une fois il n'arrivait pas à dire ce qu'il fallait dire, pleurant encore plus, il n'arrivait pas à expliquer qu'il fallait s'en aller. Ils allaient mourir, mourir à cause de lui, c'était sa faute. Il n'aurait pas du s'enfuir, il n'aurait pas du, Brand n'aurait jamais eu affaire à la Cabale, jamais elle ne chercherait  le tuer, elle n'aurait jamais trouvée l'auberge, elle n'aurait pas été dans ce couloir, jamais. La vitre craqua, le verre se fendilla dans un bruit sourd et strident à la fois. C'était le maître, c'était le maître qui était là, l était venu avec la Cabale, et allait entrer.Il voulait regarder, regarder la fenêtre, savoir si... Savoir. Si le maitre était là c'était pire, c'était bien pire.
Mais les mains ne le laissait pas regarder, les mains lui firent tourner les yeux vers son Loach, mais il ne fallait pas, il fallait qu'il regarde la fenêtre, si elle explosait, le maître serait dans la chambre, et l'enfer reviendrait, l'enfer l'engloutirait, et le ferait étouffer.  

Puis à l'image des murs orangés de la chambre, se superposèrent des fleurs mauves. Les hurlement des loups devint des cris strident d'oiseaux marins, la fenêtre qui se brisait lentement, fut recouverte par le bruit de la mer, oui monte et redescend les parois des falaise. La chaleur étouffante de son souffle bloqué dans sa gorge se dissipa sous le vent iodé, les rayons d'Aelius réchauffèrent un peu son corps. Il tourna la tête vers l'étendue bleu qui était près de lui, ses muscles tendus, se débloquant pour lui permettre de regarder. Il n'y avait plus de chambre, c'était la lande, leur lande fleurit et secrète. Les loups s'étaient enfuis, le rire était mort dans une dernière note aigue, la fenêtre ne menaçait plus de céder, la porte n'était plus grattée par des griffes.


-Letty.

Son regard rougit et brûlant se tourna vers l'ombre qui l'avait appelé. Non, ce n'était plus une ombre, c'était Brand, Brand comme il l'avait vu tout à l'heure, Brand qui était accroupi près de lui qui le regardait, dont les mains étaient près de son visage, comme pour le rattraper s'il tombait. Finit. C'était finit. La Cabale n'était plus là, ils étaient loin, très loin d'elle, elle ne viendrait pas là, personne ne le pouvait, c'était leur monde, leur imagination, leur univers. Si ils étaient là, personne ne pourrait venir les chercher, leur faire de mal, les tuer. Le blond regarda ses mains, qui avaient serré si fort que leurs jointures étaient blanches et entourés de rouge. Elles tremblaient fortement. Il reporta ses yeux sur Brand, et ses bras s'agrippèrent à son cou, le serrant comme pour éviter de chuter, ou qu'il ne disparaisse.
Tremblant de tout son corps, il pleura encore, évacuant l'horreur qu'il avait vécue, ou pensé vivre, son nez dans le cou de son Loach qui l'avait emmené loin du danger, qui l'avait sauvé, qui l'avait fait reprendre ses esprits. Le vent tiède souleva encore ses mèches blondes, le réchauffant encore un peu plus. Les larmes se tarirent plus vite qu'il ne l'aurait cru, et il souffla pour reprendre le contrôle de sa respiration et de son cœur, entrecoupé de quelques sanglots restant. Il sentait tout son corps se détendre, petit à petit. Ses jambes devenir molles, son dos se dénouer, ses membres s'ankyloser.

-Merci... Et par-pardon aussi. Je voulais pas... Je suis désolé.


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Brand
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MessageSujet: Re: Au milieu de la nuit    Ven 20 Juin - 14:47

Le vent frai venu de la mer balaya la lande, agitant les fleurs violettes de la bruyère, les fougères et autres herbes qui poussaient sur le sol rocailleux, et puis plus loin, les cimes des arbres d'un bosquet. Le vent porta l'odeur de la mer, les cris des oiseaux et le bruit du fracas des vagues contre les roches des falaises en contre bas. Aelius réchauffait délicieusement leur peau, rafraichie soudainement par un nouveau coup de vent. Le vent faisait voler dans tous les sens les mèches blondes de Letty. Brand avait légèrement desserré sa prise, regardant, inquiet, son Sciath réaliser peu à peu où il était. Il vit la peur glisser, et son lien d'Anamchara lui signala de la confusion, de la surprise, puis du soulagement et de la paix. Brand fit encore un effort, glissant dans ce lieu, un véritable paysage, si proche de ceux qu'il avait tant vu, tant parcouru. Il aperçut un sentier, qui descendait. Brand savait qu'il menait à des rochers, puis à la mer, où lorsqu'elle n'était haute, il pouvait pêcher. Comme dans le rêve qu'il avait eu avant que Letty ne vienne le trouver. Il le vit hésiter, clignant des yeux, chassant les dernières larmes qui les embuaient encore. Brand les écrasa de ses pouces avant de les essuyer doucement. Il laissa le temps à Letty de prendre toute la mesure de la situation. Le Loach scruta ses réactions, avant de se détendre en voyant que la crise était passée. Letty regarda un instant ses mains. Brand se recula un peu, écartant ses mains du visage qu'il tenait. Dans la chambre, son corps faisait de même. Puis Letty le regarda et se jeta à son cou, avant de se mettre à pleurer comme un enfant secoué par un cauchemar. Ce qui était le cas. Brand resta quelques secondes surpris, avant de refermer ses bras autour du petit corps frêle et tremblant. Les larmes de Letty se mirent à mouiller son cou.

Ses larmes se tarirent assez vite, comme si une pensée révélatrice les avait subitement arrêtées. Letty tenta de reprendre le contrôle de sa respiration et de lui même. Brand desserra un peu son étreinte pour lui laisser de la place. Il réalisa alors à quel point, son Sciath était minuscule et fragile. Il semblait n'avoir que la peau sur les os. Il avait peur, s'il le serrait trop fort, de le casser. Une de ses grandes mains alla caresser ses cheveux, dans un geste apaisant. Sa mère avait pareil lorsqu'il était encore un enfant. Le corps tendu de son Sciath s'affaissa une nouvelle fois, comme une marionnette à qui on aurait coupé ses fils. Brand accompagna sa chute, doucement. Et Letty se retrouva assis au milieu des fleurs et des herbes se balançant au vent. Brand s'écarte, pour retirer des mèches de cheveux qui se balançaient, elles aussi, au grès du vent, devant le visage à la fois pâle et rougi de Letty. Ses yeux verts étaient encore embués de larmes, rouges d'avoir pleuré. Son cœur cognait encore dans sa poitrine, mais se calmait peu à peu. Brand pouvait sentir tout cela, et c'en était presque vertigineux. Il savait que s'il se concentrait sur leur lien, il aurait pu aller se perdre. Il ne le fit pas, se contentant de pincer le nez de Letty.

-La prochaine fois, évite juste de te moucher dans mon cou.

Un sourire illumina le visage buriné du guerrier. Brand n'était pas très doué pour consoler qui que ce soit, et encore moins trouver les bons mots. Il fronça brièvement les sourcils, jouant un peu avec les mèches blondes qui ne cessaient de voleter. Il y eut un instant de silence, où la lande bordée de falaises sembla d'autant plus prendre vie. Brand soupira, et regarda son Sciath dans les yeux.

-Ne t'excuse jamais plus.

Et comme son ton avait été un peu trop abrupte, il ajouta précipitamment, en balbutiant un peu :

-Ce n'est pas... quelque chose qui peut se contrôler.

Il en savait quelque chose. Il avait eu ce genre de crises pendant des mois, avant de finalement, espérer mourir de soif dans un Esgal dévasté. Mais Lior avait eu d'autres projets pour lui. Brand n'eut pas le courage d'en parler, et ce n'était pas le moment d'en parler. Il ne demanda pas non plus ce que Letty avait pu voir et entendre pour qu'il soit dans un tel état de panique. Il avait voulu partir et s'enfuir, et il n'était pas très compliqué pour Brand de faire le lien entre la crise et sa vie d'esclave. Une vie qui le hanterait surement toute sa vie, même lorsqu'il serait en sécurité. Comme aujourd'hui.

-Mais si cela se reproduit, vient me trouver tout de suite. N'attend pas d'être dans cet état.


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Letty
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MessageSujet: Re: Au milieu de la nuit    Dim 27 Juil - 21:50

La remarque de Brand eu le mérite de lui tirer un petit sourire, et même un petit rire. C’était terminé, la terreur qu’il avait eu avait été balayée d’un geste de la main, soufflée par le vent de la lande qu’il partageait avec son Loach. A présent il était calme, et en regardant le visage de Brand ressentit un grand élan d’affection, une reconnaissance infinie. La pensé qui le traversa pendant qu’il le regardait, c’était qu’il était extraordinaire, et le blond se demanda comment il avait fait, pour se passer de lui toutes ces années où ils avaient été séparés, sans se connaître ou se douter de l’existence l’un de l’autre. Son cœur fit de nouveau un bond dans sa poitrine, quand cette reflexion en ammena une nouvelle, qui était que maintenant, ils ne seraient plus jamais séparées. S’il y avait bien quelqu’un qui réussirait à lui faire oublier ces années d’esclavage, il était sur que ce serait lui, car quand ils étaient ensemble, rien ne semblait vraiment important.
Il eu un léger sursaut au ton abrupte de Brand, pas forcément à cause de ce qui avait été dit, le ton le faisant revenir dans la réalité, sur le fait qu'il ne devait pas s'excuser. Le guerrier du penser qu’il l’avait brusqué, car il ajouta rapidement que ça n'était pas contrôlable, sous entendant que Letty ne devait pas s'excuser pour quelque chose sur lequel il n'avait pas le contrôle. S'il l'avait, l'ancien esclave choisirait de ne plus jamais avoir de terreur nocturne. Il se contenta de hocher le tête pour répondre. Il mit une main dans l'herbe et les bruyères, et y mit un peu du sien pour les rendre vraies au toucher, même dans le vrai monde. C’était agréable, il resterait bien ici pour toujours.

-Je viendrais dès que j'aurais l'impression qu'ils arrivent, promis. J'ai hésité à te réveiller en fait, c’est pour ça que… C'était un peu bête après reflexion, je n’hésiterai plus.

La fraîcheur du vent chassa les dernières larmes qui perlaient à ses yeux, trainarde d’une peur qui n’étai plus là depuis quelques minutes maintenant. L'herbe dans ses doigts chatouilla sa paume l'encrant pour de bon dans la réalité et non plus dans un cauchemar. Jamais le Maître ne le trouverait, qui irait chercher un esclave en fuite si loin, qui le chercherait si longtemps, il n’était pas si important ou si irremplaçable tout de même. Le maître avait du pester contre la Cabale, peut-être les punir physiquement, et au final il rechercherait de nouveau un esclave pour le remplacer. Letty frissonna d'horreur à cette pensée. Pourvu qu'il ne trouve jamais personne, que la blessure qu'il avait reçu l'empêche à jamais d'avoir des relations, ou de faire le moindre mouvement. Mieux encore, si elle pouvait l’avoir tué. Il chassa ces idées de son esprit et le blond reporta sa pleine attention sur Brand.

-Je, je peux rester ici cette nuit ? Je n'ai pas envie que ça revienne...

Après avoir reçu l’approbation du guerrier, ils restèrent encore quelques minutes dans la lande, rechignant à la quitter, comme lorsqu’ils étaient éloignés l’un de l’autre. Une fois qu’ils en sortirent, Letty cessant de rendre l’herbe et les bruyères réelles dans la chambre, ils se relevèrent. Letty grimaça un peu, ses genoux ayant cognés le col lors de sa chute, ils protestaient à présent contre ce traitement. Ceux de Brand aussi, il le ressentit.

***

Son nez le démangeait, il essaya de faire partir l'envie de se gratter en le remuant, mais ça ne fonctionna pas. Sa main fit alors le chemin jusqu'à son visage et rencontra un obstacle en le faisant. Letty ouvrit les yeux, et eu un instant de surprise en voyant Brand à côté de lui. Qu'est-ce que le guerrier faisait dans sa chambre ? Puis il se souvint, c'était lui qui était venu, au beau milieu de la nuit, paniqué, persuadé d'entendre la Cabale dans les rues et les couloirs d’ lauberge. Comme plusieurs fois avant cette nuit. Habituellement, après ce genre de cauchemar, Letty était réveillé par Geneus, qui le trouvait dans le box de son cheval, recroquevillé dans le foin et sa couverture sur lui. Le videur ne faisait d'autres commentaires que de lui dire le jour qu'il était, qu'il était toujours à l'auberge, et que Skye n'attendait que lui pour lui faire son petit déjeuner. Ca lui suffisait pour savoir qu'il n'y avait rien eu, et qu'il ne craignait rien à présent.
Là il avait trouvé Brand, son Loach, celui que son esprit envahi par la peur avait désigné pour le sortir du danger qu'il encourait, si fictif soit il. Le guerrier l'avait surpris, en les emmenant tous les deux dans leur Lande, là bas Letty s'était calmé, et avait évacué la panique et l'horreur en pleurant. L’homme lige l’avait vraiment surpris, et Letty avait pu voir qu’il pouvait vraiment lui faire confiance. Pas qu’il ait vraiment eu des doutes à ce sujet en le voyant.
Clignant un peu des yeux pour les sortir du sommeil, Letty put remarquer leur position dans le lit. C'était étrange, et mignon. Brand s'était mit dans un coin, ses pieds dépassants tout de même du lit, et le guerrier un peu plié pour rentrer dans le lit tout en lui laissant une place. D’un œil objectif, on devait croire que le petit blond prenait toute la place. Toujours allongé, Letty eu un sourire, Brand avait l'air de dormir paisiblement, malgré ce qui s'était passé pendant la nuit, le réveil brutal que lui avait fait subir la petite chauve souris. Lui même avait réussit à dormir, et ne se souvenait même plus quand il avait sombré dans le sommeil, et comment il avait été jusqu’au lit.
Il approcha sa main du visage de Brand, et effleura du bout des doigts une joue. Elle était couverte d’une légère barbe, qui commençait à s’adoucir, ce qui voulait dire qu’elle avait quelques jours déjà. Jouant avec les poils, tout doucement pour éviter de réveiller Brand, ses doigts tracèrent la ligne de la mâchoire, et après une demi seconde d’hésitation, ils tracèrent la ligne des lèvres du guerrier endormit. Letty eu un léger frisson en le faisant et son doigt s’arrêta à la commissure des lèvres. Elles étaient douces. Un léger mouvement de la part du guerrier le fit revenir à la réalité. Il devait aller aider Skye, et Geneus devait l’attendre aussi. Ses jambes se déportèrent sur le côtés, et il se leva sans bruit du lit. Il récupéra sa couverture, pliée au pied du lit, et regarda encore une fois le visage de Brand endormit. Après avoir refermé tout doucement la porte, il passa en coup de vent dans sa chambre, se passant juste un coup d’eau sur la figure, et troquant son pyjama pour des vêtements normaux. Il prit le temps de faire revenir l’un de ses amis imaginés, ce fut la raie bleue et volante aujourd’hui, il était d’humeur plutôt légère en fait.


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Brand
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MessageSujet: Re: Au milieu de la nuit    Jeu 31 Juil - 20:35

Il ouvrit les yeux, ne bougeant pas pour autant. Il vit la porte de la chambre se refermer sur Letty. Il avait senti que son Sciath était réveillé, et il l'avait laissé le toucher. Il s'était efforcé de rester immobile sous le contact des petits doigts qui avaient caressé sa joue, tracé la ligne de sa mâchoire, pour finalement se poser sur ses lèvres. A ce moment là, il avait tiqué. Il ne se souvenait plus depuis combien de temps il n'avait pas eu de contact aussi intime avec quelqu'un. Avec Letty, il avait naturellement et instinctivement toucher son Sciath, prendre son visage entre ses mains - il semblait d'ailleurs minuscule entre ses battoirs - ou bien repousser une mèche de cheveux blonds. Il était normal que Letty éprouve la même chose, les même impulsions. Pourtant Brand ne pouvait pas s'empêcher d'éprouver des sentiments tumultueux. La présence de Letty, et c'était certain, l'apaisait. Hier soir, quand il lui avait demandé de le protéger, le lien d'Anamchara s'était enflammé, le laissant avec le seul désir de satisfaire son Sciath. La colère qu'il avait ressenti aurait pu se transformer en rage meurtrière s'il n'avait pa su garder son sang froid. Il se demandait si Letty ressentait les émotions aussi fortement que lui, ou bien si seul le Loach ressentait ce genre de chose. Sentir les doigts de son Sciath sur sa peau, l'avait presque laissé interdit. Il se demandait si ce qu'il ressentait, était de la gêne, ou bien de la réticence. Une partie de lui même continuait de se rebeller contre ce lien, à rejeter en bloc ce qu'il ressentait. Peut-être que ce sentiment venait de là. Ou bien simplement... Brand n'avait peut-être plus l'habitude des contacts humains. Pendant des années, il avait évité les endroits trop peuplés, et les années passées dans les montagnes avaient été plutôt solitaires. Brand ne se rappelait plus non plus depuis combien de temps il n'avait partagé un lit avec quelqu'un. Il n'avait jamais été du genre à payer des femmes pour satisfaire ses désirs, et n'avait pas franchement eu l'occasion de le faire. Il avait vécu reclus, au service d'Emaine, dans une maison perdue sur les hauteurs de la Grande du Nord, en Inwerin. Il s'était aussi interdit ce genre de contact, de peur d'être découvert. Non seulement lui, mais aussi Emaine, et surtout... Uranach, qu'il avait gardé, jusqu'à qu'il faillisse à sa tâche et que l'ancien général Mornien ne leur échappe. Ils l'avaient cherché longtemps, et avait fini par se diriger vers Morna, où Emaine était sûr qu'il se cachait. Il l'était d'autant plus qu'Argental Tar Sùrion s'était emparé du trône impérial, et qu'Uranach était plus que susceptible de s'être rendu dans son empire natal, maintenant qu'un ancien camarade était à sa tête. Les récents mouvements de troupes tendaient vers cette hypothèse. Leur voyage avait été quelque peu perturbé, quand... quand il avait affronté un double plus jeune de lui-même, altéré certes, mais la ressemblance avait été frappante. Trop pour ne pas qu'il s'en rende compte. En mourant, ce double lui avait offert un le lien d'Anamchara, et il n'avait pu continuer sans avoir de cesse de retrouver Letty. Maintenant, le lien s'emballait, il était toujours fort, mais Brand n'avait plus cette impression de devenir fou. Quand Letty se leva, il avait eu envie de le retenir, n'ayant pas envie que son Sciath s'aventure hors de la chambre. Pourtant, il s'efforça de rester immobile, Letty avait besoin, après cette nuit agitée, de retrouver un semblant normalité. Et il passait ses derniers jours ici. Après cela, Brand l'emmènerait avec lui, l'arrachant à la vie paisible et sécurisante qu'il avait ici. Il soupira. Il devait se lever, le lit était devenu trop étroit.

Le grand guerrier grimaça. Ses jambes étaient engourdies, son épaule et son bras droit aussi. Il avait dormi contre le mur, sur le coté, pour laisser de la place à Letty, du moins autant que possible. Le mobilier Mornien n'était pas fait pour lui. Le lit était peut-être suffisamment large, mais il n'était pas suffisamment long. Ses pieds dépassaient, si bien qu'il avait dormi les jambes pliées. Letty avait eu de la place. Son Sciath était mince, peut être un peu trop, et de petite taille, si bien qu'il avait pu dormir tranquillement, du moins, Brand l'espérait.Par les Dieux, Brand faisait deux fois sa taille, si bien qu'il s'était donné l'impression de le couver, semblant lui servir de barrière comme de cocon. Il avait attendu que Letty s'endorme avant de se laisser aller au sommeil. Il ignorait ce qui lui était arrivé, et ignorait donc ce qui pouvait le hanter. Une fois qu'ils se connaitraient mieux, sans doute, qu'il serait plus facile pour chacun d'eux de parler de leur passé respectif. Il se redressa, et le lit grinça sous son poids. Il se leva et prit le temps de s'étirer chassant l'engourdissement, le fourmillement familier lui signala que ses muscles fonctionnait correctement. Le pas lourd, il se dirigea vers la petite pièce d'eau pour se rafraichir le visage. Il prit le temps de raser sa barbe, profitant de la lumière et du miroir pour le faire. Il ne l'avait pas fait hier soir, il avait été trop exténué pour ne pas craindre de se couper. Ses cheveux commençaient aussi à devenir trop longs. Se raser correctement lui prit quelques minutes, et il lui en fallut quelques unes supplémentaire pour raccourcir ses cheveux. Il laissait généralement des mèches plus longues et plus claires sur le haut de son crâne, coupant courts sur les côtés et sur la nuque. Ses cheveux avaient une teinte plus foncée là où ils étaient le plus courts. Il fit une toilette rapide, se débarrassant des mèches coupées. Il nettoya derrière lui avant de s'habiller. Il passa son pantalon de voyage en toile, et enfila une tunique légère, simplement tissée, d'une couleur bleue pâle, qui se tendit sur les muscles de son torse quand il boucla son ceinturon. Il en remonta les manches, dévoilant ses avant-bras tatoués et couturés de cicatrices. Il prit soin de refaire son paquetage, rassemblant ses affaires, prêt à partir, comme à son habitude. Il reprit la dague dont il s'était servi hier soir, et qu'il avait dissimulé en suite derrière la tête du lit, accessible en cas d'une éventuelle attaque. Un surplus de prudence n'était jamais de trop. La dague alla se glisser dans le fourreau qu'il portait à sa ceinture, dans le creux de ses reins. Le grand Alaric ouvrit la porte de sa chambre, la faisant glisser sur son rail. Il la referma derrière lui, et prit soin de la verrouiller. Il hésita un instant. Devait-il réveiller Emaine ? Ou bien simplement descendre ? Il se déplaça jusqu'à la porte de la chambre qu'occupait Emaine, silencieuse, ce qui pouvait paraitre surprenant pour quelqu'un de sa taille et de son poids. Il tendit l'oreille, écoutant à travers le panneau de bois, avant de rebrousser chemin, n'ayant entendu aucun signe d'activité. Emaine était peut-être même déjà descendu, ou partit faire un tour. Faisant demi-tour, Brand se dirigea vers les escaliers. Il soupira. Eux-aussi, avaient l'air trop étroits par rapport à sa carrure.


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