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 Savoir vivre et savoir être [Luvia]

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Eileen
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MessageSujet: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Mer 30 Avr - 23:52

La chevelure flamboyante d'Eileen Fearghas était agitée par le vent marin. Le vent portait l'odeur de la mer jusqu'à Helmet Hall, empreignant l'air de cette saveur iodé qu'elle pouvait presque sentir sur sa langue. Une odeur qui la faisait se sentir chez elle. Comme l'odeur de la pluie lorsque Armenelos et le Maëldan tout entier subissait les joyeuses colères de Virva. La louve changea de jambe d'appui. Elle se tenait debout dans la cour de Helmet Hall. Dépassant dans son dos, sa hache à double tranchants, dont elle ne se séparait jamais, sauf lorsqu'elle se transformait en louve, n'ayant guère la capacité de pouvoir la transporter sous cette forme. Eileen était vêtue simplement, pantalon de daim moulant, corset de cuir souple par dessus une simple chemise de tissus. Elle portait bien sûr le harnais de cuir qui lui permettait de ranger ou de sortir sa hache, ainsi qu'un ceinturon et des bottes de cuir fourrées. Une tenue qu'elle ne comptait pas enlever pour se transformer. Elle se savait suffisamment dominante pour pouvoir calmer Luvia sur un simple ordre. Car oui, si Eileen se tenait debout dans la cour, ce n'était pas pour le plaisir de faire le pied de grue. Elle attendait Luvia pour la première leçon d'une série qu'elle n’espérait pas trop longue. Mais la fréquence et le nombre de leçons ne dépendait que de la capacité d’assimilation de Luvia.

Luvia. Noorah avait plaidé sa cause, et son frère l'avait autorisée à rester. Eileen n'avait en suite pu que céder à la demande de sa compagne, à savoir prodiguer un semblant d'éducation comportementale, comme on le faisait avec les louveteaux, à la jeune louve. Le cas de Luvia était particulier. Physiquement, elle ressemblait à ses jeunes Versipellis qui ne savaient pas encore se maîtriser et que se retrouvaient coincés entre deux formes, ou bien qui le faisaient pour frimer. Luvia n'était pas une Versipellis, pas plus qu'elle n'était une thérianthrope comme les Fearghas. Parthalan avait dit que son odeur était proche de celle qu'aurait un loup sauvage. Et Luvia s'était comporté comme tel. D'abord en attaquant Dierdre Fardale au marché d'Hossë, ayant pensé qu'une Versipellis, qui sentait donc le chat, ferait une une bonne proie. Puis, elle avait fait un esclandre devant les cuisines. Térésa avait accepté ses excuses, et Tabitha avait noté, que même petite, elle ne s'était jamais comportée aussi mal. Luvia semblait donc avoir du mal à gérer que des étrangers gravitent autour d'elle. Et elle devait également apprendre à vivre en milieu urbain. Luvia, avait dit Parthalan, se comportait comme une jeune louve sauvage, incapable de contrôler ses instincts en présence d'Hommes. Luvia ne semblait pas avoir vécu en ville, et pourtant, Noorah avait noté qu'elle lui avait dit se souvenir de choses qu'elle n'aurait pas dû savoir. Et elle avait mentionné Cùan, bien qu'elle n'ait pas prononcer son nom. Parthalan jugeait plus sage d'apprendre la vie urbaine à Luvia, avant de la présenter à Nimue, la suivante de Nueonia, et par chance, prêtresse de Cùan. Eileen était d'accord. Parthalan se serait bien chargé lui-même de l'éducation de Luvia, mais ses devoirs de souverain accaparaient la majeure partie de son temps, bien qu'il sache déléguer, et le reste de son temps, Parthalan le passait à essayer de savoir quoi faire de sa jeune épouse. Son frère était pire qu'un adolescent maladroit quand il se retrouvait avec Nueonia, bien qu'il réussisse à faire bonne figure, et à faire montre d'assurance. Elle le savait mal à l'aise. Mais il n'avait d'autre choix que d'apprendre à la connaître. Nueonia était une jeune avenante et ouverte, fraîche et spontanée, Eileen savait que son frère ne tarderait guère à voir en elle l'épouse idéale. Quand Parthalan avait dit qu'il ne pourrait assurer le rôle de professeur, Noorah s'était naturellement tournée vers elle. Eileen avait exprimé quelques réticences, mais n'avait pu que céder à la demande de sa compagne. Comme à chaque fois. Fort heureusement pour elle, les demandes de Noorah étaient généralement raisonnables.

Eileen avait donc accepté, et elle n'attendait plus que Luvia pour commencer cette première leçon. Pour ces débuts, elle avait prévu de se cantonner au château, où la population serait moins impressionnante pour Luvia, plus familière déjà, et l'endroit serait sans doute moins oppressant. Autant mettre à l'aise, du moins autant que possible, son élève. Eileen ignorait tout de même par quoi commencer, mais Luvia avait déjà une petite part du travail en ayant présenté ses excuses à Térésa, et avoir sollicité son expertise dans la cuisson des viandes. Eileen s'était alors dit qu'elle pourrait sans doute commencer par demander à Luvia s'il y avait des choses qu'elle aimerait apprendre, afin de savoir vivre en ville. Eileen se contenterait en suite de la calmer si elle se mettait à paniquer. Noorah devrait en suite être de la partie, puisque Luvia présentait des dons pour la téléportation. Eileen ne pratiquant aucune magie, Noorah prendrait le relais. Le vent lui porta d'ailleurs l'odeur de sa compagne. Eileen se tourna vers elle. Le soleil fit miroiter les boucles d'oreilles faites de cercles de bronze qu'elle portait aux oreilles. Grande et svelte, Noorah eut ainsi l'air, un instant, une ancienne reine Esgaléenne. Eileen ne put s'empêcher de ressentir une bouffée d'amour pour elle. Le vent lui portait l'odeur de sa compagne, et une partie de son odeur à elle sur Noorah, la désignant comme sienne. La louve en elle appréciait ce sentiment de possessivité. A coté de Noorah, venait, vêtue d'une simple robe bleue, Luvia. Eileen s'avança jusqu'à elles, d'un geste tendre, elle effleura le visage sculptural de Noorah, déposant en suite un baiser chaste sur ses lèvres, avant de se tourner, l'oeil brillant, vers Luvia.

-Je suis Eileen, la sœur de Parthalan. Notre Alpha t'a autorisée à rester ici, et il m'a chargé de t'apprendre à vivre parmi ceux que tu appelles des Deux-Pattes. Et ma compagne et Térésa ont plaidé en ta faveur. Je vais donc t'aider. Est ce que tu te sens prête pour commencer maintenant ? Je te pose la question, mais tu n'as guère le choix en réalité. Tout le monde ici a entendu parler de tes exploits. Je suis là pour éviter que cela ne se reproduise, bien que tu l'aies promis à mon frère.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Mer 16 Juil - 21:22

Des bois de cerf. L'homme avait des bois de cerf, le reste était flou, imprécis, comme s'il avait existé des centaines de façons de le voir et que seul subsistait un trait. Un symbole animal d'éternité, d'éternel recommencement. Mais cela n'avait pas d'importance.

L'obscurité autour de l'homme aux bois de cerf laissa place à une forêt où tout était teinté de rouge, de la couleur du sang. Une louve était là, noire aux yeux d'émeraude, assis devant le corps d'une belle femme à la robe bleu nuit et qui avait un trou béant dans la poitrine, à la place du cœur.

"C'est de ta faute," dit l'homme en regardant la louve.

Des ombres surgirent des entrailles du bois. Des ombres vaguement humaine, qui approchaient, grandissaient, obscurcissant tout... la louve gémit, et les ténèbres engloutirent la forêt, ne laissant que l'homme-cerf, le corps de la femme et elle, perdu dans le noir.

"C'est de sa faute," dit l'homme à la louve, en désignant le corps de la femme.

Se penchant sur l'animal, l'homme plongea sa main dans le pelage noire, et en ressortit son cœur, chaud et palpitant de vie. Les deux corps disparurent, ne laissant que l'homme aux bois de cerf et les battements solitaire d'un cœur de louve.

"C'est de ma faute."

Il resserra la main, réduisant l'organe en une fine poussière rouge, qui se dispersa dans l'obscurité. L'homme s'effaça lui aussi, ne laissant que la noirceur, le silence...
Et puis...

Une étincelle s'éveilla dans les ténèbres. Minuscule. Tremblante. Deux mains, vieilles comme le temps, la recueillit au creux de ses paumes.

"Tout ira bien..." murmura l'homme aux bois de cerf.


¤ ¤ ¤


Luvia se réveilla enroulée dans ses couvertures, la tête remplie d'images qui s'effacèrent rapidement. Elle ne chercha même pas à se souvenir de ses rêves ; les images de la nuit n'avaient aucune importance pour la survie, la louve ne s'en préoccupait pas. Cependant, elle s'interrogeait quelque peu sur la raison pour laquelle Parthalan s'intéressait à l'homme qu'elle voyait dans ses rêves, et pourquoi elle en avait spontanément parlé. A dire vrai elle n'avait jamais prêté attention à cet homme qui errait dans ses rêves, de temps à autres.
Il était tôt, et elle entreprit de faire sa toilette. A sa manière. Dénouant sa tignasse avec ses doigts, léchant sa peau directement. Une peau épaisse, marquée par de nombreuses petites coupures, griffures, et autres marques dus à la vie sauvage, ainsi qu'un teint bronzé. Elle restait une belle jeune femme, mais en s'approchant on pouvait voir à quel point son enfance et adolescence avait été marqué par la violence.
Précautionneusement elle se lécha soigneusement, témoignant d'une grande souplesse, et achevant les zones inatteignable en léchant le dos sa main qu'elle appliquant ensuite sur sa peau. Elle termina en léchant le pelage de sa queue. Elle était fier de sa fourrure, qui était purement lupine.

Une fois la salive sèche, elle enfila sa petite robe bleu nuit, et s'assit sur le lit, attendant sagement qu'on vienne la chercher. Elle devait être sage, pour que Parthalan soit fier d'elle. Au bout d'un moment, elle trouva tout de même le temps long. Alors elle se leva et frappa doucement à la porte. Ses oreilles tressautèrent légèrement en entendant un mouvement de l'autre côté. Avec un sourire satisfait, elle retourna poser son postérieur sur le matelas, joignant ses mains sur ses cuisses avec un air sage, se voulant exemplaire.

Noorah la trouva peu de temps après, heureuse de la revoir mais refrénant quelque peu ses élans de gaieté. La louve voulait aussi que la femme qui l'avait prise sous son aile soit fière d'elle, alors elle faisait de gros efforts pour être aussi calme qu'elle le pouvait. Elle se raccrochait à l'image de Parthalan, à son odeur... elle se demanda brièvement s'il avait déjà une compagne, mais repoussa cette idée. C'était stupide de penser cela. Elle en voulait à son instinct de lui rappeler à quel point elle avait voulu devenir la compagne du mâle alpha de sa meute.
Elle resta silencieuse durant tout le trajet jusqu'à la cuisine, perdue dans ses pensées. Concentrée, bridant son instinct, essayant de ne pas être trop débordante d'enthousiasme. Et puis elle repensait à Couenne, l'homme-cerf, et ces choses qu'elle savait sans devoir savoir. La chose qui faisait de la lumière que Noorah lui avait montré avait provoqué quelque chose de bizarre en elle, et cela la troublait. Mais son estomac la tint éloigné de ces préoccupations, de toutes façons trop compliqués pour la jeune femme.

L'air libre les accueillis, avec des relents de sel et de diverses odeurs charriées par le vent. Et une autre femme. Une autre Deux-pattes qui était aussi loup. Son instinct était désormais accoutumé à cette impression d'anomalie qui l'avait mise hors d'elle, complètement paniquée. Noorah et elle s'embrassèrent. Un contact plutôt intime, que Luvia identifia comme étant une marque d'amour. Elle ne savait pas comment elle le savait, mais elle le savait. Et quelque chose en elle trouvait cela dérangeant ; mais elle ne dit rien. Les Deux-pattes étaient bizarres... et pour le moment, elle ne voyait l'amour que comme un moyen d'amener à la reproduction. Et deux femmes ne peuvent pas se reproduire, mais Luvia se tut ; elle était là pour apprendre.
Elle détailla plutôt cette nouvelle femme, et en respirant son odeur, comprit qu'elle était celle qui avait marqué Noorah. Ces cheveux avaient la couleur du feu, ses vêtements étaient majoritairement en cuir, ce qui ne plus pas à la louve, et elle avait une chose en métal dans le dos. Cette femme était bizarre, mais elle dégageait un sentiment d'autorité qui poussa la jeune femme à accepter ses étrangeté, de ne pas s'en inquiéter. C'était comme ça.
Elle était de la famille de Parthalan, disait-elle, et elle était là pour lui apprendre des choses. C'est du moins ce que retint globalement la louve. Le rappel de ses "exploits", même s'ils ne furent pas vraiment énoncés, laissa un goût amer dans la bouche de la louve, qui comprenait mieux, après tout ces événements, la nécessité d'apprendre à avoir des réactions plus appropriées quand elle était en ville. Même si elle trouvait tout cela étrange, sans aucun sens... mais étonnamment familier, en quelque sorte.

"Je me sens prête."

La détermination vibrait dans sa voix qui avait la fougue de la jeunesse, mais dans ses yeux se lisaient la volonté implacable du prédateur qui s'était fixé un objectif et n'en démordrais pas. Cependant son élan de conviction s'effaça bien vite ; en face d'elle se trouvait une louve dominante après tout, inconsciemment elle se refrénait pour éviter de l'offenser.
Alors s'afficha sur son visage un large sourire ayant quelque chose d'enfantin et un regard pétillant de curiosité. Elle était redevenue une petite fille avide de connaître le monde qui l'entoure, se dandinant sur place d'impatience, les mains jointes dans le dos, attendant impatiemment que commence la leçon.
Cependant, elle ne put s'empêcher de se poser une petite question, qui en emmena quelques autres... comme souvent. La Deux-pattes-louve en face d'elle lui inspirait un profond sentiment de dominance, mais elle se sentait bien moins soumise qu'avec Parthalan : elle l'écouterait sans discuter et se plierait à ses ordres pareillement, mais elle ne ressentait pas la même crainte obéissante.
Le début de sa phrase n'était cependant pas composé de mots, et une fois encore elle eut recours instinctivement à la communication primitive par télépathie, envoyant l'image de Parthalan en y associant des les principes désignant le mâle alpha, celui qu'elle reconnaissait comme étant son dominant.

"... n'est pas là ? Je l'aime bien. Il est gentil. Tu es gentille comme lui et Noorah ? Pourquoi tu sens comme..." elle renvoya l'image de Parthalan, définissant pour elle l'alpha dans son esprit, "... alors que vous avez l'odeur de la meute ? Pourquoi il t'a pas tuée ?"

Luvia semblait sincèrement intriguée. Pour elle, la louve qui lui faisait face devait déjà être morte. Un seule dominant pour la meute, qui se faisait blessé ou tuer quand un nouveau prenait sa place, lui prenant privilège et compagne, sauf s'il voulait en changer. Eileen était une anomalie dans sa conception de ce qu'était une meute ; et si quelque chose en elle grondait que ce n'était pas normal, elle le contint. Elle devait être sage.
Parthalan lui avait demandé, après tout.




~ The Wolf Whistling Song
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Noorah
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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Mer 30 Juil - 13:09

Les yeux clairs de Noorah se mirent à pétiller, alors que Luvia commençait déjà à assaillir de questions Eileen. Elle cacha son sourire amusé derrière une main. La queue de Luvia ne cessait de remuer, s'agitant de droite à gauche, trahissant son excitation. Quand elle était allée la trouver dans sa chambre, pour la conduire jusqu'à Eileen, Luvia s'était répandue en paroles, et s'était presque mise à sautiller, un peu comme un louveteau ayant envie de jouer. Elle s'était empressée de la calmer, tentant de réfréner les ardeurs de la jeune femme, voulant éviter un nouvel incident. Luvia avait eu l'air un peu vexée, mais elle s'était vite reprise, la suivant docilement à travers le palais. Elle semblait un peu plus obéissante, et l'intervention de Parthalan n'y était sans doute pas pour rien. Elle avait mené Luvia jusqu'au dehors, croisant quelques personnes dans les couloirs, qu'elles avaient poliment salués. Dehors, le vent portait l'odeur de la mer, une odeur qui lui était familière, et qu'elle appréciait. On était loin des airs chauds et chargés des odeurs lourdes de l'Esgal. Malgré les années, Noorah appréciait toujours l'air marin, qui avait un petit gout de liberté pour elle. L'ancienne esclave se rappelait à chaque fois sa première traversée, s'étant émerveillée de tout. Elle retrouvait en Luvia cette curiosité qui l'avait elle-même animée lorsqu'elle était arrivée ici. Cependant, elle n'avait pas eu les soucis d'adaptation, n'ayant attaqué personne, et n'ayant pas à apprendre les codes sociaux qui régissaient le monde de ceux que Luvia appelait les Deux-Pattes. Une appellation que reprenaient les Dragons, d'après ce qu'elle avait pu lire sur eux. Elle avait fini par en voir sillonner le ciel, mais n'avait jamais eu l'occasion d'en voir un de près. Elle avait cependant vu des griffons, et avait monté des Reiths, ces animaux étranges venus de l'Empire de Morna.Elle préférait tout de même les chevaux, qu'elle trouvait moins effrayants. Enfin, elle ne voyageait plus beaucoup depuis qu'elle avait la charge d'intendante. Le fonctionnement de Helmet Hall reposait sur ses épaules. Fort heureusement, elle n'était pas la seule qui ait suffisamment d'esprit et de pragmatisme pour que cette machine bien huilée puisse fonctionner. Elle devait d'ailleurs gagner les cuisines pour donner ses directives pour le déjeuner d'aujourd'hui. Les derniers trainards invités du mariage royal étaient enfin repartis, et la cour avait retrouvé son nombre de résidents habituels, évidemment, il fallait aussi nourrir les serviteurs et la garde, et chacune des petites mains qui faisaient partie de Helmet Hall. Luvia serait donc confiée à Eileen, qui avait accepté de s'occuper de ses problèmes de comportements, et Noorah prendrait le relais après le repas. Elle tenterait de cerner la façon de fonctionner de la louve, afin de pouvoir lui apprendre à maitriser ce pouvoir de téléportation qu'elle possédait, et qu'elle n'utilisait que de façon instinctive et visiblement comme réflexe de fuite.

Eileen se tenait debout, droite et majestueuse dans la cour. Son épaisse crinière était agitée par le vent. L'image même de la guerrière qu'elle était, tout en elle transpirait l'autorité et la puissance, bien que l'impression soit moins écrasante qu'à l'approche de Parthalan. Son beau-frère avait cette puissance contenue du prédateur, qui pouvait se déchainer à tout moment. Noorah ne s'y trompait pas, ils avaient du loup en eux, et bien que leur comportement soit altérée par la vie des hommes, la plupart des Fearghas étaient de redoutables et féroces guerriers, capables de tout pour protéger les leurs. Elle avait cru le comprendre en écoutant les histoires qui circulaient sur leur clan, bien qu'ils soient moins connus que les Alaric, qui étaient le symbole même du guerrier Maëldanais, et qui jouissaient d'un prestige inégalé dans les royaumes du Sud en tant que bande de mercenaires. Les Fearghas n'avaient pas eu les mêmes ambitions, et ils faisaient partie de ses clans nomades, qui se déplaçant au quatre coins du royaume, protégeaient leur membres et leur troupeaux. Ils faisaient aussi dans la protection des autres clans nomades, veillant sur leurs biens, et faisant même dans la récupération de ces derniers. Les voleurs de bétails étaient un des fléaux qui gangrenaient la lande maëldanaise. Mais contrairement à Luvia, chacun des membres de la meute savaient se comporter comme des personnes civilisées... Eileen se déplaça avec une certaine grâce et surtout une économie de mouvement. Elle portait, pendue dans son dos, sa grande hache à double tête, dont elle ne se séparait presque jamais lorsqu'elle était sous sa forme humaine. Comme chaque fois, Noorah apprécia ce qu'elle vit dans le regard de sa compagne. Un regard qui lui arrachait toujours un sourire. Elles s'embrassèrent, rien de langoureux, rien de passionné, un simple baiser chaste. Eileen et elle n'avaient pas pour habitude d'être démonstratives en public, mais la louve avait eu besoin d'affirmer son territoire devant Luvia, en dépi du fait que Noorah se savait marquée par la magie de la meute, la désignant comme sienne. Mais parfois, l'instinct de dominante de sa compagne prenait le dessus, et elle avait besoin de faire une démonstration. Eileen fut en suite un peu abrupte, mais Luvia ne se démonta pas, et posa une question qui faillit la faire rire, surtout en voyant la tête d''Eileen. Noorah avait donc poliment cachée son sourire hilare derrière une main. Elle posa une main sur l'épaule de Luvia, se penchant un peu - après tout, elle faisait bien une tête et demie de plus que la louve - lui faisant un sourire rassurant :

-Je te retrouvais tout à l'heure, quand il sera l'heure de manger.

Noorah se redressa avec sa grâce habituelle, faisant un sourire plus rayonnant à Eileen.

-Ne sois pas trop dure avec elle. Oh ne me regarde pas comme ça, je te connais Eileen des Fearghas.

Elle se fendit d'un nouveau sourire avant de s'éloigner à grands pas, de sa démarche élégante. Elle traversa la cour en sens inverse, retournant à l'intérieur de la vieille forteresse. Elle se retourna une dernière fois pour jeter un œil à Luvia et Eileen. Elle secoua la tête, et se demandant si c'était finalement une bonne idée. Elle haussa les épaules, s'en remettant à Ning pour instaurer une bonne entente entre les deux femmes.



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Eileen
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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Lun 4 Aoû - 21:02

La détermination de Luvia pouvait se percevoir autant dans sa voix, que dans son regard, et dans la façon dont son corps s'était tendu. Eileen pouvait sentir sa volonté, mais aussi la façon dont elle s'était empressée de se réfréner, de peur qu'elle ne prenne cet élan pour une provocation. Il était vrai qu'Eileen pouvait en sentir en Luvia, une future dominante, peut être pas aussi dominante que son frère, ou qu'elle même, du moins pas à un aussi jeune âge. Et elle manquait d'expérience, de discipline. Et surtout, elle n'était pas qu'une louve. Son frère avait rapidement cerné le problème de la jeune femme. Elle n'était pas une véritable lycanthrope, capable de se transformer soit en louve, soit de garder une forme humaine. Elle semblait avoir été élevée et éduquée par une meute de véritable loup, et se comportait alors comme elle l'avait appris auprès des animaux. Noorah avait précisé qu'elle avait attaqué Dierdre Fardale, parce qu'elle l'avait prise pour une proie, à cause de son odeur. Luvia ignorait totalement l'existence des Versipellis, et elle avait mal réagi en présence des premiers lycans qu'elle avait croisé sur son chemin. Térésa, la cuisinière en chef, en avait fait les frais, et elle avait également fait peur à la jeune Tabitha, la fille de Térésa. Parthalan avait du intervenir pour exercer son autorité d'alpha sur Luvia. Eileen pouvait alors espérer que la jeune fille se tienne correctement durant le reste de son séjour. Elle-même, qui était plutôt une tête de mule, ne pouvait s'empêcher de filer droit quand son frère le lui demandait. Il n'avait même pas à faire une démonstration, où à user de cette autorité naturelle qu'il dégageait. Et de toute façon, c'était le devoir d'Eileen d'obéir à son chef de clan, comme à son souverain, avant même qu'elle ne doive lui obéir parce qu'il était l'alpha de leur meute. Les Fearghas étaient avant tout humain, partageant leur vie avec une nature animale, une forme animale, dont les instincts et les comportements étaient modérés par la vie sociale humaine, du moins en ville. Ils étaient un clan indépendant, fort, guerrier, capable de sauvagerie, comme par la passé, dans des temps où le Maëldan était en proie à des guerres intestines constantes, mais ils étaient aussi capables d'interagir sans attaquer les autres, ou à se comporter de manière étrange. Il manquait à Luvia tous les codes d'une vie en société, du comportement jusqu'aux bonnes manières. Noorah lui avait décrit la façon dont elle mangeait, et cela n'avait fait penser à Eileen qu'à un jeune louveteau indiscipliné avalant son premier repas. Eileen avait donc la lourde tâche d'éduquer la jeune louve, de la discipliner, et de lui donner les moyens de pouvoir éviter de s'attirer des ennuis lorsqu'elle serait confronté à un environnement urbain. Noorah devrait s'occuper de la magie. Sa compagne s'amusait d'ailleurs follement de la situation. Eileen avait promis qu'elle ferait un effort, mais elle n'était pas un parangon de patience. L'enthousiasme débridé et les pulsions mal contrôlées de Luvia, ne serait-ce que dans sa réponse, lui laissait entrevoir la charge de travail qui l'attendait. Elle jeta un regard mi-amusée, mi-agacée à Noorah, qui se contenta de prendre congé auprès de Luvia, avant de lui lancer une réplique moqueuse.

-Et j'aurais du savoir que tu me mettrais dans la panade, ma Noorah. Mais je ferais comme tu voudras.

Elle lui lança un sourire, un brin carnassier, et elle regarda sa compagne s'éloigner à longues enjambées élégantes, avec son déhanché langoureux qu'elle n'avait que plus prononcé quand elle savait qu'Eileen la couvait des yeux. La guerrière fut interrompue dans sa contemplation par une communication télépathie brusque, sans douceur. Elle grogna, voyant soudainement rouge. L'intrusion dans sa tête ne lui avait pas plu, et se contenta de grogner, se retenant de se retourner vers Luvia pour faire claquer ses dents après avoir retrousser ses lèvres sur ses dents. Si elle avait été sous sa forme de louve, elle l'aurait fait. Le grognement s'estompa rapidement.

-Ne refais plus jamais ça, sans me prévenir. La plupart des gens réagirait plus mal que moi, c'est comme si tu entrais sur le territoire d'un autre sans lui demander la permission. Le mieux serait que tu prennes l'habitude de parler, plutôt que de faire ça, quand tu rencontres quelqu'un.

Eileen remit machinalement la hache qui pendant dans son dos d'un geste rapide, familier, qui acheva de la calmer. Elle aurait été plus jeune, et moins maîtresse d'elle-même, elle aurait agressé Luvia.

-Mon frère n'est pas seulement le chef de notre meute, il est aussi le chef du royaume, et il n'a pas vraiment le temps de s'occuper de l'éducation d'un louveteau.

Elle n'ajouta pas qu'il avait suffisamment à faire avec son épouse. Son frère et Nueonia étaient encore au stade de la découverte de l'autre, et il était évident que l'un et l'autre faisait des efforts pour s'apprivoiser. C'était même assez drôle de le voir aussi maladroit, lui, d'ordinaire si assuré. Eileen le taquinait même parfois sur le sujet, et finissait par fuir quand l'avait trop exaspéré. Nueonia faisait tous les efforts possibles, et Noorah lui avait dit qu'elle avait dévalisé les bibliothèques de la forteresse pour se mettre à jour sur l'histoire du royaume que gouvernait son souverain d'époux. Eileen n'avait pas à se soucier de tout ça, et elle aimait la position qu'elle avait au sein du clan.

-Et en général, chez les deux-pattes comme tu nous appelles, les frères évitent de tuer leurs sœurs ou leurs parents. Un clan n'est pas une meute. Nous sommes des loups sans l'être, mais ça je crois que tu l'as remarqué. Et souviens toi, que si on omet d'oméga, celui que tous les loups prennent pour cible dans la meute, qu'une meute n'est composée que de dominants avec un couple plus dominants que les autres à sa tête. Il y a une hiérarchie. Si un alpha tuait tous les dominants, qui l'aiderait à nourrir et élever ses louveteaux ?
Suis moi.

Eileen se mit à marcher, dans la direction opposée que celle que Noorah avait pris.

-Si mon frère m'avait tué, il t'aurait tué aussi. Si tu es seule, c'est parce que tu as essayé d'être la plus dominante n'est ce pas ?

Les yeux clairs de la louve se posèrent sur la louve plus jeune maintenant à coté d'elle, perspicaces. Eileen fit un geste large du bras, englobant la cour et désignant la forteresse.

-Pour aujourd'hui, et selon ce qui se passera, nous resterons ici. Mon frère m'a chargé de faire en sorte que les incidents d'hier ne se reproduisent plus. Je vais donc te faire rencontrer des gens, te faire aller presque partout, que tu t'habitues à côtoyer les deux-pattes, qu'ils sentent comme des animaux ou non. D'autres questions ? Tant que j'y suis, autant que j'y réponde.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Lun 4 Aoû - 22:47

La jeune femme fut surprise de la réaction d'Eileen, et se recroquevilla quelque peu, affichant peur et incompréhension. Elle ne voyait pas du tout ce qu'Eileen lui reprochait, et se sentait trop écrasée par la Deux-pattes-louve pour oser demander ce qu'elle avait fait de mal. Elle en conclut qu'elle ne devait plus parler de Parthalan, et acquiesça gentiment, plus parce qu'elle en sentait le besoin plus que par compréhension.
Elle lui expliqua ensuite pourquoi elle n'avait pas été tuée alors que pour Luvia, c'était clairement une dominante, qui avait une compagne, et usait d'autorité, privilège qui avait toujours été réservé au chef de meute. Mais comme elle le lui dit, ils étaient aussi des Deux-pattes... même si pour elle, tuer son frère ou sa sœur n'était pas un souci, du moins si c'était justifié. L'un de ses frères d'une autre portée avait affronté leur père, et manqué de le tuer. Il l'aurait fait si son père, qui était tout de même assez vieux, n'avait pas pu se relever et s'était soumis. Mais les Deux-pattes avaient d'autres liens, elle avait pu le remarquer avec Dwin, et quelque part elle le comprenait... mais pas dans l'optique d'une meute.
Elle sembla certaine aussi que c'était parce qu'elle avait été dominante qu'elle était seule à présent. A ceci la louve fronça le nez et sembla contrariée ; elle n'aimait pas qu'on affirme qu'elle n'avait pas respecté l'ordre de la meute, alors que cela avait toujours été le cas. Elle était une louve sauvage, elle avait toujours agit comme tel... jusqu'à ce qu'elle rencontre un Deux-pattes, et que son esprit ne s'ouvre à leur monde. C'était pour ça qu'elle était partie.
Elle l'enjoignit ensuite à lui poser des questions, après avoir fait le programme de leur journée. Luvia se mit donc à réfléchir, et elle qui s'intéressait à outrance à tout ce qui l'entourait, à présent qu'on lui demandait ce qu'elle voulait savoir... ne trouvait rien à demander. Elle secoua alors vivement la tête de droite à gauche, signe qu'elle n'avait donc aucune question.

"Pas pour le moment de pour l'instant. Mais je tiens à dire que non, je suis pas parti parce que je suis dominante, c'est pas vraie, je suis une gentille louve, j'obéis toujours à..." elle usa de nouveau de télépathie, montrant un concept assez confus superposant l'image de Parthalan et de deux loups associés au principe de dominance. "... quoi qu'ils me disent, même si ça me plait pas. On est tous un peu dominant mais on ne fais jamais rien sans le demander. On est... soumis, oui c'est ça. Et je suis une gentille soumise, je fais tout quoi qu'on me dit. Je suis sage, promesse. C'est quand j'ai rencontré un Deux-pattes et que j'ai eu des mots dans la bouche que je parlais pas avant que je me suis dis que je devais comprendre pourquoi que j'avais ça alors que j'ai toujours été avec ma meute. Ah si j'ai une question, pourquoi vous êtes des loups et des Deux-pattes en même temps ? Est-ce que c'est en rapport avec le monsieur Cerf ? Et puis pourquoi vous vivez comme des Deux-pattes si vous êtes aussi des loups, c'est pas mieux d'être des loups que des Deux-pattes ? Si je pouvais ressembler plus à mes frères et sœurs, je serais resté dans la forêt..."

Finalement elle avait eu des questions, alors qu'elle suivait le file de ses pensées à voix haute. Luvia ne pouvait guère s'empêcher de suivre le cours de ce qu'elle disait, alors qu'elle parlait rapidement, ne s'arrêtant que pour reprendre sa respiration. Seulement sa dernière question la ramena au triste constat qu'elle n'avait pas l'apparence d'une louve. Ces oreilles se plaquèrent vers l'arrière et elle fut soudainement plus triste et abattu. Elle s'était arrêté de marcher, et sa queue avait cessé de battre l'air derrière elle pour pendre derrière elle. Alors elle tourna ses grands yeux bleu nuit vers Eileen, et avec un sérieux déconcertant, lui posa une simple question qui raisonnait d'une étrange maturité.

"Pourquoi suis-je différente ?"




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Eileen
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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Mer 6 Aoû - 22:18

Eileen mesurait son allure, permettant à Luvia, qui était plus petite qu'elle, de pouvoir la suivre sans peine. Elle avait opté pour des enjambées mesurées, contrairement à son habitue, car Eileen avait une démarche rapide et énergie, reflétant souvent sa détermination, et l'aisance presque arrogante avec laquelle elle évoluait dans le monde. Elle faillit s'arrêter quand Luvia recommença, projetant l'image de son frère et celle de deux loups directement dans sa tête. La louve en elle s'agita, mais Eileen parvint à se maitriser sans mal, s'étant attendue à ce qu'elle recommence. Elle devrait s'armer de patience, et expliquer plus que clairement les choses. Elle serra juste les dents, réfrénant l'envie qu'elle avait de gronder.

-Luvia, l'interrompit-elle, quand je te demandais d'arrêter, c'était d'arrêter de m'envoyer des images. Tu t'introduis dans ma tête lorsque tu fais ça, et c'est comme si tu entrais sur mon territoire sans me demander. Si tu es une gentille louve soumise - et Eileen se fit un peu sarcastique - tu devrais comprendre qu'entrer dans la tête des gens sans leur demander, c'est comme défier l'autorité de ton alpha. Et les gentilles louves obéissent n'est ce pas ?

La louve en elle transparut un instant, alors qu'un sourire carnassier s'épanouissait sur son visage. Elle s'amusait, se moquant un peu.

-A l'avenir, évite de parler en utilisant les images. Surtout avec des gens que tu viens à peine de rencontrer. Noorah devra t'apprendre à contrôler cette façon de parler. Et comme pour tout, il faut que tu demandes, si non, tu risques de te faire mordre.

Voyant que Luvia, cette fois, comprenait, du moins, elle l'espérait, Eileen la laissa poursuivre. La jeune louve était un véritable moulin à parole, et cela la fit sourire. Elle connaissait une autre jeune femme qui ne pouvait s'empêcher de parler, parfois très vite. Nueonia avait eu tendance à parler ainsi, au tout début. Elle sentit le changement s'opérer chez Luvia, le flot enjoué, et surtout ses protestations se calmèrent. Eileen s'arrêta, se tournant pour la regarder. Sa posture trahissait ce qu'elle ressentait aussi sûrement et aussi simplement que tous les mots ou images qu'elle aurait pu mettre dessus. Eileen ressentit un élan de compassion. Il y avait chez Luvia, une profonde solitude. Il n'y avait rien de pire pour un loup désirant d'appartenir à une meute, de se rendre compte qu'il était seul. Les loups n'étaient pas faits pour vivre seuls. Eileen ne fut pas si décontenancée par la question. Elle eut un sourire sincère, ses yeux bleus se mettant à pétiller

-On est tous différents Luvia. Imagine un peu, si nous étions tous pareil ? Ce serait étrange. Chacun d'entre nous est différent. Et tu n'es pas si différente que ça de nous, les loups à deux pattes. Sauf que toi, avec tes oreilles, et ta queue, tu montres simplement que tu n'es pas qu'une humaine, tu es aussi une louve. Nous, nous ne pouvons pas faire ça, nous sommes soit humain, soit loup. Et il y en a qui sont soit humains, soit ours... Et il y en a comme la femme sur laquelle tu as sauté, qui peuvent se transformer en ce qu'ils veulent. Si elle l'avait voulu, elle aurait pu faire dépasser ses oreilles et sa queue, comme toi. Et il y a des deux pattes qui sont seulement des deux pattes. Mais ça, tu le sais déjà.

Eileen soupira. C'était difficile de répondre à telle question quand on n'en possédait pas la réponse. Le mieux était d'être honnête.

-J'ignore pourquoi toi tu es différente, pourquoi tu ne ressembles pas à tes frères et sœurs. Mais on peut être la soeur de quelqu'un sans partager de lien de sang. On appelle ça être soeur ou frère de cœur. C'est ce que tu ressens toi, et ce qui te lie aux autres qui comptent, pas ce à quoi tu ressembles. Viens, je vais te montrer quelque chose.

Leur marche les avait conduites près des remparts, au pied d'une volée de marches taillées dans la pierre grise et sombre qui composaient tout Helmet Hall. Eileen fit un geste de la main, invitant Luvia à monter là haut. L'escalier menait au chemin de ronde. Là haut, Luvia pourrait voir tout Armenelos, mais aussi la mer et la compagne environnante.

-Et je ne sais pas non plus pourquoi nous sommes humains et loups à la fois. Nous sommes nés comme ça, Mon père est né comme ça. Ma mère était humaine elle. Mais mon frère et moi, nous avons hérité du loup de notre père. Et si j'aime être une louve, j'aime aussi être une Deux-Pattes. Pour moi c'est naturel, j'ai toujours vécu de cette façon. Et dans ma meute, il n'y a pas que des loups. Ma compagne, tu l'aurais remarqué, n'en est pas une non plus. Quant à l'homme Cerf, Cùan, je suppose que c'est lui qui un jour, a permis à nos ancêtres de se changer en loup. Ce devait être une sorte de cadeau.

Eileen monta les marches à la suite de Luvia, et elles se retrouvèrent sur le parapet. Le vent soufflait plus fort là haut, et sa chevelure se mit à virevolter dans tous les sens, lui giflant le visage. L'odeur venue de la mer était plus forte aussi. Elle s'approcha du mur, entre deux créneaux.

-Si tu regardes là bas, Eileen pointa son doigt vers la mer, tu verras des bateaux. Quand on est un loup, on ne peut pas aller sur l'eau. Quand on est deux pattes, on peut. Et derrière l'eau, il y a d'autres territoires. C'est une raison pour lesquelles j'aime être une deux pattes, tu peux voyager plus loin. Mais pour ça, il faut aimer voyager.


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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Jeu 7 Aoû - 0:27

La nouvelle remarque d'Eileen, plus vive et direct, fut de nouveau très intimidante pour la louve, qui gémit longuement, les oreilles baissées, ne comprenant toujours pas ce qu'elle avait fait de mal. Mais elle n'osait pas contester l'autorité de la louve dominante, et se sentait trop honteuse comme en témoignait le rouge qui lui collait aux joues. Mais ça ne l'empêcha pas de continuer juste après, tout en marchant aux côtés d'Eileen.

Si elle s'écoutait, la jeune louve passerait tout son temps à se mouvoir à quatre pattes, mais elle trouvait que sur ses deux pattes arrière elle passait plus inaperçu, et puis elle trouvait cela étrangement plus pratique, bien qu'elle se sente plus lente. Lorsqu'elle devait cependant aller vite ou courir, elle reprenait la posture qu'elle avait toujours arboré dans la meute ; mais sa tenue actuelle ne le permettait pas, sous peine de montrer certaines choses qu'elle ne devait pas. Après tout, elle devait se comporter convenablement, Parthalan le lui avait demandé.

Luvia se sentit un peu déçue par la réponse d'Eileen, sur la différence. Même si elle comprenait que personne ne pouvait savoir pourquoi elle était si... unique, elle espérait toujours qu'on lui dirait. Elle était né louve, elle avait grandi louve... et pourtant, dans sa tête, il y avait quelque chose, quelque chose de Deux-pattes. Quelque chose qui la faisait parler, et savoir de nombreuses choses qu'elle n'aurait pas du. Mais elle découvrait à présent que certaines personnes étaient à la fois des animaux et des Deux-pattes, qu'ils pouvaient se transformer... être comme elle. Mais elle ne saisit pas complètement le concept ; déjà qu'il était difficile pour elle de croire que l'on puisse être un animal et un Deux-pattes, quelque chose qui se trouve entre les deux...
Peut-être était-elle une de ces choses, qu'elle pouvait se transformer mais qu'elle ne le savait pas. Être une Deux-pattes et une louve en même temps... Tu es une louve, cria fièrement une voix en elle. Tu es Deux-pattes, murmura une autre. Je suis moi, conclut-elle fièrement, et préférant ne plus y penser, car Eileen voulut lui montrer quelque chose.

Elle ne put retenir une grande exclamation de surprise en voyant toute la ville s'étendre devant ses yeux, de haut. C'était comme se retrouver en haut d'une falaise et voir le paysage, qui était ici composé de maisons, et de gens dans les rues. La queue de la louve remua joyeusement en manquant de trop en révéler en relevant sa robe, mais elle contint son enthousiasme, consciente que le tissu remontait un peu trop.
Elle fut tout d'abord émerveillée, mais cette vision de prime abord grandiose se teinta d'amertume. Il n'y avait que très peu de verdure. Elle avait l'impression qu'où qu'elle porte son regard, il n'y avait que pierres, tuiles, bois découpés et Deux-pattes. La nature lui manqua subitement ; les Deux-pattes étaient fascinant, leur monde aussi... mais elle ne se sentit plus à sa place. Elle regarda alors Eileen, avec un air un air désolé.

"La forêt me manque. Tout ça est... trop bizarre pour moi. Depuis que je suis dedans la ville j'arrête pas d'avoir mal à la tête... c'était plus drôle d'apprendre des choses Deux-pattes près de la nature." Elle se renfrogna. "Je voulais rester avec Dwin mais sa maman a fini par me chasser parce que j'étais 'pas assez habillée'..." La jeune louve poussa alors un loup soupir. "Tu as raison, ma famille reste ma famille, même si je suis peut-être pas son louveteau..." elle se tut, la gorge nouée. "Elle m'a aimé, et mes frères et sœurs aussi. J'aurais voulu ne jamais être comme... comme ça, et tout le temps rester avec eux."

Ses yeux devinrent humides, ses oreilles tombantes. La nostalgie d'une époque plus clémente, où elle ne se sentait pas perdue, où son univers était bien définie lui revenait... pas comme ce qu'elle vivait, confrontée à tant de questions, d'émotions, de confusion... elle osa alors poser à la louve-Deux-pattes la question qu'elle n'osait pas lui poser, de peur de la vexer.

"Tu sais, je... je savais pas que je parle... comme que tu as dit avec des images. En fait je vois pas de quoi tu parles que tu me veux que j'arrête de le faire, alors je sais pas comment je peux..." Elle secoua la tête, confuse, avant de gémir et souffler pour se calmer. "Un jour un Deux-pattes m'a vu dans la forêt. Avant j'avais les odeurs, les oreilles... le... euh... langage du corps qu'on peut dire. Et puis il a dit bonjour, et j'ai répondu. J'avais jamais parlé avant, et d'un coup j'avais pleins des mots dans la tête..."

La jeune louve croisa ses bras sur les remparts, et regarda le monde qui s'étalait sous elle. Le vent soufflait fort, faisant virevolter ses cheveux en tout sens, et portant des odeurs divers, celle du sel prédominant, mais de nombreuses autres s'y entremêlant. Les gens étaient petits d'ici, et au loin elle les voyait, les bateaux, sur une mince ligne bleue sous le ciel. Elle sentait qu'il y avait tant de choses à découvrir au dehors... qu'elle n'aurait jamais découvert autrement qu'en ressemblant à une Deux-pattes, et sachant parler comme eux aussi naturellement que si elle avait été des leurs. Même si sa forêt et son petit monde lui manquait, elle avait de la chance, oui. Elle en avait sûrement... mais trop de choses la bousculaient pour qu'elle puisse voir le bon côté des choses
Une pensée traversa alors son esprit confus, et elle se tourna vers Eileen pour lui en faire part.

"Tu crois que je vois Couenne dedans ma tête la nuit parce qu'il a quelque chose à voir avec ma différence ?"




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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Sam 9 Aoû - 15:29

-Hm...

Eileen s'adossa au créneau, regardant vers le Nord. Son horizon était bouché par la forteresse en elle-même. Elle se fit pensive alors que le vent continuait d'agiter ses boucles. Elle repoussa un peu ses cheveux lorsqu'ils lui fouettèrent le visage. Sa posture était détendue, alors qu'elle contemplait la vieille pierre, le donjon, qui s'élevait haut, et en haut duquel flottaient les bannières de son clan. Elle se souvenait, qu'enfant, ce n'était pas le loup gris des Fearghas qui flottait là haut, mais les couleurs et l'emblème d'un autre roi. Elle comprenait ce que ressentait Luvia, enfant, elle n'aurait pas apprécié d'avoir à se retrouver coincée entre les murs de pierres, et loin des landes où elle avait passé toute son enfance, à courir derrière les vaches, ou simplement à courir comme une folle sous sa forme de louve. Elle eut un sourire en coin, puis se fit plus grave, alors qu'elle tournait la tête pour regarder Luvia. La jeune louve passa encore d'une posture joyeuse, à une posture dénotant une certaine tristesse. Eileen tourna une nouvelle fois son regard vers les bannières qui claquaient au vent.

-Parfois, commença-t-elle doucement, il faut quand même quitter sa famille pour grandir et avancer. On devint alors plus fort. Et en suite, on peut toujours revenir auprès d'eux. Et parfois... Il faut s'en créer une nouvelle de famille. Et alors on ne se sent plus perdu.

Elle soupira en suite, se résignant. Noorah aurait beaucoup de travail pour faire comprendre à Luvia comment son don de télépathe fonctionnait, le mieux serait sans doute de lui trouver un télépathe pour lui apprendre convenablement.

-Pour les images, maintenant que je sais que tu peux le faire, ça ne me gêne pas. Seulement, je n'ai pas l'habitude qu'on entre dans ma tête. Et si toi même tu ne sais pas comment tu le fais, alors il faudra que quelqu'un t'apprennes à ne pas le faire ou à seulement le faire quand tu en as envie, et quand tu sais que tu peux le faire. Et tu verras, ça ne marche pas sur certaines personnes, elles protègent leurs têtes. Noorah te trouvera un professeur, comme ta famille t'as appris à chasser. Moi je n'ai pas ça, pouvoir envoyer des images dans la tête des gens, alors là dessus, je ne pourrais pas t'aider.

Elle s'arrêta pour réfléchir un petit instant, alors qu'elle assimilait ce que Luvia venait de lui dire.

-Je ne sais pas ce que ça fait de se retrouver dans ta situation, mais d'un autre coté, que tu saches parler sans avoir jamais vraiment appris, et bien... c'est sans doute un plus, comme ça, tu n'as pas été surprise quand tu as rencontré ton Deux-pattes. Quand à Cù-an - Et Eileen articula en exagérant le nom du dieu - Cùan et pas Couenne, je doute qu'il apprécie que tu l'appelles gras de jambon. J'ignore si ce qui t'arrive viens de lui, mais il suffirait de lui demander.

En vouant la tête de Luvia, elle se mit à rire :

-Quand tu le verras dans ta tête, tu peux peut-être lui poser la question. Mais je crois que ça ne changera rien à ta situation de le savoir. Viens.

Eileen lui signe de continuer sur le chemin de ronde. Elle savait que le paysage changerait progressivement, la ville et la mer laisserait place à la campagne, et au nord, derrière le donjon, elle savait que la lande s'étendrait à perte de vue. A l'Ouest comme à l'Est, elle savait aussi, qu'à plusieurs jours à cheval, ou bien sous sa forme lupin, il y aurait de la forêt, Dagrun à l'Ouest, et Orlaith à l'Est. Et très loin au Nord, derrière la ligne d'horizon, se trouvait les montagnes.

- Tu sais, une fois que tu auras appris à vivre sans créer d'incidents parmi les deux pattes, tu pourras toujours retourner auprès de ta famille, ou en tout cas, aller dans un endroit plus proche de la nature. Ma meute n'a pas toujours vécue ici, et une partie de celle-ci n'est pas là. Ma meute vivait dans les landes, tu verras quand on aura avancé plus loin, on est venu ici lorsque mon frère est devenu roi. Alors certains sont restés avec nous, et les autres sont toujours dehors, préférant vivre dans la nature. Enfin, ils ne sont pas très loin. Quand tu seras un peu plus à l'aise, je pourrais t'emmener les voir, et tu verras comment nous vivons. En attendant, une fois qu'on aura fait le tour, on redescendra.  


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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Jeu 18 Déc - 5:41

Grandir et avancer... la louve ne savait pas vraiment qu'en penser. Elle était déjà adulte parmi les siens, et avait une place dans la meute. La vie avait quelque chose de parfait, mais aussi d'incomplet. Et elle ne l'avait ressenti qu'une fois qu'elle avait entendu ces quelques mots de la bouche d'un Deux-pattes, réveillant cette curiosité qui ne lui serait pas venu auparavant. Et elle était là aujourd'hui, sur les remparts de cette gigantesque construction en pierre, dans des habits de Deux-pattes, à regarder une de leurs villes.
Et puis il y avait tant de choses qu'elle ne comprenait pas, ou qu'elle ne pouvait pas comprendre. Sa tête agissait de sa propre initiative, parfois, et elle en était la spectatrice. Les mots venaient à elle pour exprimer des idées qu'elle connaissait avant même de les connaître, des idées étaient présentes sans même qu'elle ne les ai pensé, et elle arpentait un monde qu'elle ne découvrait pas, mais redécouvrait.
Et puis, Eileen parla de la meute. De sa meute, de son passé. Grandir et avancer... Elle l'écouta à peine quand elle parla d'aller les voir, de continuer leur balade. La jeune louve restait bloquée sur le fait qu'une partie des siens avaient décidé de rester là où les siens avaient fait le choix d'une autre vie qui les appelait. Seulement... Luvia avait été la seule à partir, ce jour-là. Elle serait la seule, sans doute, de toute sa famille à avoir fait ce choix.

"A quoi bon grandir et avancer, si cela nous éloigne de ceux qu'on aime ? Même si... même si je jalousais ma sœur, la vie avec les miens était avant tout ma vie." Elle se tourna vers Eileen. "Qu'est-ce que tu ferais, si un matin tu te réveillais avec... les souvenirs de quelqu'un d'autre ? Avec... des tas de questions, qui tournent et tournent et tournent et t'obligent à partir en quête de réponses ? Pense-tu vraiment qu'en trouvant les réponses, en ayant vécu ces réponses, tu pourrais retourner en arrière ?"

Le regard de la louve était aussi profond que l'océan, dont les yeux avaient la teinte abyssale. L'enfant curieuse avait disparu, noyé dans les flots de questions et de tourments beaucoup trop adulte pour un corps de jeune femme si frêle en apparence. Et tout comme la fine adolescente, quand on y regardait de plus près, portaient cicatrices, crocs et muscles bien plus redoutables qu'il n'y paraissait, la curieuse enfant révélait, parfois, une maturité bien troublante, comme s'il y avait la jeune louve impulsive, et quelque chose d'autre, tapie dans son esprit, et derrière ses pupilles bleu sombre, plantés dans ceux de la guerrière.
Puis la jeune femme coula son regard vers la ville, le vent caressant ses longs cheveux de jais, faisant onduler sa petite robe bleu, charriant les effluves multiples de la vie en contrebas et du sel de l'océan. Il y avait de la tristesse en elle, un chagrin enfoui en elle qui resurgissait à cet instant. Celui d'une louve bien loin de chez elle. Celui d'une jeune femme qui ne comprend pas ce qu'il lui arrive. Et autre chose, de plus ancien, qu'elle ne pourrait pas expliquer.
Pendant un instant elle resta ainsi, et d'un coup une envie folle lui prit ; ses pupilles s'écarquillèrent, son corps se pencha légèrement en arrière, ses poumons s'emplirent largement d'air à mesure qu'elle l'avalait, la bouche ouverte, ses crocs visibles ; elle allait hurler. Comme une louve. La louve loin de chez elle. La louve qui appelait ses semblables. Elle était sur le point de le faire, quand quelque chose brilla dans son regard ; comme si elle comprenait seulement ce qu'elle allait faire. Alors elle s'arrêta de respirer... et manqua de s'étouffer, expirant en toussant lamentablement, manquant de tomber, restant pliée en deux, les mains sur les genoux, avant de reprendre son souffle.

"Je crois que j'allais faire une bêtise, non ?" demanda-t-elle d'un air désolé à Eileen.




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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Sam 14 Fév - 12:52

Les yeux pâles d'Eileen se posèrent sur Luvia. La guerrière s'était retournée en sentant que la jeune femme ne la suivait pas. Le ton de sa voix avait réveillé son intérêt. Luvia croisa son regard, alors qu'elle perdait cette simplicité enfantine et cet enthousiasme qui la caractérisaient. Elle se demanda, un bref instant, si Luvia écoutait véritablement ce qu'elle lui disait. Parfois, elle sentait que ses paroles glissaient sur la jeune louve, ou bien qu'elles entraient par une oreille et ressortaient par l'autre. Comme si Luvia refusait d'écouter et d'assimiler. Elle avait un comportement de louveteau, et non pas celui d'une louve adulte, dont elle avait pourtant l'apparence. Elle se demanda aussi si Luvia n'avait pas toujours eu des problèmes avec l'autorité. Les loups étaient loin d'être des animaux stupides, ils avaient forcément su qu'elle était différente. Ils avaient aussi du savoir qu'elle serait un jour plus forte qu'eux, et qu'elle appartenait à un autre monde, qu'elle ne pourrait jamais finir sa vie parmi eux. Luvia était comme une Thérianthrope coincée entre deux formes, ou bien une Versipellis fantaisiste. Eileen se demanda si lui répondre servirait véritablement à quelque chose ? Luvia n'était pas prête à écouter. Pas prête à grandir. Elle voulait rester un louveteau, se complaisant également dans ce qu'elle était, répétant vouloir savoir, sans véritablement faire d'efforts pour arriver à trouver les réponses qu'elle cherchait. Elle manquait de maitrise d'elle-même, manquait de discipline. La louve en Eileen la voyait comme un élément perturbateur, un élément incontrôlable, mauvais pour une meute. Une meute ne pouvait fonctionner que si chacun tenait son rôle, et obéissait. Du moins en principe. Dans la meute des Fearghas, l'humain était présent, si bien que chaque membre lycanthrope avait tout de même son libre arbitre, la liberté de prendre des initiatives. Mais lorsque la meute chassait, elle se mouvait avec aisance, avec fluidité, dans une harmonie parfaite. Luvia était problématique parce qu'elle était ce genre de louve qui se jetterait sans y réfléchir sur la proie, plutôt que de la rabattre sur ses frères. Parce qu'elle pouvait prendre de l'avance, prouver sa valeur. Elle était têtue. Et Eileen se reconnut un peu en elle, mais contrairement à Luvia, elle avait eu toute son enfance et son adolescence pour n'en faire qu'à sa tête et défier l'autorité. Luvia n'avait pas ce temps. Elle était adulte. Elle devrait s'adapter avant qu'il ne lui arrive malheur. Eileen vivait avec cette dualité, la louve et l'humain depuis sa plus tendre enfance. Les lois de la meute étaient naturelles pour elle qui avait toujours vécu en son sein. Mais Luvia n'avait jamais vraiment dû véritablement appartenir à sa meute, toujours entre deux...

Eileen soupira, faisant refluer sa frustration. Elle laissa le silence s'installer entre elles. Le vent faisait claquer les bannières, jouait dans son épaisse crinière brune aux reflets de feu sous les rayons du soleil. Des mouettes crièrent, s'envolant en une nuée blanche au dessus du port. Elle suivit le regard de Luvia qui se portait sur Armenelos. Et puis, elle sentit la tension soudaine, et reporta son regard sur la jeune femme qui eut une réaction étrange. Comme si elle se retenait. Peut-être que tout n'était pas perdu pour Luvia, si elle était déjà capable de se restreindre d'elle-même. Eileen eut un sourire en coin en entendant sa question.

-Des douzaines de gorges t'auraient répondu si tu avait hurlé. La solitude est un lourd fardeau. Les loups le comprennent mieux que personne.

Eileen repoussa d'une main les mèches brunes qui flottaient devant son visage. Elle se pencha pour être à la hauteur de Luvia, accrocha son regard comme la louve l'avait fait quelques minutes avant.

-Et j'ai moi aussi une question pour toi. Quand ai-je dis que tu devais retourner en arrière ? On ne peut jamais retourner en arrière. Le temps qui s'écoule est perdu à jamais. Tu ne peux qu'avancer. Retourner auprès des siens après avoir vécu n'est pas un retour en arrière. Et tu ne peux pas trouver des réponses si tu n'écoutes pas. Peu importe qui tu étais, ce qui t'as fait devenir ainsi, c'est ce que tu deviens qui importe.

Se redressant, elle porta à nouveau son regard sur la cité et la baie ensoleillée. Eileen inspira profondément, s'imprégnant de l'air salin mélangé à celui plus terreux mais tout aussi humide des landes. Elle roula des épaules pour recaler la grande hache qui pendait entre ses omoplates, ajustant le manche d'un geste machinal de la main.

-Chez les deux-pattes s'éloigner de sa famille est une étape importante, parce qu'elle montre que tu es capable de survivre seule. Lorsqu'on est loup et deux-pattes à la fois, on doit être capable de vivre des deux façons. Mais tu n'as jamais personne pour te l'expliquer, alors que tous ceux de ma meute ont grandi ainsi. Chacun d'entre nous est capable de vivre seul, mais nous sommes aussi capable d'oublier notre individualité au profit de la meute. Et Luvia, le monde des Deux-pattes est bien plus vaste que le territoire d'une meute, et il n'y a rien de plus plaisant de pouvoir aller où l'on veut sans risquer d'offenser un chef de meute. Et puis, les loups ne peuvent pas porter de jolies robes bleues. Ce qui me fait penser que si je t'emmène chasser, il te faudra une tenue plus appropriée.

Les yeux de glace d'Eileen s'allumèrent à l'idée d'aller chasser. Un sourire carnassier s'épanouit sur ses lèvres.

-Je crois que sortir d'ici et chasser te fera le plus grand bien. Tu auras peut-être moins envie de hurler au ciel ta solitude, et tu seras peut-être débarrasser ton trop plein d'énergie.


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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Mar 24 Nov - 4:34

Le regard d'Eileen n'était pas sans intimider la jeune louve qui baissa les oreilles et manqua de se ratatiner en signe de soumission. Cependant la crainte respectueuse s'effaça bien vite, alors que les mots de la guerrière s'insinuaient en elle ; ne pas penser au passé ni accorder d'importance à qui l'on était... Cela déclencha quelque chose en elle, qui se distilla toutefois bien vite dans son esprit à l'évocation des Deux-Pattes et de leurs coutumes... et bien plus encore à l'idée d'aller chasser.
Le bruissement du tissu dans son dos trahissait son enthousiasme avant même de voir que sa robe remontait dangereusement. Luvia tempéra toutefois la fébrilité de sa queue lupine et lissa son vêtement comme si de rien était. Elle sentait déjà son cœur battre d'excitation et son amie bouillir de la même envie sauvage. Et alors que l'idée de ne refaire qu'un avec ses réflexes chasseurs l'excitait...

"Je ne sais pas si c'est une bonne idée..."

Luvia venait de réaliser. La dernière fois que son instinct s'était manifesté, c'était au sein de cette forteresse et il en résulta des événements encore frais dans sa mémoire. Et dont elle avait honte. Aussi forte pouvait être son envie de chasser... elle devait avant toute chose apprendre à se maîtriser, à se connaître. Dompter l'animal qui était en elle... l'animal qu'elle était.
Son regard se porta sur Eileen, oscillant entre la détermination et la crainte. Une inspiration l'aida toutefois à prendre un peu plus d'assurance.

"C'est parce que j'ai agis comme une louve sauvage que tout est allé de travers ici. Alors chasser et ensuite revenir ici... je suis pas sûre d'être prête. Je risquerais de faire une bêtise là-bas ou en revenant."

La louve soupira puis serra les poings. Elle avait l'impression de désobéir et ses oreilles rabattues en arrière trahissait cela, tout comme son incapacité à regarder Eileen, ses yeux fuyant vers le sol.

"Avant... j'étais juste moi, j'avais pas de soucis avec les gens que je rencontrais. J'étais heureuse dans ma forêt et... et toutes ces choses dans ma tête... comme s'il y avait d'autres personnes dans ma tête qui font que... que je sais des choses sans les savoir... ou qu'il y a un autre loup qui gronde en moi... Je suis... Qui... je suis...?"

Elle ne put s'empêcher de battre des bras en reculant, comme pour empêcher la guerrière de l'approcher... ou quelque chose d'autre. Dans son crâne, trop de pensées se bousculaient et elle perdait ses repères, si bien qu'elle en vint à presser ses mains contre ses tempes...

Du sang perla sur sa robe. L'esprit de la jeune louve oublia tout pour se concentrer là-dessus. Elle se redressa comme si de rien était et porta une main à son visage ; elle saignait du nez.

"Aaah ! Ma robe !"

Prise de panique en voyant malgré le bleu nuit que quelques gouttes étaient tombé sur le bas de son vêtement, la jeune femme fit la seule chose qu'elle savait faire pour nettoyer du sang : porter l'étoffe à ses lèvres et lécher, comme avec son pelage ou sa peau. En conséquence de quoi elle laissa peu de place à l'imagination, n'ayant pas encore intégrer le concept de pudeur ; mais bien vite elle remarqua que le sang continuait de couler et qu'elle imbibait le tissu juste au-dessus de ce qu'elle nettoyait.
Avec un petit gémissement de panique elle relâcha sa robe et se pinça le nez tout en contenant sa panique, le regard porté vers Eileen.

"Je fais quoi je fais quoi je fais quoi ?!" la pressa d'une petite voix la louve, qui avait visiblement totalement oublié sa crise existentielle.




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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Lun 1 Fév - 23:27

Le brusque saignement de nez évita à Eileen de devoir gérer une énième crise chez Luvia, qui semblait en faire très souvent depuis son arrivée à Armenelos. Elle lui concédait alors bien volontiers la sagesse d'avoir sut dire non à sa proposition. Une chasse et tout ce qu'elle impliquait, risquait en effet de semer le trouble dans l'esprit déjà ébranlé de Luvia, et de provoquer une crise comme celle-ci, ou comme la précédente. La louve roula des yeux, avant de les écarquiller en voyant la jeune femme lever sa robe, dévoilant sans gêne ses jambes et son intimité, pour tenter d'endiguer le sang qui coulait de son nez.

-Pas avec ta robe !

Luvia paniquée, regardait le sang tâcher sa robe, avant de lui demander ce qu'elle devait faire. A ce demander pourquoi elle paniquait autant, étant une louve et une femme, du sang, elle devait en voir régulièrement, et elle avait déjà dû être blessée, même légèrement.

-Pince ton nez, ordonna fermement Eileen, fort, et garde la tête baissée, on va redescendre, et voir si quelqu'un ne peut pas t'arranger ça. Autant ton nez que ta robe. Le saignement devrait s'arrêter avec la pression. Viens.

La guerrière prit doucement le bras de la jeune femme, pour la guider le long des remparts, où elles croisèrent deux gardes faisant leur ronde, qui leur jetèrent des regards intrigués, avant de redescendre les imposants escaliers de granit. L'air du large se fit alors moins vif, mais Eileen ne lâcha pas Luvia pour autant, maladroite comme elle était, la jeune louve risquait de glisser de se briser la nuque.

-Presse bien ton nez, comme ça, voilà, lui enjoignait-elle, ne t'en fais pas pour ta robe, Noorah pourra faire nettoyer ça.

La cour de Fort le Heaume bourdonnait d'activité, où le bruit du marteau contre l'enclume ponctuait les rires, les voix, les bruits de sabot, les cliquetis des armures et de la maille... On s'activait toujours près des écuries et de la forge, d'où s'échappait de la fumée, on s'activait aussi aux portes, près du corps de garde. Eileen fit traverser la cour à Luvia, prénétrant de nouveau dans le château, non pas par la grande porte, mais par une humble porte de bois, tout de même bardée de fer, donnant dans une des tours et faisant jonction à avec le corps de la forteresse. La porte donnait sur une pièce ressemblant à un garde manger, mais les bocaux, flacons et plantes qui garnissaient les étagères et les armoires n'étaient pas faites pour faire la cuisine. Un escalier menait à l'étagère, et une porte donnait sur le couloir qui reliait la tour à l’édifice principal. Du bruit lui parvint de l'étage, et un pas trainant fit grincer le plancher. Dans le même temps, Eileen avait utilisé les liens de la meute pour appeler Noorah, avant de prendre en main l'éducation, plutôt, la formation de Luvia, il était clair à présent, et impératif, qu'elle résolve ses problèmes d'identités.

-Ici, on est chez Faeranduil, informa-t-elle Luvia, il fait des miracles sur les saignements de nez.

-Entre autres, répondit l'intéressé d'une voix douce où perçait l'amusement.

Le guérisseur de Fort le Heaume n'était ni loup, ni un humain, mais un Sidhe. De haute taille comme tout ses semblables, Faeranduil était grand et élancé. Son visage aux traits sculpturaux était fin, pourvu d'une bouche aux lèves pleines, d'une nez droit lui donnant un petit coté aristocratique, et d'yeux bleus dont les trois cercles de l'iris allaient depuis la pupille, du bleu limpide d'un ciel sans nuage, jusqu'au bleu de la turquoise la plus pure. Son visage était doux, son expression chaleureuse et bienveillante. Ses cheveux avaient la couleur du soleil, et tombait en cascade sur ses épaules, à peine retenus par le fin bandeau en or et laiton qui ceignait son front. Vêtu de longues robes vert tendre et drapé d'un manteau aux motifs à carreaux des Maëldanais aux de tons de vert feuille, il resplendissait. Dans sa tour, l'odeur d'herbes étaient vives, vivifiantes même, et Eileen avait toujours l'impression qu'on venait d'écraser de la menthe, de la sauge, ou d'autres plantes odorantes chaque fois qu'elle entrait ici. Il n'y avait nul soleil pour éclairer la pièce, la lumière entrant à peine par les meurtrières, mais la lumière venant de l'étage donnait l'impression que Faeranduil était nimbé d'un halo doré.

-Quelle entrée...

L'apparition qu'était Faeranduil devint plus réelle quand il éclata d'un rire franc, avant d'inviter les deux louves à monter.

-Pardonnez moi si je ne vais pas à votre rencontre, mais j'aimerai épargner à ma hanche une descente inutile.

Eileen hocha simplement la tête, et poussa Luvia devant elle, alors que le guérisseur disparaissait en haut des marches. Elle monta derrière la jeune louve, jusqu'à l'atelier où plutôt l'infirmerie de Faeranduil. Là aussi, les murs étaient encombrés, et aux étagères et armoires, s'ajoutaient des coffres, deux grands plans de travail, dont un plus encombré que l'autre, un petit bureau, une table d'examen, et deux sièges. Une seconde ouverture, juste à coté du palier, indiquait encore un étage. Les reliefs du dernier repas du Sidhe trainaient sur le coin d'une table. La pièce était beaucoup plus lumineuse que celle du bas, puisque l'on y avait aménagé de vraies fenêtres, coté cour, hautes et ouvertes, elles laissaient entrer la lumière et l'air frai.

-Je pensais te trouver dans la serre, commença Eileen.

-J'ai envoyé cette brave Tabitha travailler à ma place, Luvia je présume ?

Faeranduil invita la jeune louve à monter sur la table d'examen.

-C'est arrivé comment ? la question s'adressait plus à Eileen qu'à la jeune louve, tu as encore fait une démonstration de ta toute puissance ?

Eileen secoua la tête en signe de dénégation, secouant dans le même temps son épaisse crinière châtain. La guerrière s'était installée, appuyée contre le bureau, les jambes et les bras croisés. Le Sidhe déambulait de son étrange démarche prenant deux petits flacons, et quelques linges de coton pliés. Si beau qu'était Faeranduil, son corps élancé était brisé au niveau des hanches, lui donnant une démarche reconnaissable. Il avait eu la hanche fracassée dans sa jeunesse - Et Eileen ignorait l'âge du Sidhe - et celle-ci n'avait pas été soignée correctement. Elle causait encore des souffrances au guérisseur, qui limitaient ses déplacements lors des mauvais jours.

-Non, pour une fois, je n'y suis pour rien. Je t'assure, insista Eileen en voyant le sourcil levé du Sidhe, dis lui, où il ne me croira pas.


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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Lun 18 Avr - 5:11

Obéissant immédiatement au conseil d'Eileen, qui sonnait aussi comme un ordre, la jeune louve pinça son nez pour endiguer le flot de sang et bascula la tête en arrière. Elle ne protesta pas quand la guerrière lui saisit le bras et suivit docilement, sans oser dire un mot ou faire quoi que ce soit. Quelque part, son esprit lupin était satisfait d'avoir un autre loup, dominant, pour la diriger dans cet endroit qui lui donnait l'impression de devenir folle, partagée entre son instinct animal et la logique de Deux-pattes.
Elle retrouvait ses marques et était contente, bien qu'elle le cachait pour ne pas avoir l'air d'apprécier saigner du nez. Puis ça tâchait sa robe et elle était réellement anxieuse à l'idée que des tâches ne restent dessus. Luvia aimait ce vêtement, sans parvenir à déterminer pourquoi. Entendre Eileen lui dire que les traces de sang pourront partir rassura la jeune femme, qui continua à suivre sans poser de questions.

Pourtant la curiosité ne manqua pas de l'assaillir alors qu'elles passaient par des endroits pleins de vie. Mais elle devait être sage et était plutôt concentré sur son nez et des quelques gouttes de sang qui perlaient le long de ses doigts.
Elle sentit toutefois que ce petit moment de panique allait prendre rapidement fin lorsqu'elles entrèrent dans une pièce étrange, qui attisa plus encore l'intérêt de Luvia et de nombreuses interrogations qu'elle ne songea même pas à poser. Ce n'était pas le moment et elle voulait surtout savoir comment allait-on s'y prendre pour arrêter le saignement.
Eileen parla de miracle en lui disant le nom de la personne qu'elles venaient voir et elle était prête à le croire, avant même l'apparition impressionnante de ce Fearanduil. Elle pouvait imaginer, à défaut de sentir à cause de son nez bouché, les senteurs qui devaient se dégager de l'endroit, qui avait quelque chose de familier, sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Elle ne s'en formalisa pas, habituée, et reporta son attention avec émerveillement sur le nouveau venu, qui les invita à monter.

Luvia resta silencieuse et obéit bien sagement, l'air toujours aussi épaté par tout ce qu'elle voyait. Elle écouta à peine l'échange entre Eileen et le grand Deux-pattes, absorbée par la contemplation de tout ce qui l'entourait, mais elle revint à elle quand on lui demanda de raconter comment était arrivé l'incident pour lequel elles s'étaient déplacés jusqu'ici en hâte.

"J'ai beaucoup réfléchi et ça m'a fait saigner du nez. C'est possible que je me sois fait mal à ma tête ? D'habitude je saigne du nez quand je me cogne contre un arbre ou quand je me bagarre avec un de mes frères et pis j'attend que ça passe, mais là je veux pas salir tout dedans chez Parthalan. Je lui ai promis d'être gentille."

La jeune louve arborait fièrement un grand sourire, satisfaite à l'idée de faire son possible pour être bien vue par la meute après ses quelques frasques. Elle voulut une fois de plus poser plein de questions à cet homme qu'elle observait avec de grands yeux curieux, mais s'abstint pour ne pas le déranger dans son travail.
A la place, elle regarda Eileen, l'air un peu désolé. Ce n'était pas vraiment au programme de leur petite balade. Luvia commençait à se poser des questions sur la raison pour laquelle elle saignait du nez, mais ne parvint pas à se souvenir de ce qu'elle disait avant que ça n'arrive.

"On fera quoi tu veux après. J'aimerais bien faire des choses de Deux-pattes. Et je fais quoi pour ma robe ? Y a du sang dessus et on m'a dit de pas me promener toute nue."




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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Dim 24 Juil - 18:43

Faeranduil déposa les deux flacons et ses linges propres à coté de Luvia. Le grand Sidhe resta dubitatif jusqu'à qu'elle confirme qu'Eileen n'était pour rien dans le saignement de nez. Eileen, elle, s'était appuyée contre le rebord d'une fenêtre, et eut un expression qui voulait dire "tu vois, ce n'était pas moi", croisant les bras sous sa poitrine. Elle nota que Luvia observait tout autour d'elle, curieuse. Enfant, quand le clan se déplaçait, Eileen se souvenait que la tente de Faeranduil avait attisé sa curiosité de façon similaire, jusqu'à ce qu'elle la connaisse par cœur à force de visite pour diverses blessures. Le Sidhe était un guérisseur compétent, peut-être pas le meilleur, mais il l'était suffisamment pour soigner le clan. Quand Parthalan avait été couronné roi, Faeranduil avait laissé derrière lui la vie de nomade, pour suivre son chef et son suzerain à Armenelos. La sédentarité lui convenait mieux, il forçait moins sur sa hanche mal soignée. Aujourd'hui, il était capable de tenir debout, et de se déplacer. Les Fearghas encore nomades n'étaient cependant pas dépourvu d'un guérisseur, puisqu'il avait formé l'une d'entre eux à son art, et que Rhiannon savait parfaitement gérer plaies et bosses toute seule.

-Ne t'en fait pas pour la saleté, répondit Eileen, tu n'en as pas fait exprès, et la pluie nettoiera le sang sur la pierre.

Pendant ce temps, Faeranduil avait fait retirer ses doigts à Luvia, car la jeune femme se tenait toujours le nez. Délicatement, il palpa celui-ci, cherchant une trace de fracture. Aucun gonflement, aucun bruit indiquant des os brisés. Rien. Le saignement de nez était probablement dû à son excitation couplée à une chute précédente peut-être ? Il l'ignorait, mais si c'était autre chose, il n'était pas certain de pouvoir l'aider. Faeranduil pouvait ressouder des os, guérir de nombreuses maladies, recoudre des plaies, mais il n'était pas apte à soigner une patiente souffrant de symptômes dont les causes le dépasseraient.

-Tu es tombée récemment ? demanda-t-il alors qu'il imbibait un premier linge avec le contenu du premier flacon, tu as bien fait te pincer ton nez, le saignement c'est arrêter de lui même. Je vais te nettoyer un peu... Dis le moi si jamais je te fais mal.

La solution sentait la sauge et la rose, et le Sidhe aux longs doigts délicats débarbouilla la jeune louve, qui avait du sang coagulé autour des narines, et des traces de sang en train de sécher autour des lèvres et sur le menton. Le bas de sa robe en était maculé, signe qu'elle avait essayé d'endiguer le saignement en plaquant le tissus contre son nez.

-Garde le nez en l'air, oui, comme ça.

Le premier flacon fut rebouché, et le second débouché. Le geste sûr, il déchira une fine bande tissus tissé, qu'il imbiba avec le contenu du deuxième flacon, à l'odeur plus forte. Il fit deux petits boules qu'il glissa en suite dans les narines de la jeune louve. Il rit en entendant qu'on lui avait interdit de se promener nue.

-Se promener nue n'est pas très approprié en effet. Et je sais, c'est compliqué pour respirer. Fais le par la bouche, mais tu dois les garder pendant une heure ou deux, pour être sûre que tu ne saigneras plus. Si jamais tu saignes encore du nez plus tard, viens me trouver ici, ou dans la serre.

Faeranduil se tourna vers Eileen, reboucha son deuxième flacon.

-Je te suggère de lui faire visiter l'endroit, qu'elle apprenne à le connaître par coeur, comme ça, elle n'aura pas toujours besoin d'un guide.

Eileen hocha la tête.

-C'est une bonne idée. Toi qui voulait faire "des choses de Deux-pattes", c'est un bon moyen de commencer. Et pour ta robe, nous irons la porter aux blanchisseuses qu'elles te la nettoient. Mais ça veut dire que tu vas devoir te changer. Tu sais si Noorah t'as laissé d'autres vêtements ? Ça m'étonnerait qu'elle ne l'ait pas fait, mais sait-on jamais...

La louve songea que rendre visite à Nimue devrait attendre. Les réactions de Luvia étant extrême, si elle était confrontée trop tôt à ses problèmes, et Eileen ignorait tout ce qu'ils pouvaient être, mais elle avait dans l'idée que Cùan n'y était pas étranger, elle risquait de saigner du nez, voire pire encore. Luvia devrait probablement attendre, apprendre à s'adapter dans le monde des Deux-pattes, au sein des Fearghas pour pouvoir en suite régler ce qui la mettait dans un état de panique absolue. Il faudrait qu'elle apprenne à se contrôler. Eileen faillit rire. Elle aussi avait dû apprendre à contrôler ses émotions, à ne pas les laisser prendre le dessus. Elle avait une adolescente colérique, impulsive, brouillonne, et sensible, capable de se mettre dans tous ses états pour rien. Elle s'était assagi avec l'âge et surtout une discipline de fer, mais Luvia ne lui semblait pas être une guerrière comme elle, même si... à n'en pas douter, la jeune louve était une dominante, dont le potentiel ne demandait qu'à être révélé.

La brune interrogea le Sidhe aux cheveux couleur de soleil du regard. Celui-ci écarta légèrement les bras, mains ouvertes.

-J'ai fini. Il n'y avait pas grand chose que je puisse faire, puisque Luvia avait déjà fait les trois quart du travail.

-Merci Faeranduil. Luvia, tu es prête ? On va passer par l'intérieur pour regagner ta chambre, et te trouver une autre robe, ou ce que tu voudras porter. En suite, je t'ammène chez les blanchisseuses. On en profitera pour explorer la forteresse sur le chemin. Ca te va, comme truc de deux-pattes ?


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MessageSujet: Re: Savoir vivre et savoir être [Luvia]   Ven 10 Fév - 17:08

Malgré sa grande curiosité, Luvia n'était pas très à l'aise. Bien que rassurée vis à vis du fait de ne pas avoir sali quoi que ce soit, hormis sa robe, elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi trop réfléchir l'avais mise dans cet état. Peut-être à cause de ce à quoi elle pensait ? La confusion ressentie par la louve n'avait pas été quelque chose de très agréable et elle ne voulait pas refaire le cheminement de pensées si cela aboutissait au même résultat.
Son regard furetait parmi les produits de Faerenduil, toujours aux petits soins pour elle, et revint vers le guérisseur quand celui-ci s'adressa à elle.

"Oui, mais pas sur le nez."

Elle acquiesça légèrement la tête pour signifier ne pas hésiter à dire s'il lui faisait mal. Chose difficile à faire, la jeune femme ayant l'habitude de la douleur, dans la forêt. Son air naïf et sa fascination pour tout ne laissait pas vraiment ressortir son passé animal, mais il était bien présent. Dans les petites cicatrices qui parsemaient sa peau résistante, dans ses sens aiguisés, et sa compréhension du langage des loups...

Pourquoi avait-elle voulu partir si c'était pour se retrouver dans cet état ? Son regard s'arrêta sur les étagères et tous les produits du guérisseur. Ses pensée s'éclaircirent d'un coup. La jeune femme les connaissait. Jamais auparavant elle n'était allée dans une infirmerie, mais elle pouvait mentalement se figurer à quoi servait la plupart des fournitures de Faerenduil.
L'espace d'un instant, Luvia eut la sensation d'être assise hors de son enveloppe physique. Qu'on venait délicatement de la mettre sur le côté. Pourtant, elle était aussi dans son corps, avec une autre identité. Une autre mémoire...


"Tu sais si Noorah t'as laissé d'autres vêtements ? Ça m'étonnerait qu'elle ne l'ait pas fait, mais sait-on jamais... "

Les yeux de la jeune louve papillonnèrent. Tout sembla rentrer dans l'ordre et, si elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer, elle garda cela pour elle et fit comme si de rien était. Pour toute réponse à Eileen, elle haussa les épaules, n'ayant prêtée que peu d'attention à ce que Noorah avait fait des autres vêtements quand Luvia avait choisi sa robe.

Les cotons dans son nez était une gêne mais si Faerenduil s'en excusa, la jeune femme était plutôt satisfaite d'avoir quelque chose pour la déranger et lui éviter de trop penser. Eileen se montra gentille en lui proposant de faire ce qu'elle avait envie de faire, et Luvia ne put qu'acquiescer timidement, un peu de rouge aux joues, et une moue gênée sur le visage. Puis elle remercia le guérisseur pour s'être occupée d'elle ; elle s'inclina poliment sans même avoir conscience de l'avoir fait.
La jeune femme laissa son aînée ouvrir la marche vers sa chambre ; mais à peine eussent-elles quittés la tour du guérisseur, Luvia effleura du bout des doigts la main d'Eileen, incapable d'oser faire plus pour attirer son attention.
Ses oreilles étaient plaquées vers l'arrière, une de ses canines étaient ostensiblement visible alors qu'elle se mordait la lèvres inférieure avec nervosité. Mais, malgré ses craintes vis à vis de la guerrière qu'elle percevait comme une dominante, elle osa la regarder dans les yeux... sans pour autant réussir à ne pas avoir la voix quelque peu troublante.

"Je... je sais pas si c'est une bonne idée de... je... je crois que..."

Elle prit une grande inspiration et tenta, sans succès, de se détendre un peu. La jeune louve tenta de dire à nouveau quelque chose, mais referma la bouche, incertaine. Elle grimaça de colère et se tourna pour se coller contre le mur le plus proche avec un gémissement plaintif.
Ce qui lui arrivait la dépassait totalement. Trop de choses se bousculaient en elle, sans qu'elle ne les comprenne. Être au contact des Deux-pattes réveillait quelque chose en elle, qui entrait en contradiction avec ce que son instinct animal lui disait...
Peut-être devait elle... ?

La jeune femme se retourna vers Eileen, se tenant bien droite, avec un sourire gêné sur le visage et plus aucune trace de son anxiété.

"Excuse-moi, je crois que... toutes ces odeurs m'ont un peu fait tourner la tête," dit-elle avec le regard un peu fuyant. "Je crois que Norrah a laissé des vêtements dans la chambre, mais je n'en suis pas sûre. Allons voir !"

Avec entrain, elle prit les devants avec une démarche élégante et une gaieté qui ne semblait pas feinte... bien que ses oreilles soient toujours plaquées vers l'arrière, et les poils de sa queue particulièrement hérissés pour le peu qui en dépassait du bas de sa robe...




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