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 Règlement de compte

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Jahangir Qiang Sung
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Peuple : Mornien, Humain.
Second(s) Métier(s) : Elémentaliste (eau) ; télépathe de moyenne intensité.
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MessageSujet: Règlement de compte   Jeu 13 Mar - 23:00

Le jour, la capitale impériale résonnait des bruits de la population vaquant à ses occupations, imprégnée de l'atmosphère presque studieuse des honnêtes gens travaillant pour gagner leur vie. Hitokage était travailleuse, menait une vie trépidante, accueillant les caravanes marchandes, ses portes toujours ouvertes, laissant entrer et sortir une foule quasi-ininterrompue. A la nuit tombée, Hitokage se paraît de lumière comme une catin se peint le visage. Certains quartiers ne s'éveillaient qu'à la nuit tombée, et les prostituées se mettaient aux fenêtres des bordels, vêtues de leurs kimono aux couleurs aussi criardes que celle des devantures des maisons de jeux. Fei Long évoluait dans ce monde là, celui de la nuit, où les croupiers étaient presque des voleurs, où l'amour d'une femme se marchandait pour la nuit, et où l'honnête ouvrier pouvait vite s'endetter à force de boissons et deux jeux. Les rues s'emplissaient alors d'une clameur joyeuse, et dans cette atmosphère débridée, toutes les couches de la population se côtoyaient. Les échoppes vendant de la nourriture se mettaient à fumer, et les odeurs qui s'échappaient de leurs cuisines se mélangeaient à celle des parfums des femmes, à l'odeur de sueur imprégnant les vêtements de l'ouvrier, à celle, musquées, des éleveurs de chevaux des steppes, qui séjournaient là pour quelques jours... Hommes et femmes s'enivraient, buvant de l'alcool de riz, ou bien du lait de jument fermenté pour les plus pauvres, et des vins raffinés pour ceux qui pouvaient se le permettre. On mangeait attablé, ou bien sur le pouce, de la viande ou du poisson grillé, ou bien une brioche au fourrage douteux, mais délicieux. Hitokage ne dormait jamais vraiment, il n'y avait qu'aux heures les plus sombres, juste avant le petit jour, où Aelius commençait à poindre, qu'elle semblait s'apaiser et s'endormir.

Jahangir Qiang Sung quitta la ville, en traversant les quartiers lui appartenant. Au sortir de la noble demeure des Qiang Sung, ses hommes, ou plutôt ceux de Fei Long, s'était déployé autre de lui. Lysanthir avait pris la tête. Ils traversèrent le quartier des jeux, et il put voir que Shunsen avait bien fait son travail, en laissant suffisamment d'hommes pour pouvoir prévenir un éventuel coup bas de la part du fameux Judong. Ou pour pouvoir intervenir en cas de rixes, comme c'était fréquemment le cas. Lysanthir leur fit quitter le quartier des jeux, et ils atteignirent la place devant les portes Ouest, en empruntant des quartiers d'habitations, moins éclairés, seules quelques fenêtres laissaient voir de la lumière. Ici, l'honnête Mornien dormait après une dure journée de travail, ou après être allé se souler dans la taverne la plus proche. Jahangir aperçut l'ombre d'une tête, qui se retira vivement. Ses hommes et lui n'étaient visiblement pas armés, et leurs tenues n'indiquaient en rien qu'ils se rendaient à un rendez-vous nocturne avec une bande adverse.
En vue des portes, Lysanthir sortit du groupe pour prendre les devant. Jahangir et le reste de l'équipage attendirent que le Sidhe leur fasse signe.

La nuit, les Portes étaient fermées. La muraille entourant Hitokage était percé de chaque coté, et il fallait emprunter une sorte de goulet long de quelques mètres, traversant l'épaisseur des murs, pour pouvoir sortir ou entrer. Jahangir savait que des herses pouvaient être abaissées pour couper l'avancée d'une horde d'ennemis. Des portes dérobées permettaient aux défenseurs d'attaquer les ennemis et de se replier. Et des cavités permettaient de faire couler de l'huile ou bien du feu grégeois sur les ennemis pris aux pièges. Le Mornien connaissait bien la défense des portes, puisque lui et ses hommes les avaient ouvertes et gardées ouvertes pour que Argental Tar Sùrion puisse entrer avec son armée. Les portes ne furent pas ouvertes en grand pour les laisser passer, la garde lui ouvrit un des battants, et lui et ses hommes s'engagèrent dans le passage. La porte extérieure était, elle, ouverte, mais lourdement gardée. Les impériaux avaient toujours eu cette discipline militaire, même en temps de paix, aucun relâchement n'était permis. Kaliciar l'avait payé de sa vie.

Ses hommes et lui se retrouvèrent à l'air libre. Au pied de la route menant à Hitokage, un petit groupe de voyageurs avait dressé leurs tentes en cercle, à l'intérieur du cercle formé par leurs chariots, pour se protéger du vent froid qui soufflait depuis l'Eredmorn, dont on voyait l'ombre géante se dresser loin à l'Ouest. Juste devant, Himrain formait une masse sombre, mais la lisière en était encore loin. Mizuki resplendissait dans toute sa beauté, projetant une lumière bleutée sur les vastes herbages qui entouraient Hitokage. Nul besoin d'allumer des torches, il faisait suffisamment clair pour y voir. Ses hommes se déployèrent en formation, Lysanthir toujours leur tête. Ils filèrent vers l'Ouest, vers la lisière d'Himrain. Jahangir se pencha pour parler à l'oreille d'Inu. Le jeune homme avait patiemment attendu que son maître lui dise ce qu'il attendait de lui. Qu'Inu sache monter était une véritable aubaine, car il savait se tenir en selle, et même si Jahangir avait passé ses bras de chaque côté, ne serait-ce que pour tenir les rennes, il n'avait pas besoin de le tenir fermement. Les cheveux blancs de l'esclave avaient une teinte argenté à la lumière de Mizuki.

-Cette escapade nocturne n'a pas grand chose à voir avec le nom des Qiang Sung. Ici, au milieu de ses hommes, je porte le nom de Fei Long. Nous allons rencontrer un dénommé Judong. Durant mon voyage, ce morveux a commencé à prendre le pouvoir dans les bas fonds, et cela nous gêne profondément, moi et les autres... chefs de gangs.

Jahangir imprima une pression des genoux, et sa monture pivota encore plus à l'Ouest, accélérant le train. Les cavaliers pressèrent le pas, rattrapant le retard accumulé lors de la traversée quasi-silencieuse de la cité.

-Judong n'emploie pas les bonnes méthodes. En tout cas, il ne respecte pas grand chose. J'ai demandé à le voir ce soir pour régler la situation. Mais je ne suis pas stupide au point de ne pas prendre de précaution... Et t'avoir acheter me semble être un don d'Hikmat. Lorsque nous serons là bas, je te demanderai de me prévenir si tu sens quelque chose d'étrange. Comme quelqu'un cherchant à utiliser la magie, ou une tentative d'encerclement. J'aimerai éviter que nous mourions tous la gorge tranchée...

Devant eux, les flammes blanches de sphère de lumière faisaient comme des points lumineux dans la nuit. En approchant, Jahangir décrivit brièvement la situation à Inu.

-Nous serons face à face, mes hommes et les siens. Nous sommes plus nombreux, mais je ne lui fais pas confiance.


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Inu
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Mar 25 Mar - 12:55

Inu se tenait bien en selle alors qu’ils traversaient, sans autre bruit que ce des sabots de leur chevaux, la ville qui n’était pas réellement endormie malgré l’heure tardive. Des odeurs déjà présentes dans l’air en journée se réveillèrent, s’emplifièrent même, les gens parlaient à voix un peu plus basse, créa un bruit de fond sourd, même si certains ne se gênaient pas pour parler aussi fort qu’ils le souhaitait cassant la tonalité sourde qui s’élevait. La nourriture, l’alcool, les parfums capiteux et de fluide humain. La nuit commençait, et déjà les gens de la nuit étaient actifs. Rien de surprenant, chaque ville avait une activité nocturne plus ou moins intense, plus ou moins débridée.
L’odeur de la ville se mêla à celle de l’éxtérieur alors qu’ils approchaient de la sortie, et une fois dehors, l’odeur des bois, des rizières, des animaux furent plus présentes que celles des hommes et femmes vivants dans la région. Le limier sentait l’air frais lui chatouiller les chevilles et remonter un peu le long de ses mollets, tout comme il passait dans ses cheveux qui se soulevaient. Ca contrastait avec les bras de Jahangir qui étaient en contact avec lui de chaque coté, et qui lui tenaient chaud. !sans compter que lorsque son maître se pencha pour lui parler à l’oreille, il put sentir son torse contre son dos, et son souffle chaud chatouiller son oreille. Il écouta attentivement, sans pouvoir s’empêcher, lorsque Jahangir prononça le nom de Fei Long, la sonorité du nom lui faisant un certain effet à entendre, d’avoir un frisson. Il comprit d’où venaient les odeurs ténues d’opium, de fumée qu’il avait sentit sur les vêtements du seigneur Qiang Sung, il avait une double vie et portait même un autre nom.
Jahangir lui expliqua pourquoi il l’avait emmené et ce qu’il devrait faire. Simplement l’avertir si l’esclave sentait quelque chose d’anormal, qui pourrait mettre la vie de son maître et de ses hommes en danger. Inu inspira un peu plus fort alors que le vent changeait de direction, venant d’un bois à leur droite vers eux. Jahangir termina son explication, lui indiquant que ce serait donc un face à face, normalement à son avantage, mais qu’il n’avait aucune confiance en son adversaire qui semblait donc préférer la méthode des lâches plutôt qu’un véritable efforntement. Le limier tourna légèrement la tête vers sa droite et eu un léger sourire avant d’aller à la rencontre de l’esprit de son maître.

[Je dois signaler ce qui me semble étrange, comme le fait qu’il y ai des hommes qui me semblent bien entouré de fougère, comme s’ils tenaient à être cacher ?]

Le vent retomba un peu mais maintenant qu’il les avait sentit, l’odeur des hommes était gravée dans sa mémoire et il la décellait, aussi légère qu’un parfum de fleur, même si pour lui ils sentaient plus la sueur, la nourriture et le cuir mouillé que la fleur.
Sous son foulard il ouvrit les yeux, se servant donc de son autre don à part celui de sentir, celui de voir, en quelque sorte, la magie. Il ne discernait pas le paysage autour d’eux, il ne voyait pas non plus les chevaux ou les hommes les montant, car personne n’usait de magie, mais il voyait au moins des cercles, vibrant faiblement et s’approchant. Il savait que c’était des sphères de lumière, quelque chose d’innofensif, qui éclairait la nuit afin que la confrontation ne se fasse pas dans le noir.
Le groupe qu’ils formaient s’arrêta, et il attendit que Jahangir descende pour en faire de même. L’herbe lui arrivait à la cheville, et il attendit debout, la main sur l’encolure du cheval, que son maître lui dise quoi faire. L’animal s’ébroua, le limier le caressa doucement, appréciant la sensation des poils courts et doux sous sa main, sans relâcher son attention, regardant vers les sphères de lumière, là d’où s’élevaient des voix et des odeurs d’homme, prêt à sentir la menace ou voir de la magie surgir. On le confia à un dénommé Shunsen, qu’il suivit. Ils ne s’éloignèrent pas trop des chevaux, et Inu pu entendre plus distinctement les voix qui s’élevaient. Elles étaient en effet moins nombreuses que leur groupe, mais il savait qu’il y avait d’autres hommes dans les bois non loin, attendant sûrement de voir ce qui se passait et s’il leur fallait intervenir ou non. Une voix s’éleva un peu plus que les autres, s’adressant directement à Jahangir, qui était ici, Fei Long.

 
-Alors comme ça tu es le Fei Long ? Je suis Judong, celui que tu as demandé à voir, et je t’écoute.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Lun 5 Mai - 18:15

-Un don d'Hikmat vraiment, murmura Jahangir plus pour lui-même que pour Inu.

Le jeune esclave avait presque immédiatement senti la présence d'autres hommes que ceux qui les accompagnaient. Inu était précis au point de savoir que les hommes de Judong s'étaient couverts de fougères pour mieux se dissimuler. L'inclinaison de la tête de l'esclave lui indiquait qu'ils se trouvaient sur leur droite. Jahangir se redressa légèrement, et se contenta de faire quelques gestes discrets de la main. Des hochements de têtes lui répondirent, tout aussi discrets. Inutile de montrer qu'ils étaient au courant de leur petite traitrise. Les doigts de Lysanthir indiquèrent le chiffre huit. Son bras droit était efficace, et Jahangir n'avait plus besoin de lui dire quoi faire. Avant d'être à son service, le Sidhe avait combattu dans l'Arène, son instinct de survie était donc fortement développé. Son intelligence aussi. Et quoi de mieux que d'avoir un élémentaire de flore pour compter combien d'hommes s'étaient cachés dans les fourrés. Le chiffre fut passé d'homme à homme. En comptant Inu, la compagnie de Jahangir comptait dix hommes, parmi les meilleurs de ceux qui travaillaient pour lui, ou qui s'étaient alliés avec lui, comme Shunsen, qui chevauchait à sa gauche, aux aguets. A Hitokage, Jahangir, ou plutôt Fei Long, avait laissé les commandes à deux groupes. Un premier groupe était mobile, et placé sur les toits, pour intervenir en cas de coup de force de la part du sournois Judong. Il était dirigé par Arvania, une voleuse ayant ses minions, et n'ayant plus rien à prouver en matière de stratégie. Le second groupe se trouvait au sol, dirigés par deux frères, Rei et Jian, qui sauraient quoi faire en cas d'attaque. Jahangir n'était pas assez stupide pour ne pas laisser son territoire sans défense. Ses alliés avaient également été prévenus, bien qu'ils soient tous en train de penser qu'il avait simplement envoyé Lys traiter avec Judong, et que lui n'avait pas quitté son quartier général.

Judong les attendaient, avec huit autres cavaliers, certains avaient mis pied à terre. La compagnie de Fei Long s'arrêta à quelques mètres de distance du groupe déjà là. Ils étaient éclairés par des sphères de lumières. Judong était toujours monté. Jahangir le jaugea avant de lui offrir son sourire le plus agaçant. Un sourire qu'il avait mis au point dès son adolescence, quand il avait commencé à se lancer dans les combats nocturnes. Oshia lui signala que son hôte était effectivement agacé. Judong était, à la différence de Jahangir, purement Mornien. Jahangir avait pour lui la haute taille des Cyriacans, ainsi que leurs yeux bleus, hérités de sa mère. Judong lui devait être de taille moyenne. Il avait l'air svelte, sans doute musclé comme se devait être quelqu'un qui dirigeait les autres par la force. Il était monté en grade rapidement en abattant ceux qui s'étaient mis sur son chemin, jusqu'à envoyer son propre chef dans une maison de guérison. Il avait la peau mate, les cheveux noirs, attachés en chignon, des yeux en amandes tous aussi sombres. Lui aussi, s'efforçait de l'agacer en prenant un air supérieur et condescendant.

-Alors comme ça, tu es le Fei Long ? Je suis Judong, celui que tu as demandé à voir, et je t'écoute.

Jahangir eut un nouveau sourire. Shunsen descendit de sa monture pour prendre les rennes de la sienne. Fei Long put alors descendre souplement. Il aida Inu à descendre, le confiant aux bons soins de Shunsen.

-Si jamais quelqu'un touche à un de ses cheveux, c'est toi qui en pâtira, suis-je clair ? chuchota-t-il.

-Très clair, je le garderai comme si c'était ma fille.

Jahangir eut un sourire amusé, avant de s'avancer. Oshia le suivait, glissant dans le sol, rassemblant suffisamment d'eau pour pouvoir être utile en cas de nécessité. Et l'élémentaire avait le pressentiment que cette nécessité ne tarderait pas. Judong s'impatienta, tentant alors une tactique bien connue : semer la zizanie. Il choisit Shunsen qui emmenait Inu à l'écart. Trois de ses hommes étaient descendus de montures, les autres, dont Lysanthir, se contentèrent de regarder devant eux, toujours montés.

-Et Shunsen ?! Le Tigre sert de chien de garde au Dragon ? Et qu'est ce là ? Une petite p-

-Ce n'est pas Shunsen qui vient te voir, mais moi, l'interrompit Fei Long, et c'est donc toi, le Judong.

-Ma réputation me précède, on dirait.

-On dirait oui. Ta rapide ascension n'a fait qu'attirer notre attention.

-Notre ? Ah ouais, j'oubliais que vous, les vieux, vous vous battez pas, ça a avoir avec l'honneur, ou une connerie comme ça. Mais t'es le seul à être venu. Tu les as tous castrés comme le Tigre ou ils sont tous trop gâteux pour venir jusqu'ici ?

-Ah Judong, soupira Jahangir, je suis venu, parce que tu as pris le territoire de Guan, et qu'il se trouve juste à coté du mien.

-Et tu t'inquiètes ?

-Pas vraiment.

- Tu devrais.

-Oh. C'est une menace ?

-Non, un constat ! TUEZ-LES !

Au moins, la discussion avait été brève. Judong ne semblait pas être un parangon de subtilité, préférant aller à la confrontation. Non pas que Jahangir ait espéré pouvoir négocier ou mettre un peu de plomb dans la cervelle du jeune arriviste. L'ascension de Judong avait été brutale et jalonnée de cadavres. En prenant le territoire de Guan, Judong s'était emparé de maisons de jeux, de bordels, mais aussi d'une position lui permettant de s'en prendre au territoire de Fei Long, et donc de mettre la main sur son réseau de contrebande. Judong aurait eu alors une réserve d'armes à disposition, et depuis ceux deux territoires, il aurait pu déclencher une guerre comme on en voyait plus depuis des années, sauf entre des factions d'un même gang pour une prise de pouvoir. Judong avait clairement l'intention de devenir le maître des bas-fonds. Des énergumènes comme lui, il y en avait de temps en temps. Il y avait eu Shunsen, qui avait tenté d'annexer son territoire au sien lorsque Fei Long était encore un jeune chef. Et il y en avait eu d'autres avant. Comme si Hitokage n'était pas assez vaste pour que tout le monde y ait sa place. Oshia sortit brutalement du sol pour aller frapper directement Judong, le jetant à bas de sa monture, qui effrayée détala. L'élémentaire s'en alla en suite semer la panique, s'en prenant aux équidés. Les hommes cachés dans les sous bois arrivèrent en courant et en hurlant. Des ronces sortirent du sol, s'accrochant à leurs chevilles, alors que les hommes encore à cheval fonçaient vers eux. Les hommes à pied de Fei Long passèrent devant lui pour s'en prendre à ceux de Judong qui n'avaient pas subi la panique de leurs montures. Shunsen fit cependant l'effort de ne pas se laisser emporter, continuant de protéger Inu. Jahangir plongea dans la mêlée, rappelant Oshia à lui, et dirigeant son élémentaire. Judong, remit du choc initial s'était relevé. Tous deux s'engagèrent dans une lutte. Jahangir comprit comment Judong s'était imposé quand il sentit la profonde réverbération d'un coup qu'il avait paré de son avant-bras. Le choc résonna dans ses os, attestant d'une force décuplée par de la magie élémentale terrestre.

Derrière lui, ils entendaient le bruit de la chair qui s'entrechoque, des cris, des grognements, le grondement de Siadnur sortant de terre, les hennissements affolés des chevaux, le martèlement des sabots sur le sol. L'entrevue avait vite dégénéré, n'étant plus qu'un violent chaos. Jahangir envoya Oshia dans le sol, afin que Judong n'ait plus le soutient de son élémentaire, en faisant du sol un véritable bourbier. Jahangir se retrouva alors, en attendant que Oshia fasse son œuvre, à parer et rendre coup pour coup. Il remercia silencieusement Lysanthir de le maltraiter durant chacun de ses entrainements, et également ses précédents adversaires qui avaient généralement l'intention de le tuer lorsqu'ils s'en prenaient à lui. Les impacts des coups de Judong résonnaient dans ses muscles et ses os. Jahangir allait être couvert d'hématomes. Le sol devint glissant. Son poing rencontra la mâchoire de Judong, il sentit les dents s'entrechoquer, entendant distinctement le bruit. Jahangir rappela en suite Oshia, et de la paume de la main, il frappa la poitrine de Judong, envoyant toute la puissance de l'élémentaire dans ce coup. Conjugué au sol glissant, Judong fut renvoyé en arrière. Oshia revint brutalement vers Jahangir lui passant dessus pour aller frapper un des hommes de Judong qui s'était approché par derrière. Oshia s'engouffra dans les narines et la gorge de l'homme, le noyant. Jahangir ne s'en préoccupa pas, allant à nouveau se colleter avec Judong, avant que celui-ci n'ait le temps de reprendre ses esprits.


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Inu
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Dim 27 Juil - 15:13

La main dudit Shunsen sur son épaule, Inu s'éloigna donc un peu des groupes, sachant que son utilité se bornait à ce qu'il pourrait sentir ou ressentir d'étrange. L'homme nommé Judong prit de nouveau la parole s'adressant à celui qui guidait Inu, cherchant selon toute vraisemblance à le provoquer, à faire bouillir son sang froid. Il ne fallait pas être excessivement intelligent pour comprendre ce qu'était le dernier mot imprononcé du chef de gang belliqueux, mais Inu ne s'en formalisait pas, il aurait pu l'insulter que ça lui aurait été égal, il en avait vu de toutes les couleurs. Façon de parler. La main sur son épaule ne s'enleva que lorsque tout dégénéra, et Shunsen lui demanda de ne pas bouger. Ce qui fut rapide, Judong semblant quelqu'un de peu patient, et de très prompt à s'enflammer. Ce qui était étrange pour quelqu'un sentant autant la pierre et la terre, un élémentaliste de la terre. A peine cette pensée lui traversa l'esprit, Jahangir comprit de lui même. En regardant la cohue, Inu pu voir Oshia en action, une lueur bleutée filant à tout va sur le champs de bataille. L'élémentaire causait beaucoup de panique, ainsi qu'un autre, sentant les feuilles et le bois, comme Lysanthir. Inu fit le rapprochement de manière naturelle.
S'il entendit des hommes tenter de se ruer sur lui, il ne fut pas inquiété, Shunsen les arrêtant à bonne distance et les mettant hors d'état de nuire avec une férocité telle que l'esclave ne put que comprendre le surnom de Tigre dont l'avait affublé Judong. Rien ne l'alarma pour le moment, les odeurs s'élevant du champ de bataille étaient normales. De la sueur, l'haleine plus ou moins fétide des combattants, l'odeur de poussière et de terre soulevée et battue par les pas, l'eau fraîche d'Oshia, la peur des chevaux, l'odeur métallique et ferreuse du sang qui coulait, l'odeur des arbres et de l'élémentaire de flore qui entravait certains hommes, se mélangeant et se dispersant au cour des différents luttes qui se déroulaient tout autour de lui. Il se tenait prêt à partir si Shunsen lui demandait, au cas ou le Tigre ne puisse empêcher quelqu'un de l'approcher. Si tout semblait normal, une odeur lui parvint, faible, très faible, mais prenant un peu d'ampleur. Il se retourna, respirant plus fort, cherchant des yeux. C'était de la magie, une magie chargée d'électricité, chargeant doucement l'air d'une odeur statique intense, que lui seul devait sentir. Il posa alors les yeux sur une forme debout un peu plus loin, qui pour ses yeux était parcourue de volutes d'un bleu presque blanc. C'était l'un des hommes de Jahangir, il devait préparer un sort pour mettre à terre leurs ennemis, mais Inu trouvait ça, assez étrange.

Fei Long se débrouillait bien en combat rapproché, ce n'était pas pour rien qu'il était l'un des chef des bas-fonds les plus puissants, mais Judong se sentait de le faire tomber encore plus bas, et de prendre définitivement sa place. Comme à chaque fois qu'il annexait un territoire, Judong ne comptait pas que sur sa force brute, qui était suffisante dans bien des cas, il avait un atout de côté, et ce n'était pas toujours du coté qu'on croyait. Il savait que Fei Long avait un élémentaire d'eau avec lui, lui même était élémentaliste de la terre, c'était pour ça qu'il avait joué finement cette fois.
Il ne perdrait pas, même s'il devait se prendre une raclée physiquement parlant, même s'il perdait ses hommes dans la manœuvre, il ne perdrait pas la bataille, Fei Long mourrait ce soir, avec beaucoup de ses hommes. Il encaissait les coups, mais se rendit vite à l'évidence, son adversaire avait plus d'expérience des combats rapprochés, et était presqu'aussi insaisisable que de l'eau.

-Pour un vieux tu te débrouille bien ! Mais la partie va bientôt être terminée ! Et je gagnerai ! Vas y !

Les derniers mots prononcés par l'adversaire de Jahangir, permirent à Inu de comprendre pourquoi il trouvait l'homme de son maître étrange. Le sort était préparé, mais surtout contenu, et en fait, il n'attendait qu'un ordre. Et si Jahangir et ses hommes n'avait pas comprit à qui s'adressait l'ordre d'y aller de Judong, Inu lui avait sentit, et comprit. L'odeur d'électricité statique s'amplifia, il lui fallait encore quelques secondes avant de relâcher le sort. Le terrain était trempé, Oshia ayant cherché à empêché Judong d'utiliser la terre, et en le faisant il avait crée un terrain propice à la diffusion de l'électricité.
Ses jambes se mirent en action avant qu'il ait finit de réfléchir, il fonçait droit sur l'homme. Il manqua de trébucher sur le chemin, mais se redressa vite à chaque fois. Shunsen n'eut pas le temps de se rendre compte de sa disparition, et l'homme chargeant son sort ne le vit pas venir, sûrement bien trop occupé à avoir sa cible en vue, et à ne pas la quitter des yeux pour pouvoir la toucher le moment venu. Qui se méfierait d'un aveugle aux yeux bandés, devant être protégé. Surtout durant une bataille. Il arriva près de la forme parcourue de magie, et se laissa tomber, lui fauchant les jambes juste à temps pour que le sort qui allait être lancé, finisse dans les airs. Un éclair zébra le ciel depuis la terre, déchirant l'air et causant un tonnerre fracassant. L'esclave aux cheveux blancs avait sentit le sort lui passer sur les bras, les laissant engourdit et lui hérissant les poils, mais déjà il rampait vite pour se mettre sur l'homme qui jurait. Ce dernier n'eut pas le temps de préparer un nouveau sort qu'il dirigerait contre Inu, qu'il croisait son regard. L'esclave avait lui même retiré son bandeau avant de chuter, sachant que faire tomber l'homme, ne suffirait pas du tout pour l'arrêter. Inu coupa tout lien avec l'esprit de Jahangir et d'Oshia, pour leur éviter les visions, et se retrouva dans la spirale de vérité quelques secondes, juste le temps de savoir que l'homme ne pourrait plus réagir, ne pourrait plus en sortir, avant de fermer lui même les yeux.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Dim 27 Juil - 18:11

Son poing s'écrasa sur le visage de Judong. La tête de son adversaire partit sur le coté, alors qu'il reculait de nouveau sous ses assauts. Fei Long ne faisait aucun quartier, ne lui laissait aucun répi. Chaque fois que Judong parait, il sentait les coups se répercuter dans ses os de façon douloureuse. Il songea qu'il commençait à se faire trop vieux pour ce genre de conneries. Sa jambe se leva, emmenant avec, du bout de son pied, une magnifique gerbe de boue. Oshia lui apportait la stabilité suffisante pour lui éviter de s'empêtrer et de glisser, ce n'était pas le cas pour Judong, mais s'il reculait encore, il regagnait la terre ferme, où il aurait à nouveau l'avantage avec son élémentaire. Jahangir se pencha en avant, passant derrière le champ de portée des poings de Judong qu'il avait écarté, pour plaquer violemment ses paumes contre le torse de son adversaire, y faisant naitre une énorme gerbe d'eau, dont la force le projeta en arrière une nouvelle fois. Jahangir, alors qu'il avait commencé à vieillir, avait appris à se battre en employant Oshia, ne pouvant plus uniquement compter sur la jeunesse de son corps pour s'en sortir. D'ordinaire, il n'avait pas besoin de se battre, mais le comportement de Judong exigeait qu'il mette fin aux ambitions démesurées du jeune coq. Quelqu'un devait le remettre à sa place. Judong lui envoya de la boue sur le visage, qu'Oshia intercepta, alors qu'il parait l'attaque qui aurait du suivre son aveuglement temporaire. Un grognement étouffé s'échappa de ses lèvres. Jahangir repoussa les bras de Judong sur le côté, écrasant en suite son poing à plusieurs reprises contre les côtes de ce dernier, se mettant en suite hors de portée, utilisant l'eau présente sous ses pieds pour se mouvoir. Judong recula, jusqu'à la lisière de la terre boueuse et retournée qui leur servait de champ de bataille. Le jeune homme maculé de boue, brailla quelque chose. Jahangir fronça les sourcils, prenant une position défensive. Ce sale petit serpent avait quelque chose derrière la tête. Oshia se rassembla sous lui, prêt à le faire se mouvoir plus rapidement qu'un humain normal. Cela lui permit de souffler un peu, alors qu'il se tournait de nouveau autour. Il ne pouvait pas encore se laisser aller, son corps devrait encore attendre avant de lui rappeler qu'il venait de se prendre les coups d'un enfoiré d'élémentaliste.

Le sol sous Judong gronda, signe que ce dernier avait retrouvé son avantage. Jahangir entendit Shunsen crier. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, alors que ses yeux quittaient Judong pour chercher Inu. Un violent éclair s'abattit, illuminant un instant la scène comme si Aelius lui même avait fait son apparition, dans un bruit tonitruant qui couvrit le fracas des hommes en train de se battre. L'obscurité fut plus frappante encore lorsqu'elle revint, et Jahangir avait encore la lumière imprimée dans ses rétines. Il sentit quelque chose se fermer dans son esprit. Il cligna des yeux. Il entendit Shunsen gueuler encore une fois. Il entendit aussi les craquements familiers de Siadnur, violent, presque comme d'énormes grincements. Inu n'était plus dans un coin de sa tête. Un changement dans l'air et Oshia, le prévinrent simultanément que Judong le chargeait. Jahangir laissa Oshia faire, ses jambes pivotèrent d'elle même, alors que toute l'eau sortait de la terre humide, formant une vague qui vint cingler l'élémentaliste avec la violence d'une lame de fond. La vue lui revenant, Jahangir aperçut Inu allongé sur un de ses hommes qui hurlait d'horreur, ses doits crispés cherchaient à arracher ses yeux. Des entraves avaient jailli du sol, sous l'impulsion de Lysanthir et de Siadnur pour l'y maintenir. Son second se tenait à quelques pas d'Inu, tandis que Shunsen accourait pour relever l'esclave. Il vit un homme de Judong tenter de lui barrer le passage. Les bras puissants de Shunsen l'attrapèrent par la taille, l'envoyant par dessus sa tête. Jahangir n'eut pas le temps d'en voir plus, Judong s'était rétabli, un poing de terre faillit s'écraser sur lui. Le Mornien se jeta à terre, avant de rouler sur lui même pour se relever, rassemblant Oshia autour de lui, alors qu'il roulait, avant de l'envoyer en vagues, violentes et successives sur Judong, le percutant plusieurs fois, alors que ce dernier levait les bras devant lui pour se protéger, son élémentaire érigeant à la hâte un bouclier terreux.


Shunsen était aux prises avec trois hommes quand Inu derrière lui partit en courant. Un chapelet de jurons bien sentis franchit ses lèvres. Un des types en profita pour lui porter un coup qui faillit lui péter le nez. Il sentit ce dernier se mettre à couler. Enragé, son pied fusa pour se planter dans l'abdomen de l'homme en face de lui, qui se plia en deux le souffle coupé. Dans le même temps, ses deux poings s'abattirent sur les deux autres, les repoussant. Il s'avança alors, donnant un coup de genoux dans la tête de celui qui était tombé par terre en se tenant le ventre. Une main l'empoigna au niveau de l'épaule, il se saisit du poignet, et avec une force prodigieuse, il fit décoller du sol celui qui avait presque réussi à casser son nez. Il s'en servit comme d'une masse pour aller frapper le troisième, les laissant tous les trois derrière lui, alors qu'il se lançait à la poursuite de l'aveugle. Le bougre courait vite, fonçant tout droit sur Darshan. Shunsen vit Inu se jeter sur ses jambes. Des mains de Darshan s'échappèrent un éclair, qui fusa vers le ciel. Le tigre eut le réflexe de baisser la tête. L'électricité déchira le ciel et l'air. Il jura une nouvelle fois. Si Jahangir voyait ça, Shunsen en pâtirait. Il avait été très clair. Il se remit à courir vers Inu, plus vite. Quelqu'un tenta de lui barrer le passage. Le Tigre se baissa, attrapant à bras le corps l'homme, et l'envoyant par dessus sa tête, s'écraser sur le sol derrière lui. Inu se tenait au dessus de Darshan, qui était entravé par des liandes. Sur sa gauche, Shunsen vit la chevelure argentée de Lysanthir. Il comprit rapidement que Darshan n'avait pas été réglo. Ce qui ne l'empêcha pas d'invectiver Inu.

-Putain de bordel de cul ! s'exclama-t-il en arrivant à hauteur de l'esclave, la prochaine fois que tu veux jouer les kamikazes prévient !

Il ne jeta qu'un coup d’œil à Darshan qui hurlait, terrifié. Ses mains, entravées, cherchaient désespérément à atteindre ses yeux. Les lianes le retenaient au sol, tandis que son corps luttait contre la terreur qui l'assaillait. Shunsen poserait des questions plus tard. Un tronc jaillit du sol à sa droite, et percutant de plein fouet le torse d'un homme, l'embrochant sur place. Le tronc se retira, laissant tomber le type au sol, un trou sanglant et béant au milieu de la poitrine. Shunsen se mit alors une nouvelle fois en position défensive.

-Cette fois, reste bien derrière moi. Si l'dragon a vu ça, j'suis bon pour une année à être corvéable à merci ! Si non pire !

D'un revers de manche, il essuya le sang qui coulait de son nez, cracha par terre, et écrasa ses poings dans la première tête qui passa devant lui.



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Inu
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Mer 20 Aoû - 19:10

Il était dans une pièce sombre, mais familière. Sa chambre. Il se trouvait sur le lit, sous la couverture. Il entendait des pas mal assurés, une disputes, les hurlements d’une femme. La porte s’ouvrit sur un homme, une ceinture à la main. Les coups pleuvaient à travers le tissu, le meurtissant, le faisant hurler. Des gamins tendaient des pièces vers lui. Blessés et maigres, ils le suppliaient de les laisser tranquille. Il frappa, et frappa encore sur une fillette qui n’avait pas assez d’argent. Ses cris aigues vrillaient ses tympans, il mit les mains sur ses oreilles alors qu’elle se couvrait de sang, son crâne défoncé par les coups. Puis se fut une femme à la place de la fillette, une femme âgée, une femme qui pleurait sous les coups, qui ne criait pas. Les cris de la fillette était toujours là, s’ajoutant aux pleurs, aux bruits de la ceinture, le sang l’éclaboussa et il hurla en le voyant le recouvrir. Les visages flous de ceux qu’il avaient évincé dans sa vie murmurèrent en chœur « c’est toi, tu nous a tué, tous tué ». Il voulu s’arracher les yeux. Les arracher pour ne plus voir, arrêter ces visions. Mais ses mains étaient entravées, il ne pouvait pas bouger, il devait voir, le sang, les visages, les bleus, les entailles, la morts, les coups, les cris, les sanglots, la peur, la douleur, la mort.

Inu se tenait la tête, les bras engourdis par l’électricité et la sensation de partage qu’il avait avec l’homme qu’il venait de mettre hors d’état de nuire grace à ses yeux. On l’avait relevé et il se tenait debout d’une manière un peu précaire, comme étourdit. Pour lui il avait les bras entravés. Les visions étaient aussi dans son esprit, et comme à chaque fois il devait faire attention à ne pas s’y perdre à son tour, a ne pas se faire entrainer par le flot d’émotions qui l’envahissait. Il suffisait qu’il se laisse entrainer, pour qu’il sombre lui-même dans la folie auto-destructrice de la vérité qu’il montrait. Les yeux fermement clos, il avait envie de les gratter, de gratter ce qu’il voyait, mais se retenait. Il n’y voyait pas, ce n’était que dans son esprit, enfin celui de l’homme à terre. Il avait entendu le bois sortir de terre, sentit l’odeur de nature, et entendu jurer. Mais il n’arrivait pas à analyser les informations pour le moment. Ce qu’il s’avait, et qu’il avait comprit c’était que Shunsen était revenu vers lui, et que Lysanthir était là aussi. Ce qu’ils faisaient, ou disaient lui échappait, comme les bruits de combat. Il n’entendait qu’un bruit sourd, entrecoupé des cris dans sa tête. Il secoua la tête, ayant l’impression que son cerveau se cognait contre les parois de son crâne. Il devait sortir de là, et vite. Il se concentra sur le lien qu’il partageait avec Jahangir, sans pour autant reprendre contact avec lui, et reprit conscience de ce qui l’entourait.

Judong ne s’était pas attendu à ce que quelqu’un fasse foirer son plan. Electrocuter Jahangir aurait été un jeu d’enfant, même s’il se déplaçait vite, vu toute l’eau l’entourant. Après ça, s’il n’était pas mort sur le coup, l’achever aurait été un jeu d’enfant. Il avait eu un peu de mal à convaincre Darshan de se rallier à sa cause, et avait du lui promettre des établissement, et un certain capital pour qu’il accepte de jouer double jeu. Maintenant il était à hurler comme un perdu, et cherchait à s’arracher une partie du visage.
Qui que ce soit, celui qui avait fait ça était mort s’il mettait la main dessus après tout ça. Pour l’instant, il essuyait des vagues sucessives, il se défendait grâce à son élémentaire qui dressa un bouclier de terre devant lui, mais l’eau l’impregna vite, et la boue fut inutilisable, alors son élémentaire dressa d’autres boucliers de terre mais pas assez efficacement pour ne pas se retrouver de nouveau percuté par des vagues. Il leva les bras pour se protéger, terre ou non. Il se sentait come emporté par un torrent, l’eau glacée lui frappant la poitrine de plein fouet, et le harcelant au point qu’il n’arrivait presque pas à reprendre son souffle.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Mar 26 Aoû - 23:07

Le Tigre cligna des yeux, secoua la tête, comme pour s'ébrouer. Son nez continuait de saigner, rien qui soit grave. Peut-être que le type qui lui avait collé son poing dans la figure lui avait peut-être effectivement péter le nez. Ce ne serait pas la première fois, ni même la dernière. Le nez, avec les côtes, c'est ce qui se cassaient plus facilement, quand on passait son temps à se faire taper dessus, ou à taper sur des gens. Il jeta un coup derrière lui, Darshan hurlait toujours, tentant de s'arracher le visage, en proie à une terreur sans nom. Quant à Inu, l'aveugle avait un comportement bizarre. Il ne semblait même pas se rendre compte de ce qui se passait autour de lui. De nouveaux craquements et grincements signalèrent à Shunsen que Lysanthir s'en donnait à coeur joie. Siadnur, la petite élémentaire du bras droit de leur chef n'était pas belliqueuse, mais l'usage qu'en faisait Lys était mortel. Trois hommes se finirent empalés sur des racines brusquement sorties de terre. Shunsen beugla des ordres, ralliant des hommes autour de lui. Il avait déjà failli à sa parole, cette fois, il ne perdrait pas de vue Inu, mais il lui était impossible de le défendre tout seul, pas au milieu de l'ennemi, même celui-ci commençait à être sérieusement mis à mal. Ils avaient été plus nombreux qu'eux, mais Fei Long n'était pas parti avec des hommes lambda, seulement les meilleurs. Des combattants qui roulaient leur bosse dans les bas fonds depuis des années. Et Fei Long n'était pas un imbécile, il avait su que Judong ne serait pas réglo. Cinq hommes vinrent l'épauler, formant un cercle autour de l'esclave, protégeant les arrières et les flancs du Tigre, ne restait qu'à faire en sorte que l'esclave aveugle reste à l'intérieur de ce cercle. Shunsen n'appréhendait plus qu'une chose : le savon qu'allait lui passer Fei Long.


Un nouveau bouclier de terre obstrua son champ de vision après la dernière vague qu'il avait envoyé. Au fur et à mesure qu'il avait fait s'écraser Oshia contre les boucliers de l'élémentaire, ceux-ci s'étaient désagrégés, et avaient été édifiés à la hâte, devenant de moins en moins performants. Le dernier, Oshia le lui indiqua, avait été plus fin et plus haut, celui-ci là devait être semblable. Dans un effort de volonté, Jahangir envoya à nouveau Oshia contre le bouclier, mais non plus sous la forme de vagues successives, mais de lames. L'eau se tordit, adoptant une forme plus solide. La première lame percuta le bouclier par le milieu, le brisant en deux. La seconde et la troisième lame s'engouffrèrent entre les deux pans de bouclier. A travers Oshia, Jahangir put voir la frayeur passer sur le visage de Judong, son élémentaire tenta de le protéger, se dressant entre son maître et les lames. La seconde lame brisa le faible bouclier et trancha dans les vêtements, la troisième trancha les chairs. Judong regarda son ventre d'où s'échappa une gerbe de sang. Ses mains plaquées sur la plaie, il jeta un regard incrédule à Jahangir, sa bouche s'ouvrant et se fermant comme un poisson hors de l'eau. Il tomba à genoux, et ses entrailles se déversèrent sur le sol. Jahangir rappela Oshia autour de lui, s'avançant vers Judong dont les yeux étaient si écarquillés qu'il en voyait parfaitement le blanc autour de l'iris. Il tomba en avant, détournant la tête pour ne pas avoir le visage dans la boue, fixant Jahangir, alors que ses mains cherchaient désespérément à rattraper ses entrailles qui s'étalaient sur ses genoux, glissant maintenant dans la boue. Jahangir s'arrêta à une distance raisonnable, n'ayant pas vraiment envie de tremper ses bottes dans du sang et des déjections, à en juger par l'odeur, sa lame avait tranché jusque dans les intestins. Un des hommes de Judong arriva en hurlant. Le noble roula des yeux. La boue s'enroula autour des jambes de celui qui venait au secours de son chef, le faisant tomber, puis s'enfoncer dans le sol avec des hurlements qui s'achevèrent sur des gargouillis. Judong continuait d'agoniser, Jahangir baissa les yeux sur lui, souriant doucement.

-Tu t'attendais à ce que tout se déroule comme tu l'avais prévu n'est ce pas ? Et tu pensais que je viendrais seulement négocier avec toi ? Que je ne me battrais pas, parce que nous autres, nous sommes devenus vieux, peut être un peu trop cléments avec nos ennemis ces temps-ci. Et tu es allé jusqu'à soudoyer un de mes hommes.

Jahangir balaya ce qui était devenu un champ de bataille du regard. Certains s'enfuyaient, poursuivis par ses hommes qui étaient remontés à cheval. Lysanthir se tenait au milieu de corps se débattant contre des racines qui les entravaient. Une petite forme était perchée sur l'épaule de son bras droit, à moitié dissimulée dans ses longs cheveux argenté. Shunsen se tenait le nez, et derrière lui, Darshan continuait de hurler, et de pousser des gémissements. Inu se tenait debout, juste à coté. Jahangir fronça les sourcils, quelque chose n'allait pas chez l'esclave. Un gargouillis étranglé lui fit à nouveau baisser les yeux.

-Oh, essaierais-tu de dire quelque chose ? Navré, mais j'ai du mal à te comprendre. Tu sais... J'aurai pu t'achever dès le début. Il aurait été facile de te noyer, il n'avait rien de plus simple. Mais nous avions besoin d'un exemple et d'yeux pour rapporter ce qu'ils ont vu ce soir. Si ça peut te rassurer, on se souviendra de toi, peut être pas de la façon dont tu l'aurais voulu, mais c'est toujours mieux que rien. Enfin, je me demande ce que ça peut te faire, tu as déjà rejoins Dämons.

Judong ne bougeait plus, ayant rendu son dernier souffle dans d'atroce gargouillements. Jahangir donna un petit coup dans la tête de celui qui avait prétendu devenir le nouveau maître des bas fonds d'Hitokage. Celle-ci roula un peu. Un rictus de douleur déformait le visage du Mornien, ses doigts étaient d'ailleurs toujours crispés sur ses tripes répandues part terre. Jahangir soupira et se détourna. Oshia se matérialisa derrière lui, reflet parfait d'un lui plus jeune, arborant son sourire le plus arrogant. Jahangir parcourut la distance qui le séparait de Shunsen de sa démarche impérieuse, en passant devant le tigre, il lui jeta un regard équivoque :

-Ne crois pas que je n'ai rien vu.

Shunsen sembla se recroqueviller sur lui-même, prenant un air contrit. Un des hommes, Odrun, lui posa une main compatissante sur l'épaule. Le Tigre secoua la tête, tenant son nez cassé entre deux doigts. Inu était pâle, trop pâle pour que ce soit simplement la lumière de la lune, ou l'effet de la lumière qui illuminait légèrement sa peau de lios. Darshan était maintenu au sol par d'épaisses lianes, ses mains semblaient vouloir atteindre son visage pour l'arracher. Ses hurlements étaient étouffés par un bâillon de bois, sans doute Lysanthir en avait-il eu assez de l'entendre hurler. Ses yeux affolés roulaient dans leurs orbites, son souffle haletant faisant palpiter ses narines. Jahangir détourna le regard avec une moue dégoutée, tandis qu'Oshia se penchait avec curiosité sur le corps de Darshan avec fluidité. Jahangir tendit la main vers le visage d'Inu, y apposant ses doigts, très doucement, les faisant glisser sur une joue pâle et douce, jusqu'à ce qu'il touche les mèches neigeuses de sa chevelure. Inu était maculé de terre, et Jahangir ôta des brins d'herbe de ses cheveux.

-Inu ?


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Inu
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Mer 27 Aoû - 11:54

Les cris et les coups n’avaient plus d’écho bruyant en fond, ils étaient seuls dans un quasi silence que quelques sanglots rompaient, si faibles en comparaison. Il essayait de se raccrocher à un lien, n’importe lequel, pourvu qu’il puisse s’ancrer à la réalité qu’il avait du mal à retrouver. L’homme qu’il avait fauché avait saigné, et pour une raison inexpliquée, le sang amplifiait la vision, la rendant presque sans fin et sans issue pour lui.
C’était comme être prit dans un tourbillon, il était tiré, frappé, happé, balloté par cette spirale hurlante, et il avait le plus grand mal à ne pas se laisser emporter par son courant. Il avait essayé d’appeler Mickhail, qui arrivait toujours à le ramener à la réalité, mais le vide lui répondit, lui rappelant qu’ils n’étaient plus deux et qu’il était seul face à ce problème. Il n’avait pas réfléchit et avait foncé, sans se rappeler qu’en fait, il était seul, et faible car dépendant des autres. Il ne pouvait pas faire face, il n’arriverait pas à faire face, que ce soit à son pouvoir ou à n’importe quoi. Il commença à lâcher prise, et les cris se changèrent doucement, devenant ceux de Rosy lui hurlant qu’il était un monstre, la voix éraillée. Il ressentit une douleur à la gorge, à la fois intérieure et extérieure, il ne pouvait plus parler, plus chanter, plus être lui, on l’avait aussi étranglé, ce qui lui avait fait perdre ses yeux. Il était devenu un poids, un être incapable de se déplacer sans qu’on lui explique où aller, sans pouvoir s’enfuir si il avait besoin. Mickhail lui hurla de s’enfuir, puis lança le lézard au galop pour qu’il l’emmenne loin.
Mickhail était mort, et c’était sa faute. Rosy avait souffert, et c’était sa faute. Rosy ne se souvenait plus, et c’était sa faute. Isil avait pleuré, et c’était sa faute. Isil avait disparu, et c’était sa faute. Il n’avait pas payé sa dette au Dresseur, et c’était sa faute…

Un contact presque imperceptible, un effleurement des doigts sur sa joue, l’interpela. Lui qui était resté sans bouger, hormis un léger tangage dut à la sensation d’aspiration de sa vision, sursauta un peu, et des larmes s’échapèrent de ses yeux, coulant le long de ses joues comme si elles avaient simplement été bloquées tout ce temps. Il inspira comme s’il n’avait pas respiré tout le temps où il avait été dans son esprit. Combien de temps était passé justement, que s’était-il passé dans la réalité. Il tanga moins, et déglutit, avant de lever une main peut sûre. Elle remonta le long de son torse et toucha un autre bras que le sien. Il laissa glisser ses doigts jusqu’à la main qu’il saisit sans force et porta à son nez, sans pour autant la coller dessus. Il inspira un peu. Jahangir.
Dans son esprit ce fut radical, toute la spirale de souvenirs, de sensations et de culpabilité s’arrêta nette. Il se trouvait au milieu de ce qui avait été un champ de bataille dans lequel il n’y avait plus de combat. Il y avait encore des gémissement, des hurlements etouffés, et surtout une odeur d’eau, de boue, de flore et de sang. Celui qui s’appelait shunshen avait une odeur métallique fraîche et prononcée, il saignait, ainsi que d’autres hommes, les hurlements étouffés accompagnés de grincement de bois venaient de celui qu’il avait fauché, Lysanthir ne sentait aucunement le sang, juste une odeur forte de bois brute, et de feuille, son élémentaire devait être visible pour ceux qui voyaient. Oshia était là aussi, et surtout, Jahangir qui se tenait devant lui. Si Jahangir était là c’est que s’était finit, et qu’en toute logique il avait remporté son combat. Jundong devait être soit être en fuite, ou mort. C’était une bonne chose, même si son nouveau maître devait être blessé, il n’était pas mort électrocuté par l’éclair qu’il avait détourné. Inu se rendit compte qu’il n’avait plus son bandeau, il porta instinctivement sa main à ses yeux pour le vérifier et ne l’y trouva pas. Il l’avait arraché, et ne savait pas où il pouvait le trouver, et il fallait qu’il le remette, pour être sur que personne ne regarde ses yeux. Mais avant, il devait répondre à Jahangir, savoir ce qui s’était passé, si vraiment c’était finit. C’était un peu difficile pour lui de reprendre contact avec son nouveau maître, son esprit un peu fragilisé par ce qu’il venait de voir, mais il n’avait pas d’autre moyen de communication.

[Qu’est-ce qui s’est passé, et combien de temps. Vous avez gagné maître ?]


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Mer 27 Aoû - 13:56

Un craquement sinistre retentit en même temps qu'un cri bref. Jahangir tourna la tête et constata que Lysanthir avait commencé à interroger les prisonniers. Siadnur faisait bouger les liens qui les entravaient, les soulevant du sol, les mettant à hauteur pour que son élémentaliste puisse avoir une conversation face à face avec eux. Certains se débattaient, mais l'un d'eux, avait le corps plié selon un angle impossible et improbable. Jahangir fronça les sourcils, Lysanthir était un peu trop zélé parfois. Il s'apprêtait à lui dire de pas perdre son temps avec eux, quand Inu se saisit de sa main. Le geste n'avait rien de brusque, Inu semblait même avoir du mal à bouger, ses mouvements étaient précautionneux. Il porta sa main à son nez, semblant la... renifler. Silencieux, Jahangir observa l'esclave avec curiosité. Inu sembla revenir peu à peu à lui. Sans le quitter des yeux Jahangir donna des ordres :

-Ryu, va dire à Lysanthir de ne pas perdre son temps. L'exemple de Darshan devrait suffire pour dissuader ceux qui auraient des idées de défection. Nolt, le cadavre cette vermine de Judong, rapporte le et laisse le bien en évidence sur les marches de la maison de ce cher Ursha, j'aimerai autant éviter qu'il lui vienne à nouveau à l'esprit qu'il puisse ce servir d'un autre pantin pour semer la discorde et agrandir son territoire.

-Ursha ?

-Oui Nolt.

-Sois pas débile Nolt, cracha Shunsen, Judong il est sorti de nulle part, ça arrive jamais ça.

Jahangir fit glisser sa main qu'Inu tenait toujours, dans un geste fluide qui aurait été plus à même d'être exécuté par Oshia, se dégageant de l'étreinte de l'esclave, attrapant la main qui tenait la sienne quelque secondes avant. Inu tremblait légèrement, et ses doigts étaient froids, trop froids pour ce soit simplement dû à la fraîcheur de la nuit. L'esclave avait perdu son bandeau, et il tenait ses yeux clos, comme la fois où il l'avait acheté sur ce marché à Eiren. Oshia interrompit son observation de Darshan qui gémissait et couinait comme une bête affolée. L'élémentaire se redressa et glissa jusqu'à Jahangir, dans un bruissement d'eau léger, à peine plus fort que le bruit que ferait un ruisseau. Oshia se mit à tourner autour d'Inu. Shunsen s'éclaircit la gorge derrière eux, alors qu'Inu posait une question pertinente, tirant Jahangir de son immobilité soudaine.

-C'est une bonne question... Que s'est-il passé en effet ? Shunsen ?

Le Tigre se raidit, ayant clairement sentit la menace qui planait dans la voix de Jahangir. Il jeta un coup d'oeil pour obtenir de l'aide, mais les hommes autour d'eux, eurent soudain mieux à faire, comme regarder leurs pieds ou compter les brins d'herbe. Le guerrier se racla la gorge, mal à l'aise. Si la réponse ne satisfaisait pas Fei Long, il y aurait fort à parier qu'il en pâtirait.

-Il s'est passé qu'il a foncé sur Darshan, et il y a eu cet éclair, et en suite Darshan était là à hurler. Il est pas blessé hein, si c'est que tu cherches, j'suis resté près de lui en suite ! Je sais que je n'aurais pas dû le quitter, mais il est parti comme ça, sans rien dire.

Jahangir s'était retourné pour observer d'un oeil sévère celui qu'on surnommait le Tigre. Oshia lui confirma qu'à part quelques éraflures, et de la terre, Inu n'avait rien de grave physiquement. Sur un ordre de son humain, l'élémentaire se mit à raser le sol, à la recherche du bandeau d'Inu.

-Espèce de garman sans cervelle ! il est muet, il ne risquait pas de pouvoir te parler ! Je t'avais ordonné de veiller sur lui !

Shunsen ouvrit et referma la bouche, son regard passant de Jahangir à Inu. Il n'avait pas percuté que l'esclave n'avait en effet rien dit depuis le début, mais il avait pensé que parce qu'il était esclave, il avait pris l'habitude de se taire. Le Tigre mit les genoux au sol, plaquant en suite jusqu'à son front sur le sol, les mains posées à plat de chaque coté de sa tête. Jahangir fulminait. Oshia lui fit la remarque que sa colère n'avait pas lieu d'être. Inu n'avait rien. Jahangir inspira longuement par le nez, fermant les yeux un bref instant. Il se rendit compte qu'il avait serré plus que de raison la main qu'il tenait. Il lâcha la main d'Inu, tendant la sienne à présent vide où Oshia déposa le bandeau de l'esclave. Jahangir se détourna de son subordonné qui attendait d'être puni. Il passa derrière Inu, plaçant le bandeau sur ses yeux, le nouant rapidement.

-Mais tu es chanceux. Je passerai outre puisqu'il n'a rien...



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Inu
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Jeu 28 Aoû - 9:53

Le retour à la réalité ne fut pas aussi facile qu’il avait été brutal. Inu ne comprit pas immédiatement le ton employé par Jahangir, avant de se souvenir que l’esclave était sensé être protéger par le dénommé Shunsen, et qu’il s’était enfuit de son giron lorsqu’il avait comprit les intentions de l’homme gémissant encore. En le faisant, il n’avait plus été protégé, et maintenant Shunsen se voyait invectivé pour ce « manque de vigilance », alors qu’en fait c’était de la faute d’Inu, s’il n’avait plus été auprès de son protecteur, mais n’en dit rien à Jahangir. Pas qu’il avait peur d’assumer, d’être puni ou de subir une remontrance, si son maître vouloir le punir ou le disputer c’était son bon vouloir, mais de suite il avait encore un peu de mal à retrouver toutes ses sensations. Il ne restait pas prisonnier de ses visions si longtemps d’habitude, et comprenait qu’il était difficile de s’en sortir même après qu’il ai rompu le contact visuel. D’ailleurs, seule Isil avait vraiment réussit à en sortir relativement rapidement. Il se sentait toujours coupable de ce qu’il avait entendu et vu sur son propre passé, il s’excuserait auprès de Jahangir pour son attitude, entendant à sa voix qu’il était furieux qu’il n’ai pas toujours été protégé, même si ce n’était pas dirigé contre lui. Oshia tournait autour de lui, apportant un bruit d’eau plutôt doux en comparaison de la tension qu’il y avait dans l’air. Sa main était serrée dans celle du noble, lui faisant prendre conscience du fait qu’il avait froid. Jahangir s’énerva un peu plus lorsque Shunsen parla du fait qu’il n’avait rien dit avant de partir, lui expliquant qu’il était muet. La pression sur sa main fut un peu plus forte pendant cette phrase, puis il le lâcha.

Inu eu le reflexe d’avancer la main, pour ratrapper celle du noble, mais il s’arrêta vite, et la remit contre lui. Si Jahangir le laissait lui prendre le bras ou la main, celui qu’il incarnait, Fei Long, ne devait pas avoir la même image que le noble. Inu n’avait jamais entendu pour le moment Jahangir hausser le ton de cette manière, sa simple présence suffisant surement à l’imposer. Pas que Fei Long ne devait pas être imposant, mais si il était un chef mafieux, il devait se faire entendre.
Oshia revient, et quelques seconde plus tard l’esclave pu sentir le contact de son bandeau sur ses yeux, ce qui acheva de le soulager. Il porta de nouveau la main à ses yeux, touchant le bandeau pour être sur qu’il soit bien mit, même s’il n’ouvrait pas les yeux en dessous. Une fois sur qu’on ne voyait plus rien de ses yeux, il eu l’impression de retrouver un peu de chaleur à ses extrêmités. D’autant plus quand Fei Long annonça ne pas donner suite à la faute de Shunsen, parce que l’esclave n’était pas blessé. Inu revint dans l’esprit du noble, timidement.

[Pardon, je suis désolé de ne pas être resté auprès de Shunsen. Le temps que je prévienne quelqu’un de ce qui se passait, j’avais peur que ce soit trop tard et que l’éclair ne vous touche, alors je n’ai pas vraiment refléchit. J’accepterais toute punition que vous souhaiteriez me donner.]

L’homme aux cheveux blancs baissa un peu la tête, soumit, et dans l’attente de ce que dirait son nouveau maître. Les mains posées l’une sur l’autre devant lui, il avait retrouvé tout sa stabilité. Il ne lui manquait plus qu’un peu de chaleur, et de retrouver un esprit normal, et non plus ébranlé par ce qui s’était produit.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Dim 31 Aoû - 17:39

Shunsen avait rentré la tête dans ses épaules, courbant l'échine autant que possible. Il aurait dû se rendre compte que l'esclave était muet, car maintenant qu'il y repensait, il n'avait pas dit un mot depuis leur départ d'Hitokage. Il aurait aussi dû faire plus attention, parce qu'il n'avait absolument pas la carrure ni l'attitude d'un combattant. Jamais quelqu'un entrainé à se battre ne se serait jeté de son plein grès sur un élémentaliste sur le point de lancer un sort de foudre. Alors que ses pensées lui traversait l'esprit, il prenait soin de ne pas relever la tête, voyant seulement les pieds de Fei Long bouger, et entendant Oshia s'agiter. Il ferma les yeux. Fei Long n'était pas un tendre, et Shunsen en avait fait les frais lors de leur première rencontre. Son nez et ses dents s'en souvenaient. Encore maintenant, Fei Long faisait régner une discipline presque militaire chez ses hommes, supportant mal le moindre défi à son autorité. Cette fois, Shunsen n'était pas vraiment le fautif, du moins pas entièrement. Si l'esclave l'avait attrapé pour lui montrer, ou pour l'entrainer, il l'aurait suivi. Le verdict tomba finalement, et Shunsen s'aperçut qu'il avait retenu son souffle durant tout ce temps. Il releva timidement la tête.

Il fulminait, et Oshia avait raison, sa colère n'avait pas de raison d'être. Inu était encore en un seul morceau. Ce dernier toucha le bandeau revenu sur ses yeux, comme s'il était vital pour lui que ses yeux soient couverts. Un comportement qu'il avait déjà vu chez le jeune homme. Il n'allait d'ailleurs jamais sans avoir les yeux couverts, même durant la nuit, il le gardait. La voix d'Inu lui parvint alors, hésitante, presque un chuchotement dans son esprit. Il se figea, regardant avec surprise Inu qui ne pouvait pas le voir. L'éclair qui avait illuminé et déchiré le ciel nocturne avait été pour lui. Avec Oshia qui l'entourait constamment, il était en effet devenu la cible d'élémentaliste de la foudre. Jahangir avait appris à rappeler Oshia rapidement, lui demandant de le sécher aussi rapidement que possible lorsqu'il entendait les crépitements de l'électricité, ou qu'il la sentait dans l'air. Mais cette nuit, avec ses hommes et ceux de Judong qui s'étaient battus autour de lui, et lui-même accaparé par son propre combat n'avait rien senti de ce qui se tramait. Ce que Darshan avait prévu pour lui, aurait pu lui être fatal. Oshia s'était figé lui aussi, avant qu'il ne se remette à tourner lentement autour d'Inu, à la recherche d'autres blessures. L'élémentaire glissa sur la peau de l'esclave, s'infiltrant sous ses vêtements sans les tremper, formant une fine couche d'eau sur sa peau. Jahangir put percevoir l'agitation du corps d'Inu. Il avait eu de la chance, le sort de Darshan aurait pu le tuer sur le coup. Oshia lui confirma qu'il n'avait reçu qu'une infime partie de la décharge, parce qu'il était arrivé sur l'homme par le côté.

Shunsen avait relevé la tête et s'était redressé, sans pour autant s'être levé. Agenouillé, il regarda son chef à présent parfaitement immobile, tandis qu'Oshia glissait sur la peau de l'esclave. La scène était un peu surréaliste avec les gémissements et les petits cris étouffés de Darshan. Les autres évitaient soigneusement de regarder Fei Long. Lorsque celui-ci était aussi immobile, aussi impassible, c'était que quelque chose n'allait pas. Le Tigre jugea qu'il était préférable pour lui de se taire, et de rester lui aussi immobile. Attirer l'attention de son chef serait une mauvaise idée. Shunsen n'était pas suffisamment intelligent pour diriger un district aussi grand que celui de Fei Long, n'ayant aucune qualité diplomatique et les responsabilités l'ennuyaient. Il préférait de loin obéir et jouir du bon vins et des filles, de se battre de temps en temps, et de se remplir la panse et les poches. Pourtant, en cet instant, il choisit de la boucler et d'attendre. Chose rare.

Oshia sentit le froid qui enveloppait Inu, l'eau qui glissait alors comme une seconde peau sur le corps de l'esclave se réchauffa doucement, jusqu'à atteindre une température agréable. Jahangir était resté silencieux, autant en esprit que de vive voix. Le Mornien regardait à présent Darshan. Il était rapidement arrivé à la conclusion qu'il avait tenté de le doubler en plus de tenter de le tuer. Judong avait dû lui promettre monts et merveilles pour qu'il choisisse de servir un nouveau maître. Il se demanda combien d'autres de ses hommes avaient cédé à la tentation, et c'était ravisé en voyant ce qui était arrivé à Darshan. Il souffla par le nez, évacuant les derniers restes de sa colère, refoulant une nouvelle vague de fureur qui montait en lieu, provoquée par soudaine réalisation que Inu venait sans le moindre doute, de lui sauver la vie. Son regard changea alors qu'il le posait sur l'esclave. Oshia l'informa de ne pas en faire trop. Jahangir soupira alors, et sa tension s'envola.

-Tu peux te relever Shunsen, tu t'es bien rattrapé, lança-t-il sans un regard pour l'homme agenouillé.

Jahangir s'était à nouveau déplacé, de cette démarche fluide et énergique qui le caractérisait. Il s'accroupit auprès de Darshan, examinant l'homme de plus près. Son visage était tordu par la peur, ses yeux exorbités roulaient et s'agitaient, sa peau livide luisait de sueur, ses narines palpitaient au rythme de sa respiration saccadée.

"C'est toi qui lui a fait ça n'est ce pas ? demanda-t-il doucement, je comprend mieux à présent ton besoin maladif de porter ce bandeau."

-J'imagine qu'il ferait aussi bien d'être mort, ajouta-t-il à voix haute avant de se relever.

A quelques mètres, Lysanthir avait arrêté de torturer inutilement les hommes de Judong. Ces derniers devaient être de pauvres hères qui avaient reçu des promesses de richesse et de vie facile pour accepter de le suivre. Ils étaient à présents assis, toujours entravés, et Lysanthir se tenait au milieu d'eux. Siadnur était toujours perchée sur son épaule. Jahangir pouvait voir les yeux d'un vert luisant de l'élémentaire dans la nuit ambiante. Derrière lui, ses hommes s'occupaient de rassembler les chevaux, en attendant que ceux partis à la poursuite des fuyards ne reviennent.


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Inu
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Jeu 18 Sep - 13:18

L’esclave restait la tête légèrement baissée, le dos vouté. Il savait qu’il avait commi une faute en s’en allant comme ça, sans prévenir, mettant sa vie en danger alors que Jahangir avait demandé à quelqu’un de le protéger. Pourtant, les seules choses qu’il sentit de l’attitude de son maître, en plus de la colère qu’il avait envers Shunsen et ce qui s’était passé ce soir, c’était une sorte d’incompréhension. Oshia glissait doucement sur sa peau, comme pour chercher quelque chose. Peut-être des blessures, toujours était-il qu’il le réchauffa en glissant sur lui de cette manière, faisant cesser les tremblements dûs au froid et réconfortant un peu l’esprit d’Inu qui se détendit. Il se sentait toujours engourdi à cause de l’électricité, mais ça finirait par passer seul. Inu fut rassuré pour Shunsen quand Jahangir, enfin Fei Long, l’autorisa à se relever sans le punir.
En fond sonore, il n’y avait plus que le vent, les chants d’insectes nocturne, les bruits des chevaux et du bois, et les gémissements étouffés de celui qu’il avait neutralisé. Ils étaient bien moins virulents qu’au début, on sentait la fatigue du corps et de l’esprit envahir l’homme qui, même s’il s’évanouissait, aurait toujours des visions d’horreur. Inu avait eu la chance que l’homme était blessé lorqu'il lui avait foncé dessus, le sang affolait son pouvoir, et le rendait presque sans fin. Jahangir lui parla, très doucement, calmé par rapport à ce qui s’était passé, et ne lui en voulant apparament pas pour sa fuite. Il lui posa une question, sans forcément avoir besoin de réponse, mais Inu la lui donna quand même.

[Oui, c’est moi. Ca arrive quand les gens croise mon regard, ils sont emmenés dans une spirale de vision de ce qu’ils ont fait, ou vécu de pire.]

Un bruit de bois craquant, et le craquement de la nuque de l’homme mirent fin aux gémissements, et aux visions de ce dernier. Savoir qu’il venait de mourir ne fit rien à Inu, il avait l’habitude des morts, des pleurs et des hurlements des gens qu’il traquait. Ce n’étaient jamais les visions des autres qui l’affectaient, c’était toujours que son pouvoir s’adaptait à son esprit, et lui faisait voir ses propres peurs. Il eu l’impression d’entendre Rosy lui hurler qu’il était un monstre en repensant à ça, et repoussa cette pensé loin de lui.

[Je n’aime pas l’utiliser, c’est… Douloureux. Mais je devais le faire, je n’aurais pas pu le garder clouer au sol.]

Il tourna la tête vers un groupe d’hommes à cheval qui revenait, bien avant que le bruit de leurs sabots ne se fasse entendre. C’était le reste des hommes de Fei Long, revenant avec d’autres qui étaient des hommes de Judong, qu'ils avaient poursuivi.


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Règlement de compte   Lun 22 Sep - 22:28

Oshia continuait de réchauffer Inu, comme Jahangir, il ne fut pas surpris de l'entendre répondre par l'affirmative. L'esclave était doté d'un pouvoir terrifiant. Oshia comme son Mornien songèrent au même moment qu'ils étaient chanceux qu'Inu n'ait pas utilisé sa télépathie sur eux. Il aurait pu s'il l'avait voulu, échapper à l'esclavage et vivre libre était à sa portée. Jahangir songea aussitôt à la marque incrusté dans la chair de sa cuisse. Inu avait été particulièrement bien conditionné, il était docile, et semblait perdu dès qu'il ne recevait pas d'ordre. Il n'avait jamais vécu libre. Ce conditionnement avait aussi compris un entrainement, le jeune homme savait monté, ce que peut d'esclaves apprenaient à faire quand ils n'avaient pas le profil de guerrier. Celui qui l'avait façonné avait pris soin de ne rien lui apprendre sur son don. Inu ne contrôlait rien, et ne pouvait pas protéger son esprit. Une vulnérabilité sans doute faite pour qu'un télépathe sachant se maîtriser puisse se libérer sans trop de mal. Oshia suggéra à Jahangir de ne jamais souffler mot de ceci à Inu, inutile que Jahangir subisse le même sort que Darshan. Le Mornien balaya l'inquiétude de son élémentaire, le Lios avait fait preuve de loyauté en empêchant Darshan de l'attaquer avec son sort de foudre.

"Je comprend pourquoi ton premier maître n'a jamais pris la peine de former ton esprit... Et rappelle moi de ne jamais te contrarier." fit-il avec une pointe d'humour.

Il eut même un léger rire, qui s'évanouit rapidement.

"Et je n'oublie pas que tu viens certainement de sauver ma vie.

Jahangir Qiang Sung était connu pour bien traiter ses esclaves, mais il n'aura jamais imaginé devoir sa vie à l'un d'eux. Si le sort de Darshan l'avait touché, il serait mort, et Oshia avec lui. Oh il était probable que Lysanthir, Sunshen ou même Wan qui revenait avec ses hommes en galopant, l'aurait vengé. Mais le noble devait avouer qu'il n'avait pas franchement envie de rejoindre Dämons aussi tôt. Il se félicita une fois de plus d'avoir été bien inspiré en achetant Inu. Son prix d'achat avait d'ailleurs été bien en dessous de ce qu'il valait vraiment. Le marchand n'avait sans doute pas su pour ses yeux, et ce pouvoir terrifiant qu'il possédait, tout comme il n'avait pas su pour ses talents de pisteur. Il rit encore, alors qu'il se retournait pour faire face à Lysanthir. Jahangir leva le bras et exécuta une petite série de signe avec sa main droite. Les yeux luisants de Siadnur clignèrent. Son bras droit ne prit même pas la peine de se retourner ou de répondre. Jahangir vit les lianes s'enrouler autour de la gorge de Darshan, dont les yeux fous continuaient de rouler dans leurs orbites, alors qu'il continuait de gémir. Les gémissements rappelaient à Jahangir ceux d'un chien battu, et cela prenait tout son sens quand il repensait à la vie qu'avait eu Darshan, battu dès son plus jeune âge, il avait frappé les plus faibles à son tour. Jahangir secoua légèrement la tête. Quel gâchis. Dans une série de craquements sinistres la nuque de Darshan se brisa, et son corps tout entier se détendit. Le bruit de sabot lui indiqua que les hommes supplémentaires qu'il avait envoyé plus tôt dans la soirée se poster au Sud du point de rendez-vous, arrivaient avec les fuyards. Le groupe de cavaliers s'arrêta à leur hauteur. Le cavalier de tête tira sur les rennes de sa monture, qui nerveuse, fit tour sur elle-même tout en piaffant. Wan était originaire de la région d'Hitokage, comme en témoignait sa peau couleur caramel clair, ses yeux bridés, et la longue crinière noire qui lui tenait lieu de cheveux. Une barbe soigneusement taillée démentait le côté sauvage et indompté de sa chevelure. Son regard se posa sur le corps de Darshan, il détourna les yeux, le regard méprisant, avant de cracher par terre avec désinvolture.

-Nous avons épargnés ceux qui se sont rendus, les autres...

Il haussa les épaules, un geste accentué par la pelisse en fourrure qu'il portait par dessus le surcot bleu sombre qui dissimulait la maille qu'il portait en dessous. Wan était issu d'un des clans nomades qui parcouraient les steppes de l'Empire au Nord d'Hitokage, et ceux là avaient une culture un peu particulière. Il était un des rares à toujours porter de la maille sur lui, et à être armé. C'était un bon, et Jahangir se félicitait de l'avoir avec lui, plutôt que de le savoir chez un autre chef de gang. Il le payait grassement, et l'homme fournissait les trois quarts des chevaux dont le gang disposait, et Jahangir, en tant que chef de la famille Qiang Sung, travaillait avec lui. Wan était discret, et il n'irait jamais crier sur tous les toits ce que chacun à Hitokage murmurait. Tous savaient que Jahangir et Fei Long étaient une seule et même personne, mais jamais on ne viendrait le lui dire ou l'affirmer. Wan avait des revenus confortables et une affaire florissante grâce à lui, et Jahangir aimait à penser qu'ils se respectaient. Ce qui était clairement le cas, puisqu'il n'avait pas besoin avec Wan, de jouer des poings, comme il avait dû parfois le faire avec Shunsen. Le Tigre n'en menait pas large.

-Tu as bien fait. Je m'en voudrais de priver tant de famille d'un des leurs.

-Voila qui est généreux.

-Tout comme tu l'as été à ce que je vois.

Wan et ses hommes, eux aussi vêtus à la façon des nomades, mailles, surcots, pelisses de fourrure et pantalons larges, bouffants, enfoncés dans leurs bottes de cuir à bout pointus et légèrement recourbés, ornés de surpiqûres et fourrées elles-aussi. Ils portaient tous des gants, et deux d'entre eux avaient l'avant-bras gauche levé pour accueillir leurs faucons. Les deux compagnons de Cùan étaient des chasseurs, mais aussi des traqueurs. Via les yeux de leurs rapaces, ils étaient capables de pister n'importe quel animal, ou n'importe quel être vivant. En travers des selles de la plupart, où reliés par une corde à l'arrière de leur selle, les hommes qui avaient combattus pour Judong affichaient des mines défaites.

-J'ai suivi tes ordres. Qu'est ce que tu comptes en faire ?

-En interroger certains, même si j'imagine qu'ils sont seulement venus parce qu'on leur a promis monts et merveilles. Et pourquoi pas en recruter certains.

-Tu prendrais des couards avec toi ?

-N'importe quel homme doté d'un peu de jugeote fuirait devant toi et tes hommes Wan. D'autant que Judong n'avait pas prévu d'être pris à revers. Ils n'ont fait qu'écouter leur instinct de survie. D'autres n'ont pas eu cette chance.

Jahangir balaya les alentours du regard, trois cadavres gisaient au sol, et Lysanthir avait tué un homme. Il y avait quelques blessés des deux côtés. Cela aurait pu être pire, le sort de Darshan n'aurait pas forcément touché que lui. L'acte héroïque d'Inu avait probablement sauvé plus de vies que la sienne seule. Nolt, aidé par deux autres hommes empaquetaient le corps de Judong, avant de le hisser en travers de la selle de sa monture. Le cheval était tenu par une jeune femme aussi grande que Nolt, qui maitrisa l'animal quand celui-ci, affolé par l'odeur du cadavre, chercha à se débarrasser de son fardeau. Le molosse monta en selle, et partit au au trot vers Hitokage, avant de s'élancer au galop, accompagné par deux cavaliers qui chevauchaient à quelques mètres derrière lui. Satisfait Jahangir se focalisa de nouveau sur Wan et ses prisonniers, d'un geste de la tête, il indiqua la poignée d'hommes assis et entravés qui formaient un cercle autour de Lysanthir et Siadnur, et que quelques uns de ses hommes surveillaient. L'un de deux donna une claque à l'arrière du crâne d'un des captifs, il perçut quelques éclats de voix, et de nouveaux craquements venant du bois. L'homme cria, et il entendit quelques ricanements venant de ses siens. Jahangir soupira. Il y aurait probablement d'autres morts avant la fin de la nuit. Pourtant, son corps fourbu n'aspirait qu'à une chose, retrouver son lit. Il songea que quelques années auparavant, il aurait certainement fêté cette victoire, mais l'âge et l'expérience le rendaient sans doute plus sage, ou bien blasé. Judong avait fait un beau gâchis, et des familles pleureraient des pères ou des frères. Avec le départ de Nolt et des deux autres, et la mort de Darshan le groupe ayant accompagné Jahangir était réduit au nombre de six. Wan était venu avec dix cavaliers, et ils revenaient avec cinq prisonniers. Jahangir eut la satisfaction de voir que si certains de ses hommes étaient effectivement blessés, contusions, estafilades, peut-être quelques os brisés, mais ils étaient tous vivants. Ce n'était pas le cas des hommes de Judong.

-Wan, autant que ces hommes aillent rejoindre leurs amis. En suite, il faudrait nettoyer tout ça.

L'homme des steppes hocha la tête, il siffla et les cavaliers s'ébranlèrent, rejoignant au petit trop, le cercle de prisonniers. Sur la vingtaine d'hommes de Judong, il n'en restait que onze, peut être même seulement une dizaine si Lysanthir avait broyé la trachée de l'homme qui venait de tenter se débattre. Trois cavaliers dépourvus de prisonniers se détachèrent du groupe pour ramasser les trois cadavres. Arwira, celle qui avait tenu le cheval de Nolt, s'avança en tenant par la bride sa monture et celle de Shunsen. Jahangir prit alors doucement Inu par la main, tandis que Oshia se retirait doucement, quittant la peau d'Inu, progressivement, pour lui éviter d'avoir froid à nouveau.

-On rentre.

Il se hissa en selle en premier, réprimant une grimace, alors que ses muscles hurlaient leur protestation. Arwira guida en suite Inu, alors que Jahangir se saisissait de la main tendue de l'esclave, le hissant à son tour en selle, pour l'installer devant lui. Dans le mouvement, il ne put s'empêcher de fourrer son nez dans le chevelure de neige de l'esclave. Il en huma un instant l'odeur, savourant aussi la douceur des mèches, comme à l'aller, avant de se remettre dans une position plus confortable pour chevaucher. Arwira enfourcha en suite son propre cheval, laissant Shunsen se débrouiller avec le sien. Le Tigre s'était essuyé le nez, enlevant le sang qui avait commencé à sécher. Il avait tâté son nez, s'assurant bien qu'il n'était pas cassé. Il roula des épaules, et s'aperçut qu'il avait une entaille dans le dos, après qu'il ait porté ses doigts poisseux de sang devant ses yeux. Arwira se mit à sa hauteur, et chevaucha en dirigeant sa monture avec ses genoux, le temps de lui appliquer une pâte odorante, qui arrêterait le saignement. Lysanthir montait en selle, tandis que les cavaliers de Wan se chargeaient des prisonniers et des cadavres. Les autres prirent le temps de refaire un tour, et de ramasser armes et vêtements déchirés, avant de rejoindre la petite cohorte de cavaliers.
Jahangir s'assura que rien ne lui échappait, et Lysanthir lui fit signe, Siadnur avait disparue, tout comme Oshia, retournant à l'état d'esprit. Son bras droit n'avait rien senti, aucune trace de vie autre que celles de la flore, et de la leur. Les cavaliers se regroupèrent, et partirent à bonne allure en direction de la capitale. La lune continuait d'éclairer leur chemin, mais Jahangir savait qu'il ne restait que trois heures avant que le soleil ne se lève. Il pressa l'allure et ses hommes le suivirent.


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