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 La Villa Armyan

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Éline Telrunya
Noble
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MessageSujet: La Villa Armyan   Lun 10 Fév - 2:45

L’esprit de Gaëtéo était une véritable énigme. Il fonctionnait de telle façon que l'on peinait parfois à le suivre, à savoir où il allait alors même que l'on ignorait d'où il était partit. Et pourtant tout se tenait, tous les sujets évoqués avaient un rapport entre eux, mais un rapport parfois si minime qu’il fallait y réfléchir à deux fois avant de comprendre comment il avait bien pu arriver à une telle conclusion.
Cela se transmettait aussi à ses gestes : il pouvait être en train de faire quelque chose et, soudainement, changer d’activité, sans la moindre transition. Parfois même, il pouvait parler avant de promptement s'arrêter et de partir, sans la moindre raison apparente.
Mais avec lui tout est toujours parfaitement réfléchit, parfaitement logique. Il y a une raison à tout.
À d'autre moment cependant, c'était comme s'il abandonnait cette logique pourtant infaillible et se laissait aller à ses désirs les plus bas, à des instincts peaufinés avec le temps. Comme si son esprit se fatiguait de réfléchir, car, lorsque l'on est affligé d'un tel intellect, rare sont les moments de silence, même lorsque l'on est seul.

Éline avait finit par comprendre que son esprit avait deux compartiments : l’Instinct et la Raison. Tout le monde les possèdent et les utilisent tous les jours notamment lors des discussions, des premières rencontres, pour jauger les gens et ainsi déterminer leurs affiliations, leurs intentions. Mais chez Gaëtéo ces comportements n’étaient pas seulement amplifiés, ils étaient aussi fondamentalement distinct l'un de l'autre. Il lui était impossible d'utiliser son Instinct lorsque la Raison prônait et vice versa. Il semblait en être totalement incapable.
Durant une discussion, il pouvait être le parfait interlocuteur, mais il ne fallait absolument pas donner l'occasion à son Instinct de prendre le dessus et il fallait se battre avec sa Raison pour qu’il reste dans le bon sujet de conversation.
Et c’était une discipline à laquelle Éline excellait.

Observant son époux, assit face à elle dans le coche, la noble tentait de faire abstraction de la cacophonie qui les entourait. L’heure du déjeuner ayant sonné depuis longtemps, les roturiers sortaient de leur échoppe pour aller s'offrir un repas dans une autre. Leur voiture était donc entourée par de nombreux passants et Éline entendait clairement le coché ordonné aux gens de s'écarter. Cela ne leur attira aucun regard de sympathie, mais aucun des passagers ne leur porta la moindre attention.
Le regard rivé dans le sien et son éternel sourire aux lèvres, Gaëtéo s'essayait au jeu de l'intimidation, à savoir qui se détournerait le premier, mais Éline ne le voyait pas, réfléchissant plutôt à ce qui venait de se passer.

Van Oklanay. C’était un nom qu’elle n'avait pas entendu depuis des lustres. Elle n'avait pas été une franche sympathisante de Faustus, mais la façon avec laquelle les Loviatar l’avaient jugé lui avait paru injuste et plutôt cruelle. Certes, ils avaient démontrés sa culpabilité, mais il n'en restait pas moins un noble à l'époque. Elle n'avait jamais vu Markus cependant, mais avait toujours entendu parler de lui comme d'un enfant calme et réservé.
Le voir en compagnie de son époux lui avait donc paru des plus étranges. D'abord, il n'était plus noble ce qui aurait dû, dès le départ, l'exclure de sa liste de fréquentation. Ensuite, qu'il soit aussi jeune et de toute évidence inexpérimenté l’aurait, à coup sûr, rejeté d'une quelconque sélection pour l'accompagner dans son activité.
Peut-être s'était-il soudainement trouvé l'envie de monter à quelqu’un, de lui enseigner ses… méthodes.
Une proposition faite par le noble déchu lui revint soudain à l'esprit : que l'un de ses serviteurs aillent chercher la commande de Gaëtéo. Ils faisaient donc affaire et c'était chez lui que Gaëtéo s'était rendu en partant de leur demeure. Il n'était donc pas sortit dans le seul but de… faire du mal à cette pauvre fille. Markus avait donc dû n'être que le seul « candidat » disponible. Et pour qu'il l'invite, ils devaient se fréquenter depuis un certain temps déjà.

Lui revint ensuite la réaction de Gaëtéo lorsque Markus avait eu l'audace de lui répondre avec autant de suffisance. Des gens ordinaires auraient eu le premier réflexe de bondir au secours de Markus, mais Éline savait que c'était bien là la dernière chose à faire. Si quelqu’un avait eu le malheur de lui toucher, Gaëtéo se serait retourné et lui aurait ouvert la gorge sans plus de considération. Son Instinct avait prit le pas et plus rien d'autre n'existait alors. Il n'y avait que lui et sa proie. Un Instinct violent, mais qui n'obéit qu'à un seul ordre : le sien. Elle n'avait jamais su pourquoi, mais elle avait cet étrange pouvoir de le ramener à la Raison, et ce, même lorsqu'il était engoncé dans son Instinct et incapable d'en sortir tant qu'il n'aurait pas satisfait le désir qui l'y avait poussé.
Sa voix avait suffit à l’arrêter, à le pousser vers un état intermédiaire où la seule chose qui habitait son esprit était « pourquoi? ». Le forcer à se questionner, à tenter de créer un raisonnement dans son esprit est la seule chose qui puisse arrêter son Instinct. Si on tente de l’arrêter physiquement, il y aurait à coup sûr des effusions. Pour ce qui était de ramener la Raison cependant c’est une toute autre affaire, car il fallait jouer sur les mots et surtout rester impassible, ne pas lui donner de raison de s'enflammer.
Bien sûr que blesser Markus pour ce qu'il avait dit en aurait valu la peine. Elle avait elle-même pensé à le gifler ou à demander aux légionnaires de lui donner une correction à la mesure de sa suffisance, mais si elle avait dit à Gaëtéo de ne pas le faire, de reculer ou de laisser cette tâche aux légionnaires, il n'aurait pas raisonné, le pourquoi aurait trouvé sa réponse : elle ne voulait pas qu'il se salisse les mains. Cela l'aurait fait retomber dans l’Instinct, car il se fichait totalement de se salir, de retourner en prison ou de payer une amende.
Alors que, en lui disant que personne ne ferrait quoi que ce soit, il s'était encore demandé pourquoi et sa Raison avait fait son chemin, car il n'y avait pas réponse. Markus aurait totalement mérité cette sentence.
C’était une méthode tout à fait valable quoique parfois ardue à mettre en pratique. Une fois, il lui avait fallu passer par cinq états intermédiaires – cinq raisonnements commandés par le pourquoi – et cela avait fait appel à toutes ses aptitudes dans l'art de la rhétorique.


- Ma Dame?

Tirée de ses pensées, Éline chercha un moment à comprendre où elle était et qui lui parlait. Elle vit le visage de Bastien et comprit qu'ils étaient arrivés à destination. Sa main tendue vers elle, il l'invitait à sortir.
Gaëtéo avait toujours le regard rivé sur elle. Il avait gagné cette manche.





Dernière édition par Éline Telrunya le Ven 27 Mai - 22:10, édité 2 fois
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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Lun 10 Fév - 4:05

Le poste militaire était tout ce qu'il y avait de plus banal. Des murs austères, des grilles aux fenêtres et des légionnaires partout. Les regards qui lui furent jeté alors qu'il se dirigeait vers la sortie lui importaient autant que lorsqu'il y était entré – c'est-à-dire pas du tout.
La tête haute, le regard rivé devant lui et son éternel sourire en coin ayant refait son apparition sur son visage, Gaëtéo marchait dans ces couloirs qu'il avait parcouru tant de fois. Pas aussi souvent qu'il l'aurait mérité cependant, car, oui, ces hommes se targuaient de lui mettre la main dessus lorsqu'il chassait, mais ils ne le faisaient pas à toutes les fois.
Jetant un regard par-dessus son épaule, il s'assura qu'Éline le suivait toujours. Ses cheveux battant la mesure de sa marche et son corps tendu par tant de colère le lui confirmèrent. Et ces yeux. Ils étaient furax. Une émotion qu'elle ressentait si rarement et qui, pourtant, paraissait si bien sur son visage. Sa colère brilla soudain un peu plus, ce qui l'encouragea à poursuivre sa route. Elle n'était cependant pas parvenue à le défaire de son sourire.

Une fois à l'extérieur, il se dirigea vers le coche. Bastien le devança rapidement et lui en ouvrit la porte pour lui en présenter l'intérieur, mais le noble s'arrêta avant d'y mettre le pied et laissa à sa Dame le loisir de choisir son siège. Éline ne lui jeta même pas un regard et passa devant lui. Contenant un autre sourire, il monta à sa suite et s'installa face à elle. Bastien vint s'asseoir à côté de lui et, à peine eut-il posé ses fesses, que leur voiture se mise en route.
Le regard rivé dans le sien, Gaëtéo tentait de mesurer la portée de sa colère. Elle ne s'en était toujours pas défaite et lui rendit son regard avec la même intensité que lui. Autant était-elle furieuse que lui narquois.

Un faible mouvement attira son attention, mais il resta malgré tout obnubilé par sa femme. Une tâche blanche se mouvait sur sa gorge et ce n'est que lorsqu'il comprit qu'il s'agissait du Dragon que son sourire perdit de sa splendeur. Un faible sentiment d’irritation le prit soudain au corps, mais il le contint en inspirant profondément et essayant de se convaincre qu'il n'avait rien d'une menace.
Tendant son esprit vers lui, il fureta les moindres variations mentales tout en tâchant de rester indétectable. Il n'en eut cependant pas besoin pour comprendre qu'il s'était attiré les faveurs de sa Dame. Ce qui ne manqua pas de le faire tiquer de nouveau.
Percevant un échange entre eux, il parvint à en deviner la nature sans avoir à trop s'en approcher. Le Dragon lui transmettait ses émotions, cherchant apparemment à la calmer. Un nouveau sourire s'étira sur son visage.

- Ça n’a pas l’air de fonctionner, le nargua-t-il en s’immisçant dans leur échange sans pour autant y mettre fin.

N’étant pas douée de facultés télépathiques, Éline ne perçu pas cette intrusion et Gaëtéo s'assura qu'elle n'en prenne pas conscience en filtrant les données mentales qui allaient vers elle.
Elle devint ainsi le témoin inconscient d'une discussion silencieuse et fielleuse.




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Kirann Satmaer
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Lun 10 Fév - 18:06

Le voyage aurait put être paisible. Mon corps posé sur la peaux pâle de la pensive Éline, invisible aux yeux de l’indistinct scientomage. Sans trop y penser j'avais laisser mon esprit flotter proche de celui de ma Dame. Mais très vite je sentit l'esprit ennemis trop près du mien. Sa première politesse fut une remarque cinglante sur inefficacité de mes actions. Je restait silencieux dans un premier temps, attentif.
Il agissait en douceur, avec un talent innée qui aurait put me rendre jaloux si je n'avait pas eux quelques centaines d'année d'expérience d'avance. Je n'avais ni sont amplitude, ni sont esprit, mais je savais pouvoir lui tenir tête en cet instant. Contrairement a la veille au soir, ou sont ordre avait réussi a glacé mes veines jusqu'au plus profond de mon être. Je accueillie courtoisement, observant avec amusement l'adresse qu'il déploya pour protégé Éline de ce qui allait suivre. Je me retirait légèrement pour lui laisser plus d'aisance, ce dont il n'avait nullement besoin a mon avis, mais je put ainsi me protégé davantage de son esprit. La méfiance était un trait innée dût a ma race, au quel seul l'arrogance pouvais palier.

Son esprit se tourna vers moi, narquois. Je décidait de cédé a ses avances. Ils était mon hôte, la moindre des politesses était de lui complaire. Je le saluait déférence partageant avec lui un sentiment de profond respect. Je ne prit pas la peine de cacher que ce respect était dut au fait que j’attendais quelque chose de lui. Je prit ensuite quelques instant pour construire une pensée compréhensible et assez précise pour être traduite en mots.


« Il faut croire que je n'ai pas votre talent pour influencé ses humeurs. »

S'il y avait une pointe de cynisme dans mes propos j'étais sincère et reconnaissant sans mal sa supériorités a la mettre hors d'elle ! Je n'avais pas pour elle les mêmes sentiments que lui. Et la mettre en colère ne me mettrait nullement en joie. Tout d'un coup de me demandais s'il ne se sentait pas menacé. La réputation de l'amour excessif pour les femelles n'était plus a faire. Cette possibilités me fit rire. Je cherchais mes mots...


« Ma présence sur la peau de votre compagne vous déplais ? »
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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Lun 10 Fév - 21:12

Sa télépathie avait un désavantage. Lorsqu'il l'utilisait pour visualiser les échanges, elle mobilisait une grande partie de son esprit, réquisitionnant non pas seulement ses facultés qui étaient nécessaire à une bonne communication, mais aussi celles dirigeant sa vue et sa perception spatiale. Gaëtéo ne voyait donc plus sa femme et ignorait totalement où il était, trop prit était-il pour « voir » le Dragon et tenter de séparer les pensées de la présence.
Tel un nuage d'une blancheur immaculée, son esprit flottait autour de ce que Gaëtéo détermina comme étant son corps, s'y étant de toute évidence retranché lorsqu'il avait fait irruption. Voletant tout autour de lui, ses pensées et émotions ressemblaient à de la poussière, muée par le flux et reflux du contrôle qu'il exerçait sur elles.
Car il ne distinguait plus les corps. Se perdant dans un monde d’une noirceur d’encre, il ne voyait que des nuages de diverses couleurs voleter autour de leur propriétaire. Celui d’Éline lui apparaissait d'un bleu clair alors que celui de Bastien, à sa droite, étaient plutôt d'un brun terreux. Gaëtéo se savait lui aussi entouré par le même genre de fluctuation, seulement, les siennes se voyaient rouges.
Son interlocuteur se fit bon joueur, ne le prenant pas, cette fois, pour une menace. Se jaugeant de loin, les deux protagonistes tentaient de déterminer les intentions de l'autre. Lorsqu'il avait forcé le passage, la veille, il n'avait pas tâté le terrain et, aujourd'hui, Gaëtéo pu se rendre compte de sa puissance. Restant à distance respectable et ouvrant son esprit, il tenta de lui faire part de son pacifisme.
Ils faisaient affaire, se le mettre à dos serrait comme se débarrasser d'un jouet.
Le Dragon finit par comprendre sa manœuvre et lui répondit par ce qu'il détermina comme étant une démonstration de respect, sa poussière se mouvant moins rapidement et brillant momentanément plus fort. Il perçut aussi quelque chose qui lui renvoya son arrogance au visage, mais Gaëtéo l'ignora. Peu lui importait qu'il l'appréciait ou pas.
Il reçu ensuite une réponse à son attaque initiale, de la poussière blanche venant vers lui pour établir une communication directe. Gaëtéo envoya la sienne et leur poussière se mélangea dans un ballet étrange qui durerait jusqu'à ce qu'ils rompent le contact.
Son plaisir se traduisit par une faible brillance qui disparut rapidement lorsque le Dragon lui envoya une pique. Sa poussière s’enflamma avant de momentanément accélérer, mais elle reprit rapidement son calme. Il était beaucoup plus difficile de cacher ses émotions ici.

- Je dois vous avouer que oui. Je n'implique pas ma femme dans mes activités, d’ordinaire, et que vous l’ayez suivit m'irrite au plus haut point. J’ose espérer que vous ne l’avez pas informé de la nature de notre rencontre. Si tel est le cas, je vous assure que je mettrai fin à notre arrangement, séance tenante.

Une flèche de poussière fusa brusquement de son esprit et vola prestement vers celui de Bastien. La poussière de celui-ci paru protester, mais elle ne renvoya pas l'attaque. Gaëtéo lui avait fortement interdit de les laisser se rencontrer.




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Kirann Satmaer
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Dim 23 Fév - 17:31

Je répondit au scientomage par un sentiment d’apaisement, il ne m'était pas venue a l'idée de mêler Éline a nos affaires. Sa puretés me plaisait, je voulait la préservée tell qu'elle était. Le scientomage rassuré, je me détournait de lui et lui fermait mon esprit.

Nous nous arrêtâmes devant le coche et chacun descendit. Une fois a l'abris des mur de la bâtisse, je quittait ma forme de bijoux pour redevenir dragon et m'éclipsait discrètement dans le sillage de Bastien. Éline n'était nullement en danger, je me devais de laisser les deux époux a leur intimités.

Sur une invitation de Bastien je fut invité a rejoindre l'un des salons. Je déclinais poliment l'offre, prétextant la fatigue du voyage je regagnais ma chambre.
Reprenant la forme d'un petit d'homme je me laissait tombé dans les couvertures, poussant un soupir d'aise. Dans quel pétrin étais-je encore ?
Je me retournais et une fois sur le dos regardait mes mains. Ce corps d'enfant me plaisait bien. Mais ce corps était mort, aucun battement de cœur ne viendrait troublé ma quiétude. Pourtant je le sentait battre ce cœur qui était le mien... Je fit glisser mes mains sur mon torses, là ou devrais se trouver mon cœur se trouvais un très léger renfoncement, a peine perceptible derrière mes cotes. Aucune palpitation, rien, le néant absolut. Alors quel était la douleur sourde, cet ersatz de vie que je ressentait ?
Je fermais les yeux et derrière mes paupières closes je vit.

***

Tu était sur la route, les yeux clos tu appréciait la sensation du vent te fouettant le visage. C’est ton cœur que je sentait battre. Il battait a tout rompre, près a ce briser. La douleur se répercuta avec violence dans ma poitrine. Tu parut surprit. D'un geste proche du mien quelques instants plus tôt tu porta la main là ou ce trouvait ce que tu m'avais pris. Ce cœur si précieux. Je te sentit froncer les sourcils. Tu porta instinctivement la main a ton épée. Je sentit l'acier de ton épée frémir. Ta main n'était pas ganté, ce qui me surprit un instant. L'épée sortit de son fourreau. Je n’eut aucun mal a l'imaginée. Ombrage était l'une de tes plus belles, tu l'avais forgé a mon feu. Il t'avais fallu trois ans pour la finir, mais au bout du compte elle frôlait la perfection. Les différence couches d'aciers formaient sur sa lame noir des reflets irisé. Tu brandi l'arme devant toi, d'un geste assuré dans un cris de rage. Ton cœur loupa un battement, la douleur me fit gémir. Pourquoi tant d'agressivité ? Toi si pacifiste. J’eus la réponse quand les sens au aguets tu te mis a frapper autour de toi, dans le vide.

« Tarann, je sais que tu est là ! Montre-toi ! »

Je frémit. Sans moi tu ne pouvais pas voir, mais tu pouvais sentir ma présence, près de toi. Comme jadis. Avait-tu conscience que je n'était pas vraiment là ?

« Tarann ! »

La colère de ta voix fut étranglée par un sanglot. L'épée tomba au sol dans un bruit assourdissant pour tes sens aveugles. Je fut soudain submerger par ta colère et ta peur.
Il n'y eu plus entre nous que la douleur battant au rythme irrégulier de notre cœur.
Soudain la réalités me parut évidente et claire.
Tu te mourais. Dans ce corps qui n'était pas le sien mon cœur cessais de battre, dysfonctionnait comme une machine déréglé et menaçais de s’arrêter a chaque instant. Le sortilège que tu m'avais lancé visait a intégrer mon corps au tien, pour retrouver l'intégrité qui te permettrait de vivre... Et moi de ...

« Tarann... »

Ton murmure, un gémissement de désespoir me tira de ma rêverie. Tu te tenais désespérément le torse, le souffle cour, cherchant a calmé la douleur.

« Tarann...Ce cœur tu me l'a donné. Tu a accepter de mourir pour me sauvé. Je t'en prie ne me tue pas, pas maintenant. Tu a eu un sursit, maintenant paye ta dette. »

Non, je ne payerait pas ma dette, pas a ce prix. Se rendait-il compte que le sort qui m'attendait était pire que la mort ? Nous avions jouer avec la magie d'un age ancien. Ce n'est pas de la mort dont j'ai peur, contrairement au pieux mensonge que j'ai formulé devant le scientomage, mais de la lente agonie qui m'est promise, l’éternité a me dissoudre dans la corps d'un autre. Je préfère encore que l'on en meurt tout les deux. Au moins mon sort serait définitif.

«Le sort a été lancé, tu ne fait que nous condamné tout les deux. Nous mourons et tu auras manqué a ta promesse envers ton dragonnier ! »

Mon dragonnier ! Ton frère ! Ho comme l’accusation était facile ! Je sentit la colère m'envahir. Et c'est ainsi que je me trahis. Tu sentit ma présence, et te saisit de mon esprit. Dans un hurlement de rage je me dégageait. La douleur fut insoutenable. Je m’arrachait a ton étreinte, balayait la magie de toute mes forces et me repliait au plus profond de mon esprit.

***


Roulé dans les couvertures, ruisselant de sueur, tremblant d'épuisement j’ouvris les yeux... Combien de temps avais-je perdu connaissances ? Dehors il faisait nuit a en croire l’absence totale de lumière filtrant derrière les rideaux. Une journée... une journée déjà... Plus que deux et il serait là. Involontairement je frissonnait d'effrois. Il fallait que je bouge ou cette attente me rendrait fou.
Je me redressait péniblement, les muscles douloureux.
Les draps étaient trempé de sueur. L'odeur de la chambre devais aller de paire. J'ouvris la fenêtre. Inspirant l'air du soir profitant de cette sensation fugitive de vie. En sortant je croisait mon reflet dans le miroir. La vision me figea. J’étais toujours l'enfant albinos que Dame Éline avait pris par la main le matin même. Mais dans la pénombre de curieux tatouages scintillait sur ma peau d’albâtre, des tatouages que je ne connaissais que trop bien. C’étaient ceux de Kinaël.
Je sorti de la chambre, trop préoccupé pour me soucier de ma nudités. Je croisait Bastien a la cuisine. Il voulus ce lever, je lui fit signe de ne rien en faire. Je n'était pas l'un de ses maîtres. Il mangeait, le repas ne devrais donc plus tardé. Je lui exprimait en quelques gestes et quelques pensée que je retournait me baigné et que si l'on me cherchait je serait a l'étang, dans le jardin. S'il avait remarquer ma nudités ou les tatouage il n'en fit aucun cas. Sans avoir prononcé un mot je poursuivi ma route.

La porte donnant sur le jardin fut franchit sans encombre. Je commençais a comprendre l'agencement de la maison et a le mémoriser. Bientôt l'herbe fraîche sous mes pieds, une sensation de paix. J’inspirai a fond. Le grand chêne, puis enfin l'étang. La douceur de l'eau alors que j'y plongeait me fit un bien fou. Mon corps brisé de l'affrontement avec Kinaël se délassa enfin. Je me laissais flotté, sans contraindre mon corps a une forme particulière.
Mon corps perdit en consistance pour s’adapter a son milieux. Mon don de métamorphose, plus encore que mon souffle de feu, avait de tout temps été ma fierté. Don probablement décuplé par ma petite taille. De toute ma longue vie j'avais fini par réussir a faire de ses changements une seconde nature. Il me suffisais maintenant d'un peu d’énergie pour prendre la forme de mon choix. Énergie que je pouvais puiser en dernier recourt dans l'essenceline fiché dans mon crâne. De toute mon existence je n'avait eu que trois fois a y recourir. Cette pierre minuscule était mon trésor mon sauf conduit.
Je me laissait couler au fond de l'eau. Des branchies apparurent sur mon torse. Je m’installait sur le fond, mes yeux d'or grand ouvert. Tache immaculée aux formes changeante, tapis au fond des ténèbres. J'avais conscience que les tatouages de Kinaël ma trahissait dans la pénombre. Mais qu'importe j'étais ici en paix. Je me laissais porté, l'esprit entre deux eaux.

Les vibrations infimes de quelqu'un marchant dans le jardin me sortirent de ma somnolence. Je battit des paupières. D'un coup de pied sur le fond je le hissait a la surface. Mon corps tatouer sortit de l'eau. Mes cheveux bruns me collèrent au visage, je les repoussais avec agacement. Perdu dans mes pensée j'avais reprit la forme de Kinaël. Je devin dragon et sortit de l'eau avec force. En un instant j'étais sec. L'instant d'après j’étais l'enfant Albinos que j’affectionnais tant.
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Éline Telrunya
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Ven 28 Mar - 5:12

Contrairement à la cacophonie régnant dans les rues à une heure pareille, la villa était calme. Quelques jardiniers s'afféraient ici à remettre un buisson en état, d'autres débarrassaient les gravillons des détritus divers amenés par les vents et d'autres encore venaient vers le coche dans l'optique future d'avoir à s'occuper des chevaux.
Éline saisit la main tendue de Bastien et se laissa entrainer hors du véhicule. Le majordome, de toute évidence conscient des émotions furibondes qui la parcourraient toujours, n'osa croiser son regard et l'invita à se diriger vers la demeure.
Sans même prendre la peine d'attendre son époux, elle s'avança d'un pas décidé en tentant tout de même de garder sa prestance habituelle. Elle sut que Gaëtéo la suivait lorsqu'elle entendit ses pas grincer sur les pierres, mais elle ne lui porta toujours pas attention. Elle entendit aussi Bastien se presser à sa suite, marchant bien plus rapidement qu'elle, non pas pour la rattraper, mais bien pour la dépasser et arriver avant elle à la porte.

Une fois à l'intérieur, Éline n'arrêta pas sa lancée et poursuivit sa route vers l'escalier qu'elle monta en trombe. Quelque chose – ou plutôt quelqu'un – attira alors son attention et vint l'obliger à se détourner de sa colère : le Dragon se mouvait sur son épaule, reprenant apparemment sa forme draconienne après tant d'immobilité. Elle ignora s'il la quitta pour la laisser retrouver son calme seule ou plutôt à cause de la présence de son époux, mais elle ne l'en tint pas rigueur et le regarda changer de perchoir.
Surprit par une telle démarche, le trouble de Bastien resta néanmoins occulté par son professionnalisme. Comprenant que leur invité souhaitait laisser ses hôtes seuls, le majordome quitta la procession pour vaquer aux désirs de celui qui avait décidé qu'il le ferait.

Poursuivant donc sa route avec son époux pour seul compagnon, elle atteignit un secteur de la villa, non pas plus austères, mais plus sobres. Miroirs immenses, vases tout aussi gigantesques, tableaux et lustres luxuriants – tout s'agençant à merveille aux murs blancs parés de moulures d'ors –, rien de comparables aux richesses exposées dans la salle de réception ou l'entrée.
Ici, Éline s'était perdue plus d'une fois lors de ses premières visites, les couloirs s'entremêlant avec diverses salles, balcons, salons, appartements, jardins intérieurs et pourtant, lorsque l'on finit par comprendre le principe de l'agencement, tout semble parfaitement bien ordonné, positionné logiquement les uns en rapport avec les autres quoique de façon extrêmement complexe. De toute évidence, Gaëtéo avaient participé à l'élaboration des plans, ne laissant absolument rien au hasard d'un esprit trop inférieur.

Atteignant enfin sa destination, elle poussa les portes de leur petit salon privé et se dirigea vers un secrétaire sur lequel trônaient une cruche pleine d'eau, un bol, quelques serviettes chaudes et des outils de médecine. Comment ses serviteurs arrivaient à chaque fois à savoir qu'il avait été blessé restait pour elle un mystère. Oui Gaëtéo était télépathe, mais il ne voyait pas si loin.
Elle entendit derrière elle, la porte se refermer ainsi que les pas feutrés de son époux. Elle se retourna et, dès qu'elle eut posé les yeux sur lui, il s'immobilisa. Ils se jaugèrent un court instant, puis Éline soupira et se détourna vers le secrétaire pour y trouver une petite cordelette de cuir. En ramenant son attention sur son époux, elle soupira en constatant qu'il avait profité de son manque d'attention pour se rapprocher. Gardant cette fois son attention sur lui, elle rassembla ses cheveux sur le sommet de son crâne et les y attacha.
Elle s'avança ensuite vers lui et posa sa main sur torse pour le forcer à reculer. Une fois qu'il eu fait deux pas en arrière, elle se mise à la tâche. Retirant d'abord les pansements mit en place par le guérisseur Arahérène, elle se trouva satisfaite de voir que ses blessures avaient partiellement cicatrisées, car les tâches foncées étaient sèches. Glissant ses mains sur ses épaules, sous son manteau, elle le lui retira en faisant bien attention à ne pas avoir de Rouge sur les mains.
Au même moment, on toqua à la porte et Éline, sachant que seul Bastien se permettrait une telle liberté, l'autorisa à entrer. L'homme, ayant de toute évidence voué à tous les désirs du Dragon, s'approcha et prit de ses mains le manteau maculé pour aller le déposer sur un mannequin.
Éline s'engagea ensuite à déboutonner son gilet qui se retrouva rapidement sur le sol, bientôt suivit par sa chemise. Ils n'y restèrent pas longtemps cependant, Bastien s'assurant qu'ils trouvent bien vite le chemin de la laverie. Elle n'échangea qu'un bref regard avec son époux et le sourire qu'il lui servit ne laissait rien présager de bon.

Caché sous ses vêtements, son corps s'était trouvé à l'abri de toute souillure, mais ses mains et son visage avaient soufferts de son avidité. Les premières étaient presque entièrement rouges et ses avant-bras étaient couverts de tâches et de coulisses jusqu'à leur milieu. Le second, quant à lui, perdait son menton et sa bouche dans une mer alors que sa gorge était couverte de sillons épais, descendant en triangle jusque sur son torse – puisqu'elles avaient suivit les lignes délimitées par sa chemise.
Frissonnante de dégoût, elle se demandait comment la drow avait bien pu lui survivre. Et se souvenir que Markus s’était trouvé lui aussi dans le même état n'était pas pour arranger ses états d’âmes.
Il leva ses mains, comme pour la toucher, mais elle fuit son contact et recula vers le secrétaire. Elle se saisit ensuite de la chaise, la retourna et la fit glisser vers lui pour la lui présenter.


- Assis.

Son sourire s'élargit, mais il lui obéit séance tenante, s'asseyant à califourchon, les coudes appuyés sur le dossier. Espérant qu'il n'en bougerait pas, elle se retourna et versa une partie du contenu de la cruche dans le bol dans lequel elle trempa ensuite l'une des serviettes.
Nettoyant les deux blessures, elle retira le Rouge afin de voir si elles méritaient des soins. Celle sur son bras n'en avait aucunement besoin, le carreau n'ayant fait que traverser son muscle et le parchemin ayant veillé à sa guérison rapide. Elle entoura tout de même son bras d'un bandage afin de s'assurer que la blessure ne s'ouvre pas de nouveau. Celle sous son omoplate était cependant plus inquiétante, car du Liquide en sortait toujours par goutte. Elle se mérita donc deux points de sutures – plus par prévention que réelle nécessité – ainsi qu'un pansement.

Une fois satisfaite, elle retourna à la commode et fit approcher Bastien. Le majordome se saisit du bol d’eau rougie et alla le vider à la fenêtre avant de le lui rapporter. Éline y versa le reste de l'eau propre contenu dans la cruche ainsi que des huiles et un petit parchemin qui, à son contact, brilla momentanément avant de s'y dissoudre. Une vapeur à l'odeur agréable s'échappa alors du bol et elle l'inspira longuement en fermant les yeux, tentant de se donner courage.
Nettoyer le Rouge de son époux n'était pas un problème, mais lorsque venait le moment de nettoyer celui des autres sur son corps, ça s'avérait étrangement plus problématique.

Un souffle chaud vint lui chatouiller la nuque et elle rouvrit les yeux en essayant de contenir son sourire amusé. Il venait de remporter cette manche-là aussi. Tentant vainement de faire abstraction de sa présence, elle trempa l'une des serviettes dans l'eau parfumée et l'essora avant de se retourner lentement.
Se retrouvant à faire face à un océan d'une profondeur insondable, elle en perdit presque le souffle. Ses yeux étaient si bleus – et si près – qu'elle aurait pu s'y perdre sans mal. Ayant depuis longtemps abandonné la notion d'espace personnel, il se tenait à quelques centimètres d'elle, exhalant son souffle chaud dans son cou et lorgnant ses lèvres.
Le désir brûlait dans ses yeux. Un désir sauvage et brutal. Ce qu'il projetait de faire était clair et Éline ne put rien faire pour empêcher son propre corps d'y répondre, ce qui s'avéra être une erreur fatale. Détectant les signaux, le regard de Gaëtéo devint plus insistant et la lueur sauvage devint presque menaçante. Son Instinct venait de prendre le pas, mais Éline n'avait étonnement pas envie de l'en empêcher. Elle savait ne rien avoir à craindre de lui, qu'il n'oserait jamais lui faire le moindre mal, mais elle connaissait sa brutalité et savait que s'il n'obtenait pas ce qu'il voulait, il s'arrangerait pour le ravir d'une manière ou d'une autre.
Perdue, autant dans sa contemplation que dans les battements effrénés de son cœur, Éline ne prit conscience de sa tentative de rapprochement que lorsqu'il approcha sa main de son visage et qu’une odeur de fer lui monta brusquement au nez. Vive, elle lui saisit le poignet avant qu'il n'ait pu poser la main sur elle. Son regard brilla de colère et il protesta, laissant un grondement agacé sortir de sa gorge. Il se retira à sa prise et fit une nouvelle tentative en se penchant vers elle. Posant sa serviette sur son torse, elle le repoussa. Sa mâchoire tiqua et Éline sentit une boule se former dans son estomac, une boule de peur, et sa gorge se contracta sous l'effet d'une frayeur grandissante.


- Tu sais bien, pourtant, que je refuse que tu me touches tant que tu n'es pas propre, parvint-elle à dire.

Il tiqua de nouveau, écarta sa main et avança sur elle. La poussant contre le secrétaire, il posa brutalement ses mains sur ce dernier, de chaque côté d'elle, la coinçant ainsi entre lui et son corps, et se pencha à nouveau vers elle. Son cœur fit un bond spectaculaire dans sa poitrine tant la frayeur la prit au corps, mais elle tint bon et posa la serviette sur son visage, ce qui l'arrêta net dans son geste. Elle tenta à nouveau de le repousser, mais il se buta, grogna même, et refusa de bouger. Décidant donc de se mettre à la tâche malgré tout, elle commença par lui nettoyer le menton. Un sourire qu'elle tenta avec peine de contenir transparu lorsqu’il se démena à fuir son contact.


- Mais arrête, voyons, on dirait un enfant. J’ai presque fini. Là. Tout propre.

Il paraissait tout de suite moins terrifiant et Éline lui servit un grand sourire auquel il ne répondit que par un bref tic d'irritation. Son regard brillait toujours, mélangeant cette fois désir et colère. Continuant sa besogne, elle débarrassa son cou des sillons et en profita pour nettoyer son visage de la poussière et de la saleté qu'il s'était récolté aux cachots… non sans rencontrer les difficultés d'un époux bien peu décidé à coopérer.

Sa serviette se retrouva bien vite inutilisable et elle dû se démener pour parvenir à se retourner afin d'en prendre une autre. Gaëtéo ne se dérangea pas, appuyant même presque violemment ses hanches contre les siennes. Éline ne put dès lors pas ignorer le sort qui l'attendait.
Tentant de faire – difficilement – abstraction de sa présence, elle prit une nouvelle serviette qu'elle trempa dans l'eau. Elle dut cependant s'interrompre lorsqu'il détacha ses cheveux. Elle soupira d'abord d'irritation et envisageait de lui reprendre la cordelette des mains lorsqu'elle le sentit se pencher sur elle.
Appuyant son torse contre son dos et enfouissant son visage dans ses cheveux, il en inspira bruyamment l'odeur, ce qui ne manqua pas de lui procurer un certain plaisir. Fermant les yeux, elle se laissa un moment savourer ce frisson, mais lorsqu'elle les rouvrit et le vit, dans le miroir, lever sa main pour la poser sur elle, elle l'arrêta au vol. Il tenta de poursuivre son mouvement, mais Éline enfonça ses ongles dans sa peau. Sa seule réponse fut d'appuyer son visage contre l'arrière de son crâne et de continuer à se délecter de son odeur.


- Ma robe est blanche, Gaëtéo. Ça serait bien dommage de la gâcher par empressement.

Elle avait eu en tête de poursuivre sa tirade, mais il l'interrompit en lui embrassant le cou, tout juste derrière l'oreille. Elle ne put que se taire et savourer le nouveau frisson qui la parcouru tout en se mordant les lèvres d'envie. Elle revint cependant à la raison lorsqu'elle le vit lever son autre main dans le but de rejoindre son visage. La saisissant elle aussi au vol, elle se démena pour qu'elles retournent toutes les deux sur le secrétaire. Il obtempéra finalement à son caprice et elle put nettoyer ses mains sans même avoir à utiliser les serviettes.
Les trempant dans l'eau chaude, elle les débarrassa de leur enveloppe rouge et ne put encore une fois que constater la puissance qu'elles possédaient. Bien sûr, il pouvait faire preuve de délicatesse, ses doigts de chirurgien ne manquant pas de détecter les moindres variations de température et de texture de sa peau, mais elles n'en restaient pas moins des mains de prédateurs également. Le Rouge qui les couvrait en était la preuve la plus flagrante.
Il se laissa faire, mais Éline doutait que c'était parce qu'elle était enfin parvenue à le convaincre de rester tranquille. Son visage toujours enfouit dans ses cheveux, il n'en finissait plus de couvrir sa nuque et le haut de son cou de baisers d'une envie contagieuse.

Sa main droite fut la première à retrouver sa liberté et c'est avec empressement qu'elle alla se saisir de sa hanche. Sa prise fut ferme et Éline tenta d'ignorer les frissons qu'il se démenait à faire naître dans cette région en se saisissant de sa main gauche pour lui faire prendre un bain.
Dès que l'eau fit disparaître le Rouge qui parait la face intérieure de son avant-bras, les morsures firent leur apparition. Par dizaine, elles creusaient sa peau, s'enchevêtraient et contrastaient avec le reste pourtant si nu de toutes marques. Anciennes, ces cicatrices n'en restaient pas moins une curiosité en soi, car elles semblaient toutes avoir été faites par le même individu.
Une seule d'entre elles cependant avait une origine dont elle était sûre. Parant, elle, la face extérieure de son membre, elle était beaucoup plus grosse et profonde que les autres. Les canines s’étaient enfoncées tel des harpons dans sa chair et, vicieusement, son ennemi s'était acharné sur lui comme s'il avait voulu lui arracher le bras. En pleine Rage de Sang, Ghat n'avait lâché prise que parce que son père lui avait dévoilé sa gorge.

Éline passa rapidement par-dessus, car elle connaissait sa réticence lorsqu'elle leur portait trop d'attention, et poursuivit sa tâche. Il parvint cependant à se libérer de sa prise et à manœuvrer habilement pour venir lui saisir le menton. Comme elle était propre sans être sèche, Éline laissa faire, d'autant plus qu'il était enfin parvenu à détourner son attention de sa tâche.
Lui caressant la gorge, sa main migra lentement jusqu'à ses cheveux lesquels elle empoigna pour la forcer à pencher la tête vers l'arrière. Ses baisers quittèrent alors sa nuque et cheminèrent jusqu'à sa mâchoire. De son autre main, il lui imposa un mouvement rotatoire, ce qui la força à lui faire face de nouveau. Il se pencha vers elle pour l'embrasser, mais elle tourna la tête au dernier instant et ses lèvres ne rencontrèrent que sa joue. Il voulu répéter sa tentative à plusieurs reprises, mais elle y mettait obstinément un frein à chaque fois.

Elle était en plein conflit intérieur. Son corps se tendait vers lui, ses frissons se multipliaient et même sa résistance avait peu de conviction, mais sa tête refusait de lui donner ce qu'il voulait. Elle savait qu'elle était en colère contre lui… mais il lui semblait maintenant que la raison n'avait plus aucun sens.
Depuis leurs tous débuts, elle avait connaissance de ses activités, de ses à-côtés et de ses nombreuses dérogations aux lois, mais elle les avait toujours ignorés avec entêtement. Non pas qu'elle lui donnait ainsi son accord, mais plutôt parce que les sentiments qu'elle avait pour lui allaient bien au-delà des lois et de sa moralité. N'était-il pas un noble respecté, un scientomage aux multiples talents? Un mari attentionné? Ne venait-il pas de défendre son honneur alors qu'elle avait rétablit le sien? De quel droit le jugeait-elle ainsi?

Agrippant ses cheveux de ses deux mains, il l'obligea cette fois à l'embrasser. Elle résista encore un instant – plus pour la forme que par réelle protestation –, mais céda finalement à l'envie dévorante qui prenait son époux. Elle lui répondit enfin avec ardeur et tendis son corps vers le sien. Le prenant comme un feu vert, ses baisers se firent plus insistants et ses mains lâchèrent ses cheveux pour devenir baladeuses. Si l'une se plut à se faufiler sous la manche de sa robe, l'autre descendit bien plus bas, effleurant sa poitrine, glissant sur son ventre, ses hanches et lui saisissant la cuisse.
Il la hissa sur lui, mais, se voyant encombré, dû se résoudre à mobiliser ses deux mains pour remonter sa robe jusqu'à ses hanches et ainsi parvenir à se glisser entre ses cuisses. La chaleur la prenait maintenant au corps et elle se pressa contre lui, entourant ses jambes autour de ses hanches et s'agrippant à lui comme à une bouée. Son désir devint brûlant et avide de quelque chose de plus. Il la déposa sur le secrétaire – duquel il avait préalablement expulsé tout le contenu – et la maintint contre lui, enfonçant presque ses ongles dans la chair tendre de ses fesses.

Seul le bruit de la porte vint les déranger, mais, si Éline se laissa déconcentrer pour en comprendre la raison, ce ne fut pas le cas de Gaëtéo qui continua de faire remonter sa robe. Bastien venait de quitter la pièce, emportant avec lui le bol d'eau dont il s'était saisit avant que son maître ne le jette sur le sol. Gaëtéo ramena cependant son attention sur lui lorsqu'il la débarrassa de ses encombrants tissus.
La nudité n'aurait pas pu avoir de corps plus exquis et Gaëtéo ne se gênait pas pour le lui faire comprendre. Quoique modeste, sa poitrine avait la parfaite rondeur pour ses mains et, quoiqu’étroites, ses hanches avaient la meilleure prise qui soit.
La hardiesse de ses mains, doublée par leurs années de pratique médicale, n'en finissaient plus de lui faire tourner la tête. Il savait où la toucher pour faire naître un frisson, où l'effleurer pour la faire gémir, où l'empoigner pour faire accroitre son désir. Et ça n'alla qu'en s'amplifiant lorsque ses baisers, qu'il avait jusqu'alors cantonnés à sa bouche, changèrent de cible, remplaçant ses mains sur sa poitrine. De baisers, il changea pour mordillements et suçotements ce qui déclencha les gémissements de sa partenaire.
Empoignant ses cheveux comme pour l'encourager à continuer, Éline se mordit les lèvres et savoura les frémissements qu'il déclenchait en elle. Des frémissements qui furent bientôt amplifiés lorsque ses doigts experts descendirent trouver sa féminité. Il l'agaça d'abord, caressant son centre du plaisir tout en ne faisant qu'effleurer sa région humide, n'y glissant un doigt qu'à l'occasion, la faisant languir du plaisir qu'il lui promettait. Elle grommela de mécontentement et le rire qui prit son époux se diffusa dans son mamelon, lui arrachant un nouvel accès de plaisir.

C'est sans prévenir qu'il introduisit ses doigts en elle et elle ne parvint pas à contenir un faible cri. Délaissant sa poitrine, il s'intéressa de nouveau à son visage, visant sa nuque, mais Éline raffermit sa prise sur ses cheveux et, à son tour, le força à l'embrasser. Déstabilisé par la violence de sa démarche, il dut prendre appui sur le miroir pour ne pas lui tomber dessus, mais cela ne l'avait, bien heureusement, pas contraint à cesser l'activité de son autre main. La caressant doucement d'un lent va-et-vient, il fit naître une série de gémissement ce qui obligea Éline à mettre fin au baiser, mais elle ne le laissa pas pour autant s'éloigner, car sa prise sur ses cheveux se resserrait au même rythme que son plaisir augmentait. Un plaisir qui en demandait plus.
Libérant une poigne de cheveux, elle plongea vers sa ceinture et ce ne fut pas long qu'il en fut débarrassé. Son pantalon tout comme ses sous-vêtements, devenus trop étroits depuis longtemps, se retrouvèrent au sol et Éline empoigna son membre durcit sans le moindre ménagement. Prit de court, Gaëtéo ne parvint pas à garder le rythme et interrompit son mouvement, l'esprit soudain confus par un brusque plaisir. Lorsqu'elle resserra sa prise tout en lui imposant un mouvement, ce fut bien pire et il retira ses doigts pour parvenir à rester en place. Elle se délecta de le voir peiner, car c’était bien là le seul moment où son époux délaissait le contrôle maladif qu'il exerçait sur tout ce qui l'entourait.
Il savoura un moment les exquises sensations qui le prenaient, râlant à chaque fois qu'elle exerçait une pression et expirant longuement pour contenir son envie de bouger, mais bien rapidement ses propres désirs rejoignirent ceux de sa femme. Lui empoignant la hanche d'une main, il pressa son sexe contre le sien alors que de l'autre il saisit son visage pour un autre baiser enflammer. Ondulant des hanches et griffant doucement son dos, Éline l’invitait clairement à passer à l'étape suivante.

Il la pénétra presque brutalement, mais le plaisir ressentit compensa rapidement la surprise qui lui avait arraché un hoquet. Les mains agrippées à ses hanches, il y alla de puissants coups de rein, n'épargnant aucune parcelle de son corps de ce mouvement qu'il lui imposait. Gémissante, sa partenaire s'agrippait à lui, enfonçant ses ongles dans sa chair et resserrant la prise de ses cuisses autour de ses hanches.
Le secrétaire s'avéra cependant bien peu adapté à leurs ébats. Ce fut donc avec déception que Gaëtéo imposa un temps d'arrêt – sans pour autant se retirer d'elle cela dit – afin de la soulever pour la déposer sur un divan. Il bénéficia ainsi d'une bien plus grande marge de manœuvre, autant dans l'angle de pénétration que dans les possibilités et la liberté manuelle que lui offraient la position couchée.

Ses coups de reins reprirent rapidement leur danse, sans lésiner sur la puissance et la profondeur, les cris de sa femme tonnant à chaque mouvement tout comme ses propres grondements. Les mains maintenant emmêlées dans ses cheveux, il l'embrassait malgré le fait qu'elle n'y mette pas autant de cœur que lui, les sensations qui la prenaient lui coupant le souffle et réquisitionnant sa voix. Obligée par la poigne de ses mains à le regarder dans les yeux, elle était perdue dans cette mer profonde et ne pouvait que se laisser emporter par ses vagues qui lui arrachaient des gémissements puissants à chacune de leur montée.
L'une de ses mains finit par libérer sa chevelure, mais ce soulagement ne dura pas longtemps. Agrippant la chair tendre de ses cuisses pour maintenir ses hanches à la bonne hauteur, son plaisir s'emballa brusquement et il y enfonça ses ongles afin d'assurer une meilleure prise et pour l'obliger à lui céder un peu plus de terrain. Cela lui arracha un cri qui paru attiser le désir de son époux, car il redoubla d'ardeur.
Ses cris se multiplièrent, suivant la cadence rapide de ses pénétrations. Finalement incapable de garder le contact visuel, elle se cabra sous lui, enlaça ses hanches et enfonça ses ongles dans sa peau. Les frissons annonçant le summum du plaisir la prirent et elle encouragea son époux de cris plus fébriles, de gémissements anticipatifs et de caresses presque violentes. Se pressant contre lui, elle savoura ses mouvements brusques et profonds qui augmentaient la force de ses contractions musculaires.

Lorsque l'orgasme la prit, elle fut incapable de crier. Sa bouche s'ouvrit sur un cri silencieux et ses jambes se contractèrent sans le moindre contrôle, tendis qu'elle enfonçait sa tête dans le divan.
Gaëtéo ne ralentit pas pour autant la cadence, poursuivant ses assauts et gardant ses doigts enfoncés dans sa peau ou emmêlés dans ses cheveux. Profitant du fait qu'elle dévoile sa gorge, il se redressa, libérant ainsi sa chevelure pour pouvoir prendre appui, et contempla sa poitrine si joliment offerte à sa vue.
Une fois son plaisir dissipé, elle plongea son regard dans le sien – non pas sans d'abord avoir eu à détourner son attention d'un aspect plus attrayant de son corps – avant d'échanger avec lui un sourire complice. Se redressant légèrement, elle rejoignit ses lèvres puis le poussa à se redresser complètement. Une fois à califourchon sur lui et bien installés contre le divan, elle prit les commandes tout en comprenant à la poigne qu'il exerça sur ses hanches, qu'il n'avait nullement l'intention de la laisser faire.

Elle le laissa initier la cadence, mais dès que de nouveaux frissons parcoururent ses cuisses et le bas de son ventre tout en lui comprimant l'estomac, elle se saisit de ses mains. Il protesta un instant, laissant s'échapper un grognement d'irritation, et tenta de conserver sa prise, mais elle se montra persuasive – ou fit plutôt diversion – en venant lui embrasser le cou et mordiller l'oreille. Sa résistance faiblit en même temps que ses halètements accélérèrent et elle parvint à lui faire glisser ses mains sur ses côtes, remontant lentement jusqu'à sa poitrine. Comme si son attention avait été détournée pour de bon, il s'engagea à la masser et à titiller ses mamelons, laissant enfin les rênes de son plaisir à sa femme.
Prenant appui sur le dossier, elle bougea sur lui, ondulant des hanches et contrôlant la profondeur de ses pénétrations, et profita amplement de cette liberté en trouvant l'angle et la vitesse les plus jouissifs. Gémissements et cris plaintifs reprirent de plus belle et, avec l'ardeur avec laquelle il pétrissait ses seins, elle n'en finissait plus de frissonner.

La froideur de sa salive la surprise lorsqu’il vint lécher sa peau, traçant de petits cercles froids sur sa clavicule, sa gorge et entre ses seins. Il dut cependant délaisser l'un d'eux pour pouvoir la maintenir contre lui, glissant le bout de ses doigts sur ses côtes et ses omoplates avant de s'appliquer à suivre la ligne creuse de sa colonne vertébrale jusqu'à ses lombes, sans pour autant se saisir de ses hanches – même si ses doigts se contractaient à chaque pénétration, elle savait qu'il la laisserait faire.
Avec sa langue, il refit le trajet inverse avant de revenir et de se diriger, cette fois, vers son mamelon qu'il reprit à nouveau en bouche pour le suçoter.

Ce fut suffisant pour déclencher une nouvelle vague de frisson, si forte qu'elle en fut presque douloureuse. Ses cuisses tremblaient, cherchant à se contractées sous l'effet du plaisir, et son bas-ventre était parcourut de picotement anticipatifs. Lorsque la main libre de son partenaire chemina lentement le long de ses hanches cependant, venant doucement se glisser entre eux pour s'immiscer entre ses lèvres humides et trouver la proéminence sensible qui s'y cachait, elle ne tint pas plus longtemps.
Sa voix tremblante monta dans les aigus, sa main gauche se contracta dans le tissu du dossier alors que la droite vint saisir presque violement les cheveux de Gaëtéo. Pressant son corps contre le sien et son visage contre son crâne, elle se laissa complètement submerger par le plaisir qui la prenait au corps, comprimant ses muscles jusqu'à leur point de tolérance et balayant la moindre pensée raisonnée de son esprit.
Retirant ses mains à cette étreinte, Gaëtéo les glissa dans son dos et la maintint contre lui. L'écoutant haleter de plaisir, il joignit sa voix à la sienne, plus grognements que réels gémissements, et poursuivit le mouvement qu'elle n'avait pas été apte à terminer.
Une fois sa raison retrouvée, Éline se redressa tant bien que mal, le corps toujours en convulsion, tremblant tant ses muscles avaient été sollicité, et tant la faiblesse les parcourait désormais. Elle sentit des doigts se glisser sur sa joue, ce qui l'incita à ouvrir les yeux et à plonger dans le regard salin qui lui faisait face. Une pression exercée à l'arrière de son cou l'encouragea à s'approcher et ses lèvres entrèrent en contact avec d'autres. Le baiser, contrairement aux précédents, fut étonnement doux et suave.

Comment avait-elle pu être en colère contre lui?



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Éline Telrunya
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Ven 28 Mar - 23:31

Loin d'eux avait été l'idée d'en rester là. S'étant transporté dans leur chambre, ils avaient reprit de plus belle en profitant, cette fois, d'un grand lit maintes fois malmené par le passé.
Gaëtéo n'était pas comme ses autres partenaires, d'abord – et c'était une évidence – parce qu'elle lui était mariée, ensuite parce qu’il avait énormément plus d'expérience aux vues de son âge et puis parce que, avec elle, il était brutal, presque sauvage. Fourbus de politesses vu son rang, les autres n'amenaient que de la tendresse – il en faut bien de temps à autres – et bien peu de piquant, besoin que comblait à merveille son époux.

Le soleil, par cet après-midi bien entamé, entrait par leur porte-fenêtre, venant imprimer sous ses paupières, une lueur orangée plutôt agressive. Soupirant de dépit, Éline se dit qu'elle devrait aller en fermer les rideaux, mais la lassitude qui l'enlaçait eut bientôt raison de sa volonté. Ses jambes étaient molles, son ventre battait au rythme d'une douleur sourde et pourtant agréable et son esprit lui paru tourner au ralentit. Portant sa main à son visage, elle frotta ses yeux avant de les ouvrir tout en gardant sa main pour se protéger.
Vive, la lumière l'éblouit malgré la chape d’ombre qui lui couvrait le visage. Traversant le verre d'une propreté immaculée, la lumière se réverbérait sur toutes les surfaces reluisantes qu'elle pouvait trouver : une boucle de métal, une dorure, un verre, même le bois pourtant foncé de son lit paraissait reluire. Ses draps blancs, quant à eux, ne faisaient rien pour arranger les choses, tant par leur clarté aveuglante que par l'ingénuité avec laquelle ils étaient parvenus à s'enrouler autour de son corps. Espérant fuir cette lumière si vive, elle s'engagea, avec le plus de lenteur possible, à rouler sur le dos, mais ce furent cette fois le lustre doré et couvert de millier de petits diamants et le marbre blanc du plafond qui s'attaquèrent à ses yeux.
Rien pour améliorer son humeur qui pourtant, quelques heures plus tôt, était en extase.

Glissant le regard sur Gaëtéo, couché sur le flanc à son côté, elle constata que lui, malgré la lumière, dormait toujours. Il fallait dire aussi que, tant qu'elle avait été couché sur le flanc, contre son ventre, elle lui avait servit de bouclier. Elle s'amusa un instant à bouger sa tête de façon à ce que la lumière lui tombe dans les yeux, mais, si ce n'est quelques légers grognements irrités et un mouvement de tête afin de retrouver l'ombre, il ne réagit pas, ne se réveilla pas.
Inconfortable, elle tenta de se défaire des tentacules de lin de s'enroulait autour d'elle, mais Gaëtéo protesta de nouveau en resserrant la prise qu'il exerçait sur son ventre par le bras qui l'enlaçait. Elle fut dès lors incapable de faire le moindre mouvement contestataire.

Elle resta donc un moment immobile, promenant son regard un peu partout, jouant avec la lumière en cherchant un coin d'ombre, un endroit où elle n'avait pas étendue son pouvoir, mais en vain. Pourquoi un vampire qui appréciait tant la noirceur avait-il fait en sorte que sa chambre soit la plus lumineuse possible, elle n'en avait pas la moindre idée. Seuls les montants du lit, gravés dans un chêne des plus solides – il le fallait bien –, étaient foncés, contrastant presque sauvagement avec le reste pourtant si clair de la pièce.

Elle se lassa bien vite de son jeu et ramena son attention à son époux. Ainsi assoupit, il était bien loin de représenter le vampire pourtant si dangereux qu'il incarnait. Ses traits étaient détendus, son sourire si caractéristique absent, son regard si bleu et sauvage fermé et même ses cheveux étaient en bataille. Tout pour le faire ressembler à un véritable homme. Un homme des plus innofensifs.
Mais il était loin de l'être, il fallait bien s'en souvenir.
Levant la main, elle vint délicatement caresser son visage, glissant ses doigts là où sa barbe commençait à poindre et délimitant la ligne abrupte de sa mâchoire. Un tic agita cette dernière et, surprise, Éline retira vivement sa main. Observant son visage un moment, elle fut rassurée en constatant qu'il ne se réveillait pas. Peut-être n'avait-ce été qu'une réaction à un rêve.

Rabaissant sa main, elle la déposa sur le bras qui enlaçait son ventre. Effleurant quelque chose de parcheminé, elle y porta vivement son regard. Sous ses doigts, les morsures qui creusaient l'avant-bras de son époux lui parurent peu ragoûtantes, lui tirant une moue de dégoût, et pourtant si fascinantes.

Elle en avait constaté la présence seulement trente ans plus tôt – et pourtant ils étaient mariés depuis près de cinquante ans – et elles lui paraissaient alors déjà anciennes. Pour l'une des rares fois de sa vie, Gaëtéo s'était fait violence lorsqu'elle l'avait interrogé et avait refusé de répondre ne serait-ce qu'à la plus simple des questions. Depuis, il se braquait lorsqu'elle osait simplement aborder le sujet et fuyait dès qu'elle avait l'audace de s'y intéresser de trop près. Ça ne faisait seulement qu’une dizaine d'année qu'il la laissait y toucher, mais, encore, il était réticent, éludait les questions, et se retirait à sa prise si elle leur accordait trop d'attention.
Une seule fois, elle avait eu l'occasion de lui soutirer des informations et c'était parce que la soirée avait été plutôt bien arrosée. Elle avait alors pu les compter – malgré le fait qu’elles s’enchevêtraient et que plusieurs se perdaient sous les autres – et constater qu'il y en avait près de soixante, sans compter celles qui, trop détériorées par les autres, ne transparaissaient plus. Soixante morsures sur un pan de peau ne faisant qu'à peine vingt centimètres de long pour dix de large. Elle avait aussi pu savoir qu'elles avaient toutes été pratiquées par la même personne – un vampire de toute évidence – et sur un laps de temps très court. Elle n'avait jamais su combien de jours, mais c'était certainement en moins d'une semaine.

Profitant du sommeil profond qui semblait prendre son époux, elle pu les inspecter à son aise, mais rien de nouveau ne semblait pouvoir en être tiré. Parcourant plusieurs d'entre elles du bout des doigts, elle chercha à en extirper des informations ou bien d'en tirer des conclusions qui, jamais, ne pourraient avoir de confirmation.
Las, elle déporta son attention à l'autre morsure. Parant, elle, la surface extérieure de son bras, elle était beaucoup plus profonde et marquée de marbrures prouvant que l’auteur avait secoué la tête, comme pour lui arracher un pan de peau.

Celle-là, elle le savait, lui avait été faite par Ghat, près de dix ans plus tôt. Il n'aurait jamais pu le lui cacher, car elle avait assisté et même participé à la scène avec horreur.
Éline était alors dans le jardin, marchant tranquillement en suivant le sentier, et elle était tombé sur le jeune, accroupit et geignant de douleur. Elle avait tenté d'intervenir, mais la lueur qu'elle avait décelée dans son regard lui avait amèrement rappelé celle de son époux lorsqu'il était avide de sang et elle avait comprit qu'il était aux prises avec sa première Rage de Sang. Il avait sentit sa peur… et s'était jeté sur elle. Gaëtéo était intervenu avant qu'il ne l'ait rattrapé et s'était ensuivit un combat père-fils des plus sanglants. Gaëtéo était fort et beaucoup plus sauvage que lui, mais Ghat était, lui, rapide et sa Rage de Sang avait décuplé sa férocité, son avidité et son entêtement. Il était parvenu à jeter son père au sol avant de plonger vers sa gorge et Gaëtéo n'avait pu que lui présenter son bras pour se protéger. Vu la façon dont il y avait planté ses crocs et celle qu'il avait eu de secouer sa prise, Gaëtéo aurait clairement pu y perdre son bras, mais son manque d'expérience et sa raison qui, à ce moment, se fichait complètement de comment il s'y prenait en autant qu'il morde, l'avaient sauvé, car il n'avait touché aucun tendon ni aucune veine d'importance. Seul les connaissances que possédaient Gaëtéo sur sa race lui avait permit d'en réchapper, car, en lui présentant clairement sa gorge, Ghat y avait vu l'occasion d'un meilleur repas et avait alors lâché sa prise, ce qui avait permit à son père de le maîtriser.
Plaçant deux de ses doigts sur les trous où s'étaient plantées ses canines, Éline se souvint du mal qu'elle avait eu pour le soigner. Il avait voulu le faire seul, mais, comme elle était difficilement accessible, il s'était finalement laissé convaincre. C'est à cette époque justement qu'il s'était décidé à la laisser toucher ses morsures, car elle n'avait pas eu le choix de le faire pour parvenir à soigner la plus fraîche d'entre elles.

Reportant son regard à son visage, elle constata ses yeux ouverts. Elle cessa brusquement son inspection et retint son souffle tout en lui faisant une moue du style « je n'ai rien fait ». Il n'y réagit pas, continuant de la regarder et Éline était sur le point de se demander s'il était réellement réveillé lorsque son mince sourire habituel fit son apparition. Expirant lentement, mais bruyamment par le nez, il retira son bras à sa prise et se tourna sur le dos.
Éline geignit, comme une enfant qu'on privait de son jouet, et se redressa pour poser son torse en travers du sien et rejoindre sa main qu'il se démenait à tenir hors de sa portée. Elle parvint à agripper son pouce et le tira triomphalement vers elle. Elle entendit un nouveau soupir nasal, mais il ne protesta pas plus et la laissa enfin à son plaisir.
Couchée en travers de son corps, elle joua avec sa main un moment, y emmêlant ses propres doigts, chatouillant sa paume et suivant ses lignes, avant de s'intéresser de nouveau à sa morsure.


- Qu'as-tu-fait avec Tarann? (Déportant son regard sur lui, Éline le regarda un moment, lui demandant visiblement de qui il parlait.) Le Dragon.
- Ah! Alors il a aussi un nom prononçable?! Lorsque je le lui ai demandé, il m’a donné celui de sa race. C’est totalement impossible de le traduire en mot. (Elle resta un moment pensive) C'est très joli, ça lui va bien. Nous avons prit un bain dans l'étang et puis nous avons déjeuné sous le saule.
- Pourquoi l'as-tu amené avec toi?
- As-tu déjà essayé de convaincre un Dragon de ne pas faire ce qui lui chante? C'est lui qui m'as suivit. Qui est monté sur mon cou. Et puis, je n'avais pas le cœur de lui refuser quoi que ce soit. Il est si mignon. On dirait un chat. (Il lâcha un faible rire moqueur) Quoi?! C'est vrai! Bon d'accord, il peut mordre plus fort et cracher du feu et peut être encore plus entêté, mais il reste quand même minuscule. Et il peut se transformer. Il est devenu un petit garçon et il en avait même le caractère. Il s'est jeté dans l'eau, ricana-t-elle, et, lorsque j'ai tenté de l'empêcher de me suivre, il m'a fait une moue, comme celle que m'aurait un enfant grondé. Ça m'a… fait du bien.

Il ne répondit pas, passant plutôt les doigts de son autre main dans ses cheveux alors qu'elle ramenait son attention à sa morsure pour éviter son regard. Elle resta un moment silencieuse et pensive. Évoquer ce sujet la mettait toujours dans tout ses états.
Ce sujet, en plus de l'attention particulière qu'elle donnait à sa morsure, lui en rappela un autre et, pour dissiper son trouble, elle se décida à l'évoquer.


- Ghat est passé hier. (Les doigts dans ses cheveux cessèrent leur mouvement) Il voulait te voir.

Comme les secondes s'étiraient et qu'elle n'avait toujours pas de réponse, elle reporta son attention sur lui et constata la colère qui transparaissait dans son regard. Rares étaient les fois où son fils était venu alors qu'il était absent et, souvent, ça s'était plutôt mal terminé. Gaëtéo parvint cependant à garder son calme et retrouva rapidement sa langue.

- Qu'est-ce qu'il a fait?
- Il est étonnamment resté calme. C'était bien la première fois qu'il y arrivait. Il a dit qu'il repasserait ce soir.
- Et?
- Et il est partit. Bastien ne m'a rien rapporté concernant son comportement alors je suppose qu'il est partit sans rien briser, renverser ou lancer sur son passage. Je crois que ta dernière remontrance a fait son chemin.
- Ça serait bien la première fois qu'il m'aura écouté.
- Ou bien il a vraiment eu peur,
dit-elle sans parvenir à contenir un sourire. (Elle hésita un moment, se mordant même la lèvre, avant d'ajouter : ) Il te ressemble de plus en plus. (Il tiqua) Tu auras beau me faire toutes les simagrées possibles, tu ne pourras jamais dire qu'il n'est pas ton fils.
- Il n'est pas mon fils.
- Rah, tu sais très bien ce que j'aie voulu dire. Écoute, ce soir, fais-moi une faveur : au lieu de rejeter catégoriquement tout ce qu'il va te dire, écoute-le et considère ses paroles. Tu ne sais jamais, il pourrait bien te proposer quelque chose d'intéressant. Et le rejeter simplement parce que tu refuses d'entendre quelque chose de vrai ne fera qu'empirer la situation. Tu sais qu'il est rancunier, plus que toi, et qu'il peut très bien te renvoyer la pareille et, pire encore, il peut être beaucoup plus entêté que toi, fit-elle en caressant sa blessure.

Il se retira à sa prise, non sans lui envoyer un regard mauvais, et refusa visiblement de lui répondre. Éline, comprenant par ce comportement qu'il ne rejetait pas son idée, laissa un sourire parer ses lèvres et se pencha vers lui pour déposer un baiser sur les siennes. Il lui répondit vigoureusement, comme si la précédente discussion n'avait jamais eu lieu, et reprit le manège de sa main qui était toujours perdue dans ses cheveux.

- Tu vas être gentil avec lui?

Elle n'eut droit qu'à un grognement de mécontentement en guise de réponse et son sourire refit surface. Elle se faisait un plaisir de profiter de privilèges que bien d'autre lui jalousaient : si quelqu’un d’autre avait eu le malheur de lui faire le même commentaire, il en aurait à coup sûr perdu sa tête.



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Ghat Armyan
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Sam 12 Avr - 5:11

Les galets cliquetaient sous ses pas. Le vent doux soufflait dans les feuilles. Les animaux laissaient entendre leur chant, emplissant le silence de bourdonnements, de fredonnements, de caquètement et de sifflements. Les bêtes diurnes laissaient leur place aux bêtes nocturnes : là le pas léger d'un renard qui se faufilait sous un buisson, ici les pas feutrés d'un lièvre qui se hâtait vers son terrier. Au loin, le hululement d'une chouette qui se mettait en chasse. Plus près, le bruissement d'un campagnol qui fuyait. Plus près encore le mugissement assourdit d'une proie. Sans doute le lièvre.

Des bruits pour le moins agaçants.
Ghat se hâtait vers la demeure blanche de son père. Le sentier du parc n'avait jamais été son chemin favori, mais c'était le plus court puisque sa demeure se tenait dans le quartier qui se trouvait au nord, par-delà le parc, et en faire le tour aurait été atrocement long et inutile. Pourquoi se fatiguer? Il n'avait jamais comprit pourquoi sa mère en avait toujours scrupuleusement fait le tour. Une porte d'entrée reste une porte d'entrée peu importe où elle est située. Pourquoi se contraindre à n'utiliser que celle qui se trouve devant? Bastien l'avait souvent réprimandé étant jeune, mais Ghat l'avait toujours ignoré. De quel droit ce serviteur lui donnait-il des ordres?

Le parc appartenait à son père depuis son mariage. Ghat n'avait comprit son geste que lorsqu'Éline l'y avait emmené faire une promenade plus qu'ennuyeuse lorsqu'il était jeune : il l'avait acheté pour elle. Tout s'était alors mit en place et il avait pu conforter son idée comme quoi il était ridicule de croire qu'un vampire s'était soudainement trouvé une conscience écologique. Les elfes, desquels Éline descendait, y trouvaient un plaisir grotesque. Qu'y avait-il de beau dans tout ça? Et qu'est-ce que le mot « beau » pouvait bien définir, au juste, en cet endroit? Les arbres? Ces choses dures, sèches, sans vie et qui montent vers le ciel avec arrogance? Les fleurs? Ces choses tout aussi sans vie, plus qu'éphémère, incroyablement fragiles et qui ne font rien de plus qu'attirer les insectes?

Ghat n'y comprenait rien et ne comptait pas changer son idée sur la question alors qu'il traversait ce lieu qui ne présentait pas le moindre intérêt. Il y entrait par l'ancien accès, car le parc était toujours accessible aux gens désireux de s'y perdre… et de servir de proie. Il y avait toujours des gens dans la première moitié, mais dès que le gigantesque saule – un arbre encore plus arrogant que les autres – était en vue, les sentiers étaient désertés.
La réputation de son père avait cela de bon.
Ghat avisa au loin un homme, un gigantesque molosse en laisse marchant à ses côtés. Il savait qu'il y en avait une vingtaine d'autre, patrouillant le secteur, la truffe au vent et localisant le moindre intrus. Son père, de toute évidence, les supportait, mais ils n'avaient pas intérêt à s'intéresser de trop près à sa demeure. Le gardien et son chien passèrent leur chemin, déviant même de leur trajectoire, comme pour ne pas avoir à croiser la sienne.

Il ignorait si c'était parce qu'ils s'étaient accoutumés à son odeur ou bien parce qu'ils avaient reçu l'ordre de ne pas lui porter attention, mais jamais l'un de ces gardiens ne s'étaient déjà approché de lui. Il avait toujours eu ce sentiment étrange qu'on l'évitait. Tel un fantôme, il était toujours parvenu à s'introduire dans la maison et à s'y promener à son bon plaisir, mais, si au départ il pensait que c'était grâce à ses habiletés et à une furtivité qu'il croyait singulière, il en était tout autre : les serviteurs l'ignoraient tout simplement. Il passait sous leurs yeux et jamais l'un d'eux n'avait posé le regard sur lui. Il n'avait pas d'existence.
Seul Bastien s'était déjà permit quelques écarts, mais Ghat avait toujours promptement remis son culot à sa place. Si tous les serviteurs le laissaient faire ce qu'il voulait, pourquoi – et de quel droit – lui l'en empêchait-il?

Un clapotis brusque et fort attira son attention. Ghat s'arrêta et promena son regard alentour, sondant les buissons et les branches à la recherche de ce qui avait osé causer un tel boucan et le tirer de ses pensées. La seule menace qui pouvait planer ici était la présence de son père, mais ce dernier n'aurait pas commis l'erreur de faire le moindre bruit. Se tranquillisant légèrement, Ghat reprit sa route en soupirant de colère. Peu importe ce que cela avait été, ça ne méritait pas son attention.
Un éclair blanc vint à nouveau le déranger et il tourna son regard bleu et colérique vers la source de cette nouvelle distraction. Quoi que cela soit, il avait suffisamment attiré son attention pour attiser sa colère. Déviant de sa route, il se glissa entre deux buissons et localisa la tâche blanche et lumineuse sur laquelle la lune se reflétait, rendant sa position plus que facile à déterminer. Le lieu devint rapidement familier. Il y avait souvent surprit Éline alors qu'elle s'adonnait à un bain de minuit et l'anticipation lui tira un sourire. Elle avait une peau si délicate et gracieuse.
Mais ce qu'il voyait là était d'une blancheur immaculée, bien loin du grain pourtant doré de la vampire, et son sourire se dissipa pour être remplacé par un tic de colère.

Un intrus. Un intrus qui avait passé les molosses et qui se permettait une baignade au vu et au su d'un éventuel passant. Une baignade dans l'étang de la Telrunya.
Le sang battait à ses tempes et ses sens s'affinèrent. Un repas ne serrait pas de refus avant son entretien qui promettait d'être pour le moins mouvementé. Tous ses entretiens avec son père l'étaient de toute façon.
Il s'approcha avec lenteur, tentant de voir par-delà les branches et les feuilles la proie à laquelle il avait affaire – un point de moins en faveur de ces arbres maudits. L'observant nager dans l'eau, Ghat nota qu'il s'agissait d'un homme chétif et, à l'odeur, il comprit qu'il n'avait jamais planté ses crocs dans l'un de ses congénères.
Un repas facile et goûteux? Pourquoi s'en priver?
Ghat poursuivit son observation, anticipant ses mouvements et prévoyant le moment et l'endroit où il pourrait passer à l'attaque. Soudainement, sa proie perdit de sa consistance. Ghat était persuadé qu'il s'était volatilisé, mais bientôt une bête au corps tout aussi blanc sortit de l'eau.

Un dragon. Voilà donc l'origine de son odeur si entêtante. Mais cela changeait toutes les données de la chasse et le forçait à revoir les possibilités. De toute évidence, malgré sa petitesse c'était un dragon assez âgé pour pouvoir changer aussi aisément de forme – car il venait à nouveau de le faire en devenant, cette fois, un petit garçon – et sa magie était une donnée aussi imprévisible que l'était l'esprit de son père.
Son repas gâché, il abandonna sa chasse et sortit de sa cachette, avançant vers l'intrus d'un pas brusque et les poings serrés. Il avait beau être un dragon, cela ne lui donnait pas l'autorisation de barboter de ce bassin.


- Eh! Le héla-t-il. Tu es sur un terrain privé. Des flaques d'eau, il y en a partout ailleurs! De quels droits te permets-tu de tremper tes écailles dans celle-ci?!



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Kirann Satmaer
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Lun 25 Aoû - 17:01

Un homme s'avança vers moi, sont odeur, la forme de son esprit, quelque chose chez lui ne m'était pas inconnue, pourtant j'étais certain de ne l'avoir jamais rencontré. Il me héla avec autan de politesse qu'une abomination... en même temps un mort ressuscité par le biais d'une altération magique a une excuse, pas lui. Mes cheveux d'enfant se hérissèrent et l'espace d'un instant ma gorge a feu s'anima, la tentation fut brève néanmoins.

Je ne connaissait pas tout les habitants de cette maison, après tout peut être était il l'un d'eux, il serait alors tout a fait concevable qu'il ne fasse que défendre sont territoire. Et puis sont air ne m'était pas inconnu... mais pourquoi ?

Prudent je décidais d’évité tout conflit diplomatique pour le moment.
Je me tournait donc vers l'homme et le saluait en m'inclinant respectueusement devant lui. Mon esprit se tendis vers le sien et le frôla avec prudence. L'homme était très tendu probablement en colère. Par ma faute ? Je lui adressait un message plein de quiétude : je n'était pas ici pour l’offenser, et si cet « flaque d'eau » était son territoire je n'était pas ici pour le lui revendiquer.

Je me redressait et le dévisageait avec curiosités, sa silhouette m'était en partie caché pas les arbres, je me mit donc en marche vers lui. Continuant a lui parlé a la manière des dragon, sans un mots, d'esprit a esprit : J'étais ici pour affaire avec Gaëtéo Fortnik, le propriétaires des lieux, j’étais sont hôtes le temps de la transaction. Et qui qu'il soit j’étais... intrigué de faire sa connaissances.

L'enfant frêle que j'étais esquissa un mince sourire de politesse qui s'étira pour dévoilé mes crocs quand soudain je réalisait, cet homme me faisait pensé a Gaëtéo Fortnik. Le lien de filiation maintenant me sautait au yeux. Maintenant que j'étais plus proche, je distinguait clairement son visage, ses yeux surtout. Le doute n'était plus possible. Je me figeait. Nous devions former un bien curieux tableau, lui grande et forte silhouette d'homme mature tapis dans la pénombre des arbres, moi frêle créature enfantine, scintillant sous la lumière de la lune. Je me sentit jaugé et quelque chose dans son attitude me donnât l'impression que mon odeur lui plaisait, je lui donnait faim ? Une partie de moi souhaita qu'il ai l'audace de s'en prendre a moi. Qu'il voie en moi une proie et non un adversaire ou un prédateur comme le bon sens aurais lui dictée. S'il m'attaquais j'aurais un prétexte pour me défoulé, pour faire passer ma frustration sur quelqu'un et ce en toute légitimités...

On se jaugea encore un instant, j'ignore quel pensée traversa sont esprit mais elles me semblèrent agitées, hésitantes. J'en profitais pour estimé s'il serait un adversaire a la hauteur. Compte-tenu de mon état de fatigue et si je prenait en compte les antécédent familiaux j'en concluait qu'il me serais certainement amusant de joué un peu avec lui... Mais... car il y avait un « Mais », s'il était de la famille je risquais de rompre le contrat qui unissais sont père a moi. Par prudence je laissait de coter ma frustration et après un sourire me détournait de lui. Sans pour autant omettre de le surveiller du coin de l’œil, curieux.

Etait-il le fils d’Éline ? Je ne trouvait rien en lui qui m'évoqua la puretés de ma dame. Le fils de Gaëtéo ? J’imaginai mal le vampire forniquer avec une autres après la scène de jalousie qu'il m'avait faite le matin même... Étrangement il semblai aimer Éline sincèrement... d'un amour déviant peut être mais d'amour tout de même. Et ce fait semblait être réciproque.


Mon esprit se tendit vers le jeune vampire, je fit l'effort de construire une phrase, ainsi peut être ressentirait il le besoin de répondre. J’étais curieux, mais je saurait tôt ou tard. Rien n'échappe a un dragon.
 Et vous qui êtes vous ?  
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Ghat Armyan
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Sam 30 Aoû - 7:03

Le dragon le regarda un moment, comme indécis ou insulté, mais Ghat n’en avait cure. Il était ici sur ses terres, peu importe la race à laquelle il appartenait, il n'avait pas le droit d'y mettre la moindre écaille. Les bras croisés et une expression coléreuse au visage, il attendait qu'il s'en aille.
Où croyait-il donc qu'il était? Cette forêt se tenait au beau milieu d'une ville, elle n'était donc pas sujette aux mêmes lois régissant ce qui se trouvait au-dehors de ses murs. Tout ce qui vivait ici, n'y était que parce que son père l'autorisait et tout ceux qui en enfreignaient les règles, le faisait à leurs propres risques.
Un sourire étira légèrement son visage lorsqu'il pensa qu'il aurait dû garder cette intrusion pour lui. Assurément que son père était assez fou pour s'attaquer à un dragon et il se dit que cela aurait sans doute été fort divertissant.
Dommage.

Tiré de ses pensées par une sensation familière, il braqua son regard bleu sur l'intrus. Élevé par un père télépathe, il en était venu à pouvoir détecter toute intrusion et à en bloquer l'accès à son esprit, mais ce dragon était foncièrement plus puissant que son père et il parvint sans mal à se glisser près de lui. Se sentant physiquement attaqué, il recula de quelques pas, non pas sans se défaire de sa mine patibulaire. L'offense venait de monter d'un cran et pire cela fut-il lorsqu’il eut le malheur de tenter de l'apaiser. Il n'avait que rarement ressentit ce genre de tentative d'amadouement et ça ne fit que s'amplifier sa colère.
On ne l'achète pas aussi aisément.

Jaugeant l'intrus de loin et contenant à peine son antipathie, il porta peu attention à ce qu'il comprit être des excuses. Une expression de dégoût para alors son visage, car non seulement s'avéra-t-il être un invité de son père – ce qui ne légitimait plus son intervention –, mais cette bête dite féroce et toute puissante se justifiait. Ne parvenant pas à dissimuler sa colère et son dégoût, il jaugea encore un moment cet intrus, qui n'en était visiblement pas un et qui se trouva curieux de sa présence.
Restant à distance et à moitié dissimulé dans l'ombre, Ghat s'interrogea un moment sur les raisons qui aurait poussées son père à faire affaire avec un dragon. Un dragon si petit de surcroit. Il avait connaissance des à-côtés de son père depuis longtemps, mais jamais il n'avait fait quoi que ce soit avec un être aussi peu commun sans se montrer… restrictif. Alors pourquoi ce dragon se trouvait-il dans cet étang et sans la moindre personne pour le surveiller?
Une seule raison possible : il était là de son plein gré.
Mais encore une question se posait : qu'est-ce qu'un dragon pouvait-il bien trouver à demander à un scientomage?
L’esprit de Ghat s'éparpilla dès lors, plusieurs questions et réponses s'embranchant les unes aux autres dans un fouillis tel qu'il s'y perdit lui-même et en oublia où il était et pourquoi.

Ce fut une intrusion dans sa dérive mentale qui l'en tira, telle une bouée lancée par un insecte. Recouvrant la vue et son expression dégoûtée, il reporta son attention au dragon. Celui-ci avait osé se détourner de lui et se montrer vulnérable. Pour qui le prenait-il, d'abord pour croire qu'il était assez stupide pour y voir une opportunité d'attaque et ensuite pour se permettre de poser une telle question? S’imaginait-il qu'il allait fraterniser?
Restant d'abord muet face une telle absurdité, il jaugea les options qui s'offraient à lui. La première idée qui lui vint à l'esprit fut de quitter les lieux séance tenante. L'intrus s'avérant être un invité, son intervention n'avait donc plus le moindre intérêt. Tout comme l'était la possible discussion qui aurait pu découdre d'une telle question. Mais sa présence restait une réelle curiosité. Son odeur grisante lui agressait toujours les narines et son apparence était plus qu'inusité. Qu'est-ce que son père avait bien pu avoir à lui offrir et surtout qu'avait eu à donner cette créature pour qu'il accepte?
La curiosité l'emportant, il se décida à jouer les hôtes. Il ne parvint malheureusement pas à se défaire de son sentiment de colère et d'agression, lesquels transparaissaient toujours dans sa posture défensive, ses bras croisés et le fait qu'il refusait de quitter l'ombre des arbres.


- Je suis Ghat Fotnik, fils du propriétaire des lieux. Je suis navré de mon excès de zèle, mais mon père ne tolère pas les intrusions. Je dois en revanche m'avouer curieux à mon tour de savoir qui vous êtes et ce qui vous amène ici.



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Kirann Satmaer
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Dim 1 Fév - 16:44

Le vent se levais, signe pour moi qu'il était temps rentrer.
Je m'inclinais une nouvelle fois devant le fils du scientomage. Je l'informait que je parvenais a comprendre sa réaction. E puisqu'il me semblais que nous allons dans la même direction, autant faire le chemin ensemble.
D'un geste je l'invitais a me suivre, tout en prenant le chemin du retour vers le manoir.
Je lui donnais un des noms que j'utilisais le plus couramment, Tarann, et répondais au sujet de ma présence en ses lieux, d'une manière évasive mais claires, c'était mes affaires et celle du scientomage pour le moment, mais je répondrais volontiers a ces questions une fois la transaction terminée. Le secret des affaires... il devais être en mesure de comprendre.
Par la suite j'abandonnais assez vite tout espoir de discutions construite et solide, le jeune homme n'étant visiblement pas d'humeur.


Nous entrâmes dans la maison ou je m'éclipsait poliment, avec la ferme intention de regagner mes quartiers. Une fois a l'étage je tendis l'oreille, en bas, le jeune vampire semblais s'agiter nerveusement. Pourquoi était-il si... énervé... fâcher... furieux même... que lui était-il arriver ?
Tien... Bastien, n'était toujours pas venus a sa rencontre, étrange. Je m'arrêtait quelques minutes dans le couloir, les sens au aguets. Non Bastien ne semblait pas être là, personne en vérité ne semblais s’être aperçu de la présence du garçon au rez de chaussez. Une voie non loin de moi éveillât mon attention. Eline...


J'allais jusqu'à la porte qui nous séparais et l'ouvrais.
Ils était là, Gaëtéo et elle, blottit l'un contre l'autre dans ce qui devait être une preuve de tendresse. Mon visage d'enfant s'illumina a la vue de ma dame. Je lui adressais un sourire radieux en m'avançant d'un pas dans la pièce. Mon esprit vint se blottir contre le sien, tell un chat en manque d'affection, puis mon esprit partit en quête de celui du scientomage que je trouvais sans peine. Je leur transmettait a tout deux l'image de jeune homme entrant dans la maison et attendant là, en bas. Personne n'allais s'en occuper ?
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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Dim 1 Mar - 22:49

Le contact était désagréable. Ses plaies ayant très mal cicatrisées, des nerfs s'étant trouvé sous le derme avaient migré vers la surface sans pour autant que son cerveau n'assimile leur déplacement. C’était donc, à certains moments, comme si elle touchait l'intérieur de son bras alors qu'à d'autres il percevait son contact, mais sans plus, pas de chaleur, pas de vibrations dues aux dermatoglyphes de ses doigts, il savait seulement qu'elle le touchait.

En ouvrant les yeux, il la vit qui s'intriguait à nouveau de ses plaies. Que pouvait-elle bien leur trouver? Ce n'était que des trous dans sa peau, il n'y avait là rien de beau ou de mystérieux. Et pourtant elle s’y intéressait dès qu'elle le pouvait, comme si simplement les regarder pouvait répondre aux interrogations qui la tiraillaient.
Elle ignorait cependant que la seule façon pour elle de satisfaire sa curiosité était d'admettre qu'il avait eu raison.

Elle se tourna soudainement vers lui, se rendant du même coup compte qu'il la regardait. Cet air innocent qu'elle se donna n’arrangeait rien à sa situation. Elle savait qu'il détestait qu'elle le touche à cet endroit… et pourtant, il ne parvenait pas à lui en vouloir. C’était inexplicable. Pourquoi n'arrivait-il pas à se mettre en colère contre elle? Pourquoi acceptait-il d'elle autant d'écart de conduite? Elle était le grand mystère de son existence et c'était sans doute pour cette même raison qu'il se montrait autant protecteur.
Il n'avait fait montre d’un tel comportement qu'envers une seule autre personne par le passé.

Un éclat de lumière se refléta dans ses yeux, le tirant de ses réflexions. Expirant bruyamment, il se défit de sa prise et se tourna sur le dos, mais elle protesta et grimpa sur lui pour s'emparer à nouveau de sa main. Il regimba, plus pour s'amuser de la voir se démener que par réelle exaspération. Lorsqu'elle se fut à nouveau saisit de sa main, elle fut si enthousiaste qu'il en oublia son irritation et la regarda s'amuser à suivre les lignes de sa main.
Son regard glissa de son visage vers son cou et en observer la courbe lui rappela ce qui s’y agrippait quelques heures plus tôt. Sachant que si Tarann l'avait suivis au cachot c’était certainement parce qu’ils avaient sommairement familiarisé, il l'interrogea sur leur rencontre et activités. Lorsqu'elle évoqua le fait qu’il prenait la forme d'un enfant et que cela lui avait fait du bien, il vit ce qui lui semblait être de la mélancolie sur son visage. N’ayant jamais eu et ne pouvant plus avoir elle-même de progéniture, il parvenait parfaitement bien à concevoir pourquoi elle se trouvait affectée par de telles pensées, malgré qu'il n'ait lui-même jamais expérimenté ou même comprit cette émotion par le passé. Ne trouvant rien à y répondre, mais sachant que certains gestes physiques pouvaient inexplicablement apaiser certaines douleurs de l'esprit, il vint glisser les doigts de son autre main dans ses cheveux. Cela sembla avoir un effet sur son humeur, car il perçu un changement dans sa fréquence cardiaque, son corps étant suffisamment appuyé contre le sien pour qu'il s'en rende compte.

Ils restèrent ainsi un court instant, dans ce qui devait être considéré comme étant un moment agréable.
Il ne fallut cependant que le premier mot de ce qu'elle croyait être le début d'une banale conversation pour le gâcher. Des images et des pensées variées déboulèrent dans son esprit, malmenant sa concentration et faisant remonter des émotions qu’il aimait peu ressentir, principalement parce qu'il ne les comprenait pas. Il parvint cependant à dompter ces indésirables et à trouver quelque chose à répondre. La conversation n'importait pas, il y portait même une attention minime, son esprit étant plutôt concentré sur un simple fait : Ghat était venu sur son territoire en son absence.

Ce garçon avait toujours représenté un problème. Sa mère ayant voulu lui forcer la main, il s’était immiscer dans son existence tel un parasite. Il avait toujours tenté de l'ignorer, de le laisser aller et venir comme bon lui semblait, d'obliger ses serviteurs à faire comme s’il n'existait pas, mais le garçon avait prit ces agissements comme une approbation silencieuse. Il se pavanait en prétendant être ce qu'il n'était pas, en prenant des libertés qu'il n'avait pas et en croyant avoir des privilèges qu'il ne possédait pas.

Et Éline en rajouta en affirmant qu'il lui ressemblait. Un tic mauvais agita sa mâchoire, mais sans plus. Son esprit s'en vit cependant plus affecté. Bouillonnant de colère, il ne savait plus où donner de la tête tant les idées, pensées et souvenirs se mélangeaient. Il sentit même sa fréquence cardiaque s'accélérer.
Le discourt d'Éline se dirigea ensuite dans une direction qui lui plaisait peu. Elle semblait parler de la prochaine visite de Ghat comme s'il allait réellement aller à sa rencontre. Il la laissa tenter de le raisonner sans réellement avoir l'intention de suivre ses indications jusqu'à ce qu'elle effleure ses cicatrices, comme si ses mots référaient directement à l'incident qui lui avait laissé l'une de ses marques. Il retira vivement sa main de sa prise et lui rendit un regard qui reflétait assurément la colère qui régnait dans son esprit.

Ils se regardèrent ainsi sans parler pendant un court moment puis elle se pencha vers lui et l'embrassa. Son esprit retrouva soudainement le calme, changeant radicalement d’état. Passant de la colère à l'envie, il répondit à son baiser en reprenant le manège de sa main dans ses cheveux (mouvement dont il n'avait même pas remarqué l'immobilité). Descendant vers sa nuque pour augmenter l'ardeur de son baisé, il s'étonna à nouveau de la délicatesse de sa peau, laquelle lui donna l'impression d’effleurer du lin.
Il était sur le point de se saisir de ses cheveux lorsqu'elle évoqua de nouveau le gêneur. Il s'en vit très irrité et pourtant, plutôt que de lui renvoyer sa réplique au visage, il ne fit que grogner de mécontentement avant de poursuivre son activité. Elle parue étrangement s'en amuser, car il cru percevoir un sourire sur ses lèvres.

Ils restèrent ainsi un long moment, s'embrassant, se touchant, s'effleurant et anticipant, mais sans plus. Il tenta une fois de la faire rouler sur le dos, mais elle se montra particulièrement combative et parvint à garder le dessus. Il savait parfaitement qu'elle avait conscience qu'il se laissait faire, mais ce n'était assurément pas pour les raisons qu'elle croyait. Il ne jouait pas à un jeu amoureux quelconque, ça serait totalement absurde, non il s'intéressait plutôt à son état.
Il savait par Bastien qu'elle ne s'était pas abreuvée depuis un bon moment et, qu'étant donné sa bien vilaine tendance à « oublier » ces derniers temps, il savait qu'elle ne tarderait pas à craquer. C’était à chaque fois la même chose : elle buvait à satiété pendant plusieurs mois, voire des années, et puis soudainement elle arrêtait, elle refusait tout offre ou tentative de la part de Bastien et plus l'écart se faisait grand, plus violente elle se faisait.
Ce n'était pas un caprice, elle n'arrêtait pas parce qu'elle se rebellait contre sa nature, car il savait qu'elle en avait acceptée la part sanglante depuis longtemps. Non, ce qui la poussait à arrêter était le manque de violence. De par son côté elfique, elle avait une tendance naturelle vers la bonté, mais le cadeau qu'il lui avait fait corrompait cette part. En n'acceptant de ne boire que ce qui se présentait dans un verre, elle croyait pouvoir s'en préserver, mais à chaque fois, l'envie de violence revenait à la charge et, inconsciemment, elle se mettait en quête d'une proie. Elle parvenait à se maîtriser à merveille, à se dire qu'elle refusait de boire parce qu'elle n'avait pas soif, mais inévitablement elle regardait le buffet avec une envie grandissante.
Et la seule façon de la ramener à la raison était de la pousser dans ses retranchements et de lui faire mordre une gorge. La sienne autrement dit, car elle ne se pardonnerait pas tout autre repas.

La porte s'ouvrit, interrompant ainsi leur activité dans un moment des plus inopportuns. Ne cachant point son irritation, il y porta son attention tout comme Éline et ce qu'il découvrit le mit plus encore en colère que s'il s'était agit de Bastien. Tarann venait d'entrer sur son territoire. Pire encore, il fit montre d'audace en venant effleurer l'esprit d'Éline en sa présence. Il sentit un pincement sur le torse et il y porta vivement son attention, interrompant ainsi son grognement. Éline venait de le taper gentiment sur le torse, comme pour le ramener à l'ordre, mais si ce n'est lui renvoyer son regard irrité, il retourna rapidement s'intéresser à l'intrus et repris son grondement menaçant.
Celui-ci n’aurait pu empirer son cas autrement qu'en lui envoyant une image de Ghat directement dans le crâne. Son grognement se transforma en sifflement et il fit mine de se lever sans quitter l'intrus des yeux, mais quelque chose le retint. Une attaque physique sur son torse qui pratiqua cinq points de compression. Il fit un brusque mouvement pour s’en défaire, mais au moment où il allait se saisir de la gorge de son assaillant, il plongea son regard dans le sien.

Des yeux gris. Pas aussi violent que le bleu. Pas aussi doux que le vert. Quelque chose de neutre, presqu’aussi froid que la glace, mais aussi immuable que la pierre. Il sentit un frottement contre sa joue râpeuse. Des doigts délicats. Il entendit une voix au travers sa colère. La seule chose qui parvenait à lui faire comprendre ce qu'était réellement une émotion.


- … ignore nos conventions. Et puis tu ne vas quand même pas te priver d’un sujet aussi intéressant pour une bagatelle? (Il ne répondit pas, son esprit soudainement calme et presque inerte) Allez, tu m’as promis que tu irais au moins le voir, dit-elle en se levant.

Les raisons de sa réaction lui revinrent brusquement à l’esprit et il rechigna, mais la voir, nue, se lever et se diriger vers sa garde-robe, lui changea à nouveau les idées. Ne portant aucunement attention à ce qu'elle faisait, il la regarda, sa peau claire et douce brillant sous la lumière, ses cheveux d’ébène aussi plat que son ventre.
Comment une créature pouvait-elle être aussi belle?
Recevoir un vêtement au visage interrompit le cours de sa pensée. Un rire clair l'accompagna tout comme la pression qui s'exerça sur son poignet.


- Allez, debout. Et enfile ça, ordonna-t-elle en lui tendant une paire de pantalon.

Il soupira, visiblement peu enchanté de se faire ainsi donner des ordres, mais il voyait le bien fondé d’une telle rencontre. Ayant toujours repoussé ses tentatives de familiarisations en supposant qu'il allait finir par abandonner, n’avait visiblement pas fonctionné et peut-être, enfin, obtenir un entretien digne de ce nom – puisqu'ils en avaient déjà eu, mais jamais Gaëtéo ne lui avait fait le plaisir de l’écouter – lui ferait entendre raison. (Ou était-ce plutôt sa femme qui le manipulait pour qu'il le fasse?)
Ce fil de pensée prit fin au moment où Éline lui enfilait son manteau sur les épaules. Toujours aussi divinement nue, elle vint placer l'avant de son manteau, évitant consciencieusement les yeux bleus posés sur elle. Dès qu'elle eu le malheur de les élever, il vint lui voler un baiser.
Elle le manipulait définitivement.
Dès que leurs lèvres se quittèrent, elle se tourna vers celui dont il avait totalement oublié la présence.


- Je vais amener notre invité pour le repas du soir, pendant que toi, dit-elle en revenant vers lui et en posant son doigt sur son torse, tu vas voir ton fils.

Sa mâchoire se crispa et ses yeux brillèrent de colère, mais sans plus. Il vint déplaça une mèche de cheveux de son front avant d’y poser un baiser et de quitter la pièce sans même jeter un regard au dragon. Une émotion identifiable, non pas parce qu'il la comprenait, mais parce qu'il la ressentait à toutes les fois où il la laisser avec d'autres, le prit soudainement au corps.
La jalousie était un bien vilain défaut… surtout lorsqu’on ne la comprenait pas.




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Ghat Armyan
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Lun 27 Juil - 5:22

L’irritation de Ghat ne faisait que grandir, le dragon continuant d’être trop complaisant à son goût et tentant un peu trop de familiariser avec lui. Il ne pouvait d’ailleurs pas se défaire de son expression de dégoût, laquelle semblait faire désormais partie intégrante de son visage. Il ne put cependant réprimer son soulagement lorsqu’il l’informa qu’il devait partir… avant de l’inviter à faire le chemin avec lui. Acceptant à contrecœur, il l'invita à prendre les devants.
Une fois à l’intérieur du manoir, il fut enfin débarrassé de lui, le dragon se dirigeant vers l’étage, visiblement pressé. Ghat ne s’en formalisa pas le moins du monde et, l'idée même d'avoir conversé avec lui se dissipant dans son esprit, se dirigea vers le bureau de son père. Les pièces et les décorations filaient devant lui, comme faisant partie d’un décor brouillé auquel il ne portait qu’une attention minime.
Le peu de lucidité qu’il avait était toute portée sur la rencontre prochaine qu’il aurait avec son père. Il savait pertinemment qu’il perdait son temps, que, comme à toutes les fois où il avait tenté une approche, son père l'avait repoussé ou purement ignoré. Il avait souvent passé plusieurs heures à attendre dans son bureau à guetter en vain le bruit de ses pas, mais il n’avait pas l’intention de céder à son ignorance. Peu importe le nombre d’heures qu’il aurait à attendre, il allait devoir finir par l’entendre.
Son fil de pensée prit fin lorsque Bastien entra dans la pièce. Prenant un moment pour réaliser qu’il se trouvait dans le bureau – et ce depuis un bon moment déjà –, il fit face à l’homme, son visage exprimant une émotion se situant entre l'affront et la colère.
- Bien le bonjour, jeune homme, dit-il en s’inclinant légèrement. Puis-je connaître la raison de votre visite?
- Tu n’as qu’à lui dire que ça concerne ma mère,
 lâcha-t-il méchamment en faisant un signe dédaigneux de la main.
- Bien sûr. Puis-je vous offrir un rafraîchissement en attendant?
- Oui. Du vin.

Bastien acquiesça et s’exécuta rapidement avant de prestement quitter la pièce. Ayant bien rarement l’occasion de tremper ses lèvres dans un liquide aussi divin, il n’hésitait pas à en profiter lorsqu’il s’invitait dans les riches appartements de son père.
Une fois qu’il se fut rassit, il perdit de nouveau son regard dans les splendides plaintes décorant les contours de ses fenêtres. Dorures sur murs bordeaux et encadrés de fines tentures de lin blanc, il était loin de pouvoir s’offrir décorations aussi extravagantes. Le grand bureau en chêne foncé, les bibliothèques remplies de livres divers, les fauteuils, la méridienne et le foyer immense et entouré d’un manteau en marbre blanc et doré, tout cela pour lui rappeler que son père le détestait. Même le tapis était tissé avec des fibres qu’il était même loin de pouvoir s’offrir.
Il n’avait jamais compris le dégoût que son père ressentait à son égard. Oui, il était le produit d’une relation extra-conjugale, mais cela l’obligeait-il à le détester autant? Même Éline ne ressentait pas autant de haine, il avait même déjà vu de la pitié dans son regard. Mais son père… ne voulait absolument rien avoir à faire avec lui, refusait de le reconnaître et acceptait encore moins de voir sa mère. Leur relation avait pourtant durée quelques mois et sa mère lui avait dit à quel point ils s’étaient bien entendu, mais dès qu’elle lui avait annoncé la nouvelle de sa venue, ça s'était envenimé, Gaëtéo refusant de la voir, de lui parler ou même de simplement la regarder. Il y avait une véritable guerre entre eux depuis sa naissance et le champ de bataille c’était lui.

Un bruit de pas le ramena au moment présent. Persuadé qu’il s'agissait de Bastien et qu’il venait lui dire que son père ne viendrait pas le voir, il soupira et termina son verre avant de se lever du fauteuil dans lequel il s’était assis.
Lorsque la porte s’ouvrit cependant, il s'immobilisa, comme tétanisé. Gaëtéo se tenait là, devant lui et tout aussi immobile, le fixant, le jaugeant avec cet air de dégoût qu’il lui connaissait bien. Ils restèrent ainsi un long moment, comme cherchant à déterminer qui bougerait le premier. Ce fut Gaëtéo, lequel, brisant le contact visuel, fit le tour des fauteuils en passant près des fenêtres pour venir se mettre derrière son bureau et se verser un verre de vin.
Le silence prit racine entre eux, comme il l’avait toujours fait, Ghat observant son père, comme ne sachant que dire et Gaëtéo évitant soigneusement de poser à nouveau le regard sur son fils. Ils restèrent longtemps ainsi, la situation énervant et mettant mal-à-l’aise le fils, mais laissant peu réactif le père. Gaëtéo ne semblait tout simplement pas vouloir initier la conversation, buvant son verre à petite gorgée et s’installant bien confortablement dans son siège, glissant son regard sur la pièce et s’intéressant le moins du monde au garçon nerveux se tenant au milieu de la pièce.
Celui-ci finit cependant par prendre son courage à deux mains et, inspirant profondément, il cracha plus qu'il ne prononça les mots qui se bousculaient dans son crâne.

- Je suis heureux que vous ayez enfin accepté de me rencontrer. (Comme il ne recevait aucune réponse, ni même un regard, il poursuivit : ) Comme vous le savez ma mère est malade et ne peux plus travailler comme elle l’a toujours fait…
- Viens-en au fait.

Les mots avait été lancés avec tant de hargne, que Ghat sentit la rage lui prendre la gorge, le tétanisant un court instant. Il parvint néanmoins à rapidement reprendre contenance, mais il ne put cacher la colère dans sa voix.
- Je souhaiterais que vous veniez l’examiner. Elle ne peut plus se déplacer et…
- Ton entreprise est peu rentable et je doute que tu ais même les moyens de te payer mes services si tu doublais ta rentabilité. Ta mère encore moins puisqu'elle croule sous les dettes à force de me harceler. Et sa maladie la prend depuis plusieurs années. Je ne m’intéresse pas à la chronicité. Ta mère n’a donc ni les fonds ni suffisamment d’intérêts pour que son cas vaille la peine que je me déplace.
(Il se décida enfin à poser son regard bleu sur lui) Nous savons tous les deux que cela n’est pas la réelle raison de ta visite. Tu savais pertinemment que j'allais refuser.
Tétanisé, autant par la peur que la colère, Ghat ne sut que dire. Jamais il ne s’était autant sentit vulnérable qu’en sa présence, il dégageait une telle énergie qu’il se sentait diminué, surplombé par des émotions aussi violentes et primitives que les siennes. Prenant une profonde inspiration, il souhaita que son père ais au moins la courtoisie de juger ses arguments et de ne pas les balayer sans même les avoir écouté.
- Vous êtes mon père. Et de ce fait je souhaite que vous officialisiez notre filiation.
La rage qui apparue dans ses yeux lui fit regretter ses mots.



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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Mar 28 Juil - 0:59

Énervé était un faible mot pour décrire son état émotionnel. Marchant rapidement vers son bureau, Gaëtéo respirait fort pour se calmer et serrait les poings, la douleur de ses ongles dans sa peau dissimulant légèrement la raison d’un tel emportement.
Même Bastien qui venait vers lui, visiblement pour lui annoncer la présence de son ignare rejeton, fit un pas de côté et évita consciencieusement de croiser son regard ou de prononcer le moindre mot. Ça tête y aurait probablement passé.
Son esprit en conflit, il bouillonnait tant les images et les idées s'y bousculaient sans ordres, son attention passant d’un souvenir désagréable à une idée saugrenue, d’une image montrant un sourire sibyllin à un sentiment de trahison. La cacophonie qui régnait dans son crâne prit cependant fin lorsqu'il entra dans la pièce.

Se tenant au milieu de celle-ci, un jeune homme bien mit lui faisait face. Ils restèrent ainsi de longues secondes, à s’observer silencieusement, l’esprit de Gaëtéo soudainement amorphe. Plus rien ne s’y passait, c’était comme si son esprit avait tout simplement cessé de fonctionné, le brouillard l'ayant assaillit plus tôt devenant soudainement plus opaque. Il en reprit néanmoins le contrôle et, se détournant du regard surprit et inquisiteur du garçon, il s'employa à le contourner, se dirigeant prestement vers son bureau, auquel il prit le temps de se verser un verre de vin.
Prenant place dans son siège, il but son verre à petites gorgées, s’intéressant aux missives et rapports jonchant son bureau et évitant minutieusement de poser à nouveau les yeux sur son erreur. Celle-ci fit cependant état de sa présence en s’approchant et en prononçant quelques mots. Gaëtéo ne lui fit pas le plaisir de répondre, continuant de siroter son verre et laissant le silence s’étirer à nouveau entre eux. La phrase suivante anima sa colère, car elle faisait état de la lenteur avec laquelle le garçon énonçait sa demande. Le pressant donc d’en arriver aux faits au plus vite, il s’étonna lui-même d’avoir la patience de l’écouter.
C’était très étrange. Analysant la situation, il se surprit à avoir fait preuve de neutralité à son égard. C’était bien plus que ce que bien des gens avaient pu s’offrir, la plupart se méritant son dégoût et son arrogance ou son respect dans de rares cas. Oui, il avait exprimé du dégoût et de la colère lorsqu'il avait posé les yeux sur lui, mais sans plus, lesdites émotions s’étant dissipées au moment où il s’était détourné de lui.

Il fut tiré de sa réflexion par la demande presque impérative du garçon, laquelle lui tira un faible et fugace sourire. Le prenait-il réellement pour un imbécile? Lui renvoyant prestement sa requête au visage, il se surprit de lui offrir une nouvelle occasion de se montrer honnête et de lui dire ce qu’il voulait.
Ne voyait-il donc pas la chance qu’il avait?
Ils se jaugèrent encore un instant, l'irritation prenant peu à peu le pas dans son esprit. Il vit cependant la peur envahir celui du garçon, ce qui lui fit comprendre que sa requête était bien plus personnelle. Il prit donc les devants en attisant sa colère, connaissant désormais les réels tenants de sa requête. Ce n'est cependant que lorsque les mots fusèrent d'entre ses lèvres qu'il explosa.

Sa colère fut telle que le verre qu’il tenait en main éclata, que sa mâchoire se crispa si fort qu’il en avait du mal à respirer et que son esprit perdit toute notion de retenue. Sa vision se rétrécit au point où il ne vit plus que le visage du garçon. Que ses yeux bleus qui ressemblaient tant aux siens.
Se détournant prestement, il parvint étonnement à garder un semblant de contrôle, sa respiration se faisant malgré tout avec difficulté et son esprit bouillonnant et l’empêchant de façonner une pensée cohérente. La douleur même du verre dans sa chair ne suffit pas à le ramener à la raison. Posant ses bras sur le bureau, il s'y pencha un moment pour prendre de profondes inspirations.

Le silence s'étira à nouveau entre eux, mais il semblait maintenant plutôt être le résultat de la surprise de Ghat et de la confusion de Gaëtéo que d’une tension quelconque. Une fois que ce dernier eut retrouvé ses esprits, il inspira profondément et se redressa pour plonger à nouveau ses yeux dans ceux de son fils. Ils échangèrent un long regard provocateur.

- Tu n’es pas mon fils.
Ce fut au tour de Ghat de se mettre en colère, mais il resta modeste dans son expression, ne faisant que visiblement serrer les poings. Il se leva d’un bond et cracha sa tirade comme un discourt maint fois répété.
- Cessez donc de vous voiler la face! Je le sais, vous le savez, ma mère le sait! Bon sang toute la ville le sait, mais vous êtes le seul à ne pas vouloir l'admettre! Pourquoi?! Pourquoi me rejetez-vous ainsi?! Vous n’avez pas d’autres fils, ou tout le moins, pas d’autres qui vous soient suffisamment affilié pour réclamer leur dû! Et vous n’en aurez pas d’autres! Votre épouse…!

Il fut stoppé net dans sa tirade lorsque Gaëtéo plongea par-dessus son bureau et sauta sur lui, l’agrippant par la gorge de sa main intacte et le projetant au sol. L’y tenant toujours par la gorge et posant son genoux en travers de son torse, il l’empêcha, d’une seule main, de bouger. Semblant comprendre la menace lorsque le regard bleu de Gaëtéo se retrouva à quelques centimètres de son nez, il cessa de se débattre. Il était allé trop loin.
Plus rien n'existait. Il n'y avait plus que la peau chaude et battante qu’il tenait entre ses doigts et la phrase laissée en suspend qui roulait dans son crâne.
Il n’avait pas besoin qu’on lui rappelle une erreur de plus.

- Tu n'es qu'un enfant ignorant et la personne la plus imbue et sotte que j'ai rencontrée dans ma vie, lui cracha-t-il au visage. Ta mère n'était de passage dans mon existence que pour réchauffer mon lit et ta simple venue au monde est une insulte à mon nom, dit-il en approchant son visage du sien à tel point qu'il ne voyait plus que le bleu de ses yeux. Ta mère a fait l'erreur de te le donner et je me demande même pourquoi je n'ai pas mit fin à son existence pour un tel affront. Elle n'est rien. Ne vaux rien. Et toi non plus. Tu ne respires encore que parce que je le veux bien. Tu n'es pas mon fils et tu ne le seras jamais.

Le garçon était de toute évidence sous le choc, incapable de répondre ou même de seulement détourner le regard. Gaëtéo ne put cependant réprimer son grognement lorsque, après avoir chercher son air, il osa prononcer une réplique.
- Pourquoi? Peina-t-il à exhaler. Pourquoi me laisser... en vie dans ce cas? Si je vous procure une telle honte?
Gaëtéo resta un long moment sans répondre et lorsque les mots sortirent de sa bouche, ils ne contenaient pas les éléments qui aurait satisfait le garçon.
- Vas-t’en, siffla-t-il. Avant que je ne change d'avis.

Relâchant enfin sa prise, le garçon prit une profonde inspiration douloureuse, lequel le laissa toussotant sur le sol. Gaëtéo se leva et s'éloigna avant de lui tourner le dos.
- Je vous en prie, fit-il en se levant, sa main sur sa gorge pour en dissiper la douleur. Je… je ne souhaite que votre reconnaissance. Je n’en veux pas à vos richesses ou même à un quelconque sentiment d’attachement de votre part. Je veux seulement… avoir un père.
Gaëtéo ne lui donna pas le plaisir de lui répondre, l’ignorant purement et simplement et attendant qu’il obéisse à sa demande. Ce silence éloquent provoqua la colère du garçon, lequel lâcha un profond soupire avant de tourner les talons, de sortir et de claquer la porte derrière lui. Gaëtéo l'entendit hurler et renverser quelque chose. Il n'y aurait pas portée plus d'attention si ça n'avait été de la voix claire qui résonna tout proche.

S’empressant de quitter la pièce, il avisa le garçon de l’autre côté du couloir, les morceaux d’un vase à ses pieds et ne lui portant pas la moindre attention, son regard plutôt tourné vers la silhouette gracile se tenant au pied de l’escalier. Éline affichait une expression exaspérée, ses bras croisés et le regard perçant, se promenant d’un homme à l’autre dans l'attente visible d’une explication. Sur son épaule, se trouvait le dragon, curieux, mais ne s'impliquant visiblement pas dans la confrontation visuelle ayant court devant lui.
Ce fut Ghat qui s’en extirpa le premier, reprenant contenance et une posture plus droite, il inclina légèrement la tête vers Éline.

- Ma dame, dit-il le plus poliment du monde avant de se tourner vers Gaëtéo, son regard exultant toujours une visible colère, et de cracher : Père.
Il lui tourna ensuite le dos et disparut dans le couloir. Gaëtéo le suivit des yeux un instant puis ramena son regard sur son épouse. La voyant toujours coléreuse, il lui envoya une expression de claire incompréhension.
- Quoi? Je lui ai parlé.
L'exaspération se peignant sur son doux visage, Éline laissa s'échapper un long soupir d’entre ses lèvres pulpeuses, mais Gaëtéo ignora sa demande muette et afficha un mince sourire sur le sien avant de retourner dans son bureau.




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Éline Telrunya
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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Mar 27 Juin - 0:13

Éline n’était pas sotte. Elle savait que la relation entre Gaëtéo et son fils ne s’améliorerait pas d’une simple discussion. Elle avait néanmoins espoir qu’un dialogue pourrait mettre les choses en mouvement.
Elle n’avait pas réellement de ressenti envers Ghat. Le jeune vampire était certes très impulsif et sa colère semblait innée, mais son époux l’était tout autant. À quoi d’autres aurait-elle dû s’attendre ? Ce qui la troublait cependant était que Gaëtéo présumait qu’elle l’avait en aversion. Ce n’était absolument pas le cas, mais cette assomption avait déjà mené à quelques conflits et même des mensonges où Gaëtéo avait affirmé au jeune vampire que c’était elle qui ne voulait pas le voir. Il était vrai qu’il était parfois dérangeant, mais pas au point de le chasser telle une vermine ou un mendiant harcelant.

Après avoir chassé son époux de leur chambre, elle prit le temps de se vêtir, montrant ses choix et demandant son avis à Tarann. Le dragon semblait peu au fait des tendances vestimentaires de sa race et restait vague quant à son opinion sur sa garde-robe. Éline se surprit à trouver qu’un tel comportement lui rappelait son époux. Une fois son choix arrêté, elle invita le dragon sur son épaule et sortit.

Voir Ghat sortir en coup de vent du bureau de son père ne la surprit qu’un instant. Le voir rager et exprimer sa colère contre un pauvre vase inoffensif lui fit faire un pas vers l’arrière. Le garçon commença à faire les cent pas, comme cherchant à retrouver un semblant de calme. Ses poings se serraient par à-coups et elle pouvait entendre sa respiration profonde alors qu’elle se trouvait à presque dix mètres de lui.


- Ghat ? Que s’est-il passé ?
Elle regretta presque aussitôt sa question. Le jeune vampire se tourna vers elle avec cette lueur dans le regard que son époux réservait à ses proies. Mais le garçon reprit brusquement sur lui et toute expression quitta son visage, maintenant de marbre. Éline croisa ses bras, tentant d’imposer son autorité et réitérant silencieusement sa question.

Gaëtéo sortit de son bureau sur ses entrefaites, ne lui portant pas immédiatement attention. Dès que leurs regards se croisèrent cependant, Éline promena son regard de l’un à l’autre, comme exigeant des explications. Mais ses espoirs furent déçus lorsque Ghat les salua et tourna les talons sans plus un regard vers elle. Son époux ne sembla pas s’en émouvoir et retourna en son bureau après lui avoir jeté un sourire satisfait.

Bouillant presque de colère, elle s’empressa de le suivre. Elle le trouva assis sur l’un des divans, se versant un verre de la main gauche. L’autre, il la tenait à l’écart, dans une position peu naturelle.

- Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi ne pouvez-vous pas discuter comme… ta main !
Voyant maintenant la raison pour laquelle il gardait sa main droite dans une telle position, elle se tut et porta sa main à sa bouche. Le vampire porta son regard à sa main meurtrie, mais ne sembla pas s’en émouvoir le moins du monde et vida son verre d’un trait. Il posa celui-ci sur la table basse, vint saisir un gros morceau de verre fiché dans son pouce et le retira sans plus de cérémonie.
Il allait en retirer un autre quand Éline se détourna enfin, presque dégoutée. Elle ne put cependant échapper à la vue du liquide rouge, puisqu’il y en avait sur le sol, près de la porte, et même sur la poignée. Dessinant parfaitement les contours d’une main, les traces paraissaient pulser, l’appeler même. Elle ne pouvait en détacher son regard.


- Éline ?
La voix de Gaëtéo était presque douce, voire sulfureuse. Elle entendit du verre cliqueter sur le bois.
- Bastien m’a fait savoir que cela faisait plusieurs jours que tu refusais de boire.
Elle ferma les yeux et ne daigna pas répondre. À nouveau, du verre cliqueta.
- Tu sais ce qui arrive lorsque tu refuses de boire.
L’image d’une jeune fille s’imposa brutalement à son esprit. Elle aurait été plus que banale si ça n’avait été de sa gorge ouverte.

Éline sentit une main sur son bras. Gaëtéo lui faisait maintenant face, mais elle se refusait à lever le regard vers lui. Une odeur métallique vint lui griser le nez et elle sentit une main humide lui saisir le menton. Il la força à le regarder, mais son propre regard se détourna momentanément vers son épaule. Elle sut qu’il devisait mentalement avec Tarann, mais elle n’en avait que faire, son ventre la torturait et son esprit n’était que confusion. Acculée contre la porte, elle ne pouvait fuir.
Gaëtéo ramena enfin son regard bleu sur elle et elle sut que Tarann ne l’aiderait pas lorsqu’il s’envola. Sa gorge serrée, elle ne savait que dire à son époux. Celui-ci posa son pouce rougi sur ses lèvres, y forçant le passage du sang…


- Ce soir… fit-elle en se détournant brusquement. Je t’en prie… pas maintenant. Ma cousine vient ce soir. Je voudrais… je veux que tu attendes encore un peu.
Gaëtéo s’immobilisa, comme pesant le pour et le contre. Il finit par s’éloigner d’un pas et Éline put enfin respirer, un poids se retirant brutalement de son torse. Gaëtéo ne s’en alla pas cependant et elle le vit tendre son autre main vers elle. D’une délicatesse que d’aucuns lui soupçonneraient, il passa un mouchoir de lin sur le visage d’Éline, retirant le sang qu’il y avait mis et caressant amoureusement ses lèvres tremblantes. Sa main droite était cachée dans son dos.
- Je te retrouverai dans la salle à diner, dit-il. Tu m’enverras Bastien quand elle arrivera.

Éline acquiesça et s’éloigna de la porte pour laisser Gaëtéo la lui ouvrir. Dès qu’elle fut libre, elle s’empressa de quitter la pièce. Marchant rapidement, elle remonta dans sa chambre et alla s’enfermer dans sa salle d’eau. Elle vida la cruche d’eau dans le bol et s’aspergea vigoureusement le visage. Elle parvint à retrouver un semblant de calme, mais elle sut que ce n’était qu’illusion lorsqu’elle croisa son propre regard dans le miroir. Son esprit bouillait d’une envie qu’elle contenait depuis plusieurs semaines et ses yeux brillaient d’un désir qui la répugnait depuis plusieurs années.
Et pourtant, en cet instant précis, elle ne ressentait aucune panique, aucun dégout. Seulement une sorte de déception de ne pas avoir répondu à cet instinct. Une frustration physique de ne pas avoir obtenu ce qu’elle désirait. Comme un orgasme réfréné qui lui tordait le bas-ventre. Elle passa son pouce sur ses lèvres, les lécha comme cherchant à savourer une jouissance qui ne s’y trouvait plus.

Son esprit reprit rapidement le pas et elle se purgea de ces réflexions. Observant ses mains et son corps, elle se sentit soudain sale et une envie de propreté la prit violemment. Elle se dévêtit et appela une servante pour qu’elle vienne emplir sa baignoire et la laver.

Elle se devait d’être une hôte impeccable pour sa cousine.



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Lauriel

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MessageSujet: Re: La Villa Armyan   Dim 9 Juil - 23:18

Dans les rues de Cemenwin, trottait un attelage. Cet attelage ne se pressait pas, ses passagers avaient le temps, ils n'étaient pas attendu avant une dizaine de minutes. Il transportait, en plus du cocher, trois passagers. Un homme habillé à la mornienne avec une tenue impeccable et assez sobre, aux traits typiquement mornien et à la musculature fine, laissant présager qu'il était un garde du corps. Et deux femmes. L'une d'entre elle était une rousse, aux longs cheveux bouclant largement relevés sur sa nuque par une pince cuivrée, portant une toilette élégante dans les tons bleus pétrole, Sa robe était un mélange de soie mornienne et d'une coupe aux inspirations nordiques. La soie s'arrêtait au-dessus de la poitrine, laissant place à une dentelle strictement de la même couleur remontant jusqu’à son cou et formant ses manches, maintenue au niveau des poignets et du cou par un fin liseré doré. La jupe de sa robe était longue et droite, fendue sur un côté jusqu'à mi-cuisse. Elle laissait s’échapper un peu une jambe à la peau claire dont le pied était chaussé d'une bottine en cuir brun.
Elle était penchée sur la seconde femme, arrangeant les cheveux couleur neige de cette dernière tout en regardant quelques fois les yeux blanc aux reflets d’or. La rousse regarda celle qu'elle arrangeait quelques longues secondes et se fendit d'un sourire tendre, les yeux brillants.


-Tu es superbe ! Je savais que ce parme t'irait à ravir, et tes cheveux sont si beaux relâchés et lissés !

Elle s'éloigna un peu pour mieux évaluer l'ensemble. Sa compagne portait une robe à col bateau, d'un parme clair, à la jupe longue légèrement évasée. Elle était en mousseline et brodée de motifs rose pâle très discrets. Elle fit une légère moue, comme préoccupée. La femme aux cheveux blancs prit la parole.

-Quelque chose ne va pas Lauriel ? J'ai touché à mon maquillage ?

-Non, non, il n'a pas bougé. Mais je me disais que quelque chose manquait... Ah ! Je sais, je dois avoir ça quelque part.

Lauriel fouilla dans la pochette qu'elle avait sur ses genoux. Elle en sortit un ornement de cheveux, d'une taille moyenne, fin et discret. C'était une pince dorée, le long de laquelle quelques fleurs faites en pierre rose étaient posées. Doucement, elle mit une partie des cheveux blancs en arrière, jusqu'à l'oreille de sa compagne, et le fit tenir avec la pince.

-Voilà ! Tu es parfaite Inoa ! Regarde toi ma chérie, c'est l'une des plus jolie tenues que je t’aie trouvé, et le plus joli maquillage que je t'ai fait.

Tandis qu'Inoa ouvrait sa pochette qu'elle avait posée à côté d'elle afin de prendre un miroir de poche, tout en effleurant du bout des doigts la pince, Lauriel regarda le paysage qui passait devant leurs fenêtres. Elle connaissait cette route, depuis le temps qu'elle l'empruntait pour venir rendre visite à sa chère cousine. Ah, Éline, elles se connaissaient toutes deux depuis leur enfance, elles avaient passé tous leur été chez les parents d'Éline à la campagne, la mère de Lauriel souhaitant garder le contact le plus possible avec la famille de son mari.
Le père de Lauriel n'était pas un homme très sociable -un peu comme Thalreel, le frère de Lauriel-: lorsqu'il avait décidé de consacrer sa vie à vendre des esclaves, une grande partie de la famille l'avait rejeté, et ceux qui n'en avaient rien eu à faire de la vie qu'il menait, Alduin Telrunya n'avait pas cherché à garder le contact avec eux pour autant. Ça avait été Cyane, son épouse, qui avait fait des pieds et des mains, pour que ses enfants puissent avoir un lien avec la famille d'Alduin. Et Lauriel avait donc pu passer des été entier à jouer avec Éline, grimpant avec elle dans les arbres, jouant à la dînette, apprenant quelques rudiments de piano, se déguisant, dansant, parlant, riant et se disputant quelques fois. Sa cousine était sa première amie et elle la considérait comme une sœur. Elle venait la voir souvent, soit sans réelle raison, ou comme aujourd'hui parce qu'elle allait partir en voyage. Lauriel se satisfaisait de pouvoir partir un peu partout dans le royaume et les royaumes voisins, grâce à l'absence de son mari, qui était focalisé sur sa carrière.


-C'est vrai que ce que tu m'as fait aujourd'hui est magnifique, merci Lauriel !

Inoa affichait un large sourire et s'admirait dans le reflet du miroir, visiblement satisfaite de ce qu'elle voyait.

-Ça te fait plaisir ? Tu es contente ?

-Oui Lauriel, ça me fait plaisir.

-Et qu’est-ce qu’on fait quand on est heureuse ?

Inoa eut un sourire un peu plus timide et se pencha sur Lauriel, déposant ses lèvres sur les siennes dans un baiser chaste, les joues roses. La rouquine caressa la joue de sa compagne et la laissa se rasseoir. Elle se tourna vers l’homme qui n’avait rien dit ou fait durant leur échange.

-Je n’aime pas quand tu es si rigide Hayao, nous ne sommes pas encore partie de la capitale, nous risquons peu de nous retrouver attaqués par des bandits de grands chemins, et nous sommes entre nous. Dis-moi un peu ce que tu penses de ma petite perle tiens, n’est-elle pas sublime ?

-Elle l’est, ma Dame. Comme chaque jour où vous prenez soin de la parer de belles choses.

Hayao avait une voix plus douce que ce à quoi on pouvait s’attendre au vu de son physique. Au compliment qu’il venait de faire sur Inoa et les goûts de Lauriel, cette dernière eut un petit rire satisfait en regardant une nouvelle fois sa compagne. Elle posa sa main sur celle d’Inoa.

-Je bénis encore le jour où tu es arrivée à l’entrepôt de mon frère et celui où j’ai réussi à le convaincre qu’il t’offre à moi ! Comment j’ai pu passer autant de temps sans te connaître. Ah, nous arrivons.

Ils venaient de ralentir. Devant l’attelage se trouvait une grande villa, luxueuse et parfaitement entretenue, et ils s’engagèrent dans l’allée menant à l’entrée. Lauriel était tellement impatiente d’entrer qu’elle aurait pu sautiller sur son siège en tapant des mains comme une enfant mais, bien que son cher frère disait d'elle qu'elle était une enfant capricieuse, elle était une adulte. Et son éducation et son rang faisait le reste, faisant quelle savait se contenir malgré ses envies et ses pulsions. Lauriel passa la main dans ses boucles pour vérifier leur aspect Inoa lui tint le miroir pour qu'elle vérifie son maquillage une dernière fois. La rouquine tapota son rouge à lèvres, d'un rouge sombre et mat, vérifiant sa tenue, elle battit des paupières pour regarder la poudre qui était dessus, couleur peau. Tout était bien mis, poudré, coiffé, elle était parfaitement habillée. Tout en remettant droite l'une de ses boucles d'oreille, elle s'adressa de nouveau à Inoa.

-Nous allons être en public maintenant, tu sais ce que ça veut dire ?

La femme aux cheveux blancs conserva un sourire léger mais un peu plus vide et baissa un peu les yeux. Elle inclina légèrement le buste en répondant.

-Oui ma Dame.

-C'est bien trésor.

L'attelage s'arrêta, les cheveux alezans renâclèrent. Le cocher descendit, secouant un peu l'ensemble, puis il vint ouvrir la porte. Hayao fut le premier dehors, et offrit sa main à Lauriel pour l'aider à descendre. La noble la prit, et posa le pied sur le sol de gravillon. Elle épousseta une poussière invisible sur la jupe de sa robe tandis qu'Inoa descendait à sa suite, aidée elle aussi par Hayao. La femme aux cheveux blancs avait une attitude différente que lors du voyage, plus en retrait, la tête légèrement basse. Elle tenait la pochette de sa maîtresse et la suivait sans être trop proche. Le garde du corps lui restait à la hauteur de la noble, bien qu'en retrait lui aussi.
La rouquine allait vers l'entrée, accueillie par un serviteur. La porte s'ouvrit sur-


-Éline !! Ma chérie !

Lauriel prit avec tendresse sa cousine dans ses bras, la serrant doucement contre elle. Elle l'embrassa sur la joue et la regarda de pied en cape, les yeux pétillants et un sourire sincère aux lèvres.

-Tu es splendide, j'en suis jalouse. Comment te portes-tu ?


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La Villa Armyan

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