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 Une chasse enivrante et une nuit au Poste

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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Jeu 4 Avr - 3:22

Maintenant qu'il avait décidé de l'étancher, sa soif devint dévorante. Ses yeux brillèrent d'envie et il passa sa langue sur ses crocs. La chasse était sans aucun doute aussi stimulante, si ce n'est plus, que de boire. Le sentiment de puissance était grisant et l'anticipation lui nouait l'estomac.
Il avait hâte de partir.
Son compagnon cependant décida de faire durer l'attente. Après avoir signalé son impatience de voir un aîné en chasse, il fit part de son désir de changer d'habit. Le regard de Gaëtéo brilla de plus belle. La colère avait le don d'attiser un peu plus sa soif. Il comprit cependant que ce changement était nécessaire, car partir en chasse ainsi vêtu n'était pas de circonstance.
Il fit alors clairement connaître son irritation en soupirant, mais laisse le vampire s'éloigner.
Un aîné. Depuis combien de temps n'avait-il pas lui-même considéré quelqu'un comme tel ? La majorité des vampires qu'il avait connu dans sa jeunesse étaient, soit morts durant la guerre, soit exilés. Il y en avait bien quelques-uns à la cours de la Marquise, mais il n'y était que rarement allé durant les quarante dernières années.
Lorsque Markus réapparut, Gaëtéo ne put s'empêcher de hausser un sourcil et de ricaner.


- De la dentelle ? Cela doit bien faire dix ans que ce n’est plus à la mode. Et c’est très salissant. (La réponse de son interlocuteur fit s'étirer à nouveau son sourire) Qu'importe tes motivations. Ce sont tes vêtements après tout.

Sur ces mots, Gaëtéo se leva et se dirigea vers la sortie. Une fois dehors, il leva les yeux au ciel. Son arrêt chez le boutiquier n'avait pas duré trop longtemps, car il faisait toujours nuit. Promenant ensuite son regard le long de la rue, il chercha à savoir si un éventuel observateur était en vue. Comme il n'y avait personne, il partit sur sa gauche et longea la rue.
Seul le bruit distinctif des bottes du scientomage venait briser le silence. Portant un regard à Markus, il vit que celui-ci s'engageait à ne faire aucun bruit. Gaëtéo sourit.


- Si elle nous entend, elle sortira pour savoir ce qui fait du bruit. C’est lorsqu'elle ne nous entendra plus que ça deviendra plaisant. Relâche-toi. Et puis nous ne chasserons pas ici. J’ai mon petit secteur de prédilection.

Les deux vampires marchèrent un long moment, parcourant les rues de Cemenwin à la recherche d'un bon dîner. Ils avaient fini par rejoindre une artère principale, rue qui n'était jamais totalement déserte, peu importe l'heure. N'importe quel chasseur sait que d'attaquer dans un lieu où il y a d'autres proie est dangereux. Gaëtéo ne s'attarda donc pas et poursuivit sa route.
Il s'arrêta finalement à un quadrilatère assez bondé et s'appuya contre l'immeuble le plus proche. Markus vint se mettre à sa hauteur. Observant les passants, Gaëtéo les sépara par espèce, décidant celles qui faisaient les bonnes proies, et celles à qui il ne fallait absolument pas s'en prendre.
Quelqu'un passa juste devant lui et Gaëtéo le suivit des yeux. Lorsqu'il se rendit compte que c'était un humain cependant, il s'en désintéressa. Markus ne fit pas comme lui, continuant de fixer cette proie facile. Comme il semblait avoir décidé qu'il ferrait un bon repas, Gaëtéo s'engagea à le faire changer d'avis en le saisissant par sa belle dentelle rouge.


- Les humains sont secs et très peu sportifs, siffla-t-il en le repoussant. Trop facile à attraper. En revanche, si tu en as la chance, les elfes sont plutôt sucrés. Je ne te conseil pas les nains ou les Thuatanns. Ils sont trop coriaces. Et une fois… j'ai déjà eu un lios, dit-il alors qu'il se souvenait de ce délice. Si tu as la chance d'en attraper un, déguste-le. J'ai fait survivre le mien pendant près d'une semaine.

Comme la question semblait être réglée, Gaëtéo le lâcha et revint à son observation. Finalement, il trouva son repas et Gaëtéo n'eut pas besoin de le sentir pour deviner quelle était sa race : un drow. Ils étaient une espèce très sportive – très rapides et combatifs – et leur sang avait un arrière-goût rappelant celui des elfes.
Faisant signe à Markus, il se mit à pister leur proie. Une fois qu’il eut déterminé dans quelle direction elle se dirigeait, Gaëtéo regarda son comparse. La lueur dans ses yeux brillait de plus belle.


- Tu l'amènes sur moi.

Et il partit de son côté, pour se cacher en embuscade.




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Markus Van Oklanay
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Lun 8 Avr - 21:23

-La mode, ça va ça vient... mais le style, c'est éternel. Et j'ai une réputation à tenir.

Markus aimait l'extravagance, et en d'autres circonstances on aurait sans doute pu le voir revêtir un haut-de-forme qui lui allait très bien, mais qui attirait sans doute un peu trop les regards. Il fut aussi flatté, en quelque sorte, par les commentaires de son ami, car c'est l'effet qu'il appréciait avoir : avoir une certaine classe, et surtout, ne pas passer inaperçu.
Il suivit alors le scientomage, et prit bien soin de fermer la porte de la boutique, remettant en place d'un simple tour de clef les protections qui empêcheraient les intrus de pénétrer dans l'endroit qui recelait de nombreux objets de valeur, voir dont on ne pouvait même pas être sûr qu'ils puissent avoir un prix... et certains dont la légalité était bien plus que douteuse.

Le boutiquier eut un sourire, en entendant son ami lui dire de ne plus faire l'effort de marcher sans bruit. En effet, s'il ne produisait aucun son en marchant, c'était bien moins à cause d'un pas bien jugé que par l'effet de bottes enchanté. Avec élégance il leva le mollet vers l'arrière, et donna un coup de canne sur la bote, puis répéta l'opération avec l'autre pied, libérant ses chausses du léger envoûtement qui les astreignaient au silence.
Cela faisait parti des articles "classiques" que proposait son établissement, avec la ribambelle d'autres aux enchantements considérés comme évident, à savoir qu'enchanter des chaussures pour ne faire aucun bruit, une cape pour se dissimuler dans l'ombre, ou un pantalon pour qu'il reste toujours aussi chaud que confortable, était quelque chose de relativement simple à faire, et d'une rare évidence. Ce genre d'objet ayant pour but de faciliter la vie, Markus se devait d'en avoir, cela était souvent demandé.

Markus le suivit avec diligence, ayant affaire à un Vampire expérimenté, et âgé, il en apprendrait sûrement beaucoup. Jusqu'ici, il avait agi plus par instinct, sans vraiment savoir ce qu'il faisait, étanchant sa soif avec un certain plaisir, mais en tâtonnant un peu. Il commençait même à expérimenter des pratiques plus "exaltantes", mais ne s'en vantait guère...
Et il fut assez surpris lorsque Gat l'agrippa par le col, alors qu'il mirait un individu non loin d'eux, tandis qu'ils observaient les gens qui grouillaient dans une artère de Cemenwin. Il fut assez surpris par les raisons qui valurent cette petite remontrance, qui avait aussi les allures d'un cours, ce qu'attendait, dans le fond, Markus. Ceci dit, il remarqua que le scientomage avait vu en l'objet de l'attention du boutiquier n'était pas un, mais une humaine. Alors qu'ils s'éloignaient, il se dit que cela devait faire un peu trop longtemps que le noble Vampire était marié... même si la rumeur courait qu'il avait quelques "à côté"...

Vint après cela le moment où enfin ils trouvèrent une proie digne de leur duo, et de loin sa vision perçante se referma sur le postérieur des plus alléchant ; il n'y eut pas que sa soif de sang qui fut stimulé... Ne lui laissant pas vraiment le temps de réfléchir, le noble déchu le laissa seul, s'éclipsant afin d'attendre leur proie plus loin, et Markus sut qu'il devait faire son possible pour que leur futur repas ne se méfie pas de ce qu'il y avait devait elle, mais derrière...
Il fit du bruit en marchant, un pas calme et assuré, qui n'inquiéta pas tout de suite la Drow devant lui ; mais il accéléra lentement le pas, et elle sembla faire de même. Il alla de plus en plus vite, trottinant presque, et elle se retourna d'un coup, voulant voir qui la suivait, mais il n'y avait rien, et le silence planait.
Sa respiration se fit plus forte, et elle reprit son chemin ; Markus sortit se matérialisa hors des ombres, et se remit à marcher d'un pas pressant, poussant le futur repas à presser le pas ; et chaque fois qu'elle se retournait, il n'y avait pas âme qui vive, et le silence l'entourait.
Mais la panique la gagnait, et elle continuait à avancer... le piège se refermait...




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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Mer 24 Avr - 5:07

Gaëtéo n'attendit pas de voir la réaction du boutiquier avant de s'éloigner. Il devait bien se douter de ce qu'il attendait de sa part. Il se dirigea donc vers une ruelle dans laquelle il s'enfonça, se cachant dans les ombres. Il progressa rapidement de façon à s'éloigner de Markus et de leur proie et ainsi parvenir à se positionner.
Tout en marchant, Gaëtéo rappela à lui les caractéristiques des drows femelles. Petites, elles n'en restaient pas moins rapides alors que leur odorat était développé et leur vue perçante.
Gaëtéo du donc s'organiser pour se placer dans le vent en espérant que Markus savait se servir de son nez, car même si l'odorat de leur proie était performant, il ne l'était pas autant que celui des vampires. Surtout lorsqu'il s'agissait de repérer un semblable. Il sut aussi qu’elle devra être prise au dépourvu, car si elle le voyait elle déguerpirait avant qu'il n'ait pu l'approcher.
Le noble s'arrêta et tendit l'oreille. Markus avait bien travaillé : entrainant leur proie vers un quartier un peu moins fréquenté, il venait vers lui. Gaëtéo sentit cependant l'irritation le gagner lorsqu'il comprit que le boutiquier l'avait suivit. Plutôt que de valser de rue en rue pour faire augmenter la désorientation de leur proie et ainsi faire monter sa panique en flèche, il l'amenait droit sur lui.
Oui, c'était ce qu'il lui avait demandé, mais il aurait espéré qu'il saurait au moins faire ça.
Gaëtéo jura lorsqu'il vit la drow apparaître au coin de la rue et bondit à l'ombre. Markus n’avait pas suffisamment trainé. Reculant dans la ruelle, Gaëtéo tenta de trouver une solution avant qu’elle ne soit trop près, mais, à moins d'être imbécile au point de croire que de sentir un autre vampire était un hasard, elle saurait qu'il était là et pourrait parvenir à leur échapper.
Il s'approcha donc de la sortie et observa leur proie. Elle marchait d'un pas vif et énergique, ses yeux clairs cherchant une issue quelconque. Elle se savait poursuivit. Au moins il avait su faire ça.
Gaëtéo guetta une bonne occasion, mais la drow ne quittait pas la route des yeux et Markus se faisait discret à une dizaine de pas derrière elle. Il leva subitement les yeux vers lui, lui signifiant par ce simple geste qu'il savait qu'il était là et qu'il attendait le bon moment.
Il avait intérêt à venir rapidement, pensa-t-il, avant qu'elle ne passe devant lui.
Markus frappa alors quelque chose de sa canne, faisant ainsi bondir leur proie de peur… et la faisant se retourner prestement vers lui. Le temps qu'elle réalise qu'il y avait bel et bien une menace derrière elle, il était trop tard.
Gaëtéo bondit hors de sa cachette, sauta les quelques pas qui le séparait d'elle et la saisit par sa crinière blanche. Elle hurla, mais son cri s'arrêta net lorsqu'il tira sa tête en arrière et planta ses crocs dans sa gorge. Elle se débattit, griffant l'air et tentant de saisir son assaillant, mais Gaëtéo agrippa son bras et le tordit. Un horrible craquement retentit lorsque l'os se brisa dans sa main.
Le sang dans sa bouche lui grisait déjà les sens, mais il savait qu'il devait s'arrêter. Ce fut donc à contrecœur qu'il retira ses crocs de sa peau. Elle tomba alors inerte dans ses bras, mais toujours vivante. Enroulant ses doigts dans ses cheveux, il la traina de force vers la ruelle, question de déguster son repas en toute tranquillité. Elle s'avéra suffisamment lucide pour le suivre, mais trop pour ne pas opposer de résistance.
Une fois certain qu'on ne les entendrait pas, il la força à se mettre debout devant lui. Il la regarda dans les yeux un moment, question d'y déceler sa peur et de voir qu'elle comprenait ce qu'il était et ce qui allait lui arriver.
Elle savait qu'elle ne passerait pas la nuit.
Prise de panique, elle eut un sursaut de force et se débattit, mais Gaëtéo avait toujours ses doigts emmêlés dans sa crinière et, avec son bras cassé, elle ne pourrait pas faire énormément de dégât. Elle hurla et le frappa pour tenter de faire bonne figure, mais cela n'impressionna guère le vampire. Il la saisit à la gorge et la plaqua contre le mur de brique. Le souffle coupé, elle cessa de crier, mais changea de tactique et fit mine de lui donner un coup de pied.
Il la frappa violement au ventre, ce qui la plia en deux et lui fit momentanément oublié de se débattre. Le vampire la jeta alors au sol où elle se frappa le crâne. Reprenant rapidement ses esprits, elle tenta de se trainer à l'écart, mais Gaëtéo s'agenouilla près d'elle avant qu'elle n'ait pu aller bien loin et se saisit à nouveau de ses cheveux. Il la força à se mettre à genoux et vint mettre sa bouche près de son oreille.


- Les repas froid sont rarement succulents.

Un sourire malsain se dessina sur ses lèvres et il planta à nouveau violement ses crocs dans sa gorge. Elle cria et chercha à se débattre de son seul bras valide, mais Gaëtéo lui enfonça ses ongles dans les côtes pour l'obliger à se taire et les coups étaient si faible qu'il ne leur porta même pas attention. Le sang perlait à grosses goûtes sur ses doigts lorsqu'elle consentit à obéir. Ou peut-être était-ce parce qu'elle n'avait maintenant plus suffisamment de sang pour maintenir l'apport en oxygène dans son corps.
Le sang affluait dans sa bouche au rythme des pulsations cardiaques de la drow. Non pas qu’il s'était découvert la paresse de l'aspirer, mais il avait ainsi le sentiment grisant de sentir lentement la vie de sa proie s'éteindre. Goutte à goutte. Et puis la dégustation n'en était que meilleure. Il sentait le liquide dans sa bouche, perler à ses lèvres avant de le sentir couler sur la peau noire de son repas. Trop occupé avec le fleuve, il ignora la rivière.
Il entendit soudainement quelque chose et vit une ombre se dessiner sur le mur devant lui.
Markus.




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Markus Van Oklanay
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Mer 29 Mai - 17:35

Markus avait fait de son mieux afin de conduire la proie à destination, sans qu'elle ne prête attention à ce qui pourrait l'attendre devant elle. Seule, il ne pouvait pas faire grand-chose de plus que de la laisser aller où elle voulait, et elle n'avait pas besoin de beaucoup plus pour qu'elle aille droit dans le piège qu'ils avaient tendus, le scientomage et lui. Il regrettait cependant de ne pas pouvoir s'amuser un peu plus avec elle, mais il ne devait pas se faire voir pour que l'angoisse qu'il suggérait reste effective. S'ils avaient été trois, cela aurait été plus aisé de faire perdre la tête à cette pauvre fille ; mais pour l'heure, Markus se contenterait de cette maigre forme de torture, l'amenant jusqu'à Gaëtéo, qui l'attendait patiemment...
Le boutiquier exécuta son petit manège jusqu'à ce que l'étau ne se resserrent sur la Drow, qui ne vit pas la mort venir ; pas du bon côté du moins, elle tournait la tête pour voir son poursuivant à nouveau devenu invisible, silencieux, quand tomba la sentence, le bourreaux allant rendre son office... sauf que Gaëtéo préférait se nourrir sur une proie vivante, tout comme son comparse d'ailleurs, et elle ne put se débattre, ni crier, alors qu'une lente agonie se préparait, pour le seul crime d'avoir été là où il ne le fallait pas, sur la route de deux prédateurs affamés...

Immatériel, Markus s'approcha, sous le couvert des ombres, il observa un instant son compère s'affairer avec leur proie, trop poli sans doute pour oser s'interposer, et trop curieux de voir l'un de ses pairs, plus vieux et expérimenté qu'il ne l'était ; lui avait du apprendre seul à assouvir cette faim-là. Mais il se rendit bien vite compte que Gat allait très vite vider de sa substance leur pitance pourtant commune, et il se décida à l'interrompre. S'avançant hors des ombres, son corps se dessina plus nettement à mesure que les volutes de ténèbres qu'il était ne reprenne leur forme initiale, physique.
Son habituel sourire au coin des lèvres avait disparu, il n'avait plus rien du marchand qu'il donnait l'air d'être, avec un petit quelque chose de sournois. Son regard était dur, hautain, aussi glacial qu'aurait pu l'être un noble. Il regarda longuement le scientomage qui se nourrissait, presque étendue sur sa victime, tel un animal. Markus se demanda brièvement s'il avait lui aussi l'air aussi... avide lorsqu'il se nourrissait ; avaient-ils tous l'air de prédateur sauvage quant ils nourrissaient ?


-J'espère que tu ne m'oublies pas...

Cela sonnait plus comme un ordre qu'une question, prononcé d'un ton aussi tranchant qu'un rasoir. La faim s'emparait de Markus, l'odeur, la vue du sang, exacerbant les sensations prédatrices qui l'avaient animé durant la chasse, bien qu'elle ne fut pas assez satisfaisante à son goût. Chasser seul était bien peu pratique, mais au moins il n'avait pas à partager ; il n'avait pas vraiment envie de se battre pour sa nourriture après l'avoir traquée, mais, si Gaëtéo ne lui laissait pas sa part... ses gestes pourraient bien aller outre ses manières habituellement si civilisées...




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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Mer 5 Juin - 3:56

Voir apparaître son congénère éveilla en Gaëtéo un sentiment d'irritation. Oui, ils s'étaient entendus pour partager leur proie… mais personne n'avait précisé qui méritait quoi.
L'autre vampire lui fit alors part de son désir de partage et l'irritation de Gaëtéo se transforma en colère. Ses ongles s'enfoncèrent dans la chair de son repas et ses yeux se mirent à briller d'une lueur prédatrice. Il éloigna ses crocs de son festin et les fit claquer dans le silence de la nuit.
Markus ne recula pas et Gaëtéo se vit dans l'obligation de défendre son bien. Il se leva alors lentement, délaissant sa proie qui s'étendit au sol sans broncher, et lui fit face. Ses doigts, secs et crispés, pianotèrent dans le vide, évoquant bien la rage prédatrice qui commençait à le prendre. Sa mâchoire fut, elle, prise de spasme et un grondement sourd sortit de sa gorge.
Il s'élança sur lui. L'agrippant par la gorge, il le plaqua au mur et l'y maintint en appuyant son corps contre le sien. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa chair sans pour autant la percer alors qu'il plongeait son regard dans le sien. Il était si proche que Markus ne pouvait voir que ses iris bleus, irradiant toujours de cette lueur prédatrice.
Sa voix, lorsqu'il parla, tremblait alors que son souffle était court. La retenue n'était pas dans ses habitudes et il anticipait déjà sa menace.


- Interrompt-moi… encore une fois… et je te tuerai.

Gaëtéo resserra brusquement sa prise, question de faire comprendre au jeune vampire qui menait la chasse. Sa main, souillée du sang de la Drow, remonta ensuite le long de sa gorge et vint lui saisir la mâchoire, l'obligeant ainsi à relever la tête. Il mira un instant sa gorge ainsi exposée et retint de peine et de misère un souffle de désir. Léchant ses lèvres couvertes de sang, il parvint pourtant à se contenir.
Il relâcha alors son congénère et s'éloigna de lui, non sans oublié de le gratifier à nouveau de ce regard animal. Retournant à son occupation première, il vit que la Drow n’avait pas bougé et cela ne fit qu'attiser un peu plus sa faim.




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Markus Van Oklanay
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Sam 8 Juin - 14:44

Un puissant sentiment de frustration s'était emparé de Markus, à la vue et à l'odeur du sang. Pour lui qui n'avait jamais eu à partager quoi que ce soit, qui devait lui-même chasser, et s'amuser de sa victime, cela avait quelque chose de profondément rabaissant d'être mis sur la touche ; cela expliquait pourquoi il avait eu l'envie -l'audace !- de réclamer de son dû. Une certaine peur se saisit du vampire aux cheveux d'argent, alors qu'il entendit claquer la mâchoire de son congénère, et le voir se lever lentement, abandonnant sa proie. C'était mauvais signe ; mais le boutiquier ne broncha pas. Il n'était pas du genre à se soumettre, en son sang et son âme bouillonnait encore la fierté, l'arrogance de la noblesse qui avait été sienne ; les Van Oklanay ne plient pas.
Puis son souffle fut coupé, et sa gorge prise dans un étau. Il sentit à peine le mur le heurter, et n'avait pas vraiment vu venir Gaëtéo, même s'il avait su qu'il allait faire quelque chose, imposé son autorité. Markus ne réagit cependant pas, conscient que face au vieux vampire, il n'avait guère de chance de s'en tirer. Il était son ainé, et il put voir dans son regard la force prédatrice de leur race... mais aussi toute l'étendue de la folie de son client. Markus la soutint, plongea à l'intérieur en se montrant froid, comme on lui avait appris. Mais en son for intérieur, il sut que l'homme en face de lui était dangereux, et qu'il ferait mieux de ne jamais allé plus loin avec lui qu'une partie de chasse, et se cantonner aux relations purement professionnels.

La poigne glissa sur sa peau, se resserrant sur sa mâchoire, forçant le boutiquier, passif, à révéler sa gorge nue, dangereusement proche du scientomage fou. Il dut lutter un peu plus pour garder son calme. Ne pas bouger. Des frissons de terreurs, de rage, affluèrent le longs de son échine, qu'il contint tant bien que mal. Les dents serrés, il déglutit difficilement. Gaëtéo souffla, la respiration sifflante, haletante... il était indécis. Le temps sembla passer plus lentement, s'étirer, s'étioler, alors que l'ainé des deux semblait essayer de se décider. Finalement, il lâcha prise, et se détourna vers son repas.
Markus tomba, ses jambes cédant sous le poids de la pression qu'il avait subi. Tremblant légèrement, il restait pourtant aussi impassible, et ne lâcha rien quand le scientomage se retourna une seconde fois, observant son congénère à terre, en guise de dernier avertissement. Le boutiquier s'assit plus convenablement, en tailleur, et observa l'autre vampire s'affairer. On aurait dit une bête. Affamé de sang, ivre de la souffrance qu'il infligeait. Avaient-ils tous l'air de bête immonde quand il se repaissait de la souffrance ? Markus envia ceux qui possédaient des serviteurs prêt à offrir un peu de leur sang. Il trouva cela bien plus noble.
Cela mis en perspective sa propre sauvagerie, quand il trouvait une proie, qu'il la ramenait en sa boutique. Sa petite collection d'instrument tranchants, la pièce cachée sous un tapis, et une trappe. L'apprentissage du corps, de l'anatomie, par curiosité, plus que pour se nourrir. Savoir comment dispenser la douleur, pour le jour où il châtiera ceux qui ont mené sa famille à la déchéance. Il était spectateur, quelque peu horrifié, de ce qu'il pratiquait avec tant de plaisir et d'assiduité. Cependant, malgré ce spectacle décadent, il ne pouvait pas abandonner.
Il était un Van Oklanay.
Noble dans l'âme.
Fier dans la défaite.
Et il fera souffrir ses ennemis.




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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Dim 9 Juin - 0:51

La rage prédatrice coulait dans ses veines, irradiant ses muscles et perturbant ses sens pourtant si aiguisés. Il ne sentait et ne voyait que sa proie. Ne désirait que se repaitre de sa substance vitale. Il se délectait de l'anticipation. Ses doigts pianotaient toujours et son regard flamboyait de désir.
Que Markus soit intervenu ne lui importait plus désormais. Il avait déjà oublié sa rébellion et avait pris pour acquis qu'il s'en tiendrait aux règles désormais. La hiérarchie n'a peut-être pas de limites définies pour leur race, mais le droit d'aînesse est une loi intemporelle.
Reprenant les choses là où il les avait laissées, il s'agenouilla près de la drow, agrippa une poigne de cheveux et la souleva jusqu'à son visage. Elle geignit et Gaëtéo sentit un frisson de plaisir le parcourir : elle était toujours en vie. Sa soif devint brusquement dévorante, lui nouant la gorge et troublant sa vision alors que ses mains tremblaient et que son souffle était court. L'anticipation était grisante et il en étira cruellement les secondes.
Observant sa victime, il remarqua que le sang avait continué de couler durant son absence, venant souiller ses vêtements et la coupe parfaite de sa poitrine. Ramenant son attention à son visage, il remarqua ses yeux maintenant ouvert. La lueur de défi qu'il y vit naître le fit sourire.
Il glissa un ongle sur sa mâchoire, y dessina une lente courbe qui progressa jusqu'à sa nuque. La lueur devint peur…
Et il planta à nouveau ses crocs dans sa gorge. Elle lâcha un faible gémissement et vint agripper le vêtement de son agresseur de sa seule main valide. Geste dont le prédateur n'eut même pas connaissance.
Il but avidement, volant à la drow ce qui la maintenait en vie afin de satisfaire ses instincts. Des instincts oppressifs et avares de souffrances. Avares d'un sentiment de puissance et de domination. Il ferma les yeux pour en savourer toutes les nuances.


- Arrêtez…

Gaëtéo ne sembla pas entendre sa supplique et continua de se délecter. La main qui tenait son vêtement resserra soudain sa poigne et chercha à détourner son attention en effectuant de faibles pressions contre son corps. Il en agrippa le poignet et parvint à lui faire lâcher prise, mais, se faisant, elle parvint à échapper à ses crocs.
Gaëtéo gronda d'abord de mécontentement, mais prit ensuite ces quelques secondes pour savourer la dernière gorgée qui s'était écoulée dans sa gorge. Le sang gouta à ses lèvres, venant tâcher le visage de la drow qui semblait espérer quelque chose que le vampire n'avait pas l'intention de lui octroyer.
Le front crispé, il tentait de reprendre le dessus sur ses instincts. Son souffle s'était stabilisé et la pression dévorante qui lui comprimait la gorge quelques minutes plus tôt s'était tranquillisée.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut un regard avide qui se posa sur la drow. Elle déglutit difficilement en comprenant qu’elle ne s'en sortirait pas de si tôt. Le vampire se leva soudainement et, entrainant sa victime par le poignet qu'il avait toujours en main, se dirigea vers le jeune vampire. Il la lui lança alors et elle s'étala devant lui, non sans comprendre qu'elle allait à nouveau servir de repas.


- Ta technique de chasse n'est pas mauvaise, mais apprend à savoir où est ta place. Le lionceau n'a pas droit à la part du lion.

La drow tenta de se trainer à l'écart, mais Gaëtéo la poussa de sa botte vers Markus. Ramenant son regard sur ce dernier, Gaëtéo lui donna son approbation.
Cela faisait quelques minutes que son comparse se délectait lorsqu'une odeur de vieux cuir lui monta au nez. Il recula et inspecta la ruelle, mais ce furent ses oreilles qui l'avertirent en premier : des bottes cloutées martelaient la rue.
Et des soldats de Légion surgirent dans la ruelle.




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Légion Noire
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Lun 10 Juin - 22:17

La Légion Noire n'a qu'une seule fonction : défendre Cemenwin. Et parfois, elle doit défendre Cemenwin contre elle-même, et c'est là la tâche ardue de la garde. La garde de Cemenwin n'est pas dépourvue de prestige, bien que ses missions soient parfois plus calme que celles des légionnaires du front. Cependant, tout noble qu'elle soit, Cemenwin était dotée, comme toute grande ville se respectant, de quartier populaires, et derrière ceux-ci, des quartiers mal famés, véritables coupe-gorges. Les rondes de la garde se faisaient dans tous les quartiers, redoutées, saluées, ou bien simplement ignorées, ses rondes se faisaient par des contingents de six à dix légionnaires, dépendant du quartier. L'équipement d'un légionnaire de la garde est plus léger que celui d'un frontalier, ou de ceux de fronts en général, pour leur permettre de courir après ceux qui enfreindraient les lois de Morween Nil'Dae, souveraine toute puissante.
Huit légionnaires marchaient d'un pas rythmé dans les ruelles de Cemenwin, les passants s'écartaient devant eux. Hommes et femmes portaient fièrement le noir de la légion, la maille de leur équipement teinte en noire, chausses, bottes, pourpoints de cuir et surcôts entièrement noirs, le métal de leurs armes brillaient d'autant plus. Chaque légionnaire était équipé d'une lance et d'un bouclier ovale, à l'exception des deux arbalétriers, d'une épée courte, et de deux dagues. La patrouille marchait en file, deux par deux, la mine peu engageante, les yeux cherchant les infractions. Sur le groupe, six hommes et deux femmes, la lieutenant Ulricia Vasco, mêlée au groupe, menait la patrouille. L'Orc avait une peau d'un olive foncé, des yeux bruns, et ses cheveux noirs étaient ramassés en un chignon sévère, à peine visible sous son casque. Le quartier qu'ils arpentaient maintenant n'était pas connu pour être des plus sûrs, comme la plupart des faubourgs, il n'y avait que les quartiers nobles, et encore, pour échapper aux crimes. Ulricia Vasco avait prêté serment, et elle entendait bien le tenir. Son rôle était de faire régner l'ordre, la sécurité pour les citoyens de Cemenwin. Celle qu'on surnommait injustement la citadelle de la Nuit, était effectivement plongée, à cette heure tardive, dans le noir. Les rues étaient éclairées, plus ou moins bien, par des lampes à cristaux, ou bien par des lampes à bougies dans les rues les plus pauvres. Il était également vrai, que Cemenwin abritait une population de Nocturnes très élevées, du fait du Dôme. Le Dôme était une immense construction, dont la structure surplombait la majeure partie de la ville, et qui, le jour, laissait entrer la lumière, mais arrêtait les effets néfastes d'Aelius, protégeant ainsi les Nocturnes et leur permettant de sortir au grand jour sans souffrir des affres habituels. La lumière était bien sûr tamisée, mais le Dôme ne recouvrant pas tout Cemenwin, il était possible de prendre le soleil.

Dans le ciel, Mizuki et son croissant argenté éclairait le ciel, et Ulricia aurait pu voir quelques étoiles, si elle avait pris le temps de lever le nez. Un temps dont elle ne disposait pas. Ses sens en alerte, comme ceux de ses soldats, elle scrutait les ombres, les visages. Un jeune garçon déboucha en courant du ruelle, et chose inhabituelle - général ceux qui courent à Cemenwin, le font pour échapper à quelque chose - mais celui-là courait vers eux.


-Halte !

La patrouille s'immobilisa, alors que le jeune garçon, un jeune elfe noir au crâne rasé et coiffé d'une longue crête retombant sur son crâne s'arrêta devant les légionnaires. Essoufflé et paniqué, le jeune homme faisait de grands gestes, parlant entre deux goulées d'air.

-C'est ma sœur ! Ils sont en train de la dévorer ! Dans la ruelle la bas ! J'ai... j'ai eu peur, je me suis caché quand je les ai vu la suivre !

Ulricia aboya des ordres, et la patrouille se scinda en deux groupes, quatre légionnaires partirent en courant vers le tour, afin de prendre les deux vampires à revers, et les quatre restant, Ulricia comprise, se précipitèrent dans la ruelle indiquée par le jeune homme. Au poignet du lieutenant Vasco, un bracelet de communication, un simple bracelet de métal, enchâssé d'une pierre de communication minuscule, elle le porta à sa bouche, et appela l'autre patrouille à proximité, que le jeune homme ne reste pas seul trop longtemps. Débouchant dans la ruelle, la scène était clairement visible. Une Drow à moitié effondrée dans les bras d'un vampire, un autre, le visage maculé de sang, se tenait debout, s'étant manifestement déjà nourri. Les lois étaient très claires à Cemenwin, notamment en ce qui concernait les vampires. Les repas sauvages étaient interdits, le donneur de sang devait impérativement être consentant, ce qui n'était pas le cas de la Drow. Cemenwin disposait d'ailleurs de lieux où les donneurs et les buveurs pouvaient se rendre, les donneurs étaient tous libres et consentants, et se faisaient même payer pour servir de repas. Ulricia n'avait rien contre les vampires, sa souveraine était un fleuron de ce peuple, tout comme l'avait été son frère, qui pour Ulricia n'était qu'une figure historique. Elle était née après la Grande Guerre. Elle se déploya avec les trois autres légionnaires, les quatre autres devraient arrivés d'ici quelques minutes, mais cela suffirait à ce que la Drow meurt vidée de sang.

-A nom de Morween Nil'Dae ! Vous êtes en état d'arrestation ! tonna la légionnaire Orc, lâchez immédiatement cette jeune femme !

L'arbalétrière à coté d'elle mit en joue le vampire qui se nourrissait. La plupart des archers et arbalétriers de la Légion Noire étaient des élémentalistes de la flore, et chaque flèche faisait mouche. C'était le cas pour Valéria, une Svart rodée à ce genre de manœuvre, qui braqua donc son arbalète, concentrée, prête à viser le vampire qui se nourrissait de la Drow, dont le teint blanchâtre témoignait de son état. Ulricia et les deux autres légionnaires s'avancèrent d'un pas rapide, et finalement, un fracas à l'autre bout de la rue, et quelques secondes plus tard, les quatre autres légionnaires bloquèrent l'autre sortie. L'autre arbalétrier se mit en joue également.

-A genoux ! gronda un des soldats.

-Ne me forcez pas à recourir aux pierres d'Aelius messieurs, fit la voix haute et claire de Ulricia.

Chaque patrouille en disposait, et ces fameuses pierres étaient enchâssées sur l'envers des boucliers des Légionnaires. Les Pierres d'Aelius étaient bien nommées, puisque une fois activée, elles rayonnaient comme l'astre du jour, leur utilisation pouvait d'ailleurs être fatale sur certains nocturnes des plus fragiles, sur d'autres, elles se contenteraient de brûler leur rétine. Sur les vampires, l'effet était instantané, leur peau commençait à fumer, une pierre seule ne suffirait pas à faire brûler un vampire, mais elle le blesserait sérieusement. Sur un champ de bataille, ses pierres pouvaient servir à aveugler temporairement l'adversaire. Deux légionnaires, de par et d'autre de la rue retournèrent leur bouclier, l'intérieur sertie de trois pierres, placées en triangle. Un seul mot, et elles s'activeraient. Les Nocturnes étaient nombreux à Cemenwin, et tous n'étaient pas d'honnêtes citoyens. La Légion Noire était faite pour protéger Cemenwin. La garde protégeait Cemenwin d'elle-même.





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Markus Van Oklanay
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Jeu 13 Juin - 13:41

Enfin, Markus put savourer le sang frais qui lui donnait tant envie, malgré qu'il dut se tenir tranquille, à cause de Gat. Le boutiquier n'avait pas apprécié la remarque qu'il lui fut faite ; sans doute par orgueil, puisqu'il ne supportait pas être rabaissé, à cause de son passé familial. Mais il s'était contenté de regarder le scientomage se nourrir, et acquiesça à sa remarque. De toute façon, il ne comptait pas chasser à nouveau avec lui.
Avec un certain délice il put planter ses crocs dans la gorge de sa victime, non loin de la morsure de Gaëtéo. Il sentit le précieux liquide vital quitter le corps de la victime, encore partiellement conscience, pour venir affluer entre ses lèvres. Enivrant plaisir, que de sentir le flot carmin venir de lui-même, senti chaque battement d'un cœur à l'agonie essayer de survivre, faire circuler encore le sang qui ne trouverait jamais autre chemin que celui de la gorge du vampire, qui avalait goulument, avec extase, ce nectar à nul autre semblable pour ceux de leur espèce...

Seulement, la fête ne pouvait pas durer, et malheureusement, une bien trouble réalité tirèrent de leur torpeur les deux vampires, encore ivre d'avoir étanché leur soif. Markus se releva en entendant l'ordre. Lentement, fixant son regard rouge sur celui de l'Orc. Sa chemise à jabot blanche était tâché de rouge, et quelques gouttes perlèrent sur les joues blanches du pâle buveur de sang.
L'espace d'un instant, il songea à s'effacer dans l'ombre, espérant se soustraire à la vue des soldats, qui le chercheraient pendant qu'il prenait la fuite, impalpable rôdeur ténébreux... mais une menace cingla, celle des pierres d'Aelius. Mauvaise idée, que de filer à la Feardorcha, en de telles conditions. La lumière le forcerait à reprendre sa forme primaire, en étant très affaibli. Markus serra des dents. Ils s'étaient fait avoir en beauté.
Pour le boutiquier, il n'y avait qu'une seule loi : ne pas se faire prendre, et éviter toute action imprudente. Et il l'avait été, sans doute trop heureux de chasser avec un de ses ainés, d'apprendre...
Au final, il n'avait pas appris grand-chose, et il était même quelque peu répugné par sa propre nature. Et il devait se mettre à genoux. Ravalant sa fierté, et avec diligence, il s'exécuta, allant jusqu'à mettre ses mains derrière la tête, histoire de leur montrer qu'il coopérait. Un sourire se dessina sur son visage. Il ne serait pas au magasin, lorsque l'heure de l'ouverture arrivera. Arawn saura qu'il lui ait arrivé quelque chose. Il eut pitié, l'espace d'un instant, pour ces hommes de la Légion. Ils n'avaient fait que leur devoir. Dommage...


-Très bien. Vous nous avez pris dans les règles de l'art. Mais, sachez-le, vous regretterez bien assez vite ce que vous allez faire...




|¤Legacy of Kain¤|
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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Jeu 13 Juin - 17:44

La Légion… employeur, alliée… guerre, prisonniers… tortures… extase…
Trahison…
L’esprit de Gaëtéo bourdonna dès l’instant où le premier légionnaire posa le pied dans la ruelle. Son corps entier se contracta et une douleur sourde le prit soudain au ventre. Il serra ses poings à en faire perler le sang et crispa sa mâchoire à s’en faire mal.
Un grondement sourd lui vrilla les oreilles. Un grondement qui provenait de sa propre gorge. Il entendit des mots, mais il ne les comprit pas. Cela n’importait pas.
Un fracas dans son dos et de nouveaux mots. Il se tourna de façon à voir les deux groupes et se recula contre le mur, jetant de fréquents regards de part et d’autre de la ruelle. Il ne put empêcher son instinct de prendre brusquement l’ascendance. Il était pris au piège. Un lion cerné par des hyènes.
Dévoilant ses crocs, il siffla et fit claquer sa mâchoire. Rouvrant ses mains couvertes autant du sang de sa victime que du sien, il anticipait l’attaque.
Du mouvement devant lui attira son attention. L’Autre se mettait à genoux. Lui aussi parla.
La pression dans son ventre augmenta et il ramena son attention aux Hyènes. Elles approchèrent et cela ne fit que provoquer un grondement de plus. Elles vinrent plus près et il fit claquer sa mâchoire, mais Elles ne se laissèrent pas impressionner.
Il savait n’avoir aucune chance. Elles étaient nombreuses et l’Autre s’était rendu. Il savait devoir en faire autant. Il savait que c’est ce qu’il aurait dû faire. Que c’est ce que l’on attendait de lui.
Son corps tremblait de colère. Il referma ses poings et se détourna des Hyènes. Fermant les yeux, il crispa son visage pour tenter de reprendre le contrôle, tenter de se convaincre qu’il n’y avait rien à faire. Qu’il devait se laisser attaquer.
Ses genoux plièrent…
On saisit brusquement son épaule.
Tournant sur lui-même, il entraina l’Hyène dans son mouvement, la faisant ainsi chuter en avant. Il la saisit par le dos de son armure, la tira en arrière et trouva la première parcelle de peau pour y planter ses crocs. Il s’en défit immédiatement et hurla de colère avant de se jeter sur les autres.




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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Mer 26 Juin - 13:29

HRP: Navrée pour le retard, j'ai eu quelque soucis universitaires.


Le vampire qui se nourrissait lâcha sa proie, doucement, ce qui n'empêcha pas la jeune Drow de tomber par terre, comme un pantin désarticulé. Les deux arbalétriers gardèrent les deux vampires enjoue, les autres légionnaires restaient également sur le qui-vive, car si le vampire aux cheveux blancs coopéraient, ce n'était pas le cas de l'autre vampire dont le bas du visage ainsi que les mains étaient maculés de sang frai. Ulricia détestait ce genre d'individus qui ne respectaient ni leurs con-citoyens, ni les lois établies par la gracieuse souveraine de Cemenwin. Et s'il y avait bien une chose que ne supportait pas Ulricia, c'était bien les hors la loi, ceux qui pensaient que tout leur était permis.

-Saisissez-les, et occupez vous de cette pauvre fille, ordonna l'officier.

Le vampire à genoux posa même les mains sur sa tête, et un Légionnaire se détacha du groupe à l'opposé de celui de l'Orc pour venir lui passer des menottes aux poignets. Quand il les referma, les crans claquèrent alors que les menottes s'ajustaient aux poignets, et un éclat magique jaunâtre éclaira brièvement les runes avec le dernier clac, signe que le vampire ne pourrait pas échapper à ses entraves. Le vampire se prit alors un coup de pied de la part du légionnaire qui l'avait menotté, dans le creux des reins, le forçant à s'allonger sur le sol, face contre terre.


-Personne ne menace la Légion Noire, gronda-t-il.

Ulricia se contenta d'un regard méprisant en réponse à cette vague menace. A croire que le vampire avait une armée avec lui, capable de défaire la Légion toute entière. La Légion Noire n'avait pas bâti sa réputation sur des mensonges. Et ce vampire là se prenait sans doute pour quelqu'un d'important. Manque de chance pour lui, Ulricia était une Vasco. Et les Vasco étaient, comme les Hale et les Telrunya, les Chiens de Garde de la Reine. Une Vasco ne se laissait jamais impressionner par si peu. Peu importait, il avait été coopératif, et en dehors d'un court séjour en cellule, et d'une amende à payer, le vampire serait bien assez tôt dehors et capable de recommencer. En revanche pour l'autre...
Un second légionnaire s'occupait la Drow, tâtant son poignet à la recherche d'un poux, celui qu'il n'était pas tordu. Les deux monstres lui avaient retourné l'autre, qui pendait selon un angle improbable. Exsangue, la jeune Drow avait les yeux révulsés, papillonant, et sa bouche s'ouvrait et se refermait, happant l'air, comme un poisson hors de l'eau. Deux légionnaires armés de lances s'approchèrent du dernier vampire, qui était maintenant dos au mur. Deux autres retournèrent leurs boucliers, prêts à faire usage des pierres d'Aelius. Et Ulricia fit de même. Un de ses soldats saisit le vampire récalcitrant qui ne bougeait plus par l'épaule. Bien mal lui en prit car l'individu réagit au quart de tour, malmenant le soldat, arrivant à briser la maille noire protégeant le légionnaire, déchirant le surcôt noir pour planter ses crocs dans sa nuque. La suite se passa très vite, alors que le vampire se ruait sur les légionnaires, les carreaux d'arbalètes fusèrent immédiatement, faisant mouche. Valéria et l'autre arbalétrier, Lareis, étaient touts les deux élémentalistes de flore, et aucun ne manqua sa cible. Le carreau de Valéria se ficha dans le dos du vampire, le deuxième dans son bras. Ils jetèrent leurs arbalètes à présent inutiles, dégainant les courts glaives à leurs ceintures. Ulricia se plaça devant devant le légionnaire qui s'occupait de la Drow et , les protégeant de son bouclier, tenant fermement sa lance.


-Aelius ! cria l'officier.

La lumière fut intense et brève, les deux légionnaires avaient activés leurs pierres d'Aelius, et brièvement, la lumière du jour inonda la ruelle, Ulricia se protégea les yeux en tournant la tête, bien que les boucliers des autres légionnaires à proximité s'illuminèrent aussi. Quand ce fut finit, le Vampire récalcitrant avait pris la lumière de plein fouet, si bien que l'un des porteurs de bouclier n'eut qu'à lui flanquer un coup de bouclier pour le faire plier. Le légionnaire blessé était à terre, une main sur la nuque, il faucha les jambes du vampire usant de la lance, un rictus de colère déformant son visage. Une fois celui-ci à terre, l'autre légionnaire valide s'empressa de lui passer les fers, le maintenant au sol en pesant de tout son poids sur son dos, un genoux enfoncé dans le creux de ses reins. Le second vampire avait aussi dû souffrir de la lumière, mais Ulricia n'en avait pas grand chose à faire.
Des bottes martelant le sol firent un vacarme d'enfer, et la seconde patrouille appelée par Ulricia, ainsi que le jeune frère de la victime, accouraient dans la rue. Ulricia et ses soldats emmèneraient les deux vampires en cellule, tandis que deux légionnaires de la seconde patrouille emmènerait la pauvre Drow se faire soigner. La patrouille arrivée en renfort emporta donc la Drow rapidement, son frère suivant les légionnaires.


-Relevez-les, en route.

Les deux vampires furent soulevés sans ménagenament, et bien encadrés. Les deux arbalétriers avaient rechargés leurs armes, et n'hésiteraient pas à s'en servir une seconde fois. Deux légionnaires encadrèrent le vampire qui avait tenté de résisté, tandis que l'autre était simplement maintenu par le légionnaire qui l'avait menotté. Ulricia savait que les pierres d'Aelius avaient directement touchés leurs yeux, si bien qu'ils ne devaient plus y voir grand chose, et qu'ils n'y verraient pas plus loin que le bout de leur nez pendant un bon moment. Les légionnaires étaient alors là pour être certains qu'ils arriveraient à destination. La lumière avait attiré les passants, qui regardèrent la patrouille et les deux criminels sortirent de la ruelle, sans doute après avoir assisté au passage des deux légionnaires transportant la drow, partis au pas de course. Quelqu'un jeta un projectile sur le vampire, criant à l'assassin. Ulricia fit signe qu'ils devaient se presser, avant que la situation ne dégénère. Les vampires étaient acceptés à Cemenwin, mais les petites gens ne supportaient jamais d'être pris pour cible. La fille devait simplement rentrer chez elle avec son frère, elle devait vivre dans la pauvreté, et devait sans doute trimer rien que pour pouvoir se nourrir. Les actes de violence gratuits comme cette nuit, ne plaisaient jamais à la population des petits quartiers, surtout dans ce genre de quartier ou la fatigue et la misère se voyaient sur le visage des gens.

-Place, place ! tonnait l'Orc en agitant sa lance devant elle, fendant la foule, suivit de sa patrouille.

Le légionnaire mordu grimaçait, mais il avait refusé de recevoir des soins, du moins pas tant que les deux vampires ne seraient pas sous les verrous. La seconde patrouille reprit sa routine, croisant son itinéraire avec celui de la patrouille d'Ulricia. Les légionnaires traversèrent la cité, les passants dévisageant les deux hommes menottés, toujours barbouillés de sang.  
La Garde avait des postes relais un peu partout dans Cemenwin, bien qu'ils prennent tous leurs ordres des baraquements de la Légion Noire au pied de la colline sur laquelle était perché le palais de Morween Nil'Dae.
Le Poste de la Garde se situait à l'entrée du quartier, étrange bâtiment troué d'une porte, qui permettait de passer d'un quartier à l'autre, filtrant les passants. Les fenêtres du batîment étaient toutes flanquées de barreaux de métal, et les alentours grouillaient de légionnaires. Ulricia délaissa une partie de sa patrouille, pénétrant dans le bâtiment, suivie par les deux vampires, encadrés par trois légionnaires. Elle prit directement le chemin des sous-sols, et un sergent vint ouvrir la porte du couloir des cellules. Le sergent Ackrose regarda le vampire qui avait mordu le légionnaire, et eut un sourire.


-Messire Fotnik ! Quel bon plaisir !  s'écria-t-il faussement étonné, décidément, je vais finir par croire que vous prenez mes geôles pour un hôtel. A moins que vous n'aimiez ma compagnie ?

-Fotnik ? répèta Ulricia.

-Un habitué, lança Ackrose en ouvrant une cellule en trois tours de clefs.

-J'avais cru comprendre.

Les cellules étaient toutes ouvertes, les cloisons étant faites de barreaux, dont les runes de protections, anti-magie, restriction... brillaient d'une douce lueur jaune, conçues pour garder les prisonniers même les plus sauvages enfermés. Les plus dangereux étaient généralement transférés rapidement à la prison de Cemenwin. Les deux vampires furent jeté dans une cellule que le sergent referma soigneusement à clef. Ackrose était un grand type, plutôt maigre, avec des bras et des mains noueuses, de longues jambes souples, et il donnait toujours l'impression d'être courbé, comme s'il s'était pris trop de haut de porte dans sa vie, et qu'il avait fini par adopter cette posture. Ackrose était un Svart, et malgré une apparente faiblesse, par rapport à son second qui était resté debout contre le mur, un Thuatann à la musculature plus que développée, le sergent n'en restait pas moins dangereux. Les légionnaires, même la piétailles et les officiers de rang inférieur subissaient un entrainement difficile, acharné, parfois mortel, en entrant dans la Légion. Être une Vasco n'en avait d'ailleurs pas dispensé Ulricia. Et elle savait aussi que Ackrose avait refusé toutes ses promotions, disant qu'ici, il s'amusait un peu. Il y avait parfois de drôle de lascars dans ses cellules.

-Je te les laisse, fit Ulricia en guise de salut.

-Mais avec plaisir très chère.

L'Orc eut se mit à rire, et quitta le sous-sol, regagna la surface, où Ilfrien faisait soigner sa morsure. Une simple morsure n'allait pas le transformer en vampire, mais une infection pouvait être fatale. D'autant que "messire Fotnik" n'avait pas été des plus tendres, et la morsure avait un vilain aspect. Ulricia laissa Ilfrien au poste, et un autre légionnaire prit sa place. La patrouille de l'Orc retourna à sa ronde.
Au sous-sol, Ackrose secouait la tête, ses bras croisés. Le Svart portait l'uniforme de la Légion, tout comme son second. Des cellules, deux autres seulement étaient habitées, l'une part une elfe en train de décuver, qui avait momentanément arrêté de brailler des chansons à l'arrivée des deux vampires. L'autre était occupée par un Versipellis menotté, qui allongé sur la banquette, semblait dormir.


-Franchement, messire Fotnik, ça fait quoi ? Deux fois ce mois-ci ? Et en plus vous entrainez d'honnête citoyen avec vous maintenant. J'irais faire prévenir votre épouse. Et Messire Van Oklanay, nous irons faire prévenir l'Aérial qui travaille pour vous. Dès que l'aube se lèvera.





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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Ven 28 Juin - 22:51

La Rage de Sang lui brouillait l’esprit, remisant sa raison et acérant son instinct. Un instinct qui lui ordonnait de mordre la moindre parcelle de peau qui passait à portée.
Son bond l’avait propulsé vers une Hyène qui, bouclier devant, se campa sur ses pieds et se prépara au choc… qui ne vint jamais, car le vampire se saisit de cet obstacle pour le lui arracher des mains. Déstabilisée, l’Hyène suivit son mouvement rotatoire et, étant parvenue à conserver son bouclier, recula hors de portée.
Deux projectiles percutèrent soudainement le vampire. Surprit, il fit deux pas en avant pour recouvrer son équilibre avant de s'immobiliser un moment, comme se demandant ce qui venait de le frapper. Un chuintement retentit derrière lui et il tourna lentement la tête pour aviser l’Hyène qui brandissait son bouclier et sa lance vers lui. Laissant un rictus de haine déformer son visage, il hurla et bondit vers Elle.
La lumière explosa brutalement, le forçant à dévier de sa trajectoire pour couvrir son visage. Il s’immobilisa et chercha à se cacher de la lumière qui, pourtant, semblait provenir de partout. Profitant de sa cécité momentanée, une Hyène le bouscula et il réagit prestement en se retournant pour La saisir, mais il ne rencontra que du vide.
Aveuglé et désorienté, il ne vit pas venir la lance qui lui faucha les jambes et pu encore moins rester camper sur ses pieds. Il heurta le sol et, malgré les vertiges qui l’assaillaient, il se démena pour se remettre sur ses pieds. Des mains se saisirent de lui et il tenta de mordre la plus près, mais il perdit finalement pied et se retrouva face contre terre et des menottes aux poings.

Ce n'est que lorsque les fers claquèrent, réduisant ainsi ses chances de fuites à néant, que sa raison sembla reprendre le pas. Il cessa toute combativité… et se mit à rire. Un rire d'abord faible qui devint rapidement de l'hilarité. Il tenta de la contenir, mais sans grand succès.
On le maintint au sol un moment, puis, le saisissant par un bras, on le remit brusquement sur pied. Son rire se tut dans sa gorge, mutant en grondement de colère lorsque, enfin, la douleur fit part de sa présence. Ankylosée, son épaule droite lui semblait lourde et paraissait s’enflammer à chaque fois qu’il inspirait. L'autre point de douleur était dans son bras gauche, mais, lui, était supportable.
Toujours sous les effets des pierres d’Aelius, sa vision était trouble et son équilibre précaire, mais il parvint à localiser le visage de l'homme lorsqu’il jeta un regard par-dessus son épaule meurtrie.


- Doucement, légionnaire. Ne vous a-t-on donc pas appris les bonnes manières à adopter en présence d’un noble?

Il accompagna ses paroles d'un sourire carnassier qui ne sembla pas plaire à son escorte. Le poussant en avant, il l'obligea à avancer, mais ce faisant il perdit l'équilibre et passa près tomber de nouveau. Il parvint à rester sur ses pieds, mais il resta quelques secondes sans bouger pour calmer ses vertiges.
On le bouscula encore pour qu'il avance et il laissa un ricanement sortir de sa gorge avant de se redresser et d'adopter une posture que seul un noble pouvait arborer. La tête haute et un léger sourire aux lèvres, Gaëtéo suivit son escorte sans plus faire part d'une quelconque résistance.

Le voyage jusqu'aux baraquements ne se fit pas sans heurts. Des gens les huèrent et des gamins leur lancèrent des projectiles à l'aspect peu ragoûtant, mais, heureusement, la lieutenant était là pour leur dégager le chemin.
Gaëtéo n'offrit pas aux petites gens le plaisir de se voir irrité par leurs actes. Leurs jetant des regards de biais, il les jaugeait et laissait transparaître du dédain, autant pour leur pauvreté que pour leur race. De la nourriture trop bien traitée et protégée à son avis.
Dégoûté, il reporta son attention au légionnaire qui le précédait, rivant son regard sur sa nuque… une nuque parée d'une belle morsure, si évidente que malgré sa cécité il put très bien la distinguer. Un large sourire para son visage et il lécha ses lèvres, cherchant à goûter le dernier sang qui s'y était déposé. Un soupçon de plaisir le parcourut lorsqu'il décela un arrière-goût sucré, l'identifiant ainsi comme étant un elfe.
Le scientomage se vit alors déçu de n'avoir fait que mordre.

Un point de douleur le força à détourner son attention de ce repas raté. Baissant le regard vers son épaule, il chercha à voir le carreau qui s’y était fiché, mais il était hors de vue. Il savait cependant exactement où il était : sous son omoplate et dans un angle si particulier qu’il ne ressortait pas. La flèche était donc toujours en son corps et la position que les fers forçaient son bras à adopter ne faisaient qu’empirer les choses : la penne s’appuyait sur son bras et à chaque faux mouvements, elle lui faisait l’effet d’un harpon.
Serrant les dents, il ferma les yeux et se laissa submerger par la douleur. Elle se propagea alors à son bras et son thorax. Oui, elle était plus étendue, mais ainsi elle semblait moins l’affecter. Cet état lui procura aussi un effet soporifique et presque plaisant, lui arrachant un nouveau rire. Cela lui valut une claque de la part de son escorte, mais il ignora l’offense et jeta un regard amusé au soldat.

Une fois à destination, on les entraina vers les sous-sols où il fut gracieusement accueillit par le gardien des lieux. Pour lui qui n’égalait déjà pas la hauteur des autres membres de sa race, Ackrose était gigantesque, mais cela n'impressionnait guère le scientomage. Tout comme ses mots d'ailleurs, car il ne se donna même pas la peine de lui répondre.
Ce qui l'intéressait davantage cependant, était la présence d'une elfe dans l'une des cellules. À peine posa-t-il le pied dans les cachots que son odeur lui sauta au visage. L'eau lui monta à la bouche, mais Ackrose ouvrit une cellule bien avant qu'ils aient atteint la sienne. Dommage.
La cellule dans laquelle on les installa manquait affreusement d’apparat. D’abord ce n'était pas des murs, mais des barreaux, ce qui ne manqua pas de faire grimacer le vampire. Au moins, dans le quartier voisin, il avait droit à un peu d'intimité. Et de confort aussi, car il avait beau chercher, il ne vit qu'une seule banquette en bois pourrie et il n'y avait pas la moindre couverture en vue.
Dans son dos, il entendit les deux militaires échanger quelques mots puis la lieutenant s’éclipsa, leur laissant pour seule compagnie le gigantesque svart. Un sourire au visage, Gaëtéo se retourna et observa son geôlier, anticipant déjà la joute verbale qui, à n'en pas douter, allait s'en suivre.
Le sergent ne se fit pas prier pour débuter la conversation et y alla d’une attaque qui ne fit même pas sourcilier son prisonnier.


- Markus est bien assez grand pour décider de se laisser entrainer ou non, répondit-il sans animosité aucune. Et puis, je ne peux que comprendre ses motivations. Sa technique de chasse laisse un peu à désirer. Et je vous remercie pour cette attention, sergent. Éline va se faire un sang d’encre.

Un léger sourire suivit cette déclaration, car lui-même doutait fortement de son acuité.

- Serriez-vous suffisamment aimable pour me retirer ces menottes, sergent? Ces carreaux me font affreusement mal et j'aurais besoin de mes mains pour procéder à leur retrait.

Des braillements stridents lui vrillèrent brusquement les oreilles et il ne put empêcher un rictus de colère de fugacement traverser son visage. Portant son attention à ce qui causait tout ce remue-ménage, il constata que l'elfe… chantait. Ou plutôt crachait quelque chose qui s'en rapprochait. Il ignorait qu'un être pouvait expectorer quelque chose d'aussi affreux. Une elfe de surcroît.
Sa chanson monta dans les aigus et Gaëtéo fut prit de tic nerveux. Ses yeux ne la quittaient pas et il passa sa langue sur ses crocs.
Un court silence le força à ramener l'ordre dans son esprit, mais l’elfe reprit aussitôt sa cantonade. Gaëtéo détourna le regard, le ramenant vers le sergent qui lui faisait toujours face. Il voulu alors retrouver contenance et se parer du voile de la noblesse, mais il ne put cacher le désir de sang qui brûlait dans ses yeux.


- Je vous en débarrasserais volontiers, sergent. Cette créature chante affreusement mal.




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Markus Van Oklanay
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Dim 28 Juil - 17:11

Lorsque la légionnaire l'avertie qu'il valait mieux ne pas menacer la Légion, Markus eut un sourire carnassier. Si elle désirait le prendre ainsi, soit... il aurait tenté de les prévenir. Par contre, le boutiquier ne fut pas averti lorsque furent activés les pierre d'Aelius, même si en entendant l'ordre il eut le temps de dissimuler du mieux qu'il put ses yeux, afin de ne pas être aveuglé. Malgré cela, il sentit la morsure de la lumière mordre sa chair, et manqua de s'écrouler ; vampire et lié aux ombres, il n'était pas vraiment fait pour profiter des "bienfaits" de l'astre du jour...
Il suivit alors avec diligence les légionnaires, n'ayant pas la force de lutter. Même si de toute façon il n'avait jamais eu l'intention de s'opposer à eux. En chemin, il s'inquiéta tout de même de l'état de son ami, même si dans le fond, il n'avait plus tellement envie d'entretenir autre chose avec le scientomage que des relations commerciales.

Quand ils furent arrivés, Markus fut assez peu surpris de voir que le sergent qui les prit en charge. Il s'agissait d'Arckose, le boutiquier le connaissait de nom et de vue, mais sans avoir eu le plaisir de faire plus ample connaissance. Après tout, ses affaires étaient faite en toute légalité, et jusqu'ici la Légion ne l'avait jamais relié à aucun crime. Et pourtant...
Le vampire aux cheveux blanc eut un sourire en apprenant que Gaëtéo était un "habitué". C'était tellement... peu surprenant, que ça en devenait amusant. D'ailleurs le scientomage avait plutôt raison en disant que le boutiquier était assez grand pour décider lui-même ; mais ça n'excluait pas de faire des erreurs, et il considérait que c'était le cas justement, il avait fait une grossière bavure en se fiant à son compère plus âgé et expérimenté. La preuve en était qu'il se retrouvait aux fers, dans un endroit des plus désagréable.
Le sergent Arckose mentionna tout de même son compère, Arawn. Un individu que la Légion évitait d'embêtait ; s'ils avaient une réputation de dur à cuire, d'implacables miliciens, ils n'allaient pas pour autant se frotter au garde du corps du Vampire. En cela, cet homme était un trésor, se disait souvent Markus, un guerrier ailé des plus précieux...


-Je vous conseillerais plutôt de ne pas tarder... si mon associé découvre mon absence avant...

Il laissa ses paroles flotter dans l'air avec un léger sourire amusé. Le sergent ne l'écoutera probablement pas, et ce serait tant pis pour lui. Cependant, Arawn ne se réveillerait sans doute pas avant l'heure du petit déjeuner, quelques heures après que le jour se soit levé ; avec un peu de chance, cela évitera bien des peines à la Légion. Avec un peu de chance...
Cependant, une Elfe se mit à leur vriller les tympans d'une manière fort désagréable ; et là encore, Markus put constater le caractère bestial, prédateur, de son ami. Était-il lui-même un être aussi vil ? Beau parleur, pingre, et avec des activités nocturnes parfois sanglante, mais jamais avec une lueur aussi... barbare dans le regard... Il frissonna.


-Ne nous faites pas languir, et faites donc votre office, que je puisse au plus vite reprendre le mien. Ma boutique ne tournera pas toute seule...




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Légion Noire
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Dim 28 Juil - 22:05

[HRP: A Markus, faudrait quand même voir à pas pousser. Je doute que Arawn puisse massacrer un poste de la Légion Noire. Les légionnaires sont tous des soldats d'élites, et même s'il se transforme en Berserker, ou quelque chose de ce genre, c'est impossible qu'il vienne à bout de tous les légionnaires présents. Sans compter que si Arawn en vient à faire cela, Markus et lui seraient condamnés à mort. Et je doute qu'ils puissent survivre à toute la Légion Noire lancée à leurs trousses. De plus, je ne vois pas pourquoi la Légion aurait peur de lui déjà au départ, si non ça voudrait dire que les légionnaires sont des lopettes qui se laissent intimider par le premier garde du corps/ mercenaire venu, et je ne vois donc pas à quoi ça sert qu'ils soient tous des soldats d'élites, car oui, l'entrainement et la formation pour être de la Légion Noire est celui de l'élite, même pour les simples soldats. DONC si la Légion Noire a envie de faire chier quelqu'un, elle le fait chier, peu importe son rang, son métier ou ses relations, pigé ? La Légion n'a pas bâti sa réputation en chiant dans son froc à la moindre menace. Là.]


***

-Ah messire Fotnik j'aimerai pouvoir défaire vos liens, le sergent prit un air navré, mais je crains de ne pas assez vous faire confiance. Il arrive que la noblesse se tienne bien mal lorsqu'elle est enfermée. Notamment lorsque notre bien aimée souveraine n'a pas les yeux braquée sur elle. Cela dit, ce serait bien mal vous traitez que de vous laissez avec ces deux carreaux dans le bras, bien que je doute que cela vous soit mortel.

Ackrose soupira, et se tourna vers le Thuatann, fronçant les sourcils en entendant le boutiquier proférer une menace à peine voilée. Son camarade légionnaire était un Thuatann digne de son peuple, grand et baraqué, le muscle saillant, Nirmaig avait une gueule d'ange, des yeux bleus, des cheveux blonds coupés courts, mais suffisamment longs pour qu'il puisse les coiffer en arrière, sa chevelure ondulant légèrement. La peau tannée par le soleil, Nirmaig semblait plein de couleur comparé à son officier supérieur. Ackrose, Svart, avait la peau grisâtre, des yeux d'un brun sombre tirant sur le pourpre, un visage étroit, et une chevelure grise. Le sergent paraissait bien terne, n'était la lueur d'intelligence et de malice brillant dans son regard.

-Nirmaig, demande à ce que deux autres gars descendent, avec le doc, on va quand même pas laisser messire Fotnik dans cet état. Ah, et s'il pouvait amener un somni pour l'elfe, ça m'arrangerait, les chansons y'a que les Lios qui savent les chanter correctement.

Nirmaig hocha simplement la tête et se décolla de son mur. Il gagna la porte, l'ouvrit, et beugla, appelant Arahérène le guérisseur de service dans ce poste-ci de la Légion, et deux autres légionnaires. Après ça, il reprit sa place. Ackrose tourna alors sa carcasse vers le boutiquier, son regard se posant sur ce dernier. Une parodie de sourire grima la face du sergent.

-Avant que quoi maître boutiquier ? Encore une menace de ce genre, et je m'arrange pour que vous passiez une semaine dans les geôles de notre reine pour outrage à la Légion. Elles sont autrement plus plaisantes que celles-ci. Et la prochaine fois, avant de bafouer la loi, réfléchissez-y à deux fois. Ce n'est pas mon problème si vous perdez de l'argent. Quand à mon office, messire, je le fais. Je vous surveille.

Arahérène émergea alors des escaliers, encadrés par deux légionnaires en uniformes, l'un portant un bâton de mage, l'autre étant armé de l'épée régulière de la Légion et d'une arbalète. Le guérisseur portait lui aussi  l'uniforme, noir, frappé de l'oeil aux trois larmes, emblème de Marquise. A la place du ceinturon et des armes habituelles, une ceinture avec quelques bourses, et une énorme gibecière passée en travers son torse. Arahérène présentait un visage aux traits très fins, aux angles aiguës, avec un nez et un menton pointu. Des yeux en amandes d'un magnifique ambre liquide, pailletés d'or, le teint doré lui aussi, et une chevelure de feu. Ackrose inclina la tête, affichant ce qui ressemblait plus à un sourire. Le sergent laissa le guérisseur et ses hommes officier.

-Ah ! Messire Fotnik, le salua Arahérène de sa voix douce, je vois que vous avez encore été blessé. Ackrose.

Ackrose déverrouilla la cellule, et le légionnaire armé du bâton de mage, le frappa contre les barreaux. Les runes brillèrent, et des barreaux poussèrent du sol, divisant la cellule, séparant les deux vampires. L'autre légionnaire arma son arme, une arbalète à deux carreaux, la pointant sur la cellule. Le mage se recula, gardant un oeil sur les prisonniers. L'elfe s'arrêta de chanter, agrippée aux barreaux de sa propre cellule, ses yeux embués par l'alcool écarquillés, la bouche ouverte en un "o" muet.

-Simple précaution, fit le guérisseur alors qu'il entrait dans la cellule , bien, tenez vous tranquille, j'aimerai éviter d'avoir à recommencer, car au moindre geste, vous servirez à nouveau de cible. Et j'aimerai autant que mon collègue n'ait pas à se servir de la magie pour reproduire la lumière d'Aelius. Ulricia Varadnur a déjà utilisé ce procédé sur vous, une seconde fois pourrait entrainer des séquelles.

Arahérène fouilla dans sa besace. Il en retira une coupelle en métal, une paire de ciseaux, des compresses, une fiole de désinfectant, et de quoi faire des pansements. Ackrose le regarda faire, exaspéré par sa lenteur méticuleuse, tout en gardant un œil sur l'autre vampire. Van Oklanay lui tapait sur les nerfs, et il songea qu'Ulricia aurait sans doute dû lui tirer dessus aussi. Le guérisseur découpa le tissus autour des flèches, avant de les retirer dans prévenir, une à une. Celle dans le bras fut la plus facile, elle ne s'était pas logée très profond, en revanche, celle sous l'omoplate fut plus coriace. Le sang s'écoula des plaies, virulents, et le médecin appliqua désinfectant et compresse. Il banda le bras du vampire rapidement, par dessus sa veste.

-Evidemment, vous changerez vos pansements en rentrant chez vous, fit distraitement le guérisseur alors qu'il terminait le pansement pour l’omoplate, navré pour vos vêtements.

Il avait appliqué un parchemin de guérison, qui maintiendrait la plaie fermée, et qui ferait office de pansement. Il rangea alors ses affaires, et se leva. Ackrose referma la porte derrière lui, et verrouilla soigneusement la cellule. Le mage frappa alors de nouveau les barreaux, et la cellule fut de nouveau entière. Arahérène se dirigeait déjà vers l'elfe, gobelet fumant à la main, comme sortit de nulle part.

-Très chère, un petit dernier, pour la route ! s'exclama-t-il.

L'elfe répondit par un gloussement joyeux.





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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Ven 2 Aoû - 4:43

Malgré que sa soif ait été étanchée et son instinct bridé, la rage prédatrice était toujours présente. Il avait cependant conscience qu’il irait trop loin s'il y laissait de nouveau libre court, car tuer pour se nourrir est bestial et normal, mais tuer pour la simple jouissance de voir et de sentir la vie quitter sa proie ce serait humain et immoral.
Les poings crispés et le regard rivé sur Ackrose, il tentait vainement d'ignorer ce repas facile. Il était clair que si le sergent le laissait l’en « débarrasser » il ne se ferait pas prier pour se jeter sur elle, mais il avait su dès le départ qu’Ackrose ne lui ferrait pas cette faveur.
Pour en ajouter à son supplice, le sergent lui refusa aussi sa première demande. Une expression d'irritation remplaça sa soif, car il savait ce qui allait se passer. Il allait faire descendre son guérisseur. Arahérène était bon dans ce qu'il faisait. C’est-à-dire guérir, pas opérer. Oui, il était aisé de voir que les carreaux n'étaient pas nécessairement dangereux, mais il aurait préférer y procéder lui-même.
Celui dans son bras était loin d'être ce qu'on pouvait qualifier de mortel, mais l'autre lui semblait être coincé entre son omoplate et ses côtes, trop proche de son poumon. Il était clair qu’il ne l'avait pas touché, car si tel avait été le cas, il se serrait noyé dans son propre sang depuis longtemps, mais une mauvaise manipulation du carreau pourrait aggraver les choses. Si ce qu'il percevait était juste, il s'était fiché pas bien loin de l'artère brachiale, ce qui, si elle était touchée pendant le retrait, pourrait entrainer une hémorragie interne.
Et il doutait grandement qu'ils aient ici les outils nécessaires pour endiguer un tel flot.


- Sergent, je doute qu’Arahérène soit suffisamment qualifié. (Il jeta un coup d'œil nerveux à l'escalier avant de revenir à Ackrose) Retirez-moi mes menottes.

Le soldat l'ignora et fit mander le guérisseur par l'entremise de son collègue Thuatann. Gaëtéo sentit la colère monter et il tenta difficilement de l'ignorer et de la faire taire. Ses poings crispés, il jouait avec ses liens. Il sentit le sang goutter à ses doigts et ce n'était pas celui de la drow.
Il détestait ce genre de situation. Particulièrement lorsqu’il n’avait pas le contrôle sur elle.
Markus parla et sa déclaration lui sembla tellement incongrue qu'il porta un regard vide sur lui. Comment pouvait-il proférer de telles menaces? Même lui n'oserait pas attaquer la Légion… enfin, pas de face et certainement pas en faisant des déclarations aussi vide de sens. Tous ceux qui ont fait montre d'autant de suffisance face à la Légion par le passé y ont laissé plus que leur propre vie et, pour avoir été le médecin personnel du Capitaine de la Légion pendant près de quarante ans, il avait vu bon nombre d'hommes mourir pour beaucoup moins que ça.
La réponse du sergent ne se fit pas attendre et un sourire en coin accompagna son regard qui se para d'une lueur amusée. Ackrose n'avait certainement pas sa langue dans sa poche et Markus devrait comprendre que la prochaine fois qu'il agiterait la sienne, il pourrait bien la perdre. Son regard glissa jusqu'au boutiquier, mais il s'abstint de dire quoi que ce soit. Son simple sourire répondait à sa place.
La lueur amusée disparue de son regard lorsque les pas d’Arahérène se firent entendre. Il reporta vivement son attention à l'escalier et un tic de colère agita sa mâchoire.
Il n'aimait vraiment pas ce guérisseur.
Arahérène fit son entrée et vint le saluer, mais Gaëtéo se garda bien de lui rendre les politesses. Sa cellule fut séparée en deux afin d'isoler Markus, mais si ce n'est qu'un simple coup d'œil, il n'y porta pas attention. Arahérène entra alors et le tic de Gaëtéo s'agita de nouveau. Le nouveau venu proféra alors une menace à peine voilée, ce qui ne manqua pas de faire sourire le prisonnier.


- Si j’avais eu l’intention de m’en prendre à toi, Ara, ça ferait déjà quelques années que tu serais mort.

Son sourire disparut brusquement et il lui tourna le dos. Avisant le banc qui s'avéra faire maintenant parti de sa cellule, il s’avança et s'y laissa choir lourdement. Le carreau dans son dos lui tira un grondement et il serra les dents le temps que la douleur passe.
Le guérisseur vint près de lui et ouvrit sa besace pour en sortir quelques outils. Pour avoir subit sa médecine à plus d'une reprise, Gaëtéo savait qu'il connaissait son métier, mais rare avaient été les fois où on l’avait atteint ainsi et puis Arahérène n’était pas ce qu’on pouvait appeler la douceur incarnée.
Les yeux rivés sur le visage du guérisseur, Gaëtéo observais ses expressions faciales. Ses yeux concentrés et ses lèvres pincées révélaient sa concentration et son professionnalisme, mais le petit sourire en coin qu’il exhibait ne lui plaisait pas du tout.
Lorsqu’il leva le regard vers lui, le tic de Gaëtéo refit surface et il dut serrer la mâchoire pour s'empêcher de montrer les dents. Arahérène sembla l'ignorer et reporta son attention au carreau dans son bras.
Rapidement, il découpa son superbe manteau, se saisit de la penne… et l'arracha sans plus de cérémonie. Gaëtéo lâcha un cri de douleur et se détourna. Ses dents serrées, son visage crispé et son souffle court, il parvint difficilement à contenir l'accès de colère qui tentait de resurgir. Sa vision était trouble et son corps tremblait tant elle bouillonnait, mettant à mal le peu de bon sens qu'il était parvenu à récupérer.
Une fois une partie de la douleur passée, il gronda de colère et bouscula le guérisseur de son épaule avant de lui jeter un regard noir. Il entendit les gardes s'agiter, mais il n'avait d'yeux que pour Arahérène.


- Tu manques tellement de délicatesse que découper ma chair aurait sans doute été moins douloureux, cracha-t-il à l'homme qui se tenait à quelques centimètres de son visage. J'espère que tu n'as pas l'intention de procéder de la même façon avec l'autre. Dans cette position, il serait préférable de lui faire traverser mon épaule. Si tu tires dessus, tu risques de toucher la brachiale. Et je préfère de loin conserver mon bras.

La réponse se fit attendre, mais Arahérène garda le silence et le contourna pour s'occuper de second carreau. Dès qu'il posa la main sur la penne, Gaëtéo sut qu'il n'avait pas écouté sa directive. Oui, il paru faire plus attention, mais il tira tout de même dessus pour l'extraire.
La douleur fut si intense qu'il en tourna de l'œil. Il en fut même incapable de crier, mais il refusa de perdre connaissance. Penché sur ses genoux, il tentait de remettre le plancher de niveau en inspirant profondément. Un goût de sang tapissait sa bouche et il comprit qu'il s'en était mordu la langue.
Un rire moqueur s'échappa de ses lèvres lorsqu'il parvint enfin à trouver la force de se redresser. Rassemblant le sang dans sa bouche, il le cracha au pied du guérisseur, manquant de peu sa si belle chaussure.
Une fois qu'il eu terminé de bander son épaule, Arahérène ne se fit pas prier pour sortir en vitesse. Alors que son collègue réunissait les deux sections de la cellule, le guérisseur alla vers l'elfe en lui proposant un gobelet fumant.
Gaëtéo fut à nouveau prit d'un rire moqueur et se leva, observant l'homme d'un œil torve tout en dévoilant sa dentition rougit par son propre sang. La colère avait gagné sa folie.


- Ta délicatesse est remarquable, siffla-t-il, et ton savoir-faire impeccable… (Léchant ses lèvres, il prit le temps d'avaler son sang avant de s'incliner légèrement en une parodie de révérence et de poursuivre sa tirade) Je n’hésiterai pas à faire appel à tes services lors de l'opération à cœur ouvert que j'officierai d'ici quelques jours.

Servant à nouveau ce sourire rougit à l'homme, il lui tourna le dos et retourna s'asseoir sur la banquette de bois. Ses plaies lui faisaient affreusement mal, plus encore même que lorsque les carreaux étaient encore en lui. Observant le sol au-dessus duquel il s'était tenu quelques instants plus tôt, il ne vit que peu de sang, preuve qu'il n'était pas en train de se vider. Arahérène avait malgré tout bien fait son boulot.
Relevant son regard sur Markus, il lui servit le même sourire.


- C’est une chance que je me sois procuré ce manteau chez toi, mon ami. À force de me faire trouer la peau, en acheter un à toutes les fois aurait finit par me ruiner. Il m'a couté cher, mais il vaut son pesant d'or.




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Markus Van Oklanay
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Mer 15 Jan - 11:57

[HRP : J'ai jamais sous-entendu qu'Arawn allait jouer des biceps et casser du légionnaire jusqu'à récupérer Markus ; ce serait même très réducteur pour l'intellect de ce cher guerrier ailé. Il ne faut pas oublier qu'avec leur fourbi magique, y peuvent faire dans la finesse et s'en tirer sans un seul pot cassé.]


La réponse du sergent ne se fit pas attendre, cinglante et fière, pleine de menaces en représailles de celles du boutiquier. Ce dernier se fendit d'un sourire, et s'en alla dans un coin de la cellule, s'asseyant sur le sol en méprisant les règles de la bienséance qui aurait voulu qu'il ne salisse pas son élégant pantalon avec la crasse qui comptait parmi les résidant permanents de l'endroit. Il s'y adossa, bras croisés, jambes étendues, un sourire narquois sur le visage, comme s'il n'était pas gêné d'être en cellule.
La préoccupation su moment n'était cependant pas son petit jeu d'intimidation à l'encontre de la Légion. Enfin, ce n'était pas vraiment comme si on pouvait intimider la Légion Noire ; si un Dieu descendait du panthéon, avec les trompettes et tout le cérémoniel, et exigeait leur reddition, il y avait fort à parier que les légionnaires emploieraient un vocabulaire fleuri pour lui signifier qu'il pourrait toujours courir et d'aller voir chez les Elfes si ils y sont. Et le Dieu le ferait sans doute plutôt que se frotter à eux.
Et même un être aussi fier que Markus n'irait pas jusqu'à affronter la Légion. Juste la provoquer, en restant dans les limites du raisonnable et du potentiellement pas dangereux pour la santé à court terme. Il aimait voir cette supériorité sur le visage du sergent. Imaginait dors et déjà qu'il balayait de son esprit les paroles du Vampire. Se désolait de ne pas pouvoir voir la tête du sergent lorsqu'il sortirait d'ici, sans l'accord de la Légion, sans même qu'ils ne s'en aperçoivent...
Mais cela lui reviendrait très très cher de faire cela, mais en même temps, il avait tout fait pour empêcher que cela arrive. Car si Arawn n'est pas prévenu avant de s'apercevoir de l'absence du boutiquier, il partirait à sa recherche.

Perdu dans ses pensées et somnolant déjà à moitié malgré le chant provenant d'une des cellules voisines, Markus sursauta lorsque des barreaux surgirent du sol pour le séparer de son compagnon qui s'était fait flécher. Un médecin fit son apparition, visiblement vieille connaissance du scientomage cinglé. La discussion qui s'ensuivit ennuya profondément le boutiquier, qui aurait recommencé à piquer du nez si, dans le fond, un de ces clients n'était pas en train de souffrir. Le dialogue était assez obscur, il aurait fallu connaître le passif des deux protagonistes. Ou faire un effort de compréhension, ce que Markus n'avait pas forcément envie de faire ; il aurait voulu être chez lui à dormir dans son lit douillet plutôt que dans une geôle humide en train de regarder un de ses congénères repeindre le sol avec un peu de son sang.
Cela ne dura pas si longtemps et, après un crachat presque bien placé, le guérisseur s'en alla, les laissant seul avec le légionnaire qui, de l'autre côté de la porte, devait les surveiller. Et les barreaux toujours levés pour les séparer.


-
C’est une chance que je me sois procuré ce manteau chez toi, mon ami. À force de me faire trouer la peau, en acheter un à toutes les fois aurait finit par me ruiner. Il m'a coûté cher, mais il vaut son pesant d'or.

-Mes articles t'ont-ils déjà déçu ? Il se fendit d'un large sourire. Son dernier propriétaire l'a été lui, mais il ne m'avait pas bien écouté ; "aucune arme ne peut le détruire" ne veut pas dire "il remplace une armure". Enfin, il n'a pas eu le temps de venir se plaindre avec la dague qui lui a été plantée entre les omoplates. C'est pourtant un tel bijou, ce manteau...

Avec l'air rêveur de ceux qui contemplent quelque chose de magnifique, Markus posa ses iris rouges sur Gaëtéo, un sourire tendre au coin des lèvres. Mais c'était le manteau qu'il regardait, et cette manière si particulière que les fils coupés avaient de gigoter légèrement autour de la "plaie" du tissu, et de se réunir pour faire disparaître le trou avec plus d'efficacité que n'importe quel couturière...

-Oui, un bien beau bijou... mes articles savent comment trouver un acquéreur à qui ils rendront le plus service...




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Éline Telrunya
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Mer 15 Jan - 15:19

La ville était bruyante et les odeurs qu'elle dégageait étaient écœurantes, surtout dans cette partie du quartier. Le regard fixé au-devant d'elle, sur une magnifique décoration tracée dans le bois du coche, son visage ne laissait transparaître que dédain et colère. Et heureusement pour elle que seules les personnes qui osaient porter un regard dans l'ouverture pouvaient la voir, car ce serait tout le quartier qui lui rendrait son regard.
La Haute n'était jamais très appréciée dans les quartiers malfamés.
Ils atteignirent le poste sans mal et dès que le coche s'immobilisa, Éline en sortit, sans attendre qu’on lui ouvre la porte, sans attendre que le bleu lui indique le chemin. Elle n'osa cependant pas pénétrer le poste avant lui et consentit à être guidée à l'intérieur de la bâtisse qu'elle connaissait désormais presque par cœur.
Il y avait quelques légionnaires présents, mais Éline ne s’y intéressa pas et exigea de voir le supérieur immédiat, ce qui lui fut accordé dans la seconde. Le capitaine était occupé, mais Éline n'osa pas se montrer insolente avec ce dernier et attendit qu'il accepte bien de lui porter son attention… non sans faire part d'une certaine impatience. Même si elle était noble, la Légion avait l'autorité sur elle, et ce, en tout temps.
Elle s'informa sur les circonstances de l'arrestation et le capitaine consentit à lui en faire le rapport détaillé, sans oublier de lui rappeler les charges qui pesaient sur son époux et les conséquences que ces actes avaient eu. Elle ferma momentanément les yeux pour cacher sa honte.
Elle demanda ensuite à savoir ce qui advenait de la personne qu'il avait prit pour cible et elle sentit un grand soulagement l'enlacer lorsqu'elle apprit qu'elle avait survécue de justesse. Lorsqu'elle annonça vouloir s'acquitter des frais médicaux, le capitaine laissa transparaître un sourire qui ne lui plut pas, car cela ne fit qu'empirer sa honte. Elle se garda bien cependant de la laisser transparaître sur ses traits d'albâtre.
Devoir laver les caprices nocturnes de son époux ne l'enchantait guère et ne la rendait pas populaire auprès de ses congénères. Elle savait que faire disparaître les traces ne ferait pas disparaître les rumeurs, mais ça en étanchait au moins l'ampleur.
Une fois ces informations acquises, elle dut se plier aux formalités d'usage et fit approcher Bastien qui, jusqu'alors, s'était tenu à l'écart. Il s'occupa de payer la caution et de récupérer les informations sur la victime, notamment nom, lieu de résidence, lieu de soin et état social.
Une fois cela fait, il revint vers elle accompagné d'un légionnaire que le capitaine leur avait affecté afin de les accompagner jusqu'à la cellule de son époux. C’était bien là le seul caprice que le capitaine acceptait de lui concéder. Elle voulait toujours voir son époux avant qu'on ne le fasse sortir de sa cellule, car elle pouvait ainsi s'assurer qu'il avait retrouvé ses esprits.
Des esprits bien rarement présents, se désola-t-elle alors qu'ils entamaient la descente vers les cachots.




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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Lun 20 Jan - 23:01

Arahérène roula des yeux, alors qu'il tournait le dos à Gaëtéo. Ni lui, ni le vampire ne s'appréciait. Arahérène ne l'appréciait pas pour deux raisons : la première était que le vampire avait tendance à se faire blesser presque à chaque fois qu'il se faisait arrêter, et il était obligé de se déranger, la deuxième était que le légionnaire guérisseur n'ignorait pas les expériences auxquelles s'était livré son confrère durant la guerre, et même après. Et si la moitié des rumeurs qui circulaient sur le noble était vraie, alors Arahérène avait des raisons de ne pas l'aimer, car Gaëtéo ne semblait respecter aucune limite, aucun scrupule, n'ayant aucun sens de l'éthique. Et Arahérène fit preuve du même manque de scrupule quand il dut extraire les flèches, le faisant sans douleur, mais efficacement, sans provoquer la moindre déchirure ou hémorragie. Il n'était peut être pas aussi versé dans les sciences que le vampire, mais il avait des années de pratique en tant que médecin militaire, et il avait officié sur bien des fronts. Arahérène n'était pas délicat, mais il était rapide et efficace et s'était tout ce qu'on lui avait demandé quand il avait servi dans les légions qui avaient combattu sur des fronts bien différents.

-Tu n'en mouras pas, railla-t-il, cela t'apprendra peut-être à te tenir tranquille, et à ne pas enfreindre la loi.

Arahérène était en suite sorti, avec un gobelet fumant brusquement apparut dans sa main gauche. L'elfe arrêtée pour état d'ébriété sur la voie publique, buvait goulument quand le vampire proféra une menace à peine voilée. Le guérisseur se contenta de regarder le sergent Ackrose. Le Drow soupira et donna un petit coup dans les barres qui constituaient la majeure partie des murs de la cellule. Le tintement eut pour effet de détourner l'attention du vampire.

-Allons, allons, messire Fotnik, il y a un instant vous vous plaigniez de ces flèches, et maintenant qu'elles n'y sont plus, vous vous en prenez à celui qui vous a soigné. ll faudrait savoir. Et je n'apprécierai pas d'avoir à vous arrêter pour le meurtre d'un légionnaire, pour lequel on ne s'en sort pas avec une simple amende à payer.

Ackrose n'en dit pas plus, car le noble était parfaitement au fait des lois de Cemenwin. Quiconque s'en prenait à la légion finissait bien souvent avec la tête sur le billot. Et cela aurait chagriné d'autant plus le sergent que Gaëtéo Fotnik avait servi dans les légions impériales, et qu'il semblait avoir oublié qu'on ne touchait jamais à un de ses camarades, car quiconque était légionnaire, le restait à vie, même une fois démis de son service. Le vampire ne sembla même pas l'avoir entendu, son attention déjà reporté sur son compagnon de cellule. Arahérène quitta les geôles, et les oreilles d'Ackrose étaient maintenant en paix. L'elfe soule était maintenant profondément endormie, elle se réveillerait sans doute avec une sacrée gueule de bois, et avec un certain sentiment de honte sans doute. Nirmaig se tenait impassible à peine à appuyé contre le mur, les bras croisés sur ses imposants pectoraux. Les deux excentriques se mirent à discuter, oublieux du lieu où il se trouvait, et Ackrose faillit en rire. Cependant, la porte en haut des escaliers s'ouvrit à nouveau. Le légionnaire Oryn, un bleu, arriva en premier, escortant l'épouse de Gaëtéo Fotnik. Éline avait les traits délicats et élégants des Telrunya. Elle était très belle, et Ackrose lui vouait un respect sans bornes, sachant ce qu'elle traversait, elle faisait preuve d'une force de caractère incroyable. Et face à elle, son mari devenait soudainement penaud, bien souvent honteux, mais cela ne durait qu'un temps.
Le sergent et le légionnaire Nirmaig se fendirent d'une profonde révérence, car Éline faisait partie, comme Ulricia, des trois grandes Maisons nobles de Cemenwin.


-Dame Éline, la salua Ackrose avant de s'écarter pour lui laisser le champ libre.

Oryn se tenait près des escaliers, pâle comme un linge, mais les joues également rougies. Le bleu avait dû affronter l'attitude franche et parfois un peu brutale de la noble. Et même temps, il devait être au comble de l'excitation, car il ne se passait rien d'aussi intéressant le reste du temps au poste de la garde, dans le quartier des bas-fonds, à part les arrestations de quelques personnes éméchées, coupes jarrets, et autres criminels. Pourtant, la figure aux yeux pâles d’Éline Telrunya Fotnik était connue dans le poste. Ackrose resta silencieux, laissant l'épouse voir l'état de son mari.





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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Mar 21 Jan - 18:01

Gaëtéo somnolait lorsque la porte s'ouvrit de nouveau. Il n'y aurait jamais porté attention si ça n'avait pas été de ce que fit entendre la nouvelle venue. Une démarche délicate, de petits pieds rapides et des tissus froissables. Un faible sourire étirait sa bouche lorsqu'il se tourna vers la porte de la cellule pour lui faire face.
Ackrose et son acolyte se fendirent d'une révérence devant Éline Telrunya. Une beauté au sens le plus épuré qui soit. Sa robe était d'une blancheur immaculée et ses cheveux bleu-noir brillaient d'humidité. De toutes évidences, elle avait prit un bain, mais à l'odeur sauvage qu'il décela, cela s'était fait dans l'étang.
Elle ignora le sergent, vint se mettre face à la cellule et croisa ses bras avant de plonger son regard dans le sien. Un regard qui crachait toute sa colère alors que sa posture revendiquait le respect qui lui revenait de droit.
Sa femme était si belle lorsqu'elle était en colère.
Gaëtéo ne s'était pas départit de son faible sourire et n'avait pas daigné se lever de son siège lorsqu'elle avait fait son apparition, lui relançant sa rancune par une désinvolture arrogante. Ils se jaugèrent un moment, mais, de toute évidence, Dame Telrunya n'avait pas l'intention de donner le moindre ordre tant qu'il n'aurait pas obéit à son caprice.
Lâchant un faux soupir de dépit, il se leva et approcha, ne quittant pas de ses yeux bleus les pupilles pâles de sa femme. Elle continua de le jauger, remarquant la présence arrogante de son sourire et de la lueur amusée dans son regard. Cela ne fit que la mettre un peu plus en colère. Il paru le remarquer, car son sourire s'étira un peu plus, dévoilant ses dents tâchées de rouge. Une moue de dégoût passa furtivement sur son visage, car cela l'avait obligée à voir à quel point… sa mâchoire et sa gorge n'étaient plus blanches.
Son sourire disparut presque aussitôt et son regard se détourna pour tomber sur le bijou qu'elle portait. Il n'avait aucun souvenir de lui avoir déjà offert un pendentif de dragon blanc et ça l'intrigua soudainement. Sa curiosité trouva cependant sa réponse lorsque le bijou ouvrit un œil pour le braquer sur lui.


- Je devrais te laisser ici quelques jours de plus.

Les mots avaient été crachés et l'acide qu'ils contenaient fut suffisant pour attraper l'attention du vampire qui ramena ses yeux sur son visage. Son sourire refit surface et l'arrogance brilla dans son regard alors qu'il paraissait son visage d'une fausse moue de douleur.

- Tu ne serais pas si cruelle, dit-il mielleusement, non sans teinter ses mots de sarcasme.
- Cette fille se bat pour sa vie au moment où on se parle…
- Oh! Elle a survécue? Markus, tu me déçois, dit-il en portant son regard sur le vampire en question.
- Ne rejette pas le blâme sur lui! Cracha-t-elle, contenant sa fureur de peine et de misère. (Il ramena son attention sur elle, une lueur mêlant folie et colère dans l'œil. Prenant une profonde inspiration, elle reprit son calme.) À chaque fois c'est la même chose et à chaque fois je dois nettoyer derrière toi.
- Je ne te l'ai jamais demandé, siffla-t-il.
- Non, mais il faut bien que quelqu'un le fasse parce que toi tu ne le feras pas.
- Pourquoi devrais-je?
- Suffit. Je sens la conversation dériver vers un sujet sur lequel nous ne sommes jamais tombés d'accord et ce n'est certainement ici que nous allons en trouver la solution, dit-elle en portant sa main à son visage pour masser l'arrête de son nez. (Elle garda le silence un court instant, tentant d'évacuer son exaspération grandissante, avant de soupirer profondément et de reprendre contenance). T’es-tu contenté?
- Oui. Et Markus a bien faillit me fournir un second repas…
- Arrête, dit-elle en levant la main pour l'interrompre. Ça suffit. N'en rajoute pas.

Gaëtéo laissa transparaître de l'irritation, mais il garda néanmoins le silence. Éline l'observa encore un moment et, se trouvant finalement satisfaite de son état d'esprit, elle fit signe à Ackrose de le faire sortir. Elle se détourna ensuite vers son compagnon de cellule. Elle l'observa à son tour, tentant de comprendre ce qui avait bien pu pousser son époux à se trouver un complice. Sa jeunesse était une évidence tout comme sa ressemblance avec une ancienne noblesse.

- Van Oklanay. J’ai connu votre père. Je suis navré que mon époux vous ai entrainé dans cette… entreprise. Il a la mauvaise habitude d'influencer les plus jeunes et les plus fragiles dans son mode de vie.




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Markus Van Oklanay
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Ven 31 Jan - 16:43

Bien entendu, le boutiquier avait entendu parler de la femme de Gaëtéo, et pour cause, elle était d'une prestigieuse lignée, une des grandes familles de Cemenwin. Cependant... il ne l'avait jamais vu pour autant et ne s'attendait pas à la voir se déplacer dans des geôles humides pour récupérer son époux. Markus s'était parfois demandé comment un énergumène comme le scientomage avait pu faire aussi bon mariage.
Pourtant sa femme, avec une prestance faisant honneur à son rang, et un serviteur qui restait en retrait. Elle affichait une certaine furie maîtrisée, qui poussa instinctivement le vampire pâle à se relever maladroitement et à se tenir tranquille, comme une proie face à un prédateur affamé. Comme tout homme devant la colère d'une femme...
 
De ce point de vue là, le boutiquier était tranquille, il n'avait pas d'épouse. En réalité, il n'avait jamais vraiment connu l'amour d'une femme, si ce n'est contre de l'argent ; et cela ne lui manquait pas plus que cela. Sa vengeance avait occupé une bonne partie de sa vie, conserver la flamme d'honneur qui brûlait en lui, l'honneur bafouée des Van Oklanay... Et puis il avait la boutique. C'était un peu comme une épouse, il fallait s'occuper d'elle après tout. Cela le fit sourire, de se dire qu'il était marié à son travail.
Car dans le fond, le magasin fonctionnait presque comme une entité pensante, sans doute à cause de la forte concentration en magie, la présence dans un même endroit d'une grand nombre d'artéfact dont certains possédaient une volonté propre. Il espérait d'ailleurs que rien de fâcheux n'arrive durant son absence...
 
Mais plus intéressant se déroulait sous ses yeux, lorsque les deux époux se confrontèrent. Markus fut étrangement rassuré que leur proie s'en soit tiré. Dans le fond, il ne montrait aucune pitié envers sa nourriture, mais celle-ci était choisie et "consommée" d'une façon plus élégante que la chasse ; cette Drow avait de la famille, une vie, et cela l'aurait chagriné de la savoir morte, alors que ses autres repas... la mort aurait parfois été plus douce.
Un petit sourire en coin, il écouta la petite dispute, qui avait un certain charme. Il préférait sa boutique à une femme, cela allait sans dire, même s'il se surprit à avoir un petit pincement au cœur quand, avant de sortir, Eline se tourna vers lui, et s'excusa pour son mari... tout en évoquant son père. Son défunt père. Son père déchu... Une ombre passa sur son visage, bien qu'elle disparut bien vite, remplacée par un sourire charmeur, comme seul les boutiquiers en ont le secret.

 
-Pensez bien, Dame Telrunya, que l'on ne m'y reprendra plus. La chasse n'est pas faite pour la noblesse, même si de noble je n'ai plus que le sang... il eut un rire amère. Vous avez de la chance d'avoir connu mon père, cela n'a pas vraiment été mon cas ; mais qu'importe. Il serait plus sage qu'un de vos serviteurs viennent chercher la commande de votre mari... elle sera prête au plus vite.
 
Après un petit rire, le Vampire menotté se laissa glisser contre le mur, jusqu'à se retrouver assis sur le sol, pathétique, le visage rivé vers le sol, yeux fermés. Il était fatigué et avoir évoqué son père n'avait pas été la meilleure idée qui soit, même s'il eut été pire que Dame Eline ne prononce son nom... ce nom qui parfois planait comme une ombre sur le sien...




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Légion Noire
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Ven 31 Jan - 23:29

Ah. Ackrose resta bien droit, observant et écoutant l'échange entre les deux époux. Ce n'était jamais qu'un énième échange du même genre qu'il entendait, comme à chaque fois qu'elle venait le tirer hors de sa cellule. Éline Telrunya, même dans le cachot le plus sordide, aurait eu la prestance d'une reine. Non pas que les geôles d'Ackrose soient sordides. Non, le sergent fait en sorte qu'elles soient propres -il détestait la vermine- à défaut d'être accueillantes. Il se garda bien de montrer la moindre émotion, la colère d'une femme pouvant s'étendre à une autre proie, si on lui en donnait l'occasion. Il garda un œil sur le boutiquier, celui-ci observait également l'échange entre les deux époux, se posant sans doute la même question que tout Cemenwin se posait depuis de nombreuses années : comment avait-il fait pour qu'elle accepte de l'épouser ? Y avait-il jamais eu de véritable amour entre ces deux là ? Sans doute. Il n'était pas dans l'intérêt des Telrunya qu'une de leurs filles épouse un Fotnik, surtout Gaëtéo Fotnik, qui avait fini par tomber en disgrâce.
La Dame lui fit signe qu'il pouvait faire sortir son époux. Parfois, elle se contentait de lui jeter à la figure qu'il pouvait bien encore attendre un jour ou deux, en guise de punition. Ackrose n'était pas dupe, et il savait qu'elle vérifiait, avec cette conversation, s'il n'était plus en proie à la rage qui habitait parfois les dents longues lorsqu'ils étaient excités par la chasse et le sang. Un comportement souvent incontrôlable et dangereux. Puni par les lois de Cemenwin, des lois que notre bien aimée souveraine avait bien fait de promulguer, songea le Drow alors qu'il saisissait les clefs qui pendaient à sa ceinture. Il osait à peine imaginer ce que cela aurait pu donner si la population vampirique de Cemenwin se mettait chaque nuit à chasser ses concitoyens... Il glissa la clef dans la serrure, tourna une fois dans un sens, les glyphes sur les barreaux brillèrent un instant, puis il tourna dans l'autre sens, et la porte s'ouvrit. Ackrose se contenta de l'ouvrir, pour que le seigneur Fotnik puisse sortir.

-Maître Fotnik, si vous voulez bien vous donner la peine, fit poliment le sergent ponctuant sa demande d'un geste de la main.

Nirmaig se raidit quand même, incertain quant aux réactions que pourrait avoir le vampire. Fotnik n'était guère connu pour sa docilité, et chaque arrestation se soldait souvent par des blessures. Et par conséquent, par des menaces à l'encontre d'Arahérène, bien qu'elles n'aient jamais été mise à exécution. L'esprit clair de toute envie de sang, Ackrose se disait que le scientomage était suffisamment raisonnable, dans le sens où il devait avoir une certaine logique froide et calculatrice, pour se rendre compte que le meurtre d'un légionnaire ne lui coûterait pas qu'une nuit dans une des cellules de la Légion.





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Kirann Satmaer
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Dim 2 Fév - 16:05

J'observais en silence, collier de pierre blanche sur la peau froide de mon hôtesse. Éline était magnifique de contrôle et de colère froide. Brillante de pureté au fond de ses geôles froide et sombre. Et moi, parure d'un jour j’étais heureux de voir Gaëtéo mettre genoux en terre devant ma Dame. Curieuse situation que cette femme, si douce, si gentille, faisant plier, garde et mari par la seule force de ses mains blanche. Pouvais-on parlé d'une main de fer, dans un gant de velours ?



La porte s'ouvrit et les gardes autour de nous se tendirent, comme on tend la corde d'un arc. Gaëtéo, ce fauve imprévisible était a nouveau libre. De mon perchoir je prit la peine de changer de position, l’immobilité après un bon repas était agréable mais sans abus. Ne brisant pas l'enchantement, j’eus l'air, l'espace d'un instant d'un bijoux mouvant, imprégné d'une magie antique... une merveille d’orfèvrerie au yeux des esthètes. Je pris grand soins de me déplacé en douceur, ne tenant pas a la gêner. Je pris une nouvelle pause, celle d'un dragon furieux, sur le point de bondir, qui finalement semblait aller avec l'état d'esprit d’Éline. En plus de cette manière je pourrait au besoin intervenir plus facilement.  
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Éline Telrunya
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Dim 2 Fév - 23:55

Regardant le sergent s'exécuter, Éline sentit une appréhension certaine l'enlacer. Jamais elle ne s'était trompée, mais il y avait toujours une première fois à tout. Son malaise disparut cependant lorsque la porte de la cage s'ouvrit et que Gaëtéo se contenta de glisser le regard sur le sergent. Il ne bougea pas tant qu'il ne fut pas invité à le faire et il remercia le sergent d'un hochement de tête avant de se glissa hors de la cellule d'un pas lent. Son regard glissa ensuite sur Nirmaig pour le jauger un court instant. Un tic de colère agita sa mâchoire.

- Me croyez-vous donc assez bête pour m'en prendre à vous? Siffla-t-il.

Elle le vit ensuite tressaillir lorsqu’Ackrose s'approcha dans son dos pour lui retirer ses menottes. Portant un regard de biais au sergent, il ne put empêcher la lueur sauvage de s'allumer dans son regard. Éline intervint donc et s'approcha de lui pour poser délicatement sa main sur son torse. Il tressaillit de nouveau, se tournant vivement vers elle, mais la lueur disparut lorsqu'il plongea son regard dans le sien. Elle resta ainsi jusqu'à ce qu’Ackrose ait terminé et qu'il se fut éloigné. Gaëtéo ne la quitta cependant pas des yeux, ne remarquant apparemment même pas qu'il était libre.
Éline brisa la première le contact visuel, s'éloignant et lui tournant le dos, sachant pertinemment le risque encouru. Elle s'avança ensuite vers le Van Oklanay, qui s'était décidé à lui répondre, tout en tentant vainement d'ignorer le regard qu'elle savait toujours braqué sur elle.
Les mots du noble déchu furent brefs, mais démontraient un vocabulaire recherché sans pour autant que la phrase dans laquelle ils furent intégrés n'ait vraiment de sens. Comme s'il avait cherché à dire plusieurs choses en même temps, enchaînant les sujets, tel un discourt mainte fois répété.
Elle était sur le point de répondre lorsqu'elle sentit un souffle sur sa nuque. Elle ferma les yeux et tressaillit. Elle le savait tout proche, à peine quelques centimètres derrière elle. Son regard toujours braqué sur elle, sauvage et avide. Elle entendit un mouvement plus loin et comprit qu’Ackrose avait dans la tête d'intervenir, mais elle ouvrit simplement sa main, pour l'en décourager. Ce serait bien la pire chose à faire. Elle le sentit lever sa main comme pour lui effleurer l'épaule, mais elle s'éloigna juste à temps, lui refusant ce plaisir. Elle l'entendit souffler de colère, mais il s'abstint d'insister.
Ce n'est qu'à ce moment qu'elle se souvint que le dragon était à son cou, car il se décida à bouger. Avec lenteur, il s'évertua à se trouver une autre position. Par confort ou pour avertir l'intrus? Elle ne saurait le dire. Ses griffes lui piquèrent la peau sans la percer et le contact de ses écailles rêches la chatouilla.
Elle put ensuite percevoir le mécontentement de son époux. Ignorant la confrontation visuelle qui avait sans doute cours dans son dos, elle revint au Van Oklanay. Rassemblant ses pensées, elle rappela à elle son discourt. Un discourt qui méritait une réplique.


- Il me semble à vos dires que vous connaissez suffisamment bien mon époux pour avoir connaissance de ses activités. Vous deviez donc être totalement conscient des conséquences possibles lorsque vous avez accepté son offre. Mes paroles ne vous démettaient pas de toutes responsabilités ni ne vous permettaient de faire part d'une telle liberté de parole à son encontre. Et pour ce qui est de la… chasse, elle n'est faite pour personne. Que ce soit un noble ou un boutiquier, le lignage n'a rien à voir là-dedans. Qui plus est, Faustus Van Oklanay est tombé en disgrâce des suites d'un jugement équitable. Invoquer votre ascendance justifie donc encore moins vos gestes. Elle pourrait même y donner raison. Peut-être souhaitiez confesser par de telles paroles vos propres libertés?




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Markus Van Oklanay
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Lun 3 Fév - 1:39

Elle lui répondit. Dame Telrunya lui adressa à nouveau quelques paroles, alors qu'il gisait, pitoyable et fatigué sur le sol de sa cellule. Et pour quoi faire ? Lui reprocher de se masquer derrière son lignage, ainsi que fricoter avec les projets de son mari. Relevant la tête, Markus afficha... de l'incrédulité ?
Une surprise sincère, qui se mua en un rire, un honnête rire qui n'était pas moqueur ; quand il fut calmé, le Vampire put lui répondre, plus sérieusement, en la fixant de son regard rubis.


-Ne vous méprenez pas, ma Dame, je n'ai pas connaissances des projets de votre mari ; je m'en garde bien. Je ne suis qu'un marchand et lui mon client, cela s'arrête là...

Il se releva tant bien que mal, à cause des menottes lui liant les mains dans son dos. Il devait avoir l'air pitoyable, avec ses vêtements froissés, le col à froufrous tâché de sang. Puis il y avait son regard, un regard chargé de rage, de mépris, mais aussi... d'amusement... et d'un soupçon de folie. Bien moindre que celle que pouvait afficher son mari. Non, il s'agissait de la douce folie dévorant les cœurs baignant dans la haine.

-Cela dit, je vous trouve bien naïve de penser que quoi que ce soit puisse être équitable à Cemenwin...ou que le lignage n'a rien à voir avec ce qu'il est acceptable de faire ou non. Vous n'avez jamais été dépouillé de tout vos biens, séparé de ceux que vous aimez, obligé de mendiez et de vous souillez pour espérer survivre... je dois à ma noble ascendance la force de m'être battu pour survivre, puis obtenir honnêtement mon affaire.

Avec un large sourire satisfait, dévoilant sa dentition encore rougit par son dernier repas, il se laissa à nouveau retomber sur le sol, baissant la tête pour masquer son visage de ses cheveux. Sa voix se fit plus faible, donnant l'impression qu'il parlait à lui-même plus qu'à Eline.

-Il est plus facile de croire en la justice de la politique, quand l'on est d'une grande famille... que ça doit être drôle de regarder les petites familles s'entre-dévorer... cela a du vous faire rire de voir les Loviatars confisquer nos biens... nous arracher notre vie...

Sa voix ne fut bientôt plus qu'un souffle, puis il bascula sur le côté, visiblement endormi, terrassé par la fatigue, alors que deux traces humides étaient visibles sur ses joues...




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Gaëtéo Armyan
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MessageSujet: Re: Une chasse enivrante et une nuit au Poste   Lun 3 Fév - 6:03

Son odeur était si enivrante, entêtante, qu'il n'arrivait plus à penser à autre chose. Elle avait un aspect fruité, tout en restant fraîche comme la rosée et incroyablement désirable.
Gaëtéo était assez près de sa femme pour allègrement s'en délecter, ses cheveux humides – agrémentant son odeur d'un accent sauvage – lui chatouillant le nez alors que son épaule fuyait sa main avec entêtement. Un léger sourire était apparu sur son visage alors qu'il s'amusait à tester les limites. Un sourire qui fut agité d'un tic lorsque le pendentif vivant se décida à intervenir.
Le regardant se déplacer sur la nuque de sa femme – à lui –, il put admirer ses griffes, ses crocs et voir l'air furieux qu'il se démena à exposer sans pour autant dévoiler que son semblant de vie n'était pas feint. C'était clairement un avertissement. Pour lui ou pour les autres, peu importe, Gaëtéo le prit personnel.
Fusillant le dragon du regard, il lui relança sa fureur, tâchant de lui faire comprendre qu'il avait tout les droits d'agir comme il le faisait. Que si Éline s'en voyait agacée, elle le lui ferait savoir. Que c'était, en définitive, lui le fautif en s'interposant de la sorte.
Un rire fusa soudainement devant lui et ce n'était clairement pas celui d’Éline. Relevant les yeux vers la cellule, il avisa le vampire pâle qui s'approchait, le sourire aux lèvres et une lueur mauvaise dans l'œil. Gaëtéo se tendit, alors que sa mâchoire tiquait et que ses poings se serraient. Markus osa, malgré son affront, continuer à parler, tentant vainement de se défendre, de déformer les dires d’Éline pour se discréditer, allant même jusqu'à avouer ne pas croire en la justice de la Marquise. Allant jusqu'à l'abaisser à son niveau en avançant qu'elle avait dû rire de ses déboires – Gaëtéo s'en était bien amusé oui, mais de là à supposer, à affirmer même, qu'une Telrunya en avait fait autant c'était aller trop loin.
Le tic de sa mâchoire s'amplifia, dévoilant ses dents, alors que la douleur dans ses mains lui fouetta les sangs. Il ne pouvait pas laisser ces mots, ces déclarations à l'encontre de sa femme et de sa souveraine, impunies.
À peine Markus se fut-il étendu sur le sol de sa cellule que Gaëtéo bondit. Contournant Éline, il sauta contre les barreaux de la cellule, fit plonger sa main à l'intérieur et agrippa le vêtement de l'offenseur. Il le tira avec une telle force que le bruit qu'il fit en se fracassant contre les barreaux aurait pu réveiller l'elfe. Gaëtéo le souleva sur ses pieds, maintint son visage tout près du sien, entre les barreaux, et planta son regard sauvage dans ses yeux égarés, des yeux cherchant encore à comprendre ce qui venait de se passer.
Il ne lui en laissa pas le temps. De sa main droite, il s'apprêtait à lui planter ses doigts entre deux côtes – la troisième et la quatrième pour être plus précis – mais un ordre haut perché fusa.


- Gaëtéo! Non!

Son mouvement ne souffrit d'aucun ralentissement, mais plutôt que de percuter de la peau du bout des doigts, il frappa l'un des barreaux de la cellule de sa paume. Saisissant la barre de fer, il tenta d'y déverser toute la hargne qui n'avait pu trouver assouvissement. Déformé par la rage, son visage se crispa un peu plus. Se penchant en avant, il appuya son front sur la barre de fer alors qu'un grondement rauque s'invita hors de sa gorge. Il respirait fort et rapidement. Il resta ainsi quelques secondes avant que le grondement ne se change en cri de colère et d'impuissance et que sa main ne secoue rageusement la barre de fer. Il se redressa ensuite et plongea de nouveau son regard bleu acier dans celui rouge de Markus qui, n'ayant pu se défaire de la poigne de fer qui le maintenait encore contre les barreaux, pu mirer une rage et une soif de sang plus forte encore que lorsqu'il l'avait interrompu dans la ruelle. Le grondement reprit de plus belle alors que son visage tremblait tant la colère le parcourrait.

- Soldat, non. N'intervenez pas.

Un moment de silence permit à Gaëtéo de prendre quelques inspirations profondes. Un silence planifié de toutes évidences, car Éline ne reprit la parole qu'après de longues secondes durant lesquelles il n'avait fait que respirer, tentant de maîtriser la pulsion meurtrière qui avait été freinée par une voix si douce.

- Lâche-le, Gaëtéo. Il n'en vaut pas la peine.

Son regard brilla de colère et il se détourna enfin, glissant lentement ses yeux vers les pupilles opalescentes de sa femme, comme si quitter sa proie des yeux pouvait lui permettre de s'échapper. Stoïque, Éline lui rendait son regard avec le plus de désintéressement possible. Un regard qui devint suppliant. Un regard auquel il n'avait jamais pu résister.
Revenant à Markus, il le jaugea pendant de longues secondes, comme indécis. La colère et la rage s'évanouirent, mais il ne le lâcha pas pour autant. Comment, après ce qu'il avait osé dire, pouvait-elle bien trouvé que défendre son honneur ne valait pas la peine? Que défendre les lois et la justice de la Marquise ne méritait pas une mort?
Une moue de dégoût para son visage et il poussa le vampire qui alla s'étaler sur le sol. Il l'observa un moment, comme cherchant à voir si cet élan de bonté ne prenait pas plutôt sa source dans un élément physique qu'elle seule pouvait voir. N'en trouvant finalement pas la raison, il inspira profondément en fermant les yeux et resta ainsi un court instant avant de rajuster son manteau et de lorgner de nouveau son dégoût sur le boutiquier.


- Tu as de la chance qu'elle soit intervenue. Mais la prochaine fois que tu diras un mot de travers, assure-toi qu'elle soit là, car je me ferai une joie de te trouver une sentence bien meilleure que la mort. Te voir convaincu d'être une gamine de quatre ans pourrait bien s'avérer amusant. (Il ne reçu qu'un regard furibond en guise de réponse, une liberté bien au-dessus de sa classe sociale)
» Les Van Oklanay ne sont plus noble depuis plus de quarante ans, Markus, il serait grand temps que tu agisses comme tel et que tu te sortes de la tête que tu pourrais retrouver tes si précieuses lettres perdues. Si les Lois de la Marquise ont jugées ton père coupable c'est qu'il l'était. Il n'y a plus rien à y redire.
» Maintenant je te prierais d'annuler ma dernière commande et de considérer mon paiement comme un cadeau.


Tournant le dos à la cellule, il s'avança vers sa femme. Cette dernière avait le regard indéchiffrable, quelque chose entre la peur, l'effroi et un soulagement des plus satisfaisants. Il effleura son épaule de la sienne lorsqu'il passa près d'elle et ne quitta ses yeux que lorsqu'il l'eut dépassée. Déportant son regard sur Ackrose, il lui fit un bref salut avant de poursuivre sa route et de monter l'escalier.
Éline l'observa, son cœur battant la chamade tant ils étaient passé près d'un drame, avant de reprendre contenance et de se tourner vers Ackrose.


- S'il ose à nouveau proférer la moindre critique à mon égard ou à celui de la Marquise, laissez-le dans son cachot deux jours de plus, et ce, même si sa caution est payée.

Reportant son attention à Gaëtéo, immobilisé au milieu de l'escalier pour l'attendre, elle soupira longuement avant de lui emboiter prestement le pas. Bastien, qui était jusqu'alors resté bien sagement en retrait, ne fut pas long à la suivre.

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Dernière édition par Gaëtéo Fotnik le Lun 10 Fév - 17:10, édité 1 fois
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Une chasse enivrante et une nuit au Poste

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