AccueilPortailGalerieFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Brand
Homme Lige
avatar

Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
Nombre de messages : 43
Localisation : Au coté d'Emaine
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Dim 20 Oct - 22:10

Ils n'étaient pas les seuls à bivouaquer ce soir là, près du fort de la légion qui gardait le Col d'Hitokage. De Dhaval, Emaine leur avait fait prendre par le nord, et ils étaient resté sur le flan Ouest de l'Eredmorn, remontant vers Hitokage, plutôt que descendre vers le royaume de Nargoryth. Leurs lézards étaient des bêtes robustes et endurantes, capable d'avaler beaucoup de terrain, si rocailleux et abrupte fut-il, en une journée. Le flan Ouest de l'Eredmorn, en Esgal, était plutôt abrupte et aride. Brand n'ignorait pas qu'avant, ces pentes là avaient été comme celles de l'Andanorië, verdoyante et pleine d'eau. Entre deux pans de roches, des sources jaillissaient encore, parfois très petites, mais nourrissant la végétation aux alentours. Les deux voyageurs s'arrangeaient pour ne jamais manquer d'eau, car même en grimpant plus haut, si la chaleur était moins accablante, elle restait quand même présente. Le trajet entre Dhaval et la Limite Désertique leur prit quatre jours. Brand redoubla de vigilance durant cette portion du trajet, puisque l'Esgal était un royaume retourné à l'état sauvage, et chaque promontoire qui surplombait leur route pouvait devenir une bonne position d'attaque pour voleurs et pillards. Brand ne portait pas son hachoir attaché dans son dos, mais à sa selle, pour qu'il puisse dégainer plus rapidement. Dans son paquetage, ficelé derrière lui, soigneusement enveloppée, son épée Alaric, dont la garde dépassait de son enveloppe en peau. Emaine semblait s'enfoncer dans ses souvenirs de plus en plus souvent, laissant souvent Brand avec la nature pour seul interlocuteur. Cela ne dérangeait pas le guerrier qui n'était pas bavard et que le silence ne gênait pas. Ils firent halte à chaque tombée du soir, repartant avant qu'Aelius ne se lève, mangeant la viande séchée de lézard, et quelques fruits secs, ne faisant aucun feu, qui aurait été trop visible de loin dans la nuit, avec le manque de végétation de ce coté-ci de l'Eredmorn.
Une fois la Limite Désertique atteinte, et dépassée, le paysage changea radicalement. Les pentes de l'Eredmorn du coté de l'Andanorië étaient verdoyante, et en traversant le fleuve Varilë, encore torrent fou dans les hauteurs, ils entrèrent dans l'épaisse et ancestrale forêt d'Himrain. Le Varilë leur fournit du poissons, que Brand fit en partie séché, ajoutant ainsi quelques provisions de plus dans leurs fontes. Himrain leur fournit des fruits et racines comestibles. A l'approche du Temple, qui accueillait les voyageurs, Brand et Emaine furent d'accord pour allumer un feu le soir, les préservant des bêtes sauvages et leur permettant de cuisiner un peu. Ils atteignirent le Col d'Hitokage trois jours après avoir traversé la Limite Désertique.

Avant de passer la frontière, Brand tenta de parler à Letty. Jusqu'ici, c'était toujours son Sciath, puisque c'est ainsi que ce nommait ce que Letty était, qui l'avait contacté. La terrible gêne, la confusion qui agitait l'esprit de Brand, le rendant nerveux, et l'empêchant de penser à autre chose que de rejoindre Letty s'estompait lorsqu'il était en route, comme si le lien qui l'unissait au jeune garçon savait qu'il avançait, et le laisser ainsi tranquille. A l'approche du Col d'Hitokage, même lors des haltes, la gêne s'estompait pour Brand. Le Alaric n'avait plus envie de chevaucher à brides abattues jusqu'à la capitale Impériale pour y retrouver sa moitié. Emaine lui avait expliqué son rôle, et pourquoi il ressentait une telle envie de se retrouver avec Letty. Brand était le Loach, le guerrier, celui qui combattait pour son Sciath, son bouclier. La présence de Letty le rendrait plus fort, et en échange, il devait le protéger. Quant à savoir si leur lien d'Anamchara fonctionnerait, rien était certain, contenu de la nature Alaric de Brand, qui semblait atténuer ou brider la magie du lien, l'ayant empêché de devenir fou. Emaine n'en savait rien, et à dire vrai, personne n'avait réussi à comprendre comment fonctionnait véritablement cette étrange magie. Cette première tentative s'était soldée par un échec, et le Alaric en avait été mortifié.

En atteignant le Col, Brand et Emaine troquèrent leurs vêtements adaptés au climat chaud de l'Esgal et de l'Andanorië pour leurs vêtements du Nord, plus chaud et adaptés à la neige qui régnait sur le Col d'Hitokage. Emaine voyageait son une identité d'emprunt, de toute façon, personne n'aurait cru que Emaine Nevaeril pouvait avoir envie de faire un tour dans l'Empire. Les morts ne faisaient pas de tourisme. Ils passèrent la frontière sans problème, accueillis par les légionnaires de l'Empire qui vérifièrent simplement leur identité, et jetèrent un œil à leur paquetage. Il leur faudrait plus d'une semaine pour atteindre la capitale Impériale. Brand aurait très mal supporté un énième voyage en aéronef, qui l'aurait laissé enfermé dans un espace confiné, avec cette envie terrible de rejoindre Letty. La magie ne semblait pas prendre les aéronefs comme de véritable moyen de transport. Et payer le voyage avec leurs deux lézards s'avéraient coûteux, et ni lui ni Emaine ne roulaient sur l'or. Comme beaucoup d'autres voyageurs, ils installèrent leur bivouac, montant une tente de toile solide, enduite pour éviter que l'humidité ne vienne pourrir le tissus. Solidement arrimée dans le sol dur, l'intérieur fut ensuite garni d'une épaisse fourrure pour isoler les deux dormeurs du froid venant du sol, puis de leurs sacs de couchage. Leurs affaires suivirent à l'intérieur. Brand s'était en suite occupé des lézards, qui n'appréciaient pas vraiment le froid du Col. Mais ils ne s'attarderaient pas plus que le nécessaire ici, et repartiraient demain avant l'aube, comme ils en avaient pris l'habitude. Emaine était parti acheter des denrées fraîches pour eux et leurs montures. A son retour, il déposa des carcasses devant les deux reptiles qui se ruèrent dessus, poussant des petits cris de joie. Pour eux, Emaine ramena du riz, quelques légumes : un demi-chou mornien, des carottes, un assortiment de champignons, et des tranches de viande de Garman. Brand prépara un bon feu, plaçant rapidement une marmite remplie d'eau dessus. Emaine ajouta de quoi faire un bouillon, avant d'y mettre le riz, et les autres ingrédients découpés. Ils n'étaient pas les seuls à manger ce genre de repas, ni les seuls à camper près du fort pour la nuit. Autour d'eux, d'autres voyageurs en plus grand nombre, ou bien solitaire, mangeaient de bon appétit. Le Alaric se régala.

Ils terminèrent leur repas avec une infusion. Brand posa son gobelet vide sur le sol. Avec le ventre plein, et sans avoir à se soucier de la sécurité d'Emaine, il avait sans doute plus de chance d'arriver à joindre Letty. Car si lui n'avait pas réussi à entrer en contact avec son Sciath, Letty n'avait sans doute pas essayé ou avait échoué à le contacter de nouveau. A moins qu'il ait été rebuté par leur dernière conversation qui avait bien mal commencé. Brand, assis en tailleur, posa les mains à plat sur ses genoux, fermant les yeux. Emaine avait tenté de lui expliquer comment faire, mais jusqu'ici, mis à part les métisses, aucun Alaric n'avait réussi à faire de la magie. Heureusement pour Brand, l'héritage Ethérie de sa mère semblait lui éviter un rejet total de la magie d'Anamchara. Le Alaric se concentra sur sa respiration, faisant abstraction du bruit autour de lui, des conversations, des feus qui crépitaient, des rires, de la présence d'Emaine, et du Sableu qui rongeait les os des carcasses apportées par Emaine. Le calme se fit peu à peu dans son esprit, tandis qu'il se coupait du monde extérieur pour se concentrer sur son monde intérieur. Un endroit où Brand n'avait pas pour habitude d'aller regarder, puisqu'il y avait enfoui nombre de secrets, dont son identité de Alaric. Il chercha le lien qu'il partageait avec Letty. Généralement, il échouait à cet endroit, brutalement rappelé à la réalité, ou bien trop énervé de ne rien trouver. Mais cette fois, il devait le faire, jusqu'à ce qu'ils arrivent à Hitokage, Brand savait qu'il n'aurait pas d'autre occasion de ressentir une quiétude pareille. Il se trouva dans le lieu où il avait rencontré Letty la première fois, lors de cette nuit à Dhaval. Il était vide et noir, jusqu'à ce qu'il pense au Maëldan, aux landes sauvages qui entouraient Miervaldis. Le noir se changea en lande couverte de bruyères, de fleurs sauvages, où le vent soufflait, portant l'odeur saline de la mer depuis les Falaises. A ses pieds, une chaine aux maillons brillants. Non pas à ses pieds. La chaine était attaché à sa main droite. Brand fit faire un tour à son poignet, saisissant la chaine, sur laquelle il tira. Au bout de cette chaine, il devrait y avoir Letty.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Letty
Anamchara
avatar

Nombre de messages : 77
Date d'inscription : 01/05/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Lun 21 Oct - 11:34

Letty redressa la tête brusquement, vivement, en dehors du livre qu’il lisait, les oreilles alertes. Entre ses mains, un livre sur les Rêveurs et leurs pouvoir d’invocation, afin qu’il puisse progresser encore plus dans la voie de ses pouvoirs, et qu’il puisse peut-être créer d’autres choses que des animaux, même s’il excellait dans cet exercice. Geneus, qui lisait lui-même un autre ouvrage plus conséquent sur les liens d’Anamarcha, le regarda avec un air d’interrogation. Le garçon sourit d’un seul coup en sentant de nouvau ce tiraillement dans un coin de son esprit, qui se traduisait aussi par des picotements dans son poignet gauche.

Le service du soir était terminé, plus précisément, le gros du coup de feu était passé depuis un moment, permettant à Geneus et lui-même de continuer leurs cours qui étaient dispatchés tout le long de la journée. Grâce à eux, le jeune blond avait fait beaucoup de progrès, comprenant mieux l’afflut de magie qu’il avait en lui, les créatures qu’il faisait « venir », et par conséquent maîtrisant mieux ces deux choses. Ses animaux imaginés restaient plus longtemps, il pouvait les modifier alors qu’ils se trouvaient déjà invoqués, et ils devenaient de plus en plus précis, net. Il ne ressemblait plus à des dessins ayant prit vie, Letty arrivait à réfléchir à beaucoup de choses à la fois lorsqu’il en invoquait un. Sa taille, son poids, ses os, l’épaisseur du pelage, sa douceur, les défauts qu’il peut avoir, les atouts. Autant de choses qui rendait ses créations de plus en plus tangibles, de plus en plus « vraies », même s’il savait qu’il ne lui fallait pas penser en terme de définitif lorsqu’il imaginait son animal, sinon il serait là pour de bon, et il ne pourrait s’en détacher au risque de voir ses forces s’épuiser petit à petit. Il avait trois animaux préférés qu’il invoquait et améliorait dès qu’il le pouvait.
Le premier était une sorte de Raie, de couleur bleu nuit avec quelques reflets un peu plus clairs sur le dos, et gris clair en dessous, flottant dans les airs, assez grande pour qu’il puisse s’assoir dessus et se laisser porter. Le bout de ses nageoires se terminait par une sorte de traine, fine et élégante, son dos était recouvert d’écailles solides et souples, douces au touché et trachantes sur les bords des nageoires, et le l’aiguillon qui terminait la raie était long et strié de vert bouteille.
Le second était un serpent, gros, et long. Celui là il ne l’invoquait que dans sa chambre, au risque d’effrayer les clients et Skye qui semblait n’apprécier que moyennement les serpents. La particularité de clui-ci était qu’en plus d’être d’une taille inhabituelle, il était pourvu d’une collerette qui se redressait, de couleur vive et en forme d’aile de papillon, avec pour dessin des yeux colorés immenses. Les écailles était de couleur noir, avec des reflets cuivrés, et le bout de sa queue sonnait lorsqu’il l’agitait.
Le dernier était un chat. Les poils longs et doux, il n’avait pas de taille immense, de couleur incroyable, il était simplement brun. La seule chose qu’on pouvait noter sur cet animal, était que son regard n’était pas très félin, plus humain. Letty l’avait imaginé en repensant aux yeux de sa mère, doux, gentils. Elle lui manquait, Ian lui manquait. Et Brand aussi lui manquait autant physiquement que dans son esprit. Ils ne s’étaient pas reparlé depuis la dernière fois, Letty n’avait pas osé, vu que lorsqu’il lui avait parlé la dernière fois, Brand lui avait fait comprendre qu’il arrivait et qu’il fallait qu’il le laisse un peu tranquille. Alors Letty avait écouté, malgré qu’il ai eu plus d’une fois envie de prendre des nouvelles de son Loach, savoir où il était, ce qu’il faisait, comment il se sentait, s’il pensait arriver bientôt.

Il avait trouvé pas mal d’occupations pour ne pas trop y penser. Déjà, les cours dispensés par Geneus, il les appronffondis de son côté, que ce soit en magie ou en autre chose, calcul, géographie, histoire. Mais il aida encore plus Skye. Ses années au manoir de la vieille tour en tant qu’esclave lui servaient beaucoup pour aider l’aubergiste. Il se levait toujours tôt, soit en même temps qu’elle, ou un peu avant, l’aidait au ménage, en cuisine avec la préparations des ingrédients. Lorsqu’il fallait faire quelques courses il y allait, quelques fois même pour les plus grosses, il s’aidait de sa Raie pour porter les choses. Il aidait à la lessives, à l’étendage, au rangement. Il était de tous les fronts, s’occupant l’esprit le plus possible, pour éviter de trop penser à Brand le jour, et pour être suffisament épuisé la nuit pour ne pas avoir de cauchemar, et ne pas penser à son maître. Il avait fait l’aquisition récemment d’un attrappe rêve pour avoir l’esprit totalement tranquille la nuit.
Et là son esprit lui disait qu’on essayait de lui parler, Brand essayait. Il ferma promptement son livre tout en sortant de sa chaise.

-Désolé une urgence, ne me dérangez pas s’il vous plait, merci ! A demain !

Il grimpa les marches quatre à quatre, ouvrit sa porte à la volée, la referma et se jeta sur son lit tête la première, ne prenant même pas le temps de se déchausser. Il inspira, ferma les yeux se concentra un peu, il attrapa la chaine à son poignet, la sentant tirée, et tira en retour, montrant qu’il arrivait. Puis se retrouva dans cet espace qu’ils partageaient avec Brand, qui était une lande battue par le vent. Grâce aux entrainements qu’il avait eu, la chauve-souris pouvait se plonger rapidement dans son esprit, sans faire plus d’effort que d’être au calme et bien installé. Le guerrier était là, c’était de son dû l’aspect de cet espace. Letty aimait bien cet endroit, il lui rappelait les plateaux des falaises qu’il y avait près du village cotier qu’il habitait avec sa mère et son frère. L’air marin se fit plus présent alors qu’une falaise se creusait non loin d’eux, mêlant l’imagination de Letty à celle de Brand.
La chaîne se détendit lorsque Letty couru pour arriver plus près de Brand. Il se retint de se jeter sur lui pour le serrer dans ses bras, tellement content qu'il le contact. Déjà parce qu’il ne savait pas comment réagirait le guerrier, mais aussi parce qu’ils n’étaient encore que des ombres, ne sachant pas à quoi ils ressemblaient, et que sous cette forme Letty se demandait s’il se sauterait pas sur de l’air. Mais c'était tout aussi tentant que ça lui semblait bizarre de vouloir faire ça à un inconnu. La chaine dorée elle, était bien visible, et pouvait être touchée par les deux.
Souriant de toutes ses dents, les oreilles agitées ainsi que ses ailes, Letty regarda l’ombre Brand, heureux de le voir, d’être près de lui, d’être entier.

-Bonjour !


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brand
Homme Lige
avatar

Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
Nombre de messages : 43
Localisation : Au coté d'Emaine
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mar 22 Oct - 21:32

La chaine réagit, un tiraillement de l'autre coté. Brand ne cessa pourtant pas de tirer sur la chaine dorée enroulée autour de ses doigts, la serrant aussi fort que possible, tremblant à l'idée qu'il échoue si près du but. Letty l'avait entendu, et le tiraillement de l'autre coté était signe qu'il arrivait. Le Loach n'en pouvait plus, l'agitation qui bousculait ses pensées se calma brutalement, lorsque le paysage changea légèrement, à l'Ouest se creusèrent des falaises, et la mer et son ressac terminèrent de se mêlé au décor déjà créé par l'esprit de Brand. Le cri lointain des mouettes et l'air soudainement beaucoup plus iodé indiquaient que Letty était arrivé. Devant lui se tenait une petite ombre, une forme floue, qui serrait l'autre extrémité de la chaine dorée, enroulée autour de son poignet gauche. Une paix intense envahit brutalement le guerrier, la sensation de plénitude qui le dérangeait tant, et qui en même temps, lui ôtait la sensation confuse, de gêne, de fébrilité, qui l'étreignait jour et nuit depuis qu'il était devenu un Loach. Brand s'aperçut qu'il devait sourire comme un imbécile heureux, réagissant à ce simple bonjour. Letty était pourtant trop loin. Il gardait une certaine distance. C'était la deuxième fois qu'ils se parlaient de cette façon, et la première fois, Brand n'avait pas fait montre d’amabilité ou même de diplomatie. Le Alaric avait été abrupte et distant. Luttant contre cette magie qui parasitait, qui bousculait ses habitudes, ce qu'il était, sa nature profonde. Emaine lui avait expliqué que tout le temps que durerait sa vie de Loach, il ressentirait cette sensation de bonheur, de joie, et surtout cette paix intérieure. Brand était un guerrier, toujours sur le qui-vive, fonctionnant comme la machine de guerre qu'il avait un jour été. Ce sentiment de paix, il ne l'avait pas connu depuis longtemps, pas depuis ses premiers jours au service de l'ancien dragonnier, après qu'il ait abandonné son  identité, quitté les siens, juste après cette horrible guerre.

-Les falaises...

Brand contemplait le paysage sous ses yeux, un paysage qui lui manquait soudainement. Il parla d'une voix un peu absente. Il se retourna en suite vers Letty, poursuivant presque dans un murmure :

-Ce sont celles du Nord... Tu es trop loin.

Sans vraiment de ménagement, agacé par la distance entre eux, Brand tira sur la chaine, faisant se rapprocher la si petite ombre en comparaison de celle qui devait être. Curieux, désireux, tiraillé par l'envie, Brand leva la main qui tenait la chaine, tentant de toucher Letty devant lui. Il n'osa pas, s'arrêtant juste devant, de peur de briser quelque chose.

-J'ai... J'ai essayé plusieurs fois de faire ça. J'avais toujours échoué jusqu'ici.

Il eut un rire rauque qui se brisa aussi vite qu'il lui était venu.

-Je n'ai pas vraiment de patience pour ça. Et encore moins pour ce voyage... Je, enfin , nous sommes arrivés au Col d'Hitokage. Je voulais que tu le saches. Je doute d'avoir l'occasion avant d'arriver dans la capitale, de pouvoir prendre le temps comme ce soir pour te parler.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Letty
Anamchara
avatar

Nombre de messages : 77
Date d'inscription : 01/05/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mar 22 Oct - 22:17

Il y avait eu un léger silence après son bonjour, mais Letty sentait que c'était plus du à une sorte de gêne maladroite qu'à un malaise négatif. Ils étaient tout les deux heureux de se trouver là, comme quand on se sent bien dans un rêve, ou auprès de quelqu'un qu'on aime, même si dans leur cas, ils ne se connaissaient pas vraiment. En fait, ils ne se connaissaient que par deux discussion, une juste après la mort de Sephiroth, là où ils avaient fait connaissance une première fois -même si les conditions de cette discussions n'étaient pas des plus favorable- et où l'esclave en fuite avait dit où il se trouvait. Et une seconde qu'il avait lui même provoqué, curieux et désireux d'en savoir plus sur son nouveau Loach, et le contactant de lui même après avoir lu un livre dessus. Brand avait l'air absorbé par le paysage, connaissant apparemment les falaises qui étaient apparues, au moins leur localisation vu qu'il les nomma comme falaises du nord, ce qu'elles étaient. Lorsqu'il dit à Letty qu'il était trop loin, le blond ne s'attendit pas à ce qu'il tire la chaîne, et se dépêcha de se rapprocher, tiré, afin de ne pas tomber. Dire qu'il avait hésité à sauter au cou de l'ombre qui lui demandait à présent de s'approcher d'une manière un peu brusque.
La main de Brand s'approcha vite, un peu trop vite peut-être, Letty eu un léger mouvement de recul, les oreilles en arrières. Il regretta ce reflexe à peine ce dernier s'était déclenché. C'était son Loach, il était son âme sœur, il n'allait pas le frapper, il en souffrirait aussi. C'était comme Geneus, ou même Skye, lorsqu'ils se tournaient brusquement près de lui, ou qu'ils approchaient leurs mains près de lui, il prenait peutr et se recroquevillait. Alors qu'ils étaient gentil avec lui, Geneus à sa manière, et qu'ils l'hébergeait. Il regretta un peu plus son geste, quand il vit la main s'arrêter près de lui, Brand n'osait pas le toucher, soit à cause de son reflexe, ou parce qu'il avait peur aussi de voir que l'ombre n'était pas solide.

-Je suis content que tu ais trouvé assez de patience pour réussir, et pour venir me parler. Si je me souviens, il faut quelque chose comme une semaine pour venir jusqu'à Hitokage depuis le col, tu seras bientôt là. Enfin, vous.

Letty regardait la main restée devant lui, et osa.
Il posa sa propre main dessus. Par les dieux, qu'elle était petite à coté, et elle le parut encore plus quand il la posa dessus. Finalement, ils pouvaient se toucher, mais si Brand avait des cicatrice partout, ça voulait sûrement dire sur la main, et Letty la sentait lisse. Elle n'était pas non plus lisse comme la surface d'un galet poli par la mer, il sentait le grain d'une peau, mais il pouvait appartenir à n'importe qui. Il ne sentait qu'une peau quelconque, pas forcément celle de Brand. Mais il sentait une certaine chaleur dans cette main, et un frisson passant sur la peau. Ce n'était pas une illusion ce qu'il sentait, c'était bien Brand, juste, que les détails, ils ne les sentiraient que lorsqu'ils se seraient vu. Letty eu un sourire large, accompagné d'un petit rire.

-Je peux te toucher. C'est, c'est bizarre, je sens que c'est toi, mais pas entièrement, comme s'il manquait des petites choses qui faisaient que c'est complètement toi, comme si tu te trouvais dans un corps basique, qui allait devenir toi que quand je t'aurais vraiment vu. Ca fait beaucoup de toi...

Il avait prit la main à deux mains en parlant, caressant la paume, le dos, allant effleurer la peau du poignet. Il approcha sa tête et remonta la main pour poser sa joue gauche dans la paume. Il rit encore en sentant que la main était aussi large que son visage presque, c'était amusant de les savoir si différents. Il avait froid au bout du nez, il le sentit quand il entra en contact avec la main. Il aurait du prendre le temps de mettre une couverture par dessus lui, pour être au chaud partout. Tant pis, il ne savait pas si ça durerait longtemps cette fois, alors il aurait froid au nez, pas grave.

-C'est agréable.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brand
Homme Lige
avatar

Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
Nombre de messages : 43
Localisation : Au coté d'Emaine
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mar 22 Oct - 22:58

-Une semaine oui, articula Brand, peut être plus s'il pleut. Descendre l'Eredmorn pourra être difficile, mais une fois sur du plat, nous irons plus vite.

Le guerrier déglutit, il avait senti le brusque malaise chez Letty, lorsqu'il avait tendu la main pour le toucher. Un réflexe de peur, comme un animal qui s’aplatit lorsqu'il s'attend à recevoir un coup. C'était étrange et presque dérangeant de ressentir aussi nettement les émotions d'un autre. Quelque part, Brand était en colère, se demandant ce que Letty avait bien pu subir... A moins que son Sciath n'ait peur de lui. Brand n'était pas doué avec les autres, pas depuis qu'il vivait reclus avec Emaine, plus depuis les horreurs qu'il avait perprétré durant la Grande Guerre. Peut-être avait-il était trop brusque ? Il était peiné d'avoir ainsi fait peur à son Anamchara. Il allait s'excuser quand Letty prit sa main, son geste étant resté en suspend. Brand expira par le nez, le souffle agité par la fébrilité qu'il ressentait, par ce soulagement intense.

-Ta main est tellement petite...

Il sentait la main de Letty contre la sienne. L'homme lige avait des mains comme des battoirs, et celles de Letty étaient fines et petites, la comparaison semblait accentuer la disproportion. L'agitation qui l'avait à nouveau saisit fut balayée par une nouvelle vague de sérénité, cette impression d'être complet. Il sentait aussi ce que ressentait Letty, la même chose que lui, une joie sincère.

-Aha, je dois sourire comme un imbécile, commenta le Alaric, c'est agréable oui.

La peau sous ses doigts était douce, il pouvait la sentir, chaude, mais moins que ses mains. C'était étrange de sentir avec ses mains, alors que ce qu'il sentait n'avait pour l'instant pas grand chose à voir avec ce qu'il voyait. Letty était toujours une petite ombre devant lui.

-Je crois que si c'est toujours comme ça, je finirai par m'y faire. Tu n'as pas idée de... à quel point je dois me retenir de ne pas courir jusqu'à Hitokage. J'ai dû me forcer pour ne pas blesser ma monture, pour ne pas commettre d'imprudence. A chaque halte, j'étais agité, il n'y avait que sur la route que cette... démangeaison s'apaisait, comme si la magie savait que je venais vers toi. De ne pas réussir à te parler, de cette façon, a dû ajouté à ce sentiment étrange de manque. Je ne le sens plus maintenant...

Les doigts de Brand caressèrent légèrement la peau qui se trouvaient sous ses doigts. Le Alaric n'avait jamais fait preuve de tendresse envers quelqu'un de cette façon, à part peut-être sa mère, mais elle était dans les royaumes de Dämons depuis longtemps. Brand était du genre rude, mais cette magie des âmes sœurs semblait changer ce qu'il était en un clin d'oeil, d'influencer son comportement. Emaine avait marqué un point, lorsque Brand s'était exprimé d'une façon peu élégante sur son lien avec Letty, lorsque l'ancien dragonnier avait signalé que son Sciath n'avait rien fait pour se retrouver avec lui, et qu'il n'avait pas à subir ce que son précédent Loach avait fait. A Brand de s'adapter. Il avait fini par se faire à l'idée qu'il ne pourrait pas se défaire du lien. La peur l'étreignait lorsqu'il pensait que sa nature de Alaric ne faciliterait pas les choses avec la magie.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Letty
Anamchara
avatar

Nombre de messages : 77
Date d'inscription : 01/05/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mer 23 Oct - 0:08

Un nouveau rire le prit encore, quand Brand parla du fait qu'il devait certainement sourire comme un imbécile. Letty pouvait parier que lui même avait ce sourire idiot accroché à ses lèvres, et que s'ils se voyaient out deux à la troisième personne, ils se verraient souriant béatement tout les deux comme deux imbéciles heureux. Mais c'était tellement bien, tellement agréable de sentir que Brand, bien que sous forme d'une grande ombre, était bien réel, même dans cet univers qui n'appartenait qu'à eux et leur esprit, que ce n'était pas grave cet air idiot. D'autant qu'ils ne se voyaient pas vraiment l'un et l'autre. Il aurait pu rester comme ça des heures et des heures, en parlant ou non, son nez frais contre la paume immense qui recouvrait plus de la moitié de son visage, et son oreilles qui commençait à attendre le sang battre sous la peau. Et il resterait encore plus ainsi, lorsqu'il sentit les doigts le caresser, passant un peu dans ses cheveux. Son oreille gauche se baissa un peu, détendue, et s'agita, frissonnante, en sentant le pouce de Brand la frôler.
Il ne pu que se sentir concerné, et mal pour Brand, quand ce dernier lui énonça que c'était dur, très dur pour lui, de ne pas foncer tête baisser, sans se soucier de blesser sa monture ou de la route, sans avoir la moindre peur de mettre sa vie en danger juste pour arriver au plus vite. Letty étreignit la main, son geste se traduisant par un appui plus prononcé de sa joue.

-Je suis désolé, de ne pas pouvoir faire la route moi aussi, pour que ce soit moins long, que le manque ne t'assaille pas comme ça et ne t'accable pas à cause de la distance. En plus c'est de ma faute en partie, c'est ma partie de notre lien qui t'appelle sans cesse, ne te laissant tranquille que lorsque je sens que tu te rapproche de moi. C'est dur aussi pour moi dans une autre mesure...

Le blond se détacha de la main pour avoir plus de faciliter à parler, et ne pas avoir la voix d'un enfant parlant la joue collée à la jambe de sa mère derrière laquelle il se réfugiait, ou contre le bois de la table contre laquelle il était posé. Ca le peinait un peu de ne plus sentir les doigts de Brand contre lui, il hésita à reposer sa joue là où elle était il y a quelques secondes, mais se retint, au moins le temps de parler. Mais il ne la lâcha pas pour autant, au contraire, il la tenait à deux mains, ayant peur qu'en lâchant, il ne puisse plus la reprendre.

-J'ai passé tout mon temps à m'occupé, pour arrêter de penser à toi tout le temps. Il n'y a que toi dans mon esprit si j'arrête de bouger ou de m'occuper, c'est assez frustrant. Je me demande où tu es, quand tu arrive, si tu vas bien, si tu vas revenir, si tu vas me rejoindre rapidement, si je dois te rejoindre, comment je pourrais te rejoindre. J'ai envie de me rapprocher de toi, pas forcément de courir jusqu'à te trouver bizarrement, mais de te faciliter la tâche en faisant des pas en ta direction. Mais Skye et Geneus refuseraient que je parte seul, alors je dois juste attendre... Le seul point positif c'est que j'ai plus que progressé avec mes invocations et mes autres cours.

Letty faisait de petits cercles, de ses deux pouces, dans la main de son Loach, tout en parlant. Il inspira fortement, avant de soupirer. Une semaine, et encore, si le temps était clément, il n'attendrait plus qu'une semaine avant d'enfin voir son Loach, qu'il attendait avec impatience.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brand
Homme Lige
avatar

Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
Nombre de messages : 43
Localisation : Au coté d'Emaine
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mer 23 Oct - 22:12

-Non.

Brand secoua la tête, continuant d'effleurer du bout des doigts la joue et les cheveux de Letty.

-Reste où tu es, c'est mieux. Si je te savais sur les routes, ce serait encore plus difficile pour moi de me retenir. Je te sais en sécurité, et ce ne serait pas le cas si tu essayais de me rejoindre. Et je ne tiendrais plus en place jusqu'à t'avoir retrouvé. Je ne veux pas prendre le risque de te louper.

Letty qui avait étreint sa main, s'y accrochant comme une bouée de sauvetage, venait de parler dans sa paume. Brand s'étonna de sentir le souffle chaud contre sa peau. Tout ici paraissait si réel, à l'exception de l'apparence d'ombre, de silhouette frêle et mal définie de Letty , tout ici semblait réel, jusqu'à l'herbe sur laquelle il était assise, les petites fleurs secouées par le vent venu des falaises, le ressac de la mer. Pour un peu, Brand et Letty auraient vraiment pu se tenir là bas, non loin des falaises, au Sud de Miervaldis, près de la forêt de Dagrun. Immédiatement, à cette pensée, la forêt Maëldanaise prit vit, apparaissant dans leur champ de vision, à la droite de Brand. Letty retira sa main, mais continua de la tenir, avec ses deux mains, qui étaient encore trop petites pour recouvrir complètement la sienne. Dans son esprit, Brand voyait Letty comme un jeune homme d'apparence plutôt frêle, et maintenant, il voyait ses mains petites, mais surtout fines, différentes de ses grandes mains couturées de cicatrices et calleuses. Les pouces de Letty dessinait des cercles sur sa peau, et Brand les sentait comme s'ils étaient réels. Alors que quelque part, il sentait la chaleur du feu de camp, le sol dur sur lequel il était en réalité assis, et Emaine qui terminait son thé, veillant sur lui, inversant leurs rôles habituels.

-Des cours et des invocations ? Je croyais que tu logeais dans une auberge ?

Le Alaric s'interrogeait, n'ayant pas le souvenir que Letty lui ait parlé de tout ceci lors de leur dernière conversation. Et même s'il avait fait, Brand avait été tellement mal disposé, qu'il n'avait peut-être pas retenu ce qu'il avait pu lui dire. Le voyage, et les réflexions d'Emaine lui avaient permis de réfléchir, de forger sa propre opinion dans cette lutte contre un lien qui entrait en conflit direct avec ce qu'il était. L'étrange agitation qui régnait en permanence dans son esprit, le poussant à avancer, était contraignante, difficile à accepter. Sans doute était-il trop fier pour s'avouer dépendant d'une personne qu'il connaissait à peine. Mais le lien ne pouvait se défaire, à moins qu'il ne meure. Et si Letty mourrait, eh ben, Emaine lui avait dit que peu de Loach survivaient à la mort de leurs Sciath.

-Navré, si je devrais me souvenir de ces cours et de tes invocations. Mais la dernière fois que nous nous sommes parler, et bien... Disons que je n'avais pas vraiment eu le temps de me faire à tout ceci.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Letty
Anamchara
avatar

Nombre de messages : 77
Date d'inscription : 01/05/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mer 23 Oct - 23:13

Une forêt apparue dans leur univers, une forêt dense qui lui rappelait un peu celle qu'il y avait non loin de chez eux. Brand venait du Nord, il le lui avait dit lors de leur précédente conversation, il était plus que possible que tout deux ai vécu dans le même coin, près des falaises, sur les plateaux surplombant la mer. Letty devrait lui dire qu'il venait aussi du nord, ils pourraient localiser leur lieu de vie à l'un et l'autre et voir s'ils auraient pu se croiser avant. Et ça leur faisait un point commun également.
Bien sur, Letty s'attendait que son Loach refuse également qu'il parte, tout comme Sephiroth en son temps l'avait laissé à contre cœur derrière lui et lui avait interdit, par une note, de sortir pour qu'il ne se retrouve pas en mauvaise posture. C'était un sentiment de protection qu'avaient les Loach, qui de toute manière devaient combattre pour leur Sciath. Ca lui fit plaisir d'entendre ces mots, que Brand ne voulait pas qu'il ne soit plus en sécurité, et qu'en plus il avait peur qu'ils ne se rencontre pas s'ils essayait tout deux de rejoindre l'autre. Il attendrait sagement, comme il le faisait déjà, de toute manière, il chercherait encre à aider Skye le plus possible. Dans une semaine, si tout allait bien, il partirait avec Brand et Emaine, laissant Skye et Geneus seuls, comme quand il n'était pas là, alors 'il pouvait leur alléger le travail une dernière fois, pour les remercier encore de ce qu'ils avaient fait pour lui. Le gite, le couvert, les cours, leur gentillesse. Ca allait lui manquer tout ça.
Le blond s'étonna que le guerrier s'étonne des cours et des invocations.

-Oui, des cours et des invocations. Je te l'avais dit la dernière fois je crois, enfin, rapidement.

Brand s'excusa, il n'avait pas retenu, parce que lors de leur dernière discussion, il n'était pas des plus réceptif à ce qui s'était dit, et n'avait alors pas retenu les détails. Il fallait dire que si Letty avait lancé la conversation la dernière fois, lorsqu'il y avait eu une question sur son passé, il l'avait évitée visiblement, ce qui avait fait que la conversation, au départ faite pour faire connaissance, s'était mue en quelque chose de gênant et avait été écourtée.

-C'est pas grave, on ne peut pas tout retenir. C'est Geneus, le garde-mage de l'auberge qui me donne des cours. Des cours de tout, écriture, lecture, calculs, géographie, histoire. On a fait que survoler les deux derniers, on avait pas beaucoup de temps pour approfondir, et c'était trop vaste pour que je retienne. Pour l'histoire, il m'a juste apprit la purge, la grande guerre, les plus gros évènement selon lui. Pour la géographie, c'est la carte du monde, et quelques capitales. Je sais maintenant où je me situe par rapport à la carte.

Geneus avait essayé de lui donner les bases qu'il n'avait pas, devant jongler entre le temps qu'il n'avait pas en grande quantité, les services, et tout ce qu'il voulait aborder avec Letty. Ils avaient rapidement établis que l'urgence était l'écris et la lecture, puis les comptes, les pouvoirs de Letty, et pour changer de temps en temps, l'histoire et la géographie, qui lui servirait moins dans la vie, mais qui restaient importants. Et même si Geneus affichait autant d'émotions qu'une pierre, il avait été un modèle de patience, et de pédagogie. Et Letty avait été un élève consciencieux et attentif.
Letty reprit la main de Brand contre sa joue, aimant ce contact, l'adorant même. Sentir cette chaleur faisait que tout était réel, et pas qu'il rêvait. Son nez était toujours un peu frais, ce qui lui tira un sourire.

-Et grâce à des livres qu'il a emprunté, il m'aide pour les pouvoirs de rêveur que j'ai. C'est là où j'ai eu le plus de progression, je suis passé de l'invocation de créatures ressemblant aux dessins dont je les tirait, a des animaux qui pourraient presque être vrai sans que j'ai besoin d'un dessin pour les imaginer. Mais je dois bien faire attention de ne pas penser définitif, sinon les créatures resteraient dans la réalité, et ça pourrait me drainer toute mon énergie. Je te montrerait quand tu seras là.

Il était resté debout pendant qu'ils parlaient, comme ça il faisait la même taille que Brand qui s'était assit, mais ça n'était pas très agréable de se sentir debout et couché à la fois. Le blond s'assit sans quitter la main du guerrier, et se retrouva donc plus petit, comme lorsqu'ils étaient debout. Fermant les yeux, il se blottit un peu plus contre le main, avant d'avoir un petit sursaut et de s'en décoller légèrement.

-Euh, tu veux peut-être que je te rende ta main...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brand
Homme Lige
avatar

Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
Nombre de messages : 43
Localisation : Au coté d'Emaine
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Dim 27 Oct - 12:16

Brand mesura la rapidité d'apprentissage de Letty. Le Alaric était devenu son Loach depuis à peine deux semaines et demie. En faisant le calcul, en comptant le peu de temps qu'il semblait avoir passé avec Sephiroth, le guerrier aux cheveux gris qu'il avait tué, Letty devait avoir un mois, peut être un peu plus, mais pas beaucoup, pour apprendre autant de chose. En ce court laps de temps, son Sciath avait appris à lire, écrire, et surtout à maîtriser sa magie. Brand n'entendait rien à ce dernier sujet, étant incapable de produire la moindre quantité de mana suffisante, malgré les gênes Ethérie de sa mère. Même utiliser les petits artefacts vendus par les mages, comme les parchemins à usage unique, était difficile. Le plus souvent, cela se soldait par un fiasco, lorsque cela fonctionnait. La plupart du temps, la magie mourait dans ses mains, comme c'était le cas pour beaucoup d'autres Alaric. Pourtant, ce qui lui racontait à cet instant Letty, ses progrès rapides, gonflèrent de fierté le coeur de Brand, qui se demanda si cette fierté ne venait pas aussi de son Sciath. Étrange, encore une fois, de ressentir tant de chose à propos de quelqu'un que l'on ne connait presque pas. Letty fourra à nouveau son nez froid contre sa paume, Brand le laissant faire à sa guise.

-Je ne touche pas à la magie, je n'y connais même rien du tout. Mais tu pourras toujours me montrer. Pour le reste, je pourrais t'apprendre ce que tu ne sais pas. Moi où Emaine, de nous deux, c'est lui qui en sait le plus.

Une part de lui était soulagée d'apprendre que Letty maîtrisait ses pouvoirs, cela signifiait qu'il serait capable de se défendre si l'on s'en prenait à lui. Une garantie de sécurité supplémentaire qui apaisa cette partie de lui qui était en constante agitation, toute entière tournée vers son Sciath. Cette même partie qui conçut une certaine jalousie envers le dénommé Geneus, qui lui, était auprès de Letty. Brand refoula ce sentiment étrange, utilisant la raison. Sans Geneus, Letty n'aurait jamais appris autant.

-Ma main est bien là où elle est.

La petite silhouette ombrée était à présent assise, et deux fois plus petite que lui. Brand caressa à nouveau du bout des doigts la joue de Letty, avant de venir effleurer le bout de son nez, qui était toujours froid. La chaine dorée qui reliaient leurs mains gauches respectives étincelait toujours, manifestation physique du lien indestructible qui les liait jusqu'à ce que l'un d'entre eux ne rejoigne Dämons. Emaine avait été très clair sur un point, si Letty mourait, Brand le suivrait. Un Loach ne pouvait pas survivre sans son Sciath. C'était là la contrepartie au pouvoir que lui donnerait Letty. Et cela expliquait aussi cet instinct surprotecteur à son encontre. Le silence s'était installé entre eux, mais il n'est pas aussi gênant, ni pesant, contrairement à la dernière fois. Le simple fait d'être dans ce lieu étrange qui ne devait appartenir qu'à eux était suffisant. Ils restèrent ainsi quelques instants, sans que Brand ne cesse de toucher Letty. Le geste était presque trop intime, et le fait d'y penser le troubla un instant. Finalement, Brand se racla la gorge avant de dire doucement :

-J'aimerai rester encore un peu, mais... Je repars avant l'aube, et j'ai juré de protéger Emaine. Je serais un piètre protecteur si je tombais de fatigue. De tous les voyages que j'ai pu faire, celui-ci est le plus éprouvant...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Letty
Anamchara
avatar

Nombre de messages : 77
Date d'inscription : 01/05/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Dim 27 Oct - 23:02

Lorsque son Loach avait répondu qu'il pourrait lui montrer ses pouvoirs lorsqu'ils se verraient, et surtout qu'il pourrait lui apprendre les choses qu'il lui manquait, Letty se sentit content. Le travail acharné qu'il avait fournit ces derniers temps pourrait être continué sans Geneus. Ca fera plaisir au guerrier -même s'il ne le montrera pas- qui faisait tout pour apprendre les choses le plus simplement possible à Letty, pour qu'il puisse en voir le plus possible. L'approfondissement, Letty le faisait de lui même jusque tard dans la nuit, ou lorsqu'il avait quelques minutes de libre, et il aurait été déçu de ne pas pouvoir continuer à progresser une fois partit. Sa mère serait fière elle aussi, il commençait à apprendre à lire et écrire avec sa mère, quand ils avaient été enlevés avec Ian, et ce qu'il avait apprit avait presque été oublié durant ses années au manoir de la vieille tour, mais était revenu quand avaient commencées les leçons.

-Ce serait vraiment super, je ne suis pas vraiment un maître de la lecture ou de l'écriture, et je confond les noms de l'Histoire, et je sais qu'il y a encore pleins de choses que je ne sais pas, ça aurait été dommage, que je ne puisse pas continuer à apprendre.

Autorisé à garder la main de Brand pour lui, Letty allait remettre sa joue à l'intérieur de la grande paume, lorsque les doigts de Brand lui caressèrent la joue, puis le bout du nez. Le blond se laissa faire, étrangement apaisé par ce geste et ces doigts. Il fermait les yeux, ne voyant plus ce monde, mais ressentant toujours la main de Brand toucher son visage. Est-ce qu'il devinais son vrai visage, son petit nez, ses lèvres fines, ses cheveux avaient la même texture que dans la vrai vie, ou est-ce que le mercenaire avait sentit la même chose que lui, une peau réelle mais nette qui ne révèlerait ses petits défauts et détails que lorsqu'ils se seraient vus ? C'était une question qu'il se posait, mais qu'il ne poserait pas à Brand, ce n'était pas un détail très important, pas comme celui de savoir quand il arriverait.
C'était calme, il n'y avait plus de bruit, à par celui du vent, et de la mer. Le blond se demandait s'il pouvait s'endormir ici, sans se couper du monde où ils étaient, sans que Brand ne cesse de le toucher, d'effleurer ses joues et sa peau. Lorsque l'ombre de brand brisa le silence, Letty devina dès le premier mot que c'était finit. Il rouvrit les yeux, et prit de nouveau la main dans les siennes, les oreilles basses.

-J'ai l'impression qu'on est là depuis des heures, mais qu'en même temps c'était très court... Je n'en pas envie qu'on se quitte maintenant, mais je comprends, et puis, en dormant, demain arrivera plus vite, tu repartiras plus vite, et on se verra plus vite.

Letty fixa la main qu'il tenait tout simplement.
Quitte à partir maintenant, parce qu'il fallait bien que son Loach dorme à un moment, le blond se dit qu'il pourrait peut-être faire ce qu'il avait eu en tête au tout début de la conversation. En un peu différent bien sur. Il se leva, ayant lâché la main de Brand, et serra l'ombre dans ses bras, tout simplement. Maintenant qu'il savait qu'il pouvait le toucher dans ce monde, s'ils se reparlaient avant de se voir, il n'hésiterait plus, il se jetterait au cou de son Loach s'il en avait l'envie, il prendrait sa main, toucherait ses cheveux s'il s'asseyait. Il avait déjà une grande affection et une grande confiance envers ce guerrier qu'il ne connaissait pas vraiment, qu'il n'avait jamais vu, qui pourrait être interprétée comme de l'idiotie ou de la naïveté, mais le lien lui disait qu'il pouvait lui faire confiance, que ce guerrier ne lui ferait jamais de mal.
Même si tout à l'heure, il s'était recroquevillé, voyant dans l'approche de la main, l'approche trop connue d'un coup venant sans prévenir, il savait que ce geste n'aurait jamais été un coup. Mais il ne se déferait pas de ses peurs et de ses cauchemars aussi simplement, aussi rapidement.

-J'espère que tu pourras trouver du temps pour qu'on se reparle. Sinon, je te dis à très bientôt. Continue à ne pas te précipiter, je préfère que tu mette deux ou trois jours de plus, que tu ne puisse pas arriver du tout. J'attendrais toujours à l'auberge. Enfin, il est possible que je fasse quelques courses des fois, mais j'y retournerais, je ne pars jamais très longtemps, c'est souvent juste pour des épices qui manquent ou des petites choses comme ça.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brand
Homme Lige
avatar

Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
Nombre de messages : 43
Localisation : Au coté d'Emaine
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Lun 28 Oct - 17:04

-Je n'écris pas souvent, mais j'ai appris. Il m'est arrivé de lire très souvent par contre, quand je vivais encore dans le Nord, avant qu'Emaine ne décide d'entreprendre ce voyage. Et j'imagine que quelques livres pourront toujours t'occuper pendant le voyage. J'ignore quand Emaine trouvera ce qu'il cherche, et les heures risquent d'être longues pour toi.

Le nez de Letty semblait se réchauffer sous l'effet de la chaleur de sa paume. Brand se sentait tiraillé maintenant que son Sciath lui avait dit qu'il aurait bien aimé rester ainsi plus longtemps. Partagé entre l'envie d'exaucer ce souhait immédiat, et l'envie de repartir immédiatement sur la route pour gagner Hitokage le plus rapidement possible. Pourtant, les paroles de son Sciath le calmèrent, et Brand se demanda si sa vie aurait été la même si Letty avait été là pendant la Grande Guerre, s'il avait déjà partagé ce lien étrange, et pourtant complémentaire, reposant sur une confiance presque surnaturelle. Peut-être qu'une parole de son Sciath lui aurait évité bien des tourments. Un seul mot et son esprit semblait retrouver sa tranquillité, du moins pour un instant. Maintenant, il n'avait pas envie, plus envie de quitter cet endroit, malgré sa raison qui lui dictait de le faire. Si résistant était-il, Brand avait tout de même besoin de sommeil, et le fait que le campement soit surveillé par une des légions de l'Empire lui permettrait de dormir sans avoir à trop de soucier de la sécurité d'Emaine, ou même de la sienne. Pourtant, il sentait la tristesse de Letty, lui non plus n'avait pas vraiment de rompre la conversation, de partir.

-J'ai envie de rester maintenant...

Brand eut un sourire désabusé, et regarda Letty se lever, sa main retombant sur son genou. Il avait cru le contact serait alors immédiatement rompu, mais son Sciath l'enveloppa de ses bras. Le geste était surprenant mais pas déplaisant. D'instinct, Brand fit de même, et Letty lui sembla plus frêle encore que ce qu'il avait pensé. Le corps de Letty était fin, semblant aussi léger qu'une plume. Encore un peu, et ses mains auraient pu faire le tour de sa taille. Brand ne tenta pas d'essayer, mais le séjour de Letty dans une auberge ne pouvait qu'être bénéfique pour sa santé. Le loach se promit de prendre soin de son Sciath. Le nez dans ce qui devait être des vêtements, et il lui sembla que l'odeur de ceux-ci était réelle. Brand respira, c'était comme s'il en avait besoin, comme si Letty pouvait devenir plus réel de cette façon. Encore une fois, le Alaric, dans un coin de son esprit, continuait de se battre, d'être réticent face à la force de ce lien fusionnel, si fort qu'il altérait sa façon de réagir et de penser. Emaine lui avait dit qu'il ne pourrait jamais y échapper, et maintenant Brand n'en avait pas envie, s'étant fait à l'idée qu'il était lié. La confiance aveugle qu'il éprouvait à l'égard de Letty était mêlé à une sorte d'amour fusionnel, un désir de possession autant que de protection. Jamais Brand n'avait ressenti ça, pas même lorsqu'il était encore Magnhild des Alaric, avec aucune des filles ou des femmes qu'il avait croisé dans sa vie. L'intensité du lien était effrayante, mais le plus effrayant était la tranquillité avec laquelle cette partie de lui, celle du Loach, l'acceptait.

-C'est étrange comme la moindre de tes paroles, tout ce que tu peux dire, et ressentir je crois aussi, influe sur moi. J'ai eu envie de rester, et puis de me précipiter pour te rejoindre, mais maintenant, tu viens de me dire de prendre le temps qu'il faudrait, et je suis redevenu calme.

Il desserra son étreinte, comme à regret, hésitant, levant légèrement la tête pour parler au visage d'ombre de son Sciath.

-J'essayerai de te contacter à nouveau, mais j'ai du mal à le faire lorsque je dois assurer la sécurité d'Emaine. Ce soir c'était différent, la légions se charge de la sécurité du campement. Ce ne sera pas le cas jusqu'à Hitokage. Je te promet d'essayer, mais je ne sais pas si ça marchera comme ce soir.

Brand leva une main pour revenir effleurer quelques mèches de cheveux et la joue à présent chaude de Letty.

-J'essayerai tout de même de faire au plus vite... De toute façon, le lien ne supporte pas l'attente.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Letty
Anamchara
avatar

Nombre de messages : 77
Date d'inscription : 01/05/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mar 29 Oct - 15:53

L’étreinte était partagée, Brand l’enserra de ses bras, lui montrant par ce geste qu’il acceptait que Letty soit aussi familier avec lui, et surtout qu’il était petit. Déjà que l’esclave en fuite était à la hauteur du guerrier uniquement quand ce dernier était assit et que lui-même était débout, se sentir aussi fin qu’une brindille dans des bras puissant rajoutait à son aspect fragile. Il sentait la musculature sous ses bras, sous son torse aussi vu qu’il se collait contre son Loach, un peu de peur qu’il ne disparaisse vu qu’il avait dit qu’il devrait partir. Brand était massif, et musclé, il sentait ses muscles sous la peau, et sous ce qui semblait être des vêtement, et il sentait même son cœur battant dans sa poitrine tout contre lui. La respiration du guerrier le soulevait et le baissait légèrement, il l’entendait près de lui et le sentait respirer plus fort en calant sa tête dans le creux de son cou. Un geste qui lui fit ressentir des émotions opposées. Tout d’abord de l’appaisement et du bien être, c’était doux ; mais aussi le malaise d’un déjà vu, de souvenirs arrivants dans sa tête ; tou ça lui tira un léger frisson, qui était à la fois un frisson de plaisir, mais aussi de dégout. Ce malaise se dissipa vite quand Brand se remit à parler.
Ce n’était pas son maître qui était près de lui et contre lui, mais bien son Loach, ce grand homme qui était près à courir nuit et jour, à se mettre en danger, pour revenir auprès de lui dans la réalité, et pas seulement dans ce monde partagé, qui appaisait ses pensées bouillonnantes, les comblant de sa simple présence, et faisant que son cœur et son esprit ne réclamaient plus sans cesse que Brand vienne, que Brand soit avec lui, que Brand se dépêche. Il était là à présent, il arrivait, et il ferait attention pour être sur d’arriver en un seul morceau.

-Je ne pensais pas que simplement te parler ferait ça, mais si juste que je te demande de prendre le temps d’arriver entier à fait que ça t’appaise, tant mieux. Bizarrement j’ai pas l’impression que ça fasse la même chose de mon coté, je sais que c’est juste que tu sois là qui me calme, et qui me fait du bien. Même si dès qu’on partira d’ici tu ne seras pas vraiment là.

Letty retint une sorte de gémissement de protestation quand Brand le lâcha un peu pour mieux le regarder. Enfin sa tête se relevait comme pour le regarder, donc ça devait être ça, même s’ils ne se voyaient pas réellement. C’était frustrant, il aurait bien voulu connaître la couleur de ses yeux, la forme de son visage. Il voulait savoir, et pouvoir regarder vraiment le visage de son Loach. Brand lui expliqua qu’il essayerait, mais que la protection d’Emaine faisait qu’il avait du mal à le faire, il n’e pouvait pas être totalement alerte lorsqu’il était ici. Letty ne connaissait pas vraiment ça, lui était à l’auberge, rien ne pouvait lui arriver, sauf attrapper un rhume s’il n’était pas assez couvert et s’il faisait froid dans la chambre, ou une piqure d’instecte. Dommage qu’Emaine ne puisse pas assurer sa protection seul. Brand pourrait se consacrer plus à lui le soir, lui parler un peu chaque soir, ce qui leur ferait du bien à tout les deux.
Le Sciath jalousa cet homme qui était protégé par son Loach, alors que lui ne devait se contenter que de le voir dans ce monde irréel, qui n’appartenait qu’à eux, mais qui ne remplacerait pas éternellement une véritable présence. C’était lui que devait protéger Brand, lui qu’il devait avoir à ses cotés, pas Emaine. Mais c’était ainsi pour le moment, mais bientôt Letty serait avec son Loach, et ça serait mieux.
La main retrouva sa joue réchauffée par son contact d’avant.

-Oui, le plus vite possible, mais raisonnablement quand même. Ca fatigue de se précipiter, de ne pas faire suffisament de pause ou d’arrêt, même si dès fois on a pas vraiment le choix, c’est dangereux…

Ce n’était pas vraiment des suppositions qu’il faisait, il avait encore le souvenir de la cavalcade acharnée qu’ils avaient faite avec Sephiroth, la course à pied au début, la galopade, les quelques heures de sommeil qu’ils avaient prises. Ils avaient tellement fatigués le cheval que ce dernier avait manqué de tomber, et de les entrainer dans sa chute. Ils avaient alors prit plus de repos cette fois-ci, et Letty s’était calmé, sa panique et sa peur envahissant également l’esprit de celui qui l’avait fait s’échapper.
Le cheval était toujours là, dans l’écurie voisine de l’auberge, le soir Letty allait le voir un peu, et lui parler. Il se sentait étrangement proche de l’animal, car sans lui ils auraient peut-être été ratrappés. Mais il ne savait pas quoi faire de l’animal, il ne pouvait pas le laisser éternellement là bas, même si par amitié pour Skye, le propriétaire de l’écurie s’occupait presque gratuitement du cheval, l’animal n’allait pas rester inactif à jamais. Letty ne sachant pas monter, il ne pourrait pas repartir avec lorsqu’il irait avec Brand.

-Allez… Va te reposer, je t’attendrais, et si je sens que tu veux me parler je serait disponible très vite, promis.

Cette fois, ce fut lui qui lâche complètement Brand. Le lieu ne s’effaça pas directement bien sur, il lui fallait refaire un peu du chemin inverse, même s’il n’en avait pas du tout envie. Si Brand ne voulait pas partir surtout parce que lui-même ne le voulait pas, personne ne partirait, alors il fallait prendre l’initiative. Le blond recula un peu, ne tournant pas le dos à Brand, le cœur serré et voulant retourner dans les bras, maintenant. Il lui fit un signe de la main, la falaise redevenant un plateau de fleur de bruyère simple, la mer s’éloignant peu à peu, alors qu’il retournait vers son corps tout doucement.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brand
Homme Lige
avatar

Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
Nombre de messages : 43
Localisation : Au coté d'Emaine
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mar 29 Oct - 22:25

-Emaine dit que le Loach est la force du Sciath, et que s'il est moins vulnérable, sa dépendance au Sciath est extrème. Ce serait pour cela que les Loach ne survivent normalement jamais à la mort de leur Sciath. Du moins c'est ce qu'il pense, personne ne semble avoir compris le lien qui unit les Anamchara... Pour tout de dire, je n'y comprend pas grand chose, mais si j'avais continué à m'entêter, ça aurait été comme lutter contre le cycle des marées...

Brand se mit à rire en sentant la jalousie venir de Letty. Écho à sa propre jalousie envers Skye et Geneus, le couple qui l'hébergeaient dans leur auberge à Hitokage. La possessivité n'était donc pas à sens unique, ce désir d'avoir l'autre tout entier pour sois. Son étreinte se resserra un instant, son rire se calma doucement, remplacé par un sourire amusé que Letty ne pouvait probablement pas voir, puisque si pour lui, son Sciath n'était qu'une petite ombre frêle, lui devait être une grande ombre sans visage.

-Je serais prudent.

Letty finit par le lâcher, de se défaisant de l'étreinte d'ours du Alaric. Se sentant un instant perdu, Brand soupira, presque douloureusement. Ses mains retombèrent sur ses genoux, puisqu'il était toujours assis en tailleur, s'étant projeté dans ce monde comme il l'était dans la réalité, assis face au feu de camp. Quelque part, il sentait le regard d'Emaine, vigilant, posé sur lui. La chaine à son poignet, reliée à celui de Letty brillait toujours. Brand soupira une nouvelle fois. Il sentait la tristesse et la réticence de Letty. Son Sciath s'éloignait pour lui laisser la possibilité de partir lui aussi. Brand se leva, péniblement, difficilement, partir était difficile. Main droite sur sa nuque, le Alaric avait la tête baissée. Il était hors de question que son Sciath ait à se forcer, c'était aussi pénible que l'idée d'avoir à se quitter. Même pour un instant, pourtant, la chaine à son poignet était là pour rappeler que quoi qu'il arrive, il resterait lié à Letty. Brand reprit la chaine dans son poing et la leva.

-De nous deux, il n'avait pas besoin d'élever la voix pour se faire entendre, c'est toi qui a le plus de faciliter à me parler, lorsque Mizuki a remplacé Aelius dans le ciel, je pourrais peut-être te répondre, si nous nous sommes arrêter pour bivouaquer.

Brand coupa en suite court à la conversation, utilisant ses capacités de Alaric à rompre tout sortilège, à annuler tout effet de magie, bien qu'il soit incapable de couper le lien qui le reliait à Letty. Les landes disparurent, la fraîcheur de l'air nordique avec, et Brand se retrouva, avec un léger vertige, assis devant le feu de camp. Il trouva le camp bruyant, comme si les bruits étaient plus forts, il entendait les conversations, les bottes lourdes des légionnaires en patrouille autour du camp, les craquements des arbres aux feuillages agités par le souffle de Tuuli, la fraîcheur de l'air, et cette odeur de neige. Il était de nouveau dans son corps, ou en tout cas, aux commandes de son corps, qui n'avait pas bougé depuis qu'il s'était concentré pour pouvoir parler à Letty. Son corps était comme ankylosé. Il s'en voulut un instant d'avoir quitter si brutalement leur lieu de rencontre, mais s'il s'était attardé plus longtemps, il aurait rattrapé son Sciath, lui aurait demandé de rester, et il aurait passé la nuit dans cet endroit qui n'appartenait qu'à eux. La raison voulait qu'il ait au moins quelques heures de sommeil, s'il voulait pouvoir être alerte, mais aussi chevaucher convenablement. Brand s'ébroua, remuant ses épaules, jouant des muscles et secouant sa tête pour chasser à ce qui ressemblait aux derniers lambeaux d'un lourd sommeil.

-Je suis parti combien de temps ? demanda-t-il d'une voix rauque.

Emaine se tenait toujours de l'autre coté du feu. Ses yeux étaient aussi orangés et changeant que les flammes, à l'image de sa longue chevelure dont la couleur était changeante comme les rayons d'Aelius. Brand songea un instant que Emaine avait de la chaleur et de la couleur, là où Uranach, qu'il avait surveillé pendant des années, avait la chevelure noire et un tempérament sombre. Pourtant, le lien qui unissait ces deux là étaient au moins aussi fort que celui qui l'unissait à Letty.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Emaine Nevaeril
Dragonnier
avatar

Peuple : Métis, Ai-Esu et Sidhe, origines Eldarins
Second(s) Métier(s) : Mage
Nombre de messages : 25
Localisation : Courant après un Orage
Date d'inscription : 02/10/2006

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mar 12 Nov - 18:54

Le fond de l'air était frai, mais ce froid était vivifiant. L'air lui emplissait les poumons, c'en aurait été presque douloureux s'il n'en avait pas eu l'habitude. Emaine avait toujours aimé l'altitude, cela lui manquait parfois de ne plus pouvoir chevaucher Equilibris, et de voler pendant de longues heures. Là haut, il n'y avait rien d'autre que l'immensité du ciel, et Emaine avait alors pu lâcher prise bien souvent. Ici aussi, s'il levait les yeux, il n'y avait que la voûte étoilée et des lambeaux de nuages. Autour d'eux, s'étendait un camp improvisé, dont la configuration ne changeait jamais, la légion en charge du col répartissait les voyageurs sur les mêmes emplacements, afin de faciliter une retraite vers le fort en cas d'attaque. La guerre n'avait pas sévi depuis la dernière, celle à laquelle il avait participé. Son regard se porta vers l'Est, incertain. Lui se trouvait là bas, en bas de l'Eredmorn, quelque part dans l'Empire. S'il y avait une chose qu'Emaine savait parfaitement, c'était la facilité avec laquelle il pouvait disparaître. Il avait disparu pendant des années. Il l'avait même cru mort. Tuuli le gratifia d'une bourrasque, chassant les flammes de leur feu vers l'Ouest. L'ancien dragonnier remit le capuchon de sa lourde cape, masquant ses cheveux d'or brillant et se protégeant du froid. Sa main gauche tenait toujours sa tasse, à présent vide. Son regard se porta sur Brand. Son homme lige était plongé dans une sorte de transe, les yeux fermés. Emaine se pencha pour reprendre la bouilloire. Celle-ci fut vite remplie, puis remise près du feu. Lorsque Brand reviendrait à la réalité, une boisson chaude lui serait plus qu'agréable, après avoir passé autant de temps immobile.
Autour d'eux, d'autres campeurs d'un soir, une caravane marchande venant de Nargoryth, bruyante et enjouée, des voyageurs esseulés, une phalange de la légion revenue de patrouille dans les montagnes. Sur toutes les lèvres des légionnaires, le massacre d'un détachement plus au Nord, non loin de la frontière avec Cemenwin. Emaine ne pouvait pas s'empêcher de penser que cela avait un lien avec Uranach. Penser à lui était douloureux, penser à ce qu'il comptait faire était douloureux. L'avènement de Tar Sùrion sur le trône de l'Empire n'était pas une coïncidence, un hasard, pas plus que le caprice d'un ancien général détrônant un ancien camarade, se vengeant de sa mauvaise politique. Emaine sentait l'urgence grandir en lui. Une nouvelle bourrasque fit voler ses cheveux longs qui dépassaient de sa capuche. Personne ici ne se souvenait de lui, après tout, il était sensé être mort lui aussi. Autrefois, il n'aurait pas pu passer un poste des légions impériales sans être aussitôt criblées de flèches et de jets de glace ou de flammes. L'ombre d'un sourire passa sur son visage encapuchonné au souvenir de l'adrénaline accélérant son pouls, à la sensation de puissance grisante... Uranach s'est-il laissé enivré par tout ça ? Ils ne s'étaient guère parlés, du moins pas autrement qu'avec des mots durs, pas autrement que par un silence lourd de colère. Après tout, les derniers instants ensembles n'avaient été que de la captivité. Emaine resserra les pans de sa cape autour de lui. Il lui manquait, terriblement. Tout comme avant, quand il n'avait pu se faire à l'idée qu'ils seraient séparés. Oh il pouvait comprendre ce qui l'avait poussé à rejoindre ce qui était alors leur ennemi. L'horreur de la guerre, Emaine n'avait pas envie de la revivre, pas après tout ce temps. Pourtant, il pressentait qu'une nouvelle fureur s'abattrait sur les royaumes du Sud, dont l'agitation ne cessait jamais vraiment semblait-il.

Mizuki était maintenant haute dans le ciel. Emaine versa l'eau bouillante dans deux gobelets après avoir mis deux sachets de thé d'Iskandar. Peu de temps après, Brand commença à bouger, sortant de sa transe. Curieuse histoire que celle de son homme lige, lié à un jeune garçon par hasard, et maintenant Anamchara. Brand venait de passer peut-être une heure ou deux dans ce monde qui n'appartenaient qu'à eux. Durant le voyage à travers à l'Eredmorn qui les avait conduit ici, Emaine avait expliqué et répondu du mieux qu'il le pouvait aux questions et inquiétudes de Brand, sur ce lien qui entrait en conflit avec sa nature de Alaric. Emaine lui tendit un gobelet de thé chaud par dessus les flammes.

-Une heure ou deux. Bois, ça te réchauffera. Il ne s'est pas passé grand chose pendant ton absence. Autant dire que tu peux dormir tranquille cette nuit. Profites-en.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Brand
Homme Lige
avatar

Peuple : Mi-Thuatann Mi-Ethérie, Clan Alaric
Second(s) Métier(s) : Guerrier
Nombre de messages : 43
Localisation : Au coté d'Emaine
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mar 19 Nov - 22:11

-Merci.

Brand accepta le thé Iskandaréen de bon cœur. Il avait l'impression d'être resté immobile pendant des jours, ses membres étaient ankylosés. Le thé dans sa grande main ramenait un peu de vie en lui. Il se demandait si cela faisait le même à Letty, bien qu'il doive être installé plus confortablement que lui. Brand se demandait s'il serait capable de vivre un jour confortablement, même pendant les années passées dans les montagnes du Nord avec Emaine, sa chambre au cottage n'avait finalement été qu'un endroit de passage. Sa maison à Miervaldis devait avoir disparu ou bien devait être occupée par quelqu'un d'autre depuis longtemps. C'était le seul endroit qu'il aurait pu appeler chez lui. Difficile alors maintenant, de se projeter autrement que sur la route jusqu'à la fin de sa vie, même libéré du service d'Emaine. Cela dit, Letty entrait maintenant en ligne de compte, et vivre ainsi ne semblait plus être une si bonne idée. Seul, Brand n'aurait pas été gêné, avec les Alaric, il avait vécu une bonne partie de sa vie sur les routes, lorsqu'il portait encore un autre nom. Puis avec Emaine, ça avait été la fuite depuis les ruines de Bois-Blanche, et encore aujourd'hui, ils venaient de traverser le continent, pistant Uranach. Finalement, alors qu'ils étaient en Andanorië, à le chercher, la nouvelle de la prise de pouvoir d'Argental Tar Sùrion les avaient atteint. A présent, ils filaient vers l'Empire. Et il y avait eu Letty, une arrivée brutale, qui désormais, remettait en question son serment d'homme lige, le restant de sa vie. Son Sciath n'apprécierait peut être pas de vagabonder durant toute sa vie. Le thé était brûlant, sa chaleur se répandit dans ses membres. C'était un thé épicé, un mélange fort, qui n'était pas forcément recommandé de prendre avant de dormir, mais il avait bien besoin de ça pour se sortir de la torpeur résultant de son long entretien avec Letty. Le temps semblait s'écouler différemment dans ce monde psychique qui n'appartenait qu'à eux.

-J'ai l'impression de seulement lui avoir parlé pendant dix minutes.

Brand tenait la tasse entre ses deux mains, son regard fixé sur les flammes descendantes du feu devant lui. Il eut un rire presque amer. La réticence Letty à partir, le courage de l'avoir fait pour lui éviter de souffrir. Brand se demanda s'il n'aurait pas mieux faire de se taire, de ne rien dire de l'agitation permanente dans laquelle était son esprit, cette pulsion sauvage, ce désir de courir rejoindre celui qui était son Anamchara. Ses doigts se crispèrent sur le gobelet de métal. Le Maëldanais ferma les yeux, soufflant par le nez, tentant de se détendre. Il remua les épaules, penchant la tête sur le coté, chassant sa colère qui montait. Il but une nouvelle gorgée de thé.

-Je dormirai sans doute mieux que ces derniers jours. J'ai l'ordre express de faire attention à moi.

Un sourire étira ses lèvres, alors qu'il se remémorait les paroles sages de Letty. Il regarda de nouveau Emaine.

-Aucun de nous deux n'aura à monter à la garde cette nuit. Ce n'est pas plus mal, avec ce froid.

La nuit dans l'Esgal était aussi froide que le jour était brûlant, mais il n'y avait pas la neige, ou en tout cas, l'humidité qui semblait s'infiltrer partout. Lorsqu'ils seraient descendus dans les vallées de l'Empire, ils risquaient d'être trempés par les averses violentes qui tombaient pendant cette saison dans l'Empire. La traversée risquait d'être pénible, même s'ils coupaient à travers Himrain, dont certaines zones étaient carrément inondées pendant ces averses. Brand roula encore des épaules, tâchant de penser à autre chose qu'aux moyens les plus rapides pour rejoindre Letty. Son regard se porta inconsciemment sur les aéronefs amarrées aux quais aériens, plus loin dans le camp, sur le coté à pic de la montagne.  Brand soupira, avant de secouer la tête et de reprendre une gorgée de thé.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Emaine Nevaeril
Dragonnier
avatar

Peuple : Métis, Ai-Esu et Sidhe, origines Eldarins
Second(s) Métier(s) : Mage
Nombre de messages : 25
Localisation : Courant après un Orage
Date d'inscription : 02/10/2006

MessageSujet: Re: Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.   Mar 26 Nov - 22:34

Brand était son homme lige depuis des années, depuis près d'un siècle à dire vrai, depuis ce jour où il l'avait trouvé dans un village dévasté de l'Esgal. Emaine l'avait alors pris avec lui, Equilibris les avait en suite amené jusque dans l'Eredmorn, non loin des ruines de Bois-Blanche où Uranach était détenu. Avec l'aide du Alaric, ils avaient délivré celui que tous pointaient du doigt comme un traître, la plupart des forces armées étant sur les talons des Légions Impériales qui se repliaient en hâte dans l'Empire. Altare et une grande partie du royaume de l'Esgal étaient à présent inaccessibles. La tempête de magie s'élevait comme un mur impénétrable, et la survoler aurait été pure folie. L'Est de l'Esgal avait été épargné, la magie mourant comme les vagues sur la grève au pied de l'Eredmorn. Bois-Blanche avait été dévastée, et cela leur avait grandement faciliter la tâche. Pendant qu'ils avaient gardé Uranach, dans cette demeure perdue dans les flancs de la Grande du Nord, Brand n'avait jamais eu une telle expression. Le Alaric était peu expressif, plutôt calme, silencieux. Une présence à laquelle Emaine s'était fait, comme une force tranquille et silencieuse, capable de devenir aussi brutale qu'un fleuve entrant en cru. Pourtant, le visage de Brand respirait la sérénité, alors qu'il parlait de Letty. Un expression qu'Emaine n'avait jamais vu sur le visage taillé à coup de serpes du guerrier. Il avait pourtant les traits tirés par une fatigue qui n'avait rien de physique. L'ancien dragonnier n'ignorait pas les souffrances auxquelles il était en proie, devant constamment lutter contre l'envie de galoper à brides abattues jusqu'à Hitokage. Il avait remarqué son impatience, cette aura de fébrilité qui l'entourait constamment depuis cette nuit fatidique sur la Piste Brune.

-Encore quelques jours et vous serez réunis, fit-il doucement en sentant Brand se crisper à nouveau, Hitokage n'est plus qu'à quelques lieues.

Emaine but un peu de thé, continuant en suite de serrer lui aussi, le gobelet métallique entre ses mains. Le froid ne le gênait pas vraiment, il était bien couvert, et le feu lui chauffait agréablement le visage. Regardant un instant les ombres danser sur le visage du Alaric, Emaine fut en suite surpris de le voir sourire. Encore une fois, c'était en mentionnant Letty.

-Le Sciath doit lui aussi faire attention à Loach, l'un n'allant pas sans l'autre.

Emaine sourit lui aussi, se souvenait que cette phrase avait souvent été prononcée à propos d'Uranach et lui. Autrefois, l'un n'allait jamais sans l'autre. Une vague de nostalgie le saisit. Autrefois, il avait été jeune et fringuant, jeune et flamboyant, insouciant presque. Le monde s'ouvrait à lui, et lui le parcourait comme il l'entendait. Uranach avait toujours été plus sombre que lui, plus taciturne. Pourtant, lorsqu'il s'agissait de faire quelque chose d'irréfléchi, Uranach n'avait jamais été le dernier. Loin de là. Valin était encore jeune à ce moment là. Emaine se sentit vieux, aussi vieux que les racines de l'Eredmorn. Son sourire s'était estompé.

- Il ne fait pas si froid, mais c'est plutôt l'humidité qui est dérangeante. Le changement de climat est assez brutal. Autrefois, ça n'était pas comme ça...

L'Esgal aussi avait été jeune, verdoyant, abondant, débordant de richesse. Autrefois. Mais la magie avait tout ravagé, et du royaume il ne restait que du sable. La seule verdure présente était celle des oasis, qui sortaient d'entre les dunes ça et là. Aujourd'hui, il n'y avait que les cimes de l'Eredmorn qui étaient recouvertes par la verdure, comme autrefois. Il y avait de la neige, peut-être plus qu'avant, comme si les Dieux compensaient la perte de l'Esgal en envoyant l'eau sous forme de glace et de flocons ici. Les deux compagnons terminèrent leur thé, avant de se résoudre à aller dormir. Leur nuit risquait d'être courte s'ils voulaient repartir au petit matin. Emaine se glissa dans sa tente, retirant cape et bottes. Il s'étendit sous sa couverture doublée d'une épaisse fourrure, emportée pour supporter le froid nocturne. Elle lui avait également servi dans le désert de l'Esgal, et ici, elle se révélait encore particulièrement utile. Le dragonnier ne s'endormit pas immédiatement, fixant le toit de sa tente, avant de finalement se tourner pour chercher le sommeil qui semblait le fuir. Comme il l'avait pensé, le petit matin vint trop tôt.

Le feu avait fini par mourir dans la nuit. Lorsque Emaine émergea de sa tente, il ne restait que des braises à peine rougeoyantes de la vive flambée de la veille. Il tisonna un peu les cendres, révélant finalement des braises encore rouge. Quelques fines bûches furent jetées dessus, avant qu'il ne prononce un petit sortilège de vivacité. Les flammes se mirent à dévorer le bois, alors que Emaine faisait à nouveau chauffer de l'eau. Brand se leva juste après lui, s'occupant de démonter les tentes et d'empaqueter leurs affaires. Ils mangèrent rapidement, quelques gâteaux et fruits secs, accompagnés d'une tasse de thé fort. Ils éteignirent en suite leur feu, puis montèrent sur leurs lézards. Ils quittèrent alors le fort de la Légion, entre cette fois véritablement dans l'Empire. Cette fois, Emaine décida qu'ils suivraient la route, inutile de perdre plus de temps, et de se retrouver coincer dans les griffes de l'Eredmorn. Sur leur droite se trouvait la Couronne de Mokosh, sont les pics se tendaient vers le ciel. En tendant l'oreille, Emaine était sur qu'il percevrait le grondement de l'eau qui se déversait entre ses pics, créant en suite la vallée de Mokosh. Dirigeant son lézard avec ses genoux, et quelques bruits de bouche, Emaine leur fit prendre une allure soutenue, tandis qu'ils entamaient la descente de l'Eredmorn.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Une nuit de bivouac près du fort de la Légion, Col d'Hitokage.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Fort-Liberté, une potentialité touristique
» Fort-St Michel lieu macabre devenu le Cité Soleil du Cap-Haitien
» L'ex homme fort d'Haiti est un égoiste...
» Fort-Liberte: Complexe portuaire, industriel et commercial
» La nuit du renouveau.
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inwilis :: Les Royaumes du Sud-Est :: L'Empire de Morna :: Province d'Hitokage-
Sauter vers: