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 Arrivée dans sa nouvelle maison

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MessageSujet: Re: Arrivée dans sa nouvelle maison   Lun 6 Jan - 11:32

-Aha ! Hm...

Sheeban eut un sourire. Elle but un peu, terminant sa tasse de thé, qu'elle posa soigneusement derrière elle, afin d'éviter le moindre accident. Elle fut un instant un peu gênée. Elle n'était pas télépathe, tandis que Inu devait l'être naturellement s'il était capable de projeter des images, comme le faisait Sheeshon. Elle ne doutait pas que le seigneur Jahangir en soit capable également. La télépathie était un don familial chez les Qiang Sung.

-Le Seigneur Qiang Sung est plutôt bel homme. Il a le physique d'un Mornien d'Hitokage métissé avec celui d'un Mornien de la région d'Akaash. Il est grand. Il s'entretient, je veux dire par là que les servantes de la maison sont nombreuses à regarder par les fenêtres ou à trouver quelque chose à faire dans la cour lorsqu'ils s'entrainent avec Lysanthir. Comme la plupart des Morniens, il a la peau mate. Mais ses cheveux longs sont d'un brun sombre, et il y a les yeux d'un bleu clair et limpide. De visage, il a une mâchoire carrée, de hautes pommettes. Il a souvent un petit sourire sur les lèvres. Il y en a beaucoup que ça agace, mais les femmes et jeunes filles à marier de la haute se pâment lorsqu'il leur sourit. Ayame dit que le sourire du Seigneur Jahangir fait autant de ravage que lorsqu'il se bat avec Oshia. Oshia a d'ailleurs l'apparence du Seigneur Jahangir, mais lorsqu'il était plus jeune. Cela dit, il ne fait pas si vieux que ça. Peut-être que Sheeshon vous le montrera par images si vous lui demandez, elle adore parler de son père, et encore plus vanter ses mérites.

Sheeban eut un petit rire. Sheeshon vouait une adoration sans bornes à son père, mais aussi à sa tante. Elle admirait aussi Lysanthir, bien qu'elle semble plus réservée avec lui. Sheebans s'efforça de ne pas penser trop fort au bras droit du Seigneur Jahangir. Il ne la laissait pas indifférente, mais en même temps, elle en avait un peu peur. Il l'intimidait. Sheeshon ne semblait d'ailleurs pas prendre en compte son appréhension, puisqu'elle la poussait sans cesse dans les bras du Sidhe masqué. Il lui avait dit qu'elle était jolie. Elle toussota, se sentant rougir à se souvenir.

-Quant à moi, je suis métissée Mornien et Lios. Je ne suis pas très grande, et j'ai les cheveux noirs, comme les Morniens de la région de Tiemeth, d'où vient mon père. De ma mère je tiens sa peau pâle, avec un éclat lunaire, comme l'ont beaucoup de Lios. Et j'ai les yeux bleus mouchetés de vert et de bronze. Hm... Je suis pas très athlétique si on me compare à d'autres, Sheeshon dit toujours que c'est agréable de me faire des câlins parce que je suis moelleuse.

Sheeban rit de plus belle.

-Je ne sais pas quoi dire de plus. Peut-être Sheeshon vous montrera-t-elle à quoi je ressemble... Ah ! -Elle eut l'air de souvenir de quelque chose - j'ai entendu dire que les aveugles pouvaient mémoriser les traits de quelqu'un en touchant son visage... Est ce que ça vous faciliterait la tâche si vous pouviez le faire ?
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Inu
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MessageSujet: Re: Arrivée dans sa nouvelle maison   Mar 7 Jan - 18:03

Inu écoutait attentivement Sheeban, se forgeant une image de Jahangir au fur et à mesure que des détails s’ajoutaient à la description que faisait la jeune femme. Il les ajoutait aux siens, à ceux qu’il avait pu constater lui-même en cotoyant l’homme depuis ces dernières semaines. Il le voyait déjà grand, c’était sûr, avec des cheveux longs et assez doux, sans oublier de longues mains, et sûrement un sourire éclatant, car Jahangir n’était pas de ceux qui oubliaient l’hygiène. Oui, tout ça il l’avait déjà en tête, et même lorsque Sheeban parla du fait que son maître s’entretenait et s’entraînait, le limier approuva intèrieurement. Il avait pu sentir les muscles de Jahangir lorsqu’ils dormaient ensemble, et que le limier se mettait contre lui, ils roulaient sous la peau –qu’il savait maintenant mate- dès que l’homme bougeait dans la nuit. L’image se dessinnait peu à peu, ou plutôt se complètait, avec quelques couleurs, quelques détails, et une idée générale qui lui faisait paraître Jahangir comme un homme beau avec un coté dangereux. Il imagina un sourire un peu comme celui d’un tigre, majestueux, mais qui fait se demander ce qu’il cache. Ca formait un ensemble assez cohérent.
Et Oshia était donc une sorte de double du Seigneur Jahangir, il l’imaginait tout bleu, aqueux, avec la même allure que l’humain. Puis il estompa le bleu, l’eau était plutôt transparente que colorée. Il songea que c’était bien, de pouvoir mettre une image sur quelqu’un. Comme il n’était pas aveugle de naissance, Inu aimait avoir ce genre de repère, savoir ce qu’il verrait si ses yeux le lui permettaient. Il demanderait peut-être à Sheeshon de lui montrer à quoi son père ressemblait, peut-être même à quoi elle ressemblait dans le même temps.

Ce fut au tour de Sheeban de se décrire elle-même. Une jeune femme, de taille moyenne, voir petite, aux cheveux noirs, sûrement longs si elle était demoiselle de compagnie d’une jeune fille noble. Une peau lunaire, pâle, il l’imaginait comme la sienne qui était typiquement lios elle aussi. Ses yeux étaient-ils légèrement bridés, ou un peu tombants ? Il choisit la seconde option, ça semblait être le choix le plus harmonieux, et il les teinta de vert et de bronze comme elle le lui décrivit. Il sourit lorsqu’elle se qualifia de moelleuse, enfin lorsqu’elle expliqua que Sheeshon la décrivait ainsi. Il fit avoir des formes à la jeune femme qu’il imaginait.
Sheeban se souvint qu’on lui avait dit que les aveugles touchaient le visage des gens, pour les voir et mémoriser leur aspect. Elle avait dit cela comme une interrogation, se demandant si ce qu’on lui avait dit était vrai. Inu le lui confirma.

[C’est vrai, ça permet de… Comment dire. Fixer, l’image de quelqu’un, comme le visage d’une statue en quelque sorte. Je me souviens du grain de la peau sous mes doigts, de la forme du nez, des yeux, de la bouche, si les joues sont creusées où rondes. Ca aide à compléter ce qu’on me dit.]

Elle lui demanda si ça lui faciliterait la tâche si il pouvait toucher son visage. Inu ne s’était pas attendu à ce qu’elle le lui propose, et n’aurait sûrement pas demandé de lui-même. Cette fois il se contenta de hocher la tête, et leva les mains, incertain, cherchant donc le visage de la demoiselle de compagnie. Ce fut elle qui guida ses mains, les atrappant pour les mettre au niveau de son visage.


L’aveugle sentit d’emblé son nez sous ses doigts, et une peau douce. Le nez était petit, légèrement retroussé et fin. Il ne touchait qu’avec le bout de ses doigts, ses dernières phalanges, pas besoin de plaquer toute la main sur le visage de Sheeban pour en deviner les traits et les contours. Il remonta pour sentir le front, passant sur l’arrête du nez. Ses doigts passaient aussi sur les yeux clos de la demoiselle de compagnie qui s’avérèrent légèrement tombant en effet, mais ça ne donait que plus de douceur à l’image qui se sculptait à présent dans son esprit. Les sourcils un peu travaillés, le front très vite recouvert de quelques cheveux n’était pas immense. Il écarta les doigts et les mains, pour descendre sur les cotés du visage, sur les tempes, légèrement plates, il effleura ses oreilles, l’os de la machoire. Le visage de Sheeban était ovale, tirant un peu sur le rond, le menton était fin et peu prononcé. Ses lèvres étaient aussi douces que la peau, un peu humides vu qu’elle venait de finir de boire, et pulpeuses.
Il eu du mal à rompre le contact de ses mains sur son visage, mais le fit, reposant simplement ses mains sur ses jambes.

[Vous ètes belle, merci de m’avoir permit de vous voir.]


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MessageSujet: Re: Arrivée dans sa nouvelle maison   Lun 20 Jan - 23:21

Guidant les mains d'Inu, Sheeban se prêta à un examen qu'elle n'avait pas franchement l'habitude de subir. Elle se sentit un peu mal à l'aise. Il n'y avait eu que Sheeshon pour la toucher aussi intimement, et elle avait l'impression de se dévoiler à Inu. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, son regard tomba sur la silhouette longue et éthérée de Lysanthir, qui les regardaient depuis le pavillon principal. Sheeban piqua un fard, autant à cause du regard pesant du bras de droit de son maître, que par le commentaire d'Inu. Elle n'avait jamais entendu dire qu'elle était belle. Elle se trouvait un peu trop ronde, un peu banale, et n'était ses yeux, et l'éclat de sa peau, elle aurait pu passer inaperçue au milieu de centaines d'autres Morniennes. Oh bien sûr elle prenait soin d'elle, elle le devait, après tout, elle devait tenir un certain rang et ne pas faire honte à sa maîtresse, même si Sheeshon avait parfois un comportement que la bienséance réprouvait. Mais Sheeban trouvait qu'elle était loin d'être aussi belle et élégante que les nobles dames qui passaient parfois le portail, parées de leurs plus beaux atours, fières et parfaites, juchées sur leurs montures, ou assises dans leurs palanquins ou litières. Elle, elle était une esclave, fille d'esclave. Elle ne l'oubliait pas. Surtout quand on lui faisait des propositions, elle ne s'appartenait pas. Le seigneur Qiang Sung avait droit de vie ou de mort sur elle, et elle ne pouvait faire de choix sans lui en référer. Elle s'estimait heureuse, et elle l'était, parce qu'il la traitait parfois comme si elle était sa deuxième fille. Jamais il ne lui rappelait sa classe sociale, et il semblait en avoir cure, puisqu'il avait laissé sa fille unique jouer avec elle, vivre avec elle. Sheeban avait profité des mêmes largesses que Sheeshon, de son éducation, de ses livres, des soirées mondaines où la jeune femme suppliait son père pour qu'elle vienne, ne pouvant se passer de Sheeban. Si. Lui, il lui avait dit, ou plutôt murmuré, alors qu'il pensait qu'elle ne l'entendrait pas, qu'elle était belle. Son regard était resté fixé sur lui, et elle croisa le sien, ajoutant à sa confusion. Elle cligna des yeux et détourna la tête. Quand elle regarda de nouveau, il n'était plus là. Elle frissonna. Lysanthir lui faisait toujours cet effet là. Sheeban eut un rire nerveux.

-Je suis désolée, erm, je n'ai pas vraiment l'habitude qu'on me dise que je suis jolie. En général, on ne me regarde pas vraiment.

Elle se mit à rire.

-Non pas que ça me dérange ou que ça me rende triste. Je suis sûre que personne ne viendra me déranger dans mes lectures.

Elle s'interrompit, reprenant sa tasse, qu'elle se rappela avoir vidée juste avant. Dépitée, elle la reposa.

-Quelque part, vous me rappelez Sheeshon. Elle aussi touche ses sculptures, les yeux fermés, pour s'assurer qu'elle ne s'est pas trompée. Avez vous d'autres questions ? Comme j'ai sans doute encore du temps devant moi, je peux répondre à toutes vos interrogations.
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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Arrivée dans sa nouvelle maison   Dim 9 Mar - 23:25

Aelius avait décidé de rendre étouffante la capitale impériale. Le ciel s'était dégagé, les trainées de nuages s'effilochant avaient laissé place à un bleu uniforme et limpide, légèrement grisé à l'horizon, signe que l'Empire était encore sous le règne d'Athanasius, malgré ce soleil trompeur. La chaleur devint rapidement insupportable sur les quais du port aérien où Jahangir Qiang Sung avait passé une partie de sa matinée, jusqu'au début de l'après midi. Après avoir pris son petit déjeuné, il s'était retiré dans son bureau, avec Lysanthir, qui s'était chargé de lui faire rattraper son mois d'absence. Le seigneur Qiang Sung devait alors concilier ce qui était arrivé durant son voyage, et ce qu'il apportait au retour de celui-ci. Peu avant la mi-journée, il avait pris Lysanthir avec lui, et deux hommes d'armes, et c'était rendu sur les quais du port aérien d'Hitokage, situé en dehors de la cité. De lourds aéronefs en provenance de Cyriaca étaient arrivés alors qu'il déjeunait sur le pouce. Jahangir avait serré des mains, fait des sourires, ou si peu, vérifié la cargaison, et exprimé sa satisfaction. L'ironie était là. Cyriaca fournirait le métal pour les prochaines armures des légionnaires. Un comble, si l'on croyait à la rumeur d'une guerre prochaine. Les caisses de métaux bruts avaient en suite été chargées par ses hommes, ceux qu'il employait à la fonderie et à l'atelier qui fabriqueraient les loricas, les boucles, casques et autres pièces nécessaires à l'équipement du légionnaire impérial.
Jahangir avait en suite passé une petite partie de l'après midi à la fonderie, puis l'atelier, réglant certains détails avec l'envoyé des légions, qui mit à jour son carnet de commande. Le seigneur Qiang Sung fut assez occupé pour la journée. L'atmosphère devint vite étouffante, ne serait-ce que par la présence des fours à métaux, et oppressante, avec la cacophonie des marteaux tapant sur les enclumes, le bruit des flammes, de métal, à peine étouffés par la porte fermée du bureau où il s'était entretenu avec le maître des lieux. L'homme profitait de la bonne fortune des Qiang Sung, qui s'était retrouvé à fournir les légions, après que Tar Sùrion ait pris le trône, avec des troupes équipées clandestinement par Fei Long, l'avatar hors la loi de Jahangir Qiang Sung. Puis en fin d'après-midi, alors que la sueur roulait le long de son dos, et coulait sur son front, Jahangir sortit de la fournaise. Les rues bondées ne lui parurent pas si étouffantes, mais presque.

Regagnant sa demeure, le portail massif s'ouvrit sans qu'il ait besoin d'en donner l'ordre. Miharna lui souhaita un bon retour, comme à son habitude, et s'enquit de ses affaires. Jahangir échangea encore quelques banalités avec son maître palefrenier, avant de gagner le pavillon principal. La fraîcheur ici était omniprésente. Les arbres et la mare du domaine apportaient ombre et fraîcheur, de quoi le satisfaire. Il se sentait à présent crasseux, et en vérité, il devait être couvert de poussière. Tout comme l'étaient les robes de Lysanthir. Son bras droit ne semblait pas avoir été affecté par la chaleur. Il avait passé son temps à inspecter l'atelier. Il n'avait alors rien rapporté de suspect à son maître. Après tout, Jahangir payait suffisamment bien ses hommes pour qu'ils n'essaient pas de le truander. C'était lui le truand, pas l'inverse, et ses employés le savaient parfaitement. Il se défit de son manteau de tissus, et le confia au soin d'Ayame.

-Où est-il ? demanda-t-il simplement.

La servante était restée inclinée.

-Avec Sheeban, seigneur. Dois-je aller le chercher ?

-Non, c'est inutile...

Jahangir fit trainer sa phrase, pensif. C'était une bonne chose qu'Inu se lie à Sheeban. Avec elle, il serait sans doute plus à l'aise qu'avec lui. Ayame s'empressa de l'aider à retirer ses chaussures. Jahangir put alors véritablement poser le pied dans sa maison. Le parquet parfaitement lustré était frai. Un délice. Oshia sortit de sa torpeur, comme un gros chat s'éveille après une sieste au soleil. Entouré de métal et de terre, et avec la chaleur, l'élémentaire s'était comme mis en veille. Rien d'étonnant. En revanche, Oshia ne se priva de lui faire remarquer que Inu l'avait encore rendu pensif. Non vraiment, l'esclave avait quelque chose de particulier. Le maître des lieux se rendit dans son salon, où l'attendait un rafraîchissement. Alors qu'il se servait, il avisa l'expression sur le visage de son bras droit. Pour un œil non exercé, Lysanthir avait l'air impassible, mais pour Jahangir, ce n'était pas le cas. Oshia l'avertit même que le Sidhe ressentait un vif sentiment de jalousie. Son verre à la main, Jahangir alla se placer derrière son homme de main. Sheeban riait, assise sur les marches d'une des entrées du pavillon des serviteurs, celle qui donnait sur les jardins. Inu souriait, assis à coté d'elle. Jahangir repoussa l'émotion similaire qui s'emparait de lui, et Oshia ne se priva pas de lui faire remarquer, encore une fois, qu'il perdait le contrôle. Le Mornien fut piqué au vif, et rabroua son compagnon aquatique.

-Lys.

Le Sidhe se détourna, mais son regard était dur. Ses yeux glacials. Il était étrange pour quelqu'un d'aussi taciturne et froid, songea Jahangir, d'être aussi transparent quand il s'agissait de Sheeban. Oh bien sûr qu'il était au courant, même un aveugle devinerait immédiatement les sentiments de Lys pour la demoiselle de compagnie de sa fille. Sheeshon ne cessait de lui en parler. Et Jahangir se chargeait d'éloigner les prétendants. Non pas pour protéger Sheeban, mais plutôt pour les protéger de Lys.

-Elle ne peut pas deviner. Je te l'ai dit, si tu la veux, tu peux la prendre. A la seule condition qu'elle soit d'accord. Sheeshon me le ferait payer si elle devenait malheureuse à cause de moi.

Oshia lui signala l'embarras et la confusion venant de son vieil ami, avant que cela ne tourne à la colère. Jahangir soupira.

-Non pas que j'ai des conseils à donner en la matière. Je vais prendre un bain. Je te suggère de faire de même, toute ta personne est aussi grise que tes cheveux.

Il termina son verre, et le reposa sur le plateau, à coté de la carafe d'eau fraîche, simplement mélangée à du citron. Lys inclina le buste, en signe d'assentiment, échangeant un regard plus calme cette fois avec Jahangir. Ce dernier quitta la pièce, se rendant aux étages, signalant à Ayame son intention de prendre un bain. Le temps qu'il gagne sa chambre, pour se dévêtir, une armada de serviteurs s'était empressé de répondre à sa demande. L'eau sur sa peau fut un délice, et Oshia s'en réjouit. Jahangir se récurra jusqu'à ce que l'eau ne soit plus grise, avant de se détendre un peu, la tête reposant contre le bord de la baignoire. La présence d'Oshia emplissait la salle d'eau, apaisante.

-Il est étrange cet esclave.

Jahangir ouvrit un œil pour contempler un reflet plus jeune de lui-même.

-Tu ne le sais pas encore, mais je crois que...

Une gerbe d'eau empêcha l'élémentaire de terminer sa phrase. Jahangir sortit de son bain, s'essuyant rapidement, avant de regagner sa chambre pour se vêtir. Là, Oshia émergea de l'eau d'une des sphères où il séjournait parfois. L'élémentaire lui jeta un regard pénétrant.

-Tu ne pourras pas toujours te voiler la face.

-Je sais.

***

Le froid de l'hiver revint lorsque Aelius laissa sa place à Mizuki. La nuit tomba rapidement, signe qu'Athanasius était bien le maître, et non pas Vasantha. Pas encore. Les pavillons furent rapidement illuminés, et les cheminées se mirent à cracher de la fumée. Les panneaux furent refermés, et certains volets tirés. Depuis son bureau, Jahangir entendait les bruits venant des cuisines, où l'on s'affairait pour préparer le dîner. Lysanthir était nonchalamment assis dans un des fauteuils, tandis que Jahangir était simplement avachi dans son propre siège, un verre d'alcool mornien à la main. Il savourait la fin de la journée, la nuit appelant à parler d'autres affaires.

-Je m'y rendrais ce soir. Il n'est visiblement pas bon de rester trop longtemps absent.

Jahangir eut un sourire. Il se leva, délaissant son verre, passant son léger manteau de soie bleue, par dessus son kimono blanc, fermé par une ceinture du même bleu. Des couleurs qu'il affectionnait, et qui représentaient le renouveau des Qiang Sung. Adieu le rouge et jaune du phénix. Oshia concevait une certaine fierté d'être à l'origine de ce changement.

-Organise une rencontre, pour ce soir, avec ce fameux Judong. Nous verrons si mon récent achat se révèle utile.

-Je verrais ce que je peux faire. Shunsen ?

-Oui, ce serait bien que le Tigre vienne aussi...

Lysanthir quitta son bureau sans un autre mot, mais dans le bruissement de tissus qui lui était caractéristique. Peu de temps après, un serviteur lui annonçait que le dîner allait être servi. Ce soir, Lysanthir fut le seul absent de l'habituel tablée. Une myriade de plats occupait le centre de la table, riz parfumé, légumes sautés, salades fraîches, poissons pochés, ou viandes sautées dans différentes sauces. Jahangir écouta le récit de la journée de sa fille, qui parla autant qu'elle mangea, tandis que Sheeban aidait à Inu à se servir. Le restant de la soirée se passa dans le salon, où Jahangir disputa une partie de Conquérant avec sa fille, tandis que Sheeban s'était replongée dans un des livres qu'il lui avait offert. Jahangir ne put s'empêcher de noter qu'elle s'était parfumée avec le cadeau de Lysanthir. Puis, sa fille et sa demoiselle de compagnie se retirèrent pour la nuit.
L'heure était bien avancée, et la maison presque trop silencieuse. La porte du salon s'ouvrit sur Lysanthir.

-Dans une heure, à l'ouest, à l'extérieur de la ville.

Jahangir hocha la tête, et se leva. Il se défit de son manteau, et de kimono, révélant une tenue plus simple. Une tunique et un pantalon amples et sombres. Un serviteur passa devant Lysanthir et s'empressa de plier et de prendre les vêtements de son maître après lui avoir apporter un manteau fait d'un tissus moins riche, tout aussi sombre, mais doublé de soie multicolore à l'intérieur. Jahangir prit alors la main d'Inu.

-Viens, j'ai un travail à te confier. Je t'expliquerai de quoi il s'agit une fois dehors.

Dans la cour, Miharna les attendaient avec deux chevaux sombres, sellés. Jahangir laissa Inu monter, ce qui le jeune homme savait faire parfaitement. Il monta derrière lui, et Lysanthir fit de même sur son propre cheval. Les deux cavaliers sortirent par le portail qui se referma aussitôt derrière eux. Dehors, quatre autres cavaliers les attendaient.

-Shunsen nous rejoins là bas.

-Parfait.

Le petit groupe s'enfonça dans la nuit, gagnant les portes de la ville.



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Inu
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MessageSujet: Re: Arrivée dans sa nouvelle maison   Lun 10 Mar - 18:28

Après la découverte du visage de Sheeban, Inu avait ressentit la gêne de la demoiselle de compagnie. Cette gêne était sûrement due au fait que se laisser toucher par un inconnu était un peu étrange, surtout de manière aussi précise, ou due au fait que bras droit de Jahangir devait les observer, le limier avait reconnu son odeur porté par la brise depuis quelques minutes. Son odeur, et celle de Jahangir, qui se mélaient à une dense poussière de métal de de bois un peu brûlée, ainsi qu’à des odeurs de sueur. Ils devaient être aller dans des forges ou des fonderies, en tout cas dans un lieu où l’on travaillait le métal à haute température. Savoir que son nouveau maître était rentré le fit sourire un peu plus largement et le détendit. Il était encore le seul point de repère tangible de son environnement, et le savoir dans les même lieux que lui le rassurait.
L’esclave avait donc posé plus de questions sur les lieux à la jeune femme, sur les couleurs qu’il y avait, la forme des jardin. Elle se prêta volontier au jeu et lui décrivit les lieux avec le plus de détails possible. Il mit en place tout les éléments dans son esprit. Les terrasses des différents pavillons qui en faisait le tour, en bois vernis couleur miel, entourées de rembarde dont les pilliers entourant les petits escaliers étaient un peu plus gros que les autres et même gravé de motifs différents ; les toits des pavillons, fait de tuiles bleu nuit, recourbés vers le ciel à leur extrêmité et dont la fin des arrêtes étaient encore plus recourbé que le reste ; les panneaux de bois coulissant servant à ouvrir les pavillons lors de l’été ou à les protéger du vent et du froid lors des jours moins cléments ; les jardins verdoyants avec un petit bassin abritant des poisson multicolores, appelé des carpes koï, qui étaient là depuis longtemps. Les couleurs dominantes était des dégradés de bleu, du blanc, des couleur froides en rapport avec l’eau ou l’herbe, le blason était un dragon mornien bleu aussi. Rien d’étonnant, avvec un maître de lieu lié à un élémentaire d’eau. Tandis qu’elle lui décrivait les lieux, ils se déplaçaient, pour qu’il se remémorre les chemins, mais aussi qu’il puisse ajouter les détails en fonction de là où il était. Dans le jardin, il demanda à aller près du bassin, et mit la main dans l’eau. Une des carpes du confondre son doigts avec un morceau de nourriture, le contact le fit rire, c’était étrange de sentir un poisson aspirer votre doigt avant de le délaisser.
Il n’avait pas vu le temps passer, quand Ayame les rejoignit pour leur dire qu’on avait trouvé à Inu d’autres vêtements que ceux de Dama Acyanhua, et qu’il pouvait donc se changer. Elle ajouta avec douceur une question, savoir si il se sentait moins perdu dans la demeure. Il hocha la tête avec un grand sourire avant d’aller dans sa chambre, pour trouver les vêtements qui avaient été mit sur le lit à son attention. Sheeban, qui l’avait accompagné, lui indiqua l’ordre. Il y avait un tas de tuniques, un de kimonos pour homme, un de vestes de kimono courtes, un de pantalons, un de hauts, un de ceintures et un de sous vêtement. Elle lui demanda si elle pouvait faire autre chose pour lui rendre service.

[M’aider à les ranger aussi par couleur. Que je sache ce que je mets. Si ça ne vous dérange pas bien sur]

La demoiselle de compagnie accepta et fut très enthousiaste à la tâche. Il n’y avait pas beaucoup de couleur différentes, des nuances de bleu plus ou moins foncées, du blanc, du noir. Ils mirent quelques minutes à réfléchir néanmoins à un ordre logique. La petite armoire dans la chambre était largement assez grande pour tout contenir, et même pour en contenir plus si il y avait des ajouts plus tard. Les tumiques et les haut seraient sur l’étagère du milieu. Les tuniques à droite, les hauts à gauches, et pour les couleur, il y aurait 4 tas. De gauche à droite, ce serait, noir, bleu foncé, bleu clair, blanc. Le noir et le bleu clair étaient les tas les moins garnis des tuniques et des hauts. Sur l’étagère en dessous il y aurait les pantalons. Plus nombreux, ils y en avait des noirs, des bleus foncés et quelques blancs. Les couleurs seraient encore de la plus foncée à gauche à la plus claire à droite. Les kimonos et les vestes courtes dans la penderie subirent le même sort, les plus foncés à gauche, les clair à droite, peu importe le mélange il suffisait à Inu de toucher la longueur pour les différencier facilement. Pour les sous vêtements, ils furent simplement mis dans un tiroir, comme les chaussettes qui étaient toutes blanches. Les ceintures de kimonos furent un peu plus difficiles à ranger. Entre le tiroir et l’étagère ce fut un long débat. Le tiroir les faisait toutes se toucher ce qui faisait que dès qu’on en tirait une, les autres risquaient de bouger de place. Et le fait de les mettre sur une panche de bois faisait qu’il pouvait les faire tomber d’un mouvement de bras mal contrôlé. Finalement, le tiroir fut choisit.


Sheeban se retira, le temps qu’Inu se change. Il pu mettre à l’épreuve le rangement. Il mit un pantalon noir, avec une tunique à manches mi-longues blanche, par-dessus laquelle il noua une ceinture bleue foncée, puis mit une veste de kimono elle aussi blanche, pour ne pas avoir froid. Lorsqu’il sortit de sa chambre, la jeune femme était toujours là, et le félicita, la tenue était bien assortie, le système était donc au point. Ce qu’il fallait c’était qu’il apprenne à bien mettre les ceintures de tissu. Elle la réajusta, et ils allèrent donc dîner. Ils furent dans les premiers à table, suivit de près par Sheeshon qui était sortie de son monde, mais toujours aussi joyeuse. Il n’avait pas demandé à Sheeban à quoi la fille de Jahangir ressemblait. Mais après tout, il aurait le temps de le lui demander directement, peut-être de toucher son visage, sa vie était ici à présent.
Au repas il manqua le bras droit de Jahangir. Mais personne ne semblait s’en soucier, sauf Inu pour quelques secondes. Si personne ne s’alarmait c’est que c’était normal, alors ce serait normal qu’il manque au repas. Jahangir ne l’aida pas à manger ce soir, ce fut Sheeban qui s’en chargea. Il ne dit rien, mais se demandait pourquoi il n’avait pas la même attention qu’avant, avant de se répondre qu’il ne pouvait pas être le centre de l’attention de son maître, il devait déjà être heureux d’avoir eu sa pleine attention pendant le voyage les amenant jusqu’à la demeure des Qiang Sung. Il n’était qu’un esclave, qu’un objet au service de son maître, et il s’estimait heureux d’être ici à son service. Après manger, ils allèrent tous dans le salon. Sheeshon et son père jouèrent ensemble à un jeu de stratégie, Sheeban lut, et lui il resta simplement assit à écouter ce qui se passait. Par habitude il conversa à sens unique avec Mikhail, lui expliquant ce qui s’étaient passé aujourd’hui, ce qu’il avait apprit ou fait. Le silence suivant chacune de ses fins de phrase lui pinça le cœur, comme toujours, mais avec peut-être un peu moins d’intensité.
Il avoua à son interlocuteur silencieux qu’il finissait doucement par s’y faire, à ce silence, à la disparition de son compagnon. Peut-être finirait-il aussi par se faire à la disparition de sa voix. Rien que de penser cette question, ses membres s’engourdirent, son cœur se serra si fort qu’il aurait pu exploser et ses yeux s’embuèrent sous le foulard. Il les ferma plus fort, pour s’empêcher de pleurer. Non, jamais il ne s’y ferait, c’était une partie de lui qu’il manquait, une partie irremplaçable. Il avait voulu mourir après qu’on la lui ait enlevée, mais le Dresseur lui avait interdit. Il n’avait pas le droit de se laisser partir, de chercher à mourir pour échapper à la douleur que ça causait, c’était sa faute si il avait finit ainsi, et il devrait assumer sa faute. Il devait le servir, et il ne pouvait pas le servir si il était mort.

Le temps de toute cette agitation mentale et de cette conversation à sens unique, Sheeshon et Sheeban se retirèrent pour aller dormir, leur souhaitant bonne nuit. L’esclave se retrouva seul avec Jahangir et n’osa pas aller vers lui, ou se coucher. De toute manière, il n’était pas fatigué, il n’avait pas fait grand-chose de fatiguant aujourd’hui. Il tourna la tête vers la porte plusieurs secondes avant qu’elle ne s’ouvre sur Lysanthir. Quelques mots et Jahangir se leva et retira des vêtements. Inu resta sans bouger. Il faisait nuit, tout le monde dormait, et le maître avait un rendez-vous à l’extérieur qui l’obligeait à changer de vêtements. Si le ton de Lysanthir n’avait pas été si formel n’importe qui aurait pu croire qu’il s’agissait d’un rendez-vous galant et secret, mais non. La main de Jahangir prenant la sienne lui tira un frisson qu’il eu un peu de mal à réprimer tant le contact lui avait manqué.

[D’accord]

La main ne le lâcha que pour qu’il retire sa veste de kimono et enfile un manteau que lui donna un serviteur, puis elle reprit la sienne, et ils allèrent vers l’avant de la maison, sans un bruit. Jahangir lui mit la main sur l’encolure d’un cheval, et Inu le monta alors souplement, toujours seul. Il y avait d’autres chevaux, dehors et des hommes les montant, vraissemblablement ils les attendaient et les accompagneraient. Son maître se plaça derrière lui et ils sortirent de la demeure, pour aller donc à l’extérieur de la ville comme l’avait dit Lysanthir.


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