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 Enfin à la maison...

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Nävis Al-Husayn
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MessageSujet: Enfin à la maison...   Mer 2 Oct - 15:26

Le voyage lui avait semblé long, bien long, trop long. Et pourtant, malgré ce qu'on aurait pu croire, ce n'était en rien à cause de Myr qui passait sur elle sa mauvaise humeur le soir.
Ils ne s'étaient jamais criés dessus, ne souhaitant pas non plus voir débarquer une Dhiery qui se serait mêlé -encore une fois- de sa vie. Déjà, il lui avait fallu négocier leur cabine, a eux, le jeune couple amoureux voulant leur intimité. Dhiery avait finit par céder au plus grand soulagement des deux comédiens, surtout de Myr, que Nävis savait complètement allergique aux gens. Mais il faisait preuve, durant les moments où ils étaient en compagnie d'autres, d'une politesse et d'un calme qu'elle ne lui connaissait pas. Isham avait l'air de se fiche de son nouveau beau frère, de ne pas y faire attention. Le peu de questions qu'il lui avaient posé n'avait jamais été dans le but de fouiller dans sa vie, plus de s'informer sur des choses superficielles... Ou pour savoir s'il pouvait lui donner la harrissa. Mais la jeune femme elle ne s'y trompait pas et savait qu'Isham observait plus qu'il ne fouinait. L'inverse de Thahaj qui fut sa grosse épreuve à elle, Myr réussissant à maîtriser une Dhiery un brin envahissante. Non, Tahajh avait la sale manie -un peu comme Myr en fait- de dire clairement et sans chichi ce qu'il pensait, Nävis avait du reporter l'attention de son frère sur elle, l'invectivant comme à son habitude, allant presque jusqu'à se battre avec lui lorsqu'il souligné le fait que le sourire de myr commençait à faire craquer son visage. Le mobilier sur lequel ils étaient avait du porter plainte contre son faux mari depuis ce soir là.

Les débats mouvementés, la mauvaise humeur de Myr le soir et la sienne par la même occasion, la ramenèrent tous vers leur première rencontre, et la première semaine de cohabitation forcée entre eux. Si ca soulageait Myr en lui permettant de dévarser sa frustration, elle ça lui montra à quel point ça lui avait manqué.
Elle avait voulu qu'ils dorment ensemble, pour faire plus vrai, mais il avait refusé net. Ca avait été leur premier débat du voyage. Elle avait donc dormit toute seule, comme une vieille chaussette dans un panier à linge vide. Mais bon, il ne pourrait pas y échapper chez elle, elle l'avait prévenu sans être menaçante, mais elle promettait de ne pas le coller. Le voyage avait prit fin, elle avait réussit à supporter son frère assez longtemps pour pas l'envoyer rencontrer le sable en le lançant par dessus le bastingage, d'ailleurs ce dernier portait des rouleaux de tissu sur une épaule en plus de ses bagage, sa mère s'était calmée et tenait ses bagages aussi, Isham lui avait gros sac d'épice posé sur une épaule, Hassim sur l'autre, un sac à dos et un plus petit sac d'épice en bandoulière, Hassim portait sa poupée, et une gourde. Nävis portait son sac et celui de son petit frère et regardait le sol se rapporcher avec plaisir.

 
-On file directement à la maison hein, arrête de râler Thahaj, plus vite on rentre, plus vite tu seras libre. Nävis on préparera ta chambre en rentrant
 
-J'peux l'faire, j'ai plus six ans. Occupe toi de ranger les course ça s'ra plus utile.
 
-Si tu veux, si tu veux. On va attendre que la foule se calme, les gens font toujours la course pour descendre, c'est de la folie, franchement, il va pas redécoller que je sache. Eeeet voilaaaa, regardez les se bousculer comme des moutons qui veullent passer une porte...
 
Nävis secoua sa chevelure qu'elle avait de nouveau tressée dix tresses de grosse taille, en entendant sa mère pester contre l'impatience des gens, et regarda Myr. Avant de lui tirer la langue.


Comme je suis la seule nana, mes parents voulaient me voir devenir guérisseuse, professeure, ou cuisinière, mais qu’ils continuent à rêver.
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Ishman Al-Husayn
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Ven 25 Oct - 10:28

Isham regardait les gens passer, se bousculant les uns les autres, pressés de partir du pont, pressés de rentrer chez eux, stressés par leur vie en général, alors que stresser ne leur apportera que des ulcères d'estomac. Il ne comprenait pas cet manie de s'enerver, de se dépêcher, de s'affoler. Même si le temps passait, l'essentiel n'allait pas s'envoler, Mizuki serait toujours là la nuit, Aélius le jour, Tuuli soufflerait encore sur le sable et Mei ferait toujours en sorte qu'il y ai de la vie. Et Lyuuben serait toujours là pour égayer cette vie de son amour tant charnel que mental.

Et d'ailleurs il semblait avoir frappé sa soeur. Sa petite soeur, disparue pendant des années, était réapparue, retrouvée par la garde de Fendassë, apparament lors d'une arrestation de contrebandier. Nävis était saine et sauve, encore plus sauvage qu'avant dans sa manière de parler, mais étrangement plus docile aussi, comme si on l'avait un peu remise à sa place. Ce qui était expliquable par l'histoire qu'elle leur avait conté, d'elle chez les pirates, forcées à réparer des moteurs, aimant ça, mais se sentant meurtie de le faire sous la contrainte loin de sa famille.
L'histoire qu'elle avait raconté était à la fois plausible et étrange. Jamais Nävis n'avait dit ouvertement aimer sa famille, même si elle l'aimait à sa manière, Ishman se demandait ce que cachait cette déclaration soudaine, mais pas forcément en mal, il pouvait simplement s'agir du fait que sa petite soeur ai été mal-traitée plus qu'elle ne le disait.
Elle avait mit les robes que leur mère lui avait gardé, même si elle avait été obligée n'ayant plus accès à d'autre vêtements que les vêtements de fills donné par Dhiery, et s'était battu avec Thahaj presque tout les soirs. Ca avait fait pleurer leur mère de bonheur en les voyant se comporter comme avant.
Il n'était pas mécontent de retrouver Nävis, il était même heureux. Tant qu'il l'avait dit à l'une de ses conquêtes du moment, qu'il venait enfin de retrouver sa petite soeur. Ca avait émue la jeune femme qui n'en avait été que plus tendre.
Oui, ce retour n'augurait que du bon. Jusqu'à ce que sa mère revienne chez la cousine chez qui ils logeaient avec Nävis, Hassim et Thahaj, en clamant que leur soeur avait un mari caché, qu'elle venait tout juste de retrouver. Thahaj avait hurlé de rire, avant de blémir quand Dhiery lui avait dit que c'était vrai. Hassim avait dit que le mari en question lui avait dit bonjour, et qu'il était grand, avec des ailes. Ishman n'avait rien dit, hochant simplement la tête. C'était peut-être ça que cachait Nävis, et qui avait fait que sa famille lui manquait. Le fait qu'elle ai trouvé quelqu'un et qu'ils n'étaient pas avec elle dans ce moment. Enfin, il extrapolait, avec sa soeur, rien n'était jamais aussi simple qu'il n'y parrassait, comme avec Thahaj. Ces deux là se ressemblaient trop, même s'ils ne l'admettrait jamais.
Le voyage s'était à peu près bien passé, son beau-frère semblait un peu crispé, surtout en présence de Thahaj qui avait été infect comme à son habitude. Ce dernier avait eu le droit à un bourre pif royal de la part de Nävis, un geste qui montrait qu'au moins elle tenait à son mari qui avait été une fois encore, la cible des sarcasmes de Thahaj.

Hassim se pencha un peu, il le retint d'une main, l'autre tenant les rouleaux de tissus que leur mère avaient acheté. Il agita ses cheveux impeccablement bouclés, son sempiternel turban bien fixé sur la tête, et à présent un petit frère sur l'épaule, un autre râlant à coté, un beau-frère de l'autre, et sa mère et sa soeur devant.
Ils formaient un drôle de groupe.

-Hassim ne bouge pas autant, je n'ai qu'une main pour te tenir.

Ils s'en allèrent de l'aéronef, marchant d'un pas vif pour la plupart -sa mère et Thahaj- d'un pas moins enjoué pour Nävis et son mari. Et il y avait Ishman et Hassim, qui allaient tranquillement, le petit pouvant ainsi profiter du paysage. Et son grand frère, profiter de la vue des jeunes filles. Le trajet n'était pas long, la maison n'étant pas exessivement loin, Azul arriva même à leur rencontre en courant débarassant Ishman d'un rouleau de tissu, insistant pour le porter. Puis il interrogea sa mère sur Myrdanos, et eu de grands yeux ronds en apprenant qui c'était, et en voyant Nävis lui tenir la main en marchant. Puis en garçon bien élevé, il lui souhaita le bonjour, et se présenta, donnant son âge, et son ordre d'arrivé dans la famille.
Lorsqu'ils arrivèrent à la maison, Thojh, le patriarche, débarassa Thahaj des épices, et son fils disparu plus vite qu'un scorpion dans le sable. Thojh souhaita également la bienvenu à Myr dans la famille, se présentant comme leur père -donc celui de Nävis-. Mais rien de plus, ranger les courses était bien plus important. Nävis voulu en profiter pour s'eclipser avec son mari dans sa chambre, mais Dhiery l'attira dans la buanderie pour lui donner les draps et couvertures pour elle et son mari, et quelques consignes de vie sous son toit.
Ishman lui, restait tranquillement dans le salon, attendant qu'on le décharge un peu pour pouvoir bouger, ayant posé Hassim sur le sol qui était partit retrouver ses poupées.



Si j’ai de la famille ? Oui, une assez grande. Mais parle moi de toi plutôt ma belle.
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Dosiän Damador
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Sam 26 Oct - 2:37

Il y avait beaucoup de trop de monde.
Myrdanos promena son regard sur la marée humaine qui se massait au pied de l'aéronef et la seule idée qui lui venait à l'esprit était de jeter ses bagages et de s'envoler. Il prit sur lui cependant et serra les dents et les poings. Bientôt ils seraient chez Nävis et peut-être – non, il le fallait – irait-il voler pour se changer les idées.
Pour l'instant, il était coincé à bord d'un navire qui grouillait de gens qui faisaient plus que simplement envahir son espace personnel : un peu plus et ils lui marchaient carrément sur les pieds et s'ils ne le faisaient pas c'était simplement parce que l'aérial posait un regard méprisant sur toutes les personnes qui osaient s'approcher de lui. Et heureusement pour eux que ses ailes étaient attachées, sinon il se serait fait un plaisir de les déployer « par accident ».
Il eut un mince sourire lorsqu'il entendit Dhiery pester à son tour contre l'empressement des passagers.
Ils réussirent enfin à descendre de l'aéronef et se dirigèrent d'un pas pressé vers la demeure des Al-Husayn. La main dans celle de Nävis, il ne portait pas vraiment attention au chemin qu'il prenait tant il était occupé à observer la masse grouillante qui les entourait. Il se fit inconsciemment une carte mentale de l'endroit, analysant jusqu'à la composition des maisons et du nombre de soldat dans les patrouilles.
Quelque chose se passa dans son esprit lorsqu'il posa le regard sur ces derniers. Il n'avait pas la moindre idée de ce que cela signifiait, mais il se sentit brusquement le besoin de fermer son manteau, non seulement pour cacher ses ailes, mais aussi ses vêtements.
Ce soudain besoin le fit se demander s'il était déjà venu et, à peine cette idée se traça-t-elle un chemin dans son esprit, que la carte qu'il était en train de tracer se superposa d'elle-même à une autre et cette dernière était bien plus grande. Il eut alors le sentiment que cette carte-là dépassait de loin en proportion les limites de cette ville.
Elle semblait couvrir un continent en entier.
Repoussant cette étrange sensation pour plus tard, il revint à Iskandar et posa les yeux sur un étal. N'importe lequel en autant qu'il ne regarde pas les soldats.
Un garçon qui venait en sens inverse attira son attention et il se mit sur ses gardes, mais il s'avéra s'agir d'Azul, le second petit frère de Nävis. Il insista pour aider Ishman à porter l'un des rouleaux de tissus avant de s'intéresser au nouveau venu. Les présentations se firent rapidement et ils reprirent la route.
La demeure de cette grande famille était située dans un quartier cossu. Elle était grande, mais, étant donné le nombre de rejetons, ce n'était plus aussi étonnant. Une fois à l'intérieur, il fit la rencontre du père de Nävis. Un sentiment d'appréhension incompréhensible le prit au corps, mais l'homme s'avéra plus facile à convaincre que Dhiery.
Une fois que Dhiery eut donné à Nävis de quoi se faire un lit en bonne et due forme, elle l'entraina vers la chambre qu'ils occuperaient.
À peine y eut-il mit les pieds, qu'il en ferma la porte, déposa ses affaires et enleva son manteau. Retirer son harnais était plus aisé que de l'enfiler et bien vite ses ailes se retrouvèrent libres. Il lâcha un soupir de contentement et s'assura qu'il y avait suffisamment d'espace avant de les ouvrir. Il frôla malgré tout les murs. Ses épaules et son dos le faisaient souffrir et il les fit rouler pour en dénouer les muscles. Il dut cependant se contenir lorsque l'envie de les faire battre lui vint, car, étant donné leur envergure, un seul battement pourrait bien mettre la pagaille dans la pièce.
Une fois dégourdi, il posa un regard sur Nävis.


- Il était temps. (Promenant son regard à la ronde, il eut un mince sourire sarcastique) Je n'aurais pas imaginé que tu puisses avoir grandi dans une telle pauvreté. (Il revint à elle) Ça a dû être terrible. Comment as-tu pu finir Technomage ? Je vois mal ton père t’y entrainer et encore moins ta mère.


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Nävis Al-Husayn
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Jeu 9 Jan - 19:59

La pièce était plutôt vaste, mais pas très meublée. Il y avait sur des pans de mur couleur sable, des tentures de tissus colorées, violettes, ocres, rouges pour apporter une touche de gaité, une commode imposante contre un mur, et trois petit coffre de bois foncé ouvragés.

-Tu croyais quoi ? Que j'roulais sur l'or ? Cette chambre n'en est pas vraiment une, normalement c'est plus un grenier, mais bon, avec autant de mômes, mes parents n'ont pas vraiment eu le choix. Mais on vit plutôt bien par rapport à d'autres familles.

Il y en avait des familles qui vivaient dans les rues d'Iskandar, ou encore vivant les unes sur les autres. Il pouvait y avoir jusqu'à trois génération sous le même toit, mais les Al-Husayn avait eu de la chance et c'était la soeur de leur père qui avait ses parents à charge. Ceux de leur mère étaient morts eux, mais avaient vécu quelques temps ici.
L'humaine jaugeau les grandes ailes avec un léger sourire, et une légère apréhension. Pas de traces trop visibles de blessures, elles avaient l'air normales, comme avant. Elle s'en retrouva soulagée. Il n'avait plus rien de ce qu'il avait pu se faire en venant la chercher. En venant la chercher, rien que d'y penser son coeur se réchauffa, elle avait au moins un ami dans sa nouvelle vie de technomage illégale. Enfin, un mari, factice et emplumé de surcroit. Elle commença à faire donc son lit, qui était un fait un amas de nattes de paille, recouvert d'un édredon épaix bourré de laine de mouton. Elle mit le drap par dessus, et sortit des coussin colorés d'un coffre de bois ouvragé.

-Ce qui m'a poussé à faire ce job, c'est déjà que bidouiller et bricoler me plaisait. Et aussi parce que mes parents ne le voulaient pas que je le fasse. Ca, ça m'a super motivé, aller à l'encontre de leur envie. C'est bête, mais bon, je suis la seule nana, donc ils voulaient faire de moi une parfaite petite fille, sauf qu'avec trois grands frères, c'était bien loupé.

Nävis termina de jeter des coussins sur le lit, et traversa la pièce pour prendre une perche en bois posée sur le sol contre un mur et se dirigea du coté de la commode. La jeune fille repoussa une tresse, elle tira un peu sa commode et regarda le plafond quelques secondes avant de pousser une planche de bois qui y était. La planche se poussa et laissa paraître le ciel et les rayons d'Aélius. Elle posa un pied sur sa commode et y monta. Elle posa une main sur l'ouverture, et se hissa dehors. Elle repassa la tête, se trouvant à l'envers du coup, tresse vers le bas.

-Suis moi, j'te montre un truc qui va t'être plutôt utile pour dégourdir tes petites ailes. J'pense que tu passe, l'ouverture est large, fais gaffe à tes plumes quand même.


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Dosiän Damador
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Ven 10 Jan - 23:29

Ses épaules le faisaient vraiment souffrir. Porter le harnais forçait ses ailes à rester contre son corps, dans une position qui n'était pas des plus naturelles, afin qu'elles aient l'air totalement invisible sous son manteau. Ce pourquoi il les faisait rouler depuis qu'il les avait libérées. Un muscle retors décida de lui faire part de son mécontentement, ce qui fit soupirer l’aérial.
Tout en écoutant l'explication de la jeune femme concernant son choix de carrière, il se saisit de son aile gauche et la fit passer sous son bras pour avoir plus facilement accès au muscle récalcitrant. D'ordinaire, il n'aimait pas toucher à cette partie de son aile, non pas que c'était désagréable, mais elle lui rappelait quelque chose dont il ne se souvenait pas.

Une blessure ronde, cachée sous ses plumes, traversait son aile de part en part, tout juste sous l'os.
Pas plus grosse qu'une pièce de monnaie, elle le faisait pourtant souffrir lorsque ses ailes étaient contraintes. Il savait que trois autres blessures identiques paraient ses ailes, mais ils n'avaient aucune idée de leur provenance. Ce dont il était sûr, c'est qu'elles lui avaient été faites durant ce qui avait causé son Oubli, car elles étaient encore des plaies ouvertes lorsqu'il s'est réveillé.

Nävis le ramena au présent en passant devant lui en coup de vent. Il la suivit du regard et se montra intrigué lorsqu'elle se saisit d'une perche et inspecta le plafond. Une planche se montra mobile et Nävis parvint à la soulever pour laisser apparaître le ciel. Grimpant sur sa commode, elle se hissa à l'extérieur avant de se représenter par l'ouverture, tête en bas, et de l'inviter à la suivre.
Il resta un instant immobile, jaugeant la situation, puis soupira, lâcha son aile et s'avança vers elle.


- J’ai, depuis longtemps, quitté l'âge de grimper partout, morigéna-t-il en montant sur la commode.

Malgré sa corpulence, il ne lui fut pas difficile de passer à l'extérieur. Gardant ses ailes contre lui, il agrippa l'ouverture et se hissa d'une seule poussée jusqu'au rebord. Une fois à l'extérieur, il observa un instant le spectacle qui s'offrait à lui… avant de véritablement s'intéressé à la raison de sa présence.

Le premier battement fit s'envoler la poussière qui parsemait le toit. Le suivant passa près de le faire s'envoler, le forçant tout de même à faire un pas en arrière. La force qu'il devait aller chercher pour les faire mouvoir prenait sa source jusque sur son torse et dans son dos où les crampes dû à leur longue immobilisation se firent le plus sentir. Il les força tout de même à fournir l'effort nécessaire et le soulagement n'en fut que plus satisfaisant, même si son corps entier protestait contre de tels ordres.
Il les fit battre ainsi à quelques reprises, ne manquant pas de créer des bourrasques qui allèrent ébouriffer la chevelure impeccable de Nävis. Il rit de bon cœur de son air déconfit.

 
- Fallait t’y attendre avec un emplumé, ricana-t-il.

Déployant ses ailes dans le but de se faire menaçant, il attendit la réplique qui, il le savait, ne saurait tarder. Il était très plausible qu'elle n'en reste qu'aux mots, mais Myrdanos avait finit par comprendre qu'avec elle, il fallait s'attendre à tout.


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Nävis Al-Husayn
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Lun 31 Mar - 19:44

Nävis eu un large sourire un brin narquois quand elle entendit Myr gromeler contre le fait qu’il avait passé l’âge de ce genre de choses. C’était un vieil emplumé oui, grognon et alcoolique, et sympa sous ses airs bourrus. Sans oublier qu’il était bon cuisinier, maniaque pour certaines choses, et était plus que plaisant à regarder. Mais le vieil emplumé qu’il étrait se hissa aussi facilement qu’elle sur le toit, pouvant donc admirer la vue dégagée et presque magique qu’on avait depuis ce promontoire. Ca lui fit plaisir de voir qu’il étendit ses ailes presque aussitôt, appréciant visiblement d’avoir de l’espace pour le faire. Elle avait été attachée et roulée dans une couverture pour être ramenée ici, et elle et Myr appréciaient d’avoir de l’espace et de l’air, donc elle savait qu’il apprécierait l’attention et se dégourdirait les ailes. Même si elle n’avait pas prévu qu’en les faisait s’agiter elle se recevrait un peu de poussière dans la figure, et que ses cheveux commenceraient à sortir de ses tresses avec le vent que l’aérial créait.
Lorsqu’il arrêta, elle devait tirer une tête assez drôle, dépitée d’être décoiffée alors qu’elle y avait passé une heure ce matin, parce qu’il se ficha allègrement de sa tronche. Il se fit gros en déployant ses ailes, et lui lança qu’elle aurait du s’en douter. L’humaine eu un petit rire aussi, sourcils légèrement froncés. Elle campa sur ses jambes, poing sur les hanches, l’air menaçante et amusée, les lèvres pincées comme elle savait si bien le faire.


-Ah ouai ? C’est vrai que les emplumés et les plumeaux ont des points communs, comme soulever la poussière et faire du vent, même si les plumeaux font pas s’envoler les cheveux.

Une de ses jambes alla légèrement en arrière, sa pointe de pied se ficha dans le sol, et le coin droit de sa bouche se releva. Si il voulait jouer, elle jouerait aussi, comme lorsqu’ils en venaient aux mains chez lui. Après sans se blesser ou se faire mal, juste pour s’amuser bien sur. Elle eu un large sourire montrant qu’elle avait envie de l’embêter un peu, et de s’amuser par la même occasion.

-Mais on peut leur secouer les plumes pour les nettoyer !

Soudain, en fin de phrase, elle décolla du sol –pas littérallement, elle n’était pas une emplumée elle- et se précipita vers lui. Elle se jeta sur lui, s’accrochant à son cou et enroulant ses jambes autour de sa taille, et commença à le secouer en riant, sans toucher aux ailes qu’elle savait précieuses pour Myrdanos. Elle sentit les bras se refermer su elle, sûrement pour la serrer de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’elle lâche.

-Je ne lâcherais jamaaaais !


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Dosiän Damador
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Ven 18 Avr - 4:36

La réplique ne se fit pas attendre longtemps et la jeune femme n'y alla, comme à son habitude, pas dans le sens des plumes. Cela lui tira un sourire amusé de la voir, ébouriffée, tenter de se montrer insultée, et ce, sans le moindre succès. Elle paraissait même plus cocasse. Son mouvement de recule eu pour effet d'attiser ses propres réflexes et il se campa sur ses pieds, ouvrit un peu plus ses ailes et contracta ses muscles dans la perspective d'une attaque.
Elle lança une nouvelle tique avant de littéralement bondir à l'assaut. Il la reçu à bras-le-corps, dans le but de la contraindre et de la prendre au corps comme s'il se serait saisit d'un sac, mais elle s'agrippa à lui et n'avait de toute évidence pas l'intention de se laisser transporter, trimballer et malmener comme il l'avait souvent fait – avec un poids-plume pareil, qui penserait qu'elle pouvait représenter la moindre menace?
En comprenant qu'il tentait de se défaire de sa prise afin de prendre le contrôle de la situation, elle lui lança une réplique qu'elle aurait sans doute dû garder pour elle-même.


- Tu l’auras voulu.

Le cri que lâcha la jeune femme lorsque ses ailes sifflèrent bruyamment autour d'eux, mouvant tant d'air qu'elle se fit obstacle et travailla contre ses muscles, lui tira un sourire. En trois battements d'ailes, ils se retrouvèrent déjà à près de quarante mètres au-dessus du sol. Trois de plus et ils en étaient à quatre-vingt. Agrippée à lui comme à une bouée, Nävis avait maintenant intérêt à tenir sa promesse. Ses bras fermement serrés autour d'elle comme un loquet, il n'y avait pas de chance pour qu'elle tombe, mais avec la force avec laquelle ses ongles étaient enfoncés dans ses vêtements, il lui était clair qu'elle n'en était pas aussi convaincue que lui. Le poids supplémentaire et la résistance qu'elle offrait à l'air étaient des plus désagréables, car cela le forçait à changer ses habitudes - des battements plus fréquents, un angle plus prononcé des ailes, etc. - mais le plaisir de partager une expérience aussi agréable compensa rapidement ces désagréments.
Une fois une hauteur agréable atteinte, il ralentit et stabilisa son vol, trouvant même un courant d'air ascendant pour le maintenir à son altitude. La ville minuscule s'étendait sous lui, ses rues et ses maisons pareilles à des rangées bien serrées et compactées, fourmillante de vie et pourtant si insignifiante. Au sud, la grandeur du désert était des plus frappantes : au plus loin que portait l'œil, rien ne semblait changer, que du sable à perte de vue. La Piste Brune sillonnait ce sable, pareille à une cicatrice sur un territoire aussi vaste. À l'ouest… il savait qu'il y avait des montagnes.

Se souvenant soudainement qu'il avait une passagère, il jeta un coup d'œil à la jeune femme et s'étonna un instant du fait qu'elle ne profitait pas de la vue. Évidement, en ayant toujours eut les pieds ancrés sur le sol – que ce soit sur terre ou sur un aéronef – l’on n’apprécie pas autant de se retrouver ainsi sans le moindre contrôle de la situation. Il décida d'y remédier : repliant ses ailes contre lui, il fit un brusque tonneau et se retrouva sur le dos, ce qui permit à Nävis de jeter un coup d'œil. Il ne put cependant tenir cette position très longtemps, car la gravité reprit rapidement ses droits. Toujours sur le dos, il déploya ses ailes et engagea une descente relativement rapide quoiqu’il s’appliqua à la faire le plus horizontalement possible pour qu'elle puisse malgré tout continuer à regarder la ville qui se déployait sous eux.
Les toits de tuiles succédaient aux rues pavées qui, elles, succédaient aux étals bondés qui, à leur tour, succédaient à la populace, réduite à l'état de cheveux de diverses couleurs, se compressant dans les rues et s'amalgamant pour ne devenir qu'une seule chose se mouvant à la manière d'un serpent. Le vent sifflait à leurs oreilles et la lumière, sans le moindre obstacle sur son chemin, était vive et chaude sur sa peau. L'air butait violemment contre ses ailes, se glissant dans ses plumes, comprimant ses muscles et malmenant son vol.
C'était tellement agréable. Cette liberté avec pour seule ennemie la force de la nature.

Une force qui le rappela à lui lorsque l'air se retira brusquement de sa surface de contact. Un vide qui l'entraina brutalement vers le sol. Faisant un nouveau tonneau, il déploya ses ailes et les présenta de toute leur largeur à ce vide, se redressant ainsi et forçant l'air à se faire bouclier. Le vent reprit de plus belle, donnant un violent coup à ses ailes qui trouvèrent rapidement de quoi offrir une résistance suffisante pour le supporter. Le battement de ses ailes se fit dès lors plus régulier, s'accrochant à l'air et pouvant user de la plus infime des pressions pour lui permettre de changer de direction. Retrouvant une vitesse de croisière et une position horizontale, il survola la ville à une hauteur respectable de cinquante mètres, ce qui permettait à sa passagère de continuer à observer la vue tout en lui offrant la possibilité de se rattraper s'il rencontrait de nouveau un vide… même si les bâtiments atteignaient sans mal la vingtaine de mètres et que plusieurs tours parsemaient le paysage ici et là.


- Alors? Toujours d’avis pour que j'essai de te faire lâcher prise?


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Nävis Al-Husayn
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Lun 23 Juin - 22:06

Elle avait presque hurlé dans ses oreilles quand elle avait sentit le sol s'éloigner trop vite. Par tous les dieux, qu'est-ce qu'elle fichait suspendue au dessus du sol comme un nuage porté par le vent, le sol lui manquait et elle ne lâcha pas Myr d'un pouce, étant sûre que si elle desserrait ne serait-ce qu'un chouilla, elle s'écraserait sur le sol et se briserait comme un pot en terre cuite. Pourtant elle ne put s'empêcher de constater que c'était beau la ville vue d'en haut, même si les toits-terrasses se feraient une joie de la recevoir, quand elle s'écraserait sur le sol. Lorsque Myr lui parla, elle ne pu que gémir entre ses lèvres, sur que les ouvrir lui ferait rendre son lointain déjeuner.
Ils les fit alors atterrir, et se retint à peine de rire devant une Nävis blême, et aux pas peu sûrs. Elle s'assit cinq minutes pour reprendre du poil de la bête. Ce fut chose faite quand elle se releva et se mit à crier sur Myr qu'il était complètement cinglé, que ça n'allait pas, il fallait prévenir, et d'autres mots tous aussi doux et plein d'amour. Ca le fit sourire un peu, puis quand elle entendit la voit de Thahaj l'appeler pour manger, elle redescendit par le trou jusqu'à sa chambre, attendant que Myr fasse de même pour refermer derrière eux. Pendant le dîner, une conversation au début cordiale et un peu tendue s'était établie entre Myr et Thojh. Le père de famille souhaitait en savoir plus sur son gendre. Lorsqu'ils parlèrent feu d'artifices et explosions, la conversation prit un tournant bien plus détendue, voir joviale. Apparemment le père de Nävis s'était trouvé un hobby avec la conception de feu d'artifices, trouvant en la personne de Myr un fin connaisseur. En fin de repas ils devinrent presque insupportable a entendre, ayant chacun plus d'un verre dans le nez. Nävis avait eu un sourire presque tendre ne les voyant, se disant que son père approuvait Myr alors. Elle perdit ce sourire en se rappelant que leur histoire d'amour n'était pas, et que Myr ne jouait qu'un rôle pour l'aider à s'enfuir d'ici.

Quelques jours passèrent ainsi. Prétextant des besoins d'intimité, Nävis et Myr passait beaucoup de temps sur le toit, pour qu'il puisse voler à sa guise et être loin de toute foule. Quelques fois il l'abandonnait purement et simplement pour boire un coup en compagnie de son père, et quelques rares fois d'Isham. Dhiery chantonnait de bonheur pour sa fille, lui redonnant même ses vêtements masculins, en proclamant que si elle avait conquit Myr avec de tels vêtements, elle pouvait bien les remettre. Elle continua à porter de une robe pour aller au marché avec sa mère, lui faisant plaisir dans le même temps. Elle apprit à mieux connaître son petit frère Hassim, et découvrit qu'en fait, c'était plutôt lui la petite fille sage tant désirée par sa mère.
Thahaj ramena des ennuis à la maison, mais lorsque les ennuis en questions -une bande de quatre jeunes musclés- se retrouvèrent face à leur mère, ils n'en menèrent pas large longtemps. Thahaj fut réprimandé, et Myr pu constater que la vieille Dhiery avait encore de quoi faire peur à la jeune génération.

Pour le moment, c'était la nuit, six ou sept jours après qu'ils soient arrivés, et elle dormait profondément aux côtés de son faux mari, qui l'avait laissé le coller un peu, parce que les nuits étaient froides.


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Dosiän Damador
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Mar 24 Juin - 4:57

Le vol fut plaisant. D'abord pour ses ailes qui se morfondaient de leur emprisonnement et puis pour son propre moral qui avait ressentit un coup face à la tension que lui causait la situation dans laquelle Nävis lui avait mit les pieds. Cette dernière cependant ne semblait pas être de son avis, car elle lui débita tout un discourt empli d'insultes diverses et de récriminations de colère desquels il se fit un plaisir de se moquer.
Il appréhendait la suite de son séjour, mais, étonnement, il se trouva avoir des affinités avec son « beau-père » lequel sembla le défier sur un sujet dont il était passé maître. Les artifices n'avaient aucun secret pour lui et il se surprit à avancer des propos, des arguments et à proposer des mélanges ou des méthodes plus efficaces à ce piètre amateur, lesquelles sortaient de sa bouche sans qu'il n'en ait le moindre contrôle. Et lorsqu'il enfila les verres ça empira.

Quelques jours passèrent ainsi, lesquels furent plutôt pénibles pour lui. Les gens, leur présence, leur vue et même leur simple voix lui tiraient des tics de colère. Des regards mauvais, il en avait lancés à tout vent – surtout à Thahaj – et, même s'il s'était trouvé une affinité avec Thojh ou Isham, lesquels il n'accompagnait lors de beuveries que pour répondre à son propre besoin de liquide, il languissait de partir. À quelques reprises, alors qu'il faisait son vol matinal, il avait été tenté de prendre les courants et, par deux fois, il s'était approché de la frontière de la ville, tant vers le désert que par le port aérien, mais une sorte d'honneur incompréhensible l'avait toujours retenu. Pourquoi restait-il? Quelque chose le retenait et il doutait que ce soit entièrement à cause de Nävis.
Il était passé prêt de délester sa tension sur le visage de Thahaj, de hurler son mécontentement face aux agissements de Dhiery envers sa fille et de faire s’envoler Hassim pour qu’il lui lâche les plumes, mais Nävis était toujours intervenue à temps, ayant de toute évidence développé un sens aigüe en détection de désastre. Le seul événement apte à lui tirer un sourire fut lorsque Thahaj eu le malheur de ramener des ennuis. Myrdanos avait regardé les quatre hommes de loin, s'amusant de voir le fils se cacher derrière sa mère, laquelle dispersa rapidement les cancrelats. Il se demanda ensuite s'il serait intervenu en admettant qu’ils aient décidés tout de même de s'en prendre au jeune homme.

Les nuits avaient cependant été pour lui les moments les plus pénibles. Il était conscient du rôle qu'il incarnait et du fait qu'il devait s'y soumettre pour que ça se termine au plus tôt, mais la jeune femme n'arrangeait pas les choses en se plaignant de la fraicheur de la nuit. Oui, aux vues de la grandeur de son lit ça le dérangeait moins de dormir avec elle, mais elle parvenait toujours à trouver des raisons pas possibles pour se retrouver dans un nid de plume. Ça l'irritait au plus haut point et à plusieurs reprises il l'avait repoussé, mais elle avait toujours fini par se rapprocher en catimini.
Elle trouva cependant son bonheur lorsqu'un soir il revint complètement saoul. Étant alors trop fatigué pour se débattre, il la laissa faire et se retrouva dès lors avec une poupée calée contre son épaule, bien emmitouflée dans un cocon de plume.

Mais cela était bien le moindre de ces soucis. Quelques heures plus tôt, les premières images l'avaient assaillit. N'y trouvant là que l'un de ses symptômes habituels, il était sorti trouver la taverne la plus proche. D'ordinaire quelques verres à une bouteille par jour les tenaient à distance, mais ce soir elles l'avaient agressé en masse, lui indiquant ainsi qu'il lui en faudrait bien plus pour les faire disparaître…
Ça n'avaient pas suffit.
Elles avaient continué à l'envahir, ignorant son barrage comme le ferait un tsunami d'une digue. L'incompréhension l'avait prit et il avait continué à boire tout ce qui passait à portée… regardant les explosions sans les voir, écoutant les hurlements sans les entendre et flairant le sang sans le sentir. Lorsqu'il tournait la tête, les images suivaient, comme si un autre ailleurs s'y superposait, un autre paysage s'y tenait. Le ciel rouge, le tonnerre des canons, les ordres ignorés. L'embuscade et… le Voile Noir.
Agressé, il s'était levé d'un bond et avait tenté de fuir, mais avait renversé quelques autre consommateurs dans sa chute. Contraint à quitté l'établissement, il avait rassemblé le peu de conscience qui lui restait pour retrouver son chemin. Ce ne fut pas aisé avec ces cris qui ne voulaient pas quitter ses oreilles et les images qui envahissaient sa vue.

Il avait ensuite espéré que le sommeil réglerait le tout, pensant qu'il devait simplement laisser l'alcool faire effet, mais ce fut une grave erreur. Les images devinrent réelles.
Sang, peur et mort voilà tout ce qu'elles relataient. Une cacophonie incompréhensible et de la douleur. De la désorientation et de l'incompréhension. Et le Voile Noir, lourd et oppressant, tel un nuage qui fondait droit sur lui, le pourchassant, le persécutant, le narguant! Ses propres et vaines tentatives de défenses, ses ailes qui ne volaient plus, ses poings qui ne frappaient plus, ses pieds qui ne marchaient plus!
Mais sa gorge hurlait. Colère, rage, injustice, vengeance, arrogance, menace, provocation. Promesse.
Tu es à moi…

Se redressant brusquement dans le lit, Myrdanos avait le cri au bord des lèvres. Restant un moment immobile, les yeux dans le vide, il ignora la jeune femme à ses côtés, ignora la douleur qui le prenait, et chercha son souffle au travers sa gorge tremblante. Le répit fut de courte durée. Les images revinrent à l'assaut avec plus de violence encore, lui tirant un grondement, lui arrachant une grimace et lui comprimant le cœur. Des aiguilles de fer chauffées à blanc, être piétiné par des chevaux ou même recevoir un coup de massue auraient été moins douloureux. Portant ses mains à son crâne, il pria la douleur de partir… mais un rire lui répondit.
Sardonique, arrogant, il lui donna froid dans le dos.
Glissant ses jambes hors du lit, il se démena à se mettre sur ses pieds, mais sans succès. Désorienté, il se pencha sur ses genoux, tentant de faire disparaître le vertige par de grandes inspirations, mais il devint plus violent, lui faisant même perdre, malgré sa position assisse, la notion de bas et de haut. Parvenant à ouvrir les yeux, il les posa sur ses mains et sentit un frisson d'appréhension le parcourir lorsqu'il vit des lignes noires y apparaître, se mouvant au rythme des convulsions que la douleur imposait à son corps.


- Nävis… l'appela-t-il faiblement. Nävis! (Il entendit une réponse, mais il fut incapable d'en interpréter le sens) Trouves-m’en… Soif.

L’air lui manqua soudain, il tenta de tousser, mais ne parvint qu'à s'étouffer encore plus. Il sentit une main sur lui et il se redressa brusquement pour plonger ses yeux dans les siens.

- Vite…

Sa vision se brouilla et les yeux de Nävis devinrent bleus. D’un bleu océan et si profond qu’ils en étaient arrogants, agressifs…
Vampiriques.


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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Lun 11 Aoû - 22:09

Alors qu'elle dormait profondément, Nävis fut réveillée de manière abrupte. Myrdanos se redressa brusquement dans le lit, semblant étouffer. Si au début elle le regarda avec des yeux endormis et furieux, lorsque l'information remonta à son cerveau elle se redressa aussi, paniquée, la panique effaçant toute trace de fureur. Peut-être moins que Myr, ou en tout cas différemment, mais elle était en panique, ne comprenant pas trop ce qui se passait pour que son mari factice soit dans cet état. Et elle resta juste figée et tendue, les mains devant elle, ne sachant pas quoi faire, ou dire. Il l'appela.

-Oui ? Oui ?!

Quand il se mit à parler, elle eu le reflexe de poser une main sur lui, comme si ça pouvait l'aider à retrouver l'air qui semblait lui manquer. Sa main tremblait, elle tremblait entièrement. Il lui demander de lui trouver quelque chose, il avait soif. Soif... Oui, mais quoi. Elle se frappa mentalement. Qu'est-ce que quelqu'un qui s'étouffait voulait boire, de l'eau bien sur, pour reprendre un peu de constance, pour se calmer, calmer sa gorge irritée. Elle agita sa tête, et ses cheveux ébourrifés.

-Oui, oui oui j'arrive !

Elle se leva très vite, se prenant les pieds dans la couverture et manquant de se manger la commode. Elle jura en remettant son débardeur en place. Elle était en pantalon large blanc, avec un débardeur de la même couleur, avec quelques broderie représentant des aigle s'envolant. Enfin dans le style iskandarien. Elle n'eu pas à aller très loin en fait. Sur une petite table basse dans sa chambre il y avait une cruche ouverte remplie d'eau. Elle en remplit un gobelet en terre cuite et l'apporta à Myr.

-Tiens, bois, ça ira mieux...


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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Jeu 14 Aoû - 2:15

L’effroi qui le prit fut tel, qu'il eu un violent mouvement de recul. Ouvrant ses ailes, il se propulsa vers l'arrière ce qui le fit passer par-dessus le lit. Atterrissant maladroitement et le vertige le prenant toujours, il s'écroula sur ses genoux. Il fit une tentative pour se relever et se protéger de son assaillant, mais son Mal lui comprima le cœur et il porta sa main à son torse tout en contenant un râle de douleur.
Rouvrant les yeux malgré sa vue brouillée, il parcouru du regard la pièce à la recherche de son ennemi, mais il semblait avoir disparu. Il localisa plutôt une forme floue et menue, trop pour être son bourreau, dans un coin de la pièce, s'activant maladroitement avec ce qui semblait être un contenant.

Secouant la tête pour remettre ses idées en place, Myrdanos prit quelques inspirations profondes afin de calmer son cœur battant la chamade ainsi que son esprit dérouté par tant de tourments. Le souffle court et le haut-le-cœur revenant à l'assaut, il posa ses mains sur ses genoux et tenta de se calmer et de reprendre le contrôle de sa respiration fuyante.
Qu'est-ce qui lui arrivait? Jamais auparavant les crises n'avaient été aussi fortes, aussi violentes. Il en avait mal aux côtes, au cou… aux poignets et aux chevilles. Il se sentit soudain retenu, comme si des fers venaient de se refermer sur ses membres, l'empêchant du moindre mouvement. Les poings serrés, il prit sur lui pour maîtriser cette nouvelle hallucination, mais la sensation d'enchainement, les cris, les ordres, la douleur et les coups ne disparurent pas.

Un bruit de pas parvint à traverser la cacophonie qui régnait dans son esprit et il leva les yeux pour les poser sur la jeune femme qui venait vers lui. Il eut un nouveau mouvement de recul, mais ne put fuir son approche à cause des fers qui contraignaient ses membres. Il lui lança un regard d'avertissement, mais elle ne sembla pas y porter attention et lui tendit quelque chose. Il l'ignora, continuant de la regarder, la défiant d'approcher encore.

Ce n'est que lorsqu'elle parla que l'esprit de Myrdanos parvint à comprendre ce qu'elle faisait. Fermant à nouveau momentanément les yeux pour contraindre la douleur, il parvint à desserrer suffisamment sa gorge pour grogner un remerciement à Nävis avant de prendre le verre tendu.
Et brusquement, le silence se fit.


Désorienté, il resta un long moment immobile, comme ne sachant que faire, ne comprenant ce qui venait de se produire. Regardant le liquide qu'il avait en main, il ne parvint momentanément pas à identifier ce dont il s'agissait. Son regard glissa ensuite à sa main libre qu'il rouvrit et referma lentement, redécouvrant la sensation des muscles sous sa peau. Inspirant profondément, il se plut à sentir l'air gonfler ses poumons et à percevoir les battements de son coeur. Il sentit aussi une légère brise se glisser entre ses plumes et il ouvrit quelques peu ses ailes pour apprécier d'avantages le souvenir qu'elles évoquaient.
Comme se réveillant d'un long sommeil, son esprit embrumé se remettait lentement en marche, interrompant les protocoles de survie qui l'avaient longtemps régi et réanimant les fonctions suspendues. Reprenant lentement le dessus sur sa désorientation, une expression de colère para son visage à mesure que les informations qui lui avaient autrefois été vitales lui revenaient.

Un mouvement sur sa droite attira soudainement son attention et il y porta vivement son regard. Il fallu un moment à ses yeux pour comprendre ce qu'ils voyaient, séparant les couleurs des formes et leur assignant une interprétation, ce qu'ils n'avaient pas fait depuis des lustres. Lorsqu'il parvint à comprendre ce qu'il voyait, l'aérial se leva brutalement sur ses pieds, lâcha le verre et ouvrit ses ailes en grand pour se faire menaçant.
Observant la jeune femme, il comprit rapidement qu'il ne s'agissait pas là d'un quelconque gardien ou même d'une menace, quelle qu'elle soit, et que l'absence de fers à ses poignets et la présence flagrante d'échappatoires signifiaient qu'il n'était pas prisonnier, mais il resta tout de même sur ses gardes, ne la quittant pas des yeux. Sa gorge, lorsqu'il parla, était enraillée et douloureuse, mais la menace pourtant inexistante dans ses mots, les accompagnait dans son souffle.


- Qui es-tu… et où suis-je?

La réponse tarda à venir et il fit bruisser ses plumes, signe d'une impatience grandissante, tout en lui décochant un regard lourd d'exigence. La surprise remplaça momentanément la colère lorsqu'il obtint enfin sa réponse. Comprenant par l'anonymat de son patronyme qu'elle n'était personne, il se conforta dans l'idée qu'il était toujours en fuite, mais sa localisation amena plus d'interrogations.

- Iskandar? (Son regard glissa jusqu'à la fenêtre) Qu’est-ce qu'il peut bien faire à Iskandar avec une paysanne?

Ramenant son regard sur la jeune femme, il la jaugea un moment avant qu'une nouvelle expression de colère ne pare son visage.

- Ne me dis pas que c'est à cause de toi qu'il a quitté l’île?! (Sa réaction n'aurait pu lui apporter meilleure confirmation et sa colère n'en fut qu'amplifiée) Par Tuuli, si j'avais suivie la moindre fille à m'avoir jamais fait les yeux doux, je serais certainement mort depuis longtemps! Quel imbécile.

Lui décochant une expression de dégoût, il décida qu'elle ne valait finalement même pas la peine qu'il s'inquiète de sa présence. Refermant ses ailes, il reporta à nouveau son attention à ses mains. Son corps ne semblait pas avoir bien supporté la force qu'il avait déployée pour reprendre sa place, car ses mains tremblaient encore quelque peu, son cœur tambourinait dans son crâne et ses membres lui paraissaient terriblement lourds, mais c'était son esprit qui souffrait le plus. Comme si une lame venait d'y pénétrer, il le sentait déchiré, brisé. Il lui semblait que des siècles étaient passés depuis la dernière fois où il avait refait surface et il peina à se souvenir de ce que c'était que de vivre normalement.
Elle est tout près…
Fermant ses poings, il laissa une nouvelle expression de dégoût parer son visage. Ils n'avaient pas de temps à perdre. S’il se fiait plus longtemps au bon vouloir de son parasite, il allait le supplanter, car ici, alors que son esprit était scindé entre les nombreuses tâches qui lui revenaient, il était vulnérable et son parasite, il le savait, ne tarderait pas à changer la couleur de son drapeau.

Relevant le regard vers la gamine, il comprit cependant qu'un problème venait de s'ajouter à l'équation. Sa mine patibulaire refaisant surface, il s'interrogea un moment sur les implications de cette relation. Pas que cela l'intéressait réellement, mais cela compromettait sérieusement le déroulement du plan.
Tu ne vas quand même pas la laisser se mettre en travers de notre chemin?
La ferme. Je réfléchis.
Oh, et à quoi donc, puis-je vous demander, Ô grand stratège? Sur la meilleure façon de la tuer? Je peux te donner quelques suggestions, si cela te sied. (Ne recevant pas de réponse, il se cru apparemment en droit de commenter ses réflexions) Non, je ne crois pas qu'il aura la moindre envie de revenir vers elle. Elle est toute maigrichonne. Et puis…
Je t'ai dit de te taire.
Une douleur cuisante le frappa soudain à la tempe, mais si ce n'est une légère expression de douleur, il ne laissa rien transparaître. Le dernier coup qu'il avait lui-même porté à ce parasite avait suffisamment fait de dégât pour que ses coups soit inefficient encore quelques temps, mais il savait ne pas devoir s'attarder trop longtemps. La sournoiserie était sa spécialité.
Je ne reste passif que parce que je le veux bien et que ta petite escapade peut me permettre d’arracher moi-même la tête de ce vampire, mais ne t'imagines pas que je vais désormais obéir à tes moindres petits caprices.


- Quelle était votre relation? Demanda-t-il à la gamine, tout en ignorant la pique du parasite. Q'est-ce qui aurait pu pousser Myrdanos à quitter cet île, cela me paraît assez insolite.


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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Mar 23 Déc - 17:03

Nävis restait là, à genou près de Myrdanos qui semblait atterrir de son étouffement après avoir bu son verre. Il avait eu l'air d'halluciner avant de boire, ayant eu du mal à accepter ce qu'elle lui tendait, mais il avait bu et maintenant elle n'y vomprenait plus rien.
Il agitait les doigt, regardait sa main comme si c'était la première fois qu'il la voyait, semblant la découvrir. Ca ne rassura pas la jeune fille qui commençait à se demander ce qui se passait. La vie dans sa famille faisait-elle perdre les pédales à Myr ? Il n'avait pas eu une vie très équilibré jusque lors, dans une maison en bordel, à boire nuit et jour, et à s'engueuler amicalement avec elle, le fait de faire comme s'il était monsieur tout le monde le perturbait sûrement plus qu'il ne le montrait... Elle blanchit et eut un sursaut lorsqu'il se redressa brusquement, semblant surprit de la voir, et même un peu effrayé. Puis il se mit à parler après un long moment de silence.


-Qu-quoi ? Mais c'est moi, Nävis ? Tu ne te rappelle pas ? On est à Iskandar.

-Iskandar? Elle hocha vivement la tête, se demandant s'il se fichait d'elle, ou si il fallait qu'elle courre chercher un guérisseur pour examiner Myr Qu’est-ce qu'il peut bien faire à Iskandar avec une paysanne ?

Ses joues ses gonflèrent et elle eut un instant de naturel, faisant la moue en pinçanr les lèvres. Une paysanne ? Elle lui en donnerait de la paysanne si elle crevait pas de trouille en s'imaginant qu'il avait totalement perdu l'esprit et la mémoire. Comment lui rappeler tout ce qu'il avait vécu, sachant qu'elle n'avait passé qu'une bonne dizaine de mois avec lui, elle ne savait pas tout sur sa vie, elle n'y arriverait jamais...
Le délire de son emplumé continua.


-Ne me dis pas que c'est à cause de toi qu'il a quitté l’île?!

-Qui lui ? Toi ? Oui, tu es venu me cherch-

-Par Tuuli, si j'avais suivie la moindre fille à m'avoir jamais fait les yeux doux, je serais certainement mort depuis longtemps! Quel imbécile.

-Nan, mais, je suis pas la moindre fille déjà ! Et... Et tu m'écoute même pas en plus.

Un nouveau sursaut accompagna le retournement de Myrdanos, toujours entrain de délirer sur une nouvelle personnalité.

-Quelle était votre relation? Qu'est-ce qui aurait pu pousser Myrdanos à quitter cet île, cela me paraît assez insolite.

Nävis se releva pour se mettre à sa hauteur. Enfin si elle avait eu la même taille elle l'aurait été. Elle inspira un peu en le faisant pour se calmer, à mi-chemin entre la panique, la colère et le flou total. Elle croisa les bras, puis les décroisa, pour au final poser ses mains sur ses hanches.

-Bon, Myr, déjà si c'est une blague pourrie, je trouve pas ça drôle du tout. Je suis entrain de me demander si je ferais pas mieux de trouver un temple pour te faire soigner, parce que le coup de je perd la mémoire, mais en fait non je parle comme si j'étais un autre, ça me fait assez peur et si c'est réel je crois qu'on aura besoin de tout les dieux et guérisseurs disponibles...

Elle se mordilla la lèvre et se balança d'un pied à l'autre et soupira. Myrdanos avait quelque fois un humour douteux, pourri, mais elle savait qu'il ne jouerait pas comme ça avec elle. Il avait perdu la tête, pour aucune raison en plus, et il n'avait pas l'air d'être entrain de plaisanter. L'eau était peut-être contaminée par quelque chose, peut-être qu'en fait il avait un traitement qu'il prenait sur l'île qu'il avait oublié d'emporter, ou qu'il n'avait plus ici. Peut importait ce qui causait cette nouvelle personnalité doublée d'une perte de mémoire, il fallait qu'elle essaye de gérer ça et de causer un déclic à son emplumé.

-Notre relation, y en a pas. Enfin si, mais pas une relation comme tu avais l'air de le sous entendre en fait.

Malheureusement
, pensa-t'elle. La jeune fille ne pouvait pas nier que l'aérial devant elle l'atirrait, mais elle sentait que ça n'était pas forcément réciproque, et avait l'honnêteté de ne pas essayer de lui implanter des idées qui n'aurait pas vraiment été les siennes.

-J'ai habité chez toi pendant des mois, après que l'autre abruti m'ait foutue à la porte. On s'engueulait, on s'tenait compagnie, on se murgeait ensemble, on rigolait, j'ai nettoyé la maison, toi tu la re-salissais aussi vite. On est des amis, des potes, tu n'as pas oublié tout ça non ?


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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Mar 27 Jan - 4:34

Le langage corporel de la jeune femme était sans équivoque : déconcertée par le comportement d'un homme qu'elle avait pourtant eu l'impression de connaître, elle ne savait plus que dire, que faire, et sembla tenter de se trouver une assurance qu'elle ne dégageait pas le moins du monde.
L'aérial l'observa un moment à travers sa propre confusion, décelant le moindre tic, observant ses mouvements saccadés et les poses qu'elle se donnait. Cela lui donna la très mauvaise impression que Myrdanos s’était laissé mener par cette gamine et qu'elle tentait maintenant de reprendre l'aval. Il en eu un tic de colère et ses poings se serrèrent. Si seulement il avait pu parler avec cet imbécile.

Il chercha un moment à savoir s'il pouvait communiquer avec cette autre partie de lui, mais il semblait qu’un brouillard l'en séparait, comme si Myrdanos n’était plus qu’un flou inerte, en attente. Tout comme l'était le reste de son esprit en fait. Malmené par la folie d'un désaxé, son esprit n'était plus qu'un sac de nœuds, tout se mélangeait, autant les souvenirs que les apprentissages ou les concepts. Il sentit cependant clairement la présence d’un autre parasite se faire insistante.
Sacré bordel qu’il a causé ce vampire, non? Je n'arrive même pas à savoir si Norrah était ma femme ou la tienne! s'exclama-il.
L’aérial contint la colère qui le prit. Une colère, non pas dû à de l'irritation, mais à la véracité de ce qu'il venait d'évoquer. Il était aussi confus que lui. Portant sa main à son visage, il massa sa tempe pour dissiper la douleur qui l'élançait. Afin de se défaire d'une partie de son trouble, il cru bon de clarifier la question. Sa réponse n'était donc nullement destinée au parasite.
Norrah était humaine et ton célibat est la raison pour laquelle ceci nous est arrivé. Alors elle était la mienne.
Elle était vachement belle, remarque.
Cela lui tira un nouveau tic, car il savait exactement sur quels genre de souvenirs il s'attardait, mais il se retint de répondre, car cela déclencherait assurément de nouvelles hostilités alors même qu'il était dans l'impossibilité de soustraire lesdits souvenirs à sa vue.

Reportant son regard sur la jeune femme qui s'était enfin décidé à répondre, il reprit son examen minutieux de son comportement. Les poings sur ses hanches, elle lui déballa tout un discourt dénotant parfaitement la confusion qui régnait dans son esprit à elle, réclamant des réponses… alors même qu'elle ne répondait pas à sa question. Il lui fit comprendre d'un regard qu'elle tergiversait inutilement et elle sembla prendre un moment pour mettre de l'ordre dans ses idées et finalement formuler une réponse adéquate.
Une réponse qui le satisfit grandement. Non pas que de savoir que son alter ego ne s'était pas refait une vie lui donnait un plaisir sadique, mais ça aurait considérablement compliqué les choses s'il avait eu un quelconque attachement d'importance l'empêchant de remplir sa réelle fonction. Elle poursuivit sur sa lancée, racontant des événements et ajoutant des détails totalement inutiles, gaspillant une salive qui aurait pu servir à autre chose. Il y avait longtemps qu'il avait conversé avec quelqu’un d'aussi loquace et il comprit que c’était lui l'asocial et son parasite le mondain. Il s'étonna un moment de cette pensée soudaine, le peu de conversation qu'ils avaient eu ayant peu contribué à éclaircir ce point. Mondain oui, mais extraordinairement agaçant et maître de la discorde.
Tu me flattes.

Ramenant son attention à la jeune femme, il tenta de brider sa confusion qui le détournait sans cesse de la conversation. Une conversation plus que désagréable, car constituée d’un monologue vide de sens et empli de répétitions inutiles.  Il comprit cependant à son énumération qu'elle tentait de raviver en lui des souvenirs qui ne lui appartenaient pas.

 
- Je ne suis pas Myrdanos. L'homme que tu as connu n'était qu'une façade, un pantin que j'aie mit en place le temps que je m'occupe de choses plus importantes. Des choses qui ne te regardent pas, dit-il pour contrer une éventuelle question. Sache seulement qu'il n'est que temporaire, il est donc futile de t'attacher à lui. Maintenant je te demande de te taire. Il faut que je réfléchisse. Ma patience a des limites et je suis à court de temps. Et je t’interdis d'aller chercher de l'aide quelle qu’elle soit. Je vais parfaitement bien.
 
Jugeant la question réglée, il se détourna d'elle et, avisant une chaise, s'y laissa lourdement choir. Soudainement soulagé du poids de son corps, lui qui n'avait guère eu à s'en préoccuper au cours des dernières années, il prit appuis sur ses genoux et laissa tomber ses ailes, leurs plumes venant couvrir le sol à ses côtés alors que leur poignet effleuraient ses cuisses. Portant sa main à son crâne pour masser sa tempe et chasser la douleur qui lui vrillait l'esprit, il prit un court instant pour rassembler ses pensées et les rendre cohérentes à une analyse.
Myrdanos ne s'était donc pas entiché d'elle, ce qui était une bonne nouvelle. Cependant, le fait qu'il ait quitté l'île pour la suivre l'intriguait. S'il était une version formatée de lui comme il l'avait d'abord pensé, il ne se serait pas lié d'une amitié quelconque avec cette paysanne. Il s'étonna même qu'il ait décidé de se faire un commerce plutôt que de s'engager dans un équipage.
Repoussant ces interrogations inutiles, il réévalua la situation : Myrdanos n'ayant aucune raison valable de faire demi-tour, il pourrait partir et le laisser aux bons soins d'Ilory. La curiosité ferrait le reste.
L’as-tu localisée?
Cela fait des lustres, général, répondit le parasite en crachant son titre comme une insulte. Mais il te faudra bien plus que des mots pour me convaincre de te le dire.
Il n’est pas question que je te cède ma place.
Eh! On veut tous les deux la même chose et puis j'ai une raison de plus de vouloir la récupérer. Je n’ai donc aucunement l'intention de te voler ton si précieux corps… pour l’instant.

L’aérial ne répondit pas d'abord, mais il était clairement contrarié, ce qui ne manqua pas de faire sourire son parasite. Sourire qui disparut prestement, sa bonne humeur vicieuse remplacée par un sentiment de confusion étrange et si fort qu’il s’étendit même à son hôte, lequel fut tiré de ses réflexions. L’aérial ne comprit d’abord pas ce qui se passait, la confusion s’étirant tel un nuage opaque sur ce qui lui restait de sa conscience, mais elle disparut rapidement, ne laissant derrière elle qu’un parasite qui semblait presque… inquiet. L’aérial s’en intrigua, mais il attendit cependant qu'il reprenne de lui-même ses esprits avant de l’interroger, car il n'était pas question de lui démontrer la moindre sympathie ou de faire preuve d'une quelconque empathie.
Que se passe-t-il? Finit-il par demander.
La fille… enfin, plutôt un morceau de la fille vient brusquement de changer d’état… (la confusion semblant encore le prendre, l’aérial choisit d’attendre de plus amples explications sans pour autant le brusquer) il venait vers nous… il venait toujours vers nous, il n’avait pas dévié de sa trajectoire… bien décidé à mettre ses crocs sur nous… Et puis soudainement, plus rien. Son esprit m’est bloqué, mais c’est comme s’il était la fille… je le sentais… je le sentais bien s’agripper à moi… me chercher… pourquoi…?
Merkan. Elle l’a envoyé sur nous. Pour nous trouver sans doute. Et s’il a changé de direction maintenant c’est surement que quelque chose est arrivé à Ilory.
Non… elle va bien. Elle semble nerveuse, mais elle n’est pas blessée…
Les Compagnons sont bien plus liés que nous le sommes. Si rien ne lui est arrivé, c’est que ça ne saurait tarder. Nous devons partir. Dit-moi où elle est.

L’aérial sentit l’hésitation prendre son parasite, mais l’idée qu’une menace planait sur son second hôte sembla être pour lui une raison suffisante pour ne pas poursuivre un débat inutile. Lui ouvrant légèrement son esprit, suffisamment pour qu’il perçoive le lien qui l’unissait à Ilory, il lui permit de la localiser.
Sentir l’esprit de la jeune femme effleurer le sien lui fit l’effet d’un baume étrange. Comme s’il retrouvait enfin une part de son passé qu’il avait détestée, mais aussi étrangement choyée. Il chassa cette émotion qu’il jugeait nuisible et établit rapidement une démarche à suivre.
Posant le regard sur la jeune femme qui lui faisait toujours face, il déplora à nouveau les choix de son pantin et s’inquiéta des retombées si jamais elle cherchait à le retrouver et découvrait qui il était réellement. L’idée d’avoir à tuer à nouveau une enfant pour protéger sa nation le répugnait.




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Nävis Al-Husayn
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Ven 1 Mai - 23:12

Ca lui arrivait très peu, même jamais, de ne pas trouver quoi dire, quoi penser ou quoi faire. Et encore, d'habitude elle se contentait de jurer et de hurler sur la personne en face d'elle jusqu'à ce que'elle trouve de réels arguments. Mais là, Nävis restait bouche bée, sans réaction face à ce que venait de lui dire Myrdanos. Ou plutôt, l'autre dans Myrdanos ? Enfin, Myrdanos semblait être l'autre d'après ce... Cet personne qui avait le corps de l'emplumé.

Il alla s'assoir, tout naturellement sur une chaise près de la coiffeuse où Nävis allait pour se coiffer et prendre soin d'elle. Et elle restait debout, avec un grand vide à la place du cerveau. Elle aurait adoré pouvoir se donner un coup de jus elle même, pour se réveiller, pour refaire fonctionner son esprit. Comment ça, Myrdanos n'était qu'une façade ? Un être temporaire auquel elle ferait mieux de ne pas s'attacher, devant disparaître un jour pour sûrement céder la place à celui qui venait de lui parler, et qui à présent l'ignorait tout bonnement. L'humaine ferma les yeux, et se massa doucement les tempes. Il fallait qu'elle fasse le point là.
Depuis Tolceleg, depuis tout ces mois, toutes ces semaines, en fait, le gars avec qui elle avait sympathisé, avec qui elle avait vécu, rit, picolé, n'était en fait rien. Son emplumé n'était qu'une façade, une personnalité factice. Elle était devenue amie avec rien. Elle était tombée amoureuse de rien ? Mais Myrdanos ne pouvait pas n'être rien, ils avaient rit ensemble, ils avaient déjeuné, s'étaient engueulés, avaient débattu. On ne peut pas faire ça avec rien. Non, si Myrdanos n'avait pas réellement eut de personnalité, elle n'aurait jamais pu se lier à lui, au moins par l'amitié. Il ne serait pas venu de lui même la chercher ici en entendant qu'elle avait été enlevée. Il serait resté sur l'île et aurait continué sa vie. Il n'aurait pas accepté son plan de se faire passer pour son mari pour l'arracher à sa maison sans trop de remord. Par contre Myrdanos n'était pas vraiment propriétaire de son corps et ça c'était une évidence. Il le partageait avec cet être suffisant qui était sur sa chaise. Rien que de penser qu'en fait c'était un inconnu qui se trouvait à présent chez ses parents, dans sa chambre sur SA chaise, un courant électrique lui remonta le long de sa colonne vertébrale.
Elle ne savait pas si Myr était en fait schyzophrène, et que sa seconde personnalité se prenait pour le nombril doré du monde et était sûre que l'autre n'était pas réel. Mais elle était sûre que même si il y avait une chance que son emplumé soit juste malade et victime de deux personnalité, celle-ci de personnalité lui donnait envie de la griller, jusqu'à ce qu'elle sente le brûlé. Quelques arcs électrique se formèrent partant de ses épaules à ses tempes, lui chatouillant le cou aussi. Mais elle se retint. Personnalité arrogante, suffisante et hautaine ou pas, il y avait un seul corps pour elle et Myrdanos, donc si l'humaine tenait à son emplumé elle devait ne rien faire au corps.

-Dal ouhana

Enervée, elle jura dans le jargon Esgaléen typique d'Iskandar et ouvrit les yeux. Il n'y avait plus de trace de confusion en elle. L'humaine était sûre d'elle, et totalement furieuse. Le type devant elle n'était pas Myr, et peu importait où était ce dernier, là elle avait un parfait inconnu devant elle. Et elle n'avait aucune envie qu'un inconnu squatte sa chambre, et fasse comme qu'il était chez lui, en la prenant pour une pauvre crétine sans cervelle.

-Altam zaro moraï !?, tu te fous de ma gueule ? J'sais pas si tu me dit la vérité sur Myr, mais comme tu n'es PAS Myr, t'as rien à foutre dans ma chambre ! Rien à foutre chez moi ! Tu crois quoi ? Tarbhenouk ! Que je vais te laisser m'insulter sous mon toit sans rien dire ?

D'un mouvement rageur elle prit appui sur sa commode d'un pied et ouvrit la petite trappe improvisée menant au toit, laissant l'air glacial de la nuit entrer, et la lumière froide des étoiles passer dans la pièce. Elle s'écarta un peu du chemin et désigna d'un doigt parcouru de petits éclairs l'ouverture qu'elle venait de faire.

-Er legè ! Dégage ! Et ne reviens que quand tu seras Myrdanos !


Comme je suis la seule nana, mes parents voulaient me voir devenir guérisseuse, professeure, ou cuisinière, mais qu’ils continuent à rêver.
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Dosiän Damador
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MessageSujet: Re: Enfin à la maison...   Sam 21 Mai - 17:24

Les émotions qui lui parvenaient d’Ilory n’avaient aucun sens ; à un moment, elle était calme et l’instant d’après, la panique la prenait et brouillait son esprit. Il savait qu’une partie de ces informations lui provenaient de celui que son hôte avait appelé Merkan, un être dont il ignorait tout de la nature si ce n’est que son esprit semblait être plus brut et sauvage que celui qu’il parasitait, mais cela ne l’aidait en rien à faire la distinction entre les divers messages qui lui parvenaient. Et comme son propre esprit était mélangé, broyé et rapiécé à celui de son hôte, la tâche était monumentale.

Pris d’une grande lassitude quant au désordre qui régnait, il mit Ilory de côté et s’engagea à se séparer de son hôte. Ce qui n’était pas une tâche aisée étant donné l’effort qu’avait mis le vampire à les marier. Qui était qui ? Quels souvenirs lui appartenaient et lesquels étaient censés lui être étrangers ? Qui avait voyagé de par le monde ? Qui avait combattu les armées de l’empire ? Qui préférait s’enfermer pour lire au contraire de l’autre qui préférait le grand air ? Savoir que Norrah était l’épouse de son hôte pouvait l’aider tout particulièrement à faire le tri, car il pouvait ainsi classer tous les souvenirs et toutes les réflexions s’y rapportant, mais savoir ce qui ne lui appartenait pas n’était pas la même chose que de parvenir à s’en dissocier.
Les émotions étaient probablement un meilleur point de départ, car il savait qu’il n’en avait pas ou tout le moins étaient-elles plus ténues et davantage maitrisées. La conviction qui le prit quant à la nature chimique et matérielle des émotions ajouta un argument en ce sens.
Quelle était sa nature ? À avoir des réflexions sur la matérialité des émotions, il ne pouvait pas être d’une nature humaine… ou même biologique ? Avait-il seulement déjà eu un corps à lui ou avait-il plutôt passé sa vie à phaser entre les plans ? Une vie immatérielle où sa seule certitude était celle d’exister ? Où le reste n’était que science et apprentissage ? Où le moindre geste était analysé dans ses moindres détails jusqu’au point où une simple réflexion, une simple émotion, était remise en question par une moralité où la vérité passait avant les perceptions ?

Un mantra lui revint soudainement et sa simple récitation ramena le calme en son esprit. « Mantra » n’était pas le mot matériel le plus approprié, mais c’était celui qui s’en rapprochait le plus, car le sien n’était pas composé de mots, mais était plutôt une suite de sensations basées sur des principes vrais et prompts à éloigner les doutes.
Une fois persuadé de sa véritable nature, il put enfin se discerner de son hôte : le général contre le philologue ; le brutal contre le réfléchit ; le matériel contre l’immatériel…

L’Aérial contre le Marcheur.

Dosiän Damador contre Astaronn de Philanæ.

Cette distinction eut l’effet d’un baume, autant pour lui que pour son hôte, lequel parut, non pas devenir amical, mais soudainement plus ouvert. Retrouver son identité perdue avait de quoi apaiser tous les conflits.

Mais cette trêve ne durerait pas, il le savait. Depuis qu’ils s’étaient réveillés dans le même corps, ils n’avaient eu de cesse de se battre afin de savoir qui prendrait le pas. Dosiän avait même renié son contrôle, y installant une coquille vide, afin de pouvoir se concentrer pleinement sur lui et jusqu’à présent il avait presque toujours eu le dessus. Astaronn savait que le corps ne lui appartenait pas, mais il avait l’étrange conviction qu’il devrait. La raison de cela lui échappait encore, mais il était persuadé qu’elle n’influencerait en rien ses actes.

Pour l’instant, ce conflit était sur la glace, car un problème bien plus urgent avait fait surface : alors qu’ils échangeaient des coups, ils avaient tous deux perçu la scission, une déchirure qui menaçait de les séparer de Myrdanos. Autrement dit, s’ils ne trouvaient pas rapidement une solution, ils allaient disparaitre.
Et cette solution était loin de les enchanter, car elle impliquait le scientomage qui les avait mis dans cet état, le seul à savoir ce qu’il leur avait fait et à pouvoir le défaire. Ils pourraient partir et voler directement jusqu’à lui (s’ils parvenaient à trouver parmi leurs souvenirs épars ses nom et lieu de résidence), mais la scission était fragile et ne leur permettrait pas de rester en surface bien longtemps. La seule solution était donc de laisser Myrdanos y aller, mais comment faire alors qu’ils se trouvaient dans l’impossibilité de lui parler et qu’il était parvenu à se convaincre que son passé ne l’intéressait pas ? C’était ici qu’Ilory intervenait, car elle n’était pas sur ses traces par hasard et, n’ayant pas les ressources pour le faire elle-même, il était clair que son commanditaire, qu’il s’agisse du vampire ou non, s’était assuré qu’elle ait les moyens, autant financier que matériel, de le forcer à la suivre.
Il ne suffisait donc que de lui livrer Myrdanos… en espérant que la terreur qu’il ressentait maintenant dans l’esprit de la jeune femme n’était pas provoquée par quelque chose menaçant sa vie.

Ignorant cette information parasite, il se concentra plutôt à assurer sa position, ce qui était plus facilement dit que fait. En effet, la connexion qu’il partageait avec elle était ténue et contenait assez peu d’informations. Trouvant vraisemblablement son origine dans une autre des excentricités du scientomage, elle consistait visiblement en un partage inégal de son esprit entre deux hôtes. Ainsi, il était doué d’une ubiquité partielle, car s’il pouvait parler, voir, entendre et même prendre le pas avec Dosiän, ça n’était pas le cas avec Ilory, de laquelle il ne percevait que les émotions, la distance relative et ne pouvait en aucun cas communiquer. Il ignorait même si elle était consciente de sa présence.
Analysant donc le peu d’information qui lui parvenait, il devait déterminer sa position et, avec un général Aérial pour seul compagnon, il fallait que ce soit au centimètre près.

Une explosion de colère lui parvint subitement, mais il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu’elle ne venait pas d’Ilory, mais de Navïs. La jeune iskandarienne tapa du pied comme une gamine grondée et se mit à vociférer en deux langues. À ce qu’il comprit de son charabia, elle réagissait au fait que Dosiän n’était pas Myrdanos et qu’il était donc un inconnu sous son toit. Ouvrant une trappe au plafond, elle l’invita gentiment à quitter les lieux tout en continuant de cracher sa colère.
L’esprit de Dosiän s’illumina soudainement, comme des étincelles sur une trainée de poudre, et il ne laissa qu’une seule émotion le guider : celle d’un général irrité par un bleu désobéissant.

Lorsqu’il se leva pourtant, il garda un calme militaire et marcha vers elle d’un pas rapide et décidé. Il vint près d’elle, envahissant volontairement son espace personnel et la jeune femme réagit promptement en levant une main couverte de filaments électriques pour se protéger. Dosiän, qui ne comptait visiblement pas se laisser impressionner, se saisit violemment de son poignet et encaissa le choc.
Astaronn sentit la foudre le parcourir, mais plutôt que de s’en trouver blessé, il se sentit revigoré alors que Dosiän, sans physiquement le laisser transparaitre, fut momentanément désarçonné. Profitant de cette faiblesse, Astaronn prit sa place, comme propulsé en avant par la charge que lui donnait encore la jeune femme. Son corps se recouvrit brusquement de lignes d’un bleu noir inquiétant tout comme ses yeux, des globes aux sourcils, lesquels s’entourèrent également de zébrures menaçantes.

Il s’était déjà par le passé retrouvé au-devant de la scène, mais à chaque fois, c’était comme la première fois. La chose la plus flagrante (et presque douloureuse) était son poids, lui qui n’en avait jamais eu par le passé se trouvait soudainement lourd, la gravité étant une expérience nouvelle et déroutante. Les mots « haut » et « bas » se retrouvèrent dès lors avec une nouvelle définition. Les limitations de son corps étaient une autre chose, il ne sentait pas le corps de Navïs qui se trouvait pourtant devant lui. Il la voyait, mais sa vue était limitée à ses yeux, il ne pouvait pas sentir son Énergie bouger, ne percevait pas la chaleur qu’elle émanait et ne parvenait pas à déterminer ses caractéristiques alors même qu’il lui touchait. La texture de sa peau était particulièrement intrigante, non pas seulement parce qu’elle était parcourue d’irrégularités diverses, de poils et de particules, mais aussi parce qu’il ne pouvait pas phaser au travers. Le temps était une autre chose, car il semblait passer tellement rapidement, hors de tout contrôle, et rendant impossible toute réflexion posée.
Tout cela était particulièrement déconcertant pour lui qui avait pourtant passé sa vie entouré d’êtres matériels.

Les filaments bleus la parcouraient toujours, trouvant leur origine dans son bras et montant le long de celui-ci jusqu’à passer dans sa main, visiblement dans le but de le blesser. Tout au contraire cependant, la foudre générée par Navïs était en fait pour lui source d’Énergie et ne faisait qu’alimenter son corps affaibli par la transition douloureuse. Elle lui permit même d’empêcher Dosiän de reprendre le pas, celui-ci s’évertuant à le déloger alors qu’il lui semblait le repousser comme d’un revers de main. Ses mains cessèrent aussi de trembler, ses membres recouvrèrent leur force et ses sens s’aiguisèrent.
Il lui était étrange que ces êtres matériels aient besoin de ces sens pour interagir avec leur environnement alors que son peuple y était connecté, sentait tout ce qui se passait et vivait à travers lui. Il n’avait pas besoin de ces divers canaux sélectifs qui ne récoltaient qu’une mince part de ce qui leur parvenait.
Il était le monde.

Alors pourquoi t’évertues-tu à vouloir me prendre mon corps, s’il est si restrictif ? Cracha Dosiän en signe de défaite.
Astaronn ne sut que répondre, car la question était légitime. Il dut cependant l’ignorer, car Navïs s’agita soudainement dans sa main, cherchant visiblement à se défaire de sa prise. Il assura plutôt celle-ci et attrapa sa seconde main qui venait vers son visage. Elle se débattit alors avec plus de vigueur, mais sa combattivité devint peur lorsqu’elle réalisa qu’elle n’était plus maitresse de sa foudre ; la forçant à la générée, Astaronn se l’appropriait, la vidant lentement, mais surement de ses forces. Approchant son visage du sien, il parla d’un ton qu’il voulait calme et d’une voix étrangement grave et rauque, comme s’il peinait à maitriser ses cordes vocales… ce qu’il n’avait sincèrement jamais fait auparavant :


- Tu as de la chance, il allait te tuer. Je serai plutôt d’une nature magnanime puisque tu sembles totalement ignorer ce qui se passe ou qui je suis. N’est-ce pas ? Alors, maintenant écoute-moi bien et ne m’interrompt pas, j’aurais horreur d’avoir à me répéter ; Myrdanos n’est qu’un outil, il ne reviendra pas, ou tout le moins pas sans notre consentement, alors ne te met en tête de nous chercher, car je n’interviendrai pas cette fois. Il est destiné à disparaitre et ce n’est certainement pas une paysanne comme toi qui l’empêchera.

Il la lâcha, la laissant s’effondrer de faiblesse, et s’éloigna lentement, non sans oublier d’ouvrir légèrement ses ailes et de laisser courir de nouvelles veines bleu noir sur son corps afin de bien imprimer la menace dans son esprit.
Elle sait trop de choses.
Comme quoi ? Le fait que tu sois capable de fabriquer des artifices ou celui que j’absorbe sa foudre ? Elle ne connait ni nos noms ni qui tu étais. Elle en sait trop peu pour réellement représenter une menace. Je doute même qu’elle soit apte à nous retrouver.
Dosiän n’était visiblement pas d’accord avec lui, mais, le temps pressant et n’ayant absolument aucun moyen de le déloger de la surface, il lui fallait se plier au bon vouloir de son parasite.
Confiant que Navïs n’était pas en état de lui causer le moindre problème, Astaronn se retourna et se mit à la recherche des effets de Myrdanos. Après avoir trouvé ses bagages et enfilé des vêtements mieux adaptés au vol (pantalons épais, veste renforcée et manteau long), il s’avança vers la trappe que la jeune femme avait révélée. Il jeta un dernier regard à celle-ci avant de déployer ses ailes et de se propulser dans la mince ouverture.
Il y passait tout juste, mais les réflexes de vols de Dosiän étaient imprimés en son corps et lui permirent de s’y faufiler sans peine. Rouvrant ses ailes une fois à l’air libre, il s’éleva de quelques coups puissants au-dessus de la ville et décrivit un cercle, question de s’orienter et de déterminer la direction à prendre, avant de finalement s’élancer vers l’est.


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