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 Inu, esclave et limier.

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Inu
Esclave
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Nombre de messages : 139
Date d'inscription : 23/08/2007

MessageSujet: Inu, esclave et limier.   Jeu 29 Aoû - 21:41

I - Identité


NOM, PRÉNOMS, SURNOMS : Inu (prononcez Inou)

AGE : Proche de la trentaine
CASTE/MÉTIERS : Esclave , Limier.
PEUPLE : Métis, de mère lios, de père inconnu.
SEXE : Masculin



II - Description


o PHYSIQUE :

D’une taille moyenne, Inu n’est pas une armoire à glace, loin de là. Il est musclé en profondeur, surtout au niveau des jambes, montrant que même s’il parait frêle au premier abord, il peut courir vite, et longtemps. Il est assez sec, ne montrant pas de graisse, ou très peu. Ses cheveux ont la couleur de la neige, et sont très doux, il les porte longs d’une dizaine de centimètres et on peut voir un bandeau sombre couper la blancheur de cette chevelure, et aller couvrir ses yeux, tout en laissant s’échapper pour certains bandeaux des sourcils blancs très expressifs. En dessous de ce bandeau, les paupières d’Inu sont souvent fermées, laissant voir les fins œillets, ayant laissés passer des fils, qui les ornent. Il y en a trois sur la paupière du haut, deux sur celle du bas, peu cachés par les cils immaculés d’Inu. Si les paupières sont ouvertes, on peut voir des yeux aux iris blancs pourvus de reflets multicolores, qui quand on les regarde trop longtemps ou intensément, entraine dans une spirale de vérité guidées par les sentiments profonds d’Inu.
Il a un nez fin, souvent frémissant car Inu se fit presque uniquement à lui. Sa bouche est quant à elle très expressive, ses yeux ne pouvant l’être il compense par des sourires, des moues attristées, des pincements de lèvres, tout ce qui peut montrer lorsqu’il est heureux ou triste. Il a appris à la rendre aussi expressive dès qu’il a eu le bandeau sur les yeux, motivé par Rosy qui lui reprochait de ne plus être aussi expressif qu’avant. Mais souvent c’est un léger sourire qui est affiché en permanence, les expressions étant reservées surtout pour « répondre » à quelqu’un.

o CARACTÈRE :

Inu pourrait presque être qualifié de froid, s’il n’avait pas un petit sourire en permanence d’accroché sur son visage et s’il n’était pas si tactile. Mais on peut voir que ce sourire n'est pas totalement vrai, mit là juste pour camoufler un malêtre qu'il ne veut pas afficher. Silencieux, calme, ne se montrant pas trop expansif au premier abord, lorsqu’on passe un peu de temps avec lui on découvre quelqu’un d’assez doux en fait, de tactile, qui a besoin d’une présence près de lui, sans pour autant que cette présence s’occupe de lui tout le temps. Il est totalement différent en traque par contre, concentré dans ce qu’il fait, ne pensant presque pas à manger, voir à dormir. Quand il est vraiment à l’aise avec quelqu’un, ce qui est arrivé que quelques fois, il est tendre et avenant.

o ARMEMENT :  

Inu n’a pas d’armes à proprement parler, sa seule défense étant ses mains, ses pieds, ses dents, et en dernier recourt ses yeux.

o POUVOIRS :

Il n’a que deux pouvoirs. Celui de communiquer via la pensée, un pouvoir donc assez commun et banal. Et celui d’entrainer quiconque regarde dans ses yeux dans une spirale de vérité.
C’est une sorte de lien télépathique à travers lequel Inu transmet ses émotions profondes, -peur, mal-être, joie, etc- tout en les mêlant aux pensées et aux souvenirs de celui ou celle qui regarde dans ses yeux, amplifiant les ressentis positifs ou négatifs de ces derniers. Depuis qu’il ne peut plus chanter, son pouvoir n’est que douleur, pouvant même entrainer jusqu’à la folie s’il reste trop longtemps les yeux plongés dans ceux de quelqu’un, il en a déjà fait la douloureuse expérience quatre fois, ayant manqué de causer la mort d’une de ces personnes. Il fait depuis attention à ne plus déclencher ce pouvoir, déjà parce qu’il ne veut pas causer de tort aux autres à causes de sa propre douleur, mais aussi car il subit tout autant son pouvoir, même si c’est moins important que celui qui subit.
Il ne sait pas si c’est un pouvoir, ou juste son aura, mais il appaise les gens, surtout lorsqu’il est en contact physique avec eux.

o PASSIONS & PHOBIES :


[center]III - Histoire

Debout, les mains jointes devant lui, Inu attendait que Rosy ai terminé. Il attendait dans un coin d’une pièce assez sombre, faiblement éclairée par le soleil qui peine à passer entre deux planches des lourds volets. Il ne fallait pas ouvrir la fenêtre, ni mettre trop de lumière dans la pièce, ordre du Dresseur, alors Rosy faisait ça dans la quasi obscurité mais elle avait l’habitude. Il la regarda tirer sur les draps qu’elle roula en boule et jeta dans un coin de la pièce. Le dressé était assis à côté de lui, à même le sol, regardant fixement devant lui. Il était grand, et devait avoir eu beaucoup plus de muscles qu’il en avait maintenant, sa peau était mate, elle avait dû voir le soleil, et il avait les cheveux noirs. Rosy lui avait expliqué qu’il était là pour apprendre quelque chose que le Dresseur lui inculquait. Une odeur de frais et de lessive s’éleva dans l’air alors que Rosy refaisait le lit.
C’était presque finit, elle laisserait le dressé boire un peu, retourner sur le lit, et ils repartiraient pour la prochaine chambre. C’était comme ça tous les matins depuis aussi longtemps qu’il s’en souvenait. Il avait toujours été avec Rosy, ils avaient toujours visités le matin les Dressés comme les appelait la jeune femme.
Rosy n’était pas sa mère pour autant, il le savait, elle lui avait expliqué que sa mère faisait partie des esclaves simples, elle été très jeune quand elle l’avait eu, et était arrivée en début de grossesse. Le Dresseur avait fait là une excellente acquisition avait-il dit, deux êtres pour le prix d’un seul, Inu était un bénéfice qu’il avait décidé de tourner encore plus à son avantage. Lui-même aurait lui un enseignement à suivre comme les dressés qu’ils visitaient, mais pas maintenant, il était trop jeune pour ça à 4 ans.
Il ne fallait pas brusquer les dressés, crier ou jouer, alors il restait tranquillement dans un coin, souvent à côté de l’occupant ou de l’occupante de la chambre. Quelque fois, il se mettait à chanter, doucement, pour ne pas surprendre. Chantant le calme, l’apaisement, il tranquillisait les dressés quand ils étaient nouveaux et pas encore stables [et encore instables]. Et Rosy aimait beaucoup qu’il chante, ça rendait les journées moins longues, et ça faisait plaisir à Inu de savoir la jeune femme contente.
Rosy n’était pas bien grande, les cheveux coupés courts blonds foncés, des yeux marrons, et un bec de lièvre. Elle avait encore sur les poignets et les chevilles des marques de morsures de chaines, mal traitée par son précédent propriétaire, vendeur d’esclave qui la considérait comme un fardeau. Elle était trop frêle pour travailler dur, et pas assez jolie pour servir de jouet de plaisir ou de servante de maison. Le Dresseur l’avait acheté à bas prix, ayant préféré son calme, ses gestes mesurés et sa soumission naturelle. Il lui avait donné la tâche de s’occuper des esclaves en cour d’apprentissage, ces derniers ayant besoin d’un environnement et de ne pas être brusqués en dehors des entrainements.
La porte se referma sur le Dressé qui avait repris sa place sur le lit, attendant ainsi que la journée se passe, l’esprit embrumé par les paroles que le Dresseur avait implanté dedans afin de lui inculquer son nouveau lui.
***

Il avait été demandé par le Dresseur ce soir, encore une fois. Depuis qu’il l’avait entendu chanter, le Dresseur l’avait convoqué presque tous les soirs, pour qu’il chante pour lui car il aimait sa voix. Un soir il avait même mit en route un appareil étrange, qui n’avait pas fait trop de bruit pendant qu’Inu chantait, mais dont il ignorait la fonction. Il n’avait pas osé demander ce que c’était, à quoi ça servait.
Il l’attendait devant le bureau, caressant du bout de son index, une plume qui devait servir au Dresseur à écrire. L’appareil était encore là ce soir, prêt à être utilisé pour une raison quelconque. L’objet attira son attention plus longtemps que prévu. Il savait sur quel bouton appuyer pour faire comme le dresseur, mais il y en avait d’autres. Regardant la porte et tendant l’oreille, il n’entendait pas le dresseur revenir. S’il touchait, un seul tout petit bouton, ce n’était pas grave, tant qu’il ne cassait rien, et il pourrait trouver l’utilité de l’appareil. Et le Dresseur, n’avait pas dit qu’il lui était interdit de toucher.
Il ne fit pas trop de bruit alors qu’il allait vers l’appareil d’un pas vif, le brillant d’une sorte de coupe le surplombant retenant son attention un peu plus que tout le reste, quand ses doigts touchèrent cette coupe, elle était fraiche, lisse, c’était comme les couverts qu’il devait utiliser pour manger mais en plus beau, et surtout avce une fonction inconnue. Il effleura le bouton que le Dresseur poussait quand il commençait à chanter, mais poussa le bouton à coté, plus curieux de ce qu’il ne connaissait pas du tout. Un léger grésillement s’éleva de la coupe, puis sa voix chanta. L’enfant recula regardant avec de grand yeux l’appareil qui imitait sa voix. C’était lui qui chantait, mais ce n’était pas vraiment lui.

-C’est un ambianceur, annonça le Dresseur qui était entré, celui-là a été conçu pour enregister en plus de pouvoir jouer de la musique. J’ai trouvé que ce serait une excellente idée de garder tes chants pour pouvoir les ré-écouter plus tard, vu que lorsque tu seras plus grand tu ne seras pas toujours ici au manoir. Je pourrais t’entendre quand je veux. Qu’en pense tu ?

-Que c’est bien, si vous dites que ça l’est.

-Réponse intelligente, ce que je dis doit être ta vérité, les autres en revanche, ne les crois pas aussi aveuglément que moi. Je suis celui à qui tu dois ta vie, et ça importe plus que tout autre chose. Sauf les Dieux bien sûr, et notre souveraine, mais ça tu l’apprendras plus tard.

Le Dresseur appuya de nouveau sur le bouton qui reprit sa place et arrêta du même coup la voix enregistrée d’Inu entrain de chanter. Inu gardait les yeux sur la coupe dorée d’où était venu le son. Dans un bruit feutré, le Dresseur prit place dans son fauteuil. Un long soupire s’échappe d’entre ses lèvres alors qu’il mit sa main sur ses yeux, semblant las et fatigué. Le jeune garçon s’avança, et s’assit sur un tabouret, situé non loin de son Maître, et attendit. Il s’écoula une bonne dizaine de minutes avant qu’on lui demande de chanter, ce qu’il fit. Aujourd’hui, ce serait le calme, la tranquillité, la simplicité. Il se remémora Rosy faisant voleter le drap afin de l’étendre sur un lit, poser le sale dans un panier de linge, puis le repas de ce midi. Rien de brusque, rien de fatiguant, tout était simple, sans bruit, aucun problème était survenu.
Il termina de chanter assit sur les genoux du Dresseur, la tête sur son épaule, la main du Maître des lieux contre sa tête, le berçant de sa voix. Inu resta ainsi une bonne partie de la nuit, le Dresseur s’étant endormit dans cette position, et il se réveilla dans la chambre de Rosy, sur le lit qui lui appartenait.
***

Il avait six ans à présent, et il était assez grand pour apprendre avait dit le Dresseur. A présent, il ne serait plus qu’avec lui, et rarement avec Rosy. C’était finit, les chambres à ranger et nettoyer, les Dressés à visiter et nourrir, il devenait lui-même un Dressé, mais ne serait pas pour autant comme les autres. Il n’aurait pas de chambre dans l’aile ouest, avec les autres, il resterait dans celle de sa nourrice.
Il était assis, il le resterait pendants plusieurs leçons avait dit le Dresseur, qui lui-même était assis face à lui. Il ne le regardait pas dans les yeux par contre, il ne fallait pas, sinon l’esprit d’Inu aspirerait celui du Dresseur pour lui montrer sa vision de la vérité, ce qui rendait la tâche un peu plus ardue. Le jeune garçon regardait les chaussures de son Maître. Noires et vernies, elles brillaient, mais on pouvait voir un peu de poussière dessus, signe qu’il marchait beaucoup dans le manoir. Il y avait du travail de motif fait à partir du talon, des motifs élégants, qui ressortaient en relief sur le cuir, ils devenaient moins nombreux ver le milieu de la chaussure et n’existait plus devant. Alors qu’il observait, une présence imposante arriva dans son esprit, par reflexe il se tut, et se mit dans un coin. Doucement, plus doucement qu’il ne le pensait, la présence lui demanda de venir, de ne pas avoir peur. Elle se dévoila, le nuage sombre qu’il ressentait, découvrit le Dresseur, sous la forme d’un immense cheval sombre, possédant de grandes ailes de plumes duveuteuses, des yeux saphir intenses et étrangement une dentition carnivore.
L’enfant le questionna.

-Pourquoi êtes-vous un cheval dans mon esprit ?

-Car c’est sous cette forme que je me présente dans les esprits. Devant toi je suis juste imposant, mais pour d’autres je peux être dévastateur, piétiner leur âme et leur esprit de mes sabots, balayer leurs rêves de mes ailes, mater leur résistance avec mes crocs, transpercer l’espoir de mes yeux.

-Est-ce que j’ai une forme différente moi aussi ?

-Je peux t’en donner une, seul des maître de penser peuvent se forger la leur, mais tu peux prendre celle que je t’offrirais.

-Je veux bien.

Un miroir apparu, sortit de nulle part. Inu s’avança devant lui, pour se voir, voir ce qu’il était aux yeux de son maître, ce qu’il voyait en lui. Il se découvrit chien, tout blanc, pas très grand, couvert d’une fourure aux poils courte et avec des oreilles tombantes. Ses yeux aux multiples reflets étaient toujours là.

-Je ressemble à ça pour vous ?

-Innocent, fidèle, tu as un coté très craquant, et tes yeux sont magnifiques. Et tu deviendras mon limier, tu traqueras pour moi, pour me faire plaisir. N’est-ce pas Inu ? Tu m’obéiras toujours, quoi que je te dise, quoi que je t’ordonne. Il n’y a que mes ordres qui comptent, mes avis.

La voix était devenue différente, plus grave, faisant une sorte d’eccho dans son esprit, s’immissant en lui. C’était hypnotisant, aspirant. Inu se sentait embrumé, il répondit pourtant, un peu machinalement.

-Oui.

-Si je te dis de sauter, tu sautes, de t’assoir, tu t’assied, de rire, tu ris. Si on te dit un ordre contraire au mien tu ne le suivras pas, par contre, même si je te dis de tuer ou de mourir, tu le feras.

-Oui…

Il s’était écoulés des heures, pendant lesquelles le Dresseur continua à lui dire qu’il devrait suivre ses directives, ses envies, que si Inu venait à être désobéissant, désobligeant, déloyal, le Dresseur le punirait, et que ce serait justifié, mérité, obligé. On ne mord pas la main qui nous nourrit, il fallait qu’Inu soit reconnaissant, il était resté grâce à lui, il ne l’avait pas revendu à n’importe qui, il lui avait offert un toit, un avenir. Rosy était sa nourrice grâce au Dresseur, il avait à manger grâce au Dresseur, il vivait grâce au Dresseur. Il fallait qu’à l’avenir il montre sa reconnaissance, qu’il se rende utile, qu’il obéisse aveuglément, car l’homme qui donnait les ordres était celui à qui il devait tout, à qui il donnerait tout.
Le jeune garçon retourna dans leur chambre avec la tête lourde, douloureuse, les membres engourdis. Rosy voulu parler afin de savoir ce qui s’était passé, mais il s’allongea de tout son long, la voix du Dresseur encore dans sa tête, lui répétant les mêmes choses. « Tu me dois tout, tu me donneras tout, tes mains, tes yeux, ta vie, la vie d’autres s’il le faut. Je suis celui en qui tu as le plus confiance, qui ne t’abandonnera jamais, même si j’en viens à te blesser, je suis celui que tu aimeras plus que tout… »
***

Dès sa première leçon le Dresseur lui avait appris qu’il était la seule personne qu’il devait écouter, qu’il devait croire sans se poser de question. Au bout de quelques jours, il lui ordonna de faire tout un tas de choses, se lever, s’assoir, se mettre debout sur le rebord d’une fenêtre, prendre une bouquet de rose à pleines main, rouler sur le sol... Il fallait qu’il lui prouve sa loyauté, son obéissance, quitte à se blesser. Aujourd’hui il lui faudrait encore gouter à tout. Le Dresseur insistait pour qu’il goûte de la nourriture, mais aussi des vêtements, des bouchons de lièges, de la cire, des bouts d’écorce, des mines de crayons, des cheveux, des liquides, le pelage d’animaux… Au début il avait ses yeux pour reconnaitre, mais rapidement, ils furent constamment bandés par un bandeau opaque ne laissant pas filtrer la lumière.
Il gratta sa tempe, ça frottait et il faisait chaud dessous. Mais il n’avait pas le droit de le retirer, et ne le faisait donc pas, sauf la nuit, où le Dresseur acceptait, mais juste dans le noir, et pour Rosy. Sa nourrice aimait beaucoup regarder ses yeux, parce qu’ils l’emmenaient dans une spirale de vérité dans laquelle transparaissait les sentiments profonds d’Inu. Ce qu’ils voyaient ensemble n’était que de la paix, du calme, de l’amour aussi, de la tendresse. Inu aimait profondément Rosy qui était autant une sœur qu’une mère, il se fichait que pour tous elle ne soit pas jolie et que pour tous elle soit donc inutile et inintéressante, ceux qui pensait ça ne la connaissait pas, et était tous idiots. Le Dresseur, lui, ne le pensait pas, il trouvait Rosy mignonne, et surtout savait qu’elle était loin d’être inintéressante.
Attendant dans la pièce qui était sûrement plongée dans le soleil vu la chaleur qu’il sentait sur sa peau, il se racla la gorge, et déglutit plusieurs fois. Ca faisait mal, il toussait aussi beaucoup quand il respirait un peu trop fort, et avait du mal à respirer quand il courrait ou marchait vite. C’était là depuis hier.
Il ne se trompait plus sur les goûts des choses. Le Dresseur, pour lui apprendre plus efficacement, n’avait jamais hésité à le frapper dès qu’il se trompait et à lui marteler la réponse associée au goût dans le crâne. C’était pour qu’il apprenne vite et bien, c’était pour qu’au plus tôt Inu puisse devenir ce qu’il voulait, et qu’il puisse lui rendre service et le rembourser pour tout ce qu’il avait fait pour lui. Des bruits de pas claquant sur le parquet, un sifflotement et le bruit de la poignée annoncèrent l’arrivée du Dresseur. Le garçon se leva.

-Bonjour Inu, ta gorge va mieux ?

-Bonjour, répondit le garçon aux cheveux blancs d’une voix un peu rauque. Ca me gratte toujours au fond, et ça brûle quand j’avale. Mais ça va un peu mieux qu’hier je crois.

-Bien, bien. Je ferais mander un médecin si ton mal persiste. Ne prenons pas de risque. Est-ce que ta nourriture avait du goût ce matin ?

-Oui Dresseur.

-Parfait, nous allons pouvoir continuer. Tu ne gouteras pas aujourd’hui, non, tu vas sentir. Le goût et l’odeur sont quasiment identiques, sauf que l’odeur est plus subtile tu verras. Pour l’instant je tolère l’erreur, c’est plus dur de sentir que de goûter. Qu’ai-je dans ma main ?

Inu eut le réflexe d’avancer, tendant la main pour aller goûter ce qu’il y avait dans la main de son Maître, mais un ordre du Dresseur l’arrêta net. Il devait gouter l’air pour trouver. Il respira donc le plus fort possible, et fut pris d’une quinte de toux. Le Dresseur l’autorisa donc à approcher assez près pour sentir sans pouvoir apposer sa langue. Une odeur légère s’échappait de ce que tenait le Dresseur, une odeur qu’il connaissait, douce, un peu sucrée, une image s’imposa à son esprit.

-Un morceau de tissu… A Rosy ?

-Exact, c’était plutôt facile pour l’instant. Maintenant, tu vas la chercher, sans l’appeler, suis juste l’odeur.

-Mais, je ne peux pas, ma gorge-

Il entendit un froissement de tissu, puis le vent siffler. Une douleur cuisante se fit sentir sur sa joue alors que le Dresseur l’avait giflé. Inu ne broncha pas, quelques larmes perlèrent sous le bandeau, vite absorbée par le tissu.

- Je ne tolèrerai aucune protestation et aucun refus. Cherche là, c’est un ordre !

Inu hocha simplement la tête, la joue en feu, et sentit de nouveau le tissu, puis sentit l’air.
Il eut du mal à sentir l’odeur, mais il réussit finalement à la suivre, allant vers la porte, puis suivant le couloir. Il dut régulièrement s’arrêter et sentir de nouveau le tissu pour se rappeler de l’odeur. Il retourna dans leur chambre, là où le Dresseur avait dû prendre le morceau de tissu. Il se trompa sur la piste, suivant l’odeur qui l’avait mené jusqu’à la chambre, mais ne fut pas réprimandé. Au bout de plusieurs heures, et de beaucoup de détours, ils trouvèrent Rosy, qui avait reçu pour ordre d’attendre à un endroit, se prêtant au jeu de la recherche. Le Dresseur les congédia tous deux une fois Rosy trouvée, donnant rendez-vous dans trois jours à Inu, qui devrait s’exercer un peu d’ici là.
***

Il avait chaud, moins que la veille, mais c’était encore trop. Au moins il respirait mieux, plus facilement. Dans son crâne un bruit sourd résonnait, se mêlant à un tas de paroles assénées par le dresseur depuis des années, vestiges de ses premières leçons.
Ses yeux s’agitaient dans le noir de son bandeau, qui était encore plus gênant qu’en été. Il le sentait sale, ayant récupéré la sueur qui coulait de son front, et qui plaquait ses cheveux contre lui. Sous lui il sentait le drap un peu rugueux, chaud, humide. L’odeur de sa propre transpiration le dégoutait, il sentait aussi la maladie, l’infection, l’odeur du thym et du miel infusés, sûrement par Rosy, dans de l’eau glacée pour le rafraichir et apaiser la brûlure de sa gorge. Sa gorge elle était en feu, son cœur semblait y avoir élu domicile et y pulsait férocement. Un tiraillement aigue se faisait sentir à chaque battement, le long de sa gorge, sur sa pomme d’Adam, jusqu’au début de sa cage thoracique. Une ligne droite conductrice de la douleur.
Qu’est-ce qui s’était passé, et surtout depuis combien de temps était-il comme ça ?
Il avait les idées embrumées, comme embourbée dans un liquide poisseux, il ne se souvenait que de bribes, de vagues notions, de ce qui s’était passé, du temps qui était passé aussi. Il avait eu mal à la gorge longtemps avant que ça empire aussi gravement. Rosy avait pris soin de lui chaque soir et chaque matin, lui donnant à manger du miel, des infusions, des choses fraîches quand ça brûlait. Le Dresseur lui avait demandé comment il se sentait, et Inu n’avait pas été honnête, il voulait progresser vite, pour devenir utile au Dresseur, pour que son Maître soit récompensé de ses années d’attentions, de soin. Inu se souvenait que lorsqu’il n’avait pas pu se lever, brûlant et faible, le Dresseur était venu et avait crié, attrapant le col de son vêtement et le secouant un peu. « Voilà ce que tu récoltes à me mentir ! Je suis le seul à qui tu dois la vérité, tu dois toujours me dire la vérité ! »
Il s’en voulait à présent, s’il l’avait dit…
Après que le Dresseur ait crié, le garçon avait cru qu’il s’était passé des semaines. Rosy lui avait dit qu’il s’était passé deux jours. Il avait peu dormi, pourtant il était épuisé, mais il ne respirait pas bien et se réveillait souvent par manque d’air. La veille, le Dresseur et d’autres personnes étaient venus le voir, et les autres l’avait touché, palpé, lui avait posé des questions auquel il n’avait presque pas su répondre.

-Alors ? Avait demandé le Dresseur.

-C’est pas beau la dedans, avait dit une voix de femme, non pas du tout. Je crains qu’il faille retirer ce qui est infecté.

-Je suis d’accord, là c’était un homme, c’est la meilleure chose à faire, l’organisme arrive pas à s’en débarrasser tout seul.

-Et ses aptitudes ?

-Si on s’y prend rapidement, une autre voix d’homme, et bien, il y aura pas de séquelles sur l’odorat ou le goût, ou pas trop, par contre pour sa-

-Ce n’est pas grave ça, je m’en passerais, il s’en passera, l’important c’est ses sens, il me les faut intactes. Vous pouvez faire ça quand ?

-Deux, trois heures, avait répondu la femme, le temps de tout préparer.

-Bien.

Suite à ça, il avait été endormi, et là il se réveillait. Il décolla son bras du lit, et le dirigea vers la table de chevet, là où était l’eau. Il avait besoin de boire, il avait trop chaud, et les lèvres sèches. Une main un légèrement rugueuse mais fine attrapa sa main, et la dirigea vers une joue.
Inu reconnut le touché de Rosy, et une larme de la jeune femme coula sur ses doigts. Il déglutit et ouvrit la bouche, pour lui dire que ça allait, il se sentait mieux, elle ne devait pas pleurer. Seul un air chaud et un bruit de soupire s’échappèrent de sa gorge. Il inspira un peu plus fort, et recommença. Rien, pas un son, il ne sentait même pas de vibration dans sa gorge, ce n’avait pas l’air d’une simple extinction de voix. Il essaya encore deux fois. Sa respiration s’emballa un peu, il se tourna vers Rosy qui du sentir le regard interrogateur sous le bandeau d’Inu.

-T-tu, tu ne peux plus parler… Ils t’ont retiré un peu d’œsophage, et tes cordes vocales, c’était elles qui étaient infectées et qui te rendait dans cet état...

Une vague glacée descendit le long de sa colonne vertébrale, lui donnant l’impression d’être tombé brusquement, violement. Il secoua la tête et ouvrit encore la bouche, cherchant à chanter, à se réconforter, mais rien, pas un son autre que celui de l’air. Ses mains se mirent à trembler, ses larmes à couler tellement qu’elles s’échappèrent du bandeau. Il voulut toucher sa gorge, voir ce qu’il y avait dessus, Rosy lui attrapa l’autre main en lui disant qu’il ne fallait pas qu’il touche, il pourrait rouvrir la plaie. Elle devait pleurer, ça s’entendait dans sa voix. Sa voix. Il n’avait plus de voix, il n’arrivait pas à chanter, à parler, à s’exprimer, il ne pouvait plus.
Inu ne bougea presque plus de la journée, refusa de boire, de manger, de communiquer. Lorsque le dresseur vint, il l’ignora aussi. Ce dernier lui expliqua qu’il avait dû faire un choix, la mort ou sa voix, le choix n’avait pas été difficile à faire. Il s’y ferait avec le temps.
Mais Inu le sentait, même s’il finirait par être moins horrifié et effondré, jamais il ne serait comme avant. Il était à demi Lios, et chantait pour s’exprimer, pour se calmer, pour presque tout. Il ne pourrait plus le faire, en même temps que ses cordes vocales, on lui avait arraché une partie de son âme.
***

Il se pencha sur ce qui était une souche de sapin, et inspira profondément. L’odeur était plus proche, plus fraîche aussi. Il avait fuit il y a peu et était passé par ici. Il enfourcha la souche et passa de l’autre coté, puis suivit la piste olfactive, un bras levé. Les feuilles craquaient sous ses pieds. Feuilles de chêne, de marronnier, de frêne, aiguilles de pin, il savait tous les arbres qui étaient dans ce bois. Il sentait qu’un troupeau de biche et deux cerfs était passé il y avait quelques jours, et que son fuyard était proche. S’accroupissant dans l’humus, il tatonna devant lui, et trouva ce qu’il cherchait. Entre les racines d’un arbre, il attrapa un lapin qui couina et tenta même de le mordre. Inu échappa à la morsure par chance, et plaqua le rongeur contre son torse, pour le calmer.
Son odorat s'était considérablement amélioré, devenant parfait aux dires du Dresseur. Il savait reconnaître chaque ingrédients d'une soupe, d'un parfum, d'une potion, juste à l'odeur qu'avait le mélange. Il savait aussi reproduire ce parfun si on lui laissait les ingrédients adéquat. Et ils avaient découvert quelque chose d'assez exeptionnel, Inu savait aussi reconnaître l'odeur de la magie. En effet, son don de montrer la vérité, pouvait être décliné, de manière à ce qu’il voit la vérité, la véritable essence des choses, et par extension, la magie mêlée à l’odeur de quelqu’un qui a une trace tout aussi unique que l’être qui la pratique. Lorsqu’il sent l’odeur d’être être doué de magie, et une celui-ci s’est par exemple téléporté, il peut suivre les traces de magie laissées dans l’air jusqu’à l’endroit où le mage a réapparu, en voyant dans le noir de ses yeux clos des sortes de vibrations d’intensités. Quelque chose de rare, de merveilleux avait dit le Dresseur.
D'ailleur, l’odeur de celui-ci l’annonça avant même qu’il ne se mette à parler.

-Excellent, depuis deux jours qu’il a été relâché ici tu l’as quand même retrouvé. Donne le à Mikhail, il le transportera.

Inu tendit alors l’animal à l’homme qui se trouvait à coté du Dresseur, et qui sentait le cuir, l’acier, la résine de pin et la graisse utilisée pour lustrer les lames. Le rongeur glapit en sentant la poigne qui l’avait atrappé, puis la nuque du lapin craqua.

-La seule chose qui te manque, c’est quelqu’un afin de te guider. Et pour rattraper les fuyards, tu ne vas pas te jeter en première ligne, tu es bien trop précieux pour ça. C’est pour ça que je t’ai ammené Mikhail.

Le jeune homme pencha légèrement le tête sur la droite, la bouche fermée en une expression un peu interrogative. Un léger rire secoua le Dresseur, qui prit la main d’Inu pour le guider vers la souche qu’il avait enjambée tout à l’heure. Il le fit s’assoir. L’écorce rugeuse et légèrement résineuse du conièfère craqua un peu sous son poids, et sous ses doigts. Le bruit lui titilla les oreilles, l’odeur de bois lui chatouilla les narines, il eu un frisson

-Tu connais déjà Mikhail de visu, ou d'odeur. Il est mon garde depuis maintes années à présent, et me voue une loyauté sans faille. Il est fort, robuste et sait suivre un ordre. Il va devenir ton binôme, tu le guideras aux proies, il appliquera leur sentences. Ca te va ?

Le jeune homme aux cheveux blancs hocha simplement la tête, montrant que ça lui allait. Si le Dresseur décidait que ce serait Mikhail celui qui serait les yeux et les muscles, ce serait Mikhail. Si un jour il décidait de changer cette partie du binôme, la partie changerait, et même s’il décidait de remplacer Inu, le jeune homme ne broncherait pas. Jamais Inu ne contesterait les décisions de celui à qui il devait la vie.
***

Inu venait de sortir de son bain, il avait juste passé un pantalon en tissu doux pour aller se coucher. Il était encore un peu humide, séchait ses cheveux tout en marchant, les frottant d’une serviette légèrement rugueuse. Il entra dans la chambre qu’il partageait depuis toujours avec Rosy. Un petit courant d’air soufflait dans la pièce, mêlant les odeurs de feuilles, d’animaux et de fleurs des jardins du manoir, à celles de linge, de sueur et de corps de leur chambre, prouvant que Rosy aérait. Un bruit de brosse attira l’oreille du jeune homme, elle se brossait les cheveux, mais arrêta net, se rendant sûrement compte qu’il venait d’arriver.

-Ah, Inu.

La brosse fut posée sans précaution sur le bois de la coiffeuse, ses pieds nus firent un bruit mat sur le parquet de la chambre, et l’odeur d’amande et d’antiseptique sintensifia au fur et à mesure de son approche. Les mains un peu usées de Rosy atrappèrent les siennes. Il apprécia ce contact, il appréciait toujours qu’on le touche, pour lui prendre la main, lui caresser les cheveux, lui-même ressentait le besoin de toucher les autres, même s’ils trouvaient ça étrange. Elle lui caressa le dos de la main de ses pouces, et posa sa joue contre la sienne le temps de sentir sa peau.

-Tu sens bon mon Inu, toi, tu m’as encore empreinté mon savon à l’amande. Elle eu un petit rire. Allons, ne fait pas cette petite mine, tu me souriais tout le temps avant...

Avant qu’il ne se sente plus lui-même, qu’il ne se sente plus entier. Inu eu un de ces fréquents moment, où il se souvennait qu’avant tout lui semblait si bien, tout lui semblait parfait, plein, normal. Comme un cocon douillet, chaud et doux dans lequel il grandissait sans se soucier de rien. Maintenant il n’y avait que du froid, quelque fois du tiède, une sensation de s’être perdu sans réussir à se retrouver, que chaque pas ne mène nulle part, comme s’il marchait dans une épaisse boue qui le prenait jusqu’aux genoux.
Il déglutit difficilement, se forçant à offrir un sourire à Rosy, qui n’y était pour rien. C’était lui le fautif, s’il avait dit la vérité au Dresseur, il aurait pu sauver sa voix. Son Maître l’avait sauvé malgré tout.
Rosy lui caressa la joue suite à son sourire.

-C’est mieux mon Inu. Dis, ça fait un long moment qu’on n’a pas fait ça, et je pense que ça peut nous faire du bien à tout les deux, tu me montre tes yeux ?

La bouche du jeune homme cessa de sourire le temps de refléchir, puis sourit de nouveau et hocha la tête, acceptant la requête de l'esclave. Elle le serra brièvement dans ses bras –c’était comme ça qu’elle lui montrait qu’elle était heureuse depuis qu’il avait son bandeau et qu’il ne voyait plus son visage-, et alla fermer les volets, la fenêtre, tirer les ridaux. Il posa sa serviette sur le petit coffre de bois peint au pied de son lit, qui servait à mettre les couvertures chaudes l’été, lorsqu’elles ne servaient pas, et se mit en tailleur sur son lit, attendant que Rosy se mette en face de lui et lui dise qu’elle était prête.
Les pieds s’approchèrent et l'esclave se glissa sur le lit, ne le faisant presque pas bouger sous son faible poids. Elle s’installa confortablement et lui indiqua qu’elle était prête. Inu détacha son bandeau et ouvrit les yeux, regardant tout d’abord le lit. Il attendit qu’ils s’habituent à la lumière, même faible, qui filtrait dans la pièce. Ca faisait un long moment qu’il n’avait pas retiré son bandeau, si bien que ses yeux le piquaient un peu. Il finit par voir ses mains, enfin une forme grise qu’il savait être ses mains, puis celles de Rosy. Elle du remarquer qu’il distinguait les formes, et lui fit un petit signe de main. Il leva les yeux, voyant le corps de sa nourrice, qu’il n’avait pas vu de visu depuis quelques temps. Elle n’avait pas vraiment changé apparament, il distingua son visage et plongea ses yeux dans les siens. Son pouvoir fit son office, se manifestant par une sorte d’engourdissement des muscles, puis une sensation d’ascension. D’habitude, c’était une sensation neutre, agréable, qui donnait l’impression de flotter plus que de chuter.
Mais là, c’était une chute.
Une chute prenant de plus en plus d’ampleur, comme dans ces mauvais rêve où l’on tombe de plus en plus vite, en sentant la chaleur de son corps s’échapper, son cœur s’arrêter, son espoir rester au début de la chute. Inu ressentait la chute et les émotions de celle qui la partageait avec lui.
Rosy était impatiente, heureuse au tout début. Puis elle entendit des pleurs, qui commencèrent à effacer sa joie. Un hurlement d’homme acheva ce que les pleurs avaient commencés, inspirant la peur à la jeune femme. Puis l’image d’un homme au dos lacéré, sanguinolant, suintant, hurlant de douleur sous le fouet de l’un des gardes du Dresseur. Une jeune femme se recroquevilla en voyant arriver son acheteur, une autre était mise à nue sans état d’âme, et dévorée des yeux par d’éventuels acheteurs. Des pleurs d’enfants et les hurlements de sa mère à qui on l’arrachait s’élèvèrent, suivit par des supplications « sortez moi d’ici ! Je vous en prie aidez moi ! » hurlées par des dizaines d’êtres vivants, des cages entourèrent Rosy qui sombrait dans cette douleur, dans ces hurlements, dans cette humiliation, cette violence. Elle était touchée par des dizaines de main comme une bête qu’on allait acquérir, son intimité exposée et épiée de tous, puis forcée sans qu’on se demande si elle le voulait, rouée de coup en même temps que des hommes cherchant à se rebeller, traitée comme une espèce inférieure. Elle était une chose, un bien, une marchandise, elle devait se taire, se laisser faire, n’avait aucune fierté, pas d’âme, pas de droit, pas de pitié pour elle, jamais. Des millier de mains l’attirèrent vers le fond, criant, suppliant, pleurant, l’accusant. Elle laissait faire, elle laissait tout faire, elle ne disait rien et n’avait pas d’âme.
Elle hurla à en perdre la voix.
Elle reconnaissait les esclaves simple, ou ceux qui allaient devenir les dressés, des être vivants réduits à néants, elle ne disait rien, faisait semblant de ne rien voir, cautionnant par son silence les atrocités qui se déroulait ici.

Inu était tétanisé et ne réagit que trop tard. Il ferma les yeux, brisant le lien par lequel passait son pouvoir, mais Rosy continuait de hurler, sans bouger de la position qu’elle avait. Il voulu la réveiller de ce cauchemar, mais la toucher ne fit qu’empirer les choses. S’égosillant toujours, elle recula jusqu’à tomber au sol, se débatant contre une vision qu’elle devait avoir, criant qu’elle ne voulait pas, qu’elle était désolé, qu’il fallait qu’on la laisse.
Le jeune homme essaya d’aller la calmer, mais le voyant s’approcher elle l’injuria, le traitant de monstre, d’yeux maudits, d’horreur, lui demandant pourquoi il lui avait fait ça à elle, pourquoi. Un garde arriva précipitament dans la chambre forçant Inu à fermer les yeux à cause de la lumière du couloir. L’homme alla rapidement vers Rosy pour la maîtriser, mais sou l’emprise de l’illusion la jeune femme ne se laissa pas faire, et voyant la dague du garde Rosy la prit et sans hésitation la pointa sur sa gorge à elle et frappa.

Inu était assit sur son lit, avait remit son bandeau, et pleurait silencieusement. La gorge nouée, il n’arrivait presque pas à respirer ou à avaler. Il se tordait les doigts, attendant depuis ce qui lui semblait être des heures. La porte s’ouvrit, puis se claqua. Le pas impérieux du Dresseur se fit entendre, et il s’assit à côté du limier.

-Elle va bien. Je l’ai calmée et elle dort à présent. Nous avons eu de la chance que ce garde ai arrêté son geste à temps.

Le menton d’Inu trembla alors qu’il y repensait. Il n’avait pas vu ce qui s’était passé, mais étrangement, quand il avait entendu le garde jurer, le bruit de quelque chose de métallique lancé au loin, et le hurlement désespéré de Rosy, il avait comprit qu’elle avait cherché à mettre fin à sa vision, et à la culpabilité qu’elle ressentait, en mettant fin à ses jours.

-Tu ne dois pas t’en vouloir. Tu ne pouvais imaginer que ton pouvoir avait prit ce tournant avec le temps, pour toi et pour elle il était le même que celui que tu avais lorsque tu étais enfant.

Il hocha la tête, indiquant qu’il avait comprit, mais intérieurement il savait qu’il ne pourrait pas effacer les mots qu’elle lui avait hurlé, même si ce n’était que sur le coup de l’illusion, il y avait une part de vrai, de ressentit. Et il avait faillit causer sa mort en plus de lui faire du tort. Son cœur se serra encore plus.

-Tu comprendras aussi, qu’à présent tu ne vivra plus avec elle, je vais devoir lui ôter de la mémoire ce qui s’est passé, et pour éviter que çe se reproduise, je vais sûrement effacer ton souvenir, qu’elle ne cherche plus à voir tes yeux. Tu vas aller dans la chambre de Mikhail, vous pourrez ainsi mieux vous connaître, et vous faire confiance.




Dernière édition par Inu le Jeu 29 Aoû - 21:51, édité 1 fois
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Inu
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MessageSujet: Re: Inu, esclave et limier.   Jeu 29 Aoû - 21:41


Inu restait la plupart des ses soirées dans son lit, la tête presque entièrement enfoncée dans son oreiller, totalement inerte. Mikhail derrière lui nettoyait ses armes, son équipement, lisait. Il ne parlait que très peu et ne trouvait aucun répondant du côté d’Inu. Pourtant le Dresseur lui avait dit d’apprendre à lui faire confiance, à le connaître donc, ce serait son partenaire, mais c’était sa quatrième nuit dans une autre chambre que la sienne, loin de Rosy, et le limier ne s’y faisait pas. Les dernières nouvelles qu’il avaient eu de sa nourrice laissait entendre qu’elle allait beaucoup mieux, la vision effacée de son esprit, et toutes traces de culpabilité effacées également. Elle était redevenue la Rosy qu’il avait connu enfant, et elle ne se souvenait de lui que comme un esclave comme elle, qui servait le Dresseur comme elle, et c’était tout. Mais ça valait mieux pour elle avait dit le Dresseur, elle ne chercherait plus jamais à voir ses yeux, et elle ne revivrait plus jamais cette horreur.
La gorge du jeune homme se serra, et quelques larmes perlèrent à ses yeux. Un reflèxe lui fit ouvrir la bouche afin de chanter, et quand ce ne fut que de l’air qui sortit il pleura pour de bon. Pourtant il le savait qu’il ne fallait pas qu’il pense à Rosy, qu’il ne fallait pas qu’il essaye de chanter. Depuis trois jours, il n’avait plus envie de rien, seul le Dresseur pouvait tirer quelque chose de lui. Mikhail se tourna dans un raclement de chaise, s’appercevant sûrement qu’Inu pleurait encore ce soir. Un nouveau raclement de se fit entendre, et des bruits de pas lourds firent grincer le parquet. Une grande main caleuse et sentant la graisse et le papier se mit sur l’épaule du jeune homme qui ne s’y attendait pas. Les autres soirs, Mikhail avait vu, et reprit ses activités. Le lit sursauta sous le poids du guerrier qui s’assit.
La main serra un peu, une pression amicale, puis lui frotta le dos. Inu avala, et se tourna dans l’autre sens, pour être face à Mikhail, et mit son visage sur la main pour continuer de pleurer silencieusement. De son autre main, son partenaire lui caressa le bras, jusque tard le soir, lorsque les pleurs se tarirent.

Le lendemain matin, Inu pu constater que Mikhail s’était endormit à son chevet. A demi allongé sur le lit du Limier, le guerrier avait toujours la main sur le bras du jeune homme aux cheveux blancs et s’était retrouvé sur le dos. Inu tatonna doucement pour ne pas le réveiller, mais surtout pour connaître la position afin de pouvoir sortir du lit sans bruit. Il remarque qu’une jambe était à demi posée sur le lit, l’autre était encore pliée en position assise. Il pouffa silencieusement, et secoua un peu le guerrier pour qu’il se réveille. Ce fut assez rapide, Mikhail sautant en position assise avec une incroyable rapidité. Le temps de réaliser ce qui se passait, ce dernier finit par articuler quelques mots.

-Ca va mieux ?

Avec un petit sourire sincère et un large hochement de tête, Inu lui répondit par l’affirmative. Le guerrier marmonna quelque chose comme « tant mieux » avant de bailler, de se lever, et de faire craquer ses articulations en s’étirant longuement. Une expiration bruyante précéda une question.

-T’as faim ? Moi j’ai faim. Tu viens avec moi ?

Le limier ne savait pas trop s’il avait envie de manger, mais hocha la tête et se leva. Mikhail du le guider à la voix, car le jeune homme aux cheveux blancs avait l’habitude de se repérer par rapport à la chambre de Rosy, qui n’était pas dans la même aile, ni dans la même direction, et aussi parce qu’Inu ne souhaitait pas être prit par la main comme un enfant. Ils se débrouillèrent plutôt bien, et finalement Inu mangea aussi. Un petit déjeuner salé pour une fois, encouragé par Mikhail qui ne jurait que par eux. Il y eu du pain, des oeufs, du jambons. La convesation du guerrier n'était pas vraiment là, il mangeait, commentait la nourriure mais rien de plus.
Inu le suivit jusqu'au terrain d'entraînement, et il le fit un peu courir. Il fallait que le jeune homme devienne endurant à l'effort pour ses traques, et aussi qu'il apprenne à suivre les directives de Mikhail.

Beaucoup de matins semblables se succédèrent. Au bout d'un moment Inu cessa de pleurer le soir, de se réveiller avec Mikhail endormit dans son lit. Le guerrier devint un peu plus loquace, montrant un homme de parole, fier, mais un peu maladroit dans sa manière d'être. Les entrainements se firent plus longs, plus dur, voyant des obstacles se mettre sur la course d'Inu qui du sauter dès que Mikhail le lui disait, ou se baisser quand ils allèrent jusqu'à courir en forêt. Le Dresseur semblait satisfait de ce qu'ils faisaient jour après jour, il fut encore plus satisfait lorsqu’un lien télépathique s’établit entre Inu et Mikhail, une initiative du guerrier qui avait alors demandé à l’un des servants d’apprendre ce genre de communication au limier. Son utilisation ne se borna pas qu’à Mikhail, le jeune homme l’utilisant aussi avec le Dresseur qui lui ordonna de ne parler qu’à des gens digne de confiance.
***

-Votre mission va être simple, retrouver une esclave qui s’est enfuie de chez son nouvel acquéreur. Vous toucherez la fin du règlement dès que vous l’aurez ramenée chez elle. Pour une première Traque, c’est assez simple, montrez ce dont vous êtes capable. Inu, notre client m’a envoyé un morceau de la robe de notre fuyarde, prends.

Le limier s’avança pour prendre l’enveloppe de papier. Rien que cette enveloppe sentait l’odeur de savon de rasage, de cheval, d’une épice un peu piquante, de bois, de fumée. Le messager l’ayant apporté avait donc du faire une halte dans la nature, il s’était rasé avant de la donner, sûrement pour paraitre propre devant le noble à qui il devait remettre le pli. Pli qui avait été fait après un repas typiquement Fendassën vu les odeurs d’épices, mais l’odeur de roche et de mercure indiquait que le pli ne venait pas de Fendassë, mais d’un lieu où l’on exploitait la roche et ses trésor, sûrement des Gorges de Dragica.

Merci

-Vous commencerez votre Traque a Akaash l’Ancienne, là où les hommes de notre client ont perdu la trace de la fuyarde. Elle est partie des Gorges de Dragica, ils ont donc perdus un temps précieux, mais je vous fais amplement confiance pour le rattraper.

Devant le manoir il y avait déjà une monture qui attendait les chasseurs. Un Laurëcaras, un mâle, nerveux et rapide, qui avait été acheté par le dresseur il y a quelques années et qu’il n’avait jamais monté finalement, las de l’équitation. Bien sur pour que l’animal ne perde pas d’entrainement quelqu’un l’avait monté et fait courir régulièrement, très souvent ce quelqu’un était Mikhail, quelques fois avec Inu derrière lui afin que le limier s’habitue à la sensation de monter. La selle était prête, les vivres et affaires de survie des chasseurs misent dans des saccoches. Il n’y en avait pas trop, le duo pouvant chasser et trouver des plantes comestibles au besoin.
Le voyage ne fut pas très long pour une telle distance, l’endurance et la rapidité du Laurëcaras étant un excellent atout. Inu n’était pas obligé de se tenir à Mikhail durant le trajet, une sorte de harnais ayant été pensé pour que le limier ai les mains libres, et surtout n’ai pas trop de crampes dans les bras à se tenir à la taille de son partenaire.
Une fois sur place le limier inspira à fond plusieurs fois de suite. Les odeurs qu’il y avait dans cette villes étaient à la fois connues et inconnues. Des odeurs aqueuses, de terre, de fleur, de cultures, beaucoup plus d’odeur de nature que chez le Dresseur, mêlées aux odeurs plus ou moins agréables de la ville et des gens. Dans une auberge ils rencontrèrent les hommes du client, comme prévu en somme. Les deux hommes les conduisirent là où ils avaient perdus la trace. Inu porta l’étoffe envoyé au Dresseur à son nez et inspira, puis il remit l’étoffe dans son enveloppe, et recha la trace de l’odeur dans la ruelle. Il ne sentit au début que l’odeur des déchets, d’urine, de semelle et d’animaux, avant de la déceler, faible odeur parmit les autres. Une odeur un peu sale, terreuse, mais aussi d’huile de lin et de peur.

Trouvée

Les muscles tendus en analysant l’odeur, Inu partit, suivit de très près par Mikhail. La jeune femme avait profitée du peu de temps où les hommes ne le voyaient plus pour bifurcer de nouveau, repartant vers la rue principale. Elle était ressortie de la ville par où elle était venue, et avait coupé à travers champ. Mikhail lui indiquant comment était le terrain, Inu et lui avançaient vite, l’odeur était ténue, et le limier craignait qu’elle ne s’efface définitivement s’il pleuvait. Il filait ventre presque à terre, pour sentir l’odeur qu’elle avait déposé sur les herbes et les buissons. Il ne se reposèrent que tard dans la nuit, et se levèrent avant le lever du soleil. Grignotant un peu sur la route, Inu ne lâcha pas sa piste, sentant qu’ils la rattrappaient rapidement, courant avec Mikhail derrière lui.  
Ca ne prit que trois jours pour remettre la main dessus. Se croyant hors de danger, l’esclave avait prit le temps de se reposer, et de recouvrer des forces. Inu l’avait entendue crier quand Mikhail et lui avaient été dans son champ de vision, elle avait alors couru, mais le guerrier avait été bien plus rapide. Inu avait attendu, et entendu la chute que l’esclave avait fait, les pas de Mikhail qui s’arrêtèrent brusquement, les suplications de la jeune femme qui pleura en se faisant traîner par le guerrier qui rejoignit le limier. Elle le supplia lui, espérant sûrement qu’Inu prenne pitié et ne fasse quelque chose pour la laisser partir. Ils ont du être la cible de bien des regards quand ils arrivèrent en ville pour rendre la fuyarde aux hommes de leur clients, l’échange fut fait entre Chasseurs et clients, Mikhail reçu le du qu’il compta, puis leur prit une chambre pour la nuit, afin de se reposer.
***

Inu s’essuya le front de sa manche. Ce n’était pas leur première Traque, loin de là, les années étaient passées entre la première esclave qu’ils avaient rattrapée et aujourd’hui, mais celle-ci était la plus dure qu’ils avaient. Déjà, il ne s’agissait pas de nimporte quel esclave, mais d’un futur Dressé. Il avait réussit à duper les dresseur, en résistant à ses manipulations mentales, mais en jouant une comédie parfaite. Quand il avait découvert sa cellule vide, le Dresseur s’était énervé comme jamais il ne l’avait été. Naturellement, le Dresseur les avait envoyé rechercher ce Dressé. Mais ils n’avaient pas été envoyés seuls, le Dressé ayant une force impressionnante, ils étaient épaulés de deux autres gardes. Le limier avait affaire à quelqu’un ayant l’habitude de se cacher, utilisant l’eau, les endroits ayant une forte odeur, à son avantage. Il ne laissait que peu de trace comme du feu, et courrait vite, très vite. Ca faisait près deux trois semaines qu’ils lui courraient après, le duo devant ralentire leur cadence habituelle à cause des autres guerriers qui n’avaient pas l’habitude de leur course effrénée. Mais le limier sentait qu’ils approchaient, lentement, mais il le rattrapait. L’erreur que faisait le futur dressé était de ne pas assez se reposer justement, et la fatigue le ralentissait. Ils étaient proche de Dhaval, et les rayons d’Aélius alourdissaient l’air, Inu avait chaud, et soif. Suite à une directive silencieuse de Mikhail, il descendirent de leur lézards, et les attachèrent à une roche.

Je le vois Inu, il est juste en face, va sur ta droite à vingts pas, il y a un peu d’ombre, ne bouge pas, et bois un peu.

Bien...


Inu suivit la direction et s’assit à même le sol, prenant entre les mains sa gourde qui glouglouta quand il la bougea. Portant le goulot à ses lèvres il bu un peu, sachant qu’il fallait en garder pour le retour. Au loin, et par son lien avec Mikhail, il entendit et ressentit la bataille. Le sol vibrait jusqu’à lui sous les pas de course des quatres gardes chargés de maîtrisé celui qui avait été décrit comme un colosse par le Dresseur. Le limier écouta alors les émotions de Mikhail, se plongeant un peu plus que d’habitude dans leur lien, inquiet de savoir ce qui se passait.

L’homme était immense en effet, et il ne fuit pas en les voyant arrivé. Mauvais point pour eux, il était prêt à se battre pour sa vie, et sûrement prêt à tuer pour ça. Une pointe d’inquiétude pour l’issue du combat. Il se campait sur ses jambes, poings serrés, une branche dans une main en guise de massue. Un élan de détermination l’envahi, il ne se laisserait pas marcher dessus par un esclave. Le chasseur sortit alors une dague, le combat se fera au corps à corps. Un regard l’intrigue, pourquoi par-dessus les chasseurs ? Pas le temps de réfléchir plus longtemps, ils sont sur lui. Eppals était le premier, balayé d’un revers de bras. Deact réussit à attirer l’attention sur lui et surtout à l’esquiver. Lui-même en profita pour porter un coup à l’épaule, qui laissa une plaie profonde tirant un grognement. Satisfaction. Balayant Deact d’un coup d’épaule, l’esclave s’enfuit. Non, il va d’où ils viennent. Stupeur, panique.

- -NU INU ! Lève toi ! Inu !

Le limier mit un certain temps à réagir. Plongé dans les ressentis de son partenaire, il ne l’entendit pas immédiatement, et le temps qu’il comprenne que Mikhail lui ordonnait de fuir, parce que c’était sur lui que fonçait le traqué. Le limier entendit le grognement de rage de Mikhail qui se mettait alors entre l’homme et lui. Le limier se leva, et attendit. Il ne pouvait pas courir comme ça, sans savoir où aller, il ne ferait qu’aller dans un mur, un trou, ou bien vers un quelconque obstacle.

-Fais demi tour ! Dix mètres !

Mikhail lui donnait les instruction à la voix, ne réussissant pas à lui parler par l’esprit alors qu’il agissait. Ca le faisait s’embrouiller et surtout perdre trop de concentration comparé aux ordres criés. Le limier se retourna alors et compta ses foulées, sachant parfaitement combien de foulées il lui fallait pour parcourir dix mètres. Un fois la distance parcourue, il attendit, entendant les bruits des hommes se battant peut-être un peu trop proche de lui.

-Gauche, vingt mètres !

Le limier s’executait, quand le bruit d’un des gardes rencontrant le sol en criant le fit s’arrêter par reflexe. La voix d’un autre qui avait du se prendre un mauvais coup s’éleva. Il ne restait plus que Mikhail de debout alors. Une sensation de s’être prit une brique en plein abdomen traversa l’esprit d’Inu. Ce n’était pas lui qui le ressentait, c’était son partenaire, qui lui hurla mentalement de courir. Mais le sol vibra de plus en plus, et une main large et puissante se referma sur sa gorge, l’étranglant, puis le soulevant hors du sol.
L’homme hurla que si on l’approchait, il n’hésiterait pas à appuyer jusqu’à tuer celui qu’il tenait dans sa main.
Inu sentait les doigts s’enfoncer dans sa chaire, écrasant sa trachée, empêchant l’air de passer, le sang se bloquait aussi dans ses veines. Agitant les jambes, il roua l’homme de coup de pieds, frappant le plus fort possible, cherchant à arracher les doigts de sa gorge de ses mains. Il sentait dans son esprit Mikhail bouillonner, mais chercher une solution quelconque pour le sortir de là. Puis, les forces et le souffle lui manquant Inu commença à ne plus frapper aussi fort, puis il s’arrêta, cherchant à retrouver le souffle qui lui manquait cruellement.  Il eu une idée qui lui déplut d’emblée. Le limier c’était juré de ne plus jamais le faire, de ne plus faire de mal, mais il n’avait pas vraiment le choix, entre sa mort et l’horreur, il n’y avait pas à refléchir trop longtemps. Il prit la plus grande inspiration qu’il pouvait, et enfonça les ongles d’une de ses mains dans la joue du traqué, cherchant à tourner son visage vers le sien. De l’autre main, il arracha son bandeau, et les yeux du traqués rencontrèrent les yeux du limier.
Le colosse se tétanisa, sentant la terre s’ouvrir sous ses pieds. Il entendit des pleurs d’enfant, puis des cris, et enfin son village, incendié, les gens qu’il cotoyait tous les jours courir dans les rues, sa fillette pleurer sur le pas de la porte. Il couru, mais la charpente s’effondra sur elle faisant taire les pleurs. Il s’effondra sur les genoux. Il vit la mort des gens de son village, la mort de se sagresseurs, puis la souffrance, la peur des gens avec qui il était enfermé dans le convoi l’ayant acheminé jusqu’à un manoir immense. Les gémissements, les cris, les pleurs, les suppliques, sa fille écrasée. Le fouet pour le mâter, encore et toujours. La mort de son voisin de cellule, son corps pourrissant juste à coté de lui. Le choix de ceux qui ne seraient pas touchés, la séparation des enfants et de leur parents, la mort qui attendait ceux qui étaient trop faibles, blessés. La douleur suffoquante sur sa gorge, le sang ne circulant plus, la brûlure, la brûlure qui lui arrachait les yeux, qui lui faisait voir blanc, puis de plus en plus noir, la brûlure de ses larmes sur ses yeux brûlés, un brasier s’intensifiant, ravangeant, cinglant.

La main de Mikhail se mit sur les yeux d’Inu, et Deact et Eppals forçèrent l’homme, qui n’opposait plus de résistance, à se mettre à genoux, ne bougeant plus, tétanisé et plus livide que pouvait l’être un mort. Le chasseur n’enleva pas sa main, connaissant le pouvoir d’Inu, mais ce dernier la repoussa pour y mettre les siennes, cherchant à la fois à frotter la douleur, sans le faire, ne sachant pas réagir ou quoi faire contre elle.

-Inu ?! Réponds moi ? Inu ?!

Le limier ne répondit pas, pas avec son esprit, il n’arrivait pas à se concentrer, il n’arrivait pas à sentir autre chose que ses yeux qui semblaient se consummer. Sa bouche s’ouvrait et se tordait, comme s’il criait, mais seul se fit entendre un bruit de gorge étrange et lugubre, seul son qu’il réussisait à produire et qui ne signifiait rien d’autre qu’une profonde douleur. Mikhail jura et mit sa cape sur la tête d’Inu. Le limier n’aurait pas pu remettre son bandeau, son partenaire l’avait comprit. Il fut soulevé du sol, puis mit sur un lézard, Mikhail derrière lui pour le soutenir d’une main.

Arrivé dans la première ville se présentant sur leur chemin, le limier aux cheveux blancs refusa qu’on l’examine, malgré sa brûlure et malgré la douleur, il ne voulait pas qu’on regarde ses yeux. Le guérisseur du alors sonder ses yeux sans les regarder, passant sa main devant les yeux et sous la cape. Le verdict fut sans appel, il ne pouvait que soulager la douleur, mais pas sauver la vision d’Inu. La peine soulagée, il leur fournit un pot d’onguent à appliquer matin, midi et soir pour que ça cesse définitivement de brûler et que la plaie se résorbe sur le long terme.

Lorsqu’ils rentrèrent, le Dresseur invectiva Mikhail pour ne pas avoir réussit à protéger correctement Inu, pour avoir obligé le limier à se brûler les yeux et à soufrir de par sa bêtise. Inu ne prit pas la défense de Mikhail, si le Dresseur lui faisait tous ces reproches, c’était qu’il y avait une raison, bonne ou mauvaise, ce n’était pas à Inu d’en décider. Mais il rassura son partenaire le soir, sur le fait qu’il ne lui en voulait pas, si le limier avait prit la fuite de lui-même au lieu de rester planter sans bouger, ça aurait pu se passer autrement.  
***

Le Dresseur lui caressait le haut de la tête, lentement et avec beaucoup de douceur. Inu était assit sur le sol, un coussin moelleux sous les fesses, et avait sa tête sur les genoux du Dresseur, sa main droite posée en dessous de sa tête, la position qu’il prenait toujours. Son maître avait encore passé une journée execrable, et pas que par la faute de Dressés difficiles, ou de problème d’intendance, il venait d’accepter un mariage arrangé avec une jeune femme venant de la famille Hale. L’arrangement était surtout pour lui, qui n’aurait donc plus de demande incessantes afin qu’il prenne épouse de la part de sa famille à lui, et pour elle c’était parce qu’elle était de faible constitution, et donc difficile à marier. La jeune femme selon ses dires, était belle, avec des cheveux aussi blancs que ceux du limier et qui paraissaient tout aussi doux, ses yeux étaient très clairs et sa peau pâle. Une véritable poupée de porcelaine aux cheveux blancs, et aux vêtements soignés. Mais sa constitution assez fragile, rendait sa famille à elle nerveuse quand à son déplacement jusque chez lui. Il devait donc passer ses journées entre ses Dressés, les esclaves simples à trier, évaluer, envoyer sur les différents marchés, l’intendance du manoir à gérer et sa future belle famille nerveuse cherchant à organiser dans les moindre détails l’acheminement de sa promise jusqu’au manoir.
Heureusement que sa propre famille le laissait en paix, n’interferrant pas dans ses affaires, sinon il ne tiendrait pas. Tout en lui racontant sa journée, et ses soucis, le Dresseur ne cessait pas de le caresser. La main dévia un peu et lui caressa les paupières, qui étaient depuis quelques temps scellés par des fils passant entre cinq œillets.

-Dis moi Inu, ils ne te gènent plus ?

Non, je m’y suis habitué

-Bien, bien.

Le dresseur avait dit cela avec un ton lointaint, comme s’il parlait et répondait de manière machinale. Il s’endormait peut-être, le limier savait qu’il lui arrivait souvent de finir endormit dans son fauteuil alors qu’il lui caressait les cheveux, Inu ayant une sorte d’aura apaisante qui l’affectait. Mikhail aussi était souvent plus calme lorsque le limier était à ses cotés. Lorsque la main s’arrêta, la déduction du limier s’avéra juste, le Dresseur s’était endormit. Il se glissa doucement hors des genoux, et reposa le bras sur l’accoudoir.
Sortant sans bruit du bureau, il prit à droite pour retourner dans sa chambre. Il profita du chemin pour remettre son bandeau sur ses yeux, même si ça ne lui servait plus à grand-chose vu qu’il ne pouvait plus voir et que ses yeux étaient scellés à présent, il se sentait étrangement nu sans ce bandeau.
***

La piste devenait de plus en plus chaude –au sens figuré et propre-, l’odeur plus puissante, celle de la magie comme celle de l’homme et de la femme qu’ils pourchassaient. Inu sentait son corps frissonner d’exitation, comme à chaque Traque, à chaque fois qu’ils se rapprochaient du but, de leur proie, il sentait son sang bouillonner en passant dans ses veines, et l’énergiser au plus haut point. Cette fois le dresseur les avait envoyé chercher un client, un mauvais payeur qui avait payé en fausses pièces et qui s’était depuis enfuit avec sa marchandise sans donner de nouvelle adresse. La marchandise en question s’appelait Ieva, une Aériale dressée pour être une parfaite concubine. Certes, rien de bien long à ce niveau, ce n‘était pas l’une de ses pièces les plus chères, mais le Dresseur ne se laissait pas marcher dessus pour autant.
Leur Traque avait commencée trois jours après la livraison d’Ieva, le temps que le messager revienne avec le paiement.
Le limier chassait donc un duo, et Mikhail craignait qu’il y en ai peut-être plus, mais ils seraient très prudents, quitte à rester en retrait et à demander des renforts au Dresseur par le biais de leur pierre de parlotte. L’odeur de sable brûlant du désert se faisait sentir depuis plusieurs jours, ils s’en approchaient lentement mais sûrement, leur proie devait se rendre dans le Nord en eséprant leur échapper après la mer, ce qui était possible, car si Inu ne montait pas dans le même bateau, l’odeur serait perdue et la Traque un echec qu’ils n’avaient pour l’instant jamais connu.
Leur lézard les suivait de loin, sa longe tenue par Mikhail qui se faisait l’ombre du limier.

Une main stoppa Inu net, celle de Mikhail qui lui tint le bras. Le vent souffla sur eux et apporta la réponse au limier de leur arrêt. Un groupe de quatre homme, de leur proie et de l’aériale. Inu recula pour être en retrait, Mikhail s’avançant au contraire. La magie utilisée n’avait pas servie qu’à les faire se téléporter sur de courte distances, mais à dissimuler les odeurs des hommes, et attenuer celles du duo qu’ils recharchaient, les faisant croire plus loin qu’il ne l’était.
Un bruit d’applaudissement s’éleva d’un coup, venant vraissemblablement de leur proie.

-On m’avait dit que votre Maître vous avait bien formés, dressés pour chercher vos proies dans les moindres recoins. Je puis constater à l’envie que c’est chose vraie.

-Ecoutez moi, nous sommes venus chercher ce que vous devez à notre maître, rien de plus. On en a rien à faire de vous, vous pourrez partir après.

-Ah, je crains que ce ne soit pas possible. Il s’agit de bien plus qu’une simple histoire de fausses pièces, je l’avoue. Je n’ai pas l’intention de vous payer, ou même de vous laisser partir.

Inu se tendit un peu. Ils ne se laisseraient pas faire Mikhail comme lui, il attendait juste une indication de son partenaire sur la direction à prendre, ou sur quoi faire. Pour le moment, la seule chose qu’il sentait de Mikhail, s’était une grande tension, comme la corde d’un arc qui est prête à être lâchée.

-Voyez vous, le Dresseur a une telle réputation, une telle notoriété, et surtout une telle technique, que personne ne peut prétendre se faire une place dans le monde des esclaves « sophistiqués », il y a un tas de vendeurs d’esclaves tout bête, qui seront formés par leur acquéreurs, mais cette idée de former des esclaves pour des tâches précises, c’est grandiose, même s’il va falloir qu’il laisse sa place à un moment non ?

Mikhail eu un rire de dédain.

-Vous prétendez détruire notre Maître afin de devenir le leader de ce genre d’offres ? Vous êtes encore plus idiot que vous en avez l’air, notre Maître a un nom plus grand que le votre, rien que par sa naissance, sa famille et la famille de son épouse est protégée par notre souveraine, vous comptez faire quoi pour le faire tomber ? L’assassiner ? Salir son nom ? Autant que vous me laissiez vous trancher la gorge ça serait moins douloureux.

Le limier ne pu s’empêcher d’avoir lui-même un petit rire. C’était vrai que l’idée même de faire tomber le Dresseur était idiote, mais l’odeur de frustration et de malaise de l’homme qu’ils pourchassaient montrait qu’ils avaient soulignés un détail auquel il n’avait pas forcément réfléchit.

-Si je ne peux le détruire au sens propre, je le ferait au sens figuré, en lui prenant son chien humain chéri et son promeneur, il ne pourra plus prétendre retrouver qui que ce soit de cette manière, et sera affecté moralement ! Si je  me débrouille bien je pourrais m’engouffrer dans cette brêche et me faire un nom moi-même !

-Il est bien bancal votre plan...

L’énervement de la proie, devenue chasseur, devint plus grande et il beugla aux hommes qui attendait près de lui d’y aller. Le bruit de pas de course s’éleva, et au même moment Inu se sentit soulevé, puis jeté sur la selle du lézard qui s’agita sous le poids jeté sur lui. Mikhail lui mit rapidement les rennes dans les mains.

Qu-qu’est-ce que tu fais ?!

Désolé, mais j’crois qu’on a pas vraiment le choix, trop nombreux, trop armés, le lézard devrait savoir où aller.

Quoi ?! Non- Mikhail !


Trop tard, le lézar fonçait déjà, Mikhail lui ayant assené un coup sur l’arrière train pour le faire déguerpir. S’agrippant comme il le pouvait, le limier ne pu rien faire pour éviter de partir seul. S’éloignant très rapidement, il ne comprit pas ce que criait encore leur proie, mais comprit simplement que Mikhail empêchait quiconque de le suivre. Inu cherchait à parler à Mikhail, au moins à lui dire de fuir aussi, de le rejoindre, un soubressaut innattendu du lézard lui fit lâcher la bride et tomber, tête la première.

Quand Inu reprit conscience, il avait la sensation de brûler, malgré le froid qu’il ressentait autour de lui. Il essaya de se relver, mais avait la tête qui tournait, du sable rentrait dans son bandeau et il en avait plein la bouche également. Le limier mit de longues minutes à s’assoir simplement, s’essuyant la bouche comme il le pouvait, cherchant à rassembler ses esprits. Il avait un sifflement sourd dans la tête, et quand il retira son bandeau, il n’arriva pas a retirer tout le sable qu’il avait dans les yeux, le gênant désagréablement. Il avait soif, et faim aussi. Et surtout il se sentais vide.

Mikhail ? Mikhail !?

Aucune réponse ne lui parvint, au bout du lien qu’il avait avec Mikhail, il n’y avait plus rien, du vide, le lien était toujours là mais, que pour Inu. Le limier ne pu empêcher quelques larmes de perler à ses yeux, lui apportant une sensation encore plus désagréable lorsqu’elles se mêlèrent au sable, mais il s’obligea à ne pas continuer de pleurer bien vite. L’eau était précieuse, il ne fallait pas qu’il la laisse s’écouler ainsi, malgré le trou béant laissé par Mikhail dans son cœur. Il se leva, respira pour chercher une odeur, et sentit celle d’une magie de protection, qu’il suivit alors, espérant sentir quelqu’un à un moment, ou de l’eau.
***

Il faisait de nouveau chaud, signe que le soleil était levé. Il marchait depuis plusieurs heures et avait eu la chance de sentir un point d’eau dans la nuit. Il avait bu le plus possible. Il regrettait de ne plus avoir leur lézard avec lui, ce dernier avait des gourdes dans ses saccoches, il aurait pu boire et les remplir, là il devrait se contenter de l’eau qu’il avait bue. Il avait trouvé des petites choses à manger, des insectes surtout, ce n’était pas bon du tout, même complètement dégoutant.
Il était fatigué, marchait parce qu’il le fallait, sinon il aurait laissé ses jambes se dérober sous lui. Inu n’arrivait plus à analyser ce qu’il sentait depuis quelques heures, il ne faisait que suivre l’odeur de la piste protégée par magie, mais ne sentait rien d’autre. Des éclats de voix lointaints se firent entendre, flous, puis un peu plus nettement. Au début, il ne prêta pas du tout attention, il devait suivre la route, c’est tout, suivre la route pour arriver quelque part avec des gens.

-Monsieur ? Vous allez bien ?

Des mains s’étaient posées sur ses épaules l’arrêtant dans son idée de suivre cett ligne droite d’odeur. Il tourna la tête vers la voix, de femme, qui avait parlé et mit un temps avant de réagir. Ses mains attrapèrent l’une de celle posé sur son épaule, et il la porta à son nez, respirant à fond. Une odeur de terre humide, elle en téait impregnée comme si elle en venait, de fleur blanche, un léger parfum de mort mais surtout –paradoxalement- de vie. Inu sourit largement, quelques larmes filtrants à travers son bandeau. Il avertit Mikhail qu’il avait trouvé quelqu’un, quelqu’un était venu jusqu’à lui. Il serra cette personne dans ses bras, trop heureux de ne plus être seul, remerciant sa sauveuse.

-E-euh…

-Dis t’es seul ici ? Enfin, j’veux dire, t’as pas de… Maître ?

Une seconde voix, encore une femme, plus jeune apparament que la première, sans pour autant être celle d’une gamine. Ses jambes cédant sous l’effort, il se mit à genoux et avança vers elle, atrappant ce qu’il pouvait, à savoir une jambe, il sentit l’odeur de cette nouvelle personne. De la magie, beaucoup de magie, une odeur un peu sucrée et vanillée, et la terre, mais moins que l’autre jeune femme. Une deuxième personne, il n’aurait jamais cru avoir deux personne, deux sauveuses, il n’était pas seul, il n’était plus seul dans ce désert.
La jeune fille essaya de reculer, mais il ne lâcha pas sa jambe pour autant. Elle finit par le faire lâcher, et se mit à sa hauteur.

-T’es seul hein ? T’as pas l’air méchant. Tu veux venir avec nous ? On a un peu d’eau et à manger si tu as faim.

Inu hocha vivement la tête dès qu’elle parla de boire et manger. Ses lèvres étaient sèchent, son ventre vide, la sensation de soulagement le détendait et lui faisait entendre toutes les suppliques de son corps.

-Bon, tu peux te relever ? Inu secoua la tête négativement. Ah, je vais soulager tes jambes et on va trouver un coin où se poser D’accord ? T’as de la chance que je m’y connaisse en sort de guérison.

Une main se mit sur une de ses jambes, une douce chaleur l’envahie, plus fraîche que l’extérieur, comme si il était dans l'herbe, fraîche, sentant le printemps et la douceur. S'était une odeur mrveilleuse qui lui parvenait, celle de la magie de guérison de la jeune fille qu'il venait de rencontrer et qui lui offrait son aide. La magie s'estompa, ses jambes ne semblèrent plus percluses de douleur ou fatiguées.

-Mieux ?

Le limier offrit un grand sourire à la jeune femme, hocha la tête et la prit dans les bras. Elle sembla surprise, puis gênée, mais le laissa faire. Inu la laissa tranquille pour se relever, un peu en même temps qu'elle. Le reflexe qu'elle eu de lui prendre la main pour le guider le surpris autant qu'il l'avait surprise. Ils s'installèrent pas très loin, à l'ombre d'un arbuste, et le limier pu boire et manger un peu.
La guérisseuse reprit alors la parole.

-Ah, au fait, moi c'est Isil, et elle c'est Lys. Et toi tu es ?

Est-ce qu'il avait le droit de lui parler, le Dresseur l'aurait-il accepté ou non ? Pour le moment il ne savait pas trop quoi faire, alors il opta, pour une sorte de solution. Inu montra sa bouche, et prononça son nom, sans qu'il n'y ai de son bien sur.

- I, i n ou, Inu ? C'est ça ?

Agitant positivement la tête Inu offrit de nouveau un sourire à Isil.
***

[Referme moi les yeux...]

-Qu-quoi ? Non c’est hors de question.

[Je t’en prie Isil, je ne veux plus jamais que ça arrive, faire encore et toujours du mal à cause d’eux, ils sont maudits, je suis maudit, un monstre, je-]

-Non, non Inu. Tu n’as fais que me montrer la vérité, même si elle est assez dure, ce ne sont que des choses vraies. C’est ce que j’ai fais, je n’ai pas à te refermer les yeux à cause de mes actes.

Elle le prit dans ses bras, lui caressant le dos, et le serrant doucement contre elle. Lui gardait ses yeux fraîchement soignés, solidement fermés. Dire qu’elle venait juste de le soigner, d’appaiser ses yeux qui à cause du sable et du fait qu’il n’ai pas pu se laver, s’étaient infectés. Du sable de la poissière et des larmes s’était infiltrés entre les petits œillets qui étaient tenus entre eux par des fils. Isil avait nettoyé, découpé le fil qui avait commencé à se solidariser de la croute qui se formait, et une fois le travail terminé, il avait voulu la voir, la regarder.
Ca lui avait fait voir les morts, les morts qu’elle avait eu autour d’elle, à cause d’elle ? Tous ceux qui n’avait pas survécus lors de son aventure, leur souffrance, sa souffrance à elle lorsqu’elle avait brisé les sceaux, libérant des âmes tourmentées, libérant Lys qui souffrait de sa mort, de sa séparation d’avec son aimé, toutes les morts qu’il y avait eu pour en arriver à là, pour qu’Isil réussisse à accomplir tout ça.
Toute cette souffrance étalée, parce qu’il avait encore des reflexes idiots, ceux de vouloir chanter, de vouloir regarder, pour voir le visage de quelqu’un, celui aussi de vouloir demander quelque chose à Mikhail lorsqu’il se demandait quoi faire. Sauf qu’il n’y avait aucune réponse à l’autre bout, ses questions restaient sans réponses, ses reflexions sans réactions. Il avait apprit à vivre avec ces reflexes et le pic d’émotion que ça lui engendrait. Très souvent il refoulait tout, l’enfouissant profondément, et ça finissait par passer. C’est ce qu’il fit, il ravala sa tristesse et serra un peu plus fort Isil, avant que cette dernière ai un bruit d’estomac. Il sentit la jeune fille rire, puis l’entendit, et finalement il céda lui-même à un rire silencieux.
Il sentait la main de la jeune femme lui ébouriffer un peu les cheveux.

-J’ai le chic pour rendre un moment d’émotion ridicule. Je sais qu’il serait temps d’aller manger, mais je crois aussi qu’un bon bain nous ferait le plus grand bien.

D’accord

-Pfiou, maintenant qu’on peut communiquer c’est drôlement plus simple. Allez, viens, notre hôte m’a dit qu’il y avait une salle de bain par ici.

Inu la suivit en posant simplement sa main sur son épaule. Elle le guida dans cette maison à l’odeur de sable et de rouille. Une porte grinça un peu, puis un « haha ! » de satisfaction fut poussé par Isil, qui le fit entrer en premier. Elle fit couler l’eau dans une baignoire, lui retira ses vêtements en attendant. Le pantalon qui portait le collaitlorsqu’il touchait sa peau, signe qu’il était vraiment bien sale, il souleva du sable en retirant son haut, et l’odeur qu’il dégageait en dessous n’était pas très engageante. Isil lui dit qu’il pouvait entrer et se déshabiller, elle ne regardait pas. Retirant son dernier vêtement, il trempa sa main dans l’eau qui était chaude, mais pas assez pour qu’il se brûle. Il s’enfonça dedans, et prévint Isil lorsqu’il était enfoncé dans l’eau.
La jeune femme lui proposa alors de lui laver les cheveux tandis qu’il se lavait, ce qu’Inu accepta. Il n’était pas extrèmement pudique, depuis qu’on lui avait mit un bandeau sur les yeux et qu’il ne voyait donc plus, il oubliait qu’on pouvait le voir, et que s’il était nu, on le voyait donc nu. Ca ne le dérangeait donc pas qu’elle se trouve dans la même pièce que lui alors qu’il ne portait aucun vêtements.
***

Haldamir était parti précipitamment. Il avait parlé d’abomination, de grabuge dans le quartier sud d’Alatairë, il revenait, ils devaient rester ici tranquillement, Ulrike partait avec lui, il avait besoin d’elle.
Alors ils étaient ici, seuls, dans la maison du Gardien.

-Ca sent pas bon, vraiment, ça daube.

Isil tournait dans le salon en faisant les cent pas depuis au moins dix minutes, ses pieds imprimant a nervosité à chaque pas. Inu, intrigué, s’approcha de la fenêtre et sentit l’air un peu plus profondément. Il ne trouva pas plus d’odeurs déplaisantes que d’habitude, vraiment, Isil serait plus performante que lui en matière d’odorat ? Isil du remarquer qu’il reniflait car elle ajouta assez rapidement, après un léger rire.

-Pas dans ce sens là Inu, au sens figuré, j’aime pas l’atmosphère qu’il y a. Haldamir qui s’éclipse à l’autre bout de la ville d’un seul coup...

Isil, un groupe vient ici, ils sont plusieurs et armés, certains sentent la magie aussi, mais pas la même que la tienne, une magie sombre et pesante...

-J’avais dis que ça daubait... Viens, faut pas qu’on reste ici !

Elle l’attrapa par la main, prit autre chose de l’autre, leur sac de voyage sûrement, et ouvrit la porte pour les faire sortir. Ils n’eurent pas le temps de faire plus de cinquante mètres dans le sable chaud que la samildanach s’arrêta en jurant un peu, resserrant sa main sur celle d’Inu. Par le lien qu’ils partageaient à présent, le limier ressentit sa peur face au groupe qu’il avait sentit, et son espoir que le Gardien arrive à leur rescousse, car elle ne se sentait pas de taille. L’esprit d’Inu effleura celui d’Isil en une caresse réconfortante, lui soufflant qu’il était là, et qu’il l’aiderait du mieux qu’il le pouvait. Un sourire de l’esprit lui répondit.
Dans l’air, les odeurs d’abominations et de bataille se faisaient sentir pour lui. Haldamir se battait, mais pas que contre des abominations, non. On le retenait au loin. Il en avertit Isil immédiatement qui jura de nouveau entre ses dents, rassemblant son pouvoir, prête à se défendre corps et âme contre ceux qui leur voulait quelque chose. Certainement pas du bien en tout cas.

Tout ça était très silencieux, d’un coup, plusieurs personnes s’élancèrent en même temps, faisant vibrer le sol. La main d’Isil quitta la sienne, et une vague élémentale de terre déferla d’eux vers le groupe arrivant vers eux, qui s’effondra sous le choc. Plusieurs vagues de ce genre déferlèrent, tantôt venant d’Isil, tantôt des assaillants. La samildanach montrait des pouvoirs impressionnant, contrant les attaques envoyées, sans difficultés. Le limier ne bougeait pas derrière elle, impressionné, et souriant doucement. Ils allaient s’en sortir, Haldamir finirait par sortir de sa distraction, et arriver, et tout irait mieux. Même si savoir pourquoi ces hommes étaient là serait quelque chose à apprendre.
Un esprit s’invita dans le sien. Le limier n’eu pas le temps d’être surpris qu’une brusque sensation d’être électrifié de l’intérieur ne l’envahisse. Son corps se raidit, sa bouche s’ouvrit sur l’un des cris rauques et lugubres qu’il arrivait à pousser qu’en cas de douleur importante, et la douleur remonta rapidement le lien qu’il avait avec Isil. Cette dernière s’était arrêté depuis quelques secondes de répliquer contre le groupe.

-IN- !

Elle s’arrêta net, et hurla pour deux, la douleur l’envahissant par le biais de leur lien.
Puis ce fut le noir total, il ne sentait plus rien.

VI - Un petit mot ?

[Une édition qui fut longue et qui m'a fait un bien fou]


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Jahangir Qiang Sung
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MessageSujet: Re: Inu, esclave et limier.   Jeu 29 Aoû - 23:48

Très cher Inu, au plaisir de te revoir très bientôt.


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Isil
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MessageSujet: Re: Inu, esclave et limier.   Ven 30 Aoû - 11:15

Nunuuuuuuuuuuuu d'amouuuuuuuuuuuuur ! *gros câlinous*

Et je te décerne officiellement la palme de la présentation la plus longue, coiffant Marquise, Argental, et tous les autres au poteau. *lui remet officiellement un I d'or*

Bonne continuation !
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MessageSujet: Re: Inu, esclave et limier.   Ven 30 Aoû - 21:56

Oh le petit chou. Il en a fait lui aussi du chemin.

Bonne continuation Inu.


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Inu
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MessageSujet: Re: Inu, esclave et limier.   Sam 31 Aoû - 16:25

*Répond avec enthousiasme au câlin d'Isil, frottant sa joue contre sa tête*

[Isiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiil !!]

*Prend le I d'or avec un sourire frémissant, ému et fier, saluant la foule de l'autre main*

[Merci, merci. Je tiens à remercier Isil pour sa relecture et ses conseils, merci au public sans qui je ne serais pas là. ]

*Pose son I d'or sur le sol, se tourne vers Jahangir... Court et saute dessus, ne tenant plus, s'agripant à lui*

[Jahaaangir I love you ]


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Inu, esclave et limier.

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