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 Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville

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Soar Orombre
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MessageSujet: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Jeu 7 Mar - 21:29

Il faisait nuit quand le Suricate Rouge et Sellan rentèrent à l'auberge. Mizuki venait tout juste de s'installer. Ils avaient eu le temps de marcher jusqu'au souk, et Soar avait aidé Sellan à se choisir des vêtements, laissant en suite le choix final à l'expérience. Il lui avait aussi acheté un sac en peau, pour trimballer ses nouvelles affaires. En entrant au Nomade et la Lamia, ils furent accueillit par des odeurs de cuisine, qui rappelèrent à Soar qu'elle n'avait pas fini ses brochettes, et qu'elle avait besoin d'énergie. Son ventre gronda, et elle n'attendit pas Sellan pour s'installer à une table. Elle opta naturellement pour la place contre le mur, ayant vu sur l'entrée, mais aussi les possibles autres entrées de l'établissement. La table était située à quelques pas du couloir menant à Ilory. En cas de problème, Soar voulait être prête à déguerpir. Elle pourrait toujours revenir chercher ses affaires. Ses vieilles planques à Iskandar devaient encore tenir debout, du moins quelques unes. Elle n'aurait pas trop de mal à se cacher. De même, Ilory pourrait rester ici, si elle n'avait pas le temps de la récupérer, Khalil et Lamia s'en occuperaient. Au pire, ils refileraient le paquet aux Lionnes. La légionnaire se laissa donc tomber sur la chaise, s'affalant presque. Elle observa la salle, et mis à part des têtes familières, il n'y avait personne de suspect. Ce qui ne l'empêcha pas de rester aux aguets, malgré une posture plus que détendue.

-Dure journée ? badina Khalil, ta protégée va bien, elle dort. Elle n'a rien tenté, même quand Lamia est venue lui apporter de l'eau. Elle a mangé, mais...

-Je sais, elle a l'air malade. J'ai demandé à Onyeka de passer, elle la soignera.

-Tu as eu ce que tu voulais ?

-Pas vraiment, Soar haussa les épaules, je dois attendre qu'elles trouvent les réponses à mes questions. Mais je veux bien du vin, et de quoi manger, si c'est dans tes cordes.

Soar regarda Sellan, lui laissant le temps de demander ce qu'il voulait, et comme l'expérience n'avait pas tellement l'habitude de se genre d'endroit, ni même une idée générale de ce qu'on y servait, Soar fut un peu plus précise sur la commande. Khalil revint quelques minutes plus tard, avec un pichet de vin, et un autre d'eau, avec des rouleaux croustillants au fromage de brebis et aux herbes, une salade de tomates et de persils avec un peu de boulgour, assaisonnée de sel, de menthe et d'huile d'olive, et deux petits poulets grillés, dont les morceaux étaient à tremper dans une sauce blanche aillée. Soar attaqua sans se faire prier, calmant les protestations de son estomac. L'ambiance la réconforta, mettant du baume sur sa fierté meurtrie. D'un coup de dents rageur, elle arracha un morceau de chair du poulet, après l'avoir généreusement trempé dans la sauce. Elle mastiqua avec acharnement, se disant que lors de leur prochaine rencontre, elle serait libre de ses mouvements. Le guet la connaissait comme le Suricate Rouge ici, et elle avait plusieurs flirter avec l'illégalité, et fricoter avec les Lionnes ne la mettait pas dans leurs petits papiers. En cas de pépins, elle pouvait toujours sortir ses papiers, officiels, la marquant comme appartenant à la Légion Noire, et ayant la protection de l'ambassadeur de Cemenwin à Iskandar. Et Iskandar ne voulait pas se mettre à dos Cemenwin, son deuxième plus gros acheteur d'esclaves. En retour, Cemenwin vendait son vin, ses tissus, ses pièces orfèvrerie, etc. Le soudain accès de colère de Soar s'apaisa, alors qu'elle but une gorgée du vin d'Iskandar, plus épais que ceux de Cemenwin. L'alcool diffusa sa chaleur, et elle se détendit presque. Elle regarda enfin Sellan, s'adossant à son siège, trempant à nouveau morceau de poulet dans la sauce à l'ail.

-Si tu veux autre chose, n'hésite pas, articula-t-elle entre deux bouchées.

Le repas se termina avec une salade de fruits légèrement sucrée, de galettes au miel, ainsi que d'un thé aux épices. Les grondements venant du ventre de Soar s'étaient calmés depuis longtemps, la légionnaire attendit une bonne demi-heure, savourant le thé que Khalil lui avait servi, histoire de se laisser le temps de digérer. Quand son verre à thé, de couleur violette et ornés de peintures dorées, fut fini, elle se leva. Elle n'avait pas dit grand chose, et Sellan et elle avaient été trop occupé à manger pour se lancer dans une conversation. A dire vrai, la légionnaire sentait l'expérience encore gênée, mais il n'y avait que l'expérience et l'interaction avec les autres, qui pourraient l'aider à comprendre les subtilités du langage, à défaut de savoir lire les signes évidents de menace. Normalement, il aurait du réagir au quart de tour, rien qu'en sentant le danger et la menace émaner de cet enfoiré de tisseur.

-Je vais voir Ilory, annonça la légionnaire, tu peux faire ce que tu veux, mais ne ramène personne cette fois.

La remarque était gentille, et accompagnée d'un sourire. Soar délaissa donc sa table, et alors qu'elle passait devant le comptoir où se tenait Khalil, elle lui demanda la clef de la pièce du fond. Elle ajouta au passage qu'un dénommé Aluna viendrait sans doute la demander. Dépendant de l'endroit où elle était, Aluna n'aurait qu'à monter, ou à attendre que Soar vienne à sa rencontre. Elle décrivit brièvement le Tisseur à l'aubergiste, et prit en suite le chemin de la pièce où était enfermée Ilory. Elle espérait trouver l'humaine en meilleure forme, que lorsqu'elle était partie. Elle toqua à la porte, geste étrangement poli, alors que Ilory était enfermée, et avait encore une cheville d'entravée, attachée à un mur. Soar se méfiait encore, mais elle ressentait une certaine amitié pour l'humaine, qui, au contraire de Sellan, avait plus d'expérience avec les autres. Elle la savait aussi vulnérable sans Merkan, l'énorme panthère qui l'accompagnait. Elle ignorait où le gros chat pouvait se trouver. Soar déverrouilla la serrure et entra dans la pièce. Le passage de Lamia était visible, puisque Ilory bénéficiait d'un véritable matelas pour dormir, des draps frais, et de l'eau en quantité. Le baquet et le pot de chambre avaient été vidés, et les assiettes à moitié vides confirmait ce que Khalil avait dit à la légionnaire. Soar prit soin de refermer la porte, et de la verrouiller derrière elle.

-Tu te sens mieux, tu as pu dormir ?


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Ilory Falo et Merkan
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Sam 9 Mar - 18:26

Après que Soar l’ait quitté, Ilory s’était attendu à ce qu’elle soit oubliée. S’installant dans le seul coin de la pièce qui lui était accessible, elle s'y était recroquevillée dans l’attente qu'on se souvienne de sa présence. Il ne lui fallut pas attendre plus d'une heure avant d’entendre le déclic du verrou de la porte.
Une femme – qui de toute évidence n'était pas Soar – entra, bientôt suivit par un homme. Stupéfaite, elle les regarda faire entrer quelque chose dont elle ne s'était pas cru avoir le privilège : un matelas. Constatant qu’elle était toujours attachée et installée dans un coin, les intrus ne lui portèrent pas vraiment attention et positionnèrent le matelas contre le mur du fond, face à la porte.
Lorsqu'ils partirent, Ilory ne se fit pas prié pour se diriger vers ce cadeau appréciable. Ses jambes, ankylosées d'être restées si longtemps repliées, lui faisaient un mal de chien et, une fois bien installée, elle ne put résister à l'envie de fermer les yeux. Le sommeil ne tarda pas à la gagner.
Ses rêves furent tourmentés : d'anciens souvenirs qui se mélangeaient aux malheurs qui s'étaient dernièrement abattus sur elle. Elle courrait. Elle ignorait où elle allait, mais elle courrait. À toutes jambes. Sans s'arrêter. Sans se retourner. À la périphérie de sa vision apparut… quelque chose. Elle ne parvint pas à tourner la tête pour l'identifier, mais ce dont elle était sûr c'est que quelque chose clochait : elle courrait toujours, mais l'être, lui, restait immobile, comme si elle courrait dans le vide. L'être sembla se lever ou tout du moins c'est ce qu'elle déduisit lorsqu'elle remarqua qu'il faisait maintenant le double de sa hauteur initiale. Un sifflement aigu lui vrilla soudain les oreilles et elle vit l'être bondir sur elle.
Ilory se redressa en sursaut. La sueur perlait sur son front et elle avait le souffle court… comme si elle avait vraiment courue. Une fois qu'elle se fut convaincue que ce n'était qu'un rêve, elle tenta de dormir encore, mais le sommeil la refusa cette fois.
Il lui fallut un moment pour comprendre pourquoi : elle avait mal partout. Au départ, elle avait cru que c'était les effets de son cauchemar, mais maintenant elle n’en était plus très sûre.
Son museau la tiraillait, son oreille droite bourdonnait, ses poumons lui semblaient être en feu, ses griffes la torturaient et ses pattes et ses pieds lui paraissaient…
Museau ? Griffes ? Pattes ?
Ilory se redressa brusquement, comprenant soudainement que ses douleurs n'étaient pas les siennes… mais celles de Merkan. Elle chercha d'abord à calmer une panique naissante, puis se concentra sur ses sensations.
Son vifier était dans un très mauvais état. Ses jambes – dont elle avait d'abord accordée la douleur à son immobilité – étaient secouées par des spasmes réguliers. Merkan courrait donc en ce moment même et c'était sans doute la raison pour laquelle il lui avait semblé courir dans son rêve. Portant ses mains à son visage, elle retint un gémissement de douleur, car ses paumes de mains étaient parcourut de petites cicatrices et, lorsqu'elle les retourna, elle vit ses ongles : certains étaient cassés et élimés et même que l'un d'entre eux étaient fendu sur la longueur et saignait quelque peu. Ses ongles de pieds n'en menaient pas plus large lorsqu'elle les inspecta.
Ilory admira son courage, car si elle parvenait à ressentir – et à vivre – sa douleur à une telle distance, c’est qu'il souffrait énormément plus. Pas de sommeil, pas de nourriture, des blessures diverses et un corps prêt à s'effondrer auraient déjà eu raison de beaucoup de gens.
Ce n'est que là qu'elle comprit. Soar s'était interrogée sur son état et même elle n'était pas parvenu à comprendre ce qu'elle avait, mais maintenant tout était plus clair : Merkan puisait dans ses réserves à elle pour continuer. Elle n'était pas malade… simplement très épuisée. Et plus Merkan allait s'éloigner, plus il allait lui en prendre. À force de se surmener ainsi, il allait les tuer tous les deux.
Elle tenta de communiquer avec lui, mais échoua. La distance était beaucoup trop grande et l'état d'esprit de son ami ne le lui aurait pas permit même si elle aurait pu le toucher : il semblait s'être bloqué de tout. Comme un automate, il avançait sans se soucier du reste, sans se soucier de l'état dans lequel il était. Il n'en avait peut-être même pas conscience. La seule chose qu'Ilory parvint à traduire en des mots clairs étaient : cours, cours… cours.
Rien d'autre n'avait d'importance.
Elle se désola de lui avoir imposé une telle épreuve.
La porte s'ouvrit dans son dos, mais elle ne se retourna pas. Elle n'avait pas envie de parler, seulement de vivre l'épreuve de Merkan avec lui. Il lui fallut attendre quelques minutes avant de se rendre que compte que la personne qui était entré n'était plus là, mais il lui fallut une meilleure motivation pour se retourner…
Un plateau de nourriture avait été déposé à portée. La nourriture était alléchante, mais son estomac se retourna dès l'instant où l'idée de l'ingérer traversa son esprit. Elle la regarda quelques instants avant de se décider à s'obliger de manger ne serrait-ce que la moitié de ce plat : si Merkan puisait en elle pour continuer, elle allait devoir lui fournir ce qu'il demandait.
Elle grappilla dans les plats les aliments qui lui semblaient être les moins susceptibles de faire protester son estomac. Elle ne mangea pas tout, mais elle se sentait déjà mieux lorsqu'elle décida d'en rester là.
Prenant appuis de son dos contre le mur, elle fit à nouveau le constat de ses douleurs. Elle en était à essayer de nettoyer ses ongles avec l'eau du bac lorsque la porte s'ouvrit. Vu sa position il n'était pas nécessaire de feindre encore le sommeil. Elle se redressa donc pour voir Soar sur le pas de sa porte.
Elle lui posa une question et Ilory sentit un faible sourire étirer son visage.


- Oui, j'ai pu dormir, merci, mais non, je ne me sens pas mieux… Merkan est en train de nous tuer…


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Soar Orombre
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Dim 10 Mar - 21:27

En entendant la réponse, Soar écarquilla les yeux, une seconde s'écoula. Sans répondre à Ilory, rien qu'en voyant sa tête -malgré le fait que Khalil l'ait prévenu - elle déverrouilla à nouveau la porte, l'ouvrit, et gueula de toute sa puissance vocale :

-LAMIA !

Elle n'appelait pas Khalil, celui-ci aurait bien trop à faire, et pour ce que Soar allait demander, il lui fallait une femme. Les Lionnes n'appréciaient pas les hommes, tolérant seulement les Ai-Esu, êtres en partie féminins. Elle entendit le bruit des casseroles, alors qu'elle se retournait pour poser un regard inquiet sur Ilory.

-Je vais aller faire chercher de l'aide. Je ne peux pas me permettre que tu me claques dans les pattes, et si ton chat ou toi meure, vous êtes morts tous les deux. J'ai pas envie de te voir crever. Y'en a des vifiers dans la Légion, j'en ai vu mourir, et c'est pas beau à voir.

La femme de Khalil arriva, une Iskandaréenne, à la peau caramel, cheveux noirs épais et bouclés, retenus par un foulard, une longue robe simple, sans manches, de couleur parme, avec une ceinture de tissus autour de ses hanches, d'un fuchsia foncé. Soar échangea rapidement quelques mots avec elle, lui laissant voir l'état d'Ilory. Les grands yeux noirs de la femme s'écarquillèrent un instant avec horreur, alors que Soar lui expliquait ce que si passait.

-J'ai besoin d'Onyeka, maintenant. Elle m'a dit qu'elle passerait, mais ça ne peut plus attendre. Tu peux contacter les lionnes ?

Le regard de Lamia se fit plus sombre, elle le détourna en suite, le reportant sur la prisonnière de Soar, avant de soupirer.

-Je les contacterai, mais tu me devras une faveur, surtout si je me fais prendre.

-Ce que tu voudras.

Lamia s'éclipsa, et Soar referma la porte. Elle prit soin de la verrouiller, même si dans son état, Ilory ne pourrait pas aller bien loin. La rigidité militaire dont elle faisait preuve dans son maintient s'effaça, laissant place à une Soar plus accessible, moins focalisé sur sa mission, un visage amical, humain. Elle s'approcha d'Ilory, lui posa une main sur son front, brûlant.

-Essaye de boire le plus possible, tu ne dois pas te déshydrater, la chaleur est intense ici en journée. Tu as mangé, mais ce n'est pas suffisant. Et laisse moi faire pour tes ongles... par les couilles de Ceallach ! Tu aurais dû me le dire plus tôt ! Ou le dire à Lamia, elle m'aurait prévenue.

Un changement dans l'air, une légère vibration dans l'énergie, et l'armure de Soar fournit un petit sac en peau, fermé par deux boucles de métal. Soar défit ses boucles, abattant le rabat en peau huilée, dévoilant plusieurs petits pots.

-Je ne m'en sépare jamais, l'armure les garde pour moi, expliqua-t-elle par habitude, je vais nettoyer tes ongles, et les panser, ça aidera peut-être Merkan, si les tiens ne sont plus dans un sale état.

Alors faisant doucement, mouillant les pieds d'Ilory, Soar entreprit, à l'aide de petits instruments fournis par l'armure, par couper les ongles cassés, faisant très attention à ne pas la faire saigner plus, y allant avec des gestes délicats et très doux, chose surprenant pour la Légionnaire qui avait toujours été un peu brusque. Elle manipula donc les orteils d'Ilory, sans même que celle-ci ait pu refuser, ni même protester. Soar nettoya les plaies, à l'aide de linges apportés par Lamia, qui était revenue - Soar avait dû rouvrir la porte - et qui avait pu contacter les Lionnes via une pierre de Parlotte. Onyeka arriverait dès que possible. Soar entreprit en suite de passer, avec le doigt, une pâte odorante, fleurant les plantes et le miel, sur les plaies des pieds d'Ilory.

-Je ne te mets pas de pansements, je te remettrais de l'onguent aussi souvent qu'il faut. Onyeka est une vieille amie, elle sera capable de te requinquer à défaut de pouvoir guérir directement Merkan.

Soar ignorait ce qui arrivait au gros chat, mais ça ne sentait pas bon. Les plaines de sables étaient un endroit dangereux, pas seulement à cause des Abominations, qui ne s'éloignaient pas des alentours d'Alatairë, du moins, hors de la vue de la cité, si ce n'était très rarement, mais également pour d'autres bestioles telles que les vers des sables, ou les hurleuses... Et autres créatures peu engageantes. Continuant dans les soins, Soar prit en suite, une à une et doigt par doigt, les mains d'Ilory, leur faisant subir le même traitement, s'arrêtant parfois pour faire boire ou manger la jeune femme. Lamia avait amené ce que Ilory pensait pouvoir manger sans vomir. Soar en profita pour raconter ce qui s'était passé après son départ, relatant sa rencontre avec les Lionnes et celle avec Aluna, l'étrange tisseur.

-J'attends que les Lionnes aient les informations que je cherche, avant de contacter la Légion. Mes actions dépendront de la réponse, même si je ne retire pas ce que je t'ai dit tout à l'heure. Personne ne sera derrière mon dos pour vérifier ce que je fais... Maintenant tu as les doigts poisseux d'onguent, si tu veux boire ou manger tu me demandes, inutile d'en étaler partout.


Un coup à la porte, et la Légionnaire se releva souplement, d'une poussée sur ses jambes. Elle déverrouilla la porte, et laissa entrer la métisse, prenant soin de bien refermer derrière elle. Onyeka avait dompté sa crinière rousse avec un serre-tête doré, dégageant son front, qu'elle avait laissé encadré par deux mèches bouclées. Le reste de ses cheveux, retenus en arrière, flottaient librement sur ses épaules. A ses oreilles pointues pendaient des boucles en forme de goutte, cuivrées, avec des petites breloques dorées. Un collier ceignait son cou, deux bracelets dorés étaient passés en haut de ses bras, et plusieurs autres tintaient à ses poignets. Ses yeux vert-doré était rehaussé d'un trait noir et de fard vert citron, sa bouche peinte d'un rouge assez discret, se mariant avec sa peau chocolat au lait. Elle était vêtue sur le même modèle que Soar, sa poitrine rebondie enserrée dans un corset court, rouge, souligné d'or sur les coutures. Elle portait deux jupes superposées, l'une indigo, et l'autre bleu turquoise, frangée d'or elle aussi. Et elle était chaussé de bottines souples en tissus rouge et à bout pointue, elle aussi frangée d'or. Son nez se fronça alors qu'elle regardait la pièce, et elle jeta un regard noir à Soar.

-J'ai pas eu le choix, grimaça Soar, mais ce n'est pas une esclave, et je ne compte pas la vendre. Son compagnon de Vif est en train de la tuer. C'est pour ça que je t'ai appelée. Onyeka voici Ilory. Ilory, Onyeka.

Ses brèves présentations faites, Soar se recula dans un coin de la pièce, pour ne pas gêner la magicienne dans la pratique de son art. Elle précisa avait soigner les pieds et les mains. Onyeka s'était mise sur les genoux, à coté d'Ilory, l'examinant du regard, palpant parfois son corps, ou bien passant la main au dessus.

-Au moins tu la soignes, renifla la métisse encore en colère de ce qu'elle avait découvert, mais je veux qu'une fois mon travail achevé, tu lui enlèves cette chaîne, je me fiche de tes protestations Soar, je ne ferais rien si tu ne lui enlèves pas ! Si c'est une femme libre, elle n'a pas à être entravée.

-C'est bon, t'énerve pas, je comptais le faire de toute façon.

Les yeux d'Onyeka montrèrent bien qu'elle restait dubitative, puis elle reprit son examen, jusqu'à ce que doucement, la paume de ses mains s'illuminent d'une lueur verte, la même qui se mit à se faire luire ses yeux. Soar sentit s'élever dans la pièce des parfums typiquement Esgaliens, fleur d'oranger, miel, cumin et safran, noisette grillée, mais aussi des senteurs vivifiantes, romarin, menthe. Tout cela provenait de la magie d'Onyeka, et Soar savait que tous les guérisseurs avaient cette particularité. C'était comme si projeter des choses qu'ils appréciaient, permettaient de baigner le blessé ou le malade dans une atmosphère rassurante, sereine, détendue. Onyeka passa ses mains au dessus de la peau d'Ilory, faisant luire celle-ci de vert au passage. Elle s'attarda longuement sur certains endroits. Soar ignorait depuis combien de temps elle avait commencé, mais la légionnaire avait fini par s'assoir sur le sol, regardant la Lionne faire, et voyant Ilory reprendre des couleurs peu à peu. Elle ne se leva que sur l'ordre d'Onyeka qui lui demanda de la lumière, et Soar alluma les lampes, avant de retourner s'assoir. Onyeka continua de passer ses mains au dessus d'Ilory, la touchant parfois. Son beau visage affichait une expression concentrée, attentive, réactive, mais concentrée. Elle n'avait d'yeux que pour sa patiente, ne se préoccupant que d'elle. Elle sentait l'épuisement de son corps, le manque d'énergie, dû à des privations, dont elle n'avait pas elle-même souffert, mais dont elle souffrait par le biais de son lien.
Finalement, la lumière dans les mains d'Onyeka s'éteignit, et elle retomba sur ses fesses, épuisée. Elle ne priva pas, ni ne s'embarrassa à demander si elle pouvait, mais elle but un grand verre d'eau, et elle mangea dans les assiettes apportées par Lamia. Finalement, s'essuyant la bouche d'un revers de main, elle énonça son diagnostique.

-Il va falloir que tu manges, beaucoup, même si tu dois t'empêcher de vomir, mais il va falloir que tu t'alimentes pour deux, si tu ne veux pas que ça recommence. Je t'ai rendu à ton énergie, mais cela ne suffira pas. Il faudra que tu dormes correctement également, mais te nourrir est primordial !


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Sellan
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Jeu 14 Mar - 13:17

Le calme revint dans l'esprit de N°7 alors qu'il posa son arrière-train sur la chaise en face de Soar, dans l'auberge où ils avaient élu temporairement domicile, le temps de savoir où chercher la proie qu'ils recherchaient. L'Expérience en aurait presque oublié la traque, avec toutes ces péripéties, qui lui avait presque chamboulé la tête, lui enjoignant d'étranges sentiments, donnant lieu à d'improbables situations. Sellan avait été plus ou moins entraîné à réagir au mieux selon les évènements, les émotions qu'il avait vu étrangement poindre en lui avait contribué à ce qu'il perde ses moyens. Soar ne semblait pas lui en vouloir, et il pouvait le comprendre ; dans le fond, Aluna n'avait pas été hostile, et rien n'aurait pu présager qu'il puisse se montrer si retors, ou si vif à répondre aux provocations de la Légionnaire.
Sellan entendit qu'Ilory allait plutôt bien, au vu de son état. Elle avait été assez amoché, principalement grâce à l'hybride génétique qui ne s'était pas privé de la secouer. Encore une conséquence de ses sentiments, un auquel il était habitué, raison qui avait poussé les Créateurs à ne pas le faire insensible : la colère, la rage, le désir de vengeance. Et il n'était pas franchement doué pour tempérer ce genre de choses. Il avait juste envie de brutaliser la jeune femme, compensation pour l'absence de son compagnon qui l'avait mordu jusqu'au sang, entachant quelque peu son estime en tant que guerrier d'élite. Et il comptait bien finir par retrouver l'animal, et se confronter à lui.

La nourriture, voila une chose qui détourna quelque peu ses pensées. La journée l'avait quelque peu épuisé, même s'il était très endurant, il préférait économiser ses forces, sait-on jamais. Les imprévus arrivent si vite, il vaut mieux être prêt à les recevoir. C'est pourquoi l'Expérience ne se gêna pas et entama l'un des poulets sans préambule, nappant la petite volaille d'un peu de sauce, puis commençant à déchiqueter à coup de dents la carcasse et ce qui était dessus. Ses puissantes mâchoires au dents carnassières n'eurent aucun mal à briser les os avec un bruit désagréable, et il n'avait à priori pas l'intention de recracher les os ; il les mâchant et les avalaient, sans aucun problème. Puis il laissa retomber un peu ce qui avait quelques instants plutôt la forme et l'apparence d'un poulet, pour prendre un couvert et s'attaquer aux autres plats ; il reviendrait plus tard au poulet. Cependant, sa gourmandise fut interrompu par une tirade de son amie.
Avec un grognement, il fit comprendre à Soar qu'il avait saisi. Il lui semblait qu'à son sourire, elle se moquait gentiment de lui, et instinctivement, il éprouva le besoin de se montrer grognon. Sans doute pour marquer clairement qu'il était contrarié par cette rencontre. Du moins, ses conséquences ; l'air de rien, il avait apprécié ce curieux personnage, et espérait qu'ils puissent le revoir. C'était bizarre, nul doute que le caractère extravagant, et son doigté agile, lui avait fait un certain effet, donnant envie à l'hybride génétique d'être plus longuement en sa compagnie.
Mais allait-il oser venir ? Et eux, resterait-il alors qu'Aluna pouvait venir ? La seule certitude qu'avait vraiment Sellan, c'est d'être fait pour tuer, et qu'en cas de besoin, ses griffes tailladeraient la chair avec l'aisance de l'acier, coupant os et métal comme s'ils étaient verre et papier.

Il redemanda à l'homme qui tenait l'endroit d'apporter plus de rouleaux au fromage, ou plutôt de "cylindre doré très très bon". Il savait différencier la viande des végétaux, mais le reste était assez difficile. Notamment à cause de ce qui pouvait entrer dans la catégorie "nourriture", ou plutôt ce qu'il pouvait être capable de digérer, ce qui incluait beaucoup de chose, parmi lequel les métaux, le bois, la chair putréfié... bien des choses en sommes. Mais les rouleaux a fromage entrait dans la catégorie "bonne nourriture", et Soar avait dit qu'il pouvait demander ce qu'il voulait. Même s'il se retiendrait probablement, la Légionnaire pourrait en venir à regretter un tel choix...
Entre-temps il avait entendu Soar hurler, la femme de l'auberge remonter, redescendre, puis alors qu'il continuait à manger, revenir avec quelqu'un d'autre, ses iris couleur de sang fixant ces deux femmes remonter vers Soar, et Ilory. Quoi qu'il se tramait, Sellan espérait que si leur captive devait mourir, ce serait de ses mains ; elle ou son compagnon, il avait cru comprendre que si l'un meurt l'autre aussi. Une idée lui traversa soudain l'esprit : il pourrait ainsi se venger du gros chat qui l'avait blessé... mais il devait s'abstenir de cela pour le moment, elle était utile pour la mission. Et Soar ne voudrait peut-être pas que l'Expérience l'exécute... un épineux problème.
Prenant un verre d'eau, il chassa ses pensées, et fourra dans sa bouche garnie de crocs aussi durs que ses griffes un des rouleaux au fromage, tout en veillant de son regard acéré sur la salle...



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Ilory Falo et Merkan
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Dim 17 Mar - 6:15

Ilory ne s'était pas attendue à une telle réaction de sa part. Se retournant d'un bond, Soar rouvrit la porte et appela de l'aide. La regardant d'un œil curieux, Ilory l'observa se retourner vers elle et dut prendre un court instant pour parvenir à comprendre ses paroles. Lorsqu'elle insinua le sort réservé à ceux possédant le même don, elle frissonna. Elle en avait déjà vu elle aussi.
La femme qui prenait soin d'elle entra alors et Ilory observa l'échange des deux femmes et sentit le soulagement l'enlacer… même si elle savait que Soar ne souhaitait véritablement la garder en vie que pour les informations qu'elle détenait. Elle soupira de dépit face à l'ironie de la chose.
Lamia partit et Soar revint vers elle. Lorsqu'elle approcha, Ilory observa avec admiration son armure céder la place à des vêtements plus adéquats à la situation. Elle aurait adoré en avoir une identique. Se baissant à sa hauteur, Soar posa sa main sur son front. Ilory fut subitement prise de l'envie de la mordre et, heureusement pour elle, elle s'éloigna juste à temps. Soar ne sembla pas avoir remarqué son hésitation et Ilory détourna le regard, confuse.
Soar parla encore et, à nouveau, Ilory dut se concentrer pour parvenir comprendre le sens de ses mots. Elle la rabrouait de ne pas l'avoir prévenue… Se souciait-elle donc vraiment de son état ? Lorsqu'elle lui prit la main et jura, elle n'eut pas besoin d'avoir meilleure confirmation.
La regardant d'un œil curieux, Ilory l’observa en penchant la tête sur le côté. Il lui était étrange de constater que son état la préoccupait autant. Elle, elle n'en avait rien à faire. Ça lui était égal d'être faible, blessée ou affamée. Pire encore, elle se foutait même qu'elle ait appelé des renforts.
Rien n'importait…

Son armure changea encore, faisant apparaître un petit sac dans la main de sa porteuse. La femme lui expliqua alors… quelque chose qu'elle comprit à peine. Secouant la tête, Ilory chercha à chasser le brouillard qui gagnait son esprit. Apparemment, la confusion qui régnait dans celui de son compagnon semblait être en train d'envahir le sien, mais elle chassa ses sensations d'un grondement agacé…
Avec de petits instruments sortit de sa trousse, la femme en armure s'engagea alors à nettoyer ses ongles de pieds. À de nombreuses reprises, elle fut prise de l'envie de grogner et lui envoyer ses pieds à la figure, mais quelque chose l'en empêcha. Comme une petit voix tout au fond d'elle.
La femme parla, tentant apparemment de détourner son attention. Ses paroles lui paraissaient amplifiées et modifiées, ses oreilles ne semblant pas être à même de décortiquer ces sons, mais elle comprit après s'être repassé ses paroles en boucles : elle lui annonçait que quelqu'un venait. Qui ? Elle n'en avait pas la moindre idée.
Une fois qu'elle eut délaissé ses pieds, elle s'attaqua à ses mains. Elle dut alors faire preuve de beaucoup de maîtrise, car, non seulement elle lui faisait mal, mais c'était très peu agréable : à plusieurs reprises même elle crispa ses doigts en contenant de peine et de misère un grondement préventif.

L'autre femme revint et elle y porta vivement attention, car une odeur accompagna sa venue. Une odeur, alléchante : de la nourriture… et en quantité. À peine eut-elle déposé ce festin près d'elle, qu'elle voulu s'y jeter, mais l'autre femme – celle avec l'armure étrange – la retint en agrippant ses mains. Elle ramena alors lentement son attention sur elle et lui jeter un regard de mépris : était-elle cruelle au point de lui mettre de la nourriture sous le nez et de refuser qu'elle y touche ? Après un bref moment, sa geôlière pigea dans le plat et lui amena un pilon de poulet à la bouche. D'abord suspicieuse, elle finit par céder à ce caprice. Elle n’allait quand même pas se plaindre qu'elle la nourrisse. Elle fut cependant déçue en constatant que la viande était cuite. C’était dommage, mais elle n'allait pas s'en priver pour autant.
Il avait si faim…
Une fois qu'elle l'eut nourrit, la femme en armure se remise à parler et à s'occuper de ses doigts, tentant sans doute de distraire son esprit. Elle parlait… d'un homme, ou du moins c'est ce qu'elle comprit, d'un tisseur… puis elle évoqua des lions, une légion et sa recherche d'information avant de parler d’onguent. C'était comme si elle avait pigé d'un chapeau des sujets aussi opposés en connivences que pouvaient l'être le dragon et le papier.

Et puis soudainement, elle ne fut plus auprès d'elle. D'un regard lasse, elle parcourut la pièce et la trouva près de la porte en compagnie d'une autre personne. Elles échangèrent peu de mot, mais elle n'essaya même pas de comprendre leur dialecte : leurs paroles n'étaient maintenant plus qu'un enchevêtrement de sifflement et de claquement de langues qui ne voulaient rien dire. Et c'était particulièrement agaçant et totalement sans intérêts. Ne savaient-elles donc pas se taire ? Apprécier une conversation silencieuse ? Ilory comprenait, elle…
Puis la nouvelle venue s'avança dans la pièce, venant, de toute évidence, dans sa direction. Elle s'agenouilla près d'elle et tendit la main pour la toucher.
Elle gronda et voulu la repousser, mais ce n'est que là qu'elle réalisa à quel point son corps était lourd. Elle n'arriva même pas à soulever la main pour repousser la sienne. Elle geignit lorsqu'elle réalisa que, si jamais elle l'attaquait, elle n'aurait même pas la force de la mordre. Mais étrangement, elle ne fit que palper son corps, comme si elle était une nouvelle curiosité. Au bout d'un moment, elle se retourna vers sa geôlière et elles échangèrent quelques mots.
Pour elle, c'était comme d'essayer de comprendre parler des mouches : elle s'en foutait royalement, mais elles étaient suffisamment agaçantes pour attiser sa colère et son envie de les tuer.
La nouvelle venue revint alors à elle et recommença son exploration de son corps. Serrant les dents, elle s'assura que la mouche n'osait pas se poser trop longtemps au même endroit. Ses poings se crispèrent et sa mâchoire se raidit alors que ses yeux enregistraient ses moindres déplacements dans l'attente d'une attaque qui ne saurait tarder.

Cela faisait quelques minutes que la femme s'exécutait lorsqu’elle sentit un étrange picotement. Comme si son corps perclus de fatigue retrouvait sa mobilité. Rouvrant les yeux – elle ne se souvenait étrangement pas de les avoir fermés – Ilory explora la pièce d'un regard curieux, comme si c'était la première fois qu'elle la voyait. Elle ramena finalement son regard à ses mains. Les tournant et les serrant, elle les regarda comme si elles lui étaient soudainement étrangères…
Du bruit attira sa curiosité et elle eut un brusque mouvement de recul lorsqu'elle vit une femme qu'elle ne reconnue pas assisse près d'elle. Elle parlait, lui ordonnant de manger et de dormir…
Pourquoi donc ?
Ilory la regarda d'un œil curieux, puis porta ce dernier à Soar, qu'elle vit assisse contre le mur plus loin.


- Qu'est-ce… qu’est-ce qui s'est passé ? Parvint-elle à articuler d'une voix si faible et enrouée qu'elle dû tousser avant de se répéter. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qui êtes-vous ? Demanda-t-elle à l'attention de la nouvelle venue.

Elles eurent à peine le temps d'esquisser une réponse qu'un mal de crâne atroce l'assaillit. Elle hurla avant de se laisser tomber sur le côté et de porter ses mains à sa tête. Son corps se mit à trembler de façon incontrôlable et elle se recroquevilla. Elle sentit des mains se poser sur elle et entendit des voix, mais elle refusa de bouger ou de cesser de hurler.
Il avait si mal.
Griffant son cuir chevelu, elle espéra en faire sortir la douleur, mais elle ne fit que s'amplifier.
Soudain, son corps se détendit en entier. Elle sentait une force étrange envahir son corps. Ouvrant brusquement les yeux, elle fixa la fautive qui avait osé la toucher et lâcha un grognement préventif. Comme ça ne sembla pas suffir, elle dit :


- Enlevez vos pattes de sur moi…


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Soar Orombre
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Dim 17 Mar - 11:49

-Onyeka... Je ne crois pas qu'elle puisse t'entendre, avança prudemment Soar qui se demandait si la métisse n'allait lui en coller une au regard qu'elle lui jeta.

Onyeka s'était épuisée pendant près de deux heures à réparer des lésions qui n'étaient pas sur le corps d'Ilory, mais sur celui de Merkan, dont Soar ignorait la position exact. Si elle avait su, elle n'aurait pas tenté de confronter la jeune femme, lorsqu'ils avaient traversé la Piste Brune. Mettre la main sur Dosiän Del'Nor était primordial, c'était le cœur de sa mission, mais Ilory, du point de vue Soar, était d'abord une civile, de même que son gros chat. Elle savait l'humaine apte à se battre, à survivre, mais elle n'était pas en mission. Elle n'aurait pas dû venir. Les soupçons de Soar à son égard étaient toujours là, l'humaine ne devait pas avoir tout dit, elle savait encore des choses, que Soar ignorait, concernant l'ancienne officier qu'elle traquait. Le plus étrange dans cette histoire, était ce dernier d'ailleurs. Dosiän Del'Nor avait subitement disparu, comme ça, il était sorti du quartier de la Légion Noire, et n'était jamais revenu. Les désertions arrivaient parfois, mais rarement, chaque Légionnaire était au moins fidèle à quelque chose, et si ce n'était à leur Reine, adulée par bien des légionnaires, et qui tenait les officiers d'une poigne de fer, les autres se battaient pour Cemenwin, dont l'indépendance avait été chèrement payée. Ou pour d'autres raisons plus personnelle. La vie à la Légion était dure, mais elle apportait aussi son lot d'avantages, et surtout, du soutient, une famille. Chaque corps de légion était soudé. Soar éprouvait le même genre d'amitié à l'égard d'Ilory que pour ses camarades légionnaires. Elle en était venue à apprécier l'humaine, qui était complète, contrairement à Sellan, qui malgré un esprit acéré, manquait de subtilité, et de véritable expérience. Alors oui, quand elle l'avait vu agonisante, le sang de Soar n'avait fait qu'un tour. Elle en avait vu des légionnaires agonisants, d'autres Compagnons du Lien mourir d'une lente agonie, ou brutalement, lorsque l'un des deux mouraient. Certains résistaient à l'emprise de Dämons, mais la magie harmonieuse qui unissait alors jusqu'ici ces couples étranges, devenait alors destructrice et dévorante. Le compagnon restant finissait toujours par mourir. Soar ne voulait pas voir Ilory mourir. Elle aimait la jeune femme, et celle-ci, après deux heures de soins intensifs, semblait reprendre conscience. Elle posa des questions, et Onyeka eut un regard troublé.

La guérisseuse s'était démenée, elle avait senti l'autre conscience, une conscience Féline, souffrir autant que sa compagne. Alors Onyeka avait mobilisé tout son savoir-faire, sa magie et son énergie, à soigner avec douceur les deux corps meurtris par le biais d'un seul. Un exercice difficile, qu'elle n'avait pratiquement jamais eu l'occasion de faire. Elle n'avait soigné que peu de Liés, et souvent, compagnon et familier étaient à coté l'un de l'autre. Jamais elle n'avait eu de cas comme celui-ci, et elle dut faire de terrible effort. Elle avait senti la confusion, mais persista dans son ouvrage de réparation, d'apaisement de la souffrance. Sa magie dégageait une odeur d'herbes fraîches, comme un vent vivifiant, mais aussi des odeurs plus sucrées en arrière plan, destinée à apaiser les sens à vif du patient pendant le processus de guérison. La Lionne avait alors oublié où elle se trouvait, Soar assise plus loin, cible de sa colère quand elle avait vu la chaine à la cheville de l'humaine, ne concentrant que sur son pouvoir, sa tâche et ses patients. Elle était épuisée, mais quand elle donna ses instructions Soar avança que la jeune femme, Ilory, ne pouvait pas l'entendre. Elle jeta un regard furibond à la mercenaire, ses yeux verts brillant d'un feu de colère. Elle allait lui balancer une réplique cinglante, quand l'humaine posa des questions, confirmant l'hypothèse de la légionnaire, confirmant la confusion qu'elle avait senti. Onyeka allait répondre, les mains toujours posées sur le corps d'Ilory, la lumière au creux de ses paumes diminuant en intensité. Et puis soudain, la jeune femme se tordit de douleur, et Onyeka chercha à savoir d'où cette douleur pouvait provenir, craignant que le félin qu'elle sentait, ne soit en train de mourir.
Soar perçut le changement, comme une odeur différente, une présence différente, ce n'était plus Ilory dans la pièce, bien qu'elle ait été là quelques instants, de nouveau lucide. Soar ne s'était pas aperçu de la confusion de la jeune femme, bien qu'elle ait perçu sa réticence quand elle avait soigné ses mains et ses pieds. Réticence disparue quand elle l'avait nourri, portant les morceaux de viande, de pain plat, et de légumes à sa bouche. Elle avait même pris soin de récurer chaque assiettes, imbibant le reste de pain de sauce, de jus de viande, avant de les porter à la bouche de la jeune femme. Ilory avait d'ailleurs manger avidement, mastiquant étrangement. Et maintenant, Soar était surprise, elle ignorait que ce qui venait de se produire était possible. Onyeka entendit le grognement, et finalement, l'ordre. Bousculée par l'agressivité soudaine de l'humaine, la guérisseuse recula, comme si elle s'était brûlée. Soar s'était relevée promptement, et s'était approchée, gardant quand même ses distances.

-Onyeka recule tu veux. Ce n'est pas Ilory n'est ce pas. Tu es Merkan, énonça calmement la Légionnaire.

Si elle avait vu juste, c'était la panthère qui était dans le corps de la jeune femme. Alors peut-être Ilory était-elle dans le corps de l'immense panthère ? Onyeka recula comme le lui avait demandé Soar, ne comprenant que lorsqu'elle entendit le nom de Merkan. Ce devait être le félin, déduction simplement, en mettant bout à bout ce nom qu'elle n'avait pas entendu, et le grognement. Le changement d'attitude de la jeune femme. La guérisseuse, alors incertaine, recula, elle était épuisée, et le contre-coup de la magie de guérison se faisait ressentir. Onyeka recula jusqu'à la porte. Laissant, Soar gérer, tout en gardant un oeil sur la situation.
La légionnaire restait d'ailleurs à bonne distance. La dernière fois qu'elle avait vu Merkan, ils n'étaient pas en bons termes. Une bonne chose que Sellan soit resté dans la salle. Et cette pièce était suffisamment loin pour qu'il ne puisse pas sentir la présence de la panthère. Soar ne savait pas pourquoi, mais elle pressentait que l'expérience pouvait sentir ses ennemis à des kilomètres à la ronde. Elle même restait alors prudente, ne montrant aucune hostilité, se contraignant à un calme parfait, chose que sa discipline lui permettait. Elle avait déjà commis une erreur cette après-midi, en perdant son sang froid face au Tisseur, elle n'allait pas recommencer.

-Tu devrais la remercier, fit doucement Soar, c'est elle qui vous a soigné toi et Ilory.

Soar ignorait jusqu'à quel point elle pourrait discuter avec la panthère, mais la magie du Lien transformait l'intellect de l'animal choisit comme compagnon. Cet intellect était alors ajusté au mode de pensée et de communication de la personne à laquelle l'animal acceptait de se lier. Un processus que Soar connaissait mal, n'étant pas mage, ni Compagne de Lien.


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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Dim 24 Mar - 5:38

Les odeurs étaient agréables. C'était bien la seule chose de plaisante dont elle était consciente. La lumière était trop vive, le sol trop mou et les bruits trop forts. Mais les odeurs étaient délicieuses. Une sorte de mélange entre les fleurs, les épices… la sueur et la peur.
Grondant de douleur, elle se tordit sur le côté. Pourquoi avait-elle si mal ? Son crâne la torturait comme si on y jouait du couteau alors que son corps lui paraissait en feu. La confusion était totale.
Des bruits de pas l'obligèrent à ouvrir les yeux. Les premières choses qu'elle vit furent des mains, serrées en poing devant son visage, et il lui fallu prendre un court instant avant de brutalement réaliser qu'elles étaient siennes. La confusion augmenta d'un cran, mais des sifflements agaçants l'obligèrent à en détourner son attention.
Ses yeux se posèrent alors sur un humanoïde femelle chétive et à la peau blanche. Elle dégageait une odeur de cuir et de sueur alors que son faciès laissait transparaître une certaine inquiétude.
La douleur lui brouilla alors la vue, l'obligeant ainsi à rompre le contact visuel. Enfonçant son visage dans le sol moelleux, elle chercha à combattre ce mal étrange. Ses doigts se crispèrent sur le tissu et ses jambes se recroquevillèrent sous elle.
À nouveau, la femelle humanoïde la harcela de ses sifflements agaçants. Elle ne se donna même pas la peine de rouvrir les yeux, laissant plutôt s'échapper un long grondement irrité de sa gorge. Elle n’en avait rien à faire de ce qu'elle disait, tout ce qui lui importait était que la douleur s'arrête. Une douleur atroce et dont elle ne comprenait pas l'origine.
Elle resta longtemps immobile, respirant difficilement et tentant d'empêcher son corps de céder aux tremblements de faiblesse.
Soudain, une idée étrange se traça dans son esprit. Appeler à l'aide. Pourquoi et surtout qui ? Rouvrant difficilement les yeux, elle chercha l'humanoïde : elle était toujours là. Pourquoi était-elle là ? Une question pourtant simple et pourtant si difficile à répondre. Elle ne l'avait pas attaquée, ce qui la poussa à croire qu'elle n'était pas une menace. Oui son corps était perclus de douleur, mais elle était persuadée que ce n'était pas de son fait.


- Soar…

Ce sifflement était sortit de sa bouche et elle n'avait aucune idée de sa signification. Pourtant, aux vues de la réaction de l'humanoïde, elle, elle avait comprit.

- Elle… m'en a trop donné. Un choc pour lui… son esprit, attiré dans le mien…

Un tremblement agita ses muscles et elle cria. Sa respiration se fit plus profonde et elle crispa à nouveau ses doigts dans le tissu sous elle. Elle prit quelques secondes de silence pour s'assurer que cet accès de douleur était passé. Il n'était pas question de céder à ce mal.

- Il refuse… d'y retourner… je crois qu'il ne comprend pas. Je ne sais… pas quoi faire. (Nouvel accès de douleur, suivit d'un cri de colère) Retourne dans ta tête, gros imbécile !... Tu vas mourir !

La confusion était maintenant à son summum. Que se passait-il donc ? Pourquoi disait-elle de telles choses ? Y avait-il… quelqu'un d'autre dans sa tête ?
La panique prit brutalement la place de la confusion. Hurlant à plein poumon, elle se traina à l'écart en se démenant comme une proie. Acculée contre un mur, elle s'y recroquevilla en prenant garde d'avoir l'humanoïde dans son champ de vision. Sa respiration se fit sifflante et un tournis horrible l'assaillit.
On essayait de l'expulser de sa propre tête…


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Soar Orombre
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Mer 27 Mar - 22:02

-Par les Dieux ! Onyeka fait quelque chose !

Soar s'était tournée vers la guérisseuse, affolée par la situation. La panique faisait vaciller son assurance, et la situation n'était pas mieux, si non pire qu'avant l'intervention de la guérisseuse. La légionnaire ne pouvait rien faire, la magie, en dehors de celle qui faisait s'animer son armure, elle n'y connaissait pas grand chose. Soar Orombre était une métisse, métamorphe et Brownie, la seule magie qu'elle pratiquait était un type de magie dite domestique, instiller un souffle et une étincelle pour allumer un feu, faire bouillir de l'eau plus vite, ou réparer des objets en passant les mains dessus, et c'était tout. Pour Soar, même le fonctionnement de son armure restait instinctif, le technomage qui le lui avait fourni, avait procédé en accordant l'armure sur le mélange de se magie. L'amure ne réagissait qu'à Soar, ne pouvait être retirée que par elle. L’inconvénient étant que l'énergie de Soar n'était pas éternelle. Tout comme celle d'Onyeka, qui visiblement épuisée, et aussi affolée que le Suricate Rouge.
Onyeka avait suivi l'échange entre Soar et Ilory, mais elle ignorait ce qui avait pu mal tourner, le Compagnon de Lien d'Ilory, Merkan, ne devait pas avoir l'habitude des soins, du moins comme ça, ou bien cela provenait de la confusion, mais également de l'épuisement des deux. La guérisseuse, déjà épuisée par les soins qu'elle venait de prodiguer, usant de sa magie sur deux personnes distinctes, se rapprocha, se redressant péniblement, mais faisant vite. Soar s'écarta pour la laisser passer, mais Onyeka l'empoigna par l'avant bras, la forçant à se mettre à genoux. L'affolement qu'avait lu Soar dans les magnifiques yeux vert or de la métisse, une certaine détermination. Onyeka avait de la suite dans les idées, et Soar se retrouva agenouillée à coté d'Ilory qui continuait de se tenir la tête, ses mains crispées comme des serres sur son crâne, se tordant de douleur.

-Je vais devoir pomper ton énergie Soar, ma magie est presque épuisée, et s'il faut que je renvoie l'autre dans son corps, ça risque de faire mal. Ce ne sera pas du grand art, je ne suis pas une télépathe, ni même une mage de la guilde, mais je dois pouvoir arranger le problème. Ton amie risque de rester inconsciente pendant un moment.

La voix d'Onyeka était posée, affichant un calme que la guérisseuse ne ressentait pas, mais elle avait besoin que Soar soit calme, pour qu'elle soit capable d'établir un contact et de puiser en elle. Comme un automatisme, l'armure réagit, se réduisant à de simples vêtements de cotons blancs. La légionnaire était maintenant dépourvue de réelle protection, et elle était pieds nus également.

-Et j'imagine que ça va me laisser sur le carreau aussi, croassa avec peine Soar dont les yeux ne quittait pas Ilory.

-T'imagine bien l'Suricate, maintenant tais toi, ordonna Onyeka affichant déjà une mine concentré.


Elle grimaça, sentant Onyeka l'accrocher, comme si on lui extirpait ses entrailles. La violence de la magie la fit hoqueter, et se recroqueviller, chercher à échapper à la poigne de fer de la petite métisse. Les yeux vert or d'Onyeka se remirent à briller, embrasant son regard, tandis que la lueur baignait à nouveau ses mains. Soar fut submergée par plusieurs consciences, son cerveau menaçant d'exploser, et elle se mit à gémir, se tordant elle aussi. Onyeka avait empoignée Ilory, résistant malgré la douleur qui faisait se tordre Ilory, malgré la force dont elle pouvait user pour tenter de se dégager. Onyeka ne s'y prit pas délicatement, n'usa aucune de douceur, une violence pure et brutale, une frappe rapide et violente, forte, une seule frappe. Usant de l'énergie brute qu'elle tirait de Soar, la guérisseuse repoussa, comme une cohorte de légionnaires soudée, repousse l'assaut de l'ennemi lorsqu'il déferle. Ce fut bref, mais précis. Onyeka ne s'était pas attardée, et n'avait pas perdu de temps. La violence du choc fit que Soar se mordit la langue, le goût du sang inondant sa bouche. Ce qu'elle sentait, ses sensations décuplées étaient insupportables, et tout s'arrête, se retirant comme une vague. Onyeka venait de la lâcher, Soar se redressa péniblement, elle avait l'impression qu'une charge de garmans lui était passée dessus. Elle s'essuya la bouche, et eu un sourire tordu, alors qu'elle se laissait tomber sur le dos.

-Plus jamais, grogna la légionnaire, jamais.

-Au moins, ça a marché.

Soar grogna de plus belle, jetant un morceau de bandage à la tête de la guérisseuse, ne se formalisant pas de savoir si oui ou non, Onyeka s'était lancée sans être certaine du résultat. Lorsque Soar avait commencé à travailler avec les Lionnes, elle avait vite appris à ne pas penser, et à faire ce qu'elle pensait être le mieux, suivant son instinct, les événements ne lui laissant pas toujours le loisir de réfléchir à tête reposée. Contrairement à cette histoire de disparu de la Légion, qui commençait sérieusement à éroder la patience et la capacité de raisonnement logique de Soar. Onyeka vérifia le poul d'Ilory, qui était stable, et qui ne semblait plus souffrir. Onyeka était certaine d'avoir repoussée la conscience intrusive, aidée par l'énergie de Soar, mais aussi la volonté d'Ilory de sauver sa vie, et celle de son compagnon de Lien. Onyeka donna une série de petites claques, très brèves, peu fortes, sur les joues d'Ilory, la réveillant.

-Comment vous vous sentez ? Vous allez mieux ? Vous sentez toujours Merkan ? C'est comme ça qu'il s'appelle ?

Soar se redressa, forçant sur ses abdominaux pour se redresser, relevant ses jambes, pour poser ses bras sur ses genoux. Fixant Ilory qui semblait aussi vidée d'énergie que les deux autres femmes de la pièce. Quand la légionnaire serait certaine qu'elle allait bien, Soar ferait l'effort douloureux d'aller jusqu'à la porte, et demander à Lamia d'apporter de quoi manger, encore. La bourse de Soar et le budget alloué par la Légion allait finir par être plate très rapidement. Elle espérait avoir le fin mot de cette histoire rapidement, sans ça, elle devrait demander une rallonge, et ce serait retenu sur sa solde. Dosiän n'était pas une priorité, et des remplaçant, Marquise pouvait en désigner parmi les Chiens de Garde, les trois grandes familles qui l'appuyaient, fidèles et loyales à la Reine Rouge. Le problème étant que Del'Nor avait toujours été apprécié de ses hommes, et qu'il ne venait pas de la noblesse issues des vieilles familles de l'Empire de Morna. Un élément assez rare, et la reine n'était pas une écervelée, et elle tenait son armée d'une main de fer, et savait pertinemment qu'il lui fallait découvrir ce qui était arrivé à Del'Nor. Du moins Soar l’espérait, parce que plus elle y réfléchissait plus elle essayait de s'en convaincre. Et le pressentiment qui l'agitait depuis le début de cette mission ne cessait d'enfler. Finalement la Suricate Rouge se mit debout, péniblement, jouant des épaules pour chasser la sensation d'engourdissement qui l'étreignait. Elle se traina jusqu'à la porte, Lamia attendait derrière. Ses yeux noirs croisèrent ceux de Soar.

-J'ai entendu des cris, tout va bien ? J-j'ai pas osé entrer.

-Normalement tout est rentré dans l'ordre, ça a été plus dur que prévu.

-Tu as une mine affreuse.

-Attend de voir celle d'Onyeka. Tu peux nous apporter -

-A manger ? Bien sûr, coupa Lamia, il me reste de la chorba, et du pain plat. Ton addition va être salée cette fois Suricate.

Soar eut un sourire fatigué, et elle referma la porte. Elle retourna s'assoir près d'Ilory et Onyeka, qui terminant de l’ausculter. L'armure fournit une minuscule clef à Soar, qui retira la chaine de la cheville d'Ilory. La chaine s'évapora, retournant à Soar dans un petit tourbillon, et la tunique de Soar fut subitement ornée de broderies dorées sur le col. Elle soupira, la fatigue la submergeant, son corps réclamant de quoi compenser l'énergie qu'avait sauvage pompée Onyeka. Cette dernière approuva du chef quand Soar libéra Ilory de ses entraves, elle faisait suffisamment confiance à l'humaine, et de toute façon, vu son état, elle ne pourrait pas aller très loin pendant un ou deux jours. Son corps allait avoir besoin de récupérer, et pour cela il lui fallait du sommeil, et de la nourriture à foison. Lamia avait raison, la note de Soar serait exorbitante cette fois. Enfin, c'était payé aux frais de la Légion, et Soar était du genre économe habituellement.


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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Mer 3 Avr - 5:01

Ses griffes plantées dans son crâne, elle tentait d'en faire sortir la douleur. Mais c'était en vain. Elle refusait de partir, continuant à lui vriller la tête et tentant de l'en expulser.
Car elle comprenait maintenant : quelqu'un cherchait à lui ravir son corps. C’était un sentiment horrible. Comment quelqu'un de sensé pouvait-il bien avoir une telle idée ? Et puis… où irait-elle ensuite ? La mort l’accueillerait-elle ? Allait-elle se laisser extraire et… disparaître ?
La panique l'enlaça, mais elle chassa bien vite ces pensées parasites pour se concentrer sur une seule chose, sur un seul but : faire en sorte que ces idées ne se concrétisent pas. Se battre pour conserver son intégralité.
Elle entendit de nouveau ces sifflements agaçants et, lorsqu’elle parvint à rouvrir les yeux, elle comprit que les femelles discutaient entre elles, ignorant totalement l’être qui souffrait sous leurs yeux. Que disaient-elles ? Que l’expérience se déroulait bien ? Qu’elles allaient bientôt parvenir à l’extraire ? La colère l’enlaça et elle se mise à gronder. Elle refusa cependant de se laisser distraire et revint à son problème.
L’Autre était là, elle le sentait maintenant. Elle percevait sa présence comme une sorte de nuage d'émotions et d'idées. Des émotions fortes, mais sauvages. Elle se jetait sur elle, tentant de percer ses défenses, mais elle refusa de lui céder sa place. Elle était sienne et le resterait.
Comme l'attaque de front ne semblait pas fonctionner, Elle lui envoya des images. Un leurre de toute évidence. Elle tenta d’abord de les ignorer, mais elles vinrent chatouiller son esprit. Comme si elles agaçaient ses souvenirs. Un autre… être était avec elle auparavant. Il lui était étrangement familier… alors même qu’elle n'avait aucune idée de son identité. Elle s'y intéressa sans pour autant abaisser sa vigilance. C’était sans aucun doute une ruse.
Elle se fit brusquement agripper par le bras. Rouvrant les yeux, elle les plongea dans ceux de la fautive… juste avant que son esprit ne se déchire en deux.
Elle hurla et se débattit, mais la prise de la… magicienne se fit étau.
Ilory tomba alors face contre terre et s’évanouit.

~ ¤¤¤ ~
Il feula lorsqu'il reprit conscience. Il tenta de se relever, mais la douleur était trop forte. Elle était partout : dans ses pattes, dans son crâne, dans ses poumons et dans son ventre. Pourquoi souffrait-il ?
Il n’avait pas le temps d'y penser.
Plantant ses griffes cassées dans la terre, il se propulsa sur ses pattes en grondant de colère devant cette faiblesse qu’il ne comprenait pas.
Le rêve avait été étrange. D'abord il courrait, ses pattes filant sous lui comme le vent sur son visage, et puis soudainement la douleur s’était atténuée… avant que l’air ne refuse brusquement d’entrer dans sa gorge. Il était tombé, roulant dans la terre, et puis tout était devenu flou.
Une pièce sombre, des voix et la sensation très déroutante d’être… quelque chose d’autre.
Qu'importe. Le rêve n'était plus que souvenir maintenant.
La route l’appelait de nouveau.


~ ¤¤¤ ~

Ilory reprit brusquement conscience lorsqu'elle reçue des claques. Elle resta d’abord effarée, comme ne comprenant pas ce qui se passait, puis tout s’éclaircit. Elle referma les yeux et se laissa tomber sur le dos.
C'était fini. Il était retourné dans son propre corps.
Le sien par contre avait été malmené. Elle avait le souffle court, la tête aux prises avec des vertiges et son ventre lui semblait être tordu.
La nouvelle venue, la magicienne, lui parla alors et Ilory y porta son attention sans lui répondre tout de suite, cherchant d'abord à se confirmer à elle-même que tout était rentré dans l’ordre. Elle ne pouvait pas dire qu'elle était au mieux, mais étant donné les événements, elle allait aussi bien qu'elle le pouvait.


- O… oui. Il n’est plus là. Je vais mieux… beaucoup mieux. J'ai eu si peur.

Le raclement d'un tissu sur le sol attira son attention et elle vit Soar se lever. Elle avait le visage pâle et, étant donné ce qu’elle venait de faire, ce n'était pas étonnant. Elle se sentit subitement gênée de l’avoir poussé jusque là. Elle ne lui devait rien, elle était même un fardeau pour elle.
Alors qu'elle s'éloignait, allant de toute évidence vers la porte, la magicienne se pencha sur elle. Ilory se redressa alors tant bien que mal et se fit conciliante. Oui, elle allait bien, mais la femme voulait s'en assurer personnellement. Elle répondit donc à ses questions et se laissa ausculter sans protester.
Soar revint finalement et se rassit près d’elle… avant de lui retirer sa chaîne. Ilory en fut énormément surprise et regarda la chaîne se désintégrer pour aller orner le vêtement de la légionnaire de parures dorées.
Ilory ramena ses jambes sous elle en massant sa cheville irritée. Elle resta silencieuse de longues secondes, mais elle savait bien qu’elle devrait dire quelque chose.


- Merci… Je suis désolé pour tout ça. Je sais bien que j’aurais pas pu le prévoir, mais… j’aurais dû au moins t’en avertir. Et je vous remercie pour ce que vous avez fait, dit-elle à l’attention de la magicienne. Il… il s’est remit en marche et va… au mieux dans sa situation. (Elle garda le silence encore un court moment, puis s’éclaircit la gorge) Il avait beau m’empêcher de pouvoir te parler, Soar, mais j’ai entendu tout ce que tu lui as dit : quand penses-tu que nous pourrons partir ?


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Sellan
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Mer 3 Avr - 14:44

Sellan ne réagit pas, il restait avachi devant son assiette, vide, le regard perdu dans la contemplation de tâches de sauce, reliquat d'un repas dûment avalé. Il avait pourtant entendu des cris venant de la chambre où Soar s'occupait de leur prisonnière, et avant cela le manège qui vit aller et venir la femme du tenancier, avec une inconnue. Cela semblait s'agiter, et les cris n'avaient pas ajouté à la sérénité de l'endroit. L'Expérience savait bien que c'était Ilory qui criait. Ses longues oreilles savaient très bien reconnaitre les voix, les discerner, et la femme avait assez crié sur lui pour qu'il sache que c'était bien ses poumons qui s'évertuaient à lui casser, une fois de plus, les oreilles.
Mais ce n'était pas particulièrement adressé à lui, il le savait. Peut-être Soar avait-elle besoin d'aide. Peut-être la situation requérait-elle la poigne de fer de l'être artificiel, qui pourrait aisément la maitriser. Cependant, il n'en fit rien. Il venait de dévorer une autre fournée de ces choses au fromage, et héla l'aubergiste pour avoir un poulet. Entier. Avec de la sauce.

S'il intervenait, il y avait de fortes chances qu'il fasse du mal à Ilory, par pur principe, espérant que son compagnon de lien ne souffre lui aussi. Oh ça, il lui en voulait, et sa rage ne tarirait guère, avant qu'il n'ait fait payer au gros chat de l'avoir pris en traître. Sellan lui avait fait un peu confiance, et n'aurait pas imaginé qu'il irait lui planter ses crocs dans la chair, en plein désert. Blessé aussi bien physiquement que dans son orgueil, car il se devait d'être le meilleur, et ne pas se faire battre par une bête ; et même s'il trouvait cela stupide de lui en vouloir, et comprenait le geste de l'animal, il avait le besoin viscéral de lui en vouloir.
C'était dans ses gênes : il devait être le meilleur.
Alors il ne faisait rien. Soar lui en voudrait s'il abimait leur prisonnière, surtout qu'elle tentait de la faire aller mieux. Au lieu de cela, il mangeait, une fois le poulet prêt à être dévoré, il renversa la sauce dessus, et, à nouveau, s'abstint d'user de ses couverts, préférant ses paluches griffus, ses crocs, et laisser à son estomac à l'acide des plus performant le soin de s'occuper des os, du cartilage, et de toutes ces petites choses que l'on peut trouver parfois indigeste. Il eut la vague impression de sentir le regard du tenancier se poser sur lui, mais il était bien trop occupé par son repas pour remarquer le mélange d'étonnement et de dégoût porté à l'encontre de sa manière de se tenir à table.

Malgré tout, Sellan était inquiet. Après avoir relâché tout l'air ingurgité en même temps que le reste en un rot ayant un arrière-goût de poulet, il demanda un verre d'eau, qu'on lui apporta assorti d'un regard à l'expression toujours aussi indéchiffrable. Il expédia le liquide derrière sa glotte afin de bien faire passer le tout, et se leva, sans omettre de remercier l'homme pour le repas, et d'un pas lent il se dirigea vers la chambre où se trouvait Ilory, Soar, et sans doute l'autre femme. N°7 était repus, son organisme avait fait le plein de matière à convertir en énergie, ce qu'il ferait durant un long somme ; il en ressortirait plus vif que jamais.
Il s'arrêta devant la porte, et se remit quelque peu les idées en place. Sa digestion commençait, et si en temps normal cela ne le changeait guère, Sellan avait assez mangé pour que cela lui demande de l'énergie... Quelque peu amorphe, il toqua à la porte, et grogna d'une voix peu commode :

-Vous avez bientôt finis ? J'aimerai aller dormir moi...



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Soar Orombre
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Jeu 4 Avr - 21:34

La guérisseuse à la chevelure d'un roux plus cuivré et flamboyant que l'auburn Soar, hocha la tête en voyant la légionnaire libérer sa patiente. Cette dernière ressentirait sans doute une extrème fatigue, des courbatures dans le corps, mais au moins son état était finalement mieux qu'à son arrivée. C'était la première fois qu'elle avait été confrontée à des blessures infligées par la magie du Lien, et la première fois qu'elle avait du séparer deux êtres pour les remettre dans leur corps respectif. Elle avait vu des tentatives de possessions de la part de télépathes, mais rien d'aussi fort, d'aussi violent que ce qu'elles venaient vivre toutes les trois. Elle sentait la sympathie de Soar à l'égard de l'humaine, et se demandait ce qui avait pu pousser la mercenaire à en venir à une tel extrémité. Soar n'avait jamais manifesté que du dédain pour les esclavagistes. La métissée naine ne posa pourtant pas de question, ce n'était pas son genre. Elle eut un sourire resplendissant malgré sa fatigue pour Ilory.

-Je n'ai fait que ce que je sais faire de mieux. Tu peux remercier Soar, c'est elle qui m'a fourni toute l'énergie dont j'ai besoin pour éviter que vous ne vous entretuiez avec ton compagnon de Lien. Je ne referais pas ça tous les jours.

-Et moi donc, geignit Soar qui se massa les tempes sentant poindre la migraine derrière ses yeux, j'espère que Lamia va revenir vite avec sa shorba, mon estomac va crier famine dans peu de temps. Et on ne partira que quand j'aurai suffisamment de renseignement, et que tu n'auras plus ces cernes sous tes yeux.

-Tu peux parler, lui lança Onyeka qui semblait prête à s'endormir si on lui en laissait l'occasion.

Soar roula des yeux, et s'apprêta à poursuivre quand on toqua à la porte. Elle se leva, grimaçant. Elle avait véritablement l'impression que des garmans enragés lui étaient passés dessus. Elle, elle les ressentait déjà les courbatures. Ce fut la voix de Sellan qui résonna derrière la porte. Sa réflexion lui donna envie d'ouvrir et de lui coller son poing dans la figure.

Elle contint sa colère, l'expérience était visiblement perturbée. Soar l'avait autorisé à faire ce qu'il voulait, il n'avait pas attendre, ni à fourrer son nez ici. Soar lui avait d'ailleurs interdit de s'occuper d'Ilory. Elle se demanda brièvement si Khalil ne lui avait refiler de l'alcool pour que Sellan se comporte ainsi. L'expérience avait clairement cherché à démontrer sa supériorité depuis le début, et Soar s'était écrasée, n'étant pas là pour se battre avec ceux qui l'accompagnaient mais pour accomplir sa mission. Elle avait du mal à cerner Sellan, tantôt impitoyable, froid, sûr de lui, et maintenant ça. Soar ouvrit la porte, lui jetant un regard qui en disait long, mais qui ne devait pas avoir beaucoup d'effet vu sa fatigue. Soar se tint dans l'embrasure de la porte, l'empêchant de voir à l'intérieur.

-Depuis quand tu attends pour aller dormir ? demanda-t-elle d'une voix lasse, je croyais t'avoir dit que tu pouvais faire ce que tu v-... Ah ! Pas trop tôt !


-La prochaine fois tu la feras toi même, si t'es si pressée la Suricate, railla Lamia qui venait de traverser le couloir, portant un plateau qui contenaient trois larges bols de soupe fumante et une large assiette de galette de blé.

Soar s'écarta pour la laisser entrer, reportant en suite son attention sur Sellan, réalisant enfin, en voyant la tête de l'expérience, qu'il s'était inquiété. Elle n'en croyait pas ses yeux. Cette journée lui montrait à quel point Sellan n'était pas ce qu'il paraissait, chassant ses premières impressions, qui étaient plutôt mauvaises. L'insécurité semblait le gêner au plus au point. Elle appuya sa tête contre la porte.

-Ilory va mieux, même si la guérisseuse que j'ai envoyé chercher a été confrontée à plusieurs problèmes, mais c'est réglé. Tu peux aller dormir Sellan, je te raconterai en détails ce qui s'est passé demain. Je vais manger et aller dormir moi aussi.



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Sellan
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Lun 8 Avr - 0:55

S'il pouvait faire ce qu'il voulait, Sellan avait bien le droit d'attendre ses compagnons pour dormir. Il ne voulait pas être là, à sommeiller, alors que ceux qu'il avait choisi de défendre se trouvait dans une fâcheuse posture, même si, dans le fond, il se tenait éloigner de cette chambre et de ce qui s'y passait. Dans le fond, il ne se posait pas de question, il appliquait un savant mélange entre ce que Soar semblait vouloir et ce qu'il estimait devoir faire. Comme toquer à la porte pour s'assurer que tout allait bien ; et pour pouvoir, du même coup, savoir s'il pouvait aller dormir.
L'Expérience put constater que ce ne fut apparemment pas non plus de tout repos pour la Légionnaire, qui semblait épuisée. Si tout d'abord elle sembla mal prendre les paroles de Sellan, qui avait conscience d'avoir été abrupte, elle se radoucit. Ce fut une rude journée, et l'être artificiel n'était pas mécontent qu'elle soit finie ; dormir l'aiderait sans doute à faire le tri dans tout ce qui s'était passé. Et à digérer.

-Tu sais, les détails... elle va mieux, c'est ce qui compte. Je crois.

Sellan n'était pas particulièrement soulagé de savoir qu'Ilory allait mieux. Il ne l'appréciait pas, dans le fond, et Merkan... n'en parlons pas. Mais Soar avait visiblement donné de sa personne, et elle tenait à ce que leur prisonnière aille mieux. L'Expérience sourit, sachant en ayant du s'écarter pour laisser parler la femme qui faisait la cuisine que les deux femmes allaient faire un bon repas, avant d'aller reprendre des forces.
Manquant de s'endormir sur place, l'Expérience adressa un signe de main à Soar en guise de "bon appétit" autant que de "bonne nuit", puis il se dirigea d'un bon pas vers la chambre que plus tôt on lui avait indiqué comme étant celle qu'il devrait occuper. Sellan ne ferma même pas la porte, ne prit pas la peine de retirer ses vêtements, et s'étala d'un bloc sur le lit, et s'endormit presque immédiatement, sans s'encombrer de se glisser sous les draps.
Tout ce qu'il voulait, s'était se reposer, et il fut accueillit par un sommeil qui se voulait sans rêve, et des plus réparateur...



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Soar Orombre
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MessageSujet: Re: Le Nomade et la Lamia, auberge perdue dans la basse ville   Sam 27 Avr - 12:12

Le lendemain, Soar fit l'effort de se lever tôt, alors qu'il faisait encore frai, Aelius se levant à peine. Le petit matin, encore saturé de l'air nocturne, au ciel d'un bleu encore de nuit, mais se colorant d'azur et de vert à l'ouest. La légionnaire s'extirpa de son lit, sentant de douloureuses courbatures dans ses muscles, contrecoup de la magie qu'avait utilisé Onyeka. La guérisseuse n'avait pas été particulièrement délicate, et elle avait puisé en Soar sans ménagement pour sauver Ilory. L'humaine était d'ailleurs impatiente, mais Soar avait insisté pour qu'elle ne quitte pas la pièce où elle était, et qu'elle se repose. Elle avait été mal pendant des jours, et le contrecoup de la guérison serait encore pire pour elle, elle aurait sommeil, elle aurait faim, et les deux prochains jours, Ilory les passerait certainement à manger tout ce qu'elle pouvait, et à dormir pour récupérer. Quand à Sellan, il devait encore dormir. De toute façon, là où elle allait, il ne pourrait pas la suivre. Et elle préférait éviter qu'on le voit avec elle, elle n'était pas sensée impliquer des civils dans sa mission.

Soar ouvrit les persiennes de sa fenêtre, laissant entrer l'air frai. Elle prit en suite de le temps de faire de longs étirements, chassant les derniers vestiges du sommeil, et les courbatures. Elle se lava, utilisant le broc d'eau et le linge pour se faire, nettoyant son corps de la sueur de la veille et de la nuit, un véritable bienfait pour son corps encore douloureux, cela acheva de la réveiller totalement. En suite, elle coiffa sa longue chevelure auburn, la démêlant avec douceur, mais aussi avec rapidité. L'armure lui fournit un lien blanc, et Soar noua ses cheveux en une queue de cheval basse, laissant deux mèches épaisses pour encadrer son visage, tandis que le reste de ses cheveux cascaderait librement dans son dos. L'armure la vêtit de lin blanc, une tunique courte, sans manches, un bustier de cuir souple pour soutenir sa poitrine. A sa taille, un épais ceinturon clouté. Un sarouel rouge ocre, et des bottines de cuir brun complétaient sa tenue du jour. Soar savait qu'elle changerait peut-être lorsqu'elle se rendrait à l'ambassade de Cemenwin, dans le quartier noble d'Iskandar, là où la bannière de sa reine trônait, flottant au vent. En attendant, elle voulait éviter d'être vue avec l'uniforme de la Légion ici, et pour une bonne partie de la racaille d'Iskandar, elle était et resterait le Suricate Rouge.

Le dit Suricate Rouge sortit de sa chambre, après avoir refermé les persiennes, et laissant la porte ouverte, elle ne laissait rien dedans, et le reste de ses affaires étaient sur elle. Elle descendit les escaliers, et prit un petit déjeuné, servit par Lamia, qui faisait le service très tôt le matin, pendant que son mari dormait, récupérant sa nuit. C'était toujours comme ça. Soar but un thé nature, mangea du fromage frai de chèvre sur du pain, et dégusta des figues et des dattes fraîches. Elle passa son petit déjeuné à discuter avec Lamia, qui prit note de la faim dévorante que pourrait ressentir Ilory d'ici les deux prochains jours. Soar lui signala qu'elle avait aussi enlever la chaîne, précisant qu'elle n'était pas une esclave. Ilory ne serait peut être pas capable de sortir par elle-même pour l'instant, mais Soar demanda à ce qu'on garde un œil sur elle.
Une fois son repas terminé, elle régla sa note, se défaussant de deux pièces d'argent iskandaréenne, frappée de l'effigie de la chimère, et de quelques pièces de cuivre frappées elle, d'un scorpion. Ne voyant pas Sellan, et ne l'ayant pas prévenu de ce qu'elle comptait faire, elle laissa un message pour lui, que Lamia lui transmettrait. Elle se rendait à l’ambassade de Cemenwin, en suite, elle irait faire un tour aux bains. Et ce faisant, Soar pria les Dieux pour ne pas retomber sur l'énergumène rose d'hier.

Elle sortit de la petite auberge, et une cape blanche l'enveloppa. Elle rabattit la large capuche sur sa tête, tandis qu'un sabre apparaissait à sa hanche. Les rues étaient presque désertes, et l'azur commençait à peine à prendre le pas sur la nuit du manteau de Mizuki. La Lune n'était déjà plus visible, et elle avait le visage encore ensommeillé d'Aelius dans le dos. Le pas sûr, et la démarche presque conquérante, Soar s'engagea dans des ruelles qu'elle connaissait bien, empruntant le chemin le plus court pour l'ambassade. Il n'y avait que l'écho lointain du Souk, donc l'activité devait déjà être bourdonnante, pour que le vent en porte l'écho jusqu'ici. D'ici peu de temps, Iskandar serait éveillée, et ses rues fourmilleraient de gens, habitants comme ceux de passage. Soar se hâta, elle ne tenait à rester discrète.


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