AccueilPortailGalerieFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Nombre de messages : 96
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.    Jeu 7 Fév - 21:16

Le Gardien n'avait pas fait l'effort de reprendre une forme totalement tangible, de modeler son corps afin de lui donner une consistance réelle. Il prit tout de même le temps de fournir une longue cape gris de la Marche à Jacyek, ainsi qu'un des nombreux sacs de cuir, ensorcelés afin d'être imperméable et protégé du sable, deux dagues. Ses objets avaient du appartenir à un de ses frères jurés de la Marche, et n'auraient probablement pas eu l'occasion de servir si Jacyek n'était pas venu.
Il attendit également que le Gargouille ait mangé le repas frugal que lui avait apporté le Gardien, dont la maison avait été mise à sac par des invités inopportuns. Cela prit tout au plus, une demi heure, le temps pour Ulrike de se préparer, et à Haldamir de rassembler son énergie pour le voyage qu'ils allaient faire, jusqu'à ce que le Gardien sorte de sa zone d'influence, et redevienne Haldamir, cet homme à la longue et haute silhouette, qui ne montrait jamais son visage à découvert à Iskandar ou Emaine Macha. Haldamir détestait Fendassë, trop loin d'Alatairë.

Ils firent le chemin à pied, jusqu'aux portes Nord de la cité fantôme, les Abominations tenues à distance par l'apogée d'Aelius, qui inondaient la ville de sa chaleur. Les voyageurs avaient tous enfilé les longues capes de la Marche du Sanctuaire, capuchons rabattus, et foulards noirs sur le visage. Ulrike avait charbonné le dessous de ses yeux, et Jacyek avait fait de même, ce qui limiterait l'effet de réverbération de la lumière. Et puis la lourde porte s'était ouverte sous l'impulsion du Gardien, soulevant du sable, grinçant sur ses gonds, qui servaient peu depuis la disparation de la resplendissante citée. Comme à son habitude, la ctiée aux souvenirs suivit le Gardien dans ses déplacements, recréant des scènes à partir des souvenirs des pierres et de ses habitants aujourd'hui disparus, ou transformés en monstres ivres de vengeance et assoiffés de sang. La cité s'anima sous leurs yeux, à mesure qu'ils avançaient, et Haldamir était salué joyeusement par ceux qui le connaissaient, parfois une projection ou deux reconnaissaient Ulrike. Devant eux, des enfants galopaient, et à proximité des portes, les habitants aux tenues colorées d'Alatairë se mêlaient aux capes grises des frères de la Marche, et aux flots de voyageurs, une caravane entière passa les portes.
Le coeur d'Haldamir, frère juré de la Marche se serrait de nostalgie, tandis que le Gardien pleurait la disparition de sa cité chérie. L'autre partie d'Haldamir, celle qui faisait son corps, ce frère ainé d'une fratrie Maëldanaise pleurait aussi, mais pour une autre raison. Les souvenirs animés d'Alatairë disparurent lorsque la lourde porte fut refermée derrière eux, avec un bruit sinistre. Les Morts devaient rester à l'intérieur. Pour l'instant, le Gardien ne souffrait pas de l'éloignement. Il prit par les épaules ses deux compagnons, et comme la première fois, lorsqu'il s'était déplacé rapidement avec Jacyek pour fuir les Abominations, il pénétra dans ce monde qui n'appartenaient qu'aux Morts.

Ulrike et Jacyek ne devraient pas s'en souvenir de ce voyage, ils ne devraient pas se souvenir de ce qu'ils avaient pu voir. A part peut-être de vagues sensations, des illusions, de bref souvenirs insaisissables. L'esprit des vivants les protégeaient de la folie de ceux qui sont morts. Le Gardien lui voyait. Autour d'Alatairë ce n'était que blessés agonisants, râles et cris de douleurs, détonations, des ordres hurlés, des soldats courant se mettre en formation, d'autres ramenant un blessé sur une civière. Non loin d'eux, une tente abritant des officiers, penchés sur une carte. Haldamir avait vécu tout ça, de l'autre coté. Ici, c'était les légions de l'Empire, et de l'autre coté, les armées du Nord. Les combats faisaient rages autour d'eux, et le ciel comme le sol avait la couleur du sang, ce rouge profond... La Grande Guerre se rejouait sous leurs yeux, bien qu'Haldamir les préserva d'y rester coincé, piège des voyageurs infortunés, que le Gardien n'avait pu sauver.

Les souvenirs s'estompèrent, graduellement, à mesure que l'influence du Gardien se faisait moins forte. Peu à peu, les soldats devinrent de simple silhouettes, des ombres, peu à peu, le paysage s'effaça, laissant place au sable, à la chaleur. Le Gardien et ses deux passagers ressortirent de ce monde à lui, ayant parcourut une certaine distance. Iskandar était un point à l'horizon, plus près d'eux, mais toujours au loin, la Limite Désertique, où le sable doré laissait place à la roche dorée et rouge. Juste à coté d'eux, la Piste Brune, long serpent de terre protégé des Abominations qui traversaient le désert de part en part. Haldamir reconstitua avec peine son corps, la respiration sifflante, tentant de ne pas s'écrouler. Il était loin d'Alatairë, et il en souffrait. Il puisa dans l'énergie du jeune corps d'Islwyn Fardale, puisant dans la résistance accrue et l'endurance d'Haldamir de la Marche. Peu à peu, la brume noire qui composait le bas de son corps se modela, jusqu'à se solidifier. Haldamir se dressa dans toute sa splendeur d'être vivant altéré par la Mort. Il était grand, le teint pâle, ses longs cheveux noirs encadrant son visage, masquant ses joues, où la peau absente dévoilait une machoire digne d'un dragon, serrée, fermée. Ses lèvres pâles étaient fermées. Et ses yeux aveugles ne souffraient pas de l'éclat du Soleil. Il remonta sa large capuche, disparaissant dans les ombres de celles-ci, les pans se refermant autour de son corps, vêtu de tissus et de cuir noir, ayant été usés par les ans.

-Ulrike, fit la voix rocailleuse du Gardien, tu prend le relais, j'ai besoin de me retirer.

Fermant la marche, le Gardien se replia sur lui même, laissant le loisir à Haldamir et Islwyn Fardale, ou ce qu'il en restait, de ressurgir pour pouvoir survivre en dehors d'Alatairë et ses abords. Etouffer le Gardien, laisser ceux qui avaient vécu sur cette terre reprendre le dessus et guider ses pas. De toute façon, le chemin des trois voyageurs étaient tout tracés avec la Piste Brune qui les amènerait, à la fin, jusque sous les remparts d'Iskandar, la ville aux pierres rouges. Il réajusta son sac empli de quelques trésors d'Alatairë, le calant sur son épaule, et s'assura que sa bourse était bien à sa place, à sa ceinture. Depuis le temps, et malgré de très brefs séjours à Iskandar, personne ne s'en prenait au voyageur en gris, certains avaient payé assez cher pour le savoir. A première vu, Haldamir n'était pas armé, mais les frères de la Marche savaient se battre sans arme, usant de techniques semblables aux moines, prêtres et prêtresses de Ceallach, ou des guerriers Morniens. Haldamir se porta à la hauteur du Gargouille.

-Je ne comptais pas vous lâcher sans que vous n'ayez de repère. Iskandar est une jeune citée, elle a été bâtie après la Chute. Nous avons encore des heures de chemin, à terminer à pied, sauf si nous avons la chance de croiser une caravane, aussi aurais-je le temps de vous expliquer, de vous dresser un portrait de ce monde, qui somme toute, vous le verrez, n'est pas si différent de celui qui vous avez quitté.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jacyek
Cheminant
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Re: Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.    Jeu 14 Fév - 15:05

J'avais manqué de chanceler de nouveau dans ma hâte de repartir à l'aventure, tellement obnubilé par les miraculeux soins de la prêtresse j'en avais négligé la faim qui me tiraillait, et dut me sustenter, remerciant au passage le Gardien pour ce repas, frugal certes, mais apparemment dans le contexte je ne pouvais espérer mieux, et c'était même un privilège qu'ils m'offrent ce qu'il pouvait leur rester. Et je le pris comme tel, avec humilité. Même si je n'étais qu'assez peu rassasié, dans l'ensemble... j'étais tout de même reconnaissant. Bien que cela n'ait pas été mon intention, j'avais la vive impression de n'avoir été qu'un importun, débarquant au mauvais moment ; un mauvais concours de circonstance, qui aurait peut-être pu mal finir, mais qui avait cependant fait qu'un seul mort ; l'Abomination à qui j'avais cloué sur le sol la... euh... gueule ?... en tout cas ce dont elle se servait comme tel. Mais le bilan aurait pu être sans doute pire.
Tu redeviendras poussière, que disent certains vieux textes, à propos de la mort. Personnellement, la mort, cela me laisse de marbre...

Nous parcourûmes alors tout les trois les rues de la cité, du moins les vestiges de celle-ci, s'animant par moment de la présence du Gardien, mais n'étant que des ombres gravés dans la roche. Quel ironie que la destruction d'Alatairë ait ainsi figé la vie dans la roche, tout en figeant ma propre roche dans la mort... pour me voir finalement revivre... je n'étais qu'un pion au regard des Dieux, il me faisait jouer un rôle dont j'ignorais tout, sur la scène du destin qu'ils m'avaient tracés. Pensée très poétique mais j'étais surtout frappé, une fois de plus, par la décrépitude qu'avait jeté cette stupide guerre sur l'une des plus belle ville que je n'avais jamais vu, et que je ne reverrais jamais...
Le choc fut plus grand encore en voyant, une fois les portes ouvertes, à quel point la luxuriante Esgaleithel avait souffert, la terre devenue sable, cicatrice horrible laissée par une guerre atroce. En pensée j'adressais une prière muette à toutes les divinités que je pus, afin de... je ne savais pas vraiment, l'espoir candide que les choses s'arrangent pour ce sol infertile, ou que cela n'arrive plus jamais, comme pour me convaincre que ce genre d'atrocité n'arrive jamais plus... pourtant... la guerre ne cessait jamais vraiment, le début de notre histoire commence avec la guerre, qui ravagea ciel et terre ; peut-être existait-il de grandiose civilisations avant les nôtres, que ce conflit déicide a éradiqué, purgeant le monde, à l'image de celle qui frappa les peuples magiques. Sans oublier tout ces conflits et peuplades guerrières...
Comment croire que de tels évènements resterait isolés ? Que jamais la flamme de la folie n'embrase un cœur et ne pousse à la mort ?... Je fus tiré de ma réflexion quand, une fois à l'extérieur, le Gardien nous projeta dans son monde d'ombre, pour écourter un peu de notre voyage.

Je m'en souviens vaguement comme une espèce d'obscurité mouvante, figé telle une statue, mes yeux furetant vers quelque chose dans ce ténèbres, mais je ne puis saisir ce que c'était ; l'étreinte d'Haldamir était toujours resserré sur mon épaule, et le voyage sembla étrangement aussi interminable et court à la fois... puis la lumière me parut aveuglante.

Mes paupières papillonnèrent pour chasser la vague cécité qui s'était éprise de mes yeux. Et ce fut pire que je ne le pensais, le sable avait bel et bien tout envahi, dévoré, réduisant tout ce qu'il y avait autour de nous en une vague plaine doré, à ceci près qu'un chemin brun se tendait là comme une ligne, ou plutôt un fil d'Ariane, liant deux points d'un bout à l'autre de ce désert sans doute, afin de ne pas errer sous le poids du soleil, perdu dans cet océan de sable...
Quand le Gardien s'adressa à nous, m'arrachant à ma triste contemplation je remarquais qu'il avait quitté son manteau d'ombre, pour un... euh... manteau tout court, sous une forme pleinement humaine, enfin à peu près. Il semblait épuisé, et je devinais que le lien l'unissant à la cité devait l'affaiblir loin de celle-ci, dont il était le Gardien. Il laissa alors soin à Ulrike de nous guider, ce qui paraissait parfaitement logique puisque j'étais complètement perdu ; ceci dit, Haldamir prit le partie fort plaisant de m'instruire sur notre destination, et de vouloir me dresser un portrait de ce siècle qui s'était écoulé sans moi.
-Pour l'instant je vois une différence qui me semble tout de même... très ensablé... mais je suppose en effet que du reste, les choses n'ont pas trop évolué. Hormis les changements majeures de notre histoire, la vie met énormément de temps à changer ; autant qu'il en faut pour qu'un rocher ne devienne qu'un simple galet...
Phrase de mon père, ô combien juste, surtout en ces circonstances. Je me demandais d'ailleurs si nous autres, Gargouilles, une fois mortes et la chair devenu pierre, finissions par nous effriter, nous décomposer, et si parmi les galets, il n'y avait pas les restes d'un des miens, réduit en miette et poli par les siècles... cette perspective me fit frissonner. Cela signifiait que dans le fond, rien ne durait, tout était voué à disparaitre. Et pourtant, j'étais revenu d'entre les morts...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Nombre de messages : 96
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.    Sam 23 Fév - 12:49

-Ah, le sable oui. J'y suis tellement habitué, que j'en oublierai presque qu'avant, il y avait des cultures verdoyantes ici.

La voix profonde d'Haldamir s'éleva de sous son capuchon. Il se dissimulait, son visage enfoncé dans des ombres qui n'avaient peut être rien de naturel, qui ne laissaient rien percevoir, pas même la pâleur morte de ses yeux. Ses bottes faisaient peu de bruit, lorsqu'il marchait sur les pavés de la Piste, le sable crissant à peine sous ses pieds.

-La Face du monde change oui, mais les hommes changent peu. La magie a fait en sorte que plus rien ne pousse autour d'Alatairë, il n'y a supposément pas d'eau à proximité. Ce qui est faux. Les puits de la ville sont encore alimentés. Et Ulrike arrive à faire pousser de quoi manger, même si à votre arrivée, nous n'avions déjà plus grand chose. La citée n'aime guère les voyageurs. La route que nous suivons s'appelle la Piste Brune, elle relie Fendassë, Iskandar et Dhaval. Dhaval est l'ancienne Bois-Blanche. Elle a dû être reconstruite, et Bois Blanche, l'ancienne cité, du moins ce qui tenait encore de bout, sert à présent de cité royale. Le reste de la ville s'étend sur le flan de l'Eredmorn. Vous aurez sans doute l'occasion d'y passer.

Ils continuaient d'avancer, et Haldamir comptait sur Ulrike pour sonder les alentours. Les Abominations n'étaient pas le pire problème de l'Esgaleithel. Les pirates des Sables, ou les bandes nomades hors la loi, étaient le pire. Peu importait que vous ne possédiez pas grand chose, eux non plus, alors la moindre possession valait le coup d'attaquer les voyageurs. Les trois silhouettes vêtues de gris clair pouvaient offrir une belle cible, mais, les capuches grises étaient connues comme la peste. Des errants de la Marche, des survivants. Il n'y avait qu'eux pour porter ses capes. Tout autre personne les portant, en les ayant mal acquises, voyait les capes partir en lambeaux, rejoignant les morts. Haldamir ne déplorait jamais aucune attaque sur sa personne. Et il était apte à fracasser des crânes, conjuguant l'expérience du chevalier de la Marche et du guerrier qu'avait été Islwyn Fardale, à qui appartenait le corps mortel dont il usait pour s'ancrer dans la réalité.

-Il y a des oasis le long de la Piste, beaucoup de caravanes marchandes l'empruntent. Et par là où passent les marchandises, il y a des pillards. Les pirates des Sables, et quelques clans nomades hors la loi, ou aux abois. Les capes de la Marche nous protègent. Personne ne s'en prend aux survivants de la Marche, à ceux d'Alatairë. Ou bien vous pouvez emprunter un de ses engins.

Et Haldamir pointa d'un doigt squelettique sortant d'une manche ample et recouvrant l'intégralité de son bras, un petit point noir dans le ciel bleu, qui avançait doucement.

-Les Aéronefs font le trajet en quelques heures. C'est cher. Et les pirates savent aussi emprunter les voies de Tuuli. Ou abattre les navires volants. Dans l'Empire, le soucis de la piraterie est moins important. Ah oui... L'Empire...

Cette dernière réflexion fut un peu étrange dans la bouche du Gardien, comme si quelqu'un d'autre venait d'intervenir, pour lui signaler qu'il lui faudrait parler de la situation dans l'Empire.

-La soeur de l'Empereur Nil'Dae, le dernier, a fait sécession. Elle a maintenant son propre royaume, séparé de l'Empire, Cemenwin. Le reste de l'Empire a longtemps été sous le contrôle de Chyrlion Kaliciar. Ce dernier a perdu la tête face à Argental Tar Sùrion, un autre des généraux de Forbesii Nil'Dae. Le Sud gronde. Mais Cyriaca est toujours sous la férule de Meadh l'Immortel. Il y a une nouvelle Eire, depuis deux ou trois ans. J'ignore si la situation a évoluée, je ne suis guère sortie d'Alatairë. Mais vous apprendrez ce qu'il vous faut savoir à Iskandar. Iskandar est une jeune citée, c'était un avant-poste militaire de Fendassë, avant qu'Iskandar ne devienne son propre chef. C'est une ville de mercenaires, les nomades du désert, les tribus de Skeljiren, les voyageurs, tout ça forme un ensemble hétéroclite. Parfois dangereux. Bien que la garde d'Iskandar soit sévère, la corruption existe. Et certains quartiers ne sont fait que pour les coupes-jarrets.

Aelius échauffait Haldamir, mais il en avait l'habitude. La soif ne le tenaillait pas, lui qui avait un pied chez Dämons. Un avantage, lorsqu'on a pas forcément envie de vivre dans le royaume de Mei. Pourtant, son corps mortel avait besoin de se sustenter, parfois. Ce même corps qui l'ancrait dans le monde des vivants et lui permettait de marcher, de parler. Aelius avait toujours dispensé une chaleur aussi forte dans cette partie du Monde, Haldamir de la Marche s'en souvenait. Les arbres à longues feuilles épaisses d'Alatairë offraient l'ombre et la fraîcheur, les fontaines rafraîchissaient l'atmosphère. Une époque révolue, les arbres n'étaient plus à Alatairë, sauf dans cet espace restreint, sous l'influence d'Ulrike.

-Une jeune cité, répèta Haldamir, libre à vous de l'explorer. Et de vous renseigner sur Cyriaca.




Dernière édition par Haldamir le Dim 25 Aoû - 21:25, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.    Jeu 15 Aoû - 22:31

Ulrike suivait simplement la piste, tout comme Haldamir et leur compagnon gargouille. Elle était un peu fatiguée par l'usage qu'elle venait de faire de son pouvoir, mais savait que le Gardien l'était bien plus et elle faisait donc attention à la route. Pas parce qu'ils pourraient se tromper de direction, vu que la piste brune, comme son nom l'indiquait, se détachait du sable de part sa couleur, et qu'elle allait en ligne droite. Mais plus parce qu'ils étaient à découvert, et pouvaient donc être la cible d'attaques. Les pirates des sables étaient un fléau, autant que les abominations qui erraient dans les plaines de sable, et il y avait d'autres bandits qui pouvaient sévir dans les environs. Elle usait donc de la magie prêtée par Ceallach pour ériger autour d'eux une sorte de champ de protection contre les armes et la magie, et celle de rune pour révéler les présences hostiles. Ca et ses yeux suffiraient sans doute à leur éviter les mauvaises rencontres. Elle écoutait d'une oreille ce que se disaient les hommes derrière elle, enfin surtout ce que disait Haldamir.
Il était habitué tout comme elle à devoir donner tout un tas d'information sur la vie actuelle, les mode de vie, la nouvelle Iskandar, un petit cour d'histoire également qui avait bien évoluée sans attendre ces êtres sortant d'un long sommeil.

-L'avantage d'Iskandar, c'est que sa jeunesse fait qu'elle est avide de population. Même si comme l'a dit Haldamir il y a des endroits très sombre, vous pouvez, si vous ne vous sentez pas la force de repartir pour vôtre ville d'origine, y trouver un lieu d'encrage. Certains autres Eveillés l'ont fait et sont restés là bas quelques temps ou pour toujours. Deux pour être exacte, et la dernière fois que nous les avons vu, ils avaient refais leur vie, l'une d'entre eux est devenue mère pour la seconde fois.

Ulrike était fière de ça. Même si les Eveillés étaient rares, la plupart d'entre eux avaient sombrés dans la folie, s'était tué, ou n'avait pas su s'intégrer leur causant ennuis et dépression. Voir si près d'eux deux éveillés qui avaient su saisir la chance offerte, malgré la dureté de l'épreuve, le changement qu'il y avait eu dans leur monde en leur absence. Galieel, une métis humaine et eldarin, était la jeune femme dont elle parlait. Elle retournait la voir lors des courses qu'elle allait faire avec Haldamir, autant dire que c'était une à deux fois par ans. Sa dernière visite remontait à il y a plus de huit mois à présent, et son deuxième enfant avait déjà quatre mois lors de cette dernière fois. Un petit garçon, qu'elle avait appelé Amir, en hommage au Gardien avait-elle dit, qui aurait un an à présent.

-Nous vous montrerons les principaux endroits de vie là bas. Les auberges, les bains, le marché. Il faudra bien sur être prudent, les êtres sont également une marchandise là bas, et une mauvaise rencontre peut vous faire passer de citoyens à cet état de marchandise, gardez bien la cape que vous avez sur le dos, personne n''ose s'en prendre à un survivant comme vous expliquait Haldamir, rien que ce vêtement vous protège.

Et il y avait aussi Ghuld, un orc cette fois. Il s'était installé à Iskandar avant Galieel, et était déjà vieux quand il était devenu un Eveillé. Au départ il avait gagné sa vie en comptant de vielle histoire d'avant la guerre. Sur Alatairë principalement. Un érudit d'université était passé par la jeune cité au cour d'un voyage, et avait proposé à l'orc de mettre son savoir au service de son université. Ghuld était partit transmettre ses histoires, ses anecdotes. Il y avait même eu un livre sur lui qui avait été publié.
Ulrike se tourna vers Jaycek, et lui offrit un sourire.

-Même si pour l'instant ça ne vous paraît peut-être n'être que de belles paroles, dites vous qu'il vous ai possible de retrouver une nouvelle vie, les dieux vous offre cette chance, et peu savent la saisir.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jacyek
Cheminant
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Re: Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.    Mer 21 Aoû - 17:25

Toutes les informations que me donna Haldamir sur le nouveau monde qui s'offrait à moi me firent étrange. Le changement de Bois-Blanche, de l'Esgal, de l'Empire... En silence j'assimilai tout cela, parfaitement conscient que cela m'échapperais très rapidement ; mais cela viendrait avec la pratique. C'était un peu comme si je revenais d'un long voyage, et prenais des nouvelles de ma famille, de ceux que j'avais quitté. Le monde en l'occurrence, qui pendant un siècle s'était passé de mes services...
On me narra aussi avec fierté l'histoire des éveillés qui avaient pu trouver leur bonheur dans cette jeune cité, sans doute parce qu'elle ne leur rappelait pas le passé qu'ils avaient perdus. De nouveaux souvenirs y naissaient, en laissant les anciens exister dans des ailleurs perdus dans le temps, qui n'était que les reflets passés de villes et de lieux qui existaient encore, sous une autre forme.
-C'est une proposition des plus aimable, mais je ne pense pas que je me plairais dans cette ville ; du portrait que vous m'en faites, elle n'a pas l'air de grandement apprécier le théâtre et la poésie...
Vivre dans une ville ne portait pas en son cœur l'art qui a guidé ma vie, ce n'était guère envisageable. Je n'avais pas fui de chez moi, tant d'années auparavant, pour finir par faire un trait sur ma passion... Non, j'irais sans doute faire mon rapport, puis je partirais, j'irais sans doute vers le nord, et les bibliothèques d'Armenelos, étudier quelque peu ces cents années écoulées, ainsi que les dernières pièces qui ont été composées durant mon absence.
Il y aurait aussi des costumes à faire fabriquer en conséquence, sans doute à Fendassë, car ils ont toujours eu de très beaux tissus à leur marché. Cela requérait de l'argent, et donc de devoir travailler... Tant à faire... cela me fit sourire, car je ne risquais pas de m'ennuyer ces jours prochains, à me remettre à flot pour braver à nouveau la scène, comme il n'y avait pas si longtemps pour moi, et un siècle pour le monde.

-Non, j'irais faire mon devoir auprès du Qilaq, puis je chercherais la dernière demeure de mon père, et je repartirais sur les routes, comme avant. Et advienne que pourra.
La lassitude soudain m'étreignit. De la sueur perlait sur mon visage, à cause de la chaleur, et de la fatigue aussi. J'avais hâte de pouvoir me reposer ; et pourquoi pas profiter de ces bains dont il m'avait semblé entendre parler. Ensuite je pourrais envisager avec plus de précision que faire de ma vie. J'avais presque l'impression d'en revenir au jour où j'étais parti de chez moi, déterminé à faire carrière, mais sans savoir que faire, ayant simplement la conviction que j'y parviendrais un jour. Mais les jours d'innocence d'autrefois étaient bien loin, et je n'étais pas aussi naïf, si j'espérais avoir une nouvelle vie, et ce, malgré ces cents ans passés en quelques minutes à mes yeux, il me faudrait beaucoup de volonté...
-Cela ne va pas être trop dur, non... j'ai toujours vécu en ayant rien...
Ces mots m'échappèrent, alors qu'ils n'étaient destinés, à l'origine, à ma seule attention. Peut-être pour, dans le fond, me rassurer. Car cela allait être dur, oui...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Nombre de messages : 96
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.    Dim 25 Aoû - 22:18

Haldamir profita qu'Ulrike ait pris le relais pour se reposer un peu. Porter deux vivants l'avaient épuisé, et il ne comptait pas s'éterniser à Iskandar. Une fois qu'ils auraient pris ce dont ils avaient besoin, il retournerait à Altare. Le Gardien se sentait mal à l'aise, être aussi loin de sa chère et tendre ville laissait un vide en lui. Une sensation presque douloureuse, le pressant de revenir. Fort heureusement, Haldamir s'était en quelque sorte, coupé de la partie Gardienne qui le constituait pour compenser avec la partie vivante, qui l'aiderait à rester humain, vivant, le temps qu'Ulrike et lui puissent laisser Jacyek la conscience tranquille. Iskandar se rapprochait, de même que les roches rouges et orangées de la Limite Désertique. La piste traçait un chemin devant eux, et pour l'instant, Ulrike ne semblait pas avoir détecté la moindre présence hostile. Haldamir sentit sa fierté lorsqu'elle parla des éveillés qui avaient réussi à reprendre une vie normale, à s'intégrer dans un monde qui n'était plus le leur. Ghuld avait été un sacré roublard, et il avait eu le nez creux avec ses histoires. Le bougre avait fini ses jours confortablement installé dans une maison d'Armenelos. Quand à Galieel, Haldamir ne pouvait pas dénier en être fier lui aussi. Par Mei ! Il avait été fier comme un paon en l'entendant dire qu'elle avait nommé son fils Amir, en son hommage. Cela n'empêcha pas la Gardien de ricaner ouvertement lorsque Jacyek donna sa réponse au discours passionné d'Ulrike.

-Iskandar n'est pas si terrible que ça, mais c'est dans sa nature de chahuter un peu ses habitants ou les voyageurs. Cela dit, elle est d'un naturel festif, je suis certain que vous y trouveriez un public. Ghuld a bien réussi lui. Cela dit, je comprend que vous vouliez retourner là d'où vous venez. Vous n'étes pas le seul éveillé à vouloir rentrer chez lui.

Les pas du Gardien étaient toujours aussi silencieux, et une sombre aura l'entourait. En vérité, il était inutile pour Ulrike de sonder les alentours. Les capes et la présence d'Haldamir suffirait à dissuader jusqu'aux pirates les plus affamés. Sa silhouette sombre était connue, pour ceux d'Iskandar, il était Haldamir de la Marche, un autre survivant, qui vivait parmi les souvenirs des morts, qui étaient ceux qui parvenaient à se défaire de la poigne de Dämons. Au début, lorsqu'il avait commencé à venir se ravitailler ici, il avait dû essuyer quelques attaques, rien de bien méchant, juste quelques détrousseurs, quelques fanfarons ayant voulu battre un survivant. Mais il y avait maintenant longtemps que personne ne s'en était pris à lui. S'en était même presque trop ennuyeux, mais Haldamir avait suffisamment à faire lorsqu'il emmenait Kallen avec lui, ou bien lorsque les Abominations décidaient de lui servir d'escorte. Jacyek marmonna, mais Haldamir, tout comme Ulrike, l'entendit parfaitement.

-Vous ne manquerez de rien, du moins, si c'est les ressources matérielles qui vous inquiètent. Je vous ai donné suffisamment d'or. A Iskandar ou à Dhaval, vous pourrez changer vos pièces. Les pièces d'Alatairë sont encore chères, il n'en y a que peu. Et les chasseurs de trésors ne ressortent jamais vivants de la cité. Vous n'êtes pas le premier éveillé, et Galieel pourra vous aider à vous intégrer. A Dhaval, il y a un prêtre de Primula, dans les maisons de guérison, Anriel, un Aérial, il pourra aussi vous aider, si vous avez besoin.




Dernière édition par Haldamir le Lun 19 Mai - 17:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ulrike
Haute Prêtresse
avatar

Peuple : Métisse
Nombre de messages : 44
Date d'inscription : 18/07/2008

MessageSujet: Re: Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.    Ven 28 Mar - 16:19



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.    

Revenir en haut Aller en bas
 

Là où le pouvoir du Gardien s'arrête.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Le pouvoir de Gandalf
» HP et le pouvoir de l'Enamorento ou Severus Rogue amoureux
» [Théorie] Le type de Pouvoir Lunaire
» Pourquoi la PNH arrête-t-elle des bouzins quand des bandits occupent la rue ?
» Les magistrats du Parquet, membres du pouvoir exécutif ?
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inwilis :: Les Royaumes du Sud-Ouest :: Esgal :: Désert-
Sauter vers: