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 L'hermine détrempée, suite.

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Liadan Fardale
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MessageSujet: L'hermine détrempée, suite.   Ven 4 Jan - 0:16

Liadan passa devant les deux rangers, s'immobilisant pour discuter, et surtout se mettre au courant des dernières nouvelles. Comme le voulait la tradition d'Aériaplume, les rangers étaient souvent solitaires, mais s'ils allaient par deux, le duo était forcément composé d'un ranger expérimenté, et d'une nouvelle recrue. Le ranger au visage bruiné, à la peau aux allures de vieux cuir, lui dévoilant des dents impeccablement blanches, dans un sourire, qu'elle qualifierait de carnassier. Elle apprit que le vieux Heurteloup, celui qui s'était illustré pendant la guerre, celui qui faisait partie des récits rocambolesques de Jalmari, était revenu, et qu'il avait pris le poste de Premier Ranger, vacant depuis quelques mois déjà. Liadan pensa à Kenelm, une des jeunes recrues qu'elle avait formé, la messagère pourrait être sa petite sœur, tant elle se ressemblait. Et elle aussi, n'avait eu que le nom de Sirgris de Heurteloup dans la bouche, lorsqu'elle l'avait rencontré. La curiosité légendaire de Liadan Fardale était maintenant piquée à vif, et elle piaffa d'impatience.
Mais avant tout, elle avait son devoir à remplir. Elle souhaita bonne chance au deux rangers, le plus jeune ronchonna qu'il allait fondre s'il se mettait à pleuvoir de nouveau. Liadan aussi, avait monté la garde. Et elle avait de loin préféré ça au nettoyage des cuisines chaque soir et chaque matin. Un enfer.
Liadan traversa la cour, la terre battue était boueuse, malgré les chemins de dalles de pierres. Elle démonta finalement devant une guérite en bois. La guérite était large, avec un auvent en bois, et un large comptoir. L'intérieur donnait directement accès au géant gris, et surtout, aux salles de triages et entrepôts pour les missives et colis. Une Semi-Orc l'accueillit. Celle-là venait du Sud, vu son accent. Métissée Orc et Sidhe, une combinaison assez rare, mais qui lui donnait une finesse de traits, qui la rendait assez exceptionnelle. Merisha était de la même génération de messagers qu'elle, et elles se connaissaient bien. Les deux messagères s'étreignirent par dessus le guichet.


-Tu es en retard, énonça simplement Merisha.

-Euh... Il a plu ?

La Semi-Orc haussa un sourcil fin, et son sourire dévoilant des dents aussi éclatantes que celle du portier que Liadan venait de croiser. La Sil'ura soupira, vaincue, alors qu'elle déchargea les sacs en toile imperméable. Le premier plein à craqué de lettres, le second de petits colis - les gros étaient généralement acheminés par chariots - et un troisième de lettre, presque vide.

-J'ai fait le voyage avec quelqu'un que j'ai rencontré chez ma soeur.

-Oh oh !

Haussements de sourcils équivoques de la part de Mersisha. Liadan soupira théâtralement, une main sur son front, prenant des airs de tragédienne.

-Hélas ! Il ne s'est rien passé. Mais j'aurai bien aimé.

-Quel dommage. Il était comment ?

-Aveugle, mais forgeron. Le genre avec du muscle sous la chemise. Plutôt avenant, le genre que j'aime assez.

-Je croyais que ton genre c'était les elfes âgés du genre longiligne ?

-Aussi.

Merisha secoua la tête, faisant passer les sacs derrière elle, quand ce fut fini, elle se retourna vers Liadan, après avoir vérifier ses ordres de missions.

-On ne t'a rien donné pour l'instant. Avec l'arrivée du nouveau, ou ancien, bref peu importe, Premier Ranger, tu devrais avoir deux ou trois jours de répit. File t'occuper de ton cheval, moi j'ai du courrier à réceptionner.

-Merci ma belle, on se retrouvera plus tard.

-Oui, si tu survis à Munir.

Liadan s'éloigna avec une grimace comique, qui fit rire Merisha, et prit la direction des écuries. Elle traversa la cour, crottant un peu plus ses bottes, marchant en faisant d'horribles bruits de sucions, jusqu'à ce qu'elle atteigne les écuries. Liadan s'essuya les bottes avant d'entrer, décrottant aussi son canasson, après l'avoir déchargé de sa selle et de son harnais. Docile, et sans doute aussi fourbu qu'elle, sa monture se laissa guider jusqu'à un box vide. Liadan la laissa là, la mangeoire était pleine, ainsi que le seau d'eau pour qu'elle puisse boire. La Sil'ura entreprit de prendre ses fontes, contenant ses affaires personnelles, avant d'aller ranger la selle.



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Laelyr
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Dim 6 Jan - 22:34

Un vrombissement discret accompagnait le vol du petit Fey, qui quittait en silence la partie de l'écurie ou le Dragon se reposait, ne souhaitant pas déranger outre mesure Kesero, qui avait l'air d'en avoir drôlement besoin. A l'inverse, lui n'avait qu'une envie, celle de repartir sur les routes. Mais non, pour une fois qu'il voulait profiter du temps de détente entre deux missions au lieu de clamer qu'il voulait repartir sans attendre, on le collait au foin à s'occuper des canassons.
Une fois de retour dans l'allée qu'il avait quitté précédemment, où s'alignait quantité de box pour les destriers, il soupira, et se posa, faisant vrombir une dernière fois ses ailes de libellules avant de les laisser se replier dans son dos, descendant jusque ses fesses, presque invisibles. Elles étaient transparentes, et réfléchissaient à peine la lumière ; fines, et fragiles, il y faisait très attention, et craignait toujours pour elles. Rien ne saurait être pire, pour le jeune Fey, que de ne plus pouvoir voler, même si ce n'est jamais très haut.

Ses chaussures crissèrent sur la paille qui jonchait le sol, et il manqua de trébucher, maudissant ceux qui faisaient le ménage ; pas assez se disait-il, mais sans le penser vraiment, juste parce qu'il avait failli finir les fesses au sol. Il se dressa donc fièrement, le visage déterminé, prêt à accomplir sa tâche... avant de gémir, baissant les épaules, l'air désespéré.
Il maugréa une énième fois, non mais c'était vrai quoi, il n'utilisait jamais de chevaux, alors pourquoi le contraindre à effectuer une telle tâche ? Si encore il montait, il ne protesterait pas, ce ne serait dès lors que justice... mais non, tout juste avait-il du faire deux trajets à dos de poneys, et monter derrière un autre messager lors d'un passage dans l'Eredmorn où le vent l'empêchait de voler correctement... pour ne pas dire qu'il était presque tombé dans un ravin à cause d'une soudaine bourrasque.
Ah, pauvre Laelyr, qui était condamné à rattraper sur son temps libre celui que tout messager devait passer à s'occuper des chevaux d'Aériaplume, ces écuries qui sentait le crottin et le canasson qui avait galopé des jours durant. Quelle triste mine il arborait en entendant les hennissements qui semblaient l'appeler à la tâche, cette tâche dont il ne voulait pas...
Ce n'est pas comme s'il n'enfourchait nul poney afin de l'esquiver, il n'aimait pas ça, ni les chevaux, ni s'en occuper ! Il avait voulu protester, mais un de ces camarades lui avaient suggérer qu'une telle requête pourrait lui attirer la défaveur de ceux d'en haut. Mauvais plan en somme.

Alors le voila qui tournait en rond, espérant que personne ne le surprendrait à ce qui semblait être tirer au flanc, alors qu'il réfléchissait... à comment tirer au flanc plutôt que faire ce qu'il avait à faire. Autant rester discret. Hum... il était un peu tard pour suggérer une phobie des équidés. Une allergie subite au crin... non plus. Difficile de trouver quelque chose.
Laelyr commençait à capituler et se dire qu'il valait mieux accomplir sa tâche, qui durerait encore deux ou trois heures, plutôt que chercher à y échapper, quand quelqu'un pénétra l'écurie. Ni une ni deux, il bondit vers un box vide, et s'y dissimula le temps que la personne ne passe. Mais, par curiosité, le jeune homme regarda discrètement qui venait d'arriver.
C'était Liadan Fardale, il la reconnut tout de suite. Ah, la simple évocation du nom de Fardale le renvoyait à Armenelos, les fesses devant le comptoir du Cercle des Fées, à regarder Mogweed servir les clients, les yeux dans le vague. Qui pouvait résister au charme de la belle tenancière ?... Pas le petit bout de Fey, qui trouvait dommage tout de même qu'elle soit aussi grande. Mais s'il devait être difficile sur ce critère, Laelyr ne rencontrerait que très peu de fille. Enfin, il n'intéressait qu'assez peu de demoiselles, à cause de son air enfantin, qui leur donnait plus envie de le chouchouter.
Mais, revenons à nos Fardale, et plus précisément à celle que le jeune Fey avait vu passer avec son cheval, pour aller dans un box non loin et s'occuper de son bourrin. Les deux messagers se connaissaient de vu, comme la plupart de ceux qui travaillaient dans les volières. A part ceux qui étaient assignés à des lieux spécifiques, les gradés comme Munir, et les binômes assez proches, à force de toujours traîner aux quatre coins d'Inwilis on croise les collègues qu'épisodiquement, le temps d'échanger des banalités, prendre des nouvelles du pays si l'autre en revient, ce genre de choses.
Cependant Laelyr n'allait pas d'instinct vers Liadan, et pour cause, il en pinçait un peu pour sa frangine, du coup il s'imaginait que c'était pas très correct d'aller tailler une bavette avec une fille alors que l'on a des vues, aussi improbables et impossibles soient-elles, avec sa sœur. Enfin, il pensait ça, mais des quelques discussions vaguement échangés avec elle, il ne lui avait pas semblé que moralement ça soit si dérangeant. Comme quoi des fois on s'imagine des trucs stupide, se dit-il. Et puis elle était sympathique, très vive, ce qui par certains aspects pouvait agacer le jeune Fey qui préférait le calme.
Mais, à bien y penser, rien n'était jamais calme dans sa vie.

Se retrouvant à nouveau dans l'allée, une idée venait de germer dans son esprit. Il s'approcha de l'endroit où elle se trouvait, et s'assura qu'aucun brin de paille ne se trouve dans ses cheveux, et épousseta machinalement sa tunique à haut col, d'un élégant bleu pastel, et pourvu d'une ouverture dans le dos pour ses ailes se refermant sur le haut avec des boutons, puis il s'assura qu'aucune des sacoches dont était pourvu sa ceinture n'était mal placé, avant de faire son entrée.

"Salut Liadan ! Ça fait un bail dis donc. Tu veux que je t'aide ?"

Tout sourire, d'un bruissement d'ailes il s'éleva dans les airs, penchant légèrement la tête de son air le plus innocent, afin qu'elle accepte son aide, et mettre en route son plan machiavélique... euh, non, quand même pas. Son astucieux plan afin d'abréger ses souffrances équestres. Oui, ça sonne mieux comme ça.



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Liadan Fardale
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Ven 18 Jan - 23:55

-Allez l'canasson, rentre là dedans, maugréa Liadan.

Le bourrin qu'elle avait monté à partir de Miervaldis, troqué contre la Reith avec qui elle avait fait le voyage d'Armenelos au Bastion Alaric, avait un caractère de cochon. L'étalon n'était pas castré, pas un des hongres dociles, mais un cheval, certes, magnifique, mais qui n'en faisait qu'à sa tête. Tempête était son nom, mais Caprice aurait mieux convenu selon la messagère. Le palefrenier de la guilde à Miervaldis lui avait refilé l'bestiaux pour qu'il retrouve son propriétaire. Un des rangers qu'on envoyait dans des lieux dangereux, Méric Sildivène, que Liadan connaissait de nom et de vue. Du genre ranger, taciturne, sombre et solitaire. Le genre que Liadan aimait bien bousculer. Sauf que Méric avait la réputation d'être rancunier, et violent. Un caractère aussi pourri le temps depuis qu'elle avait passé la frontière de l'Inwerin. Un caractère qui allait bien avec celui de Tempête. L'équidé était un Laurëcaras à la robe d'un noire et feu, avec une crinière d'or rouge faisant comme des flammes. Un poitrail puissant, des pattes musclées, aux sabots d'or rouge, et des yeux brillants d'un intelligence, qui laissait penser à Liadan que Tempête savait parfaitement qu'il l'emmerdait.

-Je reviens, y'a à boire et à becter, fout pas l'boxon, le prévint-elle.

Elle venait de le soulager du poids de la selle, la sienne, que Liadan trainait toujours avec elle. Elle l'avait fait faire à Armenelos, par les gars d'Aeguishor, lorsqu'elle avait reçu sa première paie, et elle l'avait décorée selon ses goûts, avec des surpiqûres dans le cuir, formant des motifs animaliers, rappelant sa forme d'hermine, fait avec des fils de couleurs. Elle prenait soin de cette selle, et la laissait à contre coeur dans les écuries, n'ayant pas grand place dans sa chambre de messagère, qu'elle partageait avec une novice, qui était toujours intimidée en sa présence. Jalmari, un vieux de la vieille, s'occupait des écuries, et Liadan savait que sa selle serait bien traitée. Elle posa la selle sur une des longues tables de la petite salle ouverte, servant d'atelier, à coté des trois autres, qui attendaient, elles aussi, d'être bichonnées. Ramassant ses fontes, des sacs en cuir usé, mais dont le sortilège d'imperméabilité fonctionnait toujours, Liadan s'en retourna vers le box de Tempête. Elle laissa ses fontes à l'extérieur, se retroussa les manches, et entreprit de bichonner l'dada, vérifiant d'abord ses sabots - qui auraient droit à une seconde inspection avec Jalmari ou quelqu'un plus apte qu'elle en la matière - avant de commencer à le nettoyer. Une voix la fit sursauter alors qu'elle ôtait la boue de la robe somptueuse de Tempête qui mâchonnait son fourrage avec un air que Liadan, qualifierait, d'extasié, de béatifique. Foutu carne. Elle se redressa, et trouva celui qui aurait du venir l’accueillir à son arrivée, et qui aurait du s'occuper de son cheval, Laelyr. Messager comme elle, s'était connu des rangers aguerris aux messagers novices, que le Fey détestait les équidés. Pourtant, ce n'était pas les seuls animaux que comptaient Aériaplume comme montures. Dans le Nord, on privilégiait les chevaux, les poneys pour les montagnes, mais aussi les Reiths, ses étranges créatures à plumes, parfois des Griffons... Et dans le Sud, Liadan avait monté des Lézards et des Garmans. Elle préférait les Lézards, dont le comportement se rapprochait de celui des Reiths, montures qu'elle adorait.

-Laelyr ! Un bail oui, j'ai un peu trainé chez ma soeur. Munir va m'arracher les yeux. Ou une partie de mon corps pour me punir. S'il me tombe dessus... Et pour l'aide, t'arrives un peu tard. Et celui là...

Liadan tapota le Laurëcaras.

-Tempête, c'est à Méric Sildivène. Il a le même caractère que son proprio. On me l'a refourgué à Miervaldis. Sildivène l'avait laissé derrière à cause d'une patte cassée. Sera ravi de revoir son bourrin, et moi pas mécontente de plus l'avoir comme monture.

Réagissant aux propos de la messagère, Tempête fit valoir son opinion en lui donnant un coup de queue bien senti, dans le dos. La messagère grimaça.

-Tu vois c'que j'veux dire ? Peut-être qu'une pomme ou deux le rendrait plus conciliant, tu pourrais me dénicher ça ? En suite, j'sortirais d'ici, et j'irai me réchauffer et me remplir le ventre de bière et de tourtes chaudes d'Evania, une de celles aux champignons ou au sanglier.



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Laelyr
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Ven 25 Jan - 0:12

En retard oui, le Fey l'était un peu. Il aurait du accourir l'aider, c'était un peu la tâche qu'on lui avait assigné, que de s'occuper des écuries, et accueillir ses nouveaux occupants faisaient partie du lot. Mais il avait été retenu par son cerveau, qui avait élaboré un plan complexe pour échapper à sa corvée, qu'il prit soin d'étudier en vitesse pendant que Liadan allait mettre son canasson au box. Plan d'un génial et pourtant d'une simplicité telle que le Fey aurait pu se féliciter, s'il n'avait pas été aussi humble. Du moins c'est ce qu'il pensait, avant de rire intérieurement des bêtises qu'il pouvait, justement, penser. Sa collègue lui avoua auparavant son retard, compréhensible, ce qui rassura un tantinet Laelyr, qui se dit que comme ça ils étaient deux au moins. Et puis il comprenait pourquoi elle avait traîné en route, même si ce n'était pas pour les mêmes raisons ; il s'empêcha de penser au sourire de Mogweed, pour ne pas se déconcentrer. Il avait une mission après tout, un plan auquel se tenir !
Il eut droit à un petit topo concernant l'animal, et une démonstration de son mauvais caractère. Pas de quoi enjoué le jeune Fey, mais Liadan mis en avant une idée loin d'être mauvaise : manger. Et aller chercher des pommes. Se raclant la gorge, les joues rougissant un brin, alors qu'il concéda avoir été un brin en retard sur ce coup-ci.

"Excuse-moi si je t'ai fait faux bond, y a un Dragon là-bas ; je veux dire un Dragon ! J'en avais jamais vu avant... Aherm, mais dis-toi qu'il y a pire, tu aurais pu te coltiner Méric plutôt que son bourrin. Voir les deux en même temps."

Il lui adressa un clin d'œil complice ; lui aussi connaissait Sildivène. En fait, tout les rangers se connaissaient plus ou moins, de nom si ce n'était de vue. Aériaplume était un peu comme une communauté, une grande, qui avait quelque chose d'unique en son genre, et si des personnalités ressortaient du lot -comme Sirgris et Munir-, parmi ceux qui se contentait d'être de simples messagers il y avait des noms qui revenaient souvent, au fil des discussions, des bruits de couloirs et des commérages. Et pas seulement sur les individus, mais aussi les nouvelles venants d'ailleurs, les rumeurs, les bons endroits où se reposer, les lieux dangereux...
Aériaplume était vraiment un monde à part.
Le léger vrombissement qui accompagnait avec douceur les aile délicates du Fey se fit plus fort, alors qu'il se déplaçait à présent, se retournant et disparaissant promptement, aussi vite qu'il était arrivé, prenant tout juste le temps de lâcher un "bon j'vais te chercher ça !" avant de s'éclipser avec la rapidité qui était sienne. Car, aussi fragile puisse paraître et être les fines membranes constituant ses ailes, elles n'en restaient pas moins d'une rapidité redoutable, couplé à sa propre légèreté. Si l'on ajoutait à cela qu'elle lui permettait plus d'agilité que celle que pouvait avoir certains Aerial plumeux, cela faisait de Laelyr un agile voltigeur. Mais il ne pouvait pas aller très haut, ni ne voler trop longtemps...
Il fila néanmoins à bonne allure, un sourire dessiné sur le visage, alors qu'il prit le chemin qu'il connaissait bien vers les cuisines. Ce ne fut pas tâche trop ardue de dénicher des pommes, et le jeune Fey en prit trois : deux pour le canasson, et une pour lui-même.
Après tout, il avait bien mériter cela en prix pour la livraison.

Saluant quelques collègues, il reprit à vive allure le chemin inverse, mais sans trop se presser. Après tout... son génialissime plan pour ne plus s'occuper de chevaux. Ou plutôt... écourter son supplice. En l’occurrence, il allait achever son temps de travail en aidant Liadan, car à deux ça va plus vite, et c'est plus sympa. Et là, il n'allait pas trop vite pour... et bien, en faire le moins possible. Ou plutôt ne pas en faire plus. Il n'allait pas s'essouffler et courir vers le box pour s'infliger plus de cette corvée, non ; mais il ne lambinait pas non plus, par respect pour la Sil'uras.
Il allait donc à l'allure normal d'un Fey qui volait en revenait des cuisines avec des pommes.
En glorieux vainqueur il revint donc, se posant avant de pousser de l'épaule la porte du box, s'y glissant avec dans chaque main une belle pomme rouge, les tendant à Liadan en souriant.

"Tu peux lui filer ? Je préfère éviter de trop m'approcher de ses dents, au cas où il lui viendrait l'idée que je sois comestible. C'est pas le grand amour, moi et ces quadrupèdes à selle. Remarque, les animaux m'aiment jamais beaucoup..." Il soupira. "J'vais t'aider à t'en occuper, et je t'accompagnerais manger un bout, si ça ne te dérange pas."



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Liadan Fardale
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Dim 27 Jan - 22:11

-Les dragonniers ne restent jamais bien longtemps ici. Ni même à Aériaplume. Les dragons, ça finit par prendre de la place. Par grandir, et la forêt, c'est pas vraiment adapté, comme un Garman dans un Ilmarin quoi...

Des dragons, la Sil'ura en avait vu, de près, de loin. La plupart du temps de loin. Elle savait que le seul dragon d'Aériaplume qui pouvait encore tenir dans les écuries, c'était Kesero. Il faisait généralement bande à part, avec Huawei, son cavalier. Les deux ne faisaient pas vraiment d'effort pour s'intégrer, mais c'était souvent comme ça quand ils y avaient des couples, Sacrifice et Combattant, lien de Vif... Laelyr partit en volant lui chercher ses pommes, et Liadan jeta un coup d'oeil désespérée à Tempête, qui lui donnait l'impression de la narguer. Elle pesta intérieurement, jurant que plus jamais on devrait donner ce genre de tâche à Laelyr, puisqu'il ne les accomplissait pas...

Selon Liadan, Laelyr mit un temps fou à aller chercher ces foutues pommes, mais elle s'appliqua à débarrasser Tempête de la boue et la poussière des chemins qu'ils avaient empruntés pour venir jusqu'ici, démêlant la superbe crinière or rouge du cheval. Elle laissait le loisir, le bonheur, le plaisir, à Jalmari de vérifier l'état de ses sabots, et de faire ce qu'il fallait. Elle se sentait fourbue, prête à s'écrouler dans la paille, et dormir dans le box de Tempête, mais le Laurëcaras n'était pas très bien disposé envers elle. Elle pensait que ça venait de Méric. Sildivène était taciturne, arrogant, suffisant, bref, le genre de type qui réussissait toujours à la faire sortir de ses gonds. Et elle, elle était le genre à le faire sortir de ses gonds. Alors peut être avait-il parlé à son foutu canasson d'elle, en des termes fort peu élogieux. A dire vrai, mis à part les livraisons effectuées jusque loin dans les royaumes du Sud, Liadan ne faisait rien pour être une messagère exceptionnelle. Elle était souvent en retard d'une ou deux journées, et quand elle était ici, elle négligeait parfois ses entrainements, et passait son temps vautrée dans sa piaule, ou dans la piaule d'un autre, ou à se goinfrer dans le réfectoire. Et le soir, elle sortait s'amuser dans Celebalda, picolant et rentrant au petit jour, se ramassant une vilaine gueule de bois à chaque fois. La rançon de la gloire éphémère de l'alcool. Le léger vrombissement caractéristique des ailes de Laeryr perturba l'écurie silencieuse.


-Pas trop tôt, donne. Bah, celui là, il a pas l'air d'aimer grand monde...

La Sil'ura prit les pommes des mains du Fey, et croquant dans une, avant de filer l'autre à Tempête, qui marqua un temps d'hésitation.

-Ch'est 'as gu poichon, tu...Liadan avala le morceau de pomme,m tu peux y aller.

Après un ultime regard dubitatif de la part du Laurëcaras, celui-ci finit par croquer dans la pomme tendue, bouffant la moitié de celle-ci, l'air indécis, avant de décider que oui, ce n'était pas du poison. Liadan mangea en même temps que lui, et lui refila même la moitié de sa pomme à elle. Pour finir, elle s'essuya les mains sur ses cuisses.

-Bon, j'espère que y'a encore de la bière d'Armenelos, et que les tourtes sont chaudes, je crève de faim. Et ça me dérange pas que tu viennes, de toute façon, tu devais pas être d'une grande aide à Jalmari. Tout Aériaplume le sait que tu détestes les écuries.

Liadan eut un énorme sourire, et elle ramassa ses sacoches, contenant ses effets personnels, passant sa veste en cuir, frappée des ailes d'Aériaplume dans le dos, la jetant, elle aussi, sur son épaule. Elle n'attendit pas de savoir si le Fey la suivait, mais le vrombissement de ses ailes lui indiquait que c'était le cas. Dehors, il pleuvait toujours, et il faisait sombre. La multitude de fenêtres d'Aériaplume formaient des guirlandes lumineuses dans les arbres, et la cour était faiblement éclairé. La plus grande lumière provenait des fenêtres du réfectoire, bâtiment construit sur le sol, comme une avancée du Géant Gris qui hébergeait une partie du réf, et des cuisines. Ses bottes faisaient un bruit de succion à chaque pas dans la terre détrempée, mais Liadan se dépêcha de gagner l’abri et la chaleur du lieu de réunion de tous les membres d'Aériaplume.

La salle était à moitié vide, vu l'heure tardive, mais les cuisines fonctionnaient tous le temps et par tous les temps, puisque les messagers et les rangers pouvaient arriver à n'importe quel moment du jour ou de la nuit. Elle s'ébroua, secouant sa tignasse acajou, chassant l'eau de pluie. Comme un seul ranger, ils se dirigèrent avec Laelyr, vers le comptoir, ou ils furent accueilli par un novice.


-Une bière brune d'Armenelos, et une tourte, avec de la viande de préférence. Et oh, un potage bien chaud, je suis gelée.

Le novice hocha la tête, gueulant en suite la commande de la Liadan, qui attendit que Laelyr passe la sienne. En suite, ils n'auraient qu'à s'assoir, quelqu'un viendrait les servir, peu importaient leur place dans le réf. Il y faisait bon, et les odeurs étaient alléchantes, si on exceptait l'odeur de chien mouillé et de cheval venant de Liadan. Elle irait se décrasser aux bains avant d'aller se pieuter. Si non, sa chambre allait sentir le Laurëcaras poussiéreux et mouillé.

-J'ai qu'une hâte, aller me coucher, confia-t-elle au Fey.



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Laelyr
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Mar 5 Fév - 15:14

Laelyr l'écouta sagement lui parler des Dragons, avant de partir aux cuisines. Après tout, ce n'était pas son rayon, et Liadan avait sûrement plus de connaissances en la matière que lui, qui n'avait guère quitté les sentiers d'Aériaplume, et s'en tenait à ce qu'il connaissait du monde. L'aventure ne tentait pas vraiment le Fey, qui savait par expérience que les ennuis lui collait à la peau avec une certaine ténacité, et il ne tenait pas à tendre la perche au destin pour se faire battre.
Il en subissait assez sur les chemins sans avoir envie d'en rajouter.
Avec attention, il regarda la Sil'ura manger sa pomme, et nourrir le canasson, qui était méfiant. A l'image de son propriétaire, à en voir le caractère, ce Laurëcaras et Méric s'était plutôt bien trouvé. Laelyr était fin prêt à donner de lui-même à la tâche, mais Liadan en décida autrement, l'invitant à le suivre, et le poussant à prendre un air boudeur, alors qu'elle souriait en soulignant le peu d'aide qu'il pouvait offrir dans les écuries. Mais c'était de bonne guerre, il ne l'avait pas vraiment aidé ; mais elle lui avait demandé d'aller aux cuisines.
Bah, il le suivit sans discuter, pensant tout de même que, si tout Aériaplume savait qu'il pestait et maugréait dès qu'il s'agissait de s'occuper d'un équidé, pourquoi persistait-on à lui infliger cela, malgré qu'il râle et proteste ? Il n'y avait que les Sableux dont la proximité ne le dérangeait pas. Reith, Garman, Earthë, les animaux en général ne l'aimait pas vraiment, encore plus les équidés, mais c'était presque une règle que se faisait passer tout les quadrupèdes ; sauf les Sableux. Il ignorait pourquoi, mais ces derniers n'avait jamais été source de désastre en sa présence. Mais allant peu dans le Sud, il avait peu l'occasion de s'en occuper.
S'il y allait, ce serait peut-être négociable...

Il dut se résigner à marcher, le temps qu'ils passèrent sous la pluie, qui gênait ses ailes. C'était l'un des inconvénients dont s’incommodait le Fey sans trop râler, bienheureux qu'il était de pouvoir voler. Même si, quelque part, il aurait souhaité être aussi bien bâti qu'un Aérial, et pouvoir planer dans les cieux, tâter les nuages, pour voir s'ils étaient aussi cotonneux qu'ils en avaient l'air. Il se rappelait, enfant, avoir vu dans un livre d'image des Aérial se prélasser sur des nuages, comme s'ils étaient des matelas à la douceur incomparable. Il avait essayé alors, de ses jeunes ailes, d'aller aussi haut que possible pour aller les toucher ; il avait finalement dégringoler après être monté sur cinq cent mètres, trop jeune pour en supporter trop, et sa mère l'avait rattraper alors qu'il chut, avant qu'il ne se brise quelque chose ou pire encore. Il avait lui-même surveiller son frère Damyr pour prévenir ce genre d'excès, lorsque les jeunes Fey essayent de tester leurs limites, lorsqu'ils commencent à quitter le nid, encore inconscient de leurs capacités, leurs limites.
Une fois les pieds au sec, il secoua ses ailes dans un petit vrombissement, chassant d'une manière rappelant étrangement un animal s'ébrouant, notamment parce qu'il projetait des gouttelettes un peu partout. Heureusement, étant derrière Liadan, cela ne la toucha pas, et passa relativement inaperçu ; il n'y avait pas grand monde de toute façon, c'était une heure creuse, où l'on ne croisait que des rangers rentrant à peine -comme la Sil'ura qu'il accompagnait-, des retardataires -il en était un-, et des trainards, généralement en groupe qui discutaillaient assez pour en oublier de manger, se détendant entre amis, échangeant nouvelles et histoires, se retrouvant de façon convivial après des jours voir semaines d'errance. Car c'était un peu ça, Aériaplume, une grande famille, et le Fey s'y sentait chez lui. Une vie relativement tranquille pour un petit bout de Fey, qui n'avait d'ambition que celle de passer sa vie au chaud.
En parlant de chaud, Liadan se commanda un petit frichti, et Laelyr dut faire de même, alors qu'elle l'attendais poliment.

"Euh, j'vais prendre pareil, sans le potage. Et je préfèrerai que des légumes pour ma tourte, s'il vous plait."

Le comptoir le séparant du jeune prenant la commande étant adapté à des tailles un peu plus standard, il dut user encore une fois de ses ailes pour que l'on puisse le voir, et l'entendre, même si depuis le temps, on savait qu'une voix de gamin dont on ne voyait qu'un peu de la tignasse bleuté dépasser ne pouvait qu'appartenir à un seul des coursiers se baladant dans les environs. Une fois fait, il suivit sa camarade jusqu'à une table tranquille, où ils purent se poser, au sens propre pour Laelyr. Il s'installa, avec l'instinctif réflexe de ne surtout pas s'adosser à cause de ses appendices dorsales, et écouta Liadan, qui se contenta d'exprimer sa fatigue. Ce à quoi Laelyr rétorqua avec un sourire se voulant désolé mais, ne pouvant pas l'être totalement, avec ce petit air de "oulah t'es dans la merde je voudrais vrrraiment pas être à ta place..."

"Tu pourras ouais, mais après avoir vu Munir..." Il marqua une pause. "Mais tu pourrais avoir de la chance, il est plutôt dans un bon jour aujourd'hui... je crois. Ou du moins un moins mauvais que d'habitude..."



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Liadan Fardale
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Jeu 7 Fév - 16:37

Liadan retira sa veste de cuir sur laquelle perlait des gouttes de pluie, se contorsionnant pour la mettre sur le dossier de sa chaise. Elle prit le temps de sortir une pince en os d'une de ses fontes, posées à ses pieds, et de s'attacher les cheveux. Elle se saisit de sa tignasse brune, la rassembla en une queue de cheval, lui faisant faire plusieurs torsade avant de la relever sur son crâne, et de l'y maintenir avec l'épaisse pince en os blanchi.

-Munir attendra que j'sois plus crasseuse. J'sais bien qu'il est insomniaque, mais à moins qu'il vienne me débusquer, il doit pas savoir que j'suis rentrée. J'ai eu du bol, c'était Merisha à la guérite du courrier, elle devrait pas me balancer avant demain matin.

La Sil'ura eut un sourire énorme, même si elle sentait la fatigue l'envahir, ankylosant ses muscles. Elle se cala dans le dossier de la chaise, étendant ses longues jambes fuselées devant elle, avisant que ses bottes auraient bien besoin d'un bon coup de brosse elles aussi. Elle s'étira, avant de retourner fouiller dans son sac, pour y dénicher un paquet de bellicornes qu'elle balança sur la table. Les friandises en forme de croissant de lune, ou de corne, préparée par sa soeur était un délice, et si Liadan se souvenait bien, Laelyr n'aurait rien contre.

-Comme j'étais chez ma soeur, j'en ai profité pour la piller. Ce sera pour le dessert. Elles doivent un peu dures avec le froid, mais elles devraient devenir molles avec la chaleur qui règnent ici.

Il faisait toujours chaud dans le réfectoire, la chaleur venait des fourneaux des cuisines, et en été, lorsqu'il faisait enfin chaud en Inwerin, l'atmosphère devenait presque étouffante, si bien que rangers comme messagers, prenaient leurs repas dehors, sauf lorsque Virva avait décidé d'essayer de les inonder, comme ce soir. Puis elle se rendit compte de ce que Laelyr venait de dire.

-Munir ? Dans un bon jour ?

Liadan s'esclaffa, se tapant la cuisse.

-Elle est bien bonne celle là ! On l'appelle pas Munir le Renfrogné, ou Munir le Rabat-Joie pour rien.

Elle s'interrompit, le temps qu'il soit servi par une jeune apprentie aux boucles violettes, qui lui rappela Mogweed lorsqu'elle était encore une jeune adolescente. Liadan la remercia, et attaqua aussitôt, mordant à pleine dents dans sa tourte, savourant le fondant de la viande, son goût fort et prononcé, contrebalancé par la sauce et les légumes. Elle fit passée la première bouchée avec une bonne rasade de bière, avant de reposer sagement tourte et chope, pour se consacrer au potage. L'odeur était délicieuse, la couleur tout autant, d'un orangé très doux, fleurant bon le potiron et la carotte, mais aussi les noisettes grillées, qui piquetées de brun son bol. Au centre, une généreuse portion de crème de fraîche saupoudrée de poivre. Liadan huma le fumet qui s'en dégageait, salivant déjà.

-J'ai mangé d'aussi bon, depuis Miervaldis, j'ai cavalé pendant 4 jours, et avec Tempête, autant dire que ce fut drôle... Ma Reith m'a manqué. Quelles autres nouvelles, à part Kesero dans les écuries et Munir dans un bon jour ? demanda la messagère avant de boire une gorgée de l'épais potage.



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Laelyr
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Mar 19 Fév - 15:17

Laelyr laissa un sourire s'épanouir sur son visage, comme acquiesçant en silence aux dires de celle qui partageait sa table. En effet, le courrier était livré, et tant qu'elle ne tardait pas trop, elle pouvait tout de même prendre le temps de "rentre au bercail" avant d'aller remettre son rapport. Tant qu'elle ne tardait pas trop, se disait le jeune Fey, même si Merisha lui laisserait un net répit. C'était à croire que Munir étaient insensible aux tracas que pouvait avoir les messagers, à rentrer tard et parfois sale, ou détrempé comme l'était la Sil'ura. Il s'en tenait aux règles, quoi qu'il en coûte.
Et Liadan paraissait fatigué, elle avait du se dépêcher, et pour cause, elle révéla non sans l'avoir au préalable montré qu'elle était allé chez sa sœur, le garçon ailé le compris rien qu'en voyant les bellicornes, qui seraient à n'en pas douter encore bonnes malgré le voyage. Lealyr ne se départi pas d'un certain sourire en écoutant la sœur de celle à qui elle pensait. Ah, si sa collègue savait... elle se ficherait probablement de lui, se dit-il.

Il était au courant de ces surnoms, et subissait sans doute autant qu'elle, et que tout les autres, la mauvaise humeur quasi-constante de Munir. Raison de plus pour soutenir le fait qu'il semblait un tantinet plus clément, puisque lui-même avait conscience de son caractère au combien casse-pied. A croire que le quotidien l'adoucissait, sans pour autant le rendre moins désagréable. C'était improbable, et pourtant, sans cesser d'être grincheux, ce cher Munir pourrait bien ne pas se montrer trop cassant pour autant. Quoi qu'avec son retard, Liadan pourrait attiser le naturel de l'individu.
Le souper interrompit sa réflexion et une possible réplique immédiate ; son estomac le titillait, et, couvert en main, il attaqua en douceur son plat, ne faisant pas montre de la même voracité que son amie, qui elle devait vraiment mourir de faim.
Elle prit tout de même le temps de commenter les raisons qui la poussait à s'attaquer si promptement à son repas et le Fey répondit avec un sourire rieur. Il connaissait cela évidemment, et bien qu'il soit moins avide de se jeter sur son assiette, il n'était pas mécontent pour autant, mangeant avec plaisir ce qui s'y trouvait.
Buvant un peu d'alcool, à petite gorgée, il prit le temps de réfléchir à ce qu'il pourrait dire ; pas grand-chose à vrai dire. Il prit une bouchée de nouveau, et posa son regard d'un élégant vert sur Liadan.

"Pas grand-chose, quand j'me suis levé ce midi, j'ai à peine eu le temps de tailler une bavette avec Tanis, elle a rapporté quelques rumeurs du Sud, puis on m'a collé aux écuries. A part ça j'ai surtout dormi. Et je reviens d'une course à Armenelos donc j'aurais rien à t'apprendre. Et pour Munir..." Il but une gorgée de bière, avant de reprendre. "... j'ai pas dit qu'il était de bonne humeur, mais de moins mauvaise humeur que d'habitude. Ou moins pire. Enfin tu verras bien ; c'est pas dit que ça ait duré en plus. L'était p't-être malade."

Il lui offrit pour finir un maigre éclat de rire, juste là pour ponctuer sa phrase de la note joyeuse qui l'animait. Mais il se concentrait de nouveau sur son repas, mangeant tranquillement ce que contenait son assiette. Il lui semblait être bien plus calme et posé que sa camarade, qui était bien plus démonstrative. Et finalement assez éloigné de sa sœur se dit-il ; mais dans le fond, il ne connaissait que peu Mogweed. L'amour était loin d'être le point fort du Fey, qui était resté tristement enfantin sur ce sujet, au moins aussi mature que le laissait suggérer son apparent âge. Dans le fond il ne s'en préoccupait pas, il souriait en pensant bêtement à la tenancière du Cercle des Fées, et abandonnait l'idée en se focalisant sur son impossibilité. Un moyen comme un autre de laisser la chose tourner en rond, et penser ainsi que faire bien d'autres choses.
Et quelles autres choses ! Laelyr avait souvent l'impression de vivre d'amour et d'eau fraîche, arpentant seul ou en groupe les difficultés de la vie de messager, bien loin du temps de son apprentissage et de ses jeunes années à effectuer des missions simples, maintenant ce jeune homme à l'allure frêle d'un gamin arpentait les zones que d'autres n'auraient pas l'envie d'y mettre ni serais-ce qu'un orteil. L'on pouvait y voir le désir de prouver sa valeur, mais il n'en était rien, Laelyr aimait ce qu'il faisait, et voulait le faire à fond, rendre service et mettre à profit ses talents, quitte à devoir faire ce que personne d'autre ne voulait vraiment faire de son plein gré.
C'était sa vie et il l'aimait, ne demandant guère plus, sinon qu'on arrête de le harceler avec les écuries. Et pourtant, il avait aussi envie d'un peu d'aventure, de fantaisie, ouvrir ses ailes et foncer vers le ciel. Il avait toujours ce petit grain de folie, mais la raison le poussait à rester sur terre, et voir des Dragons lui suffisaient. Il mangeait sa tourte sagement, prenait des nouvelles des autres, et s'offusquait quand des inconnues le prenait pour un enfant. Une belle vie pour un petit bout de Fey, se disait-il.

"Et toi, qu'apportes-tu d'intéressant comme nouvelles ?" S'enquit-il, lui rendant la politesse.



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Liadan Fardale
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Mar 26 Fév - 16:06

Le fumet qui s'en dégageait mettait l'eau à la bouche de la Sil'ura, même si évidemment, la cuisine d"Aériaplume n'arrivait pas au niveau de celle de Mogweed, Liadan estimait qu'elle n'avait pas à se plaindre. C'était plutôt une question de préférence. Ici, elle avait aussi droit à la galette spéciale, lorsqu'elle était pressée par le temps, le chef lui préparait le repas sur le pouce du messager, une galette de blé fourrée de légumes et de viande, qui pouvait se manger sans avoir besoin d'être attablé. Liadan avala rapidement deux cuillers du potage, puis une troisième qu'elle savoura, commençant à se réchauffer, elle écouta en suite Laelyr répondre à ses questions, alors qu'elle vidait le bol, commençant donc par se sécher de l'intérieur, à défaut d'avoir les cheveux et les vêtements secs, bien que sa situation soit nettement meilleure que dehors, ou sur le dos de Tempête. Elle devrait d'ailleurs dire à Méric que son canasson était de retour au bercail. Laelyr revenait d'Armenelos ? Liadan leva un sourcil. Elle avait dû le louper, elle y avait passé tout son temps, elle avait traversé le Nord en une semaine, Laelyr ne pouvait pas avoir fait l'aller-retour en si peu de temps ? Ou alors, il n'était pas passé par le Cercle des Fées, chose étrange, la plupart des messagers ou rangers passaient par là, tout le monde connaissait l'affiliation de Liadan. Les Sœurs Fardale étaient connues dans tout le Nord. Par là où Liadan ou Dierdre étaient passées, Mogweed elle, séjournait en permanence à Armenelos, gérant le Cercle des Fées, dont la réputation n'était plus à faire. Liadan haussa légèrement les épaules, laissant tomber ses interrogations qui n'étaient pas vitales. Laelyr avait peut être plus le sens de la ponctualité qu'elle. Ce qui était probable.

-Oui, donc Munir est dans un bon jour. Exceptionnel ! commenta Liadan qui reposa son bol.

Elle s'empara de sa chope de bière, et en but une bonne rasade, la bière aussi réchauffait, mais elle lui permettait de se rincer la glotte, avant d'attaquer le reste de la délicieuse tourte à la viande qui attendait son bon vouloir. Elle s'essuya la bouche d'un revers de manche, et prenant la tourte d'une main, se rencognant dans son fauteuil.


-Si Tanis revient du Sud, alors ses nouvelles sont plus fraîches que les miennes. Enfin, ça dépend d'où elle revient. J'ai pas entendu grand chose d'autres que les rumeurs de guerre dans le Sud. Pour le Nord, je sais de source sûre, comme tu peux l'imaginer, que ma sœur, Dierdre, et d'autres femmes ont été attaquées dans les Landes, on parle d'un clan renégat, qui les enlèveraient. Les Frontaliers de l'Inwerin ont abattu deux Lycans qui tentaient d'emmener une jeune femme avec eux. On suppose qu'ils faisaient partie du groupe en question. Dierdre Fardale était la seule qui pouvait en donner une description jusque là. Aeguishor a envoyé des hommes leur courir après. Neldoranthir Ril'Adamanta et son dragon, Sioltach, ont sauvé ma sœur.

Un rictus empli de haine mêlé de colère passa sur le visage de la jeune femme.

-J'espère que ces fumiers ne s'en sortiront pas. Le plus étrange c'est que certaines femmes ont été rendues à leurs clans, ou à leurs familles. Personne ne sait rien de plus, le Nord est vaste, et les planques ne manquent pas. Mis à part ça, Aeguishor a un nouveau champion, un type du nom de Drusus, qui est sorti vainqueur des derniers tournois. C'est tout ce que je peux te raconter.

Pour conclure, elle mordit furieusement dans sa tourte, mâchant avec force, avant de fermer les yeux de plaisir. La tourte était délicieuse, la viande fondait, les légumes aussi, se mêlant à la sauce, rendant le tout onctueux et goûteux. La pâte était croustillante à souhait, et Liadan secoua son écharpe, et épousseta ses vêtements pour chasser les miettes qu'elle faisait.



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Laelyr
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Jeu 14 Mar - 8:53

C'était en effet un évènement relativement remarquable, pour qu'on puisse le qualifier d'exceptionnel, et Laelyr hocha la tête d'un air grave, comme pour appuyer silencieusement l'étonnement mêlé d'un certain amusement de la part de la Sil'ura. Il y a nombres de miracles dont on peut s'extasier en Inwilis, et le jeune ranger ailé pouvait dire qu'il avait vu, un jour, Munir de pas-trop-mauvais-poil. Sans doute cet évènement fera l'objet, dans encore des années, de racontars au coin du feu, probablement une légende, celle de ce jour où Munir n'avait pas été cube de glace acéré. Enfin si, il l'avait été, mais moins.
Ce devait être peu surprenant de savoir que la dénommée Tanis revenait du Sud, étant donné qu'elle se débrouillait pour y passer le plus clair de son temps. Son physique semblait indiquer qu'elle venait de l'Andonarië, ce qui n'était pas faux. C'était une métissée Djinn et Sidhe, au physique aussi sauvage que pouvait l'être son caractère, ce qui en faisait une compagne de route assez marrante. Elle se moquait à chaque occasion du physique enfantin du Fey, et il le lui rendait avec un vocable très coloré ; puis ils riaient, et jouaient aux cartes ou à autre chose.

"Tanis revient de Fendassë, je crois qu'elle a de la famille là-bas ; m'étonnerais pas qu'elle y soit resté quelques jours..." Le Fey lui décocha un regard agrémenté d'un sourire, ltout deux amusés. "Mais rien d'exceptionnel. A entendre tout ce qu'on raconte, les amants maudits sont de retour, et la Grande Guerre reprendrait là où elle avait été laissé. Mais bon, ce ne sont pas vraiment des nouvelles, hein !"

En revanche, ce que lui rapporta Liadan était inquiétant. Il avait entendu dire qu'il y avait eu des soucis avec les Clans, mais il n'avait pas plus prêté oreille au problème. Le Maëldan et son système clanique lui avait toujours paru quelque peu rude, et ne s'étonnait pas de savoir qu'il pouvait y avoir des conflits ; ceci dit, il ignorait que le problème allait encore plus loin. L'enlèvement de femme n'était pas quelque chose qui devait être courant, sauf dans le Sud ou l'esclavage était encore autorisé, et était une chose grave dans le Nord.
Il eut un pincement au cœur en comprenant que la sœur de la Sil'ura avait du avoir affaire à ce Clan au pratiques semblant barbares, et un frisson d'horreur en pensant qu'un dragonnier dut intervenir pour les sauver. Tout en écoutant, le jeune Fey ailé continuait de manger, sens perdre une miette des information qu'on lui donnait, et attendit que Liadan eut fini et ne se remette à manger, avant de lui répondre, finissant sa bouche avant toute chose.

"A l'inverse ce que tu me racontes n'est pas très rassurant ; j'en avais eu quelques échos, mais sans plus, vu que les gens sont réticents à me parler des 'problèmes de grands'..." Il afficha un air quelque peu exaspéré, puis se reprit. "Ceci dit, c'est inquiétant, même si je me demande ce que nous pourrions faire contre ce genre de choses. Nous ne sommes que des messagers après tout."

Brandissant sa fourchette, il prit son air le plus philosophe, pour ponctuer sa tirade, même si il donnait plus l'impression d'être quelqu'un qui aime son travail, au point d'en tirer une certaine fierté. Même s'il appréciait, dans le fond, son métier de messager, il n'irait pas jusqu'à se déclarer être un fougueux défenseur de sa profession : il y avait des désavantages, des dangers, Munir, et nombres d'autres raisons... Mais cette vie lui convenait, plus qu'une autre. Et cela, Damyr, son frère, ne le comprenait pas, lui qui voulait à tout prix faire de grandes choses.
Or, la simplicité à du bon parfois. Le Fey reprit un morceau de tourte d'un coup de fourchette. C'était vraiment délicieux.





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Liadan Fardale
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Ven 22 Mar - 17:01

-J'ai surtout entendu parler du nouvel Empereur de Morna, qui mobiliserait ces troupes. Et de l'orage bizarre qui parcoure le ciel du Sud... Mais il y a toujours eu la guerre dans le Sud. Si je me souviens bien de ce qu'on m'a appris - ma sœur Dierdre aurait pu te le dire plus précisément - l'Empire est du genre à faire la guerre à ses voisins.

Liadan haussa les épaules. Le Sud, c'était loin. Et une seconde Grande Guerre ? Elle doutait que ce soit possible. Même après celle-ci, il y avait eu une guerre interne dans l'Empire, avec la création du royaume de Cemenwin, l'Empire ayant été forcé de se séparer de quelques terres, sous la pression de Freyr. L'Empire et Freyr s'étaient toujours fait la guerre, de même que l'Empire avait toujours plus ou moins cherché à s'étendre, empiétant sur l'Esgal. Aériaplume n'avait pas de réseaux très étendus dans le Sud, voire pratiquement rien lorsqu'il fallait aller de l'autre coté de l'Eredmorn. En Andanorië et en Esgal, Aériaplume avaient pignon sur rue, à Fendassë, Iskandar, Emaine Macha, et disposait même d'un contrat spécial avec Nargoryth. Les trois autres royaumes disposaient d'autres guildes de messagers pour relayer le courrier. A Cemenwin, dans l'Empire de Morna et à Freyr, Aériaplume n'avait que des contacts avec les autres guildes de messagers, et leurs passaient simplement le relais. Ce qui faisait également, que Liadan se sentait peu concernée par ce qui se passait là, était que les enlèvements de femmes au Maëldan et à ses frontières, étaient déjà plus inquiétant, plus direct, plus près. Tellement près de Liadan, sa sœur ayant vu de près les coupables. Tout comme cette pauvre fille que les terribles Frontaliers de l'Inwerin avaient sauvés de ses ravisseurs.

-C'est bien ça le problème, on ne peut pas faire grand chose. Les Clans Maëldanais se soutiennent, et les Fearghas et Aeguishor traquent les coupables dans les landes, mais ils sont peut être déjà passé en Falassost, ou bien en Inwerin, qui sait. Les filles qui ont été rendues, celles qui sont revenues n'ont pas subi de mauvais traitement. Elles étaient même en bonne santé, comme lorsqu'elles étaient parties. Elles ont racontés avec été bien traité, j'ai discuté avec quelques Alaric qui patrouillaient près des moulins de Miervaldis.

La brune avala une gorgée de bière pour s'humecter le gosier, et continua de manger avant de reprendre, la voix plus basse.

-Ma soeur soutient qu'ils en avaient après son compagnon. Je veux bien la croire, son compagnon est parti depuis, et elle n'a aucune nouvelles. Elle est persuadé qu'il est parti les affronter, et que c'est personnel entre eux. Elle n'a été violentée que parce qu'elle s'est défendue, et parce qu'elle était sa compagne... Je ne sais pas trop quoi en penser. Le mieux à faire en tant que messager, c'est de prévenir les gens qu'il y a des hommes qui tenteront peut-être d'enlever leurs femmes ou leurs filles.

Le dernier morceau de tourte fut mâché et avalé, sa chope de bière terminée. La messagère chassa les miettes, sur le sol, mais rassemblant celles sur la table. Liadan était repue, mais sa gourmandise la poussa à piocher dans le sac de bellicornes qu'elle avait ramené du Cercle des Fées. Les confiseries en forme de cornes étaient uniformément blanches, à l'exception d'un point de couleur à la base, indiquant le parfum qui les fourraient. La pâte était ferme, sucrée, et l'intérieur moelleux et fondant. Liadan eut le goût subtile de fleur d'oranger dans la bouche, savourant une première bouchée.

-Et dans le genre légende, comme ces foutaises qui disent que Lys et Forbesii sont vivants, j'ai entendu parler du Kraken sur le port à Armenelos. Et il y a trois semaines, un navire transportant marchandises et passagers a été attaqués après la Passe. Les gens à bord ont été vendus comme esclaves. L'équipage n'en a pas réchappé.



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Laelyr
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Mar 26 Mar - 23:46

Ah, l'Empereur. C'était quelque chose quand même, lorsque ça bouge parmi les grands de ce monde, que le gratin d'Inwilis s'agite... mais, concrètement, Laelyr préférait les gratins plus comestibles. Après tout, il n'était qu'un messager, et si quelque part les décisions des puissants avaient leurs conséquences sur lui et ceux qui vivaient autour, il ne connaissait pas personnellement ces hommes puissants. Pour lui, l'autorité, c'était Munir, les responsables d'Aériaplume, les lois... mais pas, pour ces dernières, ceux qui les promulguaient.
Cependant il les respectait, et ne voulait pas nécessairement s'en attirer les foudres. Qui que soit Argental, nouvel Empereur de Morna, qui il était où ce qu'il faisait ne le concernait guère, même si ses actions en revanche pourraient avoir des incidences sur sa vie, et en cela, il s'en inquiéterait ; à l'inverse de son frère, Damyr, qui aimait à connaitre toute cette politique qui pouvait agiter leur patrie ou celles voisines...
En cela, ce problème d'enlèvement interpellait le Fey, et alors que Liadan en parlant, en même temps qu'il continuait à manger d'un coup de fourchette expert, ses pensées se mirent à tourner autour du problème. Mais la messagère éreintée mangea bien vite, et il préféra se taire pour ne pas perdre le fil, se disant que la Sil'ura ne l'attendrait peut-être pas pour commencer les bellicornes ; alors il ne pipa mot. Ils finirent à peu près en même temps, et le Fey attendit poliment, alors qu'elle lui parlait des rumeurs qui couraient, relevant plus de la légende. Pourtant, il y avait tellement de choses incroyables, pourquoi ne pas croire que certaines, aussi irréelles semblaient-elles, pouvaient être fausses ?

"On ne sait pas vraiment ce qui se plaquent dans les profondeurs ; il parait que le fond des grandes étendues d'eau est si profond que ses ténèbres pourraient cacher des tas de choses. Alors qui sait..."

Évasif, il mirait avec une certaine envie les pâtisseries, qui venaient de l'établissement de Mogweed. Il en attrapa une, sachant qu'elle était au fruit rouge, et la savoura avec une expression de ravissement. C'était certes moins bon que quand elles venaient d'être faites, mais le goût sucré et la texture toujours aussi savoureux lui ravi les papilles, le faisant un peu rougir de ce plaisir coupable. Et puis, il pensait un peu à la charmante aubergiste...
Même s'il se reprit bien vite, après tout il discutait avec sa sœur, et il chassa bien vite ses pensées, revenant à un sujet plus sérieux que les revenants et les monstres marins.

"Pour ces histoires d'enlèvements, ce qu'il faudrait savoir, c'est quelles raisons peuvent pousser des gens à peu près sains d'esprit à s'en prendre comme ça a des femmes. Les détraqués, ça existent depuis toujours, mais je doute qu'ils fassent des colloques ; et s'ils rendent les demoiselles bien traitées, en bon état et fleurant la rose, c'est peut-être qu'ils ne s'intéressent pas tant à leur féminité -si tu me permets- qu'à autre chose connu d'eux seuls. Si en plus ils s'en prennent à ce garçon, qui ensuite disparaît..." Le Fey paru songeur. "Tu as raison, il n'y a que ça que nous puissions faire, prévenir. Il y a des gens dont c'est le boulot de réfléchir et trouver les réponses."

Si ces paroles donnaient l'impression d'une certaine désinvolture, son regard tout comme son ton signifiait qu'il avait confiance en ceux qui sont responsables de la sécurité, la loi, et qu'il ne voudrait pas jouer les héros. D'ailleurs, il évitait toujours le danger, même si ce dernier venait toujours à lui, lui lançant aux fesses, toutes sortes d'ennuis qui ne lui laissait guère de répit lors de ses péripéties ; autant dire qu'il ne comptait pas courir après le danger, considérant que le danger le faisait très bien sans son aide, et il savait ses biens maigres compétences dérisoires, alors que d'autres avaient indubitablement les qualités requises pour mettre à jour cette sombre affaire.
Mais pour l'instant, ses doigts agiles s'emparèrent d'une autre bellicorne, à la pêche ; il se dit toutefois qu'il ne devait pas tout manger, c'eut été impoli. Sauf qu'il était bien, balançant distraitement les pieds sous sa chaise, alors qu'un goût agréablement sucré lui occupait la langue, de belles pensées dans le crâne, et une conversation sur le monde qui l'entourait le changeait des mornes trajets qu'il effectuait.
Que demander de plus ?...





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Liadan Fardale
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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Jeu 28 Mar - 23:21

Les yeux sombres de Liadan pétillèrent instant, alors qu'un sourire s'épanouissait au coin de ses lèvres. Ce n'était pas vraiment de la joie, plus de l'ironie. Elle se secoua la tête, la moitié d'une confiserie entre le pouce et l'index.

-C'est drôle que tu qualifies de "garçon" le compagnon de ma soeur. Sithys était un lycan, pas d'un petit gabarit, mercenaire de surcroit. J'ai tendance à croire Dierdre quand elle me dit que c'était personnel entre lui, et ce chef des lycans. Au début je pensais qu'il n'y avait aucun lien quand des femmes ont commencé à disparaître, et ce qui était arrivé à ma soeur. Mais les filles relâchées ont décrit le même homme que celui qui l'a frappé. Quand à ce qui peut les motiver, ça m'intéresse pas. J'ai juste envie qu'on leur mette la mains dessus. C'est pas la première bande de hors la loi qui sévit dans les Landes.

Liadan haussa les épaules, étendant ses jambes sous la table, croisant celles-ci, sans gêner Laelyr. La petite taille de ce dernier était un avantage, elle ne risquait pas tellement de le gêner. Les Brownies, comme les Feys étaient souvent de petites tailles, Liadan n'était pas vraiment regardante, elle même pouvait changer sa taille, et si elle le voulait, se faire pousser une queue et des oreilles poilues. Métamorphe, elle pouvait changer son apparence à volonté, et elle s'était fixée sur celle-ci en grandissant, quand elle était entrée à Aériaplume. C'était plus facile pour ces collègues de se souvenir d'elle ainsi, que si elle changeait d'apparence tous les jours. Et le pouvoir des Sil'uras finissait pas diminuer avec l'âge. Et changer d'aspect trop souvent revenait aussi à se perdre mentalement. Liadan s'étira, et goba le morceau de Bellicorne qu'elle tenait. Elle s'arrêta de mâcher, la confiserie était devenue un peu élastique, elle cala le morceau dans une joue et relança la conversation, l'orientant vers autre chose.

-Et Merisha m'a dit qu'il y avait un revenant parmi nous ! Sirgris de Heurteloup. Tu l'as vu ? Kenelm n'arrête pas de me parler de lui, depuis qu'elle a du lui porter un message personnel y'a un an à Fainros.

Kenelm était la messagère formée par Liadan, et c'était plus qu'évident. Mentor et élève se ressemblaient, si ce n'était qu'Ada était plus masculine que Liadan, qui était quand même portée sur une certaine coquetterie. Liadan mettait ça sur le compte de ses gênes de Fardale. Et sur son envie de plaire. La messagère n'était pas non plus tirée à quatre épingles, loin de là. Ada était comme elle, spontanée, fourrant parfois son nez là où elle ne le devrait pas, bonne vivante, grande gueule, peut être même plus que Liadan qui en définitive, ne mâchait jamais ses mots, mais ne braillait pas à tout va. Et la popularité de Kenelm était incroyable, tout le monde la connaissait ici, cette sale gamine.Bref, les deux femmes entretenaient une amitié sincère depuis que la métamorphe s'était chargée de sa formation. Estienne Velimir, la Première Messagère avait pensé, et Munir aussi, que donner des responsabilités à Liadan l'assagirait. Cela n'avait fonctionné qu'à moitié.



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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Mer 3 Avr - 14:58

Ne comprenant pas vraiment le soudain sourire de sa collègue, Laelyr pencha légèrement sa tête sur le côté, avec une moue des plus interrogative. Il avait plus que jamais l'air d'un enfant, quand il faisait cela, et il ne s'en rendait guère compte. Son physique était ainsi, et il s'y faisait, mais il ne voulait pas se considérer comme à part ; ainsi les filles étaient des filles, et les garçons des garçons, de façon quelque peu arbitraire, si bien qu'il roula des yeux avec un soupir amusé en entendant la réflexion de Liadan sur les qualificatifs qu'il employait. S'il n'y avait que ça pour la faire rire, il pourrait toujours garder ses blagues grivoises pour plus tard...

"Bah, on est tous des garçons, dans le fond. J'suis sûr que le plus grand des guerriers du Maëldan ferait moins le fier si sa mère venait lui coller une fessée ; mais je digresse. Savoir pourquoi peut être important, car, qui sait, s'il y a un motif, une raison valable, rien n'empêchera d'autres de recommencer. Certaines plantes repoussent si on arrache la tige mais qu'il reste les racines..."

Le jeune Fey fut assez satisfait de sa conclusion sonnant quelque peu philosophique, et qui l'était assez, dans le fond. Il aurait été assez mal venu de se dire qu'il y avait des bandits un peu partout parce que c'est comme ça, et qu'il y en aura toujours : ces brigands sont attirés par des richesses, qui constituent, en somme, les racines de ce mal, une racine qui pourrait mettre à mal l'arbre de la société si on les coupait...
Mais cela commençait à donner un peu mal à la tête à Laelyr, qui se perdait dans ses métaphores. Peut-être sa curiosité le poussait-il à vouloir savoir pourquoi ces kidnappeurs agissaient ainsi, en éprouvant son raisonnement qui n'était, après tout, que théorique, rien ne l'affirmait, même si c'était logique... sauf que les gens n'avaient pas toujours besoin d'être logique, c'était bien connu. Il mâchonna, pensif, un morceau de bellicorne, tout en écoutant Liadan lui parler d'un revenant.
Sirgris. Sirgris de Heurteloup, rien que ça ! Cet Andain était une légende, un nom murmuré tel celui d'un fantôme hantant toujours les couloirs d'Aériaplume. Une légende bien vivante, qui reprenait apparemment du service. Laelyr n'écoutait pas vraiment les histoires à son sujet, préférant s'occuper du courrier plutôt que des vieilles histoires. Certes il les avait écouté, avant de constater que parfois les versions changeaient légèrement avec le temps, et qu'au final il ne devait pas rester grand-chose de l'original. Mais cela restait un homme d'exception, et les yeux de Laelyr brillèrent d'émerveillement.

"La chaaaaance, j'aurai aimé livré un tel message ! Et non je ne l'ai pas vu, mais j'aurai aimé ! On ne peut pas être à Aériaplume sans avoir entendu parler de lui, c'est une légende ici ! Par contre, dur de démêler le vrai du faux avec tout ce qui se raconte... c'est le problème avec les légendes, ça s'embellit au fil du temps, et on pourrait être déçu de la vérité..."



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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Ven 5 Avr - 23:00

-Si tu ne l'as pas vu, c'est qu'il n'a pas encore pris son poste officiellement alors. J'imagine qu'on aura sans doute le droit à une soirée de congé. Si je me débrouille bien, je pourrais éviter Munir d'ici là...

La messagère se fit pensive, une certaine lueur de malice dans son regard. Ce n'était pas un hasard si Liadan se transformait en furet, en hermine, en ces petits animaux facétieux, dont le caractère correspondait au sien. Lorsqu'elle ne respectait pas ses délais, Munir lui passait un savon, s'il arrivait à lui mettre la main dessus, Liadan était plus vive et plus glissante qu'une anguille qu'on essaye d'attraper à pleine mains. Elle n'avait jamais été très obéissante, enfant, elle avait fait tourner sa sœur Mogweed en bourrique, il n'y avait eu que son forgeron, Valdaglerion, celui qui lui avait fait sa lame, celui avait mis un peu de plomb dans la cervelle, et qui lui avait appris à respecter l'autorité, celui que Merisha avait appelé vieil elfe longiligne, lorsque Liadan lui avait parlé de sa rencontre avec Kirann. Elle devait avoir un faible pour les forgerons, c'était presque indéniable, mais il fallait autre chose que pour lui plaire, que de simplement savoir taper sur une enclume. Et dans ses amants, Liadan ne comptait pas que des forgerons. Le voyage avec Kirann avait été très plaisant. Le reste de son voyage avec Tempête un peu moins. Le bruit de couverts qu'on débarrasse attira son attention. Une jeune Inwerinienne débarrassait une table non loin d'eux. Liadan leva le bras, et la héla.

-Ma jolie, tu viens bien me rapporter du thé ? Un thé de Dangweth s'il te plait !

La serveuse en question était une jeune fille, entrant à peine dans l'adolescence, une jolie brune, à la peau halée et aux yeux bruns. Elle hocha la tête, et fit un sourire à la messagère. Liadan retourna en suite à sa conversation.

-Kenelm dit que de Heurteloup est digne de sa légende, et j'ai suffisamment entendu Jalmari raconter leurs exploits pour savoir ce qui est vrai ou pas. Enfin, Ada lui voue une admiration sans bornes depuis qu'il lui a collé une raclée à l'épée. Je doute que quelqu'un de sa trempe puisse nous décevoir.

Le thé de Liadan arriva, fleurant bon les épices, un breuvage odorant et fort. Quelque chose qui la réchaufferait, et qui lui donnerait un coup de fouet, lui fournissant l'énergie nécessaire pour regagner sa chambre. Elle gratifia sa jeune serveuse de trois Bellicornes, aux parfums de son choix. La jeune fille s'en alla le sourire aux lèvres, croquant déjà dans les confiseries blanches et sucrées. Liadan but une première gorgée, après avoir soufflé sur la surface, histoire de chasser la fumée, et de tenter de rendre le breuvage moins brûlant. Le goût sucré fut chassé de la bouche de Liadan par le thé, la désaltérant. Il était infusé comme il fallait, et elle avait une large tasse à terminer. Une fois sa tasse finie, elle prévoyait d'aller se prendre un bain, de se récurer, et de passer des vêtements propres, et d'aller faire la marmotte dans son lit. Elle posa sa tasse, le temps de s'étirer une nouvelle fois.

-Je termine ce thé, et j'vais me plonger sous l'eau chaude. Et en suite, je compte dormir pour les prochains jours à venir. J'aime le Nord, mais le froid et la pluie pour m'accueillir, il fallait pas.

Quelques minutes plus tard, Liadan reposa une tasse de thé vide. Elle était réchauffée de l'intérieur, et ressentait maintenant la vive envie d'aller se vautrer dans son lit. Elle avait le plaisir d'avoir une chambre individuelle, si minuscule soit-elle. Elle logeait à Aériaplume, là où d'autres avaient choisis de loger en ville, Celebalda disposait d'ilmarins magnifiques, mais Liadan avait déjà une maison où retourner. Sa petite chambre ne lui coûtait pas grand chose, seulement quelques pièces prélevées sur son salaire, pour les services, entretient, nourriture, ce genre de chose. Dans un soucis de son prochain, et du respect du travail fournit par le personnel, Liadan rangea sa table, empilant bol et tasse, et regroupant les quelques miettes de la tourte. Elle se leva en suite, signal qu'elle allait là où Laelyr n'avait pas le droit de la suivre, dans les salles d'eau réservées aux femmes. Liadan se rhabilla, remettant sa veste et son écharpe, attrapa sa gibecière, et prit en suite sa vaisselle.

-Bonne nuit Laelyr, et à un de ces quatre ! Tu peux garder le reste de bellicornes si tu veux.

Liadan s'éloigna en suite, rapportant la vaisselle au comptoir, où elle fut récupérée par la serveuse du thé. La messagère lui souhaita aussi une bonne nuit, puisqu'elle devait sans doute être de service toute la nuit. Sortant du réfectoire, le vent charriant l'humidité et le froid nocturne lui glaça les os, lui envoyant ses cheveux dans la figure. Elle grommela, avant de se diriger, le pas vif et souple, vers un autre des arbres qui abritaient les membres de la guilde. Elle en passa la porte, et fut à nouveau au sec. Elle récupéra la clef de sa chambre auprès du concierge, celui de nuit, un Dunpeal qui se plaisait à patienter en lisant des livres, qui s'empilaient derrière lui, comme autant de tours dans les citées du Sud. Liadan grimpa les marches creusées dans le tronc de l'arbre, appréciant la chaleur ambiante. Elle gagna d'abord sa chambre, y laissa ses chaussures, son manteau, son sac, qu'elle troqua pour des vêtements propres, avant d'aller aux bains. Elle revint une demie-heure plus tard, les cheveux légèrement humides, mais surtout, propre de la tête aux pieds, et détendue. Elle ferma soigneusement sa porte à clef, sécha ses cheveux à l'aide d'un peu de magie domestique, avant de s'étendre sur son lit, et de s'y endormir comme une masse.



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MessageSujet: Re: L'hermine détrempée, suite.   Jeu 2 Mai - 22:57

Décidément, Liadan aimait se la couler douce, pensait Laelyr en l'écoutant espérer pouvoir esquiver les ennuis -ou Munir, pour les intimes-, mais dans le fond, elle était sans doute devenue messagère pour cet aspect qui était si chère à nombre de leurs confrères : la liberté. En cela, leur profession excellait, car après tout l'on parcourait l'Inwilis pour livrer le courrier, voyant du pays et tout ce qui va avec... mais l'on ne devait pas trop trainer, et rendre des comptes. Cela restait, après tout, un travail, avec ces contraintes, mais dans l'ensemble, c'était des plus satisfaisant, en tout cas pour Laelyr. Et puis, quand l'âge se faisait sentir, l'on pouvait toujours devenir instructeur, ou faire parti de l'administration, quand la fougue qui faisait des coursiers des aventuriers allant au bout du monde se faisait remplacer par une sagesse venant avec les années et l'expérience acquise de par le monde.
Mais pour Liadan, le Fey doutait qu'un jour elle ne s'assagisse. En fait, il la voyait mal vieillir, elle était une de ces personnes ayant une telle vitalité, que se dire qu'un jour cela puisse se tarir soit impossible. Certes elle ne débordait d'une énergie incroyable à en déplacer des montagnes, mais tout de même. Il y avait des gens qui ne grandissait pas, dans des corps d'adultes, et ceux comme Laelyr, à l'allure d'enfant sans en avoir la mentalité. Ce dernier d'ailleurs secoua la tête, ce qui aurait passé pour de l'exaspération, si le Fey n'arborait pas en même temps un sourire amusé, avant de chiper une nouvelle bellicorne.
La conversation reprit de plus belle, pendant que le Fey dévorait avec plaisir, mais il n'avait pas grand-chose à dire, n'ayant entendu que des histoires sur de Heurteloup, certaines tenant peut-être de la légende. Le bouche à oreille, après tout, surtout sur la bleusaille impressionnable... Lui-même en avait été un, de débutant, mais il avait très tôt annoncé la couleur, son sérieux, pour bien montrer que sous son apparence ne voulait pas dire qu'il se comporterait en enfant.
La Sil'ura en profita pour demander du thé, et Laelyr fit signe qu'il n'en prendrait pas ; non pas qu'il n'aimait pas cela, mais l'envie n'y était pas, et puis, les quelques pâtisseries qu'il se retenait de dévorer trop vite lui suffisait amplement pour le sustenter. Et, justement, alors que Laelyr songeait à la détente et au bon goût, Liadan lâcha qu'elle voudrait bien prendre un peu de repos, ce à quoi le jeune homme pouffa de rire.

"Bonne chance, je doute que Munir te laisse faire !"

Même s'il avait été il n'y a que très peu de temps, de moins mauvaise humeur, les manières de la messagère risquaient de changer la donne, surtout si elle s'esquivait. Du moins, c'est ce que pouvait supposer le Fey, mais dans le fond, ce n'était pas ces affaires. Il se demanda brièvement de quelle côté il serait, si il devait choisir entre Munir, l'autorité dans tout ce qu'il y a de plus rigide, et Liadan, son égal bien qu'à tendances un peu plus frivole. Sans doute prendrait-il le parti de disparaître, décrétant que cela ne le regardait pas ; on a toujours le choix, dont celui de ne pas choisir, après tout.

"Merci, et repose-toi bien !"

Le Fey salua son amie d'un sourire, et resta un moment en secouant ses jambes, comme un enfant, alors que ses yeux verts la suivaient tandis qu'elle repartait. Son visage exprimait un air des plus pensif, plongé qu'il était dans ses pensées, à mâcher avec un certain plaisir les bellicornes. La salle était vide, si ce n'est l'équipe du service, assurant que même les retardataires, ou ceux que la nuit auraient surpris, aient de quoi se sustenter.
Il n'aurait pas pu faire ça, lui, trop assoiffé de bouger qu'il était, et ce, malgré les dangers vers lesquels il se dirigeait la plupart du temps... il ne pouvait qu'admirer ce courage, rester lorsqu'il n'y a personne, à attendre que quelqu'un vienne... C'était une forme de bravoure, et Laelyr respectait cela, tout ceux qui d'ailleurs faisaient leur travail avec cette détermination, cette persévérance ; autant que ceux qui le faisaient par passion, malgré quelques manquements... d'ailleurs, il se disait qu'aller dormir après un aussi bon repas.
Ou bien aller jouer aux cartes.

"Tenez, je vous laisse des bellicornes, je me suis déjà suffisamment régalé avec tout ça." Lâcha-t-il avec un sourire.

Il venait de rapporter son assiettes, ses couverts, et ce qu'il restait de bellicornes. Le jeune homme n'y avait pas touché, et dédia un sourire à la serveuse, avant de déployer ses fines ailes, et voleter vers l'extérieur, ne sachant pas encore vraiment comment il allait finir sa soirée...



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