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 L'antre de Maeglin

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Maeglin
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Peuple : Dunpeal, origines Lios & Ai-Esu
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MessageSujet: L'antre de Maeglin   Sam 3 Nov - 18:02

Maeglin pénétra dans son antre, ouvrant doucement la porte, et faisant passer un Ophrys somnolant devant lui, tout en continuant de le soutenir. La porte se referma doucement. Les appartements de Maeglin étaient modestes, d'une taille moindre que les luxueuses suites, l'élégance et le raffinement n'en étaient pas moins présent. Le parquet était ciré, rutilant, alors que quelques tapis couleur crème s'étalaient au sol, réchauffant celui-ci. Les murs avaient une teinte parme, une couleur qu'affectionnait le Dunpeal. Une petite porte se découpait dans un des murs, donnant sur une salle d'eau personnelle, aux dalles imitant une couleur proche de celle du jade vert, mais quelques tons plus clairs.

La chambre de Maeglin avait des meubles disparates, comme presque toutes les chambres du personnel. Sur la droite du Dunpeal, le lit, éclairé par le jour provenant de la fenêtre ronde. L'intérieur de la chambre formait un L, le bloc manquant pour faire un carré complet étant la salle d'eau. Si bien que Maeglin bénéficiait d'une petite alcôve, où se situait la fenêtre. Dessous, un sofa confortable, occupé par des coussins aux couleurs et motifs différents. Maeglin aimait s'y mettre pour lire, bénéficiant ainsi de la lumière du jour.
L'espace non occupé entre le banc sous la fenêtre, et le lit, trônait un miroir en pied, et juste en face, l'armoire contenant les vêtements du Dunpeal, prenait tout le mur mitoyen à la salle de bain.
Des étagères tapissaient une partie du reste des murs, sauf un pan où étaient peintes différentes glyphes, notamment de chaleur, évitant l'usage d'une cheminée. Cemenwin étant une jeune citée, l'usage des cheminées étaient peu fréquent dans les auberges, cela évitait les risques d'incendie. Maeglin savait que dans le Nord, ou dans les vieilles citées, comme Akaash, les cheminées et braseros étaient encore utilisé, car après tout, la magie ne pouvait pas tout faire, et les glyphes devaient été rechargées, mais aussi repeintes parfois.
Sur les étagères, des livres bien sûr, mais aussi quelques objets personnels, notamment une large boite contenant ses deux pistolets, une épée Mornienne, mais aussi des petits flacons en verre, de couleurs différentes. Une boite à bijoux ouverte, des sculptures en verre, et en bas des étagères, des paires de chaussures à n'en plus finir, qui ne rentraient plus dans le bas de l'armoire. Dans l'angle formé par le mur, au milieu, trônait une table basse rectangulaire, servant de bureau à Maeglin. Et pour finir, un meuble bas, près du lit, faisant office de table de chevet, mais aussi de rangement supplémentaire. Dessus, un peu de vaisselle, et de quoi grignoter et boire.

Maeglin déposa doucement Ophrys sur le lit. D'abord en l'asseyant, avant de faire basculer son buste pour l'allonger, laissant ses jambes pendre dans le vide. Il retira les bottes du Lios, le débarrassa de sa veste, mais aussi de vêtements trop encombrant. Ophrys dormait, sa garde complètement baissée, à la merci du Dunpeal, qui fit glisser ses doigts sur la peau douce et veloutée du Lios, abîmée par quelques cicatrices, comme la sienne. Le métier de mercenaire était parfois dangereux, surtout pour un Lios qui ne chantait plus. Narcisse avait détruit un peu de ce qu'était Ophrys. Ses doigts caressèrent les lignes de son visage, avant de s'attarder sur ses lèvres. Il songea, un instant, qu'il aurait été cruel ne le réveiller. Aussi, décida-t-il, de trouver une place où déposer les affaires du Lios à demi-nu sur son lit. Maeglin souleva aussi les jambes d'Ophrys, et l'allongea correctement dans son lit, qu'il n'avait pas fait après s'être levé. Il observa son visage fatigué, et renonça à le réveiller, même si c'était pour lui donner autant de plaisir, que lui même en aurait à le dévorer. Il n'avait jamais touché outre mesure Ophrys, aussi pouvait-il bien patienter encore un peu. Maeglin soupira, regarda autour de lui. Et décida que non, il ne pouvait pas attendre. Attaquer Ophrys dans son sommeil n'était pas très élégant, ni même raffiné, mais Maeglin venait des bas fonds, et parfois, il se comportait comme ce qu'il avait été, avant de devenir quelque d'à peu près respectable. Le terme le fit sourire, alors qu'il dévorait déjà des yeux le corps du Lios. Ses doigts longs et fins coururent à nouveau sur la peau pâle du Lios, y dessinant des figures abstraites, un toucher léger, avant que Maeglin ne défasse ses cheveux, et s'en ailla goûter Ophrys. Il l'embrassa d'abord sur la bouche, sentant que le Lios se réveillerait, malgré sa fatigue. Il ne mit pas longtemps à descendre le long de son ventre, traçant un sillon mouillé avec sa bouche, terminant par englober Ophrys, adorant la sensation du membre qui durcirait dans sa bouche. Ophrys était encore moelleux, tendre, et la langue de Maeglin pouvait passer autour, alors que ses doigts délicats se posaient pour lui écarter un peu plus les jambes.
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Ophrys
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Lun 14 Jan - 21:03

Il n'avait plus conscience de rien, son corps suivait de façon mécanique Maeglin, et le Lios finit ainsi sur le lit, désarmé, l'esprit dors et déjà bien loin. Les Dieux furent clément et lui permirent de souffler, sa fatigue l'exempta de rêve et commença dès lors un sommeil qui se voulut réparateur ; mais il ne fit que brièvement commencer. Bien sûr les douces caresses du Dunpeal n'eurent que peu d'effet sur le repos du mercenaire à la blonde chevelure, qui n'en eut que très lointainement conscience, bien que son corps lui ait pris le parti de réagir, frissonnant, le faisant légèrement se mouvoir comme pour se soustraire très légèrement à ce contact si délectable pourtant... Et ce n'était qu'un début, les prémices de ce qui allait suivre.
Car le Lios avait été partiellement dénudé ; du moins ne lui restait-il que très peu de vêtements pour le couvrir. A la limite de ce que la dignité permet mais, pourquoi s'encombrer de ce genre de détail, hein ? Maeglin ne pensait qu'au confort de son invité, et céda à l'envie de se montrer plus encore accueillant. Ah, le fourbe qu'il était, venant à dominer sa proie endormie de toute sa hauteur, le sachant à sa merci, recommençant du bout des doigts à parcourir la peau pâle d'Ophrys, qui frissonna de plus belle, gémissant très doucement alors que son sommeil s'en trouvait légèrement perturbé. Mais en réponse à cela, les lèvres de Maeglin sonnèrent le glas de son repos, alors qu'elles se déposèrent en un baiser plutôt passionné, ayant pour but de faire sortir de sa torpeur le bel endormi.

Se furent tout d'abord les belles boucles blondes de son amant, caressant sa peau avec douceur, qui surprirent Ophrys, ouvrant les yeux avant de les refermer, savourant une fois de plus le contact de leurs langues... il aurait aimé rester là à l'embrasser durant des heures, sauf que son amant écourta bien trop vite au goût du blondinet leurs caresses buccales, pour faire glisser avec lenteur et douceur ses lèvres le long du torse du Lios, qui se cabra légèrement en sentant ce contact humide lui arrachant quelques gémissements. Cela faisait si longtemps que l'on ne l'avait pas touché avec tant de douceurs...
Ophrys sentait son cœur battre si fort dans sa poitrine, et sa respiration qui s'intensifiait alors qu'il sentait Maeglin descendre de plus en plus... Il ne pouvait se défendre, le repousser, trop fatigué qu'il était, et n'en avait aucune envie... son corps semblait le brûler, parcourut de ces frissons anticipant le plaisir, impatient qu'il était désormais, oubliant la fatigue et le désirant plus qu'une chose, son amant, qui désormais avait atteint de ses lèvres son intimité, et s'amusait désormais avec, comme un chat avec une souris, savourant sa proie... et quelle proie !

Un soupir de plaisir, un frisson de plus parcourant le corps du semi-Lios, son sang ne faisant qu'un tour, s'en allant gonfler à un rythme régulier l'objet de la convoitise du Dunpeal. Ophrys resserra ses doigts sur la literie, et se mordit la lèvre, trop fatigué pour réagir plus que cela, se laissant dévorer, les yeux perdus dans le vague, relevant à peine la tête afin de voir les belles boucles blondes de son amant.
Petit à petit, la peau à la pâleur lunaire du jeune semi-Lios se mit à luire d'un discret halo argenté, le plaisir qui le consumait poussant son héritage à exprimer son désir dans le langage instinctif de la lumière, qui maintenant se répandait de façon diffuse sur sa peau. Cela faisait longtemps, que sa chair ne s'était pas éclairé, que son corps ne s'était pas soulevé sous l'effet de simples caresses... son esprit se perdait dans cette sensation humide de va-et-viens le faisant haleté, et il savourait ce moment si délicieux, bien que fugacement, son tempérament se fit ressentir d'un petit commentaire ironique d'une voix encore endormie, fait pour piquer un peu à vif Maeglin, mais en l'accompagnant d'un léger regard coquin.
-On se fait sans cesse importuner ici... mais le service est impec'...


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Jeu 7 Fév - 22:06

Ophrys durcit dans sa bouche, et le Dunpeal dut s'adapter, savourant cette sensation, avant de le retirer de sa bouche, très lentement, dans une bruit humide, l'englobant d'une main, délicatement, appréciant la vue du membre dressé dans toute sa virilité. Ophrys était une véritable friandise pour les sens, et il y avait longtemps que Maeglin avait eu envie d'enlever le papier coloré et brillant, pour voir ce que le Lios pouvait cacher. Délicieuse vision que de le voir là, pantelant, à la merci de ses caresses.
Les gestes de Maeglin étaient très doux, langoureux, s'appliquant à offrir le plus de plaisir à Ophrys, parfois, peut être d'une langueur frustrante. Il déposa un tendre baiser sur le bout de la verge tendue, avant d'entre-ouvrir à nouveau les lèvres, laissant sa langue gratifier la peau soyeuse de caresses humides, et de l'englober de nouveau. Ophrys se redressa, et Maeglin leva son regard améthyste vers lui, alors qu'il s'appliquait avec sa langue et sa bouche. Un léger plissement des paupières indiqua à Ophrys ce que Maeglin pensait de sa remarque. Le Dunpeal fit un dernier aller retour, tenant toujours Ophrys d'une main, le soulevant, Maeglin décida de lui retirer ce sourire de ce visage, en allant lécher et faire rouler sur sa langue, les délicieuses testicules du Lios, si fragiles, et pourtant elles aussi gonflées de désir.
Il s'en délecta, aimant autant donner du plaisir qu'en recevoir. Maeglin s'adonna à ses caresses, concentré, aimant, jouant parfois, terminant en mordillant de ses dents pointues, très légèrement, la longueur du sexe d'Ophrys, se redressant pour aller l'embrasser à pleine bouche, dévorant sa bouche comme il avait dévoré le bas, maintenant certain d'avoir toute l'attention du Lios, qui avait déjà la sienne.

A califourchon, un genou de part et d'autre du bassin du Lios, Maeglin s'empara de ses lèvres, jouant avec elle, puis de sa langue, s'adonnant à des baisers passionnés, ayant pour une fois, du répondant. Ses doigts fins et déliés couraient légèrement sur le corps d'Ophrys, dansant sur son torse imberbe. Reprenant son souffle, Maeglin en profita pour lancer dans un sourire :

-Ce n'est pas un service, mais un cadeau.

Ponctuant sa tirade d'un coup de langue sur les lèvres du Lios, Maeglin défit lui même sa ceinture, qui glissa dans un bruit feutré, alors que les pans de son kimono s'écartait, dévoilant une peau aussi pâle que celle d'Orphrys, à la différence près que la sienne ne brillait pas. Se redressant, laissant au mercenaire le loisir d'admirer sa plastique, lui qui avait dévoré des yeux, celle parfaite du Lios. Ophrys était finement musclé, n'ayant pas un gramme de graisse, la stature et la musculature d'un épéiste, couplée à la beauté des Lios. Maeglin lui, beaucoup plus androgyne, avait un corps svelte, pourvu d'une très fine musculature, à peine visible, mais lui donnant un ventre plat, dont le nombril était percé d'un croissant de lune diamants et argent, ainsi qu'un téton percé d'un anneau agrément d'une petite améthyste, faisant écho à la couleur de ses yeux. Ses hanches fines et marquées étaient un véritable appel au désir, et que dire de ses longues jambes fuselées... Ses épaules furent dénudées, légèrement, la soie du vêtement glissant sensuellement, dévoilant des épaules étroites pour un homme, et Maeglin se fendit d'un sourire charmeur, ponctué d'un battement cils, lorsqu'il vit le regard du Lios. Le Dunpeal rit, dévoilant sa dentition. Pas de faux semblants, ni de jeux de rôle avec Ophrys, Maeglin s'offrait tout entier, le mercenaire le méritait.

-Et bien très cher, qu'attends tu ?
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Ophrys
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Mer 27 Mar - 23:20

La langue de Maeglin fut une véritable torture, les sensations se perdaient entre extase et fatigue, il finissait par se perdre en ne sachant plus si c'était un rêve ou la réalité... C'était un beau perturbant pour lui, cela faisant des années qu'il n'avait pas été si loin, s'étant rangé après sa rencontre avec Narcisse, et s'ils avaient tout deux passés de doux moments, ils furent des plus chastes. Alors à présent, il se trouvait confus, son corps frissonnant, transi d'un plaisir présent qui lui faisait chavirer les sens, avec une telle intensité...
Il se laissait alors perdre dans la sensation si délectable de la langue du Dunpeal, qui descendit sensuellement jusque un peu plus bas, ou il engloba encore un peu plus l'intimité d'Ophrys, qui resserra ses doigts sur le tissu, tout en gémissant. Cela ne pouvait qu'être réel... il en perdait presque son souffle, alors que Maeglin abandonnait son entrejambe, enfourchant son partenaire qui gémit doucement, en voulant plus... ce qu'il eut, alors que le Dunpeal attira ses lèvres contre les siennes, jouant avec lui, tantôt usant de douceur, tantôt pressant sa langue contre la sienne, titillant des points sensibles de sa bouche qu'il ne se savait pas... Ophrys put tout à loisir explorer la dentition du semi-Vampire, caressant ses longs crocs de sa langue...

Puis il lui lança une douce pique, en réponse à la sienne, et joua avec lui, de cet air qui se voulait innocent et pourtant qui suggérait tout l'inverse... Maeglin se découvrit, lentement, laissant à Ophrys le temps d'admirer son corps digne de l'art de Lyuben, en prenant garde de ne pas se dévoiler trop vite, faisant battre encore plus vite le cœur du Lios, qui ne pouvait que brûler d'envie, même s'il ne voulait pas gâcher à son compagnon le plaisir de jouer à ce petit jeu...
Il n'était pas surpris de voir qu'il avait des piercings orner élégamment le corps si gracieux, oscillant entre masculin et féminin -même s'il n'avait pas les attributs du deuxième genre-, et Ophrys ne put s'empêcher, aux paroles de son amant, de sourire, et caresser avec douceur, du bout des doigts, son ventre plat, en savourant la douceur, avant de remonter le long de ses flancs, en passant par les hanches. Ramenant ses mains vers lui, le semi-Lios tenta de se relever, s'appuyant sur ses coudes, mais il retomba lourdement, la tête lui tournant légèrement.
Et il lâcha un léger rire cristallin, avant d'essayer de reprendre un peu son souffle, qui avait quelque peu dérapé avec la vue de ce corps si érotique à voir, et il posa un regard brûlant d'envie, avec un soupçon de malice, sur son compagnons pour au moins cette nuit, et lui souffla à mi-voix :
-Tu es cruel, mon cher...

Prenant une grande inspiration, il finit par se relever, et poser ses lèvres sur celles du Dunpeal qui le faisait tant vibrer, mais alors qu'ils mêlaient à peine leurs salives, et que les caresses de leurs langues commençaient à faire frissonner leurs corps, non sans un sourire sadique Ophrys défit leur étreinte, et écarta son amant, basculant avec élégance afin d'échanger leur place, Ophrys finissant à quatre pattes, dominant Maeglin de son corps athlétique et masculin, alors que s'offrait à lui un corps aux courbes plus féminines sur lesquels son regard azuré se perdait en brûlant d'un désir qu'il ne prenait pas la peine de contenir.
D'une main il caressa le torse de son partenaire, ses doigts agiles effleurant à peine la peau si douce, presque aussi blanche que la sienne. Physiquement, les deux amants étaient très similaires, autant qu'ils pouvaient l'être dans leur façon d'être, et pourtant les nuances qui intervenaient sur les deux plans ne rendaient tout cela que plus excitant encore. Sa main finit par saisir le sexe du Dunpeal, d'un doigté délicat mais emprisonnant fermement le muscle se gorgeant de sang, comme un serpent autour de sa proie, avide de la dévorer. Le visage du Lios descendit à la rencontre de celui de Maeglin, dont il contemplait les traits qu'il connaissait si bien, et qu'il avait l'impression de redécouvrir, se faisant à l'idée qu'ils allaient beaucoup plus loin que ce qu'il aurait cru.
Ce qui n'était pas plus mal...
Il fit glisser sa langue le long de la joue de son prisonnier, tout en exerçant un léger va et viens vers l'entrejambe, et du bout de la langue descendit le long du visage de son amant, allant vers l'oreille dont il gratifia le lobe d'un léger suçotement, avant de glisser quelques paroles au creux de cette oreille qu'il mourrait d'envie de mordiller.
-Moi aussi, je peux l'être... cruel... fallait pas me réveiller...

Avec un rire cristallin, Ophrys abandonna tout ce qu'il faisait, et se bascula sur le côté, s'allongeant lourdement. Son corps frissonnait, mais son visage afficha plus clairement la fatigue qui l'animait, lui faisant presque tourner la tête. Il était épuisé, mais cela ne l'empêcha pas de sourire, avec malice, satisfait d'avoir joué de Maeglin comme lui l'avait fait avec son corps. Le Dunpeal l'avait réveillé afin de s'amuser malgré sa fatigue ? Il devra laisser son compagnon dormir en étant quelque peu frustré, et seulement après, ils pourront passer aux choses sérieuses...
-Tu ne vas pas m'obliger à quoi que ce soit alors que je tiens à peine éveillé, hein ? Ça serait de toute façon moins satisfaisant que disposant de tout mes moyens... ça vaudra le coût d'attendre, tu verras... Dit-il, s'endormant à moitié, tout en lui adressant un sourire malicieux.


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Dim 31 Mar - 1:18

Ophrys avait du répondant, de quoi satisfaire Maeglin qui en frémissait presque d'impatience. Ce qu'il y avait entre eux, n'avaient rien avoir avec l'amour, mais plutôt avec l'envie, le besoin, de satisfaire cette attraction que Maeglin ne pouvait pas nier avoir pour Ophrys. Une tentation physique, mais le Dunpeal appréciait le jeune Ai-Esu, en dehors de ce physique si masculin qu'il présentait. Le service était gratuit, un plaisir pour Maeglin comme pour Ophrys, qui semblait être comblé par les attentions qu'il lui prodiguait. Le regard violet du métis fixait avec intensité le visage du mercenaire, se délectant de ce qu'il voyait passer sur son visage, de ce voir les réactions physiques qu'il pouvait provoquer en se dénudant lentement devant lui. Une lenteur délibéré, sensuelle, laissant au tissus le loisir de caresser la peau pâle de Maeglin, qui dominait alors Ophrys. Sa bouche prit une moue moqueuse, quand il fut accuser de cruauté.

-Hm si j'étais cruel, je ne serais pas occupé si bien de toi, susurrèrent finalement les lèvres peintes de carmin.

Les lèvres carmins dévoilèrent un sourire de défi, et les dents du Dunpeal, qui se mit à rire quand il fut renversé, plaqué sur le dos, dominé par Ophrys. Une autre position ô combien alléchante. Il darda une langue pointue, qui passa entre ses canines pour lécher ses lèvres. Ces derniers s'ouvrirent dans un soupir et s'étirèrent en même temps d'un sourire, alors qu'Ophrys le touchait. Maeglin se délectait tout autant de toucher que d'être toucher, les sensations qui faisaient réagir son corps, envoyant presque des frissons le long de sa colonne vertébrale, qui faisant luire doucement sa peau, qui ne faisait qu'attiser l'excitation, le faisait presque se cambrer de désir. La main d'Ophrys était lente, et le mercenaire ne semblait pas avoir fini d'explorer ce qu'il découvrait. Et puis finalement, tout retomba, dans un rire, il le laissa planté là. La frustration fut immédiate, la colère également, la vexation, et Maeglin connu pour être très théâtral ne fit pourtant rien, fermant les yeux, serrant presque les dents. Il se redressa, son regard ne portait plus la moindre trace du désir fiévreux qu'il affichait quelques secondes auparavant. Son érection n'était alors même pas pleine, son membre à peine levé. Maeglin eut une moue pensive, en se demandant qui pourrait bien remplir le rôle qu'Ophrys venait de délaisser. La soie du kimono recouvrit bientôt ses épaules, et le frottement du tissus perça le silence qui venait de s'installer, Maeglin descendit de son propre lit, le laissant à son partenaire qui s'imaginait qu'il allait attendre bien sagement qu'il soit remis. Maeglin eut un sourire.

-Très cher Ophrys, s'amusa-t-il, dors tant que tu voudras, moi je n'attend pas. Je goûterai mon plaisir ailleurs, si mignon sois-tu, je n'ai pas pour habitude d'attendre.


Maeglin envoya un baiser à Ophrys qui s'endormait, refermant correctement les pans de son kimono, avant de sortir de sa chambre. Vu l'état d'Ophrys, ce dernier ne serait certainement pas capable de lui courir après, préférant de toute évidence dormir, et c'était là son choix. Et si Ophrys s'en formalisait, eh bien, Maeglin n'aurait qu'à lui rétorquer qu'il était dans un bordel, et son établissement si luxueux soit-il, restait un bordel, une maison close. Il referma la porte, sans pour autant la verrouiller, car après tout, elle ne s'ouvrait qu'à lui, et à personne d'autre. Cependant, ceux qui étaient entrés avec lui pouvaient en sortir librement. Le couloir était désert, les véritables chambres de son personnel étaient presque toutes vides à cette heure si matinale. Aelius se levait à peine, le Dunpeal le ressentait malgré le fait que le couloir n'ait aucune fenêtre, la lumière y étant en permanence tamisée. En gagnant les escaliers, Maeglin songea au mercenaire, au gabarit Maëldanais qui avait été enclin à l'aider, lorsqu'il avait été question de ne pas gaspiller les assiettes servies à Ophrys et son étrange compagnon, qui devait être enfermé dans une des chambres des plus dépouillées des Plaisirs de Lyuben. Le rejet d'Ophrys était déjà oublié, il en avait essuyé avant, et s'en était toujours très vite remis, même si parfois, il avait eu ce qu'il voulait, avant que l'autre parti ne prenne la fuite. Ce qui l'amena à penser à Paddy et à ce pauvre homme, qui avait été sa victime. En revenant en salle, il eut droit à un regard rouge et interrogateur de la part de Lita, sa chère Lita, qui semblait si soulagée de le voir revenir. Il lui envoya aussi un baiser, et se dirigea vers la table occupée par le Maëldanais aux cheveux bruns, et muscles saillants. L'opposé d'Ophrys, mais Maeglin n'avait aucune limite lorsqu'il s'agissait de satisfaire ses propres besoins, et parfois celui des autres.
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Ophrys
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Mer 24 Avr - 11:56

C'était ainsi, Ophrys était un tendre, un affectif, et il s'en voulait, en voyant partir Maeglin, de s'être un peu joué de lui ; mais c'était de bonne guerre, puisque c'était lui qui avait honteusement tiré le jeune Lios du sommeil pour lui profiter de son corps. Mais le mercenaire ne pouvait s'empêcher de réduire cela à sa plus simple approche, soit "c'est lui qui a commencé !" et trouver cela puéril, et dommage, que Maeglin aille voir ailleurs. Ses yeux se fermèrent, et il se sentit appelé par le sommeil, mais une autre voix aussi. Celle du Dunpeal, qui avec malice, lui disait qu'il n'attendrait pas.
Ophrys se sentit un peu amer à ces paroles, car il n'avait sans doute pas bien compris, il ne lui avait jamais dit de faire vœu de chasteté jusqu'à ce que le bel endormi décide de quand ils pourraient passer aux choses sérieuses ; le blondinet savait pertinemment que Maeglin n'hésiterait pas à assouvir ses désirs en attendant, vivre sa vie en somme sans l'attendre, comme il avait toujours fait en son absence, quand ils ne faisaient tout deux que se tourner autour.
Non, il espérait qu'il saurait patienter, et ne pas abandonner l'idée de partager un bon moment à deux, que ce besoin de sommeil n’entacherait pas l'envie qu'ils partageaient.
Il ne sentait presque plus son corps, et avait la sensation de s'enfoncer dans le matelas si moelleux qui épousait les formes de son corps. Maeglin lui en voudrait peut-être, et le laisserait au profit d'un autre... ils n'étaient pas ensemble, et le Lios n'y tenait pas, mais une pointe de jalousie l'étreignait. Ou peut-être de possessivité, il avait envie que Maeglin lui appartienne, même si c'était juste le temps de se consoler. C'était stupide, si Ophrys aimait tant le Dunpeal, c'était pour ce qu'il était. Le Lios n'était plus vraiment rationnel. Pour tout dire, il dormait déjà.

Ce fut long, très long. Trop long. Il avait l'impression d'être prisonnier, dans ses rêves, il avait l'intime sentiment qu'il devait fuir, s'échapper, mais quelque chose le retenait. Tout était vague, flou, et au loin une silhouette aux cheveux blonds semblait l'attendre. Ce rêve revenait, entrecoupé de trous noirs, ou son esprit prenait des pauses, entre sa lutte désespéré contre lui-même, tournant en rond le temps de se restaurer. Son corps bougea beaucoup, d'un sommeil agité, mais qui lui fit bien plus de bien que la nuit qui avait précédé. Il émergea lentement, alors qu'il avait l'impression de petit à petit défaire ses entraves, et parvenir à courir après cette personne au loin. Ce rêve se brouilla progressivement, laissa de sa substance alors que sa course effréné le menait vers la réalité, et que les traits de cet homme face à lui se dessinait à mesure que ses pensées reprenaient une forme de cohérence, sortant de l'état végétatif du sommeil.
Il était dans le lit de Maeglin, mais ce dernier n'était pas présent. Sans doute avait-il trouvé de quoi -ou de qui- s'occuper ailleurs. Les souvenirs précédent sa longue sieste lui revint, et les réflexions en vrac qu'avait amené le sommeil revinrent, l'emplissant d'un sentiment de confusion. Il désirait avoir Maeglin prêt de lui, il lui suffisait de chasser un peu les restes engourdissant de son repos pour être d'attaque, et montrer avec toute sa vigueur à quel point le tenancier le rendant fou d'envie, envie qu'il avait si longtemps réprimé, mais que les circonstances lui donnaient des raisons de remettre au goût du jour, cherchant réconfort, plaisir, pour oublier la perte. La vie continuait, il y avait des raisons de continuer à avancer. Il y avait le Dunpeal, qui avait sans doute compter fleurette avec un ou une autre, et même s'il ne pouvait lui en vouloir d'être comme ça, le Lios s'en voulait de s'être gentiment joué de lui.
Prendrait-il cela mal ?
Il n'y avait qu'un moyen de le savoir, et il faudrait être patient...

Le Lios afficha une certaine amertume en repensant à son amant qu'il espérait toujours d'attaque pour lancer les hostilités. Ces craintes flottaient toujours dans l'air, mais il les chassa en se tournant de l'autre côté du lit, profitant de l'odeur si douce du Dunpeal dans les draps, bien qu'un peu altéré par celle de sa sueur ; la nuit avait été chaude, et ses rêves trop agité pour que cela ne laisse son corps totalement indifférent aux traitements de son inconscient. Tout le corps de Maeglin semblait dédié à la séduction, jusqu'à son odeur doucereuse qui faisait chavirer les sens d'Ophrys.
Il avait hâte de le voir rentrer dans la chambre, en espérant qu'il ne tarde pas ; mais il ne se formaliserait pas de cette attente, lui en ayant infligé une bien pire.
Et puis, il aurait le temps d'économiser ses forces...


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Jeu 2 Mai - 23:06

A l'heure où Ophrys s'éveilla, Maeglin avait depuis longtemps satisfait ses envies, avec le mercenaire qui s'était si gentiment proposé pour finir les assiettes d'Ophrys et de son compagnon, Gareth, si le Dunpeal se souvenait bien de son nom. Maeglin avait guidé Silvius, un Falastien, dans le Pavillon des Plaisirs, et s'était offert à lui, pour pratiquement rien, faisant montre d'une exquise habileté des jeux de l'amour, effaçant sa précédente frustration. Et puis Maeglin avait repris son rôle, déchargeant Lita de l'accueil des clients. Sa chère Lita affichait un petit air satisfait, et Maeglin ne put que s'en amuser. Elle ne pensait qu'à son bien être, et elle n'aimait guère Ophrys, qui n'était que synonyme d'ennuis pour elle, parce que le blondinet tentateur préoccupait son bien aimé patron. Lita ne pensait jamais à mal, et sa franchise était rafraîchissante. Au moins autant que les différents caractères de ses favoris. Les Plaisirs de Lyuben n'offraient pas seulement des plaisirs charnels, mais aussi une cuisine tout à fait respectable, ainsi que des chambres accessibles à beaucoup de bourses, de la plus modeste à la plus luxueuse. Maeglin reprit donc ses activités de gérant, accueillant avec emphase les nouveaux arrivants. Le soleil était levé, et haut dans le ciel, les cuisines avaient fumé, et des odeurs alléchantes en étaient sortie. Quelqu'un se soucia enfin des deux hôtes spéciaux, hébergés dans les quartiers privés, l'un dans la chambre du maître, l'autre dans une chambre généralement inoccupée.

La porte de la chambre de Maeglin s'ouvrit, très doucement, et ce ne fut pas le séduisant Dunpeal qui entra, mais la discrète et farouche Kimiko. Kimiko était Mornienne, de petite taille, très fine, presque maigre. Des petites hanches et une petite poitrine, sa peau couleur miel était piquetée de piercings en argent, notamment le dos de ses mains, ses oreilles, et elle portait un saphir au menton, juste sous la lèvre inférieure. Ses cheveux étaient d'un bleu irisé, un bleu ciel presque gris. Sa courte chevelure était teinte par Rajani, la flamboyante et exubérante Andanoréenne de la maisonnée. Rajani s'était prise d'affection pour Kimiko. Elles formaient d'ailleurs un étrange tandem, Kimiko avait tendance à être boudeuse, timide, parfois même renfrognée, et Rajani était extravertie, bruyante, souvent enthousiaste et joyeuse. Au pavillon des Plaisirs, elles travaillaient souvent ensemble, Kimiko se sentant plus à l'aise avec Rajani pour faire ce qu'on attendait d'elle, qu'elle se livre à des inconnus pour qu'ils profitent de son corps. Kimiko n'aimait pas particulièrement ça, mais Rajani et Sunil avaient fini par lui apprendre à prendre son plaisir là où elle le pouvait. Kimiko ne se plaignait jamais, et elle estimait être chanceuse. Maeglin n'était pas un mauvais maître, jamais il ne levait la main sur elle, et elle mangeait à sa faim. Jamais assez selon Somalior, qui malgré son apparente nonchalance, veillait à ce qu'elle ait mangé, la jugeant trop maigre. Le noble déchu ayant encore des élans de noblesse justement.

La jeune Mornienne entra donc dans la chambre. Elle la connaissait bien, elle y avait passé du temps à pleurer, à tempêter, jusqu'à ce qu'elle en vienne à se résigner, sans pour autant se départir de cet air renfrogné, ou même de son coté abrupte et violent, qui surgissait parfois. Kimiko portait une tunique trop grande pour elle, noire, passée par dessus un débardeur jaune poussin. Un contraste saisissant, mais le débardeur permettait qu'on voit ses épaules sans qu'on ne voit sa poitrine, si modeste soit-elle. La tunique descendait jusqu'à ses cuisses, et elle portait un pantalon de coton tissé bleu-gris, qu'elle avait découpé pour laisser ses jambes libres, et qui laissait croire qu'elle ne portait rien en dessous. Dans ses mains, un plateau avec de la nourriture fumante.
Le plateau en bois, laqué bronze, semblait trop pour elle. L'assiette fumante contenait du poisson blanc, finement tranché, et des légumes encore croquants, nappés d'une sauce d'un blanc opaque, réduction du jus des légumes, légèrement sucré. Un petit bol de riz blanc nature et gluant, fumant lui aussi, accompagnait le plat, comme de coutume dans l'Empire de Morna. Une cruche de vin blanc léger, une paire de couverts, un verre à pied orné d'exquises ciselures dorées, tout cela rendait le plateau assez lourd. Kimiko repoussa la porte, et se hâta d'aller poser son fardeau, avant qu'il ne devienne vraiment trop lourd. Elle garda le silence, et n'ouvrit la bouche que lorsqu'elle eut posé le plateau.

-Le maître a pensé que vous auriez sûrement faim, fit-elle d'un ton un peu abrupt, il est occupé, et ne pourra pas venir vous rejoindre maintenant.

Elle avait mangé la même chose avant de monter et de jouer les serveuses, et elle savait Lilia partie apporter le même repas au compagnon de l'homme qui, assit sur le lit, la regardait avec des yeux ronds. La chambre sentait Maeglin, une odeur douce, sucrée, comme celle d'un étrange nectar. Kimiko savait que cette odeur là était capable de faire chavirer n'importe qui, s'était comme l'odeur poudrée, d'ambre et de khôl de Rajani, qui affolait toujours ses sens. Maeglin affolait ses sens, et l'affolait parfois tout court, lorsqu'elle savait qu'elle lui avait déplu, que l'orage couvait. Kimiko ne faisait pas souvent d'erreurs, plus maintenant, mais cela arrivait, parfois. Elle regarda Ophrys, qu'elle avait semblé ignorer jusque là.

-Si vous voulez autre chose, si vous avez besoin de quelque chose, vous n'avez qu'à tirer sur le cordon à coté du lit.

Elle désigna le dit cordon, qui se fondait presque dans le décor. Elle s'inclina en suite, signifiant qu'elle prenait congé. Kimiko amorça dont son départ, retournant d'un pas vif vers la porte. Elle n'aimait pas beaucoup faire le service, même si elle devait parfois le faire. Habituellement, lorsqu'elle n'attendait pas de clients dans le Pavillon des Plaisirs, elle passait ses journées de libre à sortir, dans le jardin de l'auberge, pas en ville, elle avait parfois trop d'ennuis quand des clients la reconnaissaient. Elle ne sortait jamais seule en ville, et c'était souvent avec un des gardes employés par Maeglin, ceux-là ne se prostituaient pas, ils étaient payés pour veiller sur Maeglin et sa maison. Kimiko appréciait Jorgen, un nordique taciturne, cheveux longs blonds, barbe courte, et taillé comme dans un roc. Elle l'aimait bien parce qu'il n'essayait jamais de la tripoter sans qu'elle soit d'accord, voir il n'essayait jamais. Si non, elle sortait avec Rajani et Mererid, dans ce cas là, aucun client ne se risquait à être trop entreprenant. Plutôt solitaire, Kimiko appréciait pourtant Sunil, le Tieffelin efféminé était parfois très calme, souvent affectueux avec elle, et il y avait aussi Somalior, qui ne disait pas grand chose, mais c'était parfois inutile. Le Sluagh lui ressemblait, et ils n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre. Lui aussi, avait très mal supporté ses premiers jours d'asservissements. Kimiko s'en était d'ailleurs mieux tirée que lui, mais elle avait eu plus de pratique.
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Sam 1 Juin - 14:57

Lorsque la porte s'ouvrit, le cœur du Lios s'emballa. Comment Maeglin réagirait-il ? Et que devait-il dire, faire ? Sourire ? S'excuser ? Faire semblant de dormir ? Heureusement, ce n'était pas le Dunpeal qui entra, et Ophrys s'en sentit soulagé... mais aussi un peu déçu. Son appréhension retomba, et il se demanda pourquoi il avait réagis ainsi... Sans doute parce qu'il tenait à ce blondinet de tenancier, aussi improbable cela puisse paraître, même à lui-même.
C'était une drôle de relation qu'ils avaient, tout les deux, et maintenant qu'il était reposé, cela le frappa plus cruellement que lorsqu'il avait cédé à la tentation, et voulu croquer la pomme avant que la fatigue ne l'emporte. Ils s'appréciaient, se tournaient autour, sans rien de sérieux, sinon une sorte d'amitié, un peu étrange. Ophrys passait de temps à autre à Cemenwin, et minaudait avec le tavernier, même si son cœur appartenait à un autre. Principalement pour rendre Narcisse jaloux, même si ce dernier lui rendait parfois en effectuant le même manège avec Maeglin ; chacun son tour.
Mais depuis la mort du chanteur, il n'était pas revenu à Cemenwin. Le Lios n'avait plus chanté, et l'amitié du Dunpeal n'avait plus la même saveur. Il restait l'envie, le désir, mais il ressentait le vide qu'avais créé l'être aimé qui avait bercé une trop grande partie de sa vie avec sa divine voix. Et là une nouvelle perte l'avait touché, et il avait besoin de ne plus se sentir seul, de se raccrocher à une affection, à quelqu'un qui lui était toujours là, et oublier tout ça...
Ophrys était attiré physiquement par Maeglin, et il savait évidemment que le Dunpeal l'était tout autant. Il était même sensible à la détresse de son ami qui avait perdu tout ses proches, une fois de plus, et cela n'irait probablement pas plus loin que du réconfort... si la notion d'amour charnel pour le Lios passait aussi par l'amour au sens plus "spirituel" du terme, il était prêt à passer outre pour Maeglin, tant leur relation passait, finalement, au-dessus de ce genre de détails...

Mais pour l'heure, c'était quelqu'un d'autre qui état entré, et le Lios s'apaisa. Il détailla la nouvelle venue, une femme plutôt mince, qui semblait presque frêle, engoncé qu'elle était dans des vêtements légèrement trop grand pour elle. Elle paraissait aussi pâle, contraste augmenté par sa tunique noire. Il y avait quelque chose de fragile dans son apparence, et le Lios avait presque envie de bondir pour lui prendre le plateau des mains et éviter qu'elle ne fasse trop d'efforts ; mais elle était sûrement bien plus forte que cela pour travailler dans l'établissement de Maeglin ; et puisqu'il ne l'avait jamais croisé -ou du moins cela n'avait pas marqué Ophrys- sans doute travaillait-elle dans le Pavillon des Plaisirs.
Tous doutes furent évaporés lorsqu'elle lui signala de façon un peu sèche, trouva-t-il, que Maeglin était provisoirement occupé, mais qu'il ne l'oubliait pas. En témoignait ce repas, qui mis l'eau à la bouche du jeune mercenaire, qui, par l'odeur alléché, sentit son estomac approuvé l'idée d'engloutir ce repas ; Maeglin pouvait avoir bien des défauts et des vices, le service était toujours impeccable et la nourriture exquise.
Ceci dit, quelques fussent ses défauts et ses vices, Ophrys l'aimait tel quel.
Le blondinet accueillit avec contentement le plateau et, prenant la fourchette entre ses doigts experts, s'apprêtait à attaquer le poisson dans les règles de l'art, quand la jeune femme posa son regard sur lui, et lui expliqua comment faire appel à elle, et s'inclina afin de prendre congé. Mais alors qu'elle allait refermer la porte, Ophrys tiqua. La chambre était confortable, le repas humait bon... mais il commença à ressentir le vide qu'il y aurait. Quand il s'était endormi, Maeglin était encore proche de lui, et à peine émergeait-il que quelqu'un était à nouveau près de lui. Il n'avait pas vraiment envie qu'elle parte, aussi inconnue cette jeune femme lui était.
-Attend ! Reste, s'il te plait...
C'était un peu désespéré, et égoïste, il le savait bien, le ressentait. Il avait juste envie que quelqu'un soit à ses côtés, comme il avait envie de Maeglin... d'amour, de présence... peut-être l'aide qu'il voulait apporter au jeune Svart n'était pas aussi altruiste qu'il le pensait ; mais au fond, tout ce qu'une personne fait n'est-elle pas intéressé ?... Ophrys avait perdu des êtres chers, cela restait compréhensible. Et puis, elle lui avait dit, que s'il avait besoin de quelque chose...
-Je ne veux pas être tout seul... Il rougit. N-n'entends rien de déplacé hein ! Je... j'ai pas envie de rester seul, comme ça, dans cette chambre, rien qu'avec moi-même. Reste un peu, s'il te plait.


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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Dim 30 Juin - 17:26

Prise au dépourvue la favorite de Lyuben se mit à rougir violemment, réaction due à sa timidité. Kimiko, malgré ses quelques années au service de Maeglin et aux pavillons des plaisirs, ne s'était jamais débarrasser de sa timidité, et de ce coté farouche qu'elle avait lorsque le Dunpeal l'avait achetée. Ses yeux bleus se posèrent sur le jeune homme qui avait donc dormi dans la chambre de son maître, elle referma la porte, lâchant la poignée. C'était surprenant parce qu'il lui demandait de rester, non pas pour profiter de son corps, mais simplement qu'il ne voulait pas rester tout seul. Rajani était comme ça, exubérante Andanoréenne aimait être entourée, supportant mal la solitude. Elle n'avait pas prévu que ça se passe comme ça, elle avait pensé que déposer le plateau et sortir suffirait. Après tout, c'était l'invité de Maeglin, pas le sien, et elle n'était pas sensé rester ici, même si elle n'avait rien d'autre de mieux à faire. Elle avait déjà refermé la porte, et cela faisait un moment qu'elle dévisageait l'Ai-Esu.

Le jeune homme avait le même blond doré, quoi que plus pâle que les longs cheveux soyeux de Maeglin, un corps plus masculin, mais son visage, sa constitution, attestaient de son appartenance aux Ai-Esu. Il n'était pas totalement dévêtu, ce qui était surprenant quand on connaissait Maeglin. Kimiko comprit pourquoi elle l'avait croisé ce matin, entrainant un large Thuatann dans le pavillon des plaisirs, alors qu'elle même en avait fini avec son client de la nuit. L'Orc n'avait pas cessé de s'extasier sur sa petite taille, de lui dire combien il adorait sa poitrine menue. En comparaison, l'Orc avait eu l'air d'être un mastodonte, ce qu'il était. Il avait payé une nuit entière, et n'avait demandé qu'elle, alors que d'habitude, quand on proposait aux nouveaux clients de prendre Kimiko, il suffisait parfois d'ajouter Rajani et... Mais pas cette fois. Et maintenant, quelqu'un d'autre lui demandait de rester, simplement pour avoir de la compagnie. La matinée était bien étrange, mais pas plus que d'habitude dans l'établissement de Maeglin, dont l'excentricité était connue jusqu'au bas fond d'Eiren.

-D'accord, fit-elle doucement.

Étrangement, elle le comprenait. Elle non plus parfois, n'aimait pas rester seule, et manger seul avait quelque chose de déprimant. Kimiko fit quelques enjambées et alla jusqu'à la table où elle avait posé le plateau, servant même un verre à Ophrys, histoire de se donner une contenance. La petite Mornienne finit par poser ses fesses sur une chaise, et ne sachant trop quoi dire, elle répéta :

-Je suis désolée, mais le maître est vraiment occupé. Il a dit qu'il viendrait vous voir quand il y aura moins de monde en bas. Je n'ai pas de nouvelle de votre ami, mais Mererid est avec lui. A-alors ne vous en faites pas.

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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Lun 1 Juil - 20:48

Ophrys se rendit bien vite compte que sa demande avait quelque peu déstabilisée la Favorite. Elle avait un petit quelque chose d'innocent, de timide, et elle n'avait pas vraiment l'air d'une demoiselle qu'on trouverait dans ce genre d'établissement... ce qui justifierait la raison de sa présence dans l'antre dédié à l'art de Lyuben. Le blondinet eut un doux sourire, se voulant rassurant, pour qu'elle ne se sente pas trop mal à l'aise. Il espérait toutefois qu'elle ne se sentait pas obligé de rester parce qu'il l'avait demandé.
Mais la Favorite prit sur elle, acquiesça, et le semi-Lios l'observa venir à lui, pour lui servir un verre, essayant de passer outre sa légère timidité. Il porta le verre à ses lèvres, et constata avec délice que Maeglin avait toujours aussi bon goût en matière de vin. Prenant l'assiette et les couverts, il s'installa royalement dans le lit du tenancier, et pensa qu'il n'avait plus déjeuner ainsi, allongé bien au chaud dans les draps, depuis fort longtemps.
Le demoiselle se montra des plus adorables, réitérant ses excuses pour l'absence de Maeglin, et le pria de ne pas s'inquiéter de l'état de ne pas s'en faire pour Gareth. Pensif, le mercenaire resta un moment sans mot dire, puis il usa de sa fourchette, sachant que la cuisine de l'auberge était toujours excellente. Les légumes étaient croquant, et le poisson, juste comme il faut ; et pour satisfaire le Lios, originaire d'Armenelos et ayant une mère très bonne en cuisine, en matière de poisson, il fallait se lever de bonne heure.
Après quelques bouchées, il reposa sa fourchette et rassura la Favorite :
-Ne t'inquiète pas, je connais les manières de la maison ; ça fait longtemps que je viens, sans pour autant goûter aux plaisirs dont elle se vante. Alors attendre encore un peu...Il reposa sa fourchette et ferma les yeux. On vous volait la vedette, à vous les Favoris, quand on était sur scène... si seulement j'avais encore ma guitare...

Les souvenirs affluèrent dans l'esprit du blondinet. Il l'avait lui-même fabriqué, sa guitare, sous la tutelle d'un professionnel. Son intention était de créer un instrument unique : son instrument, avec lequel jouer. C'était juste après sa rencontre avec Narcisse, qui avait au préalable été très mécontent qu'Ophrys retarde le début de leur périple. Mais en voyant les efforts du jeune homme, et son initiative, il fut heureux. Une musique unique, pour un chanteur unique.
Cependant, l'Ai-Esu ne l'avait plus. Non, la guitare était restée dans la demeure de Narcisse, à Nargoryth, dans l'entrée, là où le blondinet avait jeté ses affaires avant de poursuivre le chanteur dans les entrailles de sa demeure. En ressortant, il n'avait rien repris. Les sacs et l'instrument devaient encore s'y trouvé, couverts de poussières, ou pillé et réduits en pièce par des vagabonds ayant forcé la maison abandonné.

Mais tout ceci faisait parti du passé. Il rouvrit les yeux, et s'efforça de reprendre le sourire, et de continuer son repas, non sans s'expliquer auprès de son interlocuteur.
-Excuse-moi, c'est du passé tout ça. Sinon, c'est quoi ton petit nom ?
En effet, ils ne s'étaient pas présenté. Bien que, dans un tel lieu, les noms n'avaient pas grande importance... On lui avait cependant appris qu'il était plus convenable que les gens avec qui l'ont traite sache qui l'on est ; et Ophrys appréciait l'inverse, savoir avec qui il parlait.


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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Lun 8 Juil - 15:47

Le dos bien droit, Kimiko avait glissé ses mains dans les manches de sa tunique noire. Un petit souffle de vent venant de la fenêtre entre-ouverte agita ses mèches bleues et courtes, tandis qu'elle se retenait pour ne pas déglutir bruyamment. Elle se sentait mal à l'aise, pour plusieurs raisons. Parce qu'elle était assise dans la chambre de Maeglin et que ce dernier n'était pas là pour la mettre à l'aise, et sans qu'il y ait le moindre jeu sexuel entre eux, étonnamment, son maître n'avait parfois envie que d'un peu de compagnie, et son passe temps favoris étaient de dénicher des bijoux ou des tenues pour habiller ses Favoris de Lyuben, bien que ces derniers aient l'habitude de choisir eux-même leurs vêtements. Kimiko étant du genre à n'accorder aucune importance à ce qu'elle portait, elle se laissait vêtir. Tout comme elle laissait Rajani s'occuper de ses cheveux à la teinte si particulière de ce bleu métallique. Le Lios s'était installé dans le lit avec le plateau, chose que Kimiko n'aurait jamais osé faire, de peur de tâcher les draps. La seconde raison à son malaise était qu'elle ne connaissait pas le Lios, bien que celui-ci n'ait clairement pas l'intention de payer pour elle, puisqu'il avait dit connaître les règles de la maison. Elle ne comprit pas à quoi il faisait référence lorsqu'il parla de voler la vedette aux Favoris. Chose impossible, si non éphémère, sans cela, les Plaisirs de Lyuben n'aurait jamais pu prospérer, bien que tous ceux qui venaient ici ne venaient pas nécessairement chercher un partenaire pour la nuit, ou pour quelques heures de détente. L'autre raison était le silence pesant qui s'était installé. Le blond semblait perdu dans ses pensées, et Kimiko se demanda ce qui avait bien pu provoquer ce genre de réaction. Maeglin avait parfois la même expression lorsqu'il pensait à quelque chose de révolu, Somalior également, le noble déchu n'avait cette expression que lorsqu'il repensait à sa vie d’antan, sa bouche devenant un pli amer.
Le lios ne fit aucun commentaire sur l'autre homme qui était à l'origine avec lui, et qui devait se trouver en compagnie de Mererid. Elle avait identifié le Lios comme un bretteur, mais il avait parlé de guitare. Était-il un cheminant ? La favorite se contenta de rester impassible, jusqu'à ce qu'il lui demande son nom.

-Kimiko, répondit-elle simplement de ce ton un peu abrupt qui la caractérisait.

Kimiko se protégeait sous une épaisse carapace, et ce ton abrupt était surtout donné par sa voix. Le timbre de la favorite était assez grave pour celui d'une femme, ce qui donnait cette impression de rugosité et de brutalité. Ce était loin d'être le cas, car Kimiko n'en menait pas large en ce moment même, peu habituée à être sollicitée pour sa compagnie ou sa conversation. Du genre silencieuse, elle préférait s'enfermer dans son monde, ne s'ouvrant qu'à quelques personnes. Farouche et timide, la favorie de Lyuben eut pourtant un léger rire.

-Favorite de Lyuben, mais ça, vous devez déjà le savoir.
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Mer 10 Juil - 15:06

La Favorite ne sembla pas tout à fait à l'aise, mais elle se détendit quand même, l'observant avec curiosité, l'écoutant sans mot dire, même si dans l'ensemble, il s'était contenté de manger... Sa question la prit un peu au dépourvu, et elle lui répondit de façon quelque peu brusque, avant de tenter de se rattraper, maladroitement.
Ophrys éclata de rire, un rire léger, et il la gratifia d'un large sourire et d'un regard bienveillant. Elle avait un petit quelque chose de vraiment touchant, de fragile et en même temps maladroit. Avec douceur, il lui répondit, le sourire au lèvre.

-Et moi c'est Ophrys, je... hum, je suis rien, pour le moment.
Il avait failli dire qu'il était un mercenaire, mais ce n'était pas vrai. Plus vrai. Plus depuis que ses compagnons avaient perdus la vie. Ils étaient un groupe de mercenaire, et seuls, ils étaient doué dans leur domaine, mais leur compétence venait de l'union de leur talent. Ce qui ne les avaient pas sauvé... Ophrys maniait le fusil comme peu savent le faire, à force d'entrainement et de persévérance, mais il n'avait pas pu faire grand-chose pour sauver ses amis. Il avait pourtant fait de son mieux, jouant de la gâchette comme jamais il ne l'avait fait.
Le Lios n'avait pas pu rejoindre ses compagnons, cela aurait été vain. Le temps perdu à descendre uniquement pour tirer son épée du fourreau aurait été perdu, alors il s'en servit pour tenter de les couvrir. Toutes ces balles firent mouches, mais leurs adversaires étaient trop nombreux. Sa crosse en bois sombre patiné calé sous son aisselle, une main sous le canon pour le stabiliser, l'autre sur la gâchette. Son entrainement paya, alors qu'il passait les doigts sur le loquet pour déloger la cartouche vide, l'expulsant en un seul mouvement expert, en attrapant une nouvelle dans sa sacoche ouverte à côté de lui, l'enclenchant avant de viser à nouveau. Il s'était entraine dur pour pouvoir recharger avec une telle vitesse, mais cela ne suffit pas. Le nombre les écrasa, et il finit par rouler sur le côté, les larmes aux yeux, pour ne pas voir le reste du carnage, de ces nocturnes qui festoyèrent alors qu'Ophrys s'échappait.
Il n'avait pas le courage d'aller mander la Légion, ne sachant pas qui était leurs agresseurs, ni leur cible, et encore moins leur commanditaire, ayant choisi l'anonymat. Il n'avait pas de preuve. Il n'y aurait que difficilement justice. Trois corps dans la nuit. trois amis de perdu... L'amertume au cœur, il finit par compléter sa réponse, en essayant toutefois de se ressaisir.
-Y a encore un jour, j'étais un tireur d'élite, mais je n'ai guère envie d'en parler... et avant cela, j'étais musicien. Tu pourras demander aux autres Favoris, je suis certain que ceux qui l'ont connu se rappelle encore de Narcisse, mon partenaire.
Et comment faire autrement ? Après plusieurs spectacles ici, où le chanteur avait enflammé la scène de sa voix suave, rendant hommage par ses paroles à l'art de Lyuben, jouant de son corps androgyne pour enflammer les sens des spectateurs, lui qui était tout en charme, en volupté, sans jamais être vulgaire. Et en aucun cas l'on ne se permettait de toucher, il était un artiste de la scène, et non pas du lit ; et sous ses airs fragiles, Narcisse avait en plusieurs occasions brisés les doigts d'insupportables malotrus.

Les Favoris n'en avait jamais été jaloux, certes il était beau, et leur volait la vedette le temps d'un chant, mais cela mettait les clients dans l'ambiance, et une fois le charme de sa voix terminé, il devenait un vrai glaçon, maniant sa langue comme un fouet, la faisant claquer pour écarter les malandrins qui osaient l'approcher. Seuls Ophrys restait à ses côtés, ainsi que Maeglin, qu'il adorait asticoter. Ils avaient tout les deux une manière d'être assez similaire, de vrais divas, et le jeune Lios aurait eut bien du mal à les départager. Ils étaient si différents tout les deux, et pourtant si semblables, quelque part...
-On en a écumé des établissements, à nous deux. Moi à la guitare, lui au chant. Quand on jouait, le public n'avait d'yeux que pour nous ; Maeglin lui-même n'aurait pas pu voler la vedette à Narcisse quand il chantait. D'ailleurs, ces deux-là se détestaient autant qu'ils s'appréciaient... je pense qu'ils se considéraient un peu comme des rivaux, quelque part.
Ophrys souriait, à la mention de ces souvenirs. Il aurait cru que ce serait plus difficile de reparler de Narcisse, après tout ce temps. Ce sujet, il l'avait évité comme la peste, et à présent, il en parlait normalement. Le contact de Maeglin, le souvenir de ces moments si amusant... cela parvenait presque à masquer la tragédie qui secouait son âme, ce souvenir brûlant, cette douleur qui ne l'avait jamais vraiment quitté. Jamais plus il ne reverrait les sourire du divin Narcisse, pas plus qu'il l'entendrait l'appeler par son nom, avec douceur, ou ce ton impérieux et autoritaire qu'il employait souvent, par pur caprice. Les regards complices échangés furtivement, et ces nuits, passées blotti l'un contre l'autre, depuis ce jour où l'hiver les avait surpris en pleine route, et ils avaient du partager la chaleur de leur corps afin de passer la tempête sans geler. Narcisse n'en parlait pas, et Ophrys le respectait, mais chaque nuit le chanteur venait dans son lit, se lovait contre son compagnon.
Il n'y avait jamais rien eu entre eux. Rien de physique. Rien de dit. Que des regards, des émotions, inavouables, et même dans le secret de la nuit, de ce contact charnelle, ils ne poussèrent jamais plus loin qu'une étreinte silencieuse, laissé à la discrétion de Feardorcha. Cette sensation manquait énormément au Lios, et il aurait du lui dire, prendre le temps d'avouer ses sentiments, même s'il l'avait fait, finalement, et avait pu embrasser l'Ai-Esu. Un baiser d'adieu, avant qu'il ne rejoigne sa Déesse, Nevaeh, passant les portes du royaume de Dämons.

Brusquement, l'ancien cheminant sortit de ses pensées, et fut en proie à une envie pressante. Le blondinet éloigna la nourriture avant de sortir des draps, et de chercher frénétiquement ses affaires, sans pour autant sortir du lit. Il se saisit agilement de son pantalon, tira de sa poche son paquet de Mornoir, ainsi que son briquet, et se réinstalla dans le lit. Ouvrant le paquet d'un coup de pouce, se saisissant entre ses lèvres d'une cigarette qu'il extirpa agilement , il fit surgir une flammèche de l'autre main. Une fois prise une première bouffée de sa Mornoir, il se sentit tout de suite plus détendu, lançant sur le côté le paquet et le briquet. Un demi-sourire sur le visage, toujours emprunt d'amertume, et surtout le regard un peu vague, il prononça :
-Vous êtes peut-être les Favoris de Lyuben, mais lui, il était le Favori de Nevaeh... paix à son âme...
A la sienne, et à celles de tout ses compagnons ayant rejoins Dämons, pensa-t-il. Il souffla un panache de fumé. Un jour, il les retrouvera, mais il ne comptait pas arrêter de vivre pour autant. Ce serait irrespectueux pour eux de gâcher sa vie uniquement à cause de la tristesse...


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Jeu 25 Juil - 13:39

Kimiko ignorait qui était Narcisse, mais Lita ou Mererid saurait peut-être qui s'était. Elle ne savait trop quoi dire, ni même comment réagir. La chambre, le blond débraillé mangeant son déjeuné, fumant maintenant une cigarette, tout ceci créait une certaine intimité qui la mettait mal à l'aise. Dans le pavillon des plaisirs, elle était à moitié dénudée, et même si elle partageait, ou vendait son corps à son ou ses clients de la nuit, c'était toujours moins intime que cette chambre.
Elle s'efforça de ne pas gigoter sur sa chaise, mal à l'aise qu'elle était. Sans Maeglin, la chambre clinquante, aux allures d'intérieur de roulotte d'un cheminant richissime, semblait étouffante sans l'excentrique présence du maître des lieux. Elle ne connaissait pas Ophrys, et ce retrouver en face de lui, dans cette pièce, laissait à Kimiko une impression désagréable. Elle n'était pas douée avec les gens, du moins quand il s'agissait de se montrer amicale, de faire la conversation. Cela lui arrivait parfois, que ses clients de la nuit posent des questions, elle y répondait parfois. D'autres préféraient remonter leur pantalon, et sortir de l'alcôve. D'autres aimaient rester et s’épancher, avant de prendre possession de son corps encore une fois.
Mais Ophrys, Kimiko reconnut l'aura d'amertume, de tristesse, de vide, nuancé de ce soupçon de colère, qu'elle retrouvait parfois chez elle, ou bien chez Somalior. Le noble déchu avait la même expression amère sur le visage, alternant avec la nostalgie et le plaisir des souvenirs de sa vie d’antan. Elle appréciait Somalior, il était parfois un peu brusque, et distant, mais il acceptait toujours sa présence. C'était pareil avec Jorgen. Kimiko fronça le nez, se demandant si Lita ne l'avait pas envoyée exprès, sachant que sa présence ne dérangeait pas forcément les clients taciturnes ou bourrus. Ophrys faisait partie, vu son état d'esprit, des clients taciturnes, la preuve en était se soudain silence, seulement perturbé par le bruit que faisait l'ancien tireur d'élite en recrachant la fumée.
Les mains croisées sur ses genoux, Kimiko regardait ses ongles. Sentant le tabac chaud, les Mornoir avaient une odeur particulière, la favorite se leva, et alla ouvrir la fenêtre. Elle rabattit les volets, et ouvrit un battant. Maeglin n'aimerait sans doute pas trouver l'odeur du tabac froid lorsqu'il reviendrait.

-Maeglin n'aime pas vraiment qu'on fume dans sa chambre, sans qu'on lui demande. Je vous conseillerai de vous mettre à la fenêtre.

Le soleil de l'après-midi était voilé par quelques nuages, et d'ici quelques jours, ce serait le début de la mousson, et Hitokage serait noyé sous la pluie, les rues deviendraient alors le théâtre des parapluies colorés.

-J'ai une question... Comment passe-t-on de musicien à tireur d'élite ? Cela parait un peu... incongru.
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Ophrys
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Ven 2 Aoû - 18:04

La remarque de Kimiko fit tilter le blondinet, alors qu'il allait recracher sa fumée, il le regarda un moment, avant de se rendre compte qu'en effet, il fumait bel et bien. C'était devenu un réflexe, même s'il avait conscience d'aller chercher sa Mornoir et de l'allumer, pour lui ce n'était pas fumer, mais... normal. Se rendant compte qu'en effet la fumée à l'odeur désagréable, surtout froide, pourrait plus que gêner Maeglin, il prit bonne note de la remarque, se levant du lit, pour aller cracher la fumée par la fenêtre. Il regarda ce résidu de combustion tourbillonner, emporter par l'air extérieur...
Et il réalisa aussi qu'il était accoudé à fenêtre tout en étant en sous-vêtements, devant une parfaite étrangère ; tout au plus connaissait-il son nom, et sa profession. Mais Ophrys n'était plus à ça prêt, il ne changea rien à sa posture, laissa son corps quasiment nu, seulement couvert par son élégant caleçon. Il n'avait pas à avoir honte de son corps, et puis, Kimiko avait sans doute déjà vu son lot de nudité ; le Lios n'était pas intéressée par elle, après tout, celui qu'il voulait, c'était Maeglin. Et puis il était à l'aise en sous-vêtement, aucune raison de changer cela.

Kimiko avait posé une question juste avant qu'il ne quitte le lit, et se retrouve à moitié cul-nu à souffler par la fenêtre les relents de tabac que lui insufflait sa cigarette, et il était plutôt content de voir que la vendeuse de charme surmonte quelque peu sa timidité, mue par l'intérêt portée à son récit, qui n'était qu'une tranche de vie quelque peu décousu. En conséquence, il lui répondit, regardant vers l'extérieur, mais son regard allait bien plus loin que les volets qu'il avait devant les yeux.
-Les Dieux nous réservent de drôles de surprises parfois. Après la... disparition de mon partenaire, j'ai laissé tomber la musique, et ais fini... au plus bas. C'est une troupe de mercenaire qui m'a cueilli, et, apprenant que j'avais un peu d'expérience militaire, ils ont décidé de me former un peu pour que je puisse couvrir leurs arrières.

Il rit, en se remémorant sa désastreuse rencontre avec ceux qui devinrent ces camarades. Le blondinet n'avait pas commencé en de très bons termes, à dire vrai, Sigalit avait plutôt prévu de lui casser un bras ou deux avant de le laisser pourrir d'où il venait, mais la férocité avec laquelle il s'était battu l'avait impressionné ; et il était pourtant ivre à ce moment-là. Une fois dégrisé, Ophrys comprit qu'il devait se tenir à carreaux, et les aider pour rembourser une dette qu'il avait comme contracté, à cause d'une offense qu'il avait fait à Kasumi, la magicienne Neko.
Mais finalement, après leur avoir expliqué dans quel détresse il avait été pour se pinter la tronche au point d'en devenir indécent, et montré à quel point il était un compagnon exemplaire, ils devinrent tous de bons amis.

Jusqu'à cette mission à Cemenwin, perdu dans les ténèbres de la cité de la nuit éternelle. Son entrainement militaire n'avait en définitive servi à rien, même si sans il aurait certainement défendu avec moins d'efficacité ses amis. Mais il n'avait pas pu les sauver. Quand il y pensait, son passé de soldat ne semblait pas l'avoir aidé à grand-chose, en définitive, puisqu'il avait appris à manier le fusil en autodidacte, tout en suivant de judicieux conseil prodigués de-ci de-là. Il n'avait pas gardé une très grande discipline, ni une musculature très développés à force d'entrainement musclé ; non, il avait un beau corps d'athlète qui ne semblait pas dégager de force, mais plutôt de la vitesse, de l'habileté et de la souplesse, ainsi qu'une attitude parfois frivole, bien loin d'une quelconque rigueur militaire.
Il éprouva alors le besoin d'expliquer un si improbable choix de carrière, quand on voyait à quel point cela l'avait peu marqué.
-J'ai été milicien à Armenelos, où je suis né, alors ça leur convenait. Mais quand on m'a collé un fusil entre les mains, on a vu que j'étais doué pour ça ; alors je me suis entrainé, et je suis devenu très doué.
C'était pendant cette période où, encore adolescent, le jeune Ai-Esu ne savait pas ce qu'il voulait faire. Ne s'étant pas trouvé de passion ou d'intérêt à cultiver durant le restant de ses jours, il avait décidé de faire quelque chose d'utile, en attendant. Quelque chose qui lui permettrait d'avoir la sensation d'être utile, et en sus, il avait l'impression de protéger un peu plus ses frères et sœurs. Seulement, cette vie était rigide, très routinière, et cela finit par le lasser ; il resta deux ans et demi au service de sa citée, avant de pouvoir retourner à la vie civile, et choisir une autre voie. Il savait en revanche que l'un de ses frères avait choisi cette carrière, et prenait son rôle très à cœur, mais Ophrys lui ne nourrissait pas les mêmes ambitions.
Au final, il n'avait pas l'impression d'avoir trouvé sa voie. La musique avait été une passion dévorante, essentiellement parce que Narcisse le passionnait tout autant... de même, sa carrière de mercenaire semblait clairement compromise, maintenant que ceux qui la motivaient étaient passés de l'autre côté...

Souhaitant changer de sujet, le Lios eut une question qui lui vint en tête ; mais il se retrouva quelque peu gêné, étrangement, car il le trouvait personnel. Oui, il était en caleçon, seule dans une chambre qui n'était pas la sienne, avec une vendeuse de charme, et il rougissait légèrement à l'idée de poser une question un peu intime. Il se retrouva donc un peu hésitant, regardant Kimiko sans parvenir à trouver ses mots et, finalement, le blondinet reprit longuement une bouffée de fumée, qu'il recracha par la fenêtre, et se décida
-Et sinon, comment devient-on... et bien... ce que tu es ?...


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Jeu 8 Aoû - 22:58

Kimiko eut un premier vrai sourire. Ophrys sembla se rendre compte qu'il se tenait devant elle, à moitié nu, à fumer devant une fenêtre dont les volets étaient à peine ouverts. La jeune Mornienne resta assise sur sa chaise, se tournant vers le blond, qui répondit à sa question. Kimiko avait du rassembler son courage pour poser sa question, se faisant violence. Rajani et Lita lui disaient souvent qu'avec un petit effort, elle pourrait tenir une vraie conversation, se faire des amis, même parmi ses clients réguliers, quoi qu'ils ne payaient pas forcément pour sa conversation. Elle joua machinalement avec les embouts ronds de ses piercings en argent, ceux qui ornaient le dos de sa main. Un geste qui la calmait.

-Armenelos ? Mais c'est... loin, ne put-elle s'empêcher de dire l'air légèrerment abasourdi.

Il y avait tellement de royaumes entre Cemenwin et le royaume du Nord. Kimiko n'était jamais sortie de l'Empire, et la seule chose qu'elle avait connu avant cette vie, c'était d'autres maisons, maisons closes ou non, une vie de servitude. Et encore avant, des cages et des chaînes. Armenelos. De là où venait Jorgen, le garde venu du Nord. Il lui avait parlé de la mer, du vent froid, de la pluie, des landes sauvages et vertes. Il avait toujours vécu libre. Kimiko écouta donc avec beaucoup d'attention, soudain avide. Etrange comme le destin était changeant. La musique et le fameux Narcisse, dont Kimiko ignorait tout jusqu'à maintenant, avaient achevés d'ensorceler Ophrys. Maeglin n'avait jamais mentionné ce nom, mais Maeglin avait des relations avec tant de personnes, que Kimiko s'imaginait ne même pas en connaître la moitié. La Favorite de Lyuben fut suprise de voir sa question lui être retournée. Elle se mit à rougir violement, et soudain, elle sembla se replier sur elle-même, son attitude ouverte disparaissant pour laisser place à son habituelle nature farouche. Elle détourna le regard, se cachant derrière ses courts cheveux bleus irisés. Elle déglutit, et finit par répondre.

-J'ai... J'ai toujours connu ça.

La favorite prit une profonde inspiration, ses doigts se crispant dans un geste nerveux sur les bijoux ornant le dos de sa main. Elle se tourna vers Ophrys, mettant en application, et pensant très fort, aux mots de Sunil et Rajani. Kimiko eut un sourire à la fois résigné et mélancolique, haussant les épaules tout en poursuivant :

-Je suis née esclave. Avant d'être achetée par le maître, j'en ai eu plusieurs. Maeglin est sans doute le meilleur que j'ai eu. Je mange à ma faim, j'ai des vêtements, et personne ne me bat. J'ai même des amis. La vie ici est meilleure que ce que j'ai pu connaître avant ça.
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Jeu 15 Aoû - 21:50

La Favorite ne semblait pas bien à l'aise, et la question que lui posa le blondinet fit sans doute tout sauf la rassurer. Cela gêna les deux interlocuteurs, l'un parce qu'il avait été indiscret, l'autre car le sujet semblait très personnel. Alors un silence quelque peu lourd d'une tension certaine se fit sentir, jusqu'à ce qu'enfin il fut brisé par Kimiko, qui, malgré sa gêne, trouva le courage de continuer quelque peu plus la conversation.
Ophrys se garda de tout commentaires, ou de faire quoi que ce soit qui puisse briser cet élan qu'avait la jeune femme, qui surmontait sa timidité, même si ce n'était pas pour parler de choses réjouissantes, au contraire. Le blondinet pinça ses lèvres, ayant la désagréable sensation qu'il aurait mieux fait de se taire, comme c'était d'ailleurs souvent le cas. Comme avec Gareth ; peut-être n'aurait-il pas du venir à lui, pour partager le sentiment de perte teinté d'alcool qu'il avait décelé chez le Svart empathique...
Mais ce qui était fait ne pouvait plus être défait.

Le Lios était adossé contre le chambranle de la fenêtre, et après un petit instant de flottement, à la suite de l'histoire de Kimiko, le blondinet prit une longue bouffée de sa Mornoir, puis il se pencha en arrière, soufflant la fumée vers le plafond. Puis il observa les volutes grisâtres former des tourbillons, alors que l'air du dehors se frayait un chemin pour aller et venir, dispersant avec élégance les relents de cigarette dans une sorte de danse d'une grâce aérienne...
Puis il revint à lui, et vers son interlocutrice, posant sur elle son regard, quelque peu déboussolé.
"Alors il faut en profiter. La vie est rarement clémente très longtemps ; mieux vaut donc savourer le bonheur tant qu'il est à portée."
Il resta alors silencieux, les yeux perdus dans le vague, dans ses vieux souvenirs. Sa vie à lui ne débuta pas d'une façon aussi... peu agréable que celle qu'avait connu Kimiko, il pouvait même être heureux d'avoir une famille nombreuse et aimante. Mais cela n'avait jamais empêché des tragédies d'arriver, et quand il y pensait, ce qu'il n'arrêtait pas de faire d'ailleurs en ce moment, il ne voyait que les morts de ses proches, qui l'empoisonnait.
Ophrys en venait à ne plus chanter, ce qui signifiait beaucoup pour un Lios. D'ailleurs...
"Après tout ça... je n'arrive même plus à chanter. J'ai beau le vouloir, ma... ma gorge se noue à cette idée. Aucun son, ne sort, je... je n'ai pas pu entonner de chant funéraire, pour la paix de mes amis dans le royaume de Dämons..."

Il ne parvint pas à continuer sa phrase, et réprima un sanglot d'angoisse, en portant à nouveau la Mornoir à ses lèvres, tirant une nouvelle bouffée, avant de regarder à nouveau, pour se calmer, la fumée se faire happer par le fin filet de vent qui passait par les volets...


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Mar 20 Aoû - 16:59

Kimiko se tut et regarda Ophrys avait un air indéchiffrable. La frêle Mornienne se sentait soudain très mal à l'aise. Elle aurait du se taire. Et pire encore, elle trouvait Ophrys égoïste, il ne lui avait posé cette question que pour mieux en revenir à lui. Elle comprenait qu'il puisse être triste, mais Kimiko était dure. Elle avait trop subi, et elle en avait trop vu pour prendre quelqu'un comme Ophrys en pitié. Elle ressentait de la colère. Elle serra les poings, se maîtrisant pour ne rien dire. Elle avait failli lui lancer que s'appitoyer sur lui-même ne ferait rien avancer, pas plus que cela n'apporterait la paix de l'âme à ses amis défunts autant qu'à lui même. Mais Kimi savait qu'un prêtre de Dämons ou bien de Lior pourrait sans doute mieux le lui expliquer qu'elle. Elle savait aussi qu'elle ne devrait pas prendre les choses trop à cœur. Elle le connaissait à peine, et il lui avait sans doute poser la question seulement pour se montrer poli et sociable.
Kimiko n'était pas très douée avec les émotions brutes. Elle pleurait rarement, même s'il lui arrivait souvent de se mettre en colère, comme maintenant. Elle regarda la porte, priant pour que Maeglin se rappelle qu'il avait laissé un invité dans sa chambre. Son maître était parfois trop frivole, oubliant facilement ses obligations. Elle-même n'avait aucune obligation de rester assise ici. Elle n'aurait pas dû rester. Elle supportait mal la présence d'Ophrys. Une raison qui faisait que Kimiko ne prenait pas de client que la mettait aussi mal à l'aise. Maeglin avait la gentillesse de lui laisser le choix. Elle sentait le chagrin ramper sur sa peau comme des milliers de fourmis, elle sentait l'atmosphère de la pièce devenir un carcan opressant, un voile sur son visage l'empêchant d'y voir clair et de respirer. La porte s'ouvrit et le soulagement envahit Kimiko comme une bouffée d'air frai.

L'étonnement se peignit sur le visage de Maeglin, ce dernier pensait simplement trouver Ophrys seul. Ce dernier était bien là, fumant, debout près de la fenêtre. Le plus surprenant était de voir que Kimiko se trouvait dans la pièce. Le grand blond laissa la porte ouverte, et d'un geste élégant et dans un bruissement de tissus, la longue veste de soie chamarrée du Dunpeal glissant sur le sol et se déployant dans son mouvement, indiqua la porte à la favorite. Kimiko lui jeta un regard empli de soulagement. La frêle jeune fille se leva et se précipita vers la sortie, avec un regard reconnaissant. Maeglin ébouriffa ses cheveux bleu-gris lorsqu'ils passèrent à portée de main, et ce fut sur un sourire que la une femme referma la porte. Sa chambre puait le tabac, une odeur qui lui fit froncer le nez.

-La prochaine fois, ouvre aussi les volets si tu veux fumer.

Le Dunpeal n'eut qu'à faire quelques élégantes enjambées pour rejoindre Ophrys. D'un geste impérieux, trahissant un certain mécontentement, Maeglin souleva le loquet fermant le volet, et poussa un des battants de bois, sans pour autant ouvrir complètement. L'air extérieur s'engouffra. Finalement le regard améthyste du Dunpeal se posa sur le visage en passe d'être ravagé par le chagrin d'Ophrys. L'agacement que Maeglin ressentait s'envola avec la fumée par la fenêtre, remplacée par une expression très douce. Sa main gauche vola jusqu'au visage d'Ophrys, le touchant d'abord du bout des doigts, délicatement, comme si Ophrys allait tomber en poussière ou se briser s'il ne faisait pas attention. Ses doigts glissèrent sur la joue qu'ils touchaient, jusqu'à ce qu'il puisse effleurer ses lèvres de son pouce.
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Lun 23 Sep - 12:31

Oui, c'était une erreur, pensa le Lios, que de poser une telle question, ou même de rétorquer. Il n'y avait rien à dire, et pourtant, Ophrys voulait discuter, ne pas avoir l'impression d'être seul ; mais il observait du coin de l'œil la Favorite, qui ne semblait pas de très bonne humeur, serrant même les poings... avait-il dit quelque chose de déplacé ? Il souffla de nouveau de la fumée. Décidément,se taire devrait être un réflexe chez lui...
Il aurait pu dire quelque chose, essayer de se rattraper, bien qu'il ne comprenait pas ce qu'il avait bien pu prononcer d'offensant pour la mettre dans cet état, mais le silence semblait bien plus de circonstance que risquer une autre maladresse. Le temps sembla long, et le semi-Lios se contenta de fumer sans mot dire, soufflant des volutes grises à intervalles réguliers, jusqu'à ce que la porte enfin s'ouvre.

Ophrys sentit son cœur se serrer quelque peu en voyant le propriétaire de la chambre rentrer, et comme un poids lui être retiré quand Kimiko s'en alla ; ce dut lui faire un effet similaire, car il avait tout de même senti la tension qui était dans la pièce, et cette colère qu'elle avait semblé nourrir à son encontre... ils étaient de deux mondes différents, se comprendre ne pouvait qu'être dur.
Et qu'en était-il de Maeglin, dans le fond ? Ils étaient aussi tout deux bien différent, pas en apparence ceci dit. Mais ils avaient des façon de penser assez opposés ; du moins c'est ce qu'il semblait au Blondinet, qui ne connaissait pas si bien que ça le tenancier. Au moins sur l'amour, ils n'avaient pas la même vision de la chose. Et pourtant...
Cependant l'heure n'était pas à ce genre de considération, car le Dunpeal ne semblait pas d'une très bonne humeur. Après tout, Ophrys était en train de fumer et en caleçon, bien que ce dernier fait ne sois pas une gêne pour Maeglin ; il lui fit le reproche de ne pas avoir pris assez de précaution quant à l'odeur qu'il dégageait avec sa Mornoir, et le Blondinet s'écarta un peu pour laisser le propriétaire des lieux disposer à sa guise de la fenêtre, afin de faire partir un peu de l'arôme de tabac qui embaumait quelque peu l'endroit.
Mais sa mauvaise humeur ne dura pas. Ophrys le vit dans son regard, alors que le sien le croisait. Il s'approcha, et posa sa main contre sa joue, avec une délicatesse qui fit frissonner le jeune homme. Ce dernier s'écarta, et si cela semblait être un refus, sa main trahit une toute autre attention, alors que sa Mornoir s'écrasa contre le rebord extérieur de la fenêtre, afin de l'éteindre ; le mégot, d'une pichenette, disparu au dehors, dans les ténèbres qui un peu partout grouillait dans la cité nocturne.

Cela fait, Ophrys s'en retourna vers son ami, et se lova contre lui, cherchant sans réfléchir ce contact si apaisant. Collé à Maeglin, il huma le parfum délicat qui se dégageait de lui, et se sentit tout de suite mieux.
"Désolé, je n'aurai même pas dû fumer ici ; mais les habitudes ont la vie dure... je sors et allume une cigarette sans même m'en rendre compte parfois."
Il eut un petit rire qui sonnait un peu triste, et resta dans la même position, son visage pressé contre sa poitrine, tout comme ses mains qui s'y resserraient, trahissant quelque peu sa nervosité. Il avait besoin de ce contact, même s'il ne se rendait pas compte lui-même à quel point il était soulagé que Maeglin soit là...


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Dim 13 Oct - 23:13

Ophrys repoussa sa main et s'écarta de lui. Maeglin la laissa retomber le long de son corps, attend qu'Ophrys dise quelque chose. Il écrasa sa cigarette, jetant le mégot d'une pichenette par la fenêtre. Maeglin attendit alors avec patience, une lueur ambiguë dans les yeux, mais son visage arborant toujours cette douce expression qu'il venait d'avoir. Maeglin éprouvait un certain intérêt pour Ophrys depuis qu'il avait poussé la porte des Plaisirs de Lyuben, accompagnant Narcisse, ce chanteur qui avait un peu ressemblé à Maeglin dans son tempérament de diva. Narcisse faisait autant de ravages avec sa beauté qu'avec sa voix, ensorcelant avec sa voix digne de Nevaeh, hommes et femmes, leur donnant soif d'en entendre plus. Maeglin provoquait un autre genre d'attraction, d'addiction, usant volontiers de son corps pour arriver à ses fins, ayant comprit depuis longtemps que sa beauté pouvait être une arme fatale. Ophrys n'avait eu d'yeux que pour Narcisse durant tout le temps qu'il passa aux côtés du chanteur, mais cela n'avait pas empêché Maeglin de lui faire du charme, comme il en faisait aux clients qui lui plaisaient. Ophrys avait clairement signifié son désintérêt à l'époque, mais à chacun de ses passages, Maeglin avait continué son petit numéro. Un Narcisse parfois agacé y coupait court, à la plus grande joie du Dunpeal qui changeait alors de cible. Narcisse était mort depuis quelques années maintenant. Et aujourd'hui, les compagnons d'Ophrys étaient morts aussi. Dämons collait aux basques du métis, lui rendant la vie difficile.
Ophrys se lova soudainement contre lui, son nez collé contre ses vêtements, respirant à plein poumons son odeur. Maeglin en fut flatté, mais pas surpris. La détresse qu'il ressentait était palpable, et Ophrys avait attendu de pouvoir avoir ce réconfort. Les mains d'Ophrys se resserrèrent sur les pans de sa veste, alors que d'une voix étouffée, il s'excusa d'avoir fumé. Maeglin entoura dans un froissement d'étoffes Ophrys de ses bras.

-Envoyer Kimiko était une mauvaise idée, soupira-t-il, elle réussit à exacerber les plus mauvaises émotions. Lita n'y a pas pensé. Et c'est encore plus rare qu'elle soit restée.

Maeglin s'écarta un peu, prenant le menton d'Ophrys entre ses doigts pour lui faire lever la tête vers lui. Le Dunpeal eut un sourire tendre.

-Cela ne me gêne pas que tu fumes tant que tu ouvres la fenêtre pour ne pas laisser d'odeur de tabac froid. Les Mornoirs ont une odeur tenace. Mais le goût ne me dérange pas...

Il lâcha le menton qu'il tenait, collant son front à celui d'Ophrys, l'enlaçant à nouveau de ses deux bras, le rapprochant. L'étreinte n'avait rien de sexuel malgré ce que Maeglin venait de dire. Ophrys avait plus besoin de réconfort qu'autre chose. La présence de Kimiko n'avait pas dû lui faire du bien.

-Ah, Ophrys. Ophrys... Que vais-je bien pouvoir faire de toi...?
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Lun 9 Déc - 14:34

Maeglin ne lui en voulait pas, et cela rassura le blondinet. Il se sentait mal après cette discussion avec la Favorite, et se retrouver avec le Dunpeal lui fit du bien. Même si... le malaise lui collait quelque peu à la peau ; comme l'odeur de la cigarette parfois qui persistait. Une pellicule poisseuse qui lui faisait remonter quelques frissons le long de l'échine... il ne s'en débarrasserait pas facilement. Peut-être en s'abandonnant enfin à ce charmeur contre qui il était blottit, qui depuis longtemps lui faisait chavirer les sens, même lorsque Narcisse avait été là.
Narcisse...
Ce fut comme si un pieu le traversa de part en part, un choc soudain qui se ressentit en un bref tremblement. Il avait toujours délaissé le tenancier pour admirer son compagnon de route, qu'il aimait tant. Tout comme il avait été proche de ses compagnons. Et tout ceux qu'il aimait... périssait. Ophrys en avait conscience, un pessimisme suppurant l'amertume l'envahissait à cette pensée, mais... il y avait Maeglin, désormais. Qu'il voulait aimer, même si ce n'était que pour un temps. Ce Dunpeal si charmeur... pourrait-il lui arriver malheur si jamais leurs sentiments s'entre-mêlaient, même si brièvement...
Il se mordit les lèvres, et son cœur se serra dans sa poitrine...

"Je ne devrais peut-être pas rester... je fais tant de mal à ceux que j'aime, que je finirais par t'en faire..."
Ses mains se resserrèrent sur la veste du Dunpeal, et des larmes tachèrent son torse, là où se trouvait le visage du blondinet. Il avait l'impression que son cœur cognait si fort contre sa poitrine... un cœur effrayé, un cœur amoureux craignant une nouvelle perte. Un cœur dépérissant, à cause d'un secret qui le privait de son chant... en parler ne changerait rien, mais le semi Ai-Esu avait l'impression que le moment était venu...
"Mes amis sont... sont partis par la faute d'autres, mais... l'homme que j'aimais... c'est la mienne... ma faute..."

Personne n'avait jamais su ce qu'il était advenu de Narcisse Celandine, le chanteur cheminant. Il avait comme disparu, du jour au lendemain, il n'était plus apparu dans aucune taverne. Son compagnon, qui jouait pour lui, avait refait surface quelques temps après, l'air triste de ceux qui ont perdu la chose qui leur était le plus cher. Quand on lui demandait ce qui était arrivé à Narcisse, il répondait simplement qu'il avait disparu, les yeux dans le vague.
Personne n'avait jamais su ce qui était arrivé. Ophrys n'en avait jamais parlé. Jusqu'à ce moment, où il laissa échapper quelque chose, le cœur semblant lui remonter dans la gorge alors qu'il faisait remonter la funeste vérité dans sa mémoire.
Ophrys tremblait, mais ce n'était pas le froid, malgré qu'il fût peu habillé. Il avait gardé le silence depuis si longtemps... et le moment semblait venu de parler. De libérer son cœur d'un tel poids. Mais le blondinet se sentit faillir, et éclata en sanglots, se serrant plus encore contre le tavernier... s'il le détestait ? L'hybride en avait cruellement peur...
Après tout, ce qu'il avait fait était impardonnable... ou plutôt, il ne se le pardonnait pas...


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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Jeu 14 Avr - 0:00

-Oh.

Un fin sourire étira la bouche peinte de noir du Dunpeal, révélant la pointe de canines effilées. La surprise l'avait saisi, il ne pensait Ophrys si attaché à lui. Cette âme sensible exerçait un métier bien trop cruel, un métier bien trop différent de celui de musicien. Quelque chose s'était brisé en Ophrys depuis la disparition de Narcissus, chanteur à la voix divine et à la beauté jalousée, et cette cassure n'avait cessé de se creuser. Étrange alors, comme Maeglin n'aurait jamais pensé recevoir un tel aveux, à demi-mots, alors que le visage délicat d'Ophrys était presque enfoui dans les pans de sa veste soyeuse. Sa relation avec Ophrys se limitait principalement à un flirt éhonté, mais Maeglin usait éhontément de son charme en permanence, quand il décidait d'être aimable et séduisant. Les traits fins de son visage étroit pouvaient se durcir en une expression furieuse et à la fois mortellement calme, et son regard d'or devenait froid sous ses lourdes paupières maquillées de gris, lorsqu'il était contrarié.

-Tu m'aimes. Première nouvelle.

La réponse n'était probablement pas celle qu'attendait Ophrys, car après la surprise, vint le doute, et ces quelques mots furent prononcés sur un ton dubitatif, trahissant le manque de confiance que Maeglin avait envers son interlocuteur. A raison. Ophrys n'avait jamais eu d'yeux que pour Narcisse, n'avait jamais eu d'attention que pour le chanteur, et tout son amour, sa dévotion et sa loyauté allaient encore au cheminant. Son visage perdit toute expression aimable lorsque vint la suite. Délicatement, les mains aux longs doigts fins du Dunpeal se posèrent sur les épaules secouées par des sanglots qui humidifiaient la soie précieuse de sa veste. Avec une force insoupçonnée, avec fermeté mais douceur, il força Ophrys à s'écarter, d'abord pour préserver sa tenue. Le visage du métissé Ai-Esu était ravagé par les larmes, par une peine profonde, et surtout par la culpabilité. Les yeux de prédateur de Maeglin scrutèrent ce visage, sa bouche ne formant plus qu'un pli désapprobateur. Il cherchait une trace de folie, le signe qu'Ophrys était dans un état second, que l'énormité qu'il venait de lâcher n'était due qu'à une drogue ou l'abus de boisson. Mais rien. Il n'y avait trace d'herbes dans l'odeur de sa cigarette. Il n'y avait aucun cadavre de bouteille jonchant le sol de sa chambre. Et il n'y avait que des émotions brutales.
Penchant la tête, le métis essuya quelques larmes, renonçant en suite, tant elles ne cessaient de couler.

-Je le répète. Que vais-je faire de toi ? demanda-t-il doucement légèrement exaspéré, et quelles sornettes me racontes-tu là ? Narcisse serait mort par ta faute ? Allons, même Nerkhan n'aurait pas osé venir le chercher s'il n'en avait pas décidé ainsi.

Il délaissa un instant Ophrys, prenant le temps de lui offrir un mouchoir, dont il s'était saisi après avoir ouvert le tiroir d'une commode en bois sombre et rouge, laquée et lustrée.

-La seule chose qui aurait pu l'atteindre, aurait été que tu lui brises le coeur, mais toi, tu l'aimais, et tu l'aimes trop pour ça. Ne me regarde pas comme ça. Je ne suis pas idiot. Je sais qu'il est mort, lorsque toi et lui êtes venu la dernière fois, j'ai senti que c'était un adieu. Oh, Ophrys, Ophrys... qu-a-t-il fait de toi ? Regarde toi...

Maeglin était pris de pitié. D'une pitié profonde. Ophrys était plus que cassé, il était brisé. Ophrys avait aimé au point de se consumer entière, jusqu'à se brûler et qu'il ne reste que des cendres. L'amour que Narcisse et lui s'étaient voués, avait laissé une emprunte si profonde que lorsque Narcisse était mort, avait disparu comme Ophrys le disait, ce dernier avait perdu une partie de lui, et ce manque, était devenu un trou béant. Le jeune homme jouait aussi de malchance. Et que lui restait-il à part les sanglots ? Maeglin pouvait lui apporter du réconfort, un amour en écran de fumée, de simples instants pour oublier, mais le retour à la réalité serait brutal. Ah, peut-être était-il jaloux ? Personne ne pleurait autant sur son cadavre, sur son souvenir, s'il venait à rejoindre le royaume de ceux qui n'arpentent plus ce monde.

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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Jeu 14 Avr - 16:45

Les mots du semi-Lios avait été mal choisi et si le beau Dunpeal y avait mal réagi, cela n'avait pas grande importance pour le jeune blondinet aux émotions en pagaille. La présence de Maeglin, loin de ce petit jeu de séduction, le poussait à se confier. Peut-être parce qu'il était le seul à vraiment comprendre le lien qui l'avait uni à Narcisse, cette flamme qu'ils avaient entretenus, et avec laquelle le Dunpeal avait autant aimé jouer, à l'époque.
Peut-être était-ce pour cela qu'il n'arrivait pas à croire ce que disait Ophrys. Mais il ne savait pas ce qu'il s'était passé, dans la demeure du chanteur Ai-esu... le jeune Lios pleurait en essayant de ne pas y penser et accueillit volontiers le mouchoir que lui proposait Maeglin. Il y sécha ses larmes, mais n'offrit qu'un regard fuyant.
"Merci." Il resta sans bouger, incertain. "Excuse-moi je... je dois fumer un peu."
Qu'il soit d'accord ou non, Ophrys n'attendit pas. Il se précipita maladroitement sur son étui, pour porter une cigarette à ses lèvres et ouvrit nerveusement la fenêtre. Il prit grand soin de ne pas regarder son ami. Ses gestes trahissaient le mal-être, la honte. Le dégoût aussi, mais dirigé vers lui-même.

Accoudé à la fenêtre, les volets ouverts, il regardait à peine ce qui se trouvait devant les yeux. Il avait juste besoin de se détendre, de se vider l'esprit en même temps qu'il crachait la fumée. L'air frais ne le dérangeait pas, pas plus que d'être en caleçon ; ses pensées l'amenaient loin et, après avoir pris une longue inspiration de tabac aussitôt soufflé, il partagea ses pensées avec Maeglin. Ce dernier devait bien voir que le jeune Lios souffrait et le connaissait assez pour savoir qu'il ne s'était pas laissé dévorer par la douleur pendant ces quelques années pour rien.

"Tu sais... Narcisse a toujours aimé venir ici." Ophrys tira sur sa cigarette et cracha lentement la fumée. "Il adorait te voler la vedette. Et moi... j'aimais flirter avec toi. Ça le rendait fou de jalousie." Il eut un petit rire, qui sonnait faux, et fit se consumer un peu plus de sa Mornoir. "Je ne t'aime pas, enfin, ce n'est pas de l'amour. C'est juste... j'ai beaucoup d'affection pour toi. On s'est bien amusé, tout les trois... et c'est toujours dur de revenir à Cemenwin, même si je n'ai jamais pu m'empêcher de tomber ici à chaque visite."

Un frisson le parcourut, le poussant à éteindre sa cigarette et refermer la fenêtre. Ce n'était peut-être pas le froid qui avait décidé de remonter le long de son échine, mais il préférait faire comme si. Il replaça ce qu'il restait de sa Mornoir dans l'étui avant de le laisser tomber par-terre. Cela ne l'avait pas calmé.

"Je ne lui ai pas brisé le cœur, non... je lui ai transpercé..." lâcha-t-il dans un souffle. Il se retourna, pour regarder Maeglin dans les yeux. Le regard dur, sérieux. Terriblement sincère. Il tenta de continuer, mais il dû étouffer un sanglot. Ses jambes tremblaient. En parler était bien plus dur que de garder ça pour lui.
"Il m'a demandé de le tuer !" finit-il enfin par lâché en pleurant. "Il m'a embrassé et... et puis... et puis... il m'a donné son épée..."

Le Lios avait envie de s'arracher le cœur tant il lui faisait mal. Chacun de ses mots lui remémorait cette journée-là, dont il ne voulait pas se souvenir. Dont il refusait de se souvenir. Ophrys avait du mal à tenir debout, chancelant sous le poids de sa propre peine ; il aurait aimé cesser d'exister, ne plus ressentir cette peine qui le rongeait depuis si longtemps et qui avait été ravivé par de nouvelles pertes.
"Narcisse..." sanglota-t-il tristement, incapable d'ajouter quoi que ce soit.


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Dim 1 Mai - 23:23

Croisant ses longs bras fins, aux poignets croulant sous des anneaux de bronze et de laiton, dans le froissement de la soie et les cliquetis du métal, le Dunpeal, attendit, le visage fermé, qu'Ophrys se reprenne. Le comportement du Lios était étrange, même pour lui, et ses états d'âmes semblaient le dévorer, le tourmenter. Maeglin ignorait comment réagir autrement qu'en restant là à attendre. Il avait plutôt l'impression d'être planté là comme la dernière des potiches. Sa bouche prit une moue contrariée. D'ordinaire, les gens ne pleuraient sur son épaule que pour obtenir sa compassion, qu'elle soit réelle ou feinte, pour être consolés par ses caresses et ses coups de reins. Il avait proposé ce genre de services à Ophrys, qui s'était simplement endormi, et maintenant, le Lios ne cherchait certainement pas à se réfugier dans ses bras. Que dire alors de leur relation. Une déclaration d'amour qui sonnait faux, et qui le poussait à s'interroger. Oh certes, Ophrys le musicien venait ici depuis longtemps, régulièrement, disparaissant pendant des mois, voire des années, il avait suivi Narcisse comme son ombre, compagnon fidèle. Et puis, il était revenu sans Narcisse, encore et toujours. Ophrys n'était pas un amant, même pas un amant occasionnel, et Maeglin n'avait pas eu le plaisir de se délecter des joies de sa chair. Il n'était pas non plus un ami, et Maeglin n'avait que peu d'amis véritables, qu'il eut pu appeler ainsi. Sa plus fidèle confidente était une esclave, et Maeglin savait qu'elle ne le trahirait jamais. Il était loin d'entretenir une telle relation de confiance avec Ophrys. Très loin. Il n'avait été, comme on venait de lui asséner, qu'une distraction, un sujet à rire, un prétexte à s'ébattre plus fougueusement pour le chanteur et son accompagnateur. S'il avait été un autre, il aurait pu en concevoir une certaine rancune. Il ne niait pas que cette vérité lui laissait un goût amer. Un goût qu'il aurait tôt fait de faire passer avec une folle soirée.
Cependant, Ophrys se comportait, avec ses gestes fébriles, fiévreux, comme l'homme tenaillée par une soif terrible et qui pressé, ouvre maladroitement une bouteille.  Il n'attendit aucune réponse de sa part, mais Maeglin nota qu'il avait pris sa demande en considération, ouvrant fenêtres et volets pour fumer. Une cigarette entièrement noire entre les lèvres, il y eut un moment de silence, qui s'étira. Maeglin se demanda s'il n'allait pas devoir reporter sa folle soirée au lendemain.

-Ma définition de l'amusement n'est certainement pas la même que la vôtre. Mais soit.

Oh douce et cruelle Siavash, voilà qu'il se mettait à cracher son venin. Il referma la bouche, celle-ci prit un pli dur, et son visage une expression fermée, alors que ses bracelets cliquetaient d'agacement. Ophrys referma la fenêtre, éteignant sa Mornoir à peine fumée, la glissant d'un étui qu'il laissa tomber. Maeglin allait se pencher pour le ramasser, mais le regard, l'expression douloureuse et si sérieuse d'Ophrys l'en empêcha. Il entendait presque Lita lui dire que c'était de mauvaise augure, et qu'il venait de se mettre dans de beaux draps. Et rien qui n'ait avoir avec de vrais draps.
Maeglin siffla comme un chat en colère, comblant l'espace qui le séparait d'Ophrys, plaquant une main sur sa bouche.

-Pas si fort !

Qu'on lui avoue un meurtre, ça n'était pas une première. Qu'on le fasse presque en criant, en pleurant, alors qu'il avait déjà risqué gros après que la Légion Noire soit venue chercher l'intendant jusqu'ici... C'était sans doute trop. Et surtout imprudent. Il n'était pas certain que la Légion le surveillait ou l'écoutait, mais rien ne valait un peu de prudence. Inutile de se retrouver sur la sellette. Oh bien sûr, la mort de Narcisse n'était pas une grande nouvelle. Qu'Ophrys lui ait transpercé le coeur, en était une autre.

-Mon cher, confesser ses meurtres à haute voix n'est pas raisonnable.

Il lâcha Ophrys, qui devait probablement pas vraiment s'attendre à une réaction de ce genre de sa part. Maeglin le dévisagea, un sourire désabusé sur les lèvres. ll haussa ses épaules, dans un geste d'élégante désinvolture.

-Quoi ? Que voudrais-tu que je fasse ? Que je crie au meurtrier ?  Que je me jette sur toi pour te déchirer ? Que je parte en hurlant chercher la garde ? Ou bien que je pleure avec toi ? Oh non mon cher et tendre. Ne me regarde pas comme ça. Je tiens un bordel, de luxe certes, mais un bordel, et j'entends bien des secrets. Tu n'es ni le premier, et ni le dernier à avouer tes crimes.

Dans un soupire, le Dunpeal s'assit sur le bord de son lit aux draps défaits, s'accoudant à la tête de lit en bois massif.

-Narcisse est mort. Ce n'est pas une grande nouvelle. Tu es un bien piètre menteur, et nous l'avons tous su quand tu es revenu sans lui. Mais, devrais-je te haïr, dois-tu te haïr pour l'avoir envoyé dans les bras de Nerkhan ? Je suis bien incapable de te répondre pour le dernier point. A te voir là, si misérable, je n'ai pas envie de t'agonir. Tu te tourmentes et te punis toi même suffisamment.


Dernière édition par Maeglin le Dim 21 Aoû - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Dim 5 Juin - 22:49

Les habitudes avaient la vie dure et le Dunpeal bouscula quelque peu le jeune blondinet en réagissant comme un automatisme, mais avec de très bonnes raisons. Ce qui ne fut pas forcément pour déplaire à Ophrys, ce dernier ayant bien besoin d'être un peu secoué, pour remettre un peu d'ordre dans la confusion de ses sentiments.
La façon dont il l'avait rabroué était un bon début. Il se laissait emporter par la nostalgie, et peut-être aussi la façon un peu idéaliser leur relation, dans l'ombre de Narcisse. Le jeune hybride ne voyait pas les choses comme ça, sinon il n'aurait pas été ici, dans la chambre de Maeglin, avec certaines idées en tête à l'origine.
Mais la façon dont il le fit taire fut suffisante pour retenir toute son attention, loin des souvenir brumeux d'un sous-sol fleuri de Nargoryth. La réalité était là, incarné par un séduisant Dunpeal qui le pria de ne pas plus encore confesser ses crimes.

Il voulut protester que Narcisse avait voulu mourir, qu'il n'y avait été pour rien ; les mots moururent cependant dans sa gorge. Ç'aurait été exactement des raisons pour lesquelles il ne devrait pas s'en vouloir. Mais cela n'enlevait rien à son malaise, que Maeglin ne comprenait sans doute pas. Sa vision des choses était différente.
C'était évident que Narcisse était mort, depuis le jour où il se retrouva seul et incapable de chanter. Tout le monde savait. Tout le monde pouvait accepter ce qui était arrivé, que le chanteur avait voulu mourir et qu'Ophrys l'avait exaucé, par amour. Tout le monde, sauf Ophrys.

Le blondinet était calmé à présent, mais toujours emprunt de tristesse. Son regard suivi son ami, qui alla s'asseoir au bord du lit, et dériva vers son sac, alors que Maeglin évoquait la façon dont le jeune homme se torturait avec cette histoire. Difficilement, il fit jouer ses muscles contre leur gré, afin d'approcher de ses affaires et farfouiller un instant dedans, pour en extraire quelque chose et se poser aux côtés de Maeglin.
Peut-être qu'il comprendrait.
"Regarde."

Le jeune Lios tenait entre ses doigts fins une petite boîte couverte de velours rouge sombre. D'une simple pression, elle s'ouvrit en deux avec un petit déclic et dévoila son contenu, mis en valeur dans le bel écrin. Une mince lanière en argent, finement ciselée pour avoir de petits éclats d'onyx et de jais enchâssés tout autour, et donner l'impression d'une portion de roche au sein de laquelle des cristaux étaient visibles.
Un très bel anneau, fait pour poser une question très particulière. Et il semblait assez évident qu'il n'avait pas été fait pour feu le compagnon cheminant du Lios.

Ses mains tremblèrent brièvement et il laissa tomber la boîte qui se referma d'un claquement sec en heurtant le sol. Il pressa ses paumes contre son visage et retint un sanglot.
"Peut-être est-ce parce qu'on était mercenaire... ou que sa mort et celle des autres n'est pas ma faute que... que j'arrive pas à me sentir aussi triste que je le devrais. Ou qu'il n'y a plus rien à blesser et que je n'ai que ce que je mérite pour ce que j'ai fait autrefois..."

Le Lios se redressa, essuyant d'un revers de poignet ce qu'il restait d'humidité au coin de ses yeux. Il se tourna vers Maeglin, une lueur aussi fanée dans le regard que son sourire sonnait faux.
"Je sais pas si tu l'as vue, l'adolescente aux oreilles de chat, dans mon groupe de mercenaires. Une érudite Yokai, qui faisait plus jeune que son âge, avec des traits félins adorables." Les yeux du jeune hybride dérivèrent sur le côté, perdu dans ses souvenirs. "Elle était comme une petite sœur... Sa famille voulait la forcer à se marier et elle a préféré fuguer, pour s'y soustraire. Elle m'avait fait comprendre que je l'intéressais et moi... je l'aimais beaucoup. Pas du vrai amour mais... pourquoi pas."

Il marqua une pause.

"Je n'ai même pas reconnu son visage. Mes compagnons ont tous été massacrés..." Le Lios se laissa tomber en arrière. "Narcisse s'est suicidé. C'est tout. Il ne voulait pas se voir devenir vieux alors que sa déesse bien-aimée ne pouvait plus retenir les affres de l'âge. J'ai juste été un outil pour qu'il y parvienne. Et j'ai l'impression de payer pour ça."
Ophrys ramena l'un de ses bras pour cacher sa gêne. Cela pouvait être aussi simplement résumé, oui, mais ce n'était pas pour autant ainsi qu'il le vivait.
"Tu sais, il y a plein d'endroits où je suis allé, avec Narcisse, à Cemewin. Mais c'est ici que je reviens toujours, parce que je l'aime, cet endroit. Et ça n'a pas tant à voir avec Narcisse au final. Il y a quelqu'un avec qui j'ai toujours apprécié passé du temps... que j'aime, même si c'est pas d'amour. Et j'ai pas envie de le voir finir comme mes autres amis... débité en morceau dans une ruelle..."

Ses yeux fermés, il revoyait encore le corps de Kasumi, parmi celui de ses autres amis et des agresseurs qu'il avait pu descendre avec son fusil. Il était resté brièvement, pour être sûr de ne plus rien pouvoir faire, avant de se replier au cas où des renforts adverses n'arrivent.
Tout ce qu'il avait ressenti était un profond vide, à l'idée de ne plus les revoir. Ses yeux s'étaient arrêtés sur quelques détails, lui donnant l'impression de coups de poignards. Les doigts brisés de Diantha, le visage sauvage de Sigalit tordus de douleurs. Et la frêle érudite qui ressemblait plus à une poupée de chiffons éventrée et maculée de sang.
Ophrys aurait dû ressentir de la peine, comme si on lui perforait le cœur, mais il avait déjà l'impression d'avoir un trou béant dans la poitrine, qui lui rappelait sans cesse ce qu'il avait fait, autrefois.
Il aurait voulu chanter, pour elle... mais sa gorge resta nouée.


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Maeglin
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MessageSujet: Re: L'antre de Maeglin   Dim 21 Aoû - 22:05

Assis à côté de lui, Ophrys lui montra une bague, un anneau ouvragé, plutôt joli, mais dont les couleurs et le choix des matériaux laissaient Maeglin insensible. Il leva un sourcil à la ligne parfaite, interrogeant du regard le Lios, qui un instant avant, se lamentait sur son amour perdu, sur son geste. Et voilà qu'il lui apprenait qu'il avait eu le projet de se marier avec une des jeunes femmes du groupe qui était venu avec lui. Les lèvres de Maeglin se pincèrent quand il eut sa réponse, devenant une fine ligne trahissant sa désapprobation. Tout ceci commençait à lui courir sur les nerfs. Mais soit, Ophrys, s'il n'était ni ami, ni même un amant, avait été de bonne compagnie, et un client ayant toujours payé rubi sur l'ongle. Un client régulier du temps du chanteur qui rivalisait avec Nevarion de Dol Blathan, mais qui finalement, n'avait pu soutenir la comparaison. Nevarion était encore en vie, et sa renommée dépassait toutes les frontières. Il ne se passait pas une soirée sans qu'une de ses chansons ne soient chantées. Narcisse ? Il n'y avait guère que des nostalgiques pour chanter son répertoire. Du moins, aux yeux et oreilles de Maeglin, dont le monde n'avait pas cessé de tourner après la mort du chanteur, contrairement à celui d'Ophrys. Mais pour quelqu'un de si culpabilisé, si plein de remords, il s'était plutôt bien porté pour avoir l'idée de se promettre à une jeune mercenaire. Une jeune étourdie ayant pensé pouvoir jouer les mercenaires. Elle était morte. Comme les autres compagnons du Lios. Il laissa Ophrys exprimer son chagrin, se retenant de soupirer d'ennui, de chagrin... Même les cheminants qui jouaient et rejouaient encore et encore l'histoire de Lys et Forbesii étaient plus émouvants. Peut-être que les paroles d'Ophrys lui avait révélées à quel point le Lios ne vivait pas dans le même monde que lui, n'ayant aucunement conscience du mal que ses paroles avaient pu lui faire. Que le petit jeu auquel lui et Narcisse s'étaient livrés à ses dépends, l'avaient plus blessé qu'il ne le croyait. Et cette dernière tirade, par un Ophrys plus concerné par sa conscience coupable et tourmentée que par son bien être, lui montra à quel point le Lios ne le connaissait pas, n'avait même aucune idée de qui il était.
Maeglin éclata de rire. Il n'avait pas entendu ça depuis quand ? Depuis ses jeunes années, alors qu'un client amoureux lui avait promis monts et merveilles. Il avait tranché sa gorge, comme son mandataire l'avait ordonné. Son hilarité redoubla en voyant la tête d'Ophrys. Ophrys ignorait tout de lui. Il ignorait qu'il avait commencé en vendant son corps, en volant ses clients, jusqu'à ce que l'un d'eux l'embauche comme assassin. Il avait tué, amassé suffisamment d'or, et avait monté son affaire. Ses concurrents avaient tous été victimes d'accidents malheureux, physique ou bien lié à leurs fortunes. Non vraiment, Ophrys ne savait pas vraiment où il avait mis les pieds. Mais le Lios vivait dans son monde, refusant probablement de voir la vérité, drapé dans ses souvenirs, dans son passé glorieux.

-Moi ? Découpé en morceaux dans une ruelle ? Oh, oh cher, cher Ophrys !

Il rit encore, fort, méprisant.

-Tu n'as vraiment pas la moindre idée de qui tu as en face de toi n'est ce pas ? Non, évidemment, que non. Tu n'avais d'yeux que pour Narcisse. Et quand tu viens ici, tu ne vois que le passé, tu t'y accroches comme un naufragé à un débris flottant pour trouver son salut.

Le Dunpeal se leva, après avoir ramassé l'écrin contenant l'alliance. Il l'ouvrit, observant à nouveau à l'anneau. Sa bouche devint un pli, trahissant son amertume, toute trace d'hilarité disparaissant.

-Tu te lamentes sur ton Narcisse, ton grand amour perdu, et tu oses en suite me parler d'un mariage avec cette pauvre ingénue, sans doute trop douce et trop faible pour être une mercenaire ? Ce n'était pas de l'amour dis-tu ? Tu l'aurais promise à des années de malheur ? Vois le bon côté des choses, elle est morte. Ce malheur de ne l'atteindra pas. Quant à toi, tu es pathétique à pleurer sur ton sort, à te lamenter encore et encore, sans jamais rien faire.

Maeglin lança l'écrin au Lios, comme on jetterait des ordures. Il toisa Ophrys de toute sa hauteur, son visage presque inexpressif, ce qui n'empêcha pas son ton d'être cassant quand il poursuivit :

-Mercenaire hein ? Tu n'en as pas l'étoffe ! Même Lita ferait un meilleur mercenaire que toi ! Tes amis ? Laisse moi rire. Tu n'es qu'une petite chose fragile, bonne à venir pleurer dans les jupes du passé. Tes compagnons sont morts, ce sont les risques du métier, si tu n'es pas capable de le supporter, alors ne te fait pas mercenaire, et rentre chez toi ! Ou je ne sais pas, trouve le courage de te donner la mort pour rejoindre ton précieux Narcisse ? Je suis fatigué de tes états d'âmes. Tu ne te préoccupes que de toi même et pas des autres, tu ne fais que pleurer sur ton sort. La preuve en est, tu te comportes comme si tu aurais pu sauver tes compagnons, comme si ta petite existence aurait pu faire une différence. Vous étiez mauvais, vous avez joué, et vous avez perdu, toi et tes compagnons. Fais avec. La vie de mercenaire c'est ça. Oh ne me regarde pas comme ça, si tu avais pris le temps de te renseigner, tu saurais que je n'ai pas toujours été le propriétaire de ce florissant commerce. Mais non, chaque fois que tu es venu ici, il n'y en avait que pour ta petite personne. Tu as profité de la gloire de Narcisse, tu as profité de l'affection de cette jeune femme, comme tu as profité de mon hospitalité et de ma sympathie pour toi durant toutes ces années, où tu venais pour être consolé, sans te soucier de connaître vraiment ceux qui t'entourent. Ton chagrin est aussi faux que l'amour que porte mes chers Favoris à leurs clients. Ton chagrin, il est pour toi, tu te complais dans ton malheur, comme si tu étais un martyre. Non, Ophrys, cette fois, tu n'auras plus aucune compassion, plus aucune consolation venant de moi. C'est fini. Tu devras trouver quelqu'un d'autre pour te glorifier dans ton malheur.

Le Dunpeal secoua la tête, un rictus de dégoût, trahissant son mépris sur le visage. Il se redressa de toute sa taille, toisant le Lios, croisant à nouveau les bras, dans un ample mouvement faisant bruisser ses longues manches et cliqueter les bracelets à ses poignets.

-Maintenant, tu as suffisamment abusé de ma personne et de mes biens. Prend tes affaires, ton "ami" et quitte mon établissement. Ne reviens pas Ophrys. Tu ne serais pas le bienvenu. Au moins, tu n'auras plus à craindre de me voir finir en morceaux dans une ruelle de Cemenwin. Je ne veux rien entendre Ophrys. Pars. Ne m'oblige pas à appeler Yrus. Bien que le voir vous jeter sur les pavés me ferait plaisir à cet instant.

Un sourire sardonique s'épanouit sur les lèvres du Dunpeal, brusquement, laissant entrevoir ses crocs, agressif, avant de s'évanouir, laissant son visage de marbre. Maeglin ne reviendrait pas sur sa décision. Il avait des relations plus importantes à entretenir, autre que celle d'un petit Lios qui profitait simplement des autres pour s'élever, pour se donner de l'importance, en croyant pouvoir sauver le monde, sans pour autant faire attention à ce monde justement. Ophrys était narcissique, égoïste... Faible. Et Maeglin eut un mouvement de la tête, désignant la porte avec son menton.
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