AccueilPortailGalerieFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Poussières, souvenirs, et abominations

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jacyek
Cheminant
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Poussières, souvenirs, et abominations   Dim 5 Aoû - 20:51

La poussière environnante me fit éternuer au sortir de la cachette de fortune qui n'avait malheureusement sauvé que moi, et le bruit que je produis pour expulser les particules portées par le vent se répercuta dans la rue, écho qui ne trouvait nul autre son pour troubler sa progression. Le silence revint, et je mesurais avec une gravité qui ne m'était pas habituelle l'étendue de la catastrophe qui avait frappé l'endroit, la cité, et peut-être même plus... sachant sans connaitre les détails ce qui s'était tramé à Alatairë, un tel incident ne pouvait que marquer avec horreur les lieux, ce que je constatais avec effroi.
Pas un son, comme si toute vie avait désertée les rues et les habitations, pas même un corps ou une plante verte, seules la poussière et les façades délabrées des bâtiments semblaient avoir échappé à la mort qu'avait engendrée la guerre en frappant au cœur de la ville... Je me donnai une gifle, comme pour me remettre les idées en place. Sigurd était mort, tout comme un grand nombre de gens mais, aussi triste cela pouvait être, je devais avant tout me sortir de cet enfer, et retrouvé le chef du Qillaq faire mon rapport, et ensuite... je ne savais pas. J'étais perdu, tant mentalement que physiquement, ne sachant où aller dans ces rues mortes pour pouvoir m'enfuir.

-Plus une provision, pas une goutte d'eau... j'ai intérêt à trouver fissa un moyen de déguerpir. S'il reste un endroit où aller...
Comment savoir jusqu'où ce phénomène dévastateur s'était répandu ? Dans mon sac la nourriture s'était évaporé, les parchemins et livres changés en poussière qui se mêlait aux vêtements qui s'était rapiécé avec le temps. Seul les habits que je portais, un ensemble plutôt sobre en tissu et cuir d'Earthaë, mon comparse et moi nous faisions passer pour des voyageurs afin de recueillir dans les tavernes des informations, ce que nous avions entamé de faire quand le chaos éclata, et que nous dûmes nous dissimuler à la cave avec tout les autres clients. Maintenant toutes ses vies étaient rayés de la réalité, arrachés par un mana dévastateur. J'étais seul, et vêtu comme un paysan. Ma situation pouvait-elle vraiment empirer ?
Oui.
Ce fut tout d'abord ce que je croyais être le vent, alors que je cherchais à trouver les portes de la ville qui me conduirait vers Fendassë, mais je compris bien vite qu'il s'agissait d'un "quelque chose" qui grattait le sol. Bien vite s'y mêla des bruit de pas étouffé par le sable, et une respiration sifflante, qui me poussa à courir, sans me retourner, puis bifurquer brusquement dans une ruelle, guettant l'arrivé de mon poursuivant, quoi que ce fut. Le silence revint, jusqu'à ce que mon instinct me glissa de très vite me décaler, ce qui s'expliqua par la brusque arrivée qu'une créature qui tomba d'au-dessus de moi.
Jamais je n'avais vu pareille créature, un mélange de chair et de métal, il n'avait pas d'yeux et son crâne était recouvert d'acier, hormis le bas laissant entrevoir un nez qui n'était que deux fentes, et une gueule démesurée parcourue de crocs et d'une longue langue reptilienne qui bavait dors et déjà à l'idée de faire un bon repas. Ces bras étaient décharnés et ses doigts faisaient bien plus pensées à des serres, recouvert de métal qui les changeaient en lames redoutables. Son ventre était couvert de plaques, et du long de sa colonne vertébrale surgissaient des pics en os disgracieux. Un peu partout des tubes perçaient la peau avant d'y replonger, sortes de veines artificielles faisant circuler un liquide rouge bien plus foncé que du sang ordinaire...

Et cette Abomination se tourna vers moi, grognant et bavant de plus belle, voulant sûrement faire de moi son repas. Elle brandit avec rapidité l'une de ses paluches griffues afin de me découper en tranches, mais mon bras gauche devint vite granit, afin de bloquer son attaque. Elle ne se démonta pas, et fit de même avec son autre main de lames vêtue et de mon autre bras l'empêchai de me changer en carpaccio de Gargouille, ce qui était proprement immangeable à mon humble avis. Il fit pression sur mes bras, essayant de m'écraser, tout en approchant sa tête de la mienne afin de lâcher un hurlement qui m'arracha une expression de douleur tant c'était insupportable.
C'est alors que je vis les plaques de son ventre s'écarter, dissimulant une paire de bras plus petite, sur lesquels le métal était attaché pour les dissimuler tout en protégeant son ventre sans doute sensible.
Il tenta de m'agripper mais de toute mes force je repoussai la créature, bondissant en arrière afin de m'en éloigner un peu. Elle cria à nouveau, et tout en reprenant mon souffle et faisant reprendre à mes bras leur nature véritable, je réfléchissais à une issue, et je n'en vis aucune autre que le combat en voyant la bête se préparer à bondir. Elle avait du comprendre que je n'avais aucune arme, et tentais sa chance. Contre toute attente, elle sauta, toutes griffes déployée pour couper court à tout échappatoire, ses mains plus petites et crochues prêtes à se saisir de moi, et pas pour un câlin... Je ne bougeais pas, tentant le tout pour le tout, brandissant mon bras tout en levant bien haut mon majeur face à la créature, et en se calcifiant l'insulte qu'était mon doigt s'allongea et devint une pointe, qui s'enfonça dans le ventre de la bête. Il hurla à nouveau, et avant que ses griffes ne tentent de se retourner contre moi, de mon autre main je percutai sa boite crânienne, la pierre défonçant le métal non sans se fissurer, et faisant valser la bête, qui se retrouva, pitoyable, à gesticuler de douleur devant moi. Je pouvais voir sous le métal déchiré le cerveau de la créature palpiter et du sang gicler de la plaie métallique, et j'achevais de la rendre stupide d'un coup de botte en granit, laissant gésir la créature encore vivante mais totalement inerte sans les bouts de cervelle que j'essuyais sur le sol.

Ma main gauche avait pris cher en défonçant le crâne de la bête, et du temps était nécessaire pour que je puisse soigner les fêlures qui parcouraient la roche. Seulement, le temps semblait manquer, car je me doutais bien que le monstre avait du attirer par ses bruits d'autres de ses congénères, sûrement les être dégénérés nés de la déflagration de mana tant que de la folie des scientomages d'Alatairë...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Poussières, souvenirs, et abominations   Ven 17 Aoû - 0:36

Les sens assaillis, le Gardien recevait les informations sur celui qui arpentait la ville, la cible des Abominations. La cité ne savait pas grand chose, si ce n'était qu'il était cheminant, il était venu avec quelqu'un d'autre. C'était donc un homme, un fey. Métis, dominante gargouille. La forme nébuleuse et gluante filait dans les rues, empruntant les passages ombragés, ceux qui échappaient à la torture qu'infligeait Aelius chaque jour. Le sable se soulevait sur son passage, tandis que la cité s'animait trop lentement pour qu'il y prête la moindre attention. La cité elle même, était tournée vers le point où se dirigeaient également les Abominations présentent dans le quartier Nord. Si l'agitation ne s'arrêtait pas immédiatement, celles du Sud et des bas quartiers finiraient par arriver également. Les plans d'Haldamir venaient d'être compromis, et il pensait pouvoir être en paix, après des semaines d’affluences. Mei, déesse de la Vie, devait s'échiner à rendre la cité plus vivante que jamais. Une plaisanterie que le Gardien ne goûtait guère. Le quartier Nord de la Marche était étendu, mais il ne lui fallut que quelques minutes pour arriver à destination. Ce quartier désert, Haldamir, ou plutôt le Gardien en tant qu'entité, l'avait connu animé, grouillant toujours de monde et d'activité, alors que les rutilants soldats de la Marche du Sanctuaire arpentaient encore les rues. En levant le nez, on pouvait voir les tourelles blanches, aujourd'hui certaines étaient édentées, du Sanctuaire, faisant échos aux tourelles aériennes du Palais du Quartier Sud. Un Quartier où Haldamir se rendait peu souvent, sauf quand des pilleurs tentaient d'amasser les richesses des nobles de la cité. Les morts n'en avaient pas l'utilité, mais lui si. Ne connaissant pas grand chose à la monnaie actuelle, Haldamir prélevait dans le trésor de la cité, de quoi payer les denrées nécessaires à sa survie, et à celles d'Ulrike et Kallen.

La rue où le Gardien s'arrêta était une rue en pente, montant vers le Sanctuaire, bordée d'échoppes et de tavernes, la clientèle y était plus modestes que dans le quartier Sud. Les prix plus abordables. La présence d'un cheminant, à l'époque où la vie battait encore, n'était pas surprenante. Ce qui était surprenant, était que ce cheminant se tenait debout et bien vivant, dans une cité morte depuis une centaine d'année, comme s'il venait de se lever. Un cadavre de chair et de métal gisait à ses pieds, son sang rouge sombre, voire noir, s'étendait formant une flaque sous le cadavre. Haldamir reprit forme, ne faisait rien pour être discret, alors que les cris de rage des Abominations montaient toujours, ponctués des cliquetis et grincements de celles qui avaient fusionné avec le métal.

-Ce que tu penses est juste. La magie a façonné ces êtres nés de la soif de sang de ceux qui ont péri ici.

Debout, se dressant de toute sa hauteur, Haldamir avait parlé de sa voix profonde, mais douce, qui contrastait quelque peu avec son physique. Notamment avec ses allures de cadavres, et sa mâchoire draconnique apparente sur le coté de ses joues. Celle-ci ne s'ouvrait pas lorsqu'il parlait, et Haldamir pouvait très bien ne pas ouvrir la bouche pour parler, mais il avait remarqué que les gens avaient suffisamment peur de lui. Aussi parlait-il normalement, sans pour autant dévoiler sa superbe dentition. Auréolé d'ombre, ses jambes étaient encore de ses formes nébuleuses, qui lui permettait de se déplacer plus vite, usant des ombres projetées sur les murs et les pavés d'Alatairë. Autour d'eux, la ville s'animant soudain, lézardes et fissures disparurent, mauvaises herbes et sable balayés, alors que la rue entière s'animait d'une vie propre. Une vie passée. Un groupe de gamins salua joyeusement le Gardien, dévalant la rue derrière un ballon de cuir. Les yeux opaques du Gardien les suivirent. Les cris des Abominations s'arrêtèrent subitement, quelques unes hoquetèrent de surprises, et levant les yeux, Haldamir en vit deux, perchées sur le bord d'un des toit-terrasses, leurs pieds recourbés comme des serres, pourvues de plusieurs bras, et dégoulinantes de sang. Les Abominations sanguines étaient plus fréquentes dans le Quartier Sud, mais ces deux-là, le Gardien les connaissait. Son regard blanc se porta sur la gargouille.

-Je ne peux répondre ici aux questions qui doivent te venir. Sache seulement que je suis le Gardien de cette cité morte. Je protège sa mémoire, et fait que ces tombeaux restent inviolés. Je préserve également la vie. Tu es vivant. Tu ne peux demeurer ici.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jacyek
Cheminant
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Re: Poussières, souvenirs, et abominations   Ven 17 Aoû - 12:15

Heureusement que mon bras gauche était en piteux état, sinon j'aurai frapper l'individu qui venait de prendre subitement forme à mes côtés, plus par surprise que par... si, il avait de quoi faire peur, du moins dans le contexte, un grand escogriffe ayant l'air aussi sombre et mort que la ville, après la bête mêlant chair et acier il y avait de quoi frapper avant de discuter. Seulement je n'étais pas en état, et le nouveau venu semblait plus civilisé que mon premier contact après la catastrophe, puisqu'en lui et place de grognements j'avais des mots et une phrase qui avait du sens. Ce qui ne me rassura guère, l'homme qui avait apparemment surgit des ombres tel un Marcheur pouvait aussi lire mes pensées puisqu'il répondit à la réflexion que je m'étais faite sur l'origine de la créature qui m'avait agressée.
Son cadavre gisait à nos pieds et j'allais pour rétorquer à l'étranger quand un phénomène bizarre se produisit. C'était sans aucun doute une illusion, ou plutôt une réminiscence, un souvenir incrustée dans la pierre, trace de la vie qui brusquement s'était éteinte et qui hantait encore les rues silencieuses. Une angoisse me prit soudain aux tripes. Étais-je moi-même bien vivant ? Réchapper à un tel enfer... j'aurai bien pu mourir sans m'en apercevoir, et errer sans avoir conscience de mon état, n'être qu'un fantôme oublié de Dämons dans les entrailles d'un lieu où ne rôdent que des fragments de mémoires et des monstres nés de la folie qui avait embraser Inwilis...

Ce furent deux de ces choses qui me sortirent de mes sombres pensées, et les yeux de l'étrange être me faisant penser à un Marcheur se reportèrent sur moi. Et je n'étais pas loin, puisqu'il me révéla être un Gardien, avec l'air pressé. Mon sang ne fit qu'un tour, sachant que ces êtres faisaient le lien entre le monde des morts et celui des vivants, me thèse d'une mort dont je n'avais pas conscience semblait s'étayer, sauf qu'il ajouta que j'étais bel et bien fait de chair, d'os et de granit. En y réfléchissant, il était vrai qu'en ayant été un esprit je n'aurais pas pu éclater avec autant de prestance la bête qui repeignait le sol de son sang.
Mais cela signifiait bel et bien que toute la cité était tombée dans l'explosion, et que j'étais peut-être l'un des seuls à avoir survécu -par miracle- entre les murs de la ville que je reconnaissais à peine, alors que quelques minutes semblait s'être écoulé... je pris un instant de silence, les yeux rivés sur le sol, me disant que je ne reverrais jamais Sigurd. On avait passé de bons moments ensemble, c'était un ami qui serait irremplaçable, et jamais les choses ne pourrais être comme avant sans lui. Mais, après tout, le monde ne pouvait rester le même après une telle tragédie. La guerre s'arrêterait sûrement, et je devais en tout premier lieu retourner à Freyr faire un rapport, directement devant le Roi s'il le fallait...

-Je n'y comptais pas, je dois au plus vite faire un rapport sur ce qui vient de se passer, même si ça doit déjà se savoir. Avec un peu de chance la guerre se terminera, Forbesii était raisonnable avant et...
Une douleur s'empara brusquement de moi, et plus précisément mon estomac qui me fit tomber à genoux en me tenant le ventre, m'arrachant une grimace peu rassurante. J'avais sous-estimé mon état de fatigue, notamment avec ce combat improvisé. Ma main gauche était craquelée et inutilisable, mes beaux cheveux violets étaient un peu décoiffés et couverts de poussière, comme le reste. Il était probable que la résistance au choc ait drainé une grande partie de mon énergie, puisque j'étais en pleine forme en entrant dans la cave dont j'étais sorti quelques minutes avant de m'écrouler ainsi. Il fallait que je mange et me repose...
-Fallait s'y attendre, je pouvais pas résister à un truc pareil et en sortir sans avoir un peu morflé... Je marquai une pause, et relevai les yeux vers les choses qui nous observaient. Et rassurez-vous j'en ai encore assez pour vous arranger la tronche comme votre copine par-terre... Au fait, moi c'est Jacyek, même si vous devez le savoir. Comptez sur moi pour déguerpir aussi vite que possible, mais je doute être en état dans l'immédiat...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haldamir
Gardien
avatar

Peuple : Serviteur de Mordorun
Nombre de messages : 96
Localisation : Un pied dans la tombe. Sans rire.
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Poussières, souvenirs, et abominations   Ven 17 Aoû - 21:51

Les yeux à nouveau braqués sur les deux Abominations sanguines, le Gardien eut un sourire désabusé. S'il devinait juste, d'après les propos de la Gargouille, celui-ci venait de s'éveiller d'un sommeil de pierre après cent ans. Il avait du se protéger de la déflagration de Mana qui avait marqué la fin des conflits ici, en se transformant. La pierre l'avait effectivement protégé. Haldamir savait que comme d'autres Nocturnes, tels les vampires, les gens de la nuit, pouvaient parfois entrer en sommeil, un sommeil plus ou moins long. Et rien, ou presque rien, ne pourrait surprendre le Gardien d'Alatairë, plus depuis qu'il avait vu Lys vivante. Un souvenir de la cité vivant. Il y avait eu des survivants de cette ultime bataille, peu de survivants de la ville assiégée, mais quelques uns, certains étaient encore en vie. D'autres, comme Jacyek, s'éveillaient après un long sommeil, généralement, après avoir été enterré, ensevelis sous la pierre. Tel était le cas d'Aillil. Les morts se réveillaient régulièrement dans la citée fantôme d'Alatairë. Et c'était son rôle de les ramener vers la vie, la réalité, avant de les lâcher dans un monde qui avait parfois bien changé. Le Gardien vivait lui même figé dans le passé, à arpenter des rues emplies de souvenirs. Fort heureusement, celui qui avait été Haldamir savait de quoi il retournait dehors, et ses courts séjours à Iskandar ou Fendassë lui permettait de s'accrocher à la réalité tangible de la vie en dehors d'Alatairë. Le temps s'écoulait toujours en dehors de ses murs. Chose que le Gargouille ne savait pas. Haldamir eut un mouvement de recul, le tout juste éveillé venait de comprendre qu'on ne sortait pas indemne et frai d'un sommeil de plus d'un siècle. Fait qu'il ignorait, pour lui, le temps était resté figé à l'instant de la destruction de tant de vie. Devant cette faiblesse, les deux Abominations sanguines feulèrent, et commencèrent à esquisser une tentative d'encerclement, prudentes, car elles savaient qu'une des leurs étaient mortes. Elles tournaient des visages presque humains vers eux, et Haldamir éprouva la douleur de tant de vies gaspillées, mais aussi la rage et la soif de vengeance aveugle qui les animaient. Un feulement plus fort se fit entendre. Des cliquetis se répercutèrent dans la rue, et les projections des habitants tournèrent un instant leurs têtes vers le bas de la rue, puis vers le Gardien, dans l'attente, juste un instant, avant de reprendre leurs activités.

-Haldamir. Je vais devoir t'emmener Jacyek. Venir à bout d'une Abomination est une chose, venir à bout d'une horde, en est une autre. Lorsqu'elles ont une cible, elles oublient de s'entre-tuer. Dämons ait leurs âmes tourmentées.

Le nébuleux Gardien tendit le bras, et posa une main sur l'épaule de Jacyek. Ce dernier prenait bien la situation. Il fut soulager de ne pas avoir à gérer de crise d'hystérie immédiate. En général, ces crises conduisaient à une transformation brutale en Abomination. C'était un des dangers. Les créatures faisaient siennes ceux qu'elles ne mangeaient pas. Ou après les avoir manger. La fumée noire et gluante glissa du bras d'Haldamir pour toucher l'épaule de Jacyek, le changeant lui aussi en forme nébuleuse. Haldamir se déplaça, tenant toujours Jacyek, glissa autant dans le plan de la réalité, que dans celui des morts. Là, l'aspect des souvenirs de la cité était différent. Haldamir en épargna la vue au tout juste éveillé. Il les porta loin, ne ralentissant qu'à proximité de la maison qu'il venait de quitter. Il s'arrêta à quelques pas de sa porte. Ici le quartier s'animait toujours en sa présence, comme pour l'accueillir. La masse noire revint à Haldamir, laissant Jacyek au sol, dans la position qu'ils venaient tous deux de quitter. Haldamir reforma totalement son corps.

-Je crains de ne pouvoir t'offrir un festin, mes réserves ont été pillées. Parfois, Mei s'amuse à faire venir des vivants pour me tenir compagnie. Ceux-là s'en donne à cœur joie sur mes réserves. Tu as eu de la chance Jacyek. J'allais me rendre à Iskandar, quelques minutes plus tard, et je n'aurai pas été là. Dans ton état, tu ne pourras reprendre la route que demain. Tu dois savoir que tu as dormi pendant près d'un siècle. La guerre est terminée depuis des années. Il faut du temps pour ton corps se réhabitue à la vie.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jacyek
Cheminant
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 04/08/2012

MessageSujet: Re: Poussières, souvenirs, et abominations   Ven 17 Aoû - 23:44

Être en mauvaise condition physique et blessé dans un endroit pareil était vraiment la pire chose qui pouvait m'attirer, d'autant que je pouvais entendre qu'il y avait plus de deux bestioles dans les environs, et à entendre le Gardien, elles en auraient après mes fesses pour avoir arrangé l'une des leurs. Une bien belle solidarité chez des monstres qui apparemment se bouffent entre eux la plupart du temps... mais je n'avais pas peur, je craignais certes de mourir mais après ce qui venait de se passer, et un peu dos au mur... Enfin je ne l'étais plus. Je commentai cependant les paroles d'Haldamir en esquissant un léger sourire.
-Croyez-moi, quand on a survécu à ma première petite amie... ça s'est mignon à côté.
Je ris doucement en repensant à Lysa, une fille de Bois-Blanche très charmante mais qui n'hésitait pas à casser le bras de ceux qui la contrariait. Je me demande encore pourquoi je suis resté un an avec elle... on avait eu nos bons moments, qui me semblaient bien lointain, coincé ici et faible, en proie à des monstres inhumains qui n'était retenu par un espèce de sinistre croque-mort, qui n'avait pas l'air si terrifiant, mais qui ne m'inspirait pas la plus pure des confiances. Cela venait sans doute de l'apparence cadavérique, c'était un genre mais pas que j'appréciais. Mais comparé aux bestioles comme celle que j'avais épinglée sur le trottoir, et au vu de l'aide qu'il voulait m'apporter, il était à considérer comme un allié. Un allié qui fait un peu peur.
Sa façon de se déplacer était assez étrange, sans doute utilisait-il des voies propres à ceux comme lui qui gardaient les lieux entre vies et morts. Sa main sur mon épaules me permis moi aussi de faire ce qui semblait être un changement de plan, pour nous déplacer plus vite et sans effort. C'était troublant, j'avais plus l'impression que c'était le monde qui bougeait et non nous qui nous déplacions... Tout était étrange autour de nous mais à peine sortis dans un autre quartier de la ville, j'avais déjà oublié ce que j'avais pu voir, comme si ce qu'il y avait de ce parallèle dimensionnel n'en sortirait pas, même dans ma mémoire. Ma tête tourna au sortir de ce déplacement quasi instantané, et je me levais en chancelant légèrement.

La maison devant laquelle nous étions paraissait plus vivante que les autres, même si je n'aurais su dire en quoi. Haldamir laissa de côté les volutes et reprit totalement corps, et s'excusa de ne pouvoir m'offrir grand-chose à manger, chose qui n'était guère un problème, étant un cheminant les festins étaient rare et peu me contenterait. Il mentionna aussi un nom, Iskandar, et cela ne me dis rien, sans doute un village non loi, ce qui me rassura car cela signifiait que tout Inwilis n'avait pas été complètement rasé. J'allais donc rester une nuit,, pour récupérer de ce siècle passé en ces murs... et une chose me frappa alors que j'acquiesçai en écoutant le Gardien.
-Un... siècle... ?
Il avait été très brutal pour moi de subir une épreuve comme survivre à un sort aussi funeste que celui vécu par la cité, de parcourir les artères de ce qui était une cité pleine de vie pour ne trouver que des Abominations et de la poussière, et j'eus un peu de mal à assimiler les mots que le Gardien prononça. Pourtant dans mon esprit, il n'y avait pas dix minutes la guerre faisait rage et j'essayais de me cacher avec mon compagnon, et il semblait aux dires d'Haldamir, que le prix de ma survie fut de cent ans emprisonné dans les entrailles d'Alatairë, piégé hors du temps dans un corps de granit. Finalement, même si Sigurd n'avait pas été avec moi il serait mort...
Le temps semblait s'être arrêté et de nombreuses pensées bataillèrent dans mon esprit. Mes parents ne devaient plus être de ce monde depuis longtemps, et je n'aurai plus l'occasion de faire la paix avec eux après mon départ de la maison. Tout ceux que j'avais connu étaient entre les mains de Dämons à n'en pas douter, et le monde avait continué de tourner sans que je ne m'en rende compte. C'était aberrant, insensé... au final j'étais bel et bien mort, mon passé, ma vie, s'était éteint avec la cité et je m'éveillais à nouveau dans un monde qui n'était pas vraiment le mien. Je commençais à comprendre pourquoi mon père disait que les statues étaient éternelles...
Ça faisait beaucoup, trop pour ce que pouvait supporter mon esprit. Survivre à la mort et apprendre que j'ai du l'être aux yeux de mes proches pour me réveiller après qu'ils le soient. Mes jambes flageolèrent, ma tête dodelina et mes yeux roulèrent, avant que je ne m'effondre, mon esprit se mettant en veille pour assimiler tout ce que je venais d'apprendre. Oui, j'étais tombé dans les pommes, pour supporter le choc...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Poussières, souvenirs, et abominations

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» [TERMINE] Quand plus aucun souvenirs vous reviens... [Pv Sacha Farmer]
» Les souvenirs...
» Les Limbes des souvenirs.
» Entrevue douloureuse et Souvenirs refoulés. {Achevé}
» Quelques souvenirs de fête ...
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inwilis :: Les Royaumes du Sud-Ouest :: Esgal :: Altare la Cité Morte-
Sauter vers: