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 Une collation devant les cuisines.

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Noorah
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Peuple : Métissée Lios et Taltos
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MessageSujet: Une collation devant les cuisines.   Ven 6 Juil - 22:21

Noorah fit passer Luvia par l'accès principal. Elles furent accueillie par les gardes en faction. Ses hommes venaient du manoir d'Aeguishor, et portaient des uniformes sans le moindre emblème, la seule différenciations venant sans doute de leurs tartans, les couleurs étaient différentes. La magicienne reconnu le tartan des Beathan, et l'autre appartenaient à un clan mineur. Elles furent annoncée, et une servante vint prendre le paquet que portait Noorah, à peine eurent-elles passées la grille.

-Mettez les dans mes appartements. Je n'en aurais pas l'usage immédiat.

-Bien madame, et ?

-Je m'occupe d'elle, c'est mon invitée. Merci Célia.

La jeune servante se fendit d'un sourire, et traversa la cour en direction de l'aile Sud de la forteresse, empruntant la porte qui y menait directement, plutôt que de faire le grand tour. Quand à Noorah, elle fit signe à la louve, elles allèrent à l'est. Là, l'activité bourdonnaient toujours. Ecuries, forge, salle des gardes, mais aussi et surtout, les cuisines et les réserves de Helmet Hall.

-Bienvenue chez moi Luvia.

Alors qu'elles arrivaient en vue des cuisines, un garde assis à une des tables en bois, agita la main. Un Fearghas. Noorah répondit par un salut. Elle le vit tourner la tête, et appeler. La cuisinière en chef de la forteresse sortit, s'essuyant les mains sur un tablier. C'était une femme assez grande - bien qu'elle ne dépassa pas Noorah- à la chevelure d'un noir corbeau, le visage plutôt avenant. Térésa était arrivée peu avant Parthalan, et avait connu la reine qui avait précédé son beau-frère. Térésa s'était mariée avec un des hommes du clan, Gerulf. A peine Noorah l'eut-elle pensé, que la fille de Térésa et Gerulf pointa le bout de son nez. Tabitha dépassa alors sa mère, et agita les bras, avant de les mettre de part et d'autre de sa bouche, pour hurler le nom de la magicienne.
Arrivant finalement à sa hauteur, Noorah posa sa main gauche sur le haut du crâne de la petite fille.

-Bonjour Tabitha, l'école est déjà finie ?

-Aye ! Alors je suis venue aider ma maman, clama-t-elle joyeusement.

-Trainer dans mes jambes serait plus exact, rectifia sa mère avec un léger sourire, et qui est ce ?

-Voic Luvia, répondit Noorah, je l'ai rencontrée il y a quelques instants. Elle était en mauvaise posture, et affamée. Luvia voici, Térésa, c'est elle qui cuisine ici, sa fille Tabitha, et voici Ekkehart.

Ekkehart, le garde, leva sa main droite, et fit un petit salut militaire, seulement avec deux doigts. Il portait lui aussi l'uniforme sans emblème d'Aeguishor, arborant fièrement les couleurs des Fearghas, sur son tartan, qui lui barrait la poitrine. Les yeux bleus rieurs, la mâchoire un peu large, et de longs cheveux ondulés, couplé à un sourire et un charme ravageur, faisait d'Ekkehart le chéri de ses dames des cuisines, et de Helmet Hall tout entier. Il était d'ailleurs assis presque nonchalamment, à califourchon sur le banc, accoudé à la table. Appuyée contre le mur derrière lui, sa hallebarde trônait à portée de main.Tabitha examina Luvia, avant de poser ses deux mains sur celle de Noorah, toujours posée sur sa tête. Teresa sourit. Noorah poursuivit, s'adressa à la cuisinière :

-Je lui ai promis un repas. Tu veux bien aller lui chercher un morceau de viande crue ? Je crois savoir qu'ils ont amené de l'Eartheau ce matin.

-Bienvenue à Helmet Hall Luvia, la salua Térésa, installe toi auprès d'Ekkehart, je dois aussi lui apporter à manger. Noorah, tu veux quelque chose ?

-Un thé, et pourquoi pas un peu de pain et de ce merveilleux fromage frai aux herbes, s'il te plaît.

-Si vous voulez bien attendre un petit moment, je vais chercher tout ça. Tabitha, sois sage.

La jeune femme disparut dans l'embrasure de la porte. Tabitha fit la moue, pinçant les lèvres, et gonflant les joues. Elle roula en suite des yeux, avant de sourire largement. Ses canines plus pointues que la moyenne lui donnaient un air lupin, hérité de son père. Elle avait un petit minois, encadré par de longues boucles noires, et à moitié mangé par ses grands yeux verts, lui venant de sa mère. Elle tapota la main de la magicienne. Celle-ci, absorbée par ses pensées, n'en fut tirée que par son prénom.

-Noorah !

-Ah ! Pardon Tabi'.

Relevant sa main, la magicienne laissa jaillir des oiseaux dorés, qui volèrent en cercle autour de la tête de l'enfant, laissant des trainées d'étincelles. Tabitha poussa un cri de ravissement, alors que les oiseaux se changeaient en meute de loups. Noorah fit signe à Luvia de s'installer sur le banc. Elle même y prit place, rassemblant son manteau autour d'elle, l'empêchant de trainer sur le sol. Tabitha sautilla jusqu'au banc en face, et s'installa d'un soubresaut à table. Posant ses coudes sur la tête, posant le menton entre ses mains, elle regarda Luvia, et lui fit un de ses sourires plein de dents.
Peu de temps après, Térésa reparut, accompagnée d'un des commis, un jeune homme roux et dégingandé, répondant au nom de Ruadh. Térésa servit une tasse brûlant à Noorah, ainsi qu'une assiette avec deux tartines de pain recouvertes d'une couche épaisse de fromage fouetté. Ekkehart eut droit à une assiette fumante de tranches de viande saignante, accompagnée par du pain, et quelques légumes en ragoût. Ruadh déposa une cruche d'eau, deux verres, et servit Luvia, qui eut devant elle une large pièce de viande rouge.

-Chose promise, chose due, commenta Noorah avec un sourire.



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Luvia
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Sam 28 Juil - 15:07

Sur le chemin les menant jusqu'à l'imposant édifice en pierre, quand Noorah exprima son opinion après que la louve ait dépeinte sa meute, elle se renfrogna. Les siens vivaient depuis de nombreuses générations, si ce n'est depuis que leur forêt est forêt, en des lieux bien définis, territoire délimitée par leur marque, et cela ne changeait pas. Ils ne demandaient de compte à personne, se contentant de se conformer à ce que leur parent et les parents de leur parents, ainsi que tout ceux les précédents avaient toujours fait : chasser.
Alors comment devaient-ils réagir, quand des étrangers venaient troubler la quiétude séculaire qui régnait depuis semble-t-il toujours, à peine troublée auparavant par le passage de ceux qui, comme les Liés-aux-arbres ou les Petits-ailés, et tout ceux qui se mêlaient avec aisance pour ne pas troubler l'ordre préétablit depuis toujours ? Avec bruits et fracas, les proies s'enfuient, avec leur métal volent notre nourriture, et par cruauté déciment des nôtres pour leur peau...
Des intrus, qui violent les territoires des meutes comme celle de Luvia, voila ce qu'ils étaient, alors comment devraient-ils réagir, eux qui vivaient en paix avant que petit à petit ces Deux-pattes les envahissent ? Ils se défendaient, et même si Luvia n'appréciait pas ce genre de pratique, elle était d'accord sur une chose : les Deux-pattes n'avaient rien à faire dans les forêts.

Le silence s'était installé, la jeune louve ne préférant pas parler en réalité, après ce qu'eut dit Noorah. Voir cohabiter loups et Deux-pattes était une idée assez dérangeante, qu'elle ne pouvait que difficilement imaginer. Pourtant, les paroles que la femme prononça pour briser le silence la troublèrent. En quoi elle ne le savait pas, mais repenser ainsi au garçon qu'elle aimait bien lui faisait un drôle d'effet. En revanche, dire qu'il y avait des loups ressemblant à des Deux-pattes et étant comme elle fit apparaître en son regard et sur son visage une inquiétude qu'elle ne comprenait pas vraiment, et tenta de dissimuler.

¤ ¤ ¤
De nombreuses odeurs assaillirent les narines de la jeune louve, à commencer par de nombreux parfums lupins lui signalant la présence de nombre de ses congénères. Pourtant, quelque chose la titilla, comme si une voix en elle lui criait que les choses n'étaient pas normal, mais sans savoir en quoi. Mais son étonnement vis-à-vis de l'endroit, de cette immense maison de pierre, suffisait à faire paraître les avertissements bien lointain dans son esprit. Avec de grands yeux émerveillés elle se perdit dans la contemplation de tout ce qui croisait son regard, sans pour autant cesser de suivre Noorah.
La nourriture, voila un fumet qui lui convenait bien plus que ceux qu'avait laissé sur leur passage ces loups bizarres qui devaient vivre ici. Malheureusement, une fois entré, des personnes se trouvaient dans la pièce, qu'elle identifia comme des loups, qui avait pourtant tout de Deux-pattes. Le malaise de la louve augmenta, mais elle était bien trop captivée par cette cuisine, qui ne ressemblait pas tant que ça à la seule autre qu'elle ait jamais vu. Noorah la présenta, et la jeune louve se contenta de secouer timidement la tête, les lèvres légèrement entrouverte, un peu pantoise face à tant de nouveautés et de nourriture qu'elle pouvait sentir sans problème.
L'enfant la regarda de plus près, et la queue de la louve trahit un léger tressaillement. Elle sentait comme une louveteau, ça lui sautait au narines, mais elle semblait si... Deux-pattes ! Luvia ne se l'expliquait pas.

Elle sursauta légèrement, perdue dans ses pensées, quand Norrah fit apparaître des oiseaux bizarre autour de la tête de la jeune fille, qui devinrent des petits loups, ce qui était à la fois étrange et captivant. Le mot "Magie" se dessina dans son esprit, mais elle n'en saisit pas le sens.

"Ouah..." Laissa-t-elle échapper.

Elle fit ce que lui indiqua la femme, à savoir s'asseoir, même si elle appréciait assez peu cette position, certes reposante, mais qui ne lui plaisait pas, ne la trouvant pas naturelle. Sans faire de chichi, elle s'assit à côté du Deux-pattes au nom bizarre, et ne se départit pas de son air captivé, quoi qu'un brin d'inquiétude commençait à s'y mêler.
Il fallut peu de temps avant que tout se qui fut demandé arrive, et une nouvelle personne sentant le loup d'une étrange façon arriva avec de la nourriture. Un sourire assez gentil illumina le visage de Noorah, alors que la jeune demoiselle fut servie, mais les odeurs, l'impression étrange, et maintenant une pièce de viande saignante... la respiration de la louve se fit assez bruyante, accompagné d'un air paniqué et de poils qui se hérissèrent d'un coup.
Son instinct lupin reprit le dessus, en réponse à cette situation de stress, et elle se saisit promptement de la pièce de viande à l'aide de sa mâchoire, avant de se lever prestement et de bondir pour se retrouver à quatre pattes, avançant rapidement jusqu'à un coin de la pièce, ou elle s'allongea, l'air agressif, le dos courbe comme pour gonfler une fourrure inexistante, faisant face aux autres, reculant jusqu'à être dos au mur. Lâchant la pièce de viande, elle les regarda en grognant, avant de lâcher d'une voix légèrement tremblante :

"Vous sentez comme des loups mais vous n'êtes pas des loups... je comprend pas... je comprend pas..."

Tentant de se calmer, la louve s'allongea, posant ses mains sur la viande, et commença à la déchiqueter à l'aide de ses crocs, sans cessé de grogner et toujours le poil dressé. Elle était face à une situation qui la dépassait totalement, et ressentait une pointe d'angoisse, qu'elle espérait apaiser en même temps que sa faim...
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Noorah
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Ven 31 Aoû - 23:17

L'attitude de Luvia ne surprit qu'à moitié Noorah, qui s'attendait à ce que la louve dérape, comme au marché. En revanche, elle fit sursauter Tabitha qui courut se réfugier derrière sa mère. Térésa n'était pas une louve, mais coller des dérouillées, ça, elle savait faire. Ruadh était une jeune loup, et la nervosité de Luvia déteignit sur lui. Il allait montrer les crocs quand Ekkehart eut un claquement de mâchoire sonore, son regard défia celui du jeune commis, qui baissa les yeux, et battit précipitamment en retraite dans les cuisines.

-Noorah, fit le garde d'une voix qui n'était plus qu'un grondement, les loups instables n'ont pas leur place ici.

La magicienne posa un regard tranquille sur le garde, qui en plus d'être certainement épuisé, avait faim. Lorsque les loups avaient faim, il leur était plus difficile de se maîtriser. La seule personne qui savait se maîtriser à la perfection dans l'entourage de Noorah, était Parthalan, qui était en proie à des instincts animaux plus violents qu'un lycanthrope lambda. Dans ce genre de situation, les réactions de Ruadh et de la jeune Tabitha pouvaient mettre le feu aux poudres. Térésa avait adopté une attitude faussement dégagée, calme, maitrisé, même si elle tenait sa fille, qui s'accrochait à ses jupes. Tabitha roulait des yeux ronds, peu habituée à ce genre de réaction, et fixait Luvia. Les loups de Helmet Hall était globalement expérimentés, savaient se maîtriser, parce que la meute le leur avait appris. Luvia venait d'une meute entièrement constituée de loups, qui n'étaient pas des lycanthropes. Sa connaissance des deux-pattes, surnom commun aux peuples d'Inwilis, donné par les animaux capables de communications ( et d'ailleurs, étaient-ils encore des animaux à ce stade ? ), était limité. Tout comme son expérience en société. La magie de la meute qui liait les Fearghas permis à Noorah de chercher son beau-frère, et de le localiser dans le château. Il était en compagnie d'un autre dominant de son espèce, la meute lui transmit l'information, c'était l’énigmatique et violent chef des Alaric, avec eux, la nouvelle arrivée dans la meute, Nueonia, la femme-arbre. La magicienne traça quelques signes du doigt, sur la table, communicant brièvement la situation à Parthalan.

-Luvia, appela-t-elle calmement, je t'ai déjà expliqué. Ma famille est faite de loups capables de se changer en deux-pattes. Ou de deux-pattes capables de se changer en loups. Toi, tu es différente. Tu es moitié l'un, et moitié l'autre. Les membres de ma famille sont les deux en même temps, et ne sont qu'un. J'ai appelé notre chef de meute. Il t'expliquera ça mieux que moi, ou qu'Ekkehart, si tu ne parviens pas à comprendre.

Ce qui était étrange. Les loups étaient les créatures les plus ouvertes d'esprit que Noorah connaissaient. Les légendes lycanes disaient souvent qu'un loup avait une fois vu, un magicien se changer en loup, pour redevenir un deux-pattes. Le loup comprenant le procédé, se changea en deux-pattes lui aussi. Quand à savoir pourquoi les lycans étaient soumis aux cycles lunaires, Noorah ne s'en préoccupait guère, mais elle était certaine que dans une salle d'université, un éminent professeur étudiait la question. En revanche, une meute de loups "normales" ne disposaient pas du fort pouvoir de la meute, ce lien indestructible qui unissaient ses membres, et dont l'intensité pouvait permettre des communications rapides, une guérison collective aisée, et bien d'autres choses que la magicienne ne parvenait pas tout à fait à saisir, malgré sa relative ancienneté en tant que compagne.

-Tu peux manger tranquillement. Personne ne te fera de mal ici. Ma famille admet les loups étrangers. Tu n'as rien à craindre. La loi des deux-pattes, lorsque nous offrons à manger et à boire à quelqu'un, veut que cette personne soit un hôte, un invité, auquel on ne peut faire le moindre mal.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Mar 4 Sep - 13:08

Luvia n'était plus elle-même. Son instinct lupin avait pris le pas sur la raison, alors que les eux avaient toujours été profondément liés comme deux êtres qui n'étaient qu'un. D'un côté cette compréhension du langage et de certains concepts, et de l'autre l'animal qui avait grandi dans la meute. Ici ces deux univers se rejoignaient, et c'était comme un déchirement, qui n'avait provoqué qu'un malaise, une tension, c'était mué en besoin impérieux de se défendre d'étranger, accentué par la surprise de ces loups qui n'en étaient pas. Sa faim se faisait moindre à mesure qu'elle consommait la viande, mais elle n'en restait pas moins à l'affût, et sur la défensive, grognant au moindre mouvement.
Elle ne prêta guère attention à ce qui se disait, n'écoutant que sa faim.
La jeune femme arracha un nouveau morceau de viande en entendit les paroles de Noorah, et gonfla ce qu'elle avait de poil en courbant l'échine pour se faire plus imposante, alors qu'elle mâchait furieusement cette chose cru et délicieuse. La louve avait du mal à comprendre ce qu'elle entendait, comme si une part d'elle-même refusait tout ce qui n'était pas du langage des loups, baignée par cette odeur étrangère de loup qui n'en étaient pas vraiment. Une voix sembla crier en elle, se révolter contre cet instinct impérieux qui l'obligeait à ne considérer ceux qui l'entouraient comme des menaces potentielles, mais elle se fit écraser contre le concert de grognements agressif qui exigeait d'abandonner logique et raison, que cela ne servait à rien. Luvia ne laissa rien transparaitre mais en elle, c'était pire qu'une tempête qui déchainait son esprit en proie au conflit.

Et vinrent les mots. Une part d'elle ne comprit pas, mais elle releva les yeux vers Noorah, un éclat de compréhension dans le regard. Moitié l'un, moitié l'autre. Cela résonnait bizarrement entre elle. La louve abandonna ce qu'elle mangeait, et se reculait contre le mur en grognant de plus belle, comme si elle redoutait quelque chose. La confusion se dissipa soudainement, laissant reculer l'instinct et la laissant revenir vers cette harmonie en elle, et elle sentait cruellement le regard des autres. Norrah se voulait rassurante, mais les autres, la jeune fille la regardait avec peur, sa mère très durement et l'autre homme avec une méfiance teintée de rage.
Ses poils se dégonflèrent en entendant la femme qui cherchait à l'apaiser, et elle qui se voulait menaçante, eut l'impression d'être petite, fragile, et elle se recroquevilla avant de se mettre à pleurer. Elle s'en voulait. Elle avait peur. Et alors que les larmes coulaient, elle souhaitait de tout cœur disparaitre.

¤ ¤ ¤
Tout était noir. Luvia sentait contre ses mains, son visage, des choses douces, du tissu. La même sensation étrange que sur le marché s'était emparée d'elle, et à nouveau elle avait changé de lieu sans même savoir comment. La louve était recroquevillée dans quelque chose de sombre, et elle se débattit comme elle pu avec les pans de tissu qui l'entourait, avant d'entendre une porte en bois et de tomber en poussant un petit cri aigu. Ôtant une robe qu'elle avait sur la tête, elle se tourna vers sa prison de fortune, qui n'était autre qu'une armoire. Elle était dans une chambre vide, sans doute encore dans la résidence de la meute de Noorah.
Un sentiment de solitude lui étreignit le cœur, une immense peine, et de la honte face à son comportement irrationnel. Elle avait encore cette envie de disparaitre, de partir pour ne plus jamais revenir, regagner sa forêt et ne plus jamais entendre parler des Deux-pattes et de toutes ces choses étranges. Elle s'en voulait et se remit à pleurer. Tu n'es pas comme eux ! hurla quelque chose en elle, et elle se défit de ses habits, un peu maladroitement, manquant de trébucher alors qu'elle jetait les vêtements offerts par Neldoran-truc sur le sol.
La louve resta ainsi debout, nue, à regarder ces quelques bouts de tissu. Il y avait plus. Elle revoyait son ami aux oreilles pointus qui malgré sa froideur l'aimait bien elle en était sûre. Et puis le gros lézard avec qui elle avait aimé jouer même si elle s'était montré un peu trop insistante. Elle se souvint aussi d'autres choses, surtout de ce jeune garçon aux cheveux de paille, qui lui souriait, qui la regardait avec une certaine tendresse, voyant en elle autant une louve qu'une femme, et ne voulant qu'une chose, être avec elle et rire en faisant ce qu'il appelait des "bêtises". Une étrange chose lui fit mal dans la poitrine, et elle se remit à pleurer de plus belle, sanglotant en laissant couler les larmes salés qu'elle ne pouvait retenir, et qu'elle laissait filer sans se préoccuper du reste.
Luvia avait mal, mal comme jamais auparavant.

¤ ¤ ¤
Quand elle ouvrit les yeux, elle était allongé sur un lit, et sa vue était un peu trouble. Elle se sentait faible, fatiguée, et referma les yeux en lâchant un gémissement. Elle avait du s'endormir, ou plutôt s'évanouir, une seconde téléportation associé à tant de pleurs avaient du l'épuiser physiquement comme mentalement. Combien de temps elle était resté comme ça ? Elle n'aurait su le dire. Où était-il ? Sans doute avec la meute de Noorah. Elle avait à nouveau faim et se releva difficilement. Tout était un peu flou quand elle ouvrit les yeux, et une vague forme se tenait près d'elle.

"Dwin ?..." Gémit-elle, dans un fol espoir qu'il s'agisse du jeune homme au cheveux blond, bien qu'elle n'était pas elle-même convaincu.

Sa tête lui tourna et elle se rallongea, lâchant un nouveau gémissement. Elle avait envie de vomir, et se sentait faible, ce qui ne manqua pas de l'irriter, sa nature de louve n'appréciant pas cette impression d'avoir été enchainée.

"Où... où suis-je ?..." Demanda-t-elle timidement.
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Parthalan
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Ven 12 Oct - 16:28

Luvia avait été installée par les soins de Noorah dans une petite chambre, dans l'aile occupée par le personnel d'Helmet Hall. Elle avait plongé la jeune louve dans le sommeil, et c'était tout. A la demande de Parthalan, elle ne devait pas rechercher à aider la jeune louve, et ne devait surtout par la remettre sur pieds. Ses capacités de téléportations semblaient l'avoir éreinter, et le mâle dominant qu'il était, espérait avoir vu juste, en pensant qu'elle ne pourrait pas utiliser cette capacité encore une fois, dans cet état. Il avait pris congé de sa nouvelle épouse, se promettant de l'intégrer rapidement à la meute, car elle était officiellement sa compagne. Il devait maintenant régler le problème Luvia. D'ordinaire, les Fearghas accueillaient les loups solitaires, ou venant d'autres meutes avec chaleur, un accord tacite était passé, et personne n'était blessé. En revanche, les loups présentant des signes d'instabilités, ou inadaptation était chassé. En général, une meute se débarrassait des gêneurs, de ceux qui la menaçaient. Luvia pouvait être considérée comme une menace. Elle était visible incapable de s'adapter au monde des deux-pattes comme Noorah avait dit qu'elle les appelait. C'était un terme usité par les dragons pour désigner les humains, et tous ceux marchant sur deux jambes. Les lycanthropes se désignaient entre eux en s'appelant loup, ou Lycan. Luvia semblait sortir d'une meute recluse, sauvage. D'une véritable meute, d'après ce que Noorah avait compris. Ce qui posait un problème, elle ne serait peut être jamais capable de vivre ici, surtout pas à Armenelos, c'était aussi dangereux pour les autres, que pour elle même.
Noorah sortit de la chambre, laissant sa protégée seule avec son chef de meute. Une autorité indiscutable. Elle le prévint qu'elle ne tarderait pas à se réveiller, et qu'elle ne se sentirait peut être pas bien. La présence de Luvia dérangeait le loup en lui, et sa moitié monstrueuse se disait bien qu'elle ne pourrait en faire qu'une bouchée. Son nez lui disait qu'il y avait bien une louve dans la pièce, mais l'odeur était différente d'une vraie louve, et d'une Lycane.

-Chez moi, pour répondre à ta question.

Parthalan était resté debout, toisant la louve alitée de toute sa hauteur. Ses yeux morodrés étaient dur, et son pouvoir de mâle dominant transparaissait dans son attitude. Luvia ne semblait réagir qu'à la force. La logique voudrait qu'elle obéisse, se soumette, à son autorité, si elle était habituée à un comportement social dans une meute. Son apparence avait même du faire d'elle la dernière dans la hiérarchie de la meute.

-Je n'apprécie pas qu'un loup étranger sème la pagaille au sein de ma meute, Luvia.

Le ton était dur et sans appel. La voix grave et profonde de Parthalan n'exprimait pourtant aucune colère, seulement de l'autorité, et une logique de la meute implacable. Le souverain croisa les bras sur son torse puissant, soupirant de lassitude.

-J'ai suffisamment à m'occuper avec un royaume, sans avoir besoin qu'on vienne semer le trouble sur mon territoire. Je crois savoir que c'est la deuxième fois en une journée Luvia. Je devrais te chasser, mais la loi et les coutumes des hommes, ceux que tu appelles des Deux-pattes, ne me permettent pas de chasser quelqu'un d'aussi faible que toi. Et Noorah a plaidé ta cause, mais je t'estime suffisamment intelligente pour savoir ce que tu faisais. Si tu es incapable de ne pas te sentir menacé dans une meute de lycanthropes, ou dans une ville, tu ferais peut être mieux de retourner d'où tu viens.
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Luvia
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Dim 14 Oct - 11:40

La louve se recroquevilla un peu sur elle-même quand elle perçut l'odeur, avant même de voir celui qu'elle avait en face de lui. Un dominant, un chef de meute. Elle ne prononça pas un mot, ne le regarda pas dans les yeux, et instinctivement ses oreilles se baissèrent, en signe de soumission, accompagné d'un léger gémissement. Étrangement elle se sentait en sécurité, même si c'était un Deux-pattes devant elle, même s'il sentait aussi cette curieuse odeur de loup qui l'avait perturbée, elle était avec un dominant, un chef de meute, et il ne lui arriverait rien. Il le lui dit, elle était chez lui, au sein de sa meute. Mais un soupçon d'angoisse s'y mêla ; elle était une étrangère, il le lui rappela.
Elle gémit quand il lui expliqua qu'il ne pouvait pas la chasser mais qu'il ne voulait pas d'elle. Mais Luvia ne serait pas resté, elle ne le voulait pas, tout ce qu'elle désirait était partir, et laisser cette meute étrange tranquille, reprendre son périple, apprendre de jolies choses et pas sentir de loup bizarre qu'étaient des Deux-pattes et qui lui faisaient perdre la tête. Elle n'avait pas voulu faire de mal à la chatte sur laquelle elle avait sauté, et pas non plus effrayer les autres loups, mais à chaque fois quelque chose en elle lui avait fait perdre tout ses moyens. Et un murmure, dans son esprit.
Tu as paniqué.
Ses yeux s'humidifièrent, elle lâcha un long gémissement plaintif qui exprimait son remord, sa façon à elle de s'excuser, de dire qu'elle ne le ferait plus. Luvia voulut parler ensuite, s'expliquer, mais les mots bloquèrent entre ses lèvres, comme si sentir l'odeur d'un dominant la replaçait dans sa meute, où elle ne savait pas encore parler, ou plutôt qu'elle ignorait savoir parler. Elle se força tout de même, tentant tant bien que mal de s'expliquer, de faire plus que s'excuser.

"Pardon... je ne voulais pas... mais quelque chose dans ma tête m'a fait bizarre, que... comment..."

Elle poussa un nouveau gémissement canin en se recroquevillant, comme si elle s'en voulait d'avoir parlé, et s'attendait à être réprimandée. Même si le Deux-pattes-Loup parlait, Luvia n'avait pas le sentiment qu'elle devait émettre le moindre son pour s'exprimer ; mais ce qui lui arrivait était trop compliqué pour être expliquer avec des phéromones ou des images, bien que dans l'air flottait une odeur de crainte qu'elle dégageait, teintée de celle de sa soumission devant le chef de meute.
La louve déglutit, et essaya de se détendre, calmer sa respiration accélérée par la crainte, et pouvoir parler. Elle regardait toujours le torse de l'homme, partagé entre la crainte de croiser son regard, et une étrange sensation qui la poussait à s'adresser aux autres en les regardant dans les yeux qu'elle ne s'expliquait pas. Ses oreilles frémirent et elle gémit à nouveau, un long gémissement lupin traduisant son angoisse, mais elle finit par entrouvrir les lèvres, rentrant légèrement sa tête dans ses épaules, et parlant d'une voix tremblante.

"Il y a plein de choses qui m'arrivent ici et qui me font peur... ce chat qui est était pas un chat... des loups qui ne sont pas des loups..." Elle grimaça, et se tint la tête entre ses mains. "Ça fait mal quand j'ai peur... je bouge toute seule et ça me fait pleurer... je suis une gentille louve, promis, je ne veux pas embêter les gens, je suis gentille... gentille..."

La jeune femme se replia sur elle-même en gémissant. Elle se sentait faible, elle avait faim, et transpirait la peur. Les larmes lui revinrent aux yeux, et elle se lova sons la couette, se recouvrant de la couverture sous laquelle elle était, comme pour se protéger de ce qu'il y avait à l'extérieur, ou cacher ses larmes. La jeune louve se sentait mal, et à nouveau ce sentiment, cette envie de disparaître, que tout ceci ne soit jamais arrivé, ne la submergea... Le Loup qui était devant elle put constater que sous la couette, la louve tremblait légèrement, avant qu'elle ne se mette à crier.
Elle se débattit, paniquée, avant que tout son corps ne se crispe, et son visage, le regard paniqué, n'exprimait que douleur alors qu'elle criait. Son corps crépita d'énergie magique, et il sembla que le sort tentait de puiser dans les dernières forces de la louve pour effectuer, contre son gré, une nouvelle téléportation, malgré la douleur qui lui vrillait chaque parcelle de son corps. Cela ne dura qu'un instant, avant que le phénomène ne s'estompe, sans résultat, et Luvia resta un moment sans bouger, le corps tremblant, les yeux perdu dans le vague, comme si son esprit s'était un moment éteint.
Puis, lentement, elle se recroquevilla, les oreilles plaqué vers l'arrière, l'air terrorisé tout en affichant une certaine retenue, un certain calme, causé sans aucun doute par la présence d'un dominant qui, quelque part, l'apaisait. En position fœtale, sa queue ramenée contre elle qu'elle serrait pour se rassurer, d'une petite voix mal assurée elle bredouilla, le regard perdu dans le vague :

"Pitié... aidez-moi... je voulais pas... je fais pas exprès... pas exprès... pas exprès..."
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Parthalan
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Dim 14 Oct - 16:03

Observant la jeune louve avec curiosité, Parthalan se demanda si elle était capable de saisir pleinement le sens de ses paroles. Elle semblait perdue, et se comportait comme un chiot, pas comme une louve qu'on réprimande. Certes, lorsqu'il réprimandait quelqu'un de sa meute, cette personne sous forme humaine, évitait de le regarder dans les yeux, et semblait se recroqueviller sur elle même. Lorsqu'il était loup, l'autre montrait sa soumission, et sa contrition en dévoilant sa gorge ou son flan. Luvia avait la même réaction. Elle n'était pas adaptée à son corps, et les gémissements sortant de sa gorge, n'était pas humain. Elle n'était pas lycanthrope, et n'était pas louve. Parthalan se retrouvait face à une bizarrerie, qui aurait pu le surprendre, si lui même n'était pas doté d'une deuxième forme qui n'avait plus rien du loup. Il sentit la magie, mais Luvia ne put se téléporter, Noorah l'avait assurée qu'elle serait incapable de le faire, elle était trop faible. Cette tentative de fuite instinctive, confortait Parthalan : Luvia ne savait pas vivre dans un milieu, dit, civilisé. Ce qui était plus que problématique. En tant que chef de meute, son instinct lui enjoignait de chasser la louve, et de lui interdire de revenir. En tant que souverain, et en tant qu'humain, Parthalan ne pouvait pas se résoudre à une telle solution, cela ne réglerait pas le problème. Ce qu'il fallait à Luvia s'était un enseignement, encore fallait-elle qu'elle le veuille, elle ne semblait avoir rien écouté de ce que lui avait dit Noorah à propos des Sil'uras et des thérianthropes. Luvia était indisciplinée, butée, sauvage. Peut être, était-ce la raison qui avait poussé Luvia à quitter sa meute, peut être n'était-elle plus la bienvenue.

-Luvia.

Parthalan mit toute son autorité d'Alpha dans sa voix, usant de la magie de la meute pour influer sur les émotions de la louve, lui enjoignant de se calmer. Il se pencha sur elle, la forçant à le regarder, relevant sa tête en prenant son menton entre ses doigts. Les yeux de loup du souverain scrutèrent Luvia jusqu'à ce qu'elle se calme. Une fois qu'il fut certain qu'il avait son attention, et qu'elle n'essaierait pas de se téléporter, ce qui ne lui causerait que des souffrances inutiles, Parthalan s'adressa à elle, avec douceur :

-Je ne te chasse pas. Et Noorah pourra t'aider à maîtriser tes déplacements. Cette chose qui te pousse à fuir quand tu as peur. La fuite, dans le monde des Deux-Pattes, n'est jamais une solution Luvia. Je t'interdis de sortir de Helmet Hall, du château. Tu ne pourras en repartir que lorsque tu en sauras assez, pour ne plus avoir peur. Car ce que tu as vu, senti, ici, tu retrouveras la même chose dans d'autres villes, te chasser ne reviendrait qu'à te faire commettre les mêmes erreurs.

Il lâcha son menton, soupirant, et diminuant son aura d'autorité, alors qu'il passait une main dans l'épaisse crinière grise lui servant de cheveux. Il se demanda s'il ne commettait pas une erreur, en cas d'un énième incident, il devrait prendre lui même l'éducation de Luvia entre ses mains, puisqu'elle ne semblait réagir qu'à son statu de dominant. Noorah était trop bas dans la hiérarchie pour qu'elle prenne en compte ce qu'elle lui disait, lorsqu'elle entrait dans un état de panique comme celui qu'elle avait traversé. Sa soeur, Eileen, pourrait éventuellement la contrôler, puisqu'elle avait suffisamment de pouvoir pour le faire.

-Je ne pourrais t'aider que si tu apprends à écouter Luvia. Tu connais peut être très bien le monde de ta meute, mais il est petit, en comparaison du monde des deux pattes. J'aimerai que tu dormes, Noorah viendra t'apporter à manger. Manger comme une deux-pattes, est aussi quelque chose que tu devras apprendre. Comprends-tu ? Tu devras apprendre à te comporter comme un Deux-pattes, et ne pas toujours te fier à ce que te souffle ton nez.
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Luvia
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Dim 14 Oct - 23:56

La voix forte, puissante du dominant apaisa Luvia, qui resta recroquevillée, mais son corps se calmant, fermant les yeux, ayant l'impression que sa mère était là, et surtout son père. Le grand loup gris avait toujours pris un certain soin pour Luvia, contrairement aux autres qui étaient hostiles, il leur imposa sa volonté de garder l'enfant. Sa mère avait du y contribuer, ayant perdu sa portée précédente, et un de celle qu'avait rejoint le nourrisson qui était devenu une belle jeune femme et une chasseuse qui se voulait hors pair, se surpassant pour qu'aucun ne doute qu'elle ne soit une louve.
Mais elle avait découvert cette part d'elle, enfouie, endormie, qui savait parler, et des choses qu'elle n'aurait pas pu savoir. Et un appel, comme un manque, l'obligea à quitter sa famille, sous les yeux de celui qui avait remplacé son père, ce dominant qu'elle avait aimé mais qui avait préféré sa sœur. Elle avait découvert et vu des choses incroyables dans les petits endroits qu'elle avait visité, et aujourd'hui elle prenait pleinement conscience de ce que le monde pouvait avoir d'effrayant, de sa complexité, et se dit qu'elle n'aurait peut-être jamais du s'approcher d'une ville, et rester dans les bois qu'elle aimait tant.

Le dominant l'obligea à le regarder. Il ne lui faisait pas de mal, pas peur, mais elle ne voulait pas, elle ne devait pas. Elle se débattit légèrement, couinant, mais se laissa faire, et de ses yeux bleus regarda ceux lupins du chef de meute. Luvia se calma, craintive, écoutant ce mâle qu'elle considérait dans son esprit comme supérieur à elle, qu'elle devait écouter. Il lui expliqua des choses, qu'elle n'assimila pas complètement à cause de son esprit encore un peu embrouillés, et de termes qu'elle comprenait mal, mais elle comprit l'essentiel : elle devait apprendre à être une Deux-pattes pour pouvoir vivre parmi eux.
Tu n'es pas comme eux. s'indigna une voix en elle, mais à voix basse, car elle ne restait face à cet homme, ce loup, cet être que la jeune femme ne pouvait qu'écouter, et à qui elle se savait devoir obéir. Il le relâcha, et sembla... contrarié ? Elle sentait être la cause du problème et, agrippant la couverture, se replaça dessous, recroquevillé tout en regardant l'homme-loup, les oreilles basses, et le regard absorbé par un mélange de crainte et d'admiration. Elle hocha la tête à ses questions et, quand il eut fini de parler, releva la tête et hésita un moment avant de parler d'une petite voix.

"On m'a montré comment mangent les Deux-pattes. Mais je trouve pas ça normal. J'y arrive pas..." Elle rentra la tête dans ses épaules en couinant, se mordant la lèvre, honteuse d'avoir contredit un dominant mais, ne voyant aucun signe de réprimande. "M-mais je ferais des efforts si c'est ce que vous voulez... j'aime écouter, et comprendre les choses, mais je comprend pas beaucoup tout. Et des fois je comprend des choses sans comprendre. C'est bizarre et je comprend pas tout..."

Sa tête lui fit mal, et la louve grimaça. C'était dur à expliquer, et elle-même n'y comprenait pas grand-chose. Elle savait des choses, et comprenait d'instinct d'autre sans pouvoir l'expliquer. Cela la perturbait de plus en plus maintenant qu'elle était confronté de plein fouet aux Deux-pattes, à toutes ces choses. Mais quelque chose l'obligeait à le faire, comme si une part d'elle-même voulait aller plus loin...
La fatigue la rattrapa, et elle se rallongea, baillant largement en dévoilant sa dentition, semblable à celle d'une humaine, mais avec des crocs plus effilés en plus.
Mais alors qu'elle posa la tête sur l'oreiller, prête à dormir, et qu'elle eut le sentiment que le loup allait partir, elle glissa sa main hors du lit et agrippa ce qu'elle pouvait de ses doigts faible, pour le retenir, et lui dire, d'une voix faible et endormie :

"Quand je dors... je fais des... les choses avec les images... des fois ils me font peur ces... rêves... il y a un loup que je connais mais que je connais pas, et un Deux-pattes avec des cornes de cerf. Il me dit que tout ira bien, mais j'ai très peur..." Elle lâcha un sanglot, et regarda l'alpha, les yeux fatigués, mais aussi inquiets, et terrifiés. "Je suis une louve hein ?... Dites-moi que... que je suis une louve... je suis une louve... je suis..."

Sa voix se perdit en un murmure, alors que ses grands yeux bleus se fermaient, laissant sur son visage une expression de peur qui s'estompa, laissant place à la quiétude du sommeil. Elle avait l'air d'une douce jeune femme fragile, quelques mèches noires ayant glissé sur son visage, ses oreilles frissonnant au moindre petit bruit, et sa respiration lente et apaisée. Pourtant, elle ne s'était jamais senti aussi mal, aussi fatiguée, et triste. Pour la première fois de sa vie, elle avait peur de ce qui arriverait quand elle se réveillerait...
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Noorah
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Dim 28 Oct - 14:20

Noorah se rongeait les sangs. Son beau-frère ne s'était pas mis en colère, mais il lui avait suffit de faire transparaitre son mécontentement. La magicienne avait peut être commis une erreur en ne le prévenant pas tout de suite. Elle avait pensé que Luvia serait suffisamment en confiance, après avoir mangé, pour ne pas déraper comme elle l'avait fait. Elle avait eu le comportement d'un lycan qui avait passé trop de temps sous sa forme de loup, incapable de revenir à un comportement d'humain. Et la magie qu'elle possédait n'arrangeait rien. Le don de téléportation que Luvia possédait, elle ne le maîtrisait pas, le faisait par instinct. C'est comme ça qu'elle l'expliqua à Parthalan, lorsqu'il lui demanda si elle pouvait partir de Helmet Hall de cette façon. Comme la plupart des vieilles forteresses, Helmet Hall avait autant de pierres cimentées physiquement, que magiquement, à coup de sortilèges, empêchant les téléportations venant de l'extérieur. Un assassin doté de ce don, aurait pu entrer, et tuer à sa cible, sans en être inquiété. Le sortilège agissait de façon moindre à l'intérieur de la forteresse, permettant de petits déplacements... Du moins, c'était là une des hypothèses de Noorah, qui n'était pas spécialiste en architecture. L'autre possibilité était que, puisque les déplacements de Luvia étaient purement instinctif, un mécanisme de défense, le sortilège ne pouvait pas les contrer, puisque la jeune louve, ignorait ce qu'elle faisait. Et épuisée comme elle l'était, il fut aisé de la faire s'endormir, lorsqu'on la retrouva, pleurant dans une des chambres, dans l'aile des invités.
Noorah l'avait fait installée dans une aile assez fréquentée, mais calme à cette heure de la journée, une simple chambre de serviteur, une humaine, dont l'odeur ne gênerait pas Luvia. Hilda partagerait la chambre d'une autre servante, ou bien, irait dormir chez sa famille en ville.
Son beau-frère était actuellement avec la jeune louve, et ses paroles étaient dures, mais elle le connaissait. Et la suite lui prouva qu'il n'était pas dénué de compassion. Elle entendait ce qu'il disait, parce que la magie de la meute la forçait à écouter, Parthalan usait de son pouvoir de dominant, pour Luvia l'écoute. Enfin, il finit par sortir de la chambre. Noorah leva son regard clair vers lui.

-Je suis désolée, je ne pensais pas qu'elle réagirait de cette façon. J'aurai du te le dire, ou attendre Eileen. J'ai pensé, qu'une fois qu'elle aurait mangé, elle se serait sentie mieux, qu'elle aurait eu confiance. Je me suis trompée. Elle ne réagit pas comme une louve, pas comme l'aurait fait Eileen. Elle...

Noorah s'arrêta, se rendant compte que son beau-frère la comprenait. Lui aussi avait du noter l'étrangeté de Luvia. Elle n'était pas une louve-garou, elle n'était pas non plus une vraie louve, ni une humaine. Elle semblait être les deux. L'esprit de Noorah partageait les même réflexions que celui de Parthalan. Cette étrangeté expliquerait, avec le fait, et Noorah apporta l'information, que Luvia ait été entièrement élevée dans une véritable meute de loups, qu'elle n'avait jamais été confrontée à la vie dans une si grande citée. Elle n'avait pas eu beaucoup de contacts avec d'autres personnes, ce qui expliquait pourquoi elle avait attaqué Dierdre Fardale en pensant que c'était un chat.

-Je ne sais pas ce qu'elle est. Et la magie dont elle dispose... C'est comme si elle ignorait qu'elle la détenait, qu'elle ne s'en servait que lorsqu'elle se sent acculée, en danger, reprit Noorah à voix haute, je crois que toi ou Eileen devrait être là à son réveil. Si un dominant est avec elle, elle ne recommencera peut être pas. C'est ce que tu penses, n'est ce pas ?


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Parthalan
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Mer 31 Oct - 21:20

La surprise passa sur le visage de Parthalan, alors que Luvia mentionnait une figure qu'il connaissait bien. Lors de son sacrement, cette figure là, comme les autres, s'était penché sur lui, pour lui accorder la royauté. Il était sorti du temple, couronné, un peu hébété, encore sous le choc, et en proie à une terrible envie de se transformer. Luvia venait de parler de Cùan, le Dieu des Animaux, un dieu qui était capable de faire de Luvia, un être qui n'était louve, ni humaine. Une fusion des deux, sans qu'elle soit soumise aux affres des lycanthropes, qui étaient obligés de se transformer selon les fluctuations de la Lune. Le pouvoir d'un Lycan allait croissant avec la Lune croissante, et diminuait doucement quelques jours après la pleine lune, jusqu'à ce que l'astre de Mizuki entame un nouveau cycle. Le chef de meute des Fearghas se reprit bien vite, et sa voix grave, transmit les sentiments d'apaisement, de sécurité, à Luvia, afin qu'elle puisse dormir sans être inquiété.

-C'est le Dieu Cornu qui te parle dans tes rêves Luvia, tu ne dois pas avoir peur. S'il te dit que tout ira bien, c'est que c'est le cas. Tout ira bien. Tu es une gentille louve. Dors maintenant.

Le dernier ordre était inutile, puisqu'elle s'était endormie, sans qu'il sache si elle l'avait entendu ou non. Le roi du Maëldan resta un instant perplexe, et même si Luvia dormait, elle n'avait pas vraiment l'air détendue, un léger froncement de sourcils, ses oreilles s'agitèrent lorsqu'elle entendit Noorah dans le couloir. Sa belle-sœur n'avait pas voulu s'éloigner, prenant sur elle, la responsabilité des actes de la jeune louve. Parthalan se contenta alors de remonter l'édredon de plumes sur Luvia, la fatigue provoquant parfois des tremblements, et la sensation d'avoir froid. Il avait demandé à ce qu'il n'y ait pas de feu dans la chambre. Si Luvia était sauvage, le feu lui ferait peur, si elle se réveillait seule. Parthalan sortit de la chambre, et trouva sa belle-sœur, qui s'excusa encore une fois. Le lien de la meute ouvert, elle parla autant avec sa bouche, qu'avec son esprit, et Parthalan répondit la même façon. Elle lui fournit quelques informations, et lui, il lui envoya l'image de Cùan, celle de l'homme aux bois de cerf, comme il était représenté sur une des tapisseries de la salle du trône. Il put lire la compréhension sur le visage de la métisse Taltos, alors que plusieurs autres hypothèses jaillissaient dans son esprit. Elle énonça à voix haute, ce qu'il pensait, alors qu'il n'avait pas prononcé un mot. Le lien de la meute était ouvert, et cela lui permit aussi de sentir que sa sœur approchait d'Helmet Hall.

-Je resterai avec elle. Elle ne connait pas Eileen. Et ma sœur est moins dominante que moi. Retourne rassurer Térésa et sa fille, je leur ai bien dis que ça n'était pas leur faute, mais avec moi, les gens ont parfois tendance à dire oui, juste pour que j'arrête de les regarder. J'aimerai que tu prépares quelque chose qu'elle pourra avaler, elle a essayé de se débattre, de se téléporter, mais ça n'a pas marché. Sur ce point, tu as raison, elle ne se maîtrise pas, et réagit avec son instinct, sans prendre le temps de réfléchir. Je crois savoir que Nimue des Huntingtons, la première suivante de...

Et le mot épouse eut du mal à passer ses lèvres.

-Mon épouse, est prêtresse de Cùan, c'est une Sil'ura, mais elle en saura peut être plus que nous, si Luvia lui parle de ses rêves. J'en parlerai à Nueonia, pour savoir si je peux lui emprunter sa damoiselle de compagnie. Quand ton invitée sera mieux. Inutile de la faire paniquer d'avantage. Et la prochaine fois, Noorah, attend Eileen, cela vaudra mieux.

Les yeux mordorés de Parthalan suivirent des yeux la magicienne qui partit sans demander son reste. Il la sentait encore honteuse de ce qu'elle avait fait. Ce n'était pas si grave, mais cela aurait pu l'être. Il aurait suffit que Luvia soit plus forte, et elle aurait pu s'en prendre aux gens autour d'elle, avant qu'on arrive à la maîtriser. Fort heureusement, elle semblait aussi étrange qu'un peu naïve, réagissant surtout à l'instinct, plutôt que de chercher à raisonner. Parthalan repoussa sa crinière grisonnante en arrière, d'un mouvement de main, soupirant de lassitude. Il regarda par une des étroites fenêtres du couloir. Le temps se maintenait au beau fixe, mais le souffle froid d'Athanasius courait déjà avec les vents de Tuuli. Meirion avait coloré les arbres d'or et de rouge, un spectacle dont Parthalan ne se laissera jamais.

Quelques heures plus tard, alors qu'il était confortablement assis à regarder par la fenêtre de ses appartements, on vint le trouver pour lui dire que Luvia était éveillée. Il avait laissé deux gardes en faction devant la porte. Une fois le souverain prévenu, et assuré que sa jeune épouse n'avait pas besoin de lui, et qu'elle se trouvait dans une des bibliothèques de la forteresse, il renvoya le garde au cuisine, chercher de quoi manger pour Luvia. Le roi loup se déplaça sans se presser, mais d'un pas énergique qui le caractérisait, faisant qu'il donnait l'impression de prendre possession de tout le couloir. Malgré une maîtrise de soi parfaite, comme chaque loup, le pouvoir d'un Alpha se ressent parfois malgré toute tentative de suppression. Avant qu'il n'acquiert sa deuxième forme, à son couronnement, Parthalan aurait pu devenir un de ses chefs de meutes qui arrivent à dissimuler ce qu'ils sont, mais depuis les longues heures passées à lutter pour redevenir humain, son pouvoir de mâle dominant ne pouvait être totalement contenu. Une aura virile et d'autorité le suivaient partout, inspirant souvent la crainte. Simplement vêtu, Parthalan n'aimait pas franchement les beaux atours, qui l'encombraient plus qu'autre chose. D'autant que s'il avait besoin de se transformer, déchirer des vêtements coûtant une fortune était absurde. Ses cheveux formaient une crinière quasi-indomptable, brune entrelacée de mèches grises. Sa peau était tannée par des heures passées dehors, en somme, avec sa haute taille et sa carrure impressionnant de Maëldanais, Parthalan, même sans être un dominant, avait de l'autorité, et inspirait le respect. Alors qu'il se déplaçait d'une aile à l'autre de la forteresse des suzerains du Maëldan, il ralentit le pas, devant une tapisserie particulière, celle qu'il avait évoqué en pensée pour Noorah. La scène représentait Cùan, un homme couronné par des bois de cerf, émergeant pour rencontrer l'humaine, qui donnerait naissance aux seigneurs des Andains. Le regard du roi s'attarda sur Cùan, silhouette familière. Il s'était penché sur lui, comme tout les autres. Dans le temple. Parthalan arracha son regard de la tapisserie, et reprit sa route. Le deuxième garde se tint droit quand il le vit arriver, et Parthalan lui demanda d'attendre plus loin. Ce que Luvia lui dirait n'avait pas besoin d'être entendu par un autre. Il se posait des questions en ce qui concernait la jeune louve, et peut être avait-elle des réponses pour certaines d'entre elle. Il la trouva encore abrutie par le sommeil, ses yeux encore rougis d'avoir pleuré. Il referma doucement la porte, contourna le lit pour se mettre face à elle.

-J'ai demandé à ce qu'on t'apporte à manger, fit-il de sa voix profonde, j'ignore si je t'ai dis mon nom, je connais le tiens, il serait injuste que tu ne saches pas comment je m'appelle. Je suis Parthalan, des Fearghas. Les Fearghas sont ma meute. Très bien Luvia, en attendant que ton repas arrive, j'aimerai que tu me racontes... D'où viens-tu ? Ta meute, comment est-elle ?
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Luvia
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Mer 31 Oct - 22:46

Dans son sommeil, la louve était agitée, non pas de corps mais d'esprit, car si elle ne bougeait presque pas, son esprit vagabonda et fut aussi secoué qu'un navire en plein tempête. Elle dut grogner par moment, se retourner, comme pour tenter d'y échapper. C'était tout sauf reposant, une sorte de chaotique enchevêtrement d'images et de scènes, de fragments de sa vie.
Successivement, Luvia se revoyait courir dans la forêt, poursuivant un lapin, puis jouer, toute jeune, avec son frère, avant de se retrouver à pleurer dans une poubelle après avoir attaqué un chat pas chat, et ensuite à courir après Dwin qui riait, et elle riait aussi... Tout s'enchaînait si rapidement, et des images qui semblait ne pas lui appartenir défilait, accentuant son mal-être, jusqu'à ce qu'elle ouvre les yeux, se tirant difficilement de cet état, de ce sommeil, qui n'avait, semble-t-il, fait que la fatiguer encore plus.

La louve savait qu'on ne l'avait pas laissée seule, même si à son réveil il n'y avait personne d'autre qu'elle. L'odeur du Deux-pattes pareil qu'un chef de meute flottait encore dans l'air, et elle s'y raccrocha pour se rassurer, alors qu'elle demandait de la nourriture, d'abord timidement, à voix presque basse, avant d'augmenter le volume, jusqu'à ce qu'on frappe doucement à la porte, signe qu'on l'avait entendue. Elle ne s'offensa pas qu'on l'ait laissée toute seule, pas après les ennuis qu'elle avait causé ; mais elle savait aussi que le dominant reviendrait, qu'il voulait être sûr qu'elle allait mieux, qu'elle serait gentille, avant de la faire sortir de la chambre.
Du moins, elle l'espérait.
Blottie sous sa couverture, elle resta un moment un peu recroquevillée, à détailler la pièce, à tourner et retourner dans sa tête le nom des objets. Armoire. Tapis. Porte. Comment connaissait-elle ces mots ? Elle ne les avait jamais entendu avant de les voir se dessiner dans son esprit, comme si c'était une évidence. Un tas de questions lui vint alors à l'esprit, des interrogations, mais en gémissant elle chassa toutes ces pensées qui lui donnaient la migraine.
C'est à ce moment qu'il entra, ce grand Deux-pattes, qui même ainsi avait quelque chose de lupin dans sa manière d'être. Elle se recroquevilla un peu plus, par instinct, et écouta attentivement. Parthalan, c'était son nom, et par association, son esprit fit le lien avec le mot pantalon. Elle ferma les yeux et chassa l'image de sa tête, qui agissait parfois bizarrement, à cause des mots nouveaux.
Elle aurait à manger, et Luvia sourit faiblement à cette idée, sa faim reprenant doucement le pas sur la fatigue. Mais avant, elle devait parler des siens, de sa meute tant aimé. Elle se releva difficilement, la jeune femme ne s'était pas rendu compte qu'elle était si faible, que son corps lui semblait si lourd à présent, mais elle put s'asseoir comme elle put, avant de s'éclaircir la gorge, et de regarder Parthalan, toujours sans croiser son regard.

"Je viens de dedans la forêt là-bas," dit-elle en pointant son doigt vers le Nord-Est. "Les Deux-pattes ont un nom pour elle mais j'ai pas retenu. C'est juste chez nous. On est pas beaucoup plein dans la meute, mais on s'en sort quand même, malgré des fois quand le vent qui fait froid souffle et qu'y a plus les feuilles."

Elle envoya des images au dominant, liées intimement à des notions qui lui était propre, lui faisant comprendre ce que cela représentait. La première étant celle d'une louve, sa mère, puis un grand loup balafré, son père. Luvia montra ainsi toute sa famille, tout ces loups sauvages, qui étaient ses frères, ses sœurs, de différentes générations. Puis elle montra le nouveau couple de dominant, et un grognement peu satisfait s'ajouta à la sensation d'hostilité qui se ressentait de l'image, visiblement contrariée que les choses soient ainsi.

"... mais même si ça m'embête, je suis pas parti pour ça, j'ai pas à dire quoi que je pense. On chasse, on défend notre territoire, on survit comme on l'a toujours fair. Nous sommes des loups."

Elle exposa cela d'un air un peu blasé, sans être irrespectueuse. Luvia récitait ces paroles comme si c'était une évidence, qu'elle exposait des faits qui lui semblait acquis, n'en tirant aucune fierté, aucun orgueil... c'était ce qu'elle était, son identité. Même si un léger trouble brilla dans son regard...

"Nous... sauf que je suis différente... je parle avec des mots dans ma tête que je sais pas pourquoi qu'ils sont là. Si je suis parti... c'est pour voir, et comprendre les choses de dedans ma tête..." La jeune louve parut soudainement très abattue, et son regard se riva sur ses mains alors que la tristesse trembla dans sa voix. "Je suis différente..."

Subitement, elle ouvrit grand la gueule, et levant sa main droite, y planta ses crocs au point que le sang perlait sur sa peau légèrement halé par le soleil, auquel se mêlait quelques larmes, autant de douleur que d'une peine qui avait guidé son geste irraisonné. Avant que Parthalan n'ait pu seulement comprendre ce qu'elle venait de s'infliger, elle ôta ses canines de sa peau maintenant marquée de ses crocs, dont elle observa le sang, avant de se réfugier promptement sous la couette, cette protection bien illusoire qui lui donnait l'impression d'être seule, et un peu moins honteuse de par son geste, qu'elle ne s'expliquait pas.

"Je suis différente !" Lâcha-t-elle, en sentant poindre les larmes et les sanglots...
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Parthalan
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Sam 3 Nov - 21:34

Parthalan avait tiré la petite chaise de paille, et s'était assis dessus, sans craindre qu'elle ne s'effondre sous son poids. La chaise était Maëldanais, les Maëldanais étaient tous - ou presque - de grands costauds, capables de vous briser un bras ou un cou en moins de deux. A cela, s'ajoutait le fait qu'il soit un Loup, bien qu'il pèse plus lourd sous sa forme lupin, cet excédent de poids disparaissait quand il reprenait forme humaine. Ses yeux mordorés scrutèrent Luvia, et s'étonna qu'elle pointe le doigt dans une direction. Il perçut les images, quoi que faiblement, Luvia n'avait pas de lien de meute avec lui, et il n'était pas sous forme de loup. Il en saisit pourtant l'essentiel, en se demandant si ce choix de télépathie était instinctif, comme la téléportation. Peu importait, elle venait de se mordre jusqu'au sang. Il s'était levé, par pur réflexe, pour la protéger. Les dominants ont cet instinct de protéger plus faibles qu'eux, du moins, chez les loups, c'est ce qui était sensé se passer dans une meute. Réfugiée sous la protection illusoire de la couette, Luvia s'était terrée comme un lapin, clamant qu'elle était différente.

-Différente ? Chaque loup est différent d'un autre. Seule la meute importe, le territoire, et la chasse. Tu l'as dis toi même Luvia. Ne te cache pas, tu es une louve, pas une proie.

Le ton n'avait pas autant de force d'autorité que lorsque Parthalan l'avait forcée à se calmer. Il avait établi sa dominance, et Luvia avait exposer sa gorge, acceptant ce fait. Elle lui obéirait, même si elle était réticente à le faire, parce qu'elle n'était pas de sa meute, ni lui de la sienne. Sa voix rocailleuse avait pourtant des accents riches, et était finalement assez harmonieuse, elle lui transmit la tranquillité qu'il ressentait, le fait, que même, si elle était différente, cela ne changeait rien, comme il venait de lui dire.

-Et j'aimerai éviter que tu tâches les draps. Mais ce doit déjà être trop tard. Montre toi Luvia, je ne vais pas te battre, personne ici ne le fera. Celui qui a des bois de Cerf t'a promis que tout irait bien. Celui là veille sur toi, et tu peux croire ses promesses. Et peut être trouveras-tu des réponses, si tu t'adresses à lui.

Un coup frappé la porte, et Parthalan grogna son assentiment. Elle s'ouvrit sur Térésa, la grande femme à la chevelure noir corbeau eut un sourire pour lui. Elle était venue avec un plateau, qu'elle déposa, avant de se retirer sans un mot, inclinant simplement le buste avant de refermer la porte. Térésa avait déposé un large bol de soupe, dans lequel Parthalan pouvait sentir les morceaux de viandes, provenant de différentes bêtes. Il y avait aussi quelques morceaux de légumes dans le bouillon, mais aussi du blé et de l'orge, rendu moelleux par le bouillon. Une cuiller en bois était posée à coté, ainsi qu'une petite cruche en métal, contenant de l'eau, et un verre.

-Luvia, on vient de t'apporter à manger. C'est de la nourriture de Deux-pattes, c'est très chaud. Mais tu devrais manger, tu te sentirais mieux.
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Luvia
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Dim 4 Nov - 1:15

Luvia se sentait mal, mais Parthalan se montra gentil, alors qu'elle s'attendait à autre chose. Elle savait pourtant que malgré son autorité, un dominant ne laissait pas l'un des siens paniqué et mal en point. Mais il lui semblait qu'un homme l'aurait traité autrement. Elle ne se l'expliquait pas, elle n'avait pas connu beaucoup d'hommes Deux-pattes, deux en fait, et aucun n'aurait été comme ça.
Cette sensation bizarre s'estompa rapidement, en sentant les phéromones dans l'air, l'odeur apaisante du dominant. Même si elle sentait bizarre comme celle des autres loups-Deux-pattes, cela ne lui faisant pas le même effet. Et puis il la traitait en louve, comme si il ne faisait aucun doute pour lui qu'elle en était une. Mais pas pour Luvia, qui savait la différence entre un loup et un Deux-pattes, et elle se rapprochait plus du second dans l'apparence, à l'inverse de son cœur irrémédiablement lupin.
Mais ces paroles lui firent du bien. Elle se redressa prudemment, craintive, un petit sourire sur les lèvres, même si son regard restait triste, et posé sur sa main, son sang. Rouge, aussi rouge que celui de ses frères. C'était le même, et pourtant...

Le grand loup lui parla de l'homme aux cornes de Cerf, après lui avoir assuré qu'on ne lui ferait pas de mal ; elle le savait, si elle se cachait, c'était plus d'elle-même que des autres. Luvia avait peur à cause de sa différence, de son apparence, et... et... et de tout ce qui la tourmentait. Ou plutôt, de ce que pourrait impliquer tout cela ; mais c'était un peu trop compliqué pour elle, qui était encore un peu faible et trop... immature pour appréhender de telles choses.
La jeune louve ne comprit pas tout ce que Parthala lui dit sur le Deux-pattes étrange de ses rêves. Cela se référait à des concepts trop obscurs pour elle, qu'un homme qu'elle ne connaissait pas et ne voyait pas la protégeait, ou l'écoutait. A nouveau elle secoua la tête, faisant légèrement ondoyer sa chevelure, pour chasser ses pensées.

"Pardon." Elle marqua une pause. "Je parle des mots que j'avais dans ma tête déjà que je les savais pas, et... et..." La louve grimaça, et chassa les pensées confuses qui lui venait. "Je suis pas comme les autres, je suis vraiment différente, je ressemble à... à une Deux-pattes... je suis louve et pas louve..."

Encore ces choses étranges qui lui donnait la nausée, elle sentait son crâne comme se compresser sous le poids de ces idées et images confuses, comme si son esprit essayait de lui dire milles choses en même temps. Elle se calma, et se concentra sur une autre chose qui faisait naître en elle quelques interrogations.

"Qui c'est le Deux-pattes-Cerf ? Je n'arrive pas à me rappeler son visage. C'est dedans ma tête, je sais qui c'est... mais c'est comme essayer d'attraper... euh... une chauve-souris."

Luvia n'était pas très sûre de sa métaphore, pas même du sens du mot métaphore en fait. Mais c'était vrai, des rares fois où elle en rêvait, elle ne gardait pas souvenir de cet homme étrange, uniquement ce trait, ces bois de cerf, et de l'écho lointain de sa voix. Quelque chose lui soufflait que c'était important, que ce rêve avait un sens, sauf que ce dernier lui échappait totalement.
Elle soupira, et renifla de loin le plateau, qui lui fit même oublier sa question. Ça sentait bon, même si elle n'aimait pas vraiment tout ce que contenait le bol, reconnaissant de son fin odorat les ingrédients qui composait le brouet. La louve ne les connaissait pas tous, mais l'ensemble sentait plutôt bon. Ses maladresses furent oubliés, et sa main, bien que saignant, ne la dérangeait pas outre mesure, ayant l'habitude de la douleur et de faire avec. Elle eut rapidement le plateau devant elle, et en inspirant sentait déjà la faiblesse la quitter, et son estomac gargouilla d'impatience.
Elle commença en tenant de la main droite le bol, avant de plonger les doigts de l'autre dans le liquide, afin d'en chiper les morceaux de viande, se penchant afin de ne pas faire couler du bouillon partout, même si quelques gouttes y échappèrent et tombèrent sur le plateau. La jeune femme prit deux bouchées de cette façon fort peu ragoutante, avant de sentir le regard pesant de Parthalan, et de se figer, se rappelant de ce qu'il avait dit. Lentement, elle ôta les doigts de sa bouche, et précautionneusement, prit entre ses fines phalanges la cuillère d'une façon maladroite, et continua de manger avec quelques difficultés, ayant du mal à laissez les gros morceaux sur son couvert.
Elle se résigna, avant de se décider à prendre un peu d'eau ; empoignant à deux mains la carafe froide et remplie, elle y porta les lèvres sans remarquer le verre, et avala autant d'eau qu'elle put jusqu'à ce qu'elle eut été obligé de s'arrêter pour respirer, intervalle durant lequel elle en engloutit pas mal. En effet, Luvia avait assez soif.
Et encore beaucoup de progrès à faire...
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Dim 11 Nov - 17:58

Parthalan eut un froncement de sourcil en entendant les paroles de Luvia. Ses hypothèses se trouvaient en partie confirmée, Luvia ne semblait pas être une thérianthrope ordinaire, ni même en être une tout court. Elle n'était pas non plus une Sil'ura, les métamorphes pouvaient adopter, outre les formes animales, des formes intermédiaires, voire de changer totalement leur apparence, ce qui faisaient d'eux, en grande partie, un peuple parfait pour l'espionnage, et ce qui leur avait permis de survivre à la Purge. Parthalan sentait l'odeur de loup de Luvia, mélangée à celle de l'humaine, rien ne la distinguait, au niveau de l'odorat, d'une autre thérianthrope.

-Possible que tu sois différente. Mais cela ne change rien aux liens qui t'unissent à ta meute, ni à ceux que tu peux partager, en rapport à une autre meute. Comme avec la mienne. Ton odeur ne diffère pas de celle d'une louve, hormis, que chaque individu a une odeur qui lui est propre.

Parthalan doutait que Luvia comprenne tout ce qu'il disait, surtout, occupée comme elle l'était, à manger. Elle commença d'abord avec les doigts, ignorant totalement le bouillon fumant, et sans doute chaud au point qu'elle pouvait se brûler, et mangeant la viande. Alors qu'il la regardait, sans rien dire, elle se figea, ne prit pas la peine de s'essuyer les doigts, et mangea finalement avec la cuiller. Bien que cela se révèle être un exercice assez difficile pour elle. Parthalan songea que manger à la manière des clans nomades de l'Esgaleithel conviendrait mieux à Luvia, puisque ces derniers mangeaient avec les doigts. Peut être, entre deux repas, où la jeune louve devrait manger avec des couverts, pouvait-il demandé à ce qu'elle ait des repas ne nécessitant pas de couverts. Parthalan la regarda d'un œil amusé, alors qu'elle semblait encore nerveuse, comme s'il allait la rabrouer, alors qu'elle mangeait maladroitement, s'aidant parfois de ses doigts pour faire tenir les morceaux trop pour la cuiller, dans celle-ci, et de les gober, pour mieux mâcher. Il ignorait si elle trouvait ça bon, mais elle devait avoir tellement faim, que peut importait la nourriture, tant que c'était de la nourriture qu'elle pouvait avaler. En suite, elle s'empara de la cruche, et avant qu'il ait bu émettre le moindre son, elle but à même, réussissant l'exploit, de n'en mettre que partiellement à coté, ce qui lui débarbouillait le museau par la même occasion. La plaie sur sa main ne guérissait pas instantanément, et ne montrait pas de signe de guérison avancée, comme pour les thérianthrope, pour qui, une morsure, mettait à peine quelques minutes à se résorber, surtout après avoir mangé.
Un sourire se dessina sur les lèvres de Parthalan, en voyant la dégaine de la jeune louve. Il secoua la tête, l'amusement brillant dans ses yeux mordorés.

-Te sens-tu mieux Luvia ? Si c'est le cas, je devrais peut être te trouver des vêtements, à ta taille, et qui te convienne. Noorah saura faire ça, et tu pourras te promener à ta guise. A moins que tu ne préfèrres rester ici.
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Mar 13 Nov - 16:28

Le grand loup qui ne semblait pas en être un dit des choses gentilles à nouveau, qui la réconforta même si une fois encore elle n'y croyait pas tant que ça. Elle faisait tout comme une louve, était parfaitement louve jusqu'au bout des poils, mais elle avait un corps sans fourrure que les hommes reluquaient non sans raison, et elle avait dans la tête des mots qu'elle n'avait jamais appris, et qui n'appartenait pas au langage lupin. C'était naturel pour elle, mais Luvia savait pourtant que ce n'était pas normal.
Elle hocha la tête avec un grand sourire, alors qu'elle venait de dépouiller de toute sa viande le bouillon, laissant ce dernier qui ne présentait pour elle aucun intérêt. Elle semblait enjouée du regard que portait sur lui le dominant, fière qu'il ait l'air content d'elle, mais ses oreilles frémissantes de baissèrent d'elle-même, avec une mine et un regard qui semblait dire avec agacement "oh non tout mais pas ça", lorsqu'il fut question de s'habiller. Elle soupira et répondit :

"J'aime pas les vêtements, ça démange et ça gêne. Mais... s'il le faut... je veux bien une de ces choses, euh... une robe ! Oh et il faut garder les vêtements que j'avais, que je les rende à Neldoran-truc quand je le revoirais avec son gros lézard gentil !"

Elle sourit à nouveau, en repensant au Deux-pattes à longues oreilles grincheux et le grand Dragon qui la fascinait, malgré le danger apparent. Elle avait tout de suite sentit qu'il était pas méchant, et ne regrettait pas de les avoir un peu dérangé. Ça lui avait fait de la compagnie, et Luvia adorait rencontrer de nouveaux gens gentils. Depuis qu'elle avait sauté sur le chat qui n'en était pas un, ça c'était un peu emballé, mais elle espérait vite repartir partir à la découverte de ce vaste monde.
Et justement, il était question de sortir, mais elle comprit aussi qu'elle devrait rester un temps dans la meute, cela semblait être ce que voulait Parthaln, et elle ne pouvait pas y couper. Elle réfléchit donc un moment, hésitant un peu, mais elle se décida bien vite en se rappelant sa réaction dans la cuisine.

"Sortir... Je sais pas. Les loups de ta meute sentent bizarre. Ça me fait mal dedans la tête, ça me fait peur... Tout à l'heure j'ai réagis comme avant j'aurai réagis..."

La jeune louve eut ses oreilles qui se rabaissèrent, se mordant les lèvres comme si elle se sentait coupable d'avoir une telle réaction. Une légère plainte se fit entendre, un son qu'aurait fait un loup et qui se trouvait dérangeant quand on réalisait que c'était une Deux-pattes qui le poussait exactement comme un loup, ce qu'elle était oui, en dépit des apparences. Sa main droite enserra son bras gauche et le frotta, un geste qui transmettait une certaine gêne.
Car elle l'était, une certaine honte vibrait en son cœur, à cause des réactions qu'elle avait eu, qu'elle pensait ravoir. Si Parthalan n'était pas un tel dominant, elle aurait à nouveau des réactions agressives, instinctives, n'arrivant pas à assimiler l'étrange paradoxe de ces odeurs, de ces loups qui n'en étaient pas, de ces Deux-pattes qui étaient loup...

"J'aimerai rentrer chez moi... mais... mon cœur me dit que je dois explorer le monde qui m'entoure, que des choses magnifiques m'attendent loin au-delà de ma forêt. Et puis..."

Son visage affichait à présent un sérieux assez étrange de sa part, comme si la jeune louve curieuse avait brusquement laissé place à une autre, une femme plus intelligente, plus triste... Elle abordait un sujet qui l'angoissait, et son esprit demeurait de marbre, aussi glacial qu'elle eut pu l'être lorsqu'elle chassait, qu'elle était louve qui parcourait la forêt. En un instant, le temps d'un souffle, c'était presque comme si elle avait revêtu une autre tenue, un nouveau visage, qui s'exprimait pourtant avec la même voix.

"... j'ai finis par me dire que je comprendrais peut-être, un jour, ce qui fais que je suis pas tout à fait une louve, si ce n'est dans mon cœur."
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Sam 17 Nov - 12:52

Luvia avait mangé la viande, uniquement la viande, bien qu'elle ait du prendre un peu du bouillon, le blé et l'orge, ainsi que les légumes taillés en petits morceaux étaient restés au fond. Autour du plateau, quelques gouttes d'eau. Et Luvia s'était allégrement barbouillée, en essayant de manger. Une bonne chose, qu'elle ne porte aucun vêtement. La nudité ne choquait pas Parthalan, et ne choquerait personne de son clan. Les thérianthropes sont des habitués de la nudité, ne serait-ce que pour la transformation, à laquelle aucun vêtement ne résistait. Il se rendit compte, en entendant Luvia, qu'elle était plus louve qu'humaine, n'ayant, jusqu'ici, pas vécu en compagnies de ceux qu'elle appelait les Deux-Pattes, terme commun à tous ceux qui avaient une forme animale. Il ignora pour l'instant l'étrange expression qu'avait eu la jeune femme. Comme si, ce n'était plus la Luvia paniquée, simpliste, qui parlait, mais une personne réfléchie, capable de comprendre ce que Luvia ne comprenait pas. Le grand loup ignorait pourquoi Luvia voyait Cùan des Animaux dans ses rêves, et ce qu'elle était exactement. Cela importait peu, il pensait réellement, que si elle se sentait louve, alors, Luvia était une louve. Le problème était plutôt de la rendre louve comme une thérianthrope, et non plus comme une louve sauvage, pour qu'elle puisse survivre. Si elle commettait une erreur comme celle sur le marché, ou plutôt, dans la cour, cela pourrait mal se finir pour elle. Parthalan dégagea des ondes de chaleur, et pensa à sa sécurité, tentant de rassurer Luvia, qu'il sentait mal à l'aise, et dont la peur panique, due à son incompréhension, était toujours sous-jacente.

-Noorah pourra te trouver une robe, qui ne te gênera pas, et que tu pourras enlever facilement. Ainsi qu'un sac, pour les vêtements que Neldoranthir Ril'Adamanta t'a donné. Ce sera plus facile pour toi, pour les transporter. Et il te faudra pourtant sortir Luvia, si tu veux pouvoir continuer à explorer le monde pour trouver des réponses. Tu ne croiseras pas toujours de Deux-pattes bienveillants, certains chercheront à te faire mal. Je te crois de taille à te défendre, mais il y a toujours plus fort que soit.

La force. Un concept que Luvia comprendrait sans doute, puisqu'elle connaissait les rouages des luttes pour la domination d'une meute. L'autre problème de Luvia, en plus de ne pas savoir comme se comporter en société, était aussi que, n'étant pas véritablement une louve, elle échappait aux règles de la hiérarchie, et Parthalan pensait qu'il ne la dominait que parce qu'il était âgé, et suffisamment dominant, au point d'avoir une présence écrasante, même sur ceux qui n'étaient pas de sa meute. Luvia se détendait lorsqu'il usait de ses pouvoirs d'Alpha pour la rassurer. Elle n'avait pas tort en disant qu'il valait mieux qu'elle reste ici, sans côtoyer les autres Fearghas, sous peine de réagir violemment. Parthalan aurait très bien pu la renvoyer, la faire sortir d'Armenelos, et lui dire de ne plus y mettre les pieds. Mais il ne pouvait pas la laisser repartir, sachant qu'elle pourrait se retrouver dans une situation pire que celle-ci à cause de son ignorance. Intransigeant, Parthalan fixa ses iris enflammés sur Luvia, parlant sur un ton n'autorisant aucune protestation :

-Ton ignorance causera ta perte. Je peux comprendre que tu te sentes mal, mais si tu fuis à chaque fois que tu ne comprends pas quelque chose, comment peux-tu espérer trouver des réponses. Je ne te chasserai pas, mais je ne t'enfermerai pas non plus. Il serait bon pour toi, d'apprendre à vivre parmi les Deux-Pattes, même si cela t'es pénible. En suite, quand tu sauras, tu pourras survivre au milieu des villes, autant que dans la nature. Noorah pourra t'y aider, moi également. Ma soeur, Eileen, la compagne de Noorah, est une dominante, tu pourras sans doute apprendre aussi auprès d'elle. Quand à tes réactions, tout est une question de maîtrise Luvia. Il te faut te dominer toi même.

Ou trouver un dominant. Comme elle venait de le faire, songea Parthalan. Le souverain sentit sa deuxième forme s'agiter, lui souffler que cette rencontre, n'était peut être pas fortuite. Elle rêvait d'un homme aux bois de Cerf, de celui qui s'était penché sur lui. Peut être était-il intervenu pour Luvia trouve quelqu'un qui lui enseignerait ce qu'elle ne savait pas. L'adaptation, l'apprentissage, constituaient des éléments clefs de la survie. Son esprit se tendit vers sa meute, cherchant Noorah, lorsqu'il trouva la magicienne, il lui glissa que sa protégée était réveillée. Elle avait besoin de vêtements. La réponse arriva aussitôt. D'après ce que Parthalan sentait, Noorah se trouvait dans les écuries, environnée par les odeurs des montures, équidés comme Reiths, la paille, mais aussi le cuir huilé, et d'autres odeurs que Parthalan ne prit la peine d'identifier.

-Quoi que tu décides, je vais quand même laisser Noorah t'habiller. Peut être que tu trouveras les vêtements moins gênant. Alors, que décides-tu, rester ici et apprendre, ou bien poursuivre ton chemin ?

Vu comme il venait d'exposer les choses, et parce qu'il était dominant, Parthalan était conscient que ce choix, n'en était pas tellement un. Mais si Luvia ne voulait pas apprendre, peu importait le nombre de leçons, elle n'apprendrait jamais. Eileen avait été sauvage, sa sœur avait refusé d'accepter les enseignements de leurs pairs, avant que leur père ne lui mette un peu de plomb dans la cervelle. Elle avait en suite, appris. Le souvenir de son indisciplinée de sœur le fit doucement sourire, adoucissant son aura d'autorité.
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Lun 26 Nov - 22:34

Parthalan se voulait rassurant, et encouragea un peu la jeune louve quand à l'habillement, lui assurant qu'elle pourrait garder sa liberté de mouvement. Et aussi pour le devenir des vêtements de Neldoran-truc, que le grand loup connaissait apparemment. Elle offrit un grand sourire, et faillit rire, se disant qu'elle s'était fait des amis qui avaient plein d'amis. Mais elle se retint, ce n'était pas convenable.
Et puis, la suite ne lui convenait pas non plus. Elle détourna le regard, ses oreilles s'agitant alors qu'elle chassait quelque peu ses pensées. Oui, elle devrait sortir... mais elle ne voulait pas y penser. Pourtant, elle regarda le grand loup-aussi-Deux-Pattes, qui de par son regard lui fit comprendre qu'il était plus que sérieux, même si Luvia avait dors et déjà conscience que ça l'était.

Elle écouta attentivement ce que lui dit Parthalan. Elle restait calme, attentive, assimilant doucement toutes les informations. Ne plus fuir, apprendre. Luvia tiqua légèrement ; elle n'avait jamais fui. Elle détestait cela. Une part d'elle lui donna l'impression de devoir gonfler la poitrine, de montrer fièrement qu'elle n'avait pas peur, jamais même.
Mais elle se ravisa, elle ne s'en sentait pas le droit.
La louve ne comprit pas cette histoire de maîtrise de soi. Elle était elle, elle était une louve, et elle faisait tout comme que son cerveau disait. Mais elle réalisa que ce qui s'était passé au marché puis dans la cuisine, que ce n'avait plus été le cas. Luvia hocha doucement la tête.
Il se passa un moment sans que rien ne fut dit, Luvia perdue dans ses pensées, jusqu'à ce que la voix grave, profonde, qui captivait la louve se fit à nouveau entendre, et elle sembla sortir la tête de l'eau, reprendre sa respiration et reprendre son air enjoué, pleine d'entrain, alors qu'il lui laissait le choix. Elle arbora un grand sourire, et répondit en réfléchissant en même temps.

"J'aime bien apprendre, même si je comprend pas tout le temps les choses. Et... j'ai déjà été apprise par un Deux-pattes une fois, et puis j'aime pas fuir d'abord ! Je suis forte !... Mais... ça me fait bizarre quand je suis dans une situation ou je comprend rien, que ça fait comme si... comme si..."

Les sensations conflictuels lui revenait brusquement, alors qu'elle voulait expliquer ce qui lui arrivait. Elle n'aimait pas fuir, elle était forte, et depuis qu'elle était avec les Deux-Pattes, savait qu'il fallait assumer les bêtises, et pourtant... Lors de ces deux incidents qui poussaient le dominant à s'inquiéter, des sensations étranges l'avaient poussé à réagir de façon instinctive, et avait comme poussé une part d'elle à faire une chose, alors que l'autre voulait aller à l'opposé.
Ce malaise, mal-être, commençait désormais à l'étreindre à nouveau, cette envie de se soulever, d'attaquer ce loup qui n'en était pas un, car devant lui ce Deux-Pattes était en même temps un animal, et l'un des yeux mi-clos de la jeune femme tiqua, avant qu'elle ne secoue la tête, respirant lourdement pour essayer de se calmer.

"... j'arrivais plus à penser, que... trop de choses... en même temps..."

Malgré ses efforts, elle sentait encore cette espèce de confusion éclater en elle, qui la poussa à grimacer de douleur. Luvia prit sa tête entre ses mains, gémissant telle une louve, ayant du mal à se raccrocher à l'odeur de Parthalan pour se calmer. En elle, l'instinct primaire et agressif refit surface, voulant absolument chassé de son esprit toutes ces images. Mais la raison reprit le dessus, invoquant une raison simple : devant la jeune femme, il y avait un dominant.
La douleur s'effaça, l'étreinte se dissipa, et la laissa avec une sensation d'apaisement, car cette désagréable sensation s'était enfin terminée. Elle souffla longuement, ses muscles qui s'étaient lentement crispé se détendant jusqu'à ce qu'elle glisse entre les draps. Elle se sentait mieux après cette conversation, mais elle était encore fatiguée, alors Luvia ferma les yeux et murmura :

"Je veux apprendre et plus être comme ça... je suis une gentille louve..." Elle bailla longuement, et se retourna, dos à Parthalan, mais continua à parler doucement, au bord du sommeil. "Monsieur-Cerf me fait peur, mais il m'aime bien... je crois que... qu'il m'a dit... il... il s'appelle... Couenne..."

La respiration de la louve se fit plus sifflante, et, lové sous la couette, tournée vers le mur, la jeune Luvia s'en alla vers des rêves bien loin de ses soucis, dans des lieux qui lui rappelaient vaguement quelque chose, où une grande louve au pelage noir et aux yeux verts chassait des lapins, et Luvia savait qu'elle était cette louve sans pour autant l'être.
Et à son réveil, elle ne s'en souviendrait pas...
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Dim 9 Déc - 21:21

Luvia, lorsqu'elle se réveillerait, pourrait voir Noorah, tranquillement assise, l'air serein, bien que concentré, lisant en silence. La magicienne aimait sentir le poids rassurant du lourd ouvrage, sentir le cuir usé sous ses doigts. Ses doigts qui caressaient doucement les petites craquelures, le titre imprimé en relief dans la couverture. Lorsqu'elle tournait doucement les pages, l'odeur du vieux papier lui montait doucement au nez, la plongeant dans des souvenirs agréables. Elle s'abreuvait de savoir, comme de légendes. Ce volume-ci relatait de vieilles légendes, presque des mythes, appartenant au Premier Age d'Inwilis. C'était évidemment une copie d'un ouvrage Andanoréen, qu'elle avait déniché dans une des bibliothèques de Helmet Hall. Ces dernières recelaient de véritables trésors, et surtout, plusieurs copies, certaines plus récentes que d'autres. Le travail des copistes ne s'arrêtait jamais. Le travail de Noorah non plus, si bien que ces précieuses minutes ou heures de lecture, de calme, elle les savourait. Tout comme elle savourait les moments passés avec Eileen, sa compagne.
A présent, Noorah était apaisée. Son beau-frère avait laissé des instructions précises, et ne semblait plus lui en vouloir pour l'incident arrivé un peu plus tôt. Elle avait en sorte qu'elle soit à même de saluer Mavrag des Alaric avant son départ. Le géant Alaric l'avait gratifié d'un de ses sourires, et d'une étreinte bien sentie. Elle ignorait ce qu'elle avait fait pour qu'il l'apprécie autant, mais Mavrag des Alaric restait une énigme, et le resterait certainement. Puis, elle avait croisé Parthalan, sans que se soit un hasard, le lien de meute fonctionnait parfois sans qu'elle s'en rende compte. Elle venait à lui quand il la cherchait. Elle obéissait plus ou moins bien, n'étant pas une des louves, mais elle était de la meute. Elle avait été marquée par Eileen, et elle savourait toujours ce lien chaud qui l'unissait presque physiquement aux autres membres de la meute. Elle même, prêtait sa magie, lorsque l'un d'entre eux étaient blessés, même s'il était loin de la meute. La meute.

Le regard clair de Noorah se posa sur Luvia qui dormait à poings fermés, interrompant sa lecture. Elle se demanda ce que Luvia pouvait ressentir, d'être ainsi éloignée de la sienne, de découvrir des choses, qui la faisait paniquer, au point qu'elle en devenait agressive. La jeune louve devait parfois se sentir seule. Une vague de compassion submergea Noorah, son regard s'attendrissant. Elle savait ce que c'était, que d'être seule face à l'adversité. Les souvenirs de l'élancement des cicatrices dans son dos, de la brûlure des coups de fouet qui avaient labourés son dos... Noorah savait ce que c'était que de souffrir au point de ne plus pouvoir penser rationnellement. Elle soupira, plongea à nouveau dans sa lecture. Le passage mentionnait des temps difficiles pour les Lycanthropes, qui devaient alors obéir aveuglément à celui qui était le Seigneur des Andains, un loup, qui força même le plus puissant des Alpha à courber l'échine. Noorah frissonna.
A coté de la magicienne, entre elle et le plateau, soigneusement pliés, des vêtements. Parthalan avait spécifié que Luvia voulait une robe, mais une robe pouvait parfois entraver les mouvements de celle qui la portait, si bien que Noorah avait eu, une petite idée, qui devrait plaire à Luvia. Celle-ci pourrait faire des essayages quand elle serait réveillée. Cela l'occuperait un peu, et Noorah pourrait en apprendre plus sur elle. Et puis, il faudrait certainement ajuster les tenues à leur porteuse. Au total, cette activité très féminine, prendrait bien une heure, voire deux, à la magicienne. En suite, et bien, elle aviserait selon ce que voudrait Luvia. Mais tôt ou tard, elle devrait sortir de la chambre. Parthalan avait mentionné Cùan, et tous deux étaient vites arrivés à la conclusion que Luvia pourrait sans doute visiter le temple... Ou bien parler à une prêtresse, et comme Helmet Hall, en avait une sous la main... Mais Noorah craignait que Luvia n'essaye de croquer Nimue, qui était une chouette. Un oiseau, certes prédateur, mais qui logiquement, ne fricotait pas avec des loups. Sentant la louve s'éveiller, la magicienne referma son livre, dans un claquement sec, qui souleva un peu de poussière.

-Bien dormi ?

Noorah afficha un sourire resplendissant, illuminant son visage sculptural, adoucissant ses traits. A travers ce sourire et son regard clair, il était facile de voir qu'elle était joyeuse, sans doute enthousiaste. Enthousiasme qui se trahit par son déplacement au bord du fauteuil, se penchant vers la jeune louve.

-Je t'ai apporté de quoi manger, de la viande crue. Et des vêtements.


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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Lun 10 Déc - 23:13

Le sommeil avait vite fait d'emporter la louve éreintée par toutes ses péripéties, et elle sombra très vite. Ses rêves durent avoir traits à la chasse, car elle bougea les pattes par moment, grogna, et bougea beaucoup, jusqu'à finalement qu'elle ne se cale sur le ventre, tête vers le mur, de tel sort que ne soit visible plus que ses cheveux noirs emmêlés, alors que son visage s'enfouit dans l'oreiller, qu'elle mâchait en imaginant qu'il s'agissait d'un animal quelconque, jusqu'à ce que le goût dérangeant du tissu ne la sorte de sa torpeur.
Mais à peine émergea-t-elle qu'une voix résonna désagréablement à ses oreilles sensibles, qui se baissèrent dans l'espoir que le volume en face de même. Elle n'entendit réellement que la première question, et elle grommela en se tournant vers la source du bruit, qu'elle savait vaguement appartenir à quelqu'un qu'elle connaissait déjà.

"Je sais pas, je dormais..." Lâcha simplement la louve d'une voix rauque.

Elle regardait vers la source du bruit, Noorah, bien que ses yeux encore voilé par le sommeil dont elle venait d'être tiré ne donnait aucune vraie certitude quand à ses facultés de bel et bien distinguer quoi que ce soit. Elle s'étira, en lâchant un grognement sous l'effet de l'effort, et se redressa lentement, pour laisser apparaitre ses longs cheveux tout emmêlés par les multiples mouvements fait alors qu'elle sommeillait tranquillement. Mais cela ne la gêna pas, et ses yeux papillonnèrent un instant avant qu'elle ne se rende compte qu'il s'agissait de la femme si gentille avec elle qui était à ses côtés, et qu'elles n'étaient que toute les deux ; cependant elle ne s'inquiéta pas de l'absence de Parthalan. Pour l'instant elle se sentait bien.
Au sortir de ce si réparateur repos, la louve eut à nouveau le besoin de s'étirer, se redressant totalement pour étendre avec souplesse ses bras. Repoussant la couverture, elle joua des épaules et écarta vers l'arrière ses pattes avant ; l'on pouvait voir le haut de son corps nu, sa poitrine de jeune femme, mais aussi sa musculature, qui bien que peu imposante, était présente, tout comme ses ongles longs et un peu sale, bien plus comparable à des griffes. Son jolis visage lui se déforma pour offrir un bâillement sonore, et dévoiler l'intégralité de sa dentition, dont on retenait les incisives légèrement plus grosses et les longues canines qui faisaient bien vite oublier les quelques molaires présentent au fond de cette bouche où l'on ne voudrait pas y mettre un doigt de peur de ne plus le revoir ensuite. Avec sa tignasse qui désormais mériterait un bon coup de brosse, elle avait bel et bien l'allure d'une louve ayant pris des traits humains.
Elle tourna à nouveau ses yeux d'un bleu troublant vers Noorah, après avoir repris une posture plus neutre, assise et le dos courbe, son corps n'étant pas encore réveillé lui, encore engourdi qu'il était par le repos. Elle n'avait pas vraiment entendu les paroles de la femme qui semblait joyeuse, contrastant avec la louve à l'air grognon qui aurait bien voulu dormir encore un peu, et peut-être était-il mieux ainsi qu'elle n'entende pas parler de vêtements avant d'avoir mangé. Presque sans bruit, Luvia ferma les yeux un instant et inspira l'air ambiant, se servant de son odorat pour apprécier l'alléchant parfum de la chair encore rouge qui n'attendait qu'elle. La jeune femme salivait d'avance et son regard pétillait à présent, alors que ses pupilles parcouraient la pièce avec rapidité afin de localiser sa cible, sur un plateau à côté de Noorah.
Son corps se montra bien moins gourd à l'idée de se repaitre de bonne nourriture, et avec vivacité elle bondit hors du lit et vint chiper d'une main agile le morceau de viande, avant d'aller se rasseoir au bord du lit.

"Earthaë..." murmura-t-elle en respirant le fumet se dégageant de la pièce encore saignante.

Couverts ou non, elle avait faim et décida de se passer des leçons de Deux-pattes, mordant à pleines dents dans la chair sanguinolente. La prenant à deux mais, elle la portait à ses lèvres où elle déchiquetait des morceaux qu'elle prenait à peine le temps de mâcher, la transformant bien vite en bouillie. Elle projeta ainsi des gouttelettes rouges un peu partout, et des perles de sang se faufilèrent entre ses doigts pour couler le long de ses avant-bras, et quelques morceaux de son repas tombait malencontreusement sur ses cuisses et le sol, alors qu'elle ne cessait de mâcher et avaler ce délice, tandis que sa queue remuait de gauche et droite avec enthousiasme.
Une fois repue, elle laissa d'entre ses fines lèvres s'échapper un rot, et entrepris de se nettoyer les mains à sa manière, en se léchant les doigts ; jusqu'à ce que son regard se portant sur quelque chose que son esprit, animé par l'envie de manger, n'avait pas encore remarqué...

"Alors c'était pour ça la viande ?..." Lança-t-elle, méfiante. "Des vêtements..."

Ses oreilles se baissèrent, visiblement contrariée. Elle n'en avait pas été informé, du moins c'est ce qu'elle croyait, n'ayant pas entendu les paroles concernant cela que lui avait communiqué Noorah. Mais, cependant, elle leva les yeux au ciel et lâcha en soupirant :

"D'accord... je ferais un effort. Un gros effort." Consentit-elle à dire, en croisant les bras d'un air un peu boudeur.
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Mer 12 Déc - 22:12

Un léger froncement perturba le visage de Noorah, un léger froncement de nez, fasse aux manières de la louve. Fort heureusement, elle s'était levée, et ne mangeait pas sur le lit. Le sang était une des choses les plus difficiles à faire totalement partir. Luvia laissait même s'échapper de sa bouche, de ses mains, de petits morceaux. Un véritable gâchis, qu'aucun loup de la meute ne faisait : ils prenaient toujours le soin de nettoyer les carcasses. Luvia ne mangeait pas dans cette optique, mais dans celle de se remplir l'estomac. Noorah avait vu juste en pensant qu'elle encore faim, surtout qu'elle n'avait pas entièrement mangé le brouet avant sa sieste. Sieste qui avait duré de longues heures, la nuit tombait dehors, et la pièce était éclairé par des chandelles. Helmet Hall, vieille forteresse de granit, n'avait pas de glyphes ni de sphères de lumières dans toutes les pièces. Certains souverains avaient même carrément négligé d'en faire installer dans les parties les plus anciennes, à l'exception des bibliothèques, lorsqu'ils avaient fait construire les parties les plus récentes. Ce n'était pas le cas de cette chambre. La magicienne déposa calmement son livre, hors de portée de Luvia et d'une éventuelle attaque meurtrière de viande à moitié mâchée, ou de éclaboussures de sang. Puis, sa jeune protégée sembla remarquer les vêtements que la magicienne avait apporté. Noorah rit ouvertement devant sa réaction peu enthousiaste.

-Parthalan m'avait pourtant dit que tu voulais bien porter une robe... Même si, certaines ne sont vraiment pas faites pour les louves. Et la viande n'était pas pour ça, j'étais simplement certaine qu'en te réveillant, tu aurais à nouveau faim. Et tu n'as pas vraiment eu le temps de savourer ta viande tout à l'heure...

Les yeux clairs de la métisse se posèrent avec douceur sur la jeune louve, le visage emprunt de sérénité. Elle ne forcerait pas Luvia à s'habiller comme une vraie dame, encore moins comme une demoiselle de la cour de Helmet Hall. Elle prévoyait de privilégier le coté pratique, tout comme Eileen le faisait dans ses tenues, ou même Parthalan. En général, la cour d'Helmet Hall n'avait rien d'extravagant, avec quelques choses de coquetteries, mais la coquetterie était hors de question avec Luvia. D'autant plus qu'elle semblait incapable de se comporter correctement, du moins, en véritable deux-pattes.

-Tu n'as pas besoin de transformer, je veux dire, de passer d'humaine à louve, comme les femelles de ma meute, mais il te faudra des vêtements pratiques.

Noorah se leva, déployant gracieusement son corps, dépassant Luvia d'un peu plus de deux têtes, elle commença à faire un tri dans les vêtements qu'elle avait rapporté. Elle disposa d'un coté des tuniques qui tomberaient sur les genoux, de l'autre des robes courtes, quelques sous-vêtements - oui, en ville mieux valait éviter les incidents impliquant l'absence de culotte - et pour finir, quelques pantalons coupés courts, certains amples, d'autres moulants. Pas de chaussures, sauf si Luvia en réclamait, le pavé des villes étaient plus dangereux que le sol des landes, champs et forêts.

-J'ai essayé de trouver des vêtements qui ne te gêneront pas, et dans lesquels tu pourras te sentir bien. Tu pourras toujours les enlever quand tu seras hors de la ville, mais si non...Il n'y a que les Centaures qui peuvent se promener à demi-nu dans les citées sans rencontrer de problèmes. Et tu sais, les vêtements ou même les chaussures sont plutôt agréables pour se protéger du froid, ou de la neige. Tu n'as pas le pelage fourni des loups, juste tes longs cheveux. Moi non plus, et j'apprécie de pouvoir me couvrir. Il faut voir les vêtements comme une fourrure que tu peux enlever.

Bien que cette image, songea la magicienne, devait paraitre horrible à Luvia. Mais le principe de la transformation des thérianthropes pouvait être décrit comme cela. Et si Luvia voulait continuer à explorer le monde, elle ne survivrait pas en le parcourant nue comme un vers. Il suffirait qu'elle tombe sur quelqu'un ou une bande n'ayant pas forcément de bonnes intentions à son égard. Tout comme les mercenaires qui avaient, il y a longtemps, massacré la famille, la tribu de Noorah. Elle songea que les os des cadavres laissés dans le sable, devaient être blanchis par le soleil, nettoyé par les charognards. Elle chassa cette image de son crâne, sentant la puanteur de la mort et du sang. Elle respira, et ne sentit que la flambée, l'odeur musquée de la louve, l'odeur de son propre parfum. Le tintement de ses boucles d'oreilles, faites de disques dorés, la ramena totalement à la réalité.

-Et ne boude pas, tu verras que les Deux-pattes ne dévisageront plus lorsqu'ils te verront.


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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Sam 15 Déc - 18:09

La louve acquiesça aux paroles de la femme face à elle. La discussion qu'elle avait eu à ce sujet avec l'alpha lui revint en mémoire, maintenant que son esprit était plus clair, lui permettant de remarquer que la nuit était tombée, même si ce n'était pas quelque chose qui importait vraiment à la louve : qu'il fasse jour ou nuit lui importait assez peu, sa vie était rythmée par celle de la meute, et en son absence par ses besoins primaires.
Le concept même de transformation qu'évoqua Noorah était une chose assez étrange, que Luvia avait bien du mal à ne serais-ce qu'imaginer ; dans sa tête, il y avait d'un côté les loups, de l'autre les Deux-pattes. Quelque chose qui était à la fois les deux se révélait être une perspective qui remettait en question sa perception du monde. Et qu'était-elle, à avoir l'apparence d'une Deux-pattes, et de nombreux attributs lupins ? Elle préférait ne pas y penser.

Luvia observa en silence le déploiement des vêtements choisis dans le but de la vêtir. Longues tuniques, robes, et pièces de tissus qui n'adoucit guère son regard à leur encontre, partant sur la base qu'elle n'apprécierait aucun d'entre eux. Mais son amie n'avait pas tord en évoquant une fourrure que l'on pourrait enlever, bien que dans son esprit cela ne remplacerait jamais le pelage de ses frères et sœurs, qui se blottissait contre elle lors des froides nuits d'hiver.
Mais de tout ce que dit Noorah -que la louve écoutait avec un certain intérêt- ce fut le mot "Centaure" qui retint le plus son attention. Il lui évoquait quelque chose, et elle rapprocha sans savoir pourquoi ce mot à d'autres : étalon, jument, équidé... des termes flous qu'elle ne connaissait pas, mais elle perçut cependant une image, d'un animal qui lui était familier.
Son silence dut paraître pour une bouderie, car Noorah la taquina gentiment sur se terrain. La louve rougit, et fit une moue boudeuse, croisant les bras en râlant :

"Je boude pas..."

Puis elle rit, et se leva, afin d'inspecter les vêtements qui se présentait à elle, les prenant, les reniflant, les mélangeant au passage tout en grognant par moment. Elle les jugeait au toucher, éprouva pour certain leur solidité, avant de rester quelques instants sans bouger, une petite robe d'été d'un élégant bleu nuit, aux manches courtes et pourvu d'un léger décolleté. Elle ne sut pourquoi, mais c'était ça qu'elle voulait.
Pendant qu'elle essayait de l'enfiler, quelques questions laissés en suspens lui revinrent en tête, et, illustrant une fois de plus sa curiosité dont la réputation n'était pas à refaire, elle chercha réponse auprès de Noorah, à propos des rêves qu'elle faisait, tentant au passage de se rappeler du plus de choses possibles.

"Dis, j'ai l'impression que vous savez qui c'est, le monsieur Cerf dans mes rêves. Parfois il me dit des choses que je me rappelle plus après, et puis il rit aussi, il s'excuse des fois, et... et..."

La louve se tut, ses rêves se dissipant bien vite, comme de l'eau coulant entre ses doigts, ou le tissu qui glissait sur sa peau. La robe lui descendait jusqu'au genoux environ, et il lui semblait qu'elle était un petit peu grande pour elle, mais cela lui convenait. Elle bougea les bras, le bassin, puis elle se mit rapidement à quatre pattes, comme prête à bondir ; son habit n'était pas trop près du corps pour la freiner, et pas trop ample pour la gêner. Le tissu était doux sur sa peau, et une sensation ancienne et oubliée se fraya un chemin dans son esprit, faisant briller son regard comme si elle venait d'apercevoir un vieil ami que le temps avait séparé d'elle. Son regard se reporta sur Noorah, à qui elle offrit son plus beau sourire, et sa queue se balança joyeusement dans son dos, faisant se soulever légèrement la jupe, qui s'arrêta juste avant de trop en dévoiler, fort heureusement. Elle avait un quelque chose d'enfantin, et la robe lui allait à merveille, s'accordant au bleu de ses yeux.

"J'aime bien !" Clama-t-elle d'une voix enjouée.
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Mar 18 Déc - 22:33

La magicienne rit de bon cœur avec Luvia, la laissant examiner les vêtements qu'elle avait apporté avec elle. Elle avait autant varié les matières, que les tissus, et surtout, elle laissait le choix à Luvia, c'était elle qui devait choisir. Elle resta donc en retrait, présence soudainement très discrète, pour laisser à Luvia, tout le degrès d'intimité qu'il lui fallait. Si tant est, que Luvia est la moindre conscience de ce que intimité voulait dire, vu qu'elle ne connaissait pas vraiment la pudeur, et qu'elle devait être du genre à soulever des jupes pour regarder dessous. Noorah toussota, masquant son sourire à la pensée de la louve soulevant les jupes de ses dames, derrière sa main. Son sourire se figea quand Luvia mentionna quelqu'un qui lui était familier, et qui était familier à bien des peuples. Elle se raidit, réfléchissant soudainement, à ce que la présence d'un Dieu dans les rêves de Luvia pouvait bien vouloir dire. La réponse était à portée de main, puisque Helmet Hall hébergeait une jeune prêtresse de Cùan. Noorah allait répondre, quand Luvia fit finalement son choix, optant pour une robe, qui mettait en valeur la pâleur de sa peau, et ses mollets. Luvia tourna comme une enfant, faisant virevolter ses jupes, et le sourire éclatant de Noorah revint, alors qu'elle était soulagée que la jeune louve ait trouvé quelque chose à mettre.

-Je savais bien que quelque chose finirait par te plaire ! Elle te va très bien ! Tu es très mignonne avec. Un bon coup de peigne, et tu pourras te promener dans les couloirs. s'exclama la magicienne avant de reprendre plus doucement, et tu peux peut être choisir une autre tenue. La robe est très jolie, mais si tu dois courir, ou grimper, tu pourrais l'abîmer. En plus, au moindre mouvement de ta queue... On verra quand même tes fesses. Et je crois que c'est un peu tôt pour te faire porter du petit linge...

Un doigt fin désigna la petite pile de sous-vêtements, sobres, et dont l'arrière était fait pour ne pas gêner une éventuelle queue. Ce genre de petit linge était courant, puisque Kitsune, Neko, et autres peuples pourvus d'un appendice semblable à la queue de Luvia, les portaient. Tout comme les Aériaux adaptaient leurs vêtements à leurs ailes.

-Quand on voyage, il est généralement plaisant de porter ce genre de chose.

Noorah déplia un pantalon de cuir souple, doux, percé d'un trou pour pouvoir y passer une queue. Puis elle lui montra une tunique à bretelle, le tissus était coloré, brodé de quelques motifs.

-Et puis avec ça, quand il fera froid, tu pourras toujours porter un manteau, ou une cape. La meute de Parthalan aime beaucoup porter des capes faites avec les peaux des animaux qu'ils ont chassé. Ils font des bottes avec également, c'est très pratique pour ne pas se mouiller les pieds quand il pleut, ou dans la neige. Je te laisse choisir. A l'intérieur, tu pourras toujours porter la robe.

Noorah écarta Cùan de la conversation, il serait toujours temps d'y revenir. De plus, Luvia n'avait pas une très grande concentration, si bien, qu'elle doutait qu'elle puisse suivre deux idées à la fois, dans une conversation. Les loups allaient à l'essentiel lorsqu'ils communiquaient, ce n'était pas toujours le cas des deux pattes. Luvia pensait comme une Louve, et lorsque cela devenait trop compliqué, elle se braquait, et paniquait. Elle venait de faire un progrès énorme, et Noorah ne voulait pas tout gâcher. Elle aurait tout le temps de remettre Cùan sur le tapis. Et elle savait que si elle ne le faisait pas, Luvia le ferait.


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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Jeu 27 Déc - 23:30

Peigne ? Ce mot, la louve ne le connaissait pas, du moins à l'origine, mais à l'entendre, elle visualisa très bien l'objet en question, et darda d'un regard dangereux Noorah, signifiant clairement que l'on ne touchait pas à ses cheveux. Pour s'illustrer, elle secoua vivement sa tignasse, et passa ses doigts dedans afin de la remettre en place. Une fois fait, elle souffla tout de même pour écarter une mèche rebelle, et se concentra ensuite sur ce que disait la femme qui lui faisait face.
Luvia était contente l'air de rien, avec sa petite robe, et se sentit un peu rougir aux mots de Noorah, sensation un peu étrange qui l'étreignait subitement. Elle réussit même à tenir sa langue, faisant montre de sa curiosité naturelle en observant et écoutant attentivement la grande femme qui lui montrait du tissus et lui donnait des conseils. Mais elle ne put s'empêcher de réagir assez vivement sur ce qui conclus l'exposé de son amie, affichant une grimace de dégoût.

"Non, je ne veux pas porter la peau d'une de mes proies. Un animal donne sa vie pour nous nourrir, sa peau, son être, doit revenir à la forêt. C'est une question... de... euh... je sais plus le mot... Oh et puis ça..." Commença-t-elle en désignant les sous-vêtements, "j'aime pas trop... ça me gêne pour..."

Inconsciemment à nouveau, elle montra grâce à son esprit une image, et précisément... d'elle en train d'uriner, à la façon des loups. Elle n'avait pas de terme en la langue des Deux-pattes pour exprimer en un seul mot la fonction d'uriner et de marquer son territoire ; elle usa alors du seul langage qu'elle connaissait pour le dire, une fois encore sans s'apercevoir vraiment de ce qu'elle faisait, et reprenant sa phrase sans avoir même comprendre qu'elle "parlait" avec son esprit. C'était tellement naturel chez elle, que sa conscience de la chose était étonnamment limitée, alternant les deux sortes de communication sans pleinement les dissocier sur l'instant, même si elle savait la différence entre communiquer avec un loup et utiliser sa bouche pour faire des mots. Aussi reprit-elle le plus normalement du monde :

"... mais je ferais des efforts, puisqu'il le faut. Je verrais après pour d'autres vêtements, promis."

Elle avait soudain un air bien plus sage, et calme, s'efforçant de se tenir comme Dwin le lui avait, tant bien que mal, appris, même si bien des choses restaient assez obscur dans son esprit. Comme ne pas renifler les gens, par exemple, alors que son odorat, très développé, pouvait bien souvent en dire très long sur les personnes qu'elle côtoyait, bien que nombres de nouvelles odeurs la déboussolait totalement. Sa queue, battant l'air frénétiquement pour accompagner le sourire qu'elle arborait fièrement, s'appliquait même à ne pas trop relever la jupe, même si on sentait bien que trop d'enthousiasme risquerait de ravir la gente masculine, si tant est que de ses représentants puissent être présent, dans l'éventualité que cela arriverait. Mais la louve n'y pensait pas, et elle qui craignait de sortir, avait maintenant la folle envie de le faire, d'accompagner Noorah et de voir plein de nouvelles choses, poser pleins de questions, toucher à tout... ce qu'elle faisait d'habitude en fait.
Elle se dirigea alors vers la porte avec entrain, et avant de songer à l'ouvrir, se tourna vers son amie, et lui demanda avec un sourire radieux :

"On peut sortir ? J'ai envie de voir ce que vous faites dedans vos pierres ! Et puis j'ai faim aussi, et soif. Je voudrais bien de les légumes, avec du jus rouge sucré qu'est bon, même si ça fait tourner la tête. Pourquoi faire quelque chose qui fait bizarre dedans la tête ? Faut dire que c'était bon, mais faut pas trop en boire, sinon y a tout qui bouge dedans et dehors la tête. Et on vomit."
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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Lun 21 Jan - 22:24

-Tu as faim ? s'étonna Noorah, tu viens tout juste de manger...

La louve venait à peine de manger, les restes de son repas étaient même encore présent dans la pièce, des petits morceaux de viandes tombés sur le draps, par terre. Noorah eut d'ailleurs un léger froncement de sourcils, et nota de ne plus faire manger Luvia dans la chambre. Noorah ne nettoyait pas elle même les chambres, mais les jeunes femmes et jeunes hommes qui s'en chargeaient, n'avait pas besoin de travail supplémentaire. Elle devrait demander à quelqu'un de changer les draps, et de trouver une autre chambre à la jeune servante qui avait du la laisser à Luvia. Ou bien placer Luvia plus près de ses propres appartements. Parthalan avait l'intention de lui apprendre à se mouvoir et survivre dans le monde des deux pattes, autrement plus dur et cruel que celui de la nature. Et la jeune Bettany serait sans doute heureuse de retrouver sa chambre.
L’intendante récupéra son livre et le plateau qu'elle avait apporté avec elle.

-Très bien, allons chercher à manger, et rapporter ceci, Noorah désigna le plateau en le levant légèrement, aux cuisines. Tu ne devras rien toucher sans ma permission, cela peut être dangereux, et risquerait de ne pas plaire aux gens des cuisines. Il y aura probablement d'autres Loups, comme Parthalan. Pas des dominants, mais deux loups deux-pattes, tu es sûr que tu pourras le supporter ?

Noorah posa son regard clair, mais inquisiteur sur Luvia. La jeune louve passait d'un état abattu à un enthousiasme débordant en un clin d'oeil. Elle était plus un louveteau qu'une véritable louve dans son comportement. Un louveteau craintif et apeuré. Si elle avait faim, cela n'arrangerait rien. La magie avait du l'épuiser et la vider de son énergie, et cela expliquait probablement la faim que Luvia ressentait, son corps avait besoin de manger. Elle était plutôt jolie dans sa robe, et visiblement, s'était tout ce qu'elle voulait porter pour l'instant. Noorah avait failli rire quand elle lui avait dit ne pas pouvoir uriner avec les sous-vêtements, alors qu'il suffisait simplement de les ôter, ou de les baisser. Luvia semblait capable de comprendre, mais... Lui expliquer était fastidieux, prenait beaucoup de temps, et le résultat n'était jamais certain. Elle écoutait, disait avoir compris, mais ce n'était pas le cas. Comme si elle se refusait à faire l'effort de comprendre, alors que Noorah ne la jugeait pas stupide à ce point. Elle promettait de faire des efforts, et elle avait aussi promis avant d'entrer à Helmet Hall, d'être tranquille. Cela s'était passé autrement. Noorah pensait que Parthalan ou Eileen devrait se charger d'éduquer la jeune louve au monde des deux pattes, sans cela, elle ne retiendrait rien.

-Derrière cette porte, continua-t-elle, il y a des loups deux pattes. Je ne pourrais pas répondre de toi si tu te montres hostile envers eux, et cette fois, notre dominant ne pourra peut être pas se montrer aussi gentil.

Noorah était sérieuse. Elle ne voulait pas briser la gaieté de Luvia, mais elle devait être certaine qu'il n'y aurait pas d'autre incident de la sorte. Certaine que Luvia savait où elle mettait les pieds. Elle n'était pas Lycanthrope, ne faisait pas partie de la meute, et n'était pas sous le contrôle de Parthalan via la magie de la meute, comme chaque loup Fearghas.


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MessageSujet: Re: Une collation devant les cuisines.   Mer 6 Fév - 15:08

Face à la question de Noorah, la louve hocha la tête avec un sourire rayonnant. Toutes ses péripéties l'avaient vidés de son énergie, elle s'était retrouvé faible, et avait retrouvé de sa vigueur en dévorant sauvagement la viande qui lui était offerte ; mais elle avait d'autres besoins, après tout, les loups ne mangeaient pas que de la viande, et même si Luvia avait fait le plein d'énergie, elle avait aussi besoin de se nourrir, de bien faire marcher son corps, pour éviter qu'il ne défaille. C'est ainsi qu'elle survécut si longtemps en pleine nature, avec un corps qui pourrait sembler frêle, et peu adapté à la survie dans ces milieux ; les sens de loups ne faisaient pas tout, sa faculté à s'adapter, et la présence de la meute, furent des atouts non-négligeables.
Entendant très clairement les instructions de son amie, la jeune femme abandonna un moment son allégresse, affichant une froide détermination dans le regard, et un visage neutre ne trahissant nul expression, et d'un hochement signifia son assentiment, alors qu'elle assimilait posément ce qu'on lui demandait. Elle n'avait pas pensé une seule seconde en pénétrant dans la demeure de pierres que des choses pourraient ainsi la faire basculer, rappelant avec fracas son instinct lupin, sans aucun discernement, la tête encore toute retournée par les merveilles de la ville.
Mais à présent l'on pouvait voir la louve, fière et droite, se tenir derrière ce visage de jeune femme, qui comprenait et se contrôlait, mêlant avec une certaine complicité l'animal sauvage rompu à une certaine discipline lié à la meute, et la jeune femme curieuse qui ne cherchait qu'à voir de nouvelles choses et apprendre à connaître ce monde qui semblait faire tant bien que mal partie d'elle-même.

Faisant de nouveaux oui de la tête, elle avait bel et bien saisi que son instinct devait être muselé, malgré le degré de danger qu'il lui indiquait. "Ils sont comme Parthalan" se dit-elle intérieurement, sachant aussi, au fond d'elle, qu'elle n'avait pas ressenti la même sensation de malaise avec lui que parce que le loup en elle, et tout son être d'ailleurs, était irrémédiablement soumis à lui, à ce mâle qu'elle ne pouvait que reconnaitre comme étant un dominant, et elle, une louve, sans même qu'il eut besoin de le dire. Les choses étaient ainsi faites, loup ou loup-deux-pattes, Luvia devait obéir. C'est la seule discipline qu'elle ait jamais connu, et elle s'y plierait sans doute toujours.
Sauf qu'elle voulait découvrir ce nouveau monde inconnu, qui semblait l'appeler. Et quelque part, cet homme aux bois de cerf, ce dénommé Couenne ; elle savait que ce n'était pas exactement son nom, mais elle n'arrivait pas à le prononcer correctement, alors son esprit corrigeait avec un mot proche, pour combler le "vide". En plus d'une dénomination approximative, elle n'avait que très peu idée de qui il était, ce qu'il était, où il se trouvait... autant de question qui pouvait la faire grimacer de douleur à force de réfléchir. Ce qu'elle ne fit pas, autant grimacer que réfléchir.

"Je ferais attention. Je savais pas et ça m'a fait peur, comme avec la chatte qui n'en était pas une. Mais maintenant je sais, alors je ferais tout bien, et si ça va pas je te dis."

Ses yeux papillonnèrent un instant, et ses yeux d'un bleu profond abandonnèrent leur expression aussi glaciale et inflexible que l'acier, pour arborer la joie de vivre et la chaleur qu'elle avait juste avant, comme s'il ne s'était rien passé. Après tout, son instinct animal et sa curiosité enfantine cohabitait si intimement, et faisait partie finalement que d'un seul être, que passer de l'un à l'autre était parfaitement naturel pour elle, s'adaptant avec brio sans s'en rendre vraiment compte à toutes les situations. Ou presque. Et malheureusement pour Noorah, elle devrait supporter à présent le tempérament si curieux qui caractérisait la louve...

"On va faire quoi après manger ? Tu vas me montrer des choses ? Ou non non mieux ! Tu vas m'apprendre des choses. Des choses de Deux-pattes, comme... euh... comme... préparer le manger ! Oh oh et je pourra voir comment qu'on fait le largent ? Y en a tout plein partout dans les poches des gens mais j'en ai jamais vu dedans la nature, vous faites ça comment ?"

Elle finit cependant par s'arrêter sur une question, regardant son amie avec intérêt, ses oreilles se redressant un peu, montrant de sa part un vif intérêt.
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Une collation devant les cuisines.

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