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 Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.

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MessageSujet: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Lun 28 Mai - 23:51

Sliabh et Rhaego laissaient à Tylia et Servahn, toute l'après-midi pour se familiariser avec les lieux. Évidemment, sans guide, si Tylia voulait visiter le sanctuaire tout entier, la haute prêtresse n'était pas certaine que la jeune elfe parviennent à s'y retrouver dans le dédale d'escaliers et passerelles. En revanche, pour faire le tour et explorer le temple de Ceallach, où ils allaient séjourner, une après-midi suffisait amplement, sans compter qu'elle aimerait peut être profiter des salles d'eau, ou d'un peu de temps pour elle même. Sliabh quand à elle, ne pouvait pas échapper à ses devoirs, sous prétexte d'une nouvelle novice au sein du temple. Brynjar l'attendait déjà en bas des marches, les poings sur les hanches.

-Déjà revenu des cuisines ? Eh ben, vous faites toujours aussi vite. Je sais je sais, je traîne, et le temple ne se gèrera pas tout seul. Faites prévenir Svana et Diarmuid qu'ils ont une nouvelle colocataire dans leur chambre.

-Svana est déjà prévenue, Diarmuid le sera quand il rentrera de Dangweth ce soir.

-Parfait. La suite du programme ?

-Le temple de Skeljiren demande qu'on leur envoie quelques uns de nos prêtres, deux des leurs sont morts en essayant d'abattre un groupe de jeunes vampires sans chaperon. Ils ont attaqué des pèlerins paraît-il.

-Je crois savoir que Ring'hys et Cordelia sont libres, ils viennent de rentrer. Laissons leur un jour de repos, et envoyez-les.

-Et il me semble que Toj est quelque part en Esgaleithel, il pourra se joindre à elles.

-Parfait. Faisons ça.

Sliabh s'éloigna en devisant avec Brynjar, saluant un rang de novices qui sortaient pour aller chasser avec les novices de Cùan dans la forêt d'Iricht. Les prises seraient rapportées au temple, et finiraient aux cuisines avant la fin de la journée. Nourrir le sanctuaire ne devait pas être une tâche aisée. Sliabh n'enviait pas ceux qui devaient cuisiner des journées entières pour remplir les ventres de tout ce petit monde. Elle se dirigea vers le bâtiment principal, creusé à même le géant gris, abritant le temple en lui même, ainsi que son office.

Svana Wurqoma était au sanctuaire depuis trois ans. A peine âgée de vingt ans, elle avait déjà connu les combats dans l'arène, pendant cinq ans, avant d’atterrir ici. Elle avait commencé les combats à treize ans, vendu à douze à l'arène, et jetée dans celle-ci, devant une foule déchainée, après un an d'entrainement intensif et rude à l'épée. Elle avait gagné, au bout de cinq ans, sa liberté. Non sans avoir du faire quelques sacrifices. Son arrivée au sanctuaire d'Or Blanc n'était pas à un hasard, ni même une voie toute tracée, comme pour Diarmuid, le futur prêtre qui partageait sa chambre, qui avait suivi la voie empruntée par un de ses cinq frères. Sans compter qu'il n'avait jamais manqué de rien, Diarmuid Silves était un des frères cadets de Henri Silves, seigneur de Dangweth, vassal de Celebalda et ami intime du prince Lyuden. Svana avait eu du mal à s'habituer à Diarmuid, beau parleur, franchement agaçant parfois, un brin arrogant, toujours sûr de lui. Ca s'était même terminé en duel dans la cour. Après ça, elle avait alors su qu'il était aussi sérieux qu'elle quand à l'apprentissage de Ceallach. Elle s'était mieux entendu avec lui à partir de cet instant, après avoir fait passer à travers l'épée, tout ce qu'elle avait à lui dire. Ce qui ne l'a pas empêcher de l'envoyer bouler, quand il avait proposé de se réconcilier à la manière de Lyuben, le dieu de l'Amour, et de la sexualité. Svana lui avait alors coller son poing dans la figure, abîmant la jolie gueule de son camarade de chambre. Et voila que ce matin, en plein entrainement, on lui avait annoncé qu'en plus de Diarmuid, une autre fille partagerait leur chambre. Et que cette fille, était comme Sliabh, avec un dragon. Partagée entre le mécontentement à l'idée de devoir changer ses habitudes, d'avoir un intru, des intrus, dans l'intimité qu'elle partageait avec Diarmuid, parti à Dangweth salué le prince héritier et voir sa famille, et qui ne revenait pas avant ce soir, Svana avait pesté jusqu'à ce que l'heure de manger sonne.
Elle avait savourer la viande grillée, les légumes frais, et la tarte aux fraises des bois, qui avait fait l'unanimité parmi ses confrères et consœurs. Elle avait quartier libre avant les enseignements théoriques, et une douche ne lui ferait pas de mal. Elle devait passer prendre un change, avant d'aller se prélasser dans une des cuves d'eau du temple.
Atteignant la chambre, elle ouvrit la porte, et tomba nez à nez avec une elfe.

-Vous devez être Tylia et Servahn ?

Svana constata qu'elle faisait la même taille. Comme elle, Tylia était blonde. Là s'arrêtait leur ressemblance. Svana était svelte, finement musclée. Un visage rond et fin, deux yeux violet, et une petite bouche, faisait que Svana, malgré un ou deux bleus, et une coupure à la lèvre inférieur, était plutôt mignonne. Ses cheveux blonds étaient coupés courts, au dessus de ses épaules, à l'exception d'une mèche tressée plus longue. Sa peau était bronzée par le soleil, d'un joli doré, agrémentée de quelques cicatrices plus ou moins récentes. Elle dévisagea l'elfe, avant de refermer la porte.

-Je m'appelle Svana. J'occupe le lit contre la fenêtre. Je partage la chambre avec Diarmuid, qui revient ce soir, et donc avec toi, depuis aujourd'hui. Je suis ici depuis trois ans, mais si jamais tu as des questions un peu poussée, faudra demander à Diarmuid. Il est là depuis six ans lui.
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Tylia
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Lun 9 Juil - 21:02

"Tu crois que papa et maman sont à notre recherche ?"

La jeune Elfe était toujours étendue sur le lit qui lui avait semblé être le sien, et était resté un moment sans bouger, l'esprit vide, son compagnon en faisant de même, lové sur son ventre tel un gros chat à l'exception du fait que Servahn était au sens propre sur Tylia. Elle avait lâché quelques mots à voix haute, et si ça n'avait pas été réellement nécessaire au vu de leur lieu, cela avait le don de faire un peu plus réagir le Dragon en indiquant le sérieux de la question.

*Tu les connais aussi bien que moi, ton père doit avoir retourné chaque feuille et chaque caillou dans l'espoir de te retrouver.*

"C'est ce qui m'inquiète..." Elle soupira. "Ais-je vraiment pris la bonne décision ?"

*Tu aurais préféré rester à la maison, telle une prisonnière ?...* Il lui laissa le temps de répondre, ce qu'elle ne fit pas, avant de continuer. *Même si ça leur fait de la peine tu reviendras vers eux, plus forte que jamais, et ils verront que tu n'es pas la petite chose faible qu'ils pensent voir en toi.*

"Sans doute. Mais ils avaient raison sur un point."

*Lequel ?*

"Tu m'as poussé à faire une bêtise, pour la bonne cause, mais tout de même..."

Les deux compères rirent, et le Dragon glissa sur la poitrine de l'Elfe afin de gagner son cou et s'y rouler en boule pour dormir.

Tylia finit par s'étirer, et se décider à bouger un peu. De mémoire elle n'avait pas pris le temps de se laver depuis son départ de chez elle, et ses quelques moments passés en pleine nature lui donnait l'envie de prendre un bain, même si elle n'était guère gênée par la crasse, son père l'ayant toute jeune habituée à passer des semaines en pleine nature sans avoir le loisir de se nettoyer. Elle se leva, approcha de la porte mais au moment ou elle approchait la main de la poignée, cette dernière s'agita et la jeune femme s'écarta pour laisser entrer quelqu'un.
C'était une autre fille, de son âge, mais qui était pourtant bien différente d'elle. Elle avait une carrure plus athlétique, semblait bien plus assuré et adulte que la jeune chasseresse qui manquait autant d'expérience que de confiance, à en juger par les joues rougissante de cette dernière quand elle croisa le regard de la jeune femme, qui déduisit bien vite leur identité avant de se présenter et de les enjoindre à lui poser des questions. Tylia s'inclina respectueusement, et commença à la saluer :

"Enchantée de vous rencontrer, j'espère que-"

*On va vraiment devoir cohabiter avec Ça ?* Coupa Servahn avec une voix agacé.

Le Dragon ouvrit ensuite grand la gueule, signifiant qu'il baillait, avant de se lover à nouveau pour dormir, et laissant la jeune Elfe un brin crispée, un léger rire nerveux suivant le commentaire des plus déplacé de son compagnon. La jeune femme face à elle avait un charme certain mais dégageait aussi une impression de force que l'on peut attendre chez un aspirant prêtre du Dieu des combats, ainsi que des marques témoignant d'une certaine expérience du combat. Tylia ne sut empêcher un léger pas en arrière, tout comme sa gêne des plus flagrante, et face à cela fit part en aparté de son ressenti quand au commentaire de son ami cutané.

*Pourquoi tu as dis ça ?!*

*J'la sens pas. Et tu me connais...*

*Tu n'aurais pas pu te retenir pour une fois ?!*

*Hum... nan.* Trancha le Dragon.

"J-je suis v-vraiment navrée, m-mon compagnon n'est pas des p-plus agréables mais il peut se montrer t-très gentil quand on le connait mieux... et c'est pas comme si j'avais le choix..." Bégaya-t-elle, visiblement très mal à l'aise.

Curieux, Servahn ouvrit tout de même l'une de ses paupières afin d'observer la réaction de la demoiselle, posant dès lors son iris rouge sur elle de façon hautaine, comme savent si bien le faire les Dragons, et laissant Tylia regarder ses sandales en se frottant nerveusement le bras.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Mer 25 Juil - 22:58

Svana eut un rictus que les trois quart des épéistes de l'Arène prenait, après avoir été entrainés et supervisés pendant plusieurs années, par Zaraki, le chef du district des épéistes. Ce rictus, comme bien d'autres, les épéistes le prenaient parce qu'ils adoptaient tous plus ou moins certaines marques physiques ou mentales de leur chef de district, ou de l'un de leurs maîtres. Le rictus en question était un infime sourire en coin, tandis que les grands yeux violets de Svana transmettait une certaine agressivité.

-Tiens donc, un vers qui parle ?

L'aspirante prêtresse éclata d'un rire aussi sauvage que bref. Elle avait sans doute été un peu abrupte dans sa façon d'entrer et de s'annoncer. En même temps, l'arrivée d'une fille semblable à Sliabh, avec un dragon dans le corps, eh bien, ça faisait un évènement qui avait vite fait d'être connu dans tout le sanctuaire en moins d'une heure. Sans doute était-elle également frustrée de devoir passer une nouvelle fois par une période d'adaptation, mais globalement, Tylia et Servahn pourraient vaquer à leurs occupations, et Svana aux siennes sans qu'ils se marchent dessus.

-Bah, on m'avait prévenue pour le sale caractère de ton dragon. Ne t'en fais pas, le Sanctuaire est plein de gens qui ont aussi le caractère d'un ours qu'on vient de déranger en plein hibernation. Et pour répondre à ta question dragon, oui tu vas devoir cohabiter avec ça. Autant te rassurer tout de suite, il est fort probable que nous ne nous voyions pas tant que ça. Les novices n'ont pas les mêmes horaires que les aspirants.

La disciple de Ceallach avait entre temps, traversé l'espace jusqu'à son lit. S'accroupissant souplement, elle releva les draps, et tira la caisse de bois renfermant ses vêtements dissimulée sous le lit. Elle était fermée à double tours, à cause de Diarmuid et de certains de ses passe-temps un peu pervers. Svana en tira de quoi se changer, une longue tunique bleu-vert de Ceallach, à manches courtes, au col ouvert, un vieux pantalon brun usé, qu'elle avait coupé jusqu'à mi-cuisse.

-Si tu veux un cadenas pour tes affaires, il faut que tu demandes en bas, dans le bureau ou sont gérés les chambres, lança Svana en agitant son propre cadenas avant de le refermer, Diarmuid a de salles habitudes avec certains vêtements féminins... Mais en cas de problèmes, il suffit de le cogner.

La jeune femme se releva, attrapa ses affaires, et pris l'épaisse serviette prune pliée sur son lit, ainsi qu'un petit baquet en bois, contenant de quoi se récurer. Sa matinée d'entrainement l'avait couverte de poussières et de sueur, et bien qu'elle ait vécu à la dure depuis ses douze ans, Svana, comme beaucoup de gladiateurs de l'Arène, accordaient une grande place à l'hygiène. Un principe qui évitait bien des désagréments.

-On vous a fait visiter le temple ? Je sais que vous êtes arrivés ce matin - enfin ça tout le Sanctuaire le sait- mais parfois Sliabh a tendance à passer sur des choses élémentaires, comme où se trouvent les douches, ou le réfectoire. Ou pire, où se déroule les entrainements...

Svana jeta un regard critique au coin de la chambre qui était désormais à Tylia et Servahn. Il ne lui fallut par longtemps pour constater qu'elle n'avait pas beaucoup de possessions, comme elle lorsqu'elle était arrivée ici.

-Si j'étais vous, je descendrais voir Ilkera en bas, à l'entrée. Il te donnera des affaires de toilettes et de quoi te changer, continua-t-elle en s'adressant plutôt à Tylia qu'au dragon, si tu as faim, les cuisines sont toujours ouvertes.
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Tylia
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Dim 14 Oct - 14:55

La dénommée Svana ne prit pas ombrage du commentaire de Servahn, ne prenant qu'à peine le soin de lui répondre, ce qui l'agaça au plus haut point, le confortant dans l'idée que cette blondasse ne lui plaisait pas. Il se corrigea cependant, se souvenant que ça compagne de lien était elle aussi blonde ; mais plus sexy ajouta-t-il pour lui-même. Heureusement pour lui, Tylia n'écoutait pas, mais était attentive à ce que disait Svana, sa compagne de chambre, qui paraissait être une jeune femme bien plus assurée qu'elle, qui n'était il n'y pas si longtemps encore comme une enfant confiné dans une prison doré, comme les princesses des contes. Sauf qu'aucun prince charmant ne serait venu à elle, et qu'elle préférait de loin arpenter les sentiers des forêts et débusquer une proie que choisir sa garde-robe ou se peigner les cheveux.
Mais elle était une jeune femme un peu sensible, et si l'idée de cohabiter avec quelqu'un l'intimidait un peu, qu'il y ait aussi un homme lui fit monter le rouge aux joues et lui fit perdre tout ses moyens. Elle n'aimait pas vraiment la gente masculine, à cause de ceux qui s'étaient pris à elle à cause de sa "différence". Bien sûr, il y avait son père, et aussi Sirgris, certains lui inspiraient confiance, mais elle avait tout de même peur. Surtout après ce qu'elle lui dit à propos de ce Diarmuid, ainsi que les conseils prodigués pour ne pas être gêné par ses manies à propos des vêtements féminins.

"Le... cogner ?... C-ce ne seras p-pas nécessaire je... je n'ai rien d'autre que ce que je porte... mon départ n'a pas été vraiment préparé ou prévu... venir ici non plus..."

Servahn se tint à carreaux pour une fois, lové au-dessus de la poitrine, les yeux fermés, il semblait dormir même s'il restait attentif à tout ce qui se passait alentours, jouant son rôle de protecteur même s'il ne donnait pas l'air d'être sérieux avec quoi que ce soit. Svana lui donna quelques conseils sur ce qu'elle pourrait ou devrait faire. Demander du linge, aller manger. Elle devrait faire tout ça oui. Rencontrer de nouveaux inconnus, des gens qui exprimeraient sans doute cette curiosité qu'elle avait subi une bonne partie de sa vie à cause de Servahn, et encore plus ici à cause de l'écho qu'il y avait avec Sliabh. Cela l'effrayait un peu. Ses poings se serrèrent, et la jeune Elfe tenta de se calmer un peu.
Elle déglutit, se sentant un peu mal. La culpabilité d'avoir fugué. Servahn émit un léger grognement, pour signifier son agacement. Ce qui était fait, était fait, et à moins de revenir à la maison la queue entre les jambes, elle ferait mieux de continuer, d'avancer, la tête haute, confiante... bref, tout ce que Tylia n'était pas.

"Manger me ferait du bien oui..."

Légèrement chancelante, la jeune Elfe se sentait un peu déboussolée, ne sachant pas vraiment comment faire. Elle avait beau être forte, ou vouloir l'être, son inexpérience la rattrapait, et une certaine crainte face à tant de nouveauté, d'inconnu, de chamboulements trop soudain. Tylia se sentait la tête tourner, et s'assit sur son lit en soupirant, ouvrant les paumes elle regarda ses mains. La jeune chasseresse se souvint des parties de chasses avec son père, mais aussi de sa mère réprimandant son père pour les risques que leur fille prenait. La liberté, la nature, c'était son élément. Mais elle ignorait tant de choses... elle savait juste chasser, pas survivre. Ici, elle apprendrait, mais quelque chose semblait la retenir. Avec un soupir elle lâcha, simplement :

"Je doute être prête pour tout ça..."

*Vous inquiétez pas, ça va lui passer.* Assura Servahn à leur compagne de chambrée, sans même bouger ou ouvrir les yeux.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Dim 14 Oct - 16:52

-Ben oui, le cogner. Une gifle suffira, mais s'il t'énerve vraiment, tu peux toujours lui coller ton poing dans la figure. Ou dans le ventre. En général, ça le calme pour un moment. Et t'en fais pas, c'est pas ça qui lui fera vraiment mal. Quand on est en passe d'être ordonné prêtre de Ceallach, on sait encaisser les coups de puis longtemps. Mais ça n'arrivera pas peut être pas, vu que tu as un chien de garde à écailles sur la peau. Par contre, si tu comptais garder tes fringues, t'es mal barrée, au bout d'une journée, avec les entrainement, ils seront bons à la laver. Et à moins que tu n'aimes te promener nue...Enfin tu fais ce que tu veux hein. On se retrouve plus tard, j'ai vraiment besoin de me lav...

Le sourire sincère qu'affichait Svana, bien qu'elle ait taquiné l'elfe, s'estompa, alors que Tylia semblait avoir une phase de découragement. L'aspirante fit la moue, et roula des yeux en entendant le dragon. Bonjour le réconfort. Elle se demanda s'il lui arrivait d'être gentil, ne serait-ce qu'avec celle qui le portait, où s'il la rabaissait constamment, parce qu'il devait la considérer comme une faible femelle. Svana grimaça.

-Personne n'est jamais véritablement prêt. Mais si tu es venue ici, c'est pour apprendre. Et puis, si les enseignements de Ceallach ne te conviennent pas, il y a d'autres sanctuaires. Vu ta dégaine, tu aurais pu entrer chez Cùan.. Quoi que, c'est toujours bon de suivre plusieurs enseignements. Apprendre à chasser, à survivre en forêt, vu l'endroit, c'est plus que du sens pratique. Et si ça va pas, tu peux toujours me parler, ou parler à Diarmuid, ou Sliabh. Ou à n'importe qui ici.

Svana tapota l'épaule de Tylia, en espérant qu'elle n'allait pas s'évanouir, parce qu'elle avait l'air très pâle. Non pas que Svana ne sache pas quoi faire en cas d'évanouissement, mais ça dénoterait que Tylia aurait un sacré chemin à faire, si elle s'évanouissait pour pas grand chose. Comment réagirait-elle quand, sous pression, elle devrait se battre en mêlée contre les autres novices ? L'aspirante prêtresse se racla la gorge, et fit l'effort de sourire.

-T'en fais pas, personne ne mord ici. Enfin... Normalement. Et tu ferais bien d'aller manger quelque chose, tu es toute pâle. Ça ira pour trouver le réfectoire ? Ou tu veux que je t'accompagne ? Mon récurage peut encore attendre un peu...
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Tylia
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Jeu 18 Oct - 11:11

Réconfort. C'est ainsi que ce nommait la sensation qui envahit Tylia, lorsque que Svana essaya de lui remonter le moral. Elle avait besoin de soutien quelque part, d'être sûre de ce qu'elle faisait. Bien sûr, il y avait Servahn, mais son protecteur n'était pas tangible, et la poussait plus à agir plutôt qu'à lui apporter son soutien, même si dans le fond, il le faisait, mais à sa manière. Une manière qui poussait la jeune Elfe à se surpasser, à agir, mais qui ne l'aidait pas à se sentir mieux. Les émotions, Servahn n'en était pas friand, il pensait qu'avec dureté il aiderait sa protégée à devenir plus forte, et que l’apitoiement ne lui servirait à rien. En cela la jeune Elfe affrontait généralement tout ce qui se présentait à elle avec patience et encaissait, mais parfois, il est nécessaire de souffler.
Le contact de la main de sa compagne de chambre lui redonna un sourire sur le visage qu'elle décrivit pâle. En effet, elle n'était pas dans son assiette, et aurait bien besoin d'une, et d'un peu de compagnie. Mais un autre en décida autrement. Quand Svana toucha la jeune Elfe, celui-ci ouvrit les yeux et redressa la tête, ses yeux rouges ayant une expression de colère féroce, alors qu'il glissa le long du bras de Tylia. Cette dernière allait répondre, quand une grimace de douleur déforma son visage. Ouvrant les yeux, le droit était du bleu habituel qu'elle arborait, mais le gauche était devenu d'un rouge rubis, à la pupille fendue. Le bras de l'Elfe devint alors couvert d'écailles surgit de nul part, d'un noir aux reflets violacé.
La main déformée pourvu désormais de griffes se leva, prête à s'abattre sur Svana, quand soudain l'Elfe cria, d'une voix masculine et étrangement semblable à la voix télépathique de Servahn...

"Ne la touche pas !!" S'insurgea le Dragon.

Malheureusement son geste fut interrompu par son autre main, n'ayant elle pas changé, qui l'empêcha de porter un coup de griffes à Svana. Les traits du visage de l'Elfe -et du Dragon ?- se déformèrent entre détermination et rage, alors qu'elle contraignit le bras que s'était approprié Servahn de faire un quelconque mal à qui que ce soit. Dans leurs esprits la lutte était acharnée, le Dragon se débattait, mais Tylia se montra plus forte, et contraint le Dragon à se retirer, et le corps de la jeune femme redevint comme avant, dépourvue d'écailles, le tatouage mouvant réintégrant sa place, et glissant se placer dans le dos de Tylia, derrière sa nuque, comme pour se cacher à sa vue, à sa colère.
Cela ne dura qu'un instant, mais elle semblait soudain plus épuisée, et pâle qu'auparavant, proche de l'évanouissement. Mais elle se tint droite, et se contenta de sourire, très gênée par le comportement de son compagnon, et sembla prête à fondre en larmes même si elle se retenait.

"D-désolé... Servahn est t-très protecteur à mon égard... beaucoup de personnes nous ont f-fait du mal et... il me défend... ne te préoccupes pas de moi j-je vais me débrouiller..."

Elle s'inclina légèrement, et tenta de filer, d'échapper au regard de Svana, pour ne pas voir une éventuelle colère, voir qu'elle la déteste, ou qu'elle constate que Tylia commençait à pleurer. Le Dragon, silencieux, dissimulait ses pensées, mais si elle avait pu les lire, Tylia y aurait vu de la fierté. Elle lui avait résisté, elle s'était montré forte, plus forte qu'elle ne le pensait. Même si désormais elle pleurait -chose qu'il trouvait pathétique, mais en concevant l'utilité- ses larmes sécheront, et elle serait plus forte.
Ouvrant la porte, cherchant à fuir, la jeune Elfe put constater le léger état de faiblesse qui la fit chanceler, et tomber à terre, lâchant un sanglot sans le vouloir, elle qui voulait partir sans bruit. Mais elle n'avait guère la force de se relever. Tout cela la laissait confuse, désœuvrée, et même si elle voulait garder pour elle ses sanglots, elle n'y arrivait plus, et se mit à pleurer à chaudes larmes sur le sol du Sanctuaire.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Jeu 18 Oct - 21:26

Son instinct l'avait fait reculée, et elle avait, instinctivement, portée la main à son coté, cherchant une épée qui n'y était plus. Mais Svana réagit rapidement, et s'empara d'un des couteaux qu'elle gardait toujours sur elle, alors que sous ses yeux, Tylia luttait contre son propre corps, dont la moitié était recouverte d'écailles. Certains des Eldarins se recouvraient ainsi d'écailles, adoptant une forme entre celle du dragon et leur forme humaine, qui cachaient ce qu'ils étaient. La voix qui était sortie de la gorge de Tylia était celle du dragon, et Svana, loin d'être impressionnée, n'hésiterait pas à larder de coups la jeune elfe, moitié écailleuse ou non. Elle était passée par l'arène, alors qu'elle avait à peine douze ans, et elle y avait appris, que si ce n'était pas elle, ce serait les autres. La violence, elle connaissait, la territorialité aussi, l'agressivité également. Elle même était violente et agressive, mais elle savait se contenir. Et que le dragon la considère comme une menace ne pouvait signifier qu'une chose : Sliabh et Rhaego avaient du pain sur la planche. Tylia avait réussi à maîtriser son compagnon colérique, mais cela durerait-il toujours ? Ceux qui étaient potentiellement dangereux, qui pourraient s'avérer une menace, eh bien, ceux là, d'autres les traquaient, et les tuaient. Svana n'avait pas eu d'attitude menaçante, ni même la moindre intention de faire du mal à la l'elfe, le geste avait été purement amical, un geste de réconfort. Que se passerait-il, si quelqu'un, n'ayant pas les réflexes de Svana, et si Tylia ne pouvait pas contrôler Servahn, se retrouvait dans cette situation ?

-Protecteur ? Territorial je dirais, balança sèchement Svana, tu aurais, vous auriez du en parler à Sliabh et Rhaego, imaginez un peu ce qui se serait passé, si à ma place s'était tenue un enfant ? Quelqu'un sans défense, et inoffensif ?

Svana secoua la tête, la mâchoire serrée, contenant sa colère. Que se serait-il passer, si Diarmuid avait été le premier à rencontrer l'elfe et le dragon, et qu'il s'était montré trop entreprenant ? Svana était certaine que le futur prêtre s'en serait sorti, mais pas indemne. Svana comprenait que le dragon la défende, mais dans un milieu hostile. Pas ici. Les instincts du dragon était pire que tout, totalement déformer, même un animal n'aurait pas réagit comme ça dans un milieu où il n'y avait rien à craindre. Et puis elle rengaina ses couteaux, en se demandant si Servahn était aussi intelligent qu'un vrai dragon, ou une bête brutale. Rhaego n'était rien de tout ça, il était calme, parfois menaçant, mais jamais, jamais il n'avait été en passe d'attaquer quelqu'un qui n'était pas une menace, qui n'était ni hostile, et qui n'avait aucune intention de faire du mal à Sliabh. Servahn se comportait comme un de ses types de l'arène, un de ces lycanthropes, rendus fous par le meurtre, et peu importait l'âge qu'ils avaient, le meurtre, le goût du sang, les rendaient impossibles à contrôler, imprévisibles, dangereux. Svana concevait, qu'un dragon était loin d'être une charmante petite bestiole, surtout pas celui là qui semblait ignorer la politesse élémentaire, et comment vivre en société, mais à ce point. Elle regarda Tylia d'un autre oeil, et se dit que finalement, elle, elle avait eu la chance d'avoir quelqu'un la protégeant. Svana n'avait pas eu cette chance quand elle était arrivée à l'Arène, à chaque fois qu'elle avait perdu, un combat, et qu'elle avait été seule, elle avait été acculée, souvent prise pour cible, et avait servi de paillasse à ceux qui étaient plus forts qu'elle. Après ça, elle s'était jurée de ne plus jamais être faible, et elle avait redoublé d'effort, jusqu'à ce qu'elle soit en mesure d'éventrer ces salopards. La colère qu'elle ressentait, n'était pas entièrement dirigée vers le dragon, ni même envers Tylia, d'autant plus qu'elle regarda, abasourdie, la jeune elfe tenter de sortir de la chambre, pour se retrouver à sangloter sur le plancher du couloir. Svana resta interloquée, avant que la porte de la chambre voisine ne s'ouvre, et qu'elle même, s'approche, tout en restant à une distance respectable, de l'elfe.

-Hé, ça sert à rien de pleurer, ce qui est fait, et fait. Ça ne changera pas ce que ton écailleux à fait, fit doucement la jeune guerrière, et je n'oublierai pas que c'est toi que l'a arrêté. Je vais te toucher, et je vais demander à Veil ici présente, d'aller vous chercher quelque chose à manger, pendant ce temps là, on va sortir dehors, d'accord ?

Veil était une de leurs voisines de chambre, une novice, arrivée au sanctuaire depuis un peu moins de deux ans. C'était une femme plus vieille que Svana, une humaine venue du Falassost, un brin maternel, et belle comme un cœur. Elle était aussi pulpeuse que Svana était plate, et elle avait des cheveux d'un brun chatoyant, alors que son regard était doux. Elle avait fait le choix de suivre les enseignements de Ceallach parce qu'elle avait son fils, Irdan à protéger. Elle avait ouvert la porte, en entendant le raffut provenant de la chambre d'à coté, son fils, se tenait derrière elle, essayant de voir ce qui se passait. Veil jeta un regard inquiet à Svana, qui hocha la tête, signe que tout allait bien, alors qu'elle posait, doucement avec précaution, ses mains sur les épaules secouées de sanglots de Tylia. Veil prit son fils par la main, et referma la porte doucement, avant de partir, faire ce que lui avait demandé Svana. Irdan jeta un regard en arrière, avant de regarder où il mettait les pieds.

-Tu peux te lever ? demanda doucement Svana à l'elfe.

La jeune femme pensait déjà qu'elle devrait absolument faire part de ce qui venait de se passer à Sliabh, alors que déjà, elle se demandait ce qu'aurait fait le dragon, si c'était Irdan qui avait touché Tylia. Que se serait-il passé, s'il avait frappé le garçon, comme il avait eu l'intention de le faire ? Svana se blinda, chassant les questions, dont les réponses ne viendraient jamais, alors qu'elle aidait l'elfe à se relever.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Jeu 1 Nov - 18:03

Elle aurait vomi si son estomac n'était pas si vide, mais la jeune Elfe n'aurait du dire si c'était à cause de son mal-être ou une conséquence de la partielle transformation qui secoua son corps, puisant dans es forces et qui maintenant, là laissait impuissante, assise sur le sol dans une position pathétique, à pleurer, pleurer... Tylia éprouvait une certaine peine, sans savoir pourquoi. La peur sans doute, de ce nouvelle environnement, peur d'elle-même, de Servahn, de ce monde dont elle ignorait tout...
La voix de Svana ne fut pas clair dans son esprit, mais ses mains parlèrent pour elle, sa présence se ressentit dans ce contact, qui même s'il était relativement distant, à cause du danger qu'elle devait représenter, la fit se sentir moins seul. Car le Dragon avait coupé provisoirement leur lien, du moins restait-il silencieux, se cachant, mais elle savait que ce n'était pas pour ne pas assumer ses actes. Tylia ne pouvait pas douter de son compagnon, mais elle ne pouvait pas non plus accepter ses actes ; si parfois ses raisons furent louables, les moyens pas toujours, comme témoignait son geste qui maintenant la mettait dans un tel état.

"Ou-oui..."

Tremblante, elle se remit sur ses pieds, peu assurée, et séchant ses larmes de ces mains. Tylia évita soigneusement de regarder ne serais-ce dans la direction de Svana, qui même si elle ne lui reprochait rien -pas à elle du moins-, la troublait, à cause du geste de Servahn, qui restait obstinément muré dans le mutisme, dissimulé entre ses omoplates, sans mot dire.
Puis elle comprit une chose, qui était pourtant évidente, mais dont la fatalité ne percuta son esprit qu'avec un peu de retard. Elle sembla abattue, comprenant alors pourquoi elle devait se lever...

"Nous allons allez voir Sliabh, c'est ça ?..."

La peur revenait, mais une toute autre, car elle craignait pour Servahn, se doutant qu'il allait avoir des ennuis, et malgré qu'il lui en avait attiré de par son acte irréfléchi... la jeune Elfe ne pouvait pas supporter que l'on s'en prenne à son compagnon, même s'il le méritait. Mais d'un autre côté... ils devaient tout deux se plier à la volonté de Sliabh, dont elle recevrait l'enseignement, celui de Ceallach.

Servahn sourit, en voyant les pensées de sa protégée. Il s'était isolé, et voulait voir ses réactions. Elle devait apprendre, et pas que de Sliabh, de lui aussi. Il était là pour cela, il le savait, de façon inné, ne pas s'être réincarné ainsi pour jouer les décorations. Tylia devait vivre avec lui, ils devaient être autre chose que des compagnons, et elle devait aussi lui résister, se débrouiller sans lui.
Et jusqu'ici, malgré les larmes superflues, de son perchoir cutané, il sourit, se roulant en boule, son air satisfait dissimulé par le haut de Tylia, attendant de voir la suite des évènements...
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Sam 3 Nov - 23:31

-D'abord, on va sortir, répéta doucement Svana, Veil reviendra avec de quoi manger, et seulement en suite, tu pourras voir Sliabh. Tu auras le temps de reprendre comme ça. Allez, viens.

La future prêtresse aida l'elfe au dragon à se relever, stabilisant sa démarche, alors qu'elles prenaient le chemin pour sortir des dortoirs. Au bout d'un moment, la blonde humaine lâcha Tylia, qui pouvait marcher toute seule, se remettant progressivement de ses émotions. Elles passèrent devant le bureau vide du responsable, et sortirent dehors. L'air frai venu des montagnes balayant le stresse de Svana, qui s'était attendue à de nouvelles réactions hostiles, sa nervosité étant surtout due à des années passées sur le qui-vive à l'Arène. Le vent balayait quelques feuilles mortes dans la Cour, qui n'était pas vide. Un groupe d'aspirant priait devant la statue du Dieu des Combats, leurs chants graves s'élevant, porté par le vent. Ils portaient tous un brassard de cette couleur bleu-verte propre à Ceallach, signe que dans quelques mois, ils seraient tous ordonnés prêtres. Des novices discutaient entre eux un peu plus loin, une aspirante lisait un livre, perchée dans un des arbres de la cour, quelqu'un agitait ses draps au dessus d'elles. Svana emmena Tylia vers son lieu favoris, à quelques pas des cuisines, l'endroit était peu fréquenté, et les marches permettaient de s'assoir. Ombragé, l'endroit permettait de se rafraîchir, lorsque le soleil tapait, et surtout, il était à l'abris du vent, qui soufflait parfois fort, dans les hauteurs du temple d'Or Blanc. Il n'y avait pas d'entrainements, ceux là reprendraient plus tard, et s'arrêteraient une heure avant le repas, laissant le temps aux novices, aspirants, et prêtres confirmés, d'aller se laver et de se changer. C'était une mécanique bien rodée.

-Assied-toi, je crois que Veil arrive.

La femme descendit les marches, portant une assiette, tandis que son fils, Irdan, trottait sur ses talons, et du haut de ses cinq ans, portait une petite miche de pain. Veil avait le regard doux, et respirait la sérénité, que tout prêtre de Ceallach se devait d'atteindre. Elle n'était pas très grande, et avait des rondeurs à la bonne place. Quelques rides trahissaient son âge, bien qu'elle fasse plus jeune. Elle avait les yeux clairs, d'un gris tirant sur le vert d'eau, conférant à son regard une intensité qui contrebalançait sa douceur. Veil avait changé de nom, et Svana ignorait comment elle pouvait s'appeler en réalité, mais Veil était belle, et suscitait l'intérêt, quelques regards. Irdan son fils ne lui ressemblait en rien. Svana en déduisait donc qu'il ressemblait à son père, ou bien qu'il n'y ait pas de lien de sang entre eux. Irdan avait quelque chose de féminin, un visage aux lignes fines, un petit nez rond, une bouche charnue, des yeux en amande entièrement noirs, des cheveux noirs, épais, d'où dépassaient de longues oreilles pointues. Sa peau était grisâtre, et des ailes duveteuses sortaient de ses omoplates. Svana estimait qu'Irdan avait peut être sept ou huit ans, mais sa parenté féérique ne faisant aucun doute, Svana pouvait se tromper. Irdan regarda Tylia d'un œil curieux, ayant sans doute encore à l'esprit, l'elfe prostrée et sanglotante dans le couloir. Il lui fit un sourire timide, et lui tendit la petite miche de pain, alors que sa mère déposait une assiette contenant des tranches de viande froide, des feuilles de vigne fourrées, quelques baies, et un morceau de fromage. Elle eut un sourire doux pour Tylia, et la voix qui sortit de sa bouche le fut tout autant.

-C'est pour toi, fit-elle bien que ce soit inutile, mon fils tenait à porter le pain. Nous sommes ravis de faire ta connaissance. Nous allons rester avec toi, pendant que Svana ira chercher Sliabh. Quand j'ai dit que c'était pour la nouvelle compagne de chambre de Svana, j'ai appris qui tu étais. Je m'appelle Veil, et voici mon fils, Irdan.

Veil s'assit avec grâce sur les marches, pendant Irdan cherchait de quoi s'occuper, trouvant finalement que jouer avec quelques brindilles et cailloux lui ferait passer le temps. Il s'accroupit, ses petites ailes battant doucement, mais encore trop petites et trop faibles pour pouvoir le soulever.

-Je vais chercher Sliabh, on se reverra plus tard, Tylia.

Svana s'éloigna, laissant l'elfe entre de bonnes mains. Le dragon ne percevrait peut être pas Veil comme une ennemie. Mais Svana se demanda s'il n'allait pas faire quelque commentaire désobligeant à propos d'Irdan, Servahn étant bien le genre à parler de ce qu'il ne fallait pas. Svana se retourna.

-Et n'oublie pas ce que je t'ai dis à propos de Diarmuid !s'écria la jeune femme qui fit en suite volte face, pour se diriger vers l'aile des prêtres.

Veil eut un petit rire entendant ce que Svana venait de crier, une lueur chaleureuse s'alluma dans ses yeux, alors qu'elle souriait, gardant quand même son attention pour son fils, qui jouait tranquillement maintenant, perdu dans son propre monde.

-Diarmuid n'est pas aussi terrible. C'est juste que Svana et lui ne s'entendent parfois, pas très bien.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Dim 11 Nov - 23:41

Se laissant guider, les larmes de la jeune femme peu à peu se tarirent, et elle se retrouva bien vite assise sur des marches, à l'extérieur, avec Svana. Elle semblait ne pas lui en vouloir, et lui expliqua qu'elle aurait à manger, et qu'ensuite viendrait un entretien avec Sliabh, ce qui ne l'enchanta guère. Pas plus que ce qui était arrivé, mais, comme l'avait dit la future prêtresse, ce qui était fait, était fait.
Il ne restait qu'à affronter, pour Servahn, les conséquences de ses actes, ou au mieux s'expliquer. Tylia resta silencieuse, crispé et l'air un peu déboussollée, mais au moins elle ne pleurait pas. Puis la dénommée Veil revint, avec de la nourriture, et son enfant, un jeune garçon, lui donna du pain avec un petit sourire. La jeune Elfe n'avait jamais vu ce genre d’expression sur le visage des enfants, mais aussi tous à Celebalda l'évitaient puisqu'elle était "spéciale".
Elle lui offrit un maigre sourire en réponse, alors qu'elle mordit dans le pain, et avala un peu difficilement, son estomac étant un peu noué par tout ce qui lui arrivait. Tylia ressentait l'envie de se reposer et, ça tombait bien, l'endroit était calme, paisible. Elle remercia poliment Veil, et salua Svana quand elle partit, sans entièrement saisir ce qu'elle lui lança à propos de Diarmuid, avant de se rendre compte qu'elle risquait de le rencontrer sans la présence de quelqu'un d'autre, et une ombre passa sur son visage, dissipée bien vite par les paroles de Veil.
Avant de répondre, Tylia avala un peu du frugale repas, qui lui convenait parfaitement, puisqu'elle avait un petit appétit et, une fois seulement après avoir honorer le repas qu'on lui avait offert, elle consenti à répondre.

"Avec Servahn, on est pareil. On se dispute souvent, c'est rare que l'on soit vraiment d'accord sur quelque chose, et pourtant... on tient énormément l'un à l'autre. Sûrement parce que l'on a conscience qu'on se retrouverais bien seul si l'on étais séparé."

La jeune femme posa ses coudes sur ses jambes, et reçu au creux de ses paumes son menton, contemplant la nature autour d'elle d'un œil rêveur, un peu perdue qu'elle était. Il n'était pas si rare que les deux compères se disputent et ne se parlent plus pendant un long moment, mais jamais jusqu'ici il ne s'était passé une chose aussi... grave ? Tylia se dit que ça pourrait être pire, avant de se rendre compte de ce qu'elle pensait. C'était ce qui était le plus à craindre, le pire. Servahn n'était pas l'être le plus sociable qui soit, mais il n'était pas méchant, du moins l'Elfe l'espérait vivement.

*Parle-moi, s'il te plait...*

Une dernière tentative de se faire entendre de la part de son compagnon, qui ne répondit pas. A l'inverse de Tylia, le Dragon était parfaitement capable de dissimuler ses pensées, et si l'on entendait la voix de Servahn lors de ses échanges avec sa protégée, c'était à cause de l'écho dans l'esprit de l'Elfe, qui n'avait jamais appris ce genre de choses, et que Servahn possédait naturellement, sans pouvoir le transmettre. Et puis, elle ne trouvait pas cela utile, dans la mesure où peu de gens n'irait, pensait-il, fouiller dans son esprit.
Finalement, Tylia se redressa, posant ses mains sur les marches en rejetant sa tête en arrière, en regardant le ciel qui perçait malgré la végétation au-dessus d'eux.

"J'ai passé toute ma vie à Celebalda, et pourtant ça ne fais que peu de temps que mes parents m'ont autorisés à sortir, pas étonnant que je me sois enfuis." Elle ferma les yeux, appréciant la caresse du vent. "Il y a sûrement eu pire sort que le miens, mais... je ne souhaite à personne d'être traité comme une bête curieuse, comme une chose que l'on vient voir pour être examinée, étudiée... j'ai passé des heures entières, à la fenêtre de ma chambre, à me demander comment c'était dehors, et maintenant..."

La jeune Elfe se remit droite, et sourit timidement à Veil. Ses joues se tintèrent de rouge, sa légère gêne revenait à la charge.

"Merci de vous être inquiétée pour moi, et désolé que vous l'ayez été pour pas grand-chose. Je vais avoir du mal à m'habituer à tout ça je crois..." Dit-elle doucement.


Dernière édition par Tylia le Sam 8 Déc - 13:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Sam 17 Nov - 23:30

Svana s'était éloignée d'un pas vif, et bientôt Veil vit la blondinette entrer à l'intérieur d'une des maisons du temple. A coté d'elle, Tylia ne touchait pas à son assiette, mais la jeune elfe avait déjà l'air d'aller mieux, bien qu'elle soit encore pâle. Irdan jouait avec des brindilles, perdu dans son monde, si bien que sa mère l'observa, n'ayant pas grand chose à dire, et ne voulant pas paraître intrusive. La jeune elfe à coté d'elle finit par lui parler, et Veil posa son regard clair sur elle, un sourire aux lèvres.

-Diarmuid aime bien Svana, même s'il préférait affronter Sliabh dans un concours de boissons, plutôt que de l'admettre. Et Svana préférerait retourner à l'Arène, plutôt que de le dire. Ils cohabitent depuis l'arrivée de Svana ici. Diarmuid n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt gentil, et serviable. Avec tous le monde. Un peu fanfaron, mais la plupart des hommes le sont.

Finalement, Tylia, qui jusque là, était recroquevillée sur elle même, finit par se détendre, par s'apaiser, jusqu'à prendre une position plus ouverte. Veil reposa son regard sur son fils, s'appuyant elle aussi sur ses mains, étendant ses jambes. Ce que dit en suite l'elfe fit que sa bouche pris un pli amer, et Veil referma finalement ses bras autour de ses genoux, qu'elle remonta contre elle.

-Personne, en effet, ne devrait être traitée comme une attraction.

Irdan, depuis son terrain de jeu, releva la tête, braquant son regard d'obsidienne sur sa mère, puis sur l'elfe. Un regard indéchiffrable, son visage exprimant une compréhension de ce que ressentait Tylia, à qui il fit un petit sourire, avant de retourner jouer, avec les quelques brindilles qu'il avait sous la main, oublieux de ce qui l'entourait. Veil soupira, avant de frotter le visage, comme pour chasser sa fatigue. Elle eut un maigre sourire, avant de croiser le regard de l'elfe.

-Ici, l'adaptation se fait rapidement. Peu importe d'où l'on vient, et ce que l'on a pu faire, ou être avant de passer le seuil d'Or Blanc. Tant que tu y mets ta volonté, du tiens, parce que tu en as envie, personne ne viendra ne te regarder, te donner des leçons pour te dire comment gérer ta vie. Personne ne viendra pour te prendre quelque chose. Je suis encore nouvelle, même si cela fait deux ans que je suis arrivée ici. Je m'y sens bien. Irdan aussi. Il ne parle pas beaucoup, mais vous aime bien. Et, si je me suis inquiétée, c'est sans doute à cause de mon coté maternel.

Veil eut un sourire plus large plus joyeux. Elle désigna l'assiette d'un doigt fin, dans un geste gracieux, alors qu'elle retrouvait une posture plus ouverte elle aussi.

-Et j'arrêterai de m’inquiéter quand tu auras repris des couleurs. Et tu peux me tutoyer, nous sommes voisines de chambrée, et il n'y a pas tant de monde que ça, une fois qu'on a fait le tour du temple, on finit par connaitre tout le monde. Autant, avoir une amie. Ou en tout cas, un peu de compagnie.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Jeu 28 Fév - 12:07

Un léger sourire s'épanouit sur les lèvres de la jeune Elfe, contente d'avoir vu juste. Les relations conflictuels, elle connaissait cela, pour n'avoir vécu que cela, dans sa vie. Les disputes avec Servahn, celles avec ses parents... celles de ses parents... Tylia n'était pas une spécialiste, et ne comprenait pas les mécanismes de l'esprit, mais elle les reconnaissait, les appréhendait. Et elle se sentait quelque part un peu satisfaite d'avoir raison, d'avoir vu juste, mais elle s'en voulait en se disant qu'elle voyait juste sur pourquoi deux personnes n'avait pas l'air de s'aimer.
Mais ce n'était, quelque part, pas important.
Une attraction. Elle n'en était pas une, non. Ces parents n'en avaient pas conscience, mais laisser les médecins, érudits, scientomages, et toute la clique des intéressés par sa "particularité" défiler pour l'observer, et l'étudier... c'était un peu cela pourtant. Elle se sentait bien maintenant, ici, et les paroles de Veil l'apaisait. Tout ici respirait une certaine quiétude, et elle sentait que, même s'il y aurait de l'intérêt pour Servahn au début, cela ne sera pas si intrusif. La présence de Sliabh, qui avait aussi une telle particularité, devait y jouer beaucoup.

Un sourire, encore, de la part du jeune Irdan. L'Elfe répondit au garçon, d'un regard doux, gentil. Il était adorable, et ses yeux bleus ne quittèrent pas l'enfant, dont la vue était rassurante. L'innocence... une certaine poésie, si ordinaire et pourtant magnifique, qui ne lassait jamais Tylia, qui aimait ce genre de beauté, une pure naïveté qui lui réchauffait le cœur, que Servahn avait refroidi avec la distance qu'il avait, pour l'instant, mise entre eux.
Les mots de Veil apaisèrent les pensées assez sombres qui avaient élus domicile dans son esprit, et espérait qu'elle disait vrai. Tylia avait quelque doute, son protecteur avait un tel caractère, qu'elle souhaitait vivement qu'il n'y ait aucun litige avec d'autres. Mais elle en doutait. Parfois, elle avait du mal à comprendre le Dragon, qui agissait parfois avec l'impression de ne pas réfléchir, mais qui donne aussi sensation de toujours savoir où il va. La protégeant, l'aimait, mais se montrant parfois incisif et la mettant en situation quelque peu dangereuse, par moment.
Comme en la poussant à sortir de chez elle, à fuir ses parents. Il avait eu raison, mais... et après ? Si Sirgris n'avait pas été là, elle aurait eu quelques problèmes pour survivre.

Manger, oui. Cela lui ferait du bien. La jeune femme posa sur son amie un regard débordant de reconnaissance, rougissant un peu. Elle mangea d'abord le fromage avec la viande crue, les feuilles de vigne, et cela lui sembla quelque peu... moins bon que ce qu'elle mangeait d'habitude ? Fille d'un chasseur, doublé d'un excellent cuisinier, elle se dit qu'il était normal de ne pas trouver cela aussi succulent que les plats de son père. Mais cela restait rafraîchissant, et elle se sentit vraiment heureuse de manger le contenu de cette assiette quelque peu frugal, car c'était Veil qui lui avait composé, par gentillesse. Et Tylia ne demandait pas plus.
Cependant, l'inquiétude revint la frapper, alors qu'elle songeait à Servahn. Son dos lui picotait un peu, et elle craignait pour son compagnon, pour leur avenir ici. Sliabh pouvait-elle décréter qu'elle partirait, à cause du caractère dangereux du Dragon ? Elle eut quelque peu de mal à finir son assiette, son estomac se serrant à cette pensée, et elle savait que Veil lui répondrait gentiment si elle lui demandait ce qu'il pourrait arriver, ne souhaitant probablement pas que l'Elfe s'inquiète ; et puis elle devait affronter cela toute seule.
Mais... elle voulait aussi être rassurée, aussi. Elle se sentait quelque peu mal...

"Sliabh... que crois-tu qu'elle va nous dire... Servahn à mal agit, mais je suis certain qu'il ne voulait pas faire du mal à Svana... enfin... j'avoue ne pas vraiment comprendre pourquoi il a fait ça... j'espère juste que cela se passera bien..."
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Dim 3 Mar - 16:33

-Je n'ai pas prétention à comprendre l'esprit des Dragons, fit prudemment Veil le regard posé sur fils, je n'en connais qu'un, et c'est Rhaego, et il est plutôt aimable avec les autres... Je ne peux pas te dire ce que lui ou Sliabh pourront vous dire.

Elle haussa les épaules, ignorant véritablement comme la haute prêtresse et son compagnon réagiraient. Veil ne connaissaient qu'eux, et cette relation si particulière, harmonieuse, ils se complétaient, d'après ce qu'elle pouvait en voir, ce n'était pas le cas de la jeune elfe et son propre esprit dragon. Et encore, elle n'était pas experte, elle n'avait d'ailleurs pas été très douée en matière de jugement jusqu'à maintenant. Irdan était perdu dans son propre monde, et le cœur de Svana se serra, pensant au géniteur de l'enfant, ce dernier lui ressemblait tellement. C'était la raison pour laquelle ils se trouvaient ici, pour qu'elle puisse le défendre. Pour qu'il puisse apprendre à se défendre si elle même devait faillir à la tâche. L'elfe à coté avait besoin d'être rassurée, mais Veil ne pouvait pas mentir.

-Ce n'est pas toi qui à mal agi, mais ton dragon, alors je suppose que ce sera à lui de faire des efforts...

Veil se leva, ramassant l'assiette au passage. Chacun de ses mouvements avaient quelque chose de très fluide, dénotant d'une souple vivacité, plutôt propre à une danseuse, qu'à une guerrière, pourtant ce genre de mouvements pouvaient receler un pouvoir létal, une fois employé à cet escient. Son fils leva la tête vers elle, alors qu'elle lui tendait la main. L'étrange enfant se leva, épousseta ses genoux, et prit la main de sa mère. Derrière Veil, Sliabh sortait du bâtiment, suivie de Svana. La prêtresse se retourna, glissant quelques mots, inaudibles avec la distance, à la jeune guerrière, qui s'inclina, restant en suite là où elle était, alors que la prêtresse venait vers eux.

-Bonne chance, souffla doucement Irdan d'une voix douce, mais fluette.

Mère et fils s'éloignèrent, laissant l'elfe faire face seule, ou presque. L'enfant eut un dernier regard en arrière, tandis que Svana disparaissait elle aussi, retournant à l'intérieur du bâtiment d'où elle était sortie. Sliabh fut rapidement à hauteur de Tylia et Servhan. La prêtresse portait un habit d'entrainement, dévoilant son ventre aux abdominaux dessinés, sa poitrine étant tenue par une large brassière du vert-bleu de Ceallach, et ses jambes musclées et fuselées étaient dévoilées par un pantalon court, de ce même vert. Sa prothèse en bois, sculptée de runes pour être articulée grâce à la magie et à ses pensées, étaient bien visibles, accrochée avec un système de sangles. Elle n'avait donc qu'un seul bras, son bras droit ayant été coupé à ras, ne laissant plus que l'épaule, et une vilaine cicatrice. Et des cicatrices, elle en avait d'autres, fines lignes blanchâtres striant de temps en temps sa peau. Ses cheveux dorés étaient lâchés sur ses épaules, quelques mèches plaquées sur son visage par la sueur. Elle ne portait pas de bandeau, et la cicatrice en forme de dragon Mornien, ces longs dragons, était exposée, comme si le fossile d'un dragon avait été inséré à la place de son oeil gauche. Pieds nus, elle avança sur la terrasse de bois qui constituait le sol des étages du temple d'Or Blanc. Son attitude ne laissait voir aucune colère, et lorsqu'elle fut finalement à la hauteur de Tylia, Sliabh la toisa, son oeil bleu l'examinant. Rhaego lui signala que Servahn s'était replié sur lui même, rompant la communication entre lui et Tylia.

-Sors de là espèce de pleutre, ne laisse donc pas ta compagne assumer tes erreurs à ta place. Ce n'est pas comme ça tu la protégeras, ou tu réussiras à la rendre plus forte. Si elle ne t'avait pas arrêté, qu'aurais-tu fais ? Tu aurais tué mon initiée ? Et en suite, qu'aurais-tu fait pour protéger Tylia du jugement et de la sentence de mort qui serait tombé sur elle ? Tu étais peut être un dragon invulnérable et puissant, mais tu partages le corps d'une mortelle, et tu lui dois ton respect, sans elle, tu ne serais rien. Alors écoute moi bien, tu nous insulter et moi et Rhaego, mais ton arrogance et ta dominance te conduiront à ta perte. Lorsqu'on partage le corps de quelqu'un, son énergie vitale, c'est un échange, pas un rapport de force, sans ça, vous mourrez tous les deux, et rapidement.

"Sliabh, s'il te plait... fit doucement Rhaego, de cette voix basse et douce, portant en elle l'âge, mais aussi les murmures des vents, la sensation de liberté, et la puissance folle et furieuse du feu, ils sont jeunes, ils ne se maîtrisent pas."

-C'est possible, rétorqua la prêtresse implacable, mais un tel comportement ne saurait être toléré dans mon temple. Nous vous avons accueilli, sans le moindre signe d'hostilité, et voici donc votre réponse. Je n'avais pas pitié de vous, pitié de ta pauvre compagne qui doit subir tes humeurs, et se débrouiller seule, je n'hésiterai pas à vous chasser d'ici. Voire même à rendre cette jeune fille à ses parents, et ils seraient simples, de demander à quelques mages de t'extraire de sa chaire. Alors maintenant, que choisissez-vous ? Vous restez et vous vous comportez avec respect, ou bien vous partez, et je ne veux pas vous voir revenir me supplier de vous aider.

"Ce qu'elle essaye de vous dire, intervint Rhaego usant de sa douceur pour calmer les nerfs de sa compagne de vie, c'est que si vous persistez dans cette voie, si votre relation n'est qu'un rapport de force, et non pas un lien harmonieux, vous finirez par vous détruire. Ce genre d'interventions, ces transformations brutales, ne feront qu'épuiser Tylia. Son corps n'est pas celui d'un Eldarin, elle n'est pas faite pour être ainsi transformée. Vous devez apprendre à vous faire confiance, mutuellement, sans que l'un ne domine l'autre, sans cela, vous n'irez pas bien loin, et pire, vous blesseriez sans doute des innocents, autant que vous même."

-Et si tu ne supportes pas que l'on touche ta compagne, que feras-tu si elle veut fonder une famille, avoir des enfants ? Là aussi, tu essaieras des les frapper ?

"Makiko."

La prêtresse leva un bras, comme on lèverait les mains en l'air, pour signifier la capitulation. Quand Svana était venue la trouvée, elle n'imaginait pas que c'était parce que ce dragon imbu de lui même, et pourtant incapable de survivre seul, si bien qu'il avait parasité une pauvre jeune fille, qui n'avait rien demandé, avait faillit la blesser grièvement. Un coup de patte de dragon, même venant d'une métamorphose, ne laissait généralement pas de petites égratignures. La colère était montée, comme un feu s'avivant soudainement, et Rhaego tentait de la calmer. Mais, si elle et Rhaego avaient vu juste, si Tylia et Servahn, surtout ce dernier, s'entêtait à continuer avec un lien pareil, rien de bon n'en sortirait.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Lun 11 Mar - 9:25

Cela rassura quelque peu la jeune Elfe, de s'entendre dire qu'elle n'avait pas mal agi, que Rhaego n'était pas vraiment méchant, et rien que la voix de Veil lui fit du bien, lui laissant un sourire sur le visage, certes mince et fragile, mais sourire tout de même. Servahn devrait faire des efforts... cela lui sembla plutôt surréaliste d'entendre cela. Le Dragon avait tant enduré pour elle. Veillé sur elle quand elle était jeune, la poussant à se défendre quand il le fallait, la conseillant, même si parfois ce n'était pas de la meilleure des façon. Il n'était pas vraiment fait pour être un protecteur, mais il s'acquittait de cette tâche du mieux qu'il pouvait. Du moins c'est ce que se disait Tylia.
Elle aurait voulu que son amie reste un peu plus longtemps, mais elle savait devoir affronter Sliabh seule. Ou du moins ce serait son compagnon, mais il n'était qu'un après tout. Suivant le regard de Veil, l'Elfe put voir Sliabh, et Svana, même si cette dernière ne resta pas. Un tête-à-tête donc. Tylia salua son amie, et son fils, qui lui souhaita bonne chance. Cela lui fit chaud au cœur, et elle aurait sourit de nouveau si la situation ne lui instillait pas un tel sentiment de peur, de crainte pour ce qu'allait dire la prêtresse.
Sliabh avait l'air calme, pourtant. Mais ses paroles claquèrent comme un fouet.

Tylia était restée silencieuse. Cela aurait pu ressembler à de la crainte, mais elle attendait seulement, car elle savait que cela ne s'adressait pas à elle. Une certaine appréhension se lisait dans son regard. Mais les dernières paroles, quand il fut question de ses parents, et d'extraire son protecteur... les yeux de Tylia, qui étaient restés au sol en affichant un air grave, se relevèrent vers Sliabh, exprimant une colère féroce, grondante... chose que l'on aurait pas pensé voir chez cette Elfe qui se comportait avec une telle douceur et timidité ; pourtant cela émanait bien d'elle.
On aurait pu croire qu'elle allait se mettre à hurler, ou bondir sur la prêtresse tant elle semblait avoir été ébranlé par les paroles de Sliabh, mais tout cela s'effaça brusquement, la colère disparut de son regard bleu, qui devint alors rouge sang ; comme les yeux du tatouage, toujours lové entre les omoplates de l'Elfe, à qui il enjoint le silence, avec douceur, prenant sa place et endormant doucement son esprit. Le Dragon, sous les traits de Tylia, se dressa droit, et son visage exprimait une certaine fierté, mais exempt d'arrogance comme l'on aurait pu s'y attendre. Ses iris rougeoyants fixaient intensément Sliabh, puis il haussa les épaules, l'air indifférent.

"Elle m'a arrêté, non ?" Déclara simplement la voix profonde et grave de Servahn, puis il reprit plus gravement. "Croyez-vous qu'il a été simple pour moi de protéger cette enfant, et de l'aider à grandir ? J'ai été seul toutes ces années, à regarder ses parents l'emprisonner, la traiter comme une infirme et une incapable, par la simple faute de mon existence. Tylia est forte, et déborde d'une incroyable volonté, mais elle n'en a pas conscience ; et c'est à moi qu'il incombe de lui montrer qu'elle est capable d'en user." Il se tut un instant, et regarda sur le côté, essayer de masquer un semblant de tristesse. "Je l'aime, et je n'ai qu'elle. Les autres... ils ont tant cherché à lui faire du mal, je ne peux leur pardonner. Mais jamais par sa main je ne blesserai qui que ce soit. Pourtant elle doit apprendre à me tenir tête, parce que je ne pourrais pas le faire pour elle, si jamais je dérapais, je suis trop... trop moi." Il ferma les yeux, puis planta un regard d'acier sur la prêtresse. "Renvoyez-nous si cela vous chante, mais vous n'avez pas intérêt à nous remettre à ses parents. Cela ne lui fera que du mal." Il se radoucit, et regarda le corps de sa protégée. "Si elle pense qu'être ici lui est bénéfique, je n'ai rien à y redire. Mais je n'ai pas besoin de vous pour me dire ce que je dois faire... Bien, je n'ai rien d'autre à ajouter. Je ne peux plus la maintenir endormie très longtemps ; ne lui dites rien de ce que je vous ais dit, je vous en prie." Il se racla la gorge. "Autant vous avertir, elle va rester évanouie une dizaine de minutes."

Les yeux de l'Elfe reprirent leur teinte d'origine, passant du rouge au violet, puis à ce bleu qu'elle avait à sa naissance ; puis ils se fermèrent, et le sol se déroba sous ses pieds, alors que son esprit reprenait sa place, toujours endormie, inconsciente des paroles de Servahn, dont le corps, sous sa forme de tatouage, glissa discrètement dans son cou, pour observer et veiller sur elle.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Mer 13 Mar - 17:27

La colère de Sliabh remonta en flèche en entendant le dragon, qui avait la chance d'être une partie du corps de Tylia plutôt que d'avoir un corps à lui. Dragon ou pas, la prêtresse lui en aurait collé une, une belle, histoire de lui remettre le cerveau en place. Rhaego l'avait poussée à se surpasser, à accepter, à devenir forte, à se hisser jusque dans les hautes sphères de l'art de Ceallach. Mais Servahn était dangereux. L'unique oeil bleu de Sliabh soutint sans fléchir le regard rouge du dragon, n'ayant qu'une envie, de montrer les dents. La métissée Eldarin avait une partie plus sauvage et plus incontrôlable que le dragon ancestral enfermé dans sa chaire. Là où on aurait pu croire que ce dernier serait enclin à la violence, c'était le contraire. Rhaego temporisait les humeurs de sa compagne, de sa patience et sa sagesse. Chose que Sliabh, encore jeune pour quelqu'un de son peuple, que ce soit du coté Eldarin que du coté Sidhe. Finalement, l'oeil bleu à la pupille ronde se rétracta, et les trois cercles de bleus, héritage Sidhe, prirent une teinte vert d'eau, et la pupille sombre une teinte dorée, juste un instant. L’œil cligna, et Sliabh dégagea une tout autre sensation que la colère, plutôt un calme limpide, vide de toute émotion violente, un calme presque léthargique, un calme apaisant, ce qui contrastait avec l'élément que manipulait Sliabh et Rhaego, ces flammes bleues sur lesquelles étaient basées les mouvements et techniques les plus puissantes de la prêtresse et son dragon.

"Tu n'as peut être plus rien à ajouter, fit la voix douce et basse du dragon, mais moi, j'ai des choses à te dire. Tu n'as peut être aucune considération envers les autres, mais tu traites ta compagne aussi mal. Personne ici ne la renverra à sa famille, ou n'ira les avertir qu'elle se trouve ici. Personne ne lui fera de mal, les combattants d'ici se contrôlent, et le combat n'est pas fait pour abuser de ceux qui nous entourent. Tu dis que tu ne blesseras jamais personne avec le corps de Tylia, laisse moi douter de toi. Elle t'a peut être arrêté cette fois, mais la prochaine fois, ce ne sera peut être pas le cas. Et si tu n'avais pas voulu blesser Svana, pourquoi avoir réagit comme si tu allais le faire ? Tu pouvais simplement lui dire de reculer, sans pour autant forcer ta compagne et son corps. L'esprit de Tylia n'est pas en paix. Toute personne choisi par nous autres dragons, recèle généralement une grande force, et souvent une volonté de combattant ou de survie. Mais ce n'est pas en traitant ainsi Tylia qu'elle deviendra plus forte. Ses doutes, ceux que tu instilles en elle, ne feront que saper sa volonté, et sa force s'écroulera au moindre problème. Tu la pousses sans lui expliquer, et cela rend instable votre lien. Il va falloir que vous appreniez, autant à vous couper l'un de l'autre, qu'à vous ouvrir complètement l'un à l'autre. Il n'y a que comme ça, qu'elle aura confiance en ses propres capacités."

Pendant que Rhaego parlait, Sliabh s'assit à coté du corps endormi de Tylia, qui reposait, dans une position insolite et inconfortable dans les marches. De son bras unique, dont les articulations firent un étrange bruit, Sliabh déplaça la jeune elfe, jusqu'à ce qu'elle ait la tête sur ses genoux. Les marches étaient assez large pour servir de banc, et s'y allonger. En été, lorsque Haven et Aelius s’alliaient pour répandre la chaleur et la lumière, prêtres, prêtresses, novices, apprentis, initiés, se côtoyaient, dormant ici, ou discutant en groupe, mangeant même dehors. Le feuillage des arbres étant alors de ce vert vibrant, avec parfois quelques fleurs, et le vent charriait des odeurs que Sliabh adorait. En hiver, l'air était humide, mais tout aussi vivifiant. Elle avait décidé de laisser Rhaego s'occuper de parler à Servahn, n'étant pas certaine de pouvoir parler calmement. Sous les doigts de sa prothèse, Sliabh entreprit de démêler les cheveux blonds et soyeux de l'Elfine. L’œil unique de Sliabh oscillait entre les différentes couleurs, sa pupille ronde était toujours dorée, et les bleus de son iris tendaient vers le vert. Elle se souvenait que Rhaego l'avait protégée, elle se souvenait aussi de la souffrance, tellement de souffrance lorsque son mari avait implanté en elle l'esprit du vieux Dragon. C'était Rhaego, et l'aide de Jahga qui lui avait permis de se trainer jusqu'aux maisons de guérisons.

"Je comprend ton désir de la protéger. J'éprouve le même envers Makiko. Lorsque Tylia sera réveillée, il sera temps que nous vous expliquions à tous les deux, comment nous allons nous occuper de vous, de vous rendre plus fort ensemble. Il serait bon pour vous deux, de suivre les enseignements d'autres prêtres, ceux de Cùan pourront vous êtes utiles par exemple... Mais attendons donc que ton elfe se réveille. Et ma prêtresse ait fini de se calmer."

Sliabh protesta mentalement, disant qu'elle était parfaitement calme. Penchée sur Tylia, ses doigts habiles, malgré le fait qu'ils ne soient pas de chair et de sang, mais de bois et de mana, commencèrent à tresser quelques mèches blondes, occupant ainsi la prêtresse, la faisant se calmer. Tylia avait l'air épuisé, contre coup évident de la brutale transformation qu'avait subi une partie de son corps, mais également par l'effort mental fournit pour tenir tête au dragon, autant que pour éviter à ses doutes et angoisses de la ronger. Elle avait le teint pâle, quelques cernes. Dans l'ensemble, Rhaego et elle, étaient d'accord sur l'enseignement que les deux comparses devraient suivre. Elle, elle n'avait jamais eu de mal à communiquer avec lui, ils partageaient, et ce dès le début, malgré une cohabitation forcée, une relation fusionnelle, harmonieuse, quasi-parfaite. Tylia avait de la chance, elle n'avait pas connu les tortures physiques que Sliabh avait subi, lorsque son mari, avait pousser ses capacités et celles de Rhaego jusqu'au bout, pour tester sa résistance, son endurance, ce qu'ils étaient capables de faire. Morgen avait été un véritable monstre, et Sliabh lui devait d'avoir perdu ses bras. Elle songea qu'elle devrait peut être raconter leur histoire. Peut être.

-Ne t'en fais pas Servahn, ne nous dirons rien. Tu lui diras toi même, chuchota Sliabh alors qu'elle tressait toujours quelques mèches fines de la tête de Tylia qui reposait sur ses genoux.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Jeu 4 Avr - 15:01

Servahn perçut les changements de couleurs dans le regard de Sliabh, et comprit aussi que ses paroles avaient du la contrarier. Il ne s'était pourtant pas montré méchant, et méprisant. Il essayait de leur faire comprendre qu'il avait joué son rôle, même si, cela faisait bien longtemps qu'il ignorait ce qu'il devait faire. Il avait constaté en silence durant tant de temps la jeune Tylia se renfermer sur elle-même, se réfugiant auprès de son compagnon de toujours. Le Dragon ne pouvait guère changer la perception qu'elle avait eu d'elle-même, ou plutôt qu'on lui faisait avoir d'elle-même : une sorte de monstre, ayant un Dragon sur la peau, un tatouage d'une bête noir aux yeux rouges, à l'air agressif. Pouvait-elle vraiment lutter contre ces paroles qui n'avait de cesse de danser dans son esprit, de tout ce temps enfermé, jusqu'au jour où, en hurlant, Servahn parvint à la convaincre de fuir tout cela, et de tracer sa propre voie...
Rhaego lui parla longuement, et le gardien tatoué glissa sa tête sur la joue de l'Elfe, regardant longuement son interlocuteur, écoutant en silence. Il ne laissa tout d'abord rien transparaitre, mais toutes ces paroles le toucha. Il observa aussi Sliabh s'occuper de la jeune Elfe. Elle lui parut, à cet instant, plus proche d'une mère que l'avait été celle biologique de Tylia, qui avait presque peur de toucher sa fille. Servahn ne savait plus vraiment où il en était, et commençait à être vraiment épuisé...

*Elle n'a pas conscience de sa force, ni de sa volonté ; toutes ces années elle s'est repliée sur elle-même et les paroles de ceux l'entourant ont été des entraves bien plus fortes que toutes les chaînes imaginable, car elle se les ait imposé, sans le savoir, dans son propre esprit. J'essaye de faire de mon mieux, de... de la pousser à faire ses propres choix, à être forte !* Il se tut subitement, et tenta de se dissimuler, car le Dragon, sur la peau de l'Elfe, se mit à verser quelques larmes, et il en avait honte. *Je ne sais pas quoi faire pour l'aider... je... je ferais tout ce que vous me direz...*

C'était nouveau pour le Dragon, de telles émotions. Lui qui s'était renfermé dans la méfiance, enlaçant jalousement Tylia dans un cocon aussi protecteur qu'il le pouvait, il constatait, aux mots de Rhaego, sa propre faiblesse. Les choses n'auraient pas du tourner ainsi, sa protégée avait été une jeune fille si pleine de vie, si forte, et elle était devenue si timide, effacée. Il avait essayé de l'encourager, mais il ne pouvait rien faire, et il avait agi par désespoir, en espérant la faire réagir, ce qu'elle avait fait ; mais avait-il agi pour le mieux ?...
Il se sentait comme blessé, non pas par orgueil, car demandant de l'aide, mais par amour, pour ne pas avoir su aider sa protégée, qui était tout pour lui. Il se roula en boule dans le cou de l'Elfe, et se ferma à nouveau, ayant besoin que l'on le laisse tranquille un moment ; au moins le temps que sa protégée ne se réveille. Il commença à avoir un vif respect pour Rhaego et Sliabh, et regrettait de s'être montré si incisif. Il avait réagi comme il l'avait fait avec tout le monde, alors que ces deux-là étaient plus susceptible que tout autres personnes au monde de pouvoir les aider.

Tylia n'avait pas bien compris ce qui s'était passé, quand d'un seul coup elle avait semblait-il décidé de s'endormir. Ça s'était posé impérieusement à elle, et ne soupçonnais pas Servahn d'avoir été derrière cela ; elle eut d'ailleurs du mal à remettre ses idées en place, alors que son corps commençait à se réveiller, agiter de quelques tics. Elle sentit une main passée dans ses cheveux, et trouva cette sensation apaisante, peu soucieuse de savoir qui pouvait bien faire cela. La jeune Elfe eut la sensation d'un souffle apaisant, dans son cou, celui de Servahn. Elle retrouva sa présence chaude à ses côtés, mais ne lui dit rien. Elle sentait que le gros de la tempête était passé, et qu'il n'y avait plus grande inquiétude à avoir.
Elle sourit, et sut avant d'ouvrir les yeux que c'était Sliabh qui était avec elle. Son expression était impassible, mais sa main et son toucher, dans ses cheveux, étaient doux. L'Elfe n'eut pas envie de dire un seul mot ; pour le moment, tout allait bien, il n'y avait pas besoin de paroles. Le soleil brillait, loin derrière les cimes des immenses arbres, Servahn n'était plus muet, et elle entendait des oiseaux chanter non loin... mais les instants de paix ne durent pas éternellement, et c'est elle qui, après ces quelques instants, sans pour autant montrer l'envie de bouger, prit la parole.

"Qu'est-ce qui va se passer, maintenant ?" Demanda-t-elle simplement.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Sam 13 Avr - 17:46

-C'est pour cela que vous êtes venus ici, soufflèrent à l'unisson prêtresse et dragon, pour découvrir ce don vous êtes capable.

Les doigts habiles et agiles de Sliabh, bien qu'appartenant à une prothèse articulée, continuait de tresser les longues mèches blondes de Tylia. L'elfe semblait paisible ainsi, n'ayant plus cette aura d'incertitude qui planait autour d'elle en permanence. Sliabh ne comprenait que trop bien que Tylia s'imagine être faible, de n'être rien. Son propre mari avait failli la détruire ainsi. Jahga, le père de son fils, le vrai, avait été un véritable secours. Et Rhaego... Que dire du dragon qui partageait sa vie depuis maintenant de nombreuse année ? Leur relation allait plus loin, était plus forte, que celle que pouvaient avoir deux amants, ou un frère ou une sœur. Une fusion parfaite, en dépit de ce qu'avait pu croire son mari. Sliabh y avait perdu ses bras, un œil, mais elle y avait gagné quelque chose de précieux, d'unique. Elle eut un sourire éclatant, et son œil bleu se mit à luire, et sa colère s'envola, remplacée par une joie soudaine. L'air devint plus vif, plus pure, le chant des oiseaux plus forts, ses perceptions furent soudainement décuplées, lui ouvrant l’œil sur un monde merveilleux, harmonieux. Une joie pure et éclatante qui la laissa sereine. Elle avait laissé son passé derrière elle, son seul regret était d'avoir abandonné son fils, pour fuir. Son fils qu'elle savait ici, qu'elle n'osait rejoindre. Elle aussi, avait encore des choses à apprendre, d'autres épreuves à affronter. Rhaego et Sliabh sentaient l'amour que portait le dragon à l'elfe, sa détresse également. Ses intentions étaient initialement bonnes, mais ses façons ne l'étaient pas toujours. La carapace d'arrogance venait de se fissurer. Si Tylia n'avait guère confiance en elle, qu'elle tremblait à l'idée d'affronter le futur, son dragon était pareil, se cachant seulement derrière une fausse assurance. Rhaego se dissocia doucement de Sliabh, son oeil retrouvant ses trois cercles de bleus d'origine, brillants et lumineux. Tylia s'éveilla, ils purent le sentir, ce qui n'empêcha pas la prêtresse de continuer de jouer avec ses cheveux. L'elfe ne bougea pas, nullement gênée par le contact de la métissée sidhe-eldarin.

-Ce qui va se passer, répéta Sliabh, pour l'instant pas grand chose pour aujourd'hui, vous avez suffisamment eux d'émotions fortes. Quartier libre, tu peux aller ou bon te semble dans le temple, dans tout Or Blanc, histoire de familiariser par toi même avec l'endroit.

Sliabh soupira, devenant plus sérieuse.

-A partir de demain, nous commencerons à vous enseigner comment devenir plus fort tous les deux, ensembles, mais aussi séparément. Votre plus gros problème c'est la communication, vous vous coupez l'un de de l'autre à des moments cruciaux, et vous ne vous comprenez que lorsque que vous vous parlez avec des mots. Rhaego et moi, nous allons vous enseigner à savoir ce que vous pensez, sans avoir besoin d'y mettre des mots. Cela passera par de longues séances de méditations, il faudra que vous appreniez à vous ouvrir, et ce véritablement, l'un à l'autre. Une fois votre lien harmonieux, le reste viendra tout seul. Nous vous apprendrons à vous coupez l'un de l'autre, l'intimité est parfois essentielle... Et bien sûr, nous vous entrainerons, car c'est pour cela que vous êtes venus ici, pour devenir plus fort. La méditation est également bonne pour le combat. Tu ne suivras pas que mes enseignements Tylia, car se battre n'est pas le seul moyen de pouvoir devenir forte et surtout indépendante. Le combat entraine des blessures, tu auras besoin d'apprendre à guérir. Pour vivre, tu dois pouvoir manger, et les chasseurs de Cùan peuvent t'apprendre à survivre n'importe où. Vous avez un long chemin devant vous, mais si vous tenez jusqu'à bout, vous en sortirez grandi. Il ne faut pas que vous partiez avec des regrets. Si vous souhaitez partir quand la route touchera à sa fin.

Les mots pouvaient s'avérer simples ou bien obscures, Sliabh en viendrait aux détails, lorsque Tylia et Servahn seraient mis devant le fait accompli, mit à l'épreuve. La méditation était une étape longue, parfois laborieuse, lorsqu'il fallait atteindre un degrés d'ouverture à l'autre, tel qu'on ne pouvait plus rien lui cacher. La moindre peur, la moindre honte ne pouvait plus être enfouie dans un coin de l'esprit, l'autre voyait tout. Mais l'autre était aussi exposé. L'égalité, l'équilibre commençait par ça. La moindre cachotterie pouvait tout fausser. Se mettre à nu, se faire face, était une épreuve terrible. Sliabh pensa que ces deux-là n'en comprendraient vraiment l'importance une fois en harmonie. Après cela, il fallait réapprendre à se couper, il y a des moments d'intimités qu'on ne partage pas. Et il fallait garder son identité. Sans cela, le mélange devenait lui aussi source d'instabilité. Mais Rhaego et elle se chargeraient de leur expliquer en temps voulu.
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Mer 25 Juin - 1:00

Les paroles de la prêtresse restèrent suspendues en l'air, vibrantes autour de la jeune Elfe qui se laissa aller, sans bouger, à s'en imprégner. Comme un état second, cotonneux, tandis que son esprit assimilait ce qui lui était dis, sans pour autant réellement comprendre. Cela viendra en son temps, se dit-elle. Mais sur le moment, trop de choses, événements comme sentiments, se baladaient dans son crâne. Sliabh lui annonça qu'elle avait quartier libre, et Tylia l'en remercia, la voix lointaine, l'esprit déjà ailleurs. Elle prit congé après un salut respectueux, ainsi que des excuses renouvelées pour ce qu'elle et son compagnon avaient causés.
Les pas de l'Elfe la menèrent un peu partout dans le Sanctuaire, lui permettant de voir de nombreuses choses de ce qui serait son nouvel environnement. Servahn se tint tranquille, lové entre ses omoplates, lui permettant de profiter pour une fois de ne pas être une bête curieuse. Les gens la regardait normalement, la saluait poliment, et Tylia leur rendait avec un sourire. C'était agréable...

Mais la balade se devait de se terminer, quand vont l'heure de dîner. Ceci dit, elle n'avait pas faim, même si elle savait devoir manger quand même un peu... elle préféra retourner à sa chambre, qu'elle partageait avec Diarmuid... et Svana. Sans doute était-ce pour cela qu'elle n'avait pas faim. Qu'elle était retournée dans la chambre, et qu'elle se prépara à dormir. Elle était fatiguée, tout en souhaitant éviter autant que possible de devoir s'expliquer en étant, pour l'instant, aussi confuse. Attendre un moment plus posé, se disait-elle en retirant le surplus de vêtements pour se mettre à l'aise. Que Servahn se décide à nouveau à parler pour le pousser à s'excuser, ajouta-t-elle en se glissant sous la couverture. Espérez que les choses s'arrange, pensa-t-elle avant qu'elle n'arrive plus à formuler ses pensées...

¤ ¤ ¤

D'abord, il y eut les ténèbres, puis des éclats dans le lointain, de lumières, de voix, de vie. Et plus rien.

"Où suis-je ?" appela une voix qui était la sienne sans l'être.

"Pas où. Quand." répondit un timbre de glace, irradiant de partout et nul part à la fois.

"Quand suis-je ?" répéta sa voix qui parlait sans qu'elle ne dise mot.

"Maintenant," fut la seule réponse.

"Maintenant ?"

"Dans l'éternité, seul maintenant importe. Le présent est partout où l'on se fixe."

"Je ne comprend pas..." soupira la voix.

"Ce n'est pas pour maintenant."

Un grondement vint des profondeurs. Les ténèbres prirent la forme d'écailles, de larges ailes l'entourait de ses membranes noires. Deux sphères rougeoyantes l'observaient. Puis des flammes jaillirent, bleue, faisant luire des crocs aiguisées, et la chaleur fut si intense qu'il lui sembla mourir. Alors elle poussa un cri, long, qui résonna dans tout les "maintenant" qu'elle avait pu connaître, dans toute l'éternité.


Il y avait une cage, des barreaux d'acier. C'était maintenant, mais ce n'était pas le présent ; son présent. Elle ne savait plus qui elle était, son identité se fondait dans ce maintenant, dans cette cage lugubre. Les images qui lui parvinrent étaient flous, elle ne savait pas où elle était... un lieu inconnu, sur lequel se superposait la chambre d'une Elfe qui n'était pas encore née... un tortionnaire au visage famélique mais qui avait le visage dur d'une mère de sang à venir...
Dans la pénombre, un visage se pencha sur celle qu'elle était sans l'être, des mots s'échappèrent du père d'un sang qui n'était pas encore le sien... les paroles se perdirent dans le fracas des mémoires entremêlées, et une autre voix se superposa sur celle de cet homme qui n'était pas lui.

"Héritage... par l'âme et non le sang... le cycle se répète et évolue... semblables et différents..."

La voix mourut, tout devint flou... ne resta qu'un visage de femme, dissimulé dans l'ombre d'un capuchon, pressant son index sur ses lèvres.
Silence...

Et dans l'infinité de l'instant, l'éternité qui s'étendait de toute part dans le rêve, Tylia ressentit le besoin primaire de combler le vide, de remplir l'éternité de sa douleur, d'une douleur ancienne qu'elle ressentait maintenant, mais pas dans le présent.

¤ ¤ ¤

Assise sur son lit, en sueur, Tylia chercha des yeux ses repères. Ce n'était pas sa chambre... si, mais pas celle qu'elle avait connu toute sa vie. Sa mémoire lui revint, Sliabh, le sanctuaire... Svana... L'Elfe avait crié, elle en était sûr. Sans se souvenir pour quelle raison, elle avait ressenti une terreur comme jamais auparavant. Elle sentit Servahn tétanisé, réveillé lui aussi, son esprit blanc, incapable de dire quoi que ce soit ou de réfléchir.
En sueur, la jeune femme calma sa respiration, et essaya de retrouver son calme.

"Ce n'était qu'un cauchemar... un cauchemar... rien d'autre qu'un cauchemar..."
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MessageSujet: Re: Chambre de Svana, Diarmuid et Tylia.   Dim 27 Juil - 22:37

Il passa une main crasseuse, aux ongles terreux dans ses cheveux détrempés. En bas, avant d'entrer, de traverser l'entrée jusqu'aux escaliers menant aux chambres, il avait pris soin d'ôter ses bottes boueuses, dans l'optique de ne pas laisser une trainée de pas derrière lui. L'heure était plus que matinale, si bien qu'il ne croisa personne sur son chemin, chacun devant être endormi dans son lit. Le peu de lumière qui provenait de l'extérieur était plutôt morne. La pluie tombait, non plus drue comme durant la nuit, mais un voile fin, bien qu'interrompu, qui finissait tout autant par tremper ceux qui se trouvaient dessous. Lui avait subi les averses orageuses qui avaient éclatés alors qu'il participait à une des chasses des prêtres de Cùan, dans le but de parfaire ses compétences. Diarmuid Sviles avait passé une partie de sa nuit à patauger dans la boue et les feuilles. L'autre à essayer de s'abriter de l'orage qui s'était abattu sur la forêt d'Iricht, faisant paniquer leurs montures, et les obligeant à se mettre à couvert. Le feuillage des arbres n'avait pas résisté à la déferlante de Virva, et le bois humide n'avait pas vraiment été efficace pour faire du feu. Il n'avait en suite pu rentrer durant la nuit comme prévu, ne passant les portes Nord du Sanctuaire qu'à l'aube. Il tombait presque de fatigue, et n'étaient les nerfs, il aurait pu s'endormir dans les écuries. Il était en passe d'être ordonné prêtre, et il voulait profiter des autres enseignements du temple avant d'être envoyé à courir le monde. Bien mal lui en avait pris, puisqu'il devait ressembler à... à pas grand chose ainsi dégoulinant d'eau. Il gratta une de ses joues piquetées de barbe. Il se traina jusqu'à la chambre qu'il partageait avec Svana. A cette heure là, il la savait déjà debout, en train de s'entrainer. Svana était une assidue, une ascète du combat, et elle vivait selon des règles de vie strictes. Elle n'était d'ailleurs pas forcément très drôle, mais Diarmuid avait fini par se faire à son comportement un peu guindé. Oh, ils avaient fini aussi par se battre, mais ça leur avait permis de briser la glace une fois pour toute. Depuis, ils cohabitaient, chacun ayant son territoire dans la chambre qu'ils occupaient. Diarmuid n'avait de toute façon, depuis quelques mois, plus le temps de se chamailler avec elle, puisqu'il allait passer prêtre dans les mois qui suivraient. Enfin, il songea qu'il devrait l'emmerder une dernière fois avant ça. Et c'est donc en trainant les pieds, et en ayant déjà quelque peu prit de l'avance sur ses heures de sommeil, qu'il atteignit enfin la porte. Pensant que la chambre serait vide, il ouvrit sans faire grand cas de la discrétion et du bruit, la porte qui claqua contre le mur. La chambre était plongée dans la pénombre.

-Bordel, elle aurait pu ouvrir les volets, jura-t-il entre ses dents.

Il se mit à tâtonner pour trouver la rune près de la porte, qui lui permettrait d'allumer la sphère enchâssée dans une suspension, elle-même pendue au plafond. Ses bottes dégoulinaient sur le sol, et lui aussi. Il n'avait qu'une hâte, prendre des affaires propres et aller se récurer. Il devait puer la mort, ou en tout cas, la boue, les crottes d'écureuil, ou ce genre de chose qu'on sentait après une virée en forêt qui avait tournée comme la sienne.


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