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 Petites courses sur le pouce.

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Dierdre Fardale
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Peuple : Versipellis
Second(s) Métier(s) : Serveuse par intérim au Cercles des Fées
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MessageSujet: Petites courses sur le pouce.   Dim 12 Fév - 22:36

Panier sous le bras, les cheveux au vent, Dierdre déambulait sur la place, au milieu des longs étales du marché d'Hossë, eux même entourées par des boutiques toutes plus encombrées les une que les autres, s'entassant et formant un joyeux capharnaüm. Cette vision lui remontait le moral, qu'elle avait décidément bien bas. Elle qui était considérée comme la plus extravertie et joyeuse des trois sœurs Fardale, affichait désormais bien souvent un sourire de façade. Sithys était parti depuis longtemps. Trop longtemps. Elle s'était d'abord inquiétée, jusqu'à angoisser, et puis le temps avait passé, et l'inquiétude avait laissé la place à un vide. Elle espérait toujours que son lycanthrope se pointerait un jour sur le pas de la porte du Cercle des fées. Mais Dierdre s'était rendue à l'évidence, Sithys ne reviendrait peut être jamais. Et elle, elle se sentait seule, et abandonnée. Trahie. Et surtout terriblement triste. Elle affichait une mine réjouie, et se comportait comme si de rien était, lorsqu'elle était en présence de sa sœur, ou de Maëlle, sa fille adoptive. Et elle ne pouvait pas s'empêcher de se méfier de tous ceux qui lui rappelaient Galrak, le chef de meute qui l'avait attaquée parce qu'elle avait été la compagne de Sithys, lycanthrope en fuite, au passé tâché de sang. Aujourd'hui, ça ne voulait plus dire grand chose. Ses blessures avaient guéri, effaçant les dernières traces de ce qui s'était produit. Même son nez avait retrouvé sa forme habituelle, après des semaines d'emplâtre. Elle ne souffrait que d'une cicatrice à peine visible. L'os s'était ressoudé sans faire de bosse. Une chance. Elle pouvait maintenant se montrer, sans être assaillie de questions, auxquelles elle ne voulait pas répondre. Voila pourquoi Mogweed l'avait envoyée faire des petites courses.

Généralement, sa sœur se faisait directement livrer au Cercle des Fées, mais il arrivait que les réserves de certains produits ne soient plus suffisantes pour pouvoir tenir jusqu'à ce soir. Dierdre avait donc une liste en main de choses à acheter, et de commerçants à voir. Elle était déjà passée par le port, demander à ce que du poisson frai soit livré pour ce soir, avec quelques sacs de sel. Maintenant, Dierdre allait d'étal en étal, chercher les épices et herbes qui manquaient à Mogweed : sauge, thym séché et thym frai, basilic, coriandre, mais également cumin, cannelle, et gousses de vanille, ces dernières coûtaient généralement assez cher.
Penchée sur un étal, comparant différents sachets, et reniflant leurs contenus, la Sil'ura faisait son choix. Le vendeur la regardant d'un œil amusé. Elle le connaissait, pour souvent fréquenter le marché, et en général, les vendeurs d'épices étaient soit des natifs du Sud, soit des marchands du Nord qui avaient fait fortune grâce aux prix des denrées venues du Sud. Fort heureusement, les prix restaient majoritairement abordables, et il était facile de profiter de nouvelles saveurs.


-Je vais vous prendre quatre sachets de gousses de vanille, deux pots de cannelle en poudre, et deux sachets de bâtons, et puis un pot de cumin...


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Luvia
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Peuple : Louve. Si si, j'vous jure !
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Lun 13 Fév - 20:30

"Ouah..."

Avec de grands yeux émerveillés la jeune louve contemplait tout ce qui se trouvait devant elle. Une ville était un trésor de découverte fascinante pour une jeune femme ayant vécu toute sa vie dans les bois, et bien qu'elle ne comprenne qu'une partie de ce qui se dressait alentours, ça n'en restait pas moins grandiose. Les maisons étaient ce qui l'intriguait le plus, elle en avait déjà vu mais pas en pierres, ni si grande ; passer d'un petit village à une grande citée était une expérience des plus étrange.
Les pavés sous ses pieds nus étaient froids, et la terre, si vivante, lui manquait, tout comme le calme relatif qui régnait dans la nature. Ici il y avait beaucoup de gens, de passages, des carrioles, du bruit, des éclats de voix, des odeurs... beaucoup pour les sens fins d'une louve peu coutumière de tels environnements. Mais elle fit avec. Ses habits aussi étaient une gêne, Luvia n'avait jamais aimé ça mais pour une raison qu'elle jugeait idiote les autre Deux pattes n'appréciaient guère de la voir nue. Son ami l'Elfe lui avait laissé des vêtements, qu'elle avait mis, d'abord amusée par la nouveauté et par l'idée de s'habiller toute seule, mais en plus de lui donner assez chaud elle se sentait plus que gênée par leur présence.
Cependant, elle faisait avec.

La faim était aussi un problème, car si dans la nature elle pouvait à loisir se repaître de proies qu'elle traquait, on lui avait signaler qu'il fallait échanger sa nourriture ou d'autres choses contre de l'argent. Elle en avait, en petite quantité, et ne savait pas vraiment l'utiliser, en conséquence elle préférait le garder. Luvia s'était maigrement nourri avant d'entrer dans la citée, les animaux sauvages se faisant rare près des lieux où se réunissent beaucoup de Deux pattes, en tout et pour tout elle n'avait pu attraper que quelques oiseaux avec son habileté naturelle. Puis elle s'était dévêtu un peu, la louve avait voulu ne pas faire de baluchon mais elle dut se résoudre à enlever le plus de vêtements, ne gardant que la veste lui arrivant aux genoux, et la ceinture. Après avoir caché la bourse avec, elle fourra le tout dans l'écharpe, fit comme Neldo-truc lui avait montré, et partie à la découverte des merveilles que pouvait renfermer la grande ville.

L'excitation et l'émerveillement se tarirent peu à peu, au bout de quelques rues le malaise de ses sens prit lentement le pas sur la vue des maisons et du grand nombre de choses étranges qu'elle voyait. Cependant, une dizaine de mètres plus loin elle sentit de drôles d'odeurs qui l'attirèrent inévitablement, odeur de nourritures diverses, mais aussi de nombreuses plantes, et de bien des choses qu'elle ne connaissait pas. La curiosité l'emporta sur le reste, sans grande résistance, et Luvia se tailla un chemin jusqu'à l'origine de toutes ces effluves titillant son odorat très fin, et elle tomba sur une grande rue apparemment très fréquentée, et où se dressait de nombreux étals couvert de nombres de denrées et objets qui suscita chez la jeune louve un vif regain d'intérêt pour les merveilles de la ville.

"Un marché !" S'écria-t-elle.

Les mots sortirent d'eux-même de sa bouche. Elle n'en avait jamais vu ni entendu parler, mais elle savait ce que c'était et comment ça s'appelait. La jeune femme ne s'en préoccupa pas, elle avait l'habitude d'utiliser des termes qui sortait instinctivement d'entre ses lèvres en se trompant rarement ; elle savait même parler comme les Deux pattes et les comprendre sans avoir eu à apprendre, alors qu'elle avait grandi avec des loups. Un mystère qui ne l'inquiétait guère, car après tout ça ne l'empêchait pas de partir à la découverte du monde, bien au contraire.
Son arrivée ne se fit pas avec discrétion, au contraire elle se précipita d'étal en étal pour voir ce qui s'y trouvait, assaillant de questions les vendeurs et partant parfois avant d'avoir entendu toutes les réponses car autre chose avait attiré son attention. En ajoutant à cela qu'elle bousculait par moment les gens en s'excusant, et qu'elle n'achetait rien, Luvia fit une entrée des plus remarquée. Mais elle ne se préoccupait pas de ce genre de détail, elle regardait tout ce qui l'entourait, et contemplait comme des reliques inestimables ces choses du quotidien sous les yeux crédules des passants. Les marchands de bottes, les marchands de coffres, les forgerons...
Seulement, un gargouillis vint interrompre sa petite promenade éducative, son estomac rappelant à la jeune femme la nécessité d'un bon repas. Bien qu'ayant toujours de l'argent dans son baluchon, elle rechignait à l'utiliser pour de la nourriture. En fait, elle ne savait pas du tout quoi en faire, et pas plus où trouver à nouveau. Elle hésitait donc beaucoup, et préférant économiser pour un usage futur ; mais cela signifiait aussi devoir chasser à manger.

Luvia était en chemin pour retrouver la nature qu'elle connaissait si bien afin d'attraper quelques petits animaux, quand elle capta une odeur inconnue, et pourtant familière... un sourire se dessina sur ses lèvres fines. Une proie de choix se baladait dans la ville, son odorat de prédatrice ne la trompait jamais, un de ces animaux domestiques qui pourtant ferait un délicieux casse-croûte, si son propriétaire en avait un, à moins qu'il ne soit errant. La jeune chasseuse ferma les yeux, se concentrant sur son sens olfactif, n'ayant pas besoin de voir où elle marchait pour repérer les gens qui l'entourait. Elle se cogna à quelques étals, certes, mais se dirigea à l'aveugle avec une certaine aisance, se rapprochant de la source du parfum qui la faisait saliver.
Elle pouvait le renifler, la proie était mêlé à la foule, en confiance avec les Deux pattes apparemment. Quelle erreur... la jeune femme sourit à nouveau, dévoilant ses belles canines, autant à l'idée de faire un bon repas que de l'attraper si aisément. Doucement elle s'approcha, mine de rien, et sauta sur sa proie ! Sauf que...

"Eh, t'es pas un chat !!"

Poussant quelques personnes qui faisait obstacle entre elle et sa proie, Luvia avait bondit sur la source de l'odeur, et se retrouva à califourchon, agrippé non pas à l'animal traqué à son insu, mais à sa grande surprise c'était une Deux pattes qu'elle avait projeté à terre. Sans laisser le temps à l'inconnue de répondre, la louve se pencha sur elle et inspira fortement à plusieurs reprises.

"Tu sens comme une chatte, mais tu n'en es pas une. Comment ça se fait ? Mon nez ne me trompe jamais !" Clama-t-elle, vexée.


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Dierdre Fardale
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Dim 19 Fév - 22:27

Dierdre venait de lâcher deux pièces d'argent dans la main du marchand d'épices. Dans son panier, elle avait bien calé les petits pots en verre, ou en terre cuite. Les protéger des chocs étaient important, ce qu'ils contenaient, coûtait cher, suffisamment pour qu'elle n'ait pas envie d'avoir dépenser deux pièces d'argent pour rien. La Sil'ura n'était pas sans le sous, mais des années sur les routes lui avaient appris à être économe, et à ne rien dépenser, si ça n'était pas utile. Elle allait se retourner quand elle se mangea un projectile. Son dos heurta durement les pavés, et elle lâcha son panier. Un poids sur la poitrine la fit réagir très vite, elle n'écouta même pas les paroles qui parvinrent à son oreille. Dierdre les voyait, surtout lui, et son horrible sourire, et ce visage si sérieux, avec cette once de pitié lorsqu'il l'avait frappé, brisant son nez, éclatant sa lèvre, et puis le coup dans le ventre l'avait pliée en deux. La souffrance, l'impuissance. Et eux. L'odeur de loup. Dierdre cria, et dans un réflexe elle envoya son poing s'écraser contre le visage de son agresseur, la déstabilisant, et permettant à Dierdre de rouler sur elle même, et de sortir le couteau qu'elle gardait maintenant, et constamment, à porter de main. Présentement, elle en avait un dans sa botte, et celui qu'elle venait de sortir, avait été dissimulé sous sa manche depuis qu'elle était sortie de l'auberge.
Elle n'avait aucune nouvelles d'un groupe de lycanthrope, Mogweed lui avait raconté comme Sioltach et Neldoranthir avaient massacré une partie de la meute de Galrak. Mais un petit groupe, et l'Alpha, celui qui l'avait frappée, avaient réussi à prendre la fuite. Et depuis, Sithys était également introuvable. Elle n'avait rien entendu, rien. Mais il avait dit qu'il se vengerait, et Dierdre n'était pas stupide. La vengeance s'abattrait autant sur elle, que sur Sithys. Et elle craignait que Sithys n'ait déjà subi cette vengeance. Son tour était-il venu ? Les passants s'étaient arrêtés, et formaient un cercle autour de l'étal, d'elle, et de son agresseur. Le marchand d'épice avait déjà sorti son arme, un revolver, et tenait en joue la louve... Dierdre cligna des yeux, restant quand même en position d'attaque. Elle avait, en face d'elle, une jeune femme, avec des oreilles de loup, et une queue touffue. Incrédule, Dierdre baissa lentement son arme, sans pour autant relâcher son attention.


-Je ne suis pas une chatte ! Je suis une Sil'ura ! Espèce de tarée ! cracha-t-elle, T'es qui ? C'est lui qui t'envoie ?

Méfiante, la Sil'ura scruta son attaquante, et constata qu'elle avait l'air trop ahurie pour faire partie de la bande de Galrak. Ce qui n'empêchait rien peut être. Le loup qu'elle avait affronté en premier, avait eu ce même air, lorsqu'elle l'avait blessé. Fort heureusement pour elle, elle était dans un lieu publique, et plein de monde, et la louve serait maîtrisée au moindre mouvement hostile. Elle ne doutait pas de la capacité du marchand à savoir se servir de son arme. Et elle savait se défendre. Elle ne se laisserait plus jamais blesser, plus jamais, elle ne subirait ça.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Lun 20 Fév - 23:09

Contrariée, Luvia pouvait l'être, en lui et place d'un chat il y avait une femme, et pas de repas. Mais pire encore, sa "proie" réagit plutôt violemment, lui envoyant son poing en plein visage, ce qui déstabilisa et fit très mal à la jeune louve, qui tomba presque à la renverse. Elle ne s'attendait pas à une telle réponse, et cria à cause de la douleur, peu habituée à ce qu'on la frappe, encore moins au visage. Elle s’apprêtait à répliquer, mais voyant celle qui lui faisait face, elle se ravisa, tant à cause de l'apparente agressivité qu'elle affichait, que de son nez qui la vrillait...
Il saignait un peu, et la louve contint comme elle put le flot qui commençait à tâcher ses vêtements. Quand elle surmonta la vive douleur, posa son regard autour d'elle, puis constata que la femme en face avait sorti du métal tranchant, ces fausses griffes d'acier appelées couteau, ce qui fit remonter une bouffée d'angoisse et étouffa le sentiment de colère que Luvia avait ressenti. L'homme derrière l'étal sorti aussi un objet bizarre, et sans pouvoir l'identifier elle savait pourtant que c'était dangereux.

La femme qui sentait comme un chat lui cria dessus, et les passants s'agglutinèrent autour d'eux, pour voir l'origine de l'agitation. La jeune femme, toujours les fesses au sol, commença à trembler un peu, supportant mal que tant de gens la regardent, l'oppressent, et es armes ajoutant à son malaise...
Elle resta un moment sans rien dire, intimidée, mais finit par balbutier une réponse d'une voix nerveuse.

"J-je ne sais p-pas..." balbutia-t-elle, son regard incertain fixé avec crainte sur le couteau.

Tension, malaise, crainte, puis peur, la jeune femme aux oreilles de loup passa par ces stades. Son cœur commençait à s'emballer, sa respiration paniquée, et petit à petit un instinct animal envahit la louve, qui obscurcissait sa raison : fuir. Elle se releva doucement, ses yeux furetant un peu partout, ses oreilles plaqués vers l'arrière et ses crocs dévoilés. Mais avant qu'elle ne fasse un seul geste, une sensation étrange l'envie, suivit qu'une décharge qui pulsa dans tout son corps. La louve semblait prête à attaquer, et l'instant d'après une légère lueur l'irradia et... elle disparut.

Trois mètres plus loin, entre quelques personnes, une légère lumière blanche prit une forme vaguement humaine, et dans un crépitement Luvia réapparut. Elle était bouche bée, son crâne était douloureux et son esprit confus, la situation et leur déroulement, l'irruption du désir purement sauvage de fuir... la louve était toute chamboulée, ne comprenait pas grand-chose. Et dans ce chaos qui résonnait dans son cerveau, une seule chose hurlait plus que tout le reste : elle devait filer le plus loin possible.
Bousculant les gens autour d'elle, la jeune femme paniquée prit une direction au hasard, et bifurqua très vite dans une ruelle ou il n'y avait personne, et se cacha dans une espèce de boite en métal sentait mauvais. Mais elle s'y sentait en sécurité, loin de ces gens qui la regardait avec insistance, de la griffe d'acier, de... de toutes ces choses étranges...

Elle sentait des larmes remonter. Une nouvelle fois elle ne comprenait pas pourquoi, mais elle se mit à pleurer... et ça ne lui fit pas du bien pour autant. Son nez continuait de saigner, et son esprit était des plus confus... la ville ne lui plaisait plus tant que ça...


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Noorah
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Ven 6 Avr - 18:12

Les odeurs du Marché d'Hossë enchantaient Noorah, qui s'y sentaient comme chez elle. Elle connaissait les commerçants, ne serait-ce que de vue. La plupart d'entre eux fournissaient Helmet Hall au moins une fois par mois, car la forteresse, même avec une cour limitée, était un vrai gouffre financier en matière de nourriture, de draps, et autres produits. L'après midi était chaude, et Aelius réchauffait les vieilles pierres d'Armenelos. Une profonde paix intérieur animait alors Noorah, qui se sentait bien, à baigner dans l'odeur des épices et des viandes qu'on faisait griller, et la chaleur. Le marché d'Hossë avait alors les couleurs des souvenirs de son enfance. Elle se pencha pour humer des fleurs, avant qu'Eileen lui offre un morceau de gâteau tiède. La petite part était luisante de beurre, et fleurait bon le sucre. Elle mordit dedans, et les couches successives de pâte feuilletée étaient fondantes à souhait, inondant sa bouche de ce délicieux goût, propre au gâteau Maëldanais. Elle avait constaté, dès les premiers jours, l'amour du beurre, du sel, et du sucre, qu'avaient ces grandes goules de Maëldanais, qui adoraient autant manger que boire, que de se battre et faire la fête. Tenant Eileen par un bras, elle s'appuyait sur elle, tout en marchant. Elle avait déjà englouti sa part, et se léchait les doigts, satisfaite.
Son regard fut attirée par des étoffes colorées, vendue par une marchande à la poitrine et aux boucles noires opulentes, qui vantaient les mérites de ses rouleaux de tissus, avec un fort accent Andanoréen, qui fit sourire Noorah. Elle s'approcha de l'étale, entrainant sa compagne avec elle. Elle foula le tissus des doigts, sourit et rit aux boniments de la marchande, et échangea avec elle quelques nouvelles du Sud. Elle finit par se décider, pour un tissus d'un safran soutenu, brodé d'une frise violette et vert anis, rehaussée de broderies or et cuivre. Elle avait décidé, qu'elle s'en ferait une robe, et elle acheta des rubans rouge vin, pour servir d'attaches. Et comme elle était bien partie, elle prit également un tissus léger, irisé, couleur parme, elle en ferait un manteau, pour la saison chaude. Pour orner la capuche et les manches, elle prit une bobine de fil doré.
Elle paya, sortant les pièces d'argent demandée. Elle prit les rouleaux de tissus, et fourra les rubans et la bobine dans sa bourse, qu'elle raccrocha à sa ceinture.

-Bouge pas où j'tire !

Noorah se redressa, et jeta un regard inquiet à Eileen. Ce n'était pas rare que le marché d'Hossë soit agité, mais généralement, les marchands et les boutiquiers préféraient appeler à la garde. Elle repéra l'agitation, un attroupement s'était formé. Comme Noorah dépassait la plupart des gens, ce ne fut pas difficile pour elle, de se percher sur une caisse, et d'assister à toute la scène. Un éclat blanc y mit fin. Elle put percevoir de la magie, ce n'était pas très fort, comme si, ça n'était pas contrôlé.

-Tu ferais bien d'aller apaiser la foule. On se rejoint au pont levis.

Alors qu'Eileen écartait la foule en s'aidant de sa hache, Noorah partit dans la direction opposée. Elle venait de ressentir encore une fois, l'éclat de magie. Eileen n'était pas dotée de pouvoirs magiques, mais elle, si. Bien qu'elle ne puisse pas s’épancher dans des déferlements de mana, comme les grands mages d'Inwilis, Noorah était douée pour ce qui était de sentir les sortilèges. La détection d'usage magique était dans ses cordes, depuis son apprentissage. Elle se devait, à l'époque, de protéger son maître à tout prix. Elle bifurqua dans une ruelle, laissant le marché grouillant de monde derrière elle. La ruelle était vide. Noorah s'immobilisa, aux aguets, jusqu'à ce qu'elle entende pleurer. Les pleurs venaient d'un tas de détritus, d'une caisse plus exactement. Poliment, elle frappa poliment au couvercle.

-Excusez-moi, j'ai vu ce qui s'est passé tout à l'heure. Il ne faut pas lui en vouloir, ici on ne saute pas sur les gens, quand on ne les connait pas.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Sam 21 Avr - 16:20

La jeune louve était encore paniquée, son cœur battait encore dans sa poitrine à un rythme affolant, et ses yeux furetaient partout pour être sûr que personne n'était caché avec elle dans le cylindre de métal où elle était dissimulé ; mais il n'y avait personne, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir l'impression qu'autour d'elle tout l'oppressait. Cette sensation ne la quittait pas, et elle n'arriva à calmer sa respiration que très difficilement.
Elle ne se préoccupa pas de l'endroit où elle avait trouvé refuge, ni sur quoi elle était assise ou ce qui tâchait le bas de sa jupe improvisée. Son nez laissant encore s'échapper un peu de sang, ne lui permettant pas de s'apercevoir que l'odeur ambiante était épouvantable. Mais peu lui important, elle se sentait si mal, si... déstabilisée par ce qui lui était arrivé.

Elle avait senti l'odeur d'une chatte d'âge moyen, et jamais elle ne s'était trompé. Pourtant, elle avait sauté sur une femme, qui s'était montrée très hostile avec elle, et l'autre qui l'avait menacée... non, Luvia en était sûre, celle sur qui elle avait bondit n'avait pas l'odeur d'un félin sur elle, c'était ELLE le félin, la jeune femme aux oreilles canines n'avait fait aucune erreur. Pourtant...
Quelqu'un approcha de son repaire, ce qu'elle sut car l'on toqua dessus, ce qui la fit sursauter. La louve n'avait pas été assez attentive, trop occupé à apaiser son corps qui réagissait très mal à sa malheureuse expérience. Elle paniqua en entendant une voix s'adresser à elle, mais ses oreilles se relevèrent d'un coup : la voix était douce, et dépourvue d'agressivité. C'était une femme, qui s'excusa doucement pour celle qui l'avait repoussée et frappée sans ménagement, et lui signala qu'elle l'avait, en quelque sorte, un peu cherché.

"C'est sur une chatte que j'ai sauté. Je ne me trompe jamais, de ma famille je suis la meilleure chasseuse. Je ne me suis pas trompée !!"

Son honneur de louve était en jeu. Il était impossible pour elle d'avoir fait erreur... son cœur se serra à cette idée. Luvia était la fierté des siens, si avoir quitté sa famille avait pu affecter ses talents... elle sanglota à cette idée. Jamais elle ne pourrait retourner auprès de sa meute avec un handicap olfactif, qui la rendrait inutile... l'angoisse la tenaillait : qu'allait-elle devenir ? Au fond de sa boite la louve eut à nouveau envie de pleurer. En quelques instants seulement, elle regrettait amèrement d'être sorti de sa forêt, malgré les merveilleuses rencontres qu'elle avait faite.
Mais quelqu'un était là, à s'inquiéter de son état puisqu'elle l'avait suivi pour dissiper tout doute sur l'incident. D'une voix triste et emprunte d'un peu de colère, la jeune femme au caractéristiques lupine prononça assez fort pour être entendu clairement depuis l'intérieur de sa poubelle :

"Allez vous-en !"


Dernière édition par Luvia le Mer 25 Avr - 15:11, édité 1 fois
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Eileen
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Lun 23 Avr - 22:47

Le Général Fearghas profitait de ses quelques heures de temps libre, pour être avec son épouse. Noorah la tenait par le bras, s'appuyant allégrement contre elle, alors qu'elle l'avait entrainée jusque sur le marché d'Hossë. La rue grouillait de monde, enfin rue... Le Marché d'Hossë prenait presque toute une avenue principale d'Armenelos, et les boutiques s'enchainaient, et au milieu de la rue, on trouvait deux rangées d'étals. Il fallait se faufiler entre la foule, et les chariots, ce qui dénotait de l'exceptionnelle taille de l'avenue en question, qui débouchait sur la grand place. Noorah ne cherchait rien de particulier, avait-elle dit. Mais quand Eileen la vit s'intéresser de près aux échoppes proposant des tissus bigarrés du Sud, la louve eut quelques soupçons. Noorah savait encore une fois, parfaitement ce qu'elle faisait. Les beaux jours arrivaient, et l'intendant adorait confectionner ses vêtements, lorsqu'elle n'en trouvait pas qui lui plaisaient. Eileen restait sur le qui-vive, son instinct de prédateur se méfiant d'une foule aussi dense, se sentant presque piégée. La louve-garou n'aimait guère les lieux dans lesquels elle ne pouvait pas bouger. Le poids rassurant de sa hache à double tranchant dans le dos, elle se savait capable de réagir rapidement au moindre danger.
Il s'était écoulé deux semaines depuis le mariage de son royal frère, et la citée portuaire ne désemplissait pas. A Helmet Hall, les deux jeunes mariés avaient subi le défilé des ambassadeurs, des riches marchands, et autres opportunistes, venus s'enquérir des besoins de ce couple royal, ou des projets du roi, quels qu'ils soient. Eileen était évidemment, dispensée de cette exercice périlleux qu'était l'usage de la diplomatie, et elle avait du rejoindre en hâte Aeguishor, après avoir entendu parlé de ce qui s'était passé dans les landes. Au nord-ouest d'Armenelos, à quelques dizaines de lieues de la capitale, on trouvait un manoir. Un ancien fief d'un clan aujourd'hui disparu. Le Manoir était inhabité, jusqu'à qu'un Loup s'y installe. Aeguishor n'avait rien eu à y redire. Et le Manoir en question avait brûlé, saccagé par une bande de lycanthropes renégats. Dierdre Fardale, une des célèbres trois soeurs, avait été blessé, et l'incendie, avec été déclenché par un dragon, Sioltach le Noir, compagnon du dragonnier Neldoranthir Ril'Adamanta, que Mogweed Fardale, ainée de la fratrie, avait embauché, pour sauver sa soeur. Eileen avait éprouvé de la colère, en constatant à quel point le manque de confiance de Mogweed envers le Clan du Nord, portion de l'armée Maëldanaise régulière, chargée de faire régner l'ordre et la paix dans les Landes, et de veiller sur les frontières.
Mais le plus grave était que tous les lycans n'avaient pas péris dans les flammes ou par la lame de l'elfe. Leur chef avait eu suffisamment de temps pour reconstituer ses forces, et ils semaient la terreur, frappant la nuit, effectuant des raids rapides, visant à voler du bétails, du matériel, et enlevant parfois des jeunes femmes, voire des jeunes filles. Des actions on ne pouvait plus commune dans le Maëldan, mais qui n'avaient jamais lieu à une telle échelle, ni même aussi fréquemment qu'avant la paix d'Aeguishor... Et effectivement, ses patrouilleurs n'arrivaient pas à leur mettre la main dessus, et cas de confrontation, impossible d'en capturer un vivant. Le but de ses manœuvres restait flou, personne n'avait retrouvé de cadavre de jeune femme jusque là. Eileen chassa ses préoccupations, sollicitée par Noorah, à propos de deux étoffes, laquelle choisir ?

-Prend les deux, ça règlera le problème, et du tissus, ça sert toujours non ?

L'officier retourna à ses préoccupations intérieures. Les jeunes femmes disparues ne venaient pas seulement des clans nomades, mais aussi de caravanes, et les actions de cette meute ne se limitaient pas au Maëldan, elle avait entendu parlé de raids en Falassost, et aux frontières de l'Inwerin. Deux lycans étaient morts sous les flèches de l'armée Inwerienne. Les frontaliers avaient donné les cadavres à ses patrouilleurs. Eileen releva brusquement la tête, ses oreilles captant des éclats de voix colériques. Et puis, il y eut un "bouge pas où j'tire" sonore, avant que les voix précédemment en colère, ne soient plus que surprise et confusion. La voix de Noorah lui parvint, lui donnant des instructions. Sa chère et tendre était perchée sur une caisse.

-Pas besoin que tu me le dises ma choute. J'y vais.

Détachant la hache de son harnais dorsal, la grande rousse écarta les badaux, faisant usage de l'arme pour les pousser hors de son chemin, sans pour autant courir, ou faire le moindre geste qui signerait le début d'une panique sans bornes.

-Poussez-vous, laissez moi passer.

Le pas impérieux, la voix puissante, la guerrière se fraya un chemin, laissant derrière elle sa bien aimée, qu'elle avait vu partir dans la direction opposée à la sienne. Elle ignorait ce que Noorah avait vu, mais Eileen espérait qu'elle n'allait pas se fourrer dans un traquenard, ou quoi que se soit qui la mette en danger. Depuis son arrivée ici, Noorah n'avait plus jamais de problèmes aussi sérieux que ceux qu'elle avait eu, lorsqu'elle était esclave. Eileen déboucha au centre de l'attroupement, poussant sans ménagement un Kitsune. Elle trouva Dierdre Fardale, armée, le regard hébété, et un marchand armé lui aussi, tenant en joue, le sol.

-Circulez y'a rien à voir ! tonna-t-elle, le spectacle est fini !

Des tâches de sang sur le sol signalait qu'il y avait bien eu quelqu'un, et à en juger par le sang sur le poing de Dierdre, celui qui tenait sa dague, elle s'était défendue. Le marchand baissa son arme, et celle-ci disparut sous le comptoir. L'officier releva la jeune Sil'ura, lui enlevant la lame des mains, desserrant sans mal les doigts pourtant crispés autour de la garde. Eileen usait de ses talents de dominante, pour rassurer la Sil'ura affolée, dont elle pouvait entendre battre le coeur. La dernière fois qu'elles s'étaient vue, Dierdre arborait un plâtre sur le nez, et des contusions à peine résorbées. Les Sil'ura guérissaient moins vite que les Lycans, qui étaient tous des forces de la nature. Et celui qui l'avait agressée, ne faisait pas exception. Dierdre n'avait du son salut qu'au fait qu'elle servait d'appât, et à l'intervention du dragonnier Ril'Adamanta, qui échappait à toute autorité. Eileen ramassa également un panier tombé au sol, celui de Dierdre, à en juger par le contenu.

-Allez ma belle, viens, c'est fini. Personne ne te fera de mal. Regarde, tu l'as même mis en fuite.


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Dierdre Fardale
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Mer 2 Mai - 23:04

"Je sais pas".
Les mots résonnèrent dans le crâne de Dierdre qui comprit qu'elle avait fait une erreur. Elle en aurait pleuré, si elle n'avait pas été si choquée. Elle n'était pas choquée par la disparition de son agresseur, la fille louve s'était téléportée, effrayée par la jeune femme. Sa main tenant sa lame tremblait, tout son corps tremblait. Elle n'aurait jamais cru qu'elle deviendrait si faible à la suite de son lynchage en règles par le lycanthrope et sa meute, qui accusaient alors Sithys d'être un traître et un meurtrier. Elle n'y était pour rien, et ignorait alors tout du passé du lycan mercenaire dont elle était tombée amoureuse. Il l'avait gardée en vie, parce qu'elle servirait d'appât, leur proie penserait pouvoir sauver sa femelle, sa compagne, mais il se ferait assurément battre. Dierdre se souvenait avoir entendu ces mots, alors qu'elle avait la vue brouillée, le ventre douloureux, la lèvre et l'arcade sourcilière fendue, le nez cassé, saignant à gros bouillon, et elle qui tentait d'enrayer, de faire stopper son sang qui coulait, en s'aidant de sa tunique. Elle avait au moins eu la satisfaction de savoir Maëlle en sécurité. Mais, elle, elle avait mal partout, et les regards qui se posaient sur elle n'avaient rien d'amicaux, et envoyaient des frissons de peur la secouer. Elle s'était alors recroqueviller dans un coin de la pièce, jusqu'à ce qu'elle soit sauvée par l'intervention de sa soeur ainée, Mogweed, et des amis Neldoranthir Ril'Adamanta et Sioltach, immense dragon noir, qui avait réduit en cendres le manoir où elle, Sithys et Maëlle avaient élu domicile. Elle s'était vivement défendue au départ, elle avait été si fière, si sûre d'elle, presque certaine que le monde qui s'offrait à elle, ne l'atteindrait jamais pour lui faire du mal. Dierdre était tombé d'un piédestal, et elle sortait enfin seule, sans trembler, sans regarder partout, et voila qu'elle avait cru s'en être sortie. Mais non. Elle tremblait là, comme une feuille paralysée. Même si la jeune fille l'avait attaquée, elle n'aurait pas pu se défendre tant elle était tétanisée, morte de trouille. Son cerveau n'enregistrait rien d'autre que la peur. Une vague de chaleur apaisante passa sur elle, et Dierdre cligna des yeux, se rendant compte qu'on lui parlait. Elle leva ses grands yeux dorés vers celle qui lui parlait. Elle reconnut Eileen des Fearghas, qui était une personnalité d'Armenelos. Le général était connu du Cercles des fées, à l'époque où elle était encore simple soldat, Eileen avait passé de longues soirées de beuverie dans l'auberge de sa soeur. Et même après, jusqu'à son ascension en haut de l'échelle, et qu'elle se marie, les soirées de beuverie avec ses camarades étaient moins courantes.
Dierdre lui jeta un regard suppliant, et se laissa faire lorsqu'elle lui prit la dague, ramassa son panier. Une main à la poigne de fer la prit par le bras, la remettant debout. Elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle s'était agenouillée. Déglutissant péniblement, elle hocha d'abord faiblement la tête, avant de le faire vigoureusement.


-D-d'accord.

Elle avait les jambes en coton, et ses deux mains serraient le panier, jusqu'à en blanchir ses jointures. La foule se dispersait déjà, et ceux qui restaient, s'écartaient devant eux. Dierdre put enfin respirer, sans pour autant de se détendre. Une partie d'elle même commençait à prendre conscience de l'erreur qu'elle avait commise, mais l'attaque l'avait tellement surprise, qu'elle n'avait pas pu réagir autrement qu'en balançant son poing dans la figure de son supposé agresseur. Elle lui avait fait mal, elle l'avait fait fuir. Peut être, mais ça n'avait pas marché pour Lui. Elle l'avait à peine blessé, ça ne lui avait rien fait. La nuit, l'ombre menaçante se penchait sur elle, l'acculant dans le coin d'une pièce, qui devenait si petite, elle n'avait nulle part où se cacher, et il le savait. Il le lui disait, il le promettait, qu'il la retrouverait.

-D-désolée, j'ai p-pas réfléchi avant de.. Mais elle m'a sauté dessus, et j'étais par terre, j'ai réagi comme je pouvais. Je pensais que...

Dierdre secoua la tête.


-Je pensais qu'il m'avait retrouvée, et que... Ce serait pas logique. Il a dut avoir sa revanche, Sithys est parti depuis des mois, des mois que je ne reçois plus rien de lui. Alors...


Se mordant la lèvre, Dierdre réprima un sanglot. Devant Maëlle, sa soeur ainée, les clients de l'auberge, les commerçants, elle se montrait forte, souriante, comme si rien ne s'était passé. Elle jouait la comédie, refusant de penser encore et encore à son coeur et son esprit meurtris, qui ne guérissaient pas, contrairement à son corps. Quand Sithys avait cessé d'envoyer des messages, Dierdre avait d'abord pensé qu'il ne pouvait pas lui écrire, pour telle ou telle raison. Mais la vraie raison, elle avait peur de l'énoncer à voix haute. Et le chagrin, elle l'endiguait, refusant de s'y abîmer autrement que la nuit, lorsqu'elle était certaine que personne ne pouvait la voir ou l'entendre.


-J'ai peur, confia-t-elle à Eileen, de tout de rien, je crois le voir, je crois l'entendre rentrer, mais il n'est pas là. Et parfois je le vois Lui, jusque dans mes rêves...


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Noorah
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Dim 6 Mai - 19:45

Un sourire attendrit et amusé s'épanouit sur les lèvres de Noorah. Ses yeux se mirent à pétiller en entendant les récriminations de la jeune femme. Car s'était bien la voix d'une jeune femme qui sortait de la caisse de bois, à moitié enfouie entre le sac de déchets. Lorsqu'elle lui dit de partir, Noorah fut d'abord un peu surprise, avant de sourire plus largement.

-M'en allez ? Je m'en voudrais si ceux qui ramassent les poubelles vous embarquent... Et puis ce ne doit pas être très agréable de rester enfermée là dedans, quand on a l'odorat sensible.

Elle venait d'avancer, le plus innocemment du monde, l'argument qui serait sans doute le plus pertinent. Elle en déduisait que la jeune femme appartenait à un peuple lié à un animal, puisqu'elle parlait de chasse. Et de chatte. Dierdre n'était pas sous sa forme de gros chat orange lorsqu'elle avait été attaquée. Noorah en avait simplement déduit alors que la jeune femme devait posséder un odorat, auquel elle se fiait plus que ses yeux pour chasser. Elle se recula un peu, laissant de l'espace à la jeune chasseuse, au cas où elle sortirait comme un Tieffelin de sa boîte.

-Et moi, je maintiens que vous vous êtes trompée. Du moins à moitié. Vous ne devez pas avoir rencontré beaucoup de Sil'ura, pas vrai ? Dierdre est une humaine, mais aussi un chat. Voila pourquoi elle sent le chat. Sans en être un. Elle a donc été très surprise. Et vous lui avez fait peur. Il y a de quoi, si c'était pour la chasser, et donc la manger. En général, les Sil'ura ne se mangent pas.

Elle marqua une pause, regardant autour d'elle, mais Noorah ne vit rien qui pourrait servir de siège. Elle regarda derrière elle, mais Eileen devait toujours être occupée avec Dierdre. Peut être même la ramenait-elle déjà au Cercle des Fées. Ce qui était arrivée à la jeune femme avait fait le tour des bouches d'Armenelos. Et d'autres rumeurs de femmes enlevées avaient continué. C'était un sujet d'inquiétude. Mais aucun cadavre n'avait été retrouvé, et certaines jeunes femmes étaient même rentrées chez elle, sans aucune égratignure. Noorah ignorait les détails, mais Eileen devait savoir.

-Je m'appelle Noorah. Je suis magicienne, et si je le voulais je pourrais vous faire sortir de là. Mais ce ne serait pas très correct, n'est ce pas ? Ce serait un peu comme si... Je vous sautais dessus, alors que vous ne vous y attenderiez pas.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Mer 9 Mai - 13:43

La femme hors de la boite continua à lui parler, et Luvia écouta, bien qu'elle eut préféré rester seule. Elle ne comprit pas bien le commentaire sur son odorat, qui de toute façon aurait bien du mal à lui faire sentir autre chose que le parfum de son sang pour le moment. Elle éclaircit aussi le malentendu, expliquant à la jeune femme ce qu'était un Sil'ura et qu'elle n'avait pas eu tout à fait tord. Puis elle se présenta, lui demandant de sortir en ponctuant sa phrase d'une manière qui déplut à la louve, qui se sentait déjà assez coupable comme cela. Sa première réaction fut cependant par rapport à la nature de sa proie, à cause de son ventre qui gargouilla en lui rappelant qu'elle n'avait toujours pas mangé.

"Si les Deux-pattes commencent à devenir aussi des chats ou des trucs que je mange..." Elle se renfrogna à cette idée. "J'ai jamais du donner du largen ou quoi que ce soit pour manger, je vois pas pourquoi je ferais pas comme d'habitude..."

Elle se sentit tout de même soulagée, cela signifiait qu'elle ne s'était pas trompé. Pas du tout. Elle avait sauté sur un chat, qui avait la forme d'un Deux-pattes, mais un chat. Sauf que la louve avait aussi bondit sur une Deux-pattes avec l'intention de la manger, elle ne pouvait donc pas vraiment lui en vouloir de sa vive réaction. Luvia soupira, tout cela était compliqué, dans ces moments-là elle regrettait vraiment sa meute, là-bas au moins tout était simple, clair... et un peu ennuyeux. Elle avait choisi de voyager un peu pour découvrir le monde par delà la forêt, malgré l'inquiétude de sa louve de mère, et la promesse de revenir faite à son père. Elle n'avait pas envie de sortir de sa boite, surtout si elle allait devoir présenter ses excuses à la fille qu'elle avait voulu manger.
Une chose la fit tiquer cependant. Là où elle se trouvait, c'était une... poubelle ? Ce mot lui dit quelque chose... la louve releva brusquement la tête. Ça lui revint, elle connaissait ce mot, et son sens, même si elle l'entendait pour la toute première fois de la bouche de cette femme. Compte tenu des circonstances, elle consentit donc à sortir, une main bouchant toujours son nez, elle poussa la couvercle de l'autre avant d'attraper le baluchon et se relever. Luvia regarda celle qui tenait absolument à la faire sortir de sa cachette, et fut surpris de voir que la femme était grande, et remarqua qu'elle n'avait pas de cheveux, ce qu'elle trouvait bizarre. Les siens étaient longs, et très pratique pour combler partiellement son absence de fourrure. Ceci dit, cette Noorah n'était probablement pas tenue de vivre nue en forêt été comme hiver.
La jeune femme sortit donc de la poubelle, et se tint droite en regardant fixement celle qui lui faisait face, un peu méfiante. Jusqu'ici elle n'avait fait que peu de mauvaises rencontres, et avait chassé les malotrus à grand renfort de morsures, mais après sa désagréable expérience, elle jouait la prudence, même si c'était pas vraiment dans sa nature. Elle avait déjà abordé un gros lézard noir poussé par la curiosité, tout en ayant remarqué à quel point il était dangereux, mais aussi qu'il voyageait avec un Deux-pattes, et qu'il ne l'avait pas croqué tout de suite en la voyant. Il fallait parfois prendre des risques pour faire des rencontres amusantes, et le dernier qu'elle avait pris la faisait saigner du nez.
Luvia ne savait pas quoi dire, ou quoi faire, et décida de répondre simplement

"Pour l'instant mon odorat ne sert à rien..." Ses yeux se posèrent là où le sang avait dégouliner. "Oh non, j'ai tâché les vêtements que m'a donné Neldoran-truc !" Se lamenta-t-elle.

La louve laissa tomber son baluchon, et d'une main retira la ceinture et déboutonna sa veste, et dut lâcher un moment son nez qui laissa échapper quelques goûtes de sang sur sa peau, avant qu'elle ne le pince à nouveau une fois la veste retirée. Luvia se retrouva alors nue, et en plus de se sentir plus à l'aise, elle put tenter de nettoyer la veste, en léchant le sang. Là encore, elle ne savait pas comment elle savait que la salive aidait à retirer efficacement le sang, mais elle le savait. Elle n'enleva qu'une partie de la trace rouge qui ornait sa veste, avant de se rappeler qu'il valait mieux éviter d'être nue devant quelqu'un d'autre, et de remettre le vêtement en vitesse, tout en rougissant, et durant l'opération elle dut lâcher son nez qui laissa une nouvelle trace sur la veste, ce qui la fit râler.
Son sérieux avait du en prendre un coup, un soupir se fit entendre alors que ses oreilles se baissèrent. Elle avait envie de manger, et de se reposer, elle n'était pas habituée par de telles sensations enchaînées aussi vite. Il lui fallait une pause pour digérer tout ça. D'ailleurs une pensée germa dans son esprit, mettant en relation le fait que Noorah soit magicienne, et la sensation bizarre qui la fit disparaître de devant la chatte qui n'en était pas une et apparaître plus loin.

"Moi c'est Luvia, et je suis une louve. Dites, c'est vous qui m'avez fait plus être devant la... truc à moitié chat, et être plus loin pour plus être devant elle ?"
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Noorah
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Mer 9 Mai - 23:03

Le couvercle de la caisse fut soulevé, et repousser sur le coté. Une jeune femme sembable aux Nekos ou aux Kitsunes, en emmergea. Elle avait deux oreilles touffues et une longue queue de loup, que Noorah était capable d'identifier avec certitude, comme étant des caractéristiques lupines, puisqu'elle vivait parmi une des plus grosses meutes du Maëldan. Et surtout, elle vivait en couple, mariée, avec une louve. Elle la laissa sortir, se reculant un peu, pour ne pas la brusquer. Les lycanthropes avaient tous tendances à s'énerver rapidement, lorsqu'ils étaient sous pression, en colère, ou bien inquiets, ou même appeurés. Et elle, elle devait être appeurée, et vu son visage ensanglanté, elle comprit pourquoi elle était sur la défensive. Dierdre ne l'avait pas loupée, et Noorah eut un bref sentiment d'approbation. La Sil'ura reprenait du poil de la bête.

-Neldoran-truc ?

Noorah ne connaissait qu'une personne qui pourrait correspondre à Neldoran-truc, et s'était Neldoranthir. Le dragonnier était encore en Maëldan quelques semaines plus tôt. Mais les questions viendraient après, que Neldoranthir ait donné des vêtements à la jeune femme-louve, ça n'était pas important. Elle regarda, un peu abasourdie, la louve se dévêtir, et lécher le sang, pour tenter de l'enlever. Elle n'avait jamais vu ça. Et Noorah n'eut pas de mal à comprendre qu'elle ne savait pas se comporter en société, au milieu d'une ville, pleine de Deux-pattes. Elle ne devait avoir rien connu d'autre que sa vie au sein de la meute, ce qui expliquait son comportement plus qu'étrange. La nudité ne dérangeait pas Noorah, qui n'avait pas eu le luxe de connaître ce qu'était la pudeur, depuis le jour où on l'avait dénudée, enfant, pour se faire examiner par les yeux des acheteurs. Chassant ce souvenir qui était lié à un passé qui semblait maintenant si loin de sa vie actuelle, Noorah regarda le louve lutter pour se rhabiller, sans remettre du sang partout. Elle garda le silence, attendant qu'elle ait fini.

-Enchantée Luvia. Et non, ce n'est pas moi qui t'ait fait disparaître, lorsque tu étais en mauvaise posture face à Dierdre. J'étais trop loin à ce moment là, mais j'ai pu sentir la magie. Elle venait de toi. En revanche, moi, je peux faire ça, pour toi.

Joignant le geste à la parole, elle s'était approchée de la louve, Luvia, de son nom. Levant une main, et récitant quelques mots de sortilèges mineurs, Noorah toucha le nez sanguinolent de Luvia, qui guérit de lui même, sous l'effet du sortilège. Dierdre n'avait pas mis assez de force pour le casser, mais s'était tout juste. Les sorts de soins, Noorah les maîtrisait, elle s'était guérie elle-même, après chaque séance de coups de fouet, qui avait laissé son dos ravagé, zébré de cicatrices peu esthétiques. En suite, un sortilège de nettoyage acheva d'effacer toutes traces de sang des vêtements de la jeune louve, et fit également disparaître l'odeur nauséabonde des ordures, dans lesquelles, elle s'était cachée. La métisse retira sa main, ramenant son bras le long de son corps, elle eut un sourire plein de gentillesse pour Luvia.

-C'est mieux comme ça. Ce serait dommage en effet, d'abîmer les vêtements que Neldoranthir t'a offert. Si c'est bien ce que tu voulais dire, en parlant d'un certain Neldoran-truc. Et si tu veux manger, viens avec moi, je t'apprendrai à te servir de l'argent, puisque tu sais ce que s'est. Je dois récupérer un paquet avant, là où je l'ai laissé, pour venir te trouver. Mais si tu viens avec moi, je t'offrirais de quoi éviter, que tu sautes à nouveau sur quelqu'un, pour le manger.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Sam 12 Mai - 16:00

La femme répéta le nom comme si elle le connaissait, mais Luvia n'y avait pas prêté attention alors qu'elle nettoyait vainement le sang sur sa veste. Après sa brève présentation, la dénommée Noorah, et lui expliqua que c'était elle qui avait elle-même pu se téléporter. La louve la regarda avec un air curieux, ne comprenant pas vraiment, et pour cause, elle n'avait jamais, jusqu'ici, présenté un quelconque don pour la magie, ou le déplacement instantané. Elle mit ces interrogations de côté alors que la Deux-pattes s'avançait, ce qui lui fit avoir un mouvement de recul instinctif, suivi de ses oreilles qui se plaquèrent vers l'arrière, signe qu'elle n'appréciait pas qu'elle l'approche, mais elle le fit tout de même.
Luvia eut un peu peur en l'écoutant réciter des mots bizarres, et faillit lui mordre la main quand elle lui toucha le nez, mais elle n'en fit rien, curieuse et sentant que Noorah ne lui ferait pas de mal. Pourtant, la jeune femme eut un mouvement de recul et un couinement en sentant son nez la piquer, mais bien vite la douleur se dissipa, et tout était guéri, elle put à nouveau respirer et utiliser son odorat. Elle constata d'ailleurs que ça sentait mauvais.
Le sang fut ensuite nettoyé, de même que la louve eut l'impression que ça sentait moins mauvais. Ses oreilles se redressèrent, et un grand sourire surpris se dessina sur son visage, dévoilant par la même occasion les crocs qu'elle tenait de ses ascendants lupins. Noorah prononça le nom compliqué du Deux-pattes, Neldoran-truc, et jeune femme s'étonna que la magicienne le connaisse, elle l'avait trouvé pas très gentil et renfrogné, étonnant qu'il ait des amis. Les oreilles de la louve se relevèrent avec grand intérêt en entendant parler de nourriture, et une fois que la femme sans cheveux eut fini, elle s'empressa de répondre.

"Oui c'est ça le nom compliqué là, c'est Neldoran-truc. Il était un peu coincé, mais le Dragon lui était plus gentil, il m'a même fait voler bien que ça fait froid. Mais c'est moins intéressant que ce que vous avez fait ! Comment vous faites ça ? Faut toujours attendre quand on se blesse, une fois mon frère a du rester un mois sans bouger parce qu'il s'était foulé la patte. Il chassait un cerf avec les autres. D'ailleurs c'est bon le cerf, mais c'est dur à attraper, faut être plusieurs et même là c'est difficile. Si on va manger on peut manger du cerf ? Mais cru, vous les Deux-pattes vous la faites cuire pour mieux mâcher sauf que c'est moins bon, mais moi j'ai des crocs très résistants !"

Sa mésaventure semblait déjà oubliée, elle avait la sensation que c'était loin et à présent elle avait un vif intérêt pour Noorah et ce qu'elle savait faire. La jeune femme avait sortie sans vraiment réfléchir tout ce qui lui passait par la tête, ce qui lui donnait un air enfantin, ce qu'elle était encore malgré ce qu'elle connaissait de la vie et son indépendance totale ; du moins dans la nature. Un comportement animal lié à une attitude assez peu mature. Sa queue se balança de droite à gauche pour ponctuer l'enthousiasme débordant dont elle fit preuve au travers de ses propos.
Son ventre gargouilla, et s'ensuivit un léger chancellement. D'un seul coup la jeune louve se sentit faible, elle n'avait pas pensé que sa fuite l'avait autant fatigué. Elle se recula et manqua de tomber, portant sa main au front à cause de son étourdissement. Ses yeux papillonnèrent un moment, le temps qu'elle retrouve l'équilibre. Luvia fixa sa nouvelle amie, se sentant un peu gêné de son léger malaise.

"Je me sens un peu... mal... trop pour sauter sur quelqu'un..." Ajouta-t-elle en souriant.
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Noorah
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Ven 18 Mai - 7:58

Le dragonnier était surprenant. N'étant pas du genre à venir en aide, et encore moins à faire la charité, Neldoranthir n'était pas connu pour ne pas avoir de scrupules ou d'états d'âme, si bien que le dragon, Sioltach, était le plus elfique des deux, pour éviter d'apposer le mot humain à Neldoranthir Ril'Adamanta, qui méprisait les humains, voire presque tous les autres peuples d'Inwilis. Noorah ne l'avait jamais rencontré personnellement, mais elle avait suffisamment vu le dragon noir et son cavalier à la chevelure blanche pour savoir qui ils étaient. Et Eileen lui en avait parlé à plusieurs reprises, sans compter que étrangement, ils étaient amis avec Dierdre Fardale, que Luvia venait d'attaquer. Que le monde était petit...

-C'était de la magie, je pourrais peut être t'apprendre, ou t'apprendre de la façon normale, c'est plus long à guérir, mais ça marche aussi. Et tu seras peut être étonnée de savoir que Neldoranthir et Sioltach - le dragon - sont des amis de Dierdre, la Sil'ura que tu as voulu manger.

Comme l'odorat de Luvia devait être à nouveau fonctionnel, Noorah se recula un peu, elle était marquée par Eileen, qui comme tous les lycanthropes, marquaient leurs compagnes-ons, pour des raisons évidente, qui allaient de la possessivité extrème du loup, à la défense d'une partie du territoire. Elle devait donc sentir Eileen, qui était une louve dominante, et Noorah doutait que Luvia ait assez de maturité pour en être une. Elle en eut la confirmation, quand Luvia lui montra ses dents, lui expliquant que la viande crue était meilleure. Pour sa part, Noorah l'aimait saignante, souvent agrémentée d'épices, pour en relever le goût. Eileen et Parthalan la mangeaient presque bleue, comme le reste des Fearghas qui pouvaient se transformer en grosses bestioles avec des poils, griffes et dents redoutables. Pour Parthalan, Noorah songea que, c'était un peu différent. Enfin, elle eut un sourire, qui se figea quand elle vit la louve chanceler, elle leva le bras, prête à la rattraper si elle tombait.

-C'est le contre-coup de ta téléportation. La magie demande de l'énergie. Si c'est la première fois que tu te téléportes, c'est normal que tu te sentes mal. Tu contrôles pas la magie, donc elle a peut être pris plus d'énergie que ce qu'on donne habituellement pour ce genre de sort. Il faut que tu manges. Je ne sais pas si les cuisines auront du cerf, mais je sais que les loups apprécient aussi l'Ëarthaë, et ça, je sais qu'il y en aura. Mais tu dois quand même manger quelque chose, le chemin jusqu'à Helmet Hall te paraîtra long si tu es dans cet état. Aller viens, on y va.

La magicienne attendit que Luvia avance, avant de commencer à marcher. Elle mesura ses enjambées, qu'elle savait grande, de par sa haute taille. Eileen, Maëldanaise pure souche, suivait la cadence des pas de Noorah sans problème, mais Luvia était plus petite, et devrait trottiner à coté d'elle, si elle n'y prenait pas garde. Elles retournèrent dans la grande avenue, le marché d'Hossë battait toujours son plein. Noorah avisa un marchand ambulant, dont l'étale sentait bon. Elle lui demanda une des tourtes à la viande dorées et croustillantes, qui attendaient d'être mangées. Évidemment, la tourte était chaude, et la viande cuite, mais il fallait que Luvia mange quelque chose.

-Tiens, je sais que tu préfères la viande crue, mais il faut que tu manges, si non, les vertiges ne partiront pas. Je te donnerai de la viande crue quand on sera chez moi. Je dois récupérer mon paquet, mange ça en attendant, ça tiendra bien la moitié du chemin. Attention c'est chaud.

Elle fourra la tourte et son petit papier dans les mains de Luvia, prenant soin de ne pas avoir de graisse sur les doigts. Il aurait été dommage que Noorah tâche les pièces de tisuss qu'elle venait d'acheter. Retourner jusqu'à la vendeuse ne fut pas une mince affaire dans cette foule dense, et avec Luvia qui ne regardait pas où elle allait, absorbée par l'examen minutieux, dont bénéficiait la petite tourte. Noorah récupéra le paquet, la marchande venue du Sud, avait soigneusement emballé dans du papier brun, les tissus qu'elle avait choisi. Elle la remercia, lui laissant quelques sous de cuivre en plus, pour le temps de gardiennage du paquet.

-Viens, on va chez moi, attention à ne pas te cogner aux gens sur le chemin.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Jeu 7 Juin - 22:18

Magie, un mot qui lui était étranger bien qu'elle eut l'intime conviction de l'avoir déjà entendu auparavant, mais elle n'en dit rien, et puis Noorah avait parlé de lui apprendre. Quand elle entendit que Neldran-truc et le Dragon étaient amis avec la fille-chat, la louve songea que ce devait être Sioltach qui était ami avec elle, et non l'Elfe qui était pas très marrant. Quoi que, vu la réaction de la fille-chat, Luvia se dit qu'elle n'était pas non plus très gentille, et qu'entre grognons ils devaient s'entendre après tout.
Son malaise fut suivi d'une légère migraine, quand la Deux-pattes se mit à parler de magie et de choses qu'elle n'arrivait pas à assimiler, mais un remède se glissa à son oreille, à savoir la nourriture, ou plutôt la perspective de pouvoir en avoir. Bien que se sentant faible, elle se tint bien et tenta de marcher bien droit, même si quelques vertiges la faisait légèrement dévier sur le côté ; mais rien ne la ferait trop dévier de son objectif, que quelques gargouillis lui rappelaient.

En marchant près de Noorah, la louve crut que son nez lui jouait des tours, car percevant l'odeur d'un loup dominant sur elle, plus particulièrement signalant qu'elle était son partenaire. Et plus étrange encore, que le dominant en question était une dominante. Dans sa meute, il n'y avait que son père, le chef de meute, qui avait le droit d'avoir une compagne, qui était sa mère, et eux seuls pouvaient avoir des enfants. Et Luvia imaginait mal une meute de loup avoir une Deux-pattes parmi eux pour la procréation, avec un chef de meute qui était une fille, c'était totalement contraire au but de la meute.
Mais une fois de plus la nourriture se chargea d'éloigner ses réflexions qui risquaient de lui donner encore plus mal à la tête, car elles s'arrêtèrent devant un étal qui sentait très très bon, et Luvia en eut l'eau à la bouche, ce qui ne cessa pas le moins du monde alors que Noorah lui donna de quoi se remplir l'estomac en attendant d'arriver, en s'excusant que ce ne soit pas cru, ce à quoi la louve répondit :

"Du moment que ça se mange..."

Sa queue se balançait joyeusement de droite à gauche, alors qu'elle fit glisser son baluchon sur le poignet afin d'accueillir entre ses mains ce qui comblerait sa faim. Avec curiosité la jeune louve observa en premier lieu le plat qui lui était donné, par curiosité. La forme, l'odeur, et même la texture lui étaient étrangères, elle avait pu goûter à de la cuisine de Deux-pattes mais jamais à cela. Ça sentait un peu comme le pain, et surtout la viande cuite, délicieuse à en juger par le fumet qu'elle dégageait.
Sans hésitation elle planta les crocs dans la croûte dorée, et savoura ce qui se cachait à l'intérieur. Ça ne valait pas la viande crue mais Luvia reconnaissait que les Deux-pattes savaient cuisiner des bonnes choses. Elle se dépêcha de finir sa bouche pour enfourner encore plus de tourte dans sa bouche, et éviter que du jus de viande ne coule et tâche ses vêtements.
La jeune femme s'était arrêté pour goûter à son plat, et Noorah lui demanda de se remettre en route, ce qu'elle fit avec entrain.

"Je chuis achez grande pour pas cogner les chens !" Signala-t-elle, la bouche pleine.
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Noorah
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Ven 15 Juin - 22:45

Noorah dont les yeux prenaient la teinte de leur environnement, et devaient donc être en ce moment même, un tourbillon de couleur, regarda avec amusement la jeune fille-louve. Elle lui semblait être du genre à être entêtée, trop curieuse et insouciante pour son propre bien. Mais pas non plus sans instinct de survie ou de défense, puisqu'elle s'était échappée en se téléportant. Elle ne devait simplement pas savoir comment se compter en société, autre que la structure de la meute, ce qui excluait qu'elle fasse partie d'un clan rattaché à la couronne Maëldanaise, et encore moins des Fearghas.
Calant son paquet un peu mieux sous son bras, la magicienne leva les yeux au ciel en entendant la réplique de Luvia.

-Parfait alors. Surtout, ne me perd pas de vue. Ce serait dommage que tu te perdes. Quoi que...

La semi-Taltos semi-Lios pointa du doigt la silhouette imposante, massive, faite de granit de Helmet Hall, qui dominait la ville.

-C'est là qu'on va. Quand on sera là bas, tu pourras encore manger. Cette fois, ça sera de la viande crue.


En avançant, évitant avec élégance la foule qui s'amassait entre les étals encombrés du marché d'Hossë. Les odeurs, les couleurs, les sons se mélangeaient dans une cacophonie étrangement harmonieuse, et qui plaisait à Noorah. L'ancienne esclave associait l'ambiance des marchés à son enfance heureuse, alors que son clan vendaient le sucre, sous forme de sirop, contenu dans des jarres en terre cuite, peintes de couleurs vives, ou bien le troquant contre ce dont il avait besoin, alors qu'elle admirait les murs rouges de la citée d'Iskandar. Mais à l'époque, elle n'avait pas su que la ville s'appelait Iskandar, ou que tel clan portait tel nom. Elle se contentait de jouer avec les autres enfants et de revenir pour l'heure de manger ou de partir. Comme le faisant les enfants qui couraient, jouant dans les jambes des adultes qui déambulait dans la grande allée du marché d'Hossë. Noorah eut un mince sourire, poursuivant sa route, tout en faisant à attention à Luvia, qui eut vite fait d'engloutir la tourte.
Lorsqu'elles sortirent enfin du marché, Noorah se sentit plus libre de ses mouvements, mais il restait un bout de chemin pour monter jusqu'à Helmet Hall. Les rues étaient plus dégagées, et non loin de là, elle pouvait voir une des grandes places de citée maëldanaise, animée par une troupe de cheminants qui avaient demandé à séjourner pendant plusieurs semaines. Le publique affluait, et Noorah les avait même invité à Helmet Hall pour une soirée. Avec la jeune reine, les divertissements ne pouvaient être que les bienvenus pour Nueonia, qui risquait peut être de s'ennuyer, ou de crouler sous ses leçons de géographie, histoire, protocole, qu'elle devait apprendre rapidement pour être apte à soutenir Parthalan dans son règne. Prenant le chemin de la forteresse, Noorah croisa une patrouille de six soldats, qui la saluèrent chaleureusement, avant de dévisager rapidement Luvia à coté d'elle. Passant outre, elle continua de la faire avancer.

-Comme tu es une louve, je tiens à te prévenir. Là haut, quand on entrera, tu sentiras d'autres loups. Tu entres sur le territoire d'une meute. Mais tu es la bienvenue. Nous accueillons toujours bien les autres loups qui viennent à nous.


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Luvia
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Mer 20 Juin - 14:39

La déception se lut un moment sur le visage de la jeune femme alors qu'elles quittèrent le marché. Elle aimait beaucoup l'ambiance chaleureuse de l'endroit, et toutes les merveilles qui piquaient sa curiosité à vif, de même que les parfums envoûtant qui titillait son odorat. Mais son enthousiasme était toujours présent alors qu'elle regardait les grandes maisons en pierre. Luvia se demandait comment c'était à l'intérieur, et aurait bien voulu y entrer pour voir si c'était comme les autres maisons qu'elle avait pu visiter, mais elle se rappelait de ce que Neldoran-truc lui avait dit, que ce n'était pas une chose qu'il fallait faire. Elle chassa donc ces pensées et continua à suivre Noorah.
A un moment des gens passèrent devant eux, et la jeune louve les regarda avec curiosité. Ils avaient du métal dessus eux, qui lui faisait penser aux casseroles qu'elle avait déjà vu, faisant le rapprochement sans doute parce qu'elle avait toujours faim, bien moins qu'avant grâce à ce qu'elle avait avalé mais toujours. Elle regarda les six hommes passer en se retenant de rire, et écouta ensuite Noorah l'avertir. Elle ne lui appris rien, Luvia se doutait qu'elle allait voir d'autres loup à cause de l'odeur que la femme portait sur elle, et la rassura tout de suite.

"Oh vous en faites pas, je suis plus avec la meute, je ferais rien à d'autres loups s'ils eux ne me font rien bien sûr. Ce qui m'étonne, il m'a toujours semblé qu'il fallait respecter les territoires, sinon ça fait comme quand y a eu un étranger qui s'était perdu et était tombé sur mes frères de portée. Papa était furieux, il l'a presque tué mais il voulait pas de problème avec la meute voisine alors il l'a laissé en vie. Et même si je t'y amenais avec moi en disant que t'es une amie, je suis sûr que ...... te tuerait sans hésiter."

Vers la fin de sa phrase, Luvia eut comme un blanc, et à la place d'un nom elle projeta une image dans l'esprit de Noorah, qui était celle d'un grand loup gris aux yeux ambrés, dont l'oreille gauche était déchirée. Dans son esprit, il semblait à la jeune femme qu'elle avait prononcé un nom, du moins donné l'identité du loup comme elle le faisait parmi les siens, sans se rendre compte que c'était par télépathie.

"Il est d'une portée plus ancienne que la mienne, et a tué mon père lorsqu'il s'est fait vieux. J'aurai bien voulu devenir sa compagne, mais il a préféré ma sœur..." Elle se renfrogna. "Tout ça parce que je ressemble à une Deux-pattes... je suis une bien meilleure chasseuse qu'elle ! Il aurait du me choisir plutôt qu'elle..."

Son regard se déporta vers le sol, se sentant mal en repensant à sa famille, et surtout sa sœur. Elles étaient toutes deux de la même portée, mais depuis qu'elle était devenue la louve dominante elles ne s'appréciaient plus. Luvia n'avait pas quitté la meute pour cela, mais elle n'était pas mécontente d'être éloignées l'une de l'autre. Pourtant la jeune femme serait heureuse de retourner parmi les siens, car elle savait que toujours elle aurait sa place dans sa meute, c'était sa famille après tout, et la distance ainsi que le temps passé loin d'eux ne changeront jamais cela.
Un léger silence s'installa, qui fut troublé par la voix de la louve, après un léger rire de sa part.

"Je sais pas vraiment pourquoi je te parle de tout ça. Tout es un peu chamboulé dans ma tête, et pis t'es gentille. Y a pleins de gens intéressant, mais pas comme toi." Luvia releva la tête, un sourire flottant sur son visage. "Si, il y a ce garçon... j'aurais voulu qu'il vienne avec moi mais il pouvait pas. Mais je retournerais le voir. Il était drôle..."
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Noorah
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MessageSujet: Re: Petites courses sur le pouce.   Ven 6 Juil - 22:22

La magicienne sentit quelque chose heurter son esprit, mais ses barrières, constamment dressées, repoussèrent la tentative. Elle savait par expérience qu'il était épuisant de maintenir constamment des boucliers mentaux à un haut niveau de protection, aussi, Noorah modérait-elle son contrôle, dressant autour de son esprit, une barrière moyenne, qu'un simple télépathe, ou un magicien moyen, ne pouvait franchir. Elle le faisait depuis qu'elle était devenue une Fearghas. Comme d'autres membres du Clan, Noorah n'était pas lycanthrope, mais sa position, en tant que belle-sœur de l'actuel souverain, l'obligeait à faire preuve de prudence. Ici, à Armenelos, elle était confiante, mais cela ne la dispensait pas de prendre des précautions, contre une éventuelle attaque psychique. Elle pouvait élever et renforcer ses boucliers mentaux à la moindre sensation d'attaque.
Ce n'était pas le cas ici. Elle eut plutôt l'impression que Luvia essayait de lui faire passer un message, comme lorsqu'Eileen communiquait avec elle sous sa forme de louve. Et il en allait ainsi de la plupart des autres loups. Elle abaissa doucement ses boucliers, rattrapant le message de Luvia. Elle lui montrait un mâle dominant, qui avait connu bien des combats. La magicienne releva en suite ses défenses.

-Alors ta meute est bien agressive. Les meutes avisées ne s'approchent pas des Hommes. Cela évite des combats inutiles. Ma meute à moi compte autant d'hommes que de loups. Nous fonctionnons donc un peu différemment des meutes de loups, mais nous défendons également nos territoires et ceux qui sont sous notre protection.

Noorah sentit le sol sous ses pieds commencer à monter. La route pavée menant à Helmet Hall s'élevait doucement serpentant entre les bâtisses, jusqu'à l'épais mur d'enceinte de la forteresse. Le silence s'installa entre elles. Luvia aurait sans doute du mal à assimiler le concept des meutes lycanthropes, qui alliaient mode de vie humain et celui de la meute. Et ce serait sans doute encore plus difficile pour Luvia de comprendre que Noorah et Eileen, seconde dans la hiérarchie, formaient un couple dominant, sans pour autant avoir autant d'autorité de Parthalan, le véritable chef de meute. Peu importait, Luvia ne resterait sans doute pas avec eux très longtemps. La magicienne n'était pas si gentille que ça pour proposer à la jeune louve de rester avec les Fearghas. La décision ne lui revenait pas. Noorah eut la preuve que Luvia préférerait sans doute repartir, lorsqu'elle parla d'un garçon.

-Un garçon hein ? Peut être pourra-t-il repartir avec toi la prochaine fois. Ou peut être est-ce toi qui restera. Tu ressembles effectivement à une deux-pattes, mais tu verras que les loups de ma meute ressemblent presque tous à des deux-pattes normaux. Tu n'es pas bien différente d'eux.

Noorah eut un petit sourire, éclairant brièvement ses yeux. Ils prirent la teinte du ciel bleu, et du soleil éclant qui inondait les murs de pierres d'Armenelos. Et alors qu'elles passaient devant une maison aux volets peints en fuchsia, les yeux de Noorah captèrent la teinte, et l'ajoutèrent aux tourbillons de couleurs qui animaient ses iris. Le soleil réchauffait son cœur et sa peau. Elle appréciait sa chaleur, bien qu'elle ne soit pas aussi forte, voire accablante comme au delà de la mer. Là bas, Aelius vous enveloppait dans ses bras, collait à votre peau, suivait chacun de vos pas, s'accrochait à vos vêtements. Cela lui manquait parfois, mais la vie ici était meilleure. Plus heureuse. Plus simple également. Armenelos ne comptait pas de véritable noblesse, mais des chefs de clans qui s'étaient élevés seulement grâce à leurs prouesses, pas par droit de naissance. Certains y arrivaient d'ailleurs mieux que d'autres. Noorah et Luvia passèrent à coté du manoir d'un des clans, de longues tentures frappées de l'emblème du clan pendaient depuis deux fenêtres de la façade. La magicienne leva alors la tête, et vit au loin claquer l'étendard des Fearghas, qui flottait haut au dessus de tous les autres. D'ici quelques minutes elles arriveraient à Armenelos.


La suite ici.


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