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 Kazuo Hikari, un gars qui vient de loin !

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Kazuo
Érudit/Professeur
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Peuple : Kitsune pardi !
Second(s) Métier(s) : Aventurier
Nombre de messages : 10
Localisation : C'est moi qui vais te trouver, pas l'inverse !
Date d'inscription : 16/01/2012

MessageSujet: Kazuo Hikari, un gars qui vient de loin !   Lun 16 Jan - 20:10

I - Identité :

Nom : Hikari
Prénom : Kazuo

Age : 40.4 ans
Métier : érudit
Peuple : Kitsune
Sexe : masculin


II - Physique :

Il est certain que je ne suis plus le fringant Kitsune que j'étais dans ma jeunesse, mais je suis pas encore vieux et je suis sûr que les minettes peuvent encore me tomber dans les bras. Ah, que dire sur mon physique, en étant objectif... Je suis plutôt petit par rapport à d'autres mais sans passer pour un nabot non plus ! Ce qu'on voit tout de suite, c'est mes cheveux, ils ne sont pas bien long mais d'un roux assez vif, et impossible à coiffer ! Et il en dépasse bien sûr mes oreilles, propres à ceux de ma race, tout comme ma flamboyante queue rousse se terminant par un blanc éclatant. Pour un Kitsune, je suis plutôt un beau Kitsune, enfin c'est ce que disais Azalea à l'époque, et ça remonte à vingt ans alors bon... J'ai pas une carrure de bœuf, sans être gringalet. Bah quoi, là je suis objectif ! Bon, je trouve que j'ai pas l'air musclé, pas autant qu'un guerrier, mais j'ai pas l'air faible, et malgré les apparences je cache une force certaine dans mes bras et mes jambes.
Et niveau bouille, mon visage forme un joli ovale un peu féminin, c'est la faute de ma mère je tiens beaucoup d'elle, aussi pour les yeux, les paupières un peu en amandes et les iris doré. Mon nez fin est un peu pointu, et me donne un air malicieux. Depuis le temps quelques rides sont apparues, de même que ma peau est assez mate, témoignage de mes longs voyages.

III - Historique, personnalité, armement :

o Histoire :

Note à l'attention des lecteursLe récit qui va suivre pourrait vous paraitre incohérent, voir totalement dénué de sens : c'est normal, l'auteur écrit n'importe comment.

Mon histoire, si on peut appeler cela ainsi, car à mes yeux, c'est plus une légende ; ma légende, donc, car au regard de ces quarante années passées à fouler ces terres, j'ai été le témoin de nombres d'évènements si improbables, que penser qu'un homme ait pu enchaîner autant de situations extravagantes relèverait presque de l'impossible et défie toute logique statistique, et de plus conter en détails toutes ces aventures aussi abracadabrantesques qui composent ce que j'ose appeler "ma vie" prendrait assurément autant de temps qu'il ne m'a fallu pour les vivres, puis comme nous avons tous autre chose à faire de nos vieux jours que d'écouter des évènements passés, ma légende disais-je, commence en un lieu bien loin du royaume où je me trouve aujourd'hui, et qui se nomme la Croisée des Rêves.

Le lieu fut nommé ainsi par un homme il y a de cela deux siècles environ. A l'époque dit-on, il n'y avait là-bas que des champs cultivés par des paysans acariâtres, qui se contentaient de s'occuper de leur lopin de terre et d'envoyer les récoltes au Seigneur local, dont la demeure se trouvait bien loin des humbles masures de ses serfs, sans doute pour éviter de souligner l'évident contraste que cela créerait.
Lawrence Saniel, surnommé vers chez lui "Larry l'escroc", avait du quitter en toute hâte sa ville natale à cause d'un malentendu sur des biens qui s'étaient vu changer de propriétaire d'une façon qui n'était pas pour ravir tout le monde, et Lawrence avait senti que laisser les choses se tasser serait la meilleure option s'il ne voulait pas finir au bout d'une corde. Un petit pécule dans la poche, il avait dans l'idée de se faire oublier le temps de ne plus voir aux alentours de chez lui son visage placardé avec la promesse d'une somme rondelette pour qui amènerait aux autorités le modèle ayant servi à l'affiche.
Ce fut dans cette optique que Larry découvrit la ferme abandonnée qui allait faire naitre la Croisée des Rêves. Un logis gratuit n'était pas pour lui déplaire, et plus encore, il cherchait un moyen lucratif de ne pas voir fondre son budget nourriture comme une statue de glace face au souffle d'un Dragon. En explorant sa nouvelle demeure délabrée, il fut ravit de découvrir à la cave de vieux fûts contenant une cervoise qui dut lui plaire, puisque dans son esprit germa une idée qui allait lui rapporter : reconvertir l'endroit en une auberge, qui allait devenir un lieu de détente pour les paysans alentours ainsi que les voyageurs, bien que du point de vue de Lawrence, c'était surtout rendre dépendant à la boisson des bouseux illettrés et faire cracher quelques pièces à des vagabonds qui auraient bien pu dormir dehors.

Le nom de l'endroit, Croisée des Rêves, vient -vous l'aurez compris- du fait qu'elle se trouve à un carrefour où se croisent deux grands axes. Situé au pied d'une chaîne de montagnes appelée "l’Épine Dorsale" et qui s'étendait d'est en ouest, la piste qui serpentait à ses pieds reliait deux citées minières, qui faisaient fréquemment commerce. Ajouter à cela que la Croisée se situe au niveau du seul col praticable vers les villages situés de l'autre côté au nord des montagnes -une dizaines de bourgades construites dans des plaines gelées- ainsi qu'une voie toute tracée vers les royaumes du sud. Un endroit de rêve pour les voyageurs qui souhaitaient se reposer, autan que pour les marchands qui s'y installèrent par la suite.
Pour moi, et nombre d'enfants qui vinrent à grandir dans la petite bourgade, ce nom avait un tout autre sens. Il n'y avait rien à faire par ici, et le temps peu clément, avec ses courts étés plutôt mornes et ses hivers peu amicaux. On peut dire que l'on rêvait de s'en aller, avec l'embarras de la direction, voila quel sens nous donnions au nom stupide de cet endroit paumé.
Mes camarades dans ma jeunesse se jetait à corps perdu dans l'art très prisé par les enfants qu'est celui de faire les bêtises, pour faire comprendre au monde qu'ils n'aimaient pas beaucoup l'endroit. Pour ma part, je me montrai assidu en cours, conscient que pour partir de cet endroit j'allais devoir donner le meilleur de moi-même, et penser aux bêtises plus tard, ce que je ne manquerai pas de faire lors de mes voyages, vous le verrez si vous arrivez à tenir jusqu'au bout de mes interminables phrases.
Pour en revenir à l'auberge de Larry l'escroc, j'ai pris la peine de vous situer le contexte de sa construction car ma mère y travaillait, et en deux siècles d'existence les successeurs de Lawrence n'ont pas vraiment changé la politique de la maison : saouler les voyageurs pour les inviter à rester et consommer le plus possible, et fidéliser les paysans, puis les habitants de la communauté qui s'était développer joyeusement autour de l'établissement si bien placé. Et pour attirer la clientèle, quoi de mieux qu'une belle serveuse ? Ma mère fut cette serveuse dès que l'on fut installés, alors que j'avais à peine six ans, et je peux vous dire que malgré son allure frêle de belle demoiselle, même le plus imbibé et pompeux des traînes-patins de l'auberge n'osait plus lui adresser un mot de travers après qu'elle lui ait jeté un de ses regards incendiaires, du genre promesse d'une raclée royale. Il fallait avouer que ma mère, elle avait un sacré caractère planqué derrière son apparence de femme mignonne, une main d'acier dans un gant en soie finement décoré. Les seuls à échapper à son regard tueur était mon père et moi : lui parce qu'il savait comment apaiser sa légendaire fureur, et moi parce que je faisais tout ce qui était possible pour ne pas risquer de la contrarier.
Mon père quant à lui, était payé pour transporter les caisses et tonneaux livrés aux marchands du coin, et s'il n'avait pas l'air costaud, je peux vous dire qu'il en a soulever des machins lourds qui auraient fait pâlir les gros lourdeaux qui cherchaient la bagarre à l'auberge, et sans avoir l'air plus fatigué que ça. C'était un de ces types qui ont pas l'air très dégourdi, mais qui étalaient n'importe qui d'une main avec une facilité déconcertante, bien que je doute qu'il puisse faire de mal à une mouche, tant il était jovial, prêt à rire de tout et de rien. Je l'aurais bien vu passer des soirées à rire à l'auberge si maman n'y travaillait pas, et puis de ce que je sais il n'a jamais pu supporter l'alcool, donc ça n'aurait pas été la meilleure des idées.

Je vous épargnerai le récit de mon enfance, jusqu'à ma majorité je n'ai pas fait grand-chose d'autre qu'étudier assidûment et jouer gentiment avec mes camarades du même âge. Nous n'étions pas beaucoup d'enfants, et venions d'horizon fort différent, de villages et bourgs bien lointain jusqu'à ce que nos parents décident de venir s'installer dans ce petit hameau glaciale où nous avions élu domicile. Le frêle rouquin aux oreilles de renard aurait pu ne pas avoir beaucoup de succès si je n'avais pas eu le même don que mes parents, ainsi que mes ancêtres, qui est de faire naître au creux de mes paumes un feu pas vraiment dénué d'intérêt pendant les longs hivers au pied des montagnes. Jouer dehors n'était plus pareil dès lors que je réchauffais l'atmosphère, et puis j'avais pas un caractère difficile, autant dire que j'étais presque né pour me faire des amis dans ce trou paumé. C'est pour cela que j'ai eu un peu de peine à partir quand j'eus enfin l'âge et les deniers nécessaire à une escapade loin de chez moi, mais tout laissait présager un hiver rude, et j'ai bien vite pris mes jambes à mon cou, après avoir embrassé mes parents en promettant de revenir leur raconter mes aventures, et donner de temps en temps des nouvelles, ce que je ne manquai pas de faire de peur que ma mère ne vienne me ramener par la peau des fesses. Et la connaissant, j'aurai pu me cacher au fin fond du royaume de Dämons qu'elle viendrait quand même me chercher...

Ma toute première destination, cela va de soi, était la citée qui m'a vu naître, et grandir pendant six années dont je ne me souvenais pas, sinon de quelques vagues images un peu poussiéreuses. Je vous épargne, chers lecteurs, le détail du voyage jusque là-bas, qui n'a été qu'un trajet banal en charrette. Empruntant la voie du sud, une journée de voyage fut nécessaire au travers de charmantes collines sauvages parsemés ça et là de forêt jusqu'à atterrir dans une parfaite végétation, une de ces forêts aux arbres immenses qui semblent éternels, et dont le feuillage, constitué d'aiguilles, reste même en hiver, plongeant les bois dans une perpétuelle semi obscurité, et couvrant le sol d'un tapis d'épines brunes qui étouffent le moindre bruit et ne laisse aucune trace. Il me semblait entendre ça et là des bruits furtifs, voir au loin des ombres parmi les arbres, se dissimulant sous le chant lointain des oiseaux, perchés sur les branches hautes, et toujours je me rappellerai de cette sensation que la faune restait à l'écart, mais nous observait à bonne distance, comme si elle voulait passer inaperçu sans résister à l'envie de jeter un coup d'œil. Cela me fascine autant que m'effraye aujourd'hui encore, mais nous sortîmes sans encombre de la forêt une journée plus tard, pour découvrir au creux d'une vallée la grande citée de Val l'Ancienne, fief d'un grand nombre de peuplade Fey, aussi bien diurne que nocturne, avec de nombreuses structure aérienne, et une partie aquatique aménagée dans le torrent traversant la vallée et scindant la citée en deux.
La ville était colorée et ne manquait pas de vie, les artères principales était couvertes d'étals proposant des produits exotiques venant de partout, les tavernes disposaient de table à l'extérieur pour que leurs clients puissent boire et manger au soleil lors des beaux jours, et tout respirait la joie et la vie, aussi bien de jour dans les quartiers diurnes que de nuits dans ceux des nocturnes. Je n'ai pas eu de mal à m'adapter, bien que ce fut un changement de taille, pour moi qui n'avait que dix-huit ans, d'être plongé dans un monde si coloré après la triste et morne Croisée des Rêves, bien que j'ai nombre de fois fait semblant de regretter mon ancien chez moi pour m'attirer la sympathie de quelques jeune femme de mon âge pour qu'elles aient l'envie de me faire passer le mal du pays... mais je garde ces souvenirs-là pour mon usage personnel. Un peu d'intimité tout de même !
Ma mère eut la gentillesse de me laisser une adresse où je pourrais être hébergé et trouver du travail, un membre de la famille qui avait racheter notre ancienne maison, un dénommé Peidya qui était mon grand oncle, bien que je ne me souvenais pas du tout de lui.
"Monsieur Peidya ?" Demandai-je d'une voix un peu hésitante en frappant à la porte. "Excusez-moi de vous dérangez, mais j'ai à vous parler."
La maison était située dans une ruelle jouxtant une rue principale, et qui finissait à l'entrée d'un charmant parc. C'était un bâtiment comme un autre dans la rangée bien ordonnée comme ce que formait la plupart des habitations de cette citée qui était articulée d'une façon très minutieuse, et j'avais la sensation que cet édifice à un étage de couleur crème était le bon car la seule chose notable qui le distinguait clairement des autres -mis à part les rideaux différents, pas de bac à fleur et autres détails- était la plaque en bois avec gravé "Sire Peidya – Érudit" qui m'indiquait que je ne m'étais pas trompé de porte.
"Qui le demande ?" S'enquit une voix de l'autre côté du battant en bois.
"Le fils de sa nièce Calanthe !" Lui répondis-je. "Mon nom est Kazuo !"
La porte s'ouvrit, et je tombai nez à nez avec un enfant qui devait avoir à peine dix ans, au cheveux roux au moins aussi en pagaille que les miens, et affichant une mine contrariée.
"Entre, et mets-toi à l'aise, Peidya va arriver d'ici quelques minutes."
"Et tu es ?"
"T'es pas chez toi, alors t'as pas à poser de questions !" Me répondit-il avec une fermeté qui me surpris pour un gamin de cet âge.
Je n'en menai pas large face à cet enfant, même si j'étais un garçon plus âgé que lui à l'époque je débarquais de nul part, avec des vêtements bon marché et un sac contenant le strict nécessaire. En observant mon interlocuteur, qui était allé s'asseoir pour lire un livre, je remarquai que lui était bien vêtu, et portait des lunettes dissimulant son visage d'enfant. C'était un Kitsune, et il était évident de supposer qu'il était soit le fils, soit l'élève de mon grand oncle. J'étais loin de la vérité... La pièce principale était composée d'une grande table carré un peu vétuste, encadrée de chaise, d'un fauteuil près de la fenêtre donnant sur la rue, et d'un coin cuisine au fond de la pièce, avec à côté l'escalier qui menait à l'étage. Les murs quant à eux, étaient occupés par des étagères et bibliothèques couvertes de livres en tout genres, aux reliures de cuir de tailles et de couleurs différentes.
Et pas la moindre trace de jouets, ou de trucs que l'on aurait pu voir dans une maison abritant un enfant. Puis en plissant les yeux, je pus lire le titre du livre que l'enfant lisait avec beaucoup d'intérêt : "traité de maîtrise de l'éther".
"Grand oncle Peidya ? C'est toi ?" M'exclamai-je, n'y croyant pas vraiment.
"Je vois que ma chère nièce à gardé son sens de l'humour, sinon elle t'aurait prévenu." Déclara-t-il calmement, un sourire flottant sur son visage alors qu'il me regardait. "Je suis bel et bien ton grand oncle Ike Peidya l'érudit, mais ici tout le monde m'appelle Iky."

Mon oncle m'expliqua alors son état, car il était bel et bien plus âgé que son apparence ne le suggérait. Sa soif de connaissance le mena sur les traces d'un très ancien grimoire, qui une fois en sa possession, révéla pourquoi personne n'avait osé mettre la main dessus : il était maudit. Normalement, il était censé faire vieillir l'imprudent qui le touchait jusqu'à ce que mort s'ensuive, mais en bon érudit qui touche à la magie, oncle Iky pu contrer le sort, sans pour autant l'annuler ; le sort le fit rajeunir, jusqu'à ce qu'il ait l'apparence d'un enfant de dix ans. Le plus drôle, était que le sort n'avait pas disparu car ne s'efface qu'à la mort de l'être touché. Non, mon oncle ne se contenta pas d'une cure de jouvence, il fit faiblir le sort au point que tout les ans... il rajeunissait d'un an ! A terme, le désormais célèbre Iky Peidya pourrait bien rester la plus grande somme de connaissance au monde, bien qu'il ne détienne pas tout le savoir, et que certaines informations puissent être erronées ou incomplètes.
Malgré un mauvais caractère, oncle Iky me laissa loger chez lui, et accepta même de me donner des cours, à condition que je trouve un travaille pour aider aux frais de la maison. Ce dut être l'une des périodes les plus épuisante de ma vie, mais aussi la plus paisible. J'ai enchaîné quelques emplois durant ces années-là, qui permirent de me rendre un peu plus costaud que je ne l'étais, et connaitre une passion amoureuse que je ne pourrais jamais oublié. De plus, mon oncle me prodigua des enseignements qui me permirent non seulement de connaitre des moyens -seulement théoriques à ce moment-là- de me débrouiller dans la nature et faire face à de nombreuses créatures féroces, mais aussi d'affûter mon esprit, et me permettre de mieux maîtriser mon héritage enflammé de Kitsune, en me permettant de développer une connexion à l'éther net.

En quatre année j'avais suivis brillamment les enseignements de mon oncle, qui n'avait plus rien d'utile à m'apprendre (et beaucoup de choses inutiles), et je m'étais installé dans une certaine routine, et même ma compagne, la douce Azalea, ne put retenir l'envie de découvrir le monde qui me dévorait depuis mon enfance. Après un adieu à ma tendre amante, je prévins mon oncle de cette décision, à laquelle il s'attendait.
"Voici un cadeau, mon cher neveu. C'est un appareil venant des royaumes du sud, qu'ils appellent goggles. Elles sont équipé de plusieurs paires de verres enchantés, parmi lequel verres agrandissant, thermiques... je te laisse découvrir. Ces goggles sont un véritable outils de recherche..."
Sur ces mots, j'enlaçai mon oncle et partis sans me retourner, de peur de pleurer. Je n'ai jamais aimé les au revoir...

Bien que n'aimant que très peu le froid, j'avais envie de découvrir les mines dont on m'avait tant parlé quand j'étais jeune lorsque des convois longeaient l’Épine Dorsale entre les deux plus grande citée minières du Nord. Par rapport à la Croisée des Rêves, Val l'Ancienne était situé au sud-est, je n'avais qu'à remonter vers le nord au travers des plaines jusqu'à retrouver les montagnes si familières, et les longer jusqu'à trouver Fort Rêveur, la glaciale citée du brouillard.
Les hauts murs d'enceinte ceignant la citée en demi cercle et s'achevant dans la roche des montagnes fut ce qui me frappa en premier. D'un gris imposant, il me sembla que Fort Rêveur pourrait se dresser pour toujours, imprenable citée de pierre. À l'intérieur de la citée c'était bien moins animé qu'à Val l'Ancienne, sans doute à cause du froid mordant qui y régnait ; j'eus vite fait de troquer quelques pièces contre des vêtements fourrés. Les maisons aux toits de tuiles étaient du même gris terne et imposants, et les rues étaient toutes assez larges pour permettre aux convois de circuler. Une importante présence militaire se faisait sentir, les sentinelles couvertes d'acier arpentaient les rues en permanence, une lance en main et une épée à la ceinture, pour prévenir tout conflit qui pourrait survenir, car le Seigneur local, un dénommé Freyr, supportait mal que les compagnies marchandes se disputent, et avait imposé ses hommes plutôt que laisser les milices des commerçants s'entre-tuer.
J'avoue ne pas avoir beaucoup apprécié mon séjour là-bas, nous seulement à cause du décor, mais pas seulement...

L'auberge du Cheval des Mines fut très agréables le premier soir, le repas fut plus bon que je ne m'y attendais, et la chambre confortable. J'étais tombé sur un très bon établissement, pas comme l'auberge de la Croisée des Rêves ! Pourtant le second soir, je pouvais la regretter l'auberge de mon petit village... Le repas était bon le soir venu, mais le léger arrière goût aurait du me mettre la puce à l'oreille. Je mis ça sur le compte d'un cuisiner qui ne pouvait pas être le meilleur à tout les coups, puis alla me coucher. Mon sommeil fut calme. Très calme. Trop calme. Je me réveillai avec un mal de crâne horrible, comme si l'on martelait à coup de pioche dans mon crâne... mais à défaut de coup à la caboche, l'on piochait bel et bien nous loin de moi : j'étais dans une galerie de mine, allongé sur une paillasse humide !
A peine les yeux ouvert, un espèce de géant me chopa par le bras et me traîna hors de l'alcôve où j'étais, et sans me laisser le temps de comprendre je me retrouvai enchaîné, une pioche entre les mains, au côté d'un Nain et un Orc.
"Drôle de réveil pas vrai ?" S'enquit le nain entre deux coups de pioche. "C'est la première fois... qu'on a un oreille de r'nard..."
"Où je suis ?" Demandai-je, encore hébété.
"Dans les mines. Tu ferais mieux de commencer à creuser. Moi c'est Sindri."
"Kazuo..." Bredouillai-je, essayant de rassembler mes pensées.

"Des agents de certaines compagnies repèrent les voyageurs qui semblent seuls et qui ne manqueront à personne dans les auberges." Me confia mon nouvel ami Sindri de sa voix grave et rocailleuse, une fois la journée de travail terminée. "Puis ils payent le tenancier pour fermer les yeux. Ça leur fait de la main d'oeuvre gratuite, et personne ne s'en rend compte."
"Le Seigneur local ne fait rien ?" M'enquis-je, choqué par de telles pratiques.
"Tu parles, on lui verse une part des bénéfices. Ça fait trois mois que je me tue ici mon gars, et j'ai jamais pu blairer les souterrains."
"Je croyais que les Nains aimaient le travail dans les mines..."
"Des contes pour enfant mon gars, nous sommes un peuple créatifs et très doué de ses mains, et comptons de nombreux sages. Ces histoires de Nains mineurs sont infondés, et j'ai qu'une hâte c'est me tirer d'ici vite fait. Mon frère doit s'inquiéter ; j'étais venu ici acheter un minerai assez rare pour compléter un bijou. Un orfèvre de talent, tu verrais ça..."
Mon compagnon se replongea dans ses souvenirs, pendant que je songeai à la situation. Perdu sous terre, entourés de gros bras et enchaîné... mes chances étaient minces. Mon regard se posa sur Sindri, alors que je réfléchissais. Il ne collait pas à l'image que je me faisais des Nains ; je les voyais comme de petits bonshommes barbus et ventrus, qui creusaient le jour et buvaient la nuit. Mon compagnon d'infortune lui n'était pas vraiment ventrus, et s'il avait une barbe, elle était mal taillé et devait être le fruit des trois mois sous terre sans rasoir. Sa peau me faisait penser à du parchemin, et si ses yeux d'un gris d'acier brillait de sagesse il avait l'air plutôt jeune, mais la barbe noir mal agencé et son crâne chauve lui donnait plutôt l'air d'un vieillard fatigué.

Il se passa à peine une semaine avant que Sindri et moi ne commencions à élaborer un plan pour nous enfuir. Depuis ces trois mois mon ami connaissait les moindres recoins de l'endroit, utile pour fuir, mais il nous aurait fallu des armes, et nous ne pouvions pas en avoir une fois détachés ; de plus nos quartiers étaient surveillés.
"Quand nous travaillons, n'avons-nous pas des armes entre nos mains ?" Dis-je, pensif.
"Oui, mais comment veux-tu les manier et, plus important, t'enfuir en étant attaché ? Cela semble impossible mon gars." Déclara Sindri, las.
"Oh, ça, ce n'est pas un problème." Déclarai-je avec un sourire.
Quelque chose du changer dans mon regard, car Sindri sut que j'avais une idée, mais il ne posa pas de question. Un échange de regard suffit pour que nous décidâmes de passer à l'action le lendemain. Une nuit à passer, et nous serions libre !

Le temps me sembla infiniment long ce soir-là. L'impatience, la hâte, qu'une seule idée hantait notre esprit : fuir cet enfer. Toute la journée nous devions frapper la roche à coup de pioche, pendant que d'autres ramassaient les débris pour les envoyer ailleurs par un système de wagonnets. Nous avions de courtes pauses par moment, pour éviter de trop nous user, puis nous retournions au travail, encadrer d'un manager nous motivant de son fouet. Pas très stimulant, mais efficace car on a pas envie de s'en reprendre. On finissait le soir, lessivés, et ne mangions que pain et eau. Et tout ça sans voir l'ombre d'une baignoire. Adieu hygiène !
On nous réveilla et nous enchaîna, Sindri et moi. Intérieurement nous jubilions, et avions peur ; si nous rations notre coup, ce serait peine perdue, et nous n'avions autant lui que moi nulle envie de moisir ici. Mieux valait tenter quelque chose tant que nous étions encore sain d'esprit, fort, et que nos volontés étaient encore d'acier !
Et l'acier nous aida à nous en sortir. Car bien que je n'use que très peu de ma magie, j'en ai, que j'avais appris à dompter grâce à mon oncle Iky, et à la grande surprise de mon compagnon mon esprit enflammé fit fondre comme par enchantement nos menottes, nous offrant une liberté provisoire et des armes entre les mains.
"Prodigieux ! Peux-tu libérer nos camarades ?"
"Quoi ?"
"Vite !!"
Le gardien s'aperçut que nos chaines n'étaient plus à nos poignets, et dans un effort mental j'usai de ma magie pour libérer nos compères, et je compris le but de la manœuvre : le chaos ! Sindri et moi avons provoqué un véritable soulèvement, lui appelant de sa voix forte à la révolution pendant que je m'appliquai à faire fondre l'acier qui nous liait les mains.
J'étais venu en touriste à Fort Rêveur, et était sorti en véritable libérateur au côté de mon ami Sindri, permettant à ces pauvres âmes de ne pas travailler ici pour toujours.
La milice du Seigneur Freyr ne s'interposa pas, au contraire sentant que le vent tournait il prit le parti des prisonniers et chassa la compagnie responsable de cette pratique douteuse, et fit libérer ceux exploités par les autres compagnies. L'histoire retiendra le nom de celui qui mena la révolte, Sindri, et oublia le mien, ce qui est tant mieux, en tant que voyageur je risquais de recroiser lesdites compagnies un peu partout, et je n'avais pas envie qu'elles se vengent !

Bien décidé à quitter les montagnes pour de bon, je repris mon périple vers le sud-est, reprenant la piste qui quittait Val l'Ancienne vers l'est, et continuant ainsi plusieurs semaines, me ravitaillant auprès de petits villages. J'avais retrouvé toutes mes affaires dont on m'avait dépouillé lors de ma séquestration, et étais donc reparti sur la route d'un bon pied, bien que déterminé à éviter les grandes villes pour le moment. J'ai pu voir de nombreux paysages juste en suivant les chemins de campagnes, continuant tantôt vers l'est, tantôt vers l'ouest, mais toujours vers le sud, là où il faisait chaud, et évitant les montagnes. Collines verdoyantes, champs gorgés de vie et de soleil, et bois de feuillus remplis de vie. C'était la belle époque je dois dire, j'avais à peine vingt-trois ans et la vie semblait me sourire.
Je pense que ce petit passage de ma vie, ces quelques mois qui me conduiront, à termes, jusqu'à la verdoyante Inwilis, est dénué d'intérêt. Sauf peut-être pour la rencontre la plus étonnante et insensé qu'il m'ait été donné de faire...

C'était au détour d'un petit bois de pins, alors que l'automne précédait mon arrivé dans les contrée dites du sud. Je voyageais alors seul, à pied, et observais à travers mes goggles les animaux qui vivaient là, sans qu'ils ne puissent soupçonner que je les voyais d'aussi loin. Et soudain, surgit d'un buisson un étrange individu...
"Halte-là !" Cria-t-il en levant le bras, paume vers moi, pour me signifier de m'arrêter.
L'homme, à en juger par sa voix, portait une longue cape qui traînait par terre, de couleur marron et se fondant avec le décor. Elle dissimulait tout son corps, à l'exception de son bras, à la manche d'un rouge vif, et la main ganté de cuir noir. La capuche était relevé, et seul était visible sa mâchoire inférieur, ses lèvres et ses joues, le reste de son visage dissimulé par l'ombre mais aussi un masque de cuir, protégeant aussi les yeux, donnant à l'individu un certain aura de mystère. Une fois son bras dissimulé à nouveau sous sa cape, seul le bas de son visage m'apparaissait donc, ses lèvres fines pincés dans un rictus méprisant.
"Que venez-vous faire dans cette forêt, étranger ?" Me demanda-t-il sur un ton impérieux.
"Je ne faisais que me promener messire..." Bredouillai-je, ne sachant pas vraiment comment réagir face à ce mystérieux individu.
Le silence s'installa alors qu'il me jaugea, et je remarquai du coin de l'œil des animaux approcher : un loup, un cheval, un aigle et un chat. Les quatre animaux encadrèrent le mystérieux personnage, et d'un seul coup tout les quatre se changèrent en humain. Des Sil'uras !
Ils portaient tous le même masque, la même cape, bien qu'ils soient tout les cinq de tailles et de carrures différente, et je repéra à leurs lèvres plus fines deux filles.
"Quelles sont vos intentions étrangers ?" S'enquit une des femme, qui auparavant était un aigle.
"Je ne fais que passer par ses bois, en respectant la nature et ne troublant pas les animaux qui y vivent. Si ces terres vous appartiennent, je l'ignorais, et vous assure que je comptais uniquement les traverser sans rien toucher..."
Je fis tout pour me montrer le plus possible poli, et ne pas me mettre à dos ses étranges individus.
"Très bien." Déclara celui qui fut un loup. "Ces terres ne nous appartiennent pas, mais nous veillons sur le bien-être des forêts du monde entier..."
"Nous traquons les chasseurs, les bûcherons et les malfrats qui sévissent dans les bois, pour leur rendre leur pureté !" Surenchérit la Sil'uras féline.
"Sans oublier que nous rendons service au peuple en dessinant des cartes précises leur permettant de ne pas se perdre dans ce vaste monde." Précisa le dernier.
"Nous sommes les... Grapheurs Rangers !" S'exclamèrent-ils tout les cinq.
Écartant les pans de leur cape, ils découvrirent des tuniques richement brodés de couleurs chatoyantes, différentes pour chacun : rouge, bleu, jaune, vert et noir. Une dague et un carnet de croquis à la ceinture, les cinq énergumènes masqués, leur torses bombés de fierté, me dévisagèrent avec un sourire en coin.
"Tu peux t'estimer heureux de ne pas être notre ennemi." Affirma le ranger rouge. "Tiens, voici une carte des environs."
"Allons-y mes frères !" Clama la ranger jaune. "D'autres forêts nous attendent !"
Puis ils se changèrent en animaux et disparurent.
J'ai encore la carte qu'ils m'ont donné, avec en bas de page l'inscription "Grapheurs Rangers"...

J'avoue avoir été un peu inquiet en voyant les hautes montagnes derrière lesquelles se cachaient ce que je connaissais comme étant les royaumes du sud, et que vous appelez Inwilis. Ça me rappelait ma mésaventure au Fort Rêveur, mais je surpassai ce mauvais souvenir et trouvai bien vite la passe qui me permettrait d'explorer les fameuses terres du sud, réputées chaudes et paisibles.
Le premier contact que j'eus avec un Inwilissien fut un prêtre du temple des passages, vénérant la déesse Primula. Il m'accueillit avec gentillesse, et une voix fleurie qui me fit chaud au cœur.
"Vous êtes le bienvenue en Inwilis voyageur." Me disait-il après une petite discussion amicale.
"Dites-moi ami druide, vos semblables prêtres sont-ils tous prompt à accueillir les nouveaux venus dans les terres du sud ?"
"Oh pas tous, mais c'est un peu notre tâche que de guider les autres ; et un premier contact avec l'inconnu peut être dur."
"Je comprends. C'est un peu votre spécialité ici, le conseil, le guidage, tout ça tout ça, pour qu'on se sente à l'aise... c'est presque... comment dire..."
"Un protocole ?" Me suggéra-t-il.
"Oui c'est ça. Vous êtes un druide de protocole."
Il rit, et sur ces mots, je continuai mon périple pour découvrir ce qui promettait d'être un monde fabuleux, et qui ne manqua pas de l'être.
Je pus voir que les goggles n'étaient pas la seule découverte intéressante faite dans le sud, et je fus subjugué par tout cela. Mais n'ayant plus beaucoup d'argent, si je voulais en profiter il me fallait travailler. Après trois ans passés auprès de mon oncle, et tout ce que j'avais appris de mes voyages, je décidai de devenir enseignant... bon, la perspective d'être hébergé et nourri sur place en échange d'un salaire pas fabuleux mais satisfaisant participa grandement à ma décision, si bien que je fus rapidement admis à l'université d'Armenelos, la citée portuaire, mais pas vraiment comme professeur : mon jeune âge et mes connaissances un peu éparpillées ne les ont pas beaucoup séduis. En revanche mon enthousiasme et ce que j'avais dans le citron les poussèrent à m'engager pour que je surveille les classes de permanence, quand les élèves avaient un trou entre deux cours et qu'ils devaient mettre ce temps à profit pour travailler. C'était un boulot calme, j'avais juste à m'asseoir et à surveiller. Bien sûr, vint un moment où cela était barbant, mais ma paye me permit l'acquisition d'un progrès technologique fabuleux : les ambianceurs et les headlisteners. Je devins presque accroc à la musique avec ces petits bijoux, et ça ne m'empêchait pas de surveiller. Comme je mettais mes headlisteners le matin et les retirait généralement très peu avant le soir, les élèves avaient coutume de dire en me voyant les porter aux oreilles "Tiens, il est reparti pour dix heures avec sa musique."

Deux années passèrent comme cela, et j'eus le temps de potasser les livres sur l'histoire d'Inwilis, ainsi que la géographie. Je commençais dors et déjà à prévoir mes futures escapades, une fois que j'aurais posé ma démission de l'académie. Explorer le nord, puis le sud, où je décidai de rester car bien plus au chaud. C'est fou ce qu'une enfance dans une bourgade hivernale peut vous donner envie de ne plus quitter le soleil, vous ne trouvez pas ?
Le jour de mes vingt cinq ans fut celui qui sonna le glas de ma vie de surveillant, et, headlisteners sur les oreilles, je fus parti pour un long périple.

J'ai passé une année à explorer le nord d'inwilis. Je me suis extasié devant les géants-gris de Celebalda, parcouru les champs du Falassost jusqu'à la cité de Fainros, vu les Dragonniers voler le long des falaises blanches. J'ai marché le long de nombreux chemins, jusqu'à décider partir pour le sud. Deux années cette fois-ci, beaucoup plus de choses à voir à mon goût, entre mon périple dans la jungle Skeljiren, l'escapade sur la piste brune, le périple dans l'Eredmorn, et la vue des chutes de Mokosh. J'ai vagabondé sur nombre de routes, foulé bien des terres différentes, mais j'ai fini par éprouver une certaine amertume. Dans une auberge de Zeichen je buvais un verre de jus de pomme quand je vis mon reflet dans le liquide. Vingt-huit ans, et j'avais déjà vu tant de choses... que faire maintenant ? Ma soif d'aventure s'était-elle tarie ? Une serveuse vint me demander si je voulais autre chose, et là, je compris. Refusant, je pris mon sac et sortis de l'établissement. Je savais ce que j'avais à faire.

Je suis remonté vers le nord en toute hâte, devant cependant m'arrêter pendant quelques mois pour travailler et refaire mon stock d'or ; pas question de voler ! Malgré tout ce temps loin d'elle, je pouvais encore sentir le regard inquisiteur de maman quand elle voulait savoir si j'avais fait une bêtise, ce qui n'était jamais arrivé, et n'arrivera jamais !
Mon voyage me prit deux belles et longues années, jonglant entre différents métiers le temps de pouvoir acheter des vivres pour continuer mon périple, qui me reconduisit vers un endroit familier, et surtout galicial : la Croisée des Rêves. J'avais tout fait, j'avais tout vu, mais ce vide ressentit deux ans plutôt et me qui tiraillait depuis, était bien simple : à quoi bon voir le monde si ce n'est pour partager le souvenir de ces merveilles ? Je n'obligerai personne à me suivre dans mes folles escapades, mais je tenais à une chose, revoir mes parents, et leur raconter, soulager mon cœur et avoir le plaisir de les revoir avant de m'envoler à nouveau.
Hélas, si je m'étais attendu à retrouver les choses comme elles étaient à mon retour, ce ne fut pas le cas. Ma mère n'était pas au mieux de sa forme. Papa m'avait souvent dit étant petit, et je l'avais constaté, que maman avait une santé un peu fragile. Les rudes conditions climatique de la Croisée n'était pas vraiment ce dont aurait rêvé ma mère, qui pourtant aimait ce calme, ce sentiment de faire partie d'une communauté que l'on ne retrouve pas dans les grandes villes. La guérisseuse ne pouvait rien sinon apaiser un peu ces derniers jours, et j'étais arrivé juste à temps pour la voir avant qu'elle ne s'éteigne. Durant ces quelques moments passés auprès d'elle, maman voulut m'entendre lui conter mes histoires, ce que je fis avec un peu de tristesse. Elle fut émerveillée par tout ce que j'avais fait et accomplis. Mon apprentissage auprès de maitre Peidya, la révolte de Fort Rêveur au côté de Sindri -dont elle avait entendu parler à l'époque- et surtout mes années en tant que professeur qui ne manquèrent pas de la faire rire. Mon récit achevé, elle me fit lui promettre une chose.
"Ne me pleure pas Kazuo, je sais que ma mort prochaine te peine, mais j'ai vécu une vie heureuse avec ton père et toi." Dit-elle doucement. "Je n'ai aucun regret et je m'en vais rejoindre Dämons en sachant que je vous y retrouverais un jour. Toujours je serais à tes côtés sans être là mon fils chéri, durant tes voyages et, je l'espère, quand tu auras trouvé une femme et fondé une famille..."
"Maman..."
"Chut... Ton cœur est sauvage mais un jour je suis sûre qu'une femme le domptera. Promets-moi de l'aimer et vivre heureux comme j'ai été heureuse. Promets-moi qu'un jour tu seras à ma place, et que tu n'auras pas peur de mourir car tu auras eu une longue et belle vie..."
"Je te le promet maman..." Lui soufflais-je, avant de l'embrasser sur le front.

Une semaine après ces paroles son corps sans vie fut brûlé comme le voulait la coutume Kitsune de notre famille, son corps et son esprit lié au feu retournant au feu originel. Mon cœur lourd de tristesse, je repris le chemin avec mon père, qui avait besoin de changer d'air et souhaitait retourner dans la citée qui abritait bon nombre de membre de sa famille et de celle de ma mère : Val l'Ancienne.
Oncle Iky était toujours là, fidèle au poste, et fut attristé d'apprendre la mort de sa nièce Calanthe. Il nous hébergea, mon père encore sous le choc et moi qui encaissait un peu mieux. Ses derniers mots me tournaient dans la tête, et, bien qu'encore aujourd'hui je trouve cela égoïste malgré tout, je décidai de faire ce qu'elle voulait : être heureux, car c'est tout ce qu'une mère désire, même depuis le royaume de Dämons. C'est pourquoi je cherchai des nouvelles d'Azalea, mon premier amour, et j'appris par son père que j'arrivai un peu tard.
"Elle s'est mariée voila dix ans. Je suis désolé Kazuo, elle t'aimait beaucoup et je dois dire que j'aurai préféré que tu l'épouses plutôt que l'andouille dont elle s'est entichée. Tu veux que je te donne leur adresse ?"
"Non, merci... et ne lui dite pas que je suis en ville, ça... ça me ferait mal de la revoir en de telles circonstances."
"Je comprend." Me répondit-il avec un air désolé. "Et si tu cherches du travail, j'ai peut-être un ami à moi qui cherche un gars plein de bonne volonté et au moins aussi futé que toi."
"J'aurai bien besoin de me changer les idées oui."
Ce fut sans doute la chose la plus stupide et la plus merveilleuse chose que j'avais jamais dite ; mais je ne le savais pas à l'époque. L'homme en question était un Sluagh, un type à l'allure de reptile aux écailles vertes, à l'apparence moins effrayante que ses compère Sluagh. Il y avait une certaine finesse prédatrice dans ses traits, une élégance animale et dangereuse. Voila comment je décrirais Orwell, qui devint mon nouveau patron.
"A peine trente ans et tu as déjà parcouru tant de chemins, vu tellement de choses..." Susurra-t-il d'une voix râpeuse et enjouée. "Tu sembles être l'homme qu'il me faut, petit renard. Je cherche un livreur, mais pas n'importe quel livreur."
"Un livreur ?" Demandai-je, perplexe.
"Mon jeune ami, il y a des produits que les marchands ne vendent pas, sinon à un prix très fort car ils ne se conservent que très peu de temps. Des plantes, des minéraux fragiles, des 'parties' d'animaux, ce genre de choses..."
"Rien d'illégal j'espère."
"Grands Dieux non !" Orwell me regarda comme si je l'avais insulté. "Certains de mes amis se passionnent pour l'alchimie, ou d'autres choses. Si tu te débrouilles bien, tu auras même droit à un autre travail... ça dépendra de ton efficacité."
J'avoue ne pas avoir été emballé, mais Orwell semblait gentil et ce qu'il me demandait pas vraiment compliqué. Équipé d'une mallette spéciale, conçue à la façon des froidures pour conserver les éléments que je transportais, j'ai parcouru pendant quatre mois les environs, allant parfois assez loin, pour aller chercher auprès des contacts d'Orwell, qui en avait étonnement beaucoup. Je récupérais donc en un temps exemplaire des plantes bizarre, des minéraux à l'aspect inhabituel et des organes dont la provenance ne me disait rien qui vaille. J'étais bien payé et un cheval m'était fourni, de même que la nourriture pour les voyages, et un petit supplément si j'arrivais en avance.

Cela dura donc quatre mois, avant qu'Orwell me convoque.
"Kazuo, Kazuo, Kazuo..." Commença-t-il de sa voix râpeuse. "Tu es un coursier exemplaire, je n'ai jamais eu d'employé comme toi auparavant."
"Merci." Répondis-je en m'inclinant respectueusement.
"J'ai une nouvelle tâche à te confier mon jeune ami. Dans ma jeunesse, il y a maintenant longtemps, j'étais plus qu'un marchand. A vrai dire, la majorité des personnes que tu as croisé étaient avant tout des informateurs. Vois-tu, plus que des ingrédients alchimiques, je vends des informations. Je fais circuler les nouvelles, et si l'on me paye, répand de fausse rumeur là où il faut."
"Je vois."
"J'aimerais que tu fasses ça pour moi. Tu pourras alors voyager à loisir, comme tu aimes, sans te soucier de l'argent, et juste en transmettant des mots. Ne lis pas leur contenu, contente-toi de les porter ; crois-moi simplement quand je te dis que rien de mal ne naîtra de ce qu'il y a d'écrits dessus."
Bien qu'un peu perplexe, et ne le croyant qu'à moitié, j'acceptai la tâche d'Orwell. Je savais qu'il n'était pas méchant, qu'il ne faisait que son travail. Ma bonté me perdra... J'étais donc reparti sur mon cheval, à parcourir le monde. Pour être reconnu, Orwell avait déjà fait passer le mot, pour être sûr que la personne avec qui je devais avoir une connexion était là bonne, elle devait m'appeler "renard de feu" : c'est ainsi que me nommaient tout ceux qui voulait avoir accès au réseau d'Orwell.
Neuf ans durant je m'acquittai de ma tâche, repassant fréquemment à Val l'Ancienne voir mon père, qui reprenait petit à petit goût à la vie. Il me paraissait plus vieux que jamais, et me rappelait qu'il était assez âgé après tout. Cela aurait pu continuer longtemps comme cela sans que ça me gêne, j'avais enfin trouver une vie qui me plaisait, mais tout à une fin. Orwell finit par mourir, et son successeur à la tête du réseau m'évinça, faisant venir un nouveau coursier qu'il jugeait plus performant, un certain "goggles de chrome" ou quelque chose du genre, qui non content de prendre ma place, chercha à m'éliminer pour appuyer son titre et se déclarer le meilleur. Autant dire que j'ai vite fait de déguerpir, bien que j'aurai voulu rester auprès de mon père.

Voila comment je me suis retrouvé en exil loin de chez moi, bien que j'ai toujours été du genre à vagabonder un peu partout. Le coeur et l'âme d'un voyageur me disait maman. J'ai pris le chemin de l'une des destination non desservi par Orwell, car bien trop loin et disposant de leur propre service de communication. Inwilis... un endroit chaud. Après quelques mois de voyage en prenant bien soin de semer goggles de chrome, me revoici sur les traces de l'une des plus belles régions de ce monde, sans doute pour y rester un bon moment...

o Caractère :
D'un naturel plutôt amical, j'aime aller vers les gens, et leur parler ; mais aussi les écouter, ne vous méprenez pas. Je ne me lie pas souvent d'amitié avec les gens, du moins je ne veux pas car avec ma bougeotte je me met souvent à parcourir le monde, et les séparation j'aime peu ça, sauf que je suis du genre à ma faire des amis même sans me le vouloir. C'est dans ma nature, allez comprendre. Puis pour les relations amoureuses, du peu que j'en ai eu c'était pas sérieux, sauf pour Azalea ; c'est la douleur de cette séparation qui me fait craindre de me lier d'amour.
Sinon j'ai tendance à beaucoup parler, à réfléchir un peu vite. Trop vite parfois, je pars facilement dans les étoiles à force de me laisser aller, surtout quand je marche. Puis j'écoute beaucoup de musique, j'apprécie l'art, je suis très ouvert ! Dernier petit détail : il parait que j'ai tendance à un peu exagérer les faits quand je raconte des histoires, mais j'y crois pas vraiment...

o Passions, phobies :
Voyager, si vous avez lu mon histoire vous l'aurez vite compris. Une certaine difficulté à rester en place m'habite depuis l'enfance, même si les longs périples demandent parfois de se reposer de longs moments. Et pas de phobie, bien que parfois j'ai peur, souvent même, on peut pas catégoriquement parler de phobie.

o Armes :
Pour me battre je me sers de ma tête, dans les deux sens du termes, ça dépendra de la situation...

o Pouvoirs :
Je maîtrise le feu et la chaleur, un pouvoir de famille que j'ai su développer au rang d'art. Mes flammes ne prennent pas une proportion dantesque mais je les manie comme un pro.

*Choses particulières à votre personnage : C'est la version courte de mon histoire, je peux l'étoffer un peu si vous voulez... nan, je blague.


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MessageSujet: Re: Kazuo Hikari, un gars qui vient de loin !   Jeu 19 Jan - 21:38

Bienvenue Kazuo !

Une histoire comme je les aime -non pas longues rho, enfin si quand même- et qui prend non seulement en compte Inwilis, tout en faisant venir le personnage de l'extérieur d'Inwilis, j'aime bien. De l'humour évidemment, ce qui en fait une bonne fiche.

Le seul bémol, la taille de ta signature. On a règlement, mais visiblement cette partie là t'as échappée :

Citation :
Pour les Signatures merci de ne pas dépasser les 610 pixels en largeur, et les 350 pixels en hauteur.

Merci donc de la réduire à la taille maximale autorisée. Si non, bon jeu sur Inwilis !



Skalds and Shadows
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Kazuo
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MessageSujet: Re: Kazuo Hikari, un gars qui vient de loin !   Jeu 19 Jan - 21:50

Hello,

je me suis retenu, j'ai eu peur d'effrayer avec mes phrases interminables Wink Je suis content de voir qu'il y a quelqu'un sur ce forum (j'ai cru comprendre que le froid engourdi les mots par ici) et plus encore que mon histoire vous ai plus. C'est un fabuleux monde qui m'a inspiré bien au-delà de ses frontières Smile

Je me suis peut-être un peu emporté en effet avec ma signature, je redimensionne ça tout de suite Embarassed

Edit : Et voila, plus petite mais toujours aussi élégante ! J'espère de tout cœur m'amuser sur ce charmant forum !


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Kazuo Hikari, un gars qui vient de loin !

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