AccueilPortailGalerieFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Fin du quatrième jour de chevauchée.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Balafre
Guerrier


Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
Nombre de messages : 56
Localisation : En mission pour sa suzeraine.
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Jeu 23 Fév - 23:11

Le regard sombre Balafre se contenta de terminer le morceau de pain qu'il avait dans la main, mâchant puissamment et rapidement, et faisant passer la bouchée avec le reste de son thé. Déjà debout, le légionnaire se saisit de son arme, et de son paquetage. Sceller les chevaux lui prit quelques minutes, pendant lesquelles Nemu et Nýilóni se préparait.La déclaration de la bretteuse faillit le faire rire. Si elle savait, il n'y avait aucun coté dans cette danse macabre entre les puissances d'Inwilis. L'Histoire du Sud était fondée sur la guerre, chaque royaume du Sud avait été fondé par les armes. Et eux, ils n'étaient que des pions. Cependant, ils auraient pu fuir, ils étaient à cheval, et même avec Nýilóni, ils auraient pu distancer la patrouille, et brouiller les pistes facilement. Ou encore auraient-ils pu se faire passer pour des mercenaires. Balafre était connu partout pour être mercenaire, et pas légionnaire. Sauf pour ceux qui savaient qu'il était au service de la Marquise Rouge. Et dans ce cas là, sa trogne n'aidait pas, quand il s'agissait de passer inaperçu. Bah ! Nemu se préparait à l'escarmouche qui allait suivre. Alors, il devrait en faire autant.
Sa mastodonte de monture comprenait déjà ce que le légionnaire faisait, et celle de Nemu y était tout aussi entrainée. Il les laissa donc partir, sachant qu'ils les retrouveraient quand ils en auraient fini ici.
Silencieux, Balafre laissa Nemu faire la conversation, et le mot massacre résonna à ses oreilles comme une douce mélodie. Il allait pouvoir se dégourdir. Avec cette pluie, il avait du rouiller pour avoir failli passer dans le royaume de Dämons, face à une bretteuse, qui n'avait sans doute pas la moitié de son expérience. Le Semi-Orc joua des épaules, dénouant ses muscles, son hachoir en main, Balafre se positionna entre les deux femmes, légèrement en retrait. Il lui faudrait de la place pour charger. Avec une charge, il estima qu'il tuerait probablement trois légionnaires de l'Empire, et en amocherait d'autres, ce qui réduiraient considérablement leur nombre. Douze légionnaires, enfin, dix pour sa part. Les deux magiciens, il les laissait volontiers à Nemu. L'acier contre l'acier, la magie contre la magie. Quand à Nýilóni, il eut un sourire moqueur en l'entendant, d'abord, elle riait, un rire venant de sa nervosité. Elle tenta de faire de l'humour, mais ni lui, et surtout pas Nemu qui n'avait pas d'humour, n'eurent de sourire alors qu'il pouvait maintenant distinctement entendre les pas, les des armures et des armes. Ils avaient accéléré le mouvement, maintenant que la fumée de leur feu s'était éteinte.
Nýilónibougea, si bien qu'il se décala sur le coté. Elle dépassa Nemu.

-Se compromettre ouais, lâcha-t-il pour la magicienne, autant dire que j'aurai pas pensé que ça arriverait aussi vite. Décidément, les légions de l'Empire sont trop zélées pour leur propre bien. Toujours à fourrer leur nez là où y faudrait pas.

Le Semi-orc soupira. Ils devaient impérativement les tuer jusqu'au dernier, ça ne serait certainement pas facile, une fois toute surprise passée. Les légionnaires de l'Empire étaient aussi bons que ceux de Cemenwin. Et les frontaliers, déjà que faire risette, ils connaissaient pas, de vrais durs, de ceux qui en ont vu. Balafre soupira, le combat qu'il s'apprêtait à mener serait violent, profondément violent, et finirait dans le sang. Ils n'avaient plus le choix maintenant, si non, ils devraient retourner la queue entre les jambes à Cemenwin, sans même avoir pu pénétrer dans l'Empire.
Nýilóni se retourna vers eux, et leur fit par de ses réflexions. Impassible, Balafre l'écouta, et Nemu se taisait aussi, le visage de marbre. Elle ne dirait plus rien, elle devait déjà être en train de se battre. Il se contenta de hocher la tête à ce qu'elle disait. Quand il fut certain qu'elle ait fini. Il jeta un bref regard à la magicienne, qui ne répondrait certainement pas. Les premiers éclats du soleil sur le métal attirèrent son regard, et Balafre se prépara à charger la patrouille qui arrivait, lorsque le premier rang serait en vue.

-Bon, si j'crois qu'on aura pas le temps de discuter maintenant. Autant que je te réponde, y'aura peut'êt' pas d'autre occasion de savoir. Je suis Balafre, de la Légion Noire, et elle, c'est une Faiseuse de Mort. Et regarde devant toi, ils sont là.

Le Semi-Orc fit comme il s'était dit, et chargea. Tenant sa lourde et large lame à deux mains, il fit passer celle-ci derrière lui, prêt à l'abattre sur la patrouille. Sa course visant à lui donner suffisamment d'élan pour enfoncer la formation adoptée par les légionnaires. Il les percuta, ressentant le choc, entendant sa lame crisser contre les armures, des cris, de colère, de surprise, des gargouillis. Il en avait eu un ou deux, fatalement. Les frontaliers réagirent rapidement, et Balafre savait que se faire encercler signifiait la mort. Autant pour eux, la patrouille ne comptait pas d'archer. Ce qui était étrange. Alors qu'il échangeait des coups, attaquant ou ripostant, une flèche siffla près de son oreille, et une autre se ficha dans son manteau. D'un puissant coup de tête, un Baiser Orc, Balafre assomma ce qui devait être la jeune recrue du groupe, qui s'effondra, sans doute le nez cassé par la plaque de métal que le Semi-orc portait sur le front.

-Tu t'es plantée Nemu ! beugla-t-il, y'a des archers avec eux !




Dernière édition par Balafre le Dim 11 Mar - 16:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Mar 28 Fév - 22:50

Mais qu’est-ce qu’elle avait bien pu faire ? L’hybride était tellement surprise qu’elle n’avait même pas senti, ni même entendu –ce qui l’inquiéta plus tard car le hobereau n’avait pas porté une attaque des plus discrètes- venir le soldat armé. Elle observa la silhouette tranquille et effrayante de Nemu, et Balafre s’élancer avec son épée aux allures de gourdin, dans une sorte de torpeur léthargique. Son esprit avait quelques difficultés à s’accommoder à tant d’informations surprenantes… Sa vie depuis la mort de Sigurd avait toujours été d’une monotonie harassante dont les seuls évènements étonnants étaient vraiment banals avec du recul. Depuis la mort de Sigurd…

Ses lèvres esquissèrent un sourire pareil à un rictus.

Nýilóni vit, avec une netteté oubliée, un homme écarté de la formation qui attaquait Balafre se ruer vers elle, avec toute la pesanteur de son armure. L’épée en main, il allait l’attaquer. Tranchant.
Ses sabres se murent d’eux-mêmes, portés par l’habitude et l’expérience de la jeune femme ; l’un para la lame, tandis que l’autre, levé, alla bloquer l’épée adverse en le positionnant du coté opposé du premier sabre… Coincé, le soldat ne put dégager sa lame qu’en la faisant coulisser sur les flancs : Nýilóni en profita et imprima sur ses talons une rotation qui laissait ses arrières sans défense. Cependant, son second sabre entraina l’épée, ce qui fit basculer le soldat en avant, alors que l’autre alla se ficher avec puissance dans le dos de l’ennemi.
Un gargouillement sanglant franchit les lèvres de l’agonisant s’effondrant par terre.

Et d’un.
L’hybride exultait. Se battre contre tant d’adversaires… En effectif minoritaire… Chacun sa vie défendant au fil de l’épée…

Un cri agacé de Balafre, sorte de beuglement en fait, retint son attention. Des archers ? Voyant que la plupart des soldats ne lui prêtaient pas –encore- attention, Nýilóni en profita pou scruter les alentours.
Où se positionnerait-elle pour tirer… ? En hauteur.
Elle avisa le bosquet d’arbres. Ombré, proche de la position de Balafre ce qui expliquerait le tir précis alors qu’il était entouré de soldats. Sans doute y en avait-il là dedans, mais y aller s’avèrerait être de la témérité, de la folie, voire du suicide. Enfin les trois étaient la nuance d’un même résultat : la mort. Au moins savait-elle d’où viendraient les flèches désormais.

Voyant Balafre en quelques difficultés face au nombre, Nýilóni s’élança vers lui, afin de lui prêter main forte.

Un homme fut propulsé hors du groupe, le visage en sang. L’hybride profita de son aveuglement pour lui asséner un coup de genou dans le ventre, avant de lui porter un violent coup assommant avec le pommeau de son sabre.

Une brûlure au bras lui arracha un grognement. Nýilóni avisa la flèche plantée devant elle, la pointe en fer teintée des gouttes écarlates de son sang. Satanés archers ! Heureusement, la blessure n’était pas trop profonde et ne l’empêchait pas de bouger son bras.
Prenant son élan et après une profonde inspiration, la bretteuse se faufila entre les corps, les épées, les lances et les armures en direction de Balafre. Elle para une attaque en revers, et riposta d’une talonnade bien ajustée au niveau du plexus.

« Balafre ! »

Un râle lui parvint en guise de réponse. Espérons que ce ne soit pas Balafre. Elle s’écarta d’un homme tombant, en plaçant le tranchant de son sabre sur la trajectoire de sa chute. Idiote ! La lame était bloquée… Afin d’écarter un coup en estoc, Nýilóni dut lâcher le sabre, ne se battant qu’avec une seule lame désormais ; elle récupérait l’autre dès que possible. Une attaque entailla son flanc, là où Balafre l’avait entaillée superficiellement. Elle dégagea l’épée qui l’avait blessée du plat de son arme et para un second coup.

« BALAFRE ! »

Ah ! Si seulement elle était télépathe, ça lui aurait fait gagner des secondes de vie en plus… ! Elle bloqua un coup ascendant, décochant un coup de poing dans la jolie face du jeune soldat la combattant. Un satisfaisant craquement lui parvint au milieu de la mer de cris et de sang.
Bon, où était-il… ?
Elle devait rejoindre Balafre afin de lui communiquer ses intentions…
Revenir en haut Aller en bas
Nemu Oro Ji
Soldat


Peuple : Ai-Esu
Second(s) Métier(s) : Mage, Assassin.
Grade : Haut Mage.
Armée/Guilde/Institution : 5ème Légion, de la Légion Noire.
Nombre de messages : 50
Date d'inscription : 14/04/2008

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Jeu 8 Mar - 14:07

La bataille faisait déjà rage sous son crâne, dans un espace que personne à part elle, et son adversaire ne pouvaient voir. Elle avait violemment percuté les barrières mentales d'un des magiciens, et quelque part, son cerveau réalisa que les soldats étaient sur eux. Elle comptait sur son instinct de survie, et sa discipline de fer pour que son corps réagisse tout seul. Pour l'instant, elle était aux prises avec une bataille qui ne se gagnait pas par la force physique, mais par l'endurance. Ou part une attaque vicieuse. Entrainée pour tuer, Nemu ne se priva pas, et usa de ce qu'elle glanait comme informations, à chaque fois qu'elle percutait l'esprit de son adversaire. Scindant son esprit en deux parties, Nemu continua de frapper sans relâcher mentalement un des mages, pendant qu'elle se concentrait pour éviter de se faire blesser trop sérieusement, et avancer jusqu'à lui.
Sa concentration se brisa lorsque la voix puissante de Balafre résonna à ses oreilles. Elle ne retint qu'un seul mot : archer. Nemu brisa aussitôt le contact avec le mage, pour lever des boucliers autour d'elle, et foncer. Il ne lui restait que quelques précieuses secondes, sans doute moins de cinq minutes, avant que son adversaire ne la repère, et qu'il tente de faire la même chose qu'elle : tuer. Un mage ne sert à rien, s'il est incapable de se défendre contre les attaques physiques. Les boucliers, c'est bien joli, mais lorsque le jeteur de sort n'a plus d'énergie, il est aisé de le planter. Dagues courbes en main, elle se fraya un chemin, son bouclier déviant flèches et coups, les épées des soldats crissant sur le bouclier, comme si elle avait croisé le fer avec eux. Lorsqu'elle le pouvait, elle frappait. Son avancée n'avait rien de glorieuse, elle se tortillait, se courbait, se contorsionnait entre les soldats. Ils n'étaient que douze, avec deux magiciens, et sans doute un quatuor d'archers. Elle s'étonna de ne pas les avoir repérer en même temps que les soldats. Mais les archers étaient généralement des éclaireurs, et ils avaient dû les avoir en vue depuis longtemps. Elle s'était trompée. Cependant, elle avait de la chance, la plupart des soldats tentaient d'abattre Balafre, sans compter que Nýilóni devait faire un travail remarquable.

Elle trouva le mage, et s'aidant du terrain rocailleux, la magicienne se servit d'une pierre comme d'un tremplin, pour mieux atterrir sur sa victime, et lui planter simultanément les deux dagues, une dans les reins, et l'autre au niveau du cœur. Elle dégagea rapidement ses lames, pour parer le coup de ce qui devait être l'officier à la tête de la patrouille. Lames croisées, elle parvint à arrêter l'épée à quelques centimètres de son visage.
Nemu inspira, gonflant ses joues d'air, avant de souffler au visage de l'officier. Son expression, et le hurlement qui suivit lui assurèrent que son souffle du Dragon avait fait mouche. Tout comme la flèche qui se ficha dans son avant bras. Réprimant la douleur, elle profita du répit que lui offrait l'officier qui se tenait le visage, pour l'arracher. Désormais, il lui était plus difficile de se servir de son bras droit.
Elle entendit distinctement la voix de Nýilóni appeler Balafre. Tant mieux. Elle faisait une excellente distraction. Sans la moindre once de miséricorde, Nemu se débarrassa de l'officier, usant d'une des aiguilles cachées sous sa peau. Elle fit entrer l'aiguille dans l'oreille, l'enfonçant jusqu'à ce que le sang coule, et que sa victime ne montre plus aucun signe de résistance. L'officier tenait encore debout, et il se débattait, la repoussant, épaulé par l'archer qui l'avait déjà blessée une fois. L'aiguille était trop fine pour tuer sur le coup. Tant pis pour son bras. Lorsqu'elle lança une attaque pour enfoncer sa lame dans la gorge de l'officier. Celui-ci attrapa, comme prévu, son bras droit. Paume ouverte, Nemu lança le sortilège de feu, qui percuta de plein fouet l'officier. Le faisait qu'il lui tienne le bras, et la puissance du sort, firent qu'il la lâcha, lorsque sortilège explosa, enflammant l'officier des pieds à la tête. Nemu fut projetée au sol, et par la même occasion repérée par le second mage, qui lança un contre-sort efficace, mais trop tard. Se déplaçant à la manière d'une araignée sur le sol, Nemu acheva l'officier d'un coup de dague de sa main gauche. Elle devait se débarrasser des archers.

La magicienne se redressa bien en vue, commençant déjà à incanter, elle aussi, elle pouvait jouer les archers. Cela lui prendrait toutes ses réserves de mana, et pour affronter le second mage, elle devrait uniquement compter sur ses capacités physiques. Le sortilège recréaient un arc, et les flèches qu'il lancerait, seraient fatales et mortelles, et surtout, elle ne rateraient pas leurs cibles respectives, puisque Nemu les avait soit en vue, soit détecté mentalement. Elle devait agir vite et avec précision, pour éviter la moindre contre attaque magique. Et même si le mage était aussi doué qu'elle, il s'épuiserait aussi en lançant son contre-sort.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Balafre
Guerrier


Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
Nombre de messages : 56
Localisation : En mission pour sa suzeraine.
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 11 Mar - 16:50

A trois contre douze, il aurait été normal de fuir. Mais pas avec eux. En réalité, la patrouille comptait quatorze hommes, avec les deux mages, et Balafre ignorait comme d'archers il y avait. Les archers étaient une vraie plaie, et Balafre était au coeur d'une mêlée qui l'empêchait de se mouvoir comme il l'entendait. Douze hommes, ça n'était pourtant pas compliqué, d'autant la bretteuse avait dû être prise pour cible. Le Semi-orc se doutait bien que l'homme à abattre, c'était lui. Tournant sur lui même, Balafre balançait son épée, repoussant et blessant les légionnaires qui finirent par comprendre qu'ils feraient mieux de reculer. Balafre offrait alors une belle cible aux archers, ce que le Légionnaire avait bien compris, il n'eut pas besoin d'entendre les flèches siffler pour se lancer à l'assaut. Une charge frontale à nouveau, qui envoya valser les légionnaires de l'empire comme des quilles. Tendant le bras, le Semi-orc attrapa un des légionnaires avant que l'espace autour de lui ne soit à nouveau dégagé, du coin de l'oeil il perçut la tignasse rousse de Nýilóni, il ignorait où se trouvait Nemu, mais elle savait quoi faire : se débarrasser des archers et des mages.
Mais les archers étaient encore actif, sa main tenant le Légionnaire par le foulard noir des légions frontalières, il leva l'homme devant lui, qui reçut les flèches à sa place, lorsque le légionnaire cessa de se débattre, Balafre le jeta sur ses camarades. Effectuant une rotation, il enfonça les armures de trois légionnaires qui le chargeaient, les repoussant encore. Du plat de la lame il en frappa un autre, et devait marcher sur le cadavre d'un de ceux qui ne s'étaient pas relevé de sa précédente charge.

Il leva son hachoir et l'abattit tranchant net dans un légionnaire, depuis l'épaule jusqu'au milieu du ventre, Balafre dégagea le corps d'un coup de pied, et se retourna pour parer un coup, ignorant les flèches qui perçaient soit son manteau, soit sa peau. Tant qu'il pouvait bouger, les flèches ne le gêneraient pas. Il arracha celle qui s'était fichée dans les muscles de son bras, ignorant celle qu'il avait reçu dans le bas du dos. Catapultant un autre frontalier, il entendit quelqu'un l'appeler. Ses yeux cherchèrent d'où venait le cri, alors qu'il parait, sa large devant lui, lui servant de bouclier. Balafre se pencha par dessus et éclata le nez du légionnaire comme précédemment. On y voyait déjà plus clair, restait le problème des archers. Et Nýilóni, qui l'appelait. Il la repéra à ses cheveux, les légionnaires avaient décidé qu'elle était peut être moins dangereuse. Une nouvelle slave de flèche. Bon sang, qu'est ce que Nemu foutait ! Un explosion manqua de lui faire tourner la tête pour regarder, ça, s'était la magicienne. Un cri.
Énervé, Balafre taillada et tranchant ce qui venait sur son chemin, qui se clairsema jusqu'à Nýilóni, par réflexe il passa derrière elle, se mettant dos à dos avec elle. Un moyen efficace d'éviter les coups par derrière, et de pouvoir parler, certes en hurlant, mais de parler quand même. Un nouveau mouvement circulaire fit reculer les derniers courageux.

-Ça va gueule pas, j'suis là. Une idée peut être ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 18 Mar - 19:56

Nýilóni retrouvait avec un enthousiasme téméraire les joies du combat. Alors que ses sabres voltigeaient ci et là, des souvenirs revenaient dan son esprit, des souvenirs dont elle ne s’était jamais remémoré l’existence depuis lors. Il lui semblait même entrevoir la silhouette de ses amis corsaires quand se mouvaient les soldats lui faisant face, ou entendre leurs cris de guerre, de victoire, de souffrance… « La Néréide vous enverra paitre aux abysses salauds ! », « Tenez ! Bouffez ça ! », « Pour le cap’tain Sigurd ! »…
Et a son tour, ses lèvres modulèrent l’écho de ses souvenirs en un cri de rage enthousiaste :

« Amenez-vous rejetons de porcs ! »

Elle fronça les sourcils : les soldats semblaient la juger moins importante, moins dangereuse que la montagne effrayante que représentait Balafre. Cela l’agaçait mais elle s’en accommoda pour créer des effets de surprise même si les hommes prenaient lentement conscience de la présence de ses sabres sanguinaires entres ses frêles mains calleuses, elle, se faufilant entre ces corps souvent plus grands qu’elle.

Elle marqua un léger arrêt dan son avancée parmi les broussailles denses et épineuses de la troupe armée : un mouvement non loin lui paraissait étrange… Les soldats étaient repoussés deçà là, comme si, en chargeant, ils se heurtaient avant de rebondir sur… Balafre !
Une sourde douleur pulsant de sa taille imprima sur son faciès un bref rictus de souffrance. Ce n’était qu’une blessure superficielle Nýilóni, avance ! Avance !
Un second évènement eut lieu : a l’opposée de Balafre, une explosion ambrée s’était produite avec un bruit de détonation et saturait l’air d’une poussière grisâtre. Heureusement, en un périmètre délimité. Etait-ce l’œuvre de Nemu ? Ou… Une offensive contre elle ?
La semi sidhe se remémora l’assurance dont la magicienne avait fait preuve en voyant la troupe arriver, quatre fois supérieure en effectif.
Non… Ca ne devait qu’être le pouvoir déchainé de Nemu.

L’hybride aperçut enfin la haute stature de son allié ; d’un accord tacite car instinctif, ils se positionnèrent dos a dos afin de parer toute attaque sans gêner l’échange de quelques mots. Quelques uns… Il lui fallait donc être concise, ce qui n’était certes pas une vertu cardinale chez elle. Enfin ! Nýilóni hurla donc, de sa voix aigue :

« Ces foutus archers sont dans le bosquet ! Au Nord Est, Est ! Nemu n’a pas l’air dispo… »

Elle fit un pas en arrière, faisant de même avancer Balafre, afin d’éviter de justesse la pointe pourfendeuse d’une lance. Elle interrompit sa discussion et répliqua d’un coup de pied bien ajusté… L’homme gémit en portant ses mains à son entrejambe douloureux. La bretteuse lui asséna une taloche sans état d’âme, puis profita de ce bref répit pour achever son propos :

« Nemu n’est pas disponible mais je peux m’en occuper si tu retiens tous les hommes le temps que j’atteigne les arbres ! »

Exaltée par son enthousiasme, l’adrénaline et le déchainement des alentours, son phrasé habituellement soutenu était devenu quelque peu plus familier : une habitude prise aux contacts des pirates, qu’elle ne pouvait réprimer qu’en temps normal…
Maintenant qu’on l’avait vue en compagnie de deux soldats de la légion noire, son sort était décidé. Les mages ont-ils le pouvoir de communiquer sur une grande distance ? Il faudrait qu’elle entretienne Nemu à ce propos. Et de ce fait, tous ces hommes devraient mourir pour préserver sa neutralité politique… Quand a son allégeance, l’indépendance était ce qu’elle préférait mais peu importe sil lui faudrait courber l’échine pour atteindre ses objectifs !

Revenir en haut Aller en bas
Nemu Oro Ji
Soldat


Peuple : Ai-Esu
Second(s) Métier(s) : Mage, Assassin.
Grade : Haut Mage.
Armée/Guilde/Institution : 5ème Légion, de la Légion Noire.
Nombre de messages : 50
Date d'inscription : 14/04/2008

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 25 Mar - 23:41

Avant de se retirer dans un monde qui n'appartenait qu'à elle, Nemu enfonça l'esprit de Balafre.

"Tenez encore un peu, je m'occupe des gêneurs."

Elle avait senti Nýilóni à proximité du Semi-Orc, il lui transmettrait donc le message. Et si le deuxième magicien avait intercepté le message, il ne savait pas qui elle allait viser. Même si d'un point de vue tactique, il était logique, qu'avec un sort pareil, elle s'en prenne aux archers qui harcelaient Balafre et Nýilóni, et elle même.
Nemu joignit les mains, formant un triangle avec ses doigts, baissant ses deux auriculaires et ses pousses, pour former une pyramide. Les pieds bien ancrés au sol, elle utiliserait une partie du flux terrestre sous ses pieds, pour minimiser l'impact sur sa propre réserve d'énergie, que sera considérablement basse après l'utilisation d'un tel sortilège. La position l'aiderait à canaliser son flux de mana, et à former le sortilège. Elle baissa légèrement la tête, ses cheveux cachant son visage. Elle ferma les yeux, cela aidait à la concentration.
La magicienne se retira jusqu'au plus profond d'elle même, tirant de son corps un maximum d'énergie, qu'elle divisa en fils de différentes couleurs. Elle était coupé du monde, et devait garder une partie de son énergie et de sa concentration pour maintenir un bouclier. A quoi servirait-il de lancer un sort, si elle était touchée par une flèche ou un coup d'épée ? Ou un autre sortilège. A rien. Et elle mourrait là, dans les montagnes. Le lieu n'était pas suffisamment beau pour qu'elle puisse y reposer pour son long sommeil. Elle chassa cette pensée, inspirant et expirant régulièrement, d'un souffle à la cadence tranquille, ralentissant doucement les battements de son coeur, qui s'étaient accélérés avec l'adrénaline. Elle devait faire très attention, puisqu'elle avait déjà lancé un sort de feu explosif.

Son esprit s'en alla à la recherche des archers. Elle les repéra facilement. Ils étaient au nombre de six. Ce qui portait les effectifs de la patrouille à une vingtaine de légionnaires de l'Empire. En somme toute, un nombre normal pour des frontaliers, qui étaient souvent confrontés à de dangereux adversaires. Elle associa six couleurs différentes aux six archers. De ce fait, elle façonna des flèches de la même couleur, liant la cible à l'instrument. Cela prenait du temps. Elle ne devait rien laisser au hasard. Elle sentit la puissance monter, à chaque fois qu'elle respirait. L'énergie nécessaire au sortilège enflait doucement, croissant à l'intérieur de sa poitrine, comme un monstre tentaculaire, qui ne demandait qu'à déchirer sa peau pour sortir. En expirant, Nemu calmait ce monstre, lui promettant des victimes dont il pourrait se repaître.
Lentement, elle détacha ses mains, très lentement. Un à un, ses doigts se décollèrent des uns des autres, elle garda les paumes ouvertes, les mains positionnées à la verticale, l'une en face de l'autre. Nemu devait maintenant écarter lentement les bras, jusqu'à un certain point. L'espace entre ses deux mains servirait à placer la corde de son arc. Elle accrocha celle-ci à la pointe de ses doigts, six cordes de couleurs entremêlées. Six cordes qui pendaient entre ses deux mains. Nemu ouvrit les yeux, et écarta brutalement les bras, tendant la corde. Elle y encocha les six flèches, banda l'arc, et relâcha la corde. L'air vibra. Les six flèches fusèrent, traversant le nuage de fumée et de poussière qu'elle avait créé avec le sortilège de feu explosif.

La magicienne laissa ses bras retomber, et dissipa les reste de sortilèges, maintenant à grand peine son bouclier. Un éclat la fit se baisser, mais trop tard. Le contre sort la percuta de plein fouet, et elle eut tout juste le temps de concentrer son énergie sur le point d'impact, avant de retomber, en même temps que son bouclier se fissurait. Elle fit un dernier effort magique, et chercha les six couleurs, les six archers. Il n'en restait que deux. Elle eut un sourire satisfait. Le contre sort était arrivé un peu tard. Ne pouvait plus avoir recoure à la magie, elle usa des explosifs qu'elle gardait dans ses robes. Elle lança deux petites boules en papier, qui contenait de la poudre. Elle les enflamma en usa d'un sortilège qui ne nécessitait pas qu'elle s'épuise, usant de l'énergie que lui fournissait la terre. Elle les lança en l'air. Ils explosèrent, formant deux colonnes de couleur. Balafre comprendrait facilement.
Sur ses gardes, elle chercha le mage qui avait lancé le contre sort. Elle évita de justesse le coup de bâton qui arrivait pour la frapper à la tempe. Nemu recula, et la douleur de son bras droit se rappela à elle. Elle avait mal à la hanche, là où le contre sort l'avait percuté. Elle ne laissa transparaitre de la douleur qu'elle ressentait. Et elle dégaina la dague, la tenant fermement dans sa main gauche. Campée sur ses jambes, elle para les attaques, s'écartant, et s'éloignant de son adversaire. Elle était plus épuisée qu'elle ne l'aurait pensé, et elle finirait par vraiment fatiguer, si ce duel continuait trop longtemps. Une flèche siffla près de son oreille, la manquant de peu.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Balafre
Guerrier


Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
Nombre de messages : 56
Localisation : En mission pour sa suzeraine.
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Lun 26 Mar - 6:57

Balafre avança lorsque la bretteuse recula. Il était aisé de se battre à deux. Envoyant valser un énième légionnaire -celui là avait tenté de le toucher plus d'une fois-, le bougre était coriace. Ils braillaient tous de les abattre, et les flèches sifflaient, se fichant dans le sol, dans les cadavres, parfois même dans sa chair, mais Balafre bandait ses muscles, et oubliait la douleur. Ce n'était que des piqûres de moustiques. Rien de plus. Un coup d'épée trancha le légionnaire récidiviste et coriace en son milieu. Lorsqu'il retira sa lame, les entrailles du mort giclèrent avec son sang, rendant le sol glissant. Ils devaient bouger de là, où bientôt, ils ne pourraient plus se mouvoir comme ils voulaient. Un sol rendu glissant, et encombré de cadavres et de flèches n'avait rien d'une partie de plaisir.

Nýilóni lui brailla un plan, qui fut vite éventé dans la mesure où l'ennemi l'entendait. Mais peu importait. La bretteuse avait de la suite dans les idées. Retenir les légionnaires survivants ne serait pas un problème pour lui. Il pouvait tenir trois jours comme ça. Les frontaliers aussi. Mais il était suffisamment large pour les empêcher de courir après Nýilóni. Un choc le fit s'arrêter, et la voix doucereuse de Nemu retentit dans son crâne. La magicienne partit aussi vite qu'elle était venue, et Balafre recula violemment pour ne pas se manger un coup de lance, qui aurait pu être fatal. A lieu de ça, il aurait juste une cicatrice supplémentaire à la gorge. Pour reculer il avait du bousculer la bretteuse, voir la faire se plier. Attrapant la lance avec sa main, il tira d'un coup sec, l'arrachant des mains de son porteur, et la retournant contre un de ses collègues, qu'il frappa de plein fouet. En suite, Balafre brailla de sa voix tonitruante :

-Nemu s'occupe d'eux ! Mais si c'est ce que j'crois, il reste un magicien ! On va suivre ton plan ! J'aimerai éviter de crever parce qu'un enfoiré d'archer sera pas assez mort pour que Dämons vienne le prendre ! Grouille !

Ce faisant, Balafre se retourna pour entourer la bretteuse par la taille, tourna deux fois sur lui même, prenant de l'élan. Il l'avait soulevé sans effort, et il la jeta plus loin, la faisant dépasser la ligne que formaient les légionnaires, et qui s'éclaircissaient de plus en plus. Jeter Nýilóni part une trouée fut donc facile. Balafre faucha le Légionnaire qui tenta de la rattraper, son épée vola pour se ficher dans le dos du malheureux, le tuant et clouant au sol sur le coup. Ramassant un bouclier au sol, il se servit pour fracasser le nez du Légionnaire qui se jeta sur lui, épée au claire. Le bouclier cogna durement le visage casqué de l'homme, qui sonné, tituba en reculant. Le légionnaire enchaîna, sans attendre que le monde cesse de tourner pour l'autre, Balafre lu envoya un deuxième coup de bouclier, de la tranche cette fois, le faisant se plier en deux. Il asséna un coup de poing sur le crâne, au casque cabossé, faisant rencontrer son genoux au visage déjà amoché du soldat. Celui-ci s'écroula. Jetant le bouclier sur les derniers légionnaires, il courut jusqu'à son hachoir, qu'il dégagea sans peine du dos de l'homme. Son dos à lui le tiraillait. Il devait y avoir une flèche pour responsable. De rage, il décapita le premier légionnaire qui l'attaqua, ignorant le coup d'épée qu'il reçut en contrepartie.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Mer 28 Mar - 18:06

Son visage d'une juvénilité trompeuse était figé en un rictus qui la vieillissait de quelques années : sa hanche l'élançait de manière de plus en plus douloureuse, au fur qu'elle pivotait, distribuait des coups de pieds, frappait, feintait... À chaque mouvement, sa taille était sollicitée, lui infligeant une souffrance répétée encore et encore. Mais elle restait stable sur ses deux jambes tachées de sang, continuant d'infliger de belles plaies à qui fut assez proche de ses sabres. Nýilóni passa sa main sur le heaume d’un des adversaires, et le transversa dans le domaine des ombres des Marcheurs. Cela pourrait lui être utile, pensait-elle en répétant l’opération deux autres fois. Car son sang n’était pas assez « pur », les objets qui passaient dans le plan secondaire perdaient leur forme, ne devenant qu’une masse homogène de métal liquide.
Balafre dut éviter un coup, la faisant se courber en avant ; le tranchant d'une lame effleura le bout de son nez, et pour la première fois de sa vie, la jeune femme coquette prit conscience de son attachement à cette protubérance faciale... Un fracas métallique lui indiqua que Balafre s’était occupé de l’importun ; il la prévint que Nemu s’était occupée des archers, bien qu’il en restât.
Et…
Il la ceintura par la taille, et, comme si elle n’était qu’un fétu de paille, la balança. Il m’a balancée ! Nýilóni n’en revenait pas. Mais il ne lui était guère possible d’y songer plus que cela, un autre problème bien plus ardu survenant : comment atterrir ?! Si elle n’y trouvait de réponse rapidement, la réception risquait de lui briser quelques os… !
La chance lui sourit : Balafre l’avait envoyée par-dessus les soldats… casqués… armés…
Allez ma Lóni, il est temps d’user avec virtuosité de ton talent !

A chaque fois qu’elle était assez proche des soldats, presque au contact, Nýilóni mobilisait son pouvoir de Sidhe, la main droite dirigée vers la masse métallique. Une coupole bleutée très claire se déployait sous sa paume, pulsant lorsqu’elle exerçait une répulsion par le biais de son don ; elle rebondissait ainsi de tête en tête, infléchissant sa course et maitrisant tant bien que mal la vitesse. La petite hybride se réceptionna sans trop de dégât par une roulade impeccable.
Un petit sourire sur les lèvres, elle vérifia que Balafre tenait son engagement, et puisqu’il était affirmé, Nýilóni courut vers les arbres, délestée d’une grande partie de son pouvoir cependant.

Elle aperçut immédiatement deux archers ayant chu à terre, assurément morts. Ils étaient combien au juste ?
Le sifflement d’une flèche lui parvint ; elle n’évita le trait que grâce à ses réflexes.
Tant pis ! Elle aviserait bien !
Déployant un peu plus ses sens Sidhe, jusqu’à leur paroxysme, Nýilóni s’élança vers les premiers arbres. Elle feinta à gauche alors qu’une flèche alla s’enfoncer là où elle se trouvait quelques secondes auparavant. Cela avait pu être possible grâce à ses sens ; il était ardu de l’expliquer avec des mots, mais la proximité du métal exerçait une "pression" dans l’air que son pouvoir était capable de percevoir... De nouveau, elle évita un trait. Une forte pression lui indiqua la position d’un des archers ; enfin, arbalétrier, songea-t-elle en esquivant de justesse le carreau mortel. Bon ! Il fallait s’en débarrasser…
N’ayant aucune autre alternative, Nýilóni grimpa lestement sur l’arbre : son expérience de mousse sur la Néréide lui était bien utile ! Les premières branches furent escaladées avec facilité, ses sabres gainés. Mais elle manqua de tomber : une flèche l’avait atteinte au mollet. Le sang heureusement, ne s’écoulait pas trop… Saloperie d’archer ! Son attention focalisée sur la montée ne l’avait pas prévenue de l’attaque… Il serait douloureux de continuer l’ascension…. Mais sa hanche pulsait une souffrance supportable.
Contractant sa mâchoire, elle s’obligea à poursuivre. La première chose qu’elle vit de l’arbalétrier fut… son arbalète, pointée dans sa direction. Nýilóni, en prenant appui sur le tronc grâce à sa jambe, put approcher sa main du pied de l’ennemi jusqu’au contact.
Libération !
L’homme ne réagit pas immédiatement, mais il hurla de douleur au terme de quelques secondes : l’hybride était certes une Sidhe, mais aussi une Marcheuse ! Il était notoire que le pied regroupait le bien des terminaisons nerveuses : en y matérialisant du métal, elle avait entravé plusieurs fonctionnalités du corps de l’ennemi, lequel haletait à cause de la souffrance, tentait de ne pas choir de son perchoir. Nýilóni qui s’était hissée jusqu’à lui, imprima une violente poussée sur la poitrine de l’arbalétrier tout en lui arrachant son arme. En tombant, il ne fallait pas qu’il lui tire un ultime carreau par dépit… ca serait bien stupide de se faire ainsi avoir.
Un satisfaisant craquement lui étant parvenu, elle lâcha l’arbalète et chercha l’archer qui l’avait blessée. Ah tiens ! Enfin une excellente nouvelle : il ne restait que lui à éliminer ! Nemu avait fait du bon boulot.
Elle mobilisa son courage –à moins que ce fut-ce sa témérité- avant de sauter.

Nýilóni attrapa une branche de l’arbre vers lequel elle s’était projetée.
*Crac*
« Punaise ! »
Aussitôt, elle chercha un autre appui mais les branches s’obstinaient à se briser. Etait-elle devenue si lourde ?! Enfin, une tint bon. Elle se hâta à grimper dessus, car une flèche lui était destinée. Cependant elle ne fut pas assez vive et le trait s’enfonça dans son épaule gauche, juste à côté du muscle ; au même moment, son pouvoir Sidhe s’épuisa. Une larme de souffrance lui échappa. Son visage se crispa. Elle n’arriverait jamais à avoir ce salaud !
Mais cette pensée lui était plus méprisante que celle de la mort : en aucun cas elle ne devait se monter pleutre, merde ! Sigurd ne l’avait pas ainsi éduquée !
Alors elle brisa l’empan au plus près de la pointe pour qu’il ne la gêne pas plus, et grimpa à hauteur de l’archer embusqué. La branche robuste sur laquelle elle était juchée faisait face à son ennemi. Ce dernier était difficilement discernable, dissimulé derrière les ombres des branchages et de sa cape noire.
Il tenait encoché deux flèches, évidement pointés vers elle.
Nýilóni fronça les sourcils, non pas à cause de la souffrance qu’elle s’obstinait à ignorer, mais par réflexion : elle sautait et il l’abattrait comme un pigeon. Il tirait et elle esquiverait avant de le tuer.
Une impasse… elle haïssait ce genre de situations bien embêtantes.
Elle se rapprocha un peu plus du bord de la branche, de plus en plus proche de l’archer qui se révélait être plutôt jeune d’après sa petite carrure. Cependant, elle n’avait aucun doute sur son talent : deux flèches en était garants et ses bras finement musclés portaient un témoignage tout aussi fidèle. Nýilóni avait les yeux fixés sur les deux prunelles pers.

Un oiseau s’envola, passant devant leur regard.


Aussitôt qu’il disparut, une corde chanta et une flèche siffla ; Nýilóni l’esquiva en s’accroupissant. Mais elle prit réellement conscience du talent de l’archer lorsque la seconde flèche encochée qui ne fut cependant pas tirée en même temps que la première alla se ficher dans sa main gauche. L’hybride hurla telle une bête mortellement blessée, un hurlement qu’elle s’efforça de réprimer jusqu’à ce qu’elle tue ce salaud.
En arrachant la flèche, elle sauta sur le perchoir de l’archer qui avait tiré un poignard ; Nýilóni dégaina de sa main intacte son sabre droit et un duel s’engagea. Celui-ci se révéla particulièrement ardu : en équilibre sur la branche, la bretteuse devait veiller à ne pas faire de faux pas –opération difficile avec une jambe blessée-, et de concentrer son poids vers l’avant. Heureusement que son allonge était supérieure à celle de son ennemi, sinon son cadavre serait déjà par terre.
Elle arrivait à gagner quelques centimètres mais chaque coup porté ou paré inondait son corps d’une atroce vague de douleur. Habituée à se battre de façon ambidextre, ses blessures lui étaient un handicap incroyablement important…

Une lame vola.
Un nouvel hurlement s’éleva.


La main en sang, Nýilóni lançait des regards assassins à son ennemi. Cette putride déjection de Garman avait réussi à la désarmer ! Elle tenait à peine debout. Elle avait perdu du sang. Beaucoup. Sa vision se brouillait…
Son pied glissa.
En tombant, elle entrevit le visage de son ennemi sous le voile de sa large capuche… son ennemie. Qui avait fait une erreur. Ne jamais laisser tomber un adversaire sans l’avoir désarmé.
Avec ses dernières forces, l’hybride dégaina son sabre de gauche avec toute sa dextérité, et le jeta vers le cou de l’archère.
Son dos fut martelé par les branches qu’elle brisait dans sa chute.
Cela lui sauva la vie bien qu’il lui causa maintes nouvelles douleurs : elle atterrit lourdement mais pas mortellement. Un deuxième corps tombait… Le sabre fiché en longueur dans le cou, l’archère n’avait pas pu survivre. Elle devait avoir une vingtaine d'années, sans doute avait-elle du sang elfe car ses traits étaient délicats et beaux. Sa chevelure jais contrastait avec sa peau albâtre...

Se désintéressant d’elle, Nýilóni focalisa son attention sur ses multiples plaies. Elle brisa l’empan de la flèche enfoncée dans son mollet. Pour retirer les pointes… Son pouvoir le lui permettrait, mais elle avait usé de toute sa réserve d’énergie... Aussi ne pouvait-elle plus rien faire… Si ce n’est espérer que sa manœuvre ait aidé ses deux alliés…
Elle rampa jusqu’à un arbre et s’y adossa avec un soupir. Certes tout cela lui causait une vive souffrance, mais elle avait bien survécu à un abordage et à un naufrage sans compter les multiples combats sur la mer… Elle essayait de positiver. Au moins avait-elle rempli sa mission… L’inconscience tourmentait son esprit, mais si un ennemi devait arriver, c’est en le regardant dans les yeux qu’elle mourrait. Mais elle ne mourrait pas !
Revenir en haut Aller en bas
Nemu Oro Ji
Soldat


Peuple : Ai-Esu
Second(s) Métier(s) : Mage, Assassin.
Grade : Haut Mage.
Armée/Guilde/Institution : 5ème Légion, de la Légion Noire.
Nombre de messages : 50
Date d'inscription : 14/04/2008

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Jeu 5 Avr - 19:42

Nemu comprima la blessure qu'elle avait reçu au flanc. Elle saignait, mais s'était superficiel. Elle s'était laissé touchée par la lance de son adversaire, et elle s'était laissé glissé contre la hampe, et elle avait poignardé l'homme. La dague était entrée dans sa gorge, la perforant de part en part. Et il s'était effondré, s'étrangla nt dans son propre sang. La magicienne l'avait regardé mourir. Le temps s'était comme suspendu. Il ne pleuvait plus de flèches, et elle tenait encore debout.
Reprenant son souffle, son regard parcourut le champ de bataille. C'était un carnage. Mais ce n'était pas fini. Elle examina son bras droit. La blessure était plus grave. Elle déchira l'étoffe de la tunique brune du légionnaire mort à ses pieds. Elle fit un garrot pour arrêter l’hémorragie. Son bras était pis qu'ensanglanté, le sang dégoutait du bout de ses doigts. Et elle n'avait plus assez d'énergie pour se soigner. Elle se rendit jusqu'au mage, et fouilla le cadavre. Elle trouva ce qu'elle cherchait. Les mages de guerre étaient prévoyants, ils emmagasinaient toujours de l'énergie quelque part. Elle eut un sourire en découvrant les gemmes brillantes dans une bourse accrochée à la ceinture du mage. Elle serra ses doigts poisseux autour d'une gemme verte, et l'énergie se déversa dans son bras. Elle plaqua sa main gauche sur sa bouche, étouffant ses cris. C'était douloureux, très douloureux.

Sa vision chancela quand l'énergie atteint son flanc, déchirant sa chair, la brûlant pour la forcer à se refermer. Elle battit des paupières pour chasser les larmes qui perlaient et brouillaient sa vue.
Nemu avait le souffle court, repliée sur elle même, à genoux, prostrée, le front contre le sol. Elle maîtrisa sa respiration, et respirer lui fit mal. Tout son corps était engourdi, ses muscles lui faisaient mal. Elle bougea précautionneusement son bras droit, il était presque guéri. Là où la flèche l'avait touchée, il ne restait plus que du tissus cicatriciel, rose, enflé. Elle rabattit sa manche, et se releva, les jambes tremblantes. Elle perdit l'équilibre, et tituba, avant de pouvoir marcher correctement. Elle n'était plus de bruit, plus d'acier s'entrechoquant. Le massacre s'étendait sous ses yeux. Elle ramassa la bourse avec trois gemmes restantes. Elle se remit en marche, ses batailles l'avaient trop éloignée des autres. Elle dut redescendre un peu, et elle trouva Balafre, au milieu de cadavres. Elle ne vit aucun signe de Nýilóni. Titubant légèrement, elle se traina jusqu'au légionnaire. Elle lui fit un pauvre sourire.


-J-je vais bien. Je viens de me soigner. C-c'est encore douloureux. J'ai... J'ai jamais été douée pour que ça ne fasse pas mal. Toi ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Balafre
Guerrier


Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
Nombre de messages : 56
Localisation : En mission pour sa suzeraine.
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Lun 9 Avr - 19:07

Le Semi-Orc grogna, bandant ses muscles, faisant craquer ses os. Il était épuisé, mais il était capable de tenir encore quelques heures de plus. Il s'était retourné deux fois, pour voir si la rouquine avait réussi à passer les soldats. D'ailleurs, en face de Balafre, il ne restait plus grand monde à envoyer ad patres. Une douleur sourde pulsait dans son dos, à chacun de ses mouvements, lorsqu'il levait et baissait les bras. Il refoula cette douleur dans un coin, se concentrant seulement sur les quatre hommes armés restant. Trois. Le quatrième, il venait de le décapiter. Il avait reçu un coup d'épée, et son pantalon était poisseux de sang. Il avait du être touché à la cuisse, il avait mal, mais il ne pourrait pas regarder tranquille, l'aspect du coup d'épée, sans se faire tuer. Il devait d'abord régler leurs comptes aux trois frontaliers restants. La fin ne fut pas glorieuse, et il n'y aurait rien à chanter, ni à dire, sur cette bataille. Il avait récupéré son hachoir, et il tentait de ne pas trop bouger, pour ne pas ouvrir plus largement la plaie, celle de sa cuisse. Pour son dos, les dégâts devaient déjà être fait. C'était trop tard.
Balafre transperça un des légionnaires, qui loin de mourir instantanément, agrippa à sa lame, refusant de la lâcher. L'imbécile n'avait pas compris, qu'il n'avait pas besoin de ça pour l'empêcher de bouger. Le moindre mouvement ferait que le sang empoisserait son pantalon encore plus, et son dos lui ferait souffrir le matyre une fois l'adrénaline retombée. Balafre enfonça sa lame plus profondément, et lui asséna un coup de tête magistral, avant de faire tourner la lame, dans un craquement d'os, et de gargouillis, pour mieux la retirer, en découpant l'homme, quitte à devoir tirer plus fort, pour la sortir de l'armure. Il se prit un coup dans le dos, et Balafre grogna à nouveau. Les deux autres avaient naturellement profité de l'ouverture créée par le troisième larron. Pour éviter un coup, qui lui aurait certainement valu, à terme, de se faire amputer du bras droit, Balafre lâcha sa lame, et asséna un violet coup de poing, envoyant chanceler le légionnaire. Il s'occupa de l'autre, lui arrachant son sabre des mains, bien que la lame lui laboura les paumes, et les doigts, avant de l'attraper, en enserrant son visage dans l'étau d'une de ses mains. Avant que le sang ne le fasse glisser et lâcher prise, Balafre passa derrière le légionnaire, lui arracha son casque, et lui tordit la nuque. Elle se brisa dans un crac sinistre, et le légionnaire retomba à terre comme une poupée de chiffon. Le dernier était en train de s'enfuir, en boitillant. Balafre se pencha, ramassa une pierre, défit son bandana imbibé de sueur de sang, et s'en servit comme une fronde. La pierre s'enfonça dans le crâne découvert du dernier légionnaire, le clouant sur place. Il le vit s’effondrer, être agité de derniers soubresauts. C'était fini.
Balafre souffla longuement, avant de se trainer jusqu'à sa lame, tentant de solliciter le moins possible sa jambe. Il chercha Nemu et Nýilóni du regard. Autour de lui s'étendaient des cadavres, qui serviraient à nourrir les bêtes sauvages, ou quoi que se soit d'autre, qui rôdait dans la montagne. Il se baissa, douloureusement, comme s'il était très vieux, avec mille précaution, pour ramasser son hachoir. Ses mains saignaient. Sa cuisse saignait. Et il imaginait bien la tâche de sang qui imbibait l'intérieur de son manteau. Il s'essuya le visage avec son bandana, avant de s'en servir comme bandage pour sa main droite, qui avait une coupure plus profonde que celle de gauche. Une belle entaille marquait sa paume. Il s'était assis, sur une roche, au milieu des cadavres, pour examiner sa jambe, quand il vit Nemu se trainer, elle aussi, jusqu'à lui. Elle marchait bizarrement, mais lorsqu'elle fut plus prêt, il ne vit aucune blessure apparente.

-Tu t'es soigné ? Il te reste encore de la magie ? J'ai mal partout. Mais j'crois bien que j'ai une flèche dans le milieu du dos. J'ai la cuisse ouverte, et mes mains...

Il leva ces dernières pour lui montrer. Et désigna également sa cuisse, où le sang sourdait de la plaie. Il réfléchit un instant avant de poursuivre.

-A part ça, j'suis sale, et j'mériterais bien un bain. Je pue le sang. Et je ne sais pas où est Nýilóni. Elle est partie du coté du bosquet. Je ne sais pas où elle est, je l'ai perdue de vue. Mais elle a du abattre les archers restant, puisqu'on est pas mort avec un carreau planté dans l’œil tous les deux. On fait de belles cibles. Faut la retrouver, et récupérer les chevaux.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nemu Oro Ji
Soldat


Peuple : Ai-Esu
Second(s) Métier(s) : Mage, Assassin.
Grade : Haut Mage.
Armée/Guilde/Institution : 5ème Légion, de la Légion Noire.
Nombre de messages : 50
Date d'inscription : 14/04/2008

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Jeu 12 Avr - 23:44

-Je me suis soignée oui. Mais pas avec ma magie, répondit l'Ai-Esu de sa voix feutrée, mais avec celle emmagasinée par le mage de guerre à qui je l'ai pris.

Nemu ne parlait pas fort, et tandis que Balafre lui montrait ses blessures tout en faisant un compte rendu de son état, elle scruta les alentours, dans l'espoir d'apercevoir la tête rousse de Nýilóni. La bretteuse n'était nulle part en vue. Elle devait s'être enfoncée dans le bosquet, pour traquer les archers. La magicienne n'avait pas de magie pour la chercher, et elle ne gaspillerait pas les gemmes restantes pour utiliser un sort de détection, au risque de se faire repérer par d'autres mages. Si elle n'avait pas pu détecter les archers, il était également possible que d'autres mages de guerre soient dans les parages. Elle espérait de tout cœur que cela ne soit pas le cas.

-Je vais te soigner. Ce sera douleur, c'est une énergie qui n'est pas à moi. Mais nous n'avons pas le temps. Une fois que tu seras guéri, tu iras chercher les chevaux, je chercherai la bretteuse. Rejoins nous avec les montures. On doit partir au plus vite. J'ignore si les mages ont eu le temps d'envoyer des messages mentaux à leur caserne, où à un autre groupe. C'est une victoire pour la Légion Noire, mais...

Elle secoua la tête, et réalisa en plongeant la main dans la bourse garnie de gemmes brillantes, que ses beaux atours étaient irrécupérables, maculés de sang, de troués, brûlés par endroits. Ses mèches noires avaient eu de la chance de ne pas être roussies par les flammes qu'elle avait provoquée, ou part le sort qu'il l'avait percuté à la hanche. Elle fit le tour de Balafre.

-Tu as bien une flèche dans le dos. Mais ce n'est pas urgent. Pas autant que ta cuisse. Je vais commencer par ça. Quand nous repartirons... Il faudrait le faire en direction de Cemenwin, et continuer dans l'Eredmorn, vers l'Est. Avant de descendre dans l'Empire. Je ne pourrais pas dissimuler nos traces, c'est le seul moyen de semer le trouble, parce que les autres frontaliers s'inquiéteront forcément en ne voyant pas cette patrouille revenir. Serre les dents.

L'avertissement arriva abruptement, comme la magie, que Nemu maîtrisait à grand peine, luttant contre son envie de s'échapper. L'énergie du mage de les légions de Morna tentait d'échapper à son contrôle. Elle canalisa le flux, luttant, vers la cuisse de Balafre. L'entaille était profonde, et le sang continuait de couler. Sans magie, Balafre aurait certainement eut des problèmes pour tenir en selle, ne serait-ce qu'une heure ou deux, à force de perdre du sang. Elle l'entendit grogner, et gronder. Elle savait combien la douleur était désagréable, parce que la magie forçait, sans douceur, le corps à cicatriser, accélérant la guérison, épuisant autant le manipulateur de magie, que le patient. Elle sentit la sueur perler à son front, et à son tour, elle serra les dents. La plaie se referma d'abord doucement, le sang ayant cessé de couler, et puis tout s'accéléra, la plaie à la cuisse se referma, ne laissant qu'une estafilade encore rouge, pas tout à faire guérie. Balafre devrait la bander, pour éviter l'infection. Nemu passa en suite au dos de Balafre. Sans que le moindre mot ne soit échangé, de peur que cela ne brise sa concentration, elle retira la flèche, avant de lancer la magie à l'assaut de la plaie. Le sang gicla, trempant un peu plus l'épais et sombre manteau de Balafre. Ses affaires étaient bonnes à jetées, où il empesterait à des kilomètres. Elle put sentir l'effort fourni par le corps du Semi-orc, qui avait décidément, de l'endurance, et encore des réserves. Elle sut alors qu'il aurait pu tenir encore des heures comme ça, jusqu'à ce qu'il s'affaiblisse, vider de son sang. Elle utilisa les dernières bribes de magie pour les paumes entaillées du légionnaire, avant de lâcher la gemme, qui s'effrita au vent. Nemu souffla, et s'essuya le front d'un revers de manche. Elle tremblait, mais ils n'avaient pas encore le temps de se remettre, ils devaient encore trouver Nýilóni, et partir.

-Je vais chercher la bretteuse, ne perd pas de temps.

Elle posa une main sur une des larges épaules de Balafre, avant de s'en éloigner, marchant d'un pas vacillant jusqu'au bosquet d'arbres. Il y avait une petite pente, jonchée de cailloux et de cadavres, qu'elle se devait d'éviter, pour ne pas glisser. La magicienne s'enfonça dans l'ombre des arbres. Elle fit quelques pas, et trouva deux archers morts, percutés par son sortilège. Un mince sourire étira ses lèvres, et cela lui redonna de la force. Elle en vit un troisième, écroulé au pied d'un arbre, avec un trou béant dans la poitrine. Son œuvre. Elle vit enfin l’œuvre de Nýilóni, un archer gisait, dans une position de pantin désarticulé, au pied d'un arbre. Nemu savait qu'elle se rapprochait. Prudente, elle avançait en silence, évitant de faire craquer brindilles et feuilles. Légère, sa formation d'assassin prit le dessus, malgré les protestations de son corps. Elle tomba sur un autre corps, un sabre enfoncé dans la gorge. Nemu se pencha pour le dégager, certaine que la bretteuse aimerait le récupérer, et pour ne pas laisser plus de traces que les cadavres. Elle se retourna, et découvrit Nýilóni. Blessée, elle était la plus mal en point des trois, elle aussi, aurait besoin de repos.

-Jeune bretteuse, je te trouve enfin. Je vais te soigner. Ce sera douloureux. Ce n'est pas ma magie, mais tu en as besoin, et ne nous pouvons pas te laisser derrière nous.

Ne se souciant pas de savoir si Nýilóni l'avait entendue, Nemu sortit une autre précieuse gemme de la bourse de cuir. Elle se prépara à la déferlent d'énergie, et sa mâchoire se contracta sous l'effet de la puissance que dégageait la pierre précieuse. Elle se concentra sur les blessures qui saignaient encore, celle du mollet, visiblement touché par une flèche. Nýilóni était égratignée de partout, comme si elle avait fait des brasses dans un bassin rempli de ronces. La magicienne se dépêcha, Balafre ne devait plus tarder, et il fallait que la bretteuse soit transportable. Cette fois, pas question qu'elle aille à pied, elle monterait avec elle ou Balafre, dont le cheval était capable de supporter bien du poids. La guérison fut longue, et comme lorsqu'elle avait guérri Balafre, ou ses propres blessures, Nemu dut lutter, et cette fois, elle était véritablement épuisée. Elle sollicita encore et encore son corps, sa concentration manquant de se fissurer, mais elle savait qu'il lui fallait réussir, ne serait-ce que pour mieux s'échapper. Aucun d'eux ne pourrait rentrer à Cemenwin, s'ils n'accomplissaient pas leur mission jusqu'au bout. Et ils ne pouvaient pas non plus laisser la bretteuse, qui s'était battue à leur coté, mourir ici, agonisante, ou bien être trouvée par une autre patrouille, qui ne manquerait sûrement pas d'arriver.
La lumière suscitée par la magie faiblit, s'estompant progressivement, jusqu'à ce que la gemme se consume entre les doigts de la magicienne. Nýilóni était, comme elle et Balafre, partiellement guérie.


-Nýilóni, tu m'entends ? demanda-t-elle doucement, je vais t'aider à te lever. Nous devons partir.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 15 Avr - 20:10

Nýilóni était percluse de douleur. Ses nombreuses blessures avaient arrêté de saigner abondamment, même si un flot de liquide d'un carmin sombre gouttait encore. Là-bas, elle devinait que la bataille avait pris fin : la rumeur des armes s'était tu et déjà dans le ciel se découpait la silhouette de charognards volants. Restait à espérer que ce ne fut pour aucun de ses deux compagnons. Mais la jeune femme était assez confiante, ou du moins, avait encore assez de force et de lucidité pour ne pas sombrer dans le pessimisme.
Qu’attendait-elle ? Qu’enfin se révèle le dénouement de la bataille…
Une escarmouche plutôt : elle n’avait au final opposé qu’eux trois contre une troupe de frontaliers. Encore, la bretteuse s’étonnait d’être vivante. Elle n’aurait jamais cru cela possible contre un si grand surpassement en nombre… Mais il lui fallait se souvenir que ses deux compagnons de route n’étaient pas de simples voyageurs.
La Légion Noire…
Il se murmurait tant de rumeurs à son propos, autant d’éloges que de blâmes ; de massacres injustifiés et de complots ourdis, aux actes de la plus grande justice et de vertu. Elle avait bien rencontré la deuxième légion du temps de son métier de messager d’Aériaplume mais ne les avait pas assez côtoyés pour bâtir une réelle opinion à leur sujet. Quant à Balafre et Nemu, ne l’avaient-ils pas aidée alors qu’elle se crevait de faim ? Ils lui avaient offert leur compagnie et leurs vivres. Et malgré le coup traitre qu’elle avait porté au géant vêtu de noir, ils avaient toléré sa présence…
Elle ne savait quoi penser.
Partagée entre sa franche envie de conserver sa liberté et son ardent souhait de rejoindre un corps armé afin d’obtenir la force de se protéger qui lui manquait encore, Nýilóni hésitait. Maintenant qu’elle connaissait l’identité de Nemu et de Balafre, il lui fallait choisir son camp. Peut-être la tueraient-ils en cas de refus. Cela restait une possibilité, mais qu’il lui appartenait de ne pas l’oublier lors de son choix. Et si elle acceptait, quel genre d’armée rejoindrait-elle ? Jamais l’insouciante Sidhe n’ait porté de réel intérêt aux éternels problèmes politiques et diplomatiques d’Inwilis. Cela lui procurait plus d’ennui que d’élans patriotiques. Ceci expliquait sans doute cela : après tout, elle ne connaissait guère ses origines, et sa famille s’était limitée à cette vieille épave de Sigurd.
Mais justement, cette absence d’appartenance à une nation lui fournissait une raison pour intégrer les rangs de la Légion : combattre pour un idéal qui n’était pas le sien certes… mais elle n’en avait pas de toute manière.
Elle résuma sa réflexion d’un soupir : elle avait autant de raisons de rejoindre la Légion que de ne pas le faire.
Une, cependant, primait.
Et selon la réponse de Nemu et de Balafre, elle ferait son choix.

« Jeune bretteuse, je te trouve enfin… nous pouvons pas te laisser derrière nous. »

La voix de Nemu lui parvenait assourdie… Elle n’était même pas sûre d’avoir bien compris ses paroles ; mais dans son état, elle ne pouvait pas faire grand-chose… Et lorsque toutes ses douleurs s’éveillèrent brusquement, elle n’eut guère la force de réagir plus bruyamment que d’un gémissement, avant de sombrer dans l’inconscience.

***

«Nýilóni, tu m'entends ? Je vais t'aider à te lever. Nous devons partir

Elle ne savait plus trop ce qui s’était passé.
Elle avait perdu ses repères.

Mais devant elle se tenait Nemu, visiblement épuisée…
Alors Nýilóni s’exécuta sans plus réfléchir. Elle se releva péniblement, récupéra son sabre que Nemu avait ramassé et l’une soutenant l’autre, les deux femmes rejoignirent Balafre.
Revenir en haut Aller en bas
Balafre
Guerrier


Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
Nombre de messages : 56
Localisation : En mission pour sa suzeraine.
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 22 Avr - 19:45

Les quelques minutes qui suivirent l'arrivée de Nemu à ses cotés, furent ponctuées de ses grognements. Balafre serra les dents, supportant au mieux la magie qui ravageait son corps, dans le but de le guérir. La douleur était désagréable, l'envie furieuse de se gratter n'arrangeait rien. Il s'était contenté de hocher la tête aux directives de Nemu, mieux valait dire oui maintenant, et au pire, y déroger juste après. Il fit preuve de patience, et d'endurance, se montrant aussi dur et solide qu'un roc. Il n'était pas une de ses tarlouses de nobles qui geignaient à la moindre estafilades aux entrainements. Ceux là n'auraient pas fait long feu dans une escarmouche, comme celle que Balafre venait d'essuyer. Il se demanda brièvement si un des magos, ou même un des frontaliers dont les cadavres jonchaient le sol autour d'eux, avait eu le temps, d'envoyer un message à leur caserne située sur les flancs du Col d'Hitokage. Si c'était le cas, ils devaient effectivement, filer rapidement. Si ça n'était pas le cas, le Semi-Orc estimait qu'ils avaient au moins trois jours devant eux, pour s'éloigner, et s'évanouir dans la nature, avant qu'on s'inquiète de ne pas voir revenir cette patrouille. Au moins une quinzaine de légionnaires de l'Empire étaient morts sous leurs coups. Balafre pensait qu'ils étaient peut être plus que quinze, vu le nombre de flèches qui décoraient les cadavres, le sol. Celle dans son dos fut arrachée sans ménagement, lui arrachant un râle, avant qu'il ne serre la mâchoire à s'en casser les dents, sous la douleur provoquée par la guérison. Effectivement, Nemu n'était guère douée en magie régénératrice, encore moins avec une magie qui n'était pas la sienne. Il demanda pourquoi elle n'avait pas de réserves comme les sorciers de les Légions Impériales, mais cette pensée fut oblitérée par la douleur, et Balafre se dit que poser la question ne changerait rien à leur situation.
Lorsque ce fut fini, Balafre sentit qu'il était perclu de douleur, ses muscles courbatus protestèrent lorsqu'il se remit debout. Sa cuisse le démangeait, et il ne priva pas pour gratter la nouvelle cicatrice rose qui lui décorait le cuissot. Il sentait la mort, et puait le sang. Nemu s'éloigna en direction du bosquet où s'était enfoncé Nyloni. Balafre adressa une brève prière à Ceallach, souhaitant que la bretteuse soit en vie. Le Semi-Orc était loin d'être un fervent religieux, disons qu'il parlait, ou crachait à la face des Dieux, lorsque ça l'arrangeait. Pas qu'il n'y croyait pas, il avait croisé suffisamment d'Andains et de prêtres pour savoir qu'on plaisantait pas. Et puis, il avait vu Dämons en personne venir chercher son dut à chaque bataille...
Trainant son imposante carcasse à travers le massacre qu'il avait perpétré, enjambant cadavres et caillasse, Balafre porta deux doigts à sa bouche, et siffla. Le sifflement se répercuta dans la montagne, deux fois de suite. Il signalait sa position, mais il n'avait pas trop le choix. Un hennissement lui répondit. Les chevaux de la Légion Noire étaient moins abrutis que le dernier des légionnaires de la 7ème avec leur paperasse. Son mastodonte d'étalon arriva, suivit de près par le jeune cheval à la robe soyeuse qui portait Nemu. Avec eux, arrivaient aussi leurs affaires. Mais Balafre ne se changerait pas ici, pas avant de pouvoir se débarrasser du sang séché dans une rivière. Et laisser du sang, ou des affaires sur un champ de morts, revenait à laisser du matériel de traque pour un magicien un tant soit peu doué, et connaissant le sort pour relier le sang à son propriétaire. Il gratifia les deux montures de caresses, avant de faire le chemin en sens inverse, s'éloignant des cadavres, les deux bêtes ayant les pupilles et naseaux dilatés par l'odeur du sang. Il murmurait de sa voix basse, des paroles apaisantes. Les chevaux de la Légion était habitué à l'odeur du sang, mais parfois, l'instinct de survie pouvait très bien reprendre le dessus. La pente lui sembla bien raide, lorsqu'il lui fallut monter jusqu'au bosquet, avant de pénétré sous le couvert des arbres, où ses fichus archers s'étaient planqués, pour mieux les canarder. Balafre n'alla pas bien loin, restant à la lisière, attendant de voir revenir la magicienne, seule ou accompagnée d'ailleurs. Le légionnaire trouvait le temps long, jusqu'à ce qu'il entende des craquements. Il vit les cheveux roux, mais sales et emmêlés de Nýilóni en premier. Les deux femmes se soutenaient l'une l'autre, aucune n'ayant l'air plus en forme qu'un malade atteint de la maladie d'Earthaë. Ce truc qui changeait les gens en espèce de pierre, et qui mouraient en suite en s’effritant. Plus endurant que les deux jeunes femmes, ou ayant peut être déjà suffisamment récupéré, Balafre souleva Nýilóni comme un fétu de paille, avant de la faire monter en selle.

-Elle voyage avec moi. Tu ne seras pas en état de tenir sur ta selle, et de t'occuper de quelqu'un d'autre en même temps.

Il aida Nemu à se percher sur son cheval, qui avait l'air content de retrouver sa maîtresse. La magicienne était livide, et Balafre se dit qu'ils devraient galoper longtemps avant de pouvoir s'arrêter pour se reposer. Se hissant lui même en selle, il se plaça derrière Nýilóni, calant la bretteuse contre lui, pour être certain qu'elle ne casse pas la binette en chemin. Son étalon ne ferait pas la différence avec une personne en plus, surtout quelqu'un d'aussi léger que la rouquine. En revanche, le cheval plus petit de Nemu, aurait du mal à tenir le rythme avec deux personnes, si légères soient-elles, sur le dos.

-On ne retourne pas vers Cemenwin. Il faut aller vers la Couronne de Mokosh, l'eau coupera les traces qu'on laissera derrière nous, et empêchera les sortilèges de nous retrouver. En suite, on entrera dans l'Empire par la forêt d'Himrain, où pourra s'y arrêter.

La forêt d'Himrain était au trois quart inondée à chaque fois qu'il pleuvait fort, et que le Mokosh débordait allégrement de son lit. La forêt était ancienne, et les arbres avaient même recouvert d'anciennes citées, dont on pouvait voir les ruines. Les arbres avaient formés des espaces naturels, où on pouvait se réfugier lorsque le fleuve entrait en crue.

-Ne discute pas. On est pas en état de suivre ton plan, c'est un risque à prendre de gagner le fleuve avant d'éventuels poursuivants, mais une fois traversé, on sera déjà dans l'Empire. Et on aura de l'eau à foison. On y va.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Balafre
Guerrier


Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
Nombre de messages : 56
Localisation : En mission pour sa suzeraine.
Date d'inscription : 01/09/2007

MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Mer 25 Avr - 22:42



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Fin du quatrième jour de chevauchée.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» A TOUS CEUX QUI PENSE CHAQUE JOUR EN BIEN POUR CE PAYS
» HOROSCOPES DU JOUR
» Infos françaises du jour (prédictions) :
» mise a jour de la beta test
» Discours du premier ministre Alexis(jour des aïeux)
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inwilis :: Les Royaumes du Sud-Est :: L'Empire de Morna :: Province d'Hitokage-
Sauter vers: