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 Fin du quatrième jour de chevauchée.

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Balafre
Guerrier
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Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
Second(s) Métier(s) : Légionnaire. Légion Noire.
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MessageSujet: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 6 Nov - 23:05

Cemenwin était loin derrière eux maintenant. Il ne portait aucune missive écrite. Nemu portait sur elle le sceau de Marquise, qui leur permettrait d'être introduit à Asdis, lorsqu'ils y seraient. Traverser l'Empire prendrait du temps, même en crevant leurs montures, Balafre savait qu'il mettrait plus d'une semaine, peut être plus de deux, à cheval. Il fallait être discret, et prendre un aéronef, n'était pas discret. Le mieux était de rattrape le Col d'Hitokage, ce qu'ils avaient fait, après quatre jours de chevauchée, et de courtes nuits, prenant leurs repas à dos de cheval. Nemu ne montrait aucun signe de fatigue, pas plus que lui. Le retour serait plus difficile. C'était comme s'éloigner du rivage à la nage, il fallait aussi penser au retour.
Leur mission était on ne peut plus simple, aller à Asdis et avertir Meadh des plans d'Uranach. Les premiers avertis seraient sans le moindre doute les habitants de Vasundhara, qui essuyaient toujours le plus gros des assauts, à chaque fois que Freyr et l'Empire entraient en conflit. Quand ils étaient parti, un messager d'Aériaplume avait rapporté que les Légions se rassemblaient, et avaient pour ordre -la plupart d'entre elles- de faire marche vers Akaash l'Ancienne. L'Empire, ou plutôt Argental Tar Sùrion, le nouvel Empereur, ne laissait aucun doute sur ses intentions belliqueuses. Conquérir Freyr ne serait pas une mince affaire, même avec un effet de surprise.
Balafre réfléchissait de temps en temps, même si ça ne l'avançait en rien, d'analyser ou de faire des suppositions sur la situation. Il n'était que légionnaire, pas tacticien, pas officier. Il avait toujours refusé. La vie était plus simple quand on avait seulement pour ordre de fracasser des crânes, ou d'aller voir du pays, ou de prendre du bon temps avec la Rouge. La Rouge, elle n'était pas naïve, et devait savoir que Nemu et lui n'arriveraient peut être pas à temps. Avertir Meadh n'était qu'une partie de leur mission. Marquise avait été très claire sur les différentes options. Être tués n'en faisaient pas partie.

-D'ici deux jours nous serons en vue de la Couronne de Mokosh, nous n'aurons plus qu'à descendre de cette fichue montagne, et de suivre le fleuve.

Emprunter la route impériale aurait été un manquement à la discrétion. Non pas que suivre le fleuve soit tout aussi discret et original, mais les voyageurs solitaires le faisaient souvent, et on pouvait toujours couper à travers champ. Ce serait plus compliqué de passer la vallée du Mokosh, des tours de guets s'élevaient partout autour d'Akaash l'Ancienne. Balafre se plaisait à penser que l'Empereur ou l'Impératrice qui les avait fait construire, était sacrément parano. Aelius descendait déjà, et le ciel s’obscurcissait, la nuit tomberait d'ici une ou deux heures, et ils devraient faire halte, en trouvant un coin où se protéger du vent, et avec du bois, pour faire une bonne flambée. Pas question de mourir de froid comme des débutants, ou de se faire bouffer par ce qui rôdaient la nuit sur les flancs de l'Eredmorn. Comme si Nemu l'avait entendu penser, il la sentit ralentir le rythme, à la recherche de ce fameux endroit où ils pourraient passer la nuit. Balafre avait l'habitude de dormir dehors, et seul la plupart du temps, puisque ses missions ne nécessitaient généralement que lui. Avoir Nemu permettait de faire des tours de garde, et de vraiment dormir, et pas seulement que d'un oeil. Ils avaient déjà commencé à descendre, l'air serait moins froid d'ici un jour ou deux, et puis, après, longer le fleuve serait une promenade de santé. Seule la Rouge savait où ils allaient, pour plus de discrétion. Elle soupçonnait Uranach d'avoir des yeux et des oreilles dans la Légion, ne serait-ce que par le biais du mort-vivant, le Hereward Hale. Ou la jeune et pétillante Blaithin, sa chère nièce. Bah, Balafre partait satisfait, Marquise savait se montrer particulièrement attentionnée avec ses soldats. Nemu ne pouvait pas affirmer le contraire, elle qui était la petite protégée, l'assassin personnel de la reine.
Le regard de Balafre se porta sur les alentours, ils étaient à quelques lieues du Col d'Hitokage, ils pouvaient voirs la fumée des feux des légions stationnées là haut, assurant la sécurité des caravanes et aéronefs qui empruntaient ce col-ci plutôt que celui-de Cemenwin, pour entrer directement dans l'Empire. Le semi-orc souffla sur ses doigts, laissant sa monture suivre le chemin, elle était suffisamment intelligente pour ne pas se planter, et les envoyer tous les deux dans le décor.


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Jeu 10 Nov - 13:38

Depuis déjà maintes aubes et maints crépuscules au point qu’elle serait alors incapable déterminer le temps écoulé depuis son départ de Celebalda, les pas pourtant tranquilles de la jeune hybride foulaient avec une dextérité propre aux voyageurs expérimentés, les sentiers abrupts du col d’Hitokage. Elle n’était sous aucune contrainte, elle avançait au gré de ses pensées éthérées sans que sa foulée ne soit pressée par la nécessité de quelque devoir.
Une vraie allégresse…
Alors il n’y avait pas vraiment matière à s’inquiéter.
Avec un haussement d’épaules certes futile étant donné qu’elle était seule –du moins lui semblait-il-, Lóni songea que, de toute façon, elle devrait plutôt se réjouir de ne pas avoir rejoint les bras voluptueux de Dämons, pour arpenter durant quelques temps encore le royaume Earthaë… Il était trop tôt pour mourir, car son existence s’était révélée jusque-là inutile selon ses propres critères.

Avançant d’un pas plus énergique, elle s’arrêta quelque peu déconcertée : le sentier qu’elle suivait était obstrué par un amoncellement de roches… S’il avait été en métal, l’hybride aurait sans doute pu y remédier, mais là, ses fins bras de bretteuse ne lui seraient d’aucune aide. A moins de vouloir les casser, ce qu’elle ne souhaitait pas vraiment. Aussi chercha-t-elle de son regard lapis un appui afin de se hisser plus haut, vers un possible chemin escarpé…

Une goutte humide trempa son sourcil droit avant de dévaler avec une agaçante langueur sa joue puis son cou.

« Rah… S’il se met à pleuvoir en plus ! »

Son subit revirement d’état d’esprit s’expliquait aisément : la veille, une rencontre importune avec un tigre des montagnes –très peu de chances d’apercevoir un tigre des mers ici…- lui avait délestée de son unique toile cirée, épisode honteux dont elle n’aime pas se rappeler. Lóni n’avait plus qu’à affronter la pluie. Il n’y avait assurément pas assez de métal à proximité pour qu’elle puisse y puiser une solution, donc ne lui restait plus qu’à trouver une cavité assez grande pour la protéger de l’eau ruisselante.
Un abri, un abri…
La vie était décidément très peu similaire à celle décrite dans un Magical Pictures Book : les cavités assez grandes pour une personne ne se trouvaient pas en l’espace de quelques secondes après avoir jeté un regard à la volée.
Le temps qu’elle trouvât un abri de ce nom –enfin juste assez large pour sa petite personne- sa tenue estivale, bien incongrue par rapport au temps actuel même si elle ne souffrait pas de froid, était déjà bien humide. Malheureusement, il ne lui restait plus de bois sec et maintenant il fallait abandonner tout espoir pour en trouver dehors… en montagne en plus.
Mais quelle idée de s’aventurer dans ces monts !
Un petit sourire ironique naquit sur ses lèvres : montagnes ou non, elle n’aurait jamais pu choisir sciemment la bonne voie. Elle ne connaissait guère ces contrées-ci : quelques problèmes d’orientation qui lui ont valu d’être démises de ses fonctions quand elle était messagère. Enfin, elle avait profité de cette brève période de boulot –tant bien pour les voyages, les livraisons que la relation avec les clients- là était l’essentiel. Lóni était, de toute manière, dévorée alors par des envies belliqueuses, ce qui l’avait poussée à vouloir faire de son talent de bretteuse son gagne-pain.
Plus facile à dire qu’à faire.

***

L’averse s’était arrêtée.
Ainsi l’hybride, avec un entrain renouvelé, put reprendre ses déambulations vers… heu… Bah, elle verrait bien ! Avancer toujours droit devant : tous les chemins mènent à Cebalda ! Mais pourquoi cette ville, au fait…? Il lui fallait se l’avouer : son séjour dans la cité elfique lui avait bien plu pour qu’elle songe à y retourner un jour…
En attendant, il lui fallait rejoindre la civilisation. Si possible avant qu’elle ne meure de faim : cela faisait... quoi ? une dizaine de jours qu’elle n’avait rien avalé ? Pour confirmer ses dires, son estomac se manifesta bruyamment, longue sonorité étrange qui se répandit dans l’air en échos successifs. Mais elle survivrait. Mourir de manière si peu honorable empêcherait son âme de quitter son corps ! Elle préférait de loin crever transpercée et vaincue par une lame virtuose après un combat acharné…
Cela raviva un souvenir éthéré au fond de sa mémoire. Un souvenir qu’elle n’avait pas dépoussiéré depuis bien longtemps.

La chaleur d’un soleil d’été…
Le chant vaporeux et rugissant de la Mer du Milieu…
Les embruns bruissant contre la coque boisée de la Néréide…
Les cris affairés des matelots se ruant sur le pont et surgissant tels des chimères sombres des cales et soutes du navire pirate…
L’écho d’une voix.
Rude, douce, froide et tendre à la fois.
Un rire rauque.

« Lóni ! Espèce de feignasse tire-au-flanc ! Reste pas là à admirer les fientes de mouettes, et sers à quelque chose !
- Plus de force. Trop faim.
- C’est pas la faim qui va te tuer, c’est la paresse ! Allez, lève-toi !
- Trop soif…
- Eh oui, on a beau être entourés d’eau, on crève de soif hein ? Bah, n’y pense pas et…
- Des kilomètres d’eau… non potable. Et je ne dois pas y penser… ?
- En garde ! »

Plus par réflexe que par raisonnement, Lóni dégaina son sabre porté au flanc droit et para le coup porté par Sigurd tout en se relevant d’un bond vif.

« Bien ! Au moins la privation ne t’a pas ôté tes réflexes. Parce que, à quoi bon endurer des jours de famine pour crever par un coup d’estoc, hein ? »


« Là où j’en suis, Sigurd, je préfère que l’on abrège ma faim en s’empalant au bout d’une épée… murmura-t-elle avec un sourire.

- Et l’honneur ? T’en fais quoi de l’honneur, hein ? Si tu tiens autant que ça à crever ton pneu de manière si inutile et lâche, ben t’a vécu pour rien ! »

Lóni porta son regard vers le ciel couleur pêche et parsemé de nuage mousseux… Bah. Elle devrait remercier les dieux pour pouvoir encore se tenir debout et marcher avec énergie. Donc elle survivra.

« Sigurd… Tu fais comment pour ne pas penser à ta faim ?
- Je prends mon sabre, je dessine et mets à jours mes vieilles cartes maritimes, je hurle sur le premier mousse qui passe, je pêche… Et parfois j’écris.
- Tu écris quoi ?
- Des poèmes Lóni. Pour me souvenir et déverser mes souffrances sur le papier. »


L’hybride releva le menton, et les yeux mi-clos, elle chanta d’une voix douce :

" Je chevauche un songe -ou un rêve ?- éthéré,
Je chevauche la jument de la nuit souveraine
Qui, loin de la lumière, doucement m’entraine…

Je chevauche mes frayeurs sans cesse exaltées,
Je chevauche la nymphe, des ombres la Reine,
Qui, vers le crépuscule, doucement m’entraine…

Et doucement vers les abysses méconnus
Des sombres méandres du dépit bien connu
Ces flots inexorables d’autrefois m’emmènent
Vers ton fantôme qui, tranquillement m’entraine...

Mais naquit sur mes lèvres, un léger sourire
Et sortit de mes lèvres, un profond soupir.
Je ne puis m’empêcher de mener cette pensée :
Enfin, mon amour, notre souhait est exaucé…
"


***

Ô suprême allégresse !
Les roches d’un gris déprimant s’éclaircissaient au fur et à mesure. Cela ne pouvait signifier qu’une chose : elle avait franchi le cœur de la montagne et se dirigeait vers… une destination incertaine. Quoique, si une direction suffisait pour définir une destination, alors cela serait certain non ?

Peu avant que l’astre solaire n’ait atteint la pleine apogée de sa course céleste, Lóni entendit le cahot rythmé et caractéristique des sabots sur la roche. Il y avait donc des voyageurs ? Un immense sourire déforma son visage cependant radieux : qui disait être vivant, disait possibilité de se sustenter…
Evidemment, elle n’était pas cannibale, entendons-nous là-dessus. Mais tout voyageur doit –enfin devrait- avoir quelque chose à manger, n’est-ce pas ?
Tout était de savoir quelle stratégie adopter : devrait-elle quémander sa nourriture ?
Supplier, implorer à genoux ?
Ou bien… voler ?

« Comme un oiseau » rit-elle.

Lóni choisit de déterminer au préalable la nature de ce qui trimbalait de la nourriture. Aussi sacrifia-t-elle le confort pédestre du sentier bien tracé pour les hauteurs escarpées… Juchée sur son perchoir tel un étrange volatile plumé de bleu et de vert, elle scruta le paysage environnant.
Hum…
Deux cavaliers sur deux chevaux.
Donc deux fois plus de nourriture !
Mendier était trop demander à son ego ; aussi sa décision fut d’aller gagner sa croûte.

***

D’un pas leste et déterminé, Lóni avançait vers les deux voyageurs, de front et donc bien en vue. A ses flancs, les fourreaux noirs de ses sabres battaient avec une cadence rythmée selon sa marche, encore sagement gainés… Des deux cavaliers, l’un était un homme, au visage sombre et encore imprécis à cette distance ; l’autre… eh bien la jeune hybride hésitait. Femme ou homme ? Ou peut-être asexué qui sait.
Dès qu’elle estima être à portée de voix, elle déclara clairement, sans que nulle peur transparaisse –même si elle avait disons, la trouille- et en faisant halte :

« Bonjour, voyageurs ! Sans ambages ni attendre, disons que mon ennemi fatal de ces instants-ci menace ma vie de ses incessants assauts. Et que… (elle toussa) vous pourriez m’offrir l’aide que je requiert humblement. De façon plus explicite, je… »

Elle comprit soudainement, dans un éclair de lucidité, quel spectacle grotesque elle devait offrir aux deux étrangers. Un frêle hybride à l’aspect juvénile tenant des propos sans réel cohésion ou sens… Plutôt qu’une menace, un parasite, voire un moucheron. Elle grommela et fit plus franchement :

« Oh et puis zut. Enfin bref, mon cerveau me fait bien trop défaut pour que je vous tienne un langage plus soutenu : vous n’auriez pas de la nourriture ? »

Avant qu’ils n’aient pu refuser sa requête, elle avança sa pensée :

« Evidement, en ces temps, il s’agit d’une demande difficile à accéder surtout pour une inconnue. Et il est vrai que froisse ici ma fierté. Aussi dites-moi s’il y a quoique ce soit que je puis faire pour gagner ma subsistance… »

Elle dissimula tant bien que mal les gargouillements impérieux de son estomac au martyr.
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Nemu Oro Ji
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Peuple : Ai-Esu
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Jeu 10 Nov - 23:18

Chevaucher avec Balafre était plaisant. Elle n'avait pas à faire la conversation. Il respectait son silence, ce que Nemu appréciait. Elle n'ouvrait la bouche que si elle avait quelque chose de pertinent à dire, ou si d'autres activités requerraient ce mouvement particulier. Ce qui était parfois le cas avec Balafre. Ils s'étaient mis en route avant même le milieu de la matinée, le brouillard habituel qui flottait sur Cemenwin commençait à peine à se dissiper. Ils étaient partis, discrètement, vêtus de façon à pouvoir se faire passer pour des mercenaires. Nemu avait revêtu une tenue plus appropriée pour voyager. Bien qu'elle soit vêtu d'un juste au corps noir, laissant dépasser les mains et ses blanches chevilles, laissant même apparaître son torse blanc, pardessus, elle avait passé un kimono rouge sombre, aux bords oranges, fermé par une ceinture de tissus violette, qui ne faisait que souligner l'étroitesse de ses hanches. Elle était chaussée de bottes montant jusqu'à mi-mollet, fourrées, et avait passer une large cape noire, doublée, à capuche. Élégante, et puisqu'elle mettait ce que Morween choisissait pour elle, Nemu avait passé un diadème de perles, qui ceignait son front, une fleur d'opales entre ses deux yeux, et deux chaînes de perles soulignant ses yeux, faisant de ce bijou un genre de masque. Et si sa plate poitrine était dévoilée, ce n'était pas le cas de son cou, qui était orné d'une broche.
La pluie avait rendu l'Eredmorn encore plus sinistre durant les premiers jours de voyage. Nemu était monté sur une jument noire, jumelle de l'étalon Arashikuro, qu'elle avait offert en cadeau au futur roi d'Emaine Macha, pour s'excuser de lui avoir marcher sur les pieds. La jument noire se prénommait Makkura, plus calme que son frère, elle suivait docilement le mastodonte que montait Balafre. Le cheval était aussi impressionnant que le semi-orc qui le montait.
Le voyage ne serait pas plus éprouvant qu'un autre, et le danger ne surviendrait pas immédiatement. Le plus délicat serait de passer la frontière pour rejoindre Freyr, sans qu'ils soient gênés par les mouvements de troupes signalés par les espions de la Légion. La situation était tendue. La grisaille et la pluie semblaient en être le parfait reflet. Ils n'avaient fait que quelques haltes pour dormir, et sécher leurs vêtements, qui étaient parfois aussitôt mouillés après une heure ou deux seulement sous la pluie. Ce qui ralentissait leur progression, les sentiers escarpés que Balafre leur faisait emprunter n'en devenait que plus glissant, plus dangereux. Fort heureusement, Makkura était expérimentée, et Nemu ne se départait pas de son calme habituel, se contentant de suivre, tout en surveillant leurs arrières, en projetant son esprit pour sonder les alentours. Ils n'étaient pas suivi, personne ne les avait suivis depuis Cemenwin. Nemu ne savait pas s'il fallait s'en réjouir. C'était trop tôt. Elle n'était pas vraiment satisfaite de laisser ainsi Marquise, le départ du Capitaine Général, Alexander Hale avait affaibli la Légion, et malgré son remplacement par Rabastan Hale, Nemu n'était guère persuadée de son efficacité, avant d'en avoir la preuve. Mais sa reine, sa bienfaitrice, lui avait confié une mission, et Nemu ne pouvait revenir avant de l'avoir menée à bien.

A la fin du quatrième jour, Nemu voyait la grisaille s'estomper, pour laisser la place à des arbres, des arbustes, de l'herbe, d'un vert qui était moins sinistre, maintenant que les nuages s'étaient dissipés. C'était également le signe, qu'ils descendaient vers les vallées de l'Empire. Ce que Balafre lui confirma. Elle ne répondit pas, et se contenta juste de s'avancer un peu, sans pour autant pouvoir se porter à sa hauteur, le sentier était encore trop étroit. Elle ne sut, si ce fut elle ou lui, qui l'aperçut en premier, la jeune femme qui dévala presque la pente, pour venir à leur rencontre. Un instant, Nemu songea qu'au lieu d'avoir été suivi, ils avaient été devancé. Cependant, la jeune femme se mit à parler, et elle jeta un coup d'oeil au dos de Balafre, qui n'avait pas bouger. Le légionnaire était calme, confortant Nemu, l'étrangère n'était pas une menace à leur mission. En avançant, Nemu put voir qu'elle était jeune, mais qu'elle était armée. La magicienne dissimula son sourire derrière une manche en l'entendant.


-Je m'en charge, dit-elle dans un murmure, j'ai l'air plus riche que toi, mon escorte.

Nemu fit faire un écart à sa monture, qui monta sur le talus, pour redescendre sur le sentier, dépassant ainsi Balafre, qui la suivrait de toute façon. Makkura avança au petit trot, et la Ai-Esu put ainsi se porter jusqu'à la jeune femme aux épées. Le temps de parcourir la distance, Nemu s'était contorsionnée, pour plonger dans une de ses fontes, certaine que si la jeune femme attaquait, Balafre serait là pour la repousser. L'acier contre l'acier, la magie contre la magie, était une des devises de la Légion Noire. Une fois en face de la jeune femme, Makkura s'immobilisa, et Nemu lui tendit une miche de pain de voyage, un pain qui avait quatre jours, et qui nécessitait parfois de l'eau pour être avaler, mais c'était de la nourriture.

-Nul besoin de gagner ta nourriture. Les voyageurs savent qu'il faut partager, sous peine de se voir rendre la monnaie de leur pièce, lorsqu’eux même seront dans le besoin.

Elle ne parlait pas fort, comme à son habitude. Sa voix était trop grave pour être celle d'une femme, et en même temps trop aiguë pour être celle d'un homme. Un joli timbre. Loin d'égaler la voix d'un Lios, mais suffisamment belle pour avoir été fatale à bien des infortunés. Nemu se découvrit, repoussant sa capuche, laissant libre sa longue chevelure noire, tendis que Balafre s'immobilisait à coté d'elle.

-Nous avons aussi de la viande séchée, des fruits secs, et de l'eau. Et il t'en faudra pour faire passer ce pain. Je me nomme Nemu, et je suis magicienne. Et voici Balafre, mon escorte. Quel est ton nom jeune femmes aux épées ?


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Sam 12 Nov - 20:34

« Nul besoin de gagner ta nourriture. Les voyageurs savent qu'il faut partager, sous peine de se voir rendre la monnaie de leur pièce, lorsqu’eux même seront dans le besoin. »

A ce moment, l’hybride ne savait comment réagir : des sentiments partagés entre immense reconnaissance et méfiance naturelle se disputaient le contrôle de son esprit juvénile encore malgré ses vingtaines d’années d’existence. La femme avait parlé d’une douce voix joliment chantante ; à son allure partagée entre féminité et masculinité, Nýilóni en déduisit que son élégante interlocutrice était une Ai-Esu… magicienne de surcroit. Donc une personne dont il fallait se méfier –pur principe de survie- sans pour autant montrer non avenante. Après tout, elle lui agitait en ce moment une ô combien délicieuse miche de pain –bon d’accord un quignon- sous le nez…
Nýilóni se rendit compte de l’air de béate stupéfaction affamée elle devait afficher sur son visage ; aussi s’empara-t-elle du morceau de pain et l’engloutit en quelques bouchées rapides tout en ayant remercié avec profusion les deux voyageurs si généreux.

« Nous avons aussi de la viande séchée… »

Elle releva son menton, de nouveau intéressée.

« … des fruits secs, et de l'eau. Et il t'en faudra pour faire passer ce pain. Je me nomme Nemu, et je suis magicienne. Et voici Balafre, mon escorte. Quel est ton nom jeune femmes aux épées ? »

Ah, elle avait remarqué ses sabres… Par esprit de bienséance, elle essuya d’un revers de main discret les miettes de pain restées sur ses lèvres et esquissa un mouvement de tête descendant-montant accompagné d’un réel sourire de reconnaissance.

« Je me prénomme Nýilóni Finn, bretteuse maniant ces sabres, précisa-t-elle avec un pointe de fierté. Et je vous remercie de m’avoir offert sans hésiter ce que je souhaitais. »

La jeune femme marqua un bref silence de réflexion : hum oserait-elle ?
« Allez ma Lóni, autant tenter d’obtenir ce qui se présente à toi à cet instant alors que cela pourrait te faire défaut plus tard ! »
Les conseils hétéroclites de Sigurd lui étaient encore utiles aujourd’hui… malgré qu’ils aient une connotation autre à l’origine puisque le bonhomme était un flibustier. Nýilóni esquissa un sourire gêné et rougit légèrement alors qu’elle regardait ses pieds.

« Euh… est-ce que je pourrais avoir un petit morceau de venaison ? S’il vous en reste assez, évidemment. »

***

La jeune bretteuse afficha un air satisfait. Son estomac si longtemps éprouvé était enfin comblé…
Un incommensurable bonheur.
Une fois qu’elle s’eut été sustentée, Nýilóni jugea opportun de quérir quelques informations supplémentaires sur ses Sauveteurs.

« Je vois que vous alliez vers le Sud… descendez-vous jusqu’à Akaash ? »
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Balafre
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 13 Nov - 23:28

Il s'était contenté de ricaner en entendant le commentaire de Nemu. Effectivement, ses nippes de voyage étaient dans un état d'usure avancé, tandis que la magicienne eh bien, ressemblait à une magicienne. Son escorte hein ? Après tout pourquoi pas. Balafre fit s'écarter un peu sa monture, lorsque Nemu le doubla pour aller rejoindre la jeune femme. Il lui emboita aussitôt le pas, sa monture suivant celle de la jeune femme, et s'immobilisant derrière elle, légèrement en décalé, pour avoir une vue précise des mouvements de la bretteuse. Ouais, fallait être aveugle pour ne pas voir que c'était une bretteuse, les sabres qui pendouillaient à sa ceinture, n'étaient sans doute pas là pour la décoration. Et elle voyageait seule. Ce n'était pas tout à fait imprudent. En revanche, elle ne semblait guère équipée pour avoir de quoi apprécier un long trajet dans les montagnes. Elle n'était pas timide non plus, et comme elle crevait la faim, ce fut comique de la voir dévorer le pain offert par Nemu, comme s'il était délicieux.
Balafre piocha dans sa propre réserve de viande séchée, il savait s'en passer, et Nemu n'en avait pas beaucoup. Elle n'en raffolait pas. Il passa donc des bâtonnets de viande à la magicienne devant lui, et qu'elle passa à la bretteuse. Balafre fit même tourner son outre, et Nemu fut suffisamment généreuse pour partager un peu de ses fruits secs. Pendant que la môme remplissait son estomac, Balafre jugea le temps, et l'endroit où ils étaient. Nemu était restée silencieuse, et seul le bruit d'une mastication intense parvenait à ses oreilles. La nuit ne tarderait pas à tomber, et Balafre détestait être surpris par l'obscurité dans les montagnes. En particulier celles de l'Eredmorn.
Comme Nemu ne répondait pas, Balafre prit le relais.

-Ouais, vers le Sud. Akaash, et peut être plus loin. Là où Dame Magicienne décidera d'aller.

Après un bref échange de regards, Balafre poursuivit.

-Tu peux venir avec nous, si ça te dis. La route est longue jusqu'à Akaash, quand on a pas grand chose à becter. Mais c'est pas vraiment l'endroit pour parler, la nuit va tomber, et j'aimerai trouver un coin moins rocailleux pour passer la nuit. Nemu, je repasse devant.

Joignant le geste à la parole, le légionnaire tira sur les rennes, et dirigea sa monture avec ses genoux, pour qu'elle dépasse la magicienne, puis la jeune fille, continuant la descente du sentier. Trouver un coin moins rocailleux était plus facile à dire qu'à faire, dans ce coin paumé des montagnes, et il faudrait de toute façon sortir du sentier.
Finalement, en regardant en bas, le sentier formait une boucle, une partie de celle-ci était protégée par des rochers, et abritée par quelques conifères, sous lesquels ils pourraient planter leurs tentes, sans avoir à craindre que l'eau traverse la toile, si jamais il se remettait à pleuvoir comme ses derniers jours. Le coin semblait plus plat, et avait déjà servi à d'autres voyageurs, puisqu'un vieux foyer se dessinait dans le sol. Balafre ne prit pas la peine de se retourner, il se contenta de descendre le sentier.
Il lui fallut cinq petites minutes pour arriver à sa destination. Pied à terre, Balafre flatta l'encolure de sa monture, une brave bête, suffisamment costaude pour supporter son poids, et tout son barda. Passant la main au dessus des cendres, et surtout à l'odeur de vieux feu mouillé, Balafre en déduisit que personne n'était passé par ici depuis une semaine au moins. Le semi-orc s'activa à monter le camp, il se chargeait de monter les tentes, Nemu étant plus rapide pour allumer un feu.


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Lun 14 Nov - 19:33

En les voyant ainsi s’affairer, l’hybride resta un instant indécise : tout était tacitement décidé entre les deux compagnons de voyages, sans qu’une parole futile ne fut proférée ; celui surnommé Balafre s’affairait autour du lieu choisi comme campement, alors que sa compagne réunissait lestement de quoi faire un feu.

Et elle ?

Non pas qu’elle abhorre rester immobile et sans faire quoique ce soit ; il s’agissait plutôt d’une question de principe. Elle avait disons franchement, squatté leur nourriture, alors elle se devait de les aider un peu. Mais comment… ? La magicienne, eh bien n’aurait aucun mal à allumer quelques étincelles, et l’impressionnant homme –oh que sa carrure suscitait l’admiration chez la frêle hybride !- semblait mener rondement son affaire… Elle serait bien allée chasser. Mais quoi au juste ? La jeune femme avait plus de chance de finir dans un estomac broyée et hachée menu que de pouvoir remplir la panse de trois personnes. Et puis, la faune en montagne, elle ne s’y connaissait pas vraiment ; il y avait assez de possibilités qu’elle trouve quelque chose de douteux et d’incomestible…

Autant préserver le peu de dignité qu’il lui restait après avoir quémandé sa nourriture.

En tous cas, Balafre avait bien choisi le lieu de halte, ce qui trahissait son expérience en tant que voyageur. Nemu l’avait qualifié « d’escorte ». Restait à le démonter… mais Lóni n’y tenait pas vraiment tout compte fait puisque cette démonstration implique l’arrivée impromptue d’un indésirable à abattre. Enfin elle était contente d’avoir trouvé de la compagnie, le temps de regagner ce qu’elle nommait la « civilisation », en quête d'un petit boulot en tant que bretteuse si possible.
Ah ce que la chaleur d’un feu lui manquait ! Ca faisait si longtemps…

En fait, elle gardait difficilement le contrôle de ses glandes lacrymales : ces deux personnes… Lóni débordait littéralement de reconnaissance à leur égard. Et dire qu’ils n’avaient pas hésité à partager leurs vivres avec elle ! Une inconnue ! Des gens comme ça, on n’en croisait pas à chaque coin de rue…

« Snifff… » renifla-t-elle discrètement, dans son coin sombre non loin du feu rougeoyant.

Ah zut.
Voilà qu’elle perdait encore de sa dignité.
Mais bon, le reniflement fut en partie recouvert par le bruit crépitant des flammes mordorées.
Pour changer les émotions qui empiétaient sur ses pensées, les rendant affreusement incohérentes et idiotes, elle voulut s’occuper: que le physique domine un moment le mental. L’emmental. Bref...
Mais la seule idée qui lui vint fut...:

« Dites Monsieur Balafre, osa-t-elle l’interpeller doucement quand il lui parut inoccupé. Vous êtes un épéiste entre autre non… ? Cela vous dérangerait d’échanger quelques passes avec moi ? Il faut dire que je manque d’exercice… »

Ce disant, elle glissa lestement un de ses sabres hors de son fourreau dans un chuintement métallique mais cristallin. Le chant de son métal. D'une main caressante et presque tendre, elle examina attentivement sa chère lame claire, vérifiant qu'elle était toujours belle et intacte; un simple accroc pouvait causer, par une suite d'évènements désastreux, la mort du bretteur, elle le savait.
Ceci fait, elle entendit Balafre lui répondre...
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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Ven 18 Nov - 22:54

La jeune femme se prénommait Nýilóni Finn, bretteuse de son état, et en somme toute, un peu perdue dans ses montagnes. Balafre prit les devants pour trouver un endroit où monter le camp, et passer la nuit. Depuis quatre jours, ils s'endormaient à la faveur de la nuit, et se réveillaient aux premières lueurs du jour, reprenant la route qui les conduiraient jusqu'à Akaash, et puis par delà l'ancienne citée, jusqu'aux Gorges de Dragica, et enfin jusqu'à Asdis, la blanche capitale de Freyr. Le chemin a parcourir était conséquent, et en voyant Nýilóni, Nemu ne put s'empêcher de penser à elle, lorsque après la bataille, elle avait erré, jusqu'à ce que les troupes de la Légion la trouve, et que Marquise s'occupe d'elle en personne. Elle vivait alors retranchée, avec une poignée de légionnaires, quelque part au fin fond de l'Eredmorn, se cachant des armées du Nord qui déferlaient alors sur l'Empire, criant à la vengeance. Un exil en quelque sorte. La montagne devrait sans cesse lui rappeler. Sans qu'un seul mot ne soit prononcé, le sort de Nýilóni avait déjà été décidé, elle pouvait rester avec eux. Si elle devenait une gêne, il faudrait simplement éliminer cette gêne. En attendant, elle ne posait pas de questions, et semblait soulagée d'avoir trouver quelqu'un, et surtout de la nourriture.
Modérant l'allure de Makkura, Nemu resta donc à la hauteur de Nýilóni, lorsqu'il fallut descendre rejoindre Balafre. Le trajet fut de courte durée, malgré le sentier escarpé, et la bretteuse, à pieds, devait être plus à l'aise que sa monture. Les cailloux roulaient sous ses sabots, mais Nemu était une cavalière expérimentée, et prudente. Elles étaient donc arrivées sans peine, et Balafre montait déjà les tentes. Nemu démonta, et délesta Makkura de sa selle, la laissant aller, les chevaux de la Légion ne s'éloignaient pas, et ne s'effrayaient pas d'un rien. Autrement dit, elle pouvait vaquer à ses occupations, sans avoir à l'attacher solidement.

L'oeil expert, la magicienne ramassa d'abord de grosses pierres, formant un foyer en cercle, afin d'éviter que le feu n'en fasse qu'à sa guise. Là dessus, elle marcha un peu, le temps de ramasser du combustible. Avec quelques mots de pouvoir, elle ne tarda pas à avoir une bonne flambée. Comme par habitude, Nemu se réchauffa les mains, avant de s'assoir près du feu, toujours emmitouflée dans sa cape. Le ciel s'assombrissait, et les flammes projetaient des ombres sur le campement. Makkura vint simplement s'allonger derrière elle, pour la protéger d'un éventuel souffle de vent, ou simplement pour réclamer une grattouille, ou une gâterie, comme un petit morceau de pomme. Ce que Nemu lui accorda, le voyage était aussi éprouvant pour sa monture, si ce n'était plus. Elle même se permit de grignoter un peu, assise à contempler le paysage, jusqu'à ce qu'elle entende Nýilóni demander à Balafre de faire quelques passes avec lui. La magicienne eut un sourit, et de contenta de le dissimuler en baissant la tête, pour remplir sa petite bouilloire d'eau. Le voyage promettait d'être plus divertissant sans doute.


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Balafre
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Sam 19 Nov - 15:22

Monter une tente n'était pas compliqué, mais la faire tenir, relevait de l'art parfois. Plus jeune, le semi-orc avait parfois lutté pour faire tenir la maudite toile en place. Maintenant, ça n'était qu'une formalité, comme de remplir la paperasse de la Légion, ou de faire cinquante tours de terrain. Le légionnaire termina sa part du travail en donnant de quoi manger à son énorme cheval, qui mangeait deux fois plus que la monture de Nemu. Il ne donnait pas de nom à ses montures, elles crevaient trop vite à force de le porter. S'attacher était une perte de temps. C'était de braves bêtes, point. S'essuyant le nez d'un revers de manche, Balafre s'approcha du feu, histoire de réchauffer sa grande carcasse. Nemu était déjà installée, bien qu'elle n'ait pas encore mis ses affaires dans sa tente, qu'elle partagerait sans doute avec la bretteuse. Question de principes. Balafre en avait quelques uns, à défaut de parler de pudeur. Ses yeux noirs se braquèrent sur la frêle épéiste, qui le demanda presque timidement, s'il voulait bien se délier les muscles avec elle. Il se contenta d'un sourire en biais, ses yeux brillants un instant. Si frêle qu'elle soit, elle restait armée, et épéiste. Nemu n'avait pas l'air particulièrement forte, lorsqu'elle le voulait, elle avait l'air même faible, et pourtant, elle était un adversaire redoutable.

Il s'était assis pour profiter du feu. Balafre déplia sa carcasse, faisant quelque peu craquer ses os, avant de faire quelques mouvements, afin d'échauffer ses muscles engourdis par les heures passées le cul sur son cheval.

-Entre autre ouais. Et y'a rien de mieux pour se dérouiller un peu que d'échanger quelques coups. Vrai que ça manque de quoi s'exercer par ici.

A dire vrai, c'était tout aussi bien, qu'ils n'aient personne qui leur colle aux basques. Balafre n'aimait pas savoir un ennemi en vie, surtout s'il risquait de surgir pour venir le planter. Question de bon sens. Tirant sa lame de son paquetage, le légionnaire la retira de son fourreau. Elle était de bonne facture, plus lourde, et sans doute un peu large que la moyenne. A double tranchant, Balafre s'en était servi plus d'une fois pour moissonner des têtes. Il se délesta du fourreau, le jetant à terre, l'envoyant près de ses affaires. Pour s'assurer d'une bonne prise en main, Balafre décrivit un grand moulinet avec la lame, tailladant avec force l'air autour de lui. La lame ne se fichant pas dans le sol, ou ailleurs, la prise était bonne.

-Bon demoiselle, je tâcherai de retenir mes coups, si nous voulons être capable de bouger sans gémir demain matin.

Ces paroles, si elle était bonne bretteuse, deviendraient vite des mensonges. Lorsque Balafre rencontrait des adversaires à sa taille, il se laissait parfois un peu emporter par la fièvre de l'excitation. Sans pour autant faire des erreurs, comme verser le sang. Le contrôle était la clef de tout. Il se déplaça donc, s'éloignant du feu, pour ne pas gêner Nemu, tandis qu'il se plaçait en face de Nýilóni, lui faisant signe d'attaquer de la main.


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Sam 19 Nov - 17:48

Lóni sourit d’un air presque enfantin lorsqu’elle entendit la réponse affirmative de Balafre, si ce n’est que l’expression de son visage fut rapidement remplacée par l’habituel masque d’impassibilité qu’elle revêtait lors d’un duel, ou d’un combat. Ses émotions étaient son principal talon d’Achille ; Sigurd le lui avait maintes fois répété. Elle éprouvait toujours quelques difficultés à rester insensible et juste, oubliant sa personnalité pour se fondre en ses lames, pour se laisser emporter par son exaltation. Un combat amical, se répéta-elle. Non que l’hybride craignait de y mettre trop d’ardeur tel un vrai duel, mais plutôt parce qu’elle risquait de s’amuser plus qu’autre chose. Avec Sigurd, un entrainement restait un entrainement. Mais avec un quasi-étranger…

Balafre esquissa un mouvement de la main, l’incitant à porter le premier coup.

Soit… Nýilóni préférait se défendre qu’éprouver la garde de son adversaire. Mais c’était là un accord tacite entre bretteurs : si elle n’était pas la première à signaler qu’elle était prête, elle se devait d’attaquer.

Inutile de réfléchir plus longuement.

Nýilóni imprima une puissante impulsion sur le sol rocailleux et terreux de sa jambe forte, se projetant vers Balafre tout en dégainant dans le même mouvement le sabre porté à sa droite. La lame adopta naturellement et de manière fluide dans sa paume gauche la position d’un coup d’estoc visant le flanc gauche de son adversaire, un peu plus bas que les côtes, la courbure du sabre tournée vers l’extérieur pour que le tranchant perce plus aisément.

Nul doute qu’il la repousserait ou parerait ; un bretteur expérimenté précède généralement le ‘‘vrai combat’’ d’une phase évaluative où s’enchaînent les bottes classiques : estocades traditionnelles, coup à revers ou tranches, etc… Les conclusions tirées de cet examen déterminerait la stratégie à suivre pour défaire cet adversaire. En un mot, il s’agissait d’un test. Non qu’elle ne prenne Balafre pour un épéiste de peu de valeur ; il s’agissait là de découvrir son style de combat. D’ailleurs l’hybride avait l’intime conviction que son adversaire était un homme aguerri... Après tout, il ne semblait pas être, d’après l’intensité de son regard concentré, de ces gens qui fondaient des conclusions hâtives selon l’apparence donnée par la personne jugée, puis qui en tiraient la déduction qu’un si frêle être ne serait guère une menace, cela sans s’apercevoir du tranchant même de l’esprit.
D'autre part, puisqu'ils allaient voyager de concert durant un certain temps, il était nécessaire que chacun mesure le niveau de l'autre, de manière plus ou moins précise: ces informations permettraient au groupe de s'organiser efficacement lors d'une attaque ou autre situation difficile.

Elle se prépara à la première confrontation.
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Ven 25 Nov - 22:40

Elle portait deux sabres, rien de surprenant à ce qu'elle use de sa main gauche pour se battre. Elle était rapide. Pour être bretteur, la force brute n'est pas un facteur déterminant, il fallait avoir une tête, un sens de l'observation, et être vif. La force ne servant qu'à donner plus de puissance à un coup. Là encore, Balafre ne faisait guère de pronostiques, il en avait déjà vu des nanas dans le genre de Nýilóni, et elles avaient eu plus de force que lui, des petites fées étaient capables de vous envoyer valser sans problème. C'était un genre d'entrainement, mais comme lorsqu'il était confronté à un bleu de la Légion, il le laissait l'attaquer, en général, il se contentait à peine de bouger. Ce serait sans doute différent avec Nýilóni, elle n'avait pas marché jusqu'ici sans savoir se défendre.
Son mouvement était fluide, rapide, la puissance justement dosée. Elle utilisait un sabre, tandis que lui préférait les épées, lames à deux tranchants, le maniement était différent. Le sabre, il connaissait, les Légions ou les chevaliers de l'Empire l'utilisaient plus facilement.

-Ah ! Pas mal pour une jeunette !

S'écartant d'un bond rapide, Balafre para, sa lame placée à la verticale, avant de faire crisser l'acier contre l'acier, baissant de force le sabre vers le bas. Enchainant avec un coup puissant, porté en diagonale, du bas vers le haut. En s'écartant, Balafre s'était laissé une marge de manoeuvre. Son épée étant plus longue, elle demandait une distance minimale pour être utilisée, sans être une gêne. Si elle le devenait, Balafre savait s'adapter, l'épée n'était qu'un outil, ses mains servaient parfois tout aussi bien. Le Légionnaire n'était pas né de la dernière pluie. Il gardait un oeil sur les mains de Nýilóni, les deux sabres n'étaient pas là pour la décoration, elle savait s'en servir, et il n'avait aucun doute sur ses capacités d'ambidextre. Balafre eut un léger sourire, voila que la soirée s'annonçait prometteuse.
Ce n'était qu'un début. Il allait sans doute pouvoir s'amuser. A l'air qu'avait la bretteuse, il en déduisit qu'elle était aussi ravie que lui. La seule qui ne semblait jamais s'amuser autrement que dans l'intimité, s'était Nemu, qui buvait doucement, assise près des flammes, regardant le début de leur danse.
Le Légionnaire comptait sur la magicienne, et sur son cheval, pour le prévenir du moindre danger. L'Eredmorn regorgeait de bestioles, et de malandrins, qui ne se heurteraient guère à deux personnes s'adonnant à l'escrime. Quand aux Bestioles, Nemu savait les repousser. La seule chose qui pouvait à la rigueur le tracasser, aurait été qu'une troupe de légionnaires de l'empire descendent jusqu'ici. Mais se laisser distraire n'était pas bon, même en entrainement. Le Semi-orc fit le vide, chassant ses pensées qui pourraient bien attendre qu'il ait fini.



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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Mer 30 Nov - 18:29

Evidemment, il esquiva lestement son attaque en estoc, sans même s’étonner –du moins visiblement- qu’elle ait tenté un tel coup plutôt caractéristique aux épées ; cela trahissait un esprit adaptable au moindre imprévu, et par suite, un guerrier expérimenté. Déjà, tout dans son allure présageait une position sociale… non pas élevée mais assurément plus haut placée d’un simple légionnaire faisant ici figure d’escorte.
Ah ! Voilà que ses pensées vagabondaient…
A cause de cela, elle ne put imprimer à son sabre une rotation pour que la courbure extérieure se frotte au tranchant de la lame de Balafre : au lieu de cela, le creux « plat » de son arme permit à son adversaire de dévier brutalement la lame vers le bas sans qu’elle puisse se dégager, avant d’enchainer avec un coup en tranche vers le haut. Nýilóni n’eut ainsi qu’une seule alternative afin d’échapper à l’entaille : d’un geste rendu fluide grâce à d’interminables heures d’entrainement, elle dégaina à temps son deuxième sabre, bloquant dans la prolongation de son geste l’épée de Balafre.

Cependant, la jeune hybride avait mal évalué la longueur de la lame : elle était légèrement plus longue que les épées classiques, ou arming swords pour les puristes, et n’avait donc pas réchappé à la morsure de l’arme. Celui n’entailla heureusement que ses vêtements, un réflexe relevant de l’instinct l’ayant sauvée.

Indéniablement, il était un bretteur aguerri. Là-dessus nul doute.

La plupart des personnes arborant une cicatrice impressionnante étaient considérés par Nýilóni comme étant des incapables, des gens trop peu doués aux arts de la guerre pour se protéger. Mais il arrive que ces blessures portent témoignage d’une bataille âprement gagnée, ou si elle fut perdue, cela montrait la ténacité du blessé. Auxquels cas la jeune femme ne pouvait qu’être admirative.
C’était le cas de Balafre. Si elle ignorait les circonstances qui lui ont valu cette "balafre" qu’il arborait si naturellement, elle avait l’intime conviction qu’elle ne fut pas due à son incompétence. Peut-être avait-il trouvé son maître ?
Enfin c’était là des sujets de réflexions impropices.

Se concentrant d’avantage sur le combat en cours et non sur ceux d’un passé révolu, la semi-marcheuse imposa une distance respectable entre elle et son adversaire, le temps de réorganiser son esprit.
Ses yeux ne quittaient pas un seul instant les mains anguleuses de Balafre et son épée mordante.
Elle ne put réprimer un sourire qui s’étala sur son visage comme neige au soleil : les duels lui plaisaient tant ! Et cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait senti une pareille volonté à défaire un adversaire en combat amical… Bon. Elle était un peu rouillée, certes, mais seule son endurance et sa vitesse en avaient pâti : peu importe que s’écoulât des années entières, la technique restait ancrée dans sa mémoire corporelle une fois acquise !

Animée par son allégresse, elle osa porter le troisième coup, entamant de ce fait le vrai combat, après la parade évaluative –qui avait failli lui coûter une blessure paradoxalement.
Nýilóni affirma sa prise sur ses deux sabres, celui de droite en posture d’estoc latérale pointe vers le bas et courbure externe vers Balafre, et l’autre la lame pareillement de manière opposée comme l’on en obtiendrait le résultat avec un miroir.
Elle fit quelques pas autour de son adversaire…
Et se rua de nouveau vers lui, déplaçant son centre de gravité vers l’avant au niveau de sa poitrine pour lui prodiguer plus de vitesse.
La vitesse et la dextérité, peut-être son ambidextrie éventuellement même si elle en doutait, étaient ses seuls véritables atouts contre un homme si bien bâti.
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 4 Déc - 21:54

S'il était vraiment en train de se battre, Balafre aurait attrapé la jeune femme par la tête, l'aurait simplement soulevée, et jetée pour l'estourbir, avant d'aller l'achever. Lorsqu'il se battait, Balafre ne le faisait jamais selon les conventions, la norme. Il était devenu Balafre parce qu'il s'y était trop fié, et qu'en face, on avait simplement pas joué selon les règles, on avait joué salement. Le légionnaire ramena sa lame vers lui, pointe vers le sol, la prenant à deux mains. Il n'était pas passé près d'entailler Nýilóni, celle-ci avait de très bons réflexes, aussi instinctifs que ceux de Soar qui disposait d'un artefact qui y réagissait. Fort heureusement pour eux, Balafre n'avait fait qu'une estafilade à la tunique de la bretteuse. Concentrés, aucun des deux n'avaient de temps pour s'en soucier. Le Légionnaire devait simplement se maîtriser pour ne pas l'envoyer dans le décor, comme il le faisait avec ses camarades de la Légion, enfin ceux qui ne risquaient pas de casser à la moindre pichenette.
La bretteuse avait paré à temps, usant de son deuxième sabre, confirmant sa qualité d'ambidextre, comme la plupart des manieurs de sabres -les bons- ceux qui savaient s'en servir correctement. Elle souriait. Balafre comprenait parfaitement, lorsque le combat était bon, sourire faisait parti du jeu. Lui se contenta d'un sourire en coin, avant de reprendre une expression neutre.

La position de ses sabres changea, et elle attaqua à nouveau. Prenant appui sur sa jambe droite, plaçant la gauche en arrière, la lame de Balafre décrivit un arc de cercle, sa main gauche se décollant de la garde, pour venir appuyer contre le plat de la lame, juste au moment où les sabres de Nýilóni entraient en contact avec l'acier. Le légionnaire ne portait jamais -ou presque- de bouclier, la lame large qu'il portait suffisait. La force du coup ne l’inquiétait pas. Mais Nýilóni était du genre rapide, Balafre devait pouvoir parer efficacement, sans avoir à bouger de sa position, pour ce faire, la repousser à deux mains était l'idéal. Lorsque leurs lames crissèrent, le Semi-orc poussa -mesurant sa force- pour rejeter la bretteuse plus loin, repoussant ses lames vers le haut.

Sans pour autant en être satisfait il garda un œil sur les mouvements de Nýilóni, et enchaina, passant cette fois à l'attaque, comptant sur sa propre rapidité pour l'empêcher d'attaquer à nouveau. Si son précédant coup s'était également fait en diagonale, du bas vers le haut, cette fois le coup fut porté de taille, décrivant un cercle depuis sa gauche vers sa droite.
Nul doute qu'elle arrivait à parer, et Balafre gardait maintenant constamment à l'esprit qu'il devait restreindre sa force, parce qu'il ne tenait pas à la découper, comme il avait découpé le vêtement, lorsqu'il s'était laissé allé. Il laissait de coté ce qui lui dictait ses réflexes de légionnaire, à savoir de balancer son arme à Nýilóni, fonçant juste derrière, et de frapper avec ses poings. Il s'était retenu de l'attraper par la cheville, lorsqu'il était baissé pour repousser ses sabres et les dévier vers le haut, cela aurait été facile de la faire tomber. Mais il n'était pas là pour lui faire mal, elle n'était pas non plus là pour les tuer, aucun risque qu'elle puisse être au courant de leur mission. Ils n'étaient que trois à savoir. Lorsqu'on échangeait des passes, on apprenait à connaitre son adversaire, et ceux qui avaient des choses à cacher, se battaient comme ils vivaient.
Balafre ne tenait pas à ce que Nýilóni apprenne ce pourquoi ils faisaient route vers le Sud, mais si jamais leur expédition tournait au vinaigre, il savait qu'elle saurait se défendre. Bordel, elle se débrouillait vraiment bien. Si la guerre éclatait alors qu'elle était encore avec eux, ce serait dangereux pour elle. On ne pouvait pas dire que Balafre était inconnu au bataillon. Nemu serait capable de les cacher, mais pas éternellement. Pas le temps d'y réfléchir, il penserait dans son sommeil, pour l'instant, il y a avait mieux à faire que d'être distrait. Une seule erreur, un seul moment d'inattention pouvait être fatal. Il en portait encore les traces. Et il était sûr que Nýilóni lui rendrait la pareille, en guise de compensation pour sa tunique.


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 18 Déc - 17:41

Un petit rictus d’effort se dessina au coin des yeux de l’hybride : la force avec laquelle Balafre avait paré son coup éprouvaient durement les muscles de ses avant-bras. Si elle avait négligé de les entrainer, ses deux bras se seraient inclinés devant ce rude choc et elle en aurait souffert pendant une bonne semaine.

« Merci Sigurd… » souffla-t-elle indistinctement, la mâchoire fermée et contractée alors que ses sourcils se fronçaient.

Comme avait-il fait pour arrêter deux lames dont l’attaque provenaient de directions différentes simultanément avec une seule épée ? Elle n’aurait jamais cru un homme capable d’une telle prouesse : toujours ses adversaires non ambidextres avaient esquivé, feinté ou dévié un de ses sabres mais jamais les deux… !
Cela ne fit qu’affirmer sa conjecture au sujet de Balafre : peu importe la manière presque nonchalante dont Nemu avait présenté l’homme, ce dernier était un bretteur hors pair. Et dans cette logique… Qui était Nemu ? Une magicienne, certes, mais, qui plus exactement ? Une personnalité notoire que l’on devait protéger ? Ou bien étaient-ils deux combattants ayant un but précis… ?
Elle n’avançait guère dans ses réflexions.

Ni dans ce combat d’ailleurs ; Balafre l’avait repoussée avec un ostensif froncement de sourcil –par effort ou… par restriction de sa force ?- et Nýilóni dut surveiller ses appuis pour ne pas chuter. De plus, elle laissait une ouverture béante ! Ses deux sabres étaient levés…
Ainsi qu’elle s’y attendait, son adversaire balafré en profita pour s’engouffrer dans cette brèche, comme l’avait fait autrefois d’autres ennemis. Briser la garde, éloigner les deux sabres offensifs et défensifs à la fois, puis attaquer… Ce n’était pas la première fois. Les pirates usaient volontiers de cette technique traditionnelle pour vaincre rapidement et proprement. Et elle avait grandi parmi eux. Nýilóni savait comment réagir, comment riposter et se protéger en battant son ennemi.

Son sourire s’effaça, son regard se voila des ombres des centaines d’adversaires combattus. L’instinct, conjugué à son expérience, dicta ses gestes. Alors l’épéiste allait tenter sa botte…

Ses sabres toujours levés, Nýilóni libéra le gauche de l’étreinte manuelle. Emporté par son propre poids, l’arme chutait, la garde plus lourde vers le bas…

Son adversaire était rapide ; mais pas assez face à la force gravitationnelle.

L’hybride balança son genou gauche vers le haut, à la rencontre du pommeau ouvragé de son sabre, de telle sort qu’elle toucherait la bordure située de son côté donc opposée à l’épéiste ennemi. Le membre allait toucher la garde…
Un duel amical Nýilóni….
Merde !
Au dernier moment, elle imprima à sa jambe un mouvement non plus vertical mais légèrement oblique, de sorte que ce soit la bordure gauche du pommeau que son genou devait rencontrer. La lame fut ainsi projetée selon une direction diagonale, ratant Balafre de plusieurs mètres et allant se perdre quelque part dans les fourrés.
Il va me découper…
L’épée s’arrêta au contact du flanc de Nýilóni.

Pas un seul bruit hormis leur respiration haletante dominant le crépitement du feu encore rougeoyant voire plus comme s’il saluait la performance des deux bretteurs. Nemu, quand à elle, ne semblait pas avoir bougé de place…

« Ah vous avez gagné, fit Nýilóni en tachant de reprendre son souffle avant d’ajouter avec un sourire. Enfin cette fois. »

Ses lèvres tremblèrent légèrement, au souvenir de ces quelques secondes. Si elle n’avait pas infléchi son genou… La jeune femme ferma un instant ses paupières, pour mieux retrouver le contrôle d’elle-même. Au sortir d’un combat, elle avait toujours du mal à réintégrer la réalité du temps présent mais cette fois, elle se sentait… fébrile. Incertaine. Effrayée. Pas seulement à cause de l’adrénaline, mais aussi à cause de la peur. Retenir ses coups en duel amical. Cette restriction avait été progressivement effacée par l’allégresse du combat, et Nýilóni avait failli… il s’en était fallu de peu pour que…

Le visage soudain sombre, elle détourna son regard embué des yeux inquisiteurs de Balafre. Elle préférait qu’il l’imagine mauvaise perdante. Elle ne voulait pas qu’il sache ce qu’elle avait voulu le…

« Je vais chercher mon sabre » déclara-t-elle simplement en s’éloignant du campement, dos aux deux voyageurs qui l’avaient sauvée.

Son affinité au métal ne lui permettait pas de localiser aisément l’arme mais déjà plus facilement qu’une simple mortelle. Elle mit quelques minutes, cinq tout au plus, pour que son sabre retrouve son jumeau : la lame avait percuté une roche poreuse, y laissant une trace de sa morsure avant de retomber au sol où Nýilóni le retrouva. D’une caresse brève du doigt, elle rendit à la lame son parfait éclat habituel et revint sur ses pas, bouleversée.
Nemu et Balafre l’avaient sauvée. Alors pourquoi n’avait-elle pu empêcher ce sentiment de s’emparer de son esprit au combat ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle considère Balafre comme son ennemi ?

« Pourquoi avais-je voulu un instant le… tuer ? »
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Sam 24 Déc - 18:10

Le Légionnaire s'était arrêté net, le souffle court.
Il avait bien vu le genoux de Nýilóni, et le geste qu'elle venait de faire, du coin de l'oeil, il avait suivi la trajectoire du sabre. Si elle l'avait frappé, comme elle avait eu l'intention de le faire, le sabre se serait fiché dans son oeil, ou bien dans sa poitrine, sa gorge... Peu importait, même s'il avait bougé pour éviter, le coup se voulait mortel. Ce duel amical avait failli lui être fatal.
Alors que l'expression du visage de la bretteuse passait de cette concentration sauvage, à la surprise, l'énorme hachoir de Balafre s'arrêta net, à quelques centimètres du flanc découvert de la jeune femme. Les yeux noirs se braquèrent sur Nýilóni et lentement, le Semi-Orc se releva, et déplaça précautionneusement son arme, la ramenant près de lui.
Elle le déclara vainqueur. Un mensonge, mais qui était indispensable pour éviter qu'il ne lui fracasse le crâne, là, sur le champ. En général, Balafre n'avait pas pour habitude de laisser vivant quelqu'un pouvant le tuer aussi facilement. Il se ramollissait, si ça avait été un vrai duel, il n'aurait pas donné cher de sa peau. Fort heureusement, la plupart de ses adversaires n'avaient parfois pas la moitié de l'intelligence que possédait Nýilóni. Il ne se posait plus de questions quand à la façon dont elle avait pu survivre.

-Pour cette fois oui.

Sa voix n'était qu'un grondement sourd, et il s'inclina presque pour la laisser passer. Balafre se redressa. Jetant un coup d'oeil à Nemu, il vit que la magicienne n'avait pas bougé d'un pouce, le visage impassible. Il lui adressa un sourire en coin. Il avait du mal à savoir ce qu'elle pensait, et s'était peut être mieux ainsi. Trainant sa carcasse et sa lame, il rangea celle-ci dans son harnais, la mettre dans un fourreau aurait été une bêtise, elle était trop massive, et trop longue. En cas d'attaque, la tirer d'un carcan de cuir aurait été une perte de temps. Au pire, Balafre s'en serait servi comme d'une massue. Il la déposa simplement sur le sol, s'essayant juste à coté. Prenant la tasse de thé fumante que Nemu lui tendait.

-Je sais, inutile de me regarder comme ça.

La tasse était en métal, et l'eau chaude l'avait faite chauffer, si bien qu'il la posa directement sur le sol, évitant ainsi de brûler les doigts. D'un geste presque lasse, il retira le bandana qui couvrait son crâne, s'essuyant le front avec. Il se gratta, là où une cicatrice récente le démangeait encore, une de plus à orner son crâne chauve et dévasté. Silencieux, il se retourna, et dut s'étendre pour attraper son paquetage. Ouvrant le sac de toile, il en tira du pain, et un morceau de viande séchée. Sans plus de cérémonie, le Semi-Orc mordit dedans, arrachant un morceau du pain, avant de lutter un peu pour couper la lanière de viande avec ses dents. Levant les yeux, il vit que Nýilóni revenait.


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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Sam 24 Déc - 18:33

Nemu s'était contentée d'attendre l'eau boue. Elle avait déposé les feuilles de thé dans trois petits paniers, fait d'un cercle et d'une poche de tissus. Ces petits paniers, elle les avait placé à l'intérieur de trois tasses, le cercle empêchant la poche de tomber dans la tasse, et le thé de s'y répandre. Lorsque la bouilloire siffla, Nemu la décrocha, et versa l'eau dans les tasses, directement sur les feuilles de thé, délicatement, jusqu'à ce qu'elles soient recouvertes, infusant doucement.
Elle ne relevait pas la tête lorsque les lames s'entrechoquaient, son regard était à la hauteur de la danse des pieds des duelistes, cela lui suffisait pour savoir où ils en étaient. Lorsqu'ils dépassèrent le stade du teste, la magicienne daigna enfin relever la tête, secouant celle-ci pour que sa chevelure corbeau se place sur ses épaules. Le visage fermé, ses yeux suivaient les mouvements des deux combattants. Balafre était tout en puissance, il se retenait. Nýilóni, elle, était fluide, rapide. Nemu se prit à penser qu'elle voyait une montagne et un fleuve s'affronter. Elle retira la poche de thé, et la déposa sur le sol. Elle fit de même pour les deux autres tasses. Elle les laissa toutes les trois près des flammes, pour que le breuvage ne refroidisse pas.

Ses yeux suivaient la valse dangereuse des lames, jusqu'à ce que Nýilóni ne lâche un de ses sabres. Nemu fronça les sourcils, elle découvrit ses mains, prête à intervenir. Elle faillit le faire, pour dévier la lame, le sortilège n'avait pas besoin d'être prononcé, un simple mouvement suffisait. Seulement Nýilóni rectifia le coup d'elle même, et le sabre partit se perdre dans les fourrés. Les mains blanches de Nemu disparurent à l'intérieur de ses manches. Elle les regarda, et Balafre lui fit un sourire. Elle, elle ne riait pas. Accepter d'aider Nýilóni était peut être une erreur. Nemu n'aimait pas commettre des erreurs, parce qu'il fallait en suite, les réparer. Détournant le regard, elle attendit que le légionnaire s'assoit à coté d'elle. Lui tendant une des tasses, sans en ressentir la chaleur, elle lui jeta un regard noir. Piètre garde du corps.


-Alors si tu sais, ne recommence pas.

Elle n'ajoutai pas
"si ce n'est pas pour la tuer", Balafre le savait. C'était une réprimande, et un rappel à l'ordre. Ils avaient une mission, il ne fallait pas qu'il l'oublie.
Sa main droite plongea à l'intérieur de son manteau, et en retira une petite bourse. Elle en défit les cordons, et elle s'ouvrit sur des petites pâtisseries rondes, très sucrées. Elle en plaça une dans sa bouche.
Nemu prit sa tasse, paume gauche dessous, tendis que sa main droite l'aidait à porter la boisson chaude à ses lèvres. La pâtisserie faisait office de sucre, et se dissolva dans sa bouche avec la gorgée de thé. Nemu aimait le goût que ça avait. Elle savoura, fermant un instant les yeux, qu'elle rouvrit en entendant Nýilóni revenir. La magicienne reposa sa tasse sur le sol, et tendit la troisième à la bretteuse.


-Nous n'avons pas de sucre, fit-elle de sa voix feutrée, mais ces pâtisseries le remplacent. Asseyez-vous. Si vous avez faim, je ne doute pas que Balafre partagea son repas avec vous.


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Mer 28 Déc - 19:12

Nýilóni dévisagea un instant les deux voyageurs qui l’accueillaient comme si les règles du duel avaient été respectées. Comment devait-elle réagir ? Après ce qu’elle avait fait, le plus logique serait de quitter Nemu et Balafre. Mais pourtant…
Elle esquissa un sourire où son allégresse se mêlait au mensonge. Sourire. Voilà une des seules taches qu’elle se savait capable d’accomplir.

« J’accepte le thé avec plaisir, fit-elle en prenant la tasse tendue par la magicienne, mes mains un peu tremblantes encore. Je ne vais pas prendre de sucre, j’en ai que trop consommé. »

Sa pensée allait aux savoureuses bellicornes au rhum dont elle s’empiffrait dès que l’occasion lui était offerte. Ah, qu’est-ce qu’elle ferait pour en avoir maintenant… ! Interrompant ses rêves éveillés de délices gastronomiques, elle ajouta, à l’adresse de Balafre, sans trahir la moindre émotion à la vue de son crâne impressionnant :

« Merci pour l’offre, mais je me contenterai de ceci. »

En allant s’asseoir près du feu, en face de Nemu qu’elle distinguait derrière les flammes hautes, l’hybride fixa le liquide parfumé pendant quelques secondes. Pour avoir voulu essayé de tuer Balafre, il était normal, logique, que l’on tente de même avec elle non ? Ce n’est là que le juste retour des choses…
Lóni souffla doucement sur la surface claire et ambrée, y dessinant des volutes circulaires. Le feu toujours ardent laissait entendre de temps à autre le craquement d’une branche se brisant sous la morsure brûlante. Quand à la vie sauvage, eh bien pas le moindre bruit ne lui parvenait, si ce n’est la montée silencieuse de la Lune dans le firmament étoilé.
Elle but d’un trait le contenu de sa tasse.
C’était…
Délicieux.

Pas la moindre trace d’amertume, si ce n’est celle naturelle du breuvage. La jeune femme soupira d’aise, tant elle appréciait la chance qui lui était offerte. Et dire qu’il y a peu de temps, elle avait dû se battre avec l’énergie du désespoir mais aussi de la volonté –cela dépendait de son état d’esprit assez fluctuant- pour pouvoir survivre dans ces foutues montagnes… sans manger. Un vrai calvaire ! Tous ça parce qu’elle s’était perdue en touchant le mauvais symbole d’une Pierre Levée, qui l’avait amenée dans une ruine…
Donc le revirement de situation avait de quoi l’émouvoir.
Cependant il aurait été mal placé de fondre en larmes par reconnaissance alors qu’elle avait essayé de tuer Balafre. S’excuser à voix haute était tout aussi futile : pour espérer le pardon de ses actes, il lui faudrait accomplir quelque chose. Et là se posait l’ardue question : mais quoi ?
Le temps viendra où la réponse lui apparaitra simplement.

Nýilóni essuya les coins de ses lèvres humides du bout de l’index, avant de déposer la tasse sur le sol. Mais changeant de position, elle fit tomber accidentellement l’objet qui hérita d’une longue éraflure. L’hybride soupira –la maladroite qu’elle était venait de se manifester, et sûrement pas pour la dernière fois – puis passa son pouce sur le coin cabossé pour y remédier.
La lune était bien haute dans le ciel : pour poursuivre leur route, demain, il était temps de se reposer… surtout après le duel avec Balafre.

« Qui prend le premier tour de garde ? » s’enquit-elle en fronçant les sourcils face à l’éraflure qui persistait ne vouloir s’effacer.

Avec ce qu’elle avait fait, Lóni ne s’attendait pas à ce que les deux voyageurs lui confient une garde … Mais alors, il lui faudrait s’arranger pour qu’elle se retrouve seule. Peut-être que, à la faveur de la nuit… ?
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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Ven 30 Déc - 22:30

Plissant légèrement les yeux derrière sa tasse, Nemu eut un sourire.
Soit la petite bretteuse pensait être maligne, soit elle était naïve, ou bien les deux. Si Balafre et elle ne tombaient pas de fatigue après cette semaine harassante, s'était qu'ils pouvaient dormir tous les deux pendant la nuit, sans que l'un monte la garde pendant que l'autre plonge dans le sommeil. Elle était un assassin, et pour survivre, elle se devait de pouvoir dormir, assurée de sa sécurité. Nemu érigeait donc des barrières, la première les dissimuleraient aux yeux d'éventuelles patrouilles de légionnaires Morniens, la seconde était un champ de protection, et la dernière, un sortilège de détection, qui au moindre mouvement détecté réveillait Nemu. Subtile sortilège, le troisième champ ne fonctionnait que lorsqu'un être, autre qu'un animal, un véritable animal, tentait de traverser la seconde barrière.
Mais Nyloni ignorait tout ceci, et elle n'avait pas besoin de connaitre les détails. Mais Nemu n'était pas stupide, pas plus que la bretteuse, qui ne devait guère être dupe en ce qui concernait leurs identités présumées. Et elle avait bien failli laisser Balafre sur le carreau, un tour de garde lui laisserait le loisir d'être seule, et sans doute de se volatiliser après. Que Nyloni se doute de quelque chose, Nemu n'en avait rien à faire, pas plus que si elle décidait de partir. Elle aurait aimé que Balafre ne soit pas à coté d'elle, mais le Semi-Orc mangeait, l'air presque absent.
L'Ai-Esu reposa délicatement sa tasse, et fixa la bretteuse par dessus les flammes dansantes. Elle avait ce léger sourire, à peine visible, qui n'illuminait pas son regard de joie. L'expression était légère, à peine remarquable, Nemu se devait être impassible. Laisser transparaitre une émotion, c'était assurer sa propre mort, en dévoilant ses faiblesses.


-Un tour de garde ? Pas ce soir jeune Bretteuse. C'est inutile. Mes talents de magicienne nous permettent de nos reposer pleinement, sans avoir à veiller l'un sur l'autre. Je pense que vous apprécierez une nuit, certes courte, car Mizuki parcoure déjà le ciel, mais sans avoir à vous souciez de savoir si vous la passerez cette nuit, sans que Dämons ne vienne vous cherchez, et au sec qui plus est. Balafre et moi disposons chacun d'un tente, choisissez donc celle que vous allez partager. Sois avec moi, soit avec votre partenaire de jeu. Si cela vous gênes, dites vous que vous rendrez sans doute un service plus tard. Votre talent à l'épée est admirable.

Nemu avait légèrement élevé la voix, pour être entendue malgré le bruit du feu. Mais le timbre était toujours doux, presque caressant, de cette voix qui n'était ni masculine, ni féminine. Elle avait senti le regard de Balafre lorsqu'elle avait évoqué Dämons, puis les tentes. A nouveau, elle glissa une pâtisserie ronde dans sa bouche, gracieusement, avant de prendre une nouvelle gorgée de thé, portant la tasse à ses lèvres, main gauche sous le récipient, la droite le stabilisant.


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Ven 6 Jan - 22:33

Nýilóni réprima un soupir de frustration. La magicienne avait sans doute deviné ses intentions, peut-être avait-elle une idée précise de ses projets, c’est pourquoi elle lui signifiait si explicitement que ce soir, la jeune hybride ne pouvait faire quoique ce soit sans en référer aux deux compagnons de route… De surcroît, Nemu avait apaisé une de ses craintes : « Dites vous que vous rendrez sans doute service plus tard. »
Lisait-elle dans les pensées ? C’était peu vraisemblable mais pour avoir bien peu côtoyé les mentalistes, par manque d’expérience elle ne pouvait le savoir ; cependant, cela restait possible…

La jeune femme observa par delà les flammes ondulantes la magicienne. En voyant cette dernière, Lóni ne pouvait s’empêcher de… la craindre. Si Balafre s’était quelque peu révélé à elle pendant le bref échange de passes, elle ignorait bien de choses au sujet de la magicienne, si ce n’est qu’elle avait un esprit de déduction particulièrement remarquable. A moins que ce ne fut elle-même qui était trop "transparente" ?

« J’aimerai mieux dormir ici, fit Nýilóni avec un sourire et d’une voix où persistait une joie paradoxale. J’ai plus de difficultés à dormir avec quelque chose au-dessus de la tête autre que la voûte de Feardorcha à vrai dire… »
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Sam 14 Jan - 12:40

Très subtil, songea Balafre en entendant Nemu.
Nýilóni ne semblait pas être une espionne, et encore moins de faire partie d'une quelconque force armée régulière d'un des trois royaumes du Sud, ça non. Le Semi-Orc en aurait mis sa main au feu. Elle se battait bien, et la survie, ça la connaissait, au vu de son parcours, elle s'était aventurée seule dans l'Eredmorn, et sans autre équipement que ce qu'elle avait sur elle. Admirable. Inconscient, mais admirable. Elle avait bien
failli le tuer, mais elle s'était retenue. Des comme ça, Balafre adorerait en voir plus souvent dans les nouvelles recrues de la Légion. Oh bien sûr, des gars et des nanas de sa trempe y'en avaient, et ceux là duraient longtemps, et devenaient même officiers, Orombre était une gamine quand elle était arrivée, et elle était capitaine. En regardant la chevelure rousse de la bretteuse, et sa façon de combattre, Balafre n'avait pu s'empêcher de penser à l'officier, elle aussi partie en mission.
Nemu n'était pas menaçante, mais le seul nom de Dämons dans sa bouche, suffisait à faire des paroles de la magicienne, une véritable menace. Ce fut au tour de Balafre de lui jeter un regard noir. Nýilónin'en savait pas assez pour menacer leur mission, suffisamment périlleuse sans qu'ils aient besoin de voir des dangers supplémentaires. Il roula presque des yeux, se contentant d'arracher à belles dents un morceau de viande séchée récalcitrant. La viande séchée n'était pas ce qu'il y avait de meilleur, mais Balafre avait fini par s'habituer avec les longues années de voyages à parcourir Inwilis selon les bons vouloirs de sa souveraine. Il mâcha vigoureusement, avant d'étouffer un rire entendant la réponse de Nýilóni. Normal qu'elle préfère passer la nuit dehors, déjà que Nemu la menaçait presque de séquestration.

-Habituée à dormir à la dure hein ? Bah, j'peux au moins de filer une couverture, histoire que t'es le temps de te couvrir, si jamais il se remet à flotter.

Le légionnaire déplia lestement sa grande carcasse et n'eut que quelques enjambées à faire pour atteindre le battant de sa tente. Il le repoussa, et se retourna pour lancer une couverture encore roulée et empaquetée à la bretteuse. Il n'en avait qu'une, mais il ne faisait pas trop froid, et au pire, Balafre avait son long manteau. Au moins profiterait-il d'avoir de la toile au dessus de sa tête. Habituellement, il créchait toujours sous des arbres, ou à l'abri d'un rocher, ne s'embarrassant pas d'autre équipements que ce qui lui servait réellement. C'était Nemu qui avait insisté, prédisant qu'il sentirait lOrc mouillé en cas de temps capricieux. Elle n'avait pas eu tort.
Revenant près du feu, Balafre ne retourna pas s'assoir, il ramassa simplement son bandana, qui fut en quelques secondes à nouveau sur son crâne. Ses cicatrices avaient suffisamment pris l'air.

-On repart demain à l'aube.



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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 22 Jan - 18:09

L’hybride avait reçu la couverture de Balafre avec cette reconnaissance dérangeante qu’elle éprouvait bien trop souvent à son goût envers le duo Balafre-Nemu. Comme rarement dans sa vie, elle se sentait… redevable. Et cela lui inspirait plus de gêne que de réelle satisfaction. Elle avait conscience d’avoir un peu changé à leur contact cependant la jeune fille avait encore des difficultés à leur accorder la moindre confiance ; en fait, elle avait l’impression d’être coupable… fautive.

« T’en es la seule responsable, petite, chuchota la voix de Sigurd. Ne jamais quêter l’aide de quiconque : dès le moment où tu le seras, des entraves invisibles t’enserreront. Au début, t’en seras heureuse, naïve petite gosse. Et puis… Vlam, un jour le gars qui t’a aidé pointera son nez, toute fleur, et te contraindra à faire des choses qui te plairont pas forcément… ton avis comptera pour des prunes : y a juste à tirer sur les chaînes pour te faire obéir. »

Nýilóni souhaita une bonne nuit aux deux personnes avant d’enfiler sa tenue de combat au complet (au cas où… l’inconscience requérait plus de prudence), derniers rescapés de son bagage s’amincissant au fil du temps passé dans ces monts, puis de s’allonger sur la terre froide, appréciant la chaleur dispensée par la couverture de Balafre. Si son esprit était agité de mille pensées, cela ne l’empêcha de s’endormir rapidement, après qu’une forte brise eut soufflé les flammes mourantes du feu de camp.
La nuit fut courte : il plut.
Mais ce n’était guère incommodant, comparé aux embruns et tempêtes de Virva…

Longtemps avant l’aube, elle s’était éveillée, les pensées plus cohérentes, sous le joug de la raison et non plus sous l’emprise des sentiments. Nýilóni se leva sans bruit, et bien que Nemu devait avoir noté ses mouvements, elle s’éloigna des tentes dressées, étendant la couverture humide de pluie mais encore épargnée de rosée matinale sous l’ombre protectrice d’une cavité sèche.
Elle trouva au bout de quelques minutes, un creux dans la roche que de l’eau claire remplissait. Nýilóni ôta ses multiples pièces de protection qui ne la quittait qu’au moment de ses ablutions, depuis qu’elle se trouvait dans ces fichues montagnes. Elle plia le tout en un paquetage surmonté par sa fine cotte de maille et ses sabres.
Debout, seulement vêtue de ses sous-vêtements, elle constata que le coup de Balafre à sa taille avait entaillé plus que le tissu de son vêtement. Mais restant une simple estafilade, elle n’avait pas senti la morsure.
Lóni se rinça sommairement avec l’eau glacée réunie ; sans doute était-ce la Sidhe en elle qui s’exprimait, cependant la jeune femme ne supportait la saleté quand elle pouvait s’en débarrasser.
Si les soucis pouvaient disparaitre si facilement…
Le temps du plaisir était révolu : elle devait se préoccuper de son avenir. Dévouer ses lames à une cause… Mais laquelle ? Les rouages de la politique lui donnaient trop de migraines pour qu’elle n’aie jamais réellement songé au camp qu’elle rallierait en temps de guerre.
Nýilóni soupira.

Viendra ce qu’il adviendra !

Sa tâche terminée, elle se rhabilla, se réarma et revint au campement, tranquille.
L’aurore se profilait.
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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Ven 3 Fév - 22:16

Il avait plu. La pluie avait martelé la toile de la tente de Nemu. Elle songea un instant à inviter la bretteuse à se mettre à l'abri, mais la jeune femme avait refusé plus tôt dans la soirée. La magicienne savait qu'elle la mettait mal à l'aise. Cela l'amusait, autant qu'elle n'y pouvait rien. Nemu mettait tout le monde mal à l'aise en sa présence. Seuls sa reine et Balafre, ne s'embarrassaient de rien avec elle. Deux éléments la rassurant sur le fait qu'elle pouvait avoir des relations sans donner des frissons. Ah. Il y avait également l'officier Orombre, avec qui elle aimait passer du temps sur le terrain d'entrainement, parce que l'officier possédait une intrigante armure, qui donnait du fil à retordre à la guerrière accomplie qu'était également la magicienne. La magie ne faisait pas tout. Se reposer essentiellement sur ses capacités magiques revenait simplement à de l'arrogance. L'arrogance pouvait coûter cher.
Habituée au bruit de la pluie, Nemu se rendormit rapidement, la route serait encore longue, et les heures de sommeil perdues, étaient de ces pertes qu'on finit par ressentir lorsqu'il faut tenir en selle. Viendrait un point de leur voyage, où ils ne pourraient plus camper en toute quiétude. Notamment à la frontière entre l'Empire et Freyr. Restait encore à traverser l'Empire, ce qui n'était pas une mince affaire. Balafre était aussi reconnaissable qu'elle dans leur milieu respectif. Et parfois un sort de dissimulation ne suffisait pas, pas avec les légions de l'Empire, qui étaient au moins aussi douées que celles de Cemenwin.

Nemu entendit la bretteuse se lever le lendemain. La pluie avait cessé, voila qui était on peut mieux, elle aurait détesté devoir remballer sous la pluie. Elle entendit également Balafre se lever, elle décida de s'extirper de sa couverture et de pointer son nez hors de sa tente. Ouvrant le rabat, elle constata que l'horizon était rouge et gris. Elle prit le temps de refaire une partie de son paquetage, avant de sortir et de s'attarder sur la beauté du paysage. S'ébrouant presque, Nemu secoua la tête, chassant les dernières traces de sommeil. Le geste fluide, elle releva sa chevelure, coinçant ses épaisses mèches noires avec une pince en os. Dégageant ainsi son visage, dont les traits fins ne l'étaient pas assez pour être celui d'une femme, mais trop pour être ceux d'un homme. Comme le reste de son corps, le visage de la Ai-Esu reflétait le parfait mélange entre les deux sexes.

Elle fouilla dans ses manches, et trouva le briquet qu'elle cherchait. Prenant soin de remettre un peu de bois, bien qu'il soit mouillé, Nemu actionna la molette de métal, et dut s'y prendre à deux fois avant que le sortilège d’inflammation prenne. Ces briquets étaient simples d'utilisation, et facilitaient grandement l'allumage de feux, contrairement aux longues minutes que pouvaient prendre des méthodes plus classiques. L’inconvénient était que le sortilège s'usait vite. Le geste précis et rapide, elle remplit la bouilloire, et la posa dans les flammes, prenant soin de ne pas laisser trainer ses manches. La magicienne refusant de s'assoir sur un sol détrempé, excepté à l'endroit où Nýilóni avait dormi, démonta rapidement sa tente, et décida de s'assoir sur la toile, préalablement secouée, et débarrassée de toutes gouttes d'eau. Elle allait tourner la tête pour accueillir la bretteuse qui revenait, mais la bouilloire siffla, la rappelant à l'ordre. L'eau trouva son chemin dans trois tasses, avant d'avoir le droit à des sachets de thé.
Elle sortit d'une de ses fontes, le pain de voyage, qui n'était pas encore dur comme de la pierre, des fruits séchés, soigneusement enveloppés dans un carré de tissus, et le même petit sac contenant les pâtisseries très sucrées.
Nemu tendit sa tasse à Nýilóni quand celle-ci arriva jusqu'au petit feu.


-J'espère que vous n'avez pas eu à souffrir de la pluie cette nuit. Mais j'imagine que vous avez du voir plus d'une nuit pluvieuse dans ces montagnes. Servez vous pour le reste. Je crois que Balafre a encore un peu de fromage, et de la viande séchée, si vous voulez.

La magicienne se saisit de sa propre tasse, et retira le sachet de thé, arrêtant ainsi l'infusion. Le sachet se retrouva dans les flammes. Délicatement, elle se saisit d'une pâtisserie ronde et dure, et la posa délicatement dans sa bouche, avant de boire une gorgée de thé brûlant. La pâtisserie ramollissant, Nemu appréciant le goût du sucre, autant que la chaleur du breuvage, qui acheva de la dégourdir. Coinçant ce qui n'avait pas fondu de la pâtisserie dans une joue, elle but une nouvelle gorgée, qui acheva de dissoudre le sucre. Se faisant, ses yeux sombres n'avaient pas quitté Nýilóni, sans pour autant ne voir qu'elle. Du coin de l'oeil, elle pouvait apercevoir ce que faisait Balafre.


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Balafre
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Ven 10 Fév - 22:51

Balafre avait ouvert un œil durant la nuit, quand la pluie s'était abattue sur la toile de sa tente. Le Légionnaire s'était rendormi rapidement, jugeant que si la bretteuse était trop détrempée, elle irait s'abriter dans une des tentes, comme la grande fille qu'elle était. Elle était suffisamment grande pour avoir failli le tuer, alors elle l'était également pour se démerder. Le sommeil était précieux, et plus ils approchaient de leur but, plus Balafre savait qu'ils seraient sur le qui-vive, et les heures de sommeil paisibles seraient envolées depuis longtemps. L'aube ne tarda pas à venir, et Balafre s'éveilla comme à son habitude, conditionné par le réveil à la même heure, lorsqu'on est légionnaire. Il n'avait plus besoin de faire sortir du lit par son officier supérieur depuis longtemps, et s'éveillait même quelques minutes avant l'heure, lorsqu'il reprenait un service régulier.
C'était le cas en pleine nature, lorsqu'il pouvait dormir à la régulière. Si non, il s'adaptait, et grappillait les heures de sommeil quand il pouvait. A la guerre comme à la guerre. Expression dont la véracité ne tarderait pas à se vérifier si les mouvements de troupes de l'Empire tendaient à confirmer que la guerre ouverte était imminente. Raison de plus pour ne pas perdre de temps.

Le Semi-Orc s'extirpa de sa tente, enfilant aussitôt ses frusques, et replaçant le bandana qui masquait son crâne ravagé. Ses yeux noirs scrutèrent le campement. La Bretteuse n'était pas là. Bah. Sachant que Nemu se lèverait juste après lui, il décida de lui laisser le feu, et la préparation du thé, que la magicienne réussissait à merveille, même en terrain hostile. Balafre put donc aller se soulager au pied d'un arbre. Les montures en revanche, avaient bien besoin qu'on s'occupe d'elles. Deux destriers de guerre, celui de Nemu plus élégant que son canasson aussi couvert de cicatrices que lui. La bestiole était une de celle qui voyageait régulièrement avec lui, et un certain lien s'était tissé entre eux. Nourrir et abreuver les chevaux ne fut guère difficile, et ne lui prit pas longtemps. Entre temps, Nemu s'était affairée avec le feu, et avait même déjà remballer. Balafre roula des yeux, tout ça pour éviter de mouiller son gracieux derrière. Bah !
La bretteuse pointa le bout de son nez, et Balafre la salua d'un hochement de temps, alors qu'il terminait de refaire son paquetage. Rassembler ses affaires ne lui avait pris que quelques minutes, il ne s'étalait pas, et n'avait pas beaucoup de possessions. Il laissa tomber paquetage et fontes à coté du feu, et y appuya sa lame. Le légionnaire s'assit à même le sol détrempé, son lourd manteau noir le protégerait de la boue. Il prit la tasse qui lui était destiné, et avala une gorgée de thé chaud, qui eut le bénéfice de chasser les derniers lambeaux de sommeil.

-Ouais, j'ai ça.

Balafre déballa l'attirail. Autrement dit, il prit une de ses fontes, et se contenta de l'ouvrir, et de la mettre devant lui. Se servant au passage de son propre pain de voyage, qu'il rompit, avant d'y mordre à pleine dents. Ce n'était pas du meilleur goût, mais ça restait nourrissant. Et une gorgée de thé permettait de faire passer le tout.

-Sers toi hein. Et mange bien, parce qu'après, on s'arrêtera pas jusqu'à ce soir. Avec un peu de chance, on pourra crécher dans un village, et manger autre chose que ça.


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 12 Fév - 13:51

« J'espère que vous n'avez pas eu à souffrir de la pluie cette nuit. Mais j'imagine que vous avez du voir plus d'une nuit pluvieuse dans ces montagnes. »

Perspicace. C'était le plus juste adjectif que l'hybride avait trouvé pour qualifier la magicienne...

« Servez vous pour le reste. Je crois que Balafre a encore un peu de fromage, et de la viande séchée, si vous voulez. »

Nýilóni esquissa un grand sourire ravi alors que ses pommettes s'étaient légèrement rosies, par gêne. Peut être ses regards affamés étaient trop peu discrets et bien trop explicites?
Enfin elle accepta de bon coeur la tasse tendue par Nemu, mais refusa la nourriture offerte par Balafre d'un hochement négatif de la tête : elle avait faim, mais trouverait elle-même sa subsistance... Elle avait encore trop de fierté pour accepter ce qu'elle pouvait dénicher.
Après une nuit si humide, un thé chaud ne pouvait être refusé ! La jeune femme se demanda si la magicienne avait songé, au plus fort de la pluie nocturne, de l'inviter sous le couvert de sa tente ; non qu'elle lui en veuille -Nýilóni aurait refusé de toute manière- mais l'idée qu'elle eut pris en compte ses désirs, qu'elle les ait compris au point de respecter ses choix, pour cela, la jeune femme lui témoignerait une franche sympathie. En fait, il en allait de même avec Balafre ; elle l'avait moralement jugé lors que leurs lames, âmes des bretteurs, s'étaient rencontrées.

Le sourire encore aux lèvres mais aussi dans les yeux qu'elle avait cependant clos, Nýilóni savoura le breuvage. Les thés de Nemu étaient exquis, tels qu'elle les aimait : savoureux, riches mais subtil aussi. Elle ne se priva pas de la complimenter, en acquiesçant aux propos de Balafre distraitement.
Quelque chose....
Quelque chose titillait -c'était le mot juste- son attention.
Quelque chose lui provoquait un certain malaise.

Soudain, ses sens de Marcheuse et de Sidhe lui fournirent la réponse. Son affinité avec le métal était présent même si peu puissant, aussi elle s'inquiétait de pouvoir sentir une grande quantité de métal à proximité... Or elle était assise. Balafre et Nemu non loin. Donc la "masse métallique" était en mouvement puisqu'elle ne venait seulement maintenant de la détecter... Et la puissante magicienne ? Sentait-elle cette venue?
Un corps d'armée.
Sans doute. Un simple groupe de voyageurs, pilleurs ou bandits ne posséderait pas la quantité de métal suffisant pour qu'elle puisse sentir leur arrivée sans que sa vision ne la prévienne avant...

Elle se leva tout en murmurant d'une voix songeuse à l'adresse des deux compagnons :

« Nemu, peut-être le savez-vous déjà mais une troupe est en approche... Armée. »

Ce faisant, elle réajusta sa tenue, enfilant sa ceinture où était suspendu ses fourreaux, eux-mêmes occupés par ses sabres. Nýilóni les dégaina d'un mouvement fluide, coinça la garde entre ses cuisses et passa doucement la paume de ses mains sur les lames ; tout d'abord sur le plat qu'elle lissa aisément, puis le tranchant qu'elle aiguisa du bout des doigts avec un peu plus de difficultés. Enfin l'hybride effila la pointe courbe, pour qu'elle perce facilement les armures des soldats en approche.

Ennemis ou amis, voire inconnus, peu importait, il fallait être prête.

Elle jeta un regard déterminé à Nemu et Balafre.

« Il va de soi que je serai de votre coté, quelque soit le coté en question. »

S'était une déclaration futile, mais importante pour la conscience de Nýilóni. Elle avait un but, même s'il était que temporaire, cela lui procurait une satisfaction mêlée de soulagement.
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Nemu Oro Ji
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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Dim 19 Fév - 23:06

La bretteuse eut un regard bizarre, lâchant presque la tasse qu'elle tenait. Elle s'était levée, et le regard dans le vide, annonça de but en blanc, qu'une troupe armée approchait. Nemu échangea un bref regard avec Balafre, tout en reposant sa tasse. Joignant les mains, la magicienne inspira profondément, et ferma les yeux en expirant, n'entendant plus ce qui se passait autour d'elle. Elle chercha au cet état de concentration qui lui venait si facilement, et lança son esprit, pour sonder les alentours. A l'image de l'eau que l'on renverse, et qui avance inexorablement, s'étalant, la magicienne trouva ce qu'elle cherchait, lorsque son esprit se heurta à ceux de la patrouille. Le choc était infime, délicat. Mais suffisant pour gêner les deux magiciens de la patrouille, qui se composait avec eux, au total, d'une douzaine de légionnaires, tous à pieds. Ils avaient dû repérer la fumée de leur feu hier soir, et avaient dû marcher toute la nuit, pour les surprendre à l'aube. Fort heureusement, ils étaient éveillés, et prêt à réagir. Se débarrasser de douze hommes seraient un jeu d'enfants pour elle et Balafre, et la bretteuse était redoutable, pour ce que Nemu en avait vu.
Elle se retira, et rouvrit les yeux, réintégrant son corps. Elle secoua la tête, et prit le temps d'avaler d'un trait le contenu de sa tasse, chassant les dernières bribes du sortilège de projection.


-Une patrouille, ils sont douze. A pieds. Ils seront là dans quelques minutes. Ils ont deux magiciens avec eux. Alors même si nous fuyons à cheval, ils auront notre signalement, et nous ne pourrons plus faire de feu jusqu'à ce que nous soyons à l'intérieur de l'Empire. Je crains fort, Balafre, que nous devions faire un massacre, quitte à nous compromettre.


Viendrait en suite le cas de Nýilóni, après cet épisode, il lui faudrait soit l'éliminer, si elle en savait trop, soit la laisser aller dans l'ignorance. Mais pour ça, ils devaient anéantir cette patrouille. La bretteuse avait fait preuve d'intelligence, en dégainant. Pas moyens que Nemu puisse dissimuler l'apparence de Balafre en si peu de temps. Elle était douée, mais pas à ce point. Et il aurait fallu qu'elle use du sortilège sur elle, et sur la bretteuse également. Et si, son visage à elle, n'était pas connu, celui de Balafre était tristement célèbre. Alors pourquoi l'envoyer ? Eh ben, Balafre connaissait l'Empire sans avoir besoin de la moindre carte, et il était la force brute qu'elle n'avait pas. La magicienne se leva, et d'un geste, éteignit le feu, inutile d'ajouter une difficulté supplémentaire sur le terrain.

-Si tu peux, cache les chevaux, ordonna-t-elle au légionnaire, pendant qu'elle s'éloignait du centre du campement.

Le chuintement de lames fut distinct, et deux lames courbes et courtes, sortir de ses manches, pour venir se loger dans ses mains. S'ils s'étaient éveillés quelques minutes plus tard, ils auraient pu être surpris par les légionnaires.

-Vous avez un don remarquable jeune Bretteuse.

La douceur dans sa voix avait disparu, pour être aussi froide et sinistre que le chuintement du métal des lames qu'elle tenait. L'assassin personnel de la Marquise Écarlate se débarrassa de son identité de riche magicienne, pour n'être plus que la machine à tuer, qu'elle était. Ce pourquoi elle avait été modifiée. Elle savait Balafre aussi prêt qu'elle. En sondant à nouveau le terrain, elle sut qu'ils seraient sur eux dans quelques secondes. Elle percuta violemment l'esprit d'un des magiciens, et elle put entendre distinctement l'ordre d'attaquer. Nemu eut un sourire.


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MessageSujet: Re: Fin du quatrième jour de chevauchée.   Mar 21 Fév - 19:09

Ainsi qu’elle s’y attendait, Nemu vérifia ses dires en invoquant sa magie ; l’hybride n’avait pas assez de connaissances en la matière pour deviner quel sort la femme avait utilisé mais elle était cependant assez sensible à la magie pour le ressentir à proximité de la source du pouvoir. Après avoir ouvert ses paupières, elle prit le temps de terminer son thé avant de lâcher sur un ton tranquille, voire léger, que le groupe était au nombre de douze hommes, dont deux mages.
« Elle fait assez confiance à sa puissance et celle de Balafre pour se permettre un tel calme… » souligna la voix éthérée de Sigurd dans son esprit.
Nýilóni ralliait cette remarque qui fit croitre ses interrogations sur la véritable identité des deux compagnons : des voyageurs ? Que nenni. Elle était une simple hybride sans défense alors ! Nemu avait fourni une réponse, certes, mais cette dernière était de celles que l’on prononçait afin de clore le débat, ou de signifier au questionneur qu’il s’agissait là d’un sujet à ne pas évoquer. Par égard à leur aide, Nýilóni s’était tue. Mais aussi parce qu’elle pressentait que leur réponse aurait définitivement mis un terme à leur brève entente.

« Alors même si nous fuyons a cheval, ils auront notre signalement, et nous ne pourrons plus faire de feu jusqu'à ce que nous soyons à l’intérieur de l’Empire. Je crains fort, Balafre, que nous devons faire un massacre, quitte à nous compromettre. »

Se compromettre aux yeux de qui ? De l’armée en venue, ou bien… d’elle ? Nýilóni fronça ostensiblement les sourcils. Il y avait en les mots de Nemu un présage funeste. La jeune femme aurait dû interpeller les deux "voyageurs".
Mais elle n’en fit rien.
« Que cela me coutât la vie après, songea-t-elle avec un fin sourire, peu importe. Il est mieux de mourir que de se déshonorer… Cela, Sigurd, Nýilóni Kyrja l’a finalement retenu. »
Elle effaça de ses pensées la mort héroïque mais tragique de son père, son attention devant être consacrée au moment présent.

L’éclat discret de lames tirées au clair fit dériver son regard vers la silhouette altière de Nemu. Celle-ci avait perdu son masque de jovialité avenante pour emprunter celui de l’inflexible détermination.

« Il y a deux sortes de volontés : celle de feu, et celle de glace. La première se caractérise par un débordement d’énergie tel que l’on ne pouvait qu’étouffer sous ses assauts d’une rare violence, se briser sous les impacts puissants d’une ardeur déchaînée. Soudain. Violent. Indomptable. Mais passager. Un état de transe qui bien souvent te laisse aussi faible qu’au sortir de la maladie la plus foudroyante. Et il n’est pas rare que ces volontés de feu se consument dans les flammes de leurs émotions.
Et puis, s’y opposent les volontés de glace. Si la première peut être acquise par quiconque animé d’émotions, celle-ci se peut s’obtenir qu’après de dures épreuves qui vous ont entaillé l’âme à coup de pleurs, de douleurs, de souffrances et de rage. Irrémédiable, mais celui qui en survit est alors bien difficile à abattre. »

Lóni eut brusquement peur. Elle craignait cette femme joviale et au sourire apaisant, était capable de se montrer si glaciale… Car nul doute que la magicienne avait cette volonté de glace.
La jeune femme esquissa un franc sourire. Oh non, elle n’avait pas peur. Elle était terrifiée.

« Vous avez un don remarquable, jeune Bretteuse. »

La remarque vint comme gronderait l’orage au paroxysme d’une tempête de neige. Nýilóni n’y répondit pas, car qu’avait-elle à dire de vital ? Le combat s’annonçait, mais le prélude avait déjà débuté.
Elle jeta un regard bref à Balafre qui s’affairait, avant d’observer l’horizon d’où viendrait la troupe. Nýilóni murmura, songeuse :

« Douze personnes… Douze combattants…. Dix guerriers et deux magiciens… »

Sentant le poids d’un regard, elle ne se retourna cependant pas. L’hybride, sabres en main, s’avança pas à pas au niveau de Nemu, avant de la dépasser, toujours en réfléchissant.

« Dix hommes armés, deux mages… Dix armures. Dix épées… »

Elle s’arrêta brusquement, au bord du sentier presque effacé par le temps, et le nombre peu élevé d’allées et venues. Pivota lestement, face à Nemu et Balafre. Un air intrigué plus que soucieux sur le visage.

« Ce sont plus que de simples bandits de grands chemins, ou des sentinelles n’est-ce pas ? »

Elle hocha vigoureusement à sa propre déclaration.

« Ils sont en armure complète, les mages de même, malgré que ce ne soit pas le même métal. Voire les chevaux aussi. Ils ont des épées, et non pas des lances ou des dagues. »

Un air dubitatif modela ses traits faciaux tandis qu’elle fit :

« Ou alors ils se baladent avec une cargaison de métal. Ou leurs destriers sont en métal. »

Nýilóni acheva son exposé, sans qu’aucune autre émotion ne se lise sur son visage.

« Ils sont juste là pour vous, n’est-ce pas ? Enfin nous. Puisqu’ils m’ont vue en votre compagnie… »

Avant qu’ils n’aient pu émettre le moindre commentaire, elle rit. Un rire cristallin, audible sur un large périmètre, avec l’insouciance caractéristique des Sidhes.

« Des mercenaires, des gars dont le seul but est de vous annihiler ! Douze contre trois ! »

Voyant que l’hilarité de la situation n’inspirait guère les mêmes émotions chez les deux compagnons, Nýilóni leur demanda sans plus de détour, la voix trahissant un léger effarement :

« Par Caellach, vous êtes qui bon sang ? Nous allons affronter un corps d’armée expérimenté quatre fois plus nombreux que nous… »

Avec ses dix-neuf années passées, elle avait toujours combattu dans des milieux tous plus mal famés les uns que les autres : rixes, combats de coqs transposés à l’échelle humaine, défis, tentatives de meurtres, abordages… Elle maniait ses sabres avec assez de talent pour avoir survécu jusques là.
Mais des soldats entrainés, dont la vie était vouée au combat… Jamais ! Et Nýilóni avait l’intelligence nécessaire afin de savoir qu’un combat avec une brutes des tavernes (tiens, si jamais elle serait encore en vie, faudrait qu’elle la ressorte celle-là) n’avait rien de comparable avec un gars s’étant entrainé avec la perspective de botter les fesses aux criminels.
Elle leur dit sincèrement ce qu’elle en pensait, de cette entreprise téméraire :

« Est-ce la folie du désespoir ou l’assurance d’une victoire facile qui vous inspire tant de calme ? »

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