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 Course poursuite dans les ruelles

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Lycurgus
Télépathe
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Peuple : Un beau mélange stabilisé par des scientomages.
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Localisation : Ah ça mon cher, comment vous le dire tout en étant correct ?
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Sam 6 Aoû - 22:45

-Ah, les Jumeaux, toujours aussi efficaces, fit-il tout haut en regardant les trois silhouettes s'engouffrer dans le bâtiment délabré.

La retrouver avait été simple en fin de compte. Les Jumeaux avaient un flair infaillible, et ce cher Erebus était capable de la sentir si elle était à proximité. Du moins l'avait-il assuré, avant qu'ils se mettent en chasse. Mère avait vécu dans une cellule, et cette cellule, toujours intacte, si l'on exceptait la porte à moitié défoncée, contenait des draps et quelques vêtements qui portaient son odeur. Ils n'avaient eu qu'à les faire sentir aux Jumeaux. N'allez pas croire qu'ils sont aussi intelligents que des chiens, non, ça serait les sous-estimer... Les Jumeaux sont des prédateurs, et ceux qui s'en prennent à leur maman... Eh bien, ne sont plus là pour recommencer une seconde fois, quand ils leurs tombent dessus. Ils savent très ce qu'ils font. Toujours. Ne perdez jamais ça de vue.
L'odeur de Mère, était une piste, qu'ils avaient failli perdre avec toute cette pluie. Voila qui les agaça un petit moment. Et c'était là leur dernière chance de la retrouver, si jamais elle n'avait pas déjà quitté la ville. Nagendra et Jaromir étaient persuadés qu'elle n'avait pas pu partir. Et il ne pouvait qu'adhérer à leur logique, comment une cobaye aurait-elle pu sortir de la ville, et voyager, sans avoir des vivres, ni même de vêtements décents. Difficile de voyager en ayant l'air d'une mendiante. Trop dangereux. Et même si Mère venait de l'extérieur, si elle était dans la même situation que Nythil, elle ne se souvenait pas de grand chose. Dur de s'enfuir quand on savait pas où aller, et encore moins où on se trouvait. Alors Mère était peut être encore ici, comme l'avait laissé supposé son odeur. Cela faisait des jours entiers qu'ils étaient en chasse, et jusque là, ils avaient eu la chance. Jusqu'à ce jour de pluie. Une violente pluie. Ils persistèrent, et les y voila. Erebus avait dit vrai. Il l'avait senti, et il s'était mis à voler vers elle.
Ils découvrirent des cadavres dans la jolie ruelle humide. Certains démembrés, d'autres non. Et ils purent constater, qu'un bras avait servi de dîner. Les jumeaux émirent une pensée. Primitif. Ils trouvaient que se nourrir ainsi était primitif. Évidemment, quand on se nourrissait uniquement d'énergie, et que la nourriture n'était qu'une option, manger de la chair d'humain pouvait bien paraitre primitif. Pour sa part, Lycurgus trouvait ça dangereux. Surtout si celui qui avait fait ça détenait Mère.
Ils n'eurent pas à aller bien loin, l'odeur de mère était forte, émanant de l'intérieur du bâtiment. Ils parlaient d'odeur, mais trace psychique serait plus approprié comme terme. Et à l'exception d'un Marcheur, des Jumeaux, et de quelqu'un de très doué, n'importe quelle personne laisse derrière elle ce genre de trace. Avec une Ethérie, c'est très fort. Surtout quand elle ne se maitrise pas. Comme Mère.
Erebus fut le premier à se glisser dans la bâtiment. Il leurs confirma que Mère était bien avec quelqu'un. Et que ce quelqu'un s'amusait avec elle. Une bouffée de colère les assaillit. Encore un qui lui faisait du mal. Lycurgus rappela aux Jumeaux qu'il faudrait la sortir de là, avant de punir cet individu...
Il les regarda donc entrer, en s'infiltrant dans les murs. Effrayant ces corps sans consistance véritable. Vraiment. Il attendit donc dehors, alors qu'il pleuvait toujours. Il n'avait pas la faculté à disparaitre des Jumeaux. Personne ne pouvait sentir les Jumeaux. Tout comme personne ne pouvait sentir Erebus, jusqu'à ce qu'il décide du contraire. Redoutables n'est-il pas ? Quand il entendit le vacarme, il entra, et vit Talfryn sortir du plafond, en tenant Mère. Aha. La pauvre, elle était affolée. Et Talfryn n’arrangerait rien en la touchant comme il le faisait. Mère était nue.

-Talfryn, laisse là, tu vois bien que Mère a peur.

On luttait un haut. Un bruit sourd lui fit lever la tête. Et quand Lycurgus baissais les yeux sur elle, il fut frappé
par la couleur de ses yeux à elle. Magnifiques. Et cette peau parfaite, si blanche. Et maintenant que Talfryn l'avait laissé respirer, elle les reconnaissait. Il le voyait à son expression, partagée entre incrédulité, appréhension, et ce qu'il interpréta comme du soulagement.

-Talfryn remonte et dis moi ce qui se passe.

Son frère lui lança un regard de reproche, mais il s'exécuta. Après tout, Lycurgus était sensé commander, enfin, veiller à ce que les Jumeaux ne s'emballent pas. Il défit mon manteau, et enveloppa Mère avec. Il la prit par les épaules pour la lever.

-Ne restons pas là, je crains que le plancher ne finisse par s'effondrer.

Il l'entraina donc vers la porte, tout en continuant de la serrer. Il comprit alors pourquoi Talfryn n'avait pas pu s'empêcher de la toucher. C'était pour lui aussi, la première fois qu'il pouvait la toucher, lui parler, et qu'il était aussi près d'elle. Elle était plus réelle ainsi. Loin de l'image de la femme souriant joyeusement derrière une vitre, quand elle remarquait leur présence. Elle n'avait pas de sourire pour l'instant sur son visage. Cela viendrait. Parce que lui commençait déjà sourire. Mais Lycurgus se devait de rester concentrer, il ne pouvait pas encore crier victoire.


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Zian
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Peuple : Drow
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Sam 6 Aoû - 22:48

Il n'avait pas attendu d'objection, et il n'y en avait aucune à faire. Erebus l'avait retrouvée. Et quand il avait vu le bâtiment, il avait su que ça serait facile d'entrer. Le Marcheur se hissa sans difficulté, tout en volutes de son corps, comme un millier de manteaux en lambeaux, il s'infiltra en suite dans la structure, pour se quasi-solidifier sur le plafond. Elle était là. Elle n'était pas seule, comme ils l'avaient supposé.
Il était furieux, en rage. Comment osait-il la toucher ainsi ? Elle était à lui. A eux. Sa compagnon à lui. Leur Mère à eux. Et il voulait bien, la partager avec les Autres, ceux qui avaient, comme lui, aidé à engendrer ses enfants. Mais elle, qu'est ce qu'elle voulait vraiment ? Même lui ne s'en était jamais vraiment soucié. Personne ne s'en était soucié. Voudrait-elle bien revenir avec eux ? Ils n'étaient plus prisonniers, et il avait choisi de rester, parce qu'elle était encore dans cette ville. Il en avait eu la certitude, bien que ses raisons soient différentes des raisons pratiques évoquées par Nagendra le Serpent et Jaromir le Géant. Ces deux là aussi étaient restés.
Erebus se déploya sur le plafond lentement. Aucun des deux ne lèveraient maintenant le nez. Elle, elle avait les yeux fermés, la tête renversée sur le coté, et lui avait son visage enfoui dans sa nuque, dans ses cheveux. La pièce puait, et tout suintait l'humidité. S'accoupler dans un tel endroit... Erebus réprima sa colère. Le voulait-elle ? Elle qui avait tant voulu qu'on la laisse, et qu'elle retourne à cette vie dont elle ne se souvenait plus. Il la regardait, alors qu'elle bougeait au rythme que lui imposait l'homme sur elle, alors qu'il étendait lentement son corps sur tout le plafond.
Il pouvait imaginer que les Jumeaux se mettaient eux aussi en place. Il était convenu que Talfryn serait celui qui ferait sortir Eurydice. Talyne et lui se chargeait de l'homme. Mais avant, il se devait de déterminer de quelque espèce il était. Un lambeau de chair oscillant entre consistance et fumée descendit lentement, venant frôler le dos du mâle juste à l'instant où elle leva les yeux.
Thieffelin. Erebus montra les dents. Une réaction primitive. Mais il était terriblement en colère. En revanche, il ne s'attendait pas à ce qu'elle utilise ses pouvoirs de Tisseuse pour tenter de le sauver. Il se laissa tomber du plafond, alors que Talfryn s'emparait d'elle, et que Talyne surgissait derrière lui, le tirant en arrière. Loin d'elle. Erebus plongea à l'endroit où elle était allongée, rassemblant son corps, se dressant devant l'homme que tenait Talyne. Il voulait qu'il voit à qui il avait à faire. Erebus déploya son corps une nouvelle fois, plongeant la pièce dans un noir d'encre alors que ses mains plongèrent pour déchirer les chairs de l'homme.
Quel dommage que Sithmaith n'ait pu venir. Ils avaient dû la laisser à la Forteresse de l'Empereur, pour veiller sur Maimu. Chrysaor étant suffisamment grand pour s'occuper de lui même. Et il avait Nythil. Et Mio, ou Alyssa ne pouvaient pas toujours veiller sur elle quand les autres Enfants d'Eurydice cherchaient leur mère à travers toute la citée impériale. Et les autres, comme lui... inutile de leur confier une enfant. A part peut être à Jaromir. Le géant était raisonnable, patient, et calme, contrairement à Rajesh l'impétueux, ou Aqil l'inconscient... Et Nagendra et lui même étaient bien trop différents pour éprouver un quelconque amour fillial pour cette petite. Pas quand ils avaient Eurydice en tête.
Et maintenant, il était en colère, pas après elle, mais après lui. Il avait osé. Talyne s'occuperait bien de lui, et Talfryn rejoindrait bientôt sa sœur. Lui, il se contenterait de participer. Celui là n'en valait plus la peine, maintenant qu'elle était hors de danger. Et que Lycurgus l'avait récupérée en bas.
Ils étaient des idiots, aucun d'eux n'avait pensé à prendre des vêtements pour elle. Quand à lui, il n'en aurait plus besoin. Mais elle avait quand même essayé de lui dire de fuir, et il se débattait. Et il faisait ça plutôt bien. Mais personne ne pouvait résister aux Jumeaux. Et comme les autres qu'ils avaient eu entre les mains, il allait rendre l'âme.

-Meurs Tieffelin.


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Talyne
Enfant d'Eurydice
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Sam 6 Aoû - 22:51


Talyne n'avait jamais vu dehors. Ils avaient toujours connus, depuis leur naissance, des murs, et un ciel de pierre. Ici le ciel semblait si haut. L'air circulait. L'eau leur tombait dessus sans qu'ils doivent actionner une pompe, ou tourner le bouton d'un robinet. C'était presque magique. Ils s'étaient émerveillés de ce monde si nouveau, si étrange. Ils étaient libres. Et leur fallait juste Mère. Maman. Elle, elle les aimerait. A coup sûr ! Elle qui leur avait souri à travers cette vitre. Ils chérissaient ce souvenir. Et quand ils avaient suivi sa piste, leurs coeurs battaient la chamade, et ils se réjouissaient de la revoir. De pouvoir la toucher. Ils avaient le droit n'est ce pas ?
Leur frère Lycurgus les accompagnait. C'était bien. Ils aimaient bien frère Lycurgus. Père Erebus également. Ils le connaissaient bien, puisqu'ils avaient été enfermés avec lui. Et puis ils s'aperçurent que la trace de Mère s'effaçait à mesure que l'eau tombait plus fort. Ils accélérèrent. Mais rien y fit, ils la perdaient.
La colère et la frustration les gagnèrent. Mais Erebus dit qu'il l'avait retrouvé. Joie. Ils s'élancèrent à la suite de leur père, leur frère attendant en bas. Il fut décidé que Talfryn s'occuperait de faire sortir Mère, et qu'elle, elle s'occuperait du mâle avec elle. Père Erebus les aiderait.
Ils se glissèrent dans les murs, leurs corps pouvaient passer à travers toutes matières, ou presque. Mais là, c'était du bois et de la pierre, facile de passer dedans. Leurs corps devinrent aussi légers que l'air, aussi consistant que l'air, se glissant jusqu'à se re-matérialiser doucement. Mère vit Erebus, et celui-ci commença à tomber sur eux. Talfryn prit Mère, et elle, elle glissa deux bras sous les aisselles de l'homme, et tira, pour l'éloigner de mère, alors que la pièce était plongée dans le noir.

-Qu'est ce que tu faisais à ma Mère ? siffla-t-elle dans l'oreille de l'homme.

Elle enlaça l'homme, le faisant tomber du lit, une paire de bras sous ses aisselles, l'autre autour de son abdomen, et la plus haute paire lui tenait la tête. Talyne serra. Elle voulait entendre sa structure osseuse craquer, elle voulait que les os cassés sortent par sa peau, qu'ils la percent, et qu'il souffre. Elle allait lui broyer le crâne avec ses mains.
Elle, de toute sa vie, elle n'avait jamais pu toucher Mère, et lui un étranger, il avait pu la toucher. Elle ne lui pardonnerait pas. Talyne était en colère, et en même temps, elle sentait l'émerveillement et la joie de son frère, lui qui tenait Mère. Elle sentit frère Lycurgus, qui s’inquiétait. Ah...
Père Erebus se tenait là où Mère avait été allongée, il se rassembla, et Talyne sut en le regardant, que lui aussi était en colère après le mâle. Et puis il fit noir de nouveau. Elle y voyait quand même. Le mâle se débattait, mais elle était bien déterminée à ne pas le lâcher. Elle sentit son frère revenir vers eux. Il s’empara des jambes de l'homme, et le tira, pour les enfoncer dans le sol. Elle fit la même chose avec ses bras, exposant son ventre tendre, aux mains de Père Erebus. Bientôt, sa peau serait déchirée, et ses entrailles en sortiraient, rouges et saignantes. Et ils le laisseraient là. Comme il avait laissé les cadavres dehors. Il en avait même mangé, Lycurgus le leur avait dit. Frère était intelligent, et savait voir beaucoup de chose.


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Akayel
Alchimiste
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Peuple : Svart au sang d'immortel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Dim 7 Aoû - 13:18

Que de plaisirs, Eurydice m'était totalement soumise... j'étais brutal, je me passais de son consentement, et pourtant, elle ne me repoussait pas, au contraire, elle se laissa faire et alla même jusqu'à se montrer très conciliante, et ouverte. Elle finit même par y prendre plaisir, ce qui arrivait rarement avec mes autres compagnes d'une nuit. Il y avait celles, suppliantes, qui s'offrait dans l'espoir de survivre, qui éprouvait dégoût et peur, ou encore celles qui se débattent mais avec l'absence de consentement c'est moins aisé. Eurydice elle, s'était résigné. Elle savait qu'elle ne pouvait pas lutter, qu'elle n'y échapperais pas, et sachant cela elle devait sans doute se dire que tant qu'à devoir passer à l'acte, autant y prendre du plaisir.
Ses jambes passèrent autour de mes hanches, et les siennes suivaient mes mouvements. Je passais un bras dans son dos pour la coller encore plus à moi, nos peaux devenant humide de sueur au contact de celle de l'autre, si chaude, le rythme du coeur s'affolant... j'eus même la folle envie de mordre dans la chair de son cou, pour associer le plaisir du sexe au goût du sang ; mais c'aurait été un véritable gâchis de la tuer dès la première nuit, et de plus pas dès le début de l'acte, finir avec le corps de la demoiselle dépourvu de chaleur est une chose déplaisante, il vaut mieux planter les crocs au dernier moment...
Mmh, c'était si bon... je n'avais pas eu telle amante depuis le deuxième âge, et j'aurai volontiers fini ce moment d'extase comme il aurait fallu, mais malheureusement une lueur des plus dérangeante me coupa un peu mes moyens, avant qu'Eurydice ne me repousse violemment sur le côté, en me criant quelque chose que je n'entendis pas. Le choc me coupa le souffle un instant, et à peine recouvrais-je mes esprits que quelque chose me tira en arrière, s'agrippant à moi. Trois paires de bras, atypique, et je je ne reconnus pas l'odeur de la créature, ce qui ne voulait dire qu'une chose : c'était un hybride.

J'étais un peu pris au piège, l'aberration scientomagique me tenait d'une telle manière qu'elle aurait sans doute pu me briser comme une brindille. Ah, si je n'avais pas été déconcentré par mes ébats avec ma petite Ethérie ça ne serait pas arrivé. Tiens, la chose savait parler... et ils étaient venus pour Eurydice, ce qui ne m'étonna qu'à moitié. Soudain l'obscurité se fit sentir, un voile de ténèbres nous entoura, bien que cela ne me dérangea pas vraiment ; et je le sentis. Un Marcheur, un de ces foutus être planaire, l'une des rares bestioles ayant un semblant de chance face à moi, et présentant peu d'intérêt vu qu'immangeables. Un autre hybride apparut, et je pus constaté que ces deux saletés avait du sang immatériel, puisqu'elles me plongèrent pieds et poings dans le bois sous moi.
Que faire, sinon se débattre, essayer par tout les moyens de faire céder le plancher dans lequel j'étais encastré ? Avec des cri de rage, je bougeais comme un fou, et je pouvais sentir le plancher mal supporter mes sauts et mes assauts, essayant de libérer mes membres prisonniers... mes mains et mes pieds laissèrent mes griffes ressortirent, et ma peau reprendre lentement son aspect premier, c'est à dire toujours grise, recouverte d'une pellicule d'obscurité et dépourvue de pilosité, mais elle semblait plus épaisse, rugueuse, et dure. Et puis le Marcheur laissa échapper quelques mots qui eurent le mérite de m'énerver encore plus. Il pouvait toujours rêver le brumeux... Je luttai, mais ils me tenaient bien ces foutues bestioles, et je sentais presque ma fin approcher. Presque.

Je fermai les yeux un instant, pour les rouvrir entièrement rouge. Ma mâchoire se modifia en un craquement sinistre, l'allongeant un peu en me donnant un air des plus... étrange. C'est à ce moment que je perdis totalement mon sang froid, et que la part de mon héritage que je muselais par sécurité s'éveilla pleinement, ce qui n'était pas bon signe pour mes assaillants. Un bref grognement s'échappa de ma gorge, ce qui dut les surprendre après mes cris de forcené ; sauf que c'était comme un raclement de gorge, un petit quelque chose pour préparer ma voix qui s'était un peu modifié tout comme mon apparence...
Fermant les yeux, j'ouvris bien grand la gueule, et inspira fortement le plus d'air possible, et avant qu'il n'est le temps de réaliser ce que je faisais, c'était trop tard. Le son qui s'échappa de ma gorge n'avait rien de semblable avec celui d'une autre créature d'Inwilis. Un son puissant, insoutenable, à la fois grave et aiguë, changeant et régulier, faisant vibrer tout ce qui m'entourait, jusqu'au moindre grain de poussière de la ruine dans laquelle je me trouvais, et du résonner dans une bonne partie de la citée, pendant au moins une dizaine de secondes, figeant tout ceux qui l'entendait tant le cri semblait sortir tout droit d'un cauchemar, un son comme aucune créature ne devrait pouvoir pousser.
Sa seule propriété étant de déconcerter ceux qui l'entendent, et de tétaniser par son intensité, cela n'allait en rien m'aider, si ce n'est qu'en le poussant, mes assaillants furent pendant un très court instant déstabilisé, ce qui me laissa le temps de briser du même coup le parquet qui me retenait, me faisant choir jusqu'au sol dans un nuage de poussière et accompagné d'un tas de planches vermoulues, mais je repoussai sans encombre les débris, pour me tenir face à mes assaillants, et plus précisément, vers Eurydice, que j'aperçu à travers la porte et la poussière qui m'entourait.

Si j'avais montré un comportement de prédateur, elle n'avait pas encore fait face à ma véritable apparence. Cependant, je tenais à garder cela pour moi, même si ce n'était pas grand-chose finalement, je tenais à garder pour moi mes quelques "capacités" que j'arrivais à dissimuler tant bien que mal, alors pendant que la poussière retombait j'en profitai pour faire se résorber les attributs légué par mon paternel, et reprendre une apparence un tant soit peu normal. Et avant qu'un de ces foutus Marcheurs ne me remette le grappin dessus je bondis allègrement vers Eurydice, l'agrippant comme je pouvais et la tirant contre moi sans ménagement, sans que celui qui la surveillait n'ai le temps de m'en empêcher.
Je la plaquai contre moi, mes mains pourvus de leurs griffes, l'une enserrant sa si belle gorge, l'autre sur son ventre, prête à plonger dans ses entrailles, et je la tournai vers la demeure, gardant au coin de l'oeil l'autre, juste au cas où. Je l'avais entendu parler, l'un des hybrides. Il avait dit "ma mère". Ils étaient venu pour elle, et me ferait probablement rien si je la menaçai ; au mieux la tuer serait une vague diversion pour me replier en vitesse.

-Ce n'est pas très poli, vous auriez quand même pu nous laisser finir avant d'attaquer... De beaux petits bâtards que je vois là, et un de ces salopards de Marcheurs, j'ai jamais pu blairer les saletés de votre genre. Cette charmante petite chose m'appartient... J'en profitai pour m'amuser, et lui lécher l'oreille avec un regard amusé. J'ai sauvé sa misérable existence, elle m'appartient désormais, et je préfère encore me repaître de sa chair que de laisser cette magnifique petite chose entre vos mains dégénérées. Alors, on fait quoi maintenant ? Conclus-je, sans pouvoir m'empêcher de sourire.


Chaque jour, dites-vous que vous êtes le meilleur, le plus fort, et le plus mortel.
Éventuellement, vous commencerez à y croire.
Finalement, cela deviendra vrai.
C'est devenu vrai pour moi.


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Eurydice
Tisseur
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Dim 11 Sep - 17:03

Son coeur battait la chamade, cognant dans sa poitrine, le sang lui battait les tempes, tambour assourdissant dans ses oreilles. Incrédule, elle regarda son fils qui se tenait face à elle. Talfryn. Elle regarda autour d'elle, et découvrit Lycurgus, le deuxième enfant qu'elle avait mis au monde. Elle était nue, et son corps réagissait encore comme lors des assauts d'Akayel, elle eut envie de se couvrir, mais ce qu'elle ressentait, là, c'était du soulagement ? Ils étaient venus la chercher. Alors cela voulait dire qu'ils avaient survécu au massacre, et qu'on les avait laissé sortir. Assise au milieu des décombres, elle regarda le jumeau s'élancer, comme si son corps ne pesait rien. Elle suivit son mouvement, et comme une marre à la surface agitée, il passa dans le plafond. Elle vit du coin de l'oeil Lycurgus approcher, elle le regarda. Il pouvait presque passer pour un être normal. Si elle avait pu, elle aurait tendu ses bras vers lui.
Il l'aida à se relever. Eurydice resta silencieuse, ses mains sur sa peau étaient froides. Froid aussi était le manteau qu'il enleva, pour lui mettre sur les épaules. Elle lui en fut reconnaissante. Elle avait les jambes flageolantes, mais lorsqu'il la prit par les épaules, elle sut qu'elle pourrait partir. Elle jeta un dernier regard au plafond, des bruits sourds venaient d'en haut, et de la poussière tombait en nuages à chaque craquement sinistre.
La rue était vide, à l'exception des cadavres qui étaient encore là, pourrissants déjà. Elle détourna le regard. Lycurgus allait fermer le manteau pour la protéger du froid, du moins jusqu'à ce que Nythil arrive avec des vêtements. Il l'avait prévenue. Elle et Chrysaor. Eurydice sentit son coeur se serrer. Elle eut un timide sourire lorsqu'il lui expliqua que Nythil était un peu comme elle, et qu'elle ne quittait jamais Chrysaor depuis qu'ils étaient libres de leurs mouvements. Un cri perçant, qui la fit grimacer, insupportable, elle en avait les oreilles qui sifflaient.

Le plancher s'effondra dans un fracas épouvantable, soulevant la poussière et la crasse, un nuage d'où sortit en trombe Akayel. Elle n'avait pas de bras pour qu'il puisse l'attraper, alors il empoigna ses cheveux. Eurydice cria, et se rappela trop tard, qu'elle ne pouvait pas s'agripper à Lycurgus, qui tendit les bras pour la retenir. Elle se retrouva totalement nue et exposée, plaquée contre lui, elle sentit ses griffes sur sa gorge, son ventre. Le manteau de Lycurgus à ses pieds, une faible protection qu'elle aurait aimé avoir sur elle. Les larmes lui montèrent aux yeux. Pas maintenant, elle était si près de la délivrance, ils étaient venus la sauver. Erebus tourbillonna pour se figer, les mouvements de son corps étaient rapides, Eurydice savait que lorsque les volutes tourbillonnaient aussi violemment, elles reflétaient la colère du Marcheur. Talyne et Talfryn surgirent, emmêlés, depuis le sol.
Elle ne put que ressentir du dégout quand Akayel lui lécha l'oreille, la honte la submergeant. Ses yeux cherchèrent, et s'accrochèrent à ceux de Lycurgus. Son fils était calme, elle ne voyait aucun signe d'affolement. Elle se demanda s'il n'allait pas la laisser mourir, pour pouvoir étriper joyeusement Akayel. Eurydice déglutit péniblement, sentant la pression des griffes sur sa gorge.
Elle savait qu'il était inutile qu'elle parle à Akayel, elle n'était qu'un tas de chair pour lui. Rien de plus. La tuer ne lui ferait rien. Et il ne s'adressait même pas à elle. Lui demander de la lâcher ne servirait à rien. Lui demander de les laisser tranquille, ne serviraient à rien. Sa vie ne valait pas celles de ceux qui l'avaient contrariés. Elle se contenta de ne pas bouger, comme à chaque fois. La peur la tenaillait, pas celle de mourir, depuis qu'elle était là bas, elle savait qu'elle allait mourir, et que ça pouvait être d'un moment à l'autre. Elle avait peur de souffrir, peur d'implorer se rendant encore plus pleutre et misérable que ce qu'elle était déjà. Elle ne devait pas pleurer, et pourtant les larmes commençaient à s'échapper. Elle avait pu les revoir. Elle n'avait jamais pu les élever. Elle n'avait jamais pu faire plus pour eux, qu'un sourire derrière une vitre. Elle se demanda ce qu'aurait été sa vie, si elle avait rencontrée Erebus, et les autres, dans une vie comme celles des gens de la surface, est ce qu'elle aurait été heureuse ? Est ce qu'elle aurait pu être comme elles, ses femmes qui déambulaient au bras de leurs amants, maris, tenant par la main leurs enfants. Elle ne pourrait jamais plus faire ça. Ils étaient déjà grands, vieillis trop vite.
Lorsque les Jumeaux esquissèrent un pas en avant, elle secoua doucement, imperceptiblement la tête. Et vit Lycurgus qui leur fit signe que non. Ils ne devaient pas bouger. Est ce qu'ils allaient la regarder mourir ?
Au moins, elle ne serait pas seule comme ses pauvres bougres, qui se décomposait sur les pavés humides.


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Nythil
Anamchara
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Peuple : Lios, Esgaléenne
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Dim 11 Sep - 18:17

Le cri perçant lui fit se couvrir les oreilles, et se réfugier contre Chrysaor. Nythil frissonna, et retira lentement ses mains qu'elle avait plaquée sur ses oreilles. Ce cri là, n'était pas humain. Son géant n'avait rien, Chrysaor était comme un rocher au milieu de la tempête, rien de l'ébranlait. Pas même la panique qui avait régnée dans les souterrains, lorsque les hommes de l'Empereur avaient massacré les scientomages. Nythil se souvenait de son nom, et de ce qu'elle était, une Lios Alfa. Pendant tout le temps qu'elle avait passée en bas, elle avait oublié d'où elle venait, petit à petit, des lambeaux de sa mémoire s'étaient effacés. Et il y avait eu le Sceau sur sa langue, l'empêchant de chanter les sortilèges des Lios. Muette, elle avait été introduite auprès de Chrysaor. Elle devait concevoir un enfant avec lui. La scientomage qui s'occupait d'elle, voulait qu'elle apprenne à le connaitre, elle disait que ça faciliterait les choses, et que si elle l'aimait bien, l'excitation serait plus grande. Elle ne voulait pas, que Nythil se force. Il y avait d'autres candidats que Chrysaor.
Difficile d'apprendre à connaitre quelqu'un, lorsqu'on ne peut pas dire un mot, sans s'étrangler. Mais Chrysaor savait lire, et écrire. Elle savait aussi, alors, ils avaient écrit, pour se parler. Nythil avait découvert que les sortilèges des Lios fonctionnaient aussi, écrits aux bons endroits. Lorsque sa scientomage s'est faite tuer devant elle, Nythil prit la fuite, indifférente aux hommes armés qui lui criaient de revenir. La seule chose qui lui vint à l'esprit, était que Chrysaor la protégerait. Ouvrir la cellule lui fut impossible, et lorsqu'ils la rattrapèrent, elle voulut chanter. Le Sceau l'en empêcha, sa gorge se serra, et Nythil s'étranglait. Elle ne pouvait même pas appeler à l'aide. Un des hommes armés s'agenouilla devant elle, et prononça quelques mots. Le sortilège sur sa langue fut délié, et elle put respirer, et demander à Chrysaor de se calmer, lorsque celui-ci fut libre de ses mouvements. Ensembles, ils furent escorter jusqu'à une grande salle, où d'autres scientomages les examinèrent, avant que d'autres hommes et femmes en uniforme viennent leur donner des vêtements, et de la nourriture.
En suite, Chrysaor l'avait présentée à ses frères et soeurs. Nythil s'entendit tout de suite avec Sithmaith, et les Jumeaux, dans une certaine mesure. Et lorsqu'ils décidèrent de rester, de se mettre au service d'Argental Tar Sùrion, et de former les Enfants d'Eurydice après avoir été rejoints par d'autres des souterrains, Nythil aussi, était restée. Comme beaucoup, elle n'avait nul part où aller, et ne se souvenait pas, ne savait pas si quelqu'un l'attendait, ou la cherchait. Alors, autant rester. Elle avait participé aux recherches, lorsqu'Eurydice, connue de tous ceux des souterrains depuis la naissance des Jumeaux, n'avait pas été retrouvée.
Mais Nythil eut la chance de pouvoir récupérer ses vêtements, lorsque des caisses de bois et de métal furent remontées des souterrains. Elle eut droit à un dossier complet sur elle, et à ses possessions, méticuleusement empaquetées, et étiquetées. Une soldat lui avait gentiment lancée qu'elle devait venir de l'Andanorië, ou d'une tribu de l'Empire, vu ses vêtements. Nythil les adorait, un simple soutient gorge de tissus, une jupe fendue sur les cotés jusqu'en haut, et un voile, le tout d'une couleur pourpre, se mariant à celle de ses cheveux. Mais surtout, elle adorait les ceintures et ornements en métal qui tintaient à chacun de ses mouvements. Elle faisait ainsi écho à Chrysaor, qui tintait lui aussi, à chaque pas.
Ils tintaient tous les deux maintenant, traversant les rues d'un quartier mal famé. Elle était assise sur son épaule gauche, et Chrysaor avançait imperturbable, vers la source du cri, et vers Eurydice. Nythil sursauta, Lycurgus lui envoyait un second message. Elle tapota la tête de son géant, qui s'immobilisa. Elle sauta doucement à terre, ses pieds nus claquant sur les pavés humides, alors qu'elle tintait.

-J'y vais. Tu attends que j'ai fini de chanter.

Ah oui, l'autre particularité de Chrysaor, était qu'il n'était pas affecté lorsqu'elle chantait. Les Jumeaux non plus, mais eux, ils étaient très différents. Elle se laissa guider par les instructions de Lycurgus. Elle arriverait dans le dos du Tieffelin. Nythil se mit à chanter, d'abord à voix basse, sa voix s'élevant au fur et à mesure qu'elle s'approchait d'eux, jusqu'à ce qu'elle enfle, comme la marée qui monte. Une voix que seule une autre Lios pourrait égaler, hypnotisant, apaisante. Nythil chantait le Sommeil et la Paralysie, un chant utilisé par son peuple pour se déplacer, lorsqu'ils ne pouvaient éviter des adversaires. Un chant au rythme lent, langoureux.
Elle arriva dans son dos, sa voix s'amplifia, et son chant redoubla d'intensité, le visant lui. Elle chanta le Sommeil et la Paralysie, sa voix s'insinuant dans la pierre et l'air, s'insinuant jusque dans son cerveau. Nythil chanta tout en s'approchant. Elle les contourna, elle la découvrit pour la première fois. Eurydice était petite, pulpeuse, pâle, et magnifique. Nythil chantait, paralysant le mâle qui la tenait, grâce aux antiques chants des Lios. Doucement, elle écarta les mains griffues de la chair blanche, sans cesser de chanter, et elle prit Eurydice par la taille, l'attirant vers elle, la forçant à marcher contre le sortilège qui la paralysait elle aussi. Elles furent enveloppées par les Jumeaux, et Nythil se tut. Le sol trembla alors sous les pas de Chrysaor.


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Chrysaor
Anamchara
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Dim 11 Sep - 19:41

Le Géant pencha la tête, s'il avait pu sourire, il l'aurait fait. Ses frères et sa soeur avaient retrouvé Mère. C'était la première fois depuis des semaines, qu'une de leurs expéditions étaient fructueuses. La peur la perdre pour de bon les avaient tous tenaillés lorsque la pluie s'était mise à tomber. Lycurgus avait demandé à Chrysaor et Nythil de partir de leur coté, Mère n'était pas loin, et avec la pluie, elle s'était sans doute réfugiée quelque part. Les bâtiments inhabités ne manquaient pas ici. Ils avaient fait peur à quelques personnes qui vivaient là, Nythil lui avait dit qu'ils étaient pauvres, et qu'ils n'avaient pas de maison à eux, alors, ils venaient s'abriter ici. Comme Mère, avait pensé Chrysaor. Elle avait du partir lorsque l'armée du nouvel Empereur avait déferlée dans les souterrains. Et dans la confusion, personne ne l'avait vu. Chrysaor avait eu peur lorsque les soldats avaient déposés, presque sans fin, des cadavres en ligne dans la Cour. Le Géant appréhendait d'y trouver sa mère. Jaromir, son père, lui en avait souvent parler. Erebus et lui semblaient être de ceux qui la connaissaient le mieux, de tous leur pères respectifs. Nagendra, Aqil et Rajesh semblaient plus détachés, à l'image de Lycurgus. Mais malgré tout, ils les avaient rejoints lorsque Lycurgus avait proposé de former les Enfants d'Eurydice avec ceux des souterrains qui avaient choisi de rester.

Avec l'aimable autorisation de Gjallahorn Zul'Adara, le Général sous lequel étaient placés les Enfants d'Eurydice, ils avaient pu partir en petits groupes à la recherche de leur Mère. Que ce soit eux, ou ceux qui ne sont pas nés d'Elle, ils se mirent à fouiller la citée Impériale. Ils avaient trouvé sa trace à plusieurs reprises, mais elle était déjà partie. Sauf aujourd'hui. Chrysaor se dirigea alors vers ses frères et sa soeur, Nythil sur son épaule, se tortilla. Elle lui tapota la tête. Elle faisait toujours là lorsqu'elle était nerveuse, ou bien pour qu'il s'arrête, lorsqu'elle voulait descendre. Nythil ne le quittait jamais, pas depuis qu'ils étaient sortis, et qu'elle pouvait lui parler. Lorsqu'il devait se déplacer, elle avait pris l'habitude de le suivre, et puis finalement de montrer s'assoir sur une de ses épaules, entre ses appendices cornus. Nythil ne pesait rien, aussi Chrysaor n'était pas gêné, et il appréciait sa présence. Nythil était le rayon de soleil qui avait égayé ses journées en bas, et maintenant qu'ils étaient libres, il l'appréciait d'autant plus, qu'il n'y avait eu personne pour les regarder s'unir, personne pour les observer...
Chrysaor sentit une bouffée de colère monter, il accéléra le pas. Mère était aux mains d'un Tieffelin, il voulait lui faire du mal. Il s'arrêta lorsque Nythil tapota son crâne. Elle descendit avec les tintements habituels, le son en était presque cristallin. Il se contenta de rester où il était, la regardant partir devant. Lorsque sa voix s'éleva, Chrysaor frissonna. Il continua d'avancer doucement.

La voix de Nythil se tut.
Chrysaor se mit à courir, le géant traversa même un mur pour arriver plus vite, le mur avait eu le malheur de se dresser entre lui, et celui qui menaçait sa mère. Il n'était pas difficile à reconnaitre. Encore sous l'emprise du chant de Nythil, Chrysaor n'eut qu'à le balayer d'un revers de main, avant qu'il reprenne ses esprits. Il ne lâcha pas pour autant, le géant tendit une main, attrapant par les jambes le Tieffelin, le jetant aux pieds de Frère Lycurgus.


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Lycurgus
Télépathe
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Dim 11 Sep - 19:46

Lycurgus soupira d'ennui. Décidément, ils étaient tous pareils. Lorsque les hommes s'étaient massacrés, les scientomages avaient pris des cobayes en otages, cela n'avait pas empêché les soldats de les tuer, quitte à tuer le cobaye. Néanmoins, il s'agissait de Mère, et pas d'un vulgaire cobaye. Il se força à reste immobile, son troisième oeil, situé au niveau de sa gorge, s'ouvrit lentement, alors que les Jumeaux et Erebus arrivaient. Le Cri lui avait laissé un sifflement désagréable dans les oreilles. Il s'en remettait lorsqu'il avait prit mère sans ménagement. Elle avait crié. Lycurgus avait sentit la colère, une colère partagée par ses frères et sa soeur, et par Erebus, dont le corps ne cessait d'aller venir entre les plans. Il lui fallait réfléchir, et l'ultimatum lancé par le Tieffelin lui servait. Il appela Nythil et Chrysaor qui n'étaient pas très loin. Et même s'il serait sous l'emprise de Nythil autant que le Tieffelin ou Mère, Chrysaor et les Jumeaux ne le seraient pas. Il ignorait si ce serait le cas pour Erebus, alors il ne lui fit pas part de ses plans.
Il guida Nythil à travers les rues, projetant son esprit. Mère riva alors ses yeux aux siens. Elle avait vraiment des yeux d'une couleur magnifique. Et un regard si triste. Il la trouva belle à cet instant, tellement vulnérable, et pourtant, elle ne bronchait pas, des larmes silencieuses perlant à ses yeux.
Il secoua la tête quand les Jumeaux s'avancèrent, leurs pensées étaient devenues incohérentes du fait qu'ils aient fusionné, et Lycurgus dut faire un effort pour les calmer. Mère ne risquait rien.

La voix de Nythil inonda les rues, et il se laissa bercer par le chant, son corps s'alourdissant, sa volonté de bouger annihilée par le sortilège de la Lios. Il ne comprenait pas les mots qu'elle chantait, et tant qu'elle chantait, il s'en fichait. Lorsque sa voix s'éteignit, comme une vague se retirant du rivage, Lycurgus se réveilla, le sol tremblait, et une des bâtisses ne résista pas au passage de Chrysaor, dont la main frappa le Tieffelin. Il le rattrapa au vol, par les jambes, pour le jeter à ses pieds.
Lycurgus se pencha, et la cicatrice en forme de croix sur son torse s'ouvrit, déversant des cordes de lumières et d'ombres, ainsi qu'une petite bestiole faite d'ombre, qui se glissant en rampant sur le Tieffelin, grimpant sur son visage, avant de ramper jusqu'à son oreille, pour venir s'y nicher. Le Parasite était composé d'une partie de sa magie d'Artiseur, il fonctionnait à merveille lorsqu'il s'agissait de faire dormir une proie récalcitrante.

-Alors, on fait quoi maintenant ? demanda-t-il en souriant.

Son sourire lui tordit le visage, son oeil rougeoyant presque joyeusement, lorsque le parasite fut totalement rentrer. Il eut alors accès à toutes les pensées du Tieffelin, la structure de son mental lui apparaissant aussi clairement que son corps. Lycurgus entra comme un typhon, bousculant ses pensées pour atteindre cette région de l'esprit, où certaines personnes parviennent à s'enfermer pour se protéger. Il s'y installa, et manipula Akayel pour qu'il perde conscience, et qu'il reste inconscient jusqu'à ce que Lycurgus lui retire le Parasite.
Le Tieffelin avait une volonté féroce, il était tenace, un vrai prédateur. Mais lui, il avait été conçu pour affronter des créatures comme lui, pour être le soldat qui ravagerait des armées entières par la pensée. Du moins, c'est ce qu'ils avaient prévu pour lui, lorsqu'ils l'avaient modifié génétiquement, pour répondre aux besoins de leur folie. Et pire, lorsqu'ils avaient ouvert son torse, pour y glisser un Marcheur mourant. Ce qui sortait de son corps, n'était rien d'autre que des morceaux renouvelés du Marcheur. Une horreur. A vomir, presque.
Il se redressa.

-On rentre. Et on l'emmène aussi.


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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Lun 12 Sep - 15:35

Elle était à moi, et je n'avais aucune envie de la céder. Eurydice... on en trouve trop peu des filles comme ça. Je n'avais pas non plus envie de la tuer, mais si je leur laissais, il était presque sûr que j'y laisserai aussi ma vie ; une vie très longue et que je ne tenais pas vraiment à voir s'éteindre à cause d'une femme, aussi bonne soit-elle dans un lit. Ils tenaient à elle, c'était pour cela qu'ils étaient venus jusqu'à nous, et interrompu nos ébats. J'aurai pu lui faire goûter à des plaisirs comme seul moi peut en procurer à une femme, mais hélas je me retrouvais nu dans une ruelle, sous la pluie, prêt à égorger une femme au corps exquis pour échapper à une bande de bâtards dégénérés qui m'étriperaient bien s'ils le pouvaient. Et dans la bousculade j'avais perdu mon sac... merveilleux...
La tension montait, devant moi toutes ces choses pitoyables me regardaient, peu enclin à me laisser partir, et bien plus à me sortir les tripes. Sur mes griffes posé sur la gorge de mon otage, coula quelques larmes ; pourtant je ne la sentais pas pleurer... elle me faisait sourire...

Ah, les Lios, il en restait bien peu depuis qu'Alatairë avait été réduit en un désert poussiéreux rempli d'erreurs de la nature bien moins élégantes que celles qui me faisait face. Je regrettai bien souvent leur goût, un met devenu rare, parti en fumée tout comme des années de recherches compilé dans mon ancienne demeure. La destruction de la citée m'avait en effet beaucoup marqué, j'avais perdu la meilleure nourriture qui soit, des travaux inestimable, et la guerre qui couvrait un peu mon appétit dévorant se termina.
Bref, tout ça pour dire que je fus un peu surpris d'entendre un de ces chants si sublimes, à tel point que je ne le remarquai pas immédiatement. Et encore, en l'entendant, je ne fus pas tout de suite alarmé ; la voix m'envahit, et me berça tant par sa beauté que par les souvenirs que pouvait faire remonter en moi les chants de Lios... oui, j'avais définitivement perdu beaucoup trop de choses dans la chute d'Alatairë... et quand je réalisai ce qui m'arrivais, j'étais paralysé, et quoi que je puisse faire, j'étais prisonnier.

Une Lios, une vraie, apparut devant moi, pour m'ôter Eurydice d'entre les griffes, et sur le moment j'en avais plus grand-chose à faire ; moi qui pensais ne plus jamais pouvoir planter les crocs dans la chair d'une de ces créatures... seulement pour l'instant j'étais paralysé, bien que ça ne dura pas. Quand le chant cessa, et avant de recouvrer mes mouvements, je reçu une claque, au sens propre, d'une force telle que ça me fit quitter terre ; j'avais cependant vu pire. Réceptionné au vol par mon agresseur, je redescendis pour m'aplatir face à la chose à laquelle j'avais arracher ma chère petite Euridyce.
Il prit un malin plaisir à me renvoyer ma question, ce qui me fit sourire. Pitoyable morceau de viande dégénéré... Son abdomen s'ouvrit pour déverser sur moi un flot de lumière et d'ombres, un curieux mélange que seul la folie pourrait engendrer. Et parmi ces choses sortit de son corps, une étrange créature ressemblant à un insecte me tomba dessus.

Ah, c'était bien le genre de ces maudits cloportes, ce bétail dont j'aimais tant me nourrir... pour combler leur faiblesse ils rusent, se servent des autres, et là ils s'étaient surpassés en créant ce genre d'horreurs, des aberrations capable de rivaliser avec moi, un Tieffelin, et pourtant les saletés qui en sont capables sont rares. La chose qu'il engendra se fraya un chemin sur ma peau pour venir s'introduire dans mon crâne, et s'infiltrer dans mon esprit. Je pouvais la sentir farfouiller, s'insinuer, sans pouvoir y résister. Ou faiblement. Tout ce que je pouvais faire, c'était essayer de limiter les dégâts, de ne pas le laisser fouiner partout... il y avait certains souvenirs que je ne voulais pas que qui que ce soit puisse voir, encore moins une de ces... choses...
Il me forçait à dormir, et avec toute la rage dont je pouvais faire preuve j'ai lutté. Mais ça n'a pas suffit. Mon esprit, mon corps, tout s'assombrit. J'étais à leur merci, inconscient, en me demandant ce qui allait se passer quand je me réveillerai.
Si jamais je me réveillais...


Chaque jour, dites-vous que vous êtes le meilleur, le plus fort, et le plus mortel.
Éventuellement, vous commencerez à y croire.
Finalement, cela deviendra vrai.
C'est devenu vrai pour moi.


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