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 Course poursuite dans les ruelles

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Eurydice
Tisseur
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Peuple : Etherie.
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MessageSujet: Course poursuite dans les ruelles   Dim 17 Avr - 22:15

Ses pieds claquaient douloureusement contre le sol pavé, elle courait même dans les larges flaques d'eau. Elle n'avait plus les chaussures qu'elle avait pris dans le laboratoire avant d'en sortir. Elle tenait fermement les pans de sa cape avec sa bouche, courant toujours plus vite, bifurquant à des coins de rues qu'elle ne connaissait pas, se rattrapant aux murs des bâtiments quand elle manquait de tomber. Elle sentait l'eau qui l'éclaboussait, trempant ses bandages de fortunes, à chaque fois que ses pieds rencontraient les flaques causées par l'irrégularité des pavés. Dans cette partie de la ville, les petites rues étaient moins bien entretenues que celles des grandes avenues. Eurydice n'aimait pas les grandes avenues, parce que les autres finissaient toujours par la regarder comme si elle était un animal fantastique. Comme eux, quand ils l'avaient contemplée, quand elle était dans la cuve.
Elle avait bien essayé de partir de la ville, mais elle s'était perdue. Elle ne connaissait pas le chemin. Les routes. Rien n'avait de sens. Elle avait tournée en rond, et s'était alors retrouvé face aux grandes portes qu'elle avait passé, en pensant qu'elle en avait fini avec cet endroit de cauchemar.

Elle errait de rues en rues depuis des jours, peut être des semaines. Parfois, elle faisait comme les autres mutilés, elle s'asseyait et faisait la manche, jusqu'à avoir assez d'argent pour pouvoir s'acheter à manger. Elle n'utilisait les bouteilles rouges qu'avec parcimonie, c'était la seule chose qu'elle avait quand son corps réclamait de la nourriture, qu'elle ne pouvait pas s'en acheter. Quand elle ne mendiait pas, elle rasait les murs, se cachait dans les sombres recoins d'impasses ou personne ne risquait de la trouver. Elle gardait la tête baissée, dissimulée sous le morceau d'étoffe qui lui servait de cape. Elle avait revendu les chaussures pour pouvoir s'acheter une robe, une robe toute simple. Le tissus n'était pas de bonne qualité, d'une couleur encore brute, pas très chaud, mais c'était mieux que la blouse blanche. Elle s'en était débarrassé, pour s'acheter des sous-vêtements. Eurydice s'était alors sentie moins vulnérable. Pour ses pieds, elle avait déchiré un morceau de tissus, récupéré dans les poubelles d'une boutique de vêtements, des chutes de tissus bariolées. Parfois, elle s'installait près des grandes portes, et regardait les gens sortir, et entrer. Des gens vêtus de beaux atours, de belles dames, des dames habillées comme des guerrières, des aventurières, qui n'avaient peur de rien, qui pouvait battre un homme à plat de couture. Pas comme elle. Eurydice avait la trouille, de tout, de rien. Elle se sentait toujours traquée. Et dormir était parfois impossible.

Elle courait, et derrière elle, des voix comme des aboiements. Eurydice ferma les yeux, la peur faisait monter plus d'adrénaline à son cerveau. Ses pieds martelaient le sol. Il pleuvait. Elle devait lutter pour tenir debout, encombrée qu'elle était pas son sac. Mais à l'intérieur, il y avait sa nourriture fraîchement achetée, et le reste des bouteilles rouges, qui s'entrechoquaient à chaque virage. Eurydice pria n'importe quel dieu qui voudrait bien l'écouter, que les bouteilles ne se cassent pas. Elle fuyait. Ils l'avaient vu sortir son argent, avec ses mains de fils d'énergie. Elle avait été imprudente. Il n'y aurait personne pour l'aider. La panique ravageait son cerveau, brouillant ses perceptions. Sa vue était obstruée par ses cheveux qui lui collaient au visage, par la pluie qui dégoulinant de ses cils noyait ses yeux. Ou bien était-elle en train de pleurer ? Elle luttait aussi pour respirer, ses poumons étaient en feu, et chaque goulée d'air était happée. Une fois de plus Eurydice luttait pour sa survie. Elle dérapa sur le pavé glissa, se rattrapa de justesse, ses ongles ripèrent sur la pierre du sol. La douleur. Ses talons comme ses orteils. Elle était certaine qu'elle saignait. Eurydice hoqueta, elle ferma une nouvelle fois les yeux, sa main libre chassa l'eau de ses yeux. Elle tourna une nouvelle fois, et pourtant derrière elle, les pieds bottés continuaient de faire trembler le sol dans un fracas aussi assourdissant que des grêlons. Leurs voix trahissaient leur colère et leur excitation. Pourquoi elle ? Elle ne ressemblait pas à quelqu'un de riche. Elle n'avait eu que ces quelques pièces données au boutiquier et quand elle était sortie de l'échoppe, elle ne les avait pas remarqué tout de suite. C'est seulement le malaise qu'elle éprouva au bout de quelques pas, qui la força d'abord à garder son calme, continuer d'avancer, jusqu'à ce qu'elle commette l'erreur de se retourner. Elle les avait vu, tous les cinq, trois hommes et deux femmes. Elle s'était figée. Et une des femmes lui avait dit que tout se passerait bien si elle ne résistait pas. Eurydice avait pris la fuite.
Elle tourna encore une fois, et se heurta violemment à un mur.




Dernière édition par Eurydice le Lun 18 Avr - 0:48, édité 1 fois
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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Lun 18 Avr - 0:41

Le vent était glacée et mordait la chair comme des coup de griffes, et la pluie battante imprégnait le tissu, frappant tout ce qui se trouvait sur son chemin comme avec la volonté de laver les sombres rues d'Hitokage. Les nuages noirs couvraient totalement le ciel, et ce dernier semblait si bas qu'il pourrait effleurer le toit des plus hauts bâtiments... le déluge ne cesserait pas de si tôt, comme si Virva s'acharnait et voulait noyer la Citée Impériale. Amusant. Les petites rues étaient encore le meilleur moyen d'éviter le vent et d'esquiver partiellement la pluie, ce pourquoi j'eus porté mon choix sur les petites ruelles, qui était d'ailleurs plutôt tranquille ; et puis l'heure était bientôt au repas, la tranquillité et l'étroitesse des petites rues couplés à l'obscurité dut aux nuages masquant l'astre solaire, ce qui me convenait parfaitement. Mes vêtements étaient trempé, et ma cape n'était qu'une protection dérisoire, mon corps grelottant par moment, alors que je regardais plus le sol que devant moi pour éviter que des gouttes poussées par le vent ne viennent gêner ma vision.
Personne, un vrai désert, et les rues d'Hitokage formaient un vrai labyrinthe, mais comme je n'avais pas de destination précise, ce n'était pas un souci ; j'aimais me perdre sur les pavés de sombres allées, en attendant de cueillir une belle proie se jetant sans le savoir dans la gueule du prédateur que j'étais... mais visiblement, à part des mendiants rachitiques et puants à qui la pluie ne faisait pas de mal, et améliorerait sans doute l'odeur, qui me révulsait grandement... autant dire que je toucherais jamais à une viande aussi douteuse, bien que ne me privant pas d'en frapper quelques uns au passage, leurs incessantes jérémiades et appel à la générosité me dégouttant ; quoi de plus normal que de leur offrir mon intérêt, plutôt que de les voir comme de simples déchets, ce qu'ils sont à mes yeux, et aux yeux du monde sinon ils ne seraient pas dans une telle situation... Pitoyable...
Comme toujours je ne faisais aucun bruit en marchant, sinon celui discret de mes bottes sur les pavés et les bruissement du tissus, sons nettement atténués par l'eau qui frappait tout ce qu'elle touchait assez bruyamment. Par contre, quelque chose plus loin faisait un raffut qui s'entendait clairement malgré l'averse, et j'eus le réflexes de me cacher dans l'ombre, chose assez facile compte tenu de mes origines et de mon apparence... A quelques mètres devant moi une femme à l'allure des plus miséreuse, une mendiante à première vue, qui venait d'une rue adjacente. Visiblement, elle était poursuivis, cela s'entendait au fracas venant de la rue d'où elle sortait, et le fait qu'elle court sans vraiment faire attention à où elle venait, ce qui lui valu de rencontrer un mur. Les autres personnes arrivèrent, et s'arrêtèrent près du corps déboussolé de la jeune femme sur le sol. Cinq individus, qui changeait fortement des miséreux qui traînaient dans les rues sombres. Cinq êtres inférieurs à moi, qui semblaient hostile. Je ne sus contenir un sourire carnassier, alors que je faisais glisser mon sac à dos sur le sol, et laissais aussi ma cape. Ça allait être amusant...

-Eh toi ! Disparais de là, ce qui s'passe ici c'est pas tes oignons ! Lança un homme du groupe à l'allure peu fréquentable.

Ohoh, quel insolence. Je ne pus m'empêcher de sourire alors que je marchais vers eux, et me plantai devant l'inconscient qui osa m'offenser.

-Je sais quel est ton destin. Tu vas poser une question, et mourir avant d'avoir la réponse.

-Mais qui êtes-vous ?!

Avant qu'il ne réagisse, mes doigts prirent la formes de griffes, que je plantai sans qu'il ne le vois venir en pleine poitrine, et d'un coup de pied je ressortais mes griffes en faisant gicler son sang et l'envoyant percuter une des brutes. Les trois autres restèrent un instant sans comprendre vraiment comment j'avais fait ça, instant qui me laissa le temps de broyer sans même sortir mes griffes la gorge d'une femme, l'empêchant de crier en bloquant sa trachée et lui brisant les os de la nuque, la tuant sur le coup malheureusement. Les deux autre se jetèrent sur moi, pendant que le dernier écartait le corps de son comparse qui répandait son sang sur lui. Ils avaient sorti des couteaux, mais n'eurent pas vraiment le temps de se préparer à me poignarder, car j'avais anticipé et foncer vers eux, les coupant dans leur élan en leur ouvrant le ventre du bassin au cou en leur brisant le plexus solaire ; là ils allaient agoniser douloureusement.
Le dernier, ou plutôt la dernière, était pétrifié, alors qu'elle me regardait avancer lentement, un grand sourire sur le visage, l'éclat d'une bête sauvage et assoiffée de sang, et le sang coulant le long des griffes qui redevinrent lentement des doigts. La femme hurla de peur, et tenta de fuir maladroitement, mais je lui coupa la retraite en bondissant sur elle, l'immobilisant au sol avec un craquement sonore, lui ayant sans doute casser une jambe avec mon genou.

-Je vous en supplie, faites ce que vous voulez de moi mais ne me tuez pas !!!

-Désolé, mais l'un n'ira pas sans l'autre...

Je dévoilai mes crocs en souriant, de longs crocs qui vinrent se planter dans la chair de son cou alors qu'elle hurlait de plus belle, cri qui se noya dans son propre sang alors que je la vidai de tout son liquide... elle avait un goût des plus délectable, et je pris le temps de la vider d'une bonne partie de cette substance rouge et vitale... Puis je me relevai, et m'apprêtai à faire un joyeux festin, mais l'autre femme, celle qui était poursuivi comme une proie par mes proies, ce qui était ironique, car je ne la considérai pas comme telle. Elle était un déchet, je ne la dévorerais pas ; mais après tout, elle pourrait me surprendre...

-Relève-toi, miséreuse, tu es hors de danger... Soufflai-je d'une voix glaciale.


Chaque jour, dites-vous que vous êtes le meilleur, le plus fort, et le plus mortel.
Éventuellement, vous commencerez à y croire.
Finalement, cela deviendra vrai.
C'est devenu vrai pour moi.


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Lun 18 Avr - 10:12

Elle s'était littéralement fracassée contre le mur, elle avait dérapé sur les pavés rendus glissant par l'eau. Sa cheville avait peut être craqué, à moins que ça ne soit une des bouteilles dans son sac. Elle ne savait pas. Eurydice rencontra durement le pavé humide, dans une jolie gerbe d'eau, sonnée. Ses pieds lui faisaient mal, l'eau l'engourdissait, et ses poumons brûlaient. Elle roula sur elle même, sa vision brouillée lui montra cinq paires de pieds, qui s'immobilisèrent devant elle. La peur lui souleva l'estomac. Eurydice oublia qu'elle n'avait plus de bras, et tenta de se relever, pour se remettre à courir, avec le fol espoir de pouvoir leur échapper. La femme qui lui avait déjà parlé, recommença. Avec ses oreilles bourdonnantes, elle ne comprit pas tout, percevant seulement qu'elle avait fait tout ça pour rien. Qu'elle voulait savoir comment on pouvait avoir des bras comme les siens. Sauf qu'Eurydice n'avait plus de bras. Elle réussit à se redresser, s'appuyant contre le mur, ramenant ses jambes vers elle. Elle releva la tête juste à temps pour voir un quatrième homme tuer celui qui était le plus prêt d'elle. Le geste avait été rapide, elle faillit ne pas le voir, mais Eurydice reconnaissait la mort quand elle la voyait. Quelques semaines encore de ça, la mort venait vêtue de blouse blanche, ou bien armée de griffes et d'excroissances difformes. Quand les cobayes étaient parfois confrontés, certains se jetaient l'un sur l'autre, s'entre tuant, ou bien un autre tuait ses rivaux, devenant celui qui dominait leur petite communauté, pour le plus grand plaisir des hommes en blouses.
Tétanisée, elle resta collée à ce mur qu'elle avait percuté, regardant avec des yeux écarquillés l'homme les tuer un à un. Elle aurait pu masquer son visage, lever les bras pour se protéger, ne rien voir. Mais ses bras de fils n'occulteraient pas sa vision. Pas plus qu'elle ne pouvait les faire apparaitre maintenant. Elle était trop déboussolée, tout allait trop vite. Elle refusait de comprendre ce qu'elle voyait. Le pavé se teinta de rouge, aussitôt lavé par la pluie battante.
Elle regarda la femme qui lui avait parlé, elle aussi ne bougeait plus, la peur dans les yeux, les genoux tremblants. Eurydice ne connaissait que trop bien ce sentiment. L'homme s'avança impitoyable, et elle entendit les suppliques de la femme, qui s'effondra comme une poupée de chiffons, avant que la mort s'abatte sur elle, d'une paire de dents. Le pavé était rouge, puis lavé.

Son souffle était coincé dans sa gorge. Quand ce fut fini, Eurydice s'autorisa une goulée d'air, rapide, pour ne pas hurler. Elle tremblait, là, sous cette pluie. Son capuchon était lourd, elle était trempée jusqu'aux os, les fesses dans l'eau. L'homme se retourna. Eurydice étouffa un cri, et tenta vainement de bouger. Mais la mort ne vint pas. La douleur ne vint pas non plus. Miséreuse. Le mot la frappa. Elle eut envie de rire. Miséreuse vraiment ? Sûr, elle devait vraiment ressembler à une mendiante. Elle qui avait été le trésor des blouses blanches. Un trésor inestimable, une expérience comme jamais encore ils n'avaient vu avec quelqu'un de son espèce. Maintenant, elle était juste une mutilée qui tentait de survivre malgré tout. Le ton n'était pas compatissant, et elle eut la confirmation que ce n'était pas pour la sauver qu'il avait tué ses gens. Il allait les manger. Eurydice en avait vu d'autres comme elle, dans les sous-sols, enchainés, et affamés. Et quand on leur présentait un être vivant. Il le mangeait, sans prendre parfois le temps de le tuer avant. Ils avaient menacé de lui faire subir la même chose si elle refusait encore de coopérer, enfin de les aider comme ils avaient dit. Ses yeux glissèrent sur son sac à coté d'elle, avant de se poser sur l'homme. Il avait du sang jusqu'aux avant-bras, sa bouche barbouillée de rouge était déjà nettoyée par la pluie. Elle voyait le rouge s'effilocher, disparaitre. Sans le quitter des yeux, elle se concentra suffisamment pour pouvoir faire apparaitre un bras. Cela commença d'abord par des fils d'énergies, les siens étaient d'un bleu de glace, brillant, faisant comme des volutes de fumées. Avant de se solidifier, enfin autant que possible, se nouant ensemble, formant un long appendice, avant de prendre la forme de son ancien bras, se formant depuis son moignon, reformant son coude, son avant bras, son poignet, et puis sa main. Elle attrapa vivement son sac, et le ramena contre elle. Poussant sur ses jambes, et s'aidant du mur, elle se releva. Le mouvement fit tomber sa capuche et la pluie s'abattit de plus belle sur sa tête. Elle était déjà trempée, mais elle ne laissait jamais les gens voir son visage, au cas une blouse blanche la reconnaitrait. Même si elle se doutait qu'ils avaient tous été massacrés, vu les cadavres dans les couloirs. Sa peau devait briller plus fort, parce qu'elle utilisait son énergie. Elle le savait, parce qu'en baissant les yeux, elle pouvait voir une marre de lumière lunaire autour de ses pieds. Elle oublia un instant qu'elle était face à prédateur, appréciant la chaleur qui se répandait dans son corps, avant que son regard ne croise celui de l'homme impitoyable.
Eurydice se déplaça alors doucement, rasant le mur, jusqu'à ce qu'elle sente le vide. La rue qu'elle avait voulu prendre avant de percuter le mur. Elle pourrait s'enfuir par là. Elle commença à reculer. Ce serait une erreur de lui tourner le dos. La femme l'avait fait, et elle en était morte. Elle ignorait si elle était véritablement hors de danger, alors elle continua de reculer. Elle pourrait s'enfoncer dans l'ombre, et disparaitre avec sa lumière. Ses yeux ne quittaient pas l'homme. Elle voyait pourtant, qu'elle projetait des ombres et de la lumière sur les murs, à chaque pas qu'elle faisait. Elle ne devait pas courir, cela l'exciterait, et elle finirait comme les cinq cadavres sanguinolents sur le pavé, les yeux vitreux de la mort, dans un visage pétrifié par la peur.


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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Lun 18 Avr - 20:40

Quel festin, des corps de malfrats, ce genre d'être à la musculature peut-être pas exceptionnel, mais tout de même suffisante pour m'assurer un repas digne du prédateur que je suis... j'abandonnais donc la demoiselle pour regarder les corps. Il ne dévorerait pas les cinq, ou du moins en partie, juste ce qu'il lui faut pour se nourrir ; aucun membre de l'ordre ne cherchera à trouver le meurtrier d'une bande de malfrats, et s'il mange leur viande à la façon d'un animal errant, il restera discret... quel déshonneur, devoir cacher mes repas et passer inaperçu ! Ces êtres inférieurs sont trop nombreux, et se rebelleraient contre la menace que je suis... Méditant sur cela, je vis du coin de l'oeil que la mendiante se relevait...
Croyait-elle pouvoir s'enfuir comme si de rien était, en glissant lentement dans la rue, comme si elle était une proie qui essayait de ne pas se faire remarquer alors qu'un prédateur se préparait au repas, espérant ne pas être ajouté au menu. Me prenait-elle pour un Orc ? Je l'aurai laissé bien volontiers fuir, cinq corps encore chaud étaient suffisant pour me satisfaire, mais là... elle me donnait envie de m'amuser un peu... Je la laissai un peu, faire quelques pas, mais elle semblait bien décidée à ne pas me tourner le dos... amusant... je fis mine de m'occuper d'autres choses, m'accroupissant contre le corps d'une des proies que j'avais ouverte, et qui était encore en train d'agoniser aux portes de la mort ; non, je n’abrégerai pas tes souffrances, jamais ne te priverai d'une mort lente et douloureuse...
La mendiante était à plusieurs mètres, seule sa silhouette se dessinait encore derrière le rideau d'eau, et toujours accroupi, je me tournai l'air de rien dans sa direction... avant de bondir... La jeune femme fut projetté au sol, et même si elle le vit venir, ce fut quelques instants avant que je ne la percute... mais elle ne rencontra pas la sol, tel un félin je m'étais retrouvé sur mes jambes, et mes mains empoignèrent les épaules de la jeune demoiselle pour éviter qu'elle ne se blesse... Bien sûr, juste après je la plaquai au mur, pour éviter qu'elle ne fuit ; question de principe. Mon souffle devait exalter une odeur de viande et de sang, vu mon alimentation carnassière, et mes yeux étaient d'un rouge intense... Mes yeux étaient plongé dans ceux de cette inconnue, dont le visage trempée laissait tout de même entrevoir un visage appétissant, dans les deux sens du terme...

-Tu es mignonne... J'approchait mon visage du sien, et respirait son odeur. ... quel dommage que tu sois une mendiante...

Mon corps se pressait contre le sien, la bloquant totalement, mes lèvres proches des siennes... ma main glissa jusqu'à sa mâchoire, et je passai ma langue lentement sur son cou, sentant le sang battre dans ses artères gorgées de ce liquide si délectable... malgré le goût qu'elle avait... Mes yeux couleur de sang se posa sur son corps. Agréable... mais dommage qu'elle soit incomplète, les muscles des bras ont un très bon goût... Je m'écartai aussi vivement que je m'étais approché, laissant une distance raisonnable, lui donnant l'impression qu'elle pourrait fuir tout en étant sûr de l'attraper d'un mouvement rapide. Malgré la légère odeur peu avenante, le goût de sa peau, son air miséreux, et son absence de bras, elle avait un corps aux courbes appréciables, et appétissant ; d'autant que je me nourris jamais de la peau ; on ne sait jamais ce qui y traîne... La demoiselle n'avait pas l'air très confiante, et d'une voix mielleuse je tentai de la rassurer, bien que je doute d'être rassurant...

-Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te manger... il y a assez pour me contenter là-bas... Dis-moi, cela m'intrigue, comment une demoiselle aussi... appétissante... peu finir dans cet état ?... N'importe quel homme mal intentionné pourrait te faire subir des choses que tu n'aurais pas envie de vivre...

Mes yeux reprirent leur teinte habituelle, un bleu aussi sombre que la pluie qui continuait à s'abattre sur eux, et mes lèvres se fendirent en un sourire qui devait probablement paraître inquiétant ; je souriais toujours comme ça, et bien que j'essayais de mettre à l'aise -ce qui était un doux euphémisme- cette charmante demoiselle, qui devait craindre de servir de dessert... ce qui était peut-être faisable, qui sait, je n'étais pas animé que de l'appétit de la chair ; mais à cette instant je ne pensais qu'à ma panse... Cependant, elle venait de me voir tuer sans ménagement, désirer avaler de la chair d'êtres comme elle, dans une ruelle aussi sombre sur moi sous une pluie battante... rien de plus inquiétant, et elle pouvait aller avertir la garde ; ce qui m'inquiétait grandement... devait-elle mourir ou rester en vie ? J'allais devoir le décider...


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Lun 18 Avr - 22:57

Ne pas courir, surtout ne pas céder à la tentation de se retourner et de se mettre à courir. Elle les connaissait les gens comme lui, que trop bien. Eurydice devait se faire violence, mais ce n'était pas la première fois qu'elle devait se discipliner de cette façon. Le sac bien arrimé sur une de ses épaules, elle laissa son bras d'énergie disparaitre. Il ne semblait pas avoir vu ce qu'elle était capable de faire. Pendant un instant, elle crut qu'il l'avait totalement oubliée. Elle accéléra, légèrement, juste assez pour reculer plus vite. Elle pouvait encore le distinguer, penché sur les cadavres, comme s'il était indécis quand au morceau qu'il mangerait en premier. Elle fut soulagée, pendant un instant, elle avait cru qu'il venait la chercher, qu'il leurs appartenait. Ce n'était pas le cas. Elle n'aurait pas à retourner dans cet endroit.
Elle sursauta quand il se retourna. Elle comprit le danger, et commença à faire volte face pour fuir le plus vite possible. Trop tard. Elle fut percutée par l'homme, et elle se prépara à un choc qui tarda à venir. Rattrapée, et plaquée contre le mur le plus proche. Dans son sac les bouteilles en verre s'entrechoquèrent. L'une d'elles lui rentrait dans la peau du dos. S'il pressait plus fort, elle était certaine qu'elle finirait par avoir mal. C'était la première fois qu'elle avait un contact aussi brutal depuis son échappée. Il était si près qu'elle sentait parfaitement son haleine comme des relents de chair pourrissante. Eurydice déglutit péniblement. Elle n'avait rien mangé depuis hier, et c'était aussi bien qu'elle n'ait rien à rendre. Elle ne ferma pas les yeux, elle se contenta de le regarder, comme il la regardait. Sauf que dans son regard à elle, on ne devait y lire que de la peur, et peut être une certaine résignation. Ce n'était pas première fois qu'elle assistait à des horreurs, et qu'on la brutalisait. C'était encore une partie intégrante de sa vie. Eurydice fut ramenée sur terre, alors qu'elle avait déjà commencé à entrer dans cet état d'abandon, qui lui avait permis de presque tout endure. Il lui parlait. Il se pressa d'avantage contre elle. Elle semblait provoquer cette réaction à chaque fois qu'un homme se tenait près d'elle, en position de force. Une main humide enserra doucement sa mâchoire, comme une caresse qui l'obligea presque à pencher la tête. Il lui lécha le cou, lentement. Il la goutait. Eurydice s'arrêta de respirer en glapissant, comme un animal traqué. Ce qu'elle était. Ce qu'elle n'était plus, puisque la traque n'avait même pas eu commencer pour qu'il l'attrape. Elle se força à rester immobile. Elle avait appris depuis longtemps que se débattre ne faisait qu'empirer les choses, rendant le supplice plus long, les excitaient. Dans cet endroit, la nuit signifiait qu'elle ne pouvait pas dormir en sécurité, justement parce qu'elle était mignonne comme il venait de le dire. Elle s'était alors déjà résignée depuis longtemps, incapable de se défendre à mesure qu'on lui arrachait ses bras, la douleur et les drogues l'avaient souvent laissée incapable de la moindre résistance. Dans ces cas là, Eurydice avait appris à se trouver ailleurs. En dehors de son propre corps, retranchée dans un coin de sa tête, où rien ne pouvait l'atteindre, pas même la plus vive des douleurs, quand ils avaient finalement tranchés net ce qui restaient de ses bras.
La pression disparut, alors qu'il remettait de la distance entre eux. Elle savait cette distance illusoire. Ils avaient fait ça aussi, après lui avoir fait mal, quand elle refusait de se plier à leurs exigences, ils menaçaient, montraient leur supériorité, avant de tenter de l'amadouer. Et si elle refusait encore, ils redevenaient violent, et elle finissait par avoir mal. Elle avait appris à ne jamais avoir de geste inconsidérée. Et il n'attendait que ça, qu'elle se mette à fuir. Si elle avait eu des bras, elle s'en serait entouré, comme pour se protéger. Même si elle avait appris aussi que c'était une protection futile. Elle bougea légèrement, pour éviter d'écraser les bouteilles rouges.
Elle regarda autour d'elle. Il n'y avait personne à part lui, cinq cadavres et la pluie dans cette ruelle. Inutile d'aller chercher de l'aide. Et cela reviendrait à attirer l'attention. Et ce n'était jamais bon. Pas bon pour une expérience qui c'était évadée, et qu'on cherchait peut être. Peut être. Et la dernière fois qu'elle avait cru recevoir de l'aide, elle s'était réveillée dans un tube de verre, observée par des yeux curieux.
Eurydice resta là, collée au mur, dans l'attente, à le regarder. Il ne ressemblait pas à un quelqu'un du coin, il était plutôt bien vêtu pour un mangeur de chair. Il ne semblait pas à sa place dans cette ruelle battue par la pluie. Il lui parla de nouveau. Elle se demanda pourquoi il se donnait la peine de poser des questions. Sauf que cette fois, elle ne put retenir un sourire. Le genre de sourire qui n'atteint jamais les yeux, et qui ne montre que de la résignation, de la fatigue. Sa voix était peut être à peine audible quand elle lui répondit, mais elle savait d'expérience qu'elle avait gardé le timbre mélodieux qu'ont les Ethéries, une des femmes qui vendaient son corps, dans une des rues plus loin, le lui avait dit. Mais elle ne parlait pas beaucoup, elle qui avait surtout hurlé pendant ses cinq dernières années.

-Parce qu'ils ont déjà tout pris, murmura-t-elle.

Pour ce qu'elle vaut. Eurydice en souhaita presque qu'il la mange elle aussi. Elle le croyait quand il disait qu'il avait amplement de quoi se sustenter, mais elle attirait toujours les ennuis. Et sa situation actuelle n'échappait pas à la malédiction qui semblait s'être abattue sur elle il y a cinq ans, et qui s'était acharnée à la faire souffrir. Penser à la souffrance la ramena encore une fois dans la cuve, puis dans la chambre-cellule. Elle pensa aussi à ce qui était sorti de ses entrailles. Une abomination. Mais elle avait éprouvé un élan d'amour, vers la créature qu'elle avait engendré. Pauvre petite chose emmenée ailleurs. Peut être morte maintenant. Aussi morte que les cinq cadavres. Et elle, qu'est ce qu'elle était ? Si ce n'était qu'un cadavre en sursis ?
Eurydice glissa lentement vers le sol, comme vaincue.

-Parce qu'ils ont déjà tout pris, répéta-t-elle dans un nouveau murmure.

Elle se demanda s'il allait finalement décider de la manger. Si encore une fois, elle ne pourrait rien faire pour empêcher les autres de devenir des monstres à ses yeux. Si elle ne pouvait pas endiguer la douleur. Si ces bras qu'elle tissait, ces bras presque incapables à la protéger, pourraient lui accorder le moyen de se défendre.
Sans qu'elle s'en rende compte, elle avait continuer de murmurer.

-Ils ont pris pris mes bras, ils voulaient que les aide à comprendre comment étaient faits les Ethéries. Ils disaient que j'étais leur trésor. Ils ont coupé mes bras. Ils m'ont arraché mes enfants. Ils ont tout pris... Je veux pas y retourner. Je veux pas y retourner... Jamais.

Eurydice s'arrêta de glisser et de parler. Elle le foudroya presque du regard. Il ne l'avait pas sauvée. Lui aussi, il deviendrait un vrai monstre, quand il ne pourrait pas s'empêcher de lui faire mal. Comme tout les autres. Comme eux. Elle les haïssait, et quand elle avait vu les morceaux de leurs corps, et leur sang sur le sol et les murs, dans les pièces et les couloirs dans lesquels ils avaient été les maîtres, elle s'était réjouie, elle avait été vengée. Ils avaient tous été vengés, par un sauveur qu'elle n'avait pas vu.
Eurydice se calma. Inutile de défier plus fort que soi. C'était trop dangereux. La preuve en avait été faite. Et elle n'avait pas survécu à tout ça, pour mourir ici et maintenant. Non ?



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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Lun 18 Avr - 23:58

La terreur, je la provoquais souvent. J'avais souvent l'air de rien, silhouette parmi tant d'autres, ombre lambda dans une foule anonyme, et bien des gros bras avait cru déceler en mon corps qui pouvait sembler celui d'un homme comme les autres une proie à brutaliser. Pitoyables insectes... même les Eldarins, je les décortiquais comme des crevettes, arrachait leur carapace écailles par écailles, juste pour le plaisir, les faisant hurler de douleur, eux qui était si fier de leur héritage venant des Dragons. Ils me dégouttaient, ces brutes épaisses, à se croire plus fort que les autres, tout ça parce qu'ils peuvent donner des coups de tête dans les murs sans avoir mal ; aucune intelligence, mais un repas de choix. Leur goût me manquait. Cette petite en face de moi ne savait pas quoi dire au début, elle avait l'air d'une souris coincé dans un trou, à portée des griffes d'un chat, sans échappatoire. J'ai dis un chat ? Disons plutôt un Dragon. Elle au moins avait compris que fuir ne ferait que lui attirer plus d'ennui ; je n'aime pas quand la viande s'agite trop, je préfère celle qui se laisse faire, qui reste bien tendre... sauf que c'est rarement le cas, et de toute façon ma dentition peu venir à bout de la viande la plus coriace.
Virva ne se retenait vraiment pas, la pluie se faisait toujours aussi intense, et ne nous épargnais pas. De grosses gouttes qui se mêlait au sang, et trempait tout ce qu'elles touchaient, y allant avec rage et en grand nombre ; la Déesse ne devait pas être très contente, ou vouloir soulager au plus vite les nuages de ce qu'ils contiennent. Au moins, cela allait un peu laver les corps qui m'attendaient, mais en même temps les refroidir plus vite. Qu'importe, la viande froide est tout aussi nourrissante, à défaut d'être meilleure ; je m'en contenterai. Cette petite... elle laissa échapper un murmure entre ces lèvres. Lèvres qui s'était fendues en un sourire, ce genre de sourire qu'on ceux qui font face à la mort et qui n'ont plus rien à perdre, ce qu'elle confirma. A mes yeux, elle perdit beaucoup d'intérêt... du moins je n'avais plus envie de la dévorer. Cela ôtait tout amusement, quoi qu'avec quelqu'un qui veut mourir, il y a toujours moyen de tirer un certain divertissement ; la torture est une chose très amusante surtout si l'on abrège aucunement les souffrances, pour laisser l'autre vivant après. C'était sans doute ce qui lui était arrivé, pour ces bras, même si on ne comptais sans doute pas qu'elle reste en vie, ce qu'elle fit malgré tout. Et puis, elle était belle, malgré tout, si je la charcutais ce serait du gâchis.
Le silence s'installa, j'attendais de voir si elle avait autre chose à dire, avant d'aller manger, écoutant sa respiration au-delà du bruit de la plus s'abattant sur eux. La demoiselle avait peur, semblait-il, mais pas d'elle. Sa respiration accélérée, et le regard un peu vague. Torture, il n'y avait aucun doute. Une fois de plus, elle prononça quelques mots, se répétant, après s'être abandonné à lui, du moins avait-elle à présent le postérieur sur les pavés, totalement soumise à sa volonté, du moins c'est l'impression qu'elle me donnait. Là encore je ne bougeais pas, attendant de voir une autre réaction ; je n'avais nul envie de profiter d'elle, j'avais juste faim.
Et elle continua à parler, plus pour elle-même que pour moi. Un sujet d'expérience, visiblement, une Ethérie qu'on avait sciemment torturé et tourmenté, brisant sa vie pour en faire l'esclave des recherches de ceux qui lui avait infligé ça. Le dégoût se lisait sur mon visage ; je haïssais ce genre de gens. Pas elle, non, au contraire j'aurai presque ressenti de la compassion pour elle, mais les hommes qui pouvaient infliger ce genre de sévisse à un joli morceau de viande comme elle. Ces pauvres insectes qui se servent des autres comme des jouets... c'est insensé. Ils cherchent à s'élever plus haut que ce qu'ils ne sont, à devenir plus fort, alors que quels que soient leurs pouvoirs, ils ne sont que des insectes qui méritent d'être disséqués autant que leurs cobayes. Pathétique tentative pour obtenir des pouvoirs qu'ils ne peuvent comprendre... je détestais ça. Et elle avait de la chance, car après ces mots elle me regarda avec colère, un regard perçant et venimeux, comme si j'étais le mal, et qu'elle m'intimait de finir ce que j'avais commencé, moi qui était pour elle la personnification de ce destin qui s'était acharné sur elle et qui allait porter le coup de grâce, avant qu'elle ne se calme et reprenne sa place de proie face à la mort. Une mort qui ne viendrait pas.
Je me retournai, et fit quelques pas dans la ruelle, vers mon sac qui était dissimulé par ma cape. Elle ne fuirait pas, vu sa résignation face à la mort, et mon ouïe affûtée me permettra de réagir très vite, coupant ses élans de liberté sans doute aussi net que le furent ses bras. Je glissai ma main dans le sac, fouillai quelques instants avant de ressortir un flacon rempli d'un liquide rouge sombre tirant sur le pourpre, et de revenir vers elle. Me replaçant là où j'étais juste avant, je la regarda de haut, le regard froid, aucune émotion sur le visage, et j'ouvris la flasque pour avaler une gorgée de la boisson, qui était épaisse, mais avait sucré et étonnamment doux. Une fois fait, je lui lançais la bouteille, qui atterrit devant elle sans se briser.

-Bois, ça te fera du bien. Je sais ce que c'est de tout perdre, même si ce n'est sans doute pas comparable à ce que tu as du subir ; mais ne compte pas sur moi pour compatir. Je hais ceux qui se lamentent sur leur sort, les faibles qui se morfonde, les pieds dans la fange, parce que leur vie est minable et sans intérêt, c'est pas en pleurnichant qu'on arrive à quoi que ce soit. Maintenant, si t'as faim, j'peux te proposer un morceau de mon repas, je ne vais pas finir tout ça à moi seul...

Je la regardais avec dureté, aussi froid que la plus qui s'abattait sur nous. A ce moment le tonnerre gronda, et un éclair zébra le ciel, ce qui m'arracha un sourire. La fiole était devant elle, et je ne pus m'empêcher de me demander si elle allait en boire. J'en avais consommé en toute bonne foi, pour lui montrer que c'était sans danger ; pour moi. Mes créations n'avait aucun effet sur ma personne, mais elle en revanche... cela serait probablement amusant si elle goûtait à ce liquide écarlate, à la saveur sucré, et au parfum de fleur, mais dont les effets étaient loin de correspondre aux impressions trompeuses qu'offrait la boisson...


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mar 19 Avr - 16:15

Il allait la tuer, elle n'avait pas d'importance, elle n'était qu'un joli dessert pour lui. Dans coin de sa tête, elle pensa qu'elle aurait dû avoir le courage de s'ôter la vie par elle même, mais son désir de vivre ce jour là, quand elle avait vu la porte de métal enfoncée, presque sorties de ses gonds, et le verrou brisé, elle n'avait pas réfléchi, elle était sortie, elle avait emporté ce qu'elle pouvait, et elle était sortie, sans se faire voir.
Mais sa vie n'avait pas cessé d'être un affreux cauchemar pour autant. Elle n'avait pas d'endroit où aller, pas après cinq années de captivité. La prostituée a qui elle avait brièvement parler lui avait dit qu'elle était assez jolie, et que même sans ses bras, on payerait bien pour profiter d'elle. Et avec ça, elle aurait toujours de quoi manger, un toit au dessus de sa tête. Un endroit où retourner.
Eurydice n'avait pas voulu d'une nouvelle prison. Elle aurait peut être dû accepter l'offre, parce qu'elle ne pouvait plus fuir, pas avec lui. C'était peut être pire encore que d'être enfermée. Il lui laissa un semblant de liberté. Elle avait déjà le sentiment d'être enchainée. Elle ne pouvait pas partir. Avant elle aurait pu. Il y a cinq ans, elle se serait battue, elle aurait utilisé quelque chose en accord avec sa nature d'Ethérie, mais ils l'avaient brisée, et elle ne savait plus rien faire d'autre que de tisser. Et c'était encore maladroite.
Il fouillait dans son sac. Eurydice fronça les sourcils, elle ne comprenait pas. Il se replaça juste devant elle, et but une gorgée d'une petite bouteille. La bouteille atterrit à ses pieds, sans se briser. Elle releva vivement la tête, pour le regarder, elle ne devait pas le quitter des yeux. Jamais. Enfin pas maintenant.
Il proposait de manger. Elle jeta un coup d'oeil aux cadavres, et ne put s'empêcher de faire la grimace. Elle ne mangeait pas de viande, pour une raison qu'elle ne connaissait pas, elle ne pouvait pas en avaler. Elle ne pouvait pas avaler grand chose. Mais elle aimait quand la nourriture lui donnait l'impression d'avoir la bouche en feu, après qu'elle ait mangé. Le goût restait longtemps. Il la regardait.
La dernière fois qu'on lui avait dit de boire, parce que ça lui ferait du bien, elle s'était retrouvée sans ses deux bras. Elle était méfiante. Pourquoi lui dire de boire, pourquoi s'occuper d'elle, alors qu'il avait bien dit qu'il ne compatissait pas. Est ce qu'elle se morfondait sur son sort ? Peut être un peu. Mais elle pensait surtout à survivre depuis qu'elle était sortie. Elle bougea ses jambes, pour se retrouver sur les genoux, sans bras, s'était difficile d'attraper le moindre objet. Et puisqu'il n'avait pas vu qu'elle pouvait tisser des bras, elle préféra faire comme si elle en était incapable. De toute façon, elle avait appris à se servir de ses pieds si besoin était, mais surtout de sa bouche. Elle se pencha, pour sentir. Elle renifla. Le breuvage sentait le sucre. Eurydice se méfiait du sucre. Là bas, quand ils voulaient masquer le goût d'autres choses, ils leurs faisaient manger des choses très sucrées. Des petits gâteaux, des bonbons... et parfois c'était du jus de fruits à boire, ou du sirop de fruits. Bien obligé de boire ou de manger, si vous ne vouliez pas vous retrouver privé de repas. Et puis c'était le seul moyen d'avoir autre chose que la nourriture via les petites bouteilles rouges. Eurydice ne mangeait pas comme les autres, elle avait toujours des petits tubes, des fils, reliés au goulot d'une bouteille. Soit celle-ci était suspendue et le liquide coulait tout seul dans sa bouche, ou via son nez, soit elle devrait aspirer pour pouvoir manger.
Elle se recula, fronçant le nez. Elle n'aimait pas le sucre. Et cette offre était trop soudaine. Et elle avait sa propre nourriture, dans son sac. Même si elle n'était pas certaine que le tout soit encore intact. Elle le regarda une nouvelle fois. Est ce qu'il allait se fâcher comme eux, si elle refusait de boire ? Et pouvait-elle seulement avaler quelque chose, quand cinq cadavres attendaient d'être manger ?
Elle ne pouvait pas se permettre de prendre de risques. Si elle ne buvait pas, et qu'il s'énervait, elle était pratiquement sûre d'en mourir. Si elle goûtait au breuvage, elle n'était pas certaine de ce qui se passerait. Depuis qu'elle était sortie, quand elle mangeait, elle s'attendait toujours à ce quelque chose se passe mal. Elle n'avait pas encore l'habitude des aliments.

-Je... je ne peux pas boire ça, fit-elle dans un nouveau murmure.

C'était la vérité, elle était déjà répugnée par l'odeur. Et autant le dire, elle était méfiante. Eurydice se laissa retomber contre le mur. Elle ne pouvait vraiment pas boire. Ni même manger. Pas après ça. Enfin, pas à coté. Quand elle serait plus loin, à l'abri de la pluie, là, elle pourrait peut être manger. Elle avait payé pour cette nourriture, et même si à cause de ça, elle s'était attirée des ennuis, et des gros, elle ne pouvait pas se permettre de la gâcher. C'était une pensée futile, parce qu'elle ne pensait pas être hors de danger, concernant la possibilité qu'elle finisse dans l'estomac de l'homme. Eurydice le regarda, attendant sa réaction.

-Je peux pas manger non plus.

Et surtout pas de la chair encore gorgée de sang, presque chaude. Elle ne pourrait pas. L'idée même de le faire la révoltait. Lui retournait l'estomac. Elle se savait dans une situation périlleuse, ayant une envie de fuir irrépressible. Mais elle ne pourrait pas partir sans qu'il la rattrape comme il venait de le faire. Personne ne viendrait. Et si quelqu'un osait se montrer, il le tuerait probablement aussi.






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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mar 19 Avr - 17:13

Méfiance, peur, terreur, horreur... c'était comme les différentes nuances d'une même couleur, quoi que la première était plus un mélange de crainte et de prudence ; et à l'inverse des autres, j'éprouvais souvent de la méfiance, les apparences trompeuses étaient mon domaine, alchimiste talentueux capable de tuer quelqu'un à l'autre bout du monde en se servant d'une feuille de papier, sans que personne ne comprenne pourquoi. Je m'attendais donc inévitablement à ce qu'elle se méfie, surtout au vu des sévisses qu'elle avait du subir, ça ne m'étonnerait pas qu'ils aient tenté de jouer les bons samaritains... mais la peur que j'inspirais serait sans doute suffisant pour lui faire boire. Ou pas. J'allais bien voir, mais en attendant qu'elle choisisse, je restais près d'elle, malgré mon estomac scandant sa faim.
Il fut un peu trop long à venir à mon goût, ce refus, murmuré à mi-voix, à peine audible et timidement prononcé. La damoiselle avait du courage pour refuser mon offre alors que je pouvais voir dans son regard qu'elle s'attendait sans nul doute à une punition de ma part pour ne pas avoir obéis à ce qui sonnait comme un ordre ; et elle continua en déclinant mon offre de nourriture. Sa peur de ce qui pourrait arriver en buvant le contenu de la flasque et son dégoût de la chair surpassait la terreur que je devais lui inspirer. Fascinant. D'un pas je m'approchai d'elle, la fixant toujours avec dureté, je posa un genou à terre, les yeux dans les yeux, le regard aussi froid que la pluie qui nous glaçait les os, et alors qu'elle devait s'attendre à une punition, un châtiment pour avoir refusé mon offre... je me contentai de ramasser la flasque, et de me relever.

-Tant pis pour toi, lâchais-je, avant d'ôter une nouvelle fois le bouchon pour prendre une gorgée.

Une nouvelle fois je retournai vers mon sac, remettant le produit que j'en avais tiré avec les autres. Mes yeux brillèrent d'un léger éclat de malice alors que je lui jetais un regard amusé, un léger rictus amusé s'esquissant au coin de mes lèvres. Cette fille m'amusait de plus en plus. J'entrepris de m'éloigner un peu plus cette fois, et si je la quittais des yeux, mon ouïe fine me préviendrait si elle essayait de fuir ; et puis elle avait l'air assez maligne pour que je la dispense d'un "ne bouge pas d'ici". Je retournais près des corps, qui disposaient de chair n'attendant que mes crocs. Malheureusement, ils s'étaient vidé un peu de leur sang, ou ce dernier s'était mélangé à l'eau de pluie, ce qui me déplut fortement ; malgré tout, la viande seraient encore largement comestible...
Une fois de plus je posai genou à terre, me penchant vers le corps sans vie du premier malfrat que j'eus abattu, et fis de mes doigts des griffes, de quoi lui couper un bras, que je ramenais avec moi déguster tout en observant la demoiselle et veiller à ce qu'elle ne me file pas entre les doigts, personne n'avait encore survécu à la vue d'un de mes repas, ou si c'était le cas il devait se cacher, terrifié à l'idée que je puisse le retrouver. Cette pensée me faisait toujours sourire. Revenu près de ma petite proie en sursis, je m'assis en tailleur face à elle, j'étais déjà largement trempé alors m'asseoir sur un sol mouillé n'était pas dramatique. Je commençais à ouvrir le bras sous ses yeux, faisant de mon index une griffe qui coupa la peau du poignet jusqu'au coude. Tiens, c'était le bras droit ; ça porte bonheur.
Le sang coula un peu le long de la peau, se mêlant à la pluie avant de finir sur le sol. Sortant toutes mes griffes, je les passais sous la peau pour la détacher de la chair, n'appréciant pas du tout le goût que pouvait avoir le cuir de mes proies. L'un des muscles de l'avant-bras, cru et bien juteux, m'attendait, et j'y planta les crocs avec un léger bruit de succion, celui qui se produit quand on mord à pleines dents dans un morceau de viande juteux ; ce que c'était, au final, qu'un tas de chair sanguinolente, mais les autres réprouvait ce genre de comportement. Ils mangent d'autres animaux, mais répugnent à se manger entre eux... tous des créatures stupides, bonnes à me servir de repas.
Je ne me privai pas de faire du bruit en mangeant, je n'allais pas me retenir sous prétexte que j'avais une "invitée". Des petits bouts de viandes m'échappèrent, tout comme du sang qui gicla un peu sur mes vêtements, mais cela ne se voyait pas... Je finis assez rapidement, j'avais surtout besoin de me remplir au mieux la panse, d'autant qu'elle était moyennement bonne cette viande. Juste un morceau d'une créature mangeant une nourriture relativement mauvaise, mais un entretien des muscles assez plaisant. Un simple Humain, cela se reconnaissait au goût, situé entre celui de la volaille et du bovin. Cela m'amusait de manger ainsi devant quelqu'un, pour une fois que je pouvais voir la réaction de quelqu'un que cela devait dégoûter... avant de m'attaquer au reste de l'avant-bras, la bouche maculé d'un sang qui lentement glissant le long de mon menton, encore plus alors que la pluie toujours aussi vivace me nettoyait le visage, je regardais avec un air encore plus amusé la jeune femme en face de moi.

-Dommage, tu ne sais pas ce que tu rates. Certes, j'ai déjà fait bien meilleur repas, mais ça reste acceptable. Ah, je n'oublierais jamais le goût que pouvait avoir les cuisses d'une jeune Lios... aussi divin à regarder qu'à dévorer, et c'était encore meilleur quand je profitais juste avant des charmes de la délicieuse jeune femme... que de bons souvenirs... Tu sais, il n'y avait rien de mauvais dans mon petit breuvage, mais si tu préfères une liqueur un peu plus corsé j'en ai pour presque tout les goûts ; sans alcool et sans danger, je peux te l'affirmer. Je brandis le bras tel un sceptre, et pointa de la main -qui n'était pas la mienne- la demoiselle, avec un air encore plus amusé. Alors, qu'est-ce que tu aimes comme goût, que je te trouve quelque chose à boire qui puisse te convenir ?...


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mar 19 Avr - 18:13

Eurydice le regarda se déplacer, incertaine de ce qu'il allait faire. Elle se raidit quand il mit un genoux à terre. Elle se prépara à avoir mal, mais il ramassa simplement la bouteille. Elle cligna des yeux, le regardant presque avec curiosité. Le regard qu'il lui jeta aurait pu la terrorisée, si elle n'avait pas déjà aussi peur. Et l'habitude d'être dominée par la crainte de la douleur, la laissa immobile, sans qu'elle bronche. Elle le suivit des yeux, silencieuse, il allait manger. Son estomac se noua. Quand il se retourna, elle faillit laisser voir sa surprise. Il semblait s'amuser de la situation, comme si elle était distrayante. Elle ne pouvait s'y tromper, ils avaient eu ce genre de regard, eux aussi.
Elle se décolla légèrement du mur pour regarder ce qu'il faisait. Elle avait vu d'autres expériences dévorer des cobayes récalcitrants, et ce n'était pas très beau à voir. Elle avait vu ce que ça donnait, quand on laissait un mutilé parmi eux, alors que la blessure était encore fraîche. Elle les avait regardé faire, dans l'espoir qu'ils la tueraient, une fois qu'ils auraient fini de ronger son bras. Elle avait même souri au premier de ses compagnons, qui l'avait regardé, avant d'avoir timidement léché sa blessure. A ce moment là, ils venaient d'amputer sa main gauche, elle n'avait déjà plus d'avant-bras droit depuis longtemps, quand ils avaient commencé à la priver de son dernier bras. Le premier qui avait osé lécher la blessure fraîche, s'était fait jeté par un autre plus puissant, qui s'était occupé de lui dévorer l'avant-bras. Qu'elle se fasse manger, était une punition comme une autre. Alors ce qu'il faisait, elle n'était pas vraiment effrayée, ni même révulsée. Elle avait déjà vu ça. Elle avait juste de peur de ne pas vivre plus longtemps, alors qu'elle en était enfin sortie. Ils avaient arrêté les autres à temps, pour éviter de perdre leur trésor d'Ethérie.
Il avait choisi un bras. Il devait trouver ça drôle. Elle le regarda, toujours appuyée contre le mur, sans avoir d'expression particulière. Il mangeait méthodiquement. Il enlevait la peau, comme si le bras était un fruit qu'on épluche. Elle retint une grimace quand il plongea les dents dans le muscle saignant.
Eurydice eut un haut coeur, qu'elle maîtrisa à grand peine. Elle qui n'avait pas pleuré, ni même crié quand son propre bras avait été dégusté. C'était là un des rares souvenirs vivaces qu'elle avait, avec ceux de ses nombreux enfants, qu'on emportait loin d'elle. Mis à part ça, ces cinq dernières années
Il mangeait salement, mais avec cette pluie, ce n'était pas si grave. Eurydice pensa que s'il n'avait pas eu la bouche aussi pleine, il aurait ri. Elle frissonna, et pas parce qu'elle avait froid. Elle le regarda, un peu énervée qu'il ait choisi de manger un bras devant elle, qui n'en avait plus. Si elle avait pu le frapper, elle l'aurait fait. Eurydice s'intima l'ordre de se calmer, elle ne voulait pas être manger par quelqu'un comme lui. Lui qui parlait, tout en mangeant, comme si c'était naturel, qu'ils soient tous les deux sous une pluie battante, assis par terre.
Elle serra les cuisses, quand il parla du goût de pouvait avoir celles d'une lios. Elle se demanda pourquoi il lui racontait tout ça. Peut être parce qu'il allait la manger en suite ? Ou parce qu'il voulait lui faire peur ? La dégouter ? La bas elle avait vu assez de choses dégoutantes pour ne s'étonner de rien à part des gestes de gentillesse.
Quand il eut fini de parler, elle le regarda, lui qui brandissait le bras, pour que la main inerte pointe vers elle, comme une marionnette désarticulée.

-Je ne sais pas ce que c'est que la liqueur, avoua-t-elle dans un nouveau murmure. Et je ne peux pas boire et manger comme le font les autres. Mon corps ne supporte pas.

Quand elle avait mangé pour la première fois depuis sa sortie, qu'elle avait choisi de ne pas utiliser les bouteilles rouges, elle avait mangé. Et elle avait terminé la tête dans le caniveau, en train de vomir. Elle avait appris ainsi qu'il y avait des choses qu'elle supportait. Elle supportait mieux la nourriture quand elle mangeait petit à petit. Un seul repas pouvait durer sur une journée. Si elle mangeait trop, son corps refusait de garder la nourriture. Elle ne buvait rien d'autre que de l'eau, ayant peur de ce qui pourrait se passer autrement. Et elle ne touchait jamais aux boissons sucrées. Jamais. Pas depuis eux.
Il semblait aussi, qu'elle réagissait comme un aimant près des boutiques d'articles magiques. Un vendeur lui avait dit de ne plus s'approcher de sa vitrine, parce qu'elle rendait ses artefacts dingues. Elle puait la magie. Elle était une Ethérie. Qu'elle retourne chez elle. Sauf qu'elle n'avait pas de chez elle. Si non, elle ne serait pas là, face à mangeur de chair.
Cet instant de réflexion, laissa place à une audace. Elle se risqua à poser une question.

-Qu'est ce que vous voulez ?


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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mar 19 Avr - 19:30

Elle éprouvait du dégoût, mais j'aurai presque espéré la voir vomir, mais elle ne me fit pas ce plaisir. Qu'à cela ne tienne, je ne pouvais qu'éprouver de l'intérêt face à une telle curiosité, une demoiselle qui face à un quelqu'un qui dévore à pleine dent un autre être vivant doué qu'intelligence -bien que ce soit une notion très relative- ne fait qu'être révulsé à l'idée de se faire croquer à son tour. D'autant que ma petite anecdote ne la laissa pas indifférente ; elle avait conscience d'être jolie, et appétissante dans les deux sens du termes, bien que pour l'instant je ne ressentais nullement l'envie de la manger. Elle était un peu comme un fruit tellement beau et rare qu'on a pas envie de le manger tout de suite. Voir pas du tout, pour observer la façon qu'aurait les choses d'évoluer. Non, pas comme un sujet d'expérience... si, peut-être un peu, mais plus par amusement que par expérience. La vie de tueur dévoreur de chair est parfois un peu monotone... même si le plaisir de tuer est toujours vivant et si intense, faut savoir diversifier ses activités...
La liqueur ? Boisson alcoolisé et sucré, un peu sirupeux, mais assez bon. C'était plus une façon de parler qu'autre chose, vu que je n'aimais pas l'alcool, qui ne faisait presque aucun effet sur mon organisme ; et il ne manquait plus que ça, que je me mette à consommer un produit aussi néfaste... de quoi j'aurai l'air, à tituber et être incohérent, pour me réveiller avec un mal de crâne épouvantable... encore une chose stupide qu'utilisent ces êtres plus proche des animaux au vu de leur inaptitude à réfléchir de façon cohérente. Ils n'étaient, après tout, que de la nourriture...
Mais revenons à notre jeune demoiselle, qui défendit les raisons la poussant à décliner mon offre. Dommage, elle ne pourrait goûter à mes créations. Tant pis pour moi, tant mieux pour elle. J'avais d'autres moyens d'administration de toute façon ; je ne manque pas de ressource... et c'est pour ça que j'avais jadis un train de vie si aisé, mes talents étaient tels qu'on payait une fortune pour mes services. Comme quoi, dans un monde où il n'y a que des animaux qui s'entre-tuent, certaines proies savent qu'il faut s'adresser à un prédateur pour abattre une autre proie, avec des arguments de choix pour éviter de se faire croquer juste après ; mais j'évitais de goûter mes clients, ce n'est pas comme ça que je me serais fais une bonne réputation et une solide clientèle. Mais le tout avait disparu avec Alatairë...
Oh, elle osa poser une question que l'on m'avait très souvent poser, alors que la proie se retrouvait dos au mur, c'était l'une des questions qui revenait avec les suppliques habituelles... ça changeait rarement, mais au moins cette fois-ci à défaut d'avoir un nouveau refrain à une chanson que je connaissais bien c'était un nouvel air, une situation des plus intrigantes, dont l'issu restait encore un mystère. Je souris de plus belle, un sourire assez carnassier, mais c'était sans doute parce que j'avais encore les dents pleines de sang, une dentition de prédateur, ou un regard perçant comme une lance chauffé à blanc et mordant comme la brûlure de cette dernière. Autant dire que je m'amusais comme un jeune Svart avec un chat ayant les pattes cassés.

-Ce que je veux ? Te concernant ou d'une manière plus générale ?... La première option me parait plus probable ; et je vais te faire le plaisir de te répondre...

Je posais le bras à côté de moi, tant pis il était déjà mouillé, et puis au pire il y en avait d'autres à côté. Je me relevais, pas complètement, me mettant à quatre pattes et m'avançant lentement vers ma proie, avec l'air d'un prédateur prêt à bondir ; ce que je ne fis pas. Je m'approchais d'elle, qui était sans nul doute toujours aussi effrayé, n'osant pas me repousser de peur de ma réaction, et j'approchais d'elle, mon corps venant presque à toucher le sien, sans qu'il n'y ait de contact, mon visage à quelques centimètres du siens, lui faisant senti l'odeur de sang un peu délavé par la pluie mais encore tenace qui m'accompagnait... Mes lèvre s'entrouvrirent, et je fis d'approcher les siennes comme pour l'embrasser, mais je bifurqua au dernier moment pour m'approcher de son oreille, toujours sans la toucher, et murmurant d'une voix douce, mais un peu venimeuse...

-J'ai bien quelques idées... commençai-je, alors que ma main droite, aux doigts devenant brusquement griffes, glissa sur une de ses cuisses. ... mais je ne me suis pas encore décidé... et toi, délicieuse créature, que voudrais-tu ?...

La tentation fut trop forte, je laissai sortir ma langue et lui lécha l'oreille, avant de descendre un peu vers sa gorge, goûtant à nouveau sa peau qui, bien que peu savoureuse à cause du fait qu'elle vive dans la rue sans bonne hygiène, était douce, et le sang qui pulsait... j'avais envie de mordre à pleine dents, une telle excitation... mais je me retins ; pas d'élan carnassier pour le moment, à la limite je m'amuserais avec elle d'une manière plus plaisante, mais pas dans une ruelle crasseuse sous la pluie. Quoi que, j'avais déjà fait pire... Mais pour le plaisir, je passais mes crocs dans son cou, sans mordre, refermant la mâchoire en faisant glisser les canines sur sa peau, avant de la pincer légèrement arriver au bout, manquant de justesse de déraper... Je me retint, et m'éloigna, avec un sourire taquin. Du moins c'est l'impression que je voulais donner, mais je crois avoir donner l'impression d'être sadique...
Je ne la quittai pas des yeux, alors que je me relevais. L'envie de finir la viande me quitta, et celle de la laisser respirer et ce remettre de mon petit jeu se fit présente, et sans lui donner plus d'explication ou l'occasion de me répondre je me détourna d'elle, pour retourner vers les corps. Il y avait peut-être des choses intéressantes sur les corps. Sans ménagement, penché sur le premier corps privé d'un bras, avant de faire le tour des cadavres, retournant les poches, vidant les sacs, et ne trouvant que des babioles n'ayant aucun intérêt pour moi, ainsi que de l'argent. Puis mon attention se tourna vers le corps de la femme que j'avais éventré. Une souvenir me revint en mémoire, et me fit sourire ; ma main plongea dans le corps, écartant les organes et brisant les os, pour attraper et extirper le coeur.

-Et ils disaient que je n'avais pas de coeur... Soufflai-je en parlant à moi-même.

Un large sourire s'esquissa sur mon visage, en repensant à ces Lios qui m'insultait, moi, un Svart, qui habitait leur citée. Celle qui revenait le plus était "sans coeur". Pourtant j'en avais vu et eu plus entre les mains que tout ces idiots fort appétissant. Ma main se sera sur l'organe, et le fit exploser, le sang giclant sur le sol et sur moi, avant de se mêler au déluge. Une fois ma petite distraction finie, je retourna vers ma chère amie et mon casse-croûte, m'asseyant à nouveau devant elle avec un grand sourire, jubilant presque. Je m'amusais vraiment beaucoup.

-Alors, tu a des idées ?... Demandai-je avec un ton mielleux.


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mar 19 Avr - 23:48


Il s'amusait, elle le voyait bien. Le sourire qui lui adressa était encore rouge. Elle aurait presque pu lui dire, qu'il lui en restait un morceau, là, entre les dents. Mais ce serait faire prendre à leur semblant de conversation, un tour qu'elle voulait éviter : lui rappeler qu'elle pouvait servir de dessert. Une vague de panique la submergea quand il parla de se faire un plaisir de lui répondre. Eurydice avait déjà une idée précise de sa conception du plaisir. Et elle le regarda, un peu interloquée, de le voir se déplacer à quatre pattes, pour venir jusqu'à elle. La pluie semblait se calmer, mais qu'ils soient par terre ou debout, il n'y avait pas de différence, ils étaient trempées jusqu'aux os. Parler d'os, ça aussi elle devait éviter. Elle n'aurait dû poser cette question. Il s'arrêta à quelques centimètres, suffisament pour être vraiment trop près, sans la toucher pour autant. Elle continua de le regarder dans les yeux, elle ne pouvait pas vraiment s'en empêcher, puisqu'il faisait de même. Une fois encore elle put sentir son haleine, et cette fois, c'était une odeur de viande fraîche, crue. Eurydice déglutit péniblement, nauséeuse. Elle se colla un peu plus contre le mur, cherchant à mettre de la distance entre sa bouche et la sienne. Surtout qu'il s'approchait, vraiment trop près. Les notions de base d'espace personnel, elle ne connaissait pas vraiment, après cinq ans passés à être tripotée par tout un tas de mains différentes. Elle s'attendit à avoir le goût du sang et de la chair, mais au lieu de ça, il murmura dans son oreille. Elle ferma les yeux, retenant son souffle, avant de les rouvrir brutalement en sentant ce qu'elle n'avait pas senti, depuis la dernière fois qu'une autre expérience l'avait touchée. Des griffes. Ses yeux se baissèrent sur la main qui remontait le long de sa cuisse. Eurydice se tortilla, et ça n'était pas à cause de la peur. Elle se fustigea. Elle croyait que c'était fini, que c'était eux qui provoquaient ces moments là, pour qu'elle procrée, pour qu'elle donne naissance à des enfants qu'elle n'avait pas le temps de véritablement aimer. Elle pensait que ce serait fini, parce qu'elle était sortie.
Délicieuse ?
Elle laissa échapper un cri de surprise en sentant sa langue sur son oreille. Elle faillit tourner la tête, tout en s'écartant, mais elle devait éviter tout mouvement brusque, ou de recul. Cela l'amuserait trop. Les dents dans son cou, une langue chaude, contrastant avec l'humide froideur de l'eau qui dégoulinait sur sa nuque. La pression des dents se fit plus forte, et Eurydice crut un instant qu'il allait la morde jusqu'au sang, mais il se dégagea à ce moment là, la laissant encore plus déboussolée. Elle lui jeta un regard ou se mélangeait l'incompréhension, la surprise et toujours un peu de cette crainte. Il ne la regardait même pas, ce qui lui laissa le temps de se reprendre. Ou pas. Il s'amusa à faire éclater un cœur, entre ses doigts. Eurydice hoqueta, réussissant l'exploit de ne pas faire trop de bruit. Elle le regarda revenir.
Et oui elle avait bien une idée, qu'il la laisse partir, qu'elle puisse quitter cette ville au plus vite, et l'oublier lui, les cinq cadavres, et cette sensation qui n'avait rien à faire là. Mais si elle lui demandait, elle était quasi-certaine qu'il rirait, dirait non, et finirait par la... Eurydice opta pour une réponse qui était sans doute la vérité.

-De toute façon, vous ferez comme vous avez envie...

C'était dit d'une toute petite voix, mais elle avait cessé de murmurer. Elle se tortilla encore une fois, pour trouver une position plus confortable, que d'être sur les genoux. Elle fit glisser ses jambes sur le coté, pour se retrouver à nouveau sur les fesses. Un exercice périlleux, mais qui s'avéra faisable grâce au mur derrière elle, son seul appui. Elle en profita pour jouer de l'épaule, et faire glisser son sac à coté d'elle, plutôt que de le garder dans son dos. Il n'était pas très grand, mais ce qu'il contenait était important. Pour elle. Et elle avait mal au dos, à force d'être appuyée dessus. Elle remarqua qu'elle avait oublié qu'elle avait eu mal aux pieds avant d'être aussi effrayée par... par lui. Elle ne connaissait pas son nom. Elle qui avait su les noms des autres expériences quand elle y était encore. Est ce qu'elle devait lui demander son nom ? Elle secoua la tête, pour chasser l'eau qui lui coulait dans les yeux, et rejeter ses cheveux en arrière. Et elle se laissa même le temps de se lécher les lèvres, se débarrassant des gouttes qui finissaient sur sa bouche, avant de le regarder, sans oser poser la question.



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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mer 20 Avr - 2:01

Oh, cet air, je le connaissais. Ce regard suppliant, mais qui ne demandait pas à échapper à la mort. Elle s'était étalée un peu plus dans l'eau, par souci de confort, comprenant sans doute qu'elle ne mourrait pas -pas tout de suite du moins- après avoir confirmé que j'étais celui qui déciderait de son destin, mes griffes étant la fatale épée de Damoclès, retenu par ma seule volonté qui empêchait mon vorace appétit et mon désir de m'offrir quelques plaisirs avec ou sans consentement... Et ce regard, cette question silencieuse. Elle ne voulait pas savoir pourquoi, ça elle l'avait compris. Ce que je voulais, elle le savait.
Une fille misérable se fait poursuivre par des brigands, puis au détour d'une allée, alors qu'elle se voit retrouvée à terre, se disant que tout était fini, que la vie ne saurait être plus sombre, l'espoir renaît, quelqu'un la sauve... quelqu'un de pire... Et oui ma belle, le destin est cruel. Le destin... y en a-t-il seulement un ? Tu dois croire que le sort s'acharne sur toi, mais tu te trompes, tu n'es qu'une créature faible et veule, comme les autres, vous vivez, vous mourrez, vous entre-tuez comme des animaux, tout en clamant être supérieur aux créatures moins évolué, mais tandis que certains sont assis dans des fauteuils luxueux rehaussé d'or, d'autres se meurent dans le caniveau. C'est un autre monde, autrement plus bestial, sauvage, que ces nantis refusent de voir ; alors qui suis-je, moi, inconnu dévoreur de chair, semeur de mort, qui pose mes yeux et mes griffes sur toi ? C'est ça que tu te demandes, j'en suis sûr. Quelle est le nom de la fatalité que le destin amis en travers de ta route.
Mon sourire ne perdit pas d'intensité. Elle était un animal, comme moi, comme nous tous, et savait que j'étais un prédateur, mais quel prédateur ? Je me pourléchai les crocs, et, sans la quitter des yeux, attrapai le bras, et continuai à le manger, tout en la regardant. Mes yeux se colorèrent, devenant rouge à nouveau alors que je plantais mes crocs dans la viande, savourant cette fois-ci, mastiquant lentement, toujours sans me priver des bruits habituels, mais sans les accentuer pour autant, cela sonnerait faux et serait moins plaisant...

-Tu te demandes qui je suis, ou ce que je suis, pas vrai ? Lâchai-je, relevant à peine mes crocs de la viande. Je peux le voir dans ton regard. Dans tes yeux. Tu as peur, tu n'oses pas, mais tu veux savoir. Comme ces larves stupides qui font du Croquemitaine l'allégorie de leur peur irraisonnée, qui redoute de le voir mai qui vont tout de même vérifier en tremblant s'il n'est pas caché quelque part. Je n'aime pas les enfants... autant d'une manière général les proies sont meilleurs jeunes, et sont par conséquent plus savoureuse, à l'inverse les enfants, ont un goût proche de celui des... poissons... mais je m'égare un peu. Que tu souhaites mettre un nom sur l'objet de ta peur, ou juste par simple curiosité, les raisons ne regardent que toi ; mais tu veux savoir, je me trompe ?... Ne répond pas, j'en suis sûr.

Mes crocs se plantèrent dans la viande, que je dévorais avec toujours le même enthousiasme... c'était si bon... je n'en avais pas mangé depuis un moment. Les autres nourritures me conviennent tout autant, mais c'est beaucoup moins jouissif ; un peu comme une drogue, un besoin irrépressible, sauf que son origine venait des miennes ; et je remerciais mon père de m'avoir offert son sang chaque fois que mes doigts prenaient la forme de griffes... Je finis le bras assez rapidement, redoublant de voracité ; prendre le temps de savourer c'était combler ma faim en moins de temps. J'ouvris le haut du bras, arrachant littéralement la peau, pour pouvoir mordre dans la chair, la viande, délicieuse... le sang gicla, et se mêla à l'eau, le sol se teintant de rouge avant que la pluie ne le nettoie. Pratique cette averse...
Ce bras finit par n'avoir que la peau sur les os, au sens littérale du terme. Je ne mangerai pas la main, les phalange avaient le don de m'énerver, et c'était plein de ligaments... Je jetais les reste devant la jeune demoiselle, en me levant, l'air de nouveau glacial, les yeux reflétant ma soif de sang, et une faim qui me poussai à me lever, et faire quelques pas vers les corps. Mais soudainement, quelque chose m'arrêta. Je restai debout, comme figé, au milieu de la rue, tournant le dos à la demoiselle. Le silence s'installa, légère tension devenant lentement de plus en plus pesante. Je pouvais sentir distinctement chaque goutte effleurer ma peau. Entendre parfaitement le son de la respiration de ma proie. Lente. Tendue. Essayant de lutter contre son instinct primaire. J'esquissai un sourire.

-Akayel.

Je me tournai légèrement vers elle. Suffisamment pour plongé son regard dans le sien. Un regard animé d'un appétit féroce. Celui d'un prédateur, d'une créature sauvage, mais parfaitement maîtrisée. Un regard dangereux. Un regard planté en elle aussi sûrement que je plantais mes crocs dans la chair. Puis je continuai ma route vers les corps, coupant le bras gauche du corps à qui j'en avais déjà pris un, et d'un geste expert en prit un droit à un autre corps, pour ne pas avoir à me déplacer. Et je revins vers elle, posant mon postérieur à nouveau en face d'elle, mais un peu plus éloigné, pour avoir mon sac en tendant un peu le bras. En parlant de bras, je posais la paire que j'avais en plus à côté de moi, et attrapa mon sac, le rapprochant un peu sans le prendre, et farfouillant d'une main dedans pour en ressortir un autre flacon, différent cette fois. Ça ressemblais d'ailleurs plus à un encrier qu'à un flacon, sauf qu'à l'intérieur il y avait un liquide bleu vif, qui ne semblait absolument pas naturelle.

-Quitte à faire ce que je désire, mon délicieux petit encas, je te propose de te passer de cette petit merveille sur le corps ; pas partout, juste un petit peu sur un petit coin de peau... Lui dis-je d'une vois mielleuse, et un sourire un peu hypocrite. Tu vas voir, cela va te faire le plus grand bien !

Je lui posai cela comme une proposition, mais c'était plus un ordre qu'autre chose ; sauf que je l'obligeais à me répondre. Et à accepter ouvertement, confirmant mon statut de dominant, de prédateur, et elle de simple proie, esclave de ma volonté jusqu'à ce que je décide de me passer de ses services... en faisant d'elle mon dessert...


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mer 20 Avr - 16:50

Sa situation se résumait à attendre. Attendre qu'il ait fini de manger. Attendre qu'il décide. Pour la suite, Eurydice savait déjà ce qui allait se passer. Elle savait ce qu'il allait faire. Comme eux, à la faveur de l'obscurité. Elle resta immobile, se sentant plus que vulnérable, se contentant de le regarder. Il bougeait vite, elle en avait eu la preuve, alors même s'il décidait de se jeter sur elle, elle ne pourrait pas esquiver, mais au moins, cela lui permettrait de se préparer. Et elle se demanda ce qu'il allait faire. Une fois ? Ou peut être deux. Et en suite, il la mangerait ?
Elle cligna des yeux. Il savait ce qu'elle pensait. Ses victimes devaient toutes avoir le même cheminement de réflexion. Est ce qu'elles aussi, elles s'étaient demandées qui il était, et pourquoi il faisait ça ? Et, est ce que mourir pour servir de nourriture, était une digne fin ? Avait-elle encore de la dignité ? Pouvait-elle se permettre d'en avoir ? Certainement pas. Pas ici, et pas maintenant. Elle aimait sa vie, même s'il pensait qu'elle était misérable. Eurydice pensait surtout qu'elle avait parfois, assez de chance pour être encore en vie, et avoir quelques moments de joies. Là bas aussi, c'était déjà comme ça. La pluie était plus douce, mais à force d'être immobile, et parce qu'elle avait l'impression d'avoir pris un bain toute habillée, Eurydice commençait à avoir froid. Elle grelottait. Ce n'était pas de la peur. Elle avait appris à ne plus trembler, cela semblait maintenir un minimum d'illusion. L'illusion qu'elle pouvait encore se montrer courageuse. Elle l'écouta sans rien répondre. Puisque lui même ne répondait pas à sa question muette.
Elle le regarda manger le bras qu'il avait pris, comme si c'était la chose la plus délicieuse au monde. Elle se retint de grimacer. Chaque fois qu'il mordait, elle revoyait son propre bras se faire manger. Elle détourna brièvement les yeux, mais son regard fut bien vite attiré par le sol, quand il lança l'os encore pourvu d'une main intact. Le réflexe d'Eurydice fut de se pousser un peu. La main semblait la pointer du doigt, comme dans un geste accusateur. Ce n'était pas sa faute. S'ils ne l'avaient pas poursuivie, ils seraient encore vivants, et elle, elle ne serait pas là, à subir cette attente insupportable.
Il se leva, dans le but incontestable d'aller prélever à nouveau de quoi le nourrir sur les cadavres. Elle souffla un peu. Son regard qui la fixait pendant qu'il mangeait la mettait particulièrement mal à l'aise. Comme si elle ne portait rien, comme s'il allait la croquer d'un instant à l'autre.
Il s'immobilisa, et elle aussi, tendue. L'intensité de son regard la frappa de plein fouet. Eurydice ne put s'empêcher de rougir. Ce regard là aussi, elle le connaissait. Finalement, il continua son chemin. Elle ne savait pas quoi penser, à part qu'il avait l'air tirailler entre l'envie de la manger, et celle de profiter d'elle, comme le ferait un mâle avec une femelle. Comme eux l'avaient fait avec elle, quand il n'avait pas envoyé une autre expérience se charger d'elle. Il revint, avec deux bras, pour continuer son festin. Elle trouva qu'il mangeait lentement, pour quelqu'un qui avait cinq cadavres à faire disparaitre. Six. Avec le sien. Il ne mangea pas tout de suite, préférant chercher quelque chose dans son sac. Elle suivit ses gestes. Il présenta alors un petit flacon, d'un autre genre que la bouteille qu'il lui avait montré. Et quand elle croisa son regard, elle sut ce qu'il pensait. C'était aussi visible que l'absence de ses bras. Un ordre déguisé sous une demande presque courtoise. Elle le regarda un peu paniquée, avant de se résigner.

-V-vous voulez dire ici ? Maintenant ?

Faire ça dans une rue, sous la pluie, ça aurait pu être plaisant, si elle n'était pas certaine de mourir entre ses griffes. Son regard dériva jusqu'à ses mains, avant de revenir à ses yeux. Eurydice déglutit péniblement, se sentant encore plus vulnérable, si c'était possible. Encore une fois, son instinct de survie lui hurlait de fuir, de courir. Mais elle savait que ça ne servirait à rien maintenant. Pas dans son état. Pas avec lui, Akayel, qui la regardait de cette façon. Son regard se posa à nouveau sur ses mains.
De toute façon, il ferait ce dont il aurait envie.


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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mer 20 Avr - 21:35

Et voila que le froid faisait son entrée. Je le remarquai aux tremblements de ma jeune amie, car ce n'était assurément pas de la peur qui lui déclenchait, elle qui s'était montré si forte face à moi, un prédateur assoiffé de chair, qui dévorait des morceaux de cadavres devant elle ; non, c'était le froid, elle était trempée, tout comme je l'étais, sauf que ce n'était pas un peu de vent sur ma peau humide qui allait me faire grelotter... Je lui avais poser une question, ou plutôt un fait inéluctable sous forme d'une interrogation, pour le plaisir d'affirmer une domination dors et déjà établie... mais c'était toujours jouissif d'entendre une proie se résigner un peu plus face à l'inéluctable vérité : je suis un prédateur, et ils ne sont que du bétail... intelligent, certes, mais des animaux, rien de plus.
Je ne lui avais proposé que de mettre un peu de ma lotion sur sa peau, mais à l'entendre me balbutier si je comptais le faire immédiatement et dans les conditions présentes, je compris qu'il y avait un regrettable quiproquo... regrettable pour elle. Je clignai des yeux, qui avait la teinte du sang, l'envie se dessinant dans mon regard, et j'esquissai un sourire en coin. Si elle le voulait, autant lui donner... Toujours assis, je m'étirai, et d'un même mouvement ôta mon haut en tissu, révélant un corps mince, pas particulièrement musclé, à la peau blanche très légèrement grise, et dépourvu d'une quelconque pilosité. Ma nature Svart prit largement le dessus ; l'envie, le désir, brûlant, dévorant, animal... elle ne pouvait résister à ce regard, les demoiselles résistaient peu souvent à mon charme ténébreux, le charme d'un Svart, doublé du charisme d'un Démon. A quatre pattes une nouvelle fois, je m'approchai d'elle lentement, mes griffes raclant légèrement les pavés d'une façon désagréable et régulière, donnant un côté inexorable à mon avancé.
D'un coup je poussais les restes du bras, et alors que je me tenais face à elle, ma délicieuse petite proie, avec l'air d'un prédateur qui aurait tout aussi bien pu la dévorer que profiter d'elle, et je restais un moment à la regarder, expirant par la bouche en produisant un peu de buée, et je passais mon regard sur le peu que laissait suggérer ses vêtements, ce qui était bien suffisant pour me donner un avis sur son corps qui promettait un festin délicieux, dans les deux sens du terme... Je me mis en position accroupi, et du même mouvement, prenant appui sur le sol, je bondis, un petit bon me projetant sur elle, la contraignant à s'allonger brusquement, mais ma main passa sous sa nuque pour qu'elle ne se blesse pas la tête.
Cette fois-ci le contact était vraiment établi, elle pouvait sentir mes griffes, froides, contre sa peau. Les yeux dans les yeux, mon souffle ayant des relents de viande fraîche. Son regard, je le connaissais. Elle ne lutterait pas. Elle savait que c'était inutile, et que cela m'amuserait plus qu'autre chose ; mais je préférai de toute façon que cela se passe plus en douceur, c'est beaucoup moins facile quand le ou la partenaire se débat... Je souris. Un étrange sourire, teinté d'une certaine tendresse, malgré tout malsaine. On ne peut pas avoir un sourire rassurant quand on a encore du sang sur les lèvres... Mes griffes se resserrèrent un peu contre sa nuque, et j'approchais son visage du mien, collant ses lèvres contre les miennes. C'était agréable, comme à chaque fois pour moi ; elle, devait sentir en plus un gout de viande rouge et crue. Je ne me privais pas de venir caresser sa langue de la mienne, et elle me le rendit, timidement. Ça la dégouttait, même si elle se laissait faire ; j'en aurai souris, si mes lèvres n'étaient pas déjà occupées.
Je me pressais contre elle, nos corps humides l'un contre l'autre, ou plutôt l'un sur l'autre ; une fois que j'eus été satisfait, mes griffes glissèrent de sa nuque pour la laisser s'allonger complètement, alors que je me relevai, la dominant encore un peu plus. Je regardais son corps, une moue contrariée déformant les lèvres. D'un geste, avec une expression de colère, je levais la main, les griffes, et fit un large mouvement vers elle... déchirant sa robe sans lui faire le moindre mal, si ce n'est la peur de subitement voir venir la fin pour elle. Pas tout de suite. je finis de déchirer la robe, vu que j'étais à califourchon, et écarta les pans de la robe, qui laissa entrevoir ce corps que je brûlais de voir... mes griffes passèrent lentement le long de ses courbes, allant de ses aisselles jusqu'aux hanches, lui arrachant quelques frissons. Elle avait une cicatrice, mais ce n'était pas un problème... Et elle avait des sous-vêtements, ça je ne m'y étais pas attendu, et d'une griffe je coupai son cache-poitrine, et ses dessous, prenant l'étrange soin de ne défaire que le tissu reliant les deux soutiens, et au niveau de la hanche, sans pour autant dévoiler ce qui se cachait dessous...
Car je me relevai, la laissant étendue sur le sol, presque entièrement nue, et retourna près de mes affaires, prendre l'encrier... Je repris ma place, au-dessus d'elle, la regardant avec un grand sourire dévoilant mes crocs encore un peu rougi par le sang. Je pris le bouchon entre les griffes qui me servaient de pouce et d'index, l'ôta d'un petit coup sec, et lentement, je penchai la bouteille jusqu'à ce qu'un peu du liquide bleu vienne tomber sur elle, faisant quelques éclaboussures en arrivant sur son ventre. Ça lui fit sans aucun doute le même effet que la pluie, qui s'était faite moins forte d'ailleurs, mais contrairement à l'eau, le temps que je remette le bouchon le liquide bleu fut absorber par la peau, entrant en elle par voie cutanée...
Brusquement je me penchai sur elle, sans la toucher, toujours avec ce même sourire, jubilant, et lui ronronnant à l'oreille en me retenant de rire :

-C'est tout ce que je voulais... pour l'instant... Je me relevai, et la contemplai en riant un peu, en essayant de me retenir, un peu de tenu tout de même. Ce produit est ma petite spécialité, une encre un peu particulière qui, une fois sèche devient un poison qui tue lentement au bout de quelques heures... mais rassure-toi, sous sa forme liquide, il n'est qu'un anesthésiant, ton corps va devenir de plus en plus faible tout en étant parfaitement consciente ; comme ça tu n'auras aucune chance de me filer entre les doigts pendant que je déciderai quoi faire de toi. Tu verras, pour l'instant tu ne ressens rien, mais ça va bientôt faire effet...

Je me relevai, riant de plus en plus, attrapant mon haut et ma cape, les fourrant dans mon sac avant de le balancer sur mon épaule. Je regardais la ruelle, au travers du rideau de pluie, cherchant quelque chose du regard, que je trouvais à quelques pas, plus loin dans la rue. Je fis ces enjambés, pour me retrouver devant un bâtiment délabré, le bois de la porte servant de repas aux xylophages, la serrure brisée et rouillée, ainsi que des planches pour empêcher les mendiants de rentrer. Moi, on ne m'empêche pas de faire ce que je veux, et mes griffes vinrent à bout très facilement de la porte, qui tomba en morceau. L'intérieur était sombre, les fenêtres pleines de crasses ne laissant passer le peu de lumière venant du ciel sombre que par les endroits où le verre était brisé ; bien que je ne sois pas nyctalope, mes yeux discernaient des formes dans l'obscurité, une table brisée en deux au milieu de la pièce, des débris un peu partout, et des meubles en piteux état. Dans un coin, un escalier qui n'inspirait que peu confiance menait au premier étage.
Mon sac trouva sa place sur une commode poussiéreuse, près de la porte, et sorti une fiole semblable à la première, rempli d'un liquide marbré, mêlant du rouge sang et du orange foncé. Je secouai fortement le flacon, les liquides en se mélangeant commençait à produire une lumière intense, à la manière d'une lanterne, que je plaçai à côté de mon sac pour éclairer la pièce. Puis je ressortis, retournant vers ma proie en proie au désarroi, et je l'aidai à se relever, vu qu'avec seulement ses jambes se devait être dur... une fois sur pied, la robe déchirée, le soutien gorge laissant entrevoir légèrement sa poitrine et ses dessous offrant une vue incomplète sur son intimité... je ne pus réprimer l'envie de me lécher les lèvres, le regard envieux alors que je regardais ce corps... Secouant ma tête pour chasser ces pensées, je pris mes deux bras sous le bras, et l'invita d'un geste de la tête à venir avec moi.

-On sera mieux au sec, non ?...


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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mer 20 Avr - 22:57

Avait-elle mal compris ? Peut être. Mais l'issue serait toujours la même, elle finirait dans son estomac. Eurydice eut soudainement envie de pleurer. Mais elle ne devait pas lui donner cette satisfaction. Tout comme elle ne lui avait pas dit oui. Elle se rebellait à l'idée qu'on l'oblige encore et toujours. Mais elle était impuissante. Et appeler à l'aide ne servait jamais à rien, si ce n'était qu'à entendre des rires sarcastiques lui répondre. Des regards comme celui qu'il avait pour seule réponse. Eurydice se raidit. Sous ses yeux une peau blafarde, d'un gris presque trop clair pour être sain. Elle cligna ses yeux, détachant son regard du sien, elle les connaissaient les yeux comme les siens, qui vous laissaient incapables de la moindre résistance. Tout comme maintenant.
Il s'avança, et ses yeux lui indiquèrent qu'il allait bouger. Eurydice se prépara au choc, sans pour autant s'empêcher d'avoir un cri presque étranglée, alors qu'elle était plaquée au sol. Sa respiration s'accéléra, et la panique revint comme une déferlante, chassant toutes pensées cohérentes de sa tête. La panique faillit lui faire commettre l'erreur d'essayer de fuir. La seule idée qu'il allait la tuer si elle le repoussait, lui donna assez force pour rester immobile. Elle n'avait pas de moyen de le repousser à part lui donner un coup de tête, et elle doutait que ça suffirait, mais quand ses griffes étaient si près de sa gorge, si près de percer sa peau.
Cette fois elle avait le goût de la chair, celui métallique du sang, comme des relents de pourritures. Eurydice glapit sous le baiser forcé, se révulsant à l'idée d'être embrassée par quelqu'un qui venait de manger de la chair humaine. Il l'écrasait. Et elle se laissa faire, ouvrant la bouche, et fermant les yeux, se retirant doucement dans ce coin là de sa tête. Du moins une partie d'elle même, qui lui fit oublier ce qu'il venait de manger, si elle ne voulait pas hurler. Mais en quoi était-ce différent de la dernière fois qu'on l'avait embrassé ? A part ce goût métallique, il n'y avait guère de différence. L'issue était toujours la même qu'avant : la mort.
Les griffes quittèrent sa nuque, et elle les vit s'allonger, elle eut un nouvel instant de panique, mais seul le bruit du tissus qui se déchire résonna presque dans la ruelle déserte, comme si la pluie ne suffisait plus pour couvrir les sons. Elle s'empêcha de bouger. Elle ne devait pas bouger. A la place, elle le regarda lui, sans vraiment le voir, alors qu'elle sentait ses griffes glisser sur sa peau nue, déclenchant la réaction qu'il attendait d'elle : des frissons. Et ce n'était pas le froid.
Il la laissa là. Elle attendit. Et il fit couler un liquide bleu de ses doigts. Quelques gouttes tombèrent sur son ventre, elle put les sentir. Elle sentit aussi ce même liquide entrer par sa peau. Une sensation étrange, son organisme lui disait qu'il y avait du danger. Elle ignorait qu'elle pourrait être sa réaction, et déjà l'endroit où le liquide était tombé, brûlait légèrement. Eurydice se demanda... Non rien.
Vraiment rien.

Elle le regarda, il se moquait d'elle. Elle ferma les yeux. Tant pis, elle avait décidé de se laisser faire. Et peu importe où elle était, l'issue était toujours la même. Il l'aida à se relever. Se retrouver debout lui donna la nausée, comme si elle était restée allongée pendant des heures. Ce qui était peut être le cas. Elle jeta un coup d'œil au ciel. Personne ne viendrait. Elle le regarda, l'œil presque morne. Il voulait qu'elle entre sans cette bâtisse délabrée, où il y avait une lumière diffuse. Elle hocha la tête à sa suggestion. Flageolante, elle avança, sans avoir la possibilité de resserrer les pans de sa robes déchirées sur elle.
Elle traversa les quelques mètres qui la séparait de la porte, en se demandant quand ce qu'il lui avait donné ferait de l'effet. Elle passa la porte.
L'issue était toujours la même.
Elle se retrouva dans une pièce éclairée par une fiole, qui la fascina un instant. Eurydice cligna des yeux plusieurs fois, comme pour se réveiller. Le reste de la pièce n'était qu'humidité, poussière, ruine. Voila qui ne changeait guère des lieux où elle dormait habituellement. Elle le regarda, comme si elle le voyait pour la première fois. Elle se serait attendu à un peu plus de... de quoi déjà ? Ah oui, de confort. De plus d'élégance. Mais déjà qu'elle avait trouvé qu'il en mettait partout en mangeant. Eurydice frissonna. Elle avait froid.



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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Jeu 21 Avr - 14:22

C'était peu luxueux, mais tout de même mieux que rien, et puis j'avais vu pire que cette vieille bâtisse, qui était tout de même accueillante, malgré la poussière, la crasse, et les débris qui jonchaient le sol. Un lieu parfait pour manger, et se reposer. Parfait pour une vie passée à se cacher... je ne sus retenir une expression de dégoût à cette pensée. Moi, autrefois considéré comme une légende parmi les Svarts, un véritable boucher lors des guerres, et qui fut le terrifiant et redouté Écorcheur d'Alatairë, en était réduit à vivre caché en attendant l'occasion de commencer une nouvelle moisson sanglante. Cela me pesait, je devais l'avouer, n'être qu'une ombre furtive, me privant de carnage, tuant occasionnellement pour me nourrir. Quelle déchéance... mais ça ne durerait pas, j'en avais l'intime certitude, bientôt viendrait le jour où mon légendaire appétit de bataille et de sang marquera l'histoire d'une profonde cicatrice !
Pour l'instant cependant, je devais me contenter de la charmante créature qui me tenait momentanément compagnie. Elle était un peu perdue, déboussolée, et cela ne put que me faire sourire. La pièce dans laquelle ils se trouvaient devait servir à la fois d'entrée, de salon, de cuisine ; bref, une pièce à tout faire, la seule du rez-de-chaussée, et vu la ruelle dans laquelle elle se trouvait c'était pas étonnant que la maison soit aussi peu confortable. Quelques pas m'amenèrent vers ce qui était un plan de travail pour la cuisine, entre un évier rempli de morceaux de vaisselle cassée et un vieux poêle à bois qui ne remarcherait sans doute jamais. La paire de bras qui me servirait de repas y trouva sa place, et les poser sur la poussière et la crasse n'était pas dérangeant vu que la peau n'était pas à mon menu. Recommençant comme avec le bras précédemment dévoré, je pris soin de l'ouvrir avant d'y glisser mes griffes pour détacher la peau des muscles, et pouvoir consommer ces derniers.
Le prenant à pleine main, j'arrachais un morceau de viande, faisant gicler un peu de sang, et me retrouvant avec du muscle dégoulinant entre les griffes. Mes crocs trouvèrent une occupation très vite, mastiquant la nourriture pendant que je déambulais dans la pièce, mes yeux furetant un peu partout, ignorant superbement ma jeune amie, mais ne l'oubliant pas. Je laissais derrière moi un léger sillon de tâches rouges, et monta l'escalier grinçant, pour aller voir l'étage, qui n'avait rien de très surprenant : encore des meubles délabrés, et surtout un lit, dont la vue me fit sourire. Les pieds étaient cassés, et une vieille couverture mitée devait avoir un tant soi peu protéger le matelas qu'elle recouvrai...
Retournant sur mes pas, je finis rapidement mon morceau de viande, crachant sur le sol des morceaux de viande trop nerveux à mon goût. Je posai mon regard sur la délicieuse jeune demoiselle dévêtue qui m'accompagnait, et remarquai qu'il lui manquait quelque chose... Rapidement j'arrachai un nouveau morceau de muscle pour la route, et passa à côté d'elle en disant que je revenais, retournant dans la rue là où j'étais tombé sur ma proie, et qu'elle était aussi tombé. Elle avait un sac, et n'avait pas pensé à le prendre. D'ailleurs, il était étonnant qu'elle puisse l'avoir eu sur l'épaule alors qu'elle n'avait pas de bras... mais ce n'était pas important. Le sac dans une main, de la viande dans l'autre, une nouvelle fois je revins sur mes pas, mais m'immobilisa un peu avant l'entrée, prenant le temps de finir ce que j'avais en main, et tant pis si cela m'obligeai à me mouiller un peu.
Je savais comment faire pour me déplacer en silence, et j'usai de mon don pour me glisser à l'intérieur de l'antre qui était le mien pour un temps, et pouvoir approcher ma proie sans qu'elle ne me remarque. Je déposai son sac, me plaçai derrière elle, me mis lentement en position, et d'un coup, refermai mes griffes sur elle, une main sur sa bouche pour étouffer un éventuel cri de surprise, et l'autre sur son ventre, celle maculé de sang, pour la plaquer contre moi, la serrant dans mes bras, implacable étreinte dont elle ne pouvait se défaire... je resta un moment sans bouger, laissant ma respiration lui effleurer la nuque, faisant légèrement frissonner son corps... elle avait froid, je pouvais le sentir, alors que moi j'étais si chaud... et je la relâchai subitement, allant m'occuper comme si de rien était d'autre chose, à savoir de prendre le bras que j'avais bien entamé, avant de m'asseoir sur un tabouret qui traînait, ou tout du moins une chaise qui n'avait plus de dossier.

-Alors, ma tendre amie, qu'as-tu d'intéressant à me raconter ? Elle semblait ne pas s'attendre à une telle requête, encore moins lancé sur un ton intéressé, et je pris la peine de rajouter quelques explications. Cela fait des années que je n'ai pas eu de discussion intéressante avec quelqu'un, et non pas que la solitude me pèse mais vu que je ne compte pas te manger tout de suite, et en attendant que mon produit fasse effet -ce qui ne devrait plus tarder- et bien... fais-moi rêver...

Je terminai ma phrase avec un sourire, avant de tourner mon attention vers le bras entre mes mains, et de plonger les crocs dans l'appétissante chair, levant mes yeux vers elle par moment, attendant une réaction de sa part...


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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Jeu 21 Avr - 19:57

Une main se plaqua sur sa bouche, l'autre sur son ventre. Eurydice crut qu'elle était devenue folle, elle ne l'avait pas entendu revenir, lui qui s'était si peu préoccupé d'elle, alors qu'il avait fait le tour des pièces. Elle, elle n'avait pas bougée, restant immobile. Si elle faisait encore un pas, elle était sûr de vomir. La tête lui tournait, et dans sa bouche, un arrière goût de viande. Elle devait trouver un endroit où s'assoir, et ses yeux avaient commencé à chercher, quand il était arrivé derrière elle.
La main sur sa bouche était chaude, celle sur son ventre aussi. La surprise lui donna un regain de conscience, suffisamment pour ne pas s'affoler plus que ça. Il jouait avec elle depuis qu'il avait rattrapé dans cette ruelle. C'était encore une mauvaise blague. Une de plus. Il se moquait encore d'elle. Et en même temps, il en venait toujours à être contre elle, avant de se dégager, comme s'il ne se croyait pas capable de pouvoir se contrôler suffisamment s'il restait là, à la toucher. Eux aussi, ils avaient fait ça. Le souffle sur sa nuque était chaud. La main sur ventre humide. Eurydice baissa les yeux, tant bien que mal, malgré l'étau de la main sur sa bouche qui lui maintenait la tête en place, elle vit du rouge. Un étonnant contraste coloré, avec sa peau à la faible lueur laiteuse.
Il la lâcha si brusquement qu'Eurydice faillit tomber, ses jambes avaient du mal à la porter. Elle devait s'assoir, où elle tomberait. Son éloignement lui ressentir le froid et l'humidité encore plus cruellement. Elle avait presque, oui presque, trouvé ça confortable, la chaleur qu'il dégageait, collé à son dos, ses bras l'enserrant au point de presque l'écraser. Elle avait si froid.
Elle tituba, se retournant. Elle ne devait pas le quitter des yeux. Pourquoi déjà ? Parce que. Il se remettait à manger. La nausée la reprit. Eurydice chercha un appui, mais il lui demanda de parler d'elle. Le faire rêver ? Elle ne comprenait pas. Pourquoi lui demander de parler, il s'en fichait éperdument de qui elle était. Elle même ne savait pas qui elle avait été, et d'où elle venait. Elle savait seulement ce qu'Ils avaient bien voulus lui dire. D'ailleurs, elle le lui dit.

-Je... je ne sais que ce qu'ils ont bien voulu que je sache. C'est tout. Pas de rêve. Pour personne.

Eurydice se laissa choir sur le sol, tenir debout était trop difficile. Elle soupira, et secoua la tête pour chasser cette engourdissement qui la prenait. Tiens, c'était ça, peut être, les effets dont il parlait. Ah. Alors si Akayel lui avait dit son nom...
Elle releva la tête pour le regarder.

-Ils m'ont appelé Eurydice. J'ai passé du temps dans une cuve. J'avais une vie avant. Mais je ne me souviens de presque rien. Je sais seulement que j'ai été enfermée pendant cinq ans. J'ai donné naissance à des enfants là bas.

Si elle avait pu, elle aurait touché la cicatrice sur son ventre. Ils avaient dû l'ouvrir pour faire naître son deuxième fils. Il était trop grand. Enfant d'un géant. Elle continua, sans vraiment donner les évements dans leur ordre chronologique.

-Je n'ai pas pu les voir. Ils ont coupé mes bras, juste pour voir. Ils m'appelaient leur trésor. J'étais la seule Ethérie. Après la cuve, j'ai eu droit à une chambre. Oh, j'en ai tué un une fois. Pour me punir, ils m'ont mises avec les autres, j'ai toujours été seule, jamais personne d'autre qu'Eux et moi. Et les Autres avaient faim. Je n'avais plus de mains, alors comme c'était encore frai, ils ont mangé. Ce qui restait, mes bras. Je n'ai crié cette fois là. Je voulais qu'ils me mangent tout entière, pour que ça s'arrête. On dirait bien que mon souhait va finir par être exaucé.

Eurydice eut un pauvre sourire. Elle avait sourit aussi, quand il était venu lécher la plaie. Elle les avait regardé avec bienveillance, tous, quand ils étaient venus la croquer. Après, ou avant, elle ne savait plus, il y avait eu un des autres, qui l'avait mordue, à l'intérieur des jambes. Une de ses cuisses. Elle en avait gardé la trace. Elle le lui raconta. Et plus elle continuait de parler, plus son corps s'engourdissait, c'était comme si elle allait s'endormir. Ah dormir. Elle n'avait jamais pu dormir une nuit entière. Jamais. C'était trop dangereux. Et la fois, ou pour la punir, ils lui avaient retiré un œil, avant de le lui remettre.
Est ce qu'elle parlait, ou est ce qu'elle pensait ? Peu importait. Elle avait froid. Encore. Si elle avait eu ses bras, elle les aurait tendu vers lui. Akayel avait chaud. Et elle avait si froid, qu'elle s'en fichait s'il mettait du sang partout, du moment qu'elle avait chaud...


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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Ven 22 Avr - 1:07

Quel plaisir... je ne pus m'empêcher de m'arrêter de manger, et la regarder en souriant. Elle s'était mollement laissé tombé sur le sol, à moitié nue dans la crasse, abattue, désespérée... que c'était jouissif de voir ça, l'entendre raconter les tortures qu'elle avait subi, même si elle ne les décrivait pas, cela se sentait dans sa voix... tremblante... fuyante... elle ne voulait pas se rappeler, mais en même temps se les sortir de la tête, cracher sa douleur en espérant qu'elle s'efface ; mais cela ne viendra pas, tu vivras avec tant que tu te souviendras... Elle avait vraiment subi des sévisses qui aurait déclenché chez pas mal d'être vivant de la compassion... pas moi. Certainement pas... si encore j'aurai cru, ne serais-ce qu'un instant, qu'une telle chose pourrait m'arriver, j'aurai pu ressentir une infime trace de ce sentiment qui me dégoûtait, mais j'étais certain que ça ne m'arriverai jamais, donc inutile de ressentir ne serais-ce qu'un fragment de cette grotesque illusion qu'est la compassion, qui se trouve être plus égoïste qu'autre chose ; on ne ressent de la peine que pour quelque chose que l'on a peur de subir...
Eurydice. Un prénom charmant, pour une créature délicieuse ; une Ethérie, une demoiselle du peuple le plus proche de la magie, si on le prend dans son ensemble... un goût assez... étrange en bouche, mais loin d'être désagréable... sans doute à cause de la forte dose de mana parcourant leur corps... L'une des seuls choses qui différencie les êtres prétendument intelligent des animaux, la capacité à apprendre, à se rendre compte de leur potentiel et tenter de l'exploiter. Mais leurs illusions de grandeur étaient si futiles et vaines... le dégoût me revenait en bouche, et me coupa presque l'appétit. La voir se lamenter ainsi était amusant ; savoir que des êtres inférieures se livraient à de telles expériences... j'aurai souhaité moi même dévorer leur chair, leur montrer qu'ils ne sont et ne seraient jamais que de misérables créatures pitoyables n'ayant que la mort comme destinée, que ce soit sous mes griffes ou d'une toute autre manière. Leur vie n'était qu'un bâillement dans l'existence d'un être tel que moi.
Cette Eurydice eut le mérite de bien me divertir, et l'effet de ma petite lotion se fit sentir, ses paroles moururent dans sa gorge alors que son corps relâcha toute pression, et qu'elle sombra lentement dans l'inconscience, en pensant un peu par la confusion, à ce que je pus voir dans son regard. J'y vis aussi une étrange expression, qui éveilla un souvenir en moi... que je refoulai tout aussi brusquement qu'il m'était apparu ; ce n'était pas le moment. Normalement, elle aurait du rester éveillée, mon produit n'affectant que les muscles, mais elle devait être épuisée. D'ailleurs, je n'étais même pas certain qu'elle dorme vraiment, au moins elle avait l'air presque... paisible. La faim m'avait bel et bien quitté. Pour un temps. Et j'avais suffisamment manger de viande pour tenir jusqu'à un prochain repas... Je laissai là le bras presque fini, me levai pour faire quelques pas vers elle. La souffrance et la peur avait laissé place à une expression plus neutre plus détendue. J'esquissai un sourire.

Mes griffes glissèrent sur sa peau nue, alors que je la prenais dans mon bras pour la porter, précautionneusement, jusqu'à l'étage où attendait un lit, certes peu engageant, mais étant tout de même mieux que le sol ; je poussais avec le pied la couverture mitée, et dévoila un matelas en piteux état, mais pouvant encore accueillir deux personnes. Avec délicatesse je la posai sur le tissus moelleux, puis redescendit chercher toutes nos affaires, pour les monter et les laisser près du lit ; au moins comme ça j'entendrai la personne venir si jamais on tentait de me prendre quoi que ce soit, car en bas j'aurai eu du mal... je l'avoue, quand je dors profondément, les bruits lointain et discret je les perçois pas.
Je sorti de mon sac mon haut, le roula en boule en guise d'oreiller, et alors que je le mis en place, mon regard se posa sur cette délicieuse Eurydice. Les vêtements étaient décidément de trop... elle était inconsciente, et retirer les lambeaux de tissus n'était pas chose difficile, si bien, que je pus rapidement faire glisser mes griffes sur sa peau, si douce, si... délicieuse... Non, je devais me retenir. Ma cape, bien qu'humide, au même titre que tout mes vêtements, servirait de couverture ; la chaleur de mon corps la fera sécher. Et pour compléter le tout, je me mis à nu, ne voyant aucune raison de montrer une quelconque pudeur, surtout si je profitais des charmes de la damoiselle...
Pas tout de suite cependant, cela n'aurait rien d'amusant si j'abusais de ce corps si délectable alors qu'elle n'est même pas consciente -ou du moins pas tout à fait- donc malgré ses charmes, je m'en dispenserai... pour un temps. Mon corps nu se glissa sous ce qui servait de couverture, venant me faufiler contre le corps à ma merci de la belle demoiselle, et je pris la peine de changer mes griffes en doigts ; plus pratique pour les caresses, et elle s'apercevra moins vite de l'identité de celui avec qui elle était dans le lit une fois que mon produit n'aura plus d'effet, et qu'elle s'éveillera... Sa peau était douce, mes froides, et je la serrai contre moi pour la réchauffer. Curieux réflexe... mais j'avais l'habitude de prendre soin de ce qui m'appartient ; et je considérais comme ma possession... Déposant un baiser sur ces douces lèvres charnues, qui me donnèrent une fois de plus envie de mordre à pleine dents dans sa chair à l'allure succulente, j'eus une curieuse sensation. Ça me changeait, de dormir avec quelqu'un. Ça faisait si longtemps... avoir quelqu'un à ses côtés. Quelqu'un de totalement soumis et dépendant de ma volonté... un sentiment de pouvoir, aussi intense que celui que l'on ressent quand on tient la vie de quelqu'un entre ses mains, avec des avantages en plus...
Décidément, j'aimais beaucoup la présence de cette petite Ethérie, et c'est avec un sourire emprunt d'une sombre malice que je m'endormis, serrant contre moi la délicieuse Eurydice...


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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Ven 22 Avr - 22:49

Eurydice ouvrit brusquement les yeux. Ce qu'elle voyait ? De la peau. Une peau aussi blafarde que la sienne. Elle se souvenait maintenant. Elle dormait contre Akayel. Elle se força à rester immobile, tâchant de rassembler ses souvenirs de la veille. Enfin, de la vieille, d'avant qu'elle dorme. Il avait fait goutter ce liquide bleu sur son ventre, et après, elle était entrée dans la maison, et là, elle avait sombré, doucement, mais sûrement. Il avait dit qu'elle serait consciente, mais visiblement, la fatigue de ces dernières semaines avaient pris le dessus. Elle n'avait pas vraiment mal, juste irrépressible envie de s'étirer. Mais il la tenait serrée contre lui. Si Eurydice bougeait, elle était certaine qu'au moindre mouvement il s'éveillerait. Et il avait dormi comme ça, avec elle... Eurydice ne sentait plus aucun de ses vêtements. Il l'avait dévêtue. Du peu qu'elle voyait, elle n'osait relever les yeux, il n'en portait pas non plus, puisqu'ils étaient sûr eux, pour les protéger du froid. L'humidité et le froid n'existaient plus, juste la chaleur, et celle-ci provenait d'Akayel. Là où leurs corps entraient en contact, elle sentait la chaleur s'en dégager.
Eurydice n'avait pas ressentit cette chaleur depuis la dernière fois qu'elle avait dormi avec quelqu'un, même Ils l'avaient poussée à le faire, pour qu'elle procrée une nouvelle fois, naturellement cette fois, ces deux derniers enfants, les jumeaux, n'avaient pas eu de franc succès auprès d'Eux. Ils ne s'étaient pas félicités cette fois là. Une satisfaction pour elle.
Un sentiment vite oublié, la satisfaction.

Comme maintenant, elle s'était cru brièvement être en sûreté, à l'abri, et elle tombait encore des nues. Enfin, elle était vivante, et n'avait mal nulle part. Elle le sentirait s'il avait décidé de croquer dans sa chair. Eurydice sentait la moindre parcelle de chair manquante depuis la perte progressive de ses bras. Bras qu'elle avait toujours la sensation d'avoir bien souvent.
Elle devait oublié les idées de fuite, elle ne pourrait aller nulle part nue, et ça, c'était à condition qu'elle puisse lui échapper. Et il avait déjà suffisamment démontré qu'il pouvait l'attraper à tout moment. Et elle se souvenait assez bien de la façon dont il s'occupait des fuyards. La femme, dont le corps devait être encore dans la rue, n'avait pas eu de chance, contrairement à elle. Oui, elle s'estimait chanceuse, bien que sa vie ne tienne qu'à un fil. Hier il avait sourit quand elle avait parlé, elle se souvenait. Il s'était encore moqué d'elle. Une vague de colère la submergea.
Elle n'avait rien demandé, jamais, de sa vie d'avant ne subsistait qu'un vague sentiment de sécurité, de bien être, et elle avait dû être heureuse. Mais Ils avaient tout gâché. Et maintenant elle était dans les bras d'un... D'un quoi ?
Eurydice n'avait jamais vu ça, surtout pas parmi les mangeurs de chair de là bas. Akayel semblait tout puissant, invulnérable, et capable de briser n'importe quoi. Alors elle qui n'était qu'une petite Ethérie, elle ne ferait jamais le poids si elle essayait de l'empêcher de faire quoi ce soit.
Se laisser faire vallait-il mieux que de mourir en luttant ? Le problème était qu'elle lasse de lutter. Dès qu'elle luttait, c'était pour mieux retomber dans le trou, et à chaque fois sa situation semblait devenir pire qu'avant.
Trop tard. Elle venait de bouger. Elle referma les yeux, comme s'il allait ne plus être là quand elle les rouvrirait. Lentement, elle se donna de la place pour lever la tête vers lui. Elle se demanda ce qu'elle trouverait. Sous doute la regardait-il déjà depuis qu'elle s'était éveillée, et qu'il aurait le sourire aux lèvres, se moquant encore d'elle. Eurydice leva la tête, et constata que son visage était encore trop près du sien, si bien qu'elle sentait à nouveau son haleine aux relents de chair pourrissante.


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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Sam 23 Avr - 7:42

Alors que mon esprit sombrait dans l'inconscient, les rêves m'accueillant furent des souvenirs de ma longue existence, pris un peu au hasard. Quelques moments de ma vie en Alatairë, des meurtres un peu partout, dans des endroits que bien souvent je ne reconnaissais pas, l'apprentissage auprès de mon oncle, la création de ma première encre alchimique, le départ de mes parents... ah, mon très cher père, jamais je ne le remercierai assez de m'avoir offert ce sang unique... un jour sans doute je le reverrai, et si jamais il était encore en vie, je lui ferais l'honneur de le défier et de le tuer. Cela pourrait paraître barbare, mais je suis certain que mon Démon de père serait plus qu'heureux de mourir des griffes de son enfant, satisfait d'avoir engendré un mal bien plus grand que lui, et j'estimais être à la hauteur de cette espérance.
Ça me faisait en quelque sorte du bien de dormir au côté d'une autre personne. Même un être aussi puissant que mon père avait éprouvé le besoin de pas finir son existence seul, même si je doute que ma mère ait survécu un tel nombre d'année... Être seul, c'est un peu ennuyant. Certes, tuer est un plaisir si délectable, mais en silence et sans que personne ne puisse en être horrifié, sans que tous tremblent devant ma noirceur... quand je n'étais pas plongé dans une bataille, ça me manquait inévitablement, et bien que je comble ce vide par mon intérêt vis à vis de l'alchimie, j'éprouvais un plaisir malsain à profiter de la faiblesse d'une demoiselle que mes actes répugnaient. C'était déjà ça, et j'aimais cette sensation de peur, de crainte, de dégoût dans son regard. Non, je ne la tuerai sûrement pas, du moins tant qu'elle aura de l'intérêt à mes yeux. J'éprouverais un peu de déception, sans doute, à cause des bons moment, puis je passerais à autre chose. Même si je la laissais mourir naturellement, je vivrais certainement quand elle ne sera plus que poussière ; autant en profiter quand j'en aurais assez d'elle et avant que son corps perde sa saveur, et se flétrisse avec l'âge...

Un mouvement perturba mon sommeil, et je savais qu'il venait d'elle, donc je ne m'en inquiéta pas. Ma petite Ethérie était réveillée, je pouvais le sentir au son de sa respiration, à sa poitrine qui se soulevait contre la mienne. Je fis comme si de rien était, comme si je dormais, pour ne pas la brusquer ; pas tout de suite. Je la laissais un moment, qu'elle comprenne bien la situation dans laquelle elle était... je sentis sa tête bouger, sans doute pour me regarder, voir si je dormais, et elle dut constater que c'était le cas, du moins en apparence... à moins qu'elle ne se doute que j'étais assez alerte pour me réveiller au cas où elle bougerait...
J'en eus soudainement assez d'attendre, et sans plus tarder j'ouvris les yeux et resserrai mon étreinte, avant de venir poser mes lèvres contres les siennes, mais me contentant du contact de ses lèvres, il était peut-être un peu tôt pour un langoureux baiser... mais sans doute pas pour d'autres choses beaucoup plus stimulante. Avant qu'elle n'ait le temps de réaliser ce qu'il se passait, elle se retrouva sous mon corps, qui la bloquait, sans pour autant l'écraser, mais l'emprisonnant totalement... mon visage était au plus près du sien, sans pour autant la toucher, une fois de plus mes yeux plongés dans les siens, mon regard bleu sombre baignant d'une intense envie, d'un appétit sauvage, qu'elle pouvait voir comme de chair ou de sexe... et si elle se posait cette question, mon sang lui répondit, venant affluer jusqu'à mon entrejambe, révélant une chose que je n'avais pas à envier à un autre mâle ; comme quoi, les Démons sont puissants sur tout les plans...
Ma respiration était un peu plus rapide, et elle ne devait réussir à sentir que l'odeur de chair de mon haleine... Un frisson d'excitation me parcourut, la peau de mes doigts se durcirent et prirent la forme de griffes, qui s'enfoncèrent dans le matelas ; si je ne me retenais pas, je me transformerai sans doute complètement, tant ce corps excitait mes plus bas instincts... non pas que j'avais honte de mes pulsions sauvages, mais si je me laissais aller à ma nature démoniaque, il était presque certain que je la tue pendant l'acte, et ce serait particulièrement dommage, car je ne pourrais dès lors pas recommencer...

-Alors, mon trésor, tu as bien dormi ?... Lui susurrais-je, la voix tremblante d'excitation.


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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Sam 23 Avr - 12:11

Il semblait dormir. Le visage ainsi fermé, elle songea qu'il ne ressemblait pas vraiment à l'homme qui lui souriait comme si elle était la chose la plus divertissante au monde. Elle resta un moment à le regarder, comme si elle ne l'avait pas fait suffisamment hier. Elle commençait à se faire à l'odeur qui se dégageait de sa bouche, comme si à force de la sentir, son nez ne réagissait plus. Elle avait vécu dehors ces dernières semaines, et les relents de chair pourrie, elle connaissait. Il y avait la même près des boucheries, et parfois derrière les auberges. Et les caniveaux puaient autrement plus que ça.
Elle le sentit s'éveiller, aussi brusquement qu'elle. Ses yeux s'ouvrirent, et elle s'en trouva presque surprise, mais elle s'était douté qu'elle l'avait réveillé en bougeant. Il la serra plus fort, et Eurydice se retrouva presque comprimée contre lui. Sans avoir le temps de baisser la tête, ses lèvres furent écrasées par les siennes, et elle se retrouva sous lui. Le mouvement la réveilla totalement, son corps l'avertissant de cette dangereuse proximité. La soudaineté et la brutalité d'Akayel la laissèrent le souffle court, respirant plus vite, cédant un instant à la panique. Elle ne se calma pas en croisant son regard, auquel elle resta accrochée. Ce qu'elle vit, la même chose qu'hier, quand il semblait à deux doigts de perdre son contrôle. Quand il finissait par s'éloigner d'elle, pour éviter d'en finir trop vite. Cela aussi elle l'avait bien compris. Il ne voulait pas aller trop vite, il prenait se temps. Il semblait se délecter de ses réactions, comme Eux l'avaient toujours observée de près, pour savoir ce qu'elle allait faire, comment elle réagissait. Même après qu'elle en ait tué un, ils avaient continué à la regarder de si près. Prenant soin de la maitriser avant de le faire, s'évitant un nouveau cadavre en blouse blanche.
Mais la rage qui l'avait animée à ce moment là, n'était plus qu'une ombre dans un coin de son esprit. Comme elle ne devait plus être que l'ombre de ce qu'elle avait été, avant. Eurydice eut le réflexe de baisser les yeux, cherchant à voir ce qui se pressait si joyeusement contre son bas ventre. Elle releva les yeux vers Akayel, ayant la réponse à une question muette. Il n'allait pas la manger tout de suite. Non, avant ça, il ferait en sorte de se servir de membre joyeusement dressé. Elle l'avait bien compris. Elle savait aussi combien les mâles avaient du mal à se maitriser, une fois qu'ils étaient éveillés de cette façon. Des nuits entières où elle les avaient subis, Eux. Les pires d'entre eux. Mais Akayel n'était pas venu sournoisement, non, ses intentions avaient été claires dès le début. Profiter, puis la manger.
Le mot la frappa de plein fouet, comme s'il l'avait giflée. Elle le regarda un instant, sentant cette colère qui revenait parfois. Elle le regarda dans les yeux.

-Ne m'appelez pas comme ça, fit-elle doucement, pas vous.Vous n'êtes pas Eux.

Oh ça non, Ils, les hommes en blouses, n'étaient jamais arrivés à la cheville des Autres comme elle, ceux qu'Ils avaient poussés entre ses jambes pour qu'elle procrée. Et Akayel se rapprochait plus des Autres. Elle ne pouvait pas en douter, avec ce qu'elle sentait contre elle. Pour éviter qu'il se moque encore d'elle, Eurydice fit comme là bas, elle écarta ses jambes, les faisant glisser autour de sa taille. Ils ne pouvaient pas être plus proches.


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Akayel
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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Sam 23 Avr - 13:34

Ma petite surprise sembla avoir son effet, du moins elle fut pris d'un peu de panique, elle devait tout de même s'y attendre. Visiblement, elle en avait connu d'autres, des prédateurs, des créatures au tempérament comparable au mieux, il devait en exister un grand nombre, autant dans la nature que créé par des insectes stupides qui se prenaient pour des Dieux, en pensant que manipuler la vie était un exploit ; cependant, bien que l'on puisse me ressembler, dans ma façon d'être la plus primaire, je restai incontestablement supérieur à ces choses ; à part un autre Démon, un Dragon ou un Dieu, il est peu probable qu'à armes égales ont puisse m'abattre, et je m'assurais de toujours avoir un quelque chose dans ma manche...
Sauf que dans la situation présente, ni artifice ni astuce, il n'y avait que moi, et elle, tout deux nu, l'un contre l'autre, face à la fatalité de la chose : j'avais envie, et elle ne me refuserait pas ce que je désirais, question de bon sens... Mon petit mot glissé intentionnellement fit son effet, elle me demanda de ne plus le faire. Allais-je céder à cette exigence ? Oui. J 'avais fait ça pour la taquiner, je ne tenais en aucun cas à ressembler à ces êtres abjects et qui ne m'inspiraient que du dégoût qu'elle avait brièvement décrit avant de s'endormir ; je valais bien mieux que ça. Je lui adressa un sourire conciliant, je ne recommencerai pas. Pas parce qu'elle me l'avait demandé, mais parce que je le voulais.
Ses jambes glissèrent contre les miennes, pour venir se croiser autour de ma taille. Elle m'invitait à profiter d'elle, Eurydice m'était totalement soumise, et cela ne pouvait que me faire saliver d'envie... mes griffes quittèrent le matelas qu'elles avaient un peu déchirées, pour venir enlacer sa proie, l'une de mes mains se passant dans ses cheveux, l'autre dans son dos pour l'étreindre un peu plus. Pas d'échappatoire, et elle n'en voulait pas, même sous la contrainte, je pouvais sentir qu'elle le voulait ; c'était probablement faux, mais au fond, quelle importance ?... J'avais ce que je voulais, et non sans fougue je l'embrassais, y mettant une réelle fougue cette fois, ma langue allant caresser la sienne, et je reculai mon bassin, me tenant prêt à lui montrer ce que valais un Démon...

Eurydice était à terre à présent, sa nudité partiellement cachée par la couverture qui avait été entraînée par sa chute. Moi, j'étais assis sur le lit, le souffle court, mon regard trahissant un mélange de colère, de surprise et de peur. A la dernière seconde, pris de panique, je l'avais repoussé le plus loin possible de moi, et elle put voir que ce n'était pas un énième jeu. J'avais vraiment eu l'intention de faire ce que je voulais faire, mais... j'avais aussi senti mes griffes se resserrer sur sa peau, prêt à s'enfoncer dans sa chair. Mon sang bouillonnant sur le point de faire ressortir un peu plus ma véritable apparence. Sans le réaliser, j'aurai pu la tuer, emporter par ma fougue... je n'aurai pu me maîtriser, je l'avais senti, au dernier moment, heureusement pour elle ; pas pour moi.
J'avais la sensation d'être faible...
Je savais me maîtriser, et même parfaitement, du moins je le croyais. Il m'était déjà arrivé d'entretenir une relation suivie avec une charmante demoiselle, que je n'avais pas dévorée, mais elle était autrement plus... fougueuse que celle-là. Elle se comportais comme une proie, comme... ce qu'elle était. Et ça me donnai envie de la dévorer, chose que je ne voulais pas. Un être aussi soumis, conscient de n'avoir aucune chance de m'échapper... je ne voulais pas la dévorer, bien que je veuille profiter d'elle, et si je le faisais, je risquais de lui asséner un coup de crocs fatal...
Une colère sourde prédomina sur mes autres émotions. Me mettant à quatre pattes, face à Eurydice, qui était étalée sur le sol, je levai une main, comme pour la frapper, et l'abattit... pour attraper la couverture. Je me rallongeai à ma place, mais n'offrant que mon dos à la demoiselle.

-Recouche-toi. Grognais-je, glacial, et essayant de faire taire ma colère.


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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Sam 23 Avr - 18:17

Si elle avait pu le tenir, elle l'aurait pris dans ses bras. Elle aurait pu le faire, mais elle n'était pas bête au point de lui montrer ce qu'elle savait faire. Pas maintenant. Eurydice se sentit rougir, le genre de rougeur qui ne vient que quand le souffle s'accélère, quand le corps devient chaud de désir. Elle n'avait rien contre le fait qu'Akayel profite d'elle, elle même profiterait autant que lui. Ce n'était pas le premier comme lui qu'elle rencontrait... Il était le plus effrayant peut être. Non, plus imposant, c'était le mot. Encore qu'elle se souvienne parfaitement de ce qu'elle avait fait avec le Géant, sous l'œil de la gardienne de celui-ci, pour éviter qu'elle meurt pendant l'acte.
Pour la première fois, il eut un autre genre de sourire que celui qu'il avait toujours eu jusqu'ici, la moquerie et le mépris sur les lèvres. Cette fois qu'il ne se contenta pas d'un baiser presque chaste, non, sa bouche fut explorée avec rudesse, et c'est presque sans ressentir le moindre dégoût qu'elle lui répondit. Elle avait le droit, rien qu'un peu, d'avoir envie, envie de sentir rien qu'un peu de plaisir, avant de se faire manger. Sur sa peau, elle sentait ses griffes. Il n'était pas non plus le premier qu'elle ait connu avec des griffes. Pendant cinq ans, beaucoup étaient passés entre ses jambes, qu'elle le veuille ou non, il y avait parfois eu de bon moment parmi ces cinq années cauchemardesques.
Eurydice l'attendit, et il ne vint jamais.

Au lieu de ça, le choc fut violent. Elle atterrit durement sur les fesses, avant d'être presque étalée sur le sol miteux de la chambre. Eurydice se redressa, pour le voir furieux, mais il avait eu peur. De quoi ? De lui faire mal ? N'était-ce pas ce qui allait arriver ? Il finirait par lui faire mal. Elle n'était qu'un jouet, une distraction. Alors qu'elle importance s'il lui faisait mal maintenant ?
Elle se rendit compte qu'il avait vraiment eu peur, ou plutôt qu'il ne voulait pas lui faire mal tout de suite. Pas maintenant. Elle le regarda comme si elle le voyait pour la première fois. Depuis le début, il avait montré qu'il était maître de lui même, qu'il était plus fort, plus habile, plus intelligent, que n'importe quel autre créature. Et elle, elle, une Ethérie mutilée, arrivait à lui faire perdre tout contrôle au point qu'il ne pouvait rien tenter sans risquer de la tuer. L'instant compréhension laissa la place à la peur. Il n'y avait plus que de la colère, rien que de la colère. Sa main se leva. Ah.
Elle rentra la tête dans ses épaules, comme si ça pourrait la protéger d'un éventuel coup. Au lieu de ça, elle sentit le froid. Il venait juste de reprendre la couverture qui avait glissé avec elle. Eurydice le regarda avec une certaine curiosité, alors qu'il ne lui montrait que son dos. Se recoucher ?
Elle devrait se relever d'abord. Ou peut être pas. Elle resta là un moment, assise sur le plancher, à regarder autour d'elle. La chambre était aussi délabrée que le reste de la maison, encore un peu, elle aurait pu voir le ciel à travers le plafond. Il fallait qu'elle se relève pour se recoucher. Seulement, elle était parfaitement éveillée, et lui, elle pouvait presque palper sa colère. Elle n'avait aucune envie de retourner auprès de lui. Aucune. Et se relever sans appui serait difficile. Eurydice rampa presque pour atteindre le lit, contre lequel elle s'adossa. Là, elle put avoir un appui, pour pousser avec ses jambes, et se retrouver debout. Elle avait les jambes flageolantes. Elle dut d'abord s'assoir doucement, sans faire le moindre bruit, avant de se laisser basculer sur le coté, et enfin de ramener ses jambes sur ce lit de fortune. Là, elle ramena ses jambes contre elle. Dormir était impossible, pas après ça. Elle se demanda combien de temps elle devrait attendre, jusqu'à ce qu'il se décide. Jusqu'à ce qu'il décide de quelque chose. Le matelas puait le moisi, en plus d'être complètement défoncé. Elle recommençait à avoir froid. Elle avait peut être faim aussi. Mais la nourriture qu'elle avait acheté hier, ne devait plus être bonne qu'à jeter. Et elle ne se souvenait pas de ce qu'elle avait fait de son sac. Pour l'instant, elle ne pouvait pas se relever et le chercher. Et si elle l'avait oublié dehors, elle ne pourrait pas sortir nue. Et elle doutait qu'elle puisse sortir de cette pièce sans qu'il l'ait décidé d'abord.



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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Mar 26 Avr - 4:43

La colère... cela faisait longtemps que je n'en avais pas ressenti, du moins une telle fureur, et dirigé vers moi-même. C'est dans ce genre de moment que je me rend parfaitement compte de ma nature, assoiffé de sang, de carnage et de meurtre, alors que j'apprécie aussi d'autres choses ; l'alchimie par exemple, et puis, j'avais par le passé entretenu des relation plutôt sérieuse avec des filles, majoritairement des Svart qui espérait que je leur offre un enfant, chose que jamais aucune demoiselle n'obtint. Ah, et il y eut aussi Nora... elle me manquait parfois... Mais trêve de souvenir, enroulé dans la couverture je grinçai des dents. J'avais la sensation de m'être montré faible, d'avoir manqué de volonté. Je ne supportais pas l'idée que ma proie me croit incapable d'être maître de moi-même...
Car je l'étais. Parfaitement. Ce n'était qu'un léger moment d’inattention... j'en étais persuadé. Une simple erreur que je peux corriger. Elle s'allongea à côté de moi, et se recroquevilla, je pouvais le sentir à ses mouvements sur le matelas, et à la répartition de son poids. J'avais du mal à savoir ce qu'elle pensait. Moi qui pouvait anticiper à peu près les réactions de mes proies, tout en y incluant une part d'imprévisibilité, je ne pouvais pas prévoir, pas deviner ce qu'elle pensait, ce qu'elle pouvait se dire. Et cela m'énervais grandement... Eurydice ne le vit pas, mais je me retenais de la frapper, envie subite qui me venait alors que je l'imaginais en train de se moquer de moi, d'avoir un léger rictus alors que je vois dans son regard un expression qui semble vouloir me dire "tu crois me faire peur ?..."... mais je me retenais. Si je craquais et la tuais maintenant, c'est que je n'étais bel et bien pas capable de me contrôler.
Je finis par céder. Pas à l'envie de faire mal à Eurydice, non... mais à celle de savoir ce qu'elle pensait, et, au passage, lui montrer que j'étais bel et bien un prédateur et elle la proie, que la situation n'avait pas changé et ne changerait jamais... Je me tournai vers elle, et elle devait le sentir ; elle était de dos, recroquevillé comme si elle attendait simplement de savoir ce qu'il arriverait... elle c'était juste allongé, sans discuter, obéissante, ce qui était un bon point pour elle. Une fois de plus je me glissai contre la petite Ethérie, passant un bras autour de sa taille, l'autre sous elle pour venir doucement aller se loger contre sa poitrine, mon corps venant se lover contre le sien...

-Je suis désolé... pour ça !

Le début de ma phrase avait sonné avec douceur, mais quelque chose vibrait, un fond de colère qui surgit alors que je l'achevais, et mon excuse n'était là que pour l'emplir de peur, quelques instants avant qu'inévitablement, je fasse preuve de la cruauté qui me caractérisait, mon bras contre ses seins venant d'un coup se loger au creux de sa gorge, l'enserrant brusquement. Bien que je ne l'étouffais pas, la pression était suffisante pour qu'elle comprenne que je pouvais lui briser la nuque comme s'il s'agissait d'une brindille, et après un petit moment ou je la laissais comprendre le message, je relevai un peu la tête, pour pouvoir lui murmurer d'un souffle à peine audible, la colère vibrant dans ma voix :

-Cela fait des siècles que je ne me prive pas de dévorer les femelles qui se plie à ma volonté, et je ne m'en serai pas privé, sauf que les proies comme toi sont si rares... celles qui acceptent leur sort, et ne cherchent pas à fuir devant la fin inéluctable qui les attend... Je resserrai la pression. Oui j'ai eu peur de craquer et te tuer, mais seulement parce que je veux m'amuser avec toi plus d'une nuit... mais tu n'y échapperas pas. Donne-moi une seule raison de le faire, et je te tue...

Je la relâchai et, pris d'une envie subite, alors qu'elle reprenait son souffle, je la remis dans la même posture que précédemment, la saisissant par l'épaule je poussai ma petite Eurydice sur le dos, lui écartai les cuisses et les maintenant ainsi avec mes genoux, plantant mes griffes dans le matelas de chaque côté de sa tête, mon corps dominant le sien... la colère s'était envolé, seul brillait la malice, et l'envie, une fois de plus, dans mon regard. Ma frayeur, et ma colère, s'était dissipées, et le désir revint, tout en sachant que cette fois-ci, je pourrais garder le contrôle...

-Sache que je te traiterai mieux que ceux qui se sont occupés de toi auparavant. Je connais bien ce genre de vermines... ils cherchent à acquérir du pouvoir par tout les moyens, mais quoi qu'ils fassent ils resteront toujours des insectes... Ma main quitta le matelas, et ce fut des doigts et non des griffes qui caressa le visage de l'Ethérie, et je continuai avec un léger sourire. Sois certaine qu'avec moi, personne ne te fera jamais de mal -à part moi- , tant que tu m'obéiras je veillerai à ce qu'il ne t'arrive rien... Brusquement ma main enserra son cou, et mon visage reprit une expression de colère. ... mais ne crois pas être privilégiée ; tu m'appartiens, tu es à moi, et tu te plieras à mes règles sinon je serais contraint de te punir. Mon visage s'adoucit, tandis que ma main reprit sa place sur le matelas. Maintenant que les choses sont clairs, nous pouvons passer aux choses sérieuses...

A nouveau mon sang réagit fortement au désir. J'appréhendais certes un petit peu vu ma précédente réaction, mais je me ressaisis bien vite ; je n'avais pas de place pour la peur. Seulement pour le désir. Une fois de plus je glissai mes lèvres vers les siennes, espérant qu'elle s'abandonne à un ardent baiser ; elle n'avait pas le choix de toute façon. Je me laissais choir contre elle, me retrouvant à l'étreindre avec une certaine douceur, ou plutôt une absence de brutalité... mes doigts ébouriffèrent ses cheveux, venant rapprocher un peu plus nos lèvres alors que je venais mêler ma salive à la sienne sans retenue... mon autre main elle, glissa dans son dos, collant mon corps ardent contre celui de la petite Ethérie, qui n'était pas froide, bien au contraire, et se montrait tout aussi entreprenante qu'à la tentative précédente, ses jambes glissant sur mes cuisses avant de se loger autour de ma taille... comment résister ?...
Mon intimité se pressait contre la sienne, humide... elle s'offrait à moi, s'abandonnait au plaisir au lieu de lutter... mais je préférai y aller lentement, commençant à la pénétrer en douceur, y allant par petit coup de reins, d'une façon très exacerbante, la faisant se languir du moment fatidique ou je serais bien plus fougueux... je me retirai un peu, avant de la pénétrer un peu plus, puis recommençai, allant un peu plus en elle à chaque fois, mais toujours avec une douceur calculée... ma bouche ne quittait pas la sienne, ajoutant au supplice une certaine douceur dans mes caresses linguales... Et enfin je finis par m'immobiliser, mon membre gorgé de sang s'étant parfaitement lové en elle... je pouvais sentir ses muscles se contracter contre mon sexe, ses parois humides... elle avait envie, je le sentais à son corps frissonnant... Mes lèvres quittèrent les siennes, et je lui adressa un regard doux, alors que je me retirai doucement d'elle, presque entièrement... elle put voir la malice briller dans mon regard, avant que je donne un puissant coup de reins pour que je reprenne ma place en elle, sans pour autant lui faire mal... je la sentis se cambrer un peu sous moi, et je ne me privai pas de continuer sur ma lancée, avec un va et viens rapide et puissant, lui arrachant quelques gémissements, des frissons... je mis ma tête au creux de son cou, écoutant sa respiration saccadée, me concentrant sur l'acte pour y prendre le plus de plaisir, et lui en offrir...


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MessageSujet: Re: Course poursuite dans les ruelles   Sam 6 Aoû - 22:42

Elle faillit s'affoler, et se débattre, ruer. Mais elle avait connu pire. Connu plus étouffant. Elle put momentanément sentir sur sa langue, le souvenir du Marcheur, Erebus, et son corps si étrange. Le premier avec qui, Ils avaient essayé, de la faire procréer. Cela n'avait pas marché, jusqu'à ce qu'Ils mélangent deux semences, et qu'elle tombe enceinte. Il pouvait se dématérialiser, rester entre le vide et la substance, et il l'avait remplie de bien des façons, quand elle était poussée dans la cellule où était enfermé le Marcheur.
Il suffisait de rester calme. Le bras en travers de sa gorge lui faisait mal, mais elle avait mal depuis tant de temps, que ce n'était rien, en comparaison de la douleur ressentie lors d'un accouchement, ou d'une mutilation.
Akayel était un prédateur, comme beaucoup de ceux qu'elle avait côtoyé, et un prédateur ne devait montrer aucune faiblesse devant une proie. Et c'était précisément ce qui venait de se passer, Akayel ne s'était pas maitrisé, et elle devint la cible de sa colère. Elle l'écouta à peine, elle savait déjà, elle connaissait ce genre de discours par coeur. Ils avaient eu à peu près le même genre de ton menaçant, chargé de colère, quand elle en avait tué un, en l'étranglant avec les fils qui lui servaient de bras. Elle se força à rester immobile, jusqu'à ce qu'il la relâche.
Il la retourna, pas brutalement, mais de façon soudaine. Elle se retrouva sur le dos, face à lui. Elle ne comprit pas de tout de suite ce qu'il voulait les vers. Elle jeta un coup d'oeil inquiet aux mains griffues qui s'étaient enfoncées dans le matelas, de par et d'autre de sa tête. Eurydice se surprit à retenir son souffle. Comme s'il s'était coincé dans sa gorge. Elle le relâcha quand elle dut se retenir de fermer les yeux, par peur, quand il lui caressa le visage. Elle déglutit, et retrouva, dans ses yeux, cette lueur tellement familière à tous les mâles qui s'étaient nichés entre ses jambes.
Cette fois elle entendit ce qui lui dit. Elle ne comprenait pas bien... Comment pouvait-il dire qu'elle lui appartenait ? Elle n'appartiendrait jamais à personne, jamais, parce qu'elle finissait toujours par être ballotée, passant de main en main. Et elle était certaine qu'Akayel ne serait pas une exception à ce sentiment de n'être qu'une poupée maltraitée par des enfants.

Elle n'était pas prête, pas ouverte, pas préparée. Il ne s'en était pas soucié. Et pourtant, malgré sa prudence, plus que de la douceur, Akayel lui faisait mal. Chaque assaut était une torture, elle était trop étroite, malgré ses accouchements, elle restait étroite. Et sans préparation, sans préliminaire, elle avait mal. Mal tout en se sentant aller, ressentant du plaisir, un peu plus à chaque fois. Une boule chaude se formant dans son bas ventre. Elle se contenta de se mordre la lèvre, quand il arrêta de l'embrasser. Il se comportait presque comme si elle était une amante. Elle avait du mal à saisir... Comment pouvait-on prendre du plaisir de cette façon ? Avec quelqu'un qui servirait très bientôt de repas. Deux nuits, peut être plus, et au final, elle terminerait dans son ventre. Pas tout. il avait laissé des cadavres entiers dans la rue en bas. Le son de la pluie. Il pleuvait à verse dehors. La pièce était déjà sombre, et sembla s'assombrir encore. Elle se redressa presque, quand Akayel fut finalement parfaitement logé en elle. Elle se sentit presque partir.
D'instinct, ses jambes s'enroulèrent autour des hanches d'Akayel, comme pour le retenir, quand il se retira. Eurydice croisa son regard, et y lut quelque chose qui ressemblait à du plaisir, du désir. Et puis de la malice, montrant encore une fois, qu'il se sentait supérieur. Dans sa position, elle ne pouvait pas dire le contraire. C'eut été mentir. Il entra. Cette fois, elle était totalement ouverte, et elle ne ressentit plus que du plaisir.
Il se pencha sur elle, et il se retrouva la tête dans son cou. Elle pouvait sentir son souffle sur sa nuque. Si elle avait pu, sans que cela nécessite autant d'effort, elle aurait passé ses bras autour de ses épaules, pour l'enlacer comme il le faisait. Elle oublia qu'elle avait faim, un peu, et froid. Elle oublia le froid et l'humidité. Le lieu même où elle se trouvait. Elle oublia, un instant seulement, la terreur qu'il lui inspirait, comme si elle faisait ça avec quelqu'un qu'elle aimait vraiment. Comme elle avait dû le faire dans sa vie d'avant. Non, elle ne devait pas oublier que ces regards doux n'ôtaient en rien le fait qu'il était violent, et ça elle l'avait bien compris qu'il lui ferait mal si elle lui déplaisait. Il n'éprouvait rien d'autre que l'envie de coucher avec elle, de s'amuser, en se moquant d'elle, en souriant comme si tout ce qu'elle disait ou faisait était la chose la plus drôle au monde... Et en suite, il la mangerait, comme elle mangerait un morceau de pain. Eurydice ouvrit ses yeux qu'elle avait fermée, elle trouva la pièce bien sombre, et elle avait une vue plongeante sur le dos et les fesses d'Akayel, dont les muscles se contractaient à chaque coups de reins. Un lambeau de toile d'araignée pendait, les touchant presque. Eurydice suivit le lambeau, levant les yeux vers le plafond. Ce qu'elle y vit, ne fut pas une toile, et le lambeau ne venait pas d'une quelconque araignée, ou d'un rideau déchiré...
Son regard croisa celui de deux yeux noirs, furieux. Une ombre gigantesque qui s'étendait sur le plafond, au dessus d'eux. Les deux yeux étaient au milieu d'un visage qui aurait très bien être celui de la Mort, et ce corps sans véritable consistance. Eurydice ouvrit la bouche pour crier. La panique fit monter son pouvoir, les fils de lumières sortir de ses moignons, formèrent des bras, et sans attendre qu'ils soient véritablement terminés, elle repoussa Akayel, avec une force dont elle ne se savait pas capable.

-Fuy-

Deux mains se plaquèrent sur son visage, la faisant taire. Elle vit des bras s'emparer de lui aussi, le tirant loin d'elle. Elle regarda Akayel, affolée et sachant très bien qui étaient ceux qui venaient la chercher. Ils venaient là bas, comme elle. Et celui qu'elle se laisser tomber du plafond, c'était Erebus. Akayel était puissant, mais Erebus... était spécial. Et il n'était pas venu seul. Un voile noir tomba devant ses yeux, alors qu'elle perdait le contrôle sur ses fils de lumières, la rendant complétement aveugle. Ce qui devaient être des bras l'enlacèrent, la serrant, et la tirant vers le matelas, où elle s'enfonça. Elle s'y enfonçait véritablement. Bientôt, elle ne sentit plus le matelas défoncé, mais un corps bel et bien solide, qui s'était collé contre elle, quelque chose lui emprisonnait les jambes, et elle était tenue fermement. L'obscurité céda la place à une lumière blafarde, et les sons alors jusque là étouffés, redevinrent clairs. Elle était à l'étage en dessous, et elle entendait certainement des bruits de luttes, venant du dessus. Eurydice venait de travers le plancher. Elle chercha à hurler, mais la main sur sa bouche l'en empêcha. Elle fut lentement libérée, et déposée avec douceur sur le sol. Les mains ne cessèrent pas pour autant de la toucher, quand elle put enfin voir à qui elles appartenaient.


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Course poursuite dans les ruelles

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