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 Salle du Trône

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Argental Tar Sùrion
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Peuple : Andain, fils de Feardorcha.
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MessageSujet: Salle du Trône   Sam 30 Oct - 17:04

Argental était assis nonchalamment sur le trône qu'il avait pris la force, dans le sang et les flammes. Une jambe gainée de noir passée par dessus l'accoudoir, et le menton entre les doigts. Ses yeux d'ambres suivaient les déplacements de petites pièces sur une sorte de carte, d'Inwilis. Ce n'était pas une partie de Conquérant pourtant, en tout cas, pas de celle que l'on joue pour l'amusement. Celle là, elle dessinait progressivement l'avenir du Sud.
Le Serment des Trois aboutissait maintenant à sa phase finale. La plus longue, la plus périlleuse, et celle qui leur feraient subir beaucoup de perte, qui leur en demanderait le plus. Le nouvel Empereur de Morna se frotta brièvement le front.

Il s'était éveillé brutalement, et de très mauvaise humeur. La petite Sheeshon, fille d'un de ses vassaux, avait failli ce noyer ce matin. Elle l'avait appelé, pas consciemment, mais l'appel avait été assez fort pour qu'il l'entende, et que son esprit se connecte au siens sans la moindre hésitation.
Argental avait alors tout de suite su, elle était en train de mourir, ses poumons envahis par l'eau. Il l'avait secouée, grondant, hurlant presque. Elle ne devait pas mourir. Pourquoi ? Parce que. Si elle l'avait appelée, il y avait bien une raison. Là encore, il avait été surpris. Pourquoi lui et pas son père ?
Le contact s'était rompu quand elle avait été réanimée. Argental s'était retrouvé en nage au milieu de ses draps. Rageur, il avait failli envoyer sa literie voir dans les douves s'il y était, mais il avait déjà assez de problèmes sur les bras, pour en plus avoir son intendant sur le dos, lui demandant ce qu'il faudrait faire du mobilier faisant trempette dans les douves du palais. Déjà qu'il lui avait cassé les pieds pour remplacer les grandes tentures noires et argent de Chyrrlion par des rouges brodées aux emblèmes des Tal Sùrion, que la forteresse avait été définitivement entre les mains du nouvel Empereur.
Et ce dernier n'avait pas envie d'autre affaire quelque peu triviale, selon son jugement. D'autant qu'à peine était-il vêtu, qu'on lui avait annoncé qu'il avait de la visite, dans la Salle du Trône.

La Salle du Trône était un vaste rectangle, à la voûte haute. Le sol était dallé de marbre noir, aux veinures blanches, ressemblant à la foudre perçant les nuages d'un orage noir. De longues colonnes de bois rouge soutenaient des poutres du même bois, qui elles même soutenaient le plafond, aux fresques à demi effacées, vantant les exploits des empereurs de jadis. A intervalle régulier, pendaient entre les colonnes, les fameuses tentures rouges sombres des Tal Sùrion. L'emblème du Dragon Noir accroché à une épée, scintillait doucement. Plusieurs âtres formaient une ligne au milieu de la salle. La voûte était percée pour évacuer la fumée. Le trône noir étendait son ombre depuis le fond de la salle. Haut de trois mètres, et presque aussi large, fait de bois sombre, métal, et d'obsidienne, il était garni de coussins rouges pour le rendre plus confortable. Des lustres de métal pendaient des poutres pour éclairer la salle.
Lors des banquets, Argental en avait vu à l'époque de Forbesii, de longues tables étaient installées de part et d'autre de la ligne que formaient les différents foyer, où l'on venait y placer les viandes, qui rôtissaient, ou grillaient alors gaiement. Une époque où les tentures étaient d'un violet profond mettaient en avant les symboles de la maison Nil'Dae.

A cet instant, la lumière était presque chiche, et la salle vide, à l'exception d'une table, et d'un siège supplémentaire, installé devant le trône.
Une pièce explosa sur la carte, le ramenant à la réalité. Argental se redressa légèrement. Pensif, il se gratta le menton.

-
Tu es sûr ?

Ses yeux se posèrent sur la longue et haute silhouette drapée de d'orage devant de lui. Et orage à prendre au sens d'orage, aux nuages sombres roulant sous le ciel, voûte qui séparait les mortels des Dieux. Le manteau était un cadeau des cieux. Et celui qui le portait n'avait pourtant pas toujours été favorisé par les Tisserands des Destinés.
Celui là même qu'il avait trouvé debout, à admirer les nouvelles tentures. Drapé de ses nuages, en plein milieu de sa salle du trône. Comme un futur empereur du monde. Uranach avait rabattu sa capuche à son approche, accueillant son vieil ami avec le sourire.
Argental songea qu'il avait l'air fatigué. Et le bandeau qui cachait un de ses yeux n'avaient rien de rassurant. Trois mois plutôt, Uranach avait encore ses deux yeux. Argental ne voulait pas savoir ce qui se trouvait en dessous maintenant.

-
Peut être que faire sauter l'Arène n'est pas une obligation... Certes, ce serait un coup fatal, mais il y a des gens qui n'ont rien de combattants à l'intérieur.

L'empereur regarda le troisième membre du Serment, qui secoua la tête. Il ne put se résoudre qu'à soupirer. Il se renfonça dans son trône. Soudain, le monde lui parut plus lourd. Plus terne. Et l'avenir était aussi sombre que le manteau nuageux de son compagnon.

-
Qu'il en soit ainsi alors. Nous n'avons pas le choix.





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Uranach
Samildanach
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Mer 22 Déc - 16:00

- Les Dieux sont avec nous mon frère. La cause est juste. Mais je ne tiens pas à devenir un boucher. Je parlais au figuré quand je disais que nous allions faire sauter l'Arène. J'aurais besoin qu'elle tienne debout pour y introduire nos troupes. Sa position à l'écart de la capitale est parfaite. Puisque son entrée principale se trouve à l'intérieur des murailles.

Uranach fixa son œil sur Argental. L'empereur de Morna avait le front ridé par les problèmes. Mais Argental avait toujours eu cette expression préoccupée, quand il ne semblait pas ressentir un dégout profond à l'égard du monde des Vivants, ou d'avoir autant d'expression masque blanc. Les lèvres noires ne souriaient jamais que pour déverser leur paroles parfois acides, ou empruntes de lassitude.
La lassitude, il l'avait lui même ressenti durant ses errances, durant ses souffrances. Il avait même parfois eu envie de passer dans les mains de Dämons, et d'oublier son serment, et sa vengeance. Car il s'agissait bien là de vengeance. Leur Serment, ils l'avaient tous prononcé sur la dépouille de leur défunt seigneur et maitre, Forbesii Nil'Dae. Une tombe anonyme alors, au pied d'un arbre dans la Vallée de Mokosh. Et le visage fermé, pâle, les mâchoires presque contractées, de Forbesii, avant que la terre ne l'avale. Ils s'étaient tous jurés qu'ils le vengeraient, qu'ils vengeraient Lys, la jeune et jolie noble, morte sous les coups de Daren le Triste. Ils avaient tous jurés. Ishimaru avait alors jugé la Triade coupable. Car c'était la Triade qui avaient donné les moyens à Marquise, alors encore Morween Nil'Dae, de pousser son frère à la guerre. C'était la Triade qui avaient déferler les armées de Freyr sur le Nord, soutenant la folie de Forbesii. Ishimaru avait juré d'emporter au moins un membre de la fameuse Triade avant de rejoindre Dämons. Il l'avait fait, tout comme il avait juré de faire revenir Forbesii et Lys. Ils avaient tous pu le sentir, ceux qui savaient, quand les Sceaux avaient finalement été brisés. Chaque personne détentrice de magie avait sans doute pu ressentir le bouleversement que cela avait entrainé. Et puis les chiennes de la Rouge s'étaient mis en chasse de son frère.
Et Argental avait frappé lui aussi. Peu de temps après la mort de Lenwë, Hitokage se voyait prise d'assaut par les forces armées rassemblées par le futur nouvel empereur. Et Chyrrlion, ancien lui aussi de l'état major de Forbesii, qui avait usurpé son trône, n'avait rien pu faire contre lui.
Son heure était venue. A son tour de respecter son Serment, et d'aller jusqu'au bout.
Ses errances qui n'avaient pas d'abord de but, prirent une tournure bien différente, quand son chemin croisa celui des ruines, profondément enfouies, sous l'Arche des Dragons, d'une ancienne citée. Et la découverte qu'il y fit lui permis alors d'avoir sa vengeance à portée de main.
Ce qu'Uranach découvrit fut la véritable histoire de Freyr, et l'horreur ne put que le saisir une fois les salles aux peintures toutes parcourues à la chiche lueur d'une torche. Il y avait d'ailleurs gagné son manteau d'Orage.
Une fois dehors, où son fidèle Skavlaten l'attendait, Uranach avait perdu son œil droit. Mais il détenait alors quelque chose de plus précieux en échange.
Le moyen de devenir un Dieu ? Non, ça n'était pas le but. Il ne voulait pas d'une vie éternelle, divine, où le libre arbitre n'a plus sa place, quand un dieu se penche sur une vie mortelle. Non. Uranach voulait passer le temps qui lui restait à vivre comme il l'entendait. Il devait tenir les promesses qu'il avait faites. Il commencerait par accomplir son Serment, et puis en suite, il pourrait revoir Emaine. Son Emaine. Un visage souriant, un rire chaleureux...
Uranach ferma son œil, chassant les souvenirs que sa mémoire faisait jaillir de manière impromptue. Quand il le rouvrit, se fut pour fixer son frère.


-Ne t'en fait pas, je suis entouré. Et nous ne seront pas seuls. J'ai parcouru Inwilis. Ils répondront à l'appel, quand le moment sera venu.

Installé dans un large fauteuil qu'on avait apporté pour lui, il contempla le trône de Morna. Imposant, sculpté finement, le moindre détail était saisissant de beauté et de raffinement. Dessus, trônait Argental, l'air fatigué, préoccupé, et de mauvaise humeur. Voila qui l'aurait fait rire. Mais la carte animée sous leurs yeux, ne prêtait en rien à la plaisanterie. Morna soutiendrait l'assaut, prêtant ses troupes. Ajoutées à celles d'Uranach, elles pourraient balayer Freyr. Morna était la plus grande contrée du Sud, un véritable empire. Uranach avait vu Inwilis comme un empire. Il était allé chercher les puissants partout où ils se trouvaient. Ils avaient besoin de force et d'intelligence pour venir à bout de Freyr, et surtout d'Asdis.
La guerre ouverte ? Peut être. Mais pas tout de suite. La phase de déstabilisation avait démarré. Skavlaten s'en chargeait. En suite, il enverrait un petit groupe des gens qu'il était allé chercher, afin de neutraliser l'Arène. Là, et seulement là, Uranach et ses alliés pourraient passer à l'attaque, déferler sur une capitale et une armée démoralisée.
Argental approuva finalement ses décisions. Le seul élément instable se nommait Morween Nil'Dae. Liés par leurs serments, les Trois n'avaient rien pu faire contre elle, sous peine de châtiment divin. Et malgré les menaces d'Uranach, celui-ci n'était pas certain que la Rose Sanglante se tienne tranquille, et n'entre pas dans la partie. D'où la raison d'avoir ramené le Hale à la vie. Il garderait un œil sur elle. Et Uranach serait immédiatement averti en cas de retournement de situation. Se battre sur deux fronts étaient à éviter. C'était une perte assurée de force, et de moyens. Une erreur tactique qui coûtait généralement très cher.


-Rassemble tes armées, nous aurons besoin d'elles sous peu.


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Argental Tar Sùrion
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Lun 21 Nov - 22:53

Ses yeux jaunes jaugèrent la frêle jeune femme qui se trouvait devant lui. Lorsque les Enfants étaient revenus de leur expédition du jour, ils avaient apporté avec eux, une femme, et un homme. L'homme était plongé dans un sommeil forcé, grâce à un parasite implanté par Lycurgus. Redoutablement efficace, une fois leur proie capturée. Les enfants d'Eurydice cherchaient leur mère depuis de semaines. A l'origine, ils n'étaient que Six, et puis les autres des Sous-Sol les avaient rejoints, se distinguant parmi eux, leurs supposés pères, au nombre de Cinq, ceux-là avaient été nommés officier de la légion des monstres. Étrangement, le porte parole de ce monde à part, était le jeune Mio, dont son général s'était entiché. Argental avait l'habitude de voir le fey avec son général à chaque fois qu'il croisait ce dernier, jusqu'au réunion d'état major.
Depuis la visite d'Uranach, il avait donné l'ordre à ses Légions de se rassembler. Cela prendrait du temps pour qu'elles soient toutes reformées au complet, et pour les envoyer aux postes qu'elles devaient occuper. La guerre était imminente, et Argental croulait presque sous les missives et les réunions. Il devait pouvoir compter sur les nobles qui lui avaient juré allégeance, compter sur eux, et sur leur argent, pour payer ses troupes. Lui même disposait d'une fortune ô combien conséquente, mais qui néanmoins, n'était pas infinie. Lever une armée prenait du temps, bien que l'Empire ne soit jamais sans défense, les Légions n'étaient pas au complet, mis à part les légions régulières, celles d'Hitokage et d'Akaash, celles qui se chargeaient des frontières. Seulement, ça n'était guère suffisant pour se lancer dans une guerre qui devait plonger le Sud à feu et à sang.
Uranach était parti, il s'était réservé la première partie du plan. Il serait le premier à frapper, mais lui aussi, avaient besoin d'hommes, et ceux-ci avaient été appelés, et devaient se rendre dans le Sud, et retrouver l'Orage.

Mais tout ça, Argental Tar Sùrion, ancien lieutenant de Forbesii Nil'Dae, le seul et véritable dernier Empereur de Morna -avant que lui même ne monte sur le trône-, il avait vécu, depuis les préparatifs, jusqu'aux assauts sur Bois-Blanche, Alatairë, la conquête de sa ville natale. Disparue aujourd'hui, toute cette gloire ressentie alors, cette satisfaction profonde de voir le monde devenir fou et brûler. Non, le plus difficile ne venait pas des tracas liés à l'armée, non. Mais plutôt d'une étrange petite fille, nommée Sheeshon, qui brisait facilement ses boucliers, pour lui parler à tout instant du jour ou de la nuit, ne le laissant alors plus en paix, depuis leur premier contact. Elle le voyait comme un grand dragon, et se présentait toujours comme un petit animal, un écureuil, ou un lapin. Mais pour Argental, ses arrivées mentales s'apparentaient plus à la charge d'un troupeau d'Earthaës, dévastant tout sur son passage. Le pire étant qu'il ne pouvait l'en empêcher. Parfois, elle avait des éclairs d'une lucidité, et d'une compréhension si affûtée, qu'elle ne semblait plus si jeune. Son identité ne faisait plus aucun doute, puisqu'elle s'était elle même présentée, répondant à toutes ses questions. Sheeshon était la fille d'un des nobles d'Hitokage, Liu Fei Long, et elle se trouvait actuellement sur le chemin du retour. Il n'osait imaginer ce qu'elle ferait à la Forteresse de l'Empereur, si, comme elle l'annonçait, elle viendrait aussitôt le voir, une fois arrivée. Après avoir dit bonjour à Ban-chan, sa nourrice, qui s’inquiétait beaucoup pour elle.
Sheeshon était aussi un moyen d'échapper quelques secondes à la réalité, le transportant dans un monde tout aussi complexe que le siens, et il était amusant de voir qu'elle se représentait les gens comme des animaux. Mais il s'égarait. Encore.
Argental avait en face de lui, Eurydice, la célèbre mère des enfants les plus terribles du monde d'en dessous, comme ils aimaient à appeler les sous-sols de la forteresse. Elle était petite, pâle, terrifiée, tremblante. Tellement fragile, que l'Empereur en vint à se demander comment elle avait pu survivre pendant près d'un mois dehors. Elle était encadrée par Lycurgus le Rouge, un être exceptionnel, à la langue vive et enduite de sarcasmes. Un personnage aussi étrange que son apparence. Mais lui, pouvait encore passer pour un Sidhe, un elfe, ou autre. Pour ce qui était des Jumeaux, l'affaire était différente. Il avait en face de lui, la femme qui les avait engendré, et il ne parvenait guère à y croire. Au sol, tenu par Chrysaor le semi-géant, un homme, que Lycurgus lui désigna comme Akayel, Tieffelin de son état, et l'auteur des meurtres qui perturbaient la paix d'Hitokage depuis des semaines. L'homme ayant une fâcheuse tendance à laisser des morceaux de son repas derrière lui. Argental se voyait là, ôter de deux poids : une cobaye dans la nature, reproductrice de monstres, et un tueur en série cannibale. Charmant. Eurydice était la bienvenue. Pas l'autre.

-
Réveille-le.

L'ordre était simple, et Argental descendit de l'estrade qui surélevait son trône, s'arrêtant à un mètre du Tieffelin enchainé, et maintenu au sol par la poigne de fer de Chrysaor. Les Jumeaux et leur Père tourbillonnaient au dessus, tandis que Nythil, jeune Lios, se tenait en retrait, à coté d'Eurydice. Argental laissa donc Lycurgus réveiller le Tieffelin, qui face contre terre, ne devait voir que ses pieds bottés. Sa patience ayant des limites, il donna un coup du bout de son pied, léger, faisant remuer la tête de l'homme. Ses yeux de feu, et pourtant si froids, se fixèrent sur le captif des Enfants d'Eurydice. Ces derniers entendaient lui faire payer le viol de leur mère, qui n'avait pu que se soumettre pour ne pas mourir, comme les manants qu'il avait tué, et servit à son déjeuné.

-
Si j'étais toi, je ne tenterai rien qui puisse leur donner une raison de de décoller ta tête de ton cou, Akayel. Tente quoi que se soit, et je les laisserai faire. Je n'apprécie guère qu'on décime mes sujets, même si ceux là ne m'étaient guère utile.




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Eurydice
Tisseur
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Lun 21 Nov - 23:44

La trouille, encore et toujours la trouille. Eurydice avait peur, elle tremblait, se maîtrisant à grand peine. Sur le chemin, ils avaient cru qu'elle tremblait parce qu'elle avait froid. Du moins, elle se plaisait à le penser. Sa fille, Talyne, enroula un bras autour de sa taille, et l'avait serrée, durant tout le trajet. La Lios, prénommée Nythil, lui avait prêté sa cape pourpre, et elle semblait ne pas être affectée ni par la pluie qui s'était remise à tomber, ni par le froid. Froid, oui, elle avait quand même froid, elle était glacé jusqu'en dedans, jusque dans ses os. Eurydice ne savait si elle pouvait se détendre, leur faire confiance. Ils étaient né d'elle, elle les avaient porté, dans son ventre, et lorsque le bras de Talyne s'était glissée dans autour d'elle, son coeur s'était réchauffé. Le retour avait été silencieux, mis à part quelques injonctions exprimés par Lycurgus, dont elle n'avait vu que la longue chevelure rouge durant le temps qu'avait duré le chemin jusqu'à la Forteresse. Lieu maudit, qui pourtant, ouvrit ses portes pour l'accueillir, elle, et ses enfants. Chrysaor portait Akayel, qui semblait dormir, malgré son front plissé. S'inquiétait-elle pour lui ? Le devait-elle ? Était-elle soulagée qu'ils l'aient arrêté ? Est-ce qu'il lui faisait encore peur ? Est ce qu'elle était vraiment libre ?

C'était oui, à toute les questions.

Lycurgus lui répondit, comme s'il l'avait entendu penser. Oui, elle était libre. Mais, ils avaient voulu la revoir, avant qu'elle ne décide de repartir. Si elle décidait de repartir. Ici ? A la surface, c'était bien mieux. Ils avaient leur propre chambre, et disons, qu'ils avaient atteint le stade d'être vivant, ayant une âme, des sentiments, bref, une intégrité. Ils n'étaient plus des objets, des jouets. Une chambre l'attendait elle aussi, une pièce rien qu'à elle, avec un vrai lit. Ils étaient tous moelleux précisa alors Talfryn, et il y faisait chaud à l'intérieur. Nythil l'avait prise par les épaules, lorsqu'ils étaient entré dans un large hall, qu'elle avait du traverser à la hâte, aveugle à ce qui se passait autour d'elle, lorsqu'elle avait pris la fuite.
Nythil l'avait emmené se changer, elle ne pouvait pas se présenter devant l'Empereur ainsi. Erebus était venu avec elles, pour veiller sur elle. Eurydice ne savait comment réagir à sa présence. Il était comme dans son souvenir, fascinant, beau. Avant d'entrer dans le petit salon où des vêtements l'attendaient, elle avait déployé ses bras de fils de lumière, et l'avait serré contre elle. Pour lui dire merci. Elle l'aimait. Autant qu'elle aimait ses enfants. D'une autre façon, mais elle l'aimait. Il avait été gentil avec, comme si elle était son âme soeur. Il le disait des fois, quand ils avaient été ensemble. Et il venait de le lui dire à nouveau. La porte se referma sur lui. Marcheur ou non, Nythil était ferme sur le sujet, personne d'autre que les femelles dans cette pièce. Eurydice fut débarrassée de ses guenilles, et revêtit une robe très simple, bleu nuit, elle dévoilait sa gorge pâle. Les manches étaient courtes, mais Nythil posa un châle sur ses épaules, d'un bleu plus clair, de laine teintée. Et ses pieds, oh, ses pieds, elle put les mettre dans de petits chaussons, après que Nythil les ait bandé, après avoir désinfecter ses plaies. Elle lui précisa, qu'elle pourrait manger, et se laver, après avoir l'Empereur. Pour l'instant, ça irait. Elle oublia alors, pourquoi elle était là, et ce qui l'attendait. Sa peur lui noua le ventre, lorsque deux gardes ouvrirent les portes de la salle du trône. Une salle large, avec des piliers, peu d'ouvertures, de longues tentures rouges, toutes frappées d'un dragon noir accroché à une épée. Et le trône, masse sombre, servait de toile de fond à un homme, tout de noir vêtu, sa chevelure et sa peau comme des tâches lumineuses. Eurydice en fut effrayée, et à la fois fascinée. Et ses yeux, lorsqu'elle fut assez près pour les voir, elle y vit des braises brûlantes. Pourtant, ce visage qu'elle regardait, était fermé, dur. Elle put sentir ses muscles se tendre, sa tension ne faisant qu'augmenter, déglutir devint difficile, elle avait l'impression qu'elle faisait autant de bruit qu'un cor en avalant sa salive. Elle se faisait l'effet d'être minuscule, impuissante. Comme lorsque Akayel s'était dressé devant elle, un sauveur qui se révéla n'être qu'un second bourreau. Elle jeta un coup d'oeil à celui-ci, déposé sur le sol, face contre terre, Chrysaor le tenait, rivant ses épaules au sol de ses deux mains, un genou au milieu de son dos, l'empêchant de faire le moindre mouvement.

Lycurgus parla, mais Eurydice ne faisait plus attention à rien, son coeur cognait dans sa poitrine, trop fort, menaçant presque d'en sortir, de déborder. Son sang lui battait les tempes. Elle luttait à peine contre les tremblements qui la saisissaient. De là où elle était placée, Nythil à ses cotés, une main encourageante, rassurante, dans le bas de son dos, Eurydice savait qu'elle serait la première chose qu'Akayel verrait, derrière les bottes rutilantes de l'Empereur. Elle appréhendait ce réveil, que lui arriverait-il, s'il était libre ? Il la tuerait probablement. Certainement. C'était même une fatalité. Alors qu'elle choix avait-elle maintenant ? A part celui de se placer sous la protection de l'Empereur, et de ses enfants, qui empêcheraient Akayel de la tuer. Elle ferma les yeux, pour ne pas voir Akayel, comme si, ne pas le voir, l'empêcherait de lui faire du mal. Il ne pouvait pas, n'est ce pas ? Chrysaor le tenait, et Lycurgus pouvait le faire s'endormir, pas vrai ? Le coeur au bord des lèvres, Eurydice pensa qu'elle devait se calmer, sans quoi, elle finirait par s'évanouir, ou faire un malaise, ou quoi que se soit, qui ne ferait que l’embarrasser, elle détestait tous ces regards sur elle, elle était affreuse, et il était inutile de le lui rappeler à chaque fois. Ses regards ne faisaient que lui donner envie de se cacher, de devenir invisible. Et le regard d'Akayel était celui qu'elle craignait le plus maintenant. Elle savait, qu'il serait en colère, et déjà, il avait voulu la tuer, elle avait pu sentir ses griffes, sur sa peau. Là bas, dans la rue. Alors maintenant, Eurydice savait qu'elle n'aurait droit qu'à de la haine, brûlante, infernale.
Alors, elle décida d'ouvrir les yeux, elle pourrait au moins, le regarder. Lui renvoyer son regard. Que ressentait-elle pour lui ? Par grand chose, à par de la peur.


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Akayel
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Mar 22 Nov - 15:43

Les ténèbres avaient complètement envahi mon esprit, paralysé par la bestiole que l'on y avait envoyé. Ça n'avait rien d'apaisant, et alors que l'on relâcha la bride de l'insecte pour que je reprenne mes esprits, mon premier réflexe fut de me poser une unique question assez instinctive : dans quel pétrin m'étais-je encore fourré ? La réponse me vint étrangement vite, une chaussure se heurtant à mon visage, et un homme m'assurant qu'au moindre signe suspect on me ferait couper la tête. Le petit commentaire en fin de phrase m'en appris un tout petit peu plus sur mon interlocuteur. Ses sujets, hein ?...
J'étais donc nu, plaqué au sol non sans une certaine force par un individu qui m'étais sans l'ombre d'un doute hostile, et questionné par un autre qui ne l'était pas moins. Quand ce fut à moi de parler, un sourire se dessina sur mes lèvres, et après avoir inspiré... je me mis à rire, d'abord doucement, avant de le laisser éclater plus franchement, évitant cependant de trop bouger au cas où ce pourrait être interpréter comme une raison plausible de devoir me raccourcir au niveau du cou. Sans pour autant ouvrir les yeux, je fis taire mon hilarité, tout en conservant une trace de celle-ci au coin de mes lèvres.

-Si les légumes avaient une conscience, vous ne vaudriez sans doute pas mieux que moi, messire. Je ne vais pas me laisser mourir de faim parce que ma nourriture proteste, d'autant que je ne mange que le nécessaire ; et sachez que je ne vise pas les vôtres en particulier, j'ai participé à la régulation démographique de pas mal de citée.

Une fois tout malentendu dissipé, je pus ouvrir les yeux, voyant les bottes de mon interlocuteur. Mon regard passa rapidement sur tout ce qu'il y avait autour de moi. Une salle du trône, à n'en pas douter. Les gamins de ma petite Ethérie étaient là, l'un d'eux m'écrasant les épaules, ainsi que ma petite captive, qui ne l'était plus tellement. Elle s'était même habillée, et semblait terrorisée. Je lui adressa un large sourire, et un regard un peu sombre, comme pour lui dire que je m'occuperai d'elle en temps voulu. Car pour l'instant, j'étais dans une situation des plus épineuse, même si intérieurement je jubilai ; rare étaient les fois où les évènements m'échappaient totalement, si bien que cela m'amusait.
Je pus le regarder, bien que d'en bas. C'était Argental, l'Empereur de Morna, vu l'endroit, et son odeur; pas de doute possible. Un des rares d'Alatairë a avoir survécu à sa destruction, et l'un de ceux à avoir participé à sa chute, pour se venger de sa famille. Je n'étais pas à Alatairë lorsque les Tar Sùrion supprimèrent la jeune fille dont Argental s'était épris, mais j'en avais entendu parlé. Connaissant le sujet, je devinai qu'il valait mieux ne rien dire à ce propos ; autant m'en tenir à la situation actuelle.

-Voila bien longtemps que je ne m'étais pas réveillé nu et attaché, bien que la dernière fois j'étais en plus charmante compagnie. Les conditions pour une première rencontre ne sont peut-être pas des plus idéal, Empereur Argental, mais laissez-moi tout de même me présenter : Akayel Salem, pour vous servir. Je me ferais un plaisir de répondre à toutes vos questions et dissiper tout malentendu, mais je crains d'avoir quelques réticences à le faire aussi peu vêtu, et aussi proche du niveau du sol...

Hormis Eurydice, dans cette salle tout les individus m'étaient assez hostiles, et la seule question qui pouvait me venir est pourquoi ne pas m'avoir tué, ou enfermé ? Ça aurait été plus logique que de me traîner devant l'Empereur de Morna, bien qu'éviter de me retrouver en piteux état dans un donjon n'était pas pour me déplaire. Pourtant je n'étais pas des plus rassuré par la tournure des évènements. J'avais conscience de risquer ma peau, qu'un pas de travers pouvait me coûter ma tête, mais j'avais aussi des talents des plus utiles en temps de guerre, et l'Empereur pouvait être intéressé. L'idée même d'être nourri sans m'inquiéter des conséquences et travailler avec un financement ne pouvait que me réjouir.
Et il y avait Eurydice, cette petite Ethérie que je sentais me regarder, et que je pouvais supposer toujours tenir entre mes griffes, quelques mots glissé à son oreille et je pouvais certainement finir ce que ses maudits enfants, aberrations scientomagique, avaient interrompus. Me retrouver nu devant un Empereur n'était peut-être pas, en définitive, une si mauvaise chose...


Chaque jour, dites-vous que vous êtes le meilleur, le plus fort, et le plus mortel.
Éventuellement, vous commencerez à y croire.
Finalement, cela deviendra vrai.
C'est devenu vrai pour moi.


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Lycurgus
Télépathe
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Peuple : Un beau mélange stabilisé par des scientomages.
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Localisation : Ah ça mon cher, comment vous le dire tout en étant correct ?
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Dim 11 Déc - 19:07

Lycurgus roula des yeux en l'entendant rire. Décidément, cet Akayel était le plus mauvais acteur qu'il ait pu rencontrer. Évidemment, il n'en avait pas vu beaucoup des les sous-sol de la Forteresse de l'Empereur. En parlant d'Empereur, la raison pour laquelle ses frères et sœurs, ainsi que Mère se tenaient devant Argental Tar Sùrion était simple, les Enfants d'Eurydice ne pouvaient pas, ou plus exactement, ne devaient pas tuer sans qu'ils en aient reçu l'ordre. Une condition qu'ils avaient tous acceptés, en échange de la protection de l'Empereur, et évidemment du gîte et du couvert. Une obéissance absolue. Mais Lycurgus savait qu'ils jouissaient tous d'une liberté quasi-totale en ce qui concernaient leurs vies. Autant dire que c'était plus qu'un progrès. Enfin, Akayel, puisque s'était là le petit nom que portait le ravisseur, que disait-il, l'agresseur et le violeur de Mère, ne pouvait donc pas mourir démembré par son impatiente famille. Pendant le trajet, l'aberration qu'était Lycurgus avait fouiné dans le cerveau du Tieffelin. Quel vilain personnage. Oh oh. Peut être un peu trop dramatique, dans le sens où chaque fois que Lycurgus l'entendait, il avait l'impression que tout ce qui sortait de sa bouche, n'était qu'exagération. Il avait passé moins d'une heure à fouiller le cerveau d'Akayel, sans grand ménagement, et il avait découvert un passé de la couleur du sang. Celui-là n'avait aucun respect pour la vie, comme les blouses blanches qui avaient joué aux Dieux dans les sous-sols. Celui-là se pensait l'égal d'un Dieu. Lycurgus ne parvenait pas à comprendre cet esprit dérangé. Lui même n'était pas aussi sain mentalement que l'auraient voulu les blouses blanches. Il faut entendre par là que Lycurgus aurait dû avoir autant d'initiative qu'un salsifis, malheureusement, ses gênes avaient empêchés ce qu'il considérait comme un désastre encore plus grand que sa naissance. Akayel lui, s'aimait, il s'aimait tellement qu'il n'y avait de place pour personne d'autre que lui, et lui. Mais la vérité, était telle que tout en Akayel lui donnait envie de rire. Lui aussi était un monstre, une abomination, résultat d'une coucherie dépourvue de sentiments, comme eux, Akayel était né d'une aberration biologique. Lycurgus s'était fait une opinion sur le Tieffelin, et avait décidé qu'il ne pourrait jamais avoir ne serait-ce qu'une once de respect pour lui. Il ne méritait pas non plus que Lycurgus le haïsse, il n'avait pas assez d'importance pour que ça soit le cas.

L’œil sur son cou fixait le Tieffelin, au moindre mouvement, le parasite prendrait à nouveau possession de son hôte forcé. Et Lycurgus se délectait de savoir qu'il détestait ça. Akayel allait devoir s'attendre à détester beaucoup de chose encore. Comme le fait qu'il ne pourrait plus s'en prendre à Mère, sauf si elle le désirait. Mais pour l'instant, et Lycurgus la regarda, elle semblait si fragile, effrayée. Elle sursauta presque quand Akayel lui fit un sourire qui en disait long. Lycurgus sentit sa mâchoire se crisper, et eut l'envie de massacrer Akayel, comme les autres Enfants d'Eurydice, il avait dû faire un effort, pour ne pas "décoller sa tête de son cou" pour reprendre les termes exacts de l'Empereur. Après tout c'était lui qui posait les questions, lui le maître. Leur maître. Cela n'empêcha pas Lycurgus de demander mentalement à Chrysaor d'appuyer un peu plus fort, tandis qu'il se déplaçait pour se mettre entre sa mère et Akayel. Hors de question que le mauvais acteur la terrorise, alors même qu'elle était en sécurité. Le sort d'Akayel déprendrait de l'Empereur, qui avait l'air aussi sinistre qu'Erebus. Peut être plus. Lycurgus sentit Talyne bouger, et se rendre auprès de Mère. Nul sourire n'eut besoin de tordre sa bouche plus qu'elle ne l'était déjà.


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Dim 11 Déc - 20:30

Elle venait de sursauter, et l'air s'était subitement coincé dans sa gorge. La peur lui tenaillait le ventre. Les yeux d'Akayel posés sur elle lui laissaient entendre qu'elle le reverrait, qu'elle y passerait. Eurydice faillit reculer d'un pas, mais la main de Nythil posée dans le creux de ses reins l'en empêchant. La panique s'en alla aussi vite qu'elle était venue, Akayel disparaissait derrière un rideau rouge. Lycurgus, son fils, se tenait entre elle et un autre monstre. Les mots "son fils" ou "sa fille" ou encore "ses enfants" sonnaient maladroitement dans sa bouche, elle n'avait jamais eu de famille, du moins, Eurydice ne parvenait pas à s'en souvenir. Elle n'avait fait que porter ses enfants dans son ventre, certains jusqu'à terme, pour Chrysaor, le semi-géant, les blouses blanches avaient du le lui enlever, parce qu'il devenait trop gros pour qu'il puisse rester dans son ventre. Elle ne les avait même pas tenu une seule fois contre elle, pas une seule fois. Et soudain, elle pouvait les entendre, les toucher. Ils l'appelaient mère, et ce mot sonnait bizarrement à ses oreilles. Eurydice ne comprenait pas qu'on puisse l'appeler ainsi. Elle avait vu des mères et leurs enfants tout le temps qu'elle avait passé en dehors de la forteresse impériale, et elle était loin d'être comme elle. En regardant autour d'elle, elle ne voyait que des êtes comme elle, ils étaient comme cassés. Et c'était irréparable. Son regard se posa sur Nythil. La Lios Alfar s'était présentée, avait discuté avec elle, ou plutôt, elle avait parlé, comme pour la rassurer. Elle n'avait pas tari d'éloges sur Chrysaor, et avait parler de Jaromir, le géant des Mers avec qui Eurydice avait partagé sa captivité et conçu - en partie - Chrysaor. Nythil l'avait même remerciée, car sans elle, elle n'aurait jamais pu rencontrer Chrysaor. Ressentant comme une étrange chaleur dans le creux de ses reins, Eurydice put à nouveau respirer.
L'Empereur se tenait devant elle. Il était en tout point dissemblable à celui qui l'avait précédé. Argental ne semblait pas déplacer dans le tableau que formaient ses enfants autour de lui. Il lui avait dit, lorsqu'ils étaient tous entrés, qu'il lui parlerait plus tard. Il règlerait le cas de qui ? Akayel avait répondu Lycurgus. Akayel donc.

Elle se demanda comment l'Empreur réagirait. Akayel se comportait encore, comme il s'était comporté avec elle. Comme s'il maitrisait tout. Tellement sûr de lui. Eurydice écouta ses paroles, et ressentit une bouffée de colère, cela ne venait pas d'elle. Baissant les yeux, elle remarqua que sa fille, Talyne, se tenait à ses pieds, la tête dépassant à peine du sol où elle était entrée. Depuis quand était-elle là ? Si elle avait eu des mains, Eurydice se serait penchée pour lui caresser les cheveux. Les grands yeux de Talyne se levèrent vers elle. Et elle ne put que sourire, comme rassurée. Son sort n'était pas fixé pour autant, et elle ne savait toujours pas à quoi s'en tenir. Il y avait longtemps qu'elle ne s'était plus demandée ce qu'elle allait bien pouvoir devenir. Jour après jour, elle avait su que la même chose l'attendrait, des mains étrangères manipulant son corps, lui faisant mal. La douleur et les souvenirs qui s'effacent, des instants ne ressemblant plus qu'à des rêves lointains, qui ne finissaient par ne plus être que de fugaces sensations. Aujourd'hui, ce qu'elle verrait ne s'estomperait pas au bout d'une semaine. Elle en était certaine. Alors avant que quiconque puisse parler, Eurydice rassembla son courage, et s'avança, s'arrêtant à coté de Lycurgus.


-S'il vous plait...

Sa voix était mal assurée, tremblante, emprunte de timidité, et teintée de peur. Elle déglutit péniblement, et poursuivit :

-Ne lui faites pas de mal. Il m'a sauvée... Même si... si ça peut paraitre dur à croire.


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Argental Tar Sùrion
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Lun 12 Déc - 22:37

Du mépris. L’Empereur de Morna ne ressentait que du mépris pour l'homme face contre terre, nu à ses pieds. Étrange tableau que les Enfants d'Eurydice en effet, étrange, mais qui lui était familier, depuis leur libération, ils étaient souvent entourés d'êtres que les Dieux eux-même n'auraient osé créer. Des offenses à la Création.
Le cas d'Akayel était on ne peut plus particulier. Grâce aux dispositions de Lycurgus, dit, Tête Rouge, il savait parfaitement qui était Akayel, et celui-ci sévissait depuis le Premier Âge, il était l’Écorcheur d'Alatairë, un monstre dont les méfaits avaient dépassés les murailles de la haute citée de l'Esgaleithel. Même la Marche n'avait pu l'arrêter. Le Tieffelin était presque aussi vieux que Galadan, le Seigneur des Andains, ou bien que certains frères et sœurs Andains qu'Argental avait croisé sur sa route. Lui même ne pouvait se prévaloir d'avoir survécu aussi longtemps. Et Akayel présentait assurément quelques qualités qui n'étaient pas négligeables. Et pourtant.
Un goût amer avait envahit la bouche de l'Empereur. Cette amertume qui ne le quittait plus depuis que sa famille avait fait assassiner Rinrei. Une amertume qu'il ressentait toujours même s'il avait fait en sorte d'être le dernier des Tar Sùrion encore en vie. Il avait massacré plus de membres de sa famille que quiconque avant la guerre, et après celle qui déchira Inwilis tout entier. Sa famille avait le même mode de pensée qu'Akayel, ils s'étaient cru au dessus de tous les autres, certains d'être la perfection incarnée. La perfection n'existait pas. Et Akayel n'était qu'un autre monstre dans cette salle, dans cette forteresse où les monstres déambulaient librement.

Le visage fermé, le fils de Feardorcha écoutait le Tieffelin, n'entendant alors plus ses paroles, mais celles de sa famille. Si désinvolte de la vie des autres. Non pas qu'Argental y prêta réellement une grande attention, mais il avait fait en sorte que la population soit épargnée lorsqu'il avait pris la tête de Chyrrlion, il avait même épargné ceux qui s'étaient rendus, il avait épargné les créatures des scientomages. Il n'avait aucune pitié, plutôt une certaines considérations pour des victimes innocentes. Akayel n'était en rien une victime innocente. Mettre ses meurtres sur le compte de sa nature était pitoyable, et ne constituait en rien une excuse satisfaisante aux yeux de l'Empereur de Morna. Lui même était le fils d'un monstre Divin, et il n'utilisait pas sa parenté pour expliquer tout ces faits et gestes. Akayel assumait, au moins, le Tieffelin ne cherchait pas à se cacher, comme l'avait fait les scientomages, ou Chyrrlion. Ce dernier n'avait guère eut le temps de terminer sa supplique qu'il s'était déjà emparée de sa tête. La dépouille du défunt empereur pourrissait au vu et su de tous, rappel incessant jusqu'à la décomposition totale du cadavre, de la présence d'un nouveau maître, qui tolérait mal les partisans du défunt empereur de Morna.
Argental tolérait mal Akayel, et ses paroles grincèrent presque à ses oreilles. Il s'apprêtait à répondre lorsqu'une voix, timide, tremblante, mais douce s'éleva, pour prendre la défense du Tieffelin.
Les yeux ambrés d'Argental se posèrent sur Eurydice. C'était elle qui venait de parler. Étrange en vérité que la nature des êtres vivants. Lycurgus n'avait pas été avare de détails sur la découverte de leur Mère, et encore moins sur ce que Akayel et elle faisaient. Une surprise en vérité. Était-elle encore si naïve ? Pauvre petite chose, si elle pensait encore qu'elle pouvait changer quelqu'un comme Akayel. Le changer, non. Argental resta silencieux. Ne pas le faire de mal, parce qu'il l'avait sauvée était légitime. Les Enfants d'Eurydice n'avaient pas trouvé celle-ci à temps, et c'était l’Écorcheur d'Alatairë qui l'avait fait avant eux. Curieux. D'après Tête Rouge, le Tieffelin éprouvait quelque chose qui s'apparentait à un désir de possession à l'encontre d'Eurydice, comme s'il la lui fallait absolument. Le regard qu'il lui avait d'ailleurs lancé, en disait plus long que tous les discours qu'il aurait pu lui tenir. Ce n'était pas de l'amour, il n'y avait aucune forme d'amour chez le Tieffelin. Lycurgus avait dit qu'il n'y avait de la place que lui même. Non, juste un désir de possession, de domination.

-
Votre tour viendra Eurydice, la coupa l'Empereur peu enclin à l'écouter.

Il ne comptait pas la punir ou l'enfermer. Il avait laissé libre ses enfants, et ceux-ci tenaient à leur Mère. Ils s'étaient mis à son service contre la seule promesse qu'ils pourraient la chercher, et que s'ils la trouvaient, ils lui étaient alors redevables. Argental était certain que les deux autres enfants d'Eurydice, Sithmaith et Maimu, aimeraient la voir, inutile de leur imposer la présence d'Akayel. Inutile qu'il s'impose la présence du Tieffelin, pas tant qu'il était dans cet état d'esprit. Argental savait que discuter avec ce genre de personne était vain. Sa froide attention se reporta sur Akayel.


-Voyez comme elle tente encore de vous racheter aux yeux de ses Enfants. A mes yeux. Seulement voila, vous parlez trop. Et je gage que vous aurez encore plus de réticences à l'avenir. Et je trouve que le niveau du sol est celui qui vous sied le plus. Chrysaor se fera un plaisir de vous amener à votre chambre. Une belle chambre en vérité. Ils en ont habité de semblables lorsqu'ils étaient encore en bas. A votre tour maintenant. Et voyons d'ici quelques jours si vous serez plus disposé à répondre à mes questions sans émettre la moindre réclamation. Lycurgus, facilitez lui donc le trajet.

Argental signifiait alors son congé au Semi-géant et à l'aberration qu'était Lycurgus. Des ombres bouillonnantes s'approchèrent du Tieffelin. Le Marcheur Erebus ne portait aucun sentiment d'affection à Akayel, pas plus qu'aucun des enfants d'Eurydice. Pas de pitié, pas d'amour, sauf pour ceux de leur race. Une race oui, à nulle autre pareille, créée des mains des mortelles, à l'image des Ombres. Ainsi donc, avait-il la preuve que les mortels n'apprenaient jamais, ou qu'ils oubliaient un peu vite leurs erreurs.
Il fit signe à Nythil d'approcher avec Eurydice.


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Akayel
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Mar 13 Déc - 14:05

Le regard de l'Empereur ne me quittai pas, même si je ne pouvais guère voir ses yeux vu ma posture. Mais je savais comment il me regardait, je le sentais. Du mépris, de la haine. Il me détestait, et il avait sans doute raison. Je doutais cependant que ce ne soit uniquement à cause de mes quelques repas auprès de ses sujets, ne m'étant nourri, principalement, que de brutes des bas-fond, et de filles de joie dont je profitai allègrement avant qu'elle ne comprenne quel funeste sort les attendait ; et il était toujours trop tard.
Non, je sentais bien autre chose. Je commençai à me dire que le parasite qui avait pris place dans mon esprit précédemment avait sans aucun doute donné par la même occasion accès, permettant à l'aberration de jeter un coup d'œil, et faire un rapport.
Je ne pouvais qu'espérer que la visite lui ait plu.
Argental me jugeait, ça ne faisait aucun doute. Ils savaient ce que j'avais fait, tout ces cadavres dans mon sillage, ces délicieux repas. Savait-il à quel point j'aimais la chair des jeunes Lios ? Surtout les femmes... Alatairë n'avait pas été mon repaire pour rien. On m'avait même donné un très sympathique surnom là-bas...
Ils ne voyaient tous en moi qu'un être sans émotions, qui ne devait penser qu'à se nourrir, et à lui-même. Peuh, je ne pouvais que cracher sur leur étroitesse d'esprit. Ils ne prenaient pas la peine de se mettre à ma place, d'imaginer à quel point la faim pouvait me tirailler si je me retenait de manger... Je ne mangeais qu'une fois par semaine, quand la faim me faisait tourner la tête ; mais il ne le croirait pas. Si les enfants d'Eurydice avaient l'allure de monstres, moi j'en avais le cœur, du moins pour eux. L'espace d'un instant, du mépris passa sur mon visage, mais je l'effaçai bien vite, pour reprendre un léger sourire flottant sur mon visage.

A ma grande surprise, Eurydice s'en mêla, ne laissant pas à l'Empereur le loisir de me répondre immédiatement. Timidement, ma petite Ethérie fit valoir l'un des rares actes pieux que j'avais fait dans ma vie. Du moins que je n'ais pas entaché de sang juste après, pour savourer l'ironie de sauver une vie pour la voir se détruire entre mes griffes. Elle prit ma défense, et j'avoue que cela ne me laissa pas de glace. En fait, j'étais totalement désemparé, mais pas par Eurydice. Un souvenir revint devant mes yeux, et j'eus l'impression, l'espace d'un instant, de me trouver ailleurs, face à l'image fané d'un fantôme du passé. Une boule se forma dans ma gorge, et je pouvais difficilement cacher ce que je ressentais...
J'étais allongé sur le sol, dans la rue d'une ville que je connaissais que trop bien. Un homme pointait son épée sur moi. Puis elle se jeta sur le garde, le tirant par le bras en le suppliant d'arrêter. J'avais l'impression que mon cœur s'était arrêté, tant sur le moment qu'en revoyant la scène.
La voix de l'Empereur me fit comme un seau d'eau glacée, et fit voler en éclat la scène que je revoyais. Mon visage s'assombrit, ne laissant transparaître une curieuse émotion : de la peine. Une immense peine, qui aurait pu me faire pleurer, si j'avais pu. Je posai mon regard sur Eurydice, empli de douleur et de détresse. Cela dut paraître curieux pour ceux qui virent sur mon visage cette expression d'intense tristesse. Ils devaient ne pas y croire. Penser que je pouvais avoir des émotions devait les faire éclater de rire ; ce devait être pour eux une tentative de faire pencher Eurydice à mon avantage. Mon visage se durcit. Ils ne pouvaient pas comprendre.
Non... je ne voulais pas qu'ils comprennent.

Argental reprit la parole. A l'entendre, je sentais que je n'avais pas d'alternative. Au bout du compte, il n'y aurait que la mort pour moi, et alors qu'il me lançait, que dis-je, qu'il me crachait ces paroles avec mépris, qui m'annonçaient un petite séjour dans une cellule, je ne pus me retenir de sourire. Ce sourire que j'arborais souvent depuis que je m'étais réveillé devant l'Empereur, qui se dessinait comme si quoi qu'il me fasse cela n'avait aucune importance. Argental devait percevoir cela comme de l'arrogance, et cela ne me fis que sourire de plus belle.
Je suis un prédateur. Je suis né pour tuer et dévorer, et me comportai en conséquence, consommant la chair, jouant avec mes proies comme un chat avec une malheureuse souris. Mais je n'oubliais jamais une chose : un jour viendrait où je me ferais à mon tour dévorer. C'était inéluctable, et je n'avais pas l'arrogance de croire que rien ne pouvait m'atteindre. J'aurai pu, si je n'avais pas vu mon père, un être qui aurait pu me briser comme une brindille entre deux de ses griffes, si je n'avais pas contemplé la grandeur des Dragons, et si je ne savais pas que les Dieux avaient des pouvoir défiant l'imagination.
J'avais déjà vécu bien plus que je ne l'aurai cru, en sachant qu'un jour des aberrations telles que les enfants d'Eurydice viendraient. Je méprisai pour cela les scientomages. Non, je n'avais pas peur de ce que cet Empereur de pacotille pouvait me faire, pas même de Dämons, car c'était l'ordre logique des choses. Cependant, vivre un peu plus ne m'aurai pas déplu.
Ce n'était pas de l'arrogance, mais de la résignation.

-Ce fut un plaisir, Empereur Tar Sùrion...

Mes derniers mots sonnèrent intentionnellement comme une insulte. Il me jugeait pour mes actes, pour les morts que j'avais laissé derrière moi, mais lui-même était loin d'être blanc comme neige. Cela ne devait jamais l'avoir quitté. Argental avait précipité la chute des siens du fil de sa lame, en représailles de la mort de sa bien-aimée ; mais ça ne l'avait pas ramené. Sa rage avait été apaisé, mais il s'était comporté comme ceux qu'il haïssait en jugeant qu'ils devaient mourir, bien que la raison eut été "noble". Tout ce qu'il lui restait, c'était ses mains tâchés de sang. Moi au moins, je me contentais de me nourrir, même si je le comprenais plus qu'il n'aurait voulu l'admettre.
Ce satané Marcheur se fit sentir, mais je ne m'en préoccupais pas. L'Empereur devait savoir qui j'étais, ce que j'avais fait, mais aussi depuis combien de temps je vivais. De longues, très longues années, plus que la grande majorité des êtres vivant d'Inwilis. Je doute qu'il me supprime sans savoir au préalable comment j'ai pu vivre aussi longtemps sans avoir été jugé et tué pour tout mes "repas". L'héritage de mon père présent dans ma chair m'avait toujours été d'une grand utilité pour ne pas me faire prendre.
Je savais que j'allais bientôt avoir droit à la bestiole qui allait me mettre l'esprit en vrac, et pendant les quelques instants qui me séparait de cette immonde vermine contre-nature, je fis en sorte de pouvoir lui dissimuler certaines choses. Certes les défenses mentales semblaient être peine perdue, mais j'avais d'autres moyens. Lors de sa précédente visite, l'abomination à cheveux rouge n'avait pas du lire certaines choses, perdu dans le fatras de souvenirs et connaissances entassées depuis des années et des années, et je tenais à ce que cela reste ainsi. Je fis remonter le plus possibles de souvenirs de mes meurtres et repas, et refoulai ceux qui devait passer inaperçu ; mais pas trop, sinon il s'en apercevrai.
Une fois fait, je ne pus m'empêcher de sourire. Un vrai sourire, franc, avec une pointe de soulagement

*Bonne lecture !* Pensais-je, à l'intention du futur pensionnaire qu'allait abriter mon cerveau.


Chaque jour, dites-vous que vous êtes le meilleur, le plus fort, et le plus mortel.
Éventuellement, vous commencerez à y croire.
Finalement, cela deviendra vrai.
C'est devenu vrai pour moi.


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Mer 21 Déc - 22:40

Eurydice écarquilla les yeux de surprise, l'expression sur le visage d'Akayel était si étrange, elle dénotait tellement avec ce qu'il avait été avec elle. Elle crut qu'elle avait mal vu, mais la tristesse, la nostalgie, sans doute de la douleur, tout ça resta suffisamment longtemps, pour qu'elle soit certaine ce qu'elle voyait. Ce n'était surprenant, mais inattendu. C'était de la peine.
Elle qui venait d'être paralysée par le regard d'ambre rougeoyant de l'Empereur, qui lui avait intimé l'ordre de se taire, jusqu'à ce qu'il s'occupe d'elle. La peur l'avait à nouveau saisie, mais lorsqu'elle s'était tournée vers Akayel, comme lui dire qu'elle était désolée, elle l'avait vu avec cette expression sur son visage. Ce n'était pas pour elle. Elle n'était rien d'autre qu'un jouet pour lui, et elle reconnaissait ce regard. Le regard de celui qui a longtemps vécu, et qui se perd en souvenir, peu importe qu'ils soient heureux ou tristes, ils sont loin, et la peine ne disparait pas. Jaromir, le Géant enchainé dans le sous-sols avait eu cette expression, voila pourquoi elle trouvait cela inattendu sur le visage d'Akayel. Elle ne l'avait pas imaginé si vieux.

La sentence de l'Empereur tomba, et Eurydice regarda cet empereur qui avait délivré ses enfants, tous les autres, qui avait même fait faire de vrais bûchers funéraires pour les monstres qui n'avaient pu être sauver, pour ses ennemis comme pour ses propres hommes. Nythil le lui avait raconté pendant qu'elle s'habillait. Déjà, elle ne trouvait pas déplacé au milieu de ces enfants, et le cadre que faisait la salle, était presque on ne pouvait plus approprié. Elle vit le mépris sur son visage, et elle trouva alors étrange qu'il ne fasse pas mettre à mort Akayel. Il n'avait pas parlé d'exécution, et les mots étaient très clairs : "Et voyons d'ici quelques jours si vous serez plus disposé à répondre à mes questions sans émettre la moindre réclamation." Il comptait garder Akayel en vie, du moins jusqu'à ce qu'il ait répondu à ces questions. Eurydice frissonna. Les Blouses Blanches avaient souvent enfermé les fortes têtes, et avaient brisé des volontés par ce moyen. Elle n'enviait pas le sort d'Akayel. Dont le visage s'était à nouveau métamorphosé, cette fois il était fermé, avant qu'il ne se mette à sourire de cette façon, qu'elle trouvait désagréable, et qui, lorsqu'elle était seule avec lui, ne lui avait laissé présagé rien de bon. Maintenant, elle ne comprenait pas comment il pouvait encore sourire de cette manière. Il était devenu une proie, et elle le savait pour en être une, c'était comme ça que ses enfants, et tous ceux présent dans cette pièce voyait Akayel : une proie, bonne à dévorer. Elle ne fit aucun geste pour retenir son fils Lycurgus, elle regarda simplement Akayel se faire emmener, tandis que du coin de l'oeil , elle vit l'Empereur faire un signe à Nythil.

La main de la Lios au creux de ses reins imprima une poussée vers l'avant. Eurydice déglutit, ce fut presque difficile d'avaler. Ses yeux se dérobèrent pour regarder Akayel tandis qu'elle s'avançait, Nythil juste derrière elle. Elle ignorait ce qui l'attendait, sans doute pas le même sort que le Tieffelin, parce qu'on avait pris la peine de l'habiller convenablement. Le mieux aurait été qu'elle ait pu se laver, surtout lorsqu'elle se retrouvait en présence de l'Empereur. Sans Nythil, elle savait qu'elle serait restée paralysée sur place, elle dut finalement tourner le dos à Akayel, se trouvant face à Argental Tar Sùrion.
Elle le trouvait presque beau, ses yeux surtout, leur couleur était exceptionnelle, l'ambre était tantôt orangé, presque rouge, et parfois si jaunes, cerclé de ce noir, dont l'écho se répétait sur ses lèvres. Elle avait d'abord cru ses cheveux blancs, mais Eurydice remarqua que s'ils étaient blancs sur le haut de son crâne, ils devenaient progressivement dorés. Elle nota aussi les cicatrices. Mais surtout, sa posture, tellement droite, haute. Altière. Elle n'avait vu Chyrrlion qu'une fois, et ne l'avait guère apprécié, et Argental était son opposé. Chyrrlion, malgré sa peau pâle, avait eu les cheveux d'un noir profond, des yeux d'un bleu profond, plus foncé encore que la peau de Jaromir, et une allure transpirant l'arrogance, la suffisance. Peut être un peu comme Akayel, maintenant qu'elle y pensait. Elle faillit se retourner, mais le bruit des portes lui indiqua que si elle le faisait, elle ne trouverait rien d'autre qu'une salle vide. La main dans son dos se voulut rassurante, caressante. Eurydice releva bravement le menton, respirant un grand coup. Là, elle ferait preuve d'un peu de courage. L'avantage de ne plus avoir de mains, était qu'elles ne trahissaient pas sa nervosité, sa peur, son appréhension, par des tremblements qu'elle ne pouvait contrôler.




Dernière édition par Eurydice le Dim 19 Fév - 22:01, édité 1 fois
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Argental Tar Sùrion
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Mer 8 Fév - 22:04

Restant de marbre lorsque son prisonnier prononça son nom, comme s'il s'agissait de la pire insulte, l'Empereur se contenta de se détourner. Répondre à cette provocation serait s'abaisser au même niveau que cet individu. Argental n'ignorait pas que le nom d'Akayel, lui était familier, de même que les Enfants d'Eurydice, ayant été très précis, lui avaient décrit les cadavres, et l'officier chargé de se débarrasser des cadavres, n'avait pas non plus manqué de précisions. Alors Argental s'était tourné un instant vers son passé, et une citée qui aujourd'hui ne resplendirait plus jamais, et des évènements similaires qui s'y étaient produits, après qu'il en soit parti. Il se renseignerait plus tard, l'Empire consignait tout, il devrait pouvoir retrouver ce qu'il cherchait. Plus tard. Ce n'était guère important. Et les sujets décédés avaient simplement eu droit à un bûcher funéraire, n'ayant pas la moindre famille à qui restituer les cadavres. De vulgaires malandrins qui rôdaient dans les quartiers malfamés, et tombés sur plus fort qu'eux.
Choisissant de ne pas remonter sur son trône, Argental se dirigea, non pas vers les grandes portes, mais une plus petite, dissimulée derrière un pilier, et réservé à son usage personnel, ou à celui de ses serviteurs. Il ne se retourna pas pour voir si Eurydice et Nythil le suivaient, c'était inutile. Il avait l'habitude d'être obéi, et elles ne dérogeaient pas à cette habitude.
La porte en question donnait sur une salle plus petite, où il recevait généralement, lorsque des discussions, ou des négociations se prolongeaient. L'assise y était plus confortable, et surtout, il était moins facile d'y être écouté, puisqu'il activait lui même le sort de silence. La pièce était plus petite, il était plus aidé de lancer le sortilège et de le maintenir, que sur une grande distance. Et surtout, il pensait que l'Ethérie, devrait se sentir moins vulnérable que dans la salle du trône, dont la vocation était d'être imposante, et de faire que le visiteur se sente aussi insignifiant qu'un insecte.
La salle en question était aménagée de sorte que l'atmosphère était totalement différente. C'était tout bonnement un salon de réception, agréablement chauffé grâce à une cheminée ronde. L'aspect chaleureux, bien qu’opulent, était accentué par des tapis et tentures, et par de riches tissus d'ameublements, autant que par la qualité des matériaux utilisés pour le mobilier. Le bois côtoyait le métal forgé, et la couleur rouge se disputait l'attirance de l’œil avec le doré, le violet et le brun. Le dragon noir des Tar Sùrion se retrouvait sur les dossiers, ou les pieds des meubles. Argental avait lui même fait fabriquer les meubles, remplaçant les meubles familiaux qui avaient péri avec sa famille, qu'il avait lui même allégrement massacrée pour se venger. Une douce vengeance, qui faisait de lui le dernier Tar Sùrion en vie, ou presque. Il savait parfaitement qu'il avait peut être quelques cousins en vie, quelque part, sans doute dans le Nord, là où ils avaient dû courir se réfugier. Il eut un sourire à cette pensée, songeant que le véritable monstre entre ces murs, était sans doute lui même.
En entrant dans la pièce, il alla distraitement remuer les braises brûlantes, ajouant lui même une des bûches, qui étaient soigneusement rangées sous le socle de la cheminée. Il se retourna lorsqu'il entendit la porte se fermer, et invita d'un geste la femme à s'assoir. Nythil avait compris qu'elle devait le laisser seul avec Eurydice.


-Vous n'avez rien à craindre de moi. Et je vous offre le même choix qu'aux autres, vous êtes libre de partir, ou bien de rester. Je doute que vous puissiez m'être d'une réelle utilité, étant donné votre condition.

Il désigna l'absence de ses bras, regardant attentivement le visage pâle et grave. Eurydice était jolie, sans doute ne s'en rendait-elle même pas compte, mais à la voir si fragile, Argental ne put que comprendre pourquoi ils s'étaient tous lancés à sa recherche.

-Vos enfants se sont donnés la peine de vous chercher, activement. Vous leur avez échappé pendant longtemps. Nous avions même cru que vous aviez quitté la ville, ou pire. Je constate qu'ils sont arrivés à temps. Si on considère la situation dans laquelle vous étiez, avec ce Tieffelin. Enfin, vos enfants ont fait de vous une sorte de symbole, pour tous ceux qui ont choisi de rester. Bien qu'ils se soient rallié autour de leur sauveur, que vous rencontrerez sans doute très bientôt. Vos deux autres filles apprécient particulièrement sa compagnie. Si vous décidez de rester, une chambre est déjà prête pour vous, vous serez logée, habillée, et nourrie. Je ne demande rien en échange. Votre simple présence semble galvaniser vos rejetons. Et vous pourriez peut être nous surprendre. J'ai pu lire ce que les scientomages ont écrit à votre sujet. Vos pouvoirs sont incroyables, je m'étonne que vous n'en n'usiez pas plus régulièrement.

L’Empereur s'assit en face d'elle, s'affalant presque nonchalamment dans une des confortables banquettes. Joignant ses mains, formant un triangle, il appuya son menton contre ses doigts joints en pointe. Ses yeux cherchèrent ceux de l'Ethérie, qui ne semblait pas plus à l'aise ici, que dans la salle du trône. Il se demanda ce que ce devait être, d'être perpétuellement effrayé, constamment baigné dans un sentiment d'insécurité... Il savait qu'elle ne manquait pas de courage, puisqu'elle s'était échappée, et il savait aussi ce qu'elle avait supporté. S’apitoyer sur elle, voila qui ne l'aiderait certainement pas, et Argental n'était pas un parangon de compassion. En revanche, il y avait un point qu'il trouvait intéressant.

-Quand au Tieffelin, il croupira pendant quelques jours dans une de mes cellules, si son sort vous inquiète. Je vous autorise à aller voir votre sauveur, aussi souvent que vous voudrez. Mais jamais sans la surveillance d'un de vos enfants. Voire de deux d'entre eux. Les Tieffelins ne sont pas connu pour leur honnêteté, et encore moins quelqu'un de sa trempe. Je vous conseille vivement de ne le voir qu'en présence de Lycurgus et Chrysaor, qui seront à même de le maitriser. Et je n'emploie le verbe conseiller, que pour ne pas utiliser explicitement le verbe ordonner. Car ce sont des ordres. A la moindre infraction, vous ne pourrez plus le voir. Je crois avoir répondu à vos interrogations... Vous plairait-il de retrouver vos enfants ? Ceux qui ne vous ont pas encore vu doivent maintenant savoir que vous êtes ici.


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Dim 19 Fév - 21:57

Poussée avec douceur dans la pièce pù était entré l'empereur, Eurydice entendit la porte se refermer sur elle. Tendue, le dos bien droit, elle regarda autour d'elle, et trouva l'atmosphère changée, elle ne se sentait plus aussi petite. Mais son malaise ne disparaissait pas pour autant. Nythil ne l'avait pas suivie, la Lios était restée derrière la porte. Porte qu'Eurydice n'avait même pas vu, jusqu'à ce que l'Empereur l'ouvre. Elle trouva ça étrange qu'il se donne la peine de lui parler, de lui accorder du temps. Mais après tout, ses enfants n'étaient pas vraiment des gens normaux, et elle non plus. Sur un geste de l'Andain, Eurydice s'assit sur une des banquettes aux riches tissus, il règnait dans la pièce une odeur d'encens, et celle de du bois, du feu. Eurydice inspira pronfédement. Elle associa immédiatement cette odeur à celle de la sécurité, comme un lointain souvenir. Son malaise ne se dispersait toujours pas, et elle avait la gorge nouée. Assise légèrement au bord de la banquette, elle ne s'enfoncerait pas dans le siège, sous peine ne pas pouvoir en ressortir sans y perdre un peu de dignité.
Elle fut bouche bée. Il la laisserait vraiment partir si c'était ce qu'elle voulait ? Eurydice n'en croyait pas ses oreilles. Pas plus qu'elle ne faisait confiance au personnage en face d'elle. Les paroles suivantes la blessèrent plus qu'elle ne le voudrait l'admettre. Elle se savait déjà inutile, tout juste bonne à être un ventre. Déglutissant péniblement, elle subit son regard scrutateur sans broncher. Ele avait l'habitude. Elle n'y décela pas cet intérêt scientifique, de ceux qui l'avaient étudiés froidement pendant des années, avec une curiosité malsaine, jusqu'à s'immisser dans sa féminité, juste pour voir, en retirant sans doute un plaisir sadique. Rien de tout ça dans les yeux d'Argental Tar Sùrion, juste de la compréhension, et autre chose. Qu'elle identifia comme du plaisir, comme lorsqu'un homme regarde une femme parce qu'elle lui plait. Eurydice le savait, parce qu'elle avait suffisamment passé de temps à regarder ceux qui avaient des vies, lorsqu'elle errait dans les rues. Et Erebus la regardait comme ça également. Elle préfèra ne pas penser au Tieffelin pour l'instant. Ne sachant pas trop où regarder, elle regardait dans le vide, comme à son habitude, lorsqu'elle était soumise à ce genre d'entretient. Même si, cette fois, elle était certaine ne pas être mutilée ou torturée une fois qu'il en aurait fini. Silencieuse, elle estima préfèrable de le laisser finir, avant de répondre. Elle savait que ses enfants l'avaient longtemps cherchée, et elle savait aussi, qu'elle n'aurait problablement pas pu survivre une nuit ou deux avec Akayel, qui aurait fini par la manger. Et... Elle le regarda avec des yeux ronds. Une chambre ? Rien qu'à elle ? Logée et nourrie, et pouvoir voir ses enfants tous les jours, à chaque fois qu'elle le voudrait. Et puis maintenant... Il mentionna ses pouvoirs. Instinctivement, Eurydice tissa, et posa ses mains sur son ventre, comme à chaque fois qu'elle pensait à ceux qu'elle avait enfantés. Fermant un instant les yeux, elle prit le temps de forme correctement ses bras. Deux bras luminescents, faits de fils tellement serrés, que ses bras étaient lisses, et fonctionnaient comme des vrais, seulement pour une durée d'à peine quelques minutes. Difficile de garder la forme, en cas d'urgence, Eurydice laissait simplement sortir des fils, et en usait sans prendre le temps de former ses bras. Montrer son pouvoir à l'Empereur servait simplement à illustrer le propos de celui-ci.
Elle fut encore plus surprise, si bien que les fils disparurent, quand il l'autorisa à voir Akayel. Elle devrait évidemment être accompagnée, mais elle pouvait le voir. Elle savait que si jamais, elle enfreignait les ordres, les conséquences risquaient d'être aussi lourdes pour elle, que pour ses enfants. Et elle ne voulait pas que le moindre mal leur soit fait. Pas à cause d'elle.


-J-je voudrais les voir oui. Je n'ai jamais vu les tenir dans mes bras jusqu'à aujourd'hui vous savez. Et pour Akayel. Je ne sais pas. Mais je ferais ce que vous me conseiller. Je ne suis pa stupide. Je sais qu'il est dangereux. Et s'il m'a sauvé, c'était pour mieux me tourmenter.

Eurydice s'arrêta de parler, elle n'avait été aussi franche, ni même aussi naturelle avec quelqu'un depuis... Depuis les longues heures dans la cellule d'Erebus. Elle s'était laissée aller, et elle jeta un regard craintif à l'Empereur qui ne semblait nullement fâché, ou ennuyé. Et elle disait la vérité. Une part d'elle même était soulagée, de ne plus avoir à jouer aux jeux d'Akayel, qui s'était constamment moqué d'elle. Il avait joué avec elle comme un chat joue avec une souris. Elle soupira, chassant sa terreur, sa tension, elle n'avait rien à craindre, tant qu'elle suivait les règles imposées ici. Eurydice pensa que ça ne devrait pas être un problème, étant donné qu'elle n'avait jamais eu autant de liberté, et ce sentiment progressif de sécurité qui continuait de s'installer, de l'apaiser.

-Je reste. Je reste avec mes enfants. Je n'ai nulle part où aller. Nulle part où rentrer. Il n'y a personne qui m'attend. Sauf ici. Je ne sais pas si je vous serais utile, mais si je peux leur être utile, alors je resterai jusqu'à qu'ils ne soient plus là.


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Argental Tar Sùrion
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Lun 9 Avr - 21:49

Argental scruta les longs fils brillants et bleutés qui s'échappaient des moignons d'Eurydice, baignant son visage d'une lueur blafarde, qui n'enlevait rien à la beauté de l'Ethérie. Un peuple fier et beau, terriblement beau. C'était cette beauté, qui leur avait été fatale, lorsque la Purge était survenue. Depuis, les Ethéries étaient rares. Mais elle s'était une perle. Il n'avait jamais vu quelqu'un tisser avec autant de facilité. Elle ne s'en rendait peut être pas compte, mais ce qu'elle faisait, elle qui n'avait jamais eu de maître pour apprendre, était presque spectaculaire. Les bras se formèrent, à l'image de ceux qui avaient été faits de chair, et qui aujourd'hui, n'existaient plus. Curieux, l'empereur la laissa faire, tout en continuant de parler. Elle se laissait dominer par ses émotions, et il en eut la preuve formelle, lorsque la magie tisserande disparut, alors que la surprise se lisait sur son visage. Eh bien quoi ! Oui, il la laisserait voir Akayel, si cela lui chantait. Il n'avait que peu de considération pour le personnage, et voir l'objet de son désir, le savoir à portée de main, sans pouvoir en profiter, voila qui ferait enragé le Tieffelin. Ce serait une petite punition, pour l'avoir insulté. Un mince sourire étira ses lèvres noires. Celui-ci s'élargit lorsqu'elle prit la décision de rester. Voila qui tombait bien à propos.
Il avait lancé l'ordre de mobilisation des légions, et on lui rapportait chaque jour, des nouvelles de Cemenwin et de Freyr. L'agitation était à son comble à Freyr, depuis qu'un certain intendant, avait trahi le Roi Immortel. Le retour d'Eurydice entre les murs de la Forteresse de l'Empereur, était la deuxième bonne nouvelle de la journée. Les enfants d'Eurydice seraient enfin prêts pour obéir à ses ordres, et à Gjallahorn, lorsqu'il faudrait marcher sur Freyr.


-Si vous ne savez pas, vous n'êtes pas obligée, d'aller le voir maintenant. Profitez donc de vos enfants. Je suis ravi, que vous ayez choisi de rester. Je retire ce que j'ai dit, vous risquez fort de nous être utile, Eurydice.


Argental la regarda encore une fois, et ce qu'il voyait lui plaisait de plus en plus. Mais elle pourrait bien créer la surprise, car ce qu'il venait d'entendre, étaient les paroles d'une femme déterminée. Il sentait qu'Eurydice avait seulement conscience d'une partie de son potentiel, ne serait-ce qu'en matière de magie.


-Je veillerai à ce qu'un maître Tisseur, vous apprenne à vous servir de votre don. Cela pourrait vous être utile. Il peut arriver que vous ne puissiez compter sur vos enfants, ou sur un de leurs charmants géniteurs.


L'empereur se leva, signifiant la fin de la conversation. Il fit alors signe à Eurydice de gagner la porte par laquelle était entrée. Nythil devait l'attendre derrière. Elle, et les enfants d'Eurydice qui devaient maintenant être tous prévenus. Il ne doutait pas non plus de la présence de Mio, et de celle de Gjallahorn, et des autres qui gravitaient tous autour du Fey bleu, qui n'avait d'yeux que pour son ami et général. Argental qui avait vu la Forteresse de l'Empereur repeinte du sang de ses ennemis, et presque déserte et silencieuse, avait reprit des couleurs, oubliés les morts, et grouillait à nouveau de vie. Voila qui était presque risible, contenu de ses plans. De ceux d'Uranach. Ils allaient déclencher une guerre, et il ne doutait pas que celle-ci durerait des années, Freyr ne se rendrait pas si facilement. Et le Roi Immortel était maintenant prévenu. Pour un peu, il en aurait ri. L'excitation de la bataille menaçait de le submerger, comme lorsqu'il combattait au coté de l'Empereur Forbesii Nil'Dae, son épée enflammée à la main, terrorisant le camp adverse, s'engageant dans des duels spectaculaires avec les généraux ennemis.


-Nythil vous attend dehors. Elle vous montrera votre chambre. Elle est évidemment près de celles de vos enfants. Vous les rejoindrez en suite. Je ne doute pas qu'ils soient même peut être déjà à vous attendre.


Argental se détourna, comme pour examiner une des tapisseries qui pendaient aux murs. Il joignit les mains dans son dos, s'absorbant dans ses pensées. Il l'entendit se lever, et se marcher jusqu'à la porte. Il eut un nouveau sourire. Il était satisfait. Voila qui faisait une affaire de moins à surveiller, à suivre. Il tiendrait quand même les Enfants et leur mère à l'oeil. Un bon empereur se devait de tout savoir.


-Bien bien...


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Eurydice
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MessageSujet: Re: Salle du Trône   Dim 3 Juin - 22:41

Elle s'était fait congédiée, et lorsque la porte se referma derrière elle, l'Ethérie avait poussé un profond soupir de soulagement. Le noeud dans son ventre se défit, et pour un peu, elle se serrait affalée, et assise à même le sol de la salle du trône, si effectivement, Nythil ne l'avait pas attendu, appuyée contre un des piliers. Eurydice prit le temps de le regarder. Elle était très belle, avec ses cheveux de cette couleur presque fuchsia, comme les fleurs qui poussaient dans les jardins d'Hitokage, là où elle avait parfois dormi ou passé la journée. Elle avait appris qu'ils avaient voulu faire de Nythil, une seconde elle, mais la Lios n'avait accepté que Chrysaor, et avait perdu tous ses enfants. Eurydice considérait ces fausses couches comme de la chance, elle ne souhaitait à personne de vivre ce qu'elle avait vécu. Jamais. Elle ne connaissait pas bien Nythil, à dire vrai, elle ne connaissait pas bien ses propres enfants. Elle était fébrile, et l'entrevue avec l'empereur n'avait rien arrangé. Ou peut être que si. Il semblait qu'aux yeux des autres, elle ait plus de valeur, qu'à ses propres yeux. Il l'avait même autorisé à voir Akayel. Elle même ne savait pas si elle avait envie de l'entendre l'abreuver de paroles acerbes, méprisantes. Elle n'avait pas besoin qu'il lui dise à quel point elle était faible et stupide, pour le savoir. Elle l'avait toujours su, depuis le jour où elle avait ouvert les yeux, et où quinze hommes en manteau blanc, l'avaient regardée à travers une vitre.

Ses sentiments étaient confus, elle était partagée entre la peur, la sécurité, l'apaisement, la joie, mais aussi l'appréhension. Elle avait rencontré ses enfants dans la pire des situations qui soit. Il n'avait manqué à l'appel, que sa fille ainée, Sithmaith. Elle, elle avait adoré cette enfant, qui avait ses grands yeux, sa petite bouche en cœur, et ses joues rebondies, qui lui avait sourit, agité la main, pour lui dire qu'elle était là. Son cœur se serra, et elle dut refouler les larmes qui lui venait aux yeux. Lorsqu'elle vit l'inquiétude passer sur le visage de Nythil, elle lui fit un petit sourire.


-Ça va, je... je n'ai pas l'habitude qu'on me parle aussi gentiment. D'être traitée comme ça. C'est nouveau pour moi. Il m'a dit... que mes enfants devaient m'attendre. J'aimerai les voir.

Elle en continua pas, n'énonçant pas à voix haute, que Lycurgus et Chrysaor devaient être revenus des geôles, depuis le temps. Du moins, elle l'espérait. Elle repoussa toute pensée liée à Akayel, le Tieffelin n'avait rien fait pour elle. A part te sauver la vie, lui chuchotait une voix dans un coin de sa tête. Mais il l'avait sauvée juste pour s'amuser avec elle, comme un chat s'amuse avec sa proie. Tout ce qu'elle voulait maintenant, se résumait à réunir ses enfants autour d'elle, et pouvoir... Les serrer contre elle, peu importe qu'elle n'ait plus de bras, elle utiliserait ceux en fils d'énergie.


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