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 Tar Sùrion, Empereur de Morna.

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Argental Tar Sùrion
Souverain
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Peuple : Andain, fils de Feardorcha.
Nombre de messages : 15
Date d'inscription : 06/05/2007

MessageSujet: Tar Sùrion, Empereur de Morna.   Sam 30 Oct - 16:40

I - Identité

NOM, PRÉNOMS, SURNOMS :
Argental Machlah Tar Sùrion, il est Machlah (se prononce Mak-laa) Terreur-Blanche pour les Shakeel des Sables Rouges.
AGE :
Deux cent ans et quelques années de plus.
CASTE/MÉTIERS :
Noble d'origine, il a ensuite été général au sein des forces de l'Empire, comptant parmi les proches de l'Empereur. Guerrier accompli, il est aujourd'hui Empereur de Morna, du moins pour un temps.
PEUPLE :
Andain, fils de Feardorcha, né à Alatairë.
SEXE :
Homme.



II - Description


o PHYSIQUE :

Argental présentait un physique inhabituel au milieu des Tar Sùrion, tous des Lios aux longues chevelures brillantes et noires, parfois blanches, ou blondes, à l'instar de sa mère Eriniel. Originaire d'Alatairë, les Tar Sùrion avaient la peau plus ou moins claire, les plus pâles étant ceux qui ne travaillaient pas dans les exploitations de la noble famille. Pourtant, la peau d'Argental était encore plus pâle que l'élite de sa famille, d'un blanc crayeux. Selon la lumière, Argental pouvait avoir l'air maladif, avec une peau jaune ou bien bleutée. Le soleil ne l'affecta jamais, bien qu'Aelius soit plus que présent à Alatairë.  Sa peau est épaisse, mais cela n'empêche pas que son corps soit marqué par de nombreuses cicatrices, attestant de son passé de militaire, autant que de chasseur et guerrier parmi les Shakeel des Sables Rouges. D'autres cicatrices, mais rituelles cette fois, marquent son front et ses pommettes. Sous la peau épaisse d'Argental, une couche de muscles. L'Andain a une musculature développée, témoignant non seulement de sa forme physique, mais aussi de ses capacités martiales. Il est également doté d'une grande taille, un mètre quatre-vingt dix, ce qui est assez grand pour un Lios.
Autre élément le distinguant des Tar Sùrion : son visage anguleux. Argental a des joues creusées, et des pommettes hautes et marquées. Ses yeux sont enfoncés dans leurs orbites, et il est dépourvu de sourcils. Autour de ses yeux, la peau est naturellement noire, contrastant avec ses iris couleur de braises rougeoyantes. Ses lèvres sont naturellement noires elles aussi. Encadrant ce visage en angles, Argental a une longue chevelure, d'ordinaire lisse, mais qui boucle lorsqu'elle est mouillée. Ses cheveux sont blancs et de deviennent progressivement dorés vers les pointes. Il est portera toujours lâché sur ses épaules, ne les laissant pas aller plus bas le milieu de son dos. Ses oreilles pointues dépassent de ses cheveux.
Argental sera constamment vêtu de couleurs sombres, le plus souvent, voire toujours, du noir. Couleurs sombres qui contrastent fortement avec la couleur de sa peau et de ses cheveux. Lorsqu'il ne porte pas son armure en cuir de dragon noir, Argental aime les matières comme le cuir, le coton, les tissus légers. Ses vêtements sont de bonne coupe, mais il ne portera jamais rien d'ostentatoire, haïssant l'étalage des richesses de la noblesse qui lui rappelle trop sa propre famille. De plus, les années passées dans le désert, ou bien comme anonyme dans le Nord, n'ont fait que renforcer son goût pour les vêtements simples mais de bonne qualité. Et si Argental est musclé, ses techniques de combat sont plutôt axés sur la vitesse plutôt que sur la force, il ne portera donc jamais d'armure lourde, à part peut-être de la maille de Nargoryth, ou bien Inwerienne. Dans le désert, il lui arrive de porter les longues tenues de tissus des nomades, faisant une concession au noir, et se vêtant de tissus de couleur bleu sombre, ou bien sable. Il ne porte aucun bijou précieux, bien qu'il ait deux bracelets de cuir avec des motifs Esgaléens aux avant-bras. Même maintenant qu'il est Empereur, Argental a refusé de coiffer la couronne lourde et peu pratique de Chyrrlion, lui privilégiant un simple cercle de platine orné de ciselures typiquement Morniennes.


o CARACTÈRE :

Argental Tar Sùrion peut paraître apathique. Il ne semble guère éprouver grand chose, à part un profond ennui doublé d'agacement. Sa compagnie n'est pas des plus distrayantes lorsqu'il s'agit de rire. Plutôt sérieux, voire sévère, l'Andain sourit difficilement, et rare sont ceux qui l'ont vu rire, même s'il lui arrive d'être cynique et sarcastique. Car cynique, Argental l'est sans aucun doute, bien que sa désillusion du monde soit contrebalancée par une forte volonté, et une forte croyance en un avenir meilleur, qui ne cesse de se tapir au fond de ses pensées. Car si Forbesii Nil'Dae n'a pu que toucher du doigt son idéal, Argental compte bien poursuivre l'œuvre de l'homme qui a tant marqué sa vie, et dont l'histoire cruelle ne fut pas sans trouver d'écho dans la sienne. Argental reste blessé, et voue toujours une haine brûlante à sa défunte famille, à l'exception de sa jeune sœur Uala et de sa famille à elle. C'est cette haine qui soulève la colère et la rage qui rendent Argental froid et violent. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, et ceux qui le connaissent le savent, Argental méprise la noblesse lorsque celle-ci se comporte comme sa famille. Il a des goûts simples, et méprise toute idée ayant un rapport avec la supériorité acquise grâce à un simple droit de naissance. De ce fait, il n'empêchera, ni n'humiliera quelqu'un qui a réussi à se hisser là où il est par ses talents, que par sa naissance. Plutôt ouvert d'esprit en matière de politique, il reste néanmoins un chef militaire, et a cet amour de l'ordre, et il déteste qu'on lui désobéisse, ou que ses ordres ne soient pas exécutés comme demandés, car de ses ordres peuvent dépendre la survie d'une légion. Argental est donc quelqu'un de plutôt dur. Un caractère parfois intransigeant qui est adouci par une loyauté indéfectible, car lorsque l'andain donne son amitié ou son soutien, il est rare qu'il le retire. Son respect se mérite, mais une fois gagné, lui aussi reste indéfectible. Cependant, son cœur reste fermé, bien qu'il éprouve une vive curiosité à l'égard de deux femmes présente dans son entourage. Rares sont les gens ou les choses qui le tirent de son apathie, pourtant, lorsque Argental sort de sa morosité, il devient plus chaleureux et plus sympathique, ou en tout cas, capable de compassion.


o ARMEMENT :  

Argental ayant longtemps été un chasseur dans les plaines de sable, il manie la lance. Le chaman des Shakeel lui en a confectionné une lors de son rituel de passage, lance qu'il a toujours gardée avec lui. La hampe est en bois noir, couverte de runes blanchies, et la pointe est faite d'un alliage de métaux, également couvertes de runes. La hampe a la capacité de s'allonger ou de se rétracter, et la pointe une fois fichée dans la chair, peu se détacher est y rester, creusant pour atteindre un organe vital. Autre arme indispensable, un coutelas, au manche en ivoire, à la lame noire. Il n'a aucune autre propriété que celle de trancher et taillader. Argental le porte toujours dans une de ses bottes. Il manie également l'arc, disposant d'un grand arc long, en bois blanc. Au besoin, Argental sait aussi se servir d'un glaive ou de tout type d'épée. Il a d'ailleurs jeté son dévolu sur une épée bâtarde dans fioriture.


o POUVOIRS :

Argental dispose d'un pouvoir terrible, qu'il utilise d'ailleurs assez peu, sous peine d'en être lui-même victime. Fils de Feardorcha, son père lui a laissé le don terrible de déceler les peurs primales de tout être vivant. Il a alors la capacité de faire apparaître les sujets de ces peurs, allant jusqu'à conduire à la folie, ou au désespoir ses victimes. Il est également d'inspirer une terreur viscérale et panique lorsqu'il le souhaite, rien que par sa présence. Feardorcha étant également dieu de la dissimulation, Argental est capable de disparaitre sans lancer de traces, ou tout du moins, de le faire croire. Il maîtrise aujourd'hui totalement ses pouvoirs, mais la peur se contrôlant rarement, il peut lui aussi devenir victime de son propre pouvoir. Argental limite donc l'utilisation de ses pouvoirs d'andain.
En dehors de ses pouvoirs innés, il est quelque peu versé dans les arts chamaniques, connaissant l'utilisation des runes, et il dispose également de quelques dons télépathiques, tels que la communication par pensées, ou par les rêves. Son éducation étant complète, et étant à moitié Lios, Argental sait chanter, et dispose d'une voix chaude et expressive. Sa connaissance des chants Lios est complète, mais là encore, il répugne à se servir de ce qu'il a appris, et cela est sans doute lié au dédain qu'il vouait à sa famille.


o PASSIONS & PHOBIES :

Se passionnant pour peu de choses, le nouvel empereur admet avoir quelques plaisirs, tel que la chasse et enfourcher une monture. Sur un plan intellectuel, il aime les parties de Conquérant, lire, et peu importe le sujet du livre. Alliant physique et mental, il aime les longs entraînements éprouvants, suivis de longues séances de médiations. Autre point, Argental aime les coutumes et la cuisine des nomades de l'Esgal, la musique disparue alatairoise. Et aussi incongru que cela puisse paraître, Argental aime observer les gens, la façon dont ils vivent, dénotant un profond attachement pour son prochain plutôt qu'un quelconque intérêt scientifique.  
Il est hanté par le souvenir de Rinrei, et par la douleur de sa perte. Sa plus grand peur serait de succomber à la folle terreur qu'il est capable d'engendrer d'un regard. Et il ne l'avouera jamais, mais la peur que son serment soit vain le tenaille parfois.


III - Histoire

Eriniel Tar Sùrion épousa son cousin éloigné Ulician Tar Sùrion, ce fut un mariage grandiose, célébrant une union au sein d'une des plus influentes, prestigieuses, nobles et anciennes maisons d'Alatairë. Alatairë était alors la grande cité que l'on ne connait plus aujourd'hui que dans les souvenirs de ceux qui ont pu la voir et la connaître au moment de son apogée et de sa gloire. L'union d'Eriniel et Ulician fut célébrée pendant toute une semaine, où les Tar Sùrion purent étaler leur richesse, leur puissance, aux yeux du monde. Vieille famille noble, les Tar Sùrion ont bâti leur fortune sur le commerce et leur réputation sur le champ de bataille. Les hommes de la famille étaient tous des combattants, cavaliers, archers, mais aussi mages, parfois ingénieurs ou bâtisseurs. Les femmes s'occupaient du commerce, gérant les plantations, la production... La Maison Tar Sùrion s'étendait sur plusieurs branches, et la branche principale maria donc son unique fille à une branche secondaire. Eriniel et Ulician eurent des enfants ensembles, mais Argental ne fut par le fruit de leur union, mais de celle d'Eriniel et du dieu de la Terreur et des Ténèbres. Naquit alors un enfant marqué physiquement, différent des autres Tar Sùrion, dont la plupart étaient des Lios, les métisses ne faisant partie des branches mineures de la famille. Ce n'est que parce qu'il était le fils d'un Dieu que l'on épargna sa vie, les bâtards étaient généralement tués avant leur naissance ou bien confié aux plus basses couches des Tar Sùrion, dont les membres les plus nobles préservaient à tout prix la pureté du lignage.  L'empreinte de Feardorcha était clairement visible sur sa peau à la teinte parfois maladive, sur ses lèvres noires ou ses yeux comme des braises rougeoyantes. Ces yeux capables de vous jeter des regards à glacer les sangs. La lumière intérieure des Lios n'apparut jamais chez lui, bien qu'il dispose comme tous ceux de sa race, une voix superbe, capable de prouesse lorsqu'il en usait pour chanter les chants propres à tous les Lios. Argental Machlah Tar Sùrion fut élevé comme un petit prince, mais aussi dans le but de prendre la tête de la Maison lorsque ses parents ne seraient plus.
Sa mère et son père lui portèrent sans doute plus d'amour et d'attention, bien qu'Argental ait deux frères, Erinion, Irilen, et trois sœurs, Aralia, Erucian, et Uala. La rigueur fut au centre de son enfance, le devoir également, accompagnant chacun de ces gestes, il devait être celui qu'on attendait qu'il soit, être digne d'être l'héritier des Tar Sùrion. Son éducation fut complète, histoire, géographie, sciences, magies, les cours alternant avec l'éducation physique, maniement des armes ou arts martiaux, le jeune Tar Sùrion était façonné par ses parents. Les plus grands maîtres se succédèrent pour l'entrainer ou lui enseigner leur savoir. Argental vivait dans une tour d'ivoire, et adolescent, il fréquentait assidument les cercles de la haute société Alatairoise, dans laquelle il évoluait déjà depuis son enfance. Quelque peu fanfaron, parfois méprisant, Argental ne dépassa pourtant jamais les bornes, en dehors de quelques duels pour résoudre des querelles. Il fut promis à plusieurs jeunes femmes de sa famille, parfois avec des fiancées passagères d'autres maisons nobles, et Argental n'y trouvait rien à redire. Il suivait la voie toute tracée par sa famille, n'ayant d'autre but que celui d'être digne. C'était sans compter Lyuben, et Rinrei.

Rinrei était une simple fille de marchand, faisant partie de ceux qui acheminaient les innombrables jarres d'huiles produites par les oliviers ou arganiers des vergers des Tar Sùrion. Argental aimait arpenter les domaines des Tar Sùrion, sa qualité d'héritier l'obligeait aussi à accompagner sa mère ou l'une des femmes, lorsqu'elle supervisait ou négociait la vente. La plupart des ventes et l'acheminement se faisait avec les nomades, des familles entières qui voyageaient dans l'immensité de l'Esgal. La famille de Rinrei était souvent employée par les Tar Sùrion, et Argental eut l'occasion d'observer à plusieurs reprises, et au fil des ans, la jeune nomade. Rinrei attira l'attention du jeune homme, comme si le monde autour d'elle se parait de couleurs plus brillantes et chatoyantes que jamais. Petite créature voluptueuse, Rinrei avait une peau de la couleur du cuivre, et sentait l'huile précieuse qui satinait sa peau. Aelius adorait jouer avec ses cheveux d'un roux vibrant, donnant l'impression de couronner sa tête de flammes ardentes. Ses dents blanches faisaient comme des rangées de perles lorsqu'elle souriait. Ses yeux brun-vert étaient pailletés d'or et ils se plissaient lorsqu'elle riait. Argental adorait la façon dont elle riait, renversant légèrement la tête, il aimait aussi lorsqu'elle jouait avec ses boucles soyeuses, ou même lorsqu'elle se faisait, avec les autres jeunes filles, des tresses pleines de perles ou de rubans de couleurs. L'adolescent fanfaron perdait toute sa superbe lorsqu'il s'adressait à elle, mais très vite, à chaque passage des nomades, ils se retrouvaient. D'abord amis, et Argental découvrit une autre réalité, celles des nomades, ou chacun à une tâche à exécuter pour que la caravane et  le campement soient en état de fonctionner. Rinrei était souvent chargée de surveiller les bêtes, les imposants garmans se disputant la place avec les reiths, ou les gros lézards, et il y avait aussi le bétail plus petit, chèvres, moutons. Les nomades faisaient leurs vêtements eux-mêmes, passant de longues heures à filer la laine, à teindre, puis à tisser... Argental s'échappait alors pour rejoindre la jeune nomade, qui riait, se moquant parfois, lorsqu'il était ignorant des usages ou même de certains tâches, ce qui avait pour effet de le rendre boudeur, parfois désagréable, mais au final, elle parvenait toujours à le faire sourire. Une amitié sincère s'établit entre la nomade et le noble, et leurs entrevues entrecoupées des longues périodes où Rinrei voyageait permirent à Argental de cacher sa relation avec elle, comprenant bien que les Tar Sùrion n'accepteraient jamais une nomade. Ce qui ne l'empêchait pas de retourner la voir, d'abord amie, puis compagne de cœur et de corps, sa dame à lui, avec ses odeurs de lait d'amande douce et d'huile d'argan. Rinrei n'avait rien de commun avec son monde, fraîcheur et franchise, parfois brutale, et cette spontanéité. Avec elle, pas besoin de se retenir, de toujours faire attention à son image, et surtout la découverte de l'extérieur, des vies des gens, de ces gens qui servaient sa famille depuis longtemps.

Puis ce fut au tour du jeune noble de vouloir faire découvrir son monde à sa bien-aimée, il profita de la fête donnée en l'honneur de la triade des Déesses de la vie, Eartha, Mei et Primula, qui marquait le début du printemps, pour l'emmener visiter le Quartier Sud. Il lui fallut longtemps pour la convaincre, la persuadant que s'ils se mêlaient à la foule, personne ne les verrait. Rinrei se montra d'abord réticente, mais finit par accepter. Elle devint alors presque effacée, même au milieu des réjouissances, timide, effrayée. Il finit par la mettre à l'aise, mais ils avaient fini par regagner des quartiers plus populaires pour profiter de la fête. Cette visite du Quartier Sud, si brève fut-elle, fut une erreur. Sa jeune sœur Uala l'avait vue, et elle rapporta ce qu'elle avait vu à leur père. Toute sa famille finit par apprendre qu'il avait une liaison avec une fille du peuple.  Confrontée à la colère des Tar Sùrion, Argental défendit Rinrei de son mieux, s'opposant à ce qu'elle subisse l'ire de sa famille, de toute façon, la nomade était déjà repartie. Heureusement pour elle, car il savait qu'elle n'aurait pas supporté de se faire publiquement humilier, et cela aurait jeté la disgrâce sur sa famille à elle. A force de discussions, plus ou moins houleuses, Argental parvint à apaiser sa mère et son père, qui acceptèrent finalement de rencontrer Rinrei. Naïvement, Argental avait alors que cru les Tar Sùrion avaient accepté la jeune nomade, sa mère l'avait trouvé charmante, son père avait été plus que chaleureux avec elle. Ses frères et sœur la traitèrent comme si elle faisait partie de la famille. Mais lorsque Argental demanda Rinrei en mariage, sa famille entra dans une rage folle, l'héritier des Tar Sùrion ne pouvait pas épouser une fille de rien, une vulgaire nomade. Argental se résigna, mais continua à voir Rinrei en secret, continuant à l'aimer. Ses frères se moquaient de lui, prenant sa passion pour une passade, le surnommant le trousseur de gueuse, sa mère lui reprocha d'avoir entaché le nom des Tar Sùrion, d'avoir apporté la honte. Sa jeune sœur suivait le reste de sa famille, traitant Rinrei de putain arriviste. Le silence de son père en disait plus long que les insultes de sa famille. Argental semait les serviteurs que sa famille envoyait pour le suivre, ne rencontrant Rinrei que dans les plaines de l'Esgal, parfois bien loin d'Alatairë, chevauchant des heures pour grappiller quelques minutes d'amour et de bonheur, pour être avec elle. Il lui promettait alors de ne jamais se marier, que lorsqu'il serait indépendant, voire à la tête des Tar Sùrion, il se marierait avec elle. Finalement, profitant de l'absence de son père, partit négocier à Bois-Blanche, Argental se rendit dans les plaines, il épousa Rinrei, sa famille à elle célébra l'union, la fête dura toute la nuit.
Argental n'aurait jamais pensé qu'ils iraient jusqu'à la faire tuer.  Un petit matin, son père déposa simplement une mèche de cheveux cuivrés dans sa main. Elle était morte. Soi-disant piétinée par des garmans qui avaient été pris de panique. Argental n'en avait jamais cru un mot, sa famille avait assassiné celle qu'il aimait parce qu'elle n'était pas assez noble pour eux. Il n'avait jamais pu voir la dépouille, il avait seulement reçu en pleine figure le chagrin de la famille de Rinrei, le maudissant d'avoir jamais posé les yeux sur elle. Sa mère se félicita de la mort de la jeune femme, son fils pourrait alors redevenir digne d'être l'héritier des Tar Sùrion.  Des propositions de fiançailles affluèrent, sa famille se moquant ouvertement de son deuil, de son chagrin. Il n'y eut que sa plus jeune sœur, Uala, qui lui offrit de le couvrir pour qu'il puisse se rendre au temple de Dämons, prier pour Rinrei. Là bas, les prêtres refusèrent d'appeler l'âme de la défunte, pour qu'il puisse lui dire au revoir, mais pas seulement, Argental avait tant de chose à lui dire, il aurait alors pu implorer son pardon, lui dire combien il l'aimait. Il  se contenta de prier pour le repos de son âme, et de déposer des offrandes à Dämons pour qu'il veille sur elle. Peu de temps après, Argental Tar Sùrion planifia soigneusement son départ, se comportant à nouveau comme un héritier modèle, acceptant même de se fiancer à une jeune femme. Cela lui prit de temps, mais il réussit à tromper sa famille, son père cessa de le faire suivre. Ulician et Eriniel Tar Sùrion ne devraient alors retrouver leur fils que des années plus tard.

Les Shakeel des Sables Rouges forment une des plus grandes tribus nomades de l'Esgal. Ses membres se repèrent facilement grâce à leurs chevelures rouges, et à leurs physiques profondément marqué par leurs ascendances Trolls, lorsqu'ils ne sont pas des pures Trolls. Ils portent des scarifications rituelles sur le visage ou le corps, traces qu'ils ont accomplis chaque rites de passages, qu'ils sont dignes d'être des Shakeel. Leur fortune est basée sur la chasse, le troc, le commerce, l'élevage de lézards, la revente... Tous les Shakeel ne sont pas nomades, certains se sont établis en ville, et exercent différents métiers, permettant au clan de survivre. Le terme de clan est plus approprié que tribu, car chez les Shakeel, il y a un vieil adage qui dit que peu importe l'endroit, il y aura toujours un Shakeel pour en rencontrer un autre. Argental Tar Sùrion rencontra les Shakeel non loin de Bois-Blanche, alors qu'il tentait de survivre dans les régions arides bordant l'Eredmorn, à l'ouest de la cité. Loin de lui l'envie de mourir, Argental avait quitté Alatairë pour ne plus avoir à supporter sa famille de meurtriers. Les Shakeel lui proposèrent simplement de partager leur repas, ce qui ne devait durer qu'une soirée dura finalement de longues années. Argental se présenta sous le nom de Machlah, mais les Shakeel lui donnèrent le surnom de Terreur Blanche, en raison des pouvoirs liés à son héritage paternel. Zuljaras, le chaman du clan lui offrit d'explorer, de maîtriser ses pouvoirs, bien qu'il ne puisse plus, à un certain point, aider l'andain. C'est à ce moment là qu'Argental quitta les Shakeel pour chercher la compagnie des siens, d'autres Andains. Il passa tout de même plus de dix ans au sein des Shakeel, autant parmi les nomades que dans les familles résidant à Bois-Blanche. Ses années l'endurcirent, lui ouvrirent également l'esprit, il passa les rites des guerriers, chassant les animaux des plaines de l'Esgal, supportant les longues marches, et participant aux affrontements amicaux avec d'autres tribus nomades. Il y gagna les cicatrices qui ornent son visage, chacune d'elles ayant été faites par le chaman, marquant sa réussite dans les rites des Shakeel, le marquant comme un des leurs. Le chef des Shakeel des Sables Rouges, un troll imposant du nom de Mortaraï,  l'adopta, faisant de lui un de ses fils. Mortaraï était marié à Syelielyn, une elfe au fort tempérament, native de Bois-Blanche. Mortaraï adorait raconter l'histoire de sa rencontre avec elle, presque autant que la naissance de leur fils, Loren. Argental s'entendait d'ailleurs comme larron en foire avec Loren. Le Shakeel arrivait à le dérider, à lui faire quitter cette attitude sinistre qui caractérisait Machlah Terreur Blanche. Pour ce faire, Loren se contentait de jeter une ou deux piques à l'Andain, aiguillonnant son sens de la compétition, et Argental redevenait alors brièvement l'adolescent fanfaron, voire arrogant, qu'il avait été. Syelielyn se comporta comme une véritable mère et une amie avec lui, bien qu'elle soit toujours exaspérée lorsqu'il refusait d'épouser les jeunes femmes du clan qu'elle lui présentait, même ses filles, les sœurs de Loren, Lyeyeru et Feryndrissa. Lyeyeru ressemblait quelque peu à Rinrei, la même chevelure de cuivre, elle avait les yeux vert forêt de sa mère, le sourire facile. Il aurait pu se laisser tenter, mais le souvenir cruelle de Rinrei l'empêchait de voir entre chose en elle qu'une pâle copie de la nomade qu'il avait tant aimé. Feryndrissa était trop jeune, si bien que lorsque Syelielyn lui proposa sa seconde fille, Argental ne put s'empêcher de rire, ce qui vexa la jeune métisse, autant que la mère. Mortaraï apposa son veto aussitôt, n'étant pas près de voir partir ses petites filles chéries. Et surtout, épouser un frère, ça ne se faisait pas, même si Machlah ne partageait pas leur sang. Durant ces années, Argental évita soigneusement Alatairë, la vie de nomade le tint loin des affaires des nobles, loin des Tar Sùrion. Pourtant, chaque regard en arrière était douloureux, en ville, il croyait apercevoir Rinrei, au détour d'une rue, parfois, il se retournait, persuadé d'avoir entendu sa voix. La musique des Shakeel lui rappelaient les danses de Rinrei, ses souvenirs doux-amers le submergeaient alors. Au fil de temps, et malgré les mises en garde du Chaman, Argental transforma sa peine, son deuil, en une haine implacable, un désir de vengeance. Ses pouvoirs étaient capables de rendre fou celui qu'il visait, de donner corps à des visions cauchemardesques issues de son esprit torturé. Le Chaman le mit alors en garde, à se plonger dans la haine et dans la peur, à rester ainsi prisonnier de ses souffrances, à user de ce pouvoir, Argental risquait de devenir fou. Il avait alors répliqué qu'il était déjà trop tard.

Ses pouvoirs d'Andains le poussèrent donc à chercher les siens, d'autres enfants des Dieux. Il eut alors vent qu'un roi régnait sur eux, Galadan. Machlah Terreur Blanche fit alors ses adieux aux Shakeel, ainsi qu'à l'Esgal. Il traversa le royaume, gagna l'Andanorië, qui fut jadis le royaume des Andains, là, il s'embarqua pour le Nord, les royaumes de l'Alliance. Le Nord fut une autre découverte, il n'eut aucun à mal à s'adapter aux Maëldanais, notamment aux humains, dont la carrure et la culture guerrière et clanique n'était pas sans lui rappeler celles des Shakeel. Le plus dur fut de s'adapter au climat, la pluie et le froid. Il prit alors son temps, découvrant, après le Maëldan, le Falast, où il contempla la beauté sauvage des dragons, des Falaises Blanches. Le Nord était une partie d'Inwilis qui ne ressemblait en rien à ce qui se trouvait de l'autre côté de la mer. Il ne séjourna jamais au même endroit, dormant le plus souvent à la belle étoile, n'ayant pas les moyens de se payer une chambre toutes les nuits, même la plus modeste. L'Inwerin eut un fort impact sur lui, les trois quarts du royaume étaient recouverts d'arbres, la cité de Celebalda était faite dans les arbres, des arbres millénaires. C'est au milieu de la forêt qu'il trouva celui qu'il cherchait, le fils de Cùan, le roi de son peuple. Ou plutôt, Argental trouva sa mère. Piri. Elle partageait des traits communs avec Syelielyn, ce côté maternelle, la spontanéité, et la gentillesse. La demeure de Piri était située en plein cœur de la forêt d'Iricht, royaume terrestre de Cùan, le lieu était d'ailleurs sous la protection du Dieu. La clairière abritait un cottage, un véritable jardin, de quoi vivre en autonomie. Piri l'avait accueilli avec chaleur, l'avait nourri et hébergé, le temps de deux nuits, avant de lui dire que son fils n'était pas là, et qu'elle ignorait où il se trouvait. Il serait toujours le bienvenu chez elle. Argental quitta Piri et l'Inwerin, gagna la cité de Valin, s'embarquant pour le Sud, prenant le temps d'acheter quelques souvenirs. Il retrouva les Shakeel au pied de l'Eredmorn, reprenant sa place au sein du clan des Sables Rouges et le clan fêta son retour durant trois jours. Machlah Terreur Blanche était revenu parmi les siens, et malgré le fait qu'il ne soit guère connu pour sa sociabilité, il leur raconta ce qu'il avait vu, la mer, le Nord, et ces récits devraient alors faire une forte impression sur Loren, puisque qu'aujourd’hui, un de ses fils vit comme forgeron à Fainros. Argental distribua les cadeaux qu'il avait ramené avec lui, des étoffes Inwerienne pour Syelielyn, des torques Maëldanais d'or et de bronze pour Mortaraï, un long coutelas à la poignée taillée en forme de dragon nordique, venant d'une armurerie de Valin pour Loren,  pour ses sœurs, les jolies Lyeyeru et Feryndrissa, Argental offrit à chacune des perles pour leurs cheveux, et au chaman de la tribu, Zuljaras, il offrit une longue pipe d'os et de bois de la région de Dangweth. Loren jura alors que lui aussi, irait voir le Nord, et qu'il s'y trouvait une épouse, qui serait sans doute moins emmerdante qu'une Shakeel. Argental reprit donc sa vie au sein des Shakeel, et c'est là que Galadan le trouva. Sa mère avait fait passé le mot qu'Argental l'avait cherché, c'était Camus, un jeune Andain, prêtre en Andanorië qui avait prévenu Galadan, et qui lui avait aussi dit où le trouver. Le Seigneur des Andains et lui se ressemblaient étrangement, d'abord physiquement, il n'y avait que quelques différences pour les distinguer, et leurs histoires étaient étrangement similaires. Quoique Galadan ait souvent dit que la perte de Rinrei était autrement plus cruelle, et qu'Argental était sans doute le plus amer d'entre eux. Il n'y avait pas en Galadan cette haine farouche, ce désir de vengeance, plutôt une certaine apathie, mais aussi un désir terrible de vivre, celui de protéger les siens, les Andains qui lui avaient juré allégeance étaient nombreux, et il ne pouvait pas les laisser, surtout s'ils avaient besoin de lui. Avec Galadan, Machlah Terreur Blanche redevint peu à peu Argental Tar Sùrion qui put alors prendre toute la mesure de ses pouvoirs, malgré la désapprobation de Zuljaras, persuadé que la peur entrainerait la folie. Zuljaras avait perçu la haine brûlante qui animait Argental. Sa vengeance qui le faisait tenir, qui l'avait fait supporter la mort de Rinrei, cette vengeance à laquelle il rêvait. L'arrivée de Galadan tempéra sa haine, et quand le Seigneur des Andains exprima son désir de se rendre dans l'Empire, désireux de voir de plus près ce nouvel Empereur, Forbesii Nil'Dae, qui faisait tant parler de lui, Argental le suivit.

L'Empire de Morna fut une nouvelle découverte, la cour de l'Empereur également, et si Galadan s'enticha rapidement de Morween Nil'Dae, princesse impériale, Forbesii Nil'Dae fit une forte impression sur Argental. Forbesii incarnait alors un idéal, tout en lui transpirait la grandeur, la droiture, la noblesse. Forbesii Nil'Dae était tel que les Tar Sùrion auraient dû être : juste, généreux, ouvert d'esprit. L'Empereur était un homme cultivé, aux idées presque révolutionnaires, qui changea sans doute l'Empire de Morna à tout jamais, il fit la paix avec leurs ennemis de toujours, Cyriaca et Bois-Blanche, ouvrit ses frontières, certains voyaient en lui le digne successeur des fondateurs de l'Empire. Il fut aisé pour Argental de se prendre d'amitié pour Forbesii Nil'Dae, et dans un élan de spontanéité, si rare chez lui, Argental lui jura allégeance et fidélité, lui offrant ses modestes services. Un serment qu'il n'avait pas prononcé pour Galadan, car Argental prisait trop sa liberté, visait à être l'égal de son seigneur. Forbesii Nil'Dae put alors compter l'andain parmi ses amis, mais aussi comme un officier loyal au sein des légions impériales où il l'avait placé. La nomination d'Argental à un poste de général ne se fit pas sans heurt, et l'andain dut démontrer de ses capacités, s'imposant comme un guerrier, et non pas un parvenu. Son temps fut alors partagé entre sa légion et la cour d'Hitokage. Lorsque Forbesii entreprit de former des alliances avec les différents royaumes, Argental et ses légionnaires l'escortèrent, allant jusqu'à traverser Inwilis tout entier, lorsque Forbesii Nil'Dae fut invité au Conseil Annuel de l'Alliance du Nord. Lorsque Forbesii Nil'Dae se rendit à Alatairë pour la seconde fois, il revit sa famille pour la première depuis des années. Eriniel et Ulician étaient plus que fiers de voir leur fils au côté de l'Empereur, plus encore de savoir qu'il était en vie, ils l'avaient cru mort. Argental était tellement navré de ne pas leur avoir fait ce plaisir. Il refusa de rendre à la demeure familiale, et ignora les missives de sa mère, il n'ouvrit que celles de sa jeune sœur Uala qui avait elle aussi quitté la famille. Elle avait, après le départ de son frère ainé, manifesté un intérêt soudain et particulier pour la prêtrise, elle s'était alors rendue au temple de Primula, et avait suivi les enseignements dispensés par les serviteurs de la déesse. Ces derniers l'avaient envoyée, contre l'avis des Tar Sùrion, à Or Blanc. Elle lui écrivait maintenant de Dangweth où elle comptait devenir ranger, nouvelle qui mettrait certainement ses parents dans un état proche de l'apoplexie. Pour la première fois, Argental décida qu'il épargnerait quelqu'un, Uala, lui avait, après tout, permis de se rendre auprès de Dämons, de prier pour l'âme de Rinrei. Lors de ce séjour à Alatairë, Forbesii Nil'Dae rencontra pour la seconde fois Lys Aethmal. Argental, comme d'autres des proches de l'Empereur, sut immédiatement que l'Empereur était tombé sur le charme de la jeune femme. Il lui fit une cour discrète, et finalement, lors d'une visite à Bois-Blanche, leurs fiançailles furent annoncées. Lys était issue de la petite noblesse, native de Bois-Blanche, cette union scellerait une paix durable entre l'Empire et le royaume de Bois-Blanche, mais pour Argental, cela représentait aussi un exemple. S'il avait été plus patient, si Rinrei avait été encore en vie, ils auraient pu se marier, suivant l'exemple de l'Empereur. Argental crut que ses vieux démons allaient être enterrés, faisant la paix avec lui-même. Lys fut assassinée, son meurtre fut revendiqué haut et fort par Faysal roi de Bois-Blanche, véritable déclaration de guerre à laquelle l'Empire répondit avec force.

Les Légions déferlèrent sur l'Eredmorn, et le siège de Bois-Blanche commença. Quand Alatairë envoya ses troupes briser le siège, l'Empire envoya d'autres légions attaquer et finalement assiéger Alatairë. Argental Tar Sùrion ne fit aucun quartier, menant lui-même ses hommes sur le champ de bataille, semant la terreur par sa simple présence, harcelant d'horreurs cauchemardesques les soldats qui leur faisaient face. A ses côtés se tenaient des figures qui devinrent tout aussi célèbres que la sienne, Ishimaru Lenwë, Samildanach de l'Empereur, Atrazine des Glaces, Athelstan Vahanumar qui ferait en suite sécession, et fonderait Nargoryth, puis plus tard, Uranach le Traître qui rejoignit l'Empire, mais aussi des figures déjà connues telles que Chyrrlion Kaliciar, général émérite ayant fait ses preuves face à Cyriaca, le Seigneur des Andains qui se chargea d'être le fléau des thérianthropes et des animaux... La guerre, Argental n'en retira aucune fierté, il fit en sorte que ses hommes puissent y survivre, combattit comme eux, suivit les directives de l'Empereur, apportant son conseil lors des réunions d'état-major, il fut parmi les premiers à assiéger Bois-Blanche, puis sa légion se chargea de briser l'assaut des forces d'Alatairë, les repoussant jusqu'à la cité à travers les plaines, coupant alors toute autre tentative d'aide. Bois-Blanche finit par céder, et Argental put se venger. Il tua ses frères au combat, tua les Tar Sùrion qui osèrent brandir la bannière au dragon enroulé autour d'un arbre, argent sur fond vert sombre. Sa propre bannière fut alors levée à ce moment là, au milieu de celles des Nil'Dae, le même dragon argent seul et rugissant sur fond noir. Lors d'une percée dans la cité d'Alatairë, il tua son père, Ulician refusa de combattre son fils, ce qui n'empêcha pas celui-ci de le passer au fil de l'épée. La demeure familiale fut mise à sac, les Tar Sùrion furent massacrés, Argental ayant une part active dans ce massacre. C'est lui s'assura que ses sœurs, Aralia, Erucian, étaient bien mortes, leurs enfants et leurs époux avec. Quant à sa mère, lorsqu'elle lui cracha au visage qu'elle avait tout fait pour lui, qu'elle était allée jusqu'à faire tuer Rinrei, Argental instilla en elle la terreur, usant de son pouvoir, il la vit se décomposer, hurler, se débattre contre la terreur, devenir folle et hurler des insanités, son beau visage déformé, jusqu'à ce qu'elle ne meurt, se jetant elle-même sur la lance d'un de ses soldats. Les cors sonnèrent la retraite, le Nord avaient envoyé ses troupes, et les Légions devaient se rassembler. Peu à après, Argental et sa Légion furent rappelé aux marches de l'Empire pour sécuriser les positions de Morna, mais aussi pour permettre à ses légionnaires de lever un peu le pied, malgré les quelques poches de résistances de ce qui restaient de l'armée de Bois-Blanche. Alatairë explosa, et sur les hauteurs de l'Eredmorn, l'explosion fut visible pour tout le monde, le souffle embrasé de magie signa la fin du conflit. L'Empereur était mort. Les officiers survivants prirent alors la décision de cesser cette folie, de retourner dans l'Empire.  De ses officiers, il y en eu deux qui virent le trouver, Uranach et Lenwë. Tous les trois jurèrent de venger Forbesii et Lys, de poursuivre et d'accomplir les volontés de l'Empereur. Lenwë leur confia alors qu'il avait sauvé la dépouille de Forbesii, ainsi que celle des Lys, afin d'éviter toute profanation. Il leur prédit que l'Empereur et son épouse marcheraient à nouveau dans le monde des vivants. Argental jura alors de reprendre l'Empire et de le restituer à l'Empereur lorsque celui-ci se présenterait pour rependre son trône. Uranach fit un serment plus terrible, un serment qu'Argental connaissait, celui de ne pas avoir de repos tant que les traitres n'auront pas été châtiés. Ils se séparèrent, Lenwë disparaissant, Uranach et Argental assura la retraite des Légions, dont la moitié des effectifs était morte ou blessée à Alatairë, les effectifs qui pouvaient être sauvés avaient ordre de retourner à Morna. Argental s'assura qu'aucun de ses hommes ne soient abandonné, ce qui eut pour effet de l'isoler du reste des Légions, avec un petit contingent de douze légionnaires. Ils tentèrent de retrouver l'arrière garde des Légions, harcelés par des soldats de l'Alliance, des rescapés d'Alatairë ou de Bois-Blanche. Argental reçut plusieurs blessures, et ce qui était une retraite organisée se transforma en fuite, avec un seul et unique but : survivre. La situation était presque désespérée, talonné de peu par des soldats, Argental peinait à avancer, les légionnaires avec lui étaient aussi à bout de force. Le général avait reçu un carreau d'arbalète dans le dos, et la blessure suppurait, ils n'avaient jamais le temps de s'en occuper. Un Disciple de Ceallach les trouva avant les soldats de Bois-Blanche, les guidant à travers l'Eredmorn, jusqu'à la Couronne de Mokosh, semant leurs poursuivants.

Gjallahorn était le nom du disciple de Ceallach, il était manchot, mais une seule main lui suffisait pour soigner les blessures, ou pour aller chasser avec certains des légionnaires, laissant les autres veiller sur l'Andain fiévreux. Ils passèrent de longs mois sur la Couronne de Mokosh, coincés par l'hiver. Avant qu'Athanasius ne s'installe définitivement, ils évitèrent longtemps de faire du feu, jusqu'à ce qu'ils s'installent sous un des pics de la Couronne, dans une cavité naturelle, cachée par une des nombreuses cascades s'écoulant entre les pics de la couronne. Le rideau d'eau permit de masquer la lumière du feu durant le jour, ainsi qu'une partie de la fumée. Puis quand la neige recouvrit l'Eredmorn, le feu devint indispensable pour survivre, de même que la chasse et la cueillette. Argental se remit doucement de ses blessures, de même que les légionnaires qui avaient eux aussi subis lors des attaques des troupes alliées de Bois-Blanche. Lorsque Vasanta, seigneur du printemps finit par chasser la neige et que les cols furent à nouveau praticables, Argental et sa douzaine de légionnaires quittèrent leur refuge. Les hommes gagnèrent le village natal de Gjallahorn dès la fin des rigueurs de l'hiver. Là, Argental apprit que la paix avait été signée, Chyrrlion Kaliciar était Empereur, aux moments des accords de paix, dirigés par Cyriaca, Kaliciar avait ravi le trône à la sœur de l'Empereur défunt. Une nouvelle qui enragea Argental, qui malheureusement, ne pouvait alors rien faire, d'autant que Morween Nil'Dae qui avait trouvé refuge à la cour de Cyriaca ne semblait pas revendiquer son droit au trône impérial. Des funérailles avaient été organisées et célébrées pour Forbesii Nil'Dae, sans pourtant que le corps de l'Empereur ne soit exhibé, puisque personne ne l'avait retrouvé. Et la seule personne qui savait où se situait la véritable tombe, Ishimaru Lenwë, avait disparu lui aussi, Uranach et Argental avaient été les derniers à avoir vu le Samildanach en vie. Uranach avait été défait et capturé par Emaine, et attendait à présent d'être exécuté sur les ruines de Bois-Blanche. Alatairë n'était plus qu'une ville fantôme, et les vivants évitaient la cité et les alentours, d'étranges créatures avaient commencés à apparaitre, et ceux qui avaient tenté de piller la ville, étaient soit morts, soit devenus complètement fous, racontant que la cité était envahie de fantômes. Les stigmates de la guerre étaient présents dans le Nord de l'Empire, là où les armées alliées avaient poursuivi les légions, pillant les villages et les villes sur leur passage. Dans le Sud, la région d'Akaash s'était mieux défendue, et la présence des forces du Bahram à la frontière avait dissuadé les assaillants d'aller plus loin. Argental se rendit avec ses légionnaires jusqu'à Hitokage, accompagné de Gjallahorn. Là, certains légionnaires quittèrent la Légion, rentrant chez eux, et Argental devrait leur rendre visite régulièrement, une saison entière passé avec eux perché dans l'Eredmorn avait rapproché l'officier de ses hommes, la solidarité étant le seul moyen pour s'en sortir. Argental quitta son poste de général, ainsi que la cour impériale, refusant de servir Chyrrlion, ou de voir l'Usurpateur régner. Argental Tar Sùrion choisit de se faire oublier. Il s'installa d'abord dans le village natal de Gjallahorn, le métissé Thuatann et géant s'avéra d'abord être un compagnon agréable, qui devint un ami. La force tranquille qui émanait de lui calmait le plus souvent l'Andain, l'empêchant de penser au vide qu'avait laissé sa soif de vengeance une fois étanchée. Il retourna chez les Shakeel, eux non plus n'avaient pas été épargné par la guerre, Mortaraï avait réussi à préserver son clan, malgré quelques guerriers tombés au combat. Il n'avait pas pris une part active à la guerre, n'ayant aucun parti pris, mais les Shakeel avaient dû se retrancher dans la montagne. Argental entendit d'ailleurs parler de Nargoryth, toute jeune citée, fondée par un ancien général, Athelstan Vahanumar avait pris sur lui de protéger les civils, et Nargoryth avait été fondée dans ce but. Les célèbres Mitsomi, famille de mages, avaient contribué à la construction de la cité dans la montagne. Bois-Blanche avait disparue, remplacée par Dhaval, une cité suspendue, accrochée aux flancs de l'Eredmorn. Uranach s'était d'ailleurs échappé, Emaine avait disparu avec lui. Les Shakeel lui rapportèrent également la construction de la Piste Brune, une route qui relierait Fendassë, Iskandar et Dhaval, protégeant les caravanes et les civils des Abominations, ces créatures issues de la magie pervertie et des cadavres d'Alatairë.

La construction de la Piste Brune était supervisée par l'élite de la guilde d'Amaurea, à laquelle s’étaient jointes les mages de la jeune guilde de Mindolluin, venant de Nargoryth, qui était encore à l'état de berceau à l'époque. Les Shakeel furent embauché pour protéger les bâtisseurs des Abominations, et Machlah Terreur-Blanche fit partie des guerriers, accompagné du géant manchot, que Syelielyn surnomma Doux-Géant, surnom qui fut repris par tous les Shakeel, signe que Gjallahorn était accepté au sien du clan. Zuljaras fut celui qui tatoua la moitié brûlée de son visage, remplaçant les cicatrices rituelles habituelles par le tatouage, puisque le visage de Gjallahorn ne s'y prêtait pas. La Piste Brune marqua aussi le retour de Galadan au sein des Shakeel, et Argental eut l'occasion de rencontrer Ashenga'ar, un des Samildanach d'Amaurea, et sorte de figure paternelle étrange pour le Seigneur des Andains. Galadan confia alors ses projets à Argental, et ce dernier n'eut d'autre choix que d'accepter. En l'absence du Seigneur des Andains, Argental assurerait ses fonctions. Argental quitta les Shakeel, et Gjallahorn le suivit, au grand dam de Feryndrissa, qui ne semblait pas insensible au disciple de Ceallach. Le semi-géant et l'andain suivirent le seigneur de ce dernier, faisant la connaissance de Camussian, plus simplement appelé Camus, lorsqu'ils traversèrent Skeljiren. Camus accompagnerait Galadan dans ses errances, et ses talents de fils de Primula seraient sans doute aussi utiles que son bon sens et sa patience. Camus n'était pas sans rappeler Gjallahorn à Argental, dégageant la même aura apaisante de sérénité. Ils gagnèrent le Nord, accostant à Armenelos. Argental emmena Gjallahorn à l'université Seananan, lui faisant poser une prothèse mécanique, nouvelle prouesse technomagique et scientomagique, capable de remplacer le membre perdu. Le Géant mit du temps à s'y faire, et insista pendant longtemps, pour rembourser Argental, qui finit le laisser dire, bien que la prothèse n'ait pas coûté tant que ça à l'ancien général. Le prix semblant dérisoire à coté de ce que Gjallahorn avait fait pour lui et ses hommes.
Ils gagnèrent rapidement l'Inwerin, et Gjallahorn eut l'occasion de découvrir ce pays si particulier du Nord, et pourtant semblable à la région d'Himrain où il avait grandi. Faisant un détour par Or Blanc, Argental retrouva la trace de sa jeune sœur Uala, pour apprendre qu'elle était partie pour Dangweth. Ils gagnèrent alors le Cottage de Piri, où la mère de Galadan fut visiblement ravie d'accueillir des amis de son fils. Et si Argental eut droit à un accueil chaleureux, Camussian eut droit à un accueil du genre embarrassant, signifiant que l'Andain et la mère de son souverain se connaissaient plus que bien. Gjallahorn fut accueilli lui aussi comme un fils prodigue, et Argental et lui restèrent en arrière, tandis que Galadan et Camus quittaient Inwilis, et ce pour de longues années. Argental reçut alors la visite de quelques andains, mais la position d'un seigneur des andains est autrement plus simple que celle d'un souverain ayant un véritable royaume à gérer. Les Andains n'avaient plus de royaume depuis longtemps, et ils étaient peu nombreux, et moins encore étaient ceux qui avaient besoin qu'on s'occupe d'eux. Se refusant à sombrer dans l'oisiveté, Argental comme Gjallahorn effectuèrent quelques travaux pour Piri, avant de se rendre soit à Dangweth ou Celebalda, dans le but de s'occuper. A Dangweth, Argental finit par retrouver Uala, sa plus jeune sœur. Uala avait maintenant deux enfants, un garçon de onze ans, Anwir, et une fille de cinq, Nalariella. Son mari, Duiltag, elfe noir, était le fameux ranger dont elle avait parlé dans sa lettre. Il travaillait pour Aériaplume, ou le seigneur de Dangweth, selon les besoins. Uala était guérisseuse à son propre compte, et vivait d'une façon bien éloignée du faste de la noble Maison des Tar Sùrion. Elle possédait une demeure de pierres à colombages dans cité de Dangweth, où elle y tenait sa boutique, et y élevait ses enfants. Uala avait coupé les ponts avec sa famille, après que ses parents aient refusé son mariage. Elle avait vieilli, et si elle n'avait plus son charme enfantin, aux yeux d'Argental sa sœur restait belle. Tout le contraire de ce qu'il était. Uala était petite, à la peau café au lait, des cheveux noirs et brillants, des yeux noisettes et malicieux, le sourire facile, d'adorables fossettes. Elle avait pris quelques rondeurs avec ses grossesses, et espérait même que Duiltag lui fasse un troisième enfant. Elle se plaisait dans cette vie simple. Elle ne mentionna ni la guerre ni le passé, pas plus qu'Argental ne le fit. Son mari fit bon accueil à son beau-frère, et Argental put constater que sa sœur ne s'était pas trompée en le choisissant. S'il y avait une chose qu'Argental avait apprise quand il était Machlah Terreur-Blanche, s'était le respect pour les autres guerriers. Duiltag en était un, la tête sur les épaules, et une force tranquille. Nalariella s'amusa souvent de voir son père noir de peau et son oncle à la peau blanche. Les enfants de sa sœur étaient charmants, bien qu'Argental n'ait jamais eu d'enfants dans son entourage, outre les enfants des Shakeel.  Gjallahorn fut accepté comme un oncle un peu bizarre, avec lequel Anwir adorait aller pêcher, une activité que le géant adorait, patient et calme. Argental fit l'acquisition d'une petite maison à Dangweth, ne pouvant toujours profiter de l'hospitalité de Piri, alors que son fils tardait à revenir. Le temps passé dans le Nord apporta calme et paix à l'Andain, atténuant quelque peu son amertume et son cynisme. Il vivait en toute discrétion, travaillant parfois avec Duiltag, tandis que Gjallahorn, mettant à profit son nouveau bras, s'employait aux travaux de forces. La guerre au côté de Forbesii Nil'Dae semblait bien loin.

Galadan, Seigneur des Andains ne revenait toujours pas. Et Dangweth et ses montagnes commençaient à devenir petites pour Argental, qui se prit à regarder de plus en plus souvent vers le Sud. Les nouvelles leurs parvenaient, les guerres incessantes entre le royaume de Cemenwin, gouverné par Morween Nil'Dae, et l'Empire, Chyrrlion tentant de réduire à néant les velléités d'indépendance de la princesse impériale. Argental trouva alors Ishimaru Lenwë sur le pas de sa porte. Le Samildanach ne resta qu'une journée, repartant à la faveur de la nuit. Peu de temps après, Argental expliquait à Piri qu'il devait retourner dans le Sud, dans le but de respecter une promesse qu'il avait fait à un ami cher. Il confiait donc à Piri, la couronne de Seigneur des Andains, fit ses aux revoir à sa sœur et sa famille, et partit pour l'Empire. Gjallahorn l'accompagna, refusant sa proposition de rester dans la maison de Dangweth, une propriété qu'Argental confia à sa sœur. En retournant dans l'Empire, Argental passa par la tribu des Shakeel, où il apprit que Loren était parti dans le Nord, bien décidé à s'y faire une place. Feryndrissa fut heureuse de voir Gjallahorn, mais elle s'était mariée avec un des hommes de la tribu, et attendait maintenant son quatrième enfant. Chez les Shakeel, Argental put en apprendre plus sur l'Empire. Il se désintéressa du conflit qui opposait le jeune royaume au plus vieux, mais fut intéressé d'apprendre que Akaash, et toute la région du Sud, semblait se gouverner d'elle-même, depuis que Ashirindra Nil'Dae, sœur disparu d'Adrastos Nil'Dae avait refait surface en tant qu'épouse d'Arsenios Naranbaatar, seigneur d'Akaash. Le Sud se tenait tranquille, ne s'opposait pas à l'Empereur, mais ne faisait non plus d'effort particulier pour le soutenir avec ferveur. C'est donc à Akaash que Gjallahorn fit l'acquisition d'une propriété, avec de l'argent prêté par Argental. Un petit domaine à quelques kilomètres de l'ancienne capitale impériale, pourvu d'une villa et de quelques acres de terres. L'Andain et le Géant au bras mécanique s'y installèrent. Argental commença par quelques incursions en ville, glanant les informations qui lui manquaient. Puis, il n'eut aucun mal à se faire recevoir par le seigneur Naranbaatar, ancien fidèle de Forbesii. L'ancien général n'expliqua pas tout de suite ce qu'il comptait faire, au lieu de ça, il profita de l'hospitalité d'Arsenios, qu'il avait eu l'occasion de connaître, lorsqu'il était entré au service de Forbesii. De son coté, Gjallahorn entreprit de reprendre contact avec les hommes de la légion d'Argental, ceux qu'il avait sauvé dans l'Eredmorn. Ce même anciens légionnaires, contactèrent leurs camarades, et parfois, la villa du Tar Sùrion accueillait les vétérans pour un soir, une journée, quelques jours. De même, auprès d'Arsenios, Argental eut accès à la noblesse de l'Empire, lui-même était noble, son nom n'avait pas été oublié. Et en eut-il été autrement, Argental s'en serait indigné, après tout, il avait lui-même réduit en cendres sa propre famille devant Alatairë, fief de sa noble maisonnée. Renouer avec la noblesse ne fut pas une partie de plaisir, lui qui avait longtemps vécu simplement après la guerre, et même avant. Pourtant, il sut tirer profit de la peur qu'il inspirait, autant que de la fascination que certains pouvaient éprouver face à son personnage taciturne et simple. Jamais Argental n'étala sa fortune, pas plus qu'il ne montra d'intérêt pour les distractions et frivolités de la noblesse, si ce n'était la chasse, domaine dans lequel il s'empressa de démontrer son adresse. Sa présence aux banquets et fêtes données autant par les seigneurs d'Akaash que par les nobles familles n'avaient qu'un seul but, celui de construire un puissant réseau de relations, et il fut aisé de faire quelques amis parmi ceux qui réprouvaient la politique de l'empereur Kaliciar. Quant aux anciens légionnaires, ils donnèrent à Argental un accès sur ce que pensait le peuple, mais aussi à des amis fidèles, pour ceux que le temps avait épargné.
Jahangir Qiang Sung avait un visage sérieux, ses longs cheveux noirs et brillants tombaient sur ses épaules. Son regard pénétrant jaugeait Argental qui sans ciller, attendit patiemment que le noble ait terminé de réfléchir à sa proposition. Argental Tar Sùrion n'avait qu'un but, celui de respecter le terrible serment qu'il avait prêté avec deux de ses frères, Ishimaru et Uranach. Argental avait juré sur la tombe de son seigneur, le défunt Forbesii Nil'Dae, qu'il poursuivrait son œuvre. Lorsque Lenwë s'était présenté à sa porte à Dangweth, Argental avait alors décidé qu'il était plus que temps de reprendre l'Empire des mains de Kaliciar qui avait usurpé le trône. Kaliciar avait été un bon officier, mais pas un officier fidèle, ni très intègre. Son règne ne faisait que dégrader la gloire de l'Empire de Morna, ce qui n'était pas sans rappeler, comme certains le murmuraient, le règne de l'Impératrice Méssara qui avait bien failli mettre l'Empire à genoux. Il n'était pas non plus difficile d'en entendre d'autres se plaindre. Argental entendait les mêmes plaintes depuis des années, depuis qu'il était revenu dans l'Empire. Il atteignait enfin la noblesse d'Hitokage, celle qui tournait autour de l'Empereur, celle dont il avait besoin pour réussir autant que des hommes et femmes qu'il avait acquis à sa cause, montant secrètement une véritable armée qui répondrait à son appel. Argental avait déjà le plein soutient d'Akaash, Dakereth Naranbaatar avait succédé à son père, et le nouveau seigneur d'Akaash, qu'Argental avait connu enfant, lui accorda son soutien. La dernière tape était de faire en sorte que la noblesse d'Hitokage se rallie à lui, et Argental comptait bien faire en sorte qu'une grande partie ne se range à ses côtés. Jahangir Qiang Sung avait dénié le recevoir, à la lumière des lampes, au cœur de l'hiver, ou l'Andain avait eu l'air maladif en contraste avec la neige. Ses fourrures dégoutaient sur le parquet lustré, et Argental attendait, une tasse de thé fumante en main, debout devant l'âtre. Jahangir n'était à la tête de la famille Qiang Sung que depuis récemment. En revanche, il était à la tête d'un gigantesque trafic d'armes qui avait prospéré avec la guerre d'indépendance de Cemenwin. Argental était arrivé jusqu'à lui en passant par les rues et les bas fonds où ses hommes opéraient pour vendre, il avait ensuite obtenu une entrevue. Sa proposition avait de quoi être avantageuse. Le bras droit de Jahangir se tenait dos à la porte, derrière Argental. Jahangir se leva, et s'apprêtait à lui répondre, lorsqu'il s'interrompit et ouvrit la porte. Derrière celle-ci, une gamine en chemise de nuit, qui grimpa dans le fauteuil le plus proche, drapée d'un des manteaux de l'homme de confiance de son père. Jahangir lui présenta alors sa fille. La fillette avait à peine neuf ans, et elle le dévorait des yeux, son visage caché par des cheveux aussi longs et noirs que ceux de son père. Jahangir Qiang Sung accepta de fournir son armée illégale en armes, le marché fut conclu, et Argental s'engagea à verser une première somme, en guise d'acompte. Prenant congé, l'Andain embrassa la main de la fillette.
A chaque entrevue nocturne, elle devait se trouver dans le bureau de son père, ou bien lorsqu'il sortait, il l'apercevait au bout d'un couloir, derrière une fenêtre. Argental la trouvait curieuse, oh bien sûr, ce n'était pas vraiment à cause des cicatrices qui devaient courir sur la moitié de son corps, mais plutôt à cause de la façon dont elle avait de le regarder. Une fois, il la vit jouer avec une figurine de dragon Mornien peinte, et la fois d'après, Argental lui offrit la figurine d'un dragon noir. Elle avait grandi, et elle parvint à lui dire étonnée, que ce n'était pas son anniversaire, mais qu'elle était ravie. Depuis, Argental se fit un point d'honneur à lui envoyer un cadeau pour son anniversaire. Lorsqu'ils se croisaient, ils n'échangeaient pas beaucoup de mots, car après tout, il venait pour traiter avec Jahangir et non pas avec elle. Elle assistait à tous les échanges, bien qu'il n'y ait lieu qu'une ou deux fois par année. Argental jouait la carte de la prudence, Chyrrlion n'était pas encore vaincu, et convaincre la noblesse d'Hitokage s'avéra plus long que prévu, bien  que les quelques Hale qui avaient choisi de rester dans la capitale, ainsi que les quelques Nil'Dae présents furent entièrement acquis à sa cause.

Ishimaru Lenwë était mort. Quelques mois avant une onde magique avait traversé l'Empire, s'évanouissant sur les rivages des frontières de Cyriaca. Argental se trouvait alors dans sa villa près d'Akaash, et il l'avait senti, perçu, au plus profond de son être. Le Serment le tirailla alors, comme un avertissement, comme une seconde promesse. Il avait alors su qu'il était temps pour lui d'appeler son armée à se rassembler. Ses membres mettraient alors des mois à arriver, lentement, sans éveiller les soupçons. Son domaine les accueilleraient, et Gjallahorn les superviserait, si lui devait se rendre à Hitokage, ou bien dans l'Eredmorn, comme actuellement. Argental échangea une ferme et longue poignée de main avec Uranach, le dernier des frères jurés. Il lui apprit la mort de Lenwë, capturé par Meadh. Le Samildanach avait mis fin lui-même à ses jours, utilisant le feu-mort, qui eut pour effet de consumer son corps. L'espion d'Uranach avait identifié le Samildanach, et avait même pu parler avec lui avant qu'il n'use de son sortilège mortel, qui emporta ses geôliers avec lui. Uranach n'était pas venu seul, lui aussi, depuis la vague qui avait annoncé l'ouverture des Sceaux renfermant Forbesii et Lys, avait appelé à sa propre armée, patiemment construite depuis des années, lui aussi avait sa propre croisade à mener. Une croisade qui le mènerait au Sud, mais pour cela, il avait besoin qu'Argental accomplisse son serment et reprenne l'Empire de Morna. Argental lui indiqua alors qu'il pouvait assembler ses propres troupes, là où les siennes se massaient actuellement. Les deux frères se séparèrent, pour se revoir dans la salle du trône d'Hitokage, à peine deux ans après leur dernière entrevue.
Priver Chyrrlion de ses appuis avait été simple, depuis des années qu'Argental y travaillait, ce fut facile. En à peine un an, Argental avait venir, morceaux par morceaux, par groupe ou seul, son armée. Oh, en comparaison des nombreuses légions de l'Empereur, son armée ne faisait guère le poids, mais lui, avait eu le temps de se préparer. L'Empereur ne disposait pas de toutes ses Légions, celles d'Akaash ne bougeraient pas, quand à celle d'Hitokage, elles étaient, comme bien souvent, occupées aux frontières, à l'exception de celle qu'il gardait auprès de lui. Défaire une légion dispersée dans une citée ne fut pas bien difficile, pas plus que de s'introduire dans la Forteresse Impériale, et d'y déclencher une petite guerre interne qui fut vite finie. En revanche, nettoyer les ignominies de Kaliciar prendrait plus de temps. Argental découvrit l'horreur, sous la Forteresse, Chyrrlion avait créé des monstres, plus ou moins viables, plus ou moins intelligents, mais il y avait aussi des cobayes humains, elfes, feys, eldarins, et plus étonnant encore, un Marcheur. Tous, ceux d'En-Dessous, comme les nommèrent ses hommes, tenaient Gjallahorn en haute estime. Son cher ami avait été celui qui avait enfoncé les grilles et les portes, massacrés les gardes et les scientomages. A ses côtés, un jeune Fey aux cheveux bleus, que tous semblaient aussi respecter. Soit. Argental laissa à Gjallahorn le soin de gérer ses énergumènes, car après tout, ils pouvaient peut être, être utiles. Nombreux furent ceux qui lui jurèrent allégeance, en échange d'un toit, de nourriture, de vêtements, d'un but. Nombreux étaient ceux qui n'avaient plus ni famille ni maison. Les plus chanceux purent retourner chez eux. Et il y eut les Enfants d'Eurydice, six monstres créer pour tuer, massacrer, et obéir aveuglement. Autant dire que sur ce dernier point, les scientomages avaient très mal fait leur travail. Ces six-là, ainsi que le Marcheur, qui se revendiquait comme père des terribles Jumeaux, jurèrent fidélité et allégeance au nouvel Empereur, à condition qu'il les laisse retrouver leur mère, Eurydice. Argental accepta, car ses six là faisaient partie de l'entourage de Mio, le fey que Gjallahorn avait sauvé, et qui depuis, ne le quittait pas d'une semelle.
Eurydice était une créature fragile et délicate. Une Ethérie, un membre d'un peuple rare, aussi rare que les Marcheurs. Elle était plutôt belle, et ses bras manquant ne changeaient rien à sa beauté. Une beauté intensifiée par sa fragilité, et en même temps, elle avait fait preuve de courage, de témérité, et sans doute d'endurance et de résistance, de force pour survivre à ce qu'elle avait dû subir. Même après qu'elle ait réussi à s'échapper dans la confusion qui régnait alors. Car Eurydice n'était pas arrivée seule, mais accompagné d'un Tieffelin arrogant, qui s'avéra être non seulement, un criminel connu, mais un ancien officier de sa légion. Argental avait reconnu le capitaine Lomas, de même qu'Uranach qui avait assisté à l'entrevue sans se faire remarquer.  Ce dernier proposa de le recruter. Lomas se faisait maintenant appeler Akayel, et n'étant que peu disposé envers Argental, celui-ci réussit à le pousser vers Uranach, et le Tieffelin finit par mordre à l'hameçon. Le nouvel Empereur se débarrassait alors d'un encombrant pensionnaire, tout en gardant l'Ethérie et ses six enfants.
Le début de règne d'Argental Tar Sùrion avait donc démarré avec un bain de sang, et les têtes de Chyrrlion et ses fidèles terminent de pourrir sur les murs de la capitale impériale. Les troupes du nouvel Empereur stationnent toujours près de la cité, voir à l'intérieur de celle-ci, mais mis à part quelques nobles mécontents, Hitokage n'eut à déplorer aucun trouble. Argental eut même droit à quelques jours de fête, sans pour autant avoir été couronné officiellement. Pour lui, le trône impérial devait être restitué à son légitime propriétaire, si les rumeurs disaient vraies. Partout, sur toutes les bouches, on finissait par parler de l'Empereur défunt, Forbesii Nil'Dae, de sa fiancée, Lys, qui seraient en vie, parcourant Inwilis, se cherchant l'un et l'autre. Depuis la mort de Lenwë, la rumeur commençait à s'estomper, remplacée par les rumeurs de la guerre, alors que le nouvel Empereur avait appelé les légions, et qu'Akaash avait déjà répondu présent.
Au Sud, non loin d'Akaash, se rassemblait une autre armée, celle d'Uranach, regroupant de nombreux vétérans de la Grande Guerre. Être doté d'une longue vie permet d'être patient lorsqu'il s'agit de prendre sa revanche.




Dernière édition par Argental Tar Sùrion le Lun 19 Aoû - 10:32, édité 4 fois
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Isil
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MessageSujet: Re: Tar Sùrion, Empereur de Morna.   Sam 30 Oct - 19:22

Merci mon chou d'avoir bien voulu faire une vraie présentation !

On en apprend un peu plus sur le grand Argental avec ça.

Sur ce, bonne continuation !
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Rhys
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MessageSujet: Re: Tar Sùrion, Empereur de Morna.   Sam 30 Oct - 19:28

Ah la la ! Bon pas besoin de dire bienvenue mais en tout cas cette présentation nous donne plus de background sur ce personne extrêmement intéressant. Comme le dirait deux monstres de ma connaissance, dragon noir qu'est blanc...métaphoriquement parlant bien sûr.


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Nivarel
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MessageSujet: Re: Tar Sùrion, Empereur de Morna.   Sam 30 Oct - 22:47

Bon bah toujours à la traîne moi hein ?

J'dis comme mes deux compères avant moi c'est cool d'avoir plus de "dossier" sur toi, et j'te souhaite pleins d'bonnes choses dans le rp futur !


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MessageSujet: Re: Tar Sùrion, Empereur de Morna.   

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Tar Sùrion, Empereur de Morna.

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